Les désarrois de l’enseignante Mona Shaw

Il a semblé urgent, des urgences qu’on saisit en entendant le son des ambulances, de traduire ce post FB écrit par Mme. Mona Shaw.  La certitude, étayée à la fois par l’expérience professionnelle quotidienne et par les informations touchant les radicalisations dogmatiques de nombreuses universités  en France mais surtout outre-Atlantique et outre-Manche, que le cataclysme environnemental attendu s’accompagnait d’ un cataclysme de la pensée venant, à travers ce genre de témoignages lancés à la volée, comme une alarme sur l’état de déréliction intellectuelle de la génération que nous avons en charge d’éduquer. 

Le piège de l’analyse est pernicieux car le glissement qui s’est opéré entre le lieu détenteur de savoir,  supposé être transmissible,  et la revendication d’une inanité de ce même savoir par ceux qui sont supposés y accéder rend les tâches complexes. Nous sommes dans une montée de la vision totalitaire et quasiment d’essence divine d’un ” nouveau ” gratifié en soi des qualités d’une connaissance sans devoir passer par les filtres de l’expérience et de ses analyses, ni, pire peut-être, par le frottement des constructions  de ce même savoir avec les productions de tous ceux et celles qui ont travaillé, depuis des centaines d’années,  des milliers d’années, à donner ce qu’on nomme du ” sens ” à la vocation humaine pour le doute et la précarité  de sa présence. 

Le mouvement idéologique qui a présidé à cet abandon de poste est de sources multiples, qui se répercutent les unes sur les autres comme à chaque profond changement des valeurs et des repères.  Il a, par contre, avec lui, la force d’une sorte de bénédiction globale d’office, même si, comme il est lisible dans l’article ci-dessous, il s’étaye sur des apories, des contradictions, des illogismes flagrants dans son argumentaire. En effet, ce qui le rend si résistant à la critique, c’est l’ “effet innovant ” dont il se targue, celui qui a présidé à toute nouvelle intégration de la techné dans nos vies, à toute acquisition de nouvelles habitudes ou de nouveaux discours.  Credo inaliénable du consumérisme, credo des vagues de ” changement ” érigées comme incontournables sans jamais avoir à démontrer leur nécessité ni leur logique. Bien pensance créditée “en soi ” d’un bénéfice qui n’est pas celui du doute et qui permet à la génération dite montante de savoir mieux, pour tout,  que ses aînées sans avoir à l’argumenter. Ce qui complique évidemment terriblement son accès à un apprentissage, quel qu’il soit et lui ôte simultanément toute idée de sa nécessité. Je sais donc je suis. Et je sais ce qu’il en est sans avoir jamais à le chercher.  Le langage lui-même, support de toute recherche et suppôt du satan de l’épistémé encaisse, d’une façon durable, les effets secondaires de ce transfuge, en devenant lentement mais sûrement d’un usage obsolète. Les idées sont mortes car inutiles, les mots pour les dire suivent l’enterrement. Un chef d’entreprise en arrive à penser que échanger, comme le font ses jeunes recrues, par émoticônes uniquement, est la solution d’avenir. Parce qu’ils sont jeunes et que dans le déni des fruits de l’expérience, ils existent et ont raison en incarnant l’ouverture à des formes de marchés potentiels.

Il va de soi que la nature de ce même avenir sera difficilement questionnable et pire supportable sans plus de mots pour la décrire ni pour nous, humains aliénés, supporter dans notre vide interstellaire. EG

Ils ne savent rien.

Il y a quelques années, j’étais assise dans une pièce avec des étudiants fraîchement inscrits à l’Université. Je leur ai demandé ce qu’ils pensaient de l’éditorial que je leur avait transmis. Aucun ne l’avait lu. Lorsque je leur ai demandé pourquoi, un jeune homme a répondu d’un air infatué :

” Je ne lis jamais rien de plus de deux-cents mots. “

” Sérieusement ? ” lui ai-je répondu ?

” Si vous ne pouvez pas le dire en deux-cents mots, c’est que vous n’avez rien à dire. ” a-t-il dit et le reste de la classe a acquiescé.

Une jeune femme a ajouté : ” Peut-être d’autres jeunes de notre âge le font-ils mais les étudiants ne lisent pas de texte qui sont longs. Vous n’êtes pas allée à l’Université apparemment ? “

Elle était sérieuse. ce n’est pas tant l’étonnement sur la façon dont ils avaient obtenus leurs examens, c’est la fierté exhibée  sur cette position qui m’a déroutée.  Ils n’étaient pas particulièrement patient dans la transmission de leur sagesse concernant la communication efficace à cette vieille femme.  Comment pouvais-je ne pas savoir ça ?

Ils n’avaient jamais lu ” La couleur pourpre ” ( The purple color ) et ne savaient pas qui était Alice Walker. Une d’entre eux pensait qu’elle avait peut-être vu le film.

” Est-ce que Oprah jouait dedans ? “

Ils n’avaient jamais rien lu de W.E.B du Bois, ou de Frederick Douglass, ou de Tillie Olsen ou d’Angela Davis, quand elle était encore radicale. Ils étaitn fiers de connaître quelques citations de Martin Luther King mais aucun n’avait lu ses brillants essais en entier, y compris les ” Lettres de la prison de Birmingham “.  Bien sûr aucun d’entre eux n’avait lu le ” Farenheit 451 ” de Ray Bradbury. L’objet de ce roman était perdu pour eux de toute façon.  Lorsque j’ai dit la citation fameuse de Bradbury : “Vous n’avez pas besoin de brûler les livres pour détruire une culture, faites en sorte simplement que les gens ne les lisent plus. ” Ils ont haussé les épaules.  

Ils venaient tous de familles inhabituellement privilégiées. Des familles où ils reçoivent de voitures neuves lorsqu’ils obtiennent leur diplôme.  Ils étaient tous blancs. 

Ceux qui mettent leur temps, leur âme, leur sang dans l’écriture du panorama et de la diaspora de  la souffrance humaine ne leur offre rien de ce qu’ils ont besoin d’apprendre. Ils n’étaient pas même curieux d’eux-mêmes.  Ils supportaient mal l’idée qu’ils auraient dû l’être.

” Je n’espère pas que qui que ce soit soit curieux à mon sujet ” m’a  dit l’un d’eux.

Même si ils souhaitaient être militants, il suffisait de leur donner quelques phrases sexy, quelques notes de Cliff et ça allait suffire. Ils ne savent rien, ni dans le contexte universitaire, sans parler du contexte de leur propre expérience.

Nous sommes dans la merde mes amis…

Traduction : Elisabeth Guerrier

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Comment la Théorie Queer est devenue la politique universitaire en Grande Bretagne par Michael Biggs

Si le sujet est vaste et surtout si récent et soumis à pression qu’on peine à resituer ce mouvement et ses conséquences pour la santé intellectuelle de la vie universitaire et pour les évolutions des représentations collectives, on ne peut pas ne pas le mettre en parallèle avec d’autres évolutions du rapport au corps de la culture post-moderne d’une part, dans ce que nous pressentons comme une dynamique de fusion entre la Techné médicale et scientifique et les fantasmes divers émergeants face aux menaces d’extinction non  assumées et la volonté de rendre le corps malléable et éternel dans les divers possibles d’ un désir sans limite, enfin accessible, ouvert à l’image des spasmes consuméristes et, d’autre part, à une dépolitisation par glissement vers des champs de contrôle moraux des questions socioéconomiques posées par la culture de masse. Les divers niveaux en jeu dans la microisation des messages politiques des sociétés néo-libérales tendent à cacher dans leur rage à se revendiquer comme porteurs d’un  “changement” ou d’une conscience “ultrawoke” par essence victimaire et détentrice de la vérité dont ils sont les porteurs harassés, la mesure strictement oppressive du système économico-social et de confiner à la quête d’une nouvelle forme d’ordre moral les questions crues de la misère sociale * et de ses conséquences sur les vies des plus démunis, quels que soient leurs choix existentiels.EG

queertheory

Publié le Nov, 25, 2018 

Comment la théorie Queer est devenue la politique universitaire

How Queer Theory Became University Policy

par Michael Biggs, [edité par Sarah Mills], via Conatus News

L’établissement d’une doctrine officielle sur l’identité de genre est une menace sans précédent pour la liberté universitaire. Sexe et genre devraient être soumis à des débats.

Mon université a récemment établi une doctrine officielle sur le genre, promulguée par son Unité de Diversité et d’Egalité (Equality and Diversity Unit). L’Université d’ Oxford déclare que le sexe n’est pas déterminé à la conception mais est plutôt « assigné » à la naissance, à partir du caprice d’une sage-femme ou d’un obstétricien. Le sexe doit être remplacé dans tous les aspects pratiques par un sens individuel de l’identité de genre, qui peut être choisie au sein d’un long menu  comprenant les non binaires et les genderqueer.

Oxford n’est pas l’exception, car la même doctrine a été instituée à travers les universités britanniques.

Cette doctrine provient de la « théorie queer », une excroissance du post-modernisme. Pour comprendre comment un discours ésotérique a pu devenir la nouvelle orthodoxie, nous devons suivre le travail de l’Intelligence du genre, l’organe de charité qui a traduit la théorie Queer en politique publique. Son chef exécutif est Jay Stewart MBE, un homme trans avec un doctorat de Cultures visuelles de  Goldsmiths, Université de Londres. La compagnie a commencé avec une allocation de 50.000 livres de la Commission des droits et de l’égalité humains  [1]. Maintenant, la plupart de ses evenus viennent de la vente de présentations dans le secteur public, gonflée par une donation de  116,000 livres provenant des «  Enfants dans le besoin » de la BBC.

 « Le Théorie Queer a été la carte pour ma compréhension personnelle » déclare Stewart [2]. La Grande prêtresse de cette théorie, Judith Butler, prétend que «  le corps n’est pas un «  être » mais une frontière changeante une surface dont la perméabilité est régulée politiquement, une pratique signifiante au sein d’un champ culturel de hiérarchie des genres et  d’hétérosexualité imposée. » [3]. La conséquence est que l’identité de genre n’a aucun lien avec la biologie. Selon l’Intelligence du genre, « Une femme est toujours une femme, même si elle aime se faire tailler des pipes. » C’est pourquoi Stewart a été le premier à persuader les prisons de prioriser l’identité de genre sur le sexe. [4]. Cette politique a récemment permis l’incarcération d’un violeur patenté dans une prison pour femme,  simplement parce qu’il se présente comme une femme, il a ensuite agressé d’autres détenues.

Comme d’autres variantes du Post-modernisme, la théorie Queer s’abrite confortablement derrière les disciplines universitaires étudiant la culture. Cependant maintenant, cette théorie est établie comme doctrine officielle par les universités. Les textes de loi vont bien au-delà de ce qui est exigé par loi sur l’égalité, qui interdit à juste titre la discrimination sur la base d’une réassignation de genre. Bien sûr, la doctrine contrevint à la loi à cet égard. La loi protège aussi l’orientation sexuelle, mais si l’identité de  genre prévaut sur le sexe, alors l’hétérosexualité et l’homosexualité disparaissent. N’importe quel homme peut déclarer être une lesbienne, comme une mauvaise plaisanterie des années 70 réactualisée pour notre époque ultraconsciente. La déléguée de l’Association LGTB des étudiants de l’université d’Edimbourg Ada Wells,  like a bad joke from the 1970s updated for our ultrawoke era. The Edinburgh University Student Association’s LGBT+ Convenor, Ada Wells, a exigé que l’Université exclue  toute lesbienne qui refuserait un homme s’identifiant comme «  genre neutre » (comme Wells) comme potentiel partenaire.

« Comme d’autres variantes du Post-modernisme, la théorie Queer s’abrite confortablement derrière les disciplines universitaires étudiant la culture. Cependant maintenant, cette théorie est établie comme doctrine officielle par les universités. »

L’Intelligence du genre (Gendered Intelligence) joue un rôle majeur dans la formation des personnels universitaires et des administrateurs. Ses cours sur «  la vigilance trans. » (Trans Awareness) ont été répétés dans des dizaines d’universités. L’Université Merton, à Oxford, par exemple,  a payé la compagnie  pour former «  les cadres de la loge, les hauts fonctionnaires de l’université, les départements des finances et des bourses, la bibliothèque, l’équipe des aides sociales, le bureau du développement, et les ressources humaines,  avec un certain nombre de représentants du bureau de direction. » Le syndicat des étudiants d’Oxford veut maintenant mandater cette formation pendant deux ans pour tout le personnel ayant des postes dans l’aide sociale. [5]. L’impulsion ne vient pas que des étudiants mais aussi de l’Unité pour le défi de l’égalité (Equality Challenge Unit) un organisme non-gouvernemental en charge d’administrer la diversité au sein de l’éducation supérieure britannique. La Charte Athena SWAN, prévue à l’origine pour aider les carrières des femmes dans le domaine scientifique est maintenant utilisée pour renforcer la doctrine du genre.

Les étudiants qui questionnent leur propre identité sont dirigés vers Gender intelligence, qui forme également les conseillers à l’université. Quand une lycéenne, précédemment diagnostiqué pour une dépression – à la Royal Center School for Speech and Drama a décidé qu’elle était un homme, l’école a payé pour une guidance par la Gender intelligence, ( un des Professeurs de l’école est un des membres du conseil d’administration et le partenaire de Steward) Le mentor a recherché des chirurgiens pratiquant la masectomie par choix. . «  La chirurgie affectera le sexe de nombreuses façon »,  conseille la Gender Intelligence,  «  mais le plus notable est un saut dans la confiance physique ». Si l’identité de genre est fluide, non liée au sexe et  changeante, comment donc cette identité peut-elle nécessiter des transformations physiques irréversibles ? Les contradictions logiques ne sont pas embarrassantes pour le post-modernisme. Quand une lesbienne prend de la testostérone et s’ampute les seins de façon à jouer le rôle de l’homme, c’est applaudit par la théorie Queer comme la déconstruction de l’hétérosexualité obligatoire.

L’établissement d’une doctrine officielle sur l’identité de genre est une menace sans précédent pour la liberté académique. Sexe et genre devraient être l’objet de recherches robustes et de débats vigoureux. Au lieu de ça, les étudiants qui questionnent la nouvelle orthodoxie de la théorie Queer  sont l’objet de harassement et intimidation. La plupart sont des femmes et beaucoup sont orientées vers le féminisme radical. Les responsables sont les étudiants ultra-conscients – dont beaucoup ne sont pas des trans mais qui se positionnent comme «  alliés » – et quelques universitaires féministes. Ils peuvent prétendre cependant que leur agression est habilitée par le discours académique. Après tout, les universités ont octroyé à un seul groupe un pouvoir extraordinaire de contrôler les discours intellectuel. « Si un individu trans informe un membre du conseil qu’un mot ou une phrase est inapproprié ou offensif »,  avertit l’ University College de Londres, « alors ce membre du conseil devra le croire sur parole et ajuster sa phraséologie d’une façon appropriée. »

Bienvenue  l’Université du 21ième siècle, où le sexe a disparu, où l’homosexualité est ségrégative, où l’orthodoxie est renforcée au nom de la diversité.

Michael Biggs est  Associate Professor of Sociology and Fellow of St Cross College, University of Oxford

NOTES:

  • [1] Equality and Human Rights Commission, response to Freedom of Information request (FOI 1247 Biggs), 2 October 2018
  • [2] Jay Stewart, ‘Gendered Intelligence’, Trans Britain: Our Journey from the Shadows, ed. Christine Burns, Cornerstone, 2018, pp. 277–91, at p. 278
  • [3] Judith Butler, Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, Routledge, 1990, p. 139
  • [4] Stewart advised the Ministry of Justice’s review which created the new policy and now serves on the Prison Service’s Transgender Advisory Board which implements it
  • 5] Oxford Student Union LGBTQ+ Campaign, 2018 Report on Transgender Experience and Transphobia at the University of Oxford, p. 32. The report literally recommends ‘bi-annual’ training but presumably, biennial was intended.
  • * Poorest dying nearly 10 years younger than the rich in ‘deeply worrying’ trend for UK

Traduction : Elisabeth Guerrier

La militarisation de l’Arctique : une question essentielle à laquelle accorder toute son importance Alex Gorka

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Soldats anglais. Opération ” Trident junction “
  Russia’s desire to undermine American democracy is related to its inability to match up to the military and economic power of the West.”

October 25, 2018 | Alina Polyakova, TIME

Cité dans «  Brooking briefs »

Au regard de l’énergie développée pour tenter de traduire correctement la liste interminable des équipements spéciaux de l’armement de la Russie dans l’Arctique, développée avec beaucoup de précision par Alex Gorka et dont chacun des éléments peut être vérifier en ligne, on reste songeur sur cette sorte de maladie du sens moral qui parcourt d’une façon endémique tout l’Ouest, nourrie de préjugés, de rumeurs, de fausses informations qui définissent «clairement » dans les esprits brumeux des masses qui est «  le méchant ». Certains dans le passé ont manipulé les informations données avec une sorte d’approche scientifique sur la propagande et ses moyens. Il semble que ces stratégies d’imprégnation collectives soient devenues la seule façon de faire de la politique étrangère dans ce système, elles s’appuient sur une paresse intellectuelle constitutive du Lambda, sur son incapacité à lâcher son os quand il a mordu à la certitude de savoir comment vont les choses, à ne jamais avoir l’esprit suffisamment libre et souple pour consacrer le temps nécessaire à chercher à se contredire lui-même, sur son besoin toujours renouvelé, ce qui le soulage de sa propre dépréciation chronique, de pointer la faute sur l’étranger, qui évidemment est voué à changer de nom et de visage quand la géopolitique l’exige.EG

 

Pour bien éclairer quels sont les réels enjeux face à la Russie et à la Chine : Ci-dessous la déclaration de Wess Mitchell, Secrétaire d’état aux affaires européennes et eurasiennes. Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs in the US State Department)
La transcription de cette allocution au Sénat a omis deux phrases qui figurent en contrebas du texte et qui illustre parfaitement l’état d’esprit des USA quant à ses ” rivaux ” Chinois et Russes Quand on est l’exception et la police d’un monde, on ne lâche pas le morceau facilement et 
les USA ne lâcheront rien.

Ces phrases sont :
Empêcher
la domination
de la masse continentale eurasienne
Par la Chine et la Russie
prevent the
domination of
the Eurasian landmass by
Russia and China

“Le point de départ de la stratégie de la Sécurité Nationale est la reconnaissance du fait que les USA entrent dans une période de compétitions entre grandes puissances et que les politiques passées n’ont ni suffisamment envisagé l’étendue de cette tendance émergeante ni équipé d’une façon adéquate notre nation afin qu’elle réussisse à la gagner. La Russie et la Chine sont des compétiteurs sérieux qui construisent les conditions matérielles et idéologiques de la contestation de la primeur américaine et de son leadership du 21 ième siècle. Prévenir la domination de la région eurasienne par des puissances hitiles continue à être un un intérêt prioritaire de sécurité nationale. l’objectif central de l’administration dans le domaine de la politique étrangère est de préparer notre nation à se confronter à ce challenge en renforçant systématiquement la militarisation, l’économie et les fondations politiques du pouvoir américain.

The starting point of the National Security Strategy is the recognition that America has entered a period of big-power competition, and that past U.S. policies have neither sufficiently grasped the scope of this emerging trend nor adequately equipped our nation to succeed in it. Contrary to the hopeful assumptions of previous administrations, Russia and China are serious competitors that are building up the material and ideological wherewithal to contest U.S. primacy and leadership in the 21st Century. It continues to be among the foremost national security interests of the United States to prevent the domination of the Eurasian landmass by hostile powers. The central aim of the administration’s foreign policy is to prepare our nation to confront this challenge by systematically strengthening the military, economic and political fundaments of American power.

 

 

 

ALEX GORKA | 24.10.2018 | SECURITY / WAR AND CONFLICT

Militarization of Arctic: Issue of Incredible Importance Not Given Due Attention to

La militarisation de l’Arctique : une question d’une importance incroyable qui ne suscite pas l’attention qu’elle mérite.

L’Europe, le Moyen Orient et l’Asie du sud-est ne sont pas les seuls théâtres potentiels pour des opérations militaires. L’Arctique est une zone de rivalités géopolitiques. La situation là-bas est laissée à tort hors des éclairages médiatiques. Pendant ce temps, 2018 a vu un nouveau record du retrait des glaces dans la région.

La Russie a présenté l’attribution de 1.2 millions de mètres carrés dans cette région  aux Nations unies. Selon la convention des Nations unies sur la Loi de la mer, (UNCLOS), un état côtier peut prétendre à la côte continentale au-delà de 120 miles nautiques en présentant des preuves scientifiques qu’il s’agit de la prolongation naturelle de ses marges côtières. La seule région côtière de la Russie peut être étendue, étant donné le droit exclusif de l’état à exploiter ses ressources naturelles sur les fonds et l’océan. Il s’agit de réserves de pétrole de plus de 8.5 trillions de dollars.

Moscou considère la Route de la Mer du Nord Nothern sea road ( NSR) située à l’est de Novaya Zemlya et qui longe la côte arctique russe de la Mer de Kara en Sibérie au Détroit de Bering comme une zone maritime économique exclusivement russe ( EEZ) selon l’article 234 de la Convention des Nations unies   Convention sur les lois de la mer . Cet article attribue aux états du littoral au sein de leurs zones d’exclusivité économiques ( 200 miles nautiques) le droit d’appliquer des lois non discriminatoires et des régulations touchant la navigation dans les parties glacées. Les US en sont signataires mais le Congrès ne l’a pas ratifié.  Washington ne reconnait donc pas les exigences de la Russie et cherche à rendre cette région internationale.

Les USA, le Canada, le Danemark et la Norvège ont leurs propres réclamations. L’Arctique est supposé contenir plus de 22 trillions de dollars de ressources sous la glace,  y compris 90 billions de barils de pétrole et 47 trillions de mètres cubes de gaz naturel. Il est normal que les états se les disputent aussi longtemps qu’ils sont envisagés sur la base du droit international à travers les négociations. Mais l’escalade graduelle des tensions dans l’Arctique est un fait.

Selon le Guide de la défense danois  2018-2023, il y aura une augmentation impressionnante de 20% des dépenses de défenses dans les prochaines six années. L’Arctique est mentionné comme une zone d’activité  et de présence militaire en développement. En été, la Norvège s’est réinvestie dans une augmentation des dépenses en faveur de l’OTAN de 2% du PIB avec son plan à long terme impliquant  son engagement de 2O21-2024 comme des prémices essentielles. Oslo va investir des de l’ « équipement stratégique » comme le nouvel avion furtif F-35, des sous-marins et le nouvel aéronef patrouilleur maritime P8. Le Canada va développer une  flotille navale arctique. L’an passé, Ottawa a dévoilé son plan d’augmenter ses dépenses militaires de 70% ( ou plus de 30 milliards) sur les dix prochaines années. La plupart de cet investissement allant aux navires de guerre et aux avions de chasse. La Crête de Lomonosov est le principal osujet des disputes territoriales entre le Canada et la Russie. Elle s’étend sur 1800 kilomètres des Nouvelles îles sibériennes à travers l’océan atlantique jusqu’à l’île canadienne de Ellesmere. Le Canada se livre à des manœuvres militaires dans cette zone.

Les Bérets verts US s’entraînent  à combattre la Russie dans la région. Donc les sous-marins d’attaque sont aussi en manœuvre.  En mars, plus de 1500 personnels militaires de plus de 20 unités ont été rassemblés  pour les exercices militaires de 2018 sur la crête arctique. Les Gardes côtes US cherche à armer ses brise –glaces utiliser pour ouvrir des passages à travers les mers gelées. Les US ont stationné des avions furtifs F22 et F35 en Alaska. Ce déploiement fournit une supériorité aérienne aux USA sur tout l’hémisphère nord.

La Russie met en œuvre les State Policy in the Arctic Till 2020 and for a Future Perspective. (Politiques nationales de l’Arctique jusqu’en 2020 et dans une perspective d’avenir) L’Arctique est une source de menaces pour la Russie. Les missiles lancés des sous-marins à partir des eaux proches de la Norvège laisseraient à l’armée russe à peine 15 minutes pour décider si un tel objet représente ou non une menace et comment y répondre. L’Arctique est la seule location permettant le lancer de missiles Tomahawks qui pourraient frapper les bases intercontinentales de missiles russes (ICBMs) dans les régions de l’ Orenburg et de Krasnoyarsk  aussi bien que celles de l’Oural.

La Flotte du nord russe est une force qui groupe 38 grands navires de surface, plus de 40 sous-marins et un corps d’armée comprenant deux brigades d’infanterie. La 61ième brigade d’infanterie est sous le commandement des Forces stratégiques jointes de la Flotte du nord. 7 sous-marins prêts au combat sont regroupés là. A peu près 60% de la flotte opérationnelle est équipé d’un nouvel armement.

L’équipement  de combat Ratnik  pèse entre 19 et 20 kilos, il est conçu pour des opérations dans le climat arctique et comprend un casque à vision nocturne, une armure corporelle, un équipement de communication et des écouteurs. Tout compris, l’équipement comprend 10 sous-systèmes et à peu près 60 items séparés. Pesant 7,5 kilos, l’armure classe 6 protège presque 90 % du corps des soldats à partir de 7,62 m. même contre des tirs courts. Il est équipé de systèmes de détection spéciaux contre les systèmes à infrarouge. Conçu en fibre de carbone légère,  l’exosquelette supporte le système musculaire afin d’aider le soldat à porter des charges de plus de 50 kilos sur des longues marches.

Le système de communication vocal et visuel Strelets-2 inclut un module de navigation  GLONASS  qui permet à un chef d’escadron de vérifier la location de chacun de ses soldats sur un ordinateur de la taille d’un livre et de la communiquer à ses chefs. Chaque soldat est en plus équipé d’un ordinateur tactique de la taille d’un téléphone.

Les soldats ont le véhicule tout terrain Ruslan,  le véhicule de trace tout-terrain GAZ-3344-20, le  DT-10PM vèhicule amphibie. Capable de défendre l’espace aérien dans un rayon d’au moins 15 kilomètres, le nouveau système de missiles à courte-portée Tor-M2DT est le seul système dans sa catégorie conçu spécialement pour les conditions météorologiques de la région arctique. Il peut protéger contre les radiations et les missiles de croisière, contre les engins téléguidés aériens, les planeurs, et réparer et tourner les ailes des avions de chasse. Sa plateforme de DT-30PM sera utilisée pour le lancement multiple de système de fusée Grad et Smerch.

Les capacités de la défense aérienne vont être augmentées grâce  au S-400 Triumf aet mise à jour avec l’auto-propulseur Pantsir-1S, système de missiles de moyenne portée surface-air.

Le T-80BVM est parfaitement adapté aux conditions météorologiques particulières de l’Arctique. C’est le premier tank russe opérationnel à être équipé d’une nouvelle armure réactive explosive. Ses moteurs à turbine améliorés sont  plus performants dans les conditions arctiques. Commençant à des températures aussi basses que – 40 degrés Celsius et prêts pour l’action en quelques minutes. Les tanks avec du diesel conventionnel ont besoin de 40 minutes pour chauffer dans les conditions de températures de l’Arctique.

Cette année, La Russie à dévoiler le nouveau buggy Chaborz M-3  destiné à des opérations version arctique.  C’est un véhicule léger tout terrain polyvalent 4.2 prévu pour des opérations des unités des forces spéciales dans des conditions  hors route. Il peut atteindre sur route des vitesses de 130kms/ heure.

Cette année, Ilya Muromets, le premier briseur de glace construit pour la Marine russe en presque 40 ans est entré en service avec la logistique du vaisseau de soutien Elbrus ,  le projet 22350 de la frégate Admiral Gorshkov équipée avec des missiles de longue portée  Kalibr, et le navire amphibie Ivan Gren  (Project 11711), le premier vaisseau de cette catégorie, les systèmes de missiles pour la défense côtière ont été déployés dans la région de Murmansk.

Le char Academic Pashin  (Project 23130) est testé en mer.  Deux brise-glace  Arktika-class sur six, équipés de double-têtes nucléaires ont déjà été lancés. Les plans comprennent la construction de Lider, le brise-glace à propulsion nucléaire super-puissant. Le brise-glace Ivan Papanin (Project 23550) polyvalent,  est le premier d’une série de deux doit être livré à la marine russe en 2021. Ce navire est destiné à l’étude et à la protection des eaux arctiques, les opérations de recherches et de sauvetage, l’escorte de navires dans les eaux polaires, le transport d’équipements et le remorquage et le support de vaisseaux auxiliaires. Il peut fournir la protection à des vaisseaux opérant dans les eaux polaires contre les tirs aériens, maritimes ou côtiers.

Trois sous-marins balistiques supplémentaires (Project 955) et trois sous-marins d’attaque nucléaires (Project 885) ainsi que deux frégates (Project 22350) entreront en service avec la Flotte du Nord dans le futur proche. Le porte-avions. Admiral Kuznetsov  sera également de retour dans les rangs après une mise au point de ses équipements avec la version navale du système de défense aérienne. Des systèmes Bal de défense côtière vont être également déployés.

La militarisation graduelle de la région est une réalité. Il y a deux options. L’une est de transformer l’Arctique en un champ de mine où la moindre étincelle pourra déclencher une explosion. L’autre est de lancer un dialogue complet afin de répondre aux questions de sécurité liées à la région. Cinq des huit membres du Conseil de l’Arctique sont membres de l’OTAN avec la Suède et la Finlande étant des partenaires privilégiés de l’Alliance.  Cela fait partie des questions à poser sur les relations entre l’OTAN et la Russie. Les activités militaires de la Russie dans la région n’ont rien à voir avec la volonté de jouer les gros bras mais avec la volonté de protéger ses intérêts légitimes.

Les évènements liés à la décision des US de se retirer du Traité INF, la Syrie, les sanctions et d’autres choses sur lesquelles se centrent le regard du public ne devraient pas éclipser cette question de la plus haute importance. Coopérer les uns avec les autres est le seul moyen de maintenir la sécurité et l’ordre dans cette région polaire. Une approche coordonnée de la Gouvernance arctique dans le cadre d’une Convention sur les lois de la mer construirait la confiance et éviterait la militarisation. Le temps est venu pour le Conseil de l’Arctique de se transformer en un conseil centré sur la sécurité.

Tags: Arctic

 

 

 

 

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Parce que la résistance aux glissements partisans générés dans des stratégies quotidiennes d’intoxication idéologique nécessite avant tout l’abord de la complexité, il est nécessaire de faire appel à des esprits informés et critiques, à donner ou redonner donc au poids de la construction des savoirs ses vertus d’éclairage.

Au moment où l’Arctique se voit la scène des plus importantes manœuvres militaires de l’OTAN depuis la Guerre froide, faisant suite aux campagnes de diffamation orchestrées par les divers pouvoirs politiques nord-américains et soutenus par leurs alliés inféodés, l’urgente nécessité de voix autres, critiques et analytiques, même pour faire face à des constructions mythiques créées de toute pièce par des ” érudits ” locaux reconnus est plus que jamais impérative. 

Aucun média grand public ne pourvoira à l’approche d’une situation complexe et évidemment unique comme celle de la Russie, car chargée de sa propre histoire. La pandémie des appellations de “Fascisme” recouvrant tout et n’importe quoi a non seulement un effet niveleur sur des phénomènes divers et caractéristiques mais elle marque une fois de plus l’incroyable pression et la paresse intellectuelle de ces temps où l’analyse de tout ce qui est ” complexe “- et la réalité n’a-t-elle pas avant tout cette nature-là ? – est promu comme vain, usant, inutile au nom d’un réductionnisme omniprésent et au service de l’utilitarisme qui le rationalise.

Le Fascisme est un moment de l’Histoire, dans un contexte précis (rappeler que la trahison de Wilson faite aux Italiens après la Première guerre mondiale en est partie prenante voire génératrice), avec des bases de valeurs précises et des alliances intra-sociales tout aussi importantes qui lui donnent sa spécificité.  Nous conseillons vivement la lecture de l’article de Jean Pierre Raviot qui donne les éléments de compréhension d’une spécificité politico-sociale russe, évidemment assez difficile d’accès à l’entendement des manichéens néo-libéraux occidentaux ne justifiant leur existence que dans l’imposition du bien fondé d’une Démocratie idéalisée mais ayant agonisé depuis plus de trente ans. EG

 

La Russie est-elle réellement «  fasciste » ?

Un commentaire sur la note N°539 de TIMOTHY SNYDER PONARS sur la politique eurasienne Eurasia Septembre 2018

Marlene Laruelle

George Washington University

Lors de la dernière décennie et plus ouvertement encore depuis l’annexion de a Crimée, il y a eu une tendance croissante à décrire la Russie – ou au moins le régime de Poutine – comme «  fasciste ».

Sur la scène politique, cette affirmation a été émise par tous, des chefs d’états occidentaux comme l’ancienne secrétaire d’état Hillary Clinton à l’ancien Ministre des affaires étrangères de Grande Bretagne,  Boris Johnson en passant par l’opposant de Vladimir Poutine, Garry Kasparov. Le label a aussi tracé sa voie dans le discours académique, déployé par des universitaires comme Timothy Snyder, Alexander Motyl, Vladislav Inozemtsev, et Mikhail Lampolski.

Déclarer que la Russie de Vladimir Poutine est un régime fasciste est une accusation sérieuse, avec des implications politiques et légales potentielles. Les universitaires ont à leur disposition une littérature riche sur le fascisme qui inclus de nombreux outils qui peuvent permettre de considérer si la terminologie s’applique 1/ correspond au système politique russe. 2/ offre une analyse conséquente capable de capturer la «  nature »  du régime de Poutine. Malheureusement ceux qui se font le plus entendre parmi les accusateurs universitaires semblent peu intéressés par l’évaluation l’hypothèse fasciste au regard de ces outils académiques. Premièrement, ils ne cherchent pas à appliquer des données clefs concernant la littérature sur le fascisme à la Russie et n’avancent donc pas des critères clairs pour déterminer si ce régime est fasciste. Deuxièmement, ils semblent ne pas utiliser le terme comme une catégorie analytique mais comme une épithète dénonçant le système de Poutine

Si la communauté des universitaires souhaite que les décideurs prennent en charge sérieusement le «  fascisme », il faudra qu’il corresponde à leurs critères Et s’ils considèrent que le concept est inapplicable, ils devront clairement le signifier.

De fausses analogies historiques

Cette note ouvre une telle discussion en discréditant les quatre principales accusations utilisées par Snyder pour justifier l’appellation de la Russie comme  régime fasciste. De fausses analogies historiques dans une série de  tribunes publiées dans la New York Review of Books et dans le New York Time, Snyder trace des parallèles entre le Russie de Poutine et l’Allemagne d’Hitler.  Dans un article datant du 20 mars 2014, il compare la mainmise de la Crimée par la Russie – qui venait de se produire quelques jours auparavant, et le conflit dans le Donbass qui se préparait rapidement avec les actions de l’Allemagne nazie au début de la Seconde guerre mondiale.  Mais contrairement à  Andreas Umland, qui a postulé des analogies similaires, Snyder n’a pas tenté d’entreprendre une solide étude qui pourrait juxtaposer les arguments légaux utilisés pour créer l’Anschluss avec l’Autriche dans le cadre de l’annexion des Sudètes par Hitler avec ceux présentés par Poutine pour l’annexion de la Crimée. Au lieu de cela, Snyder préfère présenter des arguments à la va-vite, affirmant, par exemple, que : «  Vladimir Poutine a choisi de réhabiliter l’alliance entre Hitler et Staline qui a déclenché la Seconde guerre mondiale. » Avec une telle déclaration, Snyder cherche à faire d’une pierre deux coups, identifiant simultanément Poutine à Hitler et à Staline. Cependant, il échoue à donner une analyse structurée qui puisse démontrer que l’actuel système russe appartient à la tradition des régimes totalitaires.

Plus loin, il décrit des évènements et des sentiments à travers la Russie comme des échos des pires moments du Nazisme. En Russie, écrit-il :

Les Juifs sont blâmés pour l’Holocauste sur la télévision nationale,  un intellectuel proche du Kremlin loue Hitler comme chef d’état, les Nazis russes marchent le 1ier mai, (et) des rallyes dans le style Nuremberg où des torches sont portées en formation Svastika sont présentées comme anti-fascistes.

Ces descriptions sont dramatiquement éloignées de la prise en compte – pour ne pas évoquer l’analyse- de la complexité de la société russe. A sa place, ils sélectionnent les moments avec le plus haut niveau de potentiel choquant et les présentent comme une routine, produisant un portrait de la Russie inadéquat comme si on pouvait par exemple suggérer que la vie quotidienne des USA puisse être interprétée à travers les émeutes de Charlottesville d’Août 2017. Des analogies historiques sélectionnées peuvent offrir des voies stimulantes pour la discussion, mais elles n’offrent pas la rigueur d’une analyse propre au modèle des sciences sociales, n’ont pas de pouvoir prédictif et sont limitées dans leur utilité pour la compréhension des courants actuels.

Une autre erreur peut être notée dans la tentative de Snyder de dresser un parallèle entre un régime honni, à savoir son affirmation que le drapeau de la révolte du Donbass et de la république auto-proclamée de  Novorossiya a été inspiré par le drapeau des Confédérés américains.[1] En fait de nombreuses sources montrent que ce n’est pas le cas et que les insurgées ont, au contraire, été inspirés par le symbolisme de l’époque tzariste qui par hasard ressemble au drapeau confédéré.[2] Cette erreur illustre bien le présentisme de Snyder crée un cadre d’interprétation artificiel et américano-centré, modifiant les faits afin de les rendre plus alarmants et plus polarisés sur le public US.

L’usage d’analogies historiques pratiqué par Snyder crée aussi de fausses références. A titre d’exemple, il accuse Poutine d’avoir justifié l’annexion de la Crimée en référence à la doctrine du «  changement de frontières » de l’Allemagne, impliquant que Poutine ait pu comparer ouvertement ses actions à celles de l’Allemagne nazie. «  C’est avec de telles références historiques  à l’esprit (s’emparer de l’Autriche et d’une partie de la Tchécoslovaquie) que nous devons comprendre la suggestion présente dans le discours de Poutine que l’Allemagne devrait sympathiser avec la doctrine du changement de frontières »

C’est une grossière erreur. Le discours de Poutine se réfère très clairement à la réunification de l’Allemagne de 1990, pas à l’Anschluss ni à l’annexion des Sudètes.

Laissez-moi vous rappeler que dans le cours des consultations sur la réunification de l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest, au niveau de l’expertise, bien que très élevée, certaines nations qui étaient alors et sont encore des alliées de l’Allemagne ne supportaient pas l’idée de la réunification. Notre nation, sans équivoque, a cependant supporté le désir sincère, impossible à arrêter des Allemands pour une unité nationale.

Ceci ne justifie bien sûr en rien l’annexion de la Crimée, mais cela démontre que la référence de Poutine portait sur la réunification de l’Allemagne plutôt que sur les actions des Nazis. L’inflation polémiste de Snyder est une sinistre distorsion de la rhétorique et des évènements : Les standards de Moscou sont la Guerre froide, pas l’ère Ribbentrop-Molotov

La question du pacte Molotov-Ribbentrop

A partir de 2014, Snyder a commencé à développer des arguments forts que la nouvelle inclinaison de la Russie vers le fascisme était la tendance croissante de Poutine et des officiels russes à réhabiliter le Pacte Molotov-Ribbentrop de 1939.

En 2009, juste avant un voyage de conciliation en Pologne, Poutine a publié un article dans le quotidien polonais Gazeta Wyborcza qui condamnait l’ancien agrément comme immoral : «  Sans doute, le Pacte Ribbentrop-Molotov d’Août 1939 doit être complètement condamné. » Mais en Novembre 2014, parlant devant une audience d’historiens russes au Musée d’histoire moderne de la Russie, le Président russe a partiellement retiré ses commentaires sur l’immoralité du Pacte. Il a à nouveau insisté sur le fait que les pays occidentaux avaient été les premiers à tenter d’éviter le conflit avec Hitler, laissant la Russie seule à faire face à la guerre sur le front de l’Est. Il ajouta une nouvelle nuance affirmant le droit de Moscou à éviter la guerre : «  Mais qu’y avait-il donc de si mauvais si les Russes ne voulaient pas se battre ? Qu’y avait-il de mauvais ? »

L’affirmation de Snyder disant que la Russie a complètement changé sa ligne est tout à fait questionnable. Le narratif russe a depuis longtemps fait correspondre les accords de Munich avec le Pacte Ribbentrop Molotov. Aux yeux du Kremlin, le Pacte est l’équivalent des Accords de Munich pour l’Ouest et ne peut à lui seul avoir accéléré l’entrée de l’Europe dans la guerre. Cette ligne n’a pas changé. En outre, le discours de Poutine de 2014 sur les mérites d’avoir voulu éviter la guerre était soigneusement à attacher à son contexte : il a été fait en des temps de grande tension internationale autour de l’Ukraine, et le message implicite était que la Russie voulait éviter la guerre avec l’Ouest. En 2015, Poutine a réitéré la même lecture du Pacte comme stratégie défensive,  affirmant, que « la sauvegarde de l’Union soviétique était le premier élément de ce Pacte. » On peut condamner le silence de la Russie sur l’historiographie officielle de la violence soviétique dans les terrains occupés, mais contrairement à l’affirmation de Snyder, il n’y a pas de rupture authentique dans la pensée de Poutine qui confirmerait une évolution du leader russe vers le fascisme. – la lige argumentaire du Pacte demeure la même.

Les liens d’amitié de la Russie avec l’extrême-droite européenne.

Dans des déclarations répétées, Snyder a  affirmé que le support de l’extrême-droite européenne par le Kremlin était dans la continuité de l’Alliance de Staline avec Hitler visant à détruire l’ordre du monde européen :

Tout comme Staline a cherché à tourner les forces les plus radicales de l’Europe, Adolf Hitler contre l’Europe elle-même, Poutine s’allie avec les populistes anti-européens, les fascistes, et les séparatistes. Ses alliés d’extrême-droite sont précisément les forces politiques qui souhaitent amener un terme à l’odre européen actuel : l’Union européenne.

Cet essai de parallèle historique ne tient pas pour plusieurs raisons.

 Premièrement, le récent succès politique du populisme et/ou de l’extrême-droite en Europe ne peut pas être réduit d’une façon simpliste à la «  montée du fascisme ». Bien que cela puisse être source d’inquiétude, cela ne justifie pas la combinaison de différents termes et de différentes notions ; La vaste majorité des spécialistes de l’extrême-droite européenne, dont Cas Mudde, sont d’accord pour dire que ces mouvements ne peuvent être vus comme des  mouvements post ou néo-fascistes dans leur dans leurs composantes sociales ou idéologiques.  Le concept beaucoup plus complexe de « Illibéralisme(s) » semble correspondre beaucoup mieux à la capture des tendances actuelles.

Deuxièmement, questionner la légitimité de l’Europe dans son état actuel ne peut pas être mis en parallèle avec le Nazisme. Il y a beaucoup de raisons de questionner l’Europe qui n’ont rien à voir avec un état d’esprit  fasciste. On ne peut pas interdire aux citoyens de  critiquer les fonctionnements de leurs institutions parce que les forces populistes avancent dans le discours anti-européen.

Troisièmement, les vagues d’illibéralisme en Hongrie et en Pologne, deux pays dont la population a été historiquement imprégnée de  la posture anti-russe, démontrent que la Russie ne peut être blâmée pour l’Euro-scepticisme croissant et l’illibéralisme de l’opinion publique européenne. Comme les universitaires de Tartu Andrey Makarychev et Aliaksei Kazharski le notent, ben que les discours de la Russie et de l’Europe centrale divergent sur de nombreux points, ils peuvent cependant être réunis dans leur critique de la vision prévalente de l’Europe comme un projet libéral, cosmopolite et supranational et à sa place, construire une autre point de vue sur une «  autre Europe » qui soit plus conservatrice et centrée sur la nation-état. Moscou joue indubitablement  sur ce pessimisme européen, mais son origine est à attribuer à la politique intérieure.

Quatrièmement, la politique du Kremlin à l’égard de l’Europe a un seul but plus englobant : trouver des voix qui rejettent l’actuel bellicisme et apellent au dialogue avec la Russie. C’est pourquoi Moscou est prête à s’engager avec quiconque proposant un tel agenda, que ce soit l’extrême-droite ou les groupes d’extrême-gauche et, d’une façon plus importante, les partis conservateurs  officiels et les corporations dominantes. C’est une démarche de Realpolitik de trouver tout point d’influence sur le théâtre européen plutôt qu’une forme de mariage exclusif et consistant avec l’extrême-droite.

 

Ivan Ilyin idéologue officiel de la Russie

Un quatrième argument plus consistant avancé par Snyder se rapporte au rôle majeur supposé de l’intellectuel émigré Ivan Ilyin (1883–1954) dans l’idéologie de Poutine. Dans ses articles, et dans une plus grande mesure dans son livre Road to Unfreedom, Snyder semble obsédé par l’idée que le Kremlin a donné à Ilyin le statut d’idéologue officiel. Dans un détour inutile, il a même été jusqu’à essayer de blamer son ideologie pour l’interférence du Kremlin dans les élections présidentielles de 2016.

Je ne discuterai pas ici la définition de Ilyin comme “prophète du fascisme russe” donnée par Snyder à Ilyin, une définition qui nécessiterait une plus profonde exploration de la philosophie politique de Iliyn – mais je chercherai son soi-disant rôle central dans les apports de tout ce que Snyder abhorre dans l’actuel régime russe. Snyder clame qu’ «  aucun penseur du 21ième siècle n’a été réhabilité de cette manière ni n’a joui d’une telle influence dans la politique mondiale ». C’est une exagération scandaleuse sur le statut d’Iliyn qui révèle l’ignorance de Snyder sur la façon dont le régime russe fonctionne et instrumentalise les idéologies. Plusieurs arguments rejettent cette affirmation.

Tout d’abord, Snyder met systématiquement de côté tous les débats universitaires sur la nature du régime de Poutine.   Il ignore les recherches sur l’équilibrage des divers groupes d’intérêt effectué par le Kremlin menées par plusieurs chercheurs de pointe, y compris Brian Taylor dans son ouvrage récent, The Code of Putinism. L’affirmation typique de Snyder «  Ilyin sert les milliardaires post-sovietiques » (Road to Unfreedom, 29) et que le Fascisle est utilisé par les oligarches russes sont de bons exemples d’une telle formulation  réductionniste qui n’articule pas la relation supposée entre l’idéologie du régime et son statut d’état rentier.

Le régime de Poutine a démontré une habilité importante à être sensible au contexte et à se réinventer sans arrêt. Il est faible en endoctrinement par volonté, non par défaut. Cependant Snyder ne prend pas en considération les recherches effectuées sur cette théorie, documentées par de nombreux universitaires ainsi que par les experts russes et les technologistes-politiques comme Gleb Pavlovsky et Evgeni Minchenko.  Au lieu de cela il se réfère à des données prélevées au hasard qui servent ses arguments politiques polémiques dans leur ensemble, contribuant à transformer des penseurs isolés comme Iliyn – comme d’autres chercheurs l’avaient fait avec Dugin avant lui-  en arbre qui cachent la forêt.

Deuxiémement, comme je l’argumente en détails ailleurs, Poutine a montré une déférence spéciale à l’égard d’Ilyin ( Il l’a cité à cinq reprises et a consacré sa tombe en 2009) mais ceci ne signifie pas qu’il soit une autorité philosophique pour le régime. Il n’y a pas de nouveau Marx ou de nouveau Lénine dans le système de Poutine. Pour tout dire, le Président russe a fait des allusions favorables à Lev Gumilev, un partisan moderne de l’Eurasisme, à  six reprises.  Bien que Ilyin n’ait jamais lu le travail de Gumilev, il dénonce l’Eurasisme comme un «  subterfuge mental ». Plus encore, les citations d’Ilyin sélectionnées pour les interventions de Poutine illustrent la vision la plus conventionnelle de la Russie, sa culture et le rôle de l’état ; aucune n’est liée aux déclarations les plus controversées de Ilyin  touchant l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste. Lorsque les écrits de Ilyin sont introduits dans le panthéon du Kremlin, ce n’est que pour des déclarations très officielles sur l’état russe.

Bien que Ilyin puisse être bien sûr considéré comme l’inspiration idéologique pour une émigration pro-orthodoxe, pro-blanche et favorable à une faction pro-Romanov, de l’élite russe, il est faux de proclamer qu’il soit devenu l’autorité philosophique principale de l’administration. Cette dernière recouvre une vaste variété de figures et de thèmes, offrant  un bricolage idéologique à multiples faces dans lequel Ilyin n’est qu’un parmi de nombreux, nombreux autres. La seule production doctrinale de l’administration Poutine, via le groupe de pression de l’ISEPI, sont les soi-disant Cours Berdiaev, nommées d’après le philosophe Nikolai Berdiaev (1874-1948), dont la vision politique est moins conservatrice que celle d’Ilyin. Malheureusement, évitant apparemment les points qui pourraient contrer ou affaiblir ses arguments, Snyder ne discute pas la signification de la sélection présidentielle de Berdiaev plutôt que de Ilyin, ni  ne prend en compte la propre opposition de Berdiaev aux écrits de Ilyin.

Troisièmement, Snyder semble sincèrement croire que Poutine écrit son discours annuel à la Douma lui-même (Road to Unfreedom, 18) bien qu’il soit connu que – comme tout autre chef d’état- il a des rédacteurs qui lui écrivent ses discours. Pareillement, il semble croire que les mentions par Poutine d’Ilyin lors des questions-réponses annuelles en direct ou des entretiens avec les étudiants, sont des références spontanées au penseur émigré, bien que la nature écrit de ces évènements, qui implique des questions choisies au préalable et plusieurs répétitions, ont été largement analysées.

Et enfin, dernier point mais non des moindres, Snyder s’appuie fréquemment à des techniques d’associations faciles, ajoutant des «  comme Ilyin », «  sur le modèle de Ilyin »,  «  Pour Poutine comme pour Ilyin », et d’autres affirmations similaires dans presque toutes les citations de Poutine concernant le positionnement de la Russie sur la scène internationale. Ceci crée la fausse impression que la pensée d’Ilyin informe chacune des affirmations de Potine et chacune de ses décisions politiques.

Cependant, il n’est pas besoin pour chaque officiel russe de lire Iliyn pour célébrer l’exceptionnalité de la civilisation russe, clamer que l’Ukraine est une partie inséparable de la Russie ou pour critiquer l’Union européenne. Le Kremlin n’a pas eu besoin de lire Iliyn pour  croire que l’annexion de la Crimée était une bonne réponse stratégique aux incertitudes produites par la révolution d’e l’Euromaidan.  De la même façon l’affirmation selon laquelle le concept de la politique internationale russe de 2013 incluant «  une série de changements correspondant aux idées de Ilyin, des Eurasistes et de leur tradition fasciste » (Road to Unfreedom, 99) n’est pas seulement une affirmation dénuée de tout fondement et de toute preuve mais aussi une négation frappante des processus bureaucratiques  produisant les documents officiels.

 

Conclusions

Le fait que Timothy Snyder soit un intellectuel ayant une influence publique et un historien respecté n’est pas un motif pour que les spécialistes ne mettent pas en cause ses analyses faciles et polémiques sur l’état de la Russie contemporaine. En embrouillant le large débat sur la Russie, Snyder nie la nécessité d’une analyse objective des traits qui pourraient être catalogués de « fascistes » dans le régime de Poutine. Distorsions, inadéquations, et interprétations sélectives n’aident pas à éclairer ce qui guide le positionnement sur la scène internationale du pouvoir russe et en particulier sur la scène européenne. Les techniques du réductionnisme simpliste et les raisonnements invalides rendent les analyses confuses – et déforment les réponses politiques.

Contrairement à ce qu’il affirme, le Kremlin ne vit pas dans un univers idéologique inspiré par l’Allemagne nazie, mais dans un monde où les décennies post-Yalta, les années Yeltsin-Gorbachev et la chute de l’URSS continuent à constituer les références historiques essentielles et les traumas. C’est Snyder lui-même qui évoque d’une façon persistante l’atmosphère d’une Europe d’avant-guerre,  décrivant un monde dans lequel apparemment chaque évènement et chaque question contemporaine devient sensée uniquement comme une répétition supposée d’un moment du passé.

Marlene Laruelle est Professeur de recherche, Directrice associée à l’IERES, Directrice du Programme pour l’Asie centrale, et co-directrice de PONARS Eurasia à l’Université Georges Washington.

Ci-dessous deux articles en appui à l’analyse de Marlene Laruelle qui permettront de construire un point de vue documenté et distant, donc évidemment nuancé,  dans l’uniformisation propagandique qui martèle le public dans la presse officielle.

Comprendre le nouveau régime russe  Jean-Robert Raviot

La société civile en Russie Myriam Desert Revue Cairn

L’idéologie néoconservatrice à la Maison blanche de Trump.

 En ces temps de chauffage et de montage organisés pour libérer les volontés sous-jacentes concernant l’Iran et la Russie, via la Syrie, il est nécessaire de faire le point sur ceux qui sont, plutôt dans l’ombre, les instigateurs de ces positions hégémoniques : les néo-conservateurs. Présents et actifs, conseillant la suite des alternances démocrates/républicains, dont on sait que les choix sont identiques mais plus ou moins bien médiatisés en ce qui concerne la politique d’impérialisation américaine. L’article antérieur sur l’inclusion totale de l’armée et du complexe militaro-industriel dans la vie associative, économique et politique américaine permettra aussi d’évaluer le peu d’espace laissé pour autre chose qu’une forme de totalitarisme à l’aspartane. La visibilité du parti ou de ses obédiences qui dirige la politique étrangère des USA depuis longtemps devient plus forte mais les choix idéologiques ( Position à l’égard d’Israël, exceptionnalisme, statut de peuple élu des US etc..) demeure assez pu connue. Il est nécessaire de prendre le temps d’évaluer le peu de poids qu’on, en fait, les divergences entre les deux partis fossilisés politiquement mais mobilisant leurs adeptes avec la même véhémence et les mêmes flots financiers à chaque élection.  Cette réalité bipartisane, vouée à une impasse et uniquement tenue par la force des pressions médiatiques et leur toute-puissance informative est une sorte de théâtre où les marionnettes exhibent avec plus ou moins de talent leurs atouts, sourire éclatant ou provocation béotienne mais où la volonté politique est criblée par la force de l’idéologie offensive et exceptionnaliste néoconservatrice et par l’alénation politique aux forces des mammouths internationaux du marché. EG

Neoconservative Ideology in the Trump White House. U.S. Military Power, Torture and the Defense of Israel

By Timothy Alexander Guzman

Global Research, April 02, 2018

Region: USA

Theme: IntelligenceMilitarization and WMDUS NATO War Agenda

3208   

Un de néo-conservateurs les plus influent à Washington, Robert Kagan, le mari de Victoria Nuland qui a été l’assistante du secrétaire d’état aux affaires européennes sous l’administration Obama ( et un des architectes de la guerre civile en Ukraine,  se décrit comme un «  interventioniste libéral » qui a été conseiller en politique étrangère dans deux administrations, républicaine et démocrate. Kagan est aussi le cofondateur du think tank néo-concervateur : Projet pour un nouveau siècle américain (Project for the New American Century), un membre du conseil d’administration de à la  Brookings Institution  et un membre du Conseil des affaires étrangères ( Council on Foreign Relations (CFR) qui a poussé pour la guerre en Irak et décrit l’odre international comme «  la domination d’une vision sur les autres », signifiant que l’Amérique dit maintenir et défendre ses idéaux impérialistes.

L’ordre international n’est pas une évolution : c’est une imposition. C’est la domination d’une vision sur les autres -dans ce cas- la domination des principes libéraux en économie, en politique intérieure, et dans les relations internationales, sur les autres principes, eux non libéraux. Cela ne peut durer qu’aussi longtemps que ceux qui les imposent ont la capacité de les défendre.

Entre les années 1950 et 1960, un mouvement politique connu sous le nom de néo-conservatisme est né, formé par les va-t’en guerre du parti démocrate aux USA. Les va-t’en guerre libéraux ou néoconservateurs ( aussi connus en tant que néocons) étaient fondamentalement opposé à la position du parti démocrate contre la guerre du Vietnam et contre leur politique intérieure, comme celle de la «  grande société » ( Great society) du Président Lyndon B. Johnnson  tendant à éliminer la pauvreté et l’injustice raciale. (Une note importante, Lyndon B. Johnson était un raciste et a été obligé d’adopter le programme de la «  great society » à cause de Martin Luther King et de la pression publique du mouvement pour les droits civils  (Civil rights movement). Pendant cette période, les néocons soutenaient Martin Luther king et le mouvement des droits civils.

Puis vint la guerre du Vietnam pendant laquelle les va-t’en guerre libéraux appelèrent à l’action militaire afin d’empêcher les Communistes de prendre le pouvoir au Vietnam. Les néocons étaient également défenseurs de la Guerre froide et de l’occupation illégale par Israël des territoires palestiniens. La nouvelle gauche américaine  (American new left) qui revendiquait une politique marxiste-léniniste), y compris le mouvement des droits civils, les féministes et le mouvement du Black Power étaient opposés à toute forme de guerre et à la politique israélienne à l’égard des Palestiniens et furent bien sûr étiquetés comme antisémites par les néocons (même si beaucoup d’entre eux étaient et sont encore des Juifs américains). Les  néocons se placèrent dans l’administration Reagan avec Eliot Abrams et soutinrent les guerres en Amérique centrale, incluant le Nicaragua et le Salvador.

Les néocons étaient aussi présents dans les administrations de George H.W. Bush  et de George W. Bush avec Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Perle et d’autres dans le contexte de la guerre à l’Irak. Cependant afin d’être clair, les néocons ne sont pas uniquement influents dans le parti républicain, ils étaient et sont également encore influents au sein du parti démocrate.  Dans un article écrit par le regretté Robert Parry, en Mars 2015, intitulé : «  Les kagan sont de retour, bientôt la guerre »‘The Kagans are Back; Wars to Follow’ sur la façon dont les néocons se sont infiltrés dans l’administration Obama avec son assistant au secrétariat d’état aux affaires européennes Victoria Nuland. Parry écrit :

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«La famille Kagan, l’aristocratie néoconservatrice américaine, a réémergé après sa déception de ne pas avoir gagné l’influence attendue après l’élection d’Hillary Clinton et la perte du pouvoir officiel au début de la présidence de Trump. De retour aux tribunes libres pontifiantes, la famille Kagan est entrain de pousser  à une invasion militaire étendue de la Syrie et condamne les Républicains pour ne pas les joindre d’une façon plus enthousiaste dans la chasse aux sorcières anti-russes à propos des soi-disant aides de Moscou dans l’élection de Trump.

Dans une tribune libre du Washington Post du 7 mars, Robert Kagan, un co-fondateur du Projet pour un nouveau siècle américain (Project for the New American Century) et un architecte majeur de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains pour «  avoir servi de complices à la Russie après les faits » en ne poussant pas plus agressivement l’investigation. Puis Frederick Kagan, directeur du Projet pour les menaces critiques (Critical Threats Project) à l’American Enterprise Institute néoconservateur,  et sa femme, Kimberly Kagan, présidente de son propre think-tank, Institut pour l’étude de la guerre (Institute for the Study of War), ont émis l’idée d’une invasion plus importante de la Syrie dans une tribune libre du Wall Street Journal le 15 mars.

Cependant, malgré leur présence dans le monde officiel des groupes de pression et des éditorialistes de Washington, ils sont restés majoritairement hors des centres du pouvoir de l’ére Trump bien qu’il semble qu’une porte ait été forcée. Et une année plus tard, leur projet semble beaucoup plus brillant. Ils peuvent se servir dans un large champ de candidats républicains orientés néo-cons ou – comme Robert Kagan- ils peuvent donner leur support au candidat démocrate Hillary Clinton, dont l’ « interventionnisme libéral » correspond de très près aux positions néoconservatrices, ne différant légèrement que sur les rationalisations utilisées pour justifier les guerres présentes ou en déclencher de nouvelles.

L’espoir était également caressé que la Présidente Clinton reconnaisse comme les va-t’en guerre libéraux et les néo-cons étaient proches en promouvant la femme néocons de Robert Kagan, Victoria Nuland, d’Assistante au secrétariat d’état aux affaires européennes à Secrétaire d’état. Puis, dans un puissant élan, pour accroître l’intervention militaire en Syrie et intensifier la nouvelle guerre froide avec la Russie, mettant les «  changements de régime »  de nouveau sur les agendas  pour ces deux pays. Donc en ce début d’année, les possibilités semblaient infinies pour la famille Kagan de chauffer leurs muscles et de se faire beaucoup d’argent. »

Maintenant, en 2018, le Maison blanche de Trump est en train de devenir une enclave néocons de malades mentaux et de caractériels qui veulent la guerre avec l’Iran et avec d’autres ennemis sur la liste US. Est-ce que Trump s’est avéré être en dehors de l’établissement démocrate ou républicain ? Pas vraiment. En fait Trump s’est montré un néocon qui croit que l’armée US se doit d’être forte pour faire face à des défis majeurs  ( Iran, Russie, Chine) En fait il est même allé jusqu’à prétendre ces dernières semaines qu’on devrait ajouter une «  force spatiale » pour dominer l’espace. Trump a tweeté : «  Notre armée se construit et est en train de devenir plus forte que jamais, franchement, nous n’avons pas le choix ».

Trump est en fait Bush et Obama puissance 2. Lorsque le candidat Trump a évoqué

la politique étrangère et ses intentions à l’échelle mondiale en 2016, il semblait être un candidat pour la paix comme presque tous les candidats avant lui jusqu’à ce qu’ils prennent place dans le fauteuil de la Maison blanche. Quand le Président Trump a mené sa tournée de remerciement à Cincinnati après sa victoire contre Clinton, il a dit que : «  Nous mènerons une nouvelle politique étrangère  qui apprend finalement des erreurs du passé. »

Bien. Il a étendu la présence en Irak, Afghanistan et Syrie et n’a fermé aucune des bases militaires stationnées dans plus de 130 pays. (Pour mémoire, Trump n’a jamais promis de fermer aucune base militaire).  «  Nous allons cesser de chercher à renverser des régimes et à  faire tomber des gouvernements. Dans notre façon de traiter avec les autres pays, nous chercherons les intérêts communs autant que faire se peut. » Et si ce n’est pas possible, le changement de régime est à nouveau sur la table. Tout cela est un mensonge. Trump a été l’extrême contraire de tout ce qu’il a promis à ses supporters, en fait, Trump est devenu un fauteur de guerre néoconservateur en ce qui concerne les objectifs de la politique  internationale.

Donc, quelles sont les caractéristiques d’un néoconservateur ?

Gérard Baker est celui qui a décrit le mieux l’idéologie derrière le néo-conservatisme dans une colonne qu’il a écrite en 2007 dans The Times, un quotidien anglais :

« Il a fallu, assez étonnement, l’arrivée au pouvoir de Georges Bush et le 11 septembre 2001 pour catapulter les néoconservateurs dans la conscience du public. Quand Bush a cité son principe le plus simplifié : que la Grande Bretagne devrait chercher à promouvoir la démocratie libérale autour du monde – comme argument pour envahir l’Irak, le néo-conservatisme s’est soudain répandu partout. Il était pour ces critiques nombreux, une idéologie unifiée qui justifiait l’aventurisme militaire, la torture autorisée, et promouvait le sionisme agressif »

Donc, jetons un œil à ce que Baker décrit du néo-conservatisme au regard de l’idéologie de Trump quand on en vient à la machine de guerre, à la torture et à la défense d’Israël.

Trump remplace les membres de son cabinet par des va-t’en guerre notoires et des néoconservateurs comme le nouveau Secrétaire d’état Mike Pompeo, l’ancien directeur de la CIA qui a dit une fois que : «  Le Premier ministre Netanyahu est une vrai partenaire du peuple américain ».

Pompeo a fait un discours au centre des études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies (CSIS)  en 2017 et a dit que : « Il est temps d’appeler Wikileaks par son nom, c’est-à-dire un service d’espionnage hostile, souvent aféodé à des états comme la Russie. » Vous imaginez facilement où tout cela peut mener. Pompeo sera remplacé par Gina Haspel, une opératrice de la CIA qui a supervisé la torture et s’est débarassé de toutes les preuves touchant toute exaction. Si ils ont l’approbation du Congrès, tous deux seront placés dans une position de pouvoir et pratiquement au coude à coude avec John Bolton qui vient d’être engagé par Trump en tant que Conseiller à la sécurité nationale (National Security Advisor). Bolton est un autre psychopathe néoconservateur qui plaide pour la guerre dans tous les pays du monde. Bolton est pro-Israel et ancien ambassadeur aux Nations unies sous l’ancien Président criminel de guerre Georges W. Bush jr. Donc, quelle sera la suite du jeu ? Une longue guerre au Moyen-Orient et au-delà est sur l’agenda.

 Les aventures militaires de Trump autour du monde.

Tout d’abord, Trump veut que l’Amérique soit le superpouvoir sans rivaux qui peut utiliser son armée n’importe où et à n’importe quel moment spécialement dans l’arrière-cour par exemple quand il a fait un commentaire en 2017, discutant la possibilité d’une intervention au Vénézuela et a dit :

 «  Ils ont plusieurs options pour le Venezuela, et, à propos, je ne vais pas évincer une option militaire. Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, c’est notre voisin, c’est, vous savez, nous sommes partout dans le monde, et nous avons des troupes et nous avons des troupes partout dans le monde dans des endroits très, très loin. Le Venezuela n’est pas très loin et les gens souffrent, et ils meurent. Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, y compris l’option militaire si nécessaire. »

Pour Trump, c’est une Amérique forte et puissante qui peut apporter la paix grâce à son leadership et à sa puissance armée, pas des traités internationaux. Sur la liste des nations à toucher on rouve l’Iran, la Russie, la Bolivie, le Nicaragua, Cuba, le Venezuaela, le Yemen, le Liban, la Syrie et les palestiniens. (avec d’autres pays à suivre, spécialement ceux qui ne se plient pas à l’Empire américain.

Tout état souverain qui veut une politique intérieure et internationale indépendante aura à se confronter à l’armée US qui est prête à intervenir à tout moment sur les ordres de washington, dans le Moyen Orient,, en Afrique, en Asir centrale et du Sud-est,  et au-delà afin de répandre la «  démocratie ». Le budget de la défense sous Trump a augmenté selon un rapport récent d’Al Jazeera : « Trump augmente le budget de l’armée afin de dépasser celui de la Russie et de la Chine.  C’est le plus gros budget que le Pentagone ait jamais vu. 700 milliards de dollars. C’est beaucoup plus de dépenses militaires que les deux compétiteurs des USA, la Chine et la Russie et cela signifie que l’Amérique peut couvrir des milliers d’autres soldats, plus d’entrainement, plus de navires et plus de tout le reste. » Et l’an prochain il se montera à 716 milliards. Ensemble, ces contrats sur deux ans amènent ce que le Secrétaire d’état à la défense James Mattis a désigné comme un besoin pour remédier à un effondrement dans les préparations aux combats, dans des temps de recentrement sur le conflit dans l’impasse en Afghanistan, et de menace de guerre dans la péninsule coréenne. La proposition de budget qu’a signé le Président Trump inclut une augmentation énorme des dépenses militaires : Le Pentagone aura un budget augmenté de plus de 96 milliards par rapport à l’an passé. Un saut de 15 .5 % . C’est la plus grosse augmentation année par année depuis l’augmentation de 26.6%, de 345 milliards à 437 milliards, quand les USA ont envahis l’Afghanistan et l’Irak et ont augmenté la défense nationale après le 11 septembre. »

Plus de l’argent des impôts ira au complexe militaro-industriel afin de préparer des guerres interminables et si je peux m’exprimer ainsi, ingagnables guerres.

John Bolton, un demeuré néo-conservateur

john-bolton 

John Bolton, un ancien ambassadeur US aux Nations unies sous Georges W. Bush, membre d’un autre think-tank néoconservateur Projet pour un nouveau siècle américain The Project for the New American Century (PNAC),  a été un meneur dans la guerre contre l’Irak et a recommandé le bombardement de la Corée du nord et de l’Iran depuis déjà un certain temps.  En 2002, Bolton servait en tant que Sous-secrétaire d’état au contrôle de l’armement et à la sécurité internationale sous Georges W. Bush et il a dit : « Nous savons de source sûre que Saddam Hussein a caché des armes de destruction massive et des équipements de production en Irak ». En dépit de ces mensonges sur les armes de destruction massive que l’administration Bush a créés et qui ont mené à la destruction de l’Irak, Bolton n’a pas de regrets. En 2015, le The Washington Examiner a publié un article de sa main sur le bourbier irakien intitulé : «  ‘John Bolton: Pas de regrets d’avoir renversé Saddam. » Bolton  y dit ceci :

«  Je pense toujours que la décision de renverser Saddam était la bonne. Je pense que les décisions prises ensuite étaient mauvaises, cependant je crois que la pire décision prise après a été celle du retrait de 2011 des forces US et de celles de la coalition.  Les gens qui disent, oh les choses auraient ét bien meilleures su Saddam n’avait pas été reversé manque le point que l’actuelle situation au Moyen Orient ne vient pas totalement et uniquement du renversement de Saddam. »

En 2016, lors d’un débat entre Jeb Bush, le Candidat Trump a dit : «  Nous n’aurions jamais dû aller en Irak, nous avons déstabilisé le Moyen Orient. Ils ont menti, ils ont dit qu’il y avait des armes de destruction massive et il n’y en avait pas. Et ils savaient qu’il n’y en avait pas. » Et malgré tout, Trump a choisi Bolton ; L’hypocrisie est évidente. Ce qui est troublant à propos de Bolton est le fait qu’il veut des interventions militaires partout dans le monde. Voici ce qu’il a dit à propos de Cuba en 2002 dans un entretien avec Judith Miller, la journaliste du NYT qui a dit que les armes de destruction massive étaient un non-sens, intitulé, « Washington accuse Cuba de faire des recherches sur la guerre bactériologique. »

Dans un discours hier à l’ Heritage Foundation de Washington,  John R. Bolton, le Sous-secrétaire d’état au contrôle des armes a publiquement fait allusion aux conclusions que les agences américaines de renseignements  (American intelligence agencies)  avaient émises ces derniers mois après un débat interne prolongé. «  Les USA croient que Cuba a au moins fait un effort d’offensive dans la recherche et le développement de l’armement chimique » a dit Bolton, s’en prenant au gouvernement communiste de Fidel Castro. Cuba, a-t-il ajouté, a «  aussi fourni des équipements bio-technologiques à deux usages à d’autres  états sans scrupules »

Pendant que l’administration Clinton exprimait des inquiétudes en 1998 à propos du potentile de Cuba pour la production et le développement de l’arme biologique, c’est la première fois qu’un officiel accuse Cuba de développer des germes à des fins belliqueuses.

Ce qui est le plus troublant dans l’idéologie de John Bolton, c’est quand on en vient à la défense d’Israël concernant l’Iran. En 2009, Bolton a donné un discours à l’Université de Chicago, et a dit que : «  A moins qu’Israël soit prête à utiliser l’arme nucléaire contre le programme iranien, L’Iran aura un armement nucléaire dans un futur proche. Une des choses que cette assertion de Bolton confirme en ce qui concerne l’usage d’armes nucléaires par Israël contre le programme nucléaire iranien est qu’une figure publique qui a été à Washington depuis un certain temps admet qu’Israël possède l’armement nucléaire. Le danger que Bolton représente pour les adversaires des Usa dans le monde entier est consternant.

Bolton, en tant que conseiller de Trump  pour la Sécurité nationale, représente un choix de guerres nombreuses, peut-être même de guerre nucléaire contre l’Iran, la rs=ussie et la Chine. De même que les autres néocons considérés pour occuper des postes à la Maison blanche, comme Paul Wolfowitz, Eliot Abrams, David Frum ou même des démocrates qui sont néoconservateurs et qui supportaient Hillary Clinton comme R. James Woolsey, un ancien directeur de la CIA de 1993 à 1995, sous l’administration Clinton et Président du conseil de la Fondation pour la défense de la démocratie (Foundation for the Defense of Democracies (FDD)  qui a déclaré au Jerusalem Post en novembre 2017 que les USA devraient détruire les infrastructures du corps des Gardiens de la révolution islamique et les équipements nucléaires iraniens.

Woolsey écrit que : « La prochaine fois que l’IRGC ( Gardiens de la révolution islamique) nous regarde de travers, on devrait envoyer 6 ou 12 bombes MOAB [GBU-43/B Massive Ordonance Air Blast] sur leurs équipements, et «  étant donné la source de terrorisme qu’ils représentent, à la place des pourparlers et de la proportionnalité – qu’elle aille au diable, la proportionnalité – . Nous devrions détruire absolument tout ce qui est possible de détruire ayant à voir avec l’IRGC. C’est le genre d’individu fait pour Trump.

Donc, qu’est-ce que Trump a en commun avec les néo-conservateurs qu’ils soient Démocrates ou Républicains ? L’American conservative a publié un article de Jack Hunter en 2011 intitulé : «  Qu’est-ce qu’un néo-conservateur ? » qui explique l’état d’esprit des néoconservateurs et ce à quoi ils croient :

Les néoconservateurs croient que la grandeur de l’Amérique est mesurée à notre volonté d’être une grande puissance – à travers et par un investissement global et proprement illimité de notre armée. Les problèmes des autres nations deviennent invariablement les nôtres parce que l’histoire et le destin ont désigné l’Amérique comme l’autorité première du monde. Les critiques disent que l’Amérique ne peut pas se permettre d’être la police de la planète. Les Néoconservateurs disent que non seulement elle le peut mais qu’elle le doit- et que nous cesserons d’être l’Amérique si nous ne le sommes pas. »

L’éditorialiste néoconservateur Jeff Jacoby écrit dans le Boston Globe, «  Notre monde a besoin d’une police, et que les Américains aime l’idée ou pas, il n’u a que leur indispensable nation qui soit faite pour ce travail. ». L’intellectuel néoconservateur Max Boot dit explicitement que les US devraient être la police du monde parce qu’ils sont les meilleurs policiers. » Le Sénateur Marco Rubio ( R.FL) soutien avec enthousiasme les vues néoconservatrices. Bien qu’en principe tous les membres du Congrès et les sénateurs du Tea party aient été opposé à l’intervention en Libye, Rubio croit que le flic planétaire devrait faire briller son étoile de shérif plus fort en Libye et partout ailleurs dans le monde, l’éditorialiste du NTY Ross Douthat explique : « Rubio est le grand espoir néoconservateur, le champion de la politique étrangère qui ne va audacieusement à l’étranger  qu’à le recherche de monstres à détruire. Son premier discours au Sénat était un chant de gloire à la grandeur nationale dont la péroraison a invoqué J.F Kennedy et a insisté sur le maintien des US comme les «  surveillants sur le mur de la liberté mondiale »

Dans son discours annuel de la Stat of the union, Trump en a appellé au financement de l’armée afin de contrer les régimes louches, les terroristes et il a même mentionné la Chine et la Russie qui provoquent les intérêts des USA

« Comme nous reconstruisons la force et la confiance de l’Amérique chez elle, nous restaurons aussi la force et la présence à l’étranger. Partout dans le monde nous avons affaire à des régimes corrompus, des groupes terroristes, et des rivaux comme la Chine et la Russie qui provoquent ns intérêts, notre économie, et nos valeurs. En faisant face à ces dangers, nous savons que la faiblesse est le chemin le plus sûr vers le conflit et que des pouvoirs incomparables sont le moyen le plus sûr pour notre défense. Pour cette raison, je demande au Congrès de cesser ces coupes budgétaires dangereuses et de financer pleinement notre armée. Dans le cadre de notre défense, nous devons moderniser et reconstruire notre arsenal nucléaire, en espérant ne jamais avoir à l’utiliser, mais en le rendant si fort et si puissant qu’il dissuadera tout acte d’agression.

Peut-être un jour y aura-t-il un moment magique où les pays du monde se rassembleront pour éliminer l’armement nucléaire. Malheureusement, nous n’en sommes pas encore là. »

Je suis d’accord avec Trump pour dire que le monde n’est pas encore prêt à éliminer le nucléaire, tout particulièrement lorsque son gouvernement appelle à la modernisation et à la reconstruction de l‘arsenal nucléaire.

Trump le tortionnaire

«  La torture, ça marche, d’accord ? Vous savez, j’entends ces types qui disent, «  la torture, ça ne marche pas, mais croyez moi, ça marche. La torture par l’eau en est une forme mineure. Certains disent que c’est vraiment de la torture. Admettons que ça en soit. Mais ils me demandent : que pensez-vous de la torture par l’eau ? Je suis tout à fait d’accord. Mais on pourrait faire beaucoup plus que la torture par l’eau. » Le candidat aux élections présidentielles Donald Trump le 17 février 2016

Gina Haspel était une ancienne officier des services de renseignements et directrice adjointe de la CIA est maintenant nommée à la tête de l’agence très controversée  sous Trump. Il va aussi réinstaurer l’usage de la torture, ce qu’il a rendu clair avec la nomination de Gina Haspel. Elle supervisait l’usage de la torture  (autrement dite, «  techniques avancées d’interrogatoires, ce qui est un terme orwellien pour «  torture »)  puis a enterré les preuves.

La torture est illégale sous la loi internationale. Sous l’administration Bush, Haspel était responsable d’un site noir, ou chambre de torture de la CIA située en Thaïlande. Des membres attitrés d’  Al Qaeda qui y étaient détenus y compris Abd al-Rahim al-Nashiri et Abu Zubaydah furent torturés par immersion dans l’eau.  En Juin 17, le centre européen pour les droits humains (European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) a appelé le Procureur général d’Allemagne à lancer un mandat d’arrêt contre Gina Haspel qui serait considérée comme une criminelle de guerre. Les choix de Trump pour la direction de la CIA signifient simplement que la torture va être réinstaurée secrètement.

Sous la surveillance de Haspel, il sera difficile d’obtenir aucune preuve de torture. Ce qui est aussi envisageable est le retour de ce qu’on nomme : «  Enlèvement organisés par le gouvernement US (U.S. government-sponsored abduction ) qui signifie en gros que quelqu’un suspecté d’être un terroriste où qu’il soit, chez lui, ou dans la rue peut être kidnappé par un groupe d’hommes masqués puis jeté dans un camion et transféré d’un pays à l’autre fin d’être torturé sous la supervision américaine. Avec la nomination de Gina Haspel, il semble y avoir un nouvel intérêt pour la torture, qui est un autre élément de l’idéologie néoconservatrice.

Trump et Israel, une union faite en enfer.

La décision très controversée qu’a prise Trump de déplacer l’ambassade US de Tl Aviv à Jérusalem et en même temps de couper les aides à l’autorité palestinienne montre que Trump veut apaise Israël. Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël très tôt avec son annonce du déplacement de l’ambassade. C’est une rupture nette avec la politique des US. Jérusalem a été le sujet principal de toutes les négociations sur le statut final qui ont eu lieu entre les Israéliens et les Palestiniens qui considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Trump, qui est clairement ignorant de la question du Moyen –Orient en général, a mentionné qu’il croyait que le déplacement de l’ambassade US permettrait au processus de paix d’avancer, puisque la question de Jérusalem serait ôtée de la table en tant que sujet de désagrément entre Palestiniens et Israéliens. L’annonce du déplacement de l’ambassade a été condamnée par la communauté internationale, spécialement au Moyen Orient. Dans un vote de l’assemblée des Nations unies, 128 pays se sont prononcés contre l’attribution de Jérusalem comme capitale d’Israël pour les Juifs.

Au regard de l’expansion d’Israël dans les colonies illégales sur le territoire palestinien  sous Trump, Israël s’est senti autorisée à en construire d’autres selon un article de Bloomberg News datant du 22 mars et intitulé : «  Les colonies israéliennes »

 «  Comme les US, le principal allié d’Israël a adouci sa politique à l’égard des colonies sous la présidence de Trump, le pays a franchi des pas téméraires afin de renforcer ses exigences en Cisjordanie. Quand Israël a annoncé ses plans pour y construire sa première colonie en un quart de siècle au début de 2017, l’administration Trump a affirmé qu’elle ne considérait pas les colonies existantes comme des obstacles à la paix, un renversement de la politique US menée depuis une dizaine d’années. Elle a ajouté que les constructions nouvelles «  pourraient ne pas être utiles »  mais  c’est un désaveu très modéré au regard de ceux des précédentes administrations. Le parlement israélien a donc passé la loi qui allait étendre les autorisations gouvernementales sur la construction non officielle de colonies sur des terres appartenant à des Palestiniens.

Trump s’est montré un ardent supporter d’Israël (comme la plupart de ses prédécesseurs)  la seconde même où il est entré en campagne. Quand il a été élu, il a engagé Nikki Haley qui a participé au dernier comité pour les affaires publiques Israël. US (American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) en début de mois et a dit : «  Lorsque je viens à l’AIPAC, je suis en compagnie d’amis. Et aux Nations unies, nous n’avons habituellement pas beaucoup d’amis. » Bien, elle avait raison sur ce point, tout particulièrement quand Israël et les US ont traditionnellement ignoré les nombreuses résolutions des Nations unies  en vue de la reconnaissance du droit des Palestiniens à l’auto-détermination ou de la cessation des mesures répressives d’Israël. Plusieurs résolutions ont aussi fait appel à des observateurs des NU afin d’enquêter sur les actions d’Israël dans les territoires occupés ou pour imposer des sanctions à Israël si elle ne suivait pas les résolutions du conseil des Nations unies. Les US ont mis leur veto sur de nombreuses résolutions présentées par le Conseil de sécurité qui est critique à l’égard d’Israël depuis des années. Trump s’est entouré de personnes qui sont extrêmement favorables à Israël, y compris son ambassadeur à Israël, David M. Friedman, qui a déclaré dans un journal israélien «  Haaretz » en 2016, que Trump supporterait l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie et que : «  Israël doit continuer à  construire ses colonies parce qu’il n’y a aucune raison de ne pas le faire. ». Ce qui rend les affaires plus compliquées c’est que son beau-fils, Jared Kushner est un co-directeur de la Fondation Charles et Seryl Kushner (Charles and Seryl Kushner Foundation) de 2006 à 2015 qui a financé une colonie considérée comme illégale sous la loi internationale.

Si ce n’est pas ce que Gerard Baker a décrit comme l’une des caractéristiques de l’idéologie néo-conservatrice à l’égard du «  sionisme agressif » alors je ne sais pas ce que c’est.  Trump est clairement un sioniste pro-Israël comme beaucoup à Washington qu’ils soient Démocrates ou Républicains, (près de quarante personnes au Congrès ont la double nationalité US Israélienne) L’ancien Vice-président sous Barack Obama, Joseph Biden a dit une fois «  Je suis un sioniste, il n’est pas nécessaire d’être Juif pour être sioniste » «  et il avait parfaitement raison.  Trump est en train de préparer un cabinet de crise pour un conflit majeur au Moyen-Orient qui peut rapidement devenir hors de contrôle.

Trump et le premier ministre israélien Netanyahu sont sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit du voisinge d’Israël dans le Moyen Orient et avec l’intervention de Bolton, une guerre contre la Syrie, le Hezbollah, le Liban et l’Iran est sur la table.

 Et donc la question demeure posée, est-ce que Trump est un néo-conservateur ?

Ses propres mots, ses actions avec ses récents choix, John Bolton, Mike Pompeo et Gina Haspel pointent vers le cercle de guerre sans fin spécialement dans le Moyen –Orient. Avec l’Iran en point de mire, la Troisième guerre mondiale peut devenir un avenir envisageable mais pas avant les élections présidentielles de 2020. Elle pourrait vraisemblablement se déclencher lors du deuxième terme de Trump si il est réélu ou même si un Démocrate qui sera vraisemblablement dans la poche du lobby israélien est élu.

Cependant, jusqu’à 2020, tout peut arriver sous Trump touchant sa mise sauvage d’Israël. Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu veulent annuler le contrat nucléaire iranien. Avec Israël poussant pour attaquer l’Iran avec son arsenal nucléaire et maintenant avec Bolton comme Conseiller à la sécurité nationale qui plaide pour le bombardement de l’Iran,  et de la Corée du nord cela peut être envisagé. Mais c’est à l’Iran, à la Russie et à la Chine de contrer les US, Israël et l’Arabie saoudite en montrant leur unité et leur force militaire de prévenir la guerre.

La paix semble impossible avec Trump donnant à l’armée pleine autorité pour conduire des opérations et des guerres tout autour du monde puis en emplissant la Maison blanche par des va-t’en guerre majeurs, des tortionnaires et des psychopathes néoconservateurs. Trump parle et agit comme un néocon, il en est peut-être un mais, encore, s’agit-il simplement de la bonne vieille politique de Washington.

Cet articel a été originellement publié dans  Silent Crow News.

Timothy Alexander Guzman est un collaborateur régulier de Global Research

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The original source of this article is Global Research

Copyright © Timothy Alexander Guzman, Global Research, 2018

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Questions aux principes philosophiques de la recherche en neurosciences. Peter Simons

L’ampleur de la dérive scientiste , globalisée et tenue en main par les “experts” en choses humaines, étroitement liés eux-mêmes aux  “experts” en pharmaceutique travaillant outre-Atlantique, est largement suivie par leurs vassaux européens et acclamée par la foule qui y trouve un accès aisé à ses paradoxes et qui y noie, dans une forme de rationalisme diagnostique, souvent quasiment hystéricisé, les douloureux liens de cohabitation avec son temps historique et les errances identitaires qui la caractérisent

Cette dérive a fini hélas par brouiller tous les paramètres, réduisant la perception et l’objectivation des “troubles” mentaux à des appellations qui sont supposées être des “diagnostics” de “déséquilibres” mal identifiés ou pas identifiés du tout, touchant les centres nerveux ou le cerveau lui-même et,  dans un glissement terminologique intéressant,  qui ne signale plus, sous la forme d’acronymes dont la production et l’usage quasi obsessionnels justifieraient une étude à eux seuls, que des “troubles”, s’épargnant la délicate mais pourtant évidente nécessité  de décrire ces mêmes manifestations au titre de symptômes ou en tant que maladies, sacrifiant à travers une nosographie apoplectique, l’étiologie des maladies mentales au giron mythique des “sciences exactes”.

Il s’agit, d’une façon radicale, voire en ce cas proprement totalitariste, c’est à dire effectuée au prix de toute autre approche qui se voit soumise à une forme d’ostracisme et réléguée aux errements d’une époque révolue dans une sorte de forclosure du passé théorique, de chercher à rationaliser, matérialiser “enfin” pourrons-nous dire, les phénomènes psychiques et leur complexité sous forme de catalogue des signes, dans une identification organiciste se revendiquant réductionniste et qui donne à tout comportement, mental, social, interactif, une réalité si et seulement si il peut être concrétisé par un lieu repérable grâce à l’usage de techniques qui valident à elles-seules les “découvertes”, (IRM, scanner etc.).

Ce n’est pas nouveau.  Behaviorisme. Fonctionnalisme. Habituation. Conditionnement, Empiro-criticisme, Réductionnisme physiologiste, autant de tentatives de désubjectivation qui se relaient et reprennent chacune à leur compte la tentative presque désespérée de rendre lisible et transparente la psyché humaine et de l’assimiler aux principes scientifiques accessibles à travers les approches théoriques en cours et aux pendants technologiques qui les accompagnent inévitablement, mécaniste, chimiste, thermodymamiste, numériste. Comme si la spécificité de la psychologie humaine et de ses expressions collectives et socioculturelles ne pouvait créer son propre lexique en toute sécurité ni ses propres signifiants en dehors de ce qu’elle contribue elle-même à générer comme techné pour la seconder et satisfaire son insatiable pulsion normalisatrice et épistémophilique, qui en la condamnant à bourgeonner dans le royaume imaginaire, lui sert en retour de justification et de rationalisation à son propre entendement.

La question de l’accès à une nécessaire visibilité de ce qu’on pourra nommer “l’âme”, mis à part le fait qu’elle répond une fois de plus à l’aliénation ontogénétique de l’espèce à la techné à chaque mise sur le marché d’un nouvel outil sensé l’éclairer et la mesurer et qui  se faisant reconstruit et redéfinit en permanence son organisation, ses représentations et ses valeurs en lui attribuant simultanément d’autres signifiants, est une impasse même si elle cherche à tout prix à faire comme si seule cette approche du “tangible” était scientifique parce que lui seul était “réel”, et réel parce que quantifiable, localisable.  On pourra se référer à l’intervention de Stéphane Thibierge 

Il est évident que cette volonté de chosification/ mécanisation, encore une fois, n’est pas neuve et qu’en fait, réduire l’humain à ses cellules est une des bases du modernisme manifeste depuis le 19i-ème siècle c’est à dire depuis la mise en place de la psychiatrie comme branche de la médecine. Cet article de la revue Mad in America a l’avantage d’ouvrir dans le champ si obstrué des catégories contemporaines de la nomenclature psychiatrique directement importées des USA, une fenêtre épistémologique, qui manque dramatiquement à l’air du temps. Il semblera à ceux et celles coutumiers d’autres approches et d’autres travaux, que ces propos sensés critiques ont été déjà formulés abondamment sous d’autres cieux et en d’autres temps. Il est probable qu’une des caractéristiques des périodes de régression et d’obscurantisme est de renier, de forclore même, les savoirs antérieurs. EG

Questions aux principes philosophiques de la recherche en neuro-sciences     

Questionning the Philosophical Assumptions of Neuroscience Research

 

Y a-t-il des lacunes philosophiques derrière l’échec des neurosciences à fournir des recherches cliniques pertinentes ?

Par Peter Simons

 

Dans un article récent, le chercheur en psychiatrie Diogo Telles-Correia affirme qu’il y a des présupposés philosophiques qui restent sans examen derrière la recherche en neuroscience qui influencent la façon dont les études sont menées et interprétées. Telles-Correia,  de l’Université de Lisbonne, Département de psychiatrie, affirme que ces positions métaphysiques inquestionnées sont au cœur de l’échec des neurosciences à fournir un cadre clinique pertinent.  Il suggère que les chercheurs fassent activement l’investigation de la philosophie des sciences au sein de laquelle ils opèrent et questionnent leurs présupposés sur les rapports «  cerveau. Esprit »

Human Sense Question Psychology Philosophy Anatomy

Photo Credit: Max Pixel

L’article, publié dans le «  Journal d’évaluation des pratiques cliniques »,  se centre initialement sur le fossé entre cerveau et esprit. Telles-Correia écrit que la plupart des recherches en neurosciences contiennent l’assomption implicite que l’esprit est synonyme du cerveau, et qu’il est gouverné par des phénomènes physiques complètement découvrables.

Il écrit cependant :

“Il n’existe pas de méthode scientifique qui prouve que l’esprit peut être réduit au cerveau et que les lois qui le gouvernent soient les mêmes que celles qui gouvernent le système nerveux.

Le Réductionnisme est la croyance que tout état mental ou émotionnel peut être simplifié jusqu’à sa corrélation biologique. Selon  Telles-Correia, « Le réductionnisme n’est pas une attitude scientifique, mais métaphysique. »

Bien que le réductionnisme soit parfois ouvertement revendiqué par les chercheurs en neurosciences, il est, selon Telles-Correia,  le plus souvent implicite dans l’élaboration ou dans la procédure qui permettent d’interpréter les découvertes.

Par exemple, les chercheurs tendent à présenter un test sans se poser la question de sa réelle représentativité de l’expérience interne qui est étudiée, puis ils interprètent tout activité détectable du cerveau comme étant «  reliée » au test en question, puis, finalement, concluent que cette activité cérébrale est donc causée ou cause cette expérience interne.

Cependant ces assomptions ne prennent pas en compte le sens du test, la réelle expérience interne, et la question de savoir si toute activité associée avec un état metnatl est causale. Telles-Correia pointe le fait qu’aucune de ces questions sous-jacentes ne peut trouver de réponse en utilisant l’actuelle méthodologie neuro-scientifique. Il présente les recherches sur le trauma en neuro-science comme exemple :

« Bien qu’un évènement traumatiques dans l’enfance puisse avoir une traduction au niveau de la biologie du cerveau, cela ne signifie pas que c’est par les neuro-sciences que cet évènement traumatique puisse être le mieux décrit et exploré. »

Telles-Correia continue en commentant les découvertes de «  corrélations neurobiologiques » dans les désordres psychiatriques. Les «  désordres psychiatriques » sont des «  constructions sociales », écrit-il «  non des entités naturelles qui existeraient indépendamment de tout effort humain. » L’évaluation de tout ce qui est ou n’est pas pathologique en psychiatrie est lié 1) à l’intelligibilité, (si l’état mental ou le comportement est ou n’est pas compréhensible en fonction du contexte socio-culturel du patient) 2) l’adaptabilité   ( adapté ou non-adapté dans le contexte du patient) « ) le connexion à la détresse ou au handicap ( si ils causent ou non ces deux réactions).

Il note aussi que « il est impossible de démontrer l’existence de limites naturelles entre la maladie mentale et la normalité », c’est-à-dire, les lignes séparant un diagnostic de «  maladie » et les soi-disant «  états normaux » sont vagues, requérant le jugement subjectif d’une autorité extérieure (comme un psychiatre ou un chercheur en neurosciences). C’est pourquoi il suggère qu’il est impossible de trouver les corrélations neurobiologiques des désordres diagnostiqués en les comparant à la neurobiologie des soi-disant contrôles sains.

Une autre question levée dans la recherche pour trouver des corrélations neurologiques à un trouble psychiatrique particulier. Les diagnostics psychiatriques sont de larges catégories et des individus avec le même diagnostic peuvent se trouver dans des états psychiques* très différents.  Par exemple, quelqu’un avec le diagnostic de dépression peut dormir trop ou trop peu, peut trop manger ou pas assez. Dans ces cas, quelqu’un ayant été diagnostiqué comme dépressif peut  monter les symptômes opposés à ceux d’une autre personne également diagnostiquée comme dépressive.

Telles-Correia dit donc que les études à venir doivent inclure des experts de champs multiples, pas seulement des neuropsychiatres,. IL suggère que des experts en philosophie des sciences sont nécessaires à ajouter eux neurosciences et aux équipes de recherches en psychiatrie.

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Telles-Correia, D. (2018). The mind-brain gap and the neuroscience-psychiatry gap. Journal of Evaluation in Clinical Practice. doi: 10.1111/jep.12891 (Link)

Peter Simons

MIA-UMB News Team: Peter Simons a un parcours dans les humanités où il a étudié l’Anglais, la philosophie, et les Arts. Travaillant maintenant sur son Doctorat de Psychologue (Counseling Psychology), ses recherhes récentes se sont dirigées sur les conflits d’intérêts dans la littérature de la recherche pharmaceutique, sur l’usage de médicaments antipsychotiques dans le traitement de la dépression, et les implications générales, philosophiques et socio-politiques de la taxonomie psychiatrique dans les diagnostics et les traitements.

  • Le terme anglais utilisé est «  mental states , on peut qualifier une situation de «  psychique » lorsqu’elle manifeste, ce qui est de toute façon toujours le cas, tous les aspects, fonctionnements, intrications de la vie « de l’esprit ». On gardera le terme « mental » pour les éléments perceptibles, conscientisables.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

 

 

 

 

Un message essentiel de Patrick Henningsen

TRES IMPORTANT : Il semble que la machine du Parti démocrate/ des agences gouvernamentales sans nom/Le conseil atlantique OTAN/ La silicon valley/ CNN/ l’établissement, font maintenant pression sur les centres d’hébergement pour éliminer des site web entiers. selon des rapports, il semble que le site http://Infowars.com soit actuellement hors ligne du DDoS et j’ai appris par Jay Dyer que sont site web https://jaysanalysis.com/ ait été bloqué par WordPress. Noez aussi qu’hier, la chaîne anglophone vénézuelienne Telesur, extrême gauche, a également été éliminée de Face Book. ceci prouve ce qe j’ai tent d dire la semaine dernière : il ne s’agit pas d’un sple question gauche, droite, et la suppression de Telesur montre vraisemblablement qu’il ne s’agit pas simplement d’une main mise partisane US, c’est orchestré au niveau gouvernemental. Nous savons que 21st century wire est probablement sur leur liste à cause du travail d’investigation que nous avons mené en Syrie, et après avoir été diffamés par MSM comme des propagandistes prorusses etc. donc nou s nous préparons à ça. Ils ont dépassé la limite, et les masques sont tombés.
Comprenez qu’il s’agit du complex-gouvernement-médias, mais que le Gouvernement utilise maintenant des entités privées, anonymeset sans visages avec un agenda autoritariste – afin de mener un programme de censure de masse sur les vues politiques dissidentes, sur le journalisme d’investigation qui gène le complex gouvernement-média et tout aisni que toute publication ou commentaire “politiquement incorrect”. Point plus que sombre de l’histoire, les US. Occidentaux sont en train de muter dans les mêmes despotes et tyrans minables qu’ils ont été supposé combattre pendant les 75 dernières années.
VERY IMPORTANT: Seems that Democratic Party machine/unnamed Gov Agencies/CNN/First Draft/Atlantic Council (NATO)/Silicon Valley/Establishment are now leaning on hosts to pull down entire websites – according to reports, it appears as if http://Infowars.com is currently offline from DDoS, and I was told by Jay Dyer that his website http://JaysAnalysis.com has been taken down by WordPress… Note also that yesterday, Venezuelan English Channel TeleSUR (ultra left) also taken off Facebook – so that proves what we’ve been saying last few weeks: that this is not just a Right/Left issue, and TeleSUR take down likely means this is not merely US partisan power-grab, this is being orchestrated at a US government level…. We know 21st Century Wire probably on their hit-list because of the great investigative work we’ve done on Syria, and after being slandered by corporate #MSM outlets as ‘Russian propaganda’ etc, and so we are preparing for it. They have stepped over the line, and the mask is off. Understand this is GOVERNMENT-MEDIA-COMPLEX, only the Gov is now using PRIVATE entities, nameless, faceless people with an authoritarian agenda – to conduct a program of mass censorship of dissenting political views, investigative journalism which embarrasses the Gov-Media Complex, and also any ‘politically incorrect’ information and commentary. Very dark point in history, the US/West is mutating into the same despots & petty tyrants we have supposedly been fighting for last 75 years…

L’économie politique du complexe militaro-industriel : Devine qui dort sous la couverture de l’insécurité ? Professeur Joan Roelofs

Voici la traduction du travail du Professeur Joan Roelofs initialement paru dans Counterpunch et disponible en PDF et sur son site. Elle a fait dans une remarquable étude, complètement documentée et détaillée, l’inventaire de TOUS les secteurs où le complexe militaro-industriel a maille à partir, des Universités aux entreprises, en passant par les OGN pacifistes et les loisirs. C’est bien sûr une production dense, mais amener au grand jour les intrications financières omniprésentes, aux USA et dans le monde entier entre des forces ostensiblement bellicistes et les groupes et associations qui sont supposées militer pour la paix donne une idée du niveau de corruption morale et matérielle sur lequel l’ensemble de ce système repose.  Comme pendant, il est conseillé de faire un retour sur l’article de Richard Krushnic et Jonathan King,  Privatiser l’apocalypse . EG

 

 

Le Professeur Roelofs a beaucoup donné au peuple américain  et au monde en rassemblant une documentation si étendue sur la pénétration, dans tous ses aspects  de la vie américaine, du complexe militaro- sécuritaire. Qu’un simple Président des Etats-Unis puisse amener au pied et la priver de ses ennemis nécessaires une telle institution si puissante et omniprésente est une illusion.

L’économie politique de l’industrie de l’armement ?

Devine qui dort avec notre couverture d’insécurité ?

Par Joan Roelofs

Pour beaucoup de gens, le «  complexe-militaro-industriel » (MIC) évoque les vingt premiers fabricants d’armes. Le Président Dwight Eisenhower, qui nous avait averti en 1961, voulait le nommer le «  complexe militaro-industriel-congressionnel » mais décida que ce n’était pas prudent. De nos jours il pourrait s’appeler le complexe militaro-industriel-congressionnel-et-tout-le-reste. La plupart des départements, des niveaux de gouvernement, des entreprises, et des ONG, services sociaux, environnementaux, et des organisations culturelles sont profondément  incrustés par l’armée.

L’industrie de l’armement peut être le fer de lance du budget militaire et des opérations militaires, elle est immensément soutenue par les cris d’excitation ou le silence des citoyens et de leurs représentants. Nous allons fournir ci-dessous quelques raisons envisageables pour cette affirmation; Nous allons utiliser la topologie commune de trois secteurs nationaux : le gouvernement, les entreprises et les ONGs, avec des interactions variées entre elles. Ceci ne remet pas en cause, bien que cela le masque, le fait que le gouvernement est le bras de la classe dominante.

Toutes les sortes d’entreprises figurent dans le budget du Département de la défense (DOD). Lockheed est actuellement le plus important contractant de l’industrie de l’armement. Il a des connexions dans la MIC du monde entier en se procurant les pièces, par exemple, de l’avion de chasse F.35, dans de nombreux pays. Ceci aide à le commercialiser, en dépit de son peu de reconnaissance au sein des experts militaires et des critiques des antimilitaristes. Lockheed fait également du travail civil, qui augmente son aura en répandant ses valeurs.

D’autres types d’entreprises ont des contrats énormes pluriannuels, en milliards. Ceci en dépit de la stipulation du Congrès de ne pas attribuer des fonds pour plus de deux années consécutives. On note en particulier des compagnies de construction, comme Fluor, KBR, Bechtel, et Hensel Phelps.  Celles-ci construisent des bases énormes, avec souvent de la surveillance high-tech et des capacités opérationnelles, aux US et à l’étranger, où ils embauchent des locaux, ou plus communément, des individus du tiers-monde pour mener à bien le travail. Il y a aussi des milliards de fonds publics pour des contractants en techniques de communication, intelligence analytique, transports, logistique, alimentation et vêtements. «  Contracter »  est la façon de faire militaire actuelle. Ceci étend aussi son influence largement et loin.

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Des entreprises moyennes, petites ou grandes sont accrochées à l’ « Arbre de Noël » du Pentagone, promouvant la liesse populaire ou le silence sur le budget militaire. Un petit business, KEPA TCI (construction) a reçu des contrats de 356 millions. (les données proviennent de plusieurs sources sur internet : sites web, formulaires d’imposition,  et rapports annueles des organisations, usaspending.gov ( USA) et gouvernmentcontractswon( GCW). Les entreprises les plus importantes sevant ce système ont été excellement bien décrite par Nick Turse ‘ » The complex ». Les petites et moyennes entreprises sont littéralement aspirées par ce système. Des paysagistes, nettoyeurs à sec, crèches et le Come-back gooses control du Maryland.

Parmi les entreprises avec de gros contrats DoD se trouvent les maisons d’édition. McGraw-Hill, Greenwood, Scholastic, Pearson, Houghton Mifflin, Harcourt, Elsevier, et autres. Rarement les biais de cette industrie, dans la fiction, les essais et les livres scolaires ont été analysés. Cependant, cette influence sur un petit public, les lecteurs et le plus large contingent des scolarisés, peut aider à expliquer le silence de la foule cultivée et des étudiants des universités.

Beaucoup de ce qui reste du travail industriel est dans la fabrique d’armement. Son PAC finance le peu de candidats «  progressifs » de notre système politique, qui tendent à rester silencieux à propos de la guerre ou de la menace d’anéantissement nucléaire. A l’opposé d’autres facteurs, les fabricants d’armes ne déménagent pas soudainement à l’étranger, bien qu’ils utilisent des sous-traitants dans le monde entier.

Les dépenses militaires peuvent ne représenter que 6% du PIB, elles ont cependant un grand impact parce que : 1. C’est un secteur en expansion. 2. Il est à l’épreuve des récessions 3. Il n’est pas attaché aux caprices des consommateurs 4. C’est lea seule chose qui prospère dans de nombreuses zones et 5. L’effet «  multiplicateur », la sous-traitance, les commandes d’entreprises, et les dépenses de ses salariés requinquent les économies locales. C’est l’adaptation parfaite au remède de Keynes, à cause de son obsolescence programmée : tout ce qui n’est pas consommé dans l’armement, rouille sur place ou est offert à nos amis et a besoin d’être remplacé par un équipement légèrement plus létal. Beaucoup de nos diplômés en sciences travaillent directement à ces projets pour l’armée et dans les laboratoires de ses contractants.

L’arme imbattable de l’armée ce sont les emplois et tous les membres du Congrès et l’état et les officiels locaux  le savent. C’est là que les emplois bien payés se trouvent pour les mécaniciens, les scientifiques et ingénieurs. Même les services d’entretien s’en sortent bien avec l’argent du contribuable. L’armement est aussi dans la production de nos produits car nos alliés sont supposés avoir les équipements qui conviennent à nos spécifications. Gouvernements, rebelles, terroristes, pirates et gangsters sont tout attirés par nos articles létaux high-tech ou low-tech.

Notre économie militaire rapporte également beaucoup sur les investissements. Ce qui bénéficie non seulement aux exécutifs privés et autres nantis, mais aussi à la population de la classe moyenne  et ouvrière, ainsi qu’aux églises, aux bénévoles, et aux organisations culturelles. Des sociétés d’investissement à but lucratif comme Vanguard, Fidelity, et autres sont lourdement investies dans la fabrique d’armement.

Les investisseurs individuels peuvent ne pas savoir ce qui est dans leur porte-folio, mais les institutions le savent généralement. Un projet actuel de Word beyond war (https://worldbeyondwar.org/divest) défend la cession des stocks militaires des fonds de pension des agents de l’état ou des agents locaux, police, pompiers, enseignants et autres fonctionnaires. Des chercheurs sont en train de faire une analyse état par état. Parmi les résultats, on trouve la possession massive d’action militaires par CALpers, the California Public Employees Retirement System (le sixième plus gros fond de pension au monde), le California State Teachers Retirement System,  (Caisse de retraite californienne des enseignants), et d’autres caisses de retraites sur New York : le New York State Teachers Retirement System, le New York City Employees Retirement System, et le New York State Common Retirement Fund (employés fonctionnaires ou municipaux). Etonnant ! Les enseignants new yorkais étaient autrefois les fiers parents de bébés aux couches rouges…

L’aspect gouvernemental du complexe MIC va bien au-delà du DoD. Dans la branche exécutive, les Départements d’état, La Sécurité intérieure, l’énergie, les Vétérans, l’Intérieur et la CIA, AID, FBI, NASA, et autres agences sont pénétrés par des projets et des objectifs militaires.

Même le Département de l’Agriculture a un programme en collaboration avec le DoD dans le but de «  restaurer » l’Afghanistan en y créant une industrie laitière. Peu importe que le bétail et sa  nourriture doivent être importés, que les vaches ne puissent pas se nourrir sur ce terrain comme les chèvres et les moutons le peuvent, qu’il n’existe pas d’infrastructure pour les transports et la réfrigération et que les Afghans ne boivent normalement pas de lait. Les animaux locaux fournissent le yaourt, le beurre, la laine et broutent sur les terrains accidentés mais tout cela est tellement an-Américain.

Le Congrès est un robuste allié de l’Armement, La contribution aux campagnes du PAC est généreuse et le lobbying est abondant. Le sont aussi les dépenses des institutions financières, qui sont lourdement investie dans le MIC. Les Congressistes ont tous des actions en nombre significatif dans les stocks de l’industrie de l’armement. Pour conclure l’affaire, les membres du Congrès (ainsi que les législateurs nationaux ou fédéraux) sont parfaitement au courant de l’importance économique du complexe militaro-industriel dans leurs états ou leurs districts.

Les bases militaires, à l’intérieur des USA ou ailleurs dans le monde sont une plaque-tournante économique pour les collectivités. Le rapport pour les bases DoD de 2015 (DoD Base Structure Report for Fy2015) liste plus de 4000 biens immobiliers. Certains sont des champs de tir ou des stations de recrutement, 400 sont peut-être des bases ayant un impact majeur sur les localités. La plus grande d’entre elles Fort Bragg NC, est une ville à elle seule et a une influence culturelle et une influence économique sur la région comme l’a si bien décrit Catherine Lutz dans Homefront. La californie a à peu près 40 bases sur (https://militarybases.com/by- state/), et est le lit de plusieurs fabricants d’armes également. Les officiers vivent généralement en-dehors de la base, donc l’immobilier, restaurants, magasins, garages, hôtels, et autres commerces sont prospères. Les civils locaux trouvent du travail sur ces bases. Des installations fermées et fixes  deviennent parfois des attractions touristiques comme la plus inattendues des destinations de vacances, la Hanford Nuclear Reservation.

Le DoD a des contrats directs et des subventions par l’état et les institutions régionales. Ils servent à divers projets et services, y compris de grandes quantités de fonds destinés à la Garde nationale (National Guard).  Les  Army Engineers assurent la maintenance des trous d’eau et des parcs et les forces de police ont contrat avec Bearcats.  Les programmes JROTC fournissent des fonds sur tout le territoire pour les écoles publiques  a fortiori pour les écoles publiques des académies militaires, il y en a six à Chigago.

Les dirigeants nationaux, fédéraux et locaux sont bien protégés par la «  couverture de l’insécurité », le secteur associatif n’est pas négligé. Toutefois, il héberge le très petit groupe des associations anti-guerre, comme Iraq Veterans Against War, Veterans for Peace, World Beyond War, Peace Action, Union of Concerned Scientists, Center for International Policy, Catholic Worker, Answer Coalition, et autres. Cependant, contrairement à la période de la guerre du Vietnam il n’y a pas de prise de parole de la part des chefs religieux qui protestent contre la guerre et les quelques étudiants qui sont actifs politiquement  sont plus préoccupés par d’autres questions.

Les associations et les institutions sont aussi impliquées de multiples façons. Certaines sont simplement partenaires du MIC : les Scouts, garçons et filles, le Croix rouge, les Oeuvres de bienfaisance pour les Vétérans, les think-tanks militaires comme RAND et l’Institute for Defense Analysis, des groupes d’experts comme the American Enterprise Institute, Atlantic Council, et le porte étendard de la projection des USA dns le monde,  le Council on Foreign Relations. Il y a également de nombreuses organisations non-gouvernementales qui assitent le gouvernement dans sa mission «  humanitaire », chantent les louanges de l’économie de marché ou tentent de réparer les dommages collatéraux infligés aux pays ou au peuple, par exemple, Mercy Corps, Open Society Institutes, et CARE.
Les institutions éducatives de tous les secteurs sont  incrustées par l’armée. Les écoles militaires incluent des académies de service public ( service academy), National Defense University, (l’Université de la défense nationale) les Army War College, Naval War College, Air Force Institute of Technology, Air University, Defense Acquisition University, Defense Language Institute, Naval Postgraduate School, Defense Information School, la medical school, Uniformed Services University of the Health Sciences, et la célèbre School of the Americas de Fort Benning, GA, maintenant rebaptisée le Western Hemisphere Institute for Security Cooperation.( L’Institut pour la coopération et la sécurité de l’hémisphère ouest). En addition, les Universités pour le gradés, Senior Military Colleges offrent une combinaison de hautes-études avec une instruction militaire, les SMCs incluent la Texas A&M University, Norwich University, le Virginia Military Institute, la Citadel, Virginia Polytechnic Institute et State University (Virginia Tech), University of North Georgia et le Mary Baldwin Women’s Institute for Leadership” (https://www.usa.gov/military-colleges).*

Une université n’a pas à être spéciale pour faire part du MIC. Certaines sont inondées de contrats, de programmes ROTC, et/ou d’officiers militaires et de contractuels dans leurs conseils d’administration. Une étude des 100 universités les plus militarisées incluent des établissements prestigieux tout comme des moulins à dilômes qui produisent des employés pour les agences de renseignements et des contractuels.  (https://news.vice.com/article/these-are-the-100- most-militarized-universities-in-america).

Des fondations indépendantes notoires sont engagées depuis longtemps dans des opérations couvertes ou publiques qui supportent l’expansion impérialiste décrite par  David Horowitz comme le «  Nerf de l’empire » “Sinews of Empire” dans son important article  Rampart de 1969. Elles ont été de très proches associés des de la CIA et actives dans ses investigations. La fondation Council on Foreign Relations (Conseil des relations étrangères)  créée et financée, a été depuis longtemps un lien avec Wall Street, les grosses entreprises, le monde universitaire, les médias et nos  législateurs en politique étrangère ou militaire.

Moins évidentes sont les connexions militaires avec les organisations philanthropiques, culturelles, sociales, environnementales et professionnelles. Elles y sont liées par des donations, des programmes joints, du sponsorat d’évènements, des expositions, et des concerts, des récompenses (dans les deux sens) des investissements, des membres des conseils d’administration, des cadres et des contrats. Les données ici couvrent approximativement les vingt dernières années et complètent l’étonnant soutien (selon les sondages) que les citoyens américains accordent à leur armée, à son budget et à ses opérations.

L’organisation philanthropique des contractuels militaires était le thème de mes précédents rapports, en 2006 et 2016. Chaque catégorie d’associations (de même que les écoles publiques et les universités) ont reçu une aide des principaux fabricants d’armes, certaines découvertes ont été incroyables. Pendant des années, il y a eu une contribution importante à la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP)  de la part de Lockheed; Boeing a aussi financé le Congressional Black Caucus. L’ancien président général et directeur de la NAACP, Bruce Gordon, fait maintenant partie du Conseil d’administration des curateurs de Northrop Grumman.

General Electric  est le contractuel militaire donateur le plus généreux envers les organisations philanthropiques, avec des subventions directes à des institutions éducatives et à des organisations, en partenariat avec les deux et des contributions correspondantes faites par ses milliers d’employés. Ces dernières toychent de nombreuses entités ONG et éducatives à travers tout le pays.

Les donateurs les plus importants du Carnegie Endowment for International Peace (figurant sur la liste du Rapport annuel de 2016) comprennent la Defense Intelligence Agency, Cisco Systems, Open Society Foundations, US Department of Defense, General Electric, North Atlantic Treaty Organization, et Lockheed Martin. C’est une sorte d’écho aux connexions militaires du CEIP rapporté par Horace Coons dans son livre de 1930, «  De l’argent à jeter par les fenêtres «  «  Money burning »

Le DoD lui-même donne des biens en surplus  à des organisations, parmi celles-ci on trouve Big Brothers/Big Sisters, Boys and Girls Clubs, Boy Scouts, Girl Scouts, Little League Baseball, et United Service Organizations. Le Denton Program autorise des associations non-gouvernementales à utiliser de l’espace libre dans les cargos militaires pour transporter le matériel d’assistance humanitaire.

Il existe une multitude de programmes joints et de sponsorats. En voici quelques exemples : le National Tech Savvy Program de l’American Association of University Women encourage les femmes à entrer dans les carrières de STEM (Science, Technologie, Enginering et Math), avec du financement par Lockheed, BAE Systems, et Boeing. Junior Achievement, sponsorisé par Bechtel, United Technologies, et d’autres, vise à former les enfants à une économie de marché et à l’entreprenariat. La Wolf Trap Foundation for the Performing Arts est partenaire avec Northrop Grumman pour un «  STEM de la petite enfance », l’initiative «  Apprendre par les arts pour les enfants de crèche et de maternelle. La fondation Bechtel Foundation  a deux programmes pour une «  Californie durable », un programme d’éducation pour aider «  les jeunes gens à développer des compétences, des savoirs, et l’envie d’explorer et de comprendre le monde ».  et un programme environnemental pour la promotion du «  management, de l’intendance et de la conservation des ressources naturelles nationales »

Le NAACP ACT-SO est un « programme annuel d’enrichissement créé afin de recruter, de stimuler, ou d’encourager les réalisations de projets universitaires et de réalisations culturelles parmi la population lycéenne Afro-américaine » avec du sponsorat de la part de  Lockheed Martin, Northrop Grumman et al.  Le vainqueur au niveau national gagne une aide financière des sociétés les plus importantes, des financements pour l’université, pour l’internat, et pour l’apprentissage – dans l’industrie militaire.

Durant les dernières années, les fabricants d’armes sont devenus des environnementalistes enthousiastes. Lookheed a été le sponsor du Forum pour la durabilité organisé par la fondation de de la Chambre de commerce  US.
(US Chamber of Commerce Foundation Sustainability Forum) en 2013.

Northrop Grumman a supporté Garder l’Amérique jolie  (Keep America Beautiful), la journée des parcs nationaux  (National Public Lands Day) , et est en partenariat avec Conservation International et the Arbor Day Foundation (pour la restauration des forêts). United Technologies est un des financeurs du Conseil Us pour les bâtiments écologiques pour les écoles (U.S. Green Building Council Center for Green Schools), et  co-créateur de l’Académie pour la création de villes durables (Sustainable Cities Design Academy). Tree Musketeers est une organisation environnementale nationale de la jeunesse partenaire de Northrop Grumman et de Boeing.

Les bénéfices fonctionnent dans les deux sens, les industries donnent des récompenses aux organisations et les organisations récompensent l’industrie militaire et ses employés. United Technologies, pour ses efforts dans la réponse au changement climatique a figuré sur la liste climatique A  du Projet pour la transparence des changements climatiques (Climate Disclosure Project). L’association pour la responsabilité des sociétés (Corporate Responsibility Association) a donné à Lookheed la huitième position en 2016 sur sa liste des cents meilleurs entrepreneurs-citoyens. Des Points de lumières, (Points of Light) a inclus General Electric et Raytheon dans sa liste de 2014 des 50 sociétés les plus préoccupées par la vie sociale des US. Il a été remis par Phi Beta Kappa la distinction du statut de Professeur invité, (Visiting professor) à Harold Koh, l’avocat qui, en tant que conseiller d’Obama, a défendu les frappes de drones et l’intervention en Libye. En 2017, l’association hispanique pour  la responsabilité entrepreneuriale a (Hispanic Association on Corporate Responsibility) a élu 34 jeunes hispaniques meilleurs collaborateurs, trois sont des exécutifs de l’industrie de l’armement. Elizabeth Amato, une cadre de United Technologies, a reçu le prix des YWCA Women Achievers Award.

En dépit de recherches laborieuses  dans les déclarations d’impôt 990, il est difficile de trouver ce qui spécifie la nature des investissements dans les budgets des organisations. Beaucoup en ont de substantiels, en 2006, l’American Friends Service Committee a reçu 3.5 millions de dollars en revenu d’investissements. Human Rights Watch rapporte 3.5 millions de revenus d’investissements sur sa déclaration de 2015 et plus de 107 millions en fonds de dotation.

Une des rares enquêtes sur les pratiques des ONG (par Commonfund en 2012) trouve que seulement 17% utilisent des critères liés à l’environnement, au domaine social et à l’autogestion (ESG) dans leurs investissements. Dans la terminologie de l’investissement, ESG semble avoir remplacé le «  investissements socialement responsables (SRI) et semble avoir une inclinaison quelque peu différente. La restriction la plus commune est l’évitement des compagnies travaillant dans des zones de conflits, le suivant est lié au changement climatique et les émissions de carbone, la diversité dans les employés est également une considération importante. L’étude de Commonfund portant sur le caritatif, les services sociaux et les organisations culturelles rapporte que 70% de leur échantillon ne prenaient pas en compte l’ESG dans leurs politiques d’investissement. Bien que 61% des organisations religieuses utilisent des critères ESG, seulement 16% des organisations de services sociaux et 3% des organisations culturelles le font. Le

L’industrie de l’armement est à peine mentionnée dans ces rapports. Les organisations religieuses utilisent parfois le barrage contre les investissements de la SRI mais les plus utilisés sont l’alcool, le jeu, la pornographie, et le tabac. Le  Centre œcuménique pour la responsabilité des entreprises (Interfaith Center on Corporate Responsibility), une ressource pour les églises, liste presque 30 problèmes touchant l’investissement, y compris les rémunérations des cadres, le changement climatique, et la crise des opioïdes mais aucune concernant l’industrie de l’armement ou la guerre. Le conseiller de la United Church (UCC), un pionnier dans les politiques d’investissement de la SRI inclus un filtre : seules les compagnies ayant moins de 10% de leurs revenus dans l’alcool, 1% dans le tabac, 10% dans l’armement conventionnel et 5% dans l’armement nucléaire peuvent être choisies.

L’ Art Institute of Chicago dit sur son site web que : «  Avec la responsabilité fiduciaire de maximiser les retours sur investissement accordée avec un niveau approprié de risque, l’Art Institute maintient une forte présomption contre le désinvestissement pour des raisons politiques, morales et sociales. » Listée comme associé est  Honeywell International, de même qu’un des donateurs majeurs est la Crown Family (General Dynamics), qui a récemment fait le don de 2 millions de dollars pour l’ouverture d’un poste de Professeur en Peinture et dessin.

Les ONG, ( tout comme les individus et les fonds de pension de tous les secteurs) ont de gros investissements dans des fonds de compagnies financières comme State Street, Vanguard, BlackRock, Fidelity, CREF, et autres, ont des portefeuilles importants dans l’industrie de l’armement (https://worldbeyondwar.org/wp- content/uploads/2016/11/indirect.pdf). Ceci inclut des informations  sur les firmes technologiques supposées être plus «  socialement responsables » mais qui sont parmi les entreprises les plus importantes du DoD.

Lors des dernières années, des fondations et de grosses ONG, comme des universités, ont favorisé l’investissement dans les hedge funds, l’immobilier, les produits dérivés et le capital-investissement. Le Carnegie Endowment, plus «  transparent » que d’autres, fait figurer de tels fonds sur sa déclaration 2015 ( (Schedule D Part VII).  Il est vraisemblable que Lockheed, Boeing, et compagnie al, soient parmi les bénéficiaires des créances en difficulté et que ces institutions soient donc peu équipées en stocks d’armement. Cependant, la plupart d’entre elles ont de fermes connexions avec le MIC, à travers des donations, du managériat, et.ou des contacts.

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Une grande proximité avec l’armée parmi les membres des comités d’entreprise des ONG et des exécutifs travaille à maintenir le couvercle sur les activités anti-guerre et leur expression. L’Aspen Institute est un think-tank qui a des experts résidents et également une politique de rapprochement avec les activistes, tels que les activistes anti-pauvreté.  La place de Président de son conseil d’administration est occupée par James Crown, qui est aussi le PDG de General Dynamics. Parmi d’autres membres du Conseils d’administration, on trouve Madeleine Albright, Condoleezza Rice, Javier Solana (ancien Secrétaire-général de l’OTAN) et l’ancienne membre du Congrès Jane Harman. Harman, qui a reçu la Médaille du Département de la défense, pour services distingués en 1998, la Seal Medal de la CIA en 2011, le Prix des Directeurs de la CIA pour services publics distingués en 2011. Elle est actuellement memebre du Groupe de conseils des doyens  du Director of National Intelligence  Senior Advisory Group, de la Trilateral Commission et du Conseil des Nations unies. Les nommés à vie d’Aspen incluent Lester Crown and Henry Kissinger.

Ces dernières années, le conseil d’administration de la Carnegie Corporation comprenait Condoleezza Rice et le General Lloyd Austin III (Ret.), Chef de  CENTCOM, un des responsables de l’invasion de l’Irak de 2003 et également un membre du Conseil d’administration de United Technologies. Un des anciens Président de Médecins pour la paix (Physicians for Peace mais pas le groupe bien connu) est le Contre-amiral Harold Bernsen, anciennement Commandant des Forces US au Moyen –Orient et pas du tout médecin.

TIAA, la caisse de retraite des enseignants a eu comme PDG de 1993 à 2002 John H. Biggs, qui était en même temps Directeur de Boeing. L’actuel Conseil de TIAA inclut un associé de la firme la plus importante de recherche militaire, MITRE Corporation, et plusieurs autres membres du Conseil des Affaires étrangères.  Son cadre exécutif, et Vice-président, Rahul Merchant, est actuellement également directeur de deux firmes d’information technologique  qui ont de très gros contrat avec l’armée : Juniper Networks et AASKI.

De 2002 à 2007, le Chef des groupes de pression de l’’Association américaine pour les retraités (American Association of Retired Persons) Chris Hansen, avait servi dans ce même r^le précdemment chez Boeing. L’actuel VP de la communication à had previously served in that capacity at Boeing. The current VP of communications Northrop Grumman, Lisa Davis, occupait cette position à AARP de 1996-2005.

Les membres des conseils d’administration et les PDG des principales entreprises d’armement font partie des conseils d’administration de nombreuses ONG. Juste afin d’en pointer l’éventail, cela implique la National Fish and Wildlife Foundation, Newman’s Own Foundation, New York Public Library, Carnegie Hall Society, Conservation International, Wolf Trap Foundation, WGBH, Boy Scouts, Newport Festival Foundation, Toys for Tots, STEM organizations, Catalyst, the National Science Center, l’US Institute of Peace, et de nombreuses autres fondations et universités.

Le DoD promeut le réemploi des officiers retraités  en tant que membres des conseils d’administration ou PDG d’ONG et de nombreuses organisations et programmes universitaires permettent cette transition. Le brigadier de l’armée de l’air, le Général Eden Murrie (Ret.) est maintenant directeur de la transformation guvernementale et des agences partenaires (Director of Government Transformation and Agency Partnerships) dans l’association Partnership for Public Service. Elle soutient que : «  Les anciens chefs militaires  ont une expérience directe du commandement  et apportent de l’intégrité et du talent qui peuvent s’appliquer à une organisation bénévole. » (seniormilitaryintransition.com/tag/eden-murrie/). Etant donné la précocité de la retraite, l’ancien personnel militaire et les réservistes sont adaptés aux positions d’influence en tant qu’employés fédéraux, employés d’état, et locaux, conseil d’administration des écoles, des ONG, et du travail bénévole on en trouve de nombreux à ces postes. Il est probable que les places les plus confortables sous la couverture de l’insécurité sont les multitudes de contrats et de bourses que le Département de la défense accorde au monde des associations. Les déclarations fiscales de la DoD sont notoirement fausses et il y a des comptes divergents entre et au sein des banques de données. Cependant, même une image troublée donne une bonne idée de l’étendue et de la profondeur de cette couverture.

D’après le rapport annuel de la TNC de 2016 : «  La Nature Conservancy est une organisation qui prend soin des gens et des terres, et elle cherche des partenaires. Elle est apolitique. Nous avons besoin d’organisations non gouvernementales comme la TNC pour aider les citoyens à se mobiliser. Ils sont sur le terrain. Ils comprennent les gens, la politique, et le partenariat. Nous avons besoin de groupes comme la TNC pour se substituer à ce que les organisations gouvernementales ne peuvent pas faire. (Mamie Parker, ancienne assistante-directrice, US Service de la vie sauvage et de la pêche et curatrice de l’Arkansas, la Nature Conservancy).

Parmi les subventions allant dans l’autre sens on trouve 44 contrats de la DoD avec la TNC à la hauteur de plusieurs millons pour les années 2008.018 ( USA). On les trouve pour des services comme Prairie Habitat Reforestation, pour 100,000 $, l’entretien de l’atoll de Palmyre par Runway et  Biosecurity, pour  82,000 $ (USA). Entre 2000 et 2016, GCW liste un total de 5,500,000 $ dans les contrats de la DoD avec la TNC.

Des attributions à la TNC pour des projets spécifiques, pas clairement différents des contrats, ont été beaucoup plus importantes. Chacun est listé séparément (USA), un décompte grossier du total se monte à plus de150 millions de $. Une attribution de 55 millions a été faite pour « Des butoirs compatibles à l’usage de l’armée à proximité des installations du Fort Benning » Des attributions identiques, les plus importantes, de 14 millions de $ ont été pour ce service dans d’autres bases. Un autre a concerné l’installation à Fort Benning  de son plan de guidance d’installations écologiques.  Inclue dans la description de ces attributions, on trouve la notice suivante : «  Assister l’état et les gouvernements locaux pour réduire ou empêcher l’usage ou l’activité incompatible sur des terres par des civils qui sont susceptibles de gêner la fonctionnalité opérationnelle du Département de la Défense (DoD) dans son installation militaire. Les bénéficiaires et les gouvernements sont supposés devoir adopter et mettre en œuvre les recommandations de l’étude. »

La déclaration Form 990  de TNC pour 2017 évalue ses revenus d’investissement à 21 millions. Il attribue aux apports gouvernementaux 108, 5 millions et aux contrats avec le gouvernement 9 millions. Ceci peut inclure des fonds provenant  de l’état ou des institutions locales aussi bien que des départements fédéraux. Le Département d l’intérieur, qui gère les vastes territoires utilisés pour les essais de bombardements et pour les jeux de guerre à balles réelles est aussi un des donateurs de TNC.

D’autres organisations environnementales soutenues par le DoD sont la National Audubon Society (945,000 $ sur 6 ans, GCW), et Point Reyes Bird Observatory (145,000 $, 6 ans, GCW). Les USA rapportent des contrats Stichting Deltares, une compagnie hollandaise institut de recherche côtière, pour 550,000 $ en 2016, des dons aux Zoo de San Diego pour 367,000 $ et à l’Institut des études de la vie sauvage (Institute for Wildlife Studies), 1.3 million pour le contrôle de la pie grièche.

Les industries de bienfaisance (La formation et l’emploi des handicapés, des anciens détenus, des vétérans et des sans-logis) est un énorme client de l’industrie militaire Chaque entité est une entreprise séparée, liée à l’état ou aux régions et le reçu total est de milliards. Par exemple, de 2000 à 2016, (GCW), La bienfaisance de la Floride du sud a touché 434 millions et le Wisconsin du sud-est 906 millions en contrats. Les biens et les services fournis, y compris la nourriture et les contrats de supports logistiques, le traitement d’information, les pantalons de combat de l’armée, la prison, la sécurité, la tonte des pelouses, le recyclage. De telles organisations travaillant pour la DoD incluent la Jewish Vocational Service et des entreprises de nettoyage, à hauteur de  12 millions sur 5 ans, des phares pour les non-voyants, 4.5 millions , des systèmes de  purification de l’eau,  Ability One; l’institut national pour les aveugles (National Institute for the Blind); Pride Industries; et le centre de formation horticole de Melwood (Melwood Horticultural Training Center).

Le DoD ne fuit pas le travail de l’industrie des prisons d’état, qui vend des meubles et d’autres produits. En tant qu’entreprise d’état (et donc pas en tant qu’association à but non lucratif, elles ont eu un demi-milliard de ventes dans tous les états en 2016. Le travail en prison les industries de bienfaisance, et autres ateliers de réinsertion, avec les entreprises privées employant des travailleurs émigrés, des adolescents, des retraités ( qui cultivent de la nourriture pour l’armée et pour nous tous) révèle la nature changeante de la classe laborieuse américaine, et donne une partie d’explication   à le manque de ferveur révolutionnaire, ou même la présence d’une légère dissensions dans le système capitaliste.

Les hauts salaires, et les employés d’origines diverses (y compris les cadres) des industries de l’armement les plus importantes ne sont pas prêts non plus à monter des barricades. Les conseils d’administration dans ces secteurs sont ouverts aux minorités et aux femmes. Les PDGs de Lockheed et de General Dynamics sont des femmes, tout comme la Directrice d’exploitation de Northrop Grumman. Ces histoires de réussite renforcent les aspirations personnelles au sein des moins que rien plutôt que de les amener à questionner le système.

Les contrats avec les universités, les hôpitaux, les centres de soins sont trop nombreux pour être détaillés dans ce cadre. Un parmi eux qui montre à quel point la couverture peut s’étirer est l’Université d’Oxford  avec ses 800,000 $ pour la recherche médicale. Les associations professionnelles avec des contrats significatifs incluent l’ Institut international d’éducation (Institute of International Education), le conseil américain pour l’éducation (American Council on Education), l’ association américaine pour les universités et les lycées publics (American Association of State Colleges and Universities), l’académie nationale des sciences, (National Academy of Sciences), la société des femmes ingénieures (Society of Women Engineers) la société indo-américaine de science et de technique (American Indian Science and Engineering Society), l’association américaine des infirmières anesthésistes (American Association of Nurse Anesthetists), la société des ingénieurs américano-mexicains (Society of Mexican-American Engineers), et  le conseil US des bâtiments verts (U.S. Green Building Council). Le conseil du département d’état (Council of State Governments), une organisation d’officiels à but non lucratif, a reçu un contrat de  193,000 $ pour un travail sur « l’état de préparation ». Espérons tous que nous sommes correctement préparés.

Les responsables, le personnel, les membres, les donateurs, et les bénévoles des ONG sont des personnes qui auraient pu être des militants pacifistes, cependant ils sont si nombreux à être étouffés sous la couverture de l’insécurité. En plus de tous les bénéficiaires directs et indirects de l’établissement militaire, beaucoup de gens la soutienne. Ils ont été l’objet d’une propagande incessante, de nombreuses personnes la soutiennent. Ils ont été sujets à une propagande incessante en faveur de l’armée et des guerres déclenchées par le gouvernement, de la presse papier ou digitale, de la TV, des films, des évènements sportifs, des parades, et des jeux électroniques,-ces derniers apprenant aux enfants que tuer est  excitant.

L’endoctrinement se propage aisément. Il a pour sommet un système éducatif qui glorifie la violence de l’histoire de ce pays. Nos écoles sont pleines de tutorat en interne, de programmes STEM,  et d’équipes robotisées pour les loisirs conduites personnellement par des employés des fabricants d’armes.

Les jeunes enfants ne comprennent pas toutes les connexions, mais ils tendent à se souvenir des logos. Le programme JROTC, propageant les valeurs militaires, enrôle beaucoup plus d’enfants que ceux qui sont destinés aux futurs officiers. Les séances de recrutements extrêmement bien financées dans les écoles incluent des simulations de combat «  pour rire ».

Il existe un facsimile planétaire supportant ce complexe qui comprend l’OTAN, d’autre alliances, les ministères de la défense, les industries de l’armement étrangères, leurs bases, mais nous garderons cette histoire pour un autre jour.

Les millions d’individus abrités sous cette couverture épaisse et large, y compris les ceux engagés dans la part la plus délicate ne sont pas à blâmer. Certaines personnes peuvent être excitées à l’idée de la mort et de la destruction. Cependant, la plupart cherchent juste à gagner leur vie, à maintenir leur organisation ou leur région industrielle en déclin à flot ou à être accepté en bonne compagnie. Ils préfèreraient un métier constructif ou des revenus de source saine. Cependant beaucoup ont été endoctrinés jusqu’à croire que le militarisme est normal et nécessaire. Pour ceux qui considèrent que le changement est essentiel si on veut que cette planète ait une chance de survie, il est important de voir toutes les façons dont le complexe militaro-industriel-congressionnel-et- presque-tout se nourrit.

«  L’économie libérale «  est un mythe. En plus du secteur énorme des associations ( ONG), l’intervention du gouvernement est substantielle, pas seulement pour l’industrie géante de l’armement mais aussi dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, des infrastructures, et du développement économique ( !) et autres. Pour ces mêmes milliards nous pourrions avoir une économie qui répare les dégâts de l’environnement, fournit des standards de vie et de culture correctes pour tous et travaille à la paix dans le monde.

Joan Roelofs est Professeur émérite de Scinces politiques au Keene State College, New Hampshire. Elle est l’auteure de « Foundations and Public Policy: The Mask of Pluralism (SUNY Press, 2003) » (qui ne semble pas encore être traduit en Français )   et de « Greening Cities (Rowman and Littlefield, 1996) ».  Elle est la traductrice des «  Principes du socialisme » de Victor Considerant, (Maisonneuve Press, 2006), et avec Shawn P. Wilbur, des  fantaisies pacifistes de Charles Fourier, « The World War of Small Pastries » (Autonomedia, 2015).  Un cours sur le complexe militaro-industriel destiné à l’éducation permanente est sur son site et peut être utilisé aux mêmes fins.

Site: http://www.joanroelofs.wordpress.com Contact: joan.roelofs@myfairpoint.net

Traduction Elisabeth Guerrier

 

A ajouter pour information, extrait de l’entretien de Pièces et main d’oeuvre avec les groupe ” Sciences critiques ”  du 8 juillet 2018 : Eric Schmidt, président exécutif d’Alphabet (maison mère de Google) est le nouveau directeur du Defense Innovation Board, au sein département de la défense. Le roboticien transhumaniste Ray Kurzweil, co-fondateur de l’Université de la Singularité, est à la fois expert pour Google et conseiller spécial de l’armée américaine. 

Nous n’avons pas cru bon de traduire certains noms d’institutions ou d’entreprises, les traductions en Français de celles qui nous ont parues possibles sont des approximations permettant de donner un aperçu de leurs fins.

PLUS TARD L’AVENIR N°3 : Trois monstres climatiques avec l’impact d’une astéroïde / Robert Hunziker

Dernière partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons “PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

 

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Photo: Ganesh Vanare (@haram_khor_)

Trois monstres climatiques avec l’impact d’une astéroïde

 

Three Climatic Monsters with Asteroid Impact

par ROBERT HUNZIKER

Suit de la première partie : Monstre #2 Les gaz à effet de serre perturbent les écosystèmes

L’impact le plus important des gaz à effets de serre anthropogènes touche les océans. Il n’y a aucun doute sur l’importance des océans, comme grand puit, sur les 2/3 de la planète. Après tout, les océans ont sauvé la mise de l’humanité depuis le début que  l’industrialisation a commencé à émettre du CO2 il y a plus de deux cents ans.

Hélas, le CO2 est le réchauffement global qu’il entraîne tue les océans. Dans les faits, les océans absorbent 30 à 40 % du CO2 et 80 à 80 % de la chaleur de la planète. Autrement, on pourrait seulement imaginer les conséquences incroyablement horribles,  monstrueuses, ou peut-être ne pouvons-nous pas  car l’esprit humain a des problèmes à se focaliser sur une annihilation totale.  Cela semble ne pas pouvoir faire partie de la réalité.

Cependant, une nouvelle théorie sur les puits de carbone affirme que les océans ont atteint leur limite et sont donc incapables d’absorber le CO2 additionnel de 130 milliard de tonnes du siècle dernier. (en tout, approximativement 38.000 gigatonnes (10 puissance 9) de CO2, ce qui correspond à 16 fois le CO2 terrestre.

Plus en avant, il est possible que les océans renversent le processus et commencent à émettre du CO2, un « puit à l’envers », à un certain moment. Les implications sont effrayantes, pour le dire, oh, si gentiment.

En même temps, terriblement, l’équilibre chimique des océans est entrain de changer à cause du CO2 en excès, plus acide, et donc mettant en péril le cycle de vie des ptéropodes, minuscules escargots gros comme des petits pois à la base de la chaîne alimentaire qui se multiplient par milliards, voire dizaines de milliards, servant de source alimentaire pour tout, des krills aux énormes baleines. L’analyse des ptéropodes dans l’Océan du sud révèle une incapacité  à développer des coquilles protectrice  (l’acidification au travail) qui inhibe la maturation et la reproduction.  Il va sans dire qu’après un certain temps, cela pourrait évoluer vers un effondrement majeur de l’éco-système.

Non seulement la chaîne alimentaire marine est-elle en danger, mais le réchauffement excessif tue le corail, par exemple, la moitié de la Grande barrière de corail, l’une des sept merveilles du monde,  est morte en 2016.17 à cause de l’extrême chaleur. Les scientifiques du monde entier étaient et sont encore complètement effarés.

Pour rendre les choses encore pires, une récente étude sur du long terme a montré que la production de plancton  est en chute de 40% sur les dernières 50 années. C’est une ressource supplémentaire pour l’oxygène planétaire en danger, trop de chaleur.

En plus ( encore un truc mauvais) le réchauffement ralentit la circulation thermohaline, ceinture de transmission de l’océan, qui est à son plus bas depuis 1600 ans. La circulation thermohaline est une circulation des eaux profondes autour du globe qui assure la structure des courants océaniques et la santé des océans.

Dans quelque temps, ajoutée à d’autres répercussions terribles, le ralentissement de ce courant entrainera le refroidissement majeur de l’Europe à la place du climat tempéré, car le grand convoyeur amène des eaux chaudes tropicales sur les côtes de l’Europe, ce qui amène les températures de janvier à Paris à ° C bien que Paris soit à plus de 3 degré plus au nord que le Dakota du nord ( – 11 ° C en janvier). C’est un paradoxe au regard du réchauffement climatique qui pourrait transformer l’Europe en un trou de glace, mais dans quelle mesure ?

Et pour couronner les désastres en route mentionnés plus haut, le réchauffement climatique tue les forêts de varech sous-marin, clef de la survie de nombreuses espèces.  Le long de la côte de la Californie du nord, sur des centaines de kilomètres, le varech est mort. L’Australie a ajouté maintenant sa forêt de varech géante sur la liste des «  zone écologiques en danger) ( lire à ce propos sur google : «  Comme les océans se réchauffent, les forêts de kelp commencent à disparaître » Yaleenvironnement360, Nov.11 2017)

Finalement, dans le cadre de la catégorie  des monstres #2, le gaz à effet de serre détruisant la planète : les hydrates de méthane dans l’Arctique posent d’extraordinaires risques pour l’humanité, surtout dans les eaux superficielles, d’une hauteur de 50 M., de la calotte arctique  de Sibérie orientale,  un travail de recherche commun Russie. US de l’Université d’Alaska et de Fairbanks a découvert des zones toujours plus l’étendues de méthane faisant des bulles à la surface, dans un cas de plus de 1, 50 kilomètres de diamètre. Le souci majeur est le risque d’une fuite majeure de méthane, de 50 gigatonnes ou presque, au lieu des 5 gigatonnes actuellement dans l’atmosphère. Incontestablement, les conséquences en seraient terribles.

Selon, l’autorité dans le domaine de la glace arctique, l’estimé Professeur émérite Dr. Peter Wadhams (Adieu à la glace, Oxford University Press, 2017) la réponse à la question : «  L’humanité peut-elle survivre à une augmentation de 50 gigatonnes de méthane ? », est «  Non, je ne pense pas qu’elle le puisse. »

Le Monstre #3 concerne l’effondrement des éco-systèmes, qui peut être un problème plus urgent que le CO2 ou le réchauffement climatique, aussi dur cela soit-il à accepter ou à croire. Certaines choses sont tout simplement impossibles à cerner.

L’éco-système du bassin de la rivière Colorado CRB, peut être le prototype des éco-systèmes s’effondrant à cause de l’empreinte humaine. Cet effondrement se produit maintenant alors que deux forces se combinent pour le détruire (1) le GHG en excès qui réchauffe la planète et bouleverse les systèmes hydrauliques, amène une baisse de l’humidité sous la forme de neige dans la source de la rivière, des Rocky Mountains et la consommation humaine, aisni que l’usage de l’eau et le manque de régulétion, assèchent tout le système.

Demandez à Las Vegas alors qu’ils installent un «  troisième pompage » pour tirer les dernières gouttes du Lake Mead. «  Le risque que le Lake Mead soit asséché à un niveau catastrophique est devenu catastrophique », dit un officiel fédéral, ((Tony Davis, Risks to Lake Mead, Colorado River Arizona Daily Star, June 29, 2018)

Brenda Burman est celle qui travaille comme déléguée de Trump au Bureau des réclamations, la seule parmi ses délégués qui reconnaisse dans une confirmation d’audience au Sénat que le changement climatique n’est pas un canular. Selon ses dires «  Nous avons besoin d’action et nous en avons besoin maintenant. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre de mettre en place des plans sécheresse dans le Sud-ouest. »

Selon le Bureau, le Sud-ouest est en train de subir sa pire sécheresse depuis 1200 ans. Il y a donc assez peu de mystère dans le fait que Mrs. Burman ne croit pas que le réchauffement soit un canular.

Plus encore, le Bureau dit que le taux de ruissellement de la Rocky mountain chutera de 40% au sein d’une sécheresse durant depuis 19 ans. Ipso facto, il existe une forte probabilité d’une« première pénurie d’eau dans le bassin de l’éco-système de la rivière Colorado dans l’avenir proche. » ce qui pourrait littéralement couper les approvisionnements d’eau des zones urbaines les plus importantes et des régions agricoles essentielles.

Selon les règles et lois du bassin de la rivière Colorado les premières coupures auront lieu à Phoenix, qui pourrait fermer plus de 20% des arrivées d’eau. Donc, Phoenix pourrait devenir la prochaine Cap Town (population de 4 millions d’habitants)  qui rationne à cause de la sécheresse à  49 litres par jour, c’est-à-dire assez pour tirer 3 à 4 fois une grosse chasse d’eau de toilettes.

L’Amérique n’est pas le seul pays à faire l’expérience de conditions de sécheresse intense. La côte méditerranéenne moyen-orientale  s’assèche plus vite que le reste de la planète, rejetant donc des éco-migrants par dizaine de milliers. Quatorze pays du Moyen Orient et de l’Afrique du nord sont parmi les plus stressés hydrauliquement au monde. Les éco-migrants seront une réalité à affronter dans les décennies à venir.

Le Monstre #3 concernant l’effondrement des éco-systèmes portent également sur la disparition des insectes car ils sont premiers dans la création et le support des sols, des nouveaux sols, de l’aération des sols, de la pollinisation des semences, éco-systèmes qui supportent toute vie. La façon dont cela fonctionne est comme suit : les insectes se débrouillent très bien sans les humains mais les humains ne peuvent pas survivre sans les insectes. En tant que telle, la décimation des insectes sur toute la planète est un des plus gros crimes du siècle, et cela peut être un crime au sens strict du terme.

L’abondance des insectes a subi un choc énorme ces derniers temps parce que la nôtre est la première société jamais basée sur une agriculture  utilisant des pesticides, ce qui est à l’origine de l’extinction des insectes. D’où est-ce que cela pourrait venir, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Société d’entomologie Krefeld, fondée en 1905 et dédiée au traçage des populations d’insectes dans 100 réserves naturelles, les rapports récents montrent que la quantité Insectes volants a chuté de 80%, chiffre marquant l’extinction. Par exemple, les Syrphides, pollinisateurs, repérés en 1989 se montainet à 17.291, alors que 25 années plus tard au même endroit, ils étaient 2. 737.

Jack Hasenpusch, propriétaire de la renommée «  Insect farm » est consterné par cette perte.

Le chercheur australien Dr. Cameron Webb avoue que les chercheurs autour du monde sont perdus face à ces pertes.

L’Index global de la Stanford University (Global Index) pour les invertébrés a chuté de 40% dans les dernières quarante années.

Reliant les éléments, il apparait que les humains empoisonnent la planète. Selon Julian Cribb, auteur de «  Survivre au 21ième siècle «  Surviving the 21st Century ; «  Notre planète est empoisonnée, cette explosion de produits chimiques est arrivée si rapidement que personne ne l’a vue arriver. «

Chaque année une avalanche de biochimiques, l’équivalent de 250 milliards de tonnes sont libérées sur la terre, ce qui, avec le temps, va aseptiser toute vie, transformant la planète en un globe gluant d’une couleur orange aveuglante, mais plus intensément bleu.

Les éco-systèmes dans le monde entier dépendent des insectes mais la quantité d’insectes montre des pertes du type de l’extinction. C’est une question de vie ou de mort qui est trop souvent négligée. Après tout, les propriétaires immobilier sont tous partants pour une extermination des insectes, c’est la façon de voir qui prévaut.

La réplique imminente de la collision avec un astéroïde est en suspens, mais clairement, trois monstres climatiques sont en route sur le cours de la collision, alors que les forces de La Grande accélération se déclenchent,  atteignant leur point critique l’un après l’autre, sans possible retour en arrière.  Année après année, les scientifiques sont surpris par leurs projections, toujours trop basses après-coup.

Il y a dix ans le Gouvernement anglais a commandé une étude, le Stern Report ( 2008), en faisant l’hypothèse d’un maintien du «  Les affaires sont les affaires au pire dans ses effets sur le climat. » Stern Report (2008), assuming a “business as usual analysis of worst-case climate change.”  C’était la première étude importante entreprise de ce genre et un doument clef de 700 pages. Voici les conclusions tirées il y a dix ans :

Sea rise of 15-20 feet in a few decades

Lae niveau de la mer monte de 4 à 6 mètres en quelques décennies

Florida, NYC, London, Tokyo underwater

La Floride, NYC, Londres et Tokyo sont sous l’eau

1 billion people displaced, sick, or dead

1 Milliard de personnes sont déplacées, malades ou mortes

Massive water and food shortages

Des privations massives de nourriture et d’eau

Food and water wars throughout the planet

Des guerres pour l’eau et la nourriture à travers toute la planète.

 

Le Rapport Stern peut encore servir de carte lorsqu’il s’agit de ce qui se produit quand on maintient le « les affaires sont les affaires ». Cependant, le rapport est obsolète car le CO2 augmente 50% plus rapidement que dans les prévisions de 2008, ce qui signifie vraisemblablement que le rapport est beaucoup trop prudent. (Une fois de plus, des prévisions plus basses que la réalité)

A part ça, as de mise à jour nécessaire, sauf à ajuster (augmenter, de beaucoup, vraiment beaucoup, et plus encore peut-être) le nombre de personnes déplacées, malades ou mortes.

Postscriptum : « L’augmentation du niveau de Dioxide de carbone pendant la dernière décennie est de 100 à 200 fois plus raie que ce que la terre a expérimenté lors de sa transition vers l’éère glaciaire. C’est un véritable choc pour l’atmosphère «   The rate of carbon dioxide growth over the last decade is 100 to 200 times faster than what the Earth experienced during the transition from the last Ice Age. This is a real shock to the atmosphere.” Pieter Tans, science de l’atmosphère, Global Monitoring Division, Earth System Research Laboratory, NOAA, 2018.

Pourtant, pensez-y, Trump est Président.

Robert Hunziker vit à LA et peut être joint

PLUS TARD L’AVENIR N°2 : La survie des plus riches / Douglas Rushkoff

Deuxième partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons ” PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

La survie des plus riches
Traduction de l’article de Douglas Rushkoff paru dans Future Human
Cet article fait pendant à celui qui suivra dans quelques jours et qui dresse le bilan des crises majeures en court, la guerre nucléaire exceptée bien sûr. Il s’agit du témoignage de Rushkoff sur les questions que se posent la plupart des plus riches du monde sur leur survie suivant “the event”. Fin du monde, faute de pouvoir dire fin d’un monde, dont, justement ils ne peuvent envisager la fin qu’en l’amalgamant à la fin des temps, dont eux seuls pourraient imaginer se sortir. Le degré d’inconsistance et de naïveté des questions posées est au-delà de son aspect consternant, révélateur d’un effondrement des bases référentes qui ont pu jusque-là nous attacher à une sorte de destin commun dans notre humanité. Amené par la déferlante cognitivo-scientiste entre autres, savamment posant son couvercle de plomb sur les fonctionnements totalement et consciemment amoraux du système global dans sa totalité et permettant de ne pas devoir aborder sa dimension morbide par essence, le glissement d’un questionnement intrinsèque à la condition humaine aux évocations incessantes de ce qui nous qualifierait en tant qu’espèce dans une nature humaine décryptable comme un code génétique et comme seul cerveau, autrement dit comme données simples et claires, maîtrisables et gérables absolument dans l’avenir et devant se soumettre quant à ses faiblesses au totalitarisme technologique pour se sauver, laisse en plan un certain nombre de questions fondamentales, c’est à dire devant rester sans réponse.  Penchons-nous avec “compassion”, affreux terme qui fait le buzz de nos conditionnements multiples, renouvelables à merci, sur la pauvreté de l’imaginaire de ces nantis qui croient pouvoir quitter le navire comme des rats, et s’imaginent que c’est tout bonnement envisageable parce qu’ils le veulent, dans leur toute-puissance qui ne peut, par les valeurs qui la génèrent ne produire qu’une forme de bêtise infinie.EG


FUTURE HUMAN

Survival of the Richest

La survie des plus riches

The wealthy are plotting to leave us behind

Les nantis complotent pour nous laisser en rade

Douglas Rushkoff

Jul 5

L’an passé, j’ai été invité dans un hôtel privé super-luxueux afin de faire un discours inaugural à quelques cents banquiers d’investissement. C’était de loin la rémunération la plus importante que j’aie empoché pour une intervention. Tout cela pour délivrer quelques pensées sur le «  futur de la technologie »

Je n’ai jamais aimé évoquer le futur. Les sessions Q&A s’achèvent toujours plus comme des jeux de salon alors qu’il m’est demandé d’opiner sur le dernier  mot tendance comme s’ils étaient des symboles palpitants pour les investissements potentiels : blockchain, Impression 3D, CRISPR.  L’audience  est rarement intéressée par ces technologies et leurs impacts potentiels  au-delà du choix binaire, investir ou ne pas investir Mais l’argent parle, aussi ai-je accepté le boulot.

Après mon arrivée, j’ai été dirigé vers ce que je croyais être la chambre verte. Mais au lieu d’être branché sur un micro ou installé sur une estrade, j’ai été simplement assis là, autour d’une simple table ronde pendant que mon audience m’était introduite : cinq types super-riches, oui que des hommes- issus du plus haut échelon du monde des Hedge-fund. Après un peu d’échange de banalités, j’ai réalisé qu’ils n’étaient pas intéressés dans ce que j’avais préparé sur le futur de la technologie. Ils étaient venus avec leurs propres questions.

Ils ont commencé d’une façon assez inoffensive . Ethereum ou Bitcoin ? Est-ce que l’informatique quantique existe réellement ? Lentement mais sûrement cependant, ils se sont orientés vers le véritable sujet de leur inquiétude.

Quelle région sera la moins impactée par la crise climatique : La Nouvelle Zélande ou l’Alaska ? Est-ce que Google construit vraiment une demeure pour le cerveau de Ray Kurzweil et est-ce que sa conscience vivra pendant la transition, ou mourira-t-telle pour renaître entièrement neuve ? Finalement le CEO d’une maison de courtage a expliqué qu’il avait presque terminé la construction dans son sous-sol d’un bunker et m’a demandé : «  Comment puis-je maintenir mon autorité sur mes forces de sécurité après l’évènement ? »

Malgré toute leur richesse et leur pouvoir, ils ne croient pas qu’ils peuvent affecter l’avenir.

L’Evènement. C’est leur euphémisme pour la catastrophe environnementale, la révolte sociale, l’explosion nucléaire, le virus immaitrisable, ou le piratage de Mr.Robot qui fera tout effondrer.

Cette seule question nous a tenus pendant le reste de l’heure. Ils savaient que des gardiens armés seraient nécessaires pour protéger leur enceinte contre la foule en colère. Mais comment pourraient-ils payer ces gardes une fois que l’argent ne vaudrait plus rien ? Et comment pourraient-ils empêcher ces gardes de choisir leur propre chef ? Les milliardaires envisageaient de créer des codes d’accès aux réserves alimentaires qu’ils seraient les seuls à connaître ou de faire porter à leurs gardes des colliers disciplinaires en échange de leur survie. Ou bien d’utiliser des robots comme gardes et employés – si toutefois cette technologie était au point à temps.

C’est alors que ça m’a frappé : Du moins en ce qui concernait ces gentleman, c’était bien une discussion sur l’avenir de la technologie. Obéissants au signal donné par  Elon Musk qui veut coloniser Mars,  par Peter Thiel qui veut renverser le processus de l’âge, ou de Sam Altman et Ray Kurzweil téléchargeant leur cerveaux sur des superordinateurs, ils se préparaient pour un avenir digitalisé qui avait beaucoup moins à voir avec le fait d’améliorer le monde qu’avec le fait de transcender la condition humaine dans sa totalité et s’isoler d’une tout à fait réel et présent danger de changement climatique de montée des eaux, de migrations de masse, de pandémies globales, de panique nativiste et d’épuisement des ressources. Pour eux, l’avenir de la techoogie est vraiment qu’une seule chose : s’enfuir.

Il n’y a pas de mal croire que la technologie bénéficiera à la société humaine et la vanter d’une façon optimiste proche du délire. Mais les tendances actuelles pour une utopie post-moderne sont différents. Ce n’est pas tant une vision de l vente en gros de toute l’humanité vers un nouvel état de l’être qu’une quête de transcender tout ce qui est humain : le corps, l’interdépendance, la compassion, la vulnérabilité, et la complexité. Comme les philosophes de la technologie l’ont noté depuis des années, la vision transhumaniste réduit trop facilement toute réalité à des données, concluant que les humains ne sont rien d’autre que des machines à  traitements d’information »

C’est une réduction de l’évolution humaine à un jeu vidéo que quelqu’un gagne en trouvant la porte de sortie et en laissant quelques-uns de ses meilleurs amis l’accompagner dans le voyage. Est-ce que ce sera Musk, Bezos, Thiel…Zuckerberg? Ces milliardaires sont les gagnants présumés de l’économie digitale-le même paysage de survie- des-plus-aptes qui nourrit cette spéculation à l’origine.

Bien sûr ça n’a pas toujours été ainsi. Il y a eu de brèves périodes, au début des années 90 où le futur digital semblait sans limites et prêt pour nos inventions. La technologie devenait une cour de récréation pour la contre-culture, qui y voyait une opportunité de créer un avenir plus inclusif, mieux distribué et plus favorable à l’humain. Mais les intérêts du business établi n’y virent que de nouveaux potentiels pour les mêmes extractions et de nombreux technologistes furent séduits par la licorne de l’IPO. Le futur digital se vit considéré plus comme le futur des actions ou le futur du coton – quelque chose sur lequel prédire et parier. Presque tous les discours, les études, les articles, les documentaires ou les rapports officiels ne pouvaient être considérés comme pertinents qu’à la condition de pointer le compteur symbolique. L’avenir devint moins quelque chose que nous créons à travers nos choix présents et nos espoirs pour l’espèce humaine qu’un scénario prédestiné sur lequel parier avec notre capital hasardeux mais auquel on accède passivement.

Ceci libéra tout un chacun des implications morales de ses activités. Le développement technologique devint moins une affaire de développement collectif que de survie personnelle. Pire, comme je l’ai appris, éveiller l’attention sur ceci impliquait de se classer sans le vouloir comme ennemi du marché et un râleur anti-technologies.

Au lieu de considérer l’aspect éthique pratique de l’appauvrissement de la masse au bénéfice des nantis, la plupart des chercheurs, journalistes, et auteurs de science-fiction se plongèrent dans des débats plus croustillants et abstraits : Est-ce juste qu’un trader utilise des smart drugs ? Devraient-on poser sur les enfants implants pour l’’apprentissage de langues étrangères ? Veut-on que les véhicules autonomes priviliégient la vie des piétons plutôt que celle des passagers ? Est-ce que la première colonie sur Mars devrait être une démocratie ?un as democracies? Est-ce que la modification de mon ADN met en cause mon identité ? Est-ce que les robots ont des droits ?

Se poser ce genre de questions, bien que philosophiquement divertissant, est un maigre substitut pour lutter contre les véritables dilemmes moraux associés au mouvement sans frein du développement technologique au nom du capitalisme consumériste. * Les plateformes digitales ont déjà changé un marché déjà exploiteur et extractif ( pensez à Walmart) en un successeur encore plus déshumanisé ( pensez à Amazon). La plupart d’entre nous ont conscience de ces inconvénients qui prennent la fomre de l’économie à la tâche ( gig economy), des emplois automatisés et de l’abandon du commerce local.

L’avenir est devenu moins quelque chose que nous créons à travers des choix effectués au présent et des espoirs pour l’espèce humaine qu’un scénario prédestiné sur lequel nous parions avec notre capitalisme hasardeux mais vers lequel nous arrivons passivement.

Mais les impacts les plus dévastateurs de ce capitalisme pied au plancher tombent sur l’environnement et sur la pauvreté global.

La fabrication de certains de nos ordinateurs ou de nos portables utilise encore des réseaux de travail asservi. Ces pratiques sont si profondément ancrées qu’une compagnie nommée Fairphone, fondée sur le principe de fabriquer et de commercialiser des téléphones éthiques, a appris que c’était impossible. (Les fondateurs de cette compagnie se réfèrent maintenant à leur produit comme « des téléphones plus équitables »).

Pendant ce temps, l’extraction de métaux rares et les rejets de tous les objets de la technologie digitale détruisent les habitats humains, les remplaçant par des vastes décharges toxiques, que des enfants et leurs familles paysannes trient afin de revendre les matérieux utiles à des industriels.

Cette externalisation de la pauvreté et du poison «  loin de la vue, loin de l’esprit »ne s’évacue pas parce que nous nous couvrons les yeux avec des lunettes de natation VR ou parce que nous nous immergeons dans une réalité alternative. Au contraire, plus on ignore les répercussions  sociales, économiques et environnementales, plus elles deviennent un problème. Ce qui, en retour, motive encore plus le retrait, l’isolationnisme et les fantasmes apocalyptiques, des technologies toujours plus désespérément concoctées et des projets de business. Le cycle se nourrit lui-même.

Plus nous sommes engagés dans cette vision du monde, plus nous considérons l’humain comme étant le problème et la technologie comme sa solution. L’essence même de l’humanité est traitée moins comme une composante que comme un parasite. Peu importe leur biais inclus, les technologies sont déclarées «  neutres », tout mauvais comportement qu’elles induisent ne sont que les manifestations de notre fond corrompu. C’est comme si quelque sauvagerie innée était à blâmer pour nos troubles. Tout comme l’inefficacité d’un marché de taxi local peut être « résolue » grâce à une application qui entraine la faillite des chauffeurs humains, les inconsistances vexantes de la psyché humaine peuvent être corrigées avec une mise à jour digitale ou génétique.

Nos films et notre télévision mettent en scène ces fantasmes pour nous. Les spectacles de zombies dépeignent une post-apocalypse où les gens ne sont pas mieux que les morts-vivants et semblent le savoir. Pire, ces films invitent le spectateur à imaginer un futur sans gagnants entre les humains restants, où la survie d’un groupe dépend de la disparition de l’autre. Même Westworld – écrit d’après un roman de science-fiction où les robots perdent la tête- finit sa seconde saison avec une révélation ultime : Les êtres humains sont plus simples et plus prédictibles que les intelligences artificielles qu’ils ont créées. Les robots apprennent que chacun de nous peut être réduit à quelques lignes de code, et que nous sommes incapables de faire des choix délibérés. Zut, même les robots dans ce film veulent échapper au confinement de leur corps et passer le reste de leur vie dans des simulations informatiques.

L’essence même de ce que signifie être humain est traité moins comme une caractéristique que comme un défaut.

La gymnastique mentale nécessaire pour un tel renversement des rôles entre l’homme et la machine repose entièrement sur l’assomption sous-jacente que l’humain gonfle. Ou on le change ou on le quitte, pour toujours.

Et donc, nous nous trouvons avec les milliardaires tech. lançant des véhicules électriques dans l’espace, comme si cela symbolisait plus que leur capacité à l’auto-promotion. Et même si quelques individus atteignent la vélocité nécessaire à la fuite et trouvent les moyens de survivre dans une bulle sur Mars –en dépit de notre incapacité à maintenir une telle bulle même ici, sur terre dans aucune des deux biosphères ayant coûté des milliards de dollars – le résultat sera moins la continuation de la diaspora humaine qu’un radeau de survie pour une élite.

Quand les hedge funders m’ont demandé quelle était la meilleure façon de maintenir l’autorité sur leurs forces de sécurité après l’ « évènement », j’ai suggéré que leur premier atout serait de traiter ces gens très correctement, dès maintenant. Ils devraient avoir des relations avec leur service de sécurité comme s’il était membre de leur propre famille. Et plus ils pourront inclure cet ethos dans le reste de leurs pratiques commerciales, dans le management,  de l’approvisionnent des chaînes de fournisseurs, dans des efforts de long terme, dans la distribution de la richesse, le moins de chance il y aura, pour commencer, d’avoir à faire face à cet «  évènement ». Toute cette sorcellerie technologique pourrait s’appliquer à de moins romantiques mais à des intérêts plus entièrement collectifs dès maintenant.

Ils ont été amusés par mon optimisme, mais ils n’y ont pas vraiment crédité. Ils n’étaient pas intéressés par la fait d’éviter une calamité, ils sont convaincus que nous sommes allés trop loin. Malgré toute leur richesse et leur puvoir, ils ne croient pas qu’on puisse agir sur l’avenir. Ils acceptent simplement le plus noir des scénarios puis amènent le plus possible d’argent et de technologie afin de s’isoler eux-mêmes, tout spécialement en s’offrant un siège pour Mars.

Heureusement, ceux d’entre nous n’ayant pas les fonds nécessaires pour considérer ce désaveu de notre propre humanité ont de bien meilleures options disponibles. Nous n’avons pas à utiliser la technologie d’une façon si antisociale et atomisante. Nous pouvons devenir des consommateurs individuels et les profiles que les plateformes attendent de nous, ou nous pouvons nous souvenir que l’humain vraiment évolué n’y va jamais seul.

Être humain n’est pas autour de la survie individuelle ou de la fuite. C’est un travail d’équipe. Quoi que sera notre futur, il se fera ensemble.

Douglas Rushkoff iest l’auteur de l’ouvrage à venir  Team Human (W.W. Norton, January 2019) et invité de l’émission  TeamHuman.fm.

WRITTEN BY douglas rushkoff

Traduction Elisabeth Guerrier

Host: http://TeamHuman.fm Author: Team Human, Throwing Rocks at the Google Bus, Program or Be Programmed, Present Shock, Program or Be Programmed

 

PLUS TARD L’AVENIR N°1 : L’épidémie de Bien-être Amy Larocca

Première partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons ” PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

Traduction d’un article de la revue ” The Cut ” sur la fréquentation des lieux de ” Bien-être” new-yorkais. L’observation quotidienne dans le discours et dans les pratiques outre-atlantique de l’importance quantitative de ce “mouvement” à la fois remède et cause, signe et racine, son impact comme mode, amenant à se questionner sur la capacité de notre culture à pouvoir créer autre chose que des courants et à ne plus pouvoir les enraciner dans ce que Stielgler suivant Simondon appelle “les circuits longs”, nécessite une réflexion approfondie dans la mesure où il prend la place d’une réflexion sur ce qui le génère. Comme une sorte de passage à l’acte planétaire, de réponse univoque à ce qu’il devrait avant tout nommer. L’adhésion massive aux pratiques de méditation s’imposant comme des évidences au monde occidental mérite qu’on lui consacre du temps et des tentatives de décomposition des divers paramètres, individuels, culturels, qui le meuvent. Ouvrant aussi avec une sorte de vertige la question de ce qu’est devenu le politique dans une société qui passerait son temps à se soigner sans plus chercher à savoir de quoi. EG

The Wellness Epidemic 

Why are so many privileged people feeling so sick? Luckily, there’s no shortage of cures.

L’épidémie de bien-être

Pourquoi les privilégiés sont- ils si malades ?

Heureusement, nous ne sommes pas en manque de cures.

By Amy Larocca

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Photographs by Bobby Doherty
JUNE 27, 20178:00 AM

Quand Gwyneth Paltrow a lancé pour la première fois Goop en 2008, c’était un excellent endroit où trouver les meilleurs tapas de Barcelone. C’était du voyeurisme tourné vers les modes de vie des célébrités et Paltrow, avec ses longs cheveux blonds et son aura de complète auto-satisfaction, était irrésistible. Il y a une expression « vivre sa vie la meilleure » et puis il y a Paltrow : le manifeste de la vie la meilleure.

Mais le centre d’intérêt de Goop commença à changer, Paltrow se mit à décrire en détail les régimes d’exercice pratiqués avec son entraineur Tracy Anderson, qui croyait que chacun devrait s’exercer physiquement deux heures par jour, six jours par semaine. Puis elle commença à donner des informations sur une désintoxication qu’elle pratique chaque mois de janvier.

La mission se mit à moins porter sur la révélation des mystères de la vie meilleure et plus sur la notion qu’une vie meilleure authentique est d’abord intérieure. Les gens riches et beaux  ne vont pas seulement dans les plus jolis endroits, leurs organes marchent mieux. Ils savent même comment respirer mieux, avec plus d’oxygène à chaque inspiration. Ils ne craignent pas de pratiquer les transplantations de selles, avec des selles de premier ordre, absolument garanties vegans. Goop quitta les hôtels et les restaurants pour les chakras et les thyroïdes, impliquant que ce qui se tient entre vous et votre Gwyneth intérieure est un mystérieux virus que votre médecin corrompu et ayant beaucoup trop duré est trop borné pour circonscrire.

Goop commença à publier des interviews avec des médecins, des guérisseurs et des shamans. Une de ces productions les plus visionnées est une  interview avec Oscar Serrallach, un médecin australien, à propos de la «  l’épuisement postnatal » qui suggère que les femmes vivent dans un état d’épuisement pendant plus de dix ans après la naissance d’un enfant. Parmi les facteurs responsables : stress envahissant, nourriture pauvre en nutriments, et pollution électromagnétique. Quand Goop a traditionnellement réussi à vendre les produits liés à ses propositions ( les spiraliseurs ont explosés après la recette  de Paltrow des  “zucchini cacio e pepe”, que pourrait on bien vendre à une femme qui vient de recevoir la confirmation médicale que les sentiments négatifs frémissants dans son ventre ne sont pas juste créés par son esprit ? Pourquoi pas des vitamines ? Le bien-être de Goop offre maintenant quatre «  protocoles » vitaminiques  (Protocole et pratique sont des mots que vous rencontrerez abondamment dans ce monde)  en fonction de quatre plaintes communes :  La charge des mamans / The Mother Load répond à l’épuisement post-natal, Les gènes du lycée; High School Genes est réservé aux femmes qui trouvent plus difficile de perdre du poids en prenant de l’âge ( c’est-à-dire pour toutes les femmes) Pourquoi suis-je si putain de fatigué ? Why Am I So Effing Tired? Est pour la fatigue pernicieuse ressentie par les femmes à tout faire, et Balles dans l’air, Balls in the Air également, mais pus orienté vers les stressée chroniques

«  Ca a été incroyable, dit Ashley Lewis, Responsable du secteur bien-être à Goop, «  nous avons vendu plus de 100 000 dollars de vitamines le premier jour et ça n’a pas cessé depuis. »

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Pourquoi le bien-être est-il la nouvelle façon d’avoir l’air, d’agir et de se sentir riche

Tout ce que vous devez savoir à propos des soins cutanés et du maquillage «  naturel »

Le bien-être est une idée très large, ce qui n’est pas rien dans sa capacité d’attraction marketing. A un niveau basique, il s’agit de faire un effort conscient pour atteindre la santé à la fois mentalement et physiquement, de lutter pour l’unité et l’équilibre.  Et ce n’est pas non plus une idée nouvelle, l’homéopathie, qui utilise des subtances naturelles afin de promouvoir les capcités du corps à l’auto-guérison a été populaisée en Allemagne à la fin du 18iéme siècle et 50 ans plus tard, l’YMCA orienta sa mission vers le soin du corps, de l’esprit et de l’âme. Dan Rather réalisa une émission de 60 minutes sur le bien-être en 1979 mais c’était approché plus comme un phénomène marginal. «  Le bien-être, disant-il, ce n’est pas un mot que vous entendez chaque jour. »

Régimes,  exercise, et des versions variées de soins auto-administrés ont été pratiqués depuis toujours. Des antécédents leur ont été trouvé dans des SPA autrichiens qui étaient encore célèbres pour leurs lavements et dans les années 1970, l’hervbe de blé était presque aussi célèbre que la cocaïne. Les graines étaient présentes dans le programme de Jane Fonda et dans le régime Scarsdale, dans le mouvement EST  et la folie du yoga qui nous amena Lululemon. En 1978, ve been around forever: Antecedents are found at an Austrian spa still famous for its enemas and in 1970s L.A., where wheatgrass was just as popular as cocaine. The seeds were in the Jane Fonda workout and the Scarsdale diet, in the EST movement and the yoga craze that brought us Lululemon. In 1978, ce magazine fit sa couverture sur « L’élite physique »  la nouvelle classe d’individus qui avaient arrêté de fumer, et se consacraient à l’exercice. Certains étaient connus pour leurs demandes étranges concernant la nourriture, comme l’exigence d’un oignon entier dans leur omelette.

Quatre décennies plus tard, le bien-être n’est plus seulement un mot que vous entendez chaque jour, c’est une industrie globale qui vaut des milliards- une qui inclut le tourisme du bien-être, la médecine alternative, et les traitements anti-âge. La compétition pour une part du gâteau est intense : à Manhattan, deux studios de méditation fusionnent pour devenir le SoulCycle of meditation, et Saks de la Cinquième avenue a converti temporairement son deuxième étage dans une «  Boutique Bien-être » où vous pouvez faire une expérience d’aromes et de thérapie lumineuse dans une cabine de verre emplie de sels, où être branché sur une application de méditation pendant votre manucure. Toutes les corporations géantes ont un programme de bien-être : Yoga chez Goldman Sachs, des journaux de sommeil communs chez JPMorgan Chase. Un nouveau magazine a débuté cet été dans Long Island, ,Hamptons Purist. (“Regardez autour de vous, dit son éditrice, Cristina Greeven, à qui l’idée est venue sur une planche de surf au Costa Rica : C’était des boucheries, des boulangeries, ou des magasins de bricolage. Maintenant, ce sont SoulCycle, Juice Press ou un lieu de méditation).  Il va lui falloir entrer en compétition avec Goop magazine, être édité Paltrow et publié par Condé Nast, qui a annoncé ce printemps le lancement de Condé Nast Pharma, une revue qui ne promeut que des marques de produits pharmaceutiques garantis sains. Le géant de la publicité  Saatchi & Saatchi  a également sa propre revue bien-être, capitalisant sur «  les besoins de bien-être non satisfaits sur la marché »

Le bien-être est utilisé pour vendre des chambre d’hôtel (Soyez au mieux chez Westin Hotels & Resorts, un lieu où ensemble nous pouvons nous épanouir ) et des copropriétés ( LeonardoDi Caprio vient de vendre sa copropriété Bien-être mais Deepak Chopra a encore la sienne au même endroit.) et ça a été un mouvement politique également. «  Radical self care ( Soin de soi Radical) cherche à gurérir les blessures récentes ( Trump) et systémiques ( trauma dûs au genre ou à la couleur), utilisant les mots du poète Audre Lorde, comme cri de ralliement : «  Prendre soin de moi n’est pas de l’auto-gratification. C’est de l’anti-préservation et c’est une arme de guerre politique »

Il peut être facile d’être cynique à propos du bien-être, à propos de  l’œuf de jade de $66  que Gwyneth Paltrow suggère d’insérer dans votre «  yoni ». Il ya quelque chose de grotesque dans l’émergeance de cette industrie à un moment où les soins de santé les plus basiques sont refusés à tant d’Américains et risque d’être supprimés pour des millions d’autres. Mais ce qui est peut-être le plus frappant est à propos de cette ascension du bien-être est le fait que, dans notre monde de plus en plus bifurqué, même ceux qui ont accès à des soins traditionnels plutôt bons, et quelquefois excellents si l’excellence est fonction du prix)  gardent la sensation, malgré tout, d’un incroyable mal-être.

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...Photo: Bobby Doherty/New York Magazine

J’étais dans l’ascenseur de l’appartement de l’immeuble de Park Avenue prête à aller fêter la sortie d’un blog que j’ai créé  quand j’ai croisé Kerrilynn Pamer, qui est comme je le savais la propriétaire Castor & Pollux, un magazin de vêtement dans le West Village. Grande et belle, elle portait une longue robe blanche et arborait un sourire doux et heureux. Elle avait fermé Castor & Pollux, m’expliqua-t-elle pour rouvrir il y a deux ans à sa place un magazin de  beauté naturelle  appelé CAP Beauty. “Avec la mode, il ya avait toujours une sensation de manque «  m’a-t-elle dit. «  C’était toujours, ça ne me va pas, ou je n’ai pas le sac assorti, ou je ne peux pas porter ça dans la vie quotidienne «  Cela menant toujours à l’impression que les gens étaient laissés de côté. » Pamer est intéressée dans le bien-être depuis longtemps. «  Je ne m’en apercevais pas vraiment mais je me sentais mal tout le temps. Je suis allée chez le médecin pur une visite annuelle et j’ai juste dit que j’étais fatiguée. Je ne vieillissais pas comme je le souhaitais. Je ne me sentais pas dans mon corps comme je le souhaitais. »Le médecin m’a rappellée après le rendez-vous et m’a dit : «  Je ne sais pas comment vous pouvez fonctionner maintenant, vous ne retenez rien ; » J’ai juste pensé ; «  C’est la norme, je vis à New York, je vieillis, j’ai une entreprise » Mais il a dit «  Non, vous avez une maladie coeliaque. » J’ai abandonné le gluten et boum » Pamer a commencé à analyser tout ce qu’elle mangeait puis tout ce qu’elle se mettait sur la peau. «  Tout vient grâce à un diagnostic ». Sa partenaire et elle-même Cindy Di Prima font partie d’un «  groupe orienté vers la recherche prioritaire de solutions.  Je veux me sentir bien et puis je veux que tout le monde se sente bien. » Pamer m’a invitée à venir dans son magasin, «  Nous avons installé quartz rose sous le plancher et les vibrations sont excellentes. »

J’y suis allée une semaine plus tard. Il pleuvait. La boutique était accueillante, des équipements en cuivre et des en-cas de la ligne Jus de lune de  Amanda Chantal Bacon. Les vibrations semblaient parfaites. J’ai été conduitedans la pièce arrière où j’ai eu un traitement facila par une femme particulièrement amicale et chaleureuse nommée Crystal. Beaucoup des produits qu’elle utilisait avaient un parfum de terre parfois assez nauséabond – comme celui de fruits très très mûrs au bord de la péremption— mais à part ça c’était un soin facila assez standard. Crystal ne m’a fait aucune remontrance, ni aucune critique sur l’étt de ma peau, ce qui était plutôt plaisant car çela fait aussi partie des soins du visage standards. Une semaine plus tard, j’ai reçu un email me recommandant un nouveau «  protocole »  pour ma peau. Celui-ci impliqait neuf produits et si je les achetais tous (il y avait le lien pour chacun) cela me coûterait près de 1000$. J’ai paniqué pendant un moment : «  Mais j’ai besoin de ça, je suis clairement en train de m’empoisonner avec le crème hydratante de la pharmacie que le dermatologue m’a recommandée ! J’ai commencé à cliquer sur les liens. Peut-être me contenter d’en acheter quelque-uns ? Peut-être ce bruisateur probiotic à 40$ pour équilibrer mon microbiome facial. Mes enfants ne méritent-ils pas une mère non toxique, est-ce que je ne mérite pas un moi non toxique ? Mas je ne suis pas allée bien loin, la plupart n’était plus en stock.

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A Los Angeles, ces deux frères sexy on entamé une révolution du bien-être.  J’ai fait une des meilleures siestes de ma vie dans un lit en cristal à 9000 dollars.

Dés qu’on passe un peu de temps dans le domaine du bien-être, il semble que tout le monde a été officiellement diagnostiqué. «  Je cros que pour les femmes en général, il existe une attente de se sentir évidemment très mal. Evidemment !   dit Elise Loehnen, la responsable de publications chez Goop. «  Dans leur grande majorité, les gens trouvent qu’ils connaissent tous des personnes autour d’eux qui sont malades, le fils de leur meilleure amie est autiste, ou a des problèmes de digestion. Les gens s’auto-définissent de plus en plus comme malades  de plus en plus. Ils sont inquiets à propos de leur nourriture, à propos de l’usage rampant du glyphosate. La nourriture poussait avant dans plusieurs mètres de sol argileux. Je pense que nus sommes apauvris. Je pense qu’il y a une carence en vitamine D parce que nous ne sortons pas assez et quand nous sortons, nous mettons des protections solaires. Nous avons perdu tout contact avec la tere en général et je pense simplement que ce n’est pas de cette façon que nous sommes supposés vivre. »

Moi aussi je connais des femmes qui ont une maladie céliaque, ou une sorte de maladie céliaque, et un million de maladies du système immunitaire, avec des noms compliqués qui affectent leur peau et leur intestin. Il n’est pas difficile de se demander parfois ce qui se passe, si nous sommes d’une façon ou d’une autre tous empoisonnés, si nos corps et nos esprits se révoltent contre cette vie si programmée, si digitalisée, ou si certaines de ces maladies identifiées et soignées  auraient tranquilmement, pour le meilleur ou pour le pire été supportées par les générations antérieures.

Est-ce que les évaluations des cas de maladies céliaques élaborées par l’Universtié de Chicago sont dépassées (un pour cent de la population américaine) ou sont-elles sur-diagnostiquées ? Le niveau d’anxiété a explosé dans le pays et bien que la maladie puisse être bien sûr une source et une cause de stress, le corps est également une zone où, même futilement, nous avons encore une chance de ré-exercer un contrôle.

Sur internet, il y a une communauté connue sous le nom de «  Les cuillères » (the spoonies) qui peut être considérée comme le cœur du monde du bien-être. Spoonies vient de la « Théorie des cuillères », une idée proposée par une femme nommée  Christine Miserandino qui a été diagnostique avec une chaîne de maladie dont la fatigue chronique avant qu’on lui trouve un lupus. Endant des années, elle a été embarassée et a souffert en silence, ayant sans arrêt à expliquer son comportement ( son blog est butyoudontlooksick.com). Sa théorie est simple : quand vous êtes en bonne santé, vous avez un stock sans cesse renouvelable d’énergie. Quand vous vivez avec une maladie ou une douleur chronique, votre capacité énergétique est limitée et vous devez sans cesse être capable de la mesurer, à travers les cuillères, en négociant la façon d’en faire usage. Prendre une douche coûte une cuillère, mais, ensuite parfois, c’est aussi ce que coûte le fait de sortir du lit. Si vos choisissez de cuisiner un dîner pour ce soir, cela peut vous coûter tant de cuillères que vous ne serez pas en mesure de vous occuper de la vaisselle.  Etc. Miserando a été suivie et il y a maintenant en ligne un groupe robuste de «  spoonies »  qui s’identifient comme tels et  qui s’assemblent afin de partager les traitements et les théories, de discuter de leur lutte avec la souffrance chronique physique ou mentale. «  Nous devons sans cesse être vigilants aux cuillères »  dit Carolyn Kylstra, l’éditrice en chef de Self, «  Ils sont vraiment au cœur de tout cela »

Nous avons mis du quartz rose sous le plancher et les vibrations sont excellentes.

Il y a une quantité astronomique de médecins frustrés par le mouvement bien-être, à cause de ce qu’ils considèrent comme la soi-disant science, louchen superficielle, derrière lui et eux aussi se font entendre. Voilà par exemple Timothy Caulfield, un expert en santé et en droit à l’Université d’Alberta, il est l’auteur de :  Is Gwyneth Paltrow Wrong About Everything?, ( Gwyneth Paltrow a-t-elle tout faux ?) qui concerne le sujet de la désintoxication du corps. «  C’est complètement ridicle dans une perspective scientifique, dit-il, cette idée qu’on puisse «  désintoxoiquer » son corps – nous avons des organes qui le font. Il n’existe aucune preuve que nous ayons ces méchantes toxines dans nos cellules qui nous font prendre du poids, qui nous fatiguent. Mais cela s’adresse à notre imaginaire d’une façon très puissante.  Jennifer Gunter,une gynécologue-obstétricienne et médecin de la douleur à Toronto a écrit un blog très franc et souvent drôle qui s’en prend souvent à Paltrow et Goop. Un des posts dit : «  Vos conneries Goop m’inquiétent parce qu’il affecte mes patients. Ils lisent vos théories bidons et puis ils arrêtent de manger des tomates ( note de bas de page, si les tomates sont si toxiques,pourquoi les Italiens ont-ils une espérance de vie plus longue que la nôtre ?), ou n’ont pas mangé une tartine de pain depuis trois ans, dépensent leur argent dans des tampons organiques dont ils n’ont pas besoin, demandent pour des évaluations de leur fatigue surrénale ( dont le paiement s’effectue souvent par la couverture santé ou au noir), ou ils sont obsédés par la crainte d’avoir une candidose systémique ( qu’ils n’ont pas). Mon fils a une maladie de la thyroïde et je crains que dans quelques années il puisse lire cette sorte de foutaise à propos des théories  sur la thyroïde que vous promouvez et se demande si il devrait arrêter son traitement et tenter de soigner un EBV ( Epstein-Barr. Mononucléose) chronique qu’il n’a pas. Je m’inquiète aussi que la science ait à dépenser tant et tant de ressources à démontrer l’inutilité de l’huile de serpent au lieude tester de véritables hypothèses. Je m’inquiète que vous inquiétiez les gens et que vous baissiez le QI médical mondial. »

Les critiques ne décontenancent pas Goop. «  Notre travail consiste à être sceptiques à propos du status quo, d’offrir des alternatives avec l’esprit ouvert. «  Goop insiste dans un commentaire : «  Notre contenu n’a pas comme but de générer de la peur, nous voulons donner aux gens les outils afin d’acquérir un peu d’autonomie à l’égard de leur santé. »

Et puis il y a les généralistes au milieu, «  la médecine fonctionnelle » de docteurs comme Frank Lipman. Ils sont des médecins diplomés qui peuvent prescrire des antibiotoques mais peuvent tout aussi bien prescrire des massages, une promenade en forêt, ou un ermaniement de votre régime alimentaire ou des vos exercices. Lipman exerce en cabinet privé depuis 30 ans, mais c’est lors de son stage à l’hôpital du Bronx qu’il a noté un taux de succès plus important parmi les toxicomans avec qui il utilisait l’acupuncture et qu’il a décidé de trouver un moyen de mêler les pratiques médicales occidentales avec les pratiques alternatives. Lipman nous dit qu’il croit que la capacit à pardonner peut avoir des bénéfices éormes sur la santé mais lorsque je lui dis que mon rhume des foins me rend fou, il dit, en haussant les épaules : « Ma femme utilise toujours Claritin. »

Parmi la Nouvelle garde on trouve le Dr Robin Berzin, qui a un doctorat à la Columbia Medical School, a été formé au  Mount Sinai,  et est aussi certifié comme formateur en Yoga et en méditation. Elle dirige Parsley Health, une boutique de pratique médicale. Pour 150 dollars le mois, les membres ont droit à cinq visites médicales par an, plus 24 sessions avec un guide santé dont le tavail est de vérifier que les conseils du médecin sont bien suivis (vous pouvez faire effectuer ces rencontres par vidéos si vous le souhaitez). «  Regarde, dit-elle un jour dans sa boutique, qui occupe une grande partie d’un Wework près de Union square,  (La nouvelle médecine est, au moins esthétiquement beaucoup moins orientaliste avec beaucoup moins de Ganesh ou de mandalas). Les gens ne se sentent pas bien, et ils cherchent des solutions, on leur donne un tas de mauvais conseils. Ils réduisent les jus qui sont aussi mauvais que le soda » La mission de Berzin est de réduire les médicaments, de toucher à la racine des plaintes habituelles qu’elle considère comme tout à fait guérissable,  des plaintes de syndrôme pré-menstruel, du colon irritable, insomies, eczéma. « Au service de la technologie, nous sommes chroniquement stressés, épuisés et sous médicaments : des anxiolitiques «Branchés et fatigués » c’est la façon dont beaucoup de patients me décrivent cette sensation » me dit-elle. Beaucoup de ses patients sont jeunes, «  les «  millenials » sont plus intéressés par la qualité de vie. Ils attendent de se sentir mieux. »

Après cette rencontre avec Berzin, j’ai passé le contrôle Parsley. J’ai rempli pendant la nuit un document pendant 30 minutes, décrivant les otites que j’avais étant enfant, le fait que je suis né naturellement mais nourri au biberon. Parsley a prescrit un examen du sang approfondi, je suis donc resté à jeun un matin puis me suis rendu au laboratoire. Une technicienne très gentille avec une longue queue de cheval  a regardé le document : Parsley Health ! a-t-elle dit, ils regardent tout. Ce n’est pas le cas de tout le monde … » elle a haussé les épaules, remplaçant chacun des tubes, 14 en tout. Les résultats de mes examens étaient sur le portail de Parsley’s une semaine plus tard : taux de cholestérol trop haut, ce que je sais depuis toujours, et un nom sur les allergies à la poussière et le rhume des foins  que j’ai aussi depuis toujours. Berzin a recommandé l’arrêt des céréales et du gluten mais mes résultats sanguins n’indiquaient aucune allergie à l’un ou à l’autre. Elle dit que je suis comme 5% de ses patients, ce qu’elle pourrait qualifier d’ « optimisatrice » en ce que je ne souffre d’aucune maladie chronique ou de douleur qu’elle rencontre et qui souffre du syndrôme polycystique-ovarien. Néanmoins, elle a quelques conseils à me donner, elle me propose de changer les horaires de mon activité physique et d’apprendre à méditer. Les membres de Parsley ont un accès gratuit à Headspace. Elle me recommande aussi un régime vitaminé : un complexe de vitamine B le matin, du magnésium afin de retrouver le sommeil profond, bien noir que j’avais dans la vingtaine. Elle me recommande aussi des orties pour la saison des allergies mais reconnait aussi qu’ils ne suppriment pas le symptôme à chaque fois. «  On ne va pas régler une infection avec un reiki ».

Une des choses difficile à accpeter dans le monde du bien-être est le fait que la paranoïa rampante est binevenue. – Que mangez-vous ? Que mettez vous sur votre peau ? – et pourtant il y a une foi jamais démantie dans toutes les cures. Une tartine de pain peut être considérée comme toxique mais la volonté de plonger dans le monde largement incontrôlé des vitamines et des compléments alimentaires est acquise. Mon joli, minutieux et intelligent médecin généraliste me dit chaque année lors du bilan annuel : s’il vous plaît ne me dits pas que vous prenez des compléments. Au mieux ça ne peut pas faire de mal, vous vous offrez simplement un pipi hors de prix.

Beaucoup de mouvement de bien-être répondent à des aspects de notre vie qui étaient auparavant considérés comme essentiels  et fondamentaux comme de respirer ou de dormir. Ce printemps, Arianna Huffington  a fêté le dixième anniversaire de ce qu’elle nomme «  sa bénédiction ». en avril 2007, Huffington s’est évanouie et s’est fracturé l’os de la pommette. Après un voyage à travers de nombreuses disciplines médicales traditionnelles, son diagnostic a été un simple «  burn-out », pas de cancer, pas d’attaque, pas de diabète insidieux. Elle était juste très très fatiguée. «  J’étais en train de brûler la chandelle par les deux bouts », dit-elle maintenant, et ce que je trouve intérssant est que si vous m’aviez demandé ce matin-là, comment allez-vous Ariana, j’aurais répondu, bien, parce que c’était la norme marchant sur le vide. Pensez comme nous sommes au courant du niveau de la charge de nos téléphones et si peu au courant de ce qui nous arrive à nous-mêmes. » Huffington a écrit un livre sur l’importance du sommeil, offrant une prescription (dont le rythme sera familier à quiconque a récemment régularisé le sommeil d’un bébé, un temps complètement ritualisé menant au calme et comprenant des bains chauds, des lumières douces, et une ombre complète). Plus tard, elle a quitté le Huffington Post et a  commencé le  Thrive Global, une organisation dédiée au bien-être. Thrive ( S’épanouir) plbile un blog, organise des programmes de bien-être pour des compagnies comme Uber, et vend des produits sur son site, comme le téléphone de chevet en bois,  qui est vendu avec de minuscules draps en satin pour que votre Iphone puisse dormir dessus. «  Vous savez, il y a quelque chose de si satisfaisant… » explique Huffington, dans son bureau surpeuplé de Soho, en collant son téléphone sous les draps de satin, «  Nous allons lancer un modèle qui ressemble à une petite voiture de course ». Elle sourit et tripote l’oreiller de son Iphone. Après tout vous devez aprrendre à vos enfants à mettre leur téléphone au lit aussi. »

Un des clients de Thrive est JPMorgan Chase, qui travaille avec la compagnie sur un challenge bien-être de 28 jours pour ses plus de 300.000 employés. Le bien-$etre promet Thrive, accompli des miracles pour le nec plus ultra des corporations. «  Ce ne’est pas pour ceux qui veulent aller se relaxer sous le manguier, dit Huffington, ceux-là vont bien, ils n’ont as besoin de nous, c’et pour des gens qui veulent accomplir des choses, des gens qui veulent réaliser. »

Elles s’agitent et mugissent, sauf que ce ne sont pas des Guerriers Maori mais des femmes blanches et sous-vêtements de sport.

Et si nous avons besoin de réapprendre à dormir, le bien-être cherche aussi à transformer notre façon de faire de l’exercice. Les classes de SoulCycle  auquelles je participe ne sont presque pas différentes des classes auquelles j’assistais il y a quinze ans. Il y a les mêmes sauts, les mêmes exercices de montées, les courses et parfois les mêmes titres de Madonna. Mais le professeur à Crunch avait l’habitude de crier des choses sur la saison des maillots de bain et les ailes de chauve-souris : nous savions tous ce que nous venions faire ici. A Soulcycle, l’éthos est impossible à identifier. Les lumières sont éteintes, des bougies sont allumées, et le mur est couvert de mots comme «  Rock star «  «  Guerrier ». Récemment j’ai remarqué que beaucoup de femmes portaient un sweat-shirt avec «  Spiritual Gangster » inscrit dessus. «  Qui, ici présent, à déjà pleuré à SoulCycle ? » a demandé l’instructeur un matin,  et plus de la moitié des personnes présentes a levé la main.  «  Fermer les yeux et pensez à ceux que vous aimez, à ce pourquoi vous faites ça. Où est votre compassion, où est votre gentillesse, vers où vous dirigez vous ? »

La Classe de Taryn Toomey, qui se tient au studio  millennial-pink  à Tribeca, est la classe bien-être à battre. Toomey a commencé sa carrière comme détaillante Ralph Lauren et a très tôt décollé. «  Mais je me sentais juste… pourquoi suis-je malheureuse, tout autour de moi semble parfait, «  explique-t-ellle, elle a commncé à enseigner à des amis un mix de yoga, de danse det de cri cathartic dans un sous-sol de son condo de Tribeca. Beaucoup de célébrités ont commencé à venir— Naomi Watts, Christy Turlington — ce qui est un point très positif dans le monde de la fitness et l’année dernière Toomey a pu ouvrir son studio. «  Je pense que nous devons tous affronter les effets du monde extérieur » dit-elle une après-midi avant sa classe, «  C’est tous ces médis sociaux, c’est tout «  a qui est-ce que je me compare », c’est toute l’illusion que le gens se créent sur la perfection des choses, ou ne sont pas. On l’utilise comme plate forme pour la honte et la haine. Je pense que le bien-être est un mouvement, et toutes ces pratiques diffrentes tournent toutes autour de l’élargissement de la conscience et de la clairvoyance, et c’est devenu nécessaire. Je pense que nous sommes vraiment effrayés et troubés et que nous recherchons l’appui de communautés. » Contre un mur se trouvent des produits à vendre, plus de poussières et d’en-cas Moon Juice, des huiles essentielles que Toomey frotte sur ma paume, elle ferme les yeux et inhale profondément. «  Maintenant, dit-elle, vous sentez comme l’amour »

Quand Toomey entre dans la salle, elle commence par crier : «  Quittez le putain de miroir, quittez la mère et le putain de miroir et revenez dans votre corps réel ! » Ses élèves se tapent les poings sur les cuisses et gémissent. Elles se trémoussent et se secouent et mugissent – des guerriers Maori sous une tente de renaissance baptiste dans le Sud,  mis à part le fait que ce ne sont que des femmes,, blanches, et qu’elles portent toutes des soutien-gorge de gym. Tout le monde transpire beaucoup, la pièce n’est pas ventilée, à faire des jumping jacks, des burees ou des abdos, avec un chien renversé à l’occasion.

Ce qui est remarquable c’est Toomey elle-même, qui parle de sa voix grave et enrouée avec son casque du début à la fin, un monologue changeant sur l’aide-à soi, des encouragements et des conseils : «  Dites au revoir à vos histoires, dit-elle, n’accusez pas ne condamnez pas. Communauté. Unité. Vous vous vous. »  chante-t-elle. Pas une seule fois mentionne-t-telle des parties du corps et je me trouve presque gênée  de penser, en faisant des jetés que je pratiquais il y a des lustres lors des classes Tao BO, ah celui-là est bon pur les fesses. Quand tout est terminé, Toomey commence à calemer son monologue. Plus de cris, plus de «  putain ». Le miroir est trop embué de toute façon pour qu’on voit quoi que ce soit. Toomey propose à la classe de s’étreindre la poitrine (sur la sienne se trouve un collier de cristal qu’elle a créé, dont une variété est en vente à l’accueil, de 400 à 10.800 dollars, «  Ca aide à s’enraciner » explique-t-elle. «  Oh, dit-elle doucement, ma douce, tu es là. C’est moi. Je suis désolée »

La méditation,  cette pratique vieille de plusieurs siècles, est à ce mouvement ce que le jogging était en 1978 pour « l’élite physique ». Le protocole de base et une opportuité d’évolution personnelle. En ce moment il y a deux compétiteurs majeurs dasn l’arène des «  studio de méditation »  à New York, L’un, Inscape, est l’enfant spirituel de Kajak Keledjian, qui a fait fortune avec Intermix, qui a récupéré des tenues créées par des designers haut de gamme qui pouvaient marcher sur le Jitney ou au Marquee. Il a vendu la maison à Gap et comme cela se produit souvent, avec les gens qui réussissent, a été inondé de questions sur la façon de réussir. Sa réponse a ét : par la médittion. Il a appris d’un ami qui conduit un hedge fund sur les bénéfices de regarder à l’intérieur. «S’occuper de soi est une nouvelle dimension du luxe » me dit Keledjaian. « Au lieu d’être des êtres humains, nous sommes devenus des humains faisants, j’ai assez travaillé sur l’apparence des gens. Et maintenant j’aide l’intérieur des gens, je travaille aussi dur, simplement plus consciemment. »

Ellie Burrows du rival d’Inscape Mndfl  était une jeune réalisatrice déprimée par le fait qu’elle n’aimait pas travailler de la façon dont ses collègues travaillaient. Elle s’offrit une odyssée du genre mange-prie-aime et quand elle revint à New York, elle commença à faire du bénévolat à l’ Institute for Compassionate Leadership,  ( institut pour une direction compassionnée) qui était dirigé par un Boudhiste Shambhala Lodro Rinzler dans le Upper East ( Ce n’est probablement pas la seule raison, j’était enfermée dans un placard étant enfant, mais c’était le même endroit) qui avait également écrit de nombreux livres dont «  Le Bouddha entre dans le bar, » The Buddha Walks Into the bar.

Ils eurent cette idée et grâce à la famille et aux amis, ils réussirent à lever les fonds nécessaires pour ouvrr trois studio à New York. «  Nous n’avons pas tourné autout des graines, nous avons tourné autour de l’amour » m’a dit Burrows une après-midi. Elle est enveloppée de foulards avec un tas de joailleries délicates en or dans le hall du studio Mndfl de la 8ième rue. Pas de téléphone, dit une affiche, mais nous comprenons que vous deviez faire un ista du mur à plantes.

«  Nous avons constaté que ça affecte nos vies directement, nous voulons être au service des autres, et cela a été très inspirant pour les gens qui ont décidé d’investir : ils l’ont fait dans un esprit de service. »

Dans la pièce calme éclairée par un vélux de Mdfl, une classe de méditation de 30 minutes est animée par Kevin Townley, un acteur aux cheveux blonds avec des lunettes en écaille et un visage anormalement doux. «  Vous êtes sur un pont, incante-t-il, et vos pensée flottent. Vous les laissez aller, vous les observez. » Un homme respire bruyamment par le nez, mis à part cela la pièce est silencieuse, à prt les occasionnels réajustements, reniflements, raclements de gorge. A la fin de la classe, Townley  donne la parole aux participants.

«  Je n’ai pas pu venir récemment, dit un homme au premier rang. Il est vêtu de pantalons kaki et d’une chemise vichy.  Son apparence est résolument grand public. «  Je me demande quoi faire de ce que j’ai appris lorsque je ne viens pas ici, parce que ce que j’ai réalisé, quand j’ai médité et bien… tout n’est pas bon » Townley opine avec empathie. Il sait. Il n’y a aucune garantie que tout cela s’incline vers la beauté et la paix. Il ya la possibilité de découvrir de la souffrance. La souffrance après tout est encore la vie. Comme l’insatisfaction, les nuits d’insomnie, et les douleurs articulaires. Tout comme l’est le fait de vieillir. Nous trouvons des façon de guérir, seulement pour en chercher de nouvelles.

« Je ne sais pas où mettre ma colère » dit-il. «  Et puis je ne peux pas en venir à bout ici, c’est juste là. Et je suis coincé. »

Accessoires par Dorothee Baussan au Mary Howard Studio; Coiffure et maquillage par  David Tibolla utilisant CHANEL Ombre Premiere à  Exclusive Artists.

*Cet article a été publié le 26 juin 2017, dans   New York Magazine.

” Pourquoi le bien-être est-il un nouveau symbole de luxe et le moyen de se sentir, d’avoir l’air et d’agir comme les riches “

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

La stupéfiante médiocrité de Barack Obama / Chris Wright

L’actuel Président des USA fait les beaux jours des médias. Sa personnalité imprévisible, ce qu’il véhicule de pathos et de narcissisme allié aux innombrables passages à l’acte qui  sont à chaque fois des cailloux dans la mare des équilibres internes et externes déjà fragiles offrent à la presse de quoi mitrailler jour et nuit. Le parti Démocrate et son ex-candidate, soutenus par quelques médias délibérément achetés et vendus à la cause de la propagande, ceux que Paul Craig Roberts appelle “The presstitutes” ont nourri depuis son élection une telle violence obstinée à son égard, mettant la planète entière au risque de son propre effondrement par leurs manipulations d’opinion et leur continuel  recours aux coups montés médiatiques que l’on oublie tout. Tout, c’est à dire ce qui a amené ce pantin au pouvoir et les traces, ou leur absence, de ces huit années antérieures où un sourire et une aura médiatique ont transformé l’univers politique de la plus dangereuse nation du monde en une scène people et où toutes les réformes vitales et promises ont laissé place à une passivité et à une lâcheté politique hors pair. Obama est “aimé” comme les masses “aiment”, sans penser, sans savoir, sur une image et un battement du coeur. Dans l’aveuglement. Les masses qui l’aiment ignorent, bernées par cet évènement unique dans l’histoire de l’Occident de la minorité enfin validée et de ce que représentait son élection, que les débats sur la prise de pouvoir et la reconnaisance de certains “traits” comme la couleur ou le genre ne seront jamais des garanties d’intégrité morale ou politique et que ces caractéristiques de la ” différence” ne modifient en rien les relations toujours invalidantes pour le courage politique  avec les miroitements fascinants du pouvoir. EG

La stupéfiante médiocrité de Barack Obama / Counterpunch

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The Stupefying Mediocrity of Barack Obama

By/ par CHRIS WRIGHT

Photo by Maryland GovPics | CC BY 2.0

Entant que Marxiste, je ne suis pas très intéressé dans la psychologie du pouvoir. Je ne pense pas que ça ait beaucoup d’importance et cela tend à être assez uniforme et prévisible de toute façon : surestimation de soi, auto-justification, rationalisation morale pour toutes les décisions monstrueuses prises, brutale indifférence pour la souffrance humaine en dessous ( au mieux) d’un vernis de préoccupation, énergies dirigées vers les machinations pour accroître le pouvoir, accommodation lâche avec la voie de moindre résistance politique, une insularité collective de financiers dorés et de délateurs etc. D’autre part méprisant les puissants suffisants, j’ai plaisir à rabaisser leur prétention grandiose. Aussi parfois j’aime à patauger dans la boue de leur psychologie.

Un article du New York Times daté du 30 mai ‘a donné l’occasion de me livrer à ce passe-temps sordide. Son titre «  Comment l’élection de Trump a secoué Obama : «  Et si nous avions tort ? » “How Trump’s Election Shook Obama: ‘What if We Were Wrong?’”. Selon l’un de ses conseillers, après l’élection, Obama que l’internationalisme cosmopolitain des intellectuels éclairés comme lui avaient été responsables pour cette issue stupéfiante. «  Peut-être avons-nous poussé trop loin » a-t-il dit,. «  Peut-être les gens veulent-ils revenir à leurs tribus ». En d’autres termes, nous étions trop nobles et trop novateurs pour les masses incultes qui ne veulent rien d’autre que de rester submergées par leur confortable identité provinciale. Nous avons été trop ambitieux et idéalistes pour nos imparfaits compatriotes.

«  Parfois, je me demande si je ne suis pas arrivé 10 ou 20 ans trop tôt »  a soupiré Obama. Le pays n’était pas près pour le premier président noir et sa vision post-raciale si ambitieuse.

Ces citations sont toutes les preuves dont nous avons besoin pour comprendre ce qui occupe l’esprit de quelqu’un comme Barack Obama.

En fait, la dernière d’entre elles est révélatrice à elle seule : elle suggère la dimension de la mégalomanie stupéfiante d’Obama. Ce n’est pas vraiment une nouvelle que Obama est mégalomaniaque, mais ce qui est modérément plus intéressant est la nature méprisante et fantasmatique de sa mégalomanie. (Dans certains cas, après tout l’égotisme peut être  justifié. Je peux pardonner à Noam Chomsky d’être égotiste – s’il l’était, ce que dément son humilité d’auto-effacement ) Obama se voit clairement comme le point culminant du Mouvement pour les droits civiques (Civil Rights Movement)—lui qui n’a participé à aucune occupation, à aucune marche pour la liberté, à aucun boycott ou à aucune marche éprouvante dans le Sud profond, qui n’a souffert d’aucune brutalité policière, ni d’aucun garde à vue, qui a fréquenté la section de droit de Harvard et a joui d’une vie adulte privilégiée et facile dans ou près des couloirs du pouvoir. Cet homme qui n’a apparemment jamais pris position pour des causes morales impopulaires au cours de sa vie a décidé il y a longtemps que ce serait son rôle historique de porter les luttes du SNCC, de la SCLC, de Ella Baker et de Bob Moses, de Martin Luther King à leur degré de maturité – en naviguant dans le bureau ovale sur la vague de millions de supporters, d’organisateurs infatigables et désintéressés. Avec son accession au pouvoir, et avec lui celle de visionnaires intègres comme Lawrence Summer, Hillary Clinton, Timothy Geithner, Eric Holder, Arne Duncan, Robert Gates et Samantha Power, le rêve de Martin Luther King serait enfin réalisé.

Obama  a continué a respecter la tradition d’’Abraham Lincoln et des abolitionnistes quand son administration a déporté plus de trois millions de sans-papier  et a démantelé des dizaines de milliers de familles d’immigrés. Il a été un idéaliste plein d’inspiration quand il a autorisé l’envoi d’armes  à Israël en juillet et aout 2014, en plein milieu du massacre de Gaza parce que, comme il l’a dit avec son éloquence caractéristique et ses intuitions morales : «  Israël a le droit de se défendre «  (Contre des enfants et des familles acculées à une pauvreté désespérante dans une prison à ciel ouvert)

Il était loin devant son temps, un héros à la fois des droits civiques et un globaliste éclairé quand il a présidé «  le plus grosse désintégration de la richesse noire observée récemment » en ne faisant rien pour stopper la crise des saisies ni demander des comptes aux responsables pour les dommages causés. C’est certaienement seulement l’esprit tribal irrationnel qui a fait élire Trump et non, disons, le fait que l’administration Obama était beaucoup plus bienveillante à l’égard du secteur bancaire que celle de Georges H.W Bush, comme on le voit par exemple dans le choix (manifestement corrompu) représentants des firmes financières  aux postes clefs du Département de justice.

Et ce n’est que parce que les masses sont stupides et partiales qu’elles n’ont pas pu voir  les glorieux bénéfices à tirer  du Trans-Pacific Partnership, une des questions sur lesquelles Obama semblait avoir sincèrement investi émotionnellement parlant.

Quels tribalistes primitifs ils sont d’être soucieux de la perte de millions d’emplois dans les usines, de l’augmentation des prix des médicaments, de la protection inadéquate de l’environnement, et en général de la montée en puissance massive des corporations.

Rassemblées, les deux citations qui constituent l’explication initiale de la victoire de Trump par Obama- «  nous avons poussé trop loin » et «  j’étais beaucoup trop en avance sur mon temps » confirment également avec assez peu de surprise que la question morale de l’existence de classes n’existe pas pour lui. Tout comme (par définition) elle n’existe pour aucun politicien centriste. Obama peut lui avoir donné un accord de façade dans sa rhétorique, mais ce qui le préoccupait plus est un type usé d’identité politique, l’inclusion culturelle, symboles et spectacles du millénaire post-racial et post-nationaliste, dont il se considérait lui-même  être un grand exemple.  Si Trump a été élu, c’est parce que les gens n’étaient pas encore prêts pour ce millénaire.

Mais ceci n’affecte pas la place personnelle d’ Obama dans l’histoire : il est certain qu’il sera innocenté, et même bien sûr considéré comme encore plus remarquable pour être arrivé trop tôt.

Cette perception explique aussi sa méfiance générale  à critiquer publiquement Trump. Cela ne lui importe pas assez pour qu’il le fasse- Il n’est que profondément outragé par les injustices incessantes de la politique trumpienne – parce que sa tâche a déjà été accomplie : il s’est écrit lui-même dans les livres d’histoire en étant le premier Prsident noir des USA. Cet accomplissement est ce qui compte, ceci et ses huit années d’essais (supposés) de «  soins des divisions de ce pays. Encore, c’est regrettable que le pays n’ait pas été prêt pour lui, mais ce n’est pas sa faute.

C’est pourquoi, plutôt que de s’impliquer dans une quelconque résistance  à Trump – qui puisse exacerber les divisions culturelles, horreur des horreurs, qui ne serait pas convenable ou «  présidentielle » car les puissants ne doivent pas se critiquer les uns les autres) les Obama projettent  de produire des spectacles sur Netflix qui seront apolitique et «  facteur d’inspiration ». Ce nouveau projet est symptomatique.  Les puissants aiment à propager des histoires «  revigorantes » parce que quoi que ce soit d’autre pourrait attiser leur conscience, provoquer la légitimité de l’ordre social dont ils profitent et inspirer des mouvements de résistance. Mieux vaut donc se concentrer sur des histoires de bien –être qui réassure les gens sur la justice intrinsèque du monde ou qui inculque la notion que tout un chacun peut améliorer sa situation si il essaie vraiment.  C’est pour cette même raison que le livre favori de Bill Gates est celui de  Steven Pinker, Enlightenment Now, qui prétend que tout est beaucoup mieux maintenant que cela ne l’a jamais été et que donc, nous devrions être reconnaissants.

J’ai eu l’occasion de regarder la vidéo récemment où Norman Finkelstein psychanalyse Obama,  et son interprétation m’a frappé. Pas parce que l’individu pathétique qui était analysé soit d’un intérêt intrinsèque mais parce que le type qu’il représente est toujours avec nous. Et sera toujours populaire et sera toujours moralement et intellectuellement vide. Finkelstein a appris de la biographie  de David Garrow que, en tant que Président de la Harvard Law Review, Obama était d’un genre très conciliant. Dès qu’un conflit se manifestait entre les Conservateurs et les Libéraux, il abordait le problème de la même manière : il prenait les interlocuteurs à part et leur disait : «  Ne vous excitez pas tant, il n’y a pas de quoi. Pourquoi vous excitez-vous autant, il y a des choses plus importantes dans la vie » Parce que, pour Obama, comme l’explique  Finkelstein, il n’y avait qu’une chose importante dans la vie, moi. Tout le reste n’était que de la broutille, sauf lui. »

C’est la clef. Quand la valeur majeur dans la vie est l’auto-glorification, ce que vous tendez à générer la lâcheté morale, l’irresponsabilité de personnes comme Obama, les Clinton, et en vérité, tous les politiciens centristes. Ils feront tout ce qui est possible pour accéder au pouvoir, afin de réaliser leur «  destinée » de devenir puissants. Ils chercheront toujours à contenter les «  deux côtés » une notion binaire qui écarte une gauche authentique, c’est-à-dire les intérêts de la majorité- parce que c’est la route la plus sûre et la moins risquée vers le pouvoir.

Ce qui nous emmène à l’héritage réel d’Obama, au lieu de celui que l’on imagine. A partir du moment où il s’est engagé dans une vie de pâle centrisme en des temps d’escalade de crise sociale, il a déterminé quelle serait sa place dans l’histoire. Cela évoque l’analyse de Georg Lukacs au sujet de l’indécision de l’intelligentsia libérale en Allemagne pendant les années 20, dans son livre  La destruction de la raison. L’élite libérale de la République de Weimar ne pouvait cautionner le Fascisme mais ne pouvait s’engager dans un programme de réformes démocratiques décisives pour y résister – parce qu’ils craignaient encore plus le socialisme que la fascisme- ils ont donc fini en vacillant d’une façon pathétique, critiquant la démocratie de masse tout en la défendant à moitié parfois, appliquant la modération d’une façon irresponsable, et générant de e fait l’ultra-réaction.

Bien que les USA ne soient certainement pas la République de Weimar et que les risques d’un Fascisme. Déclaré ne soient pas aussi élevé que ce qu’ils étaient à ce moment, on peut voir quelques parallèles. Tout comme le vacillant et irresponsable libéralisme de Jimmy carter a poussé vers la réaction de l’âge Reagan, le libéralisme vacillant d’Obama a préparé la voie pour le semi-fascisme de Trump et le renouveau de la suprématie blanche. ( Autant pour la soi-disant progression des droits civils d’Obama, il est sans conteste ce qui est arrivé de pire aux minorités depuis Jim Crow) On ne peut pas être neutre dans un train en marche. Si vous essayez, vous vous mettez du côté de la réaction.

Félicitations Obama. Vous vous êtes inscrit vous-même dans les livres d’histoire.

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Chris Wright a un Doctorat d’histoire américaine Université de l’Illinois, Cho=icago et est l’auteur de Notes of an Underground HumanistWorker Cooperatives and Revolution: History and Possibilities in the United States, and Finding Our Compass: Reflections on a World in Crisis. L’adresse de son site est : www.wrightswriting.com.

Traduction : Elisabeth Guerrier

L’investiture d’Obama   David Bromwich 2014

La monopolisation de l’Amérique : le plus important problème économique dont vous n’entendez jamais parler. Robert Reich

Le signe est toujours ostensible, seule son interprétation change. La passion sans borne pour les “marques”, dite comme telle ou uniquement pratiquée dans l’intimité de la construction de soi, est un des stigmates de l’absorbtion de codes, applicables à toutes les aires de la vie où chacun a le sentiment de créer sa propre expérience en tant d’individu unique. Cette individualisation intégrée comme une réalité psychique de  “l’hyperconsommateur expérienciel”* se crée dans le contexte d’un lien spécifique et clos sur lui-même entre l’objet-marchandise et le consommateur, évacuant la réalité des pratiques périphériques des autres consommateurs pour se centrer sur la nature supposée, et décrite d’une façon forcenée comme telle, d’unicité du choix et de la signifiance d’excellence qu’il indique pour celui ou celle qui l’opère. Il va de soi que l’accès à la connaissance de ce qui et de qui manipule l’illusion d’une profusion de possibilités dans l’objet-marchandise ne peut que remettre en jeu cette pseudo-liberté consumériste et ne faire valoir que la prison dorée qui l’entoure.EG

* ” Gilles Lipovetsky “Le bonheur paradoxal”  Essais folio Gallimard 2013 p.150

La grande lessive Hommage aux Oligopoles. P&G ” Au plus près de la vie “

Et dans la perspective de ce monde lobbyisé où le politique n’a plus comme fonction que de s’adapter aux initiatives technocratiques. Walmart entreprend de polliniser avec des drônes.

Le monopole de l’Amérique : le plus important problème économique dont nous n’entendons jamais parler. Une seule réponse : il est temps de remettre au goût du jour les lois anti-trust

THE MONOPOLIZATION OF AMERICA: The biggest economic problem you’re hearing almost nothing about

There’s only one answer: It is time to revive antitrust.

Robert Reich / Robert Reich / Op-Ed – May 7, 2018

Il y a peu de temps j’ai rendu visite à des fermiers du Missouri dont les bénéfices disparaissent. Pourquoi ? Monsanto à lui seul possède la clef génétique de 90 % des plans de soja récoltés par les agriculteurs des US et de 80 % du maïs. Ce qui signifie que Monsanto peut élever librement ses coûts. Les fermiers sont étranglés d’un autre côté également, parce que les groupes agro-alimentaires auxquels ils vendent leurs produits sont  eux-aussi devenus des méga-compagnies qui ont un tel pouvoir sur le marché qu’ils peuvent diminuer les prix payés aux agriculteurs. Ce qui ne signifie pas des prix plus bas pour vous quant à la nourriture. Mais signifie de plus gros profits pour les monopoles.

Des monopoles partout.

L’Amérique avait des lois anti-trust qui empêchaient les corporations de monopoliser les marchés et dissolvaient souvent les compagnies coupables les plus importantes. Plus maintenant. C’est une redistribution cachée d’argent et de pouvoir de la majorité des Américains vers l’exécutif des corporations et les riches actionnaires

Vous pouvez penser que vous avez beaucoup de choix, mais regardez de plus près :

  1. Les quatre plus grandes compagnies d’agro-alimentaire contrôlent 82 % du conditionnement du bœuf, 85 % de la transformation du soja, 63 % du conditionnement du porc, et 53 % du conditionnement du poulet.
  2. Il existe de nombreuses parques de dentifrice mais 70 % de l’ensemble ne vient que de deux compagnies.
  3. Vous pouvez penser avoir le choix parmi les lunettes de soleil, mais elles viennent toutes ou presque d’une seule compagnie : Luxottica. Qui possède aussi pratiquement tout le marché des montures de lunettes.
  4. Pratiquement tous les ceintres en plastiques d’Amérique sont faits par une seule compagnie : Mainetti
  5. Quelle marque d’aliments pour chat devriez-vous acheter ? Il semble qu’il en existe beaucoup mais que derrière elles ne soient que deux compagnies.
  6. Et les produits pharmaceutiques ? Oui vous pouvez vous procurer les génériques bon marché. Mais les compagnies pharmaceutiques payent en fait les fabricants de médicaments génériques afin qu’ils repoussent la mise sur le marché des versions moins onéreuses. De tels «  payer pour un délai » sont illégaux dans d’autres économies avancées, mais les renforcement anti-trust n’ont pas touché un seul de leurs cheveux. Ils nous coûtent aux environs de 3.5 milliards par an
    7. Vous pensez que votre assurance santé couvrira les coûts ? Les assurances santé elles aussi fusionnent. Ce qui est la raison pour la montée en flèche des coûts des premiums, copaiements, et des déductibles.
  7. Vous pensez avoir un grand choix quand vous achetez un billet d’avion ou faites une réservation d’hôtel ? Erreur. Vous n’en avez que deux, Expédia a fusionné avec Orbitz, ce qui ne fait plus qu’un compagnie, et il y a Priceline.
  8. Et en ce qui concerne le câble ou les fournisseurs internet ? Il n’y en a que quatre. Et deux d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient fusionner.

Pourquoi le monopole en Amérique est-il un énorme problème.

Le problème avec toutes ces fusions entre les mains d’une poignée de firmes géantes est qu’elles n’ont pas besoin d’être en compétition. Ce qui signifie qu’elles peuvent faire et font monter les prix.

De telles fusions maintiennent les salaires au plus bas. Les travailleurs ont moins le choix de leur employeur tout en ayant plus de peine à obtenir une augmentation. Quand le marché local du travail est dominé par exemple par un hypermarché (big box)  ou par une seule chaîne de distribution, ce sont eux qui déterminent le niveau des salaires dans leur sphère géographique. De telles consolidations maintiennent bas les salaires. Les salariés ont moins de choix dans leurs employeurs et plus de difficultés à obtenir une augmentation. Quand le marché du travail local est dominé par un consortium uniquement, ou une marque de grande distribution par exemple, ces firmes déterminent le niveau des salaires pour la zone.

Ces corporations gigantesques ont aussi une grande influence politique. Et c’est une des raisons pour leur consolidation : le pouvoir. Les lois antitrust étaient supposées arrêter ce qui est en train de se produire. Mais aujourd’hui, elles sont presque lettre morte. Et ceci vous endommage.

Nous avons oublié l’histoire

La première loi antitrust a été votée en 1890 quand le Sénateur John Sherman a répondu à une colère populaire concernant les énormes cartels des chemins de fer, de l’acier, des télégraphes et du pétrole – alors appelés trusts qui dirigeaient alors les USA

Une poignée de responsables de corporations connus en tant que «  robber barons » présidaient à tout cela, amassant des fortunes aux dépends des travailleurs qui triaient de longues heures souvent dans de dangereuses conditions pour un maigre salaire. Les corporations dupaient les consommateurs et corrompaient la politique.

Puis, en 1901, le réformateur progressiste Teddy Roosevelt devint Président. Au même moment le public américian exigeait une action. Dans son premier message au Congrès, en Décembre 1901, seulement deux mois après avoir occupé la Présidence, Roosevelt avertit : «  Il existe une conviction répandue dans l’esprit du peuple américain que les grandes corporations, connues sous le nom de trusts sont dans certains de leurs aspects et tendances dangereuses pour le bien-être populaire général. » Roosevelt utilisé le Sherman Antitrust Act pour attaquer la Nothern Securities Company, une compagnie géante de chemins de fer dirigée par JP Morgan, l’homme d’affaire le plus puissant de la nation. La Cour suprême des US soutint Roosevelt et ordonna le démantèlement de la compagnie.

En 1911, le John D. Rockefeller’s Standard Oil Trust était démantelé aussi. Mais lors de sa décision, la Cour suprême altéra le Sherman Act, ajoutant que les restrictions du commerce de monopole étaient critiquables uniquement si il était considéré comme « déraisonnable ». “unreasonable” – et que c’était à la cour de le déterminer. Lors de l’élection présidentielle de 1912, Roosevelt, qui se représentait à la présidentielle mais cette fis comme candidat du troisième parti, dit qu’il autoriserait certaines concentration d’industries lorsque’il y aurait une efficacité économique due à leur grande échelle.  Il aurait alors un comité d’expert régulant ces grandes corporations pour le bénéfice public. Woodrow Wilson, qui finit par gagner ces élections et son conseiller Louis Brandeis, optèrent pour une vision différente. Ils ne pensaient pas que la régulation fonctionnerait et que tous les monopoles devaient être démantelés. Pendant les 65 années qui suivirent, les deux positions se maintinrent. Il y eu des lois anti-trust fortes avec des régulations qui gardèrent le contrôle sur les corporations. La plupart des grandes fusions furent prohibées.

Même celles de grande taille étaient considérées comme un problème. En 1945, dans le cas United States v. Alcoa (1945), la Cour suprême a décidé que même si Alcoa n’avait pas acquis un monopole, elle en était devenue un en prenant une telle ampleur qu’elle était coupable de violation du Sherman Act.

Qu’est devenue la loi anti-trust ?

Tout a changé dans le années 80, après que Robert Bork, avec qui incidemment j’ai étudié les lois anti-trust à l’Ecole de droit de Yale puis avec qui j’ai travaillé lorsqu’il est devenu Avocat général sous le Président Ford – ait écrit un livre influent nommé «  Le paradoxe de l’anti-trust, qui soutenait que le seul but du Sherman act était le bien être du consommateur. Bork affirmait que les fusions et les grandes tailles créent presque toujours de l’efficacité qui permet de faire baisse les prix, et que dans ce contexte, elles devraient être légales. Les idées de Bork étaient en relations avec la conservatrice Ecole de Chicago, Chicago School of Economics, et trouva une audience fin prête dans l’administration Reagan. De même que sous mandat démocrate. Bork avait tort. Mais depuis lors, les antitrust ont quasiment disparus.

Le monopole de la «  high tech »

Nous assistons au déclin de la compétition même dans les industries de pointe et dans la haute technologie. Dans la nouvelle économie, l’information et les idées sont la forme de propriété la plus valorisée. C’est là qu’est l’argent. Nous n’avons jamais vu de concentration de cette ampleur auparavant. Google et Facebook sont là où maintenant les Américains cherchent leurs informations. Pendant ce temps, Amazon est le premier arrêt pour la moitié des Américains cherchant à acheter quelque chose. Nous évoquions le pouvoir.Contrairement à une vision conventionnelle de l’économie américaine grouillant de petites compagnies innovantes, la réalité est tout à fait différente. La proportion à laquelle les nouvelles compagnies se sont créées aux US a remarquablement ralenti depuis les années 70.  Les brevets généralisés, les plate-formes standards, les flottes d’avocats poursuivant les rivaux potentiels, les armées de lobbyists ont créé des barrières formidables pour les nouveaux arrivants. Le moeur de recheche de Google est si dominant que «  to google » est devenu un verbe.

L’Union européenne a poursuivi Google par l’intermédiaire de la loi anti-trust, l’accusant de forcer les usagers de son moteur de recherche vers ses propres plateformes d’achats. Et en juin dernier, Google a dû s’acquitter d’une amende record de 2.7 milliards. Mais pas en Amérique. Il est temps de redonner vie à l’anti-trust. Les pouvoirs économique et politique ne peuvent être séparés parce que des corporations dominantes gagnent de l’influence sur l’organisation, la maintenance et le renforcement du marché sur le plan politique- ce qui augmente encore leur pouvoir. Alors que le but premier de la loi anti-trust était de prévenir cela. Le « big tech » comme les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, l’agriculture et les géants finaciers, dominent maintenant à la fois l’économie et le politique. Il n’y a à cela qu’une seule réponse : remettre en fonction les lois anti-trust.

Robert Reich

http://robertreich.org/

Robert B. Reich est Chancellor’s Professor de politique publique à l’Université de Californie  à Berkeley, Senior Fellow au Blum Center for Developing Economies. Il a exercé en tant que Secrétaire d’état au travail sous l’administration Clinton et s’est vu nommé par le Times magazine l’un des dix secrétaires de cabinet les plus efficaces du 20ième siècle,. Il a écrit quatorze livres, y compris les best-sellers « “Aftershock”, “The Work of Nations,” et “Beyond Outrage,” et , son plus récent, “Saving Capitalism.” Il est aussi le fondateur de l’American Prospect magazine, membre du burau de Common Cause, et memebre de l’American Academy of Arts and Sciences, co-fondateur de l’association Inequality Media and co-créateur du documenaire récompensé «  Inequality for All ».

 

Article lié ” The state of competition and dynamism: Facts about concentration, start-ups, and related policies “. The Brooking Brief

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L’histoire de la guerre du Parti démocrate et l’ AUMF de 2018

The Democratic Party’s War History and the AUMF of 2018

L’histoire de la guerre du Parti démocrate et l’ AUMF de 2018

Peut-il y avoir un exemple plus grotesque du «  corps législatif le plus important du monde » si ouvertement dénué de conscience, si déconnecté des réalités de la vie sans aucune conscience de sa propre culpabilité dans la perpétuation des crimes de guerre.

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by

Renee Parsons

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“Depuis son adoption en 2001, à quelques jours des attaque du 11 septembre, l’AUMF a servi à justifier chaque extension du rôle militaire des USA au Moyen-Orient, avec chacune des supervisions des Comités concernés réduites à un hochement de tête syncopé.
 (Photo: Carolyn Kaster/AP)

Si vous semblez surpris que les Sénateurs démocrates, dont la pluprt est prfaitement indistinguable des Républicains pro-guerre, soient près de se grouper autour de la nouvelle version de l’ Authority for the Use of Military Force of 2018 (AUMF), c’est que vous n’avez pas prêté attention.

La proposition du AUMF de 2018 remplacera l’ AUMF 2001 et annulera l’ AUMF 2002  tout en codifiant une « autorité ininterrompue permettant d’utiliser toute fore nécessaire et appropriée dans les conflits armés » contre les Talibans, al Qaeda, ISIS et les «  forces associées désignées » pas encore identifiées qui pourraient «  représenter une menace grave pour les US «  quel que soit le pays qu’elles occupent » .

Le AUMF 2018 n’offre aucune restriction des opérations militaires, ni de date ou d’espoir de date d’expiration tout en abdiquant tout statut d’autorité dans la décision d’entrer en guerre du Congrès comme il est octroyé dans la Constitution en tant que branche exécutive, sans compte à rendre ou supervision significatifs.

Au cour de ses huit années au pouvoir, Obama a lâché plus de 26.000 bombes dans sa seule dernière année, y compris une multitude de frappes de drones, il a créé la «  liste d’assassinat” du mardi et a commencé la guerre dans quatre pays qui étaient en paix avant qu’il ne soit élu en 2008.

Autrement dit, l’AUMF 2018 représente la complète capitulation du MIC envers un maintien permanent de plus de deux décennies de la « guerre pour toujours » présente ostensiblement dans le Moyen Orient pour les futures générations de troupes américaines, alors que le pays s’enfonce de plus en plus dans le fossé de l’insolvabilité financière et qu’il vit intérieurement un chaos malfaisant et amoral.

Cela fait cinquante ans que les Démocrates du Congrès étaient à l’avant-garde du mouvement contre la guerre du Vietnam. Depuis les années 60, très peu de Démocrates élus ont osé affronter les têtes du parti pur parler de paix ou pour défier aucune intervention militaire de leur politique interventionniste et cependant c’est ce parti qui clame posséder l’intégrité morale.

Une analyse datant d’octobre 2002 de la Résolution du congrès AUMF demeure instructive. Il s’agit de l’approbation de la grotesque invasion l’Irak par GW Bush. L’AUMF d’origine a été adopté par le Congrès trois jours  après les attaques du 11 septembre avec le leader de la majorité des sénateurs démocrates Tom Dashle poussant la résolution de  promulgation comme son premier sponsor. Le Sénat approuva l’usage de la force militaire en Irak à 77 voix contre 23 et l’approbation de la Chambre avec un vote de 296 contre 133. Dans chaque institution, le parti «  libéral » démocrate a fourni le terrain d’appui de la résolution qui allait initier les prochaines 17 années d’extrême dévastation civile à travers tout le Moyen Orient et la crise de la dette des USA qui menace d’une implosion financière massive.

Et cependant, il ne semble pas que ces soi-disant libéraux encore au pouvoir et qui continuent de financer chaque projet de loi de la Défense sans aucune considération pour les conséquences ne doivent rendre aucun compte.

Cela pourra provoquer un choc chez les Démocrates loyalistes d’apprendre que la majorité  des guerres menées au 20ième siècle ont été initiées et ou conduites sous une présidence démocrate. Les aficionados de la Première guerre mondiale peuvent remercier Woodrow Wilson, le révérent FDR emmena les US dans la Seconde, un Truman préparé autorisa l’usage de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagazaki avant d’initier la Guerre de Corée, en 1950 et l’escalade  au Vietnam de Lindon Johnson est devenue une métaphore de la «  Grande société ». Au début des années 1990, avec l’OTAN agissant comme mandataire de   l’administration Clinton fût initié un effort militaire afin de rompre avec la Yougoslavie socialiste non-alignée qui s’est terminé par une décennie de   bombardements humanitaires » qui ont dévasté la population civile tout en désintégrant un pays autrefois prospère.

D’un autre côté, le Président Jimmy Carter, un bénévole dans l’association « Habitat for Humanity » depuis qu’il a quitté sa fonction, pouvait fièrement affirmer que «  Nous avons gardé notre pays en paix, nous n’avons pas enclenché de guerre, nous n’avons rien bombardé, jamais tiré une balle » Plus récemment, Barack Obama, qui a mené sa campagne en tant qu’ érudit de la Constitution et à qui le Prix Nobel de la Paix fût attribué frauduleusement en 2009, juste avant qu’il ne déclenche une série de bombardements insensés sur sept pays islamiques. Pendant ses huit années à la présidence, Obama a lâché plus de 26,000 bombes seulement lors de sa dernière année, dont une multitude de frappes de drones, établi une liste d’assassinats du Mardi matin,  et commencé une guerre dans  quatre pays  qui vivaient en paix quand il a été élu en 2008.

Il y a ici plus qu’une coïncidence cosmique  puisque tous ces Présidents démocrates mentionnés plus haut sont maintenant considérés par les Démocrates loyalistes comme des «  libéraux » sur l’échelle idéologique.

Présentée par le Sénateur. Bob Corker (Républicain-Tennessy), Président à la retraite du Comité sénatorial pour les Affaires étrangères, (Senate Foreign Relations Committee), l’ AUMF 2018 est co-financée par les Sénateurs démocrates Tim Kaine (D-Va), Chris Coons (Del)  and Bill Nelson (Fl). Kaine, est candidat à la vice-présidence de l’HRC, Coons est aux relations étrangères pendant que Nelson est au Comité des Forces armées. Kaine et Nelson sont tous deux   en lice pour une réélection   cette année comme le sont trois autres Démocrates du Comité, les Sénateurs Menendez (NJ), Chris Murphy (Conn) et Cardin (Maryland). En plus, le Sénateur Flake (R-Az) qui sert également aux Affaires étrangères a opté pour ne pas se représenter.

Corker a indiqué qu’un vote plancher au Sénat dependara de la force du support de l’AUMF au sein du Comité des affaires étrangères et qu’une large quantité en sa faveur faciliterait le passage des Démocrates. Le   Sen. Rand Paul (R-SC) et le Sen. Jeff Merkley  (Oregon) ont annoncé leur opposition à la résolution. Les memebres du Comité des Affaires étrangères assistant à la récente conférence 2018 AIPAC Policy comprenaient les Sénateurs  Cardin (D-Md), Coons (De), Menendez (NJ), Marco Rubio (R-Fl), Rob Portman (R-Oh) ainsi que le Sen. Tom Cotton (Ak) qui fait fonction dans le Comité sénatorial des Forces armées (Armed Services Committee.)

Peut-il y avoir un exemple plus grotesque du «  plus grand corps législatif du « plus grand cops législatif du monde » si évidemment dénué de conscience, si disconnecté des réalités quotidiennes et sans la moindre conscience de leur propre responsabilité dans la perpétuation des crimes de guerre.  Pendant que le Comité débattra sur la nécessité d’amoindrir ses responsabilités constitutionnelles et d’alléger ses obligations législatives, l’approbation de l’  AUMF 2018 confirmera la perception du public que, en dépit  de ses carrières tranquilles et juteuses, le Congrès est un forum inutile et obsolète.

Ce travail est sous licence de Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Pourquoi la politique de Moscou est-elle ” Westphalienne” ? Patrick Armstrong

WHY MOSCOW’S FOREIGN PHILOSOPHY IS “WESTPHALIAN”

Pour quelles raisons la politique étrangère de Moscou est-elle «  Westphalienne » ?

Le 11 AVRIL 11, 2018 par PATRICK ARMSTRONG

Actuellement, il existe deux sortes de politiques étrangères : Ici   l’une, Westphalienne, Paul Robinson les décrit : l’une d’elle traditionnelle, dans laquelle chaque peuple est une entité souveraine, appelée «  Westphalienne »  et l’autre dans laquelle il n’y a que deux sortes d’états, « les justes et les injustes ». Ils ne sont égaux ni moralement ni légalement. D’autres l’ont appelée le second “idéalisme” ou “diplomatie morale”. Il existe une tradition continue pour les USA de se considérer comme une toute nouvelle catégorie de pays, comme rappelé ici,   et la référence morale est parfois aussi nommée  “Wilsonienne” d’après le Président qui souhaitait « apprendre aux républiques d’Amérique du sud à élire des hommes bons » mais c’est complètement bipartisan, comme en témoigne le « Corrolaire Roosevelt  » dans lequel Théodore Roosevelt arroge aux Etats unis d’Amérique, en tant que «  pays civilisé » le droit d’intervenir dans les « cas flagrant de mauvaises actions ou d’imcompétence». Aucune de ces approches n’est nouvelles,  il a toujours existé des pays qui ont cru que leurs dieux leur donnaient la mission d’instruire et de discipliner leurs voisins et d’autres contents de les laisser.

La position moraliste est érigée sur l’assomption que le pays du narrateur est vertueux, que sa vertu est évidente et démontrable, que sa vertu est un fait. Le manque de vertu des autres pays est également un fait. Certains pays sont vertueux et d’autres non, et les pays vertueux ont le droit de faire certaines choses interdites aux non-vertueux.  Pas de suppositions mais de la réalité. Pas d’espoir mais de la réalisation, pas de relativité mais de l’absolu, pas de subjectif mais de l’objectif. Pour présenter ça d’une façon un peu grossière, on se demande comment un adulte peut croire ce genre de choses. Mais il les croit. Et sans broncher de surcroît.

« Nos enfants ont besoin de savoir qu’ils sont citoyens de ce pays exceptionnel, le plus puissant, généreux et noble pays de l’histoire de l’humanité.  Plus que tout, l’Amérique est indispensable – et exceptionnelle- à cause de ses valeurs. Le monde nous regarde pour la mise en place des droits humains, pour les droits des LGTB, pour ceux des minorités ethniques ou religieuses, pour ceux des personnes handicapées et pour tous les gens qui, partout attendent la paix. Nous nous mettons au défi, nous-mêmes et les autres nations de toujours faire mieux. »

Quelle chance que le meilleur et le plus noble des pays soit aussi le plus puissant ! Les Etats unis sont le quartier général de la notion que certains (ou serait-ce un seul) pays sont «  exceptionnels » et opèrent sous différents mais plus élevés standards que les plus simplement ordinaires. Lors des dernières deux décennies, l’idée s’est répandue dans l’Ouest, en général, comme l’observe Robinson, par l’intermédiaire de la distinction (auto-attribuée) de « ceux qui respectent et ceux qui ne respectent pas les droits humains ».  L’Ouest, est-il besoin de le dire, se considérant comme les respectant.

Certains parmi nous sont donc élevés moralement et d’autres non. Ceux qui n’y sont pas devraient préparer leur défense, c’est mauvais pour l’espérance de vie d’être sur la liste des mécréants comme  Slobodan Milosevich, Saddam Hussein et Muammar Kadhafi peuvent l’attester. Il est frappant de constater comment cette supériorité morale est exprimée à force de sanction et de bombardements plutôt qu’à l’aide d’exemples, mais les doués d’exceptions morales peuvent faire ce genre de chose justement parce qu’ils sont des exceptionnels moralement. Et quand Milosevic est amnistié,  que les Armes de destruction massive qui étaient le prétexte pour le renversement de Saddam Hussein  sont absentes et quand il est découvert que Kadhafi ne « bombardait pas son propre peuple », la pureté morale  voit les exceptionnalistes lever les épaules et passer à autre chose, des enfants sont morts mais c’était pour la bonne cause. .Les Exceptionnalistes bombardent les hôpitaux par  erreur.  Les autres le font volontairement.

Le camp «  idéaliste » est conduit par Washington, alors que Moscou est devenue le chef des porte-parole du camp «  réaliste ». Presque tous les discours que Poutine a fait  appel au «  multilatéralisme » ou, pour Robinson à «  l’odre traditionnel, westphalien dans lequel chaque état a une entité souveraine égale. » Le voici dans une interview datant de 2000, mais de très très nombreuses fois depuis :

Le monde ne peut pas des développer effectivement et positivement si un seul état a le monopole de la prise et de l’application de toutes les décisions. Dans l’histoire de l’espèce humaine, la tentation d’un tel monopole ne s’est jamais bien terminée.  Pour cette raison, nous sommes constamment entrain de proposer une nouvelle structure démocratique mondiale.

Il y a plusieurs raisons pour que Poutine fasse appel (et Yeltsine avant lui) à la primauté des nations unies dans un système mondial multilatéral. Deux sont évidemment à des fins d’usage personnel : La Russie est un membre permanent de l’UNSC et deuxièmement, elle a peur de se retrouver sur la liste des pays à toucher par les Exceptionnalistes.  Et étant donné la prédominance des «  violations des droits humains » comme «  justifications pour une intervention humanitaire », l’annuel rapport des droits humains (US State Department human rights report) montre qu’ils ont de bonnes raisons d’avoir peur.

Mais il y a d’autres raisons pour lesquelles Moscou est dédiée à «  un ordre traditionnel westphalien, ordre par lequel tous les états sont égaux en tant qu’entités souveraines »  et elles ne sont pas faciles à oublier :

L’URSS a passé 70 ans à mener une politique étrangère «  exceptionnaliste » et  ça a été un fiasco.

L’URSS en tant que «  premier état socialiste du monde » était le porte-drapeau d’un   « futur rayonnant pour l’humanité » un , novus ordo seculorum,  et même un nouveau type d’homme, – « новый советский человек ».  Elle était le pays exceptionnel., elle était le «  meilleur et le plus noble des pays de toute l’histoire de l’humanité, elle était le chef de file de «  tous les peuples aspirant à la paix ». Elle intervenait dans le monde  entier au nom de sa supériorité morale auto-proclamée. Les Partis communistes de tous les pays faisaient écho à la sagesse supérieure de Moscou. Le Parti communiste allemand collaborait avec le Parti Nazi pour affaiblir la République de Weimar. Pourquoi ? Parce que le Socialisme allait l’emporter lorsque Weimar serait déchue. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé : les Nazis l’ont emporté et l’URSS a payé un prix colossal pour leur triomphe.  Cuba, état socialiste ( L’Île de la liberté) devait être soutenu par le Leader mondial du communisme. Leur soutien a amené le monde au bord d’une guerre nucléaire. Tout petit mouvement s’intitulant socialiste demandait l’aide de Moscou, même dans des pays dont les membres décrépis du Politburo n’avaient jamais entendu parler. Il fallait leur fournir des armes, des prêts, des secours et un support diplomatique.

Il aurait été inconcevable pour le premier pays socialiste du monde de ne pas intervenir en Afghanistan quand le gouvernement soi-disant socialiste a commencé à chanceler. Socialiste un jour socialiste pour toujours.

Quand les forces hostiles au socialisme essaient de faire tourner le développement de certains pays socialistes vers le capitalisme, cela devient non seulement le problème du pays concerné mais un problème commun et une préoccupation pour tous les pays socialistes.

Comment l’URSS pourrait-elle éviter de prêter de l’argent ou des armes a tout état se réclamant du socialisme ? Les mouvements pour la Paix devaient être infiltrés parce que la théorie prétendait que seul le socialisme amenait la pais=x. ëtre exceptionnel génère de lourdes obligations.

Plus que tout autre peuple sur terre, nous portons des charges et acceptons des risques sans précédent quant à leur taille et à leur durée, non pour nous seuls mais au nom de tous ceux que nous voulons libres.  (En fait John Kennedy mais Brejnev aurait probablement dit la même chose, bien qu’en plus long)

 Considérons, à titre d’exemple, la Pologne. L’URSS l’a libérée des Nazis qui avait tué presque le cinquième de sa population. Staline redessina la carte de façon à ce que, pour la première fois de l’histoire, toute la Pologne historique soit unie et que son territoire soit presque complètement homogène ethniquement.  L’URSS est intervenue dans la politique polonaise et dans la vie civile pendant quatre décennies, croyant moralement le devoir afin que le«  futur resplendissant de l’espèce humaine  bénéficie au peuple polonais. Ou du moins était-ce que que les Exceptionnalistes du Kremlin disaient.  Pour quel résultat ? Au moment où il est devenu clair que les tanks n’allaient pas venir, la Pologne a balancé les Soviets, l’alliance et tout le paquet socialiste. Et ceci partout dans les autres états socialistes amis. C’était une bulle. Les pays exceptionnels n’ont pas d’amis parce qu’ils n’ont pas d’égaux, ils ne peuvent qu’avoir des clients mais les clients doivent être nourris et achetés.

La Fédération russe, en tant que successeure de l’URSS, a hérité de ce qu’elle possédait et de qui la possédait. Mais il y avait une grosse différence : la dette était réelle, les crédits ne l’étaient pas. La Russie a payé tout ce qu’elle devait et annulé ce qu’on lui devait. Dans le cas de Cuba, en 2014, Poutine a annulé 32 milliards de $ de dette.

L’URSS avait prêté des fonds aux «  Pays socialistes » africains – en tant que tête du monde socialiste, comment pouvait-elle refuser ? Poutine vient d’en annuler 20 milliards de dollars  Etc. L’Exceptionnalisme est de l’argent jeté dans un puits.

En 1987, un court article de Yevgeniy Primakov parut dans la  Pravda : « Une nouvelle philosophie de politique étrangère ». Principalement, il y disait que la politique étrangère de la Russie avait été un échec : elle avait réduit la sécurité et menait le pays à la faillite. Après 70 ans d’exceptionnalisme, que restait-il ? Pas d’amitié, plutôt l’opposé. Pas de profit financier, juste des coûts. Le leader du bloc socialiste et le bloc lui-même évaporé comme s’ils n’avaient jamais existé. Tout cela pour rien. Et pire que rien : voici ce que dit Poutine lui-même en 1999 :

Pendant Presque les trois-quart de ce siècle, la Russie a vécu sous le signe de la propagation de la doctrine communiste. Ce serait une erreur de ne pas voir, et pire encore de nier les succès indéniables de ce temps. Mais ce serait une ereur bien pire de ne pas realiser le prix faramineux que notre pays a payé pour cette experience bolchevique.  Plus encore, ce serait une erreur de ne pas comprendre sa futilité historique.  Le Communisme et le pouvoir des Soviets n’ont pas fait de la Russie un pays prospère avec une société se développant d’une façon dynamique et un people libre. Le Communisme a implacablement démontré sn inaptitude à créer un auto-développement sain, condamnant notre pays à rester à la traîne des pays économiquement avancés. C’était une impasse, loin des courants des civilisations développées.

“ Prix outrageant “ “ Futilité historique”, “ Inaptitude”, “ Régression régulière” “ Une impasse” : Rien, pas d’argent, pas d’amis, pas de pouvoir, pas de prospérité. Rien, ni à l’intrieur des frontiers, ni à l’extérieur.

Moscou sait que la route de l’exceptionnalisme est une route qui mène à une impasse parce qu’elle a perdu 70 années sur cette route.  Et quelqu’irritant ou imparfait que soit «  l’ordre traditionnel, Westphalien dans lequel chaque état est une souveraineté égale » Moscou sait que «  l’idéalisme «  est complètement dénué de valeur.

Il est important d’observer que le «  Système westphalien » a été nommé ainsi après les nombreux agréments qui en 1648 ont permis la fin des guerre de religion en Europe   en acceptant le principe de cuius regio, eius religio ou le fait que chaque état serait autorisé à faire ses propres choix. En d’autres termes, le Westphalianisme n’a été accepté qu’après que l’idéalisme ait brûlé tout sur son passage. C’est une vieille leçon que la Russie a apprise mais que Washington, avec son gros porte-monnaie n’a pas assimilée.

Encore…

 

Appel de Gerry Condon, Président de Veterans for peace

Condon est le Président de “Vétérans pour la paix” qui a récemment prévenu : ” qu’une attaque des USA sur la Syrie pouvait mener à une guerre nucléaire…
La Russie a prévenu qu’elle abattrait les missiles US et attaquerait leur plateformes de lancement, c’est à dire les navires US. ” Pourquoi se précipiter dans la guerre ? Pourquoi les médias de masse joent-ils les va-t-en guerre au lieu de poser les vrais questions ? Pourquoi les démocrates et les Républicains essaient-ils se surpasser les uns les autres avec des appels à des attaques de plus en plus massives sur la Syrie ?
” Il n’existe pas de preuve de l’attaque au gaz du gouvernement syrien, uniquement une vidéo réalisée par un groupe de fondamentalistes rebels qui veulent plus d’interventions US. Et même si le rapport est vrai, une réponse militaire ne mènera qu’à plus de morts et de destructions, et à une escalade dangereuse.”
” Nous parlons de la confrontation entre deux super-puissances nucléaires. Pourquoi les USA risqueraient-ils une guerre à partir de plaintes douteuses ?
” Les vétérans ont une mémoire à plus long terme que la presse et les politiciens. Nous nous souvenons comment on nous a menti à propos de la guerre d’Irak avec de faux rapports, d’ “armes de destruction massive” Les guerres US à travers tout le Moyen-Orient ont causé des millions de morts et détruit des sociétés entières. Nos soldats et leurs familles ont aussi payé un prix extrêmement élevé.”
” Les vétérans, les GIs et leurs familles n’accepteront pas une autre guerre basée sur le mensonge. Nous protesterons dans les rues, dans les locaux privés, les locaus de la presse et sur les bases militaires.
Tout le personnel militaire, du GI de base au plus haut gradé, amiral, général, a l’obligation de désobéir à des ordres illégaux. Les ordres de rentrer en guerre contre une nation souveraine qui ne menace pas les USA est un ordre illégal.
Nous prêtons serment de défendre la Constitution contre tous ses ennemis, inérieurs ou extérieurs. Actuellement, ces ennemis sont ceux qui voudrait lancer notre pays une fois de plus dans une guerre dévastatrice.
Le president of Veterans For Peace, which recently warned: “a U.S. attack on Syria could lead to a nuclear war. … Russia has said it will shoot down U.S. missiles, and attack the ‘platforms from which they are fired,’ i.e. U.S. ships.”
Said Condon: “Why the rush to war? … Why is the mass media cheerleading for war instead of asking hard questions? Why are Democratic and Republican politicians trying to out-do one another with calls for ever more massive attacks on Syria?
“There is no proof yet of a Syrian government gas attack, only a video made by a fundamentalist rebel group that wants more U.S. intervention. Even if the reports are true, a military response will only lead to more death and destruction, and dangerous escalations.
“We are talking about a direct confrontation between the two nuclear superpowers. Why would the U.S. risk nuclear war over dubious chemical weapons claims?
“Veterans have longer memories than the press and the politicians. We remember how we were lied into the Iraq War with false reports of ‘weapons of mass destruction.’ U.S. wars throughout the Middle East have caused millions of deaths and destroyed entire societies. Our soldiers and their families have also paid an extremely high price.”
“Veterans, GI’s and their families will not accept another war based on lies. We will be protesting in the streets, in the suites, at media outlets and at military bases.
“All military personnel, from low-ranking GI’s to the top generals and admirals, have an obligation to disobey illegal orders. Orders to carry out acts of war against a sovereign nation that is not threatening the U.S. are illegal orders.
“We swore an oath to defend the Constitution from all enemies, foreign and domestic. Right now those enemies are those who would rush our country recklessly into another devastating war.”

Les salaires mirobolants des PDG : c’est à ça que servent les amis. Dean Baker

High CEO Pay: It’s What Friends Are For

Dean Baker
Truthout, March 26, 2018

L’explosion des salaires des chefs d’entreprise est bien connue. Si les têtes des entreprises les plus importantes ont toujours été bien payées, nous avons vu leurs salaires aller de 20 à 30 fois celui des travailleurs ordinaires dans les années 1960 et 1970 à 200 ou 300 fois celui d’un employé de base dans les années récentes.  Des chèques de plus de 20 millions de dollars par an sont maintenant des standards et il n’est pas rare de voir un exécutif s’en sortir avec plus de 40 à 50 millions en une seule année.

Les rétributions débordantes des chefs d’entreprise occupent une part importante dans l’histoire de la montée des inégalités dans les dernières quatre années. Ces individus font tous partie des 1% ou même des 0, 001 % de la distribution des revenus.

Le haut salaire des responsables fait monter celui des autres cadres. Si un PDG s’en sort avec 25 millions par an, il est probable que les cadres juste au-dessous de lui recevront des salaires de 3 à 5 millions, et probablement beaucoup plus. Si un PDG gagne 2 millions par an, le tiers suivant gagnera dans les environs de 1 million. Et c’est simplement logique, des salaires plus élevés au sommet signifie des salaires plus bas pour tous les autres.

Ajoutons à cela qu’un haut salaire au sommet de l’échelle dans un secteur est transmis aux secteurs avoisinants. Il est maintenant commun de voir des présidents d’université, des responsables d’organisations caritatives ou d’autres associations à buts non lucratifs être payés 1 million ou quelquefois 2 millions de plus par an. Ils peuvent dire avec justesse qu’ils gagneraient beaucoup plus s’ils assumaient les mêmes fonctions dans le secteur privé.

Il y a actuellement un débat dans le secteur économique sur les causes de ce saut dans les rémunérations des PDG. Plusieurs économistes disent que des salaires plus élevés reflètent l’importance croissante des performances du PDG dans la compagnie. Leur argument est qu’un bon PDG, qui peut habilement conduire la compagnie à travers le marché qui change rapidement, peut ajouter des milliards de dollars à la valeur des actions value.  Dans ce contexte, les actionnaires peuvent toujours s’en sortir tout à fait même si ils sortent 40 ou 50 millions par an pour leur PDG.

L’autre position prétend que les PDG s’en vont avec des chèques énormes même lorsqu’ils ont fait peu ou rien pour augmenter la valeur de l’action. ( Il est acquis que les PDG sont récompensés pour leur aide aux actionnaires, pas pour le bénéfice des employés ou de la société dans son ensemble) Les PDG des compagnies pétrolières les plus importantes ont vu une augmentation énorme comme résultat de la montée des prix du pétrole dans le monde, un facteur qui était plutôt hors de leur contrôle. Ce qui implique que ces salaires sont le résultat d’un échec de la gouvernance de la compagnie, où les actionnaires n’ont pas la capacité à contrôler effectivement les salaires des PDG.

Dans un nouvel article, Jessica Schieder  de l’Economic Policy Institute et moi-même examinons l’impact d’un seuil dans la déductibilité des salaires des PDG.  Une clause dans le Affordable care act ( ACA) emêche les assureurs  santé de déduire plus de 500.000 $  des salaires des PDG de leur déclaration. Ceci signifie que un dollar de salaire du PDG qui allait coûter à la compagnie 65 cents devait après l’ajustement coûter un dollar entier, c’est-à-dire 50% de plus.

Si les rémunérations des PDG étaient liées de près aux dividendes des actionnaires, cette provision devrait avoir mené à une chute dans les salaires des PDG de groupe d’assurance par rapport aux autres secteurs. Nous avons testé l’impact sur les bénéfices de ACA, contrôlant les profits, les revenus, les actions et d’autres facteurs supposés affecter les salaires des PDG. Nous n’avons trouvé aucune preuve que cette clause ait eu le moindre effet de baisse sur les salaires des PDG de l’industrie de l’assurance.

Le fait de rendre les salaires des PDG moins coûteux pour les compagnies n’a pas eu d’effet sur leur compensation de soutien à la vision législative invalidante. Les PDG ne sont pas payés d’une façon mirifique parce qu’ils sont indispensables à leur compagnie. Ils sont payés d’une façon mirifique parce que les conseils d’administration, qui principalement détermine leur salaire, sont leurs amis.

Les PDG sont recrutés par un processus dominé par les cadres supérieurs. Être un PDG est une bonne planque, payant habituellement des centaines de milliers de dollars pour à peu près 150 heures de travail annuel.  Aussi longtemps que les PDG ont le support des cadres, il est impossible qu’ils soient licenciés. Plus de 99% sont réélus. Dans ce contexte, ils n’ont pas vraiment de motivation pour demander «  Peut-on payer le patron un peu moins ? »  Il est possible de modifier la structure de la motivation. Une clause dans le projet de loi de la réforme financière de Dodd-Frank  demande un vote triannuel «  son mot à dire sur les salaires » par les actionnaires. C’est un vote facultatif dans lequel les actionnaires votent oui ou non sur le paquet salaire du Directeur. Moins de 3% des paquets salaires sont abissés. L’intérêt est généralement bas car il y peu de conséquences attendues d’un vote négatif.

Mais la loi pourrait changer et avoir plus d’impact. Supposons que les directeurs sacrifient leurs salaires si les actionnaires disaient «  non ». Cela leur donnerait une réelle motivation pour demander à ce qu’ils soient effectivement payés moins.

Ceci, comme d’autres changements dans la régulation des entreprises pourraient maitriser les salaires des PDG et aider à réduire les inégalités. Cela demande plus de réflexions et de luttes afin de déterminer quelles sont les meilleures réformes. Cependant, il y a une chose sur laquelle  nous sommes affirmatifs : limiter les déductions d’impôts des salaires des PDG n’est pas la réponse.

 

L’hystérie américaine à propos de la Russie conduira à une guerre nucléaire, selon un rapport. Seraphin Hanisch

American hysteria over Russia will lead to nuclear war, according to report

L’hystérie américaine à propos de la Russie conduira à une guerre nucléaire, selon un rapport . Les médias russes réagissent fortement à l’American Nuclear Posture Review, qui essaye de convaincre ses lecteurs que la Russie veut conquérir le monde.

Par  SERAPHIM HANISCH 7février 2018

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La télévision russe a programmé une émission sinistre le 5 février, qui a probablementinquiété la plupart des Russes et certainement généré une déception significative de leurs espoirs d’un rapprochement après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats- unis. L’agence de presse Vesti explique que les USA se préparent à une guerre nucléaire avec la Russie.

Le Département de la défense US a publié sa  2018 Nuclear Posture Review.  Ceci consiste en au moins deux documents qui sont du domaine publique et qui détaillent les constats que le DoD a fait à propos des menaces nucléaires dans le monde. Le langage à propos de la Russie y est étrange, parce que tout comme la Russie, les USA maintiennent qu’ils n’ont jamais eu d’autres désirs que ceux de bonnes relations.

Cependant il s’agit malheureusement soit d’une assertion aveugle ou d’une assertion volontairement erronée dans l’intérêt de la propagande. Basée sur la folie des réactions du gouvernement US ou sur sa posture dans l’ensemble de l’affaire russe, avec les menaces militaires, les sanctions, et les incidents les plus récents comme la divulgation de la  “liste du Kremlin  composées de toutes les têtes du gouvernement et de tous les hommes et femmes d’affaire à succès,  du vol d’un appareil de surveillance américain à proximité d’un jet de combat russe, , de l’ omniprésente investigation sur le Russiagate; et du manque de folie clairement visible du côté russe, il semble possible que la version américaine de ce qui crée le «  besoin »  de resolidifier les «  défenses » puisse manquer de preuves et de faits et puisse ne pas être prise comme concluante ou fiable.

Non pas qu’il n’existe pas de précédents de déclaration outrageuse, si vous voulez.

Le problème commence par de fausses prémisses.

La Russie n’est plus l’Union soviétique et la Guerre froide est terminée depuis longtemps. Cependant, en dépit de nos plus grands efforts pour créer une relation positiv, la Russie perçoit maintenant les USA et l’OTAN comme ses principaux opposants et une gêne dans sa réalisation de la déstabilisation géopolitique de l’Eurasie ( c’est moi qui souligne)

C’est une affirmation extrêmement effrontée, bien que pour certaines personnes influençant la position de la politique étrangère aux US, c’est ainsi qu’elles le voient. Le composant russe de cette imprécision semble principalement attribuable à la question de l’Ukraine. L’Ukraine elle-même est à juste titre considérée comme la mère de toutes les Rus’ ( toutes les Russies) et ce depuis des milliers d’années.  C’est Kiev qui fût la grande capitale de la première gouvernance russe, qui devait ensuite lentement s’étendre jusqu’à former l’empire russe.

Cependant, il existe aussi une histoire très complexe et tragique en Ukraine, surtout pendant l’ère soviétique, quand des millions d’Ukrainien ont péri dans ce qui est maintenant considéré comme un génocide intentionnel, perpétré délibérémentpar les Soviets de Moscou, c’est  dire par «  la Russie ».

Cette question elle-même est complexe et exige, ou même appelle désespérément un exposé plus approfondi qui n’est pas dans les limites de cet article. Une meilleure compréhension peut être donnée en lisant cet article, qui apporte  des informations intéressantes sur l’histoire de l’Ukraine. ( Restez avertis par contre que c’est un récit venu d’une publication écrite dans la perspective occidentale)

Le point principal est que les souhaits nationalistes de l’Ukraine naissent de facteurs incluant une mémoire nationale qui pointe Moscou comme étant la source de ses problèmes. Le fait que la Fédération russe n’est plus communiste de modifie pas ce point de vue, car bien que la Russie ne soit plus une dictature, elle ne mène pas toujours ses affaires internationales et nationales d’une façon très transparente et le désir d’une réelle auto-détermination est accru par l’aspect scintillant du riche occident. Les pouvoirs occidentaux, notamment les USA le savent et ont excité les Ukrainiens avec  cela.

Certains d’entre eux, à Kiev et dans les zones occidentales ( qui n’étaient pas toutes parties de l’ex URSS) ont depuis longtemps des liens plus soutenus avec l’Europe qu’avec la Russie, et l’inclusion de leurs territoires dans l’Union soviétique a été une source supplémentaire d’amertume. Pour beaucoup d’Ukrainiens, leur histoire est celle d’une vie sur le champ de bataille de puissances étrangères.

Ils sont presque instinctivement exaspérés, d’une façon compréhensible, par toute vue de pouvoirs étrangers sur leur territoire mais il est également aisé de manipuler cette caractéristique et les USA ont mené une nouvelle fois la lutte actuelle de l’Ukraine. L’attrait de la vie sur le modèle européen semble avoir attiré beaucoup d’entre eux vers les luttes de l’Euromaidan de 2014 mais l’économie actuelle sous le gouvernement pro-occidental semble également trainer les pieds.

De toute façon, la mémoire collective du régime extrêmement dur et cruel de la règle soviétique dans la région ajoutée à l’actuelle imprécision qui semble exister dans le domaine des affaires étrangères russes aide l’Ouest à catégoriser la Russie comme une nation autoritaire, dirigée par un «  communiste secret «  Vladimir Poutine qui «  était un agent du KGB ».

Lorsqu’on donne cette information à beaucoup d’Américains la conclusion qu’ils en tirent est claire. Le Pentagone, pierre angulaire des opérations militaires US.

Maintenant, pour être sûrs, Vladimir Poutine a été extrêmement ouvert et sincère à propos de son pays et de ses propres revendications d’une Russie forte, complètement propres à cette nation, comme à toutes les nations. Le nationalisme est très fort aux USA et encore l’histoire y joue son rôle. L’histoire récente de ce qui a trait à la dominance mondiale, militaire, scientifique, intellectuelle et culturelle, donne l’idée aux Américains que c’est leur pays  qui est le gardien de tout ce qui est bon.

Mais que gardent-ils ? Cette grandeur a montré de nombreux signes de glissement vers la décadence, tout comme lors du déclin de l’empire romain, lorsque les gens perdent leur vision d’un «  devenir grand » et se sont apitoyés sur leur sort dans le contexte de leur indépendance telle qu’elle est perçue et non seulement par rapport aux autres nations et cultures mais par rapport à tout pouvoir, y compris celui du « Très haut ». Nous avons vu l’union homosexuelle s’appeler «  mariage » et la dépravation, l’usage de drogues, un nombrilisme incroyablement improductif sont devenus de plus en plus prévalents dans une nation qui, il n’y a que 45 années, se posait comme défenseurs de la liberté chrétienne.

Il n’est pas possible qu’une nation vivant dans des illusions sur elle-même puisse avoir une vision claire des nations l’entourant. Et la Russie a bougé dans une direction opposée à celle de l’Ouest. La lutte existe, car la Russie sous le communisme a souffert des attaques contre des institutions comme le mariage, l’église et la famille mais actuellement la Fédération tente de reconstruire ces valeurs essentielles. Et pendant ce temps, l’Amérique semble être engagée vers une auto-destruction en détruisant ces mêmes valeurs.

Maintenant, l’armée américaine est dans une posture extrêmement dangereuse. La puissance de son armement est la plus grande du monde. Bien que la Chine et la Russie aient elles aussi d’incroyables capacités militaires, la Chine ne les a pas testées sur le terrain jusqu’ici et les Russes commencent juste à montrer leur capacité incroyable. Mais les USA sont en guerre depuis le début de l’année 2001 et cette projection de pouvoir crée de l’expérience.

Cette Nuclear Posture Review montre le visage d’un pays qui est berné et hystérique comme le qualifient les médias russes et ils ont raison. En dépit des problèmes avec la Russie, l’Ukraine ou la Syrie, la politique russe ne laisse pas paraître la volonté même lointaine, d’expansion et qu’elle souhaite récupérer les anciens états soviétiques et s’étendre vers l’Ouest. La Russie veut suivre son propre  chemin et en tant que grande puissance, et une grande puissance avec une longue histoire et une longue mémoire de souffrance, elle veut essayer de protéger son peuple contre d’autres misères.

La posture américaine pointe le doigt vers la Russie comme menace puis suggère que la Russie est une menace, dans un langage très travaillé..  Et cela rend le jugement encore plus dangereux.

Le Russie a considérablement augmenté les capacités de ses forces non-nucléaires afin d’étendre son pouvoir dans les régions adjacentes, et comme il a été préalablement discuté, elle a violé de nombreuses obligations de traités et autres engagements. Ce qui est le plus inquiétant est sa politique nationale de sécurité, ses stratégies, et doctrines, qui coprennent l’insistance sur la menace d’une escalade nucléaire et ses constants développements et installations d’équipement nucléaires. Moscou menace d’exercer une première frappe limitée, suggérant d’une façon erronée que la menace nucléaire et un première frappe limitée pourrait paralyser les USA et l’OTAN et ainsi mettre fin à un conflit d’une façon favorable à la Russie. Certains aux USA se réfèrent à ceci par la doctine de l’escalade de la désescalade ».  La déescalade en ce sens suit l’idée fausse d’une capitulation de l’Ouest en faveur de la Russie.

La dissuasion US d’une attaque nucléaire russe et d’une attaque stratégique non nucléaire exige que le pouvoir russe ne fasse pas un mauvais calcul en ce qui concerne l’usage d’une première frappe nucléaire limitée, ou régionalement ou contre les US eux-mêmes. La Russie doit au lieu de ça, comprendre qu’une première frappe, même limitée n’atteindra pas ses objectifs, changera fondamentalement la nature du conflit, et entrainera  un coût incalculable et intolérable pour Moscou. Notre stratégie s’assurera que le Russie comprenne que tout usage de l’arme nucléaire, même limité est inacceptable.  La force de dissuasion US, donc, sera capable de menacer, dans n’importe quelle condition, ce que le leadership russe valorise le plus. Cela posera d’insurmontables difficultés pour toute stratégie d’agression contre les USA, ses alliés ou partenaires et assurera la possibilité d’un coût énorme pour le gouvernement russe si il faisait le choix de l’agression.

Ce sont une assertion et une construction étonnante et extrêmment dangereuse pour une nation qui a simultanément un pouvoir massif et une vue biaisée du monde à maintenir. C’est aussi très difficile de ramener des gens qui ont un point de vue plein de suspicion de quitter celle-ci. Il y a un lien fort entre de telles croyances et la peur qu’elles génèrent chez ceux qui la détiennent.

Ceci dit, la situation aide à expliquer ce que beaucoup des médias alternatives font : de s’opposer aux médias et aux biais politiques et de rapporter des évènements sous une lumière qui est espérons-le objective et vraie. L’article de Vesti était à sa façon aussi alarmiste que le document américain qu’il publiait. La vraie façon de se frayer un chemin à travers tout ça est évidemment une accentuation de la compréhension dans tous les domaines- historiques, idéologiques et dans notre cas, géopolitique.

Le côté américain a envoyé plusieurs directs aux Russes récemment, dans ce document et dans la « liste du Kremlin » de la semaine dernière mais il reste l’espoir que la désintégration de l’investigation du Russiagate arrivera à de vraies conclusions à cet égard et libérera ainsi les mains des Américains qui comprennent que la Russie est tout sauf un ennemi ou un adversaire.

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

” Fou comme un renard ” Paul Robinson

AS CRAZY AS A FOX

Le martelage médiatique incessant ne laisse aucun temps ni aucun espace pour une approche plus objective de la nature de la volonté politique russe. Les USA et les enjeux du pouvoir trafiqués par les organes de renseignements de plus en plus politisés et les tactiques des Démocrates et des néo-conservateurs utilisent la presse qui leur est absolument aféodée pour cette oeuvre de propagande de haut-vol, aussi grossièrement efficace qu’a pu l’être la préparation médiatique de l’intervention en Irak.

Pour le consommateur d’information, qui est l’objet de tous les soins de cette envol propagandique, les “choses sont claires”, aussi claires que la face unique qui lui est donnée à regarder si il ne fait pas l’effort d’aller au-delà de ce qu’on lui offre en pâture. L’Europe suit avec zèle comme toujours, incapable de manifester un tant soit peu d’autonomie dans ses choix politiques, les organes de presse comme ARTE, chaîne publique franco-allemande, donne du grain à moudre à une complète méconnaissance du terrain. Le “terrain” étant, en ces circonstances, à la fois l’analyse des évènements, en particulier ceux liés à l’Ukraine et à la présence de l’OTAN, et celle de la nature du pouvoir politique du Kremlin. 

Mais nous savons comme les croyances sont résistantes aux faits, comme la passion qu’elles génèrent est inébranlable, surtout lorsqu’est désigné de loin un ennemi qui fédère. Il peut être important de tenter d’aller y voir plus près. EG

Martyanov writes that the USA “still continues to reside in her bubble which insulates her from any outside voices of reason and peace” and that Putin’s speech aimed at “coercing America’s elites into, if not peace, at least into some form of sanity, given that they are currently completely detached from the geopolitical, military and economic realities of a newly emerging world ”.

Les USA “continuent de rester dans leur bulle qui les isole de toute voix extérieure de paix et de raison.” Le discours de Poutine cherchait à ” forcer l’élite américaine peut-être pas vers la paix, mais au moins vers une forme de santé mentale, étant entendu qu’elle est en ce moment complètement détachée de toute réalité géopolitique, militaire ou économique ayant trait à l’émergeance d’un monde nouveau”.

Rusé comme un renard

Aussi rusé qu’un renard venant d’être promu Professeur de Ruse à l’Université d’Oxford  (Blackladder)

Il y a des points sur lesquels j’ai tort et des points sur lesquels j’ai raison. Ce qui est triste est que pour le dernier, ce sont souvent des choses où je préfèrerais avoir tort – par exemple, quelques prédictions sinistres. Dans mon dernier article, j’ai cru proposer que les commentateurs occidentaux n’entendraient vraisemblablement pas le message que Poutine envoyait dans ses commentaires touchant le développement de l’armement russe mais au lieu de ça, l’interpréteraient comme un signe d’intention agressive. C’était une des prédictions que je préfèrerais voir fausse. Au lieu de ça, juste un jour plus tard, il semble que j’avais raison.

Comme j’étais assis avec un bol de Cap’n Crunch ce matin pour mon petit-déjeuner, je me suis retrouvé à la première page de l’Ottawa Citizen, arborant fièrement le gros titre : «  Les jeux de guerre de Poutine » et une photo d’un portrait de lui par l’artiste ukrainienne Dasha Marchenko fait avc des cartouches de balles.

putinbullets

Portrait de Poutin par Masha Darchenko

Juste au cas où certains lecteurs n’auraient pas compris que Poutine est un affreux tueur de masse et une menace pour tout ce en quoi nous croyons, deux articles s’appliquent à bien fourbir le message.

Le premier, de Shannon Gormley,  est la répétition assez peu originale de toutes les plaintes ordinaires sur les dispositifs de guerres cybernétiques russes, y compris certaines qui ont été complètement remises en question, comme «  C’est la Russie qui a vraisemblablement sponsorisé le vote du départ de l’Angleterre (Mme. Gormley n’a clairement pas lu l’annonce sur Facebook cette semaine qu’il n’avait pas été trouvé une seule preuve d’une cyberattaque   coordonnée par les Russes liée au Brexit) La Russie dit Gormley, est «  un gosse insolent et un incorrigible vaurien, qui visera certainement les élections canadiennes en 2019. (Pour quelle raison, j’ai du mal à comprendre, puisqu’il n’existe aucun parti «  pro-russe »)  et son but «  est de délégitimer les institutions démocratiques »

En bref, il n’y a rien dans cet article que vous n’ayez entendu des centaines de fois, je me concentrerai donc sur le second, qui est encore plus infamant. Le journaliste du National Post, Rédigé par Joseph Brean, il se répend sur deux pages, avec un titre sur la première qui dit : «  L’homme qui se prend pour un Tzar »  et un autre sur la seconde, «  Fou comme un renard à jeun » Bien sûr, Poutine n’a jamis exprimé le moinde d »sir d’être Tzar et n’est certainement pas fou, l’article commence donc sur de mauvaises prémisses. Mais ça empire.

Brean, comme j’avais prévu que les commentateurs allaient le faire, utilise le discours de Poutine et Poutine lui-même comme une menace pour l’Occident. Brean note que «  La menace était claire. Faites attention, ou autrement «  Poutine, selon Bearn, «  a calmement offert une vision de l’apocalypse nucléaire ». Que la Russie possède toutes ces armes dont Poutine a parlé est déjà assez gênant. Ce qui est pire est que l’homme qui en a la responsabilité semble être dément. Brean écrit que Poutine «  fait un pari risqué qui pourrait mener un moindre dictateur à sa perte ». Lui et le chef nord-Coréen Kim Jong Un.

«  ne sont peut-être pas si différents. Poutine joue au même jeu, avec juste beaucoup plus de bombes. Cela rappelle la prestation fameuse de Robin Williams à propos de la bombe atomique, dans son imitation insultaane d’un général russe imbibé de vodka : «  Nous avons beaucoup de bombes, nous ne savons pas où elles sont toutes »

Il y a une forme de racisme ordinaire à propos de La Russie ici, comme dans le commentaire de Gormley à propos des Russes «  sales gosses ». Brean continue en disant que «  Poutine a toujours paru dément », par contre «  dément comme un renard à jeun «  ne veut pas dire grand-chose. Un renard normalement est considéré comme «  rusé » ce qui est l’opposé de «  démenté. Et Bean de noter que Poutine finit toujours par l’emporter quand il parit, ce qui pourrait suggérer après tout que les «  jeux » n’est pas vraiment des «  jeux ».

Mais la logique n’a pas vraiment d’importance ici, de même que la vérité. Ce qui importe c’est d’empiler des assertions sur le démoniaque et la folie.  Après avoir annexé la Crimée, affirme Brean, Poutine pouvait «  avoir regardé dans la direction du Kazakhstan  mais il ne pouvait pas se le permettre parce qu’il ne pouvait s’offrir un conflit avec la Chine. » Mais, quand Poutine a-t-il émis le moindre intérêt pour le Kazakhstan ? Les autres péchés de Poutine comprennent les «  provocations «  militaires comme la friture des connexions de l’Armée de l’air  et la réhabilitation de Joseph Staline. Selon Brean «  Poutine a toujours encouragé le «  culte de Staline ». Comme les lecteurs réguliers de ce blog le savent j’ai souvent fait remarquer, avec de très nombreuses preuves, que cette accusation était clairement fausse.  Donc, quelles sont les preuves de Brean à l’égard de ces accusations sur Staline ?

Il apparait qu’il s’agit d’une citation d’un intellectuel ukraino-canadien Taras Kuzio, qui peut difficilement être revendiqué comme étant le plus neutre des commentateurs.

On nous dit que Poutine, « sera élu par tous les moyens » lors des prochaines élections. Brea, cite le Professeur Neil MacFarlane de l’Université d’Oxford qui dit que : «  Il est impossible à arrêter à l’intérieur parce qu’il a arrêté ceux qui pouvaient l’arrêter ». Le Professeur MacFarlane est un érudit respecté mais ici, je me dois de la questionner. Qui sont ces «  gens » qui auraient pu stopper Poutine ? Alexei Navalny, dont les électeurs sont régulièrement évalués à 2% ? Et sinon, qui d’autre  Nemtsov, Kasyanov, Kasparov ? Des alternatives difficilement crédibles en termes d’appui populaire.  Il est possible qu’Oxford ait besoin d’un nouveau Professeur plus rusé.

Poutin, nous dit est devenu, « quelque chose comme un  roi guerrier-philosophe » comme on le voit à travers le fait qu’il, «  exige que ses subalternes lisent des auteurs pro-soviets comme Vladimir Solovyov. » Quelle monstruosité ! Vladimir Solodyov ! Il est vrai qu’il y a un peu de bizarreries dans ses écrits, mais aussi beaucoup de choses qui, au regard de l’époque contemporaine, pourrit paraître très progressistes.  Peut-être Brean devrait-il lire «  La justification du bien », le livre qui circulait au Kremlin il y a quelques années, et nous dire ce qu’il a de si horrible.  Je crois qu’il aura du mal. Je n’ai aucun problème avec les gens qui critiquent la Russie, ce qui m’exaspère, c’est la façon extrême et souvent pervertie avec laquelle ils le font. Dans mon discours de Copenhague lundi, j’ai remarqué que la plupart de ce qui est écrit à l’ouest sur la Russie est «  du déchet ». Et ici, c’est ce que nous trouvons. Deux pages de pourriture nauséabonde. Si Poutine imagine qu’il va lui être possible de faire revenir ces individus à la raison en remuant le bâton devant eux, il se trompe gravement. Le problème est que la raison ne semble pas marcher non plus. Au point où nous en sommes, je commence à croire que rien n’aura d’effet, mis à part l’inévitable passage du temps. Quand l’heure viendra, tout ceci se calmera et nous regarderons en arrière sur cette époque comme sur celle où, pendant un temps, le monde est devenu fou. Je crains, par contre, qu’il ne faille attendre longtemps.

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

De quoi ne parle-t-on pas lorsqu’on évoque le ” piratage russe ” Jackson Lear

 

 

Face à la dernière attaque politique et médiatique autour du” Russiagate”, dont la Presse dominante se fait le relai avec zèle depuis si longtemps mais avec une sorte de frénésie depuis les « découvertes » de Mueller il est nécessaire de mobiliser toutes les connaissances et les possibilités de contre-analyses pour ne pas se plier à cette offensive propagandique majeure des Démocrates et surtout des organes de renseignements derrière eux. Voici la traduction de l’article paru dans The London Review of Books, “What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking » de Jackson Lear. “De qui ne parle-t-on pas quand on parle de “piratage russe” de Jackson Lear. Et plusieurs autres analyses d’auteurs, indépendants des “Presstitutes” comme les appellent Paul Craig Roberts. On peut aussi se référer utilement aux remarques d’un analyste russe après l’intervention de Trump au sommet de Davos, l’interview de Lavrov, Ministre de la politique étrangère russe,  et à celles de Paul Robinson, grand spécialiste de la Russie et de son histoire qui suit de très près dans son blog “Irrussionality” cette cabale si dangereuse pour la paix et l’équilibre mondiaux. Il est indispensable de s’ouvrir au plus large nombre de commentaires possible, on notera également ceux de ” Zero hedge” qui fait part, source Bloomberg, d’une frappe récente en Syrie des US ayant fait plus de 100 morts russes.

La détermination d’une partie des forces politiques américaines (Néoconservateurs alliés avec les Démocates) à créer le contexte d’une guerre froide nous amène à devoir “prendre” parti. Mais ce parti, dans le contexte médiatique pollué et partisan où des organes de presse comme le NYT, le WP et même l’habituellement plus subtil New Yorker pour n’en citer que quelques-uns parmi des dizaines d’autres (The Nation, Oxynews, Rachel Meadow, qui dans ce contexte a été incroyablement zélée, et même ARTE qui matraque sa russophobie avec allégresse depuis quelques semaines , sans mentionner sur les posts nord-américains supposés libéraux, la présence de plus en plus ostensible de commentaires clairement anti-russes) sont totalement impliqués dans ces manoeuvres du DMC. D’une certaine façon même sans suivre de très près les déplacements de contingent de l’otan dans les pays baltes qui ont eu lieu depuis plusieurs mois voire dans certains cas, années, on ne peut que faire le lien entre les dates de l’échec Clintonien et la montée en flèche de cette vague d’accusation, dont, on le verra, les fondements sont plus que factices, (n’oublions surtout pas ce qui a servi de ” preuve” à Colin Powel pour déclencher l’invasion de l’Irak) mais qui reposent comme toujours sur la capacité, largement cultivée, d’amnésie des masses. Après “l’axe du mal” et tout le chaos qu’il a généré, nous remontons vers l’Est, abreuvés de fallacieuses manipulations dont chaque nouvel élément contredit les précédents, négligeant les données antérieures sans que personne ne bouge, sauf quelques vigiles dont nous tentons de relayer le travail. EG

What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking “

De qui ne parle-t-on pas quand on parle de «  piratage russe »

Jackson Lears

La politique américaine a rarement présenté un spectacle aussi décourageant. Les bouffonneries répugnantes et dangereuses de Donald Trump sont suffisamment troublantes, mais les échecs de la tête du parti démocrate à tirer les conclusions de son échec de la campagne de 2016 le sont tout autant. Le challenge à Hillary Clinton par Bernie Sanders, combiné au triomphe de Donald Trump ont révélé l’ampleur de la colère populaire contre la politique comme d’habitude – le goût des réformes néolibérales en politique intérieure et l’interventionnisme en politique étrangère qui constituent le consensus à Washington. Les Néo-libéraux célèbrent l’utilité sur le marché comme le seul critère de valeur, les interventionnistes exaltent l’aventure militaire à l’étranger comme un moyen de combattre le mal de façon à sécuriser les progrès du marché global. Les deux agendas se sont montrés calamiteux pour la plupart des Américains. Beaucoup ont montré leur désaffection en 2016.  Sanders est un social-démocrate et Trump un charlatan démagogue mais leurs campagnes ont mis en évidence la répudiation du consensus washingtonien.  Pendant à peu près une semaine après les élections, les experts discutaient les capacités du parti démocrate à une stratégie de plus grande envergure. Il semblait que le Parti puisse apprendre quelque chose de la défaite de Clinton. Puis, tout a changé.

Une histoire qui avait circulé lors de la campagne sans faire grand effet a refait surface : elle impliquait l’accusation d’opérateurs russes ayant piraté les serveurs du Comité du Parti démocratique  et révélé des emails embarrassants qui auraient compromis les chances  de Hillary Clinton. Avec une vitesse étonnante, une nouvelle orthodoxie centriste-libérale a vu le jour, enveloppant les médias principaux et l’établissement bipartisan de Washington.  Cette religion séculière a attiré des hordes de convertis lors de la première année de la présidence de Trump.   A travers sa capacité à exclure les dissidents, elle ne ressemble à aucune autre formation d’opinion de masse de toute ma vie adulte, bien qu’elle rappelle quelques souvenirs sombres de mon enfance, ceux de l’hystérie anti-communiste des années 50.  La pièce centrale de la foi, basée sur les accusations de piratage, est la croyance que Vladimir Poutine a orchestré une attaque sur la démocratie américaine en ordonnant à ses mignons d’intervenir dans les élections au nom de Trump. L’histoire est devenue évangile  avec une rapidité et une totalité à couper le souffle. Les dubitatifs sont perçus comme des hérétiques et comme des laudateurs de Trump et de Poutine, les jumeaux immondes et les co-conspirateurs derrière cette attaque contre la démocratie.  La responsabilité pour l’absence de débat repose en grande partie dans les diffusions des médias essentiels. Leur point de vue sans critique et la répétition sans fin de l’histoire du piratage russe en a fait semble-t-il un fait accompli dans l’esprit du public. Il est difficile d’estimer l’importance de la croyance populaire en cette nouvelle orthodoxie mais cela ne semble pas n’être qu’un credo chez les occupants de Washington. Si vous questionnez ce récit dans une conversation ordinaire, vous courez le risque de provoquer des regards déroutés ou de l’hostilité ouverte – même chez d’anciens amis. Tout ceci a été étrange et troublant pour moi, par moment certains fantasmes de la pop-culture sont venus à l’esprit, les déterreurs de cadavre et les buveurs de Kool-aid viennent à l’esprit.

Comme toute orthodoxie digne de ce nom, la religion du piratage russe ne dépend pas de preuves mais de déclarations faites ex-cathedra de la part des institutions faisant autorité et de leurs suzerains. Ses fondements écrits sont une «  déclaration » confuse et largement dénuée de faits produite en janvier dernier par un petit nombre d’analystes triés sur le volet – comme James Clapper, le directeur de la National Intelligence, les décrit, de la CIA, du FBI et de la NSA.  Les déclarations des derniers ne furent faites qu’avec une «  confiance modérée ». Le label «  Intelligence Community Assessment » produit une fausse impression d’unanimité, étant donné que seulement trois parmi les seize agences de renseignements ont contribué à ce rapport. Et bien sûr, la déclaration elle-même contenait cette aveu crucial : «  Les jugements ne sont pas prononcés afin d’impliquer que nous avons les preuves pouvant démontrer des faits. Les déclarations sont fondées sur des informations collectées, qui sont souvent incomplètes et fragmentaires, tout comme la logique, l’argumentation et les précédents » Et pourtant cette déclaration est passée dans l’imaginaire médiatique comme des faits irréfutables, autorisant les journalistes à affirmer ce qui se doit encore d’être prouvé. Se faisant ils servent de porte-paroles  aux agences de renseignement ou du moins à ces analystes «  triés sur le volet ».

Ce n’est pas la première fois que des agences de renseignement jouent un tel rôle. Lorsque j’entends l’ Intelligence Community Assessment cité comme une source fiable, me revient toujours en mémoire le rôle joué par le New York Times dans la légitimation du rapport de la CIA sur la menace de possession d’armes de destruction massive  par Saddam Hussein, sans évoquer la longue histoire de la désinformation ( appelons cela les fake news, les fausses nouvelles)  comme tactique pour faire avancer une administration ou un agenda politique. Une fois de plus, la presse établie légitime les déclarations faites par les Pères de l’Eglise de la sécurité nationale. Clapper en est un des plus vigoureux. Il s’est parjuré devant le Congrès en 2013, quand il a nié que la NSA avait « sciemment » espionné les Américains   – un mensonge pour lequel il n’a jamais été tenu de rendre des comptes. En mai 2017, il a dit à Chuck Todd, de la NBC que les Russes s’étaient très vraisemblablement impliqués dans la campagne de Trump parce qu’ « ils sont presque génétiquement amenés à s’impliquer, à pénétrer, à gagner les faveurs, n’importe, ce qui est une technique typiquement russe. » L’orthodoxie actuelle exempte les Pères de l’église des standards imposés aux gens ordinaires et condamne les Russes – et par-dessus tout Poutine- à n’être uniquement, «  presque génétiquement » diaboliques.

Il m’est difficile de comprendre comment le Parti démocrate, qui a été parfois sceptique à l’égard des Agences de renseignement, puisse maintenant adopter la CIA et le FBI comme des sources de vérité indiscutable. Une des explications possibles est que l’élection de Trump a créé un état d’urgence permanent dans l’imagination libérale, basée sur la croyance que la menace qu’il pose est unique et sans préc »dent. C’est vrai que la menace  de Trump est viscéralement réelle. Mais les menaces posées par George W. Bush ou Dick Cheney- qui ont ravagé le Moyen –Orient étaient tout autant réelles. Les dégâts occasionnés par Bush et Cheney- qui ont ravagé le Moyen Orient, légitimé la torture, et étendu un pouvoir exécutif inconstitutionnel- n’avait eu aucun précédent et était probablement permanente. Trump pose une menace sans précédent pour les immigrants sans papiers et les voyageurs musulmans dont la protection est urgente et nécessaire. Mais sur de nombreuses autres questions, il est un républicain standard.   Il est parfaitement à l’aise avec l’agenda d’austérité de Paul Ryan, qui implique d’énormes transferts de richesse vers les Américains les plus privilégiés.  Il est aussi impliqué que tout autre Républicain dans l’annulation de l’Affordable Care Act d’Obama. Lors de sa campagne, il s’est posé comme un apostat du commerce dérégulé et un opposant   aux interventions militaires à l’étranger mais maintenant qu’il est en place, ses vues sur la dérégulation commerciale basculent d’une façon imprévisible et son équipe de politique étrangère est composée de généraux avec des références interventionnistes impeccables.

Trump, engagé à continuer le financement considérable du déjà démesuré Département de la défense initié par ses prédécesseurs et sa Forteresse America est une version fanfaronne, indisciplinée de la «  nation indispensable » de Madeleine Albright. Tous deux, assument que les Etats unis devraient être capables de faire comme bon leur semble dans l’arène internationale : Trump parce que c’est le plus grand pays du monde, Albright parce qu’il s’agit d’une force exceptionnelle pour le bien commun. Il n’y a non plus rien de nouveau dans le désir de détente de Trump avec la Russie, qui au moins jusqu’en 2012 était la position officielle du Parti démocrate. Ce qui est sans précédent à propos de Trump est son style offensif : méprisant, brutal, illogique, et cependant parfaitement accordé à la colère et à l’anxiété de l’audience qu’il cible. Sesexcès ont laissé libre court au racisme et à la fière misogynie parmi ses supporters. Ceci est une cause de dénonciation, mais je ne suis pas pour autant persuadé que cela justifie cette crise anti-russe.

Parallèlement au caractère supposé exceptionnel de Trump, existent deux autres hypothèses derrière la fureur de Washington : la première est que le piratage russe s’est bel et bien produit, et la seconde que les Russes sont nos ennemis implacables. La seconde fournit la charge émotionnelle pour la première.  Les deux me paraissent problématiques. En ce qui concerne la première, les charges touchant le piratage ne sont pas prouvées et il est probable qu’elles le restent.  Edward Snowden et quelques autres familiers de la NSA disent que si un piratage longue distance s’était produit, l’agence l’aurait repéré et aurait pu détailler son existence sans compromettre ses sources secrètes ni ses méthodes. En septembre, Snowden a dit au Spiegel que la NSA «  sait certainement parfaitement bien qui est l’envahisseur ». Et, cependant «  elle n’a présenté aucune preuve, bien que je suspecte qu’elles existent. La question est : Pourquoi pas ? Je suspecte qu’il y a eu d’autres attaquants du système découverts, peut-être y avait-il six ou sept groupes à l’œuvre. » La capacité de la NSA à suivre le piratage jusqu’à sa source est une affaire de notoriété publique. Quand l’agence a investigué un piratage chinois omniprésent et efficace dans l’armée et les installations de l’industrie de la défense, elle avait été capble de suivre les hackeurs jusqu’au bâtiment d’où ils originaieent, une local de l’Armée de libération du peuple à Shangaï. Cette information fût publiée dans le New York Times mais, cette fois, l’échec de la NSA à fournir des preuves que les services screts russes avaient tenté le piratage de l’Etat US et le systéme d’élection, les affirmations non documentées de l’agence sur l’origine russe du piratage sont restées des faits étonnement non contestés et ont vite été traités comme tels dans les médias.

Cette information a été publiée dans le NYT mais, cette fois, l’échec de la NSA l’a été également.

Pendant ce temps, il y eu un déchaînement d’accusations auxiliaires, dont des charges plus vagues et plus larges de collusion de Trump avec le Kremlin. Il demeure envisageable que Robert Mueller, un ancien directeur du FBI qui a été engagé afin de vérifier ces accusations, ait pu rassembler des preuves incontestables de contacts entre les gens de Trump et diffrents russes. Il serait surprenant qu’un procureur expérimenté désigné pour effectuer un coup de filet revienne les mains vides et les arrestations  ont déjà commencé. Mais ce qui est frappant à leur égard est le fait que les charges n’ont rien à voir avec les interférences russes dans les élections. Il y a eu beaucoup de discours sur le fait que les accusés pourraient fournir des preuves confondantes contre Trump en échange de peines plus légères, mais ce ne sont que de simples spéculations. Paul Manafort, à un moment chef de campagne de Trump, a plaidé non coupable des charges selon lesquelles il aurait manqué à rendre publiques les relations de sa firme en tant qu’agent du gouvernement ukrainien et détourné ses millions de dollars de frais. Mais ceci s’est produit avant la campagne de 2016. Georges Papadopoulous, un conseiller en politique étrangère, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI à propos de ses efforts vains pour organiser une rencontre entre les gens de Trump et le gouvernement russe. – une opportunité que la campagne de Trump a déclinée. La plus récente interpellation de Mueller, Mickael Flynn,  l’Islamophobe désaquilibré qui a brièvement servi à Trump de conseiller en sécurité nationale, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI sur une rencontre avec l’ambassadeur russe en Décembre, quelques semaines après l’élection. Cette sorte de diplomacy d’arrière plan se produit régulièremet pendant les interims entre deux administrations. Il n’y a pas pour autant de signe de collusion.

Jusqu’ici, après des mois de «  bombes » qui se sont avérées être des pets, il n’existe toujours aucune preuve de l’interférence du Kremlin dans les élections américaines. Pendant ce temps,  de sérieux doutes ont émergés quant aux bases techniques de ces plaintes de piratage. Des observateurs indépendants ont argumenté qu’il était plus envisageable que les emails aient fui de l’intérieur et n’aient pas été piratés de l’extérieur. Dans cette optique, l’analyse la plus plausible a été faite par un groupe nommé Veteran Intelligence Professionals for Sanity, d’anciens employés des agences de services secrets US, qui se sont distingués en déboulonnant la plainte de Collin Powel concernant les armes de destruction massive possédées par Saddam Hussain, quelques heures après que Powell ait présent ses soi-disant preuves aux Nations unies. (Certains membres du VIPS ne se sont pas ralliés aux conclusions de ce rapport mais leurs arguments ont été à leur tour contestés par ses auteurs.) Les découvertes du VIPS n’ont reçu aucune attention de la part de la presse, sauf de Fox News – ce qui pour certains membres du centre-gauche  est pire que pas d’attention du tout. Les médias mainstream ont présenté le rapport comme le fruit de conspirationnistes (apparemment, le piratage russe ne compte pas comme tel).  La question cruciale, ici et ailleurs est l’exclusion du débat public de TOUTE perspective critique sur le discours orthodoxe, même dans la perspective de personnes avec de solides acquis professionnels et ayant déjà sérieusement faits leurs preuves.

A la fois l’histoire du piratage du DNC  et celle impliquant les emails de John Podesta, un conseiller de  campagne de H. Clinton, désignent un groupe obscur de pirates soi-disant  russes désignés sous le nom de «  Fancy Bear » – également connu chez les amateurs de technique comme APT28. Le nom de Fancy Bear a été introduit par  Dimitri Alperovitch, le responsable technique de la firme de cybersécurité Crowdstike. Alperovitch est aussi un membre de l’Atlantic Council, un think tank anti-russe de Washington embauché par le DNC afin de mener une enquête sur le détournement de leurs emails. Dans son rapport, Crowdstrike ne met en avant pratiquement aucune preuve de son affirmation de la responsabilité des Russes, encore moins de leur affiliation avec les services serets russes. Et pourtant, à partir de ce moment, la présomption qu’il s’agissait d’un cyber opération russe n’a pas été questionnée. Quand le FBI est entré en scène, le Bureau n’a pas demandé ou s’est vu refuser l’accès aux serveurs  du DNC, il dépendait donc complètement des analyses de Crowdstrike.  Pendant ce temps, Crowdstrike était forcé de retirer une autre plainte, où les Russes avaient piraté avec succès les systèmes de commandement de l’artillerie ukrainienne. L’armée ukrainienne et le British International Institute for strat »gic studies ont tous deux démneti cette plainte, et Crowdstrike s’est rétrcté. Mais ses analyse du DNC ont été autorisées a être sauvegardées et à même devenir les bases de l’Intelligence Community Assessment

Le bavardage autour du piratage n’aurait jamais acquis une telle urgence si celui-ci n’avait pas accompagné la présupposition : La Russie est l’unique adversaire dangereux, avec lequel nous devrions éviter tout contact. Sans cette croyance, la rencontre de l’Avocat général Jeff Session avec les Russes en septembre 2016 n’aurait été qu’une discussion de routine entre un Sénateur et des offociels étraners. Les conversatins post-élelcetions de Flynn ave l’Ambassadeur de Russie seraient passées inaperçues. Les tentatives des copains de Trump de faire quelques affaires avec la Russie simplement un eu glauques. La rencontre à la Rrump Tower de Donald Trump Jr. avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, intrigue obscure et mélodramatique,  aurait été transformée en une comédie de l’erreur. Avec le fils du candidat s’attendant à recevoir des informations à utiliser contre Clinton mais découvrant que Veselnitskaya ne voulait parler que de la levée des sanctions et de la reprise de l’accueil des orphelins russes aux USA. Et Putin lui-m^me serait resté un simple autocrate avec lequel les démocraties pouvaient négocier sans le soutenir.

Des voix sceptiques, comme celles du VIPS, ont été noyées sous un tapage de désinformation. Des histoires évidemment fausses, comme celle du Washington Post  affirmant que les Russes avaient piraté le réseau électrique du Vermont, sont publiées puis démenties le lendemain.Parfois, comme l’histoire de l’interférence des Russes dans les élections françaises et allemandes elles ne sont pas démenties même lorsqu’elles ont été discréditées. Ces histoires ont été parfaitement déboulonnées par les services secrets français et allemands  mais continue de planer, empoisonnant l’atmosphère, rendant le débat confus. La plainte selon laquelle les Russes avinent piraté les systèmes de vote locaux et fédéraux aux USA a été réfutée par lesreprésentants officiles de la Californie  et du Visconsin mais leurs commentaires n’ont généré quun simple murmure comparé aus grondements de l’histoire originale. La précipitation pour publier sans une attention suffisante à la véracité est devenue la nouvelle norme du journalisme. La rétractation ou a correction sont presque hors de propos, la fausse accusation a fait son travail.

La conséquence en est un sentiment de confusion qui enveloppe tout. Un nihilisme épistémologique plane mais certaines personnes et certaines institutions en retirent le pouvoir plus grand que d’autres de définir ce qui constitue une réalité consensuelle. Dire ceci est courir le risque  de se voir licencié comme le dernier des cinglés dans le lexique du Washington contemporain : la théorie conspirationniste. Pourtant les faits demeurent,  parfois des individus puissants s’arrangent pour promouvoir des idées qui bénéficint à leurs intérêts communs. Que nous appelions cela l’hégémonie, la conspiration, ou simplement les privilèges n’a pas vraiment d’importance. Ce qui a de l’importance, c’est d’avoir le pouvoir de créer ce que Gramsci nommait «  le sens commun » d’une société entière.  Même si la plupart des membres de cette société sont indifférents ou suspicieux à ce sens commun officiel, il n’en est pas moins incrusté dans les assomptions tacites qui tracent les frontières de « l’opinion responsable ». L’establishment démocratique donc, (avec quelques éléments Républicains) et les médias les plus importants ont transformé l’ «  interférence russe » en une partie du sens commun du moment. Quelle sorte de travail culturel ce sens commun effectue-t-il ? Quelles sont les conséquences du spectacle que les médias intitulent, avec une originalité caractéristique,  le « Russiagate » ?

La toute première conséquence est qu’en trouvant des démons étrangers à blâmer pour l’ascension de Trump, les dirigeants démocrates ont déplacé le blâme de leur défaite  loin de leur propre politique sans questionner la moindre de leurs assomptions principales. Parmi le rejet général de Trump, ils peuvent se proclamer dissidents, la «  résistance » était le label que les Clintoniens se sont appropriés quelques jours après l’élection. Les Démocrates majoritaires ont commencé à utiliser le terme de «  progressiste » à appliquer à une plate forme qui ne prétend à rien d’autre qu’à préserver Obamacare, , s’agitant en direction d’une plus grande galité des salaires, et le protection des minorités. Cet agenda est timide. Il n’a rien à dire sur la mise en cause de l’influence concentrée du capital sur la politique, la réduction du budget en expansion de la défense, ou le retrait des engagements systématiques dans la politique étrangère et pourtant sans ces initiatives, même la plus ténue des politiques égalitaires fait face à des obstacles insurmontables. De plus nombreuses et authentiques insurrections sont en route, qui affrontent le pouvoir corporatiste et connectent la politique intérieure avec la politique étrangère mais elles font face à une bataille ardue contre l’argent ancré et le pouvoir des dirigeants démocrates – comme Chuck Schumer, Nancy Pelosi, les Clinton et le DNC. Le Russiagae a permis à l’élite démocrate de promouvoir l’unité du parti  contre Trump-Poutine, pendant que le DMC faisait la purge des supporters de Sanders.

Pour le DNC, le grande qualité de l’histoire du piratage russe est qu’elle concentre l’attention ailleurs que sur ce qui était vraiment dans les emails. Les documents ont révélé une organisation profondément corrompue, dont la façade d’impartialité n’était qu’une imposture. Même le tout à fait fidèlement pro-Clinton Washington Post a admis  que «  beaucoup des plus emails les plus comprmettants suggèrent que le Comité essayait activement de compromettre la campagne présidntielle de Bernie Sanders »’ Des preuves de collusions supplémentaires entre la machine clintonnienne et le DNC ont fait surface récemment dans un essai de Donna Brazile, qui a été secrétaire par intérim du DNC après que Debbie Wasserman Schultz ait démissionné dans l’après-coup des révélations. Brazile décrit un accord daté du 26 août 2015, qui spécifie :

Qu’en échange de la levée de fonds et de mener des invstigations au sein du DNC, Hillary  contrôlerait les finances du parti, les stratégies et tous les fonds obtenus. Sa campagne a le droit de refuser le choix de la nomination du Directeur de la communication du parti  et elle aura le dernier mot sur tout le reste. Le DNC était également sollicité pour la consulter sur la campagne à propos de tout ce qui conerne les autres domaines, budgets, données, analyses et mailings.

Avant même que les primaires aient commencées, le supposé neutre DNC – qui a été proche de l’insolvabilité – avait été acheté par la campagne Clinton.

Une autre révélation récente du DNC concerne les origines de l’enquête dsur les liens supposés de Trump avec Poutine. L’histoire a commencé en Avril 2016, quand le DNC a embauché une firme d’enquête de Washington nommée  Fusion GPS afin de’extraire tous les éléments de connexions entre Trump et la Russie. Le contrat impliquait le paiement de «  liquide pour les ordures » comme aimait à l’appeler la campagne Clinton. Fusion GPS  a finalement produit des ordures, un compte-rendu choquant rédigé par un ancien agent de  British M16 Intelligence Christopher Steele, basé sur des on-dit achetés auprès de sources anonymes russes. Au sein des prostituées et des urinoirs une histoire a émergé : le gouvernement russe avait fait chanter et soudoyer Donald Trump depuis des années, dans l’assomption qu’il deviendrait Président un jour et servirait les intérêts du Kremlin. Dans ce conte fantastique, Poutine devient un comploteur omniscient prodigieusement doué.  Comme toutes les accusations de collusion, celle-ci est devenue elle aussi plus vague avec le temps, ajoutant à l’atmosphère glauque sans pour autant ajouter aucune preuve. La campagne Clinton a tenté de convaincre les médias de l’establishment de publier le dossier Steele, mais avec une circonspection peu caractéristique, ils ont décliné la promotion de ce qui était tout simplement du déchet politique plutôt qu’un rapport fiable. Cependant le FBI a apparemment pris le dossier Steele suffisamment au sérieux pour en inclure un résumé dans l’appendice secret à l’Intelligence Community Assessment. Deux semaines avant l’inauguration, James Comey, le directeur du FBI, décrivait le dossier à Trump. Après que le briefing de Comey ait été communiqué frauduleusement à la presse, le site web Buzzfeed l’a publié en entier, produisant hilarité et hystérie au sein de la nomenclature washingtonienne.

Le dossier Steel occupe un royaume obscur où l’idéologie et les enseignements, la désinformation et les révélations se recouvrent. C’est l’antichambre d’un système plus vaste de nihilisme épistémologique créé par différentes factions rivales des services de renseignement : l’ « arbre de fumée » qui, pour le romancier  Denis Johnson, symbolisait les opérations de la CIA au Vietnam. J’ai inhalé cette fumée moi-même en 1969, 1070, quand j’étais cryptographe d’une opération de déblayage top secrète sur un nvire de l’Armée US qui ptransportait des missiles équipés de têtes nucléaires – dont l’existence même était niée par la Marine. J’ai été dégagé de cete opération et plus tard honorablement congédié quand j’ai refusé de rejoindre le Sealed Authenticator System, qui aurait autorisé le lancement de ces missiles nucléaires  soi-disant non existants. L’arbre de fumée est simplement devenu plus complexe et plus insaisissable  depuis lors. Pourtant le Parti démocrate s’est maintenant embarqué dans une réhabilitation tous azimuts de la communauté des services de renseignements- ou du moins d’une partie d’entre elle, celle qui supporte l’idée du piratage russe. (Nous pouvons être certains qu’il existe des désaccords entre eux) Et ce n’est pas uniquement l’establishment démocratique qui embrasse l’Etat profond. Une partie de la base, croyant que Trump et Poutine sont étroitement liés, croit devoir fulminer contre la « trahison » comme une nouvelle John Birch Society.

J’ai songé à cette ironie en visitant l’exposition «  L’âme d’une nation : l’art à l’âge du Black Power » à la Tate gallery, qui exhibe les travaux d’artistes noir-Américians pendant les années 1960.1970, quand les agences de renseignement, (et les agents provocateurs)  organisaient une répression gouvernementale contre les militants noirs, les résistants à la conscription, les déserteurs et le pacifistes. Parmi les toiles, les collages et les assemblages, il n’y avait qu’un sei=ul drapeu confédéé, accompagné par l’horrible rappel du passé de Jim Crow – Un homme du Klan dans tout son attirail, un corps noir se balançant dans un arbre. Il y avait aussi au moins une demi-douzaine de drapeau US, juxtaposés en entier ou en partie à des images de l’oppression raciale contemporaine qui pourrait se passer n’importe où aen Amérique : des hommes noirs transportés morts sur des brancards par des squelettes en uniformes de police, un prisonnier noir attaché à une chaise, attendant d’être torturé. Le point était de mettre en évidence le contraste entre «  le pays des libertés »  et les pratiques de l’état sécuritaire et des forces de police locales. Les artistes noirs  de cette époque connaissaient leur ennemi : les noirs n’étaient pas tués ou emprisonnés par un nébuleux ennemi étranger mais par le FBI, la CIA et la police.

La Parti démocrate a développé une nouvelle vision du monde, un partenariat plus ambitieux entre les humanitaires interventionnistes libéraux et les militaristes conservateurs qui existait déjà sous le prudent Obama. Ceci sera peut-être la conséquence la plus désastreuse pour le Parti démocrate de la nouvelle politique orthodoxe anti-russe : la perte de l’opportunit de formuler une politique étrangère plus humaine et plus cohérente. L’obsession de Poutine a effacé la possbilité de la complexité de la reprsentation du monde par les Démocrates, créant un vide rapidement rempli parlesfantaisies monochromes d’Hillary Clinton et de ses alliés exceptionnalistes. Pur des gens comme Max Boot et Robert Kagan, la guerre est un état désirable pour les affaires, spécialement quand ils la regardent derrière leur claviers et que le reste du monde – à part les vilains garçons-  est rempli de populations qui veulent construie des sociétés comme la nôtre : pluralistes, démocratiques et ouvertes aux affaires. Il existe une souffrance terrible dans le monde, les USA ont des ressources abondantes pour l’aider à se réduire, l’impératif moral est clair. Il existe un nombre infini d’engagement internationaux qui n’impliquent pas une intervention militaire. Mais le chemin pris par la politique US  assez souvent pour qu’on puisse soupçonner la réthorique humanitaire de n’être rien d’autre qu’une façade pour une géopoltique plus banale – une qui définit l’intérêt national comme global et virtuellement sans limite. * (article du sociologue russe) Ayant vécu la guerre du Vietnam, une conséquence calamiteuse de ce qui définissait l’intérêt national, j’ai toujours été attiré par une critique réaliste du globalisme. Réalisme est un label pour toujurs terni par son association à Henri Kissinger, qui a utilisé comme une rationalisation de l’intervention ouvertement et sous couvert de l’intervention dans les affaires d’autres nations. Cependant il existe une tradition réaliste plus humaine, celle de George Kennan et de William Fulbright, qui pointent les liites de la toute-puissance militaire, précisant que les grands pouvoirs impliquent de grandes restrictions. Cette tradition met au défi la doctrine du changement de régime sous le déguisement de la promotion de la démocratie qui, – en dépit des échecs abyssaux en Irak et en Libye – gardent une incroyable légitimité à Washington. – Le Russiagate en a étendu la durée de conservation.

On peut jauger de l’impact corrosif de la fixation démocrate sur la Russie en demandant de quoi peuvent-ils bien parler quand ils neparlent pas du piratage russe. Tout d’abord, ils n’évoquent pas les interférences d’un autre type dans l‘élection, comme les tentatives nombreuses du Parti républicains pour priver du droit électoral les électeurs issus des minorités. Ils n’évoquent pas non plus les milliards de dollars du budget de la défense qui ont compromis la possibilité de recevoir des soins et d’autres mesures sociales urgemment nécessaires, ni la modernisation de l’arsenal nucléaire américain qu’a commencé Obama et le plan de Trump de l’accélérer, qui soulèv le risque d’une catastrophe environnementale ultime : une guerre nucléaire. Une menace rendue plus sérieuse qu’elle ne l’a été depuis des années de disscours combatifs à l’égard de la Russie.

La perspective de pouvoir entamer la procédure d’ « impeachment » de Trump et de l’esclure du bureau en l’accusant de collusion avec la Russie a créé une atmosphère d’anticipation presque vertigineuse parmi les leaders démocrates, les autorisant à oublier que le reste du Parti républicain est composé de nombreux politiciens beaucoup plus habiles aux stratégies washingtonnienne que ne le sera jamais leur Président.

Ce n’est pas le Parti démocrate qui mène la recheche d’alternatives au désastre créé par la politique dues Républicains : un plan d’imposition qui va inonder les riches et essorer les pauvres et la classe moyenne, une poursuite de la politique d’extraction des énergies fossiles insouciante * (Forbes sur la politique d’extraction du gaz naturel sous Obama) qui a déjà conduit à la contamination de l’eau dans le Dakota et le soutien continu des politiques de répression, de même que le soutien aux polittiues de répression policière et d’incarcération de masse. C’est la population locale qui est sous la menace des fuites de pétrole ou des matracages de la police, et c’est là que le Populisme survit.

Une multitude de groupes d’insurgés a commencé à utiliser les attaques contre Trump omme un levier pour faire bouger le Parti dans une direction égalitaire : Black Lives Matter, Democratic Socialists of America, tout comme une quantité d’organisations locales et régionales. Ils reconnaissent qu’il exsite des questions autrement plus urgentes – et authentiques – de s’opposer à Trump que de vagues allégations de collusion avec la Russie. Ils posent un défi tardif aux arnaques du néo-libéralisme, et à l’arrogance technocratique qui a conduit à la défaite de Clinton dans les états industriels américains. Reconnaissant que l’actuel gouvernement n’amènera pas de changements significatifs, ils cherchent à se financer en dehors du DNC. C’est la véritable résistance, contrairement à ‘#theresistance’.

Sur certaines questions, comme le développement de la protection santé, l’augmentation du salaire minimum ou la protection des immigrés sans papiers contre les plus flagrantes formes d’exploitation – ces insurgés obtiennent un large appui. Des candidats comme Paula Jean Swearengin, la fille d’un mineur de la Virginie qui se présente au primaires démocrates pour la nomination au Sénat, défient l’establishment démocrate qui se tient côte à côte avec les Républicains au service du grand capital. L’opposant de Swearengin, Joe Manchin que le Los Angleles Times a comparé à Doug Jones, un autre Démocrate «  très conservateur » qui a récemment gagné les élections au Sénat en Alabama, battant de très peu un Républicain, disagracié par des accusations de harcèlement sexuel avec des adolescentes de quatorze ans. Je me sens soulégé par ce résultat sans jondre l’extase collective démocrate, qui révèle l’investissement presistant du parti dans la politique comme d’habitude. Les leaders démocrates se sont convaincus (ainsi que la pupart de leur base) que tout ce dont a besoin la république est de la restauration du staut antérieur à Trump. Ils demeurent oublieux de l’impatience populaire à l’égard des formules familières. Jess King une femme mennonite, MBA de l’Université de Bard et fondatrice d’une association locale bénévole qui est en lice pour le Congrès comme Démocrate à Lancaster Pennsylvanie – le décrit dans ces termes : «  Nous observons un paysage politique qui change en ce moment qui n’est plus mesuré par le traditionnel droite vs gauche mais par la base vs le sommet. En Pennsylvanie et dans de nombreux autres endroits, nous voyons un populisme économique  des militants de base qui monte, se heurtant à l’establishment politique et au status quo qui ont tant échoué dans notre pays. »

Les insurgés démocrates développent aussi un populisme critique de l’hubris économique qui a sponsorisé tant de croisades qui ont échoué, extorqué des sacricices disproportionnés de la classe ouvrière et provoqué le soutien de Trump, qui s’est présenté lui-même (d’une façon fallacieuse) comme un opposant de l’interventionnisme à tout va. Sur la politique extérieure, les insurgés font face à une opposition encre plus ferme que sur la politique intérieure : un consensus bipartisan, enflammé par l’outrage de la menance contre la démocratie supsée représentée par le piratage russe. Cependant, ils est possible qu’ils aient trouvé un chemin tactique pour avancer, en se concentrant sur les charges inégales pesant sur les pauvres et sur la classe ouvrière pour la promotion et le maintien de l’empire américain.

Cette approche est celle qui anime  ” Autopsie : le Parti démocrate en crise” , un document de 33 pages dont les rédacteurs comprennent Norman Solomon, fondateur du groupe de pression insurgé RootsAction.org. «  La revendication du  Parti démocrate de combattre pour les «  familles de travailleurs »  a été compromise par son refus de s’opposer au pouvoir des multinationales, permettant à Trump de se présenter comme le champion des couches laborieuses » dit Autopsie. Mais ce qui caractérise ceci par rapport aux critiques progressives habituelles, est la connexion convaincnte entre la poltique intérieure et la politque étrangère. Pour ceux de la Rust belt, le service militaire a été souvent la seule solution pour échapper au désastre créé par la politique énéo-libérale, mais le prix pour la fuite a été élevé. Comme le note Autopsie, «  la sagesse de la guerre permanente, ce que Clinon nomme «  le pouvoir global »

  • Etait beaucoup plus clair pour les leaders du Parti (en 2016) qu’il l’était pour ceux qui portaient le poids des morts au combat, des blessures et des traumatismes. Après une dizaine d’années de guerre sans interruption, les données de la recherche sur les conduites de vote montrent que la campagne de Clinton avec saon discours belliqueux a été un repoussoir pdans les classe laborieuses, durement touchées par les pertes dues au déploiement en Irak et en Afghanistan.

Francis Shen de l’Université du Minnesota et Douglas Kriner de l’Université de Boston ont analysés les résultats des élections dans trois états-clefs, La Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan – et ont trouvé   que «  même en contrôlant sur un modème statistique alternatif, nous avons trouvé une relation significatrice et sensée entre le niveau du sacrifice militaire de la communauté et son soutien à Trump ». L’engagement sans critique de Clinton dans les interventions armées a permis à Trump de gagner sur les deux tableaux, jouant au ressentiment chauvin tout en se posant comme un adversaire des guerres sans but et insensées.  Kriner et Shen concluent que les Démocrates peuventavoir à «  réexaminer leur posture en politique étrangère  si ils veulent reconquérir l’électorat épuisé et étrangé à 15 ans de guerre » Si le mouvement insurrectionnel au sein du Parti démocrate a commencé à se formuler des critiques en faveur d’une poltique étrangère intelligente, un changement peut éventuellement se produire. Et le monde peut devenir un endroit où le pouvoir américain, comme la vertu américaine, sont limités. Pour ces mêmes Démocrates, c’est une évolution fortement désirée. C’est sur du long terme mais quelque chose se passe vraiment ici.

Jackson Lears est membre  du Conseil supérieur des universités  (Board of Governors Distinguished) Professeur d’histoire à l’Université de Rutgers..

Quelques mots sur “la crise” boursière. William Kaufman sur Face Book

A few things to remember about the stock market:
1. It’s not real–it’s a form of mass hysteria or mass psychosis.
2. Stock prices reflect a mass-hysteria impression of the worth of a piece of paper you hold–a stock certificate. The worth of that piece of paper is sometimes tethered to some economic reality of some corporation–at least partially–but sometimes not. This is a matter of caprice and crowd psychology, not necessarily economic “health.”
3. It’s a swindle–much of the movement of these equities markets originates in the decisions of large funds or high-speed traders who have access to esoteric information or trading networks that Joe Trader does not. Hence Joe Trader invariably gets screwed.
4. The MSM commentators on the markets are all industry touts. Their invariable counsel: get into the market if you’re not in already, stay in if you’re already in. A dip is a buying opportunity. A surge is a buying opportunity. A buying opportunity is that which puts a commission in their pockets. I don’t know the Latin term for the logical fallacy at work here, but I think the English translation is something like this: bullshit being slung by greedy con artists. These are people with no more conscience or expertise than the barking guy with the Australian accent on the three a.m. informercial raving about a miracle degreaser or stain remover.
5. This market, more than most, is a big fat bubble that has been artificially inflated by low interest rates–the suckers have to go into the market to get a return on their money–and Fed QE policies which have left untold trillions of “liquidity” sloshing around among the financial elites with which to play Monopoly with one another and pad their net worth by buying back shares of their own companies to inflate the stock price. This bubble is worse than any previous ones because the “air” inside it is unprecedented levels of consumer and institutional debt that will cause a deafening “pop” when some of the key players start to lose their shirts, and suddenly all the Peters start calling in the debts of all the Pauls who can’t pay.
6. We can console ourselves that this last resort of financial prestidigitation and fraud is stretched about as far as it can go. The financial elites are out of three-card monte scams to suck the wealth out of the economy. The productivist heyday of capitalism is over: no more builders of railroads, factories, skyscrapers, and highways to a better tomorrow. Just cell phones, televisions, and the endless flows of plastic consumer junk circulating on amazon and Walmart. What Baudrillard called “the mirror of production” is a prison for the planet earth and every species on it. All that is left for the bipartisan predator class is to scavenge the rest of us: no more Medicare, no more Social Security, no more public schools–if they have their way, and they probably will.
7. Pop goes the stock market, the illusion of prosperity, the whole unsustainable carbon-poison “economy,” and pop goes the planet and the human race. But look at it this way: it’s a buying opportunity.

Quelques éléments à garder à l’esprit à propos de la Bourse :

1/ Ce n’est pas réel. C’est une forme d’hystérie de masse ou de psychose de masse.

2/ Le prix d’une action reflète l’impression de cette hystérie de masse sur la valeur d’un morceau de papier que vous détenez. un certificat. La valeur de ce certificat est parfois lièe à la réalité économique d’une entreprise, au moins partiellement, et parfois non. C’est une question de psychologie collective et de caprice et non de santé économique.

3/ C’est une escroquerie. La plupart des mouvements du marché des actions s’originent dans les décisions de quelques grands fonds de pension ou de quelques traders ultra-rapides qui ont accès à des données ésotériques ou a des réseaux d’échanges boursiers auxquels Loe Trader n’a pas accès. Donc, Joe Trader est invariablement baisé.

4/ Les commentateurs de MSM sont tous des rabatteurs de l’industrie. Leur invariable conseil : allez sur le marché si vous n’y êtes pas déjà, restez-y si vous  êtes.  Une baisse est une opportunité pour acheter. Une hausse est une opportunité pour acheter. Une opportunité pour acheter est ce qui met une commission dans leur poche. Je ne connais pas le terme latin pour désigner la logique fallacieuse à l’oeuvre ici mais je crois que sa traduction anglaise pourrait donner à peu près ceci : de la merde lancée par des escrocs avides et talentueux. Ce sont des individus sans plus de conscience ou d’expertise que le type qui aboie avec un accent australien pendant la pub de trois heures du matin ventant les miracles d’un dégraissant ou d’un détachant.

5/ Ce marché, plus que beaucoup d’autres, est une grosse bulle grasse qui a été artificiellement gonflée par des taux d’intérêt très bas – les suceurs doivent rentrer dans le marché afin d’ avoir le retour de leur argent et la politique de la Fed qui a gardé secrets des trillions de “liquidités” coulant au sein de l’élite financière dont les membres  jouent  au Monopoly les uns avec les autres et recouvrent leur valeur en achetant eux-mêmes leurs actions afin de grossir leurs prix.  Cette bulle est pire que toutes les précédentes parce que l’ “air” qu’elle contient est fait d’un niveau sans précédent de dette des consommateurs et des institutions qui causera un assourdissant plop lorsque quelques payeurs clefs commenceront à y laisser leurs chemises et demanderont soudainement à tous les Pierre de se faire rembourser par les  Paul la dette qu’ils ne pourront pas rembourser.

6/ Nous pouvons nous consoler puisque ce dernier recours à la prestidigitation financière et à la fraude est allé presque aussi loin qu’il le pouvait. L’élite financière a sorti un bonneteau afin de sucer la richesse de l’économie. Les jours glorieux du capitalisme sont terminés : plus de constructeurs de trains, d’usines, de gratte-ciel, et  d’autoroutes pour un meilleur avenir. Uniquement des téléphones portables, des télévisions et le courant incessant des consommateurs de produits insalubres sur Amazon et Walmart. Ce que Baudrillard appelle “le miroir de la production” est une prison pour la planète et pour chaque espèce qui l’habite. Tout ce qui reste aux prédateurs bipartisans c’est de récupérer ce qu’il reste de nous : plus de système de protection médicale, plus de sécurité sociale, plus d’école publique – si ça marche comme ils l’entendent, et c’est probablement ce qui va se passer.

7/  La bourse fait “flop”, l’illusion de la prospérité, toute l’économie empoisonnée du carbone, la planète fait ” flop ” et la race humaine. Mais considérons cela sous cet angle : c’est l’occasion d’acheter.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

Les armées de l’Ombre : la guerre invisible mais réelle des USA en Afrique Ramzy Baroud

Shadow Armies: The Unseen, But Real US War in Africa

by RAMZY BAROUD     

 

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Photo by US Army Africa | CC BY 2.0

C’est un fait, mais largement caché, la guerre qui se déroule à travers le continent africain. Elle implique les Etats unis, une Russie qui prend de l’aplomb et une Chine qui monte. Les issues de cette guerre va vraisemblablement redéfinir  l’avenir de ce continent et les perspectives globales.

Il est facile de pointer la responsabilité de D. Trump, son agenda désordonné et ses remarques impulsives. Mais la vérité, c’est que l’actuelle expansion de l’armée américaine en Afrique n’est qu’un pas supplémentaire dans la mauvaise direction. Il fait partie d’une stratégie qui est apparue il y a une dizaine d’année, pendant l’administration du Président George W. Bush, et activement poursuivie par le Président Barack Obama.

En 2007 sous le prétexte de la «  guerre contre le terrorisme », les USA ont consolidé leurs diverses opérations en Afrique afin d’établir la «  United States Africa Command » (AFRICOM). Avec un budget de départ d’un demi-milliard de dollars, AFRICOM fut soi-disant démarré afin de créer un engagement avec les pays africains en termes de diplomatie et d’aide. Mais, au cours de dix dernières années, AFRICOM a été transformé en une commande centralisée des incursions militaires et des interventions.

Cependant, ce rôle violent s’est rapidement accentué pendant la première année de la présidence de Trump. Bien sûr, il y a une guerre cachée en Afrique et elle est menée au nom du «  contre-terrorisme ».

Selon le service d’investigation spéciale de VICE News, les troupes US mènent maintenant 3500 exercices et engagements militaires par an à travers l’Afrique, une moyenne de 10 par jour. Les médias parlent rarement  de cette guerre, accordant ainsi aux militaires un espace suffisamment large pour déstabiliser comme ils l’entendent n’importe quel pays parmi les 54 que compte ce continent.

“ Aujourd’hui, le tableau de 3500 interventions marque une croissance étonnante de 1900 % depuis le début il y a moins de dix ans, et suggère une expansion des activités militaires majeure sur le continent africain. » rapporte VICE.

A la suite du décès de quatre soldats des forces spéciales US au Niger ele 4 octobre, le Secrétaire US de la défense, James Mattis fit une déclaration menaçante au comité du Sénat : ce nombre est supposé augmenter puisque les activités militaires des US en Afrique le sont.

Mattis, comme d’autres officiels de la Défense dans les deux administrations précédentes, justifie les transgressions militaires US comme faisant partie des efforts «  anti-terroristes ». Mais une telle référence codée à servi d’alibi pur intervenir et exploiter des régions importantes avec un grand potentiel économique.

La vieille devise coloniale «  des miettes pour l’Afrique » est réinventée par les pouvoirs de la globalisation qui se représentent parfaitement l’ampleur des largesses économiques inexploitées du continent. Pendant que la Chine, les Indes et la Russie développe chacune leur approche afin de courtiser l’Afrique, les US sont investis principalement dans les actions militaires, qui promettent d’infliger des maux secrets et de déstabiliser de nombreuses nations.

Le coup d’état du Mali, en 2012, mené par le capitaine d’armée Amadou Haya Sanogo, entrainé par les USA, n’en est qu’un exemple.

Dans son discours de 2013, la Secrétaire d’état Hillary Clinton, avertissait contre «  un nouveau colonialisme en Afrique, où il est aisé de pénétrer, de prendre les ressources naturelles, de soudoyer les leaders puis de partir ». Alors que Clinton a bien sûr raison, elle faisait hypocritement référence à la Chine, pas à son propre pays.

L’influence croissante de la Chine en Afrique est évidente, et les pratiques de Beijing peuvent être injustes. Cependant, la politique de la Chine à l’égard de l’Afrique est beaucoup plus civilisée et axée sur le commerce que l’approche militarisée des USA.

La croissance des relations commerciales entre la Chine et l’Afrique, selon un rapport des News report des Nations unies, se produit à un « rythme époustouflant », comme elles passent de 10.5 milliards de dollars en 2000 à 166 milliards en 2011. Depuis lors, elles ont continué au même rythme impressionnant.

Mais cet accroissement a été couplé avec de nombreuses initiatives, y compris plusieurs milliards de dollars de crédit chinois aux pays africain afin de développer des infrastructures faisant cruellement défaut. Plus encore est allé au financement du «  Programme pour les talents africains » dont le but est de former des professionnels africains dans des secteurs variés.

Ca ne devrait donc pas être surprenant qu’en 2009,  la Chine surpasse les USA et soit le principal interlocuteur commercial de l’Afrique.

Le véritable colonialisme auquel Clinton se réfère dans son discours, est cependant en bonne voie dans la perception et le comportement des USA à l’égard de l’Afrique. Ce n’est pas une hyperbole, mais en fait un constat qui fait écho aux propres mots du Président Trump.

Lors d’un déjeuner avec neuf chefs d’états africains en septembre dernier aux Nations unies, Trump a parlé avec le même type d’état d’esprit que celui qui a inspiré les politiques coloniales occidentales depuis des siècles.

Peu après qu’il ait créé un pays du nom de Nambie, Trump s’est vanté  à propos de ses «  nombreux amis (qui vont) dans vos pays en essayant de s’enrichir ». «  Je vous félicite, a-t-il dit, ils y dépensent beaucoup d’argent ! »

Le mois suivant, Trump ajoutait le Tchad, son partenaire dévoué dans la lutte anti-terroriste à la liste des pays dont le citoyens sont interdits d’entrée aux USA.

Si l’on garde à l’esprit que l’Afrique a 22 pays à majorité musulmane, le gouvernement américain compromet toute vision diplomatique à long terme et est, au contraire, en train de s’enfoncer toujours plus dans la réponse militaire.

La poussée militaire US ne semble pas non plus faire partie d’une politique complète. Elle est aussi alarmante qu’elle est erratique, reflétant la constante dépendance des US sur les solutions militaires pour résoudre toutes sortes de problèmes, y compris des rivalités commerciales ou politiques.

Comparons ça avec la stratégie d’approche russe en Afrique. En ranimant d’anciennes camaraderies avec le continent, la Russie suit la stratégie d’engagement chinoise (ou dans son cas de réengagement), à travers des termes de développement ou de commerce favorables. Mais contrairement à la Chine, la Russie a un agenda largement ouvert qui inclut des exportations d’ares, qui remplace l’armement américain dans différentes parties du continent.

Pour Moscou, l’Afrique a un potentiel inexploité et exceptionnel comme partenaire politique qui peut appuyer la position de la Russie aux Nations unies.

Conscient de la compétition évidente, quelques chefs d’états africains travaillent maintenant afin de trouver des alliés en dehors du traditionnel cadre occidental, qui contrôle la plupart de l’Afrique depuis la fin du colonialisme traditionnel il y a plusieurs dizaines d’années.

Un exemple frappant est la visite en novembre dernier du Président du Soudan Omar al-Bashir en Russie et de sa rencontre au sommet avec le Président Vladimir Poutine.  «  Nous avons rêvé de cette visite depuis longtemps, a dit al-Bashir à Poutine, «  nous vons besoin de protection contre les actes agressifs des USA »

La « protection » convoitée comprend la promesse russe de moderniser l’armée soudanaise.

Inquiet de l’approche russe en Afrique, les US réagissent par des stratagèmes militaires et peu de diplomatie. La mini-guerre menée actuellement sur le continent poussera le continent plus avant dans les abysses de la violence et de la corruption, ce qui doit convenir parfaitement à Washington mais amènera une misère innommable à des millions de personnes.

Il est hors de question que l’Afrique ne soit plus une affaire uniquement occidentale pouvant être exploitée à merci. Mais il faudra des années avant que l’Afrique et ses 54 nations soient vraiment libérés de cet esprit colonial obstiné, enraciné dans le racisme, l’exploitation économique et les interventions militaires.

RAMZY BAROUD

Le Dr. Ramzy Baroud écrit sur le Moyen –Orient depuis plus de vingt ans. Il est un essayiste syndiqué internationalement, consultant médias, et auteur de nombreux livres, fondeur de la PalestineChronicle.com. Son dernier ouvrage «  Mon père était un combattant de la liberté : Gaza une histoire inédite, My Father Was a Freedom Fighter: Gaza’s Untold Story (Pluto Press, London). Son site web : ramzybaroud.net

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

Amérique : la grande panique du sexe William Kaufman

«  Il n’y a pour l’être au monde que dissimilitudes, disparités, rendez-vous manqués, déviations, dis-cours. La coïncidence met un terme à l’acte de penser et l’organisme se décharge, se vide. La discordance au contraire, fournit l’impulsion pour le travail de penser, pour discerner, dans la perception présente, la distance par rapport à la représentation de Das Ding absente. Lorsqu’il y a coïncidence, il n’y a donc plus de chance pour l’acte de penser. » Nestor Braunstein “La Jouissance un concept lacanien” p 34

The great American sex-panic 

2017 : Amérique, la grande panique du sexe par WILLIAM KAUFMAN

Je confesse être plus troublé que ravi par le grondement quotidien des idoles tombant pour une accusation de «  mauvaise conduite sexuelle », la fixation morbide des masses qui cachent des titillements privés, des sourires entendus et des claquements de lèvres sadiques derrière le masque public d’une réprobation solennelle.

Weinstein et Trump et Roy Moore et Bill Clinton sont de vils porcs et de pauvres types, pas de doute, j’ai toujours détesté l’arrogance des performances artistiques néo-libérales  arrogantes de Al Franken et le journalisme lèche-cul et carriériste de Glenn Thrush et de Charlie Rose, les derniers dominos à tomber sous les accusations publiques d’ avances «ou d’attouchements «  inappropriés ».

La frontière culturelle entre  tolérance et intolérance devient floue et glisse avec chaque nouvelle révélation, tout comme la litanie des péchés, présents ou passés, majeurs ou mineurs se concentre en une avalanche d’accusations indifférenciées de plus en plus graves une meute cavalante de «  Me-tooists ».  — des vagues successives de pelotages et de bisous envahissent maintenant la bande passante des chaînes d’information, nous laissant avec l’impression qu’il n’existe pas de crime contre l’humanité plus grands que le bond insollicité de la langue ou de la main d’un chien en chaleur, certains d’entre eux datant de vingt ou trente ans mais uniquement révélés lors des dernières semaines.

Soyons honnête, ces révélations «  choquantes » à propos de Franken- selon lesquelles il aurait essayé de rouler un patin à une femme une fois pendant une répétition et attrapé son sein somnolent en se moquant dans une pose ridicule ou peut-être que sa main s’est aventuré trop loin en direction du postérieur d’une femme pendant qu’il l’obligeait à se faire prendre en photo dans une foire il y a cinq ans- n’auraient suscité rien d’autre que des bâillements  il y a juste quelques semaines ou mois, dans l’ère AW, (Avant Weinstein). En fait ces deux femmes, apparemment si peu perturbées qu’elles ont pu garder ces incidents secrets pendant cinq ou six ans, n’auraient certainement pas pensé à rejoindre la procession solennelle des profanées sur les chaînes nationales si ce n’est pour l’effet de chaque cri du cœur successif dans la débandade.

Mais est-ce une avancée dans l’éthique collective quand le réservoir public des chocs et des indignations est si aisément tourneboulé et marqué par des pécadilles érotiques ? ici, bien sûr je dois faire la distinction entre un viol confirmé – un crime contre la dignité humaine toujours écoeurant  ou des menaces sous –entendues ou manifestes touchant la carrière en fonction de «  faveurs » sexuelles d’une part, et de l’autre les érutions volcaniquesbde passions érotiques impétueuses qui inévitablement laissent l’un ou les deux partenaires déconfit et embarrassé ou bien délaissé par des ouvertures inattendues ou malvenues, tactiles ou verbales.  Comme le blogueur de gauche Michael J. Smith le note : «  Tous les actes ne sont pas graves identiquement, une plaisanterie cochonne n’est pas aussi déplacée qu’un pelotage, et un pelotage n’est pas aussi grave qu’un viol. » Alors quels intérêts pour la santé mentale ou la raison dans l’irréfléchi  regroupement de mauvais glissement de la langue et d’ostensibles viols sous le même terme vaguement défini de «  mauvaise conduite sexuelle » ? Comme si il n’existait pas de différence importante entre une tape lourdaude ou une remarque déplacée lors d’une fête de bureau et un viol collectif ? Ce serait comme d’appliquer le terme de «  communiste » pour les défenseurs du système de protection médical «  single payer healthcare » et les militants pour un contrôle de l’économie entière par un seul parti centralisé—oh attendez, on a vu ça précisément, lors de l’ère Mac Carthy. Et maintenant… est-ce que cela ne commence pas à sonner comme quelque chose de familier ? Et non seulement les comportements mais aussi les mots sont tombés sous le contrôle : Dimanche Jeffrey Tambor  a rejoint le banc des accusés, sautant par-dessus bord en quittant la série acclamée d’Amazon, «  Transparent » après deux allégations de l’usage de termes lubriques  devant ses assistants et ses partenaires. La tâche de l’ostracisme s’est donc étendue des actes au simple discours.

D’une façon alarmante, le terme tartuffien de «  lubrique » a bénéficié d’une réhabilitation récente parmi les médias, rouage d’un conglomérat géant d’info-divertissement dont les subsides dépendent précisément de la dissémination de masse de la description télévisuelle de cas explicites de «  lubricité »  et de violence sexuelle que leur département des informations déplorent lorsqu’ils sont exhibé dans la vraie vie.

« Lubrique » a eu un certain retentissement lors de la campagne présidentielle quand les journalistes et les têtes pensant les stratégistes pro-Clinton montraient des signes d’horreur quotidiens aux révélations des propos grossiers et des discours de corps de garde du Donald sur Access Hollywood.  Il semble que c’ait été la première fois que ce mot ait bénéficié d’un tel écho depuis le 17ième siècle, depuis Salem et l’Angleterre victorienne. Le bataillon de l’élite anti-lubricité est certainement composé des mêmes membres de la Ivy League qui considéraient Henry Miller comme un génie, non pas en dépit de mais à cause de sa description crue du désir sexuel qui fait paraître les palabres privées de Trump ou les blagues de Tambor plutôt fades et inhibées en comparaison. ( Il n’est pas non plus improbable que ces mêmes personnes considèrent Quentin Tarentino, maître des viles obscénités du langage et de la violence comme un génie du cinéma) L’ensemble du spectacle est encore une fois comique et nauséabond.

Et il semble qu’une énorme partie du monde de l’art et de la littérature, de Pindar à Botticelli, de Shakespeare à Joyce ou à Updike va bientôt tomber également sous le couperet de la politique de la lubricité.  Disons qu’un Professeur d’Anglais à l’université, dans une unité de Transcendantalisme américain se voit assigné le travail sur un poème de Whitman «  I sing the body electric » et lise ce poème à haute voix à ses étudiants, y compris le passage suivant :

 

This is the female form,

A divine nimbus exhales from it from head to foot,

It attracts with fierce undeniable attraction,

I am drawn by its breath as if I were no more than a helpless vapor, all falls aside but myself and it,

Books, art, religion, time, the visible and solid earth, and what was expected of heaven or fear’d of hell, are now consumed,

Mad filaments, ungovernable shoots play out of it, the response likewise ungovernable,

Hair, bosom, hips, bend of legs, negligent falling hands all diffused, mine too diffused,

Ebb stung by the flow and flow stung by the ebb, love-flesh swelling and deliciously aching,

Limitless limpid jets of love hot and enormous, quivering jelly of love, white-blow and delirious juice,

Bridegroom night of love working surely and softly into the prostrate dawn,

Undulating into the willing and yielding day,

Lost in the cleave of the clasping and sweet-flesh’d day.

 

C’est la forme femelle

Un nimbe divin s’en exhale, de la tête au pied.

Elle attire

D’une attraction indéniable et sauvage

Je suis attiré par son haleine, comme si je n’étais qu’une vapeur impuissante, tout s’effondre sauf elle et moi

Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide, et ce que l’on attendait des cieux ou de la crainte de l’enfer est maintenant consumé

Des filaments déments, des pousses ingouvernables s’en déroulent, la réponse, tout pareil, ingouvernable

Cheveux, fessier, hanches, courbes des jambes, mains glissant négligemment, tout diffus, moi diffus de même

Reflux piqué par le courant, courant piqué par le reflux, la chair d’amour gonflant et délicieusement douloureuse

Des jets limpides et d’amour sans limite, brûlant et énorme, frémissant gel d’amour, jus choc de blancheur, et délirant

Nuit de noce amoureuse, travaillant sûrement et doucement vers l’aube de la prostate, ondulant dans le jour bienveillant et abandonnique

Perdu dans la fente de l’embrassement et du jour incarné *

Que se passerait-il si une étudiante devait s’effondrer de détresse au son des «Frémissant gels d’amour » puis dénoncer le professeur pour avoir imposé un langage «  lubrique » et perturbant à ses étudiants ? Serait-il trainé devant le Comité éthique ? Se trouver débouté de sa chaire ? Forcé de démissionner ? Vous trouvez cela grotesque ? Alors prenez le temps de consulter le rapport ci-dessous paru dans «  The Atlantic » sur la tendance alarmante à expurger de ses contenus potentiellement érotiques et offensants les grands canons de la littérature occidentale :

Quelque chose d’étrange est en train de se produire dans les universités nord-américaines. Un mouvement se développe, non dirigé mais conduit largement par les étudiants, qui tend à nettoyer les campus de mots et d’idées, de sujets qui puisent entraîner de l’inconfort ou blesser. En décembre,, Jeannie Suk a écrit un article en ligne pour le New Yorker à propos d’étudiants en droit demandant à ses collègues de Harvard de ne pas leur enseigner la législation sur le viol – ou dans cas, de na pas utiliser le mot «  violer » ( comme dans «  violer la loi ») au cas où cela causerait de la détresse chez les étudiants…Un grand nombre de comédiens populaires, dont Chris Rock, a cessé de se produire sur les campus des universités. Jerry Seinfeld et Bill Maher ont publiquement condamné cette hypersensibilité des étudiants, disant que beaucoup trop d’entre eux n’avaient aucun sens de l’humour.

Deux termes sont sortis rapidement de l’obscurité pour incorporer le discours commun des campus. Les Microagressions sont de petites actions ou des choix de mots qui semblent porter sur eux aucune intention maligne  mais qui sont néanmoins considérés comme porteurs d’une forme de violence.  Les avertissements de déclenchement sont des alertes que les professeurs sont supposés émettre lorsque quelque chose dans leur cours est supposé entrainer une forte réponse émotionnelle. Par exemple, quelques étudiants ont demandé un avertissement pour le travail de Chinua Achebe «  Le monde s’effondre » pour la description de violences raciales et pour celui de F. Scott Fitzgerald, «  Gadsby le magnifique »  pour sa misogynie et la description de violences domestiques, de façon à ce que les étudiants ayant été auparavant victimes de violence domestique ou raciste puisse choisir d’éviter l’étude de ces œuvres, dont ils imaginent qu’elles pourraient réveiller les traumatismes passés.

Et ce virus de censure du puritanisme américain a franchi l’Atlantique pour bloquer jusqu’à l’enseignement de Shakespeare – oui, Shakespeare – dans les universités anglaises, comme cela a été développé le mois dernier dans——, The Independent:

Les universitaires critiquent les « avertisseurs de déclenchement » après que des étudiants de l’Université de Cambridge aient été prévenus de «  sujets potentiellement perturbants » dans des pièces de Shakespeare. Les étudiants de premier cycle ont apparemment été avertis  qu’un cours sur «  Titus Andronicus » et « La comédie des erreurs » incluraient  des «  discussions sur la violence sexuelle » et «  les agressions sexuelles ». Selon The Telegraph,  les «  avertisseurs de déclenchement » ont été postés dans les «  Notes de lecture » de la Faculté de Grande Bretagne, qui est un document qui circule parmi les étudiants de l’université. Les universitaires ont exprimé des inquiétudes quant u fait que les universités tentant de protéger les jeunes adultes de certaines questions ne puisse les rendre incapable de faire face à la vie réelle après leur diplôme. Les supportères* des «  avertisseurs de déclenchement » disent qu’ils servent à aider les étudiants qui pourraient être gênés au cas où le texte leur rappelle des expériences personnelles traumatisantes.

Cependant, des critiques comme Mary Beard, Professeure de littérature classique à Cambridge dit que permettre aux étudiants d’éviter d’aborder les épisodes traumatiques de l’histoire ou de la littérature est «  fondamentalement malhonnête ». Beard avait dit auparavant : «  Il nous faut encourager nos étudiants à pouvoir faire face à ça, même quand ils trouvent qu’ils se sentent bizarres ou mis en difficulté pour des tas de bonnes raisons. » David Crilly, directeur artistique du Festival Shakespeare de Cambridge dit : «  Si un étudiant de littérature anglaise ne sait pas qu’il y a des scènes de violence dans Titus Andronicus, il ne devrait pas être dans ce cours. »

Mais les voix raisonnables de Beard ou de Crilly luttent pour une cause noble mais perdue contre les vigiles culturels du politiquement correct, vociférant après le sang de la prochaine idole ayant chuté dans l’expression dévoyée de sa sexualité, dans une réception, un bureau, un lieu de répétition ou un bar. Mais s’il nous est possible de nous éloigner de la Haute cours de l’Inquisition,  pour atteindre le pays des vivants, c’est-à-dire du mortel simplement faillible, tourmenté par le sexe qui en fait forme la race humaine – qui n’a pas vécu des instants angoissés ou comiques, comme prédateur ou comme victime ou les deux à la fois, dans les affres insensées d’un moment de désir ? Et est-ce qu’un soudain accès de convoitise ou de passion justifie pour quiconque une réprimande de masse ou un claquement de langue réprobateur ou des confessions quotidiennes compulsives et des crucifixions médiatiques publiques à l’ère du BW *, sauf pour les plus extrêmes des féministes anti-sexe comme Andréa Dworkin, qui considère toute forme de relation hétérosexuelle comme une forme de viol.  Est-ce qui quiconque à part les puritains réactionnaires penserait à supprimer ou à éviter les livres de Henry Miller ? Ou de D.H Lawrence ? ou même d’Al Goldstein ? Et pourtant même Shakespeare se trouve à l’index du politiquement correct. Au sein des contingents politico-sexuels du début de la seconde vague féministe, il y eut, c’est certain, quelques éviscérations littéraires et quelques incendies culturels mais rien de comparable avec l’actuel pêle-mêle médiatique de lectures d’actes d’accusation pour des crimes contre l’humanité nécessitant des investigations publiques, des tribunaux, des dénonciations, une dévotion discordante de l’establishment libéral aux chasseurs de tête américains démodés et aux puritains ancrés dans la tradition de leurs ancêtres de Salem et du Sud fondamentaliste.

Trahissant une impulsion fondamentalement élitiste d’organisation et de contrôle, les inquisiteurs du politiquement correct reculent instinctivement avec dégoût de la tempête sans régle de la sexualité humaine. La source du désir, le torrent de toute passion et de tout plaisir, l’origine de la vie elle-même- qui parfois assourdi, aveugle et exalte chacun de nous. Avec l’âme d’un comptable et le tempérament d’un manager professionnel, les inquisiteurs du politiquement correct cherchent à confiner  le chaos dionysien d’Eros dans le cadre des restrictions bureaucratiques  des dossiers, des étiquettes et des procédures, comme si une pulsion sexuelle ou une rencontre étaient des transactions bancaires ou des comptes rendus d’audience au tribunal. Ainsi, les néo-libéraux conduisent ce front dans leur guerre incessante contre la nature, y compris les sources déréglées de la nature elle-même : regardez ! le spectacle consternant de ces mortels exsangues et sans joie menant des batailles futiles contre le dieu Eros. Les vigiles ne peuvent gagner cette bataille, bien sûr, mais ils peuvent infliger des dommages inutiles aux réputations, aux carrières, à tout un héritage culturel en renforçant leur bréviaire avec des avertissements de déclenchement, des codes de langage, et des règles d’ordre.

Quelque chose de complétement étrange est à l’œuvre ici – une ire autoritarienne mal avisée  sur les ratés spasmodiques de la comédie humaine combinée à un effondrement primal d’une classe dominante assiégée et de plus en plus désespérée et des clignotements de son hypocrisie sexuelle bien connue. C’est une panique morale qui est, ironiquement, immorale en son cœur, répressive et sécessionniste, une orgie de politique  identitaire animée par des énergies morales mal dirigées qui nourrissent une conformité frileuse de mots et de comportements et, ce faisant, entame les facultés critiques et l’indépendance nécessaires pour provoquer le status quo que les moniteurs du politiquement correct prétendent abhorrer. En réalité, leurs discours et leurs codes de conduite génère un esprit d’enrégimentassions plutôt que de rébellion, consolidant ainsi   le pouvoir de l’élite répressive, celle qui conduit la race humaine vers un désastre social, économique et écologique.

Il ne s’agit donc pas seulement de panique morale, mais d’une bizarre inversion de valeurs dans laquelle Bill Clinton meut assassiner 500.000 enfants irakiens, jeter des millions de femmes et d’enfants pauvres dans l’assistanat et énoncer les règles globales du commerce transnational avec le NAFTA mais n’ être révoqué ou stigmatisé pour aucune de ces atrocités mais pour une pipe taillée dans son bureau, dans laquelle Hillary Clinton peut prendre la tête de la  destruction de la Libye réduisant ce pays à une bauge primitive et non seulement n‘est pas  virée ou ostracisée mais récompensée par les Démocrates avec la nomination à la présidentielle et louée par les féministes de l’entreprise comme une championne de « l’inclusivité », dans laquelle Barack Obama appuie une réforme du système de protection de la santé frauduleuse, qui laisse 27  millions de personnes sans couverture  et d’autres millions avec des primes et des déductibilités qui rendent leur «  couverture » tout sauf utilisable, tout en condamnant des dizaines de milliers d’individus à mort chaque année parce qu’ils ne peuvent se permettre des soins médicaux au bon moment, et en lâchant 13. 050 kilos de bombes pour la seule année 2016, et il n’est cependant non seulement pas honni et couvert d’abomination en tant qu’escroc mais adulé comme une icône de la gouvernance éclairée dans laquelle l’entière élite dirigeante et ses associé des médias corporatistes sont sans cesse en train de sous-estimer- ou d’à peine mentionner- la gravit » du changement climatique qui pourrait tout bonnement signer la fin de l’espèce humaine dans une centaine d’années mais qui ne suscite pas d’ombrage inspiré ou de cris d’indignation de la part de quiconque dans ce cercle élitiste ou chez leurs acolytes face à cette urgence planétaire sans précédent.

C’est pourquoi les hématomes sur les ego longtemps enterrés, fraîchement venus au monde de la foule des privilégiés politiques  éclipse les meutres de masse, les écocides sur la courbe des outrages des fauseurs d’opinion de ce pays. La même cohorte solennelle – principalement blanche et issue de la classe moyenne, nombre d’entre eux, ardents partisans de McResistance DNC (ou, dans le cas de Leean Tweeden, l’accusatrice du roulage de patin , des conservateurs qui ont voté deux fois  pour George W. Bush)— est si facilement choquée presque jusqu’à l’apoplexie sur un vilain geste de la main ou de la langue et ignore pourtant discrètement ou ouvertement se réjouit de crimes hors-pair contre l’humanité : des guerres débilitantes sans fin contre des ennemis sans nom à l’étranger, de la corruption toxique de mercenaires et l’annihilation de la démocratie, des inégalités politiques et sociales de plus en plus choquantes. (les 1% du sommet de la population possède maintenant la moitié de la richesse mondiale), et des écocides omniprésents- commis et encouragés en toute impunité par les héros culturels des brigades du politiquement correct comme les Clinton et les Obama et leurs cohortes médiatiques et dans l’ élite politico-corporatistes.

Donc oui, poursuivez les violeurs et les pédophiles et laissez les souffrir en prison. Mais vous me pardonnerez si je reste distant par rapport aux cavalcades outragées sur la langue entêtée de Franken ou même les vannes juvéniles de la fraternité* de Trump quand le monde chancèle au bord du vide. L’échelle des valeurs de l’élite libérale et les questions qui nourrissent et épuisent leur capacité à l’outrage frôlent la démence morale. Leurs «  valeurs » tant vantées nous conduisent non vers la vertu ou vers le renouveau spirituel mais vers la moralisation nauséeuse de gardiens de la maison charnelle- vers les abysses.

William Kaufman est un écrivain et un éditeur qui vit à New York City, il peut être joint à  kman484@earthlink.net.

  • Traduction personnelle du poème de Whitman «  Je chante le corps électrique »
  • Frat ; pour Fraternité, clubs attachés aux universités aux USA
  • BW : réaction de Bordet-Wasserman, test sérologique permettant de dépister la syphilis
  • Supportère(s) : choix personnel de francisation d’un substantif passé dans la langue

 

Freud, le premier anti-psychiatre Lawrence Kemelson

Traduction de l’article du Dr. Lawrence Kemelson ” Freud, le premier anti-psychiatre” paru dans la revue ” Mad In America”

Cet article semble avoir été écrit du fond d’une sorte de cellier profond, sombre, d’où tous les bruits pouvant en émaner étaient détournés depuis des années au profit des fanfares des certitudes scientistes. La lutte contre la psychanalyse et ce qu’elle nous dit est si ardente, menée avec une sorte de régularité si zélée qu’on ne peut pas ne pas se questionner sur ce qu’il en est de son message et de ce qu’il génère, par ce qu’il est, de rejet. Il va de soi que c’est l’image du pouvoir de l’homme sur lui-même qui ne peut battre en retraite, a fortiori dans un pays où le “tu veux, tu peux” et où toute la manière binaire d’envisager la vie comme un combat où on perd ou on gagne pour affirmer sa réussite visible et quantifiable, sont les maîtres mots de la culture même. Comment y introduire Freud, y réintroduire Freud, surtout quand les praticiens de sa théorie qui pouvaient sur place la défendre et la rendre convaincante se sont empressés de lui donner une tournure acceptable pour la bienpensance ambiante.

Il va de soi aussi que cet article est à cent lieux de cette même théorie, comme si, quoi qu’on en dise, la majeure partie du travail particulier de la cure et ce qu’elle a comme moteurs théorique et conceptuel ne pouvaient être en quelque sorte digérés et métaphorisés par l”’American way of life”. On se prend à rêver, devant l’ouverture d’une telle porte au coeur des trombes et des catastrophes générées par la propagande et le poids des financements de la biopsychiatrie et du cognitivisme, à un travail de fond sur la retranscription de ces mêmes concepts, une reprise en main des théories freudiennes où le passage si essentiel d’une langue à l’autre se fasse avec le souci d’y voir clair et de remettre la théorie de l’inconscient, car après tout, c’est bien de cela dont il s’agit avant tout, au centre des préoccupations, et ce, en collaboration, de part et d’autre de l’Atlantique. EG

Freud the first anti-psychiatre Mad in America

Freud  n’était pas psychiatre, il était neurologue qui a abandonné sa pratique de la médecine afin d’étudier le fonctionnement intime de l’esprit, la façon dont les sociétés se régulent et les échanges entre les deux. Il était plutôt un psychologue-sociologue-philosophe. Il vivait à l’ère victorienne quand, contrairement à aujourd’hui, la sexualité était réprimée et les femmes dévalorisées, ceci explique amplement pourquoi certaines de ses idées semblent étranges ou choquantes pour beaucoup maintenant. Mais si nous dépassons ces défauts, nous trouvons quelques concepts qui valent la peine.

Freud considérait la psychanalyse comme partie de la psychologie plutôt que de la médecine et insistait pour qu’elle ne soit pas médicalisée.  Il pensait que tout un chacun ayant les aptitudes pouvait être formé à pratiquer la psychanalyse, mais que la formation médicale diminueraient la capacité à associer librement.

Il était dédaigneux à l’égard des psychiatres : «  Dans les facultés de médecine, un docteur reçoit une formation qui est plus ou moins l’opposé de ce qui est nécessaire pour une pratique de la psychanalyse…Cela leur donne une attitude fausse et nuisible » Freud donc vit leur inauthenticité et leur dangerosité et fût le premier anti-psychiatre.

Il n’y a qu’aux USA que les psychiatres monopolisent avidement la psychanalyse contrairement aux souhaits de Freud, créant des termes obscurs comme «  superego » ( surmoi) et id ( inconscient) qu’eux seuls utilisent. Les psychiatres qui ont pathologisé publiquement le candidat à la présidentielle Goldwater en 1964 étaient si assoiffés de pouvoir, si impliqués politiquement. Des freudiens authentiques n’auraient jamais fait cela car ils croient que nous avons tous des conflits, Freud a donné à cela de la substance en expliquant logiquement les rêves, les mots d’esprits et les erreurs qui sont connus sous le nom de «  Lapsus freudiens ».

Il est souvent dit que ses théories ont été démystifiées. C’est dû au fait que l’origine génétique ou biologique des troubles émotionnels-comportementaux comme maladies du cerveau a été prouvée (comme le prophétise irrationnellement la psychiatrie moderne) plutôt que des réactions à des événements ou à des conflits inconscient-conscient trouvant leur origine dans l’enfance, comme il l’a rationnellement déduit. Mais ceci ne s’est jamais produit donc ses idées n’ont jamais été réfutées.

Comparons les deux approches : les thérapeutes freudiens n’appliquent pas d’étiquettes ostraciques ou stigmatisantes car nous luttons tous. Ils laissent les patients déterminer leurs propres buts et faire le travail actif de la thérapie puisque les associations ne peuvent être porteuses de sens et productives que si c’est le patient qui les effectue. Ils écoutent, comprennent et entre en relation profondément, patiement et respectueusement. Leurs clients réfléchissent aux raisons pour lesquelles ils agissent comme ils le font, ils explorent, expriment les probèmes qui viennent de la vie en société et apprennent à leur faire face de la façon qui leur convient. Ils utilisent leur réflexion afin d’augmenter la capacité à se soignereux-mêmes et le contrôle sur leur vie.

Mais la psychiatrie moderne se précipite d’une façon impersonnelle-jugeante, autoritaire sur des étiquettes qui classent le client comme «  malade » ou «  anormal ». Ils poussent les clients à enfouir leurs problématiques sous la surface plutôt que de les découvrir et de les envisager, leur déniant leur propre volonté puisque celles-ci sont « génétiques » et à obéir passivement. Leurs drogues taille-unique-qui-convient-à-tous rendent le patient muet, son esprit inactif et créent des éternellement dépendants et des zombies sans défense alignés pour leurs assemblées.

Donc, ces approches sont parfaitement l’opposé à tous égards : ‘L’ Anti-Freud’ est le  ‘modèle Pro-médical’. Les psychiatres Freudiens dans les années 50. 60 se sont battus contre la biopsychiatrie, ils étaient donc les prochains anti-psychiatres.  Le premier DSM ( 1952, lors du règne de Freud) ne catégorisait pas les symptômes en les transformant en maladies au nom pseudo-scientifique, mais explorait les liens causaux possibles entre les questions psychologiques et sociales.

Dans les dernières années, le but de Fred était moins de traiter «  la maladie mentale » que d’améliorer la société en augmentant la conscience et en diminuant la répression sociale ( ce qu’il fit), parce qu’il pensait que c’était la principale source de mécontentement5 Si il était encore vivant, il dirait probablement que c’est la répression émotionnelle plutôt que la répression sexuelle qui est la problème et l’attribuerait à «  la médicalisation de la vie quotidienne » de la psychiatrie, comme la nomme Szasz.6 Il accuserait le modèle médical d’empoisonner notre culture  pour nos handicaps, nos tueries, notre drogue et notre crise d’overdoses en disant : ‘ Je vous avais prévenu »

Voici comment il aurait analysé notre société «  malade » :

Le modèle médical amène les individus à réprimer leurs sentiments normaux/déplaisants/inacceptables comme la tristesse après un décès, les soucis quant à l’avenir où la colère, afin d’éviter de se faire appeler «  malade mental » si ils montrent ces sentiments. («  Avoir » une dépression, de l’anxiété, ou une personnalité bipolaire ou borderline si ils montrent les trois).

Beaucoup ayant une conscience d’eux-mêmes sont dupés et conduits à penser qu’il y a quelque chose qui e va pas chez eux (une maladie du cerveau) et dirigés vers la médicalisation de leurs problèmes et de leurs sentiments. Certains vont chez le psychiatre afin de les supprimer à l’aide de médicaments, d’autres essaient des traitements alternatifs en blâmant les toxines, les effets secondaires des médicaments, les régimes alimentaires, etc. La norme donc maintenant est devenue la répression émotionnelle et l’ignorance de soi. Cela étouffe la maîtrise des défis de l’existence. A cause de la médicalisation, le pourcentage la quantité des pensées, luttes, sentiments des individus qui sont inconscients ( ou mis sous sédation) est plus élevé que jamais. Et ceci a eu des effets désastreux.

Bien sûr beaucoup d’idées de Freud sont invalides ou ne s’appliquent plus, mais même Szasz acceptait son idée essentielle de l’inconscient et comment des questions ou des sentiments refoulés peuvent conduire à des actions ou des problèmes sans que nous en ayons conscience.7

L’antidote au modèle médical et à l’infestation de notre culture serait de réintroduire quelques-unes des théories de Freud (pas par la thérapie mais par l’éducation). Après tout, est-ce que le modèle opposé au modèle médical ne serait pas le meilleur moyen de le contrecarrer ? Combiner l’éducation avec la preuve du mensonge de la psychiatrie serait le meilleur moyen d’achever son règne. Les idées de Freud sont déjà à l’intérieur de nous, nous avons juste besoin de le ramener à la surface.

Freud est encore apprécié dans de nombreuses nations d’Europe. C’est peut-être pourquoi leur population est moins vulnérable aux vendeurs de drogues, légales ou illégales et donc pourquoi ils meurent moins fréquemment d’overdose. Alors, partenaires de Mad In America, pourquoi ne pas laisser Freud rejoindre notre équipe ? Il a de bonnes idées,  et surtout c’est lui qui a initié notre cause.

Laurence Kelmenson

Lawrence Kelmenson, MD

Lawrence Kelmenson a été psychiatre pendant 30 ans, exerçant auprès d’enfants, d’adultes et de familles. Il a fai ses études de médecine à l’Université d’état de New York, et accompli son stage en situation pour devenir psychiatre puis, ensuite chef de clinique, à l’Hopital De Craig House, à Beacon. New York, jusqu’en 2000, depuis il conduit des psychothérapies dans le domaine privé à Cold Spring, New York.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Histoires venues de l’isolement cellulaire.

On peut aussi tout de même se demander ce qu’est l’idée de peine elle-même dans une forme d’emprisonnement de ce type. Qui doit être protégé et contre quoi ? Quel est au bout du compte le bénéfice social de ce genre de choix carcéral. Il vient parfois une vision différente de l’acte anti-social, quel qu’il soit, c’est de le considérer comme une part active de la vie collective, incontournable quelle que soit la forme de justice choisie et ses modes de condamnation, une partie d’un ‘” nous” imaginaire est ainsi enfermée dans des cellules de 1.50 sur 1.80 mètres. Ce rien à produire de sa propre vie, quoi qu’on ait pu en faire avant d’être enfermé, quel message est-ce qu’il renvoie à l’ensemble de ce que nous sommes ? En quoi, meurtre monstrueux ou pas, meurtre de gardiens ou pas, le fait d’être condamné au néant existentiel et à la solitude absolue viendrait mieux assurer une forme de rédemption et pour qui ? On peut peut-être imaginer que la “punition” pourrait résider en une obligation de faire quelque chose de soi, de retrouver après la chute, les voies d’un devenir, dans l’enfermement mais aussi dans la possibilité de se créer soi-même à partir des autres et de ses propres capacités. Pour dire donc que les rapports complexes de toute société avec le crime sont dans la forme qui leur est donnée une simple façon historique de régler ce avec quoi elle doit s’instituer, le rapport à sa loi et à ses limites. L’enfermement est une voie simple, radicale mais qui mérite, surtout dans les formes extrêmes qu’il impose, de ne pas être considéré comme la seule voie évidente dans cette gestion de toute société par elle-même.EG .

Five Unforgettable Stories From Inside Solitary Confinement

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Pelican Bay SHU

Le texte suivant a été soumis par le California Prison Focus de la part de  Cesar Francisco Villa, 51ans, un prisonnier «  membre d’un gang » “gang-validated” incarcéré dans l’unité sécuritaire de la prison d’état de  Pelican Bay (State Prison’s Security Housing Unit (SHU)). Il a été maintenu en cellule d’isolement pendant onze ans dans le SHU, condamné à y  être maintenu pour une durée indéterminée, car, dit-il, il ne fait pas partie d’un gang. «  Pour être considéré comme  membre inactif d’un gang, (susceptible de libération), il faut que vous divulguiez des informations sur le gang, mais si vous n’en faites pas partie, quelles informations pouvaient vous livrer ? Aucune, écrit-il.  Le processus de validation d’appartenance à un gang (gang validation process) au cours duquel les investigations déterminent si les prisonniers sont oui ou non membres de certains gangs et les isolent indéfiniment dans le SHU a été critiqué au cours des débats de l’Assemblée de Californie, en 2011 et 2013 comme manquant d’un vision globale adéquate et d’une  procédure effective adéquate. Actuellement des milliers de prisonniers en Californie correspondent aux critères du SHU pour la validation d’appartenance à un gang et sont détenus en cellule d’isolement.

“ Chaque matin commence avec un désastre potentiel. Chaque matin commence avec la colère, juste avant l’angoisse » . Villa écrit sur la monotonie frustrante de la vie en SHU, où il a développé de l’arthrite dans la colonne vertébrale, une hépatite, des problèmes de thyroïde et de l’hypertension artérielle.  Ci-dessous un extrait de sa description puissante de la vie en SHU, à partir d’une lettre qu’il a adressé à  California Prison Focus. Pour la version complète, cliquer ici. –Sal Rodriguez

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Lorsque l’on parle des cellules d’isolement et des effets qu’elles peuvent avoir sur la psyché, il ne s’agit pas d’une simple vue de l’esprit autour de laquelle s’enrouler. Il faut du temps pour comprendre ce à quoi les détenus de Pelican Bay sont soumis.  Et comprendre cette maladie qui rampe dans les esprits des administrateurs carcéraux laisse des nœuds dans l’estomac. Rien ne peut vous préparer à entrer dans le SHU. C’est un monde en soi où le froid, le silence et le vide viennent tous s’infiltrer dans vos os puis finalement dans votre esprit.

La première semaine, je m’étais dit : Ce n’est pas si terrible, je peux le faire. La deuxième, je suis resté debout en slip, tremblant sous la grêle et la pluie. Mais la troisième, je me suis retrouvé entrain de squatter un angle de la cour, limant les murs rugueux de béton avec mes ongles.  Mon sens de la décence humaine se dissipant un peu plus chaque jour. A la fin de la première année, mes mains et mes pieds ont commencé à se couper sous l’effet du froid. Je saignais sur mes vêtements, ma nourriture, entre les draps. Les bandages n’étaient pas autorisés, ou confisqués si on les trouvait.

Mon sens de la normalité a commencé à décliner au bout de trois ans d’isolement. Je commençais alors à me demander : est-ce que je peux le faire ? Plus sûr de rien du tout.

Bien que je ne l’ai pas réalisé à l’époque, – en y pensant rétrospectivement- l’effilochage a dû commencer à ce moment-là. Mon esprit a changé – Je ne serai plus jamais le même. La capacité à avoir une seule bonne pensée m’a quitté, aussi facilement que si il s’agissait d’un simple souffle de vent tamisant des vieux os fatigués.

Il y a un glissement définitif de la personnalité quand le bien devient le mal. L’obscurité qui plane au-dessus est épaisse, lourde et suffocante. Un claquement si aigu que l’écho en est assourdissant. Un bruit si fort que vous vous attendez à trouver du sang coulant de vos oreilles pendant les moments les plus désespérés.

Le réveil est le plus traumatique. A partir du moment où vos pieds nus touchent le sol en pierre, votre visage commence à s’affaisser, vos articulations se serrent – de pâles éclats dans le terrain du petit jour. Le plus léger glissement dans le calme de l’aube peut faire tomber un individu des SHU dans un tourbillon : si l’eau du lavabo n’est pas assez chaude, si la chasse d’eau est trop bruyante, si la coupelle du savon tombe, ou une tasse… en un instant vos dents nues tremblent de rage. Votre cœur cogne contre vos côtes, se coince dans votre gorge. Vous êtes capable que tuer n’importe qui à ce moment-là. Une attaque éclair, un coup, n’importe quoi qui puisse libérer la rage.

C’est le moment de rester rigide. Respirer profondément. Essayer de vous convaincre qu’il demeure quelques grammes de bon en vous. Ce n’est pas ainsi que vous voulez qu’on vous voie. Puis une mouette crie dehors- un autre tourbillon et vous vérifiez si vos oreilles ne saignent pas.

C’est une bonne journée

Onze années se sont écoulées depuis que je suis entré au SHU en attente de la «  gang validation ». Cette année, je vais avoir 52 ans. Mes capacités cognitives ont pris un drôle de pli ces dernières années. La détérioration est palpable. Quand je suis arrivé là, j’étais attentif et si vous permettez que j’utilise cette expression, j’avais l’œil vif.

Je croyais que je pourrai battre «  cette chose » quelle qu’elle soit. Je le confesse, j’étais ignorant.

Aujourd’hui, on peut me trouver à l’entrée de ma cellule. Mes doigts enfilés dans les orifices de la porte en métal. Je suis ramolli. Un mécanisme construit avec du gros calibre. Ma tête penchée dans une brume. Mon esprit pris dans un brouillard intense de néant. Je disparais, je le sais. Et ça n’a plus d’importance. Le désespoir est un virus que cache sous ma langue comme un petit caillou, comme si la pierre brillante pouvait aider à organiser mes pensées. Je disparais,  je le sais et cela n’a plus d’importance.

Aujourd’hui, on peut me trouver sur le devant de ma cellule, mes doigts pris dans les ouvertures de la porte en métal. Je boitille. Un mécanisme de lourd enveloppement. Ma tête suspendue dans une brume. Mon esprit perdu dans un épais brouillard de néant. Je disparais, je le sais. Mais ça n’a plus d’importance. Le désespoir est un virus que je cache sous ma langue comme un caillou magique, comme si une minuscule pierre pouvait m’aider à organiser ma pensée. Trier le gazouillis des détenus sans le caillou sous la langue dans leurs cellules de grognements et leurs inondations d’ignorance.  La concentration est une création abstraite pour ceux qui n’ont qu’une moitié de cerveau si une moitié de cerveau est une terrible chose à perdre. Et quelqu’un crie derrière moi «Ne le perd pas, je ne veux pas » Mais qu’y a-t-il à perdre si  tout ce que vous êtes est un virus que personne n’est autorisé à toucher.

Drôle. Quand je pense à la validation, je me souviens les vendredis après le travail, allant chercher mon chèque- tendant le ticket de parking au comptable, et lui demandant de le valider et je pense alors, comme c’est sympa, la validation est gratuite.

Oui, c’est moi, l’ignorant. Aujourd’hui, perdant ce qui me reste de la seconde moitié de moi-même.

Si je devais imaginer une vie à l’extérieur de Pelican Bay, à l’extérieur du SHU j’aurais à imaginer un hôpital. Et entre nous, je n’aime pas les hôpitaux. Je n’aime pas la puanteur des draps désinfectés, la force de l’odeur d’ammoniaque. Les blouses qui s’ouvrent par l’arrière, Les chemises à pois et les chaussons de papier.  Les chansons malades dans les lits malades, les sangles de cuir et les masques de cuir. Les électrochocs, les piqûres et les côtes cassées.

La vérité c’est que chacun à sa façon, nous sommes tous cassés.  Nous n’avons pas été finis, pas été remontés. Une composition de craquements et de fissures où rien ne sera jamais comme avant.

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Cellule d’isolement à Alcatraz

Thomas Bartlett Whitaker est incarcéré en cellule d’isolement dans le couloir de la mort de l’Unité Polunksy à Livingstone, Texas. Il a été accusé en 2007 d’avoir embauché un gangster pour éliminer sa famille. Pendant son séjour en prison Whitaker, âgé maintenant de 36 ans a obtenu un master avec mention très bien en Anglais et en sociologie et il travaille en ce moment à l’obtention d’un master en sciences humaines. Ecrivain prolifique, Whitaker a été trois fois vainqueur du Concours de PEN Prison Writing, et a contibué au livre «  L’enfer est une place toute petite : des voix s’élèvent de l’isolement» Hell Is a Very Small Place: Voices from Solitary Confinement. Avec l’aide de personnes à l’extérieur, Whitaker a aussi ouvert un site web, «  Quelques minutes avant six heures », Minutes Before Six ( faisant référence à l’heure à laquelle les exécutions ont lieu au Texas. Là, lui et d’autres écrivains détenus ont publié leur travail. Ci-dessous un extrait d’une lettre que Xhitaker écrivit à Solitary Watch à propos de son expérience en cellule d’isolement et ce que «  Quelques minutes avant six heures » avait provoqué en lui. Julia Hettigert

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Ecrire est le seul outil disponible dans ma boîte à outil. C’est en fait ça ou le suicide, pour être tout à fait honnête.  C’est encore très étrange pour moi que certaines personnes pensent que j’ai des facilités avec l’écrit parce que je n’ai jamais été satisfait ou impressionné par quoi que ce soit que j’ai produit. Je continue à dire que je vais continuer à faire ça jusqu’à ce que quelqu’un de plus doué se présente et me libére de mon devoir. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai ouvert ce site aux écrivains d’autres juridictions. J’ai toujours voulu faire ça, mais je n’avais pas la structure pour m’appuyer. Il y a une certaine politique dans les couloirs de la mort, les prisonniers qui clament leur innocence obtiennent pratiquement toute l’aide, comme cela se doit. Ceux parmi nous qui se déclarent coupables sont majoritairement ignorés. Je n’ai jamais eu plus d’une poignée de supporters et j’ai horreur d’avoir à leur demander de passer plus de quelques minutes par semaine sur mes insanités. D’une certaine façon, étonnamment, quelques personnes au cours des années ont découvert mb6 ( minute before six) et ont compris ce que je cherchais à faire avec ce site.

J’ai construit la plateforme mais je suis content que ce soient d’autres qui la portent maintenant. Il y aura un avenir pour ce site, surtout car il est fort probable que je sois exécuté en 2017.  Je viens de remplir ma Demande de grâce ( NOA) pour le 5ième circuit, qui est certainement la pire court de tout le monde occidental à laquelle adresser une demande de  grâce si vous êtes condamné à mort. Il est difficile de dire exactement comment vont se passer les choses, mais si ce n’est pas refusé et si je prends la route de la Cour suprême au Printemps, je serai plutôt surpris.  J’espère que Mb6 survivra un certain temps. Si c’est le cas, bien, je pense que nous avons essayé de faire quelque chose de bien. Je pense qu’il contient de bonnes informations et je sais que nos écrivains ont éprouvé  une certaine légitimité grâce à leur participation. Cela leur a donné quelque chose de positif sur lequel se centrer, sans compter avec le travail de l’écriture que je crois en soi fondamentalement réhabilitant.

En ce qui concerne l’isolement, vous me demandez comment je m’en sors. Je ne suis pas sûr que je m’en sorte, pas vraiment. Cela vous change, même ceux parmi nous qui étaient introvertis longtemps avant d’arriver en ces lieux.  Il n’est pas toujours simple de voir comment cet endroit vous lamine. Parfois, vous n’en prenez pas conscience  avant d’émettre  une opinion qui ne correspond avec rien de ce que vous avez jamais dit, et vous êtes étonnés, vous regardant dans la glace, vous demandant d’où est-ce que cela peut bien venir. Bien qu’étant introverti, j’ai toujours aimé la ville. Si je voulais manger vietnamien à trois heures du matin, eh bien, j’aimais avoir le choix . Certains aspects de la ville m’intéressent toujours, mis je sais que sans aucun doute que si je devais être libéré demain, je ne pourrais pas vivre entouré de gens. J’ai été obligé de vivre compressé dans ce minuscule espace avec une quantité de dégénérés pendant de trop longues années. J’ai besoin d’espace et de calme. De silence, de réel silence. Je vis dans cette étrange tension de croire dans les gens et dans le progrès sur un plan abstrait mais au fond, de détester viscéralement de très nombreux individus dans la réalité. A chaque fois qu’un de mes voisins manque de respect à une gardienne, je me consume sans bruit à l’intérieur.  Chaque fois que l’un d’entre eux commence un concours de hurlements  avec quelqu’un, même chose. Et pourtant je pourrais me faire gazer ou battre pour chacun d’eux si une cause plus haute le demandait. Je sais que c’est étrange. Je les aime en tant qu’idée, en tant qu’individus réprimés et vaincus mais, s’il vous plait, ne me faites pas entendre une seule de leurs plaintes.

Est-ce que tout ça est sensé ? Probablement pas. Mais je sais que vous comprendriez si vous viviez là. C’est la meilleure façon de vous  décrire cet endroit : il vous tord dans ses contradictions. Je dois me traquer presque constamment afin de ne pas dire ou faire quelque chose de déshonorant. J’étais dans un sacré état quand je suis arrivé là et à bien des égards, j’ai beaucoup gagné en self-control.  Mais en même temps, je me sens usé, comme si j’avais vécu dans une tempête de sable pendant onze années, avec mon âme rongée jusqu’à n’être plus qu’un petit morceau pathétique. Ils ne vous exécutent pas en vous donnant une date, vous êtes déjà mort en fait. Les seuls qui pleurent sur leurs destins sont ceux  qui étaient trop bouchés pour rien apprendre de cet endroit. C’est en quelque sorte la partie la plus triste. Cet endroit ruine les gens, il en rend certains fous. Il en oblige certains, comme moi à plonger si profondément qu’ils ne peuvent plus jamais se frayer un chemin jusqu’à la surface. Certains deviennent sui durs que la discipline ne peut plus avoir le moindre effet sur eux.

Avez-vous déjà lu Foucault ? Il a tort quand il prétend que la discipline s’inscrit dans le corps parlé. Le Panopticon ? Certains ici riraient devant cette technologie. Je fais certaines choses en face des gardiens et je leur demande d’oser m’interrompre. Pourquoi ? Trop d’anticorps rassemblés contre la peur et le pouvoir. Ils ne peuvent pas m’inspirer la peur. J’agis éthiquement parce que je l’ai choisi, pas parce qu’ils ont des gaz et des matraques ou des extraction team. Nous sommes au-delà de leur capacité à nous blesser, dans de nombreux cas.  L’ironie est qu’ils ont construit ces lieux pour héberger des super-prédateurs qui n’existaient pas  au début mais qui ont fini par être créés par les lieux. Des personnes qui ont passé une dizaine d’années ou deux ici ne peuvent plus jamais être libérées. Ils vont récidiver, parce qu’ils ne croient plus à l’idée de la loi. A travers cette expérience, ils ont vu qu’il s’agit  d’un groupe exerçant le pouvoir sur un autre groupe et cela les fait juste rire. Une fois que vous voyez vraiment le monde comme «  bellum omnium contra omnes », vous ne vous en remettez plus vraiment. La seule chose qui m’ait permis d’éviter ce genre de conclusion est que j’ai toujours considéré le monde comme absurde pour commencer.  Trop de Camus et de Sartre dans ma jeunesse. Rien de tout ça ne semble assez sérieux pour en prendre ombrage.

Ah, je viens de relire ce que j’ai écrit,  et j’espère que vous n’êtes pas sujet à la dépression. Je ne sais pas comment j’ai pu finir comme ça. J’étais drôle avant.

La ségrégation vous transforme en rabat-joie, apparemment.

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*  « La guerre de tous contre tous » est une description que le philosophe anglais Thomas Hobbes donne de l’existence humaine dans la nature .

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“Control Unit” par Thomas Silverstein

Thomas Silverstein,  qui a été décrit comme «  l’homme le plus isolé » d’Amérique, a été maintenu dans une extrême forme d’isolement cellulaire, avec l’ordre de demeurer sans «  contact humain » pendant 28 ans. Originellement emprisonné pour un vol à mains armées à l’âge de 19 ans, Silverstein purge une peine à vie sans liberté conditionnelle pour avoir tué deux détenus ( dont il dit qu’ils menaçaient sa vie) et un gardien, il est enfermé dans les profondeurs du système carcéral d’état depuis 1983.

Dans son procès en cours contre le Bureau fédéral des prisons, Silverstein affirme que ses dizaines d’années dans un complète isolement dans une petite cellule de béton viole le bannissement constitutionnel de toute punition cruelle ou inhabituelle, ainsi que les garanties d’un procès en bonne et due forme. ( le procès, mené par la Clinique des droits civils de l’Université de Denvers est décrit en détail dans notre article “Fortresses of Solitude.”)

Pour appuyer ce procès, Silverstein, âgé maintenant de 59 ans, a rédigé une longue «déclaration » dont le propos principal est de «  décrire mon expérience pendant cette longue période d’isolement cellulaire : la nature et l’impact des conditions si dures que j’ai enduré en dépit d’une conduite sans faille pendant plus de 22 ans, ainsi que mon ignorance de ce que je puisse au minimum faire afin d’alléger cet isolement. »

Après s’être excusé «  pour les actions qui m’ont amené là » particulièrement pour le meutre du gardien Merle Clutts, Silverstein affirme qu’il a «  travaillé dur afin de devenir un autre homme ». Il poursuit, «  Je comprends que je mérite d’être puni pour mes actions, et je n’attends pas d’être libéré de prison, je veux juste passer ce qui me reste de temps à vivre paisiblement, avec d’autres hommes matures purgeant leurs peines »

La majeure partie de la déclaration de Silverstein est un compte-rendu détaillé de son expérience et de son environnement, dans une suite de ce qui constitue le plus sécurisé et le plus isolé système carcéral de toutes les prisons fédérales : la notoire Unité de contrôle de Marion, le prototype supermaximum, à l’USP d’ Atlanta, dans un sous-sol sans fenêtre, une cellule «  de poche » de 150.180 cms ( ce qui est la taille standard d’un matelas grande largeur), à Leavenworth, dans un sous-sol isolé, une cellule nommé e la «  suite Silverstein », au Range 13 de l’Unité ADX de Florence, où il pouvait entendre le bruit fait pas=r les autres prisonniers dans les cellules voisines mais n’a jamais pu les voir.  Le texte suivant est écrit par Silverstein et concerne sa vie à l’USP d’Atlanta.

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La cellule était si petite que je pouvais toucher les deux murs  simultanément. Le plafond si bas que je pouvais toucher l’ampoule. Mon lit prenait la longueur de la cellule et il n’y avait aucun autre meuble. Les murs étaient en acier et peints en blanc. J’avais l’autorisation de porter des sous-vêtements mais je n’avais droit à aucun autre vêtement. Peu de temps après mon arrivée, l’équipe technique de la prison commença le réaménagement de l’aile, ajoutant plus de barreaux et d’autres équipements de sécurité  à la cellule pendant que j‘étais à l’intérieur.

De façon à ce que je ne sois pas brûlé par des étincelles et des braises pendant qu’ils soudaient plus de barres dans la cellule, je devais rster couché sur le lit avec un drap sur la tête. Il est difficile de décrire l’horreur qu’a été ce temps de construction. Pendant qu’ils montaient de nouveaux murs autour de moi, j’avais la sensation d’être enterré vivant. C’était terrifiant. Pendant ma première année dans cette cellule de poche, j’étais complètement coupé du monde extérieur  et n’avais aucun moyen d’occuper mon temps. Je n’avais pas droit aux visites ni au téléphone, ni à la lecture, sauf la Bible. Je ne pouvais parler à personne et il n’y avait absolument tien sur quoi centrer mon attention.

Je n’étais pas seulement isolé, j’étais désorienté dans cette cellule de poche. C’était exacerbé parce que je n’étais pas autorisé à avoir de montre ni d’horloge. En addition, la lumière brillante, artificielle demeurait allumée continuellement dans la cellule, augmentant la désorientation et rendant difficile le sommeil. Non seulement cette lumière est constamment allumée mais elle bourdonne sans arrêt. Le bourdonnement me rendait fou, d’autant plus que souvent il n’y avait aucun autre bruit autour. Cela peut paraître une chose insignifiante mais c’était mon seul monde.

A cause de l’éclairage artificiel et du manque de montre, je ne pouvais pas savoir si c’était la nuit ou le jour. Fréquemment je m’endormais et quand je me réveillais je ne savais pas si j’avais dormi cinq minutes ou cinq heures, n’avais aucune idée du jour ou du moment dans la journée. J’ai essayé de mesurer l’écoulement des jours en comptant les plateaux repas. Sans pouvoir avoir une idée du temps, pourtant, je pensais parfois que les gardiens étaient partis et ne reviendraient jamais. Je croyais qu’ils étaient partis depuis des jours et que j’allais mourir de faim. Il est probable qu’ils n’étaient partis que depuis quelques heures mais je n’avais aucun moyen de savoir.

J’étais si désorienté à Atlanta que je me sentais comme dans un épisode de « la quatrième dimension » Je sais maintenant que je suis resté là près de quatre ans. J’aurais eu l’impression d’y avoir passé une dizaine d’années si on ne me l’avait pas dit. Cela a semblé éternel et sans fin, incommensurable

Il n’y avait ni air conditionné ni chauffage dans ces micro-cellules. Pendant l’été la chaleur était insupportable. Je versais de l’eau sur le sol et je m’y couchais nu pour me rafraîchir.

Le seul moment où je pouvais sortir de ma cellule était lors de la récréation extérieure. J’étais autorisé à une heure par semaine de récréation. Je ne pouvais voir aucun codétenu ou rien du paysage environnant pendant ce temps à l’extérieur. Il n’y avait pas d’équipement d’exercice et rien n’à faire.  Ma vue s’est détériorée dans la micro-cellule, à cause peut-être de la lumière constante ou peut-être aussi à cause d’autres aspects de cet environnement si dur. Tout a commencé à devenir flou et je suis devenu sensible à la lumière, qui me brûlait les yeux et provoquait des maux de tête.

Pratiquement tout le temps, les gardiens refusaient de m’adresser la parole. Malgré cela j’ai entendu des gens, que je crois être des gardiens murmurer à la porte, en me disant qu’ils me haïssaient et en m’insultant. Jusqu’à ce jour, je ne sais pas si des gardiens ont vraiment fait ça, ou si j’ai commencé à perdre la tête et été sujet à des hallucinations.

Dans la micro-cellule j’ai perdu la capacité à distinguer ce qui était réel. Je rêvais que j’étais en prison, en me réveillant, j’étais incapable de savoir ce qui était réel et ce qui était un rêve.

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Dans une synthèse,  Silverstein réfléchit aux effets physiques et psychologiques de 28 ans de cellule d’isolement et sur son développement personnel comme artiste auto-didacte et praticien du yoga et de la méditation bouddhiste. Il a renouvelé sa demande d’autorisation à être admis dans le programme «  step-down » du BOP (Bureau of Prisons) afin d’obtenir un régime d’isolation moins strict.  La déclaration complète de 64 pages peut être lue là.

Mise à jour : Une déclaration, soumise comme expos par le Dr. Craig Haney, un des experts nationaux majeur sur les effets de l’isolement carcéral prolongé peut être lue là.

 

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Une sentence pire que la mort par William Blake

Tout d’abord publié en 2013, ce compte-rendu dévastateur de 25 années passées en isolement cellulaire sans interruption à New York a reçu plus d’un demi-million de clicks sur Solitary Watch seulement et a été republié sur des dizaines d’autres sites autour du monde. Des milliers l’ont lu comme la pièce majeur de  « L’enfer est un endroit minuscule », Hell Is a Very Small Place. Blake a entrepris de raconter «  ce qu’année après année, l’isilement abject fait à cette part immatérielle en notre cœur où l’espoir meurt ou survit et où l’esprit réside » et il réussit, comme peu l’ont fait avant lui ou depuis à décrire cette expérience viscérale de survive des dizaines d’années durant dans une Unité d’accueil spéciale (Special Housing Unitiy SHU). Presque cinq ans après la publication de son essai Billy Blake est toujours en isolement et il écrit toujours.

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J’ai traversé des moments si difficiles et expérimenté l’ennui et la solitude à un tel point que cela semble être comme une chose physique à l’intérieur – si épaisse qu’il semble qu’elle m’étouffe, essayant d’extraire la santé mentale de mon esprit, l’esprit de mon âme et la vie de mon corps. J’ai vu l’espoir devenir comme une chose éphémère et brumeuse, difficile à maintenir, et encore plus difficile à appréhender au fur et à mesure que les années puis les décennies disparaissaient alors que je restais enfermé dans le vide du monde SHU. J’ai vu des esprits glisser le long de la santé mentale, descendre dans la folie et j’ai été terrifié à l’idée que je finirai comme ces gars atour de moi qui ont craqué et sont devenus fous.  C’est une chose très triste de voir un homme sombrer dans la démence sous vos yeux parce qu’il ne peut plus supporter la pression que les boîtes exercent sur l’esprit, mais c’est encore plus triste de voir l’esprit sortir d’une âme. Et c’est plus désastreux. Parfois les gardiens de prison les trouvent pendus et bleus, parfois ils se cassent le cou en sautant de leur lit, les draps enroulés autour du cou qui sont aussi enroulés autour de la grille qui recouvre l’ampoule au plafond, tendus avec un bruit sec. J’ai vu l’esprit quitter les hommes des SHU et j’ai été témoin du résultat.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Chute et déclin : comment la société américaine se défait George Packer

Decline and fall: how American society unravelled George Packer

Déclin et chute : comment la société américaine se défait.

Il y a trente ans, le vieux contrat qui maintenait la société américaine a commencé à se défaire, avec la cohésion spéciale sacrifiée à l’appât du gain. Etait-ce un processus inévitable – ou est-ce que cela a été orchestré par une élite égoïste ?

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Youngstown, Ohio, était jadis un vivant pôle de l’acier. Maintenant, l’industrie est partie et la ville est pleine de maisons et de magasins abandonnés. Photograph: Brian Snyder/Reuters

George Packer

Aux environs de 1978, la personnalité de l’Amérique a changé. Pendant presque un demi-siècle, les US avaient été relativement égalitaristes, sûrs, orientés vers la démocratie et la classe moyenne, avec des structures en place là pour supporter les aspirations des gens ordinaires. On pourrait nommer cette période celle de la République Roosevelt. Guerres, grèves, tensions raciales et rébellion de la jeunesse agitaient la vie nationale mais un contrat de base entre Américains prévalait encore, dans les croyances sinon dans les faits : travaille dur, suit les règles, éduque tes enfants et tu seras récompensé, pas seulement en ayant une vie décente ou en ayant la perspective d’une vie meilleure pour tes enfants,  mais avec une reconnaissance de la société, une place à la table.

Ce contrat tacite fonctionnait avec un grand nombre de clauses et d’annexes qui laissaient un grand nombre d’Américains, la population noire et les autres minorités, les femmes, les homosexuels – dehors ou à moitié dedans. Mais le pays avait les instruments pour corrige ses propres défauts et les utilisa : des institutions saines comme le Congrès, les courts, les églises, les écoles, les nouvelles organisations non-violentes, le partenariat travail- commerce. Le mouvement pour les droits civils de 1960 fût une montée non violente de la masse menée par des noirs du Sud mais il attira l’appui essentiel de toutes ces institutions, qui reconnurent la validité morale et légale de ses réclamations et finalement, le besoin d’une paix sociale. La République Roosevelt comportait de très nombreuses injustices mais elle avait aussi la capacité de s’auto-corriger.

Les Américains n’étaient pas moins cupides, pas moins ignorants, égoïstes ou violents alors que maintenant, ni plus généreux, honnêtes intellectuellement ou idéalistes. Mais les institutions de l’Amérique démocratique, plus fortes que les excès des individus pouvaient habituellement les contenir et les maîtriser à des fins utiles. La nature humaine ne change pas mais les structures sociales changent, et c’est ce qu’elles ont fait.

A cette époque, la fin des années 70, tout semblait sans forme, morne, peu mémorable, Jimmy Carter était à la Maison Blanche , prêchant l’austérité  et l’esprit public et presque personne n’écoutait. L’affreux néologisme «  stagflation » qui combinait les deux phénomènes économiques normalement opposés de stagnation et d’inflation représentait parfaitement le marasme de l’époque. Ce n’est qu’avec le recul d’une génération entière que nous pouvons voir comment les choses commençaient à glisser à travers les paysage américain, envoyant le pays tournoyer vers une nouvelle époque.

Youngstown, Ohio, les fonderies qui sont nées avec la ville il y a un siècle ont fermé, les unes après les autres, à une vitesse étonnante, emportant plus de 50.000 emplois de cette petite vallée industrielle, et ne mettant rien à la place. A Cupertino, Californie, la Apple Computer Company sort le premier ordinateur public, the Apple II.  A travers la Californie, les électeurs votent pour la Proposition 13, déclenchant une révolte fiscale qui entame l’érosion du financement publique de ce qui a été l’une des meilleures écoles du pays. A Washington, les corporations s’organisent en lobby puissant dépensant des millions de dollars pour démanteler les lois sur le travail ou la consommation qu’ils avaient jadis accepté comme faisant partie du contrat social.

Newt Gingrich est nommé au Congrès comme membre du parti Républicain conservateur avec l’ambition de le détruire et de construire le pouvoir de son propre parti et le sien propre sur les ruines. A Wall Street, les frères Salomon lancent un nouveau produit financier nommé mortgage-backed securities, et deviennent la première banque d’investissement à passer au public.

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Un sidérurgiste à Youngstown, Ohio, en 1947. Dans le cadre de l’ancien marché, son dur travail était supposé être récompensé. Photographe : Willard R. Culver/National Geographic/Corbis

Les vastes courants de la génération passée : la désindustrialisation, la baisse des salaires moyens, la financiarisation de l’économie, l’inégalité des salaires, la croissance des technologies de l’information, l’inondation de l’argent sur Washington, la montée de la droite – tout cela trouve son origine dans la fin des années 70. Les US devenaient plus entreprenants et moins bureaucratiques, plus individualistes et moins communautaires, plus libres mais moins égaux, plus tolérants mais moins justes. La finance et la technologie, concentrées sur les côtes, sont devenues des usines à richesse, remplaçant le monde des biens par le monde des bits mais sans créer de large prospérité, pendant que le pays profond se creusait. Les institutions qui avaient été les fondations de la démocratie de la classe moyenne, de l’école publique à la sécurité de l’emploi en passant par la presse fleurissante et les législations efficaces ont entamé un lent déclin. C’est la période de ce que je nomme «  le déroulement ».

D’une certaine façon, le déroulement n’est que le retour à un état normal de la vie américaine. Par son analyse déterministe, les US ont toujours été un pays en roue libre et large ouvert,  avec un haut degré de tolérance aux grands perdants comme aux grands gagnants comme le prix d’opportunités égales dans une société dynamique. Si la marque du capitalisme nord-américain a des bords plus durs que dans d’autres démocraties, il vaut la peine pour l’échange de croissance et de mobilité. Il n’y a rien d’inhabituel dans le fait que les héritiers survivants de la fortune de Walmar possèdent à eux-seuls la même fortune que les 42% des Américains les plus pauvres, –– c’est le réglage par défaut du pays. Mark Zuckerberg et Bill Gates sont la réincarnation de Henry Ford et de Andrew Carnegie, Steven Cohen est un autre JP Morgan, Jay-Z est Jay Gatsby.

Les règles et les régulations de la République de Roosvelt furent des aberrations induites par un accident de l’histoire- dépression, guerre mondiale, guerre froide- qui ont amené les Américains à sacrifier un certain niveau de liberté en échange de leur sécurité. Il n’y aurait pas eu de Glass-Steagall Act, séparant les banques commerciales de banques d’investissement sans la déroute financière de 1933, pas de grand déploiement de la classe moyenne si l’économie des US n’avait pas été la seule valide après la seconde guerre mondiale, pas d’accord entre les affaires, le travail et le gouvernement sans un sens partagé de l’intérêt national face à des ennemis étrangers, pas de solidarité sociale sans la fermeture des portes aux émigrants pendant toute la moitié du siècle.

Lorsque la prééminence américaine fut défiée par les compétiteurs internationaux, que l’économie se retrouva dans des mers agitées  dans les années 70 et que le sentiment d’une menace étrangère diminua, le marché conclu s’interrompit. La Globalisation, la technologie et l’immigration accélérèrent leur déroulement, comme des marées inexorables. C’est sentimental au mieux sinon anhistorique de s’imaginer que le contrat social aurait pu survivre- comme de vouloir s’accrocher à un monde de familles nucléaires et de machine à écrire manuelles.

Cette vision déterministe est indéniable mais incomplète, ce qu’elle laisse hors de la photo est le choix humain. Une explication plus complète du  déroulement  prend en compte ces larges influences historiques mais aussi la façon dont elles ont été exploitées par l’élite nationale. Les leaders des institutions qui se sont délabrées. Les responsabilités dans l’Amérique d’après-guerre exigeait la coopération entre les deux partis au Congrès, et quand la Guerre froide s’est apaisée, la coopération s’est vue diminuer d’autant. Mais il n’y avait rien de déterminé historiquement quant à l’atmosphère empoisonnée et au langage diabolisant que Gingrich et d’autres idéologues conservateurs ont répandu dans la politique américaine.  Ces tactiques ont servi leurs intérêts étroits de vue et à court terme et quand la révolution de Gingrich a amené les Républicains au pouvoir au Congrès, leurs tactiques étaient confirmées. Gingrich est maintenant un has-been mais Washington aujourd’hui est autant sa ville que celle de n’importe qui.

Il était impossible que les compagnies sidérurgiques de Youngstown supportent la compétition mondiale et le désinvestissement local mais il n’y avait rien d’inévitable dans la suite donnée, une mêlée incontrôlable  dans laquelle les travailleurs sans emploi furent laissés à se débrouiller par eux-mêmes, pendant que les cadres faisaient l’acquisition de la carcasse inutile de l’usine endettée sous la forme de bonds poubelle et se partagèrent sa valeur restante. Il aurait pu être inévitable que les contraintes imposées aux banques américaines par le Glass-Steagall Act de 1933  aient pu commencer à se glisser sur la finance mondiale. Mais ce fût un choix politique de la part du Congrès et de Bill Clinton de déréguler Wall Street si complétement que rien ne s’interposait plus entre les grandes banques et la destruction de l’économie.

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Un des 99% : un manifestant d’ Occupy Wall Street à Union Square, New York, en 2011. Photographe : Spencer Platt/Getty Images

Beaucoup a été écrit par la précédente génération sur les effets de la globalisation. Beaucoup moins sur les changements des normes sociales qui l’ont accompagnée. Les élites américaines ont pris les vagues transformations de l’économie comme un signal de réécriture des règles qui régissaient leurs comportements. Un sénateur n’ayant recours à l’obstruction parlementaire qu’en de rares occasions, un PDG limitant son salaire à 40 fois ce qu’un employé touchait, au lieu de 800 fois actuellement, une multinationale géante assumant sa part d’impôts   au lieu d’inventer des voies créatives afin de n’en payer que près de zéro . Il y aura toujours des détournement de la loi dans les sphères du pouvoir. Ce qui détruit toute morale sous-jacente est  le détournement systématique, la transgression, le marché avec soi seulement.

Plus tôt dans l’année, Al Gore a empoché 100 millions de dollars (£64m) en un mois en vendant Current TV à al-Jazeera pour 70 millions de dollars et récupérant ses parts d’actions de Apple pour 30 millions. Peu importe que al-Jazeera appartienne au gouvernement du Qatar, dont les exportations de pétrole et la vision des femmes et des minorités rendent ridicules les idées que Gore promeut dans ses livres et ses films chaque année. Peu importe que ses actions Apple aient été obtenues avec sa position dans le bureau de la compagnie, un cadeau à un ancien concurrent à la présidentielle. Gore était un politicien engagé dont la carrière semblait dédiée au service public. Aujourd’hui– contrairement à Tony Blair – il a marchandé sa vie politique pour joindre la classe des rares super-riches mondiaux.

Il n’est pas étonnant que de plus en plus d’Américain pensent que le jeu est truqué. Il n’est pas étonnant qu’ils achètent des maisons qu’ils ne peuvent pas s’offrir puis laissent l’emprunt qu’ils ne peuvent plus rembourser. Une fois que le contrat social est compromis, une fois que le contrat est corrompu, seuls les pigeons continuent à respecter les règles.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L e talon d’argile de Freud / Critique de l’ouvrage de F. Crews “The making of an illusion”

Le talon d’argile de Freud

Freud’s Clay Feet

Lisa Appignanesi

OCTOBER 26, 2017 ISSUE

Freud : The Making of an Illusion

by Frederick Crews

Sigmund Freud; drawing by Siegfried Woldhek

Freud

Frederick Crews montre une loyauté dans ses préoccupations assez rare dans le milieu universitaire. Ses attaques contre Sigmund Freud on commencé dès le milieu des années 70 avec la revendication de sa reconversion publique hors des ctitiques littéraires freudiennes qu’il pratiquait à l‘époque. Depuis lors ses assauts ont trouvé un soutien de la part de nombreux limiers et intellectuels. Haut dans la liste de ces limiers est l’infatigable Peter Swales, qui fut assistant de la revue Rolling Stones et un adepte de l’ l’adulé G.I. Gurdjieff, qui s’est intéressé à Freud à cause de son utilisation de la cocaïne et a flairé toutes sortes de faits sur les origines de ses cas et sur sa soi-disant liaison avec sa belle-sœur. Les spécialistes comprennent des chercheurs dont les conclusions sur Freud de s’accordent pas toujours avec celles de Crews, quels que soient leur position à l’égard de sa pratique ou de ses écrits. Comme Karl Popper ou Adolf Grünbaum, ils peuvent mettre en cause le statut de scientifique de Freud  – d’abord si il en a un, ou si ses assertions sont suffisamment prouvées par les preuves empiriques.  Les 746 pages de la biographie de Crews, Freud: The Making of an Illusion, accablantes et hypnotiques par moment, portent sur la jeunsess de Freud et n’évoquent «  L’Interprétation des rêves »  qu’à la page 543, n’autorisant que quelques coups d’œil rapides à la seconde partie de sa vie. Elle marque le zénith de la croisade de Crews qui veut «  mettre un terme au mythe de la psychanalyse et de son créateur » en ôtant à Freud à la fois ses références empiristes et son image d’ « explorateur solitaire à la persévérance courageuse, à la capacité déductive brillante, aux intuitions fulgurantes  et aux pouvoirs thérapeutiques », une série d’attributions que Crews a trouvé dans la propre description de lui-même faite par Freud ainsi que dans la biographie de référence de Ernest Jones ( 1953. 1957)

L’idéalisation de l’homme Freud que Crews est si impatient de désigner comme une illusion aveugle est à peine prévalente. La plupart des experts, commentateurs, et même analystes n’ en ont pas besoin pour faire usage des intuitions de Freud sur l’opacité et l’impréductabilité de l’âme humaine, ou sur la façon dont l’amour et la haine coexistent, ou sur les échos de notre enfance en chacun de nous, nous enfermant parfois ou sur nos identifications aux figures premières de notre vie qui modèlent les humains complexes que nous devenont. Ou peut-être plus important, sur ce que nous partageons avec ceux parmi nous négligeamment labélisés par la quantité de diagnostics répertoriés dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM).

Jones lui-même, tout en rédigeant la biographie de Freud, avait changé d’allégeance théorique pour choisir Mélanie Klein, l’analyste hongroise qui influença tant la British Pychoanalytic Society. Bien sûr l’illusion freudienne ne fut prévalente aux USA que de 1950 aux environs de 1968. A cette époque Freud fut repris par les intellectuels libéraux puis radicaux tout d’abord, comme Herbert Marcuse, et la thérapie freudienne, dans sa traduction américaine, faisait partie de la formation en psychiatrie. Freud, qui mourut en 1939, devint une figure souvent comique du  « monsieur-je-sais-tout » dans la culture populaire. Ironiquement, en dépit de sa «  gloire » en 1956, l’année de son centenaire, il n’y avait que 942 psychanalystes officiellement déclarés dans tout le pays.

C’est l’attention que Freud a reçu qui irrite le plus Crews. Dans ses lignes d’introduction, il affirme avec exaspération : «  Parmi les figures historiques, Sigmund Freud se situe au niveau de Shakespeare et de Jésus de Nazareth pour la quantité d’attention qui lui a été accordée par les chercheurs et les commentateurs. » Certainement pas. Et sûrement pas même en Amérique où Jésus – avec son clergé et ses prêtres, dont beaucoup sont des chercheurs et des commentateurs, sans faire mention du nombre incroyable d’églises, d’adeptes, de websites – a toujours beaucoup plus d’attention que l’auteur de l’Interprétation des rêves ou de Malaise dans la civilisation. Mais Crews est en marche contre l’homme qui veut « volontairement détruire le temple de la loi pauline ». Il est possible que le Pape Pie XII n’ait pas noté ce point lorsqu’il a approuvé officiellement « la cure analytique comme méthode de soin »  en 1953, indiquant que «  la science affirme que la science a récemment éclairé les zones cachées de la structure psychique humaine ».1 Le Pape Francis lui-même a récemment révélé qu’il avait suivi une psychanalyse à l’âge de quarante-deux ans… Il a déclaré que son analyste était une femme courageuse.

Le sous-titre de Crews fait écho à «  L’avenir d’une illusion » (1927) de Freud, dans lequel Freud défend que nos croyances religieuses sont «  la satisfaction du plus ancien, du plus fort et du plus urgent souhait de l’espèce humaine ». Crews n’explore pas – comme l’a fait Erbest Gellner dans «  Le mouvement psychanalytique » (1985) – comment le développement de la psychanalyse peut être comparé à celui d’un mouvement religieux, ou comme ses revendications, en prétendant être scientifiques sont en fait celles d’un système de croyance déguisé. Ses attaques sont toujours personnelles. Crews est convaincu que si Freud est dépeint comme un escroc  et un scélérat falsifieur de cas et plus préoccupé par l’argent que par ses patients, alors tout ce qu’il a écrit sur les souvenirs refoulés, sur la sexualité et sur le désir, les fantasmes et le roman familial oedipien, les rêves, les lapsus et les manifestations quotidiennes de l’esprit humain ne sera considéré que comme les fictions sordides d’un Caligari dément, hypnotisé, dont Crews utilise le nom du cabinet comme titre d’un de ses chapitres.

Dans sa vision, Freud était un homme prêt à «  atteindre la gloire à n’importe quel coût » et qui a sacrifié «  son intégrité à la fois de scientifique et de médecin » dans ce but. Ayant créé une science sans base empirique, uniquement en la fabriquant, Freud, avec son inhabilité à « renoncer à son luxe », sa «  mentalité de commerçant » et son but de « protéger et promouvoir sa marque »  a été capable de perpétrer une arnaque gigantesque pendant le 20ième siècle.

La stratégie rhétorique à l’œuvre ici est celle d’un talentueux procureur. Elle enferme le lecteur. Ou bien vous achetez  ou bien vous êtes propulsé dans une identification avec l’accusé et tout en luttant pour respirer, souhaitez qu’un avocat de la défense se montre.

Cela nous amène aussi à nous demander pourquoi, le 23 juin 1938, à peine deux semaines après que Freud ait fui les persécutions nazies et atterri en Angleterre avec sa proche famille, il reçut une visite des représentants de la Société royale, la plus ancienne association scientifique du monde. Fondée en 1660, inspirée par Francis Bacon, et comprenant parmi ses éminents membres Isaac Newton et Charles Darwin, elle a choisi Freud pour être un de ses membres.

Pourquoi cette congrégation scientifique a-t-elle décidé d’accueillir Freud dans ses rangs ? La citation du certificat dit : «  pour son travail pionnier dans la psychanalyse ». Les membres toujours assez tracassiers, avec leur vision à long terme de l’histoire, savaient que la science n’est pas une chaumière étriquée dont les résidents, comme les adhérents d’une religion stricte, suivraient un ensemble rigide de règles éternelles, mais plutôt une vaste demeure changeante où l’observation non seulement des animaux mais aussi du monde humain peut compter comme une science, où les dubitatifs peuvent se tenir côte à cote et s’engager dans de chauds débats.

Dans leur sagesse, ils reconnaissent également que les scientifiques ne sont pas tous consistants ou dans leurs idées ou dans leurs vies. De même que la façon dont les unes modèlent les autres n’est jamais très claire. Newton, qui a formulé la loi du mouvement et de la gravitation universelle, était également un mystique avec des croyances étranges même pour son temps, et s’est comporté frauduleusement dans un conflit avec Leipniz. Crews, par contraste, semble idéaliser la science et même la déshistoriciser, oubliant qu’à l’époque où Freud a commencé à exercer, des pratiques médicales manifestement dangereuses étaient revendiquées par de nombreux médecins aux USA, les expérimentations cliniques de médicaments n’ont pas été instituées avant 1947.

Crews n’est intéressé que par les spéculations et les observations de Freud liées à l’hystérie et à ses premières études de cas, ou bien à sa rivalité et à ses réclamations de préséance, et sa «  répulsion paresseuse à collecter suffisamment de preuves ». Il dépeint Freud comme «  animé » par «  l’ «  envie » à l’égard du déjà renommé jeune Pierre Janet, et affirme que Freud a simplement emprunté à Janet ses conceptions de l’inconscient et de la formation du symptôme. Mais l’édition standard des écrits de Freud a soixante références à Janet et à ses idées, retraçant un débat bien alimenté entre eux ayant eu lieu entre 1888 et 1925. Freud peut souhaiter gagner le débat mais rien n’indique qu’il pensait que ses propres idées lui soient venues de nulle part – comme ses propres notes et ses références innombrables à la littérature ancienne et moderne le suggèrent.

Crews propose de très nombreux faits, bien que hautement sélectifs, à son cas. Son jeune Freud n’est pas seulement un neurologiste peu soigneux mais un cocaïnomane plein d’illusions, trahissant ses amis, homoérotique dans ses désirs (bien qu’il puisse avoir commis un adultère avec sa belle-sœur) ainsi que médecin avec très peu de patients sur lesquels baser ses théories changeantes. Ceux qu’il suivait, il les a laissés tomber, ou blessés ou faussement diagnostiqués. Son seul patient était lui-même. Lorsqu’il ne volait pas les idées des autres, il ne fournissait aucune preuve sur aucune des siennes. Il était également névrosé, dépressif, et obsédé par le sexe. Le reste n’est qu’une gigantesque arnaque. Tout l’édifice de la psychanalyse, les découvertes de Freud tout au long de ses écrits, sont une imposture – comme  doit l’être, par déduction, toutes les institutions de psychanalyse de par le monde, du Brésil à la Chine  et leurs ramifications

Beaucoup parmi les faits de base de l’argumentaire de Crews, comme il le reconnait, sont déjà apparu dans la biographie de Freud, bavarde mais beaucoup plus complète, d’Ernest Jones. Jones, malgré le mythe qu’il est supposé avoir généré, n’est pas un hagiographe. Il écrit sur l’usage que Freud a fait de cette nouvelle drogue qu’était la cocaïne, ses vues victoriennes des femmes et de la satisfaction psychique d’avoir des enfants (même si Freud a accueilli des femmes dans la nouvelle profession), ses changements de point de vue au gré de l’évolution de sa pratique, le contenu autobiographique de  «  L’interprétation des rêves » et plus.

Tout ceci en 1950, quand les biographies de personnages publiques n’évoquaient que arement les aspects privés. Quand la biographie de Jones parut aux USA en 1956, le Time a mentionné son appartenance à l’école du «  avec les défauts et les qualités ». Crews oublie les qualités et ne pointe que les défauts, les aggrave, et en trouve de nouveau. Dans le mouvement, ce qui émerge est un Freud horrible qui a quelque chose d’un paysan faustien de bande dessinée. «  Vers 1895, écrit Crews, Freud s’était déjà attribué une licence afin d’inventer, de supprimer, et de réarrranger les faits dans l’intérêt d’un autoportrait amélioré et de la vindicte théorique …Le chapitre sur Katherina, (dans les Etudes sur l’hystérie) nous permettent de voir que leur auteur… ne s’arrêtera devant rien afin de mettre en avant les preuves de ses prouesses imaginaires. »

Bien que Crews ait beaucoup écrit sur les caprices de la mémoire, pour les besoins du moment, ils ne semblent être fiables que tant qu’ils touchent les mauvais souvenirs de Freud. Les propres souvenirs de Freud, selon Crews, ne sont que mensonges. Dans un des points culminants d’un chapitre dédié à la mise en avant de l’échec de Freud avec les premières hystériques, sa nature pernicieuse et répugnante, et la façon «  dont tout le monde le considère avec méfiance ». parmi les Juifs de l’élite viennoise, Crews cite la mère d’Arthur Koestler parlant en 1953 à propos de son expérience avec Freud soixante-trois ans plus tôt. Ayant été adressée à un jeune neurologiste en 1890 à l‘âge de dix-neuf ans et n’y étant allée qu’à contre-cœur, elle se souvient d’un «  type dégoûtant », son intérêt pour le sexe était «  scandaleux et étrange » et personne dans ses connaissances ne le prenait au sérieux. On croirait une adolescente, bien que ce soit légèrement douteux, si ce qu’elle dit sur sa vision principale est vrai, qu’elle se soit jamais rendue chez Freud.

De telles preuves pourraient être utilisées afin de démontrer la conscience de Freud d’être un marginal solitaire mais Crews ne veut pas de cela non plus. Les propres soixante-dix pages de son autobiographie «  Etude autobiographique » (1925) sont utilisées afin de questionner la véracité de sa déception lorqu’il était pour la première fois à l’universtité de Vienne, en1873, à l’âge de 17 ans. «  Par-dessus tout, écrit le Freud de 68 ans, je trouvais que l’on s’attendait à ce que je me perçoive comme inférieur et étranger parce que j’étais juif. »   Crews est sceptique : si Freud avait rencontré de l’ostracisme en entrant à l’université, il aurait certainement voulu achever l’épreuve aussi vite que possible, mais il s’est attardé sur un pot pourri de cours. De meêm qu’il n’apparait pas qu’il ait été privé d’une vie sociale.

Puisque 21 % des étudiants étaient «  déjà » juifs, bien qu’ils ne composent que 10.1 % de la population viennoise, Crews ne fait aucune confiance au souvenir de Freud et ne les considère que comme des moyens de nourrir son propre mythe d’un « paria qui a noblement choisi d’affronter son destin ».

Bien sûr, il ya quelque chose du pionnier solitaire dans les Etudes autobiographiques de Freud. Elles font partie d’une série de brefs récits de vie de Docteurs éminents commanditée par les éditeurs de Leibzig dont beaucoup sont de la même veine. Ce sont les tropes de la profession. Ils se souviennent des jours héroïques de la médecine : ils sont les  récits ibsenesques des individus qui ont du gravir des chemins escarpés, ont lutté pour établir de nouveaux domaines d’étude – epidémiologie, santé publique et nouvelles antitoxines contre la diphtérie et, oui, psychanalyse. La légende romantique qu’attaque Crews – et elle n’est sans doute pas plus romantique que la romance de l’accumulation patiente de preuves pendant des années – n’est pas spécifique à Freud, même si il est celui que nous connaissons le mieux.

Mais c’est le questionnement des sentiments de Freud à propos de l’anti-sémitisme par Crews qui est lui-même questionnable. Contrairement à ce qu’il affirme, l’anti-sémitisme était un fait prévalent à l’universtié au moment ou Freud y est entré. Mais pas une personne affamée de savoir comme Freud l’était et serrée sur le plan financier ne se ferait guider par les préjudices et quitter ses études. Crews est tristement sourd à l’ambivalence, le désir simultané d’appartenance et celui de faire un triomphe de votre sentiment d’isolement, en particulier quand il s’agit de Freud.

La correspondance volumineuse entre Freud et sa fiancée Martha Bernays –  connue sous le nom de Die Brautbriefe – car elle couvre toute la période de leur fiançailles-a été récemment publiée sur la site de la librairie du Congrès et publiée d’une façon méticuleuse par une maison d’édition allemande.  Sur les cinq volumes en projet, trois sont en Allemand2  et un en Anglais. Bien qu’une sélection de lettres ait été publiée précédemment et que Jones ait eu accès à tutes, les Brautbriefe sont une nouvelle source apportée à la biographie de Crews.

Les lettres commencent en juin 1882, quand Freud est un jeune chercheur démuni et finissent en septembre 1886, lorsqu’il revient chez lui après ses quatre mois de recherches à l’hôpital de la Salpêtrière avec Jean-Martin Charcot, le Napoléon des neurologues. Elles couvrent la période qui voit Freud s’installer dans un cabinet privé, tout en travaillant à l’hôpital, de façon à ce qu’il puisse gagner assez pour faire vivre sa femme et ses enfants, aisni que de nombreux autres memebres de sa famille qui dépendent de lui. Les Brautbriefe, éloquentes de part et d’autre  sont largement utilisées par Crews pour jeter du vitriol à Freud. Ses références constantes à l’argent et son besoin désespéré d’en trouver- ou bien à partir de découvertes qui lui assureraient un poste sûr à l’avenir , vers la fin de la période où il a décidé d’abandonner la recherche jusqu’à ses patients payants- ne sont jamais considérés comme des choses que Martha pourrait attendre pour pouvoir justifier le fait qu’il repousse leur mariage. Dans la vision de Crews, ils sont le signal de la valorisation de la richesse par Freud au dépend de son intégrité scientifique ou de ses patients. Crews est décontenancé par la quantité quotidienne de références à «  des maux de tête migraineux, de dépression invalidante, et d’éclats de fureur » parfois contre Martha mais principalement contre les gens qui l’ont offensé. C’est également Martha qui récupère tous les hauts et les bas qui accompagnent l’usage de la cocaïne de Freud pendant toutes ces années ainsi que ses fantasmes lubriques et plus tristement, ses échecs avoués avec son ami Ernst Fleisch von Marxow sur son addiction à la morphine. Pour Crews, il est difficile de comprendre pourquoi cette Martha intelligente, cultivée et d’un milieu plus favorisé – a attendu tant d’années et s’est décidée à épouser ce tyran malhonnête et raté que dépeint Crews et soit restée avec lui pendant cinquante ans et six enfants.

Sa décision est d’autant plus étonnante étant donné la croyance en la preuve fortuite qui a soi-disant placé sa sœur Minna, qui avait déménagé chez eux peu après qu’elle ait eu son sixième enfant, directement dans le lit de son mari, pas seulement lors de ses voyages, qui se serait terminé par un avortement, mais aussi dans une maison emplie d’enfants qui n’auraient jamais rien remarqué. Personne n’a jamais vu les deux ensemble dans un lit non plus, de même que n’existe aucun compte-rendu d’avortement dans les recherches pourtant assidues menées sans la vie privée de Freud. Les rumeurs sur la relation viennent d’une remarque désinvolte qu’aurait faite Jung- lui-même adultère avéré- en 1957, selon laquelle Minna lui aurait confessé cette aventure, alors qu’il quittait l’appartement de Freud en 1907.

La concentration totale de Crews sur les détails de ce qu’il nomme avec insouciance : «La célébration de l’amour entre Minna et Sigmund sur les rives du lac Garda » et l’avortement qui est supposé en découler est faite pour miner les acquis moraux attribué au «  légendaire » Freud par ses biographes Ernest Jones et Peter Gay. Mais est également importante pour Crews, l’opportunité que l’épisode lui offre de faire une analyse textuelle – de nous donner «  une leçon sur la façon d’appréhender les textes de Freud avec une pleine conscience de leur duplicité. »

Son but est de révéler combien les écrits de Freud sur les rêves, sur les souvenirs-écrans (ou bien souvenirs qui cachent d’autres souvenirs enfouis), l’amour, le sexe, le mariage, sont plus autobiographiques que nous ne le savions déjà. Son Freud est de toute évidence mégalomanique, jamais préoccupé par les patiens ou par quoi que ce soit d’humain ou de social. Donc les essais de Freud sur le sexe, l’amour, le mariage, (1908,1910,1911) sont construits sur son propre cas et non sur des comportements plus généraux. Cependant ses contemporains viennois, comme Arthur Schnitzler ou Stephan Zweig – tout comme les premières féministes qui condamnent le manque d’éducation, y compris sexuelle des femmes de l’époque, dépeignent bien une vie qui correspond aux descriptions de Freud.

Crews  a une bonne vision de la culture générale de la médecine psychiatrique et neurologique au tournt du siècle dernier, mais dans ses tentatives zélées de mettre Freud en accusation, il échoue à lui donne son propre poids historique ; Il n’existait pas de traitement pour les maladies psychiatriques, y compris l’hystérie, avec sa quantité de symptômes souvent sévères. Les traitements étaient violents, punitifs et parfois mortels.

Parce que Freud a appris de Charcot, Crews tente de le déprécier. Chacot était bien sûr théâtral dans ses cours publics et utilisait l’hypnotisme. Mais l’hypnotisme était une des méthodes  expérimentales scientifiques de l’époque, et dans le cas  de Charcot c’était un outil diagnostique. Crews choisit de ne pas mentionner que ce que Freud apprit de Charot était «  la chose génitale » – la sexualité présente partout dans l’hopital ou dans les histoires que les hystériques se racontaient à elles-mêmes et que Freud, contrairement à Charcot, écoutait.

En contraste, Crews admire à juste titre le psychiatre Emil Kraeplin, un contemporain de Freud, pour ses classements et ses descriptions ordonnées des maladies, dont le genre sert de base pour le DSM. Kraeplin put avoir produit des classements valorisés par Crews, il est aussi quelqu’un qui croit dans les criminels denaissance et un ferme eugéniste, faits dont Crews ne se soucie pas. Charcot et Kraeplin avaient une importante population asilaire qui leur permettait de’établir leurs classifications mais aucun d’entre eux n’était intéressé en premier lieu par la guérison des malades mentaux ;

Il s’avère que c’est ce que Freud cherchait. A l’époque, les hôpitaux psychiatriques et les cliniques privées utilisaient toutes les drogues qu’ils pouvaient trouver, du chlorure au bromure de potassium afin de calmer leurs patients. Les comportements anxieux des malades, souvent verbalement, sexuellement et physiquement agités- étaient bien connus. Il est à peine surprenant que Josef Breuer ait utilisé des sédatifs sur Bertha Pappenheim, connue sous le nom de Anna O., la première patiente des «  études sur l’hystérie »,  ou que Freud ait tout d’abord utilisé cela et toutes les techniques alors disponibles. Gérer ces patients était le mieux que l’on puisse faire et l’échec était la norme.

Cependant, Freud a laissé les drogues et l’hypnotisme en faveur de sa nouvelle cure, de parole et d’écoute, beaucoup plus douce. La plupart des hopitaux et asiles, de même que les cliniques ne l’ont pas fait. Au cours du vingtième siècle plus «  scientifique » sont apparues les cures miracles, souvent mortelles à l’usage, comme l’insuline, l’arrachage de dents, la lobotomie et les électrochocs. Les électrochocs modernes utilisent des décharges électriques beaucoup plus intenses que celles  du dix-neuvième siècle utilisées par le jeune Freud et dont Crews se moque.

La décision de Crews de transformer le travail de Freud avec ses premières patientes hystériques en un exposé de son incompétence de novice génère une lecture sans saveur. De nombreuses maladies mentales ou psychoaffectives sont incurables et chroniques. Si Freud s’est d’abord tourné vers une étilogie sexuelle puis finalement familiale pour les conflits intrapsychiques qui selon lui menaient à la maladie, il nous a averti assez fréquemment, comme dans le cas de Dora, sur ses propres erreurs de traitement. Quelle que soient les fausses interprétations de l’approche autoritaire et patriarcale  de cette adolescente perturbée, Dora ne se suicida pas comme le craignaient ses parents, ni d’ailleurs aucun autre patient de Freud. Ce peut ne pas être un résultat miraculeux mais ce n’est pas  non plus un échec total, comme toute personne travaillant dans l’environnement contemporain de la santé mentale le reconnaîtra certainement. Freud, contrairement à beaucoup à son époque, reconnu que la voix des femmes valait d’être entendue – et que les femmes étaient des êtres sexués  avec des désirs. Crews fait le choix de ne donner aucun compte rendu positif des analyses avec Freud mais il y en eu de fort notables, notamment celles de la poéte américaine HD (Doolittel) et de l’écrivaine et psychanalyste d’origine russe Lou Andreas-Salomé.

De même qu’il n’est pas exact que Freud n’ait eu presque aucun patient sur lesquels fonder ses hypothèses en début de carrière ou qu’il faisait régulièrement de mauvais diagnostics. Le livret professionnel de ses patients de 1896 à 1899 est conservé à la Librairie du Congrès. Freud a reçu presque soixante patients par an en plus de cinq-cents visites. C’est à travers ces séances et son auto-analyse  qu’il a évolué d’une brève pratique de l’hypnose à la cure psychanalytique basée sur la libre association, l’analyse des rêves et du transfert. Après 1900, sans compter les années de guerre, il travaillait avec des patients jusqu’à onze heures par jour.

Mettre des mots sur des conflits psychologiques semble aider. Les récentes révélations selon lesquelles les preuves négatives dans les essais cliniques des médicaments psychotropes si appréciés ont été évacuées par des médecins ayant bénéficié des faveurs des laboratoires pharmaceutiques, la façon dont les résultats cliniques mis en avant n’étaient que les résultats favorables, le silence sur les effets secondaires, dont le suicide – tout ceci a fait paraître bien bénignes les fautes de la psychanalyse.3  La cure psychanalytique peut ne pas produire de résultats immédiats mais elle ne provoque pas de dégâts comparables. Les assureurs peuvent reconsidérer les coûts pour un patient sur la durée d’une vie. Mais, à considérer également, main dans la main avec le développement de ces drogues psychotropes « scientifiques » hautement racoleuses, le nombre de personnes souffrant de désordre mentaux a crû énormément.

Contrairement à Adam Phillips dans son brillant «  Becoming Freud » ( 2014) ou Joel Whitebook sans sa rcente biographie intellectuelle ( 2017), Crews n’est jamais intéressé dans l’abord de ce que les écrits de Freud peuvent encore éclairer sur les mystères de la vie quotidienne actuelle. Je pense que lorsqu’il s’agit de Freud et de la psychanalyse, j’emprunterai la citation de Stanley Cavell :

« La plupart des philosophes de ma tradition, sinon tous, je crois, se réfèrent à la psychanalyse avec méfiance, se demandant habituellement si la psychanalyse mérite le nom de science… Je suis moi-même convaincu que le corpus des écrits de Freud et une quantit considérable d’écrits qui en dépendent ont atteint un horizon de savoirs insurpassé sur l’esprit humain. Je ne serai donc pas satisfait avec une réponse niant à la psychanalyse le statut de science, si cette réponse nie cet horizon de savoir.

  1. 1

Dagmar Herzog, Cold War Freud (Cambridge University Press, 2017), p. 52. 

  1. 2

Sigmund Freud and Martha Bernays, Die Brautbriefe, edited by Gerhard Fichtner, Ilse Grubrich-Simitis, and Albrecht Hirschmüller in collaboration with Wolfgang Kloft (Frankfurt am Main: Fischer, 2011–2015). 

  1. 3

See Marcia Angell’s articles in these pages, among them “Drug Companies & Doctors: A Story of Corruption,” January 15, 2009; “The Epidemic of Mental Illness: Why?,” June 23, 2011; and “The Illusions of Psychiatry,” July 14, 2011. See also David Healy, The Antidepressant Era (Harvard University Press, 1999) and Let Them Eat Prozac: The Unhealthy Relationship Between the Pharmaceutical Industry and Depression (NYU Press, 2004). 

Traduction Elisabeth Guerrier

Est-ce que les Démocrates veulent la guerre avec la Russie ? Stephen F. Cohen

Est-ce que les Démocrates veulent la guerre avec la Russie ?

Do Liberal Democrats Want War With Russia?

“Le Russiagate” encourage la possibilité d’un conflit direct avec Moscou, et les libéraux, il y a quelques temps opposés à ce genre de politique, la promeuvent maintenant.

Par Stephen F. Cohen

Nation Les éditorialistes Stephen F. Cohen et John Batchelor poursuivent leur discussion hebdomadaire sur  la nouvelle guerre froide US-Russie. Les premiers épisodes, maintenant dans leur quatrième année sont sur le site TheNation.com.)

Libéral-démocrate depuis toujours, Cohen posent les questions comme suit :

Chaque mois amène les USA plus près d’une guerre avec la Russie. Trois points périlleux sont bien connus La Syrie, où des forces armées assistées par les US ont apparemment tué trois généraux russes, en Ukraine, où le Congrès et peut-être l’administration Trump ont décidé d’envoyer plus d’armement, que Kiev se promet d’utiliser contre les rebelles soutenus par les Russes, et à la frontière russe, où Washington dit que Moscou menace «les frontières de l’OTAN » sans expliquer comment les forces de l’OTAN sont venus ici en partant d’Allemagne.

Mais il existe un autre facteur périlleux – celui que Washington appelle le «  Russiagate » avec ses allégations persistantes ( quoi que toujours sans preuve) que le Kremlin a dirigé une attaque massive sur la Démocratie américaine de multiples façons pendant la campagne présidentielle de 2016, du hacking de la DNC aà la diffusion d’emails nuisant à H. Clinton, à l’usage de médias russes et même à la compromission de Facebook dans la désinformation russe et dans la diffusion de «  fausses nouvelles » liées à Trump dans l’esprit des électeurs américains.

Et enfin et pire, que les «  associés » américains de Trump et peut-être le Président lui-même ont été en contact avec le Kremlin dans ces opérations infâmes.

Ayant pris les proportions d’un phénomène politique inévitable, le Russiagate » entraîne les chances d’une guerre avec la Russie au moins dans les trois prochaines années. Il dépeint la Russie comme une «  nation hostile », il a compromis les promesses de Trump de relâcher les tensions et de coopérer avec Moscou. Et il décourage les voix anti-guerre froide dans les médias et dans la politique américaine.

Dans le passé, les libéraux Démocrates ne se sont pas toujours, initialement ou unanimement, opposés à de telles pratiques mais finalement beaucoup d’entre eux l’ont fait, comme pendant la guerre du Vietnam  et lors de l’approche de la guerre contre l’Irak. Mais depuis plus d’un an le parti démocrate, y compris les leaders libéraux, ainsi que la presse influente qui leur est associée se sont montré profondément complices dans la promotion de la Russiagate » avec très peu d’exception dans les médias populaires.

Bien sûr, les allégations de la Russiagate n’ont pas commencé après l’élection de Trump en Novembre 1916, comme il a été largement dit, mais lors de l’été et de l’automne 2016, avec les journalistes libéraux-Démocrates et le médias pro-Clinton, y compris le New York Time, plantant la graine d’une conspiration « Trump-Poutine », avec le maintenant infâme «  dossier «  Trump, alors secrétement financé par la campagne de Clinton, et Clinton elle-même brandissant Trump comme «  la poupée » de Poutine pendant l’un de leurs débats télévisés. Quand Obama a annoncé les sanctions contre la Russie en Décembre 2016, y compris, a-t-il dit des cyber-attaques logées quelque part dans les infra-structures de ce pays, il a cité ce qui allait devenir la Russiagate comme raison, sans pouvoir présenter de preuve.

 

Depuis lors, les Démocrates, avec parmi eux des libéraux auto-proclamés, ont sans arrêt approvisionné et perpétué la 3russiagate ». Au Congrès, par exemple, les Représentants Adam Schiff, Jackie Speier, Eric Swalwell, et Maxine Waters, et les Sénateurs Mark Warner et Richard Blumenthal ont été en premières lignes. Abandonnant les standards du journalisme de preuves vérifiables, de sources fiables et de couverture équilibrée, le New York Times et le Washington Post ont augmenté leur publication d’allégations de grande envergure données comme des faits. (Pour leur pratique, se reporter les nombreux articles critiques du journaliste récompensé Robert Parry sur consortiumnews.com.) Ces nouvelles de la presse écrite sont amplifiées presque chaque nuit sur MSNBC et CNN. De nombreux médias moins importants jouent le même rôle.

Et pire, les libéraux et les pro-Démocrates ont surpassé les charges les plus dangereuses selon lesquelles en 2016 «  l’Amérique s’est faite attaquer par le gouvernement russe. » comme l’a psalmodié Morgan Freeman dans une vidéo récente produite par les libéraux hollywoodiens. «  Nous sommes en guerre », a-t-il déclaré. Est-ce que cela peut signifier autre chose que le lancement immédiat d’une attaque de Washington contre l’autre super-puissance nucléaire ?

De même que cet appel implicite à la guerre n’est pas simplement  venu de célébrités informées d’une façon questionnable. La semaine dernière, un éditorial du Times a dit à ses lecteurs qu’en 2016, « la Russie avait essayé de compromettre la souveraineté américaine. » tout comme elle l’avait fait en Ukraine en 2014. Selon l’éminent intellectuel et analyste politique libéro-démocrate Robert Reich, la Russie a commis « une attaque sans précédent contre notre démocratie. », le Professeur ayant apparemment oublié ou réduit Pearl Harbor et le 11 septembre. Et dans un discours important de politique étrangère, le «  dissident » Bernie Sanders a déclaré au Parti démocrate «  Nous savons maintenant que le gouvernement russe s’est engagé dans un effort massif pour compromettre une de nos plus grandes forces : l’intégrité de nos élections et notre foi entre notre propre démocratie ».

Non, insiste Cohen, nous ne le «  savons » pas, ce qui nous ramène à ce que les libéro-démocrates n’ont pas fait cette fois mais qu’ils ont fait avant. Il n’ont montré aucun scepticisme au regard des allégations officielles et médiatiques sur le soi-disant piratage de la DNC par le Kremlin ou sur l’abus furtif de FaceBook et d’autres médias, en dépit de preuves et de témoignages contraires, encore, à quelques exceptions près.

Ils n’ont pas protesté, comme ils le font souvent, contre la criminalisation croissante de contacts habituels avec la Russie, financiers, diplomatiques ( comme les contacts en sous-main) ou même conjugaux mais ils ont promu le vrai dossier «  fausses informations » anti-Trump

Bien qu’une fois les ennemis des opérations de renseignements secrètes dans la politique américaine, les libéraux n’ont pas protesté, ni même montré un quelconque intérêt dans le rôle évident joué par les chefs de l’intelligence dans la mise au point du Russiagate sous Obama. Et ils ont manifesté encore moins d’intérêt dans les nouvelles preuves que la campagne de Trump était en fait surveillée par le FBI, comme l’a suggéré plus tard le Président et pour lequel il a été copieusement ridiculisé. ( Voir par exemple, Evan Perez, et al., CNN.com, le 19 Septembre.)  Au lieu de ça, les Démocrates, y compris les libéraux, ont transformé les agences de renseignement en des sources iconiques ( de témoignages et de fuites) Bien sûr le chef de l’intelligence nationale sous Obama, James Clapper, dont les dénigrements contre les Russes comme supposés ethniquement subversifs  n’ont pas non plus perturbés les libéraux, est dans l’équipe de conseil du nouveau «  Comité pou enquêter sur la Russie » hollywoodien qui a écrit le script de Norman Freeman.

Plus encore, peut-être les libéraux, qui auraient il y a quelques temps été choqués de lire dans un article récent du Times que les méthodes d’investigation du Conseiller spécial Robert Mueller étaient «  des tactiques agressives »  «  des tactiques de choc et d’effroi afin d’intimide les témoins et les cibles potentielles ».  Des méthodes, comme le dit une source » pour semer la terreur dans le cœur des gens de Washington ». Mais il n’y a pas eu d’outrage libéral, aucune action de l’ACLU, uniquement des articles applaudissant Mueller pour son honnêteté et l’encourageant, comme Ryan Lizza dans le New Yorker.  Pas même le Times ne suggère que Mueller, incapable de trouver des preuves d’une «  collusion »  électorale pourrait «  se trouver dans une expédition qui rappelle les abus d’antant » ( Et nous apprenons que Mueller veut les enregistrements IRS remontant à plusieurs années, bien avant la montée au pouvoir de Trump. Est-ce que les Démocrates ayant collaboré au pillage de la Russie dans les années 90  se préoccupent de savoir jusqu’où de telles investigations vont aller ?)

Au bout du compte, les libéro-démocrates semblent indifférents au ramollisement à l’égard de la censure médiatique. Une part d’entreelle est douce. : des voix informées antiRussiagate et des voix co la Guerre froide, sont régulièrement exclues des reportages de la presse populaire, des pages de débat et des invités aux émissions. Mais il existe une ébache de censure plus dure – des campagnes offi=cielles ou non, toutes bien financées pour purger la «  désinformation et la propagande russe » des médias américains, même lorsqu’elle est exprimée par des Américains avec leurs propres outils d’analyses dissidents. ( Voir l’exigence de Samanta Power que nous «  augmentions notre vigilance » et son attente de médias qui soient des gardiens et des arbitres.) Ce qui aussi trahit un mépris pour le Premier amendement mais aussi pour les électeurs américains qui, vraisemblablement, un peu comme des zombies, n’ont aucun pouvoir critique en propre. A ce propos le d’habitude loquace PEN et autres protecteurs des libertés civiles sont aussi silencieux.

En bref comme le pense Cohen, les libéro-démocrates trahissent leurs propres traditions les meilleures. En privé, certains justifient leur nouvel illibéralisme en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une résistance contre Trump, que Trump est le pire des maux. Mais l’histoire a montré depuis longtemps qu’un tel raisonnement de fin-justifie-les-moyens ne finit pas bien pour les libéraux- ni pour personne d’autre.

Et, bien sûr, les libéro-démocrates étaient jadis au premier rang de la lutte pour éviter un conflit nucléaire avec la Russie. Plus maintenant.

Stephen F. Cohen

Stephen F. Cohen est Professeur émérite d’Etudes russes et de politique à l’Université de New York et à l’Université de Princeton, il est un rédacteur contribuant à The Nation.

 

Le programme en 12 points de la psychiatrie pour produire des toxicomanes. Lawrence Kemelson

Psychiatry’s 12-Step Program for Producing Heroin Addicts

Le programme en 12 points de la psychiatrie pour produire des toxicomanes

Lawrence Kelmenson, MD

August 25, 2017

Mad in America

J’ai précédemment montré comment la capacité de la société à classer la tristesse comme une « maladie du cerveau » depuis 1990 avait à une pointe dans le nombre d’adultes dépressifs chroniques.  Dont beaucoup ont été conduits dans une addiction aux opiacés par des médecins qui ont capitalisé sur leur vulnérabilité. Ceci a induit la crise d’overdoses aux opiacés qui elle aussi a commencé en 1990.

Mais même si cela a rendu facile pour des adolescents le fait de trouverr des comprimés d’opiacés dans le porte-monnaie de leur parents ou dans le cabinet du médecin depuis 1990, les overdoses d’héroïne ( qui adviennent principalement chez les jeunes qui ont d’abord consommé des opiacés). N’ commencé à croître que plus tard ( 2006) en dépit du fait que l’héroïne était présente depuis les années 60. Je crois que c’est parce que les dépendants à l’héroïne actuels forment une nouvelle couvée. Les racines de leur création ont été plantées en 1990, quand les mensonges des médecins sur une immaturité normale de l’enfant qui aurait été une «  maladie génétique du cerveau » a été acceptée. Ceci a permis à la psychiatrie de commencer son programme en douze points pour produire des addictions à l’héroïne, menant du berceau à ( presque) la tombe .

  1. Proclamer à tort que les enfants sont câblés génétiquement pour mûrir, de façon à dévaloriser le rôle clef des parents qui investissent moins dans leur éducation.
  2. Diagnostiquer des enfants normalement inattentifs, impulsifs ou caractériels comme ayant une «  maladie du cerveau » permanente ( ADHD ou bipolarité) et avertir les parents en conséquence qu’il serait inutile de les élever normalement puisqu’ils sont «  inéducables ».
  3. Par contre conseiller aux parents et aux écoles de les éduquer sur un mode d’intervention sanitaire, de façon à ce qu’ils n’apprennent jamais comment prévoir, planifier et mener à bien des tâches seuls.
  4. Leur dire que les défis et les attentes de ces enfants doivent être grandement réduites, de façon à ce qu’ils ne soient pas préparés aux pressions fortes, et aux exigences de l’âge adulte.
  5. Conseiller aux parents de ne pas poser de limites ni de sanctionner de mauvais comportements de façon à ce que ces enfants n’aient pas à apprendre comment réguler leurs impulsions et leur rage et en conséquence n’apprennent jamais l’auto-discipline.
  6. Conseiller aux parents et à leurs enfants de ne pas explorer, discuter, résoudre tout problème qui les dérange ( en affirmant qu’il n’y en a pas) de façon à ce qu’ils n’apprennent pas à les résoudre ni comment développer des relations confiantes.
  7. Renforcer l’irresponsabilité, l’incapacité, la sauvagerie en les sauvant dès qu’ils ont des problèmes, leur donner des A faciles et autre récompenses victimaires.
  8. Remplacer une éduction solide par des recours aux tranquillisants de façon à ce que le seul outil que l’enfant apprend jamais à utiliser pour se trouver est la capacité à rendre son esprit brumeux avec des molécules chimiques.
  9. Remplacer une éducation solide avec l’Individualized Educational Programs ( Programme d’éducation individualisé ) et des aménagements qui les dorlotent afin de donner l’illusion de succès qui ne se produisent pas.
  10. Capitaliser leur vulnérabilité et leurs conduites à risque pendant leur jeunesse en les guidant vers l’addiction au moyen de succédanés euphorisants comme l’Adderal
  • Nourrir leur addiction en les encourageant à la nier, déclarant : «  Vous n’êtes pas un toxicomane, puisque ce sont des prescriptions faites par votre médecin pour guérir votre maladie.
  • Si ils acceptent leur addiction et souhaitent travailler à trouver des outils pour devenir sobres, berner les en leur offrant de devenir encore plus toxicomanes par le «  traitement » de leur addiction mais qui plus souvent la développe, comme le Suboxone.

A travers ces étapes, la psychiatrie plante les graines de l’addiciton tôt dans la vie, puis les nourrit continuellement jusqu’à l’âge adulte. La psychiatrie et les programmes des Alcooliques anonymes (AA’s 12 step programs) sont similaires en ce que le principe essentiel de ces deux programmes est de s’abandonner à une autorité plus é digne de confiance ». L’autorité de la psychiatrie n’est que la psychiatrie et ses médicaments addictifs. Dans les AA, vous ne pouvez temporairement pas vous faire confiance puisque ce sont les drogues qui vous contrôlent, donc ils vous enseignent à gérer votre situation d’une façon responsable. Mais en psychiatrie, on vous apprend à ne jamais vous faire confiance puisque de «  mauvais gènes » vous contrôle, et que vous avez donc besoin en permanence confier la responsabilité à des psychiatres et à leurs drogues. Il n’est donc pas surprenant I qu’une méta-analyse ait trouvé que les enfants identifiés d’ADHD se tournent vers les drogues illicites au moins trois fois que les autres, qu’ils soient sous médicaments ou non. La psychiatrie a pris en charge «  l’éducation » des enfants et a récemment ajouténearly 3 times as often as non-labeled kids1,  le « traitement » des addictions dans son domaine toujours croissant, avec des résultats désastreux.

Voici quelques statistiques qui, regroupées, supportent mon argument que la psychatrie est la cause de notre épidémie d’héroïne. Il y a eu une croissance par six de prescriptions de stimulants pour l’ADHD entre 1991 et 2000. L’âge moyen pour le premier diagnostic d’ADHD est 7 ans, il leur faut donc 15 ans pour atteindre 22 ans ( l’âge moyen des usagers d’héroïne). Ceci explique l’augmentation ( six-fold) des overdoses entre 2006 et 2015, après qu’elles soient restées stables pendnat les 10 années précédentes. Kurt Cobain n’était pas seulement en avance sur son temps musicalement, il a aussi suivi cette voie.

Les quatre nations67 avec le plus fort taux par habitant de diagnostic d’ADHD sont les quatre premières nations pour le taux d’overdose per capita, dans le même ordre 8.. Les états11 avec le plus haut taux d’overdose10  par capita ont également un très fort taux de disagnostiqcs d’ADHD. Celles où l’ADHD est le moins diagnostiqué 9 ont le taux d’overdose le plus bas. Le ratio par individus de blancs, hispaniques, noirs ( 19.10.4) 12 est virtuellement identique au taux d’overdose per capita parmi ces ethnicités. ( 19. 10. 6). Ce ratio d’overdoses était presque égal avant que  le premier contingent d’enfants diagnostiqués ADHD n’atteignent l’âge adulte. Les blancs étaient en fait à la seconde place 13.  Le ratio hommes.femelles adolescents «  traités » pour ADHD était à peu près de 3.1 en 2003.14 — à cette époque le ration des overdosespar héroïne hommes femmes est aussi de 3.1. Il est maintenant de 2.2. 115.

Ceci correspond trop bien, comme les pièces d’un puzzle, pour être le fruit d’une coincidence. Avec le fait que les clients traités pour ADHD se suicident 5 à10 fois plus  souvent16 et meurt dans des accidents de la route deux fois plus souvent 18 (ce qui est probablement aussi une des raisons majeurs pour expliquer  la montée récente de ces deux chiffres) ceci suggère que les parents ne devraient pas laisser leurs enfants être diagnostiqués ADHD si ils veulent qu’ils atteignent un grand âge. Donc de façon à éradiquer toutes ces épidémies contemporaines aux USA, leur source commune doit aussi être éradiquée. C’est la bio-psychiatrie. La façon moderne de se défoncer et de mourir aux USA.

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Les smartphones sont-ils entrain de détruire une génération ? J. M. Twenge

Have Smartphones Destroyed a Generation?

 

Plus à l’aise on line que dehors à faire la fête, les adolescents de la génération post-millénaire sont plus en sécurité, physiquement, que aucun adolescent ne l’a jamais été. Mais ils sont au bord d’une crise de santé mentale.

JEAN M. TWENGE

 

SEPTEMBER 2017

 

Un jour, l’été dernier, aux alentours de midi, j’ai appellé Athena, une fille de 13 ans qui vit à Houston, Texas. Elle a répondu avec son propre téléphone, elle en a un depuis qu’elle a 11 ans, donnant l’impression qu’elle venait juste de se réveiller. Nous avons bavardé à propos de ses chansons et de ses émissions TV favorites et je lui ai demandé ce qu’elle aimait faire avec ses amis. «  On va au centre commercial » a-t-elle dit. «  Est-ce que tes parents t’y conduisent ? » ai-je demandé, le souvenant de ma préadolescence, dans les années 1980, où j’aimais les heures sans parents, faisant du shopping avec quelques amis. «  Non, j’y vais avec m famille, » a-t-elle répondu, «  Nous y allons avec maman, et mes frères et nous marchons légèrement derière eux. Je dois faire vérifier ma présence toutes les heures ou toutes les demi-heures. »

Ces sorties au centre commercial sont rares- à peu près une fois par mois. Plus souvent Athena et ses amis passent du temps ensemble sur leurs téléphones, sans chaperon. Contrairement aux dolescents de ma génération, qui auraient passé une soirée à occuper la ligne famiiale fixe avec des comerages, ils parlent sur Snapchat, l’application du smartphone qui permet à ses usagers d’envyer des photos et des vidéos qui disparaissent rapidement.

Ils font attention à maintenir leur «  Snapstreak » qui montre combien de jours d’affilée ils ont été connectés les uns aux autres. Parfois, ils ont des captures d’écrans de photos particulièrement ridicules de leus amis. «  C’est du bon chantage » dit Athena. (Parce qu’elle est mineure, je n’utilise pas son vrai nom). Elle m’a dit qu’elle avait pssé la plupart du temps en vacances à rester seule dans sa chambre avec son téléphone. C’est comme ça qu’est cette génération, dit-elle, «  Nous n’vons pas eu la chance de connaître une autre vie que celle des Ipads et des Iphones. Je pense que nous aimons nos téléphones plus que nous aimons les personnes véritables. »

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Ton Smartphone réduit les capcités de ton cerveau, même juste si il est posé à tes côtés.

Je fais des recherches sur les différences générationnelles depuis 25 ans, ayant commencé quand j’étais un étudiant de psychologie en post-doctorat de 22 ans. Typiquement, les caractéristiques qui en viennent à définir une génération apparaissent graduellement, suivant une ligne continue. Les croyances et les comportements qui étaient déjà présents continuent simplment à se manifester. La génération du millénaire par exemple, est une génration hautement individualiste mais l’individuaisme n’a fait que se confirmer depuis que la génération du Baby boom s’est branchée, débranchée, a abandonné ses études. Je me suis habitué à des graphiques de tendances qui ressemblent à des modestes vallées et collines.

Puis j’ai commencé à étudier la génération d’ Athena.

Aux environ de 2012, j’ai not des changements rédicaux dans les comportements des adolescents et dans leurs réactions émotionnelles.

Les gentilles tendances vallonées des courbes graphiques sont devenues des montagnes escarpées et des ravins profonds et de nombreuses caractéristiques de la génération du millénaire ont commencé à disparaître. Dans toutes mes analyses de données gnérationnelles, certaines remontant à 1930, je n’avais jamais rencontré une telle chose.

Les aspects de l’indépendance, si puissante chez les générations antérieures, ont moins d’attrait pour les adolescents actuels.

Au début, j’ai cru qu’il s’agissait d’une petite déviation mais la tendance s’est confirmée, sur plusieurs années et dans une série d’enquêtes nationales. Les changements n’était pas seulement en quantité mais en nature. La plus grande différence entre les adolescents nés au millénaire et leurs prédécesseurs était dans la façon dont ils voyaient le monde. Les ados actuels diffèrent de la génération Y ( 1980.2000) non seulement dans leur vision mais aussi dans la façon dont ils passent le temps. Leurs expériences qu’ils mènent chaque jour sont radicalement différentes de celles que menaient leus prédécesseurs quelques années auparavant.

Que s’est il passé en 2012 qui ait pu créer une telle modification de comportements ? C’était après la grande récessio, qui a officiellement duré de 2007 à 2009 et a eu un effet plus sévère sur la génération qui tentait de se frayer un chemin à la recherche d’un emploi dans une économie dévastée. Mais c’est le moment où la population américaine possédant un smartphone a dépassé les 50%.

Plus je consulte les enquêtes sur les comportements et les attitudes des adolescents, plus je parle à de jeunes gens comme Athena, pls il devient clair que leur génération est modelée par le smartphone et par la montée concomittante des médias sociaux.

Je l’appelle l’ Igen. Nés entre 1995 et 2012, les membres de cette génération grandissent avec des smartphones, ont un compte instamgram avant d’entrer au lycée, et ne se souviennent pas d’une époque avant internet. La génération Y a grandi avec le web également mais il n’était pas omniprésent dans leur vie, à portée demain sans arrêt, jour et nuit. Les membres les plus âgés de l’Igen étaient des pré-adolescents quand le Iphone a été mis sur le marché, en 2007, et des lycéens quand le Ipad est entré en scène en 2010. Une enquête de 2017 portant sur plus de 5000 adolescents américains a montré que trois d’entre eux sur quatre possède un Iphone.

L’advenue du smartphone et de sa cousine la tablette a été suivie rapidement par des écrits sur les effets délétères du «  temps à l’écran ». Mais l’impact de ces produits n’a pas été clairement évalué et va bien au-delà des préoccupations habituelles sur des capacités d’attention diminuées. L’arivée des smartphones a radicalement changé cha=cun des aspects de la vie des adolescents, de la nature de leurs interactions sociales à leur santé mentale. Ces changements ont affecté les jeunes dans chaque angle de la nation et dans toutes les couches sociales. La tendance apparait chez les adlolescents qu’ils soient riches ou pauves, quelque soit ses origines ethniques, dans les villes, les banlieues, les petites bourgades. Partout où se trouve une tour de téléphonie, il y a des adolescents vivant leur vie sur leur smartphone.

Pour ceux d’entre nous qui se souviennent d’une adolescence plus analogique, cela peut sembler troublant et étranger. L’objectif des études générationnelle cependant ‘est pas de succomber à la nostalgie le bon vieux temps, c’est de comprendre comment il est maintenant. Certains changements générationnels sont positifs, certains négatifs et beaucoup sont les deux. Plus à l’aise dans leur chambre que dans une voiture ou à une fête, les adolescents d’aujourd’hui sont plus en sécurité qu’aucun adolascent ne l’a jamais été. Ils sont notoirement moins suceptibles d’avoir un accident et ayant moins le goût de l’alcool que leurs prédécesseurs, moins susceptiles de subir les effets secondaires de l’alcool.

Psychologiquement par contre, ils sont plus vulnérables que l’étaient leurs ainés. Les taux de dépressions et de suicide ont monté en flèche depuis 2011. Ce n’est pas exagérer de décrire la Igen comme étant au bord de la pire crise de santé mentale depuis des décennies. Une grnde partie de cette détérioration peut être tracée sur leurs téléphones.

Même lorsqu’un évènement notoire – une gue avancée technologique, un concert gratuit dans la boue- joue un rôle fédérateur au sein d’un group de jeunes, aucun facteur unique ne définit jamais une génération. Les modes de parentalité continuent à évoluer, comme évoluent les cusrsus scolaires et culturels, et ces éléments importent. Mais la montée simultanée des smartphones et des médias sociaux a causé un séisme d’une magnitude que nous n’avons pas observé depuis très longtemps, sinon jamais. Il y a des preuves irréfutables que ces appareils que nous avons placés entre les mains des adolescents ont un effet profond sur leurs vies en les rendant profondément malheureux.

Au début des années 1970, le photographe Bill Yates fit une série de portraits au skating Sweetheart de Tampa, en Floride. Dans l’un d’eux, un adolescent sans chemise se tient avec une grande bouteille de peppermint collée à la ceinture de son jean. Dans une autre, un garçon qui nesemble pas avoir plus de douze ans pose avec une cigarette dans sa bouche. La patinoire était un lieu où les enfants pouvaient échapper à leurs parents et habiter un monde à eux, un monde où ils pouvaient boire, fumer, et se’envoyer en l’air à l’arrière de leurs voitures. Dans un noir et blanc très pur, les adolescents du babyboom, fixent l’objectif de Yates avec la confiance en soi née du fait d’avoir fait ses propres choix. Même si, et peut-être spécialement si, vos prantes ne pensent pas que ce sont les bons choix.

Quinze ans plus tard, pendant ma propre adolescence, en tant que memebre de la génération X, fumer avait perdu un peu de son prestige mais l’indépendance avait définitivement gardé le sien. Mes amis et moi, nous combinions afin d’obtenir nos permis de conduire aussi vite que possible, prenant des rendez-vous au DMV ( Department of Moor Vehicles)  pour le jour où nous aurions seize ans et utilisant notre liberté fraîchement conquise afin de fuir le confinement de nos banlieues. Quand nos parents nous demandaient : «  Quand rentres-tu à la maison ? », nous répondions, «  Quand veux-tu que je rentre ? »

Mais les allures d’indépendance, si puissantes pour les générations précédentes ont moins d’impact sur les générations actuelles  qui sont beaucoup moins suceptibles de quitter la maison sans leurs parents. Le changement est étonnant, les adolescents de 16 à 18 ans en 2015 sortent moins souvent que ceux de 13 à 14 ans en 2009.

Les adolescents d’aujourd’hui ont également moins de chance d’avoir des rendez-vous amoureux. L’étape initiale que les Génération X appelaient «  bien aimer » ( comme dans «  Oh, je t’aime bien ) les enfants la nomme «  parler »  choix ironique pour une génération qui prfère les textos aux conversations réelles. Après que deux ados aient «parlé » pendant un certain temps, ils peuvent commencer à se rencontrer. Mais seulement 45 % des lycéens de terminale ont déjà eu des rendez-vous alors que pour la Génération X et pour les baby boomers, le nombre était de 80%

Le déclin des rendez-vous évolue avec le déclin de l’activité sexuelle. La chute est la plus forte pour les adolescents de 14 à 15 ans réduit de presque 40% depuis 1991. L’adolescent moyen maintenant a eu des relations sexuelles pour la première fois au début de son année de Première., une année entière plus tard que les adolescents de la Génération X. Moins d’adolescents ayant des relations sexuelles a contribué à ce que certains considèrent comme une des tendances les plus positives dans la jeunesse ces dernières années.  Le taux de naissance chez les adolescents a touché un de ses plus bas scores en 2016, plus faible de 67% par rapport à son pic le plus récent, en 1991.

Même la fait de conduire, un symbole de la liberté adoclescente inscrit dans la culture américaine, de Rebel Without a Cause à Ferris Bueller’s Day Off, a perdu son attractivité pour les adolescents actuels. Preque tous les lycéens du babyboom avaient leur permis de conduire dès le printemps de leur année de Terminale, plus de un adolescent sur quatre aujourd’hui ne l’a pas à la fin du lycée. Pour certains, papa et maman sont de si bons chauffeurs qu’il n’y a pas de besoin urgent de conduire. «  Mes parents me conduisaient partout et ne se plaignaient jamais, j’ai toujours été conduit ; « m’a dit un étudiant de 21 ans de San Diego. «  Je n’ai pas passé mon permis jusqu’à ce que ma mère me dise qu’il le faallait car elle ne’allait plus continuer à me conduire à l’école.  Elle a finalement obtenu son permis six mois après son 18ième anniversaire. D’une conversation à l’autre, les ados décrivent le fait de passer leur permis comme quelque chose que leurs parents les poussent à faire- une notion qui aurait té impensable pour les générations antérieures.

L’indépendance n’est pas gratuite – vous avez besoin d’argent pour payer l’essence, ou la bouteille de schnaps. Avant, les ados travaillaient en grand nombre, impatients de financer leur liberté ou poussé par leurs parents afin d’apprendre la valeur de l’argent. Mais la génération I ne travaillent pas autant (ni ne gère son propre argent) . À la fin des années 70, 77% des lycéens de terminale travaillaient pendant l’année scolaire, vers le milieu des années 2010, seulement 55%. Le nombre des élèves de Première qui travaille a baissé de moitié. Ce déclin s’est accéléré pendant la grande récession, mais l’emploi d’adolescent n’a pas repris même quand le nombre d’emploi a augmenté.

Bien sûr mettre la responsabilité sur le dos des générations antérieurs n’est pas une innovation de la génération I. La génération X (millenials) dans les années 1990, ont été les premiers à repousser les habituels marqueurs de l’âge adulte. Les jeunes de la génération X étaient tout aussi enclins à conduire, bore de l’alcool, et sortir que la génération de baby boomers et plus susceptible d’avoir des relations sexuelles et de tomber enceinte à l’adolescence. Mais en laissant leur adolescence derrière eux, la génération X s’est mariée et à commencer une carrière plus tard que leurs prédécesseurs.

La Gen X s’est débrouillée pour étirer l’adolescence au-delà de toutes les limites antérieures. Ses membres ont commencé à devenir adultes plus tôt et fini de devenir adultes plus tard. Avec la génération X et I, l’adolescence s’est à nouveau contractée – mais simplement parce que ses débuts ont été retardés. A travers une quantité de comportements : boire, sortir, passer du temps sanssupervision, les adolescents de 18 ans agissent maintenent plus comme ceux de 15 ans agissaient et ceux de 15 ans comme ceux de 13. L’enfance maintenant s’étire bien avant dans les années du lycée.

Pourquoi les adolescents d’aujourd’hui attendent-ils plus longtemps avant d’accèder à la fois aux responsabilités et aux avantages de l’âge adulte ? Les changements dans l’économie et dans l’éducation jouent certainement un rôle. Dans une économie de l’information, qui récompense les études longues plus que les emplois précoces, les parents peuvent être enclins à encourager leurs enfants à rester à la maison et à étudier plutôt qu’à exercer un emploi à temps partiel. Les ados, en retour, semblent se satisfaire de cet arrangement casanier- non pas parce qu’ils sont plus studieux mais parce que leur vie sociale est vécue par leur téléphone. Ils n’ont pas besoin de quitter la maison pour passer du tems avec leurs amis.

Si les ados d’aujourd’hui étaient une génrtion de bûcheurs, on le verrait dans les données.  Mais les élèves de 3ième, seconde ou première dans les années 2010 passent en fait moins de temps sur leur travail personnel que le faisait la Génération X dans le début des années 1990. ( Les lycéens se préparant à passr quatre ans à l’université passaient le même temps sur leur travail personnel que leurs prédcesseurs.) Le temps que les élèves de Terminale passent dans des activités comme les clubs d’étudiants et le sport a peu changé récemment. Combiné audéclin des emplois à temps partiel, cela signifie que la génération I a plus de temps libre que la Génération X en avait, pas moins.

Alors, que fait-elle de tout ce temps ? Ils sont sur leurs téléphones, dans leur chambre, seuls et souvent en détresse.

Jasu Hu

Une des ironies de la génération I est que malgré le fait qu’elle passe beaucoup plus de temps sous le même toit que leurs parents, on ne peut pas dire que les ados soient plus proches de leurs pères ou de leurs mères que l’étaient leurs prédécesseurs. «  J’ai vu mes amis dans leur famille, ils ne leur parlent pas » me dit Athena. Ils ne disent que «  Okay, okay, des truxcs comme ça  quand ils sont sur leur téléphone. Ils ne font pas attention à leur famille. » Comme ses pairs, Athena est une experte dans le débranchage de ses parents quand elle veut se concentrer sur son téléphone. Elle a passé presque tout l’été avec ses amis mais tout était par textos ou snapchat ? «  J’ai été plus sur mon téléphone qu’avec de vraies personnes » dit-elle «  Mon lit a, comme une empreinte de mon corps. »

En ceci aussi elle est typique. Le nombre d’ados qui rejoingent leurs amis preque chaque jour a chuté de plus de 40% entre 2000 et 2015. Le dclin s’est spécialement accentué récemment. Ce n’est pas qu’une question de nombre d’ados faisant la fête, mais du nombre d’ados simplement passant du temps dehors. C’était quelque chose que tous les ados faisaient, les ringards et les sportifs, les riches et les pauvres, les bons et les moyens à l’école. La patinoire, le terrin de bascket, la piscine municipale, les coins spéciaux pour se tripoter. Tout a été remplacé par des espaces virtuels auquels on a accès par les applications et le web.

On pourrait s’attendre à ce que les ados passent tnt de trmps sur ces noveaux espaces parce que ça les rend heureux mais la plupart des données montrent qu’il n’en est rien. L’enquête de «  Monitoring the future », créé par l’Institut national d’usage de drogues et sensé avoir une représentativité nationale a posé à des lycéens de Terminale 1000 questions chaque année depuis 1975 et à des lycéens de Troisième et de Seconde depuis 1991. L’enquête demanden aux adolescents s’ils sont heureux et combiende temps libre ils passent sur différentes activités, y compris de activités sans écran comme les interactions interpersonnelles, et l’exercice physique, et récemment, les activités avec écran comme l’usage des médias sociaux, les textos, et les recherches sur le web. Les résultats ne peuvent pas être plus clairs. Les ados qui passent plus de temps que la moyenne sur leurs écrans sont plus susceptibles d’être malheureux et ceux qui passent plus de tmps sdans des activités sans écran sont plus susceptibles d’être heureux.

Il n’y a pas une seule exception. Plus d’activités face aux écrans sont liées à moins de bonheur et toutes les activités hors écran à plus. Les élèves de Troisième qui passent 10 heures et plus par semaine sur les médias sociaux sont susceptibles à 56 % de plus de dire qu’ils sont malheureux que ceux qui consacrent moins de temps aux médias sociaux. Il faut l’admettre, 10 heures par semaine, c’est énorme. Mais ceux qui passent de 6 à 9 heures sur les médias sociaux sont tout de même susceptibles à 47 % de plus que ceux qui les utilisent moins de dire qu’ils sont malheureux.

L’opposé est vrai en ce qui concerne les interactions interpersonnelles. Ceux qui passent un temps au-dessus de la moyenne avec leurs amis sont 20% moins susceptibles de dire qu’ils sont malheureux que ceux qui se retrouvent avec leurs amis moins souvent que la moyenne.

Plus les adolescents passent de temps face à leurs écrans plus ils témoignent de symptômes de dépression.

Si vous deviez donner un conseil pour une adolsecence heureuse à partir de cette enquête, ce serait tout ce q’il y a de plus simple : laissez vos smartphones et vos ordinateurs, et allez faire quelque chose, n’importe quoi qui ne nécessite pas d’écran. Bien sûr ces analyses ne prouvent pas d’une façon univoque que les écrans causent la trisesse.  IL est porssible que des adolescents tristes passent pus de temps en ligne. Mais des recherches récentes suggèrent que le temps face aux écrans, en particulier à travers l’usage des médias sociaux cause vraiment du mal être. Une étude à demandé à des étudiants ayant une page Face Book de remplir une brève étude sur leur téléphone pendant deux semaines. Ils recevaient un message avec un lien cinq fois par jour et rapportaient leur états d’âme et combien de tempsils avaient utilisés Face Book. Le plus ils l’utilisaient, le moins heureux ils se sentaient, mais se sentir malheureux ne les amenaent pas à plus de temps passé sur ce média.

Des médias sociaux comme Face Book promettent de nous connecter avec des amis. Mais la Génération I qui apparait de ces études est une génération solitaire, disloquée. Les ados qui visitent les médias sociaux chaque jour mais vint des amis en personne moins fréquemment sont les plus susceptible de partager ce choix : «  Souvent je me sens seul » et «  Je me sens être à l’écart de beaucoup de choses » et «  Je souhaite souvent avoir plus de vrais amis ». Le sentiment de solitude chez les adolescents à grimpé en 2013 et est demeuré haut depuis.

Ceci ne veut pas dire que, à un niveau individuel, les enfants qui passent plus de temps en ligne sont plus solitaires que ceux qui y passent moins de temps. Les adolescents qui passent beaucoup de temps sur les édias sociaux passent aussi plus de temps avec leurs amis, en moyenne. Des ados hautement socialisés le sont plus dans les deux cas et ceux qui le sont moins également. Mais à un niveau générationnel, quand des adolescents passent plus de temps sur leurs smartphones et moins de temps avec leurs amis, le sentiment de solitude est plus commun.

La dépression aussi. Une fois de plus, les effets des activités sur écran ne peuvent pas tromper : le plus de temps passé en ligne, le plus de chance de témoigner de symptômes de dépression.

Les élèves de Troisième qui sont de gros utilisateurs des médias sociaux augmentent leur risques de dépression de 27%, pendant que ceux qui font du sport, vont aux sevices religieux ou même font leur travail scolaire plus que la moyenne diminuent les risques d’une façon significatrice.

Les adolescents qui passent trois heures ou plus avec des appareils électroniques augmentent de 35% les facteurs de risques de suicide, comme de faire de plans pour se suicider ( ce qui est =beaucoup plus que les risques par exemple liés au fait de regarder la télévision). Une enquête qui capture étonnament et indirectement l’isolation croissante des enfants, en bien et en mal : depuis 2007, le taux d’homicide au sein des adolescents a décliné mais le taux de suicides a augmenté. Comme les adolescents ont commencé à moins passer de temps ensemble, ils sont devenus moins susceptibles de se tuer les uns les autres et plus susceptibles de se tuer eux-mêmes. En 2011, pour la première fois en 24 ans, le taux de suicide adolescents était plus élevé que le taux d’homicides.

La dépression et le suicide ont de nombreuses causes, trop de technologie n’est pas le seule d’entre elles de toute évidence. Et le taux de suicide chez les adolescents était même plus élevé dans les années 1990, longtemps avant l’arrivée des smartphones. Mais à peu pès quatre fois plus d’Américians prennent des anti-dépresseurs qui sont souvent pescrits pour traiter les dépressions sévères, le type le plus lié au suicide.

Quelle est la conexion entre les smartphones et l’apparente détresse psychologique que cette génération éprouve ? Malgré tout leur pouvoir à mettre en connexion les enfants jour et nuit, les médias sociaux aussi exacerbent l’inquiétude liée à cet age d’être laissé de côté. Les adolescents d’aujourd’hui peuvent se rendre à moins de fêtes et passer moins de temps ensemble mais lorsqu’ils se retrouvent, ils en témoignent sans rpit sur Snapchat, instaram ou face book. Ceux qui ne sont pas invités sont mis au courant sans pitié. On a constaté que le nombre d’adolescents qui se sent marginalisé a atteint un niveau record. Comme pour l’augmentation du sentiment de d’isolement, l’augmentation dans lcelui d’être mis de côté a été rapide et significatif.

Cette tendance est particulièrement sensible chez les filles.  Chez elles, 48% de plus en 2015 qu’en 2010 disent qu’elles se sentent souvent laissées pour compte, et 27% chez les garçons. Les filles utilisent les médias sociaux plus souvent, avec des opportunités supplémentaires de se sentir exclues et isolées lorsqu’elles voient leurs amis et leurs camarades de  classe se retrouver sans elles. Les médias sociaux prélèvent une taxe psychique sur l’adolescent postant quelque chose également, car il attend avec anxiété  la reconnaissnce avec des commentaires et des like. Quand Athena poste des photos sur Instagram, elle me dit «  Je suis nerveuse, à propos de ce que les gens pensnent et vont dire. Ça m’agace parfois quand je n’ai pas assez de likes sur une photo. »

Les filles portent aussi le plus gros de la montée des symptômes dépressifs parmi les adolescents. Les symptômes dépressifs chez les garçons ont augmenté de 21% entre 2012 et 2015 pendant que chez les filles ils augmentaient de 50%, plus de deux fois plus. L’augmentation des suicides également est plus forte chez les filles. Bien que le taux augmente pour les deux, trois fois plus de filles entre 12 et 14 ans ont mis fin à leurs jours en 2015 qu’en 2007, contre deux fois chez les garçons. Le taux de suicides est toujours le plus aht chez les garçons, en partie pce qu’ils utilisent des méthodes plus léthales mais les filles commencent à combler l’écart.

Ces conséquences désastreuses pour les adolescentes peuvent aussi s’enraciner dans le fait que les filles expérimentent plus souvent le cyberharcélement. Les garçons tendent à se harceler physiquement alors que les filles le font plus en compromettant le statut social de la victime ou ses relations. Les médias sociaux donnent aux collégiennes et lycéennes  une plateforme pour mener à bien le type d’agression qu’elles préfèrent, exluant ou ostracisant d‘autres filles vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Les compagnies de médias sociaux sont évidemment au courant de ces problèmes et à un niveau ou un autre se sont appliquées à prévenir le cyberharcèlement. Mais leurs diverses motivations sont, c’est le moins qu’on puisse dire, complexes. Un document ayant fuit de FaceBook récemment a indiqué que la compagnie revendait à des publicitaires sa capacité à d »terminer l’état afffectif des adolescents en fonction de leur comportement en ligne et de pointer même «  les moments ou les jeunes ont besoin d’une poussée de confiance » Facebook a reconnu que le doument était authentique mais a nié qu’il ait offert des «  outils pour cibler les individus en fonction de leur état émotionnel. »

In july 2014, a 13-year-old girl in North Texas woke to the smell of something burning. Her phone had overheated and melted into the sheets. National news outlets picked up the story, stoking readers’ fears that their cellphone might spontaneously combust. To me, however, the flaming cellphone wasn’t the only surprising aspect of the story. Why, I wondered, would anyone sleep with her phone beside her in bed? It’s not as though you can surf the web while you’re sleeping. And who could slumber deeply inches from a buzzing phone? “

Curieux, j’ai demandé à des étudiant(e) de l’Université d’état de San Diego ce qu’ils faisaient de leurs téléphones quand ils dormaient. Leurs réponses témoignaient d’un profil obsessionnel. Presque la moitié dormaient avec leur téléphone, le glissant sous leur oreiller, sur le matelas, ou au moins à portée de main près du lit (Ils devaient, ils l’utilisent tous comme réveil) Leu téléphone est la dernière chosen qu’ils voient avant de s’endormir et la première au réveil. Si ils s’éveillent au milieu de la nuit, ils finnisent souvent par jeter un coup d’oeil à leur téléphone au lit. Quelques-uns utilisent le langage de l’addiction : ” Je sais que je ne devaris pas mais je ne peux pas m’en empêcher.” m’a dit l’un d’entre eux à propos du fait de vérifier son téléphone ds son lit. D’autres considérent leur télphone comme une extension de leur corps – ou même comme un amoureux. ” Avoir mon téléphone près de moi pendant que je dors est un réconfort.”

C’est peut-être un réconfort mais le smartphone réduit le temps de sommeil des adolescents : beaucoup maintenant dorment moins de sept heures par nuit. Les spécialistes du sommeil disent que les adolescents devraient aoir à peu près neuf heures de sommeil par nuit. Un adolescent qui dort moins de sept heures est enmanque de sommeil. 57 % des adolescents en 2015 étaient en manque de sommeil par rapport à 1991. Et simplement dans les dernières quatre années, de 2012 à 2015, 22% d’adolescents supplémentaires n’avaient pas sept  heures de sommeil.

Cette augmentation est étrangement chronométrée, à nouveau présente quand les adolescents obtiennent un smartphone. Deux enquêtes nationales montrent que les adolescents qui passent trois heres ou plus su leur téléphone ont 28% de chance supplémentaires de dormir moins de sept heures que ceux qui y passent mons de trois heures et que les adolescents qui visitent les médias sociaux chaque jour ont 19% de chance supplémentaire d’être en manque de sommeil. Une méta-analyse des études sur les appareils électroniques utilisés par les enfants montre des résultats similaires. Les enfants qui utilisent les médias juste avant de se coucher sont plus susceptibles de dormir moins bien et ont deux fois plus de chance d’être somnolents pendant la nuit.

Le matériel électronique et les médias sociauxsemblent avoir une capacité toute particulière à modifier le sommeil. Les adolescents qui lisent des livres ou des magazines plus souvent que la moyenne ont en fait légèrement moins de chance de se trouver avec des troubles du sommeil. Ou bien parce que le fait de lire les berce aant de dormir ou parce qu’ils peuvent laisser leur livre à l’ehure du coucher. Regarder la télévision plusieurs heures par jour n’est que rès peu lié aux troubles du sommeil. Mais il est très difficile de résister aux smartphones.

Les troubles et le manque de sommeil entraîneent une myriade de problèmes, y compris des capacités à penser et à raisonner compromises, plus de susceptibilité d’être malade, du gain de poids et une pression artérielle élevée. Cela affecte aussi l’humeur : les gens qui ne dorment pas assez sont sujets à l’anxiété et à la dépression. Encre une fois, il est difficile de tracer un lien précis de cause à effet. Les smartphones pourraient cause un manque de sommeil qui conduirait à la dépession, ou les téléphones pourraient causer la dépression qui induirait des troubles du sommeil. Ou certains facteurs pourraient causer à la fois l’augmentation de la dépression et du manque de sommeil. Mais les smartphones, avec leur luière bleue brillant dans l’obscurité joue vraisemblablemnt un rôle   majeur.

La corrélation entre la dépression et l’usage des smartphones est suffisamment forte pour suggérer que plus de parents devraient dire à leurs enfants de laisser leurs téléphones. Comme le rapporte d’écrivian spécialiste de la technomogie Nick Bilton, c’est une politique que certains cadres de la Silicon Valley suivent. Même Stve Jobs a limité  pour ses enfants l’usage du téléphone qu’il a créé.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la façon dont les enfants expérimentent l’adolescence. La présence consante des smartphones est susceptible d’affecter leurs comportements longtemps en tant qu’adultes. Parmi les individus qui ont fait face à une dépression, au moins la moitié s’y trouve confronté à nouveau dans leur vie. L’adolescence est une période clef pour développer des compétences sociales, comme les adolescents passent moins de temps en face à face avec leurs amis, ils ont moins d’opportunités de les développer. Dans la prochaine déennie, nous avons des chances d voir plus d’adultes qui connaissent l’émoticone adéquat pout telle situation mais ne reconnaisent pas l’expression faciale correspondante.

Je réalise que de réduire la technologie peut être une exigence irréaliste à l‘égard d’une génération d’enfants si habitués à être branchés tout le temps. Mes trois filles sont nées en 2006,2009, et 2012. Elles ne sont pas encore assez agées pour afficher les signes de l’attitude des ados de la Igen mais j’ai déjà été le témoin direct de la façon dont les médias se sont incrustés dans leurs jeunes vies. J’ai observé la dernière née à peine capable de marcher se frayant un chemin vers l’Ipad en toute confiance. Celle de six ans demandant à avoir un Iphone. J’ai pu entendre celle de neuf ans discutant des de la dernière application qui enthousiasmait sa classe. Enlever les cellphones de mains de nos enfants sera difficile, certainement plus que ne l’a été pour la génération de mes parents le fait d’amener leurs enfants à éteindre MTV et à sortir un peu. Mais plus semble être en jeu dans le fait de pousser les adolescents à utiliser leur responsabilité face au téléphone et il y a des bénéfices à gagner à instiller dans l’esprit de nos enfants l’importance de la modération. Des effets significatifs, à la fois sur la santé mentale et la qualité du sommeil apparaissent après deux ou trois heures d’usage d’appareils électroniques. La moyenne des adolescents passe à peu près deux heures ou plus par jour sur leurs appareils, Une limite légère posée pourrait éviter aux enfants de tomber dans des habitudes dommageables.

Lors de ma conversation avec les adolescents, j’ai vu les signes que les adolescents eux-mêmes relient certains de leurs troubles à leur téléphone omniprésent. Athena m’a confié que lorsqu’elle passe du temps avec quelqu’un, ils regardent souvent leur smartphone au lieu d’elle. «  J’essaie de leur parler de quelque chose et en fait ils ne me rgarde pas en face. «  dit-elle, «  Ils regardent leur téléphoneou à leur montre apple «. «  Quel effet ça fait, quand vous essayez de parler à quelqu’un et qu’il ne vous regarde pas ? «  Je pense que ça blesse. Je sais que la génération de mes parents ne faisaient pas ça. Je pux évoquer quelque chose de super  important, et ils n’écoutent même pas. »

Une fois, le dit-elle, elle se baladait avec une amie qui était entrain d’envoyer un texto à son petit-ami. J’essayais de lui parler de ma famille, et de ce qui se passait et elle était comme ça, ah oui, bon, bon » Je lui ai alors pris son téléphone des mains et je l’ai lancé contre le mur. »

Je n’ai pas pu m’empêcher de rire, «  Tu joues au Volley-ball ? » « As-tu un bon bras ? » «  Oui », a-t-elle répondu.

Cet article a été adapté du livre de Jean M. Twenge à venir «  Igen, pourquoi les enfants super-connects d’aujourd’hui sont devenus moins rebelles, plus tolérants, moins heureux ‘ et complètement inadaptés à l’âge adulte – et ce que cela signifie pour les autres, iGen: Why Today’s Super-Connected Kids Are Growing Up Less Rebellious, More Tolerant, Less Happy—and Completely Unprepared for Adulthood—and What That Means for the Rest of us.

Traduction : Elisabeth Guerrier

Néo-libéralisme : l’idéologie à la base de tous nos problèmes Georges Monbiot

Avant de prendre connaissance de ce très bon article de G. Monbiot sur l’histoire du néo-libéralisme et sur ses caractéristiques, il semble intéressant de présenter cette citation de Carl Sagan dans le Counterpunch du 12.08.

En effet, la plupart des idéologies qui ont eu à ordonner la vie sociale, politique et culturelle de pays entiers sur des durées plus ou moins longues ont toujours affiché avec ostentation leur identité, leurs critères de réussite collective ou individuelle et mis en place, sur un mode coercitif quand c’était nécessaire et adapter les critères d’une idéologie à la réalité rend la coercition et la répression toujours nécessaires, les étapes et les cadres devant amener le peuple à se plier dans l’enthousiasme et pour son bien. 

Une des caractéristiques du néo-libéralisme est qu’il n’avance que masqué et, après s’être abreuvé des travaux de Edward Bernays, a mis au point une méthode vouée au succès presque absolu, ne pas avoir à s’imposer de l’extérieur mais devenir partie prenante, essence même de la vie, des valeurs et même, plus grave, des modes de penser les réalités et les identités individuelles et collectives des sociétés auxquelles il s’impose.

. ” S’imposer ” n’est pas le terme puisque dans ce lent mais radical mouvement vers l’individu et son bonheur comme régles propagandiques fondamentales du consumérisme qui est son combustible  rien ne semble faire pression Le mimétisme, mis en avant par René Girard,  en tant que dynamique constituant le social,  fonctionnant sans coup férir dans un monde où l’autre en miroir est sans cesse visible et évaluable et où le neuro-marketing s’occupe de joindre au flux nos plus fervents désirs d’aliénation.

C’est par choix et en prônant une des valeurs essentielles du néo-libéralisme, la liberté, que s’organise le mouvement sans fin du capitalisme dans sa forme contemporaine, la plus raffinée technologiquement et médiatiquement et la plus sauvage humainement et socialement. 

Carl Sagan fait ici référence à l’Amérique et observe sa lente décomposition intellectuelle mais il pourrait, devrait ici, sortir du spectre national pour mettre en lumière les mêmes effets, dus au système idéologique et fonctionnant en vortex, de la totale soumission des USA aux valeurs de dérégulation du néo-libéralisme, à la fois miroir et leader d’un fonctionnement qui s’est auto-proclamé ” global ” , sur l’ensemble de la planète et qui a donné à l’économique l’indépendance et le pouvoir en repoussant le politique  vers le rôle de factotum des fantasmes du marché. EG

Carl Sagan: ” J’ai eu la vision de l’Amérique au temps de mes enfants et petits-enfants, quand les USA sont devenus une économie de service et d’information, quand presque toutes les usines-clefs sont parties vers de nouveaux pays, quand des pouvoirs technologiques incroyables sont entre les mains de quelques individus et que personne représentant l’intérêt public ne peut même envisager les problématiques, quand les gens ont perdu la capacité à organiser leurs propres agendas ou à questionner de manière compétente les détenteurs de l’autorité, quand, étreignant nos boules de cristal et consultant nerveusement nos horoscopes, nos facultés critiques déclinent, incapables de distinguer entre ce qui est agréable et ce qui est vrai, nous glissons, sans presque nous en apercevoir vers la superstition et l’obscurantisme. L’abrutissement de l’Amérique est le plus palpable dans la lente perte de tout contenu consistant dans des médias à l’influence énorme : Les petites phrases de 30 secondes, maintenant réduite à 10 ou moins, les programmes au dénominateur commun le plus bas, les présentations crédules, la pseudoscience et la superstition, mais tout spécialement une sorte de célébration de l’ignorance.”
” I have a foreboding of an America in my children’s or grandchildren’s time–when the United States is a service and information economy; when nearly all the key manufacturing industries have slipped away to other countries; when awesome technological powers are in the hands of a very few, and no one representing the public interest can even grasp the issues; when the people have lost the ability to set their own agendas or knowledgeably question those in authority; when, clutching our crystals and nervously consulting our horoscopes, our critical faculties in decline, unable to distinguish between what feels good and what’s true, we slide, almost without noticing back into superstition and darkness. The dumbing down of America is most evident in the slow decay of substantive content in the enormously influential media, the 30-second sound bites (now down to 10 seconds or less), lowest common denominator programming, credulous presentations on pseudoscience and superstition, but especially a kind of celebration of ignorance.”

Citation du jour dans la revue Counter Punch

Néolibéralisme– l’idéologie à la base de tous nos problèmes.

Faillites financières, désastres environnementaux, et même la montée de Donald Trump – le néolibéralisme a joué un rôle dans chacun d’eux. Pourquoi la Gauche a-t-elle échoué dans la proposition d’une alternative ?

2304 ‘Pas d’alternative ( le “ TINA”) Ronald Reagan et Margaret Tatcher à la Maison blanche

. Photograph: Rex Features

George Monbiot

@GeorgeMonbiot

Imaginez si les gens en Union soviétique n’avaient jamais entendu parler du communisme. L’idéologie qui domine nos vies a, pour la plupart d’entre nous, aucun nom. Mentionner la dans une conversation et vous serez récompensé par un haussement d’épaules. Même si vos interlocuteurs ont entendu ce terme auparavant, ils vont lutter pour le définir.  Le Néo-libéralisme, savez-vous ce que c’est ?

Son anonymat est à la fois le symptôme et la cause de son pouvoir. Il a joué un rôle majeur dans une remarquable variété de crises. Le  crack financier de 2007.2008,   le mouvement offshore de la richesse et du pouvoir, dont l’affaire des Panama Papers ne nous offre qu’un aperçu, le lent effondrement de la santé publique et de l’éducation, la pauvreté infantile résurgente, l’épidémie de solitude, l’effondrement des éco-systèmes, la montée de  Donald Trump. Mais nous répondons à ces crises comme si elles émergeaient isolément, apparemment ignorants du fait qu’elles ont toutes été ou catalysées ou exacerbées par la même cohérence philosophique. Une philosophie qui a- ou avait- un nom. A part celui-ci, quel plus grand pouvoir peut-il opérer sans nom ?

L’inégalité est requalifiée de vertueuse. Le Marché assure que chacun ait ce qu’ il mérite.

Le Néo-libéralisme est devenu si pénétrant que nous le reconnaissons à peine comme une idéologie. Il semble que nous acceptions la proposition selon laquelle cet idéalisme, cette foi millénariste décrit une force neutre, une sorte de loi biologique, comme celle de l’évolution de la théorie darwinienne. Mais cette philosophie a vu le jour dans une tentative consciente de  réorganiser la vie humaine et de faire se déplacer les termes du pouvoir.

Le Néo-libéralisme voit la compétition comme l’élément le plus caractéristique des relations humaines.

Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les choix démocratiques sont exercés au mieux en vendant et en achetant, un processus qui gratifie le mérite et punit l’inefficacité.

Il maintient que le «  marché » délivre des bénéfices qui ne pourraient jamais être atteint par la planification.

Les tentatives de limiter la compétition sont traitées comme antinomiques à la liberté. Les impôts et la régulation doivent être réduits au minimum, les services publics doivent être privatisés. L’organisation du travail et les négociations par les  . syndicats sont décrits comme des distorsions du marché qui empêchent la formation d’une hiérarchie naturelle de gagnants et de perdants. L’inégalité est redéfinie comme vertueuse : une récompense de l’utilité et un générateur de richesse, qui retombe sur tous afin de les enrichir. Les efforts pour créer une société plus égalitaire sont à la fois contre-productifs et moralement corrosifs. Le Marché assure que tous ait ce qu’il mérite.

Nous avons internalisé et nous reproduisons son Credo. its creeds. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse grace à leur mérite, ignor    ant les avantages – comme l’éducation, les héritages, ou la classe sociale d’appartenance, qui peuvent les avoir aidé à la créer. Le pauvre commence par se blamer lui-même à cause de ses échecs, meme lorsqu’ils ne peuvent rien faire pour changer le context des circonstances.

Le chômage structurel n’a pas d’importance : si ils n’ont pas d’emploi c’est parce qu’ils ne sont pas assez entreprenants. Le coût impossible du logement n’a pas d’importance : si votre carte de crédit est épongée, c’est parce que vous êtes incapable et dépensier. Le fait que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu n’a pas d’importance : s’ils deviennent obèses, c’est votre problème. Dans un monde gouverné par la compétition, ce qui tombent en marche se font définir et se définissent eux-mêmes comme des perdants.

Parmi les résultats, comme as Paul Verhaeghe le note dans son livre What About Me? On trouve des épidémies d’automutilation, des troubles de l’alimentation, de la dépression, de la solitude, l’anxiété des performances et de la phobie sociale. Il n’est peut-être pas surprenant que la Grande-Bretagne, dans laquelle l’idéologie néo-libérale a été appliquée le plus rigoureusement soit la capitale européenne de la solitude.  Nous sommes devenus néo-libéraux maintenant

Le terme de “ néo-libéralisme” fût introduit lors d’un meeting à Paris en 1938. Parmi les délégués, on trouvait deux hommes qui définiront cette idéologie, Ludwig Von Mises and Friedrich Hayek. Tous deux exilés d’Autriche, ils voyaient la social-démocratie, incarnée par le New Deal de Franklin Roosevelt et le développement progressif de l’état-providence en Grande Bretagne comme des manifestations du collectivisme qui occupait le même spectre que le Nazisme ou le Communisme.

Dans son livre « La route vers la servitude » The Road to Serfdom, publié en 1944, Hayek argument que la planification gouvernementale, en écrasant l’individu, mènerait inexorablement à un contrôle totalitaire. Comme l’ouvrage de Mises, « Bureaucratie », « La route vers la servitude » fut largement lu. Il fut remarqué par certaines personnes très riches, qui virent dans cette philosophie une opportunité pour eux de se libérer des régulations et des taxes. Quand, en 1947, Hayek fonda sa propre organisation qui allait répandre la doctrine du néo-libéralisme la Société du Mont-Pélerin  – il fût supporté financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.

Avec leur aide, il commença à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans son livre “ Les maîtres de l’univers”, Masters of the Universe comme “ une sorte d’Internationale néolibérale” : un réseau international d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et d’activistes. Les soutiens fortunés du mouvement fondèrent une  série de groupes de recherche  qui raffinèrent et assurèrent la promotion de l’idéologie. Parmi eux, l’American Enterprise Institutel’ Heritage Foundationle Cato Institutel’ Institute of Economic Affairsle Centre for Policy Studies et l’  Adam Smith Institute. Ils financèrent également des positions académiques et des départements, particulièrement dans les Universités de Chicago et de Virginie.

En évoluant, le néo-libéralisme devint plus véhément. La vision d’Hayek selon laquelle le gouvernement devrait réguler la compétition afin d’éviter la création de monopoles fût remplacée – parmi des apôtres américains comme  Milton Friedman – par la croyance que le pouvoir des monopoles pouvait être considéré comme une récompense pour l’efficacité.

Quelque chose d’autre se produisit pendant la transition : le mouvement perdit son nom. En 1951, Friedman était content de se décrire lui-même comme un néo-libéral . Mais peu de temps après, le terme commença à disparaître. Encore plus étonnant, même lorsque l’idéologie devint plus Claire et le mouvement plus cohérent, l’appellation perdue ne fut remplacée par aucune alternative commune.

Tout d’abord, malgré son financement gigantesque, le néo-libéralisme resta dans la marge. Le consensus d’après-guerre était universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la libération de la pauvreté étaient des buts communs aux USA et dans l’Europe de l’ouest, les taux d’imposition étaient élevés et les gouvernements cherchaient les issues sociales sans embarras, développant de nouveaux services publiques et des réseaux de sécurité.

Mais en 1975 quand les politiques keynésiennes commencèrent à s’effondrer et que la crise économique frappe des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales commencèrent à pénétrer les médias grand public. Comme le remarqua Friedman  quand le moment vint pour le changement, il y avait là une alternative toute prête. Avec l’aide de journalistes sympathisants  et de conseillers politiques, des éléments du néo-libéralisme furent adoptés, spécialement en ce qui concerne la politique monétaire, par l’administration Carter aux USA et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande Bretagne.

Après la prise de pouvoir de Margaret Tatcher et de Ronald Reagan, le reste du colis suivit rapidement : des baisses d’impôt massives pour les riches, l’écrasement des syndicats, la dérégulation, les privatisations, la sous-traitance et la compétition dans les services publics. A travers l’IMF, la Banque mondiale, le Traité de Maastricht et la World Trade Organisation, les politiques néolibérales furent imposées – souvent sans l’approbation démocratique – presque partout dans le monde. Plus étonnant encore leurs adoptions par des partis qui se disaient auparavant «  de gauche » : le Labour party ou les Démocrates par exemple. Comme le note Stedman Jones : «  Il est difficile d’imaginer une autre utopie aussi pleinenemt réalisée. »

***

Il peut sembler étrange qu’une doctrine promettant le choix et la liberté ait été promue avec le slogan «  Il n’y a pas d’alternative »  mais comme Hayek le remarquait lors d’une visite à Pinochet au Chili – une des premières nations à avoir appliqué le programme dans sa totalité- « Mon choix personnel penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dévoué au libéralisme. » La liberté qu’offre le néolibéralisme, qui semble si séduisante quand elle est évoquée en termes généraux, se révèle être la liberté des prédateurs, pas du menu fretin.

L’indépendance à l’égard des syndicats et de la négociation peut permettre de supprimer les salaries. L’indépendance à l’égard de la régulation signifie la liberté d’empoisonner les rivières,  de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des taux des taux d’intérêt injustes et de mettre au point des instruments de finacement exotiques. La liberté face à l’impôt signifie la liberté dans la distribution des richesses qui peuvent extraire les peuples de la pauvreté.

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Naomi Klein l’écrit dans La doctrine du choc ,  les néolibéraux ont defendu l’usage des crises afin d’imposer des lois impopulaires pendant que les populations étaient distraites : par exemple dans l’après-coup du coup d’état de Pinochet, la guerre en Irak ou l’ouragan Katrina que Friedman décrit comme «  une opportunité pour réformer radicalement le système éducatif » en Nouvelle Orléans

Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposes nationalement, elles le sont au niveau international, à travers les traits commerciaux incorporant le « investor-state dispute settlement »: des tribunaux offshores dans lesquels les corporations peuvent faire pression pour le détournement des lois de protection environnementale ou sociale. Lorsque le Parlement a voté pour restreindre la vente de cigarettes, protéger la qualité de l’eau contre les compagnies minières, geler des lois sur l’énergie ou prévenir contre les arnaques des firmes pharmaceutiques envers l’état, les compagnies l’ont poursuivi, souvent avec succès.

Le Néo-libéralisme n’ pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu.

Un des autres paradoxes du néo-libéralisme est que la compétition universelle s’appuie sur une quantification et une comparaison universelle. Le résultat est que les travailleurs, les chercheurs d’emploi et les services publics sont sujets à un régime étouffant  et chicanier de vérifications et de guidance, supposé identifier les gagnants et punir les perdants. La doctrine que Von  Mises proposait devait nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification centralisée en a, à sa place, créé une autre.

Le néo-libéralisme n’a pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu. La croissance économique a été remarquablement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en grande Bretagne et aux US) qu’elle l’avait été dans les décennies précédentes. L’inégalité dans la distribution des richesses et des revenus, après soixante années de déclin, a crû rapidement sur cette période, à cause de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôts, de l’augmentation des loyers, de la privatisation et de la dérégulation.

La privatisation et la mise sur le marché des services publics comme l’énergie, l’eau, les trains,  la santé, l’éducation les routes et les prisons ont permis aux firmes privées d’installer des postes de péage face de biens essentiels et d’en faire payer les locations ou bien aux citoyens ou au gouvernement, pour leur usage.  La location est une autre face des rentes. Quand vous payez un prix gonflé pour un ticket de train, seulement une partie compense l’opérateur pour l’argent dépensé en carburant, salaries, le matériel roulant et autre. Le reste reflète uniquement le fait  qu’ils vous ont à leur merci.

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Au Mexique,  Carlos Slim s’est vu attribuer le contrôle de presque tous les services téléphoniques et il devint bientôt un des hommes les plus riches de la planète.. Photograph: Henry Romero/Reuters

Ceux qui possèdent les services privatisés ou semi-privatisés font des fortunes gigantesques en investissant peu et en chargeant un maximum. En Russie et aux Indes, les oligarques ont acquis des organismes d’états qui étaient bradés et pratiquement toutes les lignes terrestres et les services de téléphonie mobile passèrent sous le contrôle de Carlos Slim qui devint un des hommes les plus riches au monde.

La financialisation comme  Andrew Sayer le note dans : Why We Can’t Afford the Rich, (Pourquoi ne peut-on pas s’offrir les riches ?) a eu un impact similaire. « Comme les loyers, dit-il, les intérêts sont un revenu non gagné qui augmente sans aucun effort. » Comme les pauvres s’appauvrissent et le riches s’enrichissent, les riches acquièrent un contrôle accru sur un des points essentiels : l’argent. Les taux d’intérêt, d’une façon majeure, sont un transfert d’argent des pauvres vers les riches. Comme les prix du foncier et le retrait des fonds d’état criblent les gens de dettes  (pensez aux basculement des bourses pour étudiants aux prêts pour étudiants), les banques et leur exécutif font le ménage.

Sayer prétend que les quatre dernières décennies ont été caractérisées par le transfert de richesse pas seulement des pauvres vers les riches mais aussi au sein des riches eux-mêmes : de ceux qui faisaient de l’argent en produisant de nouveaux biens de consommation ou de nouveaux services à ceux qui ont construit leurs fortunes en contrôlant les biens existant et en accumulant les fonds, les intérêts et les capitaux. Les revenus gagnés ont été supplantés par les revenus non gagnés.

Les politiques néolibérales sont partout, assaillies par les échecs du marché. Non seulement les banques sont-elles «  trop grosses pour échouer » mais les corporations le sont aussi qui ont à charge de délivrer des services publics. Comme le remarque Tony Judt dans  Ill Fares the Land, Hayek a oublié que les services nationaux vitaux ne peuvent pas être autorisés à s’effondrer, ce qui signifie que la compétition ne peut s’y exprimer. Le business ramasse les profits, l’état prend les risques.

Plus l’échec est massif, plus l’idéologie s’extrémise. Les gouvernements utilisent les crises néolibérales à la fois comme excuse et comme opportunité pour les baisses d’impôts, la privatisation de des services publics restants, la création de trous dans le filet de la protection sociale, la dérégulation des entreprises et la re-régulations des citoyens. L’état qui se hait lui-même plonge maintenant ses dents dans chaque organe du service public.

Il est probable que le pire impact du néolibéralisme ne soit pas l’état de crise économique qu’il a généré mais l’état de crise politique. Au fur et à mesure que se réduit le camp de l’état, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se contracte également.  A sa place, la théorie néolibérale affirme que le choix des individus peut s’exercer à travers leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la démocratie de la grande consommation ou de l’actionnariat, les votes ne sont pas distribués égalitairement. Le résultat est une déresponsabilisation des classes pauvres et de la classe moyenne. Et comme les partis de droite comme ceux de  l’ancienne gauche  adoptent des politiques néolibérales identiques, la déresponsabilisation se transforme en suppression du droit de vote. Un grand nombre de personne ont été balayés de la vie politique.

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Slogans, symboles et sensation … Donald Trump. Photograph: Aaron Josefczyk/Reuters

Chris Heges remarque que “ les mouvements fascists construisent leur base non sur les politiquement actifs mais sur les politiquement inactifs, les “ perdants” qui sntent, souvent à raison, qu’ils n’ont pas de voix ou de rôle à jouer dans le jeu politique.” Quand le débat politique ne s’adresse plus à eux, les gens deviennent réactifs à sa place aux slogans, aux symboles et aux sensations. Pour les admirateurs de Trump par exemple, les faits et les arguments paraissent sans intérêt.

Judt explique que l’épais réseau d’interactions entre les citoyens et l’état a été réduit à rien sauf à de l’autorité et de l’obéissance, les deux seules forces qui nous lient au pouvoir central. Le totalitarisme que craignait Hayek est suppose apparaître qund les gouvernments, ayant perdu toute autorité morale qui provident de l’organisation des servces publics sont réduits à “cajoler, menacer et finalement forcer les citoyens à leur obéir “.

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Comme le communisme, le néo-libéralisme est un dieu qui a échoué. Mais la doctrine zombie continue de tituber, et une des raisons e nest son anonymat. Ou plutôt, son ensemble d’anonymats.

La main de la doctrine invisible est bougée par des appuis invisibles. Lentement, très lentement, nous avons commence à découvrir les noms de quelques-uns d’entre eux. Nous avons trouvé que l’ Institute of Economic Affairs, qui a abondamment argumenté dans les medias contre la régulation de l’industrie du tabac a été secrétement financé par la British American Tobacco depuis 1963. Nous avons découvert que  Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches de la planète, ont finacé l’institut qui a donné naissance au au mouvement du Tea Party . Nous avons découvert que Charles Koch, en créant l’un de ses groups de réflexion,  establishing one of his thinktanks, a noté que “de façon à éviter des critiques indésirables, la façon don’t le gropue est contrôlé et ditrigé ne doit pas faire l’objet d’une large information.”

Avant les nouveaux riches étaient dépréciés par ceux qui avaient hérité de leur fortune. Aujourd’hui, la relation s’est inversée.

Les mots utilisés par le néo-libéralisme dissimulent plus qu’ils n’élucident. “ Le marché “ semblent un système naturel qui pèse sur nous à égalité, comme la gravité ou la pression atmosphérique.  Mais il est tendu de relations de pouvoir. Ce que “ veut le marché “ tend à signifier ce que les entreprises et leur patrons veulent.  “L’investissement “ comme le note Sayer, signifie deux chosen complètement différentes. L’une est le financement d’activités socialement utiles, et productives, l’autre est la recherche d’avantages à faire fructifier par le prêt, les intérêts, les dividends et l’accroissement du capital. Utiliser le même mot pour différentes activités “ camoufle les sources de la richesse”, menant à la confusion entre l’extraction de richesse et la crcréation de richesse.

Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient déconsidérés par ceux qui héritaient de leur argent. Les entrepreneurs cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui la relation s’est inverse : les rentiers et les héritiers se décrivent eux-mêmes comme des entrepreneurs. Ils affirment avoir gagné les revenus dont ils ont hérité

Ces non-dits et ces confusions sont de maille avec l’anonymat et l’absence de residence du capitalism modern : le modèle de la franchise  qui assure que les salariés ignorent pour qui ils travaillent ; les compagnies enregistrées dans des filets de statuts secrets offshore si complexes que même la police ne peut pas en découvrir les bénéficiaires, les arrangements contribuables qui embobinent les gouvernements, les produits financiers que personne ne comprend.

L’anonymat du néo-libéralisme est férocement gardé. Ceux qui sont influences par Hayeck, Mises et Friedman tendent à rejeter le terme, maintenant, avec raison, qu’il n’est utilisé aujourd’hui uniquement péjorativement . Mais ils ne nous offrent aucune alternative. Certains se décrivent comme des libéraux classiques ou des libertaires, mais ces descriptions sont toutes les deux source d’erreur et d’auto-effacement car ells suggérent que rien ne s’est passé avec “ La route vers la servitude”,La bureaucratie”, ou dans le travail classique de Friedman, “Capitalisme et liberté.”

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Pour tout cela, il y a quelque chose d’admirable dans le projet néo-libéral, du moins dans les premiers temps. C’était une philosophie disteincte, innovane promue par un réseaucohérent de penseurs et d’activistes avec un plan d’action clair. C’était un movement patient et persistant. La Route vers la servitude devint une route vers le pouvoir;

Le triomphe du néo-libéralisme reflate aussi l’échec de la gauche. Quand le laisssez-faire économique a conduit à la catastrophe de 1929, KeynesNeoliberalism’s triumph also reflects the failure of the left. When laissez-faire economics led to catastrophe in 1929, Keynes a fourni une modèle économique complet pour le remplacer. Quand le modèle keynésien exigeant du management s’est heurté aux regulations dans les années 70, il ya avait une alternative prête. Mais qund le néo-libéralisme s’est effondré en 2008, il n’y avait… rien. C’est pourquoi les zombies marchent. La gauche et le centre n’ont produit aucun cadre general de pesnée économique dans les 80 dernières années.

Chaque évocation de Lord Keynes est une aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du 21ième siècle c’est ignorer trois problèmes évidents :  Il est difficile de mobiliser les gens sur des idées anciennes,, les défauts exposés dans les années 70 n’ont pas disparu et d’une façon plus importante, eelles n’ont rien à proposer à propos de la donnée la plus grave, la crise environnementale. Le Keynésianisme fonctionne en stimulant la demande du consommateur afin de promouvoir la croissance économique. La demande du consommateur et la croissance économque sont les moteurs de la desctruction environnementale.

Ce que les histoires du Keysianisme et du néo-libéralisme montrent est qu’il est insuffisant de sopposer à un système cases. Une alternative cohérente doit être propose. Pour les partis travaillistes, les Démocrates et la gauche étendue, la tâche centrale devrait être de developer un programme économique Appollo, modelé sur les emandes du 21ième siècle.

  • George Monbiot How Did We Get into This Mess?Est publié ce mois-ci chez Verso.s published this month by Verso. bookshop.theguardian.com

Nous ne pouvons que conseiller le travail d’ARTE ” Capitalisme “ en 6 moments qui replace la doctrine dans son contexte historique.

Traduction : Elisabeth Guerrier

“Pas si renseigné” Paul Robinson “Irrussinalaty”

Les vents ont tourné quelque peu depuis le “Russian gate” et tout le battage médiatique outre-Atlantique autour d’une soi-disant intervention russe dans les élections américaines. Ils ont tourné également pour les informations concernant les transports massifs de troupes de l’OTAN dans les Balkans et en Suède et la question de ce qui se tramait derrière ce vide médiatique touchant, qu’on le veuille ou non, la paix de l’Europe et plus encore la menace nucléaire. C’est ainsi, les mémoires sont courtes, les spasmes des passions relayés sans arrêt, nous sommes au bout des effets si bien ciblés par Ellul dans son étude de la propagande sociale.

Le petit peuple court toujours derrière et ce qu’il tente de saisir est choisi pour lui dans la hiérarchie des faits politiques et plus encore dans la manipulation, presque obscène à ce niveau, de ces même faits. Il est fort probable que nous n’ayons jamais depuis la Deuxième guerre mondiale été confrontés à un tel niveau de manipulation médiatique et en ce qui concerne les stratégies de déstabilisation de DT, à une telle bascule dans le jeu avec un feu qui pourrait nous faire tous exploser pour satisfaire les velléités politiques de quelques oligarques et de leurs sbires. Le Washington Post dans ce contexte devrait faire office de cas d’école dans la fabrication des sentiments de la masse mais il est loin d’être le seul lors de cette folie collective aussi virulante que la fièvre qui s’empara des temps du Mac Carthisme.

C’est à lui, à ce petit peuple, d’aller glaner ailleurs des bribes de contre-vérité, d’oser se démarquer des mouvements de fond qui sont dirigés sans lui mais qui le dirigent, c’est à lui d’aller donc chercher des voix autres, dissidentes pour rétablir, ou du moins tenter de rétablir ce qui, il y a longtemps se nommait ” la vérité”.  EG

A propos

Bienvenue à  Irrussianality ! Ce blog est axé sur deux sujets : les relations entre la Russie et l’Ouest et la prise de décisions apparemment irrationnelle qui domine la plupart des relations internationales ( IR). Les deux sont, bien sûr connectées : les relations entre la Russie et l’Ouest sont gâchées par des préjugés, de l’incompréhension, des préjugés. J’espère contribuer à travers ce blog d’une façon minimale à la mise en pratique d’une  politique étrangère rationnelle.

Je suis Professeur d’Université à Ottawa. J’ai écrit à propos des Russes et de l’histoire de l’Union soviétique, de l’histoire militaire et de l’éthique militaire.

Les liens à mes livres sont disponibles dans le menu «  Books »  Paul Robinson

NOT SO INTELLIGENT

Pas si intelligent •

Comme dit le proverbe :  « L’intelligence militaire est une contradiction dans les termes ». L’intelligence civile n’est souvent pas très intelligente non plus. Phillip Knightley, qui a passé des dizaines d’années à investiguer le monde de l’espionnage,. Phillip Knightley, conclut que les résultats de la CIA étaient “consternants”. En dépit de l’aura entourant son nom, le KGB n’est guère mieux dit Knightley, citant le Général du KGB Oleg Kalugin, qui note que : “ Quand les gens dissent que les renseignements soviétiques ont pénétré les plus hauts échelons des gouvernements de l’Ouest, je sais que ce n’est pas vrai. » Il n’existe pas d’exemple enregistré où la CIA ait recruté qui que ce soit aux plus hauts échelons du Gouvernement soviétique non plus. Knightley ajoute également que,

Lors d’une conférence sur l’histoire des renseignements tenue en Allemagne en 1994 à laquelle assistaient un panel de maîtres en espionnage de l’Est et de l’Ouest je les ai mis au défi de nommer un seul événement historique important en temps de paix dans lequel les services de renseignements auraient joué un rôle décisif. Aucun d’entre eux ne l’a pu.

En bref, les données historiques suggèrent que les services de renseignements n’ont en fait pas d’espions places dans les institutions de leurs cibles principales, leur savoir de ce qui se trame dans les esprits des chefs d’états étrangers est très limité et souvent tout à fait faux, et ils ne sont pas aussi tout-puissants que le suppose la plupart des gens.

Si l’on en croit le Washington Post, cependant, la CIA a pénétré dans le saint des saints du Kremlin. Selon les dernières révélations de ce journal :

Au début du mois d’Août, une enveloppe avec d’extraordinaires  restrictions de maniement est arrivée à la Maison blanche. Envoyée par courrier de la CIA, elle comprenait  des “ instructions” uniquement visibles dans leur contenu par quatre personnes : le Président Barack Obama, et trois conseillers principaux. A l’intérieur se trouvait une bombe à retardement des renseignements, un rapport établi en plongeant profondément ses sources dans le Gouvernement russe qui détaillait l’implication personnelle directe du Président Poutine dans une cyber campagne qui modifie et compromette la course à la Présidence américaine. Mais il y avait plus. Les renseignements avaient capture les instructions spécifiques de Poutine sur les objectifs de cette opération audacieuse – faire échouer ou au moins compromettre l‘élue du Parti démocratique, Hillary Clinton et aider à faire élire son opposant, Donald Trump.

L’histoire de la CIA écrite en 2008 par Tim Weiner et qui fait référence : « L’héritage de cendres » “Legacy of Ashes, révèle ce que la revue du New York Times a appellé une « litanie de l’échec »  des débuts de l’agence jusqu’à nos jours. Etant donné son passé, combien d’entre vous, chers lecteurs, croient vraiment que la CIA a « ses sources profondément ancrées dans le gouvernement russe » et soit capable de fournie de telles informations ?

Mais imaginons que peut-être elle le puisse. Si c’était le cas, ce serait un agent d’une importance exceptionnelle, la source la plus haut placée que la CIA ait jamais eue, si importante évidemment que, selon le Washington Post, seulement quatre personnes sont autorisées à lire ce qu’il (ou elle) produit. Cependant, une de ces quatre personnes ou l’une dans ce qui doit également être un groupe restreint au sein de la CIA qui connaisse la source (qui d’autre cela pourrait-il être ?) a mis sa sécurité en danger en révélant a aggravé ce crime en révélant l’existence de cette source au monde entier. Gardons à l’esprit que, autant que l’on sache, la CIA n’a jamais eu d’agent «  profondément ancré dans le gouvernement (ou les soviets) russe ».  Cette personne est donc une recrue star parmi les recrues stars. Et maintenant, cette couverture a explosé.

On peut donc imaginer, donc, que l’histoire du Washington Post aurait dû causer des cris d’outrage et des appels à une investigation immediate au sein de ce qui est certainement le cœur des  infractions à la sécurité. Mais, assez bizarrement, ce n’est pas ce qui semble se produire. Le manque de soucis très visible portant sur une source soi-disant si étonnamment précieuse que ses informations sont réservées à quatre personnes, est tout simplement extraordinaire. A cela on peut donner deux explications :

  1. Les gens à Washington se fichent de protéger leurs sources de la CIA, quelle que soit leur valeur, et sont très satisfaits de les jeter sous le bus si cela leur donne un avantage politique. Ceci implique à la fois les individus qui laissent filtrer de telles histoires à la presse, la presse elle-même, et aussi le pouvoir politique élargi, qui ne semble pas trop dérangé par une telle affaire. Ceci en retour pourrait suggérer que ces individus manquent gravement de fiabilité, et qu’on pourrait donc prendre ce qu’ils affirment avec la plus grande circonspection. ou
  2. Les gens ne sont pas inquiets à cause de cette fuite pour la simple raison que la «  source » profondément ancrée dans le Gouvernement russe n’existe pas. L’histoire est une vaste fumisterie, pure et simple.

J’incline personnellement pour l’option 2

Mise à jour 1 : Quelqu’un m’a notifié une option 3, personne n’est inquiet de faire exploser la couverture de la source parce qu’elle a déjà été explosée. La source, selon cette version, sont les trois cyber-experts russes arêtes à Moscou en Janvier. Je confesse que ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre quand le Washington Post a évoqué  le « profondément ancré dans le Gouvernement russe » parce que ces personnes ne faisaient pas partie du Gouvernement, mais en ce qui concerne deux d’entre eux, dans le FSB (qui, bien qu’institution de l’état ne fait pas partie du  « gouvernement ».) (La troisième personne arrêtée travaille en fait pour une compagnie privée, Kaspersky). J’accorde que cette option est possible en théorie (bien que tout lien entre les personnes arrêtées et les interférences dans les élections soit une spéculation, puisque nous n’avons aucune preuve de ce lien.) Mais dans ce cas, l’article est très mal rédigé.

Mise à jour 2: Il me semble que je devrais pointer d’autres options, par exemple, la source existe et a bien dit ce que le Post rapport mais il elle l’a totalement fabriqué et l’a dit aux Américains parce qu’il elle pensait que cela rendrait les Américians heureux et permettrait de maintenir les mouvements financiers alertes, etc.

  • La traduction d’ « Intelligence » par « renseignements » ne permet pas le jeu de mot choisi par l’auteur, nous avons donc gardé le terme anglo-saxon d’intelligence.

Maintenant, seulement cinq hommes possèdent presque autant de richesse que la moitié de la population mondiale. Paul Buchheit

 

Now Just Five Men Own Almost as Much Wealth as Half the World’s Population

Par Paul Buchheit

In Common dreams

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Ce n’est pas une méritocratie, c’est une oligarchie (Photo: Pixabay/CC0)

L‘an passé, c’était 8 hommes, puis c’est descendu à 6, et maintenant presque 5.

Pendant que les Américains se focalisent sur Trump, les super-riches prennent la fuite avec nos richesses et la peste de l’inégalité continue à se répandre. Une analyse des données de 2016  a trouvé que les cinq déciles les plus pauvres de la population mondiale possèdent environ 410 milliards de richesse totale. Le 06/08/17, les cinq homes les plus riches du monde possédaient environ 400 milliards de dollars. En moyenne donc, chacun de ces hommes possède autant que environ 750 millions d’individus.
Pourquoi laissons-nous quelques individus s’approprier de larges portions de la richesse mondiale ?

 
La plupart des super-riches sont Américains. Nous, peuple américain avons créé l’internet, développé et fondé l’intelligence artificielle et construit les infrastructures de transport, cependant nous laissons uniquement quelques personnes en recevoir presque tout le crédit, avec des centaines de milliards de dollars.
Les défenseurs d’un fossé de richesses hors de contrôle dissent que c’est okay, parce que, après tout, l’Amérique est une “méritocratie” dans laquelle les super-riches ont “ gagné “ tout ce qu’ils possèdent. Ils prennent en compte les mots de   Warren Buffett: ” le Génie de l’économie américaine, notre insistance sur la méritocratie, un système de marché et les lois ont permis de génération en génération de vivre mieux que les parents vivaient. »

Mais ce n’est pas une méritocratie. Les enfants ne  vivent plus mieux  que leurs parents. Dans les huit ans suivant la récession, la valeur du Wilshire Total Market a plus de TRIPLÉ, montant d’un peu plus de  $8 milliards de dollars à près de 25 milliards. La grande majorité de cette augmentation est allée aux Américains les plus riches. Juste en 2016, les 1% les plus riches ont effectivement fait basculer plus de $4 milliards de richesse de la nation vers eux-mêmes, avec presque la moitié du transfert de richesse ($1.94 milliards)  venant des 90% de la population la plus pauvre – classes moyenne et pauvre- Il s’agit de plus de $17,000 en immobilier ou économies par ménage de la classe   moyenne ou pauvre donnés aux  super-riches.

Une méritocratie ?  Bill Gates, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ont fait peu qui ne se serait produit de toute façon. TOUTES les technologies modernes américaines ont commencé avec – et dans une large mesure continuent avec- nos impôts, nos institutions de recherche et nos financements aux corporations.
Pourquoi laissons-nous des personnes riches non qualifiées nous dire comment vivre, tout spécialement Bill Gates !

En 1975, à l’âge de 20 ans,  Bill Gates fondait Microsoft avec son camarade de lycée Paul Allen. A la même époque, le système d’exploitation CP/M de Gary Kildall était le standard industriel. Mais Kildall était un innovateur, pas un homme d’affaire et quand IBM commença à faire des appels d’offre pour l’ OS du PC IBM, ses délais amenèrent le marché à Gates. Bien que la compagnie nouvellement fondée Microsoft ne puisse pas couvrir les besoins d’IBM, Gates et Allen virent une opportunité et ils achetèrent donc dans l’urgence les droits d’une autre compagnie oS, qui étaient basés sur un autre systéme CP.M de Kildall. Kildall voulu les poursuivre mais la loi de la propriété intellectuelle pour les softwares n’avait pas encore été établie. Kildall devint un créateur qui se fit prendre.

Bill Gates donc, se servit des autres pour devenir l’homme le plus riche de la planète. Et maintenant, à cause de sa grande richesse et du mythe de la méritocratie, BEAUCOUP DE PERSONNES SE TOURNENT VERS LUI POUR TROUVER DES SOLUTIONS DANS DES ZONES EN DANGER POUR LES BESOINS HUMAINS VITAUX comme l’éducation et la production alimentaire/

— Gates et l’éducation : Il a promu le moniteur galvanique de réponse épidermique  afin de mesurer les réactions biologiques des étudiants ainsi que l’enregistrement vidéo des enseignants  afin d’évaluer leurs performances. A propos des écoles il dit, « Les meilleurs résultats se trouvent dans les villes où le maire est en charge du système scolaire et où l’ conseil d’école n’est pas aussi puissant. »

— Gates en Afrique :  Grâce à des investissements ou à des marchés avec MonsantoCargill,et Merck, Gates a démontré ses préférences pour le contrôle corporatiste sur les pays pauvres, réputés incapables de s’aider eux-mêmes. Mais aucun problème, selon Gates, D’ici à 2035, il n’y aira Presque plus de pays pauvres dans le monde. »

Warren Buffett : Exige que les impôts soient augmentés ( à la condition que sa proper compagnie n’a pas à les payer)
Warren Buffett s’est fait l’avocat d’une augmentation des impôts sur la fortune  et de taxes immobilières raisonnables.  Mais sa propre compagnie, But his company Berkshire Hathaway a utilisé des “ montants hypothétiques” afin de “ payer” ses impôts tout en ajournant 77 millions en impôts réels.
Jeff Bezos :  50 milliards en moins de deux ans et lutte sans faillir contre l’imposition
Depuis la fin de 2015, Jeff Bezos aaccumulé suffisamment de fortune pour couvrir les 50 milliards du budget immobilier national.  qui sert à plus de cinq millions d’Americains. Bezos, qui a profité abondamment de l’Internet et des infrastructures construites pendant des années par de nombreuses personnes avec beaucoup de nos impôts, a utilisé des paradis fiscaux  et des lobbyistes chers payés  afin d’éviter de payer les impôts  dus par sa compagnie.

Mark Zuckerberg (6ième fortune mondiale, 4ième fortune des USA)

Pendant que Zuckerberg était entrain de developer sa version de réseau social à Harvard, deux étudiants de l’université de Columbia, Adam Goldberg et Wayne Ting construisaient un système nommé Campus Network, qui était be&ucoup plus sophistiqué que les premières versions de  Face Book. Mais Zuckerberg avait l’étiquette de Harvard et un meilleur  support financier . II est aussi prouvé  que Zuckerberg a détourné les ordinateurs de ses concurrents afin de compromettre les données des usagers.

Maintenant, avec ses millions, il a créé une fondation “ caritative”, qui, en réalité est une compagnie à exemption d’imposition illimitée, le laissant libre  tde faire des dons politiques et de vendre  ses parts sans payer d’impôts.

Tout s’est mis en place pour le jeune Zuckerberg. Il ne lui reste plus rien à faire sauf de viser la Présidence.

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La fausse promesse de la philanthropie.

Beaucoup des plus grandes fortunes ont voué  l’essentiel de leurs biens à des causes philanthropiques. C’est très généreux s’ils tiennent leurs promesses. Mais là n’est pas vraiment le problème.

Les milliardaires américains ont tous accumulé leur fortune grâce à la recherche, à l’innovation et aux infrastructures qui ont créé les fondations de nos technologies modernes. Ils en ont récolté le crédit, avec leur fortune massive, venus de succès qui dérivent de la société plutôt que de quelques individus. Une part significative de ces richesses devrait être dévouée à l’éducation, aux logements, à la recherche sur la santé. C’est ce que les Américains, leurs parents et leurs grands-parents ont gagné après un demi-siècle de dur labeur et de productivité.

Paul Buchheit est Professeur d’université et memebre actif de l’US Uncut Chicago. Son dernier livre,  Disposable Americans: Extreme Capitalism and the Case for a Guaranteed Income. Il est également le fondateur de le développeur de sites sur la justice sociale et sur l’éducation ((UsAgainstGreed.org, PayUpNow.org, RappingHistory.org),  et l’éditeur et principal auteur de “American Wars: Illusions and Realities” (Clarity Press). Il peut être contacté à  paul [at] UsAgainstGreed [dot] org.

Traduction : Elisabeth Guerrier

Concernant les pratiques caritatives de la Fondation Bill et Melinda Gates, lire cet article très bien documenté traduit en cinq parties  « La Fondation Gates, une force positive ? » et paru dans  « Global Justice now »

Article paru le 25.06 dans TruthOut à propos de l’analyse de Paul Buchheit

Le responsable des Nations unies avertit que “les océans sont menacés comme jamais auparavant”

 

 

Le responsable des Nations unies avertit que “les océans sont menacés comme jamais auparavant”

 

UN chief warns oceans ‘under threat as never before’

 

 

Antonio Guterres nous dit qu’une étude récente affirme que si rien n’est fait, le poids des déchets plastique pourrait dépasser celui des poisons d’ici 2050

 

 

 Nations unies

 Antonio Guterres parle à l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur les océans à New York. [Carlo Allegri/Reuters]

 

 

Le Secrétaire général Antonio Guterres  a ouvert la toute première conférence des UN  sur les océans avec l’avertissement que “les mers sont en danger comme jamais auparavant” avec une étude récente alertant sur les déchets plastiques  qui pourraient dépasser la masse des poissons d’ici 2050 si rien n’est fait.

Le responsable des Nations Unies a dit lundi aux Présidents, ministres, aux diplomates et aux militants environnementaux de Presque 200 pays les océans, “ la source de vie de notre planète “  étaient sévèrement endommagés par la pollution, la surpêche et par les effets du changement climatique ainsi que par les déchets.

La conférence de cinq jours, qui a commence le jour de la journée mondiale de l’environnement est le premier événement majeur à se concentrer sur le climat depuis que le Président Donald Trump a annoncé mercredi que les USA allaient se retirer des accords  historique de 2015  établis lors de la conférence   des accords de Paris sur la climat.  – une décision critiquée par le Président de Bolivie, Evo Morales et par d’autres porte-paroles.

Les Nations unies accentuent leur pression sur la changement climatique, alors que Trump repousse les accords de Paris.

Guterres  a dit que le but de la conférence est de « renverser le courant » et de résoudre les problèmes que nous avons nous-mêmes créés.

Il a ajouté que les intérêts rentrant en compétition sur des territoires et sur les ressources naturelles depuis trop longtemps  freiné les progrès dans le domaine du nettoyage et de la restauration de la santé de nos océans qui couvrent les deux tiers de la planète.

« Nous devons mettre de côté les intérêts nationaux à court terme afin de prévenir une catastrophe globale à long terme. » a dit Guterres. «  conserver nos océans et les utiliser durablement est une façon de préserver la vie elle-même »

Le Président de l’assemblée générale Peter Thomson, un diplomate fidjien a dit que “ le temps est venu pour nous de corriger nos mauvaises pratiques »

«  Nous avons libéré une peste de plastique sur l’océan qui souille la nature de si nombreuses façons. » a-t-il dit, «  Il est inexcusable que l’humanité jette l’équivalent d’une grande benne à ordure de plastique dans l’océan chaque minute de chaque jour. »

 

Thomson  a aussi averti que les pratiques de pêche illégales et destructives et la production d’aliments pour les pêcheries mènent les réserves  vers le point de disparition.” Il a ajouté que la production croissante d’oxyde de carbone par l’homme ne mène pas seulement vers le changement climatique mais conduit à la montée des niveaux de la mer en réchauffant les océans et en les rendant plus acides avec moins d’oxygène, ce qui dégrade la vie marine.”

A regarder : la quête de salut pour les récifs de coraux

Thomson dit que la conférence représente certainement la meilleure opportunité pour” renverser le cycle du déclin que l’activité humaine a apporté aux océans” et pour déclencher les actions afin d’atteindre les buts de s NU de 2030 pour conserver et organiser les ressources des océans.

La Conférence a demandé aux gouvernements, aux groupes des Nations unies, à la société civile de s’engager afin d’agir sur la santé des océans. Jusqu’ici, plus de 730 engagements ont été reçus, la plupart pour préserver des zones protégées, selon le porte-parole de la conférence Damian Cardona.

A la fin de la conférence de vendredi, presque 200 pays vont rédiger un appel à l’action à l’égard des questions marines sur lesquelles Cardona dit que l’accord est fait.

Le Président de la Micronésie, Peter Christian dit que les îles du Pacifique sont inquiètes que l’océan ait été laissé seul pour se soigner après avoir été utilisé comme décharge pour les déchets industriels et comme terrain de test pour l’armement,  et avoir été pollué par l’homme sur ses côtes et par les bateaux en mer.C et appel pressera les nations pour créer des mesures robustes à long terme afin de réduire l’usage du plastique, y compris celui des sacs plastiques et d’agir sur la montée des eaux qui menace de nombreuses îles, sur la montée des températures des océans et l’augmentation de l’acidité.

Accentuant l’importance de la participation des tous les pays faisant partie des Accords de Paris, Christian a ajouté dans une apparente référence à la décision de Trump,  « Pendant que certains peuvent continuer à nier la culpabilité humaine dans les effets destructeurs du changement climatique sur les îles et leurs habitants… aucun homme, aucune île, aucun village ni aucune nation ne peut nier que les déchets dans nos océans sont bien le fait de l’homme. »

 

«  Et que l’homme à cause de ça se doive de nettoyer son désordre. »

Le Bolivien Morales a été plus direct, disant à la conférence que « le gouvernement des USA, un des «  principaux pollueurs au monde », avait décidé de quitter les accords de Paris en niant la science, en tournant le dos au plurilatéralisme et en essayant de denier un possible future aux générations à venir. »

Ceci en a fait une des menaces principales pour la Terre et pour la vie elle-même » a dit Morales.

 
TechKnow – Etouffer la planète: le problème avec le plastique.

Source: AP news agency

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

L’économie robotisée; prêts ou pas, elle est là. JP. Sottile

Dans cet article largement référencé, JP.Sottile évoque les profonds changements dans la distribution du travail qui sont déjà en cours et vont se préciser au niveau mondial à travers ce qui se nomme la “quatrième révolution industrielle”, la révolution robotique.

Les données qu’il présente ont de quoi faire froid dans le dos, 65% des emplois à faible qualification pouvant être remplacès par des robots, entre autres, c’est plus qu’une révolution, c’est une euthanasie de la classe ouvrière, et non seulement de la classe ouvrière mais également des nombreux postes intermédiaires, banques et interventions chirurgicales comprises. Il évoque à plusieurs reprise la terme “d’apocalypse” socio-culturelle générée par ce remplacement systématique des compétences humaines par des tâcherons technologiques sans états d’âmes et sans faiblesse.

On laissera de côté des questions lancinantes sur les fins et les moyens de survie de notre espèce et sur le vide impressionnant de tout projet de devenir caché sous les spasmes du progrès technique. La vision de l’avenir de JP Sottile se replie sur la nécessité de créer une économie parallèle de proximité face à cette économie de masse dirigée par quelques holigarches n’ayant plus à faire appel à la main d’oeuvre humaine.

Il est par contre un point qu’il ne questionne pas et c’est assez étrange pour être relevé ici. Ce système auto programmé tend à faire baisser les coûts et à rendre la production et l’acheminement des biens de consommations plus rapides, plus efficaces et surtout moins chers. Bien, rien à dire à ce propos. Mais par contre, dans cette quête d’une économie réduite à la seule prise en compte de la production et de la consommation, il oublie de poser une question essentielle; Cette main d’oeuvre humaine reléguée est en effet celle-là même qui fait vivre cette même économie en dépensant ses revenus dans les biens de consommation de masse.

Lui retirer le pain de la bouche c’est, en même temps, éliminer la possibilité de la voir dépenser son pécule mensuel dans les accessoires bas de gamme présents dans les tonnes de containers qui traversent les océans. C’est un peu comme si dans l’idéologie de la “production de masse” on avait dans cette psychose sans régulation du devenir humain, gardé uniquement la “production ” et éliminé , enfin,” la masse”. Sans même poser cette masse comme simplement indispensable au fonctionnement global de l’économie. Car si les robots sont à coup sûr efficaces pour charger les containers de produits qu’ils auront également fabriqués et montés, seront-ils ceux qui, aussi, les achèteront ? Et si plus personne, dans ces masses réduites à l’inexistence, ne peut les acheter…EG

L’économie robotisée : prêts ou pas, elle est là

The robot économy, ready or not, here it comes

JP Sottile, Truthout | News Analysis

 

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Duc Tran , ingénieur en robotique, observe le chargement complètement automatisé d’un camion lors d’un test aux ateliers de Wynright Robotics à Arlington, Texas en Juillet 2012  (Photo: Brandon Thibodeaux / The New York Times)

Le 17 septembre tout a changé.

Ce jour-là, en 2013, l’Université d’Oxford publia un article inoffensif rédigé par deux économistes inconnus. «  L’avenir de l’emploi «. Mais “The Future of Employment” n’était pas simplement un nouvel exercice de jeu avec l’opacité des nombres  écrit par deux scientifiques ennuyeux. Non, c’était un rapport explosive qui prédisait une robotisation apocalyptique qui pourrait changer la nature de la civilisation humaine, ou peut-être même les humains eux-mêmes.

Heureusement, le carnage à venir  décrit par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne n’est pas un scenario catastrophe où   Skynet  balaie systématiquement notre espèce humaine ou un futur proche sombrement éclairé  où des  Replicants attrayants lutte violemment afin de donner du sens à leurs émotions en voie d’apparition dans un Los Angeles perpétuellement inondé.

Au lieu de ça, les économistes ont prévu un monde oh combien réel où  le deuxième homme le plus riche de la planète,  — Jeff Bezos d’Amazon, — parade en jubilant comme  Sigourney Weaver dans un  exosquelette robotisé massif  construit par Hankook Mirae Technology.

Ils présagent l’avenir proche de robots comme Handle, le robot Michael Jordanesque  construit par Boston Dynamics. Handle peut sauter comme un super-héros, peut courir un marathon en trios heures et, si Masayoshi fils le CEO de Softbank voit juste, il sera probablement plus intelligent que vous dans quelques  décennies.

Ils envisagent l’avenir avec des semblables à  Gordon, le “premier robot serveur de bar aux USA..” Gordon peut server jusqu’à 120 bières en une heure.” Ils prédisent aussi l’arrivée de semblables Otto, la plate-forme auto-conduite créée par UBER pour server des cargaisons de bières à des consommateurs assoiffés. Et puis, il y a Pepper, le compagnon  empathique, “du quotidien” compagnon qui ne se contente pas de travailler dans les aéroports et le  banques, mais a aussi été “adopté” par les foyers japonais et mêm “recruté” dans les écoles.

Le futur commence maintenant

 

Il s’agit de la “prochaine économie”, et, que l’on soit prêt ou pas, elle arrive à la vitesse grand V de la Loi de Moore. Cette rapide accelération de la Quatrième révolution industrielle  est entrain de transformer en une prémonition apocalyptique “L’avenir de l’emploi,  — que 47% des emplois des USA pourront être perdus dans les deux prochiaines décennies. En une solide épitaphe  à l’ ére  de l’économie réglée par la manufacture et de la consommation disparaissant rapidement

De sérieux avertissements sont venus de  Bill GatesStephen HawkingElon Musk et, plus inquiétant, d’expert en cybersécurité qui ont récemment prédit  d’une menace portant sur des robots hackés se retournant violemment contre les populations et leurs animaux de compagnie, dans un scénario gonflés rappelant «  la purge ». Cependant, bien avant que se manifestent des Roomba détraqués ou des Peppers maussades, des millions de travailleurs vont devoir se battre pour se débrouiller seuls avec la brutale réalité de leur obsolescence non programmée.

C’est une économie où les métiers de la fabrication nécessitent un diplôme universitaire, , où l’intelligence artificielle remplace les employés administratifs, , où des kiosques automatisés  délogent les personnels de service  et où des véhicules sans chauffeur  menacent les revenus de plus de 10 millions d’Américains qui conduisentt pour vivre.

C’est  “L’Industrie 4.0.” C’est une économie où le centre de distribution dirigeable Amazon plane au –dessus des villes, déployant ses drônes sans effort afin de délivrer des produits construits par des robots, des imprimantes 3D ou par les deux. Franchement, c’est la jungle d’Amazon ici.

Son plan de  “transformer ” le commerce de l’épicerie avec des magasins  presque sans humains est juste la prochaine étape d’une  “apocalypse de la vente au détail”  en court, conduite par Amazon qui conduit les magasins de briques et de ciment humains vers l’extinction. Amazon domine également le marché de l’assistant AI- avec son assistant personnel auto-éducable, étrangement glaçant Alexa. Et maintenant, Amazon cherche à devenir le leader des entrepôts automatisés de plus en plus nombreux  dans un mouvement pour conquérir le marché du futur de la conduite automatique dans le transport par camion et ole transport maritime.

Même les emplois sous-payés dans l’agriculture pourraient devenir com^plètement inutiles avec la cuillette de fruit automatique avec le toucher adroit nécessaire pour les récoltes dans les champs Américains and Européens. Des robots ont déjà remplacé les travailleurs migrants bon marché repoussés par les lois anti-immigration. Et de nouvelles usines entièrement automatisées produisent des maisons modulaires pendant que des maçons robotisés promettent de provoquer dans le domaine de la construction ce que l’automatisation a produit dans les mines de charbons.

C’est une économie où, selon le rapport de la Maison Blanche fait au Président Obama en 2016,  il y a 83% de chance que les travailleurs qui gagnent 20 dollars de l’heure ou moins voient leur main d’œuvre remplacée par des robots dans les pcinq prochaines années; et que ceux qui sont dans les 40 dollars de l’heure aient 31% de chance de voir leur travail supplanté par celui des machines” Et ce n’est pas une coïncidence si cette apocalypse robotique vienne à un moment où l’ère de la croissance épique connue dans l’après-guerre semble toucher à sa fin.

Le pic de la demande en pétrole et  le pic des produits de consommation peuvent signaler plus que l’efficacité de la croissance énergétique ou que la saturation  du marché avec les produits bon marché. Ils peuvent également signaler l’accroissement d’un   mode de stagnation économique comme au Japon,  dans tout les pays développés. Ceci pourrait représenter la fin de l’hypothèse d’une croissance sans borne, intenable écologiquement.

La fin du siècle américain

 L’idée d’après-guerre d’une croissance sans limite a émergé après le boum industriel qui se produisit en même temps que  le “ siècle américain”. Les investissement sans limite des états dans les complexes militaro-industriels créèrent une ligne de fond de métiers bien payés, de spécialisations plus ou moins élevées qui contribuèrent à élever le plancher – ainsi que les attentes des consommateurs – pour les travailleurs, tout en alimentant des trusts énormes comme celui de Boeing, Westinghouse et General Electric,

Le Keynésianisme militaire fût une  vague fiable sur laquelle de nombreux navires ont flotté dans un rêve américain d’expansion sans fin.

Hélas, elle a aussi dû conjurer une série de guerres coûteuses, et cauchemardesques pour ceux qui en payèrent le prix, chez eux ou à l’étranger.

Un élément souvent négligé cependant, est la façon dont l’automation a aidé à maintenir une croissance continue dans la productivité, même si les salaires stagnaient. Comme le Guardian le notait récemment, , “En 2015, un travailleur typique dans la production aux USA gagnait 9% de moins qu’un travailleur identique en 1973. Pendant ces mêmes 42 années, l’économie américaine à enregistré une croissance de 200% ou l’équivalent de 11 trillions de dollars. «  Ce décalage entre les salaires et la productivité a augmenté les inégalités. Mais elle a aussi présenté un problème pour les producteurs ayant à faire face à une chute du pouvoir d’achat de leurs clients. Autrement dit, les travailleurs n’étaient pas assez payés assez pour mener à bien, ou au moins satisfaire une croissance continue.

Pour rester à flot, l’économie a besoin: 1) d’un flux massif de crédit consommation afin de créer un pouvoir d’achat artificiel, 2) des prix toujours à la baisse sur toujours plus de bien de consommation de façon que les travailleurs dont les salaires stagnent puissent se permettre de consommer quand un salaire moyen par famille pouvait permettre de vivre.

Pour en arriver là, les emplois se déportèrent en Chine, mais un des moteurs inapprécié de ce mouvement vers le travail bon marché fût l’arrivée de l’automatisation qui firent des humains américains une façon beaucoup moins efficace de créer du matériel. BuzzFeed rapporte dans une récente etude du Bureau national de recherche en économie (National Bureau of Economic Research), que « depuis 1900, chaque robot installé dans les usines américaines réduisait l’emploi dans les alentours de 6.2 travailleurs. » Le seule chose moins chère que de remplacer un travailleur américain avec de la technologie avancée était d’exploiter le travail bon marché en Chine et dans les pays en voie de développement. Mais ce n’est plus vrai.

Mais encore, Oxford s’est joint à Citibank en 2015 afin de produire une image complète  de la menace globale sur l’emploi. Dans   « Technologie au travail » , « Technology at Work, » de chercheurs montrent que 75% des robots dans le monde sont «  concentrés géographiquement » dans seulement cinq pays, la Chine, l’Allemagne, le Japon, la Corée et les USA,  parmi ceux-ci, la Chine est de loin, «  le marché à la croissance la plus rapide ». En fait, ils déterminent que “ en moyenne, 57% des emplois sont susceptibles d’automatisation,  mais que le nombre s’élève à 69% en Inde et à 77% en Chine.

Comme pour donner la réplique,, le nouveau  « plan de cinq ans »  de la Chine prévu pour mettre la Chine en position de leader de la robotique a déjà produit des As if on résultats.  La Chine est le leader mondial dans la production de robots industiels et les robots deviennent une option meilleur marché et plus productive que la main d’œuvre chinoise. C’est la simple réalité du 21ième siècle, minant les promesses vides d’une Amérique grande à nouveau  en faisant revenir les emplois de Chine. C’est un plan grandiose pour la croissance…si vous avez une machine à remonter le temps assez grande pour 320 millions d’individus.

Non seulement la Chine s’automatise à un rythme toujours plus soutenu mais les techniques d’impression en 3D sont entrain de changer radicalement la façon dont  tout est fabriqué.. EMême si nous commençons à accoutumer nos têtes à un futur plein de fusils en 3D – , les chercheurs sont entrain de mettre au point des techniques d’impression en 4D avec du matériel évolué   qui peut s ‘auto-assembler –, se réparer et même se reproduire à volonté.

D’une façon encore plus significative, l’intelligence artificielle est entrain de dévaster le terrain des professions diplômées dans le cadre de métier non-manuels dont on pensait auparavant qu’il ne subiraient jamais d’automation.

Voici simplement quelques exemples des dégâts subits par les emplois de l’apocalypse robotique.

Goldman Sachs “emploie” Marcus – une plateforme de prêt entièrement automatisée qui fait partie d’un projet de complet changement de look AI dépassant les humains dans des champs comme «  la vente, le commerce et la recherche ».

Fukoku Mutual Life Insurance se tourne vers l’ordinateur d’IBM Watson Supercomputer, qui recouvre 6000 clients de l’enterprise, allant des Hôtels Hilton à Whirlpool et à Visa.

* Le responsable mondial du digital de Coca-Cola prévoit d’utiliser le robot AI pour créer des pubs avec des narrations automatisées, et AI crée déjà de la musique pour les publicités  et des jingles.

* Le Washington post possédé par Jeff Bezos utilise Heliograf pour sélectionner des histoires sur les  Jeux olympiques de Rio en 2016  avant de le modifier légèrement pour «  couvrir » la campagne des élections de 2016.

* Le Smart Tissue Autonomous Robot (STAR) a “dépassé” récemment un chirurgien dans un test de capacité. Cette avancée augure d’un futur proche où les robots assisteront et réaliseront une variéte de procédures chirurgicales.

Comme dans d’autres domaines, les robots médicaux prouveront finalement qu’ils peuvent travailler plus vite, plus efficacement et sans l épuisement humain. Le prix élevé des docteurs auront à faire la balance avec des centaines de robots qui pourront accomplir des milliers d’interventions sans se plaindre et sans erreur, particulièrement depuis que AI si bien éduqué peut prédire des malaises cardiaques  et des diagnostics de cancer de la peau. Comme cela se produit dans les produits manufactures, cela peut prédire un revolution dans les soins de santé qui abaissera les coûts et augmentera l’accès à des soins hautement specialisés. C’est ce niveau d’efficacité implacable, à la Terminator qui est entrain de déranger l’actuel modèle économique pour tout, de la vente au détail  et des restaurants, à l’éducation et l’armement.

Et puis après ?

La Quatrième révolution industrielle peut être l’ère de l’obsolescence humaine pour laquelle les trois révolution précédentes  ne peuvent pas être un guide. Parce que artificiellement créé, , sur le modèle humain,  des réseaux d’apprentissages profound sur le mode neuronal génèrent déjà des processus si complexes que meme les scientists qui les ont créés ne peuvent pas déterminer comment, par exemple, une voiture autoconduite et autoapprenante,  peut prendre la décisions qu’elle prend quand elle conduit dans le New Jersey. Autrement dit, nous ne parlons pas de menace industrielle, des machines à vapeur ou des cartes perforées. Nous parlons de travailleurs meilleur marché, plus efficaces, et infiniment améliorables qui (ou qui ?) ( That or who, pas de nuance en Français)  sont prêts à reprendre Presque tous les comportements humains.

C’est pourquoi les leaders technocrates parlent de plus en plus d’économie “New Collar” ( référence aux catégories américaines de Blue collars ou de white collars), où les humains non seulement travaillent avec des machines intelligentes mais commencent aussi à se mêler physiquement aux machines  dans un effort pour rester au niveau. Alors que certains voient ceci comme une forme de singularité à venir  dans l’horizon métaphysique de la conscience humaine, Elon Musk le voit comme  la seule façon  pour nous de nous maintenir face à ce qui est, en fait, une toute nouvelle classe de travail forcé… et il a une start-up pour le prouver.

Hélas, le travail forcé peut être le modèle économique le plus applicable à notre prochain système économique. Comme de plus en plus d’emplois sont convertis à l’AI, les robots et les algorithmes, de plus en plus de richesse va s’accumuler dans les mains de ceux qui sont déjà au sommet de la pyramide. Comme les pharaons, ces maîtres de l’univers vont profiter du déclin du coût du travail grâce aux robots qu’ils vont «  employer ».

Comme la Revue MIT Technology Review le décrit , cela va générer une mâne pour des firmes comme Goldmann Sachs, où ‘ le salaire d’un directeur moyen va probablement être augmentée, tout en ayant de moins en moins d’employés à bas salaire avec qui partager les bénéfices. ». Parce qu’ils sont dans les affaires de levier d’argent pour faire plus d’argent, ils peuvent prospérer – au moins pendant uncertain temps. Dans le monde du tonnerre, hautement financialisé de la grande vitesse, des algorithmes des marchés.

Mais ce sera également un temps où les inégalités ne toucheront plus seulement les individus mais aussi les compagnies. Le monde tech. est rempli de licornes hi-tech comme Uber qui galopent vers des valeurs de plus en plus hautes avec juste une fraction de la force de travail. he tech world is filled with hi-tech unicorns like Uber that gallop to higher and higher valuation with just a fraction of the workforce (6,700) supportée par Ford (201,000), Hertz (30,000) ou une des firmes leaders dans le transport par camion (18,000). Les compagnies à succès avec moins d’emplués et plus de robots complèteront le processus de «  déindustrialisation »  souvent mis sue le compte de la globalisation. En surface, la sous-traitance et l’offshore semblent les principales causes de fractures ouvrant les écarts de salaries et de richesse. Mais ils ne sont que le résultat logique de l’orientation de la croissance toujours vers plus de productivité, au lieu de  sa direction ( et celle de la consommation) à travers l’augmentation des salaires et du déploiement des emplois. Les robots sont simplement moins chers, plus efficaces et plus productifs dans cette vision que tout le reste.

Cependant, la prochaine économie n’a pas à se présenter comme un scenario de fin du monde. Elle peut être partie d’une économie viable où la technologie remporte une victoire au cœur des hydrocarbones, fait baisser le coût  dépenses de santé et étend les banques  à des communautés mal desservies ?. La prochaine économie peut également devenir une transition vers une «  économie des jobs temporaires » open-source, peer-to-peer, micro-entreprenariale, avec des réseaux micro-organisés qui élimine les intermédiaires. Le  “Maker Movement” pourrait inspirer une “ économie organisée “ d’artisans, de fermiers urains et d’échanges hyper locaux qui fonctionne en parallèle à l’économie robotisée, à la production de masse. Ces biens faits main et ces services pourraient valoir beaucoup plus dans un monde où la production de masse n’est éloignée que d’un clic et d’un dirigeable Amazon.

Comme nos besoins sont de plus en plus comblés par des systèmes hyper-efficaces et Auto conduits, la seule acquisition qui pourra avoir de l’importance est le savoir. Et le savoir doit devenir plus que le «  moyen » d’obtenir cet emploi tant desiré à la sortie du lycée ou de l’université- parce que les moyens de production ne nécessiteront plus la présence humaine, la sueur humaine et les larmes. C’est peut-être que que veut dire le  Alibaba de Jack Ma qui non seulement se  lamente sur un monde de souffrance à venir comme l’économie –technologique s’étend sur la globalisation, mais quand il dit également  que l’éducation doit être réformée afin d’ élever des enfants plus créatifs et curieux, qui autrement seront mal préparés à leur avenir. «  C’est un avenir où le savoir – et la créativité qu’il suscite- devra être une finalité en soi. »

Et quand Musk pense au jour où des humains augmentés se soulèveront afin d’interrompre sa vision d’un avenir pline de Terminator, le veritable test sera comment nous voulons nous organiser en tant que société – ou si nous continuons simplement à ignorer – la souffrance de plus en plus grande du mouvement qui s’opère d’une économie à l’autre. De toutes les façons, ce n’est pas seulement à venir. C’est déjà là.

 

 

 

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JP SOTTILE

JP Sottile est un jopurnaliste freelance, un historien publié et animateur radio et un réalisateur (The Warning, 2008). Son itinéraire inclut une intervention dans le Newshour, C-Span et la production d’un magazine d’information pour ABC, affilié à WJLA à Washington. Son émossion hebdomadaire «  Dans les gros titres avec The Newsvandal » en collaboratioon avec James Moore, se toient chaque vendredi sur KRUU-FM à Fairfield, Iowa. Son blog porte le psuedomyme «  The Newsvandal »

Traduction Elisabeth Guerrier

 

De la dissuasion à l’apocalypse William Astore


De la dissuasion à l’apocalypse

 

William Astore

Tomgram: William Astore, From Deterrence to Doomsday?

Posted by William Astore at 7:29am, April 13, 2017.
Follow TomDispatch on Twitter @TomDispatch.

Passons outre l’évident. La manière, par exemple, dont la décision de Trump de lancer 59 missiles de croisière Tomahawk contre une base aérienne syrienne, n’est qu’un exemple supplémentaire de ce que nous savons déjà. Les actes de guerre sont la prérogative et uniquement le  prérogative, du Président ( ou des commandants militaires à qui Trump a confié une plus grande capacité à agir par eux-mêmes) Vérifications, équilibre, je doute que aucun d’entre eux ne s’applique quant il s’agit de guerre, dans le style américain. Ces jours-ci, le seul contrôle écrit  sont ceux du Pentagone et «  l’équilibre » n’est pas un concept en dehors de la gymnastique.

Pendant ce temps, Trump a appris que que tout  débat féroce,  à l’intérieur, que tout remous provoqué par une intrigue de palais  qui pourrait faire rougir le Tzar peut être, et bien, interrompue en lançant 59 missiles de croisière  ou leur équivalent sur un terre lointaine afin de sauver les « beaux bébés » (Oublions les bébés  que ses propres généraux ont tués). Lançons les missiles, envoyons les corps d’armée, lâchons les avions et nous aurons tous ceux que nous aurons agressé par tweet, y compris HillaryJohnNancyMarco, et Chuck pour vous applaudir et louer vos actions.

Ils seront rejoints par l’aile droite officielle ( bien que pas par  la non officielle), alors que les  neocons et leurs amis vous acclameront comme le Churchill du 21ième siècle. Ou du moins, tout ceci sera vrai jusqu’à – consultons W. Bush et b. Obama sur ce point- ce que, vous savez, le lendemain du jour où, nous avons expérimenté ça encore et encore, pendant les   15 dernières années de guerres   américaines, le jour où il devient subitement clair ( une fois de plus) que les choses vont vraiment, vraiment très très mal.

Pendant que nous attendons, voici une suggestion qui vient à l’esprit tout en lisant les dernières réflexions du chroniqueur régulier de TomDispatch   le Lieutenant-Colonel retraité de l’armée de l’air, William Astore qui écrit sur le complexe militaro-induistriel à l’âge de Trump. N’est–il pas grand temps d’attribuer aux industries finançant les guerres leur juste part ? Après tout, il n’existe aucun objet, bâtiment, muse, stade ou meme vie civile par les temps qui courent, qui n’affiche pas le sponsorat d’entreprise et même ne vive que grâce à lui. Dans ma ville par exemple, les clubs de base-balls new-yorkais,  Les Mets jouent à Citi Field, alors que les Giants et les Jets passent leur saison au  MetLife Stadium.  Etant donné le rôle que les fabricants d’armes géants jouent dans les guerres, et la  façon étonnamment performante dont ils sèment leurs guerres tout autour de la planète, n’est-il pas temps de traduire le pouvoir militariste de plus en plus grand du commandeur-en-chef en une version militaire du sponsorat ?

Est-ce que  Raytheon, le fabricant de ces 59 missiles de croisière uilisés par Trump récemment, ne doit pas recevoir le plein credit de façon à ce que la couverture médiatique se réfère au coup de massue Raytheon ? La prochaine attaque de drône  au Yémen ne devrait-elle pas s’appeler la General Atomics MQ-9 moissonneuse batteuse ?  Est-ce que toute frappe à venir par le système d’armement  le plus cher  de cette planète ou de toute autre, ne devrait pas se nommer Lockheed F-35 Lightning Joint Strike Fighter Storm ?  Nous sommes dans un nouvel âge de l’amélioration corporatiste. N’est-ce pas une époque où les guerres devraient s’ajuster et où le complexe militaro-industriel devrait recevoir le crédit qu’il mérite amplement ?  Tom

 Que signifie une politique étrangère  “L’Amérique d’abord ?”

Mettre l’armée américaine en premier, en deuxième et troisième
Par  William J. Astore

A quoi ressemble la politique étrangère de “ l’Amérique en premier “ sous la présidence de Trump ? Tout d’abord, oublions l’ancien label d’”isolationnisme”. Avec la fin des premiers cent jours de Trump approchant, il semble qu’une politique militaire prioritaire cherche à achever l’hégémonie globale, ce qui signifie la mise en route potentielle d’une machine de l’apocalypse.
Le candidat Trump s’est engagé à render la force armée américaine si forte qu’il n’aurait pas besoin de l’utiliser, puisque personne n’oserait s’y attaquer – dissuasion, c’est le mot. Mais la réalité sur le terrain (et dans les airs) est déjà très différente.   Les généraux du Président Trump ont commencé lâcher cette force armée d’une façon dont l’administration Obama pourtant à peine émue à l’idée de bombarder ou de déferler avait jugée excessive et trop risquée pour les civils. La semaine dernière, 59 US .  missiles de croisière  (valeur : $60 millions ) ont écrasé une base aérienne en Syrie, une réponse extravagante à une attaque à l’arme chimique dans ce pays qui peut conduire à nouveau à une escalade.  Pendant ce temps, des armes US sont sur le point d’être vendues  aux monarchies Sunnites  dans le Golfe persique sans beaucoup de soucis pour les abus à l’égard des droits humains  et les Saoudiens vont se voir offrir un peu plus de support pour mener leur guerre dévastatrice sur les civils du Yémen. Il ne fait pas de doute que d’autres opérations militaires et qu’une escalade dans le Grand Moyen Orient ne soient.  Sur l’habituelle  “table” de Washington où “ toutes les options” sont supposes être gardées.

La plupart des Américains croient en la manipulation selon laquelle l’armée US est prête à dissuader et à prévenir des attaques sur le sol américain, spécialement celles du “terrorisme radical islamique”.

Vendu comme de la dissuasion, la Sécurité nationale de Washington a, en fait, explosé  en quelque chose qui ressemble au mécanisme de la guerre permanente. Ignorant les stratégies les plus basiques, impulsif et grandiloquent, son actuel Commandant en chef est habilité par ses conseillers va-t-en-guerre  et par les hommes qu’il nomme “mes généraux”  qui rêvent de budgets encore plus importants. ( Même la promesse de Trump d’une augmentation de 54 milliards pour le Pentagone cette année n’est pas assez pour certains officiers supérieurs )

Les réalités de la nouvelle ère de victoire de Trump

Bienvenue dans la nouvelle ère de victoire de  Trump.  Il ne s’agirt pas en fait de’en finir avec la guerre mais d’exercer «  pression globale, un pouvoir global »  tout en vendant le plus possible d’armement.   Cela promet d’étendre ou de prolonger le chaos en Irak, au Yémen, et vraisemblablement en Iran, parmi d’autres pays. Dans le grand Moyen-Orient, les efforts conduits par les US ont produits un Irak déchiré par la guerre qui s’effondre. Les drones US et leur support à la campagne de bombardements saoudien on laissé le Yémen glisser vers la famine.  La Syrie reste un désastre humanitaire, déchirée par la guerre même si des troupes supplémentaires sont déployées sur le terrain. ( Le Pentagone ne dit pas combien, mais il nous demande de nous centrer sur les capacités    plutôt que les forces au sol.) Plus loin à l’Est, la guerre sans fin d’Afghanistan est, selon le Pentagon,  “dans une impasse “, ce qui signifie que les Talibans ont en fait gagné du terrain comme une nouvelle menace potentielle.  Regardant vers le Sud et vers l’Ouest, l’Afrique est la dernière cour de récréation  pour les forces opérationnelles spéciales de l’armée US  comme l’adminiostration prépare, parmi d’autres choses, une opération en Somalie.

Pour Trump et ses généraux, une approche de l’“ Amérique d’abord ” signifie en fait  l’armée en premier,  en second et en troisième. Cela n’empêche pas qu’ils ne peuvent imaginer ces opérations comme déstabilisantes. ( Futur gros titre envisageable :  Trump détruit  la Syrie afin de la sauver) Selon le Général Joseph Votel, tête des Commandes centrales US , par exemple, le pays qui présente les plus grandes menaces pour la stabilité  “ dans le Moyen Orient est l’Iran, sentiment partagé par le Général James Mattis, le Secrétaire de la défense.

Vous excuserez les Iraniens, ainsi que les Russes et les Chinois s’ils pensent différemment. Pour eux, les USA sont clairement l’entité la plus déstabilisatrice au monde. Si vous étiez un Chinois ou un Russe ou un Musulman Shiite, comment donc vous apparaîtrez les activités militaires US ?

* Expansionnistes ?

* Dédiées à la domination via des dépenses militaires colossales et de l’interventionnisme global ?

* Engagés dans une hégémonie économique et idéologique via des banques puissantes et des intérêts financiers qui cherchent à avoir le contrôle sur les marchés mondiaux  au nom de la préservation de leur « liberté » ?

Ne serait-ce pas un bilan logique, même si il manqué de saveur ? Pour beaucoup d’observateurs, les US semblent être les leaders des touche-à-tout de l’armement et les meilleurs vendeurs d’armes, une perception supportée par des actions militaires montant en flèche et une diplomatie en chute libre sous Trump.   De sérieuses coupes dans le financement du Département d’état, alors que le Pentagone voit son budget augmenté ( encore une fois),.

Pour des observateurs extérieurs,  les ambitions de Washington semblent claires : dominance globale, menée à bien et renforcée par la “très, très, très fort ” armée que le candidat Trump clamait   ne jamais avoir à utiliser mais emploie déjà avec frénésie sinon abandon.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir du complexe militaro-industriel

Qu’ajoute la politique de ”L’Amérique d’abord ” aux politiques militaires précédents ? Pourquoi le budget du Pentagone, au même moment que les actuelles opérations militaires, est-il entrain d’enfler sous son contrôle ?

Il y a plus de cinquante ans, le sociologiste C. Wright Mills apporta des réponses qui semblent toujours d’actualité. Dans son essai datant de 1958, ”  La structure du pouvoir dans la société américaine”, il disséqua  le «  triangle du pouvoir ». il consiste, explique-t-il, des chefs d’entreprise, des chefs militaires et des politiciens travaillant de concert, mais également d’une façon telle que l’agenda des entreprises corresponde aux projets militaires. Cette combinaison, suggère-t-il, détruit la capacité des politiciens à modérer et à contrôler les impératifs militaro-industriels ( en assumant qu’ils en aient l’envie)

” L’ordre militaire américain “ écrit Mills “ auparavant une maigre institution opérant dans un contexte de méfiance populaire, est devenu la figure la plus importante et la plus onéreuse du gouvernement, derrière des relations publiques souriantes, elle a le rictus et la maladresse d’une bureaucratie prolifique. Les chefs militaires ont gagné une légitimité politique et économique. La soi-disant menace permanente place une prévalence sur leurs têtes et virtuellement, toutes les actions politiques et économiques sont maintenant jugées en terme de définition militaire de la réalité. »

Pour lui, le danger est assez simple, “ la coïncidence du domaine militaire et du royaume industriel les renforce réciproquement et subordonne plus avant le simple home politique. Ce n’est  pas  l’homme politique de parti, mais l’exécutif entrepreneurial qui est maintenant suppose s’asseoir avec les militaires et répondre à la question : qu’est ce qu’on fait ?

Considérons la création de l’administration Trump, une émeute de milliardaires et de multimillionaires. Son Secrétaire d’état, l’ancien PDG de Exxonmobile, Rex Tillerson n’est pas ce que l’on peut appeler un diplomate. Bien sûr, il semble peu intéressé dans les conseils du personnel du Département d’état mais il sait comment faire son chemin dans les réunions des salles du conseil d’entreprise. Le conseiller de Sécurité nationale de Trump et son secrétaire de la défense et de la sécurité intérieure sont tous ou bien des Généraux en service ou récemment retraités. Dans le cercle proche de Trump, les cadres s’assoient avec les militaires pour décider de ce qui doit être fait.

Peu après que Mills ait formulé ses critiques prophétiques sur l’élite au pouvoir , le Président Dwight D. Eisenhower avertit du danger croissant d’un complexe militaro-industriel. Depuis, le complexe de Ike s’est seulement étendu. Avec l’ajout du Département de la sécurité intérieure après le 11 septembre, et toujours plus d’agences de renseignement (dix-sept principales au dernier recensement)  le complexe ne fait que croître au-delà du contrôle civile. Sa position dominante à cheval sur le gouvernement est pratiquement impossible à critique. D’une façon figurative, il est le roi de Capitol Hill.

Le candidat Trump a pu se plaindre de ce que les USA perdaient des milliards de dollars dans les conflits récents, les invasions, et les occupations, mais de nombreuses entreprises américaines ont profité de ces «  changements de régime ». Après que vous ayez aplati un état comme l’Irak, vous pouvez le réarmer. Quand vous ne leur vendez pas des armes ou ne rebâtissez pas les infrastructures que vous avez détruites, vous pouvez exploiter leurs resources. Ces guerres qui semblent interminable en Irak ou en Afghanistan sont les illustrations de ce qui se produit quand les intérêts des entreprises se mêlent aux imperatifs militaires.

Pendant que Mills ou Eisenhower avertissaient sur les risques de tells développements, ils pourraient alarmer l’Amérique de 2017.  Jusqu’à maintenant, les post-contingents, “tous volontaires”, des militaires professionnels, sont devenus des étrangers, sinon des divorcés d’avec la population, une séparation aggravée par le culte actuel du guerrier se développant en leur sein. Non seulement les Américains sont-ils de plus en plus isolés de leurs  combattants, mais ils le sont des guerres américaines également.  Elles continuent d’être menées sans  l’approbation formelle du Congrès et Presque sans sa simple supervision. Combinez ça avec la décision due la Cour suprême Citizens United qui change directement l’argent des entreprises en activisme politique, et vous avez ce qui est de plus en plus un système de gouvernance des 1% dans lequel un Président milliardaire préside le, cabinet le plus riche  de toute l’histoire dans ce qui est maintenant la capitale de la guerre, pendant que des liens militaro-industriels incarnent ce qui étaient les peurs les plus sinistres de Mills et d’Eisenhower.

La machine de guerre américaine qui s’est emballée a peu à voir ces jours-ci avec la dissuasion et beaucoup avec la continuité d’un état de guerre permanente. Mettez tout cela ensemble et vous avez la parfaite formule pour un désastre.

Dissuader notre trajet vers l’apocalypse

Qui a mis le pétrole américain au milieu des déserts du Moyen Orient ?  C’est la question que les militants pacifistes ont posé  avec un humour grinçant juste avant l’invasion de l’Irak. Selon l’opinion rabâchée de Trump, les USA auraient du bien sûr récupérer le pétrole irakien juste après l’invasion de 2003.  A défaut d’autre chose, il a dit ce que beaucoup d’Américains croient, et ce que de nombreuses multinationales cherchent à faire.

Considérons l’engagement de Jimmy Carter. Il ya à peu près quarante ans, Carter a pressé les Américains à modérer leur appétit, conserver leur énergie et se libérer de leur dépendance paralysante au pétrole étranger et à leur consommation sans frein de biens matériels. Après que les critiques l’ait catalogué de discours de malaise, Carter fit volte-face et accrût les dépenses militaires en établissant la doctrine carterienne de protection du Moyen Orient comme intérêt vital pour les USA. Le peuple américain répondit en élisant Ronald Reagan malgré tout. Comme les Américains continuaient à apprécier un mode de vie réglé par la consommation qui aspire à lui seul près de 25% de la production mondiale d’énergies fossiles (tout en ne représentant que 3% de la population mondiale), l’argent actif de la Maison blanche travaille à ouvrir toujours plus de forages sur le plan mondial ; Des milliards sont en jeu.

Pas très étonnant que, en devenant président, Trump ait agi rapidement pour accélérer la construction de nouveaux pipelines retardée ou interdite par le Président Obama tout en détruisant les protections environnementales liées à la production des industries fossiles. La production domestique accélérée, avec la coopération de l’Arabie saoudite ( le véto de Trump à propos des Musulmans a soigneusement évité de cibler les seul pays qui produit 15 des 19 terroristes des attaques du 11 septembre- devrait permettre au pétrole de continuer à couler, aux profits de croître et au niveau des mers du globe de monter.

Une donnée : l’armée américaine à elle seule absorbe plus d’énergie fossile  que la Suède dans son entier. Quand il s’agir de consommation d’énergie, nos forces armées sont le premières entre toutes.

Avec ses réserves pétrolifères massives, le Moyen Orient reste un lit pour les guerres pour les ressources à venir, ainsi que pour les conflits religieux et ethniques, exacerbés par le terrorisme et les attaques déstabilisantes de l’armée US.  Dans ces circonstances, , quant il s’agit de désastre mondial à venir, il n’est pas très difficile d’imaginer que l’actuel Moyen Orient puisse servir d’équivalent aux Balkans lors de l’infâmie de la Première guerre mondiale

Si Gavrilo Princip, un terroriste Serbe “au noir” opérant dans une région disputée et ravagée par la guerre a pu enflammer le monde en 1914, pourquoi un terroriste de ISIS ne le ferait-il pas un siècle plus tard ? En considérant les nombreuses lignes de rupture et les forces impliquées, y compris la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite et les Etats unis, tous travaillent ostensiblement ensemble pour combattre le terrorisme même s’ils ne se positionnent que pour maximiser leurs propres avantages et s’éliminer les uns les autres. En de telles circonstances, un vacillement politique, suivi d’un tremblement de terre géopolitique semblent tout à fait possible. Sinon, une secousse d’ISIS suivie d’un mouvement majeur dans le Moyen Orient, il n’y a pas de raccourcis vers de possibles zones à risques dans un monde de plus en plus susceptible. D’une attaque au sabre avec la Corée du nord en passant par une joute avec les îles artificielles  construites par les Chinois au sud de la Mer de Chine.

En tant qu’historien, j’ai passé beaucoup de temps à étudier la force militaire allemande du 20ième siècle. Dans les années qui ont conduit à la Première guerre mondiale, l’Allemagne émergeait comme super-puissance mais pourtant, paradoxalement, elle se voyait comme menacée de plus en plus par ses ennemis, en tant que nation encerclée et oppressée. Ses chefs d’état craignant plus que tout la Russie. Cette crainte les a amenés à déclencher une guerre préventive contre ce pays. ( Bien sûr, ils ont attaqué la France en 1914 mais c’est une autre histoire). Cette guerre incroyablement risquée et coûteuse, déclenchée dans les Balkans, échoua lamentablement et pourtant elle fût dupliquée à une niveau encore plus horrible vingt années plus tard. L’armée allemande, louée comme «  la meilleure au monde » par ses chefs et vendue à son peuple comme une armée de dissuasion s’est transformée pendant ces deux guerres mondiale en une machine apocalyptique qui a saigné le pays à blanc tout en assurant la destruction de partie significatives de la planète.

Aujourd’hui, l’armée américaine loue elle-même  pareillement comme la “ meilleure du monde” même en s’imaginant entourée par des menaces puissantes ( La Chine,  la Russie,  la Corée du nord et le terrorisme mondial, en tête de liste). Vendue au peuple américain pendant le Guerre froide comme une force de dissuasion, un pilier de stabilité contre les joueurs de domino communistes, cette armée s’est transformée elle-même en une force aléatoire.

Rapellons-nous ici que l’administration de Trump a réaffirmé la quête de l’Amérique pour une suprématie nucléaire radicale .  Elle a appellé à une “nouvelle approche”  de la Corée du nord et de son programme d’armement nucléaire. (Quoi que cela puisse signifier, ce n’est pas une référence à la diplomatie). Même dans une croissance du nucléaire et une stratégie de la corde raide, Washington continue de vendre de l’armement- c’est de loin le plus grand vendeur d’arme du 21ième siècle- et le chaos sur toute la planète, accroissant ses efforts en tant que guerre contre la terreur et la vendant comme la seule façon de gagner.

En mai 1945, quand le rideau est tombé sur le dernier soubresaut de l’Allemagne comme puissance dominatrice mondiale, le monde était heureusement encore innocent face à l’armement nucléaire. Tout est différent maintenant, la planète est, c’est le moins que l’on puisse dire, surdotée de machines C’est pourquoi il est vitalement imùportant de reconnaître que l’Amérique d’abord de Trump est tout sauf isolationniste dans l’acceptation du vieux vingtième siècle, cette façon de parler est une recette pour prolonger la guerre en créant toujours plus de chaos et d’états effondrés dans le grand Moyen Orient et vraisemblablement au-delà, et que cette politique déjà dangereuse de Guerre froide, supposée dissuasive, que ce soit contre l’armement traditionnel ou nucléaire, au regard de la bellicosité de Trump, pourra exploser comme une version de l’apocalypse.

Ou, pour évoquer celà d’une autre façon, considérons cette question : Est-ce que le Coréen du nord Kim Jong-un le seul leader instable possédant un armament nucléaire sur la scène mondiale ?

Lieutenant colonel en retraite ( USAF) et Professeur d’histoire, Astore est un éditorialiste régulier de  TomDispatchSobn blog est le Bracing Views.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Le moment de diversion de Trump Robert Parry

Trump’s ‘Wag the Dog’ Moment Robert Parry

Avril 7, 2017

 

Exclusif : Le Président Trump a gagné les applaudissements des Néo-cons pour sa décision  prise dans l’urgence d’attaquer la Syrie en tuant environs une dizaine de Syriens, mais sa décision imprudente à tous les aspects d’une diversion.

Par  Robert Parry

Juste deux jours après que la nouvelle d’une soi-disant attaque au gaz sarin dans le nord de la Syrie, le Président a repoussé les conseils de l’Intelligence service qui doutaient de la responsabilité du régime syrien et a lance une opération de représailles en lançant des missiles sur la zone aérienne syrienne.

Trump a immédiatement gagné les applaudissements du Washington Officiel, spécialement ceux des néo-cons qui essaient de gagner le contrôle sur sa politique international sur ses conseillers nationalistes et personnels depuis sa victoire surprise du 8 novembre.

Il ya également une dispute interne autour du renseignement. Mercredi soir, le Secrétaire d’état Rex Tillerson a dit que les services de renseignements US affirmaient «  avec un haut degré de confiance » que le gouvernement syrien avait lâché du poison par gaz sur des civils dans la province de Idlib.

Mais un nombre d’agence de renseignement ont faits des déclarations contradictoires, disant que la prépondérance des preuves suggérant que les affiliés à Al Qaeda étaient en faute, ou bien en ayant orchestré une libération intentionnelle de l’agent  chimique comme provocation ou bien en en ayant possédé un container qui aurait explosé pendant un bombardement conventionnel.

Une des sources de renseignements affirme que le scenario le plus vraisemblable est une mise en scène orchestrée par les rebelles, souhaitant forcer Trump à changer de politique, annonçant quelques jours plus tôt que le gouvernement US ne cherchait plus de “ changement de régime” en Syrie et se concentrerait sur l’attaques des ennemis communs, les groupes terroristes islamiques qui représentent le cœur des forces rebelles

La source dit que l’équipe de sécurité nationale de Trump s’est divisée en deux parties, d’un côté  les conseillers les plus proches, le nationaliste fauteur de trouble Steve Bannon et le beau-fils Jared Kushner  et de l’autre une vieille ligne de néo-cons qui se sont regroupés autour du Conseiller à la sécurité nationale  H.R Mc. Master, un général des armées qui est un protégé  du favori des néo-cons, le Gen. David Petraus.

Les querelles internes de la Maison blanche

Dans cette approche, l’exclusion récente du Général en retraite Michel Flynn comme Conseiller à la sécurité nationale et la sortie cette semaine de Steve Bannon du Conseil de sécurité nationale furent des éléments clef de la réintégration des néo-cons au sein de la présidence de Trump. Les étranges personnalités et les positions extrémistes de Flynn et Bannon rendirent leur exclusion plus facile, mais il y avait des obstacles que les néo-cons voulaient éliminer.

Bien que Bannon et Kushner soient souvent présentés comme des rivaux, dit la source, ils partagent la croyance que Trump devrait dire la vérité sur la Syrie, en révélant l’analyse de la CIA faite sous l’administration Obama que l’attaque au gaz sarin de 2013  était une fausse déclaration afin d’entraîner le Président Obama à rejoindre complètement la guerre en Syrie aux côtés des rebelles – et les analyses des renseignements sont identiques en ce qui concerne l’incident de mardi.

Au lieu de ça, Trump a suivi l’idée  de créer une urgence  sur le jugement initial  blâmant Assad pour l’événement du gaz toxique de Idblid. La source a ajouté que Trump considérait l’assaut de mercredi soir comme une façon de changer les sujets de conversation de Washington, où son administration a subi les attaques incessantes des Démocrates déclarant que son élection était due à une opération couverte par les Russes.

Si changer de discours était le but de Trump, il a réussi partiellement en contrant les critiques sévères de certains néo-cons comme le Sénateur John Mac Cain, et Lindsey Graham qui ont loué ces attaques, comme l’a fait le Premier ministtre israélien B. Netanyahu. Les neocons et Israel cherchent depuis longtemps à créer un « changement de régime » à Damas même si le départ de Assad devait conduire à une victoire des extrémistes islamistes, associés à Al Qaeda ou à l’Etat islamique.

 Faire diversion

Trump emploie une “stratégie de diversion”  dans laquelle il met en lumière son leadership dans une situation de crise international afin de détourner l’attention de ces problèmes de politique intérieure, cela rappelle Clinton et sa décision d’attaquer la Serbie en 1999 comme des nuages commençaient à entourer se vie sexuelle avec Monica Lewinski.

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Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une conférence de presse le 15 février 2017 . (Screen shot from Whitehouse.gov)

Les conseillers de Trump, dans leur communiqué de presse le mardi soir, sont revenus en grande largeur sur la compassion que Trump éprouvait à l’égard des victimes du gaz et sur sa décision de bombarder les bases aériennes de Assad, en contraste avec la volonté de Obama de permettre à la communauté des renseignements de mener une enquête sérieuse sur les preuves autour de l’attaque au sarin de 2013

En fin de compte, Obama a écouté ses conseillers des services spéciaux de renseignement qui lui ont dit qu’il n’ y avait aucune preuve irréfutable “ impliquant le régime de Assad et il a annulé au dernier moment les frappes aériennes–tout en maintenant publiquement la fiction que les USA étaient certains de la culpabilité de Assad.

Dans les deux cas, – 2013 and 2017 – il ya de grands doutes sur la responsabilité de Assad. En 2013, il venait juste  d’inviter les Nations unies en Syrie  pour qu’ils enquêtent sur l’usage du gaz sarin par les rebelles et donc cela n’avait aucun sens de lancer une attaque au gaz sarin dans les banlieues de Damas, sachant qu’alors que les enquêteurs seraient détournés de leur enquête.

Pareillement maintenant, Assad a gagné militairement avec un avantage décisif sur les rebelles et a remporté une victoire diplomatique majeure avec l’administration Trump ayant annoncé que le «  changement de régime «  n’était plus une priorité en Syrie. Assad, qui est un homme rusé, aurait dû savoir qu’une attaque aux armes chimiques engendrerait une contre-offensive des USA et mettrait en jeu les avancées qui ont été effectuées avec l’aide russe et iranienne.

L’argument oppose à cette logique, dévellopé par le NYT et d’autres organs d’information dédiés aux positions néo-cons – est principalement que Assad est un barbare furieux qui est en train de tester une nouvelle position de force en provoquant Trump. Bien sûr, si c’était le cas, Assad aurait revendiqué ses actes plutôt que de les nier.

Mais la logique et le respect ne sont plus des valeurs dans le Washington officiel, ni au sein des medias américains.

La montée des services de renseignements

L’alarme au sein de la communauté des renseignements à propos de la décision précipitée de Trump s’est réverbérée du Moyen Orient à Washington où l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi a rapport qu’il avait entendu que ses contacts sur le terrain étaient choqués par la façon dont l’histoire du gaz sarin avait été distordue  par Trump et les medias officiels.

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L’ancien officier de la CIA Philip Giradi. (Photo credit: Gage Skidmore)

Giraldi a confié lors de l’émission de Scott Horton: « J’entends, venant de sources du terrain situées au Moyen Orient; des individus qui son t intimement lies aux services de renseignement disponible qui disent que le contenu narrative que nous entendons tous à propos du gouvernement syrien ou des Russes ayant fait usage d’armes chimiques est une imposture. »

Giraldi a dit que ses sources étaient plus proches de l’analyse postulant un lâché accidentel de gaz après qu’un dépôt d’Al Qaeda ait été bombardé par une frappe russe.

Les services de renseignements confirment plutôt bien le compte-rendu que les Russes ont donné, qui est qu’ils ont heurté un abri où les rebelles- maintenant ce sont des rebelles qui sont bien sûr connectés à Al Qaeda- stockaient des armes chimiques leur appartenant et que cela a causé une explosion qui a entraîné des pertes. Apparemment les renseignements sont très clairs là-dessus.

Giraldi a évoqué la colère de la communauté des  services de renseignement à propos de cette distorsion des informations afin de justifier les représailles militaires de Trump, elle était si forte que certain officier opérant clandestinement considéraient leur passage au public.

“ Les membres de l’agence ( CIA) et les militaires qui sont au courant du travail des services de renseignement sont effrayés par tout ça parce que Trump a complètement transformé ce qu’il devait avoir su – ou peut-être pas- et ils craignent que cela n’avance vers une situation qui pourrait aisément tourner dans un conflit armé”.  Giraldi a dit, avant les frappes de jeudi « Ils sont étonnés de la façon dont tout cela est manipulé à la fois par l’administration et par les médias. »

Une couverture biaisée

Les medias US ont présenté la crise actuelle avec le biais profondément néo-cons qui a infecté la couverture de la Syrie et du grand Moyen-Orient depuis des dizaine d’années. Par exemple, le New York Times de vendredi a publié un article à la une  de Michael R. Gordon  et Michael D. Shear qui ont traité la responsabilité du Gouvernement syrien pour le gaz sarin comme a fait acquis. La longue histoire ne daignait même pas inclure les démentis de la Syrie et de son partenaire russe q touchant leur responsabilité.

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Le  destroyer  Arleigh Burke-class missile USS Ross  lance une attaque à terre avec un missile tomahawk à partir de la Méditerranée  le 7 avril 2017. (Navy photo by Petty Officer 3rd Class Robert S. Price)

L’article correspondant aussi au désir de Trump d’être décrit comme un homme réactif et un leader fort. Il est dépeint comme ayant présidé à des délibérations intenses de guerre et de paix et affichant un profond humanisme concernant les victimes du gaz, un des rares moment où le Time qui est devenu un fiable journal de propagande néo-con, ait jamais écrit quelque chose de favorable à Trump

Selon le rapport syrien de vendredi, l’attaque US a tué 13 peronnes, y compris des soldats de la base aérienne.

Gordon, dont les services rendus à la cause néo-cons sont notoires a été  l’auteur principal  avec  Judith Miller  de l’histoire du faux “ tube d’aluminium” de 2002 qui prétendait que le leader Irakien Saddam Hussein construisait un programme de construction d’ armes nucléaires, un article qui fût cité par les assistants du Président Bush  comme argument choc pour l’invasion de l’Irak en 2003.

Au regard des événements de cette semaine, La volonté désespérée de Trump de renverser sa couverture médiatique négative et les preuves  douteuses accusant Assad pour l’incident de Idlin pourraient convenir au film ‘de 1997, “ Wag the dog” ( diversion) dans lequel un président dans la tourmente crée une fausse crise en Albanie.

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Une fausse scène de guerre dans la comédie noire «  wag the dog » ( diversion)  qui montre une fille et son chat fuyant un bombardement en Albanie

Dans le film, l’opération de la Maison blanche est une cynique opération psychologique  montée pour convaincre le people américain que les innocents enfants albanais, dont une ravissante petite fille portant son chat sont en danger quand, en réalité, la fille est une actrice posant devant un écran vert qui permet d’inclure des scènes féroces de destruction dans le fond.

Le journaliste d’investigation  Robert Parry a défait de nombreuses histories anti-Iran pour l’Associated Press et new sweek dans les années 1980. Vous pouvez vous procurer son dernier livre America’s Stolen Narrative,  l’imprimer ici ou comme ebook. Amazon and barnesandnoble.com).

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Berner les Américains sur  la santé et la guerre Nicolas J S Davies

 

Duping Americans on Healthcare and War Nicolas JS Davies

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

Force de dissuasion ou agression ?

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

La persécution du gros bâton

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

Le problème d’une menace crédible

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

Le déloyal Colin Powel

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

La danse de mort Chris Hedges

Il semble important de donner une place aux chroniqueurs dissidents nord-américains, tant les propos des médias, même les plus ” éclairés” ( The Nation, Common dreams etc.) ont le nez encore collé au résultat inattendu ( le restera-til donc jusqu’aux prochaines élections) et sont comme hypnotisés par la personnalité de Trump, négligeant le poids du contexte suystémique qui l’a amené au pourvoir. Nous publions cet article de Chris Hedges  afin qu’une de ces voix se fasse entendre, qui remet la situation actuelle dans sa dynamique historique et éclaire les mécanismes sous-jacents qui l’ont entrainée. Les références aux modèles de décadence civisationnelle seront certainement considérés comme un peu  sommaire, tout comme le sera son renvoi aux concepts freudiens de pulsion de mort. Mais ils ont l’énorme avantage de nous ramener à la vision d’un système dont tous les éléments agissent les uns sur et avec les autres, dans un contexte qui semble nous dépasser.EG

 

 

The Dance of Death

Posted on Mar 12, 2017

By Chris Hedges

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Mr. Fish / Truthdig

 

L’élite dominante ne cherche plus à construire. Elle cherche à détruire. Elle est génératrice de mort. Ils se languissent du pouvoir sans limite de cannibaliser le pays, de polluer et dégrader l’écosystème afin de nourrir leur insatiable besoin de richesse, de pouvoir et d’hédonisme. Les vertus de la guerre et de l’armée sont célébrées. L’intelligence, l’empathie et le bien commun sont bannis. La culture est dégradée au rang de kitch patriotique L’éducation n’a comme but que de prévoir l’efficacité technologique afin de servir le moteur empoisonné du système capitaliste. L’amnésie historique nous coupe du passé, du présent et du futur. Ceux qui sont désignés comme improductifs ou sans emploi sont répudiés et laissés à lutter dans la misère ou enfermés dans des cages. La répression étatique est indiscriminée et brutale. Et, présidant l’ignoble, le Grand guignol est un Monsieur Loyal dérangé, tweetant des absurdités de la Maison blanche.

Le cimetière des empires mondiaux – Sumériens, Egyptiens, Grecs, Romains, Mayas, Khmers, Ottomans et Austro-hongrois – suivirent la même trajectoire d’effondrement moral et physique. Ceux qui règnent  à la fin des empires sont des psychopathes, des imbéciles, des narcissiques ou des déviants, l’équivalent des empereurs romains dépravés Caligula, Néron, Tibère ou Commode. L’écosystème qui soutient l’empire est dégradé et épuisé. La croissance économique, concentrée dans les mains d’une élite corrompue, dépend d’un péonage bancal de dettes imposé à la population. Les guerriers professionnels, les spéculateurs financiers et les PDG d’entreprise sucent la moelle de la société.

La réponse myopique de l’élite à l’effondrement imminent du monde naturel et de la civilization est de faire travailler les populations asserviues plus dur pour moins cher, de dilapider le capital dans des projets grandioses comme les pyramides, les palaces, les murs frontaliers et le fracking et de déclarer des guerres. La décision du Président Trump o d’augmenter les dépenses militaires  de 54 milliards de dollars et de récupérer les fonds necessaries sur la chair des programmes sociaux est une comportement type des civilisations en phase terminale. Quand l’empire romain a chuté, il essayait de soutenir une armée d’un demi-million de soldats qui était devenues un drainage parasite des ressources publiques.

Les mécanismes bureaucratiques créés par toutes les civilisations les ruinent finalement. La différence maintenant, comme le note Joseph Tainter dans “The Collapse of Complex Societies,”( La chute des sociétés complexes) est que “ la chute, si et quand elle arrivera sera cette fois globale. Une nation ne peut plus s’effondrer seule. Le monde se désintégrera comme un tout. “

Les civilisations sur le déclin, en dépit des signes tangibles de désintégration qui les entourent restent fixes sur l’objectif de la restauration de leur “ grandeur”. C’est leur illusion qui les condamne. Elles ne peuvent pas voir que les forces qui ont donné lieu à la modernité, c’est-à-dire la technologie, la violence industrielle, les énergies fossiles sont celles-là même qui les mènent à l’extinction. Leurs leaders sont entraînés uniquement à server le système, adorant comme des esclaves les vieux dieux longtemps après qu’ils aient commence à exiger le sacrifice de millions de victimes.

“L’espoir nous guide d’inventer de nouvelles réparations pour de vieux problémes, qui à leur tour créent plus de dangereux problèmes.  Ronald Wright écrit dans  “A Short History of Progress.” (Une histoire courte du progrès). “ L’espoir élit les politiciens avec les promesses les plus grosses et les plus vides et comme tout courtier ou tout vendeur de loto le sait, la plupart d’entre nous choisiront le plus menu espoir contre la frugalité prudente et prévisible. L’espoir, comme l’avidité nourrit les moteurs du capitalisme” .

Les candidats de Trump,—Steve Bannon, Jeff Sessions, Rex Tillerson, Steve Mnuchin, Betsy DeVos, Wilbur Ross, Rick Perry, Alex Acosta et tous les autres- ne sont pas des avocats de l’innovation ou des réformes. Ils sont des chiens de Pavlov qui salivent devant des montagnes d’argent. Ils sont bien équipés pour voler aux pauvres et faire plonger les budgets fédéraux. Leur obsession de simples d’esprit avec l’enrichissement personnel les conduit à démanteler toute institution ou a abolir toute loi ou régulation qui viendrait se mettre dans le chemin de leur convoitise. Le capitalisme, note Karl Marx, est «  une machine qui démolit les limites ». Il n’existe pas de sens inné des proportions ou des échelles. Une fois que tous les empêchements externes sont levés, le capitalisme global transforme sans scrupule l’humain et le monde vivant afin d’en extraire du profit jusqu’à son épuisement ou son effondrement. Et quand le dernier moment de la civilisation arrive, les édifices dégénérés du pouvoir semblent s’effriter en une seule nuit.

Sigmund Freud a écrit que les sociétés, tout comme les individus, sont mues par deux pulsions primaires. Une est la pulsion de vie, Eros, la quête d’amour, de nourriture, de protection et de préservation. La seconde est la pulsion de mort, nommée Thanatos par les post-freudiens guidée par la peur, la haine et la violence. Elle cherche la dissolution de tout ce qui vit, y compris celle de notre existence même. Une de ces deux forces, écrit Freud, est toujours ascendante. Les sociétés en déclin embrassent la pulsion de mort avec enthousiasme, comme Freud l’observe dans  “Civilization and Its Discontents,”( Malaise dans la civilisation) écrit à l’aube de la montée du Fascisme européen et de la Seconde guerre mondiale. “C’est dans le sadism, où la pulsion de mort modifie l’objet érotique selon ses propres buts et cependant satisfait pleinement son besoin pulsionnel que nous réussissons à obtenir la vision la plus claire de sa nature et de son lien avec Eros “ écrit Freud. “Mais meme lorsqu’elle emerge sans but sexuel, dans la furie aveugle de la destructivité, nous ne pouvons pas manqué de reconnaître que la satisfaction de l’instinct est accompagnée par un degré extraordinaire de satisfaction narcissique, accordant une satisfaction des vieux souhaits d’omnipotence à l’Ego »

Le désir de mort, comme Freud l’a compris, n’est pas, tout d’abord, morbide. Il est séduisant et excitant. Je l’ai constaté lors des guerres que j’ai couvertes. Un pouvoir quasi divin et une furie guidée par l’adrénaline, meme de l’euphorie, baigne les unites armées ou les groups religieux ou ethnoiques a qui est donnée la possibilité de détruire n’importe quoi et n’importe qui autour d’eux. Ernst Junger a capturé ce «  monstrueux désir d’annihilation » dans son travail sur la Première guerre mondiale «  Orage d’acier »

Une population aliénée et assaillie par le désespoir trouve de la puissance et du plaisir dans une orgie d’annihilation qui prend vite la forme d’une auto-annihilation. Cela n’a aucun intérêt de nourrir un monde qui  l’a trahie et a contrecarré ses rêves. Elle cherche à éradiquer ce monde et à le remplacer par son paysage mythique. Elle se tourne contre les institutions, aussi bien que contre les groupes ethniques ou religieux qui deviennent les boucs émissaires de sa misère. Elle pille les réserves qui diminuent avec abandon. Elle est séduite par les promesses fantastiques des démagogues et par les solutions magiques caractéristiques du droit chrétien ou de ce que les anthropologistes appellent «  culte de la crise. »

Norman Cohn, dans « A la poursuite du Millénium : Messianisme révolutionnaire au Moyen-âge et pendant la Réforme et ses effets sur les mouvements totalitaires modernes (The Pursuit of the Millennium : Revolutionary Messianism in Medieval and Reformation Europe and Its Bearing on Modern Totalitarian Movements, » dessine un lien entre cette période turbulente et la nôtre. « Les mouvements millénaristes sont une réponse psychologique particulière et collective à un profond désespoir social. Ils sont récurrents à travers l’histoire humaine. Nous n’en sommes pas immunisés

« Ces mouvements ont varié dans leur ton de l’agressivité la plus violente au pacifisme le plus nuancée et leur but de la spiritualité la plus éthérée au matérialisme le plus terre à terre, il est impossible de dénombrer les voies possible de concevoir le millénaire et la route qui y mène. » écrit Cohen. «  Mais les similarités peuvent se présenter tout comme les différences et plus on observe attentivement les poussées de militantisme social du chiliasme ( autre terme pour millénarisme) pendant le Bas-moyen âge, plus apparaissent des similarités. Les anciens symboles et les anciens slogans bien sûr disparaissent et sont remplacés par des nouveaux, mais la structure des fantasmes de base semble ne pas avoir changé du tout. »

« Ces mouvements, écrit Cohen, offrent un mythe social capable de prendre entièrement possession de ceux qui croyaient en lui. Il explique leur souffrance, il promet des récompenses, il éloigne leur anxiété et leur  donne l’illusion de sécurité- même lorsqu’il les guide, tenus ensemble par un enthousiasme commun, dans une quête qui est toujours vaine et souvent suicidaire. »

« Aussi arriva-t-il que des quantités de personnes se comportèrent avec une énergie furieuse et partagèrent un même fantasme qui, bien que trompeur leur apportait  un soulagement émotionnel intense si intense qu’ils pouvaient uniquement vivre à travers lui et étaient parfaitement d’accord pour mourir pour lui. Ce fût un phénomène qui se manifesta plusieurs fois entre le 11ième siècle et le 16ième siècle, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, et qui, en dépit des différences évidentes de contexte culturel et de son ampleur, n’est pas étranger à la croissance des mouvements totalitaires, avec leurs leaders messianiques, leur mirages millénaristes et leur boucs émissaires démonisés dans le siècle actuel. »

La rupture d’une société d’avec la réalité, comme la nôtre a été séparée de la reconnaissance collective du changement climatique et les conséquences fatales de l’impérialisme et de la désindustrialisation la laisse sans les mécanismes intellectuels et institutionnels lui permettant de se confronter à sa mort imminente. Elle se maintient dans un état d’auto-hypnose et de délire. Elle cherche des euphories momentanées et du sens dans des divertissements bon marché et des actes de violence et de destruction, y compris à l’égard des individus qui sont démonisés ou blâmés pour la chute de la société. Elle précipite sa propre immolation tout en brandissant la supposée inévitabilité d’une résurgence nationale. Idiots et charlatans,* les servants de la mort, nous conduisent dans les abysses.

* On se reportera pour cette description des prédateurs de l’aire politique en place à l’ouvrage de Roland Gori  ” La fabrique des imposteurs “

 

Traduction Elisabeth Guerrier

La politique derrière le “scandale russe” R. Parry

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

The Politics Behind ‘Russia-gate’

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également