L’impasse des bien-pensances

by Elisabeth Guerrier

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Mais enfin !!!
Partout, du moins sur les sites et les pages que je lis régulièrement, l’alerte, l’alarme est donnée et elle semble ne pas trompeter assez haut pour se faire clairement entendre ” là-haut”, là où ça décide, là où c’est responsable. Et les commentaires fusent…tous éclairés, tous impeccables. Bien, conscience politique oblige…par contre, la question à poser aux redresseurs de torts du néo-capitalisme est celle-ci : les déchets électroniques qui nous inondent d’où viennent-ils ? Vous vivriez sans réfrigérateur, sans téléphone portable, sans tablette, sans Ipad, sans télé, sans brosse à dent électrique, sans tondeuse à gazon, sans épluche légume auto-nettoyant, sans mixeur-broyeur ? Vous seriez prêts à laisser tomber les vanités encombrantes des fêtes de Noël et les tonnes de saloperies qu’elles traînent avec elles ? Et les hauts cris contre les compagnies pétrolières quand je prends ma bagnole pour aller travailler et que vous prenez aussi la vôtre, les pousseriez-vous avec autant d’ardeur devant des pompes vides ? Il semble que le stigmate de cette consommation débridée mais peu débridante soit à prendre avec délicatesse, c’est à dire avec la capacité à se poser soi-même par rapport à lui, sans s’étrangler dans les vœux pieux du silex à frotter pour allumer le feu sous le chaudron où bouillonne doucement la soupe aux herbes sauvages ni sur le mythe du retour au tout “naturel”. Il n’existe pas le naturel, il est une relation à percevoir et à analyser. Commencer par faire le ménage chez soi, gentiment, rayer sans douleur de sa vie ce qui semble aller avec nous tous vers le cataclysme mais pas penser pour ce nous tous à ce qu’il ou elle peut changer dans sa vie de consommateur-trice en disant NON pour lui ou elle mais en vivant ce NON pour soi. C’est impossible de manger dans le ventre d’un autre. C’est là la différence avec les idéologies à coup de bâton des décennies précédentes. On est dans de l’individuel de masse, c’est tellement adhérent que ça oblige à marcher sans savoir vers quoi. Mais c’est le pas qui compte.

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