Chomsky ” Nous ne sommes plus dans une démocratie, nous sommes dans une ploutocratie”

by Elisabeth Guerrier

Article du magazine ” Raw Story”  faisant suite à une interview de Noam Chomsky.

Il est nécessaire de donner aux mots leur place dans la réalité qui évolue si l’on veut que cette même réalité puisse être pensable et éventuellement modifiable.

On ne doit plus parler dans les systèmes politiques occidentaux actuels de Démocratie, le vote étant la seule relique d’un glissement politique qui s’opère sans que les élus aient la force ou la volonté d’endiguer le courant qui pousse des groupes de détenteurs de fonds et de revenus plus importants que la plupart des budgets publics vers les arcanes de la vraie politique, celle qui décide et imprime ses choix sur l’avenir des peuples.

L’exemple parfait de cet abandon du législatif et de l’exécutif aux mains des forces du lobby international est le TTIP. TTP qui se négocient dans le plus grand secret alors que des enjeux colossaux pour les équilibres nationaux et leur souveraineté sont clairement bradés au profit des réseaux des affaires multinationales.

Ces peuples sont sous le joug d’un système où la finance règle le pas du monde et l’aliène à celui d’un nombre infime d’individus. Ces peuples du Monde  sont sous le joug d’un ploutocratie globale. E.G

Suivant le linguiste et philosophe politique Noam Chomsky, le monde fait face à deux menaces existentielles.

« Il y a deux zones d’ombres essentielles qui couvrent tout et elles deviennent de plus en plus sérieuses » dit Chomsky. La première est la menace constante d’une guerre nucléaire qui n’a pas disparu. C’est très sérieux et l’autre est la crise d’une catastrophe environnementale et écologique, qui devient de plus en plus sérieuse ».

Chomsky est apparu Vendredi dans le dernier épisode de «  Smiley and West » sur la NPR pour évoquer son éducation, ses vues sur les affaires actuelles et sur sa façon de répandre son message sans l’aide des médias.

Il a dit à ses hôtes que le monde courait vers un désastre environnemental avec des conséquences fatales possibles que les nations les plus développées ne faisaient rien pour prévenir-mais au contraire accéléraient le processus.

«  S’il y a jamais des historiens dans l’avenir, ils regarderont cette période avec étonnement, » dit Chomsky, « Le danger, la menace sont évidents à n’importe qui ayant les yeux ouverts et accordant de l’attention à toute la littérature scientifique et il y a des tentatives pour le retarder mais aussi des tentatives pour accélérer le désastre, et si vous regardez qui est impliqué, c’est plutôt choquant. »

Chomsky a noté les efforts des populations indigènes pour arrêter les dégâts environnementaux partout dans le monde- des peuples indigènes du Canada aux tribus d’Amérique latine et d’Indes en passant par les Aborigènes d’Australie- mais les nations les plus riches, les plus avancées et les plus puissantes, comme les Etats Unis, ne font rien pour prévenir le désastre.

« Quand les gens ici parlent avec enthousiasme d’une indépendance énergétique d’une centaine d’année, ce qu’ils disent c’est : Allons extraire du sol jusqu’à la dernière goutte d’énergie fossile possible afin d’accélérer le désastre vers lequel on se dirige. Ce sont les problèmes qui dépassent tous les problèmes d’oppression, de pauvreté, d’attaque du système éducatif, d’inégalités massives et de chômage ».

Il a blâmé la «  financialisation » de l’économie des US à propos des inégalités de revenus et d’emploi, disant que des banques trop grosses pour chuter ôtaient des richesses énormes du marché.

“ En fait, il y a une étude récente du Fond Monétaire International  qui estime que tous les profits faits par ces banques peuvent être virtuellement attribués à la politique d’assurance de ce gouvernement, et qu’en général, ils sont très dommageable, je pense, très dommageable pour l’économie” a-t-il ajouté.

Ces effets dévastateurs peuvent facilement être observés en regardant les chiffres du chômage et les gains des valeurs boursières.

«  Il y a des dizaines de millions de personnes sans emploi, cherchant du travail et voulant travailler et il y a des quantités énormes de ressources disponibles «  dit-il «  Les profits des corporations percent le plafond, il y a une quantité énorme de travail à effectuer- conduisez en ville et regardez toutes les sortes de choses qui doivent être faites- les infrastructures s’effondrent, les écoles ont besoin d’être restaurées. Nous sommes dans une situation dans laquelle un énorme nombre de personnes veulent travailler, où il y a d’énormes ressources disponibles et énormément de travail à faire mais le système est si pourri que c’est impossible de rassembler tous ces éléments-là. »

Et la raison en est simple ajoute Chomsky.

« Il y a des profits colossaux faits par ceux qui dominent et contrôlent le système » dit-il « nous avons quitté une époque où fonctionnait une sorte de démocratie. Nous sommes maintenant vraiment dans une ploutocratie.»

Chomsky a fortement désapprouvé Smiley et West lorsqu’ils ont dit qu’il avait été marginalisé à cause de ses positions, disant qu’il avait refusé à regret des dizaines d’invitations à s’exprimer quotidiennement parce qu’il était engagé autre part. Il a aussi montré son désaccord sur le fait qu’une plateforme  dans les médias conventionnels était nécessaire pour influencer le débat.

«  Si vous jetez un coup d’œil aux changements qui ont eu lieu dans ce pays, disons dans les dernières cinquante années- le mouvement des droits civils, les mouvements anti-guerre, l’opposition à l’agression, le mouvement féministe, le mouvement environnementaliste etc…n’ont pas été guidé par aucun débat médiatique » dit-il, «  non, ils ont été conduits par des organisations populaires, par des activistes de terrain »

Il a rappelé les premiers temps du mouvement anti-guerre, dans le début des années 60, quand il parlait dans des salles de séjour ou des caves d’églises à une simple poignée d’autres activistes et comment ils étaient harcelés-même dans la Boston libéral par les autorités et par les médias.

Mais ce mouvement a finalement grandi et aidé à accélérer la fin de la guerre du Viet Nam et Chomsky ajoute que cela a tellement grandi pour devenir essentiel que les activistes anti-guerre peuvent stopper les guerres avant même qu’elles ne commencent.

Il dit que le Président Ronald Reagan avait été incapable de lancer une guerre dans toute son ampleur en Amérique Centrale à cause du mouvement anti-guerre pendant les années 80 et il a amèrement contesté le fait que le mouvement anti-guerre n’ait pas eu d’effet sur la guerre contre l’Irak.

«  Je ne suis pas d’accord, il a eu un effet important » a-t-il dit, «  il a limité d’une façon importante les moyens disponibles du gouvernement pour mener à bien l’invasion et soumette la population. En fait, c’est une des raisons pour lesquelles les US ont fini vaincus en Irak, en ayant dû sérieusement abandonner tous leurs objectifs. La victoire majeure en Irak s’avère être pour l’Iran.

En dépit de ces limitations, il a affirmé que la guerre d’Irak avait été une des pires atrocités du nouveau millénaire et avait provoqué un violent schisme entre les Musulmans sunnites et shiites qui avait déclenchés des conflits régionaux sir tout le Moyen Orient.

Les Etats Unis sont maintenant impliqués dans une campagne globale contre le terrorisme principalement contre toutes les peuples tribaux du monde, principalement les tribus musulmanes, ça se passe partout. L’intention est de le faire continuer encore et toujours » dit Chomsky «  Ceci a de terrible conséquences mais néanmoins, elles sont moins terrible que si il n’y avait pas d’opposition publique »

Traduction Elisabeth Guerrier

Advertisements