CEO Le Député Européen qui devint lobbyist

by Elisabeth Guerrier

 

Article de CEO sur les liens plus qu’intimes entre les lobbies et les Députés du Parlement Européen. Cette institution a non seulement dégradé l’image de l’Europe au point de rendre des millions de citoyens sceptiques sur sa nécessité mais elle est par son fonctionnement quasi mafieux et ses liens permanents avec les lobbies les plus puissants de la planète une véritable honte pour ce qui se doit d’être appelé le Politique. Nous voulons une Europe unie, nous la vouons au nom des centaines de millions de morts qui en font le lit et à qui nous devons respect et entreprise. mais ce n’est pas l’Europe des Barons, toujours les mêmes que nous voulons, ceux qui s’engraissaient quand le peuple était exterminé sous leurs yeux, les Goulash Barons en 14.18, les Crowny capitalists, les mêmes, l’anti-démocratie a la peau dure. E.G

 

Le Député Européen qui devint un lobbyiste

March 31st 2014 Revolving doors

 

Comme nous approchons des élections européennes de la fin Mai, beaucoup de membres du parlement Européen commencent à envisager leur future carrière, soit parce qu’ils ont décidé de se retirer ou parce qu’ils craignent de perdre leur siège. Si l’expérience de la fin du mandant précédent de 2009 se répète, beaucoup d’entre eux vont être contactés par des firmes de lobbying ou par des groupes industriels espérant les allécher avec les portes tournantes : la voie qui mène du Parlement Européen aux cercles des lobbies est un chemin bien tracé.

 

De Député Européen à lobbyiste.

 

Karin Riis-Jørgensen a été Députée Européenne pendant quinze ans au cours desquels elle a siégé au comité du marché intérieur et à la protection des consommateurs entre autres. Rapidement après qu’elle ait quitté le parlement en 2009, elle est  devenue conseillère principale à la firme de lobbying  Kreab Gavin Anderson. Kreab cabinet de consultation  de lobbying avec un chiffre d’affaire annuel de près de quatre million d’euros. Ses clients en 2012 (l’année la plus récente  pour laquelle des informations soient disponibles sur le  EU Transparency Register) et qui inclut : Google, EDF, UBS, Goldman Sachs and Scania.

 

Un des clients de Riis-Jørgensen  à Kreab est Swedish Match, la compagnie de tabac controversée qui fût en 2012 le principal acteur du scandale de Dalligate. Le 16 Mars 2011 et le 6 Mars 2012 Riis –Jørgensen, avec le directeur des relations publiques de Swedish Match a rencontré les représentants du Secrétariat Général de la Commission Européenne afin de discuter de l’examen des directives sur les produits du tabac.

Riis-Jørgensen a confié   à CEO : « J’utilise maintenant mon expérience pour conseiller Kreab et quelques-uns de leurs clients sur la façon de créer un dialogue avec les décideurs de l’UE ». Quand elle a été interrogée sur son travail en tant que lobbyiste et sur les conflits d’intérêt potentiels  dus à son passé de Député du Parlement Européen,  Riis-Jørgensen dit :

« J’ai un rôle indépendant en tant que conseillère principale et je peux choisir où et quand je souhaite être impliquée. Je n’ai pas eu à être confrontée à quoi que ce soit pouvant suggérer un conflit d’intérêt dans ma fonction de Conseillère Principale chez Kreab »

Sa réponse complète peut être lue Her full response can be read ici.

Riis-Jørgensen est également la fondatrice et la présidente (bénévole) de la European Privacy Association  (EPA), un groupe de lobbying installé à Bruxelles qui défend les intérêts de grandes corporations  de IT (information technologique)  dans la bataille actuelle des lobbies autour des nouvelles règles européennes sur les données touchant la protection de la vie privée. L’ EPA est largement considérée comme un “groupe de tête” de  contre-information pour les multinationales  du numérique qui fait pression contre des règles fortes de protection des données privées, bien que le EPA démente cette accusation.

 

Quel est le problème ?

 

En dépit de la défense de Riis-Jørgensen, Corporate Europe Observatory (CEO) est inquiet à propos des risques de conflits d’intérêts  lorsque les Députés du Parlement Européen travaillent comme consultant des lobbies. Bien sûr les députes sont, dans leur nature même, des animaux politiques. Ils ne sont pas des officiels de l’UE dont on peut attendre sans ambiguïté qu’ils soient neutres et indépendants, nous ne devrions donc pas être surpris lorsqu’ils quittent leur bureau de les voir suivre leurs intérêts personnels.

Néanmoins, les Députés du parlement Européen reçoivent beaucoup d’informations, dont certaines ne sont pas accessibles au public, et ils ont des filets étendus de contacts politiques à travers les institutions européennes. Ils apportent également le prestige et la capacité à ouvrir des portes pour leurs clients. Ils développent aussi une richesse énorme de savoir interne sur la façon dont le « système » fonctionne et ils acquièrent tout cela lors de leur séjour dans la fonction publique.  Qu’ils utilisent ensuite tout ceci au bénéfice de clients de multinationales ou d’employeurs laisse, au mieux, un goût  amer dans la bouche, et, au pire, le risque de possibles conflits d’intérêts.

En tant qu’anciens Députés du Parlement Européen, leur accès de toujours au laisser-passer du Parlement Européen leur permet d’aller et venir comme ils l’entendent sans aucun contrôle qui vérifie si ils abusent du système en l’utilisant au profit des lobbies. Une autre possibilité pourrait être que les Députés lors de leur mandat puissent  accorder à leurs amis des grandes sociétés des faveurs, avec l’espoir de pouvoir s’assurer ainsi un emploi lucratif ultérieurement.  Il n’existe aucune preuve que des députés européens mentionnés là aient pu faire ça mais c’est une autre raison pour lesquelles nous devons nous soucier des députés passant par les portes tournantes.

 

 

Les Députés du Parlement Européen devenus lobbyistes de la finance.

 

Un autre cas de député du Parlement Européen ayant utilisé les portes tournantes est l’Anglais  John Purvis qui,  pendant ses quinze ans dans le corps législatif a été aussi vice-président du Comité des affaires économiques et monétaires   du Parlement Européen, où il travaillait apparemment en tant que rapporteur ou «  ombre » sur « tous les principaux services de législation financière ». Pendant son mandat, Purvis a été critiqué pour ses intérêts externes et les possibles conflits d’intérêt. Il était (et reste à l’heure actuelle)  un directeur de la Belgrave Capital Management qui se décrit elle-même comme «  un management d’investissement siégeant à Londres »

Après avoir quitté le Parlement Européen en 2009, John Purvis a rejoint le cabinet DN, un cabinet de consultation siégeant à Bruxelles, en tant que conseiller principal.

Comme partie de ses fonctions, il est président de  Financial Future  qui est un lobby de l’industrie financière.  Le conseil d’administration de Financial Future comprend plusieurs autres personnes qui ont aussi utilize les portes tournantes bruxelloises,  dont Eddy Wymeersch et un autre ancien Député du Parlement Européen,  Piia-Noora Kauppi.  Selon le EU Transparency Register, Financial Future  a rapporté entre 100,000 et 150,000 euros  de chiffre d’affaire pour le cabinet DN en 2013.

La Députée finlandaise Piia-Noora Kauppi  également centrée sur le travail du comité des affaires économique et monétaire, plus précisément sur la législation des marchés financiers, pendant ses neuf ans de présence au. Elle a été la rapporteuse de nombreux  dossiers législatifs ayant trait aux banques et était également la présidente du Forum des Services Financiers du Parlement Européen, fondé par l’industrie financière. Le résultat est son “’investissement Wall Street Journal rapporte que actif dans le dialogue entre les institutions européennes et les pourvoyeurs de services financiers” .

 

En 2005, le Kauppi, pendant qu’elle travaillait sur des nouvelles directives européennes touchant le blanchiment d’argent a “soumis de amendements qui empruntaient mot-pour-mot auEuropean Banking Industry Committee” qui est un groupe important de lobby de l’industrie. A l’époque, elle a reconnu avoir reçu l’aide de EBIC pour la rédaction de son amendement, disant :  “ Je ne me souviens pas ce qui provident de EBIC et ce qui a d’autres sources”.

Kauppi a démissionné de son poste de député à la fin de 2008 pour devenir directrice générale de la  Federation of Finnish Financial Services (FFI)  qui représente les banques, les assurances, les sociétés de crédit, les opérateurs boursiers, les sociétés de gestion et les employeurs financiers exerçant en Finlande.

Lorsqu’elle a pris ses fonctions à la FFI,  Kauppi a dit :

“J’ai beaucoup aimé travailler avec les affaires financières du Parlement Européen. Maintenant, dans ma nouvelle position, je peux faire usage de l’expérience gagnée au niveau législatif européen sur les marchés financiers. Le secteur financier va jouer un rôle de plus en plus important sur le marché interne dans l’avenir.”

En Décembre 2008, Kauppi  s’est vue attribuer le prix du “ Pire Conflit d’Intérêt” dans le cadre du “Prix du Pire Lobby”, organisé par des ONGs,  dont CEO.

Kauppi a confié à CEO qu’ “Il n’y avait pas d’empiètement de ses actuelles missions avec son travail passé en tant que Députée” et qu’elle n’avait pas envisagé la possibilité de conflits d’intérêt. Sa réponse complète peut être lue ici.

 

Et les portes continuent à tourner…

 

Ce ne sont pas que les Députés du centre-droit qui passent par les portes tournantes. Le centre-gauche a aussi sa part de Députés-devenus-consultants. Gary Titley est l’ancien chef du groupe du parti travailliste au Parlement Européen et Député à son quatrième mandant. Il a été membre de nombreux comités et également le vice-président du groupe socialiste responsable pour l’élargissement de l’Union Européenne. Lorsqu’il a rejoint le lobby  Hume Brophy  en Janvier 2010 en tant que conseiller principal, le directeur associé John Hume a dit:

“Nous sommes ravis que Gary joigne notre équipe. Il apporte une grande expérience législative à Hume Brophy et des points de vue essentiels pour nos clients. Gary est parfaitement à la mesure d’une expansion de notre clientèle. Il travaillera en priorité sur des questions touchant l’UE. ”

Un autre ancien député membre du parti travailliste   Glyn Ford a lui aussi utilise les portes tournantes. Ford a perdu son siège aux élections européennes de 2009, après avoir été député pendant 25 ans. Il figure à nouveau sur les listes du parti travailliste pour les élections de 2014. Dans les mois qui ont suivi son départ du Parlement Européen de 2009, Ford a joint  Polint, un cabinet de consultation basé en Grande Bretagne exerçant à Bruxelles  qui est spécialisé dans les affaires publiques européennes et les relations internationales. Il  offre “ des stratégies de politique et de communication spécialisées, dirigées en premier lieu vers le Parlement Européen, la Commission Européenne et le Conseil ”

Ford a également joint le cabinet de consultation  G+. G+ présente Glyn Ford sur son site web comme un conseiller  principal sur la politique d’Asie du Sud Est, se rapportant à l’expérience de l’Asie du Sud Est acquise par Ford en tant que député :

“ Au Parlement Européen, il a servi à la fois dans le commerce international et dans les comités des affaires étrangères, particulièrement sur des dossiers liés à l’Asie, ce qui lui donne une connaissance inégalée et des relations à Bruxelles et à Strasbourg. Pendant sa députation, Glyn a été responsable du traité de libre-échange avec les pays du ASEAN, de l’implantation de l’Accord de Partenariat Scientifique avec la République de Corée, il a aussi été le rapporteur fictif sur les accords commerciaux entre l’UE et le Japon et l’UE et la Chine. Glyn a aussi été membre de la délégation auprès du Parlement Japonais de 1984 à 2009.”

Selon le Registre Européen pour la Transparence,  EU’s Transparency Register, les clients de Gs en 2012 comprenaient un nombre de firmes japonaises comprenant :  JEITA (Japan Electronics & Information Technology Industries Association), JMC (Japan Machinery Center for Trade and Investment) and JAMA (Japan Automobile Manufacturers Association). La liste des clients de Polint comprend les mêmes compagnies japonaises et il semble clair que le travail de Ford pour G+ est mené à bien grâce à ses propres services de conseil.

Le EU’s Transparency Register ne precise pas sur quelles données spécifiques Polint  travaille avec chacun de ses clients  mais il indique pourtant que les négociations commerciales entre l’UE et le Japon sont un des domaines dans lesquels il travaille. Ford exerçait en tant que Député alors qu’il travaillait sur ces questions commerciales entre l’UE et le Japon.

 

Travailler pour face Book

 

D’anciens  Députés du Parlement Européen peuvent aussi être trouvés dans les rangs des lobbies des affaires.  Pendant qu’une député allemande, Erika Mann fondait et devenait la présidente associée de l’ European Internet Foundation qui groupe les Députés et l’industrie  afin de discuter des sujets ayant trait à Internet, elle  était également membre de l’équipe du Forum de la Société d’Information au sein de la Commission Européenne.

Après qu’elle ait quitté le Parlement en 2009, Mann a rejoint la Computer and Communications Industry Association et depuis Novembre 2011, elle a été le porte-parole principal de Face Book pour les institutions européennes.

Dans ce rôle,  elle a été très active pour promouvoir le Transatlantic trade and Investment Partnership ( TTIP). Comme l’a rapporté  David Cronin, en Avril 2013, elle a parlé à la  conférence de Dublin, où se trouve le siège de FaceBook international. Mann a dit qu’il serait “extrêmement important” pour un éventuel accord commercial de rendre les standards auxquels sont soumis les compagnies Internet “ plus cohérents”

 

Aucune règle pour les portes tournantes.

 

Il n’y a pratiquement aucune règle pour réguler le passage des députés du parlement Européen par les portes tournantes. Une fois qu’ils quittent  leurs fonctions lors d’une élection, les députes reçoivent une prime de transition  équivalent à un mois de salaire pour chaque année où ils ont exercé leur fonction avec une somme minimum pour six mois  et maximum pour 24 mois mais ils n’ont aucune obligation par rapport aux portes tournantes. Bien sûr, les anciens députés ont besoin de pouvoir gagner leur vie lorsqu’ils quittent leur poste, mais il est vraiment étonnant qu’il n’existe aucune règle pour éviter les conflits d’intérêt que ces chassés croisés provoquent.  La seule règle est celle du  code de conduite  des Députés du Parlement Européen 

http://www.europarl.europa.eu/pdf/meps/201305_Code_of_conduct_EN.pdf qui s’applique aux anciens députés et touche leur droit à utiliser les installations du Parlement Européen. Le code dit qu’un ancien député n’ont pas le droit d’utiliser leur pass à vie pour accéder au parlement si ils s “ont engagés dans un lobbying professionnel ou des activités de représentation directement liées aux processus de prises de décisions de l’Union Européenne ” mais il n’y a aucun système qui le gère ou appuie.

Nous devrons attendre le nouveau parlement et une révision du code de conduite des députés du parlement Européen pour qu’il y ait une opportunité d’introduire quelques règles quant aux portes tournantes mais Martin Schulz, président du Parlement Européen pourrait montrer son leadership maintenant en demandant aux députés qui quitteront le Parlement en 2014 de ne pas endommager plus la réputation de cette institution en évitant  d’accéder à des emplois dans les lobbies des multinationales à travers les portes tournantes.

 

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

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