AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Month: December, 2015

James Lovelock. Profitez de la vie tant que vous le pouvez, dans vingt ans, ça va nous péter à la figure.

Bien sûr les propos de James Lovelock tapent là où ça fait déjà bien mal. Sans évoquer les mobilisations diverses de par le monde qui n’a pas eu le sentiment de brasser du vent en triant avec application ses déchets, achetant uniquement  des légumes bio, les faisant pousser ou en refusant sous serment de jamais consommer de coca-cola… de la petite politique. C’est à ça que nous sommes tenus, ou réduits suivant la perspective. Dans un système où la seule énergie motrice est la production, l’élément premier, fondamental même si il demeure un pantin plus qu’un acteur, parce qu’il est vraisemblable qu’il ignore l’ampleur de son pouvoir, c’est le consommateur. Il va de soi qu’un changement, d’ailleurs en train de s’opérer, de chaque consommateur dans ses positions pourrait être déterminant non seulement pour ses propres conséquences mais surtout pour l’inévitable pouvoir que la demande aurait sur la qualité de l’offre. Bonne conscience. C’est peu. Quand il évoque la religiosité des mouvements environnementaux, comment ne pas lui donner raison en lisant avec scepticisme les sermons de Chris Edge par exemple et la posture moralo-intégriste de certains mouvements de résistance écologique. Quand il dit  “C’est trop tard” , là comment savoir ? Mais en fait cette perspective du “trop tard” est peut-être, dans la vie de chacun ayant une sensibilité politique suffisamment en éveil, un façon aussi de se sentir tenu de faire au mieux, avec ses moyens, sans rien en attendre d’autre que la recherche d’un fil à peu près cohérent dans ce monde qui s’étouffe avec ses propres sécrétions. E.G

James Lovelock: ” Enjoy life while you can. In twenty years global warming will hit the fan.

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James Lovelock. Photograph: Eamonn McCabe Eamonn McCabe/Guardian

James Lovelock

“Profitez de la vie pendant que vous le pouvez : dans 20 ans le réchauffement climatique nous pétera à la figure.”

 

 

Le frondeur de la science climatique croit que la catastrophe est inévitable, la réduction des émissions de carbone est une plaisanterie et un mode de vie éthique une escroquerie. Alors, que propose-t-il ? Par Decca Aitkenhead

En 1965, les cadres de Shell voulaient savoir à quoi le monde allait ressembler dans les années 200. Ils consultèrent un panel d’experts, qui spéculèrent sur des aéroglisseurs mûs par la fusion et « tout un tas de machins technologiques attrayants ». Quand la compagnie pétrolière a demandé au James Lovelock, il a prédit que le problème principal en 2000 serait l‘environnement. « Ça aura alors empiré de telle manière que ça affectera sérieusement leurs affaires. »

« Et bien sûr » ajoute-t-il avec un sourire quarante trois ans plus tard  « c’est presque exactement ce qui s’est passé »

Lovelock a dispensé des prédictions de son laboratoire de solitaire dans un vieux Moulin de Cornwall depuis la mi-60, leur exactitude constante  lui a valu une réputation faisant de lui l’un des scientifiques indépendants les plus respectés de Grande-Bretagne – même franc-tireur –. Travaillant seul depuis l’âge de quarante ans, il a inventé un appareil qui détecte  les CFCs  (chlorofluorocarbones)  qui a permis de repérer le trou grandissant dans la couche d’ozone et à introduit l’hypothèse Gaïa, une théorie révolutionnaire supposant que la terre est un super-organisme s’autorégulant. Initialement ridiculisé par de nombreux scientifiques comme un non-sens du Nouvel-âge (New age), cette théorie forme aujourd’hui les bases de presque toute la science

Pendant des décennies, sa défense de l’énergie nucléaire a consterné ses compagnons environnementalistes mais récemment un nombre de plus en plus important d’entre eux se sont rapprochés de sa façon de voir. Son dernier livre, La revanche de Gaïa, prédit que d’ici à 2020 les températures extrêmes seront la norme, provoquant des dévastations globales, qu’en 2040 l’Europe sera saharienne et des parties de Londres sous l’eau. Le rapport le plus récent du Panel intergouvernemental sur le changement climatique ( IPPC) utilise un langage moins dramatique – mais ses conclusions ne sont pas à des kilomètres des siennes.

Comme pour la plupart des gens, ma panique sur le changement climatique n’a d’égal que ma confusion sur ce que je dois faire à son égard. Une rencontre avec Lovelock à cet égard ressemble un peu à une audience avec un prophète. Enfoui au bout d’un chemin serpentant dans les bois, dans un bureau plein de livres, de papiers et de trucs comportant des cadrans et des fils, l’homme de 88 ans présente ses pensées avec une conviction calme et inamovible qui peut être agaçante.  Plus alarmante encore que ses prédictions climatiques apocalyptiques est sa certitude absolue que tout ce que nous faisons est erroné.

Le jour où nous nous sommes rencontrés, le Daily Mail avait lance une champagne pour se débarrasser des sacs plastiques pour les courses. L’initiative se situait confortablement au sein des canons actuelles des éco-idée, près de la consommation éthique, de la compensation carbone, du recyclage et de tout le reste…tout ce qui est initié à partir du calcul que les ajustements dans les styles de vie individuels peuvent encore sauver la planète. C’est, dit Lovelock, un fantasme illusoire. La plupart des choses qu’on nous a dit de faire peuvent nous faire nous sentir mieux mais elles ne font aucune différence. Le réchauffement climatique a dépassé le point  critique est la catastrophe est impossible à arrêter.

« Il est simplement trop tard pour ça » dit-il, « Peut-être si nous avions pris de telles routes en 1967, cela aurait pu aider. Mais nous n’avons pas le temps. Toutes ces choses standardisées écologique, comme le développement durable, je pense que ce sont des mots qui ne veulent rien dire. Il y a un nombre incroyable de gens qui viennent à moi et qui me disent, vous ne pouvez pas dire ça parce qu’alors il ne nous reste rien à faire. Je dis le contraire, cela nous donne un nombre immense de choses à faire, seulement pas le genre de choses que nous voulons faire. »

Il rejette les éco-idées vivement. L’une après l’autre. « La compensation carbone ?  Je n’en rêverais même pas. C’est une plaisanterie. Payer pour planter des arbres afin de croire qu’on compense le carbone ? Vous rendez probablement les chose pires. Vous feriez beaucoup mieux de donner cet argent à l’organisme de charité Cool Earth, qui verse ces fonds aux peuples indigènes afin que leur forêt ne soit pas abattue.»  Est-ce que lui et sa femme tentent de réduire le nombre de leurs vols ? « Non parce que nous ne le pouvons pas. » « Et le recyclage, ajoute-t-il est certainement un gaspillage de temps et d’énergie » pendant qu’avoir un style de vie « vert » ne se révèle n’être que « de grands gestes ostentatoires. » Il ne fait pas confiance à la notion de consommation éthique. «  Parce que toujours, à la fin, cela se révèle être une escroquerie… ou bien si ce n’en était pas une au début, ça en devient une.»

D’une façon assez inattendue Lovelock concède que la campagne plastique du Mail semble « face à tout ça, une bonne chose ». Mais il transpire que ce pourrait être largement une réponse tactique, il la considère comme un simple réarrangement des chaises pliantes du Titanic,  « mais j’ai appris qu’il n’y a pas d’intérêt à provoquer des querelles à propos de tout » il garde ses foudres pour ce qu’il considère comme la fausse promesse la plus vide de toutes – l’énergie renouvelable.

« Vous n’allez jamais obtenir assez d’énergie à partir du vent pour faire marcher une société comme la nôtre,» dit-il. Les éoliennes ! « Oh non ! Il n’y a pas moyen de faire ça, vous pouvez couvrir le pays avec leur fanfare, des millions ! Perte de temps !!»  Tout ceci est délivré avec un air d’étonnement léger face à la stupidité insondable des gens. Ils veulent faire des affaires comme toujours. Ils disent, « Oh oui, il va y avoir un problème dans quelque temps mais ils ne veulent rien changer.»

Lovelock croit que le réchauffement climatique est maintenant irréversible et que rien ne pourra empêcher de grandes parties de la planète devenant impossible à habiter ou coulant sous l’eau, entraînant des migrations de masses, des famines et des épidémies. La Grande Bretagne va devenir un canot de sauvetage pour les réfugiés de l’Europe, aussi au lieu de perdre du temps à sur les turbines éoliennes, on ferait mieux de commencer à penser comment survivre. Pour Lovelock, la logique est claire. Les brigades de durabilité sont folles de penser que nous pouvons nous sauver en retournant à la nature, notre unique chance de survie viendra non  de moins de technologie mais de plus.

L’énergie nucléaire, dit-il, peut résoudre notre probléme énergétique – le défi le plus important sera la nourriture. « Peut-être synthétiseront-ils de la nourriture? Je ne sais pas. La nourriture de synthèse n’est pas une folle idée visionnaire, vous pouvez l’acheter à Tesco sous la forme de Quorn. Ce n’est pas vraiment bon mais les gens l’achètent. On peut vivre avec. » Mais il craint que nous ne puissions créer les nouvelles technologies à temps et projette que « à peu près 80% de la population planétaire sera balayée d’ici l’an 2100. Les prophètes ont annoncé Armageddon depuis la nuit des temps, dit-il. « Mais c’est ce qui se passe vraiment.»

Face à deux versions du future – L’action préventive de Kyoto ou l’apocalypse de Lovelock – qui devons-nous croire ? Certains critiques ont prétendus que l’empressement de Lovelock à abandonner le combat contre le changement climatique dépend plus de son grand âge que de la science. « Ceux qui disent ça n’ont pas atteint mon âge » répond-il en riant.  Mais quand je lui demande si il attribue les prédictions en conflit aux différences dans la compréhension scientifique ou aux personnalités, il répond : « Personnalités ».

Il y a plus qu’un soupçon de controverse dans son travail et cela semble une coïncidence improbable que Lovelock commence à être convaincu de l’irréversibilité du changement climatique en 2004, au moment même où un consensus international s’opérait sur le besoin d’une action urgente. Ses théories ne sont-elles pas menées par un goût pour l’hérésie ?

« Pas le moins du monde ! Pas le moins du monde ! Tout ce que je veux est une vie au calme mais je ne peux pas m’empêcher de noter quand des choses se produisent, quand vous sortez et trouvez quelque chose Les gens n’aiment pas ça parce que ça bouscule leurs idées. ! » Mais la suspicion semble confirmée quand je demande si il a trouvé gratifiant de voir beaucoup de ses avertissements concernant le changement climatique acceptés par l’IPCC.

« Oh non, en fait j’écris un autre livre maintenant, j’en suis à peu près au tiers, afin d’essayer de franchir un pas supplémentaire. »

Les interviewers  remarquent souvent l’écart entre les predictions lugubres de Lovelock et son sens de l’humour? «  Hé bien je suis joyeux ! » dit-il en souriant. « Je suis un optimiste, ça va arriver. ». « L’humanité est dans une période exactement comme celle des années 1938.39. » explique-t-il, « quand nous savions tous que quelque chose de terrible allait arriver mais ne savions pas quoi faire. Mais quand la deuxième guerre mondiale a été en route, tout le monde a commencé à s’exciter, ils ont aimé les choses qu’ils pouvaient faire, c’était comme de longues vacances. .. donc quand je pense à la crise imminente maintenant, je pense en ces termes… Un sens de l’utilité – c’est ce que les gens veulent. ».

Par moments je me demande quel crédit accorder à ses  références  en tant que prophète. Parfois, il semble moins éclairé par sa vision scientifique  que dispose à voir la version du future que ses a priori cherchent. Socialiste étant jeune, il favorise maintenant les forces du marché et que sa politique soit l’enfant ou le père de sa science n’est pas clair. Son hostilité à l’énergie renouvelable, par exemple, s’exprime en des termes strictement eurosceptiques d’irritation avec les subventions et les bureaucrates. Mais ensuite, lorsqu’il parle de la terre, ou Gaïa, c’est en des termes puraement scientifiques.  Il s’est produit sept désastres depuis que les humains sont sur terre, très semblables à celui qui est sur le point de se produire. Je pense que ces évènement contribuent à séparer le bon grain de l’ivraie. Et finalement nous auront un homme sur la plante qui la comprend vraiment et peut vivre sur elle correctement. C’est ça la source de mon optimisme.

Je demande, qu’est ce que Lovelock ferait maintenant si il était moi ? Il sourit et dit : « Profite de la vie pendant que tu le peux. Parce que sit u as de la chance, il va ses passer vingt ans avant que  ça s’envenime.»

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

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ÉCONOMIE : 17 crimes parmi les pires commis par les sociétés commerciales en 2015

 

Article paru dans Alternet.  Un bilan précis de toutes les compagnies qui ont été poursuivies et condamnées en 2015 outre-Atlantique. Il est probable que la “publicité”, le fait de mettre au jour, de rendre publiques de telles exactions ne peut qu’avoir un effet positif. Nous avons le casier judiciaire qui ne manque pas d’invalider des vies individuelles, il faut créer l’équivalent pour les entreprises qui sortent volontairement du cadre de la loi. Cette version finale du capitalisme n’a pas de support éthique, pas de règles de conduite, en partie à cause de la sauvagerie des marchés. Il est donc du ressort du politique de lui poser des bornes, visibles, palpables et dont les effets soient connus de ce même public qui est ce par et pour quoi les affaires continuent.E.G

 

L’actuelle vague des crimes d’entreprises ne connaît aucun signe de réduction.

Par  Phil Mattera / Dirt Diggers Digest

Décembre le 18, 2015

 

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Photo Credit: Svetlana Kuznetsova

 

 

L’actuelle vague des crimes d’entreprise n’a pas montré de signe de réduction en 2015. BP a payé la somme record de 20 milliards de dollars pour régler les dernières charges civiles en rapport avec le désastre de Deepwater Horizon (en plus des 4 milliards de dollars d’amende payés précédemment) et Volkswagen va peut-être avoir à faire face à une amende plus grande encore en relation avec ses projets d’échapper aux standards d’émission.

D’autres fabricants automobiles et fournisseurs ont été touchés par de fortes amendes pour des violations de sécurité, dont 900 millions d’amende et une poursuite criminelle différée contre Général Motor et une pénalité civile record de 200 millions de dollars contre le fabricant d’airbags japonais Takata, des peines de 105 millions et de 70 millions de dollars pour Fiat Chrysler et de 70 millions pour Honda.

Les principales banques ont continué à payer d’importantes pénalités pour résoudre une variété d’imbroglios légaux. Cinq banques : Citigroup, JPMorgan Chase, Barclays, Royal Bank of Scotland et UBS, ont eu à payer un total de 2, 5 milliards de dollars au Département de justice (Justice Department) et 1,8 milliards à la Réserve fédérale (Federal Reserve) en lien avec les charges retenues touchant leurs conspirations pour manipuler les marchés d’échange étrangers. Le cas du DOJ a été inhabituel dans la mesure où les banques ont du plaider coupable, mais nous ignorons si cela va gêner leur capacité à conduire leurs affaires comme d’habitude.

Anadarko Petroleum a donné son accord pour payer plus de 5 milliards afin de régler les charges lui incombant en liaison avec les rejets de déchets toxiques par Kerr-McGee qu’il a acquis en 2006. Dans un autre cas environnemental majeur, la compagnie de fertilisants Mosaic a accepté de résoudre des allégations de déchets douteux dans huit entrepôts en créant un fond de 630 millions de dollars et en dépensant 170 millions dans des projets de circonstances atténuantes.

Ces exemples et ceux ci-dessous ont été réunis avec l’aide des Traqueurs de violation (Violation Trackers) la nouvelle source de données des agissements frauduleux des  entreprises que mes collègues et moi-même avons introduit dans la  Corporate Research Project of Good Jobs First cette année. La banque de données couvre actuellement les cas touchant l’environnement, la santé, a protection de 13 agences fédérales mais nous introduirons plus de catégories de violations pendant l’année 2016.

  1. Des pratiques financières trompeuses. Le bureau de la Protection  financière des consommateurs (Consumer Financial Protection Bureau a condamné Citibank à 700 millions de dollars pour la vente frauduleuse de produits ajoutés à la carte de crédit.
  2. Arnaquer les déposants.Citizens Bank a été condamnée à 18.5 millions de dollars par le CFPB pour s’être mis dans la poche la différence quand les clients remplissaient par erreur des formulaires de dépôts pour des montants moins élevés que ceux qu’ils déposaient en fait.
  3. Surfacturer les clients. Une investigation par des officiels de New York City a trouvé que les produits pré-emballès de Whole Foods figuraient des poids non conformes, donnant des prix à l’unité grossièrement augmentés.
  4. De la nourriture contaminée.Dans une amende rare dans le cas de la sécurité alimentaire, une agence subsidiaire de ConAgra a été condamnée à 11.2 millions pour avoir distribué du beurre de cacahuètes portant de la salmonelle.
  5. Des médicaments périmés. L’agence sous-traitante de Johnson et Johnson McNeill-PPC a été reconnue coupable et a payé 25 millions en amendes et pertes par confiscation en lien avec les accusations d’avoir vendus sans ordonnance des médicaments primes à des enfants.
  6. Commercialisation illégale.L’agence sous-traitante de Sanofi Genzyme Corporation est entrée dans un accord de poursuite différée et a payé une amende de 32, 6 millions en relation avec le fait qu’elle avait commercialisé ses dispositifs pour des usages non approuvés par l’Administration de l’alimentation et des médicaments (Food and Drugs Administration)
  7. Manquements à rapporter des defaults de sécurité. Parmi les compagnies ayant été touchées cette année par des condamnations par la Commission de sauvegarde des consommateurs et des produits (Consumer Product Safety Commission) pour avoir manqué à prévenir rapidement des questions de sécurité étaient : General Electric (3, 5 millions d’amende), Office Depot (3, 4 millions) et LG Electronics (1.8 million).
  8. Lieux de travail dangereux. Le producteur de thon Bumble Bee a consenti à payer 6 millions dans un accord à l’amiable selon lequel il a volontairement violer les conditions de sécurité en relation avec la mort d’un employé qui a été pris dans un four industriel à l’usine de la compagnie dans le sud californien.
  9. Violations de sanctions. La Deutsche Bank a été condamnée à verser 258 millions en relation avec des transactions au nom de pays (comme l’Iran et la Syrie) et d’entités qui sont soumis à des sanctions économiques de la part des USA.
  10. Pollution de l’air.La manufacture de verre Guardian Industries a réglé ses violations du Clean Air Act mises en avant par l’EPA en s’accordant sur la somme de 70 millions consacrée à de nouveaux contrôles d’émissions.
  11. Déversement dans l’océan. Une compagnie italienne nommée Carbofin a été condamnée à verser 2,75 millions d’amende pour avoir falsifier ses comptes-rendus afin de cacher le fait qu’elle utilisait du matériel connu sous le nom de “ magic hose “ ( tuyau magique) pour déposer les huiles usées, les huiles contaminées, les eaux de cales directement dans la mer plutôt que d’utiliser les équipements de prévention de pollution requis.
  12. Déni du changement climatique. L’Avocat général de New York mène une enquête afin de découvrir si Exxon mobil a délibérément trompé ses actionnaires et le public à propos des changements climatiques.
  13. Fausses prescriptions.Millennium Health a accepté de payer 256 millions pour contrer les allég      tions l’accusant d’avoir facturé Medicare, Medicaid et d’autres programmes d’organismes de santé fédéraux avec des tests inutiles.
  14. Du traffic d’influence illégal.Lockheed Martin a payé 4,7 millions pour répondre des charges selon lesquelles il aurait illégalement utilisé les fonds de l’état pour acheter des officiels fédéraux pour l’extension de son contrat de direction du laboratoire Sandia d’armement nucléaire
  15. Entente illicite sur les prix.  Le constructeur de piéces automobiles Robert Bosch a été condamné à une amende de 57,8 millions après avoir plidé coupable devant le Département de la justice pour avoir conspire afin de fixer les prix et d’avoir truqué les propositions pour les bougies, les capteurs d’oxygène et les démarreurs vendus aux fabricants automobiles aux USA et ailleurs
  1. Corruption étrangère.Les pneus Goodyear et Rubber ont payé 16 millions afin de répondre des allégations de la Securities and Exchange Commission (Commission de sécurité et d’échange) selon lesquelles les sous-traitants de la compagnie avaient payés des pots-de vin afin d’obtenir des ventes au Kénya et en Angola.
  2. Vols de salaires. La compagnie de forage Halliburton a payé 18 millions afin de répondre aux allégations du Département du travail selon lesquelles elle avait improprement catégorisé plus de 1000 travailleurs afin de leur dénier le droit à leurs heures supplémentaires.

 

Traduction : Élisabeth Guerrier

 

 

 

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C 

 

Les grandes dents se retournent en tous sens, certains , comme Adidas ou Puma deviennent des avocats des énergies renouvelables et font la leçon aux gouvernements afin de durcir les objectifs des 1°5 C, d’autres comme le duo Koch, continuent à déployer tous les moyens médiatiques en leur possession pour amener les foules à douter de la réalité pourtant indubitable,  et enfin, au sommet de la félonie Exxon, un des plus gros dévoreurs d’hydrocarbure au monde après avoir passé des dizaines d’années sachant que des situations irréversibles étaient engendrées par les forages et la prédation sans perspectives à long terme, confie à ses  “experts” le soin d’alerter les autorités quant à un basculement dans la catastrophe d’un réchauffement galopant. Il faudra bien créer un jour ce tribunal de La Haye des écocides, il faudra un jour que ces manipulateurs d’apocalypse rendent des comptes et que ces comptes ne soient pas que ceux de leurs gains et de leurs pertes. Il faudra que, comme pour la mise en place du tribunal chargé de juger Monsanto, le Politique retrouve la force et le soubassement éthique de la recherche du bien commun qui est sa nature et qu’il s’extrait de la fusion mortifère qui le fait s’engloutir dans l’économique. Que ce Politique, au nom des espèces détruites, juge enfin les exactions de cette culture du profit qui, les preuves abondent, n’est, pour la planète et pour elle-même, tout simplement pas vivable.

Comme le géant des hydrocarbures avertit que les températures mondiales pourraient s’élever jusqu’à plus de 7°, à Paris les militants poussent pour des objectifs climatiques encore plus forts.

Par : Nadia Prupis, staff writer

Exxon

Non Aux Hydrocarbures (“Non-hydrocarbon”). (Photo: Mike Gifford/flickr/cc)

Clignez des yeux ou vous le manquerez, mais une ligne dans une interview récente du Washington Post avec les experts du géant des hydrocarbures ExxonMobil  à propos du changement climatique présente d’une façon très cavalière un avenir cauchemardesque, désespéré si les leaders mondiaux n’agissent pas vite —un avenir qui se centre autour d’un accroissement possible de 7° Celsius ou plus.

« Sans action gouvernementale, nous ont dit les experts d’Exxon pendant une visite au Post la semaine dernière, les températures moyennes risquent d’augmenter catastrophiquement (mes mots, pas les leurs) de 5° Celsius avec des montées de 6, voire 7° encore plus envisageables. » écrit dans son éditorial Fred Hiatt dans un article intitulé « Si même ExxonMobil dit que le changement climatique est réel. Donc pourquoi pas le GOP ? »

Les scientifiques nous ont avertis depuis longtemps que permettre une montée de la température de deux degrés ou plus entrainerait des changements climatiques irréparables et des événements météorologiques extrêmes.  Les chefs d’état sont rassemblés à paris pour négocier un agrément climatique global afin de limiter le réchauffement avant que la planète ne heurte ce seuil. Les groupes de terrain défendant la justice climatique appelant pour un objectif encore plus serré de 1,5 °C. Mais une secte d’opposition du Parti républicain a menacé de faire obstacle à tout projet de loi qui viendrait de Paris—ce qui pourrait faire dérailler tout progrès accompli pendant les pourparlers de la COP 21.

Comme l’explique le Prix Nobel d’économie Paul Krugman dans un article publié la semaine dernière dans le New York Times :

« Les futurs historiens—si il y a des futures historiens—diront certainement que la chose la plus important à s’être produite dans le monde en décembre 2015 était les pourparlers sur le climat de Paris. Vrai, rien de ce qui sera l’objet d’un accord à Paris ne suffira, en soi, pour résoudre les problèmes du réchauffement climatique. Mais ces pourparlers sont un moment décisif, le début d’une sorte d’action internationale nécessaire afin de prévenir la catastrophe.  Mais encore une fois, il est possible qu’ils ne le soient pas. Nous pouvons être maudits. Et si nous le sommes, vous savez qui sera responsable : le Parti républicain » écrit Krugman, « Nous voyons un Parti qui a tourné le dos à la science à un moment où le faire met en danger l’avenir même de la civilisation ».

Cet obscurantisme politique pose un autre challenge aux représentants COP 21 américains, qui s’est déjà montré particulièrement chicanier lors des discussions préliminaires cette année à Bonn en Allemagne, critiqué par les nations développées pour ses tentatives pour échapper à ses obligations financières  face aux communautés en premières lignes luttant déjà contre les impacts du changement climatiques. Mais Krugman fait également ce rapport dans Politics and Policy, un journal de sciences politiques publié en Août : “ Les Parti républicain américain est une anomalie dans son déni des origines anthropogéniques du changement climatique », But Krugman also points to an article published in August in Politics & Policy, a political science journal, that states, “The U.S. Republican Party is an anomaly in denying anthropogenic climate change.”

Ceci dessine un futur incertain pour tout accord émergeant des négociations. Cependant, comme Mark Hertsgaard, le correspondant pour l’environnement de The Nation l’écrit dans un article parut lundi, des espoirs nouveaux se font jour au sein des organisations opérant en parallèle de Paris.

Hertsgaard écrit :

L’accord final que les gouvernements espèrent signer avant la fin de la semaine peut pousser à limiter l’élévation de la température à 1°5 Celsius. Ce serait une avancée importante par rapport aux actuels 2°C ainsi qu’une victoire historique et surprenante pour les pays en voie de développement les plus vulnérables. Leurs représentants, rejoints par les activiste de la justice climatique, critiquent depuis longtemps l’objectif des 2° comme une peine de mort virtuelle pour les gens par millions qui souffrent déjà de la montée des eaux, des sécheresses de plus en plus dures et d’autres impacts provoqués par les 1° déjà enregistrés.

Préalablement refuse par la plupart des pays riche comme économiquement irréaliste, l’objectif des 1°5C ré-émerge à Paris à cause de la confluence de divers facteurs : lea reconnaissance par de nombreux pays riches que même 2° amèneraient des changements ruineux dans les modes alimentaires et d’autres systèmes vitaux, une posture diplomatique plus unifiée de la part des 100 nations les plus pauvres et les plus démunies, supportant l’objectif des 1°5C et des pressions ininterrompues de la société civile.

Le Président français, François Hollande et le Ministre allemand de l’environnement et secrétaire d’état Jochen Flasbarth ont tous deux exprimés leur appui au but des 1°5C la semaine dernière et notablement, reconnu  que c’était les campagnes environnementales qui avaient conduit le monde à ce point.

« Nous ne pouvons accepter que les pays les plus pauvres, ceux qui ne produisent des gaz à effet de serre qu’en quantité limitée soint les plus vulnérables.» a dit Hollande, « c’est donc au nom de la justice climatique que nous nous devons d’agir ».

Flasbarth a confirmé que l’objectif des 1°5C était la position officielle de l’Allemagne et que cet objectif « doit être mentionné »

« C’est pourquoi l’objectif des 1°5C est maintenant accepté par la nation d’accueil du sommet et par les économies les plus fortes ‘Europe » a écrit Hert.

 

Le Guardian rapporte dans l’après-midi de lundi dernier que les USA, la Chine et l’Union européenne —  les plus gros pollueurs —,  étaient « ouverts »  à l’objectif des 1°5C et « travaillaient avec d’autres pays à le faire figurer explicitement »  selon le représentant du Secrétariat d’état Todd Stern. Mais cette annonce a reçu un accueil assez tiède des associations de défense du climat et des délégués des pays en développement les plus importants qui dirent que ce n’était qu’une nouvelle tentative des nations les plus riches pour détourner les obligations de réduire leurs émissions.

« Pourquoi pas 1°, pourquoi 1.5°»  dit Ashok Lavasa, le négociateur principal de l’Inde, «Quand nous parlons de but, nous parlons aussi de budget carbone. Nous avons besoin d’envisager l’espace de développement disponible et en conséquence, ceux qui sont impatients de la maintenir au-dessous de 2° devraient travailler afin de maintenir l’espace carbone de façon à ce qu’il ne compromette pas les besoins de pays en voie de développement. »

 

Erich Pica, directeur du groupe climat des Amis de la terre ajoute, «Les USA et l’Europe adoptent l’idée adoptent l’idée des 1.5° comme une cible de négociation mais ils maintiennent floues les lignes de ce qui doit se passer pour que cette équation des 1.5° soit un partage juste et honnête. »

Pendant ce temps, l’éditorial du Post pose une autre question à la lumière des investigations qui ont récemment exposé le rôle du géant des hydrocarbures Exxon dans son occultation des rapports des sciences du climat pendant des décennies : qu’est-ce que Exxon sait d’autre ?

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Traduction : Elisabeth Guerrier