La Fondation Gates est-elle une force positive ?

by Elisabeth Guerrier

Le texte qui suit est le fruit d’un long travail d’expertise  et d’enquêtes extrêmement pointues menées par Global Justice  Now touchant les secteurs d’intervention de l’empire Gates. Nous y apprenons, sur plus de soixante-dix pages qui seront publiées par thèmes, la force d’intervention de la Fondation Gates dans les affaires publiques du monde et en particulier celles des pays en voie de développement où elle pratique des opérations de promotion de ses valeurs et, comme tout dans ce système de l’ultra-libéralisme qu’elle défend, de ses intérêt, au détriment de la conscience politique et de l’action des peuples auxquels elle impose ses choix et de leurs gouvernements, trop démunis pour résister à des propositions de solutions massives importées pour combler les failles juridiques ou pratiques de leur fonctionnement. Est-il normal, dans un contexte de démocratie, de voir livrés au bon vouloir d’un seul homme et de ses subalternes les choix touchant les années à venir de millions d’individus ? Est-il concevable que la dimension caritative et toute sa constitution subjective soit plus puissante que la dimension politique et les rouages de délégations qu’elle implique ? Le poids financier et décisionnel de Gates et des acolytes des bio-technologies et de l’empire pharmaceutique qu’il soutient est plus lourd que celui de nations entières ? Ce simple fait n’est -il pas le signe d’un dysfonctionnement structurel majeur ? E.G

 

La Fondation Gates est-elle une force positive ?

Janvier 2016

Recherches et rédaction : Mark Curtis www.curtisresearch.org

Remerciements à : Heidi Chow, Mathilde Dahl, Nick Dearden, Aisha Dodwell, Paul Eagle, Dan Iles, Polly Jones, Marsha Mcpherson-Joseph

 

Introduction 6 1.

Influence sur la politique mondiale. 10 2.

Promotion des intérêts des trusts 20 3.

Soutien de l’agriculture industrielle 26 4.

Encouragement de la privatisation 34 5.

Nécessité d’un regard indépendant Vaccination et politique de santé 38.

Recommandations 42.

Références 44.

 

150122112330-bill-melinda-gates-780x439

Chaque mois de janvier, Bill Gates présente sa vision d’un monde meilleur et du rôle que la fondation Bill et Melinda Gates peut jouer dans cette perspective dans une lettre annuelle adressée à nous tous.  Avec un budget de  43.5 milliards de dollars, la fondation est le plus important organisme caritatif du monde. Elle est sans doute l’acteur le plus influent sur des questions comme la santé ou l’agriculture mondiales et distribue plus d’aide pour la santé que tout autre gouvernement. Cette influence a gagné à la Bill et Melinda Gates Fondation une place dans le rapport régulier sur les aides au Sud effectué par l’OCDE. Mais ça n’a pas été accompagné des habituels compte-rendu et analyses publiques menées dans le cadre des aides publiques allouées par les gouvernements. A présent, la fondation n’est tenue que de présenter au gouvernement américain ses données financières et ses programmes ne sont pas l’objet d’une évaluation publique indépendante. Global Justice Now a fait ses preuves en forçant le gouvernement britannique à rendre des comptes sur la façon dont ses aides étaient dépensées afin d’assurer qu’elles touchaient les gens qui en avaient réellement besoin et faisaient une différence à long terme sur les niveaux de pauvreté et d’inégalité. En 1994, nous avons amené le gouvernement devant les tribunaux, et gagné à propos d’un barrage hydroélectrique en Malaisie, échangé contre la vente d’armement britannique pour 1 milliard de livres sterling au gouvernement malaisien, argumentant que cela n’allait pas s’effectuer au bénéfice du people malaisien.

Aujourd’hui nous sommes en campagne afin d’arrêter les aides finançant la privatisation du réseau électrique nigérian et la nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition [New Alliance for Food Security and Nutrition] parce que aucun de ces deux programmes ne réduit effectivement la pauvreté et l’inégalité dans les pays du Sud. D’autant que les programmes d’aide du Royaume uni  rendent de plus en plus prioritaires les intérêts des entreprises privées au lieu de s’attaquer aux racines de l’inégalité et de la pauvreté. Bien que les affaires  jouent un rôle de plus en plus grand dans le développement international une étude récente des relations entre les affaires et le Département du développement international de Grande Bretagne [Department for International Development (DFID)] la Commission indépendante sur l’impact des aides, [Independent Commission for Aid Impact] est extrêmement critique  sur son échec à être bénéfique aux peuples vivant dans la pauvreté. Le Gated Development démontre que la tendance à impliquer le monde des affaires dans la lutte contre la pauvreté et l’inégalité est centrale aux priorités et aux financements de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Nous argumentons en disant qu’il ne s’agit pas du tout d’une stratégie charitable neutre mais qu’au contraire, c’est un engagement idéologique à promouvoir les décisions politiques néolibérales et la globalisation des corporations. Le monde des affaires bénéficie directement, en particulier dans le secteur de la santé et de l’agriculture, des résultats des activités de la fondation, malgré les preuves évidentes que les solutions affairistes ne sont pas les plus efficaces. Pour la fondation, en particulier, il existe une centration délibérée sur les solutions technologiques à la pauvreté. Bien que la technologie puisse jouer un rôle face à la pauvreté et à l’inégalité, les solutions à long terme nécessitent une justice économique et sociale. Ce ne peut pas être offert par des  donations sous la forme de graines résistantes au changement climatique ou de smartphones bon marché mais doit porter sur des changements systémiques, sociaux, économiques et politiques. Questions qui ne sont pas présentées comme les priorités de la fondation.  Ce qui est peut-être le plus étonnant à propos de la fondation Gates, c’est que malgré sa stratégie agressivement corporatiste et son extraordinaire influence au sein des gouvernements, des universitaires et des medias, elle ne fait l’objet d’aucune démarche critique.  Global Justice Now s’inquiète de l’omnipotence de l’influence de la fondation Gates dans le développement international qui amène certains acteurs, qui auraient dans un autre contexte émis des critiques à l’égard de ses choix et de ses pratiques, à être incapables de parler d’une façon indépendante, sous la pression de ses dons et de son patronage.

Independent Commission for Aid Impact, Business in Development 2015

Plus spécifiquement nous demandons à l’OCDE d’entreprendre une analyse et une évaluation internationales indépendantes de la Fondation Bill et Melinda Gates, et l’International Development Select Committee de conduire une enquête sur les relations entre le DFID et la fondation ainsi que sur l’impact et l’efficacité de toutes les activités qui lui sont jointes quant aux questions de la pauvreté et de l’inégalité. Dans une période où les gouvernements sont sous la pression du public pour réduire leurs aides, et où des fondations philanthropiques comme celle des Gates sont plus influentes que jamais nous devons nous assurer que les efforts mondiaux pour faire face à la pauvreté et à l’inégalité sont efficaces, basés sur les perspectives à long terme et  durables Le monde des affaires ne peut pas être la réponse à la pauvreté et à l’inégalité parce que la recherché sans limite du profit est incompatible avec la sécurisation de la justice économique et sociale pour tous.

Polly Jones Responsable de campagne  et de politique :

Introduction  «  Ils s’attellent sérieusement  et très sentimentalement à la tâche de remédier aux affres de la pauvreté mais leurs remèdes ne soignent pas la maladie, ils la prolongent. Le but le plus adéquat est d’essayer de reconstruire la société sur des bases telles que la pauvreté soit impossible. » Oscar Wilde sur la philanthropie.1

Pendant les vingt dernières années, Bill Gates a été la personne la plus riche sur  terre avec la déclaration d’une fortune personnelle de 79.2 milliards de dollars.2 Son organisation caritative, la Fondation Bill et Melinda Gates (BMGF) est la plus importante au monde, avec une dotation de 43.5 milliards. La BMGF finance de nombreux projets et organisations dans le domaine du développement international et a été largement saluée pour avoir injecté de la vigueur et de l’argent dans les domaines des débats publics et de la recherche. Dire que la fondation Gates est devenue un acteur important dans le développement international serait un euphémisme. Lorsqu’il s’agit de la santé mondiale et des politiques agricoles, deux de ses secteurs privilégiés, la BMGF est devenue vraisemblablement l’acteur le plus influent du monde. Il est aussi probable que Bill Gates, qui a régulièrement accès aux leaders mondiaux et est le financeur personnel de centaines d’universités, d’organisations internationales, d’ONGs et de médias, soit devenu la voix la plus influente dans le développement international. Un examen plus  attentif de la fondation Gates est délicat dans la mesure où son influence est vaste, bien sûr plus vaste que celles de beaucoup  de gouvernement donneurs. La fondation fournit plus d’aide à la santé mondiale que n’importe quel pays et est le 5ième donateur à l’agriculture dans les pays en voie de développement. En 2013, seulement 11 pays avaient dépensé plus en aides que la fondation en faisant le 12ième plus important donateur. La fondation Gates est devenue un plus grand donateur que des pays comme la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Irlande et l’Italie.3 Mais l’influence mondiale de plus en plus importante de la fondation Gates n’est sujette à aucun contrôle démocratique. Contrairement aux gouvernements, qui sont officiellement redevables à leurs électeurs, la BMGF est une fondation américaine privée et demeure hors de portée du corps électoral (sauf à propos des déclarations fiscales). Pire encore, le BMGF semble avoir acheté le silence des universitaires, des ONGs et des médias qui pourraient autrement être supposés critiquer certains aspects du travail de la fondation. 7

screen_shot_2016-01-20_at_4.14.54_pm (1)

 Davos, 2015

 

Ce ne serait pas si  terrible si les programmes de la fondation étaient véritablement centrés sur ses buts affichés d’amélioration  de la santé à un niveau mondial et de l’éradication de la pauvreté et de la faim.4 Mais ce rapport pointe que l’influence très en vue de la BMGF est de plus en plus problématique. Bien sûr les évidences suggèrent que les programmes de la BMGF sont – par-dessus tout- néfastes à la promotion d’une politique de développement et de justice collective. On vend au monde le mythe que la philanthropie privée recèle de nombreuses solutions à ses problèmes, quand, en fait-elle pousse le monde dans des mauvaises directions nombreuses. La fondation est autorisée à parler trop fort et de trop nombreux acteurs du développement international s’alignent derrière les priorités mal choisies de la fondation. L’analyse des programmes de la BMGF montre que la fondation, dont le comité directeur est composé majoritairement par les corporations américaines, promeut les intérêts des multinationales au détriment de la justice économique et sociale. Sa stratégie est d’approfondir – et a l’intention d’approfondir – les rôles des compagnies multinationales dans les domaines de la santé mondiale et de l’agriculture tout spécialement, même si ces compagnies sont responsables    pour une grande part de la pauvreté et de l’injustice qui écrasent déjà les pays du Sud.  Bien sûr, la plupart de l’argent que la fondation a à dépenser provient des compagnies les plus importantes et les plus controversées, c’est pourquoi l’actuel travail de la BMGF dépend d’une façon significative des bénéfices de l’actuelle Amérique des corporations, détail qu’il n’est pas aisé d’adapter à d’authentiques progrès dans la justice sociale et économique dans les pays du Sud.  De plus, la fondation est devenue le leader mondial de la recherché dans les modifications génétiques (GM) des semences et finance des organisations qui appuient les céréales génétiquement modifiées à travers l’Afrique ainsi que le changement national des législations sur la question, ceci en faisant face fréquemment à une opposition considérable. Elle est aussi leader dans l’incitation à l’augmentation de l’usage des produits chimiques par les agriculteurs africains et promeut la privatisation de la production des semences qui bénéficiera principalement à l’agro-industrie européenne et américaine. Ces priorités sont un défi direct aux mouvements de plus en plus populaires en soutien à la souveraineté alimentaire et à l’éco-agriculture en Afrique.   En plus, la fondation utilise également ses fonds fin de promouvoir la privatisation de plus en plus importante des services de santé dans les pays en voie de développement. Le programme de la BMGF n’est pas une stratégie charitable neutre pour laquelle le monde devrait se montrer reconnaissant qu’un homme riche veuille dépenser son l’argent pour de bonnes causes. L’analyse des programme de la fondation montre qu’elle a un agenda – c’est une stratégie idéologique spécifique qui promeut les choix politiques néolibéraux, la globalisation des entreprises, la technologie qu’elle amène ainsi qu’une vision dépassée depuis longtemps de la centralisation  de l’ ”aide” à apporter aux  “pauvres”. Le système d’aide official manqué à demander des comptes à la fondation Gates sur ses activités. Bien sûr les donateurs officiels croient en l’agenda, partiellement parce que beaucoup d’entre eux- surtout en Grande-Bretagne et aux US – partagent l’agenda idéologique de la BMGF et partiellement parce que la fondation  injecte de nouveaux fonds dans des domaines où les donateurs réduisent les leurs. Mais à travers l’Afrique, et dans d’autres parties des pays du Sud, des gens demandent non des aides de la BMGF mais la promotion de leurs droits et de la justice. Cela prendrait en charge les varies causes de leur manque de ressources et de pouvoir – y compris le pouvoir excessif des multinationales, le drainage de la richesse à travers des politiques fiscales injustes et des paradis fiscaux, des systèmes politiques inertes et le changement climatique.  – projets politiques qui sont ou bien largement ou bien complètement exclus de l’agenda de la BFGF.8

La richesse de Bill Gates : est-ce celle qu’il donne ? La richesse personnelle de Bill Gates est de 78.9 milliards, elle est 3O millions de fois plus importante que la richesse moyenne des adultes les plus démunis de la planète..10 Gates  est en fait plus riche que 45 pays de l’Afrique sub-saharienne. Seules trois pays sur tout le continent on un PIB plus élevé que les avoirs personnels de Gates.11 Il y a quelque chose qui ne va pas lorsqu’un individu est autorisé à accumuler une telle fortune quand des milliards d’autres vivent dans la pauvreté. Gates es t le bénéficiaire d’un système économique global qui a permis à 1% de la population mondiale de posséder presque la moitié ( 48%) des richesse mondiales quand la moitié la plus pauvre ( 3.5 milliards) ne possède pas plus que les 80 personnes les plus riches au monde.12 En dépit de l’impression que Bill Gates abandonne sa fortune à la charité, elle est sans cesse en augmentation. Selon Forbes, la fortune personnelle de Gates a augmenté de 56 milliards en 2011 à 78.9 milliards en 2015 – une croissance de 23 milliards en quatre ans, à peu près la même quantité d’argent que la BMGF lui a coûté depuis sa création.13 En janvier 2014, the Guardian rapportait quelles actions de Microsoft avaient subi une augmentation de 15.8 milliards en 2013.14. La même année, la BMGF recevait la somme de 3. 6 milliards. 15 milliards conservés. Nous ne voulons pas suggérer que Bill Gates n’est pas sincère dans son désir d’aider les pauvres et les pays en voie de développement. Ni que certains des projets de la BMGF ne sont pas positifs, beaucoup le sont. Un éditorial de 2009 paru dans le journal médical The Lancet loue la BMGF pour avoir donné  «  Une impulsion massive au financement de la santé mondiale.»

La fondation a sollicité le monde pour qu’il pense grand et qu’il soit plus ambitieux dans le domaine de l’aide aux pays en voie de développement. La Fondation a amené un dynamisme renouvelé, de la crédibilité, de l’attractivité à la santé mondiale (en tant que cause). » 9 Beaucoup d’autres projets finances par la BMGF sont également importants, dont certaines ONG, certaines politiques universitaires et travaux de promotion qui n’auraient pas eu d’écho à cause d’un manqué d financement. Cependant ces projets considérés séparément masquent l’image générale. Dans ce qui suit, nous soulevons les questions des financements de la BMGF qui deviennent de plus en plus problématiques. Nous croyons que ces questions sont sérieuses et qu’il est temps que la BMGF soit soumise au contrôle démocratique et à la surveillance publique et que son influence soit remise en cause. La fondation Gates a dépensé 3.9 milliards en subventions en 2014 et a dépensé 23.9 milliards depuis sa création en 2000.5 Son aide fonctionne dans plus de 100 pays .6 et les listes de subvention sur son site web sont de 6210 entre 2010 2014.7 La BMGF se présente ainsi : «  Guidée par la conviction que toutes les vies ont une égale valeur, la Bill & Melinda Gates Foundation travaille à aider les individus à mener des vies saines et productives. Dans les pays en voie de développement, elle se concentre sur l’amélioration de la santé et l’opportunité de sortir de la faim et de l’extrême pauvreté. Aux USA, elle cherche à s’assurer que tous – spécialement ceux ayant le moins de ressources- puissent avoir accès  aux opportunités dont ils ont besoin pour réussir à l’école et dans la vie..8

 

 

Conference on vaccines and immunization
Le businessman américain Bill Gates parle lors d’une conférence ayant pour thème” Toucher chaque enfant” organisée par l’Alliance globale pour la vaccintation et l’immunisation ( GAVI) à Berlin en Allemagne le 25 Janvier 2015. Parmi les membres de l’Alliance, on trouve des memebres de gouvernements, des fabricants de vaccins, des OGNs. Photo by: Bernd von Jutrczenka/picture-alliance/dpa/AP Images

9 Microsoft et l’évasion fiscale.

La richesse de Bill Gates vient en premier lieu de Microsoft, la compagnie informatique de software qu’il a fondé avec Paul Allen en 1975. En 2008, Gates a arrêté de travailler à plein temps pour Microsoft afin de se concentrer sur sa fondation. 16  Cependant, Gates est resté le président du conseil jusqu’à Février 2014, continue d’être présent dans l’équipe de directeurs de Microsoft et reste un conseiller sur le développement des projets essentiels.17 Bien sûr, Gates passe maintenant un tiers de son temps à Microsoft.18 Il possède à peu près 4.5 % de la compagnie et en est encore l’actionnaire principal.19 Un conseiller fiscal éminent de Grande Bretagne, le comptable Richard Murphy a nommé Microsoft « un merveilleux exercice de prévision fiscale. ».20 Bien sûr de nombreuses histoires d’évasions fiscales ont été rapportées depuis 2005.21 En Août 2014, par exemple, il a été rapporté que Microsoft était assise sur presque 29.6 milliards qu’elle  devait aux impôts américains si elle rapatriait les 92.9 milliards d’avoirs qu’elle avait délocalisés. Un sénateur nord-américain a trouvé en 2012 que la compagnie  utilisait les filiales offshores afin de réduire d’une façon substantielle ses impôts, décrivant Microsoft comme une «  toile complexe d’entités offshores reliées afin de faciliter les ventes internationales et de réduire les impositions aux US et à l’étranger. » Le rapport note qu’en dépit du fait que la compagnie mène la plupart de ses recherches sur le sol américain et générant du crédit d’impôt US, les droits à la propriété intellectuelle étaient largement localisés dans des paradis fiscaux. Ce qui signifie que «  Microsoft a été capable de faire passer Presque 21 milliards offshore (sur une période de trios ans) soit presque la moitié des revenus de ses ventes au détail, économisant jusqu’à 4.5 milliards en impôts sur les ventes de marchandises aux USA soit juste plus de 4 millions en impôts  chaque jour. » .22 Les 4.5 milliards perdus pour la trésorerie US chaque année sont plus importants que les dépenses annuelles totales de la BMGF.  D’autant plus que la valeur de Microsoft en tant que compagnie a indubitablement été accrue par son planning fiscal, c’est-à-dire que beaucoup de la philanthropie de Gates a été payée par le Ministère des finances, et donc par les contribuables américains.23 En Grande-Bretagne, une enquête du Sunday Times a trouvé que le circuit des paiements en ligne pour les ventes de l’opérateur Windows 8 évitait la taxe britannique sur les entreprises de 1.7 milliards jusqu’à concurrence de  revenus chaque année.24 Richard Murphy estime la perte en impôts sur les sociétés de plus de 103 millions de livres sterling en fonction de ces revenus.25 Il est fort probable que le tout soit plus important que les sommes dépensées par la BMGF sur les organisations britanniques. 26 Apple et General Electric sont les deux seules entreprises américaines qui ont plus de fonds offshore  que Microsoft, selon les données rassemblées par Citizens for Tax Justice. L’usage par Microsoft des filiales offshores a explosé ces dernières années, et la quantité de gains de Microsoft ayant bascules offshore a crû de 516 % depuis 2008, selon ses données transmises à l’US Security et à l’Exchange Commission.  27 Il est connu que Gates ne voit aucun mal à l’élaboration de stratégies d’évitements fiscaux complexes tout en disant aux nations comment dépenser leurs revenus et défendre les stratégies fiscales de Microsoft.28  Plus encore, Microsoft fait partie d’un lobby qui veut réduire les freins à l’évasion fiscale.  En janvier 2015, par exemple, des groupes de lobbies représentant l’industrie technologique US comme Microsoft, Apple et Google «  ont lancé une attaque en règle sur les plans mondiaux pour réduire les structures commerciales artificielles utilisées pour éviter la fiscalisation. ». En réponse au programme de réforme fiscale décidé par le G20, les lobbyistes ont condamné les projets criblés «  de défauts fondamentaux » et ont dit que certaines parties «  devaient être rejetées ». Ils ont dit que les réformes proposées allaient trop loin, serait trop coûteuses et ne conduirait qu’à la confusion et aux disputes.29

 

 

 

Suite de l’enquête samedi 21 Mai

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Advertisements