AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Month: January, 2017

La complète stupidité de la guerre froide par Gary Leupp

La complète stupidité de la nouvelle guerre froide

 

 

Par GARY LEUPP

 

 

7557185012_ebaa098fcb_o-1

Photo by Jedimentat44 | CC BY 2.0

 

 

 

Cela semble si étrange, vingt-sept années après la chute du Mur de Berlin  de devoir endurer un nouvelle Guerre froide avec la (en fait capitaliste) Russie.

Le Président russe est attaqué par la classe politique officielle et les medias comme ils n’ont jamais attaqué les anciens leaders soviétiques, il est personnellement diffamé et traité de corrompu, de dictateur vénal, arrêtant et assassinant  des opposants politiques, des journalistes dissidents, voulant à tout prix restaurer l’URSS.

(La dernière accusation s’appuyant largement sur le commentaire de Vladimir Putin disant que la dissolution de l’URSS avait été « une catastrophe », « une tragédie » – ce qu’à plus d’un égard elle a été. La presse choisissant d’ignorer ce qui suivait disant que «  Quiconque ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, mais quiconque veut la restaurer n’a pas de cerveau. » Ce qui rentre en conflit avec le simple point de vue affirmant que Putin regrette la Russie impériale des Tzars, sinon ses commissaires et, brûlant de ressentiment à l’égard du triomphe occidental, projette une revanche parfaite à travers des guerres d’agression et des expansions territoriales.

Les medias US, suivant le scripte de Département d’état dépeignent la Russie comme un pouvoir expansionniste. Qu’ils puissent le faire, avec un tel succès, jusqu’à ce que même les plus progressifs citoyens – comme ceux consternés par la victoire de Trump se sentant enclins à blâmer des forces extérieures-  puissent le croire, est le témoignage de la force résistante de leur pouvoir  et de l’utilité de la création d’un état d’esprit favorable à la Guerre froide.

Les autorités militaires nous rappellent sans cesse : Nous nous levons contre une menace existentielle ! Et on a envie de dire que ça, évidemment, n’a aucun sens ! La Russie est deux fois plus grande que les US avec la moitié de sa population. Ses bases à l’étranger peuvent être comptées avec les doigts des deux mains. Les US ont plus de 800 bases à l’étranger.

Le budget de l’armée russe représente 14%  de celui des USA.  Elle se réclame pas d’être une nation exceptionnelle envoyée par Dieu pour préserver la “ sécurité “  suivant ses termes partout sur la surface du globe.

Depuis la dissolution de l’URSS en 1991, les USA ont déclenché des guerres  (parfois en créant de nouveaux états-clients) en Bosnie ( 1994.5) en Serbie  (1999)  en Afghanistan ( 2001- ?)  en Irak ( 2003- ?) en Libye ( 2011) en Syrie ( 2014-?) tout en envoyant des pluies de frappes par drones du Pakistan au Yémen en passant par l’Afrique du nord. Ces guerres-basées-sur-du-mensonge  ont produit des centaines de milliers de morts civils, des millions de réfugiés, et la catastrophe actuelle à travers tout le «  Projet pour un grand Moyen-Orient ».

Il n’est aucune raison de sous-estimer leurs malfaisances.

Les USA sont à la tête d’une alliance militaire en expansion formée en 1949 afin de contrer l’Union soviétique et le communisme global en général. Sa raison d’être est morte depuis de nombreuses années. Cependant elle est passée de 16 à 28 membres depuis 1999, et les nouveaux membres, l’Estonie et la Lettonie partagent des frontières avec la Russie.

(Imaginez le Pacte de Varsovie s’étendant jusqu’à inclure Mexico. Mais non, le Pacte de Varsovie de l’URSS et des six alliés européens a été dissous il y a 26 ans dans l’attente idéaliste que l’OTAN suivrait en un grand mouvement de coopération et de paix)

Et cette alliance de l’OTAN, en théorie prévue pour défendre le Nord-Atlantique a été déployée tout d’abord après la longue (et pacifique) Guerre froide dans ce qui avait été une  Yougoslavie neutre (n’ayant jamais été membre du Traité de Varsovie ni de l’OTAN), l’Afghanistan ( à plus de 4828 kilomètres de l’Atlantique nord) et le pays d’Afrique du nord, la Libye. L’été dernier, l’OTAN a effectué ses manœuvres les plus imposantes depuis la chute de l’Union soviétique, impliquant 31.000 militaires en Pologne, répétant une guerre contre la Russie. (Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier les a d’ailleurs critiquées en les qualifiant de bellicistes)

Les officiels de l’Alliance ont exprimé leur outrage quand la Russie a répondu à cette belligérance en plaçant un nouveau missile sol-air S-400 ainsi qu’un système nucléaire Iskander sur son territoire de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie sur la côte baltique. Mais la Russie a été, en fait, comparativement plutôt passive au sens militaire pendant toute cette période.

En 1999, alors que l’OTAN s’apprêtait à occuper la province serbe du Kosovo (bientôt proclamée pays indépendant en violation des lois internationales), les gardiens de la paix russes se précipitaient à l’aéroport de Pristina, Kosovo afin d’asseoir le rôle russe dans l’avenir de la province serbe. C’était un geste hardi qui aurait pu provoquer un choc entre l’OTAN et la Russie. Mais l’officier britannique présent sur le terrain, refusa sagement l’ordre donné par le Général  Wesley Clark de bloquer le mouvement russe, déclarant qu’il ne déclarerait pas la troisième guerre pour le Général Clark.

Ceci, souvenons-nous,  s’est passé après que le secrétaire d’état Bill Clinton, Madeleine Albright ( souvenez-vous, la compares d’Hillary qui a déclaré qu’il y aurait une place spéciale en enfer pour les femmes qui ne voteraient pas pour des femmes) a présenté aux négociateurs russes et serbes à Rambouillet un plan pour l’occupation par l’OTAN non seulement du Kosovo mais de toute la Serbie. C’était une exigence ridicule, rejetée par les Ruses et par les serbes mais dépeinte par la porte-parole non-officielle du Département d’état et belliciste Christiane Amanpour comme “ la volonté de la communauté international”. Comme si la Russie n’était pas membre de cette communauté internationale.*

L’opération de l’aéroport était largement un challenge symbolique à l’hégémonie américaine  sur l’ex-Yougoslavie, une marque de protestation qui aurait du être prise au sérieux à l’époque.

En tous cas, le nouveau leader de la Russie,  Poutine fût aimable après les attaques du 11 septembre  2001, allant jusqu’à offrir à l’OTAN un corridor de transport militaire à travers la Russie jusqu’en Afghanistan ( fermé en 2015). Ceci fût salué par George W. Bush par l’accroissement du nombre des pays de l’OTAN augmenté de sept pays en 2004. ( La presse américaine ne rendit qu’un léger compte de cet extraordinaire développement géopolitique, elle vit et continue de voir l’expansion de l’OTAN comme aussi peu problématique que l’expansion des Nations unies ou de l’Europe) Puis en avril 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie ferait partie des prochains membres à rejoindre l’alliance.

Bientôt le Président géorgien fou  Mikhail Saakashvili, stimulé par la perspective de son appartenance à venir à l’OTAN déclencha une guerre contre la province dissidente de l’Ossétie du sud, qui n’a jamais accepté son rattachement au nouvel état de Géorgie établi sur la dissolution de la République socialiste de Géorgie de 1991. Les Ossètes, craignant le nationalisme résurgent géorgien cherchèrent un rapprochement avec la Fédération russe. Et le peuple de l’Abkhazia fit de même.

Les deux  « conflits gelés » entre la Géorgie et ses peuples, sont restés tells à cause du déploiement des forces russes et géorgiennes de main mise de la paix. La Russie n’avait pas reconnu ces régions comme indépendantes  ni donné son accord pour leur inclusion dans la Fédération russe. Mais quand des soldats russes moururent  dans une attaque de la Géorgie en août, la Russie répondit par une brève invasion punitive. Reconnaissant ensuite les deux états nouveaux (six mois après que les USA aient reconnu le Kosovo)

Saakashvili, au cas où vous soyez intéressés, fût destitué, accusé de crimes économiques, et privé de sa citoyenneté géorgienne. Après un emploi bref à l’Ecole de droit international et de diplomatie de Fletcher, à propos duquel, en tant que membre de la faculté de Tufts, je me sens profondément honteux – il fût employé comme gouverneur d’Odessa en Ukraine par le régime pro-OTAN mis au pouvoir par le coup d’état du 22 février 2014 soutenu par l’OTAN.

Le Sen. John McCain a proclamé en 2008 : «  Nous sommes tous des Géorgiens maintenant » et a plaidé pour l’aide militaire américaine au régime géorgien En tant qu’avocat de la guerre comme régle, MC. Cain devint alors le premier défenseur d’un changement de régime en Ukraine afin de permettre l’entrée de ce pays dans l’OTAN. Les néocons au Département d’état comprenant principalement l’amie de MC Cain Victoria Nuland, décidèrent de placer 5 milliards de dollars dans le support aux  « aspirations européennes du peuple  ukrainien » ( ce qui veut dire : le désire de nombreux ukrainiens dans la partie ouest du pays de joindre l’UE- risquant, bien que vraisemblablement sans le réaliser, une réduction de leur niveau de vie sous un programme d’austérité à la manière grecque – suivi par une appartenance à l’OTAN, resserrant le nœud coulant autour de la Russie.

Le  président ukrainien a opté pour un pack d’aide généreux. Cette décision – de nier ces “ aspirations européennes ” fut utilisée pour arranger le coup d’état.

Mais regardons cela du point de vue russe. Regardons simplement cette carte montrant l’expansion de l’OTAN et imaginons le s’étendre sur ce vaste territoire ( le plus vaste d’Europe en fait) entre la Russie à l’est et la Pologne à l’ouest, longeant la Mer noire au sud. Les pays faisant partie de l’OTAN sont à présent montrés en bleu foncé, l’Ukraine et la Géorgie en vert. Imaginons l’incliusion de ces pays. Et imaginons que l’OTAN demande à la Russie de libérer ses équipement navals de Sébastopol, qui sont russes depuis 1783, les retournant en faveur de l’alliance (on répète l’anti-russe). Comment quiconque pourrait-il comprendre la situation en Ukraine sans prendre en compte cette base historique ?

Les Russes ont dénoncé le coup d’état contre le Président Yanukovych (élu démocratiquement- si cela importe- en 2010) qui a été fomenté par des néo-fascistes  et marqué dès le début par une campagne anti-russe infecte encouragée par le Département d’état US. La majorité de la population à l’est du pays, habité par des ethnies russes parlant Russe et n’ayant fait partie de l’Ukraine qu’à partir de 1917, ont aussi dénoncé le coup d’état et refusé d’accepter le régime anticonstitutionnel qui a pris le pouvoir le 22 février.

Quand ces individus rejetèrent le nouveau gouvernement et déclarèrent leur autonomie, l’armée ukrainienne fut envoyée pour les réprimer mais échoua, d’une façon embarrassante, quand les troupes, confrontées aux Babushkas en colère leur tournèrent le dos.  Le régime depuis lors s’appuie sur le néo-fasciste Azov Battalion pour persécuter les sécessionnistes  dans ce qui est devenu depuis un autre “ conflit gelé”.

La Russie, sans aucun doute, a assisté les sécessionnistes pendant qu’ils refusaient leur annexion  au territoire ukrainien, poussant à la création d’un système fédéral pour le pays  négocié par les parties. Des familles russes  enjambèrent la frontière russo-ukrainienne. Il y a de nombreux vétérans de la guerre contre l’Afghanistan dans les deux pays. L’armée soviétique intégrait des éléments russes et des ukrainiens. On peut assumer qu’il y a plus qu’assez de Russes en colère à propos d’atrocités comme celles  des meurtres des 42 Russes opposants au gouvernement à Odessa pour alimenter les volontaires du Dombas.

Mais il existe peu de preuves (mise à part la poignée de rapport faisant état de quelques douzaines de “ véhicules militaires non catégorisés en provenance de Russie à la fin 2014) d’une «  invasion » russe de l’Ukraine. Et l’annexion de la Crimée (c’est-à-dire la restauration de son statut de territoire russe de 1954) suivant un référendum tout à d=fait crédible, n’a nécessité aucune «  invasion » puisque il y avait déjà 38.000 soldats stationnés là. Tout ce qui leur restait à faire était de sécuriser les bâtiments du gouvernement, et de donner aux soldats ukrainiens l’option de quitter ou de rejoindre l’armée russe. (Beaucoup de soldats ukrainiens  ont choisi de rester et d’adopter la citoyenneté russe.)

Malgré tout, ces deux incidents – la brève guerre contre la Géorgie de 2008 et la réponse ( tempérée) de Moscou au coup d’état ukrainien de 2014- ont été présenté comme des preuves d’un projet global d’expansion militaire, demandant une réponse ferme des US. L’ensemble de la classe des commentateurs des medias câblés adopte ce récit.

Mais ce sont des fous aveugles. Qui a, en ce jeune siècle, entraîné plus de désordre que les USA, saccageant des pays entiers, massacrant des centaines de milliers d’innocents, provoqué plus d’outrages à travers des séances de tortures grotesquement décrites, générant de nouvelles troupes terroristes et inondant l’Europe de réfugiés qui comprennent quelques individus prêts à semer le chaos et la terreur dans les villes européennes ?  Comment une personne rationnelle peut-elle avec un tant soit peu  de lucidité sur l’histoire depuis 1991,  conclure que c’est la Russie qui est l’agresseur ?

Et pourtant, c’est ce que dit la sagesse populaire. Je doute de pouvoir obtenir un poste de commentateur à la télévision, si vous me le demandez. Les téléprompteurs vont faire allusion quotidiennement à l’agression de Poutine et à l’expansion russe et au besoin pour tout Président mâture de respecter la tradition séculaire de supporter l’OTAN à n’importe quel prix. Et donc maintenant, les commentateurs se doivent de répéter ce que 17 services de renseignement ont conclu : «  Vladimir Poutine a interféré avec les élections américaines »

Puisqu’il n’y a aucune preuve de ce fait, on doit conclure que les Démocrates perdants  ont plongé les mains dans le sac assez fiable des boucs émissaires  et postulé que la Russie et Poutine en particulier doivent avoir piraté le DNC afin de – à travers la révélation de sources de première main d’une validité irrécusable, révélant la détermination de le DNC à faire élire Clinton, tout en Donald Trump comme le candidat républicain – sabotant Sanders et en promouvant ( à travers leurs représentants médiatiques) compromettre la légitimité de Clinton.

Toutes sortes de libéraux, y compris les meilleurs défenseurs de Sanders comme Tina Turner, sont complètement embarqués dans la champagne de diffamation anti-Poutine. C’est triste et préoccupant que tant de personnes progressistes souhaitent sauter dans le train d’une nouvelle guerre froide. C’est comme si ils n’avaient rien appris de l’histoire mais avaient positivement hâte, dans leur peur et leur rage, de revivre l’époque du Maccarthysme.

Mais le fond de l’affaire est que la russophobie américaine ne repose pas sur la raison, le jugement ou le savoir sur l’histoire récente et sur la capacité à faire des comparaisons rationnelles. Elle repose sur des présupposées quasi-religieux sur «  l’exceptionnalisme américain” et en particulier sur le droit des USA à s’étendre militairement au dépend de la Russie – comme un bien évident en soi, plutôt que comme le risque affreux distinct, évident d’une menace de troisième guerre mondiale.

Les faucons du Congrès – bipartisans, immoraux, ignorant, soumis à Israël, opportunistes salauds – sont déterminés à dissuader le président –élu ( la bile me monte à la gorge en utilisant ce terme mais c’est vrai, c’est ce qu’il est techniquement)  de tout rapprochement significatif avec la Russie ( Mon  dieu, ils doivent être horrifiés à l’idée de la possibilité que Trump suive le conseil donné par Kissinger de reconnaître le droit d’annexion russe de la Crimée ! )  Ils veulent tant l’embarrasser avec l’accusation d’être ( Comme Hillary l’a accuse lors de la champagne) la « marionnette » de Poutine qu’il se dédit de sa vague promesse de «  s’entendre avec la Russie »

Ils  ne veulent pas s’entendre avec la Russie. Ils veulent plus d’expansion de l’OTAN, plus de confrontations. Ils sont furieux contre la victoire russo-syrienne contre les forces menées par Al Qaeda soutenues par les USA en Syrie, spécialement la libération d’Alep que les médias US (1) n’ont jamais pu couvrir n’ayant aucun journalistes sur place et peu d’intérêt puisque les événements de Syrie provoquaient d’une façon si puissante les points proposés par le Département d’état organisaient les reportages (2). Transformant systématiquement, comme la victoire tragique du mal, la victoire d’Assad sur une héroïque opposition imaginaire et (3) voyant le renforcement de la position de la Syrie comme la réémergence de la Russie comme superpuissance.  (ce qu’ils ne peuvent absolument pas accepter, au titre d’une sorte de conviction religieuse. Les USA de la doctrine officielle devant maintenir «  leur dominance sur un spectre entier » sur la monde et prohiber l’émergence de tout compétiteur possible, pour toujours.)

*****

La première Guerre froide était basée sur la peur de l’Occident capitaliste devant l’expansion socialiste. Elle était basée sur la compréhension que l’URSS avait battu les Nazis, avait une prestige extraordinaire dans le monde et représentait alors le centre du mouvement d’accès global au communisme dans le monde.  Elle était basée sur la crainte de voir plus de pays affirmer leur indépendance face à au capitalisme impérialiste, empêchant les investisseurs d’accèder le monde des affaires. Elle avait un contenu idéologique. Celle-ci n’en a pas. La Russie comme les USA sont engagés dans le capitalisme et l’idéologie néolibérale. Leurs conflits sont de mêmes natures que ceux des USA et de l’Allemagne au début du 20ième siècle. Le Kaiser était au moins aussi «  démocratique » que l’étaient les US, le système n’était pas le problème. Il s’gissait juste de s’affronter pour le pouvoir, et comme cela s’est produit, les uSA intervenant dans la Première guerre mondiale tardivement et après que tout le monde soit épuisé, n’eurent qu’à nettoyer la place. Lors de la deuxième guerre mondiale, en Europe, les USA avaient hésité à envahir le continent en dépit des appels répétés des Soviets à le faire, ils ont répondu à la chute de Berlin aux mains des forces armées rouges en déployant des témoignages de forces vers la ville afin de pouvoir en réclamer le crédit partagé.

Puis les choses se tendirent, après la guerre, établissant  leur hégémonie sur presque toute l’Europe – beaucoup, beaucoup plus d’Europe que celle devenue une zone pro-soviétique, qui s’est depuis la fin du Traité de Varsovie complètement évaporée. La Russie est une version tronquée, affaiblie de son ancien self. Elle ne menace les USA d’aucune des façons don’t les USA s’effrayent eux-mêmes. Elle ne s’étend pas sous forme d’alliance militaire, elle ne détruit pas le Moyen –Orient à travers des changements de régime justifiés auprès des Américains par une désinformation pure et simple. En septembre 2015, Putin a demandé aux US, aux Nations unies «  Réalisez-vous ce que vous avez fait ? »

Malheureusement, les habitants de ce pays ne sont pas éduqués par leurs écoles, par la presse ou même par leurs site web favoris, à réaliser ce qui s’est fait et à quel point c’est horrible, et comment tout est basé sur des mensonges. Les informations mensongères sont ce qui est à l’ordre du jour.

Le haut est le bas, le noir est le blanc, la Russie est l’agresseur, les USA sont la victime. Le nouveau président doit jouer avec son équipe et , au nom de dieu, comprendre que Poutine est l’Hitler de notre temps et si Trump veut s’entendre avec lui, il faudra qu’il devienne un joueur de l’équipe embrassant la plus basique de ces vérités  dans ce pays si particulièrement impérialiste : La Russie ( avec son patrimoine nucléaire, qui fait pendant à égalité avec celui des USA) est l’ennemi, dont chaque action se doit d’enflammer les sentiments anti-Russes,  comme le sentiment par défaut à l’égard de ce pays encerclé par l’OTAN, criblé de sanctions, non menaçant en place d’une relation raisonnable et prudente.

*****

L’affreux « correspondant national en chef » de CNN, John King ( ancien époux de Dana Bash,  l’également affreuse «  correspondante politique en chef » de CNN, vient juste de poser une question, avec un air d’agressivité irritée :  «  Qui Donald Trump respecte-t-il le plus ? Les services de renseignements US ou le type qui a commence Wikileaks ? »  (Assange)

IC’est une exigence pour le camp Trump d’acheter le jeu du blame sur les Russes, ou d’être accuse de diffamation comme proche du lanceur d’alerte motive piour exposer les crimes multiples de l’impérialisme US.

.Donc, la vraie question est : Est-ce que Trump joue le jeu et crédite les  « les services de renseignements »  qui génèrent des «  productions des services de renseignements » à la carte, ou est-ce qu’il repousse les poussées des bellicistes qui cherchent une épreuve de force avec la Russie de Poutine ? Est-ce que la seconde Guerre froide va tou »ner court gentiment ou culminer dans une conflagration que la « Destruction mutuelle assure » (MAD)  était supposée rendre impossible ?

La dernière solution serait plus que stupide. Mais les gens stupides – ou les gens sages exploitant cyniquement la stupidité des autres – modèlent l’opinion chaque jour et depuis la première Guerre froide se sont basés sur d’innombrables mensonges.

Gary Leupp est Professeur d’histoire à l’Université de Tufts et occupe un poste au Département des religions. Il est l’auteur de «  Servants, Shophands eand laborers in the town of Tokugawa au Japon, Male colors, The construction of homosexuality à Tokugawa, Japon, de Interratial intimacy in Japan, Westerne men and japanese women, 1543. 1900. Il est contributeur à “ Hopeless : Barack Obama etand the politics of illusion ( AK Press)s Professor of History at Tufts University, and holds a secondary appointment in the Department of Religion. He is the author of Servants, Shophands and Laborers in in the Cities of Tokugawa JapanMale Colors: The Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan; and Interracial Intimacy in Japan: Western Men and Japanese Women, 1543-1900. He is a contributor to Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion, (AK Press). 

Il peut être joint à gleupp@tufts.edu

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

 

 

Plus d’articles de :GARY LEUPP

 

Advertisements

Walter Lippman ” Public Opinion”. Extrait traduit

Traduction d’un bref passage, à l’ humour grinçant, de Walter Lippman ” Public Opinion”.
Ecrit en 1922, éclairé par la débâcle idéologique de la Première guerre mondiale, il est un des fondateurs de la réflexion sur les tenants du libéralisme, alors opposé au mouvement communiste qui prenait de plus en plus de place dans les débats de sociétés. Ce livre est une perle d’analyse des rouages de l’information et de la construction des stéréotypes à la fois individuels et collectifs, de même qu’une description pointue des caractéristiques de ce qui constitue les spécificités de l’esprit américain. Ce passage évoquera des stratégies bien connues et plus que jamais d’actualité d’autant que Lippman à qui un des premiers colloques sur la genèse du libéralisme fût dédié est également le créateur de deux concepts majeurs, celui de “Guerre froide” et lui aussi plus que jamais de circonstance de “fabrique de l’opinion”.

 

41wjhhkotbl-_sx331_bo1204203200_

 

 

“Il arriva alors au sein de la nation que la parti belliciste qui était au contrôle du Bureau des affaires étrangères, des postes clefs et de presque toute la presse eût des visées sur les territoires de plusieurs de ses voisins. Ces revendications territoriales étaient nommées “La grande Ruritanie ” par l’élite qui considérait Kipling, Teitschke et Maurice Barrès comme cent pour cent ruritaniens. Mais cette idée grandiose ne déclenchait à l’étranger nul enthousiasme. Aussi, apposant la fleur la plus fine du génie ruritanien, comme le disait leur poète lauréat, sur les cœurs, les hommes d’état ruritaniens partirent pour diviser et conquérir. Ils séparèrent la revendication en secteurs. Pour chacune des parties ils évoquèrent les stéréotypes à propos desquels un ou plusieurs de leurs alliés trouvèrent difficilement à redire, ces mêmes alliés espérant pouvoir faire aboutir leurs propres revendications territoriales en utilisant ces mêmes stéréotypes.
Le premier secteur se trouvait être une région montagneuse habitée par des paysans étrangers. La Ruritanie l’exigea pour parachever ses frontières géographiques naturelles. Si vous fixez votre attention assez longtemps sur la valeur ineffable de ce qui est naturel, ces étrangers se dissolvent dans la brouillard, et ne restent visibles que les pentes des montagnes.Le secteur suivant était habité par des Ruritaniens, et selon le principe qu’aucun individu ne devrait vivre sous des lois étrangères, il fût réannexé. Puis vint une ville d’une importance commerciale considérable, qui n’était pas habitée par des Ruritaniens. Mais au 18ième siècle, elle avait fait partie de la Ruritanie et suivant le principe du droit historique, elle fût réannexée. Un peu plus loin, se trouvait un magnifique gisement de minéraux appartenant à des étrangers et exploité par des étrangers. Suivant le principe de réparation des dommages de guerre, il fût annexé. Au-delà existait un territoire occupé à 97% par des étrangers, constituant une frontière géographique naturelle avec une autre nation n’ayant jamais historiquement fait partie de le Ruritanie. Mais une de ses provinces, ayant été fédérée à la Ruritanie, avait eu anciennement des échanges commerciaux avec elle et sa classe dominante était ruritanienne. Suivant le principe de défense de la supériorité culturelle et la nécessité de défendre la civilisation, le pays fût réclamé. Finalement, il y avait un port complètement déconnecté de la Ruritanie, à la fois géographiquement, économiquement, historiquement, ethniquement et traditionnellement. Il fût exigé sur la base de sa nécessité pour la défense nationale.”

Public Opinion. p.113 Walter Lippman

Le sucre est l’alcool des enfants

 Le sucre est “ l’alcool des enfants”, pourtant nous le laissons dominer sur la table du petit-déjeuner breakfast table

Robert Lustig

 

1710

En moyenne, les céréales contiennent l’énorme quantité de 12 grammes de sucre, tout compris, dans leur présentation habituelle matinale.Photograph: Stockbyte/Rex Features

 

Avec les enfants consommant la moitié de leur dose de sucre journalière le matin, il n’est pas étonnant qu’ils soient atteints de diabète et de maladies du foie. Il nous faut nous battre contre les intérêts des multinationales.

Le petit-déjeuner est considéré par la plupart des experts en nutrition, y compris par la Public Health England, comme étant le repas le plus important de la journée. Il permet à votre cerveau et à votre métabolisme de se mettre en route et il supprime l’hormone de faim dans votre estomac de façon à ce que vous ne mangiez pas trop au déjeuner. Mais dans nos vies occupées, il est facile de se tourner vers ce qui est vite fait, bon marché ou possible à consommer rapidement. Des céréales froides, des flocons d’avoine tous prêts. Pour ceux gardant  les anciennes habitudes du «  Je vais servir quelque chose de chaud pour le petit-déjeuner »,  c’est un sandwich à chauffer au micro-onde. Tu dois y aller maintenant ? Une barre de granola, une barre protéinée, ou un smoothie au yoghourt.

Hélas, comme l’a découvert l’enquête du National Diet and Nutrition , ce que vous faites c’est de donner à votre enfant une énorme quantité de sucre avant de les faire partir : en moyenne la moitié de leur dose quotidienne. Il y a une raison pour laquelle l’ Organisation mondiale de la santé et le Département de l’agriculture des Etats unis   ont fourni des indices de limites maximales pour le sucre, parce qu’un régime trop riche en sucre cuit le foie et le cerveau de votre enfant; exactement comme l’alcool.

L’alcool fournit des calories mais pas de nourriture ( 7kcal/g). Il n’implique pas de réaction biochimique. Consommé régulièrement et à forte dose, l’alcool est toxique, indépendamment de ses calories et de la prise de poids qu’elles entraînent. Tous ceux qui y sont exposés ne deviennent pas dépendants mais suffisamment pour justifier une taxe et des restrictions d’accès, spécialement pour les enfants. Clairement, l’alcool n’est pas une nourriture- c’est une drogue dangereuse, parce qu’il est à la fois toxique et addictif.

Le sucre compris dans l’alimentation est composé de deux molécules : le glucose et le fructose. Le fructose, tout en étant source d’énergie ( 4kcal/g) est tout de même vestigial pour l’humain, encore, il n’entraîne pas de réaction biochimique. Mais le fructose est métabolisé par le foie exactement de la même manière que l’alcool. C’est pourquoi, quand il est consommé régulièrement et à fortes doses, le fructose est tout autant toxique et addictif,  indépendamment de ses calories et de ses effets sur le poids. Et c’est pourquoi vos enfants contractent maintenant des maladies dues à l’alcool,  (des diabètes de type deux et les stéatoses hépatiques) mais sans l’alcool, parce que le sucre est «  l’alcool des enfants »  et tout comme avec l’alcool, les boissons à fort taux de sucre sont liées à des problèmes comportementaux chez les enfants.

En moyenne, les céréales contiennent la quantité énorme de 212 grammes de sucre, tout compris, dans une portion moyenne. Aux USA, en 2011, l’Environmental Working Group (EWG) a identifié 17 marques de céréales pour le petit-déjeuner  dirigées vers les enfants dans lesquelles il sucre ajouté constituait plus de 50% de calories et 177 dans lesquelles il constituait 40% ou plus. En dépit de la notoriété de cette information, l’ enquête suivante  de l’EWG en 2014 a note qu’une seule marque de céréales pour le petit-déjeuner  parmi les pires de la liste avait réduit sa quantité de sucre.

Voici deux exemples des stratagèmes mis en œuvre par les multinationales pour accoutumer vos enfants au sucre. Considérons le son aux raisins secs, juste du son et des raisins n’est-ce pas ? Il y a 19 grammes de sucre dans une portion, mais le raisin n’en offre que 11 grammes. C’est parce que les raisins sont imbibés d’une solution de sucre afin de les rendre beaucoup plus sucrés. Deuxièmement, mes favoris – Lucky Charms – ils sont “ magiquement délicieux “-. Pourquoi ont-ils des marshmallows dans leur boîte ? Parce que les céréales coûtent plus cher que les marshmallows. Ils occupent de la place dans leur boîte et pourtant la compagnie les taxe plus. Une grande stratégie pour les affaires.

La conspiration du sucre

Mais ceci ne s’arrête pas là. Considérons un pot de yoghourt à la grenade, qui contient 19 grammes de sucre. Un yoghourt simple en contient 7 grammes, tout en lactose ( le sucre du lait) ce qui n’est pas un problème. Voilà pourquoi chaque yoghourt à la grenade contient 12 grammes de sucre ajouté. De plus l’industrie cache bien le sucre. Il existe 56 noms différents pour le sucre; en choisissant différents sucres comme le cinquième, le sixième, septième ou huitième ingrédient, il peut rapidement être ajouté aux ingrédients principaux. La US Food and Drug Administration a promis de changer les indications  afin d’abolir ces pratiques, mais l’EU doit encore donner suite.

Voici un des dangers les plus pernicieux dansla nourriture des enfants et des nouveaux-nés En 2015, le Centre de contrôle des maladies (US Centers for Disease Control) a examiné les informations nutritionnelles de 1074 produits alimentaires à l’usage des enfants et des nouveaux-nés. Il a trouvé que 32% des repas pour nouveaux-nés, la majorité des en-cas pour enfants et les jus de fruits pour les enfants contenaient au moins une source de sucre ajouté, avec 35% des calories provenant du sucre.

Ne laissez pas votre enfant devenir perdant en succombant aux intérêts des multinationales. Faites leur prendre un vrai petit-déjeuner de champion.

 

Les enfants consomment la moitié de leur dose de sucre au petit-déjeuner; Une étude.

La Santé publique du Royaume-uni a lancé une application pour lire les codes-barres après avoir trouvé que les moins de dix ans consomment trois fois plus de sucre que la limite recommandée.

 

 

4156

Les céréales sucrées, avec les boissons et les pâtes à tartiner, contribuent en moyenne à fournir 11 grammes de sucre pris par les enfant avant qu’ils se rendent à l’école. Photograph: Alamy

 Matthew Taylor

Les enfants en Angleterre consomment la moitié de la limite recommandée de leurs apports en sucre au petit-déjeuner, et à la fin de la journée ont absorbé plus de trois fois la limite supportable, selon une étude Public Health England (PHE).

L’étude, basée sur l’enquête annuelle de  National Diet and Nutrition Survey, a trouvé qu’en moyenne les enfants aborbent l’équivalent de trois morceaux. de sucre – 11 grammes- avant d’aller à l’école, principalement des céréales sucrées, des boissons  et des pâtes à tartiner mais qu’en dépit de cela huit sur dix parents pensaient que le déjeuner,de;leur;enfant était sain.

 

La PHE lance une campagne afin d’éveiller la vigilance sur les problèmes de santé liés au trop grand apport de sucre. Ils ont développé une application afin que les consommateurs puissent déterminer combien les produits contiennent de sucre, de sel et de graisse.

«  Les enfants consomment beaucoup trop de sucre et la plus grande quantité est consommé avant leur première leçon quotidienne “ dit  Alison Tedstone, la nutritionniste responsable de PHE. “Il est crucial que les enfants prennent un petit- déjeuner sain mais nous savons que les matins dans une maison active peuvent être compliqués. C’est pourquoi nous avons développé cette application Food smart, afin de réduire la pression pesant sur certains parents et à les aider à choisir des aliments et des boissons plus équilibrés pour leurs enfants. »

La dose maximum recommandée pour une enfant entre 4 et 6 ans est de cinq morceaux de sucre par jour, pour un enfant entre 7 et 10 ans, elle est de six morceaux par jour. L’étude de la PHE basée sur une enquête représentative de 100 personnes a trouvé que les enfants de moins de 10 ans consommaient en moyenne plus de trois fois ces quantités.

.Sara Stanner, Directrice du departement des sciences à la Fondation britannique pour la Nutrition dit : “ quand nous analysons les petits –déjeuners des familles à travers l’Angleterre, nous sommes inquiets de voir la grande quantité de sucre libre et la faible quantité de fibres dans beaucoup d’entre eux.

«  Nous savons qu’un petit-déjeuner équilibré peut contribuer d’une façon importante à l’apport vitaminique et minéral et que sa consommation est liée à des résultats positifs sur la santé. Il y a beaucoup d’autres solutions plus saines disponibles et nous devons donc mener des campagnes comme Change4Life afin d’aider les familles. »

La Obesity Health Alliance, un groupe de plus de 30 organismes caritatifs majeurs, colléges médicaux et groupes de campagne, a également favorablement accueilli le changement, disant que les outils en ligne qui permettaient de vérifier le sucre et les graisses dans les produits de consommation pouvait aider les parents et les familles à faire de meilleurs choix alimentaires.

Plus d’un enfant sur cinq est en surpoids  ou obèse en commençant l’école primaire et le nombre monte à un tiers quand il la quitte.

Le gouvernement de Theresa May’ a été largement critiqué en 2016 après avoir  abandonné ses engagements précédants  de mettre des limites aux publicités pour la nourriture toxique et sur le rayonnage des produits malsains dans les magasins.

4528

 Le chef et responsable de la campagne pour une nourriture saine Jamie Oliver. Photograph: ITV/Rex/Shutterstock

 

 

Le chef et militant Jamie Oliver accuse les ministres d’abandonner les jeunes enfants et leurs parents en décrivant les stratégies pour combattre l’obésité comme “ les mêmes vieux trucs qui ne marchent pas depuis vingt ans.”

Comme part de la stratégie, le gouvernement est supposé créer     une taxe sur le sucre à partir d’avril 2018, qui va augmenter le prix des sodas. Il a dû subir des pressions de la part de l’industrie pour réduire ou éliminer cette taxation.

La Obesity Health Alliance dit qu’il est important que le gouvernement continue à appliquer une lutte robuste contre l’obésité.

« Les choix de santé ne sont pas toujours des choix faciles, il est donc important que nous ayons des mesures comme la taxation des industries des boissons non alcoolisées et le programme de réduction du sucre, du sel et des graisses afin d’aider à créer un environnement plus sain global. »

Le PHE va lancer cette campagne à travers la télévision, la publicité d’affichage extérieur et le net à partir de mardi. Plus de 4.5 millions de packs gratuits “ Be food smart” seront distribués aux enfants d’âge scolaire via les écoles et les autorités locales, un spectacle fera le tour d’Angleterre à partir du 9 janvier.

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Enquête ” A spoonful of sugar” sur le lobbying du sucre par a Corporate European Observatory