AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Month: March, 2017

La danse de mort Chris Hedges

Il semble important de donner une place aux chroniqueurs dissidents nord-américains, tant les propos des médias, même les plus ” éclairés” ( The Nation, Common dreams etc.) ont le nez encore collé au résultat inattendu ( le restera-til donc jusqu’aux prochaines élections) et sont comme hypnotisés par la personnalité de Trump, négligeant le poids du contexte suystémique qui l’a amené au pourvoir. Nous publions cet article de Chris Hedges  afin qu’une de ces voix se fasse entendre, qui remet la situation actuelle dans sa dynamique historique et éclaire les mécanismes sous-jacents qui l’ont entrainée. Les références aux modèles de décadence civisationnelle seront certainement considérés comme un peu  sommaire, tout comme le sera son renvoi aux concepts freudiens de pulsion de mort. Mais ils ont l’énorme avantage de nous ramener à la vision d’un système dont tous les éléments agissent les uns sur et avec les autres, dans un contexte qui semble nous dépasser.EG

 

 

The Dance of Death

Posted on Mar 12, 2017

By Chris Hedges

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Mr. Fish / Truthdig

 

L’élite dominante ne cherche plus à construire. Elle cherche à détruire. Elle est génératrice de mort. Ils se languissent du pouvoir sans limite de cannibaliser le pays, de polluer et dégrader l’écosystème afin de nourrir leur insatiable besoin de richesse, de pouvoir et d’hédonisme. Les vertus de la guerre et de l’armée sont célébrées. L’intelligence, l’empathie et le bien commun sont bannis. La culture est dégradée au rang de kitch patriotique L’éducation n’a comme but que de prévoir l’efficacité technologique afin de servir le moteur empoisonné du système capitaliste. L’amnésie historique nous coupe du passé, du présent et du futur. Ceux qui sont désignés comme improductifs ou sans emploi sont répudiés et laissés à lutter dans la misère ou enfermés dans des cages. La répression étatique est indiscriminée et brutale. Et, présidant l’ignoble, le Grand guignol est un Monsieur Loyal dérangé, tweetant des absurdités de la Maison blanche.

Le cimetière des empires mondiaux – Sumériens, Egyptiens, Grecs, Romains, Mayas, Khmers, Ottomans et Austro-hongrois – suivirent la même trajectoire d’effondrement moral et physique. Ceux qui règnent  à la fin des empires sont des psychopathes, des imbéciles, des narcissiques ou des déviants, l’équivalent des empereurs romains dépravés Caligula, Néron, Tibère ou Commode. L’écosystème qui soutient l’empire est dégradé et épuisé. La croissance économique, concentrée dans les mains d’une élite corrompue, dépend d’un péonage bancal de dettes imposé à la population. Les guerriers professionnels, les spéculateurs financiers et les PDG d’entreprise sucent la moelle de la société.

La réponse myopique de l’élite à l’effondrement imminent du monde naturel et de la civilization est de faire travailler les populations asserviues plus dur pour moins cher, de dilapider le capital dans des projets grandioses comme les pyramides, les palaces, les murs frontaliers et le fracking et de déclarer des guerres. La décision du Président Trump o d’augmenter les dépenses militaires  de 54 milliards de dollars et de récupérer les fonds necessaries sur la chair des programmes sociaux est une comportement type des civilisations en phase terminale. Quand l’empire romain a chuté, il essayait de soutenir une armée d’un demi-million de soldats qui était devenues un drainage parasite des ressources publiques.

Les mécanismes bureaucratiques créés par toutes les civilisations les ruinent finalement. La différence maintenant, comme le note Joseph Tainter dans “The Collapse of Complex Societies,”( La chute des sociétés complexes) est que “ la chute, si et quand elle arrivera sera cette fois globale. Une nation ne peut plus s’effondrer seule. Le monde se désintégrera comme un tout. “

Les civilisations sur le déclin, en dépit des signes tangibles de désintégration qui les entourent restent fixes sur l’objectif de la restauration de leur “ grandeur”. C’est leur illusion qui les condamne. Elles ne peuvent pas voir que les forces qui ont donné lieu à la modernité, c’est-à-dire la technologie, la violence industrielle, les énergies fossiles sont celles-là même qui les mènent à l’extinction. Leurs leaders sont entraînés uniquement à server le système, adorant comme des esclaves les vieux dieux longtemps après qu’ils aient commence à exiger le sacrifice de millions de victimes.

“L’espoir nous guide d’inventer de nouvelles réparations pour de vieux problémes, qui à leur tour créent plus de dangereux problèmes.  Ronald Wright écrit dans  “A Short History of Progress.” (Une histoire courte du progrès). “ L’espoir élit les politiciens avec les promesses les plus grosses et les plus vides et comme tout courtier ou tout vendeur de loto le sait, la plupart d’entre nous choisiront le plus menu espoir contre la frugalité prudente et prévisible. L’espoir, comme l’avidité nourrit les moteurs du capitalisme” .

Les candidats de Trump,—Steve Bannon, Jeff Sessions, Rex Tillerson, Steve Mnuchin, Betsy DeVos, Wilbur Ross, Rick Perry, Alex Acosta et tous les autres- ne sont pas des avocats de l’innovation ou des réformes. Ils sont des chiens de Pavlov qui salivent devant des montagnes d’argent. Ils sont bien équipés pour voler aux pauvres et faire plonger les budgets fédéraux. Leur obsession de simples d’esprit avec l’enrichissement personnel les conduit à démanteler toute institution ou a abolir toute loi ou régulation qui viendrait se mettre dans le chemin de leur convoitise. Le capitalisme, note Karl Marx, est «  une machine qui démolit les limites ». Il n’existe pas de sens inné des proportions ou des échelles. Une fois que tous les empêchements externes sont levés, le capitalisme global transforme sans scrupule l’humain et le monde vivant afin d’en extraire du profit jusqu’à son épuisement ou son effondrement. Et quand le dernier moment de la civilisation arrive, les édifices dégénérés du pouvoir semblent s’effriter en une seule nuit.

Sigmund Freud a écrit que les sociétés, tout comme les individus, sont mues par deux pulsions primaires. Une est la pulsion de vie, Eros, la quête d’amour, de nourriture, de protection et de préservation. La seconde est la pulsion de mort, nommée Thanatos par les post-freudiens guidée par la peur, la haine et la violence. Elle cherche la dissolution de tout ce qui vit, y compris celle de notre existence même. Une de ces deux forces, écrit Freud, est toujours ascendante. Les sociétés en déclin embrassent la pulsion de mort avec enthousiasme, comme Freud l’observe dans  “Civilization and Its Discontents,”( Malaise dans la civilisation) écrit à l’aube de la montée du Fascisme européen et de la Seconde guerre mondiale. “C’est dans le sadism, où la pulsion de mort modifie l’objet érotique selon ses propres buts et cependant satisfait pleinement son besoin pulsionnel que nous réussissons à obtenir la vision la plus claire de sa nature et de son lien avec Eros “ écrit Freud. “Mais meme lorsqu’elle emerge sans but sexuel, dans la furie aveugle de la destructivité, nous ne pouvons pas manqué de reconnaître que la satisfaction de l’instinct est accompagnée par un degré extraordinaire de satisfaction narcissique, accordant une satisfaction des vieux souhaits d’omnipotence à l’Ego »

Le désir de mort, comme Freud l’a compris, n’est pas, tout d’abord, morbide. Il est séduisant et excitant. Je l’ai constaté lors des guerres que j’ai couvertes. Un pouvoir quasi divin et une furie guidée par l’adrénaline, meme de l’euphorie, baigne les unites armées ou les groups religieux ou ethnoiques a qui est donnée la possibilité de détruire n’importe quoi et n’importe qui autour d’eux. Ernst Junger a capturé ce «  monstrueux désir d’annihilation » dans son travail sur la Première guerre mondiale «  Orage d’acier »

Une population aliénée et assaillie par le désespoir trouve de la puissance et du plaisir dans une orgie d’annihilation qui prend vite la forme d’une auto-annihilation. Cela n’a aucun intérêt de nourrir un monde qui  l’a trahie et a contrecarré ses rêves. Elle cherche à éradiquer ce monde et à le remplacer par son paysage mythique. Elle se tourne contre les institutions, aussi bien que contre les groupes ethniques ou religieux qui deviennent les boucs émissaires de sa misère. Elle pille les réserves qui diminuent avec abandon. Elle est séduite par les promesses fantastiques des démagogues et par les solutions magiques caractéristiques du droit chrétien ou de ce que les anthropologistes appellent «  culte de la crise. »

Norman Cohn, dans « A la poursuite du Millénium : Messianisme révolutionnaire au Moyen-âge et pendant la Réforme et ses effets sur les mouvements totalitaires modernes (The Pursuit of the Millennium : Revolutionary Messianism in Medieval and Reformation Europe and Its Bearing on Modern Totalitarian Movements, » dessine un lien entre cette période turbulente et la nôtre. « Les mouvements millénaristes sont une réponse psychologique particulière et collective à un profond désespoir social. Ils sont récurrents à travers l’histoire humaine. Nous n’en sommes pas immunisés

« Ces mouvements ont varié dans leur ton de l’agressivité la plus violente au pacifisme le plus nuancée et leur but de la spiritualité la plus éthérée au matérialisme le plus terre à terre, il est impossible de dénombrer les voies possible de concevoir le millénaire et la route qui y mène. » écrit Cohen. «  Mais les similarités peuvent se présenter tout comme les différences et plus on observe attentivement les poussées de militantisme social du chiliasme ( autre terme pour millénarisme) pendant le Bas-moyen âge, plus apparaissent des similarités. Les anciens symboles et les anciens slogans bien sûr disparaissent et sont remplacés par des nouveaux, mais la structure des fantasmes de base semble ne pas avoir changé du tout. »

« Ces mouvements, écrit Cohen, offrent un mythe social capable de prendre entièrement possession de ceux qui croyaient en lui. Il explique leur souffrance, il promet des récompenses, il éloigne leur anxiété et leur  donne l’illusion de sécurité- même lorsqu’il les guide, tenus ensemble par un enthousiasme commun, dans une quête qui est toujours vaine et souvent suicidaire. »

« Aussi arriva-t-il que des quantités de personnes se comportèrent avec une énergie furieuse et partagèrent un même fantasme qui, bien que trompeur leur apportait  un soulagement émotionnel intense si intense qu’ils pouvaient uniquement vivre à travers lui et étaient parfaitement d’accord pour mourir pour lui. Ce fût un phénomène qui se manifesta plusieurs fois entre le 11ième siècle et le 16ième siècle, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, et qui, en dépit des différences évidentes de contexte culturel et de son ampleur, n’est pas étranger à la croissance des mouvements totalitaires, avec leurs leaders messianiques, leur mirages millénaristes et leur boucs émissaires démonisés dans le siècle actuel. »

La rupture d’une société d’avec la réalité, comme la nôtre a été séparée de la reconnaissance collective du changement climatique et les conséquences fatales de l’impérialisme et de la désindustrialisation la laisse sans les mécanismes intellectuels et institutionnels lui permettant de se confronter à sa mort imminente. Elle se maintient dans un état d’auto-hypnose et de délire. Elle cherche des euphories momentanées et du sens dans des divertissements bon marché et des actes de violence et de destruction, y compris à l’égard des individus qui sont démonisés ou blâmés pour la chute de la société. Elle précipite sa propre immolation tout en brandissant la supposée inévitabilité d’une résurgence nationale. Idiots et charlatans,* les servants de la mort, nous conduisent dans les abysses.

* On se reportera pour cette description des prédateurs de l’aire politique en place à l’ouvrage de Roland Gori  ” La fabrique des imposteurs “

 

Traduction Elisabeth Guerrier

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La politique derrière le “ scandale russe ” R. Parry

 

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

 

The Politics Behind ‘Russia-gate’

 

 

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également important de préciser que rien de ce qu’a publié Wikileaks n’est faux. Il n’y a eu aucune “fausse nouvelle”. Bien sûr une des raisons principales ayant rendu ces emails intéressants est le fait qu’ils mettaient à jour des conduites répréhensibles et des trahisons de la part des Démocrates et de la campagne Clinton.  Le point principal révélé par les emails de DNC fut que les leaders de la campagne des primaires avaient violé leur devoir de l’approcher  d’une manière équilibrée quand ils ont miné le champ d’action de Bernie Sanders. Plus tard, les emails de Podesta ont révélé les contenus des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street, qu’elle cherchait à cacher aux électeurs et quelques unes des stratégies de financements de la Fondation Clinton.

 

 

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L’ancienne Secrétaire d’état, Hillary Clinton s’entretenant avec des supporters lors d’un rallye de la champagne à Phoenix, Arizona en 2016. (Photo by Gage Skidmore)

 

 

Autrement dit, même si les Russe avaient révélé ces informations au people américain, comment le fait d’être au courant de faits concernant la campagne présidentielle s’attaquerait-il “ au Cœur de la Démocratie  “ ? Habituellement; les journalistes croient que fournir la vérité, même si elle embarrasse certains personnages politiques ou certains partis politiques est sain pour la démocratie. En tant que journaliste américain, je préfère recevoir mes informations d’individus qui ont les meilleurs intérêts de l’Amérique à cœur mais je ne suis pas naïf au point de penser que des individus qui  font fuir des documents ne le font pas pour des intérêts personnels. Ce qui est le plus important ce sont des nouvelles authentiques et dignes d’intérêt.

Franchement, j’ai trouvé le matériel de Wikileaks beaucoup plus approprié pour un débat sur la politique américaine que les rumeurs obscènes que la champagne de Clinton a fait circuler sur Trump se faisant soi-disant uriner dessus par des prostituées russes dans un hôtel cinq étoiles de Moscou, affirmation pour laquelle aucune preuve n’a été présentée.

Rappelons-nous également que personne n’a cru que les emails DNC.Podesta ont été significatifs dans le résultat des élections 2016. Clinton elle-même a blâmé le directeur du FBI James Corney pour avoir brièvement ré ouvert  les investigations du FBI dans son serveur email privé vers la fin de sa champagne, ceci étant la raison de l’effondrement de ses sondages. Il est notoire également que Clinton a conduit une campagne horrible, qui a compris des gaffes à couper le souffle, comme celle de qualifier les supporters de Trump de «  déplorables », ce fiant beaucoup trop à des positions négatives et échouant à organiser une vision satisfaisante de l’avenir tout en ignorant les signes que son leadership dans la région industrielle des US étaient entrain de  disparaître. En  d’autres termes, les efforts actuels pour décrire les révélations sur les emails des Démocrates comme décisive dans la campagne est de l’histoire révisionniste.

Et pourtant nous voilà avec le Washington Post, le New York Times, CNN et pratiquement tous les medias  (en cœur avec les libéraux et les Démocrates) haletant à chaque fois qu’on découvre que quelqu’un dans le cercle de Trump a rencontré un Russe. Nous sommes supposés oublier que le gouvernement russe a collaboré d’une façon très proche avec le gouvernement u.s.- et en particulier avec les agences nationales des services secrets- sur des questions vitales. La Russie a assisté les troupes US dans leur approvisionnement en Afghanistan, le Président Putin a joué un rôle majeur dans la restriction du programme nucléaire iranien et il s’est aussi arrange pour que le gouvernement syrien se débarrasse de ses armes chimiques. Les deux derniers points ont fait partie des succès diplomatiques les plus notoires d’Obama.

Mais ces deux domaines de coopérations, l’Iran et la Syrie, ont contribué a faire de Putin une cible pour les puissant néo-conservateurs de Washington qui s’excitaient à l’idée d’une intervention militaire directe sur ces deux pays. Les néo-cons, avec les gouvernements israéliens et saoudiens voulaient des “ changements de régime” à Téhéran et Damas, pas des accords diplomatiques qui laissaient les gouvernements en place.

Les Neocons au sein du gouvernement US- y compris l’Assistante du Secrétaire d’état Victoria Nuland, les Sénateur John Mc. Cain et le Président de la foundation pour la démocratie nationale Carl Gershman – ont alors visé un “ changement de régime” en Ukraine, réalisant sa sensibilité pour la Russie. Gershman, dont l’association est financée par le Gouvernement, a appelé l’Ukraine “ le plus grand prix” et une étape majeure pour évincer Poutine de la Russie, Mac Cain a appuyé les ultra-nationalistes ukrainiens qui tiraient suer la police dans le square Maidan de Kiev, et  Nuland conspirait avec l’ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt sur la façon  de «  coller » ou d’ « accoucher » d’un changement de gouvernement.

La stratégie des néo-cons a fonctionné en évinçant le Président élu ukrainien Victor Yanukovych et en obligeant Poutine à intervenir au nom des ethnies russes menaces en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Ce qui, en retour, a été transformé par l’Ouest en «  invasion russe ».

 

Des intérêts partisans

Au lieu de se positionner contre ces fauteurs de troubles néo-cons, Obama les a suivi. Plus tard, les Démocrates ont vu un avantage politique à devenir les super-faucons faisant face à la Russie, essentiellement manœuvrant à la droite des Républicains, spécialement quand Donald Trump a gagné d’une façon inattendue la nomination, en, partiellement, appelant à de meilleurs relations avec la Russie.

 

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L’ambassadeur de Russie aux USA, Sergey Kislyak. (Photo from Russian Embassy)

Comme la campagne 2016 plongeait dans l’infamie comme la plus affreuse de toute l’histoire des USA, Clinton matraquait Trump à propos de la Russie, l’appelant le pantin de Poutine. Mais le dénigrement des Russes n’a pas semblé beaucoup aider Clinton.

Bien qu’il ait été calculé pour attirer quelques Républicains modérés, il a aussi repoussé beaucoup de Démocrates pacifistes.

Cependant, malgré une fondation vacillante et une construction hasardeuse, L’officiel de Washington ajoute maintenant de plus en plus de terrain au «  scandale » russe. Les rescapés d’Obama ont sauté sur un prétexte  indigne pour attaquer le Conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn – citant le Logan Act, de 1799, jamais poursuivi en justice puis enfermant Flynn parce qu’il n’avait pas complètement en mémoire une   conversation téléphonique  du 29 décembre avec l’Ambassadeur russe alors qu’il était en vacances dans la République dominicaine.

D’une façon identique, les medias et les Démocrates mettent au point dans la cadre d’un cas de  “parjure” l’Avocat général Sessions à cause d’une réponse formulée d’une façon  négligente lors d’une déposition de confirmation à propos de ses contacts avec les Russes. Il avait rencontré deux fois Kislyak ( tout comme l’ont fait beaucoup d’autres à Washington). L’accusation  au bord de l’essoufflement est que peut-être Sessions et Kislyak complotaient sur la façon dont le Kremlin pourrait aider dans la champagne de Trump, mais il n’existe aucune preuve pouvant étayer cette théorie de la conspiration.

Ce qui se passé ici devrait être évident; L’administration Obama, les Démocrates et les medias ont été horrifié par l’élection de Trump. Ils ont d’une façon compréhensible été offensés par la comportement personnel de Trump et son inadéquation criante à la présidence. De nombreux supporters de Clinton, spécialement des femmes, furent amèrement déçues par l’échec de la première femme d’un des partis essentiels à être nominée qui perdit face à un rustre se vantant de la manière dont il pouvait, en utilisant se renommée et sa gloire, attraper les génitoires de femmes vulnérables qui, ne pouvaient, selon lui, rien faire contre lui.

Il y avait également des inquiétudes sur les choix politiques de Trump en ce qui concerne l’environnement, l’immigration, l’éducation et la justice. Parmi les néo-cons et leurs acolytes interventionnistes libéraux, il y avait également des inquiétudes sur le fait que Trump ne continuerait pas les stratégies de «  changement de régime » dans le Moyen-Orient et leur hostilité envers la Russie. Aussi, ces forces anti-Trump se sont-elles accrochées à l’arme la plus disponible, les suspicions que Trump ait pu s’acoquiner d’une façon ou d’une autre avec les Russes. Cela n’avait pas d’importance que les preuves en soient faibles ou non existantes. Elles seraient suffisantes pour répandre les allégations sous la couverture des “ déclarations” des services de renseignements US.

Personne d’important n’allait demander la révision des preuves et, certainement, avec la disponibilité de l’Agence de sécurité, la mémoire des individus pourrait être testée contre les transcriptions des conversations et s’avérer active. Des faux-pas verbaux pourraient devenir des pièges parjures. Il pourrait y avoir  une chasse aux sorcières contre quiconque ait parlé à un Russe.   Toute forme de rejet de la part des gens de Trump pourrait être reconstruite comme une « façon d’étouffer l’affaire ».

Ayant travaillé à Washington pendant Presque quarante ans, j’ai déjà vu des investigations politiques, à la fois dans l’évacuation de véritables crimes d’état (comme  le traffic de cocaïne des Contra nicaraguéen et la collaboration des Républicains avec les gouvernements étrangers afin de réduire l’influence démocrate en 1968 et 1980) et dans la fabrique de scandales qui n’existaient pas ( comme les offenses factices de Whitewater, le scandale des voyages, le scandale des dossiers, le scandale chinois etc..sous Bill Clinton qui s’est finalement fait épinglé pour le crime affreux de mentir à propos de sexe.)   Jusqu’ici, au moins, le «  scandale russe »  est plus proche des premiers que des derniers.

Ce que j’ai également appris pendant ces années est que le dans Washington, le pouvoir – beaucoup plus que la vérité- détermine quels scandales doivent être pris sérieusement ou non. «  Le «  scandale russe » révèle que les centres du pouvoir établi se déploient contre Trump – les medias principaux, les néo-conservateurs, et le Parti démocrate – et ont plus de pouvoir que l’administration désorganisée de Trump.

 

 

Le reporter d’investigation Robert Parry  a mis à jour plusieurs histoires sur les Contra d’Iran pour l’ Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier ouvrage :, America’s Stolen Narrative,  ou l’imprimer ici  ou comme E.book chez ( Amazon ou sur barnesandnoble.com).

 

Tags: Democrates Donald Trump Hillary Clinton Robert Parry Russie

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier