Petit lynchage entre amis. Traduction d’un post F.B de William Kaufmann

Voici la traduction de la réponse faite par William Kaufmann, qui a eu il y a quelques temps le courage de se positionner d’une façon critique à l’égard des débordements et des dénis du mouvement Meetoo, à un flot d’insultes (toujours les mêmes, de part et d’autre de l’Atlantique) parce qu’il s’opposait à l’uniformisation des pronoms “She ” et “He” au bénéfice d’un ” They” plus doux aux sensibilités du transculte.

Aujourd’hui, j’ai été l’objet d’une charge vitupérante de PC (political correctness) qui a commencé à bas bruit  et s’est achevée sous les cris perçants de l’hystérie stalinienne. (se reporter à mon post ci-dessous à propos de l’usage des pronoms)  Certains de ces étranges éclats ont été laissés sur place, les plus infondés ont été effacés par crainte d’une pollution karmique de l’univers.

Plusieurs individus dérangés m’ont accusé d’être : transphobique, raciste, Darth Vader, etc. parce que j’ai rédigé un post insistant sur la distinction pronominale entre le singulier et le pluriel- Je n’ai pas même mentionné la question du genre dans le post original. Je vais être tranchant, j’ai perdu mon sens de la diplomatie sur ce sujet, de tels individus sont a. stupides b. fous.

Certains parmi ces staliniens militants du contrôle mental  sont des universitaires titulaires. Leurs commentaires sont symptomatiques de l’oblitération systématique de la pensée au profit des hurlements idéologiques et de l’intimidation sur les campus universitaires. Pourtant ces malfrats de la politique identitaire, avec leurs fusillades d’invectives dirigées contre quiconque suspecté de déviance de l’orthodoxie prescrite ne se préoccupent pas vraiment de la vraie justice. Souvent ils sont les premiers à encourager le vote pour des fraudeurs comme Hillary Clinton ou Kamala Harris simplement sur la base de leur configuration génitale ou de la couleur de leur peau tout en ignorant les constats aveuglants des inégalités de classe et les catastrophes environnementales incarnées dans les politiques de leurs faux artistes pseudo-progressistes. Voilà les mots précurseurs de Christopher Lash, il y a plus d’un quart de siècle :

Lorsque nous parlons de démocratie aujourd’hui, nous nous référons, la plupart du temps, à la démocratisation de «  l’estime de soi », les mots-slogans actuels : diversité, compassion, émancipation, expriment l’espoir nostalgique que les profondes divisions de la société américaine peuvent être couvertes par la bonne volonté et un discours aseptisé ?. On nous rappelle que toutes les minorités ont le droit au respect non en fonction de leurs accomplissements mais en fonction de leurs souffrances passées. L’attention compassionnée, nous est-il dit, va certainement élever le niveau de leur vision d’eux-mêmes, bannir les épithètes racistes et d’autres forme de discours haineux va, d’une certaine façon, faire des miracles pour leur moral. Dans notre préoccupation pour les mots, nous avons perdu la perception de la dure réalité qui ne peut être adoucie simplement en flattant la représentation que les gens ont d’eux-mêmes. En quoi est-ce que le renforcement des codes langagiers de l’élite universitaire est-elle bénéfique aux résidents du Bronx-sud ? ( CL. La révolte des élites. Pp 7.8

L’Amérique est en tête du monde pour l’idiotie : de l’élite universitaire politiquement correct  où les sciences sociales ont été traduite en moulin à propagande dans un code-langagier orwellien à la populace chantant en choeur ” renvoyez la chez elle ” ! C’est tout à fait sans espoir de part en part d’une dystopie socio-culturelle lugubre congestionnée autour du sanctuaire de la parole vide, générant un conformisme engourdissant. Immergés dans un monde de rhétorique et de symboles, cloîtrés à l’écart de la réelle souffrance matérielle des gens réels, ces troupes de choc de la politique identitaire sont les renforçateurs d’une standardisation des discours et des comportements, d’une hypocrisie nauséabonde qui écrase la pensée critique et l’indépendance d’esprit nécessaires pour atteindre un vrai changement radical. Nonobstant leur posture de gauche en vogue, ils sont les nouveaux conservateurs, les unités idéologique de première ligne de l’élite néolibérale.

Today I was subjected to an onslaught of PC vituperation that began as low comedy and ended as shrill Stalinist hysteria (see my post below on the use of pronouns). Some of these bizarre outpourings I left in place; the most debased I simply deleted out of fear of karmic pollution of the universe.

I’ve had several deranged people accuse me of being transphobic, racist, Darth Vader, etc., because I wrote a post insisting on the pronomial distinction between singular and plural–I don’t even mention the issue of gender in my original post. To be blunt–I’ve lost my taste for diplomacy on this subject–such people are (a) stupid and (b) nuts.

Several of these Stalinoid mind-control militants are tenured academics.Their comments are symptomatic of a systematic obliteration of thought in favor of ideological howling and intimidation at college campuses. Yet these identity-politics thugs, with their fusillades of invective directed against anyone suspected of deviance from the prescribed orthodoxies, don’t really care about real injustice–often they are the first to advocate votes for neoliberal frauds like Hillary Clinton or Kamala Harris simply on the basis of genital configuration or skin color while ignoring the glaring affirmation of class inequality and environmental calamity embodied in the policies of these pseudo-progressive con artists. In Christopher Lasch’s prescient words from a quarter century ago,

“When we speak of democracy today, we refer, more often than not, to the democratization of ‘self-esteem.’ The current catchwords–diversity, compassion, empoerment, entitlement–express the wistful hope that deep divisions in American society can be bridged by goodwill and sanitized speech. We are called on to recognize that all minorities are entitled to respect not by virtue of their achievements but by virtue of their sufferings in the past. Compassionate attention, we are told, will somehow raise their opinion of themselves; banning racial epithets and other forms of hateful speech will do wonders for their morale. In our preoccupation with words, we have lost sight of the tough realities that cannot be softened simply by flattering people’s self-image. What does it profit the residents of the South Bronx to enforce speech codes at elite universities?” (from The Revolt of the Elites, pp. 7-8)

America leads the world in stupidity: from the elite PC universities, where the social sciences have been traduced into Orwellian speech-code propaganda mills, on down to hoi polloi, with their chants of “send her back.” It’s pretty much hopeless, throughout a bleak social/cultural dystopia clogged with the empty sanctimony of cant, breeding a numbing conformity. Immersed in a world of symbols and rhetoric, cloistered from the real material suffering of real people, these identity-politics shock troops are the enforcers of a deadening standardization of word and deed, a nauseating hypocrisy, that crushes the critical thought and independence of spirit needed for truly radical change. Notwithstanding their modish leftish posturing, they are the new conservatives, the ideological vanguard of the neoliberal elites.

Et voici le post à l’origine de la déferlante :

William Kaufman

Hier, à 01:11 · 

So sue me, jail me, put me on the most wanted list: I will never commit the capital offense against the dignity of the English language of subsituting the plural pronoun “they” for the singular pronouns “he” or “she.” This is an affront to logic and clarity of thought in a country that is already far too stupid for its own good and the good of the planet. “He/she” or “he or she” should do just fine. If you want to place the feminine pronoun first, fine. But don’t mutilate the basic precepts of logic and grammar; these are not arbitrary rules–they are the prerequisites of clear thinking. The distinction between the one and the many is an elemental building block of logic and mathematics. Expunging this distinction from English is another step toward subordinating truth to the fickle ideological tics and fashions of the moment–a prescription for an Orwellian culture of illusion and deception and confusion.

Traduction Elisabeth Guerrier