L’ennemi de l’intérieur / Chris Hedges

The enemy Within

L’ennemi de l’intérieur

Chris Hedges

Columnist

 

The Enemy Within

Mr. Fish / Truthdig

Notre démocratie n’est pas en péril. – Nous ne sommes pas en démocratie. L’image de notre démocratie est en péril. L’état souterrain ( The deep state) – les généraux, les banquiers, les corporations, les lobbyistes, les responsables de l’intelligence, les bureaucrates et technocrates du gouvernement – a l’intention de sauver la marque. Il est difficile de trompeter au monde que vous êtes le gardien de la liberté avec Donald Trump déblatérant d’une façon incohérente à propos de lui-même, incitant à la violence raciste, insultant nos alliés de longue date, avec la presse, la cour suprême, le Congrès, tweetant de inepties mal orthographiées et dénonçant impulsivement ou sabotant la politique intérieure ou étrangère. Mais le péché le plus impardonnable de Trump aux yeux de l’état souterrain est la critique des guerres interminables menées par l’empire, même si il manque des compétences intellectuelles ou organisationnelles pour superviser un désengagement.

L’état souterrain a commis la plus grande erreur stratégique de toute l’histoire des USA quand il a envahi et occupé l’Afghanistan et l’Irak.   De tels fiasco militaires, une caractéristique des empires sur le déclin sont nommées des actes de micro-militarisme. Les empires agonisants gaspillent leur dernier capital, économique, militaire ou politique sur des conflits futiles, non négociables et ingagnables jusqu’à ce qu’ils s’effondrent. Ils cherchent par ces actes micro-militaires à regagner une ancienne domination  ou une stature perdue.  Les désastres s’empilent les uns sur les autres. Les architectes de notre spirale impériale mortifère sont intouchables. Les généraux incapables et les politiciens qui génèrent l’empire ne sont compétents que dans une chose : se perpétuer eux-mêmes.   Personne n’est tenu de rendre des comptes. Une presse servile traitent ces mandarins avec une vénération quasi religieuse. Généraux et politiciens, dont beaucoup auraient dû être remerciés ou poursuivis en justice se voient, au moment de leur retraite, attribués des sièges dans les conseils d’administration des fabricants d’armes, pour lesquels ces guerres sont immensément profitables. Ils sont sollicités par la presse servile pour fournir au public des analyses sur le foutoir qu’ils ont eux-mêmes créé. Ils sont hissés comme des exemples d’intégrité, de service désintéressé, et de patriotisme.

Après maintenant presque vingt années, chaque objectif prétendument utilisé pour justifier nos guerres au Moyen-Orient a été débouté. L’invasion de l’Afghanistan était supposée effacer Al-Qaida, au lieu de ça, Al-Qaida a migré pour remplir les vides de pouvoir que l’état souterrain avait créé lors de ses guerres en Irak, en Syrie, en Libye et au Yémen. La guerre an Afghanistan, transformée en une guerre contre les Talibans  qui ont maintenant le contrôle de la presque totalité du pays et met en danger e régime corrompu que nous avons installé à Kaboul. L’état souterrain a orchestré l’invasion de l’Irak, qui n’avait rien à voir avec les attaques du 11 septembre. Il a prétendu en toute confiance pouvoir construire une démocratie dans le style occidental et affaiblir le pouvoir de l’Iran dans la région. Au lieu de ça, il a détruit l’Irak en tant que pays unifié, montant les factions ethniques et religieuses les unes contre les autres. L’Iran, qui était très proche du gouvernement Shiite dominant à Bagdad, en est sorti encore plus fort. L’état souterrain a armé les rebelles «  modérés » e Syrie dans un effort d’évacuer e Président Bashar Assad, mais quand il a réalisé qu’il ne pourrait pas contrôler les djihadistes  – auxquels il avait fourni plus de 500 millions en armes et assistance- l’état souterrain a commencé à les bombarder  et à armer les rebelles Kurdes contre eux. Ces Kurdes qui plus tard seront trahis par Trump. La «  guerre contre la terreur »  s’est étendue comme la peste de l’Afghanistan à l’Iraq, à la Syrie et à la Libye et au  Yémen,  qui après cinq années de guerre souffre d’un des désastres humanitaires les pire au monde. Le coût financier de cette misère et de ces morts est entre 5 et 8 trillions d dollars. Le coût humain est aux alentours de centaines de milliers de morts et de blessés, de villes détruites, de villages et d’infrastructure saccagées et de millions de réfugiés.

Trump  a commis une hérésie politique lorsqu’ il a osé pointer du doigt la folie d’une armée sans contrôle. Il va payer pour ça. L’état souterrain entend le remplacer par quelqu’un d’autre – peut-être Mike Spence, aussi vide moralement et intellectuellement que Trump – et qui fera ce qu’on lui dit.  C’est le rôle de l’exécutif aux USA : personnifier et humaniser l’empire. Et le faire avec pompes et dignité. Barack Obama—qui a spécieusement réinterprété l’Autorisation pour l’usage de la force armée de 2001 (Authorization for Use of Military Force) afin de donner à l’exécutif le droit d’assassiner à l’étranger, même un citoyen américain soupçonné d’être un terroriste – a excellé à ce jeu.

Chris Hedges is a Truthdig columnist, a Pulitzer Prize-winning journalist, a New York Times best-selling author, a professor in the college degree program offered to New Jersey state prisoners by Rutgers…

Traduction : Elisabeth Guerrier

“Deep state” a été remplacé dans cette traduction par ” Etat souterrain”