Screen New Deal / Naomi Klein / Deuxième partie

Le New-deal des écrans

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Naomi Klein

Screen New deal

Under Cover of Mass Death, Andrew Cuomo Calls in the Billionaires to Build a High-Tech Dystopia

Sous couvert de l’épidémie, Andrew Cuomo fait appel aux milliardaires pour construire la dystopie high-tech

Le Gouverneur de New York Andrew Cuomo regarde le Président de l’exécutif de Google Eric Schmidt, là sa gauche, pendant qu ‘il parle lors de son rapport sur la commission des” écoles intelligentes” à l’école de Mineola, le 27, octobre 2014 in Mineola, N.Y. Photo: Alejandra Villa-Pool/Getty Images

En tant que président, SCHMIDT, qui détient encore plus de   5.3 milliards de dollars d’actions à Alphabet (Une filiale de Google), ainsi que  d’importants investissements dans des firms tech. A essentiellement mené cette recherche sur Washington DC au nom de la Silicon Valley. L’objectif principal de ces deux commissions étant dans l’accroissement exponentiel des dépenses gouvernementales sur les recherches en intelligence artificielle et dans les infrastructures la permettant comme la 5G – investissements qui bénéficieront directement aux compagnies sur lesquelles Schmidt et d’autres membres ont la main mise étendue.En premier lieu  à huit-clos dans des présentations à des avocats, puis ensuite dans une intervention publique et dans des interviews, l’argument majeur de Schmidt étant que si le gouvernement  Chinois  souhaite dépenser des quantités illimitées de fonds dans la construction d’une surveillance high-tech, tout en permettant à des compagnies comme Alibaba, Baidu, et Huawei d’empocher les profits de ces applications commerciales, la position dominante de l’économie américaine sur le marché mondial est menacée de s’effondrer.

Le Centre d’information sur la protection  électronique de la vie privée (Electronic Privacy Information Center) a eu récemment accès par l’intermédiaire d’une demande de L’acte pour la liberté d’information Freedom of Information Act  à une  présentation faite par le NSCAI  de Schmidt il y a un an, en mai 2019.  On y voit une série d’avertissements alarmistes sur la façon dont les infrstructures chinoises, relativement épargnées par la régulation ainsi que son appétit sans fin pour la surveillance a amené son dépassement des USA dans de nombreux domaines, y compris «  L’intelligence artificielle dans les diagnostics médicaux » , les véhicules sans chauffeurs, les infrastructures digitales,  les «  smart-cities », les covoiturages et le commerce sans liquide.

 Les raisons données pour l’avantage compétitif de la Chine sont myriades, allant du simple nombre de consommateurs qui achètent en ligne, « du manque de système juridique pour le système bancaire chinois » qui a permis  de passer par-dessus le liquide ou le paiement par carte et a libéré un «  énorme commerce en ligne et un marché de services virtuels » utilisant le «  paiement virtuel »  et une diminution importante du nombre de médecins qui a amené le gouvernement à travaillé plus près des compagnies high-tech comme Tencent afin d’utiliser l’IA pour de la médecine «  prédictive ». Le rapport note qu’en Chine, les compagnies tech. «  ont l’autorité de lever rapidement les barrières régulatrices alors que les initiatives américaines sont liées à l’acception de l’HIPPA ou de la FDA ».

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Image: NSCAI

Plus que tout autre facteur cependant, la NSCAI pointe la volonté de la Chine de réaliser un partenariat public-privé dans la surveillance de masse et dans la collection de données comme élément majeur de son avancée compétitive. La présentation fait l’article « l’ appui explicite et l’engagement du gouvernement dans le déploiement de la reconnaissance faciale ». Elle argumente  le fait que «  la surveillance est un des premiers et meilleurs clients » pour l’IA et que plus encore « la surveillance de masse est une application géniale pour l’apprentissage profond  (deep learning.) »  Dans le documentaire titré :  Des bases de données étatisées : surveillance et smart-cities, note que la Chine, avec le concurrent principla de Google Alibaba, court en tête.

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Image: NSCAI

C’est important car la filiale de Google, Alphabet a promu cette vision  precise par l’intermédiaire de sa divion Sidewalks lab, choisissant une large portion du bord de mer de Toronto pour créer son prototype de «  smart-city ». Mais le projet de Toronto vient d’être annulé après deux ans de controverses incessantes liées à la quantité faramineuse de données personnelles collectée par Alphabet, le manque de protection de la vie privée,  et des bénéfices tout à fait discutables pour la ville dans son ensemble.

Cinq mois après cette présentation,  en novembre, la NSCAI  a publié un rapport intermédiaire afin de signaler plus nettement les inquiétudes à propos du besoin pour les USA de suivre l’adaptation chinoise à ces technologies controversées. « Nous sommes dans une compétition stratégique », dit ce rapport, obtenu via FOIA par le Centre d’information sur la protection des données personnelles (Electronic Privacy Information Center). « L’IA en sera le centre. L’avenir de la sécurité nationale et de l’économie sont en jeu »

Fin février, Schmidt rendait sa campagne publique, comprenant peut-être que l’augmentation de budget demandée par son conseil d’administration ne pourrait être approuvée sans une adhésion au projet beaucoup plus importante.

Dans une tribune libre  du NYT, titrée « J’ai dirigé Google. La Silicon Valley pourrait perdre la Chine » Schmidt en appelle à « un partenariat sans précédent entre le gouvernement et l’industrie » et une fois de plus faisant retentir le péril jaune : « L’IA ouvrira de nouvelles frontières dans tous les domaines, de la biotech à la banque et c’est également une priorité de la Défense. Si le courant actuel se poursuit, les investissements totaux de a Chine dans la recherche et le développement sont supposés dépasser  ceux des USA dans un dizaine d’années, et au même moment son économie sera devenue plus importante que la nôtre.  A moins que cette tendance ne change, nous serons en compétition dans 30 ans avec un pays ayant une économie plus forte, plus d’investissement dans la recherche et le développement, une meilleure recherche, un déploiement plus large des nouvelles technologies et des infrastructure informatiques plus fortes… Au bout du compte, la Chine est entrée en compétition pour devenir le premier  pays  du monde dans le domaine de l’innovation et les USA ne jouent pas pour gagner.

La seule solution pour Schmidt  est un apport massif d’argent public.  Louant le Maison blanche pour avoir demandé  le doublement des fonds pour la recherche en IA et dans les sciences quantiques, il écrit : « Nous devrions prévoir à nouveau de doubler les fonds dans ces champs  pendant que nous construisons la quantité institutionnelle nécessaire de laboratoires et de centres de recherche…Au même moment, le Congrès devrait approuver la demande présidentielle  d’un financement plus important dans le recherche et le développement de la défense depuis plus de 70 ans. Et le Département de la défense devrait capitaliser cet apport afin de créer les conditions de découvertes  dans les momaines de l’IA, des applications de la physique quantique, de l’hypersonique et d’autres domaines technologiques prioritaires. »

C’était exactement deux semaines avant que l’explosion du CV19 soit déclarée pandémique et il n’est pas fait mention du fait que cette expansion vaste et technologique soit faite pour protéger la santé des Américains. Elle a pour seul but de ne pas être dépassés par la Chine. Mais, bien sûr cela va vite changer.

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Depuis deux mois, Schmidt a reformaté ses demandes : pour de massives dépenses publiques en recherche high-tech et en infrastructure, pour un pivotement du « partenariat public-privé » dans le domaine de l’IA et pour l’assouplissement de la myriade de protections de la vie privée et de la sécurité, dans un exercice de reconfiguration agressive. Maintenant, toutes ces mesures (et plus) sont vendues au public comme notre seul espoir de nous protéger contre le virus qui sera avec nous pendant les années à venir.

Et les compagnies high-tech avec lesquelles Schmidt a de profond liens et qui sont présentes dans les comités de conseils influents qu’il préside, se sont toutes repositionnées comme les protecteurs bienveillants de la santé publique et les champions des “ héros du quotidien » que sont les travailleurs essentiels ( dont de nombreux, comme les livreurs perdront leur empli si ces compagnies arrivent à leur fin.) Il y a moins de deux semaines, au sein du confinement de l’état de NY, Schmidt  a écrit une tribune libre  pour le Wall Street Journal  qui  donnait à la fois le nouveau ton et laissait clairement entendre que la Silicon Valley avait toutes les intentions d’utiliser la crise pour un changement permanent.

Comme tous les Américains, les technologistes essaient de faire leur part pour soutenir le combat contre la pandémie. Mais chaque Américain devrait se demander dans quelle nation il souhaite vivre quand la pandémie sera terminée. Comment les technologies émergentes utilisées face à la crise actuelle pourraient-elles nous amener à un meilleur futur ?  Des compagnies comme Amazon savent comment se fournir et distribuer efficacement. Elles devront fournir les services et les conseils aux officiels gouvernementaux qui n’ont pas le système informatique adéquat ni l’expertise.

Nous devrions également accélérer la tendance à l’enseignement à distance qui est testé maintenant plus que jamais auparavant.  En ligne, il n’y a pas besoin de proximité, ce qui permet aux étudiants d’avoir cours avec les meilleurs enseignants, quel que soit le lieu où ils vivent.

Le besoin d’une expérimentation à grande échelle et rapide accélérera aussi la révolution biotechnologique. Finalement le pays est très en retard pour ses infrastructure digitales. Si nous devons construire notre économie à venir et notre système éducatif basé sur le télé-tout, nous devons avoir une population complètement connectée et des infrastructures hyperperformantes. Le gouvernement doit donc investir massivement- peut-être en tant que partie d’un paquet stimulus- afin de convertir les infrastructures nationales en bases cloud et pour les relier à la 5G.

Bien sûr, Schmidt poursuit sans répit cette vision. Deux semaines après la parution de sa tribune, il a décrit  le système ponctuel d’enseignement à distance q professeurs et familles à travers le pays étaient tenues de bricoler ensemble pendant l’urgence sanitaire comme « une expérimentation de masse dan l’enseignement à distance. » Le but de cette expérimentation, a-t-il ajouté est d’essayer  « de découvrir comment les enfants apprennent à distance, et  et avec ces données, nous devrions être capables de créer des outils plus performant d’enseignement à distance qui, en étant combinés avec les enseignants aideront les enfants à mieux apprendre. ». Lors de ce même appel video,  organisé par l’ Economic Club of New York, Schmidt  a aussi évoqué la nécessité de plus de santé à distance, plus de 5G, plus de commerce en ligne et le reste de la liste de vœux préexistante. Tout ceci au nom du combat contre le Coronavirus.

Son commentaire le plus révélateur pourtant est celui-ci : « Le bénéfice de ces entreprises, que nous aimons à dénigrer, en terme d’habileté à communiquer, d’habilité à traiter les questions de santé, l’habilité à traiter l’information est profond. Pensez à ce que serait votre vie aux USA sans Amazon. ». Il a ajouté que les gens «  devraient être un peu plus reconnaissants du fait que ces compagnies détiennent le capital, ont effectué les investissements, construit les outils que nous utilisons maintenant, et qui nous ont été d’une si grande aide. »

WASHINGTON, DC - NOVEMBER 05:  Executive Chairman of Alphabet Inc., Google's parent company, Eric Schmidt speaks during a National Security Commission on Artificial Intelligence (NSCAI) conference November 5, 2019 in Washington, DC. The commission held a conference on "Strength Through Innovation: The Future of A.I. and U.S. National Security."  (Photo by Alex Wong/Getty Images)

Le professeur associé Carol Dysinger, sur la droite, de la  New York University Tisch School of the Arts tient sa r classe d’enseignement à distance hebdomadaire pour une classe d’étudiants en Arts du spectacle le 9 avril 2020 dans so appartement de Brooklyn.

Troisième et dernière partie à venir