Les racines de la crise Russie-USA pourraient mener à une Troisième guerre mondiale. Est-ce que l’apocalypse peut être évitée ? par Edward Lozansky et Matthew Ehret

Si on questionnait en France ou en Europe les sources des positions “Anti-Trump”, on serait vraisemblablement surpris de constater qu’elles reposent sur une “émotion” et quelques “idées” principalement nourries par la construction de certitudes ancrées sur des chimères. Sur l’appartenance à travers ce rejet aux dogmes des modes également mais c’est un autre développement. Dans ces temps peu enclins à la dialectique, soyons claire : il ne s’agit absolument pas de manifester de quelconque solidarité ou engagement par rapport aux choix visibles ou aux comportements de celui que, dès la première heure, on a considéré comme un simple symptôme des maux plus profonds et mal identifiés qui parcourent l’Amérique en son sein, mais de tenter d’adopter une posture critique, c’est à dire argumentée, pour déjouer l’irrationnel de la virulence des positions, et l’étrangeté des sentiments d’immense “soulagement” manifestés comme des évidences de comportement politique rationnel outre-Atlantique et moindrement ici.Ces exaltations socio-médiatiques ne peuvent que conduire à questionner d’où peut venir une telle “passion” et en parallèle, une telle prise de position favorable à tout ce qui peut vouloir à la fois continuer de conspuer, d’incriminer et simultanément d’éliminer ce mandat de la surface de la terre. Et alors, le spectre de la clairvoyance se rétrécit singulièrement, car en accompagnant ce choix pour un candidat à la seule aune de sa “gentillesse” contre la “méchanceté ” de son concurrent, même si ces deux qualificatifs ne sont pas utilisés comme tels, on entre’aperçoit ce qui se manifeste de totalement irrationnel et purement subjectif à travers des postures sans étayages et sur une méconnaissance ou une forme d’amnésie structurelle. Les traductions à venir vont donc porter sur l’analyse et le traçage des partenaires que ce “gentil” candidat ramène avec lui, hommes et nombreuses femmes pour la plupart totalement inconnus en France, en privilégiant bien sûr la mise au jour de leurs positions face à l’ingérence et à l’impérialisme de la nation de l’Exceptionnalisme.Ce sont pour la plupart des personnes actives depuis des années tant au nouveau des multiples et toutes-puissantes fondations, de l’activité dans les lobbies que plus directement au sein des anciennes administrations.Dans l’état d’esprit infantile et infantilisé de l’électeur de masse, sujet à des émotions plus qu’à des analyses, il s’agira de rafraîchir les mémoires ou simplement offrir un peu plus de matière aux affirmations péremptoires surtout dans des champs à si hauts risques que ceux de la politique étrangère américaine et, qui sait, peut-on rêver ? Permettre que ces postures soient soumises un peu plus au doute sur les évidences qu’à la passion aveugle. EG

“President Trump has belittled, undermined and abandoned U.S. allies and partners, and abdicated American leadership, as president, I will take immediate steps to renew the alliances of the United States, and ensure that  America, once more, leads the world.” J. BIDEN

Les racines de la crise Russie-USA pourraient mener à une Troisième guerre mondiale. Est-ce que l’apocalypse peut être évitée ?

The roots of US-Russia crisis that could lead us to WWIII. Can the Doomsday be avoided?

Par  Edward Lozansky et  Matthew Ehret – Mercredi, 28 Octobre, 2020

“Les racines de la crise Russie-USA pourraient mener à une Troisième guerre mondiale. Est-ce que l’apocalypse peut être évitée ?” Edward Lozansky et Matthew Ehret – Mercredi 28 Octobre 2020
Cet article paru dans le Washington Times date de quelques jours avant le résultat des élections. Il semble important, voire essentiel de mettre l’accent sur les implications internationales du résultat de ces dernières, le mode obsessionnel des campagnes anti.Trump tout au long de son mandat, braquées sur la Russie, quelles que soit les conclusions des enquêtes pourtant si longues et si onéreuses menées par les différents “experts” laissant craindre, derrière les vociférations médiatiques, une sorte de “besoin stratégico-militaire” de reprendre les tensions là où l’ex.URSS les avait laissées. Il va de soi que le plus inquiétant dans ce contexte de renouveau de la guerre froide qui a travaillé en profondeur les mentalités de la partie anti-Trump de ce pays pendant quatre années, verra dans l’élection d’un démocrate les postures belliqueuses s’exprimer au grand jour et les arguments fallacieux bombardés par les médias pour les légitimer devenir des certitudes dans l’esprit de ceux qui ne peuvent ou ne veulent sortir de leurs carcans imaginaires. Un des points d’achoppement majeur dans le contexte de délitement de la conscience politique actuelle est le goût spécifiquement néolibéral pour l’image des représentants et les fantasmes qui l’accompagnent, amplement nourris par les médias aliénés. Il est nécessaire de se demander si ce qui importe n’est pas leurs choix politiques et leur capacité de mise en acte de ces choix plutôt que la couleur de leur cuir chevelu. Mais la promotion outre-Atlantique de l’Amour et de la Haine comme données validant les engagements politiques a corrompu tout espoir de recherche de l’objectivité au profit des positions spontanément infantiles et consuméristes de la masse, mue par ses passions plutôt que par sa capacité d’analyse et le travail de réflexion qui devrait s’effectuer avant toute décision.
Les “solutions” pour la détente proposées ici sont contestables, les postures politiques le sont aussi, mais encore une fois, nous sommes en des temps où il est urgent de sortir des appartenances partisanes revendiquées, les choix de chaque parti n’étant que plus ou moins dangereux pour la paix mondiale. La seule action possible face à l’intoxication médiatique et au soutien aveugle d’individus qui n’ont de politiciens que le nom et agissent comme les filtres entre la “masse” et les réels acteurs au pouvoir, est de s’extraire de toute appartenance tout en cultivant le travail d’élaboration critique avant tout non partisane. EG

ANALYSE/OPINION :

Comme nous nous rapprochions des élections historiques de novembre, l’intensité de la crise entre les US et la –Russie s’accroît.

On assiste à un flot ininterrompu de déclarations de la part des politiciens américains  de deux partis et les médias suggèrent que la Russie est maintenant la menace  majeure pour la sécurité et la démocratie américaine.

Selon le Washington Post, la Russie peut ne plus avoir besoin de hacker les élections de 2020 « puisqu’elle peut hacker quelque chose d’autre : les esprits. » Le magazine Politique étrangère appuie ce discours en avertissant que les Russes « n’ont seulement qu’à nous effrayer en nous faisant croire qu’il y a un agent du Kremlin  manipulant chaque machine et un troll écrivant sur chaque post de Face Book. » La dernière perle des scénaristes du Russiagate a été que c’était le Kremlin lui-même qui avait pénétré dans l’ordinateur portable de Hunter Biden afin d’y inclure des documents compromettants pour son père. Quand vous entendez, voyez, lisez  constamment, cette sorte de rhétorique, vous ressentez un malaise à l’ide que les USA et la Russie sont entrain de rapidement se diriger vers une confrontation militaire avec des conséquences méga-catastrophique pour les deux pays et pour le monde.

Avec de telles perspectives si noires à l’horizon, est-ce que cela vaut la peine de demander si nous pouvons faire quoi que ce soit pour éviter ce scénario tragique ? La réponse est « oui », mais avant d’explorer quelques unes des solutions, cela sera utile de faire une brève incursion afin de voir ce qui nous a amené à la précarité de cette actuelle situation. Ceux qui sont les témoins et a fortiori ceux qui ont portés les changements dans l’Union soviétique de la fin des années 1980 et en Russie au début des années 1990 ne se souviennent que trop bien de l’euphorie d’alors. Les heures noires du communisme totalitariste  reculaient dans le passé et le peuple russe était prêt et impatient de joindre la grande famille des pays de l’Ouest. Après des années de souffrance, ils étaient prêts à apprécier des valeurs basiques comme la liberté, la démocratie, les droits humains, un Etat de droit, une économie de marché et d’autres bénéfices réels ou imaginaires qui leur étaient associés. En  Avril 1989, bien avant l’effondrement de l’URSS, une importante délégation américaine se rendit à Moscou, à l’invitation de l’équipe de Gorbachev, à sa tête, deux Sénateurs, Phil Gramm (R-TX)  et Bob Kasten (R-WI) accompagnés par deux ambassadeurs, plusieurs experts en politique étrangère et même des dissidents soviétiques exilés , de façon à avoir une discussion avec les principaux experts soviétiques et les officiels du gouvernement sur «  comment comprendre les valeurs de la civilisation occidentale. »

C’était l’époque où fraîchement sortis du joug du communisme, les Russes étaient pressés d’embrasser tous ces idéaux et attendaient avec confiance qu’ils se matérialisent avec l’aide, en tout premier lieu, des Etats-Unis. A cette époque, le Président George H.W. Bush parlait d’une nouvelle architecture sécuritaire  allant de « Vancouver à Vladivostok » et avertissait les Ukrainiens sur les dangers d’une rupture avec la Russie.  Le Secrétaire d’état James Baker persuada Gorbachev que s’il consentait à la réunification de l’Allemagne, les forces de l’OTAN ne se déploieraient pas vers l’Est. Malheureusement,  Bush perdit les élections en 1992 et avec Bill Clinton à la Maison blanche, tous nos rêves de la Russie devenant part de l’Ouest partirent en fumée. Il existe plusieurs histoires racontant comment se produisit ce déraillement mais le meilleur peut être trouvé dans le rapport du Congrès de l’année 2000  signé par de nombreux membres de la Chambre. Selon ce rapport, Clinton décida de délégué la prise de décisions concernant la politique à l’égard de la Russie au Vice Président Al Gore,  à Strobe Talbott au Ministère des affaires étrangères et à Lawrence Summers au Ministère des finances. Les résultats du travail de cette “ Troïka » sont maintenant bien connus. L’économie de la Russie s’effondra d’une façon pire que pendant le Deuxième guerre mondiale. Des millions perdirent leur emploi et leurs revenus. La liberté de tendre vers la prospérité économique se changea en liberté pour le capitalisme délinquant qui devint l’ordre économique prévalent.

Il n’y avait pas que les Russes qui croyaient que les forces consciemment amenées par l’Ouest amenaient un état catastrophique des affaires en même temps que ses nombreux conseillers et membres officiels du FMI. John Lloyd, ancien chef de bureau pour Moscou pour le Financial Times écrivit que les USA empoisonnaient la transition Russe du Communisme vers la liberté en permettant à des oligarques, – au nom de la liberté du marché- de récupérer toutes les ressources de la Russie et de siphonner tout ce qui avait de la valeur en le déposant sur leur compte en banque offshore. Dans l’esprit des Russes de base le « Capitalisme devenait l’équivalent du vol » Le rédacteur du Washington Post David Ignatius dans son article d’août 1999 intitulé : « Qui a volé la Russie ? Est-ce qu’Al Gore est au courant du pillage massif ? » répond que c’est, bien sûr le cas. « Ce qui attriste tant les Russes, c’est que l’administration Clinton peut avoir  compromis un des atouts les plus précieux qu’on puisse imaginer – celui de l’idéalisme et de la bonne volonté du peuple russe alors qu’il émergeait de 70 années de règles communistes. Il est probable que la débâcle de la Russie nous hante sur des générations.  Gore a joué un rôle clef dans ce processus désordonné et il a de nombreuses explications à nous donner. » dit  Ignatius  qui ajoute également des preuves des «  maudits détails de la complicité des USA dans ce processus », évoqués par l’ancien responsable du Post pour la Russie, Robert Kaiser.

Bien, c’était en 1999, maintenant les rédactions et à de rares exceptions, l’ensemble des médias US font tout leur possible pour promouvoir le Russiagate et bloquer toute autre histoire qui ne collerait pas à cette théorie. Lorsqu’il s’agit des Affaires étrangères, les Russes -pas seulement l’élite mais les citoyens également- ont observé avec étonnement et stupeur les méthodes utilisées par l’Occident pour promouvoir ses « valeurs ». Pendant les années post-soviétiques, l’OTAN, qui, durant lea Guerre froide avait juste 16 membres pour contenir une menace soviétique réelle, s’est étendu d’une façon démente en ajoutant 13 pays supplémentaires ( plus la Géorgie et l’Ukraine qui sont encore sur la liste d’attente) afin de faire face à une menace qui n’existe plus. L’ancien ambassadeur US à Moscou, George Kennan  a appelé l’expansion de l’OTAN sous Clinton :   « une erreur tragique »  alors que le Sénateur démocrate  Daniel Patrick Moynihan  a dit, en évoquant l’ extension de l’OTAN, «  nous parlons-là d’une guerre nucléaire ».

Monsieur Poutine a commencé son mandat en 2001, en poursuivant les tendances de Gorbatchev et de Yeltsin vers un partenariat avec les USA lorsqu’il a offert à l’Amérique plus d’aide en Afghanistan que celle de tous les alliés de l’OTAN combinés. Je me souviens qu’à cette époque, lors de nos forums réguliers US . Russie, au Capitol hill, un des membres du Congrès après qu’un autre ait loué Mr. Poutine comme étant « notre homme du Kremlin ». Au-delà de l’expansion de l’OTAN, un bon gros «  merci » fut adressé à Moscou par les Présidents Clinton, , Bush, Jr  et Obama sous la forme du bombardement de Belgrade, de l’abrogation unilatérale du Traité ABM, et d’une croisade de promotion de la démocratie  pour éjecter les gouvernements légalement élus dans l’espace post-soviétique à travers des révolutions «  de couleur ». En même temps, le monde a été le témoin des assauts contre l’Irak, la Syrie, et le “ Printemps arabe” plus largement, avec chaque intervention laissant une trainée sanglante de morts innombrables, de chaos, de ruines, de haine et de conflits. Bien sûr, tout cela a été commis strictement pour la promotion des “ valeurs de l’Occident” mais le résultat n’a pas été seulement une misère et une dévastation complètes de ces pays mais aussi un énorme flot de réfugiés d’Afrique et du Moyen-Orient, ceci sans mentionner la montée d’ISIS- une nouvelle génération de terroristes qui peuvent facilement faire honte à Al-Qaida.

En Ukraine, il nous a été dit que la chute du Président élu légitimement et l’absorption de ce pays par la Communauté européenne n’avait rien à voir avec la géopolitique mais était simplement une avancée de la démocratie et, bien sûr des valeurs occidentales. Cependant, l’inconfortable réalité derrière le mythe projeté par Washington, est que le schéma de l’association avec l’EU était aussi prévu pour affaiblir la Russie en brisant en coulisse ses liens historiques, familiaux, religieux et commerciaux avec l’Ukraine en faveur de l’OTAN et que à cette époque, la majorité des Ukrainiens ne voulait pas que leur pays rejoigne ce bloc. Plus proche de nous, les preuves continuent de s’accumuler sur la mystification du Russiagate, quand le Chef du DNI John Ratcliffe a dévoilé un document révélant que les agences de renseignements américaine étaient en possession d’une information «  affirmant que la candidate à l’élection présidentielle Hillary Clinton avait approuvé un plan de campagne qui devait provoquer un scandale contre Donald Trump en le liant à Poutine  et au piratage russe du Democratic National Committee. »

Ceci est non seulement une tentative directe de coup d’état mais peut aussi, encore, nous conduire à une guerre avec un des plus important pouvoir nucléaire.

Le chemin vers la paix

Une question évidente demeure : y a-t-il quelque chose de possible afin d’éviter l’apparition d’un désastre et existerait-il un projet gagnant-gagnant qui puisse bénéficier à toutes les parties pendant que nous naviguons vers la tempête qui vient. Le Président Trump ne cesse de répéter que de bonnes relations avec la Russie sont une bonne chose pour les USA mais jusqu’ici, il n’a pas été à même de donner du poids à ses mots par des actes à cause de la forte résistance des colonies de va-t’en guerre de chaque côté du panel. Peut-être qu’un second terme, allégé du poids du Russiagate pourra-t-il lui donner la liberté d’avancer vers ses objectifs d’une façon qui n’était pas envisageable lors de son premier mandat. Un domaine vital pour une coopération pacifique est la vaste zone de l’Arctique non développée qui a déjà attiré des partenaires venus de tous les coins du monde. La récente acceptation par le Président Trump du projet de chemin de fer Alaska-Canada est un excellent complément au programme de l’extension russe de la Route polaire de la soie vers le Nord. D’une façon plus importante, ce projet représente un frein aux va-t’en guerre qui n’ont cherché qu’à développer la confrontation militaire sur la frontière nord de la Russie Si cela n’est pas saboté, ce projet pourrait favoriser le tant attendu projet de tunnel dans le Détroit de Béring que à la fois la Chine et la Russie ont déjà accepté et le rapprocher de la réalité.

Une autre ouverture vers la coopération entre les US et la Russie pourrait être l’élargissement du corridor des Transports internationaux Nord Sud de la Russie en passant par le Caucase vers l’Iran et puis l’Inde qui est de plus en plus partie prenante dans l’émergence de la Route de la soie polaire.   Si les USA choisissent d’appliquer le modèle de développement économique utilisé afin de sortir du conflit entre la Serbie et le Kosovo et de trouver une solution pacifique, alors les opportunités de création d’un nouveau développement dans la région Arménie and Azerbaïdjan sont illimitées. Et, pendant que nous y sommes, pourquoi les USA et la Russie ne s’embarqueraient pas dans le développement de projets à long termes dans le développement de l’énergie nucléaire dans les pays en voie de développement ? La Russie est devenue déjà un des premiers exportateurs d’électricité nucléaire  en Afrique et lors des dernières semaines, Trump a validé la construction d’un réacteur nucléaire pour l’Afrique du sud et la Pologne,  utilisant l’International Development Finance Corporation qui pourrait facilement devenir un outil majeur pour la croissance économique globale.  Le vaste besoin de désalinisation dans le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie et la sécheresse qui ravage la côte ouest des Etats-Unis eux-mêmes rendent l’application de l’énergie nucléaire pacifique indispensable au 21ième siècle.

D’autres domaines de coopération pourraient être bénéfiques au monde entier impliquent l’eau et la sécurité alimentaire pour de nombreux pays faisant l’expérience de problèmes avec l’approvisionnement sur ces deux points vitaux. Lors d’un passé pas si éloigné, les USA et l’URSS furent fréquemment au bord d’un conflit nucléaire mais certains Présidents des USA, dont Nixon et George H.W. Bush s’organisèrent pour éloigner les deux superpuissances nucléaires d’une confrontation et pour la diriger vers une amitié et dans certains cas vers un partenariat. Si Trump suit leurs idées nous pouvons encore éviter la montée de la catastrophe et corriger les dégâts provoqués par ses trois prédécesseurs.

Ceux qui ont d’autres bonnes idées sont les bienvenus pour les exposer sur la site :  www.RussiaHouse.org/wrf.php

• Edward Lozansky est Président de l’Université américaine à Moscou.  Son livre  “Building US-Russia Bridges”  est disponible sur Amazon. Matthew Ehret est enseignant titulaire de l’American University à Moscu et co-fondateur de la  Rising Tide Foundation.

L’ennemi de l’intérieur / Chris Hedges

The enemy Within

L’ennemi de l’intérieur

Chris Hedges

Columnist

 

The Enemy Within

Mr. Fish / Truthdig

Notre démocratie n’est pas en péril. – Nous ne sommes pas en démocratie. L’image de notre démocratie est en péril. L’état souterrain ( The deep state) – les généraux, les banquiers, les corporations, les lobbyistes, les responsables de l’intelligence, les bureaucrates et technocrates du gouvernement – a l’intention de sauver la marque. Il est difficile de trompeter au monde que vous êtes le gardien de la liberté avec Donald Trump déblatérant d’une façon incohérente à propos de lui-même, incitant à la violence raciste, insultant nos alliés de longue date, avec la presse, la cour suprême, le Congrès, tweetant de inepties mal orthographiées et dénonçant impulsivement ou sabotant la politique intérieure ou étrangère. Mais le péché le plus impardonnable de Trump aux yeux de l’état souterrain est la critique des guerres interminables menées par l’empire, même si il manque des compétences intellectuelles ou organisationnelles pour superviser un désengagement.

L’état souterrain a commis la plus grande erreur stratégique de toute l’histoire des USA quand il a envahi et occupé l’Afghanistan et l’Irak.   De tels fiasco militaires, une caractéristique des empires sur le déclin sont nommées des actes de micro-militarisme. Les empires agonisants gaspillent leur dernier capital, économique, militaire ou politique sur des conflits futiles, non négociables et ingagnables jusqu’à ce qu’ils s’effondrent. Ils cherchent par ces actes micro-militaires à regagner une ancienne domination  ou une stature perdue.  Les désastres s’empilent les uns sur les autres. Les architectes de notre spirale impériale mortifère sont intouchables. Les généraux incapables et les politiciens qui génèrent l’empire ne sont compétents que dans une chose : se perpétuer eux-mêmes.   Personne n’est tenu de rendre des comptes. Une presse servile traitent ces mandarins avec une vénération quasi religieuse. Généraux et politiciens, dont beaucoup auraient dû être remerciés ou poursuivis en justice se voient, au moment de leur retraite, attribués des sièges dans les conseils d’administration des fabricants d’armes, pour lesquels ces guerres sont immensément profitables. Ils sont sollicités par la presse servile pour fournir au public des analyses sur le foutoir qu’ils ont eux-mêmes créé. Ils sont hissés comme des exemples d’intégrité, de service désintéressé, et de patriotisme.

Après maintenant presque vingt années, chaque objectif prétendument utilisé pour justifier nos guerres au Moyen-Orient a été débouté. L’invasion de l’Afghanistan était supposée effacer Al-Qaida, au lieu de ça, Al-Qaida a migré pour remplir les vides de pouvoir que l’état souterrain avait créé lors de ses guerres en Irak, en Syrie, en Libye et au Yémen. La guerre an Afghanistan, transformée en une guerre contre les Talibans  qui ont maintenant le contrôle de la presque totalité du pays et met en danger e régime corrompu que nous avons installé à Kaboul. L’état souterrain a orchestré l’invasion de l’Irak, qui n’avait rien à voir avec les attaques du 11 septembre. Il a prétendu en toute confiance pouvoir construire une démocratie dans le style occidental et affaiblir le pouvoir de l’Iran dans la région. Au lieu de ça, il a détruit l’Irak en tant que pays unifié, montant les factions ethniques et religieuses les unes contre les autres. L’Iran, qui était très proche du gouvernement Shiite dominant à Bagdad, en est sorti encore plus fort. L’état souterrain a armé les rebelles «  modérés » e Syrie dans un effort d’évacuer e Président Bashar Assad, mais quand il a réalisé qu’il ne pourrait pas contrôler les djihadistes  – auxquels il avait fourni plus de 500 millions en armes et assistance- l’état souterrain a commencé à les bombarder  et à armer les rebelles Kurdes contre eux. Ces Kurdes qui plus tard seront trahis par Trump. La «  guerre contre la terreur »  s’est étendue comme la peste de l’Afghanistan à l’Iraq, à la Syrie et à la Libye et au  Yémen,  qui après cinq années de guerre souffre d’un des désastres humanitaires les pire au monde. Le coût financier de cette misère et de ces morts est entre 5 et 8 trillions d dollars. Le coût humain est aux alentours de centaines de milliers de morts et de blessés, de villes détruites, de villages et d’infrastructure saccagées et de millions de réfugiés.

Trump  a commis une hérésie politique lorsqu’ il a osé pointer du doigt la folie d’une armée sans contrôle. Il va payer pour ça. L’état souterrain entend le remplacer par quelqu’un d’autre – peut-être Mike Spence, aussi vide moralement et intellectuellement que Trump – et qui fera ce qu’on lui dit.  C’est le rôle de l’exécutif aux USA : personnifier et humaniser l’empire. Et le faire avec pompes et dignité. Barack Obama—qui a spécieusement réinterprété l’Autorisation pour l’usage de la force armée de 2001 (Authorization for Use of Military Force) afin de donner à l’exécutif le droit d’assassiner à l’étranger, même un citoyen américain soupçonné d’être un terroriste – a excellé à ce jeu.

Chris Hedges is a Truthdig columnist, a Pulitzer Prize-winning journalist, a New York Times best-selling author, a professor in the college degree program offered to New Jersey state prisoners by Rutgers…

Traduction : Elisabeth Guerrier

“Deep state” a été remplacé dans cette traduction par ” Etat souterrain”

Berner les Américains sur  la santé et la guerre Nicolas J S Davies

 

Duping Americans on Healthcare and War Nicolas JS Davies

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

Force de dissuasion ou agression ?

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

La persécution du gros bâton

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

Le problème d’une menace crédible

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

Le déloyal Colin Powel

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

Tags: Barack Obama Colin Powell Donald Trump George W. Bush Healthcare Hillary Clinton Nicolas J S Davies

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Après la lapidation d’une jeune afghane, “Comment ne pas croire que demain ce sera notre tour ?”

How can we believe to morrow isn’t our turn? in Global Voice

Cet article devait trouver sa place dans les échanges du site Global Voice, il a été écrit avant les attentats de Paris et la traduction en français est restée en suspens à cause de la sensibilité du thème dans un tel contexte Mais il faut le publier, il faut que le plus de personnes possible lisent ce qui est le sort des femmes afghanes aux prises avec un des systèmes patriarcaux les plus mortifères de la planète. Au-delà des considérations socio-religieuses, politiques ou culturelles, il semble qu’on peut simplement se demander comment les règles de ce patriarcat permettent d’ôter, au nom de l’honneur et du pouvoir aveugle des hommes sur toutes les femmes, la vie à un individu dans des conditions aussi terribles. La souffrance, la lenteur de la mort donnée, la vue des blessures et le bruit des chocs sur les os… comment une créature peut-elle s’adonner à une telle fête de la barbarie ?

Avertissement : cet article contient des images choquantes 

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Une image de la vidéo de RFE/RL montrant une jeune femme lapidée à mort.
Fin octobre, une jeune Afghane accusée d’adultère a été lapidée à mort à Firozkho, capitale de la province de Ghor. Une courte vidéo, obtenue par Radio Free Europe, montre la jeune femme, identifiée sous le nom de Rokhshana, enterrée jusqu’au cou et hurlant pendant que des hommes lui jettent des pierres en chantant ” Il n’existe pas d’autre Dieu qu’Allah “. (Avertissement : séquence extrêmement perturbante).
“Rokhshana a été contrainte d’épouser un vieil homme contre sa volonté et elle a été lapidée après avoir été surprise en train de fuir avec un autre homme dans la province de Ghor” a dit à Tolo News le Général Mustafa, chef de la police de la province de Ghor après la lapidation du 25 octobre.
La Gouverneure de la province Seema Joyenda — une des deux seules femmes gouverneures d’Afghanistan – dit que la famille de Rokhsana l’a mariée contre sa volonté.
“L’homme qui s’est enfui avec elle a été puni d’une façon très clémente et n’a subi aucune violence physique” ajoute-t-elle, “c’est le premier incident dans cette zone et ce ne sera pas le dernier “.

The stoning to death of 19 year old Afghan girl Rokhshana is a reminder of the old Afghan proverb “Women are made for homes or for graves”.

— Saif Rahman (@SaifRRahman) November 6, 2015

La lapidation à mort de Rokhashana, jeune afghane de 19 ans, est un rappel du proverbe afghan : “Les femmes sont faites pour la maison ou pour la tombe”.

Un officiel local, Mohammad Zaman Azimi, blâme les talibans, qui contrôlent le village où la lapidation a eu lieu.

Le quotidien local 8 am affirme que l’ordre de lapidation de Rokhshana a été donné par un religieux, Mollah Yosuf, qui lui avait demandé plusieurs fois d’épouser son frère malgré son refus constant. Abdul Hai Khatibi, le porte-parole du gouverneur de la province dit que le rejet du frère de Yosuf par Rokhsana était la cause directe de la lapidation.

Selon des recherches menées par 8 am, Rokhshana était une jolie femme mais n’avait étudié que jusqu’en 6ème. C’était le deuxième fois qu’elle s’enfuyait de son domicile à cause d’un mariage arrangé.

La première fois elle s’est enfuie avec un homme qu’elle aimait quelques mois après avoir été forcée par sa famille à épouser un homme riche de la localité.

Cependant, ils n’eurent pas d’autre possibilité que de retourner dans leur village après que la famille du mari eut menacé la famille de Nabi et les eut pris en otage. Quand elle revint, son mari n’était plus intéressé par le fait de l’épouser et s’était marié avec sa sœur.

Néanmoins les aînés du village ont interdit à Rockhshana et Nabi de se marier.

Les tribulations de Rockhshana ont continué. Un homme de 55 ans a offert à son père une énorme somme d’argent pour pouvoir l’épouser. Bien qu’elle ait refusé et ait averti son père qu’elle s’enfuirait de nouveau, il a accepté cette proposition.

Elle mit sa menace à exécution, cette fois en s’enfuyant avec Gul Mohammad, fils d’un homme puissant du village. Tandis que Rokhshana était lapidée à mort, Gul recevait une punition plus légère de 100 coups de fouet et était renvoyé chez lui.

Le Président Ashraf Ghani a déclaré la lapidation non-islamique et criminelle et a ordonné une enquête approfondie sur ce fait-divers.

Les députés ont aussi condamné . Fawsia Koofi, une femme-députée de Badakhshan, qui avait fait campagne sans succès pour l’élection à la présidence en 2014 a dit : “Depuis les débuts de ce nouveau gouvernement, c’est le deuxième crime le plus horrible dans l’histoire humaine”. En mars, une jeune femme, Farkhunda, avait été battue à mort puis brûlée par une foule en colère à Kaboul- suivant de fausses accusations selon lesquelles elle aurait brûlé le Coran.

When you see #Rokhshana‘s stoning video, you hate yourself as a man, you hate yourself as a human being.

— Muhib Shadan (@muhibshadan) November 5, 2015

Quand vous regardez la vidéo de la lapidation de Roskhana, vous vous haïssez en tant qu’homme, vous vous haïssez en tant qu’être humain.

La vidéo de deux minutes – vraisemblablement réalisée sur le téléphone portable d’un témoin oculaire – a entraîné un flot de critiques sur les médias sociaux.
L’incident a déclenché l’indignation contre les politiciens passifs ainsi que contre les religieux extrémistes.
Un utilisateur de Facebook a commenté sous la vidéo dans laquelle des arlementaires condamnent la lapidation :

Vous, politiciens inutiles continuez de parler comme toujours. Honte sur vous tous !

La nouvelle horrible de la lapidation de Rokhshana coïncide avec le succès de Maryam Monsef à l’élection au Parlement canadien. Mme Monsef, une réfugiée née en Afghanistan, est la Ministre des institutions démocratiques dans le nouveau cabinet jeune et diversifié du Premier ministre Justin Trudeau.

 

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Les usagers des médias sociaux afghans ont comparé la vie de ces deux femmes afghanes en protestation contre les nouvelles lois liées à la violence contre les femmes dans l’ère post-talibans.

Les féministes se sont levées en nombre afin de chercher à rendre justice à Rokshana. Le 6 novembre, elles ont publié un memorandum dans lequel elles demandent au gouvernement d’effectuer une enquête sérieuse, en identifiant les personnes qui ont ordonné la lapidation.

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Des femmes de Kaboul protestent contre la mise à mort de Rokhshana.

 

Beaucoup, cependant, considèrent ces actions comme inefficaces.Les cas de Farkhunda et de Rokhshana ont amené les femmes afghanes à douter que leurs vies, sans parler de leurs libertés puissent être garanties en Afghanistan.

This girl #Rokhshana was stonned in #Afghanistan. How can we believe tommorow is not our turn? pic.twitter.com/a6R4hbJULN

— Estagidia (@SmyAmazon) November 5, 2015

Cette fille, #Rokhshana a été lapidée en #Afghanistan. Comment ne pas croire que demain ce sera notre tour ?

Un usager de Facebook commente :

Comment est-ce possible que quelqu’un prenne une pierre et la lance sur une femme à moitié enterrée ? Comment pouvoir vivre avec soi-même après avoir fait ça ?

Le code pénal afghan ne reconnaît pas la lapidation. Cependant, en 2013, quelques religieux extrémistes de la Chambre basse ont tenté de la légitimer.

Heureusement pour les femmes afghanes, la pression internationale a forcé le Président d’alors, Hamid Karzai, à rejeter cette proposition et à la remplacer par une ” détention prolongée” pour punir l’adultère.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier