AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: AFRICOM

CONGO : DECLARATION CITOYENNE DU 13 NOVEMBRE 2015.

Lettre au Président

Friends of the Congo

 

Avis aux participants au « Dialogue politique » : la ligne rouge que le Peuple ne permettra pas de franchir, sous aucun prétexte.

DECLARATION CITOYENNE DU 13 NOVEMBRE 2015.

1 – Alors que la convocation du « dialogue politique » annoncée il y a de cela plusieurs mois par le Président Joseph Kabila semble enfin imminente, nous, les signataires de la présente déclaration ;

2 – Convaincus de refléter dans la présente déclaration l’opinion et la détermination de l’immense majorité silencieuse de nos concitoyens ;

3 – Reconnaissant le droit pour le président de la République de convoquer un « dialogue politique » lorsqu’il l’estime nécessaire, et celui pour tout Congolais d’y participer, à condition de ne pas s’écarter du strict cadre de notre Pacte républicain qu’est la constitution du 18 février 2006 ;

4 – Préoccupés par les nombreux obstacles à la préparation et la tenue effective d’élections libres, crédibles et inclusives dans le respect des délais constitutionnels ; obstacles manifestement créés, entretenus ou aggravés par les institutions de la République elles-mêmes ;

5 – Tenons à rappeler au président de la République, à l’ensemble de la classe politique congolaise, ainsi qu’à tous ceux qui prendront part à ce « dialogue » trois points précis sur lesquels notre Peuple n’acceptera jamais que l’on transige, à aucun prix et sous aucun prétexte, à savoir :

  1. La révision ou la modification de la constitution du 18 février 2006 : le « dialogue » qui pourrait bientôt être convoqué par le Chef de l’Etat ne doit en aucun cas servir à « légitimer » une quelconque révision ou modification de la constitution du 18 février 2006, par référendum ou par toute autre voie, comme cela s’est récemment produit avec le soi-disant « dialogue de Sibiti » au Congo-Brazzaville voisin. Certes, la constitution actuelle est loin d’être parfaite (surtout après la malheureuse révision du 9 janvier 2011), mais le temps n’est plus en même favorable, et les circonstances ne sont pas propices pour se donner le luxe d’y retoucher afin de préserver la démocratie que tous avons accepté d’entamer au travers le référendum qui avait consacré ce texte de force exécutoire pour la vie de la nation;
  2. L’alternance à la tête de l’Etat : le 21 décembre 2016 au plus tard, les Congolais veulent et attendent fortement la prestation de serment d’un nouveau président de la République, en remplacement du président actuel qui aura alors achevé son second et dernier mandat constitutionnel. Notre peuple ne permettra aucune excuse pour ne pas respecter rendez-vous historique. Si le « dialogue » entrevu peut permettre de lever les obstacles à la tenue d’élections crédibles, inclusives, apaisées, et respectueuses des délais constitutionnels, devant conduire à cette alternance politique historique, ce sera tout à l’honneur de son initiateur et des participants.
  • L’actualisation préalable du fichier électoral avec notamment l’enrôlement de tous les Congolais en âge de vote : des millions de Congolais ont atteint l’âge de 18 ans depuis le dernier enrôlement des électeurs en 2011. Ils ont le même droit irréfutable que n’importe quel autre Congolais de participer au processus électoral en cours. L’Etat doit absolument s’assurer qu’ils sont enrôlés et participent pleinement aux prochaines élections comme tous les autres citoyens, et le dialogue en vue ne doit en aucun cas permettre de dérogation à cette exigence.

6 – Nous mettons fortement en garde le président de la République, la classe politique dans son ensemble, et tous les participants à ce « dialogue » contre tout « compromis » qui aurait pour but ou pour conséquence de toucher à l’actuelle constitution, ou d’empêcher l’alternance politique au sommet de l’Etat en 2016, ou encore de priver les « nouveaux majeurs » de leur droit de vote.

7 – Pareil compromis signifierait pour notre peuple la rupture pure et simple du Pacte républicain et l’obligerait à user de tous les moyens légitimes pour reprendre sa souveraineté, conformément à l’article 64 de la constitution du 18 février 2006. Bien entendu, ceux qui s’aventureraient dans une quelconque compromission sur les questions sus évoquées seraient tenus pour comptables des conséquences devant notre Peuple et devant l’histoire.

8 – Nous mettons le président de la République, la classe politique et tous les participants à ce « dialogue » devant leur conscience et les appelons instamment à épargner au pays une nouvelle crise inutile.

Enfin, nous appelons les citoyens congolais à rester éveillés et mobilisés pour préserver la démocratie dans notre pays, quel que soit le prix à payer.

Fait à Kinshasa, le 13 novembre 2015.

 

Les signataires :

 

 

Notice to the attendees to the « Political dialogue » : the red line the People won’t allow to be crossed, under no pretext.

Citizen Declaration of November the 13th 2015.

1 – While the « political talks » notification announced many months ago by President Joseph Kabila seem to be at last pending, we, signatories of the present statement;
2 – Convinced to reflect in the present statement the opinion and determination of our fellow citizens’ silent vast majority;
3 – Recognizing the right of the President to summon a « political dialogue » when he considers it necessary, and for all Congolese to participate, provided they do not deviate from the strict framework of our republican pact that is the constitution of 18 February 2006;
4 – Concerned by the many obstacles to the preparation and actual holding of free, credible and inclusive elections in accordance with the constitutional deadlines; manifestly created , maintained or aggravated by the institutions of the Republic themselves;
5 – Like to remind the President of the Republic,  and all the Congolese political class as well as all those who take part in this « dialogue »  three specific points on which our people will never accept that we compromise, at any price and under any circumstances, namely:

The revision or the amendment of the constitution of February 18, 2006: the « dialogue » that would soon be summoned by the Head of State must under no circumstances be used to « legitimize » any revision or modification of the constitution of February 18, 2006, by referendum or by any other way, as happened recently with the so-called « dialogue Sibiti » in the neighbouring Congo – Brazzaville. Certainly the present constitution is far from perfect (especially after the unfortunate revision of January 9, 2011), but the time is not the same, and the circumstances are not conducive to give themselves the luxury of touching itself so as to preserve the democracy that we all have agreed to enter into through the referendum that had dedicated this text executor forces for the life of the nation ;
The alternation at the head of the State: 21 December 2016 at the latest, the Congolese people want and expect strong swearing of a new President, replacing current President who will then have completed its second and last constitutional term. Our people will not allow any excuse for not respecting this historic rendezvous. If the foreseen « dialogue » can help remove obstacles to the holding of credible, inclusive, calmed, respectful of the constitutional deadlines, leading to an historic political change, it will be to the credit of its initiator and participants.
The prior update the electoral register including the enlistment of all Congolese in voting age: millions of Congolese have reached the age of 18 since the last registration of voters in 2011. They have the same irrefutable right than any other Congolese to take part in the current electoral process. The state must absolutely ensure that they are enrolled and fully participate in the forthcoming elections as any other citizens, and the dialogue in sight in order should in no case allow for derogation from this requirement. 6 – Nous mettons fortement en garde le président de la République, la classe politique dans son ensemble, et tous les participants à ce « dialogue » contre tout « compromis » qui aurait pour but ou pour conséquence de toucher à l’actuelle constitution, ou d’empêcher l’alternance politique au sommet de l’Etat en 2016, ou encore de priver les « nouveaux majeurs » de leur droit de vote.
6 – Such a compromise would mean for our people the sheer breach of the Republican Pact and would require him to use all legitimate means to regain its sovereignty, in accordance with the article 64 of the constitution of 18 February 2006. Of course, those who would venture in any compromise on the issues mentioned above would be held accountable for the consequences before our people and before history.
7 – We put the President, the political class and all participants in this « dialogue » in front of their conscience and call them urgently for saving the country a new unnecessary crisis.
Finally, we call for the Congolese people to remain alert and mobilized to preserve democracy in our country, whatever might be the cost.
Done at Kinshasa, November 13, 2015.

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Privatiser l’apocalypse Richard Krushnic et Jonathan King

Après une présentation rédigée par Tom Engelhart que nous avons souhaité garder, Richard Krushnic et Jonathan King nous convient à découvrir les dessous de cet énorme entreprise qu’est la maintenance, la conception et le stockage de l’armement nucléaire aux USA. Des sommes phénoménales, toutes évidemment issues des impôts de l’Amérique sont allouées à des entreprises et à des sous-traitants d’un des projets de destruction massive les plus radicaux que la planète ait connu. Fonds dont personne ne connaît effectivement le montant et qui se voient reconduits par les poussées régulières des lobbies qui achètent le Congrès. Dans une obscurité quasi totale, organisée et maintenue opaque par les corporations se prépare l’apocalypse.EG

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Privatizing the Apocalypse 

Krushnic and King, Le complexe nucléaire multi-national

Ils ont dirigé les compagnies les plus profitables de l’histoire et, pour le dire franchement, ils sont en train de détruire la planète. Dans le passé, étant donné l’obsession terroriste des USA, je les avais nommé « terraristes ». Je fais référence, bien sûr, aux CEO des compagnies de la « grosse énergie », qui lors de ces dernières années ont tout fait pour trouver de nouveaux  moyens d’exploiter chaque réservoir d’énergie fossile imaginable sur la planète et de le remettre dans l’atmosphère sous forme d’émissions de dioxyde de carbone. Une chose est sûre : tout comme les responsables des compagnies de tabac, de l’industrie du cuivre  ou des équipements d’amiante  l’ont fait avant eux, ils savent ce que leur attirance pour les méga-profits signifie pour nous. – regardons la saison des incendies dans l’ouest de l’Amérique cette année. Et pour nos enfants et petits-enfants. Si vous pensez que le monde fait face en ce moment à un afflux important de réfugiés, attendez juste que les sécheresses soient plus sévères  et que les inondations  des zones côtières  augmentent. 

Comme je l’ai écrit en 2013 avec ces trois industries, les résultats négatifs sont arrivés comme par hasard des années, voire des dizaines d’années après l’exposition et ont donc été difficiles à connecter avec elle. Chacune d’entre elles savaient qu’il existait un lien. Chacune utilisa le fait que le temps en était déconnecté  comme protection. Une différence : si vous étiez un cadre de l’industrie du tabac, du cuivre ou de l’amiante, vous pouviez faire en sorte que vos enfants ou vos petits-enfants ne soient pas exposés à vos produits. Sur le long terme, il n’y a pas ce choix quand il s’agit des industries fossiles et du CO2, car nous vivons tous sur la même planète  (bien qu’il soit aussi exact que les nantis des zones tempérées ne seront vraisemblablement pas les premiers à souffrir)

D’une façon assez remarquable, comme Richard Krushnic et  Jonathan King le mettent en évidence aujourd’hui, les profits amassés par un autre groupe de chefs d’entreprise sont tout autant liés à des façons intimes de potentiellement détruire la planète (au moins en tant qu’environnement habitable pour l’humanité et pour d’autres espèces) et des dizaines de millions de personnes. Ce sont les exécutifs qui dirigent les compagnies qui développent, assurent la maintenance et modernisent notre arsenal nucléaire et, tout comme les compagnies de l’énergie, utilisent leurs lobbies et leur cash pour constamment pousser Washington vers toujours plus de la même chose. Un jour, en regardant en arrière, les historiens (s’il en existe encore)  considéreront, sans doute possible, les activités de ces deux groupes comme les exemples ultimes de la criminalité. Tom.

Privatiser l’Apocalypse

Comment les compagnies de l’armement nucléaire réquisitionnent vos impôts 

Richard Krushnic et Jonathan Alan King 

Imaginons pour un moment une véritable absurdité : quelque part aux USA, les opérations hautement lucratives d’un panel d’entreprises sont basées sur la possibilité que tôt ou tard notre voisinage sera détruit et que vous et vos voisins vous serez anéantis. Et pas seulement vous et vos voisins mais d’autres individus et leurs voisins à travers toute la planète. Que penserions-nous de telles compagnies ?  De tels projets ?  Et des méga-profits tirés de tout cela ?

En fait de telles compagnies existent vraiment. Elles sont au service de l’industrie de l’armement nucléaire américain et du vaste arsenal, potentiellement destructeur de la planète, du Pentagone. Elles en tirent des profits massifs, leurs membres vivent des vies confortables dans notre voisinage et jouent des rôles actifs dans la politique de Washington. La plupart des Américains savent très peu sinon rien sur leurs activités et les médias ne se préoccupent que rarement d’enquêter sur elles et sur leurs profits, même si le travail qu’elles accomplissent est au service d’un futur apocalyptique au-delà de toute imagination.

Ajoutons à l’étrangeté de tout ceci une autre improbabilité. Les armes nucléaires ont été à l’affiche pendant des années et cependant l’attention actuellement est focalisée comme un projecteur sur un pays qui ne possède pas une seule arme nucléaire, et pour autant que puisse en témoigner  les services de renseignements américains, n’a montré aucun signe de sa volonté d’en construire une. Nous voulons parler, bien sûr, de l’Iran.

Par contre, presque jamais ne sont présents dans les nouvelles les arsenaux, eux parfaitement réels, qui pourraient faire des ravages sur la planète, tout particulièrement notre propre arsenal et celui de notre ancien ennemi, la Russie.

Dans le récent débat sur l’accord du Président Obama avec l’Iran et le fait de savoir s’il préviendrait ce pays de jamais développer son armement nucléaire, vous pouviez chercher partout afin de trouver une vraie discussion sur l’arsenal américain, même si le Bulletin of the Atomic Scientists estime qu’il comprend à peu près 4700 têtes nucléaires actives.  Ce qui inclut un large éventail de bombes et de missiles terrestres ou immergés. Si par exemple, un seul sous-marin nucléaire Ohio Class – et l’armée en a 14, équipés d’ogives nucléaires, devait lancer  ses 24 missiles Trident, chacun équipé de 12 mégatonnes de têtes nucléaires à cibles indépendantes, les villes principales de tout pays visé dans le monde pourraient disparaître et des millions de personnes mourir.

Bien sûr, les détonations et les incendies liés entraîneraient tant de fumée et de particules dans l’atmosphère que le résultat en serait un hiver nucléaire, déclenchant une famine mondiale et la mort possible de centaines de millions de personnes, y compris des Américains (où que soit tombé le missile). Cependant, comme dans un roman classique du Dr. Seuss, on devrait ajouter : ce n’est pas tout, oh, non, ce n’est pas tout ! En ce moment l’administration Obama projette d’investir un millier de milliards de dollars dans les 30 années à venir afin de moderniser et de mettre à jour les forces nucléaires américaines.

Étant entendu que l’actuel arsenal représente des capacités de tueries outrancières – il pourrait détruire de nombreuses planètes de la taille de la Terre aucune de ces dollars du contribuable en plus n’apportera aux Américains la moindre sécurité ou protection accrues.  Pour la sécurité de la nation, il importe peu que dans les années à venir, la précision de tir des missiles dont la tête détruirait complètement toute créature vivante dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres soit réduite de 500 à 300 mètres. Si une telle « modernisation » n’a aucune signification militaire évidente, pourquoi cette poussée pour des dépenses supplémentaires dans l’armement nucléaire ?

Un facteur signifiant dans la cagnotte du nucléaire américain passé régulièrement inaperçu : les corporations qui détiennent l’industrie nucléaire. Pourtant les pressions qu’elles sont à même d’exercer en faveur d’une augmentation constante des dépenses nucléaires sont radicalement sous-estimées dans ce qui est passé pour un « débat » sur le sujet.

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Privatisation du développement de l’armement nucléaire.

 

Commençons par ce simple fait : la production, maintenance et modernisation de l’armement nucléaire sont une source de profit pour ce qui est, dans son essence, un cartel. Ils ne font évidemment pas face à une compétition étrangère pour  les contrats, étant donné que ce que nous évoquons là est l’arsenal militaire américain et que les contrats offerts par le gouvernement sont protégés de la critique de l’audit par l’apparence de la sécurité nationale. En outre, le modèle affairiste utilisé  est celui du « coût ajouté », ce qui signifie que quel que soit le dépassement du coût comparé au devis initial, les entrepreneurs reçoivent un pourcentage de profit garanti au-dessus des coûts. De gros profits sont effectivement garantis, quels que soient le niveau d’inefficacité ou de surévaluation du coût que puissent concerner le projet. En d’autres mots, il n’est pas possible pour les entrepreneurs de perdre de l’argent sur leur travaux, qu’ils soient efficaces ou non. (Rien à voir donc avec le modèle de libre-échange de la production libérale)

Ces profits bien protégés et les firmes les amassant sont devenus un facteur majeur dans la promotion du développement de l’armement nucléaire, compromettant toute démarche de désarmement quelle qu’elle soit.  Des parties de ce processus devraient nous être familières bien sûr  puisque c’est une extension de la formule classique du Pentagone que l’économiste de l’industrie de l’Université de Columbia Seymour Melman a décrit d’une façon si frappante dans ses livres et ses articles. Une formule qui a produit  les infamies de marteau à 436 dollars et de cafetières électriques à 6322 dollars.

Etant donnés les processus et les profits, les entrepreneurs de l’armement ont un intérêt particulier à s’assurer que le peuple américain ait un sens aigu du danger et de l’insécurité  (même si ce sont eux qui sont devenus la source principale de danger et d’insécurité). Récemment la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires [International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)] a produit un rapport frappant :   « Ne misez pas sur la bombe »  rendant compte des chefs d’entreprise les plus importants et de leurs investisseurs qui profiteront des améliorations à venir de l’armement nucléaire.

En fonction de la pénombre sur la sécurité nationale qui entoure les programmes d’armement nucléaires du pays, des audits authentiques sur les contrats de ces compagnies ne sont pas accessibles au public. Cependant, au moins les plus importantes compagnies profitant des contrats d’armement nucléaire peuvent maintenant être identifiées.  Dans le domaine des systèmes de distribution nucléaire – bombardiers, missiles et sous-marins – ceci inclus un nombre de noms de corporations familiers : Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics, GenCorp Aerojet, Huntington Ingalls et Lockheed Martin. Dans d’autres secteurs comme la conception et la production, les noms en tête de liste sont moins connus : Babcock et Wilcox, Bechtel, Honeywell International, et URS Corporation. Pour les essais et la maintenance, les entrepreneurs comprennent Aecom, Flour, Jacobs Engineering et SAIC, les firmes qualifiées pour le ciblage et la guidance des missiles incluent Alliant Techsystem et Rockwell Collins.

Pour donner un bref aperçu des contrats : en 2014, ont été attribués à Bancock et Wilcox 76.8 millions de dollars pour l’amélioration des sous-marins Ohio Class. En Janvier 2013, il a été attribué 4,6 milliards de dollars  à General Dynamics Electric Boat Division afin de concevoir et de développer un sous-marin de dissuasion de la prochaine génération. Plus sur ce qui est su à propos de tels contrats d’armement peut être disponible dans le rapport de l’ICAN, qui identifie aussi les banques et autres institutions financières ayant investi dans les entreprises d’armement nucléaire.

Beaucoup d’Américains ignorant que la plupart de la responsabilité touchant le développement des armes nucléaires, leur production et leur maintenance ne dépend pas du Pentagone mais du département de l’énergie [Department of Energy, DOE] qui dépense plus en armement nucléaire que dans le développement de sources d’énergie renouvelables. Une des clefs du projet nucléaire du DOE est les laboratoires fédéraux où sont élaborés, construits et testés les armes nucléaires.  Il s’agit de Sandia National Laboratory  à Albuquerque Nouveau Mexique, du  Los Alamos National Laboratory (LANL) à Los Alamos, Nouveau Mexique, du Lawrence Livermore National Laboratories  de Livermore, Californie.  Ceux-ci, chacun à leurs tours, reflètent une tendance continue dans le secteur de la sécurité nationale, les sites dénommés «  GOCO » [Appartenant au gouvernement, dirigés par des exploitants / Government Owned, Contractor Operated]. Dans le cadre des laboratoires, ce système représente une privatisation des politiques de dissuasion nucléaire et des autres stratégies d’armement nucléaire. A travers leurs contrats avec URS, Badcock et Wilcox, l’Université de Californie et Bechtel, les laboratoires de l’armement nucléaire sont dans une certaine mesure privatisés. Le contrat de LANL à lui seul se monte à 14 milliards de dollars. De même le Savannah River Nuclear Facility, à Aiken, en Caroline du sud où les têtes nucléaires sont fabriquées, est dirigé à la fois par Flour, Honeywell International et Hutington Ingalls Industries. Carolina. Leurs contrats avec le DOE pour les opérations de 2016 se montent à environ 8 milliards de dollars. En d’autres termes, pendant ces années qui ont vu la montée des corporations de guerriers  et une privatisation significative de l’Armée américaine et des agences de renseignement,  on peut assister à un même processus dans le monde de l’armement nucléaire.

En plus des principaux fournisseurs d’armement nucléaire, on trouve des centaines de sous-traitants, dont certains dépendent de cette sous-traitance pour l’essentiel de leurs affaires. Chacun d’entre eux a de cent à plusieurs centaines d’employés travaillant sur ces composants particuliers ou ces systèmes et avec leur influence sur les communautés locales, ils aident à appuyer la modernisation du programme nucléaire par l’intermédiaire de leurs représentants au Congrès.

Une des raisons de la rentabilité pour lesquelles l’industrie de l’armement nucléaire est extrêmement profitable est que l’administration de la sécurité nucléaire nationale du département de l’énergie [National Nuclear Security Administration (NNSA)] responsable du développement et des opérations de l’armement nucléaire du DOE ne contrôle pas les sous-traitants, ce qui rend également difficile le contrôle des premiers fournisseurs. Par exemple, quand dans le cadre du projet de tutelle gouvernementale [Project on Government Oversight] une demande d’information a été faite auprès du service de l’acte de liberté d’information [Freedom of Information Act] auprès de Babock et Wilcox, le sous-traitant en charge de la sécurité au complexe nucléaire Y612 de Oak Ridge, Tennesse, la NNSA a répondu qu’elle ne détenait aucune information   sur ce sous-traitant. Babcock & Wilcox était responsable alors de la construction des équipements pour le traitement de l’uranium à Y-12. Ils avaient sous-traité le travail de conception avec quatre compagnies et avaient manqué de les superviser et de consolider leurs travaux. Ceci mena à une conception inhabituelle qui n’a été abandonnée que lorsque les sous-traitants eurent reçu 600 millions de dollars pour ce travail inutile.  Ce cas d’Oak Ridge, à son tour a déclenché un rapport au Congrès  du service de justification gouvernemental en mai dernier indiquant que de tels problèmes étaient endémiques dans le service de l’armement nucléaire du DEO.

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Les lobbies du nucléaire

 

Les impôts dépensés sur la maintenance et le développement de l’armement nucléaire sont une partie significative du budget de l’état. Bien que difficiles à évaluer avec précision, les coûts s’élèvent aux alentours de cent milliards de dollars. En 2005, le bureau gouvernemental des justifications [Government Accountability Office]  rapportait que même le Pentagone n’avançait pas de sommes très précises quand il s’agissait du prix des missions nucléaires, de même qu’il n’existe de budget autonome pour l’armement nucléaire d’aucune sorte de façon à pouvoir estimer les surcoûts. Analysant les budgets du Pentagone   et celui de l’administration de la sécurité nucléaire nationale du département de l’énergie [Department of Energy’s National Nuclear Security Administration] ainsi que des informations glanées dans les déclarations du Congrès, le centre d’étude pour la non prolifération [Center for Nonproliferation Studies] suggère que de 2010 à 2018, les USA dépenseront au moins 179 milliards de dollars  pour maintenir leur actuelle triade de missiles, bombardiers et sous-marins, associés à leur armement nucléaire, tout en commençant le processus de développement de l’armement nouvelle génération. Le bureau du budget du Congrès [Congressional Budget Office]  projette un coût de la force nucléaire s’élevant à  348 milliards de 2015 à 2024, c’est-à-dire de 35 milliards par an, qui seront dépensés par le Pentagone à hauteur de 227 milliards et par le département de l’énergie à hauteur de 121 milliards. En fait le prix de la maintenance et du développement de l’arsenal nucléaire est beaucoup plus élevé que celui de ces estimations. Si ces chiffres incluent la plupart de coûts immédiats de l’armement nucléaire et des systèmes de tirs stratégiques comme les missiles et les sous-marins, ainsi que la plupart des coûts du personnel militaire responsable de la maintenance, de l’opérationnel et de l’exécution des missions, ils ne comprennent pas de nombreuses autres dépenses, dont celles de la mise hors service et du traitement des déchets nucléaires impliqués dans le déclassement des armes nucléaires. De même qu’ils n’incluent pas les pensions et les assurances maladies qui couvriront leurs employés.  .

En 2012, un rapport d’un comité de haut niveau présidé par l’ancien Chef d’état-major des armées, le Général James Cartwright, concluait que  « aucun argument sensé n’a été avancé pour prouver que l’usage des armes nucléaires pouvaient être utilisés afin de résoudre aucun des problèmes majeurs que le 21ième siècle a à faire face [y compris] les menaces provenant d’états voyous, d’état renversés, de la prolifération, des conflits régionaux, du terrorisme, de la cyber-guerre, du crime organisé, du trafic de drogue, des migrations de masse de réfugiés dues aux conflits, des épidémies ou du changement climatique. En fait les armes nucléaires sont devenues plus une partie du problème qu’une solution. »

Sans étonnement, pour la liste des corporations investies dans le programme d’armement nucléaire, ceci n’a que peu d’importance. Ils mènent des actions de lobbying afin de supporter continuellement leurs contrats sur l’armement. Dans une étude de 2012 menée pour le centre de politique internationale [Center for International Policy],  « Bombes vs budget : au sein du lobby nucléaire », William Hartung et Christine Anderson rapportent que, pour les élections de cette année, les 14 principales entreprises ont donné presque 3 millions directement aux législateurs du Congrès.  Assez peu surprenant, plus de la moitié de cette somme est allée aux comités et comités adjoints qui supervisent les dépenses de l’armement nucléaire.   En 2015, l’industrie de la défense mobilisa une petite armée de 718 lobbyistes et distribua plus de  67 millions de dollars afin de faire pression  sur le Congrès pour obtenir une augmentation du budget général de l’armement.  Parmi les contributeurs les plus importants se trouvaient les corporations ayant des contrats d’armement nucléaires significatifs dont Lockheed Martin, Boeing et General Dynamics. Un tel  lobby pro-nucléaire est renforcé par la contribution et la pression de la part des compagnies fabriquant des missiles et les compagnies aériennes qui ne sont pas avant tout orientées sur le nucléaire. Certains des systèmes qu’elles produisent cependant, sont potentiellement à double usage (conventionnels et nucléaires), ce qui signifie qu’un programme nucléaire robuste augmente leurs profits potentiels.

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La pression continuelle des Républicains du Congrès pour des coupes  dans les programmes d’aides sociales est un mécanisme crucial qui assure que les impôts fédéraux seront disponible pour des contrats militaires lucratifs. En terme de qualité de vie (ou de mort),  ceci signifie que l’influence sous-estimée de l’industrie de l’armement nucléaire est singulièrement dangereuse. En échange des 35 milliards ou plus qui seront annuellement versés par le contribuable dans de tels armements afin de supporter les intérêts étriqués de d’un nombre modeste de compagnies, le dédommagement est la peur d’un avenir apocalyptique. Après tout, contrairement à la plupart des autres lobbies, celui de l’armement nucléaire et donc vos impôts, mettent la vie sur terre en danger d’extinction rapide, ou bien à la suite d’une destruction directe d’un holocauste nucléaire ou par la réduction radicale de la lumière du soleil atteignant la surface de la terre qui proviendrait de l’hiver nucléaire qui suivra pratiquement tout échange nucléaire. Pour le moment le complexe industrio-nucléaire est caché dans notre brouillard, ses budgets et ses financements protégés du regard public, ses projets à peine notés. C’est la bonne formule pour un désastre.

Jonathan Alan King est professeur de biologie moléculaire à MIT et Président du comité d’abolition du nucléaire [Nuclear Abolition Committee] du Massachusetts Peace Action. Il peut être contacté à  Jonking1@verizon.net. Richard Krushnic est un ancien responsable de prêts immobiliers et un analyste des contrats immobiliers et commerciaux au Department of Neighborhood Development de Boston. Il est actuellement investi dans le développement communautaire en Amérique latine et peut être joint à  rkrushnic@gmail.com

Traduction Elisabeth Guerrier

La vérité sur Diego Garcia David Vine

The truth about Diego Garcia

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Ils ont d’abord essayé de tirer sur les chiens. Puis ils ont essayé de les empoisonner avec de la strychnine. Quand les deux échouèrent comme méthode d’extermination efficace, les agents du gouvernement britannique et le personnel de l’US Navy utilisèrent de la viande crue pour piéger les animaux à l’intérieur d’un hangar fermé hermétiquement.  Après les avoir enfermés, ils asphyxièrent les chiens qui hurlaient avec des gaz de pots d’échappement des véhicules de l’armée US. Puis, mettant le feu avec des coquilles de noix de coco, ils brûlèrent les carcasses des animaux pendant que leurs maîtres commençaient à s’interroger sur leur sort.

La vérité sur la base militaire américaine sur l’île de l’Océan Indien de Diego Garcia, contrôlée par les Britanniques est souvent difficile à croire. Il serait simple de confondre l’histoire vraie avec les récits d’îles trouvées dans les films Transformer, dans les séries de télévision 24 ou dans les théories conspirationnistes sur la disparition du vol MH370 pour la Malaisie.

Bien que la saga sinistre de Diego Garcia puisse fréquemment se lire comme une fiction, elle s’est montrée plus que vraie pour les personnes impliquées. Elle est l’histoire d’une base militaire US  et d’officiels britanniques construite sur des fictions de la vie réelle pendant plus d’une cinquantaine d’année. La fiction centrale est que les Américains ont construit leur base sur une île «  inhabitée ». Ce qui n’était «  vrai » que parce que les peuples indigènes furent exilés secrètement de l’archipel Chagos lorsque la base a été construite. Bien que leurs ancêtres aient été installés sur place depuis la révolution américaine, les officiels anglo-américains décidèrent, comme l’écrit l’un d’entre eux de «  maintenir la fiction »       que les habitants de Chagos [n’étaient] pas des résidents permanents ou semi-permanents mais juste «  des travailleurs transitoires sous contrat ». Le même officiel résumant la question sans ménagement : «  Nous sommes à même de créer les règles que nous suivons ». Et c’est ce qu’ils firent : entre 1968 et 1973, les officiels américains conspirèrent avec leurs collègues britanniques pour déplacer les Chagossiens, cachant soigneusement leur expulsion du Congrès, du Parlement, des Nations Unies et des médias. Pendant leur déportation, les agents britanniques et les membres du bataillon de construction de l’US Navy rassemblèrent et tuèrent tous les chiens domestiques. Puis ils déportèrent leurs propriétaires dans les îles Maurice et les Seychelles, à plus de 1931 kilomètres de leur terre natale, où ils ne reçurent aucune espèce d’aide à la réinstallation. Plus de quarante ans après leur expulsion, les Chagossiens demeurent généralement les plus pauvres entre les pauvres sur leur terre d’adoption, luttant pour survivre dans des lieux que les regards extérieurs considèrent comme des destinations de tourisme exotiques.

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Pendant cette période, Diego Garcia est devenue une base militaire de plusieurs milliards pour la Marine et l’armée de l’air et un point central  dans l’effort de contrôle du Grand Moyen-Orient,  de son pétrole et de ses ressources en gaz naturel. La base, dont peu d’Américains connaissent l’existence, est plus importante stratégiquement et plus secrète que la base-et-prison de Guantanamo Bay, à Cuba, contrairement à Guantanamo, aucun journaliste n’a pu jeter plus d’un seul coup d’œil à Diego Garcia en plus de trente ans. Et pourtant elle a joué un rôle majeur  dans les guerres du Golf, dans l’invasion de l’Irak en 2003, dans la guerre menée en Afghanistan par les US et dans les actuelles campagnes de bombardements de l’Etat islamique en Syrie et en Irak.

Faisant suite à des années de rapport   affirmant que la base était un secret «  site noir » de la CIA prévu pour détenir les suspects de terrorisme et des années de déni des officiels britanniques et américains, les responsables des deux côtés de l’Atlantique  se sont déboulonnés en 2008. «  Contrairement à des affirmations antérieures explicites, a dit le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et du Commonwealth David Miliband  Diego Garcia a joué bien sûr un certain rôle dans le programme secret de la CIA  « Interprétation ». 

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L’année dernière, les officiels britanniques prétendaient que le livre de bord des vols, qui aurait pu mettre quelque lumière sur ces opérations du programme Interprétation,  étaient «  incomplet à cause de dégâts causés par l’eau, à cause d’un temps extrêmement pluvieux en Juin 2014 ». Une semaine plus tard, ils font subitement volte-face disant que «  les documents auparavant humides avaient séché ». Deux mois plus tard, ils insistent sur le fait que les livrets de vol n’ont pas séché du tout et «  sont endommagés au point de ne pouvoir être utilisé du tout ».  Sauf que les propres données météorologiques  du gouvernement britannique indiquent que Juin 2014  a été un mois exceptionnellement sec à Diego Garcia. Un avocat des droits légaux dit que les officiels britanniques «  pourraient à peine être plus crédible si ils disaient simplement que «  le chien a mangé mon cahier de devoirs »

Et ce ne sont là que quelques-unes des fictions concernant la base militaire occupant l’ancienne terre des Chagossiens et que les militaires US ont surnommée « L’empreinte de la Liberté ».   Après plus de quatre décennies d’exil, cependant, avec un mouvement pour le retour sur leur terre croissant, les fictions de Diego Garcia pourraient finir par s’effondrer.

Pas des  “Tarzans”

L’histoire de Diego Garcia commence à la fin du 18ième siècle. A cette époque des esclaves originaires d’Afrique, travaillant sur les plantations de noix de coco franco-mauritaniennes, deviennent les premiers occupants de l’archipel de Chagos. Suite à l’émancipation des contrats synallabatiques* des travailleurs venant des Indes, une population mixte crée une nouvelle société avec son propre langage le Créole Chagos. Ils se nomment eux-mêmes les Ilois, les Insulaires.

Bien que demeurant une société de plantations, l’archipel, à cette époque sous le contrôle de l’empire colonial britannique, offre une vie sûre avec un emploi généralisé et de nombreux bénéfices sociaux sur cette île, décrite par beaucoup comme idyllique. «  Ce bel atoll de Diego Garcia, juste au centre de l’océan » est la façon dont Stuart Barber le décrit en 1950. Un civil travaillant pour l’US Navy, Barber deviendra l’architecte d’une des bases militaires américaines les plus puissantes outre-mer.

* Le contrat est dit “synallagmatique” ou “bilatéral”, lorsque ses dispositions mettent à la charge de chacune des parties ayant des intérêts opposés l’exécution de prestations qu’elles se doivent réciproquement. Tel est le cas de la vente ou du contrat de bail. L’ adjectif exprimant le contraire de synallagmatique est “unilatéral“. La donation qui est consentie sans charges pour le donataire, est une disposition unilatérale.

Le contrat synallagmatique “imparfait”, est un acte juridique qui dans sa première phase, présente les caractères d’un engagement unilatéral, mais dont l’exécution génère des obligations réciproques. Il en est ainsi de la donation avec charges et du dépôt. L’échange d’une promesse unilatérale d’achat et d’une promesse unilatérale de vente réalise une promesse synallagmatique* de vente valant vente définitive lorsque les deux promesses réciproques ont le même objet et sont stipulées dans les mêmes termes. (Com. – 22 novembre 2005, BICC n°635 du 1er mars 2006).

Textes

  • Code civil, Article 1102.

Au cœur de la compétition avec l’Union Soviétique de la guerre froide, Barber et d’autres officiels étaient soucieux de l’absence presque totale de présence militaire US autour et dans l’Océan Indien. Barber nota que l’isolement de Diego Garcia- à moitié chemin entre l’Afrique et l’Indonésie et à 1600 kilomètres des Indes- assurerait une sécurité en cas d’attaque, tout en restant à distance de frappe des territoires d’Afrique du Sud et du Moyen-Orient jusqu’à l’Asie du Sud et du Sud-Est.

Guidés par l’idée de Barber, l’administration de John. F. Kennedy et de Lyndon Johnson convainc le gouvernement britannique de détacher l’archipel de Chagos de la Mauritanie coloniale et de créer une nouvelle colonie, dont le nom serait Territoire Britanniques de l’Océan Indien. Son seul but étant de devenir un hébergement pour les équipements de l’armée américaine.

Lors de négociations secrètes avec leur homologues britanniques, les officiels du Pentagone et du Département d’Etat ont insisté sur la fait que Chagos passe sous leur «  contrôle exclusif (sans ses habitants) » incluant un ordre d’expulsion dans une phrase entre parenthèse à l’allure polie. Les officiels américains veulent une île « nettoyée » et  « assainie ». Les officiels britanniques semblent heureux de leur être obligés, déplaçant un peuple qu’un des officiels nomma «  des Tarzans » et, dans une référence raciste à Robinson Crusoe, des «  Hommes Vendredi ».

“ Ils doivent absolument partir”

Ce plan se confirme dans un  « échange de notes »,  signées le 30 Décembre 1966, par les officiels britanniques et américains, comme me l’a confié un des négociateurs du Département d’Etat «  sous la protection de l’obscurité ». Les notes constituaient en effet un traité mais ne requéraient pas l’approbation du Congrès ou du Parlement, impliquant que les deux gouvernements allaient garder leurs plans cachés.

Selon cet accord, les Etats Unis gagneraient l’usage de cette nouvelle colonie « sans charge ». Ce qui est une autre fiction. Dans confidential minutes les Etats Unis décidèrent d’effacer une dette militaire de 14 millions de dollars, contournant le besoin de demander un financement au Congrès. En échange, mes Britanniques donnèrent leur accord pour prendre les «  mesures administratives » pour la «  réinstallations des habitants ».

Ces mesures signifiaient que, après 1967, tout habitant de Chagos quittant son domicile pour un traitement médical ou des vacances ordinaires en Mauritanie se verrait interdire le retour. Bientôt, les officiels britanniques commencèrent à réduire l’approvisionnement de nourriture et de médicaments à Chagos. Comme les conditions se détérioraient, de plus en plus d’habitants commencèrent à quitter l’île. En 1970, l’US Navy avait rassemblé les fonds pour ce que les officiels décrirent au Congrès comme « une austère station de communication ». Ils avaient cependant, déjà prévu de demander un financement supplémentaire pour développer l’équipement d’une base plus importante. Comme le précise le bureau de la communication et de la cryptologie de l’US Navy, «  Les exigences de communication évoquées comme justification sont une fiction » . Dès les années 1980, Diego Garcia deviendra une garnison de plusieurs milliards de dollars.

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Dans des documents d’instructions au Congrès, la Navy décrit la population de Chagos comme «  négligeable » avec les îles «  dans tout objectif pratique…inhabitées » En fait il y avait à peu près 1000 personnes vivant à Diego Garcia dans les années 60 et entre 500 et 1000 dans les autres îles de l’archipel. Avec les fonds alloués par le Congrès assurés, l’amiral le plus haut gradé de la Navy, Elom Zumwalt, a résumé le destin des Chagossiens en 1971 dans une note de trois mots «  doivent absolument partir ». Les autorités embarquèrent rapidement aux derniers Chagossiens –  lesquels avaient droit à une boîte où mettre leurs biens et à un matelas pour dormir- sur des cargos surpeuplés à destination des Seychelles et de la Mauritanie. En 1973, les derniers Chagossiens étaient partis.

Une pauvreté abjecte

Arrivé à destination, la plupart des Chagossiens furent littéralement laissé sur les docks, sans logis, sans travail, et avec très peu d’argent.  En 1975, deux ans après la dernière expulsion, un reporter du Washington Post a trouvé qu’ils vivaient dans une  «  pauvreté abjecte ».

Aurélie Lisette Talate   fût une des dernières à partir. «  Je suis arrivée en Mauritanie avec six enfants et ma mère «  nous a-t-elle dit, « nous avons eu un logement mais il n’y avait pas de porte ni d’eau courante, il n’y avait pas l’électricité. Puis mes enfants et moi avons commencé à souffrir. Tous mes enfants ont commencé à tomber malades.

En deux ans elle a perdu deux de ses enfants. Le second a été enterré dans une tombe sans nom parce qu’elle manquait d’argent pour lui organiser des funérailles correctes. Aurélie a eu des crises d’évanouissements et ne pouvait se nourrir. «  Nous vivions comme des animaux. De la terre ? Nous n’en avions pas. Et nos enfants n’étaient pas scolarisés.

Aujourd’hui, la plupart des Chagossiens, qui sont maintenant plus de 5000 demeure dans la grande pauvreté. Dans leur langue, leur vie est  lamizer (misère financière) et sagren (profonde tristesse et désespoir d’avoir été exilés http://www.counterpunch.org/2015/03/20/what-the-torture-report-missed/ de leur terre natale.  Beaucoup d’insulaires attribuent la maladie et même la mort à ce sagren. « Je suis atteint de quelque chose qui m’affecte depuis très longtemps, depuis qu’on nous a déracinés » a été la façon dont Aurélie me l’a expliqué. «  Ce sagren, ce choc, c’est la même chose qui a tué mes enfants. Nous ne vivions plus libres comme quand nous étions encore dans notre pays natal. »

 Lutter pour la justice

A partir du moment où ils ont été déportés, les Chagossiens ont exigé leur retour ou au moins des conditions décente de réinstallation. Après des années de protestation, dont cinq grèves de la faim menées par des femmes comme Aurélie Talate, quelques-uns parmi eux en Mauritanie ont reçu quelques compensations très modestes du gouvernement britannique : de petites maisons de préfabriqué, de minuscules parcelles de terre, et à peu près 6000 dollars par adulte. Beaucoup ont utilisé cet argent pour rembourser des dettes importantes qu’ils avaient accumulées. Ceux qui vivent aux Seychelles n’ont rien reçu.

La lutte des Chagossiens s’est développée en 1997, avec le dépôt d’une plainte contre le gouvernement britannique. En Novembre 2000, la Haute Court de Justice de Grande Bretagne s’est prononcée pour l’illégalité de la déportation. En 2001 et 2002, la plupart des Chagossiens ont déposé de nouvelles plaintes à la fois devant les tribunaux britanniques et américains exigeant le droit au retour ou des compensations correctes http://scholarlycommons.law.northwestern.edu/njihr/vol11/iss1/6/  pour leur déplacements et pour le réaménagement de leurs îles. La poursuite américaine a été rejetée en dernier ressort sur la base d’une incapacité du judiciaire, dans la plupart des cas, régler les domaines de l’exécutif dans les domaines militaires ou de politique étrangère. En grande Bretagne, les Chagossiens ont eu plus de succès, En 2002, ils se sont assurés du plein droit d’accès à la citoyenneté britannique. Plus de 1000 Chagossiens ont depuis déménagé en Grande Bretagne

Deux autres fois, la court britannique a jugé en faveur du peuple, avec des magistrats nommant le comportement de l’état «  répugnant » et comme «  abus de pouvoir »

Dans un dernier appel du gouvernement, cependant, la court suprême de Grande Bretagne, les juges siégeant à la Chambre des Lord ont maintenu la décision d’exil à 3 voix contre 2. Les Chagossiens ont fait appel devant la Court Européenne des Droits de l’Homme pour modifier ce jugement.

Une fiction verte

Avant que la court Européenne ne se prononce, le gouvernement britannique a annoncé la création de la plus grande zone maritime protégée ( Marine Protected Area, MPA) au monde dans l’archipel de Chagos. La date de l’annonce, le 1ier Avril 2010 aurait pu être un indice qu’il y avait bien autre chose qu’une question environnementale derrière cette décision. La MPA bannit la pêche commerciale et limite d’autres activités humaines dans l’archipel, rendant risquée la viabilité de toute tentative de réinstallation. Puis vint Wikileaks. En Décembre 2010, il a publié une dépêche de l’Ambassade américaine à Londres citant un ancien haut responsable de l’Office de la politique étrangère et du Commonwealth [ Foreign and Commonwealth Office], disant que «  les anciens habitants trouveront difficile voire impossible, de maintenir leur plainte pour une réinstallation dans les îles si l’archipel entier de Chagos est une réserve marine. » Les officiels US acquiescèrent. Selon l’Ambassade, le Conseiller Politique Richard Mills a écrit, «  Etablir une réserve marine pourra, bien sûr, être la meilleure façon à long terme d’empêcher tout ancien habitant des îles Chagos ou leur descendants de se réinstaller. »

Sans surprise, la préoccupation principale du Département d’Etat était de savoir si une MPA pourrait affecter les opérations. «  Nous sommes inquiets » note l’Ambassade londonienne ; «  que certains puissent venir constater que la création d’une MPA soit fondamentalement contradictoire avec l’usage militaire de Diego Garcia ». Les officiels britanniques assurèrent aux Américains qu’il n’y aurait « aucune contrainte quant aux opérations militaires »

Bien que la Cour Européenne des Droits de l’Homme se soit finalement  prononcée contre les Chagossiens en Mars 2013, un tribunal des Nations Unies  a déclaré que la Grande Bretagne avait enfreint les lois internationales en créant cette zone maritime protégée.  La semaine suivante, les Chagossiens ont porté leur requête sur la MPA et leur expulsion auprès de la Cour Suprême Britannique, maintenant la plus haute instance, armé des lois des Nations Unies et des révélations que le gouvernement a gagné la décision de la Chambre des Lords avec l’aide d’une étude falsifiée sur la réinstallation.

Pendant ce temps, le Parlement Européen a voté une résolution prévoyant le retour des Chagossiens, l’Union Africaine a condamné leur déportation en la qualifiant d’horrible, trois lauréats du Prix Nobel ont parlé en leur faveur et des dizaines de membres du Parlement Britannique ont rejoint un groupe supportant leur lutte. En Janvier, une  étude de faisabilité  publiée par le gouvernement britannique a estimé qu’il n’y avait pas de barrières légales significatives à leurs plans de réinstallation dans les îles et a esquissé plusieurs plans de réinstallation à commencer par Diego Garcia. Il est à noter que les Chagossiens ne demandent pas le déplacement de la base militaire américaine. Leur opinion à son propos sont diverses et compliquées. Au moins, certains préféreraient des emplois sur la base à des vies sans emploi en exil.Bien sûr aucune étude n’était nécessaire pour savoir que la réinstallation à Diego Garcia et dans le reste de l’archipel était possible.  La base qui a hébergé des milliers de militaires et de personnel civil pendant plus de quarante ans a démontré cela suffisamment bien. En fait, Stuart Barber, son architecte, en est venu à la même conclusion quelques années avant sa mort. Après qu’il ait appris le sort des Chagossiens, il a écrit une série de lettres passionnées au Centre de surveillance des droits de l’homme ( Human Rights Watch) et à l’ambassade britannique de Washington, entre autres, les implorant d’aider les Chagossiens à revenir chez eux. Dans une lettre au Sénateur de l’Alaska Ted Stevens, il dit crûment que l’expulsion «  n’était pas nécessaire sur le plan militaire ».

Dans une lettre au Washington Post en 1991, Barber suggère « qu’il est temps de redresser ces torts inhumains inexcusables infligés par les Britanniques contre nos protestations ». Il ajoute, «  Des compensations supplémentaires substantielles pour ces 18 à 25 années de misère passées pour tous les évincés sont certainement légitimes. Même si cela devait se monter à 100.000 dollars par famille, nous n’atteindrions que la somme de 40 à 50 millions de dollars, somme modeste par rapport aux investissements effectués dans la base militaire. »

Presque un quart de siècle plus tard, rien encore n’a été fait. En 2016, le contrat de 50 ans pour Diego Garcia expirera. Bien qu’il soit l’objet d’un renouvellement automatique de vingt ans, il offre un période de renégociation de deux ans, qui commence à la fin 2014. Avec la dynamique de soutien acquise par les Chagossiens, ceux-ci sont optimistes sur la capacité des deux gouvernements à corriger l’injustice. Les officiels américains ayant autorisé l’étude de faisabilité britannique afin de reconsidérer une réinstallation pour Diego Garcia est un signe d’espoir que la politique anglo-américaine puisse finalement changer et redresser de grands torts commis dans l’Océan Indien.

Malheureusement, Aurélie Lisette Talate ne verra jamais le jour où son peuple retournera chez lui. Comme d’autres parmi le nombre rapidement décroissant des Chagossiens nés sur l’archipel, Aurélie est décédée en 2012 à l’âge de 70 ans, succombant d’un malaise cardiaque dû au sagren.

David Vine, un auteur régulier de TomDispatch , est Professeur Associé d’Abnthropologie à l’Université Américiane de Washington D.C. Son nouveau livre  Base Nation: How U.S. Military Bases Abroad Harm America and the World sera publié en Août dans le cadre de l’American Empire Project (Metropolitan Books). Il est aussi l’auteur de l’ Island of Shame: The Secret History of the U.S. Military Base on Diego Garcia. Il a écrit pour le NYT, le Washington Post et Mother Jones entre autres publications. Pour plus de renseignements sur ses écrits, visiter www.davidvine.net.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

Tom Engelhardt : “AFRICOM” Des bases militaires américaines qui cernent l’Afrique

Ceci n’est que la traduction de l’introduction à l’article de David Vine sur la base militaire américaine installée de force et de quelle force sur l’île de Diego Garcia dans le Pacifique.

Les informations touchant la réalisation de projets de présence militaire complètement hors de contrôle d’aucune institution de régulation internationale, les tactiques et anticipations des conflits à venir dus au manque d’eau et aux modifications climatiques, les créations réactives de groupes extrémistes et l’or noir qui continue de couler à flot et nécessite une main mise constante sont anticipés par cette seule nation en toute impunité. C’est donc ” AFRICOM” et c’est ça la forme la plus pure de l’impérialisme, gaver de produits de consommation et de culture de masse les peuples passifs et se préparer en toute impunité et avec quelques prévaricateurs largement soudoyés pour aménager le terrain à écraser les autres. L’Amérique du Sud en entier en pleure encore de toute son identité. Rome n’a pas procédé autrement.

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L’armée américaine pénètre en Afrique 

Je suis sûr que vous avez entendu parler des trois essentielles “ aires d’avant-postes” ou dans le jargon du contrat des “ zones de sécurité cooperative ”  que les Marines américains ont installé au Sénégal, au Ghana et au Gabon. Nous parlons du  “Special Purpose Marine Air-Ground Task Force Crisis Response-Africa  [ Marines à objectifs spéciaux Air.Terre Force responsable des réponses aux crises africaines], une unité basée à present à Moron, Espagne.  Elle est censée être une base – bien que ce ne soit pas un terme utilisé  aux “ US African Command [Commandes américaines en Afrique ] AFRICOM qui peut superviser n’importe quelle expansion – prête à l’accueillir dans un avenir où tout peut arriver dans une Afrique au bord de l’explosion ou avec la montée des groupes terroristes.

Vraiment ? Vous n’avez rien noté à ce sujet ? Il faut l’admettre, l’histoire n’a pas été mentionnée dans les informations quotidiennes, ni fait la une des journaux locaux, ni, sans doute de ses pages intérieures mais honnêtement, elle était pleinement visible juste là, dans Military Times !   Bien sûr, il peut être facile de passer à côté de trois locations de” sécurité coopérative” largement inoccupées  dans des pays qui ne sont pas exactement sur le bout de la langue des Américains dans de telles circonstances, mais que dire de ces autres huit “ aires de transbordements ” que AFRICOM admet maintenant avoir établi à travers toute l’Afrique ?  Le commandement a tout d’abord nié avoir aucune “ base” sur le continent autre que celle en croissance permanente qu’il a établi sur la petite nation de Djibouti dans la Corne de l’Afrique et dans laquelle a déjà été englouti les trois quarts d’un milliard de dollars avec au moins 1, 2 milliards d’aménagements nouveaux à venir. 

Cependant, le commandant d’AFRICOM, le Général David Rodriguez, insiste maintenant fièrement sur le fait que les onze avant-postes principaux ne seront situées qu’à quatre heures de tout haut-risque ou haute-menace diplomatiques sur tout le continent.

Vraiment, vous n’avez rien entendu sur ces bases non plus bien que “ Stars and Stripes” ait eu l’information en couverture et en page central ?

Hum.. ce serait vraiment étrange si personne dans ce pays, en dehors du Pentagone, portrait le moindre intérêt à la question de la répartition générale des garnisons américaines. Bien sûr que ça ne les intéresse pas. Cela ne les a jamais intéressé, ce qui pourrait caractériser un des plus grands mystères de la vie américaine et pourtant, d’une certain façon ne le caractérise pas. Les bases américaines à l’étranger ne figurent Presque jamais dans les informations. Rares sont les journalistes qui écrivent à leur propos, bien qu’ils y passent souvent du temps. Les commentateurs en parlent rarement. Les candidats n’en débattent jamais, les éditorialistes n’écrivent pas sur elles.

Ces jours derniers, nous nous sommes souvenus des 505 (!)   bases allant de minuscules avant-postes de combat à de petites villes américaines  (avec presque tous les aménagements d’un véritable foyer) que les US ont construits, entretenus puis abandonné en Irak entre 2003 et 2011 au coup de dizaines de milliards de dollars – ceci, c’est-à-dire avant que des formateurs américains et d’autres personnels y soient à nouveau envoyés dans quelques uns d’entre eux pour la 3ième guerre d’Irak. 

Presque personne, même le Congrès généralement impatient de couper les subventions sur à peu près tout, n’a discuté le coût de cette maintenance de centaines et de centaines de bases de toute tailles et formes que le Pentagone maintient globalement d’un façon historiquement encore sans précédent.

Déjà en 2012, le rédacteur régulier de TomDispatch David Vine estimait que ces coûts s’élevaient aux alentours de 170 milliards de dollars par an, d’une façon conventionnelle, et que depuis le 11 Septembre, s’y était ajouté au total près de deux milliers de milliards de dollars..Si vous n’évaluez pas la manière dont ce pays a transformé en garnison toute la planète, si vous ne notez jamais son empire de bases militaires, il n’y aura alors aucune façon de vous en faire saisir la nature impérialiste, qui peut-être est le vrai point. 

Et bien sûr, si vous n’avez aucune conscience de tout cela, ce qui est probable si vous êtes un Américain pur sang bien viril, alors vous n’avez probablement pas l’idée que ce pays a engouffré des milliards de dollars dans une seule base militaire, sur une seule île, Diego Garcia, perdue dans les fins fonds de l’océan Indien  mais vitale quant aux conflits de l’Amérique avec le Moyen-Orient. Ceci signifie également que vous ignorez que le Pentagone, commettant un acte de cruauté de premier ordre a exigé que toute la population soit exilée de leur pays, de leur vie, de tout ce qui avait de la valeur pour elle, de tout ce que l’appartenance aux racines représente dans ce monde, de façon à ce qu’il puisse construire, pourvoir en personnel et utiliser dans la guerre sans fin des USA avec le grand Moyen–Orient sans aucun témoin d’aucune sorte.

C’est un conte sinistre que vous n’avez probablement entendu. ( même si vous lisez  Military Times ou Stars and Stripes ) David Vine est un des rares Américains qui se soit trouvé fascine par ce que Chalmers Johnson a nommé une fois ” le monde des bases américaines.” Il a écrit à leur propos d’une façon très vive dans :  So Base Nation: How U.S. Military Bases abroad harm America and the world  [Une Nation de Bases militaires, comment les bases américaines endommagent les USA et le monde] , un livre que Andrew Bacevich a décrit comme “ une critique dévastatrice » et qui sort en Août. Personne ne sait plus de choses sur Diego Garcia et sur le destin de ses habitants que Vine. ( Il  écrit un livre précédemment  ” Island of shame” [ L’île de la honte]

Prenez donc un moment pour jeter un coup d’œil sur les bord lointains de l’empire des bases militaires américaines et de rapidement considérer certains autres coûts induits par la manie de ce pays de mettre le monde en garnison. Tom

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Traduction : Elisabeth Guerrier

Au regard de l’absence quasi complète d’information sur les procédés d’invasion de l’île de Diego Garcia et la violence commise comme un droit sur tous ses habitants, la traduction de l’article de David Vine du TomDispatch, très documentée, suivra cette introduction.