AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Armement nucléaire américain

De la dissuasion à l’apocalypse William Astore


De la dissuasion à l’apocalypse

 

William Astore

Tomgram: William Astore, From Deterrence to Doomsday?

 

Posted by William Astore at 7:29am, April 13, 2017.
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Passons outre l’évident. La manière, par exemple, dont la décision de Trump de lancer 59 missiles de croisière Tomahawk contre une base aérienne syrienne, n’est qu’un exemple supplémentaire de ce que nous savons déjà. Les actes de guerre sont la prérogative et uniquement le  prérogative, du Président ( ou des commandants militaires à qui Trump a confié une plus grande capacité à agir par eux-mêmes) Vérifications, équilibre, je doute que aucun d’entre eux ne s’applique quant il s’agit de guerre, dans le style américain. Ces jours-ci, le seul contrôle écrit  sont ceux du Pentagone et «  l’équilibre » n’est pas un concept en dehors de la gymnastique.

Pendant ce temps, Trump a appris que que tout  débat féroce,  à l’intérieur, que tou ramous provoqué par une intrigue de palais  qui pourrait faire rougir le Tzar peut être, et bien, interrompue en lançant 59 missiles de croisière  ou leur équivalent sur un terre lointaine afin de sauver les « beaux bébés » (Oublions les bébés  que ses propres généraux ont tués). Lançons les missiles, envoyons les corps d’armée, lâchons les avions et nous aurons tous ceux que nous aurons agressé par tweet, y compris HillaryJohnNancyMarco, et Chuck pour vous applaudir et louer vos actions.

Ils seront rejoin par l’aile droite officielle ( bien que pas par  la non officielle), alors que les  neocons et leurs amis vous acclamerons comme le Churchill du 21ième siècle. Ou du moins, tout ceci sera vrai jusqu’à – consultons W. Bush et b. Obama sur ce point- ce que, vous savez, le lendemain du jour où, nous avons expérimenté ça encore et encore, pendant les   15 dernières années de guerres   américaines, le jour où il devient subitement clair ( une fois de plus) que les choses vont vraiment, vraiment très très mal.

Pendant que nous attendons, voici une suggestion qui vient à l’esprit tout en lisant les dernières réflexions du chroniqueur régulier de TomDispatch   le Lieutenant-Colonel retraité de l’armée de l’air, William Astore qui écrit sur le complexe militaro-induistriel à l’âge de Trump. N’est–il pas grand temps d’attribuer aux industries finançant les guerres leur juste part ? Après tout, il n’existe aucun objet, bâtiment, muse, stade ou meme vie civile par les temps qui courent, qui n’affiche pas le sponsorat d’entreprise et même ne vive que grâce à lui. Dans ma ville par exemple, les clubs de base-balls new-yorkais,  Les Mets jouent à Citi Field, alors que les Giants et les Jets passent leur saison au  MetLife Stadium.  Etant donné le rôle que les fabricants d’armes géants jouent dans les guerres, et la  façon étonnamment performante dont ils sèment leurs guerres tout autour de la planète, n’est-il pas temps de traduire le pouvoir militariste de plus en plus grand du commandeur-en-chef en une version militaire du sponsorat ?

Est-ce que  Raytheon, le fabricant de ces 59 missiles de croisière uilisés par Trump récemment, ne doit pas recevoir le plein credit de façon à ce que la couverture médiatique se réfère au coup de massue Raytheon ? La prochaine attaque de drône  au Yémen ne devrait-elle pas s’appeler la General Atomics MQ-9 moissonneuse batteuse ?  Est-ce que toute frappe à venir par le système d’armement  le plus cher  de cette planète ou de toute autre, ne devrait pas se nommer Lockheed F-35 Lightning Joint Strike Fighter Storm ?  Nous sommes dans un nouvel âge de l’amélioration corporatiste. N’est-ce pas une époque où les guerres devraient s’ajuster et où le complexe militaro-industriel devrait recevoir le crédit qu’il mérite amplement ?  Tom

 

 Que signifie une politique étrangère  “L’Amérique d’abord ?”

Mettre l’armée américaine en premier, en deuxième et troisième
Par  William J. Astore

A quoi ressemble la politique étrangère de “ l’Amérique en premier “ sous la présidence de Trump ? Tout d’abord, oublions l’ancien label d’ »isolationnisme ». Avec la fin des premiers cent jours de Trump approchant, il semble qu’une politique militaire prioritaire cherche à achever l’hégémonie globale, ce qui signifie la mise en route potentielle d’une machine de l’apocalypse.
Le candidat Trump s’est engagé à render la force armée américaine si forte qu’il n’aurait pas besoin de l’utiliser, puisque personne n’oserait s’y attaquer – dissuasion, c’est le mot. Mais la réalité sur le terrain (et dans les airs) est déjà très différente.   Les généraux du Président Trump ont commencé lâcher cette force armée d’une façon dont l’administration Obama pourtant à peine émue à l’idée de bombarder ou de déferler avait jugée excessive et trop risquée pour les civils. La semaine dernière, 59 US .  missiles de croisière  (valeur : $60 millions ) ont écrasé une base aérienne en Syrie, une réponse extravagante à une attaque à l’arme chimique dans ce pays qui peut conduire à nouveau à une escalade.  Pendant ce temps, des armes US sont sur le point d’être vendues  aux monarchies Sunnites  dans le Golfe persique sans beaucoup de soucis pour les abus à l’égard des droits humains  et les Saoudiens vont se voir offrir un peu plus de support pour mener leur guerre dévastatrice sur les civils du Yémen. Il ne fait pas de doute que d’autres opérations militaires et qu’une escalade dans le Grand Moyen Orient ne soient.  Sur l’habituelle  “table” de Washington où “ toutes les options” sont supposes être gardées.

La plupart des Américains croient en la manipulation selon laquelle l’armée US est prête à dissuader et à prévenir des attaques sur le sol américain, spécialement celles du “terrorisme radical islamique”.

Vendu comme de la dissuasion, la Sécurité nationale de Washington a, en fait, explosé  en quelque chose qui ressemble au mécanisme de la guerre permanente. Ignorant les stratégies les plus basiques, impulsif et grandiloquent, son actuel Commandant en chef est habilité par ses conseillers va-t-en-guerre  et par les hommes qu’il nomme “mes généraux”  qui rêvent de budgets encore plus importants. ( Même la promesse de Trump d’une augmentation de 54 milliards pour le Pentagone cette année n’est pas assez pour certains officiers supérieurs )

Les réalités de la nouvelle ère de victoire de Trump

Bienvenue dans la nouvelle ère de victoire de  Trump.  Il ne s’agirt pas en fait de’en finir avec la guerre mais d’exercer «  pression globale, un pouvoir global »  tout en vendant le plus possible d’armement.   Cela promet d’étendre ou de prolonger le chaos en Irak, au Yémen, et vraisemblablement en Iran, parmi d’autres pays. Dans le grand Moyen-Orient, les efforts conduits par les US ont produits un Irak déchiré par la guerre qui s’effondre. Les drones US et leur support à la campagne de bombardements saoudien on laissé le Yémen glisser vers la famine.  La Syrie reste un désastre humanitaire, déchirée par la guerre même si des troupes supplémentaires sont déployées sur le terrain. ( Le Pentagone ne dit pas combien, mais il nous demande de nous centrer sur les capacités    plutôt que les forces au sol.) Plus loin à l’Est, la guerre sans fin d’Afghanistan est, selon le Pentagon,  “dans une impasse “, ce qui signifie que les Talibans ont en fait gagné du terrain comme une nouvelle menace potentielle.  Regardant vers le Sud et vers l’Ouest, l’Afrique est la dernière cour de récréation  pour les forces opérationnelles spéciales de l’armée US  comme l’adminiostration prépare, parmi d’autres choses, une opération en Somalie.

Pour Trump et ses généraux, une approche de l’“ Amérique d’abord ” signifie en fait  l’armée en premier,  en second et en troisième. Cela n’empêche pas qu’ils ne peuvent imaginer ces opérations comme déstabilisantes. ( Futur gros titre envisageable :  Trump détruit  la Syrie afin de la sauver) Selon le Général Joseph Votel, tête des Commandes centrales US , par exemple, le pays qui présente les plus grandes menaces pour la stabilité  “ dans le Moyen Orient est l’Iran, sentiment partagé par le Général James Mattis, le Secrétaire de la défense.

 

Vous excuserez les Iraniens, ainsi que les Russes et les Chinois s’ils pensent différemment. Pour eux, les USA sont clairement l’entité la plus déstabilisatrice au monde. Si vous étiez un Chinois ou un Russe ou un Musulman Shiite, comment donc vous apparaîtrez les activités militaires US ?

* Expansionnistes ?

* Dédiées à la domination via des dépenses militaires colossales et de l’interventionnisme global ?

* Engagés dans une hégémonie économique et idéologique via des banques puissantes et des intérêts financiers qui cherchent à avoir le contrôle sur les marchés mondiaux  au nom de la préservation de leur « liberté » ?

Ne serait-ce pas un bilan logique, même si il manqué de saveur ? Pour beaucoup d’observateurs, les US semblent être les leaders des touche-à-tout de l’armement et les meilleurs vendeurs d’armes, une perception supportée par des actions militaires montant en flèche et une diplomatie en chute libre sous Trump.   De sérieuses coupes dans le financement du Département d’état, alors que le Pentagone voit son budget augmenté ( encore une fois),.

Pour des observateurs extérieurs,  les ambitions de Washington semblent claires : dominance globale, menée à bien et renforcée par la “très, très, très fort ” armée que le candidat Trump clamait   ne jamais avoir à utiliser mais emploie déjà avec frénésie sinon abandon.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir du complexe militaro-industriel

Qu’ajoute la politique de ”L’Amérique d’abord ” aux politiques militaires précédents ? Pourquoi le budget du Pentagone, au même moment que les actuelles opérations militaires, est-il entrain d’enfler sous son contrôle ?

Il y a plus de cinquante ans, le sociologiste C. Wright Mills apporta des réponses qui semblent toujours d’actualité. Dans son essai datant de 1958, ”  La structure du pouvoir dans la société américaine”, il disséqua  le «  triangle du pouvoir ». il consiste, explique-t-il, des chefs d’entreprise, des chefs militaires et des politiciens travaillant de concert, mais également d’une façon telle que l’agenda des entreprises corresponde aux projets militaires. Cette combinaison, suggère-t-il, détruit la capacité des politiciens à modérer et à contrôler les impératifs militaro-industriels ( en assumant qu’ils en aient l’envie)

” L’ordre militaire américain “ écrit Mills “ auparavant une maigre institution opérant dans un contexte de méfiance populaire, est devenu la figure la plus importante et la plus onéreuse du gouvernement, derrière des relations publiques souriantes, elle a le rictus et la maladresse d’une bureaucratie prolifique. Les chefs militaires ont gagné une légitimité politique et économique. La soi-disant menace permanente place une prévalence sur leurs têtes et virtuellement, toutes les actions politiques et économiques sont maintenant jugées en terme de définition militaire de la réalité. »

Pour lui, le danger est assez simple, “ la coïncidence du domaine militaire et du royaume industriel les renforce réciproquement et subordonne plus avant le simple home politique. Ce n’est  pas  l’homme politique de parti, mais l’exécutif entrepreneurial qui est maintenant suppose s’asseoir avec les militaires et répondre à la question : qu’est ce qu’on fait ?

Considérons la création de l’administration Trump, une émeute de milliardaires et de multimillionaires. Son Secrétaire d’état, l’ancien PDG de Exxonmobile, Rex Tillerson n’est pas ce que l’on peut appeler un diplomate. Bien sûr, il semble peu intéressé dans les conseils du personnel du Département d’état mais il sait comment faire son chemin dans les réunions des salles du conseil d’entreprise. Le conseiller de Sécurité nationale de Trump et son secrétaire de la défense et de la sécurité intérieure sont tous ou bien des Généraux en service ou récemment retraités. Dans le cercle proche de Trump, les cadres s’assoient avec les militaires pour décider de ce qui doit être fait.

Peu après que Mills ait formulé ses critiques prophétiques sur l’élite au pouvoir , le Président Dwight D. Eisenhower avertit du danger croissant d’un complexe militaro-industriel. Depuis, le complexe de Ike s’est seulement étendu. Avec l’ajout du Département de la sécurité intérieure après le 11 septembre, et toujours plus d’agences de renseignement (dix-sept principales au dernier recensement)  le complexe ne fait que croître au-delà du contrôle civile. Sa position dominante à cheval sur le gouvernement est pratiquement impossible à critique. D’une façon figurative, il est le roi de Capitol Hill.

Le candidat Trump a pu se plaindre de ce que les USA perdaient des milliards de dollars dans les conflits récents, les invasions, et les occupations, mais de nombreuses entreprises américaines ont profité de ces «  changements de régime ». Après que vous ayez aplati un état comme l’Irak, vous pouvez le réarmer. Quand vous ne leur vendez pas des armes ou ne rebâtissez pas les infrastructures que vous avez détruites, vous pouvez exploiter leurs resources. Ces guerres qui semblent interminable en Irak ou en Afghanistan sont les illustrations de ce qui se produit quand les intérêts des entreprises se mêlent aux imperatifs militaires.

Pendant que Mills ou Eisenhower avertissaient sur les risques de tells développements, ils pourraient alarmer l’Amérique de 2017.  Jusqu’à maintenant, les post-contingents, “tous volontaires”, des militaires professionnels, sont devenus des étrangers, sinon des divorcés d’avec la population, une séparation aggravée par le culte actuel du guerrier se développant en leur sein. Non seulement les Américains sont-ils de plus en plus isolés de leurs  combattants, mais ils le sont des guerres américaines également.  Elles continuent d’être menées sans  l’approbation formelle du Congrès et Presque sans sa simple supervision. Combinez ça avec la décision due la Cour suprême Citizens United qui change directement l’argent des entreprises en activisme politique, et vous avez ce qui est de plus en plus un système de gouvernance des 1% dans lequel un Président milliardaire préside le, cabinet le plus riche  de toute l’histoire dans ce qui est maintenant la capitale de la guerre, pendant que des liens militaro-industriels incarnent ce qui étaient les peurs les plus sinistres de Mills et d’Eisenhower.

La machine de guerre américaine qui s’est emballée a peu à voir ces jours-ci avec la dissuasion et beaucoup avec la continuité d’un état de guerre permanente. Mettez tout cela ensemble et vous avez la parfaite formule pour un désastre.

Dissuader notre trajet vers l’apocalypse

Qui a mis le pétrole américain au milieu des déserts du Moyen Orient ?  C’est la question que les militants pacifistes ont posé  avec un humour grinçant juste avant l’invasion de l’Irak. Selon l’opinion rabâchée de Trump, les USA auraient du bien sûr récupérer le pétrole irakien juste après l’invasion de 2003.  A défaut d’autre chose, il a dit ce que beaucoup d’Américains croient, et ce que de nombreuses multinationales cherchent à faire.

Considérons l’engagement de Jimmy Carter. Il ya à peu près quarante ans, Carter a pressé les Américains à modérer leur appétit, conserver leur énergie et se libérer de leur dépendance paralysante au pétrole étranger et à leur consommation sans frein de biens matériels. Après que les critiques l’ait catalogué de discours de malaise, Carter fit volte-face et accrût les dépenses militaires en établissant la doctrine carterienne de protection du Moyen Orient comme intérêt vital pour les USA. Le peuple américain répondit en élisant Ronald Reagan malgré tout. Comme les Américains continuaient à apprécier un mode de vie réglé par la consommation qui aspire à lui seul près de 25% de la production mondiale d’énergies fossiles (tout en ne représentant que 3% de la population mondiale), l’argent actif de la Maison blanche travaille à ouvrir toujours plus de forages sur le plan mondial ; Des milliards sont en jeu.

Pas très étonnant que, en devenant président, Trump ait agi rapidement pour accélérer la construction de nouveaux pipelines retardée ou interdite par le Président Obama tout en détruisant les protections environnementales liées à la production des industries fossiles. La production domestique accélérée, avec la coopération de l’Arabie saoudite ( le véto de Trump à propos des Musulmans a soigneusement évité de cibler les seul pays qui produit 15 des 19 terroristes des attaques du 11 septembre- devrait permettre au pétrole de continuer à couler, aux profits de croître et au niveau des mers du globe de monter.

Une donnée : l’armée américaine à elle seule absorbe plus d’énergie fossile  que la Suède dans son entier. Quand il s’agir de consommation d’énergie, nos forces armées sont le premières entre toutes.

Avec ses réserves pétrolifères massives, le Moyen Orient reste un lit pour les guerres pour les ressources à venir, ainsi que pour les conflits religieux et ethniques, exacerbés par le terrorisme et les attaques déstabilisantes de l’armée US.  Dans ces circonstances, , quant il s’agit de désastre mondial à venir, il n’est pas très difficile d’imaginer que l’actuel Moyen Orient puisse servir d’équivalent aux Balkans lors de l’infâmie de la Première guerre mondiale

Si Gavrilo Princip, un terroriste Serbe “au noir” opérant dans une région disputée et ravagée par la guerre a pu enflammer le monde en 1914, pourquoi un terroriste de ISIS ne le ferait-il pas un siècle plus tard ? En considérant les nombreuses lignes de rupture et les forces impliquées, y compris la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite et les Etats unis, tous travaillent ostensiblement ensemble pour combattre le terrorisme même s’ils ne se positionnent que pour maximiser leurs propres avantages et s’éliminer les uns les autres. En de telles circonstances, un vacillement politique, suivi d’un tremblement de terre géopolitique semblent tout à fait possible. Sinon, une secousse d’ISIS suivie d’un mouvement majeur dans le Moyen Orient, il n’y a pas de raccourcis vers de possibles zones à risques dans un monde de plus en plus susceptible. D’une attaque au sabre avec la Corée du nord en passant par une joute avec les îles artificielles  construites par les Chinois au sud de la Mer de Chine.

En tant qu’historien, j’ai passé beaucoup de temps à étudier la force militaire allemande du 20ième siècle. Dans les années qui ont conduit à la Première guerre mondiale, l’Allemagne émergeait comme super-puissance mais pourtant, paradoxalement, elle se voyait comme menacée de plus en plus par ses ennemis, en tant que nation encerclée et oppressée. Ses chefs d’état craignant plus que tout la Russie. Cette crainte les a amenés à déclencher une guerre préventive contre ce pays. ( Bien sûr, ils ont attaqué la France en 1914 mais c’est une autre histoire). Cette guerre incroyablement risquée et coûteuse, déclenchée dans les Balkans, échoua lamentablement et pourtant elle fût dupliquée à une niveau encore plus horrible vingt années plus tard. L’armée allemande, louée comme «  la meilleure au monde » par ses chefs et vendue à son peuple comme une armée de dissuasion s’est transformée pendant ces deux guerres mondiale en une machine apocalyptique qui a saigné le pays à blanc tout en assurant la destruction de partie significatives de la planète.

Aujourd’hui, l’armée américaine loue elle-même  pareillement comme la “ meilleure du monde” même en s’imaginant entourée par des menaces puissantes ( La Chine,  la Russie,  la Corée du nord et le terrorisme mondial, en tête de liste). Vendue au peuple américain pendant le Guerre froide comme une force de dissuasion, un pilier de stabilité contre les joueurs de domino communistes, cette armée s’est transformée elle-même en une force aléatoire.

Rapellons-nous ici que l’administration de Trump a réaffirmé la quête de l’Amérique pour une suprématie nucléaire radicale .  Elle a appellé à une “nouvelle approche”  de la Corée du nord et de son programme d’armement nucléaire. (Quoi que cela puisse signifier, ce n’est pas une référence à la diplomatie). Même dans une croissance du nucléaire et une stratégie de la corde raide, Washington continue de vendre de l’armement- c’est de loin le plus grand vendeur d’arme du 21ième siècle- et le chaos sur toute la planète, accroissant ses efforts en tant que guerre contre la terreur et la vendant comme la seule façon de gagner.

En mai 1945, quand le rideau est tombé sur le dernier soubresaut de l’Allemagne comme puissance dominatrice mondiale, le monde était heureusement encore innocent face à l’armement nucléaire. Tout est différent maintenant, la planète est, c’est le moins que l’on puisse dire, surdotée de machines C’est pourquoi il est vitalement imùportant de reconnaître que l’Amérique d’abord de Trump est tout sauf isolationniste dans l’acceptation du vieux vingtième siècle, cette façon de parler est une recette pour prolonger la guerre en créant toujours plus de chaos et d’états effondrés dans le grand Moyen Orient et vraisemblablement au-delà, et que cette politique déjà dangereuse de Guerre froide, supposée dissuasive, que ce soit contre l’armement traditionnel ou nucléaire, au regard de la bellicosité de Trump, pourra exploser comme une version de l’apocalypse.

Ou, pour évoquer celà d’une autre façon, considérons cette question : Est-ce que le Coréen du nord Kim Jong-un le seul leader instable possédant un armament nucléaire sur la scène mondiale ?

Lieutenant colonel en retraite ( USAF) et Professeur d’histoire, Astore est un éditorialiste régulier de  TomDispatchSobn blog est le Bracing Views.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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Le moment de diversion de Trump

Trump’s ‘Wag the Dog’ Moment

Avril 7, 2017

 

Exclusif : Le Président Trump a gagné les applaudissements des Néo-cons pour sa décision  prise dans l’urgence d’attaquer la Syrie en tuant environs une dizaine de Syriens, mais sa décision imprudente à tous les aspects d’une diversion.

Par  Robert Parry

Juste deux jours après que la nouvelle d’une soi-disant attaque au gaz sarin dans le nord de la Syrie, le Président a repoussé les conseils de l’Intelligence service qui doutaient de la responsabilité du régime syrien et a lance une opération de représailles en lançant des missiles sur la zone aérienne syrienne.

 

Trump a immédiatement gagné les applaudissements du Washington Officiel, spécialement ceux des néo-cons qui essaient de gagner le contrôle sur sa politique international sur ses conseillers nationalistes et personnels depuis sa victoire surprise du 8 novembre.

Il ya également une dispute interne autour du renseignement. Mercredi soir, le Secrétaire d’état Rex Tillerson a dit que les services de renseignements US affirmaient «  avec un haut degré de confiance » que le gouvernement syrien avait lâché du poison par gaz sur des civils dans la province de Idlib.

Mais un nombre d’agence de renseignement ont faits des déclarations contradictoires, disant que la prépondérance des preuves suggérant que les affiliés à Al Qaeda étaient en faute, ou bien en ayant orchestré une libération intentionnelle de l’agent  chimique comme provocation ou bien en en ayant possédé un container qui aurait explosé pendant un bombardement conventionnel.

Une des sources de renseignements affirme que le scenario le plus vraisemblable est une mise en scène orchestrée par les rebelles, souhaitant forcer Trump à changer de politique, annonçant quelques jours plus tôt que le gouvernement US ne cherchait plus de “ changement de régime” en Syrie et se concentrerait sur l’attaques des ennemis communs, les groupes terroristes islamiques qui représentent le cœur des forces rebelles

La source dit que l’équipe de sécurité nationale de Trump s’est divisée en deux parties, d’un côté  les conseillers les plus proches, le nationaliste fauteur de trouble Steve Bannon et le beau-fils Jared Kushner  et de l’autre une vieille ligne de néo-cons qui se sont regroupés autour du Conseiller à la sécurité nationale  H.R Mc. Master, un général des armées qui est un protégé  du favori des néo-cons, le Gen. David Petraus.

Les querelles internes de la Maison blanche

Dans cette approche, l’exclusion récente du Général en retraite Michel Flynn comme Conseiller à la sécurité nationale et la sortie cette semaine de Steve Bannon du Conseil de sécurité nationale furent des éléments clef de la réintégration des néo-cons au sein de la présidence de Trump. Les étranges personnalités et les positions extrémistes de Flynn et Bannon rendirent leur exclusion plus facile, mais il y avait des obstacles que les néo-cons voulaient éliminer.

Bien que Bannon et Kushner soient souvent présentés comme des rivaux, dit la source, ils partagent la croyance que Trump devrait dire la vérité sur la Syrie, en révélant l’analyse de la CIA faite sous l’administration Obama que l’attaque au gaz sarin de 2013  était une fausse déclaration afin d’entraîner le Président Obama à rejoindre complètement la guerre en Syrie aux côtés des rebelles – et les analyses des renseignements sont identiques en ce qui concerne l’incident de mardi.

Au lieu de ça, Trump a suivi l’idée  de créer une urgence  sur le jugement initial  blâmant Assad pour l’événement du gaz toxique de Idblid. La source a ajouté que Trump considérait l’assaut de mercredi soir comme une façon de changer les sujets de conversation de Washington, où son administration a subi les attaques incessantes des Démocrates déclarant que son élection était due à une opération couverte par les Russes.

Si changer de discours était le but de Trump, il a réussi partiellement en contrant les critiques sévères de certains néo-cons comme le Sénateur John Mac Cain, et Lindsey Graham qui ont loué ces attaques, comme l’a fait le Premier ministtre israélien B. Netanyahu. Les neocons et Israel cherchent depuis longtemps à créer un « changement de régime » à Damas même si le départ de Assad devait conduire à une victoire des extrémistes islamistes, associés à Al Qaeda ou à l’Etat islamique.

 Faire diversion

Trump emploie une “stratégie de diversion”  dans laquelle il met en lumière son leadership dans une situation de crise international afin de détourner l’attention de ces problèmes de politique intérieure, cela rappelle Clinton et sa décision d’attaquer la Serbie en 1999 comme des nuages commençaient à entourer se vie sexuelle avec Monica Lewinski.

 

 

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Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une conférence de presse le 15 février 2017 . (Screen shot from Whitehouse.gov)

 

Les conseillers de Trump, dans leur communiqué de presse le mardi soir, sont revenus en grande largeur sur la compassion que Trump éprouvait à l’égard des victimes du gaz et sur sa décision de bombarder les bases aériennes de Assad, en contraste avec la volonté de Obama de permettre à la communauté des renseignements de mener une enquête sérieuse sur les preuves autour de l’attaque au sarin de 2013

En fin de compte, Obama a écouté ses conseillers des services spéciaux de renseignement qui lui ont dit qu’il n’ y avait aucune preuve irréfutable “ impliquant le régime de Assad et il a annulé au dernier moment les frappes aériennes–tout en maintenant publiquement la fiction que les USA étaient certains de la culpabilité de Assad.

Dans les deux cas, – 2013 and 2017 – il ya de grands doutes sur la responsabilité de Assad. En 2013, il venait juste  d’inviter les Nations unies en Syrie  pour qu’ils enquêtent sur l’usage du gaz sarin par les rebelles et donc cela n’avait aucun sens de lancer une attaque au gaz sarin dans les banlieues de Damas, sachant qu’alors que les enquêteurs seraient détournés de leur enquête.

Pareillement maintenant, Assad a gagné militairement avec un avantage décisif sur les rebelles et a remporté une victoire diplomatique majeure avec l’administration Trump ayant annoncé que le «  changement de régime «  n’était plus une priorité en Syrie. Assad, qui est un homme rusé, aurait dû savoir qu’une attaque aux armes chimiques engendrerait une contre-offensive des USA et mettrait en jeu les avancées qui ont été effectuées avec l’aide russe et iranienne.

L’argument oppose à cette logique, dévellopé par le NYT et d’autres organs d’information dédiés aux positions néo-cons – est principalement que Assad est un barbare furieux qui est en train de tester une nouvelle position de force en provoquant Trump. Bien sûr, si c’était le cas, Assad aurait revendiqué ses actes plutôt que de les nier.

Mais la logique et le respect ne sont plus des valeurs dans le Washington officiel, ni au sein des medias américains.

La montée des services de renseignements

L’alarme au sein de la communauté des renseignements à propos de la décision précipitée de Trump s’est réverbérée du Moyen Orient à Washington où l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi a rapport qu’il avait entendu que ses contacts sur le terrain étaient choqués par la façon dont l’histoire du gaz sarin avait été distordue  par Trump et les medias officiels.

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L’ancien officier de la CIA Philip Giradi. (Photo credit: Gage Skidmore)

Giraldi a confié lors de l’émission de Scott Horton: « J’entends, venant de sources du terrain situées au Moyen Orient; des individus qui son t intimement lies aux services de renseignement disponible qui disent que le contenu narrative que nous entendons tous à propos du gouvernement syrien ou des Russes ayant fait usage d’armes chimiques est une imposture. »

Giraldi a dit que ses sources étaient plus proches de l’analyse postulant un lâché accidentel de gaz après qu’un dépôt d’Al Qaeda ait été bombardé par une frappe russe.

Les services de renseignements confirment plutôt bien le compte-rendu que les Russes ont donné, qui est qu’ils ont heurté un abri où les rebelles- maintenant ce sont des rebelles qui sont bien sûr connectés à Al Qaeda- stockaient des armes chimiques leur appartenant et que cela a causé une explosion qui a entraîné des pertes. Apparemment les renseignements sont très clairs là-dessus.

Giraldi a évoqué la colère de la communauté des  services de renseignement à propos de cette distorsion des informations afin de justifier les représailles militaires de Trump, elle était si forte que certain officier opérant clandestinement considéraient leur passage au public.

“ Les membres de l’agence ( CIA) et les militaires qui sont au courant du travail des services de renseignement sont effrayés par tout ça parce que Trump a complètement transformé ce qu’il devait avoir su – ou peut-être pas- et ils craignent que cela n’avance vers une situation qui pourrait aisément tourner dans un conflit armé”.  Giraldi a dit, avant les frappes de jeudi « Ils sont étonnés de la façon dont tout cela est manipulé à la fois par l’administration et par les médias. »

Une couverture biaisée

Les medias US ont présenté la crise actuelle avec le biais profondément néo-cons qui a infecté la couverture de la Syrie et du grand Moyen-Orient depuis des dizaine d’années. Par exemple, le New York Times de vendredi a publié un article à la une  de Michael R. Gordon  et Michael D. Shear qui ont traité la responsabilité du Gouvernement syrien pour le gaz sarin comme a fait acquis. La longue histoire ne daignait même pas inclure les démentis de la Syrie et de son partenaire russe q touchant leur responsabilité.

 

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Le  destroyer  Arleigh Burke-class missile USS Ross  lance une attaque à terre avec un missile tomahawk à partir de la Méditerranée  le 7 avril 2017. (Navy photo by Petty Officer 3rd Class Robert S. Price)

 

 

L’article correspondant aussi au désir de Trump d’être décrit comme un homme réactif et un leader fort. Il est dépeint comme ayant présidé à des délibérations intenses de guerre et de paix et affichant un profond humanisme concernant les victimes du gaz, un des rares moment où le Time qui est devenu un fiable journal de propagande néo-con, ait jamais écrit quelque chose de favorable à Trump

Selon le rapport syrien de vendredi, l’attaque US a tué 13 peronnes, y compris des soldats de la base aérienne.

Gordon, dont les services rendus à la cause néo-cons sont notoires a été  l’auteur principal  avec  Judith Miller  de l’histoire du faux “ tube d’aluminium” de 2002 qui prétendait que le leader Irakien Saddam Hussein construisait un programme de construction d’ armes nucléaires, un article qui fût cité par les assistants du Président Bush  comme argument choc pour l’invasion de l’Irak en 2003.

Au regard des événements de cette semaine, La volonté désespérée de Trump de renverser sa couverture médiatique négative et les preuves  douteuses accusant Assad pour l’incident de Idlin pourraient convenir au film ‘de 1997, “ Wag the dog” ( diversion) dans lequel un président dans la tourmente crée une fausse crise en Albanie.

 

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Une fausse scène de guerre dans la comédie noire «  wag the dog » ( diversion)  qui montre une fille et son chat fuyant un bombardement en Albanie

Dans le film, l’opération de la Maison blanche est une cynique opération psychologique  montée pour convaincre le people américain que les innocents enfants albanais, dont une ravissante petite fille portant son chat sont en danger quand, en réalité, la fille est une actrice posant devant un écran vert qui permet d’inclure des scènes féroces de destruction dans le fond.

Le journaliste d’investigation  Robert Parry a défait de nombreuses histories anti-Iran pour l’Associated Press et new sweek dans les années 1980. Vous pouvez vous procurer son dernier livre America’s Stolen Narrative,  l’imprimer ici ou comme ebook. Amazon and barnesandnoble.com).

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Berner les Américains sur  la santé et la guerre

 

Duping Americans on Healthcare and War

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

 

 

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

 

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

 

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

 

Force de dissuasion ou agression ?

 

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

 

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

 

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

 

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

 

La persécution du gros bâton

 

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

 

 

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

 

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

 

Le problème d’une menace crédible

 

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

 

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

 

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

 

Le déloyal Colin Powel

 

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

 

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

 

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

La politique derrière le “ scandale russe ” R. Parry

 

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

 

The Politics Behind ‘Russia-gate’

 

 

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également important de préciser que rien de ce qu’a publié Wikileaks n’est faux. Il n’y a eu aucune “fausse nouvelle”. Bien sûr une des raisons principales ayant rendu ces emails intéressants est le fait qu’ils mettaient à jour des conduites répréhensibles et des trahisons de la part des Démocrates et de la campagne Clinton.  Le point principal révélé par les emails de DNC fut que les leaders de la campagne des primaires avaient violé leur devoir de l’approcher  d’une manière équilibrée quand ils ont miné le champ d’action de Bernie Sanders. Plus tard, les emails de Podesta ont révélé les contenus des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street, qu’elle cherchait à cacher aux électeurs et quelques unes des stratégies de financements de la Fondation Clinton.

 

 

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L’ancienne Secrétaire d’état, Hillary Clinton s’entretenant avec des supporters lors d’un rallye de la champagne à Phoenix, Arizona en 2016. (Photo by Gage Skidmore)

 

 

Autrement dit, même si les Russe avaient révélé ces informations au people américain, comment le fait d’être au courant de faits concernant la campagne présidentielle s’attaquerait-il “ au Cœur de la Démocratie  “ ? Habituellement; les journalistes croient que fournir la vérité, même si elle embarrasse certains personnages politiques ou certains partis politiques est sain pour la démocratie. En tant que journaliste américain, je préfère recevoir mes informations d’individus qui ont les meilleurs intérêts de l’Amérique à cœur mais je ne suis pas naïf au point de penser que des individus qui  font fuir des documents ne le font pas pour des intérêts personnels. Ce qui est le plus important ce sont des nouvelles authentiques et dignes d’intérêt.

Franchement, j’ai trouvé le matériel de Wikileaks beaucoup plus approprié pour un débat sur la politique américaine que les rumeurs obscènes que la champagne de Clinton a fait circuler sur Trump se faisant soi-disant uriner dessus par des prostituées russes dans un hôtel cinq étoiles de Moscou, affirmation pour laquelle aucune preuve n’a été présentée.

Rappelons-nous également que personne n’a cru que les emails DNC.Podesta ont été significatifs dans le résultat des élections 2016. Clinton elle-même a blâmé le directeur du FBI James Corney pour avoir brièvement ré ouvert  les investigations du FBI dans son serveur email privé vers la fin de sa champagne, ceci étant la raison de l’effondrement de ses sondages. Il est notoire également que Clinton a conduit une campagne horrible, qui a compris des gaffes à couper le souffle, comme celle de qualifier les supporters de Trump de «  déplorables », ce fiant beaucoup trop à des positions négatives et échouant à organiser une vision satisfaisante de l’avenir tout en ignorant les signes que son leadership dans la région industrielle des US étaient entrain de  disparaître. En  d’autres termes, les efforts actuels pour décrire les révélations sur les emails des Démocrates comme décisive dans la campagne est de l’histoire révisionniste.

Et pourtant nous voilà avec le Washington Post, le New York Times, CNN et pratiquement tous les medias  (en cœur avec les libéraux et les Démocrates) haletant à chaque fois qu’on découvre que quelqu’un dans le cercle de Trump a rencontré un Russe. Nous sommes supposés oublier que le gouvernement russe a collaboré d’une façon très proche avec le gouvernement u.s.- et en particulier avec les agences nationales des services secrets- sur des questions vitales. La Russie a assisté les troupes US dans leur approvisionnement en Afghanistan, le Président Putin a joué un rôle majeur dans la restriction du programme nucléaire iranien et il s’est aussi arrange pour que le gouvernement syrien se débarrasse de ses armes chimiques. Les deux derniers points ont fait partie des succès diplomatiques les plus notoires d’Obama.

Mais ces deux domaines de coopérations, l’Iran et la Syrie, ont contribué a faire de Putin une cible pour les puissant néo-conservateurs de Washington qui s’excitaient à l’idée d’une intervention militaire directe sur ces deux pays. Les néo-cons, avec les gouvernements israéliens et saoudiens voulaient des “ changements de régime” à Téhéran et Damas, pas des accords diplomatiques qui laissaient les gouvernements en place.

Les Neocons au sein du gouvernement US- y compris l’Assistante du Secrétaire d’état Victoria Nuland, les Sénateur John Mc. Cain et le Président de la foundation pour la démocratie nationale Carl Gershman – ont alors visé un “ changement de régime” en Ukraine, réalisant sa sensibilité pour la Russie. Gershman, dont l’association est financée par le Gouvernement, a appelé l’Ukraine “ le plus grand prix” et une étape majeure pour évincer Poutine de la Russie, Mac Cain a appuyé les ultra-nationalistes ukrainiens qui tiraient suer la police dans le square Maidan de Kiev, et  Nuland conspirait avec l’ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt sur la façon  de «  coller » ou d’ « accoucher » d’un changement de gouvernement.

La stratégie des néo-cons a fonctionné en évinçant le Président élu ukrainien Victor Yanukovych et en obligeant Poutine à intervenir au nom des ethnies russes menaces en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Ce qui, en retour, a été transformé par l’Ouest en «  invasion russe ».

 

Des intérêts partisans

Au lieu de se positionner contre ces fauteurs de troubles néo-cons, Obama les a suivi. Plus tard, les Démocrates ont vu un avantage politique à devenir les super-faucons faisant face à la Russie, essentiellement manœuvrant à la droite des Républicains, spécialement quand Donald Trump a gagné d’une façon inattendue la nomination, en, partiellement, appelant à de meilleurs relations avec la Russie.

 

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L’ambassadeur de Russie aux USA, Sergey Kislyak. (Photo from Russian Embassy)

Comme la campagne 2016 plongeait dans l’infamie comme la plus affreuse de toute l’histoire des USA, Clinton matraquait Trump à propos de la Russie, l’appelant le pantin de Poutine. Mais le dénigrement des Russes n’a pas semblé beaucoup aider Clinton.

Bien qu’il ait été calculé pour attirer quelques Républicains modérés, il a aussi repoussé beaucoup de Démocrates pacifistes.

Cependant, malgré une fondation vacillante et une construction hasardeuse, L’officiel de Washington ajoute maintenant de plus en plus de terrain au «  scandale » russe. Les rescapés d’Obama ont sauté sur un prétexte  indigne pour attaquer le Conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn – citant le Logan Act, de 1799, jamais poursuivi en justice puis enfermant Flynn parce qu’il n’avait pas complètement en mémoire une   conversation téléphonique  du 29 décembre avec l’Ambassadeur russe alors qu’il était en vacances dans la République dominicaine.

D’une façon identique, les medias et les Démocrates mettent au point dans la cadre d’un cas de  “parjure” l’Avocat général Sessions à cause d’une réponse formulée d’une façon  négligente lors d’une déposition de confirmation à propos de ses contacts avec les Russes. Il avait rencontré deux fois Kislyak ( tout comme l’ont fait beaucoup d’autres à Washington). L’accusation  au bord de l’essoufflement est que peut-être Sessions et Kislyak complotaient sur la façon dont le Kremlin pourrait aider dans la champagne de Trump, mais il n’existe aucune preuve pouvant étayer cette théorie de la conspiration.

Ce qui se passé ici devrait être évident; L’administration Obama, les Démocrates et les medias ont été horrifié par l’élection de Trump. Ils ont d’une façon compréhensible été offensés par la comportement personnel de Trump et son inadéquation criante à la présidence. De nombreux supporters de Clinton, spécialement des femmes, furent amèrement déçues par l’échec de la première femme d’un des partis essentiels à être nominée qui perdit face à un rustre se vantant de la manière dont il pouvait, en utilisant se renommée et sa gloire, attraper les génitoires de femmes vulnérables qui, ne pouvaient, selon lui, rien faire contre lui.

Il y avait également des inquiétudes sur les choix politiques de Trump en ce qui concerne l’environnement, l’immigration, l’éducation et la justice. Parmi les néo-cons et leurs acolytes interventionnistes libéraux, il y avait également des inquiétudes sur le fait que Trump ne continuerait pas les stratégies de «  changement de régime » dans le Moyen-Orient et leur hostilité envers la Russie. Aussi, ces forces anti-Trump se sont-elles accrochées à l’arme la plus disponible, les suspicions que Trump ait pu s’acoquiner d’une façon ou d’une autre avec les Russes. Cela n’avait pas d’importance que les preuves en soient faibles ou non existantes. Elles seraient suffisantes pour répandre les allégations sous la couverture des “ déclarations” des services de renseignements US.

Personne d’important n’allait demander la révision des preuves et, certainement, avec la disponibilité de l’Agence de sécurité, la mémoire des individus pourrait être testée contre les transcriptions des conversations et s’avérer active. Des faux-pas verbaux pourraient devenir des pièges parjures. Il pourrait y avoir  une chasse aux sorcières contre quiconque ait parlé à un Russe.   Toute forme de rejet de la part des gens de Trump pourrait être reconstruite comme une « façon d’étouffer l’affaire ».

Ayant travaillé à Washington pendant Presque quarante ans, j’ai déjà vu des investigations politiques, à la fois dans l’évacuation de véritables crimes d’état (comme  le traffic de cocaïne des Contra nicaraguéen et la collaboration des Républicains avec les gouvernements étrangers afin de réduire l’influence démocrate en 1968 et 1980) et dans la fabrique de scandales qui n’existaient pas ( comme les offenses factices de Whitewater, le scandale des voyages, le scandale des dossiers, le scandale chinois etc..sous Bill Clinton qui s’est finalement fait épinglé pour le crime affreux de mentir à propos de sexe.)   Jusqu’ici, au moins, le «  scandale russe »  est plus proche des premiers que des derniers.

Ce que j’ai également appris pendant ces années est que le dans Washington, le pouvoir – beaucoup plus que la vérité- détermine quels scandales doivent être pris sérieusement ou non. «  Le «  scandale russe » révèle que les centres du pouvoir établi se déploient contre Trump – les medias principaux, les néo-conservateurs, et le Parti démocrate – et ont plus de pouvoir que l’administration désorganisée de Trump.

 

 

Le reporter d’investigation Robert Parry  a mis à jour plusieurs histoires sur les Contra d’Iran pour l’ Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier ouvrage :, America’s Stolen Narrative,  ou l’imprimer ici  ou comme E.book chez ( Amazon ou sur barnesandnoble.com).

 

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Traduction : Elisabeth Guerrier

Tout n’est pas la faute de Trump ! Tom Engelhardt

 

Nous vivons un temps où aucun des facteurs constituant le tissu socio-historique ne peut être pris ou analysé indépendamment du contexte dans lequel il agit. C’est le cas vraisemblablement de tout moment pris dans l’histoire mais la nécessité d’envisager les paramètres contraignants se fait beaucoup plus aigue en ces temps de système économico-politique à dominante impériale. Les élections américaines saturent les oreilles du monde entier, devenant un jeu à part entière où est plongé pour plus d’une année un peuple entier et occultant tous les événements d’importance se déroulant ailleurs. Ce n’est pas nouveau. C’est simplement plus intense, plus omniprésent, plus fou, plus violent, plus idéaliste et désespéré aussi et surtout, mené tambour battant par un tel bouffon que les racines du mal qui touche la vie politique américaine semblent avoir accéléré leur croissance démesurément. Ce que Engelhardt nous donne à voir ici, c’est la façon dont Trump, qu’il fonctionne comme objet médiatique ou non, est avant tout le fruit d’un système, sa manifestation la plus dérisoire et la plus funeste et que le terrain sur lequel il fait son lit est depuis longtemps préparé par une démocratie qui a perdu tous ses atouts, tous ses codes, toutes ses règles de fonctionnement pour permettre à des forces secrètes, militaires et économiques à projet ostensiblement impérialiste de légiférer le monde.EG

 

Tomgram: Engelhardt, don’t blame it all on Donald Trump 

 

Posté par Tom Engelhardt à 4:53pm, le 27 Mars 2016.
 

L’entrée dans des territoires inexplorés de Washington 
Sommes-nous dans un nouveau monde américain ?

Par Tom Engelhardt

La semaine dernière, me sentant malade, j’ai passé une journée sur le canapé devant la télévision et je me suis souvenu d’un élément étrange de la vie américaine.

Plus de sept mois avant le jour des élections présidentielles, vous pouvez regarder la campagne 2016 pour la présidence à n’importe quel moment de votre choix, et ceci est vrai depuis au moins l’année dernière. Il n’y a en fait jamais un instant où quelque chaîne d’information ou autres ne propose un rapport, une discussion, un débat, une analyse, une spéculation ou e bave simplement pas sur un aspect quelconque des primaires d’Hillary, de Bernie, de Ted et par-dessus tout – un million de fois par-dessus tout ; du Donald ( de la  violence de ses rallyes à la taille de ses mains ). Au cas où vous soyez jeune et croyiez que c’est que c’est plus ou moins la norme américaine, ça ne l’est pas, ou du moins, ça ne l’était pas.

Vraiment, il y a quelque chose de nouveau sous le soleil. Bien sûr avec la chasse à la Ford Bronco blanche de O.J Simpson, (95 millions de spectateurs !), les 24/24, 7/7 événements médiatiques sont arrivés à toute force dans la vie américaine et quelque chose a changé sur la manière dont nous nous centrons sur notre monde et dont les médias se centrent sur nous. Mais vous pouvez être sûrs d’une chose : jamais, dans l’histoire de la télévision, ou dans celle de n’importe quel autre média, aucune autre figure n’a rassemblé tant d’attention  – heure après heure, jour après jour, semaine après semaine – que Donald Trump.  Si il est le O.J Simpson de la politique américaine du 21 ième  siècle et sa course à la présidence, l’éternelle course à la Ford Bronco du moment, alors nous sommes dans un monde vraiment étrange.

Ou, pour le dire autrement : ce n’est pas une élection. Je sais que le terme “ élection “  est utilisé toutes les cinq secondes et qu’un nombre significatif d’électeurs américains continue sans interruption de rentrer dans les  isoloirs ( tout particulièrement, cette saison, des Républicains) ou, dans le cas des comités électoraux primaires, dans les salles de sport et autres, afin de choisir parmi différents candidats, aussi cela ressemble encore à des élections.. Mais croyez –moi sur parole et tenez compte du fait que je suis un type âgé de 72 ans qui observe le monde politique depuis des décennies : ceci n’est pas une élection dans le genre de celles que nos livres d’histoire nous ont décrit comme cruciale pour la démocratie américaine. Si, par contre, vous êtes assis là, attendant que je vous dise ce que c’est, respirez et ne soyez pas trop déçus. Je n’en ai pas la moindre idée, bien que ce soit en partie un spectacle de cirque du genre du pain et des jeux, en partie l’obsession de la célébrité et en partie la pompe à finances médiatique .

En fait, avant d’aller plus loin, laissez-moi me couvrir à propos de l’idée que Donald Trump soit un O.J Simpson du 21 ième siècle. C’est certainement une comparaison raisonnable mais je commence à me demander si aucune comparaison ne peut être utile dans la situation présente. Même la plus cauchemardesque d’entre elles – Donald Trump est  Adolf HitlerBenito Mussolini, ou n’importe quel démagogue extrémiste  de votre choix –peut se révéler n’être que des mouvements de consolation,  de rassurance et de confort. Oui, ce qui se passe dans notre monde devient de plus en plus extrême et pourrait difficilement être plus étrange, nous semblons être pressés de la dire, mais cela n’est pas reconnaissable. C’est quelque chose que nous avons rencontré avant, quelque chose que nous avons analysé dans le passé et, dans le mouvement, vaincu.

Réunir les suspects habituels

Mais que se passera-t-il si ce n’est pas vrai ? D’une certaine mesure, la chose la plus effrayante, la moins acceptable à dire à propos de notre monde américain à l’heure actuelle – même si la présence envahissante de Trump nous incite presque à le dire- c’est que nous sommes entrés dans un territoire non réglementé  et que, dans ces circonstances, les comparaisons peuvent en fait modifier notre capacité à saisir notre nouvelle réalité. Ma propre suspicion : Donald Trump n’est que l’instance la plus évidente de ce qui se passe, l’exemple que personne ne peut manquer.

Pendant les premières années du 21 ième siècle, nous assistons peut-être à la naissance d’un nouveau monde au cœur de la coque vidée du système américain. Jusqu’à présent, bien que nous vivions avec cette réalité chaque jour,  nous ne pouvons de toute évidence pas tolérer de le reconnaître pour ce qu’il est. Lorsque nous examinons le paysage, ce sur quoi nous tendons à nous focaliser est la coquille – les habituelles élections ( dans une forme quelque peu exponentielle), les habituelles institutions gouvernementales ( un peu ternies)  avec les habituels pouvoirs ( un peu amoindris et redistribués) comprenant les habituels séparations des pouvoirs ( checks and balance *) (un peu détraqué), et la même vieille Constitution ( si louée en son absence) et oui, nous savons que rien de tout ça ne marche particulièrement bien, ou parfois ne marche pas du tout, mais c’est toujours rassurant de considérer ce que nous avons comme une version réduite, plus désordonnée et moins fonctionnelle de ce que nous connaissons.

Peut-être, pourtant, est-ce de plus en plus une version de l’inconnu. Nous disons, parquet le Congrès est  « paralysé »  est que peut être accompli dans un pays devenu si « polarisé »  et nous attendons que quelque chose nous libère de cette paralysie, afin de nous permettre de revenir vers un Washington plus proche de ce que nous nous souvenons et reconnaissons.  Mais peut-être est-ce cela. Peut-être que même si les Républicains ont d’une certaine façon perdus le contrôle  de la Chambre des députes  House of Representatives) et du Sénat, nous pourrions être  dans une situation telle que nous cataloguions maintenant le paralysie. Peut-être est-ce notre nouvelle réalité américaine, le Congrès étant en fait une sorte de version d’un poulailler glorifié, bien soutenu et bien financé.

Bien sûr, je ne veux pas nier le fait que ce qui est «  nouveau » dans notre monde a une longue histoire. L’élargissement du  gouffre des inégalités entre les 1% et les Américains ordinaires a commencé à s’élargir dans les années 70 – comme l’explique si brillamment Thomas Frank dans son nouveau livre   Listen, Liberal – était déjà une réalité puissante et controversée au début des années 1990, quand Clinton visait la présidence. Oui, l’écart est plus maintenant comme des abysses et semble encore plus inscrit dans le système américain mais il a son histoire propre, comme l’ont par exemple les élections des 1%   ainsi que la montée et l’auto-organisation de la   « classe des milliardaires » même si personne, jusqu’à maintenant, ne pouvait imaginer qu’un gouvernement des milliardaires, par les milliardaires et pour les milliardaires puise évoluer en un gouvernement pour le milliardaire, par le milliardaire et pour le milliardaire – c’est-à-dire l’un d’entre eux.

Bien sûr, beaucoup de notre monde qui change de forme pourrait être décrit avec un certain nombre de comparaisons et en terme de points de référence historiques. Les inégalités ont une histoire. Le complexe militaro-industriel et  l’armée mercenaire , comme la warrior corporation, ne sont pas nées d’hier, ni notre état de guerre permanente, ni notre état de sécurité nationale qui menace maintenant Washington ainsi que son urgence à surveiller, celui de savoir beaucoup trop de choses sur la vie privée des Américains. ( Un petit salut en souvenir du Directeur du FBI,  J. Edgar Hoover est de rigueur ici)

Et cependant, aussi vrai que tout cela puisse être, Washington ressemble de plus en plus à une terre nouvelle, exhibant quelque chose comme nouveau système au milieu de notre politique décrite polarisée et paralysée décrite en long et en large.

L’état de sécurité nationale ne me semble pas moindrement paralysé ni polarisé.  Et le Pentagone non plus. Certains jours quand je regarde les nouvelles, je ne peux pas concevoir comment ce nouveau territoire semble étrange et monotone à la fois. Rappelez-moi, par exemple, où dans la Constitution les Pères fondateurs ont-ils écrit à propos de l’état de sécurité nationale ? Et cependant il est présent dans toute la gloire, tout le pouvoir et dans la force toujours plus indépendante de la capitale de notre nation.     Dans quelle mesure, par exemple, ces hommes de l’ère révolutionnaire ont-ils préparé le terrain pour que le Pentagone envoie ses drones espions de nos zones de guerre éloignées jusqu’au dessus des États- Unis ?  Et pourtant il l’a fait.  Et personne ne semble perturbé par ce développement. La nouvelle, à peine note ni remarquée, a été instantanément absorbée dans ce qui est entrain de devenir la nouvelle norme.

Cérémonie de remise des diplômes dans l’Empire

Laissez-moi mentionner ici au hasard la nouvelle qui m’a récemment amené à me demander sur quelle planète je vivais. Et je sais que vous n’allez pas le croire mais cela n’a absolument rein à voir avec Trump

Étant donné le carnage entraîné par les guerres et les conflits américains à travers les grand Moyen-Orient et l’Afrique, que j’ai suivis de près  l’an passé, je ne sais pas pourquoi ce moment particulier est venu à ma connaissance. La meilleure supposition ? Peut-être que, de tous ces lieux auparavant obscurs – de l’Afghanistan au Yémen en passant par la Libye – dans lesquels les US ont combattus récemment, la Somalie, où ce petit massacre particulier a eu lieu, semble le plus obscur de tous.  Oui, j’ai à moitié assisté à des événements se passant là-bas, du moment des Blackhawk de 1993 à l’invasion désastreuse de l’ Ethiopie  en 2006, soutenue par les USA en passant par l’invasion à peine moins désastreuse de ce pays par les   Kenyans et par d’autres forces africaines. Mais pourtant, la Somalie ?

Récemment, des drones américains Reaper et des aéronefs avec pilote ont lance une série d’attaque contre ce que le Pentagone a qualifié de cérémonie de remise des diplômes  pour les fantassins de base du groupe somalien de terroristes al-Shabad. Il a été fièrement annoncé que plus de 150 somaliens étaient morts lors de cette attaque. Dans un pays où, dans les récentes années les drones US et les forces d’opération spéciales on mené un nombre réduit de frappes contre les leaders d’al Shabad individuellement, ceci pourrait être considéré comme une escalade distincte du conflit sans fin se déroulant là-bas, ( avec un  raid impliquant les forces spéciales US suivant peu de temps après)

Maintenant, laissez-moi remettre ça dans un contexte personnel. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours aimé les cartes et les globes terrestres. J’ai un sens correct de là où se trouvent la plupart des pays sur cette planète. Cependant, la Somalie ? J’ai dû m’interrompre et y réfléchir afin de la localiser précisément sur ma carte mentale de l’est africain. La plupart des Américains ? Honnêtement, je doute qu’ils auraient eu la moindre idée. Aussi l’autre jour, quand la nouvelles m’est parvenue, je me suis arrêté un moment pour la considérer. Si elle est exacte, nous avons tué 150 plus ou moins personne (sauf pour ceux qui les connaissaient) et peut-être même un   top leader ou deux dans un pays que la majorité des Américains ne seraient pas capable de localiser sur une carte. Je veux dire, ne trouvez-vous pas ça un peu bizarre, quelle que soit l’horreur de l’organisation pour laquelle ils se préparaient à combattre ?

Rappelez-moi : sur quelle bases a-t-on perpétré ce modeste massacre ? Après tout, les US ne sont pas en guerre avec la Somalie ni avec al-Shabad. Bien sûr, le Congrès ne joue plus aucun rôle dans les engagements belliqueux de l’Amérique. Il ne déclare plus la guerre sur aucun des pays ou des groupes que nous combattons. (Paralysie !!) La guerre n’est maintenant plus que du domaine de l’exécutif, en réalité, le pouvoir collectif de l’état de sécurité nationale  et la Maison blanche.  L’explication principale offerte pour la frappe somalienne, par exemple, est que les US avaient un petit nombre de conseillers stationnés avec les Forces d’union africaine dans ce pays et qu’il était vaguement possible que ces étudiants en guérilla puisse bientôt préparer une attaque quelques unes de ces forces ( et donc le personnel militaire américain) Il semble que si les US placent des conseillers n’importe où sur la planète – et chaque jour de chaque année ils sont maintenant dans des quantités de pays  — ce sera un excuse suffisante pour valider des actes de guerre basés sur l’imminence de la menace de leurs attaques.

Ou bien pensons le de cette façon ;  une constitution nouvelle, informelle est écrite ces dernières années à Washington. Pas besoin d’une convention ou d’une nouvelle Déclaration des droits. C’est une constitution centrée sur l’usage du pouvoir, spécialement le pouvoir militaire, et qui s’écrit dans le sang.

Ces jours-ci, notre gouvernement (celui qui n’est pas paralysé) agit régulièrement sur la base de cette constitution-en-devenir informelle, commettant des actes comme celui de la Somalie, à travers de significatives régions de la planète. Ces dernières année, nous les avons maries avec les dernières   technologies étonnantes.   Des drones armés de missiles Hellfire pour le pouvoir exécutif et le massacre assez gaillard d’individus que nous n’aimons pas beaucoup dans une majorité de pays musulmans. Maintenant, il est accepté que n’importe quel commandant en chef soit aussi un  assassin-en-chef, et que tout ceci fait partie d’un système de temps-de-guerre-qui n’est-pas un temps-de-guerre. Répandant le principe du chaos et de la dissolution  dans des régions entières de la planète, laissant des états écrasés et des mouvements terroristes dans son sillage. Quand donc était-ce, à propos, que “le people” a donné son accord pour que le Président puisse se transformer en assassin en chef, rassemblant ses beagles officiels afin qu’ils écrivent de nouvelles “lois” qui couvrirait n’importe lequel de ses actes ( y compris le meurtre  de citoyens américains), et année après année, envoie ce qui est en fait sa flotte personnelle de drones afin d’ éliminer des milliers de personne à travers les Moyen-Orient   et dans certaines parties de l’Afrique ?  Assez bizarrement, après presque quatorze années de cette sorte de comportement, avec des  preuves évidentes que ces sortes de frappes ne suppriment  pas les mouvements que Washington abhorre  (et souvent ne fait qu’allumer les flammes du ressentiment et de la vengeance qui, ni l’actuel président et ses officiels, ni aucun des candidats à cette fonction n’ont la moindre intention de ramener un jour ces drones au sol.

Et quand exactement le “people” a-t-il dit que, au sein de l’armée largement déployée de notre pays, qui a maintenant des garnisons  partout sur la surface de la planète, une force de presque 70.000 personnels d’Opérations spéciales pourrait naître, ou qu’elle devrait globalement  mener  des missions sous couverture, n’étant redevable qu’au Président  (si elles le lui sont) ? Et, ce que je trouve le plus étrange est que si peu dans notre monde trouve cela étrange.

Une planète sur le déclin ?

D’une certain façon, on pourrait dire que tout ceci marche. Au moins, marche dans ce nouveau système qui se crée que nous devons encore arriver à comprendre, tout comme nous n’avons pas encore compris l’état de sécurité nationale qui surveille le monde d’un façon que même les auteurs de science fiction n’ont pas pu imaginer, ( ni les législateurs des états totalitaires) ou la version étrange de la tuerie qu’on appelle élection. Tout ceci est à la fois une vieille nouvelle et terriblement nouveau.

Est-ce que je le comprends ? Pas du tout

Ce n’est pas la guerre comme nous la connaissons, ni le gouvernement comme nous l’avons compris, et ce ne sont pas des élections comme nous les avons imaginées il y a longtemps, ni une démocratie comme celle dont nous l’avions conçue, ni un journalisme du genre de celui qui était enseigné dans les écoles de journalisme. C’est la définition d’un territoire sans règles. C’est une authentique terra incognita  américaine cependant d’une certain façon, ce paysage inconnu fait déjà partie  de notre sens de nous-mêmes et du monde. Dans cette saison d’“ élection”  beaucoup demeure choqué par le fait qu’un des candidats gagnant pour la présidence puisse être un démagogue avec un côté autoritaire visible et ce qui semble être un goût pour le pouvoir absolu. De telles définitions sont accolées à Donald Trump mais le nouveau système américain qui émerge de cette chrysalide ces dernières années montre déjà ces tendances. Donc, ne blâmons pas Donald Trump.  Il devrait être beaucoup moins choquant pour ce pays qu’il ne l’est. Après tout, un monde trumpien en formation a pavé le chemin pour lui.

Qui sait ? Peut-être assistons-nous à une nouvelle interprétation d’une très vieille histoire : une version d’un ancien conte de grand pouvoir impérial adaptée au 21 ième siècle, peut-être le plus grand jamais vu – le grand pouvoir solitaire-  plongeant dans son déclin. C’est un conte que l’humanité a expérimenté assez souvent au cours de sa longue histoire. Mais à moins que vous ne pensiez une fois de plus qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, le contexte pour tout ceci, pour tout ce qui se déroule en ce moment dans notre monde, est si nouveau que cela reste hors de portée de milliers d’années d’expérience humaine. Comme les derniers records de chaleur  l’indiquent, nous sommes, pour la première fois sur une planète en déclin. Et si ça ça n’est pas un territoire sans règles, qu’est-ce qui l’est ?

 

Tom Engelhardt est le co-fondateur du  American Empire Project ( Projet de l’empire américain) et l’auteur de  The United States of Fear ( Les Ètats-Unis de la peur) ainsi que de l’Histoire de la Guerre froide., The End of Victory Culture.( La fin de la culture de la victoire) Il est membre du  Nation Institute et dirige TomDispatch.com. Son dernier livre est : Shadow Government: Surveillance, Secret Wars, and a Global Security State in a Single-Superpower World.( Le gouvernement de l’ombre : surveillance, guerres secrètes et état de sécurité globale dans un monde à super-pouvoir unique)

 

  • La séparation des pouvoirs est le fait dans la constitution d’un État de distinguer certaines fonctions ou missions de l’État, et d’en confier l’exercice exclusif à différents corps de ce dernier, appelés pouvoirs. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire est le principe fondamental des démocraties représentativesA contrario, les régimes dictatoriaux ou tyranniques se définissent par la concentration, en général dans la main du pouvoir exécutif, de tous les pouvoirs.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

Une guerre mondiale a commencé, brisons le silence

 

A world war has begun.

Par John Pilger

 

C33
Je suis allé filmer dans les îles Marshall, qui sont au nord de l’Australie, au milieu de l’Océan pacifique.

À chaque fois que je dis à des gens où je suis allé, ils me demandent “ Où est-ce ?” si je leur donne un indice en me référant au «  bikini » ils disent «  Ah, tu veux dire le maillot de bain ? »

Peu semblent conscients du fait que le maillot de bain bikini a été nommé ainsi afin de célébrer les explosions nucléaires qui ont détruit l’Ile de Bikini. Soixante-six têtes nucléaires lancées par les USA ont explosé dans les îles Marshall entre 1946 et 1958, l’équivalent de 1.6 bombes d’Hiroshima chaque jour pendant 12 ans.

Bikini est silencieuse aujourd’hui, muette et contaminée. Les palmiers poussent dans des réseaux étranges. Rien ne bouge. Il n’y a pas d’oiseaux.  Les pierres tombales du vieux cimetière sont vivantes de radiation. Mes chaussures ont été déclarées «  dangereuses » sur le compteur Geiger.

Debout sur la plage, j’ai regardé le vert émeraude de l’océan tomber au loin dans un vaste trou noir. C’était le cratère laissé par la bombe à hydrogène qu’ils ont appelée «  Bravo ». L’explosion a empoisonné les gens et leur environnement  sur des centaines de kilomètres, peut-être pour toujours.

Pendant mon voyage de retour, je me suis arête à l’aéroport de Honolulu et j’ai remarqué un magazine américain appelé  « La santé au féminin ». Sur la couverture se trouvait une femme souriante en bikini et le titre «  Vous aussi, vous pouvez avoir un corps bikini. » Quelques jours plus tôt, dans les îles Marshal, j’avais interviewé des femmes qui avaient des corps bikini très différents, chacune souffrant de cancer de la thyroïde et d’autres cancers extrêmement graves.

Contrairement à la femme souriante du magasine, chacune d’entre elles vivaient dans la misère, victimes et cobayes d’une superpuissance rapace qui est aujourd’hui plus dangereuse que jamais.
Je fais part de cette expérience comme un avertissement et afin d’interrompre la distraction qui nous a consume tous ou Presque. Le fondateur de la propagande moderne, Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme «  la manipulation consciente et intelligente des comportements et des opinions. » dans les sociétés démocratiques. Il a appelé cela « le gouvernement invisible »
Combien de personnes savent que la guerre a commencé ? En ce moment c’est une guerre de propagande, de mensonge et de diversion,  mais ceci poeut changer instantanément avec le premier ordre donné par erreur, avec le premier missile.

En 2009, le Président Obama se tenait devant une foule en adoration dans le centre de Prague, au Cœur de l’Europe. Il s’engageait à faire «  un monde libéré des armes atomiques ». La foule a frémi et quelques uns ont pleuré. Un torrent de platitude a coulé dans les médias. Obama s’est vu en conséquence attribué le Prix Noble de la paix. Mais c’était tout à fait faux, il mentait. Son gouvernement a construit plus d’armes atomiques, plus d’ogives nucléaires, plus de système de propulsion nucléaire, plus d’usines nucléaires. Le coût pour les ogives nucléaires seules a été plus élevé sous Obama que sous aucun autre président américain. Il se monte à plus d’un milliard de dollars.

Une mini bombe atomique est prevue. Elle est connue sous le nom de B61 Model 12. Il n’y a jamais eu quelque chose comme ça. Le Général James Cartwright, un  ancien vice-président de l’état-major interarmées a dit : «  Le fait qu’il deviennent plus petits rend leur usage plus vraisemblable. »

Lors des derniers dix-huit mois, le plus grand regroupement militaire depuis la Deuxième guerre mondiale- conduit par les USA se produit à la frontière oust de la Russie. Jamais depuis que Hitler a envahi l’Union soviétique des troupes étrangères n’ont été un tel danger pour la Russie.

L’Ukraine, auparavant partie de l’URSS, est devenu le parc à thème de la CIA. Ayant orchestré un coup à Kiev, Washington contrôle effectivement le régime qui est la porte à côté et est profondément hostile à la Russie : un régime corrompu par les Nazis, littéralement. Des figures parlementaires notoires en Ukraine sont des descendants politiques des groupes fascistes notoires comme l’OUN et l’UPA. Ils louent ouvertement Hitler et appelle à la persécution et à l’expulsion de la minorité russe. C’est rarement évoqué dans la presse de l’Ouest  ou c’est inverti afin de cacher la vérité.

En Lettonie, Lituanie et Estonie- la porte à côté de la Russie, l’armée US est entrain de déployer des troupes de combats, des tanks, et des armes lourdes. Cette extrême provocation de la deuxième puissance nucléaire mondiale est accueillie par le silence de l’Ouest. Ce qui  rend la perspective d’une guerre nucléaire encore plus dangereux et le parallèle avec la champagne contre la Chine.

Pas un jour ne passe sans que la Chine ne soit élevée au rang de «  menace ». Selon l’Amiral Harry Harris, le Commandant en chef de l’armée du Pacifique, la Chine  ” construit un grand mur de sable dans le sud de la mer de Chine. »
Ce à quoi il fait référence est à la construction de pistes d’atterrissage sur les îles Spratly, qui sont l’objet d’une dispute avec les Philippines. Une dispute non prioritaire avant que Washington ne fasse pression et soudoie le gouvernement de Manille et que le Pentagone ne lance une campagne de propagande appelée «  Liberté de navigation. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire liberté pour les vaisseaux de guerre américains de patrouiller et de dominer les eaux   côtières de Chine. Essayez d’imaginer la réaction américaine si des vaisseaux de guerre chinois faisaient la même chose sur les eaux de Californie.

J’ai réalisé un film appelé : «  La guerre que vous ne voyez pas. », dans lequel j’ai interrogé des journalistes distingués en Amérique et en grande Bretagne. Des reporters comme Dan Tather de CBS, Rageh Omar de la BBC, David Rose de l’Observer.

Tous ont dit que si les journalistes et les animateurs télé avaient fait leur travail et questionné la propagande selon laquelle Sadam Hussein possédait des armes  de destruction massive, que si les mensonges proférés par Tony Blair et Georges Bush n’avaient pas été amplifiés  et propagés par les médias, l’invasion de 2003 en Irak n’aurait probablement pas eu lieu et des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants seraient encore vivants à l’heure actuelle.

La propagande préparant le terrain pour une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est pas différente dans son principe. À ma connaissance, aucun journaliste des réseaux médiatiques officiels de l’ Occident – l’équivalent d’un Dan Rather disons. n’a demandé pourquoi la Chine construisait des pistes d’atterrissage au sud de la Mer de Chine. La réponse serait d’une évidence aveuglante. Les USA sont en train d’encercler la Chine avec un réseau de bases, avec des missiles balistiques, avec des bombardiers armés de têtes nucléaires. Cet arc mortel s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, des îles Mariana,  Marshall et  Guam, aux Philippines, à la Thaïlande, Okinawa, Corée et au travers l’Eurasie jusqu’à l’Afghanistan. L’Amérique a accroché un nœud coulant au cou de la Chine. Ce n’est pas une nouvelle. Silence des médias. La guerre vue par les médias.

En 2015, dans le plus grand secret, les US et l’Australie ont organisé le plus gros exercice militaire sol-mer dans l’histoire récente, connu comme le Talisman Sabre. Son but était la répétition d’un plan de bataille air-mer, bloquant les voies maritimes comme le détroit de Malacca et celui de Lombok, qui condamnent l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières vitales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.

Dans le cirque connu en tant que campagne présidentielle américaine, Donald Trump est présenté comme un  fou, un fasciste. Il est certainement odieux, mais il est aussi une figure haïe par les médias. Ceci uniquement pourrait lever notre scepticisme.

Les vues de Trump sur l’émigration sont grotesque, mais pas plus grotesque que celle de David cameron. Ce n’est pas Trump qui est la grand reporter aux USA mais le lauréat du prix Nobel de la paix Barack Obama. Selon un commentateur prestigieux, Trump «  lâche les rennes de la violence. » aux USA. Il les lâche ?

C’est le pays   où les petits enfants tuent leurs mères et où la police mène une guerre contre les noirs américains. C’est le pays qui a attaqué et cherché à renverser plus de 50 gouvernements, dont nombre de démocraties et bombardé de l’Asie  au Moyen Orient, causant la mort et l’expropriation de millions de personnes.

Aucun pays n’atteint leson record de violence systémique. La plupart des guerres américaines, souvent contre des pays sans défnse, ont été déclenchées non par des gouvernement républicains mais par des Démocrates libéraux, Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama.

En 1947, une série de directives du Conseil national de sécurité décrivait le but ultime de la politique étrangère américiane comme : « un monde substantiellement fait à l’image de l’Amérique ».

Il s’agit de l’idéologie de l’Amérique messianique. Nous sommes tous américains. Ou autres. Les hérétiques seront convertis, achetés, diffamés ou écrasés.

Donald Trump est le symptôme de cela, mais il est aussi un dissident. Il dit que l’invasion de l’Irak était un crime, il ne veut pas d’une guerre contre la Russie ou ma Chine. Le danger pour nous qui restons n’est pas Trump, mais Hillary Clinton. Elle n’est pas une dissidente. Elle incarne la résilience et la violence d’un système dont l’  « exceptionnalisme » tant vanté est un totalitarisme avec de temps en temps un visage libéral.

Comme l’élection présidentielle approche, Clinton sera considérée comme la première femme président, sans tenir compte d ses crimes et de ses mensonges- tout comme Barack Obama était vanté en tant que premier président noir et que les libéraux avalèrent son non-sens à propos de l’ « espoir ». Et le radotage continue. Décrit par le rédacteur du Guardian Owen Jones comme «  drôle, charmant, avec une gentillesse qui évince partiquement tous les autres politiciens” Obama  a envoyé l’autre jopur des drones qui ont massacre 150 personnes en Somalie. Il tue des gens généralement le mardi, selon le New York Times, quand on lui tend une liste de candidats pour la mort par drone. Tellement gentil.

Dans sa campagne présidentielle de 2008, Hillary Clinton a menace de  complètement oblitérer l’Iran avec des armes nucléaires. En tant que secrétaire d’état sous Obama, elle a participé au renversement du gouvernement du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 a Presque été jubilatoire. Quand le leader libyen, le Colonel Kadhafi  a été publiquement sodomisé avec un couteau – un meurtre rendu possible grâce à la logistique américaine ; Clinton a exulté à propos de sa mort : «  Nous sommes venu, nous avons vu, il est mort. »

Un des allies les plus proches de Clinton est Madeleine Albright, l’ancienne secrétaire d’état qui a attaqué les jeunes femmes qui ne supportaient pas Hillary, la même Madeleine Albright qui a considéré à l’écran que la mort de millions d’enfants irakiens « valait la peine. »
Parmi les soutins les plus importants de Clinton on trouve le lobby israélite et les compagnies d’armement qui nourrissent le violence dans le Moyen Orient. Elle et son mari ont reçu des fortunes de Wall Street. Et cependant, elle est sur le point d’être proclamée la candidate des femmes, afin d’évincer l’horrible Trump, le démon officiel. Ses supporters comprennent des féministes distinguées, comme Gloria Steinem aux US ou Anne Summers en Australie.

Il y a une génération, un culte post-moderne, connu maintenant sous le nom de
“ Politique identitaire”  arrêtait beaucoup de personnes intelligentes, d’esprit libéral, qui examinaient les cause et les individus qu’ils soutenaient, comme les faussaires Obama et Clinton, comme les mouvements soi disant progressistes de Syriza en Grèce, qui ont trahi le people de leur pays et se sont allies avec leur ennemi. L’auto-absorption, une sorte de soiisme sont devenus le nouveau zeitgeist dans les sociétés privilégiées de l’Occident et montrent l’abandon de grands mouvements collectifs contre la guerre, l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.

Aujourd’hui, le long sommeil est peut-être fini. La jeunesse se réveille à nouveau. Progressivement, les milliers en Grande Bretagne qui ont supporté Jeremy Corbyn font partie de cet éveil, comme sont ceux qui se sont rassemblés pour supporter Bernie Sanders. En Grande-Bretagne la semaine dernière, le plus proche allié de Corbyn, un chef du parti travailliste, John McDonnel, a impliqué le parti au gouvernement afin qu’il renfloue la dette de banques pirates et, dans les faits, continue la soi-disant austérité.*

Aux US, Sanders a promis de soutenir Clinton, si et quand elle serait nominée. Lui aussi a voté pour l’usage de la violence contre certains pays quand il le trouvait juste. Il pense que Obama a  «  fait un bon travail »

En Australie, il ya une sorte de politique moratoire, dan laquelle des jeux parlementaires pénibles sont joués à travers les medias pendant que des réfugiés et des peuples indigènes sont persécutés et que les inégalités augmentent, avec les dangers de guerre. Le gouvernement de Malcom Turnbull vient de présenter un budget pour la soi-disant défense de 195 milliards qui est une incitation à la guerre.

Silence

 

Qu’est devenue la grande tradition populaire d’action directe ? Où sont le courage, l’imagination et l’investissement nécessaires pour commencer un long voyage vers un monde meilleur, plus juste et pacifique ? Où sont les dissidents dans l’art, le cinéma, le théâtre, la littérature ? Où sont ceux qui vont briser le silence ? Ou attendons-nous que le premier missile nucléaire soit lancé ?

 

John Pilger
March 2016

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Privatiser l’apocalypse Richard Krushnic et Jonathan King

Après une présentation rédigée par Tom Engelhart que nous avons souhaité garder, Richard Krushnic et Jonathan King nous convient à découvrir les dessous de cet énorme entreprise qu’est la maintenance, la conception et le stockage de l’armement nucléaire aux USA. Des sommes phénoménales, toutes évidemment issues des impôts de l’Amérique sont allouées à des entreprises et à des sous-traitants d’un des projets de destruction massive les plus radicaux que la planète ait connu. Fonds dont personne ne connaît effectivement le montant et qui se voient reconduits par les poussées régulières des lobbies qui achètent le Congrès. Dans une obscurité quasi totale, organisée et maintenue opaque par les corporations se prépare l’apocalypse.EG

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Privatizing the Apocalypse 

Krushnic and King, Le complexe nucléaire multi-national

Ils ont dirigé les compagnies les plus profitables de l’histoire et, pour le dire franchement, ils sont en train de détruire la planète. Dans le passé, étant donné l’obsession terroriste des USA, je les avais nommé « terraristes ». Je fais référence, bien sûr, aux CEO des compagnies de la « grosse énergie », qui lors de ces dernières années ont tout fait pour trouver de nouveaux  moyens d’exploiter chaque réservoir d’énergie fossile imaginable sur la planète et de le remettre dans l’atmosphère sous forme d’émissions de dioxyde de carbone. Une chose est sûre : tout comme les responsables des compagnies de tabac, de l’industrie du cuivre  ou des équipements d’amiante  l’ont fait avant eux, ils savent ce que leur attirance pour les méga-profits signifie pour nous. – regardons la saison des incendies dans l’ouest de l’Amérique cette année. Et pour nos enfants et petits-enfants. Si vous pensez que le monde fait face en ce moment à un afflux important de réfugiés, attendez juste que les sécheresses soient plus sévères  et que les inondations  des zones côtières  augmentent. 

Comme je l’ai écrit en 2013 avec ces trois industries, les résultats négatifs sont arrivés comme par hasard des années, voire des dizaines d’années après l’exposition et ont donc été difficiles à connecter avec elle. Chacune d’entre elles savaient qu’il existait un lien. Chacune utilisa le fait que le temps en était déconnecté  comme protection. Une différence : si vous étiez un cadre de l’industrie du tabac, du cuivre ou de l’amiante, vous pouviez faire en sorte que vos enfants ou vos petits-enfants ne soient pas exposés à vos produits. Sur le long terme, il n’y a pas ce choix quand il s’agit des industries fossiles et du CO2, car nous vivons tous sur la même planète  (bien qu’il soit aussi exact que les nantis des zones tempérées ne seront vraisemblablement pas les premiers à souffrir)

D’une façon assez remarquable, comme Richard Krushnic et  Jonathan King le mettent en évidence aujourd’hui, les profits amassés par un autre groupe de chefs d’entreprise sont tout autant liés à des façons intimes de potentiellement détruire la planète (au moins en tant qu’environnement habitable pour l’humanité et pour d’autres espèces) et des dizaines de millions de personnes. Ce sont les exécutifs qui dirigent les compagnies qui développent, assurent la maintenance et modernisent notre arsenal nucléaire et, tout comme les compagnies de l’énergie, utilisent leurs lobbies et leur cash pour constamment pousser Washington vers toujours plus de la même chose. Un jour, en regardant en arrière, les historiens (s’il en existe encore)  considéreront, sans doute possible, les activités de ces deux groupes comme les exemples ultimes de la criminalité. Tom.

Privatiser l’Apocalypse

Comment les compagnies de l’armement nucléaire réquisitionnent vos impôts 

Richard Krushnic et Jonathan Alan King 

Imaginons pour un moment une véritable absurdité : quelque part aux USA, les opérations hautement lucratives d’un panel d’entreprises sont basées sur la possibilité que tôt ou tard notre voisinage sera détruit et que vous et vos voisins vous serez anéantis. Et pas seulement vous et vos voisins mais d’autres individus et leurs voisins à travers toute la planète. Que penserions-nous de telles compagnies ?  De tels projets ?  Et des méga-profits tirés de tout cela ?

En fait de telles compagnies existent vraiment. Elles sont au service de l’industrie de l’armement nucléaire américain et du vaste arsenal, potentiellement destructeur de la planète, du Pentagone. Elles en tirent des profits massifs, leurs membres vivent des vies confortables dans notre voisinage et jouent des rôles actifs dans la politique de Washington. La plupart des Américains savent très peu sinon rien sur leurs activités et les médias ne se préoccupent que rarement d’enquêter sur elles et sur leurs profits, même si le travail qu’elles accomplissent est au service d’un futur apocalyptique au-delà de toute imagination.

Ajoutons à l’étrangeté de tout ceci une autre improbabilité. Les armes nucléaires ont été à l’affiche pendant des années et cependant l’attention actuellement est focalisée comme un projecteur sur un pays qui ne possède pas une seule arme nucléaire, et pour autant que puisse en témoigner  les services de renseignements américains, n’a montré aucun signe de sa volonté d’en construire une. Nous voulons parler, bien sûr, de l’Iran.

Par contre, presque jamais ne sont présents dans les nouvelles les arsenaux, eux parfaitement réels, qui pourraient faire des ravages sur la planète, tout particulièrement notre propre arsenal et celui de notre ancien ennemi, la Russie.

Dans le récent débat sur l’accord du Président Obama avec l’Iran et le fait de savoir s’il préviendrait ce pays de jamais développer son armement nucléaire, vous pouviez chercher partout afin de trouver une vraie discussion sur l’arsenal américain, même si le Bulletin of the Atomic Scientists estime qu’il comprend à peu près 4700 têtes nucléaires actives.  Ce qui inclut un large éventail de bombes et de missiles terrestres ou immergés. Si par exemple, un seul sous-marin nucléaire Ohio Class – et l’armée en a 14, équipés d’ogives nucléaires, devait lancer  ses 24 missiles Trident, chacun équipé de 12 mégatonnes de têtes nucléaires à cibles indépendantes, les villes principales de tout pays visé dans le monde pourraient disparaître et des millions de personnes mourir.

Bien sûr, les détonations et les incendies liés entraîneraient tant de fumée et de particules dans l’atmosphère que le résultat en serait un hiver nucléaire, déclenchant une famine mondiale et la mort possible de centaines de millions de personnes, y compris des Américains (où que soit tombé le missile). Cependant, comme dans un roman classique du Dr. Seuss, on devrait ajouter : ce n’est pas tout, oh, non, ce n’est pas tout ! En ce moment l’administration Obama projette d’investir un millier de milliards de dollars dans les 30 années à venir afin de moderniser et de mettre à jour les forces nucléaires américaines.

Étant entendu que l’actuel arsenal représente des capacités de tueries outrancières – il pourrait détruire de nombreuses planètes de la taille de la Terre aucune de ces dollars du contribuable en plus n’apportera aux Américains la moindre sécurité ou protection accrues.  Pour la sécurité de la nation, il importe peu que dans les années à venir, la précision de tir des missiles dont la tête détruirait complètement toute créature vivante dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres soit réduite de 500 à 300 mètres. Si une telle « modernisation » n’a aucune signification militaire évidente, pourquoi cette poussée pour des dépenses supplémentaires dans l’armement nucléaire ?

Un facteur signifiant dans la cagnotte du nucléaire américain passé régulièrement inaperçu : les corporations qui détiennent l’industrie nucléaire. Pourtant les pressions qu’elles sont à même d’exercer en faveur d’une augmentation constante des dépenses nucléaires sont radicalement sous-estimées dans ce qui est passé pour un « débat » sur le sujet.

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Privatisation du développement de l’armement nucléaire.

 

Commençons par ce simple fait : la production, maintenance et modernisation de l’armement nucléaire sont une source de profit pour ce qui est, dans son essence, un cartel. Ils ne font évidemment pas face à une compétition étrangère pour  les contrats, étant donné que ce que nous évoquons là est l’arsenal militaire américain et que les contrats offerts par le gouvernement sont protégés de la critique de l’audit par l’apparence de la sécurité nationale. En outre, le modèle affairiste utilisé  est celui du « coût ajouté », ce qui signifie que quel que soit le dépassement du coût comparé au devis initial, les entrepreneurs reçoivent un pourcentage de profit garanti au-dessus des coûts. De gros profits sont effectivement garantis, quels que soient le niveau d’inefficacité ou de surévaluation du coût que puissent concerner le projet. En d’autres mots, il n’est pas possible pour les entrepreneurs de perdre de l’argent sur leur travaux, qu’ils soient efficaces ou non. (Rien à voir donc avec le modèle de libre-échange de la production libérale)

Ces profits bien protégés et les firmes les amassant sont devenus un facteur majeur dans la promotion du développement de l’armement nucléaire, compromettant toute démarche de désarmement quelle qu’elle soit.  Des parties de ce processus devraient nous être familières bien sûr  puisque c’est une extension de la formule classique du Pentagone que l’économiste de l’industrie de l’Université de Columbia Seymour Melman a décrit d’une façon si frappante dans ses livres et ses articles. Une formule qui a produit  les infamies de marteau à 436 dollars et de cafetières électriques à 6322 dollars.

Etant donnés les processus et les profits, les entrepreneurs de l’armement ont un intérêt particulier à s’assurer que le peuple américain ait un sens aigu du danger et de l’insécurité  (même si ce sont eux qui sont devenus la source principale de danger et d’insécurité). Récemment la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires [International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)] a produit un rapport frappant :   « Ne misez pas sur la bombe »  rendant compte des chefs d’entreprise les plus importants et de leurs investisseurs qui profiteront des améliorations à venir de l’armement nucléaire.

En fonction de la pénombre sur la sécurité nationale qui entoure les programmes d’armement nucléaires du pays, des audits authentiques sur les contrats de ces compagnies ne sont pas accessibles au public. Cependant, au moins les plus importantes compagnies profitant des contrats d’armement nucléaire peuvent maintenant être identifiées.  Dans le domaine des systèmes de distribution nucléaire – bombardiers, missiles et sous-marins – ceci inclus un nombre de noms de corporations familiers : Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics, GenCorp Aerojet, Huntington Ingalls et Lockheed Martin. Dans d’autres secteurs comme la conception et la production, les noms en tête de liste sont moins connus : Babcock et Wilcox, Bechtel, Honeywell International, et URS Corporation. Pour les essais et la maintenance, les entrepreneurs comprennent Aecom, Flour, Jacobs Engineering et SAIC, les firmes qualifiées pour le ciblage et la guidance des missiles incluent Alliant Techsystem et Rockwell Collins.

Pour donner un bref aperçu des contrats : en 2014, ont été attribués à Bancock et Wilcox 76.8 millions de dollars pour l’amélioration des sous-marins Ohio Class. En Janvier 2013, il a été attribué 4,6 milliards de dollars  à General Dynamics Electric Boat Division afin de concevoir et de développer un sous-marin de dissuasion de la prochaine génération. Plus sur ce qui est su à propos de tels contrats d’armement peut être disponible dans le rapport de l’ICAN, qui identifie aussi les banques et autres institutions financières ayant investi dans les entreprises d’armement nucléaire.

Beaucoup d’Américains ignorant que la plupart de la responsabilité touchant le développement des armes nucléaires, leur production et leur maintenance ne dépend pas du Pentagone mais du département de l’énergie [Department of Energy, DOE] qui dépense plus en armement nucléaire que dans le développement de sources d’énergie renouvelables. Une des clefs du projet nucléaire du DOE est les laboratoires fédéraux où sont élaborés, construits et testés les armes nucléaires.  Il s’agit de Sandia National Laboratory  à Albuquerque Nouveau Mexique, du  Los Alamos National Laboratory (LANL) à Los Alamos, Nouveau Mexique, du Lawrence Livermore National Laboratories  de Livermore, Californie.  Ceux-ci, chacun à leurs tours, reflètent une tendance continue dans le secteur de la sécurité nationale, les sites dénommés «  GOCO » [Appartenant au gouvernement, dirigés par des exploitants / Government Owned, Contractor Operated]. Dans le cadre des laboratoires, ce système représente une privatisation des politiques de dissuasion nucléaire et des autres stratégies d’armement nucléaire. A travers leurs contrats avec URS, Badcock et Wilcox, l’Université de Californie et Bechtel, les laboratoires de l’armement nucléaire sont dans une certaine mesure privatisés. Le contrat de LANL à lui seul se monte à 14 milliards de dollars. De même le Savannah River Nuclear Facility, à Aiken, en Caroline du sud où les têtes nucléaires sont fabriquées, est dirigé à la fois par Flour, Honeywell International et Hutington Ingalls Industries. Carolina. Leurs contrats avec le DOE pour les opérations de 2016 se montent à environ 8 milliards de dollars. En d’autres termes, pendant ces années qui ont vu la montée des corporations de guerriers  et une privatisation significative de l’Armée américaine et des agences de renseignement,  on peut assister à un même processus dans le monde de l’armement nucléaire.

En plus des principaux fournisseurs d’armement nucléaire, on trouve des centaines de sous-traitants, dont certains dépendent de cette sous-traitance pour l’essentiel de leurs affaires. Chacun d’entre eux a de cent à plusieurs centaines d’employés travaillant sur ces composants particuliers ou ces systèmes et avec leur influence sur les communautés locales, ils aident à appuyer la modernisation du programme nucléaire par l’intermédiaire de leurs représentants au Congrès.

Une des raisons de la rentabilité pour lesquelles l’industrie de l’armement nucléaire est extrêmement profitable est que l’administration de la sécurité nucléaire nationale du département de l’énergie [National Nuclear Security Administration (NNSA)] responsable du développement et des opérations de l’armement nucléaire du DOE ne contrôle pas les sous-traitants, ce qui rend également difficile le contrôle des premiers fournisseurs. Par exemple, quand dans le cadre du projet de tutelle gouvernementale [Project on Government Oversight] une demande d’information a été faite auprès du service de l’acte de liberté d’information [Freedom of Information Act] auprès de Babock et Wilcox, le sous-traitant en charge de la sécurité au complexe nucléaire Y612 de Oak Ridge, Tennesse, la NNSA a répondu qu’elle ne détenait aucune information   sur ce sous-traitant. Babcock & Wilcox était responsable alors de la construction des équipements pour le traitement de l’uranium à Y-12. Ils avaient sous-traité le travail de conception avec quatre compagnies et avaient manqué de les superviser et de consolider leurs travaux. Ceci mena à une conception inhabituelle qui n’a été abandonnée que lorsque les sous-traitants eurent reçu 600 millions de dollars pour ce travail inutile.  Ce cas d’Oak Ridge, à son tour a déclenché un rapport au Congrès  du service de justification gouvernemental en mai dernier indiquant que de tels problèmes étaient endémiques dans le service de l’armement nucléaire du DEO.

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Les lobbies du nucléaire

 

Les impôts dépensés sur la maintenance et le développement de l’armement nucléaire sont une partie significative du budget de l’état. Bien que difficiles à évaluer avec précision, les coûts s’élèvent aux alentours de cent milliards de dollars. En 2005, le bureau gouvernemental des justifications [Government Accountability Office]  rapportait que même le Pentagone n’avançait pas de sommes très précises quand il s’agissait du prix des missions nucléaires, de même qu’il n’existe de budget autonome pour l’armement nucléaire d’aucune sorte de façon à pouvoir estimer les surcoûts. Analysant les budgets du Pentagone   et celui de l’administration de la sécurité nucléaire nationale du département de l’énergie [Department of Energy’s National Nuclear Security Administration] ainsi que des informations glanées dans les déclarations du Congrès, le centre d’étude pour la non prolifération [Center for Nonproliferation Studies] suggère que de 2010 à 2018, les USA dépenseront au moins 179 milliards de dollars  pour maintenir leur actuelle triade de missiles, bombardiers et sous-marins, associés à leur armement nucléaire, tout en commençant le processus de développement de l’armement nouvelle génération. Le bureau du budget du Congrès [Congressional Budget Office]  projette un coût de la force nucléaire s’élevant à  348 milliards de 2015 à 2024, c’est-à-dire de 35 milliards par an, qui seront dépensés par le Pentagone à hauteur de 227 milliards et par le département de l’énergie à hauteur de 121 milliards. En fait le prix de la maintenance et du développement de l’arsenal nucléaire est beaucoup plus élevé que celui de ces estimations. Si ces chiffres incluent la plupart de coûts immédiats de l’armement nucléaire et des systèmes de tirs stratégiques comme les missiles et les sous-marins, ainsi que la plupart des coûts du personnel militaire responsable de la maintenance, de l’opérationnel et de l’exécution des missions, ils ne comprennent pas de nombreuses autres dépenses, dont celles de la mise hors service et du traitement des déchets nucléaires impliqués dans le déclassement des armes nucléaires. De même qu’ils n’incluent pas les pensions et les assurances maladies qui couvriront leurs employés.  .

En 2012, un rapport d’un comité de haut niveau présidé par l’ancien Chef d’état-major des armées, le Général James Cartwright, concluait que  « aucun argument sensé n’a été avancé pour prouver que l’usage des armes nucléaires pouvaient être utilisés afin de résoudre aucun des problèmes majeurs que le 21ième siècle a à faire face [y compris] les menaces provenant d’états voyous, d’état renversés, de la prolifération, des conflits régionaux, du terrorisme, de la cyber-guerre, du crime organisé, du trafic de drogue, des migrations de masse de réfugiés dues aux conflits, des épidémies ou du changement climatique. En fait les armes nucléaires sont devenues plus une partie du problème qu’une solution. »

Sans étonnement, pour la liste des corporations investies dans le programme d’armement nucléaire, ceci n’a que peu d’importance. Ils mènent des actions de lobbying afin de supporter continuellement leurs contrats sur l’armement. Dans une étude de 2012 menée pour le centre de politique internationale [Center for International Policy],  « Bombes vs budget : au sein du lobby nucléaire », William Hartung et Christine Anderson rapportent que, pour les élections de cette année, les 14 principales entreprises ont donné presque 3 millions directement aux législateurs du Congrès.  Assez peu surprenant, plus de la moitié de cette somme est allée aux comités et comités adjoints qui supervisent les dépenses de l’armement nucléaire.   En 2015, l’industrie de la défense mobilisa une petite armée de 718 lobbyistes et distribua plus de  67 millions de dollars afin de faire pression  sur le Congrès pour obtenir une augmentation du budget général de l’armement.  Parmi les contributeurs les plus importants se trouvaient les corporations ayant des contrats d’armement nucléaires significatifs dont Lockheed Martin, Boeing et General Dynamics. Un tel  lobby pro-nucléaire est renforcé par la contribution et la pression de la part des compagnies fabriquant des missiles et les compagnies aériennes qui ne sont pas avant tout orientées sur le nucléaire. Certains des systèmes qu’elles produisent cependant, sont potentiellement à double usage (conventionnels et nucléaires), ce qui signifie qu’un programme nucléaire robuste augmente leurs profits potentiels.

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La pression continuelle des Républicains du Congrès pour des coupes  dans les programmes d’aides sociales est un mécanisme crucial qui assure que les impôts fédéraux seront disponible pour des contrats militaires lucratifs. En terme de qualité de vie (ou de mort),  ceci signifie que l’influence sous-estimée de l’industrie de l’armement nucléaire est singulièrement dangereuse. En échange des 35 milliards ou plus qui seront annuellement versés par le contribuable dans de tels armements afin de supporter les intérêts étriqués de d’un nombre modeste de compagnies, le dédommagement est la peur d’un avenir apocalyptique. Après tout, contrairement à la plupart des autres lobbies, celui de l’armement nucléaire et donc vos impôts, mettent la vie sur terre en danger d’extinction rapide, ou bien à la suite d’une destruction directe d’un holocauste nucléaire ou par la réduction radicale de la lumière du soleil atteignant la surface de la terre qui proviendrait de l’hiver nucléaire qui suivra pratiquement tout échange nucléaire. Pour le moment le complexe industrio-nucléaire est caché dans notre brouillard, ses budgets et ses financements protégés du regard public, ses projets à peine notés. C’est la bonne formule pour un désastre.

Jonathan Alan King est professeur de biologie moléculaire à MIT et Président du comité d’abolition du nucléaire [Nuclear Abolition Committee] du Massachusetts Peace Action. Il peut être contacté à  Jonking1@verizon.net. Richard Krushnic est un ancien responsable de prêts immobiliers et un analyste des contrats immobiliers et commerciaux au Department of Neighborhood Development de Boston. Il est actuellement investi dans le développement communautaire en Amérique latine et peut être joint à  rkrushnic@gmail.com

Traduction Elisabeth Guerrier