Le terrifiant Ted et sa version ultra-conservatrice de l’Amérique

Après un rapide et talentueux clin d’oeil canadien à certains candidats, nous devons faire face à la déferlante Cruz, qui, soyons honnête, ne donne pas matière à ricaner. Son programme est un des plus réactionnaires que l’Amérique ait porté, aucun point pouvant marquer son appartenance à la droite réactionnaire n’est négligé, domination incontestable de la force US, changement climatique nié, fuel fossile à chercher avec ardeur, censure du Planning Familial etc… bref, il est certainement bon de savoir à quoi, si les électeurs outre-Atlantique perdent la tête, nous devons nous attendre.

 

FEBRUARY 5, 2016

 

 

Terrifying Ted and His Ultra-Conservative Vision for America

 Counter Punch Tell the facts, name the names

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by GARRY LEECH

Rien ne capture mieux l’arrogance impérialiste du candidat républicain Ted Cruz que sa déclaration de campagne «  Ce qui est le meilleur pour l’Amérique est le meilleur pour le monde. ». En plus du fait que des milliards de personnes de par le monde puisse ne pas être d’accord avec Cruz sur ce point s’ajoute celui qu’il n’est pas du tout clair que les choix proposés par le candidat républicain pour la présidentielle  soient même les meilleurs pour la plupart des Américains. Mais étant donné sa victoire  la semaine passée au Caucus d’Iowa, les vues ultraconservatrices de Cruz ne peuvent plus longtemps être ignorées quand les médias et les experts des Démocrates dissèquent la rhétorique grandiloquente du bien moins effrayant Donald Trump.

Contrairement à beaucoup d’autres candidats, Ted Cruz a une vision claire du futur de ce pays. Le problème pour de nombreux Américains, c’est qu’il s’agit d’une vision terrifiante. C’est une vision impérialiste, raciste, sexiste, homophobe et une vision de classe. Par exemple, Cruz propose de construire un mur géant le long de la frontière US Mexique en plus de l’usage de mesures de hautes technologies afin d’empêcher les immigrants illégaux tout en autorisant les entreprises privées à dicter l’ampleur du flot des immigrants légaux dans le pays en fonction des besoins de main d’œuvre.  En plus d’assurer le renforcement militaire afin de maintenir l’hégémonie américaine dans le monde, il promet aussi d’accroître le support militaire américain à Israël et de retirer le financement américain des Nations Unies si elles  « continuent leur parti-pris anti-Israël. ». Sur le front domestique, Cruz appelle à un impôt  fixe qui bénéficie aux citoyens fortunés et resserre les dépenses sociales fédérales. Il  s’est aussi engagé à aussi réduire les droits de femmes en affirmant qu’il ordonnerait à l’Avocat général une investigation sur le Planning familial dès le premier jour de sa présidence. Et il s’oppose aux mariages homosexuels, déclarant que  le mariage est un sacrement entre un homme et une femme. Finalement, Cruz n’échouera pas seulement à prendre des mesures contre le changement climatique, qu’il considère être un canular, il fera la promotion de la production étendue de gaz et de pétrole. Étant donné que ces propositions de programme font de Cruz un des candidats aux présidentielles les plus conservateurs depuis des décennies, il nous appartient de les regarder de plus prêt.

Le nouveau favori du Parti républicain a propose de construire un mur le long de la frontière entre le Mexique et les USA pour se protéger des soi disant émigrés illégaux. À cette fin, il a aussi l’intention de tripler la taille des patrouilles frontalières et de mettre en place un système d’entrées et de sorties biométrique. En plus, Cruz annulera l’amnistie d’Obama et fera appliquer la peine de prison de cinq ans à ceux qui seront rentrés illégalement aux USA. Quant à l’émigration légale,  les étrangers seront autorisés à entrer aux USA quand les entreprises américaines se trouveront en manque de main d’œuvre, une approche qui est assez loin du refrain humanitaire de compassion «  Donnez-moi vos masses fatiguées, pauvres attendant la liberté » En dernier lieu, une telle approche répressive n’est pas tenable parce qu’elle s’adresse aux symptômes et non aux causes de l’immigration illégale. Une des causes principales de l’immigration, et du terrorisme est le modèle de libre échange mondial et le candidat  républicain s’est voué à faire face à cette cause en renforçant l’armée américaine de façon à défendre ce modèle.

Selon Cruz, il aura le droit en tant que Président de dicter au reste du monde comment vivre parce que comme sa campagne l’évoque : « Les USA sont une nation exceptionnelle, une nation à laquelle les autres nations souhaitent ressembler. Nous devons nous montrer comme le phare éclairant un peule libre appréciant un marché libre et un système que le Gouvernement peut créer. » Et si le people libre des autres nations décidant qu’il ne souhaite pas vivre dans un marché de libre échange sous un gouvernement libéral de style américain, alors nous n’aurons qu’à le forcer parce qu’il ne sait simplement pas ce qui est le meilleur pour lui. En fait, Cruz n’a rien à faire de leur liberté de toute façon. En assumant les fonctions présidentielles, il entend «  rendre prioritaire les intérêts de la sécurité nationale américaine » dans tous les domaines en renforçant l’armée afin d’assurer la continuité impérialiste des US partout dans le monde.  Il se fait aussi le défenseur de l’intensification des liens des USA avec Israël, qui reçoivent déjà un quart de toute l’aide à l’étranger accordée par les USA. Selon Cruz, «  La sécurité américaine est accrue d’une façon significative par une Israël forte. ». Si une Israël forte assure la sécurité des USA est assez peu clair, étant donné que c’est un des reproches majeurs non seulement des terroristes dans le Moyen-Orient mais d’une majorité écrasante de personnes dans cette partie du monde. En complément à son soutien à Israël, Cruz entend supporter l’état juif politiquement en  retirant ses fonds alloués à l’ONU si elle continue de condamner l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël.  Il a aussi pris l’engagement de couper tout financement fédéral aux universités américaines qui rejoignent la politique de boycott globale de l’état d’Israël à cause de ses violations des lois internationales. C’est aussi sa promesse en d’augmentant le support militaire à Israël de faire disparaître l’accord nucléaire d’Obama avec l’Iran aussitôt qu’il sera nommé dans le bureau ovale, ce qui lui laissera peu d’options à part la force militaire pour négocier avec ce pays.

Pendant ce temps, au niveau domestique, Cruz envisage d’éliminer l’ Internal Revenue Service (IRS) en instaurant un impôt fixe à 10% des revenus. Bien que l’IRS ne soit en aucun ca une institution très prisée, une telle décision ne se contenterait pas de l’éliminer mais avec elles de nombreux programmes sociaux. Les premiers bénéficiaires d’un impôt fixe seraient les Américains nantis qui verraient l’imposition sur leurs revenus descendre de 40% à 10%. Pendant ce temps, l’imposition du travailleur américain moyen  ne baisserait que de 5%.  La perte résultant sur un impôt fixe pour les revenus fédéraux conduirait inévitablement à des coupes dans les programmes gouvernementaux et, étant donné que Cruz entend augmenter les fonds de l’armée, cela signifierait que les programmes sociaux qui sont alloués aux revenus les plus bas ne seraient pas financés.

Le premier programme que Cruz veut éliminer est l’Obamacare mais contrairement au candidat à la présidentielle démocrate Bernie Sanders qui veut remplacer l’Obamacare par un système de protection sociale universelle plus large, Cruz veut le bazarder et compter sur un système de marché qui a laissé cinquante millions d’Américains sans l’accès à aucun système de protection médicale. Clairement Cruz n’a pas appris de l’erreur commise par la Première ministre britannique Margaret Tatcher qui a été exclue du pouvoir après avoir introduit l’imposition fixe. Quant à l’économie, Cruz cherche à «  délier la prospérité économique » aux USA à travers la «  grande renaissance énergétique américaine ». Cette renaissance n’a rien à voir avec un basculement du pays vers des sources d’énergies renouvelables, plutôt avec une recherche du réveil de l’exploitation des énergies fossiles par la promotion du pétrole et de l’exploitation et de la production du gaz naturel; À cette fin, Cruz promet d’approuver le Keystone Pipeline et d’ « ôter tous les blocages fédéraux à l’exploration énergétique ». Cruz n’est pas inquiet sur les conséquences de sa politique énergétique pour l’environnement parce qu’il ne croit pas que l’activité humaine contribue au changement climatique. L’anabaptiste  conservateur du Sud clame que les « alarmistes sur le réchauffement climatique » se comporte avec une ferveur religieuse qui montre que «  le changement climatique n’est pas de la science, c’est de la religion. »

Et, parlant de religion, c’est une force motrice dans l’agenda politique de Cruz. Il utilise ses vues religieuses pour justifier la cible des femmes et des homosexuels. « Le mariage est un sacrement entre une femme et un homme, il a renforcé les sociétés depuis des millénaires et nous nous devons de faire respecter la vérité du mariage. » affirme sa campagne. Qui continue en disant, « Les extrémistes de gauche essaient de faire disparaître ces droits les plus fondamentaux, ces droits divins » Cruz croit que ces « droits divins » signifient que seuls les couples hétérosexuels peuvent «  apprécier une relation authentique et une connexion intime » et que l’homosexualité est un «  choix ». En fonction de ceci, il a voté contre le droit des juges fédéraux de légiférer en faveur du mariage de même sexe. Le favori républicain a aussi d’une façon répétée cherché  à réduire l’accès des femmes à l’avortement à travers la législation et à travers des tentatives de réduction des financements fédéraux au planning familial. En fait, il s’engage, s’il est élu à engager avec l’Avocat général une enquête sur le Planning familial dès son premier jour à la présidence. La ferveur religieuse de Cruz  est aussi évidente à travers les déclarations de sa campagne que «  nos droits ne viennent pas du gouvernement. Ils viennent de dieu. » Dans ce contexte, Cruz a joué un rôle clé dans l’assurance que la Cour suprême n’enlève pas les mots «  selon la volonté de Dieu » du Serment d’allégeance. Cruz est aussi opposé au contrôle des armes et un ardent défenseur de son interprétation du second amendement. En référence à sa défense du droit de port d’arme, la campagne de Cruz affirme : «  Quand des citoyens cessent d’avoir le droit de se défendre, on cesse d’être libres. Et maintenant plus que jamais, comme les terroristes radicaux islamistes cherchent à attaque les Américains sur leur propre sol, le droit des Américains à protéger leur famille et leur communauté est d’autant plus critique pour notre sécurité et notre liberté. » Si Cruz est sérieusement inquiet pour la sécurité des citoyens américains, alors c’est à propos des  Américains et non des terroristes étrangers qu’il  doit s’inquiéter. Après tout, le nombre d’Américains tués par eux sur le sol US est minuscule par rapport aux plus de 10.000 Américains tués par leur compatriotes armés chaque année.

Une visctoire de Cruz en Novembre déclencherait un glissement sérieux vers la droite pour les USA tant en politique international qu’en politique intérieure. Les propostions du candidat républicain devraient effrayer non seulement les Américains mais tous les peuples autour du monde qui ne pensent pas que les USA sont une  « nation exceptionnelle »  qui sait ce qui est le meilleur pour tous. Une telle approche impérialiste de Washington pendant les derniéres cinquante ans  a entraîné le mnde dans le chaos marqué par le terrorisme, les crises de réfugiés, le traffic humain, l’inégalité croissante et la destruction écologique. Une administration Cruz ne se contenterait pas  d’intensifier la tragique réalité. Contrairement à ce que pense Cruz, ce qui est le mieux pour les USA n’est pas le mieux pour le monde, comme le prouve une étude  récente qui  montre que les USA sont perçus dans le monde comme la plus grande menace pour la pix mondiale. Une présidente Cruzienne ne ferait que valider cette perception.

Garry Leech est un journaliste indépendent et l’auteur de nombreux ouvrages y compris : “How I Became an American Socialist (Misfit Books, 2016), Capitalism: A Structural Genocide (Zed Books, 2012); Beyond Bogota: Diary of a Drug War Journalist in Colombia (Beacon Press, 2009); and Crude Interventions: The United States Oil and the New World Disorder (Zed Books, 2006). ). Il enseigne également la politique internationale à Cape Breton University à Nova Scotia, Canada et à l’Université Javeriana à Cali, Colombia. Pour plus d’information à so propos , visitez la site garryleech.com

 

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