AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Climat

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

 

 

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

In Arctic, Ancient Diseases Reanimate and Highways Melt as Temperatures Hit “Frenzy” of Records

 

par :  Dahr Jamail

 

 

 

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Le Pic Byron avec le glacier Byron au centre-gauche de la photo. Il ya moins de vingt ans, le glacier Byron recouvrait la portion supérieure de la vallée mais il est en ce moment rapidement entrain de remonter jusqu’au sommet de la colline. Remarquez les nombreuses chutes d’eau provenant de ce qui reste d ce glacier. (Photo: Dahr Jamail)

 

 

 

Alors que je comptais dix années de reportage sur les impacts de l’occupation US en Irak en 2013, il m’était impossible de trouver un seul Irakien qui n’ait pas eu un membre de sa famille, de ses proches ou de ses amis qui n’ait pas été tué par les troupes américaines une action de terrorisme d’état sponsorisée et une violence arbitraire résultant de ce qui est évoqué précédemment.

Maintenant, en ayant passé l’été entier en Alaska, il me reste à avoir une conversation avec les rangers des parcs nationaux, les glaciologues ou simplement avec les promeneurs avides qui ne contienne pas une histoire d’incrédulité, d’étonnement ou souvent de choc à propos de l’impact des modifications climatiques anthropogéniques à travers leur état bien aimé. [anthropogenic climate disruption (ACD)]

Qu’il s’agisse des rivières causant des érosions massives après avoir chargées à la vitesse grand v par la fonte des glaciers, de la température sérieusement élevée tout au long de l’année ou de la fonte et de la retraite des glaciers eux-mêmes, tous ceux qui demeurent ici, observant l’impact en première position, ont tous des expériences dramatiques à partager.

À titre d’exemple, à moins d’une heure de route d’Anchorage, j’ai visité une région où j’ai fait de l’escalade dans le passé. Un vieux partenaire m’avait suggéré de visiter le Byron Peak, qui se trouve à la fois près de Turnagain Arm et de Prince William Sound, afin de voir combien le glacier Byron avait reculé depuis que nous étions venus là la pour la dernière fois.

 

Pour atteindre l’arête de la montagne, j’ai dû d’abord avancer au-delà de la base du glacier Byron, qui, en 1999, couvrait alors toute la vallée.

Maintenant, moins de vingt ans plus tard, quand j’ai vu pour la première fois à quel point le glacier avait reculé, je me suis arrêté brutalement dans ma course. Cela m’a fait l’effet de recevoir un coup de poing dans l’estomac et je me suis surprise à essuyer une larme lorsque la terrible évidence s’est impose à moi. Ce qui reste maintenant du glacier Byron est dans un processus de recul complet vers sa source. Ceci devient un micro-exemple du macro-Alaska, dont les glaciers perdent 75 milliards de glace en trop chaque année, selon la NASA.

Tout ne va pas au mieux dans le Grand Nord.

C’est parce que dans l’Alaska actuel, les records de température tombent aussi vite que la population d’oiseaux dégringole.

Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans la plus grande ville de l’état, Anchorage. Les températures dans la partie sud-est de l’état ont toutes augmentée autant que Deadhorse, sur l’Océan Arcic qui bat tous les records, l’aéroport de Deadhorse atteint un étonnant 30° C.

Rick Thoman, un climatologue et responsible des services au National Weather Service en Alaska, a dit à la presse  tqu’une des sources des températures anormalement élevées dans l’état provident de la temprérature anormalement chaude des eaux de surface de la mer et il a ajouté : , « Dans la mer du Détroit de Bering, spécialement au sud de l’île de St. Lawrenceles sont vraiment incroyablement haute comparé à la normale.

Une  étude récente montre comment la climat qui se réchauffe à travers l’Alaska décime de grandes étendues d’habitat pour de nombreuse espèces d’oiseaux côtiers qui migrent vers l’Arctique annuellement. L’étude montre que les deux-tiers des espèces qui migrent vers l’Alaska subiront un impact, dont certaines perdant jusqu’à 90% de leur habitat. Le réchauffement climatique provoque également l’éclosion précoce des insectes, entraînant une diminution des réserves de nourriture pour les oiseaux et leurs petits, et  contribuant au déclin des populations.

Même les routes de l’Alaska ressentent la chaleur. La fameuse Route de l’Alaska, qui a attire les chercheurs d’aventures depuis des décennies, fait un arc à travers la Colombie britannique et le Yukon avant de traverse l’Alaska central jusqu’à son point final à la jonction du Delta. Mais comme le permafrost sous cette route continue de fondre à un rythme de plus en plus rapide, de larges fissures, des failles et des fentes sont entrain de le détruire.

«  Ici, c’est le plus gros problème géotechnique que nous ayons. » dit Jeff Currey, du Département des transports de l’Alaska  à un  reporter. «  Les Romains ont construit des routes il y a deux mille ans que nous utilisons encore. Et nous nous avons construits des routes qui, en un an ou deux, sans maintenance, ressemblent à des montagnes russes parce qu’elles sont construites sur le permafrost sensible au dégel. »

Ce ne sont pas que les chercheurs d’aventures qui vont subir l’impact de la détérioration de la route, c’est une voie essentielle utilisée pour le transport de nourriture, de matériel et de médicaments vers les villages de l’Alaska. Dans un tour ironique du destin, l’autoroute qui fond est aussi utilisé par les compagnies pétrolières pour transporter leur équipement lourd vers ce qui a été l’élément vital de l’économie de l’état depuis que du pétrole a été découvert dans la partie du North Slope de l’Alaska.

Et les signes de réchauffement anthropogènes à travers le reste de l’Alaska sont également choquants. Dans le nord-ouest du Groenland, des déchets toxiques radioactifs datant de la guerre froide, avec lesquels on trouve des déchets chimiques et biologiques, court le risque    d’être mis à jour  comme la glace fond rapidement. De toute évidence, la décision du gouvernement d’enterrer ces dangereux déchets sous plus de trente mètres de glace n’a pas pris en compte le fait que la couverture de glace serait la plus grande contributrice à la montée du niveau des mers pendant l’ère anthropocène.

 

«  Si la glace fond, les infrastructure du dépôt, y compris les déchets radioactifs, biologiques et chimiques pourraient retourner dans l’environnement et potentiellement modifier les écoystèmes voisins. » L’Université de Zurich qui a étudié ces évolutions dans un document publié dans le journal “ Geophysical Research Letters Bulletin de la Société américaine de meteorology, If the ice melts, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical and radioactive wastes could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems,” the University of Zurich, which documented these developments in a study published in the journal Geophysical Research Letters Bulletin of the American Meteorological Society, a fait ce constat aux médias d’après leur enquête.

Plus loin en Sibérie, la fonte du permafrost a provoqué une épidémie d’anthrax qui a entraîné l’hospitalisation de dizaines de personnes et dont au moins un enfant est mort. Deux-mille daims ont été touché par le virus jusqu’à maintenant et le gouvernement russe à déplacé plusieurs familles hors de la zone. La cause de cette épidémie ? Le dégel d’une carcasse de daim qui avait été infectée par l’anthrax il y a des dizaines d’années.

Le déclenchement s’est produit dans la péninsule de Yamal où, comme Truthout l’a déjà rapporté, des quantités massives de méthane enfermées dans le permafrost ont explosé jusqu’au sol, créant de larges cratères.

En réponse à la réanimation de la bactérie, le Russie a envoyé des troupes entrainées à la guerre bactériologique   pour mettre la zone en quarantaine. Ce type de déclenchement de maladie dans l’Arctique  était auparavant le produit de la science-fiction, mais ce n’est plus le cas. . Les spécialistes du climat  craignent  que cela ne soit qu’un avant-goût de ce qui reste à venir si l’Arctique continue de se réchauffer à une vitesse record. Dans la mesure où il n’existe aucun moyen de savoir quelles autres bactéries mortelles demeurent gelées dans le permafrost, nous aurons à les découvrir uniquement quand la glace fondra, comme cela se passe dans l’Arctique, lorsqu’elles se réanimeront à leur tour comme en Russie.

Tout ceci n’est que le sommet de l’iceberg, si l’on peut dire. Ce n’est qu’un indice de ce qui est à venir comme les températures globales continuent de monter.

2015 a été une folie” dans les records climatiques selon le the Scientific American journal, des plus chaudes températures enregistrées jusqu’au simple plus grand taux de CO2 dans l’atmosphère. Cependant, 2016 est déjà sur la voie de dépasser ces records, comme la première moitié de l’année a déjà fait exploser les températures enregistrées précédentes. Selon la NASA et le  National Oceanic and Atmospheric Administration(NOAA).

La NASA a récemment publié des données montrant que juillet était le mois le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire, c’était juillet 2015. Nous devons regarder sobrement et honnêtement où en est la planète et ce que cela signifie pour nous en tant qu’espèce, avec les autres espèces vivant sur terre. 2016 est en train de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le dernier record était 2015. L’année la plus chaude précédente étant l’année 2014. Chacun des mois des derniers 14 mois  a battu un record      de chaleur mensuelle sur ce même mois. Quinze des seize années les plus chaudes jamais enregistrées le sont depuis 2000.

Nous sommes au milieu d’un évènement concernant le blanchissement record des récifs de corail, les incendies continuent de se produire à une fréquence, une durée, une localisation et un degree de chaleur record, et la glace de l’Arctique recouvrait une zone l’hiver dernier qui était la plus fine depuis que les mesures ont commencé   et elle est également proche du plus bas niveau jamais enregistré. La Terre est officiellement entrée dans la sixième extinction de masse  n et rien n’indique que la réponse de coordination gouvernementale afin d’interrompre les émissions issues des énergies fossiles soient en voie d’être réduites.

Comme nous évoquons ces faits, les enquêtes de ce mois donnent plus de détails sur ce qui se produit sue terre maintenant, comme le réchauffement continue d’avancer.

 

Terre

 

Il y a maintenant des données scientifiques prouvant que le réchauffement accentue les risques de guerre. De nouvelles recherches  faites par de chercheurs allemands  ont montré un lien statistique entre les conditions climatiques extrêmes provoquées par le réchauffement et les explosions de violence extrême.

Pendant ce temps, au Japon, une  étude récente évalue  comment le réchauffement menace l’agriculture de ce pays d’une façon catastrophique.

«  Si les prédictions les plus pessimistes s’avèrent exactes, écrit ce rapport,  « d’ici la fin du siècle le monde pourrait voir ce qui sont maintenant des produits tout à fait ordinaires sur une table japonaise devenus des aliments extrêmement rares ou que les gens avaient l’habitude  de manger dans les passé. »

De retour aux USA, tristement,  a une étude récente révèle  comment le légendaire sapin de Douglas voit sa croissance altérée à cause des températures plus chaudes et du stress de sécheresse entrainé par le réchauffement.

Plus d’informations déconcertantes  nous arrivent de la Société Audubon, qui a publié un récent rapport dans la region de Puget Sound, dans l’état de Washington, les goélands à ailes grises sont contraints au cannibalisme pour s’alimenter, à cause du réchauffement des mers qui raréfie leur nourriture habituelle.

 

Eau

Les sécheresses entretenues par le réchauffement est une des forces majeures ayant entrainé l’assèchement complet des rivières principales. Le Gouvernement a déclaré l’état d’urgence et admis que le pays entier était aux prises avec  « une crise écologique »  comme une quantité énorme de cadavres d’animaux sauvages tapissent sur des centaines de kilomètres le lit de la rivière.

Les mers de plus en plus chaudes génèrent une augmentation sans précédent des méduses  tout autour du globe. Leur nombre est suffisamment élevé pour saboter les équipements de réseaux endommagés par des millions de méduses qui obstruent les canaux sous-marins, pendant que des scientifiques réfléchissent à la possibilité de robot broyeurs et autres solutions de dernier recours.

Une récente étude du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention (CDC) révèle une « montée remarquable » dans la fréquence des maladies d’origine hydrique liées au réchauffement global des températures, pendant qu’en Floride, une algue verte épaisse  couvrant de vastes étendues de plage semble devoir devenir la nouvelle norme.

L’océan toujours plus chaud continue de créer le blanchiment généralisé des récifs coraliens. À Guam, les rifs ont été blanchis pendant ces quatre dernières années.  s. L’écologiste coralien Laurie Raymundo Coral dans le cadre de l’Université de Guam  dit  que avant 2013, les récifs coraliens de Guam avaient échappé au blanchiment qui se produisait Presque partout ailleurs dans le monde. Cependant, dit Raymundo, «  En 2013, 2014 et 2015, nous avons été touchés et le sommes encore maintenant. Pendant les quatre dernières années, il y a eu des épo=isodes de blanchiment et nous n’avions pas vécu cela de cette manière dans notre histoire récente. »  Raymundo estime que plus de la moitié des coraux de Guam sont morts entre 2013 et 2014 et qu’à peu près 85% de la totalité des récifs ont été blanchis. Après une plongée récente d’inspection des coraux,  Raymundo décrit la destruction éciologique à laquelle elle assiste : «  Je me considère comme étant tout à fait objective et rigoureuse scientifiquement. Mais parfois je manque cette approche. Aujourd’hui pour la première fois en cinquante ans, je suis allée sous l’eau, j’ai pleuré pendant une heure, juste sous mon masque, en constatant jusqu’à quel point les étendues de coraux de notre si jolie baie de Tumon blanchissaient et mouraient. »

 

Pendant ce temps, le niveau des eaux continue de monter. L’Union des scientifiques inquiets a publié un rapport  avertissant récemment que de larges zones des bases militaires nord-américaines le long de la côte est seraient inondées d’ici à 2050. Ce rapport estime que les inondations dues aux marées et aux orages augmenteront de 2, 600 % par an dans des zones où de nombreuses bases sont situées.

Un autre rapport publié par des  experts immobiliers  prèdit que la montée du niveau de la mer sera celle que quelques  climatologues prédisent (  1 , 80 mètre )  jusqu’à 2100 et que au moins 300  villes américaines auront perdu la moitié de leurs habitations et que 36 villes seront englouties.

En ce qui concerne la montée du niveau de la mer, nous avons de mauvaises nouvelles pour les habitants des îles, récent rapport  montrant que les derniers mammouths laineux de l’Amérique du Nord sont morts du manque d’eau fraîche quand la montée de la mer a tué les plantes qu’ils consommaient et contaminé l’eau potable. Ces phénomènes joueront un rôle pour les habitants côtiers pendant que le niveau des mers continue à monter, accompagné par des grandes marées et des orages.

 

En Inde, la Mousson est devenue plus intense qu’à l’habitude à cause de la capacité de l’atmosphère à contenir de plus grande quaintité d’humidité. Ceci a été flagrant en juilllet dernier  quand une inondation a recouvert tous le nord-est de l’Inde  touchant plus de 1, 2 millions de personnes et dévastant d’importantes zones de terres cultivables.

Pendant ce temps en Louisiane, le Gouverneur John Bel Edwards a récemment déclaré l’état d’urgence quand une inondation qu’il a qualifiée de “jamais vue”   et d’ “historique” a tué sept personnes et amené 20.000 personnes à être sauvées. En fait, même la demeure du Gouverneur s’est vue inondée avec de l’eau à hauteur de torse, noyant le sous-sol et endommageant le système électrique. À propos des mesures de sauvetage, le Gouverneur Edwards a commenté, sombrement : « Nous avons sauvé des territoires administratifs, nous n’avons pas sauvé des gens. “

À l’autre extrémité du spectre de l’eau, la  Food and Agriculture Organization des Nations Unies a averti que nous étions dans un « temps de course contre la montre » touchant au moins 23 millions de paysans touchés par la sècheresse en Afrique où toute la partie sud du continent continue d’être touchée par des sècheresses massives pendnant que le réchauffement climatique progresse.

Selon les Nations Unies, plus de 60 millions de personnes de par le monde, don’t les deux-tiers se trouvent dans la partie est et sud de l’Afrique font déjà face à des rationnements de nourriture chroniques dus à des sécheresses continuelles.

Au Groenland, la couche de glace continue de fonder rapidement.   La NASA a récemment produit une carte  révélant l’étendue des parties du Groenland qui fondent intensément par en dessous. Ceci parallèlement aux observations simultanées qui montrent comme la surface de la glace fond à une vitesse accélérée.

Un peu plus de la moitié de la base des glaciers du Groenland  a dégelé maintenant et  le rapport de la NASA affirme   «  Savoir si la glace du Groenland est située sur un sol humide et glissant ou est accrochée à un lit pierreux sec et gelé est essentiel pour pouvoir prédire comment la glace va s’écouler dans l’avenir. »  En fonction de ce constat, tout comme le réchauffement s’intensifie avec chaque jour qui passé,

Dans le contexte des élections, Donald Trump a nié le réchauffement climatique d’une façon encore plus vive, même par rapport à la position du Parti républicain.

Non seulement appelle-t-il le réchauffement une “arnaque” mais il a été jusqu’à dire qu’il reverrait les régles imposées par le Président Obama le  concernant ,  qu’il sortirait les USA des accords de Paris de décembre dernier, qu’il favoriserait les forages et bien sûr imposerait moins de régulation environnementales, s’il était élu président..

Bien que son adversaire, Hillary Clinto , reconnaisse la réalité du réchauffement et ait incorporé quelques éléments de la rhétorique de la campagne de Bernie Sanders à sa plateforme, elle appelle à construire plus de routes et plus d’aéroports, ce qui, bien sûr, ne ferait qu’induire de plus grandes émissions de CO2. Ceci est a ajouter au fait qu’elle a choisi le Sénateur de Virginie Tim  Kaine, comme son partenaire aux élections.

Kaine supporte les forages offshore, ainsi que la construction de terminaux de gaz naturel pour l’exportation. Lorsqu’il était gouverneur de Virginie, il a supporté l’une des dernières centrales à charbon qui fût construite aux USA.

Même si Clinton est élue, les actions brutales, obligatoires et d’urgence à grande échelle nécessaires pour cesser la plupart des émissions de CO2 immédiatement – comme une étape vitale pour atténuer le réchauffement – ne sont tout simplement pas sur la table.

.Pendant ce temps,  des enquêtes récentes indiquent  qu’une majorité croissante  ( 66%) de citoyens américains pensent que le réchauffement est réel. En même temps, le nombre de personnes questionné qui croient que le réchauffement est à son niveau le plus bas est de 15%, plus bas que les 24% d’il y a une année.

Ègalement sur le front de la réalité, le rapport sur l’état du climat ( State of the Climate report) , un bilan annuel faisant reference sur le climat global a ét& récemment publié dans le bulletin de la société américaine de météorologie (  Bulletin of the American Meteorological Society.) Le rapport détaille comment la chaleur des océans et la température de l’air dépassent des records, comme le niveau des océans touchent un niveau jamais atteint et comme le CO2 a dépassé le niveau critique, pendant que le monde continue à être poussé à une vitesse aveugle dans un environnement que l’espéce humaine n’a jamais expérimenté.

Des climatologues de renom ont récemment avertis que la terre est extrêmement proche des 1.5 degrés supplémentaires limites, simplement huit mois après que ce but ait été fixé à Paris lors de la COP 21 à la fin de 2015. La croyance lors des pourparlers de Paris était que limiter le réchauffement à se maintenir en-dessous de 1.5°C , il y aurait une chance de prévenir la fonte de la glace polaire, de limiter la destruction des récifs coralliens et de prévenir une montée extrême des niveaux marins.

Cependant, il n’est que trop apparent que ces phénomènes sont déjà complètement en cours et augmentent en intensité.

 

DAHR JAMAIL

Dahr Jamail, un reporter de Truthout, est l’auteur de :  The Will to Resist: Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan, (Haymarket Books, 2009), et de Beyond the Green Zone: Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq, (Haymarket Books, 2007). Jamail a été reporter en Irak pendant plus d’un an ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Turquie pendant les dix dernières années, il a gagné le prix Martha Gellhorn pour le journalism d’investigation, parmi d’autres recompenses.

Son troisième livre :  The Mass Destruction of Iraq: Why It Is Happening, and Who Is Responsible, co-rédigé avec William Rivers Pitt, est disponible maintenant sur Amazon. Il vit et travaille dans l’état de Washington.

 

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

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James Lovelock. Profitez de la vie tant que vous le pouvez, dans vingt ans, ça va nous péter à la figure.

Bien sûr les propos de James Lovelock tapent là où ça fait déjà bien mal. Sans évoquer les mobilisations diverses de par le monde qui n’a pas eu le sentiment de brasser du vent en triant avec application ses déchets, achetant uniquement  des légumes bio, les faisant pousser ou en refusant sous serment de jamais consommer de coca-cola… de la petite politique. C’est à ça que nous sommes tenus, ou réduits suivant la perspective. Dans un système où la seule énergie motrice est la production, l’élément premier, fondamental même si il demeure un pantin plus qu’un acteur, parce qu’il est vraisemblable qu’il ignore l’ampleur de son pouvoir, c’est le consommateur. Il va de soi qu’un changement, d’ailleurs en train de s’opérer, de chaque consommateur dans ses positions pourrait être déterminant non seulement pour ses propres conséquences mais surtout pour l’inévitable pouvoir que la demande aurait sur la qualité de l’offre. Bonne conscience. C’est peu. Quand il évoque la religiosité des mouvements environnementaux, comment ne pas lui donner raison en lisant avec scepticisme les sermons de Chris Edge par exemple et la posture moralo-intégriste de certains mouvements de résistance écologique. Quand il dit  “C’est trop tard” , là comment savoir ? Mais en fait cette perspective du “trop tard” est peut-être, dans la vie de chacun ayant une sensibilité politique suffisamment en éveil, un façon aussi de se sentir tenu de faire au mieux, avec ses moyens, sans rien en attendre d’autre que la recherche d’un fil à peu près cohérent dans ce monde qui s’étouffe avec ses propres sécrétions. E.G

James Lovelock: ” Enjoy life while you can. In twenty years global warming will hit the fan.

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James Lovelock. Photograph: Eamonn McCabe Eamonn McCabe/Guardian

James Lovelock

“Profitez de la vie pendant que vous le pouvez : dans 20 ans le réchauffement climatique nous pétera à la figure.”

 

 

Le frondeur de la science climatique croit que la catastrophe est inévitable, la réduction des émissions de carbone est une plaisanterie et un mode de vie éthique une escroquerie. Alors, que propose-t-il ? Par Decca Aitkenhead

En 1965, les cadres de Shell voulaient savoir à quoi le monde allait ressembler dans les années 200. Ils consultèrent un panel d’experts, qui spéculèrent sur des aéroglisseurs mûs par la fusion et « tout un tas de machins technologiques attrayants ». Quand la compagnie pétrolière a demandé au James Lovelock, il a prédit que le problème principal en 2000 serait l‘environnement. « Ça aura alors empiré de telle manière que ça affectera sérieusement leurs affaires. »

« Et bien sûr » ajoute-t-il avec un sourire quarante trois ans plus tard  « c’est presque exactement ce qui s’est passé »

Lovelock a dispensé des prédictions de son laboratoire de solitaire dans un vieux Moulin de Cornwall depuis la mi-60, leur exactitude constante  lui a valu une réputation faisant de lui l’un des scientifiques indépendants les plus respectés de Grande-Bretagne – même franc-tireur –. Travaillant seul depuis l’âge de quarante ans, il a inventé un appareil qui détecte  les CFCs  (chlorofluorocarbones)  qui a permis de repérer le trou grandissant dans la couche d’ozone et à introduit l’hypothèse Gaïa, une théorie révolutionnaire supposant que la terre est un super-organisme s’autorégulant. Initialement ridiculisé par de nombreux scientifiques comme un non-sens du Nouvel-âge (New age), cette théorie forme aujourd’hui les bases de presque toute la science

Pendant des décennies, sa défense de l’énergie nucléaire a consterné ses compagnons environnementalistes mais récemment un nombre de plus en plus important d’entre eux se sont rapprochés de sa façon de voir. Son dernier livre, La revanche de Gaïa, prédit que d’ici à 2020 les températures extrêmes seront la norme, provoquant des dévastations globales, qu’en 2040 l’Europe sera saharienne et des parties de Londres sous l’eau. Le rapport le plus récent du Panel intergouvernemental sur le changement climatique ( IPPC) utilise un langage moins dramatique – mais ses conclusions ne sont pas à des kilomètres des siennes.

Comme pour la plupart des gens, ma panique sur le changement climatique n’a d’égal que ma confusion sur ce que je dois faire à son égard. Une rencontre avec Lovelock à cet égard ressemble un peu à une audience avec un prophète. Enfoui au bout d’un chemin serpentant dans les bois, dans un bureau plein de livres, de papiers et de trucs comportant des cadrans et des fils, l’homme de 88 ans présente ses pensées avec une conviction calme et inamovible qui peut être agaçante.  Plus alarmante encore que ses prédictions climatiques apocalyptiques est sa certitude absolue que tout ce que nous faisons est erroné.

Le jour où nous nous sommes rencontrés, le Daily Mail avait lance une champagne pour se débarrasser des sacs plastiques pour les courses. L’initiative se situait confortablement au sein des canons actuelles des éco-idée, près de la consommation éthique, de la compensation carbone, du recyclage et de tout le reste…tout ce qui est initié à partir du calcul que les ajustements dans les styles de vie individuels peuvent encore sauver la planète. C’est, dit Lovelock, un fantasme illusoire. La plupart des choses qu’on nous a dit de faire peuvent nous faire nous sentir mieux mais elles ne font aucune différence. Le réchauffement climatique a dépassé le point  critique est la catastrophe est impossible à arrêter.

« Il est simplement trop tard pour ça » dit-il, « Peut-être si nous avions pris de telles routes en 1967, cela aurait pu aider. Mais nous n’avons pas le temps. Toutes ces choses standardisées écologique, comme le développement durable, je pense que ce sont des mots qui ne veulent rien dire. Il y a un nombre incroyable de gens qui viennent à moi et qui me disent, vous ne pouvez pas dire ça parce qu’alors il ne nous reste rien à faire. Je dis le contraire, cela nous donne un nombre immense de choses à faire, seulement pas le genre de choses que nous voulons faire. »

Il rejette les éco-idées vivement. L’une après l’autre. « La compensation carbone ?  Je n’en rêverais même pas. C’est une plaisanterie. Payer pour planter des arbres afin de croire qu’on compense le carbone ? Vous rendez probablement les chose pires. Vous feriez beaucoup mieux de donner cet argent à l’organisme de charité Cool Earth, qui verse ces fonds aux peuples indigènes afin que leur forêt ne soit pas abattue.»  Est-ce que lui et sa femme tentent de réduire le nombre de leurs vols ? « Non parce que nous ne le pouvons pas. » « Et le recyclage, ajoute-t-il est certainement un gaspillage de temps et d’énergie » pendant qu’avoir un style de vie « vert » ne se révèle n’être que « de grands gestes ostentatoires. » Il ne fait pas confiance à la notion de consommation éthique. «  Parce que toujours, à la fin, cela se révèle être une escroquerie… ou bien si ce n’en était pas une au début, ça en devient une.»

D’une façon assez inattendue Lovelock concède que la campagne plastique du Mail semble « face à tout ça, une bonne chose ». Mais il transpire que ce pourrait être largement une réponse tactique, il la considère comme un simple réarrangement des chaises pliantes du Titanic,  « mais j’ai appris qu’il n’y a pas d’intérêt à provoquer des querelles à propos de tout » il garde ses foudres pour ce qu’il considère comme la fausse promesse la plus vide de toutes – l’énergie renouvelable.

« Vous n’allez jamais obtenir assez d’énergie à partir du vent pour faire marcher une société comme la nôtre,» dit-il. Les éoliennes ! « Oh non ! Il n’y a pas moyen de faire ça, vous pouvez couvrir le pays avec leur fanfare, des millions ! Perte de temps !!»  Tout ceci est délivré avec un air d’étonnement léger face à la stupidité insondable des gens. Ils veulent faire des affaires comme toujours. Ils disent, « Oh oui, il va y avoir un problème dans quelque temps mais ils ne veulent rien changer.»

Lovelock croit que le réchauffement climatique est maintenant irréversible et que rien ne pourra empêcher de grandes parties de la planète devenant impossible à habiter ou coulant sous l’eau, entraînant des migrations de masses, des famines et des épidémies. La Grande Bretagne va devenir un canot de sauvetage pour les réfugiés de l’Europe, aussi au lieu de perdre du temps à sur les turbines éoliennes, on ferait mieux de commencer à penser comment survivre. Pour Lovelock, la logique est claire. Les brigades de durabilité sont folles de penser que nous pouvons nous sauver en retournant à la nature, notre unique chance de survie viendra non  de moins de technologie mais de plus.

L’énergie nucléaire, dit-il, peut résoudre notre probléme énergétique – le défi le plus important sera la nourriture. « Peut-être synthétiseront-ils de la nourriture? Je ne sais pas. La nourriture de synthèse n’est pas une folle idée visionnaire, vous pouvez l’acheter à Tesco sous la forme de Quorn. Ce n’est pas vraiment bon mais les gens l’achètent. On peut vivre avec. » Mais il craint que nous ne puissions créer les nouvelles technologies à temps et projette que « à peu près 80% de la population planétaire sera balayée d’ici l’an 2100. Les prophètes ont annoncé Armageddon depuis la nuit des temps, dit-il. « Mais c’est ce qui se passe vraiment.»

Face à deux versions du future – L’action préventive de Kyoto ou l’apocalypse de Lovelock – qui devons-nous croire ? Certains critiques ont prétendus que l’empressement de Lovelock à abandonner le combat contre le changement climatique dépend plus de son grand âge que de la science. « Ceux qui disent ça n’ont pas atteint mon âge » répond-il en riant.  Mais quand je lui demande si il attribue les prédictions en conflit aux différences dans la compréhension scientifique ou aux personnalités, il répond : « Personnalités ».

Il y a plus qu’un soupçon de controverse dans son travail et cela semble une coïncidence improbable que Lovelock commence à être convaincu de l’irréversibilité du changement climatique en 2004, au moment même où un consensus international s’opérait sur le besoin d’une action urgente. Ses théories ne sont-elles pas menées par un goût pour l’hérésie ?

« Pas le moins du monde ! Pas le moins du monde ! Tout ce que je veux est une vie au calme mais je ne peux pas m’empêcher de noter quand des choses se produisent, quand vous sortez et trouvez quelque chose Les gens n’aiment pas ça parce que ça bouscule leurs idées. ! » Mais la suspicion semble confirmée quand je demande si il a trouvé gratifiant de voir beaucoup de ses avertissements concernant le changement climatique acceptés par l’IPCC.

« Oh non, en fait j’écris un autre livre maintenant, j’en suis à peu près au tiers, afin d’essayer de franchir un pas supplémentaire. »

Les interviewers  remarquent souvent l’écart entre les predictions lugubres de Lovelock et son sens de l’humour? «  Hé bien je suis joyeux ! » dit-il en souriant. « Je suis un optimiste, ça va arriver. ». « L’humanité est dans une période exactement comme celle des années 1938.39. » explique-t-il, « quand nous savions tous que quelque chose de terrible allait arriver mais ne savions pas quoi faire. Mais quand la deuxième guerre mondiale a été en route, tout le monde a commencé à s’exciter, ils ont aimé les choses qu’ils pouvaient faire, c’était comme de longues vacances. .. donc quand je pense à la crise imminente maintenant, je pense en ces termes… Un sens de l’utilité – c’est ce que les gens veulent. ».

Par moments je me demande quel crédit accorder à ses  références  en tant que prophète. Parfois, il semble moins éclairé par sa vision scientifique  que dispose à voir la version du future que ses a priori cherchent. Socialiste étant jeune, il favorise maintenant les forces du marché et que sa politique soit l’enfant ou le père de sa science n’est pas clair. Son hostilité à l’énergie renouvelable, par exemple, s’exprime en des termes strictement eurosceptiques d’irritation avec les subventions et les bureaucrates. Mais ensuite, lorsqu’il parle de la terre, ou Gaïa, c’est en des termes puraement scientifiques.  Il s’est produit sept désastres depuis que les humains sont sur terre, très semblables à celui qui est sur le point de se produire. Je pense que ces évènement contribuent à séparer le bon grain de l’ivraie. Et finalement nous auront un homme sur la plante qui la comprend vraiment et peut vivre sur elle correctement. C’est ça la source de mon optimisme.

Je demande, qu’est ce que Lovelock ferait maintenant si il était moi ? Il sourit et dit : « Profite de la vie pendant que tu le peux. Parce que sit u as de la chance, il va ses passer vingt ans avant que  ça s’envenime.»

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Naomi Klein : Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies. 

Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies.

 

Article de Naomi Klein  paru dans Common Dreams et dans The Guardian sur les interdictions de manifestations et de marches sur tout le territoire français au moment décisif des pourparlers pour le climat de la COP 21 de Paris.  Les descentes de polices et les perquisitions se succèdent chez des militants ou des agriculteurs écologistes n’ayant de terroristes que la force de leur point de vue face au laxisme intéressé  et aux liens immoraux entre les gouvernements  sensés représenter les citoyens  du monde,  brutalement forcés au silence alors qu’ils sont en première ligne des catastrophes climatiques présentes et à venir et les actions et l’état d’esprit incurablement pervers des multinationales. Il semble d’autre part indispensable face aux degrés d’urgence et à la hiérarchisation des maux auxquels nous sommes, en tant qu’espèce, confrontés, de rappeler ces quelques phrases de Jared Diamond : «La menace d’un holocauste nucléaire et celle d’un holocauste écologique sont les deux questions les plus pressantes que doit affronter l’espèce humaine aujourd’hui. À côté d’elles les problèmes du cancer, du sida ou de la malnutrition qui nous obsèdent généralement, sont relativement mineurs, car ils ne mettent pas en cause notre survie en tant qu’espèce. » * Nous aurions pu ajouter à la liste le terrorisme qui n’est un danger que pour les vivants.

 

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Article originellement paru dans The Guardian

En interdisant les marches de protestation à la COP21, Hollande condamne au silence ceux qui font face aux impacts les pires du changement climatique et de sa monstrueuse violence.

Par

Naomi Klein

 

De qui la sécurité reste-t-elle protégée par tous les moyens nécessaires ?

De qui la sécurité est-elle sacrifiée avec désinvolture, en dépit des moyens pour faire beaucoup mieux ? Ce sont des questions au cœur de la crise climatique et les réponses sont la raison pour laquelle les sommets climatiques finissent si souvent dans l’acrimonie et les larmes.

La décision du Gouvernement français d’interdire les manifestations, les marches et autres « activités extérieures » pendant le sommet de Paris sur la climat est gênant à plusieurs niveaux. Celui qui me préoccupe le plus est lié avec la façon dont cela reflète l’inégalité fondamentale de la crise climatique elle-même  – et la question clef de quelle sécurité est actuellement valorisée dans ce monde asymétrique.

 

 

Voici la première chose à comprendre. Les gens affrontant les impacts les pires du changement climatique n’ont virtuellement aucune voix dans les débats occidentaux pour déterminer que faire sérieusement pour prévenir le réchauffement mondial catastrophique. De gigantesques sommets comme celui qui va se tenir à Paris sont de rares exceptions. Pour deux semaines   les voix de ceux qui sont heurtés le plus et en premier ont un peu d’espace  pour être entendus dans un lieu où des décisions déterminantes sont prises. C’est pourquoi les insulaires du pacifique, les chasseurs Inuits et les bas salaires des gens de couleur de la Nouvelle-Orléans font des milliers de kilomètres afin d’être présents. Le coût est énorme, à la fois en dollars et en carbone, mais être présents au sommet est une occasion précieuse de parler sur le changement climatique et de donner un visage humain à cette catastrophe en cours. Ensuite, ce qui doit être compris c’est que même dans ces moments rares, les voix de premières lignes n’ont pas assez d’une plateforme dans les réunions officielles dans lesquelles le micro est dominé par les gouvernements et les groupes écologistes largement financés. Les voix des gens ordinaires sont entendues principalement dans les réunions de la base parallèles au sommet, ainsi que dans les marches et les manifestations. Maintenant, le Gouvernement français a décidé les plus bruyants de ces mégaphones,  prétendant que de sécuriser les marches compromettrait sa capacité à sécuriser la zone du sommet officiel où se rencontreront les politiciens.  .

” Une fois de plus, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre est à gagner.”

Certains prétendent qu’il s’agit d’un juste contrecoup contre la toile de fond de la terreur. Mais un climat des Nations unies pour le climat n’est pas comme une rencontre du G8 ou de l’Organisation mondiale du commerce, où les puissants se rencontrent et où les sans dents tentent de compromettre leurs fête. Les événements parallèles de la société civile ne sont pas un ajout ou une distraction de l’événement principal. Ils sont partie intégrante du processus. Ce qui est la raison pour laquelle le gouvernement français ne devrait jamais avoir décidé quelle partie de ce sommet devrait être gardée et quelle autre annulée.  Plutôt, après l’attaque horrible du 13 Novembre, il était nécessaire de déterminer s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir l’ensemble du sommet avec la pleine participation de la société civile, la rue comprise. S’il ne le pouvait pas, il aurait pu repousser ou demander à un autre pays de prendre le relais. Au lieu de ça, Hollande et son gouvernement ont pris une série de décisions qui reflètent un éventail de valeurs et de priorités très particulières afin de déterminer qui et quoi devait bénéficier de la protection de l’état. Oui, les leaders mondiaux, les matchs de foot-ball et les marchés de Noël, non les marches pour le climat et les manifestations désignant le fait que les négociations, avec l’actuel niveau d’émissions  prévu, mettent en danger les vies et les moyens de subsistance de millions sinon milliards de personnes

 

Et qui sait où cela peut mener ? Devons-nous nous attendre à ce que les Nations Unies révoquent les autorisations de la moitié de la société civile ? Ceux les plus susceptibles de créer des troubles au sein de la forteresse ? Je n’en serais pas surprise du tout.   Cela vaut la peine de songer à ce que l’annulation des marches  et des manifestations signifie réellement tout autant qu’en termes symboliques. Le changement climatique est une crise morale parce qu’à chaque fois que les gouvernements des nations riches ont manqué à agir, cela a envoyé un message qui montrait que nous, peuples du nord, mettions notre confort et notre sécurité économique avant la souffrance et la survie des peuples les plus pauvres et la s plus vulnérables de la planète. La décision d’interdire l’espace le plus important où les voix des peuples subissant l’impact climatique auraient pu être entendues est l’expression dramatique d’un abus de pouvoir profondément immoral : une fois de plus le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre vous devrez la gagner.

Une autre pensée : j’écris ces mots de Stockholm, où j’ai fait une série de conférences publiques sur le changement climatique. Quand je suis arrivée, la presse s’en donnait à cœur joie avec un tweet envoyé par la ministre de l’environnement Åsa Romson.  Peu de temps après a éclaté la nouvelle des attaques à Paris, elle a alors tweeté son outrage et sa tristesse pour les victimes. Puis elle a tweeté qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet sur le climat, une pensée qui est venue à tous ceux que je connais qui sont d’une façon ou d’une autre connectés à ce moment environnemental. Pourtant elle a été mise au pilori pour son soi disant manque de sensibilité – comment pouvait-elle penser au changement climatique face à un tel carnage ?

La réaction était assez révélatrice parce qu’elle montrait comme un acquis le fait que la changement climatique est une question mineure, une cause sans de réelles victimes, presque frivole.  Tout particulièrement quand des problèmes sérieux comme la guerre et le terrorisme occupent le centre de la scène. Cela m’a fait penser à quelque chose que l’auteure Rebecca Solnit a écrit il n’y a pas longtemps. «Le changement climatique est de la violence »  C’est vrai. Certaines de ces violences sont horriblement lentes : la montée des eaux qui efface progressivement des nations entières, et la sécheresse qui tue des milliers d’individus. D’autres sont terrifiantes de rapidité : les tempêtes avec des noms comme Katrina et Haiyan   qui volent des milliers de vies en une seule fois. Quand les gouvernements et les multinationales manquent sciemment d’agir afin de prévenir ce réchauffement catastrophique, c’est un acte de violence. C’est une violence si étendue, si mondiale et infligée simultanément contre des temporalités si diverses (cultures anciennes, vies présentes, avenir potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de désigner cette monstruosité. Et utiliser des actes de violence pour faire taire ces voix des plus vulnérables à la violence climatique est encore plus violent.

En expliquant pourquoi les match de football programmés seraient maintenus comme prévu, le Secrétaire d’état au sport a dit : « La vie doit continuer »   Bien sûr qu’elle le doit. C’est pourquoi je joins le mouvement pour une justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les multinationales manquent à leur devoir d’agir d’une façon qui révèle la valeur de tous sur terre, on doit protester contre eux.

© 2015 Guardian News and Media Limited

 

  • Jared Diamond ” Le troisième chimpanzé ” Essai sur l’évolution et lavenir de l’animal humain. p. 613 Folio essais

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L’impasse de la croissance exige un nouveau système économique.

Il en va peut-être de toute situation extrême, elle est rendue telle par l’incapacité collective à la formaliser. Des mesures sont prises pour colmater les fuites, des chansons chantées pour donner le moral aux passagers mais le bateau coule et c’est une évidence. Le problème est qu’il ne fallait pas monter dans ce bateau et que entre le cocktail organisé sur le pont et les manœuvres réglées par le capitaine et son équipage, on finit par l’oublier. Le modèle de notre croissance est de quelque façon qu’on le prenne injouable. Et c’est ce modèle-même qui peine tant à se laisser bousculer par ceux qui en paieront le prix tôt ou tard. Il y a certainement un forme de ” tant que ça dure” qui borne l’horizon du fait ostensible que non, justement, ça ne durera pas. Les exemples de demande de forages dans des parcs nationaux en Équateur et au Niger en sont comme les pointes à la fois douloureuses et aberrantes,  c’est un système qui engloutit tout en agitant un drapeau minuscule où est  écrit ” après nous le déluge” . E.Guerrier

Pourquoi l’effondrement est-il difficile à distinguer du salut ?

Article Common Dreams The Impossibility of Growth Demands a New Economic System

par George Monbiot

 

Imaginons qu’en 3030 avant JC, les possessions des habitants de l’Égypte aient empli un mètre cube. Proposons pour ces possessions une croissance de 4, 5% par an. De quelle taille aurait été le stock en 30 avant JC, lors de la bataille d’Actium ? C’est un calcul qui a été effectué par le banquier d’affaires Jeremy Grantham (1).

Growth

La trajectoire de la croissance cumulée montre que le décapage de la planète ne vient que de commencer. Nous ne pouvons simplement pas continuer de cette façon-là.

Allez, essayez de deviner : dix fois la taille des pyramides ? Tout le sable du Sahara ? L’océan Atlantique ? Le volume de la planète ? Un peu plus ? Non, c’est l’équivalent de 2, 5 milliards de milliards de système solaires. (2). C’est assez rapide, en réfléchissant à ce résultat, de voir que le salut réside dans l’effondrement.
Réussir c’est nous détruire. Échouer c’est nous détruire. C’est le pétrin que nous avons créé. Ignorez si le changement climatique si vous le devez, la disparition de la biodiversité, l’épuisement de l’eau, du sol, des minéraux, du pétrole, même si tous ces problèmes disparaissaient miraculeusement, les mathématiques de la croissance soutenue rendraient la continuation impossible.
La croissance économique est un artéfact de l’usage des énergies fossiles. Avant que tant de quantités de charbon aient été extraites, tout essor de la production industrielle allait de pair avec un recul de la production agricole, car le charbon de bois ou les chevaux vapeur exigés par l’industrie réduisaient la terre disponible pour cultiver des denrées alimentaires. Chacune des révolutions industrielles antérieures a échoué parce que la croissance ne pouvait pas être maintenue (3). Mais le charbon a cassé ce cycle et a rendu possible – pour quelques centaines d’années – le phénomène appelé «croissance soutenue ».
Cela n’a été ni le capitalisme ni le communisme qui ont rendu possible le progrès et les pathologies (guerre totale, concentration sans précédent des richesses mondiales, destruction de la planète) de l’âge moderne. Ça a été le charbon, suivi par le pétrole et le gaz. La méta-tendance, le récit souche est l’expansion due au carbone. Nos idéologies sont de simples intrigues secondaires. Maintenant, comme les réserves les plus accessibles ont été épuisées, nous devons saccager tous les coins cachés de la planète pour approvisionner notre impossible axiome.

Vendredi, quelques jours après que les scientifiques aient annoncé que la fonte de la banquise de l’Arctique était maintenant inévitable (4), le gouvernement de l’Équateur a décidé que le forage pétrolier pourrait continuer au cœur du parc national de Yanusi (5). Il a fait une offre aux autres gouvernements : s’ils donnaient au gouvernement la moitié de la valeur du pétrole de ce parc, ils le laisseraient dans le sol. Vous pouvez considérer ça comme du chantage ou comme un échange équitable, L’Équateur est un pays pauvre et ses gisements de pétrole sont riches, pourquoi, a argumenté le gouvernement, devrait-il les laisser intouchés sans compensation quand tout le monde est en train de forer jusqu’au cercle intérieur de l’enfer ?
Il a demandé 3, 6 milliards de dollars et en a reçu 13 millions. Le résultat est que Petroamazonas, une compagnie qui a à son actif un record remarquable de destruction et de fuites (6) ne pénétrera pas dans un des lieux de la planète qui offre une des plus grandes biodiversités, dans lequel un hectare de forêt tropicale contient plus d’espèces que toutes celles qui existent sur le continent nord-américain.(7)
La compagnie anglaise Soco, espère maintenant s’introduire dans le plus ancien parc naturel d’Afrique, Virunga, dans la République Démocratique du Congo (8), un des derniers bastions du gorille des montagnes et de l’okapi, des chimpanzés et de l’éléphant des forêts. En Angleterre, où une réserve de 4, 4 milliards de barils vient d’être identifiée dans le sud-est(9), le gouvernement fantasme sur la transformation de banlieues boisées en delta du Niger. A cette fin, il est en train de changer les lois de violation de propriétés afin d’autoriser les forages sans accord préalable et offre des pots de vin grandioses aux habitants locaux ( 10.11). Ces nouvelles réserves ne changeront rien. Elles ne calment pas notre faim de ressources, elles l’exacerbent.
La trajectoire de la croissance montre que le pillage de la planète ne fait que commencer. Comme le volume de l’économie globale s’étend, tous les lieux qui contiennent quelque chose de concentré, d’inhabituel, de précieux sera recherché et exploité, ces ressources traitées et dispersées, les merveilles diverses et multiples du monde réduites à la même cendre grise.

Certains essayent de résoudre cette équation impossible avec le mythe de la dématérialisation : l’affirmation que si les processus deviennent plus efficaces et les gadgets sont miniaturisés, nous utilisons, en les agrégeant, moins de matériaux. Il n’y aucun signe que ceci se produise. La production de minerai d’acier a augmenté de 180% en dix ans (12). Les associations professionnelles de l’industrie forestière nous disent : « La consommation globale de papier est à son niveau record et cela va continuer d’augmenter “ (13) Si à l‘aire du digital nous sommes incapables de réduire notre consommation de papier, quoi dire des autres produits de consommation ? »
Regardez la vie des super-riches, qui ont donné le pas de la consommation globale. Est-ce que leurs yachts deviennent plus petits ? Leurs maisons ? Leurs œuvres d’art ? Leur recherche de bois rare, de poissons rares, de pierres rares ? Ceux qui en ont les moyens achètent des maisons toujours plus vastes pour stocker leurs quantités d’objets alors qu’ils ne vivront jamais assez longtemps pour les utiliser. Par cette accumulation à peine visible, toujours plus de surface de la planète est utilisée pour extraire, fabriquer et stocker les choses dont nous n’avons pas besoin. Ce n’est peut-être pas un hasard si les fantasmes de colonisation de l’espace – qui nous disent qu’on peut exporter nos problèmes au lieu de les résoudre- refont surface. (14)
Comme le signale le philosophe Michael Rowan, l’inévitabilité de la croissance cumulée signifie que si nous atteignons le taux de croissance prévu en 2014 ( 3, 1%), même si nous réduisons par miracle la consommation de matières premières de 90%, nous repoussons l’incontournable de seulement 75 ans (15).  L’efficacité ne résout rien tant que la croissance continue.
L’échec inévitable d’une société basée sur la croissance et la destruction des systèmes vivants planétaires sont les faits accablants de nos existences. Le résultat est qu’ils ne sont jamais évoqués. Ils sont les plus grands tabous du 21 ième siècle, les sujets qui nous mettront à dos nos amis ou nos voisins. Nous vivons comme si nous étions enfermés dans le supplément du Dimanche, obsédés par la renommée, la mode et les trois tristes éléments de base de la conversation de la classe moyenne, les recettes, les rénovations, les hôtels. Tout sauf le sujet qui demanderait notre attention.
Les constats sacrément évidents, les résultats mathématiques élémentaires, sont traités comme des distractions exotiques ou impardonnables qui ne valent pas même la peine d’être mentionnées.
C’est à ça qu’on peut mesurer la gravité du problème, à notre incapacité d’en discuter.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

http://www.monbiot.com
References:
1. http://www.theoildrum.com/node/7853 http://www.theoildrum.com/node/7853
2. Grantham exprime ce volume par 1057 mètres cubes. Dans son article ” Nous devons parler de la croissance ” Michael Rowan a traduit ceci en 2, 5 milliards de milliards de systèmes solaires  / Cette source donne un volume du système solaire, si il est traité comme une sphère de  39,629,013,196,241.7 kilomètres cubes, ce qui revient à peu près à 40 x 1021 mètres cubes. Multiplié par 2.5 milliards de milliards, ceci donne  1041 mètres cubes. Donc, à moins que je ne me sois trompé sur le volume du système solaire ou ne me sois mélangé les pédales sur les unités, ce qui est tout à fait possible, la traduction de  Michael Rowan semble sous-estimée. Je vais rester avec cette image pourtant, car je n’ai pas confiance dans la mienne. Toute amélioration, commentaire ou correction pourra se faire à travers la page de contact et sera la bien venue.
3. EA Wrigley, 2010. Energy and the English Industrial Revolution. Cambridge University Press.
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12. Philippe Sibaud, 2012. Opening Pandora’s Box: The New Wave of Land Grabbing by the Extractive Industries and the Devastating Impact on Earth. The Gaia Foundation.

L’investiture Obama

 

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Voici la traduction d’un article de David Bromwich paru dans TomDispatch. D’une certaine façon, il vient répondre à un nombre important de questions que tous,  habitants d’Amérique ou non, nous nous posions sur le pouvoir de ce président. Obama est en poste depuis assez longtemps pour que les fondamentaux qui l’ont faits élire puisse commencer à prendre leur forme, c’est à dire la forme qu’on attend, tous, citoyens de cette globalisation qui ne nous laisse que nos yeux pour pleurer et quelques autres outils tout de même. Or qu’est ce qu’on voit ?  Rien. Sur des sujets essentiels comme l’environnement, la régulation tant attendue du système bancaire et les poursuites qui auraient dû suivre ces malversations ostensibles..rien… Alors, on pensait..Les Républicains, et on avait dans une certaine mesure raison…tant de temps pour faire passer une loi sur la santé publique qui l’a porté pendant sa campagne, il devait se heurter à un contre-pouvoir exceptionnel !! Une impression de flottement, de temps vidé de sa substance…

Et donc, cet article a la grande force de remettre ces observations dans leur contexte, historique et surtout psychologique. Qui est Obama ? Et qui est-il pour être le président de la plus puissante nation du monde ? L’analyse est documentée, profonde. C’est une certitude, avec cette petite lampe allumée aux côtés de votre lecture des faits politiques actuels et plus anciens, vous verrez mieux.. même si c’est pour constater qu’il n’y aura rien à espérer du passage de cet homme-là pour les causes essentielles.

The Voice

Comment Obama est devenu le publiciste de sa présidence ( Plutôt qu’un Président)

Par David Bromwich

Le 3 Mars, comme d’autres jours a vu la délivrance d’une opinion sévère par le Président Obama. A en juger par les récents évènements d’Ukraine, a-t-il dit, la Russie se mettait  « sur le mauvais côté de l’histoire ». Ceci peut sembler surprenant dans la bouche d’un président américain. Le destin du communisme soviétique a appris à beaucoup de personnes à être circonspects en évoquant l‘Histoire comme si elle était une bonne amie ou une co-équipière. Mais sans aucun doute Obama se sentait-il à l’aise parce qu’il se citait lui-même. « Que ceux qui s’accrochent au pouvoir grâce à la corruption et la trahison » a-t-il dit dans son discours inaugural de 2009, « sachent qu’ils sont sue le mauvais côté de l’Histoire mais que nous vous tendrons la main si vous avez la volonté d’ouvrir votre poing » En Janvier 2009 et à nouveau en Mars 2014, Obama parlait au monde comme son monarque sans couronne.
Depuis un certain temps, des observateurs, — un échantillon étonnamment large – disent que Obama ressemble plus à un roi qu’à un président. Laissons de côté les fanatiques qui pensent qu’il est un « tyran » aux pouvoirs parallèles et au dessein maléfique. De telles notions viennent aisément à l’esprit de ceux qui les cherchent, elles sont prédigérées et peuvent être aisément rejetées. Mais le germe d’une conclusion similaire peut être trouvé dans la perception partagée par de nombreux autres. Obama, dit-on, se prend pour une sorte de monarque bienveillant- un roi dans un système constitutionnel mixé, où les devoirs de la couronne sont principalement cérémoniaires. Il se voit lui-même, pour faire bref, comme le détenteur d’une mission dignifiée avec lequel les Américains et les autres sont naturellement à l‘unisson.
Une large part de son expérience présidentielle aurait dû le décourager de cette idée. Le taux d’approbation d’Obama depuis plusieurs mois ne s’élève pas au-dessus de 40 % just above 40%. mais quoi que les gens puissent en fait penser de lui, l’évidence suggère que cela a été sa vision de la mission présidentielle – ou, plutôt, de sa fonction en tant que responsable de cette mission. C’est un fantasme subtil et puissant, et cela a de toute évidence conduit ses attitudes et ses actions, autant que l’a permis la réalité, pendant plus de ces cinq années en poste.

Qu’est-ce qui peut avoir donné à Obama une si étrange vision de la façon dont le système politique américain était supposé fonctionner ? N’oublions pas un fait évident et pertinent. Il est entré en lice pour la présidentielle de 2007 avec moins de pratique de la gouvernance qu’aucun autre candidat avant lui. A la Harvard Law School, Obama était admiré par ses professeurs et aimé par ses camarades avec une réserve : dans une institution notoirement connue pour les démonstrations pompeuses de sa jeunesse, Obama se faisait remarquer pour l’importance qu’il accordait à ses propres « interventions » en classe. Sa singularité se montra sous un autre éclairage lors de son élection comme président de « L’Harvard Law Review »- le premier étudiant en droit à jamais avoir occupé ce poste sans avoir publié d’article dans aucun journal juridique. Il s’attira la sympathie de ses collègues en insistant sur le fait que la posture de la « Review » n’avait pas besoin d’être marquée par des partis-pris ou la partisanerie. Qu’elle n’avait pas à être libérale ou conservatrice, libertaire ou étatiste. Elle pouvait être » bien au-dessus de ça ».
Ce modèle- l’ascension pour devenir président-en-chef sur de grands projets sans engagements encombrants- a suivi Obama dans sa courte carrière légale sans évènement, à propos de laquelle aucun fait remarquable n’a jamais été cité. Dans une carrière parallèle en tant que professeur de droit constitutionnel, il était également bien aimé, bien que ses vues sur les questions constitutionnelles les plus importantes ne semblaient jamais très pointues à ses étudiants. La même chose étant vraie de ses services de quatre années en tant que sénateur de l’Illinois au cours de laquelle il a accumulé un nombre cas remarquable de votes dans la catégorie « présent » plutôt que dans celles des « oui » ou des « non ». Finalement le même schéma a prévalu pendant son service au Sénat Américain, où, depuis son premier jour, où il fut observé qu’il était demandeur d’une sorte de distinction et de pouvoir qui est normalement déniée aux jeunes sénateurs.
Une extrême prudence a marqué toutes les actions précoces dans la vie publique d’Obama. De rares écarts de ces avancées-sans- faire-de-trace tels que son engagement de faire obstruction à l’immunité acquise des géants de l’industrie des télécommunications de façon à pouvoir les exposer à de possibles poursuites et à des surveillances sans mandat- semble a posteriori complètement tactique. L’éditeur d’une revue juridique n’ayant jamais publié d’article, l’avocat sans cas connu à son crédit, le professeur de droit dont les contenus étaient agréablement transmis sans pouvoir y déceler ses positions sur des questions essentielles, le sénateur d’état avec une quantité record de votes « oui, ou non » et le sénateur des USA qui, entre 2005 et 2008 s’est refreiné de s’impliquer lui-même comme auteur d’une seule pièce de législation significative ; ceci a été le candidat qui est devenu président en Janvier 2009.

L’homme sans dossier

Beaucoup de ces faits ont été rappels lors des primaires de 2008 par Hillary Clinton. Plus encore a été dit par les Républicains lors des élections générales. Cependant les accusations ont été jetées sur un tel amas de combustible fait de tant de détritus- tant était violent, raciste, faux et évoqué par des personnes manifestement compromises ou partiales- que les inférences envisageables étaient tentantes à ignorer. On pouvait espérer, quel que soit les vides dans les archives, de ses actions, ils n’importeraient pas vraiment une fois que Obama aurait atteint la présidence.

Ses prestations lors de la campagne ont montré qu’il avait l’esprit cohérent, n’était pas attiré par les passions inférieures et était un synthétiseur parfait des faits et des opinions d’autres individus. Il maîtrisait un doux baryton dont il appréciait un peu trop d’observer les effets et il s’adressait aux Américains exactement à la manière d’un digne mais cependant passionné président pouvait s’adresser à nous. Le contraste avec Georges Bush ne pouvait pas être plus aigu. Et l’aspect décisif de ce contraste a été la plus grande fausse piste dans le caractère politique d’Obama.
Il fut élu pour gouverner alors que peu était connu de son approche du côté pratique de la gouvernance des peuples. Les possibilités inexplorées étaient, évidemment, que peu était connu parce qu’il n’y avait pas grand-chose à savoir. Des organisateurs entrainés selon les méthodes d’agitation communautaire de Saul Alinsky, Saul Alinsky’s methods  il avait été considéré comme celui éprouvant la plus grande aversion aux conflits. D’une façon incongrue comme le souligne Jeffrey Stout dans « Bénis soient les Organisés » Blessed Are the Organized.
Obama fuit la « polarisation », l’opposition des points de vue, comme l’arme appropriée du faible. Sa tendance, au contraire a été de commencer à s’opposer en « dépolarisant ». Son but a toujours été d’amener les intérêts les plus puissants à la table. Ceci ne doit pas être négligé comme une anomalie du caractère, car le tempérament peut avoir une beaucoup plus grande importance en politique que la promulgation de saines opinions. La signification de son expertise théorique et de son rejet pratique de la confrontation pourrait émerger comme l’évènement saillant de sa carrière comme organisateur.
Comme Obama le reconnait dans une chapitre révélateur de ses mémoires  “Dreams from My Father”, l’évènement en question avait commencé comme une protestation avec le plus chaleureux des espoirs. Il cherchait à attirer l’attention de l’autorité responsable du logement de Chicago sur les dangers de l’amiante à Altgeld Gardens, le projet de logements sur lequel il travaillait. Après un faux départ et l’ensemble habituel des faux fuyants d’une agence municipale, une rencontre publique fût finalement organisée au gymnase local. Obama donna des instructions à deux femmes locataires, afin qu’elles dirigent le meeting, de façon à ne pas laisser le ponte de la municipalité prendre en charge tout le discours. Puis il se retira dans le fond du gymnase.

Il s’avéra que les femmes manquaient des compétences nécessaires. Elles rabaissèrent et provoquèrent l’officiel de la municipalité. Une d’entre elles agita une fois le micro comme une carotte face à lui, lui arracha puis recommença. Il sortit en se sentant insulté et le meeting se termina dans le chaos. Et où était donc Obama ? Selon ses propres propos, il était resté dans le fond de la pièce, agitant les bras- trop éloigné de tout le monde pour qu’aucun de ses signaux ne puisse être perçu. En racontant l’incident, il dit d’une façon compassionnée que les femmes se blâmèrent bien que la responsabilité ne leur ait pas entièrement incombé. Il ne dit pas qu’un autre genre d’organisateur, s’apercevant que les choses allaient mal, aurait changé de tactique et pris le meeting en charge.
« Je ne peux pas vous entendre »
« Gouverner en arrière-plan » a été une expression clef utilisée par l’administration de la Maison Blanche sous Obama pour décrire la posture du président dans sa coopération avec l’OTAN, quand, après une longue et caractéristique hésitation, il prit conseil auprès du Département d’Etat d’Hillary Clinton contre le Département de la Défense de Robert Gates et ordonna le bombardement de la Lybie. Quelque chose comme cette description avait été formulé plus tôt par des reporters couvrant ses négociations distantes et auto-protectrices avec le Congrès dans les progrès de sa loi de réforme du système de santé. Dirigeant en arrière-plan, ont-ils insisté, ne reflétait pas la véritable attitude du Président ou l’intensité de son engagement.
En Lybie, le monde entier savait que le projet d’intervention était largement commandité par les Américains et que les missiles et la couverture aérienne étaient fournis par les USA. Obama était le chef d’un état qui faisait s’effondrer une fois de plus un autre gouvernement du Moyen Orient. Après l’Afghanistan et l’Irak, celui-ci était la troisième marque du leadership américain depuis 2001. Obama, cependant, a relativisé sa propre importance à cette époque, son énergie a été investie dans le fait d’éviter les exigences du Congrès qui aurait voulu qu’il explique quelle sorte d’opération il dirigeait.
Dans les termes du War Powers Resolution de 1973 , un président a besoin de l’approbation du Congrès avant de engager légalement les forces armées américaines dans des « hostilités » à l’étranger. Mais en suivant les arguments offerts par les avocats d’Obama, les hostilités n’étaient des hostilités que si un Américain était tué, le Président d’autre part peut mener des guerres simples comme cela lui fait plaisir- sans l’approbation du Congrès. Aucun soldat américain n’ayant été tué en Lybie, il s’avérait qu’Obama pouvait diriger le pays en arrière-plan sans l’approbation du Congrès. Cette délicate sophistication légale servit son projet temporaire et le bombardement s’effectua. L’expression étrange de « gouverner en arrière-plan » ne s’en est pas allée pour autant. Actuellement, cette phrase est principalement utilisée comme provocation par les courtiers en guerre dont les idées d’un vrai leader forment un éventail extrêmement étroit de l’ancien Président George W. Bush au Sénateur John Mac Cain. Ces personnes n’auraient aucun problème avec Obama si seulement il nous donnait plus de guerres.
Reste le fait curieux que, dans la conception de la présidence d’Obama, « gouverner en arrière-plan » a eu une signification concrète bien avant l’intervention au Liban. Lorsqu’il était approché avant l’élection de 2008 par des représentants syndicaux, des opposants à la politique extérieure et des groupes préoccupés par le droit des minorités et de la protection de l’environnement, chacun d’entre eux voulant savoir s’il soutiendrait leur cause, Obama passait invariablement la main derrière son oreille et disait « Je ne peux pas vous entendre. »

Cette anecdote du « Je ne peux pas vous entendre » a été relatée à la fois dans la presse et d’une façon informelle, car il est évident que le geste et la question ont été répété. Obama faisait en fait référence à un geste attribué au Président Roosevelt quand le grand organisateur des droits civils A. Philip Randolph lui avait adressé une requête identique aux alentours des années 1940. Roosevelt, en fait, disait à Randolph : Vous pouvez être à la tête d’un mouvement influent, et il y a d’autres mouvements que vous pouvez solliciter. Cirez si fort que nul ne puisse se tromper. Faites-moi faire ce que vous voulez que je fasse. J’ai de la sympathie pour votre cause, mais l’initiative ne peut pas venir de moi.
De la part d’Obama, c’était intelligent de copier ce geste et en même temps c’était bizarrement irresponsable. Après tout dans les années post-New Deal, les syndicats et les mouvements des droits civiques avaient une influence énorme aux USA. Ils pouvaient vraiment faire du bruit. En 2008, il n’existant pas une telle combinaison de mouvements n’existait pas.

Et cependant, en 2008, il y avait vraiment une vague de fond dans l’opinion populaire et une convergence des plus petits mouvements autour d’une cause. Cette cause était la candidature de Barack Obama. Le problème est que ce « Obama for America » a bu jusqu’à la lie et épongé l’énergie de toutes ces autres causes, tout comme le stratégiste en chef d’Obama David Plouffe l’avait prévu.
Même en 2009, longtemps après l’élection, « Obama for America » ( rebaptisé « Organizing for America » était maintenu en vie grâce au concept extraordinaire qu’un président élu pouvait demeurer un chef-d’arrière-plan, même pendant qu’il gouvernait en tant que voix œcuménique de tous les Américains. Si une cause pouvait avoir rassemblé les diverses causes et les avoir incité à l’action après une année d’activités de rééligibilité au nom d’Obama, cette cause aurait été un programme de création massive d’emplois et un ensemble de lois fait pour éveiller le mouvement environnemental et faire face à la catastrophe du changement climatique.

Dissociation civile.

Au milieu des années 2009, Barack Obama n’écoutait plus. Il avait déjà choisi une équipe  économique parmi les protégés Goldmann Sachsiens de Wall Street, d’anciens responsables et conseillers économiques l’administration Clinton, Robert Rubin. Pour une telle équipe, la création d’emplois et la régulation environnementale étaient des idées à peine attirantes. Quand le nouveau président a choisi la protection médicale comme la première des « grandes choses » qu’il cherchait à accomplir et annoncé que, pour le salut d’un consensus bipartisan, il laissait le détail de la législation ç cinq comités du Congrés, son « Je ne peux pas vous entendre » est devenu d’une transparente absurdité.

Les mouvements n’ont jamais été consultés. Cependant Obama se supposait une intimité avec leurs préoccupations et une confiance en leur loyauté – comme si un lien télépathique avec eux persistait. Il y eut un moment ridicule à la fin 2009, quand le président, dans un message aux membres de  “Obama for America”, nous a dit qu’il était prêt à frapper à nos portes et à allumer un feu pour la campagne de réforme de l’assurance maladie. Mais qu’étions-nous supposés dire quand ces portes se sont ouvertes ? La loi- toujours en négociation dans les comités du congrès en consultation avec les lobbies des assurances- n’a toujours pas atteint son bureau. A la fin Obama a demandé de l’aide des mouvements, mais il était trop tard. Il les avait laissé patienter pendant que lui-même comptait sue le seul vote républicain qui aurait rendu sa loi bipartisane.

La proposition, la transmission au Congrès et la synthèse finale de l’ « Affordable Care Act » a occupé une proportion incroyable de la première année d’Obama à la présidence. Si l’on regarde en arrière sur ces premiers mois, ils contenaient de grandes promesses – la fermeture de Guantanamo ayant été celle ayant été mise en suspens le plus tôt. La promesse la plus séductrice a porté le nom de « transparence ». Mais l’administration Obama s’est avérée être l’administration la plus secrète depuis celle de Richard Nixon et dans ces atteintes à la liberté de la presse par l’intermédiaire des poursuites à l’encontre des lanceurs d’alertes,  il a surpassé tous ses prédécesseurs combinés.

En l’absence des performances qui puissant correspondre à ses promesses, comment Obama cherche-t-il à définir sa présidence ? La compensation pour le « je ne peux pas vous entendre » s’est exprimée dans le fait que tous les Américains ont eu toutes les chances possibles de pouvoir l’entendre lui. Ses premiers mois d’exercice ont été mis en scène comme un exercice décontracté mais prudent, supposé, comme il a été dit à cette époque : « Permettre au pays d’apprendre à le connaître » Dans quel but ? L’espoir semblait être que si le peuple pouvait voir comme Obama était sincèrement sérieux, réfléchi, modéré, patient et bipartisan, il pourrait accepter ses choix politiques dont une idéologie ou une pure ignorance auraient pu autrement amener à douter voire à rejeter.
C’est de la pensée magique bien sûr- que les Américains le suivrait si seulement on l’entendait assez, que les individus de tempéraments et d’opinions les plus divergents en viendraient progressivement à l’approuver si ostensiblement qu’il pourrait montrer au pays qu’il avait entendu l’appel des réformes. Mais on peut voir pourquoi sa présidence a été insufflée par la pensée magique en regardant son départ. Son ascension vers le bureau ovale est en lui-même du ressort de la magie.
Obama croyait qu’être identifié comme la voix du pays, signifiait qu’il était supposé être entenduhttp://blogs.wsj.com/washwire/2009/07/24/transcript-of-obamas-remarks-on-gates-incident/ sur tous les sujets. Cette méprise, évidente très tôt, n’a jamais perdu sa mainmise sur la Maison Blanche d’Obama. Le journaliste de CBS Mark Knoller a traité les chiffres du premier mandat et certains d’entre eux sont stupéfiants. Entre Janvier 2009 et janvier 2013, Obama a visité 44 états, animé 58 meetings dans des mairies, accordé 591 interviews aux médias (y compris 104 aux chaînes les plus importantes) et séparément offert 1852 discours, commentaires, ou interventions publiques programmées. De toutes ces interactions planifiées avec le public américain, remarquablement peu de mises en pratique se sont matérialisées.
En suivant sa compulsion (qu’il a confondu avec une stratégie) à être reconnu comme le tribun de tous, Obama a gaspillé des énergies infinies afin d’atteindre des opportunités finies.
Car une économie de geste est nécessaire en politique comme elle l’est en sport. Montrez tous vos mouvements trop tôt et il n’y aura plus de surprise quand la pression sera mise. Parlez régulièrement à propos de tous les sujets et l’intensité nécessaire vous désertera quand vous aurez besoin d’elle.
Dans  « Confidence men » jusqu’ici l’étude la plus intéressante sur le caractère et les performances d’Obama en tant que président, le journaliste Ron Suskind a noté la ténacité de la croyance du président qu’il bénéficierait d’une connexion particulière avec les Américains. Quand les résultats des sondages ont baissé à la fin 2009, ou quand ses « pivots pour l’emploi » sont devenus des sujets de moquerie parce qu’il répétait la phrase si souvent sans qu’on ait le sentiment que quelque chose pivote, Obama demandait toujours à ses organisateurs de l’envoyer sur les routes. Il était convaincu que le peuple l’entendrait et qu’il lui ferait comprendre.
Il a nourri cette confiance flottante tout en sachant que ses mairies, de par leur format adapté à une audience passée au crible étaient tout autant mises en scène que celles de n’importe quel politicien. Mais Obama a dit à Suskin au début des années 2011 qu’il en était venu à penser que les « symboles et les gestes » était au moins aussi importants que les politiques à mener. »
Les tournées se sont montrées interminables. En 2014, une sortie de trois ou quatre jours incluait typiquement des arrêts dans un point de vente de supermarché, dans une petite usine, une aciérie et le président confortait les chômeurs par des phrases du genre « L’Amérique doit se lever » et des reprises de son discours du « State of Union » comme « Faisons de cette année une année d’action » et « Nous sommes l’opportunité »
Dans des discussions sur Obama, on entendait dire occasionnellement- dans une humeur entre la consternation et la patience- que nous ne connaissons toujours pas l’homme. Après tout, il a dû s’affronter à l’obstacle énorme du racisme, à un parti Républicain insensé et à l’héritage de mauvaises guerres. Il est vrai qu’il a dû surmonter d’énormes obstacles. Il n’en est pas moins vrai que par les atermoiements et les indécisions, les silences et les discours ambigus il a permis aux obstacles de devenir plus importants. Considérons sa « primauté à la politique énergétique »  qui mêle impartialement le forage en eau profonde, les fermes éoliennes, les panneaux solaires, le forage dans l’Arctique, les centrales nucléaires, l’extraction du gaz de schiste et le « charbon propre ».
La pratique jusqu’au point de négligence du management récessif d’Obama a aussi multiplié des obstacles qui lui incombent entièrement. Il a choisi de faire confiance pour l’exécution et le déploiement de sa réforme de l’assurance santé au Department of Health and Human Services. Ce fût un choix qu’il a fait parmi d’autres alternatives. L’extrême faiblesse de ses rencontres avec sa ministre de la santé Kathleen Sebelius, durant les trois années qui se sont écoulées entre la signature de la loi et sa mise en place montrent un exemple parfait  de négligence. Bien sûr la révélation de son absence d contact avec Sebelius a laissé une impression- que les récentes actions de provocation du Département d’État ont amplifiées- que le président n’est pas très intéressé par ce que les membres de ses ministères fabriquent.

Le Président des préférences

Obama a accédé à la présidence à 47 ans- un âge auquel les gens sont déjà ce qu’ils vont devenir. C’est une mystification de supposer qu’on nous aurait refusé un sauvetage que cet homme, dans des circonstances meilleures, aurait été bien équipé pour effectuer. Il y a eu quelques chocs authentiques : sur les questions domestiques, il s’est montré un technocrate plus complaisant que ce qu’on n’aurait jamais pu imaginer- une facette de son caractère qui est apparu à travers son appui à l’application des tests scolaires  financés par la fondation « Course vers le sommet », avec sa confiance dans l’externalisation de l’éducation vers des firmes et des écoles privées sous contrat. Mais la vérité est que les convictions d’Obama n’ont jamais été fortes. Il n’a pas pu vérifier cela jusqu’à ce que ses convictions soient testées et elles n’ont pu être testées que lorsqu’il est devenu président.
Il est probable que la connexion si fine entre les paroles d’Obama et ses actions ne tolèrent pas le mot « conviction » du tout. Disons plutôt qu’il a pris ses préférences pour des convictions- et qu’on peut encore lui faire confiance pour nous dire ce qu’il préfèrerait faire. En regardant en arrière, on voit que ses premiers constats sur telle ou telle question font généralement savoir ce qu’il préfèrerait. Plus tard, il se résigne à supporter un moindre mal, qui, nous dit-il, est temporaire et nécessaire. La création d’une catégorie de prisonniers permanents  Dans « cette guerre dans laquelle nous sommes » (qu’il décline de nommer « la guerre contre le terrorisme ») a été une illustration précoce et caractéristique. La foi d’Obama dans le pouvoir et le sens de ses propres mots est telle, que lorsqu’il juge de son propre cas, dire la chose juste est une solution de second choix pour faire la chose juste.
Plus que la plupart des gens, Obama a été la créature de ses environnements successifs. Il parle comme Hyde Park quand il est à Hyde Park. Il parle comme Citigroup quand il est à Citigroup. Et dans chacun de ces milieux, il aime la compagnie suffisamment et apprécie son mélange. Il a horreur de l’échec. D’où, en partie, son extraordinaire aversion au nom, à la présence ou au précédent de l’ancien président Jimmy carter, le politicien d’une distinction évidente qu’il a omis de consulter sur tous les sujets. A un certain niveau Obama doit réaliser que Carter a en fait gagné son prix Nobel et a été un leader et un travailleur acharné de ce pays. Cependant de tous les présidents encore en vie, Carter est celui que l’establishment politique a effacé il y a longtemps et donc Carter est celui auquel il ne doit pas toucher.
Dans sa capacité à s’adapter au mode de pensée d’un home au pouvoir, Obama a appris trs-è vite. Cela lui a pris moins d’une année pour accréditer la vision de Dick Cheney sur la nécessité d’une surveillance constante des Américains. Cela devait être accompli pour la sauvegarde de notre propre sécurité dans une guerre sans véritable fin. La considération majeure est ici qu’Obama, tout autant que George X. Bush, veut être vu comme ayant fait tout ce qu’il pouvait pour éviter le « prochain 9/11 ». Il lui importe beaucoup moins de respecter la Constitution ( un mot qui n’apparait pratiquement pas dans ses discours ou ses écrits). Cependant, si vous lui demandez, il sera heureux de vous dire qu’il serait heureux de déclarer ses préférences pour un retour à l’état de liberté civile dont nous bénéficiions avant 2001. De la même manière, il ordonnera secrètement des lancers de drones provoquant des massacres puis donnera un discours dans lequel il nous informera que ce genre de tuerie doit cesser.
Quoi dire donc, en conséquence de l’engagement de 2008 d’Obama de mettre le lancement de la bataille contre le réchauffement climatique comme le premier souci de sa présidence ?
Il en est venu à penser que la dominance globale de l’Amérique- permise par les investissements de capitaux américains dans des pays étrangers, la « promotion de la démocratie », les missions secrètes par les forces des Opérations Spéciales ainsi que le contrôle du cyberespace et de l’espace- était le meilleur des états de choses pour les USA et pour le monde. Nous sommes, comme il nous l’a dit souvent, le pays exceptionnel. Et le temps consacré à favoriser la domination mondiale de l’Amérique ne peut pas être donné à l’entreprise collective de lutte contre le changement climatique. Le pipeline Keystone XL, si il est construit, apportera des sables bitumeux du Canada à la Gulf Coast, et il est probable qu’Obama ne souhaiterait pas le voir construire. Cependant cela lui serait caractéristique d’approuver la construction, que ce soit au nom d’emplois temporaires, de profits de l’industrie pétrolière, des relations commerciales avec le Canada ou de tous ce qui précède.
Il a juste adouci les apparences de reddition avec un procédé qui est à part égale réel art rhétorique. Cela s’appelle le  Climate Resilience fund » ( Fond de résilience climatique), un euphémisme avec toutes les marques d’Obama, puisque la résilience n’est qu’une autre façon de nommer l’assistance après une catastrophe. Le dur jugement de la postérité pourra-t-être qu’en ayant à faire face à la plus grande menace de cette période, Barack Obama a enseigné faiblement à l’Amérique, a travaillé la moitié du temps à des demi-mesures, est resté silencieux pendant des années, et n’a jamais tenté de gouverner. Ses espoirs sont que ses préférences réitérées pèseront plus lourd dans la balance que ses actes.

 

David Bromwich a écrit sur les libertés civiles et les guerres menées par l’Amérique pour le t New York Review of Books http://www.nybooks.com/articles/archives/2013/jun/20/stay-out-syria/ and the Huffington Post. http://www.huffingtonpost.com/david-bromwich/what-911-makes-us-forget_b_956976.html Une collection de ses essais, Moral Imagination, http://www.amazon.com/dp/0691161410/ref=nosim/?tag=tomdispatch-20 sera publiée ce Printemps par les Presses de l’Université de Princeton.

Copyright 2014 David Bromwich

Traduction Elisabeth Guerrier

La géo-ingénierie contre le réchauffement climatique ” Insensé, hautement fou et dangereux”

Evidemment, ça inquiète,  et dans cet effroi soudain face à l’impensable, la seule question qui vient à l’esprit est ” omment en est-on arrivé là”, là, à cette folie super-humaine, à ce choc des politiques prédatrices qui pillent et lâchent leurs toxiques partout sans y accorder le moindre souci, là, après ces campagnes financées par les Frères Koch pour nier les changements climatiques et les attribuer à la volonté de Dieu, là après ces évidences martelées années après années, ces preuves dans les faits, on pourrait passer à une étape plus destructrice encore, pensant que des équilibres qui ont mis des milliards d’années à s’organiser pourraient être modifiés en un claquement de doigt. L’idéologie du libre-arbitre qui est derrière, l’art de gouverner en passant à l’acte, en revenant au bercail avec les poches pleines comme indicateurs de réussite et à peser les conséquences après, une fois que tout le mal est fait et les choix impossibles à modifier est pourtant connue, elle a fait des dégâts en veux-tu en voilà, à tous les niveaux de la société et pire, au cœur même de ce qui porte cette société même, son appartenance à la bio-diversité et sa fragilité consubstantielle.

L’Hubris comme les Américains désignent le mal qui ronge cette culture de la toute-puissance  ira-t-elle jusqu’à ce point d’aveuglement où les fauteurs de destruction n’auront plus nulle part où aller, tout comme les victimes de leur cupidité insatiable et de leur absence pathologique d’éthique.E.G

 

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Al Gore fait baisser le ton sur les plans d’ensemencement des nuages ou du suçage de l’air pollué pour renverser le changement climatique.
Par Jon Queally, rédacteur.

Publié le Vendredi 16 Janvier dans Common Dreams  

Répondant à une version d’ébauche d’un rapport à venir de l’IPCC ( Intergovernemental Panel on Climate Change), obtenu et rapporté   par Reuters portant sur l’atténuation du changement climatique, l’ancien vice-président et activiste Al Gore dit que tout plan pour exécuter des solutions de géo-ingénieries face au réchauffement climatique sont «  déments, totalement folles et délirantes à l’extrême »

«  Nous sommes déjà engagés dans une expérimentation à la hauteur de la planète avec des conséquences dont nous pouvons dire déjà qu’elles seront déplaisantes pour l’avenir de l’humanité ». Aussi, la toute-puissance impliquée dans le fait de penser que nous pouvons venir avec une seconde expérimentation pour toute la planète qui contrecarrera la première expérimentation est un total délire » Al Gore

Bien que le rapport d’ébauche, présenté par Reuters, ne semble pas se faire fortement l’avocat pour certains de ces projets les plus aberrants, ce rapport note l’inévitabilité que les gouvernements mondiaux réduisent les émissions nécessitera des mesures plus agressives et pro-actives afin d’éviter la montée des températures que les scientifiques prédisent maintenant.

Comme le rapporte Suzanne Goldenberg du Guardian, les représentants  du climat aux  Nations Unies dans la prochaine édition de leur rapport, avertira que les gouvernements devraient extraire des quantités de gaz à effet de serre de l’air d’ici 2100 pour limiter le changement climatique. Mais l’ancien président des Etats Unis affirme que les recherches pour une solution immédiate, qui dit-il, sont nées du désespoir sont malavisées et ne peuvent conduire qu’à une catastrophe plus grande.

« L’idée que nous pouvons ajouter une autre forme de pollution dans l’air pour venir à bout les effets du réchauffement climatique est tout simplement folle “ a –til dit à une conference demandée par des reporters D’Afrique du Sud. »  Il a ajouté  «  Le fait que certains scientifiques qui sont supposés savoir mieux soient en ce moment engagés dans des discussions sur ces alternatives est la marque du désespoir dans lequel sont certains d’entre eux à cause de la paralysie du système politique global. »

Longtemps une fixation pour certains, une multitude de shémas de géo-ingénierie ont circulé, basés sur l’idée que si les interférences humaines ( à travers les vastes émissions industrielles et la pollution au CO2 ) ont provoqué le réchauffement de la planète, une sorte d’interférence supplémentaire avec la nature pourrait renverser la tendance. La semaine dernière comme l’a rapporté “ Common Dreams” des études menées par les chercheurs de l’Université  de Reading montraient qu’un plan pour l’emploi «  d’aérosols stratosphériques » pour bloquer la chaleur solaire pourrait provoquer «  des effets secondaires imprévisibles qui pourraient être aussi mauvais que la hausse du CO2

Et comme la journaliste et activiste Naomi Klein l’a précisé l’an passé dans une interview au Earth Island Journal, la géo-ingénierie est l’ «  expression ultime du désir d’éviter le lourd travail de réduire les émissions, et je pense que c’est ce qui est attrayant en elle. Je pense que nous verrons cette trajectoire suivie de plus en plus au fur et à mesure que le changement climatique deviendra impossible à nier. Un grand nombre d’individus sauteront directement sue la géo-ingénierie. Son attrait est dans le fait qu’elle ne compromet pas notre vision du monde. Elle nous laisse dans une position dominante. Elle nous dit qu’il y a une trappe de secours.  Si nous commençons à bricoler avec le thermostat de la terre-  colorant délibérément nos océans en vert glauque en leur faisant  éponger le carbone et javellisant les cieux jusqu’au blanc flou pour diminuer le rayonnement du soleil ( – on porte notre influence à un autre niveau. »

Bien sûr, une distinction est nécessaire entre des plans de mitigations durables, de réductions des émissions et des projets à grande échelle de géo-ingénierie.  Comme presque tous les experts s’accordent à le dire, il va falloir trouver des solutions technologiques et scientifiques significatives pour aider à diminuer (voire à résoudre) l’impact destructif du réchauffement climatique mais Gore et Klein rejette tout spécialement les projets à grande échelle comme l’ensemencement des océans ou des nuages avec des produits chimiques dans un essai inutile de renverser les dommages entraînés par l’âge industriel.

« La plus discutée de ces soi-disant propositions de géo-ingénierie- comme mettre du dioxide de sulfure dans l’atmosphère  pour renvoyer les rayons entrants du soleil, c’est tout simplement dément » dit Gore lors de sa conférence. «  Décrivons cela clairement, c’est tout bonnement cinglé »

Il ajoute “ Nous sommes déjà engagés dans une expérimentation à l’échelle planétaire avec des conséquences dont on peut déjà dire qu’elles seront déplaisantes pour le future de l’humanité. Donc, l’hubris impliquée dans l’idée que nous pouvons nous offrir une seconde expérimentation à l’échelle planétaire qui pourrait exactement contrebalancer la première est hautement fallacieuse.

Comme l’a écrit  Naomi Klein dans le New York Times en 2012, la chose la plus effrayante dans cette proposition est que ces modèles suggèrent que bon nombre des gens pouvant être mis en danger par ces technologies sont déjà vulnérables d’une façon disproportionnée à l’impact du changement climatique. Imaginons ceci : L’Amérique du Nord décide d’envoyer du sulfure dans la stratosphère pour réduire l’intensité du rayonnement solaire, dans l’espoir de sauver ses récoltes de maïs- malgré la possibilité réelle de générer des sécheresses en Asie et en Afrique. En bref, la géo-ingénierie pourrait nous donner ( à certains d’entre nous) le pouvoir d’exiler des quantités énormes de population en sacrifiant des zones entières par un simple retournement d’aiguillage.

Les ramifications géo-politiques sont terrifiantes. Le changement climatique rend déjà difficile à savoir si des évènement auparavant identifiés dans la catégorie des actes de Dieu ( Une vague incroyable de sécheresse en Mars ou une tempête frankensteinienne à Halloween) appartiennent encore à cette catégorie. Mais si nous commençons à bricoler le thermostat terrestre nous conduisons notre influence à un autre niveau. Une sécheresse en Inde sera vue, à tort ou à raison comme le résultat de la decision consciente d’ingénieurs  de l’autre côté de la planète. Ce qui était auparavant un manque de chance pourra devenir comme une conspiration malveillante ou une attaque impérialiste.

Traduction Elisabeth Guerrier

Lettre sur la vie sauvage Wallace Stegner

J’offre la traduction de cette lettre de Wallace Stegner comme mes vœux de nouvelle année à tous ceux qui me sont chers et aux autres.

A travers ce qu’il nous dit de la nécessité vitale pour l’espèce humaine de la présence à ses côtés de la sauvagerie dont elle s’est extraite, il donne à mesurer la place, que nous tendons à oublier ou forcer, de rouages dans un système qui nous dépasse et nous a précédé sur des milliards d’années, nous survivra aussi  quoi qu’on en veuille. L’écologie n’est pas une branche d’une vision politique qui la considérerait comme seconde aux enjeux politiques et sociétaux, elle est la base de référence de ces dits enjeux. Celle qui nous remet à notre rang dans ce qui continue d’être une évolution et qui quelles qu’en soient les issues, nous ramènera si nous ne reprenons pas les marques de la relativité de notre règne, à notre statut de forme de vie et de créatures de passage. E.G

 Wallace Stegner: Un monde pour la vie sauvage

“ Vous n’allez pas là-bas pour trouver quelque chose” a-t-il dit une fois à propos des étendues sauvages, vous allez là-bas pour disparaître”. C’est ainsi que John Daniel se souvient de son ami et mentor Wallace Stegner ( Daniel 1996, p. 81.82)

Stegner était un homme remarquable qui utilisait ses talents d’écrivain pour parler passionnément et honnêtement de la sauvagerie dans la nature et dans les individus.

Sa voix et ses perspectives étaient claires dans ses fictions, dans ses documentaires et ses actions personnelles. Son roman “ Angle de repos”  qui gagna le prix Pulitzer en 1972 est en lui-même une grande réussite. Mais peut-être son travail ayant eu le plus d’impact à long terme est la lettre “ Lettre de l’état sauvage” qu’il écrivit en 1960 à la Commission de la revue Outdoor recreation revue :

«  Il y a quelque chose qui va nous échapper en tant que peuple si jamais nous laissons les territoires sauvages être détruits. Si nous permettons que la dernière forêt primaire soit transformée en BD ou en boîte de plastique pour cigarettes, si nous conduisons les quelques survivants d’espèces sauvages dans des zoos ou vers l’extinction, si nous polluons le dernier air et salissons le dernier ruisseau limpides ou poussons nos routes bitumées à travers le dernier silence, jusqu’à ce que plus jamais aucun américain dans son propre pays ne soit libéré du bruit, de l’épuisement, de la puanteur de l’humain et du gâchis de l’automobile. Et jusqu’à ce que nous n’ayons plus jamais la possibilité d’être seul, séparé, vertical et individué dans la monde, parti de l’environnement des arbres, des rochers et de la terre, frères des autres animaux, partie d’un monde naturel et compétent pour lui appartenir. Sans plus de territoires sauvages nous sommes pris complètement, sans plus aucune chance, même momentanée de réflexion et de repos, dans une ruée dans notre vie technologique de termites, le brave nouveau monde d’un environnement complètement contrôlé par l’homme. Nous avons besoin de sauvagerie protégée- autant qu’il en reste encore et d’autant de sortes possibles- parce que c’était le challenge qu’elle a posé contre notre façon d’être en tant que peuple qui nous a formé. Le rappel et la réassurance qu’elle est encore là sont bons pour notre santé spirituelle même si nous n’y avons mis les pieds qu’une fois en dix ans. Ils sont bons pour nous quand nous sommes jeunes, à cause de l’incomparable santé qu’elle peut amener brièvement, sous la forme de vacances ou de repos, dans nos vies affolées. Ils sont bons quand nous sommes âgés, simplement parce que c’est là. Important, c’est-à-dire, comme idée » Stegner 1960

“Something will have gone out of us as a people if we ever let the remaining wilderness be destroyed; if we permit the last virgin forests to be turned into comic books and plastic cigarette cases; if we drive the few remaining members of the wild species into zoos or to extinction; if we pollute the last clear air and dirty the last clean streams and push our paved roads through the last of the silence, so that never again will Americans be free in their own country from the noise, the exhausts, the stinks of human and automotive waste. And so that never again can we have the chance to see ourselves single, separate, vertical and individual in the world, part of the environment of trees and rocks and soil, brother to the other animals, part of the natural world and competent to belong in it. Without any remaining wilderness we are committed wholly, without chance for even momentary reflection and rest, to a headlong drive into our technological termite-life, the Brave New World of a completely man-controlled environment. We need wilderness preserved–as much of it as is still left, and as many kinds–because it was the challenge against which our character as a people was formed. The reminder and the reassurance that it is still there is good for our spiritual health even if we never once in ten years set foot in it. It is good for us when we are young, because of the incomparable sanity it can bring briefly, as vacation and rest, into our insane lives. It is important to us when we are old simply because it is there–important, that is, simply as an idea.” (Stegner, 1960).

Traduction Elisabeth Guerrier

Chomsky ” Nous ne sommes plus dans une démocratie, nous sommes dans une ploutocratie”

Article du magazine ” Raw Story”  faisant suite à une interview de Noam Chomsky.

Il est nécessaire de donner aux mots leur place dans la réalité qui évolue si l’on veut que cette même réalité puisse être pensable et éventuellement modifiable.

On ne doit plus parler dans les systèmes politiques occidentaux actuels de Démocratie, le vote étant la seule relique d’un glissement politique qui s’opère sans que les élus aient la force ou la volonté d’endiguer le courant qui pousse des groupes de détenteurs de fonds et de revenus plus importants que la plupart des budgets publics vers les arcanes de la vraie politique, celle qui décide et imprime ses choix sur l’avenir des peuples.

L’exemple parfait de cet abandon du législatif et de l’exécutif aux mains des forces du lobby international est le TTIP. TTP qui se négocient dans le plus grand secret alors que des enjeux colossaux pour les équilibres nationaux et leur souveraineté sont clairement bradés au profit des réseaux des affaires multinationales.

Ces peuples sont sous le joug d’un système où la finance règle le pas du monde et l’aliène à celui d’un nombre infime d’individus. Ces peuples du Monde  sont sous le joug d’un ploutocratie globale. E.G

Suivant le linguiste et philosophe politique Noam Chomsky, le monde fait face à deux menaces existentielles.

« Il y a deux zones d’ombres essentielles qui couvrent tout et elles deviennent de plus en plus sérieuses » dit Chomsky. La première est la menace constante d’une guerre nucléaire qui n’a pas disparu. C’est très sérieux et l’autre est la crise d’une catastrophe environnementale et écologique, qui devient de plus en plus sérieuse ».

Chomsky est apparu Vendredi dans le dernier épisode de «  Smiley and West » sur la NPR pour évoquer son éducation, ses vues sur les affaires actuelles et sur sa façon de répandre son message sans l’aide des médias.

Il a dit à ses hôtes que le monde courait vers un désastre environnemental avec des conséquences fatales possibles que les nations les plus développées ne faisaient rien pour prévenir-mais au contraire accéléraient le processus.

«  S’il y a jamais des historiens dans l’avenir, ils regarderont cette période avec étonnement, » dit Chomsky, « Le danger, la menace sont évidents à n’importe qui ayant les yeux ouverts et accordant de l’attention à toute la littérature scientifique et il y a des tentatives pour le retarder mais aussi des tentatives pour accélérer le désastre, et si vous regardez qui est impliqué, c’est plutôt choquant. »

Chomsky a noté les efforts des populations indigènes pour arrêter les dégâts environnementaux partout dans le monde- des peuples indigènes du Canada aux tribus d’Amérique latine et d’Indes en passant par les Aborigènes d’Australie- mais les nations les plus riches, les plus avancées et les plus puissantes, comme les Etats Unis, ne font rien pour prévenir le désastre.

« Quand les gens ici parlent avec enthousiasme d’une indépendance énergétique d’une centaine d’année, ce qu’ils disent c’est : Allons extraire du sol jusqu’à la dernière goutte d’énergie fossile possible afin d’accélérer le désastre vers lequel on se dirige. Ce sont les problèmes qui dépassent tous les problèmes d’oppression, de pauvreté, d’attaque du système éducatif, d’inégalités massives et de chômage ».

Il a blâmé la «  financialisation » de l’économie des US à propos des inégalités de revenus et d’emploi, disant que des banques trop grosses pour chuter ôtaient des richesses énormes du marché.

“ En fait, il y a une étude récente du Fond Monétaire International  qui estime que tous les profits faits par ces banques peuvent être virtuellement attribués à la politique d’assurance de ce gouvernement, et qu’en général, ils sont très dommageable, je pense, très dommageable pour l’économie” a-t-il ajouté.

Ces effets dévastateurs peuvent facilement être observés en regardant les chiffres du chômage et les gains des valeurs boursières.

«  Il y a des dizaines de millions de personnes sans emploi, cherchant du travail et voulant travailler et il y a des quantités énormes de ressources disponibles «  dit-il «  Les profits des corporations percent le plafond, il y a une quantité énorme de travail à effectuer- conduisez en ville et regardez toutes les sortes de choses qui doivent être faites- les infrastructures s’effondrent, les écoles ont besoin d’être restaurées. Nous sommes dans une situation dans laquelle un énorme nombre de personnes veulent travailler, où il y a d’énormes ressources disponibles et énormément de travail à faire mais le système est si pourri que c’est impossible de rassembler tous ces éléments-là. »

Et la raison en est simple ajoute Chomsky.

« Il y a des profits colossaux faits par ceux qui dominent et contrôlent le système » dit-il « nous avons quitté une époque où fonctionnait une sorte de démocratie. Nous sommes maintenant vraiment dans une ploutocratie.»

Chomsky a fortement désapprouvé Smiley et West lorsqu’ils ont dit qu’il avait été marginalisé à cause de ses positions, disant qu’il avait refusé à regret des dizaines d’invitations à s’exprimer quotidiennement parce qu’il était engagé autre part. Il a aussi montré son désaccord sur le fait qu’une plateforme  dans les médias conventionnels était nécessaire pour influencer le débat.

«  Si vous jetez un coup d’œil aux changements qui ont eu lieu dans ce pays, disons dans les dernières cinquante années- le mouvement des droits civils, les mouvements anti-guerre, l’opposition à l’agression, le mouvement féministe, le mouvement environnementaliste etc…n’ont pas été guidé par aucun débat médiatique » dit-il, «  non, ils ont été conduits par des organisations populaires, par des activistes de terrain »

Il a rappelé les premiers temps du mouvement anti-guerre, dans le début des années 60, quand il parlait dans des salles de séjour ou des caves d’églises à une simple poignée d’autres activistes et comment ils étaient harcelés-même dans la Boston libéral par les autorités et par les médias.

Mais ce mouvement a finalement grandi et aidé à accélérer la fin de la guerre du Viet Nam et Chomsky ajoute que cela a tellement grandi pour devenir essentiel que les activistes anti-guerre peuvent stopper les guerres avant même qu’elles ne commencent.

Il dit que le Président Ronald Reagan avait été incapable de lancer une guerre dans toute son ampleur en Amérique Centrale à cause du mouvement anti-guerre pendant les années 80 et il a amèrement contesté le fait que le mouvement anti-guerre n’ait pas eu d’effet sur la guerre contre l’Irak.

«  Je ne suis pas d’accord, il a eu un effet important » a-t-il dit, «  il a limité d’une façon importante les moyens disponibles du gouvernement pour mener à bien l’invasion et soumette la population. En fait, c’est une des raisons pour lesquelles les US ont fini vaincus en Irak, en ayant dû sérieusement abandonner tous leurs objectifs. La victoire majeure en Irak s’avère être pour l’Iran.

En dépit de ces limitations, il a affirmé que la guerre d’Irak avait été une des pires atrocités du nouveau millénaire et avait provoqué un violent schisme entre les Musulmans sunnites et shiites qui avait déclenchés des conflits régionaux sir tout le Moyen Orient.

Les Etats Unis sont maintenant impliqués dans une campagne globale contre le terrorisme principalement contre toutes les peuples tribaux du monde, principalement les tribus musulmanes, ça se passe partout. L’intention est de le faire continuer encore et toujours » dit Chomsky «  Ceci a de terrible conséquences mais néanmoins, elles sont moins terrible que si il n’y avait pas d’opposition publique »

Traduction Elisabeth Guerrier

Pour lui rendre hommage. Traduction d’un article de Naomi Klein

Comment la science nous dit à tous de nous révolter.

by Naomi Klein

Published on Tuesday, October 29, 2013 by New Statesman

En Décembre 2012, un chercheur  sur les systèmes complexes aux cheveux roses, nommé  Brad Werner s’est fait sa place au milieu de la foule des 24.000 spécialistes de l’espace et de la terre à la rencontre automnale de l’Union Américaine de Géophysique,  tenue  une fois par an à San Francisco. Quelques grands noms participaient à la conférence de cette année, de Ed Stone du projet Voyager de la NASA , exposant un nouvel évènement déterminant sir la voie de l’espace interstellaire, au réalisateur James Cameron évoquant ses aventures  en submersible dans les hauts-fonds.

Mais c’est l’intervention de Werner qui a attiré le plus de brouhaha. Elle était intitulée «  Est-ce que la Terre est foutue » ?  ( Titre complet : Futilité dynamique du management de l’environnement global et possibilités  de durabilité par l’action directe.)

 Is Earth F**ked?” (full title: “Is Earth F**ked? Dynamical Futility of Global Environmental Management and Possibilities for Sustainability via Direct Action Activism”).

 

Ce que disent les scientifiques, « c’est qu’il est encore temps d’éviter un réchauffement catastrophique, mais pas dans le cadre des règles du capitalisme comme elles sont actuellement construites. Ce qui peut être le meilleur argument que nous n’ayons jamais eu pour changer ces règles. »

 

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Se tenant à l’entrée de la salle de conférence, le géophysicien de l’université de San Diego, Californie, a traversé la foule vers l’ordinateur sophistiqué qu’il utilise pour répondre à cette question.

Il a parlé des frontières du système, des perturbations, dissipations, attracteurs, bifurcations et tout un tas d’autres trucs, largement incompréhensibles pour ceux d’entre nous qui n’étaient pas initiés à la théorie des systèmes complexes. Mais la ligne principale était assez claire :  la déplétion des matières premières par le capitalisme global a été si rapide, commode et sans barrière qu’en réponse, les «  systèmes Terre-Humains »  deviennent dangereusement instables. Quand il a été pressé par un journaliste de répondre clairement à la question : «  Est-ce qu’on est  foutus » , Werner a laissé de côté le jargon et a répondu :  «  Plus ou moins ».

Il y a une dynamique du modèle cependant qui offre un peu d’espoir. Werner l’a qualifiée de «  résistance » – mouvements d’ « individus ou de groupes d’individus » qui « adoptent un certain jeu de dynamiques qui ne cadrent pas avec la culture capitaliste ».  Suivant la dimension abstraite de sa présentation, ceci comprend l’action environnementale directe, la résistance manifestée à l’extérieur de la culture dominante, comme dans les manifestations, les blocages ou les sabotages pratiqués par des populations indigènes, des travailleurs, des anarchistes ou autres groupes d’activistes. »

Les documents scientifiques sérieux ne présentent habituellement pas d’appel à la résistance de masse, et encore moins à l’action directe et au sabotage. Mais une fois encore, Werner n’en appelait pas à ces choses-là. Il se contentait d’observer simplement qu’un soulèvement de masse – dans la lignée du mouvement pour l’abolition, le mouvement pour les droits civils ou Occupy Wall Street – représentent la plus vraisemblable source de «  friction »  pour ralentir une machine économique qui s’emballe hors de tout contrôle. Nous savons que les mouvements sociaux passés ont «  eu une influence énorme sur la façon dont la culture dominante a évolué » souligne-t-il.  Cela va de soi que «  si nous pensons au futur de la planète, au futur de notre association avec l’environnement, nous devons inclure la résistance comme partie de la dynamique » et ceci, argumente Werner » n’est pas une affaire d’opinion, mais «  c’est réellement in problème géophysique »

De nombreux scientifiques ont été poussés par leurs découvertes scientifiques à  mener une action dans la rue. Physiciens, astronomes, médecins et biologistes ont été au premier plan de mouvements contre les armes nucléaires, l’énergie nucléaire, la guerre, la contamination chimique, et le créationnisme. Et en Novembre, 2012, le magazine Nature publiait le commentaire d’un financier et philanthrope environnementaliste,  Jeremy Grantham, pressant les scientifiques de le rejoindre  et d’ « être arrêtés si nécessaire » parce que le changement climatique «  n’est pas seulement une crise de nos vies – c’est également la crise de l’existence de notre espèce. »

Certains scientifiques n’ont pas besoin d’être convaincus. Le parrain de la science climatique moderne, James Hansen, est un formidable activiste, ayant été arrêté une demi-douzaine de fois pour avoir résisté à l’enlèvement d’un piton rocheux pour creuser une mine de charbon et à la construction d’un pipeline pour du gaz de schiste. ( il a même quitté son poste à la NASA cette année en partie pour avoir plus de temps pour ses campagnes). Il y a deux ans, lorsque j’ai été arrêtée près de la Maison Blanche lors d’une action de masse contre le pipeline Keystone XL, une des 166 personnes menottées ce jour-là était un glaciologue nommé Jason Box, un expert mondialement connu de la fonte des glaces du Groenland.

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« Je ne pourrais pas me respecter moi-même si je ne le faisais pas » a dit Box à ce moment, ajoutant que «  juste voter ne semble pas suffisant dans ce cas. J’ai besoin d’être un citoyen aussi.  »

C’est  louable, mais ce que Werner est en train de faire avec  sa modélisation est différent. Il ne dit pas que ses recherches le conduisent à agir pour arrêter une politique particulière, il dit que ses recherches montrent  que notre paradigme économique entier est une menace pour la stabilité écologique. Et bien sûr que de provoquer ce paradigme – à travers le contrepoids des mouvements de masse – est le meilleur atout de l’humanité pour éviter la catastrophe.

Ce n’est pas à prendre à la légère. Mais il n’est pas seul. Werner fait partie d’un groupe de scientifique restreint mais de plus en plus influent  dont les recherches sur la déstabilisation des systèmes naturels – particulièrement le système climatique – les conduisent  à des conclusions tout  aussi transformatives voire révolutionnaires.  Et pour tout révolutionnaire refoulé qui a jamais rêvé de renverser l’actuel système économique en faveur d’un autre un peu moins susceptible d’amener des retraités italiens à se pendre dans leur maison, ce travail devrait être d’un intérêt tout particulier. Parce qu’il permet l’abandon de ce système cruel en faveur de quelque chose de nouveau ( et peut-être avec beaucoup de travail, de mieux) qui ne soit plus une affaire de préférences idéologiques mais plutôt une nécessité  pour l’existence de toutes les espèces.

À la tête de ce groupe de nouveaux scientifiques révolutionnaires se trouve un des plus grands experts en climatologie, Kevin Anderson, le directeur adjoint du Centre Tyndall pour la recherche dans les changements climatiques, qui s’est rapidement imposée comme une des premières institutions  sur la recherche climatique du Royaume Uni. S’adressant à tous du Département International du Développement au conseil municipal de Manchester, Anderson a passé plus d’une dizaine d’années à patiemment traduire les implications des dernières découvertes scientifiques sur le changement climatique aux politiciens, aux économistes et aux militants. Dans un langage clair et compréhensible, il fait le plan d’une carte rigoureuse pour la réduction des émissions de carbone, qui poursuit  l’ objectif correct de maintenir l’élévation de température en-dessous de 2° Celsius, une cible que la plupart des gouvernement ont déterminée comme pouvant conjurer la catastrophe.

Le fait que la sempiternelle poursuite du profit et de la croissance déstabilise la vie sur terre n’est plus quelque chose que nous pouvons lire dans les revues scientifiques. Les premiers signes sont en train de se révéler sous nos yeux.

Mais lors de ces dernières années, les articles et les slide-show d’Anderson se sont faits  plus alarmants. Des sous-titres comme «  Changements climatiques : au-delà du danger… Des chiffres brutaux et des espoirs ténus », Il pointe le fait que les chances de rester dans ce qui pourrait être un niveau de températures tolérable sont en train de diminuer à toute vitesse. Avec sa collègue, Alice Bows, une experte en atténuation climatique au Centre Tyndall, Anderson précise que nous avons perdu tant de temps en piétinements politiques et en réformes climatiques faibles – pendant que la consommation et les émissions enflaient-  que nous allons devoir faire face à des changements si drastiques  qu’ils vont défier la logique qui rend la croissance du Produit Intérieur Brut (GDP Gross) plus que toutes les autres.

Anderson et Bows nous informent que l’objectif si souvent cité de la réduction de 80% des émissions réduites au niveau de 1990 en 2050, a été choisi purement pour des raisons politiques et pas sur «  des bases scientifiques ». Parce que l’impact climatique ne vient pas seulement des émissions actuelles ou de celles de demain mais des émissions cumulées qui se sont accumulées dans l’atmosphère au cours du temps. Et ils nous avertissent qu’en nous focalisant sur de futures cibles  à atteindre dans trente-cinq ans – plutôt que sur ce que nous pouvons faire maintenant pour baisser le taux de carbone radicalement et immédiatement-  il y a un risque sérieux que le niveau des émissions continue de se développer, et en conséquent explose bien au-delà de nos 2°   et nous mettre dans une situation impossible plus tard dans le siècle.

C’est pourquoi Anderson et  Bows argumentent que, si les gouvernements des pays développés sont sérieux sur l’accès à la prévision international cooptée de maintenir le réchauffement au-dessous de 2° Celsius et si les réductions sont supposées respecter le moindre principe d’équité ( principalement que les pays qui ont déversés ce carbone pendant la majeure partie des deux siècles derniers doivent les réduire avant les pays où plus d’un milliards de personnes n’ont pas encore l’électricité), alors, ces réductions devront être beaucoup plus importantes et devront se produire beaucoup plus tôt.

Pour avoir cinquante pour cent de chance d’atteindre  ces 2° ( ce qui, comme eux et d’autres nous avertissent  obligera à faire face à un déploiement  des impacts climatiques très sévères) les pays industrialisés doivent commencer à réduire les gaz à effets de serre de quelque chose comme 10 % par an- et ils doivent commencer dès maintenant. Mais Anderson et Bow vont plus loin, ils disent que cet objectif ne peut être atteint avec … de modestes taxes carbones ou des solutions de technologie d’énergie renouvelables mises en avant pas les grands groupes écologistes.  Ces mesures peuvent certainement  aider, mais elles sont simplement insuffisantes : une chute de 10% des émissions, une année après l’autre est  pratiquement sans précédent depuis que nous avons commencé à nourrir nos économies au charbon. En fait, des baisses au-dessus de 1 % par an sont « associées historiquement aux récessions économiques ou des bouleversements. » comme le précise l’économiste Nicholas Stern dans son rapport de 2006 au gouvernement britannique.

Même après la chute de l’Union Soviétique, des réductions de cette durée et de cette intensité ne se sont pas produites ( Les anciennes républiques soviétiques  ont eu une réduction d’à peine 5% en dix ans). Il ne s’en est pas produites après le krach de 2008 ( les pays développés ont eu une réduction de 7% entre 2008 et 2009 mais leurs émissions ont rebondi avec enthousiasme en 2010 et les émissions de la Chine et des Indes ont continué à monter). Il n’y a qu’après le grand krach de 1929 que les émissions des USA par exemple, se sont vues baisser pendant plusieurs années consécutives  pour plus de 10% annuellement, suivant les données historiques du Centre d’Analyse et d’Information sur le Dioxine. Mais c’était la pire crise des temps modernes.

Si nous voulons éviter ce type de carnage tout en poursuivant les objectifs  scientifiques de nos émissions, les réductions du carbone doivent être effectuées prudemment à travers ce que Anderson et Bows décrivent comme «  des stratégies de décroissance radicales et immédiates aux USA, en Europe et dans d’autres pays riches. «  Ce qui est parfait, à part le fait que nous avons un système économique qui fétichise la croissance du PIB  plus que tout, sans tenir compte des conséqunces humaines et écologiques et dans lequel la classe politique néolibérale a complètement abdiqué ses responsabilités d’organiser quoi que ce soit ( puisque le marché est le génie invisible auquel tout doit se rattacher en toute confiance.)

Donc, ce que Anderson et Bows dissent vraiment, c’est qu’il est encore temps d’éviter le réchauffement catastrophique mais pas à l’intérieur des règles du capitalisme telles qu’elles sont actuellement construites. Ce qui semble être le meilleur argument que nous ayons jamais eu pour faire changer ces règles.

Dans un essai paru en 2012  dans l’influent journal scientifique «  Nature Climate Change », Anderson et Bows ont passablement relevé le gant,  accusant beaucoup de leurs collègues scientifiques de faire erreur sur le gnere de changements que l’évoultion climatique exige de l’humanité ? Sur ce point cela vaut la peine de les citer tous deux :  En développant les scénarios d’émission, les scientifiques ont sous estimé d’une façon répétée et grave les implications de leurs analyses. Quand on en vient à éviter une élévation de 2° «  impossible » est traduit par «  difficile mais faisable », alors que  «  urgent et radical » apparait comme «  difficile » – tout ceci pour apaiser les dieux de l’économie ( ou plus spécialement des finances). Par exemple,  afin d’éviter de dépasser le niveau extrême de réduction d’émissions dicté par les économistes, des piques antérieurs  d’émissions « impossibles » sont assumés, tout comme les notions naïves touchant la «  grosse industrie » et les niveaux de déploiement d’infrastructure à faible  taux d’émission. Plus troublant, pendant que les budgets sur les émissions  diminuent, le géoenginnering est de plus en plus proposé afin de permettre que le diktat des économistes reste non questionné.. .

En d’autres mots, afin de paraître raisonnables au sein des cercles économiques néo-libéraux, les scientifiques ont énormément atténué les implications de leurs recherches. En Août 2013, Anderson s’est voulu encore plus tranchant, écrivant que le navire se dirigeait vers le changement graduel.

«  Il est possible qu’en 1992, lors du Sommet de la Terre ou même au détour du millénaire, 2° Celsius de réduction auraient pu être atteints grâce à des changements dans l’évolution au sein de l’hégémonie politique et économique. Mais le changement climatique est un problème cumulatif !  Maintenant, en 2013, nous, dans les nations (post)-industrielles hautement émettrices faisons face à des perspectives différentes. Notre prodigalité extrême  de carbone continue et collective a dissipé toute opportunité d’un «  changement  d’évolution » envisageable dans notre précédent ( et plus important) budget carbone de 2°C.  Aujourd’hui, après deux décennies de bluff et de mensonges, le budget restant des 2°C. exige des changements révolutionnaires dans l’hégémonie politique et économique. ( C’est lui qui souligne)

Nous ne devrions pas être surpris que certains climatologies soient effrayés par les implications de leurs propres recherches. La plupart d’entre eux faisaient juste gentiment leur travail, mesurant les  carottes glaciaires, mettant en œuvre les modèles climatiques généraux, et étudiant l’acidification de l’océan, simplement pour découvrir, comme le dit l’expert climatologue et auteur Clive Hamilton qu’ils «  étaient  sans le vouloir, en train de déstabiliser l’ordre social et politique ».

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But there are many people who are well aware of the revolutionary nature of climate science. It’s why some of the governments that decided to chuck their climate commitments in favour of digging up more carbon have had to find ever more thuggish ways to silence and intimidate their nations’ scientists. In Britain, this strategy is becoming more overt, with Ian Boyd, the chief scientific adviser at the Department for Environment, Food and Rural Affairs, writing recently that scientists should avoid “suggesting that policies are either right or wrong” and should express their views “by working with embedded advisers (such as myself), and by being the voice of reason, rather than dissent, in the public arena”.

Si vous voulez savoir où cela mène, vérifiez ce qui se passe au Canada, où je vis. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait un tel travail en bâillonnant les scientifiques et en bloquant  tous les projets de recherches critiques que, en Juillet 2012, plus de deux cents scientifiques et supporters ont assisté à des funérailles fictives à Parliament Hill à Ottawa, «  pleurant la «  mort de la preuve ». leurs bannières disaient : «  Pas de Science, Pas de Preuves, Pas de Vérité. »

Mais la vérité voit le jour, n’importe comment. Le fait que la poursuite de la croissance et du profit du business-comme-d’habitude déstabilise la vie sur terre n’est plus quelque chose que nous avons besoin de lire dans les journaux spécialisés. Les premiers signes se dévoilent sous nos yeux. Un nombre de plus en plus important de personnes s’accordent sur : le blocage du fracking à Balcombe, le blocage des préparations de forage dans les eaux russes de l’Arctique , le passage devant les tribunaux des opérateurs du sable bitumeux pour le viol de la souveraineté indigène et les innombrables actes de résistance petits ou grands. Dans le modèle de Brad Werner, c’est le point de « friction » nécessaire pour ralentir les forces de déstabilisation. Le grand climatologue Bill McKibben le nomme les «  anticorps »se mobilisant pour lutter contre les poussées de fièvre de la planète.

Ce n’est pas une révolution mais un début.  Et il pourrait nous accorder un peu plus de temps pour nous permettre d’imaginer comment vivre sur une planète qui soit moins b***ée.

NK3© 2013 The New Statesman

Naomi Klein est une journaliste ayant été recompense par des awards, une chroniqueuse  syndiquée et l’auteure du best-seller  international  et du du New York Times “ La stratégie du choc, la montée du capitalisme du désastre » ; Ses ouvrages auntérieurs dont l’essai international «  No Logo » qui vient d’être re-publié dans une édition spécaile dixième anniversaire et de la collection «  Barrières et fenêtres, dépêches  des premières lignes du débat sur la Globalisation » Pour lire ses dernières parutions visitez son site www.naomiklein.org. You can follow her on Twitter: @NaomiAKlein.