CONGO : DECLARATION CITOYENNE DU 13 NOVEMBRE 2015.

Lettre au Président

Friends of the Congo

 

Avis aux participants au « Dialogue politique » : la ligne rouge que le Peuple ne permettra pas de franchir, sous aucun prétexte.

DECLARATION CITOYENNE DU 13 NOVEMBRE 2015.

1 – Alors que la convocation du « dialogue politique » annoncée il y a de cela plusieurs mois par le Président Joseph Kabila semble enfin imminente, nous, les signataires de la présente déclaration ;

2 – Convaincus de refléter dans la présente déclaration l’opinion et la détermination de l’immense majorité silencieuse de nos concitoyens ;

3 – Reconnaissant le droit pour le président de la République de convoquer un « dialogue politique » lorsqu’il l’estime nécessaire, et celui pour tout Congolais d’y participer, à condition de ne pas s’écarter du strict cadre de notre Pacte républicain qu’est la constitution du 18 février 2006 ;

4 – Préoccupés par les nombreux obstacles à la préparation et la tenue effective d’élections libres, crédibles et inclusives dans le respect des délais constitutionnels ; obstacles manifestement créés, entretenus ou aggravés par les institutions de la République elles-mêmes ;

5 – Tenons à rappeler au président de la République, à l’ensemble de la classe politique congolaise, ainsi qu’à tous ceux qui prendront part à ce « dialogue » trois points précis sur lesquels notre Peuple n’acceptera jamais que l’on transige, à aucun prix et sous aucun prétexte, à savoir :

  1. La révision ou la modification de la constitution du 18 février 2006 : le « dialogue » qui pourrait bientôt être convoqué par le Chef de l’Etat ne doit en aucun cas servir à « légitimer » une quelconque révision ou modification de la constitution du 18 février 2006, par référendum ou par toute autre voie, comme cela s’est récemment produit avec le soi-disant « dialogue de Sibiti » au Congo-Brazzaville voisin. Certes, la constitution actuelle est loin d’être parfaite (surtout après la malheureuse révision du 9 janvier 2011), mais le temps n’est plus en même favorable, et les circonstances ne sont pas propices pour se donner le luxe d’y retoucher afin de préserver la démocratie que tous avons accepté d’entamer au travers le référendum qui avait consacré ce texte de force exécutoire pour la vie de la nation;
  2. L’alternance à la tête de l’Etat : le 21 décembre 2016 au plus tard, les Congolais veulent et attendent fortement la prestation de serment d’un nouveau président de la République, en remplacement du président actuel qui aura alors achevé son second et dernier mandat constitutionnel. Notre peuple ne permettra aucune excuse pour ne pas respecter rendez-vous historique. Si le « dialogue » entrevu peut permettre de lever les obstacles à la tenue d’élections crédibles, inclusives, apaisées, et respectueuses des délais constitutionnels, devant conduire à cette alternance politique historique, ce sera tout à l’honneur de son initiateur et des participants.
  • L’actualisation préalable du fichier électoral avec notamment l’enrôlement de tous les Congolais en âge de vote : des millions de Congolais ont atteint l’âge de 18 ans depuis le dernier enrôlement des électeurs en 2011. Ils ont le même droit irréfutable que n’importe quel autre Congolais de participer au processus électoral en cours. L’Etat doit absolument s’assurer qu’ils sont enrôlés et participent pleinement aux prochaines élections comme tous les autres citoyens, et le dialogue en vue ne doit en aucun cas permettre de dérogation à cette exigence.

6 – Nous mettons fortement en garde le président de la République, la classe politique dans son ensemble, et tous les participants à ce « dialogue » contre tout « compromis » qui aurait pour but ou pour conséquence de toucher à l’actuelle constitution, ou d’empêcher l’alternance politique au sommet de l’Etat en 2016, ou encore de priver les « nouveaux majeurs » de leur droit de vote.

7 – Pareil compromis signifierait pour notre peuple la rupture pure et simple du Pacte républicain et l’obligerait à user de tous les moyens légitimes pour reprendre sa souveraineté, conformément à l’article 64 de la constitution du 18 février 2006. Bien entendu, ceux qui s’aventureraient dans une quelconque compromission sur les questions sus évoquées seraient tenus pour comptables des conséquences devant notre Peuple et devant l’histoire.

8 – Nous mettons le président de la République, la classe politique et tous les participants à ce « dialogue » devant leur conscience et les appelons instamment à épargner au pays une nouvelle crise inutile.

Enfin, nous appelons les citoyens congolais à rester éveillés et mobilisés pour préserver la démocratie dans notre pays, quel que soit le prix à payer.

Fait à Kinshasa, le 13 novembre 2015.

 

Les signataires :

 

 

Notice to the attendees to the « Political dialogue » : the red line the People won’t allow to be crossed, under no pretext.

Citizen Declaration of November the 13th 2015.

1 – While the « political talks » notification announced many months ago by President Joseph Kabila seem to be at last pending, we, signatories of the present statement;
2 – Convinced to reflect in the present statement the opinion and determination of our fellow citizens’ silent vast majority;
3 – Recognizing the right of the President to summon a « political dialogue » when he considers it necessary, and for all Congolese to participate, provided they do not deviate from the strict framework of our republican pact that is the constitution of 18 February 2006;
4 – Concerned by the many obstacles to the preparation and actual holding of free, credible and inclusive elections in accordance with the constitutional deadlines; manifestly created , maintained or aggravated by the institutions of the Republic themselves;
5 – Like to remind the President of the Republic,  and all the Congolese political class as well as all those who take part in this « dialogue »  three specific points on which our people will never accept that we compromise, at any price and under any circumstances, namely:

The revision or the amendment of the constitution of February 18, 2006: the « dialogue » that would soon be summoned by the Head of State must under no circumstances be used to « legitimize » any revision or modification of the constitution of February 18, 2006, by referendum or by any other way, as happened recently with the so-called « dialogue Sibiti » in the neighbouring Congo – Brazzaville. Certainly the present constitution is far from perfect (especially after the unfortunate revision of January 9, 2011), but the time is not the same, and the circumstances are not conducive to give themselves the luxury of touching itself so as to preserve the democracy that we all have agreed to enter into through the referendum that had dedicated this text executor forces for the life of the nation ;
The alternation at the head of the State: 21 December 2016 at the latest, the Congolese people want and expect strong swearing of a new President, replacing current President who will then have completed its second and last constitutional term. Our people will not allow any excuse for not respecting this historic rendezvous. If the foreseen « dialogue » can help remove obstacles to the holding of credible, inclusive, calmed, respectful of the constitutional deadlines, leading to an historic political change, it will be to the credit of its initiator and participants.
The prior update the electoral register including the enlistment of all Congolese in voting age: millions of Congolese have reached the age of 18 since the last registration of voters in 2011. They have the same irrefutable right than any other Congolese to take part in the current electoral process. The state must absolutely ensure that they are enrolled and fully participate in the forthcoming elections as any other citizens, and the dialogue in sight in order should in no case allow for derogation from this requirement. 6 – Nous mettons fortement en garde le président de la République, la classe politique dans son ensemble, et tous les participants à ce « dialogue » contre tout « compromis » qui aurait pour but ou pour conséquence de toucher à l’actuelle constitution, ou d’empêcher l’alternance politique au sommet de l’Etat en 2016, ou encore de priver les « nouveaux majeurs » de leur droit de vote.
6 – Such a compromise would mean for our people the sheer breach of the Republican Pact and would require him to use all legitimate means to regain its sovereignty, in accordance with the article 64 of the constitution of 18 February 2006. Of course, those who would venture in any compromise on the issues mentioned above would be held accountable for the consequences before our people and before history.
7 – We put the President, the political class and all participants in this « dialogue » in front of their conscience and call them urgently for saving the country a new unnecessary crisis.
Finally, we call for the Congolese people to remain alert and mobilized to preserve democracy in our country, whatever might be the cost.
Done at Kinshasa, November 13, 2015.

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