PLUS TARD L’AVENIR N°3 : Trois monstres climatiques avec l’impact d’une astéroïde / Robert Hunziker

Dernière partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons “PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

 

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Photo: Ganesh Vanare (@haram_khor_)

Trois monstres climatiques avec l’impact d’une astéroïde

 

Three Climatic Monsters with Asteroid Impact

par ROBERT HUNZIKER

Suit de la première partie : Monstre #2 Les gaz à effet de serre perturbent les écosystèmes

L’impact le plus important des gaz à effets de serre anthropogènes touche les océans. Il n’y a aucun doute sur l’importance des océans, comme grand puit, sur les 2/3 de la planète. Après tout, les océans ont sauvé la mise de l’humanité depuis le début que  l’industrialisation a commencé à émettre du CO2 il y a plus de deux cents ans.

Hélas, le CO2 est le réchauffement global qu’il entraîne tue les océans. Dans les faits, les océans absorbent 30 à 40 % du CO2 et 80 à 80 % de la chaleur de la planète. Autrement, on pourrait seulement imaginer les conséquences incroyablement horribles,  monstrueuses, ou peut-être ne pouvons-nous pas  car l’esprit humain a des problèmes à se focaliser sur une annihilation totale.  Cela semble ne pas pouvoir faire partie de la réalité.

Cependant, une nouvelle théorie sur les puits de carbone affirme que les océans ont atteint leur limite et sont donc incapables d’absorber le CO2 additionnel de 130 milliard de tonnes du siècle dernier. (en tout, approximativement 38.000 gigatonnes (10 puissance 9) de CO2, ce qui correspond à 16 fois le CO2 terrestre.

Plus en avant, il est possible que les océans renversent le processus et commencent à émettre du CO2, un « puit à l’envers », à un certain moment. Les implications sont effrayantes, pour le dire, oh, si gentiment.

En même temps, terriblement, l’équilibre chimique des océans est entrain de changer à cause du CO2 en excès, plus acide, et donc mettant en péril le cycle de vie des ptéropodes, minuscules escargots gros comme des petits pois à la base de la chaîne alimentaire qui se multiplient par milliards, voire dizaines de milliards, servant de source alimentaire pour tout, des krills aux énormes baleines. L’analyse des ptéropodes dans l’Océan du sud révèle une incapacité  à développer des coquilles protectrice  (l’acidification au travail) qui inhibe la maturation et la reproduction.  Il va sans dire qu’après un certain temps, cela pourrait évoluer vers un effondrement majeur de l’éco-système.

Non seulement la chaîne alimentaire marine est-elle en danger, mais le réchauffement excessif tue le corail, par exemple, la moitié de la Grande barrière de corail, l’une des sept merveilles du monde,  est morte en 2016.17 à cause de l’extrême chaleur. Les scientifiques du monde entier étaient et sont encore complètement effarés.

Pour rendre les choses encore pires, une récente étude sur du long terme a montré que la production de plancton  est en chute de 40% sur les dernières 50 années. C’est une ressource supplémentaire pour l’oxygène planétaire en danger, trop de chaleur.

En plus ( encore un truc mauvais) le réchauffement ralentit la circulation thermohaline, ceinture de transmission de l’océan, qui est à son plus bas depuis 1600 ans. La circulation thermohaline est une circulation des eaux profondes autour du globe qui assure la structure des courants océaniques et la santé des océans.

Dans quelque temps, ajoutée à d’autres répercussions terribles, le ralentissement de ce courant entrainera le refroidissement majeur de l’Europe à la place du climat tempéré, car le grand convoyeur amène des eaux chaudes tropicales sur les côtes de l’Europe, ce qui amène les températures de janvier à Paris à ° C bien que Paris soit à plus de 3 degré plus au nord que le Dakota du nord ( – 11 ° C en janvier). C’est un paradoxe au regard du réchauffement climatique qui pourrait transformer l’Europe en un trou de glace, mais dans quelle mesure ?

Et pour couronner les désastres en route mentionnés plus haut, le réchauffement climatique tue les forêts de varech sous-marin, clef de la survie de nombreuses espèces.  Le long de la côte de la Californie du nord, sur des centaines de kilomètres, le varech est mort. L’Australie a ajouté maintenant sa forêt de varech géante sur la liste des «  zone écologiques en danger) ( lire à ce propos sur google : «  Comme les océans se réchauffent, les forêts de kelp commencent à disparaître » Yaleenvironnement360, Nov.11 2017)

Finalement, dans le cadre de la catégorie  des monstres #2, le gaz à effet de serre détruisant la planète : les hydrates de méthane dans l’Arctique posent d’extraordinaires risques pour l’humanité, surtout dans les eaux superficielles, d’une hauteur de 50 M., de la calotte arctique  de Sibérie orientale,  un travail de recherche commun Russie. US de l’Université d’Alaska et de Fairbanks a découvert des zones toujours plus l’étendues de méthane faisant des bulles à la surface, dans un cas de plus de 1, 50 kilomètres de diamètre. Le souci majeur est le risque d’une fuite majeure de méthane, de 50 gigatonnes ou presque, au lieu des 5 gigatonnes actuellement dans l’atmosphère. Incontestablement, les conséquences en seraient terribles.

Selon, l’autorité dans le domaine de la glace arctique, l’estimé Professeur émérite Dr. Peter Wadhams (Adieu à la glace, Oxford University Press, 2017) la réponse à la question : «  L’humanité peut-elle survivre à une augmentation de 50 gigatonnes de méthane ? », est «  Non, je ne pense pas qu’elle le puisse. »

Le Monstre #3 concerne l’effondrement des éco-systèmes, qui peut être un problème plus urgent que le CO2 ou le réchauffement climatique, aussi dur cela soit-il à accepter ou à croire. Certaines choses sont tout simplement impossibles à cerner.

L’éco-système du bassin de la rivière Colorado CRB, peut être le prototype des éco-systèmes s’effondrant à cause de l’empreinte humaine. Cet effondrement se produit maintenant alors que deux forces se combinent pour le détruire (1) le GHG en excès qui réchauffe la planète et bouleverse les systèmes hydrauliques, amène une baisse de l’humidité sous la forme de neige dans la source de la rivière, des Rocky Mountains et la consommation humaine, aisni que l’usage de l’eau et le manque de régulétion, assèchent tout le système.

Demandez à Las Vegas alors qu’ils installent un «  troisième pompage » pour tirer les dernières gouttes du Lake Mead. «  Le risque que le Lake Mead soit asséché à un niveau catastrophique est devenu catastrophique », dit un officiel fédéral, ((Tony Davis, Risks to Lake Mead, Colorado River Arizona Daily Star, June 29, 2018)

Brenda Burman est celle qui travaille comme déléguée de Trump au Bureau des réclamations, la seule parmi ses délégués qui reconnaisse dans une confirmation d’audience au Sénat que le changement climatique n’est pas un canular. Selon ses dires «  Nous avons besoin d’action et nous en avons besoin maintenant. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre de mettre en place des plans sécheresse dans le Sud-ouest. »

Selon le Bureau, le Sud-ouest est en train de subir sa pire sécheresse depuis 1200 ans. Il y a donc assez peu de mystère dans le fait que Mrs. Burman ne croit pas que le réchauffement soit un canular.

Plus encore, le Bureau dit que le taux de ruissellement de la Rocky mountain chutera de 40% au sein d’une sécheresse durant depuis 19 ans. Ipso facto, il existe une forte probabilité d’une« première pénurie d’eau dans le bassin de l’éco-système de la rivière Colorado dans l’avenir proche. » ce qui pourrait littéralement couper les approvisionnements d’eau des zones urbaines les plus importantes et des régions agricoles essentielles.

Selon les règles et lois du bassin de la rivière Colorado les premières coupures auront lieu à Phoenix, qui pourrait fermer plus de 20% des arrivées d’eau. Donc, Phoenix pourrait devenir la prochaine Cap Town (population de 4 millions d’habitants)  qui rationne à cause de la sécheresse à  49 litres par jour, c’est-à-dire assez pour tirer 3 à 4 fois une grosse chasse d’eau de toilettes.

L’Amérique n’est pas le seul pays à faire l’expérience de conditions de sécheresse intense. La côte méditerranéenne moyen-orientale  s’assèche plus vite que le reste de la planète, rejetant donc des éco-migrants par dizaine de milliers. Quatorze pays du Moyen Orient et de l’Afrique du nord sont parmi les plus stressés hydrauliquement au monde. Les éco-migrants seront une réalité à affronter dans les décennies à venir.

Le Monstre #3 concernant l’effondrement des éco-systèmes portent également sur la disparition des insectes car ils sont premiers dans la création et le support des sols, des nouveaux sols, de l’aération des sols, de la pollinisation des semences, éco-systèmes qui supportent toute vie. La façon dont cela fonctionne est comme suit : les insectes se débrouillent très bien sans les humains mais les humains ne peuvent pas survivre sans les insectes. En tant que telle, la décimation des insectes sur toute la planète est un des plus gros crimes du siècle, et cela peut être un crime au sens strict du terme.

L’abondance des insectes a subi un choc énorme ces derniers temps parce que la nôtre est la première société jamais basée sur une agriculture  utilisant des pesticides, ce qui est à l’origine de l’extinction des insectes. D’où est-ce que cela pourrait venir, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Société d’entomologie Krefeld, fondée en 1905 et dédiée au traçage des populations d’insectes dans 100 réserves naturelles, les rapports récents montrent que la quantité Insectes volants a chuté de 80%, chiffre marquant l’extinction. Par exemple, les Syrphides, pollinisateurs, repérés en 1989 se montainet à 17.291, alors que 25 années plus tard au même endroit, ils étaient 2. 737.

Jack Hasenpusch, propriétaire de la renommée «  Insect farm » est consterné par cette perte.

Le chercheur australien Dr. Cameron Webb avoue que les chercheurs autour du monde sont perdus face à ces pertes.

L’Index global de la Stanford University (Global Index) pour les invertébrés a chuté de 40% dans les dernières quarante années.

Reliant les éléments, il apparait que les humains empoisonnent la planète. Selon Julian Cribb, auteur de «  Survivre au 21ième siècle «  Surviving the 21st Century ; «  Notre planète est empoisonnée, cette explosion de produits chimiques est arrivée si rapidement que personne ne l’a vue arriver. «

Chaque année une avalanche de biochimiques, l’équivalent de 250 milliards de tonnes sont libérées sur la terre, ce qui, avec le temps, va aseptiser toute vie, transformant la planète en un globe gluant d’une couleur orange aveuglante, mais plus intensément bleu.

Les éco-systèmes dans le monde entier dépendent des insectes mais la quantité d’insectes montre des pertes du type de l’extinction. C’est une question de vie ou de mort qui est trop souvent négligée. Après tout, les propriétaires immobilier sont tous partants pour une extermination des insectes, c’est la façon de voir qui prévaut.

La réplique imminente de la collision avec un astéroïde est en suspens, mais clairement, trois monstres climatiques sont en route sur le cours de la collision, alors que les forces de La Grande accélération se déclenchent,  atteignant leur point critique l’un après l’autre, sans possible retour en arrière.  Année après année, les scientifiques sont surpris par leurs projections, toujours trop basses après-coup.

Il y a dix ans le Gouvernement anglais a commandé une étude, le Stern Report ( 2008), en faisant l’hypothèse d’un maintien du «  Les affaires sont les affaires au pire dans ses effets sur le climat. » Stern Report (2008), assuming a “business as usual analysis of worst-case climate change.”  C’était la première étude importante entreprise de ce genre et un doument clef de 700 pages. Voici les conclusions tirées il y a dix ans :

Sea rise of 15-20 feet in a few decades

Lae niveau de la mer monte de 4 à 6 mètres en quelques décennies

Florida, NYC, London, Tokyo underwater

La Floride, NYC, Londres et Tokyo sont sous l’eau

1 billion people displaced, sick, or dead

1 Milliard de personnes sont déplacées, malades ou mortes

Massive water and food shortages

Des privations massives de nourriture et d’eau

Food and water wars throughout the planet

Des guerres pour l’eau et la nourriture à travers toute la planète.

 

Le Rapport Stern peut encore servir de carte lorsqu’il s’agit de ce qui se produit quand on maintient le « les affaires sont les affaires ». Cependant, le rapport est obsolète car le CO2 augmente 50% plus rapidement que dans les prévisions de 2008, ce qui signifie vraisemblablement que le rapport est beaucoup trop prudent. (Une fois de plus, des prévisions plus basses que la réalité)

A part ça, as de mise à jour nécessaire, sauf à ajuster (augmenter, de beaucoup, vraiment beaucoup, et plus encore peut-être) le nombre de personnes déplacées, malades ou mortes.

Postscriptum : « L’augmentation du niveau de Dioxide de carbone pendant la dernière décennie est de 100 à 200 fois plus raie que ce que la terre a expérimenté lors de sa transition vers l’éère glaciaire. C’est un véritable choc pour l’atmosphère «   The rate of carbon dioxide growth over the last decade is 100 to 200 times faster than what the Earth experienced during the transition from the last Ice Age. This is a real shock to the atmosphere.” Pieter Tans, science de l’atmosphère, Global Monitoring Division, Earth System Research Laboratory, NOAA, 2018.

Pourtant, pensez-y, Trump est Président.

Robert Hunziker vit à LA et peut être joint

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