AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: COP21

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

 

 

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

In Arctic, Ancient Diseases Reanimate and Highways Melt as Temperatures Hit “Frenzy” of Records

 

par :  Dahr Jamail

 

 

 

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Le Pic Byron avec le glacier Byron au centre-gauche de la photo. Il ya moins de vingt ans, le glacier Byron recouvrait la portion supérieure de la vallée mais il est en ce moment rapidement entrain de remonter jusqu’au sommet de la colline. Remarquez les nombreuses chutes d’eau provenant de ce qui reste d ce glacier. (Photo: Dahr Jamail)

 

 

 

Alors que je comptais dix années de reportage sur les impacts de l’occupation US en Irak en 2013, il m’était impossible de trouver un seul Irakien qui n’ait pas eu un membre de sa famille, de ses proches ou de ses amis qui n’ait pas été tué par les troupes américaines une action de terrorisme d’état sponsorisée et une violence arbitraire résultant de ce qui est évoqué précédemment.

Maintenant, en ayant passé l’été entier en Alaska, il me reste à avoir une conversation avec les rangers des parcs nationaux, les glaciologues ou simplement avec les promeneurs avides qui ne contienne pas une histoire d’incrédulité, d’étonnement ou souvent de choc à propos de l’impact des modifications climatiques anthropogéniques à travers leur état bien aimé. [anthropogenic climate disruption (ACD)]

Qu’il s’agisse des rivières causant des érosions massives après avoir chargées à la vitesse grand v par la fonte des glaciers, de la température sérieusement élevée tout au long de l’année ou de la fonte et de la retraite des glaciers eux-mêmes, tous ceux qui demeurent ici, observant l’impact en première position, ont tous des expériences dramatiques à partager.

À titre d’exemple, à moins d’une heure de route d’Anchorage, j’ai visité une région où j’ai fait de l’escalade dans le passé. Un vieux partenaire m’avait suggéré de visiter le Byron Peak, qui se trouve à la fois près de Turnagain Arm et de Prince William Sound, afin de voir combien le glacier Byron avait reculé depuis que nous étions venus là la pour la dernière fois.

 

Pour atteindre l’arête de la montagne, j’ai dû d’abord avancer au-delà de la base du glacier Byron, qui, en 1999, couvrait alors toute la vallée.

Maintenant, moins de vingt ans plus tard, quand j’ai vu pour la première fois à quel point le glacier avait reculé, je me suis arrêté brutalement dans ma course. Cela m’a fait l’effet de recevoir un coup de poing dans l’estomac et je me suis surprise à essuyer une larme lorsque la terrible évidence s’est impose à moi. Ce qui reste maintenant du glacier Byron est dans un processus de recul complet vers sa source. Ceci devient un micro-exemple du macro-Alaska, dont les glaciers perdent 75 milliards de glace en trop chaque année, selon la NASA.

Tout ne va pas au mieux dans le Grand Nord.

C’est parce que dans l’Alaska actuel, les records de température tombent aussi vite que la population d’oiseaux dégringole.

Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans la plus grande ville de l’état, Anchorage. Les températures dans la partie sud-est de l’état ont toutes augmentée autant que Deadhorse, sur l’Océan Arcic qui bat tous les records, l’aéroport de Deadhorse atteint un étonnant 30° C.

Rick Thoman, un climatologue et responsible des services au National Weather Service en Alaska, a dit à la presse  tqu’une des sources des températures anormalement élevées dans l’état provident de la temprérature anormalement chaude des eaux de surface de la mer et il a ajouté : , « Dans la mer du Détroit de Bering, spécialement au sud de l’île de St. Lawrenceles sont vraiment incroyablement haute comparé à la normale.

Une  étude récente montre comment la climat qui se réchauffe à travers l’Alaska décime de grandes étendues d’habitat pour de nombreuse espèces d’oiseaux côtiers qui migrent vers l’Arctique annuellement. L’étude montre que les deux-tiers des espèces qui migrent vers l’Alaska subiront un impact, dont certaines perdant jusqu’à 90% de leur habitat. Le réchauffement climatique provoque également l’éclosion précoce des insectes, entraînant une diminution des réserves de nourriture pour les oiseaux et leurs petits, et  contribuant au déclin des populations.

Même les routes de l’Alaska ressentent la chaleur. La fameuse Route de l’Alaska, qui a attire les chercheurs d’aventures depuis des décennies, fait un arc à travers la Colombie britannique et le Yukon avant de traverse l’Alaska central jusqu’à son point final à la jonction du Delta. Mais comme le permafrost sous cette route continue de fondre à un rythme de plus en plus rapide, de larges fissures, des failles et des fentes sont entrain de le détruire.

«  Ici, c’est le plus gros problème géotechnique que nous ayons. » dit Jeff Currey, du Département des transports de l’Alaska  à un  reporter. «  Les Romains ont construit des routes il y a deux mille ans que nous utilisons encore. Et nous nous avons construits des routes qui, en un an ou deux, sans maintenance, ressemblent à des montagnes russes parce qu’elles sont construites sur le permafrost sensible au dégel. »

Ce ne sont pas que les chercheurs d’aventures qui vont subir l’impact de la détérioration de la route, c’est une voie essentielle utilisée pour le transport de nourriture, de matériel et de médicaments vers les villages de l’Alaska. Dans un tour ironique du destin, l’autoroute qui fond est aussi utilisé par les compagnies pétrolières pour transporter leur équipement lourd vers ce qui a été l’élément vital de l’économie de l’état depuis que du pétrole a été découvert dans la partie du North Slope de l’Alaska.

Et les signes de réchauffement anthropogènes à travers le reste de l’Alaska sont également choquants. Dans le nord-ouest du Groenland, des déchets toxiques radioactifs datant de la guerre froide, avec lesquels on trouve des déchets chimiques et biologiques, court le risque    d’être mis à jour  comme la glace fond rapidement. De toute évidence, la décision du gouvernement d’enterrer ces dangereux déchets sous plus de trente mètres de glace n’a pas pris en compte le fait que la couverture de glace serait la plus grande contributrice à la montée du niveau des mers pendant l’ère anthropocène.

 

«  Si la glace fond, les infrastructure du dépôt, y compris les déchets radioactifs, biologiques et chimiques pourraient retourner dans l’environnement et potentiellement modifier les écoystèmes voisins. » L’Université de Zurich qui a étudié ces évolutions dans un document publié dans le journal “ Geophysical Research Letters Bulletin de la Société américaine de meteorology, If the ice melts, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical and radioactive wastes could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems,” the University of Zurich, which documented these developments in a study published in the journal Geophysical Research Letters Bulletin of the American Meteorological Society, a fait ce constat aux médias d’après leur enquête.

Plus loin en Sibérie, la fonte du permafrost a provoqué une épidémie d’anthrax qui a entraîné l’hospitalisation de dizaines de personnes et dont au moins un enfant est mort. Deux-mille daims ont été touché par le virus jusqu’à maintenant et le gouvernement russe à déplacé plusieurs familles hors de la zone. La cause de cette épidémie ? Le dégel d’une carcasse de daim qui avait été infectée par l’anthrax il y a des dizaines d’années.

Le déclenchement s’est produit dans la péninsule de Yamal où, comme Truthout l’a déjà rapporté, des quantités massives de méthane enfermées dans le permafrost ont explosé jusqu’au sol, créant de larges cratères.

En réponse à la réanimation de la bactérie, le Russie a envoyé des troupes entrainées à la guerre bactériologique   pour mettre la zone en quarantaine. Ce type de déclenchement de maladie dans l’Arctique  était auparavant le produit de la science-fiction, mais ce n’est plus le cas. . Les spécialistes du climat  craignent  que cela ne soit qu’un avant-goût de ce qui reste à venir si l’Arctique continue de se réchauffer à une vitesse record. Dans la mesure où il n’existe aucun moyen de savoir quelles autres bactéries mortelles demeurent gelées dans le permafrost, nous aurons à les découvrir uniquement quand la glace fondra, comme cela se passe dans l’Arctique, lorsqu’elles se réanimeront à leur tour comme en Russie.

Tout ceci n’est que le sommet de l’iceberg, si l’on peut dire. Ce n’est qu’un indice de ce qui est à venir comme les températures globales continuent de monter.

2015 a été une folie” dans les records climatiques selon le the Scientific American journal, des plus chaudes températures enregistrées jusqu’au simple plus grand taux de CO2 dans l’atmosphère. Cependant, 2016 est déjà sur la voie de dépasser ces records, comme la première moitié de l’année a déjà fait exploser les températures enregistrées précédentes. Selon la NASA et le  National Oceanic and Atmospheric Administration(NOAA).

La NASA a récemment publié des données montrant que juillet était le mois le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire, c’était juillet 2015. Nous devons regarder sobrement et honnêtement où en est la planète et ce que cela signifie pour nous en tant qu’espèce, avec les autres espèces vivant sur terre. 2016 est en train de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le dernier record était 2015. L’année la plus chaude précédente étant l’année 2014. Chacun des mois des derniers 14 mois  a battu un record      de chaleur mensuelle sur ce même mois. Quinze des seize années les plus chaudes jamais enregistrées le sont depuis 2000.

Nous sommes au milieu d’un évènement concernant le blanchissement record des récifs de corail, les incendies continuent de se produire à une fréquence, une durée, une localisation et un degree de chaleur record, et la glace de l’Arctique recouvrait une zone l’hiver dernier qui était la plus fine depuis que les mesures ont commencé   et elle est également proche du plus bas niveau jamais enregistré. La Terre est officiellement entrée dans la sixième extinction de masse  n et rien n’indique que la réponse de coordination gouvernementale afin d’interrompre les émissions issues des énergies fossiles soient en voie d’être réduites.

Comme nous évoquons ces faits, les enquêtes de ce mois donnent plus de détails sur ce qui se produit sue terre maintenant, comme le réchauffement continue d’avancer.

 

Terre

 

Il y a maintenant des données scientifiques prouvant que le réchauffement accentue les risques de guerre. De nouvelles recherches  faites par de chercheurs allemands  ont montré un lien statistique entre les conditions climatiques extrêmes provoquées par le réchauffement et les explosions de violence extrême.

Pendant ce temps, au Japon, une  étude récente évalue  comment le réchauffement menace l’agriculture de ce pays d’une façon catastrophique.

«  Si les prédictions les plus pessimistes s’avèrent exactes, écrit ce rapport,  « d’ici la fin du siècle le monde pourrait voir ce qui sont maintenant des produits tout à fait ordinaires sur une table japonaise devenus des aliments extrêmement rares ou que les gens avaient l’habitude  de manger dans les passé. »

De retour aux USA, tristement,  a une étude récente révèle  comment le légendaire sapin de Douglas voit sa croissance altérée à cause des températures plus chaudes et du stress de sécheresse entrainé par le réchauffement.

Plus d’informations déconcertantes  nous arrivent de la Société Audubon, qui a publié un récent rapport dans la region de Puget Sound, dans l’état de Washington, les goélands à ailes grises sont contraints au cannibalisme pour s’alimenter, à cause du réchauffement des mers qui raréfie leur nourriture habituelle.

 

Eau

Les sécheresses entretenues par le réchauffement est une des forces majeures ayant entrainé l’assèchement complet des rivières principales. Le Gouvernement a déclaré l’état d’urgence et admis que le pays entier était aux prises avec  « une crise écologique »  comme une quantité énorme de cadavres d’animaux sauvages tapissent sur des centaines de kilomètres le lit de la rivière.

Les mers de plus en plus chaudes génèrent une augmentation sans précédent des méduses  tout autour du globe. Leur nombre est suffisamment élevé pour saboter les équipements de réseaux endommagés par des millions de méduses qui obstruent les canaux sous-marins, pendant que des scientifiques réfléchissent à la possibilité de robot broyeurs et autres solutions de dernier recours.

Une récente étude du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention (CDC) révèle une « montée remarquable » dans la fréquence des maladies d’origine hydrique liées au réchauffement global des températures, pendant qu’en Floride, une algue verte épaisse  couvrant de vastes étendues de plage semble devoir devenir la nouvelle norme.

L’océan toujours plus chaud continue de créer le blanchiment généralisé des récifs coraliens. À Guam, les rifs ont été blanchis pendant ces quatre dernières années.  s. L’écologiste coralien Laurie Raymundo Coral dans le cadre de l’Université de Guam  dit  que avant 2013, les récifs coraliens de Guam avaient échappé au blanchiment qui se produisait Presque partout ailleurs dans le monde. Cependant, dit Raymundo, «  En 2013, 2014 et 2015, nous avons été touchés et le sommes encore maintenant. Pendant les quatre dernières années, il y a eu des épo=isodes de blanchiment et nous n’avions pas vécu cela de cette manière dans notre histoire récente. »  Raymundo estime que plus de la moitié des coraux de Guam sont morts entre 2013 et 2014 et qu’à peu près 85% de la totalité des récifs ont été blanchis. Après une plongée récente d’inspection des coraux,  Raymundo décrit la destruction éciologique à laquelle elle assiste : «  Je me considère comme étant tout à fait objective et rigoureuse scientifiquement. Mais parfois je manque cette approche. Aujourd’hui pour la première fois en cinquante ans, je suis allée sous l’eau, j’ai pleuré pendant une heure, juste sous mon masque, en constatant jusqu’à quel point les étendues de coraux de notre si jolie baie de Tumon blanchissaient et mouraient. »

 

Pendant ce temps, le niveau des eaux continue de monter. L’Union des scientifiques inquiets a publié un rapport  avertissant récemment que de larges zones des bases militaires nord-américaines le long de la côte est seraient inondées d’ici à 2050. Ce rapport estime que les inondations dues aux marées et aux orages augmenteront de 2, 600 % par an dans des zones où de nombreuses bases sont situées.

Un autre rapport publié par des  experts immobiliers  prèdit que la montée du niveau de la mer sera celle que quelques  climatologues prédisent (  1 , 80 mètre )  jusqu’à 2100 et que au moins 300  villes américaines auront perdu la moitié de leurs habitations et que 36 villes seront englouties.

En ce qui concerne la montée du niveau de la mer, nous avons de mauvaises nouvelles pour les habitants des îles, récent rapport  montrant que les derniers mammouths laineux de l’Amérique du Nord sont morts du manque d’eau fraîche quand la montée de la mer a tué les plantes qu’ils consommaient et contaminé l’eau potable. Ces phénomènes joueront un rôle pour les habitants côtiers pendant que le niveau des mers continue à monter, accompagné par des grandes marées et des orages.

 

En Inde, la Mousson est devenue plus intense qu’à l’habitude à cause de la capacité de l’atmosphère à contenir de plus grande quaintité d’humidité. Ceci a été flagrant en juilllet dernier  quand une inondation a recouvert tous le nord-est de l’Inde  touchant plus de 1, 2 millions de personnes et dévastant d’importantes zones de terres cultivables.

Pendant ce temps en Louisiane, le Gouverneur John Bel Edwards a récemment déclaré l’état d’urgence quand une inondation qu’il a qualifiée de “jamais vue”   et d’ “historique” a tué sept personnes et amené 20.000 personnes à être sauvées. En fait, même la demeure du Gouverneur s’est vue inondée avec de l’eau à hauteur de torse, noyant le sous-sol et endommageant le système électrique. À propos des mesures de sauvetage, le Gouverneur Edwards a commenté, sombrement : « Nous avons sauvé des territoires administratifs, nous n’avons pas sauvé des gens. “

À l’autre extrémité du spectre de l’eau, la  Food and Agriculture Organization des Nations Unies a averti que nous étions dans un « temps de course contre la montre » touchant au moins 23 millions de paysans touchés par la sècheresse en Afrique où toute la partie sud du continent continue d’être touchée par des sècheresses massives pendnant que le réchauffement climatique progresse.

Selon les Nations Unies, plus de 60 millions de personnes de par le monde, don’t les deux-tiers se trouvent dans la partie est et sud de l’Afrique font déjà face à des rationnements de nourriture chroniques dus à des sécheresses continuelles.

Au Groenland, la couche de glace continue de fonder rapidement.   La NASA a récemment produit une carte  révélant l’étendue des parties du Groenland qui fondent intensément par en dessous. Ceci parallèlement aux observations simultanées qui montrent comme la surface de la glace fond à une vitesse accélérée.

Un peu plus de la moitié de la base des glaciers du Groenland  a dégelé maintenant et  le rapport de la NASA affirme   «  Savoir si la glace du Groenland est située sur un sol humide et glissant ou est accrochée à un lit pierreux sec et gelé est essentiel pour pouvoir prédire comment la glace va s’écouler dans l’avenir. »  En fonction de ce constat, tout comme le réchauffement s’intensifie avec chaque jour qui passé,

Dans le contexte des élections, Donald Trump a nié le réchauffement climatique d’une façon encore plus vive, même par rapport à la position du Parti républicain.

Non seulement appelle-t-il le réchauffement une “arnaque” mais il a été jusqu’à dire qu’il reverrait les régles imposées par le Président Obama le  concernant ,  qu’il sortirait les USA des accords de Paris de décembre dernier, qu’il favoriserait les forages et bien sûr imposerait moins de régulation environnementales, s’il était élu président..

Bien que son adversaire, Hillary Clinto , reconnaisse la réalité du réchauffement et ait incorporé quelques éléments de la rhétorique de la campagne de Bernie Sanders à sa plateforme, elle appelle à construire plus de routes et plus d’aéroports, ce qui, bien sûr, ne ferait qu’induire de plus grandes émissions de CO2. Ceci est a ajouter au fait qu’elle a choisi le Sénateur de Virginie Tim  Kaine, comme son partenaire aux élections.

Kaine supporte les forages offshore, ainsi que la construction de terminaux de gaz naturel pour l’exportation. Lorsqu’il était gouverneur de Virginie, il a supporté l’une des dernières centrales à charbon qui fût construite aux USA.

Même si Clinton est élue, les actions brutales, obligatoires et d’urgence à grande échelle nécessaires pour cesser la plupart des émissions de CO2 immédiatement – comme une étape vitale pour atténuer le réchauffement – ne sont tout simplement pas sur la table.

.Pendant ce temps,  des enquêtes récentes indiquent  qu’une majorité croissante  ( 66%) de citoyens américains pensent que le réchauffement est réel. En même temps, le nombre de personnes questionné qui croient que le réchauffement est à son niveau le plus bas est de 15%, plus bas que les 24% d’il y a une année.

Ègalement sur le front de la réalité, le rapport sur l’état du climat ( State of the Climate report) , un bilan annuel faisant reference sur le climat global a ét& récemment publié dans le bulletin de la société américaine de météorologie (  Bulletin of the American Meteorological Society.) Le rapport détaille comment la chaleur des océans et la température de l’air dépassent des records, comme le niveau des océans touchent un niveau jamais atteint et comme le CO2 a dépassé le niveau critique, pendant que le monde continue à être poussé à une vitesse aveugle dans un environnement que l’espéce humaine n’a jamais expérimenté.

Des climatologues de renom ont récemment avertis que la terre est extrêmement proche des 1.5 degrés supplémentaires limites, simplement huit mois après que ce but ait été fixé à Paris lors de la COP 21 à la fin de 2015. La croyance lors des pourparlers de Paris était que limiter le réchauffement à se maintenir en-dessous de 1.5°C , il y aurait une chance de prévenir la fonte de la glace polaire, de limiter la destruction des récifs coralliens et de prévenir une montée extrême des niveaux marins.

Cependant, il n’est que trop apparent que ces phénomènes sont déjà complètement en cours et augmentent en intensité.

 

DAHR JAMAIL

Dahr Jamail, un reporter de Truthout, est l’auteur de :  The Will to Resist: Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan, (Haymarket Books, 2009), et de Beyond the Green Zone: Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq, (Haymarket Books, 2007). Jamail a été reporter en Irak pendant plus d’un an ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Turquie pendant les dix dernières années, il a gagné le prix Martha Gellhorn pour le journalism d’investigation, parmi d’autres recompenses.

Son troisième livre :  The Mass Destruction of Iraq: Why It Is Happening, and Who Is Responsible, co-rédigé avec William Rivers Pitt, est disponible maintenant sur Amazon. Il vit et travaille dans l’état de Washington.

 

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

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Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C 

 

Les grandes dents se retournent en tous sens, certains , comme Adidas ou Puma deviennent des avocats des énergies renouvelables et font la leçon aux gouvernements afin de durcir les objectifs des 1°5 C, d’autres comme le duo Koch, continuent à déployer tous les moyens médiatiques en leur possession pour amener les foules à douter de la réalité pourtant indubitable,  et enfin, au sommet de la félonie Exxon, un des plus gros dévoreurs d’hydrocarbure au monde après avoir passé des dizaines d’années sachant que des situations irréversibles étaient engendrées par les forages et la prédation sans perspectives à long terme, confie à ses  “experts” le soin d’alerter les autorités quant à un basculement dans la catastrophe d’un réchauffement galopant. Il faudra bien créer un jour ce tribunal de La Haye des écocides, il faudra un jour que ces manipulateurs d’apocalypse rendent des comptes et que ces comptes ne soient pas que ceux de leurs gains et de leurs pertes. Il faudra que, comme pour la mise en place du tribunal chargé de juger Monsanto, le Politique retrouve la force et le soubassement éthique de la recherche du bien commun qui est sa nature et qu’il s’extrait de la fusion mortifère qui le fait s’engloutir dans l’économique. Que ce Politique, au nom des espèces détruites, juge enfin les exactions de cette culture du profit qui, les preuves abondent, n’est, pour la planète et pour elle-même, tout simplement pas vivable.

Comme le géant des hydrocarbures avertit que les températures mondiales pourraient s’élever jusqu’à plus de 7°, à Paris les militants poussent pour des objectifs climatiques encore plus forts.

Par : Nadia Prupis, staff writer

Exxon

Non Aux Hydrocarbures (“Non-hydrocarbon”). (Photo: Mike Gifford/flickr/cc)

Clignez des yeux ou vous le manquerez, mais une ligne dans une interview récente du Washington Post avec les experts du géant des hydrocarbures ExxonMobil  à propos du changement climatique présente d’une façon très cavalière un avenir cauchemardesque, désespéré si les leaders mondiaux n’agissent pas vite —un avenir qui se centre autour d’un accroissement possible de 7° Celsius ou plus.

« Sans action gouvernementale, nous ont dit les experts d’Exxon pendant une visite au Post la semaine dernière, les températures moyennes risquent d’augmenter catastrophiquement (mes mots, pas les leurs) de 5° Celsius avec des montées de 6, voire 7° encore plus envisageables. » écrit dans son éditorial Fred Hiatt dans un article intitulé « Si même ExxonMobil dit que le changement climatique est réel. Donc pourquoi pas le GOP ? »

Les scientifiques nous ont avertis depuis longtemps que permettre une montée de la température de deux degrés ou plus entrainerait des changements climatiques irréparables et des événements météorologiques extrêmes.  Les chefs d’état sont rassemblés à paris pour négocier un agrément climatique global afin de limiter le réchauffement avant que la planète ne heurte ce seuil. Les groupes de terrain défendant la justice climatique appelant pour un objectif encore plus serré de 1,5 °C. Mais une secte d’opposition du Parti républicain a menacé de faire obstacle à tout projet de loi qui viendrait de Paris—ce qui pourrait faire dérailler tout progrès accompli pendant les pourparlers de la COP 21.

Comme l’explique le Prix Nobel d’économie Paul Krugman dans un article publié la semaine dernière dans le New York Times :

« Les futurs historiens—si il y a des futures historiens—diront certainement que la chose la plus important à s’être produite dans le monde en décembre 2015 était les pourparlers sur le climat de Paris. Vrai, rien de ce qui sera l’objet d’un accord à Paris ne suffira, en soi, pour résoudre les problèmes du réchauffement climatique. Mais ces pourparlers sont un moment décisif, le début d’une sorte d’action internationale nécessaire afin de prévenir la catastrophe.  Mais encore une fois, il est possible qu’ils ne le soient pas. Nous pouvons être maudits. Et si nous le sommes, vous savez qui sera responsable : le Parti républicain » écrit Krugman, « Nous voyons un Parti qui a tourné le dos à la science à un moment où le faire met en danger l’avenir même de la civilisation ».

Cet obscurantisme politique pose un autre challenge aux représentants COP 21 américains, qui s’est déjà montré particulièrement chicanier lors des discussions préliminaires cette année à Bonn en Allemagne, critiqué par les nations développées pour ses tentatives pour échapper à ses obligations financières  face aux communautés en premières lignes luttant déjà contre les impacts du changement climatiques. Mais Krugman fait également ce rapport dans Politics and Policy, un journal de sciences politiques publié en Août : “ Les Parti républicain américain est une anomalie dans son déni des origines anthropogéniques du changement climatique », But Krugman also points to an article published in August in Politics & Policy, a political science journal, that states, “The U.S. Republican Party is an anomaly in denying anthropogenic climate change.”

Ceci dessine un futur incertain pour tout accord émergeant des négociations. Cependant, comme Mark Hertsgaard, le correspondant pour l’environnement de The Nation l’écrit dans un article parut lundi, des espoirs nouveaux se font jour au sein des organisations opérant en parallèle de Paris.

Hertsgaard écrit :

L’accord final que les gouvernements espèrent signer avant la fin de la semaine peut pousser à limiter l’élévation de la température à 1°5 Celsius. Ce serait une avancée importante par rapport aux actuels 2°C ainsi qu’une victoire historique et surprenante pour les pays en voie de développement les plus vulnérables. Leurs représentants, rejoints par les activiste de la justice climatique, critiquent depuis longtemps l’objectif des 2° comme une peine de mort virtuelle pour les gens par millions qui souffrent déjà de la montée des eaux, des sécheresses de plus en plus dures et d’autres impacts provoqués par les 1° déjà enregistrés.

Préalablement refuse par la plupart des pays riche comme économiquement irréaliste, l’objectif des 1°5C ré-émerge à Paris à cause de la confluence de divers facteurs : lea reconnaissance par de nombreux pays riches que même 2° amèneraient des changements ruineux dans les modes alimentaires et d’autres systèmes vitaux, une posture diplomatique plus unifiée de la part des 100 nations les plus pauvres et les plus démunies, supportant l’objectif des 1°5C et des pressions ininterrompues de la société civile.

Le Président français, François Hollande et le Ministre allemand de l’environnement et secrétaire d’état Jochen Flasbarth ont tous deux exprimés leur appui au but des 1°5C la semaine dernière et notablement, reconnu  que c’était les campagnes environnementales qui avaient conduit le monde à ce point.

« Nous ne pouvons accepter que les pays les plus pauvres, ceux qui ne produisent des gaz à effet de serre qu’en quantité limitée soint les plus vulnérables.» a dit Hollande, « c’est donc au nom de la justice climatique que nous nous devons d’agir ».

Flasbarth a confirmé que l’objectif des 1°5C était la position officielle de l’Allemagne et que cet objectif « doit être mentionné »

« C’est pourquoi l’objectif des 1°5C est maintenant accepté par la nation d’accueil du sommet et par les économies les plus fortes ‘Europe » a écrit Hert.

 

Le Guardian rapporte dans l’après-midi de lundi dernier que les USA, la Chine et l’Union européenne —  les plus gros pollueurs —,  étaient « ouverts »  à l’objectif des 1°5C et « travaillaient avec d’autres pays à le faire figurer explicitement »  selon le représentant du Secrétariat d’état Todd Stern. Mais cette annonce a reçu un accueil assez tiède des associations de défense du climat et des délégués des pays en développement les plus importants qui dirent que ce n’était qu’une nouvelle tentative des nations les plus riches pour détourner les obligations de réduire leurs émissions.

« Pourquoi pas 1°, pourquoi 1.5°»  dit Ashok Lavasa, le négociateur principal de l’Inde, «Quand nous parlons de but, nous parlons aussi de budget carbone. Nous avons besoin d’envisager l’espace de développement disponible et en conséquence, ceux qui sont impatients de la maintenir au-dessous de 2° devraient travailler afin de maintenir l’espace carbone de façon à ce qu’il ne compromette pas les besoins de pays en voie de développement. »

 

Erich Pica, directeur du groupe climat des Amis de la terre ajoute, «Les USA et l’Europe adoptent l’idée adoptent l’idée des 1.5° comme une cible de négociation mais ils maintiennent floues les lignes de ce qui doit se passer pour que cette équation des 1.5° soit un partage juste et honnête. »

Pendant ce temps, l’éditorial du Post pose une autre question à la lumière des investigations qui ont récemment exposé le rôle du géant des hydrocarbures Exxon dans son occultation des rapports des sciences du climat pendant des décennies : qu’est-ce que Exxon sait d’autre ?

Ce travail est sous licence de Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 License

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Naomi Klein : Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies. 

Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies.

 

Article de Naomi Klein  paru dans Common Dreams et dans The Guardian sur les interdictions de manifestations et de marches sur tout le territoire français au moment décisif des pourparlers pour le climat de la COP 21 de Paris.  Les descentes de polices et les perquisitions se succèdent chez des militants ou des agriculteurs écologistes n’ayant de terroristes que la force de leur point de vue face au laxisme intéressé  et aux liens immoraux entre les gouvernements  sensés représenter les citoyens  du monde,  brutalement forcés au silence alors qu’ils sont en première ligne des catastrophes climatiques présentes et à venir et les actions et l’état d’esprit incurablement pervers des multinationales. Il semble d’autre part indispensable face aux degrés d’urgence et à la hiérarchisation des maux auxquels nous sommes, en tant qu’espèce, confrontés, de rappeler ces quelques phrases de Jared Diamond : «La menace d’un holocauste nucléaire et celle d’un holocauste écologique sont les deux questions les plus pressantes que doit affronter l’espèce humaine aujourd’hui. À côté d’elles les problèmes du cancer, du sida ou de la malnutrition qui nous obsèdent généralement, sont relativement mineurs, car ils ne mettent pas en cause notre survie en tant qu’espèce. » * Nous aurions pu ajouter à la liste le terrorisme qui n’est un danger que pour les vivants.

 

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Article originellement paru dans The Guardian

En interdisant les marches de protestation à la COP21, Hollande condamne au silence ceux qui font face aux impacts les pires du changement climatique et de sa monstrueuse violence.

Par

Naomi Klein

 

De qui la sécurité reste-t-elle protégée par tous les moyens nécessaires ?

De qui la sécurité est-elle sacrifiée avec désinvolture, en dépit des moyens pour faire beaucoup mieux ? Ce sont des questions au cœur de la crise climatique et les réponses sont la raison pour laquelle les sommets climatiques finissent si souvent dans l’acrimonie et les larmes.

La décision du Gouvernement français d’interdire les manifestations, les marches et autres « activités extérieures » pendant le sommet de Paris sur la climat est gênant à plusieurs niveaux. Celui qui me préoccupe le plus est lié avec la façon dont cela reflète l’inégalité fondamentale de la crise climatique elle-même  – et la question clef de quelle sécurité est actuellement valorisée dans ce monde asymétrique.

 

 

Voici la première chose à comprendre. Les gens affrontant les impacts les pires du changement climatique n’ont virtuellement aucune voix dans les débats occidentaux pour déterminer que faire sérieusement pour prévenir le réchauffement mondial catastrophique. De gigantesques sommets comme celui qui va se tenir à Paris sont de rares exceptions. Pour deux semaines   les voix de ceux qui sont heurtés le plus et en premier ont un peu d’espace  pour être entendus dans un lieu où des décisions déterminantes sont prises. C’est pourquoi les insulaires du pacifique, les chasseurs Inuits et les bas salaires des gens de couleur de la Nouvelle-Orléans font des milliers de kilomètres afin d’être présents. Le coût est énorme, à la fois en dollars et en carbone, mais être présents au sommet est une occasion précieuse de parler sur le changement climatique et de donner un visage humain à cette catastrophe en cours. Ensuite, ce qui doit être compris c’est que même dans ces moments rares, les voix de premières lignes n’ont pas assez d’une plateforme dans les réunions officielles dans lesquelles le micro est dominé par les gouvernements et les groupes écologistes largement financés. Les voix des gens ordinaires sont entendues principalement dans les réunions de la base parallèles au sommet, ainsi que dans les marches et les manifestations. Maintenant, le Gouvernement français a décidé les plus bruyants de ces mégaphones,  prétendant que de sécuriser les marches compromettrait sa capacité à sécuriser la zone du sommet officiel où se rencontreront les politiciens.  .

” Une fois de plus, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre est à gagner.”

Certains prétendent qu’il s’agit d’un juste contrecoup contre la toile de fond de la terreur. Mais un climat des Nations unies pour le climat n’est pas comme une rencontre du G8 ou de l’Organisation mondiale du commerce, où les puissants se rencontrent et où les sans dents tentent de compromettre leurs fête. Les événements parallèles de la société civile ne sont pas un ajout ou une distraction de l’événement principal. Ils sont partie intégrante du processus. Ce qui est la raison pour laquelle le gouvernement français ne devrait jamais avoir décidé quelle partie de ce sommet devrait être gardée et quelle autre annulée.  Plutôt, après l’attaque horrible du 13 Novembre, il était nécessaire de déterminer s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir l’ensemble du sommet avec la pleine participation de la société civile, la rue comprise. S’il ne le pouvait pas, il aurait pu repousser ou demander à un autre pays de prendre le relais. Au lieu de ça, Hollande et son gouvernement ont pris une série de décisions qui reflètent un éventail de valeurs et de priorités très particulières afin de déterminer qui et quoi devait bénéficier de la protection de l’état. Oui, les leaders mondiaux, les matchs de foot-ball et les marchés de Noël, non les marches pour le climat et les manifestations désignant le fait que les négociations, avec l’actuel niveau d’émissions  prévu, mettent en danger les vies et les moyens de subsistance de millions sinon milliards de personnes

 

Et qui sait où cela peut mener ? Devons-nous nous attendre à ce que les Nations Unies révoquent les autorisations de la moitié de la société civile ? Ceux les plus susceptibles de créer des troubles au sein de la forteresse ? Je n’en serais pas surprise du tout.   Cela vaut la peine de songer à ce que l’annulation des marches  et des manifestations signifie réellement tout autant qu’en termes symboliques. Le changement climatique est une crise morale parce qu’à chaque fois que les gouvernements des nations riches ont manqué à agir, cela a envoyé un message qui montrait que nous, peuples du nord, mettions notre confort et notre sécurité économique avant la souffrance et la survie des peuples les plus pauvres et la s plus vulnérables de la planète. La décision d’interdire l’espace le plus important où les voix des peuples subissant l’impact climatique auraient pu être entendues est l’expression dramatique d’un abus de pouvoir profondément immoral : une fois de plus le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre vous devrez la gagner.

Une autre pensée : j’écris ces mots de Stockholm, où j’ai fait une série de conférences publiques sur le changement climatique. Quand je suis arrivée, la presse s’en donnait à cœur joie avec un tweet envoyé par la ministre de l’environnement Åsa Romson.  Peu de temps après a éclaté la nouvelle des attaques à Paris, elle a alors tweeté son outrage et sa tristesse pour les victimes. Puis elle a tweeté qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet sur le climat, une pensée qui est venue à tous ceux que je connais qui sont d’une façon ou d’une autre connectés à ce moment environnemental. Pourtant elle a été mise au pilori pour son soi disant manque de sensibilité – comment pouvait-elle penser au changement climatique face à un tel carnage ?

La réaction était assez révélatrice parce qu’elle montrait comme un acquis le fait que la changement climatique est une question mineure, une cause sans de réelles victimes, presque frivole.  Tout particulièrement quand des problèmes sérieux comme la guerre et le terrorisme occupent le centre de la scène. Cela m’a fait penser à quelque chose que l’auteure Rebecca Solnit a écrit il n’y a pas longtemps. «Le changement climatique est de la violence »  C’est vrai. Certaines de ces violences sont horriblement lentes : la montée des eaux qui efface progressivement des nations entières, et la sécheresse qui tue des milliers d’individus. D’autres sont terrifiantes de rapidité : les tempêtes avec des noms comme Katrina et Haiyan   qui volent des milliers de vies en une seule fois. Quand les gouvernements et les multinationales manquent sciemment d’agir afin de prévenir ce réchauffement catastrophique, c’est un acte de violence. C’est une violence si étendue, si mondiale et infligée simultanément contre des temporalités si diverses (cultures anciennes, vies présentes, avenir potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de désigner cette monstruosité. Et utiliser des actes de violence pour faire taire ces voix des plus vulnérables à la violence climatique est encore plus violent.

En expliquant pourquoi les match de football programmés seraient maintenus comme prévu, le Secrétaire d’état au sport a dit : « La vie doit continuer »   Bien sûr qu’elle le doit. C’est pourquoi je joins le mouvement pour une justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les multinationales manquent à leur devoir d’agir d’une façon qui révèle la valeur de tous sur terre, on doit protester contre eux.

© 2015 Guardian News and Media Limited

 

  • Jared Diamond ” Le troisième chimpanzé ” Essai sur l’évolution et lavenir de l’animal humain. p. 613 Folio essais

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Un COP21 des Corporations, c’est officiel

A corporate COP21, it’s official

Par le Corporate Europe Observatory

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Les premières corporations sponsors du sommet “ historique” de cet hiver sur le climat ( COP21) ont été officiellement désignées : la marque de produits de luxe Louis Vuitton (LVMH) et Suez Environment, un membre clef du lobby pro-fracking français. Selon l’article de Maxime Combes (lien externe)  d’autres  avaient été initialement annoncé par la presse ( BMW, Vattenfall et New Holland Agriculture) mais ont été démentis ultérieurement par les organisateurs.

Juste une question de temps

Découvrir si oui ou non le COP21 aurait des sponsors a toujours été la question du «  quand » plutôt que du «  si ». En Novembre 2014, le Gouvernement Français a annoncé que le Sénat avait effectué des coupes dans le budget (lien externe)

Et que en conséquent ils devraient se tourner vers le secteur privé. Mais il y eu aussi de nombreuses réassurances (lien externe)  aux groupes de la société civile que la Présidence Française ne commettrait pas les mêmes erreurs que celle de Varsovie deux ans plus tôt, lorsque quelques-uns parmi les plus gros pollueurs – y compris les industries multinationales du pétrole, du gaz et du charbon furent à même de s’envelopper dans les couleurs des Nations Unies et de clamer leur volonté de s’attaquer au changement climatique.

La liste complète a été promise par les officiels français  ( lien externe) pour la fin Mars mais n’est pas encore publiée.

Blanc est le nouveau noir cet hiver

Donc à quel point ces sponsors annoncés sont-ils respectueux de l’environnement, ou bien utilisent-ils l’opportunité d’une sponsorisation des Nations Unies pour blanchir leur image sale ? Suez Environment est une multinationale française et le deuxième fournisseur mondial de services environnementaux, particulièrement centre sur l’eau.

Quand le gouvernement argentin a repris de Suez en 2006 le contrôle de ses services de distribution d’eau avec un énorme soutien populaire, le géant français a lancé – et récemment gagné- une poursuite judiciaire pour 405 millions d’euros de compensation (lien externe). Dans le cadre du très controversé ISDS (Investor. State . Dispute. Settlement) dont le mécanisme est si courant au sein du commerce international et des traités d’investissement.

Un des principaux objets d’attention est maintenant le traitement des eaux usées, en particulier dans le cadre des mines de charbon et de l’extraction du gaz de schiste.  Pour mémoire, GDF Suez – lourdement investi dans le charbon et le fracking lui accorde un intérêt financier dans le processus d’extraction des énergies polluantes- possède plus du tiers de Suez Environment. Ceci peut permettre d’expliquer la participation de Suez au nouveau groupe de pression le  «  Centre pour les hydrocarbures non-conventionnels » ( lien externe)

LVMH (Moet Hennessey – Louis Vuitton) n’est pas impliqué dans l’extraction des énergies sales mais fait plutôt son beurre en vendant des produits extrêmement chers aux uber-riches, assez paradoxal avec l’idée d’une vie équitable sur une planète limitée. D’autant plus qu’ils sont connus pour être des fraudeurs du fisc avec plus de deux cents comptes subsidiaires (lien externe)  situés dans des paradis fiscaux, leur permettant d’éviter leur juste quote-part dans le domaine des transitions énergétiques dont nous avons besoin si nous voulons maîtriser le changement climatique.

Mais si le climat devient chic, alors Louis Vuitton et sa clientéle élitiste ne peuvent pas manquer d’être vus lors de cette saison de son de cloche obscène des Nations Unies.

Les autres sponsors originellement listés par Europe1  ( lien externe) puis plus tard déniés par la présidence française incluaient BMW l’opérateur de central nucléaire et de mines de charbon Vatenfall et New Holland agriculture. Vatenfall qui est en train de poursuivre le gouvernement allemand  qui se débarrasse du nucléaire, et a déjà gagné un procès contre Berlin ayant osé élever les standards de fonctionnement de ses installations charbonnières et BMW, le dévoreur d’essence qui a ligoté  Angela Merkel aux lobbies contre l’augmentation des standards d’émission pour les voitures. Et New Holland Agriculture, impliqué dans «  l’agriculture climatiquement intelligente », et met la culture entre les mains des multinationales et des marchés du carbone en faillite   ( lien externe)

Même s’ils ne sont pas des sponsors officiels du COP21, tous trios sont confirmés pour être les sponsors du forum pro-multinationales Sustainable Innovation Forum 2015 ( lien externe)  se déroulant pendant le COP21 ( les 7 et 8 Décembre). Bien que n’étant pas l’événement le plus important il lui a été conféré le label approuvé par le COP21, un label  appuyant toutes sortes d’initiatives et son website rend la connexion immanquable. ( lien externe)

Le sommet de l’iceberg des corporations.

La sponsorisation du COP21 n’est que le sommet de l’iceberg en terme d’utilisation des pourparlers par les multinationales et de l’ attention qui les entoure pour promouvoir leurs propres solutions quant au changement climatique. Malheureusement, de telle solutions fausses ne permettront que d’assurer la continuité  du “Le Business comme d’habitude”  plutôt que les changements et les transformations auxquels nous avons besoin d’assister.

Les événements corporatistes – au sein des Nations Unies -comme celui de l’année passée, sponsorisé par Chevron et Shell afin de contrecarrer les mouvements anti-énergies fossiles en faveur des énergies expérimentales vont être très répandus.  Et sait-on jamais, le business peut même obtenir ce qu’il souhaite et obtenir un siège  à la table des négociations.  (Ils se plaignent actuellement de manquer d’influence.)

Il y a deux ans, les négociations préliminaires se sont tenues à Varsovie entre les négociateurs et les corporations avec l’exclusion de la société civile, ce ne serait donc pas un si grand pas à franchir  même si c’est un peine de mort prononcée pour le climat et ceux qui souffrent déjà. Mais pourquoi attendre Paris – l’influence des corporations sur les pourparlers des Nations Unies a déjà commencé. Dans la capitale française, des événements fleurissent partout, comme le « Business and Climate Summit [Sommet Affaires et Climat] » en Mai, co-accueilli par l’UNESCO, l’UNEP et le Conseil Mondial Economique pour un Développement durable- qui comprend les compagnies pétrolières Shell, Dow Chemicals et les ciments Lafarge parmi d’autres ( les citoyens ont organisé une  protestation massive à Lima l’an passé lors des pourparlers pour le climat) Dans les capitales, le Big Business travaille déjà dur, à travers le lobbying direct et de gros événements PR ( Public Relation) , afin d’assurer que lorsque les leaders politiques arriveront à Paris, le travail soit déjà fait et qu’ils puissent tous lire la même partition.

Il existe une alternative

En dépit de son apparence incontournable, l’influence excessive et l’accès privilégié du big business aux décisions des hommes politiques n’ont pas à être tolérés. Dans le domaine du contrôle de la consommation de tabac,  les militants de la société civile et les gouvernements du Sud on été les témoins de l’introduction d’un pare-feu entre les lobbies de l’industrie du tabac et les officiels de la santé publique afin de résoudre le problème. Ils ont  argument que les dommages occasionnés par l’industrie, par exemple en interférant dans les recherches scientifiques, le lobbying contre les bonnes politiques, la proposition de fausses solutions, la création de faux groupes citoyens, la sponsorisation d’événements, l’emploi d’anciens officiels de la santé ou de fonctionnaires – ainsi que le fait que leurs intérêts ne seront jamais alignés sur les intérêts publics justifiait une telle séparation ( lien externe)

Et ce mur pare-feu entre les lobbies et les officiels de la santé publique ne s’est pas uniquement appliqué aux discussions sur le contrôle de la consommation de tabac, mais à un niveau national, pour chacun des gouvernement qui a signé le traité. L’industrie des énergies fossiles tombe dans la même catégorie, ( lien externe)  – lobbying pour compromettre les progrès et ayant ses propres intérêts complètement en opposition avec ce que nous devons faire pour endiguer le changement climatique i.e laisser le pétrole dans le sol.

Nous avons besoin d’un mur pare-feu entre les gros pollueurs, nos politiciens et ceux à la tête des négociations des Nations Unies, y compris la Secrétaire de l’Exécutif Christina Figueres  ( qui a été consultante climat pour la grosse firme gazière Endesa) qui doit mener à publier , par exemple, toutes ses rencontres et refuser les rendez-vous avec les gros pollueurs. Et François Hollande et son gouvernement devraient donner l’exemple, en refusant toute interaction avec les industries sales – les sponsors du COP21 inclus. C’est à eux que revient d’assurer que le COP21 ne soit pas simplement une nouvelle opportunité pour certaines corporations les moins socialement et environnementalement conscientes de sa blanchir et de cacher la réalité.

Climate and energy

Traduction : Elisabeth Guerrier