AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Coûts de l’armement nucléaire américain Privatisation du nucléaire

Berner les Américains sur  la santé et la guerre

 

Duping Americans on Healthcare and War

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

 

 

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

 

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

 

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

 

Force de dissuasion ou agression ?

 

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

 

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

 

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

 

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

 

La persécution du gros bâton

 

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

 

 

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

 

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

 

Le problème d’une menace crédible

 

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

 

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

 

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

 

Le déloyal Colin Powel

 

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

 

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

 

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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L’Armée américaine, quel gâchis William Hartung

 

Tomgram : William Hartung. The US Military, what a waste! 

 

Tomgram: William Hartung, L’armée américaine, quel gâchis !

 

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Virginia

William Hartung
À la fin de l’année passée, j’ai passé quelques temps à creuser dans les efforts de reconstruction du Pentagone en Irak et en Afghanistan, pays qu’il avait envahi en 2001 et 2003 en tandem avec un choix d’équipe de compagnies privées de mercenaires de     compagnies privées de mercenaires. Comme histoire fabulée de ce que peuvent faire les Américains dans des pays éloignés, les deux se sont avérés d’une façon consternante être un conte sur ce que les Américains ne peuvent pas fair, des constructions de routes (qui ont commence immédiatement à tomber en miettes) à des académies de police construites (qui se sont montrées  assez hasardeuses pour la santé) à des prisons commencées (qui n’ont  jamais été finies) à des écoles construites restées non équipées, en passant par des petits transferts d’armes (qui ont été “perdues” pendant le transit) et à des armées construites, entraînées et équipées à des coûts incroyables  (qui se sont évanouies ). C’est comme si tout ce à quoi avait touché le Pentagone n’avait tourné en autre chose qu’en débris ( y compris la  guerre sans fin qu’il combattait).  Tout ceci ajouté à ce que j’avais appelé une massive arnaque, “$cam” avec l’argent des contribuables américains perdu en quantité qui  défie l’imagination. En lisant la dernière publication de William Hartung sur le «  gâchis » du Pentagone me sont revenues en mémoire les articles de Tomdispatch.   Ce n’est pas arrivé uniquement à Kaboul ou à Bagdad, ça se passé là, dans les bons vieux USA depuis, comme le rappelle Hartung, cinquante ans. Il n’existe qu’une seule différence que je puisse reconnaître : à Kaboul à Bagdad et dans d’autres capitales du Moyen-Orient et d’Afrique, si nous avons vu des versions beaucoup plus petites de ce «  gâchis » tolérées par les élites locales de ces pays, nous aurions nommé cela de la “corruption” sans sourciller. Aussi, voici une petite suggestion, en lisant Hartung, prenez la peine de penser comme ce qui aurait été considéré comme un style de corruption tiers-mondiste est enterré en profondeur au cœur même de notre système et dans la façon d’être du complexe militaro-industriel. Maintenant, le Président Dwight Eisenhower  doit se retourner dans sa tombe/.
Tom

 

 

Comment ne jamais faire d’audit sur le Pentagone ?
Cinq décennies plus tard, la machine à gâcher militaire tourne à toute allure.
Par William D. Hartung

Des 150 millions dépensés  pour les villas privées d’une poignée de personnel en Afghanistan aux 2, 7 millions dans un ballon de surveillance par air qui ne fonctionne pas, les dernières révélations sur les pertes du Pentagone ne sont que les dernières bourdes dans une longue série d’histoires identiques étendue sur les dernières cinquante années. Les derniers exemples sur le feu comprendraient l’achat par l’armée d’hélices d’hélicoptères valant 500 dollars pièce pour la somme de 8000 dollars chacune et l’accumulation de milliards de dollars de pièces d’armement qui ne serviront jamais. Puis, vient celle qui devrait être la favorite des histoires de gâchis sur la liste du Pentagone : la dépense de plus de 50.000 dollars pour faire des recherches  sur les capacités de détecteurs de bombe des éléphants d’Afrique ( Et là vient le choc, ils n’étaient pas tellement capables) La recherche sur les éléphants, bien sûr, représente un élément idiot dans la cagnotte dilapidée du Pentagone et dans le contexte  des 600 milliards et plus de budget, mais permet d’envisager à quelle distance absurde le Département de la défense ira quand ce qui est en jeu est la dépense de l’argent du contribuable.

Gardez  à l’esprit que les exemples ci-dessus sont juste le sommet du sommet de l’iceberg titanesque des gâchis militaires. Dans un rapport récent, effectué pour le Center for International Policy, j’ai identifié 27 exemples récents de dépenses inutiles similaires se montant à plus de 33 millions. Et ce n’était rien de plus qu’un échantillonnage de la vie quotidienne dans un monde du 21ième siècle Pentagonesque.

La profusion étonnante et persistante de tels cas suggère qu’il est temps de repenser ce qu’ils représentent exactement. Loin d’être des aberrations  demandant à être corrigées afin de faire marcher mieux le Pentagone, perdre des sommes importantes provenant de l’argent du contribuable devrait être vu comme une manière d’être du Département de la défense. Et, avec ça à l’esprit, allons faite un petit tour dans les gâchis du Pentagone des années 60 à maintenant.

Dans combien d’états pouvez-vous perdre des emplois ?

La première personne à avoir porté à l’attention publique la taille et l’ampleur du problème des partes du Pentagone a été  Ernest Fitzgerald, un assistant à la gestion des systèmes pour l’Air. À la fin des années 60, il s’est battu pour montrer les coûts supplémentaires massifs sur les avions de transports aériens en C5A de Lockheed. Il a risqué son emploi et a finalement été licencié, pour avoir  révélé un coût supplémentaire de 2 milliards dans les dépenses sur un avion qui était supposé faire du rapide déploiement de grandes quantités de matériels militaires au Vietnam et dans d’autres conflits à distance une réalité.

L’augmentation du coût du C-5A a été de deux fois le prix initialement donné par Lockheed, et à l’époque, le plus gros écart de prix jamais manifesté. Ce fût également un épisode particulièrement intéressant, parce que le Secrétaire à la Défense Robert McNamara s’était engagé à mettre en œuvre pour tenir le processus budgétaire du Pentagone des méthodes de budgétisation efficaces.

Il n’a pas eu de chance, à ce qu’il apparaît, mais les révélations de Fitzgerald ont au moins eu le bénéfice de déclencher une décennie d’analyse médiatique et l’attention du Congrès sur les pratiques financières de l’industrie de l’armement.    Le  fiasco du C-5A combiné aux problèmes financiers de Lookheed liés à son projet d’avion de ligne L-1011, a conduit la compagnie à solliciter le Congrès, la coupelle à la main pour une couverture  gouvernementale de 250 millions. Le Sénateur du Wisconsin William Proxmire, qui avait aidé à constater les excès de dépenses sur le C-5A s’opposa vigoureusement à la mesure et atteint la défaite au Sénat à une voix près.

Utilisant une technique de lobbying ayant fait ses preuves qui a été depuis celle des constructeurs d’armes  Lockheed  a déclaré  que le refus de fournir des garanties coûterai 34000 emplois dans 35 états, tout en compromettant la capacité du Pentagone a préparer la prochaine guerre, où qu’elle ait lieu. La tactique marcha comme un charme. Le sénateur du Montana Lee Metcalf, dont le vote permis le dit :  “ Je ne vais pas être celui qui va mettre des milliers de gens au chômage. »  Une analyse du New York Time montra que chaque sénateur ayant des usines liées à Lookheed dans son état vota pour le marché.

En récompensant Lockheed Martin pour ses pratiques dispendieuses, le Congrès a créé un précédent qui n’a jamais été  remplacé. Un cas actuel en jeu est – quand on parle du loup- l’avion de combat F35 de Loockeed Martin. Avec 1.4 trillions de frais d’acquisition et de coût opératoires au cours de sa vie, ce sera le programme d’armement le plus cher jamais entrepris par le Pentagone ( ou par quiconque sur la planète Terre), et les signes d’alarme sont déjà présentes : des dizaines de milliards de dollars dans des surcoûts projetés et des myriades de problèmes dans les performances avant que le F35 soit même à la fin de sa période d’essai.  Maintenant, le Pentagone veut accélérer la production de l’avion en créant un “ achat en bloc” de plus de 400 avions qui ne nécessiteront peu ou pas de  contrôle   à l’égard de la qualité et du coût final du produit.

D’une façon prévisible, presque cinq décennies après le contre-temps du C-5A, Loocked-Martin a développé un version inflationniste de l’argument des emplois en défendant le F-35, assurant d’une  façon exagérée  que l’avion créerait 120.000 emplois dans 46 états. La compagnie a même créé une carte  interactive commode  montrant combien d’emplois créerait le programme état par état. Peu importe le fait que les dépenses d’armement soit le moins efficace moyen de créer des emplois trainant loin derrière les investissements dans l’habitat, l’éducation ou les infrastructures.  

 

Le classique siège de toilettes à 640 dollars.

Malgré les dizaines de milliards perdus sur un projet comme le F-35, les exemples qui semblent attirer le plus l’attention des medias et le plus d’ulcération de la part des contribuables sont les excès de dépenses sur des accessoires de la vie quotidienne.   Peut-être parce que l’individu de base n’a pas le sens du coût d’un avion de combat mais peut plus facilement envisager le fait qu’une dépense  de 640 dollars pour un siège de toilette ou de 7600 dollars pour une cafetière puisse être scandaleuse.  Ces sortes d’exemples – révélés pour la première fois  en 1980 par Dina Rasor du Project on Military Procurement – on compromit la position du gouvernement de Ronald Reagan selon laquelle pas un penny ne pourrait être prélevé du budget,- alors record en temps de paix – du Pentagone.

Les médias ont vidé leur assiette sur ces histoires. Les dépenses surévaluées du Pentagone pour chaque article ont généré  des centaines d’articles dans les journaux et les magazines, y compris un page de couverture dans le Washington Post. Deux lanceurs d’alerte ont même été interviewés dans le Todayshow et Johnny Carson a plaisanté sur de tels scandales dans ses monologues d’introduction du Tonight Show. Il est possible que la description la plus  mémorable du problème soit un dessin humoristique  de Herblock du Washington Post montrant le Secrétaire de la défense de Reagan, Weinberger portant un siège de toilettes de 650 dollars autour du cou.  Cette explosion de vérités, d’alertes, de journalisme d’investigation et de moqueries ont aidé à poser un plafond aux accumulations militaires mais- vous ne serez pas surpris de l’apprendre- n’ont pas empêché le Pentagone de trouver des manières toujours plus innovantes de dépenser l’argent du contribuable.

Le choix de dépense le plus choquant des années 90 fut sans doute la décision du gouvernement Clinton de subventionner  la fusion  odes firmes les plus importantes de la défense. Comme Lockheed ( oui, encore) et Martin Marietta ont fusionné, Northrop a fait équipe avec Grumman et Boing acheté Mc Donnel Douglas, le Pentagone a fourni les fonds pour payer pour tout, de la fermeture d’usines au financement de parachutes en or pour des cadres déplacés et des membres des conseils d’administration. À l’époque, le Sénateur du Vermont, Bernie Sanders avait fort à propos surnommé ce processus “des pots de vin pour des mises à pied”  comme les administrateurs des firmes de défense recevaient des indemnités juteuses alors que les employés étaient largement laissés livrés à eux-mêmes.

La rationalisation du Pentagone pour justifier ces centaines de millions de dollars offerts au mastodonde de la défense  était risible. L’argument était – absurde s’il en est – était que les nouvelles et plus importantes compagnies fourniraient le Pentagone à des prix plus bas une fois éliminés les frais généraux. L’ancien membre du Pentagone Lawrence Korb, qui s’opposa aux subventions à l’époque, note l’évidence : il n’existe aucune prévue que le programme d’armement devienne moins cher, que les dépassements de coût baissent ou que le gâchis se réduise tant soi peu grâce au financement des fusions des compagnies. Et comme il est devenu clair dans le monde des géants de l’armement qui a suivi, l’accentuation du pouvoir de marchandage de compagnies comme Loockheed Martin dans un marché offrant une baisse de la compétition significative a sans aucun doute augmenté d’une façon significative le coût des armes.

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Ne pas faire d’audit sur le Pentagone a coûté 6 milliards.

La figure emblématique du gâchis lors de la première décennie du 21ième siècle a certainement été les milliards de dollars qu’un Pentagone en voie de privatisation a distribué à des compagnies surprotégées  comme Halliburton qui a accompagné l’armée US dans les zones de combat et s’est engagée dans un programme de  construction de bases et de projets de « reconstruction » ( alias «  construction nationale)  en Irak et en Afghanistan. L’Inspection  générale spéciale pour la reconstruction en Afghanistan (SIGAR) à elle seule semble offrir de nouveaux exemples de gâchis, de fraude et d’abus pratiquement sur une base hebdomadaire. Parmi les projets afghan qui ont été entrepris au court des années se trouve une  « autoroute pour nulle part » ,de plusieurs millions,   une station essence de 43 millions   au milieu de nulle part,  Un quartier général de  25 millions « maison de l’art » pour l’armée US dans la province de Helmand, avec tous les habituels surcoûts, que personne n’a jamais utilisé et le paiement actuel de salaires à des milliers de personnes inexistantes, fort à propos nommés «  les soldats fantômes »  .   Ceci n’étant que le début d’une longue, longue liste. L’année passée,  Pro Publica créa un précieux graphique interactif détaillant les 17 milliards engloutis dans des dépenses inutiles exposées par  SIGAR, complété par des informations sur ce que cet argent aurait pu permettre si il avait été dépensé efficacement.

Une des raisons pour lesquelles le Pentagone a pu s’en tirer malgré tout ceci est qu’il s’est étrangement montré incapable de pratiquer  un simple audit sur lui-même, en dépit des demandes mandatées du Congrès remontant aux années 90. Très à propos, ceci signifie que le Département de la défense ne peut nous dire combien d’équipements ont été achetés, ou la fréquence de ses dépassements, ou même combien de sous-traitants il emploie. Ceci peut être un défaut de comptabilité spectaculaire mais c’est un très bon point pour les firmes d’armement, qui profite d’autant plus de ce minimum de comptabilité. Appelons ça de l’ironie ou symptôme d’un mode de vie à succès mais une analyse récente de Project sur le contrôle gouvernemental note que le Pentagone a dépensé jusque-là environ 6 milliards à « régler » la question de l’audit – sans solution en vue.

 

Au contraire, les pratiques comptables du Pentagone lors des dernières années ont empiré. Parmi les offenses à n’importe quel sens comptable raisonnable, le plus frappant peut-être a été la façon dont le budget de guerre – connu au Pentagone sous le nom de Overseas Contingency Operations account –[compte pour les opérations contingentes d’outre-mer] a été utilisé comme fond de caisse noire  pour régler des dizaines de milliards de dollars d’ articles n’ayant rien à faire avec la guerre.  Ces manœuvres d’évitement ont été utilisées pour contourner les limites imposes par le Congrès au budget ordinaire dans le Budget Control Act de 2011.

Si le Pentagone arrive à ses fins, l’armement nucléaire aura lui aussi sa caisse noire. Pendant des années le lobby des sous-marins a caressé l’idée d’un fond pour une plateforme de dissuasion basée en mer   (en dehors du budget naval régulier de l’armée) qui financerait les tirs de missiles balistiques sous-marins. Le Congrès avait approuvé l’idée et maintenant on demande   un fond de dissuasion qui donnerait un traitement budgétaire spécial aux bombardiers et aux missiles balistiques intercontinentaux également. Si c’est accepté, ce changement jettera par la fenêtre la plus proche la discipline budgétaire minimum qui existe maintenant au Pentagone et augmentera les dépassements budgétaires du Département, qui  excèdent  déjà les niveaux atteints lors de la période précédente de Reagan.

Pourquoi les dépenses et le gaspillage du Pentagone a-t-il été si difficile à maitriser ? La réponse, en un sens, est simple : le complexe militaro-industriel profite du gaspillage.  Un regard plus proche sur le gaspillage pourrait signifier non seulement des pièces de rechange moins chères mais aussi de sérieuses questions pour savoir si des poules aux œufs d’or comme le F-35 sont d’une quelconque utilité. Un recensement précis des centaines de milliers de sous-traitants privés employés par le Pentagone pourrait révéler qu’une large proportion d’entre eux fait un travail qui est soi en double soi inutile.  En d’autres termes, un audit effectif ou n’importe quel contrôle sérieux du Pentagone sur ses pratiques dispendieuses pourrait représenter une menace financière sur un secteur qui s’en sort parfaitement bien avec les arrangements actuels.

Qui sait ? Si les pratiques dispendieuses du Département de la défense étaient même simplement soumises à un regard et à un contrôle authentique, les gens pourraient commencer à poser des questions, par exemple, pourquoi un pays qui a déjà la capacité de détruire la planète entière plusieurs fois a besoin de  dépenser     1 milliard durant les prochaines trois décennies sur une nouvelle génération de missiles balistiques, de bombardiers, de sous-marins nucléaires. Rein de tout cela ne serait une bonne nouvelle pour les entrepreneurs et pour leurs alliés au Pentagone et au Congrès.

 

Sans doute, de temps en temps, vous continuerez à entendre des histoires de gâchis du Pentagone  ou des éléphants détecteurs de bombe égarés sur les médias . Sans une campagne concertée de pression publique comme nous n’en avons pas vue lors de ces dernières années, cependant, le budget hémorragique du Pentagone  ne sera jamais maîtrisé, cet audit ne se produira jamais et les fabricants, notre argent en main,  continueront à siffloter d’un cœur gai sur le chemin de la banque.

 

William D. Hartung, un auteur régulier sur  TomDispatch , est le Directeur de “Arms and Security Project” au centre de politique international. Il est l’auteur, entre autres de :   Prophets of War: Lockheed Martin and the Making of the Military-Industrial Complex.

Copyright 2016 William D. Hartung

 

 

 

Traduction  : Elisabeth Guerrier

 

 

 

 

Une guerre mondiale a commencé, brisons le silence

 

A world war has begun.

Par John Pilger

 

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Je suis allé filmer dans les îles Marshall, qui sont au nord de l’Australie, au milieu de l’Océan pacifique.

À chaque fois que je dis à des gens où je suis allé, ils me demandent “ Où est-ce ?” si je leur donne un indice en me référant au «  bikini » ils disent «  Ah, tu veux dire le maillot de bain ? »

Peu semblent conscients du fait que le maillot de bain bikini a été nommé ainsi afin de célébrer les explosions nucléaires qui ont détruit l’Ile de Bikini. Soixante-six têtes nucléaires lancées par les USA ont explosé dans les îles Marshall entre 1946 et 1958, l’équivalent de 1.6 bombes d’Hiroshima chaque jour pendant 12 ans.

Bikini est silencieuse aujourd’hui, muette et contaminée. Les palmiers poussent dans des réseaux étranges. Rien ne bouge. Il n’y a pas d’oiseaux.  Les pierres tombales du vieux cimetière sont vivantes de radiation. Mes chaussures ont été déclarées «  dangereuses » sur le compteur Geiger.

Debout sur la plage, j’ai regardé le vert émeraude de l’océan tomber au loin dans un vaste trou noir. C’était le cratère laissé par la bombe à hydrogène qu’ils ont appelée «  Bravo ». L’explosion a empoisonné les gens et leur environnement  sur des centaines de kilomètres, peut-être pour toujours.

Pendant mon voyage de retour, je me suis arête à l’aéroport de Honolulu et j’ai remarqué un magazine américain appelé  « La santé au féminin ». Sur la couverture se trouvait une femme souriante en bikini et le titre «  Vous aussi, vous pouvez avoir un corps bikini. » Quelques jours plus tôt, dans les îles Marshal, j’avais interviewé des femmes qui avaient des corps bikini très différents, chacune souffrant de cancer de la thyroïde et d’autres cancers extrêmement graves.

Contrairement à la femme souriante du magasine, chacune d’entre elles vivaient dans la misère, victimes et cobayes d’une superpuissance rapace qui est aujourd’hui plus dangereuse que jamais.
Je fais part de cette expérience comme un avertissement et afin d’interrompre la distraction qui nous a consume tous ou Presque. Le fondateur de la propagande moderne, Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme «  la manipulation consciente et intelligente des comportements et des opinions. » dans les sociétés démocratiques. Il a appelé cela « le gouvernement invisible »
Combien de personnes savent que la guerre a commencé ? En ce moment c’est une guerre de propagande, de mensonge et de diversion,  mais ceci poeut changer instantanément avec le premier ordre donné par erreur, avec le premier missile.

En 2009, le Président Obama se tenait devant une foule en adoration dans le centre de Prague, au Cœur de l’Europe. Il s’engageait à faire «  un monde libéré des armes atomiques ». La foule a frémi et quelques uns ont pleuré. Un torrent de platitude a coulé dans les médias. Obama s’est vu en conséquence attribué le Prix Noble de la paix. Mais c’était tout à fait faux, il mentait. Son gouvernement a construit plus d’armes atomiques, plus d’ogives nucléaires, plus de système de propulsion nucléaire, plus d’usines nucléaires. Le coût pour les ogives nucléaires seules a été plus élevé sous Obama que sous aucun autre président américain. Il se monte à plus d’un milliard de dollars.

Une mini bombe atomique est prevue. Elle est connue sous le nom de B61 Model 12. Il n’y a jamais eu quelque chose comme ça. Le Général James Cartwright, un  ancien vice-président de l’état-major interarmées a dit : «  Le fait qu’il deviennent plus petits rend leur usage plus vraisemblable. »

Lors des derniers dix-huit mois, le plus grand regroupement militaire depuis la Deuxième guerre mondiale- conduit par les USA se produit à la frontière oust de la Russie. Jamais depuis que Hitler a envahi l’Union soviétique des troupes étrangères n’ont été un tel danger pour la Russie.

L’Ukraine, auparavant partie de l’URSS, est devenu le parc à thème de la CIA. Ayant orchestré un coup à Kiev, Washington contrôle effectivement le régime qui est la porte à côté et est profondément hostile à la Russie : un régime corrompu par les Nazis, littéralement. Des figures parlementaires notoires en Ukraine sont des descendants politiques des groupes fascistes notoires comme l’OUN et l’UPA. Ils louent ouvertement Hitler et appelle à la persécution et à l’expulsion de la minorité russe. C’est rarement évoqué dans la presse de l’Ouest  ou c’est inverti afin de cacher la vérité.

En Lettonie, Lituanie et Estonie- la porte à côté de la Russie, l’armée US est entrain de déployer des troupes de combats, des tanks, et des armes lourdes. Cette extrême provocation de la deuxième puissance nucléaire mondiale est accueillie par le silence de l’Ouest. Ce qui  rend la perspective d’une guerre nucléaire encore plus dangereux et le parallèle avec la champagne contre la Chine.

Pas un jour ne passe sans que la Chine ne soit élevée au rang de «  menace ». Selon l’Amiral Harry Harris, le Commandant en chef de l’armée du Pacifique, la Chine  ” construit un grand mur de sable dans le sud de la mer de Chine. »
Ce à quoi il fait référence est à la construction de pistes d’atterrissage sur les îles Spratly, qui sont l’objet d’une dispute avec les Philippines. Une dispute non prioritaire avant que Washington ne fasse pression et soudoie le gouvernement de Manille et que le Pentagone ne lance une campagne de propagande appelée «  Liberté de navigation. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire liberté pour les vaisseaux de guerre américains de patrouiller et de dominer les eaux   côtières de Chine. Essayez d’imaginer la réaction américaine si des vaisseaux de guerre chinois faisaient la même chose sur les eaux de Californie.

J’ai réalisé un film appelé : «  La guerre que vous ne voyez pas. », dans lequel j’ai interrogé des journalistes distingués en Amérique et en grande Bretagne. Des reporters comme Dan Tather de CBS, Rageh Omar de la BBC, David Rose de l’Observer.

Tous ont dit que si les journalistes et les animateurs télé avaient fait leur travail et questionné la propagande selon laquelle Sadam Hussein possédait des armes  de destruction massive, que si les mensonges proférés par Tony Blair et Georges Bush n’avaient pas été amplifiés  et propagés par les médias, l’invasion de 2003 en Irak n’aurait probablement pas eu lieu et des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants seraient encore vivants à l’heure actuelle.

La propagande préparant le terrain pour une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est pas différente dans son principe. À ma connaissance, aucun journaliste des réseaux médiatiques officiels de l’ Occident – l’équivalent d’un Dan Rather disons. n’a demandé pourquoi la Chine construisait des pistes d’atterrissage au sud de la Mer de Chine. La réponse serait d’une évidence aveuglante. Les USA sont en train d’encercler la Chine avec un réseau de bases, avec des missiles balistiques, avec des bombardiers armés de têtes nucléaires. Cet arc mortel s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, des îles Mariana,  Marshall et  Guam, aux Philippines, à la Thaïlande, Okinawa, Corée et au travers l’Eurasie jusqu’à l’Afghanistan. L’Amérique a accroché un nœud coulant au cou de la Chine. Ce n’est pas une nouvelle. Silence des médias. La guerre vue par les médias.

En 2015, dans le plus grand secret, les US et l’Australie ont organisé le plus gros exercice militaire sol-mer dans l’histoire récente, connu comme le Talisman Sabre. Son but était la répétition d’un plan de bataille air-mer, bloquant les voies maritimes comme le détroit de Malacca et celui de Lombok, qui condamnent l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières vitales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.

Dans le cirque connu en tant que campagne présidentielle américaine, Donald Trump est présenté comme un  fou, un fasciste. Il est certainement odieux, mais il est aussi une figure haïe par les médias. Ceci uniquement pourrait lever notre scepticisme.

Les vues de Trump sur l’émigration sont grotesque, mais pas plus grotesque que celle de David cameron. Ce n’est pas Trump qui est la grand reporter aux USA mais le lauréat du prix Nobel de la paix Barack Obama. Selon un commentateur prestigieux, Trump «  lâche les rennes de la violence. » aux USA. Il les lâche ?

C’est le pays   où les petits enfants tuent leurs mères et où la police mène une guerre contre les noirs américains. C’est le pays qui a attaqué et cherché à renverser plus de 50 gouvernements, dont nombre de démocraties et bombardé de l’Asie  au Moyen Orient, causant la mort et l’expropriation de millions de personnes.

Aucun pays n’atteint leson record de violence systémique. La plupart des guerres américaines, souvent contre des pays sans défnse, ont été déclenchées non par des gouvernement républicains mais par des Démocrates libéraux, Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama.

En 1947, une série de directives du Conseil national de sécurité décrivait le but ultime de la politique étrangère américiane comme : « un monde substantiellement fait à l’image de l’Amérique ».

Il s’agit de l’idéologie de l’Amérique messianique. Nous sommes tous américains. Ou autres. Les hérétiques seront convertis, achetés, diffamés ou écrasés.

Donald Trump est le symptôme de cela, mais il est aussi un dissident. Il dit que l’invasion de l’Irak était un crime, il ne veut pas d’une guerre contre la Russie ou ma Chine. Le danger pour nous qui restons n’est pas Trump, mais Hillary Clinton. Elle n’est pas une dissidente. Elle incarne la résilience et la violence d’un système dont l’  « exceptionnalisme » tant vanté est un totalitarisme avec de temps en temps un visage libéral.

Comme l’élection présidentielle approche, Clinton sera considérée comme la première femme président, sans tenir compte d ses crimes et de ses mensonges- tout comme Barack Obama était vanté en tant que premier président noir et que les libéraux avalèrent son non-sens à propos de l’ « espoir ». Et le radotage continue. Décrit par le rédacteur du Guardian Owen Jones comme «  drôle, charmant, avec une gentillesse qui évince partiquement tous les autres politiciens” Obama  a envoyé l’autre jopur des drones qui ont massacre 150 personnes en Somalie. Il tue des gens généralement le mardi, selon le New York Times, quand on lui tend une liste de candidats pour la mort par drone. Tellement gentil.

Dans sa campagne présidentielle de 2008, Hillary Clinton a menace de  complètement oblitérer l’Iran avec des armes nucléaires. En tant que secrétaire d’état sous Obama, elle a participé au renversement du gouvernement du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 a Presque été jubilatoire. Quand le leader libyen, le Colonel Kadhafi  a été publiquement sodomisé avec un couteau – un meurtre rendu possible grâce à la logistique américaine ; Clinton a exulté à propos de sa mort : «  Nous sommes venu, nous avons vu, il est mort. »

Un des allies les plus proches de Clinton est Madeleine Albright, l’ancienne secrétaire d’état qui a attaqué les jeunes femmes qui ne supportaient pas Hillary, la même Madeleine Albright qui a considéré à l’écran que la mort de millions d’enfants irakiens « valait la peine. »
Parmi les soutins les plus importants de Clinton on trouve le lobby israélite et les compagnies d’armement qui nourrissent le violence dans le Moyen Orient. Elle et son mari ont reçu des fortunes de Wall Street. Et cependant, elle est sur le point d’être proclamée la candidate des femmes, afin d’évincer l’horrible Trump, le démon officiel. Ses supporters comprennent des féministes distinguées, comme Gloria Steinem aux US ou Anne Summers en Australie.

Il y a une génération, un culte post-moderne, connu maintenant sous le nom de
“ Politique identitaire”  arrêtait beaucoup de personnes intelligentes, d’esprit libéral, qui examinaient les cause et les individus qu’ils soutenaient, comme les faussaires Obama et Clinton, comme les mouvements soi disant progressistes de Syriza en Grèce, qui ont trahi le people de leur pays et se sont allies avec leur ennemi. L’auto-absorption, une sorte de soiisme sont devenus le nouveau zeitgeist dans les sociétés privilégiées de l’Occident et montrent l’abandon de grands mouvements collectifs contre la guerre, l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.

Aujourd’hui, le long sommeil est peut-être fini. La jeunesse se réveille à nouveau. Progressivement, les milliers en Grande Bretagne qui ont supporté Jeremy Corbyn font partie de cet éveil, comme sont ceux qui se sont rassemblés pour supporter Bernie Sanders. En Grande-Bretagne la semaine dernière, le plus proche allié de Corbyn, un chef du parti travailliste, John McDonnel, a impliqué le parti au gouvernement afin qu’il renfloue la dette de banques pirates et, dans les faits, continue la soi-disant austérité.*

Aux US, Sanders a promis de soutenir Clinton, si et quand elle serait nominée. Lui aussi a voté pour l’usage de la violence contre certains pays quand il le trouvait juste. Il pense que Obama a  «  fait un bon travail »

En Australie, il ya une sorte de politique moratoire, dan laquelle des jeux parlementaires pénibles sont joués à travers les medias pendant que des réfugiés et des peuples indigènes sont persécutés et que les inégalités augmentent, avec les dangers de guerre. Le gouvernement de Malcom Turnbull vient de présenter un budget pour la soi-disant défense de 195 milliards qui est une incitation à la guerre.

Silence

 

Qu’est devenue la grande tradition populaire d’action directe ? Où sont le courage, l’imagination et l’investissement nécessaires pour commencer un long voyage vers un monde meilleur, plus juste et pacifique ? Où sont les dissidents dans l’art, le cinéma, le théâtre, la littérature ? Où sont ceux qui vont briser le silence ? Ou attendons-nous que le premier missile nucléaire soit lancé ?

 

John Pilger
March 2016

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Privatiser l’apocalypse Richard Krushnic et Jonathan King

Après une présentation rédigée par Tom Engelhart que nous avons souhaité garder, Richard Krushnic et Jonathan King nous convient à découvrir les dessous de cet énorme entreprise qu’est la maintenance, la conception et le stockage de l’armement nucléaire aux USA. Des sommes phénoménales, toutes évidemment issues des impôts de l’Amérique sont allouées à des entreprises et à des sous-traitants d’un des projets de destruction massive les plus radicaux que la planète ait connu. Fonds dont personne ne connaît effectivement le montant et qui se voient reconduits par les poussées régulières des lobbies qui achètent le Congrès. Dans une obscurité quasi totale, organisée et maintenue opaque par les corporations se prépare l’apocalypse.EG

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Privatizing the Apocalypse 

Krushnic and King, Le complexe nucléaire multi-national

Ils ont dirigé les compagnies les plus profitables de l’histoire et, pour le dire franchement, ils sont en train de détruire la planète. Dans le passé, étant donné l’obsession terroriste des USA, je les avais nommé « terraristes ». Je fais référence, bien sûr, aux CEO des compagnies de la « grosse énergie », qui lors de ces dernières années ont tout fait pour trouver de nouveaux  moyens d’exploiter chaque réservoir d’énergie fossile imaginable sur la planète et de le remettre dans l’atmosphère sous forme d’émissions de dioxyde de carbone. Une chose est sûre : tout comme les responsables des compagnies de tabac, de l’industrie du cuivre  ou des équipements d’amiante  l’ont fait avant eux, ils savent ce que leur attirance pour les méga-profits signifie pour nous. – regardons la saison des incendies dans l’ouest de l’Amérique cette année. Et pour nos enfants et petits-enfants. Si vous pensez que le monde fait face en ce moment à un afflux important de réfugiés, attendez juste que les sécheresses soient plus sévères  et que les inondations  des zones côtières  augmentent. 

Comme je l’ai écrit en 2013 avec ces trois industries, les résultats négatifs sont arrivés comme par hasard des années, voire des dizaines d’années après l’exposition et ont donc été difficiles à connecter avec elle. Chacune d’entre elles savaient qu’il existait un lien. Chacune utilisa le fait que le temps en était déconnecté  comme protection. Une différence : si vous étiez un cadre de l’industrie du tabac, du cuivre ou de l’amiante, vous pouviez faire en sorte que vos enfants ou vos petits-enfants ne soient pas exposés à vos produits. Sur le long terme, il n’y a pas ce choix quand il s’agit des industries fossiles et du CO2, car nous vivons tous sur la même planète  (bien qu’il soit aussi exact que les nantis des zones tempérées ne seront vraisemblablement pas les premiers à souffrir)

D’une façon assez remarquable, comme Richard Krushnic et  Jonathan King le mettent en évidence aujourd’hui, les profits amassés par un autre groupe de chefs d’entreprise sont tout autant liés à des façons intimes de potentiellement détruire la planète (au moins en tant qu’environnement habitable pour l’humanité et pour d’autres espèces) et des dizaines de millions de personnes. Ce sont les exécutifs qui dirigent les compagnies qui développent, assurent la maintenance et modernisent notre arsenal nucléaire et, tout comme les compagnies de l’énergie, utilisent leurs lobbies et leur cash pour constamment pousser Washington vers toujours plus de la même chose. Un jour, en regardant en arrière, les historiens (s’il en existe encore)  considéreront, sans doute possible, les activités de ces deux groupes comme les exemples ultimes de la criminalité. Tom.

Privatiser l’Apocalypse

Comment les compagnies de l’armement nucléaire réquisitionnent vos impôts 

Richard Krushnic et Jonathan Alan King 

Imaginons pour un moment une véritable absurdité : quelque part aux USA, les opérations hautement lucratives d’un panel d’entreprises sont basées sur la possibilité que tôt ou tard notre voisinage sera détruit et que vous et vos voisins vous serez anéantis. Et pas seulement vous et vos voisins mais d’autres individus et leurs voisins à travers toute la planète. Que penserions-nous de telles compagnies ?  De tels projets ?  Et des méga-profits tirés de tout cela ?

En fait de telles compagnies existent vraiment. Elles sont au service de l’industrie de l’armement nucléaire américain et du vaste arsenal, potentiellement destructeur de la planète, du Pentagone. Elles en tirent des profits massifs, leurs membres vivent des vies confortables dans notre voisinage et jouent des rôles actifs dans la politique de Washington. La plupart des Américains savent très peu sinon rien sur leurs activités et les médias ne se préoccupent que rarement d’enquêter sur elles et sur leurs profits, même si le travail qu’elles accomplissent est au service d’un futur apocalyptique au-delà de toute imagination.

Ajoutons à l’étrangeté de tout ceci une autre improbabilité. Les armes nucléaires ont été à l’affiche pendant des années et cependant l’attention actuellement est focalisée comme un projecteur sur un pays qui ne possède pas une seule arme nucléaire, et pour autant que puisse en témoigner  les services de renseignements américains, n’a montré aucun signe de sa volonté d’en construire une. Nous voulons parler, bien sûr, de l’Iran.

Par contre, presque jamais ne sont présents dans les nouvelles les arsenaux, eux parfaitement réels, qui pourraient faire des ravages sur la planète, tout particulièrement notre propre arsenal et celui de notre ancien ennemi, la Russie.

Dans le récent débat sur l’accord du Président Obama avec l’Iran et le fait de savoir s’il préviendrait ce pays de jamais développer son armement nucléaire, vous pouviez chercher partout afin de trouver une vraie discussion sur l’arsenal américain, même si le Bulletin of the Atomic Scientists estime qu’il comprend à peu près 4700 têtes nucléaires actives.  Ce qui inclut un large éventail de bombes et de missiles terrestres ou immergés. Si par exemple, un seul sous-marin nucléaire Ohio Class – et l’armée en a 14, équipés d’ogives nucléaires, devait lancer  ses 24 missiles Trident, chacun équipé de 12 mégatonnes de têtes nucléaires à cibles indépendantes, les villes principales de tout pays visé dans le monde pourraient disparaître et des millions de personnes mourir.

Bien sûr, les détonations et les incendies liés entraîneraient tant de fumée et de particules dans l’atmosphère que le résultat en serait un hiver nucléaire, déclenchant une famine mondiale et la mort possible de centaines de millions de personnes, y compris des Américains (où que soit tombé le missile). Cependant, comme dans un roman classique du Dr. Seuss, on devrait ajouter : ce n’est pas tout, oh, non, ce n’est pas tout ! En ce moment l’administration Obama projette d’investir un millier de milliards de dollars dans les 30 années à venir afin de moderniser et de mettre à jour les forces nucléaires américaines.

Étant entendu que l’actuel arsenal représente des capacités de tueries outrancières – il pourrait détruire de nombreuses planètes de la taille de la Terre aucune de ces dollars du contribuable en plus n’apportera aux Américains la moindre sécurité ou protection accrues.  Pour la sécurité de la nation, il importe peu que dans les années à venir, la précision de tir des missiles dont la tête détruirait complètement toute créature vivante dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres soit réduite de 500 à 300 mètres. Si une telle « modernisation » n’a aucune signification militaire évidente, pourquoi cette poussée pour des dépenses supplémentaires dans l’armement nucléaire ?

Un facteur signifiant dans la cagnotte du nucléaire américain passé régulièrement inaperçu : les corporations qui détiennent l’industrie nucléaire. Pourtant les pressions qu’elles sont à même d’exercer en faveur d’une augmentation constante des dépenses nucléaires sont radicalement sous-estimées dans ce qui est passé pour un « débat » sur le sujet.

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Privatisation du développement de l’armement nucléaire.

 

Commençons par ce simple fait : la production, maintenance et modernisation de l’armement nucléaire sont une source de profit pour ce qui est, dans son essence, un cartel. Ils ne font évidemment pas face à une compétition étrangère pour  les contrats, étant donné que ce que nous évoquons là est l’arsenal militaire américain et que les contrats offerts par le gouvernement sont protégés de la critique de l’audit par l’apparence de la sécurité nationale. En outre, le modèle affairiste utilisé  est celui du « coût ajouté », ce qui signifie que quel que soit le dépassement du coût comparé au devis initial, les entrepreneurs reçoivent un pourcentage de profit garanti au-dessus des coûts. De gros profits sont effectivement garantis, quels que soient le niveau d’inefficacité ou de surévaluation du coût que puissent concerner le projet. En d’autres mots, il n’est pas possible pour les entrepreneurs de perdre de l’argent sur leur travaux, qu’ils soient efficaces ou non. (Rien à voir donc avec le modèle de libre-échange de la production libérale)

Ces profits bien protégés et les firmes les amassant sont devenus un facteur majeur dans la promotion du développement de l’armement nucléaire, compromettant toute démarche de désarmement quelle qu’elle soit.  Des parties de ce processus devraient nous être familières bien sûr  puisque c’est une extension de la formule classique du Pentagone que l’économiste de l’industrie de l’Université de Columbia Seymour Melman a décrit d’une façon si frappante dans ses livres et ses articles. Une formule qui a produit  les infamies de marteau à 436 dollars et de cafetières électriques à 6322 dollars.

Etant donnés les processus et les profits, les entrepreneurs de l’armement ont un intérêt particulier à s’assurer que le peuple américain ait un sens aigu du danger et de l’insécurité  (même si ce sont eux qui sont devenus la source principale de danger et d’insécurité). Récemment la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires [International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)] a produit un rapport frappant :   « Ne misez pas sur la bombe »  rendant compte des chefs d’entreprise les plus importants et de leurs investisseurs qui profiteront des améliorations à venir de l’armement nucléaire.

En fonction de la pénombre sur la sécurité nationale qui entoure les programmes d’armement nucléaires du pays, des audits authentiques sur les contrats de ces compagnies ne sont pas accessibles au public. Cependant, au moins les plus importantes compagnies profitant des contrats d’armement nucléaire peuvent maintenant être identifiées.  Dans le domaine des systèmes de distribution nucléaire – bombardiers, missiles et sous-marins – ceci inclus un nombre de noms de corporations familiers : Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics, GenCorp Aerojet, Huntington Ingalls et Lockheed Martin. Dans d’autres secteurs comme la conception et la production, les noms en tête de liste sont moins connus : Babcock et Wilcox, Bechtel, Honeywell International, et URS Corporation. Pour les essais et la maintenance, les entrepreneurs comprennent Aecom, Flour, Jacobs Engineering et SAIC, les firmes qualifiées pour le ciblage et la guidance des missiles incluent Alliant Techsystem et Rockwell Collins.

Pour donner un bref aperçu des contrats : en 2014, ont été attribués à Bancock et Wilcox 76.8 millions de dollars pour l’amélioration des sous-marins Ohio Class. En Janvier 2013, il a été attribué 4,6 milliards de dollars  à General Dynamics Electric Boat Division afin de concevoir et de développer un sous-marin de dissuasion de la prochaine génération. Plus sur ce qui est su à propos de tels contrats d’armement peut être disponible dans le rapport de l’ICAN, qui identifie aussi les banques et autres institutions financières ayant investi dans les entreprises d’armement nucléaire.

Beaucoup d’Américains ignorant que la plupart de la responsabilité touchant le développement des armes nucléaires, leur production et leur maintenance ne dépend pas du Pentagone mais du département de l’énergie [Department of Energy, DOE] qui dépense plus en armement nucléaire que dans le développement de sources d’énergie renouvelables. Une des clefs du projet nucléaire du DOE est les laboratoires fédéraux où sont élaborés, construits et testés les armes nucléaires.  Il s’agit de Sandia National Laboratory  à Albuquerque Nouveau Mexique, du  Los Alamos National Laboratory (LANL) à Los Alamos, Nouveau Mexique, du Lawrence Livermore National Laboratories  de Livermore, Californie.  Ceux-ci, chacun à leurs tours, reflètent une tendance continue dans le secteur de la sécurité nationale, les sites dénommés «  GOCO » [Appartenant au gouvernement, dirigés par des exploitants / Government Owned, Contractor Operated]. Dans le cadre des laboratoires, ce système représente une privatisation des politiques de dissuasion nucléaire et des autres stratégies d’armement nucléaire. A travers leurs contrats avec URS, Badcock et Wilcox, l’Université de Californie et Bechtel, les laboratoires de l’armement nucléaire sont dans une certaine mesure privatisés. Le contrat de LANL à lui seul se monte à 14 milliards de dollars. De même le Savannah River Nuclear Facility, à Aiken, en Caroline du sud où les têtes nucléaires sont fabriquées, est dirigé à la fois par Flour, Honeywell International et Hutington Ingalls Industries. Carolina. Leurs contrats avec le DOE pour les opérations de 2016 se montent à environ 8 milliards de dollars. En d’autres termes, pendant ces années qui ont vu la montée des corporations de guerriers  et une privatisation significative de l’Armée américaine et des agences de renseignement,  on peut assister à un même processus dans le monde de l’armement nucléaire.

En plus des principaux fournisseurs d’armement nucléaire, on trouve des centaines de sous-traitants, dont certains dépendent de cette sous-traitance pour l’essentiel de leurs affaires. Chacun d’entre eux a de cent à plusieurs centaines d’employés travaillant sur ces composants particuliers ou ces systèmes et avec leur influence sur les communautés locales, ils aident à appuyer la modernisation du programme nucléaire par l’intermédiaire de leurs représentants au Congrès.

Une des raisons de la rentabilité pour lesquelles l’industrie de l’armement nucléaire est extrêmement profitable est que l’administration de la sécurité nucléaire nationale du département de l’énergie [National Nuclear Security Administration (NNSA)] responsable du développement et des opérations de l’armement nucléaire du DOE ne contrôle pas les sous-traitants, ce qui rend également difficile le contrôle des premiers fournisseurs. Par exemple, quand dans le cadre du projet de tutelle gouvernementale [Project on Government Oversight] une demande d’information a été faite auprès du service de l’acte de liberté d’information [Freedom of Information Act] auprès de Babock et Wilcox, le sous-traitant en charge de la sécurité au complexe nucléaire Y612 de Oak Ridge, Tennesse, la NNSA a répondu qu’elle ne détenait aucune information   sur ce sous-traitant. Babcock & Wilcox était responsable alors de la construction des équipements pour le traitement de l’uranium à Y-12. Ils avaient sous-traité le travail de conception avec quatre compagnies et avaient manqué de les superviser et de consolider leurs travaux. Ceci mena à une conception inhabituelle qui n’a été abandonnée que lorsque les sous-traitants eurent reçu 600 millions de dollars pour ce travail inutile.  Ce cas d’Oak Ridge, à son tour a déclenché un rapport au Congrès  du service de justification gouvernemental en mai dernier indiquant que de tels problèmes étaient endémiques dans le service de l’armement nucléaire du DEO.

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Les lobbies du nucléaire

 

Les impôts dépensés sur la maintenance et le développement de l’armement nucléaire sont une partie significative du budget de l’état. Bien que difficiles à évaluer avec précision, les coûts s’élèvent aux alentours de cent milliards de dollars. En 2005, le bureau gouvernemental des justifications [Government Accountability Office]  rapportait que même le Pentagone n’avançait pas de sommes très précises quand il s’agissait du prix des missions nucléaires, de même qu’il n’existe de budget autonome pour l’armement nucléaire d’aucune sorte de façon à pouvoir estimer les surcoûts. Analysant les budgets du Pentagone   et celui de l’administration de la sécurité nucléaire nationale du département de l’énergie [Department of Energy’s National Nuclear Security Administration] ainsi que des informations glanées dans les déclarations du Congrès, le centre d’étude pour la non prolifération [Center for Nonproliferation Studies] suggère que de 2010 à 2018, les USA dépenseront au moins 179 milliards de dollars  pour maintenir leur actuelle triade de missiles, bombardiers et sous-marins, associés à leur armement nucléaire, tout en commençant le processus de développement de l’armement nouvelle génération. Le bureau du budget du Congrès [Congressional Budget Office]  projette un coût de la force nucléaire s’élevant à  348 milliards de 2015 à 2024, c’est-à-dire de 35 milliards par an, qui seront dépensés par le Pentagone à hauteur de 227 milliards et par le département de l’énergie à hauteur de 121 milliards. En fait le prix de la maintenance et du développement de l’arsenal nucléaire est beaucoup plus élevé que celui de ces estimations. Si ces chiffres incluent la plupart de coûts immédiats de l’armement nucléaire et des systèmes de tirs stratégiques comme les missiles et les sous-marins, ainsi que la plupart des coûts du personnel militaire responsable de la maintenance, de l’opérationnel et de l’exécution des missions, ils ne comprennent pas de nombreuses autres dépenses, dont celles de la mise hors service et du traitement des déchets nucléaires impliqués dans le déclassement des armes nucléaires. De même qu’ils n’incluent pas les pensions et les assurances maladies qui couvriront leurs employés.  .

En 2012, un rapport d’un comité de haut niveau présidé par l’ancien Chef d’état-major des armées, le Général James Cartwright, concluait que  « aucun argument sensé n’a été avancé pour prouver que l’usage des armes nucléaires pouvaient être utilisés afin de résoudre aucun des problèmes majeurs que le 21ième siècle a à faire face [y compris] les menaces provenant d’états voyous, d’état renversés, de la prolifération, des conflits régionaux, du terrorisme, de la cyber-guerre, du crime organisé, du trafic de drogue, des migrations de masse de réfugiés dues aux conflits, des épidémies ou du changement climatique. En fait les armes nucléaires sont devenues plus une partie du problème qu’une solution. »

Sans étonnement, pour la liste des corporations investies dans le programme d’armement nucléaire, ceci n’a que peu d’importance. Ils mènent des actions de lobbying afin de supporter continuellement leurs contrats sur l’armement. Dans une étude de 2012 menée pour le centre de politique internationale [Center for International Policy],  « Bombes vs budget : au sein du lobby nucléaire », William Hartung et Christine Anderson rapportent que, pour les élections de cette année, les 14 principales entreprises ont donné presque 3 millions directement aux législateurs du Congrès.  Assez peu surprenant, plus de la moitié de cette somme est allée aux comités et comités adjoints qui supervisent les dépenses de l’armement nucléaire.   En 2015, l’industrie de la défense mobilisa une petite armée de 718 lobbyistes et distribua plus de  67 millions de dollars afin de faire pression  sur le Congrès pour obtenir une augmentation du budget général de l’armement.  Parmi les contributeurs les plus importants se trouvaient les corporations ayant des contrats d’armement nucléaires significatifs dont Lockheed Martin, Boeing et General Dynamics. Un tel  lobby pro-nucléaire est renforcé par la contribution et la pression de la part des compagnies fabriquant des missiles et les compagnies aériennes qui ne sont pas avant tout orientées sur le nucléaire. Certains des systèmes qu’elles produisent cependant, sont potentiellement à double usage (conventionnels et nucléaires), ce qui signifie qu’un programme nucléaire robuste augmente leurs profits potentiels.

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La pression continuelle des Républicains du Congrès pour des coupes  dans les programmes d’aides sociales est un mécanisme crucial qui assure que les impôts fédéraux seront disponible pour des contrats militaires lucratifs. En terme de qualité de vie (ou de mort),  ceci signifie que l’influence sous-estimée de l’industrie de l’armement nucléaire est singulièrement dangereuse. En échange des 35 milliards ou plus qui seront annuellement versés par le contribuable dans de tels armements afin de supporter les intérêts étriqués de d’un nombre modeste de compagnies, le dédommagement est la peur d’un avenir apocalyptique. Après tout, contrairement à la plupart des autres lobbies, celui de l’armement nucléaire et donc vos impôts, mettent la vie sur terre en danger d’extinction rapide, ou bien à la suite d’une destruction directe d’un holocauste nucléaire ou par la réduction radicale de la lumière du soleil atteignant la surface de la terre qui proviendrait de l’hiver nucléaire qui suivra pratiquement tout échange nucléaire. Pour le moment le complexe industrio-nucléaire est caché dans notre brouillard, ses budgets et ses financements protégés du regard public, ses projets à peine notés. C’est la bonne formule pour un désastre.

Jonathan Alan King est professeur de biologie moléculaire à MIT et Président du comité d’abolition du nucléaire [Nuclear Abolition Committee] du Massachusetts Peace Action. Il peut être contacté à  Jonking1@verizon.net. Richard Krushnic est un ancien responsable de prêts immobiliers et un analyste des contrats immobiliers et commerciaux au Department of Neighborhood Development de Boston. Il est actuellement investi dans le développement communautaire en Amérique latine et peut être joint à  rkrushnic@gmail.com

Traduction Elisabeth Guerrier