AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Donald Trump

De la dissuasion à l’apocalypse William Astore


De la dissuasion à l’apocalypse

 

William Astore

Tomgram: William Astore, From Deterrence to Doomsday?

 

Posted by William Astore at 7:29am, April 13, 2017.
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Passons outre l’évident. La manière, par exemple, dont la décision de Trump de lancer 59 missiles de croisière Tomahawk contre une base aérienne syrienne, n’est qu’un exemple supplémentaire de ce que nous savons déjà. Les actes de guerre sont la prérogative et uniquement le  prérogative, du Président ( ou des commandants militaires à qui Trump a confié une plus grande capacité à agir par eux-mêmes) Vérifications, équilibre, je doute que aucun d’entre eux ne s’applique quant il s’agit de guerre, dans le style américain. Ces jours-ci, le seul contrôle écrit  sont ceux du Pentagone et «  l’équilibre » n’est pas un concept en dehors de la gymnastique.

Pendant ce temps, Trump a appris que que tout  débat féroce,  à l’intérieur, que tou ramous provoqué par une intrigue de palais  qui pourrait faire rougir le Tzar peut être, et bien, interrompue en lançant 59 missiles de croisière  ou leur équivalent sur un terre lointaine afin de sauver les « beaux bébés » (Oublions les bébés  que ses propres généraux ont tués). Lançons les missiles, envoyons les corps d’armée, lâchons les avions et nous aurons tous ceux que nous aurons agressé par tweet, y compris HillaryJohnNancyMarco, et Chuck pour vous applaudir et louer vos actions.

Ils seront rejoin par l’aile droite officielle ( bien que pas par  la non officielle), alors que les  neocons et leurs amis vous acclamerons comme le Churchill du 21ième siècle. Ou du moins, tout ceci sera vrai jusqu’à – consultons W. Bush et b. Obama sur ce point- ce que, vous savez, le lendemain du jour où, nous avons expérimenté ça encore et encore, pendant les   15 dernières années de guerres   américaines, le jour où il devient subitement clair ( une fois de plus) que les choses vont vraiment, vraiment très très mal.

Pendant que nous attendons, voici une suggestion qui vient à l’esprit tout en lisant les dernières réflexions du chroniqueur régulier de TomDispatch   le Lieutenant-Colonel retraité de l’armée de l’air, William Astore qui écrit sur le complexe militaro-induistriel à l’âge de Trump. N’est–il pas grand temps d’attribuer aux industries finançant les guerres leur juste part ? Après tout, il n’existe aucun objet, bâtiment, muse, stade ou meme vie civile par les temps qui courent, qui n’affiche pas le sponsorat d’entreprise et même ne vive que grâce à lui. Dans ma ville par exemple, les clubs de base-balls new-yorkais,  Les Mets jouent à Citi Field, alors que les Giants et les Jets passent leur saison au  MetLife Stadium.  Etant donné le rôle que les fabricants d’armes géants jouent dans les guerres, et la  façon étonnamment performante dont ils sèment leurs guerres tout autour de la planète, n’est-il pas temps de traduire le pouvoir militariste de plus en plus grand du commandeur-en-chef en une version militaire du sponsorat ?

Est-ce que  Raytheon, le fabricant de ces 59 missiles de croisière uilisés par Trump récemment, ne doit pas recevoir le plein credit de façon à ce que la couverture médiatique se réfère au coup de massue Raytheon ? La prochaine attaque de drône  au Yémen ne devrait-elle pas s’appeler la General Atomics MQ-9 moissonneuse batteuse ?  Est-ce que toute frappe à venir par le système d’armement  le plus cher  de cette planète ou de toute autre, ne devrait pas se nommer Lockheed F-35 Lightning Joint Strike Fighter Storm ?  Nous sommes dans un nouvel âge de l’amélioration corporatiste. N’est-ce pas une époque où les guerres devraient s’ajuster et où le complexe militaro-industriel devrait recevoir le crédit qu’il mérite amplement ?  Tom

 

 Que signifie une politique étrangère  “L’Amérique d’abord ?”

Mettre l’armée américaine en premier, en deuxième et troisième
Par  William J. Astore

A quoi ressemble la politique étrangère de “ l’Amérique en premier “ sous la présidence de Trump ? Tout d’abord, oublions l’ancien label d’ »isolationnisme ». Avec la fin des premiers cent jours de Trump approchant, il semble qu’une politique militaire prioritaire cherche à achever l’hégémonie globale, ce qui signifie la mise en route potentielle d’une machine de l’apocalypse.
Le candidat Trump s’est engagé à render la force armée américaine si forte qu’il n’aurait pas besoin de l’utiliser, puisque personne n’oserait s’y attaquer – dissuasion, c’est le mot. Mais la réalité sur le terrain (et dans les airs) est déjà très différente.   Les généraux du Président Trump ont commencé lâcher cette force armée d’une façon dont l’administration Obama pourtant à peine émue à l’idée de bombarder ou de déferler avait jugée excessive et trop risquée pour les civils. La semaine dernière, 59 US .  missiles de croisière  (valeur : $60 millions ) ont écrasé une base aérienne en Syrie, une réponse extravagante à une attaque à l’arme chimique dans ce pays qui peut conduire à nouveau à une escalade.  Pendant ce temps, des armes US sont sur le point d’être vendues  aux monarchies Sunnites  dans le Golfe persique sans beaucoup de soucis pour les abus à l’égard des droits humains  et les Saoudiens vont se voir offrir un peu plus de support pour mener leur guerre dévastatrice sur les civils du Yémen. Il ne fait pas de doute que d’autres opérations militaires et qu’une escalade dans le Grand Moyen Orient ne soient.  Sur l’habituelle  “table” de Washington où “ toutes les options” sont supposes être gardées.

La plupart des Américains croient en la manipulation selon laquelle l’armée US est prête à dissuader et à prévenir des attaques sur le sol américain, spécialement celles du “terrorisme radical islamique”.

Vendu comme de la dissuasion, la Sécurité nationale de Washington a, en fait, explosé  en quelque chose qui ressemble au mécanisme de la guerre permanente. Ignorant les stratégies les plus basiques, impulsif et grandiloquent, son actuel Commandant en chef est habilité par ses conseillers va-t-en-guerre  et par les hommes qu’il nomme “mes généraux”  qui rêvent de budgets encore plus importants. ( Même la promesse de Trump d’une augmentation de 54 milliards pour le Pentagone cette année n’est pas assez pour certains officiers supérieurs )

Les réalités de la nouvelle ère de victoire de Trump

Bienvenue dans la nouvelle ère de victoire de  Trump.  Il ne s’agirt pas en fait de’en finir avec la guerre mais d’exercer «  pression globale, un pouvoir global »  tout en vendant le plus possible d’armement.   Cela promet d’étendre ou de prolonger le chaos en Irak, au Yémen, et vraisemblablement en Iran, parmi d’autres pays. Dans le grand Moyen-Orient, les efforts conduits par les US ont produits un Irak déchiré par la guerre qui s’effondre. Les drones US et leur support à la campagne de bombardements saoudien on laissé le Yémen glisser vers la famine.  La Syrie reste un désastre humanitaire, déchirée par la guerre même si des troupes supplémentaires sont déployées sur le terrain. ( Le Pentagone ne dit pas combien, mais il nous demande de nous centrer sur les capacités    plutôt que les forces au sol.) Plus loin à l’Est, la guerre sans fin d’Afghanistan est, selon le Pentagon,  “dans une impasse “, ce qui signifie que les Talibans ont en fait gagné du terrain comme une nouvelle menace potentielle.  Regardant vers le Sud et vers l’Ouest, l’Afrique est la dernière cour de récréation  pour les forces opérationnelles spéciales de l’armée US  comme l’adminiostration prépare, parmi d’autres choses, une opération en Somalie.

Pour Trump et ses généraux, une approche de l’“ Amérique d’abord ” signifie en fait  l’armée en premier,  en second et en troisième. Cela n’empêche pas qu’ils ne peuvent imaginer ces opérations comme déstabilisantes. ( Futur gros titre envisageable :  Trump détruit  la Syrie afin de la sauver) Selon le Général Joseph Votel, tête des Commandes centrales US , par exemple, le pays qui présente les plus grandes menaces pour la stabilité  “ dans le Moyen Orient est l’Iran, sentiment partagé par le Général James Mattis, le Secrétaire de la défense.

 

Vous excuserez les Iraniens, ainsi que les Russes et les Chinois s’ils pensent différemment. Pour eux, les USA sont clairement l’entité la plus déstabilisatrice au monde. Si vous étiez un Chinois ou un Russe ou un Musulman Shiite, comment donc vous apparaîtrez les activités militaires US ?

* Expansionnistes ?

* Dédiées à la domination via des dépenses militaires colossales et de l’interventionnisme global ?

* Engagés dans une hégémonie économique et idéologique via des banques puissantes et des intérêts financiers qui cherchent à avoir le contrôle sur les marchés mondiaux  au nom de la préservation de leur « liberté » ?

Ne serait-ce pas un bilan logique, même si il manqué de saveur ? Pour beaucoup d’observateurs, les US semblent être les leaders des touche-à-tout de l’armement et les meilleurs vendeurs d’armes, une perception supportée par des actions militaires montant en flèche et une diplomatie en chute libre sous Trump.   De sérieuses coupes dans le financement du Département d’état, alors que le Pentagone voit son budget augmenté ( encore une fois),.

Pour des observateurs extérieurs,  les ambitions de Washington semblent claires : dominance globale, menée à bien et renforcée par la “très, très, très fort ” armée que le candidat Trump clamait   ne jamais avoir à utiliser mais emploie déjà avec frénésie sinon abandon.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir du complexe militaro-industriel

Qu’ajoute la politique de ”L’Amérique d’abord ” aux politiques militaires précédents ? Pourquoi le budget du Pentagone, au même moment que les actuelles opérations militaires, est-il entrain d’enfler sous son contrôle ?

Il y a plus de cinquante ans, le sociologiste C. Wright Mills apporta des réponses qui semblent toujours d’actualité. Dans son essai datant de 1958, ”  La structure du pouvoir dans la société américaine”, il disséqua  le «  triangle du pouvoir ». il consiste, explique-t-il, des chefs d’entreprise, des chefs militaires et des politiciens travaillant de concert, mais également d’une façon telle que l’agenda des entreprises corresponde aux projets militaires. Cette combinaison, suggère-t-il, détruit la capacité des politiciens à modérer et à contrôler les impératifs militaro-industriels ( en assumant qu’ils en aient l’envie)

” L’ordre militaire américain “ écrit Mills “ auparavant une maigre institution opérant dans un contexte de méfiance populaire, est devenu la figure la plus importante et la plus onéreuse du gouvernement, derrière des relations publiques souriantes, elle a le rictus et la maladresse d’une bureaucratie prolifique. Les chefs militaires ont gagné une légitimité politique et économique. La soi-disant menace permanente place une prévalence sur leurs têtes et virtuellement, toutes les actions politiques et économiques sont maintenant jugées en terme de définition militaire de la réalité. »

Pour lui, le danger est assez simple, “ la coïncidence du domaine militaire et du royaume industriel les renforce réciproquement et subordonne plus avant le simple home politique. Ce n’est  pas  l’homme politique de parti, mais l’exécutif entrepreneurial qui est maintenant suppose s’asseoir avec les militaires et répondre à la question : qu’est ce qu’on fait ?

Considérons la création de l’administration Trump, une émeute de milliardaires et de multimillionaires. Son Secrétaire d’état, l’ancien PDG de Exxonmobile, Rex Tillerson n’est pas ce que l’on peut appeler un diplomate. Bien sûr, il semble peu intéressé dans les conseils du personnel du Département d’état mais il sait comment faire son chemin dans les réunions des salles du conseil d’entreprise. Le conseiller de Sécurité nationale de Trump et son secrétaire de la défense et de la sécurité intérieure sont tous ou bien des Généraux en service ou récemment retraités. Dans le cercle proche de Trump, les cadres s’assoient avec les militaires pour décider de ce qui doit être fait.

Peu après que Mills ait formulé ses critiques prophétiques sur l’élite au pouvoir , le Président Dwight D. Eisenhower avertit du danger croissant d’un complexe militaro-industriel. Depuis, le complexe de Ike s’est seulement étendu. Avec l’ajout du Département de la sécurité intérieure après le 11 septembre, et toujours plus d’agences de renseignement (dix-sept principales au dernier recensement)  le complexe ne fait que croître au-delà du contrôle civile. Sa position dominante à cheval sur le gouvernement est pratiquement impossible à critique. D’une façon figurative, il est le roi de Capitol Hill.

Le candidat Trump a pu se plaindre de ce que les USA perdaient des milliards de dollars dans les conflits récents, les invasions, et les occupations, mais de nombreuses entreprises américaines ont profité de ces «  changements de régime ». Après que vous ayez aplati un état comme l’Irak, vous pouvez le réarmer. Quand vous ne leur vendez pas des armes ou ne rebâtissez pas les infrastructures que vous avez détruites, vous pouvez exploiter leurs resources. Ces guerres qui semblent interminable en Irak ou en Afghanistan sont les illustrations de ce qui se produit quand les intérêts des entreprises se mêlent aux imperatifs militaires.

Pendant que Mills ou Eisenhower avertissaient sur les risques de tells développements, ils pourraient alarmer l’Amérique de 2017.  Jusqu’à maintenant, les post-contingents, “tous volontaires”, des militaires professionnels, sont devenus des étrangers, sinon des divorcés d’avec la population, une séparation aggravée par le culte actuel du guerrier se développant en leur sein. Non seulement les Américains sont-ils de plus en plus isolés de leurs  combattants, mais ils le sont des guerres américaines également.  Elles continuent d’être menées sans  l’approbation formelle du Congrès et Presque sans sa simple supervision. Combinez ça avec la décision due la Cour suprême Citizens United qui change directement l’argent des entreprises en activisme politique, et vous avez ce qui est de plus en plus un système de gouvernance des 1% dans lequel un Président milliardaire préside le, cabinet le plus riche  de toute l’histoire dans ce qui est maintenant la capitale de la guerre, pendant que des liens militaro-industriels incarnent ce qui étaient les peurs les plus sinistres de Mills et d’Eisenhower.

La machine de guerre américaine qui s’est emballée a peu à voir ces jours-ci avec la dissuasion et beaucoup avec la continuité d’un état de guerre permanente. Mettez tout cela ensemble et vous avez la parfaite formule pour un désastre.

Dissuader notre trajet vers l’apocalypse

Qui a mis le pétrole américain au milieu des déserts du Moyen Orient ?  C’est la question que les militants pacifistes ont posé  avec un humour grinçant juste avant l’invasion de l’Irak. Selon l’opinion rabâchée de Trump, les USA auraient du bien sûr récupérer le pétrole irakien juste après l’invasion de 2003.  A défaut d’autre chose, il a dit ce que beaucoup d’Américains croient, et ce que de nombreuses multinationales cherchent à faire.

Considérons l’engagement de Jimmy Carter. Il ya à peu près quarante ans, Carter a pressé les Américains à modérer leur appétit, conserver leur énergie et se libérer de leur dépendance paralysante au pétrole étranger et à leur consommation sans frein de biens matériels. Après que les critiques l’ait catalogué de discours de malaise, Carter fit volte-face et accrût les dépenses militaires en établissant la doctrine carterienne de protection du Moyen Orient comme intérêt vital pour les USA. Le peuple américain répondit en élisant Ronald Reagan malgré tout. Comme les Américains continuaient à apprécier un mode de vie réglé par la consommation qui aspire à lui seul près de 25% de la production mondiale d’énergies fossiles (tout en ne représentant que 3% de la population mondiale), l’argent actif de la Maison blanche travaille à ouvrir toujours plus de forages sur le plan mondial ; Des milliards sont en jeu.

Pas très étonnant que, en devenant président, Trump ait agi rapidement pour accélérer la construction de nouveaux pipelines retardée ou interdite par le Président Obama tout en détruisant les protections environnementales liées à la production des industries fossiles. La production domestique accélérée, avec la coopération de l’Arabie saoudite ( le véto de Trump à propos des Musulmans a soigneusement évité de cibler les seul pays qui produit 15 des 19 terroristes des attaques du 11 septembre- devrait permettre au pétrole de continuer à couler, aux profits de croître et au niveau des mers du globe de monter.

Une donnée : l’armée américaine à elle seule absorbe plus d’énergie fossile  que la Suède dans son entier. Quand il s’agir de consommation d’énergie, nos forces armées sont le premières entre toutes.

Avec ses réserves pétrolifères massives, le Moyen Orient reste un lit pour les guerres pour les ressources à venir, ainsi que pour les conflits religieux et ethniques, exacerbés par le terrorisme et les attaques déstabilisantes de l’armée US.  Dans ces circonstances, , quant il s’agit de désastre mondial à venir, il n’est pas très difficile d’imaginer que l’actuel Moyen Orient puisse servir d’équivalent aux Balkans lors de l’infâmie de la Première guerre mondiale

Si Gavrilo Princip, un terroriste Serbe “au noir” opérant dans une région disputée et ravagée par la guerre a pu enflammer le monde en 1914, pourquoi un terroriste de ISIS ne le ferait-il pas un siècle plus tard ? En considérant les nombreuses lignes de rupture et les forces impliquées, y compris la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite et les Etats unis, tous travaillent ostensiblement ensemble pour combattre le terrorisme même s’ils ne se positionnent que pour maximiser leurs propres avantages et s’éliminer les uns les autres. En de telles circonstances, un vacillement politique, suivi d’un tremblement de terre géopolitique semblent tout à fait possible. Sinon, une secousse d’ISIS suivie d’un mouvement majeur dans le Moyen Orient, il n’y a pas de raccourcis vers de possibles zones à risques dans un monde de plus en plus susceptible. D’une attaque au sabre avec la Corée du nord en passant par une joute avec les îles artificielles  construites par les Chinois au sud de la Mer de Chine.

En tant qu’historien, j’ai passé beaucoup de temps à étudier la force militaire allemande du 20ième siècle. Dans les années qui ont conduit à la Première guerre mondiale, l’Allemagne émergeait comme super-puissance mais pourtant, paradoxalement, elle se voyait comme menacée de plus en plus par ses ennemis, en tant que nation encerclée et oppressée. Ses chefs d’état craignant plus que tout la Russie. Cette crainte les a amenés à déclencher une guerre préventive contre ce pays. ( Bien sûr, ils ont attaqué la France en 1914 mais c’est une autre histoire). Cette guerre incroyablement risquée et coûteuse, déclenchée dans les Balkans, échoua lamentablement et pourtant elle fût dupliquée à une niveau encore plus horrible vingt années plus tard. L’armée allemande, louée comme «  la meilleure au monde » par ses chefs et vendue à son peuple comme une armée de dissuasion s’est transformée pendant ces deux guerres mondiale en une machine apocalyptique qui a saigné le pays à blanc tout en assurant la destruction de partie significatives de la planète.

Aujourd’hui, l’armée américaine loue elle-même  pareillement comme la “ meilleure du monde” même en s’imaginant entourée par des menaces puissantes ( La Chine,  la Russie,  la Corée du nord et le terrorisme mondial, en tête de liste). Vendue au peuple américain pendant le Guerre froide comme une force de dissuasion, un pilier de stabilité contre les joueurs de domino communistes, cette armée s’est transformée elle-même en une force aléatoire.

Rapellons-nous ici que l’administration de Trump a réaffirmé la quête de l’Amérique pour une suprématie nucléaire radicale .  Elle a appellé à une “nouvelle approche”  de la Corée du nord et de son programme d’armement nucléaire. (Quoi que cela puisse signifier, ce n’est pas une référence à la diplomatie). Même dans une croissance du nucléaire et une stratégie de la corde raide, Washington continue de vendre de l’armement- c’est de loin le plus grand vendeur d’arme du 21ième siècle- et le chaos sur toute la planète, accroissant ses efforts en tant que guerre contre la terreur et la vendant comme la seule façon de gagner.

En mai 1945, quand le rideau est tombé sur le dernier soubresaut de l’Allemagne comme puissance dominatrice mondiale, le monde était heureusement encore innocent face à l’armement nucléaire. Tout est différent maintenant, la planète est, c’est le moins que l’on puisse dire, surdotée de machines C’est pourquoi il est vitalement imùportant de reconnaître que l’Amérique d’abord de Trump est tout sauf isolationniste dans l’acceptation du vieux vingtième siècle, cette façon de parler est une recette pour prolonger la guerre en créant toujours plus de chaos et d’états effondrés dans le grand Moyen Orient et vraisemblablement au-delà, et que cette politique déjà dangereuse de Guerre froide, supposée dissuasive, que ce soit contre l’armement traditionnel ou nucléaire, au regard de la bellicosité de Trump, pourra exploser comme une version de l’apocalypse.

Ou, pour évoquer celà d’une autre façon, considérons cette question : Est-ce que le Coréen du nord Kim Jong-un le seul leader instable possédant un armament nucléaire sur la scène mondiale ?

Lieutenant colonel en retraite ( USAF) et Professeur d’histoire, Astore est un éditorialiste régulier de  TomDispatchSobn blog est le Bracing Views.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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Le moment de diversion de Trump

Trump’s ‘Wag the Dog’ Moment

Avril 7, 2017

 

Exclusif : Le Président Trump a gagné les applaudissements des Néo-cons pour sa décision  prise dans l’urgence d’attaquer la Syrie en tuant environs une dizaine de Syriens, mais sa décision imprudente à tous les aspects d’une diversion.

Par  Robert Parry

Juste deux jours après que la nouvelle d’une soi-disant attaque au gaz sarin dans le nord de la Syrie, le Président a repoussé les conseils de l’Intelligence service qui doutaient de la responsabilité du régime syrien et a lance une opération de représailles en lançant des missiles sur la zone aérienne syrienne.

 

Trump a immédiatement gagné les applaudissements du Washington Officiel, spécialement ceux des néo-cons qui essaient de gagner le contrôle sur sa politique international sur ses conseillers nationalistes et personnels depuis sa victoire surprise du 8 novembre.

Il ya également une dispute interne autour du renseignement. Mercredi soir, le Secrétaire d’état Rex Tillerson a dit que les services de renseignements US affirmaient «  avec un haut degré de confiance » que le gouvernement syrien avait lâché du poison par gaz sur des civils dans la province de Idlib.

Mais un nombre d’agence de renseignement ont faits des déclarations contradictoires, disant que la prépondérance des preuves suggérant que les affiliés à Al Qaeda étaient en faute, ou bien en ayant orchestré une libération intentionnelle de l’agent  chimique comme provocation ou bien en en ayant possédé un container qui aurait explosé pendant un bombardement conventionnel.

Une des sources de renseignements affirme que le scenario le plus vraisemblable est une mise en scène orchestrée par les rebelles, souhaitant forcer Trump à changer de politique, annonçant quelques jours plus tôt que le gouvernement US ne cherchait plus de “ changement de régime” en Syrie et se concentrerait sur l’attaques des ennemis communs, les groupes terroristes islamiques qui représentent le cœur des forces rebelles

La source dit que l’équipe de sécurité nationale de Trump s’est divisée en deux parties, d’un côté  les conseillers les plus proches, le nationaliste fauteur de trouble Steve Bannon et le beau-fils Jared Kushner  et de l’autre une vieille ligne de néo-cons qui se sont regroupés autour du Conseiller à la sécurité nationale  H.R Mc. Master, un général des armées qui est un protégé  du favori des néo-cons, le Gen. David Petraus.

Les querelles internes de la Maison blanche

Dans cette approche, l’exclusion récente du Général en retraite Michel Flynn comme Conseiller à la sécurité nationale et la sortie cette semaine de Steve Bannon du Conseil de sécurité nationale furent des éléments clef de la réintégration des néo-cons au sein de la présidence de Trump. Les étranges personnalités et les positions extrémistes de Flynn et Bannon rendirent leur exclusion plus facile, mais il y avait des obstacles que les néo-cons voulaient éliminer.

Bien que Bannon et Kushner soient souvent présentés comme des rivaux, dit la source, ils partagent la croyance que Trump devrait dire la vérité sur la Syrie, en révélant l’analyse de la CIA faite sous l’administration Obama que l’attaque au gaz sarin de 2013  était une fausse déclaration afin d’entraîner le Président Obama à rejoindre complètement la guerre en Syrie aux côtés des rebelles – et les analyses des renseignements sont identiques en ce qui concerne l’incident de mardi.

Au lieu de ça, Trump a suivi l’idée  de créer une urgence  sur le jugement initial  blâmant Assad pour l’événement du gaz toxique de Idblid. La source a ajouté que Trump considérait l’assaut de mercredi soir comme une façon de changer les sujets de conversation de Washington, où son administration a subi les attaques incessantes des Démocrates déclarant que son élection était due à une opération couverte par les Russes.

Si changer de discours était le but de Trump, il a réussi partiellement en contrant les critiques sévères de certains néo-cons comme le Sénateur John Mac Cain, et Lindsey Graham qui ont loué ces attaques, comme l’a fait le Premier ministtre israélien B. Netanyahu. Les neocons et Israel cherchent depuis longtemps à créer un « changement de régime » à Damas même si le départ de Assad devait conduire à une victoire des extrémistes islamistes, associés à Al Qaeda ou à l’Etat islamique.

 Faire diversion

Trump emploie une “stratégie de diversion”  dans laquelle il met en lumière son leadership dans une situation de crise international afin de détourner l’attention de ces problèmes de politique intérieure, cela rappelle Clinton et sa décision d’attaquer la Serbie en 1999 comme des nuages commençaient à entourer se vie sexuelle avec Monica Lewinski.

 

 

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Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une conférence de presse le 15 février 2017 . (Screen shot from Whitehouse.gov)

 

Les conseillers de Trump, dans leur communiqué de presse le mardi soir, sont revenus en grande largeur sur la compassion que Trump éprouvait à l’égard des victimes du gaz et sur sa décision de bombarder les bases aériennes de Assad, en contraste avec la volonté de Obama de permettre à la communauté des renseignements de mener une enquête sérieuse sur les preuves autour de l’attaque au sarin de 2013

En fin de compte, Obama a écouté ses conseillers des services spéciaux de renseignement qui lui ont dit qu’il n’ y avait aucune preuve irréfutable “ impliquant le régime de Assad et il a annulé au dernier moment les frappes aériennes–tout en maintenant publiquement la fiction que les USA étaient certains de la culpabilité de Assad.

Dans les deux cas, – 2013 and 2017 – il ya de grands doutes sur la responsabilité de Assad. En 2013, il venait juste  d’inviter les Nations unies en Syrie  pour qu’ils enquêtent sur l’usage du gaz sarin par les rebelles et donc cela n’avait aucun sens de lancer une attaque au gaz sarin dans les banlieues de Damas, sachant qu’alors que les enquêteurs seraient détournés de leur enquête.

Pareillement maintenant, Assad a gagné militairement avec un avantage décisif sur les rebelles et a remporté une victoire diplomatique majeure avec l’administration Trump ayant annoncé que le «  changement de régime «  n’était plus une priorité en Syrie. Assad, qui est un homme rusé, aurait dû savoir qu’une attaque aux armes chimiques engendrerait une contre-offensive des USA et mettrait en jeu les avancées qui ont été effectuées avec l’aide russe et iranienne.

L’argument oppose à cette logique, dévellopé par le NYT et d’autres organs d’information dédiés aux positions néo-cons – est principalement que Assad est un barbare furieux qui est en train de tester une nouvelle position de force en provoquant Trump. Bien sûr, si c’était le cas, Assad aurait revendiqué ses actes plutôt que de les nier.

Mais la logique et le respect ne sont plus des valeurs dans le Washington officiel, ni au sein des medias américains.

La montée des services de renseignements

L’alarme au sein de la communauté des renseignements à propos de la décision précipitée de Trump s’est réverbérée du Moyen Orient à Washington où l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi a rapport qu’il avait entendu que ses contacts sur le terrain étaient choqués par la façon dont l’histoire du gaz sarin avait été distordue  par Trump et les medias officiels.

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L’ancien officier de la CIA Philip Giradi. (Photo credit: Gage Skidmore)

Giraldi a confié lors de l’émission de Scott Horton: « J’entends, venant de sources du terrain situées au Moyen Orient; des individus qui son t intimement lies aux services de renseignement disponible qui disent que le contenu narrative que nous entendons tous à propos du gouvernement syrien ou des Russes ayant fait usage d’armes chimiques est une imposture. »

Giraldi a dit que ses sources étaient plus proches de l’analyse postulant un lâché accidentel de gaz après qu’un dépôt d’Al Qaeda ait été bombardé par une frappe russe.

Les services de renseignements confirment plutôt bien le compte-rendu que les Russes ont donné, qui est qu’ils ont heurté un abri où les rebelles- maintenant ce sont des rebelles qui sont bien sûr connectés à Al Qaeda- stockaient des armes chimiques leur appartenant et que cela a causé une explosion qui a entraîné des pertes. Apparemment les renseignements sont très clairs là-dessus.

Giraldi a évoqué la colère de la communauté des  services de renseignement à propos de cette distorsion des informations afin de justifier les représailles militaires de Trump, elle était si forte que certain officier opérant clandestinement considéraient leur passage au public.

“ Les membres de l’agence ( CIA) et les militaires qui sont au courant du travail des services de renseignement sont effrayés par tout ça parce que Trump a complètement transformé ce qu’il devait avoir su – ou peut-être pas- et ils craignent que cela n’avance vers une situation qui pourrait aisément tourner dans un conflit armé”.  Giraldi a dit, avant les frappes de jeudi « Ils sont étonnés de la façon dont tout cela est manipulé à la fois par l’administration et par les médias. »

Une couverture biaisée

Les medias US ont présenté la crise actuelle avec le biais profondément néo-cons qui a infecté la couverture de la Syrie et du grand Moyen-Orient depuis des dizaine d’années. Par exemple, le New York Times de vendredi a publié un article à la une  de Michael R. Gordon  et Michael D. Shear qui ont traité la responsabilité du Gouvernement syrien pour le gaz sarin comme a fait acquis. La longue histoire ne daignait même pas inclure les démentis de la Syrie et de son partenaire russe q touchant leur responsabilité.

 

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Le  destroyer  Arleigh Burke-class missile USS Ross  lance une attaque à terre avec un missile tomahawk à partir de la Méditerranée  le 7 avril 2017. (Navy photo by Petty Officer 3rd Class Robert S. Price)

 

 

L’article correspondant aussi au désir de Trump d’être décrit comme un homme réactif et un leader fort. Il est dépeint comme ayant présidé à des délibérations intenses de guerre et de paix et affichant un profond humanisme concernant les victimes du gaz, un des rares moment où le Time qui est devenu un fiable journal de propagande néo-con, ait jamais écrit quelque chose de favorable à Trump

Selon le rapport syrien de vendredi, l’attaque US a tué 13 peronnes, y compris des soldats de la base aérienne.

Gordon, dont les services rendus à la cause néo-cons sont notoires a été  l’auteur principal  avec  Judith Miller  de l’histoire du faux “ tube d’aluminium” de 2002 qui prétendait que le leader Irakien Saddam Hussein construisait un programme de construction d’ armes nucléaires, un article qui fût cité par les assistants du Président Bush  comme argument choc pour l’invasion de l’Irak en 2003.

Au regard des événements de cette semaine, La volonté désespérée de Trump de renverser sa couverture médiatique négative et les preuves  douteuses accusant Assad pour l’incident de Idlin pourraient convenir au film ‘de 1997, “ Wag the dog” ( diversion) dans lequel un président dans la tourmente crée une fausse crise en Albanie.

 

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Une fausse scène de guerre dans la comédie noire «  wag the dog » ( diversion)  qui montre une fille et son chat fuyant un bombardement en Albanie

Dans le film, l’opération de la Maison blanche est une cynique opération psychologique  montée pour convaincre le people américain que les innocents enfants albanais, dont une ravissante petite fille portant son chat sont en danger quand, en réalité, la fille est une actrice posant devant un écran vert qui permet d’inclure des scènes féroces de destruction dans le fond.

Le journaliste d’investigation  Robert Parry a défait de nombreuses histories anti-Iran pour l’Associated Press et new sweek dans les années 1980. Vous pouvez vous procurer son dernier livre America’s Stolen Narrative,  l’imprimer ici ou comme ebook. Amazon and barnesandnoble.com).

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

La politique derrière le “ scandale russe ” R. Parry

 

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

 

The Politics Behind ‘Russia-gate’

 

 

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également important de préciser que rien de ce qu’a publié Wikileaks n’est faux. Il n’y a eu aucune “fausse nouvelle”. Bien sûr une des raisons principales ayant rendu ces emails intéressants est le fait qu’ils mettaient à jour des conduites répréhensibles et des trahisons de la part des Démocrates et de la campagne Clinton.  Le point principal révélé par les emails de DNC fut que les leaders de la campagne des primaires avaient violé leur devoir de l’approcher  d’une manière équilibrée quand ils ont miné le champ d’action de Bernie Sanders. Plus tard, les emails de Podesta ont révélé les contenus des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street, qu’elle cherchait à cacher aux électeurs et quelques unes des stratégies de financements de la Fondation Clinton.

 

 

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L’ancienne Secrétaire d’état, Hillary Clinton s’entretenant avec des supporters lors d’un rallye de la champagne à Phoenix, Arizona en 2016. (Photo by Gage Skidmore)

 

 

Autrement dit, même si les Russe avaient révélé ces informations au people américain, comment le fait d’être au courant de faits concernant la campagne présidentielle s’attaquerait-il “ au Cœur de la Démocratie  “ ? Habituellement; les journalistes croient que fournir la vérité, même si elle embarrasse certains personnages politiques ou certains partis politiques est sain pour la démocratie. En tant que journaliste américain, je préfère recevoir mes informations d’individus qui ont les meilleurs intérêts de l’Amérique à cœur mais je ne suis pas naïf au point de penser que des individus qui  font fuir des documents ne le font pas pour des intérêts personnels. Ce qui est le plus important ce sont des nouvelles authentiques et dignes d’intérêt.

Franchement, j’ai trouvé le matériel de Wikileaks beaucoup plus approprié pour un débat sur la politique américaine que les rumeurs obscènes que la champagne de Clinton a fait circuler sur Trump se faisant soi-disant uriner dessus par des prostituées russes dans un hôtel cinq étoiles de Moscou, affirmation pour laquelle aucune preuve n’a été présentée.

Rappelons-nous également que personne n’a cru que les emails DNC.Podesta ont été significatifs dans le résultat des élections 2016. Clinton elle-même a blâmé le directeur du FBI James Corney pour avoir brièvement ré ouvert  les investigations du FBI dans son serveur email privé vers la fin de sa champagne, ceci étant la raison de l’effondrement de ses sondages. Il est notoire également que Clinton a conduit une campagne horrible, qui a compris des gaffes à couper le souffle, comme celle de qualifier les supporters de Trump de «  déplorables », ce fiant beaucoup trop à des positions négatives et échouant à organiser une vision satisfaisante de l’avenir tout en ignorant les signes que son leadership dans la région industrielle des US étaient entrain de  disparaître. En  d’autres termes, les efforts actuels pour décrire les révélations sur les emails des Démocrates comme décisive dans la campagne est de l’histoire révisionniste.

Et pourtant nous voilà avec le Washington Post, le New York Times, CNN et pratiquement tous les medias  (en cœur avec les libéraux et les Démocrates) haletant à chaque fois qu’on découvre que quelqu’un dans le cercle de Trump a rencontré un Russe. Nous sommes supposés oublier que le gouvernement russe a collaboré d’une façon très proche avec le gouvernement u.s.- et en particulier avec les agences nationales des services secrets- sur des questions vitales. La Russie a assisté les troupes US dans leur approvisionnement en Afghanistan, le Président Putin a joué un rôle majeur dans la restriction du programme nucléaire iranien et il s’est aussi arrange pour que le gouvernement syrien se débarrasse de ses armes chimiques. Les deux derniers points ont fait partie des succès diplomatiques les plus notoires d’Obama.

Mais ces deux domaines de coopérations, l’Iran et la Syrie, ont contribué a faire de Putin une cible pour les puissant néo-conservateurs de Washington qui s’excitaient à l’idée d’une intervention militaire directe sur ces deux pays. Les néo-cons, avec les gouvernements israéliens et saoudiens voulaient des “ changements de régime” à Téhéran et Damas, pas des accords diplomatiques qui laissaient les gouvernements en place.

Les Neocons au sein du gouvernement US- y compris l’Assistante du Secrétaire d’état Victoria Nuland, les Sénateur John Mc. Cain et le Président de la foundation pour la démocratie nationale Carl Gershman – ont alors visé un “ changement de régime” en Ukraine, réalisant sa sensibilité pour la Russie. Gershman, dont l’association est financée par le Gouvernement, a appelé l’Ukraine “ le plus grand prix” et une étape majeure pour évincer Poutine de la Russie, Mac Cain a appuyé les ultra-nationalistes ukrainiens qui tiraient suer la police dans le square Maidan de Kiev, et  Nuland conspirait avec l’ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt sur la façon  de «  coller » ou d’ « accoucher » d’un changement de gouvernement.

La stratégie des néo-cons a fonctionné en évinçant le Président élu ukrainien Victor Yanukovych et en obligeant Poutine à intervenir au nom des ethnies russes menaces en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Ce qui, en retour, a été transformé par l’Ouest en «  invasion russe ».

 

Des intérêts partisans

Au lieu de se positionner contre ces fauteurs de troubles néo-cons, Obama les a suivi. Plus tard, les Démocrates ont vu un avantage politique à devenir les super-faucons faisant face à la Russie, essentiellement manœuvrant à la droite des Républicains, spécialement quand Donald Trump a gagné d’une façon inattendue la nomination, en, partiellement, appelant à de meilleurs relations avec la Russie.

 

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L’ambassadeur de Russie aux USA, Sergey Kislyak. (Photo from Russian Embassy)

Comme la campagne 2016 plongeait dans l’infamie comme la plus affreuse de toute l’histoire des USA, Clinton matraquait Trump à propos de la Russie, l’appelant le pantin de Poutine. Mais le dénigrement des Russes n’a pas semblé beaucoup aider Clinton.

Bien qu’il ait été calculé pour attirer quelques Républicains modérés, il a aussi repoussé beaucoup de Démocrates pacifistes.

Cependant, malgré une fondation vacillante et une construction hasardeuse, L’officiel de Washington ajoute maintenant de plus en plus de terrain au «  scandale » russe. Les rescapés d’Obama ont sauté sur un prétexte  indigne pour attaquer le Conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn – citant le Logan Act, de 1799, jamais poursuivi en justice puis enfermant Flynn parce qu’il n’avait pas complètement en mémoire une   conversation téléphonique  du 29 décembre avec l’Ambassadeur russe alors qu’il était en vacances dans la République dominicaine.

D’une façon identique, les medias et les Démocrates mettent au point dans la cadre d’un cas de  “parjure” l’Avocat général Sessions à cause d’une réponse formulée d’une façon  négligente lors d’une déposition de confirmation à propos de ses contacts avec les Russes. Il avait rencontré deux fois Kislyak ( tout comme l’ont fait beaucoup d’autres à Washington). L’accusation  au bord de l’essoufflement est que peut-être Sessions et Kislyak complotaient sur la façon dont le Kremlin pourrait aider dans la champagne de Trump, mais il n’existe aucune preuve pouvant étayer cette théorie de la conspiration.

Ce qui se passé ici devrait être évident; L’administration Obama, les Démocrates et les medias ont été horrifié par l’élection de Trump. Ils ont d’une façon compréhensible été offensés par la comportement personnel de Trump et son inadéquation criante à la présidence. De nombreux supporters de Clinton, spécialement des femmes, furent amèrement déçues par l’échec de la première femme d’un des partis essentiels à être nominée qui perdit face à un rustre se vantant de la manière dont il pouvait, en utilisant se renommée et sa gloire, attraper les génitoires de femmes vulnérables qui, ne pouvaient, selon lui, rien faire contre lui.

Il y avait également des inquiétudes sur les choix politiques de Trump en ce qui concerne l’environnement, l’immigration, l’éducation et la justice. Parmi les néo-cons et leurs acolytes interventionnistes libéraux, il y avait également des inquiétudes sur le fait que Trump ne continuerait pas les stratégies de «  changement de régime » dans le Moyen-Orient et leur hostilité envers la Russie. Aussi, ces forces anti-Trump se sont-elles accrochées à l’arme la plus disponible, les suspicions que Trump ait pu s’acoquiner d’une façon ou d’une autre avec les Russes. Cela n’avait pas d’importance que les preuves en soient faibles ou non existantes. Elles seraient suffisantes pour répandre les allégations sous la couverture des “ déclarations” des services de renseignements US.

Personne d’important n’allait demander la révision des preuves et, certainement, avec la disponibilité de l’Agence de sécurité, la mémoire des individus pourrait être testée contre les transcriptions des conversations et s’avérer active. Des faux-pas verbaux pourraient devenir des pièges parjures. Il pourrait y avoir  une chasse aux sorcières contre quiconque ait parlé à un Russe.   Toute forme de rejet de la part des gens de Trump pourrait être reconstruite comme une « façon d’étouffer l’affaire ».

Ayant travaillé à Washington pendant Presque quarante ans, j’ai déjà vu des investigations politiques, à la fois dans l’évacuation de véritables crimes d’état (comme  le traffic de cocaïne des Contra nicaraguéen et la collaboration des Républicains avec les gouvernements étrangers afin de réduire l’influence démocrate en 1968 et 1980) et dans la fabrique de scandales qui n’existaient pas ( comme les offenses factices de Whitewater, le scandale des voyages, le scandale des dossiers, le scandale chinois etc..sous Bill Clinton qui s’est finalement fait épinglé pour le crime affreux de mentir à propos de sexe.)   Jusqu’ici, au moins, le «  scandale russe »  est plus proche des premiers que des derniers.

Ce que j’ai également appris pendant ces années est que le dans Washington, le pouvoir – beaucoup plus que la vérité- détermine quels scandales doivent être pris sérieusement ou non. «  Le «  scandale russe » révèle que les centres du pouvoir établi se déploient contre Trump – les medias principaux, les néo-conservateurs, et le Parti démocrate – et ont plus de pouvoir que l’administration désorganisée de Trump.

 

 

Le reporter d’investigation Robert Parry  a mis à jour plusieurs histoires sur les Contra d’Iran pour l’ Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier ouvrage :, America’s Stolen Narrative,  ou l’imprimer ici  ou comme E.book chez ( Amazon ou sur barnesandnoble.com).

 

Tags: Democrates Donald Trump Hillary Clinton Robert Parry Russie

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

L’article de Luciana Bohne remet d’une façon précise et critique les évènements politiques actuels dans leurs perspectives de visées permanentes des USA et de leur complexe militaro-industriel et économique. Il y est précisé à quel point l’appartenance politique modifie peu les projets expansionnistes qui agissent comme les fers de lance de tout candidat, manipulés par les ténors des médias et habiles à orienter une opinion publique si facile à convaincre. Trump n’amènera rien d’autre que ce qui est déjà prévu depuis longtemps, il ne fera que mettree à jour des manipulations auparavant effectuées dans l’ombre par l’administration d’Obama, plus membre du starsystème que politicien courageux dont le bilan meurtrier est tout aussi effrayant que celui de son prédécesseur. EG

 

Welcome to Trumpland: Obama’s Legacy

Fevrier  2017

 

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

LUCIANA BOHNE

 

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Un nouveau gang est au pouvoir à Washington. Personne ne sait comment ni pourquoi, mais l’ancien gang est entrain de contre-attaquer de toutes ses forces. Un charlatan est à la tête de ce nouveau gang ; il dit qu’il s’oppose à tout ce que l’ancien, patron a fait. Il dit qu’il remettra tout en ordre sur place et dans le monde, cependant son cabinet de consiglieri  entasse des Ajax musclés du Pentagone, des banquiers avaricieux et des vautours de Wall Street ainsi que la mère planétaire de tous les plus grands pollueurs de l’énergie fossile – Exxon Mobil.

 

Une couvée des vilains habituels, pas moins vilains que les précédents. Son patron du travail s’est opposé à l’augmentation du salaire minimum. Son patron de la trésorerie est un ancien partenaire de Goldmann et Sachs, les pollueurs économiques internationaux. De première catégorie.

En janvier 2017, en janvier 2017, le bulletin des scientifiques de l’atome ont avancé leur  « horloge du Jugement dernier » de trente secondes vers deux minutes et demie avant minuit, le plus proche d’ Armageddon depuis 1953. Les causes, ont-ils écrit, sont la volatilité nucléaire et le changement climatique. Les signes que Trump puisse renverser le cours du Jugement dernier sont assez peu prometteurs. Le rendez-vous de Rex Tillerson signifie qu’Exxonmobile fonctionnera comme Secrétaire d’état virtuel. Les régles de la guerre d’état :    Créons une course aux armements. Nous les surpasserons à chaque essai et nous leur survivrons tous. » Selon Trump s’adressant par téléphone à Mika Brzelinki en décembre, si nous pouvons faire confiance au rapport de l’invité du « Morning Joe » de MSNBC.

Pendant ce temps, pendant et après le processus électoral, l’appareil circulatoire de la démocratie à deux gangs a montré des symptômes terminaux d’artériosclérose. Alors qu’un système de démence latente se montre au jour, le système politique a lui aussi perdu son marbre. Plus de deux millions et demi de femmes ont participé à la Marche des femmes le jour suivant l’inauguration, protestant contre les menaces de Trump sur les droits des femmes. – Une masse jamais vue dans les rues auparavant pour s’opposer aux massacres d’Obama , qui incluent un nombre disproportionnés de civils, dont de nombreuses femmes. Vous savez, le nombre 50.000 en Libye, 10. 000 au Yémen ainsi qu’en Ukraine, 400.000 en Syrie, 2500 à Gaza pour ne sélectionner que les plus connus. Ajoutons à cela les millions de déplacés internes et les réfugiés (65 millions en 2017, jusqu’à 59 millions en 2016) fuyant les guerres et la déprédation économique engendrées par les chevaliers du néo-libéralisme et du néo-colonialisme de l’administration obaméenne.

Mais on ne doit pas en vouloir aux lève-tard.

Derrière le vieux gang se tient un régime de mensonges, une marée de cupidité, un fléau d’inagalité, une peste de guerres, un règne d’hypocrisie. Avant le nouveau gang, une vision de Pandore, ouvrant plus largement sa vilaine boîte pleine d’ennuis. Plus de maux lâchés pour rejoindre ceux déjà libérés. Les rues se sont transformées en asile de discorde, de ridicule, d’alarme, et de confusion parce que la harpie oublieuse tueuse en série Hillary Clinton a perdu et que la bouffon fou et le zeppelin orange a gagné, le milliardaire Trump, tête d’un empire de 11 industries, commerces, et entreprises financières. «  Ami du peuple »

 

Je n’invente pas tout ça.

Le résultat des élections a été une bombe à fragmentation politique. The result of the election has been a political cluster bomb.  De mini-bombes continuent à exploser sous la forme de protestations, de marches et d’hystérie médiatique. Rien de tout cela ne se concentre sur ce qui importe vraiment : l’avenir de l’humanité sur une planète surchauffée, mise en danger par la pulsion systématique de l’Amérique vers l’espace et le pouvoir sur la planète.

C’est de la géopolitique, idiot…

Un tohu-bohu populaire a explosé à propos des mérites et des torts des deux maux. Comment un système politique peut-il être porté si bas ? Les deux maux ne font qu’un. Dans l’air empoisonné, j’entends l’écho de la réécriture sardonique de «  Hymne de bataille pour la République » de Mark Twain qui dénonçait à son époque la descente dans le bourbier moral de l’impérialisme de la guerre Espano-américaine de 1898.

Mes yeux ont vu l’orgie de l’épée lancée

Il cherche les réserves où les richesses de l’étranger sont gardées

Il a lâché son éclair fidèle et avec malheur et mort compte

Son envie marche en avant

Mine eyes have seen the orgy of the launching of the sword
He is searching out the hoardings where the strangers’ wealth is stored
He has loosed his fateful lightning, and with woe and death has scored
His lust is marching on.

Il serait rassurant d’entendre un pays uni en un chœur provocant la violence domestique et étrangère des officiels et de leurs soutiens. Mais la nuit n’est pas encore assez noire pour que la chouette de Minerve commence à voler et révèle les abus collectifs des gangs sur notre confiance en leurs mythes orgueilleux. Nous avons échoué sur une surface de ténèbres, sur une grisaille que les pouvoirs qui nous dénient la compréhension sont entrain de peindre encore plus gris. Nous ne pouvons pas lire le passé donc nous sommes incapables de bouger vers l’avenir. Nous avons le sentiment que ce que nous pensons savoir n’est pas ce qui est.  Nous ne sommes pas même sûrs de vivre dans le présent.

Comment une telle suspension dans le temps ne rendrait-elle pas nauséeux ?

« La nausée n’est pas en moi… je la sens à l’extérieur, je suis à l’intérieur » C’est ainsi que Racontin, le protagoniste de u roman de JP Sartre «  La nausée »  explique la répulsion physique qu’il éprouve à toucher la réalité autour de lui. – une chaise, une personne, une œuvre d’art. Mais où est donc la pourriture ?  «  Je la sens là sur les murs, dans les placards, tout autour de moi. »  À quoi est-ce que cela ressemble ? «  Un monstre, une carapace géante, un plongeon dans la boue ? Une dizaine de griffes ou de nageoires labourant lentement dans le limon ? Le monstre se redresse. Au fond de l’eau.

 

Est-ce que Trump est le nouveau nom de Grendel ? Sous le choc des semaines avant l’inauguration, les ménestrels médiatiques du vieux gang ont bien sûr crié qu’un monstre avait été libéré du marécage du Lagon blanc par des racistes votant dans l’intérieur des terres. Les Rustofariens. Les ménestrels ont semé la panique urbaine. Les foules ont grondé : Foutons en l’air les élections, recomptons les votes, abolissons le Collège électoral, déclarons Trump inapproprié. Ce monstre, sur le point de squatter un bureau de forme ovale, comme tant d’autres élus avant lui, était supposé accueillir Hillary Clinton.

Mais elle s’est transformée en lui !

Son gang a pointé le doigt vers la Russie. C’était la Russie qui avait amené ce vent mauvais, pas la folie du clan Clinton, pas la soif de sang des années Obama, pas le massacre politique du lymphatique social-démocrate Bernie Sanders, qui aurait pu sauver les fesses du gang, lui donnant quatre nouvelles années d’échec mais une vie respectable. C’était la Russie qui avait tissé la toile de la destinée – La Russie, qui n’est pas née d’une femme, artificielle, mauvaise, tâchée par le péché originel du communisme, la marque de Caïn. La Russie qui avait amené « le grand bois de Birnam jusqu’à la colline de Dunsinane » et coupé la montée de la Lady, reine du Chaos dans ses premières marches d’ascension pour devenir impératrice du monde, dont elle a vidé de sang de larges parts ayant elle-même  « marché si avant dans le sang que si elle cessait de s’y plonger, retourner en arrière serait aussi fatigant que d’aller en avant. » Elle fut laissée là, dans un mi-courant ensanglanté, et ils ont rué.

Le gang mondial en entier- la Heimat des globalistes de «  la communauté internationale », sont sortis dans un chœur de lamentations. Les eunuques politiques européens ont crié de concert avec leurs maîtres américains. Ici se trouvait le miroir présidentiel parvenu dans lequel la Heimat du bon et du grand ne pouvait plus d’admirer agrandie, superbe, plus humaniste que le reflet de sa brutale vulgarité étroite d’esprit qui s’y reflétait maintenant. La mauvaise foi du vieux gang était devenue insupportable. Leur propre image, supportée par un baratin idéologique décevant – les «  valeurs libérales » était détruite. Qu’en était-il des slogans solennels «  la société civile », «  le règne de la loi », la dédicace à des principes universels, le respect des identités, la protection des minorités ethniques,  le zèle appuyant la liberté religieuse ? Qu’en était-il des phrases pompeuses, de la lubrification des promesses exaltées ? Tout cela évanoui dans le vortex de la stupidité et de l’ignorance des masses et de leur boîte à bulletin de vote despotique.  Rien à entendre à part les mugissements d’un nouveau vent affreux.

Avant que Trump n’émerge gagnant du marécage, tout avait déjà été le contraire de tout. Et le devint plus encore. La libération de 100.000 civiles à Aleppe en décembre 2016 par l’Armée syrienne renforcée par ses alliés russes, après quatre années de terreur soutenue par l’Ouest, fût nommée «  crime de guerre ». La séparation de la Crimée de l’Ukraine par référendum populaire à 90% d’avis favorables pour joindre la Russie fût nommée «  Une agression russe ». Le coup US Europe en Ukraine ( 2013.14) planifié et exécuté par le Département d’état néo-con d’Obama et coûtant 5 milliards de dollars, mettant à la place d’un gouvernement élu une junte de ministres et d’officiels néo-nazis, fût nommé «  le retour de la démocratie en Ukraine ». Le fascism, maintenant attribué à Trump comme une nouveau, était cache en plein jour dans le règne des guerres illégales, des changements de régime, des sanctions omniprésentes, et des interventions de guerre de proximité d’Obama, ignorées studieusement ou fictionnalisées par les courtiers en terreur des médias,  les experts, les cellules d’analyses, les fondations et l’empire des officiels

Ces “ réparateurs” ont inversé les causes et les effets.  Ils ont obscurci le fait que la séparation de la Crimée d’avec l’Ukraine était l’effet du coup d’état des US à Kiev.  Ils l’ont utilisé comme cause afin de resserrer l’emprise militaire de l’OTAN  autour de la Russie, y compris avec des missiles offensifs, baptisés « défensifs ». Ainsi les effets du changement de régime en Ukraine sont devenus la cause de la militarisation de l’Europe centrale et de l’est. Avec comme objectif la Russie. Cette militarisation contre le fantôme d’une agression russe porte la grand nom de Atlantic Resolve 2017, que le Département US de la Défense justifie en ces termes sur son site :

 

« Les USA démontrent leur engagement à l’égard de la sécurité international à travers une série d’actions ayant pour but la réassurance des alliés de l’OTAN et des partenaires de l’engagement de l’Amérique à maintenir la paix et la stabilité à la lumière de l’intervention russe en Ukraine » ( c’est moi qui souligne)

Le porte-voix du complexe militaro-industriel, John Mac Cain, a tourné la réalité sens dessus-dessous dans une instruction au nouveau gang afin de perpétuer les sanctions contre la Russie.

« En juste trois ans, sous Vladimir Poutine, la Russie a envahi l’Ukraine, annexé la Crimée, menacé les alliés de l’OTAN, let est intervenue militairement en Syrie, laissant derrière elle des traces de mort, de destruction et de promesses trahies dans son sillage. »

Dans un monde rationnel, l’énormité de ces accusations serait lancée aux planificateurs du gang néo-libéral et néo-con d’Obama, mais aucun ego impérialiste ne peut admettre avoir moralement tort. Il habille sa propre violence dans des vêtements dorés, patinés obligeamment par les medias officiels. Les haillons sanglants de la responsabilité sont enfilés sur quelqu’un d’autre, qui doit être démonisé, de préférence par les medias libéraux. Rachel Maddow par exemple, érigée  experte en soviétologie à l’instant dans  sa déclamation incendiaire liant la Russie capitaliste de Poutine au socialisme stalinien de l’URSS.

Dites-moi ce qui rallie le public américain – y compris et surtout les Libéraux- aux côtés du drapeau national plus précipitamment que de lever le fantôme communiste ?

La manipulation des nouvelles et la distorsion de la réalité les plus puissantes aux mains du pouvoir. Elles peuvent faire disparaître la réalité. Le Yémen par exemple, . La “ Coalition” saoudienne, soutenue par les US et la Grande-Bretagne a commence à bombarder le Yémen le 23 mars 2015. Depuis lors3.2 millions de Yéménites ont été déplacés, la moitié de la population souffre de malnutrition, 10.000 civils ont été tués ( ce qui fait 13 civils par jour), 2 millions d’enfants ne peuvent pas se rendre à l’école, Presque 15 millions de personnes ( dont 55% d’enfants) n’ont pas accès aux soins médicaux de base.

Et pourtant, nous n’entendons rien à propos de cette souffrance. Les USA et la Grande-Bretagne, en fait ont profité de la guerre contre le Yémen. L’administration d’Obama a vendu sur le marché mondial de l’armement pour plus de 200 milliards d’armes, la plus grande vente depuis la 2ième guerre mondiale – plus de 100 milliards  à l’Arabie saoudite à elle seule. La contribution de la Grande-Bretagne à l’arsenal saoudien a été de 3.2 milliards pour l’année dernière à elle seule. Les US et la GB continuent de fournir le support logistique et de renseignement à la coalition saoudienne, qui est intervenue aux côtés du Président yéménite Rabbu Mansour Hadi, qui a fui vers l’Arabie saoudite en plein milieu de la guerre civile de son peuple.

Mais à travers les années Obama, tout était silencieux sur le front yéménite dans le royaume officiel et son porte-parole médiatique sur la cible voulue des infrastructures civiles vitales ; les écoles et les hôpitaux, les mariages et les funérailles. Lors de funérailles à Sana, en octobre dernier, une frappe saoudienne a tué 114 civils. Avant le la bombardement du Yémen ne commence, le gang Obama imposa des sanctions et des blocus au Yémen – tout ceci sans aucune résolution du conseil de sécurité de l’ONU ou aucune volonté d’adhérer aux lois internationales. Le directeur de «  Save the children » au Yémen a remarqué récemment :

«  Même avant la guerre, des dizaines de milliers d’enfants yéménites mouraient de causes évitables. Mais maintenant, la situation est pire et on estime à 1000 le nombre d’enfants mourant chaque semaine de causes évitables comme les diarrhées, la malnutrition, ou les infections respiratoires. »

En ce qui concerne la politique internationale, ce « raciste » n’est pas différent du  « post-raciste ». Les planificateurs de Trump mettent le Yémen sur la carte mais uniquement afin de l’utiliser comme trique afin de frapper sur l’Iran. Au Yémen, ils sont supposés se préparer à accroître les interventions de drones d’Obama, sa fameuse «  liste tueuse », accentuant le rôle des USA dans la guerre civile et cherchant à s’engager plus directement. En prenant le Yémen comme exemple, il devient clair qu’à la fois les libéraux et le président antilibéral considèrent le business de l’armement comme une industrie nationale. Les deniers mots d’Obama dans son poste ont exalté la soi-disant invincibilité des prouesses militaires américaines. Le 22 décembre a posté sur Twitter : « Les Etats-Unis doivent renforcer et étendre son potentiel nucléaire d’une façon importante jusqu’à ce que le monde devienne raisonnable en ce qui concerne le nucléaire. »

Il n’y aura pas de retranchement de la belligérance  sous Trump. Dans les premières suites de sa nomination, le Président Trump a dirigé son Secrétaire de la Défense James Mattis vers :

« L’initiation d’une nouvelle posture nucléaire afin d’assurer aux USA un équipement nucléaire dissuasif moderne, robuste, flexible, résilient, prêt à l’usage et conçu d’une façon appropriée afin de repousser les menaces et de réassurer nos alliés. »

Lors de sa première visite au Pentagone, le Président a signé un mandat exécutif appelant à l’expansion de l’armée américaine, y compris de son arsenal nucléaire, afin qu’elle soit prête pour la guerre avec ses “ compétiteurs proches”, comprenez la Chine et la Russie. « Je signe un mandat exécutif afin de commencer à reconstruire les services armés des Etats-Unis. » a-t-il dit au Pentagone pendant cette signature.

Ainsi le complexe militaro-industriel fût-il rassuré après avoir perdu son candidat favori, Hillary Clinton. Ainsi le rapporte le New York Times, le Pentagone lui-même, anticipant les directives de Trump à Mattis et la signature du mandat exécutif avait préparé des «  options classifiées » afin d’accroître l’usage des forces d’opérations spéciales, d’augmenter le nombre des troupes en Irak et en Syrie et d’augmenter la délégation d’autorité de la Maison Blanche au Pentagone et aux autorités de terrain. Les «  Options classifiées » comprennent l’armement des Kurdes syriens pour la bataille attendue de Raqqa, sur un schéma évident d’inclusion entre la Turquie et la Russie dans leur rapprochement tardif à propos d’un «  changement de régime » en Syrie

 

Il existe des indications que, contrairement à l’aversion affirmée par Trump pour les  « changements de régime » ; Iran devienne la nouvelle Syrie. A la suite des tests ballistiques des missiles de moyenne portée le 30 janvier, le Conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a commencé une campagne de belligérence verbale, de désinformation et de mensonges contre l’Iran. Dans une déclaration, Flynn a déclaré que :

« Le récent lancement de missiles est une attaque contre le conseil de résolution de a Sécurité des Nations unies 2231, qui demande à l’Iran de n’entamer aucune activité liée aux missiles balistiques supposée être capable de transporter des armements nucléaires, y compris des lancements utilisant d’une façon importante de la technologie de missiles balistiques. »

Cette une grossière distorsion du test iranien sur ses missiles. La résolution de 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies interdit à l’Iran le développement de missiles pouvant transporter des têtes nucléaires mais cette résolution ne mentionne rien qui empêche l’Iran de développer ses propres capacités de défense. Les missiles testés en janvier n’avaient aucune capacité de porter des têtes nucléaires. L’Iran  n’a pas violé la Résolution 2231.

La distorsion de la représentation donnée par Flynn à propos des missiles iraniens murmure la mélodie concoctée par Bush et les néo-cons sur l’organisation de l’invasion fatale de l’Irak, prétendant que Saddam Hussain avait des armes de destruction massive. Ce mensonge a coûté un million de morts à l’Irak, le dessin et la division de l’intégrité de la politique irakienne, des réfugiés internes et externes par millions.

D’une façon inquiétante, Flynn termine son propos ave c une menace : « A partir d’aujourd’hui, nous mettons officiellement l’ Iran sur la liste rouge. » .  A la suite vinrent les  sanctions visant 25 personnes et entreprises connectées avec le programme de missiles de l’Iran, y compris des Chinois et leurs compagnies.

En conclusion, il me semble difficile d’envisager les raisons d’agir du gang militaire à DC. Des objectifs à long terme semblent partagés : les moyens pour la domination globale des USA par l’économie et les militaires. Et ce qui semble la pomme de discord est la façon de dominer l’opinion publique américaine. La guerre s’appuie sur une réthorique. Les valeurs libérales versus les valeurs populistes. C’est pourquoi ils luttent pour le contrôle sur l’esprit du public. Il ne devrait s’       abandonner à auxcun de ces moyens de persuasion. Il est possible que la seule ligne optimiste dans l’ascension de Trump soit la résurgence potentielle et le renforcement de la résistance populaire.

 

Luciana Bohne est co-fondatrice de Film Criticism, un journal d’étude cinématographique, et enseigne à l’Université Edingorg en Pennsylvanie. Elle peut être jointe à : lbohne@edinboro.edu

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Tout n’est pas la faute de Trump ! Tom Engelhardt

 

Nous vivons un temps où aucun des facteurs constituant le tissu socio-historique ne peut être pris ou analysé indépendamment du contexte dans lequel il agit. C’est le cas vraisemblablement de tout moment pris dans l’histoire mais la nécessité d’envisager les paramètres contraignants se fait beaucoup plus aigue en ces temps de système économico-politique à dominante impériale. Les élections américaines saturent les oreilles du monde entier, devenant un jeu à part entière où est plongé pour plus d’une année un peuple entier et occultant tous les événements d’importance se déroulant ailleurs. Ce n’est pas nouveau. C’est simplement plus intense, plus omniprésent, plus fou, plus violent, plus idéaliste et désespéré aussi et surtout, mené tambour battant par un tel bouffon que les racines du mal qui touche la vie politique américaine semblent avoir accéléré leur croissance démesurément. Ce que Engelhardt nous donne à voir ici, c’est la façon dont Trump, qu’il fonctionne comme objet médiatique ou non, est avant tout le fruit d’un système, sa manifestation la plus dérisoire et la plus funeste et que le terrain sur lequel il fait son lit est depuis longtemps préparé par une démocratie qui a perdu tous ses atouts, tous ses codes, toutes ses règles de fonctionnement pour permettre à des forces secrètes, militaires et économiques à projet ostensiblement impérialiste de légiférer le monde.EG

 

Tomgram: Engelhardt, don’t blame it all on Donald Trump 

 

Posté par Tom Engelhardt à 4:53pm, le 27 Mars 2016.
 

L’entrée dans des territoires inexplorés de Washington 
Sommes-nous dans un nouveau monde américain ?

Par Tom Engelhardt

La semaine dernière, me sentant malade, j’ai passé une journée sur le canapé devant la télévision et je me suis souvenu d’un élément étrange de la vie américaine.

Plus de sept mois avant le jour des élections présidentielles, vous pouvez regarder la campagne 2016 pour la présidence à n’importe quel moment de votre choix, et ceci est vrai depuis au moins l’année dernière. Il n’y a en fait jamais un instant où quelque chaîne d’information ou autres ne propose un rapport, une discussion, un débat, une analyse, une spéculation ou e bave simplement pas sur un aspect quelconque des primaires d’Hillary, de Bernie, de Ted et par-dessus tout – un million de fois par-dessus tout ; du Donald ( de la  violence de ses rallyes à la taille de ses mains ). Au cas où vous soyez jeune et croyiez que c’est que c’est plus ou moins la norme américaine, ça ne l’est pas, ou du moins, ça ne l’était pas.

Vraiment, il y a quelque chose de nouveau sous le soleil. Bien sûr avec la chasse à la Ford Bronco blanche de O.J Simpson, (95 millions de spectateurs !), les 24/24, 7/7 événements médiatiques sont arrivés à toute force dans la vie américaine et quelque chose a changé sur la manière dont nous nous centrons sur notre monde et dont les médias se centrent sur nous. Mais vous pouvez être sûrs d’une chose : jamais, dans l’histoire de la télévision, ou dans celle de n’importe quel autre média, aucune autre figure n’a rassemblé tant d’attention  – heure après heure, jour après jour, semaine après semaine – que Donald Trump.  Si il est le O.J Simpson de la politique américaine du 21 ième  siècle et sa course à la présidence, l’éternelle course à la Ford Bronco du moment, alors nous sommes dans un monde vraiment étrange.

Ou, pour le dire autrement : ce n’est pas une élection. Je sais que le terme “ élection “  est utilisé toutes les cinq secondes et qu’un nombre significatif d’électeurs américains continue sans interruption de rentrer dans les  isoloirs ( tout particulièrement, cette saison, des Républicains) ou, dans le cas des comités électoraux primaires, dans les salles de sport et autres, afin de choisir parmi différents candidats, aussi cela ressemble encore à des élections.. Mais croyez –moi sur parole et tenez compte du fait que je suis un type âgé de 72 ans qui observe le monde politique depuis des décennies : ceci n’est pas une élection dans le genre de celles que nos livres d’histoire nous ont décrit comme cruciale pour la démocratie américaine. Si, par contre, vous êtes assis là, attendant que je vous dise ce que c’est, respirez et ne soyez pas trop déçus. Je n’en ai pas la moindre idée, bien que ce soit en partie un spectacle de cirque du genre du pain et des jeux, en partie l’obsession de la célébrité et en partie la pompe à finances médiatique .

En fait, avant d’aller plus loin, laissez-moi me couvrir à propos de l’idée que Donald Trump soit un O.J Simpson du 21 ième siècle. C’est certainement une comparaison raisonnable mais je commence à me demander si aucune comparaison ne peut être utile dans la situation présente. Même la plus cauchemardesque d’entre elles – Donald Trump est  Adolf HitlerBenito Mussolini, ou n’importe quel démagogue extrémiste  de votre choix –peut se révéler n’être que des mouvements de consolation,  de rassurance et de confort. Oui, ce qui se passe dans notre monde devient de plus en plus extrême et pourrait difficilement être plus étrange, nous semblons être pressés de la dire, mais cela n’est pas reconnaissable. C’est quelque chose que nous avons rencontré avant, quelque chose que nous avons analysé dans le passé et, dans le mouvement, vaincu.

Réunir les suspects habituels

Mais que se passera-t-il si ce n’est pas vrai ? D’une certaine mesure, la chose la plus effrayante, la moins acceptable à dire à propos de notre monde américain à l’heure actuelle – même si la présence envahissante de Trump nous incite presque à le dire- c’est que nous sommes entrés dans un territoire non réglementé  et que, dans ces circonstances, les comparaisons peuvent en fait modifier notre capacité à saisir notre nouvelle réalité. Ma propre suspicion : Donald Trump n’est que l’instance la plus évidente de ce qui se passe, l’exemple que personne ne peut manquer.

Pendant les premières années du 21 ième siècle, nous assistons peut-être à la naissance d’un nouveau monde au cœur de la coque vidée du système américain. Jusqu’à présent, bien que nous vivions avec cette réalité chaque jour,  nous ne pouvons de toute évidence pas tolérer de le reconnaître pour ce qu’il est. Lorsque nous examinons le paysage, ce sur quoi nous tendons à nous focaliser est la coquille – les habituelles élections ( dans une forme quelque peu exponentielle), les habituelles institutions gouvernementales ( un peu ternies)  avec les habituels pouvoirs ( un peu amoindris et redistribués) comprenant les habituels séparations des pouvoirs ( checks and balance *) (un peu détraqué), et la même vieille Constitution ( si louée en son absence) et oui, nous savons que rien de tout ça ne marche particulièrement bien, ou parfois ne marche pas du tout, mais c’est toujours rassurant de considérer ce que nous avons comme une version réduite, plus désordonnée et moins fonctionnelle de ce que nous connaissons.

Peut-être, pourtant, est-ce de plus en plus une version de l’inconnu. Nous disons, parquet le Congrès est  « paralysé »  est que peut être accompli dans un pays devenu si « polarisé »  et nous attendons que quelque chose nous libère de cette paralysie, afin de nous permettre de revenir vers un Washington plus proche de ce que nous nous souvenons et reconnaissons.  Mais peut-être est-ce cela. Peut-être que même si les Républicains ont d’une certaine façon perdus le contrôle  de la Chambre des députes  House of Representatives) et du Sénat, nous pourrions être  dans une situation telle que nous cataloguions maintenant le paralysie. Peut-être est-ce notre nouvelle réalité américaine, le Congrès étant en fait une sorte de version d’un poulailler glorifié, bien soutenu et bien financé.

Bien sûr, je ne veux pas nier le fait que ce qui est «  nouveau » dans notre monde a une longue histoire. L’élargissement du  gouffre des inégalités entre les 1% et les Américains ordinaires a commencé à s’élargir dans les années 70 – comme l’explique si brillamment Thomas Frank dans son nouveau livre   Listen, Liberal – était déjà une réalité puissante et controversée au début des années 1990, quand Clinton visait la présidence. Oui, l’écart est plus maintenant comme des abysses et semble encore plus inscrit dans le système américain mais il a son histoire propre, comme l’ont par exemple les élections des 1%   ainsi que la montée et l’auto-organisation de la   « classe des milliardaires » même si personne, jusqu’à maintenant, ne pouvait imaginer qu’un gouvernement des milliardaires, par les milliardaires et pour les milliardaires puise évoluer en un gouvernement pour le milliardaire, par le milliardaire et pour le milliardaire – c’est-à-dire l’un d’entre eux.

Bien sûr, beaucoup de notre monde qui change de forme pourrait être décrit avec un certain nombre de comparaisons et en terme de points de référence historiques. Les inégalités ont une histoire. Le complexe militaro-industriel et  l’armée mercenaire , comme la warrior corporation, ne sont pas nées d’hier, ni notre état de guerre permanente, ni notre état de sécurité nationale qui menace maintenant Washington ainsi que son urgence à surveiller, celui de savoir beaucoup trop de choses sur la vie privée des Américains. ( Un petit salut en souvenir du Directeur du FBI,  J. Edgar Hoover est de rigueur ici)

Et cependant, aussi vrai que tout cela puisse être, Washington ressemble de plus en plus à une terre nouvelle, exhibant quelque chose comme nouveau système au milieu de notre politique décrite polarisée et paralysée décrite en long et en large.

L’état de sécurité nationale ne me semble pas moindrement paralysé ni polarisé.  Et le Pentagone non plus. Certains jours quand je regarde les nouvelles, je ne peux pas concevoir comment ce nouveau territoire semble étrange et monotone à la fois. Rappelez-moi, par exemple, où dans la Constitution les Pères fondateurs ont-ils écrit à propos de l’état de sécurité nationale ? Et cependant il est présent dans toute la gloire, tout le pouvoir et dans la force toujours plus indépendante de la capitale de notre nation.     Dans quelle mesure, par exemple, ces hommes de l’ère révolutionnaire ont-ils préparé le terrain pour que le Pentagone envoie ses drones espions de nos zones de guerre éloignées jusqu’au dessus des États- Unis ?  Et pourtant il l’a fait.  Et personne ne semble perturbé par ce développement. La nouvelle, à peine note ni remarquée, a été instantanément absorbée dans ce qui est entrain de devenir la nouvelle norme.

Cérémonie de remise des diplômes dans l’Empire

Laissez-moi mentionner ici au hasard la nouvelle qui m’a récemment amené à me demander sur quelle planète je vivais. Et je sais que vous n’allez pas le croire mais cela n’a absolument rein à voir avec Trump

Étant donné le carnage entraîné par les guerres et les conflits américains à travers les grand Moyen-Orient et l’Afrique, que j’ai suivis de près  l’an passé, je ne sais pas pourquoi ce moment particulier est venu à ma connaissance. La meilleure supposition ? Peut-être que, de tous ces lieux auparavant obscurs – de l’Afghanistan au Yémen en passant par la Libye – dans lesquels les US ont combattus récemment, la Somalie, où ce petit massacre particulier a eu lieu, semble le plus obscur de tous.  Oui, j’ai à moitié assisté à des événements se passant là-bas, du moment des Blackhawk de 1993 à l’invasion désastreuse de l’ Ethiopie  en 2006, soutenue par les USA en passant par l’invasion à peine moins désastreuse de ce pays par les   Kenyans et par d’autres forces africaines. Mais pourtant, la Somalie ?

Récemment, des drones américains Reaper et des aéronefs avec pilote ont lance une série d’attaque contre ce que le Pentagone a qualifié de cérémonie de remise des diplômes  pour les fantassins de base du groupe somalien de terroristes al-Shabad. Il a été fièrement annoncé que plus de 150 somaliens étaient morts lors de cette attaque. Dans un pays où, dans les récentes années les drones US et les forces d’opération spéciales on mené un nombre réduit de frappes contre les leaders d’al Shabad individuellement, ceci pourrait être considéré comme une escalade distincte du conflit sans fin se déroulant là-bas, ( avec un  raid impliquant les forces spéciales US suivant peu de temps après)

Maintenant, laissez-moi remettre ça dans un contexte personnel. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours aimé les cartes et les globes terrestres. J’ai un sens correct de là où se trouvent la plupart des pays sur cette planète. Cependant, la Somalie ? J’ai dû m’interrompre et y réfléchir afin de la localiser précisément sur ma carte mentale de l’est africain. La plupart des Américains ? Honnêtement, je doute qu’ils auraient eu la moindre idée. Aussi l’autre jour, quand la nouvelles m’est parvenue, je me suis arrêté un moment pour la considérer. Si elle est exacte, nous avons tué 150 plus ou moins personne (sauf pour ceux qui les connaissaient) et peut-être même un   top leader ou deux dans un pays que la majorité des Américains ne seraient pas capable de localiser sur une carte. Je veux dire, ne trouvez-vous pas ça un peu bizarre, quelle que soit l’horreur de l’organisation pour laquelle ils se préparaient à combattre ?

Rappelez-moi : sur quelle bases a-t-on perpétré ce modeste massacre ? Après tout, les US ne sont pas en guerre avec la Somalie ni avec al-Shabad. Bien sûr, le Congrès ne joue plus aucun rôle dans les engagements belliqueux de l’Amérique. Il ne déclare plus la guerre sur aucun des pays ou des groupes que nous combattons. (Paralysie !!) La guerre n’est maintenant plus que du domaine de l’exécutif, en réalité, le pouvoir collectif de l’état de sécurité nationale  et la Maison blanche.  L’explication principale offerte pour la frappe somalienne, par exemple, est que les US avaient un petit nombre de conseillers stationnés avec les Forces d’union africaine dans ce pays et qu’il était vaguement possible que ces étudiants en guérilla puisse bientôt préparer une attaque quelques unes de ces forces ( et donc le personnel militaire américain) Il semble que si les US placent des conseillers n’importe où sur la planète – et chaque jour de chaque année ils sont maintenant dans des quantités de pays  — ce sera un excuse suffisante pour valider des actes de guerre basés sur l’imminence de la menace de leurs attaques.

Ou bien pensons le de cette façon ;  une constitution nouvelle, informelle est écrite ces dernières années à Washington. Pas besoin d’une convention ou d’une nouvelle Déclaration des droits. C’est une constitution centrée sur l’usage du pouvoir, spécialement le pouvoir militaire, et qui s’écrit dans le sang.

Ces jours-ci, notre gouvernement (celui qui n’est pas paralysé) agit régulièrement sur la base de cette constitution-en-devenir informelle, commettant des actes comme celui de la Somalie, à travers de significatives régions de la planète. Ces dernières année, nous les avons maries avec les dernières   technologies étonnantes.   Des drones armés de missiles Hellfire pour le pouvoir exécutif et le massacre assez gaillard d’individus que nous n’aimons pas beaucoup dans une majorité de pays musulmans. Maintenant, il est accepté que n’importe quel commandant en chef soit aussi un  assassin-en-chef, et que tout ceci fait partie d’un système de temps-de-guerre-qui n’est-pas un temps-de-guerre. Répandant le principe du chaos et de la dissolution  dans des régions entières de la planète, laissant des états écrasés et des mouvements terroristes dans son sillage. Quand donc était-ce, à propos, que “le people” a donné son accord pour que le Président puisse se transformer en assassin en chef, rassemblant ses beagles officiels afin qu’ils écrivent de nouvelles “lois” qui couvrirait n’importe lequel de ses actes ( y compris le meurtre  de citoyens américains), et année après année, envoie ce qui est en fait sa flotte personnelle de drones afin d’ éliminer des milliers de personne à travers les Moyen-Orient   et dans certaines parties de l’Afrique ?  Assez bizarrement, après presque quatorze années de cette sorte de comportement, avec des  preuves évidentes que ces sortes de frappes ne suppriment  pas les mouvements que Washington abhorre  (et souvent ne fait qu’allumer les flammes du ressentiment et de la vengeance qui, ni l’actuel président et ses officiels, ni aucun des candidats à cette fonction n’ont la moindre intention de ramener un jour ces drones au sol.

Et quand exactement le “people” a-t-il dit que, au sein de l’armée largement déployée de notre pays, qui a maintenant des garnisons  partout sur la surface de la planète, une force de presque 70.000 personnels d’Opérations spéciales pourrait naître, ou qu’elle devrait globalement  mener  des missions sous couverture, n’étant redevable qu’au Président  (si elles le lui sont) ? Et, ce que je trouve le plus étrange est que si peu dans notre monde trouve cela étrange.

Une planète sur le déclin ?

D’une certain façon, on pourrait dire que tout ceci marche. Au moins, marche dans ce nouveau système qui se crée que nous devons encore arriver à comprendre, tout comme nous n’avons pas encore compris l’état de sécurité nationale qui surveille le monde d’un façon que même les auteurs de science fiction n’ont pas pu imaginer, ( ni les législateurs des états totalitaires) ou la version étrange de la tuerie qu’on appelle élection. Tout ceci est à la fois une vieille nouvelle et terriblement nouveau.

Est-ce que je le comprends ? Pas du tout

Ce n’est pas la guerre comme nous la connaissons, ni le gouvernement comme nous l’avons compris, et ce ne sont pas des élections comme nous les avons imaginées il y a longtemps, ni une démocratie comme celle dont nous l’avions conçue, ni un journalisme du genre de celui qui était enseigné dans les écoles de journalisme. C’est la définition d’un territoire sans règles. C’est une authentique terra incognita  américaine cependant d’une certain façon, ce paysage inconnu fait déjà partie  de notre sens de nous-mêmes et du monde. Dans cette saison d’“ élection”  beaucoup demeure choqué par le fait qu’un des candidats gagnant pour la présidence puisse être un démagogue avec un côté autoritaire visible et ce qui semble être un goût pour le pouvoir absolu. De telles définitions sont accolées à Donald Trump mais le nouveau système américain qui émerge de cette chrysalide ces dernières années montre déjà ces tendances. Donc, ne blâmons pas Donald Trump.  Il devrait être beaucoup moins choquant pour ce pays qu’il ne l’est. Après tout, un monde trumpien en formation a pavé le chemin pour lui.

Qui sait ? Peut-être assistons-nous à une nouvelle interprétation d’une très vieille histoire : une version d’un ancien conte de grand pouvoir impérial adaptée au 21 ième siècle, peut-être le plus grand jamais vu – le grand pouvoir solitaire-  plongeant dans son déclin. C’est un conte que l’humanité a expérimenté assez souvent au cours de sa longue histoire. Mais à moins que vous ne pensiez une fois de plus qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, le contexte pour tout ceci, pour tout ce qui se déroule en ce moment dans notre monde, est si nouveau que cela reste hors de portée de milliers d’années d’expérience humaine. Comme les derniers records de chaleur  l’indiquent, nous sommes, pour la première fois sur une planète en déclin. Et si ça ça n’est pas un territoire sans règles, qu’est-ce qui l’est ?

 

Tom Engelhardt est le co-fondateur du  American Empire Project ( Projet de l’empire américain) et l’auteur de  The United States of Fear ( Les Ètats-Unis de la peur) ainsi que de l’Histoire de la Guerre froide., The End of Victory Culture.( La fin de la culture de la victoire) Il est membre du  Nation Institute et dirige TomDispatch.com. Son dernier livre est : Shadow Government: Surveillance, Secret Wars, and a Global Security State in a Single-Superpower World.( Le gouvernement de l’ombre : surveillance, guerres secrètes et état de sécurité globale dans un monde à super-pouvoir unique)

 

  • La séparation des pouvoirs est le fait dans la constitution d’un État de distinguer certaines fonctions ou missions de l’État, et d’en confier l’exercice exclusif à différents corps de ce dernier, appelés pouvoirs. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire est le principe fondamental des démocraties représentativesA contrario, les régimes dictatoriaux ou tyranniques se définissent par la concentration, en général dans la main du pouvoir exécutif, de tous les pouvoirs.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

La pathologie de l’homme blanc. Au coeur des fans clubs de Trump et de Sanders.

Première partie d’une promenade très savoureuse dans l’univers des élections nord-américaines. Nous accompagnons un Canadien qui aime les USA dans son voyage au coeur des campagnes de Donald Trump et de Bernie Sanders. Son regard va nous donner une idée des passions, des faiblesses et des aveuglements de l’électorat. N’oublions pas que de cette élection à venir dépend l’avenir de nos amis transatlantiques mais aussi, hélas, le nôtre. Car si Trump se sent autorisé aujourd’hui à dire qu’il pense pouvoir tuer quelqu’un en lui tirant dessus sur la 5ième avenue sans perdre son électorat, élu, il va certainement pouvoir se sentir autorisé à appuyer sur le bouton qui nous fera tous disparaître en emportant sa gigantesque forfaiture et sa mégalomanie insondable. EG

 

The white man pathology: inside the fandom of Sanders and Trump

 

La pathologie de l’homme blanc : à l’intérieur du club des adeptes de Trump et Sanders

 

1/ TRUMP en Iowa

 

1280

C’est difficile d’avoir un corps mâle et blanc et de pouvoir se représenter ses propres faiblesses. Illustration: Antony Hare

 

Stephen Marche

Dimanche 10 Janvier 2016 Modifié le mardi 12 janvier

La frontière

Vous sentez votre blancheur parfaitement à la frontière américaine. La plupart du temps, être blanc est une absence de problèmes. La police ne vous ennuie pas donc vous ne notez pas que la police ne vous ennuie pas. Vous obtenez un travail, donc vous ne notez pas que vous l’avez. Vos enfants ne sont pas confondus avec des criminels. Je vis dans le centre-ville de Toronto, dans un des voisinages les plus libéraux d’un des villes les plus ouvertes du monde, où le multiculturalisme est la valeur civique dominante et où la vertu inerte de la tolérance est l’héritage le plus proéminent de l’Empire britannique, où donc si vous clignez des yeux vous pouvez prétendre que les anciennes catégories se sont dissipées dans la brume des Lumières et des mariages interraciaux.  Mais pas à la frontière.

Le professeur canado-guyanais de mon fils et l’étudiant musulman Milton avec qui je suis allé au lycée et l’écrivain sikh avec qui je me chamaillais à propos d’Harold Innis et mon comptable Ismaélite, nous pouvons tous être de bons petits torontois de la classe moyenne, déviant les différences que nous avons été entraînés à respecter.  Mais dans une voiture prise dans la file infusant dans le monoxyde de carbone attendant d’entrer dans Détroit, leurs manières d’être divergent drastiquement des miennes.

Je suis blanc, ils ne le sont pas. Ils sont vulnérables. Je ne le suis pas. Voilà comment ça marche : j’apprécie les gardes à la frontière américaine, ils sont toujours amicaux avec moi, correctes, et même de compagnie agréable. Dans la guérite entre le pas-encore-né- de Windsor et le a-fait- son-temps de Détroit, l’officier auquel je me suis adressé avait un ventre à l’air bourru et mystérieux d’inscrutabilité intentionnelle, comme un troll sous le pont d’un conte de fée.

«  Où allez-vous ? » a-t-il demandé ?

«  Burlington,  Iowa. »

«  Quelle raison aurait-on de choisir Burlington Iowa ? » a-t-il demandé philosophiquement ?

«  Je vais voir Donald Trump et Bernie Sanders. » puis parce que ça semblait nécessiter une explication : « Ils donnent un forum à quelques jours l’un de l’autre. »

«  Pourquoi quelqu’un choisirait-il d’aller voir  Donald Trump et Bernie Sanders ? »

Je n’ai pas répondu, parce que nous étions à la frontière mais j’aurais pu dire que le chef de la police de Birmingham estimait que 30.000 personnes s’étaient rassemblées pour voir Donald Trump en Août et qu’à Dallas, il avait rempli le Centre d’American Airlines  et que son opposant, Bernie Sanders, –beaucoup plus que celui de Barack Obama à un moment similaire dans sa campagne de 2008.

«  Je suis curieux » lui ai-je dit à la place.

À ce moment-là, il m’a demandé de baisser ma vitre. Mais tout allait bien, comme je l’ai dit, je suis blanc.

Le nombre croissant de morts parmi les blancs  américains d’âge moyen pourrait excéder le nombre des victimes du SIDA aux USA.

Comme je conduisais dans la banlieue des ruines de Détroit, à travers l’I- 94, une des autoroutes américaines les plus affreuses, la familière vieille sensation de légèreté a palpité. J’aime l’Amérique. L’Amérique n’est pas ma mère. Le Canada est ma mère. Mais l’Amérique est  une incroyablement belle et riche dame étonnement  douce qui est ma voisine et semble se déliter. Je ne peux m’empêcher de l’aimer.  Pour les gens qui aiment à  se consacrer aux contradictions, les US sont le plus grand pays du monde : le pays de la liberté construit sur l’esclavage. le pays des lois et de l’ordre où tout le monde est en droit de porter une arme à feu, le lieu du progrès sans limite où l’on s’accroche au sous-développement culturel par pure obstination. Et dans ce glorieux bourbier, une nouvelle contradiction s’est récemment annoncée : les blancs, les Américains privilégiés, ceux qui ont le moins à craindre des pouvoirs en place, ceux qui sont les plus voués à un brillant future, ceux qui à partir de tous les chiffres possibles sont le groupe le plus fortuné dans l’histoire du monde commencent à mourir dans des proportions choquantes.  Le rapport Case and Deatont, Croissance de la morbidité et de la mortalité chez les Américains non-hispaniques d’âge moyen au 21ième siècle, décrit un taux de mortalité en hausse chez les blancs d’âge moyen «  comparable aux disparitions de l’épidémie de SIDA aux USA. »  Cette pointe est propre aux américains blancs – elle ne se retrouve pas dans d’autres groupes ethniques aux US ni d’autres populations blanches du monde développé, une mystérieuse épidémie de désespoir.

D’une certaine façon il a été aisé d’attribuer toutes ces morts de blancs américains  à « l’empoisonnement par l’alcool, à l’usage de drogues, au suicide, et aux maladies chroniques du foie ainsi qu’aux cirrhoses. » selon ce rapport. Il n’a pas été aussi aisé d’attribuer l’attribution.  Pourquoi les américains blancs d’âge moyen boivent-ils, se droguent-ils ou se shootent-ils à mort ? Les explications offertes étaient préétablies, pleinement branchées sur les préjugés de confirmation : c’est à cause de l’économie, à cause de la démographie, à cause de l’absence de dieu ou à cause de la religion, ou c’est à cause de l’éclatement de la famille ou de la persistance des valeurs antiques ou à cause du manque de programme social ou de la dépendance aux programmes sociaux.   Case and Deaton  nomme cela : « une épidémie de souffrance » Bien. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Sur l’autoroute I694, vous vous trouvez à vous demander : mais qu’est ce qui déconne chez ces gens-là ? Je veux dire en dehors du déclin de la classe moyenne évidemment. Et de la montée de l’emploi précaire et du fait que le mode de vie basique exige tant de sédation que presque un quart de tous les Américains sont sous  tranquillisants   et qu’entre 26.4et 36 millions d’Américains utilisent des opiacés chaque jour. Et aussi, oui, les fusillades de  masse.  Il y a eu plus d’une fusillade par jour. Et des terroristes blancs prenant à nouveau pour cible des églises noires. Et les vidéos régulièrement mises en ligne montrant   la police assassinant des noirs.  Et la police en question n’étant jamais inquiétée et a fortiori jamais condamnée à la prison. Et savez-vous ce qui inquiétait les Américains quand toute cette merde leur pleuvait dessus ? Quand toute cette folie venait blesser leur pays bien aimé ? Savez-vous quel était leur souci prioritaire,  sondage après sondage après sondage ?  Les Musulmans, les Musulmans, si vous pouvez le croire…

«  Le rêve américain est mort mais je vais le rendre plus fort. »

Mon corps est blanc et mâle. Il mesure 1, 82 mètres et pèse 86 kilos.  Il a 39 ans et a dû commencer à courir. Il a dû commencer à compter les calories. Il y a un picotement dans l’articulation de ma hanche droite aussi, je cherche à ne pas songer à mon corps. Le picotement va et vient. Je sais que mon corps va finir par me tuer.

«  Un homme qui a peur de souffrir souffre déjà de sa peur. » Comme le dit Montaigne. C’est une des raisons pour lesquelles les hommes meurent beaucoup plus jeunes que les femmes.  6 ans plus jeunes en moyenne en Amérique.  92 % des hommes dissent qu’ils attendant au moins quelques jours afin de voir s’ils vont se sentir mieux avant d’aller chez le docteur mais je sais qu’ils veulent dire quelques jours e plus que ce qui serait raisonnable. C’est difficile d’avoir un corps blanc et mâle et de concevoir sa faiblesse. Dans le même esprit, mon corps ne peut pas croire qu’il est la personnification du pouvoir,  bien que de toute évidence il l’est dans toutes les dimensions comptables de son statut social, il se sent simplement un corps. Il se sent mortel.

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Je n’ai jamais été dans un endroit aussi blanc que l’Iowa, c’est la pure vérité.  Photograph: Darren McCollester/Getty Images

Je n’ai jamais été dans un endroit aussi blanc que l’Iowa.  Je le jure. Quand je me rends aux USA, je vais à New York à Chicago, à Los Angeles ou en Floride.  A Burlington, chez Jerry (Jerry’s main lunch) le plat de référence est le Bazard chaud (Hot mess) des œufs, du bacon rissolés à point. Les sucriers  ont tous des craquelins à l’intérieur afin d’éviter que le sucre en poudre ne s’amalgame. Un petit morceau du bon sens et du savoir-faire américain. Le Hot mess est délicieux, pourquoi ne le font-ils pas partout ? Pourquoi n’y a-t-il pas de chaînes de Jerry’s Main Lunch servant des Hot Mess partout à travers les Middle- West ? La réponse est dans le reste de la ville: tout ce qui devait partir a déjà quitté Burlington. Les beaux immeubles de brique rouge du centre ville sont presque tous vacants. La rue la plus intéressante est la route à la sortie de la ville. Le Memorial Arena, sur les rives du Mississipi, s’est rempli très tôt. Trump ne parlait pas avant 18 heures mais à 16 heures 45, la situation sur le parking était déjà sombre. A l’extérieur du bâtiment les démarcheurs qui suivent Trump sur la route, d’un événement à l’autre, vendaient des teeshirts et des badges, trois pour 10 dollars.  « We shall overcomb » ° « cats for Trump, the time is Meow »    « AMERICA GREAT AGAIN » [ Rendre l’Amérique à sa puissance]

A l’intérieur, chaque siège avait été occupé et le plancher rapidement recouvert d’une foule debout.  Burlington est composée de 10% de noirs. Le rallye l’était de 99,99% de blancs. Les gens qui assistent à un rallye aux USA appartiennent à un genre particulier d’individus tout comme ceux qui font la queue devant l’entrée d’une discothèque. Ils savent où ils sont supposés se rendre et comment ils sont supposés se tenir quand ils y arrivent. Ils sont adaptés.  Une dame âgée assise à mes côtés arborant un chapeau avec la bannière étoilée dessus qu’elle ne sort clairement que pour ces occasions. «Vous venez de l’Illinois ? » demande-t-elle ?  Je ne suis pas de là mais je passe. Elle assiste à tous les rallies, explique-t-elle, elle a été une républicaine toute sa vie, une républicaine active, une républicaine de l’Iowa. Pendant 30 ans elle a été dans des foules comme celle-ci. Elle projette d’aller, une fois dans sa vie à la Convention nationale.  Comme aller à un concert des Stones. Quand les organisateurs sont passés avec des flyers sur lesquels était écrit «  La majorité silencieuse », elle en a pris plusieurs pour les distribuer autour d’elle.  Des femmes gaies et prévenantes composaient la moitié de cette foule. Des hommes absurdes et en colère  l’autre. Ils portaient des tee-shirts avec des paragraphes entiers écrits dessus : Je suis un vétéran de l’armée américaine. J’ai un jour fait le SERMENT SOLENNEL de défendre la CONSTITUTION contre tout ennemi, extérieur ou intérieur. Soyez prévenus que personne ne me libérera de mes devoirs à l’égard de ce serment !

Sur le parking, il y avait des véhicules enduits d’autocollants  Nous le peuple en avons ras le bol à 100%, Si les armes à feu tuent alors j’imagine que les stylos fons des faute d’orthographe (sic) que les voitures conduisent en état d’ivresse,  et que les cuillères rendent les gens obèses.  Je suis hétéro, conservateur, chrétien, et je possède un fusil. Y-a-t-il autre chose que je puisse faire pour t’emmerder ?  Une photo d’Obama avec : Est-ce que ce trou du cul rend ma voiture plus grosse ? Le style républicain pour 2016 est dans les aphorismes humoristiques violents. Derrière la comédie, une rage absurde : l’Amérique est le pays le plus grand au monde mais l’Amérique part en morceaux, le gouvernement est le problème, il faut donc que le gouvernement le résolve.

C’était une production de Trump donc naturellement il y avait une section VIP. Une porte gardée par des hommes aux crânes rasés, sans sourire, les videurs plein d’ennui qui sont pour toujours autour des célébrités indifférentes. Une porte battante sur le côté recevait et dispensait les gens les plus présentables, ceux avec la neutralité lisse des politiciens professionnels, les femmes dont les visages sont marqués d’une moue de dédain permanente, les hommes qui  se font couper les cheveux avant chaque événement. La femme à mes côtés – le chapeau à la bannière étoilée – portait un pendentif en étain en forme d’éléphant. Une jeune fille dans une robe d’un orange vif passa par l’entrée des VIP en portant un éléphant en étain incrusté de diamants. Les pendentifs en forme d’éléphant était le thème, j’ai noté, des éléphants en broche des éléphants en bagues, des éléphants en tee-shirts.  On les trouvait à différents prix et dans différents styles : des éléphants faisant penser aux bandes dessinées françaises des années 60, d’étranges trémoussements pseudo-sexuels, avec les chapeaux de paille de plaisancier des années 20 menant la parade. Il n’y avait qu’une sorte d’éléphant impossible à trouver.   Un éléphant qui ressemble vraiment à un éléphant. Un éléphant réaliste qui puisse servir d’aide-mémoire pour les centaines d’éléphants tués pour leur ivoire chaque jour. Un éléphant naturaliste serait foncièrement environnementaliste. Les éléphants se doivent tous d’être fabuleux.  Comme dans tous les bons spectacles il y avait une première partie. En fait, il y en avait deux. Trous si vous comptez la récitation du serment d’allégeance. La première était Tana Goertz, une femme de l’Iowa  qui avait été sélectionnée pour la troisième saison de « The Apprentice ». « Quelle belle foule ! » a-t-elle susurré. Elle se porta garante pour Trump en tant que femme, (Il adore les femmes !)  et comme quelqu’un qui est revenue en Iowa. (Comment serait-il possible de vivre à New York si vous n’aimez pas les gens ?) Elle a promu l’idée qui est au cœur de tout ce que fait Trump, que le simple contact avec l’homme amène la prospérité. « Quand vous montez dans le train de Trump, vous allez quelque part ! » Elle a quitté la scène sous des applaudissements iowiens polis. La foule aurait peut-être, tout bien considéré, préféré écouter la musique d’Elton John sortant des haut-parleurs à la place mais au moins elle avait fait un effort.  Un homme médiatique plus standard a suivi. Sam Clovis anime une émission radio conservatrice et est un activiste du Tea Party qui a dirigé et perdu un bon nombre de positions en Iowa. Il a attaqué d’emblée. Trump est un des hommes les plus grands qui ait jamais parlé sur cette terre. Une remarque pertinente.  La foule aurait pu rire mais elle a applaudi, prouvant ainsi qu’ou bien elle n’était pas attentive ou qu’elle était prête à avaler n’importe quoi.  Clovis compare les récents discours de Trump à celui de Reagan,  Un temps pour choisir [Time for Choosing] lors de la Convention Goldwater en 1964,  ce qui peut être à peu de choses près comme de la comparer au Sermon sur la Montagne. Clovis savait ce que la foule était venue pour entendre et il le leur a donné : L’Amérique et les Américains seront à nouveau les premiers ! Un hurlement collectif a envahi le Memorial Arena de Burlington. Ils voulaient tant être à nouveau les premiers. Premiers en quoi restait peu clair mais absolument premiers.

Lorsque les hurlements se sot calmés, la foule était prête pour Trump. Mais, art de la mise en scène, Trump a laisse la tension monter, l’homme absurde en colère et la diligente femme braillaient. Trump ! Trump ! Trump ! Je peux à peine imaginer le plaisir que son nom assourdi, scandé, a pu procurer à l’homme dans les coulisses.  Quand il est finalement monté sur scène, la foule a déferlé, ses téléphones ont déferlé, c’était une orgie de téléphones. Les hommes derrière Trump scannaient la foule avec leurs téléphones. Les caméras au dos filmaient tout le monde en train de filmer tout le monde. Trump était le seul à ne pas tenir d’écran, l’absence qui génère du désir.  Il a commencé à rugir lorsque la foule a cessé de regarder les séquences qu’elle avait filmé.  Trump a commencé par le clip qui allait apparaître dans les nouvelles le lendemain matin. Joe Biden avait laisse tomber la course et Trump l’approuvait car Biden n’avait aucune chance et qu’il voulait affronter Hillary. Les médias adroitement sous contrôle, Trump a commencé son discours par le sujet le plus cher à son cœur : son propre succès. Le rallye de Burlington marquait le 100 ième jour où il menait  dans les sondages.  Il a lu les sondages, sondage après sondage. Il ne s’est interrompu que pour demander à la foule si les sondages étaient grands. ” Battre Hillary dans tout le pays, est-ce que vous aimez ça ? La foule a approuvé les chiffres de son approbation. Donc il est passé à des aspects plus qualitatifs de sa grandeur. Ses opposants n’étaient pas des gagneurs.  “ Je parle avec mon cerveau mais je parle aussi avec mon cœur ” a t-il dit,  grondnat comme un riche oncle m’as-tu vu. “ je vais rapatrier les emplois de Chine” avec quelques brèves digressions d’auto-apitoiement : “ Macy a été très déloyal avec moi, ils ne vendent plus mes cravates. http://www.cnbc.com/2015/08/12/why-we-dropped-trumps-menswear-line-macys-ceo.html  Il a décrit, dans des revirements à la fois francs et pleins d’illusions, sa capacité si brillante à la manipulation politique. Il a parlé aux gens qu’il était en train de manipuler de la façon intelligente dont il les manipulait. Ainsi déclara-t-il ; “ Je suis un bon chrétien.” Et que  s’ il devient président “ nous souhaiterons un joyeux noël ” mais il n’a pas pu s’empêcher de faire montre de l’intelligence de sa stratégie électorale : “Si je monte sur scène avec un Bible, tout le monde m’aime mieux.” Trump amène du plus à Burlington, Iowa, et il ne refuse pas à la foule le goût pour la célébrité dont elle rêve. Que dirait-il à Caroline Kennedy, ambassadrice au Japon ? : Vous êtes virée ! Vous êtes virée !

Quelques spectateurs ont commence à sortir pour devancer le trafic et Trump a crié à propos de la majorité silencieuse, du fait qu’il dit ce que personne n’ose dire, qu’il arrêtera le libre échange et que les Mexicains sont des voleurs de voiture ( gros rires) et comment il veut un morceau des actions du pipeline du Keystone et comment il va aider la santé des femmes et comment l’Amérique a besoin d’être stimulée  « Le rêve américain est mort mais je vais le rendre plus grand et plus fort » a-t-il hurlé. A ce moment il m’est apparu de la même façon que toutes les célébrités que j’ai  rencontrées en chair et en os me sont apparues, comme une idole païenne vivante attendant le sacrifice, un Baal aux joues  rebondies. «  Nous avons tant à gagner »  a-t-il promis avant de laisser la scène au  « Nous n’allons plus le tolérer »  des Twisted Sisters We’re Not Going to Take It.

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 Les supporters de Trump au Mémorial des vétérans à  Cedar Rapids. Photographie: Scott Morgan/Reuters

Je suis resté afin de regarder Trump au travail. De près la coiffure est beaucoup plus élaborée que sur les écrans. Sa construction s’effectue sur trois plans, sa signification est polyvalente.  Tout d’abord, il y a la mèche rabattue, bien qu’on ne puisse la nommer “mèche rabattue” uniquement  dans la mesure où la galerie commerçante de Dubaï avec une piste de ski pourrait être nommée un “bâtiment”. Ce sont des cheveux élevés  par la prouesse technique au niveau de l’œuvre d’art, avec la qualité diaphane  d’une capeline sortie d’une légende nordique ou d’un métal dans une miraculeuse apesanteur développé dans un laboratoire allemand. Ils flottent au-dessus du crâne, comme un acte de défiance non seulement contre le vieillissement et la calvitie mais contre l’espace et le temps, contre la réalité.   Derrière cette démonstration technique de mèche rabattue, comme une sorte de contre-point, l’arrière est aussi traditionnel et vieux jeu qu’une coiffure puisse l’être.  Il s’agit d’une queue de canard classique. Tellement classique que je ne l’ai vue que dans des films des années cinquante, pas des films tournés dans les années cinquante, soyons clairs, mais des films tournés dans les années soixante-dix sur les années cinquante. Entre la mèche rabattue et la queue de canard, entre ces deux espaces folliculaires représentant le moderne et l’atavique, la fantastique et le nostalgique, on trouve une troisième tranche.  Même en sa présence, il vous faut regarder avec attention pour la situer.  Elle est enflée, légèrement mais seulement légèrement. C’est la part réelle de la chevelure, la part humaine, la part véritable. C’est le pivot de Donald Trump.  Comme la campagne de Trump pour la nomination des Républicains s’est développée, dans toute son invraisemblance, il a serré la main à des milliers d’américains, et pose avec des milliers d’américains pour des milliers de selfies. Et parmi ces milliers aucun n’a réussi à mettre le désordre dans sa coiffure. Bien que lui évoque régulièrement l’apparence physique des autres candidats, aucun d’entre eux n’a jamais évoqué le fait qu’il avait l’air ridicule. La coiffure de Trump est un acte de préemption provocateur : dis seulement que je suis bidon, je te mets au défi, je te mets complètement au défi.  Quelques fans extrémistes s’attardent sur les franges, exactement comme à un concert.  Tous les autres se dirigent vers le parking et le centre-ville de Burlington redevient bientôt désert.  Un spectacle de Trump est un bon investissement financier, tout spécialement parce qu’il est gratuit. Personne ne réclame même de dons.

 

 

Fin de la première partie

Traduction Elisabeth Guerrier