L’idéologie néoconservatrice à la Maison blanche de Trump.

 En ces temps de chauffage et de montage organisés pour libérer les volontés sous-jacentes concernant l’Iran et la Russie, via la Syrie, il est nécessaire de faire le point sur ceux qui sont, plutôt dans l’ombre, les instigateurs de ces positions hégémoniques : les néo-conservateurs. Présents et actifs, conseillant la suite des alternances démocrates/républicains, dont on sait que les choix sont identiques mais plus ou moins bien médiatisés en ce qui concerne la politique d’impérialisation américaine. L’article antérieur sur l’inclusion totale de l’armée et du complexe militaro-industriel dans la vie associative, économique et politique américaine permettra aussi d’évaluer le peu d’espace laissé pour autre chose qu’une forme de totalitarisme à l’aspartane. La visibilité du parti ou de ses obédiences qui dirige la politique étrangère des USA depuis longtemps devient plus forte mais les choix idéologiques ( Position à l’égard d’Israël, exceptionnalisme, statut de peuple élu des US etc..) demeure assez pu connue. Il est nécessaire de prendre le temps d’évaluer le peu de poids qu’on, en fait, les divergences entre les deux partis fossilisés politiquement mais mobilisant leurs adeptes avec la même véhémence et les mêmes flots financiers à chaque élection.  Cette réalité bipartisane, vouée à une impasse et uniquement tenue par la force des pressions médiatiques et leur toute-puissance informative est une sorte de théâtre où les marionnettes exhibent avec plus ou moins de talent leurs atouts, sourire éclatant ou provocation béotienne mais où la volonté politique est criblée par la force de l’idéologie offensive et exceptionnaliste néoconservatrice et par l’alénation politique aux forces des mammouths internationaux du marché. EG

Neoconservative Ideology in the Trump White House. U.S. Military Power, Torture and the Defense of Israel

By Timothy Alexander Guzman

Global Research, April 02, 2018

Region: USA

Theme: IntelligenceMilitarization and WMDUS NATO War Agenda

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Un de néo-conservateurs les plus influent à Washington, Robert Kagan, le mari de Victoria Nuland qui a été l’assistante du secrétaire d’état aux affaires européennes sous l’administration Obama ( et un des architectes de la guerre civile en Ukraine,  se décrit comme un «  interventioniste libéral » qui a été conseiller en politique étrangère dans deux administrations, républicaine et démocrate. Kagan est aussi le cofondateur du think tank néo-concervateur : Projet pour un nouveau siècle américain (Project for the New American Century), un membre du conseil d’administration de à la  Brookings Institution  et un membre du Conseil des affaires étrangères ( Council on Foreign Relations (CFR) qui a poussé pour la guerre en Irak et décrit l’odre international comme «  la domination d’une vision sur les autres », signifiant que l’Amérique dit maintenir et défendre ses idéaux impérialistes.

L’ordre international n’est pas une évolution : c’est une imposition. C’est la domination d’une vision sur les autres -dans ce cas- la domination des principes libéraux en économie, en politique intérieure, et dans les relations internationales, sur les autres principes, eux non libéraux. Cela ne peut durer qu’aussi longtemps que ceux qui les imposent ont la capacité de les défendre.

Entre les années 1950 et 1960, un mouvement politique connu sous le nom de néo-conservatisme est né, formé par les va-t’en guerre du parti démocrate aux USA. Les va-t’en guerre libéraux ou néoconservateurs ( aussi connus en tant que néocons) étaient fondamentalement opposé à la position du parti démocrate contre la guerre du Vietnam et contre leur politique intérieure, comme celle de la «  grande société » ( Great society) du Président Lyndon B. Johnnson  tendant à éliminer la pauvreté et l’injustice raciale. (Une note importante, Lyndon B. Johnson était un raciste et a été obligé d’adopter le programme de la «  great society » à cause de Martin Luther King et de la pression publique du mouvement pour les droits civils  (Civil rights movement). Pendant cette période, les néocons soutenaient Martin Luther king et le mouvement des droits civils.

Puis vint la guerre du Vietnam pendant laquelle les va-t’en guerre libéraux appelèrent à l’action militaire afin d’empêcher les Communistes de prendre le pouvoir au Vietnam. Les néocons étaient également défenseurs de la Guerre froide et de l’occupation illégale par Israël des territoires palestiniens. La nouvelle gauche américaine  (American new left) qui revendiquait une politique marxiste-léniniste), y compris le mouvement des droits civils, les féministes et le mouvement du Black Power étaient opposés à toute forme de guerre et à la politique israélienne à l’égard des Palestiniens et furent bien sûr étiquetés comme antisémites par les néocons (même si beaucoup d’entre eux étaient et sont encore des Juifs américains). Les  néocons se placèrent dans l’administration Reagan avec Eliot Abrams et soutinrent les guerres en Amérique centrale, incluant le Nicaragua et le Salvador.

Les néocons étaient aussi présents dans les administrations de George H.W. Bush  et de George W. Bush avec Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Perle et d’autres dans le contexte de la guerre à l’Irak. Cependant afin d’être clair, les néocons ne sont pas uniquement influents dans le parti républicain, ils étaient et sont également encore influents au sein du parti démocrate.  Dans un article écrit par le regretté Robert Parry, en Mars 2015, intitulé : «  Les kagan sont de retour, bientôt la guerre »‘The Kagans are Back; Wars to Follow’ sur la façon dont les néocons se sont infiltrés dans l’administration Obama avec son assistant au secrétariat d’état aux affaires européennes Victoria Nuland. Parry écrit :

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«La famille Kagan, l’aristocratie néoconservatrice américaine, a réémergé après sa déception de ne pas avoir gagné l’influence attendue après l’élection d’Hillary Clinton et la perte du pouvoir officiel au début de la présidence de Trump. De retour aux tribunes libres pontifiantes, la famille Kagan est entrain de pousser  à une invasion militaire étendue de la Syrie et condamne les Républicains pour ne pas les joindre d’une façon plus enthousiaste dans la chasse aux sorcières anti-russes à propos des soi-disant aides de Moscou dans l’élection de Trump.

Dans une tribune libre du Washington Post du 7 mars, Robert Kagan, un co-fondateur du Projet pour un nouveau siècle américain (Project for the New American Century) et un architecte majeur de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains pour «  avoir servi de complices à la Russie après les faits » en ne poussant pas plus agressivement l’investigation. Puis Frederick Kagan, directeur du Projet pour les menaces critiques (Critical Threats Project) à l’American Enterprise Institute néoconservateur,  et sa femme, Kimberly Kagan, présidente de son propre think-tank, Institut pour l’étude de la guerre (Institute for the Study of War), ont émis l’idée d’une invasion plus importante de la Syrie dans une tribune libre du Wall Street Journal le 15 mars.

Cependant, malgré leur présence dans le monde officiel des groupes de pression et des éditorialistes de Washington, ils sont restés majoritairement hors des centres du pouvoir de l’ére Trump bien qu’il semble qu’une porte ait été forcée. Et une année plus tard, leur projet semble beaucoup plus brillant. Ils peuvent se servir dans un large champ de candidats républicains orientés néo-cons ou – comme Robert Kagan- ils peuvent donner leur support au candidat démocrate Hillary Clinton, dont l’ « interventionnisme libéral » correspond de très près aux positions néoconservatrices, ne différant légèrement que sur les rationalisations utilisées pour justifier les guerres présentes ou en déclencher de nouvelles.

L’espoir était également caressé que la Présidente Clinton reconnaisse comme les va-t’en guerre libéraux et les néo-cons étaient proches en promouvant la femme néocons de Robert Kagan, Victoria Nuland, d’Assistante au secrétariat d’état aux affaires européennes à Secrétaire d’état. Puis, dans un puissant élan, pour accroître l’intervention militaire en Syrie et intensifier la nouvelle guerre froide avec la Russie, mettant les «  changements de régime »  de nouveau sur les agendas  pour ces deux pays. Donc en ce début d’année, les possibilités semblaient infinies pour la famille Kagan de chauffer leurs muscles et de se faire beaucoup d’argent. »

Maintenant, en 2018, le Maison blanche de Trump est en train de devenir une enclave néocons de malades mentaux et de caractériels qui veulent la guerre avec l’Iran et avec d’autres ennemis sur la liste US. Est-ce que Trump s’est avéré être en dehors de l’établissement démocrate ou républicain ? Pas vraiment. En fait Trump s’est montré un néocon qui croit que l’armée US se doit d’être forte pour faire face à des défis majeurs  ( Iran, Russie, Chine) En fait il est même allé jusqu’à prétendre ces dernières semaines qu’on devrait ajouter une «  force spatiale » pour dominer l’espace. Trump a tweeté : «  Notre armée se construit et est en train de devenir plus forte que jamais, franchement, nous n’avons pas le choix ».

Trump est en fait Bush et Obama puissance 2. Lorsque le candidat Trump a évoqué

la politique étrangère et ses intentions à l’échelle mondiale en 2016, il semblait être un candidat pour la paix comme presque tous les candidats avant lui jusqu’à ce qu’ils prennent place dans le fauteuil de la Maison blanche. Quand le Président Trump a mené sa tournée de remerciement à Cincinnati après sa victoire contre Clinton, il a dit que : «  Nous mènerons une nouvelle politique étrangère  qui apprend finalement des erreurs du passé. »

Bien. Il a étendu la présence en Irak, Afghanistan et Syrie et n’a fermé aucune des bases militaires stationnées dans plus de 130 pays. (Pour mémoire, Trump n’a jamais promis de fermer aucune base militaire).  «  Nous allons cesser de chercher à renverser des régimes et à  faire tomber des gouvernements. Dans notre façon de traiter avec les autres pays, nous chercherons les intérêts communs autant que faire se peut. » Et si ce n’est pas possible, le changement de régime est à nouveau sur la table. Tout cela est un mensonge. Trump a été l’extrême contraire de tout ce qu’il a promis à ses supporters, en fait, Trump est devenu un fauteur de guerre néoconservateur en ce qui concerne les objectifs de la politique  internationale.

Donc, quelles sont les caractéristiques d’un néoconservateur ?

Gérard Baker est celui qui a décrit le mieux l’idéologie derrière le néo-conservatisme dans une colonne qu’il a écrite en 2007 dans The Times, un quotidien anglais :

« Il a fallu, assez étonnement, l’arrivée au pouvoir de Georges Bush et le 11 septembre 2001 pour catapulter les néoconservateurs dans la conscience du public. Quand Bush a cité son principe le plus simplifié : que la Grande Bretagne devrait chercher à promouvoir la démocratie libérale autour du monde – comme argument pour envahir l’Irak, le néo-conservatisme s’est soudain répandu partout. Il était pour ces critiques nombreux, une idéologie unifiée qui justifiait l’aventurisme militaire, la torture autorisée, et promouvait le sionisme agressif »

Donc, jetons un œil à ce que Baker décrit du néo-conservatisme au regard de l’idéologie de Trump quand on en vient à la machine de guerre, à la torture et à la défense d’Israël.

Trump remplace les membres de son cabinet par des va-t’en guerre notoires et des néoconservateurs comme le nouveau Secrétaire d’état Mike Pompeo, l’ancien directeur de la CIA qui a dit une fois que : «  Le Premier ministre Netanyahu est une vrai partenaire du peuple américain ».

Pompeo a fait un discours au centre des études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies (CSIS)  en 2017 et a dit que : « Il est temps d’appeler Wikileaks par son nom, c’est-à-dire un service d’espionnage hostile, souvent aféodé à des états comme la Russie. » Vous imaginez facilement où tout cela peut mener. Pompeo sera remplacé par Gina Haspel, une opératrice de la CIA qui a supervisé la torture et s’est débarassé de toutes les preuves touchant toute exaction. Si ils ont l’approbation du Congrès, tous deux seront placés dans une position de pouvoir et pratiquement au coude à coude avec John Bolton qui vient d’être engagé par Trump en tant que Conseiller à la sécurité nationale (National Security Advisor). Bolton est un autre psychopathe néoconservateur qui plaide pour la guerre dans tous les pays du monde. Bolton est pro-Israel et ancien ambassadeur aux Nations unies sous l’ancien Président criminel de guerre Georges W. Bush jr. Donc, quelle sera la suite du jeu ? Une longue guerre au Moyen-Orient et au-delà est sur l’agenda.

 Les aventures militaires de Trump autour du monde.

Tout d’abord, Trump veut que l’Amérique soit le superpouvoir sans rivaux qui peut utiliser son armée n’importe où et à n’importe quel moment spécialement dans l’arrière-cour par exemple quand il a fait un commentaire en 2017, discutant la possibilité d’une intervention au Vénézuela et a dit :

 «  Ils ont plusieurs options pour le Venezuela, et, à propos, je ne vais pas évincer une option militaire. Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, c’est notre voisin, c’est, vous savez, nous sommes partout dans le monde, et nous avons des troupes et nous avons des troupes partout dans le monde dans des endroits très, très loin. Le Venezuela n’est pas très loin et les gens souffrent, et ils meurent. Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, y compris l’option militaire si nécessaire. »

Pour Trump, c’est une Amérique forte et puissante qui peut apporter la paix grâce à son leadership et à sa puissance armée, pas des traités internationaux. Sur la liste des nations à toucher on rouve l’Iran, la Russie, la Bolivie, le Nicaragua, Cuba, le Venezuaela, le Yemen, le Liban, la Syrie et les palestiniens. (avec d’autres pays à suivre, spécialement ceux qui ne se plient pas à l’Empire américain.

Tout état souverain qui veut une politique intérieure et internationale indépendante aura à se confronter à l’armée US qui est prête à intervenir à tout moment sur les ordres de washington, dans le Moyen Orient,, en Afrique, en Asir centrale et du Sud-est,  et au-delà afin de répandre la «  démocratie ». Le budget de la défense sous Trump a augmenté selon un rapport récent d’Al Jazeera : « Trump augmente le budget de l’armée afin de dépasser celui de la Russie et de la Chine.  C’est le plus gros budget que le Pentagone ait jamais vu. 700 milliards de dollars. C’est beaucoup plus de dépenses militaires que les deux compétiteurs des USA, la Chine et la Russie et cela signifie que l’Amérique peut couvrir des milliers d’autres soldats, plus d’entrainement, plus de navires et plus de tout le reste. » Et l’an prochain il se montera à 716 milliards. Ensemble, ces contrats sur deux ans amènent ce que le Secrétaire d’état à la défense James Mattis a désigné comme un besoin pour remédier à un effondrement dans les préparations aux combats, dans des temps de recentrement sur le conflit dans l’impasse en Afghanistan, et de menace de guerre dans la péninsule coréenne. La proposition de budget qu’a signé le Président Trump inclut une augmentation énorme des dépenses militaires : Le Pentagone aura un budget augmenté de plus de 96 milliards par rapport à l’an passé. Un saut de 15 .5 % . C’est la plus grosse augmentation année par année depuis l’augmentation de 26.6%, de 345 milliards à 437 milliards, quand les USA ont envahis l’Afghanistan et l’Irak et ont augmenté la défense nationale après le 11 septembre. »

Plus de l’argent des impôts ira au complexe militaro-industriel afin de préparer des guerres interminables et si je peux m’exprimer ainsi, ingagnables guerres.

John Bolton, un demeuré néo-conservateur

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John Bolton, un ancien ambassadeur US aux Nations unies sous Georges W. Bush, membre d’un autre think-tank néoconservateur Projet pour un nouveau siècle américain The Project for the New American Century (PNAC),  a été un meneur dans la guerre contre l’Irak et a recommandé le bombardement de la Corée du nord et de l’Iran depuis déjà un certain temps.  En 2002, Bolton servait en tant que Sous-secrétaire d’état au contrôle de l’armement et à la sécurité internationale sous Georges W. Bush et il a dit : « Nous savons de source sûre que Saddam Hussein a caché des armes de destruction massive et des équipements de production en Irak ». En dépit de ces mensonges sur les armes de destruction massive que l’administration Bush a créés et qui ont mené à la destruction de l’Irak, Bolton n’a pas de regrets. En 2015, le The Washington Examiner a publié un article de sa main sur le bourbier irakien intitulé : «  ‘John Bolton: Pas de regrets d’avoir renversé Saddam. » Bolton  y dit ceci :

«  Je pense toujours que la décision de renverser Saddam était la bonne. Je pense que les décisions prises ensuite étaient mauvaises, cependant je crois que la pire décision prise après a été celle du retrait de 2011 des forces US et de celles de la coalition.  Les gens qui disent, oh les choses auraient ét bien meilleures su Saddam n’avait pas été reversé manque le point que l’actuelle situation au Moyen Orient ne vient pas totalement et uniquement du renversement de Saddam. »

En 2016, lors d’un débat entre Jeb Bush, le Candidat Trump a dit : «  Nous n’aurions jamais dû aller en Irak, nous avons déstabilisé le Moyen Orient. Ils ont menti, ils ont dit qu’il y avait des armes de destruction massive et il n’y en avait pas. Et ils savaient qu’il n’y en avait pas. » Et malgré tout, Trump a choisi Bolton ; L’hypocrisie est évidente. Ce qui est troublant à propos de Bolton est le fait qu’il veut des interventions militaires partout dans le monde. Voici ce qu’il a dit à propos de Cuba en 2002 dans un entretien avec Judith Miller, la journaliste du NYT qui a dit que les armes de destruction massive étaient un non-sens, intitulé, « Washington accuse Cuba de faire des recherches sur la guerre bactériologique. »

Dans un discours hier à l’ Heritage Foundation de Washington,  John R. Bolton, le Sous-secrétaire d’état au contrôle des armes a publiquement fait allusion aux conclusions que les agences américaines de renseignements  (American intelligence agencies)  avaient émises ces derniers mois après un débat interne prolongé. «  Les USA croient que Cuba a au moins fait un effort d’offensive dans la recherche et le développement de l’armement chimique » a dit Bolton, s’en prenant au gouvernement communiste de Fidel Castro. Cuba, a-t-il ajouté, a «  aussi fourni des équipements bio-technologiques à deux usages à d’autres  états sans scrupules »

Pendant que l’administration Clinton exprimait des inquiétudes en 1998 à propos du potentile de Cuba pour la production et le développement de l’arme biologique, c’est la première fois qu’un officiel accuse Cuba de développer des germes à des fins belliqueuses.

Ce qui est le plus troublant dans l’idéologie de John Bolton, c’est quand on en vient à la défense d’Israël concernant l’Iran. En 2009, Bolton a donné un discours à l’Université de Chicago, et a dit que : «  A moins qu’Israël soit prête à utiliser l’arme nucléaire contre le programme iranien, L’Iran aura un armement nucléaire dans un futur proche. Une des choses que cette assertion de Bolton confirme en ce qui concerne l’usage d’armes nucléaires par Israël contre le programme nucléaire iranien est qu’une figure publique qui a été à Washington depuis un certain temps admet qu’Israël possède l’armement nucléaire. Le danger que Bolton représente pour les adversaires des Usa dans le monde entier est consternant.

Bolton, en tant que conseiller de Trump  pour la Sécurité nationale, représente un choix de guerres nombreuses, peut-être même de guerre nucléaire contre l’Iran, la rs=ussie et la Chine. De même que les autres néocons considérés pour occuper des postes à la Maison blanche, comme Paul Wolfowitz, Eliot Abrams, David Frum ou même des démocrates qui sont néoconservateurs et qui supportaient Hillary Clinton comme R. James Woolsey, un ancien directeur de la CIA de 1993 à 1995, sous l’administration Clinton et Président du conseil de la Fondation pour la défense de la démocratie (Foundation for the Defense of Democracies (FDD)  qui a déclaré au Jerusalem Post en novembre 2017 que les USA devraient détruire les infrastructures du corps des Gardiens de la révolution islamique et les équipements nucléaires iraniens.

Woolsey écrit que : « La prochaine fois que l’IRGC ( Gardiens de la révolution islamique) nous regarde de travers, on devrait envoyer 6 ou 12 bombes MOAB [GBU-43/B Massive Ordonance Air Blast] sur leurs équipements, et «  étant donné la source de terrorisme qu’ils représentent, à la place des pourparlers et de la proportionnalité – qu’elle aille au diable, la proportionnalité – . Nous devrions détruire absolument tout ce qui est possible de détruire ayant à voir avec l’IRGC. C’est le genre d’individu fait pour Trump.

Donc, qu’est-ce que Trump a en commun avec les néo-conservateurs qu’ils soient Démocrates ou Républicains ? L’American conservative a publié un article de Jack Hunter en 2011 intitulé : «  Qu’est-ce qu’un néo-conservateur ? » qui explique l’état d’esprit des néoconservateurs et ce à quoi ils croient :

Les néoconservateurs croient que la grandeur de l’Amérique est mesurée à notre volonté d’être une grande puissance – à travers et par un investissement global et proprement illimité de notre armée. Les problèmes des autres nations deviennent invariablement les nôtres parce que l’histoire et le destin ont désigné l’Amérique comme l’autorité première du monde. Les critiques disent que l’Amérique ne peut pas se permettre d’être la police de la planète. Les Néoconservateurs disent que non seulement elle le peut mais qu’elle le doit- et que nous cesserons d’être l’Amérique si nous ne le sommes pas. »

L’éditorialiste néoconservateur Jeff Jacoby écrit dans le Boston Globe, «  Notre monde a besoin d’une police, et que les Américains aime l’idée ou pas, il n’u a que leur indispensable nation qui soit faite pour ce travail. ». L’intellectuel néoconservateur Max Boot dit explicitement que les US devraient être la police du monde parce qu’ils sont les meilleurs policiers. » Le Sénateur Marco Rubio ( R.FL) soutien avec enthousiasme les vues néoconservatrices. Bien qu’en principe tous les membres du Congrès et les sénateurs du Tea party aient été opposé à l’intervention en Libye, Rubio croit que le flic planétaire devrait faire briller son étoile de shérif plus fort en Libye et partout ailleurs dans le monde, l’éditorialiste du NTY Ross Douthat explique : « Rubio est le grand espoir néoconservateur, le champion de la politique étrangère qui ne va audacieusement à l’étranger  qu’à le recherche de monstres à détruire. Son premier discours au Sénat était un chant de gloire à la grandeur nationale dont la péroraison a invoqué J.F Kennedy et a insisté sur le maintien des US comme les «  surveillants sur le mur de la liberté mondiale »

Dans son discours annuel de la Stat of the union, Trump en a appellé au financement de l’armée afin de contrer les régimes louches, les terroristes et il a même mentionné la Chine et la Russie qui provoquent les intérêts des USA

« Comme nous reconstruisons la force et la confiance de l’Amérique chez elle, nous restaurons aussi la force et la présence à l’étranger. Partout dans le monde nous avons affaire à des régimes corrompus, des groupes terroristes, et des rivaux comme la Chine et la Russie qui provoquent ns intérêts, notre économie, et nos valeurs. En faisant face à ces dangers, nous savons que la faiblesse est le chemin le plus sûr vers le conflit et que des pouvoirs incomparables sont le moyen le plus sûr pour notre défense. Pour cette raison, je demande au Congrès de cesser ces coupes budgétaires dangereuses et de financer pleinement notre armée. Dans le cadre de notre défense, nous devons moderniser et reconstruire notre arsenal nucléaire, en espérant ne jamais avoir à l’utiliser, mais en le rendant si fort et si puissant qu’il dissuadera tout acte d’agression.

Peut-être un jour y aura-t-il un moment magique où les pays du monde se rassembleront pour éliminer l’armement nucléaire. Malheureusement, nous n’en sommes pas encore là. »

Je suis d’accord avec Trump pour dire que le monde n’est pas encore prêt à éliminer le nucléaire, tout particulièrement lorsque son gouvernement appelle à la modernisation et à la reconstruction de l‘arsenal nucléaire.

Trump le tortionnaire

«  La torture, ça marche, d’accord ? Vous savez, j’entends ces types qui disent, «  la torture, ça ne marche pas, mais croyez moi, ça marche. La torture par l’eau en est une forme mineure. Certains disent que c’est vraiment de la torture. Admettons que ça en soit. Mais ils me demandent : que pensez-vous de la torture par l’eau ? Je suis tout à fait d’accord. Mais on pourrait faire beaucoup plus que la torture par l’eau. » Le candidat aux élections présidentielles Donald Trump le 17 février 2016

Gina Haspel était une ancienne officier des services de renseignements et directrice adjointe de la CIA est maintenant nommée à la tête de l’agence très controversée  sous Trump. Il va aussi réinstaurer l’usage de la torture, ce qu’il a rendu clair avec la nomination de Gina Haspel. Elle supervisait l’usage de la torture  (autrement dite, «  techniques avancées d’interrogatoires, ce qui est un terme orwellien pour «  torture »)  puis a enterré les preuves.

La torture est illégale sous la loi internationale. Sous l’administration Bush, Haspel était responsable d’un site noir, ou chambre de torture de la CIA située en Thaïlande. Des membres attitrés d’  Al Qaeda qui y étaient détenus y compris Abd al-Rahim al-Nashiri et Abu Zubaydah furent torturés par immersion dans l’eau.  En Juin 17, le centre européen pour les droits humains (European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) a appelé le Procureur général d’Allemagne à lancer un mandat d’arrêt contre Gina Haspel qui serait considérée comme une criminelle de guerre. Les choix de Trump pour la direction de la CIA signifient simplement que la torture va être réinstaurée secrètement.

Sous la surveillance de Haspel, il sera difficile d’obtenir aucune preuve de torture. Ce qui est aussi envisageable est le retour de ce qu’on nomme : «  Enlèvement organisés par le gouvernement US (U.S. government-sponsored abduction ) qui signifie en gros que quelqu’un suspecté d’être un terroriste où qu’il soit, chez lui, ou dans la rue peut être kidnappé par un groupe d’hommes masqués puis jeté dans un camion et transféré d’un pays à l’autre fin d’être torturé sous la supervision américaine. Avec la nomination de Gina Haspel, il semble y avoir un nouvel intérêt pour la torture, qui est un autre élément de l’idéologie néoconservatrice.

Trump et Israel, une union faite en enfer.

La décision très controversée qu’a prise Trump de déplacer l’ambassade US de Tl Aviv à Jérusalem et en même temps de couper les aides à l’autorité palestinienne montre que Trump veut apaise Israël. Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël très tôt avec son annonce du déplacement de l’ambassade. C’est une rupture nette avec la politique des US. Jérusalem a été le sujet principal de toutes les négociations sur le statut final qui ont eu lieu entre les Israéliens et les Palestiniens qui considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Trump, qui est clairement ignorant de la question du Moyen –Orient en général, a mentionné qu’il croyait que le déplacement de l’ambassade US permettrait au processus de paix d’avancer, puisque la question de Jérusalem serait ôtée de la table en tant que sujet de désagrément entre Palestiniens et Israéliens. L’annonce du déplacement de l’ambassade a été condamnée par la communauté internationale, spécialement au Moyen Orient. Dans un vote de l’assemblée des Nations unies, 128 pays se sont prononcés contre l’attribution de Jérusalem comme capitale d’Israël pour les Juifs.

Au regard de l’expansion d’Israël dans les colonies illégales sur le territoire palestinien  sous Trump, Israël s’est senti autorisée à en construire d’autres selon un article de Bloomberg News datant du 22 mars et intitulé : «  Les colonies israéliennes »

 «  Comme les US, le principal allié d’Israël a adouci sa politique à l’égard des colonies sous la présidence de Trump, le pays a franchi des pas téméraires afin de renforcer ses exigences en Cisjordanie. Quand Israël a annoncé ses plans pour y construire sa première colonie en un quart de siècle au début de 2017, l’administration Trump a affirmé qu’elle ne considérait pas les colonies existantes comme des obstacles à la paix, un renversement de la politique US menée depuis une dizaine d’années. Elle a ajouté que les constructions nouvelles «  pourraient ne pas être utiles »  mais  c’est un désaveu très modéré au regard de ceux des précédentes administrations. Le parlement israélien a donc passé la loi qui allait étendre les autorisations gouvernementales sur la construction non officielle de colonies sur des terres appartenant à des Palestiniens.

Trump s’est montré un ardent supporter d’Israël (comme la plupart de ses prédécesseurs)  la seconde même où il est entré en campagne. Quand il a été élu, il a engagé Nikki Haley qui a participé au dernier comité pour les affaires publiques Israël. US (American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) en début de mois et a dit : «  Lorsque je viens à l’AIPAC, je suis en compagnie d’amis. Et aux Nations unies, nous n’avons habituellement pas beaucoup d’amis. » Bien, elle avait raison sur ce point, tout particulièrement quand Israël et les US ont traditionnellement ignoré les nombreuses résolutions des Nations unies  en vue de la reconnaissance du droit des Palestiniens à l’auto-détermination ou de la cessation des mesures répressives d’Israël. Plusieurs résolutions ont aussi fait appel à des observateurs des NU afin d’enquêter sur les actions d’Israël dans les territoires occupés ou pour imposer des sanctions à Israël si elle ne suivait pas les résolutions du conseil des Nations unies. Les US ont mis leur veto sur de nombreuses résolutions présentées par le Conseil de sécurité qui est critique à l’égard d’Israël depuis des années. Trump s’est entouré de personnes qui sont extrêmement favorables à Israël, y compris son ambassadeur à Israël, David M. Friedman, qui a déclaré dans un journal israélien «  Haaretz » en 2016, que Trump supporterait l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie et que : «  Israël doit continuer à  construire ses colonies parce qu’il n’y a aucune raison de ne pas le faire. ». Ce qui rend les affaires plus compliquées c’est que son beau-fils, Jared Kushner est un co-directeur de la Fondation Charles et Seryl Kushner (Charles and Seryl Kushner Foundation) de 2006 à 2015 qui a financé une colonie considérée comme illégale sous la loi internationale.

Si ce n’est pas ce que Gerard Baker a décrit comme l’une des caractéristiques de l’idéologie néo-conservatrice à l’égard du «  sionisme agressif » alors je ne sais pas ce que c’est.  Trump est clairement un sioniste pro-Israël comme beaucoup à Washington qu’ils soient Démocrates ou Républicains, (près de quarante personnes au Congrès ont la double nationalité US Israélienne) L’ancien Vice-président sous Barack Obama, Joseph Biden a dit une fois «  Je suis un sioniste, il n’est pas nécessaire d’être Juif pour être sioniste » «  et il avait parfaitement raison.  Trump est en train de préparer un cabinet de crise pour un conflit majeur au Moyen-Orient qui peut rapidement devenir hors de contrôle.

Trump et le premier ministre israélien Netanyahu sont sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit du voisinge d’Israël dans le Moyen Orient et avec l’intervention de Bolton, une guerre contre la Syrie, le Hezbollah, le Liban et l’Iran est sur la table.

 Et donc la question demeure posée, est-ce que Trump est un néo-conservateur ?

Ses propres mots, ses actions avec ses récents choix, John Bolton, Mike Pompeo et Gina Haspel pointent vers le cercle de guerre sans fin spécialement dans le Moyen –Orient. Avec l’Iran en point de mire, la Troisième guerre mondiale peut devenir un avenir envisageable mais pas avant les élections présidentielles de 2020. Elle pourrait vraisemblablement se déclencher lors du deuxième terme de Trump si il est réélu ou même si un Démocrate qui sera vraisemblablement dans la poche du lobby israélien est élu.

Cependant, jusqu’à 2020, tout peut arriver sous Trump touchant sa mise sauvage d’Israël. Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu veulent annuler le contrat nucléaire iranien. Avec Israël poussant pour attaquer l’Iran avec son arsenal nucléaire et maintenant avec Bolton comme Conseiller à la sécurité nationale qui plaide pour le bombardement de l’Iran,  et de la Corée du nord cela peut être envisagé. Mais c’est à l’Iran, à la Russie et à la Chine de contrer les US, Israël et l’Arabie saoudite en montrant leur unité et leur force militaire de prévenir la guerre.

La paix semble impossible avec Trump donnant à l’armée pleine autorité pour conduire des opérations et des guerres tout autour du monde puis en emplissant la Maison blanche par des va-t’en guerre majeurs, des tortionnaires et des psychopathes néoconservateurs. Trump parle et agit comme un néocon, il en est peut-être un mais, encore, s’agit-il simplement de la bonne vieille politique de Washington.

Cet articel a été originellement publié dans  Silent Crow News.

Timothy Alexander Guzman est un collaborateur régulier de Global Research

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The original source of this article is Global Research

Copyright © Timothy Alexander Guzman, Global Research, 2018

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

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La stupéfiante médiocrité de Barack Obama / Chris Wright

L’actuel Président des USA fait les beaux jours des médias. Sa personnalité imprévisible, ce qu’il véhicule de pathos et de narcissisme allié aux innombrables passages à l’acte qui  sont à chaque fois des cailloux dans la mare des équilibres internes et externes déjà fragiles offrent à la presse de quoi mitrailler jour et nuit. Le parti Démocrate et son ex-candidate, soutenus par quelques médias délibérément achetés et vendus à la cause de la propagande, ceux que Paul Craig Roberts appelle “The presstitutes” ont nourri depuis son élection une telle violence obstinée à son égard, mettant la planète entière au risque de son propre effondrement par leurs manipulations d’opinion et leur continuel  recours aux coups montés médiatiques que l’on oublie tout. Tout, c’est à dire ce qui a amené ce pantin au pouvoir et les traces, ou leur absence, de ces huit années antérieures où un sourire et une aura médiatique ont transformé l’univers politique de la plus dangereuse nation du monde en une scène people et où toutes les réformes vitales et promises ont laissé place à une passivité et à une lâcheté politique hors pair. Obama est “aimé” comme les masses “aiment”, sans penser, sans savoir, sur une image et un battement du coeur. Dans l’aveuglement. Les masses qui l’aiment ignorent, bernées par cet évènement unique dans l’histoire de l’Occident de la minorité enfin validée et de ce que représentait son élection, que les débats sur la prise de pouvoir et la reconnaisance de certains “traits” comme la couleur ou le genre ne seront jamais des garanties d’intégrité morale ou politique et que ces caractéristiques de la ” différence” ne modifient en rien les relations toujours invalidantes pour le courage politique  avec les miroitements fascinants du pouvoir. EG

La stupéfiante médiocrité de Barack Obama / Counterpunch

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The Stupefying Mediocrity of Barack Obama

By/ par CHRIS WRIGHT

Photo by Maryland GovPics | CC BY 2.0

Entant que Marxiste, je ne suis pas très intéressé dans la psychologie du pouvoir. Je ne pense pas que ça ait beaucoup d’importance et cela tend à être assez uniforme et prévisible de toute façon : surestimation de soi, auto-justification, rationalisation morale pour toutes les décisions monstrueuses prises, brutale indifférence pour la souffrance humaine en dessous ( au mieux) d’un vernis de préoccupation, énergies dirigées vers les machinations pour accroître le pouvoir, accommodation lâche avec la voie de moindre résistance politique, une insularité collective de financiers dorés et de délateurs etc. D’autre part méprisant les puissants suffisants, j’ai plaisir à rabaisser leur prétention grandiose. Aussi parfois j’aime à patauger dans la boue de leur psychologie.

Un article du New York Times daté du 30 mai ‘a donné l’occasion de me livrer à ce passe-temps sordide. Son titre «  Comment l’élection de Trump a secoué Obama : «  Et si nous avions tort ? » “How Trump’s Election Shook Obama: ‘What if We Were Wrong?’”. Selon l’un de ses conseillers, après l’élection, Obama que l’internationalisme cosmopolitain des intellectuels éclairés comme lui avaient été responsables pour cette issue stupéfiante. «  Peut-être avons-nous poussé trop loin » a-t-il dit,. «  Peut-être les gens veulent-ils revenir à leurs tribus ». En d’autres termes, nous étions trop nobles et trop novateurs pour les masses incultes qui ne veulent rien d’autre que de rester submergées par leur confortable identité provinciale. Nous avons été trop ambitieux et idéalistes pour nos imparfaits compatriotes.

«  Parfois, je me demande si je ne suis pas arrivé 10 ou 20 ans trop tôt »  a soupiré Obama. Le pays n’était pas près pour le premier président noir et sa vision post-raciale si ambitieuse.

Ces citations sont toutes les preuves dont nous avons besoin pour comprendre ce qui occupe l’esprit de quelqu’un comme Barack Obama.

En fait, la dernière d’entre elles est révélatrice à elle seule : elle suggère la dimension de la mégalomanie stupéfiante d’Obama. Ce n’est pas vraiment une nouvelle que Obama est mégalomaniaque, mais ce qui est modérément plus intéressant est la nature méprisante et fantasmatique de sa mégalomanie. (Dans certains cas, après tout l’égotisme peut être  justifié. Je peux pardonner à Noam Chomsky d’être égotiste – s’il l’était, ce que dément son humilité d’auto-effacement ) Obama se voit clairement comme le point culminant du Mouvement pour les droits civiques (Civil Rights Movement)—lui qui n’a participé à aucune occupation, à aucune marche pour la liberté, à aucun boycott ou à aucune marche éprouvante dans le Sud profond, qui n’a souffert d’aucune brutalité policière, ni d’aucun garde à vue, qui a fréquenté la section de droit de Harvard et a joui d’une vie adulte privilégiée et facile dans ou près des couloirs du pouvoir. Cet homme qui n’a apparemment jamais pris position pour des causes morales impopulaires au cours de sa vie a décidé il y a longtemps que ce serait son rôle historique de porter les luttes du SNCC, de la SCLC, de Ella Baker et de Bob Moses, de Martin Luther King à leur degré de maturité – en naviguant dans le bureau ovale sur la vague de millions de supporters, d’organisateurs infatigables et désintéressés. Avec son accession au pouvoir, et avec lui celle de visionnaires intègres comme Lawrence Summer, Hillary Clinton, Timothy Geithner, Eric Holder, Arne Duncan, Robert Gates et Samantha Power, le rêve de Martin Luther King serait enfin réalisé.

Obama  a continué a respecter la tradition d’’Abraham Lincoln et des abolitionnistes quand son administration a déporté plus de trois millions de sans-papier  et a démantelé des dizaines de milliers de familles d’immigrés. Il a été un idéaliste plein d’inspiration quand il a autorisé l’envoi d’armes  à Israël en juillet et aout 2014, en plein milieu du massacre de Gaza parce que, comme il l’a dit avec son éloquence caractéristique et ses intuitions morales : «  Israël a le droit de se défendre «  (Contre des enfants et des familles acculées à une pauvreté désespérante dans une prison à ciel ouvert)

Il était loin devant son temps, un héros à la fois des droits civiques et un globaliste éclairé quand il a présidé «  le plus grosse désintégration de la richesse noire observée récemment » en ne faisant rien pour stopper la crise des saisies ni demander des comptes aux responsables pour les dommages causés. C’est certaienement seulement l’esprit tribal irrationnel qui a fait élire Trump et non, disons, le fait que l’administration Obama était beaucoup plus bienveillante à l’égard du secteur bancaire que celle de Georges H.W Bush, comme on le voit par exemple dans le choix (manifestement corrompu) représentants des firmes financières  aux postes clefs du Département de justice.

Et ce n’est que parce que les masses sont stupides et partiales qu’elles n’ont pas pu voir  les glorieux bénéfices à tirer  du Trans-Pacific Partnership, une des questions sur lesquelles Obama semblait avoir sincèrement investi émotionnellement parlant.

Quels tribalistes primitifs ils sont d’être soucieux de la perte de millions d’emplois dans les usines, de l’augmentation des prix des médicaments, de la protection inadéquate de l’environnement, et en général de la montée en puissance massive des corporations.

Rassemblées, les deux citations qui constituent l’explication initiale de la victoire de Trump par Obama- «  nous avons poussé trop loin » et «  j’étais beaucoup trop en avance sur mon temps » confirment également avec assez peu de surprise que la question morale de l’existence de classes n’existe pas pour lui. Tout comme (par définition) elle n’existe pour aucun politicien centriste. Obama peut lui avoir donné un accord de façade dans sa rhétorique, mais ce qui le préoccupait plus est un type usé d’identité politique, l’inclusion culturelle, symboles et spectacles du millénaire post-racial et post-nationaliste, dont il se considérait lui-même  être un grand exemple.  Si Trump a été élu, c’est parce que les gens n’étaient pas encore prêts pour ce millénaire.

Mais ceci n’affecte pas la place personnelle d’ Obama dans l’histoire : il est certain qu’il sera innocenté, et même bien sûr considéré comme encore plus remarquable pour être arrivé trop tôt.

Cette perception explique aussi sa méfiance générale  à critiquer publiquement Trump. Cela ne lui importe pas assez pour qu’il le fasse- Il n’est que profondément outragé par les injustices incessantes de la politique trumpienne – parce que sa tâche a déjà été accomplie : il s’est écrit lui-même dans les livres d’histoire en étant le premier Prsident noir des USA. Cet accomplissement est ce qui compte, ceci et ses huit années d’essais (supposés) de «  soins des divisions de ce pays. Encore, c’est regrettable que le pays n’ait pas été prêt pour lui, mais ce n’est pas sa faute.

C’est pourquoi, plutôt que de s’impliquer dans une quelconque résistance  à Trump – qui puisse exacerber les divisions culturelles, horreur des horreurs, qui ne serait pas convenable ou «  présidentielle » car les puissants ne doivent pas se critiquer les uns les autres) les Obama projettent  de produire des spectacles sur Netflix qui seront apolitique et «  facteur d’inspiration ». Ce nouveau projet est symptomatique.  Les puissants aiment à propager des histoires «  revigorantes » parce que quoi que ce soit d’autre pourrait attiser leur conscience, provoquer la légitimité de l’ordre social dont ils profitent et inspirer des mouvements de résistance. Mieux vaut donc se concentrer sur des histoires de bien –être qui réassure les gens sur la justice intrinsèque du monde ou qui inculque la notion que tout un chacun peut améliorer sa situation si il essaie vraiment.  C’est pour cette même raison que le livre favori de Bill Gates est celui de  Steven Pinker, Enlightenment Now, qui prétend que tout est beaucoup mieux maintenant que cela ne l’a jamais été et que donc, nous devrions être reconnaissants.

J’ai eu l’occasion de regarder la vidéo récemment où Norman Finkelstein psychanalyse Obama,  et son interprétation m’a frappé. Pas parce que l’individu pathétique qui était analysé soit d’un intérêt intrinsèque mais parce que le type qu’il représente est toujours avec nous. Et sera toujours populaire et sera toujours moralement et intellectuellement vide. Finkelstein a appris de la biographie  de David Garrow que, en tant que Président de la Harvard Law Review, Obama était d’un genre très conciliant. Dès qu’un conflit se manifestait entre les Conservateurs et les Libéraux, il abordait le problème de la même manière : il prenait les interlocuteurs à part et leur disait : «  Ne vous excitez pas tant, il n’y a pas de quoi. Pourquoi vous excitez-vous autant, il y a des choses plus importantes dans la vie » Parce que, pour Obama, comme l’explique  Finkelstein, il n’y avait qu’une chose importante dans la vie, moi. Tout le reste n’était que de la broutille, sauf lui. »

C’est la clef. Quand la valeur majeur dans la vie est l’auto-glorification, ce que vous tendez à générer la lâcheté morale, l’irresponsabilité de personnes comme Obama, les Clinton, et en vérité, tous les politiciens centristes. Ils feront tout ce qui est possible pour accéder au pouvoir, afin de réaliser leur «  destinée » de devenir puissants. Ils chercheront toujours à contenter les «  deux côtés » une notion binaire qui écarte une gauche authentique, c’est-à-dire les intérêts de la majorité- parce que c’est la route la plus sûre et la moins risquée vers le pouvoir.

Ce qui nous emmène à l’héritage réel d’Obama, au lieu de celui que l’on imagine. A partir du moment où il s’est engagé dans une vie de pâle centrisme en des temps d’escalade de crise sociale, il a déterminé quelle serait sa place dans l’histoire. Cela évoque l’analyse de Georg Lukacs au sujet de l’indécision de l’intelligentsia libérale en Allemagne pendant les années 20, dans son livre  La destruction de la raison. L’élite libérale de la République de Weimar ne pouvait cautionner le Fascisme mais ne pouvait s’engager dans un programme de réformes démocratiques décisives pour y résister – parce qu’ils craignaient encore plus le socialisme que la fascisme- ils ont donc fini en vacillant d’une façon pathétique, critiquant la démocratie de masse tout en la défendant à moitié parfois, appliquant la modération d’une façon irresponsable, et générant de e fait l’ultra-réaction.

Bien que les USA ne soient certainement pas la République de Weimar et que les risques d’un Fascisme. Déclaré ne soient pas aussi élevé que ce qu’ils étaient à ce moment, on peut voir quelques parallèles. Tout comme le vacillant et irresponsable libéralisme de Jimmy carter a poussé vers la réaction de l’âge Reagan, le libéralisme vacillant d’Obama a préparé la voie pour le semi-fascisme de Trump et le renouveau de la suprématie blanche. ( Autant pour la soi-disant progression des droits civils d’Obama, il est sans conteste ce qui est arrivé de pire aux minorités depuis Jim Crow) On ne peut pas être neutre dans un train en marche. Si vous essayez, vous vous mettez du côté de la réaction.

Félicitations Obama. Vous vous êtes inscrit vous-même dans les livres d’histoire.

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Chris Wright a un Doctorat d’histoire américaine Université de l’Illinois, Cho=icago et est l’auteur de Notes of an Underground HumanistWorker Cooperatives and Revolution: History and Possibilities in the United States, and Finding Our Compass: Reflections on a World in Crisis. L’adresse de son site est : www.wrightswriting.com.

Traduction : Elisabeth Guerrier

L’investiture d’Obama   David Bromwich 2014

” Fou comme un renard ” Paul Robinson

AS CRAZY AS A FOX

Le martelage médiatique incessant ne laisse aucun temps ni aucun espace pour une approche plus objective de la nature de la volonté politique russe. Les USA et les enjeux du pouvoir trafiqués par les organes de renseignements de plus en plus politisés et les tactiques des Démocrates et des néo-conservateurs utilisent la presse qui leur est absolument aféodée pour cette oeuvre de propagande de haut-vol, aussi grossièrement efficace qu’a pu l’être la préparation médiatique de l’intervention en Irak.

Pour le consommateur d’information, qui est l’objet de tous les soins de cette envol propagandique, les “choses sont claires”, aussi claires que la face unique qui lui est donnée à regarder si il ne fait pas l’effort d’aller au-delà de ce qu’on lui offre en pâture. L’Europe suit avec zèle comme toujours, incapable de manifester un tant soit peu d’autonomie dans ses choix politiques, les organes de presse comme ARTE, chaîne publique franco-allemande, donne du grain à moudre à une complète méconnaissance du terrain. Le “terrain” étant, en ces circonstances, à la fois l’analyse des évènements, en particulier ceux liés à l’Ukraine et à la présence de l’OTAN, et celle de la nature du pouvoir politique du Kremlin. 

Mais nous savons comme les croyances sont résistantes aux faits, comme la passion qu’elles génèrent est inébranlable, surtout lorsqu’est désigné de loin un ennemi qui fédère. Il peut être important de tenter d’aller y voir plus près. EG

Martyanov writes that the USA “still continues to reside in her bubble which insulates her from any outside voices of reason and peace” and that Putin’s speech aimed at “coercing America’s elites into, if not peace, at least into some form of sanity, given that they are currently completely detached from the geopolitical, military and economic realities of a newly emerging world ”.

Les USA “continuent de rester dans leur bulle qui les isole de toute voix extérieure de paix et de raison.” Le discours de Poutine cherchait à ” forcer l’élite américaine peut-être pas vers la paix, mais au moins vers une forme de santé mentale, étant entendu qu’elle est en ce moment complètement détachée de toute réalité géopolitique, militaire ou économique ayant trait à l’émergeance d’un monde nouveau”.

Rusé comme un renard

Aussi rusé qu’un renard venant d’être promu Professeur de Ruse à l’Université d’Oxford  (Blackladder)

Il y a des points sur lesquels j’ai tort et des points sur lesquels j’ai raison. Ce qui est triste est que pour le dernier, ce sont souvent des choses où je préfèrerais avoir tort – par exemple, quelques prédictions sinistres. Dans mon dernier article, j’ai cru proposer que les commentateurs occidentaux n’entendraient vraisemblablement pas le message que Poutine envoyait dans ses commentaires touchant le développement de l’armement russe mais au lieu de ça, l’interpréteraient comme un signe d’intention agressive. C’était une des prédictions que je préfèrerais voir fausse. Au lieu de ça, juste un jour plus tard, il semble que j’avais raison.

Comme j’étais assis avec un bol de Cap’n Crunch ce matin pour mon petit-déjeuner, je me suis retrouvé à la première page de l’Ottawa Citizen, arborant fièrement le gros titre : «  Les jeux de guerre de Poutine » et une photo d’un portrait de lui par l’artiste ukrainienne Dasha Marchenko fait avc des cartouches de balles.

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Portrait de Poutin par Masha Darchenko

Juste au cas où certains lecteurs n’auraient pas compris que Poutine est un affreux tueur de masse et une menace pour tout ce en quoi nous croyons, deux articles s’appliquent à bien fourbir le message.

Le premier, de Shannon Gormley,  est la répétition assez peu originale de toutes les plaintes ordinaires sur les dispositifs de guerres cybernétiques russes, y compris certaines qui ont été complètement remises en question, comme «  C’est la Russie qui a vraisemblablement sponsorisé le vote du départ de l’Angleterre (Mme. Gormley n’a clairement pas lu l’annonce sur Facebook cette semaine qu’il n’avait pas été trouvé une seule preuve d’une cyberattaque   coordonnée par les Russes liée au Brexit) La Russie dit Gormley, est «  un gosse insolent et un incorrigible vaurien, qui visera certainement les élections canadiennes en 2019. (Pour quelle raison, j’ai du mal à comprendre, puisqu’il n’existe aucun parti «  pro-russe »)  et son but «  est de délégitimer les institutions démocratiques »

En bref, il n’y a rien dans cet article que vous n’ayez entendu des centaines de fois, je me concentrerai donc sur le second, qui est encore plus infamant. Le journaliste du National Post, Rédigé par Joseph Brean, il se répend sur deux pages, avec un titre sur la première qui dit : «  L’homme qui se prend pour un Tzar »  et un autre sur la seconde, «  Fou comme un renard à jeun » Bien sûr, Poutine n’a jamis exprimé le moinde d »sir d’être Tzar et n’est certainement pas fou, l’article commence donc sur de mauvaises prémisses. Mais ça empire.

Brean, comme j’avais prévu que les commentateurs allaient le faire, utilise le discours de Poutine et Poutine lui-même comme une menace pour l’Occident. Brean note que «  La menace était claire. Faites attention, ou autrement «  Poutine, selon Bearn, «  a calmement offert une vision de l’apocalypse nucléaire ». Que la Russie possède toutes ces armes dont Poutine a parlé est déjà assez gênant. Ce qui est pire est que l’homme qui en a la responsabilité semble être dément. Brean écrit que Poutine «  fait un pari risqué qui pourrait mener un moindre dictateur à sa perte ». Lui et le chef nord-Coréen Kim Jong Un.

«  ne sont peut-être pas si différents. Poutine joue au même jeu, avec juste beaucoup plus de bombes. Cela rappelle la prestation fameuse de Robin Williams à propos de la bombe atomique, dans son imitation insultaane d’un général russe imbibé de vodka : «  Nous avons beaucoup de bombes, nous ne savons pas où elles sont toutes »

Il y a une forme de racisme ordinaire à propos de La Russie ici, comme dans le commentaire de Gormley à propos des Russes «  sales gosses ». Brean continue en disant que «  Poutine a toujours paru dément », par contre «  dément comme un renard à jeun «  ne veut pas dire grand-chose. Un renard normalement est considéré comme «  rusé » ce qui est l’opposé de «  démenté. Et Bean de noter que Poutine finit toujours par l’emporter quand il parit, ce qui pourrait suggérer après tout que les «  jeux » n’est pas vraiment des «  jeux ».

Mais la logique n’a pas vraiment d’importance ici, de même que la vérité. Ce qui importe c’est d’empiler des assertions sur le démoniaque et la folie.  Après avoir annexé la Crimée, affirme Brean, Poutine pouvait «  avoir regardé dans la direction du Kazakhstan  mais il ne pouvait pas se le permettre parce qu’il ne pouvait s’offrir un conflit avec la Chine. » Mais, quand Poutine a-t-il émis le moindre intérêt pour le Kazakhstan ? Les autres péchés de Poutine comprennent les «  provocations «  militaires comme la friture des connexions de l’Armée de l’air  et la réhabilitation de Joseph Staline. Selon Brean «  Poutine a toujours encouragé le «  culte de Staline ». Comme les lecteurs réguliers de ce blog le savent j’ai souvent fait remarquer, avec de très nombreuses preuves, que cette accusation était clairement fausse.  Donc, quelles sont les preuves de Brean à l’égard de ces accusations sur Staline ?

Il apparait qu’il s’agit d’une citation d’un intellectuel ukraino-canadien Taras Kuzio, qui peut difficilement être revendiqué comme étant le plus neutre des commentateurs.

On nous dit que Poutine, « sera élu par tous les moyens » lors des prochaines élections. Brea, cite le Professeur Neil MacFarlane de l’Université d’Oxford qui dit que : «  Il est impossible à arrêter à l’intérieur parce qu’il a arrêté ceux qui pouvaient l’arrêter ». Le Professeur MacFarlane est un érudit respecté mais ici, je me dois de la questionner. Qui sont ces «  gens » qui auraient pu stopper Poutine ? Alexei Navalny, dont les électeurs sont régulièrement évalués à 2% ? Et sinon, qui d’autre  Nemtsov, Kasyanov, Kasparov ? Des alternatives difficilement crédibles en termes d’appui populaire.  Il est possible qu’Oxford ait besoin d’un nouveau Professeur plus rusé.

Poutin, nous dit est devenu, « quelque chose comme un  roi guerrier-philosophe » comme on le voit à travers le fait qu’il, «  exige que ses subalternes lisent des auteurs pro-soviets comme Vladimir Solovyov. » Quelle monstruosité ! Vladimir Solodyov ! Il est vrai qu’il y a un peu de bizarreries dans ses écrits, mais aussi beaucoup de choses qui, au regard de l’époque contemporaine, pourrit paraître très progressistes.  Peut-être Brean devrait-il lire «  La justification du bien », le livre qui circulait au Kremlin il y a quelques années, et nous dire ce qu’il a de si horrible.  Je crois qu’il aura du mal. Je n’ai aucun problème avec les gens qui critiquent la Russie, ce qui m’exaspère, c’est la façon extrême et souvent pervertie avec laquelle ils le font. Dans mon discours de Copenhague lundi, j’ai remarqué que la plupart de ce qui est écrit à l’ouest sur la Russie est «  du déchet ». Et ici, c’est ce que nous trouvons. Deux pages de pourriture nauséabonde. Si Poutine imagine qu’il va lui être possible de faire revenir ces individus à la raison en remuant le bâton devant eux, il se trompe gravement. Le problème est que la raison ne semble pas marcher non plus. Au point où nous en sommes, je commence à croire que rien n’aura d’effet, mis à part l’inévitable passage du temps. Quand l’heure viendra, tout ceci se calmera et nous regarderons en arrière sur cette époque comme sur celle où, pendant un temps, le monde est devenu fou. Je crains, par contre, qu’il ne faille attendre longtemps.

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

De quoi ne parle-t-on pas lorsqu’on évoque le ” piratage russe ” Jackson Lear

 

 

Face à la dernière attaque politique et médiatique autour du” Russiagate”, dont la Presse dominante se fait le relai avec zèle depuis si longtemps mais avec une sorte de frénésie depuis les « découvertes » de Mueller il est nécessaire de mobiliser toutes les connaissances et les possibilités de contre-analyses pour ne pas se plier à cette offensive propagandique majeure des Démocrates et surtout des organes de renseignements derrière eux. Voici la traduction de l’article paru dans The London Review of Books, “What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking » de Jackson Lear. “De qui ne parle-t-on pas quand on parle de “piratage russe” de Jackson Lear. Et plusieurs autres analyses d’auteurs, indépendants des “Presstitutes” comme les appellent Paul Craig Roberts. On peut aussi se référer utilement aux remarques d’un analyste russe après l’intervention de Trump au sommet de Davos, l’interview de Lavrov, Ministre de la politique étrangère russe,  et à celles de Paul Robinson, grand spécialiste de la Russie et de son histoire qui suit de très près dans son blog “Irrussionality” cette cabale si dangereuse pour la paix et l’équilibre mondiaux. Il est indispensable de s’ouvrir au plus large nombre de commentaires possible, on notera également ceux de ” Zero hedge” qui fait part, source Bloomberg, d’une frappe récente en Syrie des US ayant fait plus de 100 morts russes.

La détermination d’une partie des forces politiques américaines (Néoconservateurs alliés avec les Démocates) à créer le contexte d’une guerre froide nous amène à devoir “prendre” parti. Mais ce parti, dans le contexte médiatique pollué et partisan où des organes de presse comme le NYT, le WP et même l’habituellement plus subtil New Yorker pour n’en citer que quelques-uns parmi des dizaines d’autres (The Nation, Oxynews, Rachel Meadow, qui dans ce contexte a été incroyablement zélée, et même ARTE qui matraque sa russophobie avec allégresse depuis quelques semaines , sans mentionner sur les posts nord-américains supposés libéraux, la présence de plus en plus ostensible de commentaires clairement anti-russes) sont totalement impliqués dans ces manoeuvres du DMC. D’une certaine façon même sans suivre de très près les déplacements de contingent de l’otan dans les pays baltes qui ont eu lieu depuis plusieurs mois voire dans certains cas, années, on ne peut que faire le lien entre les dates de l’échec Clintonien et la montée en flèche de cette vague d’accusation, dont, on le verra, les fondements sont plus que factices, (n’oublions surtout pas ce qui a servi de ” preuve” à Colin Powel pour déclencher l’invasion de l’Irak) mais qui reposent comme toujours sur la capacité, largement cultivée, d’amnésie des masses. Après “l’axe du mal” et tout le chaos qu’il a généré, nous remontons vers l’Est, abreuvés de fallacieuses manipulations dont chaque nouvel élément contredit les précédents, négligeant les données antérieures sans que personne ne bouge, sauf quelques vigiles dont nous tentons de relayer le travail. EG

What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking “

De qui ne parle-t-on pas quand on parle de «  piratage russe »

Jackson Lears

La politique américaine a rarement présenté un spectacle aussi décourageant. Les bouffonneries répugnantes et dangereuses de Donald Trump sont suffisamment troublantes, mais les échecs de la tête du parti démocrate à tirer les conclusions de son échec de la campagne de 2016 le sont tout autant. Le challenge à Hillary Clinton par Bernie Sanders, combiné au triomphe de Donald Trump ont révélé l’ampleur de la colère populaire contre la politique comme d’habitude – le goût des réformes néolibérales en politique intérieure et l’interventionnisme en politique étrangère qui constituent le consensus à Washington. Les Néo-libéraux célèbrent l’utilité sur le marché comme le seul critère de valeur, les interventionnistes exaltent l’aventure militaire à l’étranger comme un moyen de combattre le mal de façon à sécuriser les progrès du marché global. Les deux agendas se sont montrés calamiteux pour la plupart des Américains. Beaucoup ont montré leur désaffection en 2016.  Sanders est un social-démocrate et Trump un charlatan démagogue mais leurs campagnes ont mis en évidence la répudiation du consensus washingtonien.  Pendant à peu près une semaine après les élections, les experts discutaient les capacités du parti démocrate à une stratégie de plus grande envergure. Il semblait que le Parti puisse apprendre quelque chose de la défaite de Clinton. Puis, tout a changé.

Une histoire qui avait circulé lors de la campagne sans faire grand effet a refait surface : elle impliquait l’accusation d’opérateurs russes ayant piraté les serveurs du Comité du Parti démocratique  et révélé des emails embarrassants qui auraient compromis les chances  de Hillary Clinton. Avec une vitesse étonnante, une nouvelle orthodoxie centriste-libérale a vu le jour, enveloppant les médias principaux et l’établissement bipartisan de Washington.  Cette religion séculière a attiré des hordes de convertis lors de la première année de la présidence de Trump.   A travers sa capacité à exclure les dissidents, elle ne ressemble à aucune autre formation d’opinion de masse de toute ma vie adulte, bien qu’elle rappelle quelques souvenirs sombres de mon enfance, ceux de l’hystérie anti-communiste des années 50.  La pièce centrale de la foi, basée sur les accusations de piratage, est la croyance que Vladimir Poutine a orchestré une attaque sur la démocratie américaine en ordonnant à ses mignons d’intervenir dans les élections au nom de Trump. L’histoire est devenue évangile  avec une rapidité et une totalité à couper le souffle. Les dubitatifs sont perçus comme des hérétiques et comme des laudateurs de Trump et de Poutine, les jumeaux immondes et les co-conspirateurs derrière cette attaque contre la démocratie.  La responsabilité pour l’absence de débat repose en grande partie dans les diffusions des médias essentiels. Leur point de vue sans critique et la répétition sans fin de l’histoire du piratage russe en a fait semble-t-il un fait accompli dans l’esprit du public. Il est difficile d’estimer l’importance de la croyance populaire en cette nouvelle orthodoxie mais cela ne semble pas n’être qu’un credo chez les occupants de Washington. Si vous questionnez ce récit dans une conversation ordinaire, vous courez le risque de provoquer des regards déroutés ou de l’hostilité ouverte – même chez d’anciens amis. Tout ceci a été étrange et troublant pour moi, par moment certains fantasmes de la pop-culture sont venus à l’esprit, les déterreurs de cadavre et les buveurs de Kool-aid viennent à l’esprit.

Comme toute orthodoxie digne de ce nom, la religion du piratage russe ne dépend pas de preuves mais de déclarations faites ex-cathedra de la part des institutions faisant autorité et de leurs suzerains. Ses fondements écrits sont une «  déclaration » confuse et largement dénuée de faits produite en janvier dernier par un petit nombre d’analystes triés sur le volet – comme James Clapper, le directeur de la National Intelligence, les décrit, de la CIA, du FBI et de la NSA.  Les déclarations des derniers ne furent faites qu’avec une «  confiance modérée ». Le label «  Intelligence Community Assessment » produit une fausse impression d’unanimité, étant donné que seulement trois parmi les seize agences de renseignements ont contribué à ce rapport. Et bien sûr, la déclaration elle-même contenait cette aveu crucial : «  Les jugements ne sont pas prononcés afin d’impliquer que nous avons les preuves pouvant démontrer des faits. Les déclarations sont fondées sur des informations collectées, qui sont souvent incomplètes et fragmentaires, tout comme la logique, l’argumentation et les précédents » Et pourtant cette déclaration est passée dans l’imaginaire médiatique comme des faits irréfutables, autorisant les journalistes à affirmer ce qui se doit encore d’être prouvé. Se faisant ils servent de porte-paroles  aux agences de renseignement ou du moins à ces analystes «  triés sur le volet ».

Ce n’est pas la première fois que des agences de renseignement jouent un tel rôle. Lorsque j’entends l’ Intelligence Community Assessment cité comme une source fiable, me revient toujours en mémoire le rôle joué par le New York Times dans la légitimation du rapport de la CIA sur la menace de possession d’armes de destruction massive  par Saddam Hussein, sans évoquer la longue histoire de la désinformation ( appelons cela les fake news, les fausses nouvelles)  comme tactique pour faire avancer une administration ou un agenda politique. Une fois de plus, la presse établie légitime les déclarations faites par les Pères de l’Eglise de la sécurité nationale. Clapper en est un des plus vigoureux. Il s’est parjuré devant le Congrès en 2013, quand il a nié que la NSA avait « sciemment » espionné les Américains   – un mensonge pour lequel il n’a jamais été tenu de rendre des comptes. En mai 2017, il a dit à Chuck Todd, de la NBC que les Russes s’étaient très vraisemblablement impliqués dans la campagne de Trump parce qu’ « ils sont presque génétiquement amenés à s’impliquer, à pénétrer, à gagner les faveurs, n’importe, ce qui est une technique typiquement russe. » L’orthodoxie actuelle exempte les Pères de l’église des standards imposés aux gens ordinaires et condamne les Russes – et par-dessus tout Poutine- à n’être uniquement, «  presque génétiquement » diaboliques.

Il m’est difficile de comprendre comment le Parti démocrate, qui a été parfois sceptique à l’égard des Agences de renseignement, puisse maintenant adopter la CIA et le FBI comme des sources de vérité indiscutable. Une des explications possibles est que l’élection de Trump a créé un état d’urgence permanent dans l’imagination libérale, basée sur la croyance que la menace qu’il pose est unique et sans préc »dent. C’est vrai que la menace  de Trump est viscéralement réelle. Mais les menaces posées par George W. Bush ou Dick Cheney- qui ont ravagé le Moyen –Orient étaient tout autant réelles. Les dégâts occasionnés par Bush et Cheney- qui ont ravagé le Moyen Orient, légitimé la torture, et étendu un pouvoir exécutif inconstitutionnel- n’avait eu aucun précédent et était probablement permanente. Trump pose une menace sans précédent pour les immigrants sans papiers et les voyageurs musulmans dont la protection est urgente et nécessaire. Mais sur de nombreuses autres questions, il est un républicain standard.   Il est parfaitement à l’aise avec l’agenda d’austérité de Paul Ryan, qui implique d’énormes transferts de richesse vers les Américains les plus privilégiés.  Il est aussi impliqué que tout autre Républicain dans l’annulation de l’Affordable Care Act d’Obama. Lors de sa campagne, il s’est posé comme un apostat du commerce dérégulé et un opposant   aux interventions militaires à l’étranger mais maintenant qu’il est en place, ses vues sur la dérégulation commerciale basculent d’une façon imprévisible et son équipe de politique étrangère est composée de généraux avec des références interventionnistes impeccables.

Trump, engagé à continuer le financement considérable du déjà démesuré Département de la défense initié par ses prédécesseurs et sa Forteresse America est une version fanfaronne, indisciplinée de la «  nation indispensable » de Madeleine Albright. Tous deux, assument que les Etats unis devraient être capables de faire comme bon leur semble dans l’arène internationale : Trump parce que c’est le plus grand pays du monde, Albright parce qu’il s’agit d’une force exceptionnelle pour le bien commun. Il n’y a non plus rien de nouveau dans le désir de détente de Trump avec la Russie, qui au moins jusqu’en 2012 était la position officielle du Parti démocrate. Ce qui est sans précédent à propos de Trump est son style offensif : méprisant, brutal, illogique, et cependant parfaitement accordé à la colère et à l’anxiété de l’audience qu’il cible. Sesexcès ont laissé libre court au racisme et à la fière misogynie parmi ses supporters. Ceci est une cause de dénonciation, mais je ne suis pas pour autant persuadé que cela justifie cette crise anti-russe.

Parallèlement au caractère supposé exceptionnel de Trump, existent deux autres hypothèses derrière la fureur de Washington : la première est que le piratage russe s’est bel et bien produit, et la seconde que les Russes sont nos ennemis implacables. La seconde fournit la charge émotionnelle pour la première.  Les deux me paraissent problématiques. En ce qui concerne la première, les charges touchant le piratage ne sont pas prouvées et il est probable qu’elles le restent.  Edward Snowden et quelques autres familiers de la NSA disent que si un piratage longue distance s’était produit, l’agence l’aurait repéré et aurait pu détailler son existence sans compromettre ses sources secrètes ni ses méthodes. En septembre, Snowden a dit au Spiegel que la NSA «  sait certainement parfaitement bien qui est l’envahisseur ». Et, cependant «  elle n’a présenté aucune preuve, bien que je suspecte qu’elles existent. La question est : Pourquoi pas ? Je suspecte qu’il y a eu d’autres attaquants du système découverts, peut-être y avait-il six ou sept groupes à l’œuvre. » La capacité de la NSA à suivre le piratage jusqu’à sa source est une affaire de notoriété publique. Quand l’agence a investigué un piratage chinois omniprésent et efficace dans l’armée et les installations de l’industrie de la défense, elle avait été capble de suivre les hackeurs jusqu’au bâtiment d’où ils originaieent, une local de l’Armée de libération du peuple à Shangaï. Cette information fût publiée dans le New York Times mais, cette fois, l’échec de la NSA à fournir des preuves que les services screts russes avaient tenté le piratage de l’Etat US et le systéme d’élection, les affirmations non documentées de l’agence sur l’origine russe du piratage sont restées des faits étonnement non contestés et ont vite été traités comme tels dans les médias.

Cette information a été publiée dans le NYT mais, cette fois, l’échec de la NSA l’a été également.

Pendant ce temps, il y eu un déchaînement d’accusations auxiliaires, dont des charges plus vagues et plus larges de collusion de Trump avec le Kremlin. Il demeure envisageable que Robert Mueller, un ancien directeur du FBI qui a été engagé afin de vérifier ces accusations, ait pu rassembler des preuves incontestables de contacts entre les gens de Trump et diffrents russes. Il serait surprenant qu’un procureur expérimenté désigné pour effectuer un coup de filet revienne les mains vides et les arrestations  ont déjà commencé. Mais ce qui est frappant à leur égard est le fait que les charges n’ont rien à voir avec les interférences russes dans les élections. Il y a eu beaucoup de discours sur le fait que les accusés pourraient fournir des preuves confondantes contre Trump en échange de peines plus légères, mais ce ne sont que de simples spéculations. Paul Manafort, à un moment chef de campagne de Trump, a plaidé non coupable des charges selon lesquelles il aurait manqué à rendre publiques les relations de sa firme en tant qu’agent du gouvernement ukrainien et détourné ses millions de dollars de frais. Mais ceci s’est produit avant la campagne de 2016. Georges Papadopoulous, un conseiller en politique étrangère, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI à propos de ses efforts vains pour organiser une rencontre entre les gens de Trump et le gouvernement russe. – une opportunité que la campagne de Trump a déclinée. La plus récente interpellation de Mueller, Mickael Flynn,  l’Islamophobe désaquilibré qui a brièvement servi à Trump de conseiller en sécurité nationale, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI sur une rencontre avec l’ambassadeur russe en Décembre, quelques semaines après l’élection. Cette sorte de diplomacy d’arrière plan se produit régulièremet pendant les interims entre deux administrations. Il n’y a pas pour autant de signe de collusion.

Jusqu’ici, après des mois de «  bombes » qui se sont avérées être des pets, il n’existe toujours aucune preuve de l’interférence du Kremlin dans les élections américaines. Pendant ce temps,  de sérieux doutes ont émergés quant aux bases techniques de ces plaintes de piratage. Des observateurs indépendants ont argumenté qu’il était plus envisageable que les emails aient fui de l’intérieur et n’aient pas été piratés de l’extérieur. Dans cette optique, l’analyse la plus plausible a été faite par un groupe nommé Veteran Intelligence Professionals for Sanity, d’anciens employés des agences de services secrets US, qui se sont distingués en déboulonnant la plainte de Collin Powel concernant les armes de destruction massive possédées par Saddam Hussain, quelques heures après que Powell ait présent ses soi-disant preuves aux Nations unies. (Certains membres du VIPS ne se sont pas ralliés aux conclusions de ce rapport mais leurs arguments ont été à leur tour contestés par ses auteurs.) Les découvertes du VIPS n’ont reçu aucune attention de la part de la presse, sauf de Fox News – ce qui pour certains membres du centre-gauche  est pire que pas d’attention du tout. Les médias mainstream ont présenté le rapport comme le fruit de conspirationnistes (apparemment, le piratage russe ne compte pas comme tel).  La question cruciale, ici et ailleurs est l’exclusion du débat public de TOUTE perspective critique sur le discours orthodoxe, même dans la perspective de personnes avec de solides acquis professionnels et ayant déjà sérieusement faits leurs preuves.

A la fois l’histoire du piratage du DNC  et celle impliquant les emails de John Podesta, un conseiller de  campagne de H. Clinton, désignent un groupe obscur de pirates soi-disant  russes désignés sous le nom de «  Fancy Bear » – également connu chez les amateurs de technique comme APT28. Le nom de Fancy Bear a été introduit par  Dimitri Alperovitch, le responsable technique de la firme de cybersécurité Crowdstike. Alperovitch est aussi un membre de l’Atlantic Council, un think tank anti-russe de Washington embauché par le DNC afin de mener une enquête sur le détournement de leurs emails. Dans son rapport, Crowdstrike ne met en avant pratiquement aucune preuve de son affirmation de la responsabilité des Russes, encore moins de leur affiliation avec les services serets russes. Et pourtant, à partir de ce moment, la présomption qu’il s’agissait d’un cyber opération russe n’a pas été questionnée. Quand le FBI est entré en scène, le Bureau n’a pas demandé ou s’est vu refuser l’accès aux serveurs  du DNC, il dépendait donc complètement des analyses de Crowdstrike.  Pendant ce temps, Crowdstrike était forcé de retirer une autre plainte, où les Russes avaient piraté avec succès les systèmes de commandement de l’artillerie ukrainienne. L’armée ukrainienne et le British International Institute for strat »gic studies ont tous deux démneti cette plainte, et Crowdstrike s’est rétrcté. Mais ses analyse du DNC ont été autorisées a être sauvegardées et à même devenir les bases de l’Intelligence Community Assessment

Le bavardage autour du piratage n’aurait jamais acquis une telle urgence si celui-ci n’avait pas accompagné la présupposition : La Russie est l’unique adversaire dangereux, avec lequel nous devrions éviter tout contact. Sans cette croyance, la rencontre de l’Avocat général Jeff Session avec les Russes en septembre 2016 n’aurait été qu’une discussion de routine entre un Sénateur et des offociels étraners. Les conversatins post-élelcetions de Flynn ave l’Ambassadeur de Russie seraient passées inaperçues. Les tentatives des copains de Trump de faire quelques affaires avec la Russie simplement un eu glauques. La rencontre à la Rrump Tower de Donald Trump Jr. avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, intrigue obscure et mélodramatique,  aurait été transformée en une comédie de l’erreur. Avec le fils du candidat s’attendant à recevoir des informations à utiliser contre Clinton mais découvrant que Veselnitskaya ne voulait parler que de la levée des sanctions et de la reprise de l’accueil des orphelins russes aux USA. Et Putin lui-m^me serait resté un simple autocrate avec lequel les démocraties pouvaient négocier sans le soutenir.

Des voix sceptiques, comme celles du VIPS, ont été noyées sous un tapage de désinformation. Des histoires évidemment fausses, comme celle du Washington Post  affirmant que les Russes avaient piraté le réseau électrique du Vermont, sont publiées puis démenties le lendemain.Parfois, comme l’histoire de l’interférence des Russes dans les élections françaises et allemandes elles ne sont pas démenties même lorsqu’elles ont été discréditées. Ces histoires ont été parfaitement déboulonnées par les services secrets français et allemands  mais continue de planer, empoisonnant l’atmosphère, rendant le débat confus. La plainte selon laquelle les Russes avinent piraté les systèmes de vote locaux et fédéraux aux USA a été réfutée par lesreprésentants officiles de la Californie  et du Visconsin mais leurs commentaires n’ont généré quun simple murmure comparé aus grondements de l’histoire originale. La précipitation pour publier sans une attention suffisante à la véracité est devenue la nouvelle norme du journalisme. La rétractation ou a correction sont presque hors de propos, la fausse accusation a fait son travail.

La conséquence en est un sentiment de confusion qui enveloppe tout. Un nihilisme épistémologique plane mais certaines personnes et certaines institutions en retirent le pouvoir plus grand que d’autres de définir ce qui constitue une réalité consensuelle. Dire ceci est courir le risque  de se voir licencié comme le dernier des cinglés dans le lexique du Washington contemporain : la théorie conspirationniste. Pourtant les faits demeurent,  parfois des individus puissants s’arrangent pour promouvoir des idées qui bénéficint à leurs intérêts communs. Que nous appelions cela l’hégémonie, la conspiration, ou simplement les privilèges n’a pas vraiment d’importance. Ce qui a de l’importance, c’est d’avoir le pouvoir de créer ce que Gramsci nommait «  le sens commun » d’une société entière.  Même si la plupart des membres de cette société sont indifférents ou suspicieux à ce sens commun officiel, il n’en est pas moins incrusté dans les assomptions tacites qui tracent les frontières de « l’opinion responsable ». L’establishment démocratique donc, (avec quelques éléments Républicains) et les médias les plus importants ont transformé l’ «  interférence russe » en une partie du sens commun du moment. Quelle sorte de travail culturel ce sens commun effectue-t-il ? Quelles sont les conséquences du spectacle que les médias intitulent, avec une originalité caractéristique,  le « Russiagate » ?

La toute première conséquence est qu’en trouvant des démons étrangers à blâmer pour l’ascension de Trump, les dirigeants démocrates ont déplacé le blâme de leur défaite  loin de leur propre politique sans questionner la moindre de leurs assomptions principales. Parmi le rejet général de Trump, ils peuvent se proclamer dissidents, la «  résistance » était le label que les Clintoniens se sont appropriés quelques jours après l’élection. Les Démocrates majoritaires ont commencé à utiliser le terme de «  progressiste » à appliquer à une plate forme qui ne prétend à rien d’autre qu’à préserver Obamacare, , s’agitant en direction d’une plus grande galité des salaires, et le protection des minorités. Cet agenda est timide. Il n’a rien à dire sur la mise en cause de l’influence concentrée du capital sur la politique, la réduction du budget en expansion de la défense, ou le retrait des engagements systématiques dans la politique étrangère et pourtant sans ces initiatives, même la plus ténue des politiques égalitaires fait face à des obstacles insurmontables. De plus nombreuses et authentiques insurrections sont en route, qui affrontent le pouvoir corporatiste et connectent la politique intérieure avec la politique étrangère mais elles font face à une bataille ardue contre l’argent ancré et le pouvoir des dirigeants démocrates – comme Chuck Schumer, Nancy Pelosi, les Clinton et le DNC. Le Russiagae a permis à l’élite démocrate de promouvoir l’unité du parti  contre Trump-Poutine, pendant que le DMC faisait la purge des supporters de Sanders.

Pour le DNC, le grande qualité de l’histoire du piratage russe est qu’elle concentre l’attention ailleurs que sur ce qui était vraiment dans les emails. Les documents ont révélé une organisation profondément corrompue, dont la façade d’impartialité n’était qu’une imposture. Même le tout à fait fidèlement pro-Clinton Washington Post a admis  que «  beaucoup des plus emails les plus comprmettants suggèrent que le Comité essayait activement de compromettre la campagne présidntielle de Bernie Sanders »’ Des preuves de collusions supplémentaires entre la machine clintonnienne et le DNC ont fait surface récemment dans un essai de Donna Brazile, qui a été secrétaire par intérim du DNC après que Debbie Wasserman Schultz ait démissionné dans l’après-coup des révélations. Brazile décrit un accord daté du 26 août 2015, qui spécifie :

Qu’en échange de la levée de fonds et de mener des invstigations au sein du DNC, Hillary  contrôlerait les finances du parti, les stratégies et tous les fonds obtenus. Sa campagne a le droit de refuser le choix de la nomination du Directeur de la communication du parti  et elle aura le dernier mot sur tout le reste. Le DNC était également sollicité pour la consulter sur la campagne à propos de tout ce qui conerne les autres domaines, budgets, données, analyses et mailings.

Avant même que les primaires aient commencées, le supposé neutre DNC – qui a été proche de l’insolvabilité – avait été acheté par la campagne Clinton.

Une autre révélation récente du DNC concerne les origines de l’enquête dsur les liens supposés de Trump avec Poutine. L’histoire a commencé en Avril 2016, quand le DNC a embauché une firme d’enquête de Washington nommée  Fusion GPS afin de’extraire tous les éléments de connexions entre Trump et la Russie. Le contrat impliquait le paiement de «  liquide pour les ordures » comme aimait à l’appeler la campagne Clinton. Fusion GPS  a finalement produit des ordures, un compte-rendu choquant rédigé par un ancien agent de  British M16 Intelligence Christopher Steele, basé sur des on-dit achetés auprès de sources anonymes russes. Au sein des prostituées et des urinoirs une histoire a émergé : le gouvernement russe avait fait chanter et soudoyer Donald Trump depuis des années, dans l’assomption qu’il deviendrait Président un jour et servirait les intérêts du Kremlin. Dans ce conte fantastique, Poutine devient un comploteur omniscient prodigieusement doué.  Comme toutes les accusations de collusion, celle-ci est devenue elle aussi plus vague avec le temps, ajoutant à l’atmosphère glauque sans pour autant ajouter aucune preuve. La campagne Clinton a tenté de convaincre les médias de l’establishment de publier le dossier Steele, mais avec une circonspection peu caractéristique, ils ont décliné la promotion de ce qui était tout simplement du déchet politique plutôt qu’un rapport fiable. Cependant le FBI a apparemment pris le dossier Steele suffisamment au sérieux pour en inclure un résumé dans l’appendice secret à l’Intelligence Community Assessment. Deux semaines avant l’inauguration, James Comey, le directeur du FBI, décrivait le dossier à Trump. Après que le briefing de Comey ait été communiqué frauduleusement à la presse, le site web Buzzfeed l’a publié en entier, produisant hilarité et hystérie au sein de la nomenclature washingtonienne.

Le dossier Steel occupe un royaume obscur où l’idéologie et les enseignements, la désinformation et les révélations se recouvrent. C’est l’antichambre d’un système plus vaste de nihilisme épistémologique créé par différentes factions rivales des services de renseignement : l’ « arbre de fumée » qui, pour le romancier  Denis Johnson, symbolisait les opérations de la CIA au Vietnam. J’ai inhalé cette fumée moi-même en 1969, 1070, quand j’étais cryptographe d’une opération de déblayage top secrète sur un nvire de l’Armée US qui ptransportait des missiles équipés de têtes nucléaires – dont l’existence même était niée par la Marine. J’ai été dégagé de cete opération et plus tard honorablement congédié quand j’ai refusé de rejoindre le Sealed Authenticator System, qui aurait autorisé le lancement de ces missiles nucléaires  soi-disant non existants. L’arbre de fumée est simplement devenu plus complexe et plus insaisissable  depuis lors. Pourtant le Parti démocrate s’est maintenant embarqué dans une réhabilitation tous azimuts de la communauté des services de renseignements- ou du moins d’une partie d’entre elle, celle qui supporte l’idée du piratage russe. (Nous pouvons être certains qu’il existe des désaccords entre eux) Et ce n’est pas uniquement l’establishment démocratique qui embrasse l’Etat profond. Une partie de la base, croyant que Trump et Poutine sont étroitement liés, croit devoir fulminer contre la « trahison » comme une nouvelle John Birch Society.

J’ai songé à cette ironie en visitant l’exposition «  L’âme d’une nation : l’art à l’âge du Black Power » à la Tate gallery, qui exhibe les travaux d’artistes noir-Américians pendant les années 1960.1970, quand les agences de renseignement, (et les agents provocateurs)  organisaient une répression gouvernementale contre les militants noirs, les résistants à la conscription, les déserteurs et le pacifistes. Parmi les toiles, les collages et les assemblages, il n’y avait qu’un sei=ul drapeu confédéé, accompagné par l’horrible rappel du passé de Jim Crow – Un homme du Klan dans tout son attirail, un corps noir se balançant dans un arbre. Il y avait aussi au moins une demi-douzaine de drapeau US, juxtaposés en entier ou en partie à des images de l’oppression raciale contemporaine qui pourrait se passer n’importe où aen Amérique : des hommes noirs transportés morts sur des brancards par des squelettes en uniformes de police, un prisonnier noir attaché à une chaise, attendant d’être torturé. Le point était de mettre en évidence le contraste entre «  le pays des libertés »  et les pratiques de l’état sécuritaire et des forces de police locales. Les artistes noirs  de cette époque connaissaient leur ennemi : les noirs n’étaient pas tués ou emprisonnés par un nébuleux ennemi étranger mais par le FBI, la CIA et la police.

La Parti démocrate a développé une nouvelle vision du monde, un partenariat plus ambitieux entre les humanitaires interventionnistes libéraux et les militaristes conservateurs qui existait déjà sous le prudent Obama. Ceci sera peut-être la conséquence la plus désastreuse pour le Parti démocrate de la nouvelle politique orthodoxe anti-russe : la perte de l’opportunit de formuler une politique étrangère plus humaine et plus cohérente. L’obsession de Poutine a effacé la possbilité de la complexité de la reprsentation du monde par les Démocrates, créant un vide rapidement rempli parlesfantaisies monochromes d’Hillary Clinton et de ses alliés exceptionnalistes. Pur des gens comme Max Boot et Robert Kagan, la guerre est un état désirable pour les affaires, spécialement quand ils la regardent derrière leur claviers et que le reste du monde – à part les vilains garçons-  est rempli de populations qui veulent construie des sociétés comme la nôtre : pluralistes, démocratiques et ouvertes aux affaires. Il existe une souffrance terrible dans le monde, les USA ont des ressources abondantes pour l’aider à se réduire, l’impératif moral est clair. Il existe un nombre infini d’engagement internationaux qui n’impliquent pas une intervention militaire. Mais le chemin pris par la politique US  assez souvent pour qu’on puisse soupçonner la réthorique humanitaire de n’être rien d’autre qu’une façade pour une géopoltique plus banale – une qui définit l’intérêt national comme global et virtuellement sans limite. * (article du sociologue russe) Ayant vécu la guerre du Vietnam, une conséquence calamiteuse de ce qui définissait l’intérêt national, j’ai toujours été attiré par une critique réaliste du globalisme. Réalisme est un label pour toujurs terni par son association à Henri Kissinger, qui a utilisé comme une rationalisation de l’intervention ouvertement et sous couvert de l’intervention dans les affaires d’autres nations. Cependant il existe une tradition réaliste plus humaine, celle de George Kennan et de William Fulbright, qui pointent les liites de la toute-puissance militaire, précisant que les grands pouvoirs impliquent de grandes restrictions. Cette tradition met au défi la doctrine du changement de régime sous le déguisement de la promotion de la démocratie qui, – en dépit des échecs abyssaux en Irak et en Libye – gardent une incroyable légitimité à Washington. – Le Russiagate en a étendu la durée de conservation.

On peut jauger de l’impact corrosif de la fixation démocrate sur la Russie en demandant de quoi peuvent-ils bien parler quand ils neparlent pas du piratage russe. Tout d’abord, ils n’évoquent pas les interférences d’un autre type dans l‘élection, comme les tentatives nombreuses du Parti républicains pour priver du droit électoral les électeurs issus des minorités. Ils n’évoquent pas non plus les milliards de dollars du budget de la défense qui ont compromis la possibilité de recevoir des soins et d’autres mesures sociales urgemment nécessaires, ni la modernisation de l’arsenal nucléaire américain qu’a commencé Obama et le plan de Trump de l’accélérer, qui soulèv le risque d’une catastrophe environnementale ultime : une guerre nucléaire. Une menace rendue plus sérieuse qu’elle ne l’a été depuis des années de disscours combatifs à l’égard de la Russie.

La perspective de pouvoir entamer la procédure d’ « impeachment » de Trump et de l’esclure du bureau en l’accusant de collusion avec la Russie a créé une atmosphère d’anticipation presque vertigineuse parmi les leaders démocrates, les autorisant à oublier que le reste du Parti républicain est composé de nombreux politiciens beaucoup plus habiles aux stratégies washingtonnienne que ne le sera jamais leur Président.

Ce n’est pas le Parti démocrate qui mène la recheche d’alternatives au désastre créé par la politique dues Républicains : un plan d’imposition qui va inonder les riches et essorer les pauvres et la classe moyenne, une poursuite de la politique d’extraction des énergies fossiles insouciante * (Forbes sur la politique d’extraction du gaz naturel sous Obama) qui a déjà conduit à la contamination de l’eau dans le Dakota et le soutien continu des politiques de répression, de même que le soutien aux polittiues de répression policière et d’incarcération de masse. C’est la population locale qui est sous la menace des fuites de pétrole ou des matracages de la police, et c’est là que le Populisme survit.

Une multitude de groupes d’insurgés a commencé à utiliser les attaques contre Trump omme un levier pour faire bouger le Parti dans une direction égalitaire : Black Lives Matter, Democratic Socialists of America, tout comme une quantité d’organisations locales et régionales. Ils reconnaissent qu’il exsite des questions autrement plus urgentes – et authentiques – de s’opposer à Trump que de vagues allégations de collusion avec la Russie. Ils posent un défi tardif aux arnaques du néo-libéralisme, et à l’arrogance technocratique qui a conduit à la défaite de Clinton dans les états industriels américains. Reconnaissant que l’actuel gouvernement n’amènera pas de changements significatifs, ils cherchent à se financer en dehors du DNC. C’est la véritable résistance, contrairement à ‘#theresistance’.

Sur certaines questions, comme le développement de la protection santé, l’augmentation du salaire minimum ou la protection des immigrés sans papiers contre les plus flagrantes formes d’exploitation – ces insurgés obtiennent un large appui. Des candidats comme Paula Jean Swearengin, la fille d’un mineur de la Virginie qui se présente au primaires démocrates pour la nomination au Sénat, défient l’establishment démocrate qui se tient côte à côte avec les Républicains au service du grand capital. L’opposant de Swearengin, Joe Manchin que le Los Angleles Times a comparé à Doug Jones, un autre Démocrate «  très conservateur » qui a récemment gagné les élections au Sénat en Alabama, battant de très peu un Républicain, disagracié par des accusations de harcèlement sexuel avec des adolescentes de quatorze ans. Je me sens soulégé par ce résultat sans jondre l’extase collective démocrate, qui révèle l’investissement presistant du parti dans la politique comme d’habitude. Les leaders démocrates se sont convaincus (ainsi que la pupart de leur base) que tout ce dont a besoin la république est de la restauration du staut antérieur à Trump. Ils demeurent oublieux de l’impatience populaire à l’égard des formules familières. Jess King une femme mennonite, MBA de l’Université de Bard et fondatrice d’une association locale bénévole qui est en lice pour le Congrès comme Démocrate à Lancaster Pennsylvanie – le décrit dans ces termes : «  Nous observons un paysage politique qui change en ce moment qui n’est plus mesuré par le traditionnel droite vs gauche mais par la base vs le sommet. En Pennsylvanie et dans de nombreux autres endroits, nous voyons un populisme économique  des militants de base qui monte, se heurtant à l’establishment politique et au status quo qui ont tant échoué dans notre pays. »

Les insurgés démocrates développent aussi un populisme critique de l’hubris économique qui a sponsorisé tant de croisades qui ont échoué, extorqué des sacricices disproportionnés de la classe ouvrière et provoqué le soutien de Trump, qui s’est présenté lui-même (d’une façon fallacieuse) comme un opposant de l’interventionnisme à tout va. Sur la politique extérieure, les insurgés font face à une opposition encre plus ferme que sur la politique intérieure : un consensus bipartisan, enflammé par l’outrage de la menance contre la démocratie supsée représentée par le piratage russe. Cependant, ils est possible qu’ils aient trouvé un chemin tactique pour avancer, en se concentrant sur les charges inégales pesant sur les pauvres et sur la classe ouvrière pour la promotion et le maintien de l’empire américain.

Cette approche est celle qui anime  ” Autopsie : le Parti démocrate en crise” , un document de 33 pages dont les rédacteurs comprennent Norman Solomon, fondateur du groupe de pression insurgé RootsAction.org. «  La revendication du  Parti démocrate de combattre pour les «  familles de travailleurs »  a été compromise par son refus de s’opposer au pouvoir des multinationales, permettant à Trump de se présenter comme le champion des couches laborieuses » dit Autopsie. Mais ce qui caractérise ceci par rapport aux critiques progressives habituelles, est la connexion convaincnte entre la poltique intérieure et la politque étrangère. Pour ceux de la Rust belt, le service militaire a été souvent la seule solution pour échapper au désastre créé par la politique énéo-libérale, mais le prix pour la fuite a été élevé. Comme le note Autopsie, «  la sagesse de la guerre permanente, ce que Clinon nomme «  le pouvoir global »

  • Etait beaucoup plus clair pour les leaders du Parti (en 2016) qu’il l’était pour ceux qui portaient le poids des morts au combat, des blessures et des traumatismes. Après une dizaine d’années de guerre sans interruption, les données de la recherche sur les conduites de vote montrent que la campagne de Clinton avec saon discours belliqueux a été un repoussoir pdans les classe laborieuses, durement touchées par les pertes dues au déploiement en Irak et en Afghanistan.

Francis Shen de l’Université du Minnesota et Douglas Kriner de l’Université de Boston ont analysés les résultats des élections dans trois états-clefs, La Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan – et ont trouvé   que «  même en contrôlant sur un modème statistique alternatif, nous avons trouvé une relation significatrice et sensée entre le niveau du sacrifice militaire de la communauté et son soutien à Trump ». L’engagement sans critique de Clinton dans les interventions armées a permis à Trump de gagner sur les deux tableaux, jouant au ressentiment chauvin tout en se posant comme un adversaire des guerres sans but et insensées.  Kriner et Shen concluent que les Démocrates peuventavoir à «  réexaminer leur posture en politique étrangère  si ils veulent reconquérir l’électorat épuisé et étrangé à 15 ans de guerre » Si le mouvement insurrectionnel au sein du Parti démocrate a commencé à se formuler des critiques en faveur d’une poltique étrangère intelligente, un changement peut éventuellement se produire. Et le monde peut devenir un endroit où le pouvoir américain, comme la vertu américaine, sont limités. Pour ces mêmes Démocrates, c’est une évolution fortement désirée. C’est sur du long terme mais quelque chose se passe vraiment ici.

Jackson Lears est membre  du Conseil supérieur des universités  (Board of Governors Distinguished) Professeur d’histoire à l’Université de Rutgers..

De la dissuasion à l’apocalypse William Astore


De la dissuasion à l’apocalypse

 

William Astore

Tomgram: William Astore, From Deterrence to Doomsday?

Posted by William Astore at 7:29am, April 13, 2017.
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Passons outre l’évident. La manière, par exemple, dont la décision de Trump de lancer 59 missiles de croisière Tomahawk contre une base aérienne syrienne, n’est qu’un exemple supplémentaire de ce que nous savons déjà. Les actes de guerre sont la prérogative et uniquement le  prérogative, du Président ( ou des commandants militaires à qui Trump a confié une plus grande capacité à agir par eux-mêmes) Vérifications, équilibre, je doute que aucun d’entre eux ne s’applique quant il s’agit de guerre, dans le style américain. Ces jours-ci, le seul contrôle écrit  sont ceux du Pentagone et «  l’équilibre » n’est pas un concept en dehors de la gymnastique.

Pendant ce temps, Trump a appris que que tout  débat féroce,  à l’intérieur, que tout remous provoqué par une intrigue de palais  qui pourrait faire rougir le Tzar peut être, et bien, interrompue en lançant 59 missiles de croisière  ou leur équivalent sur un terre lointaine afin de sauver les « beaux bébés » (Oublions les bébés  que ses propres généraux ont tués). Lançons les missiles, envoyons les corps d’armée, lâchons les avions et nous aurons tous ceux que nous aurons agressé par tweet, y compris HillaryJohnNancyMarco, et Chuck pour vous applaudir et louer vos actions.

Ils seront rejoints par l’aile droite officielle ( bien que pas par  la non officielle), alors que les  neocons et leurs amis vous acclameront comme le Churchill du 21ième siècle. Ou du moins, tout ceci sera vrai jusqu’à – consultons W. Bush et b. Obama sur ce point- ce que, vous savez, le lendemain du jour où, nous avons expérimenté ça encore et encore, pendant les   15 dernières années de guerres   américaines, le jour où il devient subitement clair ( une fois de plus) que les choses vont vraiment, vraiment très très mal.

Pendant que nous attendons, voici une suggestion qui vient à l’esprit tout en lisant les dernières réflexions du chroniqueur régulier de TomDispatch   le Lieutenant-Colonel retraité de l’armée de l’air, William Astore qui écrit sur le complexe militaro-induistriel à l’âge de Trump. N’est–il pas grand temps d’attribuer aux industries finançant les guerres leur juste part ? Après tout, il n’existe aucun objet, bâtiment, muse, stade ou meme vie civile par les temps qui courent, qui n’affiche pas le sponsorat d’entreprise et même ne vive que grâce à lui. Dans ma ville par exemple, les clubs de base-balls new-yorkais,  Les Mets jouent à Citi Field, alors que les Giants et les Jets passent leur saison au  MetLife Stadium.  Etant donné le rôle que les fabricants d’armes géants jouent dans les guerres, et la  façon étonnamment performante dont ils sèment leurs guerres tout autour de la planète, n’est-il pas temps de traduire le pouvoir militariste de plus en plus grand du commandeur-en-chef en une version militaire du sponsorat ?

Est-ce que  Raytheon, le fabricant de ces 59 missiles de croisière uilisés par Trump récemment, ne doit pas recevoir le plein credit de façon à ce que la couverture médiatique se réfère au coup de massue Raytheon ? La prochaine attaque de drône  au Yémen ne devrait-elle pas s’appeler la General Atomics MQ-9 moissonneuse batteuse ?  Est-ce que toute frappe à venir par le système d’armement  le plus cher  de cette planète ou de toute autre, ne devrait pas se nommer Lockheed F-35 Lightning Joint Strike Fighter Storm ?  Nous sommes dans un nouvel âge de l’amélioration corporatiste. N’est-ce pas une époque où les guerres devraient s’ajuster et où le complexe militaro-industriel devrait recevoir le crédit qu’il mérite amplement ?  Tom

 Que signifie une politique étrangère  “L’Amérique d’abord ?”

Mettre l’armée américaine en premier, en deuxième et troisième
Par  William J. Astore

A quoi ressemble la politique étrangère de “ l’Amérique en premier “ sous la présidence de Trump ? Tout d’abord, oublions l’ancien label d’”isolationnisme”. Avec la fin des premiers cent jours de Trump approchant, il semble qu’une politique militaire prioritaire cherche à achever l’hégémonie globale, ce qui signifie la mise en route potentielle d’une machine de l’apocalypse.
Le candidat Trump s’est engagé à render la force armée américaine si forte qu’il n’aurait pas besoin de l’utiliser, puisque personne n’oserait s’y attaquer – dissuasion, c’est le mot. Mais la réalité sur le terrain (et dans les airs) est déjà très différente.   Les généraux du Président Trump ont commencé lâcher cette force armée d’une façon dont l’administration Obama pourtant à peine émue à l’idée de bombarder ou de déferler avait jugée excessive et trop risquée pour les civils. La semaine dernière, 59 US .  missiles de croisière  (valeur : $60 millions ) ont écrasé une base aérienne en Syrie, une réponse extravagante à une attaque à l’arme chimique dans ce pays qui peut conduire à nouveau à une escalade.  Pendant ce temps, des armes US sont sur le point d’être vendues  aux monarchies Sunnites  dans le Golfe persique sans beaucoup de soucis pour les abus à l’égard des droits humains  et les Saoudiens vont se voir offrir un peu plus de support pour mener leur guerre dévastatrice sur les civils du Yémen. Il ne fait pas de doute que d’autres opérations militaires et qu’une escalade dans le Grand Moyen Orient ne soient.  Sur l’habituelle  “table” de Washington où “ toutes les options” sont supposes être gardées.

La plupart des Américains croient en la manipulation selon laquelle l’armée US est prête à dissuader et à prévenir des attaques sur le sol américain, spécialement celles du “terrorisme radical islamique”.

Vendu comme de la dissuasion, la Sécurité nationale de Washington a, en fait, explosé  en quelque chose qui ressemble au mécanisme de la guerre permanente. Ignorant les stratégies les plus basiques, impulsif et grandiloquent, son actuel Commandant en chef est habilité par ses conseillers va-t-en-guerre  et par les hommes qu’il nomme “mes généraux”  qui rêvent de budgets encore plus importants. ( Même la promesse de Trump d’une augmentation de 54 milliards pour le Pentagone cette année n’est pas assez pour certains officiers supérieurs )

Les réalités de la nouvelle ère de victoire de Trump

Bienvenue dans la nouvelle ère de victoire de  Trump.  Il ne s’agirt pas en fait de’en finir avec la guerre mais d’exercer «  pression globale, un pouvoir global »  tout en vendant le plus possible d’armement.   Cela promet d’étendre ou de prolonger le chaos en Irak, au Yémen, et vraisemblablement en Iran, parmi d’autres pays. Dans le grand Moyen-Orient, les efforts conduits par les US ont produits un Irak déchiré par la guerre qui s’effondre. Les drones US et leur support à la campagne de bombardements saoudien on laissé le Yémen glisser vers la famine.  La Syrie reste un désastre humanitaire, déchirée par la guerre même si des troupes supplémentaires sont déployées sur le terrain. ( Le Pentagone ne dit pas combien, mais il nous demande de nous centrer sur les capacités    plutôt que les forces au sol.) Plus loin à l’Est, la guerre sans fin d’Afghanistan est, selon le Pentagon,  “dans une impasse “, ce qui signifie que les Talibans ont en fait gagné du terrain comme une nouvelle menace potentielle.  Regardant vers le Sud et vers l’Ouest, l’Afrique est la dernière cour de récréation  pour les forces opérationnelles spéciales de l’armée US  comme l’adminiostration prépare, parmi d’autres choses, une opération en Somalie.

Pour Trump et ses généraux, une approche de l’“ Amérique d’abord ” signifie en fait  l’armée en premier,  en second et en troisième. Cela n’empêche pas qu’ils ne peuvent imaginer ces opérations comme déstabilisantes. ( Futur gros titre envisageable :  Trump détruit  la Syrie afin de la sauver) Selon le Général Joseph Votel, tête des Commandes centrales US , par exemple, le pays qui présente les plus grandes menaces pour la stabilité  “ dans le Moyen Orient est l’Iran, sentiment partagé par le Général James Mattis, le Secrétaire de la défense.

Vous excuserez les Iraniens, ainsi que les Russes et les Chinois s’ils pensent différemment. Pour eux, les USA sont clairement l’entité la plus déstabilisatrice au monde. Si vous étiez un Chinois ou un Russe ou un Musulman Shiite, comment donc vous apparaîtrez les activités militaires US ?

* Expansionnistes ?

* Dédiées à la domination via des dépenses militaires colossales et de l’interventionnisme global ?

* Engagés dans une hégémonie économique et idéologique via des banques puissantes et des intérêts financiers qui cherchent à avoir le contrôle sur les marchés mondiaux  au nom de la préservation de leur « liberté » ?

Ne serait-ce pas un bilan logique, même si il manqué de saveur ? Pour beaucoup d’observateurs, les US semblent être les leaders des touche-à-tout de l’armement et les meilleurs vendeurs d’armes, une perception supportée par des actions militaires montant en flèche et une diplomatie en chute libre sous Trump.   De sérieuses coupes dans le financement du Département d’état, alors que le Pentagone voit son budget augmenté ( encore une fois),.

Pour des observateurs extérieurs,  les ambitions de Washington semblent claires : dominance globale, menée à bien et renforcée par la “très, très, très fort ” armée que le candidat Trump clamait   ne jamais avoir à utiliser mais emploie déjà avec frénésie sinon abandon.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir du complexe militaro-industriel

Qu’ajoute la politique de ”L’Amérique d’abord ” aux politiques militaires précédents ? Pourquoi le budget du Pentagone, au même moment que les actuelles opérations militaires, est-il entrain d’enfler sous son contrôle ?

Il y a plus de cinquante ans, le sociologiste C. Wright Mills apporta des réponses qui semblent toujours d’actualité. Dans son essai datant de 1958, ”  La structure du pouvoir dans la société américaine”, il disséqua  le «  triangle du pouvoir ». il consiste, explique-t-il, des chefs d’entreprise, des chefs militaires et des politiciens travaillant de concert, mais également d’une façon telle que l’agenda des entreprises corresponde aux projets militaires. Cette combinaison, suggère-t-il, détruit la capacité des politiciens à modérer et à contrôler les impératifs militaro-industriels ( en assumant qu’ils en aient l’envie)

” L’ordre militaire américain “ écrit Mills “ auparavant une maigre institution opérant dans un contexte de méfiance populaire, est devenu la figure la plus importante et la plus onéreuse du gouvernement, derrière des relations publiques souriantes, elle a le rictus et la maladresse d’une bureaucratie prolifique. Les chefs militaires ont gagné une légitimité politique et économique. La soi-disant menace permanente place une prévalence sur leurs têtes et virtuellement, toutes les actions politiques et économiques sont maintenant jugées en terme de définition militaire de la réalité. »

Pour lui, le danger est assez simple, “ la coïncidence du domaine militaire et du royaume industriel les renforce réciproquement et subordonne plus avant le simple home politique. Ce n’est  pas  l’homme politique de parti, mais l’exécutif entrepreneurial qui est maintenant suppose s’asseoir avec les militaires et répondre à la question : qu’est ce qu’on fait ?

Considérons la création de l’administration Trump, une émeute de milliardaires et de multimillionaires. Son Secrétaire d’état, l’ancien PDG de Exxonmobile, Rex Tillerson n’est pas ce que l’on peut appeler un diplomate. Bien sûr, il semble peu intéressé dans les conseils du personnel du Département d’état mais il sait comment faire son chemin dans les réunions des salles du conseil d’entreprise. Le conseiller de Sécurité nationale de Trump et son secrétaire de la défense et de la sécurité intérieure sont tous ou bien des Généraux en service ou récemment retraités. Dans le cercle proche de Trump, les cadres s’assoient avec les militaires pour décider de ce qui doit être fait.

Peu après que Mills ait formulé ses critiques prophétiques sur l’élite au pouvoir , le Président Dwight D. Eisenhower avertit du danger croissant d’un complexe militaro-industriel. Depuis, le complexe de Ike s’est seulement étendu. Avec l’ajout du Département de la sécurité intérieure après le 11 septembre, et toujours plus d’agences de renseignement (dix-sept principales au dernier recensement)  le complexe ne fait que croître au-delà du contrôle civile. Sa position dominante à cheval sur le gouvernement est pratiquement impossible à critique. D’une façon figurative, il est le roi de Capitol Hill.

Le candidat Trump a pu se plaindre de ce que les USA perdaient des milliards de dollars dans les conflits récents, les invasions, et les occupations, mais de nombreuses entreprises américaines ont profité de ces «  changements de régime ». Après que vous ayez aplati un état comme l’Irak, vous pouvez le réarmer. Quand vous ne leur vendez pas des armes ou ne rebâtissez pas les infrastructures que vous avez détruites, vous pouvez exploiter leurs resources. Ces guerres qui semblent interminable en Irak ou en Afghanistan sont les illustrations de ce qui se produit quand les intérêts des entreprises se mêlent aux imperatifs militaires.

Pendant que Mills ou Eisenhower avertissaient sur les risques de tells développements, ils pourraient alarmer l’Amérique de 2017.  Jusqu’à maintenant, les post-contingents, “tous volontaires”, des militaires professionnels, sont devenus des étrangers, sinon des divorcés d’avec la population, une séparation aggravée par le culte actuel du guerrier se développant en leur sein. Non seulement les Américains sont-ils de plus en plus isolés de leurs  combattants, mais ils le sont des guerres américaines également.  Elles continuent d’être menées sans  l’approbation formelle du Congrès et Presque sans sa simple supervision. Combinez ça avec la décision due la Cour suprême Citizens United qui change directement l’argent des entreprises en activisme politique, et vous avez ce qui est de plus en plus un système de gouvernance des 1% dans lequel un Président milliardaire préside le, cabinet le plus riche  de toute l’histoire dans ce qui est maintenant la capitale de la guerre, pendant que des liens militaro-industriels incarnent ce qui étaient les peurs les plus sinistres de Mills et d’Eisenhower.

La machine de guerre américaine qui s’est emballée a peu à voir ces jours-ci avec la dissuasion et beaucoup avec la continuité d’un état de guerre permanente. Mettez tout cela ensemble et vous avez la parfaite formule pour un désastre.

Dissuader notre trajet vers l’apocalypse

Qui a mis le pétrole américain au milieu des déserts du Moyen Orient ?  C’est la question que les militants pacifistes ont posé  avec un humour grinçant juste avant l’invasion de l’Irak. Selon l’opinion rabâchée de Trump, les USA auraient du bien sûr récupérer le pétrole irakien juste après l’invasion de 2003.  A défaut d’autre chose, il a dit ce que beaucoup d’Américains croient, et ce que de nombreuses multinationales cherchent à faire.

Considérons l’engagement de Jimmy Carter. Il ya à peu près quarante ans, Carter a pressé les Américains à modérer leur appétit, conserver leur énergie et se libérer de leur dépendance paralysante au pétrole étranger et à leur consommation sans frein de biens matériels. Après que les critiques l’ait catalogué de discours de malaise, Carter fit volte-face et accrût les dépenses militaires en établissant la doctrine carterienne de protection du Moyen Orient comme intérêt vital pour les USA. Le peuple américain répondit en élisant Ronald Reagan malgré tout. Comme les Américains continuaient à apprécier un mode de vie réglé par la consommation qui aspire à lui seul près de 25% de la production mondiale d’énergies fossiles (tout en ne représentant que 3% de la population mondiale), l’argent actif de la Maison blanche travaille à ouvrir toujours plus de forages sur le plan mondial ; Des milliards sont en jeu.

Pas très étonnant que, en devenant président, Trump ait agi rapidement pour accélérer la construction de nouveaux pipelines retardée ou interdite par le Président Obama tout en détruisant les protections environnementales liées à la production des industries fossiles. La production domestique accélérée, avec la coopération de l’Arabie saoudite ( le véto de Trump à propos des Musulmans a soigneusement évité de cibler les seul pays qui produit 15 des 19 terroristes des attaques du 11 septembre- devrait permettre au pétrole de continuer à couler, aux profits de croître et au niveau des mers du globe de monter.

Une donnée : l’armée américaine à elle seule absorbe plus d’énergie fossile  que la Suède dans son entier. Quand il s’agir de consommation d’énergie, nos forces armées sont le premières entre toutes.

Avec ses réserves pétrolifères massives, le Moyen Orient reste un lit pour les guerres pour les ressources à venir, ainsi que pour les conflits religieux et ethniques, exacerbés par le terrorisme et les attaques déstabilisantes de l’armée US.  Dans ces circonstances, , quant il s’agit de désastre mondial à venir, il n’est pas très difficile d’imaginer que l’actuel Moyen Orient puisse servir d’équivalent aux Balkans lors de l’infâmie de la Première guerre mondiale

Si Gavrilo Princip, un terroriste Serbe “au noir” opérant dans une région disputée et ravagée par la guerre a pu enflammer le monde en 1914, pourquoi un terroriste de ISIS ne le ferait-il pas un siècle plus tard ? En considérant les nombreuses lignes de rupture et les forces impliquées, y compris la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite et les Etats unis, tous travaillent ostensiblement ensemble pour combattre le terrorisme même s’ils ne se positionnent que pour maximiser leurs propres avantages et s’éliminer les uns les autres. En de telles circonstances, un vacillement politique, suivi d’un tremblement de terre géopolitique semblent tout à fait possible. Sinon, une secousse d’ISIS suivie d’un mouvement majeur dans le Moyen Orient, il n’y a pas de raccourcis vers de possibles zones à risques dans un monde de plus en plus susceptible. D’une attaque au sabre avec la Corée du nord en passant par une joute avec les îles artificielles  construites par les Chinois au sud de la Mer de Chine.

En tant qu’historien, j’ai passé beaucoup de temps à étudier la force militaire allemande du 20ième siècle. Dans les années qui ont conduit à la Première guerre mondiale, l’Allemagne émergeait comme super-puissance mais pourtant, paradoxalement, elle se voyait comme menacée de plus en plus par ses ennemis, en tant que nation encerclée et oppressée. Ses chefs d’état craignant plus que tout la Russie. Cette crainte les a amenés à déclencher une guerre préventive contre ce pays. ( Bien sûr, ils ont attaqué la France en 1914 mais c’est une autre histoire). Cette guerre incroyablement risquée et coûteuse, déclenchée dans les Balkans, échoua lamentablement et pourtant elle fût dupliquée à une niveau encore plus horrible vingt années plus tard. L’armée allemande, louée comme «  la meilleure au monde » par ses chefs et vendue à son peuple comme une armée de dissuasion s’est transformée pendant ces deux guerres mondiale en une machine apocalyptique qui a saigné le pays à blanc tout en assurant la destruction de partie significatives de la planète.

Aujourd’hui, l’armée américaine loue elle-même  pareillement comme la “ meilleure du monde” même en s’imaginant entourée par des menaces puissantes ( La Chine,  la Russie,  la Corée du nord et le terrorisme mondial, en tête de liste). Vendue au peuple américain pendant le Guerre froide comme une force de dissuasion, un pilier de stabilité contre les joueurs de domino communistes, cette armée s’est transformée elle-même en une force aléatoire.

Rapellons-nous ici que l’administration de Trump a réaffirmé la quête de l’Amérique pour une suprématie nucléaire radicale .  Elle a appellé à une “nouvelle approche”  de la Corée du nord et de son programme d’armement nucléaire. (Quoi que cela puisse signifier, ce n’est pas une référence à la diplomatie). Même dans une croissance du nucléaire et une stratégie de la corde raide, Washington continue de vendre de l’armement- c’est de loin le plus grand vendeur d’arme du 21ième siècle- et le chaos sur toute la planète, accroissant ses efforts en tant que guerre contre la terreur et la vendant comme la seule façon de gagner.

En mai 1945, quand le rideau est tombé sur le dernier soubresaut de l’Allemagne comme puissance dominatrice mondiale, le monde était heureusement encore innocent face à l’armement nucléaire. Tout est différent maintenant, la planète est, c’est le moins que l’on puisse dire, surdotée de machines C’est pourquoi il est vitalement imùportant de reconnaître que l’Amérique d’abord de Trump est tout sauf isolationniste dans l’acceptation du vieux vingtième siècle, cette façon de parler est une recette pour prolonger la guerre en créant toujours plus de chaos et d’états effondrés dans le grand Moyen Orient et vraisemblablement au-delà, et que cette politique déjà dangereuse de Guerre froide, supposée dissuasive, que ce soit contre l’armement traditionnel ou nucléaire, au regard de la bellicosité de Trump, pourra exploser comme une version de l’apocalypse.

Ou, pour évoquer celà d’une autre façon, considérons cette question : Est-ce que le Coréen du nord Kim Jong-un le seul leader instable possédant un armament nucléaire sur la scène mondiale ?

Lieutenant colonel en retraite ( USAF) et Professeur d’histoire, Astore est un éditorialiste régulier de  TomDispatchSobn blog est le Bracing Views.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Le moment de diversion de Trump Robert Parry

Trump’s ‘Wag the Dog’ Moment Robert Parry

Avril 7, 2017

 

Exclusif : Le Président Trump a gagné les applaudissements des Néo-cons pour sa décision  prise dans l’urgence d’attaquer la Syrie en tuant environs une dizaine de Syriens, mais sa décision imprudente à tous les aspects d’une diversion.

Par  Robert Parry

Juste deux jours après que la nouvelle d’une soi-disant attaque au gaz sarin dans le nord de la Syrie, le Président a repoussé les conseils de l’Intelligence service qui doutaient de la responsabilité du régime syrien et a lance une opération de représailles en lançant des missiles sur la zone aérienne syrienne.

Trump a immédiatement gagné les applaudissements du Washington Officiel, spécialement ceux des néo-cons qui essaient de gagner le contrôle sur sa politique international sur ses conseillers nationalistes et personnels depuis sa victoire surprise du 8 novembre.

Il ya également une dispute interne autour du renseignement. Mercredi soir, le Secrétaire d’état Rex Tillerson a dit que les services de renseignements US affirmaient «  avec un haut degré de confiance » que le gouvernement syrien avait lâché du poison par gaz sur des civils dans la province de Idlib.

Mais un nombre d’agence de renseignement ont faits des déclarations contradictoires, disant que la prépondérance des preuves suggérant que les affiliés à Al Qaeda étaient en faute, ou bien en ayant orchestré une libération intentionnelle de l’agent  chimique comme provocation ou bien en en ayant possédé un container qui aurait explosé pendant un bombardement conventionnel.

Une des sources de renseignements affirme que le scenario le plus vraisemblable est une mise en scène orchestrée par les rebelles, souhaitant forcer Trump à changer de politique, annonçant quelques jours plus tôt que le gouvernement US ne cherchait plus de “ changement de régime” en Syrie et se concentrerait sur l’attaques des ennemis communs, les groupes terroristes islamiques qui représentent le cœur des forces rebelles

La source dit que l’équipe de sécurité nationale de Trump s’est divisée en deux parties, d’un côté  les conseillers les plus proches, le nationaliste fauteur de trouble Steve Bannon et le beau-fils Jared Kushner  et de l’autre une vieille ligne de néo-cons qui se sont regroupés autour du Conseiller à la sécurité nationale  H.R Mc. Master, un général des armées qui est un protégé  du favori des néo-cons, le Gen. David Petraus.

Les querelles internes de la Maison blanche

Dans cette approche, l’exclusion récente du Général en retraite Michel Flynn comme Conseiller à la sécurité nationale et la sortie cette semaine de Steve Bannon du Conseil de sécurité nationale furent des éléments clef de la réintégration des néo-cons au sein de la présidence de Trump. Les étranges personnalités et les positions extrémistes de Flynn et Bannon rendirent leur exclusion plus facile, mais il y avait des obstacles que les néo-cons voulaient éliminer.

Bien que Bannon et Kushner soient souvent présentés comme des rivaux, dit la source, ils partagent la croyance que Trump devrait dire la vérité sur la Syrie, en révélant l’analyse de la CIA faite sous l’administration Obama que l’attaque au gaz sarin de 2013  était une fausse déclaration afin d’entraîner le Président Obama à rejoindre complètement la guerre en Syrie aux côtés des rebelles – et les analyses des renseignements sont identiques en ce qui concerne l’incident de mardi.

Au lieu de ça, Trump a suivi l’idée  de créer une urgence  sur le jugement initial  blâmant Assad pour l’événement du gaz toxique de Idblid. La source a ajouté que Trump considérait l’assaut de mercredi soir comme une façon de changer les sujets de conversation de Washington, où son administration a subi les attaques incessantes des Démocrates déclarant que son élection était due à une opération couverte par les Russes.

Si changer de discours était le but de Trump, il a réussi partiellement en contrant les critiques sévères de certains néo-cons comme le Sénateur John Mac Cain, et Lindsey Graham qui ont loué ces attaques, comme l’a fait le Premier ministtre israélien B. Netanyahu. Les neocons et Israel cherchent depuis longtemps à créer un « changement de régime » à Damas même si le départ de Assad devait conduire à une victoire des extrémistes islamistes, associés à Al Qaeda ou à l’Etat islamique.

 Faire diversion

Trump emploie une “stratégie de diversion”  dans laquelle il met en lumière son leadership dans une situation de crise international afin de détourner l’attention de ces problèmes de politique intérieure, cela rappelle Clinton et sa décision d’attaquer la Serbie en 1999 comme des nuages commençaient à entourer se vie sexuelle avec Monica Lewinski.

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Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une conférence de presse le 15 février 2017 . (Screen shot from Whitehouse.gov)

Les conseillers de Trump, dans leur communiqué de presse le mardi soir, sont revenus en grande largeur sur la compassion que Trump éprouvait à l’égard des victimes du gaz et sur sa décision de bombarder les bases aériennes de Assad, en contraste avec la volonté de Obama de permettre à la communauté des renseignements de mener une enquête sérieuse sur les preuves autour de l’attaque au sarin de 2013

En fin de compte, Obama a écouté ses conseillers des services spéciaux de renseignement qui lui ont dit qu’il n’ y avait aucune preuve irréfutable “ impliquant le régime de Assad et il a annulé au dernier moment les frappes aériennes–tout en maintenant publiquement la fiction que les USA étaient certains de la culpabilité de Assad.

Dans les deux cas, – 2013 and 2017 – il ya de grands doutes sur la responsabilité de Assad. En 2013, il venait juste  d’inviter les Nations unies en Syrie  pour qu’ils enquêtent sur l’usage du gaz sarin par les rebelles et donc cela n’avait aucun sens de lancer une attaque au gaz sarin dans les banlieues de Damas, sachant qu’alors que les enquêteurs seraient détournés de leur enquête.

Pareillement maintenant, Assad a gagné militairement avec un avantage décisif sur les rebelles et a remporté une victoire diplomatique majeure avec l’administration Trump ayant annoncé que le «  changement de régime «  n’était plus une priorité en Syrie. Assad, qui est un homme rusé, aurait dû savoir qu’une attaque aux armes chimiques engendrerait une contre-offensive des USA et mettrait en jeu les avancées qui ont été effectuées avec l’aide russe et iranienne.

L’argument oppose à cette logique, dévellopé par le NYT et d’autres organs d’information dédiés aux positions néo-cons – est principalement que Assad est un barbare furieux qui est en train de tester une nouvelle position de force en provoquant Trump. Bien sûr, si c’était le cas, Assad aurait revendiqué ses actes plutôt que de les nier.

Mais la logique et le respect ne sont plus des valeurs dans le Washington officiel, ni au sein des medias américains.

La montée des services de renseignements

L’alarme au sein de la communauté des renseignements à propos de la décision précipitée de Trump s’est réverbérée du Moyen Orient à Washington où l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi a rapport qu’il avait entendu que ses contacts sur le terrain étaient choqués par la façon dont l’histoire du gaz sarin avait été distordue  par Trump et les medias officiels.

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L’ancien officier de la CIA Philip Giradi. (Photo credit: Gage Skidmore)

Giraldi a confié lors de l’émission de Scott Horton: « J’entends, venant de sources du terrain situées au Moyen Orient; des individus qui son t intimement lies aux services de renseignement disponible qui disent que le contenu narrative que nous entendons tous à propos du gouvernement syrien ou des Russes ayant fait usage d’armes chimiques est une imposture. »

Giraldi a dit que ses sources étaient plus proches de l’analyse postulant un lâché accidentel de gaz après qu’un dépôt d’Al Qaeda ait été bombardé par une frappe russe.

Les services de renseignements confirment plutôt bien le compte-rendu que les Russes ont donné, qui est qu’ils ont heurté un abri où les rebelles- maintenant ce sont des rebelles qui sont bien sûr connectés à Al Qaeda- stockaient des armes chimiques leur appartenant et que cela a causé une explosion qui a entraîné des pertes. Apparemment les renseignements sont très clairs là-dessus.

Giraldi a évoqué la colère de la communauté des  services de renseignement à propos de cette distorsion des informations afin de justifier les représailles militaires de Trump, elle était si forte que certain officier opérant clandestinement considéraient leur passage au public.

“ Les membres de l’agence ( CIA) et les militaires qui sont au courant du travail des services de renseignement sont effrayés par tout ça parce que Trump a complètement transformé ce qu’il devait avoir su – ou peut-être pas- et ils craignent que cela n’avance vers une situation qui pourrait aisément tourner dans un conflit armé”.  Giraldi a dit, avant les frappes de jeudi « Ils sont étonnés de la façon dont tout cela est manipulé à la fois par l’administration et par les médias. »

Une couverture biaisée

Les medias US ont présenté la crise actuelle avec le biais profondément néo-cons qui a infecté la couverture de la Syrie et du grand Moyen-Orient depuis des dizaine d’années. Par exemple, le New York Times de vendredi a publié un article à la une  de Michael R. Gordon  et Michael D. Shear qui ont traité la responsabilité du Gouvernement syrien pour le gaz sarin comme a fait acquis. La longue histoire ne daignait même pas inclure les démentis de la Syrie et de son partenaire russe q touchant leur responsabilité.

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Le  destroyer  Arleigh Burke-class missile USS Ross  lance une attaque à terre avec un missile tomahawk à partir de la Méditerranée  le 7 avril 2017. (Navy photo by Petty Officer 3rd Class Robert S. Price)

L’article correspondant aussi au désir de Trump d’être décrit comme un homme réactif et un leader fort. Il est dépeint comme ayant présidé à des délibérations intenses de guerre et de paix et affichant un profond humanisme concernant les victimes du gaz, un des rares moment où le Time qui est devenu un fiable journal de propagande néo-con, ait jamais écrit quelque chose de favorable à Trump

Selon le rapport syrien de vendredi, l’attaque US a tué 13 peronnes, y compris des soldats de la base aérienne.

Gordon, dont les services rendus à la cause néo-cons sont notoires a été  l’auteur principal  avec  Judith Miller  de l’histoire du faux “ tube d’aluminium” de 2002 qui prétendait que le leader Irakien Saddam Hussein construisait un programme de construction d’ armes nucléaires, un article qui fût cité par les assistants du Président Bush  comme argument choc pour l’invasion de l’Irak en 2003.

Au regard des événements de cette semaine, La volonté désespérée de Trump de renverser sa couverture médiatique négative et les preuves  douteuses accusant Assad pour l’incident de Idlin pourraient convenir au film ‘de 1997, “ Wag the dog” ( diversion) dans lequel un président dans la tourmente crée une fausse crise en Albanie.

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Une fausse scène de guerre dans la comédie noire «  wag the dog » ( diversion)  qui montre une fille et son chat fuyant un bombardement en Albanie

Dans le film, l’opération de la Maison blanche est une cynique opération psychologique  montée pour convaincre le people américain que les innocents enfants albanais, dont une ravissante petite fille portant son chat sont en danger quand, en réalité, la fille est une actrice posant devant un écran vert qui permet d’inclure des scènes féroces de destruction dans le fond.

Le journaliste d’investigation  Robert Parry a défait de nombreuses histories anti-Iran pour l’Associated Press et new sweek dans les années 1980. Vous pouvez vous procurer son dernier livre America’s Stolen Narrative,  l’imprimer ici ou comme ebook. Amazon and barnesandnoble.com).

 

Traduction Elisabeth Guerrier

La politique derrière le “scandale russe” R. Parry

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

The Politics Behind ‘Russia-gate’

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également important de préciser que rien de ce qu’a publié Wikileaks n’est faux. Il n’y a eu aucune “fausse nouvelle”. Bien sûr une des raisons principales ayant rendu ces emails intéressants est le fait qu’ils mettaient à jour des conduites répréhensibles et des trahisons de la part des Démocrates et de la campagne Clinton.  Le point principal révélé par les emails de DNC fut que les leaders de la campagne des primaires avaient violé leur devoir de l’approcher  d’une manière équilibrée quand ils ont miné le champ d’action de Bernie Sanders. Plus tard, les emails de Podesta ont révélé les contenus des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street, qu’elle cherchait à cacher aux électeurs et quelques unes des stratégies de financements de la Fondation Clinton.

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L’ancienne Secrétaire d’état, Hillary Clinton s’entretenant avec des supporters lors d’un rallye de la champagne à Phoenix, Arizona en 2016. (Photo by Gage Skidmore)

Autrement dit, même si les Russe avaient révélé ces informations au people américain, comment le fait d’être au courant de faits concernant la campagne présidentielle s’attaquerait-il “ au Cœur de la Démocratie  “ ? Habituellement; les journalistes croient que fournir la vérité, même si elle embarrasse certains personnages politiques ou certains partis politiques est sain pour la démocratie. En tant que journaliste américain, je préfère recevoir mes informations d’individus qui ont les meilleurs intérêts de l’Amérique à cœur mais je ne suis pas naïf au point de penser que des individus qui  font fuir des documents ne le font pas pour des intérêts personnels. Ce qui est le plus important ce sont des nouvelles authentiques et dignes d’intérêt.

Franchement, j’ai trouvé le matériel de Wikileaks beaucoup plus approprié pour un débat sur la politique américaine que les rumeurs obscènes que la champagne de Clinton a fait circuler sur Trump se faisant soi-disant uriner dessus par des prostituées russes dans un hôtel cinq étoiles de Moscou, affirmation pour laquelle aucune preuve n’a été présentée.

Rappelons-nous également que personne n’a cru que les emails DNC.Podesta ont été significatifs dans le résultat des élections 2016. Clinton elle-même a blâmé le directeur du FBI James Corney pour avoir brièvement ré ouvert  les investigations du FBI dans son serveur email privé vers la fin de sa champagne, ceci étant la raison de l’effondrement de ses sondages. Il est notoire également que Clinton a conduit une campagne horrible, qui a compris des gaffes à couper le souffle, comme celle de qualifier les supporters de Trump de «  déplorables », ce fiant beaucoup trop à des positions négatives et échouant à organiser une vision satisfaisante de l’avenir tout en ignorant les signes que son leadership dans la région industrielle des US étaient entrain de  disparaître. En  d’autres termes, les efforts actuels pour décrire les révélations sur les emails des Démocrates comme décisive dans la campagne est de l’histoire révisionniste.

Et pourtant nous voilà avec le Washington Post, le New York Times, CNN et pratiquement tous les medias  (en cœur avec les libéraux et les Démocrates) haletant à chaque fois qu’on découvre que quelqu’un dans le cercle de Trump a rencontré un Russe. Nous sommes supposés oublier que le gouvernement russe a collaboré d’une façon très proche avec le gouvernement u.s.- et en particulier avec les agences nationales des services secrets- sur des questions vitales. La Russie a assisté les troupes US dans leur approvisionnement en Afghanistan, le Président Putin a joué un rôle majeur dans la restriction du programme nucléaire iranien et il s’est aussi arrange pour que le gouvernement syrien se débarrasse de ses armes chimiques. Les deux derniers points ont fait partie des succès diplomatiques les plus notoires d’Obama.

Mais ces deux domaines de coopérations, l’Iran et la Syrie, ont contribué a faire de Putin une cible pour les puissant néo-conservateurs de Washington qui s’excitaient à l’idée d’une intervention militaire directe sur ces deux pays. Les néo-cons, avec les gouvernements israéliens et saoudiens voulaient des “ changements de régime” à Téhéran et Damas, pas des accords diplomatiques qui laissaient les gouvernements en place.

Les Neocons au sein du gouvernement US- y compris l’Assistante du Secrétaire d’état Victoria Nuland, les Sénateur John Mc. Cain et le Président de la foundation pour la démocratie nationale Carl Gershman – ont alors visé un “ changement de régime” en Ukraine, réalisant sa sensibilité pour la Russie. Gershman, dont l’association est financée par le Gouvernement, a appelé l’Ukraine “ le plus grand prix” et une étape majeure pour évincer Poutine de la Russie, Mac Cain a appuyé les ultra-nationalistes ukrainiens qui tiraient suer la police dans le square Maidan de Kiev, et  Nuland conspirait avec l’ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt sur la façon  de «  coller » ou d’ « accoucher » d’un changement de gouvernement.

La stratégie des néo-cons a fonctionné en évinçant le Président élu ukrainien Victor Yanukovych et en obligeant Poutine à intervenir au nom des ethnies russes menaces en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Ce qui, en retour, a été transformé par l’Ouest en «  invasion russe ».

Des intérêts partisans

Au lieu de se positionner contre ces fauteurs de troubles néo-cons, Obama les a suivi. Plus tard, les Démocrates ont vu un avantage politique à devenir les super-faucons faisant face à la Russie, essentiellement manœuvrant à la droite des Républicains, spécialement quand Donald Trump a gagné d’une façon inattendue la nomination, en, partiellement, appelant à de meilleurs relations avec la Russie.

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L’ambassadeur de Russie aux USA, Sergey Kislyak. (Photo from Russian Embassy)

Comme la campagne 2016 plongeait dans l’infamie comme la plus affreuse de toute l’histoire des USA, Clinton matraquait Trump à propos de la Russie, l’appelant le pantin de Poutine. Mais le dénigrement des Russes n’a pas semblé beaucoup aider Clinton.

Bien qu’il ait été calculé pour attirer quelques Républicains modérés, il a aussi repoussé beaucoup de Démocrates pacifistes.

Cependant, malgré une fondation vacillante et une construction hasardeuse, L’officiel de Washington ajoute maintenant de plus en plus de terrain au «  scandale » russe. Les rescapés d’Obama ont sauté sur un prétexte  indigne pour attaquer le Conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn – citant le Logan Act, de 1799, jamais poursuivi en justice puis enfermant Flynn parce qu’il n’avait pas complètement en mémoire une   conversation téléphonique  du 29 décembre avec l’Ambassadeur russe alors qu’il était en vacances dans la République dominicaine.

D’une façon identique, les medias et les Démocrates mettent au point dans la cadre d’un cas de  “parjure” l’Avocat général Sessions à cause d’une réponse formulée d’une façon  négligente lors d’une déposition de confirmation à propos de ses contacts avec les Russes. Il avait rencontré deux fois Kislyak ( tout comme l’ont fait beaucoup d’autres à Washington). L’accusation  au bord de l’essoufflement est que peut-être Sessions et Kislyak complotaient sur la façon dont le Kremlin pourrait aider dans la champagne de Trump, mais il n’existe aucune preuve pouvant étayer cette théorie de la conspiration.

Ce qui se passé ici devrait être évident; L’administration Obama, les Démocrates et les medias ont été horrifié par l’élection de Trump. Ils ont d’une façon compréhensible été offensés par la comportement personnel de Trump et son inadéquation criante à la présidence. De nombreux supporters de Clinton, spécialement des femmes, furent amèrement déçues par l’échec de la première femme d’un des partis essentiels à être nominée qui perdit face à un rustre se vantant de la manière dont il pouvait, en utilisant se renommée et sa gloire, attraper les génitoires de femmes vulnérables qui, ne pouvaient, selon lui, rien faire contre lui.

Il y avait également des inquiétudes sur les choix politiques de Trump en ce qui concerne l’environnement, l’immigration, l’éducation et la justice. Parmi les néo-cons et leurs acolytes interventionnistes libéraux, il y avait également des inquiétudes sur le fait que Trump ne continuerait pas les stratégies de «  changement de régime » dans le Moyen-Orient et leur hostilité envers la Russie. Aussi, ces forces anti-Trump se sont-elles accrochées à l’arme la plus disponible, les suspicions que Trump ait pu s’acoquiner d’une façon ou d’une autre avec les Russes. Cela n’avait pas d’importance que les preuves en soient faibles ou non existantes. Elles seraient suffisantes pour répandre les allégations sous la couverture des “ déclarations” des services de renseignements US.

Personne d’important n’allait demander la révision des preuves et, certainement, avec la disponibilité de l’Agence de sécurité, la mémoire des individus pourrait être testée contre les transcriptions des conversations et s’avérer active. Des faux-pas verbaux pourraient devenir des pièges parjures. Il pourrait y avoir  une chasse aux sorcières contre quiconque ait parlé à un Russe.   Toute forme de rejet de la part des gens de Trump pourrait être reconstruite comme une « façon d’étouffer l’affaire ».

Ayant travaillé à Washington pendant Presque quarante ans, j’ai déjà vu des investigations politiques, à la fois dans l’évacuation de véritables crimes d’état (comme  le traffic de cocaïne des Contra nicaraguéen et la collaboration des Républicains avec les gouvernements étrangers afin de réduire l’influence démocrate en 1968 et 1980) et dans la fabrique de scandales qui n’existaient pas ( comme les offenses factices de Whitewater, le scandale des voyages, le scandale des dossiers, le scandale chinois etc..sous Bill Clinton qui s’est finalement fait épinglé pour le crime affreux de mentir à propos de sexe.)   Jusqu’ici, au moins, le «  scandale russe »  est plus proche des premiers que des derniers.

Ce que j’ai également appris pendant ces années est que le dans Washington, le pouvoir – beaucoup plus que la vérité- détermine quels scandales doivent être pris sérieusement ou non. «  Le «  scandale russe » révèle que les centres du pouvoir établi se déploient contre Trump – les medias principaux, les néo-conservateurs, et le Parti démocrate – et ont plus de pouvoir que l’administration désorganisée de Trump.

Le reporter d’investigation Robert Parry  a mis à jour plusieurs histoires sur les Contra d’Iran pour l’ Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier ouvrage :, America’s Stolen Narrative,  ou l’imprimer ici  ou comme E.book chez ( Amazon ou sur barnesandnoble.com).

Tags: Democrates Donald Trump Hillary Clinton Robert Parry Russie

Traduction : Elisabeth Guerrier

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama Luciana Bohne

L’article de Luciana Bohne remet d’une façon précise et critique les évènements politiques actuels dans leurs perspectives de visées permanentes des USA et de leur complexe militaro-industriel et économique. Il y est précisé à quel point l’appartenance politique modifie peu les projets expansionnistes qui agissent comme les fers de lance de tout candidat, manipulés par les ténors des médias et habiles à orienter une opinion publique si facile à convaincre. Trump n’amènera rien d’autre que ce qui est déjà prévu depuis longtemps, il ne fera que mettree à jour des manipulations auparavant effectuées dans l’ombre par l’administration d’Obama, plus membre du starsystème que politicien courageux dont le bilan meurtrier est tout aussi effrayant que celui de son prédécesseur. EG

Welcome to Trumpland: Obama’s Legacy

Fevrier  2017

 

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

LUCIANA BOHNE

socialmedia

Un nouveau gang est au pouvoir à Washington. Personne ne sait comment ni pourquoi, mais l’ancien gang est entrain de contre-attaquer de toutes ses forces. Un charlatan est à la tête de ce nouveau gang ; il dit qu’il s’oppose à tout ce que l’ancien, patron a fait. Il dit qu’il remettra tout en ordre sur place et dans le monde, cependant son cabinet de consiglieri  entasse des Ajax musclés du Pentagone, des banquiers avaricieux et des vautours de Wall Street ainsi que la mère planétaire de tous les plus grands pollueurs de l’énergie fossile – Exxon Mobil.

Une couvée des vilains habituels, pas moins vilains que les précédents. Son patron du travail s’est opposé à l’augmentation du salaire minimum. Son patron de la trésorerie est un ancien partenaire de Goldmann et Sachs, les pollueurs économiques internationaux. De première catégorie.

En janvier 2017, en janvier 2017, le bulletin des scientifiques de l’atome ont avancé leur  « horloge du Jugement dernier » de trente secondes vers deux minutes et demie avant minuit, le plus proche d’ Armageddon depuis 1953. Les causes, ont-ils écrit, sont la volatilité nucléaire et le changement climatique. Les signes que Trump puisse renverser le cours du Jugement dernier sont assez peu prometteurs. Le rendez-vous de Rex Tillerson signifie qu’Exxonmobile fonctionnera comme Secrétaire d’état virtuel. Les régles de la guerre d’état :    Créons une course aux armements. Nous les surpasserons à chaque essai et nous leur survivrons tous. » Selon Trump s’adressant par téléphone à Mika Brzelinki en décembre, si nous pouvons faire confiance au rapport de l’invité du « Morning Joe » de MSNBC.

Pendant ce temps, pendant et après le processus électoral, l’appareil circulatoire de la démocratie à deux gangs a montré des symptômes terminaux d’artériosclérose. Alors qu’un système de démence latente se montre au jour, le système politique a lui aussi perdu son marbre. Plus de deux millions et demi de femmes ont participé à la Marche des femmes le jour suivant l’inauguration, protestant contre les menaces de Trump sur les droits des femmes. – Une masse jamais vue dans les rues auparavant pour s’opposer aux massacres d’Obama , qui incluent un nombre disproportionnés de civils, dont de nombreuses femmes. Vous savez, le nombre 50.000 en Libye, 10. 000 au Yémen ainsi qu’en Ukraine, 400.000 en Syrie, 2500 à Gaza pour ne sélectionner que les plus connus. Ajoutons à cela les millions de déplacés internes et les réfugiés (65 millions en 2017, jusqu’à 59 millions en 2016) fuyant les guerres et la déprédation économique engendrées par les chevaliers du néo-libéralisme et du néo-colonialisme de l’administration obaméenne.

Mais on ne doit pas en vouloir aux lève-tard.

Derrière le vieux gang se tient un régime de mensonges, une marée de cupidité, un fléau d’inagalité, une peste de guerres, un règne d’hypocrisie. Avant le nouveau gang, une vision de Pandore, ouvrant plus largement sa vilaine boîte pleine d’ennuis. Plus de maux lâchés pour rejoindre ceux déjà libérés. Les rues se sont transformées en asile de discorde, de ridicule, d’alarme, et de confusion parce que la harpie oublieuse tueuse en série Hillary Clinton a perdu et que la bouffon fou et le zeppelin orange a gagné, le milliardaire Trump, tête d’un empire de 11 industries, commerces, et entreprises financières. «  Ami du peuple »

Je n’invente pas tout ça.

Le résultat des élections a été une bombe à fragmentation politique. The result of the election has been a political cluster bomb.  De mini-bombes continuent à exploser sous la forme de protestations, de marches et d’hystérie médiatique. Rien de tout cela ne se concentre sur ce qui importe vraiment : l’avenir de l’humanité sur une planète surchauffée, mise en danger par la pulsion systématique de l’Amérique vers l’espace et le pouvoir sur la planète.

C’est de la géopolitique, idiot…

Un tohu-bohu populaire a explosé à propos des mérites et des torts des deux maux. Comment un système politique peut-il être porté si bas ? Les deux maux ne font qu’un. Dans l’air empoisonné, j’entends l’écho de la réécriture sardonique de «  Hymne de bataille pour la République » de Mark Twain qui dénonçait à son époque la descente dans le bourbier moral de l’impérialisme de la guerre Espano-américaine de 1898.

Mes yeux ont vu l’orgie de l’épée lancée

Il cherche les réserves où les richesses de l’étranger sont gardées

Il a lâché son éclair fidèle et avec malheur et mort compte

Son envie marche en avant

Mine eyes have seen the orgy of the launching of the sword
He is searching out the hoardings where the strangers’ wealth is stored
He has loosed his fateful lightning, and with woe and death has scored
His lust is marching on.

Il serait rassurant d’entendre un pays uni en un chœur provocant la violence domestique et étrangère des officiels et de leurs soutiens. Mais la nuit n’est pas encore assez noire pour que la chouette de Minerve commence à voler et révèle les abus collectifs des gangs sur notre confiance en leurs mythes orgueilleux. Nous avons échoué sur une surface de ténèbres, sur une grisaille que les pouvoirs qui nous dénient la compréhension sont entrain de peindre encore plus gris. Nous ne pouvons pas lire le passé donc nous sommes incapables de bouger vers l’avenir. Nous avons le sentiment que ce que nous pensons savoir n’est pas ce qui est.  Nous ne sommes pas même sûrs de vivre dans le présent.

Comment une telle suspension dans le temps ne rendrait-elle pas nauséeux ?

« La nausée n’est pas en moi… je la sens à l’extérieur, je suis à l’intérieur » C’est ainsi que Racontin, le protagoniste de u roman de JP Sartre «  La nausée »  explique la répulsion physique qu’il éprouve à toucher la réalité autour de lui. – une chaise, une personne, une œuvre d’art. Mais où est donc la pourriture ?  «  Je la sens là sur les murs, dans les placards, tout autour de moi. »  À quoi est-ce que cela ressemble ? «  Un monstre, une carapace géante, un plongeon dans la boue ? Une dizaine de griffes ou de nageoires labourant lentement dans le limon ? Le monstre se redresse. Au fond de l’eau.

Est-ce que Trump est le nouveau nom de Grendel ? Sous le choc des semaines avant l’inauguration, les ménestrels médiatiques du vieux gang ont bien sûr crié qu’un monstre avait été libéré du marécage du Lagon blanc par des racistes votant dans l’intérieur des terres. Les Rustofariens. Les ménestrels ont semé la panique urbaine. Les foules ont grondé : Foutons en l’air les élections, recomptons les votes, abolissons le Collège électoral, déclarons Trump inapproprié. Ce monstre, sur le point de squatter un bureau de forme ovale, comme tant d’autres élus avant lui, était supposé accueillir Hillary Clinton.

Mais elle s’est transformée en lui !

Son gang a pointé le doigt vers la Russie. C’était la Russie qui avait amené ce vent mauvais, pas la folie du clan Clinton, pas la soif de sang des années Obama, pas le massacre politique du lymphatique social-démocrate Bernie Sanders, qui aurait pu sauver les fesses du gang, lui donnant quatre nouvelles années d’échec mais une vie respectable. C’était la Russie qui avait tissé la toile de la destinée – La Russie, qui n’est pas née d’une femme, artificielle, mauvaise, tâchée par le péché originel du communisme, la marque de Caïn. La Russie qui avait amené « le grand bois de Birnam jusqu’à la colline de Dunsinane » et coupé la montée de la Lady, reine du Chaos dans ses premières marches d’ascension pour devenir impératrice du monde, dont elle a vidé de sang de larges parts ayant elle-même  « marché si avant dans le sang que si elle cessait de s’y plonger, retourner en arrière serait aussi fatigant que d’aller en avant. » Elle fut laissée là, dans un mi-courant ensanglanté, et ils ont rué.

Le gang mondial en entier- la Heimat des globalistes de «  la communauté internationale », sont sortis dans un chœur de lamentations. Les eunuques politiques européens ont crié de concert avec leurs maîtres américains. Ici se trouvait le miroir présidentiel parvenu dans lequel la Heimat du bon et du grand ne pouvait plus d’admirer agrandie, superbe, plus humaniste que le reflet de sa brutale vulgarité étroite d’esprit qui s’y reflétait maintenant. La mauvaise foi du vieux gang était devenue insupportable. Leur propre image, supportée par un baratin idéologique décevant – les «  valeurs libérales » était détruite. Qu’en était-il des slogans solennels «  la société civile », «  le règne de la loi », la dédicace à des principes universels, le respect des identités, la protection des minorités ethniques,  le zèle appuyant la liberté religieuse ? Qu’en était-il des phrases pompeuses, de la lubrification des promesses exaltées ? Tout cela évanoui dans le vortex de la stupidité et de l’ignorance des masses et de leur boîte à bulletin de vote despotique.  Rien à entendre à part les mugissements d’un nouveau vent affreux.

Avant que Trump n’émerge gagnant du marécage, tout avait déjà été le contraire de tout. Et le devint plus encore. La libération de 100.000 civiles à Aleppe en décembre 2016 par l’Armée syrienne renforcée par ses alliés russes, après quatre années de terreur soutenue par l’Ouest, fût nommée «  crime de guerre ». La séparation de la Crimée de l’Ukraine par référendum populaire à 90% d’avis favorables pour joindre la Russie fût nommée «  Une agression russe ». Le coup US Europe en Ukraine ( 2013.14) planifié et exécuté par le Département d’état néo-con d’Obama et coûtant 5 milliards de dollars, mettant à la place d’un gouvernement élu une junte de ministres et d’officiels néo-nazis, fût nommé «  le retour de la démocratie en Ukraine ». Le fascism, maintenant attribué à Trump comme une nouveau, était cache en plein jour dans le règne des guerres illégales, des changements de régime, des sanctions omniprésentes, et des interventions de guerre de proximité d’Obama, ignorées studieusement ou fictionnalisées par les courtiers en terreur des médias,  les experts, les cellules d’analyses, les fondations et l’empire des officiels

Ces “ réparateurs” ont inversé les causes et les effets.  Ils ont obscurci le fait que la séparation de la Crimée d’avec l’Ukraine était l’effet du coup d’état des US à Kiev.  Ils l’ont utilisé comme cause afin de resserrer l’emprise militaire de l’OTAN  autour de la Russie, y compris avec des missiles offensifs, baptisés « défensifs ». Ainsi les effets du changement de régime en Ukraine sont devenus la cause de la militarisation de l’Europe centrale et de l’est. Avec comme objectif la Russie. Cette militarisation contre le fantôme d’une agression russe porte la grand nom de Atlantic Resolve 2017, que le Département US de la Défense justifie en ces termes sur son site :

« Les USA démontrent leur engagement à l’égard de la sécurité international à travers une série d’actions ayant pour but la réassurance des alliés de l’OTAN et des partenaires de l’engagement de l’Amérique à maintenir la paix et la stabilité à la lumière de l’intervention russe en Ukraine » ( c’est moi qui souligne)

Le porte-voix du complexe militaro-industriel, John Mac Cain, a tourné la réalité sens dessus-dessous dans une instruction au nouveau gang afin de perpétuer les sanctions contre la Russie.

« En juste trois ans, sous Vladimir Poutine, la Russie a envahi l’Ukraine, annexé la Crimée, menacé les alliés de l’OTAN, let est intervenue militairement en Syrie, laissant derrière elle des traces de mort, de destruction et de promesses trahies dans son sillage. »

Dans un monde rationnel, l’énormité de ces accusations serait lancée aux planificateurs du gang néo-libéral et néo-con d’Obama, mais aucun ego impérialiste ne peut admettre avoir moralement tort. Il habille sa propre violence dans des vêtements dorés, patinés obligeamment par les medias officiels. Les haillons sanglants de la responsabilité sont enfilés sur quelqu’un d’autre, qui doit être démonisé, de préférence par les medias libéraux. Rachel Maddow par exemple, érigée  experte en soviétologie à l’instant dans  sa déclamation incendiaire liant la Russie capitaliste de Poutine au socialisme stalinien de l’URSS.

Dites-moi ce qui rallie le public américain – y compris et surtout les Libéraux- aux côtés du drapeau national plus précipitamment que de lever le fantôme communiste ?

La manipulation des nouvelles et la distorsion de la réalité les plus puissantes aux mains du pouvoir. Elles peuvent faire disparaître la réalité. Le Yémen par exemple, . La “ Coalition” saoudienne, soutenue par les US et la Grande-Bretagne a commence à bombarder le Yémen le 23 mars 2015. Depuis lors3.2 millions de Yéménites ont été déplacés, la moitié de la population souffre de malnutrition, 10.000 civils ont été tués ( ce qui fait 13 civils par jour), 2 millions d’enfants ne peuvent pas se rendre à l’école, Presque 15 millions de personnes ( dont 55% d’enfants) n’ont pas accès aux soins médicaux de base.

Et pourtant, nous n’entendons rien à propos de cette souffrance. Les USA et la Grande-Bretagne, en fait ont profité de la guerre contre le Yémen. L’administration d’Obama a vendu sur le marché mondial de l’armement pour plus de 200 milliards d’armes, la plus grande vente depuis la 2ième guerre mondiale – plus de 100 milliards  à l’Arabie saoudite à elle seule. La contribution de la Grande-Bretagne à l’arsenal saoudien a été de 3.2 milliards pour l’année dernière à elle seule. Les US et la GB continuent de fournir le support logistique et de renseignement à la coalition saoudienne, qui est intervenue aux côtés du Président yéménite Rabbu Mansour Hadi, qui a fui vers l’Arabie saoudite en plein milieu de la guerre civile de son peuple.

Mais à travers les années Obama, tout était silencieux sur le front yéménite dans le royaume officiel et son porte-parole médiatique sur la cible voulue des infrastructures civiles vitales ; les écoles et les hôpitaux, les mariages et les funérailles. Lors de funérailles à Sana, en octobre dernier, une frappe saoudienne a tué 114 civils. Avant le la bombardement du Yémen ne commence, le gang Obama imposa des sanctions et des blocus au Yémen – tout ceci sans aucune résolution du conseil de sécurité de l’ONU ou aucune volonté d’adhérer aux lois internationales. Le directeur de «  Save the children » au Yémen a remarqué récemment :

«  Même avant la guerre, des dizaines de milliers d’enfants yéménites mouraient de causes évitables. Mais maintenant, la situation est pire et on estime à 1000 le nombre d’enfants mourant chaque semaine de causes évitables comme les diarrhées, la malnutrition, ou les infections respiratoires. »

En ce qui concerne la politique internationale, ce « raciste » n’est pas différent du  « post-raciste ». Les planificateurs de Trump mettent le Yémen sur la carte mais uniquement afin de l’utiliser comme trique afin de frapper sur l’Iran. Au Yémen, ils sont supposés se préparer à accroître les interventions de drones d’Obama, sa fameuse «  liste tueuse », accentuant le rôle des USA dans la guerre civile et cherchant à s’engager plus directement. En prenant le Yémen comme exemple, il devient clair qu’à la fois les libéraux et le président antilibéral considèrent le business de l’armement comme une industrie nationale. Les deniers mots d’Obama dans son poste ont exalté la soi-disant invincibilité des prouesses militaires américaines. Le 22 décembre a posté sur Twitter : « Les Etats-Unis doivent renforcer et étendre son potentiel nucléaire d’une façon importante jusqu’à ce que le monde devienne raisonnable en ce qui concerne le nucléaire. »

Il n’y aura pas de retranchement de la belligérance  sous Trump. Dans les premières suites de sa nomination, le Président Trump a dirigé son Secrétaire de la Défense James Mattis vers :

« L’initiation d’une nouvelle posture nucléaire afin d’assurer aux USA un équipement nucléaire dissuasif moderne, robuste, flexible, résilient, prêt à l’usage et conçu d’une façon appropriée afin de repousser les menaces et de réassurer nos alliés. »

Lors de sa première visite au Pentagone, le Président a signé un mandat exécutif appelant à l’expansion de l’armée américaine, y compris de son arsenal nucléaire, afin qu’elle soit prête pour la guerre avec ses “ compétiteurs proches”, comprenez la Chine et la Russie. « Je signe un mandat exécutif afin de commencer à reconstruire les services armés des Etats-Unis. » a-t-il dit au Pentagone pendant cette signature.

Ainsi le complexe militaro-industriel fût-il rassuré après avoir perdu son candidat favori, Hillary Clinton. Ainsi le rapporte le New York Times, le Pentagone lui-même, anticipant les directives de Trump à Mattis et la signature du mandat exécutif avait préparé des «  options classifiées » afin d’accroître l’usage des forces d’opérations spéciales, d’augmenter le nombre des troupes en Irak et en Syrie et d’augmenter la délégation d’autorité de la Maison Blanche au Pentagone et aux autorités de terrain. Les «  Options classifiées » comprennent l’armement des Kurdes syriens pour la bataille attendue de Raqqa, sur un schéma évident d’inclusion entre la Turquie et la Russie dans leur rapprochement tardif à propos d’un «  changement de régime » en Syrie

Il existe des indications que, contrairement à l’aversion affirmée par Trump pour les  « changements de régime » ; Iran devienne la nouvelle Syrie. A la suite des tests ballistiques des missiles de moyenne portée le 30 janvier, le Conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a commencé une campagne de belligérence verbale, de désinformation et de mensonges contre l’Iran. Dans une déclaration, Flynn a déclaré que :

« Le récent lancement de missiles est une attaque contre le conseil de résolution de a Sécurité des Nations unies 2231, qui demande à l’Iran de n’entamer aucune activité liée aux missiles balistiques supposée être capable de transporter des armements nucléaires, y compris des lancements utilisant d’une façon importante de la technologie de missiles balistiques. »

Cette une grossière distorsion du test iranien sur ses missiles. La résolution de 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies interdit à l’Iran le développement de missiles pouvant transporter des têtes nucléaires mais cette résolution ne mentionne rien qui empêche l’Iran de développer ses propres capacités de défense. Les missiles testés en janvier n’avaient aucune capacité de porter des têtes nucléaires. L’Iran  n’a pas violé la Résolution 2231.

La distorsion de la représentation donnée par Flynn à propos des missiles iraniens murmure la mélodie concoctée par Bush et les néo-cons sur l’organisation de l’invasion fatale de l’Irak, prétendant que Saddam Hussain avait des armes de destruction massive. Ce mensonge a coûté un million de morts à l’Irak, le dessin et la division de l’intégrité de la politique irakienne, des réfugiés internes et externes par millions.

D’une façon inquiétante, Flynn termine son propos ave c une menace : « A partir d’aujourd’hui, nous mettons officiellement l’ Iran sur la liste rouge. » .  A la suite vinrent les  sanctions visant 25 personnes et entreprises connectées avec le programme de missiles de l’Iran, y compris des Chinois et leurs compagnies.

En conclusion, il me semble difficile d’envisager les raisons d’agir du gang militaire à DC. Des objectifs à long terme semblent partagés : les moyens pour la domination globale des USA par l’économie et les militaires. Et ce qui semble la pomme de discord est la façon de dominer l’opinion publique américaine. La guerre s’appuie sur une réthorique. Les valeurs libérales versus les valeurs populistes. C’est pourquoi ils luttent pour le contrôle sur l’esprit du public. Il ne devrait s’       abandonner à auxcun de ces moyens de persuasion. Il est possible que la seule ligne optimiste dans l’ascension de Trump soit la résurgence potentielle et le renforcement de la résistance populaire.

Luciana Bohne est co-fondatrice de Film Criticism, un journal d’étude cinématographique, et enseigne à l’Université Edingorg en Pennsylvanie. Elle peut être jointe à : lbohne@edinboro.edu

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Tout n’est pas la faute de Trump ! Tom Engelhardt

 

Nous vivons un temps où aucun des facteurs constituant le tissu socio-historique ne peut être pris ou analysé indépendamment du contexte dans lequel il agit. C’est le cas vraisemblablement de tout moment pris dans l’histoire mais la nécessité d’envisager les paramètres contraignants se fait beaucoup plus aigue en ces temps de système économico-politique à dominante impériale. Les élections américaines saturent les oreilles du monde entier, devenant un jeu à part entière où est plongé pour plus d’une année un peuple entier et occultant tous les événements d’importance se déroulant ailleurs. Ce n’est pas nouveau. C’est simplement plus intense, plus omniprésent, plus fou, plus violent, plus idéaliste et désespéré aussi et surtout, mené tambour battant par un tel bouffon que les racines du mal qui touche la vie politique américaine semblent avoir accéléré leur croissance démesurément. Ce que Engelhardt nous donne à voir ici, c’est la façon dont Trump, qu’il fonctionne comme objet médiatique ou non, est avant tout le fruit d’un système, sa manifestation la plus dérisoire et la plus funeste et que le terrain sur lequel il fait son lit est depuis longtemps préparé par une démocratie qui a perdu tous ses atouts, tous ses codes, toutes ses règles de fonctionnement pour permettre à des forces secrètes, militaires et économiques à projet ostensiblement impérialiste de légiférer le monde.EG

 

Tomgram: Engelhardt, don’t blame it all on Donald Trump 

 

Posté par Tom Engelhardt à 4:53pm, le 27 Mars 2016.
 

L’entrée dans des territoires inexplorés de Washington 
Sommes-nous dans un nouveau monde américain ?

Par Tom Engelhardt

La semaine dernière, me sentant malade, j’ai passé une journée sur le canapé devant la télévision et je me suis souvenu d’un élément étrange de la vie américaine.

Plus de sept mois avant le jour des élections présidentielles, vous pouvez regarder la campagne 2016 pour la présidence à n’importe quel moment de votre choix, et ceci est vrai depuis au moins l’année dernière. Il n’y a en fait jamais un instant où quelque chaîne d’information ou autres ne propose un rapport, une discussion, un débat, une analyse, une spéculation ou e bave simplement pas sur un aspect quelconque des primaires d’Hillary, de Bernie, de Ted et par-dessus tout – un million de fois par-dessus tout ; du Donald ( de la  violence de ses rallyes à la taille de ses mains ). Au cas où vous soyez jeune et croyiez que c’est que c’est plus ou moins la norme américaine, ça ne l’est pas, ou du moins, ça ne l’était pas.

Vraiment, il y a quelque chose de nouveau sous le soleil. Bien sûr avec la chasse à la Ford Bronco blanche de O.J Simpson, (95 millions de spectateurs !), les 24/24, 7/7 événements médiatiques sont arrivés à toute force dans la vie américaine et quelque chose a changé sur la manière dont nous nous centrons sur notre monde et dont les médias se centrent sur nous. Mais vous pouvez être sûrs d’une chose : jamais, dans l’histoire de la télévision, ou dans celle de n’importe quel autre média, aucune autre figure n’a rassemblé tant d’attention  – heure après heure, jour après jour, semaine après semaine – que Donald Trump.  Si il est le O.J Simpson de la politique américaine du 21 ième  siècle et sa course à la présidence, l’éternelle course à la Ford Bronco du moment, alors nous sommes dans un monde vraiment étrange.

Ou, pour le dire autrement : ce n’est pas une élection. Je sais que le terme “ élection “  est utilisé toutes les cinq secondes et qu’un nombre significatif d’électeurs américains continue sans interruption de rentrer dans les  isoloirs ( tout particulièrement, cette saison, des Républicains) ou, dans le cas des comités électoraux primaires, dans les salles de sport et autres, afin de choisir parmi différents candidats, aussi cela ressemble encore à des élections.. Mais croyez –moi sur parole et tenez compte du fait que je suis un type âgé de 72 ans qui observe le monde politique depuis des décennies : ceci n’est pas une élection dans le genre de celles que nos livres d’histoire nous ont décrit comme cruciale pour la démocratie américaine. Si, par contre, vous êtes assis là, attendant que je vous dise ce que c’est, respirez et ne soyez pas trop déçus. Je n’en ai pas la moindre idée, bien que ce soit en partie un spectacle de cirque du genre du pain et des jeux, en partie l’obsession de la célébrité et en partie la pompe à finances médiatique .

En fait, avant d’aller plus loin, laissez-moi me couvrir à propos de l’idée que Donald Trump soit un O.J Simpson du 21 ième siècle. C’est certainement une comparaison raisonnable mais je commence à me demander si aucune comparaison ne peut être utile dans la situation présente. Même la plus cauchemardesque d’entre elles – Donald Trump est  Adolf HitlerBenito Mussolini, ou n’importe quel démagogue extrémiste  de votre choix –peut se révéler n’être que des mouvements de consolation,  de rassurance et de confort. Oui, ce qui se passe dans notre monde devient de plus en plus extrême et pourrait difficilement être plus étrange, nous semblons être pressés de la dire, mais cela n’est pas reconnaissable. C’est quelque chose que nous avons rencontré avant, quelque chose que nous avons analysé dans le passé et, dans le mouvement, vaincu.

Réunir les suspects habituels

Mais que se passera-t-il si ce n’est pas vrai ? D’une certaine mesure, la chose la plus effrayante, la moins acceptable à dire à propos de notre monde américain à l’heure actuelle – même si la présence envahissante de Trump nous incite presque à le dire- c’est que nous sommes entrés dans un territoire non réglementé  et que, dans ces circonstances, les comparaisons peuvent en fait modifier notre capacité à saisir notre nouvelle réalité. Ma propre suspicion : Donald Trump n’est que l’instance la plus évidente de ce qui se passe, l’exemple que personne ne peut manquer.

Pendant les premières années du 21 ième siècle, nous assistons peut-être à la naissance d’un nouveau monde au cœur de la coque vidée du système américain. Jusqu’à présent, bien que nous vivions avec cette réalité chaque jour,  nous ne pouvons de toute évidence pas tolérer de le reconnaître pour ce qu’il est. Lorsque nous examinons le paysage, ce sur quoi nous tendons à nous focaliser est la coquille – les habituelles élections ( dans une forme quelque peu exponentielle), les habituelles institutions gouvernementales ( un peu ternies)  avec les habituels pouvoirs ( un peu amoindris et redistribués) comprenant les habituels séparations des pouvoirs ( checks and balance *) (un peu détraqué), et la même vieille Constitution ( si louée en son absence) et oui, nous savons que rien de tout ça ne marche particulièrement bien, ou parfois ne marche pas du tout, mais c’est toujours rassurant de considérer ce que nous avons comme une version réduite, plus désordonnée et moins fonctionnelle de ce que nous connaissons.

Peut-être, pourtant, est-ce de plus en plus une version de l’inconnu. Nous disons, parquet le Congrès est  « paralysé »  est que peut être accompli dans un pays devenu si « polarisé »  et nous attendons que quelque chose nous libère de cette paralysie, afin de nous permettre de revenir vers un Washington plus proche de ce que nous nous souvenons et reconnaissons.  Mais peut-être est-ce cela. Peut-être que même si les Républicains ont d’une certaine façon perdus le contrôle  de la Chambre des députes  House of Representatives) et du Sénat, nous pourrions être  dans une situation telle que nous cataloguions maintenant le paralysie. Peut-être est-ce notre nouvelle réalité américaine, le Congrès étant en fait une sorte de version d’un poulailler glorifié, bien soutenu et bien financé.

Bien sûr, je ne veux pas nier le fait que ce qui est «  nouveau » dans notre monde a une longue histoire. L’élargissement du  gouffre des inégalités entre les 1% et les Américains ordinaires a commencé à s’élargir dans les années 70 – comme l’explique si brillamment Thomas Frank dans son nouveau livre   Listen, Liberal – était déjà une réalité puissante et controversée au début des années 1990, quand Clinton visait la présidence. Oui, l’écart est plus maintenant comme des abysses et semble encore plus inscrit dans le système américain mais il a son histoire propre, comme l’ont par exemple les élections des 1%   ainsi que la montée et l’auto-organisation de la   « classe des milliardaires » même si personne, jusqu’à maintenant, ne pouvait imaginer qu’un gouvernement des milliardaires, par les milliardaires et pour les milliardaires puise évoluer en un gouvernement pour le milliardaire, par le milliardaire et pour le milliardaire – c’est-à-dire l’un d’entre eux.

Bien sûr, beaucoup de notre monde qui change de forme pourrait être décrit avec un certain nombre de comparaisons et en terme de points de référence historiques. Les inégalités ont une histoire. Le complexe militaro-industriel et  l’armée mercenaire , comme la warrior corporation, ne sont pas nées d’hier, ni notre état de guerre permanente, ni notre état de sécurité nationale qui menace maintenant Washington ainsi que son urgence à surveiller, celui de savoir beaucoup trop de choses sur la vie privée des Américains. ( Un petit salut en souvenir du Directeur du FBI,  J. Edgar Hoover est de rigueur ici)

Et cependant, aussi vrai que tout cela puisse être, Washington ressemble de plus en plus à une terre nouvelle, exhibant quelque chose comme nouveau système au milieu de notre politique décrite polarisée et paralysée décrite en long et en large.

L’état de sécurité nationale ne me semble pas moindrement paralysé ni polarisé.  Et le Pentagone non plus. Certains jours quand je regarde les nouvelles, je ne peux pas concevoir comment ce nouveau territoire semble étrange et monotone à la fois. Rappelez-moi, par exemple, où dans la Constitution les Pères fondateurs ont-ils écrit à propos de l’état de sécurité nationale ? Et cependant il est présent dans toute la gloire, tout le pouvoir et dans la force toujours plus indépendante de la capitale de notre nation.     Dans quelle mesure, par exemple, ces hommes de l’ère révolutionnaire ont-ils préparé le terrain pour que le Pentagone envoie ses drones espions de nos zones de guerre éloignées jusqu’au dessus des États- Unis ?  Et pourtant il l’a fait.  Et personne ne semble perturbé par ce développement. La nouvelle, à peine note ni remarquée, a été instantanément absorbée dans ce qui est entrain de devenir la nouvelle norme.

Cérémonie de remise des diplômes dans l’Empire

Laissez-moi mentionner ici au hasard la nouvelle qui m’a récemment amené à me demander sur quelle planète je vivais. Et je sais que vous n’allez pas le croire mais cela n’a absolument rein à voir avec Trump

Étant donné le carnage entraîné par les guerres et les conflits américains à travers les grand Moyen-Orient et l’Afrique, que j’ai suivis de près  l’an passé, je ne sais pas pourquoi ce moment particulier est venu à ma connaissance. La meilleure supposition ? Peut-être que, de tous ces lieux auparavant obscurs – de l’Afghanistan au Yémen en passant par la Libye – dans lesquels les US ont combattus récemment, la Somalie, où ce petit massacre particulier a eu lieu, semble le plus obscur de tous.  Oui, j’ai à moitié assisté à des événements se passant là-bas, du moment des Blackhawk de 1993 à l’invasion désastreuse de l’ Ethiopie  en 2006, soutenue par les USA en passant par l’invasion à peine moins désastreuse de ce pays par les   Kenyans et par d’autres forces africaines. Mais pourtant, la Somalie ?

Récemment, des drones américains Reaper et des aéronefs avec pilote ont lance une série d’attaque contre ce que le Pentagone a qualifié de cérémonie de remise des diplômes  pour les fantassins de base du groupe somalien de terroristes al-Shabad. Il a été fièrement annoncé que plus de 150 somaliens étaient morts lors de cette attaque. Dans un pays où, dans les récentes années les drones US et les forces d’opération spéciales on mené un nombre réduit de frappes contre les leaders d’al Shabad individuellement, ceci pourrait être considéré comme une escalade distincte du conflit sans fin se déroulant là-bas, ( avec un  raid impliquant les forces spéciales US suivant peu de temps après)

Maintenant, laissez-moi remettre ça dans un contexte personnel. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours aimé les cartes et les globes terrestres. J’ai un sens correct de là où se trouvent la plupart des pays sur cette planète. Cependant, la Somalie ? J’ai dû m’interrompre et y réfléchir afin de la localiser précisément sur ma carte mentale de l’est africain. La plupart des Américains ? Honnêtement, je doute qu’ils auraient eu la moindre idée. Aussi l’autre jour, quand la nouvelles m’est parvenue, je me suis arrêté un moment pour la considérer. Si elle est exacte, nous avons tué 150 plus ou moins personne (sauf pour ceux qui les connaissaient) et peut-être même un   top leader ou deux dans un pays que la majorité des Américains ne seraient pas capable de localiser sur une carte. Je veux dire, ne trouvez-vous pas ça un peu bizarre, quelle que soit l’horreur de l’organisation pour laquelle ils se préparaient à combattre ?

Rappelez-moi : sur quelle bases a-t-on perpétré ce modeste massacre ? Après tout, les US ne sont pas en guerre avec la Somalie ni avec al-Shabad. Bien sûr, le Congrès ne joue plus aucun rôle dans les engagements belliqueux de l’Amérique. Il ne déclare plus la guerre sur aucun des pays ou des groupes que nous combattons. (Paralysie !!) La guerre n’est maintenant plus que du domaine de l’exécutif, en réalité, le pouvoir collectif de l’état de sécurité nationale  et la Maison blanche.  L’explication principale offerte pour la frappe somalienne, par exemple, est que les US avaient un petit nombre de conseillers stationnés avec les Forces d’union africaine dans ce pays et qu’il était vaguement possible que ces étudiants en guérilla puisse bientôt préparer une attaque quelques unes de ces forces ( et donc le personnel militaire américain) Il semble que si les US placent des conseillers n’importe où sur la planète – et chaque jour de chaque année ils sont maintenant dans des quantités de pays  — ce sera un excuse suffisante pour valider des actes de guerre basés sur l’imminence de la menace de leurs attaques.

Ou bien pensons le de cette façon ;  une constitution nouvelle, informelle est écrite ces dernières années à Washington. Pas besoin d’une convention ou d’une nouvelle Déclaration des droits. C’est une constitution centrée sur l’usage du pouvoir, spécialement le pouvoir militaire, et qui s’écrit dans le sang.

Ces jours-ci, notre gouvernement (celui qui n’est pas paralysé) agit régulièrement sur la base de cette constitution-en-devenir informelle, commettant des actes comme celui de la Somalie, à travers de significatives régions de la planète. Ces dernières année, nous les avons maries avec les dernières   technologies étonnantes.   Des drones armés de missiles Hellfire pour le pouvoir exécutif et le massacre assez gaillard d’individus que nous n’aimons pas beaucoup dans une majorité de pays musulmans. Maintenant, il est accepté que n’importe quel commandant en chef soit aussi un  assassin-en-chef, et que tout ceci fait partie d’un système de temps-de-guerre-qui n’est-pas un temps-de-guerre. Répandant le principe du chaos et de la dissolution  dans des régions entières de la planète, laissant des états écrasés et des mouvements terroristes dans son sillage. Quand donc était-ce, à propos, que “le people” a donné son accord pour que le Président puisse se transformer en assassin en chef, rassemblant ses beagles officiels afin qu’ils écrivent de nouvelles “lois” qui couvrirait n’importe lequel de ses actes ( y compris le meurtre  de citoyens américains), et année après année, envoie ce qui est en fait sa flotte personnelle de drones afin d’ éliminer des milliers de personne à travers les Moyen-Orient   et dans certaines parties de l’Afrique ?  Assez bizarrement, après presque quatorze années de cette sorte de comportement, avec des  preuves évidentes que ces sortes de frappes ne suppriment  pas les mouvements que Washington abhorre  (et souvent ne fait qu’allumer les flammes du ressentiment et de la vengeance qui, ni l’actuel président et ses officiels, ni aucun des candidats à cette fonction n’ont la moindre intention de ramener un jour ces drones au sol.

Et quand exactement le “people” a-t-il dit que, au sein de l’armée largement déployée de notre pays, qui a maintenant des garnisons  partout sur la surface de la planète, une force de presque 70.000 personnels d’Opérations spéciales pourrait naître, ou qu’elle devrait globalement  mener  des missions sous couverture, n’étant redevable qu’au Président  (si elles le lui sont) ? Et, ce que je trouve le plus étrange est que si peu dans notre monde trouve cela étrange.

Une planète sur le déclin ?

D’une certain façon, on pourrait dire que tout ceci marche. Au moins, marche dans ce nouveau système qui se crée que nous devons encore arriver à comprendre, tout comme nous n’avons pas encore compris l’état de sécurité nationale qui surveille le monde d’un façon que même les auteurs de science fiction n’ont pas pu imaginer, ( ni les législateurs des états totalitaires) ou la version étrange de la tuerie qu’on appelle élection. Tout ceci est à la fois une vieille nouvelle et terriblement nouveau.

Est-ce que je le comprends ? Pas du tout

Ce n’est pas la guerre comme nous la connaissons, ni le gouvernement comme nous l’avons compris, et ce ne sont pas des élections comme nous les avons imaginées il y a longtemps, ni une démocratie comme celle dont nous l’avions conçue, ni un journalisme du genre de celui qui était enseigné dans les écoles de journalisme. C’est la définition d’un territoire sans règles. C’est une authentique terra incognita  américaine cependant d’une certain façon, ce paysage inconnu fait déjà partie  de notre sens de nous-mêmes et du monde. Dans cette saison d’“ élection”  beaucoup demeure choqué par le fait qu’un des candidats gagnant pour la présidence puisse être un démagogue avec un côté autoritaire visible et ce qui semble être un goût pour le pouvoir absolu. De telles définitions sont accolées à Donald Trump mais le nouveau système américain qui émerge de cette chrysalide ces dernières années montre déjà ces tendances. Donc, ne blâmons pas Donald Trump.  Il devrait être beaucoup moins choquant pour ce pays qu’il ne l’est. Après tout, un monde trumpien en formation a pavé le chemin pour lui.

Qui sait ? Peut-être assistons-nous à une nouvelle interprétation d’une très vieille histoire : une version d’un ancien conte de grand pouvoir impérial adaptée au 21 ième siècle, peut-être le plus grand jamais vu – le grand pouvoir solitaire-  plongeant dans son déclin. C’est un conte que l’humanité a expérimenté assez souvent au cours de sa longue histoire. Mais à moins que vous ne pensiez une fois de plus qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, le contexte pour tout ceci, pour tout ce qui se déroule en ce moment dans notre monde, est si nouveau que cela reste hors de portée de milliers d’années d’expérience humaine. Comme les derniers records de chaleur  l’indiquent, nous sommes, pour la première fois sur une planète en déclin. Et si ça ça n’est pas un territoire sans règles, qu’est-ce qui l’est ?

 

Tom Engelhardt est le co-fondateur du  American Empire Project ( Projet de l’empire américain) et l’auteur de  The United States of Fear ( Les Ètats-Unis de la peur) ainsi que de l’Histoire de la Guerre froide., The End of Victory Culture.( La fin de la culture de la victoire) Il est membre du  Nation Institute et dirige TomDispatch.com. Son dernier livre est : Shadow Government: Surveillance, Secret Wars, and a Global Security State in a Single-Superpower World.( Le gouvernement de l’ombre : surveillance, guerres secrètes et état de sécurité globale dans un monde à super-pouvoir unique)

 

  • La séparation des pouvoirs est le fait dans la constitution d’un État de distinguer certaines fonctions ou missions de l’État, et d’en confier l’exercice exclusif à différents corps de ce dernier, appelés pouvoirs. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire est le principe fondamental des démocraties représentativesA contrario, les régimes dictatoriaux ou tyranniques se définissent par la concentration, en général dans la main du pouvoir exécutif, de tous les pouvoirs.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

La pathologie de l’homme blanc. Au coeur des fans clubs de Trump et de Sanders. Stephen March

Première partie d’une promenade très savoureuse dans l’univers des élections nord-américaines. Nous accompagnons un Canadien qui aime les USA dans son voyage au coeur des campagnes de Donald Trump et de Bernie Sanders. Son regard va nous donner une idée des passions, des faiblesses et des aveuglements de l’électorat. N’oublions pas que de cette élection à venir dépend l’avenir de nos amis transatlantiques mais aussi, hélas, le nôtre. Car si Trump se sent autorisé aujourd’hui à dire qu’il pense pouvoir tuer quelqu’un en lui tirant dessus sur la 5ième avenue sans perdre son électorat, élu, il va certainement pouvoir se sentir autorisé à appuyer sur le bouton qui nous fera tous disparaître en emportant sa gigantesque forfaiture et sa mégalomanie insondable. EG

 

The white man pathology: inside the fandom of Sanders and Trump

 

La pathologie de l’homme blanc : à l’intérieur du club des adeptes de Trump et Sanders

 

1/ TRUMP en Iowa

 

1280

C’est difficile d’avoir un corps mâle et blanc et de pouvoir se représenter ses propres faiblesses. Illustration: Antony Hare

 

Stephen Marche

Dimanche 10 Janvier 2016 Modifié le mardi 12 janvier

La frontière

Vous sentez votre blancheur parfaitement à la frontière américaine. La plupart du temps, être blanc est une absence de problèmes. La police ne vous ennuie pas donc vous ne notez pas que la police ne vous ennuie pas. Vous obtenez un travail, donc vous ne notez pas que vous l’avez. Vos enfants ne sont pas confondus avec des criminels. Je vis dans le centre-ville de Toronto, dans un des voisinages les plus libéraux d’un des villes les plus ouvertes du monde, où le multiculturalisme est la valeur civique dominante et où la vertu inerte de la tolérance est l’héritage le plus proéminent de l’Empire britannique, où donc si vous clignez des yeux vous pouvez prétendre que les anciennes catégories se sont dissipées dans la brume des Lumières et des mariages interraciaux.  Mais pas à la frontière.

Le professeur canado-guyanais de mon fils et l’étudiant musulman Milton avec qui je suis allé au lycée et l’écrivain sikh avec qui je me chamaillais à propos d’Harold Innis et mon comptable Ismaélite, nous pouvons tous être de bons petits torontois de la classe moyenne, déviant les différences que nous avons été entraînés à respecter.  Mais dans une voiture prise dans la file infusant dans le monoxyde de carbone attendant d’entrer dans Détroit, leurs manières d’être divergent drastiquement des miennes.

Je suis blanc, ils ne le sont pas. Ils sont vulnérables. Je ne le suis pas. Voilà comment ça marche : j’apprécie les gardes à la frontière américaine, ils sont toujours amicaux avec moi, correctes, et même de compagnie agréable. Dans la guérite entre le pas-encore-né- de Windsor et le a-fait- son-temps de Détroit, l’officier auquel je me suis adressé avait un ventre à l’air bourru et mystérieux d’inscrutabilité intentionnelle, comme un troll sous le pont d’un conte de fée.

«  Où allez-vous ? » a-t-il demandé ?

«  Burlington,  Iowa. »

«  Quelle raison aurait-on de choisir Burlington Iowa ? » a-t-il demandé philosophiquement ?

«  Je vais voir Donald Trump et Bernie Sanders. » puis parce que ça semblait nécessiter une explication : « Ils donnent un forum à quelques jours l’un de l’autre. »

«  Pourquoi quelqu’un choisirait-il d’aller voir  Donald Trump et Bernie Sanders ? »

Je n’ai pas répondu, parce que nous étions à la frontière mais j’aurais pu dire que le chef de la police de Birmingham estimait que 30.000 personnes s’étaient rassemblées pour voir Donald Trump en Août et qu’à Dallas, il avait rempli le Centre d’American Airlines  et que son opposant, Bernie Sanders, –beaucoup plus que celui de Barack Obama à un moment similaire dans sa campagne de 2008.

«  Je suis curieux » lui ai-je dit à la place.

À ce moment-là, il m’a demandé de baisser ma vitre. Mais tout allait bien, comme je l’ai dit, je suis blanc.

Le nombre croissant de morts parmi les blancs  américains d’âge moyen pourrait excéder le nombre des victimes du SIDA aux USA.

Comme je conduisais dans la banlieue des ruines de Détroit, à travers l’I- 94, une des autoroutes américaines les plus affreuses, la familière vieille sensation de légèreté a palpité. J’aime l’Amérique. L’Amérique n’est pas ma mère. Le Canada est ma mère. Mais l’Amérique est  une incroyablement belle et riche dame étonnement  douce qui est ma voisine et semble se déliter. Je ne peux m’empêcher de l’aimer.  Pour les gens qui aiment à  se consacrer aux contradictions, les US sont le plus grand pays du monde : le pays de la liberté construit sur l’esclavage. le pays des lois et de l’ordre où tout le monde est en droit de porter une arme à feu, le lieu du progrès sans limite où l’on s’accroche au sous-développement culturel par pure obstination. Et dans ce glorieux bourbier, une nouvelle contradiction s’est récemment annoncée : les blancs, les Américains privilégiés, ceux qui ont le moins à craindre des pouvoirs en place, ceux qui sont les plus voués à un brillant future, ceux qui à partir de tous les chiffres possibles sont le groupe le plus fortuné dans l’histoire du monde commencent à mourir dans des proportions choquantes.  Le rapport Case and Deatont, Croissance de la morbidité et de la mortalité chez les Américains non-hispaniques d’âge moyen au 21ième siècle, décrit un taux de mortalité en hausse chez les blancs d’âge moyen «  comparable aux disparitions de l’épidémie de SIDA aux USA. »  Cette pointe est propre aux américains blancs – elle ne se retrouve pas dans d’autres groupes ethniques aux US ni d’autres populations blanches du monde développé, une mystérieuse épidémie de désespoir.

D’une certaine façon il a été aisé d’attribuer toutes ces morts de blancs américains  à « l’empoisonnement par l’alcool, à l’usage de drogues, au suicide, et aux maladies chroniques du foie ainsi qu’aux cirrhoses. » selon ce rapport. Il n’a pas été aussi aisé d’attribuer l’attribution.  Pourquoi les américains blancs d’âge moyen boivent-ils, se droguent-ils ou se shootent-ils à mort ? Les explications offertes étaient préétablies, pleinement branchées sur les préjugés de confirmation : c’est à cause de l’économie, à cause de la démographie, à cause de l’absence de dieu ou à cause de la religion, ou c’est à cause de l’éclatement de la famille ou de la persistance des valeurs antiques ou à cause du manque de programme social ou de la dépendance aux programmes sociaux.   Case and Deaton  nomme cela : « une épidémie de souffrance » Bien. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Sur l’autoroute I694, vous vous trouvez à vous demander : mais qu’est ce qui déconne chez ces gens-là ? Je veux dire en dehors du déclin de la classe moyenne évidemment. Et de la montée de l’emploi précaire et du fait que le mode de vie basique exige tant de sédation que presque un quart de tous les Américains sont sous  tranquillisants   et qu’entre 26.4et 36 millions d’Américains utilisent des opiacés chaque jour. Et aussi, oui, les fusillades de  masse.  Il y a eu plus d’une fusillade par jour. Et des terroristes blancs prenant à nouveau pour cible des églises noires. Et les vidéos régulièrement mises en ligne montrant   la police assassinant des noirs.  Et la police en question n’étant jamais inquiétée et a fortiori jamais condamnée à la prison. Et savez-vous ce qui inquiétait les Américains quand toute cette merde leur pleuvait dessus ? Quand toute cette folie venait blesser leur pays bien aimé ? Savez-vous quel était leur souci prioritaire,  sondage après sondage après sondage ?  Les Musulmans, les Musulmans, si vous pouvez le croire…

«  Le rêve américain est mort mais je vais le rendre plus fort. »

Mon corps est blanc et mâle. Il mesure 1, 82 mètres et pèse 86 kilos.  Il a 39 ans et a dû commencer à courir. Il a dû commencer à compter les calories. Il y a un picotement dans l’articulation de ma hanche droite aussi, je cherche à ne pas songer à mon corps. Le picotement va et vient. Je sais que mon corps va finir par me tuer.

«  Un homme qui a peur de souffrir souffre déjà de sa peur. » Comme le dit Montaigne. C’est une des raisons pour lesquelles les hommes meurent beaucoup plus jeunes que les femmes.  6 ans plus jeunes en moyenne en Amérique.  92 % des hommes dissent qu’ils attendant au moins quelques jours afin de voir s’ils vont se sentir mieux avant d’aller chez le docteur mais je sais qu’ils veulent dire quelques jours e plus que ce qui serait raisonnable. C’est difficile d’avoir un corps blanc et mâle et de concevoir sa faiblesse. Dans le même esprit, mon corps ne peut pas croire qu’il est la personnification du pouvoir,  bien que de toute évidence il l’est dans toutes les dimensions comptables de son statut social, il se sent simplement un corps. Il se sent mortel.

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Je n’ai jamais été dans un endroit aussi blanc que l’Iowa, c’est la pure vérité.  Photograph: Darren McCollester/Getty Images

Je n’ai jamais été dans un endroit aussi blanc que l’Iowa.  Je le jure. Quand je me rends aux USA, je vais à New York à Chicago, à Los Angeles ou en Floride.  A Burlington, chez Jerry (Jerry’s main lunch) le plat de référence est le Bazard chaud (Hot mess) des œufs, du bacon rissolés à point. Les sucriers  ont tous des craquelins à l’intérieur afin d’éviter que le sucre en poudre ne s’amalgame. Un petit morceau du bon sens et du savoir-faire américain. Le Hot mess est délicieux, pourquoi ne le font-ils pas partout ? Pourquoi n’y a-t-il pas de chaînes de Jerry’s Main Lunch servant des Hot Mess partout à travers les Middle- West ? La réponse est dans le reste de la ville: tout ce qui devait partir a déjà quitté Burlington. Les beaux immeubles de brique rouge du centre ville sont presque tous vacants. La rue la plus intéressante est la route à la sortie de la ville. Le Memorial Arena, sur les rives du Mississipi, s’est rempli très tôt. Trump ne parlait pas avant 18 heures mais à 16 heures 45, la situation sur le parking était déjà sombre. A l’extérieur du bâtiment les démarcheurs qui suivent Trump sur la route, d’un événement à l’autre, vendaient des teeshirts et des badges, trois pour 10 dollars.  « We shall overcomb » ° « cats for Trump, the time is Meow »    « AMERICA GREAT AGAIN » [ Rendre l’Amérique à sa puissance]

A l’intérieur, chaque siège avait été occupé et le plancher rapidement recouvert d’une foule debout.  Burlington est composée de 10% de noirs. Le rallye l’était de 99,99% de blancs. Les gens qui assistent à un rallye aux USA appartiennent à un genre particulier d’individus tout comme ceux qui font la queue devant l’entrée d’une discothèque. Ils savent où ils sont supposés se rendre et comment ils sont supposés se tenir quand ils y arrivent. Ils sont adaptés.  Une dame âgée assise à mes côtés arborant un chapeau avec la bannière étoilée dessus qu’elle ne sort clairement que pour ces occasions. «Vous venez de l’Illinois ? » demande-t-elle ?  Je ne suis pas de là mais je passe. Elle assiste à tous les rallies, explique-t-elle, elle a été une républicaine toute sa vie, une républicaine active, une républicaine de l’Iowa. Pendant 30 ans elle a été dans des foules comme celle-ci. Elle projette d’aller, une fois dans sa vie à la Convention nationale.  Comme aller à un concert des Stones. Quand les organisateurs sont passés avec des flyers sur lesquels était écrit «  La majorité silencieuse », elle en a pris plusieurs pour les distribuer autour d’elle.  Des femmes gaies et prévenantes composaient la moitié de cette foule. Des hommes absurdes et en colère  l’autre. Ils portaient des tee-shirts avec des paragraphes entiers écrits dessus : Je suis un vétéran de l’armée américaine. J’ai un jour fait le SERMENT SOLENNEL de défendre la CONSTITUTION contre tout ennemi, extérieur ou intérieur. Soyez prévenus que personne ne me libérera de mes devoirs à l’égard de ce serment !

Sur le parking, il y avait des véhicules enduits d’autocollants  Nous le peuple en avons ras le bol à 100%, Si les armes à feu tuent alors j’imagine que les stylos fons des faute d’orthographe (sic) que les voitures conduisent en état d’ivresse,  et que les cuillères rendent les gens obèses.  Je suis hétéro, conservateur, chrétien, et je possède un fusil. Y-a-t-il autre chose que je puisse faire pour t’emmerder ?  Une photo d’Obama avec : Est-ce que ce trou du cul rend ma voiture plus grosse ? Le style républicain pour 2016 est dans les aphorismes humoristiques violents. Derrière la comédie, une rage absurde : l’Amérique est le pays le plus grand au monde mais l’Amérique part en morceaux, le gouvernement est le problème, il faut donc que le gouvernement le résolve.

C’était une production de Trump donc naturellement il y avait une section VIP. Une porte gardée par des hommes aux crânes rasés, sans sourire, les videurs plein d’ennui qui sont pour toujours autour des célébrités indifférentes. Une porte battante sur le côté recevait et dispensait les gens les plus présentables, ceux avec la neutralité lisse des politiciens professionnels, les femmes dont les visages sont marqués d’une moue de dédain permanente, les hommes qui  se font couper les cheveux avant chaque événement. La femme à mes côtés – le chapeau à la bannière étoilée – portait un pendentif en étain en forme d’éléphant. Une jeune fille dans une robe d’un orange vif passa par l’entrée des VIP en portant un éléphant en étain incrusté de diamants. Les pendentifs en forme d’éléphant était le thème, j’ai noté, des éléphants en broche des éléphants en bagues, des éléphants en tee-shirts.  On les trouvait à différents prix et dans différents styles : des éléphants faisant penser aux bandes dessinées françaises des années 60, d’étranges trémoussements pseudo-sexuels, avec les chapeaux de paille de plaisancier des années 20 menant la parade. Il n’y avait qu’une sorte d’éléphant impossible à trouver.   Un éléphant qui ressemble vraiment à un éléphant. Un éléphant réaliste qui puisse servir d’aide-mémoire pour les centaines d’éléphants tués pour leur ivoire chaque jour. Un éléphant naturaliste serait foncièrement environnementaliste. Les éléphants se doivent tous d’être fabuleux.  Comme dans tous les bons spectacles il y avait une première partie. En fait, il y en avait deux. Trous si vous comptez la récitation du serment d’allégeance. La première était Tana Goertz, une femme de l’Iowa  qui avait été sélectionnée pour la troisième saison de « The Apprentice ». « Quelle belle foule ! » a-t-elle susurré. Elle se porta garante pour Trump en tant que femme, (Il adore les femmes !)  et comme quelqu’un qui est revenue en Iowa. (Comment serait-il possible de vivre à New York si vous n’aimez pas les gens ?) Elle a promu l’idée qui est au cœur de tout ce que fait Trump, que le simple contact avec l’homme amène la prospérité. « Quand vous montez dans le train de Trump, vous allez quelque part ! » Elle a quitté la scène sous des applaudissements iowiens polis. La foule aurait peut-être, tout bien considéré, préféré écouter la musique d’Elton John sortant des haut-parleurs à la place mais au moins elle avait fait un effort.  Un homme médiatique plus standard a suivi. Sam Clovis anime une émission radio conservatrice et est un activiste du Tea Party qui a dirigé et perdu un bon nombre de positions en Iowa. Il a attaqué d’emblée. Trump est un des hommes les plus grands qui ait jamais parlé sur cette terre. Une remarque pertinente.  La foule aurait pu rire mais elle a applaudi, prouvant ainsi qu’ou bien elle n’était pas attentive ou qu’elle était prête à avaler n’importe quoi.  Clovis compare les récents discours de Trump à celui de Reagan,  Un temps pour choisir [Time for Choosing] lors de la Convention Goldwater en 1964,  ce qui peut être à peu de choses près comme de la comparer au Sermon sur la Montagne. Clovis savait ce que la foule était venue pour entendre et il le leur a donné : L’Amérique et les Américains seront à nouveau les premiers ! Un hurlement collectif a envahi le Memorial Arena de Burlington. Ils voulaient tant être à nouveau les premiers. Premiers en quoi restait peu clair mais absolument premiers.

Lorsque les hurlements se sot calmés, la foule était prête pour Trump. Mais, art de la mise en scène, Trump a laisse la tension monter, l’homme absurde en colère et la diligente femme braillaient. Trump ! Trump ! Trump ! Je peux à peine imaginer le plaisir que son nom assourdi, scandé, a pu procurer à l’homme dans les coulisses.  Quand il est finalement monté sur scène, la foule a déferlé, ses téléphones ont déferlé, c’était une orgie de téléphones. Les hommes derrière Trump scannaient la foule avec leurs téléphones. Les caméras au dos filmaient tout le monde en train de filmer tout le monde. Trump était le seul à ne pas tenir d’écran, l’absence qui génère du désir.  Il a commencé à rugir lorsque la foule a cessé de regarder les séquences qu’elle avait filmé.  Trump a commencé par le clip qui allait apparaître dans les nouvelles le lendemain matin. Joe Biden avait laisse tomber la course et Trump l’approuvait car Biden n’avait aucune chance et qu’il voulait affronter Hillary. Les médias adroitement sous contrôle, Trump a commencé son discours par le sujet le plus cher à son cœur : son propre succès. Le rallye de Burlington marquait le 100 ième jour où il menait  dans les sondages.  Il a lu les sondages, sondage après sondage. Il ne s’est interrompu que pour demander à la foule si les sondages étaient grands. ” Battre Hillary dans tout le pays, est-ce que vous aimez ça ? La foule a approuvé les chiffres de son approbation. Donc il est passé à des aspects plus qualitatifs de sa grandeur. Ses opposants n’étaient pas des gagneurs.  “ Je parle avec mon cerveau mais je parle aussi avec mon cœur ” a t-il dit,  grondnat comme un riche oncle m’as-tu vu. “ je vais rapatrier les emplois de Chine” avec quelques brèves digressions d’auto-apitoiement : “ Macy a été très déloyal avec moi, ils ne vendent plus mes cravates. http://www.cnbc.com/2015/08/12/why-we-dropped-trumps-menswear-line-macys-ceo.html  Il a décrit, dans des revirements à la fois francs et pleins d’illusions, sa capacité si brillante à la manipulation politique. Il a parlé aux gens qu’il était en train de manipuler de la façon intelligente dont il les manipulait. Ainsi déclara-t-il ; “ Je suis un bon chrétien.” Et que  s’ il devient président “ nous souhaiterons un joyeux noël ” mais il n’a pas pu s’empêcher de faire montre de l’intelligence de sa stratégie électorale : “Si je monte sur scène avec un Bible, tout le monde m’aime mieux.” Trump amène du plus à Burlington, Iowa, et il ne refuse pas à la foule le goût pour la célébrité dont elle rêve. Que dirait-il à Caroline Kennedy, ambassadrice au Japon ? : Vous êtes virée ! Vous êtes virée !

Quelques spectateurs ont commence à sortir pour devancer le trafic et Trump a crié à propos de la majorité silencieuse, du fait qu’il dit ce que personne n’ose dire, qu’il arrêtera le libre échange et que les Mexicains sont des voleurs de voiture ( gros rires) et comment il veut un morceau des actions du pipeline du Keystone et comment il va aider la santé des femmes et comment l’Amérique a besoin d’être stimulée  « Le rêve américain est mort mais je vais le rendre plus grand et plus fort » a-t-il hurlé. A ce moment il m’est apparu de la même façon que toutes les célébrités que j’ai  rencontrées en chair et en os me sont apparues, comme une idole païenne vivante attendant le sacrifice, un Baal aux joues  rebondies. «  Nous avons tant à gagner »  a-t-il promis avant de laisser la scène au  « Nous n’allons plus le tolérer »  des Twisted Sisters We’re Not Going to Take It.

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 Les supporters de Trump au Mémorial des vétérans à  Cedar Rapids. Photographie: Scott Morgan/Reuters

Je suis resté afin de regarder Trump au travail. De près la coiffure est beaucoup plus élaborée que sur les écrans. Sa construction s’effectue sur trois plans, sa signification est polyvalente.  Tout d’abord, il y a la mèche rabattue, bien qu’on ne puisse la nommer “mèche rabattue” uniquement  dans la mesure où la galerie commerçante de Dubaï avec une piste de ski pourrait être nommée un “bâtiment”. Ce sont des cheveux élevés  par la prouesse technique au niveau de l’œuvre d’art, avec la qualité diaphane  d’une capeline sortie d’une légende nordique ou d’un métal dans une miraculeuse apesanteur développé dans un laboratoire allemand. Ils flottent au-dessus du crâne, comme un acte de défiance non seulement contre le vieillissement et la calvitie mais contre l’espace et le temps, contre la réalité.   Derrière cette démonstration technique de mèche rabattue, comme une sorte de contre-point, l’arrière est aussi traditionnel et vieux jeu qu’une coiffure puisse l’être.  Il s’agit d’une queue de canard classique. Tellement classique que je ne l’ai vue que dans des films des années cinquante, pas des films tournés dans les années cinquante, soyons clairs, mais des films tournés dans les années soixante-dix sur les années cinquante. Entre la mèche rabattue et la queue de canard, entre ces deux espaces folliculaires représentant le moderne et l’atavique, la fantastique et le nostalgique, on trouve une troisième tranche.  Même en sa présence, il vous faut regarder avec attention pour la situer.  Elle est enflée, légèrement mais seulement légèrement. C’est la part réelle de la chevelure, la part humaine, la part véritable. C’est le pivot de Donald Trump.  Comme la campagne de Trump pour la nomination des Républicains s’est développée, dans toute son invraisemblance, il a serré la main à des milliers d’américains, et pose avec des milliers d’américains pour des milliers de selfies. Et parmi ces milliers aucun n’a réussi à mettre le désordre dans sa coiffure. Bien que lui évoque régulièrement l’apparence physique des autres candidats, aucun d’entre eux n’a jamais évoqué le fait qu’il avait l’air ridicule. La coiffure de Trump est un acte de préemption provocateur : dis seulement que je suis bidon, je te mets au défi, je te mets complètement au défi.  Quelques fans extrémistes s’attardent sur les franges, exactement comme à un concert.  Tous les autres se dirigent vers le parking et le centre-ville de Burlington redevient bientôt désert.  Un spectacle de Trump est un bon investissement financier, tout spécialement parce qu’il est gratuit. Personne ne réclame même de dons.

 

 

Fin de la première partie

Traduction Elisabeth Guerrier