AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Ecologie

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C 

 

Les grandes dents se retournent en tous sens, certains , comme Adidas ou Puma deviennent des avocats des énergies renouvelables et font la leçon aux gouvernements afin de durcir les objectifs des 1°5 C, d’autres comme le duo Koch, continuent à déployer tous les moyens médiatiques en leur possession pour amener les foules à douter de la réalité pourtant indubitable,  et enfin, au sommet de la félonie Exxon, un des plus gros dévoreurs d’hydrocarbure au monde après avoir passé des dizaines d’années sachant que des situations irréversibles étaient engendrées par les forages et la prédation sans perspectives à long terme, confie à ses  “experts” le soin d’alerter les autorités quant à un basculement dans la catastrophe d’un réchauffement galopant. Il faudra bien créer un jour ce tribunal de La Haye des écocides, il faudra un jour que ces manipulateurs d’apocalypse rendent des comptes et que ces comptes ne soient pas que ceux de leurs gains et de leurs pertes. Il faudra que, comme pour la mise en place du tribunal chargé de juger Monsanto, le Politique retrouve la force et le soubassement éthique de la recherche du bien commun qui est sa nature et qu’il s’extrait de la fusion mortifère qui le fait s’engloutir dans l’économique. Que ce Politique, au nom des espèces détruites, juge enfin les exactions de cette culture du profit qui, les preuves abondent, n’est, pour la planète et pour elle-même, tout simplement pas vivable.

Comme le géant des hydrocarbures avertit que les températures mondiales pourraient s’élever jusqu’à plus de 7°, à Paris les militants poussent pour des objectifs climatiques encore plus forts.

Par : Nadia Prupis, staff writer

Exxon

Non Aux Hydrocarbures (“Non-hydrocarbon”). (Photo: Mike Gifford/flickr/cc)

Clignez des yeux ou vous le manquerez, mais une ligne dans une interview récente du Washington Post avec les experts du géant des hydrocarbures ExxonMobil  à propos du changement climatique présente d’une façon très cavalière un avenir cauchemardesque, désespéré si les leaders mondiaux n’agissent pas vite —un avenir qui se centre autour d’un accroissement possible de 7° Celsius ou plus.

« Sans action gouvernementale, nous ont dit les experts d’Exxon pendant une visite au Post la semaine dernière, les températures moyennes risquent d’augmenter catastrophiquement (mes mots, pas les leurs) de 5° Celsius avec des montées de 6, voire 7° encore plus envisageables. » écrit dans son éditorial Fred Hiatt dans un article intitulé « Si même ExxonMobil dit que le changement climatique est réel. Donc pourquoi pas le GOP ? »

Les scientifiques nous ont avertis depuis longtemps que permettre une montée de la température de deux degrés ou plus entrainerait des changements climatiques irréparables et des événements météorologiques extrêmes.  Les chefs d’état sont rassemblés à paris pour négocier un agrément climatique global afin de limiter le réchauffement avant que la planète ne heurte ce seuil. Les groupes de terrain défendant la justice climatique appelant pour un objectif encore plus serré de 1,5 °C. Mais une secte d’opposition du Parti républicain a menacé de faire obstacle à tout projet de loi qui viendrait de Paris—ce qui pourrait faire dérailler tout progrès accompli pendant les pourparlers de la COP 21.

Comme l’explique le Prix Nobel d’économie Paul Krugman dans un article publié la semaine dernière dans le New York Times :

« Les futurs historiens—si il y a des futures historiens—diront certainement que la chose la plus important à s’être produite dans le monde en décembre 2015 était les pourparlers sur le climat de Paris. Vrai, rien de ce qui sera l’objet d’un accord à Paris ne suffira, en soi, pour résoudre les problèmes du réchauffement climatique. Mais ces pourparlers sont un moment décisif, le début d’une sorte d’action internationale nécessaire afin de prévenir la catastrophe.  Mais encore une fois, il est possible qu’ils ne le soient pas. Nous pouvons être maudits. Et si nous le sommes, vous savez qui sera responsable : le Parti républicain » écrit Krugman, « Nous voyons un Parti qui a tourné le dos à la science à un moment où le faire met en danger l’avenir même de la civilisation ».

Cet obscurantisme politique pose un autre challenge aux représentants COP 21 américains, qui s’est déjà montré particulièrement chicanier lors des discussions préliminaires cette année à Bonn en Allemagne, critiqué par les nations développées pour ses tentatives pour échapper à ses obligations financières  face aux communautés en premières lignes luttant déjà contre les impacts du changement climatiques. Mais Krugman fait également ce rapport dans Politics and Policy, un journal de sciences politiques publié en Août : “ Les Parti républicain américain est une anomalie dans son déni des origines anthropogéniques du changement climatique », But Krugman also points to an article published in August in Politics & Policy, a political science journal, that states, “The U.S. Republican Party is an anomaly in denying anthropogenic climate change.”

Ceci dessine un futur incertain pour tout accord émergeant des négociations. Cependant, comme Mark Hertsgaard, le correspondant pour l’environnement de The Nation l’écrit dans un article parut lundi, des espoirs nouveaux se font jour au sein des organisations opérant en parallèle de Paris.

Hertsgaard écrit :

L’accord final que les gouvernements espèrent signer avant la fin de la semaine peut pousser à limiter l’élévation de la température à 1°5 Celsius. Ce serait une avancée importante par rapport aux actuels 2°C ainsi qu’une victoire historique et surprenante pour les pays en voie de développement les plus vulnérables. Leurs représentants, rejoints par les activiste de la justice climatique, critiquent depuis longtemps l’objectif des 2° comme une peine de mort virtuelle pour les gens par millions qui souffrent déjà de la montée des eaux, des sécheresses de plus en plus dures et d’autres impacts provoqués par les 1° déjà enregistrés.

Préalablement refuse par la plupart des pays riche comme économiquement irréaliste, l’objectif des 1°5C ré-émerge à Paris à cause de la confluence de divers facteurs : lea reconnaissance par de nombreux pays riches que même 2° amèneraient des changements ruineux dans les modes alimentaires et d’autres systèmes vitaux, une posture diplomatique plus unifiée de la part des 100 nations les plus pauvres et les plus démunies, supportant l’objectif des 1°5C et des pressions ininterrompues de la société civile.

Le Président français, François Hollande et le Ministre allemand de l’environnement et secrétaire d’état Jochen Flasbarth ont tous deux exprimés leur appui au but des 1°5C la semaine dernière et notablement, reconnu  que c’était les campagnes environnementales qui avaient conduit le monde à ce point.

« Nous ne pouvons accepter que les pays les plus pauvres, ceux qui ne produisent des gaz à effet de serre qu’en quantité limitée soint les plus vulnérables.» a dit Hollande, « c’est donc au nom de la justice climatique que nous nous devons d’agir ».

Flasbarth a confirmé que l’objectif des 1°5C était la position officielle de l’Allemagne et que cet objectif « doit être mentionné »

« C’est pourquoi l’objectif des 1°5C est maintenant accepté par la nation d’accueil du sommet et par les économies les plus fortes ‘Europe » a écrit Hert.

 

Le Guardian rapporte dans l’après-midi de lundi dernier que les USA, la Chine et l’Union européenne —  les plus gros pollueurs —,  étaient « ouverts »  à l’objectif des 1°5C et « travaillaient avec d’autres pays à le faire figurer explicitement »  selon le représentant du Secrétariat d’état Todd Stern. Mais cette annonce a reçu un accueil assez tiède des associations de défense du climat et des délégués des pays en développement les plus importants qui dirent que ce n’était qu’une nouvelle tentative des nations les plus riches pour détourner les obligations de réduire leurs émissions.

« Pourquoi pas 1°, pourquoi 1.5°»  dit Ashok Lavasa, le négociateur principal de l’Inde, «Quand nous parlons de but, nous parlons aussi de budget carbone. Nous avons besoin d’envisager l’espace de développement disponible et en conséquence, ceux qui sont impatients de la maintenir au-dessous de 2° devraient travailler afin de maintenir l’espace carbone de façon à ce qu’il ne compromette pas les besoins de pays en voie de développement. »

 

Erich Pica, directeur du groupe climat des Amis de la terre ajoute, «Les USA et l’Europe adoptent l’idée adoptent l’idée des 1.5° comme une cible de négociation mais ils maintiennent floues les lignes de ce qui doit se passer pour que cette équation des 1.5° soit un partage juste et honnête. »

Pendant ce temps, l’éditorial du Post pose une autre question à la lumière des investigations qui ont récemment exposé le rôle du géant des hydrocarbures Exxon dans son occultation des rapports des sciences du climat pendant des décennies : qu’est-ce que Exxon sait d’autre ?

Ce travail est sous licence de Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 License

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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Naomi Klein : Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies. 

Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies.

 

Article de Naomi Klein  paru dans Common Dreams et dans The Guardian sur les interdictions de manifestations et de marches sur tout le territoire français au moment décisif des pourparlers pour le climat de la COP 21 de Paris.  Les descentes de polices et les perquisitions se succèdent chez des militants ou des agriculteurs écologistes n’ayant de terroristes que la force de leur point de vue face au laxisme intéressé  et aux liens immoraux entre les gouvernements  sensés représenter les citoyens  du monde,  brutalement forcés au silence alors qu’ils sont en première ligne des catastrophes climatiques présentes et à venir et les actions et l’état d’esprit incurablement pervers des multinationales. Il semble d’autre part indispensable face aux degrés d’urgence et à la hiérarchisation des maux auxquels nous sommes, en tant qu’espèce, confrontés, de rappeler ces quelques phrases de Jared Diamond : «La menace d’un holocauste nucléaire et celle d’un holocauste écologique sont les deux questions les plus pressantes que doit affronter l’espèce humaine aujourd’hui. À côté d’elles les problèmes du cancer, du sida ou de la malnutrition qui nous obsèdent généralement, sont relativement mineurs, car ils ne mettent pas en cause notre survie en tant qu’espèce. » * Nous aurions pu ajouter à la liste le terrorisme qui n’est un danger que pour les vivants.

 

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Article originellement paru dans The Guardian

En interdisant les marches de protestation à la COP21, Hollande condamne au silence ceux qui font face aux impacts les pires du changement climatique et de sa monstrueuse violence.

Par

Naomi Klein

 

De qui la sécurité reste-t-elle protégée par tous les moyens nécessaires ?

De qui la sécurité est-elle sacrifiée avec désinvolture, en dépit des moyens pour faire beaucoup mieux ? Ce sont des questions au cœur de la crise climatique et les réponses sont la raison pour laquelle les sommets climatiques finissent si souvent dans l’acrimonie et les larmes.

La décision du Gouvernement français d’interdire les manifestations, les marches et autres « activités extérieures » pendant le sommet de Paris sur la climat est gênant à plusieurs niveaux. Celui qui me préoccupe le plus est lié avec la façon dont cela reflète l’inégalité fondamentale de la crise climatique elle-même  – et la question clef de quelle sécurité est actuellement valorisée dans ce monde asymétrique.

 

 

Voici la première chose à comprendre. Les gens affrontant les impacts les pires du changement climatique n’ont virtuellement aucune voix dans les débats occidentaux pour déterminer que faire sérieusement pour prévenir le réchauffement mondial catastrophique. De gigantesques sommets comme celui qui va se tenir à Paris sont de rares exceptions. Pour deux semaines   les voix de ceux qui sont heurtés le plus et en premier ont un peu d’espace  pour être entendus dans un lieu où des décisions déterminantes sont prises. C’est pourquoi les insulaires du pacifique, les chasseurs Inuits et les bas salaires des gens de couleur de la Nouvelle-Orléans font des milliers de kilomètres afin d’être présents. Le coût est énorme, à la fois en dollars et en carbone, mais être présents au sommet est une occasion précieuse de parler sur le changement climatique et de donner un visage humain à cette catastrophe en cours. Ensuite, ce qui doit être compris c’est que même dans ces moments rares, les voix de premières lignes n’ont pas assez d’une plateforme dans les réunions officielles dans lesquelles le micro est dominé par les gouvernements et les groupes écologistes largement financés. Les voix des gens ordinaires sont entendues principalement dans les réunions de la base parallèles au sommet, ainsi que dans les marches et les manifestations. Maintenant, le Gouvernement français a décidé les plus bruyants de ces mégaphones,  prétendant que de sécuriser les marches compromettrait sa capacité à sécuriser la zone du sommet officiel où se rencontreront les politiciens.  .

” Une fois de plus, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre est à gagner.”

Certains prétendent qu’il s’agit d’un juste contrecoup contre la toile de fond de la terreur. Mais un climat des Nations unies pour le climat n’est pas comme une rencontre du G8 ou de l’Organisation mondiale du commerce, où les puissants se rencontrent et où les sans dents tentent de compromettre leurs fête. Les événements parallèles de la société civile ne sont pas un ajout ou une distraction de l’événement principal. Ils sont partie intégrante du processus. Ce qui est la raison pour laquelle le gouvernement français ne devrait jamais avoir décidé quelle partie de ce sommet devrait être gardée et quelle autre annulée.  Plutôt, après l’attaque horrible du 13 Novembre, il était nécessaire de déterminer s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir l’ensemble du sommet avec la pleine participation de la société civile, la rue comprise. S’il ne le pouvait pas, il aurait pu repousser ou demander à un autre pays de prendre le relais. Au lieu de ça, Hollande et son gouvernement ont pris une série de décisions qui reflètent un éventail de valeurs et de priorités très particulières afin de déterminer qui et quoi devait bénéficier de la protection de l’état. Oui, les leaders mondiaux, les matchs de foot-ball et les marchés de Noël, non les marches pour le climat et les manifestations désignant le fait que les négociations, avec l’actuel niveau d’émissions  prévu, mettent en danger les vies et les moyens de subsistance de millions sinon milliards de personnes

 

Et qui sait où cela peut mener ? Devons-nous nous attendre à ce que les Nations Unies révoquent les autorisations de la moitié de la société civile ? Ceux les plus susceptibles de créer des troubles au sein de la forteresse ? Je n’en serais pas surprise du tout.   Cela vaut la peine de songer à ce que l’annulation des marches  et des manifestations signifie réellement tout autant qu’en termes symboliques. Le changement climatique est une crise morale parce qu’à chaque fois que les gouvernements des nations riches ont manqué à agir, cela a envoyé un message qui montrait que nous, peuples du nord, mettions notre confort et notre sécurité économique avant la souffrance et la survie des peuples les plus pauvres et la s plus vulnérables de la planète. La décision d’interdire l’espace le plus important où les voix des peuples subissant l’impact climatique auraient pu être entendues est l’expression dramatique d’un abus de pouvoir profondément immoral : une fois de plus le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre vous devrez la gagner.

Une autre pensée : j’écris ces mots de Stockholm, où j’ai fait une série de conférences publiques sur le changement climatique. Quand je suis arrivée, la presse s’en donnait à cœur joie avec un tweet envoyé par la ministre de l’environnement Åsa Romson.  Peu de temps après a éclaté la nouvelle des attaques à Paris, elle a alors tweeté son outrage et sa tristesse pour les victimes. Puis elle a tweeté qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet sur le climat, une pensée qui est venue à tous ceux que je connais qui sont d’une façon ou d’une autre connectés à ce moment environnemental. Pourtant elle a été mise au pilori pour son soi disant manque de sensibilité – comment pouvait-elle penser au changement climatique face à un tel carnage ?

La réaction était assez révélatrice parce qu’elle montrait comme un acquis le fait que la changement climatique est une question mineure, une cause sans de réelles victimes, presque frivole.  Tout particulièrement quand des problèmes sérieux comme la guerre et le terrorisme occupent le centre de la scène. Cela m’a fait penser à quelque chose que l’auteure Rebecca Solnit a écrit il n’y a pas longtemps. «Le changement climatique est de la violence »  C’est vrai. Certaines de ces violences sont horriblement lentes : la montée des eaux qui efface progressivement des nations entières, et la sécheresse qui tue des milliers d’individus. D’autres sont terrifiantes de rapidité : les tempêtes avec des noms comme Katrina et Haiyan   qui volent des milliers de vies en une seule fois. Quand les gouvernements et les multinationales manquent sciemment d’agir afin de prévenir ce réchauffement catastrophique, c’est un acte de violence. C’est une violence si étendue, si mondiale et infligée simultanément contre des temporalités si diverses (cultures anciennes, vies présentes, avenir potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de désigner cette monstruosité. Et utiliser des actes de violence pour faire taire ces voix des plus vulnérables à la violence climatique est encore plus violent.

En expliquant pourquoi les match de football programmés seraient maintenus comme prévu, le Secrétaire d’état au sport a dit : « La vie doit continuer »   Bien sûr qu’elle le doit. C’est pourquoi je joins le mouvement pour une justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les multinationales manquent à leur devoir d’agir d’une façon qui révèle la valeur de tous sur terre, on doit protester contre eux.

© 2015 Guardian News and Media Limited

 

  • Jared Diamond ” Le troisième chimpanzé ” Essai sur l’évolution et lavenir de l’animal humain. p. 613 Folio essais

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Monsanto et les compromissions des universitaires nord-américains

These emails show Monsanto leaning on Professors to fight the GMO PR war

 

A travers une correspondance suivie, révélée par Mother Jones, entre les relations publiques de Monsanto et de la biotechnologie et certains éminents universitaires sollicités pour accorder leur soutien et promouvoir les arguments d’innocuité des  produits GMs, nous retrouvons les stratégies des lobbies du tabac et du sucre, qui se sont appropriés, pour des motifs et avec des  conséquences diverses, le soutien d’universitaires et de chercheurs de renom afin de contrer les campagnes médiatiques condamnant leur toxicité et les mettant en cause. Il apparaît une nouvelle fois clairement que la science et ses représentants sous couvert d’objectivité, peuvent s’aliéner aux idéologies et se faire, consciemment ou non, manipuler par les forces économiques prêtes à tout afin d’influencer les choix politiques les protégeant et de maintenir et d’ouvrir leurs marchés.

Ces emails montrent que Monsanto s’appuie sur les Professeurs d’université pour mener la guerre des relations publiques du GMO.

—By Tom Philpott

 

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Flammulated/iStockphoto

Dans une récente pour une production à succès, le blockbuster de Eric Clipton  du New York Time a pu jeter un coup d’œil à une cache massive d’emails privés entre de proéminents universitaires scientifiques et les cadres et les relations publiques de l’industrie des OGM. Ces emails sont apparus à travers un barrage de controverses  du Freedom of Information Act exigé par l’organisation du droit de savoir [Right to Know]  qui est financé par l’association anti-corporations   assez décousue des Organic Consumers Association.

En plus de la correspondance découverte par l’USTRK, Lipton a utilisé le FOIA pour accéder à ces emails, montrant des liens très serrés entre l’ancien chercheur de l’Université de l’état de Washington Charles Benbrook ainsi que des compagnies de nourriture bio comme la compagnie appartenant aux fermiers de production laitière Organic Valley. Lipton a peint un portrait fascinant de la place occupée par les universités publiques dans les relations publiques et la guerre du lobbying entre l’agrochimie des semences OGM et l’industrie de l’alimentation bio.

«  Je comprends et apprécie votre besoin que je sois complètement transparent  et je suis complètement conscient que votre indépendance et votre réputation doivent être protégées » écrit un représentant des relations publiques de Monsanto aux Professeurs.»

Mais cet extrait aussi excellent qu’il soit, peut en fait sous-évaluer l’ampleur avec laquelle Monsanto, d’autres compagnies biotechnologiques et leurs groupes commerciaux et relations publiques de pointe embauchées pour l’occasion, on put s’appuyer sur des universitaires sympathisants comme sur des fantassins dans la bataille que l’industrie mène contre les régulateurs et les critiques.

Voici quelques éclairages qui ne sont pas parus dans The Times. Bien qu’il n’y ait pas de preuve spécifique permettant de suggérer que Monsanto a payé les Professeurs pour leur activité et que beaucoup parmi eux ont déclaré avoir atteint leurs conclusions indépendamment, la correspondance est néanmoins intéressante.

  • En Août 2013

Dans un email à neuf éminents universitaires, l’engagement stratégique de Monsanto conduit Eric Sachs à soumettre un plan : que le groupe   « rédigera de courtes notes sur des sujets importants dans l’arène de la biotechnologie agricole », choisis « à cause de leur influence sur les décisions politiques, sur la régulation des semences OGM et sur l’adhésion des consommateurs. » Sachs a assuré aux Professeurs que le projet serait mené discrètement. « Je comprends et apprécie votre besoin que je sois complètement transparent et je suis complètement conscient que votre indépendance et votre réputation doivent être protégées » écrit-il. Deux entités externes –  un groupe financé par l’industrie appelé l’American Council on Science and Health et une équipe de relations publiques appelée CMA – « organiseront le processus de production de ces notes techniques », « coordonneront les mises en ligne sur les sites web et leur promotion », et «  vendront » ces notes en les transformant en « éditoriaux, posts de blogs, engagements verbaux, évènements, webminars etc. »

L’organisation de cette troisième partie est «  un élément important » a ajouté l’exécutif de Monsanto «  parce que Monsanto veut que les auteurs communiquent librement sans lien avec Monsanto ».

  • En Décembre 2014

Le website zélé pro-biotechnologies Genetic Literacy Project sort un article rédigé par un Professeur  qui ressemble remarquablement à ceux présentés par Sachs, bien que l’investissement de Monsanto n’y soit pas révélé.  Par exemple, Calestous Juma, un professeur à la Harvard Kennedy School fût une de ceux à qui s’est adresse la lettrer de Sachs, de Monsanto, ce mois d’Août 2013. Dans celle-ci, Sachs expose sept thèmes et en suggère chacun d’entre eux à un ou deux de ses correspondants. Voici ce que Sachs avait en tête pour Juma :

Les conséquences du rejet des cultures OGM  Calentous Juma

Contexte : explorer les problèmes et les conséquences à la fois dans les pays développés et en voie de développement qui mènent au rejet ou aux barrières à l’adoption des techniques de cultures et d’alimentation OGM au niveau des agriculteurs, des consommateurs et du pouvoir décisionnel. Comprendre la combinaison de paradigmes, y compris la résistance politique et celle des consommateurs, la sécurité alimentaire, les craintes pour la santé publique, les soucis touchant la biodiversité et la sécurité biologique, les régulations restrictives et le manque d’information (ou l’existence d’une désinformation) à propos des droits de propriété intellectuelle qui créent des barrières à l’acceptation des OGM. Détailler les conséquences, y compris les impacts sur les rendements, les revenus par ménage, la sécurité alimentaire et les impacts sociaux, ainsi que ceux touchant l’usage des pesticides, des risques sanitaires dus à l’exposition aux pesticides et sur la biodiversité qui en résultent.

Titrée «  Risques globaux dus au rejet de l’agriculture biotechnologique »,  la contribution  de Juma, dont il dit qu’elle est basée sur un livre qu’il a écrit en 2011 – ressemble de près à la demande de Sachs pour une défense robuste des OGM comme rempart contre la faim dans le monde en voie de développement. ( Mercredi, le Boston Globe   faisait référence à l’article de Juma, en le décrivant comme «  un article largement diffusé l’an passé, en faveur des OGM, écrit à la demande du géant des semences Monsanto, sans révéler ses connexions. ») Dans son email, Sachs recommande à Peter Philips, un Professeur de politique à l’Université canadienne de Saskatchewan d’écrire à «  propos de la régulation pesante des graines et de la nourriture OGM » Son article,  sur le site web du Genetic Literacy Project est intitule :  « Conséquences économiques de la régulations des OGM. »

Dans le cas de Davis Shaw de l’état du Mississipi et de Tony Shelton de Cornell, Sachs a suggéré un article défendant les semences génétiquement modifiées  pour tuer les insectes et résister aux herbicides.  Leur article de Genetic Literacy Project intitulé : « Les gènes verts : des avantages durables des céréales tolérantes aux herbicides et résistantes aux insectes » fait exactement ça.

« J’apprécierais votre prise en considération de proposition d’un blog portant sur la sécurité et la santé des biotechnologies à Web MD, est-ce envisageable ? » a demandé un représentant de Monsanto à un Professeur.

Pour Kevin Folta – de l’Université de Floride – un des points sur lequel se concentre l’article du New York Time   – Sachs envisageait un article sur « rendre les activistes responsables  pour leur opposition aux OGMs. » Dans son article  du  GLP, Folta tempête contre « ceux qui  lancent des campagnes agressives contre des technologies existantes qui ont démontré leurs avantages pour les agriculteurs, l’environnement, le consommateur et les pauvres enfermés dans le déficit alimentaire. »

  • Une autre universitaire célèbre

Qui s’avère entretenir des liens serrés avec l’industrie est Nina Fedoroff, un Professeur émérite de biologie à Penn State, Professeur de biosciences à l’Université du Roi Abdullah des sciences et technologies d’Arabie saoudite et ancienne conseillère en chef en sciences et technologies de la Secrétaire d’état Condoleeza Rice et d’Hillary Clinton. Le Times note que le Professeur émérite de l’Université de l’Illinois Bruce Chassy a déployé un « effort d’un mois afin de persuader l’agence de protection de l’environnement [Environmental Protection Agency] d’abandonner sa régulation serrée des pesticides utilisés   dans les semences résistantes aux insectes. »

Mais il n’a pas fait mention du rôle déterminant que Fedoroff a de toute évidence joué dans cette champagne, qui, comme le rapporte le Times, a culminé quand Chassy  a « finalement organisé un meeting à l’E.P.A, avec l’aide des lobbies de l’industrie et que l’agence a abandonné cette proposition. » Il s’avère que Fedoroff a assisté à cette réunion selon un email du 17 Octobre. Selon l’email de Chassy, la causerie charnière avec l’EPA a été organisée par Stanley Abramson, un lobbyiste de l’industrie bien connu et Adrianne Massey qui est directrice générale des sciences et de la réglementation à la Biotechnology Industry Organization (BIO) , un groupe commercial auquel Monsanto et d’autres firmes de l’agriculture biotechnologique appartiennent.   Le rôle de Fedoroff dans la campagne d’obtention du soutien de la régulation des OGM par l’EPA n’a pas été confiné à ce meeting « étonnement productif ». Chassy rapporte dans un email à Massey le 19 Août 2011 qu’il a travaillé « avec Nina pendant un mois, apportant de nombreuses révisions » à un éditorial qui a paru dans le NYTimes en Août  2011. L’article, uniquement signé par Fedoroff se plaint que  l’APA veuille collecter encore plus d’informations sur les semences génétiquement modifiées » et conclut « que le gouvernement doit arrêter de réguler les modifications génétiques pour lesquelles n’existent aucune preuves scientifiques de dangerosité. »

 

Karen Batra, directrice de la communication pour Biotechnology Industry Organization, demande des conseils à Chassy sur la façon de « répondre à un article critique des OGM publié dans The Atlantic», « Pour la plupart d’entre nous, gens de la communication, la science est loin au-dessus de nos têtes et une réponse appropriée devra avoir une sorte de défense scientifique » écrit-elle « en d’autres termes, BIO écrivant une lettre disant simplement « la nourriture biotechologique est saine n’estpas une réponse suffisante ici. »

« Je suis ravie de torpiller cette stupidité » dit un Professeur à un responsable des relations publiques de Monsanto qui lui a demandé de peser dans la controverse à propos de recueils critiques des OGMs »

Elle ajoute qu’un groupe nommé IFIC – vraisemblablement la fondation financée par l’industrie biotechnologique   International Food Information Council Foundation – avait « aussi [envoyé] un email de masse demandant aux lecteurs d’intervenir dans les commentaires de la page de l’[article de l’Atlantic] Batra demande aux scientifiques ou bien de « poster eux-mêmes un commentaire sur la page ou de nous fournir le point de vue d’un scientifique en haut de l’affiche que nous pourrions utiliser dans une lettre à l’éditeur » Chassy a répondu à l’email de Batra avec une analyse détaillée des points de vue de l’article.

de Sachs de chez Monsanto révèle que Chassy s’« engage, sur un post d’un blog du Huffington Post à ma demande » – dans un débat avec un commentateur anti-OGM, pour lequel il cherche la contribution d’employés de Monsanto.

A un certain point, Chassy a répondu favorablement à la demande de Monsanto de se rendre en Chine pour parler lors d’un séminaire, sans a voir idée du thème ou de l’audience. Voici la réponse de Chassy le 24 Janvier 2012 : «Vous m’avez initialement demandé si je pourrais aller en Chine et y faire ce que j’ai fait en Corée. Vous vouliez savoir si j’étais disponible et m’avez ditque vous m’expliqueriez plus tard. Une chose ayant conduit à une autre, je m’y rends donc mais nous n’avons en fait jamais évoqué la mission en Chine. Où est-ce que je parle ? A qui ? Pendant combien de temps ? Et plus important, quel est le sujet et a-til un sujet assigné ? Que se passe-t-il vraiment et quelles sont les questions figurant entre les lignes ? Connaître les réponses à toutes ces questions m’aiderait à planifier une intervention. Pouvons-nous parler avant que je commence à rédiger un discours ? »

Sachs a répondu :  «Veuillez m’excuser pour l’absence d’informations. Cette situation m’est apparue tard dans le processus et j’étais focalisé sur la recherche du meilleur expert tiers [ie non Monsanto] qui pourrait parler sur le thème des évaluations de sécurité  dans les produits untilisant des RNAI [ Interférence  Acide RiboNucléique]  [un sujet que je discute ici  ] »

« Monsanto Chine travaille avec l’ association des biotechnologies agricoles chinoises [Chinese Agricultural Biotech Association pour héberger le séminaire. » continue Sachs, « le but est de préparer la voie pour l’agréement de l’importation pour les produits de la biotechnologie en Chine.»

Chassy soumis plus tard un brouillon de sa présentation aux officiels de Monsanto avant l’évènement. [ Voir l’échange ici ] « par dessus tout, tout le monde est ravi de la façon dont la présentation s’est déroulée.» répond un employé de Monsanto, indiquant qu’ « il y avait quelques changements mineurs apportés au texte et qu’ils étaient indiqués en rouge. » ainsi que « quelques commentaires auquels vous devrez répondre » Chassy répondit en cherchant plus d’informations : « Merci pour les critiques. Ils ont soulevé un nombre de bons points. J’ai attaché un dossier de formulations contenant les réponses à leurs commentaires. Il en reste un certain nombre qui restent irrésolus et pour lesquelles de nouveaux termes pourraient ou non répondre aux critiques évoquées par les relecteurs. S’il vous plaît veuillez à ce que chaque relecteur fasse une seconde lecture.»

Adressé à Kevin Folta de l’Université de Floride, Lisa Drake de Monsanto écrit que « durant ces derniers six mois nous avons travaillé dur afin d’intégrer du tiers frais –ie des personnes non affiliées à Monsanto- afin d’incorporer du matériel actuel et frais sur les OGMs dans le site web MD. Á la remarque : « J’apprécierais que vous considéreriez la possibilité de soumettre un blog sur la santé et la sécurité des biotechnologies au site web.» Elle ajoute, « Pouvez-vous penser à insérer le mot « étiquettage» quelque part dans votre contenu afin de permettre la sélection des algorithmes .» Folta a répondu : « Je suis content de faire ça et vais produire quelque chose d’ici peu. » ( Folta dit qu’il n’a finalement jamais écrit le post en question.)

  • Et le 28 Janvier 2015

Un employé de la firme de relations publiques Ketchum, écrivant « au nom du Conseil de Biotech Information », un groupe fondé par Monsanto et compagnies de biotechnologies inclut Folta dans un email collectif pointant l’objet d’une autre controverse brûlante. Un éditeur a indiqué qu’il « mettrait à jour un ouvrage de science de Sixième qui présente quelques avantages des semences OGMs ». Pire, « d’autres maisons d’édition considèrent le fait de remplacer tout contenu pouvant être catalogué de pro-OGM.» Elle demande à qui le souhaite de répondre à cette crise du manuel scolaire. « Je suis excité à l’idée de torpiller cette stupidité » répond Folta à la joie du correspondant de Ketchum, « C‘est le meilleur email que j’ai reçu de la journée. [smiley emoticon] Merci! Je vous tiens au courant dès que nous avançons dans cette perspective. »

 

TOM PHILPOTT

Correspondant Alimentation et agriculture

Tom Philpott est le correspondant Alimentation et agriculture de Mother Jones ; Pour plus de ses articles cliquez ici :  http://www.motherjones.com/authors/tom-philpott Pour le suivre sur  Twitter, cliquez là : https://twitter.com/tomphilpott RSS | TWITTER

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

 

L’impasse de la croissance exige un nouveau système économique.

Il en va peut-être de toute situation extrême, elle est rendue telle par l’incapacité collective à la formaliser. Des mesures sont prises pour colmater les fuites, des chansons chantées pour donner le moral aux passagers mais le bateau coule et c’est une évidence. Le problème est qu’il ne fallait pas monter dans ce bateau et que entre le cocktail organisé sur le pont et les manœuvres réglées par le capitaine et son équipage, on finit par l’oublier. Le modèle de notre croissance est de quelque façon qu’on le prenne injouable. Et c’est ce modèle-même qui peine tant à se laisser bousculer par ceux qui en paieront le prix tôt ou tard. Il y a certainement un forme de ” tant que ça dure” qui borne l’horizon du fait ostensible que non, justement, ça ne durera pas. Les exemples de demande de forages dans des parcs nationaux en Équateur et au Niger en sont comme les pointes à la fois douloureuses et aberrantes,  c’est un système qui engloutit tout en agitant un drapeau minuscule où est  écrit ” après nous le déluge” . E.Guerrier

Pourquoi l’effondrement est-il difficile à distinguer du salut ?

Article Common Dreams The Impossibility of Growth Demands a New Economic System

par George Monbiot

 

Imaginons qu’en 3030 avant JC, les possessions des habitants de l’Égypte aient empli un mètre cube. Proposons pour ces possessions une croissance de 4, 5% par an. De quelle taille aurait été le stock en 30 avant JC, lors de la bataille d’Actium ? C’est un calcul qui a été effectué par le banquier d’affaires Jeremy Grantham (1).

Growth

La trajectoire de la croissance cumulée montre que le décapage de la planète ne vient que de commencer. Nous ne pouvons simplement pas continuer de cette façon-là.

Allez, essayez de deviner : dix fois la taille des pyramides ? Tout le sable du Sahara ? L’océan Atlantique ? Le volume de la planète ? Un peu plus ? Non, c’est l’équivalent de 2, 5 milliards de milliards de système solaires. (2). C’est assez rapide, en réfléchissant à ce résultat, de voir que le salut réside dans l’effondrement.
Réussir c’est nous détruire. Échouer c’est nous détruire. C’est le pétrin que nous avons créé. Ignorez si le changement climatique si vous le devez, la disparition de la biodiversité, l’épuisement de l’eau, du sol, des minéraux, du pétrole, même si tous ces problèmes disparaissaient miraculeusement, les mathématiques de la croissance soutenue rendraient la continuation impossible.
La croissance économique est un artéfact de l’usage des énergies fossiles. Avant que tant de quantités de charbon aient été extraites, tout essor de la production industrielle allait de pair avec un recul de la production agricole, car le charbon de bois ou les chevaux vapeur exigés par l’industrie réduisaient la terre disponible pour cultiver des denrées alimentaires. Chacune des révolutions industrielles antérieures a échoué parce que la croissance ne pouvait pas être maintenue (3). Mais le charbon a cassé ce cycle et a rendu possible – pour quelques centaines d’années – le phénomène appelé «croissance soutenue ».
Cela n’a été ni le capitalisme ni le communisme qui ont rendu possible le progrès et les pathologies (guerre totale, concentration sans précédent des richesses mondiales, destruction de la planète) de l’âge moderne. Ça a été le charbon, suivi par le pétrole et le gaz. La méta-tendance, le récit souche est l’expansion due au carbone. Nos idéologies sont de simples intrigues secondaires. Maintenant, comme les réserves les plus accessibles ont été épuisées, nous devons saccager tous les coins cachés de la planète pour approvisionner notre impossible axiome.

Vendredi, quelques jours après que les scientifiques aient annoncé que la fonte de la banquise de l’Arctique était maintenant inévitable (4), le gouvernement de l’Équateur a décidé que le forage pétrolier pourrait continuer au cœur du parc national de Yanusi (5). Il a fait une offre aux autres gouvernements : s’ils donnaient au gouvernement la moitié de la valeur du pétrole de ce parc, ils le laisseraient dans le sol. Vous pouvez considérer ça comme du chantage ou comme un échange équitable, L’Équateur est un pays pauvre et ses gisements de pétrole sont riches, pourquoi, a argumenté le gouvernement, devrait-il les laisser intouchés sans compensation quand tout le monde est en train de forer jusqu’au cercle intérieur de l’enfer ?
Il a demandé 3, 6 milliards de dollars et en a reçu 13 millions. Le résultat est que Petroamazonas, une compagnie qui a à son actif un record remarquable de destruction et de fuites (6) ne pénétrera pas dans un des lieux de la planète qui offre une des plus grandes biodiversités, dans lequel un hectare de forêt tropicale contient plus d’espèces que toutes celles qui existent sur le continent nord-américain.(7)
La compagnie anglaise Soco, espère maintenant s’introduire dans le plus ancien parc naturel d’Afrique, Virunga, dans la République Démocratique du Congo (8), un des derniers bastions du gorille des montagnes et de l’okapi, des chimpanzés et de l’éléphant des forêts. En Angleterre, où une réserve de 4, 4 milliards de barils vient d’être identifiée dans le sud-est(9), le gouvernement fantasme sur la transformation de banlieues boisées en delta du Niger. A cette fin, il est en train de changer les lois de violation de propriétés afin d’autoriser les forages sans accord préalable et offre des pots de vin grandioses aux habitants locaux ( 10.11). Ces nouvelles réserves ne changeront rien. Elles ne calment pas notre faim de ressources, elles l’exacerbent.
La trajectoire de la croissance montre que le pillage de la planète ne fait que commencer. Comme le volume de l’économie globale s’étend, tous les lieux qui contiennent quelque chose de concentré, d’inhabituel, de précieux sera recherché et exploité, ces ressources traitées et dispersées, les merveilles diverses et multiples du monde réduites à la même cendre grise.

Certains essayent de résoudre cette équation impossible avec le mythe de la dématérialisation : l’affirmation que si les processus deviennent plus efficaces et les gadgets sont miniaturisés, nous utilisons, en les agrégeant, moins de matériaux. Il n’y aucun signe que ceci se produise. La production de minerai d’acier a augmenté de 180% en dix ans (12). Les associations professionnelles de l’industrie forestière nous disent : « La consommation globale de papier est à son niveau record et cela va continuer d’augmenter “ (13) Si à l‘aire du digital nous sommes incapables de réduire notre consommation de papier, quoi dire des autres produits de consommation ? »
Regardez la vie des super-riches, qui ont donné le pas de la consommation globale. Est-ce que leurs yachts deviennent plus petits ? Leurs maisons ? Leurs œuvres d’art ? Leur recherche de bois rare, de poissons rares, de pierres rares ? Ceux qui en ont les moyens achètent des maisons toujours plus vastes pour stocker leurs quantités d’objets alors qu’ils ne vivront jamais assez longtemps pour les utiliser. Par cette accumulation à peine visible, toujours plus de surface de la planète est utilisée pour extraire, fabriquer et stocker les choses dont nous n’avons pas besoin. Ce n’est peut-être pas un hasard si les fantasmes de colonisation de l’espace – qui nous disent qu’on peut exporter nos problèmes au lieu de les résoudre- refont surface. (14)
Comme le signale le philosophe Michael Rowan, l’inévitabilité de la croissance cumulée signifie que si nous atteignons le taux de croissance prévu en 2014 ( 3, 1%), même si nous réduisons par miracle la consommation de matières premières de 90%, nous repoussons l’incontournable de seulement 75 ans (15).  L’efficacité ne résout rien tant que la croissance continue.
L’échec inévitable d’une société basée sur la croissance et la destruction des systèmes vivants planétaires sont les faits accablants de nos existences. Le résultat est qu’ils ne sont jamais évoqués. Ils sont les plus grands tabous du 21 ième siècle, les sujets qui nous mettront à dos nos amis ou nos voisins. Nous vivons comme si nous étions enfermés dans le supplément du Dimanche, obsédés par la renommée, la mode et les trois tristes éléments de base de la conversation de la classe moyenne, les recettes, les rénovations, les hôtels. Tout sauf le sujet qui demanderait notre attention.
Les constats sacrément évidents, les résultats mathématiques élémentaires, sont traités comme des distractions exotiques ou impardonnables qui ne valent pas même la peine d’être mentionnées.
C’est à ça qu’on peut mesurer la gravité du problème, à notre incapacité d’en discuter.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

http://www.monbiot.com
References:
1. http://www.theoildrum.com/node/7853 http://www.theoildrum.com/node/7853
2. Grantham exprime ce volume par 1057 mètres cubes. Dans son article ” Nous devons parler de la croissance ” Michael Rowan a traduit ceci en 2, 5 milliards de milliards de systèmes solaires  / Cette source donne un volume du système solaire, si il est traité comme une sphère de  39,629,013,196,241.7 kilomètres cubes, ce qui revient à peu près à 40 x 1021 mètres cubes. Multiplié par 2.5 milliards de milliards, ceci donne  1041 mètres cubes. Donc, à moins que je ne me sois trompé sur le volume du système solaire ou ne me sois mélangé les pédales sur les unités, ce qui est tout à fait possible, la traduction de  Michael Rowan semble sous-estimée. Je vais rester avec cette image pourtant, car je n’ai pas confiance dans la mienne. Toute amélioration, commentaire ou correction pourra se faire à travers la page de contact et sera la bien venue.
3. EA Wrigley, 2010. Energy and the English Industrial Revolution. Cambridge University Press.
4..
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12. Philippe Sibaud, 2012. Opening Pandora’s Box: The New Wave of Land Grabbing by the Extractive Industries and the Devastating Impact on Earth. The Gaia Foundation.

La géo-ingénierie contre le réchauffement climatique ” Insensé, hautement fou et dangereux”

Evidemment, ça inquiète,  et dans cet effroi soudain face à l’impensable, la seule question qui vient à l’esprit est ” omment en est-on arrivé là”, là, à cette folie super-humaine, à ce choc des politiques prédatrices qui pillent et lâchent leurs toxiques partout sans y accorder le moindre souci, là, après ces campagnes financées par les Frères Koch pour nier les changements climatiques et les attribuer à la volonté de Dieu, là après ces évidences martelées années après années, ces preuves dans les faits, on pourrait passer à une étape plus destructrice encore, pensant que des équilibres qui ont mis des milliards d’années à s’organiser pourraient être modifiés en un claquement de doigt. L’idéologie du libre-arbitre qui est derrière, l’art de gouverner en passant à l’acte, en revenant au bercail avec les poches pleines comme indicateurs de réussite et à peser les conséquences après, une fois que tout le mal est fait et les choix impossibles à modifier est pourtant connue, elle a fait des dégâts en veux-tu en voilà, à tous les niveaux de la société et pire, au cœur même de ce qui porte cette société même, son appartenance à la bio-diversité et sa fragilité consubstantielle.

L’Hubris comme les Américains désignent le mal qui ronge cette culture de la toute-puissance  ira-t-elle jusqu’à ce point d’aveuglement où les fauteurs de destruction n’auront plus nulle part où aller, tout comme les victimes de leur cupidité insatiable et de leur absence pathologique d’éthique.E.G

 

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Al Gore fait baisser le ton sur les plans d’ensemencement des nuages ou du suçage de l’air pollué pour renverser le changement climatique.
Par Jon Queally, rédacteur.

Publié le Vendredi 16 Janvier dans Common Dreams  

Répondant à une version d’ébauche d’un rapport à venir de l’IPCC ( Intergovernemental Panel on Climate Change), obtenu et rapporté   par Reuters portant sur l’atténuation du changement climatique, l’ancien vice-président et activiste Al Gore dit que tout plan pour exécuter des solutions de géo-ingénieries face au réchauffement climatique sont «  déments, totalement folles et délirantes à l’extrême »

«  Nous sommes déjà engagés dans une expérimentation à la hauteur de la planète avec des conséquences dont nous pouvons dire déjà qu’elles seront déplaisantes pour l’avenir de l’humanité ». Aussi, la toute-puissance impliquée dans le fait de penser que nous pouvons venir avec une seconde expérimentation pour toute la planète qui contrecarrera la première expérimentation est un total délire » Al Gore

Bien que le rapport d’ébauche, présenté par Reuters, ne semble pas se faire fortement l’avocat pour certains de ces projets les plus aberrants, ce rapport note l’inévitabilité que les gouvernements mondiaux réduisent les émissions nécessitera des mesures plus agressives et pro-actives afin d’éviter la montée des températures que les scientifiques prédisent maintenant.

Comme le rapporte Suzanne Goldenberg du Guardian, les représentants  du climat aux  Nations Unies dans la prochaine édition de leur rapport, avertira que les gouvernements devraient extraire des quantités de gaz à effet de serre de l’air d’ici 2100 pour limiter le changement climatique. Mais l’ancien président des Etats Unis affirme que les recherches pour une solution immédiate, qui dit-il, sont nées du désespoir sont malavisées et ne peuvent conduire qu’à une catastrophe plus grande.

« L’idée que nous pouvons ajouter une autre forme de pollution dans l’air pour venir à bout les effets du réchauffement climatique est tout simplement folle “ a –til dit à une conference demandée par des reporters D’Afrique du Sud. »  Il a ajouté  «  Le fait que certains scientifiques qui sont supposés savoir mieux soient en ce moment engagés dans des discussions sur ces alternatives est la marque du désespoir dans lequel sont certains d’entre eux à cause de la paralysie du système politique global. »

Longtemps une fixation pour certains, une multitude de shémas de géo-ingénierie ont circulé, basés sur l’idée que si les interférences humaines ( à travers les vastes émissions industrielles et la pollution au CO2 ) ont provoqué le réchauffement de la planète, une sorte d’interférence supplémentaire avec la nature pourrait renverser la tendance. La semaine dernière comme l’a rapporté “ Common Dreams” des études menées par les chercheurs de l’Université  de Reading montraient qu’un plan pour l’emploi «  d’aérosols stratosphériques » pour bloquer la chaleur solaire pourrait provoquer «  des effets secondaires imprévisibles qui pourraient être aussi mauvais que la hausse du CO2

Et comme la journaliste et activiste Naomi Klein l’a précisé l’an passé dans une interview au Earth Island Journal, la géo-ingénierie est l’ «  expression ultime du désir d’éviter le lourd travail de réduire les émissions, et je pense que c’est ce qui est attrayant en elle. Je pense que nous verrons cette trajectoire suivie de plus en plus au fur et à mesure que le changement climatique deviendra impossible à nier. Un grand nombre d’individus sauteront directement sue la géo-ingénierie. Son attrait est dans le fait qu’elle ne compromet pas notre vision du monde. Elle nous laisse dans une position dominante. Elle nous dit qu’il y a une trappe de secours.  Si nous commençons à bricoler avec le thermostat de la terre-  colorant délibérément nos océans en vert glauque en leur faisant  éponger le carbone et javellisant les cieux jusqu’au blanc flou pour diminuer le rayonnement du soleil ( – on porte notre influence à un autre niveau. »

Bien sûr, une distinction est nécessaire entre des plans de mitigations durables, de réductions des émissions et des projets à grande échelle de géo-ingénierie.  Comme presque tous les experts s’accordent à le dire, il va falloir trouver des solutions technologiques et scientifiques significatives pour aider à diminuer (voire à résoudre) l’impact destructif du réchauffement climatique mais Gore et Klein rejette tout spécialement les projets à grande échelle comme l’ensemencement des océans ou des nuages avec des produits chimiques dans un essai inutile de renverser les dommages entraînés par l’âge industriel.

« La plus discutée de ces soi-disant propositions de géo-ingénierie- comme mettre du dioxide de sulfure dans l’atmosphère  pour renvoyer les rayons entrants du soleil, c’est tout simplement dément » dit Gore lors de sa conférence. «  Décrivons cela clairement, c’est tout bonnement cinglé »

Il ajoute “ Nous sommes déjà engagés dans une expérimentation à l’échelle planétaire avec des conséquences dont on peut déjà dire qu’elles seront déplaisantes pour le future de l’humanité. Donc, l’hubris impliquée dans l’idée que nous pouvons nous offrir une seconde expérimentation à l’échelle planétaire qui pourrait exactement contrebalancer la première est hautement fallacieuse.

Comme l’a écrit  Naomi Klein dans le New York Times en 2012, la chose la plus effrayante dans cette proposition est que ces modèles suggèrent que bon nombre des gens pouvant être mis en danger par ces technologies sont déjà vulnérables d’une façon disproportionnée à l’impact du changement climatique. Imaginons ceci : L’Amérique du Nord décide d’envoyer du sulfure dans la stratosphère pour réduire l’intensité du rayonnement solaire, dans l’espoir de sauver ses récoltes de maïs- malgré la possibilité réelle de générer des sécheresses en Asie et en Afrique. En bref, la géo-ingénierie pourrait nous donner ( à certains d’entre nous) le pouvoir d’exiler des quantités énormes de population en sacrifiant des zones entières par un simple retournement d’aiguillage.

Les ramifications géo-politiques sont terrifiantes. Le changement climatique rend déjà difficile à savoir si des évènement auparavant identifiés dans la catégorie des actes de Dieu ( Une vague incroyable de sécheresse en Mars ou une tempête frankensteinienne à Halloween) appartiennent encore à cette catégorie. Mais si nous commençons à bricoler le thermostat terrestre nous conduisons notre influence à un autre niveau. Une sécheresse en Inde sera vue, à tort ou à raison comme le résultat de la decision consciente d’ingénieurs  de l’autre côté de la planète. Ce qui était auparavant un manque de chance pourra devenir comme une conspiration malveillante ou une attaque impérialiste.

Traduction Elisabeth Guerrier

La guerre contre la Démocratie

Un article du Guardian qui révèle comment dans ce glissement du profit privé aux commandes des états, les services d’agences comme le FBI se vendent aux plus offrant pour pénétrer les groupes activistes.E.G

 

 

 Anti-NSA rally in Washington DC

Des contestataires marchent à travers Washington DC pendant le rallye  “ Arrêtez de nous surveiller ». Photograph: Allison Shelley/Getty Images

 

Un étonnant nouveau rapport rassemble des preuves nombreuses montrant que certaines des corporations les plus puissantes au monde ont fait alliance avec des  agences de renseignements privées et des agences de renseignements gouvernementales afin d’espionner les groupes activistes et les associations. L’activisme environnemental est le plus ciblé bien que n’étant pas le seul centre de ces activités.

Le rapport, établi par le Center for Corporate Policy ( CCP) à Washington DC a pour titre « Un business à faire froid dans le dos : L’espionnage  corporatiste contre les associations bénévoles » révèle une large quantité de preuves tirées de documents  publiques, y compris des plaintes et des investigations de journalistes. Il offre une image très troublante d’un programme d’espionnage corporatiste global qui est mené sans contrôle, avec probablement au moins un activiste sur quatre étant un espion privé.

Le rapport indique qu’une des conditions premières pour la mise en place de cet espionnage est que les associations en question :

  … gênent ou au moins menacent  suffisamment les objectifs de la compagnie et son image »

Un des groupes les plus ciblé et par plusieurs corporations est Greenpeace. Dans les années 90, Greenpeace était suivi par une firme privée de sécurité Beckett Brown International ( BBI) au nom de la plus grosse firme productrice de chlorine au monde, Dow Chemical, suite à la campagne menée par cette organisation contre l’usage de chlorine dans la fabrication du papier et du plastique. L’espionnage incluait :

“… se procurer des document mis à la poubelle,  tenter d’introduire des agents clandestinement au sein des groupes, surveiller les bureau, récupérer les conversations téléphoniques des activists et pénétrer les meetings confidentiels”

D’autres bureaux de Greenpeace en France et en Europe ont été introduits et espionnés par des firmes privées de renseignements française, au profit d’ Electricité de France, le plus gros opérateur mondial de centrales nucléaires, tenu à 85% par le gouvernement français.
Des compagnies pétrolières, Shell et BP ont aussi engagé Hackluyt, une firme privée d’investigation ayant des liens étroits avec MI6, pour infiltrer GreenPeace en implantant « un agent se faisant passer pour un sympathisant de gauche et un réalisateur ». Sa mission étant de rassembler « des informations sur les mouvements du vaisseau GreenPeace dans l’Atlantique nord. »

Le rapport du CCP note que :The CCP report notes that:

” Des associations œuvrant dans des domaines divers ont été la cible d’espionnage, y compris des associations environnementales, pacifistes, d’intérêt publique, de consommateurs, des associations pour une réforme de l’usage des pesticides, pour la sécurité alimentaire,  la réforme des soins à domicile, le contrôle des armes, la justice sociale, les droits des animaux et les groupes en faveur du contrôle  des armes. Beaucoup parmi les plus grandes corporations au monde  et leur associations commerciales- y compris les chambres de commerce, Walmart, Monsanto, Bank of America, Dow Chemical, Kraft, Coca Cola, Chevron, Burger King, Mc. Donald’s, Shell, BP, BAE, Sasol, Brown and Williamson et E.ON ont eu des liens avec l’espionnage ou les tentatives d’espionnage contre des associations, des activists ou des lanceurs d’alerte.”.

Explorant d’autres exemples de cette activité, le rapport note qu’ en Equateur après des poursuites contre Texaco impliquant une amende de 9,5 milliards de dollars pour les fuites de pétrole dans le Lago Agrio, la firme d’investigation privée Kroll a essayé d’embaucher la journaliste Mary Cuddehe en tant qu’ « espion des corporations »  pour Chevron, pour saper les études sir les effets environnementaux et sanitaires de la fuite.

Se référant au travail du reporter d’investigation Jeremy Scahill, le rapport pointe que la célèbre armée privée Black water, renommée XE services puis Academi, avait cherché à devenir l’ « arme électronique » de Monsanto, la corporation agricole et biotechnologique associée à l’alimentation génétiquement modifiée. Black Water a été payé pour «  fournir des dispositifs pour infiltrer les groupes d’activistes organisés contre la firme multinationale »

Dans un autre cas, Le “ Camp for Climate  Action” de Grande Bretagne, qui supporte le déclassement des mines de charbon, a été infiltré par la firme de sécurité privée Vericola au nom de trois compagnies, E.ON ? Scottish Power et le Scotish Ressources Group »

En analysant les emails révélés par Wikileaks de la firme privée d’intelligence texane Stratfor, le rapport montre comment cette firme a «  conduit des formes d’espionnage contre les droits de l’homme, les droits des animaux et les groupes environnementalistes  au nom de Coca Cola ».

Dans un des cas, les emails suggèrent que Sratford a mener des investigations sur «  People for the Ethical Treatment of Animals ( PETA) à la demande de Coca Cola et a eu accès à des documents classés du FBI sur le PETA. Le rapport révèle avec des preuves irréfutables que la plupart de l’espionnage corporatif a été facilité par les agences gouvernementales, en particulier le FBI. Le rapport du CCP examine un document datant de Septembre 2010 issu du bureau de l’Inspecteur Général du Département de la Justice américain, qui reprend toutes les investigations du FBI entre 2001 et 2006 et il conclut que :

«  les bases factuelles consistant à ouvrir des investigations sur des individus affiliés à des groupes était en fait faibles. .Dans certains cas, nous avons aussi trouvé que le FBI étendait la durée de ses investigations impliquant les groupes de défenses et leur membres sans bases adéquates. Dans certains cas, le FBI a classé certaines de ses investigations liées à la désobéissance civile sous la terminologie d’ «  acte terroriste»


A titre d’exemple, sur une investigation sur Green Peace, le Département de la Justice a trouvé que :

… Le FBI n’a coordonné que peu ou pas de bases pour suspecter la violation d’un  statut criminal federal quelconque  L’ouverture par le FBI des documents  de communications électroniques n’a amené aucun fait permettant de suspecter qu’ils planifiaient un crime contre l’état.  Nous avons aussi trouvé que le FBI a maintenu ses investigations pendant trois  années  bien après la réunion des  actionnaires de la corporation que devaient saboteur les suspects. Nous concluons que l’investigation a été maintenue  « au-delà du point où les justifications l’étayant n’existaient plus” ce qui est inadéquate avec le “Manual of Investigative and Operational Guidelines (MIOG).”

L’investissement du FBI dans l’espionnage au profit des corporations a été institutionnalisé à travers le “ Infragard”, un partenariat peu connu entre le FBI, l’industrie privée et le département de la sécurité intérieure. Ce partenariat implique la participation de plus de 23.000 représentants de l’industrie privée, y compris 350 sur les 500 des compagnies  du magazine  Fortune

Mais il ne s’agit pas seulement du FBI. Selon le nouveau rapport, des «  agents du FBI en activité sont autorisés à vendre leur expertise au plus offrant » une pratique qui «  donne aux firmes financières l’accès aux talents les plus expérimentés des services d’intelligence.  On sait peu de chose sur le travail au noir de la CIA ou sur les compagnies ayant embauché de tels agents.

Le rapport conclut que, à cause d’un extrême manque de surveillance, le gouvernement tend à approuver sans discussion la sous-traitance des services secrets.

« Dans les faits, les corporations sont maintenant capables de répliquer en miniature les services d’une CIA privée, employant des agents actifs et des officiers en retraite de l’intelligence service ou du service de l’application des lois.  Les actes hors la loi commis par  par les capacités de ces services privés d’intelligence  qui semblent  jouir d’une impunité presque totale est une menace pour la démocratie et le cadre légal.  En fait les corporations sont maintenant capables d’embaucher les compétences  des services de la sécurité intérieure qui sont à peine contraints par la norme légale ou l’éthique et de l’utiliser pour subvertir ou détruire des groupes citoyens. Cela érode beaucoup la capacité du secteur civique de contrecarrer le pouvoir inouï des corporations et de l’élite financière. »

 

 Gary Ruskin, auteur du rapport dit :

“L’espionnage des corporations contre les organisations à but non lucrative est un abus éhonté du pouvoir corporatiste qui subvertit la démocratie. Qui tiendra les rênes  des corporations sans loi  quand ils fonceront sur les défendeurs de la justice bénévoles ?

C’est une bonne question. Ironiquement, beaucoup de ces compagnies fer de lance de la guerre contre la Démocratie sont aussi en guerre contre la planète. La semaine dernière, The Guardian a révélé que 90 des plus grosses compagnies généraient presque les deux tiers des gaz à effets de serre et portent donc une responsabilité considérable dans le changement climatique.

 

 Dr Nafeez Ahmed is executive director of the Institute for Policy Research & Development and author of A User’s Guide to the Crisis of Civilisation: And How to Save It among other books. Follow him on Twitter@nafeezahmed

Traduit par Elisabeth Guerrier

Lettre sur la vie sauvage Wallace Stegner

J’offre la traduction de cette lettre de Wallace Stegner comme mes vœux de nouvelle année à tous ceux qui me sont chers et aux autres.

A travers ce qu’il nous dit de la nécessité vitale pour l’espèce humaine de la présence à ses côtés de la sauvagerie dont elle s’est extraite, il donne à mesurer la place, que nous tendons à oublier ou forcer, de rouages dans un système qui nous dépasse et nous a précédé sur des milliards d’années, nous survivra aussi  quoi qu’on en veuille. L’écologie n’est pas une branche d’une vision politique qui la considérerait comme seconde aux enjeux politiques et sociétaux, elle est la base de référence de ces dits enjeux. Celle qui nous remet à notre rang dans ce qui continue d’être une évolution et qui quelles qu’en soient les issues, nous ramènera si nous ne reprenons pas les marques de la relativité de notre règne, à notre statut de forme de vie et de créatures de passage. E.G

 Wallace Stegner: Un monde pour la vie sauvage

“ Vous n’allez pas là-bas pour trouver quelque chose” a-t-il dit une fois à propos des étendues sauvages, vous allez là-bas pour disparaître”. C’est ainsi que John Daniel se souvient de son ami et mentor Wallace Stegner ( Daniel 1996, p. 81.82)

Stegner était un homme remarquable qui utilisait ses talents d’écrivain pour parler passionnément et honnêtement de la sauvagerie dans la nature et dans les individus.

Sa voix et ses perspectives étaient claires dans ses fictions, dans ses documentaires et ses actions personnelles. Son roman “ Angle de repos”  qui gagna le prix Pulitzer en 1972 est en lui-même une grande réussite. Mais peut-être son travail ayant eu le plus d’impact à long terme est la lettre “ Lettre de l’état sauvage” qu’il écrivit en 1960 à la Commission de la revue Outdoor recreation revue :

«  Il y a quelque chose qui va nous échapper en tant que peuple si jamais nous laissons les territoires sauvages être détruits. Si nous permettons que la dernière forêt primaire soit transformée en BD ou en boîte de plastique pour cigarettes, si nous conduisons les quelques survivants d’espèces sauvages dans des zoos ou vers l’extinction, si nous polluons le dernier air et salissons le dernier ruisseau limpides ou poussons nos routes bitumées à travers le dernier silence, jusqu’à ce que plus jamais aucun américain dans son propre pays ne soit libéré du bruit, de l’épuisement, de la puanteur de l’humain et du gâchis de l’automobile. Et jusqu’à ce que nous n’ayons plus jamais la possibilité d’être seul, séparé, vertical et individué dans la monde, parti de l’environnement des arbres, des rochers et de la terre, frères des autres animaux, partie d’un monde naturel et compétent pour lui appartenir. Sans plus de territoires sauvages nous sommes pris complètement, sans plus aucune chance, même momentanée de réflexion et de repos, dans une ruée dans notre vie technologique de termites, le brave nouveau monde d’un environnement complètement contrôlé par l’homme. Nous avons besoin de sauvagerie protégée- autant qu’il en reste encore et d’autant de sortes possibles- parce que c’était le challenge qu’elle a posé contre notre façon d’être en tant que peuple qui nous a formé. Le rappel et la réassurance qu’elle est encore là sont bons pour notre santé spirituelle même si nous n’y avons mis les pieds qu’une fois en dix ans. Ils sont bons pour nous quand nous sommes jeunes, à cause de l’incomparable santé qu’elle peut amener brièvement, sous la forme de vacances ou de repos, dans nos vies affolées. Ils sont bons quand nous sommes âgés, simplement parce que c’est là. Important, c’est-à-dire, comme idée » Stegner 1960

“Something will have gone out of us as a people if we ever let the remaining wilderness be destroyed; if we permit the last virgin forests to be turned into comic books and plastic cigarette cases; if we drive the few remaining members of the wild species into zoos or to extinction; if we pollute the last clear air and dirty the last clean streams and push our paved roads through the last of the silence, so that never again will Americans be free in their own country from the noise, the exhausts, the stinks of human and automotive waste. And so that never again can we have the chance to see ourselves single, separate, vertical and individual in the world, part of the environment of trees and rocks and soil, brother to the other animals, part of the natural world and competent to belong in it. Without any remaining wilderness we are committed wholly, without chance for even momentary reflection and rest, to a headlong drive into our technological termite-life, the Brave New World of a completely man-controlled environment. We need wilderness preserved–as much of it as is still left, and as many kinds–because it was the challenge against which our character as a people was formed. The reminder and the reassurance that it is still there is good for our spiritual health even if we never once in ten years set foot in it. It is good for us when we are young, because of the incomparable sanity it can bring briefly, as vacation and rest, into our insane lives. It is important to us when we are old simply because it is there–important, that is, simply as an idea.” (Stegner, 1960).

Traduction Elisabeth Guerrier