AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Environnement

Le responsable des Nations unies avertit que “les océans sont menacés comme jamais auparavant”

 

 

Le responsable des Nations unies avertit que “les océans sont menacés comme jamais auparavant”

 

UN chief warns oceans ‘under threat as never before’

 

 

Antonio Guterres nous dit qu’une étude récente affirme que si rien n’est fait, le poids des déchets plastique pourrait dépasser celui des poisons d’ici 2050

 

 

 Nations unies

 

Antonio Guterres parle à l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur les océans à New York. [Carlo Allegri/Reuters]

 

 

Le Secrétaire général Antonio Guterres  a ouvert la toute première conférence des UN  sur les océans avec l’avertissement que “les mers sont en danger comme jamais auparavant” avec une étude récente alertant sur les déchets plastiques  qui pourraient dépasser la masse des poissons d’ici 2050 si rien n’est fait.

Le responsable des Nations Unies a dit lundi aux Présidents, ministres, aux diplomates et aux militants environnementaux de Presque 200 pays les océans, “ la source de vie de notre planète “  étaient sévèrement endommagés par la pollution, la surpêche et par les effets du changement climatique ainsi que par les déchets.

La conférence de cinq jours, qui a commence le jour de la journée mondiale de l’environnement est le premier événement majeur à se concentrer sur le climat depuis que le Président Donald Trump a annoncé mercredi que les USA allaient se retirer des accords  historique de 2015  établis lors de la conférence   des accords de Paris sur la climat.  – une décision critiquée par le Président de Bolivie, Evo Morales et par d’autres porte-paroles.

Les Nations unies accentuent leur pression sur la changement climatique, alors que Trump repousse les accords de Paris.

Guterres  a dit que le but de la conférence est de « renverser le courant » et de résoudre les problèmes que nous avons nous-mêmes créés.

Il a ajouté que les intérêts rentrant en compétition sur des territoires et sur les ressources naturelles depuis trop longtemps  freiné les progrès dans le domaine du nettoyage et de la restauration de la santé de nos océans qui couvrent les deux tiers de la planète.

« Nous devons mettre de côté les intérêts nationaux à court terme afin de prévenir une catastrophe globale à long terme. » a dit Guterres. «  conserver nos océans et les utiliser durablement est une façon de préserver la vie elle-même »

Le Président de l’assemblée générale Peter Thomson, un diplomate fidjien a dit que “ le temps est venu pour nous de corriger nos mauvaises pratiques »

«  Nous avons libéré une peste de plastique sur l’océan qui souille la nature de si nombreuses façons. » a-t-il dit, «  Il est inexcusable que l’humanité jette l’équivalent d’une grande benne à ordure de plastique dans l’océan chaque minute de chaque jour. »

 

Thomson  a aussi averti que les pratiques de pêche illégales et destructives et la production d’aliments pour les pêcheries mènent les réserves  vers le point de disparition.” Il a ajouté que la production croissante d’oxyde de carbone par l’homme ne mène pas seulement vers le changement climatique mais conduit à la montée des niveaux de la mer en réchauffant les océans et en les rendant plus acides avec moins d’oxygène, ce qui dégrade la vie marine.”

A regarder : la quête de salut pour les récifs de coraux

Thomson dit que la conférence représente certainement la meilleure opportunité pour” renverser le cycle du déclin que l’activité humaine a apporté aux océans” et pour déclencher les actions afin d’atteindre les buts de s NU de 2030 pour conserver et organiser les ressources des océans.

La Conférence a demandé aux gouvernements, aux groupes des Nations unies, à la société civile de s’engager afin d’agir sur la santé des océans. Jusqu’ici, plus de 730 engagements ont été reçus, la plupart pour préserver des zones protégées, selon le porte-parole de la conférence Damian Cardona.

A la fin de la conférence de vendredi, presque 200 pays vont rédiger un appel à l’action à l’égard des questions marines sur lesquelles Cardona dit que l’accord est fait.

Le Président de la Micronésie, Peter Christian dit que les îles du Pacifique sont inquiètes que l’océan ait été laissé seul pour se soigner après avoir été utilisé comme décharge pour les déchets industriels et comme terrain de test pour l’armement,  et avoir été pollué par l’homme sur ses côtes et par les bateaux en mer.C et appel pressera les nations pour créer des mesures robustes à long terme afin de réduire l’usage du plastique, y compris celui des sacs plastiques et d’agir sur la montée des eaux qui menace de nombreuses îles, sur la montée des températures des océans et l’augmentation de l’acidité.

Accentuant l’importance de la participation des tous les pays faisant partie des Accords de Paris, Christian a ajouté dans une apparente référence à la décision de Trump,  « Pendant que certains peuvent continuer à nier la culpabilité humaine dans les effets destructeurs du changement climatique sur les îles et leurs habitants… aucun homme, aucune île, aucun village ni aucune nation ne peut nier que les déchets dans nos océans sont bien le fait de l’homme. »

 

«  Et que l’homme à cause de ça se doive de nettoyer son désordre. »

Le Bolivien Morales a été plus direct, disant à la conférence que « le gouvernement des USA, un des «  principaux pollueurs au monde », avait décidé de quitter les accords de Paris en niant la science, en tournant le dos au plurilatéralisme et en essayant de denier un possible future aux générations à venir. »

Ceci en a fait une des menaces principales pour la Terre et pour la vie elle-même » a dit Morales.

 
TechKnow – Etouffer la planète: le problème avec le plastique.

Source: AP news agency

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

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Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

 

 

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

In Arctic, Ancient Diseases Reanimate and Highways Melt as Temperatures Hit “Frenzy” of Records

 

par :  Dahr Jamail

 

 

 

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Le Pic Byron avec le glacier Byron au centre-gauche de la photo. Il ya moins de vingt ans, le glacier Byron recouvrait la portion supérieure de la vallée mais il est en ce moment rapidement entrain de remonter jusqu’au sommet de la colline. Remarquez les nombreuses chutes d’eau provenant de ce qui reste d ce glacier. (Photo: Dahr Jamail)

 

 

 

Alors que je comptais dix années de reportage sur les impacts de l’occupation US en Irak en 2013, il m’était impossible de trouver un seul Irakien qui n’ait pas eu un membre de sa famille, de ses proches ou de ses amis qui n’ait pas été tué par les troupes américaines une action de terrorisme d’état sponsorisée et une violence arbitraire résultant de ce qui est évoqué précédemment.

Maintenant, en ayant passé l’été entier en Alaska, il me reste à avoir une conversation avec les rangers des parcs nationaux, les glaciologues ou simplement avec les promeneurs avides qui ne contienne pas une histoire d’incrédulité, d’étonnement ou souvent de choc à propos de l’impact des modifications climatiques anthropogéniques à travers leur état bien aimé. [anthropogenic climate disruption (ACD)]

Qu’il s’agisse des rivières causant des érosions massives après avoir chargées à la vitesse grand v par la fonte des glaciers, de la température sérieusement élevée tout au long de l’année ou de la fonte et de la retraite des glaciers eux-mêmes, tous ceux qui demeurent ici, observant l’impact en première position, ont tous des expériences dramatiques à partager.

À titre d’exemple, à moins d’une heure de route d’Anchorage, j’ai visité une région où j’ai fait de l’escalade dans le passé. Un vieux partenaire m’avait suggéré de visiter le Byron Peak, qui se trouve à la fois près de Turnagain Arm et de Prince William Sound, afin de voir combien le glacier Byron avait reculé depuis que nous étions venus là la pour la dernière fois.

 

Pour atteindre l’arête de la montagne, j’ai dû d’abord avancer au-delà de la base du glacier Byron, qui, en 1999, couvrait alors toute la vallée.

Maintenant, moins de vingt ans plus tard, quand j’ai vu pour la première fois à quel point le glacier avait reculé, je me suis arrêté brutalement dans ma course. Cela m’a fait l’effet de recevoir un coup de poing dans l’estomac et je me suis surprise à essuyer une larme lorsque la terrible évidence s’est impose à moi. Ce qui reste maintenant du glacier Byron est dans un processus de recul complet vers sa source. Ceci devient un micro-exemple du macro-Alaska, dont les glaciers perdent 75 milliards de glace en trop chaque année, selon la NASA.

Tout ne va pas au mieux dans le Grand Nord.

C’est parce que dans l’Alaska actuel, les records de température tombent aussi vite que la population d’oiseaux dégringole.

Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans la plus grande ville de l’état, Anchorage. Les températures dans la partie sud-est de l’état ont toutes augmentée autant que Deadhorse, sur l’Océan Arcic qui bat tous les records, l’aéroport de Deadhorse atteint un étonnant 30° C.

Rick Thoman, un climatologue et responsible des services au National Weather Service en Alaska, a dit à la presse  tqu’une des sources des températures anormalement élevées dans l’état provident de la temprérature anormalement chaude des eaux de surface de la mer et il a ajouté : , « Dans la mer du Détroit de Bering, spécialement au sud de l’île de St. Lawrenceles sont vraiment incroyablement haute comparé à la normale.

Une  étude récente montre comment la climat qui se réchauffe à travers l’Alaska décime de grandes étendues d’habitat pour de nombreuse espèces d’oiseaux côtiers qui migrent vers l’Arctique annuellement. L’étude montre que les deux-tiers des espèces qui migrent vers l’Alaska subiront un impact, dont certaines perdant jusqu’à 90% de leur habitat. Le réchauffement climatique provoque également l’éclosion précoce des insectes, entraînant une diminution des réserves de nourriture pour les oiseaux et leurs petits, et  contribuant au déclin des populations.

Même les routes de l’Alaska ressentent la chaleur. La fameuse Route de l’Alaska, qui a attire les chercheurs d’aventures depuis des décennies, fait un arc à travers la Colombie britannique et le Yukon avant de traverse l’Alaska central jusqu’à son point final à la jonction du Delta. Mais comme le permafrost sous cette route continue de fondre à un rythme de plus en plus rapide, de larges fissures, des failles et des fentes sont entrain de le détruire.

«  Ici, c’est le plus gros problème géotechnique que nous ayons. » dit Jeff Currey, du Département des transports de l’Alaska  à un  reporter. «  Les Romains ont construit des routes il y a deux mille ans que nous utilisons encore. Et nous nous avons construits des routes qui, en un an ou deux, sans maintenance, ressemblent à des montagnes russes parce qu’elles sont construites sur le permafrost sensible au dégel. »

Ce ne sont pas que les chercheurs d’aventures qui vont subir l’impact de la détérioration de la route, c’est une voie essentielle utilisée pour le transport de nourriture, de matériel et de médicaments vers les villages de l’Alaska. Dans un tour ironique du destin, l’autoroute qui fond est aussi utilisé par les compagnies pétrolières pour transporter leur équipement lourd vers ce qui a été l’élément vital de l’économie de l’état depuis que du pétrole a été découvert dans la partie du North Slope de l’Alaska.

Et les signes de réchauffement anthropogènes à travers le reste de l’Alaska sont également choquants. Dans le nord-ouest du Groenland, des déchets toxiques radioactifs datant de la guerre froide, avec lesquels on trouve des déchets chimiques et biologiques, court le risque    d’être mis à jour  comme la glace fond rapidement. De toute évidence, la décision du gouvernement d’enterrer ces dangereux déchets sous plus de trente mètres de glace n’a pas pris en compte le fait que la couverture de glace serait la plus grande contributrice à la montée du niveau des mers pendant l’ère anthropocène.

 

«  Si la glace fond, les infrastructure du dépôt, y compris les déchets radioactifs, biologiques et chimiques pourraient retourner dans l’environnement et potentiellement modifier les écoystèmes voisins. » L’Université de Zurich qui a étudié ces évolutions dans un document publié dans le journal “ Geophysical Research Letters Bulletin de la Société américaine de meteorology, If the ice melts, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical and radioactive wastes could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems,” the University of Zurich, which documented these developments in a study published in the journal Geophysical Research Letters Bulletin of the American Meteorological Society, a fait ce constat aux médias d’après leur enquête.

Plus loin en Sibérie, la fonte du permafrost a provoqué une épidémie d’anthrax qui a entraîné l’hospitalisation de dizaines de personnes et dont au moins un enfant est mort. Deux-mille daims ont été touché par le virus jusqu’à maintenant et le gouvernement russe à déplacé plusieurs familles hors de la zone. La cause de cette épidémie ? Le dégel d’une carcasse de daim qui avait été infectée par l’anthrax il y a des dizaines d’années.

Le déclenchement s’est produit dans la péninsule de Yamal où, comme Truthout l’a déjà rapporté, des quantités massives de méthane enfermées dans le permafrost ont explosé jusqu’au sol, créant de larges cratères.

En réponse à la réanimation de la bactérie, le Russie a envoyé des troupes entrainées à la guerre bactériologique   pour mettre la zone en quarantaine. Ce type de déclenchement de maladie dans l’Arctique  était auparavant le produit de la science-fiction, mais ce n’est plus le cas. . Les spécialistes du climat  craignent  que cela ne soit qu’un avant-goût de ce qui reste à venir si l’Arctique continue de se réchauffer à une vitesse record. Dans la mesure où il n’existe aucun moyen de savoir quelles autres bactéries mortelles demeurent gelées dans le permafrost, nous aurons à les découvrir uniquement quand la glace fondra, comme cela se passe dans l’Arctique, lorsqu’elles se réanimeront à leur tour comme en Russie.

Tout ceci n’est que le sommet de l’iceberg, si l’on peut dire. Ce n’est qu’un indice de ce qui est à venir comme les températures globales continuent de monter.

2015 a été une folie” dans les records climatiques selon le the Scientific American journal, des plus chaudes températures enregistrées jusqu’au simple plus grand taux de CO2 dans l’atmosphère. Cependant, 2016 est déjà sur la voie de dépasser ces records, comme la première moitié de l’année a déjà fait exploser les températures enregistrées précédentes. Selon la NASA et le  National Oceanic and Atmospheric Administration(NOAA).

La NASA a récemment publié des données montrant que juillet était le mois le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire, c’était juillet 2015. Nous devons regarder sobrement et honnêtement où en est la planète et ce que cela signifie pour nous en tant qu’espèce, avec les autres espèces vivant sur terre. 2016 est en train de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le dernier record était 2015. L’année la plus chaude précédente étant l’année 2014. Chacun des mois des derniers 14 mois  a battu un record      de chaleur mensuelle sur ce même mois. Quinze des seize années les plus chaudes jamais enregistrées le sont depuis 2000.

Nous sommes au milieu d’un évènement concernant le blanchissement record des récifs de corail, les incendies continuent de se produire à une fréquence, une durée, une localisation et un degree de chaleur record, et la glace de l’Arctique recouvrait une zone l’hiver dernier qui était la plus fine depuis que les mesures ont commencé   et elle est également proche du plus bas niveau jamais enregistré. La Terre est officiellement entrée dans la sixième extinction de masse  n et rien n’indique que la réponse de coordination gouvernementale afin d’interrompre les émissions issues des énergies fossiles soient en voie d’être réduites.

Comme nous évoquons ces faits, les enquêtes de ce mois donnent plus de détails sur ce qui se produit sue terre maintenant, comme le réchauffement continue d’avancer.

 

Terre

 

Il y a maintenant des données scientifiques prouvant que le réchauffement accentue les risques de guerre. De nouvelles recherches  faites par de chercheurs allemands  ont montré un lien statistique entre les conditions climatiques extrêmes provoquées par le réchauffement et les explosions de violence extrême.

Pendant ce temps, au Japon, une  étude récente évalue  comment le réchauffement menace l’agriculture de ce pays d’une façon catastrophique.

«  Si les prédictions les plus pessimistes s’avèrent exactes, écrit ce rapport,  « d’ici la fin du siècle le monde pourrait voir ce qui sont maintenant des produits tout à fait ordinaires sur une table japonaise devenus des aliments extrêmement rares ou que les gens avaient l’habitude  de manger dans les passé. »

De retour aux USA, tristement,  a une étude récente révèle  comment le légendaire sapin de Douglas voit sa croissance altérée à cause des températures plus chaudes et du stress de sécheresse entrainé par le réchauffement.

Plus d’informations déconcertantes  nous arrivent de la Société Audubon, qui a publié un récent rapport dans la region de Puget Sound, dans l’état de Washington, les goélands à ailes grises sont contraints au cannibalisme pour s’alimenter, à cause du réchauffement des mers qui raréfie leur nourriture habituelle.

 

Eau

Les sécheresses entretenues par le réchauffement est une des forces majeures ayant entrainé l’assèchement complet des rivières principales. Le Gouvernement a déclaré l’état d’urgence et admis que le pays entier était aux prises avec  « une crise écologique »  comme une quantité énorme de cadavres d’animaux sauvages tapissent sur des centaines de kilomètres le lit de la rivière.

Les mers de plus en plus chaudes génèrent une augmentation sans précédent des méduses  tout autour du globe. Leur nombre est suffisamment élevé pour saboter les équipements de réseaux endommagés par des millions de méduses qui obstruent les canaux sous-marins, pendant que des scientifiques réfléchissent à la possibilité de robot broyeurs et autres solutions de dernier recours.

Une récente étude du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention (CDC) révèle une « montée remarquable » dans la fréquence des maladies d’origine hydrique liées au réchauffement global des températures, pendant qu’en Floride, une algue verte épaisse  couvrant de vastes étendues de plage semble devoir devenir la nouvelle norme.

L’océan toujours plus chaud continue de créer le blanchiment généralisé des récifs coraliens. À Guam, les rifs ont été blanchis pendant ces quatre dernières années.  s. L’écologiste coralien Laurie Raymundo Coral dans le cadre de l’Université de Guam  dit  que avant 2013, les récifs coraliens de Guam avaient échappé au blanchiment qui se produisait Presque partout ailleurs dans le monde. Cependant, dit Raymundo, «  En 2013, 2014 et 2015, nous avons été touchés et le sommes encore maintenant. Pendant les quatre dernières années, il y a eu des épo=isodes de blanchiment et nous n’avions pas vécu cela de cette manière dans notre histoire récente. »  Raymundo estime que plus de la moitié des coraux de Guam sont morts entre 2013 et 2014 et qu’à peu près 85% de la totalité des récifs ont été blanchis. Après une plongée récente d’inspection des coraux,  Raymundo décrit la destruction éciologique à laquelle elle assiste : «  Je me considère comme étant tout à fait objective et rigoureuse scientifiquement. Mais parfois je manque cette approche. Aujourd’hui pour la première fois en cinquante ans, je suis allée sous l’eau, j’ai pleuré pendant une heure, juste sous mon masque, en constatant jusqu’à quel point les étendues de coraux de notre si jolie baie de Tumon blanchissaient et mouraient. »

 

Pendant ce temps, le niveau des eaux continue de monter. L’Union des scientifiques inquiets a publié un rapport  avertissant récemment que de larges zones des bases militaires nord-américaines le long de la côte est seraient inondées d’ici à 2050. Ce rapport estime que les inondations dues aux marées et aux orages augmenteront de 2, 600 % par an dans des zones où de nombreuses bases sont situées.

Un autre rapport publié par des  experts immobiliers  prèdit que la montée du niveau de la mer sera celle que quelques  climatologues prédisent (  1 , 80 mètre )  jusqu’à 2100 et que au moins 300  villes américaines auront perdu la moitié de leurs habitations et que 36 villes seront englouties.

En ce qui concerne la montée du niveau de la mer, nous avons de mauvaises nouvelles pour les habitants des îles, récent rapport  montrant que les derniers mammouths laineux de l’Amérique du Nord sont morts du manque d’eau fraîche quand la montée de la mer a tué les plantes qu’ils consommaient et contaminé l’eau potable. Ces phénomènes joueront un rôle pour les habitants côtiers pendant que le niveau des mers continue à monter, accompagné par des grandes marées et des orages.

 

En Inde, la Mousson est devenue plus intense qu’à l’habitude à cause de la capacité de l’atmosphère à contenir de plus grande quaintité d’humidité. Ceci a été flagrant en juilllet dernier  quand une inondation a recouvert tous le nord-est de l’Inde  touchant plus de 1, 2 millions de personnes et dévastant d’importantes zones de terres cultivables.

Pendant ce temps en Louisiane, le Gouverneur John Bel Edwards a récemment déclaré l’état d’urgence quand une inondation qu’il a qualifiée de “jamais vue”   et d’ “historique” a tué sept personnes et amené 20.000 personnes à être sauvées. En fait, même la demeure du Gouverneur s’est vue inondée avec de l’eau à hauteur de torse, noyant le sous-sol et endommageant le système électrique. À propos des mesures de sauvetage, le Gouverneur Edwards a commenté, sombrement : « Nous avons sauvé des territoires administratifs, nous n’avons pas sauvé des gens. “

À l’autre extrémité du spectre de l’eau, la  Food and Agriculture Organization des Nations Unies a averti que nous étions dans un « temps de course contre la montre » touchant au moins 23 millions de paysans touchés par la sècheresse en Afrique où toute la partie sud du continent continue d’être touchée par des sècheresses massives pendnant que le réchauffement climatique progresse.

Selon les Nations Unies, plus de 60 millions de personnes de par le monde, don’t les deux-tiers se trouvent dans la partie est et sud de l’Afrique font déjà face à des rationnements de nourriture chroniques dus à des sécheresses continuelles.

Au Groenland, la couche de glace continue de fonder rapidement.   La NASA a récemment produit une carte  révélant l’étendue des parties du Groenland qui fondent intensément par en dessous. Ceci parallèlement aux observations simultanées qui montrent comme la surface de la glace fond à une vitesse accélérée.

Un peu plus de la moitié de la base des glaciers du Groenland  a dégelé maintenant et  le rapport de la NASA affirme   «  Savoir si la glace du Groenland est située sur un sol humide et glissant ou est accrochée à un lit pierreux sec et gelé est essentiel pour pouvoir prédire comment la glace va s’écouler dans l’avenir. »  En fonction de ce constat, tout comme le réchauffement s’intensifie avec chaque jour qui passé,

Dans le contexte des élections, Donald Trump a nié le réchauffement climatique d’une façon encore plus vive, même par rapport à la position du Parti républicain.

Non seulement appelle-t-il le réchauffement une “arnaque” mais il a été jusqu’à dire qu’il reverrait les régles imposées par le Président Obama le  concernant ,  qu’il sortirait les USA des accords de Paris de décembre dernier, qu’il favoriserait les forages et bien sûr imposerait moins de régulation environnementales, s’il était élu président..

Bien que son adversaire, Hillary Clinto , reconnaisse la réalité du réchauffement et ait incorporé quelques éléments de la rhétorique de la campagne de Bernie Sanders à sa plateforme, elle appelle à construire plus de routes et plus d’aéroports, ce qui, bien sûr, ne ferait qu’induire de plus grandes émissions de CO2. Ceci est a ajouter au fait qu’elle a choisi le Sénateur de Virginie Tim  Kaine, comme son partenaire aux élections.

Kaine supporte les forages offshore, ainsi que la construction de terminaux de gaz naturel pour l’exportation. Lorsqu’il était gouverneur de Virginie, il a supporté l’une des dernières centrales à charbon qui fût construite aux USA.

Même si Clinton est élue, les actions brutales, obligatoires et d’urgence à grande échelle nécessaires pour cesser la plupart des émissions de CO2 immédiatement – comme une étape vitale pour atténuer le réchauffement – ne sont tout simplement pas sur la table.

.Pendant ce temps,  des enquêtes récentes indiquent  qu’une majorité croissante  ( 66%) de citoyens américains pensent que le réchauffement est réel. En même temps, le nombre de personnes questionné qui croient que le réchauffement est à son niveau le plus bas est de 15%, plus bas que les 24% d’il y a une année.

Ègalement sur le front de la réalité, le rapport sur l’état du climat ( State of the Climate report) , un bilan annuel faisant reference sur le climat global a ét& récemment publié dans le bulletin de la société américaine de météorologie (  Bulletin of the American Meteorological Society.) Le rapport détaille comment la chaleur des océans et la température de l’air dépassent des records, comme le niveau des océans touchent un niveau jamais atteint et comme le CO2 a dépassé le niveau critique, pendant que le monde continue à être poussé à une vitesse aveugle dans un environnement que l’espéce humaine n’a jamais expérimenté.

Des climatologues de renom ont récemment avertis que la terre est extrêmement proche des 1.5 degrés supplémentaires limites, simplement huit mois après que ce but ait été fixé à Paris lors de la COP 21 à la fin de 2015. La croyance lors des pourparlers de Paris était que limiter le réchauffement à se maintenir en-dessous de 1.5°C , il y aurait une chance de prévenir la fonte de la glace polaire, de limiter la destruction des récifs coralliens et de prévenir une montée extrême des niveaux marins.

Cependant, il n’est que trop apparent que ces phénomènes sont déjà complètement en cours et augmentent en intensité.

 

DAHR JAMAIL

Dahr Jamail, un reporter de Truthout, est l’auteur de :  The Will to Resist: Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan, (Haymarket Books, 2009), et de Beyond the Green Zone: Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq, (Haymarket Books, 2007). Jamail a été reporter en Irak pendant plus d’un an ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Turquie pendant les dix dernières années, il a gagné le prix Martha Gellhorn pour le journalism d’investigation, parmi d’autres recompenses.

Son troisième livre :  The Mass Destruction of Iraq: Why It Is Happening, and Who Is Responsible, co-rédigé avec William Rivers Pitt, est disponible maintenant sur Amazon. Il vit et travaille dans l’état de Washington.

 

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

La Fondation Gates est-elle une force positive ? Quatrième partie

 

La Fondation Gates est-elle une force positive ?

 

Le texte qui suit est le fruit d’un long travail d’expertise  et d’enquêtes extrêmement pointues menées par Global Justice  Now touchant les secteurs d’intervention de l’empire Gates. Nous y apprenons, sur plus de soixante-dix pages qui seront publiées par thèmes, la force d’intervention de la Fondation Gates dans les affaires publiques du monde et en particulier celles des pays en voie de développement où elle pratique des opérations de promotion de ses valeurs et, comme tout dans ce système de l’ultra-libéralisme qu’elle défend, de ses intérêt, au détriment de la conscience politique et de l’action des peuples auxquels elle impose ses choix et de leurs gouvernements, trop démunis pour résister à des propositions de solutions massives importées pour combler les failles juridiques ou pratiques de leur fonctionnement. Est-il normal, dans un contexte de démocratie, de voir livrés au bon vouloir d’un seul homme et de ses subalternes les choix touchant les années à venir de millions d’individus ? Est-il concevable que la dimension caritative et toute sa constitution subjective soit plus puissante que la dimension politique et les rouages de délégations qu’elle implique ? Le poids financier et décisionnel de Gates et des acolytes des bio-technologies et de l’empire pharmaceutique qu’il soutient est plus lourd que celui de nations entières ? Ce simple fait n’est -il pas le signe d’un dysfonctionnement structurel majeur ? E.G

 

LA FONDATION GATES EST-ELLE UNE FORCE POSITIVE ?

 

Quatrième partie : la Fondation et la bio-technologie en Afrique

 

La BMGF promeut un certain nombre de priorités spécifiques à travers ses dons à l’agriculture, de nombreuses parmi elles compromettent les intérêts des petits agriculteurs tout en affirmant les protéger. Ceci comporte la promotion d’un modèle d’agriculture industrielle, l’usage croissant d’engrais chimiques et de céréales chères, sous patent, la privatisation des services d’extension et une large concentration sur les céréales transgéniques. La scientifique indienne,   Vandana Shiva a nommé a fondation Gates la menace la plus grande pour les fermiers des pays en voie de développement.159  La fondation finance l’Alliance  for a Green Revolution in Africa en favorisant l’agriculture industrielle. L’Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA) est devenue l’organisation africaine la plus importante, visant ostensiblement à éradiquer la faim à travers le continent. Elle a été créée par les Gates et par la fondation Rockfeller en 2006 afin  d’améliorer l’agriculture africaine partout où c’est possible et pour le faire aussi vite qu’il est possible.160 Depuis lors, la BGMF a octroyé des fonds d’un montant de 420 millions de dollars à AGRA161, qui en pratique est un substitut de la BMGF. L’ancien PDG de la fondation Jeff Raikes et la Directrice de l’agriculture sont partie prenante du conseil d’administration de l’AGRA162, qui a été décrit par la BMGF comme  La voix et le visage de l’Afrique pour notre travail.163 En aucun cas l’ensemble du travail de AGRA n’est négatif. Certains de ses projets encouragent la santé des sols et l’agriculture féminine, par exemple, et sont vraisemblablement positifs bien qu’il ya ait peu voire pas d’évaluation de ces programmes. Cependant l’idée maîtresse d’AGRA, comme son om l’indique est de supporter l’agriculture industrielle- avec comme point central la promotion de technologies comme les semences hybrides et les engrais chimiques.  Le problème principal avec AGRA est qu’elle prépare le terrain pour une plus forte pénétration de l’agriculture industrielle et des engrais chimiques. Le site de la BMGF est de mauvaise foi sur son site à propos de ses supports à l’agriculture industrielle, il y est dit : « Nous encourageons les fermiers à adopter et pratiquer des techniques durables de culture qui les aident à faite croître plus sur moins de terre, d’eau, d’engrais et d’autres apports coûteux tout en préservant les ressources naturelles pour les générations futures. ».164 Cependant l’enjeu principal pur l’AGRA est de promouvoir de tels « apports coûteux », tout spécialement les engrais qui amène des risques pour la santé notoires, accentuent l’érosion des sols et peuvent piéger les petits dans des dettes invivables.165 La BGMF, par l’intermédiaire de AGRA est l’un des plus grand promoteur de’engrais chimiques au monde et certains fonds alloués par la BMGF à AGRA ont tout spécialement comme but de chercher à «  construire la chaîne d’engrais en Afrique ».166 Une des plus grandes donations d’AGRA, équivalent à 25 millions, a été pour l’aide à l’installation de l’African Fertiliser Agribusiness Parnentship ( AFAP) en 2012. 167 le véritable but est de   au moins doubler l’usage total des engrais en Afrique.168 En fait le Président d’alors d’AGRA,  Namanga Ngongi, un ancient official de l’ONU, a quitté son ancient poste à l’AGRA pour devenir le fondateur et actuel président de l’AFAP en 2012.169 En Août 2014, L’AGRA a publié un rapport majeur, se plaignant du faible usage des engrais par les fermiers africains. Il y est noté qu’AGRA supporte l’AFAP afin de développer la production de nouveau engrais, des opérations de stockages et de revente, avec le but initial de fournir 225.000 tonnes supplémentaires d’engrais aux fermiers dans trois pays. » (Le Ghana, Le Mozambique et la Tanzania).170 Le projet  AFAP est mené en partenariat avec l’International Fertiliser Development Centre, un organisme qui représente l’industrie des engrais.171

 

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Davos 2003

Les priorités de la fondation sont une menace pour l’agroécologie. L’agenda de l’AGRA est la plus grosse menace directe au movement croissant pour la souverainenté alimentaire et les mèthide de cultures agroécologiques en Afrique. Ce mouvement oppose la récupération aux engrais, aux cereals hors de prix et au OGMs et à la place promeut une approche qui autorise le contrôle des communautés sur la façon dont la nourriture est produite, commercialisée et consommée. Il cherche à créer un système alimentaire qui ait vocation à aider les gens et l’environnement plutôt qu’à faire du profit pour les multinationales.172La priorité est donnée à la promotion d’une agriculture saine et de nourriture saine en protégeant les sols, l’eau et le climat et en promouvant la bio-diversité. Il ya des preuves palpables que l’’agriculture agroécologique peut augmenter les rendements d’une façon significative, souvent comparable ou plus importante que l’agriculture industrielle et est plus profitable aux petits fermiers.173  En 2011, l’alors Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation Olivier de Schutter a fait appel aux pays dans son rapport sur l’agro-écologie afin qu’ils réorientent leur politique agricole afin de promouvoir des systèmes durables qui permettent le droit à l’alimentation. Il a déclaré que : «  l’agroécologie permet des avantages qui sont complémentaires à des approches plus éclairés de l’agriculture conventionnelle comme le développement de variétés de graines au haut pouvoir de production et il affirme que «  l’évaluation de ces expériences est le challenge contemporain. »  .174 De Schutter a directement provoqué l’effort de la BMGF pour une revolution verte en demandant :  Les questions du pouvoir et de la participation sont des questions clefs ici. Il est irr&aliste de chercher à atteindre un progrès durable en combattant la pauvret& rurale simplement grâce à la technologie : la politique économique du système alimentaire, la question du pouvoir d’investissement, sont en fait des phénomènes clefs, aussi importants que les graines…Comment le paquet du Développement et de la révolution verts, des graines améliorées, des engrais chimiques et des pesticides, est-il durable dans un monde qui va manquer d’énergies fossiles et dont le contrôle sur tous ces éléments est entre les mains d’un nombre limité de très grosses corporations qui ne rendent des comptes qu’à leurs actionnaires ? 175

Favoriser les semences patentées. Un autre travail essential pour l’AGRA est la régulation des semences, sur laquelle il influence régulièrement les gouvernements africains.176 Actuellement, plus de 80% des semences viennent de millions de petits fermiers recyclant et échangeant des semences d’une année sur l’autre. Mais comme le note le Centre africian de la bniodiversité ( ACB) «  une bataille est actuellement engagée sur le système de semences africain ».177   L’ACB note que bien que l’AGRA reconnaisse la biodiversité et la pluralité dans le système de semences africain ( où les fermiers utilisent d’une façon majoritaire leurs propres semences ou des semences mise de côté.) son orientation est celle de la promotion d’une introduction d’un système commercial de semences, qui risque de permettre à quelques compagnies de contrôler la recherche et le développement, la production et la distribution. Afin de permettre aux compagnies céréalières d’investir dans la recherche et le développement, ils souhaitent en premier lieu protéger leur «propriété intellectuelle ». Ceci exige une restructuration fondamentale des lois sur les semences afin qu’elle permette le système de certification qui ne se contente pas de protéger les variétés protégées et les bénéfices qui leurs sont liés mais qui en fait criminalise tout semence non certifiée. Durant les deux dernières dizaines d’années, un long et lent processus de réforme de la législation nationale sur les semences, sponsorisé par l’USAID et le G8, avec la BMGF et d’autres ont ouvert la porte aux investissements des multinationales de la production céréalière, y compris l’acquisition de toute entreprise productrice de semence du continent. Comme le note ABC, c’est une menace sérieuse pour le système des semences africain et pour la bio diversité.178 ©

 

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Global Justice Now Global Justice Now demande à la BMGF de  « libérer les semences ». Mars 2015. Créer la demande pour la consommation et l’extension des services privatisés tout en poussant à l’usage des engrais et ses semences patentées, un autre des programmes d’AGRA depuis son implantation a été le support de petites entreprises privées fournissant les produits chimiques et les semences et les vendant aux fermiers dans plusieurs pays du continent africain. Des recherches ont montré que le réseau Malawi de vendeurs de produits agricoles était une voie de commercialisation de produits vendus par les multinationales.183 En procédant ainsi, il augmente la dépendance des fermiers aux produits chimiques et marginalise les alternatives pour une agriculture durable. Le principal fournisseur des revendeurs agricoles à Malawi est Monsanto, responsable de 67% de toutes les commercialisation.184 Un rapport d’évaluation du réseau des ventes agricoles montre que le programme a permis un croissance de 85% des ventes des revendeurs et qu’ils ont vendu 10.908 tonnes de semence et 18. 071 tonnes d’engrais entre 2007 et 2010. Environ 10 maïs hybrides ont été vendus – cinq de chez Monsanto et cinq d’autres compagnies, Seed.co.185 Que le réseau de ventes céréalières Malawi tendent à créer de la demande auprès des agriculteurs pour les produits fournis par les multinationales de l’agro-industrie est explicite dans la littérature autour du projet. «  Les revendeurs… agissent comme des vaisseaux afin de promouvoir la commercialisation des produits  de nos fournisseurs, » indique un des documents sur le projet.186 De plus, la formation sur les produits des revendeurs a été fait par les producteurs eux-mêmes. Il est aussi critique de constater que ces mêmes revendeurs sont de plus en plus la source de conseils aux fermiers et une alternative aux services d’extension agricole des gouvernements.  Une évaluation de projet a montré que 44% des revendeurs du programme fournissaient des services.187 Bien sûr un rapport de la Banque mondiale note que :  « les revendeurs sont devenus les nœuds de transmission les plus importants des zones pauvres rurales, une nouvelle forme de secteur privé est en train d’émerger dans ces pays ( Kenya, Ouganda et Malawi) comme les compagnies les plus importantes de produits agricoles organisent de plus en plus des démonstrations commerciales de nouvelles technologies dans les zones rurales avec les grossistes locaux. ».188 Des variétés de semences hybrides sont régulièrement prônées comme une solution au « problème » de productivité alimentaire de l’Afrique et sont fortement promus par une variété d’organisations supportées par la BMGF. Cependant les semences hybrides sont souvent onéreuses pour les petits fermiers et peuvent les enfermer dans la nécessité d’acheter des semences chaque année.179 Les hybrides peuvent présenter d’énormes avantages mais pas toujours, et seulement dans les bonnes conditions, comme lorsqu’ils sont couples avec l’usage continu des engrais synthétiques ( qui doivent aussi être achetés), l’irrigation, des zones plus grandes de terre et la monoculture – le kit « Révolution verte ».180 Une approche de l’ agenda de la BMGF/AGRA plus positive pour la promotion des semences patentées est de promouvoir les réserves de semences et les banques publiques de semences indigènes.

La BGMF joue un rôle majeur en aidant les multinationales à entrer en force dans le nouveau marché céréalier, comme l’a montré une conférence secrète à Londres en Mars 2015, à laquelle a assisté Global Justice Now. A la conférence, co-organisée par la BMGF avec l’USAID, les multinationales ont discuté de la façon d’augmenter leur contrôle sur le secteur mondial des semences. AGRA et l’entreprise SYGENTA étaient sur la liste des invités, parmi d’autres multinationales, mais aucune organisation d’agriculteur n’était invitée. Un des buts de la conférence a été de partager ses découvertes issues d’un rapport par Monitor Deloitte sur le secteur du développement du commerce des graines dans l’Afrique sub-Saharienne. Le rapport recommande que dans les pays où la demande pour les grains brevetées est plus faible ( c’est à dire là où les fermiers utilisent leur propres réseaux de commerce de grains) le partenariat public-privé devrait être développé de façon à ce que des compagnies privées soient protégées contre « les risques d’investissement ». Il a aussi été recommandé que  les ONGs et les donateurs encouragent  les gouvernements à introduire les droits de propriété intellectuelle pour les fournisseurs de graines et aider à persuader les fermiers d’utiliser des graines commercialisées et patentées plutôt que de compter sur leurs propres variétés traditionnelles.181 Il semble que la conférence ait évoqué le marché des graines du maïs, du riz, du sorgho,  des pois à vache, de la cassave et de la patate douce en Ethiopie, le Guana, le Nigéria, la Tanzanie et le Zimbabwe.182 Tromperies sur les OGMs. La BMGF ne suggère pas qu’il faille mettre l’accent sur les OGMs. Dans l’introduction de son travail sur l’agriculture, les OGMs ne sont pas évoqués .194 dans les informations sur le projet et dans les données des fonds de la BMGF. C’est malhonnête  au regard de l’ampleur des financements des OGMs par la BMGF. C’est aussi particulièrement malhonnête étant donné que le responsable de  « l’amélioration des rendements céréaliers » en Afrique, Rob Horsh, qui vient de chez Monsanto, a dit qu’il était spécialement recruté par la fondation afin de promouvoir la «  biotechnologie ».

Conference on vaccines and immunization

American businessman Bill Gates speaks at a conference under the motto ‘Reach every child’ of the Global Alliance for Vaccines and Immunisation (Gavi) in Berlin, Germany, 27 Janaury 2015. Among the members of the vaccination alliance are governments, vaccine manufacturers, NGOs, as well as health and research organizations. Photo by: Bernd von Jutrczenka/picture-alliance/dpa/AP Images

Dans un article de 2006, Horsh écrit  qu’il a été sollicité par la fondation et informé de sa mission : «  ma mission : améliorer le rendement céréalier à travers les sciences et les techniques les meilleures et les plus appropriées, y compris les biotechnologies, pour des problèmes dans des régions incluant l’Afrique sub-saharienne. ».195 La fondation est le financeur les plus importants du monde pour la recherche sur les OGMs. Une des plus grosses controverses touchant les financements de la BMGF est son support aux recherches en modification génétique (GM). Mais parallèlement à ces recherches, la fondation finance également des activités de relations publiques et des changements de régulations nationales afin de promouvoir l’adoption étendue des GM. Il y a plusieurs inquiétudes et plusieurs dangers lies aux OGMs. Des preuves venant du lancement des OGMs dans des pays où ils ont été adoptés montrent que ces graines poussent souvent les fermiers dans l’endettement, causent des dégâts irréversibles dans l’environnement et encouragent la concentration des terres.189 L’engineering génétique a échoué dans l’amélioration des rendements et a augmenté d’une façon importante l’usage des produits chimiques et la croissance de “super mauvaises herbes” selon un rapport rédigé dans 20 pays, par des groupes de protection de la nourriture aux Indes, dans le sud-est asiatique, l’Afrique et l’Amérique du sud.190 La BMGF est probablement les plus gros financeur mondial de la recherche sur les GMs dans la grand sud. Dans une interview avec John Vidal pour the Guardian en 2012, le responsable de l’agriculture pour la BMGF, Sam Dryden, disait que « seulement » 5% de l’argent des Gates pour l’agriculture était destine à la recherché sur le transgénique et son développement. Mais comme Vidal le note, cela peut se monter jusqu’à 100 millions depuis 2007 – plus qu’aucun gouvernement ou organisme politique au monde n’a jamais financé.191 L’ONG, GM Freeze, suggère que l’ensemble est encore plus élevé, calculant que la BMGF a alloué au moins 162 millions à des projets sur les semences génétiquement modifiées entre 2005 et 2011.192 Dryden a dit au Guardian : «  Le plus nous pouvons inscrire l’option GM dans un programme gouvernemental, le mieux c’est …nous travaillons généralement via les agences de recherches nationales. Cela leur offre l’option.193 Les principaux bénéficiaires des donations de la BMGF liées aux OGMs  comprennent la African Agricultural Technology Foundation, à laquelle la BMGF a octroyé plus de 100 millions .196, et l’International Centre for Genetic Engineering and Biotechnology, basé à Trieste, qui a reçu neuf donations de 13 millions chacune .197  L’Université de technologie du Queensland qui travaille également sur les OGMs a reçu six donations pour son secteur agricole de 14 millions chacune  .198 La Fondation pousse également la recherché en Grande Bretagne. En 2012, une équipe  de scientifiques du Centre John Innes de Norwich a gagné une donation de 10 millions afin de développer des céréales génétiquement modifiées, ceci représente le plus fort investissement dans les OGMs en Grande-Bretagne.199 Le Conseil de biotechnologie et de recherche en biologie basé à Swindon a reçu une donation de 8 millions en 2010 afin de «  supporter la recherche de haute qualité sur la production durable de céréales dans l’ Afrique sub-Saharienne et dans l’Asie du sud. 200

Cibler de nouveaux marchés en Afrique.  Les principaux bénéficiaires de l’aide de la BMGF pour les OGMs sont bien sûr les géants de l’industrie biotechnologique comme Monsanto, Syngenta, Bayer et Dupont, et les compagnies agrochimiques produisant les engrais et les pesticides dont certains sont soutenus par d’autres projets et d’autres investissements de la Fondation. La Fondation Gates est en effet en train de préparer le terrain pour que ces entreprises puissent accéder à de nouveaux marchés profitables dans certains pays en voie de développement spécialement en Afrique. La BMGF favorise tout spécialement l’adoption des OGMs en Afrique, dans de nombreux cas contre l’avis public et l’opposition gouvernementale. Le projet financé par la BMGF Water Efficient Maize for Africa (WEMA) dans lequel Monsanto est un partenaire, est en train de développer un maïs résistant à la sécheresse en Afrique du sud, en Ouganda, au Kenya en Tanzanie et au Mozambique. C’est ostensiblement un projet de recherche conventionnelle mais préparant en réalité le terrain pour l’acceptation du maïs GM.201 Monsanto a donné à cette recherché un de ses plus lucrative gène tolérant à la sécheresse mais ceci pourrait être une stratégie pour permettre des essais sur le terrain et gagner l’approbation plutôt que de passer par l’habituelle démarche commerciale. 202 Les Amis de la Terre notent que le projet WEMA fournit à Monsanto l’opportunité d’influencer la regulation de la sauvegarde agrobiologique en amenant les pays participants et les nouveaux marchés ouverts à une semence «  prête pour le climat ». C’est pourquoi le WEMA semble être un cheval de Troie pressant les gouvernements à passer des lois faibles sur la protection biologique et sur la regulation des grains et ouvrant la porte à la culture d’OGMs. Dans le milieu de l’année 2015, les autorités d’Afrique du sud ont donné le feu vert à Monsanto afin qu’il vende ses semences de maïs résitant à la sécheresse pour la culture en Afrique du sud,  un bénéfice direct du projet WEMA.203 Selon le Centre africain pour la biodiversité, le WEMA vise en dernier recours à influencer l’orientation de la propriété et la concentration de la culture du maïs, de la production de semences et de leur commercialisation  principalement vers le secteur privé et en conséquence de piéger les petits exploitants agricoles  en leur faisant adopter des variétés de maïs hybrides et les engrais et les pesticides qui les accompagnent.204 Il est clair que la BMGF veut voir les OGMs introduits dans toute l’Afrique. En Juillet 2015, par exemple, Christopher Elias, le responsable du développement mondial pour la fondation, a loué le maïs gm que la fondation promeut au Kenya à travers la WEMA et la dit qu’une application afin de permettre la culture était considérée par la National Biosafety Authority. Il ajouté : «  A travers des initiatives comme la WEMA, l’Afrique peut obtenir sa sécurité alimentaire dès 2030. Si l’Afrique veut sérieusement éliminer l’insécurité alimentaire, alors les fermiers africains devraient être capables d’avoir accès à un panel d’options pour l’amélioration des semences et pour leur protection, y compris les technologies GM. » 205 De même en Mars 2013, Sam Dryden, le responsable de l’agriculture à la BMGF a dit que les OGMs étaient une question de choix pour les fermiers et a écrit qu’il attendait que 20 millions d’entre eux plantent de nouvelles variétés de semences, y compris des GM avant la fin de la décennie.206 Jusqu’à 2008, l’Afrique du sud a été le seul pays africain à utiliser les technologies GM mais a été rejoint depuis par l’Egypte, le Burkina Faso, le Soudan. Cependant le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Malawi, le Mali, le Zimbabwe, le Nigeria, le Ghana sont à la recherché de semences GM et procèdent à des essais sur les plans de coton, de maïs et de sorgho, partiellement grâce à des projets comme celui de la WEMA.207 Les partenaires africains de la WEMA ont effectué des démarches essentielles en promouvant les semences GM au Kenya et le principal institut de recherche du pays, KARI, a annoncé qu’il introduirait les maïs GM chez les fermiers en 2017. En Tanzanie, les chercheurs soutenus par la BMGF et la African Agricultural Technology Foundation travaillent sur les OGM dans des laboratoires en attendant le résultats des entretiens pour des essais possibles sur le terrain, certains rapports suggèrent que la Tanzanie pourrait aussi introduire son premier maïs transgénique en 2017.208 Il a aussi été rapporté que la BMGF projetait d’établir un laboratoire de biotechnologies au Nigeria afin d’améliorer la capacité biotechnologique pour des «  amélioration de semences » . 209 Un autre projet financé par la BMGF cherche à introduire des bananes enrichies en vitamine A (matooke) en Ouganda et dans d’autres pays de l’Afrique de l’est. Des essais sur le terrain ont lieu en Ouganda, utilisant des variétés développées par les scientifiques à l’université de technologie du Queensland en Australie, aussi financée par la BMGF.210 Cela a été décrit comme un «  cas clair de bio-piratage » parce que le gène de la banane originale utilisé pour développer cette super-banane est l’Asupina Cultivar, découvert il y a 25 ans en Papouasie-  Guinée et «  la propriété de droit des nations et des communautés qui l’ont développée. » d’autant plus que la «  banane rouge » riche en pré-vitamine A est déjà cultivée dans le monde sans aucun besoin de modification génétique.211 Des compagnies américaines qui produisent  la plupart des graines GM mondiales cherchent de nouveaux marchés en Afrique et tente de changer les lois de sécurité biologique africaines afin de leur permettre cette commercialisation.212 La BMGF joue un rôle majeur dans cette stratégie en supportant les relations publiques sur les OGM, ce qui est mis en évidence par les multiples dons alloués aux institutions travaillant sur les OGM et les biotechnologies.

  • En Mars 2012, elle a donné 3.99 millions à la African Agricultural Technology Foundation afin d’améliorer le partage de compétences et la conscience sur les techniques agricoles biotechnologiques afin d’améliorer la compréhension et l’appréciation.213
  • L’université d’état du Michigan s’est vu donner 13 millions afin d’aider les législateurs africains à prendre des décisions informées sur l’usage des biotechnologies.
  • En juin 2014, la BMGF a donné 5.6 millions à un autre majeur développeur et avocat des OGM, l’Université de Cornell afin «  de soutenir une plateforme de communication sur l’agriculture mondiale qui améliorera sa compréhension et ses technologies agricoles scientifiques. ».215

Le financement par la BMGF de la super-banane gm en Ouganda a été évoqué plus haut. Commentant ce projet, la scientifique et militante mondialement connue Vandana Shiva l’a appelé «  La dernière folie des ingénieurs de la génétique ».  Elle a noté que 75% des femmes indiennes souffraient d’un déficit en fer. Mais que «  n’importe quelle femme vous dira que la solution à la malnutrition est dans l’accroissement de la nutrition, c’est-à-dire dans l’accroissement de la biodiversité ce qui veut dire en conséquence planter partout des aliments riches en fer. Les femmes indiennes ont une richesse de savoirs sur la biodiverstié et l’alimentation, elles l’ont reçue d’autres générations qui l’ont également reçu de leurs mères et grand-mères.  «  Mais il y a un mythe de la création qui est aveugle aux deux, la créativité de la nature et dans la biodiversité comme la créativité et l’intelligence et le savoir des femmes. Selon ce mythe de la création du capitalisme patriarcal, les hommes riches et puissants sont créateurs. Ils peuvent posséder la vie à travers des patentes et de la propriété intellectuelle » Shiva condamne le projet des «  super-bananes » comme une  perte d’argent qui rendra les gouvernements, les agences de recherche et les chercheurs aveugles à «  des alternatives bon marché, basées sur la biodiversité, sûres, testées sur le long terme,  et démocratiques qui sont aux mains des femmes. ».220 Pour la BMGF, baser réellement ses programmes sur les besoins des fermiers en promouvant la justice économique et sociale dans le Sud exigerait des changements radicaux de sa culture corporatiste. Au pire, la fondation apparaît souvent comme une multinationale massive, intégrée verticalement, contrôlant chaque étape de la chaîne commençant dans ses bureaux de Seattle, à travers les diverses phases de la production, de la distribution à des millions d’usagers en bout de chaîne dans les villages d’Afrique ou d’Asie du sud-est.221 La recherche de GRAIN a aussi trouvé que sur les 669 millions que la fondation avait octroyé aux ONGs pour le travail agricole, plus des trois quarts avaient été donnés à des organisations basées aux US. Les organisations basées en Afrique n’en ont reçu que 4%.222 La fondation ne prête pas assez attention au savoir des fermiers ni au savoir local dans l’élaboration de ses programmes. La BMGF dit qu’elle écoute les fermiers et répond à leurs besoins spécifiques, «  Nous parlons aux fermiers à propos des semences qu’ils veulent planter et consommer, ainsi qu’à propos des défis auxquels ils sont confrontés. » Peut-on lire sur son site. 216 Bien que ceci puisse être vrai pour certains projets, l’acte d’écouter et celui de mettre en place des politiques basées sur les inquiétudes sont deux choses bien différentes. La plupart du travail de la BMGF semble négliger le savoir local. D’une certaine façon, c’est une des images de l’insistance de BMGF sur les solutions technologiques, l’absence de compte à rendre de l’organisation et ses prises de décisions d’une certaine façon personnelles, comme l’évoque tout ce qui a été noté préalablement.  Une analyse récente par l’ONG GRAIN des fonds alloués par la BMGF n’a pu trouver aucune prévue d’un support quelconque de la fondation pour des programmes de recherche ou de technologie du développement menés par des fermiers ou basés sur leurs savoirs, en dépit du nombre de ces initiatives existant en Afrique.  Les conclusions de GRAIN sont que : «  Nulle part dans le programme financé par la BMGF on ne trouve une indication qui montre que les petits fermiers africains pourraient avoir quelque chose à enseigner. »217  Au contraire, la fondation est « orientée vers l’ouverture de marches pour l’apport de nouvelles technologies en Afrique et l’ouverture des marchés pour les multinationales, plutôt que sur la construction à partir des savoirs, des compétences que les fermiers possèdent déjà. » .218 Par contraste, le seul bénéficiaire de la plus grosse donation de BMGF est le CGIAR, qui, comme note plus haut, a reçu plus de 720 millions depuis 2003. Pendant cette même période, 678 millions sont allés aux universités et aux centres de recherche nationale à travers le monde.  – dont plus des trois quarts aux US et en Europe, pour la recherche et le développement de technologies spécifiques, comme les variétés de céréales ou les techniques de croissance.  L’organisme subsidiaire de la BMGF, l’AGRA, entraîne les fermiers à utiliser ces nouvelles technologies et organise même des groupes afin de les aborder mieux mais il ne semble pas qu’une aide soit apportée aux fermiers afin de construire leur propre système d’ensemencement ou  d’organiser leur propre recherche.219 La fondation pousse vers la privatisation de la santé et de l’éducation, l’influence du secteur privé sur la santé et l’éducation a grimpé d’une façon exponentielle ces dernières années, spécialement avec une augmentation du rôle des grandes fondations privées et de partenariat public-privé. La fondation Gates est devenue un des  leaders du financement mondial des soins privés dans le sud. Elle finance aussi des projets promouvant un accroissement du rôle des associations éducatives privées. Augmenter la participation du secteur privé pour les services à la personne est hautement controversé en Grande Bretagne  comme dans les pays en voie de développement. Bien que les services de santé ou d’éducation privés existent dans presque tous les pays et peuvent présenter des bénéfices pour certaines personnes, ils ne sont pas l’objet des besoins des pays en voie de développement.  Des soins et une éducation publiques, accessible universellement, et de haute qualité devrait être la pierre de touche d’une société favorisant le bien-être de tous ses citoyens. Dans les pays en voie de développement, l’état doit être renforcé et habilité à fournir de tels services pour tous. La mise à disposition de services privés, d’autre part, tourne des besoins de base en produits accessibles  contrôlés par le marché.  De tels services sont susceptibles de n’être accessibles qu’aux riches.223 Il ya de nombreuses évidences que la promotion des marches de la santé mène à une augmentation des inégalités et à l’inefficacité. Cependant, en dépit de telles évidences, la privatisation du secteur de la santé est promue rigoureusement par des donateurs influents et par les multinationales, et est le résultat de la forte influence du secteur privé sur les politiques de soin.224 Les programmes financés par la BMGF rendent l’apport de services privés plus acceptables et plus prioritaires dans les pays en voie de développement. Les principaux bénéficiaires seront les multinationales fournissant de tels services. Aux côtés du Département britannique pour le développement international, Department for International Development (DFID), la fondation Gates est le plus gros financeur du Harnessing Non-state Actors for Better Health for the Poor, connu comme le HANSHEP.225 Le HANSHEP, qui est contrôlé par la Grande-Bretagne, est un groupe d’agence de développement et de pays, établi en 2010, cherchant à améliorer les «  secteur non publics en fournissant de meilleurs soins médicaux » L’ HANSHEP fait face « aux échecs des gouvernements qui  des marchés qui empêchent les acteurs non publics de développer certains potentiels dans les systèmes de santé».226 Son site web : «  Accroître la part du secteur privé du marché de la santé, ou bien par le financement ou par des propositions n’est pas un objectif pour les membres de l’HANSHEP ».227 Cependant, ceci est un manque d’honnêteté car le véritable but de l’HANSHEP est d’introduire e de promouvoir des systèmes de soins non étatiques dans les pays en voie de développement. L’HANSHEP a divers programmes promouvant le rôle du secteur privé dans la santé. Un d’entre eux est le partenaire African Health Markets for Equity, un investissement commun de 60 millions de la BMGF/DFID qui vise à « améliorer l’accès des pauvres à des soins de haute-qualité privés. » Opérant au Nigéria, au Kenya, et au Ghana, ce programme sur cinq ans  vise à « augmenter l’échelle et les perspectives des soins franchisés. » S’étendant du planning familial à la santé sexuelle ou reproductrice pour s’occuper aussi de la malaria,  les infections respiratoires aigües, la diarrhée, la nutrition, les soins maternels, le SIDA et la tuberculose.228. Un autre procédé de l’HANSHEP implique le Health Market Innovations (CHMI), installé à Washington, « un tissu global de partenaires qui cherchent à améliorer les fonctionnements des marchés de la santé dans les pays en voie de développement. » La Fondation Gates a financé plus de 40 projets de la CHMI .229 La CHMI promeut des initiatives qui  « rendent les soins médicaux fournis par des organismes privés accessible financièrement pour les pauvres dans le monde. 230 Elle supporte « des mises en place innovatrices et des programmes financiers qui travaillent à organiser les marchés de la santé, y compris le modèle d’implantation du secteur privé. »

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C

Selon Exxon, (oui, Exxon !) L’inaction risque de faire basculer les températures bien au-delà du seuil des 2°C 

 

Les grandes dents se retournent en tous sens, certains , comme Adidas ou Puma deviennent des avocats des énergies renouvelables et font la leçon aux gouvernements afin de durcir les objectifs des 1°5 C, d’autres comme le duo Koch, continuent à déployer tous les moyens médiatiques en leur possession pour amener les foules à douter de la réalité pourtant indubitable,  et enfin, au sommet de la félonie Exxon, un des plus gros dévoreurs d’hydrocarbure au monde après avoir passé des dizaines d’années sachant que des situations irréversibles étaient engendrées par les forages et la prédation sans perspectives à long terme, confie à ses  “experts” le soin d’alerter les autorités quant à un basculement dans la catastrophe d’un réchauffement galopant. Il faudra bien créer un jour ce tribunal de La Haye des écocides, il faudra un jour que ces manipulateurs d’apocalypse rendent des comptes et que ces comptes ne soient pas que ceux de leurs gains et de leurs pertes. Il faudra que, comme pour la mise en place du tribunal chargé de juger Monsanto, le Politique retrouve la force et le soubassement éthique de la recherche du bien commun qui est sa nature et qu’il s’extrait de la fusion mortifère qui le fait s’engloutir dans l’économique. Que ce Politique, au nom des espèces détruites, juge enfin les exactions de cette culture du profit qui, les preuves abondent, n’est, pour la planète et pour elle-même, tout simplement pas vivable.

Comme le géant des hydrocarbures avertit que les températures mondiales pourraient s’élever jusqu’à plus de 7°, à Paris les militants poussent pour des objectifs climatiques encore plus forts.

Par : Nadia Prupis, staff writer

Exxon

Non Aux Hydrocarbures (“Non-hydrocarbon”). (Photo: Mike Gifford/flickr/cc)

Clignez des yeux ou vous le manquerez, mais une ligne dans une interview récente du Washington Post avec les experts du géant des hydrocarbures ExxonMobil  à propos du changement climatique présente d’une façon très cavalière un avenir cauchemardesque, désespéré si les leaders mondiaux n’agissent pas vite —un avenir qui se centre autour d’un accroissement possible de 7° Celsius ou plus.

« Sans action gouvernementale, nous ont dit les experts d’Exxon pendant une visite au Post la semaine dernière, les températures moyennes risquent d’augmenter catastrophiquement (mes mots, pas les leurs) de 5° Celsius avec des montées de 6, voire 7° encore plus envisageables. » écrit dans son éditorial Fred Hiatt dans un article intitulé « Si même ExxonMobil dit que le changement climatique est réel. Donc pourquoi pas le GOP ? »

Les scientifiques nous ont avertis depuis longtemps que permettre une montée de la température de deux degrés ou plus entrainerait des changements climatiques irréparables et des événements météorologiques extrêmes.  Les chefs d’état sont rassemblés à paris pour négocier un agrément climatique global afin de limiter le réchauffement avant que la planète ne heurte ce seuil. Les groupes de terrain défendant la justice climatique appelant pour un objectif encore plus serré de 1,5 °C. Mais une secte d’opposition du Parti républicain a menacé de faire obstacle à tout projet de loi qui viendrait de Paris—ce qui pourrait faire dérailler tout progrès accompli pendant les pourparlers de la COP 21.

Comme l’explique le Prix Nobel d’économie Paul Krugman dans un article publié la semaine dernière dans le New York Times :

« Les futurs historiens—si il y a des futures historiens—diront certainement que la chose la plus important à s’être produite dans le monde en décembre 2015 était les pourparlers sur le climat de Paris. Vrai, rien de ce qui sera l’objet d’un accord à Paris ne suffira, en soi, pour résoudre les problèmes du réchauffement climatique. Mais ces pourparlers sont un moment décisif, le début d’une sorte d’action internationale nécessaire afin de prévenir la catastrophe.  Mais encore une fois, il est possible qu’ils ne le soient pas. Nous pouvons être maudits. Et si nous le sommes, vous savez qui sera responsable : le Parti républicain » écrit Krugman, « Nous voyons un Parti qui a tourné le dos à la science à un moment où le faire met en danger l’avenir même de la civilisation ».

Cet obscurantisme politique pose un autre challenge aux représentants COP 21 américains, qui s’est déjà montré particulièrement chicanier lors des discussions préliminaires cette année à Bonn en Allemagne, critiqué par les nations développées pour ses tentatives pour échapper à ses obligations financières  face aux communautés en premières lignes luttant déjà contre les impacts du changement climatiques. Mais Krugman fait également ce rapport dans Politics and Policy, un journal de sciences politiques publié en Août : “ Les Parti républicain américain est une anomalie dans son déni des origines anthropogéniques du changement climatique », But Krugman also points to an article published in August in Politics & Policy, a political science journal, that states, “The U.S. Republican Party is an anomaly in denying anthropogenic climate change.”

Ceci dessine un futur incertain pour tout accord émergeant des négociations. Cependant, comme Mark Hertsgaard, le correspondant pour l’environnement de The Nation l’écrit dans un article parut lundi, des espoirs nouveaux se font jour au sein des organisations opérant en parallèle de Paris.

Hertsgaard écrit :

L’accord final que les gouvernements espèrent signer avant la fin de la semaine peut pousser à limiter l’élévation de la température à 1°5 Celsius. Ce serait une avancée importante par rapport aux actuels 2°C ainsi qu’une victoire historique et surprenante pour les pays en voie de développement les plus vulnérables. Leurs représentants, rejoints par les activiste de la justice climatique, critiquent depuis longtemps l’objectif des 2° comme une peine de mort virtuelle pour les gens par millions qui souffrent déjà de la montée des eaux, des sécheresses de plus en plus dures et d’autres impacts provoqués par les 1° déjà enregistrés.

Préalablement refuse par la plupart des pays riche comme économiquement irréaliste, l’objectif des 1°5C ré-émerge à Paris à cause de la confluence de divers facteurs : lea reconnaissance par de nombreux pays riches que même 2° amèneraient des changements ruineux dans les modes alimentaires et d’autres systèmes vitaux, une posture diplomatique plus unifiée de la part des 100 nations les plus pauvres et les plus démunies, supportant l’objectif des 1°5C et des pressions ininterrompues de la société civile.

Le Président français, François Hollande et le Ministre allemand de l’environnement et secrétaire d’état Jochen Flasbarth ont tous deux exprimés leur appui au but des 1°5C la semaine dernière et notablement, reconnu  que c’était les campagnes environnementales qui avaient conduit le monde à ce point.

« Nous ne pouvons accepter que les pays les plus pauvres, ceux qui ne produisent des gaz à effet de serre qu’en quantité limitée soint les plus vulnérables.» a dit Hollande, « c’est donc au nom de la justice climatique que nous nous devons d’agir ».

Flasbarth a confirmé que l’objectif des 1°5C était la position officielle de l’Allemagne et que cet objectif « doit être mentionné »

« C’est pourquoi l’objectif des 1°5C est maintenant accepté par la nation d’accueil du sommet et par les économies les plus fortes ‘Europe » a écrit Hert.

 

Le Guardian rapporte dans l’après-midi de lundi dernier que les USA, la Chine et l’Union européenne —  les plus gros pollueurs —,  étaient « ouverts »  à l’objectif des 1°5C et « travaillaient avec d’autres pays à le faire figurer explicitement »  selon le représentant du Secrétariat d’état Todd Stern. Mais cette annonce a reçu un accueil assez tiède des associations de défense du climat et des délégués des pays en développement les plus importants qui dirent que ce n’était qu’une nouvelle tentative des nations les plus riches pour détourner les obligations de réduire leurs émissions.

« Pourquoi pas 1°, pourquoi 1.5°»  dit Ashok Lavasa, le négociateur principal de l’Inde, «Quand nous parlons de but, nous parlons aussi de budget carbone. Nous avons besoin d’envisager l’espace de développement disponible et en conséquence, ceux qui sont impatients de la maintenir au-dessous de 2° devraient travailler afin de maintenir l’espace carbone de façon à ce qu’il ne compromette pas les besoins de pays en voie de développement. »

 

Erich Pica, directeur du groupe climat des Amis de la terre ajoute, «Les USA et l’Europe adoptent l’idée adoptent l’idée des 1.5° comme une cible de négociation mais ils maintiennent floues les lignes de ce qui doit se passer pour que cette équation des 1.5° soit un partage juste et honnête. »

Pendant ce temps, l’éditorial du Post pose une autre question à la lumière des investigations qui ont récemment exposé le rôle du géant des hydrocarbures Exxon dans son occultation des rapports des sciences du climat pendant des décennies : qu’est-ce que Exxon sait d’autre ?

Ce travail est sous licence de Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 License

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Naomi Klein : Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies. 

Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies.

 

Article de Naomi Klein  paru dans Common Dreams et dans The Guardian sur les interdictions de manifestations et de marches sur tout le territoire français au moment décisif des pourparlers pour le climat de la COP 21 de Paris.  Les descentes de polices et les perquisitions se succèdent chez des militants ou des agriculteurs écologistes n’ayant de terroristes que la force de leur point de vue face au laxisme intéressé  et aux liens immoraux entre les gouvernements  sensés représenter les citoyens  du monde,  brutalement forcés au silence alors qu’ils sont en première ligne des catastrophes climatiques présentes et à venir et les actions et l’état d’esprit incurablement pervers des multinationales. Il semble d’autre part indispensable face aux degrés d’urgence et à la hiérarchisation des maux auxquels nous sommes, en tant qu’espèce, confrontés, de rappeler ces quelques phrases de Jared Diamond : «La menace d’un holocauste nucléaire et celle d’un holocauste écologique sont les deux questions les plus pressantes que doit affronter l’espèce humaine aujourd’hui. À côté d’elles les problèmes du cancer, du sida ou de la malnutrition qui nous obsèdent généralement, sont relativement mineurs, car ils ne mettent pas en cause notre survie en tant qu’espèce. » * Nous aurions pu ajouter à la liste le terrorisme qui n’est un danger que pour les vivants.

 

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Article originellement paru dans The Guardian

En interdisant les marches de protestation à la COP21, Hollande condamne au silence ceux qui font face aux impacts les pires du changement climatique et de sa monstrueuse violence.

Par

Naomi Klein

 

De qui la sécurité reste-t-elle protégée par tous les moyens nécessaires ?

De qui la sécurité est-elle sacrifiée avec désinvolture, en dépit des moyens pour faire beaucoup mieux ? Ce sont des questions au cœur de la crise climatique et les réponses sont la raison pour laquelle les sommets climatiques finissent si souvent dans l’acrimonie et les larmes.

La décision du Gouvernement français d’interdire les manifestations, les marches et autres « activités extérieures » pendant le sommet de Paris sur la climat est gênant à plusieurs niveaux. Celui qui me préoccupe le plus est lié avec la façon dont cela reflète l’inégalité fondamentale de la crise climatique elle-même  – et la question clef de quelle sécurité est actuellement valorisée dans ce monde asymétrique.

 

 

Voici la première chose à comprendre. Les gens affrontant les impacts les pires du changement climatique n’ont virtuellement aucune voix dans les débats occidentaux pour déterminer que faire sérieusement pour prévenir le réchauffement mondial catastrophique. De gigantesques sommets comme celui qui va se tenir à Paris sont de rares exceptions. Pour deux semaines   les voix de ceux qui sont heurtés le plus et en premier ont un peu d’espace  pour être entendus dans un lieu où des décisions déterminantes sont prises. C’est pourquoi les insulaires du pacifique, les chasseurs Inuits et les bas salaires des gens de couleur de la Nouvelle-Orléans font des milliers de kilomètres afin d’être présents. Le coût est énorme, à la fois en dollars et en carbone, mais être présents au sommet est une occasion précieuse de parler sur le changement climatique et de donner un visage humain à cette catastrophe en cours. Ensuite, ce qui doit être compris c’est que même dans ces moments rares, les voix de premières lignes n’ont pas assez d’une plateforme dans les réunions officielles dans lesquelles le micro est dominé par les gouvernements et les groupes écologistes largement financés. Les voix des gens ordinaires sont entendues principalement dans les réunions de la base parallèles au sommet, ainsi que dans les marches et les manifestations. Maintenant, le Gouvernement français a décidé les plus bruyants de ces mégaphones,  prétendant que de sécuriser les marches compromettrait sa capacité à sécuriser la zone du sommet officiel où se rencontreront les politiciens.  .

” Une fois de plus, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre est à gagner.”

Certains prétendent qu’il s’agit d’un juste contrecoup contre la toile de fond de la terreur. Mais un climat des Nations unies pour le climat n’est pas comme une rencontre du G8 ou de l’Organisation mondiale du commerce, où les puissants se rencontrent et où les sans dents tentent de compromettre leurs fête. Les événements parallèles de la société civile ne sont pas un ajout ou une distraction de l’événement principal. Ils sont partie intégrante du processus. Ce qui est la raison pour laquelle le gouvernement français ne devrait jamais avoir décidé quelle partie de ce sommet devrait être gardée et quelle autre annulée.  Plutôt, après l’attaque horrible du 13 Novembre, il était nécessaire de déterminer s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir l’ensemble du sommet avec la pleine participation de la société civile, la rue comprise. S’il ne le pouvait pas, il aurait pu repousser ou demander à un autre pays de prendre le relais. Au lieu de ça, Hollande et son gouvernement ont pris une série de décisions qui reflètent un éventail de valeurs et de priorités très particulières afin de déterminer qui et quoi devait bénéficier de la protection de l’état. Oui, les leaders mondiaux, les matchs de foot-ball et les marchés de Noël, non les marches pour le climat et les manifestations désignant le fait que les négociations, avec l’actuel niveau d’émissions  prévu, mettent en danger les vies et les moyens de subsistance de millions sinon milliards de personnes

 

Et qui sait où cela peut mener ? Devons-nous nous attendre à ce que les Nations Unies révoquent les autorisations de la moitié de la société civile ? Ceux les plus susceptibles de créer des troubles au sein de la forteresse ? Je n’en serais pas surprise du tout.   Cela vaut la peine de songer à ce que l’annulation des marches  et des manifestations signifie réellement tout autant qu’en termes symboliques. Le changement climatique est une crise morale parce qu’à chaque fois que les gouvernements des nations riches ont manqué à agir, cela a envoyé un message qui montrait que nous, peuples du nord, mettions notre confort et notre sécurité économique avant la souffrance et la survie des peuples les plus pauvres et la s plus vulnérables de la planète. La décision d’interdire l’espace le plus important où les voix des peuples subissant l’impact climatique auraient pu être entendues est l’expression dramatique d’un abus de pouvoir profondément immoral : une fois de plus le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre vous devrez la gagner.

Une autre pensée : j’écris ces mots de Stockholm, où j’ai fait une série de conférences publiques sur le changement climatique. Quand je suis arrivée, la presse s’en donnait à cœur joie avec un tweet envoyé par la ministre de l’environnement Åsa Romson.  Peu de temps après a éclaté la nouvelle des attaques à Paris, elle a alors tweeté son outrage et sa tristesse pour les victimes. Puis elle a tweeté qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet sur le climat, une pensée qui est venue à tous ceux que je connais qui sont d’une façon ou d’une autre connectés à ce moment environnemental. Pourtant elle a été mise au pilori pour son soi disant manque de sensibilité – comment pouvait-elle penser au changement climatique face à un tel carnage ?

La réaction était assez révélatrice parce qu’elle montrait comme un acquis le fait que la changement climatique est une question mineure, une cause sans de réelles victimes, presque frivole.  Tout particulièrement quand des problèmes sérieux comme la guerre et le terrorisme occupent le centre de la scène. Cela m’a fait penser à quelque chose que l’auteure Rebecca Solnit a écrit il n’y a pas longtemps. «Le changement climatique est de la violence »  C’est vrai. Certaines de ces violences sont horriblement lentes : la montée des eaux qui efface progressivement des nations entières, et la sécheresse qui tue des milliers d’individus. D’autres sont terrifiantes de rapidité : les tempêtes avec des noms comme Katrina et Haiyan   qui volent des milliers de vies en une seule fois. Quand les gouvernements et les multinationales manquent sciemment d’agir afin de prévenir ce réchauffement catastrophique, c’est un acte de violence. C’est une violence si étendue, si mondiale et infligée simultanément contre des temporalités si diverses (cultures anciennes, vies présentes, avenir potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de désigner cette monstruosité. Et utiliser des actes de violence pour faire taire ces voix des plus vulnérables à la violence climatique est encore plus violent.

En expliquant pourquoi les match de football programmés seraient maintenus comme prévu, le Secrétaire d’état au sport a dit : « La vie doit continuer »   Bien sûr qu’elle le doit. C’est pourquoi je joins le mouvement pour une justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les multinationales manquent à leur devoir d’agir d’une façon qui révèle la valeur de tous sur terre, on doit protester contre eux.

© 2015 Guardian News and Media Limited

 

  • Jared Diamond ” Le troisième chimpanzé ” Essai sur l’évolution et lavenir de l’animal humain. p. 613 Folio essais

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Monsanto et les compromissions des universitaires nord-américains

These emails show Monsanto leaning on Professors to fight the GMO PR war

 

A travers une correspondance suivie, révélée par Mother Jones, entre les relations publiques de Monsanto et de la biotechnologie et certains éminents universitaires sollicités pour accorder leur soutien et promouvoir les arguments d’innocuité des  produits GMs, nous retrouvons les stratégies des lobbies du tabac et du sucre, qui se sont appropriés, pour des motifs et avec des  conséquences diverses, le soutien d’universitaires et de chercheurs de renom afin de contrer les campagnes médiatiques condamnant leur toxicité et les mettant en cause. Il apparaît une nouvelle fois clairement que la science et ses représentants sous couvert d’objectivité, peuvent s’aliéner aux idéologies et se faire, consciemment ou non, manipuler par les forces économiques prêtes à tout afin d’influencer les choix politiques les protégeant et de maintenir et d’ouvrir leurs marchés.

Ces emails montrent que Monsanto s’appuie sur les Professeurs d’université pour mener la guerre des relations publiques du GMO.

—By Tom Philpott

 

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Flammulated/iStockphoto

Dans une récente pour une production à succès, le blockbuster de Eric Clipton  du New York Time a pu jeter un coup d’œil à une cache massive d’emails privés entre de proéminents universitaires scientifiques et les cadres et les relations publiques de l’industrie des OGM. Ces emails sont apparus à travers un barrage de controverses  du Freedom of Information Act exigé par l’organisation du droit de savoir [Right to Know]  qui est financé par l’association anti-corporations   assez décousue des Organic Consumers Association.

En plus de la correspondance découverte par l’USTRK, Lipton a utilisé le FOIA pour accéder à ces emails, montrant des liens très serrés entre l’ancien chercheur de l’Université de l’état de Washington Charles Benbrook ainsi que des compagnies de nourriture bio comme la compagnie appartenant aux fermiers de production laitière Organic Valley. Lipton a peint un portrait fascinant de la place occupée par les universités publiques dans les relations publiques et la guerre du lobbying entre l’agrochimie des semences OGM et l’industrie de l’alimentation bio.

«  Je comprends et apprécie votre besoin que je sois complètement transparent  et je suis complètement conscient que votre indépendance et votre réputation doivent être protégées » écrit un représentant des relations publiques de Monsanto aux Professeurs.»

Mais cet extrait aussi excellent qu’il soit, peut en fait sous-évaluer l’ampleur avec laquelle Monsanto, d’autres compagnies biotechnologiques et leurs groupes commerciaux et relations publiques de pointe embauchées pour l’occasion, on put s’appuyer sur des universitaires sympathisants comme sur des fantassins dans la bataille que l’industrie mène contre les régulateurs et les critiques.

Voici quelques éclairages qui ne sont pas parus dans The Times. Bien qu’il n’y ait pas de preuve spécifique permettant de suggérer que Monsanto a payé les Professeurs pour leur activité et que beaucoup parmi eux ont déclaré avoir atteint leurs conclusions indépendamment, la correspondance est néanmoins intéressante.

  • En Août 2013

Dans un email à neuf éminents universitaires, l’engagement stratégique de Monsanto conduit Eric Sachs à soumettre un plan : que le groupe   « rédigera de courtes notes sur des sujets importants dans l’arène de la biotechnologie agricole », choisis « à cause de leur influence sur les décisions politiques, sur la régulation des semences OGM et sur l’adhésion des consommateurs. » Sachs a assuré aux Professeurs que le projet serait mené discrètement. « Je comprends et apprécie votre besoin que je sois complètement transparent et je suis complètement conscient que votre indépendance et votre réputation doivent être protégées » écrit-il. Deux entités externes –  un groupe financé par l’industrie appelé l’American Council on Science and Health et une équipe de relations publiques appelée CMA – « organiseront le processus de production de ces notes techniques », « coordonneront les mises en ligne sur les sites web et leur promotion », et «  vendront » ces notes en les transformant en « éditoriaux, posts de blogs, engagements verbaux, évènements, webminars etc. »

L’organisation de cette troisième partie est «  un élément important » a ajouté l’exécutif de Monsanto «  parce que Monsanto veut que les auteurs communiquent librement sans lien avec Monsanto ».

  • En Décembre 2014

Le website zélé pro-biotechnologies Genetic Literacy Project sort un article rédigé par un Professeur  qui ressemble remarquablement à ceux présentés par Sachs, bien que l’investissement de Monsanto n’y soit pas révélé.  Par exemple, Calestous Juma, un professeur à la Harvard Kennedy School fût une de ceux à qui s’est adresse la lettrer de Sachs, de Monsanto, ce mois d’Août 2013. Dans celle-ci, Sachs expose sept thèmes et en suggère chacun d’entre eux à un ou deux de ses correspondants. Voici ce que Sachs avait en tête pour Juma :

Les conséquences du rejet des cultures OGM  Calentous Juma

Contexte : explorer les problèmes et les conséquences à la fois dans les pays développés et en voie de développement qui mènent au rejet ou aux barrières à l’adoption des techniques de cultures et d’alimentation OGM au niveau des agriculteurs, des consommateurs et du pouvoir décisionnel. Comprendre la combinaison de paradigmes, y compris la résistance politique et celle des consommateurs, la sécurité alimentaire, les craintes pour la santé publique, les soucis touchant la biodiversité et la sécurité biologique, les régulations restrictives et le manque d’information (ou l’existence d’une désinformation) à propos des droits de propriété intellectuelle qui créent des barrières à l’acceptation des OGM. Détailler les conséquences, y compris les impacts sur les rendements, les revenus par ménage, la sécurité alimentaire et les impacts sociaux, ainsi que ceux touchant l’usage des pesticides, des risques sanitaires dus à l’exposition aux pesticides et sur la biodiversité qui en résultent.

Titrée «  Risques globaux dus au rejet de l’agriculture biotechnologique »,  la contribution  de Juma, dont il dit qu’elle est basée sur un livre qu’il a écrit en 2011 – ressemble de près à la demande de Sachs pour une défense robuste des OGM comme rempart contre la faim dans le monde en voie de développement. ( Mercredi, le Boston Globe   faisait référence à l’article de Juma, en le décrivant comme «  un article largement diffusé l’an passé, en faveur des OGM, écrit à la demande du géant des semences Monsanto, sans révéler ses connexions. ») Dans son email, Sachs recommande à Peter Philips, un Professeur de politique à l’Université canadienne de Saskatchewan d’écrire à «  propos de la régulation pesante des graines et de la nourriture OGM » Son article,  sur le site web du Genetic Literacy Project est intitule :  « Conséquences économiques de la régulations des OGM. »

Dans le cas de Davis Shaw de l’état du Mississipi et de Tony Shelton de Cornell, Sachs a suggéré un article défendant les semences génétiquement modifiées  pour tuer les insectes et résister aux herbicides.  Leur article de Genetic Literacy Project intitulé : « Les gènes verts : des avantages durables des céréales tolérantes aux herbicides et résistantes aux insectes » fait exactement ça.

« J’apprécierais votre prise en considération de proposition d’un blog portant sur la sécurité et la santé des biotechnologies à Web MD, est-ce envisageable ? » a demandé un représentant de Monsanto à un Professeur.

Pour Kevin Folta – de l’Université de Floride – un des points sur lequel se concentre l’article du New York Time   – Sachs envisageait un article sur « rendre les activistes responsables  pour leur opposition aux OGMs. » Dans son article  du  GLP, Folta tempête contre « ceux qui  lancent des campagnes agressives contre des technologies existantes qui ont démontré leurs avantages pour les agriculteurs, l’environnement, le consommateur et les pauvres enfermés dans le déficit alimentaire. »

  • Une autre universitaire célèbre

Qui s’avère entretenir des liens serrés avec l’industrie est Nina Fedoroff, un Professeur émérite de biologie à Penn State, Professeur de biosciences à l’Université du Roi Abdullah des sciences et technologies d’Arabie saoudite et ancienne conseillère en chef en sciences et technologies de la Secrétaire d’état Condoleeza Rice et d’Hillary Clinton. Le Times note que le Professeur émérite de l’Université de l’Illinois Bruce Chassy a déployé un « effort d’un mois afin de persuader l’agence de protection de l’environnement [Environmental Protection Agency] d’abandonner sa régulation serrée des pesticides utilisés   dans les semences résistantes aux insectes. »

Mais il n’a pas fait mention du rôle déterminant que Fedoroff a de toute évidence joué dans cette champagne, qui, comme le rapporte le Times, a culminé quand Chassy  a « finalement organisé un meeting à l’E.P.A, avec l’aide des lobbies de l’industrie et que l’agence a abandonné cette proposition. » Il s’avère que Fedoroff a assisté à cette réunion selon un email du 17 Octobre. Selon l’email de Chassy, la causerie charnière avec l’EPA a été organisée par Stanley Abramson, un lobbyiste de l’industrie bien connu et Adrianne Massey qui est directrice générale des sciences et de la réglementation à la Biotechnology Industry Organization (BIO) , un groupe commercial auquel Monsanto et d’autres firmes de l’agriculture biotechnologique appartiennent.   Le rôle de Fedoroff dans la campagne d’obtention du soutien de la régulation des OGM par l’EPA n’a pas été confiné à ce meeting « étonnement productif ». Chassy rapporte dans un email à Massey le 19 Août 2011 qu’il a travaillé « avec Nina pendant un mois, apportant de nombreuses révisions » à un éditorial qui a paru dans le NYTimes en Août  2011. L’article, uniquement signé par Fedoroff se plaint que  l’APA veuille collecter encore plus d’informations sur les semences génétiquement modifiées » et conclut « que le gouvernement doit arrêter de réguler les modifications génétiques pour lesquelles n’existent aucune preuves scientifiques de dangerosité. »

 

Karen Batra, directrice de la communication pour Biotechnology Industry Organization, demande des conseils à Chassy sur la façon de « répondre à un article critique des OGM publié dans The Atlantic», « Pour la plupart d’entre nous, gens de la communication, la science est loin au-dessus de nos têtes et une réponse appropriée devra avoir une sorte de défense scientifique » écrit-elle « en d’autres termes, BIO écrivant une lettre disant simplement « la nourriture biotechologique est saine n’estpas une réponse suffisante ici. »

« Je suis ravie de torpiller cette stupidité » dit un Professeur à un responsable des relations publiques de Monsanto qui lui a demandé de peser dans la controverse à propos de recueils critiques des OGMs »

Elle ajoute qu’un groupe nommé IFIC – vraisemblablement la fondation financée par l’industrie biotechnologique   International Food Information Council Foundation – avait « aussi [envoyé] un email de masse demandant aux lecteurs d’intervenir dans les commentaires de la page de l’[article de l’Atlantic] Batra demande aux scientifiques ou bien de « poster eux-mêmes un commentaire sur la page ou de nous fournir le point de vue d’un scientifique en haut de l’affiche que nous pourrions utiliser dans une lettre à l’éditeur » Chassy a répondu à l’email de Batra avec une analyse détaillée des points de vue de l’article.

de Sachs de chez Monsanto révèle que Chassy s’« engage, sur un post d’un blog du Huffington Post à ma demande » – dans un débat avec un commentateur anti-OGM, pour lequel il cherche la contribution d’employés de Monsanto.

A un certain point, Chassy a répondu favorablement à la demande de Monsanto de se rendre en Chine pour parler lors d’un séminaire, sans a voir idée du thème ou de l’audience. Voici la réponse de Chassy le 24 Janvier 2012 : «Vous m’avez initialement demandé si je pourrais aller en Chine et y faire ce que j’ai fait en Corée. Vous vouliez savoir si j’étais disponible et m’avez ditque vous m’expliqueriez plus tard. Une chose ayant conduit à une autre, je m’y rends donc mais nous n’avons en fait jamais évoqué la mission en Chine. Où est-ce que je parle ? A qui ? Pendant combien de temps ? Et plus important, quel est le sujet et a-til un sujet assigné ? Que se passe-t-il vraiment et quelles sont les questions figurant entre les lignes ? Connaître les réponses à toutes ces questions m’aiderait à planifier une intervention. Pouvons-nous parler avant que je commence à rédiger un discours ? »

Sachs a répondu :  «Veuillez m’excuser pour l’absence d’informations. Cette situation m’est apparue tard dans le processus et j’étais focalisé sur la recherche du meilleur expert tiers [ie non Monsanto] qui pourrait parler sur le thème des évaluations de sécurité  dans les produits untilisant des RNAI [ Interférence  Acide RiboNucléique]  [un sujet que je discute ici  ] »

« Monsanto Chine travaille avec l’ association des biotechnologies agricoles chinoises [Chinese Agricultural Biotech Association pour héberger le séminaire. » continue Sachs, « le but est de préparer la voie pour l’agréement de l’importation pour les produits de la biotechnologie en Chine.»

Chassy soumis plus tard un brouillon de sa présentation aux officiels de Monsanto avant l’évènement. [ Voir l’échange ici ] « par dessus tout, tout le monde est ravi de la façon dont la présentation s’est déroulée.» répond un employé de Monsanto, indiquant qu’ « il y avait quelques changements mineurs apportés au texte et qu’ils étaient indiqués en rouge. » ainsi que « quelques commentaires auquels vous devrez répondre » Chassy répondit en cherchant plus d’informations : « Merci pour les critiques. Ils ont soulevé un nombre de bons points. J’ai attaché un dossier de formulations contenant les réponses à leurs commentaires. Il en reste un certain nombre qui restent irrésolus et pour lesquelles de nouveaux termes pourraient ou non répondre aux critiques évoquées par les relecteurs. S’il vous plaît veuillez à ce que chaque relecteur fasse une seconde lecture.»

Adressé à Kevin Folta de l’Université de Floride, Lisa Drake de Monsanto écrit que « durant ces derniers six mois nous avons travaillé dur afin d’intégrer du tiers frais –ie des personnes non affiliées à Monsanto- afin d’incorporer du matériel actuel et frais sur les OGMs dans le site web MD. Á la remarque : « J’apprécierais que vous considéreriez la possibilité de soumettre un blog sur la santé et la sécurité des biotechnologies au site web.» Elle ajoute, « Pouvez-vous penser à insérer le mot « étiquettage» quelque part dans votre contenu afin de permettre la sélection des algorithmes .» Folta a répondu : « Je suis content de faire ça et vais produire quelque chose d’ici peu. » ( Folta dit qu’il n’a finalement jamais écrit le post en question.)

  • Et le 28 Janvier 2015

Un employé de la firme de relations publiques Ketchum, écrivant « au nom du Conseil de Biotech Information », un groupe fondé par Monsanto et compagnies de biotechnologies inclut Folta dans un email collectif pointant l’objet d’une autre controverse brûlante. Un éditeur a indiqué qu’il « mettrait à jour un ouvrage de science de Sixième qui présente quelques avantages des semences OGMs ». Pire, « d’autres maisons d’édition considèrent le fait de remplacer tout contenu pouvant être catalogué de pro-OGM.» Elle demande à qui le souhaite de répondre à cette crise du manuel scolaire. « Je suis excité à l’idée de torpiller cette stupidité » répond Folta à la joie du correspondant de Ketchum, « C‘est le meilleur email que j’ai reçu de la journée. [smiley emoticon] Merci! Je vous tiens au courant dès que nous avançons dans cette perspective. »

 

TOM PHILPOTT

Correspondant Alimentation et agriculture

Tom Philpott est le correspondant Alimentation et agriculture de Mother Jones ; Pour plus de ses articles cliquez ici :  http://www.motherjones.com/authors/tom-philpott Pour le suivre sur  Twitter, cliquez là : https://twitter.com/tomphilpott RSS | TWITTER

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

 

Les scientifiques disent que les ingrédients supposés miraculeux dans la chasse aux mauvaises herbes ne marchent pas !

Au regard des démarches pour le changement et l’amélioration des conditions de vie qu’a dû expérimenter le genre humain, les fausses pistes ont généralement été, après usage, abandonnées. Elevage, culture inadaptés * n’ont pas vu le zèle des communautés s’acharner sur eux quand après de nombreux efforts ils se montraient impraticables pour diverses raisons. Nous nous trouvons dans l’usage de ces herbicides et de ces pesticides face à une démarche complètement inattendue dans le trajet de l’espèce humaine pour maîtriser son environnement et en tirer sa subsistance. Des produits comme le glyphosate, mis à part sa toxicité environnementale prouvée, a aussi la fâcheuse capacité à avoir généré des mutations génétiques extrêmement rapides dans les plantes qu’il est sensé éradiquer et se retrouve donc inadapté pour la fonction même qui a présidé à sa mise en oeuvre. Mais, plutôt que de questionner son efficacité et de le reléguer, comme le furent des milliers d’autres solutions inadéquates dans notre histoire, il préside à la mise en place de nouveaux apports chimiques, issus de technologies qui en sont encore à leur balbutiement et dont on ignore à peu près tout quant à leurs effets sur la vie environnante. Une autre preuve que ce système est non seulement un danger majeur dans ses structures mêmes mais est aussi, malgré un accès jusqu’alors inégalé à la connaissance et la maîtrise scientifiques, dépourvu des réflexes de survie qui ont caractérisé les groupes humains depuis leurs sources. Ce qui le rend, dans cette forme d’absence d’auto-critique aberrante, plus dangereux que tous les autres systèmes de gestion environnementale précédents, c’est l’impossibilité à le faire revenir en arrière.

Tom Philpott

Scientists say supposedly miraculous ingredients in weed killes don’t actually work

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Dale A. Stork/Shutterstock

Avant que les pesticides aillent du laboratoire au champ, ils doivent d’abord être validés par l’Environnemental Protection Agency. Mais ils sont communément mélangés – soit par les producteurs de pesticide soit par les fermiers – avec des substances nommées adjuvants qui augmentent leur efficacité ( afin d’être plus régulièrement répartis sur les feuilles de la plante dans le cas des pesticides, ou en pénétrant à travers les couches superficielles de la plante permettant aux herbicides de tuer les mauvaises herbes). En dépit de leur omniprésence, mes adjuvants ne sont pas contrôlés par l’EPA du tout. Ils sont considérés comme des ingrédients « inertes ».

En dépit de leur omniprésence, les adjuvants ne sont pas contrôlés par l’EPA du tout. Ils sont considérés comme des ingrédients « inertes ».

J’ai écrit une première fois à leur propos l’année passée, quand les adjuvants mélangés aux pesticides sont devenus suspects de générer la mort importante d’abeilles lors de la floraison des amandes en Californie. Récemment un article digne d’attention rédigé par les botanistes de Purdue dans la revue économique AgProfessional a attiré à nouveau mon attention. Son contenu illustre la nature dérégulée et sauvage de ces additifs.

Dans l’article, les auteurs font remarquer que deux compagnies  promeuvent chaleureusement les adjuvants comme une sorte de cure miracle contre le fléau toujours plus grand des plantes résistant aux herbicides. C’est une plainte timide étant donné que les herbes résistantes contaminent maintenant plus de 25 millions d’hectares cultivables.

Plus étrange encore ces deux compagnies attribuent l’efficacité de leur produit à la nanotechnologie, un outil d’ingénierie controversé, encore mal régulé qui prend en compte le fait que quand on réduit des substances communes à des particules minuscules, elles se comportent d’une façon radicalement différente de celle qui les caractérise quand elles ont leur taille habituelle. Les nanoparticules sont si minuscules que leur taille est mesurée en nanomètres – un milliardième de mètre. ( Un cheveu humain est à peu prêt épais de 80.000 nanomètres, les nanoparticules se mesurent à moins de 100 nanomètres.)

Un adjuvant appelé ChemXcel  de la compagnie C.R Enterprise dans le Minnesota, prétend « tuer les mauvaises herbes résistantes aux herbicides » quand il est mélangé à des herbicides communs comme le glyphosate. La magie opère à travers «  des nano-conducteurs patentés, de marque déposée » qui « modifient la structure chimique du glyphosate » en « enveloppant les séquences génétiques individuelles de l’ADN à l’intérieur » proclame la compagnie.

Puis il y a NanoRevolution 2.0 mis sur la marché par une compagnie appelée Max System. L’herbicide « porte sur son dos » les nanoparticules lorsque elles pénètrent la structure de la feuille, transportant l’herbicide directement au système des racines pour une absorption de l’herbicide améliorée et plus rapide même sur les mauvaises herbes difficiles à contrôler.

Décontenancé par ces assertions et par l’usage des nanotechnologies, j’ai contacté l’EPA pour constater ce qu’au moins cette agence avait à en dire. « Bien que nous ne soyons pas familier de ce genre de produits, l’EPA a sous sa juridiction des substances qui entrent dans les définitions des pesticides, c’est-à-dire dont on déclare qu’elles tuent, repoussent, préviennent, ou autrement contrôlent les insectes nuisibles » m’a répondu un porte-parole de l’Environmental Protection Agency par email. « Tant que les produits adjuvants aux pesticides ne font pas partie des attributions des pesticides, ils ne sont pas considérés comme des pesticides et leurs composants ne sont donc pas des ingrédients de pesticides ( actifs ou inertes) » et donc, pas sujets aux décisions de l’EPA. Les fabricants ne sont pas même tenus de faire la liste des composants contenus dans les adjuvants.

Voici, par exemple comment Max System décrit les composants de NanoRevolution 2.0 :

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Le scientifique de Purdue Weed Bill Johnson, qui est le co-auteur de l’Ag Professional, dit que son équipe et lui-même ont trouvé qu’aucun des nano-composants ne marche comme leur publicité le déclare. «  Je commence à recevoir des appels concernant des témoignages disant que ces produits sont promus dans l’Inde du nord et j’ai pensé, il nous faut valider ou invalider les plaintes. »

Les nanotubes de carbone sont l’une des nanoparticules les plus controversées- souvent compare à l’Asbestos pour leur capacité à se loger dans les poumons et à causer des troubles lorsque ils sont inhalés.

Aussi lui et ses collègues ont testé les produits sur un échantillon de mauvaise herbe connue pour être résistant au glyphosate, les mélangeant au glyphosate dans les proportions recommandées par les fabricants. Les résultats, publiés dans le magazine commercial Ag Professional étaient décevants. Seul, le Roundup ( la version de Monsanto de l’herbicide au glyphosate) n’ a tué que 13.8 % des mauvaises herbes. Mélangé au ChemXcel, il en a tué 15%, alors que le mélange du dénommé NanoRevolution 2.0  Roundup en tuait 18%.

Johnson a expliqué que les herbicides sont toujours mélanges avec des adjuvants – on en a besoin habituellement pour aider l’herbicide à pénétrer les surfaces externes des herbes. Mais ces adjuvants-là ne sont pas plus performants ou pire que les adjuvants conventionnels distribués sur le marché. Mais ils ne s’approchent pas du tout de la solution aux plantes résistantes aux herbicides, comme le prétend la compagnie.

C.J Mannenga, copropriétaire de C.R Enterprises, a rejeté fortement ces résultats et a défié les résultats. «  Nous savons que nos produits marchent » dit-il, « Nous l’avons montré en Géorgie, nous l’avons montré dans l’Ohio, dans le Missouri, dans l’Iowa » Lorsque nous avons parlé Mardi après-midi, Mannenga m’a confié qu’il était à Osborne dans le Kansas, près à «  rencontrer un distributeur [d’agrochimie] majeur qui est «  extrêmement intéressé par le produit… je vais à une démonstration afin de leur montrer que ça marche vraiment. »

Alors que la brochure d’information du produit ne fait pas figurer ses composants, il m’a révélé de bon cœur que «  ce ne sont que des nanotubes de carbone ».

Les nanotubes de carbone sont une des nanoparticules les plus controversées – souvent comparés à l’Asbestos –  à cause de leurs capacités à se loger dans les poumons et à causer des troubles de la respiration. Ce rapport  des chercheurs de l’Université du Massachusetts de Lowel n’est pas très réconfortant : datant de 2014

Bien que l’impact sur les écosystèmes reste sous étudié lors du cycle de vie du CNT ( CarbonNanoTube), des preuves suggèrent que certains organismes aquatiques sont en danger. Pendant qu’il y a des avancées dans la régulation des CNT lors des récentes années, l’absence d’attention aux effets potentiellement carcinogènes de ces nano-composants signifie que ces efforts actuels peuvent donner une fausse impression de sécurité.

En même temps, personne  parmi les employés des fabricants  Max System du NanoRevolution 2.0  ne m’a retourné ma demande de commentaire.

TOM PHILPOTT

Food and Ag Correspondent

Tom Philpott is the food and ag correspondent for Mother Jones. For more of his stories, click here.

* Référence : ” De l’inégalité parmi les sociétés” Jared Diamond Folio Essais

Traduction : Elisabeth Guerrier