Les fissures dans l’édifice totalitaire transgenre. Jane Robbins / 2ième partie

” Ce que l’on avait coutume de faire de façon condensée et concentrée, par le biais de lois universelles insufflées grâce à la ferveur normative de l’Etat, et sous la protection de la police d’Etat, ce sont désormais des compagnies commerciales, des groupes presque tribaux ou les individus eux-mêmes qui le font., de façon mal coordonnée. Comme par le passé nous nous efforçons d’obtenir de la rationalité mais c’est à présent de la micro-rationalité (ou plutôt des micro-rationalités qui agissent en général dans l’incompréhension mutuelle, sont en désaccord et refusent de fusionner en un compromis) qui ne eut que reproduire ” l’irrationalité au niveau de l’ensemble”. Z.Bauman La vie en miettes. Expérience post-moderne et moralité Ed. Pluriel. 2003 p.154

Suite de l’article de Jane Robbins. Il a semblé nécessaire d’éclairer dans un commentaire plus détaillé le choix de cette auteure qui peut être soumis à quelques réserves de notre part en fonction de son appartenance politique. Il parait indispensable également de préciser que notre posture est avant tout celle d’une tentative de distance et d’analyse et que les développements présents dans cet article permettent partiellement de remettre ce mouvement dans son contexte, au moins financier et médical. Il y manque entre autres l’abord plus circonstancié d’une prise en compte élargie du mouvement transgenre au sein des autres mouvements qui caractérisent la “crise anthropologique” que semble traverser en ce début de 21ième siècle le monde postmoderne. Il serait également intéressant d’interroger cette soudaine “manie” collective au regard des effets délétères du matraquage subi lors de la dernière décennie de “L’Evidence based medicine” ainsi que d’approfondir ses liens avec l’hyper-individualisme et ses inévitables limites. Les références présentes dans ce texte, à des “valeurs stables et fondatrices” et, ici, religieuses, auxquelles il serait nécessaire de “revenir” sont de peu de poids par rapport aux bouleversements sociétaux qui ont évincé le mythe de l’état-nation démocratique en tant que tuteur moral et accréditeur de sens du lien social et qui ont mis en sa place sans les désigner comme seuls nouveaux pouvoirs, les soubresauts du marché et les produits des techno-sciences et leur capacité à dénier à leur logique tout questionnement sur une dimension métaphysique nécessaire au “progrès”, en évacuant sous forme de déni, et comme principe quasi structurel, toute prise en compte de la dimension historique et généalogique de toute appartenance humaine. EG

” Le même mouvement qui mit en notre possession les pouvoirs qui doivent à présent être régulés par des normes//a érodé, par une complémentarité nécessaire, les fondations dont les normes pouvaient tirer leur origine.// Nous frissonnons désormais dans la nudité d’un nihilisme au sein duquel la quasi-omnipotence a comme partenaire le quasi-vide et la plus grande capacité la plus petite connaissance du but.” Hans Jonas. Philosophical essay From ancient creed to technological man, Englewood Cliffs Prentice Hall 1974 p.19

Les enfants Trans

Pendant les décennies suivant le largement médiatisé  changement de sexe «  de Christine (né Georges William) Jorgensen en 1952, l’expérimentation médicale dans ce royaume était largement confinée aux patients adultes. Il n’y avait pas de sérieuses tentatives de médicaliser des enfants confus à propos d leur sexe (étant entendu qu’il y ait eu de tels enfants —des statistiques  de 2011 estiment que seulement 0, 2 à 0, 3 % de la population adulte souffre de dysphorie de genre, le pourcentage d’enfants est vraisemblablement plus faible encore). Mais une des caractéristiques particulièrement perturbante de l’actuelle manie transgenre est son insistance à prétendre que même de jeunes enfants peuvent «  savoir » qu’ils appartiennent au sexe opposé, avec la conclusion résultante qu’ils ont donc droit à une assistance médicale qui leur permette de transformer définitivement leurs corps afin qu’il corresponde à leur sentiment ;

Le traitement moderne pour les enfants dysphoriques créé par le Dr. Norman Spack, un pédiatre endocrinologiste  qui a fondé la première clinique de genre à l’hôpital pour enfants de Boston. Le processus inclut potentiellement quatre étapes : une «  transition sociale «  dans laquelle l’enfant confus est évoqué avec un nouveau nom et de nouveaux pronoms et est autorisé à porter des vêtements et à se comporter comme un membre du sexe opposé. Le suppression de la puberté naturelle par l’administration de bloqueurs de puberté nommés agonistes GnRN, qui sont supposés donner plus de temps à l’enfant afin de se décider pour une transition à venir avant que son corps ne se développe naturellement lors de sa maturité sexuelle, une «  transition hormonale », l’administration de puissants manipulateurs physiologiques, puis la «  transition chirurgicale ».

Les effets physiques non discutés de ce GAT sont choquants.. Selon une recherche d’ampleur menée par l’ American College of Pediatricians, administrer des hormones cross-sexes et des bloqueurs de puberté comporte des risques énormes : maladies cardiaques, caillots sanguins, crises cardiaques, arrêt de la croissance osseuse, ostéoporose, cancer, douleurs articulaires aiguës, dépression, et idéation suicidaire. Les interférences avec la puberté normale et la maturation sexuelle, qui proviennent à la fois des bloqueurs de puberté et des hormones cross-sexes, causeront aussi la stérilité et un dysfonctionnement sexuel permanent. Et ce ne sont simplement que les effets connus, parce que ce type de traitement est récent, les conséquences à long terme en sont inconnues. Les agonistes GnRH ne sont pas reconnus par la FDA-pour inhiber la puberté normale et sont donc utilisés sans validation à cause de cela.

La chirurgie est horrible. (SRS). Les patientes femmes peuvent subir une hystérectomie, une vaginectomie et une double masectomie – tous ces organes enlevés étant bien sûr parfaitement sains. Certains chirurgiens ôtent la peau des avant-bras  afin de créer une réplique inefficiente d’un pénis. Les organes sexuels des patients hommes ( pénis, testicules, scrotum) sont enlevés et un faux vain est ouvert qui doit  être maintenu ouvert  avec un dilatateur afin de ne pas se résorber sur lui-même et de cicatriser.

En d’autres mots, ces médecins de « l’affirmation  «  luttent contre des systèmes normaux du corps humains qui contre-attaquent en luttant contre les intrusions. Les patients seront engagés dans cette lutte pendant toute leur vie.

Un observateur objectif assumerait que les médecins quiparticipent au GAT repoussent ou dépassent les limites d’une pratique médicale acceptable, risquant d’être confrontés aux autorités. Dans l’environnement politique actuel, pas vraiment. En 2017,  la Société endocrine a publié  des indications qui permet le traitement des enfants et adolescents dysphoriques avec des bloqueurs de puberté et des hormones cross-sexes en dépit des risques connus pour la santé et de ceux que nous ignorons encore.  Bien que ces indications sont emplies de conseils de «  suivre » les divers aspects de la santé du patient durant la GAT et d’y impliquer des professionnels de la santé mentale d’une manière largement non précisée, la seule chose qu’il est conseillé à un endocrinologiste de ne pas faire est d’administrer des hormones cross-sexe et des inhibiteurs de puberté à des enfants pré-pubères. Autrement, tout est possible. Même la limite d’âge pour recevoir des hormones cross sexe et des inhibiteurs de puberté est flexible, puisqu’il peut y avoir des «  raisons irréfutables »  de pratiquer cela à des adolescents avant seize ans.  Aussi longtemps qu’il existe une «  équipe pluri-disciplinaire » en place afin de «  superviser » l’accroissement des malaises cardiaques et des crises, la détérioration osseuse,  les tumeurs malignes et  la dépression paralysante, tout devrait aller au mieux.

Un des aspects les plus perturbants de la subordination de l’ Endocrine Society d’une pratique médicale saine  à des exigences politiques est son traitement de la stérilité permanente qui résulte d’un GAP achevé. Les indications  s’y réfèrent ponctuellement : «  Les cliniciens devront informer les enfants pubères, les adolescents et les adultes cherchant un traitement de confirmation de genre de leurs options pour la préservation de la fertilité. » Rien à propos des conseils sérieux nécessaires pour expliquer l’énormité de cette décision.  Aucune reconnaissance du fait que les enfants et les adolescents ne peuvent pas  en avoir conscience de toute façon. Non, informez juste les enfants – pour qui avoir eux-mêmes des enfants est au-delà de leur propre imagination,  sur les «  options pour la préservation de la fertilité. »

Comme il est suggéré par la présentation de l’Endocrine Society, jusqu’à récemment, les bloqueurs de puberté n’étaient pas utilisés avant que le patient ait 11 ans, les hommes cross-sexes avant 16 ans et la chirurgie avant l’adolescence tardive ou l’âge adulte. Mais l’industrie a abaissé les âges d’administration sans prendre en compte les recommandations. Le Dr. Johanna Olson-Kennedy, un pédiatre californien ayant gagné sa notoriété en ayant été plus loin dans ce domaine, a modifié le protocole pour une étude fédérale qu’elle conduit et autorise l’administration d’hormones cross –sexe à des enfants de 8 ans. Des doubles mastectomies sont effectuées sur des filles de 13 ans. L’endocrinologiste pédiatrique de l’Université de Stanford, le Dr. Tandy Aye souhaite  l’accélération des changements législatifs qui puisse permette à des adolescents mineurs de subir une opération chirurgicale stérilisante même si l’idée qu’un mineur pisse correctement appréhender ce que signifie la stérilité, est, pour  le moins inconsistante par rapport à ce qu’on sait du développement du cerveau adolescent.

Certains chirurgiens op-rent déjà de la chirurgie mutilatrice sur des garçons mineurs, prétendant que l’ “âge est arbitraire”  et que les adolescents se sentent mieux hors de cette  procédure grotesque et pénible pendant qu’ils sont encore à la maison, avec des parents à même de superviser les soins post-chirurgicaux. Ces chirurgiens prétendent n’effectuer ces opérations permanentes, ayant des répercussions à vie uniquement sur des «  adolescents matures ». La maturité étant bien sûr déterminée par ces mêmes médecins conditionnés idéologiquement, et apparemment sans ou avec très peu de prise en compte des problèmes émotionnels que peut rencontrer un garçon qui veut être castré.

Il est probable que les indications seront modifiées afin d’accommoder les expérimentations de ces praticiens pionniers. En tout état de cause, l’élite des médecins du transgenre comme Olson-Kennedy,  se contentent de bafouer les indications à volonté et de faire ce qu’ils veulent. On pourrait en conclure que ces indications existantes ne sont là que pour l’apparence- afin d’aider des praticiens inexpérimentés à gérer leurs patient d’une façon politiquement correcte et de présenter un vernis de sobres réflexions afin d’éloigner les intervenions de certains professionnels ou membres du gouvernement qui pourraient mettre un holà à certaines de ces horreurs.

L’insistance sur le fait que les sentiments enfantins soient honorés, même au prix d’interventions chirurgicales et de traitements irréversibles est alarmant et sans précédent. Pour de bonnes raisons, les enfants ne sont pas autorisés à boire, à fumer, à jouer, à voter, à conduire des véhicules, à signer des contrats ou à accéder à certains loisirs. Ils n’ont pas non plus accès à certains traitements sans le consentement de leurs parents. Mais des adultes puissants affirment que les sentiments des enfants qui sont trop jeunes pour acheter un  sirop contre la toux devraient prévaloir sur toute considération contraire.

La dissention n’est pas tolérée. N’importe qui, que ce soient des parents, des médecins, des enseignants, ou des camardes de classe – qui questionne leur décision est traité de transphobe, de sectaire devant être réduit au silence.

Pourquoi maintenant ?

Pourquoi ceci arrive-t-il ? Pourquoi un brouillard de mensonges s’est-il abattu sur toute la société, au point que même des enfants sont sacrifiées à ce Léviathan vorace ?

Des volumes entiers seront consacrés aux soutiens de l’hystérie transgenre de masse. Quelques considérations :

• La manie transgenre résulte naturellement de la marche sans interruption de la révolution sexuelle. Le déni de la nature humaine a commencé avec le contrôle des naissances et la pilule, séparant le sexe de la reproduction. Cela a conduit à la séparation du mariage et du sexe  qui a détendu les astreintes et l’activité sexuelle et l’enfantement hors mariage. Une famille avec père et mère n’était plus considérée comme nécessaire à l’enfant, ce qui signifiait qu’il n’y avait rien de notoire à propos de l’appartenance sexuelle des partenaires unis par un lien romantique. Puis vint Obergefell, qui en acceptant le mariage homosexuel comme un droit constitutionnel a oblitéré les distinctions physiques, biologiques entre les sexes. Et si il n’existe pas de distinction majeure, une être humain ne devrait pas être confiné  à un seul sexe mais plutôt être capable de changer d’un sexe à un autre ou de s’arrêter quelque part au milieu.

• Cette manie provient de l’élévation du Self autonome narcissique, qui est supposé pouvoir faire de droit tous les choix qui lui semblent désirables sur le moment – même si ces choix violent la réalité physique.

• Cette manie est le résultat du concept en développement que le désire du patient devrait être le premier sinon le seul déterminant pour un traitement médical. Les indications du WPATH sont claires sur le fait que les exigences du patient surpassent les soucis éthiques du médecin. En emmenant ce concept jusqu’à se conclusion logique, un homme dysphorique a établit dans un essai glacial dans le New York Times qu’un médecin devrait appliquer la chirurgie mutilatrice que réclame le patient pour ressembler à une femme – même si le patient sait et admet que la chirurgie causera des dommages physiques énormes et échouera à apaiser sinon augmentera la détresse émotionnelle.  Avec de tels standards, le praticien cesse d’être un soignant et devient  simplement un outil comblant le désir fébrile d’un patient troublé. Et contrairement à un soignant, un outil n’a pas le droit à la conscience, aucune base légitime pour refuser de participer aux procédures attendues.

• La manie provient du culte des experts. Les parents dont l’instinct crie que leur enfant a besoin d’une psychothérapie, et non d’un GAT, se plient sous les professionnels qui prétendent savoir mieux. Si les experts disent que le traitement approprié est X, alors tous les non-experts sont supposés se soumettre sans questionner – même si la folie du parcours recommandé exhibe une lumière rouge aveuglante.

• La manie provient de l’hubris. Un praticien du GAT  décrit l’enivrante adulation de la part de patients et de familles désespérées. « Chaque rencontre est si gratifiante. Ils nous disent : «  Vous êtes mon héros, vous sauvez la vie de mon enfant. Nous ne savons pas ce que nous ferions sans vous. » Selon des chercheurs qui ont questionnés des chirurgiens intervenant dans les phases précoces du SRS, la chirurgie a attiré des médecins qui avaient le désir de «  se prouver à eux-mêmes qu’i n’était rien qu’ils ne puissent chirurgicalement exécuter » Changez un homme en femme et vous serez des dieux.

• La manie enfin résulte du déclin de la foi religieuse. Aucune des évolutions culturelles décrites plus haut ne se serait produite dans une société qui reconnaisse encore la réalité de dieu et de la loi biblique et naturelle. Et pour paraphraser Chesterton, la personne qui ne croit pas en Dieu ne croit pas en rien mais en  n’importe quoi.

Bien sûr, on ne devrait jamais négliger un des plus vieux appâts connue par l’humanité : la cupidité.   Certains professionnels de cette sphère en expansion désirent sans aucun doute alléger la souffrance des patients confus. Mais les professionnels de la santé qui ont accepté sans aucune critique l’imposture de cette alliance perverse Benjamin-argent tout comme l’industrie pharmaceutique qui va  débiter les médicaments et les hormones que  des patient malchanceux prendront à vie vont se partager les bénéfices qui sont supposés  atteindre presque 1 milliard de dollars en 2024. Ce genre de récompense peut avoir un certain effet sur les élancements de la conscience.

Des fissures dans l’édifice

Cette sinistre description suggère que l’humanité a été infestée par un virus monstrueux qui jusque là a résisté à tous les traitements. Mais la vérité morale et scientifique ne peut être étouffe qu’un certain temps et il existe des signes de son réveil.

Un signe encourageant est le nombre croissant de praticiens proclamant publiquement à quel point le roi transgenre est nu.  Bien sûr cette analogie est venue en premier lieu  du Dr. Paul McHugh écrivant dans le Public Discourse, qui a été très franc  contre  les errements et les dommages de la rvolution transgenre.

D’autres médecins ont rejoints le chœur. De l’American College of Pediatricians (établi en réaction à la politisation croissante de l’American Academy of Pediatricians) à des médecins parlant en leur nom qui ont dit la vérité en encourant des risques importants pour leur carrière. – voir les deux événements hébergés par Ryan Anderson, à l’ Heritage Foundation ici et ici—la résistance croît.

A titre d’exemple on trouvera cette lettre écrite par cinq médecins : (Drs. Michael Laidlaw, Quentin Van Meter, Paul Hruz, Andre Van Mol, and William Malone) et publiée dans Le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. Ces praticiens provoquent l’orthodoxie émergente parmi les arguments selon lesquels les jeunes patients doivent se voir administrer un GAT, comme offrant les preuves incontestables de notre incapacité à scientifiquement diagnostiquer les conditions, les risques manifestes portés par les bloqueurs de puberté et par les hormones cross-sexe, et les recherches scientifiques encourageant des traitements alternatifs.  Le fait même que The Journal ait accepté de publier cette lettre indique que la raison médicale s’est retirée mais n’a pas été vaincue.

Les professionnels qui s’opposent au discours transgenre sont répartis sur tout le spectre politique. Un groupe nommé Youth Trans Critical Professionals se définit lui-même comme des « psychologues, travailleurs sociaux, médecins, professionnels de l’éthique médicale et universitaires » qui, « tendant vers la gauche, sont ouverts d’esprit, et favorables aux droits gay » mais qui parc contre déclarent : « nous sommes inquiets à propos de la tendance actuelle qui diagnostique et affirme rapidement de jeunes gens comme transgenres, les mettant souvent sur une voie vers la transition médicale. »

Certains professionnels de la santé mentale s’opposent aussi aux restrictions légales qui contestent leur habilitation à fournir des soins à des patients dysphoriques. Un psychothérapeute juif orthodoxe s’est appuyé   sur les droits du  Premier amendement à la liberté de parole et de religion dans son procès pour infirmer lea suppression par l’Etat de New York des «  thérapies de conversion ».  A Tampa, en Floride, un magistrat fédéral a jugé favorablement un procès similaire attenté par deux psychothérapistes.  De tels challenges légaux sont le signe encourageant que certains professionnels ont la volonté de faire ce qu’il se doit avec leurs patients sans prendre en compte les possibles effets négatifs sur leurs carrières.

La crédibilité de ces mèdecins et autres professionnels de la santé mentale est accentuée par le constat de docteurs qui ne rejettent pas nécessairement le concept de transgenrisme d’emblée mais qui sont gênés par l’éthique prévalente que les sentiments doivent prévaloir sur les preuves. Des médecins comme le Médecin psychiatre de la   Case Western Reserve University School of Medicine, le Dr. Stephen Levine pense qu’un traitement médical peut être positif dans certaines situations mais résiste aux exigences plus radicales de l’industrie du genre et de ses alliés activistes.  Une autre  évolution prometteuse est l’advenue d’un réseau de groupes de parents qui ont vécu la folie transgenre sur leurs enfants ou dans leur famille. Ces parents ne veulent pas avoir à faire avec des «  experts » qui leurs disent des choses sur leurs enfants dont ils savent qu’elles sont fausses et de voir leurs enfants poussés vers des interventions médicales dont ils savent qu’elles vont ruiner leurs vies.  Des groupes comme Transgender Trend4thWaveNow,   et la  Kelsey Coalition  (nommée d’après le pharmacologiste de la FDA qui refusa d’autoriser la mise sur le marché de la thalidomide) se sont organisés afin d’aider les parents à résister et à contrer les abus perpétrés sur leurs enfants. Onpourra lire les histoires de cinq parents qui ont été dans ce cas dans  Public Discourse.

Beaucoup parmi ces parents réagissent à l’aspect le plus cultuel de cette manie – Many of these parents are reacting to the most cult-like aspect of the mania—la soi-disant Mise en route rapide d’une dysphorie (Rapid Onset Gender Dysphoria) qui touche surtout les filles adolescentes. Les parents racontent aussi de telles histoires déplorables. La fille, peut-être dépressive ou ayant d’autres problèmes psychologiques est exposée à l‘idéologie transgenre sur le net ou parmi ses connaissances. Elle passe des heures à regarder des vidéos sur le transgenrisme et le pouvoir magique d’un GAT de  de libérer de l’anxiété, elle  décide soudain, peut-être avec d’autres amies, qu’elle est transgenre, elle insiste pour être évaluée par un « spécialiste du genre »,  qui la conforte dans son auto-diagnostic et commence rapidement à lui prescrire ou des bloqueur de puberté ou des hormones cross-sexe, le spécialiste ignore les informations données par les parents portant sur d’autres aspects de l’expérience de leur fille qui peuvent contribuer à ce délire et  le spécialiste et la fille préviennent les parents qu’elle se suicidera  si ils s’oppose à son choix ;

Mais la création nouvelle d’un réseau d’organisation a permis aux parents de comprendre la manipulation dans toute sa malveillance et de réaliser qu’ils ont des alliés dans leur résistance. Comme les professionnels mentionnés plus haut, nombre d’entre eux sont politiquement conservateurs. Ce qu’ils ont en commun est une reconnaissance de la vérité, un rejet du mensonge même fourni par des experts et une féroce détermination à protéger leurs enfants.

Certains membres du gouvernement commencent à questionner l’accroissement du nombre d’enfants déniant leur sexe de naissance qui a grimpé en flèche. En Grande Bretagne, les Ministère de la femme et des inégalités a récemment ordonné une investigation  afin de comprendre pourquoi le nombre d’enfants demandant une transition a augmenté de 4000 % en huit ans. Même les individus non informés – y compris les bureaucrates- comprennent qu’une telle explosion des cas de dysphorie ne eut pas s’être produite naturellement. La volonté d’examiner la question est un autre signe bienvenu que la manie puisse d’une certaine façon relâcher sa pression.

Aux USA, beaucoup d’élus du gouvernement ont adopté le mouvement transgenre sans d’étude préalable sérieuse. Mais il existe quelques signes de correction là aussi. Par exemple, l’administration Trump a fait plusieurs démarches afin de remettre la loi dans cette arène.

Une a été en Février 2017 l’abrogation de la « school “guidance” » de l’administration Obama qui étendait l’interprétation du sexe au Titre IX afin d’y inclure l’identité de genre. Un développement lié à cela a été l’annonce d’octobre du département d’état  que le Titre VII, qui prohibe les discrimination à l’emploi basées sur le sexe ne seront pas interprétées pour s’appliquer à des actions basées sur l’identité de genre. Depuis que le Congrès avait clairement créés les statuts de 1972 (Title IX) et de 1964 (Title VII) afin de ne couvrir que le sexe biologique, ces étapes montrent un retour bienvenu aux normes de l’autogouvernement. (self-governance)

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En Mai 2019,  le Department of Health & Human Services (HHS) a évolué vers une définition scientifique  du  « sexe » dans les programmes financés par l’état. Alors que l’administration Obama avait décrété que la discrimination, prohibée sur la base du «  sexe «  devait comprendre la discrimination basée sur «  l’identité » de genre » , l’HHS a récemment publié   une proposition de régles  renversant cette interprétation onéreuse et illégale. Le «  sexe » clarifie cette proposition de règle, se verra attribuer sa signification scientifique, ne se référant qu’au sexe biologique démontrable plutôt qu’aux sentiments informels, changeants de l’identité de genre.

Finalement, l’HHS prône le renforcement  des  protections de la conscience des individus impliqués dans la recherche ou dans les soins. Ceci signifie que ces professionnels ne peuvent ps être forcés de trahir leur conscience en participant à des GAT ou à des recherches qui leur sont associées.

Bien que la politique gouvernementale puisse changer bientôt comme le font les administrations ( par exemple le dénommé Equality Act cimentera un politique extraordinairement nocive et totalitariste au regard de l’identité de genre), ces réactions apportent l’espoir de propositions politiques basées sur la réalité.

Un autre exemple de résistance vient du monde des sports. Alors que des garçons ou des hommes s’identifiant comme femmes peuvent battre haut la main  filles et femmes, des personnalités se démarquent. La légende du tennis Martina Navratilova,  elle-même lesbienne et supportrice des «  droits gay », a nommé  la  participation d’hommes dans le sport féminin comme elle le devait : tricherie.  Le groupe récemment organisé recently Fair Play For Women  ( Jeu juste pour les femmes)  a publiquement défendu le droit des femmes et des filles à des participations sensées dans l’athlétisme, ce qui signifie de restreindre certains sports à des athlètes femelles biologiques. Chaque photographie d’un homme plus gros et plus fort battant une fille et peut-être lui ôtant toute possibilité de carrière ou de financement d’études , développe la compréhension du public que le transgenrisme implique un degré signifiant de narcissisme et de droits acquis de mauvaise foi.

Les Féministes commencent à reconnaître la menace du trangenrisme non seulement pour la justice dans la compétition en athlétisme mais pour les femmes dans leur ensemble (voir ). Si des mâles sont autorisés à joindre le sexe féminin simplement en se déclarant femmes, existe-t-il quelque chose comme une femme ? Existe-t-il une base qui permette de protéger les femmes dans un espace privé (comme des toilettes ou des vestiaires), dans les universités, les dortoirs, et même les prisons ? Existe-t-il un moyen pour s’assurer que les programmes supposés aider les femmes, comme des prêts spécifiques ou des réserves dans les budgets gouvernementaux soient restreints aux femmes ?

Les radicaux transgenres sont si préoccupés par la résistance des féministes, spécialement celle des lesbiennes, qu’ils ont créé leur propre insulte pour décrire les gauchistes dissidents : Trans-Exclusionary Radical Feminists, ou TERFS. Les injures, cependant, n’ont pas eu d’effet sur ces féministes, qui reconnaissent que valider des droits légaux basés sur l’identité de genre plutôt que sur le sexe devra «  éliminer les femmes et les filles  en tant que catégorie cohérente, digne de protection de ses droits civils.

La voix la plus puissante pour revenir à la raison va peut-être venir des ceux qui «  détransitionnent » – des individus qui ont subi une transition médicale, et qui ont réalisé qu’ils avaient fait une erreur tragique, et qui  — prennent la parole  maintenant afin de prévenir les victimes de l’industrie du genre.

Walt Heyer a subi des années de dysphorie de genre qu’il attribue maintenant aux mauvais traitement de sa grand-mère et à ses abus sexuels dans sa jeunesse. En tant qu’adulte, il a subi une thérapir hormonle et de la chirurgie et a vécu huit ans comme femme avant de détransitionner. Contributeur régulier du Public Discourse, Heyer a maintenant plus de 70 ans et consacre sa vie a aider d’autres victimes à retrouver leur vie authentique comme il l‘a fait.  Son site internet, sexchangeregret.com, a été visité par des centaines de milliers d’usagers de 180 pays, et il rapporte  un accroissement énorme du traffic depuis la prolifération du virus transgenre.

D’autres adultes sont également francs à propos de la folie du «  changement de sexe »  ( voir le travail de recherche  sur le transgenrisme de Horvath et le récit pathétique de l’expérience de Rene Jax Don’t Get on the Plane.) Mais avec certaines victimes, la prise en compte de la vérité se produit beaucoup plus tôt. De plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes parlent de l’erreur qu’ils ont commise en transitionnant et avertissent les autres jeunes de ne pas se laisser aspirer par le culte (voir là, là, et là, par exemple). Cependant une information fiable sur le niveau de regret postérieur à un GAT n’est pas disponible car de très nombreux patients ne sont pas suivis (peut-être aussi à cause des suicides), plus les détransitionnés parlent, plus ils se sentiront à l’aise à le faire.

Les chanceux sont ceux qui en sont sortis avant la chirurgie ou autre traitement irréversible. Pour les autres, peut-être le système permettra-t-il des dédommagements à travers la possibilité de poursuites pour fraude professionnelle. Tout comme une   responsabilité pénale  a dissuadé des psychothérapistes d’utiliser la théorie de la « recovered memory ” » avec des patients fragiles, la perspective de poursuites et de condamnations substantielles  par des victimes de GAT peut amener des praticiens à y penser à deux fois.

Est-ce différent cette fois ?

Chaque fois qu’une révolution sexuelle se réclame d’une nouvelle victoire – démantelant les normes de la moralité sexuelle ou atteignant l’acceptation des comportements homosexuels, ou imposant le mariage homosexuel faisant pression sur une personne tiers pour célébrer la dernière étape – les individus ayant des valeurs plus traditionnelles pensent que cette fois les radicaux sont allés trop loin. Ce sera certainement le développement qui fera basculer le pendule vers une absence de base et un bon sens commun. Mais au lieu de ça, les révolutionnaires empochent la victoire et avancent sans répit vers le nouvel objectif.

Mais le mouvement transgenre est peut-être différent. Les dommages infligés par les campagnes précédentes sont réeles et profonds mais ceci n’a pas été immédiatement évident. Il a fallu, par exemple, plusieurs dizaines d’années pour que les conséquences de la sexualisation de tout devienne tangible. – désintégration de la famille, enfants sans père et cassés, augmentation des consommations de stupéfiant et autres pathologies culturelles – et même maintenant  les idéologes résistent à la conclusion que ces tendances sont dues aux changements sociaux qu’ils préconisaient.

En contraste, les dégâts de l’affirmation transgenre sont immédiats et apparents. Les dommages médicaux seuls sont indéniables, et l’angoisse ne fait qu’accroître. Les enfants et adolescents concernés, spécialement, deviennent les blessures vivantes dont les vies massacrées témoignent des abus infligés par les «  experts » qui ont profité de leur misère. Les voix des dé-transitionnés pénètre le bavardage politiquement correct pour avertir que ce qui se passe détruit des vies, ici et maintenant.

Hacsi Horvath,  un chargé de cours au Département d’épidémiologie et d biostatistiques de l’Université de  Californie à San Francisco, a décrit abondamment  sur l’acceptation étrange du  concept fantastique de l’identité de genre. :  A mon avis, qui est basé sur des recherches approfondies ainsi que sur ma propre expérience de plus de 13 ans où j’ai prétendu être une femme – GD n’est que très peu concerné par son sexe. IL s’agit plus de troubles dans l’identité. Il n’y a aucune bonne raison pour que la dysphorie de genre ait été majoritairement exclue pendant 15 ans dans le cadre des recherches sur les «  diagnostics trans »  du traitement de personnes dépressives  ou angoissées.  GD n’est pas en soi unique, super spécial !  C’est tout à fait inscrit dans les critères efficacement traités dans le cadre des approches des diagnostics trans. C’est comme si les promoteurs de «  transition » du transgenrisme en vogue exerçaient une sorte de racket.

Un de ses camarades survivant, Walt Heyer ne prend pas de gants en décrivant les agents de la manie transgenre. Spécialement au regard des fausses affirmations touchant les mineurs, il dit :

C’est de la maltraitance sur enfant…Nous fabriquons des enfants transgenre. Nous fabriquons leur dépression, leur angoisse et ça devient une énorme industrie dont les gens profitent alors que la vie de ces enfants est complètement détruite.

Il conclut : Il n’y a absolument rien de bon à affirmer que quelqu’un a une identité genre- croisé parce que ça détruit leur vie…C’est de la folie.

La forteresse transgenre que les radicaux ont construite uniquement à la force de leur volonté est construite sur du sable sans support d’aucune sorte. La vague qui va l’effacer gagne de la force. Puisse venir bientôt le temps où nous dirons, avec les observateurs de cette hystérie passée : «  Mais comment avons-nous pu croire ça ? »

A propos de l’auteure.

JANE ROBBINS

Jane Robbins,  diplômée de l’Université de Clemson  et de l’ Harvard Law School, est avocate et écrivaine en Géorgie.  Membre de l’ APP

Ci-dessous, quelques articles complémentaires :

Article Daily mail Réaction au nombre croissant de demandes

Jonathan Turley  Article sur les (ré)pressions exercées sur les enseignants et intervenants dans le cadre des universités

Madeleine Kearns     Article sur l’exclusion des parents dans les choix d’intervention «  d’information » sur le genre

Slavoj Žižek «  Le sexuel est politique » dans  la revue «  Le salon philosophique »

Colette Chiland  Problèmes posés aux psychanalystes par les transsexuels dans la Revue française de psychanalyse

Le discours transsexuel sur le corps      Jean-Pierre JacquesDans Cahiers de psychologie clinique 2008/1 (n° 30)

Feminist current Pediatrics professor Dr. John Whitehall describes gender transition in minors  as “castrating children.“

Traduction : Elisabeth Guerrier

Les nouvelles lois canadiennes sur le commerce du sexe Janice Raymond

Les nouvelles lois canadiennes sur le commerce du sexe
Janice Raymond

Traduction à la demande de l’association canadienne Sisyphe. La question de la législation et de la pénalisation de la prostitution est épineuse. Nous avons l’avantage d’avoir le recul donné par plusieurs tentatives dans de nombreux pays et de pouvoir en analyser les conséquences. Il est évident par contre que le point de vue premier sera toujours d’avantage orienté par les a priori moraux ou idéologiques que par les chiffres. Là, chacun prend ses responsabilités et fait ses choix, les premiers et premières concernées étant, semble-t-il, les prostitué(e)s eux-mêmes. EG

 

Pros.

 

Lors des dernières années, un méli-mélo d’articles a revendiqué la démystification du trafique sexuel et de la prostitution. Ces articles se sont concentrés sur plusieurs thèmes : tourner en ridicule les témoignages d’exploitation de femmes comme faisant partie de la presse à sensation créant des mouvements de «  panique morale », discréditant les mots, les vies et les efforts qui pouvaient être identifiés comme des survivants de la prostitution et du trafique sexuel, pester contre le sauvetage de ces prostituées et de ces femmes et enfants objets du trafique par des ONG beaucoup trop zélées, et discutant les nombre de femmes et d’enfants exploités lors d’événements marquants comme la Coupe du Monde, les Jeux Olympiques ou le super-bowl.

Une coterie d’écrivains s’est spécialement mobilisée pour critique les lois pénalisant la demande de prostitution, rendant illégale la recherche d’activités sexuelles.  Une des récentes productions illustre le fait que les «  preuves » sont toujours modifiées par l’interprétation et par le choix de certains exemples au détriment d’autres.

Dans le New York Times ( 20/1/15) la rédactrice Julie Kaye s’attaque dans sa chronique aux nouvelles lois sur la prostitution en blâmant le Canada pour suivre un modèle nordique « défaillant » qui a été voté en Suède, en Norvège, en Island et d’une façon modifiée en Finlande. Kaye base ses «  preuves » sur un seul pays, la Nouvelle Zélande, pour placer les bénéfices de la décriminalisation et de la régulation de prostitution. Si elle avait pris la peine de représenter l’ensemble des pays qui ont fait de même, le résultat aurait été très différent.

Dans les années 2000, les Pays Bas ont extrais les souteneurs et les bordels de la sphère criminelle et mis en place une “ zone sûre « e tolérance dans la plupart des villes où les hommes pouvaient librement et légalement acheter les services des femmes prostituées.

De 2003 à 2009, Amsterdam, Rotterdam et d’autres municipalités fermèrent ces zones parce qu’elles étaient rapidement devenues dangereuses et sordides et que le crime organisé s’y perpétrait en toute impunité. En 2007, 2008, Amsterdam ferma également un tiers des vitrines légales des bordels parce que les investigations de la police concluaient que le système néerlandais de prostitution était hors de contrôle.

L’Allemagne décriminalisa certains aspects de son système de prostitution en 2002. Deux années après que la loi soit passée, le nombre de personnes investies dans la prostitution avait augmenté de 200.000 à 400.000 – principalement des femmes provenant de pays étrangers. Dans son évaluation de 2002 du German Prostitution Act, un rapport officiel du ministère reconnaît que la loi n’a pas eu d’effets «  réels et mesurables sur la sécurité sociale des prostituées »

Dans l’état de Victoria, en Australie, la légalisation a encouragé une croissance intense du secteur illégal. Dès les années 1998. 1999, quatre ans après la complète légalisation dans l’état de Victoria, les maisons de passe sans licence avaient triplé leur nombre. Les maquereaux d’hier étaient devenus les entrepreneurs légitimes du sexe d’aujourd’hui profitant d’un marché toujours en croissance qui tenait son pouvoir en majeur partie des fonds publics.

Le pays vitrine de Kaye pour la décriminalisation de l’industrie du sexe est la nouvelle Zélande. Cependant, en 2013, une femme ancienne prostituée intervint devant le comité du parlement, établissant que le Prostitution Reform  Act de 2003 ( PRA) avait échoué avec elles et d’autres femmes qui étaient restées dans l’industrie du sexe. Elles affirmèrent que de décriminaliser l’industrie du sexe «  avait simplement joué en faveur de souteneurs et des propriétaires de maisons closes et leur avait permis de gagner une façade de respectabilité en faisant légalement leurs proies des femmes sous leur contrôle. » Le Président de l’Association de la Police a lui rapporté que la décriminalisation en Nouvelle-Zélande avait créé des gangs et un essor du crime organisé, blanchissant l’argent à travers les entreprises légitimes.

La tribune du New York Times  ravive des arguments éculés et contrecarrés à propos de la législation suédoise sur laquelle la nouvelle loi sur la prostitution au Canada est basée. Une lecture attentive du rapport du Swedish National Board of Health and Welfare ( SNBH)  utilise par Kaye pour montrer que sa revendication- que le taux de prostitution avait rebondi après une première réduction notable – n’était pas la vérité entière. Le rapport du SNBH ne déclare pas que le nombre de la prostitution citadine s’est accru dans trois des villes suédoises importantes, mais que le nombre de personnes prostituées est encore plus bas qu’avant que la loi ne prenne effet.

D’une façon flagrante, Kaye ignore les conclusions fondamentales du rapport SOU : que la prostitution urbaine a été diminuée de cinquante pour cent, un résultat direct de la loi criminalisant les consommateurs, moins d’hommes affirment qu’ils recherchent des services sexuels, et il n’existe pas de prévue que la baisse de la prostitution de rue ait amené l’augmentation de la prostitution ailleurs, que ce soit dans des lieux spéciaux ou sur internet.  De plus, la Suède est un des deux pays en Europe où la prostitution et le trafique sexuel n’est pas en augmentation. L’autre est la Norvège, qui a adopté la législation suédoise de prohibition sur l’achat des activités sexuelles

La loi canadienne provident d’un fond législative testé et expérimenté qui reconnaît la prostitution et le trafique sexuel comme une exploitation, pas comme «  un travail du sexe ». Elle reconnaît également qu’à moins de se confronter à la demande, l’exploitation sexuelle continuera de prospérer. Pas seulement dans les pays nordiques mais aussi en Corée de Sud, une loi interdisant l’achat d’activités sexuelles a mené à renforcer la protection des victimes et l’assistance en réduisant le nombre de consommateurs et les quartiers chauds.

En 2014, L’Irlande du Nord a passé une loi identique rendant illégal l’achat d’activités sexuelles.

Le Canada est en bonne compagnie. Comme la journaliste canadienne, survivante de la prostitution Trisha Baptie l’affirme : «  Pour la première fois, nous nous adressons aux racines de ce qui cause la prostitution, la loi ira à la source de l’exploitation et permettra à des femmes et des filles de sortir de la prostitution en criminalisant l’achat de leur corps. Cibler la demande va accélérer la fin d’une injustice systémique ».

 


Janice Raymond

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

Mars 2015

 

Nous avons besoin d’un féminisme audacieux et provocateur Jacqueline Rose

” Nous avons besoin d’un féminisme audacieux et provocateur “

Par  Jacqueline Rose The Guardian

Malala Yousafzai

 Malala Yousafzai a montré au monde la violence que les femmes doivent affronter si elles revendiquent le droit d’être éduquées.  Photographe : Olivia Harris/Reuter

Il est temps de revenir à ce que le féminisme    a à nous dire.  Il est temps de prendre en compte ce que les femmes ont à nous dire sur les dangers du monde moderne. Mais la prise en compte ne peut pas être faite en suivant les lignes qui nous sont devenues si familières. Nous ne pouvons pas le faire uniquement en revendiquant les droits à l’égalité pour les femmes ou en argumentant sur leur légitimité à occuper des postes dans les tribunaux de grande instance et dans les corridors du pouvoir. Ces revendications sont importantes mais elles tendent se faire – bruyamment, comme il se doit-  au détriment d’un autre type de compréhension, moins évident mais pas moins vital, qui se trace une route dans les espaces les plus sombres du monde, déchirant la couverture sur les préalables qui font que les formes les plus mortifères de pouvoir se nourrissent et se congratulent les unes les autres. C’est ça que nous pourrions appeler le savoir des femmes. Dans ses meilleures formes, c’est ce qui permet aux femmes de lutter pour leur liberté sans avoir à être cooptées par sous de faux prétextes ou par l’exercice brutal du pouvoir pour lui-même.

Ceci appelle à un nouveau langage pour le féminisme. Un  qui permettent aux femmes de proclamer leur place dans le monde mais qui creuse également sous la surface pour aller se confronter aux aspects souterrains de l’histoire et de l’âme humaine. Que tout ce qui est personnel est politique est, bien sûr, une analyse féministe rebattue. Aux commencements, elle a attiré l’attention à juste titre sur la façon dont les vies privées et familiales des femmes étaient noyées dans la réalité la plus sordide du pouvoir patriarcal. Mais si la revendication s’est quelque peu estompée, c’est probablement parce qu’elle s’est  éloignée d’un des paramètres les plus perturbant de propre vision – qui est que dès que s’ouvre la porte sur ce qui est personnel, intime, personne ne sait ce qui va être trouvé. Mon plaidoyer est pour un féminisme qui n’essaie pas de se désinfecter lui-même.

Nous avons besoin d’un féminisme scandaleux, qui embrasse sans inhibition les aspects les plus pénibles, avilissant du cœur humain en leur donnant leur place tout à fait au centre de ce que le féminisme veut créer. Ce sera certainement un monde bien différent de celui auquel le féminisme aspire- sain, équilibré, raisonnable, où les femmes se voient attribuer leur juste part. Non pas parce que ces aspirations ne sont pas légitimes ni parce que nous souhaitons un monde insensé mais parce que les femmes ont ce don de voir déjà au travers de ce qui est déjà fou dans le monde, et en particulier l’injustice sur laquelle il semble devoir s’organiser lui-même.

Prenez un journal au hasard n’importe quel jour de la semaine. Des preuves de la cruauté et de la violence exercée sur les femmes peuvent être trouvées à chacune des pages. Le mois dernier, Oscar Pistorius , le champion sud-africain paraolympique, un héros du sport national et international, a été acquitté des charges de meurtre pour avoir tiré sur son amie Reeva Steenkamp en Février 2013 à travers la porte fermée à clef de la salle de bain. ( Il a été reconnu coupable des charges minimales d’homicide volontaire )

Le juge a argument en disant que son intention de tuer Steenkamp ne pouvait pas être prouvée, même si elle a aussi insisté sur le fait que n’importe qui tirant à quatre reprises pourrait savoir que la mort devrait – ou au moins devrait- être la conséquence. Pour ceux qui reconnaisse ici les signes classiques de la violence domestique , ce jugement est un affront, sans parler de la demande faite par ses avocats de lui éviter la prison. Pendant le procès, les militants du Royaume Uni ont mis en avant e fait que les restrictions dans les aides légales et les coupes de budget placent les victimes d’une telle violence de plus en plus en danger :-  «  Des femmes vont mourir, ont-ils prévenu. Ce n’est pas dramatiser que de dire ça. ». Quelques jours plus tard, Carol Howard  une des rares femmes officier sapeur-pompier des forces de police, a été décrite devant la Cour comme sujette à une campagne vicieuse de diffamation après qu’elle ait porté plainte contre une discrimination raciale et sexuelle ( accumulant les abus). Et pendant l’été est apparu le fait que 1400 jeunes filles à Rotterdam avaient été la cible de prédation et d’exploitation sexuelles.

Selon l’actrice Samantha Morton, parlant pour la première fois, en réponse aux événements de Rotherham de la façon dont on avait abusé d’elle enfant dans un foyer d’accueil,  il s’agit probablement du sommet de l’iceberg. Quelque chose d’infâme est en train d’être mis à jour. Nous savons maintenant que les comportements de Jimmy Savile et de Rolf Harris n’étaient qu’une des parties d’une culture du divertissement où de tels abus sont aussi endémiques qu’ils sont tolérés ou ignorés. Pendant ce temps on apprend que le harcèlement sexuel et les agressions sur les campus sont en augmentation.- un officier de police a décrit la semaine des premières années comme un champ de la mort  pour la violence sexuelle.

Nigeria Kidnapped School Girls

Une manifestation à Abuja le mois dernier appellant le gouvernement nigérien à faire plus pour sauver les centaines de filles kidnappées par Boko Haram. Photographie : Olamikan Gbemiga/AP

Nous évoquons le climat international de violente oppression qui semble empirer de jour en jour. Les 200 écolières kidnappées par Boko Haram dans le nord du Nigéria en Avril cette année sont encore portées disparues. Selon l’agence des Nations Unies consacrée au femmes, plus de la moitié des femmes au travail dans le monde n’ont pas de droits légaux, le même nombre n’a aucune protection contre les violences domestiques et les agressions sexuelles sont devenues la caractéristique principale des conflits modernes.

Le jour international de la femme l’année dernière, dans une lettre adressée au Guardian, 50 personnes, allant de l’avocate des Droits de l’Homme Helena Kennedy  à  Philippe Sands   en passant par la chanteuse et compositrice  Annie Lennox, , faisait état du fait que les femmes entre 15 et 44 ans dans le monde   “courent plus de danger d’être violées ou victimes de violences domestiques plutôt que de mourir de cancer, d’accidents de la route, de la guerre et de la malaria combinés.”

De récentes statistiques montrent que 9 fois plus de personnes sont tuées dans des querelles entre individus, y compris les violences domestiques, que lors des guerres ou dans les conflits globaux. (Le coût de la violence individuelle s’élève au deux-tiers du coût total, 7.59 trillions d’euros, de toutes les formes de violence). Pour la première fois, le terme «  violence coercitive » – maltraitance financière, psychologique, physique, sexuelle ou émotionnelle de leur partenaires hommes sur les femmes- entre dans le lexique pénal.

Aujourd’hui, la violence domestique, l’excision et le viol en tant qu’armes de guerre sont classés comme crime de guerre depuis 2008 et sont de plus en plus présents sous le regard public.

La collégienne de dix-sept ans Fahma Mohamed    a évoqué l’excision et réussi à se faire entendre du gouvernement de Grande Bretagne et du Secrétaire général de l’ONU. Malala Yousfzai  sur qui les Talibans ont tire alors qu’elle allait à l’école en Afghanistan, a montré au monde la violence à laquelle les femmes doivent faire face dans leur affirmation du droit de tout humain à l’éducation (à être humain pourrait-on dire)

” Une balle, un tir qui a été entendu tout autour du monde ”    a-t-elle dit lorsqu’elle a reçu le prix Nobel de la Paix la semaine dernière. Cependant  comme l’a signalé Kamila Shamsie, ce n’est toujours pas prudent de retourner au Pakistan. Ces actes immondes n’ont pas d’équivalent. Ensemble et séparément, ils exigent une forme nourrie de reconnaissance. Nous pouvons aussi espérer que les changements politiques qui ont été promis – une plus grande sensibilité de la police à l’égard de la violence domestique, une éducation sur l’excision dans toutes les écoles de Grande Bretagne- lors du sommet international sur le viol en temps de guerre en Juin seront appliqués et feront la différence ( bien que cela demandera bien plus qu’aucune de ces promesses là). Dans chaque cas, cependant, on en parle, les femmes qui ont été cachées ou ignorées en parlent, ceci en soi vaut la peine d’être noté. De jeunes femmes comme Mohamed ou Yousafzai ne se contentent pas de le faire entendre à un monde qui ne veut surtout pas écouter. Elles osent une forme de discours adressé directement et sans excuse à la violence dont elles sont la cible.

Prendre en compte une telle violence est peut-être le plus grand challenge du féminisme aujourd’hui. Certainement, je ne peux pas me souvenir d’une autre période où elle est apparue aussi rampante et aussi éhonté. Et cependant il fut un temps où en écoutant décrire tous ces cas, comme je viens de le faire, aurait transformé tous les hommes en cibles pour tous les maux du monde. Ce à quoi certains féministes, moi y compris, auraient objecté que de généraliser ainsi c’était peindre les hommes uniquement sous leurs pires couleurs, les réduire ainsi que les femmes sans porte de sortie, au sein du cadre les plus débilitant de la société.

Ceci suppose aussi que tous les comportements  induits par la testostérone, comme certains arguments féministes le supposent, reflète- depuis des siècles et pour toujours- qui sont ou ce que sont et seront les hommes inévitablement. Ceci ignore la fait que, même si nombreux  sont déjà ceux qui embrassent la tâche, les hommes et bien sûr les femmes, doivent se construire dans leurs rôles. Depuis Simone de Beauvoir  , les prémisses fondamentales du féminisme furent que les femmes ne naissent pas femmes mais le deviennent, un argument qui assigne l’identité sexuelle au royaume de la culture et ne peut être efficace que s’il s’applique également aux hommes. Dans le cas contraire, nous entrons dans le scénario étrange où les hommes seraient pure biologie, les femmes pure culture, dont l’unique avantage est qu’il renverse le cliché prévalent : que les femmes appartiennent au royaume du corps, plus proche de la nature et que les hommes partout dans le monde, appartiennent au cœur de la vie publique, du social. Ceci ignore également le fait que la croissance des violences contre les femmes rapportées durant les dernières années, au moins en Grand Bretagne, a reflété la déroute économique du pays dont elle est au moins partiellement, la réponse désespérée et brutale.. Ce qui, bien sûr n’est en rien une excuse.

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 Nawal El Saadawi,  auteur de “ La face cachée de Eve”  Photographie : Felix Clay

Nous devons nous demander, aujourd’hui peut-être plus que jamais, pourquoi les hommes se tournent contre les femmes quand leur propre masculinité est menacée, pourquoi l’agression d’une femme apparaît souvent comme le meilleur moyen de compenser l’échec de la masculinité et la détresse. Poser ces questions nous entraîne sur des voies difficiles, dans les zones les plus sombres de l’âme humaine, où le féminisme, unique peut-être parmi les partis politiques, n’a pas – selon moi- peur d’avancer. Il s’agit de suggérer que quand les hommes passent à l’acte violemment contre les femmes, ils répondent à la fois à ce qui est requis pour leur identité et donnent à voir également leur fragilité.

Dans son fameux texte de 1977, “ La face cachée d’Eve”  la féministe égyptienne Nawal El Saadawi suggère que les hommes arabes- mais pas uniquement eux-  ne peuvent pas tolérer une femme intelligente parce que  «  Elle sait que sa masculinité n’est pas réelle, n’est pas une vérité essentielle » Cette soi-disant masculinité est à la fois la plus féroce des armes et une escroquerie pour la confiance : elle sait toujours qu’elle pourrait être plus forte. Parce que prétendre à la masculinité ne fonctionne jamais vraiment, cela doit être fait et refait sans cesse.

Est-ce que cela pourrait aussi indiquer, par contre, qu’il y a quelque chose touchant la différence sexuelle qui génère la violence en soi et par soi ?  Ceci pourrait nous aider à comprendre l’agonie du féminisme, pourquoi le progrès des femmes, en dépit des avancées durement gagnées et peut-être à cause d’elles, est si tortueusement lent, susceptible de faire machine arrière à n’importe quel moment- ce qui est aussi une des raisons pour lesquelles le féminisme ne peut pas s’arrêter et pourquoi c’est une folie de prétendre que la tâche du féminisme est achevée. Ce n’est ni un argument basé sur la biologie, ni simplement basé sur la culture mais il appartient à un lieu glauque, difficile à sérier entre les deux. Un lieu déraisonnable où  tous, hommes et femmes résident et qui est partagé dans le monde entier, nourrissant autant de haine que de force. Que voient les hommes lorsqu’ils regardent les femmes ?

Ni plus ni moins, expliquerait un psychanalyste, qu’une différence menaçante avec eux-mêmes. Pour la philosophe et critique Hannah Arendt la différence en tant que telle était ingérable et pourrait aisément expliquer la violence du monde moderne. Dépouillé de son statut national, l’individu sans patrie du 20ième siècle est un anathème parce qu’il ou elle représente la différence- elle nomme cela » l’arrière-plan noir de la simple différence »- pour le monde dans sa forme la plus crue, la plus débilitante. C’est un royaume, suggère-t-elle , dans lequel «  l’homme ne peut pas changer et ne peut pas agir, et dans lequel il a une tendance notoire à détruire ». Nous sommes à nouveau face au paradoxe que le féminisme expose à nu comme rien d’autre : le pire exercice du pouvoir humain est la conséquence d’ l’impotence du genre humain.

Campaigners, some dressed as suffragettes, attend a rally organised by UK Feminista to call for equa

 Des militant(e)s, dont certaines sont habillées en suffragettes, assistant à un rally organize par le Feminista de Grand Bretagne pour un appel à l’égalité des droits entre hommes et femmes en 2012. Photographie : Oli Scarff/Getty

Le point central de Harendt n’était pas la haine des femmes, mais il n’a été besoin que d’un petit coup de pouce accordé à sa théorie pour mettre en avant le côté mortifère de la différence sexuelle. La sexualité désarçonne parce qu’elle nous confronte à ce que nous ne pouvons pas maîtriser, le royaume de l’inconscient où le désir fait des ravages, où il est impossible, par définition, simplement d’être fidèle à soi même. C’est un lieu où le savoir chancelle et est confronté aux limites de ses propres amplitudes.

Selon la fameuse psychanalyste anglaise Mélanie Klein   , les deux sexes sont mal assortis ( nous sommes loin de l’idéal hétérosexiste qui célèbre les hommes et les femmes comme parfaitement complémentaires) Le garçon lutte pour renoncer à une identification avec le corps de la mère. Klein n’était pas renommée pour ses commentaires sur la vie sociale, mais, comme une remarque intrigante presque jetée aux côtés d’un essai sur la petite enfance, elle suggère que cela puisse nous aider à comprendre, comme elle le décrit, « la rivalité d’un homme avec une femme «  sera beaucoup plus asociale que la rivalité avec ses congénères ». La possibilité d’être une femme est gravée dans le corps et l’esprit du garçon, parce qu’il a déjà été là. Pour le garçon, connaître le terrain jusque dans ses parties les plus intimes et le rejeter de toutes ses forces est la façon dont il devient un homme. Pour la fille

Quelque complexe que puisse être sa future identité sexuelle, quelque difficile soit le chemin qu’elle suivra- et pour les psychanalystes toutes les voies sexuelles, même l’ostensible voie «  normale » sont difficiles – il s’agira d’une façon ou d’une autre toujours d’un royaume qu’elle finira par reconnaître, par placer pour se déplacer. Il ne s’agit pas de quelque chose qu’elle doive, – soit obligée conviendrait mieux- afin de devenir une femme, répudier.

La rivalité des hommes avec les femmes peut être reliée à un savoir qu’il préférerait oublier. Sa rivalité avec les hommes, même répugnante- guerre, politique ou simplement comparer les tailles des pénis dans les vestiaires- est d’une façon étrange plus civilisée, attendue. Suivant cet argument, les hommes qui agressent des femmes ne le font pas parce qu’ils ont ça dans le sang- nous ne parlons pas là d’une violence instinctive, incorporée à l’espèce mâle- mais parce que chaque femme est le souvenir d’un passé fantomatique, féminin qu’aucun homme digne de ce nom, si c’est ce qu’il est, puisse se permettre de reconnaître. La clef est l’expression inattendue de  la formulation de Mélanie Klein «  Rivalité », qui implique que les hommes et les femmes ne sont pas trop différents mais trop semblables. Il ya quelque chose de potentiellement libérant dans l’idée que d’une certaine façon, depuis le début, les sexes sont profondément emboîtés. Mais pas pour longtemps, pas en suivant le cours  “normal”  des choses, pas si la police de notre vie intérieure fait son travail et subordonne les caprices inconscients de notre vie sexuelle aux exigences du monde.

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 Laurie Penny, une des auteures de la nouvelle génération des écrivains féministes Photographie : Jon Cartwright

Ça ne marche pas toujours- ça aussi est la découverte fondamentale de la psychanalyse. L’identité sexuelle attendue n’épuise jamais nos possibilités, ni le répertoire psychique de la vie de tout un chacun. Tous les hommes ne se comportent pas de cette façon. Mais il n’est aucune violence plus mortifère et incontrôlée- asociale précisément- que la violence qui entend répudier celui qui, profondément au-delà de tout savoir conscient, vous avez été et qui sait pourrait être. N’importe quelle femme est alors susceptible est alors supposée pouvoir attirer les résidus, les placentas de ce tout premier moment avec tout ce qui ne peut pas être contrôlé pleinement ou connu du monde ou de l’esprit. : le royaume qui, selon les mots de Arendt « que l’homme ne peut ni changer ni sur lequel il peut agir et que par conséquent il a tendance à détruire. » Et , suggère-t-elle, ce qui ne peut pas être contrôlé par-dessus tout est le moment chaotique, imprédictible d’une nouvelle  naissance, d’un nouveau commencement, auxquels les femmes participent et avec lequel, qu’elles soient mère ou pas, elles sont identifiées.  Sur ce nouveau commencement, continue Arendt,  “aucune logique, aucune déduction convaincante ne peuvent avoir de pouvoir parce que la suite présuppose, en terme de prémices, un nouveau commencement.”  La terreur et notablement le totalitarisme du siècle dernier sont nécessaires “de peur qu’avec la naissance de chaque nouvel être humain, un nouveau commencement de lève et fasse entendre sa voix dans le monde”  Nous ne pouvons pas contrôler le monde et nous le détruisons si nous essayons. C’est quelque chose, dirais-je, que le féminisme à son meilleur sait bien, même quand le combat contre une destinée injuste, les femmes mesurant leurs vies pour elles-mêmes, est au cœur de la lutte.

Aujourd’hui avec la quatrième vague du féminisme – UK Feminista– , Everyday sexism  une nouvelle génération d’écrivaines, comme Laurie Penny  et Nina Power, témoignent du fait que le féminisme n’est pas terminé. Et pourtant, il est souvent dit que la femme moderne est libre, que la sexualité est quelque chose  dont les femmes, au moins en Occident, contrôlent et disposent à volonté. En fait, les femmes ne sont pas libres, pas même en Occident, où les inégalités sont encore flagrantes. Certainement, ce doit être un des buts du féminisme que les femmes soient plus libres dans leur vie sexuelle. Mais nous devons être très attentifs de ne pas échanger une injustice contre une illusion. Nous ne sommes jamais aussi déçu que lorsque nous présentons la sexualité non pas comme la source d’ennui qu’elle a toujours été mais comme un autre bien de consommation. La sexualité contient toujours un élément au-delà de la manipulation humaine, aussi libre que nous pensions l’être. Dire le contraire est une sorte de vol en plein jour qui heurte la sexualité de toutes les femmes, et celle bien sûr des hommes et ensuite, la haine des femmes qui en est si souvent la conséquence, est quelque chose que la soi-disant raison ou lumière de notre monde moderne peut simplement et sûrement dissiper.

Je ne souhaite pas que le féminisme s’accroche à ce wagon. Bien sûr, plutôt que l’idée de la lumière triomphant sur l’obscurité, confronté l’obscur à l’obscur peut être un chemin plus créatif. S’il existe quelque chose comme un savoir de femmes, c’est ici, si j’ose dire que nous devrions le chercher. Le féminisme devrait nous alerter sur la folie du monde. Mais il devrait aussi insister sue le fait que de répondre en faisant du diktat de la raison notre seul mantra et guide est aussi appauvrissant qu’illusoire et dangereux.

Laissons le féminisme, alors, être le lieu de notre culture qui demande à tous, hommes et femmes, de reconnaître l’échec de la distribution actuelle. – son contrôle ankylosé, sa croyance impitoyable en sa propre maîtrise, ses tentatives vouées à l’échec de mettre le monde à ses pieds. Laissons le féminisme être le lieu où les aspects les plus pénibles de notre monde intérieur n’aient pas à se cacher de la lumière mais soient menés comme les servants de nos revendications. Le féminisme que j’appelle aurait le courage de ses contradictions. Il défendrait le droit des femmes, audacieusement et effrontément, mais sans transformer ses propres convictions en fausse identité ou éthique. Il poserait ses exigences avec une clarté qui ne supporterait aucun débat mais sans être séduit par sa propre rhétorique. La dernière chose qu’il ferait serait de clamer que la sexualité lui appartient ou qu’elle est une marchandise.

C’est un féminisme sachant que les choses bougent, qu’elles doivent bouger, à travers les courants souterrains de notre vie où toutes les certitudes se transforment en peine. Autrement, lui aussi se retrouvera à fouetter les impondérables du monde, complice de ses cruautés et de ses fausses promesses. Un tel féminisme accepterait de faiblir et de souffrir en son for intérieur, tout en acceptant- sans hésitation- d’assumer les actes d’accusation contre l’injustice. Ceci pourrait-être, je m’autorise à le penser, un immense soulagement pour les deux sexes. C’est, à mes yeux, uniquement ce que le féminisme a à apporter aux temps de plus en plus sombres dans lesquels nous vivons.

Jacqueline Rose. Le livre : Women in Dark Times    http://bookshop.theguardian.com/ est publié par Bloomsbury (£20). Pour commander un exemplaire à  £15.49 appeller Guardian book service on 0330 333 6846 or go to guardianbookshop.co.uk.

Traduction : Elisabeth Guerrier