AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Financement Pentagone

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

L’article de Luciana Bohne remet d’une façon précise et critique les évènements politiques actuels dans leurs perspectives de visées permanentes des USA et de leur complexe militaro-industriel et économique. Il y est précisé à quel point l’appartenance politique modifie peu les projets expansionnistes qui agissent comme les fers de lance de tout candidat, manipulés par les ténors des médias et habiles à orienter une opinion publique si facile à convaincre. Trump n’amènera rien d’autre que ce qui est déjà prévu depuis longtemps, il ne fera que mettree à jour des manipulations auparavant effectuées dans l’ombre par l’administration d’Obama, plus membre du starsystème que politicien courageux dont le bilan meurtrier est tout aussi effrayant que celui de son prédécesseur. EG

 

Welcome to Trumpland: Obama’s Legacy

Fevrier  2017

 

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

LUCIANA BOHNE

 

socialmedia

 

Un nouveau gang est au pouvoir à Washington. Personne ne sait comment ni pourquoi, mais l’ancien gang est entrain de contre-attaquer de toutes ses forces. Un charlatan est à la tête de ce nouveau gang ; il dit qu’il s’oppose à tout ce que l’ancien, patron a fait. Il dit qu’il remettra tout en ordre sur place et dans le monde, cependant son cabinet de consiglieri  entasse des Ajax musclés du Pentagone, des banquiers avaricieux et des vautours de Wall Street ainsi que la mère planétaire de tous les plus grands pollueurs de l’énergie fossile – Exxon Mobil.

 

Une couvée des vilains habituels, pas moins vilains que les précédents. Son patron du travail s’est opposé à l’augmentation du salaire minimum. Son patron de la trésorerie est un ancien partenaire de Goldmann et Sachs, les pollueurs économiques internationaux. De première catégorie.

En janvier 2017, en janvier 2017, le bulletin des scientifiques de l’atome ont avancé leur  « horloge du Jugement dernier » de trente secondes vers deux minutes et demie avant minuit, le plus proche d’ Armageddon depuis 1953. Les causes, ont-ils écrit, sont la volatilité nucléaire et le changement climatique. Les signes que Trump puisse renverser le cours du Jugement dernier sont assez peu prometteurs. Le rendez-vous de Rex Tillerson signifie qu’Exxonmobile fonctionnera comme Secrétaire d’état virtuel. Les régles de la guerre d’état :    Créons une course aux armements. Nous les surpasserons à chaque essai et nous leur survivrons tous. » Selon Trump s’adressant par téléphone à Mika Brzelinki en décembre, si nous pouvons faire confiance au rapport de l’invité du « Morning Joe » de MSNBC.

Pendant ce temps, pendant et après le processus électoral, l’appareil circulatoire de la démocratie à deux gangs a montré des symptômes terminaux d’artériosclérose. Alors qu’un système de démence latente se montre au jour, le système politique a lui aussi perdu son marbre. Plus de deux millions et demi de femmes ont participé à la Marche des femmes le jour suivant l’inauguration, protestant contre les menaces de Trump sur les droits des femmes. – Une masse jamais vue dans les rues auparavant pour s’opposer aux massacres d’Obama , qui incluent un nombre disproportionnés de civils, dont de nombreuses femmes. Vous savez, le nombre 50.000 en Libye, 10. 000 au Yémen ainsi qu’en Ukraine, 400.000 en Syrie, 2500 à Gaza pour ne sélectionner que les plus connus. Ajoutons à cela les millions de déplacés internes et les réfugiés (65 millions en 2017, jusqu’à 59 millions en 2016) fuyant les guerres et la déprédation économique engendrées par les chevaliers du néo-libéralisme et du néo-colonialisme de l’administration obaméenne.

Mais on ne doit pas en vouloir aux lève-tard.

Derrière le vieux gang se tient un régime de mensonges, une marée de cupidité, un fléau d’inagalité, une peste de guerres, un règne d’hypocrisie. Avant le nouveau gang, une vision de Pandore, ouvrant plus largement sa vilaine boîte pleine d’ennuis. Plus de maux lâchés pour rejoindre ceux déjà libérés. Les rues se sont transformées en asile de discorde, de ridicule, d’alarme, et de confusion parce que la harpie oublieuse tueuse en série Hillary Clinton a perdu et que la bouffon fou et le zeppelin orange a gagné, le milliardaire Trump, tête d’un empire de 11 industries, commerces, et entreprises financières. «  Ami du peuple »

 

Je n’invente pas tout ça.

Le résultat des élections a été une bombe à fragmentation politique. The result of the election has been a political cluster bomb.  De mini-bombes continuent à exploser sous la forme de protestations, de marches et d’hystérie médiatique. Rien de tout cela ne se concentre sur ce qui importe vraiment : l’avenir de l’humanité sur une planète surchauffée, mise en danger par la pulsion systématique de l’Amérique vers l’espace et le pouvoir sur la planète.

C’est de la géopolitique, idiot…

Un tohu-bohu populaire a explosé à propos des mérites et des torts des deux maux. Comment un système politique peut-il être porté si bas ? Les deux maux ne font qu’un. Dans l’air empoisonné, j’entends l’écho de la réécriture sardonique de «  Hymne de bataille pour la République » de Mark Twain qui dénonçait à son époque la descente dans le bourbier moral de l’impérialisme de la guerre Espano-américaine de 1898.

Mes yeux ont vu l’orgie de l’épée lancée

Il cherche les réserves où les richesses de l’étranger sont gardées

Il a lâché son éclair fidèle et avec malheur et mort compte

Son envie marche en avant

Mine eyes have seen the orgy of the launching of the sword
He is searching out the hoardings where the strangers’ wealth is stored
He has loosed his fateful lightning, and with woe and death has scored
His lust is marching on.

Il serait rassurant d’entendre un pays uni en un chœur provocant la violence domestique et étrangère des officiels et de leurs soutiens. Mais la nuit n’est pas encore assez noire pour que la chouette de Minerve commence à voler et révèle les abus collectifs des gangs sur notre confiance en leurs mythes orgueilleux. Nous avons échoué sur une surface de ténèbres, sur une grisaille que les pouvoirs qui nous dénient la compréhension sont entrain de peindre encore plus gris. Nous ne pouvons pas lire le passé donc nous sommes incapables de bouger vers l’avenir. Nous avons le sentiment que ce que nous pensons savoir n’est pas ce qui est.  Nous ne sommes pas même sûrs de vivre dans le présent.

Comment une telle suspension dans le temps ne rendrait-elle pas nauséeux ?

« La nausée n’est pas en moi… je la sens à l’extérieur, je suis à l’intérieur » C’est ainsi que Racontin, le protagoniste de u roman de JP Sartre «  La nausée »  explique la répulsion physique qu’il éprouve à toucher la réalité autour de lui. – une chaise, une personne, une œuvre d’art. Mais où est donc la pourriture ?  «  Je la sens là sur les murs, dans les placards, tout autour de moi. »  À quoi est-ce que cela ressemble ? «  Un monstre, une carapace géante, un plongeon dans la boue ? Une dizaine de griffes ou de nageoires labourant lentement dans le limon ? Le monstre se redresse. Au fond de l’eau.

 

Est-ce que Trump est le nouveau nom de Grendel ? Sous le choc des semaines avant l’inauguration, les ménestrels médiatiques du vieux gang ont bien sûr crié qu’un monstre avait été libéré du marécage du Lagon blanc par des racistes votant dans l’intérieur des terres. Les Rustofariens. Les ménestrels ont semé la panique urbaine. Les foules ont grondé : Foutons en l’air les élections, recomptons les votes, abolissons le Collège électoral, déclarons Trump inapproprié. Ce monstre, sur le point de squatter un bureau de forme ovale, comme tant d’autres élus avant lui, était supposé accueillir Hillary Clinton.

Mais elle s’est transformée en lui !

Son gang a pointé le doigt vers la Russie. C’était la Russie qui avait amené ce vent mauvais, pas la folie du clan Clinton, pas la soif de sang des années Obama, pas le massacre politique du lymphatique social-démocrate Bernie Sanders, qui aurait pu sauver les fesses du gang, lui donnant quatre nouvelles années d’échec mais une vie respectable. C’était la Russie qui avait tissé la toile de la destinée – La Russie, qui n’est pas née d’une femme, artificielle, mauvaise, tâchée par le péché originel du communisme, la marque de Caïn. La Russie qui avait amené « le grand bois de Birnam jusqu’à la colline de Dunsinane » et coupé la montée de la Lady, reine du Chaos dans ses premières marches d’ascension pour devenir impératrice du monde, dont elle a vidé de sang de larges parts ayant elle-même  « marché si avant dans le sang que si elle cessait de s’y plonger, retourner en arrière serait aussi fatigant que d’aller en avant. » Elle fut laissée là, dans un mi-courant ensanglanté, et ils ont rué.

Le gang mondial en entier- la Heimat des globalistes de «  la communauté internationale », sont sortis dans un chœur de lamentations. Les eunuques politiques européens ont crié de concert avec leurs maîtres américains. Ici se trouvait le miroir présidentiel parvenu dans lequel la Heimat du bon et du grand ne pouvait plus d’admirer agrandie, superbe, plus humaniste que le reflet de sa brutale vulgarité étroite d’esprit qui s’y reflétait maintenant. La mauvaise foi du vieux gang était devenue insupportable. Leur propre image, supportée par un baratin idéologique décevant – les «  valeurs libérales » était détruite. Qu’en était-il des slogans solennels «  la société civile », «  le règne de la loi », la dédicace à des principes universels, le respect des identités, la protection des minorités ethniques,  le zèle appuyant la liberté religieuse ? Qu’en était-il des phrases pompeuses, de la lubrification des promesses exaltées ? Tout cela évanoui dans le vortex de la stupidité et de l’ignorance des masses et de leur boîte à bulletin de vote despotique.  Rien à entendre à part les mugissements d’un nouveau vent affreux.

Avant que Trump n’émerge gagnant du marécage, tout avait déjà été le contraire de tout. Et le devint plus encore. La libération de 100.000 civiles à Aleppe en décembre 2016 par l’Armée syrienne renforcée par ses alliés russes, après quatre années de terreur soutenue par l’Ouest, fût nommée «  crime de guerre ». La séparation de la Crimée de l’Ukraine par référendum populaire à 90% d’avis favorables pour joindre la Russie fût nommée «  Une agression russe ». Le coup US Europe en Ukraine ( 2013.14) planifié et exécuté par le Département d’état néo-con d’Obama et coûtant 5 milliards de dollars, mettant à la place d’un gouvernement élu une junte de ministres et d’officiels néo-nazis, fût nommé «  le retour de la démocratie en Ukraine ». Le fascism, maintenant attribué à Trump comme une nouveau, était cache en plein jour dans le règne des guerres illégales, des changements de régime, des sanctions omniprésentes, et des interventions de guerre de proximité d’Obama, ignorées studieusement ou fictionnalisées par les courtiers en terreur des médias,  les experts, les cellules d’analyses, les fondations et l’empire des officiels

Ces “ réparateurs” ont inversé les causes et les effets.  Ils ont obscurci le fait que la séparation de la Crimée d’avec l’Ukraine était l’effet du coup d’état des US à Kiev.  Ils l’ont utilisé comme cause afin de resserrer l’emprise militaire de l’OTAN  autour de la Russie, y compris avec des missiles offensifs, baptisés « défensifs ». Ainsi les effets du changement de régime en Ukraine sont devenus la cause de la militarisation de l’Europe centrale et de l’est. Avec comme objectif la Russie. Cette militarisation contre le fantôme d’une agression russe porte la grand nom de Atlantic Resolve 2017, que le Département US de la Défense justifie en ces termes sur son site :

 

« Les USA démontrent leur engagement à l’égard de la sécurité international à travers une série d’actions ayant pour but la réassurance des alliés de l’OTAN et des partenaires de l’engagement de l’Amérique à maintenir la paix et la stabilité à la lumière de l’intervention russe en Ukraine » ( c’est moi qui souligne)

Le porte-voix du complexe militaro-industriel, John Mac Cain, a tourné la réalité sens dessus-dessous dans une instruction au nouveau gang afin de perpétuer les sanctions contre la Russie.

« En juste trois ans, sous Vladimir Poutine, la Russie a envahi l’Ukraine, annexé la Crimée, menacé les alliés de l’OTAN, let est intervenue militairement en Syrie, laissant derrière elle des traces de mort, de destruction et de promesses trahies dans son sillage. »

Dans un monde rationnel, l’énormité de ces accusations serait lancée aux planificateurs du gang néo-libéral et néo-con d’Obama, mais aucun ego impérialiste ne peut admettre avoir moralement tort. Il habille sa propre violence dans des vêtements dorés, patinés obligeamment par les medias officiels. Les haillons sanglants de la responsabilité sont enfilés sur quelqu’un d’autre, qui doit être démonisé, de préférence par les medias libéraux. Rachel Maddow par exemple, érigée  experte en soviétologie à l’instant dans  sa déclamation incendiaire liant la Russie capitaliste de Poutine au socialisme stalinien de l’URSS.

Dites-moi ce qui rallie le public américain – y compris et surtout les Libéraux- aux côtés du drapeau national plus précipitamment que de lever le fantôme communiste ?

La manipulation des nouvelles et la distorsion de la réalité les plus puissantes aux mains du pouvoir. Elles peuvent faire disparaître la réalité. Le Yémen par exemple, . La “ Coalition” saoudienne, soutenue par les US et la Grande-Bretagne a commence à bombarder le Yémen le 23 mars 2015. Depuis lors3.2 millions de Yéménites ont été déplacés, la moitié de la population souffre de malnutrition, 10.000 civils ont été tués ( ce qui fait 13 civils par jour), 2 millions d’enfants ne peuvent pas se rendre à l’école, Presque 15 millions de personnes ( dont 55% d’enfants) n’ont pas accès aux soins médicaux de base.

Et pourtant, nous n’entendons rien à propos de cette souffrance. Les USA et la Grande-Bretagne, en fait ont profité de la guerre contre le Yémen. L’administration d’Obama a vendu sur le marché mondial de l’armement pour plus de 200 milliards d’armes, la plus grande vente depuis la 2ième guerre mondiale – plus de 100 milliards  à l’Arabie saoudite à elle seule. La contribution de la Grande-Bretagne à l’arsenal saoudien a été de 3.2 milliards pour l’année dernière à elle seule. Les US et la GB continuent de fournir le support logistique et de renseignement à la coalition saoudienne, qui est intervenue aux côtés du Président yéménite Rabbu Mansour Hadi, qui a fui vers l’Arabie saoudite en plein milieu de la guerre civile de son peuple.

Mais à travers les années Obama, tout était silencieux sur le front yéménite dans le royaume officiel et son porte-parole médiatique sur la cible voulue des infrastructures civiles vitales ; les écoles et les hôpitaux, les mariages et les funérailles. Lors de funérailles à Sana, en octobre dernier, une frappe saoudienne a tué 114 civils. Avant le la bombardement du Yémen ne commence, le gang Obama imposa des sanctions et des blocus au Yémen – tout ceci sans aucune résolution du conseil de sécurité de l’ONU ou aucune volonté d’adhérer aux lois internationales. Le directeur de «  Save the children » au Yémen a remarqué récemment :

«  Même avant la guerre, des dizaines de milliers d’enfants yéménites mouraient de causes évitables. Mais maintenant, la situation est pire et on estime à 1000 le nombre d’enfants mourant chaque semaine de causes évitables comme les diarrhées, la malnutrition, ou les infections respiratoires. »

En ce qui concerne la politique internationale, ce « raciste » n’est pas différent du  « post-raciste ». Les planificateurs de Trump mettent le Yémen sur la carte mais uniquement afin de l’utiliser comme trique afin de frapper sur l’Iran. Au Yémen, ils sont supposés se préparer à accroître les interventions de drones d’Obama, sa fameuse «  liste tueuse », accentuant le rôle des USA dans la guerre civile et cherchant à s’engager plus directement. En prenant le Yémen comme exemple, il devient clair qu’à la fois les libéraux et le président antilibéral considèrent le business de l’armement comme une industrie nationale. Les deniers mots d’Obama dans son poste ont exalté la soi-disant invincibilité des prouesses militaires américaines. Le 22 décembre a posté sur Twitter : « Les Etats-Unis doivent renforcer et étendre son potentiel nucléaire d’une façon importante jusqu’à ce que le monde devienne raisonnable en ce qui concerne le nucléaire. »

Il n’y aura pas de retranchement de la belligérance  sous Trump. Dans les premières suites de sa nomination, le Président Trump a dirigé son Secrétaire de la Défense James Mattis vers :

« L’initiation d’une nouvelle posture nucléaire afin d’assurer aux USA un équipement nucléaire dissuasif moderne, robuste, flexible, résilient, prêt à l’usage et conçu d’une façon appropriée afin de repousser les menaces et de réassurer nos alliés. »

Lors de sa première visite au Pentagone, le Président a signé un mandat exécutif appelant à l’expansion de l’armée américaine, y compris de son arsenal nucléaire, afin qu’elle soit prête pour la guerre avec ses “ compétiteurs proches”, comprenez la Chine et la Russie. « Je signe un mandat exécutif afin de commencer à reconstruire les services armés des Etats-Unis. » a-t-il dit au Pentagone pendant cette signature.

Ainsi le complexe militaro-industriel fût-il rassuré après avoir perdu son candidat favori, Hillary Clinton. Ainsi le rapporte le New York Times, le Pentagone lui-même, anticipant les directives de Trump à Mattis et la signature du mandat exécutif avait préparé des «  options classifiées » afin d’accroître l’usage des forces d’opérations spéciales, d’augmenter le nombre des troupes en Irak et en Syrie et d’augmenter la délégation d’autorité de la Maison Blanche au Pentagone et aux autorités de terrain. Les «  Options classifiées » comprennent l’armement des Kurdes syriens pour la bataille attendue de Raqqa, sur un schéma évident d’inclusion entre la Turquie et la Russie dans leur rapprochement tardif à propos d’un «  changement de régime » en Syrie

 

Il existe des indications que, contrairement à l’aversion affirmée par Trump pour les  « changements de régime » ; Iran devienne la nouvelle Syrie. A la suite des tests ballistiques des missiles de moyenne portée le 30 janvier, le Conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a commencé une campagne de belligérence verbale, de désinformation et de mensonges contre l’Iran. Dans une déclaration, Flynn a déclaré que :

« Le récent lancement de missiles est une attaque contre le conseil de résolution de a Sécurité des Nations unies 2231, qui demande à l’Iran de n’entamer aucune activité liée aux missiles balistiques supposée être capable de transporter des armements nucléaires, y compris des lancements utilisant d’une façon importante de la technologie de missiles balistiques. »

Cette une grossière distorsion du test iranien sur ses missiles. La résolution de 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies interdit à l’Iran le développement de missiles pouvant transporter des têtes nucléaires mais cette résolution ne mentionne rien qui empêche l’Iran de développer ses propres capacités de défense. Les missiles testés en janvier n’avaient aucune capacité de porter des têtes nucléaires. L’Iran  n’a pas violé la Résolution 2231.

La distorsion de la représentation donnée par Flynn à propos des missiles iraniens murmure la mélodie concoctée par Bush et les néo-cons sur l’organisation de l’invasion fatale de l’Irak, prétendant que Saddam Hussain avait des armes de destruction massive. Ce mensonge a coûté un million de morts à l’Irak, le dessin et la division de l’intégrité de la politique irakienne, des réfugiés internes et externes par millions.

D’une façon inquiétante, Flynn termine son propos ave c une menace : « A partir d’aujourd’hui, nous mettons officiellement l’ Iran sur la liste rouge. » .  A la suite vinrent les  sanctions visant 25 personnes et entreprises connectées avec le programme de missiles de l’Iran, y compris des Chinois et leurs compagnies.

En conclusion, il me semble difficile d’envisager les raisons d’agir du gang militaire à DC. Des objectifs à long terme semblent partagés : les moyens pour la domination globale des USA par l’économie et les militaires. Et ce qui semble la pomme de discord est la façon de dominer l’opinion publique américaine. La guerre s’appuie sur une réthorique. Les valeurs libérales versus les valeurs populistes. C’est pourquoi ils luttent pour le contrôle sur l’esprit du public. Il ne devrait s’       abandonner à auxcun de ces moyens de persuasion. Il est possible que la seule ligne optimiste dans l’ascension de Trump soit la résurgence potentielle et le renforcement de la résistance populaire.

 

Luciana Bohne est co-fondatrice de Film Criticism, un journal d’étude cinématographique, et enseigne à l’Université Edingorg en Pennsylvanie. Elle peut être jointe à : lbohne@edinboro.edu

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Advertisements

L’Armée américaine, quel gâchis William Hartung

 

Tomgram : William Hartung. The US Military, what a waste! 

 

Tomgram: William Hartung, L’armée américaine, quel gâchis !

 

virginia-20140429 (1)

Virginia

William Hartung
À la fin de l’année passée, j’ai passé quelques temps à creuser dans les efforts de reconstruction du Pentagone en Irak et en Afghanistan, pays qu’il avait envahi en 2001 et 2003 en tandem avec un choix d’équipe de compagnies privées de mercenaires de     compagnies privées de mercenaires. Comme histoire fabulée de ce que peuvent faire les Américains dans des pays éloignés, les deux se sont avérés d’une façon consternante être un conte sur ce que les Américains ne peuvent pas fair, des constructions de routes (qui ont commence immédiatement à tomber en miettes) à des académies de police construites (qui se sont montrées  assez hasardeuses pour la santé) à des prisons commencées (qui n’ont  jamais été finies) à des écoles construites restées non équipées, en passant par des petits transferts d’armes (qui ont été “perdues” pendant le transit) et à des armées construites, entraînées et équipées à des coûts incroyables  (qui se sont évanouies ). C’est comme si tout ce à quoi avait touché le Pentagone n’avait tourné en autre chose qu’en débris ( y compris la  guerre sans fin qu’il combattait).  Tout ceci ajouté à ce que j’avais appelé une massive arnaque, “$cam” avec l’argent des contribuables américains perdu en quantité qui  défie l’imagination. En lisant la dernière publication de William Hartung sur le «  gâchis » du Pentagone me sont revenues en mémoire les articles de Tomdispatch.   Ce n’est pas arrivé uniquement à Kaboul ou à Bagdad, ça se passé là, dans les bons vieux USA depuis, comme le rappelle Hartung, cinquante ans. Il n’existe qu’une seule différence que je puisse reconnaître : à Kaboul à Bagdad et dans d’autres capitales du Moyen-Orient et d’Afrique, si nous avons vu des versions beaucoup plus petites de ce «  gâchis » tolérées par les élites locales de ces pays, nous aurions nommé cela de la “corruption” sans sourciller. Aussi, voici une petite suggestion, en lisant Hartung, prenez la peine de penser comme ce qui aurait été considéré comme un style de corruption tiers-mondiste est enterré en profondeur au cœur même de notre système et dans la façon d’être du complexe militaro-industriel. Maintenant, le Président Dwight Eisenhower  doit se retourner dans sa tombe/.
Tom

 

 

Comment ne jamais faire d’audit sur le Pentagone ?
Cinq décennies plus tard, la machine à gâcher militaire tourne à toute allure.
Par William D. Hartung

Des 150 millions dépensés  pour les villas privées d’une poignée de personnel en Afghanistan aux 2, 7 millions dans un ballon de surveillance par air qui ne fonctionne pas, les dernières révélations sur les pertes du Pentagone ne sont que les dernières bourdes dans une longue série d’histoires identiques étendue sur les dernières cinquante années. Les derniers exemples sur le feu comprendraient l’achat par l’armée d’hélices d’hélicoptères valant 500 dollars pièce pour la somme de 8000 dollars chacune et l’accumulation de milliards de dollars de pièces d’armement qui ne serviront jamais. Puis, vient celle qui devrait être la favorite des histoires de gâchis sur la liste du Pentagone : la dépense de plus de 50.000 dollars pour faire des recherches  sur les capacités de détecteurs de bombe des éléphants d’Afrique ( Et là vient le choc, ils n’étaient pas tellement capables) La recherche sur les éléphants, bien sûr, représente un élément idiot dans la cagnotte dilapidée du Pentagone et dans le contexte  des 600 milliards et plus de budget, mais permet d’envisager à quelle distance absurde le Département de la défense ira quand ce qui est en jeu est la dépense de l’argent du contribuable.

Gardez  à l’esprit que les exemples ci-dessus sont juste le sommet du sommet de l’iceberg titanesque des gâchis militaires. Dans un rapport récent, effectué pour le Center for International Policy, j’ai identifié 27 exemples récents de dépenses inutiles similaires se montant à plus de 33 millions. Et ce n’était rien de plus qu’un échantillonnage de la vie quotidienne dans un monde du 21ième siècle Pentagonesque.

La profusion étonnante et persistante de tels cas suggère qu’il est temps de repenser ce qu’ils représentent exactement. Loin d’être des aberrations  demandant à être corrigées afin de faire marcher mieux le Pentagone, perdre des sommes importantes provenant de l’argent du contribuable devrait être vu comme une manière d’être du Département de la défense. Et, avec ça à l’esprit, allons faite un petit tour dans les gâchis du Pentagone des années 60 à maintenant.

Dans combien d’états pouvez-vous perdre des emplois ?

La première personne à avoir porté à l’attention publique la taille et l’ampleur du problème des partes du Pentagone a été  Ernest Fitzgerald, un assistant à la gestion des systèmes pour l’Air. À la fin des années 60, il s’est battu pour montrer les coûts supplémentaires massifs sur les avions de transports aériens en C5A de Lockheed. Il a risqué son emploi et a finalement été licencié, pour avoir  révélé un coût supplémentaire de 2 milliards dans les dépenses sur un avion qui était supposé faire du rapide déploiement de grandes quantités de matériels militaires au Vietnam et dans d’autres conflits à distance une réalité.

L’augmentation du coût du C-5A a été de deux fois le prix initialement donné par Lockheed, et à l’époque, le plus gros écart de prix jamais manifesté. Ce fût également un épisode particulièrement intéressant, parce que le Secrétaire à la Défense Robert McNamara s’était engagé à mettre en œuvre pour tenir le processus budgétaire du Pentagone des méthodes de budgétisation efficaces.

Il n’a pas eu de chance, à ce qu’il apparaît, mais les révélations de Fitzgerald ont au moins eu le bénéfice de déclencher une décennie d’analyse médiatique et l’attention du Congrès sur les pratiques financières de l’industrie de l’armement.    Le  fiasco du C-5A combiné aux problèmes financiers de Lookheed liés à son projet d’avion de ligne L-1011, a conduit la compagnie à solliciter le Congrès, la coupelle à la main pour une couverture  gouvernementale de 250 millions. Le Sénateur du Wisconsin William Proxmire, qui avait aidé à constater les excès de dépenses sur le C-5A s’opposa vigoureusement à la mesure et atteint la défaite au Sénat à une voix près.

Utilisant une technique de lobbying ayant fait ses preuves qui a été depuis celle des constructeurs d’armes  Lockheed  a déclaré  que le refus de fournir des garanties coûterai 34000 emplois dans 35 états, tout en compromettant la capacité du Pentagone a préparer la prochaine guerre, où qu’elle ait lieu. La tactique marcha comme un charme. Le sénateur du Montana Lee Metcalf, dont le vote permis le dit :  “ Je ne vais pas être celui qui va mettre des milliers de gens au chômage. »  Une analyse du New York Time montra que chaque sénateur ayant des usines liées à Lookheed dans son état vota pour le marché.

En récompensant Lockheed Martin pour ses pratiques dispendieuses, le Congrès a créé un précédent qui n’a jamais été  remplacé. Un cas actuel en jeu est – quand on parle du loup- l’avion de combat F35 de Loockeed Martin. Avec 1.4 trillions de frais d’acquisition et de coût opératoires au cours de sa vie, ce sera le programme d’armement le plus cher jamais entrepris par le Pentagone ( ou par quiconque sur la planète Terre), et les signes d’alarme sont déjà présentes : des dizaines de milliards de dollars dans des surcoûts projetés et des myriades de problèmes dans les performances avant que le F35 soit même à la fin de sa période d’essai.  Maintenant, le Pentagone veut accélérer la production de l’avion en créant un “ achat en bloc” de plus de 400 avions qui ne nécessiteront peu ou pas de  contrôle   à l’égard de la qualité et du coût final du produit.

D’une façon prévisible, presque cinq décennies après le contre-temps du C-5A, Loocked-Martin a développé un version inflationniste de l’argument des emplois en défendant le F-35, assurant d’une  façon exagérée  que l’avion créerait 120.000 emplois dans 46 états. La compagnie a même créé une carte  interactive commode  montrant combien d’emplois créerait le programme état par état. Peu importe le fait que les dépenses d’armement soit le moins efficace moyen de créer des emplois trainant loin derrière les investissements dans l’habitat, l’éducation ou les infrastructures.  

 

Le classique siège de toilettes à 640 dollars.

Malgré les dizaines de milliards perdus sur un projet comme le F-35, les exemples qui semblent attirer le plus l’attention des medias et le plus d’ulcération de la part des contribuables sont les excès de dépenses sur des accessoires de la vie quotidienne.   Peut-être parce que l’individu de base n’a pas le sens du coût d’un avion de combat mais peut plus facilement envisager le fait qu’une dépense  de 640 dollars pour un siège de toilette ou de 7600 dollars pour une cafetière puisse être scandaleuse.  Ces sortes d’exemples – révélés pour la première fois  en 1980 par Dina Rasor du Project on Military Procurement – on compromit la position du gouvernement de Ronald Reagan selon laquelle pas un penny ne pourrait être prélevé du budget,- alors record en temps de paix – du Pentagone.

Les médias ont vidé leur assiette sur ces histoires. Les dépenses surévaluées du Pentagone pour chaque article ont généré  des centaines d’articles dans les journaux et les magazines, y compris un page de couverture dans le Washington Post. Deux lanceurs d’alerte ont même été interviewés dans le Todayshow et Johnny Carson a plaisanté sur de tels scandales dans ses monologues d’introduction du Tonight Show. Il est possible que la description la plus  mémorable du problème soit un dessin humoristique  de Herblock du Washington Post montrant le Secrétaire de la défense de Reagan, Weinberger portant un siège de toilettes de 650 dollars autour du cou.  Cette explosion de vérités, d’alertes, de journalisme d’investigation et de moqueries ont aidé à poser un plafond aux accumulations militaires mais- vous ne serez pas surpris de l’apprendre- n’ont pas empêché le Pentagone de trouver des manières toujours plus innovantes de dépenser l’argent du contribuable.

Le choix de dépense le plus choquant des années 90 fut sans doute la décision du gouvernement Clinton de subventionner  la fusion  odes firmes les plus importantes de la défense. Comme Lockheed ( oui, encore) et Martin Marietta ont fusionné, Northrop a fait équipe avec Grumman et Boing acheté Mc Donnel Douglas, le Pentagone a fourni les fonds pour payer pour tout, de la fermeture d’usines au financement de parachutes en or pour des cadres déplacés et des membres des conseils d’administration. À l’époque, le Sénateur du Vermont, Bernie Sanders avait fort à propos surnommé ce processus “des pots de vin pour des mises à pied”  comme les administrateurs des firmes de défense recevaient des indemnités juteuses alors que les employés étaient largement laissés livrés à eux-mêmes.

La rationalisation du Pentagone pour justifier ces centaines de millions de dollars offerts au mastodonde de la défense  était risible. L’argument était – absurde s’il en est – était que les nouvelles et plus importantes compagnies fourniraient le Pentagone à des prix plus bas une fois éliminés les frais généraux. L’ancien membre du Pentagone Lawrence Korb, qui s’opposa aux subventions à l’époque, note l’évidence : il n’existe aucune prévue que le programme d’armement devienne moins cher, que les dépassements de coût baissent ou que le gâchis se réduise tant soi peu grâce au financement des fusions des compagnies. Et comme il est devenu clair dans le monde des géants de l’armement qui a suivi, l’accentuation du pouvoir de marchandage de compagnies comme Loockheed Martin dans un marché offrant une baisse de la compétition significative a sans aucun doute augmenté d’une façon significative le coût des armes.

330px-USNavySeawolfSubmarine

USNavySeawoolf

 

Ne pas faire d’audit sur le Pentagone a coûté 6 milliards.

La figure emblématique du gâchis lors de la première décennie du 21ième siècle a certainement été les milliards de dollars qu’un Pentagone en voie de privatisation a distribué à des compagnies surprotégées  comme Halliburton qui a accompagné l’armée US dans les zones de combat et s’est engagée dans un programme de  construction de bases et de projets de « reconstruction » ( alias «  construction nationale)  en Irak et en Afghanistan. L’Inspection  générale spéciale pour la reconstruction en Afghanistan (SIGAR) à elle seule semble offrir de nouveaux exemples de gâchis, de fraude et d’abus pratiquement sur une base hebdomadaire. Parmi les projets afghan qui ont été entrepris au court des années se trouve une  « autoroute pour nulle part » ,de plusieurs millions,   une station essence de 43 millions   au milieu de nulle part,  Un quartier général de  25 millions « maison de l’art » pour l’armée US dans la province de Helmand, avec tous les habituels surcoûts, que personne n’a jamais utilisé et le paiement actuel de salaires à des milliers de personnes inexistantes, fort à propos nommés «  les soldats fantômes »  .   Ceci n’étant que le début d’une longue, longue liste. L’année passée,  Pro Publica créa un précieux graphique interactif détaillant les 17 milliards engloutis dans des dépenses inutiles exposées par  SIGAR, complété par des informations sur ce que cet argent aurait pu permettre si il avait été dépensé efficacement.

Une des raisons pour lesquelles le Pentagone a pu s’en tirer malgré tout ceci est qu’il s’est étrangement montré incapable de pratiquer  un simple audit sur lui-même, en dépit des demandes mandatées du Congrès remontant aux années 90. Très à propos, ceci signifie que le Département de la défense ne peut nous dire combien d’équipements ont été achetés, ou la fréquence de ses dépassements, ou même combien de sous-traitants il emploie. Ceci peut être un défaut de comptabilité spectaculaire mais c’est un très bon point pour les firmes d’armement, qui profite d’autant plus de ce minimum de comptabilité. Appelons ça de l’ironie ou symptôme d’un mode de vie à succès mais une analyse récente de Project sur le contrôle gouvernemental note que le Pentagone a dépensé jusque-là environ 6 milliards à « régler » la question de l’audit – sans solution en vue.

 

Au contraire, les pratiques comptables du Pentagone lors des dernières années ont empiré. Parmi les offenses à n’importe quel sens comptable raisonnable, le plus frappant peut-être a été la façon dont le budget de guerre – connu au Pentagone sous le nom de Overseas Contingency Operations account –[compte pour les opérations contingentes d’outre-mer] a été utilisé comme fond de caisse noire  pour régler des dizaines de milliards de dollars d’ articles n’ayant rien à faire avec la guerre.  Ces manœuvres d’évitement ont été utilisées pour contourner les limites imposes par le Congrès au budget ordinaire dans le Budget Control Act de 2011.

Si le Pentagone arrive à ses fins, l’armement nucléaire aura lui aussi sa caisse noire. Pendant des années le lobby des sous-marins a caressé l’idée d’un fond pour une plateforme de dissuasion basée en mer   (en dehors du budget naval régulier de l’armée) qui financerait les tirs de missiles balistiques sous-marins. Le Congrès avait approuvé l’idée et maintenant on demande   un fond de dissuasion qui donnerait un traitement budgétaire spécial aux bombardiers et aux missiles balistiques intercontinentaux également. Si c’est accepté, ce changement jettera par la fenêtre la plus proche la discipline budgétaire minimum qui existe maintenant au Pentagone et augmentera les dépassements budgétaires du Département, qui  excèdent  déjà les niveaux atteints lors de la période précédente de Reagan.

Pourquoi les dépenses et le gaspillage du Pentagone a-t-il été si difficile à maitriser ? La réponse, en un sens, est simple : le complexe militaro-industriel profite du gaspillage.  Un regard plus proche sur le gaspillage pourrait signifier non seulement des pièces de rechange moins chères mais aussi de sérieuses questions pour savoir si des poules aux œufs d’or comme le F-35 sont d’une quelconque utilité. Un recensement précis des centaines de milliers de sous-traitants privés employés par le Pentagone pourrait révéler qu’une large proportion d’entre eux fait un travail qui est soi en double soi inutile.  En d’autres termes, un audit effectif ou n’importe quel contrôle sérieux du Pentagone sur ses pratiques dispendieuses pourrait représenter une menace financière sur un secteur qui s’en sort parfaitement bien avec les arrangements actuels.

Qui sait ? Si les pratiques dispendieuses du Département de la défense étaient même simplement soumises à un regard et à un contrôle authentique, les gens pourraient commencer à poser des questions, par exemple, pourquoi un pays qui a déjà la capacité de détruire la planète entière plusieurs fois a besoin de  dépenser     1 milliard durant les prochaines trois décennies sur une nouvelle génération de missiles balistiques, de bombardiers, de sous-marins nucléaires. Rein de tout cela ne serait une bonne nouvelle pour les entrepreneurs et pour leurs alliés au Pentagone et au Congrès.

 

Sans doute, de temps en temps, vous continuerez à entendre des histoires de gâchis du Pentagone  ou des éléphants détecteurs de bombe égarés sur les médias . Sans une campagne concertée de pression publique comme nous n’en avons pas vue lors de ces dernières années, cependant, le budget hémorragique du Pentagone  ne sera jamais maîtrisé, cet audit ne se produira jamais et les fabricants, notre argent en main,  continueront à siffloter d’un cœur gai sur le chemin de la banque.

 

William D. Hartung, un auteur régulier sur  TomDispatch , est le Directeur de “Arms and Security Project” au centre de politique international. Il est l’auteur, entre autres de :   Prophets of War: Lockheed Martin and the Making of the Military-Industrial Complex.

Copyright 2016 William D. Hartung

 

 

 

Traduction  : Elisabeth Guerrier

 

 

 

 

Le monde en garnison David Vine

David Vine, Our Base Nation

David Vine nous permet une nouvelle fois de découvrir la situation de guerre totale menée par les USA par l’intermédiaire de leur politique d’implantation militaire globale : pas moins de 800 bases militaires de par le monde, dont beaucoup aux frontières mêmes des pays supposés être les  « ennemis » potentiels contre lesquels se protéger.  Cachant cette stratégie délibérément impérialiste considérée comme un acquis politique, le discours est, depuis l’après-guerre, celui de la protection des populations nord-américaines et aucune position publique s’y opposant ou le contredisant n’est accessible aux contribuables qui continuent de payer des milliards de dollars pour des équipements et des forces humaines qui compromettent la possibilité d’une résolution des tensions par la négociation, endommagent les territoires occupés par ces bases et créent un état permanent de guerre dangereux pour les populations de la planète entière. E.G

 

Le monde en garnison

Comment les bases militaires US à l’étranger compromettent la sécurité nationale et nous font tort à tous. Par David Vine

Avec l’armée US ayant retiré la plupart de ses forces d’Irak et d’Afghanistan, beaucoup d’Américains seront pardonnés de ne pas être au courant que des centaines de bases militaires et des centaines de milliers de troupes US encerclent encore le globe. Bien que peu le sache, les US ont mis la planète en garnison comme aucun pays avant eux dans l’histoire et les preuves sont visibles du Honduras à l’Oman, du Japon à l’Allemagne, de Singapour à Djibouti.

Comme la plupart des Américains, pendant toute ma vie je n’ai que peu pensé aux bases militaires. L’universitaire et ancien consultant de la CIA Chalmers Johnson m’a décrit correctement quand il a écrit en 2004 que : « Contrairement à la plupart des peuples, la plupart des Américains ne reconnaissent pas – ou ne veulent pas reconnaître –   que les USA dominent le monde grâce à leur pouvoir militaire. A cause du secret d’état, nos citoyens ignorent souvent le fait que nos garnisons encerclent la planète. »

Et si les Américains pensent un tant soit peu à ces bases, ils supposent généralement qu’elles sont essentielles à la sécurité nationale et à la paix mondiale. Nos leaders l’ont prétendu depuis que la plupart ont été établies lors e la Seconde guerre mondiale et dans les premiers temps de la Guerre froide.  Le résultat est que nous considérons cette situation comme normale et que nous acceptons que les installations militaires existent en nombre incroyable dans d’autres pays, sur la terre d’autres peuples. D’un autre côté, l’idée qu’il puisse y avoir des bases étrangères sur le sol américain est impensable.

Bien qu’il n’y ait aucune base étrangère autonome localisée en permanence aux USA, il y a encore, selon le Pentagone, à peu près 800 bases US  en pays étrangers. 70 ans après la Seconde guerre mondiale et 62 ans après la Guerre de Corée, il y a encore 174 bases en Allemagne, 113 au Japon et 83 en Corée du Sud. Des centaines d’autres sont parsemées sur la planète, dans près de 80 pays, y compris en Aruba et en Australie, au Bahreïn et en Bulgarie, en Colombie, au Kenya et au Qatar, entre autres. Bien que peu d’Américains le réalisent, les Etats-Unis ont plus de bases dans des pays étrangers qu’aucun peuple, aucune nation ou qu’aucun empire dans l’histoire.

Assez curieusement cependant, les médias ne rapportent ou ne commentent que rarement sur cette question. Pendant des années, lors des débats sur la fermeture de la prison de la base de Guantanamo Bay à Cuba, pas le moindre commentateur ou politicien ne s’est demandé pourquoi, en premier lieu, les US avaient une base sur le territoire cubain ou n’a questionné le fait que nous en ayons une. Rarement entend-on poser la question de  notre besoin de ces centaines de bases outremer ou si, à un coût annuel de 156 milliards de dollars, les US peuvent se les permettre. Rarement entend-on quiconque se demander comment nous nous sentirions si la Chine, la Russie ou l’Iran construisant une seule base n’importe où près de nos frontières, sans parler de notre territoire.

« Sans envisager les dimensions de cette base militaire ceinturant le globe » insiste Chalmer, « On ne peut pas commencer à comprendre la taille ni la nature des aspirations impérialistes ou le degré auquel un nouveau type de militarisme est en train de miner l’ordre constitutionnel ». alarmé et inspiré par son travail et conscient que relativement peu de personnes avaient tenu compte de ses avertissements, j’ai passé des années à essayer de suivre les traces de ce qu’on appelle « l’Empire des bases » et de le comprendre. 

Pendant que la logique nous suggère que ces bases nous protègent, j’en suis arrivé à la conclusion opposée : sous de multiples aspects nos bases d’outremer nous mettent en danger, faisant courir des risques à tous, du personnel militaire US et sa famille aux habitants locaux vivant près des bases en passant par ceux qui payent des impôts pour les garnisons que notre gouvernement implante à la surface du globe.

Nous sommes maintenant, comme nous avons été lors de la décennie précédente, une nation militaire, qui se déploie autour du monde et cela fait très longtemps que nous n’avons pas fait face à ce fait.

L’échelle de la Nation militarisée

Nos 800 bases militaires en dehors de nos 50 états et de Washington  DC ont toutes sortes de formes et de tailles. Certaines ont la taille de villes. «  Petites Amériques »   comme la base aérienne de Ramstein en Allemagne, la base aérienne de Kadena à Okinawa et la base navale et aérienne peu connue de Diego Garcia * dans l’océan Indien. Ces bases comprennent une infrastructure remarquable incluant des écoles, des hôpitaux, des centrales électriques, des complexes immobiliers et des espaces d’équipements collectifs souvent nommés  «  Les allées du bowling et de Burger King ». Parmi les installations américaines les plus petites se trouvent les bases lily pad «  feuilles de nénuphar »   (connues aussi en tant que cooperative security locations, emplacements de sécurité coopérative) qui la plupart du temps accueillent des drones, des porte-avions de surveillance, ou des armements ou des réserves pré-positionnées. On les trouve de plus en plus en Afrique et en Europe de l’Est qui manquaient auparavant de la présence militaire américaine.

D’autres équipements répartis à travers la planète comprennent des ports et des terrains d’atterrissage, des complexes de réparation, des aires d’entraînement, des installations d’armement nucléaire, des sites de tests de missiles, des arsenaux, des entrepôts, des casernes, des écoles militaires, des postes d’écoute et de communication, et un nombre croissant de bases de drones. Les hôpitaux militaires et les prisons, les équipements de réhabilitation,  les bases paramilitaires de la CIA et des agences de renseignement (y compris les anciennes prisons de la CIA, les « sites noirs ») doivent être aussi considérés comme partie prenante de notre Nation militarisée à cause de leurs fonctions militaires. Même les les aires de loisirs et de détente dans des lieux comme les Alpes bavaroises ou Séoul en Corée du Sud sont des bases de ce type. L’armée dirige plus de 170 courts de golf dans le monde.

La présence du Pentagone outremer est encore plus importante. On trouve des troupes US et d’autres personnels militaires dans à peu près 160 pays et territoires étrangers, y compris un petit nombre de marines protégeant des ambassades et des déploiements plus importants de formateurs et de conseillers comme les 3500 environ qui travaillent maintenant pour l’armée irakienne. Et n’oublions pas les 11 porte-avions de la marine. Chacun d’entre eux peut être considéré comme une base flottante ou, comme la marine, de façon révélatrice se réfèrent à eux, comme  « Un hectare quatre-vingts de territoire souverain »

indice-EPI

En dernier lieu, au-dessus des mers, on trouve une implantation militaire de plus en plus importante dans l’espace. Les Etats-Unis ne sont cependant pas le seul pays à contrôler des bases militaires en dehors de son territoire. La Grande-Bretagne conserve à peu près sept bases et la France cinq dans leurs anciennes colonies. La Russie en a à peu près huit dans les anciennes républiques soviétiques et, pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, la «  Force d’auto-défense  » du Japon a une base étrangère à Djibouti,  dans la Corne d’Afrique, aux côtés des bases américaines et françaises. La Corée du Sud,  l’Inde, le Chili,  la Turquie, et Israël  ont tous au moins une base à l’étranger. La Chine est en train de chercher à installer sa première base outremer. Au total, ces pays ont probablement près de 30 installations à l’étranger, et que donc les installations américaines équivalent à peu près à 95% des bases étrangères mondiales.

 

Pour toujours en avant ?

Bien que les USA aient eu des bases dans des pays étrangers peu de temps après qu’elle ait gagné son indépendance, rien d’équivalent au déploiement global actuel de forces militaires n’était imaginable jusqu’à la Seconde guerre mondiale. En 1940, en un trait de crayon, le Président Franklin D. Roosevelt ratifia l’accord des bases de destroyers  [destroyers-for-bases] avec la Grande-Bretagne qui accordait instantanément un usage des installations dans les colonies britanniques pour une durée de 99 ans. La construction de bases et leur acquisition s’accélérèrent rapidement une fois le pays entré en guerre. Dès 1945, l’armée US construisait des équipements à raison de 112 par mois. A la fin de la guerre, leur nombre total s’élevait à 2000 sites. En seulement cinq ans,  les USA avaient développé le premier réseau mondial de bases militaires de l’histoire, reléguant largement dans l’ombre celui de l’empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais.

Après la guerre, l’armée restitua presque la moitié des installations mais maintint ce que George Stambuk nomme «  une institution permanente » de bases étrangères. Leur nombre est monté en flèche pendant les guerres de Corée et du Vietnam, puis a décliné après chacune d’entre elles. Lorsque l’Union soviétique implosa en 1991, il y avait 1600 bases américaines à l’étranger, avec 300.000 soldats stationnant uniquement dans les bases européennes.

Bien que l’armée ait libéré presque 60 % de ses garnisons à l’étranger, l’ensemble de ses bases est demeuré relativement intact. En dépit de la fermeture supplémentaire de bases en Europe et dans une moindre mesure en Extrême-Orient pendant la dernière décennie et en dépit de l’absence de l’opposition d’une superpuissance, presque 250.000 soldats sont encore déployés dans le monde entier sur ces installations.

Bien qu’il y ait moitié moins de bases qu’en 1989, le nombre de pays où les US sont implantés a presque doublé, passant de 40 à 80. Lors des dernières années, le «  Pivot pacifique » du Président Obama a représenté des milliards de dollars de dépenses somptuaires en Asie, où l’armée avait déjà des centaines de bases et des dizaines de milliers de soldats. Des milliards supplémentaires ont été engloutis dans la construction sans précédent d’infrastructures dans chacun des pays du golfe Persique à part l’Iran. En Europe, le Pentagone a dépensé des milliards dans la construction de nouvelles bases très onéreuses  tout pendant qu’il en fermait d’autres.

Depuis le début de la Guerre froide, l’idée que notre pays doit avoir une importante collection de bases et des centaines de milliers de soldats stationnée en permanence à l’étranger est restée un diktat quasi-religieux de notre politique étrangère et de notre politique intérieure. L’idée vieille de presque 70 ans maintenant sous-tendant cette croyance si profondément ancrée est connue comme la stratégie de l’avancée. A l’origine, cette stratégie affirmait que les USA devaient maintenir une grande concentration de forces et de bases aussi près que possible de l’URSS afin de l’encercler et de  « contenir » son soi-disant désir d’expansion. Mais la disparition d’une autre superpuissance à contenir n’a pas créé de différence remarquable dans cette stratégie de l’avancée. Chalmers Johnson s’est inquiété  le premier de notre empire de bases quand il a reconnu que les structures de l’empire américain demeuraient largement inchangées en dépit de l’effondrement de leur ennemi supposé. Deux décennies après la disparition de l’URSS, les personnages politiques de tous bords supposent encore sans question que les bases outremer et les forces de l’avancée déployées sont essentielles pour protéger le pays. Le gouvernement de Georges W. Bush insistait   d’une façon typique sur le fait que les bases à l’étranger « maintenaient la paix » et étaient le «  symbole de l’engagement des USA auprès de ses amis et alliés. ». Le gouvernement Obama a déclaré de la même façon que protéger le people américain et la sécurité international requérait « une posture de sécurité globale ».  Le support aux stratégies de l’avancée est demeuré le consensus parmi les politiciens des deux partis, les experts de la sécurité nationale, les officiels de l’armée, les journalistes et parmi à peu près tout le monde exerçant un pouvoir à Washington. Les diverses formes d’opposition au maintien d’un grand nombre de bases et de soldats  ont longtemps été  mises au pilori comme non-violence idéaliste ou comme la sorte d’isolationnisme qui permit à Hitler de conquérir l’Europe.

 

 interventions_map

Le coût de la mise en garnison du monde

Comme le montre Johnson, il y a de nombreuses raisons de questionner le statu quo des bases outre-mer. La plus évidente est la raison économique. Les garnisons outre-mer sont extrêmement onéreuses. Selon la RAND Corporation,  même lorsque certains pays comme le Japon ou l’Allemagne couvrent une partie des coûts, les contribuables américains continuent de payer une moyenne annuelle de 10.000 à 40.000 dollars de plus que pour un poste sur le sol US pour un poste militaire à l’étranger. Les frais de transport, le coût plus important de la vie quotidienne dans certains pays hôtes et le besoin de fournir des écoles, des hôpitaux, des logements et d’autres supports aux membres des familles du personnel militaire signifie que les dollars s’additionnent rapidement- spécialement avec plus d’un demi-million de soldats, membres des familles et employés civils sur les bases outre-mer à tout moment.

D’après mes très prudents calculs,  le fait de maintenir les installations et les troupes outre-mer a coûté au moins 85 milliards de dollars en 2014 – plus que le budget disponible pour chaque organisme gouvernemental sauf le département de la défense lui-même. Si la présence des US  en Afghanistan et en Irak est inclue, la facture se monte à 156 milliards ou plus.

Pendant que les bases sont très coûteuses pour le contribuable,  elles sont extrêmement profitables aux corsaires nationaux  des guerres du 20 ième siècle comme DynCorp International et l’ancienne filiale d’Halliburton KBR.

Comme le note Chalmers Johnson, « Nos installations à l’étranger sont profitables à l’industrie civile qui gagne des milliards en contrats annuels pour construire et maintenir nos postes éloignés. »

Pendant ce temps, beaucoup de communautés accueillant ces bases n’ont jamais vu les retombées économiques régulièrement promises par les US et les leaders locaux. Certaines zones, particulièrement les communautés rurales  les plus pauvres ont vu un boom économique à court terme au moment de la construction de la base. Cependant dans le long terme, la plupart des bases ne créent pas d’’économie locale saine et stable. Comparées avec d’autres formes d’activité économique, elles représentent un usage improductif des terres, emploient relativement peu de gens par rapport au territoire occupé et contribuent peu à la croissance économique locale. Des recherches ont montré d’une façon invariable que lorsque les bases ferment l’impact économique est généralement limité et dans quelques cas positifs – c’est à dire que les communautés locales finissent par s’en sortir mieux lorsqu’elles échangent les bases contre des écoles, des logements, des complexes commerciaux et d’autres formes de développement économiques.

Dans le même temps pour les USA, investir l’argent des contribuables dans la construction et la maintenance de bases militaires outre-mer signifie de renoncer à des investissements dans des domaines comme l’éducation, les transports, le logement et la santé bien que ces industries soient plus une opportunité pour l’ensemble de la productivité économique et créent plus d’emplois en comparaison des mêmes dépenses dans le domaine militaire. Imaginez ce que 85 milliards par an représenteraient en terme de reconstruction des infrastructures civiles délabrées.

  

Le coût humain

Au-delà du coût financier se trouve le coût humain. Les familles du personnel militaire font partie de celles qui souffrent de la dispersion des bases étant donné  les tensions dues au déploiement à distance, à la séparation des familles, aux déménagements fréquents. Les bases outre-mer contribuent également au taux choquant d’agressions sexuelles  dans le monde militaire. 30% des femmes en service en sont victimes pendant leur temps de service et un nombre disproportionné de ces crimes se produisent à l’étranger.  En dehors des bases, dans des lieux comme la Corée du sud, on trouve souvent de la prostitution qui relève de l’exploitation orientée vers le personnel militaire US.

Dans le monde entier, les bases ont créé des dommages environnementaux étendus à cause des fuites toxiques, des accidents et dans certains cas d’un abandon délibéré de certaines substances toxiques. La criminalité des GI déclenche depuis longtemps la colère des habitants. A Okinawa et ailleurs, les troupes américaines ont commis des actes de viols  à répétition contre les femmes indigènes.

Du Groenland  à l’île tropicale de Diego Garcia, l’armée a déplacé des autochtones pour construire ses bases. Contrastant avec la rhétorique de la propagation de la démocratie fréquemment évoquée, l’armée a montré une préférence  pour les états non démocratique et despotiques comme le Quatar ou Bahrain pour établir ses bases. En Irak, en Afghanistan et en Arabie Saoudite, les bases US ont créé un sol fertile pour le radicalisme et l’anti-américanisme. La présence de bases près des lieux saints  musulmans en Arabie Saoudite a été un outil de recrutement majeur pour al-Qaeda et part de la motivation de Osama ben Laden  pour l’attaque du 11 Septembre 2001.

Bien que cette tourmente permanente soit peu remarquée aux US, les bases à l’étranger ont trop souvent généré des griefs, des protestations et des relations d’antagonisme. Bien que peu le reconnaisse, nos bases sont une part majeure de l’image présentée par les US au monde- et elles nous montrent souvent sous une lumière peu flatteuse.

Créer une nouvelle guerre froide, base par base

Le fait que les bases augmentent la sécurité  et la paix globale n’est pas non plus très clair. Dans l’absence d’une superpuissance ennemie, l’argument que des bases situées à des milliers de kilomètres du territoire américain sont nécessaires pour défendre l’Amérique – ou même ses alliés- est difficile à défendre.  Au contraire, la collection mondiale de bases a généralement permis le déclenchement d’opérations militaires, la frappe de drones, et des guerres par choix dont le résultat fût des désastres à répétition, la perte de milliers de vies et des destructions restées cachées du Vietnam à l’Irak

En facilitant la déclaration de guerres à l’étranger, les bases outre-mer ont rendus clair le fait que l’action militaire était une option encore plus attrayante- souvent la seule option imaginable- pour les politiciens américains.  Comme le dit l’anthropologue Catherine Lutz, quand tout ce que vous avez dans votre boîte à outil de politique étrangère est un marteau, tout commence à ressembler à un clou. Au bout du compte, les bases étrangères ont rendu les guerres plus souvent envisageables que l’inverse.

Les partisans de la théorie de l’avancée, vétuste depuis longtemps, répondront que les bases outre-mer dissuadent l’ennemi  et permettent de maintenir une paix mondiale. En tant que supporters du statu quo, ils ont proclamé que de tels bénéfices de sécurité étaient des vérités évidentes depuis des dizaines d’années. Peu ont fourni quoi que ce soit de substantiel pour argumenter leur déclarations.

Bien qu’il existe quelques preuves que les forces militaires peuvent bien sûr dissuader les menaces immédiates, peu sinon aucune recherche ne suggèrent que les bases outre-mer sont une forme effective de dissuasion sur le long terme. Des études  menées à la fois par l’administration Bush et par la corporation RAND – pas vraiment des pacifistes de gauche-  indiquent que les avancées dans le domaine de la technologie des transports avaient largement éliminé les avantages de l’implantation de troupes à demeure à l’étranger. Dans le cas d’une guerre de défense légitime ou dans celui d’une opération de maintien de la paix, l’armée pourrait généralement déployer ses troupes aussi rapidement à partir de son propre sol qu’à partir des bases outre-mer. Des transports rapides par mer ou par air, couplés avec les accords permettant l’usage des bases des nations alliées et potentiellement, des ravitaillements pré-positionnés sont alternative beaucoup moins chère et moins irritante que le maintien des bases outre-mer.

Nous pouvons aussi questionner l’augmentation de la sécurité que de telles bases confèrent aux pays d’accueil. la présence de telles bases peut changer un pays en cible pour des pouvoirs étrangers ou des militants.- tout comme les installations US on mises en danger les Américains outre-mer.

De la même façon,  plutôt que de stabiliser des régions dangereuses, les bases augmentent fréquemment la tension militaire et décourage les solutions diplomatiques aux conflits. Placer des bases militaires près des frontières de pays comme la Chine, la Russie ou l’Iran, par exemple augmente les menaces pour leur sécurité et les encourage à répondre en stimulant leur propres dépenses et activités militaires. Imaginons comment les leaders américains auraient répondu si la Chine avait entrepris de construire même une petite base au Mexique, au Canada ou dans les Caraïbes ? Il est à noter que le moment le plus dangereux pendant la Guerre froide- la crise des missiles cubains- déclenchée à cause de la construction des équipements de missiles nucléaires soviétiques à Cuba, à peu près à 150 kilomètres de la frontière des USA.  La création et la maintenance de tant de bases militaires encourage de même d’autres nations à construire leurs propres base outre-mer dans ce qui pourrait vite devenir une « course à la base »,   Les bases près des frontières de la Russie et de la Chine, en particulier, menacent d’alimenter de nouvelles guerres froides. Les officiels  US peuvent insister sur le fait que construire de nouvelles bases au Moyen-Orient est un acte défensif permettant d’assurer la paix dans le Pacifique mais allez dire ça au Chinois Que les gouvernements ne soient pas du tout «  réassurés » par la création de nouvelles bases supplémentaires encerclant leurs frontières. Contrairement à  l’affirmation que de telles installations augmentent la sécurité globale, elles tendent à faire monter d’un cran les tensions régionales, augmentant le risque d’une future confrontation militaire. De cette façon, tout comme la guerre anti-terroriste est devenue un conflit global qui semble répandre la terreur, la construction de nouvelles bases américaines pour se protéger des menaces fantasmées de la Russie et de la Chine pourraient faire courir le risque de devenir des prophéties qui se réalise. Ces bases peuvent en fait contribuer à créer cette même menace dont elles sont censées nous protéger. En d’autres mots, loin de créer un monde plus sécurisé, les bases US peuvent rendre en fait la guerre plus probable et les pays moins sûr.

Derrière les fils barbelés  

    

Dans son célèbre discours  d’adieu adressé à la nation en quittant la Maison blanche en 1961, le Président Dwight D. Roosevelt avertit la nation à propos des effets économiques, politiques et même spirituels insidieux de ce qu’il surnomma « le complexe militaro-industriel-congressiste », le vaste enclenchement d’un état sécuritaire issu de la Deuxième Guerre mondiale. Comme nous le rappelle le travail de Chalmers Johnson pour ce nouveau siècle, notre collection de bases vieille de soixante-dix ans est la preuve qu’en dépit des avertissement de Ike, les USA sont entrés dans un état permanent de guerre avec une économie, un gouvernement et un système global de pouvoir  impliqué dans la préparation de futurs conflits.

Les bases américaines d’outre-mer nous ouvrent une fenêtre sur l’impact militaire sur le monde et sur nos vies quotidiennes. L’histoire de ces massives «  Petites Amériques » de béton, de restaurants fast-food et d’entrepôts d’armement nous offrent une chronique vivante des USA dans la période post Deuxième Guerre mondiale. En un certain sens, lors de ces dernières sept décennies, que nous le réalisions ou non, nous en sommes tous venus à vivre «  derrière les fils barbelés » comme aime à le dire le personnel militaire.

Nous pouvons croire que de telles bases nous protègent. En réalité, elles nous ont aidé à nous enfermer dans une société militarisée en permanence qui nous a tous rendus – tous sur cette planète – moins sûrs, endommageant nos vies chez nous et à l’étranger.

David Vine est Professeur associé d’anthropologie à l’American University de Washington DC. Son livre Base Nation: How U.S. Military Bases Abroad Harm America and the World, vient d’être publié en tant que partie de Le projet de l’empire américain  associate professor of anthropology at American University in Washington, D.C. His book,  has just been published as part of the American Empire Project (Il a écrit pour le New York Times, le Washington Post, le Guardian, et Mother Jones, entre autres publication. Pour plus d’information et des articles supplémentaires, visitez www.basenation.us http://www.basenation.us/  and www.davidvine.net. http://www.davidvine.net/

Suivre TomDispatch sur Twitter and rejoignez-nous sur Facebook. https://www.facebook.com/tomdispatch Prenez connaissance de notre nouveau livre Dispatch Book,  Nike Turse « Les champs de bataille de demain : Les guerres par délégation des USA  et les opérations secrètes en Afrique » ainsi que le dernier livre de Tom Engelhardt «  Le gouvernement de l’ombre : surveillance, guerres secrètes et l’état global sécuritaire dans un monde au suoper-pouvoir unique.Check out the newest Dispatch Book, Nick Turse’s Tomorrow’s Battlefield: U.S. Proxy Wars and Secret Ops in Africa, http://www.amazon.com/dp/1608464636/ref=nosim/?tag=tomdispatch-20 and Tom Engelhardt’s latest book, Shadow Government: Surveillance, Secret Wars, and a Global Security State in a Single-Superpower World. http://www.amazon.com/dp/1608463656/ref=nosim/?tag=tomdispatch-20

Copyright 2015 David Vine

Traduction Elisabeth Guerrier