Jury Bipartisan : Les US doivent se préparer pour une guerre « terrible », «dévastatrice » avec la Russie et la Chine / André Damon

On peut difficilement se représenter, a fortiori après des décennies de leurre démocratique et de propagande, l’état d’esprit d’individus qui envisagent comme un devoir national l’extermination des occupants de la planète entière au nom d’une visée hégémonique qui pourrait vaciller face à la venue en premières lignes de quelques voisins de grandes tailles. On peut difficilement imaginer que cette forme de mégalomanie ne puisse pas envisager à long et moyen termes les conséquences d’un tel désir de puissance planétaire. Mais on devrait pourtant être habitués à l’inconséquence qui caractérise cette culture, après tout l’invasion de l’Irak s’est effectuée sans aucun plan prévu pour suivre l’intervention armée. Il est probable que tout pouvoir caressé, par la force ou par la séduction est un état impossible à perdre sans une forme de désespoir enragé. Que les individus qui l’exercent sont enfermés dans une sorte de bunker psychique où aucun bruit de l’extérieur ne pénètre et qui surtout, ne peut être bousculé par aucune sorte d’éthique fût-elle celle du vainqueur.

Dehors, tous occupés d’eux-mêmes ou de luttes émiettées dans la bien- pensance groupusculaire et la censure, les opposants potentiels brassent un vent narcissique, disséminés au sein de causes de plus en plus ciblées et prenant leur légitimité dans la sélection de leurs caractéristiques en ayant le sentiment d’accomplir une révolution. Si aucune répression réelle ne vise ces groupuscules, si rien ne freine leurs prises de parole ni l’impact de leurs lobbies, et si leur dogme en vient à prendre la forme d’une idéologie incontournable à travers laquelle faire passer toutes les analyses et les réflexions touchant notre culture et toutes les autres qui lui survivent, même dans les lieux où elle est sensée travailler sur elle-même, c’est que les enjeux sont ailleurs, que les réels dangers sont oblitérés par l’urgence fantasmée de luttes infantiles dont les bien-fondés sont voués à se déchirer pour la préséance de leur prétention.

Même si la conclusion de l’article fait songer à une Internationale chantée par quelques vétérans rouges dans les sous-sols, devenue pièce de musée et si sont utilisés des termes comme ” classe ” , ou ” classe ouvrière ” qui ont perdu leur pouvoir évocateur, broyés par la langue belliciste néo-libérale, c’est tout de même à une question verticale, hiérarchique et non à la mise en ordre horizontale d’une norme de la pensée et du discours, fût-elle ” progressiste” que la réalité d’une possible guerre globalisée répond. EG

Jury Bipartisan : Les US doivent se préparer pour une guerre  « terrible », «dévastatrice » avec la Russie et la Chine 

Bipartisan panel: US must prepare for “horrendous,” “devastating” war with Russia and China

par Andre Damon, 16 Novembre 2018, via WSWS

Une commission bipartisane organisée par le Congrès a produit un long rapport mardi, soutenant les plans du Pentagone de se préparer pour une guerre entre grandes puissances contre la Russie ou la Chine, voire les deux,  rendant clair que les politiques belligérantes de Trump sont partagées par les Démocrates.

Sécurisé par le fait de savoir que les médias ne rendraient pas compte de ces conclusions, les auteurs de ce rapport n’ont pas mâché leurs mots sur ce qu’une telle guerre signifierait. Une guerre entre les USA et la Chine, qui selon ce même rapport pourrait éclater dans les quatre années à venir, sera « terrible » et «  dévastatrice ». Les militaires auront à subir «  les plus fortes pertes depuis des décennies ». Une telle guerre pourrait mener à une «  rapide escalade nucléaire et des civils américains seraient attaqués et vraisemblablement tués.


U.S. B-52 Stratofortress aircraft [Credit: US Air National Guard]


Il est impossible de rien comprendre dans la politique américaine sans lui reconnaître une qualité fondamentale : les évènements et les scandales qui dominent la vie politique, qui dominent sur les chaînes et font les titres des organes de presse et des médias sociaux, ont très eu à voir avec les considérations de ceux qui prennent effectivement les décisions. Les pontes des médias jouent le rôle qui leur est assigné, sachant que le sujet le plus important ne peut être discuté que dans les limites prescrites.

Ceux qui prennent les décisions : un groupe d’individus sélectionnés membres du Congrès, Officiels du Pentagone, membres des Think-tanks et quelques membres de la Maison blanche – parlent un langage complètement différent dans leurs publications que lorsqu’ils sont entre eux  et qu’ils publient des documents qui ne seront pas lus par le public et dont ils savant que les médias ne les rapporteront pas sérieusement. Ces individus acceptent comme des évidences simples, des  certitudes sans appel le fait que si ces contenus faisaient la une des journaux, ils seraient considérés comme des «  théories de la conspiration ».

Le dernier exemple d’un tel parler vrai est celui d’un nouveau rapport publié par la Commission de défense nationale (National Defense Strategy Commission), un groupe monté par le Congrès pour valider les nouvelles stratégies sécuritaires du Pentagone, publié en début d’année, qui a déclaré que : «  la compétition des grandes puissances – pas le terrorisme- était maintenant le premier objet d’intérêt » de l’armée américaine.

Les points mis en avant par ce panel, publiés dans un rapport intitulé : « La mise au poit d’une défense commune » peuvent être résumés ainsi : Les Usa ont parfaitement raison de se préparer pour la guerre contre la Chine et la Russie. Mais le Pentagone, qui dépense plus chaque année que les huit nations les plus militarisées rassemblées, exige une importante augmentation des dépenses militaires, financées par des coupes dans les budgets des programmes sociaux comme Medicare, Medicaid, et la Social Security.

Le rapport est, autrement dit, l’approbation sans discussion par le Congrès du renforcement de l’armée par l’administration Trump, mettant en mot ce que le Congrès a acté cette année, avec un soutien bipartisan total, lorsqu’il a voté l’augmentation du budget militaire la plus importante depuis la Guerre froide.

Mais au-delà du constat que les USA devraient se préparer à l’imminence d’une guerre «  totale » avec des «  impacts dévastateurs » sur la population américaine, le document est un avertissement sans nuance sur une autre réalité basique. Les USA pourraient bien perdre une telle guerre, qui exige, en fait, la conquête de la planète entière par un pays qui représente seulement moins de cinq pour cent de la population mondiale.

Les États-Unis « peuvent lutter pour gagner, ou peut-être perdre, une guerre contre la Chine ou la Russie » est-il déclaré, ces guerres ne seront pas seulement menées outre-mer, mais viseront vraisemblablement la population américaine : «  Il serait peu prudent et irresponsable de ne pas s’attendre à ce que les adversaires ne tentent des attaques kinétiques, cybernétiques ou autres contre les Américains sur leur territoire, pendant qu’ils cherchent à vaincre nos troupes à l’étranger. » 

II est ajouté : « Si une telle chose devait se produire, les forces américaines devraient faire face aux combats plus durs et aux pertes les plus importantes depuis des décennies. Il est nécessaire de rappeler que lors de la guerre des Falklands, un adversaire décidément plus faible —l’ Argentine—a endommagé et coulé un navire de guerre britannique avec un sel missile téléguidé. La quantité de destruction qu’un état ennemi majeur pourrit infliger aux forces des US aujourd’hui sera d’une magnitude bien plus importante. »

Pour en venir au fait, le rapport décrit un nombre de scénarios différents. Le premier implique Taïwan déclarant son indépendance de la Chine en 2022, amenant les représailles chinoises. «  Le Pentagone informe le Président que l’Amérique pourrait probablement vaincre la Chine lors d’une longue guerre si la totale puissance de notre pays est mobilisée. Cependant elle perdra un nombre énorme de navires et d’avions, ainsi que des milliers de vies, dans l’effort, en addition de troubles économiques sévères – tout ceci avec aucune garantie d’avoir un impact décisif sur le gouvernement de Taïwan… mais éviter cette issue impliquerait maintenant d’absorber des pertes gigantesques. »

La solution conclut le rapport, est une armée beaucoup plus importante, basée sur des investissements en augmentation sur plusieurs années. «  Il y a un besoin d’une urgence extraordinaire de résoudre la crise de la défense nationale «  est-il écrit.

L’armée a besoin de «  plus de protections, plus de feux longue-portée, plus de logistique, plus d’unités de défense aérienne » L’aviation a besoin de « chasseurs bombardiers furtifs longue-portée, de tanks, de capacité d’enlèvement, de services secrets, de surveillance, et de plate-forme de reconnaissance. » Les forces nucléaires ont besoin de plus de missiles. Et ainsi de suite.

Pour payer pour tout cela, il faut réduire les services sociaux. «  Les programmes de prestations obligatoires  emmènent des croissances de dépenses. » souligne le rapport, exigeant que le Congrès règle ces  programmes, qui comprennent Medicare, Medicaid, et La Sécurité sociale. Il avertit que «  de tels ajustement seront inévitablement très pénibles »

Et finalement, la société entière doit être mobilisée dans l’effort de guerre. Une  approche « nation-totale » doit être adoptée, y compris dans les domaines «  des politiques commerciales, des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, et dans l’enseignement des maths. » Tout, des entreprises privées aux institutions académiques  doit partager l’effort.

En établissant la liste les différents défis auxquels l’Amérique devra faire face en déclarant puis gagnant une guerre contre la Russie ou la Chine, aucun des membres distingués n’en arrive à la conclusion apparemment évidente que peut-être les USA ne devraient pas entrer dans une telle guerre.  Mais en ceci, ils représentent le consensus presque total au sein des cercles politiques américains. Lors de ses derniers jours, Adolf Hitler est dit avoir déclaré encore et encore que si la nation allemande ne pouvait pas gagner la guerre, il était préférable qu’elle disparaisse.  La classe dirigeante américaine est complètement investie dans un processus qui non seulement menace d’oblitérer l’ensemble de la population mondiale mais aussi la population américaine elle-même.

Il ne s’agit pas de la folie de quelques individus mais de celle d’une classe sociale qui représente un ordre social survivant et en faillite, le capitalisme, et un cadre politique tout autant survivant, le système de la nation-état. Et on ne peut lui opposer qu’une autre force sociale : la classe ouvrière internationale, dont les intérêts sociaux sont internationaux et progressifs et dont l’existence elle-même dépend de l’opposition aux objectifs mégalomaniaques du capitalisme américain.

Copyright © World Socialist Web Site

Traduction : Elisabeth Guerrier

Articles associés :

Le complexe militaro-industriel Pr. Joan Roelofs    

De la dissuasion à l’apocalypse William Astore


 


La militarisation de l’Arctique : une question essentielle à laquelle accorder toute son importance Alex Gorka

181010-troupes-britanniques-en-route-vers-norvege-pour-participer-exercice-otan

Soldats anglais. Opération ” Trident junction “
  Russia’s desire to undermine American democracy is related to its inability to match up to the military and economic power of the West.”

October 25, 2018 | Alina Polyakova, TIME

Cité dans «  Brooking briefs »

Au regard de l’énergie développée pour tenter de traduire correctement la liste interminable des équipements spéciaux de l’armement de la Russie dans l’Arctique, développée avec beaucoup de précision par Alex Gorka et dont chacun des éléments peut être vérifier en ligne, on reste songeur sur cette sorte de maladie du sens moral qui parcourt d’une façon endémique tout l’Ouest, nourrie de préjugés, de rumeurs, de fausses informations qui définissent «clairement » dans les esprits brumeux des masses qui est «  le méchant ». Certains dans le passé ont manipulé les informations données avec une sorte d’approche scientifique sur la propagande et ses moyens. Il semble que ces stratégies d’imprégnation collectives soient devenues la seule façon de faire de la politique étrangère dans ce système, elles s’appuient sur une paresse intellectuelle constitutive du Lambda, sur son incapacité à lâcher son os quand il a mordu à la certitude de savoir comment vont les choses, à ne jamais avoir l’esprit suffisamment libre et souple pour consacrer le temps nécessaire à chercher à se contredire lui-même, sur son besoin toujours renouvelé, ce qui le soulage de sa propre dépréciation chronique, de pointer la faute sur l’étranger, qui évidemment est voué à changer de nom et de visage quand la géopolitique l’exige.EG

 

Pour bien éclairer quels sont les réels enjeux face à la Russie et à la Chine : Ci-dessous la déclaration de Wess Mitchell, Secrétaire d’état aux affaires européennes et eurasiennes. Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs in the US State Department)
La transcription de cette allocution au Sénat a omis deux phrases qui figurent en contrebas du texte et qui illustre parfaitement l’état d’esprit des USA quant à ses ” rivaux ” Chinois et Russes Quand on est l’exception et la police d’un monde, on ne lâche pas le morceau facilement et 
les USA ne lâcheront rien.

Ces phrases sont :
Empêcher
la domination
de la masse continentale eurasienne
Par la Chine et la Russie
prevent the
domination of
the Eurasian landmass by
Russia and China

“Le point de départ de la stratégie de la Sécurité Nationale est la reconnaissance du fait que les USA entrent dans une période de compétitions entre grandes puissances et que les politiques passées n’ont ni suffisamment envisagé l’étendue de cette tendance émergeante ni équipé d’une façon adéquate notre nation afin qu’elle réussisse à la gagner. La Russie et la Chine sont des compétiteurs sérieux qui construisent les conditions matérielles et idéologiques de la contestation de la primeur américaine et de son leadership du 21 ième siècle. Prévenir la domination de la région eurasienne par des puissances hitiles continue à être un un intérêt prioritaire de sécurité nationale. l’objectif central de l’administration dans le domaine de la politique étrangère est de préparer notre nation à se confronter à ce challenge en renforçant systématiquement la militarisation, l’économie et les fondations politiques du pouvoir américain.

The starting point of the National Security Strategy is the recognition that America has entered a period of big-power competition, and that past U.S. policies have neither sufficiently grasped the scope of this emerging trend nor adequately equipped our nation to succeed in it. Contrary to the hopeful assumptions of previous administrations, Russia and China are serious competitors that are building up the material and ideological wherewithal to contest U.S. primacy and leadership in the 21st Century. It continues to be among the foremost national security interests of the United States to prevent the domination of the Eurasian landmass by hostile powers. The central aim of the administration’s foreign policy is to prepare our nation to confront this challenge by systematically strengthening the military, economic and political fundaments of American power.

 

 

 

ALEX GORKA | 24.10.2018 | SECURITY / WAR AND CONFLICT

Militarization of Arctic: Issue of Incredible Importance Not Given Due Attention to

La militarisation de l’Arctique : une question d’une importance incroyable qui ne suscite pas l’attention qu’elle mérite.

L’Europe, le Moyen Orient et l’Asie du sud-est ne sont pas les seuls théâtres potentiels pour des opérations militaires. L’Arctique est une zone de rivalités géopolitiques. La situation là-bas est laissée à tort hors des éclairages médiatiques. Pendant ce temps, 2018 a vu un nouveau record du retrait des glaces dans la région.

La Russie a présenté l’attribution de 1.2 millions de mètres carrés dans cette région  aux Nations unies. Selon la convention des Nations unies sur la Loi de la mer, (UNCLOS), un état côtier peut prétendre à la côte continentale au-delà de 120 miles nautiques en présentant des preuves scientifiques qu’il s’agit de la prolongation naturelle de ses marges côtières. La seule région côtière de la Russie peut être étendue, étant donné le droit exclusif de l’état à exploiter ses ressources naturelles sur les fonds et l’océan. Il s’agit de réserves de pétrole de plus de 8.5 trillions de dollars.

Moscou considère la Route de la Mer du Nord Nothern sea road ( NSR) située à l’est de Novaya Zemlya et qui longe la côte arctique russe de la Mer de Kara en Sibérie au Détroit de Bering comme une zone maritime économique exclusivement russe ( EEZ) selon l’article 234 de la Convention des Nations unies   Convention sur les lois de la mer . Cet article attribue aux états du littoral au sein de leurs zones d’exclusivité économiques ( 200 miles nautiques) le droit d’appliquer des lois non discriminatoires et des régulations touchant la navigation dans les parties glacées. Les US en sont signataires mais le Congrès ne l’a pas ratifié.  Washington ne reconnait donc pas les exigences de la Russie et cherche à rendre cette région internationale.

Les USA, le Canada, le Danemark et la Norvège ont leurs propres réclamations. L’Arctique est supposé contenir plus de 22 trillions de dollars de ressources sous la glace,  y compris 90 billions de barils de pétrole et 47 trillions de mètres cubes de gaz naturel. Il est normal que les états se les disputent aussi longtemps qu’ils sont envisagés sur la base du droit international à travers les négociations. Mais l’escalade graduelle des tensions dans l’Arctique est un fait.

Selon le Guide de la défense danois  2018-2023, il y aura une augmentation impressionnante de 20% des dépenses de défenses dans les prochaines six années. L’Arctique est mentionné comme une zone d’activité  et de présence militaire en développement. En été, la Norvège s’est réinvestie dans une augmentation des dépenses en faveur de l’OTAN de 2% du PIB avec son plan à long terme impliquant  son engagement de 2O21-2024 comme des prémices essentielles. Oslo va investir des de l’ « équipement stratégique » comme le nouvel avion furtif F-35, des sous-marins et le nouvel aéronef patrouilleur maritime P8. Le Canada va développer une  flotille navale arctique. L’an passé, Ottawa a dévoilé son plan d’augmenter ses dépenses militaires de 70% ( ou plus de 30 milliards) sur les dix prochaines années. La plupart de cet investissement allant aux navires de guerre et aux avions de chasse. La Crête de Lomonosov est le principal osujet des disputes territoriales entre le Canada et la Russie. Elle s’étend sur 1800 kilomètres des Nouvelles îles sibériennes à travers l’océan atlantique jusqu’à l’île canadienne de Ellesmere. Le Canada se livre à des manœuvres militaires dans cette zone.

Les Bérets verts US s’entraînent  à combattre la Russie dans la région. Donc les sous-marins d’attaque sont aussi en manœuvre.  En mars, plus de 1500 personnels militaires de plus de 20 unités ont été rassemblés  pour les exercices militaires de 2018 sur la crête arctique. Les Gardes côtes US cherche à armer ses brise –glaces utiliser pour ouvrir des passages à travers les mers gelées. Les US ont stationné des avions furtifs F22 et F35 en Alaska. Ce déploiement fournit une supériorité aérienne aux USA sur tout l’hémisphère nord.

La Russie met en œuvre les State Policy in the Arctic Till 2020 and for a Future Perspective. (Politiques nationales de l’Arctique jusqu’en 2020 et dans une perspective d’avenir) L’Arctique est une source de menaces pour la Russie. Les missiles lancés des sous-marins à partir des eaux proches de la Norvège laisseraient à l’armée russe à peine 15 minutes pour décider si un tel objet représente ou non une menace et comment y répondre. L’Arctique est la seule location permettant le lancer de missiles Tomahawks qui pourraient frapper les bases intercontinentales de missiles russes (ICBMs) dans les régions de l’ Orenburg et de Krasnoyarsk  aussi bien que celles de l’Oural.

La Flotte du nord russe est une force qui groupe 38 grands navires de surface, plus de 40 sous-marins et un corps d’armée comprenant deux brigades d’infanterie. La 61ième brigade d’infanterie est sous le commandement des Forces stratégiques jointes de la Flotte du nord. 7 sous-marins prêts au combat sont regroupés là. A peu près 60% de la flotte opérationnelle est équipé d’un nouvel armement.

L’équipement  de combat Ratnik  pèse entre 19 et 20 kilos, il est conçu pour des opérations dans le climat arctique et comprend un casque à vision nocturne, une armure corporelle, un équipement de communication et des écouteurs. Tout compris, l’équipement comprend 10 sous-systèmes et à peu près 60 items séparés. Pesant 7,5 kilos, l’armure classe 6 protège presque 90 % du corps des soldats à partir de 7,62 m. même contre des tirs courts. Il est équipé de systèmes de détection spéciaux contre les systèmes à infrarouge. Conçu en fibre de carbone légère,  l’exosquelette supporte le système musculaire afin d’aider le soldat à porter des charges de plus de 50 kilos sur des longues marches.

Le système de communication vocal et visuel Strelets-2 inclut un module de navigation  GLONASS  qui permet à un chef d’escadron de vérifier la location de chacun de ses soldats sur un ordinateur de la taille d’un livre et de la communiquer à ses chefs. Chaque soldat est en plus équipé d’un ordinateur tactique de la taille d’un téléphone.

Les soldats ont le véhicule tout terrain Ruslan,  le véhicule de trace tout-terrain GAZ-3344-20, le  DT-10PM vèhicule amphibie. Capable de défendre l’espace aérien dans un rayon d’au moins 15 kilomètres, le nouveau système de missiles à courte-portée Tor-M2DT est le seul système dans sa catégorie conçu spécialement pour les conditions météorologiques de la région arctique. Il peut protéger contre les radiations et les missiles de croisière, contre les engins téléguidés aériens, les planeurs, et réparer et tourner les ailes des avions de chasse. Sa plateforme de DT-30PM sera utilisée pour le lancement multiple de système de fusée Grad et Smerch.

Les capacités de la défense aérienne vont être augmentées grâce  au S-400 Triumf aet mise à jour avec l’auto-propulseur Pantsir-1S, système de missiles de moyenne portée surface-air.

Le T-80BVM est parfaitement adapté aux conditions météorologiques particulières de l’Arctique. C’est le premier tank russe opérationnel à être équipé d’une nouvelle armure réactive explosive. Ses moteurs à turbine améliorés sont  plus performants dans les conditions arctiques. Commençant à des températures aussi basses que – 40 degrés Celsius et prêts pour l’action en quelques minutes. Les tanks avec du diesel conventionnel ont besoin de 40 minutes pour chauffer dans les conditions de températures de l’Arctique.

Cette année, La Russie à dévoiler le nouveau buggy Chaborz M-3  destiné à des opérations version arctique.  C’est un véhicule léger tout terrain polyvalent 4.2 prévu pour des opérations des unités des forces spéciales dans des conditions  hors route. Il peut atteindre sur route des vitesses de 130kms/ heure.

Cette année, Ilya Muromets, le premier briseur de glace construit pour la Marine russe en presque 40 ans est entré en service avec la logistique du vaisseau de soutien Elbrus ,  le projet 22350 de la frégate Admiral Gorshkov équipée avec des missiles de longue portée  Kalibr, et le navire amphibie Ivan Gren  (Project 11711), le premier vaisseau de cette catégorie, les systèmes de missiles pour la défense côtière ont été déployés dans la région de Murmansk.

Le char Academic Pashin  (Project 23130) est testé en mer.  Deux brise-glace  Arktika-class sur six, équipés de double-têtes nucléaires ont déjà été lancés. Les plans comprennent la construction de Lider, le brise-glace à propulsion nucléaire super-puissant. Le brise-glace Ivan Papanin (Project 23550) polyvalent,  est le premier d’une série de deux doit être livré à la marine russe en 2021. Ce navire est destiné à l’étude et à la protection des eaux arctiques, les opérations de recherches et de sauvetage, l’escorte de navires dans les eaux polaires, le transport d’équipements et le remorquage et le support de vaisseaux auxiliaires. Il peut fournir la protection à des vaisseaux opérant dans les eaux polaires contre les tirs aériens, maritimes ou côtiers.

Trois sous-marins balistiques supplémentaires (Project 955) et trois sous-marins d’attaque nucléaires (Project 885) ainsi que deux frégates (Project 22350) entreront en service avec la Flotte du Nord dans le futur proche. Le porte-avions. Admiral Kuznetsov  sera également de retour dans les rangs après une mise au point de ses équipements avec la version navale du système de défense aérienne. Des systèmes Bal de défense côtière vont être également déployés.

La militarisation graduelle de la région est une réalité. Il y a deux options. L’une est de transformer l’Arctique en un champ de mine où la moindre étincelle pourra déclencher une explosion. L’autre est de lancer un dialogue complet afin de répondre aux questions de sécurité liées à la région. Cinq des huit membres du Conseil de l’Arctique sont membres de l’OTAN avec la Suède et la Finlande étant des partenaires privilégiés de l’Alliance.  Cela fait partie des questions à poser sur les relations entre l’OTAN et la Russie. Les activités militaires de la Russie dans la région n’ont rien à voir avec la volonté de jouer les gros bras mais avec la volonté de protéger ses intérêts légitimes.

Les évènements liés à la décision des US de se retirer du Traité INF, la Syrie, les sanctions et d’autres choses sur lesquelles se centrent le regard du public ne devraient pas éclipser cette question de la plus haute importance. Coopérer les uns avec les autres est le seul moyen de maintenir la sécurité et l’ordre dans cette région polaire. Une approche coordonnée de la Gouvernance arctique dans le cadre d’une Convention sur les lois de la mer construirait la confiance et éviterait la militarisation. Le temps est venu pour le Conseil de l’Arctique de se transformer en un conseil centré sur la sécurité.

Tags: Arctic

 

 

 

 

Autres articles sur le même thème

COUNTERPUNCH

 

La guerre froide anti-russe chauffe dans l’Arctique

 

OFFGUARDIAN

L’escalade militaire en Europe est comme un train qui s’est emballé et qu’il est temps de ralentir

 

RUSSIAN OBSERVER

La déclaration de guerre américaine.