Les fissures dans l’édifice totalitaire transgenre. Jane Robbins / 2ième partie

” Ce que l’on avait coutume de faire de façon condensée et concentrée, par le biais de lois universelles insufflées grâce à la ferveur normative de l’Etat, et sous la protection de la police d’Etat, ce sont désormais des compagnies commerciales, des groupes presque tribaux ou les individus eux-mêmes qui le font., de façon mal coordonnée. Comme par le passé nous nous efforçons d’obtenir de la rationalité mais c’est à présent de la micro-rationalité (ou plutôt des micro-rationalités qui agissent en général dans l’incompréhension mutuelle, sont en désaccord et refusent de fusionner en un compromis) qui ne eut que reproduire ” l’irrationalité au niveau de l’ensemble”. Z.Bauman La vie en miettes. Expérience post-moderne et moralité Ed. Pluriel. 2003 p.154

Suite de l’article de Jane Robbins. Il a semblé nécessaire d’éclairer dans un commentaire plus détaillé le choix de cette auteure qui peut être soumis à quelques réserves de notre part en fonction de son appartenance politique. Il parait indispensable également de préciser que notre posture est avant tout celle d’une tentative de distance et d’analyse et que les développements présents dans cet article permettent partiellement de remettre ce mouvement dans son contexte, au moins financier et médical. Il y manque entre autres l’abord plus circonstancié d’une prise en compte élargie du mouvement transgenre au sein des autres mouvements qui caractérisent la “crise anthropologique” que semble traverser en ce début de 21ième siècle le monde postmoderne. Il serait également intéressant d’interroger cette soudaine “manie” collective au regard des effets délétères du matraquage subi lors de la dernière décennie de “L’Evidence based medicine” ainsi que d’approfondir ses liens avec l’hyper-individualisme et ses inévitables limites. Les références présentes dans ce texte, à des “valeurs stables et fondatrices” et, ici, religieuses, auxquelles il serait nécessaire de “revenir” sont de peu de poids par rapport aux bouleversements sociétaux qui ont évincé le mythe de l’état-nation démocratique en tant que tuteur moral et accréditeur de sens du lien social et qui ont mis en sa place sans les désigner comme seuls nouveaux pouvoirs, les soubresauts du marché et les produits des techno-sciences et leur capacité à dénier à leur logique tout questionnement sur une dimension métaphysique nécessaire au “progrès”, en évacuant sous forme de déni, et comme principe quasi structurel, toute prise en compte de la dimension historique et généalogique de toute appartenance humaine. EG

” Le même mouvement qui mit en notre possession les pouvoirs qui doivent à présent être régulés par des normes//a érodé, par une complémentarité nécessaire, les fondations dont les normes pouvaient tirer leur origine.// Nous frissonnons désormais dans la nudité d’un nihilisme au sein duquel la quasi-omnipotence a comme partenaire le quasi-vide et la plus grande capacité la plus petite connaissance du but.” Hans Jonas. Philosophical essay From ancient creed to technological man, Englewood Cliffs Prentice Hall 1974 p.19

Les enfants Trans

Pendant les décennies suivant le largement médiatisé  changement de sexe «  de Christine (né Georges William) Jorgensen en 1952, l’expérimentation médicale dans ce royaume était largement confinée aux patients adultes. Il n’y avait pas de sérieuses tentatives de médicaliser des enfants confus à propos d leur sexe (étant entendu qu’il y ait eu de tels enfants —des statistiques  de 2011 estiment que seulement 0, 2 à 0, 3 % de la population adulte souffre de dysphorie de genre, le pourcentage d’enfants est vraisemblablement plus faible encore). Mais une des caractéristiques particulièrement perturbante de l’actuelle manie transgenre est son insistance à prétendre que même de jeunes enfants peuvent «  savoir » qu’ils appartiennent au sexe opposé, avec la conclusion résultante qu’ils ont donc droit à une assistance médicale qui leur permette de transformer définitivement leurs corps afin qu’il corresponde à leur sentiment ;

Le traitement moderne pour les enfants dysphoriques créé par le Dr. Norman Spack, un pédiatre endocrinologiste  qui a fondé la première clinique de genre à l’hôpital pour enfants de Boston. Le processus inclut potentiellement quatre étapes : une «  transition sociale «  dans laquelle l’enfant confus est évoqué avec un nouveau nom et de nouveaux pronoms et est autorisé à porter des vêtements et à se comporter comme un membre du sexe opposé. Le suppression de la puberté naturelle par l’administration de bloqueurs de puberté nommés agonistes GnRN, qui sont supposés donner plus de temps à l’enfant afin de se décider pour une transition à venir avant que son corps ne se développe naturellement lors de sa maturité sexuelle, une «  transition hormonale », l’administration de puissants manipulateurs physiologiques, puis la «  transition chirurgicale ».

Les effets physiques non discutés de ce GAT sont choquants.. Selon une recherche d’ampleur menée par l’ American College of Pediatricians, administrer des hormones cross-sexes et des bloqueurs de puberté comporte des risques énormes : maladies cardiaques, caillots sanguins, crises cardiaques, arrêt de la croissance osseuse, ostéoporose, cancer, douleurs articulaires aiguës, dépression, et idéation suicidaire. Les interférences avec la puberté normale et la maturation sexuelle, qui proviennent à la fois des bloqueurs de puberté et des hormones cross-sexes, causeront aussi la stérilité et un dysfonctionnement sexuel permanent. Et ce ne sont simplement que les effets connus, parce que ce type de traitement est récent, les conséquences à long terme en sont inconnues. Les agonistes GnRH ne sont pas reconnus par la FDA-pour inhiber la puberté normale et sont donc utilisés sans validation à cause de cela.

La chirurgie est horrible. (SRS). Les patientes femmes peuvent subir une hystérectomie, une vaginectomie et une double masectomie – tous ces organes enlevés étant bien sûr parfaitement sains. Certains chirurgiens ôtent la peau des avant-bras  afin de créer une réplique inefficiente d’un pénis. Les organes sexuels des patients hommes ( pénis, testicules, scrotum) sont enlevés et un faux vain est ouvert qui doit  être maintenu ouvert  avec un dilatateur afin de ne pas se résorber sur lui-même et de cicatriser.

En d’autres mots, ces médecins de « l’affirmation  «  luttent contre des systèmes normaux du corps humains qui contre-attaquent en luttant contre les intrusions. Les patients seront engagés dans cette lutte pendant toute leur vie.

Un observateur objectif assumerait que les médecins quiparticipent au GAT repoussent ou dépassent les limites d’une pratique médicale acceptable, risquant d’être confrontés aux autorités. Dans l’environnement politique actuel, pas vraiment. En 2017,  la Société endocrine a publié  des indications qui permet le traitement des enfants et adolescents dysphoriques avec des bloqueurs de puberté et des hormones cross-sexes en dépit des risques connus pour la santé et de ceux que nous ignorons encore.  Bien que ces indications sont emplies de conseils de «  suivre » les divers aspects de la santé du patient durant la GAT et d’y impliquer des professionnels de la santé mentale d’une manière largement non précisée, la seule chose qu’il est conseillé à un endocrinologiste de ne pas faire est d’administrer des hormones cross-sexe et des inhibiteurs de puberté à des enfants pré-pubères. Autrement, tout est possible. Même la limite d’âge pour recevoir des hormones cross sexe et des inhibiteurs de puberté est flexible, puisqu’il peut y avoir des «  raisons irréfutables »  de pratiquer cela à des adolescents avant seize ans.  Aussi longtemps qu’il existe une «  équipe pluri-disciplinaire » en place afin de «  superviser » l’accroissement des malaises cardiaques et des crises, la détérioration osseuse,  les tumeurs malignes et  la dépression paralysante, tout devrait aller au mieux.

Un des aspects les plus perturbants de la subordination de l’ Endocrine Society d’une pratique médicale saine  à des exigences politiques est son traitement de la stérilité permanente qui résulte d’un GAP achevé. Les indications  s’y réfèrent ponctuellement : «  Les cliniciens devront informer les enfants pubères, les adolescents et les adultes cherchant un traitement de confirmation de genre de leurs options pour la préservation de la fertilité. » Rien à propos des conseils sérieux nécessaires pour expliquer l’énormité de cette décision.  Aucune reconnaissance du fait que les enfants et les adolescents ne peuvent pas  en avoir conscience de toute façon. Non, informez juste les enfants – pour qui avoir eux-mêmes des enfants est au-delà de leur propre imagination,  sur les «  options pour la préservation de la fertilité. »

Comme il est suggéré par la présentation de l’Endocrine Society, jusqu’à récemment, les bloqueurs de puberté n’étaient pas utilisés avant que le patient ait 11 ans, les hommes cross-sexes avant 16 ans et la chirurgie avant l’adolescence tardive ou l’âge adulte. Mais l’industrie a abaissé les âges d’administration sans prendre en compte les recommandations. Le Dr. Johanna Olson-Kennedy, un pédiatre californien ayant gagné sa notoriété en ayant été plus loin dans ce domaine, a modifié le protocole pour une étude fédérale qu’elle conduit et autorise l’administration d’hormones cross –sexe à des enfants de 8 ans. Des doubles mastectomies sont effectuées sur des filles de 13 ans. L’endocrinologiste pédiatrique de l’Université de Stanford, le Dr. Tandy Aye souhaite  l’accélération des changements législatifs qui puisse permette à des adolescents mineurs de subir une opération chirurgicale stérilisante même si l’idée qu’un mineur pisse correctement appréhender ce que signifie la stérilité, est, pour  le moins inconsistante par rapport à ce qu’on sait du développement du cerveau adolescent.

Certains chirurgiens op-rent déjà de la chirurgie mutilatrice sur des garçons mineurs, prétendant que l’ “âge est arbitraire”  et que les adolescents se sentent mieux hors de cette  procédure grotesque et pénible pendant qu’ils sont encore à la maison, avec des parents à même de superviser les soins post-chirurgicaux. Ces chirurgiens prétendent n’effectuer ces opérations permanentes, ayant des répercussions à vie uniquement sur des «  adolescents matures ». La maturité étant bien sûr déterminée par ces mêmes médecins conditionnés idéologiquement, et apparemment sans ou avec très peu de prise en compte des problèmes émotionnels que peut rencontrer un garçon qui veut être castré.

Il est probable que les indications seront modifiées afin d’accommoder les expérimentations de ces praticiens pionniers. En tout état de cause, l’élite des médecins du transgenre comme Olson-Kennedy,  se contentent de bafouer les indications à volonté et de faire ce qu’ils veulent. On pourrait en conclure que ces indications existantes ne sont là que pour l’apparence- afin d’aider des praticiens inexpérimentés à gérer leurs patient d’une façon politiquement correcte et de présenter un vernis de sobres réflexions afin d’éloigner les intervenions de certains professionnels ou membres du gouvernement qui pourraient mettre un holà à certaines de ces horreurs.

L’insistance sur le fait que les sentiments enfantins soient honorés, même au prix d’interventions chirurgicales et de traitements irréversibles est alarmant et sans précédent. Pour de bonnes raisons, les enfants ne sont pas autorisés à boire, à fumer, à jouer, à voter, à conduire des véhicules, à signer des contrats ou à accéder à certains loisirs. Ils n’ont pas non plus accès à certains traitements sans le consentement de leurs parents. Mais des adultes puissants affirment que les sentiments des enfants qui sont trop jeunes pour acheter un  sirop contre la toux devraient prévaloir sur toute considération contraire.

La dissention n’est pas tolérée. N’importe qui, que ce soient des parents, des médecins, des enseignants, ou des camardes de classe – qui questionne leur décision est traité de transphobe, de sectaire devant être réduit au silence.

Pourquoi maintenant ?

Pourquoi ceci arrive-t-il ? Pourquoi un brouillard de mensonges s’est-il abattu sur toute la société, au point que même des enfants sont sacrifiées à ce Léviathan vorace ?

Des volumes entiers seront consacrés aux soutiens de l’hystérie transgenre de masse. Quelques considérations :

• La manie transgenre résulte naturellement de la marche sans interruption de la révolution sexuelle. Le déni de la nature humaine a commencé avec le contrôle des naissances et la pilule, séparant le sexe de la reproduction. Cela a conduit à la séparation du mariage et du sexe  qui a détendu les astreintes et l’activité sexuelle et l’enfantement hors mariage. Une famille avec père et mère n’était plus considérée comme nécessaire à l’enfant, ce qui signifiait qu’il n’y avait rien de notoire à propos de l’appartenance sexuelle des partenaires unis par un lien romantique. Puis vint Obergefell, qui en acceptant le mariage homosexuel comme un droit constitutionnel a oblitéré les distinctions physiques, biologiques entre les sexes. Et si il n’existe pas de distinction majeure, une être humain ne devrait pas être confiné  à un seul sexe mais plutôt être capable de changer d’un sexe à un autre ou de s’arrêter quelque part au milieu.

• Cette manie provient de l’élévation du Self autonome narcissique, qui est supposé pouvoir faire de droit tous les choix qui lui semblent désirables sur le moment – même si ces choix violent la réalité physique.

• Cette manie est le résultat du concept en développement que le désire du patient devrait être le premier sinon le seul déterminant pour un traitement médical. Les indications du WPATH sont claires sur le fait que les exigences du patient surpassent les soucis éthiques du médecin. En emmenant ce concept jusqu’à se conclusion logique, un homme dysphorique a établit dans un essai glacial dans le New York Times qu’un médecin devrait appliquer la chirurgie mutilatrice que réclame le patient pour ressembler à une femme – même si le patient sait et admet que la chirurgie causera des dommages physiques énormes et échouera à apaiser sinon augmentera la détresse émotionnelle.  Avec de tels standards, le praticien cesse d’être un soignant et devient  simplement un outil comblant le désir fébrile d’un patient troublé. Et contrairement à un soignant, un outil n’a pas le droit à la conscience, aucune base légitime pour refuser de participer aux procédures attendues.

• La manie provient du culte des experts. Les parents dont l’instinct crie que leur enfant a besoin d’une psychothérapie, et non d’un GAT, se plient sous les professionnels qui prétendent savoir mieux. Si les experts disent que le traitement approprié est X, alors tous les non-experts sont supposés se soumettre sans questionner – même si la folie du parcours recommandé exhibe une lumière rouge aveuglante.

• La manie provient de l’hubris. Un praticien du GAT  décrit l’enivrante adulation de la part de patients et de familles désespérées. « Chaque rencontre est si gratifiante. Ils nous disent : «  Vous êtes mon héros, vous sauvez la vie de mon enfant. Nous ne savons pas ce que nous ferions sans vous. » Selon des chercheurs qui ont questionnés des chirurgiens intervenant dans les phases précoces du SRS, la chirurgie a attiré des médecins qui avaient le désir de «  se prouver à eux-mêmes qu’i n’était rien qu’ils ne puissent chirurgicalement exécuter » Changez un homme en femme et vous serez des dieux.

• La manie enfin résulte du déclin de la foi religieuse. Aucune des évolutions culturelles décrites plus haut ne se serait produite dans une société qui reconnaisse encore la réalité de dieu et de la loi biblique et naturelle. Et pour paraphraser Chesterton, la personne qui ne croit pas en Dieu ne croit pas en rien mais en  n’importe quoi.

Bien sûr, on ne devrait jamais négliger un des plus vieux appâts connue par l’humanité : la cupidité.   Certains professionnels de cette sphère en expansion désirent sans aucun doute alléger la souffrance des patients confus. Mais les professionnels de la santé qui ont accepté sans aucune critique l’imposture de cette alliance perverse Benjamin-argent tout comme l’industrie pharmaceutique qui va  débiter les médicaments et les hormones que  des patient malchanceux prendront à vie vont se partager les bénéfices qui sont supposés  atteindre presque 1 milliard de dollars en 2024. Ce genre de récompense peut avoir un certain effet sur les élancements de la conscience.

Des fissures dans l’édifice

Cette sinistre description suggère que l’humanité a été infestée par un virus monstrueux qui jusque là a résisté à tous les traitements. Mais la vérité morale et scientifique ne peut être étouffe qu’un certain temps et il existe des signes de son réveil.

Un signe encourageant est le nombre croissant de praticiens proclamant publiquement à quel point le roi transgenre est nu.  Bien sûr cette analogie est venue en premier lieu  du Dr. Paul McHugh écrivant dans le Public Discourse, qui a été très franc  contre  les errements et les dommages de la rvolution transgenre.

D’autres médecins ont rejoints le chœur. De l’American College of Pediatricians (établi en réaction à la politisation croissante de l’American Academy of Pediatricians) à des médecins parlant en leur nom qui ont dit la vérité en encourant des risques importants pour leur carrière. – voir les deux événements hébergés par Ryan Anderson, à l’ Heritage Foundation ici et ici—la résistance croît.

A titre d’exemple on trouvera cette lettre écrite par cinq médecins : (Drs. Michael Laidlaw, Quentin Van Meter, Paul Hruz, Andre Van Mol, and William Malone) et publiée dans Le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. Ces praticiens provoquent l’orthodoxie émergente parmi les arguments selon lesquels les jeunes patients doivent se voir administrer un GAT, comme offrant les preuves incontestables de notre incapacité à scientifiquement diagnostiquer les conditions, les risques manifestes portés par les bloqueurs de puberté et par les hormones cross-sexe, et les recherches scientifiques encourageant des traitements alternatifs.  Le fait même que The Journal ait accepté de publier cette lettre indique que la raison médicale s’est retirée mais n’a pas été vaincue.

Les professionnels qui s’opposent au discours transgenre sont répartis sur tout le spectre politique. Un groupe nommé Youth Trans Critical Professionals se définit lui-même comme des « psychologues, travailleurs sociaux, médecins, professionnels de l’éthique médicale et universitaires » qui, « tendant vers la gauche, sont ouverts d’esprit, et favorables aux droits gay » mais qui parc contre déclarent : « nous sommes inquiets à propos de la tendance actuelle qui diagnostique et affirme rapidement de jeunes gens comme transgenres, les mettant souvent sur une voie vers la transition médicale. »

Certains professionnels de la santé mentale s’opposent aussi aux restrictions légales qui contestent leur habilitation à fournir des soins à des patients dysphoriques. Un psychothérapeute juif orthodoxe s’est appuyé   sur les droits du  Premier amendement à la liberté de parole et de religion dans son procès pour infirmer lea suppression par l’Etat de New York des «  thérapies de conversion ».  A Tampa, en Floride, un magistrat fédéral a jugé favorablement un procès similaire attenté par deux psychothérapistes.  De tels challenges légaux sont le signe encourageant que certains professionnels ont la volonté de faire ce qu’il se doit avec leurs patients sans prendre en compte les possibles effets négatifs sur leurs carrières.

La crédibilité de ces mèdecins et autres professionnels de la santé mentale est accentuée par le constat de docteurs qui ne rejettent pas nécessairement le concept de transgenrisme d’emblée mais qui sont gênés par l’éthique prévalente que les sentiments doivent prévaloir sur les preuves. Des médecins comme le Médecin psychiatre de la   Case Western Reserve University School of Medicine, le Dr. Stephen Levine pense qu’un traitement médical peut être positif dans certaines situations mais résiste aux exigences plus radicales de l’industrie du genre et de ses alliés activistes.  Une autre  évolution prometteuse est l’advenue d’un réseau de groupes de parents qui ont vécu la folie transgenre sur leurs enfants ou dans leur famille. Ces parents ne veulent pas avoir à faire avec des «  experts » qui leurs disent des choses sur leurs enfants dont ils savent qu’elles sont fausses et de voir leurs enfants poussés vers des interventions médicales dont ils savent qu’elles vont ruiner leurs vies.  Des groupes comme Transgender Trend4thWaveNow,   et la  Kelsey Coalition  (nommée d’après le pharmacologiste de la FDA qui refusa d’autoriser la mise sur le marché de la thalidomide) se sont organisés afin d’aider les parents à résister et à contrer les abus perpétrés sur leurs enfants. Onpourra lire les histoires de cinq parents qui ont été dans ce cas dans  Public Discourse.

Beaucoup parmi ces parents réagissent à l’aspect le plus cultuel de cette manie – Many of these parents are reacting to the most cult-like aspect of the mania—la soi-disant Mise en route rapide d’une dysphorie (Rapid Onset Gender Dysphoria) qui touche surtout les filles adolescentes. Les parents racontent aussi de telles histoires déplorables. La fille, peut-être dépressive ou ayant d’autres problèmes psychologiques est exposée à l‘idéologie transgenre sur le net ou parmi ses connaissances. Elle passe des heures à regarder des vidéos sur le transgenrisme et le pouvoir magique d’un GAT de  de libérer de l’anxiété, elle  décide soudain, peut-être avec d’autres amies, qu’elle est transgenre, elle insiste pour être évaluée par un « spécialiste du genre »,  qui la conforte dans son auto-diagnostic et commence rapidement à lui prescrire ou des bloqueur de puberté ou des hormones cross-sexe, le spécialiste ignore les informations données par les parents portant sur d’autres aspects de l’expérience de leur fille qui peuvent contribuer à ce délire et  le spécialiste et la fille préviennent les parents qu’elle se suicidera  si ils s’oppose à son choix ;

Mais la création nouvelle d’un réseau d’organisation a permis aux parents de comprendre la manipulation dans toute sa malveillance et de réaliser qu’ils ont des alliés dans leur résistance. Comme les professionnels mentionnés plus haut, nombre d’entre eux sont politiquement conservateurs. Ce qu’ils ont en commun est une reconnaissance de la vérité, un rejet du mensonge même fourni par des experts et une féroce détermination à protéger leurs enfants.

Certains membres du gouvernement commencent à questionner l’accroissement du nombre d’enfants déniant leur sexe de naissance qui a grimpé en flèche. En Grande Bretagne, les Ministère de la femme et des inégalités a récemment ordonné une investigation  afin de comprendre pourquoi le nombre d’enfants demandant une transition a augmenté de 4000 % en huit ans. Même les individus non informés – y compris les bureaucrates- comprennent qu’une telle explosion des cas de dysphorie ne eut pas s’être produite naturellement. La volonté d’examiner la question est un autre signe bienvenu que la manie puisse d’une certaine façon relâcher sa pression.

Aux USA, beaucoup d’élus du gouvernement ont adopté le mouvement transgenre sans d’étude préalable sérieuse. Mais il existe quelques signes de correction là aussi. Par exemple, l’administration Trump a fait plusieurs démarches afin de remettre la loi dans cette arène.

Une a été en Février 2017 l’abrogation de la « school “guidance” » de l’administration Obama qui étendait l’interprétation du sexe au Titre IX afin d’y inclure l’identité de genre. Un développement lié à cela a été l’annonce d’octobre du département d’état  que le Titre VII, qui prohibe les discrimination à l’emploi basées sur le sexe ne seront pas interprétées pour s’appliquer à des actions basées sur l’identité de genre. Depuis que le Congrès avait clairement créés les statuts de 1972 (Title IX) et de 1964 (Title VII) afin de ne couvrir que le sexe biologique, ces étapes montrent un retour bienvenu aux normes de l’autogouvernement. (self-governance)

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En Mai 2019,  le Department of Health & Human Services (HHS) a évolué vers une définition scientifique  du  « sexe » dans les programmes financés par l’état. Alors que l’administration Obama avait décrété que la discrimination, prohibée sur la base du «  sexe «  devait comprendre la discrimination basée sur «  l’identité » de genre » , l’HHS a récemment publié   une proposition de régles  renversant cette interprétation onéreuse et illégale. Le «  sexe » clarifie cette proposition de règle, se verra attribuer sa signification scientifique, ne se référant qu’au sexe biologique démontrable plutôt qu’aux sentiments informels, changeants de l’identité de genre.

Finalement, l’HHS prône le renforcement  des  protections de la conscience des individus impliqués dans la recherche ou dans les soins. Ceci signifie que ces professionnels ne peuvent ps être forcés de trahir leur conscience en participant à des GAT ou à des recherches qui leur sont associées.

Bien que la politique gouvernementale puisse changer bientôt comme le font les administrations ( par exemple le dénommé Equality Act cimentera un politique extraordinairement nocive et totalitariste au regard de l’identité de genre), ces réactions apportent l’espoir de propositions politiques basées sur la réalité.

Un autre exemple de résistance vient du monde des sports. Alors que des garçons ou des hommes s’identifiant comme femmes peuvent battre haut la main  filles et femmes, des personnalités se démarquent. La légende du tennis Martina Navratilova,  elle-même lesbienne et supportrice des «  droits gay », a nommé  la  participation d’hommes dans le sport féminin comme elle le devait : tricherie.  Le groupe récemment organisé recently Fair Play For Women  ( Jeu juste pour les femmes)  a publiquement défendu le droit des femmes et des filles à des participations sensées dans l’athlétisme, ce qui signifie de restreindre certains sports à des athlètes femelles biologiques. Chaque photographie d’un homme plus gros et plus fort battant une fille et peut-être lui ôtant toute possibilité de carrière ou de financement d’études , développe la compréhension du public que le transgenrisme implique un degré signifiant de narcissisme et de droits acquis de mauvaise foi.

Les Féministes commencent à reconnaître la menace du trangenrisme non seulement pour la justice dans la compétition en athlétisme mais pour les femmes dans leur ensemble (voir ). Si des mâles sont autorisés à joindre le sexe féminin simplement en se déclarant femmes, existe-t-il quelque chose comme une femme ? Existe-t-il une base qui permette de protéger les femmes dans un espace privé (comme des toilettes ou des vestiaires), dans les universités, les dortoirs, et même les prisons ? Existe-t-il un moyen pour s’assurer que les programmes supposés aider les femmes, comme des prêts spécifiques ou des réserves dans les budgets gouvernementaux soient restreints aux femmes ?

Les radicaux transgenres sont si préoccupés par la résistance des féministes, spécialement celle des lesbiennes, qu’ils ont créé leur propre insulte pour décrire les gauchistes dissidents : Trans-Exclusionary Radical Feminists, ou TERFS. Les injures, cependant, n’ont pas eu d’effet sur ces féministes, qui reconnaissent que valider des droits légaux basés sur l’identité de genre plutôt que sur le sexe devra «  éliminer les femmes et les filles  en tant que catégorie cohérente, digne de protection de ses droits civils.

La voix la plus puissante pour revenir à la raison va peut-être venir des ceux qui «  détransitionnent » – des individus qui ont subi une transition médicale, et qui ont réalisé qu’ils avaient fait une erreur tragique, et qui  — prennent la parole  maintenant afin de prévenir les victimes de l’industrie du genre.

Walt Heyer a subi des années de dysphorie de genre qu’il attribue maintenant aux mauvais traitement de sa grand-mère et à ses abus sexuels dans sa jeunesse. En tant qu’adulte, il a subi une thérapir hormonle et de la chirurgie et a vécu huit ans comme femme avant de détransitionner. Contributeur régulier du Public Discourse, Heyer a maintenant plus de 70 ans et consacre sa vie a aider d’autres victimes à retrouver leur vie authentique comme il l‘a fait.  Son site internet, sexchangeregret.com, a été visité par des centaines de milliers d’usagers de 180 pays, et il rapporte  un accroissement énorme du traffic depuis la prolifération du virus transgenre.

D’autres adultes sont également francs à propos de la folie du «  changement de sexe »  ( voir le travail de recherche  sur le transgenrisme de Horvath et le récit pathétique de l’expérience de Rene Jax Don’t Get on the Plane.) Mais avec certaines victimes, la prise en compte de la vérité se produit beaucoup plus tôt. De plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes parlent de l’erreur qu’ils ont commise en transitionnant et avertissent les autres jeunes de ne pas se laisser aspirer par le culte (voir là, là, et là, par exemple). Cependant une information fiable sur le niveau de regret postérieur à un GAT n’est pas disponible car de très nombreux patients ne sont pas suivis (peut-être aussi à cause des suicides), plus les détransitionnés parlent, plus ils se sentiront à l’aise à le faire.

Les chanceux sont ceux qui en sont sortis avant la chirurgie ou autre traitement irréversible. Pour les autres, peut-être le système permettra-t-il des dédommagements à travers la possibilité de poursuites pour fraude professionnelle. Tout comme une   responsabilité pénale  a dissuadé des psychothérapistes d’utiliser la théorie de la « recovered memory ” » avec des patients fragiles, la perspective de poursuites et de condamnations substantielles  par des victimes de GAT peut amener des praticiens à y penser à deux fois.

Est-ce différent cette fois ?

Chaque fois qu’une révolution sexuelle se réclame d’une nouvelle victoire – démantelant les normes de la moralité sexuelle ou atteignant l’acceptation des comportements homosexuels, ou imposant le mariage homosexuel faisant pression sur une personne tiers pour célébrer la dernière étape – les individus ayant des valeurs plus traditionnelles pensent que cette fois les radicaux sont allés trop loin. Ce sera certainement le développement qui fera basculer le pendule vers une absence de base et un bon sens commun. Mais au lieu de ça, les révolutionnaires empochent la victoire et avancent sans répit vers le nouvel objectif.

Mais le mouvement transgenre est peut-être différent. Les dommages infligés par les campagnes précédentes sont réeles et profonds mais ceci n’a pas été immédiatement évident. Il a fallu, par exemple, plusieurs dizaines d’années pour que les conséquences de la sexualisation de tout devienne tangible. – désintégration de la famille, enfants sans père et cassés, augmentation des consommations de stupéfiant et autres pathologies culturelles – et même maintenant  les idéologes résistent à la conclusion que ces tendances sont dues aux changements sociaux qu’ils préconisaient.

En contraste, les dégâts de l’affirmation transgenre sont immédiats et apparents. Les dommages médicaux seuls sont indéniables, et l’angoisse ne fait qu’accroître. Les enfants et adolescents concernés, spécialement, deviennent les blessures vivantes dont les vies massacrées témoignent des abus infligés par les «  experts » qui ont profité de leur misère. Les voix des dé-transitionnés pénètre le bavardage politiquement correct pour avertir que ce qui se passe détruit des vies, ici et maintenant.

Hacsi Horvath,  un chargé de cours au Département d’épidémiologie et d biostatistiques de l’Université de  Californie à San Francisco, a décrit abondamment  sur l’acceptation étrange du  concept fantastique de l’identité de genre. :  A mon avis, qui est basé sur des recherches approfondies ainsi que sur ma propre expérience de plus de 13 ans où j’ai prétendu être une femme – GD n’est que très peu concerné par son sexe. IL s’agit plus de troubles dans l’identité. Il n’y a aucune bonne raison pour que la dysphorie de genre ait été majoritairement exclue pendant 15 ans dans le cadre des recherches sur les «  diagnostics trans »  du traitement de personnes dépressives  ou angoissées.  GD n’est pas en soi unique, super spécial !  C’est tout à fait inscrit dans les critères efficacement traités dans le cadre des approches des diagnostics trans. C’est comme si les promoteurs de «  transition » du transgenrisme en vogue exerçaient une sorte de racket.

Un de ses camarades survivant, Walt Heyer ne prend pas de gants en décrivant les agents de la manie transgenre. Spécialement au regard des fausses affirmations touchant les mineurs, il dit :

C’est de la maltraitance sur enfant…Nous fabriquons des enfants transgenre. Nous fabriquons leur dépression, leur angoisse et ça devient une énorme industrie dont les gens profitent alors que la vie de ces enfants est complètement détruite.

Il conclut : Il n’y a absolument rien de bon à affirmer que quelqu’un a une identité genre- croisé parce que ça détruit leur vie…C’est de la folie.

La forteresse transgenre que les radicaux ont construite uniquement à la force de leur volonté est construite sur du sable sans support d’aucune sorte. La vague qui va l’effacer gagne de la force. Puisse venir bientôt le temps où nous dirons, avec les observateurs de cette hystérie passée : «  Mais comment avons-nous pu croire ça ? »

A propos de l’auteure.

JANE ROBBINS

Jane Robbins,  diplômée de l’Université de Clemson  et de l’ Harvard Law School, est avocate et écrivaine en Géorgie.  Membre de l’ APP

Ci-dessous, quelques articles complémentaires :

Article Daily mail Réaction au nombre croissant de demandes

Jonathan Turley  Article sur les (ré)pressions exercées sur les enseignants et intervenants dans le cadre des universités

Madeleine Kearns     Article sur l’exclusion des parents dans les choix d’intervention «  d’information » sur le genre

Slavoj Žižek «  Le sexuel est politique » dans  la revue «  Le salon philosophique »

Colette Chiland  Problèmes posés aux psychanalystes par les transsexuels dans la Revue française de psychanalyse

Le discours transsexuel sur le corps      Jean-Pierre JacquesDans Cahiers de psychologie clinique 2008/1 (n° 30)

Feminist current Pediatrics professor Dr. John Whitehall describes gender transition in minors  as “castrating children.“

Traduction : Elisabeth Guerrier

Petit lynchage entre amis. Traduction d’un post F.B de William Kaufmann

Voici la traduction de la réponse faite par William Kaufmann, qui a eu il y a quelques temps le courage de se positionner d’une façon critique à l’égard des débordements et des dénis du mouvement Meetoo, à un flot d’insultes (toujours les mêmes, de part et d’autre de l’Atlantique) parce qu’il s’opposait à l’uniformisation des pronoms “She ” et “He” au bénéfice d’un ” They” plus doux aux sensibilités du transculte.

Aujourd’hui, j’ai été l’objet d’une charge vitupérante de PC (political correctness) qui a commencé à bas bruit  et s’est achevée sous les cris perçants de l’hystérie stalinienne. (se reporter à mon post ci-dessous à propos de l’usage des pronoms)  Certains de ces étranges éclats ont été laissés sur place, les plus infondés ont été effacés par crainte d’une pollution karmique de l’univers.

Plusieurs individus dérangés m’ont accusé d’être : transphobique, raciste, Darth Vader, etc. parce que j’ai rédigé un post insistant sur la distinction pronominale entre le singulier et le pluriel- Je n’ai pas même mentionné la question du genre dans le post original. Je vais être tranchant, j’ai perdu mon sens de la diplomatie sur ce sujet, de tels individus sont a. stupides b. fous.

Certains parmi ces staliniens militants du contrôle mental  sont des universitaires titulaires. Leurs commentaires sont symptomatiques de l’oblitération systématique de la pensée au profit des hurlements idéologiques et de l’intimidation sur les campus universitaires. Pourtant ces malfrats de la politique identitaire, avec leurs fusillades d’invectives dirigées contre quiconque suspecté de déviance de l’orthodoxie prescrite ne se préoccupent pas vraiment de la vraie justice. Souvent ils sont les premiers à encourager le vote pour des fraudeurs comme Hillary Clinton ou Kamala Harris simplement sur la base de leur configuration génitale ou de la couleur de leur peau tout en ignorant les constats aveuglants des inégalités de classe et les catastrophes environnementales incarnées dans les politiques de leurs faux artistes pseudo-progressistes. Voilà les mots précurseurs de Christopher Lash, il y a plus d’un quart de siècle :

Lorsque nous parlons de démocratie aujourd’hui, nous nous référons, la plupart du temps, à la démocratisation de «  l’estime de soi », les mots-slogans actuels : diversité, compassion, émancipation, expriment l’espoir nostalgique que les profondes divisions de la société américaine peuvent être couvertes par la bonne volonté et un discours aseptisé ?. On nous rappelle que toutes les minorités ont le droit au respect non en fonction de leurs accomplissements mais en fonction de leurs souffrances passées. L’attention compassionnée, nous est-il dit, va certainement élever le niveau de leur vision d’eux-mêmes, bannir les épithètes racistes et d’autres forme de discours haineux va, d’une certaine façon, faire des miracles pour leur moral. Dans notre préoccupation pour les mots, nous avons perdu la perception de la dure réalité qui ne peut être adoucie simplement en flattant la représentation que les gens ont d’eux-mêmes. En quoi est-ce que le renforcement des codes langagiers de l’élite universitaire est-elle bénéfique aux résidents du Bronx-sud ? ( CL. La révolte des élites. Pp 7.8

L’Amérique est en tête du monde pour l’idiotie : de l’élite universitaire politiquement correct  où les sciences sociales ont été traduite en moulin à propagande dans un code-langagier orwellien à la populace chantant en choeur ” renvoyez la chez elle ” ! C’est tout à fait sans espoir de part en part d’une dystopie socio-culturelle lugubre congestionnée autour du sanctuaire de la parole vide, générant un conformisme engourdissant. Immergés dans un monde de rhétorique et de symboles, cloîtrés à l’écart de la réelle souffrance matérielle des gens réels, ces troupes de choc de la politique identitaire sont les renforçateurs d’une standardisation des discours et des comportements, d’une hypocrisie nauséabonde qui écrase la pensée critique et l’indépendance d’esprit nécessaires pour atteindre un vrai changement radical. Nonobstant leur posture de gauche en vogue, ils sont les nouveaux conservateurs, les unités idéologique de première ligne de l’élite néolibérale.

Today I was subjected to an onslaught of PC vituperation that began as low comedy and ended as shrill Stalinist hysteria (see my post below on the use of pronouns). Some of these bizarre outpourings I left in place; the most debased I simply deleted out of fear of karmic pollution of the universe.

I’ve had several deranged people accuse me of being transphobic, racist, Darth Vader, etc., because I wrote a post insisting on the pronomial distinction between singular and plural–I don’t even mention the issue of gender in my original post. To be blunt–I’ve lost my taste for diplomacy on this subject–such people are (a) stupid and (b) nuts.

Several of these Stalinoid mind-control militants are tenured academics.Their comments are symptomatic of a systematic obliteration of thought in favor of ideological howling and intimidation at college campuses. Yet these identity-politics thugs, with their fusillades of invective directed against anyone suspected of deviance from the prescribed orthodoxies, don’t really care about real injustice–often they are the first to advocate votes for neoliberal frauds like Hillary Clinton or Kamala Harris simply on the basis of genital configuration or skin color while ignoring the glaring affirmation of class inequality and environmental calamity embodied in the policies of these pseudo-progressive con artists. In Christopher Lasch’s prescient words from a quarter century ago,

“When we speak of democracy today, we refer, more often than not, to the democratization of ‘self-esteem.’ The current catchwords–diversity, compassion, empoerment, entitlement–express the wistful hope that deep divisions in American society can be bridged by goodwill and sanitized speech. We are called on to recognize that all minorities are entitled to respect not by virtue of their achievements but by virtue of their sufferings in the past. Compassionate attention, we are told, will somehow raise their opinion of themselves; banning racial epithets and other forms of hateful speech will do wonders for their morale. In our preoccupation with words, we have lost sight of the tough realities that cannot be softened simply by flattering people’s self-image. What does it profit the residents of the South Bronx to enforce speech codes at elite universities?” (from The Revolt of the Elites, pp. 7-8)

America leads the world in stupidity: from the elite PC universities, where the social sciences have been traduced into Orwellian speech-code propaganda mills, on down to hoi polloi, with their chants of “send her back.” It’s pretty much hopeless, throughout a bleak social/cultural dystopia clogged with the empty sanctimony of cant, breeding a numbing conformity. Immersed in a world of symbols and rhetoric, cloistered from the real material suffering of real people, these identity-politics shock troops are the enforcers of a deadening standardization of word and deed, a nauseating hypocrisy, that crushes the critical thought and independence of spirit needed for truly radical change. Notwithstanding their modish leftish posturing, they are the new conservatives, the ideological vanguard of the neoliberal elites.

Et voici le post à l’origine de la déferlante :

William Kaufman

Hier, à 01:11 · 

So sue me, jail me, put me on the most wanted list: I will never commit the capital offense against the dignity of the English language of subsituting the plural pronoun “they” for the singular pronouns “he” or “she.” This is an affront to logic and clarity of thought in a country that is already far too stupid for its own good and the good of the planet. “He/she” or “he or she” should do just fine. If you want to place the feminine pronoun first, fine. But don’t mutilate the basic precepts of logic and grammar; these are not arbitrary rules–they are the prerequisites of clear thinking. The distinction between the one and the many is an elemental building block of logic and mathematics. Expunging this distinction from English is another step toward subordinating truth to the fickle ideological tics and fashions of the moment–a prescription for an Orwellian culture of illusion and deception and confusion.

Traduction Elisabeth Guerrier

Les découvertes énergétiques hasardeuses : Nos bienfaiteurs malveillants et leur plan directeur pour l’Humanité par Phil Butler

Breakthrough Energy Ventures: Our Malevolent Benefactors and Their Master Plan for Humanity

The men who pull all the media, political and business levers in much of the world now want to pretend to save us from ourselves by backing GMOs and other questionable technologies.

Les découvertes énergétiques hasardeuses : nos bienfaiteurs malveillants et leur Plan directeur pour l’humanité

Nous pouvons nous rassembler, condamner les tares des politiciens et leur laisser occuper les unes de tous les médias comme les stars déchues de nos attentes. Ce n’est pas là, dans les mouvements trépidants de ces marionnettes que les vrais enjeux de notre avenir se trouvent. Le néolibéralisme ne fait pas de politique, il fait de l’argent. Il fonde toute son éthique sur le pouvoir de l’argent et sur celui octroyé à ceux qui ont les moyens d’en rassembler le plus possible, sans idée même de la nécessité même s’une possible limite. Le néolibéralisme convient du fait que TOUT s’achète, les choses, les gens, l’avenir et que ceux qu’on continue à nommer à tort ” l’élite” sont en mesure, de part leur réussite financière et entreprenariale, de savoir ce qu’il en est d’un projet de réussite pour la planète entière. Mais le néolibéralisme s’est installé comme système moral et politique unique sur un mensonge. Il avait comme référence de base le pouvoir de “la main invisible” de la complète dérégulation du marché à ordonner d’elle-même les échanges. Le marché, grand corps sans tête et faisant jouer dans un souci d’entropie les équilibres entre offre et demande, entre concurrence et dérégulation. Mais si un de ces composants organisateurs a bien disparu, c’est celui de la concurrence. Or cet effet auto-régulateur permis par la dynamique concurrentielle comme le montre R. Reich est plus que jamais réduit entre les mains de quelques potentats qui ont leur propre main mise sur les champs politiques, économiques, et scientifiques et très peu de forces critiques actives pour leur résister. Cet article, écrit assez joliment, nous informe de l’étape à suivre dans cette course à la toute-puissance, effectuée en toute impunité et dans la grande piété de tous les actes charitables, “POUR NOTRE BIEN”. Nous retrouvons à l’oeuvre ” l’ impérialisme de la vertu” décrit par Yves Dezalay et Bryant Garth, ou la “philanthropie hégémonique”, c’est à dire la reconversion, dès la première heure, des Robber Barons et autres ” lawyers” de Wall Street dans les bienfaits fiscaux, financiers et légitimants de la vertu civique. Il s’agit maintenant d’une façon ostensible de devenir les apprentis-sorciers, investis du garde-fou technologique et de la pensée scientiste que tout peut s’ingénieriser, d’une maîtrise de l’eau, déjà en route, et de la production de nourriture gérées à un niveau mondial.EG

Les hommes qui tiennent tous les leviers médiatiques, politiques et économiques dans la plupart du monde veulent maintenant nous sauver de nous-mêmes en soutenant les OGM et d’autres technologies questionnables.

Par  Phil Butler

Une histoire dans le Business Insider par l’auteur Aria Bendix a éveillé mon attention ce matin en décrivant Bill Gates et ses compatriotes milliardaires comme des «  héros, sauveurs de la planète ». Selon cette histoire, les mêmes hommes qui ont tiré des billiards du super-capitalisme et ont créé une kabbale qui contrôle  de nombreux gouvernements, investissent maintenant dans six startups agricoles par l’intermédiaire de Breakthrough Energy Ventures. Un seul regard sur les investisseurs devrait provoquer des tremblements le long de la colonne vertébrale de toute personne raisonnable. Laissez-moi vous dépeindre tout ça, avec un fond de sarcasme afin que je sauvegarde ma santé mentale. 

Gates nous aime MORTELLEMENT

Chacun sait combien Bill Gates aime l’humanité, il nous a vendu des billions de dollars de logiciels, de tablettes, de smartphone miteux, et même de   poisons de Monsanto pendant la dernière décennie. Mais qui parmi nous peut même se rendre compte de la chaude et trouble adoration que Sa Majesté royale, le Prince  Alwaleed ben Talal d’Arabie saoudite ressent pour le monde ? Pourquoi ? regardez ! Aux cotés de Al talal, et de Bezos d’Amazon, se trouve Richard Branson, le Jack Ma d’Alibaba et le cofondeur du groupe Carlyle, David Rubinstein, pour n’en mentionner que quelques-uns de nos philanthropistes les plus  convaincus. Oui mes amis, c’est certain, nous sommes maudis par leur malveillance trouble.

La  “mission” de Breakthrough Energy Ventures est de “commercialiser les innovations énergétiques à grande échelle” du moins selon le discours du groupe. Je suppose que cela signifie que les fonds ne concernent pas vraiment la philanthropie en fin de compte. (désolé, j’en viens à haïr ces gens-là). Venons-en aux faits maintenant, je ne souhaite pas perdre mon temps ni le vôtre. Gates et les autres sont engagés dans la recherche de profits à une échelle que les empereurs romains n’auraient pas pu concevoir.  Permettez-moi de citer à partir de The Guardian et d’un compte-rendu d’Agra-Watch basé à Seattle – un projet de la Community Alliance for Global Justice sur  le rôle que joue  la Fondation Bill & Melinda Gates dans Monsanto

Monsanto  a une histoire de mépris flagrant pour les intérêts et le bien être des petits fermiers du monde entier, ceci permet de sérieusement mettre en cause l’énorme financement du développement agricole en Afrique effectué par la Fondation.

Dans cette  histoire qui remonte à 2010, les investissements de Gates dans l’agro-géant sans visage Cargill ont été aussi mis en lumière.  En outre le milliardaire de Microsoft a été décrit alors comme le sauveur de l’humanité également grâce à l’’agro-tech OGM.

Mais concentrons-nous sur Gates et ces autres agents d’entretien si aimant aujourd’hui.

Croyez en Moi

Dans un récent blog post de Gates, le deuxième homme le plus riche du monde ( sur le papier) a évoqué les pets des vaches et les sols comme majeurs au niveau des excès de gaz à effet de serre. En lisant les notes de Gates, j’ai des frissons quand je réalise combien ce mauvais génie et ses amis milliardaires sont devenus fous. Au lieu de pointer la dépendance aux énergies fossiles de notre production alimentaire, Gates pénètre profondément dans le blaba techniciste pour dissimuler nombreux faits afin de mettre en scène ce que ces psychopathes ont vraiment en réserve pour le monde. Avant que j’y vienne, lisez ceci tiré du significatif : «  Nous devions discuter des sols autant que nous discutions du charbon. » Gates joue sa main en recommandant les solutions OGM dans lesquelles lui et ses amis ont investi.

Des usines à nitrogène microscopiques qui remplacent les fertilisants : et si nous pouvions fertiliser les plantes sans relâcher tant d’oxyde de nitrate dangereux dans l’air ? BEV est investi dans une compagnie nommée Pivot Bio qui a des microbes génétiquement modifiés afin de fournir aux plantes les nitrates dont elles ont besoin sans accentuer la production de gaz à serre que les alternatives synthétiques produisent.

Prenez bien note ici, ce «  mouvement » des élites est un ajustement aux alternatives climatiques en dehors de ce qui est généralement considéré comme étant des « solutions  énergétiques alternatives ».  C’est parce que le pétrole et les énergies lourdes sont impliquées avec Bezos, Gates et Bloomberg dans le financement de ces innovations dans les OGM. Considérez également que la rencontre avec les multinationales agrochimiques est profitable à la fois pour les semences résistantes aux herbicides et pour les microbes dont Gates est entiché, tout comme pour les herbicides auxquels certains sont également prévus pour résister. Mais ce n’est pas ce qui est si horrible dans leur plan pour l’humanité.  De nouvelles «  variétés » de  bon vieux haricots de lima ou de concombres ne devraient pas être notre principale inquiétude ici. Une complète dépendance alimentaire devrait.

Pensez-vous intéressant que toutes les solutions que Gates proposent impliquent qu’il joue à être Dieu ? Pas une fois je n’ai lu quoi que ce soit écrit par cet homme qui évoque le fait de retourner vers la nature ou de modifier nos habitudes.

Considérez son histoirei L’avenir de Dieu. Une nouvelle fois, nous voyons Gates recommander les compagnies dans lesquelles il a investi comme la solution à tous nos problèmes.  Une compagnie appelée Beyond Meat  ( Au-delà de la viande) n’est qu’un nouvel exemple de la façon dont Gates  affirme que la techno-science délirante est toujours préférable à la nature. Et cela nous conduit  à la réelle mission de notre bienfaiteur milliardaire.  Un contrôle total sur ce que nous buvons, mangeons, achetons et vendons. Un film dont certains lecteurs sexagénères  peuvent se souvenir, Soleil vert, présente Charlton Heston en homme pris dans le contrôle des multinationales qui mettent de la chair humaine recyclée sur la marché alimentaire.  Avant de penser que je suis fou, ou un théocricien de la théorie du complot, lisez cette histoire publiée par Bloomberg à propos de Gates, Cargill, et de Sir Richard Branson soutenant la fabrication de viande fabriquée en laboratoire à partir de cellules de bovidés. 

Le Diable est à Davos

Aujourd’hui, le monde est pratiquement entièrement dépendant de produits et de service contrôlés par les 1% les plus riches. Ils contrôlent notre électricité, et nos transports, ils contrôlent les marchés de vêtements que nous portons, des diamants que nous achetons comme bague de fiançailles, et ils dirigent les politiciens qui réécrivent notre vérité et décident de notre futur. Aucun d’entre nous n’aime l’admettre mais la vérité du contrôle par l’élite est incontestable, vrai sans équivoque et nous le savons tous.  Les seules facettes de notre existence que nous pouvons contrôler impliquent de la survie primaire quand tout a été déjà dit et fait. Et notre survie est liée inextricablement à la nourriture, à l’eau, et à l’air. Ces individus travaillent à transformer notre planète en une jungle où chaque centimètre carré représente un profit à leurs yeux ; L’Amazone disparaît, la consommation de pétrole est au plus haut, la planète est polluée à un tel point que certains experts nous disent que nous avons atteint un point de non-retour ; Et maintenant, les mêmes individus qui ont tiré profit de notre naissance, de notre vie et de notre mort nous affirment qu’ils vont «  nous aider »  un peu plus en créant de la nourriture artificielle et modifiée. Avant de continuer, lisez s’il vous plait la déclaration d’engagement de la «  cabale » :

La Breakthrough Energy Coalition s’engage à créer de nouvelles technologies qui changent notre façon de vivre, de manger, de travailler, de voyager et permettent d’arrêter les impacts dévastateurs du changement climatique. Nous croyons que la création de partenariat profonds entre nos membres et les gouvernements conduira à plus d’investissement plus tôt et à plus de solutions énergétiques plus vite..

La leçon avec laquelle je voudrais éperonner le lecteur est que le moment où les aristocrates de l’industrie nous disent qu’ils sont «  avec nous » est le moment où on doit les observer à la loupe. Au titre de preuves, je présente  le cas du  bazar des biocarburants que le collègue de Gates et partisan de Breakthrough Energy Ventures Vinod Khosla a apporté dans l’état du Mississippi. Dans ce cadre, Kosla a soi-disant essayé de créer l’“Exxon des biocarburants” avec une entreprise nouvelle appelée KiOR, qui fit faillite en laissant les investisseurs IPO avec des titres sans valeur. Kosla et ses autres élites globalistes ont plus d’un tour dans leur sac mais continuons en examinant ce qu’ils veulent dire par «  profond partenariat »  avec les gouvernements.  Juste ici, considérez pour un moment ce que ces globalistes se disent dans les montagnes suisses, lorsqu’ils se rencontrent à Davos, puis essayé d’imaginer leur chaude adoration pour nous tous.

L’ingénierie de l’humanité

En octobre  2018, il y a quelques mois, l’UE a annoncé  un investissement commun avec Gates et ses amis. Ce partenariat nous rappelle celui des biocarburants de Khosla avec l’état du Mississipi, s’achevant sur une perte pour tous ceux impliqués seulement dans le spectacle de foire européen,  les enjeux sont beaucoup plus importants. C’est autour de cette «  garantie d’investissement » que je suis déchiré entre l’hypothèse que Gates et ses comparses sont simplement des escrocs détestables ou des incompétents cherchant de la compagnie. Prenons Khosla  et une autre startup nommée Jawbone, qui a intégré la liste des startup à abattre (dead-pool running) en 2017 après avoir fait un accroc de plus de 930 millions de dollars dans le financement de  Khosla Ventures, Sequoia Capital, Kleiner Perkins Caufield & Byers, et d’autres.  Toujours du côté des énergies de remplacement, une autre startup massivement financée et supportée par l’état nommée  Abound Solar a fait faillite après avoir reçu 641 millions de dollars et le soutien du ministère de la défense, U.S. Department of Defense. BP Alternative Energy Ventures était impliquée dans celle-ci également, au cas où vous soyez à la recherche de connexions intéressantes.  D’autres startups, comme Aquion Energy (Bill Gates), se sont montrées très prometteuses, ce qui me conduit à une autre théorie personnelle concernant ces technocrates et milliardaires globalistes. Je crois qu’ils camouflent leurs plans qui sont de carrément nous posséder.

En cherchant le fonds d’investissement, Investment Fund (EIF) j’ai immédiatement vu le fait que le fond que la SME est supposé aider représente 99% de tous les marchés conduits dans L’UE ! Oui, vous lisez bien.  Le fonds établi pour aider avec l’apport d’un capital de petites ou moyennes entreprises  supporte également Bill Gates et les gens qui ont d’énorme intérêts investis dans le GROS business. Maintenant Gates et ses Breakthrough Energy Ventures sont main dans la main et sont positionnés pour contrôler toutes les technologies émergentes qui défierait leurs ENORMES affaires. Dans un mouvement brillant ( et monstrueux) pour contrôler la mise sur le marché de toutes ces technologies, Gates et les autres peuvent, soit investir et acheter ces nouvelles solutions ou provoquer leur mort. C’est ce qui je crois s’est produit avec KIOR, mais personne n’a rien prouvé à part un défaut de gestion et trop de matraquage publicitaire.  Mais en observant comment la bourse est manœuvrée par les temps qui courent il n’est pas inconcevable que ces milliardaires attaquent sous toutes les coutures afin de sucer l’argent du système. Maintenant, regardons ensemble les transactions obscures, avec d’énormes investissements bancaires, et les risques auxquels le Wall Street Journal dit que les citoyens européens sont exposés. L’auteur Max Colchester  évoque quelque chose appelé «  Ingenierie financière « , « financial engineering » quand il décrit exactement le genre de garantie qu’obtiennent Gates et ses potes de l’EIF.  J’évoquerai les potentiels de cette ingénierie de Gates et consorts dans un autre article.  Pour l’heure, je dois résumer ici les principales inquiétudes.

Jouer du pipeau quand le monde brûle

L’ordre libéral du monde auquel je me réfère constamment n’est pas celui d’une théorie de la conspiration des Illuminati ou une invention de mon imagination surchauffée. Ce white paper  du Forum 1 de l’économie mondiale (World Economic Forum) trouvé dans le Conseil de l’agenda global  (Global Agenda Council) irrévocablement admet  l’ordre de l’après-guerre  qui a dirigé le monde depuis 1945. Ce  Global Agenda Council, pour ceux qui l’ignorent est présidé par Robert Kagan du Brookings Institute et Karen Donfried du German Marshall Fund américain.  Le dossier produit par ces mêmes leaders de l’ordre mondial révèle le véritable agenda derrière les investissements de ces milliardaires dont j’ai parlé. Pour résumer :

« Les US sont à la tête d’une révolution des énergies – avec de profondes implications pour la place des USA dans le monde, pour ses relations avec les autres puissances et pour le pouvoir global. En moins d’une dizaine d’années, le pétrole US et la production de son gaz ont explosé pendant que de nouvelles technologies pouvaient produire des combustibles en abondance à partir du gaz de schiste  à travers le pays. Cette révolution et d’autres facteurs globaux a contribué à presque 50% dans le déclin du prix du pétrole depuis juin 2014. »

Pendant que Gates et autres professent leur engagement éternel à nous sauver du vilain changement climatique, leurs amis,  qui font les règles au bout de l’ordre du monde libéral, se félicitent de la « sécurité énergétique » nouvellement trouvée aux USA fondée sur la moins durable des politiques énergétiques possibles. Pire encore, les collègues de nos bienfaiteurs milliardaires ne sont pas honteux d’être la cause de la Deuxième guerre froide, comme le prouve cet extrait :   

Comme les USA deviennent un des principaux acteurs du marché de l’énergie mondiale, ils peuvent exercer leur influence de façon à affaiblir certains de leurs plus importants adversaires.

Ceci est le discours de nombreux des participants à l’infâme World Economic Forum, laissez-moi vous le rappeler. Leur rapport appelle le peuple américain  à défendre cet ordre mondial libéral avec toutes les «  armées, choix politiques, économiques et culturels nécessaires. »  Robert Kagan est aussi membre du Council of Foreign Relations  (Conseil des relations étrangères) et écrit une colonne pour le Washington Post de George Bezos. Et ce rapport fourni par le World Economic Forum contient des avertissements cachés pour le peuple européen auxquels il serait bon de prêter attention.

Les peuples des autres nations ont besoin d’accélérateurs et de capital-risque mais par-dessus tout, ils ont besoin d’une culture qui accepte à la fois l’embrasement fréquent et la destruction créative que l’innovation entreprenariale génère”

Une nouvelle solution finale

Est-ce que cela ne sonne pas comme un communiqué stratégique de préparation à l’assistance de cet ordre libéral et de ses milliardaires ? « de fréquents embrasements » ne sont pas des choses auxquelles l’économie déjà mal en point de l’Europe soit prête.  Je vous laisse prendre connaissance du fait que le nouvel ordre mondial se vante que un tiers du produit national brut du Kénya passe par une start-up nommée  M-Pesa, qui a été originellement fondée par le Department for International Development (DFID) en Grande Bretagne, qui travaille avec la European Investment Bank (EIB) même avec l’USAID à travers le DAI Global de Bethesda, MD. Les lecteurs seront aussi intéressés de savoir que Bill Gates a Tweeté  pour faire les louanges de la merveilleuse M-Pesa  en ces mots :

La M-Pesa kényane prouve que lorsque les gens auront le pouvoir, ils utiliseront les techniques digitales pour innover en leur propre nom.

En 2015, DAI a reçu 272 429 308 dollars pour un financement de contrat de a part de USAID, et un autre de and 58.3 millions de livres du Département pour le développement international de Grande Bretagne  (U.K. Department for International Development).  Les vénézuéliens disent que DAI est une organisation de couverture de la CIA, et mes recherches n’ont pas prouvé le contraire. Ce  câble de WikiLeaks  labellisé “Secret” révèle que l’USAID et la  DAI ont coopéré pour créer une insurrection au Venezuela quand Chavez était encore en vie en 2006. Je ne m’étendrais pas là-dessus, dans la mesure où notre propos se concentre sur Gates et ses collègues milliardaires. Il s’agit de mettre en évidence la collusion entre les technocrates, les agences gouvernementales et l’état profond, et leur partenaires les plus haut placés.

Quand le chef Nazi Adolf Hitler et ses capitaines ont  décidé ce qui allait s’appeler «  La solution finale » -il y a du avoir quelque argument rationnel pour justifier un telle horreur, éradiquer un peuple en entier pour régler «  La question juive ». Aujourd’hui, le nom de code pour le meurtre planifié l’extermination des tous les Juifs à portée du 3iéme Reich pourrait s’appliquer aux projets secrets de ces élites globalistes. Ils contrôlent les médias, les créations monétaires, l’industrie, et posent des leviers sur tous les aspects de la vie occidentale. Tout ce qui reste ce sont l’eau et la nourriture. Et avec le contrôle de ces biens nous pouvons simplement être rassemblés et conduits à l’abattoir comme des bêtes. Pensez-y. Ce n’est pas un effet de l’imagination. Quel autre but  y aurait-il ? Quelle fin alternative pensez-vous que ces hommes puissants cherchent ? Oh, j’ai laissé de côté leurs consciences de dévots craignant Dieu. Nous ressentons cette dévotion chaque jour, ici en Grèce.  Bientôt, très bientôt, je crains que leur chaleur ne touche profondément l’Amérique et le reste de l’Europe.

Top Photo | Bill Gates, chairman of the Bill & Melinda Gates Foundation, gestures during a session at the annual meeting of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, Jan. 22, 2019. Markus Schreiber | AP

Phil Butler est un investigateur et un analyste, un spécialiste des sciences politiques et expert dans l’Europe de ‘Est, il est l’auteur d’un récent best-seller “Putin’sPraetorians” et d’autres ouvrages

Source | NEO

Traduction : Elisabeth Guerrier

Ci-joints pour rappel les liens des traductions de l’article d’investigation très documenté de Global Justice Now, effectué en 2016 et décrivant les agissements de la Fondation Bill et Melinda Gates et qui sert encore de référence.

N°1

N°2

N°3

N°4

N°5

N°6

La langue de l’éducation néolibérale par le Dr. Henry Giroux

Cet interview du Dr. Henry Giroux laissera peut-être une sorte d’insatisfaction à certains, nous sommes dans le cadre d’une revue, ce qui explique vraisemblablement l’abondance des généralités pour ne pas dire des évidences et le peu de références à des liens concrets, discours, faits ou publications qui étayent le propos, en particulier autour des glissements propres au langage néolibéral comme le titre le laisse entendre. Nous ne pouvons pas négliger le fait que le Dr. Giroux s’adresse à une population de lecteurs américains non spécialisés et que le niveau d’analyse sociohistorique en est peut-être condamné à rester dans des termes généraux à forte connotation militante. Il semblera également étonnant qu’il n’envisage pas les liens à l’évolution historique du modèle éducatif néolibéral à travers la montée des communautarismes identitaires et des idéologies victimaires comme bases de perspective d’analyse politico-sociale imposées dans les contenus universitaires anglo-saxons et la capacité de l’idéologie néolibérale à ingurgiter, dépouiller puis massifier toute critique et opposition pour les transformer en dogme “tendance” à travers un des aspects de la perniciosité du totalitarisme consenti qui lui est propre. Par contre, le point mis sur les interactions entre éducation et système demeure essentiel, tant la conscience politique et la culture, au sens de la démarche d’acquisition de connaissances critiques civiques sont d’une façon insidieuse les premières touchées par l’idéologie du narcissisme consumériste tout en étant les seules voies d’acquisitions de l’esprit analytique nécessaire pour le contrer. EG

2 5 DECEMBRE, 2018

La langue de l’éducation néolibérale

The Language of Neoliberal Education

Par  HENRY GIROUX – MITJA SARDOČ

Cette interview avec Henry Giroux a été menée par Mitja Sardoč, de l’Institut de recherche sur l’éducation (Educational Research Institute), de la Faculté des Sciences sociales à l’Université Ljubljana, en Slovénie.

Mitja Sardoč : depuis plusieurs décennies maintenant, le néolibéralisme a été au premier plan des discussions non seulement dans le champ économique  et financier mais il a infiltré notre vocabulaire dans un nombre d’autres domaines aussi divers que les Etudes sur la gouvernance, la criminologie, la santé et les soins, la jurisprudence, l’éducation etc. Qu’est ce qui a déclenché l’utilisation et l’application de cette «  idéologie économiste » associée à la promotion de l’efficacité et du rendement ?

Henry Giroux :  Le Néoliberalisme est devenu l’idéologie dominante de notre époque et s’est établi comme une figure centrale de la politique.  Non seulement se définit-il comme système politique et économique dont le but est de consolider le pouvoir aux mains d’une élite corporatiste et financière, mais il déclenche également des guerres pour ces idées.  Dans ce domaine, il s’est définit lui-même comme une forme de sens commun et fonctionne comme un mode de pédagogie publique qui produit un modèle non pas uniquement pour structurer les marchés mais aussi toute la vie sociale.

En ce sens, il a et continue de fonctionner pas uniquement à travers l’éducation publique et secondaire afin de produire et répandre les valeurs du marché, les identités et les modes de pouvoir mais également à des niveaux d’appareils culturels plus larges pour privatiser, déréguler, économiser et soumettre toutes les institutions aux commandes et toutes les relations quotidiennes aux diktats de la privatisation, de la rentabilité, de la dérégulation et de la marchandisation.

Depuis les années 70, alors que de plus en plus d’institutions majeures de la société passèrent sous le contrôle de l’idéologie libérale, ses notions du sens commun – un individualisme forcené, une compétition sans pitié, une attaque agressive sur l’état providence, l’éviscération des biens publiques, et ses attaques contre tout modèle de société différent de celui du marché-sont devenus le règne de l’hégémonie des sociétés capitalistes. Ce que beaucoup à gauche ont manqué de réaliser, c’est que le néolibéralisme touche plus que les structures économiques, il est aussi une puissante force pédagogique- spécialement dans les domaines des médias sociaux- qui engage une dominance à large spectre à tous les niveaux de la société civile. Il s’étend non seulement au domaine de l’éducation mais également à travers un éventail de plateformes digitales comme dans la large sphère de la culture populaire. Sous le mode de gouvernance néolibérale, sans tenir compte des institutions, chaque relation sociale est réduite à un acte commercial. La promotion de la rentabilité et de l’utilitarisme par le Néolibéralisme donne libre court à sa capacité et son succès dans la centralisation de l’éducation au sein de la politique.  Il offre aussi un avertissement aux progressifs, comme l’a développé Pierre Bourdieu, qui insiste sur le fait que « la gauche a sous-estimé la dimension symbolique et pédagogique de la lutte et n’a pas toujours mis au point les armes adéquates pour se battre sur ce front. » 

Mitja Sardoč : Selon les avocats du Néolibéralisme, l’éducation représente l’indicateur principal de la croissance économique à venir et du bien-être individuel. Comment – et pourquoi l’éducation est-elle devenue un des éléments centraux de la «  révolution néolibérale » ?

Henry Giroux : Les avocats du Néo-libéralisme ont toujours admis que l’éducation est un site de luttes à propos duquel se trouvent de forts enjeux touchant la jeunesse, qui doit être éduqué, et quelle vision du présent et du futur devrait être valorisée et privilégiée.

L’enseignement supérieur a traversé une période révolutionnaire durant les années 60 aux USA et dans d’autres pays quand les étudiants ont cherché à redéfinir l’éducation comme une sphère publique et à l’ouvrir à une variété de groupes qui jusque-là en avaient été  exclus.  Les Conservateurs en ont été extrêmement effrayés et ont tout fait pour le contrer. Des preuves claires en sont données à travers le bilan de Memo Powell, publié en 1971 et plus tard dans le rapport si épais de la Commission trilatérale, titrée «  La crise de la démocratie » publié en 1975. A partir des années 60, les Conservateurs, en particulier la droite néo-libérale, est entrée en guerre avec l’éducation afin d’éliminer son rôle potentiel dans la sphère publique. En même temps, ils ont tenté d’une façon agressive de restructurer ses modes de gouvernance, de couper le pouvoir des facultés et de privilégier les savoirs qui étaient fonctionnels sur le marché, définissant les étudiants principalement comme des consommateurs et réduisant largement la fonction de l’enseignement supérieur à un entrainement des étudiants à participer à la force de travail . Au cœur de l’investissement néolibéral dans l’éducation est le désir de compromettre l’engagement des universités à l’égard de la vérité, de la pensée critique, et de son devoir de se lever pour la justice et d’assumer la responsabilité d’être un corps de surveillance des intérêts de la jeunesse alors qu’ils entrent dans le monde du marché et ses inégalités massives, ses exclusions, et la violence locale et étrangère.

L’enseignement supérieur est peut-être une des seules institutions dans les sociétés néo-libérales qui offre un espace protégé pour questionner, provoquer, et penser à contre-courant. Le Néolibéralisme considère un tel espace comme dangereux et a tout fait afin d’éliminer l’enseignement supérieur en tant que lieu où les étudiants peuvent se réaliser comme citoyens critiques, où la faculté peut participer aux structures de gouvernement, et où l’éducation peut se définir comme un droit plutôt que comme un privilège.

Mitja Sardoč : Presque par définition, les réformes et autres initiatives tendant à améliorer les pratiques éducatives ont été un des pivots pour améliorer l’agenda néolibéral de la rentabilité et de l’efficacité. Quel aspect du néolibéralisme et de son agenda  éducatif trouvez-vous le plus problématique ? Pourquoi ?

Henry Giroux : De plus en plus alignée sur les forces du marché, l’éducation supérieure est principalement organisée pour enseigner les principes des affaires et les valeurs de corporations, quand les administrateurs y sont  sélectionnés sur la base des audits néolibéraux entant que PDG ou bureaucrates. Beaucoup d’universités ont été macdonaldisées alors que le savoir est de plus en plus vu comme un élément résultant dans de curriculums qui ressemblent à des menus de restaurants fast-food. Qui plus est, les universités sont sujettes à un modèle de fonctionnement à la Wal Mart où les relations de travail sont ce que Noam Chomsky  a décrit  et qui «  réduit les coûts du travail et accroît le rapport à la servilité ». A l’âge de la précarité et de la flexibilité, la majorité des postes en université ont été réduits  à des emplois à mi-temps, avec de bas salaires, une absence de contrôle sur le conditions de travail, ils ont soufferts de bénéfices réduits, et sont effrayés par l’idée d’évoquer des questions sociales par peur de perdre leur emploi. Ce dernier point est peut-être la question centrale puisqu’il modifie la liberté d’expression dans l’université. D’autant plus que ces universitaires sont à peine capables de joindre les deux bouts  avec leurs salaires de misère, et que certains sont sur les aides sociales (food stamps). Si les membres de la faculté sont traités comme du personnel d’entretien, les élèves ne s’en sortent pas mieux, qui sont relégués aux statuts de clients ou de consommateurs.  Plus encore, ils ne sont pas seulement inondés par les valeurs néolibérales orientées vers le marché de la compétition,  ils sont aussi punis par ces mêmes valeurs sous la forme de tarifs d’inscription exhorbitant, de dettes astronomiques possédées par les banques et par d’autres institutions financières, et dans trop d’autres cas l’absence d’emploi conséquents. Comme projet et mouvement, le néolibéralisme perverti la capacité des éducateurs et autres de créer les conditions qui permettent aux étudiants les savoirs et le courage civique nécessaires pour ne pas rendre le cynisme convaincant et rendre l’espoir pratique. En tant qu’idéologie, le néolibéralisme est à l’opposé de toute notion de la démocratie viable qu’il considère comme un ennemi du marché. Cependant,   la démocratie ne peut pas marcher si les citoyens ne sont pas autonomes, doués d’une capacité de jugement personnelle, curieux, analytiques et indépendants – qualités qui sont indispensables pour les étudiants si ils veulent construire un jugement vital et des choix de participation dans les décisions essentielles qui touchent la vie quotidienne, les réformes institutionnelles et les politiques gouvernementales.

Mitja Sardoč : Pourquoi l’évaluation à grande échelle et les données quantitatives en général sont-elles  un point central dans la boîte à outil néolibérale de la recherche en éducation ?

Henry Giroux : Ce sont les outils des comptables et ils n’ont rien à voir avec des visions plus étendues ou des questionnements à propos de ce qui importe dans le contexte des études universitaires. Le fait de s’appuyer uniquement sur la quantification et la mesure est devenu un outil qui permet d’évacuer les questions de responsabilité, de moralité, et de justice du langage des politiques éducatives. Je crois que la «  boîte à outil » néolibérale, comme vous ma nommez fait partie du discours de la culture civique qui est présente d’une façon rampante dans la recherche universitaire sur l’éducation, une sorte d’investissement dans la culture du système métrique ankylosant l’esprit qui tue l’imagination et déclare l’assaut contre ce que cela signifie d’être critique, réfléchi, audacieux, et de vouloir prendre des risques. Les indicateurs au service d’une culture de l’audit   sont devenus le nouveau visage de la culture de la positivité, une sorte de panoptique empirique qui change les idées en nombres et les impulsions créatives en cendres. Des évaluations à grande échelle et des données quantitatives sont les mécaniques motrices qui permettent que tout soit absorbé dans la culture des affaires.

La distinction entre information et savoir n’a plus de sens dans le cadre de ce modèle et tout ce qui ne peut pas être capturé par les chiffres est traité avec dédain. Dans ce nouveau panoptique de l’audit, le seul savoir qui compte est celui qui peut être mesuré. Ce qui est occulté ici, bien sûr, c’est que l’utilitarisme quantifiable  est une plaie en tant que principe universel parce qu’il ignore toute forme de savoir fondé sur l’hypothèse que les individus ont besoin de comprendre plus que la façon dont les choses fonctionnent ou que ce que leur utilité pratique va être. C’est une langue qui ne peut pas répondre aux questions sur la responsabilité de l’université et des éducateurs peut être en temps de tyrannie, face à l’informulable, ou face à la large attaque systématique  des immigrés, des Musulmans, ou de tout autre groupe disponible. C’est une langue qui a à la fois peur d’imaginer et lutte contre l’idée qu’un monde alternatif, inspiré par la recherche de l’égalité et de la justice,  puisse être possible dans un âge assailli par les forces obscures de l’autoritarisme.

Mitja Sardoč : Alors que l’agenda éducatif néolibéral est bien documenté, l’analyse du langage de l’éducation néolibérale reste aux limites de l’intérêt de la recherche.  En particulier l’expansion du vocabulaire néolibéral avec ses idées égalitaires comme l’équité, la justice, l’égalité des chances, le bien-être etc. n’a reçu au mieux qu’une attention limitée. Quels facteurs ont-ils contribués à c glissement dans les priorités ?

Henry Giroux : Le Néolibéralisme a renversé la manière dont le langage est utilisé à la fois dans l’éducation et dans la société. Il fonctionne en rendant appropriés les discours qui sont associés à la démocratie libérale qui s’est normalisée de façon a à la fois limiter leur signification et à les utiliser dans un sens opposé à ce qu’ils signifiaient traditionnellement, spécialement au regard des droits humains, de la justice, du jugement informé, des pratiques critiques et de la démocratie elle-même. Il a déclaré la guerre non seulement contre les structures économiques mais aussi contre la mémoire, les mots, les significations et la politique. Le Néolibéralisme prend des mots comme «  liberté » et le limite à la liberté de consommer, vomit de la haine, et célèbre des notions d’intérêt personnel et d’individualisme forcené comme le nouveau sens commun. L’égalité des chances signifie l’engagement dans des systèmes de compétition impitoyables, l’éthique de la guerre de tous contre tous et la survie des comportements les plus adaptés. Le vocabulaire du Néolibéralisme  opère au service de la violence dans le sens où il réduit les capacités de satisfaction humaines dans un sens collectif, diminue la compréhension élargie de la liberté comme  élargissant le pouvoir humain, et diminue l’imagination éthique en la réduisant aux intérêts du marché et à l’accumulation du capital. Les mots, la mémoire, le langage et leurs significations sont transformés en armes sous le Néolibéralisme. Certainement, ni les médias ni les progressistes n’ont porté assez d’attention sur la façon dont le Néolibéralisme colonise  le langage parce que aucun groupe n’a prêté assez d’attention au fait que le Néolibéralisme n’était pas seulement une crise économique mais aussi une crise des idées. L’éducation n’y est pas vue comme une force centrale à la politique et en tant que telle le lieu d’intersection du langage, du pouvoir et de la politique selon le paradigme néolibéral a été largement ignoré.

A fortiori, en des temps où la culture civique a été éradiquée, où la sphère public disparaît et où les notions de citoyenneté partagée semble obsolète, les mots qui disent la vérité, révèlent les injustices et permettent une analyse critique informée commencent aussi à disparaître.

Ceci rend difficile l’engagement critique dans l’usage colonisateur du langage néolibéral. Aux USA, les tweets prodigieux de Trump ne signifient pas seulement que nous sommes dans une période de production pathologique sans fin mais aussi qu’ils fonctionnent afin de renforcer une pédagogie de l’infantilisme organisée afin de laisser sa base dans une surcharge  de chocs tout en renforçant une culture de la guerre, de la peur, de la division et de la cupidité de façon à rendre toute critique impuissante.

Mitja Sardoč :    Vous avez abondamment écrit sur la vision néolibérale exclusivement instrumentale de l’éducation, sa compréhension réductionniste de la rentabilité et sa représentation tordue de l’équité. De quelle façon la pédagogie radicale peut-elle combattre le Néolibéralisme et son agenda éducatif ?

Henry Giroux : Tout d’abord, l’enseignement supérieur doit reprendre sa mission de bien public de façon à pouvoir réclamer ses motivations égalitaires et démocratiques.  Les éducateurs doivent initier et étendre un débat national dans lequel l’enseignement supérieur pourra être défendu  comme partie de la sphère publique démocratique et la classe comme lieu de recherche délibérative, de dialogue et de pensée critique, un lieu qui prétende à l’imagination radicale et au sens du courage civique. En même temps, le discours définissant l’enseignement supérieur comme partie prenante de la sphère publique peut fournir une plate-forme pour des engagements plus significatifs en développant un mouvement social pour la défense du bien publique et contre le néolibéralisme comme menace pour la démocratie. Cela implique aussi de repenser comment l’éducation s’est fondée comme bien commun et ce que peut signifier le fait de combattre les politiques qui interrompent les subventions allouées à l‘enseignement en combattant pour le changement d’attribution des fonds alloués à l’armée et aux prisons  vers ceux supportant l’éducation à tous les niveaux de la société. Le défi pour l’enseignement supérieur est de ne pas abandonner son investissement dans la démocratie et de reconnaître que le néolibéralisme opère au service des forces de domination économiques et de la répression idéologique.

Deuxièmement, les éducateurs ont besoin de reconnaître et tenir leur parole sur le fait qu’un citoyen ayant une culture critique est indispensable à la démocratie, spécialement dans des temps où l’éducation supérieure est privatisée et sujette aux efforts de restructuration néolibéraux. Cela suppose de placer l’éthique, la culture civique, les responsabilités sociales et la compassion en tête des apprentissages de façon à combiner les savoirs, l’enseignement, et la recherche avec les rudiments de ce qu’on pourrait qualifier de «  grammaire d’une imagination éthique et sociale ». Ceci impliquerait de prendre au sérieux les valeurs, les traditions, les histoires et les pédagogies qui promeuvent le sens de la dignité, de l’auto-analyse et de la compassion du cœur d’une démocratie réelle. Troisièmement, une éducation supérieure doit être considérée comme un droit, comme elle l’est dans de nombreux pays comme l’Allemagne, la France, la Norvège,  la Finlande, et le Brésil, plutôt qu’un privilège pour une minorité, comme c’est la cas aux USA, au Canada, et en Grande Bretagne,. Quatrièmement, dans un monde régit par les données, les mesures et le remplacement des connaissances par une saturation d’information, les éducateurs doivent rendre les étudiants à même de s’engager dans des apprentissages multiples, allant de la culture imprimée à la culture digitale. Ils doivent devenir des passeurs de frontières pouvant penser d’une façon dialectique et apprendre à ne pas seulement consommer la culture mais aussi à la produire. Cinquièmement, l’université doit réclamer le droit de contrôler la nature de leur travail, organiser les choix politiques et avoir la maîtrise des voies d’accès avec la sécurité de l’emploi et la protection de la liberté académique et de la liberté d’expression.

Mitja Sardoč :  Pourquoi est-ce si important d’analyser les relations entre le néolibéralisme  et la culture civique, en particulier comme projet éducationnel ?

Henry Giroux : L’ascendance du néolibéralisme dans la politique américaine a rendu visible la peste d’une inculture civique très profonde, un système politique corrompu et un mépris pour la raison qui s’est construit sur  des dizaines d’années. Elle pointe aussi le mépris pour l’attachement aux valeurs civiques, la déconstruction de la culture civique, le déclin de la vie publique et l’érosion de tout sens d’une citoyenneté partagée.

Comme la mentalité et la moralité du marché resserrent leur emprise sur tous les aspects de la société,  la sphère publique  est réduite, sinon condamnée à la disparition.

Ses institutions disparaissent – de l’école élémentaire et des médias alternatifs aux centres de soins- on assiste aussi à une sérieuse érosion du discours communautaire, de celui de la justice, de l’égalité et des valeurs publiques et du bien commun.  Dans le même temps, la raison et la vérité ne sont pas seulement contestées, ou sujettes à des discussions informées comme elles le devraient, mais faussement diffamées – bannies du monde empoisonné de la désinformation de Trump. Par exemple, sous l’administration Trump, la langue a été pillée, la vérité et la raison dénigrées, et les mots et phrases vidés de toute substance et transformés en leur contraire, tout ceci à travers une production incessante de Tweets et le spectacle clownesque de Fox News. Cette sombre réalité pointe un échec dans la pouvoir de l’imagination civique, de volonté politique et de démocratie ouverte.

Cela fait aussi partie de la politique qui ôte au social tout idéal démocratique et mine toute compréhension de l’éducation comme bien publique. Ce dont nous sommes témoins avec le néolibéralisme n’est pas simplement un projet politique qui consolide le pouvoir dans les mains des élites corporatistes et financières mais aussi une réfection du sens même des connaissances et de l’éducation comme fondamentales dans la création d’une société démocratique et dans une citoyenneté informée. Dans un âge où la culture et la pensée deviennent des dangers contre les forces anti-démocratiques à la tête de toutes les institutions économiques et culturelles des USA, la vérité est envisagée comme un frein, l’ignorance comme une vertu et les jugements informés et la pensée critique sont rabaissés et transformés en gravats et en cendres.   Sous le règne de cette architecture normalisée de soi-disant sens commun, la culture est considérée avec dédain, le vocabulaire est réduit à des données et la science est confondue avec le scientisme. Les traces de la pensée critique n’apparaissent de plus en plus qu’à la marge de la culture alors que l’ignorance devient le premier principe organisateur de la société américaine.

Sous ces quarante années de règne néolibéral, le langage s’est militarisé, il a été cédé aux publicistes, aux idioties des jeux télévisés et en un anti-intellectualisme embarrassant sanctionné par la Maison blanche. Couplez ça avec une culture des célébrités qui produit un écosystème de culture du bafouillage, du choc et du clinquant. Ajoutez à cela un clown anti-public et anti-intellectuel comme Jordan Peterson qui défend l’inégalité, les formes infantiles de masculinité, et qui définit l’ignorance et une mentalité de guerrier  comme parts de l’ordre naturel  tout en récusant la politique ainsi que toute forme de régulation vivable.

La culture de l’ignorance manufacturée est aussi reproduite à travers les appareils médiatiques qui vendant l’illusion et le spectacle de la violence. Dans ces circonstances, l’illettrisme culturel devient la norme et l’éducation devient centrale dans une version de la politique de zombie néolibérale qui fonctionne largement afin de supprimer les valeurs démocratiques, les relations sociales et la compassion de l’idéologie, de la législation et des institutions aux commandes qui contrôlent maintenant la société américaine.  A l’âge de l’ignorance manufacturée, il y a plus en jeu qu’une simple absence d’apprentissage, d’idées ou de connaissances. De même, le règne de l’illettrisme culturel  ne peut être uniquement attribué au développement des médias sociaux, à la culture de l’immédiat et à une société qui ne chercherait que la gratification immédiate.   Au contraire, la manufacture de l’ignorance est politique est c’est un projet politique au centre de l’idéologie corporatiste de la droite et un ensemble de mesures qui travaille agressivement à dépolitiser les gens et à les rendre complices de la politique néolibérale et raciste ainsi que des forces économiques qui imposent la misère et la souffrance sur leurs vies. Il y a plus en jeu que ce que Ariel Dorfman nomme «  la stupidité félonne », il y a aussi la mise en place d’une forme extrêmement maligne de fascisme néolibéral propre au 21ième siècle, et d’une culture de la cruauté dans laquelle le langage est modifié au service de la violence tout en menant des attaques incessantes sur l’imagination éthique et sur le bien commun. Dans le moment historique actuel, l’inculture et l’ignorance offrent leur prétention à  procéder de cette manière afin de compromettre l’importance de la culture civique à la fois dans l’éducation supérieure et dans la société dans son ensemble.

Mitja Sardoč : N’y a-t-il pas un défaut dans l’analyse d’un phénomène social si complexe (et controversé) que le néolibéralisme et son agenda éducatif ? Dit autrement : existe-il des aspects de l’agenda éducatif néolibéral que ces critiques aient négligé de questionner ?

Henry Giroux : Toute analyse d’une idéologie comme le néolibéralisme demeurera toujours incomplète. Et la littérature sur le néolibéralisme sous ses différentes formes est divers contexte est très abondante. Ce qui est toujours minimisé à mon avis sont trois choses. Premièrement, trop peu est dit sur le fait que le néolibéralisme ne fonctionne pas uniquement comme modèle économique pour le capital financier mais comme une pédagogie publique à travers un nombre de sites et de plateformes divers. Deuxièmement, pas assez a été écrit sur sa guerre contre la notion démocratique de socialité et sur le concept du social. Troisièmement, dans des temps où les échos des fascismes passés s’amplifient, trop peu est dit sur la relation ente le néolibéralisme et le fascisme, ou sur ce que j’appelle le fascisme néolibéral, tout spécialement dans la relation entre la souffrance et la misère étendues causées par le néolibéralisme et la montée du suprématisme blanc. Je définis le fascisme néolibéral comme à la fois un projet et un mouvement  qui fonctionne comme une force affaiblissant voire détruisant les institutions commandant la démocratie tout en sapant ses principes les plus précieux. En conséquence, il fournit un terreau fertile pour la déstabilisation de l’architecture idéologique, les valeurs toxiques, les relations sociales racistes sanctionnées et produites sous le fascisme. Le néolibéralisme et le fascisme se rejoignent et avancent dans un projet confortable et mutuellement compatible qui connecte les pires excès du capitalisme avec les idéaux fascistes. La vénération de la guerre, une haine pour la raison et la vérité, une célébration populiste de l’ultra-nationalisme et de la pureté de la race, la suppression de la liberté et de l’opposition, une culture qui promeut le mensonge, le spectacle et la démonisation de l’autre, un discours de déclin, de violence brutale, et en dernier recours de la violence d’état sous des formes hétérogènes. Comme projet, il détruit toutes les principales institutions de la démocratie et consolide le pouvoir  dans les mains de l’élite financière. Comme mouvement, il produit et légitime des inégalités économiques massives et de la souffrance, il privatise les biens publiques, démonte les principales agences gouvernementales et individualise tout problème social. En sus, il transforme l’état politique en un état corporatiste et utilise les outils de surveillance, la militarisation, et la loi et l’ordre pour discréditer la presse et les médias, compromet les libertés civiles tout en ridiculisant  et en censurant les critiques. Ce que celles-ci doivent envisager, c’est que le néolibéralisme est le visage d’un nouveau fascisme et en tant que tel il doit être considéré avec la nécessité de ne pas penser que capitalisme et démocratie sont la même chose, de renouer avec la foi en un socialisme démocratique, créer de nouvelles formations politiques autour de l’alliance de divers mouvements sociaux et prendre au sérieux la nécessité de mettre l’éducation au centre de la politique

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Traduction : Elisabeth Guerrier

PLUS TARD L’AVENIR N°1 : L’épidémie de Bien-être Amy Larocca

Première partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons ” PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

Traduction d’un article de la revue ” The Cut ” sur la fréquentation des lieux de ” Bien-être” new-yorkais. L’observation quotidienne dans le discours et dans les pratiques outre-atlantique de l’importance quantitative de ce “mouvement” à la fois remède et cause, signe et racine, son impact comme mode, amenant à se questionner sur la capacité de notre culture à pouvoir créer autre chose que des courants et à ne plus pouvoir les enraciner dans ce que Stielgler suivant Simondon appelle “les circuits longs”, nécessite une réflexion approfondie dans la mesure où il prend la place d’une réflexion sur ce qui le génère. Comme une sorte de passage à l’acte planétaire, de réponse univoque à ce qu’il devrait avant tout nommer. L’adhésion massive aux pratiques de méditation s’imposant comme des évidences au monde occidental mérite qu’on lui consacre du temps et des tentatives de décomposition des divers paramètres, individuels, culturels, qui le meuvent. Ouvrant aussi avec une sorte de vertige la question de ce qu’est devenu le politique dans une société qui passerait son temps à se soigner sans plus chercher à savoir de quoi. EG

The Wellness Epidemic 

Why are so many privileged people feeling so sick? Luckily, there’s no shortage of cures.

L’épidémie de bien-être

Pourquoi les privilégiés sont- ils si malades ?

Heureusement, nous ne sommes pas en manque de cures.

By Amy Larocca

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Photographs by Bobby Doherty
JUNE 27, 20178:00 AM

Quand Gwyneth Paltrow a lancé pour la première fois Goop en 2008, c’était un excellent endroit où trouver les meilleurs tapas de Barcelone. C’était du voyeurisme tourné vers les modes de vie des célébrités et Paltrow, avec ses longs cheveux blonds et son aura de complète auto-satisfaction, était irrésistible. Il y a une expression « vivre sa vie la meilleure » et puis il y a Paltrow : le manifeste de la vie la meilleure.

Mais le centre d’intérêt de Goop commença à changer, Paltrow se mit à décrire en détail les régimes d’exercice pratiqués avec son entraineur Tracy Anderson, qui croyait que chacun devrait s’exercer physiquement deux heures par jour, six jours par semaine. Puis elle commença à donner des informations sur une désintoxication qu’elle pratique chaque mois de janvier.

La mission se mit à moins porter sur la révélation des mystères de la vie meilleure et plus sur la notion qu’une vie meilleure authentique est d’abord intérieure. Les gens riches et beaux  ne vont pas seulement dans les plus jolis endroits, leurs organes marchent mieux. Ils savent même comment respirer mieux, avec plus d’oxygène à chaque inspiration. Ils ne craignent pas de pratiquer les transplantations de selles, avec des selles de premier ordre, absolument garanties vegans. Goop quitta les hôtels et les restaurants pour les chakras et les thyroïdes, impliquant que ce qui se tient entre vous et votre Gwyneth intérieure est un mystérieux virus que votre médecin corrompu et ayant beaucoup trop duré est trop borné pour circonscrire.

Goop commença à publier des interviews avec des médecins, des guérisseurs et des shamans. Une de ces productions les plus visionnées est une  interview avec Oscar Serrallach, un médecin australien, à propos de la «  l’épuisement postnatal » qui suggère que les femmes vivent dans un état d’épuisement pendant plus de dix ans après la naissance d’un enfant. Parmi les facteurs responsables : stress envahissant, nourriture pauvre en nutriments, et pollution électromagnétique. Quand Goop a traditionnellement réussi à vendre les produits liés à ses propositions ( les spiraliseurs ont explosés après la recette  de Paltrow des  “zucchini cacio e pepe”, que pourrait on bien vendre à une femme qui vient de recevoir la confirmation médicale que les sentiments négatifs frémissants dans son ventre ne sont pas juste créés par son esprit ? Pourquoi pas des vitamines ? Le bien-être de Goop offre maintenant quatre «  protocoles » vitaminiques  (Protocole et pratique sont des mots que vous rencontrerez abondamment dans ce monde)  en fonction de quatre plaintes communes :  La charge des mamans / The Mother Load répond à l’épuisement post-natal, Les gènes du lycée; High School Genes est réservé aux femmes qui trouvent plus difficile de perdre du poids en prenant de l’âge ( c’est-à-dire pour toutes les femmes) Pourquoi suis-je si putain de fatigué ? Why Am I So Effing Tired? Est pour la fatigue pernicieuse ressentie par les femmes à tout faire, et Balles dans l’air, Balls in the Air également, mais pus orienté vers les stressée chroniques

«  Ca a été incroyable, dit Ashley Lewis, Responsable du secteur bien-être à Goop, «  nous avons vendu plus de 100 000 dollars de vitamines le premier jour et ça n’a pas cessé depuis. »

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Pourquoi le bien-être est-il la nouvelle façon d’avoir l’air, d’agir et de se sentir riche

Tout ce que vous devez savoir à propos des soins cutanés et du maquillage «  naturel »

Le bien-être est une idée très large, ce qui n’est pas rien dans sa capacité d’attraction marketing. A un niveau basique, il s’agit de faire un effort conscient pour atteindre la santé à la fois mentalement et physiquement, de lutter pour l’unité et l’équilibre.  Et ce n’est pas non plus une idée nouvelle, l’homéopathie, qui utilise des subtances naturelles afin de promouvoir les capcités du corps à l’auto-guérison a été populaisée en Allemagne à la fin du 18iéme siècle et 50 ans plus tard, l’YMCA orienta sa mission vers le soin du corps, de l’esprit et de l’âme. Dan Rather réalisa une émission de 60 minutes sur le bien-être en 1979 mais c’était approché plus comme un phénomène marginal. «  Le bien-être, disant-il, ce n’est pas un mot que vous entendez chaque jour. »

Régimes,  exercise, et des versions variées de soins auto-administrés ont été pratiqués depuis toujours. Des antécédents leur ont été trouvé dans des SPA autrichiens qui étaient encore célèbres pour leurs lavements et dans les années 1970, l’hervbe de blé était presque aussi célèbre que la cocaïne. Les graines étaient présentes dans le programme de Jane Fonda et dans le régime Scarsdale, dans le mouvement EST  et la folie du yoga qui nous amena Lululemon. En 1978, ve been around forever: Antecedents are found at an Austrian spa still famous for its enemas and in 1970s L.A., where wheatgrass was just as popular as cocaine. The seeds were in the Jane Fonda workout and the Scarsdale diet, in the EST movement and the yoga craze that brought us Lululemon. In 1978, ce magazine fit sa couverture sur « L’élite physique »  la nouvelle classe d’individus qui avaient arrêté de fumer, et se consacraient à l’exercice. Certains étaient connus pour leurs demandes étranges concernant la nourriture, comme l’exigence d’un oignon entier dans leur omelette.

Quatre décennies plus tard, le bien-être n’est plus seulement un mot que vous entendez chaque jour, c’est une industrie globale qui vaut des milliards- une qui inclut le tourisme du bien-être, la médecine alternative, et les traitements anti-âge. La compétition pour une part du gâteau est intense : à Manhattan, deux studios de méditation fusionnent pour devenir le SoulCycle of meditation, et Saks de la Cinquième avenue a converti temporairement son deuxième étage dans une «  Boutique Bien-être » où vous pouvez faire une expérience d’aromes et de thérapie lumineuse dans une cabine de verre emplie de sels, où être branché sur une application de méditation pendant votre manucure. Toutes les corporations géantes ont un programme de bien-être : Yoga chez Goldman Sachs, des journaux de sommeil communs chez JPMorgan Chase. Un nouveau magazine a débuté cet été dans Long Island, ,Hamptons Purist. (“Regardez autour de vous, dit son éditrice, Cristina Greeven, à qui l’idée est venue sur une planche de surf au Costa Rica : C’était des boucheries, des boulangeries, ou des magasins de bricolage. Maintenant, ce sont SoulCycle, Juice Press ou un lieu de méditation).  Il va lui falloir entrer en compétition avec Goop magazine, être édité Paltrow et publié par Condé Nast, qui a annoncé ce printemps le lancement de Condé Nast Pharma, une revue qui ne promeut que des marques de produits pharmaceutiques garantis sains. Le géant de la publicité  Saatchi & Saatchi  a également sa propre revue bien-être, capitalisant sur «  les besoins de bien-être non satisfaits sur la marché »

Le bien-être est utilisé pour vendre des chambre d’hôtel (Soyez au mieux chez Westin Hotels & Resorts, un lieu où ensemble nous pouvons nous épanouir ) et des copropriétés ( LeonardoDi Caprio vient de vendre sa copropriété Bien-être mais Deepak Chopra a encore la sienne au même endroit.) et ça a été un mouvement politique également. «  Radical self care ( Soin de soi Radical) cherche à gurérir les blessures récentes ( Trump) et systémiques ( trauma dûs au genre ou à la couleur), utilisant les mots du poète Audre Lorde, comme cri de ralliement : «  Prendre soin de moi n’est pas de l’auto-gratification. C’est de l’anti-préservation et c’est une arme de guerre politique »

Il peut être facile d’être cynique à propos du bien-être, à propos de  l’œuf de jade de $66  que Gwyneth Paltrow suggère d’insérer dans votre «  yoni ». Il ya quelque chose de grotesque dans l’émergeance de cette industrie à un moment où les soins de santé les plus basiques sont refusés à tant d’Américains et risque d’être supprimés pour des millions d’autres. Mais ce qui est peut-être le plus frappant est à propos de cette ascension du bien-être est le fait que, dans notre monde de plus en plus bifurqué, même ceux qui ont accès à des soins traditionnels plutôt bons, et quelquefois excellents si l’excellence est fonction du prix)  gardent la sensation, malgré tout, d’un incroyable mal-être.

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...Photo: Bobby Doherty/New York Magazine

J’étais dans l’ascenseur de l’appartement de l’immeuble de Park Avenue prête à aller fêter la sortie d’un blog que j’ai créé  quand j’ai croisé Kerrilynn Pamer, qui est comme je le savais la propriétaire Castor & Pollux, un magazin de vêtement dans le West Village. Grande et belle, elle portait une longue robe blanche et arborait un sourire doux et heureux. Elle avait fermé Castor & Pollux, m’expliqua-t-elle pour rouvrir il y a deux ans à sa place un magazin de  beauté naturelle  appelé CAP Beauty. “Avec la mode, il ya avait toujours une sensation de manque «  m’a-t-elle dit. «  C’était toujours, ça ne me va pas, ou je n’ai pas le sac assorti, ou je ne peux pas porter ça dans la vie quotidienne «  Cela menant toujours à l’impression que les gens étaient laissés de côté. » Pamer est intéressée dans le bien-être depuis longtemps. «  Je ne m’en apercevais pas vraiment mais je me sentais mal tout le temps. Je suis allée chez le médecin pur une visite annuelle et j’ai juste dit que j’étais fatiguée. Je ne vieillissais pas comme je le souhaitais. Je ne me sentais pas dans mon corps comme je le souhaitais. »Le médecin m’a rappellée après le rendez-vous et m’a dit : «  Je ne sais pas comment vous pouvez fonctionner maintenant, vous ne retenez rien ; » J’ai juste pensé ; «  C’est la norme, je vis à New York, je vieillis, j’ai une entreprise » Mais il a dit «  Non, vous avez une maladie coeliaque. » J’ai abandonné le gluten et boum » Pamer a commencé à analyser tout ce qu’elle mangeait puis tout ce qu’elle se mettait sur la peau. «  Tout vient grâce à un diagnostic ». Sa partenaire et elle-même Cindy Di Prima font partie d’un «  groupe orienté vers la recherche prioritaire de solutions.  Je veux me sentir bien et puis je veux que tout le monde se sente bien. » Pamer m’a invitée à venir dans son magasin, «  Nous avons installé quartz rose sous le plancher et les vibrations sont excellentes. »

J’y suis allée une semaine plus tard. Il pleuvait. La boutique était accueillante, des équipements en cuivre et des en-cas de la ligne Jus de lune de  Amanda Chantal Bacon. Les vibrations semblaient parfaites. J’ai été conduitedans la pièce arrière où j’ai eu un traitement facila par une femme particulièrement amicale et chaleureuse nommée Crystal. Beaucoup des produits qu’elle utilisait avaient un parfum de terre parfois assez nauséabond – comme celui de fruits très très mûrs au bord de la péremption— mais à part ça c’était un soin facila assez standard. Crystal ne m’a fait aucune remontrance, ni aucune critique sur l’étt de ma peau, ce qui était plutôt plaisant car çela fait aussi partie des soins du visage standards. Une semaine plus tard, j’ai reçu un email me recommandant un nouveau «  protocole »  pour ma peau. Celui-ci impliqait neuf produits et si je les achetais tous (il y avait le lien pour chacun) cela me coûterait près de 1000$. J’ai paniqué pendant un moment : «  Mais j’ai besoin de ça, je suis clairement en train de m’empoisonner avec le crème hydratante de la pharmacie que le dermatologue m’a recommandée ! J’ai commencé à cliquer sur les liens. Peut-être me contenter d’en acheter quelque-uns ? Peut-être ce bruisateur probiotic à 40$ pour équilibrer mon microbiome facial. Mes enfants ne méritent-ils pas une mère non toxique, est-ce que je ne mérite pas un moi non toxique ? Mas je ne suis pas allée bien loin, la plupart n’était plus en stock.

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A Los Angeles, ces deux frères sexy on entamé une révolution du bien-être.  J’ai fait une des meilleures siestes de ma vie dans un lit en cristal à 9000 dollars.

Dés qu’on passe un peu de temps dans le domaine du bien-être, il semble que tout le monde a été officiellement diagnostiqué. «  Je cros que pour les femmes en général, il existe une attente de se sentir évidemment très mal. Evidemment !   dit Elise Loehnen, la responsable de publications chez Goop. «  Dans leur grande majorité, les gens trouvent qu’ils connaissent tous des personnes autour d’eux qui sont malades, le fils de leur meilleure amie est autiste, ou a des problèmes de digestion. Les gens s’auto-définissent de plus en plus comme malades  de plus en plus. Ils sont inquiets à propos de leur nourriture, à propos de l’usage rampant du glyphosate. La nourriture poussait avant dans plusieurs mètres de sol argileux. Je pense que nus sommes apauvris. Je pense qu’il y a une carence en vitamine D parce que nous ne sortons pas assez et quand nous sortons, nous mettons des protections solaires. Nous avons perdu tout contact avec la tere en général et je pense simplement que ce n’est pas de cette façon que nous sommes supposés vivre. »

Moi aussi je connais des femmes qui ont une maladie céliaque, ou une sorte de maladie céliaque, et un million de maladies du système immunitaire, avec des noms compliqués qui affectent leur peau et leur intestin. Il n’est pas difficile de se demander parfois ce qui se passe, si nous sommes d’une façon ou d’une autre tous empoisonnés, si nos corps et nos esprits se révoltent contre cette vie si programmée, si digitalisée, ou si certaines de ces maladies identifiées et soignées  auraient tranquilmement, pour le meilleur ou pour le pire été supportées par les générations antérieures.

Est-ce que les évaluations des cas de maladies céliaques élaborées par l’Universtié de Chicago sont dépassées (un pour cent de la population américaine) ou sont-elles sur-diagnostiquées ? Le niveau d’anxiété a explosé dans le pays et bien que la maladie puisse être bien sûr une source et une cause de stress, le corps est également une zone où, même futilement, nous avons encore une chance de ré-exercer un contrôle.

Sur internet, il y a une communauté connue sous le nom de «  Les cuillères » (the spoonies) qui peut être considérée comme le cœur du monde du bien-être. Spoonies vient de la « Théorie des cuillères », une idée proposée par une femme nommée  Christine Miserandino qui a été diagnostique avec une chaîne de maladie dont la fatigue chronique avant qu’on lui trouve un lupus. Endant des années, elle a été embarassée et a souffert en silence, ayant sans arrêt à expliquer son comportement ( son blog est butyoudontlooksick.com). Sa théorie est simple : quand vous êtes en bonne santé, vous avez un stock sans cesse renouvelable d’énergie. Quand vous vivez avec une maladie ou une douleur chronique, votre capacité énergétique est limitée et vous devez sans cesse être capable de la mesurer, à travers les cuillères, en négociant la façon d’en faire usage. Prendre une douche coûte une cuillère, mais, ensuite parfois, c’est aussi ce que coûte le fait de sortir du lit. Si vos choisissez de cuisiner un dîner pour ce soir, cela peut vous coûter tant de cuillères que vous ne serez pas en mesure de vous occuper de la vaisselle.  Etc. Miserando a été suivie et il y a maintenant en ligne un groupe robuste de «  spoonies »  qui s’identifient comme tels et  qui s’assemblent afin de partager les traitements et les théories, de discuter de leur lutte avec la souffrance chronique physique ou mentale. «  Nous devons sans cesse être vigilants aux cuillères »  dit Carolyn Kylstra, l’éditrice en chef de Self, «  Ils sont vraiment au cœur de tout cela »

Nous avons mis du quartz rose sous le plancher et les vibrations sont excellentes.

Il y a une quantité astronomique de médecins frustrés par le mouvement bien-être, à cause de ce qu’ils considèrent comme la soi-disant science, louchen superficielle, derrière lui et eux aussi se font entendre. Voilà par exemple Timothy Caulfield, un expert en santé et en droit à l’Université d’Alberta, il est l’auteur de :  Is Gwyneth Paltrow Wrong About Everything?, ( Gwyneth Paltrow a-t-elle tout faux ?) qui concerne le sujet de la désintoxication du corps. «  C’est complètement ridicle dans une perspective scientifique, dit-il, cette idée qu’on puisse «  désintoxoiquer » son corps – nous avons des organes qui le font. Il n’existe aucune preuve que nous ayons ces méchantes toxines dans nos cellules qui nous font prendre du poids, qui nous fatiguent. Mais cela s’adresse à notre imaginaire d’une façon très puissante.  Jennifer Gunter,une gynécologue-obstétricienne et médecin de la douleur à Toronto a écrit un blog très franc et souvent drôle qui s’en prend souvent à Paltrow et Goop. Un des posts dit : «  Vos conneries Goop m’inquiétent parce qu’il affecte mes patients. Ils lisent vos théories bidons et puis ils arrêtent de manger des tomates ( note de bas de page, si les tomates sont si toxiques,pourquoi les Italiens ont-ils une espérance de vie plus longue que la nôtre ?), ou n’ont pas mangé une tartine de pain depuis trois ans, dépensent leur argent dans des tampons organiques dont ils n’ont pas besoin, demandent pour des évaluations de leur fatigue surrénale ( dont le paiement s’effectue souvent par la couverture santé ou au noir), ou ils sont obsédés par la crainte d’avoir une candidose systémique ( qu’ils n’ont pas). Mon fils a une maladie de la thyroïde et je crains que dans quelques années il puisse lire cette sorte de foutaise à propos des théories  sur la thyroïde que vous promouvez et se demande si il devrait arrêter son traitement et tenter de soigner un EBV ( Epstein-Barr. Mononucléose) chronique qu’il n’a pas. Je m’inquiète aussi que la science ait à dépenser tant et tant de ressources à démontrer l’inutilité de l’huile de serpent au lieude tester de véritables hypothèses. Je m’inquiète que vous inquiétiez les gens et que vous baissiez le QI médical mondial. »

Les critiques ne décontenancent pas Goop. «  Notre travail consiste à être sceptiques à propos du status quo, d’offrir des alternatives avec l’esprit ouvert. «  Goop insiste dans un commentaire : «  Notre contenu n’a pas comme but de générer de la peur, nous voulons donner aux gens les outils afin d’acquérir un peu d’autonomie à l’égard de leur santé. »

Et puis il y a les généralistes au milieu, «  la médecine fonctionnelle » de docteurs comme Frank Lipman. Ils sont des médecins diplomés qui peuvent prescrire des antibiotoques mais peuvent tout aussi bien prescrire des massages, une promenade en forêt, ou un ermaniement de votre régime alimentaire ou des vos exercices. Lipman exerce en cabinet privé depuis 30 ans, mais c’est lors de son stage à l’hôpital du Bronx qu’il a noté un taux de succès plus important parmi les toxicomans avec qui il utilisait l’acupuncture et qu’il a décidé de trouver un moyen de mêler les pratiques médicales occidentales avec les pratiques alternatives. Lipman nous dit qu’il croit que la capacit à pardonner peut avoir des bénéfices éormes sur la santé mais lorsque je lui dis que mon rhume des foins me rend fou, il dit, en haussant les épaules : « Ma femme utilise toujours Claritin. »

Parmi la Nouvelle garde on trouve le Dr Robin Berzin, qui a un doctorat à la Columbia Medical School, a été formé au  Mount Sinai,  et est aussi certifié comme formateur en Yoga et en méditation. Elle dirige Parsley Health, une boutique de pratique médicale. Pour 150 dollars le mois, les membres ont droit à cinq visites médicales par an, plus 24 sessions avec un guide santé dont le tavail est de vérifier que les conseils du médecin sont bien suivis (vous pouvez faire effectuer ces rencontres par vidéos si vous le souhaitez). «  Regarde, dit-elle un jour dans sa boutique, qui occupe une grande partie d’un Wework près de Union square,  (La nouvelle médecine est, au moins esthétiquement beaucoup moins orientaliste avec beaucoup moins de Ganesh ou de mandalas). Les gens ne se sentent pas bien, et ils cherchent des solutions, on leur donne un tas de mauvais conseils. Ils réduisent les jus qui sont aussi mauvais que le soda » La mission de Berzin est de réduire les médicaments, de toucher à la racine des plaintes habituelles qu’elle considère comme tout à fait guérissable,  des plaintes de syndrôme pré-menstruel, du colon irritable, insomies, eczéma. « Au service de la technologie, nous sommes chroniquement stressés, épuisés et sous médicaments : des anxiolitiques «Branchés et fatigués » c’est la façon dont beaucoup de patients me décrivent cette sensation » me dit-elle. Beaucoup de ses patients sont jeunes, «  les «  millenials » sont plus intéressés par la qualité de vie. Ils attendent de se sentir mieux. »

Après cette rencontre avec Berzin, j’ai passé le contrôle Parsley. J’ai rempli pendant la nuit un document pendant 30 minutes, décrivant les otites que j’avais étant enfant, le fait que je suis né naturellement mais nourri au biberon. Parsley a prescrit un examen du sang approfondi, je suis donc resté à jeun un matin puis me suis rendu au laboratoire. Une technicienne très gentille avec une longue queue de cheval  a regardé le document : Parsley Health ! a-t-elle dit, ils regardent tout. Ce n’est pas le cas de tout le monde … » elle a haussé les épaules, remplaçant chacun des tubes, 14 en tout. Les résultats de mes examens étaient sur le portail de Parsley’s une semaine plus tard : taux de cholestérol trop haut, ce que je sais depuis toujours, et un nom sur les allergies à la poussière et le rhume des foins  que j’ai aussi depuis toujours. Berzin a recommandé l’arrêt des céréales et du gluten mais mes résultats sanguins n’indiquaient aucune allergie à l’un ou à l’autre. Elle dit que je suis comme 5% de ses patients, ce qu’elle pourrait qualifier d’ « optimisatrice » en ce que je ne souffre d’aucune maladie chronique ou de douleur qu’elle rencontre et qui souffre du syndrôme polycystique-ovarien. Néanmoins, elle a quelques conseils à me donner, elle me propose de changer les horaires de mon activité physique et d’apprendre à méditer. Les membres de Parsley ont un accès gratuit à Headspace. Elle me recommande aussi un régime vitaminé : un complexe de vitamine B le matin, du magnésium afin de retrouver le sommeil profond, bien noir que j’avais dans la vingtaine. Elle me recommande aussi des orties pour la saison des allergies mais reconnait aussi qu’ils ne suppriment pas le symptôme à chaque fois. «  On ne va pas régler une infection avec un reiki ».

Une des choses difficile à accpeter dans le monde du bien-être est le fait que la paranoïa rampante est binevenue. – Que mangez-vous ? Que mettez vous sur votre peau ? – et pourtant il y a une foi jamais démantie dans toutes les cures. Une tartine de pain peut être considérée comme toxique mais la volonté de plonger dans le monde largement incontrôlé des vitamines et des compléments alimentaires est acquise. Mon joli, minutieux et intelligent médecin généraliste me dit chaque année lors du bilan annuel : s’il vous plaît ne me dits pas que vous prenez des compléments. Au mieux ça ne peut pas faire de mal, vous vous offrez simplement un pipi hors de prix.

Beaucoup de mouvement de bien-être répondent à des aspects de notre vie qui étaient auparavant considérés comme essentiels  et fondamentaux comme de respirer ou de dormir. Ce printemps, Arianna Huffington  a fêté le dixième anniversaire de ce qu’elle nomme «  sa bénédiction ». en avril 2007, Huffington s’est évanouie et s’est fracturé l’os de la pommette. Après un voyage à travers de nombreuses disciplines médicales traditionnelles, son diagnostic a été un simple «  burn-out », pas de cancer, pas d’attaque, pas de diabète insidieux. Elle était juste très très fatiguée. «  J’étais en train de brûler la chandelle par les deux bouts », dit-elle maintenant, et ce que je trouve intérssant est que si vous m’aviez demandé ce matin-là, comment allez-vous Ariana, j’aurais répondu, bien, parce que c’était la norme marchant sur le vide. Pensez comme nous sommes au courant du niveau de la charge de nos téléphones et si peu au courant de ce qui nous arrive à nous-mêmes. » Huffington a écrit un livre sur l’importance du sommeil, offrant une prescription (dont le rythme sera familier à quiconque a récemment régularisé le sommeil d’un bébé, un temps complètement ritualisé menant au calme et comprenant des bains chauds, des lumières douces, et une ombre complète). Plus tard, elle a quitté le Huffington Post et a  commencé le  Thrive Global, une organisation dédiée au bien-être. Thrive ( S’épanouir) plbile un blog, organise des programmes de bien-être pour des compagnies comme Uber, et vend des produits sur son site, comme le téléphone de chevet en bois,  qui est vendu avec de minuscules draps en satin pour que votre Iphone puisse dormir dessus. «  Vous savez, il y a quelque chose de si satisfaisant… » explique Huffington, dans son bureau surpeuplé de Soho, en collant son téléphone sous les draps de satin, «  Nous allons lancer un modèle qui ressemble à une petite voiture de course ». Elle sourit et tripote l’oreiller de son Iphone. Après tout vous devez aprrendre à vos enfants à mettre leur téléphone au lit aussi. »

Un des clients de Thrive est JPMorgan Chase, qui travaille avec la compagnie sur un challenge bien-être de 28 jours pour ses plus de 300.000 employés. Le bien-$etre promet Thrive, accompli des miracles pour le nec plus ultra des corporations. «  Ce ne’est pas pour ceux qui veulent aller se relaxer sous le manguier, dit Huffington, ceux-là vont bien, ils n’ont as besoin de nous, c’et pour des gens qui veulent accomplir des choses, des gens qui veulent réaliser. »

Elles s’agitent et mugissent, sauf que ce ne sont pas des Guerriers Maori mais des femmes blanches et sous-vêtements de sport.

Et si nous avons besoin de réapprendre à dormir, le bien-être cherche aussi à transformer notre façon de faire de l’exercice. Les classes de SoulCycle  auquelles je participe ne sont presque pas différentes des classes auquelles j’assistais il y a quinze ans. Il y a les mêmes sauts, les mêmes exercices de montées, les courses et parfois les mêmes titres de Madonna. Mais le professeur à Crunch avait l’habitude de crier des choses sur la saison des maillots de bain et les ailes de chauve-souris : nous savions tous ce que nous venions faire ici. A Soulcycle, l’éthos est impossible à identifier. Les lumières sont éteintes, des bougies sont allumées, et le mur est couvert de mots comme «  Rock star «  «  Guerrier ». Récemment j’ai remarqué que beaucoup de femmes portaient un sweat-shirt avec «  Spiritual Gangster » inscrit dessus. «  Qui, ici présent, à déjà pleuré à SoulCycle ? » a demandé l’instructeur un matin,  et plus de la moitié des personnes présentes a levé la main.  «  Fermer les yeux et pensez à ceux que vous aimez, à ce pourquoi vous faites ça. Où est votre compassion, où est votre gentillesse, vers où vous dirigez vous ? »

La Classe de Taryn Toomey, qui se tient au studio  millennial-pink  à Tribeca, est la classe bien-être à battre. Toomey a commencé sa carrière comme détaillante Ralph Lauren et a très tôt décollé. «  Mais je me sentais juste… pourquoi suis-je malheureuse, tout autour de moi semble parfait, «  explique-t-ellle, elle a commncé à enseigner à des amis un mix de yoga, de danse det de cri cathartic dans un sous-sol de son condo de Tribeca. Beaucoup de célébrités ont commencé à venir— Naomi Watts, Christy Turlington — ce qui est un point très positif dans le monde de la fitness et l’année dernière Toomey a pu ouvrir son studio. «  Je pense que nous devons tous affronter les effets du monde extérieur » dit-elle une après-midi avant sa classe, «  C’est tous ces médis sociaux, c’est tout «  a qui est-ce que je me compare », c’est toute l’illusion que le gens se créent sur la perfection des choses, ou ne sont pas. On l’utilise comme plate forme pour la honte et la haine. Je pense que le bien-être est un mouvement, et toutes ces pratiques diffrentes tournent toutes autour de l’élargissement de la conscience et de la clairvoyance, et c’est devenu nécessaire. Je pense que nous sommes vraiment effrayés et troubés et que nous recherchons l’appui de communautés. » Contre un mur se trouvent des produits à vendre, plus de poussières et d’en-cas Moon Juice, des huiles essentielles que Toomey frotte sur ma paume, elle ferme les yeux et inhale profondément. «  Maintenant, dit-elle, vous sentez comme l’amour »

Quand Toomey entre dans la salle, elle commence par crier : «  Quittez le putain de miroir, quittez la mère et le putain de miroir et revenez dans votre corps réel ! » Ses élèves se tapent les poings sur les cuisses et gémissent. Elles se trémoussent et se secouent et mugissent – des guerriers Maori sous une tente de renaissance baptiste dans le Sud,  mis à part le fait que ce ne sont que des femmes,, blanches, et qu’elles portent toutes des soutien-gorge de gym. Tout le monde transpire beaucoup, la pièce n’est pas ventilée, à faire des jumping jacks, des burees ou des abdos, avec un chien renversé à l’occasion.

Ce qui est remarquable c’est Toomey elle-même, qui parle de sa voix grave et enrouée avec son casque du début à la fin, un monologue changeant sur l’aide-à soi, des encouragements et des conseils : «  Dites au revoir à vos histoires, dit-elle, n’accusez pas ne condamnez pas. Communauté. Unité. Vous vous vous. »  chante-t-elle. Pas une seule fois mentionne-t-telle des parties du corps et je me trouve presque gênée  de penser, en faisant des jetés que je pratiquais il y a des lustres lors des classes Tao BO, ah celui-là est bon pur les fesses. Quand tout est terminé, Toomey commence à calemer son monologue. Plus de cris, plus de «  putain ». Le miroir est trop embué de toute façon pour qu’on voit quoi que ce soit. Toomey propose à la classe de s’étreindre la poitrine (sur la sienne se trouve un collier de cristal qu’elle a créé, dont une variété est en vente à l’accueil, de 400 à 10.800 dollars, «  Ca aide à s’enraciner » explique-t-elle. «  Oh, dit-elle doucement, ma douce, tu es là. C’est moi. Je suis désolée »

La méditation,  cette pratique vieille de plusieurs siècles, est à ce mouvement ce que le jogging était en 1978 pour « l’élite physique ». Le protocole de base et une opportuité d’évolution personnelle. En ce moment il y a deux compétiteurs majeurs dasn l’arène des «  studio de méditation »  à New York, L’un, Inscape, est l’enfant spirituel de Kajak Keledjian, qui a fait fortune avec Intermix, qui a récupéré des tenues créées par des designers haut de gamme qui pouvaient marcher sur le Jitney ou au Marquee. Il a vendu la maison à Gap et comme cela se produit souvent, avec les gens qui réussissent, a été inondé de questions sur la façon de réussir. Sa réponse a ét : par la médittion. Il a appris d’un ami qui conduit un hedge fund sur les bénéfices de regarder à l’intérieur. «S’occuper de soi est une nouvelle dimension du luxe » me dit Keledjaian. « Au lieu d’être des êtres humains, nous sommes devenus des humains faisants, j’ai assez travaillé sur l’apparence des gens. Et maintenant j’aide l’intérieur des gens, je travaille aussi dur, simplement plus consciemment. »

Ellie Burrows du rival d’Inscape Mndfl  était une jeune réalisatrice déprimée par le fait qu’elle n’aimait pas travailler de la façon dont ses collègues travaillaient. Elle s’offrit une odyssée du genre mange-prie-aime et quand elle revint à New York, elle commença à faire du bénévolat à l’ Institute for Compassionate Leadership,  ( institut pour une direction compassionnée) qui était dirigé par un Boudhiste Shambhala Lodro Rinzler dans le Upper East ( Ce n’est probablement pas la seule raison, j’était enfermée dans un placard étant enfant, mais c’était le même endroit) qui avait également écrit de nombreux livres dont «  Le Bouddha entre dans le bar, » The Buddha Walks Into the bar.

Ils eurent cette idée et grâce à la famille et aux amis, ils réussirent à lever les fonds nécessaires pour ouvrr trois studio à New York. «  Nous n’avons pas tourné autout des graines, nous avons tourné autour de l’amour » m’a dit Burrows une après-midi. Elle est enveloppée de foulards avec un tas de joailleries délicates en or dans le hall du studio Mndfl de la 8ième rue. Pas de téléphone, dit une affiche, mais nous comprenons que vous deviez faire un ista du mur à plantes.

«  Nous avons constaté que ça affecte nos vies directement, nous voulons être au service des autres, et cela a été très inspirant pour les gens qui ont décidé d’investir : ils l’ont fait dans un esprit de service. »

Dans la pièce calme éclairée par un vélux de Mdfl, une classe de méditation de 30 minutes est animée par Kevin Townley, un acteur aux cheveux blonds avec des lunettes en écaille et un visage anormalement doux. «  Vous êtes sur un pont, incante-t-il, et vos pensée flottent. Vous les laissez aller, vous les observez. » Un homme respire bruyamment par le nez, mis à part cela la pièce est silencieuse, à prt les occasionnels réajustements, reniflements, raclements de gorge. A la fin de la classe, Townley  donne la parole aux participants.

«  Je n’ai pas pu venir récemment, dit un homme au premier rang. Il est vêtu de pantalons kaki et d’une chemise vichy.  Son apparence est résolument grand public. «  Je me demande quoi faire de ce que j’ai appris lorsque je ne viens pas ici, parce que ce que j’ai réalisé, quand j’ai médité et bien… tout n’est pas bon » Townley opine avec empathie. Il sait. Il n’y a aucune garantie que tout cela s’incline vers la beauté et la paix. Il ya la possibilité de découvrir de la souffrance. La souffrance après tout est encore la vie. Comme l’insatisfaction, les nuits d’insomnie, et les douleurs articulaires. Tout comme l’est le fait de vieillir. Nous trouvons des façon de guérir, seulement pour en chercher de nouvelles.

« Je ne sais pas où mettre ma colère » dit-il. «  Et puis je ne peux pas en venir à bout ici, c’est juste là. Et je suis coincé. »

Accessoires par Dorothee Baussan au Mary Howard Studio; Coiffure et maquillage par  David Tibolla utilisant CHANEL Ombre Premiere à  Exclusive Artists.

*Cet article a été publié le 26 juin 2017, dans   New York Magazine.

” Pourquoi le bien-être est-il un nouveau symbole de luxe et le moyen de se sentir, d’avoir l’air et d’agir comme les riches “

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

La monopolisation de l’Amérique : le plus important problème économique dont vous n’entendez jamais parler. Robert Reich

Le signe est toujours ostensible, seule son interprétation change. La passion sans borne pour les “marques”, dite comme telle ou uniquement pratiquée dans l’intimité de la construction de soi, est un des stigmates de l’absorbtion de codes, applicables à toutes les aires de la vie où chacun a le sentiment de créer sa propre expérience en tant d’individu unique. Cette individualisation intégrée comme une réalité psychique de  “l’hyperconsommateur expérienciel”* se crée dans le contexte d’un lien spécifique et clos sur lui-même entre l’objet-marchandise et le consommateur, évacuant la réalité des pratiques périphériques des autres consommateurs pour se centrer sur la nature supposée, et décrite d’une façon forcenée comme telle, d’unicité du choix et de la signifiance d’excellence qu’il indique pour celui ou celle qui l’opère. Il va de soi que l’accès à la connaissance de ce qui et de qui manipule l’illusion d’une profusion de possibilités dans l’objet-marchandise ne peut que remettre en jeu cette pseudo-liberté consumériste et ne faire valoir que la prison dorée qui l’entoure.EG

* ” Gilles Lipovetsky “Le bonheur paradoxal”  Essais folio Gallimard 2013 p.150

La grande lessive Hommage aux Oligopoles. P&G ” Au plus près de la vie “

Et dans la perspective de ce monde lobbyisé où le politique n’a plus comme fonction que de s’adapter aux initiatives technocratiques. Walmart entreprend de polliniser avec des drônes.

Le monopole de l’Amérique : le plus important problème économique dont nous n’entendons jamais parler. Une seule réponse : il est temps de remettre au goût du jour les lois anti-trust

THE MONOPOLIZATION OF AMERICA: The biggest economic problem you’re hearing almost nothing about

There’s only one answer: It is time to revive antitrust.

Robert Reich / Robert Reich / Op-Ed – May 7, 2018

Il y a peu de temps j’ai rendu visite à des fermiers du Missouri dont les bénéfices disparaissent. Pourquoi ? Monsanto à lui seul possède la clef génétique de 90 % des plans de soja récoltés par les agriculteurs des US et de 80 % du maïs. Ce qui signifie que Monsanto peut élever librement ses coûts. Les fermiers sont étranglés d’un autre côté également, parce que les groupes agro-alimentaires auxquels ils vendent leurs produits sont  eux-aussi devenus des méga-compagnies qui ont un tel pouvoir sur le marché qu’ils peuvent diminuer les prix payés aux agriculteurs. Ce qui ne signifie pas des prix plus bas pour vous quant à la nourriture. Mais signifie de plus gros profits pour les monopoles.

Des monopoles partout.

L’Amérique avait des lois anti-trust qui empêchaient les corporations de monopoliser les marchés et dissolvaient souvent les compagnies coupables les plus importantes. Plus maintenant. C’est une redistribution cachée d’argent et de pouvoir de la majorité des Américains vers l’exécutif des corporations et les riches actionnaires

Vous pouvez penser que vous avez beaucoup de choix, mais regardez de plus près :

  1. Les quatre plus grandes compagnies d’agro-alimentaire contrôlent 82 % du conditionnement du bœuf, 85 % de la transformation du soja, 63 % du conditionnement du porc, et 53 % du conditionnement du poulet.
  2. Il existe de nombreuses parques de dentifrice mais 70 % de l’ensemble ne vient que de deux compagnies.
  3. Vous pouvez penser avoir le choix parmi les lunettes de soleil, mais elles viennent toutes ou presque d’une seule compagnie : Luxottica. Qui possède aussi pratiquement tout le marché des montures de lunettes.
  4. Pratiquement tous les ceintres en plastiques d’Amérique sont faits par une seule compagnie : Mainetti
  5. Quelle marque d’aliments pour chat devriez-vous acheter ? Il semble qu’il en existe beaucoup mais que derrière elles ne soient que deux compagnies.
  6. Et les produits pharmaceutiques ? Oui vous pouvez vous procurer les génériques bon marché. Mais les compagnies pharmaceutiques payent en fait les fabricants de médicaments génériques afin qu’ils repoussent la mise sur le marché des versions moins onéreuses. De tels «  payer pour un délai » sont illégaux dans d’autres économies avancées, mais les renforcement anti-trust n’ont pas touché un seul de leurs cheveux. Ils nous coûtent aux environs de 3.5 milliards par an
    7. Vous pensez que votre assurance santé couvrira les coûts ? Les assurances santé elles aussi fusionnent. Ce qui est la raison pour la montée en flèche des coûts des premiums, copaiements, et des déductibles.
  7. Vous pensez avoir un grand choix quand vous achetez un billet d’avion ou faites une réservation d’hôtel ? Erreur. Vous n’en avez que deux, Expédia a fusionné avec Orbitz, ce qui ne fait plus qu’un compagnie, et il y a Priceline.
  8. Et en ce qui concerne le câble ou les fournisseurs internet ? Il n’y en a que quatre. Et deux d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient fusionner.

Pourquoi le monopole en Amérique est-il un énorme problème.

Le problème avec toutes ces fusions entre les mains d’une poignée de firmes géantes est qu’elles n’ont pas besoin d’être en compétition. Ce qui signifie qu’elles peuvent faire et font monter les prix.

De telles fusions maintiennent les salaires au plus bas. Les travailleurs ont moins le choix de leur employeur tout en ayant plus de peine à obtenir une augmentation. Quand le marché local du travail est dominé par exemple par un hypermarché (big box)  ou par une seule chaîne de distribution, ce sont eux qui déterminent le niveau des salaires dans leur sphère géographique. De telles consolidations maintiennent bas les salaires. Les salariés ont moins de choix dans leurs employeurs et plus de difficultés à obtenir une augmentation. Quand le marché du travail local est dominé par un consortium uniquement, ou une marque de grande distribution par exemple, ces firmes déterminent le niveau des salaires pour la zone.

Ces corporations gigantesques ont aussi une grande influence politique. Et c’est une des raisons pour leur consolidation : le pouvoir. Les lois antitrust étaient supposées arrêter ce qui est en train de se produire. Mais aujourd’hui, elles sont presque lettre morte. Et ceci vous endommage.

Nous avons oublié l’histoire

La première loi antitrust a été votée en 1890 quand le Sénateur John Sherman a répondu à une colère populaire concernant les énormes cartels des chemins de fer, de l’acier, des télégraphes et du pétrole – alors appelés trusts qui dirigeaient alors les USA

Une poignée de responsables de corporations connus en tant que «  robber barons » présidaient à tout cela, amassant des fortunes aux dépends des travailleurs qui triaient de longues heures souvent dans de dangereuses conditions pour un maigre salaire. Les corporations dupaient les consommateurs et corrompaient la politique.

Puis, en 1901, le réformateur progressiste Teddy Roosevelt devint Président. Au même moment le public américian exigeait une action. Dans son premier message au Congrès, en Décembre 1901, seulement deux mois après avoir occupé la Présidence, Roosevelt avertit : «  Il existe une conviction répandue dans l’esprit du peuple américain que les grandes corporations, connues sous le nom de trusts sont dans certains de leurs aspects et tendances dangereuses pour le bien-être populaire général. » Roosevelt utilisé le Sherman Antitrust Act pour attaquer la Nothern Securities Company, une compagnie géante de chemins de fer dirigée par JP Morgan, l’homme d’affaire le plus puissant de la nation. La Cour suprême des US soutint Roosevelt et ordonna le démantèlement de la compagnie.

En 1911, le John D. Rockefeller’s Standard Oil Trust était démantelé aussi. Mais lors de sa décision, la Cour suprême altéra le Sherman Act, ajoutant que les restrictions du commerce de monopole étaient critiquables uniquement si il était considéré comme « déraisonnable ». “unreasonable” – et que c’était à la cour de le déterminer. Lors de l’élection présidentielle de 1912, Roosevelt, qui se représentait à la présidentielle mais cette fis comme candidat du troisième parti, dit qu’il autoriserait certaines concentration d’industries lorsque’il y aurait une efficacité économique due à leur grande échelle.  Il aurait alors un comité d’expert régulant ces grandes corporations pour le bénéfice public. Woodrow Wilson, qui finit par gagner ces élections et son conseiller Louis Brandeis, optèrent pour une vision différente. Ils ne pensaient pas que la régulation fonctionnerait et que tous les monopoles devaient être démantelés. Pendant les 65 années qui suivirent, les deux positions se maintinrent. Il y eu des lois anti-trust fortes avec des régulations qui gardèrent le contrôle sur les corporations. La plupart des grandes fusions furent prohibées.

Même celles de grande taille étaient considérées comme un problème. En 1945, dans le cas United States v. Alcoa (1945), la Cour suprême a décidé que même si Alcoa n’avait pas acquis un monopole, elle en était devenue un en prenant une telle ampleur qu’elle était coupable de violation du Sherman Act.

Qu’est devenue la loi anti-trust ?

Tout a changé dans le années 80, après que Robert Bork, avec qui incidemment j’ai étudié les lois anti-trust à l’Ecole de droit de Yale puis avec qui j’ai travaillé lorsqu’il est devenu Avocat général sous le Président Ford – ait écrit un livre influent nommé «  Le paradoxe de l’anti-trust, qui soutenait que le seul but du Sherman act était le bien être du consommateur. Bork affirmait que les fusions et les grandes tailles créent presque toujours de l’efficacité qui permet de faire baisse les prix, et que dans ce contexte, elles devraient être légales. Les idées de Bork étaient en relations avec la conservatrice Ecole de Chicago, Chicago School of Economics, et trouva une audience fin prête dans l’administration Reagan. De même que sous mandat démocrate. Bork avait tort. Mais depuis lors, les antitrust ont quasiment disparus.

Le monopole de la «  high tech »

Nous assistons au déclin de la compétition même dans les industries de pointe et dans la haute technologie. Dans la nouvelle économie, l’information et les idées sont la forme de propriété la plus valorisée. C’est là qu’est l’argent. Nous n’avons jamais vu de concentration de cette ampleur auparavant. Google et Facebook sont là où maintenant les Américains cherchent leurs informations. Pendant ce temps, Amazon est le premier arrêt pour la moitié des Américains cherchant à acheter quelque chose. Nous évoquions le pouvoir.Contrairement à une vision conventionnelle de l’économie américaine grouillant de petites compagnies innovantes, la réalité est tout à fait différente. La proportion à laquelle les nouvelles compagnies se sont créées aux US a remarquablement ralenti depuis les années 70.  Les brevets généralisés, les plate-formes standards, les flottes d’avocats poursuivant les rivaux potentiels, les armées de lobbyists ont créé des barrières formidables pour les nouveaux arrivants. Le moeur de recheche de Google est si dominant que «  to google » est devenu un verbe.

L’Union européenne a poursuivi Google par l’intermédiaire de la loi anti-trust, l’accusant de forcer les usagers de son moteur de recherche vers ses propres plateformes d’achats. Et en juin dernier, Google a dû s’acquitter d’une amende record de 2.7 milliards. Mais pas en Amérique. Il est temps de redonner vie à l’anti-trust. Les pouvoirs économique et politique ne peuvent être séparés parce que des corporations dominantes gagnent de l’influence sur l’organisation, la maintenance et le renforcement du marché sur le plan politique- ce qui augmente encore leur pouvoir. Alors que le but premier de la loi anti-trust était de prévenir cela. Le « big tech » comme les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, l’agriculture et les géants finaciers, dominent maintenant à la fois l’économie et le politique. Il n’y a à cela qu’une seule réponse : remettre en fonction les lois anti-trust.

Robert Reich

http://robertreich.org/

Robert B. Reich est Chancellor’s Professor de politique publique à l’Université de Californie  à Berkeley, Senior Fellow au Blum Center for Developing Economies. Il a exercé en tant que Secrétaire d’état au travail sous l’administration Clinton et s’est vu nommé par le Times magazine l’un des dix secrétaires de cabinet les plus efficaces du 20ième siècle,. Il a écrit quatorze livres, y compris les best-sellers « “Aftershock”, “The Work of Nations,” et “Beyond Outrage,” et , son plus récent, “Saving Capitalism.” Il est aussi le fondateur de l’American Prospect magazine, membre du burau de Common Cause, et memebre de l’American Academy of Arts and Sciences, co-fondateur de l’association Inequality Media and co-créateur du documenaire récompensé «  Inequality for All ».

 

Article lié ” The state of competition and dynamism: Facts about concentration, start-ups, and related policies “. The Brooking Brief

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Néo-libéralisme : l’idéologie à la base de tous nos problèmes Georges Monbiot

Avant de prendre connaissance de ce très bon article de G. Monbiot sur l’histoire du néo-libéralisme et sur ses caractéristiques, il semble intéressant de présenter cette citation de Carl Sagan dans le Counterpunch du 12.08.

En effet, la plupart des idéologies qui ont eu à ordonner la vie sociale, politique et culturelle de pays entiers sur des durées plus ou moins longues ont toujours affiché avec ostentation leur identité, leurs critères de réussite collective ou individuelle et mis en place, sur un mode coercitif quand c’était nécessaire et adapter les critères d’une idéologie à la réalité rend la coercition et la répression toujours nécessaires, les étapes et les cadres devant amener le peuple à se plier dans l’enthousiasme et pour son bien. 

Une des caractéristiques du néo-libéralisme est qu’il n’avance que masqué et, après s’être abreuvé des travaux de Edward Bernays, a mis au point une méthode vouée au succès presque absolu, ne pas avoir à s’imposer de l’extérieur mais devenir partie prenante, essence même de la vie, des valeurs et même, plus grave, des modes de penser les réalités et les identités individuelles et collectives des sociétés auxquelles il s’impose. ” S’imposer ” n’est pas le terme puisque dans ce lent mais radical mouvement vers l’individu et son bonheur comme régles propagandiques fondamentales du consumérisme qui est son combustible  rien ne semble faire pression Le mimétisme, mis en avant par René Girard,  en tant que dynamique constituant le social,  fonctionnant sans coup férir dans un monde où l’autre en miroir est sans cesse visible et évaluable et où le neuro-marketing s’occupe de joindre au flux nos plus fervents désirs d’aliénation.

C’est par choix et en prônant une des valeurs essentielles du néo-libéralisme, la liberté, que s’organise le mouvement sans fin du capitalisme dans sa forme contemporaine, la plus raffinée technologiquement et médiatiquement et la plus sauvage humainement et socialement. 

Carl Sagan fait ici référence à l’Amérique et observe sa lente décomposition intellectuelle mais il pourrait, devrait ici, sortir du spectre national pour mettre en lumière les mêmes effets, dus au système idéologique et fonctionnant en vortex, de la totale soumission des USA aux valeurs de dérégulation du néo-libéralisme, à la fois miroir et leader d’un fonctionnement qui s’est auto-proclamé ” global ” , sur l’ensemble de la planète et qui a donné à l’économique l’indépendance et le pouvoir en repoussant le politique  vers le rôle de factotum des fantasmes du marché. EG

Carl Sagan: ” J’ai eu la vision de l’Amérique au temps de mes enfants et petits-enfants, quand les USA sont devenus une économie de service et d’information, quand presque toutes les usines-clefs sont parties vers de nouveaux pays, quand des pouvoirs technologiques incroyables sont entre les mains de quelques individus et que personne représentant l’intérêt public ne peut même envisager les problématiques, quand les gens ont perdu la capacité à organiser leurs propres agendas ou à questionner de manière compétente les détenteurs de l’autorité, quand, étreignant nos boules de cristal et consultant nerveusement nos horoscopes, nos facultés critiques déclinent, incapables de distinguer entre ce qui est agréable et ce qui est vrai, nous glissons, sans presque nous en apercevoir vers la superstition et l’obscurantisme. L’abrutissement de l’Amérique est le plus palpable dans la lente perte de tout contenu consistant dans des médias à l’influence énorme : Les petites phrases de 30 secondes, maintenant réduite à 10 ou moins, les programmes au dénominateur commun le plus bas, les présentations crédules, la pseudoscience et la superstition, mais tout spécialement une sorte de célébration de l’ignorance.”
” I have a foreboding of an America in my children’s or grandchildren’s time–when the United States is a service and information economy; when nearly all the key manufacturing industries have slipped away to other countries; when awesome technological powers are in the hands of a very few, and no one representing the public interest can even grasp the issues; when the people have lost the ability to set their own agendas or knowledgeably question those in authority; when, clutching our crystals and nervously consulting our horoscopes, our critical faculties in decline, unable to distinguish between what feels good and what’s true, we slide, almost without noticing back into superstition and darkness. The dumbing down of America is most evident in the slow decay of substantive content in the enormously influential media, the 30-second sound bites (now down to 10 seconds or less), lowest common denominator programming, credulous presentations on pseudoscience and superstition, but especially a kind of celebration of ignorance.”

Néolibéralisme– l’idéologie à la base de tous nos problèmes.

Faillites financières, désastres environnementaux, et même la montée de Donald Trump – le néolibéralisme a joué un rôle dans chacun d’eux. Pourquoi la Gauche a-t-elle échoué dans la proposition d’une alternative ?

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 ‘Pas d’alternative ( le “ TINA”) Ronald Reagan et Margaret Tatcher à la Maison blanche

. Photograph: Rex Features

George Monbiot

@GeorgeMonbiot

Imaginez si les gens en Union soviétique n’avaient jamais entendu parler du communisme. L’idéologie qui domine nos vies a, pour la plupart d’entre nous, aucun nom. Mentionner la dans une conversation et vous serez récompensé par un haussement d’épaules. Même si vos interlocuteurs ont entendu ce terme auparavant, ils vont lutter pour le définir.  Le Néo-libéralisme, savez-vous ce que c’est ?

Son anonymat est à la fois le symptôme et la cause de son pouvoir. Il a joué un rôle majeur dans une remarquable variété de crises. Le  crack financier de 2007.2008,   le mouvement offshore de la richesse et du pouvoir, dont l’affaire des Panama Papers ne nous offre qu’un aperçu, le lent effondrement de la santé publique et de l’éducation, la pauvreté infantile résurgente, l’épidémie de solitude, l’effondrement des éco-systèmes, la montée de  Donald Trump. Mais nous répondons à ces crises comme si elles émergeaient isolément, apparemment ignorants du fait qu’elles ont toutes été ou catalysées ou exacerbées par la même cohérence philosophique. Une philosophie qui a- ou avait- un nom. A part celui-ci, quel plus grand pouvoir peut-il opérer sans nom ?

L’inégalité est requalifiée de vertueuse. Le Marché assure que chacun ait ce qu’ il mérite.

Le Néo-libéralisme est devenu si pénétrant que nous le reconnaissons à peine comme une idéologie. Il semble que nous acceptions la proposition selon laquelle cet idéalisme, cette foi millénariste décrit une force neutre, une sorte de loi biologique, comme celle de l’évolution de la théorie darwinienne. Mais cette philosophie a vu le jour dans une tentative consciente de  réorganiser la vie humaine et de faire se déplacer les termes du pouvoir.

Le Néo-libéralisme voit la compétition comme l’élément le plus caractéristique des relations humaines.

Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les choix démocratiques sont exercés au mieux en vendant et en achetant, un processus qui gratifie le mérite et punit l’inefficacité.

Il maintient que le «  marché » délivre des bénéfices qui ne pourraient jamais être atteint par la planification.

Les tentatives de limiter la compétition sont traitées comme antinomiques à la liberté. Les impôts et la régulation doivent être réduits au minimum, les services publics doivent être privatisés. L’organisation du travail et les négociations par les syndicats sont décrits comme des distorsions du marché qui empêchent la formation d’une hiérarchie naturelle de gagnants et de perdants. L’inégalité est redéfinie comme vertueuse : une récompense de l’utilité et un générateur de richesse, qui retombe sur tous afin de les enrichir. Les efforts pour créer une société plus égalitaire sont à la fois contre-productifs et moralement corrosifs. Le Marché assure que tous ait ce qu’il mérite.

Nous avons internalisé et nous reproduisons son Credo. its creeds. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse grace à leur mérite, ignorant les avantages – comme l’éducation, les héritages, ou la classe sociale d’appartenance, qui peuvent les avoir aidé à la créer. Le pauvre commence par se blamer lui-même à cause de ses échecs, même lorsqu’ils ne peuvent rien faire pour changer le contexte des circonstances.

Le chômage structurel n’a pas d’importance : si ils n’ont pas d’emploi c’est parce qu’ils ne sont pas assez entreprenants. Le coût impossible du logement n’a pas d’importance : si votre carte de crédit est épongée, c’est parce que vous êtes incapable et dépensier. Le fait que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu n’a pas d’importance : s’ils deviennent obèses, c’est votre problème. Dans un monde gouverné par la compétition, ce qui tombent en marche se font définir et se définissent eux-mêmes comme des perdants.

Parmi les résultats, comme Paul Verhaeghe le note dans son livre What About Me? On trouve des épidémies d’automutilation, des troubles de l’alimentation, de la dépression, de la solitude, l’anxiété des performances et de la phobie sociale. Il n’est peut-être pas surprenant que la Grande-Bretagne, dans laquelle l’idéologie néo-libérale a été appliquée le plus rigoureusement soit la capitale européenne de la solitude.  Nous sommes devenus néo-libéraux maintenant

Le terme de “ néo-libéralisme” fût introduit lors d’un meeting à Paris en 1938. Parmi les délégués, on trouvait deux hommes qui définiront cette idéologie, Ludwig Von Mises and Friedrich Hayek. Tous deux exilés d’Autriche, ils voyaient la social-démocratie, incarnée par le New Deal de Franklin Roosevelt et le développement progressif de l’état-providence en Grande Bretagne comme des manifestations du collectivisme qui occupait le même spectre que le Nazisme ou le Communisme.

Dans son livre « La route vers la servitude » The Road to Serfdom, publié en 1944, Hayek argument que la planification gouvernementale, en écrasant l’individu, mènerait inexorablement à un contrôle totalitaire. Comme l’ouvrage de Mises, « Bureaucratie », « La route vers la servitude » fut largement lu. Il fut remarqué par certaines personnes très riches, qui virent dans cette philosophie une opportunité pour eux de se libérer des régulations et des taxes. Quand, en 1947, Hayek fonda sa propre organisation qui allait répandre la doctrine du néo-libéralisme la Société du Mont-Pélerin  – il fût supporté financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.

Avec leur aide, il commença à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans son livre “ Les maîtres de l’univers”, Masters of the Universe comme “ une sorte d’Internationale néolibérale” : un réseau international d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et d’activistes. Les soutiens fortunés du mouvement fondèrent une  série de groupes de recherche  qui raffinèrent et assurèrent la promotion de l’idéologie. Parmi eux, l’American Enterprise Institutel’ Heritage Foundationle Cato Institutel’ Institute of Economic Affairsle Centre for Policy Studies et l’  Adam Smith Institute. Ils financèrent également des positions académiques et des départements, particulièrement dans les Universités de Chicago et de Virginie.

En évoluant, le néo-libéralisme devint plus véhément. La vision d’Hayek selon laquelle le gouvernement devrait réguler la compétition afin d’éviter la création de monopoles fût remplacée – parmi des apôtres américains comme  Milton Friedman – par la croyance que le pouvoir des monopoles pouvait être considéré comme une récompense pour l’efficacité.

Quelque chose d’autre se produisit pendant la transition : le mouvement perdit son nom. En 1951, Friedman était content de se décrire lui-même comme un néo-libéral . Mais peu de temps après, le terme commença à disparaître. Encore plus étonnant, même lorsque l’idéologie devint plus Claire et le mouvement plus cohérent, l’appellation perdue ne fut remplacée par aucune alternative commune.

Tout d’abord, malgré son financement gigantesque, le néo-libéralisme resta dans la marge. Le consensus d’après-guerre était universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la libération de la pauvreté étaient des buts communs aux USA et dans l’Europe de l’ouest, les taux d’imposition étaient élevés et les gouvernements cherchaient les issues sociales sans embarras, développant de nouveaux services publiques et des réseaux de sécurité.

Mais en 1975 quand les politiques keynésiennes commencèrent à s’effondrer et que la crise économique frappe des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales commencèrent à pénétrer les médias grand public. Comme le remarqua Friedman  quand le moment vint pour le changement, il y avait là une alternative toute prête. Avec l’aide de journalistes sympathisants  et de conseillers politiques, des éléments du néo-libéralisme furent adoptés, spécialement en ce qui concerne la politique monétaire, par l’administration Carter aux USA et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande Bretagne.

Après la prise de pouvoir de Margaret Tatcher et de Ronald Reagan, le reste du colis suivit rapidement : des baisses d’impôt massives pour les riches, l’écrasement des syndicats, la dérégulation, les privatisations, la sous-traitance et la compétition dans les services publics. A travers l’IMF, la Banque mondiale, le Traité de Maastricht et la World Trade Organisation, les politiques néolibérales furent imposées – souvent sans l’approbation démocratique – presque partout dans le monde. Plus étonnant encore leurs adoptions par des partis qui se disaient auparavant «  de gauche » : le Labour party ou les Démocrates par exemple. Comme le note Stedman Jones : «  Il est difficile d’imaginer une autre utopie aussi pleinement réalisée. »

***

Il peut sembler étrange qu’une doctrine promettant le choix et la liberté ait été promue avec le slogan «  Il n’y a pas d’alternative »  mais comme Hayek le remarquait lors d’une visite à Pinochet au Chili – une des premières nations à avoir appliqué le programme dans sa totalité- « Mon choix personnel penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dévoué au libéralisme. » La liberté qu’offre le néolibéralisme, qui semble si séduisante quand elle est évoquée en termes généraux, se révèle être la liberté des prédateurs, pas du menu fretin.

L’indépendance à l’égard des syndicats et de la négociation peut permettre de supprimer les salaries. L’indépendance à l’égard de la régulation signifie la liberté d’empoisonner les rivières,  de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des taux des taux d’intérêt injustes et de mettre au point des instruments de financement exotiques. La liberté face à l’impôt signifie la liberté dans la distribution des richesses qui peuvent extraire les peuples de la pauvreté.

Naomi Klein l’écrit dans La doctrine du choc ,  les néolibéraux ont defendu l’usage des crises afin d’imposer des lois impopulaires pendant que les populations étaient distraites : par exemple dans l’après-coup du coup d’état de Pinochet, la guerre en Irak ou l’ouragan Katrina que Friedman décrit comme «  une opportunité pour réformer radicalement le système éducatif » en Nouvelle Orléans

Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposes nationalement, elles le sont au niveau international, à travers les traits commerciaux incorporant le « investor-state dispute settlement »: des tribunaux offshores dans lesquels les corporations peuvent faire pression pour le détournement des lois de protection environnementale ou sociale. Lorsque le Parlement a voté pour restreindre la vente de cigarettes, protéger la qualité de l’eau contre les compagnies minières, geler des lois sur l’énergie ou prévenir contre les arnaques des firmes pharmaceutiques envers l’état, les compagnies l’ont poursuivi, souvent avec succès.

Le Néo-libéralisme n’ pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu.

Un des autres paradoxes du néo-libéralisme est que la compétition universelle s’appuie sur une quantification et une comparaison universelle. Le résultat est que les travailleurs, les chercheurs d’emploi et les services publics sont sujets à un régime étouffant  et chicanier de vérifications et de guidance, supposé identifier les gagnants et punir les perdants. La doctrine que Von  Mises proposait devait nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification centralisée en a, à sa place, créé une autre.

Le néo-libéralisme n’a pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu. La croissance économique a été remarquablement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en grande Bretagne et aux US) qu’elle l’avait été dans les décennies précédentes. L’inégalité dans la distribution des richesses et des revenus, après soixante années de déclin, a crû rapidement sur cette période, à cause de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôts, de l’augmentation des loyers, de la privatisation et de la dérégulation.

La privatisation et la mise sur le marché des services publics comme l’énergie, l’eau, les trains,  la santé, l’éducation les routes et les prisons ont permis aux firmes privées d’installer des postes de péage face de biens essentiels et d’en faire payer les locations ou bien aux citoyens ou au gouvernement, pour leur usage.  La location est une autre face des rentes. Quand vous payez un prix gonflé pour un ticket de train, seulement une partie compense l’opérateur pour l’argent dépensé en carburant, salaries, le matériel roulant et autre. Le reste reflète uniquement le fait  qu’ils vous ont à leur merci.

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Au Mexique,  Carlos Slim s’est vu attribuer le contrôle de presque tous les services téléphoniques et il devint bientôt un des hommes les plus riches de la planète.. Photograph: Henry Romero/Reuters

Ceux qui possèdent les services privatisés ou semi-privatisés font des fortunes gigantesques en investissant peu et en chargeant un maximum. En Russie et aux Indes, les oligarques ont acquis des organismes d’états qui étaient bradés et pratiquement toutes les lignes terrestres et les services de téléphonie mobile passèrent sous le contrôle de Carlos Slim qui devint un des hommes les plus riches au monde.

La financialisation comme  Andrew Sayer le note dans : Why We Can’t Afford the Rich, (Pourquoi ne peut-on pas s’offrir les riches ?) a eu un impact similaire. « Comme les loyers, dit-il, les intérêts sont un revenu non gagné qui augmente sans aucun effort. » Comme les pauvres s’appauvrissent et le riches s’enrichissent, les riches acquièrent un contrôle accru sur un des points essentiels : l’argent. Les taux d’intérêt, d’une façon majeure, sont un transfert d’argent des pauvres vers les riches. Comme les prix du foncier et le retrait des fonds d’état criblent les gens de dettes  (pensez aux basculement des bourses pour étudiants aux prêts pour étudiants), les banques et leur exécutif font le ménage.

Sayer prétend que les quatre dernières décennies ont été caractérisées par le transfert de richesse pas seulement des pauvres vers les riches mais aussi au sein des riches eux-mêmes : de ceux qui faisaient de l’argent en produisant de nouveaux biens de consommation ou de nouveaux services à ceux qui ont construit leurs fortunes en contrôlant les biens existant et en accumulant les fonds, les intérêts et les capitaux. Les revenus gagnés ont été supplantés par les revenus non gagnés.

Les politiques néolibérales sont partout, assaillies par les échecs du marché. Non seulement les banques sont-elles «  trop grosses pour échouer » mais les corporations le sont aussi qui ont à charge de délivrer des services publics. Comme le remarque Tony Judt dans  Ill Fares the Land, Hayek a oublié que les services nationaux vitaux ne peuvent pas être autorisés à s’effondrer, ce qui signifie que la compétition ne peut s’y exprimer. Le business ramasse les profits, l’état prend les risques.

Plus l’échec est massif, plus l’idéologie s’extrémise. Les gouvernements utilisent les crises néolibérales à la fois comme excuse et comme opportunité pour les baisses d’impôts, la privatisation de des services publics restants, la création de trous dans le filet de la protection sociale, la dérégulation des entreprises et la re-régulations des citoyens. L’état qui se hait lui-même plonge maintenant ses dents dans chaque organe du service public.

Il est probable que le pire impact du néolibéralisme ne soit pas l’état de crise économique qu’il a généré mais l’état de crise politique. Au fur et à mesure que se réduit le camp de l’état, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se contracte également.  A sa place, la théorie néolibérale affirme que le choix des individus peut s’exercer à travers leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la démocratie de la grande consommation ou de l’actionnariat, les votes ne sont pas distribués égalitairement. Le résultat est une déresponsabilisation des classes pauvres et de la classe moyenne. Et comme les partis de droite comme ceux de  l’ancienne gauche  adoptent des politiques néolibérales identiques, la déresponsabilisation se transforme en suppression du droit de vote. Un grand nombre de personne ont été balayés de la vie politique.

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Slogans, symboles et sensation … Donald Trump. Photograph: Aaron Josefczyk/Reuters

Chris Hedges remarque que “ les mouvements fascistes construisent leur base non sur les politiquement actifs mais sur les politiquement inactifs, les “ perdants” qui sentent, souvent à raison, qu’ils n’ont pas de voix ou de rôle à jouer dans le jeu politique.” Quand le débat politique ne s’adresse plus à eux, les gens deviennent réactifs à sa place aux slogans, aux symboles et aux sensations. Pour les admirateurs de Trump par exemple, les faits et les arguments paraissent sans intérêt.

Judt explique que l’épais réseau d’interactions entre les citoyens et l’état a été réduit à rien sauf à de l’autorité et de l’obéissance, les deux seules forces qui nous lient au pouvoir central. Le totalitarisme que craignait Hayek est suppose apparaître quand les gouvernements, ayant perdu toute autorité morale qui provident de l’organisation des services publics sont réduits à “cajoler, menacer et finalement forcer les citoyens à leur obéir “.

***

Comme le communisme, le néo-libéralisme est un dieu qui a échoué. Mais la doctrine zombie continue de tituber, et une des raisons e nest son anonymat. Ou plutôt, son ensemble d’anonymats.

La main de la doctrine invisible est bougée par des appuis invisibles. Lentement, très lentement, nous avons commence à découvrir les noms de quelques-uns d’entre eux. Nous avons trouvé que l’ Institute of Economic Affairs, qui a abondamment argumenté dans les medias contre la régulation de l’industrie du tabac a été secrétement financée par la British American Tobacco depuis 1963. Nous avons découvert que  Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches de la planète, ont finacé l’institut qui a donné naissance au au mouvement du Tea Party . Nous avons découvert que Charles Koch, en créant l’un de ses groups de réflexion,  establishing one of his think tanks, a noté que “de façon à éviter des critiques indésirables, la façon don’t le groupe est contrôlé et dirigé ne doit pas faire l’objet d’une large information.”

Avant les nouveaux riches étaient dépréciés par ceux qui avaient hérité de leur fortune. Aujourd’hui, la relation s’est inversée.

Les mots utilisés par le néo-libéralisme dissimulent plus qu’ils n’élucident. “ Le marché “ semblent un système naturel qui pèse sur nous à égalité, comme la gravité ou la pression atmosphérique.  Mais il est tendu de relations de pouvoir. Ce que “ veut le marché “ tend à signifier ce que les entreprises et leur patrons veulent.  “L’investissement “ comme le note Sayer, signifie deux chosen complètement différentes. L’une est le financement d’activités socialement utiles, et productives, l’autre est la recherche d’avantages à faire fructifier par le prêt, les intérêts, les dividends et l’accroissement du capital. Utiliser le même mot pour différentes activités “ camoufle les sources de la richesse”, menant à la confusion entre l’extraction de richesse et la crcréation de richesse.

Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient déconsidérés par ceux qui héritaient de leur argent. Les entrepreneurs cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui la relation s’est inverse : les rentiers et les héritiers se décrivent eux-mêmes comme des entrepreneurs. Ils affirment avoir gagné les revenus dont ils ont hérité

Ces non-dits et ces confusions sont de maille avec l’anonymat et l’absence de residence du capitalism modern : le modèle de la franchise  qui assure que les salariés ignorent pour qui ils travaillent ; les compagnies enregistrées dans des filets de statuts secrets offshore si complexes que même la police ne peut pas en découvrir les bénéficiaires, les arrangements contribuables qui embobinent les gouvernements, les produits financiers que personne ne comprend.

L’anonymat du néo-libéralisme est férocement gardé. Ceux qui sont influences par Hayeck, Mises et Friedman tendent à rejeter le terme, maintenant, avec raison, qu’il n’est utilisé aujourd’hui uniquement péjorativement . Mais ils ne nous offrent aucune alternative. Certains se décrivent comme des libéraux classiques ou des libertaires, mais ces descriptions sont toutes les deux source d’erreur et d’auto-effacement car elles suggèrent que rien ne s’est passé avec “La route vers la servitude”,La bureaucratie”, ou dans le travail classique de Friedman, “Capitalisme et liberté.”

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Pour tout cela, il y a quelque chose d’admirable dans le projet néo-libéral, du moins dans les premiers temps. C’était une philosophie distincte, innovante promue par un réseau cohérent de penseurs et d’activistes avec un plan d’action clair. C’était un movement patient et persistant. La Route vers la servitude devint une route vers le pouvoir;

Le triomphe du néo-libéralisme reflate aussi l’échec de la gauche. Quand le laissez-faire économique a conduit à la catastrophe de 1929, Keynes a fourni une modèle économique complet pour le remplacer. Quand le modèle keynésien exigeant du management s’est heurté aux régulations dans les années 70, il y avait une alternative prête. Mais quand le néo-libéralisme s’est effondré en 2008, il n’y avait… rien. C’est pourquoi les zombies marchent. La gauche et le centre n’ont produit aucun cadre general de pensée économique dans les 80 dernières années.

Chaque évocation de Lord Keynes est une aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du 21 ième siècle c’est ignorer trois problèmes évidents :  Il est difficile de mobiliser les gens sur des idées anciennes,, les défauts exposés dans les années 70 n’ont pas disparu et d’une façon plus importante, eelles n’ont rien à proposer à propos de la donnée la plus grave, la crise environnementale. Le Keynésianisme fonctionne en stimulant la demande du consommateur afin de promouvoir la croissance économique. La demande du consommateur et la croissance économique sont les moteurs de la destruction environnementale.

Ce que les histoires du Keysianisme et du néo-libéralisme montrent est qu’il est insuffisant de sopposer à un système cases. Une alternative cohérente doit être propose. Pour les partis travaillistes, les Démocrates et la gauche étendue, la tâche centrale devrait être de developer un programme économique Appollo, modelé sur les emandes du 21ième siècle.

  • George Monbiot How Did We Get into This Mess? est publié ce mois-ci chez Verso.s, published this month by Verso. bookshop.theguardian.com

Nous ne pouvons que conseiller le travail d’ARTE ” Capitalisme “ en 6 moments qui replace la doctrine dans son contexte historique.

Traduction : Elisabeth Guerrier