AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Négociations Paris changement climatique

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

 

 

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

In Arctic, Ancient Diseases Reanimate and Highways Melt as Temperatures Hit “Frenzy” of Records

 

par :  Dahr Jamail

 

 

 

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Le Pic Byron avec le glacier Byron au centre-gauche de la photo. Il ya moins de vingt ans, le glacier Byron recouvrait la portion supérieure de la vallée mais il est en ce moment rapidement entrain de remonter jusqu’au sommet de la colline. Remarquez les nombreuses chutes d’eau provenant de ce qui reste d ce glacier. (Photo: Dahr Jamail)

 

 

 

Alors que je comptais dix années de reportage sur les impacts de l’occupation US en Irak en 2013, il m’était impossible de trouver un seul Irakien qui n’ait pas eu un membre de sa famille, de ses proches ou de ses amis qui n’ait pas été tué par les troupes américaines une action de terrorisme d’état sponsorisée et une violence arbitraire résultant de ce qui est évoqué précédemment.

Maintenant, en ayant passé l’été entier en Alaska, il me reste à avoir une conversation avec les rangers des parcs nationaux, les glaciologues ou simplement avec les promeneurs avides qui ne contienne pas une histoire d’incrédulité, d’étonnement ou souvent de choc à propos de l’impact des modifications climatiques anthropogéniques à travers leur état bien aimé. [anthropogenic climate disruption (ACD)]

Qu’il s’agisse des rivières causant des érosions massives après avoir chargées à la vitesse grand v par la fonte des glaciers, de la température sérieusement élevée tout au long de l’année ou de la fonte et de la retraite des glaciers eux-mêmes, tous ceux qui demeurent ici, observant l’impact en première position, ont tous des expériences dramatiques à partager.

À titre d’exemple, à moins d’une heure de route d’Anchorage, j’ai visité une région où j’ai fait de l’escalade dans le passé. Un vieux partenaire m’avait suggéré de visiter le Byron Peak, qui se trouve à la fois près de Turnagain Arm et de Prince William Sound, afin de voir combien le glacier Byron avait reculé depuis que nous étions venus là la pour la dernière fois.

 

Pour atteindre l’arête de la montagne, j’ai dû d’abord avancer au-delà de la base du glacier Byron, qui, en 1999, couvrait alors toute la vallée.

Maintenant, moins de vingt ans plus tard, quand j’ai vu pour la première fois à quel point le glacier avait reculé, je me suis arrêté brutalement dans ma course. Cela m’a fait l’effet de recevoir un coup de poing dans l’estomac et je me suis surprise à essuyer une larme lorsque la terrible évidence s’est impose à moi. Ce qui reste maintenant du glacier Byron est dans un processus de recul complet vers sa source. Ceci devient un micro-exemple du macro-Alaska, dont les glaciers perdent 75 milliards de glace en trop chaque année, selon la NASA.

Tout ne va pas au mieux dans le Grand Nord.

C’est parce que dans l’Alaska actuel, les records de température tombent aussi vite que la population d’oiseaux dégringole.

Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans la plus grande ville de l’état, Anchorage. Les températures dans la partie sud-est de l’état ont toutes augmentée autant que Deadhorse, sur l’Océan Arcic qui bat tous les records, l’aéroport de Deadhorse atteint un étonnant 30° C.

Rick Thoman, un climatologue et responsible des services au National Weather Service en Alaska, a dit à la presse  tqu’une des sources des températures anormalement élevées dans l’état provident de la temprérature anormalement chaude des eaux de surface de la mer et il a ajouté : , « Dans la mer du Détroit de Bering, spécialement au sud de l’île de St. Lawrenceles sont vraiment incroyablement haute comparé à la normale.

Une  étude récente montre comment la climat qui se réchauffe à travers l’Alaska décime de grandes étendues d’habitat pour de nombreuse espèces d’oiseaux côtiers qui migrent vers l’Arctique annuellement. L’étude montre que les deux-tiers des espèces qui migrent vers l’Alaska subiront un impact, dont certaines perdant jusqu’à 90% de leur habitat. Le réchauffement climatique provoque également l’éclosion précoce des insectes, entraînant une diminution des réserves de nourriture pour les oiseaux et leurs petits, et  contribuant au déclin des populations.

Même les routes de l’Alaska ressentent la chaleur. La fameuse Route de l’Alaska, qui a attire les chercheurs d’aventures depuis des décennies, fait un arc à travers la Colombie britannique et le Yukon avant de traverse l’Alaska central jusqu’à son point final à la jonction du Delta. Mais comme le permafrost sous cette route continue de fondre à un rythme de plus en plus rapide, de larges fissures, des failles et des fentes sont entrain de le détruire.

«  Ici, c’est le plus gros problème géotechnique que nous ayons. » dit Jeff Currey, du Département des transports de l’Alaska  à un  reporter. «  Les Romains ont construit des routes il y a deux mille ans que nous utilisons encore. Et nous nous avons construits des routes qui, en un an ou deux, sans maintenance, ressemblent à des montagnes russes parce qu’elles sont construites sur le permafrost sensible au dégel. »

Ce ne sont pas que les chercheurs d’aventures qui vont subir l’impact de la détérioration de la route, c’est une voie essentielle utilisée pour le transport de nourriture, de matériel et de médicaments vers les villages de l’Alaska. Dans un tour ironique du destin, l’autoroute qui fond est aussi utilisé par les compagnies pétrolières pour transporter leur équipement lourd vers ce qui a été l’élément vital de l’économie de l’état depuis que du pétrole a été découvert dans la partie du North Slope de l’Alaska.

Et les signes de réchauffement anthropogènes à travers le reste de l’Alaska sont également choquants. Dans le nord-ouest du Groenland, des déchets toxiques radioactifs datant de la guerre froide, avec lesquels on trouve des déchets chimiques et biologiques, court le risque    d’être mis à jour  comme la glace fond rapidement. De toute évidence, la décision du gouvernement d’enterrer ces dangereux déchets sous plus de trente mètres de glace n’a pas pris en compte le fait que la couverture de glace serait la plus grande contributrice à la montée du niveau des mers pendant l’ère anthropocène.

 

«  Si la glace fond, les infrastructure du dépôt, y compris les déchets radioactifs, biologiques et chimiques pourraient retourner dans l’environnement et potentiellement modifier les écoystèmes voisins. » L’Université de Zurich qui a étudié ces évolutions dans un document publié dans le journal “ Geophysical Research Letters Bulletin de la Société américaine de meteorology, If the ice melts, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical and radioactive wastes could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems,” the University of Zurich, which documented these developments in a study published in the journal Geophysical Research Letters Bulletin of the American Meteorological Society, a fait ce constat aux médias d’après leur enquête.

Plus loin en Sibérie, la fonte du permafrost a provoqué une épidémie d’anthrax qui a entraîné l’hospitalisation de dizaines de personnes et dont au moins un enfant est mort. Deux-mille daims ont été touché par le virus jusqu’à maintenant et le gouvernement russe à déplacé plusieurs familles hors de la zone. La cause de cette épidémie ? Le dégel d’une carcasse de daim qui avait été infectée par l’anthrax il y a des dizaines d’années.

Le déclenchement s’est produit dans la péninsule de Yamal où, comme Truthout l’a déjà rapporté, des quantités massives de méthane enfermées dans le permafrost ont explosé jusqu’au sol, créant de larges cratères.

En réponse à la réanimation de la bactérie, le Russie a envoyé des troupes entrainées à la guerre bactériologique   pour mettre la zone en quarantaine. Ce type de déclenchement de maladie dans l’Arctique  était auparavant le produit de la science-fiction, mais ce n’est plus le cas. . Les spécialistes du climat  craignent  que cela ne soit qu’un avant-goût de ce qui reste à venir si l’Arctique continue de se réchauffer à une vitesse record. Dans la mesure où il n’existe aucun moyen de savoir quelles autres bactéries mortelles demeurent gelées dans le permafrost, nous aurons à les découvrir uniquement quand la glace fondra, comme cela se passe dans l’Arctique, lorsqu’elles se réanimeront à leur tour comme en Russie.

Tout ceci n’est que le sommet de l’iceberg, si l’on peut dire. Ce n’est qu’un indice de ce qui est à venir comme les températures globales continuent de monter.

2015 a été une folie” dans les records climatiques selon le the Scientific American journal, des plus chaudes températures enregistrées jusqu’au simple plus grand taux de CO2 dans l’atmosphère. Cependant, 2016 est déjà sur la voie de dépasser ces records, comme la première moitié de l’année a déjà fait exploser les températures enregistrées précédentes. Selon la NASA et le  National Oceanic and Atmospheric Administration(NOAA).

La NASA a récemment publié des données montrant que juillet était le mois le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire, c’était juillet 2015. Nous devons regarder sobrement et honnêtement où en est la planète et ce que cela signifie pour nous en tant qu’espèce, avec les autres espèces vivant sur terre. 2016 est en train de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le dernier record était 2015. L’année la plus chaude précédente étant l’année 2014. Chacun des mois des derniers 14 mois  a battu un record      de chaleur mensuelle sur ce même mois. Quinze des seize années les plus chaudes jamais enregistrées le sont depuis 2000.

Nous sommes au milieu d’un évènement concernant le blanchissement record des récifs de corail, les incendies continuent de se produire à une fréquence, une durée, une localisation et un degree de chaleur record, et la glace de l’Arctique recouvrait une zone l’hiver dernier qui était la plus fine depuis que les mesures ont commencé   et elle est également proche du plus bas niveau jamais enregistré. La Terre est officiellement entrée dans la sixième extinction de masse  n et rien n’indique que la réponse de coordination gouvernementale afin d’interrompre les émissions issues des énergies fossiles soient en voie d’être réduites.

Comme nous évoquons ces faits, les enquêtes de ce mois donnent plus de détails sur ce qui se produit sue terre maintenant, comme le réchauffement continue d’avancer.

 

Terre

 

Il y a maintenant des données scientifiques prouvant que le réchauffement accentue les risques de guerre. De nouvelles recherches  faites par de chercheurs allemands  ont montré un lien statistique entre les conditions climatiques extrêmes provoquées par le réchauffement et les explosions de violence extrême.

Pendant ce temps, au Japon, une  étude récente évalue  comment le réchauffement menace l’agriculture de ce pays d’une façon catastrophique.

«  Si les prédictions les plus pessimistes s’avèrent exactes, écrit ce rapport,  « d’ici la fin du siècle le monde pourrait voir ce qui sont maintenant des produits tout à fait ordinaires sur une table japonaise devenus des aliments extrêmement rares ou que les gens avaient l’habitude  de manger dans les passé. »

De retour aux USA, tristement,  a une étude récente révèle  comment le légendaire sapin de Douglas voit sa croissance altérée à cause des températures plus chaudes et du stress de sécheresse entrainé par le réchauffement.

Plus d’informations déconcertantes  nous arrivent de la Société Audubon, qui a publié un récent rapport dans la region de Puget Sound, dans l’état de Washington, les goélands à ailes grises sont contraints au cannibalisme pour s’alimenter, à cause du réchauffement des mers qui raréfie leur nourriture habituelle.

 

Eau

Les sécheresses entretenues par le réchauffement est une des forces majeures ayant entrainé l’assèchement complet des rivières principales. Le Gouvernement a déclaré l’état d’urgence et admis que le pays entier était aux prises avec  « une crise écologique »  comme une quantité énorme de cadavres d’animaux sauvages tapissent sur des centaines de kilomètres le lit de la rivière.

Les mers de plus en plus chaudes génèrent une augmentation sans précédent des méduses  tout autour du globe. Leur nombre est suffisamment élevé pour saboter les équipements de réseaux endommagés par des millions de méduses qui obstruent les canaux sous-marins, pendant que des scientifiques réfléchissent à la possibilité de robot broyeurs et autres solutions de dernier recours.

Une récente étude du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention (CDC) révèle une « montée remarquable » dans la fréquence des maladies d’origine hydrique liées au réchauffement global des températures, pendant qu’en Floride, une algue verte épaisse  couvrant de vastes étendues de plage semble devoir devenir la nouvelle norme.

L’océan toujours plus chaud continue de créer le blanchiment généralisé des récifs coraliens. À Guam, les rifs ont été blanchis pendant ces quatre dernières années.  s. L’écologiste coralien Laurie Raymundo Coral dans le cadre de l’Université de Guam  dit  que avant 2013, les récifs coraliens de Guam avaient échappé au blanchiment qui se produisait Presque partout ailleurs dans le monde. Cependant, dit Raymundo, «  En 2013, 2014 et 2015, nous avons été touchés et le sommes encore maintenant. Pendant les quatre dernières années, il y a eu des épo=isodes de blanchiment et nous n’avions pas vécu cela de cette manière dans notre histoire récente. »  Raymundo estime que plus de la moitié des coraux de Guam sont morts entre 2013 et 2014 et qu’à peu près 85% de la totalité des récifs ont été blanchis. Après une plongée récente d’inspection des coraux,  Raymundo décrit la destruction éciologique à laquelle elle assiste : «  Je me considère comme étant tout à fait objective et rigoureuse scientifiquement. Mais parfois je manque cette approche. Aujourd’hui pour la première fois en cinquante ans, je suis allée sous l’eau, j’ai pleuré pendant une heure, juste sous mon masque, en constatant jusqu’à quel point les étendues de coraux de notre si jolie baie de Tumon blanchissaient et mouraient. »

 

Pendant ce temps, le niveau des eaux continue de monter. L’Union des scientifiques inquiets a publié un rapport  avertissant récemment que de larges zones des bases militaires nord-américaines le long de la côte est seraient inondées d’ici à 2050. Ce rapport estime que les inondations dues aux marées et aux orages augmenteront de 2, 600 % par an dans des zones où de nombreuses bases sont situées.

Un autre rapport publié par des  experts immobiliers  prèdit que la montée du niveau de la mer sera celle que quelques  climatologues prédisent (  1 , 80 mètre )  jusqu’à 2100 et que au moins 300  villes américaines auront perdu la moitié de leurs habitations et que 36 villes seront englouties.

En ce qui concerne la montée du niveau de la mer, nous avons de mauvaises nouvelles pour les habitants des îles, récent rapport  montrant que les derniers mammouths laineux de l’Amérique du Nord sont morts du manque d’eau fraîche quand la montée de la mer a tué les plantes qu’ils consommaient et contaminé l’eau potable. Ces phénomènes joueront un rôle pour les habitants côtiers pendant que le niveau des mers continue à monter, accompagné par des grandes marées et des orages.

 

En Inde, la Mousson est devenue plus intense qu’à l’habitude à cause de la capacité de l’atmosphère à contenir de plus grande quaintité d’humidité. Ceci a été flagrant en juilllet dernier  quand une inondation a recouvert tous le nord-est de l’Inde  touchant plus de 1, 2 millions de personnes et dévastant d’importantes zones de terres cultivables.

Pendant ce temps en Louisiane, le Gouverneur John Bel Edwards a récemment déclaré l’état d’urgence quand une inondation qu’il a qualifiée de “jamais vue”   et d’ “historique” a tué sept personnes et amené 20.000 personnes à être sauvées. En fait, même la demeure du Gouverneur s’est vue inondée avec de l’eau à hauteur de torse, noyant le sous-sol et endommageant le système électrique. À propos des mesures de sauvetage, le Gouverneur Edwards a commenté, sombrement : « Nous avons sauvé des territoires administratifs, nous n’avons pas sauvé des gens. “

À l’autre extrémité du spectre de l’eau, la  Food and Agriculture Organization des Nations Unies a averti que nous étions dans un « temps de course contre la montre » touchant au moins 23 millions de paysans touchés par la sècheresse en Afrique où toute la partie sud du continent continue d’être touchée par des sècheresses massives pendnant que le réchauffement climatique progresse.

Selon les Nations Unies, plus de 60 millions de personnes de par le monde, don’t les deux-tiers se trouvent dans la partie est et sud de l’Afrique font déjà face à des rationnements de nourriture chroniques dus à des sécheresses continuelles.

Au Groenland, la couche de glace continue de fonder rapidement.   La NASA a récemment produit une carte  révélant l’étendue des parties du Groenland qui fondent intensément par en dessous. Ceci parallèlement aux observations simultanées qui montrent comme la surface de la glace fond à une vitesse accélérée.

Un peu plus de la moitié de la base des glaciers du Groenland  a dégelé maintenant et  le rapport de la NASA affirme   «  Savoir si la glace du Groenland est située sur un sol humide et glissant ou est accrochée à un lit pierreux sec et gelé est essentiel pour pouvoir prédire comment la glace va s’écouler dans l’avenir. »  En fonction de ce constat, tout comme le réchauffement s’intensifie avec chaque jour qui passé,

Dans le contexte des élections, Donald Trump a nié le réchauffement climatique d’une façon encore plus vive, même par rapport à la position du Parti républicain.

Non seulement appelle-t-il le réchauffement une “arnaque” mais il a été jusqu’à dire qu’il reverrait les régles imposées par le Président Obama le  concernant ,  qu’il sortirait les USA des accords de Paris de décembre dernier, qu’il favoriserait les forages et bien sûr imposerait moins de régulation environnementales, s’il était élu président..

Bien que son adversaire, Hillary Clinto , reconnaisse la réalité du réchauffement et ait incorporé quelques éléments de la rhétorique de la campagne de Bernie Sanders à sa plateforme, elle appelle à construire plus de routes et plus d’aéroports, ce qui, bien sûr, ne ferait qu’induire de plus grandes émissions de CO2. Ceci est a ajouter au fait qu’elle a choisi le Sénateur de Virginie Tim  Kaine, comme son partenaire aux élections.

Kaine supporte les forages offshore, ainsi que la construction de terminaux de gaz naturel pour l’exportation. Lorsqu’il était gouverneur de Virginie, il a supporté l’une des dernières centrales à charbon qui fût construite aux USA.

Même si Clinton est élue, les actions brutales, obligatoires et d’urgence à grande échelle nécessaires pour cesser la plupart des émissions de CO2 immédiatement – comme une étape vitale pour atténuer le réchauffement – ne sont tout simplement pas sur la table.

.Pendant ce temps,  des enquêtes récentes indiquent  qu’une majorité croissante  ( 66%) de citoyens américains pensent que le réchauffement est réel. En même temps, le nombre de personnes questionné qui croient que le réchauffement est à son niveau le plus bas est de 15%, plus bas que les 24% d’il y a une année.

Ègalement sur le front de la réalité, le rapport sur l’état du climat ( State of the Climate report) , un bilan annuel faisant reference sur le climat global a ét& récemment publié dans le bulletin de la société américaine de météorologie (  Bulletin of the American Meteorological Society.) Le rapport détaille comment la chaleur des océans et la température de l’air dépassent des records, comme le niveau des océans touchent un niveau jamais atteint et comme le CO2 a dépassé le niveau critique, pendant que le monde continue à être poussé à une vitesse aveugle dans un environnement que l’espéce humaine n’a jamais expérimenté.

Des climatologues de renom ont récemment avertis que la terre est extrêmement proche des 1.5 degrés supplémentaires limites, simplement huit mois après que ce but ait été fixé à Paris lors de la COP 21 à la fin de 2015. La croyance lors des pourparlers de Paris était que limiter le réchauffement à se maintenir en-dessous de 1.5°C , il y aurait une chance de prévenir la fonte de la glace polaire, de limiter la destruction des récifs coralliens et de prévenir une montée extrême des niveaux marins.

Cependant, il n’est que trop apparent que ces phénomènes sont déjà complètement en cours et augmentent en intensité.

 

DAHR JAMAIL

Dahr Jamail, un reporter de Truthout, est l’auteur de :  The Will to Resist: Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan, (Haymarket Books, 2009), et de Beyond the Green Zone: Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq, (Haymarket Books, 2007). Jamail a été reporter en Irak pendant plus d’un an ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Turquie pendant les dix dernières années, il a gagné le prix Martha Gellhorn pour le journalism d’investigation, parmi d’autres recompenses.

Son troisième livre :  The Mass Destruction of Iraq: Why It Is Happening, and Who Is Responsible, co-rédigé avec William Rivers Pitt, est disponible maintenant sur Amazon. Il vit et travaille dans l’état de Washington.

 

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

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Un COP21 des Corporations, c’est officiel

A corporate COP21, it’s official

Par le Corporate Europe Observatory

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Les premières corporations sponsors du sommet “ historique” de cet hiver sur le climat ( COP21) ont été officiellement désignées : la marque de produits de luxe Louis Vuitton (LVMH) et Suez Environment, un membre clef du lobby pro-fracking français. Selon l’article de Maxime Combes (lien externe)  d’autres  avaient été initialement annoncé par la presse ( BMW, Vattenfall et New Holland Agriculture) mais ont été démentis ultérieurement par les organisateurs.

Juste une question de temps

Découvrir si oui ou non le COP21 aurait des sponsors a toujours été la question du «  quand » plutôt que du «  si ». En Novembre 2014, le Gouvernement Français a annoncé que le Sénat avait effectué des coupes dans le budget (lien externe)

Et que en conséquent ils devraient se tourner vers le secteur privé. Mais il y eu aussi de nombreuses réassurances (lien externe)  aux groupes de la société civile que la Présidence Française ne commettrait pas les mêmes erreurs que celle de Varsovie deux ans plus tôt, lorsque quelques-uns parmi les plus gros pollueurs – y compris les industries multinationales du pétrole, du gaz et du charbon furent à même de s’envelopper dans les couleurs des Nations Unies et de clamer leur volonté de s’attaquer au changement climatique.

La liste complète a été promise par les officiels français  ( lien externe) pour la fin Mars mais n’est pas encore publiée.

Blanc est le nouveau noir cet hiver

Donc à quel point ces sponsors annoncés sont-ils respectueux de l’environnement, ou bien utilisent-ils l’opportunité d’une sponsorisation des Nations Unies pour blanchir leur image sale ? Suez Environment est une multinationale française et le deuxième fournisseur mondial de services environnementaux, particulièrement centre sur l’eau.

Quand le gouvernement argentin a repris de Suez en 2006 le contrôle de ses services de distribution d’eau avec un énorme soutien populaire, le géant français a lancé – et récemment gagné- une poursuite judiciaire pour 405 millions d’euros de compensation (lien externe). Dans le cadre du très controversé ISDS (Investor. State . Dispute. Settlement) dont le mécanisme est si courant au sein du commerce international et des traités d’investissement.

Un des principaux objets d’attention est maintenant le traitement des eaux usées, en particulier dans le cadre des mines de charbon et de l’extraction du gaz de schiste.  Pour mémoire, GDF Suez – lourdement investi dans le charbon et le fracking lui accorde un intérêt financier dans le processus d’extraction des énergies polluantes- possède plus du tiers de Suez Environment. Ceci peut permettre d’expliquer la participation de Suez au nouveau groupe de pression le  «  Centre pour les hydrocarbures non-conventionnels » ( lien externe)

LVMH (Moet Hennessey – Louis Vuitton) n’est pas impliqué dans l’extraction des énergies sales mais fait plutôt son beurre en vendant des produits extrêmement chers aux uber-riches, assez paradoxal avec l’idée d’une vie équitable sur une planète limitée. D’autant plus qu’ils sont connus pour être des fraudeurs du fisc avec plus de deux cents comptes subsidiaires (lien externe)  situés dans des paradis fiscaux, leur permettant d’éviter leur juste quote-part dans le domaine des transitions énergétiques dont nous avons besoin si nous voulons maîtriser le changement climatique.

Mais si le climat devient chic, alors Louis Vuitton et sa clientéle élitiste ne peuvent pas manquer d’être vus lors de cette saison de son de cloche obscène des Nations Unies.

Les autres sponsors originellement listés par Europe1  ( lien externe) puis plus tard déniés par la présidence française incluaient BMW l’opérateur de central nucléaire et de mines de charbon Vatenfall et New Holland agriculture. Vatenfall qui est en train de poursuivre le gouvernement allemand  qui se débarrasse du nucléaire, et a déjà gagné un procès contre Berlin ayant osé élever les standards de fonctionnement de ses installations charbonnières et BMW, le dévoreur d’essence qui a ligoté  Angela Merkel aux lobbies contre l’augmentation des standards d’émission pour les voitures. Et New Holland Agriculture, impliqué dans «  l’agriculture climatiquement intelligente », et met la culture entre les mains des multinationales et des marchés du carbone en faillite   ( lien externe)

Même s’ils ne sont pas des sponsors officiels du COP21, tous trios sont confirmés pour être les sponsors du forum pro-multinationales Sustainable Innovation Forum 2015 ( lien externe)  se déroulant pendant le COP21 ( les 7 et 8 Décembre). Bien que n’étant pas l’événement le plus important il lui a été conféré le label approuvé par le COP21, un label  appuyant toutes sortes d’initiatives et son website rend la connexion immanquable. ( lien externe)

Le sommet de l’iceberg des corporations.

La sponsorisation du COP21 n’est que le sommet de l’iceberg en terme d’utilisation des pourparlers par les multinationales et de l’ attention qui les entoure pour promouvoir leurs propres solutions quant au changement climatique. Malheureusement, de telle solutions fausses ne permettront que d’assurer la continuité  du “Le Business comme d’habitude”  plutôt que les changements et les transformations auxquels nous avons besoin d’assister.

Les événements corporatistes – au sein des Nations Unies -comme celui de l’année passée, sponsorisé par Chevron et Shell afin de contrecarrer les mouvements anti-énergies fossiles en faveur des énergies expérimentales vont être très répandus.  Et sait-on jamais, le business peut même obtenir ce qu’il souhaite et obtenir un siège  à la table des négociations.  (Ils se plaignent actuellement de manquer d’influence.)

Il y a deux ans, les négociations préliminaires se sont tenues à Varsovie entre les négociateurs et les corporations avec l’exclusion de la société civile, ce ne serait donc pas un si grand pas à franchir  même si c’est un peine de mort prononcée pour le climat et ceux qui souffrent déjà. Mais pourquoi attendre Paris – l’influence des corporations sur les pourparlers des Nations Unies a déjà commencé. Dans la capitale française, des événements fleurissent partout, comme le « Business and Climate Summit [Sommet Affaires et Climat] » en Mai, co-accueilli par l’UNESCO, l’UNEP et le Conseil Mondial Economique pour un Développement durable- qui comprend les compagnies pétrolières Shell, Dow Chemicals et les ciments Lafarge parmi d’autres ( les citoyens ont organisé une  protestation massive à Lima l’an passé lors des pourparlers pour le climat) Dans les capitales, le Big Business travaille déjà dur, à travers le lobbying direct et de gros événements PR ( Public Relation) , afin d’assurer que lorsque les leaders politiques arriveront à Paris, le travail soit déjà fait et qu’ils puissent tous lire la même partition.

Il existe une alternative

En dépit de son apparence incontournable, l’influence excessive et l’accès privilégié du big business aux décisions des hommes politiques n’ont pas à être tolérés. Dans le domaine du contrôle de la consommation de tabac,  les militants de la société civile et les gouvernements du Sud on été les témoins de l’introduction d’un pare-feu entre les lobbies de l’industrie du tabac et les officiels de la santé publique afin de résoudre le problème. Ils ont  argument que les dommages occasionnés par l’industrie, par exemple en interférant dans les recherches scientifiques, le lobbying contre les bonnes politiques, la proposition de fausses solutions, la création de faux groupes citoyens, la sponsorisation d’événements, l’emploi d’anciens officiels de la santé ou de fonctionnaires – ainsi que le fait que leurs intérêts ne seront jamais alignés sur les intérêts publics justifiait une telle séparation ( lien externe)

Et ce mur pare-feu entre les lobbies et les officiels de la santé publique ne s’est pas uniquement appliqué aux discussions sur le contrôle de la consommation de tabac, mais à un niveau national, pour chacun des gouvernement qui a signé le traité. L’industrie des énergies fossiles tombe dans la même catégorie, ( lien externe)  – lobbying pour compromettre les progrès et ayant ses propres intérêts complètement en opposition avec ce que nous devons faire pour endiguer le changement climatique i.e laisser le pétrole dans le sol.

Nous avons besoin d’un mur pare-feu entre les gros pollueurs, nos politiciens et ceux à la tête des négociations des Nations Unies, y compris la Secrétaire de l’Exécutif Christina Figueres  ( qui a été consultante climat pour la grosse firme gazière Endesa) qui doit mener à publier , par exemple, toutes ses rencontres et refuser les rendez-vous avec les gros pollueurs. Et François Hollande et son gouvernement devraient donner l’exemple, en refusant toute interaction avec les industries sales – les sponsors du COP21 inclus. C’est à eux que revient d’assurer que le COP21 ne soit pas simplement une nouvelle opportunité pour certaines corporations les moins socialement et environnementalement conscientes de sa blanchir et de cacher la réalité.

Climate and energy

Traduction : Elisabeth Guerrier

Ne détournez pas le regard, maintenant la crise climatique a besoin de vous.

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Le Guardian s’embarque dans une série majeure d’articles sur la crise climatique et sur les moyens pour l’humanité de la résoudre. En tout premier, un extrait de l’introduction de “ Tout peut changer ” de Naomi Klein, l’auteure y défend que si non traitons le changement climatique comme la crise qu’il est réellement, nous n’avons pas seulement la possibilité d’éviter le désastre mais pouvons améliorer la société dans le même temps.

Naomi Klein

Naomi Klein

Une voix se fit entendre dans le haut-parleur : les passagers du vol 3935, prévu au départ de Washington DC pour Charleston, Caroline du Sud auraient-ils l’obligeance de récupérer leurs bagages à main et de sortir de l’avion. Ils descendirent de l’escalier et se rassemblèrent sur le bitume brûlant. Là ils virent quelque chose d’inhabituel, les roues de l’avion USAirways étaient plongées dans le sol noir comme si c’était du ciment frais. Les roues étaient enfoncées si profondément, en fait, que le camion qui intervint pour extraire l’avion ne pouvait pas l’extraire. La compagnie avait espéré que sans le poids supplémentaire des 35 passagers du vol, l’avion serait assez léger pour être tracté. Ça n’a pas été le cas. Quelqu’un a posté une photo : pourquoi le vol a-t-il été annulé ? Parce qu’il faisait tellement chaud à DC que notre avion s’était enfoncé de plus de douze centimètres dans le sol.

A la fin, un véhicule plus large et plus puissant a été amené pour remorquer l’avion et cette fois ça a marché, l’avion a finalement décollé, avec trois heures de retard. Un représentant de la compagnie aérienne a attribué l’incident à “ des températures très inhabituelles ”.

Les températures de l’été 2012 ont été évidemment anormalement élevées. (Comme elles l’avaient été l’année précédente et l’année suivante). Et les raisons pour lesquelles ceci s’est produit ne sont pas mystérieuses : la combustion extrêmement généreuse des énergies fossiles, la chose précise à laquelle  la compagnie aérienne était liée et déterminée à poursuivre en dépit de l’inconvénient d’une piste de décollage qui fonde. Cette ironie – le fait que l’usage des énergies fossiles change à un point tel notre climat qu’il vient contrecarrer notre capacité à utiliser les énergies fossiles – n’a pas empêché les passagers du vol 3935 de ré-embarquer et de poursuivre leur voyage. Ni le changement climatique de n’être pas mentionné dans un seul des médias grand public ayant couverts l’incident.

Je ne suis pas en position de juger ces passagers. Tous parmi nous, qui avons un mode de vie de haute-consommation, où que nous vivions, sommes, métaphoriquement, des passagers du vol 3935. Ayant à faire face à une crise qui menace notre survie en tant qu’espèce, notre culture entière continue à perpétuer la chose même qui a causé cette crise, avec, simplement une dose supplémentaire d’huile de coude derrière elle. Comme cette compagnie devant mobiliser un camion avec un moteur plus puissant pour remorquer l’avion, l’économie globale relève la barre des sources conventionnelles d’énergies fossiles  pour atteindre leurs versions plus sales et plus dangereuses – le goudron extrait des sables bitumeux d’Alberta, le pétrole extrait des forages en eaux profondes, le gaz extrait de la fracturation hydraulique, le charbon extrait de l’explosion de montagnes etc.

Pendant ce temps, chaque nouveau désastre écologique produit ironiquement des instantanés chargés d’un climat de plus en plus inhospitalier à ces mêmes industries qui sont le plus responsables du réchauffement. Comme l’inondation historique de Calgary en 2013, qui a obligé les responsables des compagnies pétrolières qui extrayaient le goudron de Alberta à couper toute alimentation électrique et à renvoyer leurs employés chez eux pendant qu’un train transportant des matériaux pétroliers inflammables était sur le point de chanceler en désintégrant un pont de chemin de fer.

Ou la sécheresse qui a frappé le Mississippi une année  plus tôt, abaissant le niveau des eaux si bas que les barges chargées de pétrole et de charbon  ont été immobilisées des jours durant pendant qu’on attendait que l’équipe des ingénieurs militaires creuse un canal, ils bénéficiaient des fonds accordés pour la reconstruction suivant les inondations historiques qui s’étaient produites l’année précédente le long de la même voie navigable.

Ou les centrales alimentées au charbon dans d’autres parties du pays qui durent fermer temporairement parce que les circuits d’eaux sur lesquels ils s’appuyaient pour leur refroidissement étaient ou trop chauds ou trop secs ou quelquefois les deux.

Vivre avec ce genre de dissonance cognitive fait simplement partie de la façon de vivre en ces temps bouleversants de notre histoire, quand une crise que nous avons ignorée avec application nous frappe de plein fouet – et que malgré cela nous doublons la mise sur ce qui en est à l’origine.

J’ai nié le changement climatique plus longtemps que je ne veux l’admettre. Je savais que cela arrivait, certainement. Pas comme Donald Trump et les membres du Tea Party qui persistent à prétendre que l’existence des hivers prouve que c’est une supercherie. Mais je restais plutôt vague sur les détails et je me contentais d’effleurer la plupart des nouvelles, surtout les plus effrayantes. Je me disais que la science était trop complexe et que les environnementalistes s’occupaient de ça. Et je continuais de me comporter comme s’il n’y avait rien de mal dans la carte brillante et le statut de  “ voyageuse d’élite ” dans mon portefeuille.

Un grande partie de nous est engagée dans cette sorte de déni du changement climatique. Nous y prêtons attention pendant une seconde et puis nous regardons ailleurs. Ou bien nous regardons et nous le transformons en plaisanterie (plus de signes de l’apocalypse !). Ce qui est une autre façon de regarder ailleurs. Ou bien nous regardons mais nous nous racontons des histoires réconfortantes sur l’intelligence humaine et sa capacité à créer un miracle technologique qui aspirera en toute sécurité le carbone des cieux ou baissera magiquement la chaleur du soleil. Ce qui, j’allais le découvrir en écrivant ce livre, est une autre façon de regarder ailleurs.

Ou bien nous regardons mais essayons d’être hyper-rationnels à son propos (“Dollar pour dollar, c’est plus efficace de se concentrer sur le développement économique que sur le changement climatique puisque la richesse est la meilleure protection contre les températures extrêmes.”) – comme si le fait d’avoir quelques dollars de plus pouvait faire une quelconque différence quand votre ville est sous l’eau. Ou nous regardons et nous nous disons que nous sommes trop occupés pour nous préoccuper de quelque chose d’aussi lointain et abstrait. – même si nous avons vu l’eau dans le métro de New York City pendant l’ouragan Katrina et savons que nul n’est protégé, les plus vulnérables d’entre nous encore moins que les autres. Et bien que ce soit parfaitement compréhensible, cela aussi est une façon de regarder ailleurs.

Ou bien on regarde et l’on se dit que la seule chose qu’on puisse faire est se concentrer sur soi. Méditer et faire nos achats sur les marchés bio, arrêter de conduire- mais nous oublions d’essayer de changer le système qui rend cette crise inévitable parce que cela consomme trop de “ mauvaise énergie” et que ça ne marchera jamais. Et en premier lieu il peut sembler que nous regardions, parce que beaucoup de ces changements de styles de vie font bien sûr partie de la solution, mais on garde un œil bien fermé.

Ou bien on regarde, on regarde vraiment – et puis ensuite, inévitablement, on semble oublier. Nous rappeler puis à nouveau oublier. Le changement climatique est comme cela, il est difficile de le garder à l’esprit très longtemps. Nous nous engageons dans cette étrange parti-présent sorte d’amnésie écologique pour des raisons parfaitement rationnelles. Nous la nions parce que nous craignons que de laisser visible la totale réalité de la crise puisse tout changer. Et nous avons raison.

Nous savons que si nous continuons sur notre lancée et laissons les émissions augmenter année après année, le changement climatique va tout changer dans notre monde. Des villes importantes vont vraisemblablement être submergées, des cultures anciennes vont être avalées par les mers et il y a de fortes chances que nos enfants passent la plupart de leurs vies à fuir ou à se remettre de tempêtes vicieuses ou de sécheresses extrêmes. Et nous n’avons rien à faire pour provoquer cet avenir. La seule chose que nous ayons à faire, c’est rien. Simplement continuer à faire ce que nous faisons maintenant, que ce soit de compter sur une réparation-technologique, de nous tourner vers nos jardins ou de nous dire que nous sommes malheureusement trop occupés pour nous occuper de ça.

La seule chose que nous ayons à faire est de ne pas réagir comme si c’était une crise majeure. Tout ce que nous avons à faire est de continuer de nier à quel point nous sommes effrayés. Puis, petit à petit, nous arriverons à la place qui nous terrorise le plus, la chose dont nous avons détourné les yeux.  Aucun effort supplémentaire n’est demandé.

Il existe des façons de prévenir cet avenir macabre, ou du moins de le rendre beaucoup moins sinistre. Mais le point complexe est qu’elles impliquent elles aussi de tout changer. Pour nous grands consommateurs, cela implique de changer nos modes de vie, le fonctionnement de nos économies, et même changer les histoires qu’on se raconte sur notre place sur terre. La bonne nouvelle est que la plupart de ces changements sont distinctement  tout sauf catastrophiques. Beaucoup sont tout à fait excitants. Mais je n’ai pas découvert ceci avant un long moment.

En 2009, quand la crise financière battait son plein, la réponse massive des gouvernements dans le monde a montré qu’il était possible quand nos élites l’ont décidé de se déclarer en état de crise.

Nous avons tous vu comment des milliards de dollars ont été rassemblés en quelques instants. Si on laissait les banques s’effondrer, nous a-t-on dit, le reste de l’économie s’effondrerait avec elles. C’était une question de survie collective, il fallait donc trouver l’argent. Dans le mouvement furent exposées des fictions au cœur de notre système économique ( Besoin de plus d’argent, imprimez-en !) Quelques années plus tôt, les gouvernements avaient pris des mesures similaires à l’égard des finances publiques après les attaques terroristes du 11 Septembre. Dans les pays occidentaux, lorsqu’il s’est agi de construire un état de sécurité-surveillance sur place et de déclencher  des guerres à l’étranger, les questions budgétaires n’ont jamais semblé être un problème.

Le changement climatique n’a jamais reçu le statut de crise par nos leaders, en dépit du fait qu’il porte le risque de la destruction de vies à une échelle autrement plus vaste que l’effondrement de banques ou de bâtiments. Les diminutions d’émission de gaz à effet de serre que les scientifiques disent nécessaires afin de réduire d’une façon notable les risques de catastrophe ne sont pas traitées autrement que comme de gentilles suggestions, des actions pouvant être reportées presque indéfiniment. Clairement, ce qui est déclaré comme crise est l’expression du pouvoir et de ses priorités autant que celle des faits objectifs. Mais nous n’avons pas besoin d’être les spectateurs de tout cela : les politiques ne sont pas les seuls à détenir le pouvoir de déclarer une crise. Les mouvements de masse des gens ordinaires peut en déclarer une également.

Pour les élites britanniques et nord-américaines jusqu’à ce que l’abolitionnisme le transforme en crise, l’esclavage n’était pas une crise. Jusqu’à ce que le mouvement des droits civils la transforme en crise, la discrimination raciale n’en était pas une. Jusqu’à ce que le féminisme la transforme en crise la discrimination sexiste n’était pas une crise. Jusqu’à ce que le mouvement anti-apartheid le transforme en crise l’apartheid n’en était pas une non plus.

De la même façon, si suffisamment de personnes parmi nous arrêtent de regarder au loin et décident que le changement climatique est une crise méritant ce que certains ont nommé  “un plan Marshall pour la terre”, alors il en deviendra un, à la fois en apportant les ressources nécessaires et en pliant les règles du marché qui se sont montrées si flexibles lorsque les intérêts de l’élite étaient en péril.

Á l’occasion, nous nous rendons compte de ce potentiel lorsqu’une crise pousse le changement au premier plan de nos esprits pour un temps.  ” L’argent n’est pas un problème dans cet effort d’aide. Quelle que soit la quantité d’argent nécessaire pour lui, elle sera dépensée.”  a déclaré le premier ministre britannique David Cameron, Monsieur Austérité lui-même – quand de grandes parties du Royaume Uni étaient sous l’eau après l’inondation historique de Février 2014 et que le public était en rage de voir que le gouvernement ne faisait rien de plus pour apporter son aide.

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The artist Illustration: Antony Gormley. Soir 2003, charbon caséine et encre indienne sur papier, 19/28cm

J’ai commencé à comprendre comment le changement climatique- s’il était traité au même titre que ces inondations comme une urgence planétaire- pourrait devenir une force galvanisante pour l’humanité, nous laissant non seulement plus sûr face aux  conditions météorologiques extrêmes mais avec des sociétés plus sûres et plus justes dans de nombreux autres domaines également. Les ressources exigées pour quitter rapidement les énergies  fossiles et se préparer pour la venue des températures extrêmes pourraient sortir des parties énormes de l’humanité de la pauvreté, offrant des services manquant cruellement actuellement, de l’eau potable à l’électricité, et sur un modèle plus démocratique et moins centralisé que les modèles du passé. C’est une vision du futur qui va bien au-delà de la simple survie ou de l’adaptation au changement climatique, au-delà de “ allègement” et de “l’adaptation” pour utiliser le langage macabre des Nations Unies. C’est une vision dans laquelle nous utilisons collectivement la crise pour atteindre  un lieu qui, franchement, semble meilleur que celui dans lequel nous sommes maintenant.

Une fois que l’objectif s’est tourné de la crise vers la possibilité, j’ai découvert que je ne craignais plus de m’immerger dans la réalité scientifique de la menace climatique. Et comme de nombreux autres, j’ai commencé à voir que le changement climatique pouvait devenir le catalyseur pour un changement positif – comme il pourrait être le meilleur argument des progressistes pour reconstruire et raviver les économies locales, pour reprendre nos démocraties aux influences corrosives des corporations, pour bloquer les dangereux nouveaux contrats de libre-échange et de réécrire les anciens, d’investir dans les infrastructures agonisantes comme le transport collectif et l’immobilier accessible et de reprendre la possession des services essentiels comme l‘eau et l’énergie. Tout ceci pouvant aider à éliminer le niveau grotesque des inégalités à l’intérieur des nations et entre elles.

Il y a une riche histoire populaire de grandes victoires  de justice sociale et  économique remportées au milieu de crise à grandes échelles. Elles incluent une des plus notoire, la politique du New Deal après l’effondrement de la crise de 1929  et la naissance d’innombrables programmes sociaux après la deuxième guerre mondiale. Ceci n’a pas demandé le genre de supercherie que j’ai décrit dans mon livre La doctrine du choc ”. Tout au contraire, ce qui était essentiel était  la construction d’un mouvement musclé de masse capable de se lever contre un status quo défaillant et qui exigeait un partage du gâteau économique significativement plus équitable pour tous. Quelques-uns des legs restants ( bien que combattus) de ces moments historiques incluaient : la sécurité sociale, les pensions de retraite, l’immobilier subventionné et des fonds publics pour les arts.

Je suis convaincue que le changement climatique représente une opportunité historique à une échelle encore plus grande. Tout en projetant de baisser nos émissions au niveau recommandé par les scientifiques, nous avons une nouvelle fois l’occasion de mettre en place des réformes qui améliorent significativement la vie, ferment le fossé entre les riches et les pauvres, créent un nombre énorme de bons emplois et revigorent la démocratie.

Mais avant qu’aucun de ces changements puisse advenir- avant que nous puissions penser que le changement climatique peut nous changer -, nous devons arrêter de regarder ailleurs

“ Vous avez négocié toute ma vie”, ainsi s’est exprimée l’étudiante canadienne Anjali Appadurai, en regardant fixement l’assemblée des négociateurs gouvernementaux à la conférence sur le climat de 2011 aux Nations Unies à Durban, en Afrique du Sud. Et elle n’exagérait pas. “

Les gouvernements mondiaux parlent de la prévention du changement climatique depuis plus de vingt ans, ils ont commencé à négocier l’année où Anjali, alors âgée de 21 ans est née. Et cependant, comme elle l’a noté dans son discours mémorable dans l’espace de la convention, prononcé au nom de toute la jeunesse présente. “ Pendant tout ce temps vous n’avez pas respecté vos promesses, vous vous êtes trompés de cibles, vous avez trahi vos engagements ” En vérité, le groupe intergouvernemental chargé de prévenir les niveaux “ dangereux” de changements climatiques n’a pas seulement échoué à faire le moindre progrès tout au long de ces vingt années de travail ( et des presque 100 négociations officielles depuis que l’accord a été adopté), il a supervisé tout un processus de récidives presque ininterrompues. Nos gouvernements ont perdu des années à esquiver les chiffres et à se chamailler sur les dates de mises en place, cherchant perpétuellement à trouver des délais comme des bacheliers face à leurs derniers contrôles.

Le résultat catastrophique de tous ces faux-fuyants et de ces atermoiements est maintenant indéniable. En 2013, les émissions de carbone de dioxyde étaient 63% plus fortes qu’en 1990, quand les négociations vers un traité sur le climat ont sérieusement commencé. Bien sûr, la seule chose augmentant plus vite que nos émissions est la production des mots s’engageant à la faire baisser. Pendant ce temps le sommet annuel sur le climat des Nations Unies, qui demeure le meilleur espoir pour une avancée vers une action sur le climat, a commencé à moins ressembler à un forum pour de sérieuses négociations qu’à un coûteux rassemblement à hautes émissions de thérapie de groupe, un lieu pour les représentants des pays les plus vulnérables du monde où décharger  leurs reproches et leur rage sur les tragédies qui leur pendent au nez.

Bien qu’un certain dynamisme semble inaugurer les négociations terriblement importantes de Décembre à Paris, ceci a été l’humeur depuis l’échec de l’ultra-médiatique sommet sur le climat de Copenhague en 2009. Lors de la dernière nuit de ce rassemblement massif, je me suis retrouvée avec un groupe d’activistes pour la justice climatique, parmi lequel l’un des plus éminent militant de Grande Bretagne.

Tout au long du sommet ce jeune homme avait été l’image même de la confiance et du sang-froid, s’entretenant avec des dizaines de journalistes par jour sur ce qui s’était produit lors des sessions de négociations et sur ce que les différentes émissions avaient comme conséquence dans le monde réel. En dépit de ces challenges, son optimisme à propos du sommet n’a jamais vacillé. Quand il s’est achevé cependant, et que le marché pitoyable a été conclu, il s’est effondré devant nos yeux. Assis dans un restaurant italien trop éclairé, il a commencé à sangloter d’une façon incontrôlable.  “Je croyais vraiment qu’Obama avait compris ” répétait-il encore et encore.

J’en suis venue à penser que cette nuit avait été le moment de maturité du mouvement climatique : cela avait été le moment où il a fallu réaliser brutalement que personne n’allait nous sauver. La psychanalyste et spécialiste du climat Sally Weintrobe décrit ceci comme le « legs fondamental » du sommet – la précise et pénible réalisation que    ” nos leaders ne s’occupaient pas de nous…personne ne prenait soin de nous au niveau de notre survie même “. Peu importe le nombre de fois où nous avons été déçus par nos politiciens, cette prise de conscience intervient comme un coup. Que nous soyons seuls et l’unique source d’espoir dans cette crise devra venir du bas.

À Copenhague, les gouvernements des pays les plus pollueurs – y compris les USA et la Chine – ont signé un agrément non contraignant s’engageant à empêcher  la montée des températures de plus de 2° C, au-dessus de ce qu’elles étaient avant que nous ne faisions tourner nos économies au charbon. Cette cible bien connue, qui représente soi-disant la limite « sûre » du changement climatique, a toujours été un choix hautement politique qui a plus à faire avec la protection des enjeux économiques qu’avec la protection du plus grand nombre.

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” This changes everything ” est publié cette semaine

” Tout peut changer ” 

Quand la perspective des 2 degrés a été officialisée à Copenhague, il y eut des débats passionnés de la part de nombreux délégués, affirmant que cet objectif équivalait à une “ condamnation à mort ” pour quelques états insulaires, ainsi que pour une large partie de l’Afrique Sub-saharienne.

En fait c’est une cible très risquée pour nous tous : jusqu’à présent les températures ont augmenté de seulement 0, 8 °C et nous expérimentons déjà de nombreux impacts alarmants, y compris la fonte sans précédent de la couche glaciaire du Pôle Nord en cet été 2012 et l’acidification des océans se produisant beaucoup plus rapidement que prévu. Permettre aux températures de se réchauffer deux fois plus aura sans aucun doute des conséquences périlleuses.

Ce à quoi le monde pourrait ressembler en 2100 si les températures augmentent de :

1°C

Les glaciers et la glace de l’océan Arctique continuent à décliner sur le long terme. Très lentement mais d’une façon irréversible, la fonte des couches glaciaires les plus importantes peuvent commencer.

2°C

L’Océan Arctique sera vraisemblablement sans glace pendant les mois d’été.

3°C

Les couches polaires vont libérer des volumes massifs de glace causant la montée importante du niveau des mers.

4°C

Les glaces de l’Arctique disparaissent. La perte quasi complète de la couche glaciaire entraînant une montée finale des eaux jusqu’à 7 mètres.

Source: Intergovernmental Panel on Climate Change; Research: Karl Mathiesen

Dans son rapport de 2012, la Banque Mondiale a dessiné les enjeux impliqués par ces objectifs.  ” Comme le réchauffement climatique approche et excède les deux degrés Celsius, il y a un risque de déclenchement de basculement non linéaires des éléments. Les exemples incluent la désintégration de la banquise de l’Antarctique Ouest amenant une plus rapide montée du niveau de la mer, ou le dépérissement final de l’Amazone affectant drastiquement les écosystèmes, les rivières, l’agriculture, la production d’énergie et les moyens d’existence. Ceci s’ajoutera au réchauffement planétaire et aura des impacts sur les continents entiers.”  En d’autres termes, une fois que nous laissons les températures monter au-delà d’un certain point, là où le mercure s’arrête est hors de notre contrôle.

Mais le problème le plus important – et la raison pour laquelle Copenhague a déclenché un tel désespoir- est que comme les gouvernements ne se sont pas mis d’accord pour des cibles contraignantes, ils restent libres de presque ignorer  leurs engagements. Ce qui est précisément en train de se produire. Bien sûr,  les quantités d’émissions  augmentent si rapidement qu’à moins qu’un changement radical ait lieu au cœur de notre structure économique, deux degrés maintenant ressemblent à un rêve utopique. Et ce ne sont pas que les environnementalistes qui sonnent l’alarme. La Banque Mondiale a aussi mis en garde lorsqu’elle a publié son rapport que ” nous sommes sur la piste d’un monde plus chaud de 4° ( à la fin du siècle) marqué par des vagues de chaleur extrême, la perte des écosystèmes et de la biodiversité et la montée des eaux mettant la survie en jeu.” Et le rapport avertit : ” Il n’est pas certain que la vie avec une adaptation à 4° supplémentaire soit possible “. Kevin Anderson, l’ancien directeur ( maintenant sous-directeur) du Centre Tyndall pour la Recherche sur le Changement Climatique, qui s’est rapidement imposé comme l’une des institutions majeures de recherche du Royaume Uni est encore plus brutal, il dit que 4°C de réchauffement sont ” incompatibles avec  aucune caractéristique raisonnable d’une communauté mondiale organisée, équitable et civilisée.”

On ne peut pas savoir exactement ce à quoi un monde chaud de plus de 4°C  pourrait ressembler mais même les scénarios les plus optimistes sont vraisemblablement tous calamiteux. 4°C de réchauffement ferait monter le niveau des mers d’un ou peut-être deux mètres d’ici 2100 ( et se stabiliserait à au moins quelques mètres supplémentaires dans les siècles suivant ). Ceci ferait couler des nations insulaires comme les Maldives et Tuvalu et inonderait des zones côtières de l’Equateur et du Brésil jusqu’au Pays-Bas, ainsi que la majeure partie de la Californie et du Nord-Est des USA, de même que d’énormes bandes d’Asie du Sud et du Sud-Est. Des villes majeures seraient probablement compromises comme Boston, New York, le grand Los Angeles, Vancouver, Londres, Mumbai, Hong Kong et Shanghai.

Pendant ce temps des vagues de chaleur brutales qui pourront tuer des milliers de personnes, même dans les pays nantis deviendront des étés ordinaires sur tous les continents sauf l’Antarctique. La chaleur amènera aussi les semences de base à souffrir de terribles pertes sur toute la surface du globe ( Il est possible que la production de maïs indien et américain chute de 60%) ceci à un moment où la demande se renforcera à cause de la croissance de la population et de la demande croissante pour la viande.

Quand vous ajoutez à cela des ouragans ruineux, des incendies dévastateurs, l’effondrement des pêcheries, de vastes manques d’eau potable, les extinctions et les maladies se disséminant sur tout le globe, cela devient évidemment difficile d’imaginer qu’une société paisible, ordonnée puisse subvenir à ses besoins ( c’est-à-dire, là où ceci est le cas )

Gardons à l’esprit que ce sont des scénarios optimistes dans lequel le réchauffement se stabilise à 4°C et ne déclenche pas des points extrêmes au-delà desquels un réchauffement sans limite se produirait. Et ce processus pourrait démarrer plus tôt que ne l’ont dit toutes les prévisions. En Mai 2014, le NASA et l’Université de Californie, les scientifiques de Irvine ont révélé que la fonte d’un glacier de la taille de la France dans la section ouest de l’Antarctique ” apparaissait impossible à arrêter ” ” maintenant, ce qui, suivant l’étude de l’auteur Eric Rignot   “vient avec une augmentation du niveau des mers entre trois et cinq mètres.  Un tel événement déplacera des millions de personnes de par le monde.” La désintégration, par contre, pourrait s’étendre sur des siècles et il reste du temps pour ralentir les processus d’émissions et de prévenir le pire.

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 Antony Gormley,CONNECTION, 2001, Aniline dye on paper, 28 x 38cm, © the artist Photograph: Antony Gormley

Beaucoup plus effrayant que tout ceci est le fait que de nombreux analystes des médias grand public pensent que sur l’actuelle trajectoire d’émissions, nous nous dirigeons vers plus de 4°C de réchauffement. En 2011, l’habituellement contrainte ” International Energy Agency ”  IEA, a soumis un rapport constatant que nous sommes en fait sur la voie d’un réchauffement de 6°C  10 .8°F. Et c’est ainsi que le chef de l’IEA l’économiste Fatih Birol le présente :  “Tout le monde, même les enfants d’âge scolaire, sait que cela aura des implications catastrophique pour nous tous”

Ces projections variées sont l’équivalent de toutes les sonneries d’alarme se déclenchant simultanément dans votre maison. Et puis chaque alarme dans la rue également, les unes après les autres. Cela signifie, tout simplement que le changement climatique est devenu une crise existentielle pour l’espèce humaine. Le seul précédent historique d’une crise de cette ampleur et de cette profondeur fût la peur que la Guerre Froide nous entraîne vers un holocauste nucléaire, qui aurait rendu presque toute la planète inhabitable. Mais ça a été (et reste) une menace, une possibilité mineure, au cas où la géopolitique fuit hors de contrôle. La vaste majorité des scientifiques du nucléaire ne nous ont jamais dit qu’à un certain point nous allions mettre notre civilisation en danger si nous continuions à mener nos vies quotidiennes comme d’habitude, à faire exactement ce que nous étions en train de faire, ce que les scientifiques du climat nous répètent depuis des années.

Comme le climatologue de l’Université d’état de l’Ohio Lonnie G. Thompson, un chercheur sur la fonte glaciaire de renommée mondiale l’expliquait en 2010 : ”  Les climatologues, comme les autres scientifiques, tendent à être un groupe impassible. Nous ne nous adonnons pas à des déclamations théâtrales sur la chute des cieux. La plupart d’entre nous est beaucoup plus à l’aise dans son laboratoire à accumuler des données dans le domaine qu’à donner des interviews aux journalistes ou bien à parler devant un comité du Congrès. Pourquoi donc les climatologues parlent-ils des dangers du changement climatique ? La réponse est que virtuellement tous sont maintenant convaincus que le changement climatique pose un danger clair et présent pour la civilisation ”

Ça ne rend pas les choses plus claires pour autant. Et cependant, plutôt que de répondre par l’alarme et de faire tout ce qui est en notre possible pour changer le cours des choses, de large pans de l’humanité, tout à fait consciemment, continuent à suivre la même voie. Seulement, comme les passagers du vol 3935, aidé par un moteur lus puissant et plus sale.

Qu’est ce qui cloche donc en nous ?

Traduction Elisabeth Guerrier