Les découvertes énergétiques hasardeuses : Nos bienfaiteurs malveillants et leur plan directeur pour l’Humanité par Phil Butler

Breakthrough Energy Ventures: Our Malevolent Benefactors and Their Master Plan for Humanity

The men who pull all the media, political and business levers in much of the world now want to pretend to save us from ourselves by backing GMOs and other questionable technologies.

Les découvertes énergétiques hasardeuses : nos bienfaiteurs malveillants et leur Plan directeur pour l’humanité

Nous pouvons nous rassembler, condamner les tares des politiciens et leur laisser occuper les unes de tous les médias comme les stars déchues de nos attentes. Ce n’est pas là, dans les mouvements trépidants de ces marionnettes que les vrais enjeux de notre avenir se trouvent. Le néolibéralisme ne fait pas de politique, il fait de l’argent. Il fonde toute son éthique sur le pouvoir de l’argent et sur celui octroyé à ceux qui ont les moyens d’en rassembler le plus possible, sans idée même de la nécessité même s’une possible limite. Le néolibéralisme convient du fait que TOUT s’achète, les choses, les gens, l’avenir et que ceux qu’on continue à nommer à tort ” l’élite” sont en mesure, de part leur réussite financière et entreprenariale, de savoir ce qu’il en est d’un projet de réussite pour la planète entière. Mais le néolibéralisme s’est installé comme système moral et politique unique sur un mensonge. Il avait comme référence de base le pouvoir de “la main invisible” de la complète dérégulation du marché à ordonner d’elle-même les échanges. Le marché, grand corps sans tête et faisant jouer dans un souci d’entropie les équilibres entre offre et demande, entre concurrence et dérégulation. Mais si un de ces composants organisateurs a bien disparu, c’est celui de la concurrence. Or cet effet auto-régulateur permis par la dynamique concurrentielle comme le montre R. Reich est plus que jamais réduit entre les mains de quelques potentats qui ont leur propre main mise sur les champs politiques, économiques, et scientifiques et très peu de forces critiques actives pour leur résister. Cet article, écrit assez joliment, nous informe de l’étape à suivre dans cette course à la toute-puissance, effectuée en toute impunité et dans la grande piété de tous les actes charitables, “POUR NOTRE BIEN”. Nous retrouvons à l’oeuvre ” l’ impérialisme de la vertu” décrit par Yves Dezalay et Bryant Garth, ou la “philanthropie hégémonique”, c’est à dire la reconversion, dès la première heure, des Robber Barons et autres ” lawyers” de Wall Street dans les bienfaits fiscaux, financiers et légitimants de la vertu civique. Il s’agit maintenant d’une façon ostensible de devenir les apprentis-sorciers, investis du garde-fou technologique et de la pensée scientiste que tout peut s’ingénieriser, d’une maîtrise de l’eau, déjà en route, et de la production de nourriture gérées à un niveau mondial.EG

Les hommes qui tiennent tous les leviers médiatiques, politiques et économiques dans la plupart du monde veulent maintenant nous sauver de nous-mêmes en soutenant les OGM et d’autres technologies questionnables.

Par  Phil Butler

Une histoire dans le Business Insider par l’auteur Aria Bendix a éveillé mon attention ce matin en décrivant Bill Gates et ses compatriotes milliardaires comme des «  héros, sauveurs de la planète ». Selon cette histoire, les mêmes hommes qui ont tiré des billiards du super-capitalisme et ont créé une kabbale qui contrôle  de nombreux gouvernements, investissent maintenant dans six startups agricoles par l’intermédiaire de Breakthrough Energy Ventures. Un seul regard sur les investisseurs devrait provoquer des tremblements le long de la colonne vertébrale de toute personne raisonnable. Laissez-moi vous dépeindre tout ça, avec un fond de sarcasme afin que je sauvegarde ma santé mentale. 

Gates nous aime MORTELLEMENT

Chacun sait combien Bill Gates aime l’humanité, il nous a vendu des billions de dollars de logiciels, de tablettes, de smartphone miteux, et même de   poisons de Monsanto pendant la dernière décennie. Mais qui parmi nous peut même se rendre compte de la chaude et trouble adoration que Sa Majesté royale, le Prince  Alwaleed ben Talal d’Arabie saoudite ressent pour le monde ? Pourquoi ? regardez ! Aux cotés de Al talal, et de Bezos d’Amazon, se trouve Richard Branson, le Jack Ma d’Alibaba et le cofondeur du groupe Carlyle, David Rubinstein, pour n’en mentionner que quelques-uns de nos philanthropistes les plus  convaincus. Oui mes amis, c’est certain, nous sommes maudis par leur malveillance trouble.

La  “mission” de Breakthrough Energy Ventures est de “commercialiser les innovations énergétiques à grande échelle” du moins selon le discours du groupe. Je suppose que cela signifie que les fonds ne concernent pas vraiment la philanthropie en fin de compte. (désolé, j’en viens à haïr ces gens-là). Venons-en aux faits maintenant, je ne souhaite pas perdre mon temps ni le vôtre. Gates et les autres sont engagés dans la recherche de profits à une échelle que les empereurs romains n’auraient pas pu concevoir.  Permettez-moi de citer à partir de The Guardian et d’un compte-rendu d’Agra-Watch basé à Seattle – un projet de la Community Alliance for Global Justice sur  le rôle que joue  la Fondation Bill & Melinda Gates dans Monsanto

Monsanto  a une histoire de mépris flagrant pour les intérêts et le bien être des petits fermiers du monde entier, ceci permet de sérieusement mettre en cause l’énorme financement du développement agricole en Afrique effectué par la Fondation.

Dans cette  histoire qui remonte à 2010, les investissements de Gates dans l’agro-géant sans visage Cargill ont été aussi mis en lumière.  En outre le milliardaire de Microsoft a été décrit alors comme le sauveur de l’humanité également grâce à l’’agro-tech OGM.

Mais concentrons-nous sur Gates et ces autres agents d’entretien si aimant aujourd’hui.

Croyez en Moi

Dans un récent blog post de Gates, le deuxième homme le plus riche du monde ( sur le papier) a évoqué les pets des vaches et les sols comme majeurs au niveau des excès de gaz à effet de serre. En lisant les notes de Gates, j’ai des frissons quand je réalise combien ce mauvais génie et ses amis milliardaires sont devenus fous. Au lieu de pointer la dépendance aux énergies fossiles de notre production alimentaire, Gates pénètre profondément dans le blaba techniciste pour dissimuler nombreux faits afin de mettre en scène ce que ces psychopathes ont vraiment en réserve pour le monde. Avant que j’y vienne, lisez ceci tiré du significatif : «  Nous devions discuter des sols autant que nous discutions du charbon. » Gates joue sa main en recommandant les solutions OGM dans lesquelles lui et ses amis ont investi.

Des usines à nitrogène microscopiques qui remplacent les fertilisants : et si nous pouvions fertiliser les plantes sans relâcher tant d’oxyde de nitrate dangereux dans l’air ? BEV est investi dans une compagnie nommée Pivot Bio qui a des microbes génétiquement modifiés afin de fournir aux plantes les nitrates dont elles ont besoin sans accentuer la production de gaz à serre que les alternatives synthétiques produisent.

Prenez bien note ici, ce «  mouvement » des élites est un ajustement aux alternatives climatiques en dehors de ce qui est généralement considéré comme étant des « solutions  énergétiques alternatives ».  C’est parce que le pétrole et les énergies lourdes sont impliquées avec Bezos, Gates et Bloomberg dans le financement de ces innovations dans les OGM. Considérez également que la rencontre avec les multinationales agrochimiques est profitable à la fois pour les semences résistantes aux herbicides et pour les microbes dont Gates est entiché, tout comme pour les herbicides auxquels certains sont également prévus pour résister. Mais ce n’est pas ce qui est si horrible dans leur plan pour l’humanité.  De nouvelles «  variétés » de  bon vieux haricots de lima ou de concombres ne devraient pas être notre principale inquiétude ici. Une complète dépendance alimentaire devrait.

Pensez-vous intéressant que toutes les solutions que Gates proposent impliquent qu’il joue à être Dieu ? Pas une fois je n’ai lu quoi que ce soit écrit par cet homme qui évoque le fait de retourner vers la nature ou de modifier nos habitudes.

Considérez son histoirei L’avenir de Dieu. Une nouvelle fois, nous voyons Gates recommander les compagnies dans lesquelles il a investi comme la solution à tous nos problèmes.  Une compagnie appelée Beyond Meat  ( Au-delà de la viande) n’est qu’un nouvel exemple de la façon dont Gates  affirme que la techno-science délirante est toujours préférable à la nature. Et cela nous conduit  à la réelle mission de notre bienfaiteur milliardaire.  Un contrôle total sur ce que nous buvons, mangeons, achetons et vendons. Un film dont certains lecteurs sexagénères  peuvent se souvenir, Soleil vert, présente Charlton Heston en homme pris dans le contrôle des multinationales qui mettent de la chair humaine recyclée sur la marché alimentaire.  Avant de penser que je suis fou, ou un théocricien de la théorie du complot, lisez cette histoire publiée par Bloomberg à propos de Gates, Cargill, et de Sir Richard Branson soutenant la fabrication de viande fabriquée en laboratoire à partir de cellules de bovidés. 

Le Diable est à Davos

Aujourd’hui, le monde est pratiquement entièrement dépendant de produits et de service contrôlés par les 1% les plus riches. Ils contrôlent notre électricité, et nos transports, ils contrôlent les marchés de vêtements que nous portons, des diamants que nous achetons comme bague de fiançailles, et ils dirigent les politiciens qui réécrivent notre vérité et décident de notre futur. Aucun d’entre nous n’aime l’admettre mais la vérité du contrôle par l’élite est incontestable, vrai sans équivoque et nous le savons tous.  Les seules facettes de notre existence que nous pouvons contrôler impliquent de la survie primaire quand tout a été déjà dit et fait. Et notre survie est liée inextricablement à la nourriture, à l’eau, et à l’air. Ces individus travaillent à transformer notre planète en une jungle où chaque centimètre carré représente un profit à leurs yeux ; L’Amazone disparaît, la consommation de pétrole est au plus haut, la planète est polluée à un tel point que certains experts nous disent que nous avons atteint un point de non-retour ; Et maintenant, les mêmes individus qui ont tiré profit de notre naissance, de notre vie et de notre mort nous affirment qu’ils vont «  nous aider »  un peu plus en créant de la nourriture artificielle et modifiée. Avant de continuer, lisez s’il vous plait la déclaration d’engagement de la «  cabale » :

La Breakthrough Energy Coalition s’engage à créer de nouvelles technologies qui changent notre façon de vivre, de manger, de travailler, de voyager et permettent d’arrêter les impacts dévastateurs du changement climatique. Nous croyons que la création de partenariat profonds entre nos membres et les gouvernements conduira à plus d’investissement plus tôt et à plus de solutions énergétiques plus vite..

La leçon avec laquelle je voudrais éperonner le lecteur est que le moment où les aristocrates de l’industrie nous disent qu’ils sont «  avec nous » est le moment où on doit les observer à la loupe. Au titre de preuves, je présente  le cas du  bazar des biocarburants que le collègue de Gates et partisan de Breakthrough Energy Ventures Vinod Khosla a apporté dans l’état du Mississippi. Dans ce cadre, Kosla a soi-disant essayé de créer l’“Exxon des biocarburants” avec une entreprise nouvelle appelée KiOR, qui fit faillite en laissant les investisseurs IPO avec des titres sans valeur. Kosla et ses autres élites globalistes ont plus d’un tour dans leur sac mais continuons en examinant ce qu’ils veulent dire par «  profond partenariat »  avec les gouvernements.  Juste ici, considérez pour un moment ce que ces globalistes se disent dans les montagnes suisses, lorsqu’ils se rencontrent à Davos, puis essayé d’imaginer leur chaude adoration pour nous tous.

L’ingénierie de l’humanité

En octobre  2018, il y a quelques mois, l’UE a annoncé  un investissement commun avec Gates et ses amis. Ce partenariat nous rappelle celui des biocarburants de Khosla avec l’état du Mississipi, s’achevant sur une perte pour tous ceux impliqués seulement dans le spectacle de foire européen,  les enjeux sont beaucoup plus importants. C’est autour de cette «  garantie d’investissement » que je suis déchiré entre l’hypothèse que Gates et ses comparses sont simplement des escrocs détestables ou des incompétents cherchant de la compagnie. Prenons Khosla  et une autre startup nommée Jawbone, qui a intégré la liste des startup à abattre (dead-pool running) en 2017 après avoir fait un accroc de plus de 930 millions de dollars dans le financement de  Khosla Ventures, Sequoia Capital, Kleiner Perkins Caufield & Byers, et d’autres.  Toujours du côté des énergies de remplacement, une autre startup massivement financée et supportée par l’état nommée  Abound Solar a fait faillite après avoir reçu 641 millions de dollars et le soutien du ministère de la défense, U.S. Department of Defense. BP Alternative Energy Ventures était impliquée dans celle-ci également, au cas où vous soyez à la recherche de connexions intéressantes.  D’autres startups, comme Aquion Energy (Bill Gates), se sont montrées très prometteuses, ce qui me conduit à une autre théorie personnelle concernant ces technocrates et milliardaires globalistes. Je crois qu’ils camouflent leurs plans qui sont de carrément nous posséder.

En cherchant le fonds d’investissement, Investment Fund (EIF) j’ai immédiatement vu le fait que le fond que la SME est supposé aider représente 99% de tous les marchés conduits dans L’UE ! Oui, vous lisez bien.  Le fonds établi pour aider avec l’apport d’un capital de petites ou moyennes entreprises  supporte également Bill Gates et les gens qui ont d’énorme intérêts investis dans le GROS business. Maintenant Gates et ses Breakthrough Energy Ventures sont main dans la main et sont positionnés pour contrôler toutes les technologies émergentes qui défierait leurs ENORMES affaires. Dans un mouvement brillant ( et monstrueux) pour contrôler la mise sur le marché de toutes ces technologies, Gates et les autres peuvent, soit investir et acheter ces nouvelles solutions ou provoquer leur mort. C’est ce qui je crois s’est produit avec KIOR, mais personne n’a rien prouvé à part un défaut de gestion et trop de matraquage publicitaire.  Mais en observant comment la bourse est manœuvrée par les temps qui courent il n’est pas inconcevable que ces milliardaires attaquent sous toutes les coutures afin de sucer l’argent du système. Maintenant, regardons ensemble les transactions obscures, avec d’énormes investissements bancaires, et les risques auxquels le Wall Street Journal dit que les citoyens européens sont exposés. L’auteur Max Colchester  évoque quelque chose appelé «  Ingenierie financière « , « financial engineering » quand il décrit exactement le genre de garantie qu’obtiennent Gates et ses potes de l’EIF.  J’évoquerai les potentiels de cette ingénierie de Gates et consorts dans un autre article.  Pour l’heure, je dois résumer ici les principales inquiétudes.

Jouer du pipeau quand le monde brûle

L’ordre libéral du monde auquel je me réfère constamment n’est pas celui d’une théorie de la conspiration des Illuminati ou une invention de mon imagination surchauffée. Ce white paper  du Forum 1 de l’économie mondiale (World Economic Forum) trouvé dans le Conseil de l’agenda global  (Global Agenda Council) irrévocablement admet  l’ordre de l’après-guerre  qui a dirigé le monde depuis 1945. Ce  Global Agenda Council, pour ceux qui l’ignorent est présidé par Robert Kagan du Brookings Institute et Karen Donfried du German Marshall Fund américain.  Le dossier produit par ces mêmes leaders de l’ordre mondial révèle le véritable agenda derrière les investissements de ces milliardaires dont j’ai parlé. Pour résumer :

« Les US sont à la tête d’une révolution des énergies – avec de profondes implications pour la place des USA dans le monde, pour ses relations avec les autres puissances et pour le pouvoir global. En moins d’une dizaine d’années, le pétrole US et la production de son gaz ont explosé pendant que de nouvelles technologies pouvaient produire des combustibles en abondance à partir du gaz de schiste  à travers le pays. Cette révolution et d’autres facteurs globaux a contribué à presque 50% dans le déclin du prix du pétrole depuis juin 2014. »

Pendant que Gates et autres professent leur engagement éternel à nous sauver du vilain changement climatique, leurs amis,  qui font les règles au bout de l’ordre du monde libéral, se félicitent de la « sécurité énergétique » nouvellement trouvée aux USA fondée sur la moins durable des politiques énergétiques possibles. Pire encore, les collègues de nos bienfaiteurs milliardaires ne sont pas honteux d’être la cause de la Deuxième guerre froide, comme le prouve cet extrait :   

Comme les USA deviennent un des principaux acteurs du marché de l’énergie mondiale, ils peuvent exercer leur influence de façon à affaiblir certains de leurs plus importants adversaires.

Ceci est le discours de nombreux des participants à l’infâme World Economic Forum, laissez-moi vous le rappeler. Leur rapport appelle le peuple américain  à défendre cet ordre mondial libéral avec toutes les «  armées, choix politiques, économiques et culturels nécessaires. »  Robert Kagan est aussi membre du Council of Foreign Relations  (Conseil des relations étrangères) et écrit une colonne pour le Washington Post de George Bezos. Et ce rapport fourni par le World Economic Forum contient des avertissements cachés pour le peuple européen auxquels il serait bon de prêter attention.

Les peuples des autres nations ont besoin d’accélérateurs et de capital-risque mais par-dessus tout, ils ont besoin d’une culture qui accepte à la fois l’embrasement fréquent et la destruction créative que l’innovation entreprenariale génère”

Une nouvelle solution finale

Est-ce que cela ne sonne pas comme un communiqué stratégique de préparation à l’assistance de cet ordre libéral et de ses milliardaires ? « de fréquents embrasements » ne sont pas des choses auxquelles l’économie déjà mal en point de l’Europe soit prête.  Je vous laisse prendre connaissance du fait que le nouvel ordre mondial se vante que un tiers du produit national brut du Kénya passe par une start-up nommée  M-Pesa, qui a été originellement fondée par le Department for International Development (DFID) en Grande Bretagne, qui travaille avec la European Investment Bank (EIB) même avec l’USAID à travers le DAI Global de Bethesda, MD. Les lecteurs seront aussi intéressés de savoir que Bill Gates a Tweeté  pour faire les louanges de la merveilleuse M-Pesa  en ces mots :

La M-Pesa kényane prouve que lorsque les gens auront le pouvoir, ils utiliseront les techniques digitales pour innover en leur propre nom.

En 2015, DAI a reçu 272 429 308 dollars pour un financement de contrat de a part de USAID, et un autre de and 58.3 millions de livres du Département pour le développement international de Grande Bretagne  (U.K. Department for International Development).  Les vénézuéliens disent que DAI est une organisation de couverture de la CIA, et mes recherches n’ont pas prouvé le contraire. Ce  câble de WikiLeaks  labellisé “Secret” révèle que l’USAID et la  DAI ont coopéré pour créer une insurrection au Venezuela quand Chavez était encore en vie en 2006. Je ne m’étendrais pas là-dessus, dans la mesure où notre propos se concentre sur Gates et ses collègues milliardaires. Il s’agit de mettre en évidence la collusion entre les technocrates, les agences gouvernementales et l’état profond, et leur partenaires les plus haut placés.

Quand le chef Nazi Adolf Hitler et ses capitaines ont  décidé ce qui allait s’appeler «  La solution finale » -il y a du avoir quelque argument rationnel pour justifier un telle horreur, éradiquer un peuple en entier pour régler «  La question juive ». Aujourd’hui, le nom de code pour le meurtre planifié l’extermination des tous les Juifs à portée du 3iéme Reich pourrait s’appliquer aux projets secrets de ces élites globalistes. Ils contrôlent les médias, les créations monétaires, l’industrie, et posent des leviers sur tous les aspects de la vie occidentale. Tout ce qui reste ce sont l’eau et la nourriture. Et avec le contrôle de ces biens nous pouvons simplement être rassemblés et conduits à l’abattoir comme des bêtes. Pensez-y. Ce n’est pas un effet de l’imagination. Quel autre but  y aurait-il ? Quelle fin alternative pensez-vous que ces hommes puissants cherchent ? Oh, j’ai laissé de côté leurs consciences de dévots craignant Dieu. Nous ressentons cette dévotion chaque jour, ici en Grèce.  Bientôt, très bientôt, je crains que leur chaleur ne touche profondément l’Amérique et le reste de l’Europe.

Top Photo | Bill Gates, chairman of the Bill & Melinda Gates Foundation, gestures during a session at the annual meeting of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, Jan. 22, 2019. Markus Schreiber | AP

Phil Butler est un investigateur et un analyste, un spécialiste des sciences politiques et expert dans l’Europe de ‘Est, il est l’auteur d’un récent best-seller “Putin’sPraetorians” et d’autres ouvrages

Source | NEO

Traduction : Elisabeth Guerrier

Ci-joints pour rappel les liens des traductions de l’article d’investigation très documenté de Global Justice Now, effectué en 2016 et décrivant les agissements de la Fondation Bill et Melinda Gates et qui sert encore de référence.

N°1

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N°6

La nature du sexe Andrew Sullivan

La vague de conditionnement massive, se couvrant des usuelles protections de la victimisation et des scansions du dogme laisse peu d’espace pour le recul nécessaire qui devrait permettre de donner au discours ” nature-culture” réinitié par le transgenrisme sa vraie teneur. Il y a en effet pour décourager toute analyse et tout regard critique, comme dans la plupart voire tous les discours minoritaires, le postulat d’une ” lutte pour le bien”, un tour moral donc, qui empêche toute posture rationnelle de faire son travail d’analyse. la “phobie” brandie comme arme de dissuasion de toute relativisation des postulats et l’absence d’intégration des données éthiques, scientifiques, économiques et idéologiques du problème ne pouvant être prises en compte sous le voile de la bienséance et du discours quasi religieux qui l’accompagne. Nous ne développerons pas dans ce contexte sur le leurre que cette sorte de passion collective exhibe de la nature intrinsèquement inqualifiable de ce qu’on nomme l’humain et de sa recherche désespérée de bornes à renégocier sans cesse dans les poussées de nouveaux mythes et dans leur fragilité signifiante. L’intérêt du texte de Sullivan est plus proche des questions strictement contemporaines posées au trangenrisme et d’autant plus intéressant qu’il les pose d’un posture homosexuelle, levant la chape identitaire et pointant les tensions, luttes intestines dans un mouvement qui n’a d’homogène que ses revendications de reconnaissance mais est destiné à exploser sous les coups des disparités et des clivages inhérents à toute microisation. EG

” La doctrine transgenre s’est avérée être une méthode ingénieuse pour désorienter de grands groupes d’individus, les rendant incapables de “penser rationnellement ou de protéger leurs propres intérêts”. Elle permet également aux prémisses du capitalisme pur de devenir plus gratifiantes, et apporte une définitionnouvelle, plus privée, à la phrase ” réforme structurelle”. le capitalisme définit les individus comme visant leurs propres intérêts et c’est ce que les défendeurs du transgenre deviennent. Physiquement, le mouvement enferme des individus qui seraient autrement en bonne santé dans une dépendance à l’institution médicale, psychologiquement, cela les enferme dans une bataille futile et souvent agressive contre la “misgenderisation” , le soi-disant “féminisme radical trans-exclusif” et les “groupes de haine anti-trans” fictifs.

“Cette forme de fondamentalisme capitaliste, écrit Klein, a constamment été instigué par la forme la plus brutale de coercition, infligé sur les corps institutionnels comme sur des corps réels innombrable”, Le transgenderisme n’est pas une exception à la règle néolibérale, et comme le choc et la désorientation s’étendent, le pillage continue.

Transgender doctrine has proven an ingenious method for disorienting large groups of people, rendering them unable to “think rationally or protect their own interests.” It also allows the premises of pure capitalism to become self-fulfilling – and lends a whole new, more intimate, meaning to the phrase “structural reform.” Capitalism defines people as self-interested, and that is what proponents of transgenderism become. Physically, the movement traps otherwise healthy people into dependence on the medical establishment; psychologically, it locks them into futile and often aggressive battles against “misgendering,” so-called “trans exclusionary radical feminists,” and fictive “anti-trans hate groups.”

“This fundamentalist form of capitalism,” Klein writes, “has consistently been midwifed by the most brutal forms of coercion, inflicted on the collective body politic as well as on countless individual bodies.” Transgenderism is no exception to the neoliberal rules, and as the shock and disorientation spreads, the pillaging continues.” Renée

The Nature of Sex

La nature du sexe

 Andrew Sullivan

Photo: Yukipon

C’est peut-être un signe de la fin des temps, ou simplement une des fonctions de la politique confuse actuelle, mais en début de semaine, quatre activistes féministes – trois faisant partie d’un mouvement qui se décrit lui-même comme «  féminisme radical », Le Front de libération des femmes  Women’s Liberation Front — sont apparues en délégation à Heritage Foundation*. Ensemble, elles ont maintenu que le sexe est fondamentalement biologique, et non construit socialement et qu’il y a une différence entre les femmes et les transsexuelles qui se doit d’être respectée. Pour ces propos elles ont été grandement applaudies par les supporters de Trump, les membres de l’extrême-droite religieuse, les théoriciens de la loi naturelle, et les intellectuels conservateurs qui formaient la plupart de la foule. Si vous pensez que je viens de découvrir une espèce d’herbe particulièrement puissante et que j’hallucine, vérifiez avec la vidéo de l’évènement.

Je ne doute pas que nombreux seront ceux qui considéreront ces femmes comme des réactionnaires anti-trans, ou des pacificatrices des homophobes ou transphobes, ou simplement des personnes dérangées à la recherche d’une audience. (Le modérateur, Ryan Anderson, a précisé qu’elles parlaient à l’Héritage parce qu’aucune institution libérale ou de gauche équivalente ne leur avait donné temps et espace afin de pouvoir exposer leur point de vue.) Et il est vrai que les féministes radicales exclusives, (les trans-exclusionary radical feminists ou TERF, comme on les nomme, sont une minorité qui est n’est activement pas tolérée par l’establishment LGTBQ et souvent démonisée par la communauté gay. Il est aussi exact qu’elles peuvent inflammatoires, offensives et obsédées. Mais ce qui m’intéresse est l’argumentation sous-jacente, qui mérite à être analysé, sans tenir compte de nos obédiences politiques, de nos identités sexuelles ou de nos attachements tribaux, parce que c’est pour moi un argument qui contient une graine de vérité. D’où la suspicion de l’urgence à le supprimer.

L’intitulé de la rencontre du groupe à l’Héritage : «  L’inégalitarisme du Equality act »— “The Inequality of the Equality Act” —se réfère au principal but de la Campagne pour les droits humains, Human Rights Campaign, le plus important groupe de pression LGTBQ des USA. L’Equality act proposé, une loi de non-discrimination qui a été suggéré de nombreuses fois au cours de dernières années sous des formulations diverses — au Civil Rights Act de 1964, protégeant cette classe par les lois anti-discrimination, tout comme le sexe l’est et abolissant les distinctions biologiques claires entre les hommes et les femmes, est en fait une menace à l’identité lesbienne et même à son existence – parce qu’elle remet en question qui est une femme, et inclut dans cette catégorie les êtres humains qui ont été ou sont des mâles biologiques mais restent attirés par les femmes. Comment le lesbianisme peut-il être redéfinit comme le fait d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un qui a un pénis, demandent-elles, sans mettre en cause le concept de lesbianisme en sa totalité ?— «  Les lesbiennes sont des femelles homosexuelles, des femmes qui aiment les femmes. » a écrit Julia Beck, en décembre dernier, «  mais notre espace, nos ressources et notre communauté sont au bord de l’extinction. »

Si cela peut sembler un progrès massif, il faut considérer que la proposition de l’Equality Act — avec 201 co-sponsors dans le dernier congrès – n’est pas seulement l’interdiction de la discrimination contre les personnes trans

dans l’emploi, le logement ou les aménagements publiques ( une idée qui a l’adhésion de beaucoup d’Américains) Elle comprend et repose sur une redéfinition critique de ce qui est couramment nommé «  sexe » .  Nous pensons habituellement à ceci comme simplement mâle et femelle sur des bases biologiques (en opposition à une vision plus culturelle du genre). Mais l’ Equality Act définirait le «  sexe » comme comprenant l’identité de genre et définit celle-ci comme suit : « identité liée au genre, à l’apparence, aux manières ou caractéristiques, sans prendre en compte du sexe de naissance désigné pour l’individu. »

Ce que disent les féministes radicales c’est que l’acte ne rend pas seulement floue la limite entre femmes et hommes (minimisant donc ce qu’elles considèrent comme l’oppression patriarcale  et la misogynie) mais que sa définition de l’identité de genre se réfère à une vision stéréotypée de ce que signifie l’expression du genre. Qu’est-ce, après tout, qu’une « caractéristique liée au genre » ? Cela implique qu’un «  garçon manqué » qui aime le sport n’est pas une fille intéressée dans les activités plutôt masculines mais vraisemblablement un garçon enfermé dans un corps de fille. Et un garçon qui a un penchant pour Barbie et Ken est peut-être une fille trans. Parce que selon les stéréotypes, il se comporte comme une fille le ferait. Aussi, au lieu d’élargir notre compréhension de l’expression du genre – et d’autoriser une liberté maximale et une variété pour les deux sexes,  le concept d’identité de genre en réalité le rétrécit, dans une version plus traditionnelle et régressive. Qu’est-ce que signifie les «  manières de genre »  sinon des stéréotypes ?

Ce n’est pas par hasard si les sociétés les plus homophobes, comme par exemple l’Iran, sont de grand promoteurs de la chirurgie de réassignation sexuelle pour les enfants et les adultes ne se conformant pas au genre, ( le gouvernement paye même pour cela) alors que le fait d’être homosexuel est puni de la peine de mort.  Imaginant qu’un enfant non-stéréotypé est trans plutôt que gay est, en fait, dangereusement proche de cette vision du monde.  ( on peut même aller jusqu’à considérer qu’une décision prématurée pour changer un enfant de sexe est une sorte de thérapie de conversion afin de «  soigner «  son homosexualité. Cela ne signifie pas que les personnes trans. ne devraient pas avoir le droit de réaffirmer leur genre en changeant leur corps, ce qui peut soulager une quantité énorme de pression pour beaucoup et peut sauver des vies. Mais que le processus devrait impliquer une grande quantité de précaution et de discernement.

L’Equality Act propose également d’étendre le concept d’équipements publiques afin d’y inclure «  les lieux d’expositions, de récréations, d’exercice, de loisir, de rassemblement ou d’exposition » Il supprime toute exception religieuse mentionnée dans le Religious Freedom Restoration Act de  1993; et il supprime tout équipement sexué comme les vestiaires, les toilettes, si le sexe n’y est pas définit comme incluant «  l’identité de genre ».

Cela pourrait mettre en cause légalement toutes les manifestations, institutions, groupes  à genre unique. Cela pourrait aussi nier la nécessité d’un espace sécurisé pour les lesbiennes, libre de toute trace d’homme. La loi, dit autrement, «  compromet le terrain de base fondamental de la reconnaissance et de la lutte contre l’oppression basée sur la différence sexuelle exercée contre les femmes et les filles. »

 Le désaccord central, semble-t-il réside dans le fait de savoir si une femme trans. est en droit de dire qu’elle a toujours été une femme, est née femme et n’est pas distinguable et est interchangeable avec une femme biologique.  C’est l’actuelle réclamation reflétée par l’Equality Act.  Mais est-il vrai que quand Caitlyn Jenner a participé au décathlon homme des jeux olympiques de 1976, elle était en compétition en tant que femme, indistinguable des autres femmes ? L’orthodoxie contemporaine insiste sur le fait qu’elle était bien sûr en compétition en tant que femme et élimine toute distinction entre femme et femme trans.   De même, l’équipe de lutte et de course des filles d’un lycée publique devra inclure des mâles biologiques s’identifiant à des femelles – même si ils gagnent tous les trophées et même si l’injustice crève les yeux.

La plupart d’entre nous, cependant, trouvent intuitivement cet argument difficile à avaler complètement. Nous pouvons admettre que Caitlyn Jenner, qui est devenue une femme en 2015, s’est toujours considérée comme une femme, soit sincère et considérer cette conviction psychologique comme devant être respectée. Mais nous voyons aussi la différence entre quelqu’un qui a vécu sa vie en tant qu’homme pendant des dizaines d’années, sous l’influence des chromosomes mâles et de la testostérone, et qui a d’abord été acceptée comme homme avant sa transition… et une femme à qui rien de tout cela ne s’applique. Il est tout à fait douteux qu’une femme non-trans. Soit rentrée en compétition avec succès en athlétisme contre des hommes au décathlon des jeux olympiques, rien de moins. Que vous regardiez à cela biologiquement (les hormones et les génitoires importent) ou socialement (Jenner n’a pas été sujette au sexisme en tant qu’homme pendant la plus grande part de sa vie), il y a vraiment une différence. Si il n’y en avait pas pourquoi le concept de trans. lui-même existerait-il ?

C’est l’aspect  profondément confus et incohérent du débat entier. Si vous abandonnez la biologie dans les domaines à la fois du sexe et du genre, vous pouvez aider les transexuels à vivre plus pleinement  et d’une façon moins conflictuelle mais vous compromettez la signification de l’homosexualité. Si vous suivez l’idéologie actuelle du genre en tant qu’entièrement fluide, vous attaquez les arguments clefs en faveur des droits gay. «  Un homme gay désire et aime d’autres hommes. Et une lesbienne désire et aime d’autres femmes. » explique Sky Gilbert une drag queen. «  C’est ce qui définit l’essence même de l’homosexualité. Si il n’existe plus rien comme «  être femme » ou « être homme », l’entière autodéfinition de l’identité homo, que nous avons passé des générations à valider auprès des réactionnaires, s’effondre. » L’idéologie du transgenre contemporaine n’est pas complémentaire aux droits des homosexuels, en fait d’une certaine façon elle en est l’exact opposé.

Et la vérité est que de nombreux homosexuels, femmes ou hommes sont très attachés au concept du sexe comme une chose naturelle, biologique, matérielle. Oui, nous sommes tout à fait conscients que le sexe peut s’exprimer de différentes manières. Un drag queen et un joueur de rugby sont tous deux biologiquement des hommes avec des expressions différentes de leur genre. Bien sûr, un drag queen peut également être joueur de rugby et exprimer son identité de genre de plusieurs façons, suivant le moment ou le lieu. Mais il est toujours un homme. Et les hommes gay sont définis par leur attirance pour les autres hommes. Si le concept d’homme lui-même est déconstruit de façon à ce que quelqu’un sans pénis puisse être un homme, alors l’homosexualité elle-même  est déconstruite.

Les individus transgenres ne sont pas une menace pour nous et la vaste majorité des homosexuels femmes ou hommes soutiennent complètement leur protection. Mais l’idéologie transgenderiste y compris les conceptions postmodernes du genre et du sexe – est bien sûr une menace pour l’homosexualité parce qu’elle est une menace pour le sexe biologique comme concept.

 Et donc, ce n’est pas transphobique pour un homme gay de ne pas être attiré par un homme trans. C’est même proche de la définition.  L’essence de la réalité gay est qu’il existe bien sûr une grosse différence entre les mâles et les femelles, que cette différence importe et que sans elle, l’homosexualité n’aurait plus de sens du tout. Si tout cela devient un choix fluide et non binaire de genres ou de partenaires sexuels, le choix de n’avoir que des relations sexuelles exclusivement avec le même sexe ne serait plus l’expression de notre identité mais une forme de bigoterie sexiste, n’est-ce pas ?

Il existe une solution à ce paradoxe insoluble. Nous pouvons traiter différemment des choses différentes. Nous pouvons accepter que l’expérience transgenre et l’expérience homosexuelle soient très différentes et ne peuvent pas être aisément assimilées. Nous pouvons centrer le débat non sur «  l’identité de genre » qui insiste sur l’absence de différence entre les trans et les cis, les mâles et les femelles,  et à la place, nous centrer sur l’expérience réelle de «  dysphorie de genre », qui mérite un traitement, un soutien et la reconnaissance totale des individus impliqués. Nous pouvons respecter le droit de certaines personnes à d’être identifiées avec le sexe auquel elles croient appartenir et supprimer toute discrimination contre elles, tout en considérant la biologie comme porteuse d’une différence qui requiert une distinction. Nous pouvons croire en la nature et en l’immense complexité de l’esprit et de la sexualité humaines.  Nous pouvons envisager un moyen d’accommoder chacun avec toutes les possibilités sans nier notre réalité biologique. L’égalité ne veut pas dire la similitude.

Nous devons juste abandonner la notion tendance que le sexe est construit socialement ou entièrement construit dans le cerveau, que le sexe et le genre ne sont pas connectés, que la biologie est hors de propos et qu’il existe quoi que ce soit comme l’identité LGTBQ, quand, en fait, l’acronyme contient des tensions internes extrêmes et même des contradictions flagrantes.  Et nous pouvons permettre à cette conversation de s’effectuer en toute civilité, avec nuance et attention, de façon à accentuer la dimension de la dignité humaine sans effacer les différences humaines. Cela demande du courage,  et une chose que je peux dire certainement c’est que les femmes qui sont intervenues dans ce panel de l’Heritage en ont en quantité.

Comment la Théorie Queer est devenue la politique universitaire en Grande Bretagne par Michael Biggs

Si le sujet est vaste et surtout si récent et soumis à pression qu’on peine à resituer ce mouvement et ses conséquences pour la santé intellectuelle de la vie universitaire et pour les évolutions des représentations collectives, on ne peut pas ne pas le mettre en parallèle avec d’autres évolutions du rapport au corps de la culture post-moderne d’une part, dans ce que nous pressentons comme une dynamique de fusion entre la Techné médicale et scientifique et les fantasmes divers émergeants face aux menaces d’extinction non  assumées et la volonté de rendre le corps malléable et éternel dans les divers possibles d’ un désir sans limite, enfin accessible, ouvert à l’image des spasmes consuméristes et, d’autre part, à une dépolitisation par glissement vers des champs de contrôle moraux des questions socioéconomiques posées par la culture de masse. Les divers niveaux en jeu dans la microisation des messages politiques des sociétés néo-libérales tendent à cacher dans leur rage à se revendiquer comme porteurs d’un  “changement” ou d’une conscience “ultrawoke” par essence victimaire et détentrice de la vérité dont ils sont les porteurs harassés, la mesure strictement oppressive du système économico-social et de confiner à la quête d’une nouvelle forme d’ordre moral les questions crues de la misère sociale * et de ses conséquences sur les vies des plus démunis, quels que soient leurs choix existentiels.EG

queertheory

Publié le Nov, 25, 2018 

Comment la théorie Queer est devenue la politique universitaire

How Queer Theory Became University Policy

par Michael Biggs, [edité par Sarah Mills], via Conatus News

L’établissement d’une doctrine officielle sur l’identité de genre est une menace sans précédent pour la liberté universitaire. Sexe et genre devraient être soumis à des débats.

Mon université a récemment établi une doctrine officielle sur le genre, promulguée par son Unité de Diversité et d’Egalité (Equality and Diversity Unit). L’Université d’ Oxford déclare que le sexe n’est pas déterminé à la conception mais est plutôt « assigné » à la naissance, à partir du caprice d’une sage-femme ou d’un obstétricien. Le sexe doit être remplacé dans tous les aspects pratiques par un sens individuel de l’identité de genre, qui peut être choisie au sein d’un long menu  comprenant les non binaires et les genderqueer.

Oxford n’est pas l’exception, car la même doctrine a été instituée à travers les universités britanniques.

Cette doctrine provient de la « théorie queer », une excroissance du post-modernisme. Pour comprendre comment un discours ésotérique a pu devenir la nouvelle orthodoxie, nous devons suivre le travail de l’Intelligence du genre, l’organe de charité qui a traduit la théorie Queer en politique publique. Son chef exécutif est Jay Stewart MBE, un homme trans avec un doctorat de Cultures visuelles de  Goldsmiths, Université de Londres. La compagnie a commencé avec une allocation de 50.000 livres de la Commission des droits et de l’égalité humains  [1]. Maintenant, la plupart de ses evenus viennent de la vente de présentations dans le secteur public, gonflée par une donation de  116,000 livres provenant des «  Enfants dans le besoin » de la BBC.

 « Le Théorie Queer a été la carte pour ma compréhension personnelle » déclare Stewart [2]. La Grande prêtresse de cette théorie, Judith Butler, prétend que «  le corps n’est pas un «  être » mais une frontière changeante une surface dont la perméabilité est régulée politiquement, une pratique signifiante au sein d’un champ culturel de hiérarchie des genres et  d’hétérosexualité imposée. » [3]. La conséquence est que l’identité de genre n’a aucun lien avec la biologie. Selon l’Intelligence du genre, « Une femme est toujours une femme, même si elle aime se faire tailler des pipes. » C’est pourquoi Stewart a été le premier à persuader les prisons de prioriser l’identité de genre sur le sexe. [4]. Cette politique a récemment permis l’incarcération d’un violeur patenté dans une prison pour femme,  simplement parce qu’il se présente comme une femme, il a ensuite agressé d’autres détenues.

Comme d’autres variantes du Post-modernisme, la théorie Queer s’abrite confortablement derrière les disciplines universitaires étudiant la culture. Cependant maintenant, cette théorie est établie comme doctrine officielle par les universités. Les textes de loi vont bien au-delà de ce qui est exigé par loi sur l’égalité, qui interdit à juste titre la discrimination sur la base d’une réassignation de genre. Bien sûr, la doctrine contrevint à la loi à cet égard. La loi protège aussi l’orientation sexuelle, mais si l’identité de  genre prévaut sur le sexe, alors l’hétérosexualité et l’homosexualité disparaissent. N’importe quel homme peut déclarer être une lesbienne, comme une mauvaise plaisanterie des années 70 réactualisée pour notre époque ultraconsciente. La déléguée de l’Association LGTB des étudiants de l’université d’Edimbourg Ada Wells,  like a bad joke from the 1970s updated for our ultrawoke era. The Edinburgh University Student Association’s LGBT+ Convenor, Ada Wells, a exigé que l’Université exclue  toute lesbienne qui refuserait un homme s’identifiant comme «  genre neutre » (comme Wells) comme potentiel partenaire.

« Comme d’autres variantes du Post-modernisme, la théorie Queer s’abrite confortablement derrière les disciplines universitaires étudiant la culture. Cependant maintenant, cette théorie est établie comme doctrine officielle par les universités. »

L’Intelligence du genre (Gendered Intelligence) joue un rôle majeur dans la formation des personnels universitaires et des administrateurs. Ses cours sur «  la vigilance trans. » (Trans Awareness) ont été répétés dans des dizaines d’universités. L’Université Merton, à Oxford, par exemple,  a payé la compagnie  pour former «  les cadres de la loge, les hauts fonctionnaires de l’université, les départements des finances et des bourses, la bibliothèque, l’équipe des aides sociales, le bureau du développement, et les ressources humaines,  avec un certain nombre de représentants du bureau de direction. » Le syndicat des étudiants d’Oxford veut maintenant mandater cette formation pendant deux ans pour tout le personnel ayant des postes dans l’aide sociale. [5]. L’impulsion ne vient pas que des étudiants mais aussi de l’Unité pour le défi de l’égalité (Equality Challenge Unit) un organisme non-gouvernemental en charge d’administrer la diversité au sein de l’éducation supérieure britannique. La Charte Athena SWAN, prévue à l’origine pour aider les carrières des femmes dans le domaine scientifique est maintenant utilisée pour renforcer la doctrine du genre.

Les étudiants qui questionnent leur propre identité sont dirigés vers Gender intelligence, qui forme également les conseillers à l’université. Quand une lycéenne, précédemment diagnostiqué pour une dépression – à la Royal Center School for Speech and Drama a décidé qu’elle était un homme, l’école a payé pour une guidance par la Gender intelligence, ( un des Professeurs de l’école est un des membres du conseil d’administration et le partenaire de Steward) Le mentor a recherché des chirurgiens pratiquant la masectomie par choix. . «  La chirurgie affectera le sexe de nombreuses façon »,  conseille la Gender Intelligence,  «  mais le plus notable est un saut dans la confiance physique ». Si l’identité de genre est fluide, non liée au sexe et  changeante, comment donc cette identité peut-elle nécessiter des transformations physiques irréversibles ? Les contradictions logiques ne sont pas embarrassantes pour le post-modernisme. Quand une lesbienne prend de la testostérone et s’ampute les seins de façon à jouer le rôle de l’homme, c’est applaudit par la théorie Queer comme la déconstruction de l’hétérosexualité obligatoire.

L’établissement d’une doctrine officielle sur l’identité de genre est une menace sans précédent pour la liberté académique. Sexe et genre devraient être l’objet de recherches robustes et de débats vigoureux. Au lieu de ça, les étudiants qui questionnent la nouvelle orthodoxie de la théorie Queer  sont l’objet de harassement et intimidation. La plupart sont des femmes et beaucoup sont orientées vers le féminisme radical. Les responsables sont les étudiants ultra-conscients – dont beaucoup ne sont pas des trans mais qui se positionnent comme «  alliés » – et quelques universitaires féministes. Ils peuvent prétendre cependant que leur agression est habilitée par le discours académique. Après tout, les universités ont octroyé à un seul groupe un pouvoir extraordinaire de contrôler les discours intellectuel. « Si un individu trans informe un membre du conseil qu’un mot ou une phrase est inapproprié ou offensif »,  avertit l’ University College de Londres, « alors ce membre du conseil devra le croire sur parole et ajuster sa phraséologie d’une façon appropriée. »

Bienvenue  l’Université du 21ième siècle, où le sexe a disparu, où l’homosexualité est ségrégative, où l’orthodoxie est renforcée au nom de la diversité.

Michael Biggs est  Associate Professor of Sociology and Fellow of St Cross College, University of Oxford

NOTES:

  • [1] Equality and Human Rights Commission, response to Freedom of Information request (FOI 1247 Biggs), 2 October 2018
  • [2] Jay Stewart, ‘Gendered Intelligence’, Trans Britain: Our Journey from the Shadows, ed. Christine Burns, Cornerstone, 2018, pp. 277–91, at p. 278
  • [3] Judith Butler, Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, Routledge, 1990, p. 139
  • [4] Stewart advised the Ministry of Justice’s review which created the new policy and now serves on the Prison Service’s Transgender Advisory Board which implements it
  • 5] Oxford Student Union LGBTQ+ Campaign, 2018 Report on Transgender Experience and Transphobia at the University of Oxford, p. 32. The report literally recommends ‘bi-annual’ training but presumably, biennial was intended.
  • * Poorest dying nearly 10 years younger than the rich in ‘deeply worrying’ trend for UK

Traduction : Elisabeth Guerrier

La monopolisation de l’Amérique : le plus important problème économique dont vous n’entendez jamais parler. Robert Reich

Le signe est toujours ostensible, seule son interprétation change. La passion sans borne pour les “marques”, dite comme telle ou uniquement pratiquée dans l’intimité de la construction de soi, est un des stigmates de l’absorbtion de codes, applicables à toutes les aires de la vie où chacun a le sentiment de créer sa propre expérience en tant d’individu unique. Cette individualisation intégrée comme une réalité psychique de  “l’hyperconsommateur expérienciel”* se crée dans le contexte d’un lien spécifique et clos sur lui-même entre l’objet-marchandise et le consommateur, évacuant la réalité des pratiques périphériques des autres consommateurs pour se centrer sur la nature supposée, et décrite d’une façon forcenée comme telle, d’unicité du choix et de la signifiance d’excellence qu’il indique pour celui ou celle qui l’opère. Il va de soi que l’accès à la connaissance de ce qui et de qui manipule l’illusion d’une profusion de possibilités dans l’objet-marchandise ne peut que remettre en jeu cette pseudo-liberté consumériste et ne faire valoir que la prison dorée qui l’entoure.EG

* ” Gilles Lipovetsky “Le bonheur paradoxal”  Essais folio Gallimard 2013 p.150

La grande lessive Hommage aux Oligopoles. P&G ” Au plus près de la vie “

Et dans la perspective de ce monde lobbyisé où le politique n’a plus comme fonction que de s’adapter aux initiatives technocratiques. Walmart entreprend de polliniser avec des drônes.

Le monopole de l’Amérique : le plus important problème économique dont nous n’entendons jamais parler. Une seule réponse : il est temps de remettre au goût du jour les lois anti-trust

THE MONOPOLIZATION OF AMERICA: The biggest economic problem you’re hearing almost nothing about

There’s only one answer: It is time to revive antitrust.

Robert Reich / Robert Reich / Op-Ed – May 7, 2018

Il y a peu de temps j’ai rendu visite à des fermiers du Missouri dont les bénéfices disparaissent. Pourquoi ? Monsanto à lui seul possède la clef génétique de 90 % des plans de soja récoltés par les agriculteurs des US et de 80 % du maïs. Ce qui signifie que Monsanto peut élever librement ses coûts. Les fermiers sont étranglés d’un autre côté également, parce que les groupes agro-alimentaires auxquels ils vendent leurs produits sont  eux-aussi devenus des méga-compagnies qui ont un tel pouvoir sur le marché qu’ils peuvent diminuer les prix payés aux agriculteurs. Ce qui ne signifie pas des prix plus bas pour vous quant à la nourriture. Mais signifie de plus gros profits pour les monopoles.

Des monopoles partout.

L’Amérique avait des lois anti-trust qui empêchaient les corporations de monopoliser les marchés et dissolvaient souvent les compagnies coupables les plus importantes. Plus maintenant. C’est une redistribution cachée d’argent et de pouvoir de la majorité des Américains vers l’exécutif des corporations et les riches actionnaires

Vous pouvez penser que vous avez beaucoup de choix, mais regardez de plus près :

  1. Les quatre plus grandes compagnies d’agro-alimentaire contrôlent 82 % du conditionnement du bœuf, 85 % de la transformation du soja, 63 % du conditionnement du porc, et 53 % du conditionnement du poulet.
  2. Il existe de nombreuses parques de dentifrice mais 70 % de l’ensemble ne vient que de deux compagnies.
  3. Vous pouvez penser avoir le choix parmi les lunettes de soleil, mais elles viennent toutes ou presque d’une seule compagnie : Luxottica. Qui possède aussi pratiquement tout le marché des montures de lunettes.
  4. Pratiquement tous les ceintres en plastiques d’Amérique sont faits par une seule compagnie : Mainetti
  5. Quelle marque d’aliments pour chat devriez-vous acheter ? Il semble qu’il en existe beaucoup mais que derrière elles ne soient que deux compagnies.
  6. Et les produits pharmaceutiques ? Oui vous pouvez vous procurer les génériques bon marché. Mais les compagnies pharmaceutiques payent en fait les fabricants de médicaments génériques afin qu’ils repoussent la mise sur le marché des versions moins onéreuses. De tels «  payer pour un délai » sont illégaux dans d’autres économies avancées, mais les renforcement anti-trust n’ont pas touché un seul de leurs cheveux. Ils nous coûtent aux environs de 3.5 milliards par an
    7. Vous pensez que votre assurance santé couvrira les coûts ? Les assurances santé elles aussi fusionnent. Ce qui est la raison pour la montée en flèche des coûts des premiums, copaiements, et des déductibles.
  7. Vous pensez avoir un grand choix quand vous achetez un billet d’avion ou faites une réservation d’hôtel ? Erreur. Vous n’en avez que deux, Expédia a fusionné avec Orbitz, ce qui ne fait plus qu’un compagnie, et il y a Priceline.
  8. Et en ce qui concerne le câble ou les fournisseurs internet ? Il n’y en a que quatre. Et deux d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient fusionner.

Pourquoi le monopole en Amérique est-il un énorme problème.

Le problème avec toutes ces fusions entre les mains d’une poignée de firmes géantes est qu’elles n’ont pas besoin d’être en compétition. Ce qui signifie qu’elles peuvent faire et font monter les prix.

De telles fusions maintiennent les salaires au plus bas. Les travailleurs ont moins le choix de leur employeur tout en ayant plus de peine à obtenir une augmentation. Quand le marché local du travail est dominé par exemple par un hypermarché (big box)  ou par une seule chaîne de distribution, ce sont eux qui déterminent le niveau des salaires dans leur sphère géographique. De telles consolidations maintiennent bas les salaires. Les salariés ont moins de choix dans leurs employeurs et plus de difficultés à obtenir une augmentation. Quand le marché du travail local est dominé par un consortium uniquement, ou une marque de grande distribution par exemple, ces firmes déterminent le niveau des salaires pour la zone.

Ces corporations gigantesques ont aussi une grande influence politique. Et c’est une des raisons pour leur consolidation : le pouvoir. Les lois antitrust étaient supposées arrêter ce qui est en train de se produire. Mais aujourd’hui, elles sont presque lettre morte. Et ceci vous endommage.

Nous avons oublié l’histoire

La première loi antitrust a été votée en 1890 quand le Sénateur John Sherman a répondu à une colère populaire concernant les énormes cartels des chemins de fer, de l’acier, des télégraphes et du pétrole – alors appelés trusts qui dirigeaient alors les USA

Une poignée de responsables de corporations connus en tant que «  robber barons » présidaient à tout cela, amassant des fortunes aux dépends des travailleurs qui triaient de longues heures souvent dans de dangereuses conditions pour un maigre salaire. Les corporations dupaient les consommateurs et corrompaient la politique.

Puis, en 1901, le réformateur progressiste Teddy Roosevelt devint Président. Au même moment le public américian exigeait une action. Dans son premier message au Congrès, en Décembre 1901, seulement deux mois après avoir occupé la Présidence, Roosevelt avertit : «  Il existe une conviction répandue dans l’esprit du peuple américain que les grandes corporations, connues sous le nom de trusts sont dans certains de leurs aspects et tendances dangereuses pour le bien-être populaire général. » Roosevelt utilisé le Sherman Antitrust Act pour attaquer la Nothern Securities Company, une compagnie géante de chemins de fer dirigée par JP Morgan, l’homme d’affaire le plus puissant de la nation. La Cour suprême des US soutint Roosevelt et ordonna le démantèlement de la compagnie.

En 1911, le John D. Rockefeller’s Standard Oil Trust était démantelé aussi. Mais lors de sa décision, la Cour suprême altéra le Sherman Act, ajoutant que les restrictions du commerce de monopole étaient critiquables uniquement si il était considéré comme « déraisonnable ». “unreasonable” – et que c’était à la cour de le déterminer. Lors de l’élection présidentielle de 1912, Roosevelt, qui se représentait à la présidentielle mais cette fis comme candidat du troisième parti, dit qu’il autoriserait certaines concentration d’industries lorsque’il y aurait une efficacité économique due à leur grande échelle.  Il aurait alors un comité d’expert régulant ces grandes corporations pour le bénéfice public. Woodrow Wilson, qui finit par gagner ces élections et son conseiller Louis Brandeis, optèrent pour une vision différente. Ils ne pensaient pas que la régulation fonctionnerait et que tous les monopoles devaient être démantelés. Pendant les 65 années qui suivirent, les deux positions se maintinrent. Il y eu des lois anti-trust fortes avec des régulations qui gardèrent le contrôle sur les corporations. La plupart des grandes fusions furent prohibées.

Même celles de grande taille étaient considérées comme un problème. En 1945, dans le cas United States v. Alcoa (1945), la Cour suprême a décidé que même si Alcoa n’avait pas acquis un monopole, elle en était devenue un en prenant une telle ampleur qu’elle était coupable de violation du Sherman Act.

Qu’est devenue la loi anti-trust ?

Tout a changé dans le années 80, après que Robert Bork, avec qui incidemment j’ai étudié les lois anti-trust à l’Ecole de droit de Yale puis avec qui j’ai travaillé lorsqu’il est devenu Avocat général sous le Président Ford – ait écrit un livre influent nommé «  Le paradoxe de l’anti-trust, qui soutenait que le seul but du Sherman act était le bien être du consommateur. Bork affirmait que les fusions et les grandes tailles créent presque toujours de l’efficacité qui permet de faire baisse les prix, et que dans ce contexte, elles devraient être légales. Les idées de Bork étaient en relations avec la conservatrice Ecole de Chicago, Chicago School of Economics, et trouva une audience fin prête dans l’administration Reagan. De même que sous mandat démocrate. Bork avait tort. Mais depuis lors, les antitrust ont quasiment disparus.

Le monopole de la «  high tech »

Nous assistons au déclin de la compétition même dans les industries de pointe et dans la haute technologie. Dans la nouvelle économie, l’information et les idées sont la forme de propriété la plus valorisée. C’est là qu’est l’argent. Nous n’avons jamais vu de concentration de cette ampleur auparavant. Google et Facebook sont là où maintenant les Américains cherchent leurs informations. Pendant ce temps, Amazon est le premier arrêt pour la moitié des Américains cherchant à acheter quelque chose. Nous évoquions le pouvoir.Contrairement à une vision conventionnelle de l’économie américaine grouillant de petites compagnies innovantes, la réalité est tout à fait différente. La proportion à laquelle les nouvelles compagnies se sont créées aux US a remarquablement ralenti depuis les années 70.  Les brevets généralisés, les plate-formes standards, les flottes d’avocats poursuivant les rivaux potentiels, les armées de lobbyists ont créé des barrières formidables pour les nouveaux arrivants. Le moeur de recheche de Google est si dominant que «  to google » est devenu un verbe.

L’Union européenne a poursuivi Google par l’intermédiaire de la loi anti-trust, l’accusant de forcer les usagers de son moteur de recherche vers ses propres plateformes d’achats. Et en juin dernier, Google a dû s’acquitter d’une amende record de 2.7 milliards. Mais pas en Amérique. Il est temps de redonner vie à l’anti-trust. Les pouvoirs économique et politique ne peuvent être séparés parce que des corporations dominantes gagnent de l’influence sur l’organisation, la maintenance et le renforcement du marché sur le plan politique- ce qui augmente encore leur pouvoir. Alors que le but premier de la loi anti-trust était de prévenir cela. Le « big tech » comme les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, l’agriculture et les géants finaciers, dominent maintenant à la fois l’économie et le politique. Il n’y a à cela qu’une seule réponse : remettre en fonction les lois anti-trust.

Robert Reich

http://robertreich.org/

Robert B. Reich est Chancellor’s Professor de politique publique à l’Université de Californie  à Berkeley, Senior Fellow au Blum Center for Developing Economies. Il a exercé en tant que Secrétaire d’état au travail sous l’administration Clinton et s’est vu nommé par le Times magazine l’un des dix secrétaires de cabinet les plus efficaces du 20ième siècle,. Il a écrit quatorze livres, y compris les best-sellers « “Aftershock”, “The Work of Nations,” et “Beyond Outrage,” et , son plus récent, “Saving Capitalism.” Il est aussi le fondateur de l’American Prospect magazine, membre du burau de Common Cause, et memebre de l’American Academy of Arts and Sciences, co-fondateur de l’association Inequality Media and co-créateur du documenaire récompensé «  Inequality for All ».

 

Article lié ” The state of competition and dynamism: Facts about concentration, start-ups, and related policies “. The Brooking Brief

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Pourquoi la politique de Moscou est-elle ” Westphalienne” ? Patrick Armstrong

WHY MOSCOW’S FOREIGN PHILOSOPHY IS “WESTPHALIAN”

Pour quelles raisons la politique étrangère de Moscou est-elle «  Westphalienne » ?

Le 11 AVRIL 11, 2018 par PATRICK ARMSTRONG

Actuellement, il existe deux sortes de politiques étrangères : Ici   l’une, Westphalienne, Paul Robinson les décrit : l’une d’elle traditionnelle, dans laquelle chaque peuple est une entité souveraine, appelée «  Westphalienne »  et l’autre dans laquelle il n’y a que deux sortes d’états, « les justes et les injustes ». Ils ne sont égaux ni moralement ni légalement. D’autres l’ont appelée le second “idéalisme” ou “diplomatie morale”. Il existe une tradition continue pour les USA de se considérer comme une toute nouvelle catégorie de pays, comme rappelé ici,   et la référence morale est parfois aussi nommée  “Wilsonienne” d’après le Président qui souhaitait « apprendre aux républiques d’Amérique du sud à élire des hommes bons » mais c’est complètement bipartisan, comme en témoigne le « Corrolaire Roosevelt  » dans lequel Théodore Roosevelt arroge aux Etats unis d’Amérique, en tant que «  pays civilisé » le droit d’intervenir dans les « cas flagrant de mauvaises actions ou d’imcompétence». Aucune de ces approches n’est nouvelles,  il a toujours existé des pays qui ont cru que leurs dieux leur donnaient la mission d’instruire et de discipliner leurs voisins et d’autres contents de les laisser.

La position moraliste est érigée sur l’assomption que le pays du narrateur est vertueux, que sa vertu est évidente et démontrable, que sa vertu est un fait. Le manque de vertu des autres pays est également un fait. Certains pays sont vertueux et d’autres non, et les pays vertueux ont le droit de faire certaines choses interdites aux non-vertueux.  Pas de suppositions mais de la réalité. Pas d’espoir mais de la réalisation, pas de relativité mais de l’absolu, pas de subjectif mais de l’objectif. Pour présenter ça d’une façon un peu grossière, on se demande comment un adulte peut croire ce genre de choses. Mais il les croit. Et sans broncher de surcroît.

« Nos enfants ont besoin de savoir qu’ils sont citoyens de ce pays exceptionnel, le plus puissant, généreux et noble pays de l’histoire de l’humanité.  Plus que tout, l’Amérique est indispensable – et exceptionnelle- à cause de ses valeurs. Le monde nous regarde pour la mise en place des droits humains, pour les droits des LGTB, pour ceux des minorités ethniques ou religieuses, pour ceux des personnes handicapées et pour tous les gens qui, partout attendent la paix. Nous nous mettons au défi, nous-mêmes et les autres nations de toujours faire mieux. »

Quelle chance que le meilleur et le plus noble des pays soit aussi le plus puissant ! Les Etats unis sont le quartier général de la notion que certains (ou serait-ce un seul) pays sont «  exceptionnels » et opèrent sous différents mais plus élevés standards que les plus simplement ordinaires. Lors des dernières deux décennies, l’idée s’est répandue dans l’Ouest, en général, comme l’observe Robinson, par l’intermédiaire de la distinction (auto-attribuée) de « ceux qui respectent et ceux qui ne respectent pas les droits humains ».  L’Ouest, est-il besoin de le dire, se considérant comme les respectant.

Certains parmi nous sont donc élevés moralement et d’autres non. Ceux qui n’y sont pas devraient préparer leur défense, c’est mauvais pour l’espérance de vie d’être sur la liste des mécréants comme  Slobodan Milosevich, Saddam Hussein et Muammar Kadhafi peuvent l’attester. Il est frappant de constater comment cette supériorité morale est exprimée à force de sanction et de bombardements plutôt qu’à l’aide d’exemples, mais les doués d’exceptions morales peuvent faire ce genre de chose justement parce qu’ils sont des exceptionnels moralement. Et quand Milosevic est amnistié,  que les Armes de destruction massive qui étaient le prétexte pour le renversement de Saddam Hussein  sont absentes et quand il est découvert que Kadhafi ne « bombardait pas son propre peuple », la pureté morale  voit les exceptionnalistes lever les épaules et passer à autre chose, des enfants sont morts mais c’était pour la bonne cause. .Les Exceptionnalistes bombardent les hôpitaux par  erreur.  Les autres le font volontairement.

Le camp «  idéaliste » est conduit par Washington, alors que Moscou est devenue le chef des porte-parole du camp «  réaliste ». Presque tous les discours que Poutine a fait  appel au «  multilatéralisme » ou, pour Robinson à «  l’odre traditionnel, westphalien dans lequel chaque état a une entité souveraine égale. » Le voici dans une interview datant de 2000, mais de très très nombreuses fois depuis :

Le monde ne peut pas des développer effectivement et positivement si un seul état a le monopole de la prise et de l’application de toutes les décisions. Dans l’histoire de l’espèce humaine, la tentation d’un tel monopole ne s’est jamais bien terminée.  Pour cette raison, nous sommes constamment entrain de proposer une nouvelle structure démocratique mondiale.

Il y a plusieurs raisons pour que Poutine fasse appel (et Yeltsine avant lui) à la primauté des nations unies dans un système mondial multilatéral. Deux sont évidemment à des fins d’usage personnel : La Russie est un membre permanent de l’UNSC et deuxièmement, elle a peur de se retrouver sur la liste des pays à toucher par les Exceptionnalistes.  Et étant donné la prédominance des «  violations des droits humains » comme «  justifications pour une intervention humanitaire », l’annuel rapport des droits humains (US State Department human rights report) montre qu’ils ont de bonnes raisons d’avoir peur.

Mais il y a d’autres raisons pour lesquelles Moscou est dédiée à «  un ordre traditionnel westphalien, ordre par lequel tous les états sont égaux en tant qu’entités souveraines »  et elles ne sont pas faciles à oublier :

L’URSS a passé 70 ans à mener une politique étrangère «  exceptionnaliste » et  ça a été un fiasco.

L’URSS en tant que «  premier état socialiste du monde » était le porte-drapeau d’un   « futur rayonnant pour l’humanité » un , novus ordo seculorum,  et même un nouveau type d’homme, – « новый советский человек ».  Elle était le pays exceptionnel., elle était le «  meilleur et le plus noble des pays de toute l’histoire de l’humanité, elle était le chef de file de «  tous les peuples aspirant à la paix ». Elle intervenait dans le monde  entier au nom de sa supériorité morale auto-proclamée. Les Partis communistes de tous les pays faisaient écho à la sagesse supérieure de Moscou. Le Parti communiste allemand collaborait avec le Parti Nazi pour affaiblir la République de Weimar. Pourquoi ? Parce que le Socialisme allait l’emporter lorsque Weimar serait déchue. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé : les Nazis l’ont emporté et l’URSS a payé un prix colossal pour leur triomphe.  Cuba, état socialiste ( L’Île de la liberté) devait être soutenu par le Leader mondial du communisme. Leur soutien a amené le monde au bord d’une guerre nucléaire. Tout petit mouvement s’intitulant socialiste demandait l’aide de Moscou, même dans des pays dont les membres décrépis du Politburo n’avaient jamais entendu parler. Il fallait leur fournir des armes, des prêts, des secours et un support diplomatique.

Il aurait été inconcevable pour le premier pays socialiste du monde de ne pas intervenir en Afghanistan quand le gouvernement soi-disant socialiste a commencé à chanceler. Socialiste un jour socialiste pour toujours.

Quand les forces hostiles au socialisme essaient de faire tourner le développement de certains pays socialistes vers le capitalisme, cela devient non seulement le problème du pays concerné mais un problème commun et une préoccupation pour tous les pays socialistes.

Comment l’URSS pourrait-elle éviter de prêter de l’argent ou des armes a tout état se réclamant du socialisme ? Les mouvements pour la Paix devaient être infiltrés parce que la théorie prétendait que seul le socialisme amenait la pais=x. ëtre exceptionnel génère de lourdes obligations.

Plus que tout autre peuple sur terre, nous portons des charges et acceptons des risques sans précédent quant à leur taille et à leur durée, non pour nous seuls mais au nom de tous ceux que nous voulons libres.  (En fait John Kennedy mais Brejnev aurait probablement dit la même chose, bien qu’en plus long)

 Considérons, à titre d’exemple, la Pologne. L’URSS l’a libérée des Nazis qui avait tué presque le cinquième de sa population. Staline redessina la carte de façon à ce que, pour la première fois de l’histoire, toute la Pologne historique soit unie et que son territoire soit presque complètement homogène ethniquement.  L’URSS est intervenue dans la politique polonaise et dans la vie civile pendant quatre décennies, croyant moralement le devoir afin que le«  futur resplendissant de l’espèce humaine  bénéficie au peuple polonais. Ou du moins était-ce que que les Exceptionnalistes du Kremlin disaient.  Pour quel résultat ? Au moment où il est devenu clair que les tanks n’allaient pas venir, la Pologne a balancé les Soviets, l’alliance et tout le paquet socialiste. Et ceci partout dans les autres états socialistes amis. C’était une bulle. Les pays exceptionnels n’ont pas d’amis parce qu’ils n’ont pas d’égaux, ils ne peuvent qu’avoir des clients mais les clients doivent être nourris et achetés.

La Fédération russe, en tant que successeure de l’URSS, a hérité de ce qu’elle possédait et de qui la possédait. Mais il y avait une grosse différence : la dette était réelle, les crédits ne l’étaient pas. La Russie a payé tout ce qu’elle devait et annulé ce qu’on lui devait. Dans le cas de Cuba, en 2014, Poutine a annulé 32 milliards de $ de dette.

L’URSS avait prêté des fonds aux «  Pays socialistes » africains – en tant que tête du monde socialiste, comment pouvait-elle refuser ? Poutine vient d’en annuler 20 milliards de dollars  Etc. L’Exceptionnalisme est de l’argent jeté dans un puits.

En 1987, un court article de Yevgeniy Primakov parut dans la  Pravda : « Une nouvelle philosophie de politique étrangère ». Principalement, il y disait que la politique étrangère de la Russie avait été un échec : elle avait réduit la sécurité et menait le pays à la faillite. Après 70 ans d’exceptionnalisme, que restait-il ? Pas d’amitié, plutôt l’opposé. Pas de profit financier, juste des coûts. Le leader du bloc socialiste et le bloc lui-même évaporé comme s’ils n’avaient jamais existé. Tout cela pour rien. Et pire que rien : voici ce que dit Poutine lui-même en 1999 :

Pendant Presque les trois-quart de ce siècle, la Russie a vécu sous le signe de la propagation de la doctrine communiste. Ce serait une erreur de ne pas voir, et pire encore de nier les succès indéniables de ce temps. Mais ce serait une ereur bien pire de ne pas realiser le prix faramineux que notre pays a payé pour cette experience bolchevique.  Plus encore, ce serait une erreur de ne pas comprendre sa futilité historique.  Le Communisme et le pouvoir des Soviets n’ont pas fait de la Russie un pays prospère avec une société se développant d’une façon dynamique et un people libre. Le Communisme a implacablement démontré sn inaptitude à créer un auto-développement sain, condamnant notre pays à rester à la traîne des pays économiquement avancés. C’était une impasse, loin des courants des civilisations développées.

“ Prix outrageant “ “ Futilité historique”, “ Inaptitude”, “ Régression régulière” “ Une impasse” : Rien, pas d’argent, pas d’amis, pas de pouvoir, pas de prospérité. Rien, ni à l’intrieur des frontiers, ni à l’extérieur.

Moscou sait que la route de l’exceptionnalisme est une route qui mène à une impasse parce qu’elle a perdu 70 années sur cette route.  Et quelqu’irritant ou imparfait que soit «  l’ordre traditionnel, Westphalien dans lequel chaque état est une souveraineté égale » Moscou sait que «  l’idéalisme «  est complètement dénué de valeur.

Il est important d’observer que le «  Système westphalien » a été nommé ainsi après les nombreux agréments qui en 1648 ont permis la fin des guerre de religion en Europe   en acceptant le principe de cuius regio, eius religio ou le fait que chaque état serait autorisé à faire ses propres choix. En d’autres termes, le Westphalianisme n’a été accepté qu’après que l’idéalisme ait brûlé tout sur son passage. C’est une vieille leçon que la Russie a apprise mais que Washington, avec son gros porte-monnaie n’a pas assimilée.

Encore…

 

Les salaires mirobolants des PDG : c’est à ça que servent les amis. Dean Baker

High CEO Pay: It’s What Friends Are For

Dean Baker
Truthout, March 26, 2018

L’explosion des salaires des chefs d’entreprise est bien connue. Si les têtes des entreprises les plus importantes ont toujours été bien payées, nous avons vu leurs salaires aller de 20 à 30 fois celui des travailleurs ordinaires dans les années 1960 et 1970 à 200 ou 300 fois celui d’un employé de base dans les années récentes.  Des chèques de plus de 20 millions de dollars par an sont maintenant des standards et il n’est pas rare de voir un exécutif s’en sortir avec plus de 40 à 50 millions en une seule année.

Les rétributions débordantes des chefs d’entreprise occupent une part importante dans l’histoire de la montée des inégalités dans les dernières quatre années. Ces individus font tous partie des 1% ou même des 0, 001 % de la distribution des revenus.

Le haut salaire des responsables fait monter celui des autres cadres. Si un PDG s’en sort avec 25 millions par an, il est probable que les cadres juste au-dessous de lui recevront des salaires de 3 à 5 millions, et probablement beaucoup plus. Si un PDG gagne 2 millions par an, le tiers suivant gagnera dans les environs de 1 million. Et c’est simplement logique, des salaires plus élevés au sommet signifie des salaires plus bas pour tous les autres.

Ajoutons à cela qu’un haut salaire au sommet de l’échelle dans un secteur est transmis aux secteurs avoisinants. Il est maintenant commun de voir des présidents d’université, des responsables d’organisations caritatives ou d’autres associations à buts non lucratifs être payés 1 million ou quelquefois 2 millions de plus par an. Ils peuvent dire avec justesse qu’ils gagneraient beaucoup plus s’ils assumaient les mêmes fonctions dans le secteur privé.

Il y a actuellement un débat dans le secteur économique sur les causes de ce saut dans les rémunérations des PDG. Plusieurs économistes disent que des salaires plus élevés reflètent l’importance croissante des performances du PDG dans la compagnie. Leur argument est qu’un bon PDG, qui peut habilement conduire la compagnie à travers le marché qui change rapidement, peut ajouter des milliards de dollars à la valeur des actions value.  Dans ce contexte, les actionnaires peuvent toujours s’en sortir tout à fait même si ils sortent 40 ou 50 millions par an pour leur PDG.

L’autre position prétend que les PDG s’en vont avec des chèques énormes même lorsqu’ils ont fait peu ou rien pour augmenter la valeur de l’action. ( Il est acquis que les PDG sont récompensés pour leur aide aux actionnaires, pas pour le bénéfice des employés ou de la société dans son ensemble) Les PDG des compagnies pétrolières les plus importantes ont vu une augmentation énorme comme résultat de la montée des prix du pétrole dans le monde, un facteur qui était plutôt hors de leur contrôle. Ce qui implique que ces salaires sont le résultat d’un échec de la gouvernance de la compagnie, où les actionnaires n’ont pas la capacité à contrôler effectivement les salaires des PDG.

Dans un nouvel article, Jessica Schieder  de l’Economic Policy Institute et moi-même examinons l’impact d’un seuil dans la déductibilité des salaires des PDG.  Une clause dans le Affordable care act ( ACA) emêche les assureurs  santé de déduire plus de 500.000 $  des salaires des PDG de leur déclaration. Ceci signifie que un dollar de salaire du PDG qui allait coûter à la compagnie 65 cents devait après l’ajustement coûter un dollar entier, c’est-à-dire 50% de plus.

Si les rémunérations des PDG étaient liées de près aux dividendes des actionnaires, cette provision devrait avoir mené à une chute dans les salaires des PDG de groupe d’assurance par rapport aux autres secteurs. Nous avons testé l’impact sur les bénéfices de ACA, contrôlant les profits, les revenus, les actions et d’autres facteurs supposés affecter les salaires des PDG. Nous n’avons trouvé aucune preuve que cette clause ait eu le moindre effet de baisse sur les salaires des PDG de l’industrie de l’assurance.

Le fait de rendre les salaires des PDG moins coûteux pour les compagnies n’a pas eu d’effet sur leur compensation de soutien à la vision législative invalidante. Les PDG ne sont pas payés d’une façon mirifique parce qu’ils sont indispensables à leur compagnie. Ils sont payés d’une façon mirifique parce que les conseils d’administration, qui principalement détermine leur salaire, sont leurs amis.

Les PDG sont recrutés par un processus dominé par les cadres supérieurs. Être un PDG est une bonne planque, payant habituellement des centaines de milliers de dollars pour à peu près 150 heures de travail annuel.  Aussi longtemps que les PDG ont le support des cadres, il est impossible qu’ils soient licenciés. Plus de 99% sont réélus. Dans ce contexte, ils n’ont pas vraiment de motivation pour demander «  Peut-on payer le patron un peu moins ? »  Il est possible de modifier la structure de la motivation. Une clause dans le projet de loi de la réforme financière de Dodd-Frank  demande un vote triannuel «  son mot à dire sur les salaires » par les actionnaires. C’est un vote facultatif dans lequel les actionnaires votent oui ou non sur le paquet salaire du Directeur. Moins de 3% des paquets salaires sont abissés. L’intérêt est généralement bas car il y peu de conséquences attendues d’un vote négatif.

Mais la loi pourrait changer et avoir plus d’impact. Supposons que les directeurs sacrifient leurs salaires si les actionnaires disaient «  non ». Cela leur donnerait une réelle motivation pour demander à ce qu’ils soient effectivement payés moins.

Ceci, comme d’autres changements dans la régulation des entreprises pourraient maitriser les salaires des PDG et aider à réduire les inégalités. Cela demande plus de réflexions et de luttes afin de déterminer quelles sont les meilleures réformes. Cependant, il y a une chose sur laquelle  nous sommes affirmatifs : limiter les déductions d’impôts des salaires des PDG n’est pas la réponse.

 

De quoi ne parle-t-on pas lorsqu’on évoque le ” piratage russe ” Jackson Lear

 

 

Face à la dernière attaque politique et médiatique autour du” Russiagate”, dont la Presse dominante se fait le relai avec zèle depuis si longtemps mais avec une sorte de frénésie depuis les « découvertes » de Mueller il est nécessaire de mobiliser toutes les connaissances et les possibilités de contre-analyses pour ne pas se plier à cette offensive propagandique majeure des Démocrates et surtout des organes de renseignements derrière eux. Voici la traduction de l’article paru dans The London Review of Books, “What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking » de Jackson Lear. “De qui ne parle-t-on pas quand on parle de “piratage russe” de Jackson Lear. Et plusieurs autres analyses d’auteurs, indépendants des “Presstitutes” comme les appellent Paul Craig Roberts. On peut aussi se référer utilement aux remarques d’un analyste russe après l’intervention de Trump au sommet de Davos, l’interview de Lavrov, Ministre de la politique étrangère russe,  et à celles de Paul Robinson, grand spécialiste de la Russie et de son histoire qui suit de très près dans son blog “Irrussionality” cette cabale si dangereuse pour la paix et l’équilibre mondiaux. Il est indispensable de s’ouvrir au plus large nombre de commentaires possible, on notera également ceux de ” Zero hedge” qui fait part, source Bloomberg, d’une frappe récente en Syrie des US ayant fait plus de 100 morts russes.

La détermination d’une partie des forces politiques américaines (Néoconservateurs alliés avec les Démocates) à créer le contexte d’une guerre froide nous amène à devoir “prendre” parti. Mais ce parti, dans le contexte médiatique pollué et partisan où des organes de presse comme le NYT, le WP et même l’habituellement plus subtil New Yorker pour n’en citer que quelques-uns parmi des dizaines d’autres (The Nation, Oxynews, Rachel Meadow, qui dans ce contexte a été incroyablement zélée, et même ARTE qui matraque sa russophobie avec allégresse depuis quelques semaines , sans mentionner sur les posts nord-américains supposés libéraux, la présence de plus en plus ostensible de commentaires clairement anti-russes) sont totalement impliqués dans ces manoeuvres du DMC. D’une certaine façon même sans suivre de très près les déplacements de contingent de l’otan dans les pays baltes qui ont eu lieu depuis plusieurs mois voire dans certains cas, années, on ne peut que faire le lien entre les dates de l’échec Clintonien et la montée en flèche de cette vague d’accusation, dont, on le verra, les fondements sont plus que factices, (n’oublions surtout pas ce qui a servi de ” preuve” à Colin Powel pour déclencher l’invasion de l’Irak) mais qui reposent comme toujours sur la capacité, largement cultivée, d’amnésie des masses. Après “l’axe du mal” et tout le chaos qu’il a généré, nous remontons vers l’Est, abreuvés de fallacieuses manipulations dont chaque nouvel élément contredit les précédents, négligeant les données antérieures sans que personne ne bouge, sauf quelques vigiles dont nous tentons de relayer le travail. EG

What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking “

De qui ne parle-t-on pas quand on parle de «  piratage russe »

Jackson Lears

La politique américaine a rarement présenté un spectacle aussi décourageant. Les bouffonneries répugnantes et dangereuses de Donald Trump sont suffisamment troublantes, mais les échecs de la tête du parti démocrate à tirer les conclusions de son échec de la campagne de 2016 le sont tout autant. Le challenge à Hillary Clinton par Bernie Sanders, combiné au triomphe de Donald Trump ont révélé l’ampleur de la colère populaire contre la politique comme d’habitude – le goût des réformes néolibérales en politique intérieure et l’interventionnisme en politique étrangère qui constituent le consensus à Washington. Les Néo-libéraux célèbrent l’utilité sur le marché comme le seul critère de valeur, les interventionnistes exaltent l’aventure militaire à l’étranger comme un moyen de combattre le mal de façon à sécuriser les progrès du marché global. Les deux agendas se sont montrés calamiteux pour la plupart des Américains. Beaucoup ont montré leur désaffection en 2016.  Sanders est un social-démocrate et Trump un charlatan démagogue mais leurs campagnes ont mis en évidence la répudiation du consensus washingtonien.  Pendant à peu près une semaine après les élections, les experts discutaient les capacités du parti démocrate à une stratégie de plus grande envergure. Il semblait que le Parti puisse apprendre quelque chose de la défaite de Clinton. Puis, tout a changé.

Une histoire qui avait circulé lors de la campagne sans faire grand effet a refait surface : elle impliquait l’accusation d’opérateurs russes ayant piraté les serveurs du Comité du Parti démocratique  et révélé des emails embarrassants qui auraient compromis les chances  de Hillary Clinton. Avec une vitesse étonnante, une nouvelle orthodoxie centriste-libérale a vu le jour, enveloppant les médias principaux et l’établissement bipartisan de Washington.  Cette religion séculière a attiré des hordes de convertis lors de la première année de la présidence de Trump.   A travers sa capacité à exclure les dissidents, elle ne ressemble à aucune autre formation d’opinion de masse de toute ma vie adulte, bien qu’elle rappelle quelques souvenirs sombres de mon enfance, ceux de l’hystérie anti-communiste des années 50.  La pièce centrale de la foi, basée sur les accusations de piratage, est la croyance que Vladimir Poutine a orchestré une attaque sur la démocratie américaine en ordonnant à ses mignons d’intervenir dans les élections au nom de Trump. L’histoire est devenue évangile  avec une rapidité et une totalité à couper le souffle. Les dubitatifs sont perçus comme des hérétiques et comme des laudateurs de Trump et de Poutine, les jumeaux immondes et les co-conspirateurs derrière cette attaque contre la démocratie.  La responsabilité pour l’absence de débat repose en grande partie dans les diffusions des médias essentiels. Leur point de vue sans critique et la répétition sans fin de l’histoire du piratage russe en a fait semble-t-il un fait accompli dans l’esprit du public. Il est difficile d’estimer l’importance de la croyance populaire en cette nouvelle orthodoxie mais cela ne semble pas n’être qu’un credo chez les occupants de Washington. Si vous questionnez ce récit dans une conversation ordinaire, vous courez le risque de provoquer des regards déroutés ou de l’hostilité ouverte – même chez d’anciens amis. Tout ceci a été étrange et troublant pour moi, par moment certains fantasmes de la pop-culture sont venus à l’esprit, les déterreurs de cadavre et les buveurs de Kool-aid viennent à l’esprit.

Comme toute orthodoxie digne de ce nom, la religion du piratage russe ne dépend pas de preuves mais de déclarations faites ex-cathedra de la part des institutions faisant autorité et de leurs suzerains. Ses fondements écrits sont une «  déclaration » confuse et largement dénuée de faits produite en janvier dernier par un petit nombre d’analystes triés sur le volet – comme James Clapper, le directeur de la National Intelligence, les décrit, de la CIA, du FBI et de la NSA.  Les déclarations des derniers ne furent faites qu’avec une «  confiance modérée ». Le label «  Intelligence Community Assessment » produit une fausse impression d’unanimité, étant donné que seulement trois parmi les seize agences de renseignements ont contribué à ce rapport. Et bien sûr, la déclaration elle-même contenait cette aveu crucial : «  Les jugements ne sont pas prononcés afin d’impliquer que nous avons les preuves pouvant démontrer des faits. Les déclarations sont fondées sur des informations collectées, qui sont souvent incomplètes et fragmentaires, tout comme la logique, l’argumentation et les précédents » Et pourtant cette déclaration est passée dans l’imaginaire médiatique comme des faits irréfutables, autorisant les journalistes à affirmer ce qui se doit encore d’être prouvé. Se faisant ils servent de porte-paroles  aux agences de renseignement ou du moins à ces analystes «  triés sur le volet ».

Ce n’est pas la première fois que des agences de renseignement jouent un tel rôle. Lorsque j’entends l’ Intelligence Community Assessment cité comme une source fiable, me revient toujours en mémoire le rôle joué par le New York Times dans la légitimation du rapport de la CIA sur la menace de possession d’armes de destruction massive  par Saddam Hussein, sans évoquer la longue histoire de la désinformation ( appelons cela les fake news, les fausses nouvelles)  comme tactique pour faire avancer une administration ou un agenda politique. Une fois de plus, la presse établie légitime les déclarations faites par les Pères de l’Eglise de la sécurité nationale. Clapper en est un des plus vigoureux. Il s’est parjuré devant le Congrès en 2013, quand il a nié que la NSA avait « sciemment » espionné les Américains   – un mensonge pour lequel il n’a jamais été tenu de rendre des comptes. En mai 2017, il a dit à Chuck Todd, de la NBC que les Russes s’étaient très vraisemblablement impliqués dans la campagne de Trump parce qu’ « ils sont presque génétiquement amenés à s’impliquer, à pénétrer, à gagner les faveurs, n’importe, ce qui est une technique typiquement russe. » L’orthodoxie actuelle exempte les Pères de l’église des standards imposés aux gens ordinaires et condamne les Russes – et par-dessus tout Poutine- à n’être uniquement, «  presque génétiquement » diaboliques.

Il m’est difficile de comprendre comment le Parti démocrate, qui a été parfois sceptique à l’égard des Agences de renseignement, puisse maintenant adopter la CIA et le FBI comme des sources de vérité indiscutable. Une des explications possibles est que l’élection de Trump a créé un état d’urgence permanent dans l’imagination libérale, basée sur la croyance que la menace qu’il pose est unique et sans préc »dent. C’est vrai que la menace  de Trump est viscéralement réelle. Mais les menaces posées par George W. Bush ou Dick Cheney- qui ont ravagé le Moyen –Orient étaient tout autant réelles. Les dégâts occasionnés par Bush et Cheney- qui ont ravagé le Moyen Orient, légitimé la torture, et étendu un pouvoir exécutif inconstitutionnel- n’avait eu aucun précédent et était probablement permanente. Trump pose une menace sans précédent pour les immigrants sans papiers et les voyageurs musulmans dont la protection est urgente et nécessaire. Mais sur de nombreuses autres questions, il est un républicain standard.   Il est parfaitement à l’aise avec l’agenda d’austérité de Paul Ryan, qui implique d’énormes transferts de richesse vers les Américains les plus privilégiés.  Il est aussi impliqué que tout autre Républicain dans l’annulation de l’Affordable Care Act d’Obama. Lors de sa campagne, il s’est posé comme un apostat du commerce dérégulé et un opposant   aux interventions militaires à l’étranger mais maintenant qu’il est en place, ses vues sur la dérégulation commerciale basculent d’une façon imprévisible et son équipe de politique étrangère est composée de généraux avec des références interventionnistes impeccables.

Trump, engagé à continuer le financement considérable du déjà démesuré Département de la défense initié par ses prédécesseurs et sa Forteresse America est une version fanfaronne, indisciplinée de la «  nation indispensable » de Madeleine Albright. Tous deux, assument que les Etats unis devraient être capables de faire comme bon leur semble dans l’arène internationale : Trump parce que c’est le plus grand pays du monde, Albright parce qu’il s’agit d’une force exceptionnelle pour le bien commun. Il n’y a non plus rien de nouveau dans le désir de détente de Trump avec la Russie, qui au moins jusqu’en 2012 était la position officielle du Parti démocrate. Ce qui est sans précédent à propos de Trump est son style offensif : méprisant, brutal, illogique, et cependant parfaitement accordé à la colère et à l’anxiété de l’audience qu’il cible. Sesexcès ont laissé libre court au racisme et à la fière misogynie parmi ses supporters. Ceci est une cause de dénonciation, mais je ne suis pas pour autant persuadé que cela justifie cette crise anti-russe.

Parallèlement au caractère supposé exceptionnel de Trump, existent deux autres hypothèses derrière la fureur de Washington : la première est que le piratage russe s’est bel et bien produit, et la seconde que les Russes sont nos ennemis implacables. La seconde fournit la charge émotionnelle pour la première.  Les deux me paraissent problématiques. En ce qui concerne la première, les charges touchant le piratage ne sont pas prouvées et il est probable qu’elles le restent.  Edward Snowden et quelques autres familiers de la NSA disent que si un piratage longue distance s’était produit, l’agence l’aurait repéré et aurait pu détailler son existence sans compromettre ses sources secrètes ni ses méthodes. En septembre, Snowden a dit au Spiegel que la NSA «  sait certainement parfaitement bien qui est l’envahisseur ». Et, cependant «  elle n’a présenté aucune preuve, bien que je suspecte qu’elles existent. La question est : Pourquoi pas ? Je suspecte qu’il y a eu d’autres attaquants du système découverts, peut-être y avait-il six ou sept groupes à l’œuvre. » La capacité de la NSA à suivre le piratage jusqu’à sa source est une affaire de notoriété publique. Quand l’agence a investigué un piratage chinois omniprésent et efficace dans l’armée et les installations de l’industrie de la défense, elle avait été capble de suivre les hackeurs jusqu’au bâtiment d’où ils originaieent, une local de l’Armée de libération du peuple à Shangaï. Cette information fût publiée dans le New York Times mais, cette fois, l’échec de la NSA à fournir des preuves que les services screts russes avaient tenté le piratage de l’Etat US et le systéme d’élection, les affirmations non documentées de l’agence sur l’origine russe du piratage sont restées des faits étonnement non contestés et ont vite été traités comme tels dans les médias.

Cette information a été publiée dans le NYT mais, cette fois, l’échec de la NSA l’a été également.

Pendant ce temps, il y eu un déchaînement d’accusations auxiliaires, dont des charges plus vagues et plus larges de collusion de Trump avec le Kremlin. Il demeure envisageable que Robert Mueller, un ancien directeur du FBI qui a été engagé afin de vérifier ces accusations, ait pu rassembler des preuves incontestables de contacts entre les gens de Trump et diffrents russes. Il serait surprenant qu’un procureur expérimenté désigné pour effectuer un coup de filet revienne les mains vides et les arrestations  ont déjà commencé. Mais ce qui est frappant à leur égard est le fait que les charges n’ont rien à voir avec les interférences russes dans les élections. Il y a eu beaucoup de discours sur le fait que les accusés pourraient fournir des preuves confondantes contre Trump en échange de peines plus légères, mais ce ne sont que de simples spéculations. Paul Manafort, à un moment chef de campagne de Trump, a plaidé non coupable des charges selon lesquelles il aurait manqué à rendre publiques les relations de sa firme en tant qu’agent du gouvernement ukrainien et détourné ses millions de dollars de frais. Mais ceci s’est produit avant la campagne de 2016. Georges Papadopoulous, un conseiller en politique étrangère, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI à propos de ses efforts vains pour organiser une rencontre entre les gens de Trump et le gouvernement russe. – une opportunité que la campagne de Trump a déclinée. La plus récente interpellation de Mueller, Mickael Flynn,  l’Islamophobe désaquilibré qui a brièvement servi à Trump de conseiller en sécurité nationale, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI sur une rencontre avec l’ambassadeur russe en Décembre, quelques semaines après l’élection. Cette sorte de diplomacy d’arrière plan se produit régulièremet pendant les interims entre deux administrations. Il n’y a pas pour autant de signe de collusion.

Jusqu’ici, après des mois de «  bombes » qui se sont avérées être des pets, il n’existe toujours aucune preuve de l’interférence du Kremlin dans les élections américaines. Pendant ce temps,  de sérieux doutes ont émergés quant aux bases techniques de ces plaintes de piratage. Des observateurs indépendants ont argumenté qu’il était plus envisageable que les emails aient fui de l’intérieur et n’aient pas été piratés de l’extérieur. Dans cette optique, l’analyse la plus plausible a été faite par un groupe nommé Veteran Intelligence Professionals for Sanity, d’anciens employés des agences de services secrets US, qui se sont distingués en déboulonnant la plainte de Collin Powel concernant les armes de destruction massive possédées par Saddam Hussain, quelques heures après que Powell ait présent ses soi-disant preuves aux Nations unies. (Certains membres du VIPS ne se sont pas ralliés aux conclusions de ce rapport mais leurs arguments ont été à leur tour contestés par ses auteurs.) Les découvertes du VIPS n’ont reçu aucune attention de la part de la presse, sauf de Fox News – ce qui pour certains membres du centre-gauche  est pire que pas d’attention du tout. Les médias mainstream ont présenté le rapport comme le fruit de conspirationnistes (apparemment, le piratage russe ne compte pas comme tel).  La question cruciale, ici et ailleurs est l’exclusion du débat public de TOUTE perspective critique sur le discours orthodoxe, même dans la perspective de personnes avec de solides acquis professionnels et ayant déjà sérieusement faits leurs preuves.

A la fois l’histoire du piratage du DNC  et celle impliquant les emails de John Podesta, un conseiller de  campagne de H. Clinton, désignent un groupe obscur de pirates soi-disant  russes désignés sous le nom de «  Fancy Bear » – également connu chez les amateurs de technique comme APT28. Le nom de Fancy Bear a été introduit par  Dimitri Alperovitch, le responsable technique de la firme de cybersécurité Crowdstike. Alperovitch est aussi un membre de l’Atlantic Council, un think tank anti-russe de Washington embauché par le DNC afin de mener une enquête sur le détournement de leurs emails. Dans son rapport, Crowdstrike ne met en avant pratiquement aucune preuve de son affirmation de la responsabilité des Russes, encore moins de leur affiliation avec les services serets russes. Et pourtant, à partir de ce moment, la présomption qu’il s’agissait d’un cyber opération russe n’a pas été questionnée. Quand le FBI est entré en scène, le Bureau n’a pas demandé ou s’est vu refuser l’accès aux serveurs  du DNC, il dépendait donc complètement des analyses de Crowdstrike.  Pendant ce temps, Crowdstrike était forcé de retirer une autre plainte, où les Russes avaient piraté avec succès les systèmes de commandement de l’artillerie ukrainienne. L’armée ukrainienne et le British International Institute for strat »gic studies ont tous deux démneti cette plainte, et Crowdstrike s’est rétrcté. Mais ses analyse du DNC ont été autorisées a être sauvegardées et à même devenir les bases de l’Intelligence Community Assessment

Le bavardage autour du piratage n’aurait jamais acquis une telle urgence si celui-ci n’avait pas accompagné la présupposition : La Russie est l’unique adversaire dangereux, avec lequel nous devrions éviter tout contact. Sans cette croyance, la rencontre de l’Avocat général Jeff Session avec les Russes en septembre 2016 n’aurait été qu’une discussion de routine entre un Sénateur et des offociels étraners. Les conversatins post-élelcetions de Flynn ave l’Ambassadeur de Russie seraient passées inaperçues. Les tentatives des copains de Trump de faire quelques affaires avec la Russie simplement un eu glauques. La rencontre à la Rrump Tower de Donald Trump Jr. avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, intrigue obscure et mélodramatique,  aurait été transformée en une comédie de l’erreur. Avec le fils du candidat s’attendant à recevoir des informations à utiliser contre Clinton mais découvrant que Veselnitskaya ne voulait parler que de la levée des sanctions et de la reprise de l’accueil des orphelins russes aux USA. Et Putin lui-m^me serait resté un simple autocrate avec lequel les démocraties pouvaient négocier sans le soutenir.

Des voix sceptiques, comme celles du VIPS, ont été noyées sous un tapage de désinformation. Des histoires évidemment fausses, comme celle du Washington Post  affirmant que les Russes avaient piraté le réseau électrique du Vermont, sont publiées puis démenties le lendemain.Parfois, comme l’histoire de l’interférence des Russes dans les élections françaises et allemandes elles ne sont pas démenties même lorsqu’elles ont été discréditées. Ces histoires ont été parfaitement déboulonnées par les services secrets français et allemands  mais continue de planer, empoisonnant l’atmosphère, rendant le débat confus. La plainte selon laquelle les Russes avinent piraté les systèmes de vote locaux et fédéraux aux USA a été réfutée par lesreprésentants officiles de la Californie  et du Visconsin mais leurs commentaires n’ont généré quun simple murmure comparé aus grondements de l’histoire originale. La précipitation pour publier sans une attention suffisante à la véracité est devenue la nouvelle norme du journalisme. La rétractation ou a correction sont presque hors de propos, la fausse accusation a fait son travail.

La conséquence en est un sentiment de confusion qui enveloppe tout. Un nihilisme épistémologique plane mais certaines personnes et certaines institutions en retirent le pouvoir plus grand que d’autres de définir ce qui constitue une réalité consensuelle. Dire ceci est courir le risque  de se voir licencié comme le dernier des cinglés dans le lexique du Washington contemporain : la théorie conspirationniste. Pourtant les faits demeurent,  parfois des individus puissants s’arrangent pour promouvoir des idées qui bénéficint à leurs intérêts communs. Que nous appelions cela l’hégémonie, la conspiration, ou simplement les privilèges n’a pas vraiment d’importance. Ce qui a de l’importance, c’est d’avoir le pouvoir de créer ce que Gramsci nommait «  le sens commun » d’une société entière.  Même si la plupart des membres de cette société sont indifférents ou suspicieux à ce sens commun officiel, il n’en est pas moins incrusté dans les assomptions tacites qui tracent les frontières de « l’opinion responsable ». L’establishment démocratique donc, (avec quelques éléments Républicains) et les médias les plus importants ont transformé l’ «  interférence russe » en une partie du sens commun du moment. Quelle sorte de travail culturel ce sens commun effectue-t-il ? Quelles sont les conséquences du spectacle que les médias intitulent, avec une originalité caractéristique,  le « Russiagate » ?

La toute première conséquence est qu’en trouvant des démons étrangers à blâmer pour l’ascension de Trump, les dirigeants démocrates ont déplacé le blâme de leur défaite  loin de leur propre politique sans questionner la moindre de leurs assomptions principales. Parmi le rejet général de Trump, ils peuvent se proclamer dissidents, la «  résistance » était le label que les Clintoniens se sont appropriés quelques jours après l’élection. Les Démocrates majoritaires ont commencé à utiliser le terme de «  progressiste » à appliquer à une plate forme qui ne prétend à rien d’autre qu’à préserver Obamacare, , s’agitant en direction d’une plus grande galité des salaires, et le protection des minorités. Cet agenda est timide. Il n’a rien à dire sur la mise en cause de l’influence concentrée du capital sur la politique, la réduction du budget en expansion de la défense, ou le retrait des engagements systématiques dans la politique étrangère et pourtant sans ces initiatives, même la plus ténue des politiques égalitaires fait face à des obstacles insurmontables. De plus nombreuses et authentiques insurrections sont en route, qui affrontent le pouvoir corporatiste et connectent la politique intérieure avec la politique étrangère mais elles font face à une bataille ardue contre l’argent ancré et le pouvoir des dirigeants démocrates – comme Chuck Schumer, Nancy Pelosi, les Clinton et le DNC. Le Russiagae a permis à l’élite démocrate de promouvoir l’unité du parti  contre Trump-Poutine, pendant que le DMC faisait la purge des supporters de Sanders.

Pour le DNC, le grande qualité de l’histoire du piratage russe est qu’elle concentre l’attention ailleurs que sur ce qui était vraiment dans les emails. Les documents ont révélé une organisation profondément corrompue, dont la façade d’impartialité n’était qu’une imposture. Même le tout à fait fidèlement pro-Clinton Washington Post a admis  que «  beaucoup des plus emails les plus comprmettants suggèrent que le Comité essayait activement de compromettre la campagne présidntielle de Bernie Sanders »’ Des preuves de collusions supplémentaires entre la machine clintonnienne et le DNC ont fait surface récemment dans un essai de Donna Brazile, qui a été secrétaire par intérim du DNC après que Debbie Wasserman Schultz ait démissionné dans l’après-coup des révélations. Brazile décrit un accord daté du 26 août 2015, qui spécifie :

Qu’en échange de la levée de fonds et de mener des invstigations au sein du DNC, Hillary  contrôlerait les finances du parti, les stratégies et tous les fonds obtenus. Sa campagne a le droit de refuser le choix de la nomination du Directeur de la communication du parti  et elle aura le dernier mot sur tout le reste. Le DNC était également sollicité pour la consulter sur la campagne à propos de tout ce qui conerne les autres domaines, budgets, données, analyses et mailings.

Avant même que les primaires aient commencées, le supposé neutre DNC – qui a été proche de l’insolvabilité – avait été acheté par la campagne Clinton.

Une autre révélation récente du DNC concerne les origines de l’enquête dsur les liens supposés de Trump avec Poutine. L’histoire a commencé en Avril 2016, quand le DNC a embauché une firme d’enquête de Washington nommée  Fusion GPS afin de’extraire tous les éléments de connexions entre Trump et la Russie. Le contrat impliquait le paiement de «  liquide pour les ordures » comme aimait à l’appeler la campagne Clinton. Fusion GPS  a finalement produit des ordures, un compte-rendu choquant rédigé par un ancien agent de  British M16 Intelligence Christopher Steele, basé sur des on-dit achetés auprès de sources anonymes russes. Au sein des prostituées et des urinoirs une histoire a émergé : le gouvernement russe avait fait chanter et soudoyer Donald Trump depuis des années, dans l’assomption qu’il deviendrait Président un jour et servirait les intérêts du Kremlin. Dans ce conte fantastique, Poutine devient un comploteur omniscient prodigieusement doué.  Comme toutes les accusations de collusion, celle-ci est devenue elle aussi plus vague avec le temps, ajoutant à l’atmosphère glauque sans pour autant ajouter aucune preuve. La campagne Clinton a tenté de convaincre les médias de l’establishment de publier le dossier Steele, mais avec une circonspection peu caractéristique, ils ont décliné la promotion de ce qui était tout simplement du déchet politique plutôt qu’un rapport fiable. Cependant le FBI a apparemment pris le dossier Steele suffisamment au sérieux pour en inclure un résumé dans l’appendice secret à l’Intelligence Community Assessment. Deux semaines avant l’inauguration, James Comey, le directeur du FBI, décrivait le dossier à Trump. Après que le briefing de Comey ait été communiqué frauduleusement à la presse, le site web Buzzfeed l’a publié en entier, produisant hilarité et hystérie au sein de la nomenclature washingtonienne.

Le dossier Steel occupe un royaume obscur où l’idéologie et les enseignements, la désinformation et les révélations se recouvrent. C’est l’antichambre d’un système plus vaste de nihilisme épistémologique créé par différentes factions rivales des services de renseignement : l’ « arbre de fumée » qui, pour le romancier  Denis Johnson, symbolisait les opérations de la CIA au Vietnam. J’ai inhalé cette fumée moi-même en 1969, 1070, quand j’étais cryptographe d’une opération de déblayage top secrète sur un nvire de l’Armée US qui ptransportait des missiles équipés de têtes nucléaires – dont l’existence même était niée par la Marine. J’ai été dégagé de cete opération et plus tard honorablement congédié quand j’ai refusé de rejoindre le Sealed Authenticator System, qui aurait autorisé le lancement de ces missiles nucléaires  soi-disant non existants. L’arbre de fumée est simplement devenu plus complexe et plus insaisissable  depuis lors. Pourtant le Parti démocrate s’est maintenant embarqué dans une réhabilitation tous azimuts de la communauté des services de renseignements- ou du moins d’une partie d’entre elle, celle qui supporte l’idée du piratage russe. (Nous pouvons être certains qu’il existe des désaccords entre eux) Et ce n’est pas uniquement l’establishment démocratique qui embrasse l’Etat profond. Une partie de la base, croyant que Trump et Poutine sont étroitement liés, croit devoir fulminer contre la « trahison » comme une nouvelle John Birch Society.

J’ai songé à cette ironie en visitant l’exposition «  L’âme d’une nation : l’art à l’âge du Black Power » à la Tate gallery, qui exhibe les travaux d’artistes noir-Américians pendant les années 1960.1970, quand les agences de renseignement, (et les agents provocateurs)  organisaient une répression gouvernementale contre les militants noirs, les résistants à la conscription, les déserteurs et le pacifistes. Parmi les toiles, les collages et les assemblages, il n’y avait qu’un sei=ul drapeu confédéé, accompagné par l’horrible rappel du passé de Jim Crow – Un homme du Klan dans tout son attirail, un corps noir se balançant dans un arbre. Il y avait aussi au moins une demi-douzaine de drapeau US, juxtaposés en entier ou en partie à des images de l’oppression raciale contemporaine qui pourrait se passer n’importe où aen Amérique : des hommes noirs transportés morts sur des brancards par des squelettes en uniformes de police, un prisonnier noir attaché à une chaise, attendant d’être torturé. Le point était de mettre en évidence le contraste entre «  le pays des libertés »  et les pratiques de l’état sécuritaire et des forces de police locales. Les artistes noirs  de cette époque connaissaient leur ennemi : les noirs n’étaient pas tués ou emprisonnés par un nébuleux ennemi étranger mais par le FBI, la CIA et la police.

La Parti démocrate a développé une nouvelle vision du monde, un partenariat plus ambitieux entre les humanitaires interventionnistes libéraux et les militaristes conservateurs qui existait déjà sous le prudent Obama. Ceci sera peut-être la conséquence la plus désastreuse pour le Parti démocrate de la nouvelle politique orthodoxe anti-russe : la perte de l’opportunit de formuler une politique étrangère plus humaine et plus cohérente. L’obsession de Poutine a effacé la possbilité de la complexité de la reprsentation du monde par les Démocrates, créant un vide rapidement rempli parlesfantaisies monochromes d’Hillary Clinton et de ses alliés exceptionnalistes. Pur des gens comme Max Boot et Robert Kagan, la guerre est un état désirable pour les affaires, spécialement quand ils la regardent derrière leur claviers et que le reste du monde – à part les vilains garçons-  est rempli de populations qui veulent construie des sociétés comme la nôtre : pluralistes, démocratiques et ouvertes aux affaires. Il existe une souffrance terrible dans le monde, les USA ont des ressources abondantes pour l’aider à se réduire, l’impératif moral est clair. Il existe un nombre infini d’engagement internationaux qui n’impliquent pas une intervention militaire. Mais le chemin pris par la politique US  assez souvent pour qu’on puisse soupçonner la réthorique humanitaire de n’être rien d’autre qu’une façade pour une géopoltique plus banale – une qui définit l’intérêt national comme global et virtuellement sans limite. * (article du sociologue russe) Ayant vécu la guerre du Vietnam, une conséquence calamiteuse de ce qui définissait l’intérêt national, j’ai toujours été attiré par une critique réaliste du globalisme. Réalisme est un label pour toujurs terni par son association à Henri Kissinger, qui a utilisé comme une rationalisation de l’intervention ouvertement et sous couvert de l’intervention dans les affaires d’autres nations. Cependant il existe une tradition réaliste plus humaine, celle de George Kennan et de William Fulbright, qui pointent les liites de la toute-puissance militaire, précisant que les grands pouvoirs impliquent de grandes restrictions. Cette tradition met au défi la doctrine du changement de régime sous le déguisement de la promotion de la démocratie qui, – en dépit des échecs abyssaux en Irak et en Libye – gardent une incroyable légitimité à Washington. – Le Russiagate en a étendu la durée de conservation.

On peut jauger de l’impact corrosif de la fixation démocrate sur la Russie en demandant de quoi peuvent-ils bien parler quand ils neparlent pas du piratage russe. Tout d’abord, ils n’évoquent pas les interférences d’un autre type dans l‘élection, comme les tentatives nombreuses du Parti républicains pour priver du droit électoral les électeurs issus des minorités. Ils n’évoquent pas non plus les milliards de dollars du budget de la défense qui ont compromis la possibilité de recevoir des soins et d’autres mesures sociales urgemment nécessaires, ni la modernisation de l’arsenal nucléaire américain qu’a commencé Obama et le plan de Trump de l’accélérer, qui soulèv le risque d’une catastrophe environnementale ultime : une guerre nucléaire. Une menace rendue plus sérieuse qu’elle ne l’a été depuis des années de disscours combatifs à l’égard de la Russie.

La perspective de pouvoir entamer la procédure d’ « impeachment » de Trump et de l’esclure du bureau en l’accusant de collusion avec la Russie a créé une atmosphère d’anticipation presque vertigineuse parmi les leaders démocrates, les autorisant à oublier que le reste du Parti républicain est composé de nombreux politiciens beaucoup plus habiles aux stratégies washingtonnienne que ne le sera jamais leur Président.

Ce n’est pas le Parti démocrate qui mène la recheche d’alternatives au désastre créé par la politique dues Républicains : un plan d’imposition qui va inonder les riches et essorer les pauvres et la classe moyenne, une poursuite de la politique d’extraction des énergies fossiles insouciante * (Forbes sur la politique d’extraction du gaz naturel sous Obama) qui a déjà conduit à la contamination de l’eau dans le Dakota et le soutien continu des politiques de répression, de même que le soutien aux polittiues de répression policière et d’incarcération de masse. C’est la population locale qui est sous la menace des fuites de pétrole ou des matracages de la police, et c’est là que le Populisme survit.

Une multitude de groupes d’insurgés a commencé à utiliser les attaques contre Trump omme un levier pour faire bouger le Parti dans une direction égalitaire : Black Lives Matter, Democratic Socialists of America, tout comme une quantité d’organisations locales et régionales. Ils reconnaissent qu’il exsite des questions autrement plus urgentes – et authentiques – de s’opposer à Trump que de vagues allégations de collusion avec la Russie. Ils posent un défi tardif aux arnaques du néo-libéralisme, et à l’arrogance technocratique qui a conduit à la défaite de Clinton dans les états industriels américains. Reconnaissant que l’actuel gouvernement n’amènera pas de changements significatifs, ils cherchent à se financer en dehors du DNC. C’est la véritable résistance, contrairement à ‘#theresistance’.

Sur certaines questions, comme le développement de la protection santé, l’augmentation du salaire minimum ou la protection des immigrés sans papiers contre les plus flagrantes formes d’exploitation – ces insurgés obtiennent un large appui. Des candidats comme Paula Jean Swearengin, la fille d’un mineur de la Virginie qui se présente au primaires démocrates pour la nomination au Sénat, défient l’establishment démocrate qui se tient côte à côte avec les Républicains au service du grand capital. L’opposant de Swearengin, Joe Manchin que le Los Angleles Times a comparé à Doug Jones, un autre Démocrate «  très conservateur » qui a récemment gagné les élections au Sénat en Alabama, battant de très peu un Républicain, disagracié par des accusations de harcèlement sexuel avec des adolescentes de quatorze ans. Je me sens soulégé par ce résultat sans jondre l’extase collective démocrate, qui révèle l’investissement presistant du parti dans la politique comme d’habitude. Les leaders démocrates se sont convaincus (ainsi que la pupart de leur base) que tout ce dont a besoin la république est de la restauration du staut antérieur à Trump. Ils demeurent oublieux de l’impatience populaire à l’égard des formules familières. Jess King une femme mennonite, MBA de l’Université de Bard et fondatrice d’une association locale bénévole qui est en lice pour le Congrès comme Démocrate à Lancaster Pennsylvanie – le décrit dans ces termes : «  Nous observons un paysage politique qui change en ce moment qui n’est plus mesuré par le traditionnel droite vs gauche mais par la base vs le sommet. En Pennsylvanie et dans de nombreux autres endroits, nous voyons un populisme économique  des militants de base qui monte, se heurtant à l’establishment politique et au status quo qui ont tant échoué dans notre pays. »

Les insurgés démocrates développent aussi un populisme critique de l’hubris économique qui a sponsorisé tant de croisades qui ont échoué, extorqué des sacricices disproportionnés de la classe ouvrière et provoqué le soutien de Trump, qui s’est présenté lui-même (d’une façon fallacieuse) comme un opposant de l’interventionnisme à tout va. Sur la politique extérieure, les insurgés font face à une opposition encre plus ferme que sur la politique intérieure : un consensus bipartisan, enflammé par l’outrage de la menance contre la démocratie supsée représentée par le piratage russe. Cependant, ils est possible qu’ils aient trouvé un chemin tactique pour avancer, en se concentrant sur les charges inégales pesant sur les pauvres et sur la classe ouvrière pour la promotion et le maintien de l’empire américain.

Cette approche est celle qui anime  ” Autopsie : le Parti démocrate en crise” , un document de 33 pages dont les rédacteurs comprennent Norman Solomon, fondateur du groupe de pression insurgé RootsAction.org. «  La revendication du  Parti démocrate de combattre pour les «  familles de travailleurs »  a été compromise par son refus de s’opposer au pouvoir des multinationales, permettant à Trump de se présenter comme le champion des couches laborieuses » dit Autopsie. Mais ce qui caractérise ceci par rapport aux critiques progressives habituelles, est la connexion convaincnte entre la poltique intérieure et la politque étrangère. Pour ceux de la Rust belt, le service militaire a été souvent la seule solution pour échapper au désastre créé par la politique énéo-libérale, mais le prix pour la fuite a été élevé. Comme le note Autopsie, «  la sagesse de la guerre permanente, ce que Clinon nomme «  le pouvoir global »

  • Etait beaucoup plus clair pour les leaders du Parti (en 2016) qu’il l’était pour ceux qui portaient le poids des morts au combat, des blessures et des traumatismes. Après une dizaine d’années de guerre sans interruption, les données de la recherche sur les conduites de vote montrent que la campagne de Clinton avec saon discours belliqueux a été un repoussoir pdans les classe laborieuses, durement touchées par les pertes dues au déploiement en Irak et en Afghanistan.

Francis Shen de l’Université du Minnesota et Douglas Kriner de l’Université de Boston ont analysés les résultats des élections dans trois états-clefs, La Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan – et ont trouvé   que «  même en contrôlant sur un modème statistique alternatif, nous avons trouvé une relation significatrice et sensée entre le niveau du sacrifice militaire de la communauté et son soutien à Trump ». L’engagement sans critique de Clinton dans les interventions armées a permis à Trump de gagner sur les deux tableaux, jouant au ressentiment chauvin tout en se posant comme un adversaire des guerres sans but et insensées.  Kriner et Shen concluent que les Démocrates peuventavoir à «  réexaminer leur posture en politique étrangère  si ils veulent reconquérir l’électorat épuisé et étrangé à 15 ans de guerre » Si le mouvement insurrectionnel au sein du Parti démocrate a commencé à se formuler des critiques en faveur d’une poltique étrangère intelligente, un changement peut éventuellement se produire. Et le monde peut devenir un endroit où le pouvoir américain, comme la vertu américaine, sont limités. Pour ces mêmes Démocrates, c’est une évolution fortement désirée. C’est sur du long terme mais quelque chose se passe vraiment ici.

Jackson Lears est membre  du Conseil supérieur des universités  (Board of Governors Distinguished) Professeur d’histoire à l’Université de Rutgers..

Néo-libéralisme : l’idéologie à la base de tous nos problèmes Georges Monbiot

Avant de prendre connaissance de ce très bon article de G. Monbiot sur l’histoire du néo-libéralisme et sur ses caractéristiques, il semble intéressant de présenter cette citation de Carl Sagan dans le Counterpunch du 12.08.

En effet, la plupart des idéologies qui ont eu à ordonner la vie sociale, politique et culturelle de pays entiers sur des durées plus ou moins longues ont toujours affiché avec ostentation leur identité, leurs critères de réussite collective ou individuelle et mis en place, sur un mode coercitif quand c’était nécessaire et adapter les critères d’une idéologie à la réalité rend la coercition et la répression toujours nécessaires, les étapes et les cadres devant amener le peuple à se plier dans l’enthousiasme et pour son bien. 

Une des caractéristiques du néo-libéralisme est qu’il n’avance que masqué et, après s’être abreuvé des travaux de Edward Bernays, a mis au point une méthode vouée au succès presque absolu, ne pas avoir à s’imposer de l’extérieur mais devenir partie prenante, essence même de la vie, des valeurs et même, plus grave, des modes de penser les réalités et les identités individuelles et collectives des sociétés auxquelles il s’impose. ” S’imposer ” n’est pas le terme puisque dans ce lent mais radical mouvement vers l’individu et son bonheur comme régles propagandiques fondamentales du consumérisme qui est son combustible  rien ne semble faire pression Le mimétisme, mis en avant par René Girard,  en tant que dynamique constituant le social,  fonctionnant sans coup férir dans un monde où l’autre en miroir est sans cesse visible et évaluable et où le neuro-marketing s’occupe de joindre au flux nos plus fervents désirs d’aliénation.

C’est par choix et en prônant une des valeurs essentielles du néo-libéralisme, la liberté, que s’organise le mouvement sans fin du capitalisme dans sa forme contemporaine, la plus raffinée technologiquement et médiatiquement et la plus sauvage humainement et socialement. 

Carl Sagan fait ici référence à l’Amérique et observe sa lente décomposition intellectuelle mais il pourrait, devrait ici, sortir du spectre national pour mettre en lumière les mêmes effets, dus au système idéologique et fonctionnant en vortex, de la totale soumission des USA aux valeurs de dérégulation du néo-libéralisme, à la fois miroir et leader d’un fonctionnement qui s’est auto-proclamé ” global ” , sur l’ensemble de la planète et qui a donné à l’économique l’indépendance et le pouvoir en repoussant le politique  vers le rôle de factotum des fantasmes du marché. EG

Carl Sagan: ” J’ai eu la vision de l’Amérique au temps de mes enfants et petits-enfants, quand les USA sont devenus une économie de service et d’information, quand presque toutes les usines-clefs sont parties vers de nouveaux pays, quand des pouvoirs technologiques incroyables sont entre les mains de quelques individus et que personne représentant l’intérêt public ne peut même envisager les problématiques, quand les gens ont perdu la capacité à organiser leurs propres agendas ou à questionner de manière compétente les détenteurs de l’autorité, quand, étreignant nos boules de cristal et consultant nerveusement nos horoscopes, nos facultés critiques déclinent, incapables de distinguer entre ce qui est agréable et ce qui est vrai, nous glissons, sans presque nous en apercevoir vers la superstition et l’obscurantisme. L’abrutissement de l’Amérique est le plus palpable dans la lente perte de tout contenu consistant dans des médias à l’influence énorme : Les petites phrases de 30 secondes, maintenant réduite à 10 ou moins, les programmes au dénominateur commun le plus bas, les présentations crédules, la pseudoscience et la superstition, mais tout spécialement une sorte de célébration de l’ignorance.”
” I have a foreboding of an America in my children’s or grandchildren’s time–when the United States is a service and information economy; when nearly all the key manufacturing industries have slipped away to other countries; when awesome technological powers are in the hands of a very few, and no one representing the public interest can even grasp the issues; when the people have lost the ability to set their own agendas or knowledgeably question those in authority; when, clutching our crystals and nervously consulting our horoscopes, our critical faculties in decline, unable to distinguish between what feels good and what’s true, we slide, almost without noticing back into superstition and darkness. The dumbing down of America is most evident in the slow decay of substantive content in the enormously influential media, the 30-second sound bites (now down to 10 seconds or less), lowest common denominator programming, credulous presentations on pseudoscience and superstition, but especially a kind of celebration of ignorance.”

Néolibéralisme– l’idéologie à la base de tous nos problèmes.

Faillites financières, désastres environnementaux, et même la montée de Donald Trump – le néolibéralisme a joué un rôle dans chacun d’eux. Pourquoi la Gauche a-t-elle échoué dans la proposition d’une alternative ?

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 ‘Pas d’alternative ( le “ TINA”) Ronald Reagan et Margaret Tatcher à la Maison blanche

. Photograph: Rex Features

George Monbiot

@GeorgeMonbiot

Imaginez si les gens en Union soviétique n’avaient jamais entendu parler du communisme. L’idéologie qui domine nos vies a, pour la plupart d’entre nous, aucun nom. Mentionner la dans une conversation et vous serez récompensé par un haussement d’épaules. Même si vos interlocuteurs ont entendu ce terme auparavant, ils vont lutter pour le définir.  Le Néo-libéralisme, savez-vous ce que c’est ?

Son anonymat est à la fois le symptôme et la cause de son pouvoir. Il a joué un rôle majeur dans une remarquable variété de crises. Le  crack financier de 2007.2008,   le mouvement offshore de la richesse et du pouvoir, dont l’affaire des Panama Papers ne nous offre qu’un aperçu, le lent effondrement de la santé publique et de l’éducation, la pauvreté infantile résurgente, l’épidémie de solitude, l’effondrement des éco-systèmes, la montée de  Donald Trump. Mais nous répondons à ces crises comme si elles émergeaient isolément, apparemment ignorants du fait qu’elles ont toutes été ou catalysées ou exacerbées par la même cohérence philosophique. Une philosophie qui a- ou avait- un nom. A part celui-ci, quel plus grand pouvoir peut-il opérer sans nom ?

L’inégalité est requalifiée de vertueuse. Le Marché assure que chacun ait ce qu’ il mérite.

Le Néo-libéralisme est devenu si pénétrant que nous le reconnaissons à peine comme une idéologie. Il semble que nous acceptions la proposition selon laquelle cet idéalisme, cette foi millénariste décrit une force neutre, une sorte de loi biologique, comme celle de l’évolution de la théorie darwinienne. Mais cette philosophie a vu le jour dans une tentative consciente de  réorganiser la vie humaine et de faire se déplacer les termes du pouvoir.

Le Néo-libéralisme voit la compétition comme l’élément le plus caractéristique des relations humaines.

Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les choix démocratiques sont exercés au mieux en vendant et en achetant, un processus qui gratifie le mérite et punit l’inefficacité.

Il maintient que le «  marché » délivre des bénéfices qui ne pourraient jamais être atteint par la planification.

Les tentatives de limiter la compétition sont traitées comme antinomiques à la liberté. Les impôts et la régulation doivent être réduits au minimum, les services publics doivent être privatisés. L’organisation du travail et les négociations par les syndicats sont décrits comme des distorsions du marché qui empêchent la formation d’une hiérarchie naturelle de gagnants et de perdants. L’inégalité est redéfinie comme vertueuse : une récompense de l’utilité et un générateur de richesse, qui retombe sur tous afin de les enrichir. Les efforts pour créer une société plus égalitaire sont à la fois contre-productifs et moralement corrosifs. Le Marché assure que tous ait ce qu’il mérite.

Nous avons internalisé et nous reproduisons son Credo. its creeds. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse grace à leur mérite, ignorant les avantages – comme l’éducation, les héritages, ou la classe sociale d’appartenance, qui peuvent les avoir aidé à la créer. Le pauvre commence par se blamer lui-même à cause de ses échecs, même lorsqu’ils ne peuvent rien faire pour changer le contexte des circonstances.

Le chômage structurel n’a pas d’importance : si ils n’ont pas d’emploi c’est parce qu’ils ne sont pas assez entreprenants. Le coût impossible du logement n’a pas d’importance : si votre carte de crédit est épongée, c’est parce que vous êtes incapable et dépensier. Le fait que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu n’a pas d’importance : s’ils deviennent obèses, c’est votre problème. Dans un monde gouverné par la compétition, ce qui tombent en marche se font définir et se définissent eux-mêmes comme des perdants.

Parmi les résultats, comme Paul Verhaeghe le note dans son livre What About Me? On trouve des épidémies d’automutilation, des troubles de l’alimentation, de la dépression, de la solitude, l’anxiété des performances et de la phobie sociale. Il n’est peut-être pas surprenant que la Grande-Bretagne, dans laquelle l’idéologie néo-libérale a été appliquée le plus rigoureusement soit la capitale européenne de la solitude.  Nous sommes devenus néo-libéraux maintenant

Le terme de “ néo-libéralisme” fût introduit lors d’un meeting à Paris en 1938. Parmi les délégués, on trouvait deux hommes qui définiront cette idéologie, Ludwig Von Mises and Friedrich Hayek. Tous deux exilés d’Autriche, ils voyaient la social-démocratie, incarnée par le New Deal de Franklin Roosevelt et le développement progressif de l’état-providence en Grande Bretagne comme des manifestations du collectivisme qui occupait le même spectre que le Nazisme ou le Communisme.

Dans son livre « La route vers la servitude » The Road to Serfdom, publié en 1944, Hayek argument que la planification gouvernementale, en écrasant l’individu, mènerait inexorablement à un contrôle totalitaire. Comme l’ouvrage de Mises, « Bureaucratie », « La route vers la servitude » fut largement lu. Il fut remarqué par certaines personnes très riches, qui virent dans cette philosophie une opportunité pour eux de se libérer des régulations et des taxes. Quand, en 1947, Hayek fonda sa propre organisation qui allait répandre la doctrine du néo-libéralisme la Société du Mont-Pélerin  – il fût supporté financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.

Avec leur aide, il commença à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans son livre “ Les maîtres de l’univers”, Masters of the Universe comme “ une sorte d’Internationale néolibérale” : un réseau international d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et d’activistes. Les soutiens fortunés du mouvement fondèrent une  série de groupes de recherche  qui raffinèrent et assurèrent la promotion de l’idéologie. Parmi eux, l’American Enterprise Institutel’ Heritage Foundationle Cato Institutel’ Institute of Economic Affairsle Centre for Policy Studies et l’  Adam Smith Institute. Ils financèrent également des positions académiques et des départements, particulièrement dans les Universités de Chicago et de Virginie.

En évoluant, le néo-libéralisme devint plus véhément. La vision d’Hayek selon laquelle le gouvernement devrait réguler la compétition afin d’éviter la création de monopoles fût remplacée – parmi des apôtres américains comme  Milton Friedman – par la croyance que le pouvoir des monopoles pouvait être considéré comme une récompense pour l’efficacité.

Quelque chose d’autre se produisit pendant la transition : le mouvement perdit son nom. En 1951, Friedman était content de se décrire lui-même comme un néo-libéral . Mais peu de temps après, le terme commença à disparaître. Encore plus étonnant, même lorsque l’idéologie devint plus Claire et le mouvement plus cohérent, l’appellation perdue ne fut remplacée par aucune alternative commune.

Tout d’abord, malgré son financement gigantesque, le néo-libéralisme resta dans la marge. Le consensus d’après-guerre était universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la libération de la pauvreté étaient des buts communs aux USA et dans l’Europe de l’ouest, les taux d’imposition étaient élevés et les gouvernements cherchaient les issues sociales sans embarras, développant de nouveaux services publiques et des réseaux de sécurité.

Mais en 1975 quand les politiques keynésiennes commencèrent à s’effondrer et que la crise économique frappe des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales commencèrent à pénétrer les médias grand public. Comme le remarqua Friedman  quand le moment vint pour le changement, il y avait là une alternative toute prête. Avec l’aide de journalistes sympathisants  et de conseillers politiques, des éléments du néo-libéralisme furent adoptés, spécialement en ce qui concerne la politique monétaire, par l’administration Carter aux USA et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande Bretagne.

Après la prise de pouvoir de Margaret Tatcher et de Ronald Reagan, le reste du colis suivit rapidement : des baisses d’impôt massives pour les riches, l’écrasement des syndicats, la dérégulation, les privatisations, la sous-traitance et la compétition dans les services publics. A travers l’IMF, la Banque mondiale, le Traité de Maastricht et la World Trade Organisation, les politiques néolibérales furent imposées – souvent sans l’approbation démocratique – presque partout dans le monde. Plus étonnant encore leurs adoptions par des partis qui se disaient auparavant «  de gauche » : le Labour party ou les Démocrates par exemple. Comme le note Stedman Jones : «  Il est difficile d’imaginer une autre utopie aussi pleinement réalisée. »

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Il peut sembler étrange qu’une doctrine promettant le choix et la liberté ait été promue avec le slogan «  Il n’y a pas d’alternative »  mais comme Hayek le remarquait lors d’une visite à Pinochet au Chili – une des premières nations à avoir appliqué le programme dans sa totalité- « Mon choix personnel penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dévoué au libéralisme. » La liberté qu’offre le néolibéralisme, qui semble si séduisante quand elle est évoquée en termes généraux, se révèle être la liberté des prédateurs, pas du menu fretin.

L’indépendance à l’égard des syndicats et de la négociation peut permettre de supprimer les salaries. L’indépendance à l’égard de la régulation signifie la liberté d’empoisonner les rivières,  de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des taux des taux d’intérêt injustes et de mettre au point des instruments de financement exotiques. La liberté face à l’impôt signifie la liberté dans la distribution des richesses qui peuvent extraire les peuples de la pauvreté.

Naomi Klein l’écrit dans La doctrine du choc ,  les néolibéraux ont defendu l’usage des crises afin d’imposer des lois impopulaires pendant que les populations étaient distraites : par exemple dans l’après-coup du coup d’état de Pinochet, la guerre en Irak ou l’ouragan Katrina que Friedman décrit comme «  une opportunité pour réformer radicalement le système éducatif » en Nouvelle Orléans

Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposes nationalement, elles le sont au niveau international, à travers les traits commerciaux incorporant le « investor-state dispute settlement »: des tribunaux offshores dans lesquels les corporations peuvent faire pression pour le détournement des lois de protection environnementale ou sociale. Lorsque le Parlement a voté pour restreindre la vente de cigarettes, protéger la qualité de l’eau contre les compagnies minières, geler des lois sur l’énergie ou prévenir contre les arnaques des firmes pharmaceutiques envers l’état, les compagnies l’ont poursuivi, souvent avec succès.

Le Néo-libéralisme n’ pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu.

Un des autres paradoxes du néo-libéralisme est que la compétition universelle s’appuie sur une quantification et une comparaison universelle. Le résultat est que les travailleurs, les chercheurs d’emploi et les services publics sont sujets à un régime étouffant  et chicanier de vérifications et de guidance, supposé identifier les gagnants et punir les perdants. La doctrine que Von  Mises proposait devait nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification centralisée en a, à sa place, créé une autre.

Le néo-libéralisme n’a pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu. La croissance économique a été remarquablement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en grande Bretagne et aux US) qu’elle l’avait été dans les décennies précédentes. L’inégalité dans la distribution des richesses et des revenus, après soixante années de déclin, a crû rapidement sur cette période, à cause de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôts, de l’augmentation des loyers, de la privatisation et de la dérégulation.

La privatisation et la mise sur le marché des services publics comme l’énergie, l’eau, les trains,  la santé, l’éducation les routes et les prisons ont permis aux firmes privées d’installer des postes de péage face de biens essentiels et d’en faire payer les locations ou bien aux citoyens ou au gouvernement, pour leur usage.  La location est une autre face des rentes. Quand vous payez un prix gonflé pour un ticket de train, seulement une partie compense l’opérateur pour l’argent dépensé en carburant, salaries, le matériel roulant et autre. Le reste reflète uniquement le fait  qu’ils vous ont à leur merci.

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Au Mexique,  Carlos Slim s’est vu attribuer le contrôle de presque tous les services téléphoniques et il devint bientôt un des hommes les plus riches de la planète.. Photograph: Henry Romero/Reuters

Ceux qui possèdent les services privatisés ou semi-privatisés font des fortunes gigantesques en investissant peu et en chargeant un maximum. En Russie et aux Indes, les oligarques ont acquis des organismes d’états qui étaient bradés et pratiquement toutes les lignes terrestres et les services de téléphonie mobile passèrent sous le contrôle de Carlos Slim qui devint un des hommes les plus riches au monde.

La financialisation comme  Andrew Sayer le note dans : Why We Can’t Afford the Rich, (Pourquoi ne peut-on pas s’offrir les riches ?) a eu un impact similaire. « Comme les loyers, dit-il, les intérêts sont un revenu non gagné qui augmente sans aucun effort. » Comme les pauvres s’appauvrissent et le riches s’enrichissent, les riches acquièrent un contrôle accru sur un des points essentiels : l’argent. Les taux d’intérêt, d’une façon majeure, sont un transfert d’argent des pauvres vers les riches. Comme les prix du foncier et le retrait des fonds d’état criblent les gens de dettes  (pensez aux basculement des bourses pour étudiants aux prêts pour étudiants), les banques et leur exécutif font le ménage.

Sayer prétend que les quatre dernières décennies ont été caractérisées par le transfert de richesse pas seulement des pauvres vers les riches mais aussi au sein des riches eux-mêmes : de ceux qui faisaient de l’argent en produisant de nouveaux biens de consommation ou de nouveaux services à ceux qui ont construit leurs fortunes en contrôlant les biens existant et en accumulant les fonds, les intérêts et les capitaux. Les revenus gagnés ont été supplantés par les revenus non gagnés.

Les politiques néolibérales sont partout, assaillies par les échecs du marché. Non seulement les banques sont-elles «  trop grosses pour échouer » mais les corporations le sont aussi qui ont à charge de délivrer des services publics. Comme le remarque Tony Judt dans  Ill Fares the Land, Hayek a oublié que les services nationaux vitaux ne peuvent pas être autorisés à s’effondrer, ce qui signifie que la compétition ne peut s’y exprimer. Le business ramasse les profits, l’état prend les risques.

Plus l’échec est massif, plus l’idéologie s’extrémise. Les gouvernements utilisent les crises néolibérales à la fois comme excuse et comme opportunité pour les baisses d’impôts, la privatisation de des services publics restants, la création de trous dans le filet de la protection sociale, la dérégulation des entreprises et la re-régulations des citoyens. L’état qui se hait lui-même plonge maintenant ses dents dans chaque organe du service public.

Il est probable que le pire impact du néolibéralisme ne soit pas l’état de crise économique qu’il a généré mais l’état de crise politique. Au fur et à mesure que se réduit le camp de l’état, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se contracte également.  A sa place, la théorie néolibérale affirme que le choix des individus peut s’exercer à travers leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la démocratie de la grande consommation ou de l’actionnariat, les votes ne sont pas distribués égalitairement. Le résultat est une déresponsabilisation des classes pauvres et de la classe moyenne. Et comme les partis de droite comme ceux de  l’ancienne gauche  adoptent des politiques néolibérales identiques, la déresponsabilisation se transforme en suppression du droit de vote. Un grand nombre de personne ont été balayés de la vie politique.

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Slogans, symboles et sensation … Donald Trump. Photograph: Aaron Josefczyk/Reuters

Chris Hedges remarque que “ les mouvements fascistes construisent leur base non sur les politiquement actifs mais sur les politiquement inactifs, les “ perdants” qui sentent, souvent à raison, qu’ils n’ont pas de voix ou de rôle à jouer dans le jeu politique.” Quand le débat politique ne s’adresse plus à eux, les gens deviennent réactifs à sa place aux slogans, aux symboles et aux sensations. Pour les admirateurs de Trump par exemple, les faits et les arguments paraissent sans intérêt.

Judt explique que l’épais réseau d’interactions entre les citoyens et l’état a été réduit à rien sauf à de l’autorité et de l’obéissance, les deux seules forces qui nous lient au pouvoir central. Le totalitarisme que craignait Hayek est suppose apparaître quand les gouvernements, ayant perdu toute autorité morale qui provident de l’organisation des services publics sont réduits à “cajoler, menacer et finalement forcer les citoyens à leur obéir “.

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Comme le communisme, le néo-libéralisme est un dieu qui a échoué. Mais la doctrine zombie continue de tituber, et une des raisons e nest son anonymat. Ou plutôt, son ensemble d’anonymats.

La main de la doctrine invisible est bougée par des appuis invisibles. Lentement, très lentement, nous avons commence à découvrir les noms de quelques-uns d’entre eux. Nous avons trouvé que l’ Institute of Economic Affairs, qui a abondamment argumenté dans les medias contre la régulation de l’industrie du tabac a été secrétement financée par la British American Tobacco depuis 1963. Nous avons découvert que  Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches de la planète, ont finacé l’institut qui a donné naissance au au mouvement du Tea Party . Nous avons découvert que Charles Koch, en créant l’un de ses groups de réflexion,  establishing one of his think tanks, a noté que “de façon à éviter des critiques indésirables, la façon don’t le groupe est contrôlé et dirigé ne doit pas faire l’objet d’une large information.”

Avant les nouveaux riches étaient dépréciés par ceux qui avaient hérité de leur fortune. Aujourd’hui, la relation s’est inversée.

Les mots utilisés par le néo-libéralisme dissimulent plus qu’ils n’élucident. “ Le marché “ semblent un système naturel qui pèse sur nous à égalité, comme la gravité ou la pression atmosphérique.  Mais il est tendu de relations de pouvoir. Ce que “ veut le marché “ tend à signifier ce que les entreprises et leur patrons veulent.  “L’investissement “ comme le note Sayer, signifie deux chosen complètement différentes. L’une est le financement d’activités socialement utiles, et productives, l’autre est la recherche d’avantages à faire fructifier par le prêt, les intérêts, les dividends et l’accroissement du capital. Utiliser le même mot pour différentes activités “ camoufle les sources de la richesse”, menant à la confusion entre l’extraction de richesse et la crcréation de richesse.

Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient déconsidérés par ceux qui héritaient de leur argent. Les entrepreneurs cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui la relation s’est inverse : les rentiers et les héritiers se décrivent eux-mêmes comme des entrepreneurs. Ils affirment avoir gagné les revenus dont ils ont hérité

Ces non-dits et ces confusions sont de maille avec l’anonymat et l’absence de residence du capitalism modern : le modèle de la franchise  qui assure que les salariés ignorent pour qui ils travaillent ; les compagnies enregistrées dans des filets de statuts secrets offshore si complexes que même la police ne peut pas en découvrir les bénéficiaires, les arrangements contribuables qui embobinent les gouvernements, les produits financiers que personne ne comprend.

L’anonymat du néo-libéralisme est férocement gardé. Ceux qui sont influences par Hayeck, Mises et Friedman tendent à rejeter le terme, maintenant, avec raison, qu’il n’est utilisé aujourd’hui uniquement péjorativement . Mais ils ne nous offrent aucune alternative. Certains se décrivent comme des libéraux classiques ou des libertaires, mais ces descriptions sont toutes les deux source d’erreur et d’auto-effacement car elles suggèrent que rien ne s’est passé avec “La route vers la servitude”,La bureaucratie”, ou dans le travail classique de Friedman, “Capitalisme et liberté.”

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Pour tout cela, il y a quelque chose d’admirable dans le projet néo-libéral, du moins dans les premiers temps. C’était une philosophie distincte, innovante promue par un réseau cohérent de penseurs et d’activistes avec un plan d’action clair. C’était un movement patient et persistant. La Route vers la servitude devint une route vers le pouvoir;

Le triomphe du néo-libéralisme reflate aussi l’échec de la gauche. Quand le laissez-faire économique a conduit à la catastrophe de 1929, Keynes a fourni une modèle économique complet pour le remplacer. Quand le modèle keynésien exigeant du management s’est heurté aux régulations dans les années 70, il y avait une alternative prête. Mais quand le néo-libéralisme s’est effondré en 2008, il n’y avait… rien. C’est pourquoi les zombies marchent. La gauche et le centre n’ont produit aucun cadre general de pensée économique dans les 80 dernières années.

Chaque évocation de Lord Keynes est une aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du 21 ième siècle c’est ignorer trois problèmes évidents :  Il est difficile de mobiliser les gens sur des idées anciennes,, les défauts exposés dans les années 70 n’ont pas disparu et d’une façon plus importante, eelles n’ont rien à proposer à propos de la donnée la plus grave, la crise environnementale. Le Keynésianisme fonctionne en stimulant la demande du consommateur afin de promouvoir la croissance économique. La demande du consommateur et la croissance économique sont les moteurs de la destruction environnementale.

Ce que les histoires du Keysianisme et du néo-libéralisme montrent est qu’il est insuffisant de sopposer à un système cases. Une alternative cohérente doit être propose. Pour les partis travaillistes, les Démocrates et la gauche étendue, la tâche centrale devrait être de developer un programme économique Appollo, modelé sur les emandes du 21ième siècle.

  • George Monbiot How Did We Get into This Mess? est publié ce mois-ci chez Verso.s, published this month by Verso. bookshop.theguardian.com

Nous ne pouvons que conseiller le travail d’ARTE ” Capitalisme “ en 6 moments qui replace la doctrine dans son contexte historique.

Traduction : Elisabeth Guerrier