Les découvertes énergétiques hasardeuses : Nos bienfaiteurs malveillants et leur plan directeur pour l’Humanité par Phil Butler

Breakthrough Energy Ventures: Our Malevolent Benefactors and Their Master Plan for Humanity

The men who pull all the media, political and business levers in much of the world now want to pretend to save us from ourselves by backing GMOs and other questionable technologies.

Les découvertes énergétiques hasardeuses : nos bienfaiteurs malveillants et leur Plan directeur pour l’humanité

Nous pouvons nous rassembler, condamner les tares des politiciens et leur laisser occuper les unes de tous les médias comme les stars déchues de nos attentes. Ce n’est pas là, dans les mouvements trépidants de ces marionnettes que les vrais enjeux de notre avenir se trouvent. Le néolibéralisme ne fait pas de politique, il fait de l’argent. Il fonde toute son éthique sur le pouvoir de l’argent et sur celui octroyé à ceux qui ont les moyens d’en rassembler le plus possible, sans idée même de la nécessité même s’une possible limite. Le néolibéralisme convient du fait que TOUT s’achète, les choses, les gens, l’avenir et que ceux qu’on continue à nommer à tort ” l’élite” sont en mesure, de part leur réussite financière et entreprenariale, de savoir ce qu’il en est d’un projet de réussite pour la planète entière. Mais le néolibéralisme s’est installé comme système moral et politique unique sur un mensonge. Il avait comme référence de base le pouvoir de “la main invisible” de la complète dérégulation du marché à ordonner d’elle-même les échanges. Le marché, grand corps sans tête et faisant jouer dans un souci d’entropie les équilibres entre offre et demande, entre concurrence et dérégulation. Mais si un de ces composants organisateurs a bien disparu, c’est celui de la concurrence. Or cet effet auto-régulateur permis par la dynamique concurrentielle comme le montre R. Reich est plus que jamais réduit entre les mains de quelques potentats qui ont leur propre main mise sur les champs politiques, économiques, et scientifiques et très peu de forces critiques actives pour leur résister. Cet article, écrit assez joliment, nous informe de l’étape à suivre dans cette course à la toute-puissance, effectuée en toute impunité et dans la grande piété de tous les actes charitables, “POUR NOTRE BIEN”. Nous retrouvons à l’oeuvre ” l’ impérialisme de la vertu” décrit par Yves Dezalay et Bryant Garth, ou la “philanthropie hégémonique”, c’est à dire la reconversion, dès la première heure, des Robber Barons et autres ” lawyers” de Wall Street dans les bienfaits fiscaux, financiers et légitimants de la vertu civique. Il s’agit maintenant d’une façon ostensible de devenir les apprentis-sorciers, investis du garde-fou technologique et de la pensée scientiste que tout peut s’ingénieriser, d’une maîtrise de l’eau, déjà en route, et de la production de nourriture gérées à un niveau mondial.EG

Les hommes qui tiennent tous les leviers médiatiques, politiques et économiques dans la plupart du monde veulent maintenant nous sauver de nous-mêmes en soutenant les OGM et d’autres technologies questionnables.

Par  Phil Butler

Une histoire dans le Business Insider par l’auteur Aria Bendix a éveillé mon attention ce matin en décrivant Bill Gates et ses compatriotes milliardaires comme des «  héros, sauveurs de la planète ». Selon cette histoire, les mêmes hommes qui ont tiré des billiards du super-capitalisme et ont créé une kabbale qui contrôle  de nombreux gouvernements, investissent maintenant dans six startups agricoles par l’intermédiaire de Breakthrough Energy Ventures. Un seul regard sur les investisseurs devrait provoquer des tremblements le long de la colonne vertébrale de toute personne raisonnable. Laissez-moi vous dépeindre tout ça, avec un fond de sarcasme afin que je sauvegarde ma santé mentale. 

Gates nous aime MORTELLEMENT

Chacun sait combien Bill Gates aime l’humanité, il nous a vendu des billions de dollars de logiciels, de tablettes, de smartphone miteux, et même de   poisons de Monsanto pendant la dernière décennie. Mais qui parmi nous peut même se rendre compte de la chaude et trouble adoration que Sa Majesté royale, le Prince  Alwaleed ben Talal d’Arabie saoudite ressent pour le monde ? Pourquoi ? regardez ! Aux cotés de Al talal, et de Bezos d’Amazon, se trouve Richard Branson, le Jack Ma d’Alibaba et le cofondeur du groupe Carlyle, David Rubinstein, pour n’en mentionner que quelques-uns de nos philanthropistes les plus  convaincus. Oui mes amis, c’est certain, nous sommes maudis par leur malveillance trouble.

La  “mission” de Breakthrough Energy Ventures est de “commercialiser les innovations énergétiques à grande échelle” du moins selon le discours du groupe. Je suppose que cela signifie que les fonds ne concernent pas vraiment la philanthropie en fin de compte. (désolé, j’en viens à haïr ces gens-là). Venons-en aux faits maintenant, je ne souhaite pas perdre mon temps ni le vôtre. Gates et les autres sont engagés dans la recherche de profits à une échelle que les empereurs romains n’auraient pas pu concevoir.  Permettez-moi de citer à partir de The Guardian et d’un compte-rendu d’Agra-Watch basé à Seattle – un projet de la Community Alliance for Global Justice sur  le rôle que joue  la Fondation Bill & Melinda Gates dans Monsanto

Monsanto  a une histoire de mépris flagrant pour les intérêts et le bien être des petits fermiers du monde entier, ceci permet de sérieusement mettre en cause l’énorme financement du développement agricole en Afrique effectué par la Fondation.

Dans cette  histoire qui remonte à 2010, les investissements de Gates dans l’agro-géant sans visage Cargill ont été aussi mis en lumière.  En outre le milliardaire de Microsoft a été décrit alors comme le sauveur de l’humanité également grâce à l’’agro-tech OGM.

Mais concentrons-nous sur Gates et ces autres agents d’entretien si aimant aujourd’hui.

Croyez en Moi

Dans un récent blog post de Gates, le deuxième homme le plus riche du monde ( sur le papier) a évoqué les pets des vaches et les sols comme majeurs au niveau des excès de gaz à effet de serre. En lisant les notes de Gates, j’ai des frissons quand je réalise combien ce mauvais génie et ses amis milliardaires sont devenus fous. Au lieu de pointer la dépendance aux énergies fossiles de notre production alimentaire, Gates pénètre profondément dans le blaba techniciste pour dissimuler nombreux faits afin de mettre en scène ce que ces psychopathes ont vraiment en réserve pour le monde. Avant que j’y vienne, lisez ceci tiré du significatif : «  Nous devions discuter des sols autant que nous discutions du charbon. » Gates joue sa main en recommandant les solutions OGM dans lesquelles lui et ses amis ont investi.

Des usines à nitrogène microscopiques qui remplacent les fertilisants : et si nous pouvions fertiliser les plantes sans relâcher tant d’oxyde de nitrate dangereux dans l’air ? BEV est investi dans une compagnie nommée Pivot Bio qui a des microbes génétiquement modifiés afin de fournir aux plantes les nitrates dont elles ont besoin sans accentuer la production de gaz à serre que les alternatives synthétiques produisent.

Prenez bien note ici, ce «  mouvement » des élites est un ajustement aux alternatives climatiques en dehors de ce qui est généralement considéré comme étant des « solutions  énergétiques alternatives ».  C’est parce que le pétrole et les énergies lourdes sont impliquées avec Bezos, Gates et Bloomberg dans le financement de ces innovations dans les OGM. Considérez également que la rencontre avec les multinationales agrochimiques est profitable à la fois pour les semences résistantes aux herbicides et pour les microbes dont Gates est entiché, tout comme pour les herbicides auxquels certains sont également prévus pour résister. Mais ce n’est pas ce qui est si horrible dans leur plan pour l’humanité.  De nouvelles «  variétés » de  bon vieux haricots de lima ou de concombres ne devraient pas être notre principale inquiétude ici. Une complète dépendance alimentaire devrait.

Pensez-vous intéressant que toutes les solutions que Gates proposent impliquent qu’il joue à être Dieu ? Pas une fois je n’ai lu quoi que ce soit écrit par cet homme qui évoque le fait de retourner vers la nature ou de modifier nos habitudes.

Considérez son histoirei L’avenir de Dieu. Une nouvelle fois, nous voyons Gates recommander les compagnies dans lesquelles il a investi comme la solution à tous nos problèmes.  Une compagnie appelée Beyond Meat  ( Au-delà de la viande) n’est qu’un nouvel exemple de la façon dont Gates  affirme que la techno-science délirante est toujours préférable à la nature. Et cela nous conduit  à la réelle mission de notre bienfaiteur milliardaire.  Un contrôle total sur ce que nous buvons, mangeons, achetons et vendons. Un film dont certains lecteurs sexagénères  peuvent se souvenir, Soleil vert, présente Charlton Heston en homme pris dans le contrôle des multinationales qui mettent de la chair humaine recyclée sur la marché alimentaire.  Avant de penser que je suis fou, ou un théocricien de la théorie du complot, lisez cette histoire publiée par Bloomberg à propos de Gates, Cargill, et de Sir Richard Branson soutenant la fabrication de viande fabriquée en laboratoire à partir de cellules de bovidés. 

Le Diable est à Davos

Aujourd’hui, le monde est pratiquement entièrement dépendant de produits et de service contrôlés par les 1% les plus riches. Ils contrôlent notre électricité, et nos transports, ils contrôlent les marchés de vêtements que nous portons, des diamants que nous achetons comme bague de fiançailles, et ils dirigent les politiciens qui réécrivent notre vérité et décident de notre futur. Aucun d’entre nous n’aime l’admettre mais la vérité du contrôle par l’élite est incontestable, vrai sans équivoque et nous le savons tous.  Les seules facettes de notre existence que nous pouvons contrôler impliquent de la survie primaire quand tout a été déjà dit et fait. Et notre survie est liée inextricablement à la nourriture, à l’eau, et à l’air. Ces individus travaillent à transformer notre planète en une jungle où chaque centimètre carré représente un profit à leurs yeux ; L’Amazone disparaît, la consommation de pétrole est au plus haut, la planète est polluée à un tel point que certains experts nous disent que nous avons atteint un point de non-retour ; Et maintenant, les mêmes individus qui ont tiré profit de notre naissance, de notre vie et de notre mort nous affirment qu’ils vont «  nous aider »  un peu plus en créant de la nourriture artificielle et modifiée. Avant de continuer, lisez s’il vous plait la déclaration d’engagement de la «  cabale » :

La Breakthrough Energy Coalition s’engage à créer de nouvelles technologies qui changent notre façon de vivre, de manger, de travailler, de voyager et permettent d’arrêter les impacts dévastateurs du changement climatique. Nous croyons que la création de partenariat profonds entre nos membres et les gouvernements conduira à plus d’investissement plus tôt et à plus de solutions énergétiques plus vite..

La leçon avec laquelle je voudrais éperonner le lecteur est que le moment où les aristocrates de l’industrie nous disent qu’ils sont «  avec nous » est le moment où on doit les observer à la loupe. Au titre de preuves, je présente  le cas du  bazar des biocarburants que le collègue de Gates et partisan de Breakthrough Energy Ventures Vinod Khosla a apporté dans l’état du Mississippi. Dans ce cadre, Kosla a soi-disant essayé de créer l’“Exxon des biocarburants” avec une entreprise nouvelle appelée KiOR, qui fit faillite en laissant les investisseurs IPO avec des titres sans valeur. Kosla et ses autres élites globalistes ont plus d’un tour dans leur sac mais continuons en examinant ce qu’ils veulent dire par «  profond partenariat »  avec les gouvernements.  Juste ici, considérez pour un moment ce que ces globalistes se disent dans les montagnes suisses, lorsqu’ils se rencontrent à Davos, puis essayé d’imaginer leur chaude adoration pour nous tous.

L’ingénierie de l’humanité

En octobre  2018, il y a quelques mois, l’UE a annoncé  un investissement commun avec Gates et ses amis. Ce partenariat nous rappelle celui des biocarburants de Khosla avec l’état du Mississipi, s’achevant sur une perte pour tous ceux impliqués seulement dans le spectacle de foire européen,  les enjeux sont beaucoup plus importants. C’est autour de cette «  garantie d’investissement » que je suis déchiré entre l’hypothèse que Gates et ses comparses sont simplement des escrocs détestables ou des incompétents cherchant de la compagnie. Prenons Khosla  et une autre startup nommée Jawbone, qui a intégré la liste des startup à abattre (dead-pool running) en 2017 après avoir fait un accroc de plus de 930 millions de dollars dans le financement de  Khosla Ventures, Sequoia Capital, Kleiner Perkins Caufield & Byers, et d’autres.  Toujours du côté des énergies de remplacement, une autre startup massivement financée et supportée par l’état nommée  Abound Solar a fait faillite après avoir reçu 641 millions de dollars et le soutien du ministère de la défense, U.S. Department of Defense. BP Alternative Energy Ventures était impliquée dans celle-ci également, au cas où vous soyez à la recherche de connexions intéressantes.  D’autres startups, comme Aquion Energy (Bill Gates), se sont montrées très prometteuses, ce qui me conduit à une autre théorie personnelle concernant ces technocrates et milliardaires globalistes. Je crois qu’ils camouflent leurs plans qui sont de carrément nous posséder.

En cherchant le fonds d’investissement, Investment Fund (EIF) j’ai immédiatement vu le fait que le fond que la SME est supposé aider représente 99% de tous les marchés conduits dans L’UE ! Oui, vous lisez bien.  Le fonds établi pour aider avec l’apport d’un capital de petites ou moyennes entreprises  supporte également Bill Gates et les gens qui ont d’énorme intérêts investis dans le GROS business. Maintenant Gates et ses Breakthrough Energy Ventures sont main dans la main et sont positionnés pour contrôler toutes les technologies émergentes qui défierait leurs ENORMES affaires. Dans un mouvement brillant ( et monstrueux) pour contrôler la mise sur le marché de toutes ces technologies, Gates et les autres peuvent, soit investir et acheter ces nouvelles solutions ou provoquer leur mort. C’est ce qui je crois s’est produit avec KIOR, mais personne n’a rien prouvé à part un défaut de gestion et trop de matraquage publicitaire.  Mais en observant comment la bourse est manœuvrée par les temps qui courent il n’est pas inconcevable que ces milliardaires attaquent sous toutes les coutures afin de sucer l’argent du système. Maintenant, regardons ensemble les transactions obscures, avec d’énormes investissements bancaires, et les risques auxquels le Wall Street Journal dit que les citoyens européens sont exposés. L’auteur Max Colchester  évoque quelque chose appelé «  Ingenierie financière « , « financial engineering » quand il décrit exactement le genre de garantie qu’obtiennent Gates et ses potes de l’EIF.  J’évoquerai les potentiels de cette ingénierie de Gates et consorts dans un autre article.  Pour l’heure, je dois résumer ici les principales inquiétudes.

Jouer du pipeau quand le monde brûle

L’ordre libéral du monde auquel je me réfère constamment n’est pas celui d’une théorie de la conspiration des Illuminati ou une invention de mon imagination surchauffée. Ce white paper  du Forum 1 de l’économie mondiale (World Economic Forum) trouvé dans le Conseil de l’agenda global  (Global Agenda Council) irrévocablement admet  l’ordre de l’après-guerre  qui a dirigé le monde depuis 1945. Ce  Global Agenda Council, pour ceux qui l’ignorent est présidé par Robert Kagan du Brookings Institute et Karen Donfried du German Marshall Fund américain.  Le dossier produit par ces mêmes leaders de l’ordre mondial révèle le véritable agenda derrière les investissements de ces milliardaires dont j’ai parlé. Pour résumer :

« Les US sont à la tête d’une révolution des énergies – avec de profondes implications pour la place des USA dans le monde, pour ses relations avec les autres puissances et pour le pouvoir global. En moins d’une dizaine d’années, le pétrole US et la production de son gaz ont explosé pendant que de nouvelles technologies pouvaient produire des combustibles en abondance à partir du gaz de schiste  à travers le pays. Cette révolution et d’autres facteurs globaux a contribué à presque 50% dans le déclin du prix du pétrole depuis juin 2014. »

Pendant que Gates et autres professent leur engagement éternel à nous sauver du vilain changement climatique, leurs amis,  qui font les règles au bout de l’ordre du monde libéral, se félicitent de la « sécurité énergétique » nouvellement trouvée aux USA fondée sur la moins durable des politiques énergétiques possibles. Pire encore, les collègues de nos bienfaiteurs milliardaires ne sont pas honteux d’être la cause de la Deuxième guerre froide, comme le prouve cet extrait :   

Comme les USA deviennent un des principaux acteurs du marché de l’énergie mondiale, ils peuvent exercer leur influence de façon à affaiblir certains de leurs plus importants adversaires.

Ceci est le discours de nombreux des participants à l’infâme World Economic Forum, laissez-moi vous le rappeler. Leur rapport appelle le peuple américain  à défendre cet ordre mondial libéral avec toutes les «  armées, choix politiques, économiques et culturels nécessaires. »  Robert Kagan est aussi membre du Council of Foreign Relations  (Conseil des relations étrangères) et écrit une colonne pour le Washington Post de George Bezos. Et ce rapport fourni par le World Economic Forum contient des avertissements cachés pour le peuple européen auxquels il serait bon de prêter attention.

Les peuples des autres nations ont besoin d’accélérateurs et de capital-risque mais par-dessus tout, ils ont besoin d’une culture qui accepte à la fois l’embrasement fréquent et la destruction créative que l’innovation entreprenariale génère”

Une nouvelle solution finale

Est-ce que cela ne sonne pas comme un communiqué stratégique de préparation à l’assistance de cet ordre libéral et de ses milliardaires ? « de fréquents embrasements » ne sont pas des choses auxquelles l’économie déjà mal en point de l’Europe soit prête.  Je vous laisse prendre connaissance du fait que le nouvel ordre mondial se vante que un tiers du produit national brut du Kénya passe par une start-up nommée  M-Pesa, qui a été originellement fondée par le Department for International Development (DFID) en Grande Bretagne, qui travaille avec la European Investment Bank (EIB) même avec l’USAID à travers le DAI Global de Bethesda, MD. Les lecteurs seront aussi intéressés de savoir que Bill Gates a Tweeté  pour faire les louanges de la merveilleuse M-Pesa  en ces mots :

La M-Pesa kényane prouve que lorsque les gens auront le pouvoir, ils utiliseront les techniques digitales pour innover en leur propre nom.

En 2015, DAI a reçu 272 429 308 dollars pour un financement de contrat de a part de USAID, et un autre de and 58.3 millions de livres du Département pour le développement international de Grande Bretagne  (U.K. Department for International Development).  Les vénézuéliens disent que DAI est une organisation de couverture de la CIA, et mes recherches n’ont pas prouvé le contraire. Ce  câble de WikiLeaks  labellisé “Secret” révèle que l’USAID et la  DAI ont coopéré pour créer une insurrection au Venezuela quand Chavez était encore en vie en 2006. Je ne m’étendrais pas là-dessus, dans la mesure où notre propos se concentre sur Gates et ses collègues milliardaires. Il s’agit de mettre en évidence la collusion entre les technocrates, les agences gouvernementales et l’état profond, et leur partenaires les plus haut placés.

Quand le chef Nazi Adolf Hitler et ses capitaines ont  décidé ce qui allait s’appeler «  La solution finale » -il y a du avoir quelque argument rationnel pour justifier un telle horreur, éradiquer un peuple en entier pour régler «  La question juive ». Aujourd’hui, le nom de code pour le meurtre planifié l’extermination des tous les Juifs à portée du 3iéme Reich pourrait s’appliquer aux projets secrets de ces élites globalistes. Ils contrôlent les médias, les créations monétaires, l’industrie, et posent des leviers sur tous les aspects de la vie occidentale. Tout ce qui reste ce sont l’eau et la nourriture. Et avec le contrôle de ces biens nous pouvons simplement être rassemblés et conduits à l’abattoir comme des bêtes. Pensez-y. Ce n’est pas un effet de l’imagination. Quel autre but  y aurait-il ? Quelle fin alternative pensez-vous que ces hommes puissants cherchent ? Oh, j’ai laissé de côté leurs consciences de dévots craignant Dieu. Nous ressentons cette dévotion chaque jour, ici en Grèce.  Bientôt, très bientôt, je crains que leur chaleur ne touche profondément l’Amérique et le reste de l’Europe.

Top Photo | Bill Gates, chairman of the Bill & Melinda Gates Foundation, gestures during a session at the annual meeting of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, Jan. 22, 2019. Markus Schreiber | AP

Phil Butler est un investigateur et un analyste, un spécialiste des sciences politiques et expert dans l’Europe de ‘Est, il est l’auteur d’un récent best-seller “Putin’sPraetorians” et d’autres ouvrages

Source | NEO

Traduction : Elisabeth Guerrier

Ci-joints pour rappel les liens des traductions de l’article d’investigation très documenté de Global Justice Now, effectué en 2016 et décrivant les agissements de la Fondation Bill et Melinda Gates et qui sert encore de référence.

N°1

N°2

N°3

N°4

N°5

N°6

PLUS TARD L’AVENIR N°2 : La survie des plus riches / Douglas Rushkoff

Deuxième partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons ” PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

La survie des plus riches
Traduction de l’article de Douglas Rushkoff paru dans Future Human
Cet article fait pendant à celui qui suivra dans quelques jours et qui dresse le bilan des crises majeures en court, la guerre nucléaire exceptée bien sûr. Il s’agit du témoignage de Rushkoff sur les questions que se posent la plupart des plus riches du monde sur leur survie suivant “the event”. Fin du monde, faute de pouvoir dire fin d’un monde, dont, justement ils ne peuvent envisager la fin qu’en l’amalgamant à la fin des temps, dont eux seuls pourraient imaginer se sortir. Le degré d’inconsistance et de naïveté des questions posées est au-delà de son aspect consternant, révélateur d’un effondrement des bases référentes qui ont pu jusque-là nous attacher à une sorte de destin commun dans notre humanité. Amené par la déferlante cognitivo-scientiste entre autres, savamment posant son couvercle de plomb sur les fonctionnements totalement et consciemment amoraux du système global dans sa totalité et permettant de ne pas devoir aborder sa dimension morbide par essence, le glissement d’un questionnement intrinsèque à la condition humaine aux évocations incessantes de ce qui nous qualifierait en tant qu’espèce dans une nature humaine décryptable comme un code génétique et comme seul cerveau, autrement dit comme données simples et claires, maîtrisables et gérables absolument dans l’avenir et devant se soumettre quant à ses faiblesses au totalitarisme technologique pour se sauver, laisse en plan un certain nombre de questions fondamentales, c’est à dire devant rester sans réponse.  Penchons-nous avec “compassion”, affreux terme qui fait le buzz de nos conditionnements multiples, renouvelables à merci, sur la pauvreté de l’imaginaire de ces nantis qui croient pouvoir quitter le navire comme des rats, et s’imaginent que c’est tout bonnement envisageable parce qu’ils le veulent, dans leur toute-puissance qui ne peut, par les valeurs qui la génèrent ne produire qu’une forme de bêtise infinie.EG


FUTURE HUMAN

Survival of the Richest

La survie des plus riches

The wealthy are plotting to leave us behind

Les nantis complotent pour nous laisser en rade

Douglas Rushkoff

Jul 5

L’an passé, j’ai été invité dans un hôtel privé super-luxueux afin de faire un discours inaugural à quelques cents banquiers d’investissement. C’était de loin la rémunération la plus importante que j’aie empoché pour une intervention. Tout cela pour délivrer quelques pensées sur le «  futur de la technologie »

Je n’ai jamais aimé évoquer le futur. Les sessions Q&A s’achèvent toujours plus comme des jeux de salon alors qu’il m’est demandé d’opiner sur le dernier  mot tendance comme s’ils étaient des symboles palpitants pour les investissements potentiels : blockchain, Impression 3D, CRISPR.  L’audience  est rarement intéressée par ces technologies et leurs impacts potentiels  au-delà du choix binaire, investir ou ne pas investir Mais l’argent parle, aussi ai-je accepté le boulot.

Après mon arrivée, j’ai été dirigé vers ce que je croyais être la chambre verte. Mais au lieu d’être branché sur un micro ou installé sur une estrade, j’ai été simplement assis là, autour d’une simple table ronde pendant que mon audience m’était introduite : cinq types super-riches, oui que des hommes- issus du plus haut échelon du monde des Hedge-fund. Après un peu d’échange de banalités, j’ai réalisé qu’ils n’étaient pas intéressés dans ce que j’avais préparé sur le futur de la technologie. Ils étaient venus avec leurs propres questions.

Ils ont commencé d’une façon assez inoffensive . Ethereum ou Bitcoin ? Est-ce que l’informatique quantique existe réellement ? Lentement mais sûrement cependant, ils se sont orientés vers le véritable sujet de leur inquiétude.

Quelle région sera la moins impactée par la crise climatique : La Nouvelle Zélande ou l’Alaska ? Est-ce que Google construit vraiment une demeure pour le cerveau de Ray Kurzweil et est-ce que sa conscience vivra pendant la transition, ou mourira-t-telle pour renaître entièrement neuve ? Finalement le CEO d’une maison de courtage a expliqué qu’il avait presque terminé la construction dans son sous-sol d’un bunker et m’a demandé : «  Comment puis-je maintenir mon autorité sur mes forces de sécurité après l’évènement ? »

Malgré toute leur richesse et leur pouvoir, ils ne croient pas qu’ils peuvent affecter l’avenir.

L’Evènement. C’est leur euphémisme pour la catastrophe environnementale, la révolte sociale, l’explosion nucléaire, le virus immaitrisable, ou le piratage de Mr.Robot qui fera tout effondrer.

Cette seule question nous a tenus pendant le reste de l’heure. Ils savaient que des gardiens armés seraient nécessaires pour protéger leur enceinte contre la foule en colère. Mais comment pourraient-ils payer ces gardes une fois que l’argent ne vaudrait plus rien ? Et comment pourraient-ils empêcher ces gardes de choisir leur propre chef ? Les milliardaires envisageaient de créer des codes d’accès aux réserves alimentaires qu’ils seraient les seuls à connaître ou de faire porter à leurs gardes des colliers disciplinaires en échange de leur survie. Ou bien d’utiliser des robots comme gardes et employés – si toutefois cette technologie était au point à temps.

C’est alors que ça m’a frappé : Du moins en ce qui concernait ces gentleman, c’était bien une discussion sur l’avenir de la technologie. Obéissants au signal donné par  Elon Musk qui veut coloniser Mars,  par Peter Thiel qui veut renverser le processus de l’âge, ou de Sam Altman et Ray Kurzweil téléchargeant leur cerveaux sur des superordinateurs, ils se préparaient pour un avenir digitalisé qui avait beaucoup moins à voir avec le fait d’améliorer le monde qu’avec le fait de transcender la condition humaine dans sa totalité et s’isoler d’une tout à fait réel et présent danger de changement climatique de montée des eaux, de migrations de masse, de pandémies globales, de panique nativiste et d’épuisement des ressources. Pour eux, l’avenir de la techoogie est vraiment qu’une seule chose : s’enfuir.

Il n’y a pas de mal croire que la technologie bénéficiera à la société humaine et la vanter d’une façon optimiste proche du délire. Mais les tendances actuelles pour une utopie post-moderne sont différents. Ce n’est pas tant une vision de l vente en gros de toute l’humanité vers un nouvel état de l’être qu’une quête de transcender tout ce qui est humain : le corps, l’interdépendance, la compassion, la vulnérabilité, et la complexité. Comme les philosophes de la technologie l’ont noté depuis des années, la vision transhumaniste réduit trop facilement toute réalité à des données, concluant que les humains ne sont rien d’autre que des machines à  traitements d’information »

C’est une réduction de l’évolution humaine à un jeu vidéo que quelqu’un gagne en trouvant la porte de sortie et en laissant quelques-uns de ses meilleurs amis l’accompagner dans le voyage. Est-ce que ce sera Musk, Bezos, Thiel…Zuckerberg? Ces milliardaires sont les gagnants présumés de l’économie digitale-le même paysage de survie- des-plus-aptes qui nourrit cette spéculation à l’origine.

Bien sûr ça n’a pas toujours été ainsi. Il y a eu de brèves périodes, au début des années 90 où le futur digital semblait sans limites et prêt pour nos inventions. La technologie devenait une cour de récréation pour la contre-culture, qui y voyait une opportunité de créer un avenir plus inclusif, mieux distribué et plus favorable à l’humain. Mais les intérêts du business établi n’y virent que de nouveaux potentiels pour les mêmes extractions et de nombreux technologistes furent séduits par la licorne de l’IPO. Le futur digital se vit considéré plus comme le futur des actions ou le futur du coton – quelque chose sur lequel prédire et parier. Presque tous les discours, les études, les articles, les documentaires ou les rapports officiels ne pouvaient être considérés comme pertinents qu’à la condition de pointer le compteur symbolique. L’avenir devint moins quelque chose que nous créons à travers nos choix présents et nos espoirs pour l’espèce humaine qu’un scénario prédestiné sur lequel parier avec notre capital hasardeux mais auquel on accède passivement.

Ceci libéra tout un chacun des implications morales de ses activités. Le développement technologique devint moins une affaire de développement collectif que de survie personnelle. Pire, comme je l’ai appris, éveiller l’attention sur ceci impliquait de se classer sans le vouloir comme ennemi du marché et un râleur anti-technologies.

Au lieu de considérer l’aspect éthique pratique de l’appauvrissement de la masse au bénéfice des nantis, la plupart des chercheurs, journalistes, et auteurs de science-fiction se plongèrent dans des débats plus croustillants et abstraits : Est-ce juste qu’un trader utilise des smart drugs ? Devraient-on poser sur les enfants implants pour l’’apprentissage de langues étrangères ? Veut-on que les véhicules autonomes priviliégient la vie des piétons plutôt que celle des passagers ? Est-ce que la première colonie sur Mars devrait être une démocratie ?un as democracies? Est-ce que la modification de mon ADN met en cause mon identité ? Est-ce que les robots ont des droits ?

Se poser ce genre de questions, bien que philosophiquement divertissant, est un maigre substitut pour lutter contre les véritables dilemmes moraux associés au mouvement sans frein du développement technologique au nom du capitalisme consumériste. * Les plateformes digitales ont déjà changé un marché déjà exploiteur et extractif ( pensez à Walmart) en un successeur encore plus déshumanisé ( pensez à Amazon). La plupart d’entre nous ont conscience de ces inconvénients qui prennent la fomre de l’économie à la tâche ( gig economy), des emplois automatisés et de l’abandon du commerce local.

L’avenir est devenu moins quelque chose que nous créons à travers des choix effectués au présent et des espoirs pour l’espèce humaine qu’un scénario prédestiné sur lequel nous parions avec notre capitalisme hasardeux mais vers lequel nous arrivons passivement.

Mais les impacts les plus dévastateurs de ce capitalisme pied au plancher tombent sur l’environnement et sur la pauvreté global.

La fabrication de certains de nos ordinateurs ou de nos portables utilise encore des réseaux de travail asservi. Ces pratiques sont si profondément ancrées qu’une compagnie nommée Fairphone, fondée sur le principe de fabriquer et de commercialiser des téléphones éthiques, a appris que c’était impossible. (Les fondateurs de cette compagnie se réfèrent maintenant à leur produit comme « des téléphones plus équitables »).

Pendant ce temps, l’extraction de métaux rares et les rejets de tous les objets de la technologie digitale détruisent les habitats humains, les remplaçant par des vastes décharges toxiques, que des enfants et leurs familles paysannes trient afin de revendre les matérieux utiles à des industriels.

Cette externalisation de la pauvreté et du poison «  loin de la vue, loin de l’esprit »ne s’évacue pas parce que nous nous couvrons les yeux avec des lunettes de natation VR ou parce que nous nous immergeons dans une réalité alternative. Au contraire, plus on ignore les répercussions  sociales, économiques et environnementales, plus elles deviennent un problème. Ce qui, en retour, motive encore plus le retrait, l’isolationnisme et les fantasmes apocalyptiques, des technologies toujours plus désespérément concoctées et des projets de business. Le cycle se nourrit lui-même.

Plus nous sommes engagés dans cette vision du monde, plus nous considérons l’humain comme étant le problème et la technologie comme sa solution. L’essence même de l’humanité est traitée moins comme une composante que comme un parasite. Peu importe leur biais inclus, les technologies sont déclarées «  neutres », tout mauvais comportement qu’elles induisent ne sont que les manifestations de notre fond corrompu. C’est comme si quelque sauvagerie innée était à blâmer pour nos troubles. Tout comme l’inefficacité d’un marché de taxi local peut être « résolue » grâce à une application qui entraine la faillite des chauffeurs humains, les inconsistances vexantes de la psyché humaine peuvent être corrigées avec une mise à jour digitale ou génétique.

Nos films et notre télévision mettent en scène ces fantasmes pour nous. Les spectacles de zombies dépeignent une post-apocalypse où les gens ne sont pas mieux que les morts-vivants et semblent le savoir. Pire, ces films invitent le spectateur à imaginer un futur sans gagnants entre les humains restants, où la survie d’un groupe dépend de la disparition de l’autre. Même Westworld – écrit d’après un roman de science-fiction où les robots perdent la tête- finit sa seconde saison avec une révélation ultime : Les êtres humains sont plus simples et plus prédictibles que les intelligences artificielles qu’ils ont créées. Les robots apprennent que chacun de nous peut être réduit à quelques lignes de code, et que nous sommes incapables de faire des choix délibérés. Zut, même les robots dans ce film veulent échapper au confinement de leur corps et passer le reste de leur vie dans des simulations informatiques.

L’essence même de ce que signifie être humain est traité moins comme une caractéristique que comme un défaut.

La gymnastique mentale nécessaire pour un tel renversement des rôles entre l’homme et la machine repose entièrement sur l’assomption sous-jacente que l’humain gonfle. Ou on le change ou on le quitte, pour toujours.

Et donc, nous nous trouvons avec les milliardaires tech. lançant des véhicules électriques dans l’espace, comme si cela symbolisait plus que leur capacité à l’auto-promotion. Et même si quelques individus atteignent la vélocité nécessaire à la fuite et trouvent les moyens de survivre dans une bulle sur Mars –en dépit de notre incapacité à maintenir une telle bulle même ici, sur terre dans aucune des deux biosphères ayant coûté des milliards de dollars – le résultat sera moins la continuation de la diaspora humaine qu’un radeau de survie pour une élite.

Quand les hedge funders m’ont demandé quelle était la meilleure façon de maintenir l’autorité sur leurs forces de sécurité après l’ « évènement », j’ai suggéré que leur premier atout serait de traiter ces gens très correctement, dès maintenant. Ils devraient avoir des relations avec leur service de sécurité comme s’il était membre de leur propre famille. Et plus ils pourront inclure cet ethos dans le reste de leurs pratiques commerciales, dans le management,  de l’approvisionnent des chaînes de fournisseurs, dans des efforts de long terme, dans la distribution de la richesse, le moins de chance il y aura, pour commencer, d’avoir à faire face à cet «  évènement ». Toute cette sorcellerie technologique pourrait s’appliquer à de moins romantiques mais à des intérêts plus entièrement collectifs dès maintenant.

Ils ont été amusés par mon optimisme, mais ils n’y ont pas vraiment crédité. Ils n’étaient pas intéressés par la fait d’éviter une calamité, ils sont convaincus que nous sommes allés trop loin. Malgré toute leur richesse et leur puvoir, ils ne croient pas qu’on puisse agir sur l’avenir. Ils acceptent simplement le plus noir des scénarios puis amènent le plus possible d’argent et de technologie afin de s’isoler eux-mêmes, tout spécialement en s’offrant un siège pour Mars.

Heureusement, ceux d’entre nous n’ayant pas les fonds nécessaires pour considérer ce désaveu de notre propre humanité ont de bien meilleures options disponibles. Nous n’avons pas à utiliser la technologie d’une façon si antisociale et atomisante. Nous pouvons devenir des consommateurs individuels et les profiles que les plateformes attendent de nous, ou nous pouvons nous souvenir que l’humain vraiment évolué n’y va jamais seul.

Être humain n’est pas autour de la survie individuelle ou de la fuite. C’est un travail d’équipe. Quoi que sera notre futur, il se fera ensemble.

Douglas Rushkoff iest l’auteur de l’ouvrage à venir  Team Human (W.W. Norton, January 2019) et invité de l’émission  TeamHuman.fm.

WRITTEN BY douglas rushkoff

Traduction Elisabeth Guerrier

Host: http://TeamHuman.fm Author: Team Human, Throwing Rocks at the Google Bus, Program or Be Programmed, Present Shock, Program or Be Programmed

 

PLUS TARD L’AVENIR N°1 : L’épidémie de Bien-être Amy Larocca

Première partie d’une trilogie d’articles qui semblent connecter des constats et des témoignages se rejoignant sur une forme de bilan de santé, écologique, morale et politique que nous intitulerons ” PLUS TARD l’AVENIR” EG

 

Traduction d’un article de la revue ” The Cut ” sur la fréquentation des lieux de ” Bien-être” new-yorkais. L’observation quotidienne dans le discours et dans les pratiques outre-atlantique de l’importance quantitative de ce “mouvement” à la fois remède et cause, signe et racine, son impact comme mode, amenant à se questionner sur la capacité de notre culture à pouvoir créer autre chose que des courants et à ne plus pouvoir les enraciner dans ce que Stielgler suivant Simondon appelle “les circuits longs”, nécessite une réflexion approfondie dans la mesure où il prend la place d’une réflexion sur ce qui le génère. Comme une sorte de passage à l’acte planétaire, de réponse univoque à ce qu’il devrait avant tout nommer. L’adhésion massive aux pratiques de méditation s’imposant comme des évidences au monde occidental mérite qu’on lui consacre du temps et des tentatives de décomposition des divers paramètres, individuels, culturels, qui le meuvent. Ouvrant aussi avec une sorte de vertige la question de ce qu’est devenu le politique dans une société qui passerait son temps à se soigner sans plus chercher à savoir de quoi. EG

The Wellness Epidemic 

Why are so many privileged people feeling so sick? Luckily, there’s no shortage of cures.

L’épidémie de bien-être

Pourquoi les privilégiés sont- ils si malades ?

Heureusement, nous ne sommes pas en manque de cures.

By Amy Larocca

23-wellness-feature-lede-2.w512.h600.2x

Photographs by Bobby Doherty
JUNE 27, 20178:00 AM

Quand Gwyneth Paltrow a lancé pour la première fois Goop en 2008, c’était un excellent endroit où trouver les meilleurs tapas de Barcelone. C’était du voyeurisme tourné vers les modes de vie des célébrités et Paltrow, avec ses longs cheveux blonds et son aura de complète auto-satisfaction, était irrésistible. Il y a une expression « vivre sa vie la meilleure » et puis il y a Paltrow : le manifeste de la vie la meilleure.

Mais le centre d’intérêt de Goop commença à changer, Paltrow se mit à décrire en détail les régimes d’exercice pratiqués avec son entraineur Tracy Anderson, qui croyait que chacun devrait s’exercer physiquement deux heures par jour, six jours par semaine. Puis elle commença à donner des informations sur une désintoxication qu’elle pratique chaque mois de janvier.

La mission se mit à moins porter sur la révélation des mystères de la vie meilleure et plus sur la notion qu’une vie meilleure authentique est d’abord intérieure. Les gens riches et beaux  ne vont pas seulement dans les plus jolis endroits, leurs organes marchent mieux. Ils savent même comment respirer mieux, avec plus d’oxygène à chaque inspiration. Ils ne craignent pas de pratiquer les transplantations de selles, avec des selles de premier ordre, absolument garanties vegans. Goop quitta les hôtels et les restaurants pour les chakras et les thyroïdes, impliquant que ce qui se tient entre vous et votre Gwyneth intérieure est un mystérieux virus que votre médecin corrompu et ayant beaucoup trop duré est trop borné pour circonscrire.

Goop commença à publier des interviews avec des médecins, des guérisseurs et des shamans. Une de ces productions les plus visionnées est une  interview avec Oscar Serrallach, un médecin australien, à propos de la «  l’épuisement postnatal » qui suggère que les femmes vivent dans un état d’épuisement pendant plus de dix ans après la naissance d’un enfant. Parmi les facteurs responsables : stress envahissant, nourriture pauvre en nutriments, et pollution électromagnétique. Quand Goop a traditionnellement réussi à vendre les produits liés à ses propositions ( les spiraliseurs ont explosés après la recette  de Paltrow des  “zucchini cacio e pepe”, que pourrait on bien vendre à une femme qui vient de recevoir la confirmation médicale que les sentiments négatifs frémissants dans son ventre ne sont pas juste créés par son esprit ? Pourquoi pas des vitamines ? Le bien-être de Goop offre maintenant quatre «  protocoles » vitaminiques  (Protocole et pratique sont des mots que vous rencontrerez abondamment dans ce monde)  en fonction de quatre plaintes communes :  La charge des mamans / The Mother Load répond à l’épuisement post-natal, Les gènes du lycée; High School Genes est réservé aux femmes qui trouvent plus difficile de perdre du poids en prenant de l’âge ( c’est-à-dire pour toutes les femmes) Pourquoi suis-je si putain de fatigué ? Why Am I So Effing Tired? Est pour la fatigue pernicieuse ressentie par les femmes à tout faire, et Balles dans l’air, Balls in the Air également, mais pus orienté vers les stressée chroniques

«  Ca a été incroyable, dit Ashley Lewis, Responsable du secteur bien-être à Goop, «  nous avons vendu plus de 100 000 dollars de vitamines le premier jour et ça n’a pas cessé depuis. »

_______________________________________________________

Pourquoi le bien-être est-il la nouvelle façon d’avoir l’air, d’agir et de se sentir riche

Tout ce que vous devez savoir à propos des soins cutanés et du maquillage «  naturel »

Le bien-être est une idée très large, ce qui n’est pas rien dans sa capacité d’attraction marketing. A un niveau basique, il s’agit de faire un effort conscient pour atteindre la santé à la fois mentalement et physiquement, de lutter pour l’unité et l’équilibre.  Et ce n’est pas non plus une idée nouvelle, l’homéopathie, qui utilise des subtances naturelles afin de promouvoir les capcités du corps à l’auto-guérison a été populaisée en Allemagne à la fin du 18iéme siècle et 50 ans plus tard, l’YMCA orienta sa mission vers le soin du corps, de l’esprit et de l’âme. Dan Rather réalisa une émission de 60 minutes sur le bien-être en 1979 mais c’était approché plus comme un phénomène marginal. «  Le bien-être, disant-il, ce n’est pas un mot que vous entendez chaque jour. »

Régimes,  exercise, et des versions variées de soins auto-administrés ont été pratiqués depuis toujours. Des antécédents leur ont été trouvé dans des SPA autrichiens qui étaient encore célèbres pour leurs lavements et dans les années 1970, l’hervbe de blé était presque aussi célèbre que la cocaïne. Les graines étaient présentes dans le programme de Jane Fonda et dans le régime Scarsdale, dans le mouvement EST  et la folie du yoga qui nous amena Lululemon. En 1978, ve been around forever: Antecedents are found at an Austrian spa still famous for its enemas and in 1970s L.A., where wheatgrass was just as popular as cocaine. The seeds were in the Jane Fonda workout and the Scarsdale diet, in the EST movement and the yoga craze that brought us Lululemon. In 1978, ce magazine fit sa couverture sur « L’élite physique »  la nouvelle classe d’individus qui avaient arrêté de fumer, et se consacraient à l’exercice. Certains étaient connus pour leurs demandes étranges concernant la nourriture, comme l’exigence d’un oignon entier dans leur omelette.

Quatre décennies plus tard, le bien-être n’est plus seulement un mot que vous entendez chaque jour, c’est une industrie globale qui vaut des milliards- une qui inclut le tourisme du bien-être, la médecine alternative, et les traitements anti-âge. La compétition pour une part du gâteau est intense : à Manhattan, deux studios de méditation fusionnent pour devenir le SoulCycle of meditation, et Saks de la Cinquième avenue a converti temporairement son deuxième étage dans une «  Boutique Bien-être » où vous pouvez faire une expérience d’aromes et de thérapie lumineuse dans une cabine de verre emplie de sels, où être branché sur une application de méditation pendant votre manucure. Toutes les corporations géantes ont un programme de bien-être : Yoga chez Goldman Sachs, des journaux de sommeil communs chez JPMorgan Chase. Un nouveau magazine a débuté cet été dans Long Island, ,Hamptons Purist. (“Regardez autour de vous, dit son éditrice, Cristina Greeven, à qui l’idée est venue sur une planche de surf au Costa Rica : C’était des boucheries, des boulangeries, ou des magasins de bricolage. Maintenant, ce sont SoulCycle, Juice Press ou un lieu de méditation).  Il va lui falloir entrer en compétition avec Goop magazine, être édité Paltrow et publié par Condé Nast, qui a annoncé ce printemps le lancement de Condé Nast Pharma, une revue qui ne promeut que des marques de produits pharmaceutiques garantis sains. Le géant de la publicité  Saatchi & Saatchi  a également sa propre revue bien-être, capitalisant sur «  les besoins de bien-être non satisfaits sur la marché »

Le bien-être est utilisé pour vendre des chambre d’hôtel (Soyez au mieux chez Westin Hotels & Resorts, un lieu où ensemble nous pouvons nous épanouir ) et des copropriétés ( LeonardoDi Caprio vient de vendre sa copropriété Bien-être mais Deepak Chopra a encore la sienne au même endroit.) et ça a été un mouvement politique également. «  Radical self care ( Soin de soi Radical) cherche à gurérir les blessures récentes ( Trump) et systémiques ( trauma dûs au genre ou à la couleur), utilisant les mots du poète Audre Lorde, comme cri de ralliement : «  Prendre soin de moi n’est pas de l’auto-gratification. C’est de l’anti-préservation et c’est une arme de guerre politique »

Il peut être facile d’être cynique à propos du bien-être, à propos de  l’œuf de jade de $66  que Gwyneth Paltrow suggère d’insérer dans votre «  yoni ». Il ya quelque chose de grotesque dans l’émergeance de cette industrie à un moment où les soins de santé les plus basiques sont refusés à tant d’Américains et risque d’être supprimés pour des millions d’autres. Mais ce qui est peut-être le plus frappant est à propos de cette ascension du bien-être est le fait que, dans notre monde de plus en plus bifurqué, même ceux qui ont accès à des soins traditionnels plutôt bons, et quelquefois excellents si l’excellence est fonction du prix)  gardent la sensation, malgré tout, d’un incroyable mal-être.

_____________________________________________________

...Photo: Bobby Doherty/New York Magazine

J’étais dans l’ascenseur de l’appartement de l’immeuble de Park Avenue prête à aller fêter la sortie d’un blog que j’ai créé  quand j’ai croisé Kerrilynn Pamer, qui est comme je le savais la propriétaire Castor & Pollux, un magazin de vêtement dans le West Village. Grande et belle, elle portait une longue robe blanche et arborait un sourire doux et heureux. Elle avait fermé Castor & Pollux, m’expliqua-t-elle pour rouvrir il y a deux ans à sa place un magazin de  beauté naturelle  appelé CAP Beauty. “Avec la mode, il ya avait toujours une sensation de manque «  m’a-t-elle dit. «  C’était toujours, ça ne me va pas, ou je n’ai pas le sac assorti, ou je ne peux pas porter ça dans la vie quotidienne «  Cela menant toujours à l’impression que les gens étaient laissés de côté. » Pamer est intéressée dans le bien-être depuis longtemps. «  Je ne m’en apercevais pas vraiment mais je me sentais mal tout le temps. Je suis allée chez le médecin pur une visite annuelle et j’ai juste dit que j’étais fatiguée. Je ne vieillissais pas comme je le souhaitais. Je ne me sentais pas dans mon corps comme je le souhaitais. »Le médecin m’a rappellée après le rendez-vous et m’a dit : «  Je ne sais pas comment vous pouvez fonctionner maintenant, vous ne retenez rien ; » J’ai juste pensé ; «  C’est la norme, je vis à New York, je vieillis, j’ai une entreprise » Mais il a dit «  Non, vous avez une maladie coeliaque. » J’ai abandonné le gluten et boum » Pamer a commencé à analyser tout ce qu’elle mangeait puis tout ce qu’elle se mettait sur la peau. «  Tout vient grâce à un diagnostic ». Sa partenaire et elle-même Cindy Di Prima font partie d’un «  groupe orienté vers la recherche prioritaire de solutions.  Je veux me sentir bien et puis je veux que tout le monde se sente bien. » Pamer m’a invitée à venir dans son magasin, «  Nous avons installé quartz rose sous le plancher et les vibrations sont excellentes. »

J’y suis allée une semaine plus tard. Il pleuvait. La boutique était accueillante, des équipements en cuivre et des en-cas de la ligne Jus de lune de  Amanda Chantal Bacon. Les vibrations semblaient parfaites. J’ai été conduitedans la pièce arrière où j’ai eu un traitement facila par une femme particulièrement amicale et chaleureuse nommée Crystal. Beaucoup des produits qu’elle utilisait avaient un parfum de terre parfois assez nauséabond – comme celui de fruits très très mûrs au bord de la péremption— mais à part ça c’était un soin facila assez standard. Crystal ne m’a fait aucune remontrance, ni aucune critique sur l’étt de ma peau, ce qui était plutôt plaisant car çela fait aussi partie des soins du visage standards. Une semaine plus tard, j’ai reçu un email me recommandant un nouveau «  protocole »  pour ma peau. Celui-ci impliqait neuf produits et si je les achetais tous (il y avait le lien pour chacun) cela me coûterait près de 1000$. J’ai paniqué pendant un moment : «  Mais j’ai besoin de ça, je suis clairement en train de m’empoisonner avec le crème hydratante de la pharmacie que le dermatologue m’a recommandée ! J’ai commencé à cliquer sur les liens. Peut-être me contenter d’en acheter quelque-uns ? Peut-être ce bruisateur probiotic à 40$ pour équilibrer mon microbiome facial. Mes enfants ne méritent-ils pas une mère non toxique, est-ce que je ne mérite pas un moi non toxique ? Mas je ne suis pas allée bien loin, la plupart n’était plus en stock.

____________________________________________________

A Los Angeles, ces deux frères sexy on entamé une révolution du bien-être.  J’ai fait une des meilleures siestes de ma vie dans un lit en cristal à 9000 dollars.

Dés qu’on passe un peu de temps dans le domaine du bien-être, il semble que tout le monde a été officiellement diagnostiqué. «  Je cros que pour les femmes en général, il existe une attente de se sentir évidemment très mal. Evidemment !   dit Elise Loehnen, la responsable de publications chez Goop. «  Dans leur grande majorité, les gens trouvent qu’ils connaissent tous des personnes autour d’eux qui sont malades, le fils de leur meilleure amie est autiste, ou a des problèmes de digestion. Les gens s’auto-définissent de plus en plus comme malades  de plus en plus. Ils sont inquiets à propos de leur nourriture, à propos de l’usage rampant du glyphosate. La nourriture poussait avant dans plusieurs mètres de sol argileux. Je pense que nus sommes apauvris. Je pense qu’il y a une carence en vitamine D parce que nous ne sortons pas assez et quand nous sortons, nous mettons des protections solaires. Nous avons perdu tout contact avec la tere en général et je pense simplement que ce n’est pas de cette façon que nous sommes supposés vivre. »

Moi aussi je connais des femmes qui ont une maladie céliaque, ou une sorte de maladie céliaque, et un million de maladies du système immunitaire, avec des noms compliqués qui affectent leur peau et leur intestin. Il n’est pas difficile de se demander parfois ce qui se passe, si nous sommes d’une façon ou d’une autre tous empoisonnés, si nos corps et nos esprits se révoltent contre cette vie si programmée, si digitalisée, ou si certaines de ces maladies identifiées et soignées  auraient tranquilmement, pour le meilleur ou pour le pire été supportées par les générations antérieures.

Est-ce que les évaluations des cas de maladies céliaques élaborées par l’Universtié de Chicago sont dépassées (un pour cent de la population américaine) ou sont-elles sur-diagnostiquées ? Le niveau d’anxiété a explosé dans le pays et bien que la maladie puisse être bien sûr une source et une cause de stress, le corps est également une zone où, même futilement, nous avons encore une chance de ré-exercer un contrôle.

Sur internet, il y a une communauté connue sous le nom de «  Les cuillères » (the spoonies) qui peut être considérée comme le cœur du monde du bien-être. Spoonies vient de la « Théorie des cuillères », une idée proposée par une femme nommée  Christine Miserandino qui a été diagnostique avec une chaîne de maladie dont la fatigue chronique avant qu’on lui trouve un lupus. Endant des années, elle a été embarassée et a souffert en silence, ayant sans arrêt à expliquer son comportement ( son blog est butyoudontlooksick.com). Sa théorie est simple : quand vous êtes en bonne santé, vous avez un stock sans cesse renouvelable d’énergie. Quand vous vivez avec une maladie ou une douleur chronique, votre capacité énergétique est limitée et vous devez sans cesse être capable de la mesurer, à travers les cuillères, en négociant la façon d’en faire usage. Prendre une douche coûte une cuillère, mais, ensuite parfois, c’est aussi ce que coûte le fait de sortir du lit. Si vos choisissez de cuisiner un dîner pour ce soir, cela peut vous coûter tant de cuillères que vous ne serez pas en mesure de vous occuper de la vaisselle.  Etc. Miserando a été suivie et il y a maintenant en ligne un groupe robuste de «  spoonies »  qui s’identifient comme tels et  qui s’assemblent afin de partager les traitements et les théories, de discuter de leur lutte avec la souffrance chronique physique ou mentale. «  Nous devons sans cesse être vigilants aux cuillères »  dit Carolyn Kylstra, l’éditrice en chef de Self, «  Ils sont vraiment au cœur de tout cela »

Nous avons mis du quartz rose sous le plancher et les vibrations sont excellentes.

Il y a une quantité astronomique de médecins frustrés par le mouvement bien-être, à cause de ce qu’ils considèrent comme la soi-disant science, louchen superficielle, derrière lui et eux aussi se font entendre. Voilà par exemple Timothy Caulfield, un expert en santé et en droit à l’Université d’Alberta, il est l’auteur de :  Is Gwyneth Paltrow Wrong About Everything?, ( Gwyneth Paltrow a-t-elle tout faux ?) qui concerne le sujet de la désintoxication du corps. «  C’est complètement ridicle dans une perspective scientifique, dit-il, cette idée qu’on puisse «  désintoxoiquer » son corps – nous avons des organes qui le font. Il n’existe aucune preuve que nous ayons ces méchantes toxines dans nos cellules qui nous font prendre du poids, qui nous fatiguent. Mais cela s’adresse à notre imaginaire d’une façon très puissante.  Jennifer Gunter,une gynécologue-obstétricienne et médecin de la douleur à Toronto a écrit un blog très franc et souvent drôle qui s’en prend souvent à Paltrow et Goop. Un des posts dit : «  Vos conneries Goop m’inquiétent parce qu’il affecte mes patients. Ils lisent vos théories bidons et puis ils arrêtent de manger des tomates ( note de bas de page, si les tomates sont si toxiques,pourquoi les Italiens ont-ils une espérance de vie plus longue que la nôtre ?), ou n’ont pas mangé une tartine de pain depuis trois ans, dépensent leur argent dans des tampons organiques dont ils n’ont pas besoin, demandent pour des évaluations de leur fatigue surrénale ( dont le paiement s’effectue souvent par la couverture santé ou au noir), ou ils sont obsédés par la crainte d’avoir une candidose systémique ( qu’ils n’ont pas). Mon fils a une maladie de la thyroïde et je crains que dans quelques années il puisse lire cette sorte de foutaise à propos des théories  sur la thyroïde que vous promouvez et se demande si il devrait arrêter son traitement et tenter de soigner un EBV ( Epstein-Barr. Mononucléose) chronique qu’il n’a pas. Je m’inquiète aussi que la science ait à dépenser tant et tant de ressources à démontrer l’inutilité de l’huile de serpent au lieude tester de véritables hypothèses. Je m’inquiète que vous inquiétiez les gens et que vous baissiez le QI médical mondial. »

Les critiques ne décontenancent pas Goop. «  Notre travail consiste à être sceptiques à propos du status quo, d’offrir des alternatives avec l’esprit ouvert. «  Goop insiste dans un commentaire : «  Notre contenu n’a pas comme but de générer de la peur, nous voulons donner aux gens les outils afin d’acquérir un peu d’autonomie à l’égard de leur santé. »

Et puis il y a les généralistes au milieu, «  la médecine fonctionnelle » de docteurs comme Frank Lipman. Ils sont des médecins diplomés qui peuvent prescrire des antibiotoques mais peuvent tout aussi bien prescrire des massages, une promenade en forêt, ou un ermaniement de votre régime alimentaire ou des vos exercices. Lipman exerce en cabinet privé depuis 30 ans, mais c’est lors de son stage à l’hôpital du Bronx qu’il a noté un taux de succès plus important parmi les toxicomans avec qui il utilisait l’acupuncture et qu’il a décidé de trouver un moyen de mêler les pratiques médicales occidentales avec les pratiques alternatives. Lipman nous dit qu’il croit que la capacit à pardonner peut avoir des bénéfices éormes sur la santé mais lorsque je lui dis que mon rhume des foins me rend fou, il dit, en haussant les épaules : « Ma femme utilise toujours Claritin. »

Parmi la Nouvelle garde on trouve le Dr Robin Berzin, qui a un doctorat à la Columbia Medical School, a été formé au  Mount Sinai,  et est aussi certifié comme formateur en Yoga et en méditation. Elle dirige Parsley Health, une boutique de pratique médicale. Pour 150 dollars le mois, les membres ont droit à cinq visites médicales par an, plus 24 sessions avec un guide santé dont le tavail est de vérifier que les conseils du médecin sont bien suivis (vous pouvez faire effectuer ces rencontres par vidéos si vous le souhaitez). «  Regarde, dit-elle un jour dans sa boutique, qui occupe une grande partie d’un Wework près de Union square,  (La nouvelle médecine est, au moins esthétiquement beaucoup moins orientaliste avec beaucoup moins de Ganesh ou de mandalas). Les gens ne se sentent pas bien, et ils cherchent des solutions, on leur donne un tas de mauvais conseils. Ils réduisent les jus qui sont aussi mauvais que le soda » La mission de Berzin est de réduire les médicaments, de toucher à la racine des plaintes habituelles qu’elle considère comme tout à fait guérissable,  des plaintes de syndrôme pré-menstruel, du colon irritable, insomies, eczéma. « Au service de la technologie, nous sommes chroniquement stressés, épuisés et sous médicaments : des anxiolitiques «Branchés et fatigués » c’est la façon dont beaucoup de patients me décrivent cette sensation » me dit-elle. Beaucoup de ses patients sont jeunes, «  les «  millenials » sont plus intéressés par la qualité de vie. Ils attendent de se sentir mieux. »

Après cette rencontre avec Berzin, j’ai passé le contrôle Parsley. J’ai rempli pendant la nuit un document pendant 30 minutes, décrivant les otites que j’avais étant enfant, le fait que je suis né naturellement mais nourri au biberon. Parsley a prescrit un examen du sang approfondi, je suis donc resté à jeun un matin puis me suis rendu au laboratoire. Une technicienne très gentille avec une longue queue de cheval  a regardé le document : Parsley Health ! a-t-elle dit, ils regardent tout. Ce n’est pas le cas de tout le monde … » elle a haussé les épaules, remplaçant chacun des tubes, 14 en tout. Les résultats de mes examens étaient sur le portail de Parsley’s une semaine plus tard : taux de cholestérol trop haut, ce que je sais depuis toujours, et un nom sur les allergies à la poussière et le rhume des foins  que j’ai aussi depuis toujours. Berzin a recommandé l’arrêt des céréales et du gluten mais mes résultats sanguins n’indiquaient aucune allergie à l’un ou à l’autre. Elle dit que je suis comme 5% de ses patients, ce qu’elle pourrait qualifier d’ « optimisatrice » en ce que je ne souffre d’aucune maladie chronique ou de douleur qu’elle rencontre et qui souffre du syndrôme polycystique-ovarien. Néanmoins, elle a quelques conseils à me donner, elle me propose de changer les horaires de mon activité physique et d’apprendre à méditer. Les membres de Parsley ont un accès gratuit à Headspace. Elle me recommande aussi un régime vitaminé : un complexe de vitamine B le matin, du magnésium afin de retrouver le sommeil profond, bien noir que j’avais dans la vingtaine. Elle me recommande aussi des orties pour la saison des allergies mais reconnait aussi qu’ils ne suppriment pas le symptôme à chaque fois. «  On ne va pas régler une infection avec un reiki ».

Une des choses difficile à accpeter dans le monde du bien-être est le fait que la paranoïa rampante est binevenue. – Que mangez-vous ? Que mettez vous sur votre peau ? – et pourtant il y a une foi jamais démantie dans toutes les cures. Une tartine de pain peut être considérée comme toxique mais la volonté de plonger dans le monde largement incontrôlé des vitamines et des compléments alimentaires est acquise. Mon joli, minutieux et intelligent médecin généraliste me dit chaque année lors du bilan annuel : s’il vous plaît ne me dits pas que vous prenez des compléments. Au mieux ça ne peut pas faire de mal, vous vous offrez simplement un pipi hors de prix.

Beaucoup de mouvement de bien-être répondent à des aspects de notre vie qui étaient auparavant considérés comme essentiels  et fondamentaux comme de respirer ou de dormir. Ce printemps, Arianna Huffington  a fêté le dixième anniversaire de ce qu’elle nomme «  sa bénédiction ». en avril 2007, Huffington s’est évanouie et s’est fracturé l’os de la pommette. Après un voyage à travers de nombreuses disciplines médicales traditionnelles, son diagnostic a été un simple «  burn-out », pas de cancer, pas d’attaque, pas de diabète insidieux. Elle était juste très très fatiguée. «  J’étais en train de brûler la chandelle par les deux bouts », dit-elle maintenant, et ce que je trouve intérssant est que si vous m’aviez demandé ce matin-là, comment allez-vous Ariana, j’aurais répondu, bien, parce que c’était la norme marchant sur le vide. Pensez comme nous sommes au courant du niveau de la charge de nos téléphones et si peu au courant de ce qui nous arrive à nous-mêmes. » Huffington a écrit un livre sur l’importance du sommeil, offrant une prescription (dont le rythme sera familier à quiconque a récemment régularisé le sommeil d’un bébé, un temps complètement ritualisé menant au calme et comprenant des bains chauds, des lumières douces, et une ombre complète). Plus tard, elle a quitté le Huffington Post et a  commencé le  Thrive Global, une organisation dédiée au bien-être. Thrive ( S’épanouir) plbile un blog, organise des programmes de bien-être pour des compagnies comme Uber, et vend des produits sur son site, comme le téléphone de chevet en bois,  qui est vendu avec de minuscules draps en satin pour que votre Iphone puisse dormir dessus. «  Vous savez, il y a quelque chose de si satisfaisant… » explique Huffington, dans son bureau surpeuplé de Soho, en collant son téléphone sous les draps de satin, «  Nous allons lancer un modèle qui ressemble à une petite voiture de course ». Elle sourit et tripote l’oreiller de son Iphone. Après tout vous devez aprrendre à vos enfants à mettre leur téléphone au lit aussi. »

Un des clients de Thrive est JPMorgan Chase, qui travaille avec la compagnie sur un challenge bien-être de 28 jours pour ses plus de 300.000 employés. Le bien-$etre promet Thrive, accompli des miracles pour le nec plus ultra des corporations. «  Ce ne’est pas pour ceux qui veulent aller se relaxer sous le manguier, dit Huffington, ceux-là vont bien, ils n’ont as besoin de nous, c’et pour des gens qui veulent accomplir des choses, des gens qui veulent réaliser. »

Elles s’agitent et mugissent, sauf que ce ne sont pas des Guerriers Maori mais des femmes blanches et sous-vêtements de sport.

Et si nous avons besoin de réapprendre à dormir, le bien-être cherche aussi à transformer notre façon de faire de l’exercice. Les classes de SoulCycle  auquelles je participe ne sont presque pas différentes des classes auquelles j’assistais il y a quinze ans. Il y a les mêmes sauts, les mêmes exercices de montées, les courses et parfois les mêmes titres de Madonna. Mais le professeur à Crunch avait l’habitude de crier des choses sur la saison des maillots de bain et les ailes de chauve-souris : nous savions tous ce que nous venions faire ici. A Soulcycle, l’éthos est impossible à identifier. Les lumières sont éteintes, des bougies sont allumées, et le mur est couvert de mots comme «  Rock star «  «  Guerrier ». Récemment j’ai remarqué que beaucoup de femmes portaient un sweat-shirt avec «  Spiritual Gangster » inscrit dessus. «  Qui, ici présent, à déjà pleuré à SoulCycle ? » a demandé l’instructeur un matin,  et plus de la moitié des personnes présentes a levé la main.  «  Fermer les yeux et pensez à ceux que vous aimez, à ce pourquoi vous faites ça. Où est votre compassion, où est votre gentillesse, vers où vous dirigez vous ? »

La Classe de Taryn Toomey, qui se tient au studio  millennial-pink  à Tribeca, est la classe bien-être à battre. Toomey a commencé sa carrière comme détaillante Ralph Lauren et a très tôt décollé. «  Mais je me sentais juste… pourquoi suis-je malheureuse, tout autour de moi semble parfait, «  explique-t-ellle, elle a commncé à enseigner à des amis un mix de yoga, de danse det de cri cathartic dans un sous-sol de son condo de Tribeca. Beaucoup de célébrités ont commencé à venir— Naomi Watts, Christy Turlington — ce qui est un point très positif dans le monde de la fitness et l’année dernière Toomey a pu ouvrir son studio. «  Je pense que nous devons tous affronter les effets du monde extérieur » dit-elle une après-midi avant sa classe, «  C’est tous ces médis sociaux, c’est tout «  a qui est-ce que je me compare », c’est toute l’illusion que le gens se créent sur la perfection des choses, ou ne sont pas. On l’utilise comme plate forme pour la honte et la haine. Je pense que le bien-être est un mouvement, et toutes ces pratiques diffrentes tournent toutes autour de l’élargissement de la conscience et de la clairvoyance, et c’est devenu nécessaire. Je pense que nous sommes vraiment effrayés et troubés et que nous recherchons l’appui de communautés. » Contre un mur se trouvent des produits à vendre, plus de poussières et d’en-cas Moon Juice, des huiles essentielles que Toomey frotte sur ma paume, elle ferme les yeux et inhale profondément. «  Maintenant, dit-elle, vous sentez comme l’amour »

Quand Toomey entre dans la salle, elle commence par crier : «  Quittez le putain de miroir, quittez la mère et le putain de miroir et revenez dans votre corps réel ! » Ses élèves se tapent les poings sur les cuisses et gémissent. Elles se trémoussent et se secouent et mugissent – des guerriers Maori sous une tente de renaissance baptiste dans le Sud,  mis à part le fait que ce ne sont que des femmes,, blanches, et qu’elles portent toutes des soutien-gorge de gym. Tout le monde transpire beaucoup, la pièce n’est pas ventilée, à faire des jumping jacks, des burees ou des abdos, avec un chien renversé à l’occasion.

Ce qui est remarquable c’est Toomey elle-même, qui parle de sa voix grave et enrouée avec son casque du début à la fin, un monologue changeant sur l’aide-à soi, des encouragements et des conseils : «  Dites au revoir à vos histoires, dit-elle, n’accusez pas ne condamnez pas. Communauté. Unité. Vous vous vous. »  chante-t-elle. Pas une seule fois mentionne-t-telle des parties du corps et je me trouve presque gênée  de penser, en faisant des jetés que je pratiquais il y a des lustres lors des classes Tao BO, ah celui-là est bon pur les fesses. Quand tout est terminé, Toomey commence à calemer son monologue. Plus de cris, plus de «  putain ». Le miroir est trop embué de toute façon pour qu’on voit quoi que ce soit. Toomey propose à la classe de s’étreindre la poitrine (sur la sienne se trouve un collier de cristal qu’elle a créé, dont une variété est en vente à l’accueil, de 400 à 10.800 dollars, «  Ca aide à s’enraciner » explique-t-elle. «  Oh, dit-elle doucement, ma douce, tu es là. C’est moi. Je suis désolée »

La méditation,  cette pratique vieille de plusieurs siècles, est à ce mouvement ce que le jogging était en 1978 pour « l’élite physique ». Le protocole de base et une opportuité d’évolution personnelle. En ce moment il y a deux compétiteurs majeurs dasn l’arène des «  studio de méditation »  à New York, L’un, Inscape, est l’enfant spirituel de Kajak Keledjian, qui a fait fortune avec Intermix, qui a récupéré des tenues créées par des designers haut de gamme qui pouvaient marcher sur le Jitney ou au Marquee. Il a vendu la maison à Gap et comme cela se produit souvent, avec les gens qui réussissent, a été inondé de questions sur la façon de réussir. Sa réponse a ét : par la médittion. Il a appris d’un ami qui conduit un hedge fund sur les bénéfices de regarder à l’intérieur. «S’occuper de soi est une nouvelle dimension du luxe » me dit Keledjaian. « Au lieu d’être des êtres humains, nous sommes devenus des humains faisants, j’ai assez travaillé sur l’apparence des gens. Et maintenant j’aide l’intérieur des gens, je travaille aussi dur, simplement plus consciemment. »

Ellie Burrows du rival d’Inscape Mndfl  était une jeune réalisatrice déprimée par le fait qu’elle n’aimait pas travailler de la façon dont ses collègues travaillaient. Elle s’offrit une odyssée du genre mange-prie-aime et quand elle revint à New York, elle commença à faire du bénévolat à l’ Institute for Compassionate Leadership,  ( institut pour une direction compassionnée) qui était dirigé par un Boudhiste Shambhala Lodro Rinzler dans le Upper East ( Ce n’est probablement pas la seule raison, j’était enfermée dans un placard étant enfant, mais c’était le même endroit) qui avait également écrit de nombreux livres dont «  Le Bouddha entre dans le bar, » The Buddha Walks Into the bar.

Ils eurent cette idée et grâce à la famille et aux amis, ils réussirent à lever les fonds nécessaires pour ouvrr trois studio à New York. «  Nous n’avons pas tourné autout des graines, nous avons tourné autour de l’amour » m’a dit Burrows une après-midi. Elle est enveloppée de foulards avec un tas de joailleries délicates en or dans le hall du studio Mndfl de la 8ième rue. Pas de téléphone, dit une affiche, mais nous comprenons que vous deviez faire un ista du mur à plantes.

«  Nous avons constaté que ça affecte nos vies directement, nous voulons être au service des autres, et cela a été très inspirant pour les gens qui ont décidé d’investir : ils l’ont fait dans un esprit de service. »

Dans la pièce calme éclairée par un vélux de Mdfl, une classe de méditation de 30 minutes est animée par Kevin Townley, un acteur aux cheveux blonds avec des lunettes en écaille et un visage anormalement doux. «  Vous êtes sur un pont, incante-t-il, et vos pensée flottent. Vous les laissez aller, vous les observez. » Un homme respire bruyamment par le nez, mis à part cela la pièce est silencieuse, à prt les occasionnels réajustements, reniflements, raclements de gorge. A la fin de la classe, Townley  donne la parole aux participants.

«  Je n’ai pas pu venir récemment, dit un homme au premier rang. Il est vêtu de pantalons kaki et d’une chemise vichy.  Son apparence est résolument grand public. «  Je me demande quoi faire de ce que j’ai appris lorsque je ne viens pas ici, parce que ce que j’ai réalisé, quand j’ai médité et bien… tout n’est pas bon » Townley opine avec empathie. Il sait. Il n’y a aucune garantie que tout cela s’incline vers la beauté et la paix. Il ya la possibilité de découvrir de la souffrance. La souffrance après tout est encore la vie. Comme l’insatisfaction, les nuits d’insomnie, et les douleurs articulaires. Tout comme l’est le fait de vieillir. Nous trouvons des façon de guérir, seulement pour en chercher de nouvelles.

« Je ne sais pas où mettre ma colère » dit-il. «  Et puis je ne peux pas en venir à bout ici, c’est juste là. Et je suis coincé. »

Accessoires par Dorothee Baussan au Mary Howard Studio; Coiffure et maquillage par  David Tibolla utilisant CHANEL Ombre Premiere à  Exclusive Artists.

*Cet article a été publié le 26 juin 2017, dans   New York Magazine.

” Pourquoi le bien-être est-il un nouveau symbole de luxe et le moyen de se sentir, d’avoir l’air et d’agir comme les riches “

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

 

La monopolisation de l’Amérique : le plus important problème économique dont vous n’entendez jamais parler. Robert Reich

Le signe est toujours ostensible, seule son interprétation change. La passion sans borne pour les “marques”, dite comme telle ou uniquement pratiquée dans l’intimité de la construction de soi, est un des stigmates de l’absorbtion de codes, applicables à toutes les aires de la vie où chacun a le sentiment de créer sa propre expérience en tant d’individu unique. Cette individualisation intégrée comme une réalité psychique de  “l’hyperconsommateur expérienciel”* se crée dans le contexte d’un lien spécifique et clos sur lui-même entre l’objet-marchandise et le consommateur, évacuant la réalité des pratiques périphériques des autres consommateurs pour se centrer sur la nature supposée, et décrite d’une façon forcenée comme telle, d’unicité du choix et de la signifiance d’excellence qu’il indique pour celui ou celle qui l’opère. Il va de soi que l’accès à la connaissance de ce qui et de qui manipule l’illusion d’une profusion de possibilités dans l’objet-marchandise ne peut que remettre en jeu cette pseudo-liberté consumériste et ne faire valoir que la prison dorée qui l’entoure.EG

* ” Gilles Lipovetsky “Le bonheur paradoxal”  Essais folio Gallimard 2013 p.150

La grande lessive Hommage aux Oligopoles. P&G ” Au plus près de la vie “

Et dans la perspective de ce monde lobbyisé où le politique n’a plus comme fonction que de s’adapter aux initiatives technocratiques. Walmart entreprend de polliniser avec des drônes.

Le monopole de l’Amérique : le plus important problème économique dont nous n’entendons jamais parler. Une seule réponse : il est temps de remettre au goût du jour les lois anti-trust

THE MONOPOLIZATION OF AMERICA: The biggest economic problem you’re hearing almost nothing about

There’s only one answer: It is time to revive antitrust.

Robert Reich / Robert Reich / Op-Ed – May 7, 2018

Il y a peu de temps j’ai rendu visite à des fermiers du Missouri dont les bénéfices disparaissent. Pourquoi ? Monsanto à lui seul possède la clef génétique de 90 % des plans de soja récoltés par les agriculteurs des US et de 80 % du maïs. Ce qui signifie que Monsanto peut élever librement ses coûts. Les fermiers sont étranglés d’un autre côté également, parce que les groupes agro-alimentaires auxquels ils vendent leurs produits sont  eux-aussi devenus des méga-compagnies qui ont un tel pouvoir sur le marché qu’ils peuvent diminuer les prix payés aux agriculteurs. Ce qui ne signifie pas des prix plus bas pour vous quant à la nourriture. Mais signifie de plus gros profits pour les monopoles.

Des monopoles partout.

L’Amérique avait des lois anti-trust qui empêchaient les corporations de monopoliser les marchés et dissolvaient souvent les compagnies coupables les plus importantes. Plus maintenant. C’est une redistribution cachée d’argent et de pouvoir de la majorité des Américains vers l’exécutif des corporations et les riches actionnaires

Vous pouvez penser que vous avez beaucoup de choix, mais regardez de plus près :

  1. Les quatre plus grandes compagnies d’agro-alimentaire contrôlent 82 % du conditionnement du bœuf, 85 % de la transformation du soja, 63 % du conditionnement du porc, et 53 % du conditionnement du poulet.
  2. Il existe de nombreuses parques de dentifrice mais 70 % de l’ensemble ne vient que de deux compagnies.
  3. Vous pouvez penser avoir le choix parmi les lunettes de soleil, mais elles viennent toutes ou presque d’une seule compagnie : Luxottica. Qui possède aussi pratiquement tout le marché des montures de lunettes.
  4. Pratiquement tous les ceintres en plastiques d’Amérique sont faits par une seule compagnie : Mainetti
  5. Quelle marque d’aliments pour chat devriez-vous acheter ? Il semble qu’il en existe beaucoup mais que derrière elles ne soient que deux compagnies.
  6. Et les produits pharmaceutiques ? Oui vous pouvez vous procurer les génériques bon marché. Mais les compagnies pharmaceutiques payent en fait les fabricants de médicaments génériques afin qu’ils repoussent la mise sur le marché des versions moins onéreuses. De tels «  payer pour un délai » sont illégaux dans d’autres économies avancées, mais les renforcement anti-trust n’ont pas touché un seul de leurs cheveux. Ils nous coûtent aux environs de 3.5 milliards par an
    7. Vous pensez que votre assurance santé couvrira les coûts ? Les assurances santé elles aussi fusionnent. Ce qui est la raison pour la montée en flèche des coûts des premiums, copaiements, et des déductibles.
  7. Vous pensez avoir un grand choix quand vous achetez un billet d’avion ou faites une réservation d’hôtel ? Erreur. Vous n’en avez que deux, Expédia a fusionné avec Orbitz, ce qui ne fait plus qu’un compagnie, et il y a Priceline.
  8. Et en ce qui concerne le câble ou les fournisseurs internet ? Il n’y en a que quatre. Et deux d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient fusionner.

Pourquoi le monopole en Amérique est-il un énorme problème.

Le problème avec toutes ces fusions entre les mains d’une poignée de firmes géantes est qu’elles n’ont pas besoin d’être en compétition. Ce qui signifie qu’elles peuvent faire et font monter les prix.

De telles fusions maintiennent les salaires au plus bas. Les travailleurs ont moins le choix de leur employeur tout en ayant plus de peine à obtenir une augmentation. Quand le marché local du travail est dominé par exemple par un hypermarché (big box)  ou par une seule chaîne de distribution, ce sont eux qui déterminent le niveau des salaires dans leur sphère géographique. De telles consolidations maintiennent bas les salaires. Les salariés ont moins de choix dans leurs employeurs et plus de difficultés à obtenir une augmentation. Quand le marché du travail local est dominé par un consortium uniquement, ou une marque de grande distribution par exemple, ces firmes déterminent le niveau des salaires pour la zone.

Ces corporations gigantesques ont aussi une grande influence politique. Et c’est une des raisons pour leur consolidation : le pouvoir. Les lois antitrust étaient supposées arrêter ce qui est en train de se produire. Mais aujourd’hui, elles sont presque lettre morte. Et ceci vous endommage.

Nous avons oublié l’histoire

La première loi antitrust a été votée en 1890 quand le Sénateur John Sherman a répondu à une colère populaire concernant les énormes cartels des chemins de fer, de l’acier, des télégraphes et du pétrole – alors appelés trusts qui dirigeaient alors les USA

Une poignée de responsables de corporations connus en tant que «  robber barons » présidaient à tout cela, amassant des fortunes aux dépends des travailleurs qui triaient de longues heures souvent dans de dangereuses conditions pour un maigre salaire. Les corporations dupaient les consommateurs et corrompaient la politique.

Puis, en 1901, le réformateur progressiste Teddy Roosevelt devint Président. Au même moment le public américian exigeait une action. Dans son premier message au Congrès, en Décembre 1901, seulement deux mois après avoir occupé la Présidence, Roosevelt avertit : «  Il existe une conviction répandue dans l’esprit du peuple américain que les grandes corporations, connues sous le nom de trusts sont dans certains de leurs aspects et tendances dangereuses pour le bien-être populaire général. » Roosevelt utilisé le Sherman Antitrust Act pour attaquer la Nothern Securities Company, une compagnie géante de chemins de fer dirigée par JP Morgan, l’homme d’affaire le plus puissant de la nation. La Cour suprême des US soutint Roosevelt et ordonna le démantèlement de la compagnie.

En 1911, le John D. Rockefeller’s Standard Oil Trust était démantelé aussi. Mais lors de sa décision, la Cour suprême altéra le Sherman Act, ajoutant que les restrictions du commerce de monopole étaient critiquables uniquement si il était considéré comme « déraisonnable ». “unreasonable” – et que c’était à la cour de le déterminer. Lors de l’élection présidentielle de 1912, Roosevelt, qui se représentait à la présidentielle mais cette fis comme candidat du troisième parti, dit qu’il autoriserait certaines concentration d’industries lorsque’il y aurait une efficacité économique due à leur grande échelle.  Il aurait alors un comité d’expert régulant ces grandes corporations pour le bénéfice public. Woodrow Wilson, qui finit par gagner ces élections et son conseiller Louis Brandeis, optèrent pour une vision différente. Ils ne pensaient pas que la régulation fonctionnerait et que tous les monopoles devaient être démantelés. Pendant les 65 années qui suivirent, les deux positions se maintinrent. Il y eu des lois anti-trust fortes avec des régulations qui gardèrent le contrôle sur les corporations. La plupart des grandes fusions furent prohibées.

Même celles de grande taille étaient considérées comme un problème. En 1945, dans le cas United States v. Alcoa (1945), la Cour suprême a décidé que même si Alcoa n’avait pas acquis un monopole, elle en était devenue un en prenant une telle ampleur qu’elle était coupable de violation du Sherman Act.

Qu’est devenue la loi anti-trust ?

Tout a changé dans le années 80, après que Robert Bork, avec qui incidemment j’ai étudié les lois anti-trust à l’Ecole de droit de Yale puis avec qui j’ai travaillé lorsqu’il est devenu Avocat général sous le Président Ford – ait écrit un livre influent nommé «  Le paradoxe de l’anti-trust, qui soutenait que le seul but du Sherman act était le bien être du consommateur. Bork affirmait que les fusions et les grandes tailles créent presque toujours de l’efficacité qui permet de faire baisse les prix, et que dans ce contexte, elles devraient être légales. Les idées de Bork étaient en relations avec la conservatrice Ecole de Chicago, Chicago School of Economics, et trouva une audience fin prête dans l’administration Reagan. De même que sous mandat démocrate. Bork avait tort. Mais depuis lors, les antitrust ont quasiment disparus.

Le monopole de la «  high tech »

Nous assistons au déclin de la compétition même dans les industries de pointe et dans la haute technologie. Dans la nouvelle économie, l’information et les idées sont la forme de propriété la plus valorisée. C’est là qu’est l’argent. Nous n’avons jamais vu de concentration de cette ampleur auparavant. Google et Facebook sont là où maintenant les Américains cherchent leurs informations. Pendant ce temps, Amazon est le premier arrêt pour la moitié des Américains cherchant à acheter quelque chose. Nous évoquions le pouvoir.Contrairement à une vision conventionnelle de l’économie américaine grouillant de petites compagnies innovantes, la réalité est tout à fait différente. La proportion à laquelle les nouvelles compagnies se sont créées aux US a remarquablement ralenti depuis les années 70.  Les brevets généralisés, les plate-formes standards, les flottes d’avocats poursuivant les rivaux potentiels, les armées de lobbyists ont créé des barrières formidables pour les nouveaux arrivants. Le moeur de recheche de Google est si dominant que «  to google » est devenu un verbe.

L’Union européenne a poursuivi Google par l’intermédiaire de la loi anti-trust, l’accusant de forcer les usagers de son moteur de recherche vers ses propres plateformes d’achats. Et en juin dernier, Google a dû s’acquitter d’une amende record de 2.7 milliards. Mais pas en Amérique. Il est temps de redonner vie à l’anti-trust. Les pouvoirs économique et politique ne peuvent être séparés parce que des corporations dominantes gagnent de l’influence sur l’organisation, la maintenance et le renforcement du marché sur le plan politique- ce qui augmente encore leur pouvoir. Alors que le but premier de la loi anti-trust était de prévenir cela. Le « big tech » comme les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, l’agriculture et les géants finaciers, dominent maintenant à la fois l’économie et le politique. Il n’y a à cela qu’une seule réponse : remettre en fonction les lois anti-trust.

Robert Reich

http://robertreich.org/

Robert B. Reich est Chancellor’s Professor de politique publique à l’Université de Californie  à Berkeley, Senior Fellow au Blum Center for Developing Economies. Il a exercé en tant que Secrétaire d’état au travail sous l’administration Clinton et s’est vu nommé par le Times magazine l’un des dix secrétaires de cabinet les plus efficaces du 20ième siècle,. Il a écrit quatorze livres, y compris les best-sellers « “Aftershock”, “The Work of Nations,” et “Beyond Outrage,” et , son plus récent, “Saving Capitalism.” Il est aussi le fondateur de l’American Prospect magazine, membre du burau de Common Cause, et memebre de l’American Academy of Arts and Sciences, co-fondateur de l’association Inequality Media and co-créateur du documenaire récompensé «  Inequality for All ».

 

Article lié ” The state of competition and dynamism: Facts about concentration, start-ups, and related policies “. The Brooking Brief

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L’impasse de la croissance exige un nouveau système économique. Georges Monbiot

Il en va peut-être de toute situation extrême, elle est rendue telle par l’incapacité collective à la formaliser. Des mesures sont prises pour colmater les fuites, des chansons chantées pour donner le moral aux passagers mais le bateau coule et c’est une évidence. Le problème est qu’il ne fallait pas monter dans ce bateau et que entre le cocktail organisé sur le pont et les manœuvres réglées par le capitaine et son équipage, on finit par l’oublier. Le modèle de notre croissance est de quelque façon qu’on le prenne injouable. Et c’est ce modèle-même qui peine tant à se laisser bousculer par ceux qui en paieront le prix tôt ou tard. Il y a certainement une forme de ” tant que ça dure” qui borne l’horizon du fait ostensible que non, justement, ça ne durera pas. Les exemples de demande de forages dans des parcs nationaux en Équateur et au Niger en sont comme les pointes à la fois douloureuses et aberrantes,  c’est un système qui engloutit tout en agitant un drapeau minuscule où est  écrit ” après nous le déluge” . E.Guerrier

Pourquoi l’effondrement est-il difficile à distinguer du salut ?

Article Common Dreams The Impossibility of Growth Demands a New Economic System

par George Monbiot

 

Imaginons qu’en 3030 avant JC, les possessions des habitants de l’Égypte aient empli un mètre cube. Proposons pour ces possessions une croissance de 4, 5% par an. De quelle taille aurait été le stock en 30 avant JC, lors de la bataille d’Actium ? C’est un calcul qui a été effectué par le banquier d’affaires Jeremy Grantham (1).

Growth

La trajectoire de la croissance cumulée montre que le décapage de la planète ne vient que de commencer. Nous ne pouvons simplement pas continuer de cette façon-là.

Allez, essayez de deviner : dix fois la taille des pyramides ? Tout le sable du Sahara ? L’océan Atlantique ? Le volume de la planète ? Un peu plus ? Non, c’est l’équivalent de 2, 5 milliards de milliards de système solaires. (2). C’est assez rapide, en réfléchissant à ce résultat, de voir que le salut réside dans l’effondrement.
Réussir c’est nous détruire. Échouer c’est nous détruire. C’est le pétrin que nous avons créé. Ignorez si le changement climatique si vous le devez, la disparition de la biodiversité, l’épuisement de l’eau, du sol, des minéraux, du pétrole, même si tous ces problèmes disparaissaient miraculeusement, les mathématiques de la croissance soutenue rendraient la continuation impossible.
La croissance économique est un artéfact de l’usage des énergies fossiles. Avant que tant de quantités de charbon aient été extraites, tout essor de la production industrielle allait de pair avec un recul de la production agricole, car le charbon de bois ou les chevaux vapeur exigés par l’industrie réduisaient la terre disponible pour cultiver des denrées alimentaires. Chacune des révolutions industrielles antérieures a échoué parce que la croissance ne pouvait pas être maintenue (3). Mais le charbon a cassé ce cycle et a rendu possible – pour quelques centaines d’années – le phénomène appelé «croissance soutenue ».
Cela n’a été ni le capitalisme ni le communisme qui ont rendu possible le progrès et les pathologies (guerre totale, concentration sans précédent des richesses mondiales, destruction de la planète) de l’âge moderne. Ça a été le charbon, suivi par le pétrole et le gaz. La méta-tendance, le récit souche est l’expansion due au carbone. Nos idéologies sont de simples intrigues secondaires. Maintenant, comme les réserves les plus accessibles ont été épuisées, nous devons saccager tous les coins cachés de la planète pour approvisionner notre impossible axiome.

Vendredi, quelques jours après que les scientifiques aient annoncé que la fonte de la banquise de l’Arctique était maintenant inévitable (4), le gouvernement de l’Équateur a décidé que le forage pétrolier pourrait continuer au cœur du parc national de Yanusi (5). Il a fait une offre aux autres gouvernements : s’ils donnaient au gouvernement la moitié de la valeur du pétrole de ce parc, ils le laisseraient dans le sol. Vous pouvez considérer ça comme du chantage ou comme un échange équitable, L’Équateur est un pays pauvre et ses gisements de pétrole sont riches, pourquoi, a argumenté le gouvernement, devrait-il les laisser intouchés sans compensation quand tout le monde est en train de forer jusqu’au cercle intérieur de l’enfer ?
Il a demandé 3, 6 milliards de dollars et en a reçu 13 millions. Le résultat est que Petroamazonas, une compagnie qui a à son actif un record remarquable de destruction et de fuites (6) ne pénétrera pas dans un des lieux de la planète qui offre une des plus grandes biodiversités, dans lequel un hectare de forêt tropicale contient plus d’espèces que toutes celles qui existent sur le continent nord-américain.(7)
La compagnie anglaise Soco, espère maintenant s’introduire dans le plus ancien parc naturel d’Afrique, Virunga, dans la République Démocratique du Congo (8), un des derniers bastions du gorille des montagnes et de l’okapi, des chimpanzés et de l’éléphant des forêts. En Angleterre, où une réserve de 4, 4 milliards de barils vient d’être identifiée dans le sud-est(9), le gouvernement fantasme sur la transformation de banlieues boisées en delta du Niger. A cette fin, il est en train de changer les lois de violation de propriétés afin d’autoriser les forages sans accord préalable et offre des pots de vin grandioses aux habitants locaux ( 10.11). Ces nouvelles réserves ne changeront rien. Elles ne calment pas notre faim de ressources, elles l’exacerbent.
La trajectoire de la croissance montre que le pillage de la planète ne fait que commencer. Comme le volume de l’économie globale s’étend, tous les lieux qui contiennent quelque chose de concentré, d’inhabituel, de précieux sera recherché et exploité, ces ressources traitées et dispersées, les merveilles diverses et multiples du monde réduites à la même cendre grise.

Certains essayent de résoudre cette équation impossible avec le mythe de la dématérialisation : l’affirmation que si les processus deviennent plus efficaces et les gadgets sont miniaturisés, nous utilisons, en les agrégeant, moins de matériaux. Il n’y aucun signe que ceci se produise. La production de minerai d’acier a augmenté de 180% en dix ans (12). Les associations professionnelles de l’industrie forestière nous disent : « La consommation globale de papier est à son niveau record et cela va continuer d’augmenter “ (13) Si à l‘aire du digital nous sommes incapables de réduire notre consommation de papier, quoi dire des autres produits de consommation ? »
Regardez la vie des super-riches, qui ont donné le pas de la consommation globale. Est-ce que leurs yachts deviennent plus petits ? Leurs maisons ? Leurs œuvres d’art ? Leur recherche de bois rare, de poissons rares, de pierres rares ? Ceux qui en ont les moyens achètent des maisons toujours plus vastes pour stocker leurs quantités d’objets alors qu’ils ne vivront jamais assez longtemps pour les utiliser. Par cette accumulation à peine visible, toujours plus de surface de la planète est utilisée pour extraire, fabriquer et stocker les choses dont nous n’avons pas besoin. Ce n’est peut-être pas un hasard si les fantasmes de colonisation de l’espace – qui nous disent qu’on peut exporter nos problèmes au lieu de les résoudre- refont surface. (14)
Comme le signale le philosophe Michael Rowan, l’inévitabilité de la croissance cumulée signifie que si nous atteignons le taux de croissance prévu en 2014 ( 3, 1%), même si nous réduisons par miracle la consommation de matières premières de 90%, nous repoussons l’incontournable de seulement 75 ans (15).  L’efficacité ne résout rien tant que la croissance continue.
L’échec inévitable d’une société basée sur la croissance et la destruction des systèmes vivants planétaires sont les faits accablants de nos existences. Le résultat est qu’ils ne sont jamais évoqués. Ils sont les plus grands tabous du 21 ième siècle, les sujets qui nous mettront à dos nos amis ou nos voisins. Nous vivons comme si nous étions enfermés dans le supplément du Dimanche, obsédés par la renommée, la mode et les trois tristes éléments de base de la conversation de la classe moyenne, les recettes, les rénovations, les hôtels. Tout sauf le sujet qui demanderait notre attention.
Les constats sacrément évidents, les résultats mathématiques élémentaires, sont traités comme des distractions exotiques ou impardonnables qui ne valent pas même la peine d’être mentionnées.
C’est à ça qu’on peut mesurer la gravité du problème, à notre incapacité d’en discuter.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

http://www.monbiot.com
References:
1. http://www.theoildrum.com/node/7853 http://www.theoildrum.com/node/7853
2. Grantham exprime ce volume par 1057 mètres cubes. Dans son article ” Nous devons parler de la croissance ” Michael Rowan a traduit ceci en 2, 5 milliards de milliards de systèmes solaires  / Cette source donne un volume du système solaire, si il est traité comme une sphère de  39,629,013,196,241.7 kilomètres cubes, ce qui revient à peu près à 40 x 1021 mètres cubes. Multiplié par 2.5 milliards de milliards, ceci donne  1041 mètres cubes. Donc, à moins que je ne me sois trompé sur le volume du système solaire ou ne me sois mélangé les pédales sur les unités, ce qui est tout à fait possible, la traduction de  Michael Rowan semble sous-estimée. Je vais rester avec cette image pourtant, car je n’ai pas confiance dans la mienne. Toute amélioration, commentaire ou correction pourra se faire à travers la page de contact et sera la bien venue.
3. EA Wrigley, 2010. Energy and the English Industrial Revolution. Cambridge University Press.
4..
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12. Philippe Sibaud, 2012. Opening Pandora’s Box: The New Wave of Land Grabbing by the Extractive Industries and the Devastating Impact on Earth. The Gaia Foundation.