Le RussiaGate a créé une diversion / Pr. Oliver Boyd-Barrett

Le RussiaGate a organisé la diversion. Par le Professeur Oliver Boyd-Barrett


Les interventions sur le rapport Mueller se succèdent, mettant, s’il en était besoin à jour, la puissance de frappe de la mauvaise foi comme arme politique. Ils n’en démordront pas, “ils” c’est à dire ceux-là même qui ont évoqué une aire de ” post -vérité “, tout ce que le parti de gentils patentés recèle de mauvais perdants, de prévaricateurs, de carriéristes ,du pouvoir, de corruption institutionnalisée, incapables d’affronter les vrais enjeux de leur statut et de remettre le politique au centre de leur mission. Il va sans dire, même si ces temps sont peu favorables aux nuances rhétoriques, que l’accusation faites aux Démocrates, et d’une certaine façon quant aux méthodes, à tout ce que l’Occident compte de libéraux décadents, n’occulte nullement le profond mépris pour la politique menée, ou plutôt non menée par leurs adversaires. L’agonie de ce système va avec un ample remue-ménage de ce qui sous-tend ses dénominations. République. Démocratie. Socialisme. Ethique. etc.etc. tous ces concepts ont besoin d’une reprise en main de leur nature même et de tout ce qu’ils sont supposés avoir cédé à la corruption des esprits.EG

L’écrivain Tom Wolfe dans son roman « The right stuff » décrit les vagues de déclencheurs d’émotions qui se succèdent dans la presse en fonction des priorités politiques ou militaires historiques. Comment le discours se rétrécit de lui-même quant à ses cibles afin d’éveiller tel ou tel champs psychoaffectif et créer autour de lui ce qu’on appelle un ” état d’esprit collectif “, c’est à dire prêt à soutenir n’importe quelle décision avec tout la bonne conscience que donne l’émotionnel comme « vérité » : It was like if the press in America, with all its vaunted independence, were a great colonial animal, an animal made up with countless clustered organisms responding to a single nervous system. In the late 50′ ( as in the late 70′), the animal seemed determined that in all matter of national importance the PROPER EMOTION, the SEEMLY SENTIMENT, the FITTING MORAL TONE should be established and should prevail ; and all information that muddied the tone and weakened the feelings should simply be thrown down the memory hole. In the later period, this impulse of the animal would take the form of blazing indignation about corruption, abuses of power, and even minor ethical lapses, among public officials, here, in April 1959, it took the form of a blazing patriotic passion// In either case, the animal’s fundamental concern remained the same: the public, the populace, the citizenry must be provided with the CORRECT FEELING. Tom Wolfe «  The right stuff » Picador edition. p.95

« C’est comme si la presse en Amérique, avec toute son indépendance si vantée, était un gros animal colonial, un animal composé d’innombrables organismes agglomérés répondant à un seul système nerveux.  A la fin des années 50, (comme à la fin des années 70), l’animal semblait déterminé à ce que dans chaque question d’importance nationale, l’émotion adéquate, le sentiment bienséant, le ton moral  convenable soient établis et prévalent, et  que toute information qui brouille ce ton ou affaiblisse les sentiments soit simplement jetée dans le grand trou de la mémoire. Dans la dernière période, les pulsions de l’animal prenaient la forme d’une indignation enflammée contre la corruption, les abus de pouvoir, ou même certains défauts éthiques mineurs, au sein des officiels, mais là, en 1959, elles prirent la forme d’un patriotisme ardent.// Dans chacun des cas, la préoccupation fondamentale de l’animal resta la même : le public, la populace, la foule, doit se voir fournie avec l’émotion correcte.

Pendant plus de deux ans, le Russiagate  a occupé une proportion importante du journalisme politique de masse US et, parce que les médias de masse US ont également un agenda de promotion, de la presse internationale également. Le Timing a été catastrophique. L’administration Trump a déchiqueté les protections environnementales, jeté par-dessus bord les accords sur le nucléaire, exacerbé les tensions avec les rivaux des Etats-Unis et  favorisé les riches.  Au lieu de consacrer une attention soutenue dans les médias à la fin de l’espèce humaine, liée au réchauffement climatique, à sa disparition de plus en plus imminente par l’entremise de l’armement atomique, ou à l’éviscération toujours plus intense du discours démocratique dans un société déchirée par des inégalités de richesse sans précédent et une cupidité capitaliste sans limite, les médias saturent leur public avec un récit puéril d’une supposée collusion de la campagne électorale de Trump et de la Russie.  Le discours sur le Russiagate est profondément mensonger et hypocrite. Il suppose que les USA soit un état où le système électoral est totalement fiable et sûr. Rien ne peut être aussi éloigné de la réalité. Le système démocratique américain est profondément ancré dans un système bipartite dominé par la classe nantie et ayant largement des comptes à rendre aux oligopoles des multinationales. Il est soumis au regard des valeurs du capitalisme extrême et de la domination impérialiste. Les problèmes entre le système électoral US et les médias sont nombreux et bien documentés.

Les procédures sont profondément compromises par un collège électoral qui détache des votes comptés des votes qui comptent. La composition des districts électoraux ont été redécoupés afin de minimiser la possibilité de surprises électorales. Le vote dépend d’un système électronique conçu par une multinationale et peut être aisément hacké. Les administrations de droite jouent avec le coffre à jouet de la suppression des votants qui déploie toutes les possibilités, de la réduction des lieux de vote potentiels et des équipements, à l’imposition d’exigences d’identifications d’électeurs et à l’élimination de certaines traces (e.g les groupes de personnes ayant commis des crimes ou de personnes ayant les mêmes noms que ceux des criminels, ou de personnes n’ayant pas voté lors de précédentes élections). Même les résultats des campagnes sont corrompus quand les administrations en place abusent des semaines restantes au pouvoir pour pousser des arrêtés ou des lois qui saborderont les efforts de leurs successeurs. Le principe démocratique  présuppose l’équivalence de fait de chaque voix sur le champ de bataille des idées.  Rien ne peut être aussi éloigné de la réalité du système «  démocratique » américain dans lequel un petit nombre d’intérêts puissants apprécie l’avantage donné par un mégaphone assourdissant sur la  base de l’argent des donations au noir, souvent anonymes, filtrées par SuperPacs et consorts, opérant en dehors des confins des ( quelque peu mieux contrôlées)  dix semaines de campagne électorale. En ce qui concerne les médias, la théorie démocratique présuppose des infrastructures de communications qui facilitent les échanges d’idées libres et ouverts. Il n’existe pas d’infrastructure de cette sorte. Les médias sont possédés et contrôlés par un petit nombre de conglomérats multi-médias, multi-industriels, situés au cœur même du capitalisme oligopole et dont la plupart des contenus et des revenus de publicité sont fournis par d’autres conglomérats. L’incapacité des médias à soutenir un environnement qui puisse inclure l’histoire, les perspectives et le vocabulaire libérés des chaînes de l’autosatisfaction ploutocrate est aussi bien documentée.  L’actuelle couverture médiatique de la crise vénézuélienne générée par les USA  en est le parfait exemple. Le potentiel révolutionnaire si célébré des médias sociaux est illusoire. Les principaux fournisseurs de l’architecture sociomédiatique sont encore plus corporatistes que leurs prédécesseurs. Ils dépendent non seulement de la publicité mais également de la vente des big datas qu’ils réquisitionnent des usagers et vendent aux corporations ou aux propagandistes politiques souvent lors de campagnes micro-ciblées assistées par de l’IA lors de «  campagnes » de persuasion. Comme leurs prédécesseurs, les médias sociaux sont imbriqués, collaborent et sont vulnérables aux machinations de l’établissement de surveillance militaro-industrielle. La soi-disant ingérence dans les élections à travers le monde a été une figure magistrale de l’exploitation des médias et des médias sociaux par des compagnies liées à la défense, à la politique et à l’espionnage, comme – mais d’une façon non exhaustive- l’ancien Cambridge Analytica et son parent britannique SCL.

Au regard de  de cet arrière-plan d’échecs électoraux et médiatiques, il n’est pas raisonnable de porter la discussion ou l’attention sur de soi-disant activités des médias sociaux de, disons, L’Agence de recherche internet russe. L’attention est détournée des problèmes substantiels vers des problèmes triviaux et sans substances.  De plus, dans un climat d’hystérie maccarthyste, le Russiagate fait l’hypothèse que toute communication entre une campagne présidentielle et la Russie est en soi une chose déplorable. Même si on devait confiner cette conversation uniquement à une communication entre les oligarques des deux pays, par contre, l’opposé s’avèrerait certainement vrai.  Et ce n’est pas simplement à cause des bénéfices pouvant découler d’une meilleure compréhension du monde, de l’identification d’intérêts ou d’opportunités partagés et de leur promesse de relations pacifiées.  Une analyse de real politick  pourrait conseiller l’insertion de coins entre la Chine et la Russie de façon à décapiter le contrôle de la superpuissance hybride perçue comme une menace sur une région du monde qui a longtemps été considérée comme indispensable pour une réelle hégémonie mondiale. Même si on considère le RussiaGate comme un problème digne de notre attention, les bases de l’audience probatoire sont faibles. Le dévoilement final du discours sur le RussiaGate attend avec impatience le rapport du Conseiller spécial et ancien directeur du FBI Robert Mueller. L’enquête et les investigations de Mueller impliquent plusieurs personnes qui dans certains cas, n’ont rien à voir avec la campagne présidentielle de 2016. Ils apparaissent être plutôt concernés par des mensonges et des obstructions à son enquête que par un matériel d’actes illégaux, ou font face à des charges qui sont peu susceptibles d’être retenues dans une cour pénale. L’investigation elle-même est retraçable jusqu’à deux rapports significatifs mais extrêmement problématiques rendus publiques en janvier 2017. Un était le «  Dossier Steele », par l’ancien officier M16 Christopher Steele. Il est principalement intéressant pour ses allégations largement infondées que d’une façon ou d’une autre, Trump est de mèche avec la Russie.  La compagnie de Steele, Orbis, a été recrutée pour rédiger un rapport par Fusion GPS, qui à son tour a été contactée par des avocats travaillant pour la campagne nationale du Parti Démocrate.   Des passages de brouillons initiaux du rapport Steele, à travers des sources proche des renseignements britanniques et le compte-rendu, par le conseiller de Trump, George Papadopoulos touchant des conversations en sa possession concernant l’éventuelle possession par les Russes des emails de Clinton avec un personnage qui pourrait tout aussi bien être un espion russe que britannique, ont été les instruments ayant éveillé l’intérêt du FBI et l’espionnage sur la campagne de Trump.  Il existe des liens indirects entre Christopher Steele, un autre ancien agent M16, Pablo Miller (qui a lui aussi travaillé pour Orbis) et  Sergei Skripal, un agent russe qui a été recruté comme informateur d’M16 par Miller et qui a été la cible d’une tentative d’assassinat en 2018. Cet évènement a occasionné des  attaques controversées, pour ne pas dire hautement improbables et pernicieuses de la part du gouvernement britannique  et des accusations contre la Russie. L’élément le plus significatif présenté dans le deuxième rapport, publié par l’Intelligence Community Assessment et représentant les conclusions d’une petite équipe tirée du bureau du Directeur de L’Intelligence, de la CIA du FBI et de la NASA, était la déclaration de responsabilité des services de l’espionnage russe pour le hackage du système informatique de la DNC et de son président John Podesta durant l’été 2016, et le transfert de ces documents à Julian Assange et à Wikileaks.  Aucune preuve n’en a été fournie.   Bien que les allégations de hacking soient devenus des articles de foi largement incontestés du discours  RussiaGate, ils ne s’appuient d’une manière significative que sur les découvertes problématiques d’une petite compagnie privée embauchée par la DNC. Il existe aussi des preuves formelles que les documents puissent avoir été fournis plutôt que hackés et par des sources basées aux USA. Le fait que ces documents révèlent que le DNC , un agent supposé neutre dans la campagne des primaires, ait en fait pris part en faveur de la candidature de Hillary Clinton, et que les points de vue de Clinton sur l’industrie données en privé aient pu différer de ses positions données en public , a longtemps été obscurci dans la mémoire des médias en faveur du narratif plus chéri de la vilénie russe.

Pourquoi le discours sur le RussiaGate est-il si attirant ? Qui en profite ? Premièrement, Le RussiaGate sert les intérêts de (1) un Parti Démocrate  corrompu, dont l’organisation contestable de la campagne, biaisée et incompétente a amené la perte des élections en 2016, alliés à (2) des factions puissantes de l’établissement de surveillance industrio-militaire qui, pendant les dernières 19 années,  à travers l’OTAN et d’autres  agences internationales malléables, a cherché à compromettre le pouvoir de Poutine, à démembrer la Russie et la Fédération russe, ( indubitablement pour les bénéfices du capitalisme occidental) et plus récemment maintient la Chine dans une lutte incessante et titanesque au cœur de l’Eurasie.  Dans la mesure où Trump, quelqu’en soient les raisons, ait pu être en désaccord avec au moins quelques aspects de cette stratégie à long terme, il s’est montré comme étant non fiable par l’état sécuritaire US.   Tout en servant le but immédiat de contenir Trump, les accusations US d’une implication dans leurs élections sont une farce dans le contexte d’une histoire d’implications largement documentée des USA dans les élections et la politique de nations souveraines pendant plus de cent ans. Ces inférences dans tous les hémisphères ont inclus l’organisation de coups d’état, des invasions, des occupations sous de faux prétextes additionnés à de nombreuses instances de stratégies de «  révolutions de couleur » impliquant le financement de partis d’opposition et provoquant des soulèvements, souvent couplée avec une guerre économique ( sanctions) . Un autre bénéficiaire, (3)  est le cumul de tous ces intérêts qui rétrécissent le champ de l’opinion publique à un cadre supportant l’impérialisme néolibéral. Exploitant paradoxalement la panique morale associée aux plaintes de Trump sur les « fake news », à chaque fois que les couvertures médiatiques font sa critique, et l’embarras des médias sociaux à propos de leur disponibilité et de la vente des données privées à des clients et des corporations puissantes, ces intérêts ont pointé la nécessité de plus de régulation, ainsi que de l’auto-censure des médias sciaux. La réponse des médias sociaux a impliqué des algorithmes  de plus en plus restreints et ce que les «  fact-checkers », (illustrés par le support financier de Facebook et sa dépendance à l’égard du groupe de pression pro-OTAN The Atlantic council).  L’impact du net a été dévastateur pour de nombreuses organisations d’information dont le seul « péché » dans l’arène des médias sociaux est d’analyser et de donner leur point de vue qui se montre à contre-courant de la propagande néolibérale.  La justification standard de telles attaques sur la liberté d’expression est d’insinuer leur lien avec la Russie et/ou le terrorise. En fonction de sa réponse grossière et des réponses par la censure de certains acteurs puissants, il semble que peut-être le récit du RussiaGate est devenu de plus en plus improbable pour beaucoup et que le seul espoir actuel pour ses propagateurs est d’étouffer tout questionnement. Ce sont bien sûr de bien sombres jour pour la Démocratie ?

Oliver Boyd-Barrett est Professeur Emérite à la Bowling Green State University. IL est l’auteur d’un livre à venir : RussiaGate and Propaganda: Disinformation in the Age of Social Media (Routledge)

Traduction : Elisabeth Guerrier

La complète stupidité de la guerre froide par Gary Leupp

La complète stupidité de la nouvelle guerre froide

 

 

Par GARY LEUPP

 

 

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Photo by Jedimentat44 | CC BY 2.0

 

 

 

Cela semble si étrange, vingt-sept années après la chute du Mur de Berlin  de devoir endurer un nouvelle Guerre froide avec la (en fait capitaliste) Russie.

Le Président russe est attaqué par la classe politique officielle et les medias comme ils n’ont jamais attaqué les anciens leaders soviétiques, il est personnellement diffamé et traité de corrompu, de dictateur vénal, arrêtant et assassinant  des opposants politiques, des journalistes dissidents, voulant à tout prix restaurer l’URSS.

(La dernière accusation s’appuyant largement sur le commentaire de Vladimir Putin disant que la dissolution de l’URSS avait été « une catastrophe », « une tragédie » – ce qu’à plus d’un égard elle a été. La presse choisissant d’ignorer ce qui suivait disant que «  Quiconque ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, mais quiconque veut la restaurer n’a pas de cerveau. » Ce qui rentre en conflit avec le simple point de vue affirmant que Putin regrette la Russie impériale des Tzars, sinon ses commissaires et, brûlant de ressentiment à l’égard du triomphe occidental, projette une revanche parfaite à travers des guerres d’agression et des expansions territoriales.

Les medias US, suivant le scripte de Département d’état dépeignent la Russie comme un pouvoir expansionniste. Qu’ils puissent le faire, avec un tel succès, jusqu’à ce que même les plus progressifs citoyens – comme ceux consternés par la victoire de Trump se sentant enclins à blâmer des forces extérieures-  puissent le croire, est le témoignage de la force résistante de leur pouvoir  et de l’utilité de la création d’un état d’esprit favorable à la Guerre froide.

Les autorités militaires nous rappellent sans cesse : Nous nous levons contre une menace existentielle ! Et on a envie de dire que ça, évidemment, n’a aucun sens ! La Russie est deux fois plus grande que les US avec la moitié de sa population. Ses bases à l’étranger peuvent être comptées avec les doigts des deux mains. Les US ont plus de 800 bases à l’étranger.

Le budget de l’armée russe représente 14%  de celui des USA.  Elle se réclame pas d’être une nation exceptionnelle envoyée par Dieu pour préserver la “ sécurité “  suivant ses termes partout sur la surface du globe.

Depuis la dissolution de l’URSS en 1991, les USA ont déclenché des guerres  (parfois en créant de nouveaux états-clients) en Bosnie ( 1994.5) en Serbie  (1999)  en Afghanistan ( 2001- ?)  en Irak ( 2003- ?) en Libye ( 2011) en Syrie ( 2014-?) tout en envoyant des pluies de frappes par drones du Pakistan au Yémen en passant par l’Afrique du nord. Ces guerres-basées-sur-du-mensonge  ont produit des centaines de milliers de morts civils, des millions de réfugiés, et la catastrophe actuelle à travers tout le «  Projet pour un grand Moyen-Orient ».

Il n’est aucune raison de sous-estimer leurs malfaisances.

Les USA sont à la tête d’une alliance militaire en expansion formée en 1949 afin de contrer l’Union soviétique et le communisme global en général. Sa raison d’être est morte depuis de nombreuses années. Cependant elle est passée de 16 à 28 membres depuis 1999, et les nouveaux membres, l’Estonie et la Lettonie partagent des frontières avec la Russie.

(Imaginez le Pacte de Varsovie s’étendant jusqu’à inclure Mexico. Mais non, le Pacte de Varsovie de l’URSS et des six alliés européens a été dissous il y a 26 ans dans l’attente idéaliste que l’OTAN suivrait en un grand mouvement de coopération et de paix)

Et cette alliance de l’OTAN, en théorie prévue pour défendre le Nord-Atlantique a été déployée tout d’abord après la longue (et pacifique) Guerre froide dans ce qui avait été une  Yougoslavie neutre (n’ayant jamais été membre du Traité de Varsovie ni de l’OTAN), l’Afghanistan ( à plus de 4828 kilomètres de l’Atlantique nord) et le pays d’Afrique du nord, la Libye. L’été dernier, l’OTAN a effectué ses manœuvres les plus imposantes depuis la chute de l’Union soviétique, impliquant 31.000 militaires en Pologne, répétant une guerre contre la Russie. (Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier les a d’ailleurs critiquées en les qualifiant de bellicistes)

Les officiels de l’Alliance ont exprimé leur outrage quand la Russie a répondu à cette belligérance en plaçant un nouveau missile sol-air S-400 ainsi qu’un système nucléaire Iskander sur son territoire de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie sur la côte baltique. Mais la Russie a été, en fait, comparativement plutôt passive au sens militaire pendant toute cette période.

En 1999, alors que l’OTAN s’apprêtait à occuper la province serbe du Kosovo (bientôt proclamée pays indépendant en violation des lois internationales), les gardiens de la paix russes se précipitaient à l’aéroport de Pristina, Kosovo afin d’asseoir le rôle russe dans l’avenir de la province serbe. C’était un geste hardi qui aurait pu provoquer un choc entre l’OTAN et la Russie. Mais l’officier britannique présent sur le terrain, refusa sagement l’ordre donné par le Général  Wesley Clark de bloquer le mouvement russe, déclarant qu’il ne déclarerait pas la troisième guerre pour le Général Clark.

Ceci, souvenons-nous,  s’est passé après que le secrétaire d’état Bill Clinton, Madeleine Albright ( souvenez-vous, la compares d’Hillary qui a déclaré qu’il y aurait une place spéciale en enfer pour les femmes qui ne voteraient pas pour des femmes) a présenté aux négociateurs russes et serbes à Rambouillet un plan pour l’occupation par l’OTAN non seulement du Kosovo mais de toute la Serbie. C’était une exigence ridicule, rejetée par les Ruses et par les serbes mais dépeinte par la porte-parole non-officielle du Département d’état et belliciste Christiane Amanpour comme “ la volonté de la communauté international”. Comme si la Russie n’était pas membre de cette communauté internationale.*

L’opération de l’aéroport était largement un challenge symbolique à l’hégémonie américaine  sur l’ex-Yougoslavie, une marque de protestation qui aurait du être prise au sérieux à l’époque.

En tous cas, le nouveau leader de la Russie,  Poutine fût aimable après les attaques du 11 septembre  2001, allant jusqu’à offrir à l’OTAN un corridor de transport militaire à travers la Russie jusqu’en Afghanistan ( fermé en 2015). Ceci fût salué par George W. Bush par l’accroissement du nombre des pays de l’OTAN augmenté de sept pays en 2004. ( La presse américaine ne rendit qu’un léger compte de cet extraordinaire développement géopolitique, elle vit et continue de voir l’expansion de l’OTAN comme aussi peu problématique que l’expansion des Nations unies ou de l’Europe) Puis en avril 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie ferait partie des prochains membres à rejoindre l’alliance.

Bientôt le Président géorgien fou  Mikhail Saakashvili, stimulé par la perspective de son appartenance à venir à l’OTAN déclencha une guerre contre la province dissidente de l’Ossétie du sud, qui n’a jamais accepté son rattachement au nouvel état de Géorgie établi sur la dissolution de la République socialiste de Géorgie de 1991. Les Ossètes, craignant le nationalisme résurgent géorgien cherchèrent un rapprochement avec la Fédération russe. Et le peuple de l’Abkhazia fit de même.

Les deux  « conflits gelés » entre la Géorgie et ses peuples, sont restés tells à cause du déploiement des forces russes et géorgiennes de main mise de la paix. La Russie n’avait pas reconnu ces régions comme indépendantes  ni donné son accord pour leur inclusion dans la Fédération russe. Mais quand des soldats russes moururent  dans une attaque de la Géorgie en août, la Russie répondit par une brève invasion punitive. Reconnaissant ensuite les deux états nouveaux (six mois après que les USA aient reconnu le Kosovo)

Saakashvili, au cas où vous soyez intéressés, fût destitué, accusé de crimes économiques, et privé de sa citoyenneté géorgienne. Après un emploi bref à l’Ecole de droit international et de diplomatie de Fletcher, à propos duquel, en tant que membre de la faculté de Tufts, je me sens profondément honteux – il fût employé comme gouverneur d’Odessa en Ukraine par le régime pro-OTAN mis au pouvoir par le coup d’état du 22 février 2014 soutenu par l’OTAN.

Le Sen. John McCain a proclamé en 2008 : «  Nous sommes tous des Géorgiens maintenant » et a plaidé pour l’aide militaire américaine au régime géorgien En tant qu’avocat de la guerre comme régle, MC. Cain devint alors le premier défenseur d’un changement de régime en Ukraine afin de permettre l’entrée de ce pays dans l’OTAN. Les néocons au Département d’état comprenant principalement l’amie de MC Cain Victoria Nuland, décidèrent de placer 5 milliards de dollars dans le support aux  « aspirations européennes du peuple  ukrainien » ( ce qui veut dire : le désire de nombreux ukrainiens dans la partie ouest du pays de joindre l’UE- risquant, bien que vraisemblablement sans le réaliser, une réduction de leur niveau de vie sous un programme d’austérité à la manière grecque – suivi par une appartenance à l’OTAN, resserrant le nœud coulant autour de la Russie.

Le  président ukrainien a opté pour un pack d’aide généreux. Cette décision – de nier ces “ aspirations européennes ” fut utilisée pour arranger le coup d’état.

Mais regardons cela du point de vue russe. Regardons simplement cette carte montrant l’expansion de l’OTAN et imaginons le s’étendre sur ce vaste territoire ( le plus vaste d’Europe en fait) entre la Russie à l’est et la Pologne à l’ouest, longeant la Mer noire au sud. Les pays faisant partie de l’OTAN sont à présent montrés en bleu foncé, l’Ukraine et la Géorgie en vert. Imaginons l’incliusion de ces pays. Et imaginons que l’OTAN demande à la Russie de libérer ses équipement navals de Sébastopol, qui sont russes depuis 1783, les retournant en faveur de l’alliance (on répète l’anti-russe). Comment quiconque pourrait-il comprendre la situation en Ukraine sans prendre en compte cette base historique ?

Les Russes ont dénoncé le coup d’état contre le Président Yanukovych (élu démocratiquement- si cela importe- en 2010) qui a été fomenté par des néo-fascistes  et marqué dès le début par une campagne anti-russe infecte encouragée par le Département d’état US. La majorité de la population à l’est du pays, habité par des ethnies russes parlant Russe et n’ayant fait partie de l’Ukraine qu’à partir de 1917, ont aussi dénoncé le coup d’état et refusé d’accepter le régime anticonstitutionnel qui a pris le pouvoir le 22 février.

Quand ces individus rejetèrent le nouveau gouvernement et déclarèrent leur autonomie, l’armée ukrainienne fut envoyée pour les réprimer mais échoua, d’une façon embarrassante, quand les troupes, confrontées aux Babushkas en colère leur tournèrent le dos.  Le régime depuis lors s’appuie sur le néo-fasciste Azov Battalion pour persécuter les sécessionnistes  dans ce qui est devenu depuis un autre “ conflit gelé”.

La Russie, sans aucun doute, a assisté les sécessionnistes pendant qu’ils refusaient leur annexion  au territoire ukrainien, poussant à la création d’un système fédéral pour le pays  négocié par les parties. Des familles russes  enjambèrent la frontière russo-ukrainienne. Il y a de nombreux vétérans de la guerre contre l’Afghanistan dans les deux pays. L’armée soviétique intégrait des éléments russes et des ukrainiens. On peut assumer qu’il y a plus qu’assez de Russes en colère à propos d’atrocités comme celles  des meurtres des 42 Russes opposants au gouvernement à Odessa pour alimenter les volontaires du Dombas.

Mais il existe peu de preuves (mise à part la poignée de rapport faisant état de quelques douzaines de “ véhicules militaires non catégorisés en provenance de Russie à la fin 2014) d’une «  invasion » russe de l’Ukraine. Et l’annexion de la Crimée (c’est-à-dire la restauration de son statut de territoire russe de 1954) suivant un référendum tout à d=fait crédible, n’a nécessité aucune «  invasion » puisque il y avait déjà 38.000 soldats stationnés là. Tout ce qui leur restait à faire était de sécuriser les bâtiments du gouvernement, et de donner aux soldats ukrainiens l’option de quitter ou de rejoindre l’armée russe. (Beaucoup de soldats ukrainiens  ont choisi de rester et d’adopter la citoyenneté russe.)

Malgré tout, ces deux incidents – la brève guerre contre la Géorgie de 2008 et la réponse ( tempérée) de Moscou au coup d’état ukrainien de 2014- ont été présenté comme des preuves d’un projet global d’expansion militaire, demandant une réponse ferme des US. L’ensemble de la classe des commentateurs des medias câblés adopte ce récit.

Mais ce sont des fous aveugles. Qui a, en ce jeune siècle, entraîné plus de désordre que les USA, saccageant des pays entiers, massacrant des centaines de milliers d’innocents, provoqué plus d’outrages à travers des séances de tortures grotesquement décrites, générant de nouvelles troupes terroristes et inondant l’Europe de réfugiés qui comprennent quelques individus prêts à semer le chaos et la terreur dans les villes européennes ?  Comment une personne rationnelle peut-elle avec un tant soit peu  de lucidité sur l’histoire depuis 1991,  conclure que c’est la Russie qui est l’agresseur ?

Et pourtant, c’est ce que dit la sagesse populaire. Je doute de pouvoir obtenir un poste de commentateur à la télévision, si vous me le demandez. Les téléprompteurs vont faire allusion quotidiennement à l’agression de Poutine et à l’expansion russe et au besoin pour tout Président mâture de respecter la tradition séculaire de supporter l’OTAN à n’importe quel prix. Et donc maintenant, les commentateurs se doivent de répéter ce que 17 services de renseignement ont conclu : «  Vladimir Poutine a interféré avec les élections américaines »

Puisqu’il n’y a aucune preuve de ce fait, on doit conclure que les Démocrates perdants  ont plongé les mains dans le sac assez fiable des boucs émissaires  et postulé que la Russie et Poutine en particulier doivent avoir piraté le DNC afin de – à travers la révélation de sources de première main d’une validité irrécusable, révélant la détermination de le DNC à faire élire Clinton, tout en Donald Trump comme le candidat républicain – sabotant Sanders et en promouvant ( à travers leurs représentants médiatiques) compromettre la légitimité de Clinton.

Toutes sortes de libéraux, y compris les meilleurs défenseurs de Sanders comme Tina Turner, sont complètement embarqués dans la champagne de diffamation anti-Poutine. C’est triste et préoccupant que tant de personnes progressistes souhaitent sauter dans le train d’une nouvelle guerre froide. C’est comme si ils n’avaient rien appris de l’histoire mais avaient positivement hâte, dans leur peur et leur rage, de revivre l’époque du Maccarthysme.

Mais le fond de l’affaire est que la russophobie américaine ne repose pas sur la raison, le jugement ou le savoir sur l’histoire récente et sur la capacité à faire des comparaisons rationnelles. Elle repose sur des présupposées quasi-religieux sur «  l’exceptionnalisme américain” et en particulier sur le droit des USA à s’étendre militairement au dépend de la Russie – comme un bien évident en soi, plutôt que comme le risque affreux distinct, évident d’une menace de troisième guerre mondiale.

Les faucons du Congrès – bipartisans, immoraux, ignorant, soumis à Israël, opportunistes salauds – sont déterminés à dissuader le président –élu ( la bile me monte à la gorge en utilisant ce terme mais c’est vrai, c’est ce qu’il est techniquement)  de tout rapprochement significatif avec la Russie ( Mon  dieu, ils doivent être horrifiés à l’idée de la possibilité que Trump suive le conseil donné par Kissinger de reconnaître le droit d’annexion russe de la Crimée ! )  Ils veulent tant l’embarrasser avec l’accusation d’être ( Comme Hillary l’a accuse lors de la champagne) la « marionnette » de Poutine qu’il se dédit de sa vague promesse de «  s’entendre avec la Russie »

Ils  ne veulent pas s’entendre avec la Russie. Ils veulent plus d’expansion de l’OTAN, plus de confrontations. Ils sont furieux contre la victoire russo-syrienne contre les forces menées par Al Qaeda soutenues par les USA en Syrie, spécialement la libération d’Alep que les médias US (1) n’ont jamais pu couvrir n’ayant aucun journalistes sur place et peu d’intérêt puisque les événements de Syrie provoquaient d’une façon si puissante les points proposés par le Département d’état organisaient les reportages (2). Transformant systématiquement, comme la victoire tragique du mal, la victoire d’Assad sur une héroïque opposition imaginaire et (3) voyant le renforcement de la position de la Syrie comme la réémergence de la Russie comme superpuissance.  (ce qu’ils ne peuvent absolument pas accepter, au titre d’une sorte de conviction religieuse. Les USA de la doctrine officielle devant maintenir «  leur dominance sur un spectre entier » sur la monde et prohiber l’émergence de tout compétiteur possible, pour toujours.)

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La première Guerre froide était basée sur la peur de l’Occident capitaliste devant l’expansion socialiste. Elle était basée sur la compréhension que l’URSS avait battu les Nazis, avait une prestige extraordinaire dans le monde et représentait alors le centre du mouvement d’accès global au communisme dans le monde.  Elle était basée sur la crainte de voir plus de pays affirmer leur indépendance face à au capitalisme impérialiste, empêchant les investisseurs d’accèder le monde des affaires. Elle avait un contenu idéologique. Celle-ci n’en a pas. La Russie comme les USA sont engagés dans le capitalisme et l’idéologie néolibérale. Leurs conflits sont de mêmes natures que ceux des USA et de l’Allemagne au début du 20ième siècle. Le Kaiser était au moins aussi «  démocratique » que l’étaient les US, le système n’était pas le problème. Il s’gissait juste de s’affronter pour le pouvoir, et comme cela s’est produit, les uSA intervenant dans la Première guerre mondiale tardivement et après que tout le monde soit épuisé, n’eurent qu’à nettoyer la place. Lors de la deuxième guerre mondiale, en Europe, les USA avaient hésité à envahir le continent en dépit des appels répétés des Soviets à le faire, ils ont répondu à la chute de Berlin aux mains des forces armées rouges en déployant des témoignages de forces vers la ville afin de pouvoir en réclamer le crédit partagé.

Puis les choses se tendirent, après la guerre, établissant  leur hégémonie sur presque toute l’Europe – beaucoup, beaucoup plus d’Europe que celle devenue une zone pro-soviétique, qui s’est depuis la fin du Traité de Varsovie complètement évaporée. La Russie est une version tronquée, affaiblie de son ancien self. Elle ne menace les USA d’aucune des façons don’t les USA s’effrayent eux-mêmes. Elle ne s’étend pas sous forme d’alliance militaire, elle ne détruit pas le Moyen –Orient à travers des changements de régime justifiés auprès des Américains par une désinformation pure et simple. En septembre 2015, Putin a demandé aux US, aux Nations unies «  Réalisez-vous ce que vous avez fait ? »

Malheureusement, les habitants de ce pays ne sont pas éduqués par leurs écoles, par la presse ou même par leurs site web favoris, à réaliser ce qui s’est fait et à quel point c’est horrible, et comment tout est basé sur des mensonges. Les informations mensongères sont ce qui est à l’ordre du jour.

Le haut est le bas, le noir est le blanc, la Russie est l’agresseur, les USA sont la victime. Le nouveau président doit jouer avec son équipe et , au nom de dieu, comprendre que Poutine est l’Hitler de notre temps et si Trump veut s’entendre avec lui, il faudra qu’il devienne un joueur de l’équipe embrassant la plus basique de ces vérités  dans ce pays si particulièrement impérialiste : La Russie ( avec son patrimoine nucléaire, qui fait pendant à égalité avec celui des USA) est l’ennemi, dont chaque action se doit d’enflammer les sentiments anti-Russes,  comme le sentiment par défaut à l’égard de ce pays encerclé par l’OTAN, criblé de sanctions, non menaçant en place d’une relation raisonnable et prudente.

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L’affreux « correspondant national en chef » de CNN, John King ( ancien époux de Dana Bash,  l’également affreuse «  correspondante politique en chef » de CNN, vient juste de poser une question, avec un air d’agressivité irritée :  «  Qui Donald Trump respecte-t-il le plus ? Les services de renseignements US ou le type qui a commence Wikileaks ? »  (Assange)

IC’est une exigence pour le camp Trump d’acheter le jeu du blame sur les Russes, ou d’être accuse de diffamation comme proche du lanceur d’alerte motive piour exposer les crimes multiples de l’impérialisme US.

.Donc, la vraie question est : Est-ce que Trump joue le jeu et crédite les  « les services de renseignements »  qui génèrent des «  productions des services de renseignements » à la carte, ou est-ce qu’il repousse les poussées des bellicistes qui cherchent une épreuve de force avec la Russie de Poutine ? Est-ce que la seconde Guerre froide va tou »ner court gentiment ou culminer dans une conflagration que la « Destruction mutuelle assure » (MAD)  était supposée rendre impossible ?

La dernière solution serait plus que stupide. Mais les gens stupides – ou les gens sages exploitant cyniquement la stupidité des autres – modèlent l’opinion chaque jour et depuis la première Guerre froide se sont basés sur d’innombrables mensonges.

Gary Leupp est Professeur d’histoire à l’Université de Tufts et occupe un poste au Département des religions. Il est l’auteur de «  Servants, Shophands eand laborers in the town of Tokugawa au Japon, Male colors, The construction of homosexuality à Tokugawa, Japon, de Interratial intimacy in Japan, Westerne men and japanese women, 1543. 1900. Il est contributeur à “ Hopeless : Barack Obama etand the politics of illusion ( AK Press)s Professor of History at Tufts University, and holds a secondary appointment in the Department of Religion. He is the author of Servants, Shophands and Laborers in in the Cities of Tokugawa JapanMale Colors: The Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan; and Interracial Intimacy in Japan: Western Men and Japanese Women, 1543-1900. He is a contributor to Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion, (AK Press). 

Il peut être joint à gleupp@tufts.edu

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

 

 

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