AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Parlement Européen

Le problème de la Grèce n’est pas seulement une tragédie. C’est un mensonge / John Pilger

The problem of Greece is not only a tragedy. It is a lie.

Pilger a été correspondant de guerre au Viêt-nam, au Cambodge, en Égypte, en Inde, au Bangladesh et au Biafra. L’un de ses premiers films, Year Zero (Année Zéro) a attiré l’attention de la communauté internationale sur les violations des droits de l’Homme commises par les Khmers rouges au Cambodge. Pilger a obtenu de nombreux prix de journalisme et d’associations des droits de l’Homme (le Prix Sophie en 2003), dont, deux fois, le prix britannique du Journalist of the Year.

Cet activiste anti-guerre n’a de cesse de rappeler la responsabilité de ceux qui savent, des « intellectuels », aux misères et aux violences du monde : « Briser le mensonge du silence n’est pas une abstraction ésotérique mais une responsabilité urgente qui incombe à ceux qui ont le privilège d’avoir une tribune. »

En outre, John Pilger possède son propre site web où il communique ses idées et ses craintes.

dette grecque euro

Le 13 Juillet 2015

Une trahison historique a consumé la Grèce.  Ayant mis de côté le mandat de l’électorat grec, le gouvernement Syriza a volontairement ignoré la victoire écrasante du Non au référendum et s’est mis d’accord secrètement sur un tas de mesures répressives et d’appauvrissement en échange d’un « renflouement »  qui signifie un contrôle sinistre de l’étranger et un avertissement au monde.

Le Premier Ministre Alexis Tsipras a réussi à faire voter au Parlement une coupe d’au moins 13 milliards d’Euros sur les fonds publics. 4 milliards d’Euros de plus que le projet d’ « austérité » rejeté d’une façon écrasante par le people grec lors du referendum du 5 Juillet.
Cela impliquerait une augmentation de 50% du coût des soins de santé pour les  retraités dont  Presque 40% vivent déjà dans la pauvreté, des coupes importantes dans le secteur des salaires publics, la privatisation complète des équipements publics comme les aéroports, les ports, une augmentation de l’imposition de 30%, appliquée aux îles grecques, où les gens se battent déjà pour survivre.  Il en reste à venir !

« Le parti anti-austérité remporte une victoire écrasante » est le gros titre du Guardian le 25 Janvier. « Des gauchistes radicaux », c’est ainsi que la journal nomme Tsipras et ses camarades bien éduqués d’une façon impressionnante. Ils portent des chemises au col ouvert et le ministre des finances roule en moto et était décrit comme «  la rock star de l’économie ». C’était une façade. Ils n’étaient pas radicaux dans aucun sens de ce label rabattu, ni non plus «  anti-austérité ».

Depuis six mois, Tsipras et le ministre des finances récemment écarté Yanis Varoufakis, font la navette entre Athènes et Bruxelles, Berlin et les autres centres du pouvoir financier européen. Au lieu de la justice sociale pour la Grèce, ils ont obtenu un nouvel endettement, un appauvrissement plus important encore qui va simplement remplacer un état de pourriture basé sur le vol des recettes fiscales par les Grecs super-riches- avec l’accord des valeurs de l’Europe «  néo-libérale » – et des prêts bon marché, très rentables pour ceux qui veulent le scalp de la Grèce.

La dette grecque, rapporte un audit effectué par le Parlement Grec « est illégale, illégitime et odieuse ». Proportionnellement, elle est à moins de 30% du débit de l’Allemagne, son créditeur principal. C’est moins que la dette des banques européennes dont le renflouement en 2007.08 n’a été ni controversé ni puni.
Pour un petit pays comme la Grèce, l’Euro est une monnaie coloniale : un lien à une idéologie capitaliste si extrême que même le Pape l’a qualifiée «  d’intolérable » et d’ «  excrément du diable ». L’Euro est à la Grèce ce que le dollar US est aux îles éloignées du Pacifique, dont la pauvreté et la servilité sont garanties par leur dépendance.
Lors de leur voyage à la cour des tout-puissants de Bruxelles et de Berlin, Tsipras et Varoufakis ne sont présentés ni comme des radicaux, ni comme des «  gauchistes » ni même comme des socio-démocrates mais comme deux arrivistes légèrement suppliants dans leurs  défenses et leurs exigences. Sans sous-estimer l’hostilité à laquelle ils faisaient face, il est juste de dire qu’ils n’ont pas montré de courage politique. Plus d’une fois, le peuple grec a découvert leur «  plans d’austérité » à travers des fuites dans les médias : comme une lettre du 30 Juin publiée dans le Financial Times, dans laquelle Tsipras promet aux têtes de l’EU, à la Banque centrale Européenne et au FMI d’accepter leur demandes les plus basiques et vicieuses-  qu’il a maintenant acceptées.

Quand l’électorat grec a voté « non » le 5 Juillet à ce marché à ce marché tout à fait pourri, Tsiras a dit :  « Venez Lundi et le gouvernement grec sera à la table de négociation après le referendum avec des conditions meilleurs pour le peuple grec. »  Les Grecs n’avaient pas voté pour des «  meilleurs termes ». Ils avaient voté pour la justice et pour la souveraineté, comme ils l’avaient fait le 25 Janvier

Le jour suivant l’élection de Janvier, un gouvernement vraiment démocratique et oui, radical, aurait stoppé tout euro qui quittait le pays, répudié la dette  «  illégale et odieuse  » – comme l’Argentine l’a fait avec succès- et accéléré un plan pour sortir de la zone euro boiteuse. Mais il n’y avait pas de plan. Il n’y avait que la volonté d’être «  à la table » à chercher «  de meilleures conditions ».

La véritable nature de Syriza n’a été que très peu examinée ou expliquée. Pour les médias étrangers ce n’est rien de plus que des «  gauchistes », ou de «  l’extrême gauche » ou de la « ligne dure » – l’habituelle vaporisation trompeuse. Quelques-uns parmi les supporters étrangers de Syriza ont atteint, par moment, les niveaux d’excitation joviale rappelant la montée d’Obama. Peu ont demandé : qui sont ces  « radicaux », en quoi croient-ils ?

En 2013, Yanis Varoufakis écrivait : «  Devons-nous accueillir la crise du capitalisme européen comme une opportunité pour le remplacer par un système meilleur ? Ou devons-nous être si inquiets à son propos que nous nous embarquions dans sa stabilisation ?  Pour moi, la réponse est claire. La crise européenne est beaucoup moins susceptible de donner naissance à une meilleure alternative au capitalisme. Je m’incline devant la critique qui me dit que j’ai fait campagne sur un agenda basé sur l’a priori que la Gauche était et restait, complètement vaincue. ..Oui,  j’aimerais mettre en œuvre un agenda radical. Mais, non, je ne suis pas prêt à commettre l’erreur que le Parti travailliste anglais après la victoire de Thatcher. Quel bien est-ce que cela a-t-il  fait à l’Angleterre des années 80 de promouvoir un agenda de changements sociaux que le société britannique a méprisé tout en tombant tête la première dans le projet néolibéral de Thatcher ? Précisément aucun.  Quel bien cela ferait-il aujourd’hui de demander le démantèlement de la zone Euro, de l’Union Européenne elle-même ? » Varoufakis omet de mentionner que la Parti Social Démocrate  qui a dispersé le vote travailliste et conduit au Blairisme. En suggérant que le peuple en Grande-Bretagne «  méprisait le changement socialiste » – on ne leur a pas vraiment donné l’opportunité de provoquer ce changement- il fait écho à Blair

Les leaders de Syriza sont en quelque sorte des révolutionnaires – mais leur révolution est la perverse, familière appropriation de la sociale démocratie et des structures parlementaires par des progressistes prêts à s’arranger avec le baratin néolibéral et une ingénierie sociale dont le visage authentique est celui de Wolfgang Schauble, le ministre des finances allemand,  un voyou impérialiste. Comme le Parti Travailliste en Grande-Bretagne et son équivalent au sein des anciens partis sociaux-démocrates comme le Parti Travailliste d’Australie qui se nomment eux-mêmes « progressistes » ou même de « gauche », Syriza est le produit de la classe moyenne riche, hautement privilégiée, éduquée,  « élevée à l’école du post-modernisme »  comme l’a écrit Alex Lantier.

Pour eux, la classe ne doit pas être mentionnée, mis à part dans  une lutte continuelle, sans compter la réalité de la vie de la plupart des êtres humains. Les sommités de Syriza sont bien soignées, elles ne résistent pas de la manière dont les gens ordinaires le souhaitent, comme l’a si bravement démontré l’électorat grec, mais cherchent de «  meilleurs termes » à un statu quo vénal qui réunit et punit les pauvres. Lorsque elle est mêlée à des « politiques identitaires » et à leurs insidieuses distractions, les conséquences ne sont pas la résistance mais l’asservissement.  La vie politique « dominante » de l’Angleterre en est un parfait exemple.

Mais ce n’est pas inévitable, ce n’est pas une affaire conclue, si nous nous éveillons de ce long coma postmoderne et rejetons les mythes,  les déceptions de ceux qui prétendent nous représenter et si nous nous battons.

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Traduction : Elisabeth Guerrier

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Les accusations de De Gucht, des ONGs et des syndicats après l’encerclement des manifestants par la police.

manif

 

Article de EurActiv sur la répression de la manifestation anti TAFTA à Bruxelles. La violence est à l’image du gouffre entre les citoyens et les décideurs, à l’image de leurs craintes aussi peut-être.

Les accusations de De Gucht, des ONGs et des syndicats après l’encerclement des manifestants par la police.

Les ONGs et les syndicats ont répondu aujourd’hui ( 19 Mai) aux accusations selon lesquelles ils répandaient des mensonges dans les médias sur Le TTIP, quand il apparait que la police bruxelloise a utilisé des cordons de sécurité et des canons à eau controversés sur les manifestants qui se trouvaient à l’extérieur du Sommet du Marché Européen (European Business Summit)
Des centaines de manifestants anti-TTIP, y compris des membres du parti de verts du Parlement, ont été encerclés pendant plusieurs heures par des policiers des brigades anti-émeutes en tenue de sécurité avant d’être arrêtés en masse à la sortie du Palais Egmont à Bruxelles, avec le recours à un mécanisme légal connu sous le nom de « arrestations administratives » L’arrestation administrative permet de maintenir jusqu’à 12 heures des groupes de personnes en garde à vue sans charge .

Lire : Hundreds of protesters arrested in Brussels as business leaders debate ‘maintaining citizen’s trust’

Peu après qu’environ 250 manifestants ait été arrêtés Jeudi, le Commissaire Européen Karel De Gucht et l’Ambassadeur des USA en Europe Anthony Gardner ont accusé certains manifestants de répandre des mensonges lors d’une rencontre au sommet portant sur le TTIP, un accord de libre-échange entre l’EU et les USA. Un des exemples cités a été que les USA sont supposés vendre des poulets lavés au chlore aux Européens.
Cette semaine, les négociateurs de l’EU et des US se rencontrent à Washington DC pour le cinquième round des négociations. Ils projettent de se mettre de conclure un accord à la fin de l’année prochaine.

 

Lire : EU-US clash over financial services in TTIP

 

De Gucht a dit : “Vous avez les campagnes orchestrées par les médias sociaux, les groupes utilisant les médias sociaux et un nombre d’ONGs répandant parfois, je dirais, de complets mensonges, comme par exemple, la viande aux hormones. “ Ceci a été récupéré, disons par la Gauche. Pas par toute la Gauche, mais par une partie de la gauche dans le spectre politique, par les Verts, et aussi par un certains nombres de groupes d’extrême-gauche, qui considère le TTIP comme un sujet à discuter lors des élections européennes et à battre lors de ces élections.”
L’ Ambassadeur Gardner a aussi critiqué les manifestants, il a dit : “ Il y a un vide dans l’information, ce vide est en train de se faire combler de plus en plus par les réseaux sociaux […] Je vous parie une chose, c’est que les manifestants n’étaient pas dehors avec un panneau où est inscrit « Je vais avoir du travail » mais il auraient dû l’être.

 

Secret et Transparence

Olivier Hoedeman, chercheur et coordinateur de la Campagne du Corporate Europe Observatory, un groupe de pression, a été un des manifestants arrêtés. Les crtiques du TTIP croient qu’il mènera à une baisse des standards européens dans des domaines comme la nourriture et le changement climatique a-t- il dit.

Hoedeman a ajouté “Les manifestants ne croient pas que le TTIP soit la solution pour la création d’emplois.  Diaboliser de cette manière les personnes qui montrent une réelle inquiétude est très irrespectueux.”
Felipe Van Keirsblick, le secrétaire du syndicat belge pour les employés, le CNE-CNG, faisait partie de la coalition d’agriculteurs, d’étudiants, d’ONGs et de syndicats qui manifestaient. Il a dit que les négociations sur le TTIP devraient être plus transparentes et a questionné les chiffres de la Commission qui prévoient une augmentation de 4% du PIB.
Il a dit : “ Les commentaires de De Gucht sur les réseaux sociaux montrent à quel point il est mal à l’aise et se sent dans l’inconfort avec un véritable débat public sur ces accords commerciaux. Je pense qu’ils ne devraient pas dire que nous sommes des menteurs, tout spécialement parce qu’ils ont constamment refusé de parler avec nous en public.”
Van Keirsblick a précisé que son organisation avait demandé des rendez-vous au bureau de De Gucht mais que celui-ci a toujours refusé de nous rencontrer.
“Le niveau de secret dans les négociations sur le TTIP est sans précédent. ” a-t-il ajouté.
La Commission a dit que les négociations sur le TTIP sont parmi les accords commerciaux les plus transparents qui aient existé.

 

Cordons de sécurité
Les manifestants ont été retenus par le cordon de sécurité pendant deux heures avant leur arrestation, forcés de s’asseoir sur le sol et menottés avec des menottes en plastique. A 12.heures 30 environ, ils ont été emmenés en bus à la prison dans le quartier de Etterbeek. Le dernier manifestant a été libéré sans inculpation à 18 heures. La manifestation a commencé à 8 heures.
Les militants ont affirmé que plusieurs manifestants avaient été blessés et bombardé au canon à eau. EurActiv a tenté de contacter la police bruxelloise mais n’a pas encore reçu de réponse.
Le cordon de sécurité est le nom donné à une technique policière lorsqu’un groupe de personnes est entouré par des policiers et empêchés de bouger hors d’un petit périmètre. C’est une technique qui a souvent été critiquée en Europe et au canada, tout simplement parce que des passants sont souvent capturés par le cordon. En Mars 2012, le cordon de sécurité a été déclaré hors la loi par la Cour Européenne des Droits de l’Homme après une poursuite pénale suivant son usage par la Police Métropolitaine de Londres en 2001. Van Keirsblick a dit que les protestations étaient non violentes mais a admis que la police les avait informé que toute tentative de bloquer l’entrée du Palais était illégal. Après qu’une tentative de blocage de l’entrée ait été interrompue par une ligne d’environ 50 policiers, à peu près 100 manifestants se sont replies vers la place de départ, à l’extérieur du Palais de Justice.
Il a dit : “Alors qu’ils se repliaient, une seconde ligne d’officiers de police leur a bloqué le passage. Ils ont été encerclés par une centaine de policiers. Il y avait des familles parmi le groupe, des gens sans expérience activiste.”

Hoedeman dit qu’au moins un passant non impliqué d ns la manifestation avait été pris dans le cordon de sécurité. Une autre source a confié à EurActiv que quatre personnes avaient été arrêtées. “Juste avant que les bus arrivent pour nous emmener en prison, la police qui nous entourait a mis des cagoules, on ne pouvait voir que leurs yeux- et leurs casques, a expliqué Hoedeman. “ C’était intimidant, spécialement dans le contexte d’une manifestation pacifique.”
“Ils ont menotté tout le monde avec des menottes en plastique dans le dos. Quand ils sont arrivés à la prison, il ya avait à peu près 40 à 50 personnes dans les cellules.”
Des arrestations supplémentaires se sont déroulées en dehors du cordon de sécurité quand des manifestants ont réagi avec colère à l’arrivée des bus de police. Les organisateurs de la manifestation projettent maintenant de porter plainte officiellement et d’organiser une semaine d’action.

Pascoe Sabido, de Corporate Europe Observatory, dit “La façon dont des manifestants pacifiques ont été traités est atroce. Mais cela ne doit pas nous détourner des raisons initiales pour lesquelles nous étions dans la rue. La poursuite de l’austérité qui va venir de accords commerciaux entre l’EU et les USA va seulement rendre les citoyens et les producteurs européens plus pauvres, en moins bonne santé, et dans une précarité plus grande et nous conduire plus profondément dans le désastre. Ce ne sont pas les attitudes de la police qui doivent changer, c’est le système politique entier.”

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

CEO Le Député Européen qui devint lobbyist

 

Article de CEO sur les liens plus qu’intimes entre les lobbies et les Députés du Parlement Européen. Cette institution a non seulement dégradé l’image de l’Europe au point de rendre des millions de citoyens sceptiques sur sa nécessité mais elle est par son fonctionnement quasi mafieux et ses liens permanents avec les lobbies les plus puissants de la planète une véritable honte pour ce qui se doit d’être appelé le Politique. Nous voulons une Europe unie, nous la vouons au nom des centaines de millions de morts qui en font le lit et à qui nous devons respect et entreprise. mais ce n’est pas l’Europe des Barons, toujours les mêmes que nous voulons, ceux qui s’engraissaient quand le peuple était exterminé sous leurs yeux, les Goulash Barons en 14.18, les Crowny capitalists, les mêmes, l’anti-démocratie a la peau dure. E.G

 

Le Député Européen qui devint un lobbyiste

March 31st 2014 Revolving doors

 

Comme nous approchons des élections européennes de la fin Mai, beaucoup de membres du parlement Européen commencent à envisager leur future carrière, soit parce qu’ils ont décidé de se retirer ou parce qu’ils craignent de perdre leur siège. Si l’expérience de la fin du mandant précédent de 2009 se répète, beaucoup d’entre eux vont être contactés par des firmes de lobbying ou par des groupes industriels espérant les allécher avec les portes tournantes : la voie qui mène du Parlement Européen aux cercles des lobbies est un chemin bien tracé.

 

De Député Européen à lobbyiste.

 

Karin Riis-Jørgensen a été Députée Européenne pendant quinze ans au cours desquels elle a siégé au comité du marché intérieur et à la protection des consommateurs entre autres. Rapidement après qu’elle ait quitté le parlement en 2009, elle est  devenue conseillère principale à la firme de lobbying  Kreab Gavin Anderson. Kreab cabinet de consultation  de lobbying avec un chiffre d’affaire annuel de près de quatre million d’euros. Ses clients en 2012 (l’année la plus récente  pour laquelle des informations soient disponibles sur le  EU Transparency Register) et qui inclut : Google, EDF, UBS, Goldman Sachs and Scania.

 

Un des clients de Riis-Jørgensen  à Kreab est Swedish Match, la compagnie de tabac controversée qui fût en 2012 le principal acteur du scandale de Dalligate. Le 16 Mars 2011 et le 6 Mars 2012 Riis –Jørgensen, avec le directeur des relations publiques de Swedish Match a rencontré les représentants du Secrétariat Général de la Commission Européenne afin de discuter de l’examen des directives sur les produits du tabac.

Riis-Jørgensen a confié   à CEO : « J’utilise maintenant mon expérience pour conseiller Kreab et quelques-uns de leurs clients sur la façon de créer un dialogue avec les décideurs de l’UE ». Quand elle a été interrogée sur son travail en tant que lobbyiste et sur les conflits d’intérêt potentiels  dus à son passé de Député du Parlement Européen,  Riis-Jørgensen dit :

« J’ai un rôle indépendant en tant que conseillère principale et je peux choisir où et quand je souhaite être impliquée. Je n’ai pas eu à être confrontée à quoi que ce soit pouvant suggérer un conflit d’intérêt dans ma fonction de Conseillère Principale chez Kreab »

Sa réponse complète peut être lue Her full response can be read ici.

Riis-Jørgensen est également la fondatrice et la présidente (bénévole) de la European Privacy Association  (EPA), un groupe de lobbying installé à Bruxelles qui défend les intérêts de grandes corporations  de IT (information technologique)  dans la bataille actuelle des lobbies autour des nouvelles règles européennes sur les données touchant la protection de la vie privée. L’ EPA est largement considérée comme un “groupe de tête” de  contre-information pour les multinationales  du numérique qui fait pression contre des règles fortes de protection des données privées, bien que le EPA démente cette accusation.

 

Quel est le problème ?

 

En dépit de la défense de Riis-Jørgensen, Corporate Europe Observatory (CEO) est inquiet à propos des risques de conflits d’intérêts  lorsque les Députés du Parlement Européen travaillent comme consultant des lobbies. Bien sûr les députes sont, dans leur nature même, des animaux politiques. Ils ne sont pas des officiels de l’UE dont on peut attendre sans ambiguïté qu’ils soient neutres et indépendants, nous ne devrions donc pas être surpris lorsqu’ils quittent leur bureau de les voir suivre leurs intérêts personnels.

Néanmoins, les Députés du parlement Européen reçoivent beaucoup d’informations, dont certaines ne sont pas accessibles au public, et ils ont des filets étendus de contacts politiques à travers les institutions européennes. Ils apportent également le prestige et la capacité à ouvrir des portes pour leurs clients. Ils développent aussi une richesse énorme de savoir interne sur la façon dont le « système » fonctionne et ils acquièrent tout cela lors de leur séjour dans la fonction publique.  Qu’ils utilisent ensuite tout ceci au bénéfice de clients de multinationales ou d’employeurs laisse, au mieux, un goût  amer dans la bouche, et, au pire, le risque de possibles conflits d’intérêts.

En tant qu’anciens Députés du Parlement Européen, leur accès de toujours au laisser-passer du Parlement Européen leur permet d’aller et venir comme ils l’entendent sans aucun contrôle qui vérifie si ils abusent du système en l’utilisant au profit des lobbies. Une autre possibilité pourrait être que les Députés lors de leur mandat puissent  accorder à leurs amis des grandes sociétés des faveurs, avec l’espoir de pouvoir s’assurer ainsi un emploi lucratif ultérieurement.  Il n’existe aucune preuve que des députés européens mentionnés là aient pu faire ça mais c’est une autre raison pour lesquelles nous devons nous soucier des députés passant par les portes tournantes.

 

 

Les Députés du Parlement Européen devenus lobbyistes de la finance.

 

Un autre cas de député du Parlement Européen ayant utilisé les portes tournantes est l’Anglais  John Purvis qui,  pendant ses quinze ans dans le corps législatif a été aussi vice-président du Comité des affaires économiques et monétaires   du Parlement Européen, où il travaillait apparemment en tant que rapporteur ou «  ombre » sur « tous les principaux services de législation financière ». Pendant son mandat, Purvis a été critiqué pour ses intérêts externes et les possibles conflits d’intérêt. Il était (et reste à l’heure actuelle)  un directeur de la Belgrave Capital Management qui se décrit elle-même comme «  un management d’investissement siégeant à Londres »

Après avoir quitté le Parlement Européen en 2009, John Purvis a rejoint le cabinet DN, un cabinet de consultation siégeant à Bruxelles, en tant que conseiller principal.

Comme partie de ses fonctions, il est président de  Financial Future  qui est un lobby de l’industrie financière.  Le conseil d’administration de Financial Future comprend plusieurs autres personnes qui ont aussi utilize les portes tournantes bruxelloises,  dont Eddy Wymeersch et un autre ancien Député du Parlement Européen,  Piia-Noora Kauppi.  Selon le EU Transparency Register, Financial Future  a rapporté entre 100,000 et 150,000 euros  de chiffre d’affaire pour le cabinet DN en 2013.

La Députée finlandaise Piia-Noora Kauppi  également centrée sur le travail du comité des affaires économique et monétaire, plus précisément sur la législation des marchés financiers, pendant ses neuf ans de présence au. Elle a été la rapporteuse de nombreux  dossiers législatifs ayant trait aux banques et était également la présidente du Forum des Services Financiers du Parlement Européen, fondé par l’industrie financière. Le résultat est son “’investissement Wall Street Journal rapporte que actif dans le dialogue entre les institutions européennes et les pourvoyeurs de services financiers” .

 

En 2005, le Kauppi, pendant qu’elle travaillait sur des nouvelles directives européennes touchant le blanchiment d’argent a “soumis de amendements qui empruntaient mot-pour-mot auEuropean Banking Industry Committee” qui est un groupe important de lobby de l’industrie. A l’époque, elle a reconnu avoir reçu l’aide de EBIC pour la rédaction de son amendement, disant :  “ Je ne me souviens pas ce qui provident de EBIC et ce qui a d’autres sources”.

Kauppi a démissionné de son poste de député à la fin de 2008 pour devenir directrice générale de la  Federation of Finnish Financial Services (FFI)  qui représente les banques, les assurances, les sociétés de crédit, les opérateurs boursiers, les sociétés de gestion et les employeurs financiers exerçant en Finlande.

Lorsqu’elle a pris ses fonctions à la FFI,  Kauppi a dit :

“J’ai beaucoup aimé travailler avec les affaires financières du Parlement Européen. Maintenant, dans ma nouvelle position, je peux faire usage de l’expérience gagnée au niveau législatif européen sur les marchés financiers. Le secteur financier va jouer un rôle de plus en plus important sur le marché interne dans l’avenir.”

En Décembre 2008, Kauppi  s’est vue attribuer le prix du “ Pire Conflit d’Intérêt” dans le cadre du “Prix du Pire Lobby”, organisé par des ONGs,  dont CEO.

Kauppi a confié à CEO qu’ “Il n’y avait pas d’empiètement de ses actuelles missions avec son travail passé en tant que Députée” et qu’elle n’avait pas envisagé la possibilité de conflits d’intérêt. Sa réponse complète peut être lue ici.

 

Et les portes continuent à tourner…

 

Ce ne sont pas que les Députés du centre-droit qui passent par les portes tournantes. Le centre-gauche a aussi sa part de Députés-devenus-consultants. Gary Titley est l’ancien chef du groupe du parti travailliste au Parlement Européen et Député à son quatrième mandant. Il a été membre de nombreux comités et également le vice-président du groupe socialiste responsable pour l’élargissement de l’Union Européenne. Lorsqu’il a rejoint le lobby  Hume Brophy  en Janvier 2010 en tant que conseiller principal, le directeur associé John Hume a dit:

“Nous sommes ravis que Gary joigne notre équipe. Il apporte une grande expérience législative à Hume Brophy et des points de vue essentiels pour nos clients. Gary est parfaitement à la mesure d’une expansion de notre clientèle. Il travaillera en priorité sur des questions touchant l’UE. ”

Un autre ancien député membre du parti travailliste   Glyn Ford a lui aussi utilise les portes tournantes. Ford a perdu son siège aux élections européennes de 2009, après avoir été député pendant 25 ans. Il figure à nouveau sur les listes du parti travailliste pour les élections de 2014. Dans les mois qui ont suivi son départ du Parlement Européen de 2009, Ford a joint  Polint, un cabinet de consultation basé en Grande Bretagne exerçant à Bruxelles  qui est spécialisé dans les affaires publiques européennes et les relations internationales. Il  offre “ des stratégies de politique et de communication spécialisées, dirigées en premier lieu vers le Parlement Européen, la Commission Européenne et le Conseil ”

Ford a également joint le cabinet de consultation  G+. G+ présente Glyn Ford sur son site web comme un conseiller  principal sur la politique d’Asie du Sud Est, se rapportant à l’expérience de l’Asie du Sud Est acquise par Ford en tant que député :

“ Au Parlement Européen, il a servi à la fois dans le commerce international et dans les comités des affaires étrangères, particulièrement sur des dossiers liés à l’Asie, ce qui lui donne une connaissance inégalée et des relations à Bruxelles et à Strasbourg. Pendant sa députation, Glyn a été responsable du traité de libre-échange avec les pays du ASEAN, de l’implantation de l’Accord de Partenariat Scientifique avec la République de Corée, il a aussi été le rapporteur fictif sur les accords commerciaux entre l’UE et le Japon et l’UE et la Chine. Glyn a aussi été membre de la délégation auprès du Parlement Japonais de 1984 à 2009.”

Selon le Registre Européen pour la Transparence,  EU’s Transparency Register, les clients de Gs en 2012 comprenaient un nombre de firmes japonaises comprenant :  JEITA (Japan Electronics & Information Technology Industries Association), JMC (Japan Machinery Center for Trade and Investment) and JAMA (Japan Automobile Manufacturers Association). La liste des clients de Polint comprend les mêmes compagnies japonaises et il semble clair que le travail de Ford pour G+ est mené à bien grâce à ses propres services de conseil.

Le EU’s Transparency Register ne precise pas sur quelles données spécifiques Polint  travaille avec chacun de ses clients  mais il indique pourtant que les négociations commerciales entre l’UE et le Japon sont un des domaines dans lesquels il travaille. Ford exerçait en tant que Député alors qu’il travaillait sur ces questions commerciales entre l’UE et le Japon.

 

Travailler pour face Book

 

D’anciens  Députés du Parlement Européen peuvent aussi être trouvés dans les rangs des lobbies des affaires.  Pendant qu’une député allemande, Erika Mann fondait et devenait la présidente associée de l’ European Internet Foundation qui groupe les Députés et l’industrie  afin de discuter des sujets ayant trait à Internet, elle  était également membre de l’équipe du Forum de la Société d’Information au sein de la Commission Européenne.

Après qu’elle ait quitté le Parlement en 2009, Mann a rejoint la Computer and Communications Industry Association et depuis Novembre 2011, elle a été le porte-parole principal de Face Book pour les institutions européennes.

Dans ce rôle,  elle a été très active pour promouvoir le Transatlantic trade and Investment Partnership ( TTIP). Comme l’a rapporté  David Cronin, en Avril 2013, elle a parlé à la  conférence de Dublin, où se trouve le siège de FaceBook international. Mann a dit qu’il serait “extrêmement important” pour un éventuel accord commercial de rendre les standards auxquels sont soumis les compagnies Internet “ plus cohérents”

 

Aucune règle pour les portes tournantes.

 

Il n’y a pratiquement aucune règle pour réguler le passage des députés du parlement Européen par les portes tournantes. Une fois qu’ils quittent  leurs fonctions lors d’une élection, les députes reçoivent une prime de transition  équivalent à un mois de salaire pour chaque année où ils ont exercé leur fonction avec une somme minimum pour six mois  et maximum pour 24 mois mais ils n’ont aucune obligation par rapport aux portes tournantes. Bien sûr, les anciens députés ont besoin de pouvoir gagner leur vie lorsqu’ils quittent leur poste, mais il est vraiment étonnant qu’il n’existe aucune règle pour éviter les conflits d’intérêt que ces chassés croisés provoquent.  La seule règle est celle du  code de conduite  des Députés du Parlement Européen 

http://www.europarl.europa.eu/pdf/meps/201305_Code_of_conduct_EN.pdf qui s’applique aux anciens députés et touche leur droit à utiliser les installations du Parlement Européen. Le code dit qu’un ancien député n’ont pas le droit d’utiliser leur pass à vie pour accéder au parlement si ils s “ont engagés dans un lobbying professionnel ou des activités de représentation directement liées aux processus de prises de décisions de l’Union Européenne ” mais il n’y a aucun système qui le gère ou appuie.

Nous devrons attendre le nouveau parlement et une révision du code de conduite des députés du parlement Européen pour qu’il y ait une opportunité d’introduire quelques règles quant aux portes tournantes mais Martin Schulz, président du Parlement Européen pourrait montrer son leadership maintenant en demandant aux députés qui quitteront le Parlement en 2014 de ne pas endommager plus la réputation de cette institution en évitant  d’accéder à des emplois dans les lobbies des multinationales à travers les portes tournantes.

 

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier