Les fissures dans l’édifice totalitaire transgenre. Jane Robbins 1ière Partie

« Or la vraie nature des humains n’était pas ce qu’ils étaient, de manière tangible et concrète, mais précisément ce qu’ils n’étaient pas et ne pouvaient devenir sans efforts ; leur «  vraie nature »  était noch nicht geworden, non réalisée, toujours en attente qu’on la laisse sortir. Les hommes et les femmes réels, empiriques n’étaient que de grossières mutilations de ce qu’ils pouvaient être et de ce qu’étaient leur vocation, de pâle reflet de leur vrai potentiel. Pour acquérir leur vraie essence, pour devenir ce que la nature les prédestinait à être, il leur fallait d’abord être transformés, et cette tâche gigantesque de la transformation requérait  les conseils de ceux qui savaient ce que la nature humaine était censée être et comment élever les hommes et les femmes empiriques à ce haut niveau que leur vraie nature exigeait » Zygmund Bauman « La vie en miettes, expérience postmoderne et moralité », page 144 

Nous publions dans un premier temps la moitié de l’article de Madame Robbins, nous commenterons lors de la publication de la deuxième partie, commençant par l’analyse des impacts de l’idéologie transgenre et sur ses pratiques sur les enfants.EG

The Cracks in the Edifice of Transgender Totalitarianism

Les fissures dans l’édifice totalitaire transgenre.

13 Juillet  2019  JANE ROBBINS

Le château transgenre que les radicaux ont construit par la force de la volonté est construit sur des sables mouvants sans appui d’aucune sorte. La vague qui va l’emporter gagne en force. Puisse le temps venir vite où nous dirons tous, comme les observateurs des hystéries : «  Comment avons-nous pu croire une telle chose ? »

«  Ce dans quoi nous vivons, à n’importe quel âge, est l’effet sur nous des émotions de masse et des conditions sociales desquelles il est presque impossible de se détacher. Souvent, les émotions de masse sont celles qui semblent les plus nobles, les meilleures et les plus belles. Et pourtant dans une année, cinq années ou dix, cinquante années, les gens se demanderont  « Comment ont-ils pu croire des choses pareilles ? », parce que les événements se seront produits qui auront jeté les dites émotions de masse  dans les poubelles de l’histoire. »

–Doris Lessing, Prisons We Choose to Live Inside (1987)

L’épidémie de soi-disant «  dysphorie de genre  » parmi les enfants et les adolescents – transgenrisme- a souvent été décrite comme un culte. Cette désignation est, à certains égards, correcte. Bien que sans leader charismatique, habituellement présent dans de tels mouvements,  d’autres descriptions d’experts du culte s’y appliquent sans réserve. « créé pour stabiliser le sens de l’identité chez l’individu en compromettant sa conscience de base, sa vision de la réalité, ses croyances et ses conceptions du onde, son contrôle émotionnel. »  Le culte vise également le but de « réduire l’anxiété, l’incertitude, et le doute en adoptant les concepts mis en avant par le groupe. » La promesse d’une «  nouvelle identité » qui résoudra tous les problèmes, même si elle sépare de la famille ou de la vie antérieure.  Ceci est spécialement vrai dans les cas nommés Décision rapide de dysphorie de genre (Rapid Onset Gender Dysphoria), dans lesquels des adolescents auparavant normaux (habituellement des filles) annoncent soudainement qu’elles désirent effectuer une transition pour le sexe opposé.  La façon dont une adolescente, luttant avec une angoisse sévère, ou même normale à cet âge, peut être attirée dans de tels groupes est facilement compréhensible.

Le transgenrisme serait peut-être mieux décrit en termes de « contagion sociale ». Ce terme se réfère à une  « multiplication des idées, sentiments, et selon certains, névroses au sein d’un groupe ou d’une communauté à travers la suggestion, les médisances, l’imitation etc. »  L’explosion des cas de dysphorie de genre, qui se manifestait dans des cas extrêmement rares auparavant  a coïncidé  ces dernières années avec une augmentation fulgurante d’une attention bienveillante pour le sujet dans les médias communs ou sociaux – suggérant par là une forme de contagion sociale. Les parents dont les enfants annoncent leur transgenrisme lorsque leurs amis le font vont certainement être d’accord avec cette explication. Les personnes qui ont été piégées dans le mouvement transgenre mais qui s’en sont échappées le décrive comme une idéologie avec des éléments à la fois politiques et religieux. La dévotion à cette idéologie est si intense que, comme le décrit un psychiatre, « l’état d’esprit est tel que quiconque qui hésite à supporter une transition ou un réassignement chirurgical est un dinosaure victime d’une approche dépassée, foncièrement discriminante de la personne trans et doit être condamné en justice ou dans l’arène publique. » Et pourtant ces descriptions : culte, idéologie, contagion sociale, échouent à saisir l’unicité et l’énormité de ce qui se passe avec le mouvement transgenre. Les cultes passés et présents ont séduit leurs victimes en leur faisant perdre tout sens de la réalité  et en leur faisant embrasser des croyances étranges et dangereuses, la contagion sociale et le délire de masse ont affecté des groupes importants d’individus apparemment intelligents, les idéologies se sont emparées d’un pouvoir qui a modifié des sociétés et coûté des vies. Mais maintenant nous sommes devant quelque chose de différent.

Les cultes antérieurs, ou des phénomènes sociaux similaires ont généralement été limités dans le temps, l’espace et d’éventuels retours au bon sens. Mais la civilisation occidentale est maintenant aux prises avec un cyclone  culturel qui souffle sur de telles limites avec la force du totalitarisme.  Le transgenrisme a bouleversé les fondations de tout ce qu’on considère comme vrai. Le savoir scientifique est rejeté et la pratique médicale récupérée au service d’une nouvelle «  réalité » – que le «  genre » est indépendant du sexe, que mâles et femelles à tout âge, même les très jeunes enfants ont droit à leur propre identification de leur genre seulement basée sur leurs sentiments, et que littéralement tout individu et tout segment de la société se doit de s’incliner face au choix de cette identité, au risque de perdre leur réputation, leur moyen de subsistance et jusqu’à leur liberté elle-même.

Remarquablement, cette révolution s’opère sans aucune preuve scientifique pour la supporter.  Le concept de changer son sexe biologique est, bien sûr, un non sens, étant entendu que le sexe est déterminé par des chromosomes inaltérables. Un individu peut modifier son niveau d’hormones et subir de la chirurgie afin de mieux imiter le sexe opposé, mais un mâle le jour de sa conception restera un mâle le jour de sa mort. Et, comme nous le développons plus bas, l’idée qu’il y ait une vraie  caractéristique de la personne, appelée « genre »  qui puisse questionner ou invalider la signification du sexe biologique est tout aussi fallacieux.  Mais l’absence de preuve authentique est simplement ignorée et de fausses «  preuves » sot créées pour valider cette manie.

Jusqu’à maintenant. Mais il y a queques signes de failles dans l’édifice du transgenrisme. Comme le dit le Dr. Malcolm dans Jurassic Park, « La vie trouve toujours un moyen ».  Et la réalité aussi. A un certain moment elle va se recentrer et nous allons nous demander comment tout ceci a bien pu se produire.

La  science du sexe et de l’identité genrée

Avant d’explorer la révolution, il est nécessaire de retracer briévement la science dans le domaine du sxe et de l’identité de genre. Selon les indications  de l’Institut national de la santé,  National Institutes of Health (qui finance lui-même actuellement des études éthiquement suspectes liées au traitement des patients à dysphorie de genre) les candidats aux subventions pour des études de santé doivent considérer le sexe comme une variable biologique «  définie par des caractéristiques encodées dans l’ADN, comme les organes reproductifs, et d’autres caractéristiques physiologiques et fonctionelles ». Le sexe humain est  « un trait binaire, déterminé biologiquement, et immuable dès la conception. »

Bien que certains rares désordres congénitaux du développement sexuel (désordre intersexe) peuvent générer une ambiguïté sur le sexe biologique, il n’existe pas de «  spectre »  du sexe sur lequel les humains puissent se situer.  Le sexe biologique est binaire.  Selon le biologiste de l’évolution de l’Université de Californie  Santa Barbara le Dr Colin Wright , « L’affirmation que la classification du sexe des individus à partir de l’anatomie et de la génétique n’a pas de « bases scientifiques » n’a elle-même aucune base dans la réalité, car toute méthode exhibant une vérité prédictive à plus de 99,98 % la placerait parmi les méthode les plus précises des sciences de la vie. »

Par contraste, l’  « identité de genre »  est un phénomène psychologique, non une caractéristique immubable, et introuvable dans aucune partie du corps, du cerveau ou de l’ADN. Il n’existe aucun test médical qui permette de la détecter. By contrast,.Parce que les  études sur les jumeaux  montrent la rareté des jumeaux identiques génétiquement souffrant d’un dysphorie de genre, l’origine n’est clairement pas génétique.. Il n’existe pas non plus de preuve  qui étaye la remarque habituelle que le patient a «  un cerveau de fille dans un corps de garçon » ou vice versa, comme il l’est répété dans des médias comme I am Jazz. Au contraire, chaque cellule du cerveau mâle est porteuse d’un chromosome Y et chaque cellule du cerveau femelle des deux chromosomes X, ce qui demeure vrai même si l’individu se sent faire partie du sexe opposé.  Toute «  preuve » d’une identité de genre innée est pure fiction, au contraire, il existe  de nombreuses preuves irréfutables  que des facteurs psychologiques et environnementaux variés sont déterminants.

Au contraire le sentiment peut changer et des  recherches  montrent que c’est la cas dans une grande majorité de cas (au moins pour des enfants).  Par exemple, des enfants présentant une dysphorie de genre autorsés à vivre une puberté naturelle finiront par accepter leur sexe à l’âge adulte dans 61 à 98 % des cas.  En contraste, des enfants soumis aux traitements de transition comme les bloqueurs de puberté ou les hormones sexuées (évoqués plus bas)  vivent presque toujours comme des adultes transgenres . Les données sur le taux de persistance des patients adultes ne sont pas fiables, premièrement parce que de nombreux patients ne sont pas suivis. Mais de plus een plus de ces patients recherchent une aide médicale pour renverser la procédure. 

Il n’y a pas de preuve que le dénommé gender-affirming treatment (GAT) ait aucun effet positif sur le confort psychologique à long terme d’individus souffrant de dysphorie de genre.  De telles personnes montrent en fait un taux de suicide très élevé avant le traitement  (avec un taux de tentatives de suicide neuf fois plus élevé que celui de la population ordinaire). Mais une étude de Suède, un pays très «  engagé » pour les citoyens se considérant comme transgenres, montre que de suivre un GAT ne réduit pas le taux de suicide de ces patients. En fait le taux de suicide perpétrés est 19 fois celui de la population générale.

L’histoire de l’ « Identité de genre »

A la lumière du manque de support scientifique crédible, d’où viennent donc les concepts de « identité de genre »  et de «  transgenrisme » Leurs origines reviennent à un groupe de « sexologues » des années 50, dont un proéminent endocrinologiste né en Allemagne Le Docteur Harry Benjamin et le Docteur en psychologie John Money.

Jusqu’à cette époque, la profession psychanalytique considérait le désir d’appartenir à l’autre sexe comme un désordre (rare) susceptible d’être traité dans le cadre d’une psychothérapie.  Benjamin, cependant précisa qu’il s’agissait d’un désir indiquant « une maladie unique distincte du transvestisme ou de l’homosexualité  et… non accessible à la psychothérapie. Il nomma cette condition : « transexualisme » et défendit son traitement avec un réassignement sexuel chirurgical.  (un de ses intérêts non démentis remontant à  sa fascination de début de carrière et à ses efforts pour changer le sexe de cochons d’inde). Peut-être liés à son expérience insatisfaisante avec la psychothérapie, Benjamin  a toujours reproché à la psychanalyse son « absence de scientificité ». Il ignora donc (selon ses dires à propos de ses propres cas cliniques) des signes patents  de psychopathologie chez les patients qu’il traitait médicalement pour la confusion de leurs sexes.

Comme Benjamin, le Dr. Money de Johns Hopkins décrivit le transsexualisme comme une situation devant etre traitée médicalement plutôt que psychologiquement. Money changea l’usage terminologique, utilisant le terme «  genre » issu du royaume de la grammaire (classification des noms par laquelle ils sont désignés comme masculin, féminin ou neutre dans certaines langues) vers ce qui maintenant   signifie «  la performance sociale indicative d’une certaine identité sexuelle ».  En d’autres termes, Money décréta qu’un individu pouvait avoir un «  genre » qui différait de son sexe biologique. «  Transexuel devint donc transgenre ».

L’American College of Pediatricians (ACPeds) décrit l’innovation linguistique comme suit :  

D’un point de vue strictement scientifique, l’être humain possède un sexe biologiquement déterminé et des différences sexuelles innées. Aucun sexologue ne pourrait changer les gènes d’un individu avec des hormones ou de la chirurgie. Le changement de sexe est objectivement impossible. La solution des sexologues était de détourner le mot genre et de le réintroduire avec une nouvelle signification qui s’applique aux personnes.

Il n’y a pas et n’a jamais eu de base scientifique à la dichotomie de Money entre genre et sexe, interprétée comme l’idée qu’une personne peut être née dans le «  mauvais »  corps. (Comme le Pédiatre endocrinologiste Dr. Quentin Van Meter l’exprime, «  Il y a zéro virgule zéro zéro science derrière ce concept ». Cependant la construction médico-sociale de Money  domine maintenant la psychiatrie, le discours universitaire et la culture au sens large.

L’enthousiasme de Money pour l’adinistation à ses patients de traitements irréversibles amena Johns Hopkins à établir un des premiers programmes dans ce but, regroupant des psychologues, des endocrinologistes,  et des chirurgiens. Sous leur administration, les patients subir des traitements hormonaux et de la chirurgie qui amputait des organes sains  et en créait de faux. En dépit des objections éthiques de psychanalystes  et de nombreux chirurgiens ( c’est une chose d’enlever des tissus malades et tout à fait une autre d’amputer des organes sains simplement parce que des patients perturbés émotionnellement le demandent.) Johns Hopkins s’installa plus avant dans cette pratique expérimentale.

Ce n’est pas avant 1979 que le médecin-psychiatre chef  de John Hopkins, Paul McHugh―un médecin qui reconnaissait tles bases psychologiques de la dysphorie de genre et qui caractérisait les possibilités de changement de sexe comme «  simplement, complètement fausses » fût capable de clore ce programme. Mais

McHugh n’est plus médecin en chef et le zeit geist fonce devant aussi, en solidarité avec la communauté LGBT » (notons le langage politique) le programme a récemment réouvert.

D’autres chirurgiens et hôpitaux n’ont pas fait preuve des scrupules du Dr. McHugh. Dans le début des années 70, une chirurgie nommée « chirurgie de  réassignement sexuel (sex-reassignment surgery (SRS) devenait routine, amenant le directeur d’une clinique d’identité de genre à  UCLA à déclarer que «  la question critique n’est plus de savoir si le réassignement sexuel pour adulte doit être effectué mais plutôt pour qui ? » Les institutions médicales se sont précipitées pour accroître la prolifération des cliniques du genre en réponse à, comme  l’admet un endocrinologiste de Dallas,  «  la demande des patients »  plutôt que par nécessité médicale.

Au regard de ce qui était classé comme «  désordre de l’identité de genre » (GID), les associations médicales se sont inclinées dans le sens des courants politiques prévalents.  En 2013, l’American Psychiatric Association (APA) changea le DSM-5 et replaça le GID par «  la dysphorie de genre », un terme qui se concentre maintenant non sur des bases psychologiques lorsqu’un patient refuse son sexe mais plutôt sur la détresse produite par ce rejet.  Si il n’y a pas de détresse, raisonne l’APA, il n’y a pas de problème – c’est parfaitement normal, et certainement pas un «  désordre », pur une personne de refuser de reconnaître la signification de son corps. Le «  stigmatisme » est supposé disparaître.

(L’APA a jusqu’ici résisté a la demande de certains activistes transgenres de «  dépathologiser » complètement le cas.

L’absence de diagnostic reconnut signifie une absence de couverture d’assurance. Donc, dans a littérature professionnelle, le transgenrisme occupe occupe une zone mal définie entre le cas psychiatrique et l’état normal de l’identité humaine. Quelqu’un doit payer pour ces onéreuses «  procédures de réassignement »

Le manuel   de l’ American Psychological Association reconnaît que tous les cliniciens ne croient pas dans la confirmation des croyances des patients confus sur leur genre ( au moins quand il s’agit d’enfants), mais qu’ils ont largement adopté l’agenda des transgenres radicaux. L’organisation évoque catégoriquement que : « le genre est une construction non binaire qui permet un panel d’identités de genre et que le genre d’une personne peut ne pas être aligné sur le sexe assigné à la naissance. » Ayant adopté ces fondation manifestement a-scientifiques, ils continuent à construire leur château de carte appuyé sur un échafaudage politique plutôt que médical.

Le reclassification de la dysphorie de genre est devenue globale, avec l’Organisation mondiale de la santé ( OMS) décidant  en Mai 2019 d’ôter cette condition de la liste des désordres mentaux et de se référer à une « incongruence de genre ». L’OMS explique que ce changement était nécessaire fin d’enlever la discrimination contre les individus dysphoriques et de permettre que leurs droits au GAT soit garanti.

Le totalistarisme transgenre

L’orthodoxie transgenre (ou idéologie, ou théologie) a donc saisi la société occidentale sans aucune base factuelle. Il est difficile d’identifier d’autres phénomènes culturels auquel la comparer à aucun point de l’histoire. Les nations se sont trouvées englouties par les mouvements politiques comme le National-socialisme, basés sur des concepts scientifiques fabriqués comme l’identité raciale, mais ces mouvements étaient différents dans leur nature de la révolution transgenre. Même les systèmes politiques totalitaires sont plus construits moins sur une acceptance large des citoyens que sous la force nue des armes. Par contraste, le transgenrisme bat la réalité sans tirer un seul coup.

A des moments différents de l’histoire, le champ de la médecine a fait le choix de pratique sans preuves, comme dans les lobotomies * au début du 20ième siècle , comme l’a fait le champ des psychothérapies dans la phrénologie, par exemple.  Mais dans aucun de ces cas les professionnels dans leur ensemble n’ont exigé l’acceptation et peut-être la participation à des doctrines sans fondement. Au lieu de cela, les pratiques étaient confinées dans des groupes restreints.* d’expérimentateurs qui n’avaient qu’un succès limité et temporaire contre la réalité de la science et le bon sens.

Mais ce n’est pas le cas avec le transgenrisme. Des médecins professionnels supposés formés et hautement expérimentés dans tous les champs d’intervention non seulement ignorent l’absence de preuve mais nient jusque aux faits qui ont été des évidences pour une humanité saine depuis sa création.  Des médecins  déclarent  sous serment qu’il n’y a pas de bases physiques permettant de déterminer si un humain est un mâle ou une femelle. La Dr. Deanna Adkins,  professeure à l’Ecole de médecine de  Duke University et dicectrice de la nouvellement affiliée clinique du genre de Duke, a témoigné devant une cour de la Caroline du nord «  Dans une perspective médicale, le déterminant approprié pour le sexe et l’identité de genre… c’est contraire à la science médicale d’utiliser les chromosomes, les hormones, les organes internes de reproduction, les appareils externes de reproduction ou les caractères sexuels secondaires pour passer outre les identités de genre afin de classer quelqu’un comme mâle ou femelle. ». Ceci pourrait déclencher la surprise pour des millions de docteurs et des milliards de personnes normales qui ont classé les individus de cette façon depuis la nuit des temps.

Cette insistance politiquement motivée à dire que le blanc est noir a entériné des traitements qui sont extraordinairement dommageables pour la santé à la fois physique et mentale des patients. Des pédiatres envoient des enfants dysphoriques à des collègues endocrinologistes  complices qui leur administrent des hormones très dangereuses  avec souvent des conséquences irréversibles, puis qui adresse les enfants à des chirurgiens complices, qui manipulent alors le scalpel afin de leur ôter des organes parfaitement sains et de créer des répliques pathétiques, non-fonctionnelles d’autres organes.  Les psychiatres et psychologues peuvent être impliqués mais la plupart du temps seulement pour approuver sans discussion le besoin supposé du patient pour des traitements aussi radicaux.

Les cliniques du genre fleurissent  comme des champignons après une averse de pluie acide.

Les professionnels des métiers de la santé ont eur face à ces activistes et créent des recommandations basées non sur la science mais sur la politique.  Les médecins dissidents sont harcelés pour le faire taire, menant le monde extérieur que la profession médicale dans son ensemble cautionne «l’affirmation » de l’identité de genre comme congruente avec celle de sexe. Les professionnels de l’éthique médicale  songent  à rendre l’adhésion des praticiens à ce shéma de pensée préalable à leur droit d’exercer.  Réclamant une place au sein des actuelles sociétés médicales, et se présentant comme la règle d’or du traitement transgenre, se trouve la World Professional Association for Transgender Health (WPATH). Les objectifs de la WPATH est de devenir la voix des experts médicaux sur la question mais elle fonctionne plus comme une organisation de de promotion politique ―aucun diplôme médical n’est exigé pour en être membre. Malgré l’approche «  tout public » de l’inscription, les consignes de la WPATH pour le traitement sont considérées comme une bible dans certaines parties de la profession médicale.

Un aspect remarquable de la révision  des standards de soin du WPATH de 2011 est l’encouragement  de mise en place de nouveaux paradigmes afin d’obtenir le consentement éclairé des patients. Comme le Dr. Stephen Levine, psychiatre à l’Ecole de médecine de la Case Western Reserve University le décrit :

[Le nouveau modèle] prévalant est que les patients savent mieux ce dont ils ont besoin pour être heureux, généralement signifiant que l’autonomie du patient est l’unique considération éthique pour le patient informé. Ceci incluant les enfants et les adolescents. Le rôle des professionnels de la santé mentale dans la reconnaissance et le traitement des co-morbidités psychiatriques hautement prévalentes et dans les décisions sur l’état de répartion a été dévalorisé, particulièrement par l’affirmation qu’il n’y a rien de pathologique dans aucun état d’expression du genre.

Selon la WPATH, donc, les médecins doivent sublimer leurs inquiétudes éthiques à propos du traitement des dysphories et l’harminiser au désir actuel de ces patients.

La WPATH  a donné naissance à l’USPATH, qui proclame ouvertement  lors de sa conférence  de 2017 que sa mission politique est de : «  manifester un choix fort de soutien pour continuer les développements rapides dans le champ de la santé des trans aux USA ainsi que pour a communauté des dispensateurs de soins, les chercheurs, et avocats qui promeuvent ces soins. »  A cette conférence, les organisateurs se sont inclinés devant des menaces de violence de la part de radicaux transgenres et ont annulés l’intervention du Dr. Kenneth Zucker, un psychologue qui prend la position apparemment détestable de prétendre que les patients seront généralement plus heureux s’ils peuvent se réconcilier avec leur sexe biologique. La seule préoccupation parmi ces soi-disant professionnels a été de trouver les moyens de faire taire la voix solitaire et sceptique de Zucker et de le faire sans être poursuivis.

Les activistes trans vont encore plus loin dans la profession médicale : Ils vont même jusqu’à supporter la prohibition législative  de ce qu’ils nomment «  la thérapie de conversion ». Ceci signifie que les psychiatres et les psychothérapeutes se voient interdire le fait d’explorer avec leur patient les bases spychologiques sous-jancntes de la dysphorie de genre. Pour paraphraser le psychiatre de John Hopkins Paul McHugh, soumettre un patient dysphorique à une  thérapie « confirmante », c’est comme soumettre un patient anorexique à une liposuccion. Mais les médecins de la nouvelle industrie du genre font bloc avec les radicaux politiques pour bannir le seul traitement qui pourrait épargner au patient un combat avec son corps ui s)durera toute sa vie.

Tout comme l’histoire n’offre pas de parallèle  avec les inepties professionnelles et médicales, elle ne montre rien d’équivalent dans la culture élargie.  La révolution transgenre a  capturé toutes les catégories de gouvernements , avec les branches législatives, dans l’exécutif et le judiciaires pressées d’appliquer les directives préférées des activistes.

• Ils ont mis main basse sur les médias, qui présente avec zèle l’idéologie transradicale comme la nouvelle norme et décrit ses opposants avec hostilité. Les géants des média-sociaux comme Twitter censurent quotidiennement tout contenu supposé insensible aux individus dysphoriques, même une simple évidence comme «  les hommes ne sont pas des femmes »

• Ils ont pris d’assault les écoles publiques et certaines écoles privées, de la maternelle au secondaire. Si un étudiant affirme qu’il est transgenre, il ‘est et tous les étudiants et le personnel doivent le traiter comme membre de son sexe nouvellement choisi.

• Ils ont conquis le monde des affaires américain, avec des exigences (parfois acceptées simplement, parfois, après un harcélement bien financé ) pour un engagement d’allégeance à la nouvelle orthodoxie. Les corporations sont mainenant pressées non seulement de supporter le concept mais d’exercer des pressions dans le champ publique contre les dissidents.

• Ils ont corrompu   la religion, particulièrement le Protestantisme  majoritaire, en remplaçant l’enseignement des Ecritures par le dogme du choix et des droits narcissiques.

• Ils ont corrompu le monde des athlètes, avec des mâles biologiques autorisés à entrer en compétition contre des femmes ou des filles plus petites, plus lentes et moins musclées au détriment inévitable des athlètes femmes.

• Ils ont corrompu la loi, avec des statuts qui ont été votés sans aucune pensée pour l’identité de genre étant maintenant  interprétée afin d’élever les «  droits » des dysphoriques contre ceux des individus ordinaires. Même les textes de loi fédéraux  qui ont été voté afin de favoriser l’accès des filles à une participation sportive accomplie (Title IX)  ont été maintenant invertis pour protéger les invasions mâles dans les équipes féminines.

• Ils ont corrompu la recherche, avec le Gouvernement fédéral  finançant maintenant des projets de recherche non éthiques et non professionnels censés confirmer une hypothèse préalable plutôt que d’atteindre une vérité scientifique.

Plus encore, ils ont couvert d’outrage tout chercheur qui obtenait des conclusions contraire au dogme transgenre.

• Ils ont corrompu le langage, avec  des exigences pour créer des pronoms faux et fabriqués pour se référer aux individus transgenre et avec une redéfinition forcée de termes basics comme «  homme » «  femme » «  père «  « mère ». Ce à quoi  même les radicaux se référaient  il y a une dizaine d’années en tant que «  sexe physique » ou «  sexe biologique » est maintenant quotidiennement nommé «  sexe assigné à la naissance », comme si l’obstétricien présent choisissait celui qui lui vient en premier à l’esprit.

• Ils ont piétiné la liberté religieuse, y compris les droits d’un couple qui voudrait adopter ou accueillir un enfant et l’organisation qui les aide. A moins que ces individus ou associations acceptent de parler et d’agir en concordance avec les mandats transgenres – de renier leurs croyances les plus fondamentales—ils seront  exclus de ces programmes pour l’enfance et pour la formation des familles.

Mais peut-être plus sérieusement, ils ont passé au bulldozer l’ancien, fondamental droit des parents   de protéger et de guider leur enfant. L’administration Obama mis en place de la guidance recommandant que les cadres des écoles ne notifie pas aux parents que leur enfant éprouve une confusion de genre, et pourtant bien que cette notification ne soit plus en vigueur, maintenir les parents dans le noir reste la règle  dans certains états. Les parents qui sont au courant du problème mais rejette la notion que leur enfant est emprisonné dans le mauvais corps sont sujets à du chantage émotionnel dirigé par des «  experts », qui, bien sûr, profitent de la nouvelle industrie. Avertis que sans hormones et sans chirurgie  leur enfant commettra un suicide, les parents sont avertis sans ménagement que leur choix est entre «  une fille en vie ou un fils mort »  ou vice versa. S’ils refusent de consentir à ce qu’ils savent qui doit blesser leur enfant, le gouvernement peut leur retirer la garde. Quand l’établissement médical et gouvernemental excluent les protecteurs naturels de l’enfant – la personne qui le connait et l’aime plus que quiconque au monde- de décisions qui peuvent littéralement ruiner la vie de l’enfant, la civilisation elle-même est en danger.

Fin première partie

Traduction Elisabeth Guerrier

*Nous nous permettons d’invalider ici les propos de Madame Robbins, lorsqu’elle attribue aux praticiens de la lobotomie une activité restreinte. La lobotomie fut l’objet d’un véritable engouement en Europe comme Outre-Atlantique et de nombreux praticiens en firent leur spécialité, lucrative et objet d’une sorte de notoriété. Par exemple, Walter Freeman se fit une spécialité de la lobotomie au pic à glace, il opérait dans une sorte de caravane et se déplaçait de ville en ville. 40 000 Américains ont été lobotomisés. Au plus fort de la mode, en 1949, ils ont été 5 000.  En replaçant les vagues des modes “thérapeutiques” touchant les questions du rapport à la norme avec les questions inéluctables que pose l’homme à l’homme et les solutions choisies dans le contexte historique, (on pense aussi à la déferlante des électrochocs du début du XXième), considérées pour un temps comme radicales sinon “prouvées” scientifiquement, du moins légitimées par le discours expert, ceci permet de relativiser la caution et les enjeux sous-jacents de la “scientificité” des interventions sur le public actuel.EG

Le virus militaro-industriel par Andrew Cockburn

Lettre de Washington

Le virus militaro-industriel

Comment des budgets gonflés ravagent nos forces armées

La nature du scandale est de devoir choquer suffisamment le bon sens pour pouvoir être démonté publiquement, logiquement puis juridiquement. Par contre lorsqu’une situation scandaleuse est devenue un mode de fonctionnement politique et économique impliquant de si nombreux organismes professionnels et corps de métiers, dirigeants et sous-traitants, que les fils de l’univers du complexe militaro-industriels sont liés de diverses façons à presque tous les champs civils et commerciaux et que les critiques en sont venues à devoir se taire face à une sorte d’évidence des faits devenus des usages renforcés par les intérêts gigantesques qui les sous-tendent et qui dominent jusqu’à l’aveuglement sur une vision régulatrice et économe au sens d'”administrable” du terme, les rares prises de position dénonçant l’absurde et la gabegie se doivent d’être fortement argumentées et sûres de devoir affronter les murs de la bonne conscience du ” fonctionnement” sans frein des décisions n’ayant plus rien à prouver. Nous joignons au travail remarquable de Andrew Cockburn les liens à deux articles traduits antérieurement qui eux- aussi dénoncent l’énorme compromission de centaines de milliers d’organisations, d’associations et d’employés, qui sont tous et toutes impliqués dans l’usage des dépenses faramineuses de l’armement et qui par leur action en son sein et le silence sur ce qu’elle implique, légitiment les politiques ouvertement bellicistes d’une nation qui doit se renouveler et se justifier sans cesse par de nouveaux conflits armés pour légitimer les milliards qu’elle réclame afin de maintenir sa prééminence d’armée mondiale. ” Devine qui dort sous la couverture de l’insécurité ” de Joan Roelof, et ” L’armée américaine, quel gâchis “ de William Hartung EG

The militaro-industrial virus

Andrew Cockburn

Illustrations by Shonagh Rae

Pour un pays qui dépense des sommes  énormes dans son appareil de sécurité nationale – de nombreuses fois plus que les pays supposés menaçants –  les USA ont une institution militaire étrangement invisible. Les bases militaires sont majoritairement localisées loin des centres de vie majeurs. Les vastes champs de missiles de l’Air Force par exemple, sont cachés très loin dans les plaines du  nord du Moyen-Orient. Il est rare de croiser un uniforme dans les rues de villes les plus importantes, même Washington. Trump  a rêvé d’organiser une « belle » parade dans la Pennsylvania Avenue, agrémentée de «  nombreux avions, exhibant notre puissance militaire » mais le Pentagone a rejeté cette idée en argumentant que le projet coûterait la somme extravagante de 92 millions de dollars, l’estimation a sûrement été gonflée, – c’était quatre fois plus que le coût de la parade qui a célébré le victoire de la guerre du Golf de 1991.  Suggérant que l’armée préfère faire profil bas. Cela demande souvent d’avoir un œil informé pour apprécier les signes de la défense au travail, comme le parc de bureaux longeant la Route 28 au sud de l’aéroport de Dulle, abondamment peuplé d’innocentes firmes attitrée pour l’armée ou les renseignements.

Largement hors de vue, notre machine de guerre gargantuesque est aussi de plus en plus hors des esprits, tout spécialement lorsqu’il s’agit des façons dont elle dépense ou gaspille notre argent. Il y a trois ans, les révélations  sur les dépenses de 435 dollars pour un marteau et de  640 pour un siège de toilette d’avion a déclenché une large couverture médiatique et un l’outrage du public. Mais quand il est apparu que l’Air Force payait maintenant 10.000 dollars pour le couvercle des toilettes seul, l’histoire n’a généré rien d’autre que quelques informations éparpillées et quelques commentaires de dérision sur les blogs et les médias sociaux. (Ceci en dépit des explications éhontées d’un officiel de l’Air force selon lesquelles ce prix abhéent avait été accepté pour empêcher le fabricant de «  perdre ses revenus et ses profits ». L’Air Force prétend maintenant acheter des couvertures imprimées 3D pur 300 dollars pièce, encore une somme extravagante. L’élu Ro Khanna de Californie, une des lumières principales des Primaires progressiste du Congrès, qui a été un fer de lance de la lutte pour interrompre la participation des USA à la guerre menée par L’Arabie saoudite pour l’extermination du Yémen, l’a confié récemment qu’il considère cette indifférence comme u signe des temps ; « Il y a un tel cynisme à propos de la politique, à propos des institutions, que  ce qui dans le passé aurait été l’objet d’un choc, d’une disqualification et d’un scandale a diminué. » Nous parlions d’une autre arnaque de la défense, dans laquelle une compagnie nommée TransDigm  a développé un modèle de business initié par l’industrie pharmaceutique. TransDigm cherche des fournisseurs uniques de composants obscurs mais essentiels  de l’armée, comme par exemple un assemblage simple de cables, puis elle achète la firme, rapidement augmentant les prix de ce matériau (par 355% dans le cas de l’assemblage). Khanna était particulièrement affligé que l’Inspecteur général  du département de la défense- qu’il a, en compagnie de Elisabeth Warren et du représentant de l’Ohio Tim Ryan, incité à enquêter sur la compagnie – ait conclu que les façons de TransDigm de faire du commerce étaient «  horribles mais légales ». (sans surprise, Wall Street aime cette compagnie, le prix de ses actions a doublé depuis les deux ans où Khanna a pointé ce problème.)

En des temps où les dépenses de l’armement représentent 53% de chaque dollar que s’approprie le Congrès, on pourrait espérer que le Pentagone soit mis sous un contrôle intense  par ceux qui croient que l’argent est urgemment nécessaire ailleurs. Pourtant ce n’est évidemment pas le cas. Des exemples scandaleux comme celui du siège de toilettes ou de TransDigm vont et viennent presque sans aucun commentaire, comme va l’actuelle réorganisation de l’arsenal nucléaire, à hauteur de milliards de dollars, qui représente certainement  une menace pour la planète aussi grande que celle du réchauffement climatique. Vrai, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, et Tulsi Gabbard parmi les candidats démocrates font campagne pour une réduction des dépenses de l’armement, mais ils ont tous des résultats inégaux lorsqu’il s’agit de voter pour le budget de l’armement. Les élus progressifs des primaires à la Chambre des Représentants  (House of Représentatives) ont bien sûr fait pression pour un gel  du budget du Pentagone avec «  une plus grande transparence  de notre Département de la défense »,  mais ces derniers efforts ont été entravés par l’opposition des centre-Démocrates et les précédents manquaient de données spécifiques. Les Justice Democrats, un Comité d’action politique ( PAC) de gauche qui a récemment vu le jour en tant que force puissante derrière des nouvellement élues  comme Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley, Ilhan Omar, et Rashida Tlaib, offrent peu de détails sur la politique de défense dans les publications de sa plateforme au-delà d’un souhait d’ «  en finir avec les guerres inutiles et de construire la nation. ».  Lorsque j’ai demandé à Khanna ce que signifiait le fait d’être progressif sur la défense, il a répondu avec un langage identique : «  cela signifie de comprendre que nos récentes guerres anticonstitutionnelles n’ont pas sécurisé les USA. Que notre armée est surmenée. Que nous avons beaucoup trop de champs de batailles à l’étranger. Que nous avons besoin d’une beaucoup plus grande maîtrise de l’usage de l’armée. » Pour Khanna la faute est clairement du côté de notre politique étrangère agressive. « La raison pour laquelle notre budget de l’armement est si gonflé est notre  trop grande présence et nos actions à l’étranger, qui ne nous ont pas rendus plus saufs. » Mais pourquoi une poignée d’opérations à petite échelle devraient elles «  gonfler » un budget qui est le plus important depuis la Seconde guerre mondiale ?  Tout indique que bien au-delà des  aventures malheureuses le budget si gonflé de l’armée lors des présidences de notre vingt-et-unième siècle et ont beaucoup plus d’implication en ce qui concerne à la fois notre défense et notre société.

En 1983, Chuck Spinney, un analyste du Bureau des programmes d’analyse et d’évaluation (Office of Program Analysis and Evaluation), a témoigné devant le Congrès que le coût d’un armement toujours plus complexe que l’armée insistait pour se procurer croissait toujours plusieurs fois plus vite que l’ensemble du budget de la défense. En conséquence, les avions, les navires et les tanks n’étaient pas remplacés sur une base de un par un, ce qui en retour assure que les forces armées se réduisent et  s’usent. Les avions, par exemple, sont maintenus en service plus longtemps et en plus mauvais état à cause de leur complexité accrue. Comme on doit s’y attendre, les décisionnaires haut-placés n’ont pas réagi favorablement à ces vérités domestiques.  Ils ont autorisé Spinney  garder son emploi mais lui ont assigné un poste de moindre importance. Il a passé le reste de sa carrière coincé dans un bureau du Pentagon, au cœur de la machine industrio-militaire, réfléchissant et investiguant sa personnalité institutionnelle.  Parti à la retraite en 2003, il a maintenu une production régulière d’analyses caustiques de son travail. Dans un essai datant de 2011, «  Les racines nationales de la guerre perpétuelle », il discute le modèle du «  système de croyance militaire et de ses motivations financiaires tordues »  qui produisent « un appétit vorace pour l’argent qui est alimenté par une inondation auto-produite de propagande idéologique. »   Fouillant dans les détails historiques des dépenses du Pentagon, Spinney illustre ses analyses sous la forme de diagrammes inclus  qui non seulement cherchent les quantités de dollars dépensées mais aussi montrent comment des budgets sont prévus pour l’achat d’armements variés et ambitieux qui ne se matérialisent jamais, du moins jamais jusqu’au degré nécessaire pour acheter le nombre d’armements prévus par le système : d’où les forces diminuant.

A la fin des années 2018, l’ami de toujours de Spinney Pierre Sprey, un ancien petit génie du Pentagon, admiré pour avoir co-conçu les avions A-10 et F-16 si célèbres et un critique tranchant de la défense orthodoxe, a suggéré à Spinney d’ajouter un ajustement à son travail en décrivant les changements de budgets en terme de pourcentage année après année plutôt qu’en terme   de dollars. L’analyse que Spiney produisit après cette remarque de Sprey a révélé quelque chose de curieux :  bien que le budget de la défense ait clairement augmenté et diminue au cours des soixante années suivant la guerre de Corée : les baisses ne sont jamais descendues en dessous du niveau que le budget aurait atteint si il avait simplement augmenté de 5% par année à partir de 1954. (avec une exception mineure en 1960) «  Etonnement » signale Spinney.

Ce résultat est vérifiable également  au moment des importantes réductions de budget qui se sont produites après la fin de la guerre du Vietnam et, d’une façon plus significative, après la fin de la Guerre froide. C’est comme s’il y avait un terrain de plus en plus élevé de résistance en dessous duquel le budget de l’armement ne pouvait pas descendre.

Il n’y a que pendant le deuxième mandat d’Obama qu’il est descendu au-dessous de ce seuil avec quelque degré de signification. Tout aussi intéressant, à chaque fois que le taux de croissance a touché ce plancher, il y a eu une réaction immédiate et vigoureuse sous la forme d’un tollé public touchant une menace militaire imminente supposée. De telles attaques inflationnistes de menaces entraînent invariablement une augmentation du budget, sans prendre en compte le fait que cette menace existe ou non.  Comme le remarquait le Général Douglas ­MacArthur déjà en 1957, «  Il y a toujours eu de la malfaisance à l’intérieur et des pouvoirs étrangers monstrueux à l’extérieur menaçant de nous avaler si nous ne nous rallions pas aveuglement en  fournissant les exorbitantes sommes demandées.  Cependant, rétrospectivement, ces désastres ces désastres ne semblent jamais se produire, et ne semblant jamais avoir été réelles »

En 1960, par exemple, le Président Eisenhower  se préparait à dénoncer  le pouvoir dangereux de que qu’il allait baptiser le  complexe militaro-industriel, le taux de croissance  touchait le plancher des 5%. Comme réplique apparut le spectre frauduleux de la « brèche dans les missiles » favorisant les Soviets. L’administration Kennedy juste arrivée réouvrit dûment le robinet budgétaire. 

Un ralentissement quelques années plus tard. Le choix de Kennedy d’ essayer de freiner et de libérer des fonds pour des initiatives intérieures fût renversé sous Johnson  avec la première grande escalade  au Vietnam. La fin de cette guerre ramena une nouvelle fois le taux à 5%.  Fidèle à la forme, cela éleva un chœur d’alarmes sur la montée de la menace du pouvoir militaire soviétique : la CIA révisa à la hausse ses estimations des prouesses et des dépenses militaires ennemies. Le Pentagon affirma que nos forces nucléaires faisaient face à une «  fenêtre de vulnérabilité ».  En conséquence, les dépenses augmentèrent énormément pendant les années Reagan, finissant par atteindre un pic de taux record de 10% d’augmentation.

La fin de la Guerre froide, qui a compromis toute l’entreprise, aurait pu amener un eu de changement. Mais non, la limite des 5% a tenu bon, et avant longtemps le taux de croissance a à nouveau monté comme Clinton étendait l’OTAN, assurant donc des relations tendues avec la Russie à court terme. Les attaques du 11 septembre et les guerres Bush-Obama ont amené année après année une augmentation jusqu’à la vitesse surmultipliée puis le taux a légèrement plongé jusqu’à la ligne des 5%  en 2015. Donald Trump, malgré toute sa grandiloquence sur la restauration de l’armée, a été en premier lieu apparemment opposé à la remise en cause de cet héritage d’Obama – son projet de budget initial pour 2020 montrait même un déclin complet des dépenses, de 717 milliards à 700 milliards. Cette aberration a cependant été très brève.   Suivant un cri d’alarme des représentants de l’armée au Congrès, Trump a renversé le cours et réinjecté avec zèle la quantité prévue de 750 milliards, à peine au-dessous du status quo historique.

Maintenant que l’establishment démocrate, ayant épousé depuis longtemps l’idée que Poutine était d’une façon ou d’une autre impliqué dans l’élection de Donald Trump, est devenu aussi obsessivement belliqueux sur le sujet de la Russie  que n’importe quel Républicain, il semble probable que la ligne remonte bientôt au dessus des 5% et y reste pendant les années à venir. Des rapports affirmant que les Russes, en dépit d’un budget de défense moins du dixième du nôtre, nous ont d’une certaine façon distancés dans le développement d’armes telles que les chimériques missiles hypersoniques ne sont pas du tout mis en cause. Les derniers sous-marins, navires, tanks, armes cybernétiques, et la maîtrise supposée d’un armement «  hybride » par Moscou, sont fréquemment évoqués pour justifier le niveau des dépenses, qui, même en prenant en compte l’inflation, équivaut maintenant à peu près le double du budget moyen de la Guerre froide.

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Ce processus entier, par lequel la croissance des dépenses ralentit puis est apparemment automatiquement regénérée, lève une possibilité surprenante : que notre complexe militaro-industriel soit devenu, selon les mots de Spinney, «  un système organique vivant », avec un réflexe construit d’auto-défense réagissant violemment dès que des menaces sur son approvisionnement – notre argent – touche un point sensible particulier. Les implications sont profondes, suggérant que le MIC ( Military-Industrial Complex) est enkysté  dans notre société à un tel point qu’il ne peut plus en être délogé et qu’il pourrait aussi n’être concerné exclusivement que par  son auto-préservation et son expansion, comme un virus géant cancéreux. Ceci est contraire à la notion que nos forces armées sont là pour nous protéger contre des ennemis étrangers et imposer notre volonté au monde entier. Et que la corruption, la mauvaise gestion, et la politique belligérante étrangère coûteuse sont des dysfonctionnements qui peuvent être corrigés avec des réformes adéquates et des changements de politiques. Mais si nous comprenons  que le MIC n’existe que pour se sustenter lui-même et croître, cela devient plus simple de comprendre pourquoi, en dépit des avertissements sur des soi-disant menaces imminentes, nous demeurons en réalité si piètrement défendus. Ce dernier point peut paraître incohérent. Les critiques du Pentagon, comme Khanna tendent à se concentrer sur le mauvais usage de notre puissance militaire, comme dans les guerres au Yémen ou en Afghanistan, et sur la nécessité de redistribuer l’argent hors de la défense, afin de faire face aux besoins sociaux. Ce sont certainement des approches cohérentes, mais elles négligent le fait que nous ne sommes laissés qu’avec une force de combat très pauvre pour notre argent. La preuve en est tristement claire, à commencer par notre arsenal gigantesque d’armes incapable des performances qui sont décrites et achetés à un coût extraordinaire. Quelques exemples, comme les avions de combat F.35 Ligntning II acehetés par l’Airforce, la Marine, et le corps des Marines,  qui ont gagné une certaine notoriété rendue discrète et ont servi comme sources de plaisanteries par certains comédiens à la télévision. Même si il n’existe que peu d’appréciation publique de l’étendue du désastre. Les F35 n’ont connu le combat que l’an passé, soit 15 ans après que le programme ait commencé. Les Marines n’oen ont envouyé que 6 lors de leur premier déploiement au Moyen Orient et sur plusieurs mois, ils n’ont pu voler, en moyenne, que lors d’une seule sortie de combat par avion tous les trois ans.  Selon l’ancien chef des essais du Pentagon, si il ya avait eu de la contre-attaque, ces «  avions de combat » n’auraient pas pu survivre sans la protection d’autres avions. Dans le programme d’armement le plus coûteux de l’histoire, au coût supposé de 406 milliards, les F 35 étaient initialement équipés d’un radar qui gelait si fréquemment que le pilote devait régulièrement l’allumer et l’éteindre.  Quand le problème du radar fût finalement réglé, la version de l’Air Force  de l’avion était équipée d’un fusil inacceptablement inadéquat qui reste à être réparé, bien que l’Air Force déclare y travailler. La Marine est, si c’est possible, encore en plus mauvaise forme, les mines, pour prendre un exemple frappant, sont une arme puissante et omniprésente chez nos ennemis potentiels. La crainte des mines a amené les USA à annuler un atterrissage amphibie majeur lors de la Guerre de Corée et ses inquiétudes à propos d’éventuelles mines en Irak ont empêché un assaut par mer sur le Koweit pendant la Guerre du Golf de 1991.

Une seule mine (et Iran en a des milliers) dans le Détroit d’Hormuz, à travers  lequel un tiers du pétrole mondial transite chaque jour, plongerait le marché dans un chaos total. Cependant la Marine possède à peu près onze dragueurs de mines, des vaisseaux branlants ayant passé de loin l’heure de la retraite, avec uniquement quatre  d’entre eux pour tout le Moyen-Orient.  Quinze des vaisseaux de combat Littoral nouveaux et pleins de défauts, connus parmi les personnels navigants comme «  les petits bateaux merdiques » seront soi-disant dédiés à la recherche et à la drague de mine dans les, mais aucun de leur équipement spécialisé – créé pour détecter et neutraliser les mines, y compris les drones sous-marins- n’a fait ses preuves. Un rapport datant de 2018  A single mine (and Iran has thousands of them) in the Strait of Hormuz, through which a third of the world’s oil transported by sea passes every day, would throw markets into total chaos. Yet the Navy currently possesses a mere  issu de l’Inspecteur général du département de la Défense a révélé que la Marine a déployé ce système « avant d’avoir testé son efficacité ». Sollicité pour commenter, la Marine a néanmoins affirmé que tout fonctionnait ou, en ce qui concerne les drônes sous-marins, qu’elle était en voie de produire quelque chose qui fonctionnait.

C’est pourquoi la part du lion de notre défense contre les mines doit être assumée par une petite flotte usée d’énormes hélicoptères ­MH-53E qui cherchent et détruisent les mines en tractant de grands traîneaux chargés de capteurs tirés à travers l’océan.  Le MH-53E, et sa variante pour les Marines, le CH-53E, sont des machines fatales, fatales, c’est-à-dire pour ceux qui opèrent avec elles. Selon le journaliste ayant réalisé le documentaire Qui a tué le Lieutenant Van Dorn, les hélicoptères se sont écrasés 58 fois et ont tués 132 équipage et contractuels depuis leur introduction en 1980, en faisant le plus dangereux avions de toute l’armée américaine.

Les dysfonctionnements de la marine ont été mis en lumière par une pléthore de scandales dans la Septième flotte qui opère dans le Pacifique ouest. Dans les récentes années, Leonard Glenne Francis, un entrepreneur connu sous le nom de «  Gros Leonard » qui visitait les  ports de la flotte  en Asie et a remporté plus de 250 millions de contrats a été accusé d’avoir corrompu une grande quantité d’officiers, dont des Amiraux, avec de somptueux divertissements, dont des beuveries qui duraient des jours et auxquelles participaient des groupes de prostituées connues sous le nom de  “Thai SEAL team”—­ainsi qu’avec du liquide afin de conclure des contrats surévalués. Il est aussi apparu que les mouvements de cette flotte ont parfois été dictés non par les exigences stratégiques de la Marine mais par des officiers rendant à Francis son hospitalité en redirigeant les navires vers les ports où il était installé et faisait le plus d’argent.  Bien que des lanceurs d’alerte aient donné l’alerte depuis des années, leurs plaintes avaient été régulièrement supprimées du registre des officiers. Quand la Marine a finalement décidé de mener une investigation sur ses activités, en 2010, pas moins de 60 amiraux ont été soupçonnés. A ce jour, 16 officiers, en service ou en retraite, ont été déclarés coupables de corruption, fraude et crimes associés, pendant que les autres sont en attente de leur procès. On a enquêté sur un autre groupe de 550 membres du personnel militaire en exercice ou en retraite, bien qu’un  délai de prescription ait empêché les poursuites dans certains cas.  Pendant ce temps, la flotte elle-même s’est détériorée progressivement, comme il est apparu dans l’accident tragique de deux destroyers le U.S.S. Fitzgerald  et le U.S.S. ­John S. McCain, qui sont entrés en collision avec des navires de commerce dans les eaux asiatiques en 2017, laissant morts 17 marins. L’origine de ces désastres a été liée directement à l’incompétence des commandants, et aux équipages mal entrainés, surmenés et trop peu nombreux luttant pour opérer sur des équipements cassés qu’ils ne savaianet pas comment réparer. Les fautes de direction remontaient jusqu’au csommet de la chaîne de commandement.

L’armée et les Marines offrent une image à peine moins déprimante. Pendant des dizaines d’années, l’Armée a été engagée dans une lutte onéreuse afin de fournir aux troupes des radios fiables. Un récent modèle portable, dont le coût a  été  évalué par l’Institut d’analyse des dépenses (Institute for Defense Analyses) à 72.000 dollars chacune,  est appleée Manpack.  Non seulement le modèle Manpack est deux fois plus lourd que le modèle qu’il remplace, avec une ampleur d’action plus courte mais il a montré une tendance à la surchauffe et a sévèrement brûlé les pauvres soldats d’infanterie qui le portait.  Les casques portés par les soldats et par les Marines en Irak et en Afghanistan se sont aussi montré inadaptés. Comme les auteurs du livre récent  «  Des esprits brisés » Shattered Minds l’ont démontré, leur design peut en fait amplifier les effets d’une explosion sur le cerveau.  En plus, beaucoup parmi ces casques se sont montrés très vulnérables aux balles et aux shrapnels, à cause d’un entrepreneur corrompu qui a lésiné sur le matériel pare-balle nécessaire. Comme il est commun avec ceux qui évoquent les dysfonctionnements officiels, les lanceurs d’alerte qui ont mis en avant cette fraude particulière ont été violemment harcelés par leurs supérieurs et exclus de leurs postes.

Les experts et les commentateurs omettent généralement l’attribution de motifs pécuniaires au Complexe militaro-industriel. C’est pourquoi une récente étude universitaire a trouvé la réponse au déclin des forces dans «  une disposition culturelle américaine favorisant la technologie » suggérant que nos dirigeants militaires sont enclins à verser de fonds dans des systèmes technologiques complexes d’armement, ne répondant qu’aux «  besoins basiques des troupes »  à cause d’une sorte de besoin culturel inné. La réalité s’avère plus simple : le MIC présente une sorte de compulsion à exiger et à recevoir  toujours plus de notre argent chaque année. Contrairement à certaines croyances, cet impératif ne signifie pas que le budget soit propulsé par des guerres à l’étranger. Tout au contraire, les guerres sont la conséquence de la quête pour des budgets plus importants. Récemment, le Pentagon a même proposé un budget de guerre qui ne serait pas dépensé sur une guerre. Les propositions de budget 2020 comprennent 165 milliards pour les   « Overseas Contingency Operations » (O.C.O.), une catégorie spéciale inventée en 2009 afin de supporter les guerres en cours, un peu comme si le Police department demandant des fonds supplémentaires pour arrêter des criminels.  Dans les années précédentes, des sommes importantes de ces budgets ont été tranquillement réorientées vers des priorités du Pentagone, comme le financement du nouveau programme d’armement. Mais maintenant la diversion est devenue officielle – les examens du budget reconnaissent que plus de 98 milliards du budget de l’oCO est utilisé pour l’équipement de base de routine plutôt que pour des combats à l’étranger.

En d’autres termes, ce n’est qu’une question de fric (it’s all about the Benjamins). Comprendre ce fait fondamental permet de comprendre plus facilement les décisions sous-tendues par notre politique de défense. Pourquoi, à titre d’exemple, la Septième flotte a-t-elle été déployée inutilement  avec des équipages mal entraînés et des équipements obsolètes ? La réponse, selon une investigation de ­ProPublica, est que des responsables officiels, guidés par Ray Mabus, Secrétaire de la marine sous la présidence d’Obama et le Chef des opérations navales, l’Amiral Jonathan Greenert, étaient décidés à  financer le plus possible de construction de nouveaux navires, une décision qui s’est avérée très profitable pour les chantiers navals si influents au niveau politique.  Pourquoi maintient-on des missiles sur des bases terrestres vulnérables et sur une base sous-marine invulnérable ? Parce qu’éliminer l’ICBM de l’Air Force entraînerait un choc sévère  à son  budget et à l’équilibre budgétaire des fournisseurs de la défense.

Nous sommes équipés d’une force de combat qui a besoin de s’appuyer sur ses proches pour ses besoins essentiels comme les protections ou les équipements de vision nocturne, alors que des centaines de millions de dollars sont gaspillés dans des engins exotiques comme le compas nommé NOVA, un avion totalement dysfonctionnel supposé détecter les IED.  Le fonctionnement de ce gaspillage est toujours le même et anticipable : les services insistent sur le fait qu’un nouvel armement est nécessaire pour remplacer l’ancienne flotte devenue rapidement obsolète. Inévitablement des ennemis à l’avancée imprédictible et rapide exigent de l’armement nouveau et plus efficace, coûtant 50 à 100% plus cher que les précédents. L’hypothèse que de l’armement plus efficace est supposé coûter plus cher n’est généralement pas questionnée, en dépit du fait que les prix pour des ordinateurs personnels  et d’autres technologies civiles aient évolué dans la direction opposée. Une fois les budgets pour un nouvel armement revu à la hausse approuvés par les têtes du Pentagon et par le Congrès, un planning est fourni de façon à ce qu’aucun échec à faire face à une échéance ou à passer un test ne puisse menacer l’apport de fonds. En plus, le contrat, inévitablement d’une complexité écrasante,  est prévu pour assurer au fournisseur des rentrées d’argent qui couvrent tous les possibles échecs techniques ou organisationnels, ce qui garantit un autre double ou triple  cout au-delà de l’estimation déjà surévaluée.

Ces phénomènes sont peu compris par le monde extérieur, ce qui est une des raisos pour lesquelles le contribuable est prêt à accepter une étiquette de 143 millions sur un ­F-22 ( ce n’est que l’information donnée par Lockheed, le véritable prix par avion est de plus de 400 millions) comme quelque chose de justifié à cause de ses équipements technologiques exceptionnels. Feu A. Ernest Fitzgerald, qui fût licencié en tant que Gestionnaire officiel des coûts de l’Air force sous les ordres immédiats du Président Nixon pour avoir divulgué des dépenses excessives dans le Programme de l’Air force, dévoila des sièges de toilette à 640 dollars pièce et des marteaux à 435 dollars ( il fût le premier à avoir porté ceci sous l’œil publique) qui ne sont que des emblèmes du système entier, et que des produits comme l’avion de combat à 400 millions n’étaient pas moins raisonnablement évalués que ces sièges de toilette.

La beauté du système réside dans sa nature d’auto-renforcement. Des coûts énormes exigés pour ces contrats ne consolident pas seulement les profits alléchants des constructeurs mais s’assurent que le nombre d’armements commandés soit toujours en-deçà  du nombre demandé en premier lieu. Par exemple, l’Air force  a prévu en tout d’abord d’acheter des 750 ­F-22s au prix de 139 millions pièce, mais le coût s’élevant a forcé le Secrétaire de la défense du moment Robert Gates, à annuler le programme en 2009, limitant alors la flotte à 187.

Avec un nombre plus réduit, les systèmes d’armement sont maintenus en service plus longtemps : les avions de l’Aiir force sont maintenu en activité en moyenne pendant vingt-huit ans, et certains encore en service ont été construits il ya plus de cinquante ans. Le F.35 par exemple, coûte au moins six fois plus que le F 16 qu’il remplace, alors que le Zumwalt-­class destroyer (7.5 milliards chacun) coûte quatre fois plus que le Arleigh Burke destroyer qu’il est supposé remplacer). Le coût des Zumwalt a été tellement surpassé que bien que le plan original avait prévu une flotte de 32 navires, la production a été interrompue à seulement 3). Par moment, le système atteint des points ultimes d’absurdité quand des sommes gigantesques sont dépensées sans aucun résultat visible. Cela fût le cas pour les Future Combat Systems, un programme grandiose dans le champ des batailles de terrain avec des véhicules, des robots et un armement divers, tous liés via l’électronique et avec Boing comme premier fournisseur. 20 milliards de dollars plus tard, l’entreprise a périclité, en exercice onéreux de futilité.

D’énormes mises de fonds avec des retours marginaux ou même on-existants attirent peu l’attention, et moins encore des objections parmi nos politiciens. Le Congrès donne son accord aux budgets du Pentagone régulièrement avec une majorité bipartisane  écrasante. Une des raisons est la croyance que les dépenses militaires sont un stimulant pour l’économie et pour les districts des membres du Congrès. Ce point a été analysé avec une clarté louable dans une tribune libre du New York Times par Peter Navarro, directeur du Bureau des politiques et de fabrication de la Maison blanche. L’occasion  été donnée par la visite imminente de Trump  à Lima, Ohio, usine de fabrication des tanks Abram de l’US Army. Faisant l’éloge du r^le de Trump dans l’augmentation de la production de tanks (bien que l’armée ait déjà un énorme surplus de tanks en stock) Navarro a mis en avant les bénéfices pour Lima et pour l’Ohio, insistant sur le fait que l’usine emploierait plus de mille personnes sur place et plus de mille personne dans le pays tout entier. « Considérez, écrit-il, l’effet de vague de l’usine de Lima. Dans l’Ohio seul, 198 de ses fournisseurs sont répartis sur plus de 16 districts congrégationalistes » Peu de représentants élus pouvaient manquer l’argument, y compris le Sénateur libéral démocrate de l’état,  Sherrod Brown, qui a travaillé aux côtés des juristes républicains pour gonfler les fonds sur le projet. Les contractants importants ont changé la distribution des contrats de défense à travers le plus de districts congrégationalistes possible en un art.  Les contrats et sous-contrats pour le ­F-35 de Lockheed, par exemple, sont répartis sur 307 districts dans 45 états, assurant ainsi l’allégeance d’un nombre proportionnel de représentants du Congrès ainsi que celle de 90 Sénateurs. L’argument de l’emploi exerce une influence même lorsqu’une vision des dépenses semblerait violer des principes politiques. Par exemple, le F35 est supposé stationner dans le Vermont, au Burlington International Airport, résidence de la Vermont Air National Guard. Parce que le F35 est au moins quatre fois plus bruyant que le F15 qu’il remplace, des pans entiers des habitations bon marché du voisinage selon les propres critères de l’Air Force deviendront impropres à l’occupation résidentielle, enfermant des milliers de personnes  dans des maisons qui ne pourront plus se vendre qu’à des prix cassés, cependant, les propositions pour le F35 reçoit le support politique de la direction habituellement libérale de l’état, le Sénateur Bernie sanders, qui a justifié son appui en argumentant que, bien qu’il soit opposé au F35, il donne son accord à son installation dans le Vermont dans la perspective de la création d’emplois.

Cependant, une observation plus précise indique que les contrats de défense ne sont pas en fait des pourvoyeurs d’emploi si efficaces. Robert Pollin and Heidi Garrett-­Peltier of the Political Economy Research Institute at the University of Massachusetts Amherst ont calculé le nombre d’emplois générés par un investissement de 1 milliard dans diverses industries, allant de la défense aux soins santé, aux énergies renouvelables et à l’éducation. L’éducation venait en premier  avec une large marge, avec 26,700 emplois, suivie par la santé avec 17,200.  La défense ayant généré 11,200 emplois était classée en dernier. «  Toute activité économique génère des emplois » commente Polly, «  Là n’est pas la question, la question est de savoir combien d’emplois sont créés à partir d’une certain niveau de dépense dans telle partie de l’économie et en relation avec les autres ». Le fait est que les dépenses de défense génèrent moins de’emplois que l’énergie verte, l’éducation, et d’autres industries-clefs.

Des études comme celles-ci sont rares. Les recherches sur l’impact des dépenses de la défense sur l’économie américaine dans son ensemble sont encore plus rares, même si l’armement représente environ 10% des productions de tous les USA. Il ya une génération,  Seymour Melman, un professeur d’ingénierie industrielle à Columbia, a consacré presque toute sa carrière à l’analyse de ce sujet. Il a conclu que l’impact des dépenses d’armement sur l’ensemble de l’économie était complètement destructeur, une conséquence des mauvaises habitudes injectées dans le courant de la gestion américaine des entreprises par une culture de la défense indifférente aux coûts   et à la productivité. L’industrie US des machines-outils, par exemple, a exercé le pouvoir sur l’industrie d’après-guerre grâce à sa productivité efficace en terme de coût qui a en retour permis des salaires élevés pour les travailleurs. Mais écrit Melman comme de plus en plus de sea production glissait vers des contrats de défense, les reactions de l’industrie avec le Pentagon

Devinrent toutes du «  travail pénible », ce qui est nécessaire pour augmenter les coûts. A partir de là il était possible proposer des services à un nouveau client pour lequel l’augmentation du prix et des coûts était acceptable. Voire désirable.

En conséquence, comme le détaille Melman, l’industrie des machines-outils américaine cessa d’être compétitive avec celle de nations comme le Japon ou l’Allemagne, où le contrôle des coûts règne en maître.

Bien sûr, quelques sections des manufactures d’après-guerre redevables au dollar de la défense mènent encore le monde, notablement la fabrication d’avions civils  représentée par la compagnie Boeing. Les avions de ligne qui sont sortis des usines de Seattle étaient bien conçus, sûrs et rentables. Boeing avait un énorme secteur de défense également, mais le responsable du managment a renforcé une règle tacite selon laquelle des managers de la défense ne devraient jamais être transféré dans la branche civile, de peur qu’ils ne l’infectent de leur culture des surcoûts,  des délais dans les plannings et des initiatives risquées ou impossibles à réaliser.

Cela a commencé à changer en 1997, quand Boeing a fusionné avec ­McDonnell Douglas, une compagnie de défense. En termes de management, la fusion a été en fait le rachat de ­McDonnell avec son exécutif et surtout son PDG Harry Stonecipher—­assurant la direction des deux compagnies combinées, amenant avec eux l’héritage culturel de la compagnie. Les effets ont été rapidement perceptibles dans la première initiative importante touchant les avions de lignes Boeing sous le régime de la fusion : le 787 Dreamliner.  Parmi les nombreuses caractéristiques familières à tout étudiant de l’industrie de l’armement, le programme s’appuyait abondamment sur des contrats extérieurs effectués dans des pays étrangers afin de s’ assurer la fidélité d’acheteurs potentiels.  Envoyer des pièces de part le monde coûte de toute évidence du temps et de l’argent. De même que l’usage de technologies nouvelles et potentiellement non sécurisées, dans ce cas précis, étaient impliqués une cellule en plastique et des contrôles tout-électroniques alimentés par une batterie extrêmement large et dangereusement inflammable. Cette technologie eût également un impact sur le coût, qui a dépassé un estimation initiale de 5 milliards d’au moins 12 milliards – une excédant impressionnant, même selon les standards de la défense. Comme prévu, la batterie a pris feu, résultant dans un maintien coûteux des équipages du Dreamliner au sol de trois mois  pendant qu’on envisageait une réparation. L’avion doit encore se montrer rentable pour la société mais espère l’être finalement.

Les deux crash récents de Boeing 737 Max, qui ont tué 346 personnes, ont été un signe supplémentaire que diriger des programmes d’aviation civile en même temps que des lignes de fabrication industrielle peut ne pas avoir été le meilleur choix de Boeing. Le 737 a été financièrement d’une rentabilité éprouvée avec un record de sécurité impressionnant depuis 1967. Il ya quelques années, cependant, sous les auspices du PDG Dennis Muilenburg, ancien superviseur du fiasco du Future Combat Systems et de Patrick Shanahan (actuellement le Secrétaire de la défense en place) qui avait pris la tête du Programme des systèmes de missiles de défense de Boeing et du Dreamliner program avant de devenir le responsable général des programmes des avions commerciaux de Boeing, l’avion de ligne a été modifié dans un programme à la va-vite afin d’être en compétition avec l’Airbus A320. Ces modifications, principalement des moteurs plus grands qui ont compromis les caractéristiques aérodynamiques de l’avion l’ont rendu potentiellement instable. Sans en informer les consommateurs ni les pilotes, Boeing a installé un équipement automatisé Band-Aid qui réparait le problème de stabilité, au moins quand les indicateurs nécessaires fonctionnaient. Mais les indicateurs étaient susceptibles de tomber en panne, avec des conséquences désastreuses. De tels défauts sont communs dans les programme de défense, en d’entre eux étant le porte-avion V-22 Osprey de Boeing, ( supervisé pendant une période par Shanahan) dans lequel un défaut de fabrique, longtemps nié, a amené de multiples accidents qui ont tué 39 soldats et Marines. Mais l’impact final de ces désastres sur les contractants reste minimal, même positif, puisqu’ils peuvent être payé pour résoudre les problèmes. Sur le marché, les punitions en terme de pertes de ventes et de poursuites risquent d’être beaucoup plus sévères.

Dans la période immédiatement après la Guerre froide, avant que les tensions avec la Russie ne soient ravivées, la Corporation BDM, un groupe majeur de consultation sur la défense a reçu un contrat du Pentagon afin d’interviewer les anciens membres du complexe de défense soviétique ou dans l’armée ou dans la fabrication d’armement. Parmi les révélations intéressantes qui en ont émergé ( qui incluent la confirmation que les hypothèses de la surveillance US sur la politique de défense de l’Union soviétique ont été fausses presque entièrement tout au long de la Guerre froide) figure un compte-rendu  faisant autorité qui évoque à quel point le pouvoir militaro-industriel fût un désastre pour la défense soviétique et pour l’économie. BDM a appris que «  le secteur de la défense industrielle utilisait son influence afin de fournir plus d’armes qu’il en était demandé par les services de l’armement et pour construire des équipements nouveaux que les militaires opérationnels ne voulaient pas. »

Une énorme portion de la capacité industrielle soviétique était vouée uniquement à la production des missiles. «  Cette vaste base industrielle », selon un des fonctionnaires de haut rang interrogé, «  a détruit l’économie nationale et à appauvri le peuple. » Des appels à des coupes dans cette production inutile étaient rejetés par le Kremlin sur l’argument de «  que va-t-il arriver alors aux travailleurs ? » La charge insupportable du complexe militaro-industriel soviétique a été sans aucun doute une des premières causes de l’effondrement final de l’Union soviétique – le virus avait consommé son hôte.

Le contrat de BDM  a été conclu dans l’attente qu’il confirmerait au Pentagone bien-aimé la thèse que la simple ampleur des dépenses US, en particulier sur l’énorme gonflement initié dans les années Reagan,  avait écrasé l’URSS en les forçant à essayer de s’aligner – un acquiescement bienvenu des budgets de mammouth de la défense. Mais le projet BDM tel qu’il est en cours, avant même que les chercheurs n’aient terminé leur enquête, montre que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé : la charge de l’URSS a été entièrement auto-générée pour des motifs internes, comme ceux de maintenir l’emploi. Quand les officiels du Pentagone ont réalisé que la recherche de BDM allait conduire à une conclusion hautement malvenue, le contrat éa été brutalement terminé. Le système sait comment se défendre.

Traduction : Elisabeth Guerrier

L’ennui. Court extrait de ” Humbolt gift ” de Saul Bellow

TRADUCTION d’un court extrait du roman de Saul Bellow : “Humbolt gift” sur l’ENNUI.

Un léger écart par rapport aux habituels contenus mais le lien entre ennui et terreur m’a semblé digne d’un petit manquement.

Lors de ses premiers temps, la révolution était une œuvre d’inspiration. Les travailleurs, les paysans, les soldats étaient dans un état d’excitation et de poésie. Quand cette phase brillante a pris fin, qu’est-ce qui est venu ensuite ? La société la plus ennuyeuse de l’histoire. Manque d’élégance, négligence, insipidité, biens ennuyeux, bâtiments ennuyeux, inconfort ennuyeux, supervision ennuyeuse, presse ennuyeuse, éducation ennuyeuse, bureaucratie ennuyeuse, travail forcé, présence policière permanente, présence pénale, ennuyeux congrès du parti etc. Ce qui était une constante c’était la défaite de l’intérêt. Qu’est-ce qui pouvait être plus ennuyeux que les longs dîners donnés par Staline, comme les décrit Djilas ? Même moi, quelqu’un d’assaisonné à l’ennui par mes années à Chicago, mariné, mithridatisé par les USA, je me suis senti horrifié par la narration de ces dîners à douze plats, ces banquets durant toute la nuit racontés par Djilas. Les invités buvaient et mangeaient, et buvaient et mangeaient, puis, à deux heures du matin, ils devaient s’asseoir pour regarder un western américain. Leurs coccyx étaient douloureux. Ils étaient terrorisés au fond d’eux-mêmes. Staline alors qu’il bavardait et plaisantait, piquait mentalement ceux qui allaient se faire punir et pendant qu’ils mâchaient et s’ébrouaient et engloutissaient ils le savaient, ils s’attendaient à être descendus sous peu. Que serait – en d’autres termes – l’ennui moderne sans la terreur ? Une des ouvrages les plus ennuyeux de tous les temps est l’épais volume des « Propos de table » d’Hitler. Lui aussi conviait les gens à regarder des films, à manger des pâtisseries, ou à boire du café avec Shlag, pendant qu’il les ennuyait, pendant qu’il discourait, théorisait, expliquait Tout le monde périssait sous le manque de fraîcheur et la peur, effrayé d’aller au toilette. Cette combinaison d’ennui et de terreur n’a jamais été proprement examinée. L’ennui est un instrument de contrôle social. Le pouvoir est le pouvoir d’imposer l’ennui, de commander l’immobilité, et de combiner cette immobilité avec l’angoisse. Le véritable ennui, l’ennui profond est assaisonné de terreur et de mort.Il y avait des questions plus profondes encore, par exemple, l’histoire de l’univers serait très ennuyeuse si on essayait d’y penser à la manière de l’expérience humaine ordinaire. Tout ce temps sans un seul évènement ! Des gaz encore et encore, et de la chaleur, et des particules de matière, les marées solaires et les vents, encore ce développement insidieux, morceaux ajoutés aux morceaux, accidents chimiques, des âges entiers au cours desquels presque rien n’est arrivé, des mers sans vie, juste quelques cristaux, quelques composants de protéines se développant. Tout ce retard de l’évolution est si exaspérant à contempler. Les erreurs maladroites que vous voyez dans les musées de fossiles. Comment de tels os pouvaient-ils courir, ramper, marcher ? C’est une agonie de penser au pelotage des espèces. Tout ce farfouillage, ces rampements dans les marais, ces dévorations, ces chasses et ces reproductions, la lenteur ennuyeuse avec laquelle les tissus, les organes, et les membres se sont développés. Puis l’ennui de l’émergence de types plus sophistiqués, puis de l’espèce humaine, la vie terne des forêts paléolithiques, la longue, longue incubation de l’intelligence, l’idiotie des âges ruraux. Ils ne sont intéressants que dans leur observation, en pensée. Personne ne pourrait supporter ça. L’exigence actuelle porte sur un mouvement en avant rapide, pour un résumé, pour la vie à la vitesse d’une pensée intense. Comme nous approchons, grâce à la technologie, de la phase de la réalisation instantanée, de la réalisation des désirs et des fantasmes éternels de l’homme, de l’abolition du temps et de l’espace, la question de l’ennui ne peut que devenir plus intense. L’être humain, de plus en plus oppressé par les termes spécifiques de son existence – un seul tour pour chacun, pas plus d’une seule vie par client- doit se mettre à penser à l’ennui et à la mort. Et toute cette éternité de non-existence ! Pour des gens qui cherche continuellement l’intérêt et la diversité, Oh comme la mort doit être ennuyeuse !, D’être devoir rester allongé dans une tombe , à la même place, comme c’est effrayant !

La militarisation de l’Arctique : une question essentielle à laquelle accorder toute son importance Alex Gorka

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Soldats anglais. Opération ” Trident junction “
  Russia’s desire to undermine American democracy is related to its inability to match up to the military and economic power of the West.”

October 25, 2018 | Alina Polyakova, TIME

Cité dans «  Brooking briefs »

Au regard de l’énergie développée pour tenter de traduire correctement la liste interminable des équipements spéciaux de l’armement de la Russie dans l’Arctique, développée avec beaucoup de précision par Alex Gorka et dont chacun des éléments peut être vérifier en ligne, on reste songeur sur cette sorte de maladie du sens moral qui parcourt d’une façon endémique tout l’Ouest, nourrie de préjugés, de rumeurs, de fausses informations qui définissent «clairement » dans les esprits brumeux des masses qui est «  le méchant ». Certains dans le passé ont manipulé les informations données avec une sorte d’approche scientifique sur la propagande et ses moyens. Il semble que ces stratégies d’imprégnation collectives soient devenues la seule façon de faire de la politique étrangère dans ce système, elles s’appuient sur une paresse intellectuelle constitutive du Lambda, sur son incapacité à lâcher son os quand il a mordu à la certitude de savoir comment vont les choses, à ne jamais avoir l’esprit suffisamment libre et souple pour consacrer le temps nécessaire à chercher à se contredire lui-même, sur son besoin toujours renouvelé, ce qui le soulage de sa propre dépréciation chronique, de pointer la faute sur l’étranger, qui évidemment est voué à changer de nom et de visage quand la géopolitique l’exige.EG

 

Pour bien éclairer quels sont les réels enjeux face à la Russie et à la Chine : Ci-dessous la déclaration de Wess Mitchell, Secrétaire d’état aux affaires européennes et eurasiennes. Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs in the US State Department)
La transcription de cette allocution au Sénat a omis deux phrases qui figurent en contrebas du texte et qui illustre parfaitement l’état d’esprit des USA quant à ses ” rivaux ” Chinois et Russes Quand on est l’exception et la police d’un monde, on ne lâche pas le morceau facilement et 
les USA ne lâcheront rien.

Ces phrases sont :
Empêcher
la domination
de la masse continentale eurasienne
Par la Chine et la Russie
prevent the
domination of
the Eurasian landmass by
Russia and China

“Le point de départ de la stratégie de la Sécurité Nationale est la reconnaissance du fait que les USA entrent dans une période de compétitions entre grandes puissances et que les politiques passées n’ont ni suffisamment envisagé l’étendue de cette tendance émergeante ni équipé d’une façon adéquate notre nation afin qu’elle réussisse à la gagner. La Russie et la Chine sont des compétiteurs sérieux qui construisent les conditions matérielles et idéologiques de la contestation de la primeur américaine et de son leadership du 21 ième siècle. Prévenir la domination de la région eurasienne par des puissances hitiles continue à être un un intérêt prioritaire de sécurité nationale. l’objectif central de l’administration dans le domaine de la politique étrangère est de préparer notre nation à se confronter à ce challenge en renforçant systématiquement la militarisation, l’économie et les fondations politiques du pouvoir américain.

The starting point of the National Security Strategy is the recognition that America has entered a period of big-power competition, and that past U.S. policies have neither sufficiently grasped the scope of this emerging trend nor adequately equipped our nation to succeed in it. Contrary to the hopeful assumptions of previous administrations, Russia and China are serious competitors that are building up the material and ideological wherewithal to contest U.S. primacy and leadership in the 21st Century. It continues to be among the foremost national security interests of the United States to prevent the domination of the Eurasian landmass by hostile powers. The central aim of the administration’s foreign policy is to prepare our nation to confront this challenge by systematically strengthening the military, economic and political fundaments of American power.

 

 

 

ALEX GORKA | 24.10.2018 | SECURITY / WAR AND CONFLICT

Militarization of Arctic: Issue of Incredible Importance Not Given Due Attention to

La militarisation de l’Arctique : une question d’une importance incroyable qui ne suscite pas l’attention qu’elle mérite.

L’Europe, le Moyen Orient et l’Asie du sud-est ne sont pas les seuls théâtres potentiels pour des opérations militaires. L’Arctique est une zone de rivalités géopolitiques. La situation là-bas est laissée à tort hors des éclairages médiatiques. Pendant ce temps, 2018 a vu un nouveau record du retrait des glaces dans la région.

La Russie a présenté l’attribution de 1.2 millions de mètres carrés dans cette région  aux Nations unies. Selon la convention des Nations unies sur la Loi de la mer, (UNCLOS), un état côtier peut prétendre à la côte continentale au-delà de 120 miles nautiques en présentant des preuves scientifiques qu’il s’agit de la prolongation naturelle de ses marges côtières. La seule région côtière de la Russie peut être étendue, étant donné le droit exclusif de l’état à exploiter ses ressources naturelles sur les fonds et l’océan. Il s’agit de réserves de pétrole de plus de 8.5 trillions de dollars.

Moscou considère la Route de la Mer du Nord Nothern sea road ( NSR) située à l’est de Novaya Zemlya et qui longe la côte arctique russe de la Mer de Kara en Sibérie au Détroit de Bering comme une zone maritime économique exclusivement russe ( EEZ) selon l’article 234 de la Convention des Nations unies   Convention sur les lois de la mer . Cet article attribue aux états du littoral au sein de leurs zones d’exclusivité économiques ( 200 miles nautiques) le droit d’appliquer des lois non discriminatoires et des régulations touchant la navigation dans les parties glacées. Les US en sont signataires mais le Congrès ne l’a pas ratifié.  Washington ne reconnait donc pas les exigences de la Russie et cherche à rendre cette région internationale.

Les USA, le Canada, le Danemark et la Norvège ont leurs propres réclamations. L’Arctique est supposé contenir plus de 22 trillions de dollars de ressources sous la glace,  y compris 90 billions de barils de pétrole et 47 trillions de mètres cubes de gaz naturel. Il est normal que les états se les disputent aussi longtemps qu’ils sont envisagés sur la base du droit international à travers les négociations. Mais l’escalade graduelle des tensions dans l’Arctique est un fait.

Selon le Guide de la défense danois  2018-2023, il y aura une augmentation impressionnante de 20% des dépenses de défenses dans les prochaines six années. L’Arctique est mentionné comme une zone d’activité  et de présence militaire en développement. En été, la Norvège s’est réinvestie dans une augmentation des dépenses en faveur de l’OTAN de 2% du PIB avec son plan à long terme impliquant  son engagement de 2O21-2024 comme des prémices essentielles. Oslo va investir des de l’ « équipement stratégique » comme le nouvel avion furtif F-35, des sous-marins et le nouvel aéronef patrouilleur maritime P8. Le Canada va développer une  flotille navale arctique. L’an passé, Ottawa a dévoilé son plan d’augmenter ses dépenses militaires de 70% ( ou plus de 30 milliards) sur les dix prochaines années. La plupart de cet investissement allant aux navires de guerre et aux avions de chasse. La Crête de Lomonosov est le principal osujet des disputes territoriales entre le Canada et la Russie. Elle s’étend sur 1800 kilomètres des Nouvelles îles sibériennes à travers l’océan atlantique jusqu’à l’île canadienne de Ellesmere. Le Canada se livre à des manœuvres militaires dans cette zone.

Les Bérets verts US s’entraînent  à combattre la Russie dans la région. Donc les sous-marins d’attaque sont aussi en manœuvre.  En mars, plus de 1500 personnels militaires de plus de 20 unités ont été rassemblés  pour les exercices militaires de 2018 sur la crête arctique. Les Gardes côtes US cherche à armer ses brise –glaces utiliser pour ouvrir des passages à travers les mers gelées. Les US ont stationné des avions furtifs F22 et F35 en Alaska. Ce déploiement fournit une supériorité aérienne aux USA sur tout l’hémisphère nord.

La Russie met en œuvre les State Policy in the Arctic Till 2020 and for a Future Perspective. (Politiques nationales de l’Arctique jusqu’en 2020 et dans une perspective d’avenir) L’Arctique est une source de menaces pour la Russie. Les missiles lancés des sous-marins à partir des eaux proches de la Norvège laisseraient à l’armée russe à peine 15 minutes pour décider si un tel objet représente ou non une menace et comment y répondre. L’Arctique est la seule location permettant le lancer de missiles Tomahawks qui pourraient frapper les bases intercontinentales de missiles russes (ICBMs) dans les régions de l’ Orenburg et de Krasnoyarsk  aussi bien que celles de l’Oural.

La Flotte du nord russe est une force qui groupe 38 grands navires de surface, plus de 40 sous-marins et un corps d’armée comprenant deux brigades d’infanterie. La 61ième brigade d’infanterie est sous le commandement des Forces stratégiques jointes de la Flotte du nord. 7 sous-marins prêts au combat sont regroupés là. A peu près 60% de la flotte opérationnelle est équipé d’un nouvel armement.

L’équipement  de combat Ratnik  pèse entre 19 et 20 kilos, il est conçu pour des opérations dans le climat arctique et comprend un casque à vision nocturne, une armure corporelle, un équipement de communication et des écouteurs. Tout compris, l’équipement comprend 10 sous-systèmes et à peu près 60 items séparés. Pesant 7,5 kilos, l’armure classe 6 protège presque 90 % du corps des soldats à partir de 7,62 m. même contre des tirs courts. Il est équipé de systèmes de détection spéciaux contre les systèmes à infrarouge. Conçu en fibre de carbone légère,  l’exosquelette supporte le système musculaire afin d’aider le soldat à porter des charges de plus de 50 kilos sur des longues marches.

Le système de communication vocal et visuel Strelets-2 inclut un module de navigation  GLONASS  qui permet à un chef d’escadron de vérifier la location de chacun de ses soldats sur un ordinateur de la taille d’un livre et de la communiquer à ses chefs. Chaque soldat est en plus équipé d’un ordinateur tactique de la taille d’un téléphone.

Les soldats ont le véhicule tout terrain Ruslan,  le véhicule de trace tout-terrain GAZ-3344-20, le  DT-10PM vèhicule amphibie. Capable de défendre l’espace aérien dans un rayon d’au moins 15 kilomètres, le nouveau système de missiles à courte-portée Tor-M2DT est le seul système dans sa catégorie conçu spécialement pour les conditions météorologiques de la région arctique. Il peut protéger contre les radiations et les missiles de croisière, contre les engins téléguidés aériens, les planeurs, et réparer et tourner les ailes des avions de chasse. Sa plateforme de DT-30PM sera utilisée pour le lancement multiple de système de fusée Grad et Smerch.

Les capacités de la défense aérienne vont être augmentées grâce  au S-400 Triumf aet mise à jour avec l’auto-propulseur Pantsir-1S, système de missiles de moyenne portée surface-air.

Le T-80BVM est parfaitement adapté aux conditions météorologiques particulières de l’Arctique. C’est le premier tank russe opérationnel à être équipé d’une nouvelle armure réactive explosive. Ses moteurs à turbine améliorés sont  plus performants dans les conditions arctiques. Commençant à des températures aussi basses que – 40 degrés Celsius et prêts pour l’action en quelques minutes. Les tanks avec du diesel conventionnel ont besoin de 40 minutes pour chauffer dans les conditions de températures de l’Arctique.

Cette année, La Russie à dévoiler le nouveau buggy Chaborz M-3  destiné à des opérations version arctique.  C’est un véhicule léger tout terrain polyvalent 4.2 prévu pour des opérations des unités des forces spéciales dans des conditions  hors route. Il peut atteindre sur route des vitesses de 130kms/ heure.

Cette année, Ilya Muromets, le premier briseur de glace construit pour la Marine russe en presque 40 ans est entré en service avec la logistique du vaisseau de soutien Elbrus ,  le projet 22350 de la frégate Admiral Gorshkov équipée avec des missiles de longue portée  Kalibr, et le navire amphibie Ivan Gren  (Project 11711), le premier vaisseau de cette catégorie, les systèmes de missiles pour la défense côtière ont été déployés dans la région de Murmansk.

Le char Academic Pashin  (Project 23130) est testé en mer.  Deux brise-glace  Arktika-class sur six, équipés de double-têtes nucléaires ont déjà été lancés. Les plans comprennent la construction de Lider, le brise-glace à propulsion nucléaire super-puissant. Le brise-glace Ivan Papanin (Project 23550) polyvalent,  est le premier d’une série de deux doit être livré à la marine russe en 2021. Ce navire est destiné à l’étude et à la protection des eaux arctiques, les opérations de recherches et de sauvetage, l’escorte de navires dans les eaux polaires, le transport d’équipements et le remorquage et le support de vaisseaux auxiliaires. Il peut fournir la protection à des vaisseaux opérant dans les eaux polaires contre les tirs aériens, maritimes ou côtiers.

Trois sous-marins balistiques supplémentaires (Project 955) et trois sous-marins d’attaque nucléaires (Project 885) ainsi que deux frégates (Project 22350) entreront en service avec la Flotte du Nord dans le futur proche. Le porte-avions. Admiral Kuznetsov  sera également de retour dans les rangs après une mise au point de ses équipements avec la version navale du système de défense aérienne. Des systèmes Bal de défense côtière vont être également déployés.

La militarisation graduelle de la région est une réalité. Il y a deux options. L’une est de transformer l’Arctique en un champ de mine où la moindre étincelle pourra déclencher une explosion. L’autre est de lancer un dialogue complet afin de répondre aux questions de sécurité liées à la région. Cinq des huit membres du Conseil de l’Arctique sont membres de l’OTAN avec la Suède et la Finlande étant des partenaires privilégiés de l’Alliance.  Cela fait partie des questions à poser sur les relations entre l’OTAN et la Russie. Les activités militaires de la Russie dans la région n’ont rien à voir avec la volonté de jouer les gros bras mais avec la volonté de protéger ses intérêts légitimes.

Les évènements liés à la décision des US de se retirer du Traité INF, la Syrie, les sanctions et d’autres choses sur lesquelles se centrent le regard du public ne devraient pas éclipser cette question de la plus haute importance. Coopérer les uns avec les autres est le seul moyen de maintenir la sécurité et l’ordre dans cette région polaire. Une approche coordonnée de la Gouvernance arctique dans le cadre d’une Convention sur les lois de la mer construirait la confiance et éviterait la militarisation. Le temps est venu pour le Conseil de l’Arctique de se transformer en un conseil centré sur la sécurité.

Tags: Arctic

 

 

 

 

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TRES IMPORTANT : Il semble que la machine du Parti démocrate/ des agences gouvernamentales sans nom/Le conseil atlantique OTAN/ La silicon valley/ CNN/ l’établissement, font maintenant pression sur les centres d’hébergement pour éliminer des site web entiers. selon des rapports, il semble que le site http://Infowars.com soit actuellement hors ligne du DDoS et j’ai appris par Jay Dyer que sont site web https://jaysanalysis.com/ ait été bloqué par WordPress. Noez aussi qu’hier, la chaîne anglophone vénézuelienne Telesur, extrême gauche, a également été éliminée de Face Book. ceci prouve ce qe j’ai tent d dire la semaine dernière : il ne s’agit pas d’un sple question gauche, droite, et la suppression de Telesur montre vraisemblablement qu’il ne s’agit pas simplement d’une main mise partisane US, c’est orchestré au niveau gouvernemental. Nous savons que 21st century wire est probablement sur leur liste à cause du travail d’investigation que nous avons mené en Syrie, et après avoir été diffamés par MSM comme des propagandistes prorusses etc. donc nou s nous préparons à ça. Ils ont dépassé la limite, et les masques sont tombés.
Comprenez qu’il s’agit du complex-gouvernement-médias, mais que le Gouvernement utilise maintenant des entités privées, anonymeset sans visages avec un agenda autoritariste – afin de mener un programme de censure de masse sur les vues politiques dissidentes, sur le journalisme d’investigation qui gène le complex gouvernement-média et tout aisni que toute publication ou commentaire “politiquement incorrect”. Point plus que sombre de l’histoire, les US. Occidentaux sont en train de muter dans les mêmes despotes et tyrans minables qu’ils ont été supposé combattre pendant les 75 dernières années.
VERY IMPORTANT: Seems that Democratic Party machine/unnamed Gov Agencies/CNN/First Draft/Atlantic Council (NATO)/Silicon Valley/Establishment are now leaning on hosts to pull down entire websites – according to reports, it appears as if http://Infowars.com is currently offline from DDoS, and I was told by Jay Dyer that his website http://JaysAnalysis.com has been taken down by WordPress… Note also that yesterday, Venezuelan English Channel TeleSUR (ultra left) also taken off Facebook – so that proves what we’ve been saying last few weeks: that this is not just a Right/Left issue, and TeleSUR take down likely means this is not merely US partisan power-grab, this is being orchestrated at a US government level…. We know 21st Century Wire probably on their hit-list because of the great investigative work we’ve done on Syria, and after being slandered by corporate #MSM outlets as ‘Russian propaganda’ etc, and so we are preparing for it. They have stepped over the line, and the mask is off. Understand this is GOVERNMENT-MEDIA-COMPLEX, only the Gov is now using PRIVATE entities, nameless, faceless people with an authoritarian agenda – to conduct a program of mass censorship of dissenting political views, investigative journalism which embarrasses the Gov-Media Complex, and also any ‘politically incorrect’ information and commentary. Very dark point in history, the US/West is mutating into the same despots & petty tyrants we have supposedly been fighting for last 75 years…

L’économie politique du complexe militaro-industriel : Devine qui dort sous la couverture de l’insécurité ? Professeur Joan Roelofs

Voici la traduction du travail du Professeur Joan Roelofs initialement paru dans Counterpunch et disponible en PDF et sur son site. Elle a fait dans une remarquable étude, complètement documentée et détaillée, l’inventaire de TOUS les secteurs où le complexe militaro-industriel a maille à partir, des Universités aux entreprises, en passant par les OGN pacifistes et les loisirs. C’est bien sûr une production dense, mais amener au grand jour les intrications financières omniprésentes, aux USA et dans le monde entier entre des forces ostensiblement bellicistes et les groupes et associations qui sont supposées militer pour la paix donne une idée du niveau de corruption morale et matérielle sur lequel l’ensemble de ce système repose.  Comme pendant, il est conseillé de faire un retour sur l’article de Richard Krushnic et Jonathan King,  Privatiser l’apocalypse . EG

 

 

Le Professeur Roelofs a beaucoup donné au peuple américain  et au monde en rassemblant une documentation si étendue sur la pénétration, dans tous ses aspects  de la vie américaine, du complexe militaro- sécuritaire. Qu’un simple Président des Etats-Unis puisse amener au pied et la priver de ses ennemis nécessaires une telle institution si puissante et omniprésente est une illusion.

L’économie politique de l’industrie de l’armement ?

Devine qui dort avec notre couverture d’insécurité ?

Par Joan Roelofs

Pour beaucoup de gens, le «  complexe-militaro-industriel » (MIC) évoque les vingt premiers fabricants d’armes. Le Président Dwight Eisenhower, qui nous avait averti en 1961, voulait le nommer le «  complexe militaro-industriel-congressionnel » mais décida que ce n’était pas prudent. De nos jours il pourrait s’appeler le complexe militaro-industriel-congressionnel-et-tout-le-reste. La plupart des départements, des niveaux de gouvernement, des entreprises, et des ONG, services sociaux, environnementaux, et des organisations culturelles sont profondément  incrustés par l’armée.

L’industrie de l’armement peut être le fer de lance du budget militaire et des opérations militaires, elle est immensément soutenue par les cris d’excitation ou le silence des citoyens et de leurs représentants. Nous allons fournir ci-dessous quelques raisons envisageables pour cette affirmation; Nous allons utiliser la topologie commune de trois secteurs nationaux : le gouvernement, les entreprises et les ONGs, avec des interactions variées entre elles. Ceci ne remet pas en cause, bien que cela le masque, le fait que le gouvernement est le bras de la classe dominante.

Toutes les sortes d’entreprises figurent dans le budget du Département de la défense (DOD). Lockheed est actuellement le plus important contractant de l’industrie de l’armement. Il a des connexions dans la MIC du monde entier en se procurant les pièces, par exemple, de l’avion de chasse F.35, dans de nombreux pays. Ceci aide à le commercialiser, en dépit de son peu de reconnaissance au sein des experts militaires et des critiques des antimilitaristes. Lockheed fait également du travail civil, qui augmente son aura en répandant ses valeurs.

D’autres types d’entreprises ont des contrats énormes pluriannuels, en milliards. Ceci en dépit de la stipulation du Congrès de ne pas attribuer des fonds pour plus de deux années consécutives. On note en particulier des compagnies de construction, comme Fluor, KBR, Bechtel, et Hensel Phelps.  Celles-ci construisent des bases énormes, avec souvent de la surveillance high-tech et des capacités opérationnelles, aux US et à l’étranger, où ils embauchent des locaux, ou plus communément, des individus du tiers-monde pour mener à bien le travail. Il y a aussi des milliards de fonds publics pour des contractants en techniques de communication, intelligence analytique, transports, logistique, alimentation et vêtements. «  Contracter »  est la façon de faire militaire actuelle. Ceci étend aussi son influence largement et loin.

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Des entreprises moyennes, petites ou grandes sont accrochées à l’ « Arbre de Noël » du Pentagone, promouvant la liesse populaire ou le silence sur le budget militaire. Un petit business, KEPA TCI (construction) a reçu des contrats de 356 millions. (les données proviennent de plusieurs sources sur internet : sites web, formulaires d’imposition,  et rapports annueles des organisations, usaspending.gov ( USA) et gouvernmentcontractswon( GCW). Les entreprises les plus importantes sevant ce système ont été excellement bien décrite par Nick Turse ‘ » The complex ». Les petites et moyennes entreprises sont littéralement aspirées par ce système. Des paysagistes, nettoyeurs à sec, crèches et le Come-back gooses control du Maryland.

Parmi les entreprises avec de gros contrats DoD se trouvent les maisons d’édition. McGraw-Hill, Greenwood, Scholastic, Pearson, Houghton Mifflin, Harcourt, Elsevier, et autres. Rarement les biais de cette industrie, dans la fiction, les essais et les livres scolaires ont été analysés. Cependant, cette influence sur un petit public, les lecteurs et le plus large contingent des scolarisés, peut aider à expliquer le silence de la foule cultivée et des étudiants des universités.

Beaucoup de ce qui reste du travail industriel est dans la fabrique d’armement. Son PAC finance le peu de candidats «  progressifs » de notre système politique, qui tendent à rester silencieux à propos de la guerre ou de la menace d’anéantissement nucléaire. A l’opposé d’autres facteurs, les fabricants d’armes ne déménagent pas soudainement à l’étranger, bien qu’ils utilisent des sous-traitants dans le monde entier.

Les dépenses militaires peuvent ne représenter que 6% du PIB, elles ont cependant un grand impact parce que : 1. C’est un secteur en expansion. 2. Il est à l’épreuve des récessions 3. Il n’est pas attaché aux caprices des consommateurs 4. C’est lea seule chose qui prospère dans de nombreuses zones et 5. L’effet «  multiplicateur », la sous-traitance, les commandes d’entreprises, et les dépenses de ses salariés requinquent les économies locales. C’est l’adaptation parfaite au remède de Keynes, à cause de son obsolescence programmée : tout ce qui n’est pas consommé dans l’armement, rouille sur place ou est offert à nos amis et a besoin d’être remplacé par un équipement légèrement plus létal. Beaucoup de nos diplômés en sciences travaillent directement à ces projets pour l’armée et dans les laboratoires de ses contractants.

L’arme imbattable de l’armée ce sont les emplois et tous les membres du Congrès et l’état et les officiels locaux  le savent. C’est là que les emplois bien payés se trouvent pour les mécaniciens, les scientifiques et ingénieurs. Même les services d’entretien s’en sortent bien avec l’argent du contribuable. L’armement est aussi dans la production de nos produits car nos alliés sont supposés avoir les équipements qui conviennent à nos spécifications. Gouvernements, rebelles, terroristes, pirates et gangsters sont tout attirés par nos articles létaux high-tech ou low-tech.

Notre économie militaire rapporte également beaucoup sur les investissements. Ce qui bénéficie non seulement aux exécutifs privés et autres nantis, mais aussi à la population de la classe moyenne  et ouvrière, ainsi qu’aux églises, aux bénévoles, et aux organisations culturelles. Des sociétés d’investissement à but lucratif comme Vanguard, Fidelity, et autres sont lourdement investies dans la fabrique d’armement.

Les investisseurs individuels peuvent ne pas savoir ce qui est dans leur porte-folio, mais les institutions le savent généralement. Un projet actuel de Word beyond war (https://worldbeyondwar.org/divest) défend la cession des stocks militaires des fonds de pension des agents de l’état ou des agents locaux, police, pompiers, enseignants et autres fonctionnaires. Des chercheurs sont en train de faire une analyse état par état. Parmi les résultats, on trouve la possession massive d’action militaires par CALpers, the California Public Employees Retirement System (le sixième plus gros fond de pension au monde), le California State Teachers Retirement System,  (Caisse de retraite californienne des enseignants), et d’autres caisses de retraites sur New York : le New York State Teachers Retirement System, le New York City Employees Retirement System, et le New York State Common Retirement Fund (employés fonctionnaires ou municipaux). Etonnant ! Les enseignants new yorkais étaient autrefois les fiers parents de bébés aux couches rouges…

L’aspect gouvernemental du complexe MIC va bien au-delà du DoD. Dans la branche exécutive, les Départements d’état, La Sécurité intérieure, l’énergie, les Vétérans, l’Intérieur et la CIA, AID, FBI, NASA, et autres agences sont pénétrés par des projets et des objectifs militaires.

Même le Département de l’Agriculture a un programme en collaboration avec le DoD dans le but de «  restaurer » l’Afghanistan en y créant une industrie laitière. Peu importe que le bétail et sa  nourriture doivent être importés, que les vaches ne puissent pas se nourrir sur ce terrain comme les chèvres et les moutons le peuvent, qu’il n’existe pas d’infrastructure pour les transports et la réfrigération et que les Afghans ne boivent normalement pas de lait. Les animaux locaux fournissent le yaourt, le beurre, la laine et broutent sur les terrains accidentés mais tout cela est tellement an-Américain.

Le Congrès est un robuste allié de l’Armement, La contribution aux campagnes du PAC est généreuse et le lobbying est abondant. Le sont aussi les dépenses des institutions financières, qui sont lourdement investie dans le MIC. Les Congressistes ont tous des actions en nombre significatif dans les stocks de l’industrie de l’armement. Pour conclure l’affaire, les membres du Congrès (ainsi que les législateurs nationaux ou fédéraux) sont parfaitement au courant de l’importance économique du complexe militaro-industriel dans leurs états ou leurs districts.

Les bases militaires, à l’intérieur des USA ou ailleurs dans le monde sont une plaque-tournante économique pour les collectivités. Le rapport pour les bases DoD de 2015 (DoD Base Structure Report for Fy2015) liste plus de 4000 biens immobiliers. Certains sont des champs de tir ou des stations de recrutement, 400 sont peut-être des bases ayant un impact majeur sur les localités. La plus grande d’entre elles Fort Bragg NC, est une ville à elle seule et a une influence culturelle et une influence économique sur la région comme l’a si bien décrit Catherine Lutz dans Homefront. La californie a à peu près 40 bases sur (https://militarybases.com/by- state/), et est le lit de plusieurs fabricants d’armes également. Les officiers vivent généralement en-dehors de la base, donc l’immobilier, restaurants, magasins, garages, hôtels, et autres commerces sont prospères. Les civils locaux trouvent du travail sur ces bases. Des installations fermées et fixes  deviennent parfois des attractions touristiques comme la plus inattendues des destinations de vacances, la Hanford Nuclear Reservation.

Le DoD a des contrats directs et des subventions par l’état et les institutions régionales. Ils servent à divers projets et services, y compris de grandes quantités de fonds destinés à la Garde nationale (National Guard).  Les  Army Engineers assurent la maintenance des trous d’eau et des parcs et les forces de police ont contrat avec Bearcats.  Les programmes JROTC fournissent des fonds sur tout le territoire pour les écoles publiques  a fortiori pour les écoles publiques des académies militaires, il y en a six à Chigago.

Les dirigeants nationaux, fédéraux et locaux sont bien protégés par la «  couverture de l’insécurité », le secteur associatif n’est pas négligé. Toutefois, il héberge le très petit groupe des associations anti-guerre, comme Iraq Veterans Against War, Veterans for Peace, World Beyond War, Peace Action, Union of Concerned Scientists, Center for International Policy, Catholic Worker, Answer Coalition, et autres. Cependant, contrairement à la période de la guerre du Vietnam il n’y a pas de prise de parole de la part des chefs religieux qui protestent contre la guerre et les quelques étudiants qui sont actifs politiquement  sont plus préoccupés par d’autres questions.

Les associations et les institutions sont aussi impliquées de multiples façons. Certaines sont simplement partenaires du MIC : les Scouts, garçons et filles, le Croix rouge, les Oeuvres de bienfaisance pour les Vétérans, les think-tanks militaires comme RAND et l’Institute for Defense Analysis, des groupes d’experts comme the American Enterprise Institute, Atlantic Council, et le porte étendard de la projection des USA dns le monde,  le Council on Foreign Relations. Il y a également de nombreuses organisations non-gouvernementales qui assitent le gouvernement dans sa mission «  humanitaire », chantent les louanges de l’économie de marché ou tentent de réparer les dommages collatéraux infligés aux pays ou au peuple, par exemple, Mercy Corps, Open Society Institutes, et CARE.
Les institutions éducatives de tous les secteurs sont  incrustées par l’armée. Les écoles militaires incluent des académies de service public ( service academy), National Defense University, (l’Université de la défense nationale) les Army War College, Naval War College, Air Force Institute of Technology, Air University, Defense Acquisition University, Defense Language Institute, Naval Postgraduate School, Defense Information School, la medical school, Uniformed Services University of the Health Sciences, et la célèbre School of the Americas de Fort Benning, GA, maintenant rebaptisée le Western Hemisphere Institute for Security Cooperation.( L’Institut pour la coopération et la sécurité de l’hémisphère ouest). En addition, les Universités pour le gradés, Senior Military Colleges offrent une combinaison de hautes-études avec une instruction militaire, les SMCs incluent la Texas A&M University, Norwich University, le Virginia Military Institute, la Citadel, Virginia Polytechnic Institute et State University (Virginia Tech), University of North Georgia et le Mary Baldwin Women’s Institute for Leadership” (https://www.usa.gov/military-colleges).*

Une université n’a pas à être spéciale pour faire part du MIC. Certaines sont inondées de contrats, de programmes ROTC, et/ou d’officiers militaires et de contractuels dans leurs conseils d’administration. Une étude des 100 universités les plus militarisées incluent des établissements prestigieux tout comme des moulins à dilômes qui produisent des employés pour les agences de renseignements et des contractuels.  (https://news.vice.com/article/these-are-the-100- most-militarized-universities-in-america).

Des fondations indépendantes notoires sont engagées depuis longtemps dans des opérations couvertes ou publiques qui supportent l’expansion impérialiste décrite par  David Horowitz comme le «  Nerf de l’empire » “Sinews of Empire” dans son important article  Rampart de 1969. Elles ont été de très proches associés des de la CIA et actives dans ses investigations. La fondation Council on Foreign Relations (Conseil des relations étrangères)  créée et financée, a été depuis longtemps un lien avec Wall Street, les grosses entreprises, le monde universitaire, les médias et nos  législateurs en politique étrangère ou militaire.

Moins évidentes sont les connexions militaires avec les organisations philanthropiques, culturelles, sociales, environnementales et professionnelles. Elles y sont liées par des donations, des programmes joints, du sponsorat d’évènements, des expositions, et des concerts, des récompenses (dans les deux sens) des investissements, des membres des conseils d’administration, des cadres et des contrats. Les données ici couvrent approximativement les vingt dernières années et complètent l’étonnant soutien (selon les sondages) que les citoyens américains accordent à leur armée, à son budget et à ses opérations.

L’organisation philanthropique des contractuels militaires était le thème de mes précédents rapports, en 2006 et 2016. Chaque catégorie d’associations (de même que les écoles publiques et les universités) ont reçu une aide des principaux fabricants d’armes, certaines découvertes ont été incroyables. Pendant des années, il y a eu une contribution importante à la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP)  de la part de Lockheed; Boeing a aussi financé le Congressional Black Caucus. L’ancien président général et directeur de la NAACP, Bruce Gordon, fait maintenant partie du Conseil d’administration des curateurs de Northrop Grumman.

General Electric  est le contractuel militaire donateur le plus généreux envers les organisations philanthropiques, avec des subventions directes à des institutions éducatives et à des organisations, en partenariat avec les deux et des contributions correspondantes faites par ses milliers d’employés. Ces dernières toychent de nombreuses entités ONG et éducatives à travers tout le pays.

Les donateurs les plus importants du Carnegie Endowment for International Peace (figurant sur la liste du Rapport annuel de 2016) comprennent la Defense Intelligence Agency, Cisco Systems, Open Society Foundations, US Department of Defense, General Electric, North Atlantic Treaty Organization, et Lockheed Martin. C’est une sorte d’écho aux connexions militaires du CEIP rapporté par Horace Coons dans son livre de 1930, «  De l’argent à jeter par les fenêtres «  «  Money burning »

Le DoD lui-même donne des biens en surplus  à des organisations, parmi celles-ci on trouve Big Brothers/Big Sisters, Boys and Girls Clubs, Boy Scouts, Girl Scouts, Little League Baseball, et United Service Organizations. Le Denton Program autorise des associations non-gouvernementales à utiliser de l’espace libre dans les cargos militaires pour transporter le matériel d’assistance humanitaire.

Il existe une multitude de programmes joints et de sponsorats. En voici quelques exemples : le National Tech Savvy Program de l’American Association of University Women encourage les femmes à entrer dans les carrières de STEM (Science, Technologie, Enginering et Math), avec du financement par Lockheed, BAE Systems, et Boeing. Junior Achievement, sponsorisé par Bechtel, United Technologies, et d’autres, vise à former les enfants à une économie de marché et à l’entreprenariat. La Wolf Trap Foundation for the Performing Arts est partenaire avec Northrop Grumman pour un «  STEM de la petite enfance », l’initiative «  Apprendre par les arts pour les enfants de crèche et de maternelle. La fondation Bechtel Foundation  a deux programmes pour une «  Californie durable », un programme d’éducation pour aider «  les jeunes gens à développer des compétences, des savoirs, et l’envie d’explorer et de comprendre le monde ».  et un programme environnemental pour la promotion du «  management, de l’intendance et de la conservation des ressources naturelles nationales »

Le NAACP ACT-SO est un « programme annuel d’enrichissement créé afin de recruter, de stimuler, ou d’encourager les réalisations de projets universitaires et de réalisations culturelles parmi la population lycéenne Afro-américaine » avec du sponsorat de la part de  Lockheed Martin, Northrop Grumman et al.  Le vainqueur au niveau national gagne une aide financière des sociétés les plus importantes, des financements pour l’université, pour l’internat, et pour l’apprentissage – dans l’industrie militaire.

Durant les dernières années, les fabricants d’armes sont devenus des environnementalistes enthousiastes. Lookheed a été le sponsor du Forum pour la durabilité organisé par la fondation de de la Chambre de commerce  US.
(US Chamber of Commerce Foundation Sustainability Forum) en 2013.

Northrop Grumman a supporté Garder l’Amérique jolie  (Keep America Beautiful), la journée des parcs nationaux  (National Public Lands Day) , et est en partenariat avec Conservation International et the Arbor Day Foundation (pour la restauration des forêts). United Technologies est un des financeurs du Conseil Us pour les bâtiments écologiques pour les écoles (U.S. Green Building Council Center for Green Schools), et  co-créateur de l’Académie pour la création de villes durables (Sustainable Cities Design Academy). Tree Musketeers est une organisation environnementale nationale de la jeunesse partenaire de Northrop Grumman et de Boeing.

Les bénéfices fonctionnent dans les deux sens, les industries donnent des récompenses aux organisations et les organisations récompensent l’industrie militaire et ses employés. United Technologies, pour ses efforts dans la réponse au changement climatique a figuré sur la liste climatique A  du Projet pour la transparence des changements climatiques (Climate Disclosure Project). L’association pour la responsabilité des sociétés (Corporate Responsibility Association) a donné à Lookheed la huitième position en 2016 sur sa liste des cents meilleurs entrepreneurs-citoyens. Des Points de lumières, (Points of Light) a inclus General Electric et Raytheon dans sa liste de 2014 des 50 sociétés les plus préoccupées par la vie sociale des US. Il a été remis par Phi Beta Kappa la distinction du statut de Professeur invité, (Visiting professor) à Harold Koh, l’avocat qui, en tant que conseiller d’Obama, a défendu les frappes de drones et l’intervention en Libye. En 2017, l’association hispanique pour  la responsabilité entrepreneuriale a (Hispanic Association on Corporate Responsibility) a élu 34 jeunes hispaniques meilleurs collaborateurs, trois sont des exécutifs de l’industrie de l’armement. Elizabeth Amato, une cadre de United Technologies, a reçu le prix des YWCA Women Achievers Award.

En dépit de recherches laborieuses  dans les déclarations d’impôt 990, il est difficile de trouver ce qui spécifie la nature des investissements dans les budgets des organisations. Beaucoup en ont de substantiels, en 2006, l’American Friends Service Committee a reçu 3.5 millions de dollars en revenu d’investissements. Human Rights Watch rapporte 3.5 millions de revenus d’investissements sur sa déclaration de 2015 et plus de 107 millions en fonds de dotation.

Une des rares enquêtes sur les pratiques des ONG (par Commonfund en 2012) trouve que seulement 17% utilisent des critères liés à l’environnement, au domaine social et à l’autogestion (ESG) dans leurs investissements. Dans la terminologie de l’investissement, ESG semble avoir remplacé le «  investissements socialement responsables (SRI) et semble avoir une inclinaison quelque peu différente. La restriction la plus commune est l’évitement des compagnies travaillant dans des zones de conflits, le suivant est lié au changement climatique et les émissions de carbone, la diversité dans les employés est également une considération importante. L’étude de Commonfund portant sur le caritatif, les services sociaux et les organisations culturelles rapporte que 70% de leur échantillon ne prenaient pas en compte l’ESG dans leurs politiques d’investissement. Bien que 61% des organisations religieuses utilisent des critères ESG, seulement 16% des organisations de services sociaux et 3% des organisations culturelles le font. Le

L’industrie de l’armement est à peine mentionnée dans ces rapports. Les organisations religieuses utilisent parfois le barrage contre les investissements de la SRI mais les plus utilisés sont l’alcool, le jeu, la pornographie, et le tabac. Le  Centre œcuménique pour la responsabilité des entreprises (Interfaith Center on Corporate Responsibility), une ressource pour les églises, liste presque 30 problèmes touchant l’investissement, y compris les rémunérations des cadres, le changement climatique, et la crise des opioïdes mais aucune concernant l’industrie de l’armement ou la guerre. Le conseiller de la United Church (UCC), un pionnier dans les politiques d’investissement de la SRI inclus un filtre : seules les compagnies ayant moins de 10% de leurs revenus dans l’alcool, 1% dans le tabac, 10% dans l’armement conventionnel et 5% dans l’armement nucléaire peuvent être choisies.

L’ Art Institute of Chicago dit sur son site web que : «  Avec la responsabilité fiduciaire de maximiser les retours sur investissement accordée avec un niveau approprié de risque, l’Art Institute maintient une forte présomption contre le désinvestissement pour des raisons politiques, morales et sociales. » Listée comme associé est  Honeywell International, de même qu’un des donateurs majeurs est la Crown Family (General Dynamics), qui a récemment fait le don de 2 millions de dollars pour l’ouverture d’un poste de Professeur en Peinture et dessin.

Les ONG, ( tout comme les individus et les fonds de pension de tous les secteurs) ont de gros investissements dans des fonds de compagnies financières comme State Street, Vanguard, BlackRock, Fidelity, CREF, et autres, ont des portefeuilles importants dans l’industrie de l’armement (https://worldbeyondwar.org/wp- content/uploads/2016/11/indirect.pdf). Ceci inclut des informations  sur les firmes technologiques supposées être plus «  socialement responsables » mais qui sont parmi les entreprises les plus importantes du DoD.

Lors des dernières années, des fondations et de grosses ONG, comme des universités, ont favorisé l’investissement dans les hedge funds, l’immobilier, les produits dérivés et le capital-investissement. Le Carnegie Endowment, plus «  transparent » que d’autres, fait figurer de tels fonds sur sa déclaration 2015 ( (Schedule D Part VII).  Il est vraisemblable que Lockheed, Boeing, et compagnie al, soient parmi les bénéficiaires des créances en difficulté et que ces institutions soient donc peu équipées en stocks d’armement. Cependant, la plupart d’entre elles ont de fermes connexions avec le MIC, à travers des donations, du managériat, et.ou des contacts.

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Une grande proximité avec l’armée parmi les membres des comités d’entreprise des ONG et des exécutifs travaille à maintenir le couvercle sur les activités anti-guerre et leur expression. L’Aspen Institute est un think-tank qui a des experts résidents et également une politique de rapprochement avec les activistes, tels que les activistes anti-pauvreté.  La place de Président de son conseil d’administration est occupée par James Crown, qui est aussi le PDG de General Dynamics. Parmi d’autres membres du Conseils d’administration, on trouve Madeleine Albright, Condoleezza Rice, Javier Solana (ancien Secrétaire-général de l’OTAN) et l’ancienne membre du Congrès Jane Harman. Harman, qui a reçu la Médaille du Département de la défense, pour services distingués en 1998, la Seal Medal de la CIA en 2011, le Prix des Directeurs de la CIA pour services publics distingués en 2011. Elle est actuellement memebre du Groupe de conseils des doyens  du Director of National Intelligence  Senior Advisory Group, de la Trilateral Commission et du Conseil des Nations unies. Les nommés à vie d’Aspen incluent Lester Crown and Henry Kissinger.

Ces dernières années, le conseil d’administration de la Carnegie Corporation comprenait Condoleezza Rice et le General Lloyd Austin III (Ret.), Chef de  CENTCOM, un des responsables de l’invasion de l’Irak de 2003 et également un membre du Conseil d’administration de United Technologies. Un des anciens Président de Médecins pour la paix (Physicians for Peace mais pas le groupe bien connu) est le Contre-amiral Harold Bernsen, anciennement Commandant des Forces US au Moyen –Orient et pas du tout médecin.

TIAA, la caisse de retraite des enseignants a eu comme PDG de 1993 à 2002 John H. Biggs, qui était en même temps Directeur de Boeing. L’actuel Conseil de TIAA inclut un associé de la firme la plus importante de recherche militaire, MITRE Corporation, et plusieurs autres membres du Conseil des Affaires étrangères.  Son cadre exécutif, et Vice-président, Rahul Merchant, est actuellement également directeur de deux firmes d’information technologique  qui ont de très gros contrat avec l’armée : Juniper Networks et AASKI.

De 2002 à 2007, le Chef des groupes de pression de l’’Association américaine pour les retraités (American Association of Retired Persons) Chris Hansen, avait servi dans ce même r^le précdemment chez Boeing. L’actuel VP de la communication à had previously served in that capacity at Boeing. The current VP of communications Northrop Grumman, Lisa Davis, occupait cette position à AARP de 1996-2005.

Les membres des conseils d’administration et les PDG des principales entreprises d’armement font partie des conseils d’administration de nombreuses ONG. Juste afin d’en pointer l’éventail, cela implique la National Fish and Wildlife Foundation, Newman’s Own Foundation, New York Public Library, Carnegie Hall Society, Conservation International, Wolf Trap Foundation, WGBH, Boy Scouts, Newport Festival Foundation, Toys for Tots, STEM organizations, Catalyst, the National Science Center, l’US Institute of Peace, et de nombreuses autres fondations et universités.

Le DoD promeut le réemploi des officiers retraités  en tant que membres des conseils d’administration ou PDG d’ONG et de nombreuses organisations et programmes universitaires permettent cette transition. Le brigadier de l’armée de l’air, le Général Eden Murrie (Ret.) est maintenant directeur de la transformation guvernementale et des agences partenaires (Director of Government Transformation and Agency Partnerships) dans l’association Partnership for Public Service. Elle soutient que : «  Les anciens chefs militaires  ont une expérience directe du commandement  et apportent de l’intégrité et du talent qui peuvent s’appliquer à une organisation bénévole. » (seniormilitaryintransition.com/tag/eden-murrie/). Etant donné la précocité de la retraite, l’ancien personnel militaire et les réservistes sont adaptés aux positions d’influence en tant qu’employés fédéraux, employés d’état, et locaux, conseil d’administration des écoles, des ONG, et du travail bénévole on en trouve de nombreux à ces postes. Il est probable que les places les plus confortables sous la couverture de l’insécurité sont les multitudes de contrats et de bourses que le Département de la défense accorde au monde des associations. Les déclarations fiscales de la DoD sont notoirement fausses et il y a des comptes divergents entre et au sein des banques de données. Cependant, même une image troublée donne une bonne idée de l’étendue et de la profondeur de cette couverture.

D’après le rapport annuel de la TNC de 2016 : «  La Nature Conservancy est une organisation qui prend soin des gens et des terres, et elle cherche des partenaires. Elle est apolitique. Nous avons besoin d’organisations non gouvernementales comme la TNC pour aider les citoyens à se mobiliser. Ils sont sur le terrain. Ils comprennent les gens, la politique, et le partenariat. Nous avons besoin de groupes comme la TNC pour se substituer à ce que les organisations gouvernementales ne peuvent pas faire. (Mamie Parker, ancienne assistante-directrice, US Service de la vie sauvage et de la pêche et curatrice de l’Arkansas, la Nature Conservancy).

Parmi les subventions allant dans l’autre sens on trouve 44 contrats de la DoD avec la TNC à la hauteur de plusieurs millons pour les années 2008.018 ( USA). On les trouve pour des services comme Prairie Habitat Reforestation, pour 100,000 $, l’entretien de l’atoll de Palmyre par Runway et  Biosecurity, pour  82,000 $ (USA). Entre 2000 et 2016, GCW liste un total de 5,500,000 $ dans les contrats de la DoD avec la TNC.

Des attributions à la TNC pour des projets spécifiques, pas clairement différents des contrats, ont été beaucoup plus importantes. Chacun est listé séparément (USA), un décompte grossier du total se monte à plus de150 millions de $. Une attribution de 55 millions a été faite pour « Des butoirs compatibles à l’usage de l’armée à proximité des installations du Fort Benning » Des attributions identiques, les plus importantes, de 14 millions de $ ont été pour ce service dans d’autres bases. Un autre a concerné l’installation à Fort Benning  de son plan de guidance d’installations écologiques.  Inclue dans la description de ces attributions, on trouve la notice suivante : «  Assister l’état et les gouvernements locaux pour réduire ou empêcher l’usage ou l’activité incompatible sur des terres par des civils qui sont susceptibles de gêner la fonctionnalité opérationnelle du Département de la Défense (DoD) dans son installation militaire. Les bénéficiaires et les gouvernements sont supposés devoir adopter et mettre en œuvre les recommandations de l’étude. »

La déclaration Form 990  de TNC pour 2017 évalue ses revenus d’investissement à 21 millions. Il attribue aux apports gouvernementaux 108, 5 millions et aux contrats avec le gouvernement 9 millions. Ceci peut inclure des fonds provenant  de l’état ou des institutions locales aussi bien que des départements fédéraux. Le Département d l’intérieur, qui gère les vastes territoires utilisés pour les essais de bombardements et pour les jeux de guerre à balles réelles est aussi un des donateurs de TNC.

D’autres organisations environnementales soutenues par le DoD sont la National Audubon Society (945,000 $ sur 6 ans, GCW), et Point Reyes Bird Observatory (145,000 $, 6 ans, GCW). Les USA rapportent des contrats Stichting Deltares, une compagnie hollandaise institut de recherche côtière, pour 550,000 $ en 2016, des dons aux Zoo de San Diego pour 367,000 $ et à l’Institut des études de la vie sauvage (Institute for Wildlife Studies), 1.3 million pour le contrôle de la pie grièche.

Les industries de bienfaisance (La formation et l’emploi des handicapés, des anciens détenus, des vétérans et des sans-logis) est un énorme client de l’industrie militaire Chaque entité est une entreprise séparée, liée à l’état ou aux régions et le reçu total est de milliards. Par exemple, de 2000 à 2016, (GCW), La bienfaisance de la Floride du sud a touché 434 millions et le Wisconsin du sud-est 906 millions en contrats. Les biens et les services fournis, y compris la nourriture et les contrats de supports logistiques, le traitement d’information, les pantalons de combat de l’armée, la prison, la sécurité, la tonte des pelouses, le recyclage. De telles organisations travaillant pour la DoD incluent la Jewish Vocational Service et des entreprises de nettoyage, à hauteur de  12 millions sur 5 ans, des phares pour les non-voyants, 4.5 millions , des systèmes de  purification de l’eau,  Ability One; l’institut national pour les aveugles (National Institute for the Blind); Pride Industries; et le centre de formation horticole de Melwood (Melwood Horticultural Training Center).

Le DoD ne fuit pas le travail de l’industrie des prisons d’état, qui vend des meubles et d’autres produits. En tant qu’entreprise d’état (et donc pas en tant qu’association à but non lucratif, elles ont eu un demi-milliard de ventes dans tous les états en 2016. Le travail en prison les industries de bienfaisance, et autres ateliers de réinsertion, avec les entreprises privées employant des travailleurs émigrés, des adolescents, des retraités ( qui cultivent de la nourriture pour l’armée et pour nous tous) révèle la nature changeante de la classe laborieuse américaine, et donne une partie d’explication   à le manque de ferveur révolutionnaire, ou même la présence d’une légère dissensions dans le système capitaliste.

Les hauts salaires, et les employés d’origines diverses (y compris les cadres) des industries de l’armement les plus importantes ne sont pas prêts non plus à monter des barricades. Les conseils d’administration dans ces secteurs sont ouverts aux minorités et aux femmes. Les PDGs de Lockheed et de General Dynamics sont des femmes, tout comme la Directrice d’exploitation de Northrop Grumman. Ces histoires de réussite renforcent les aspirations personnelles au sein des moins que rien plutôt que de les amener à questionner le système.

Les contrats avec les universités, les hôpitaux, les centres de soins sont trop nombreux pour être détaillés dans ce cadre. Un parmi eux qui montre à quel point la couverture peut s’étirer est l’Université d’Oxford  avec ses 800,000 $ pour la recherche médicale. Les associations professionnelles avec des contrats significatifs incluent l’ Institut international d’éducation (Institute of International Education), le conseil américain pour l’éducation (American Council on Education), l’ association américaine pour les universités et les lycées publics (American Association of State Colleges and Universities), l’académie nationale des sciences, (National Academy of Sciences), la société des femmes ingénieures (Society of Women Engineers) la société indo-américaine de science et de technique (American Indian Science and Engineering Society), l’association américaine des infirmières anesthésistes (American Association of Nurse Anesthetists), la société des ingénieurs américano-mexicains (Society of Mexican-American Engineers), et  le conseil US des bâtiments verts (U.S. Green Building Council). Le conseil du département d’état (Council of State Governments), une organisation d’officiels à but non lucratif, a reçu un contrat de  193,000 $ pour un travail sur « l’état de préparation ». Espérons tous que nous sommes correctement préparés.

Les responsables, le personnel, les membres, les donateurs, et les bénévoles des ONG sont des personnes qui auraient pu être des militants pacifistes, cependant ils sont si nombreux à être étouffés sous la couverture de l’insécurité. En plus de tous les bénéficiaires directs et indirects de l’établissement militaire, beaucoup de gens la soutienne. Ils ont été l’objet d’une propagande incessante, de nombreuses personnes la soutiennent. Ils ont été sujets à une propagande incessante en faveur de l’armée et des guerres déclenchées par le gouvernement, de la presse papier ou digitale, de la TV, des films, des évènements sportifs, des parades, et des jeux électroniques,-ces derniers apprenant aux enfants que tuer est  excitant.

L’endoctrinement se propage aisément. Il a pour sommet un système éducatif qui glorifie la violence de l’histoire de ce pays. Nos écoles sont pleines de tutorat en interne, de programmes STEM,  et d’équipes robotisées pour les loisirs conduites personnellement par des employés des fabricants d’armes.

Les jeunes enfants ne comprennent pas toutes les connexions, mais ils tendent à se souvenir des logos. Le programme JROTC, propageant les valeurs militaires, enrôle beaucoup plus d’enfants que ceux qui sont destinés aux futurs officiers. Les séances de recrutements extrêmement bien financées dans les écoles incluent des simulations de combat «  pour rire ».

Il existe un facsimile planétaire supportant ce complexe qui comprend l’OTAN, d’autre alliances, les ministères de la défense, les industries de l’armement étrangères, leurs bases, mais nous garderons cette histoire pour un autre jour.

Les millions d’individus abrités sous cette couverture épaisse et large, y compris les ceux engagés dans la part la plus délicate ne sont pas à blâmer. Certaines personnes peuvent être excitées à l’idée de la mort et de la destruction. Cependant, la plupart cherchent juste à gagner leur vie, à maintenir leur organisation ou leur région industrielle en déclin à flot ou à être accepté en bonne compagnie. Ils préfèreraient un métier constructif ou des revenus de source saine. Cependant beaucoup ont été endoctrinés jusqu’à croire que le militarisme est normal et nécessaire. Pour ceux qui considèrent que le changement est essentiel si on veut que cette planète ait une chance de survie, il est important de voir toutes les façons dont le complexe militaro-industriel-congressionnel-et- presque-tout se nourrit.

«  L’économie libérale «  est un mythe. En plus du secteur énorme des associations ( ONG), l’intervention du gouvernement est substantielle, pas seulement pour l’industrie géante de l’armement mais aussi dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, des infrastructures, et du développement économique ( !) et autres. Pour ces mêmes milliards nous pourrions avoir une économie qui répare les dégâts de l’environnement, fournit des standards de vie et de culture correctes pour tous et travaille à la paix dans le monde.

Joan Roelofs est Professeur émérite de Scinces politiques au Keene State College, New Hampshire. Elle est l’auteure de « Foundations and Public Policy: The Mask of Pluralism (SUNY Press, 2003) » (qui ne semble pas encore être traduit en Français )   et de « Greening Cities (Rowman and Littlefield, 1996) ».  Elle est la traductrice des «  Principes du socialisme » de Victor Considerant, (Maisonneuve Press, 2006), et avec Shawn P. Wilbur, des  fantaisies pacifistes de Charles Fourier, « The World War of Small Pastries » (Autonomedia, 2015).  Un cours sur le complexe militaro-industriel destiné à l’éducation permanente est sur son site et peut être utilisé aux mêmes fins.

Site: http://www.joanroelofs.wordpress.com Contact: joan.roelofs@myfairpoint.net

Traduction Elisabeth Guerrier

 

A ajouter pour information, extrait de l’entretien de Pièces et main d’oeuvre avec les groupe ” Sciences critiques ”  du 8 juillet 2018 : Eric Schmidt, président exécutif d’Alphabet (maison mère de Google) est le nouveau directeur du Defense Innovation Board, au sein département de la défense. Le roboticien transhumaniste Ray Kurzweil, co-fondateur de l’Université de la Singularité, est à la fois expert pour Google et conseiller spécial de l’armée américaine. 

Nous n’avons pas cru bon de traduire certains noms d’institutions ou d’entreprises, les traductions en Français de celles qui nous ont parues possibles sont des approximations permettant de donner un aperçu de leurs fins.

La monopolisation de l’Amérique : le plus important problème économique dont vous n’entendez jamais parler. Robert Reich

Le signe est toujours ostensible, seule son interprétation change. La passion sans borne pour les “marques”, dite comme telle ou uniquement pratiquée dans l’intimité de la construction de soi, est un des stigmates de l’absorbtion de codes, applicables à toutes les aires de la vie où chacun a le sentiment de créer sa propre expérience en tant d’individu unique. Cette individualisation intégrée comme une réalité psychique de  “l’hyperconsommateur expérienciel”* se crée dans le contexte d’un lien spécifique et clos sur lui-même entre l’objet-marchandise et le consommateur, évacuant la réalité des pratiques périphériques des autres consommateurs pour se centrer sur la nature supposée, et décrite d’une façon forcenée comme telle, d’unicité du choix et de la signifiance d’excellence qu’il indique pour celui ou celle qui l’opère. Il va de soi que l’accès à la connaissance de ce qui et de qui manipule l’illusion d’une profusion de possibilités dans l’objet-marchandise ne peut que remettre en jeu cette pseudo-liberté consumériste et ne faire valoir que la prison dorée qui l’entoure.EG

* ” Gilles Lipovetsky “Le bonheur paradoxal”  Essais folio Gallimard 2013 p.150

La grande lessive Hommage aux Oligopoles. P&G ” Au plus près de la vie “

Et dans la perspective de ce monde lobbyisé où le politique n’a plus comme fonction que de s’adapter aux initiatives technocratiques. Walmart entreprend de polliniser avec des drônes.

Le monopole de l’Amérique : le plus important problème économique dont nous n’entendons jamais parler. Une seule réponse : il est temps de remettre au goût du jour les lois anti-trust

THE MONOPOLIZATION OF AMERICA: The biggest economic problem you’re hearing almost nothing about

There’s only one answer: It is time to revive antitrust.

Robert Reich / Robert Reich / Op-Ed – May 7, 2018

Il y a peu de temps j’ai rendu visite à des fermiers du Missouri dont les bénéfices disparaissent. Pourquoi ? Monsanto à lui seul possède la clef génétique de 90 % des plans de soja récoltés par les agriculteurs des US et de 80 % du maïs. Ce qui signifie que Monsanto peut élever librement ses coûts. Les fermiers sont étranglés d’un autre côté également, parce que les groupes agro-alimentaires auxquels ils vendent leurs produits sont  eux-aussi devenus des méga-compagnies qui ont un tel pouvoir sur le marché qu’ils peuvent diminuer les prix payés aux agriculteurs. Ce qui ne signifie pas des prix plus bas pour vous quant à la nourriture. Mais signifie de plus gros profits pour les monopoles.

Des monopoles partout.

L’Amérique avait des lois anti-trust qui empêchaient les corporations de monopoliser les marchés et dissolvaient souvent les compagnies coupables les plus importantes. Plus maintenant. C’est une redistribution cachée d’argent et de pouvoir de la majorité des Américains vers l’exécutif des corporations et les riches actionnaires

Vous pouvez penser que vous avez beaucoup de choix, mais regardez de plus près :

  1. Les quatre plus grandes compagnies d’agro-alimentaire contrôlent 82 % du conditionnement du bœuf, 85 % de la transformation du soja, 63 % du conditionnement du porc, et 53 % du conditionnement du poulet.
  2. Il existe de nombreuses parques de dentifrice mais 70 % de l’ensemble ne vient que de deux compagnies.
  3. Vous pouvez penser avoir le choix parmi les lunettes de soleil, mais elles viennent toutes ou presque d’une seule compagnie : Luxottica. Qui possède aussi pratiquement tout le marché des montures de lunettes.
  4. Pratiquement tous les ceintres en plastiques d’Amérique sont faits par une seule compagnie : Mainetti
  5. Quelle marque d’aliments pour chat devriez-vous acheter ? Il semble qu’il en existe beaucoup mais que derrière elles ne soient que deux compagnies.
  6. Et les produits pharmaceutiques ? Oui vous pouvez vous procurer les génériques bon marché. Mais les compagnies pharmaceutiques payent en fait les fabricants de médicaments génériques afin qu’ils repoussent la mise sur le marché des versions moins onéreuses. De tels «  payer pour un délai » sont illégaux dans d’autres économies avancées, mais les renforcement anti-trust n’ont pas touché un seul de leurs cheveux. Ils nous coûtent aux environs de 3.5 milliards par an
    7. Vous pensez que votre assurance santé couvrira les coûts ? Les assurances santé elles aussi fusionnent. Ce qui est la raison pour la montée en flèche des coûts des premiums, copaiements, et des déductibles.
  7. Vous pensez avoir un grand choix quand vous achetez un billet d’avion ou faites une réservation d’hôtel ? Erreur. Vous n’en avez que deux, Expédia a fusionné avec Orbitz, ce qui ne fait plus qu’un compagnie, et il y a Priceline.
  8. Et en ce qui concerne le câble ou les fournisseurs internet ? Il n’y en a que quatre. Et deux d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient fusionner.

Pourquoi le monopole en Amérique est-il un énorme problème.

Le problème avec toutes ces fusions entre les mains d’une poignée de firmes géantes est qu’elles n’ont pas besoin d’être en compétition. Ce qui signifie qu’elles peuvent faire et font monter les prix.

De telles fusions maintiennent les salaires au plus bas. Les travailleurs ont moins le choix de leur employeur tout en ayant plus de peine à obtenir une augmentation. Quand le marché local du travail est dominé par exemple par un hypermarché (big box)  ou par une seule chaîne de distribution, ce sont eux qui déterminent le niveau des salaires dans leur sphère géographique. De telles consolidations maintiennent bas les salaires. Les salariés ont moins de choix dans leurs employeurs et plus de difficultés à obtenir une augmentation. Quand le marché du travail local est dominé par un consortium uniquement, ou une marque de grande distribution par exemple, ces firmes déterminent le niveau des salaires pour la zone.

Ces corporations gigantesques ont aussi une grande influence politique. Et c’est une des raisons pour leur consolidation : le pouvoir. Les lois antitrust étaient supposées arrêter ce qui est en train de se produire. Mais aujourd’hui, elles sont presque lettre morte. Et ceci vous endommage.

Nous avons oublié l’histoire

La première loi antitrust a été votée en 1890 quand le Sénateur John Sherman a répondu à une colère populaire concernant les énormes cartels des chemins de fer, de l’acier, des télégraphes et du pétrole – alors appelés trusts qui dirigeaient alors les USA

Une poignée de responsables de corporations connus en tant que «  robber barons » présidaient à tout cela, amassant des fortunes aux dépends des travailleurs qui triaient de longues heures souvent dans de dangereuses conditions pour un maigre salaire. Les corporations dupaient les consommateurs et corrompaient la politique.

Puis, en 1901, le réformateur progressiste Teddy Roosevelt devint Président. Au même moment le public américian exigeait une action. Dans son premier message au Congrès, en Décembre 1901, seulement deux mois après avoir occupé la Présidence, Roosevelt avertit : «  Il existe une conviction répandue dans l’esprit du peuple américain que les grandes corporations, connues sous le nom de trusts sont dans certains de leurs aspects et tendances dangereuses pour le bien-être populaire général. » Roosevelt utilisé le Sherman Antitrust Act pour attaquer la Nothern Securities Company, une compagnie géante de chemins de fer dirigée par JP Morgan, l’homme d’affaire le plus puissant de la nation. La Cour suprême des US soutint Roosevelt et ordonna le démantèlement de la compagnie.

En 1911, le John D. Rockefeller’s Standard Oil Trust était démantelé aussi. Mais lors de sa décision, la Cour suprême altéra le Sherman Act, ajoutant que les restrictions du commerce de monopole étaient critiquables uniquement si il était considéré comme « déraisonnable ». “unreasonable” – et que c’était à la cour de le déterminer. Lors de l’élection présidentielle de 1912, Roosevelt, qui se représentait à la présidentielle mais cette fis comme candidat du troisième parti, dit qu’il autoriserait certaines concentration d’industries lorsque’il y aurait une efficacité économique due à leur grande échelle.  Il aurait alors un comité d’expert régulant ces grandes corporations pour le bénéfice public. Woodrow Wilson, qui finit par gagner ces élections et son conseiller Louis Brandeis, optèrent pour une vision différente. Ils ne pensaient pas que la régulation fonctionnerait et que tous les monopoles devaient être démantelés. Pendant les 65 années qui suivirent, les deux positions se maintinrent. Il y eu des lois anti-trust fortes avec des régulations qui gardèrent le contrôle sur les corporations. La plupart des grandes fusions furent prohibées.

Même celles de grande taille étaient considérées comme un problème. En 1945, dans le cas United States v. Alcoa (1945), la Cour suprême a décidé que même si Alcoa n’avait pas acquis un monopole, elle en était devenue un en prenant une telle ampleur qu’elle était coupable de violation du Sherman Act.

Qu’est devenue la loi anti-trust ?

Tout a changé dans le années 80, après que Robert Bork, avec qui incidemment j’ai étudié les lois anti-trust à l’Ecole de droit de Yale puis avec qui j’ai travaillé lorsqu’il est devenu Avocat général sous le Président Ford – ait écrit un livre influent nommé «  Le paradoxe de l’anti-trust, qui soutenait que le seul but du Sherman act était le bien être du consommateur. Bork affirmait que les fusions et les grandes tailles créent presque toujours de l’efficacité qui permet de faire baisse les prix, et que dans ce contexte, elles devraient être légales. Les idées de Bork étaient en relations avec la conservatrice Ecole de Chicago, Chicago School of Economics, et trouva une audience fin prête dans l’administration Reagan. De même que sous mandat démocrate. Bork avait tort. Mais depuis lors, les antitrust ont quasiment disparus.

Le monopole de la «  high tech »

Nous assistons au déclin de la compétition même dans les industries de pointe et dans la haute technologie. Dans la nouvelle économie, l’information et les idées sont la forme de propriété la plus valorisée. C’est là qu’est l’argent. Nous n’avons jamais vu de concentration de cette ampleur auparavant. Google et Facebook sont là où maintenant les Américains cherchent leurs informations. Pendant ce temps, Amazon est le premier arrêt pour la moitié des Américains cherchant à acheter quelque chose. Nous évoquions le pouvoir.Contrairement à une vision conventionnelle de l’économie américaine grouillant de petites compagnies innovantes, la réalité est tout à fait différente. La proportion à laquelle les nouvelles compagnies se sont créées aux US a remarquablement ralenti depuis les années 70.  Les brevets généralisés, les plate-formes standards, les flottes d’avocats poursuivant les rivaux potentiels, les armées de lobbyists ont créé des barrières formidables pour les nouveaux arrivants. Le moeur de recheche de Google est si dominant que «  to google » est devenu un verbe.

L’Union européenne a poursuivi Google par l’intermédiaire de la loi anti-trust, l’accusant de forcer les usagers de son moteur de recherche vers ses propres plateformes d’achats. Et en juin dernier, Google a dû s’acquitter d’une amende record de 2.7 milliards. Mais pas en Amérique. Il est temps de redonner vie à l’anti-trust. Les pouvoirs économique et politique ne peuvent être séparés parce que des corporations dominantes gagnent de l’influence sur l’organisation, la maintenance et le renforcement du marché sur le plan politique- ce qui augmente encore leur pouvoir. Alors que le but premier de la loi anti-trust était de prévenir cela. Le « big tech » comme les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, l’agriculture et les géants finaciers, dominent maintenant à la fois l’économie et le politique. Il n’y a à cela qu’une seule réponse : remettre en fonction les lois anti-trust.

Robert Reich

http://robertreich.org/

Robert B. Reich est Chancellor’s Professor de politique publique à l’Université de Californie  à Berkeley, Senior Fellow au Blum Center for Developing Economies. Il a exercé en tant que Secrétaire d’état au travail sous l’administration Clinton et s’est vu nommé par le Times magazine l’un des dix secrétaires de cabinet les plus efficaces du 20ième siècle,. Il a écrit quatorze livres, y compris les best-sellers « “Aftershock”, “The Work of Nations,” et “Beyond Outrage,” et , son plus récent, “Saving Capitalism.” Il est aussi le fondateur de l’American Prospect magazine, membre du burau de Common Cause, et memebre de l’American Academy of Arts and Sciences, co-fondateur de l’association Inequality Media and co-créateur du documenaire récompensé «  Inequality for All ».

 

Article lié ” The state of competition and dynamism: Facts about concentration, start-ups, and related policies “. The Brooking Brief

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Les salaires mirobolants des PDG : c’est à ça que servent les amis. Dean Baker

High CEO Pay: It’s What Friends Are For

Dean Baker
Truthout, March 26, 2018

L’explosion des salaires des chefs d’entreprise est bien connue. Si les têtes des entreprises les plus importantes ont toujours été bien payées, nous avons vu leurs salaires aller de 20 à 30 fois celui des travailleurs ordinaires dans les années 1960 et 1970 à 200 ou 300 fois celui d’un employé de base dans les années récentes.  Des chèques de plus de 20 millions de dollars par an sont maintenant des standards et il n’est pas rare de voir un exécutif s’en sortir avec plus de 40 à 50 millions en une seule année.

Les rétributions débordantes des chefs d’entreprise occupent une part importante dans l’histoire de la montée des inégalités dans les dernières quatre années. Ces individus font tous partie des 1% ou même des 0, 001 % de la distribution des revenus.

Le haut salaire des responsables fait monter celui des autres cadres. Si un PDG s’en sort avec 25 millions par an, il est probable que les cadres juste au-dessous de lui recevront des salaires de 3 à 5 millions, et probablement beaucoup plus. Si un PDG gagne 2 millions par an, le tiers suivant gagnera dans les environs de 1 million. Et c’est simplement logique, des salaires plus élevés au sommet signifie des salaires plus bas pour tous les autres.

Ajoutons à cela qu’un haut salaire au sommet de l’échelle dans un secteur est transmis aux secteurs avoisinants. Il est maintenant commun de voir des présidents d’université, des responsables d’organisations caritatives ou d’autres associations à buts non lucratifs être payés 1 million ou quelquefois 2 millions de plus par an. Ils peuvent dire avec justesse qu’ils gagneraient beaucoup plus s’ils assumaient les mêmes fonctions dans le secteur privé.

Il y a actuellement un débat dans le secteur économique sur les causes de ce saut dans les rémunérations des PDG. Plusieurs économistes disent que des salaires plus élevés reflètent l’importance croissante des performances du PDG dans la compagnie. Leur argument est qu’un bon PDG, qui peut habilement conduire la compagnie à travers le marché qui change rapidement, peut ajouter des milliards de dollars à la valeur des actions value.  Dans ce contexte, les actionnaires peuvent toujours s’en sortir tout à fait même si ils sortent 40 ou 50 millions par an pour leur PDG.

L’autre position prétend que les PDG s’en vont avec des chèques énormes même lorsqu’ils ont fait peu ou rien pour augmenter la valeur de l’action. ( Il est acquis que les PDG sont récompensés pour leur aide aux actionnaires, pas pour le bénéfice des employés ou de la société dans son ensemble) Les PDG des compagnies pétrolières les plus importantes ont vu une augmentation énorme comme résultat de la montée des prix du pétrole dans le monde, un facteur qui était plutôt hors de leur contrôle. Ce qui implique que ces salaires sont le résultat d’un échec de la gouvernance de la compagnie, où les actionnaires n’ont pas la capacité à contrôler effectivement les salaires des PDG.

Dans un nouvel article, Jessica Schieder  de l’Economic Policy Institute et moi-même examinons l’impact d’un seuil dans la déductibilité des salaires des PDG.  Une clause dans le Affordable care act ( ACA) emêche les assureurs  santé de déduire plus de 500.000 $  des salaires des PDG de leur déclaration. Ceci signifie que un dollar de salaire du PDG qui allait coûter à la compagnie 65 cents devait après l’ajustement coûter un dollar entier, c’est-à-dire 50% de plus.

Si les rémunérations des PDG étaient liées de près aux dividendes des actionnaires, cette provision devrait avoir mené à une chute dans les salaires des PDG de groupe d’assurance par rapport aux autres secteurs. Nous avons testé l’impact sur les bénéfices de ACA, contrôlant les profits, les revenus, les actions et d’autres facteurs supposés affecter les salaires des PDG. Nous n’avons trouvé aucune preuve que cette clause ait eu le moindre effet de baisse sur les salaires des PDG de l’industrie de l’assurance.

Le fait de rendre les salaires des PDG moins coûteux pour les compagnies n’a pas eu d’effet sur leur compensation de soutien à la vision législative invalidante. Les PDG ne sont pas payés d’une façon mirifique parce qu’ils sont indispensables à leur compagnie. Ils sont payés d’une façon mirifique parce que les conseils d’administration, qui principalement détermine leur salaire, sont leurs amis.

Les PDG sont recrutés par un processus dominé par les cadres supérieurs. Être un PDG est une bonne planque, payant habituellement des centaines de milliers de dollars pour à peu près 150 heures de travail annuel.  Aussi longtemps que les PDG ont le support des cadres, il est impossible qu’ils soient licenciés. Plus de 99% sont réélus. Dans ce contexte, ils n’ont pas vraiment de motivation pour demander «  Peut-on payer le patron un peu moins ? »  Il est possible de modifier la structure de la motivation. Une clause dans le projet de loi de la réforme financière de Dodd-Frank  demande un vote triannuel «  son mot à dire sur les salaires » par les actionnaires. C’est un vote facultatif dans lequel les actionnaires votent oui ou non sur le paquet salaire du Directeur. Moins de 3% des paquets salaires sont abissés. L’intérêt est généralement bas car il y peu de conséquences attendues d’un vote négatif.

Mais la loi pourrait changer et avoir plus d’impact. Supposons que les directeurs sacrifient leurs salaires si les actionnaires disaient «  non ». Cela leur donnerait une réelle motivation pour demander à ce qu’ils soient effectivement payés moins.

Ceci, comme d’autres changements dans la régulation des entreprises pourraient maitriser les salaires des PDG et aider à réduire les inégalités. Cela demande plus de réflexions et de luttes afin de déterminer quelles sont les meilleures réformes. Cependant, il y a une chose sur laquelle  nous sommes affirmatifs : limiter les déductions d’impôts des salaires des PDG n’est pas la réponse.

 

” Fou comme un renard ” Paul Robinson

AS CRAZY AS A FOX

Le martelage médiatique incessant ne laisse aucun temps ni aucun espace pour une approche plus objective de la nature de la volonté politique russe. Les USA et les enjeux du pouvoir trafiqués par les organes de renseignements de plus en plus politisés et les tactiques des Démocrates et des néo-conservateurs utilisent la presse qui leur est absolument aféodée pour cette oeuvre de propagande de haut-vol, aussi grossièrement efficace qu’a pu l’être la préparation médiatique de l’intervention en Irak.

Pour le consommateur d’information, qui est l’objet de tous les soins de cette envol propagandique, les “choses sont claires”, aussi claires que la face unique qui lui est donnée à regarder si il ne fait pas l’effort d’aller au-delà de ce qu’on lui offre en pâture. L’Europe suit avec zèle comme toujours, incapable de manifester un tant soit peu d’autonomie dans ses choix politiques, les organes de presse comme ARTE, chaîne publique franco-allemande, donne du grain à moudre à une complète méconnaissance du terrain. Le “terrain” étant, en ces circonstances, à la fois l’analyse des évènements, en particulier ceux liés à l’Ukraine et à la présence de l’OTAN, et celle de la nature du pouvoir politique du Kremlin. 

Mais nous savons comme les croyances sont résistantes aux faits, comme la passion qu’elles génèrent est inébranlable, surtout lorsqu’est désigné de loin un ennemi qui fédère. Il peut être important de tenter d’aller y voir plus près. EG

Martyanov writes that the USA “still continues to reside in her bubble which insulates her from any outside voices of reason and peace” and that Putin’s speech aimed at “coercing America’s elites into, if not peace, at least into some form of sanity, given that they are currently completely detached from the geopolitical, military and economic realities of a newly emerging world ”.

Les USA “continuent de rester dans leur bulle qui les isole de toute voix extérieure de paix et de raison.” Le discours de Poutine cherchait à ” forcer l’élite américaine peut-être pas vers la paix, mais au moins vers une forme de santé mentale, étant entendu qu’elle est en ce moment complètement détachée de toute réalité géopolitique, militaire ou économique ayant trait à l’émergeance d’un monde nouveau”.

Rusé comme un renard

Aussi rusé qu’un renard venant d’être promu Professeur de Ruse à l’Université d’Oxford  (Blackladder)

Il y a des points sur lesquels j’ai tort et des points sur lesquels j’ai raison. Ce qui est triste est que pour le dernier, ce sont souvent des choses où je préfèrerais avoir tort – par exemple, quelques prédictions sinistres. Dans mon dernier article, j’ai cru proposer que les commentateurs occidentaux n’entendraient vraisemblablement pas le message que Poutine envoyait dans ses commentaires touchant le développement de l’armement russe mais au lieu de ça, l’interpréteraient comme un signe d’intention agressive. C’était une des prédictions que je préfèrerais voir fausse. Au lieu de ça, juste un jour plus tard, il semble que j’avais raison.

Comme j’étais assis avec un bol de Cap’n Crunch ce matin pour mon petit-déjeuner, je me suis retrouvé à la première page de l’Ottawa Citizen, arborant fièrement le gros titre : «  Les jeux de guerre de Poutine » et une photo d’un portrait de lui par l’artiste ukrainienne Dasha Marchenko fait avc des cartouches de balles.

putinbullets

Portrait de Poutin par Masha Darchenko

Juste au cas où certains lecteurs n’auraient pas compris que Poutine est un affreux tueur de masse et une menace pour tout ce en quoi nous croyons, deux articles s’appliquent à bien fourbir le message.

Le premier, de Shannon Gormley,  est la répétition assez peu originale de toutes les plaintes ordinaires sur les dispositifs de guerres cybernétiques russes, y compris certaines qui ont été complètement remises en question, comme «  C’est la Russie qui a vraisemblablement sponsorisé le vote du départ de l’Angleterre (Mme. Gormley n’a clairement pas lu l’annonce sur Facebook cette semaine qu’il n’avait pas été trouvé une seule preuve d’une cyberattaque   coordonnée par les Russes liée au Brexit) La Russie dit Gormley, est «  un gosse insolent et un incorrigible vaurien, qui visera certainement les élections canadiennes en 2019. (Pour quelle raison, j’ai du mal à comprendre, puisqu’il n’existe aucun parti «  pro-russe »)  et son but «  est de délégitimer les institutions démocratiques »

En bref, il n’y a rien dans cet article que vous n’ayez entendu des centaines de fois, je me concentrerai donc sur le second, qui est encore plus infamant. Le journaliste du National Post, Rédigé par Joseph Brean, il se répend sur deux pages, avec un titre sur la première qui dit : «  L’homme qui se prend pour un Tzar »  et un autre sur la seconde, «  Fou comme un renard à jeun » Bien sûr, Poutine n’a jamis exprimé le moinde d »sir d’être Tzar et n’est certainement pas fou, l’article commence donc sur de mauvaises prémisses. Mais ça empire.

Brean, comme j’avais prévu que les commentateurs allaient le faire, utilise le discours de Poutine et Poutine lui-même comme une menace pour l’Occident. Brean note que «  La menace était claire. Faites attention, ou autrement «  Poutine, selon Bearn, «  a calmement offert une vision de l’apocalypse nucléaire ». Que la Russie possède toutes ces armes dont Poutine a parlé est déjà assez gênant. Ce qui est pire est que l’homme qui en a la responsabilité semble être dément. Brean écrit que Poutine «  fait un pari risqué qui pourrait mener un moindre dictateur à sa perte ». Lui et le chef nord-Coréen Kim Jong Un.

«  ne sont peut-être pas si différents. Poutine joue au même jeu, avec juste beaucoup plus de bombes. Cela rappelle la prestation fameuse de Robin Williams à propos de la bombe atomique, dans son imitation insultaane d’un général russe imbibé de vodka : «  Nous avons beaucoup de bombes, nous ne savons pas où elles sont toutes »

Il y a une forme de racisme ordinaire à propos de La Russie ici, comme dans le commentaire de Gormley à propos des Russes «  sales gosses ». Brean continue en disant que «  Poutine a toujours paru dément », par contre «  dément comme un renard à jeun «  ne veut pas dire grand-chose. Un renard normalement est considéré comme «  rusé » ce qui est l’opposé de «  démenté. Et Bean de noter que Poutine finit toujours par l’emporter quand il parit, ce qui pourrait suggérer après tout que les «  jeux » n’est pas vraiment des «  jeux ».

Mais la logique n’a pas vraiment d’importance ici, de même que la vérité. Ce qui importe c’est d’empiler des assertions sur le démoniaque et la folie.  Après avoir annexé la Crimée, affirme Brean, Poutine pouvait «  avoir regardé dans la direction du Kazakhstan  mais il ne pouvait pas se le permettre parce qu’il ne pouvait s’offrir un conflit avec la Chine. » Mais, quand Poutine a-t-il émis le moindre intérêt pour le Kazakhstan ? Les autres péchés de Poutine comprennent les «  provocations «  militaires comme la friture des connexions de l’Armée de l’air  et la réhabilitation de Joseph Staline. Selon Brean «  Poutine a toujours encouragé le «  culte de Staline ». Comme les lecteurs réguliers de ce blog le savent j’ai souvent fait remarquer, avec de très nombreuses preuves, que cette accusation était clairement fausse.  Donc, quelles sont les preuves de Brean à l’égard de ces accusations sur Staline ?

Il apparait qu’il s’agit d’une citation d’un intellectuel ukraino-canadien Taras Kuzio, qui peut difficilement être revendiqué comme étant le plus neutre des commentateurs.

On nous dit que Poutine, « sera élu par tous les moyens » lors des prochaines élections. Brea, cite le Professeur Neil MacFarlane de l’Université d’Oxford qui dit que : «  Il est impossible à arrêter à l’intérieur parce qu’il a arrêté ceux qui pouvaient l’arrêter ». Le Professeur MacFarlane est un érudit respecté mais ici, je me dois de la questionner. Qui sont ces «  gens » qui auraient pu stopper Poutine ? Alexei Navalny, dont les électeurs sont régulièrement évalués à 2% ? Et sinon, qui d’autre  Nemtsov, Kasyanov, Kasparov ? Des alternatives difficilement crédibles en termes d’appui populaire.  Il est possible qu’Oxford ait besoin d’un nouveau Professeur plus rusé.

Poutin, nous dit est devenu, « quelque chose comme un  roi guerrier-philosophe » comme on le voit à travers le fait qu’il, «  exige que ses subalternes lisent des auteurs pro-soviets comme Vladimir Solovyov. » Quelle monstruosité ! Vladimir Solodyov ! Il est vrai qu’il y a un peu de bizarreries dans ses écrits, mais aussi beaucoup de choses qui, au regard de l’époque contemporaine, pourrit paraître très progressistes.  Peut-être Brean devrait-il lire «  La justification du bien », le livre qui circulait au Kremlin il y a quelques années, et nous dire ce qu’il a de si horrible.  Je crois qu’il aura du mal. Je n’ai aucun problème avec les gens qui critiquent la Russie, ce qui m’exaspère, c’est la façon extrême et souvent pervertie avec laquelle ils le font. Dans mon discours de Copenhague lundi, j’ai remarqué que la plupart de ce qui est écrit à l’ouest sur la Russie est «  du déchet ». Et ici, c’est ce que nous trouvons. Deux pages de pourriture nauséabonde. Si Poutine imagine qu’il va lui être possible de faire revenir ces individus à la raison en remuant le bâton devant eux, il se trompe gravement. Le problème est que la raison ne semble pas marcher non plus. Au point où nous en sommes, je commence à croire que rien n’aura d’effet, mis à part l’inévitable passage du temps. Quand l’heure viendra, tout ceci se calmera et nous regarderons en arrière sur cette époque comme sur celle où, pendant un temps, le monde est devenu fou. Je crains, par contre, qu’il ne faille attendre longtemps.

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

De quoi ne parle-t-on pas lorsqu’on évoque le ” piratage russe ” Jackson Lear

 

 

Face à la dernière attaque politique et médiatique autour du” Russiagate”, dont la Presse dominante se fait le relai avec zèle depuis si longtemps mais avec une sorte de frénésie depuis les « découvertes » de Mueller il est nécessaire de mobiliser toutes les connaissances et les possibilités de contre-analyses pour ne pas se plier à cette offensive propagandique majeure des Démocrates et surtout des organes de renseignements derrière eux. Voici la traduction de l’article paru dans The London Review of Books, “What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking » de Jackson Lear. “De qui ne parle-t-on pas quand on parle de “piratage russe” de Jackson Lear. Et plusieurs autres analyses d’auteurs, indépendants des “Presstitutes” comme les appellent Paul Craig Roberts. On peut aussi se référer utilement aux remarques d’un analyste russe après l’intervention de Trump au sommet de Davos, l’interview de Lavrov, Ministre de la politique étrangère russe,  et à celles de Paul Robinson, grand spécialiste de la Russie et de son histoire qui suit de très près dans son blog “Irrussionality” cette cabale si dangereuse pour la paix et l’équilibre mondiaux. Il est indispensable de s’ouvrir au plus large nombre de commentaires possible, on notera également ceux de ” Zero hedge” qui fait part, source Bloomberg, d’une frappe récente en Syrie des US ayant fait plus de 100 morts russes.

La détermination d’une partie des forces politiques américaines (Néoconservateurs alliés avec les Démocates) à créer le contexte d’une guerre froide nous amène à devoir “prendre” parti. Mais ce parti, dans le contexte médiatique pollué et partisan où des organes de presse comme le NYT, le WP et même l’habituellement plus subtil New Yorker pour n’en citer que quelques-uns parmi des dizaines d’autres (The Nation, Oxynews, Rachel Meadow, qui dans ce contexte a été incroyablement zélée, et même ARTE qui matraque sa russophobie avec allégresse depuis quelques semaines , sans mentionner sur les posts nord-américains supposés libéraux, la présence de plus en plus ostensible de commentaires clairement anti-russes) sont totalement impliqués dans ces manoeuvres du DMC. D’une certaine façon même sans suivre de très près les déplacements de contingent de l’otan dans les pays baltes qui ont eu lieu depuis plusieurs mois voire dans certains cas, années, on ne peut que faire le lien entre les dates de l’échec Clintonien et la montée en flèche de cette vague d’accusation, dont, on le verra, les fondements sont plus que factices, (n’oublions surtout pas ce qui a servi de ” preuve” à Colin Powel pour déclencher l’invasion de l’Irak) mais qui reposent comme toujours sur la capacité, largement cultivée, d’amnésie des masses. Après “l’axe du mal” et tout le chaos qu’il a généré, nous remontons vers l’Est, abreuvés de fallacieuses manipulations dont chaque nouvel élément contredit les précédents, négligeant les données antérieures sans que personne ne bouge, sauf quelques vigiles dont nous tentons de relayer le travail. EG

What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking “

De qui ne parle-t-on pas quand on parle de «  piratage russe »

Jackson Lears

La politique américaine a rarement présenté un spectacle aussi décourageant. Les bouffonneries répugnantes et dangereuses de Donald Trump sont suffisamment troublantes, mais les échecs de la tête du parti démocrate à tirer les conclusions de son échec de la campagne de 2016 le sont tout autant. Le challenge à Hillary Clinton par Bernie Sanders, combiné au triomphe de Donald Trump ont révélé l’ampleur de la colère populaire contre la politique comme d’habitude – le goût des réformes néolibérales en politique intérieure et l’interventionnisme en politique étrangère qui constituent le consensus à Washington. Les Néo-libéraux célèbrent l’utilité sur le marché comme le seul critère de valeur, les interventionnistes exaltent l’aventure militaire à l’étranger comme un moyen de combattre le mal de façon à sécuriser les progrès du marché global. Les deux agendas se sont montrés calamiteux pour la plupart des Américains. Beaucoup ont montré leur désaffection en 2016.  Sanders est un social-démocrate et Trump un charlatan démagogue mais leurs campagnes ont mis en évidence la répudiation du consensus washingtonien.  Pendant à peu près une semaine après les élections, les experts discutaient les capacités du parti démocrate à une stratégie de plus grande envergure. Il semblait que le Parti puisse apprendre quelque chose de la défaite de Clinton. Puis, tout a changé.

Une histoire qui avait circulé lors de la campagne sans faire grand effet a refait surface : elle impliquait l’accusation d’opérateurs russes ayant piraté les serveurs du Comité du Parti démocratique  et révélé des emails embarrassants qui auraient compromis les chances  de Hillary Clinton. Avec une vitesse étonnante, une nouvelle orthodoxie centriste-libérale a vu le jour, enveloppant les médias principaux et l’établissement bipartisan de Washington.  Cette religion séculière a attiré des hordes de convertis lors de la première année de la présidence de Trump.   A travers sa capacité à exclure les dissidents, elle ne ressemble à aucune autre formation d’opinion de masse de toute ma vie adulte, bien qu’elle rappelle quelques souvenirs sombres de mon enfance, ceux de l’hystérie anti-communiste des années 50.  La pièce centrale de la foi, basée sur les accusations de piratage, est la croyance que Vladimir Poutine a orchestré une attaque sur la démocratie américaine en ordonnant à ses mignons d’intervenir dans les élections au nom de Trump. L’histoire est devenue évangile  avec une rapidité et une totalité à couper le souffle. Les dubitatifs sont perçus comme des hérétiques et comme des laudateurs de Trump et de Poutine, les jumeaux immondes et les co-conspirateurs derrière cette attaque contre la démocratie.  La responsabilité pour l’absence de débat repose en grande partie dans les diffusions des médias essentiels. Leur point de vue sans critique et la répétition sans fin de l’histoire du piratage russe en a fait semble-t-il un fait accompli dans l’esprit du public. Il est difficile d’estimer l’importance de la croyance populaire en cette nouvelle orthodoxie mais cela ne semble pas n’être qu’un credo chez les occupants de Washington. Si vous questionnez ce récit dans une conversation ordinaire, vous courez le risque de provoquer des regards déroutés ou de l’hostilité ouverte – même chez d’anciens amis. Tout ceci a été étrange et troublant pour moi, par moment certains fantasmes de la pop-culture sont venus à l’esprit, les déterreurs de cadavre et les buveurs de Kool-aid viennent à l’esprit.

Comme toute orthodoxie digne de ce nom, la religion du piratage russe ne dépend pas de preuves mais de déclarations faites ex-cathedra de la part des institutions faisant autorité et de leurs suzerains. Ses fondements écrits sont une «  déclaration » confuse et largement dénuée de faits produite en janvier dernier par un petit nombre d’analystes triés sur le volet – comme James Clapper, le directeur de la National Intelligence, les décrit, de la CIA, du FBI et de la NSA.  Les déclarations des derniers ne furent faites qu’avec une «  confiance modérée ». Le label «  Intelligence Community Assessment » produit une fausse impression d’unanimité, étant donné que seulement trois parmi les seize agences de renseignements ont contribué à ce rapport. Et bien sûr, la déclaration elle-même contenait cette aveu crucial : «  Les jugements ne sont pas prononcés afin d’impliquer que nous avons les preuves pouvant démontrer des faits. Les déclarations sont fondées sur des informations collectées, qui sont souvent incomplètes et fragmentaires, tout comme la logique, l’argumentation et les précédents » Et pourtant cette déclaration est passée dans l’imaginaire médiatique comme des faits irréfutables, autorisant les journalistes à affirmer ce qui se doit encore d’être prouvé. Se faisant ils servent de porte-paroles  aux agences de renseignement ou du moins à ces analystes «  triés sur le volet ».

Ce n’est pas la première fois que des agences de renseignement jouent un tel rôle. Lorsque j’entends l’ Intelligence Community Assessment cité comme une source fiable, me revient toujours en mémoire le rôle joué par le New York Times dans la légitimation du rapport de la CIA sur la menace de possession d’armes de destruction massive  par Saddam Hussein, sans évoquer la longue histoire de la désinformation ( appelons cela les fake news, les fausses nouvelles)  comme tactique pour faire avancer une administration ou un agenda politique. Une fois de plus, la presse établie légitime les déclarations faites par les Pères de l’Eglise de la sécurité nationale. Clapper en est un des plus vigoureux. Il s’est parjuré devant le Congrès en 2013, quand il a nié que la NSA avait « sciemment » espionné les Américains   – un mensonge pour lequel il n’a jamais été tenu de rendre des comptes. En mai 2017, il a dit à Chuck Todd, de la NBC que les Russes s’étaient très vraisemblablement impliqués dans la campagne de Trump parce qu’ « ils sont presque génétiquement amenés à s’impliquer, à pénétrer, à gagner les faveurs, n’importe, ce qui est une technique typiquement russe. » L’orthodoxie actuelle exempte les Pères de l’église des standards imposés aux gens ordinaires et condamne les Russes – et par-dessus tout Poutine- à n’être uniquement, «  presque génétiquement » diaboliques.

Il m’est difficile de comprendre comment le Parti démocrate, qui a été parfois sceptique à l’égard des Agences de renseignement, puisse maintenant adopter la CIA et le FBI comme des sources de vérité indiscutable. Une des explications possibles est que l’élection de Trump a créé un état d’urgence permanent dans l’imagination libérale, basée sur la croyance que la menace qu’il pose est unique et sans préc »dent. C’est vrai que la menace  de Trump est viscéralement réelle. Mais les menaces posées par George W. Bush ou Dick Cheney- qui ont ravagé le Moyen –Orient étaient tout autant réelles. Les dégâts occasionnés par Bush et Cheney- qui ont ravagé le Moyen Orient, légitimé la torture, et étendu un pouvoir exécutif inconstitutionnel- n’avait eu aucun précédent et était probablement permanente. Trump pose une menace sans précédent pour les immigrants sans papiers et les voyageurs musulmans dont la protection est urgente et nécessaire. Mais sur de nombreuses autres questions, il est un républicain standard.   Il est parfaitement à l’aise avec l’agenda d’austérité de Paul Ryan, qui implique d’énormes transferts de richesse vers les Américains les plus privilégiés.  Il est aussi impliqué que tout autre Républicain dans l’annulation de l’Affordable Care Act d’Obama. Lors de sa campagne, il s’est posé comme un apostat du commerce dérégulé et un opposant   aux interventions militaires à l’étranger mais maintenant qu’il est en place, ses vues sur la dérégulation commerciale basculent d’une façon imprévisible et son équipe de politique étrangère est composée de généraux avec des références interventionnistes impeccables.

Trump, engagé à continuer le financement considérable du déjà démesuré Département de la défense initié par ses prédécesseurs et sa Forteresse America est une version fanfaronne, indisciplinée de la «  nation indispensable » de Madeleine Albright. Tous deux, assument que les Etats unis devraient être capables de faire comme bon leur semble dans l’arène internationale : Trump parce que c’est le plus grand pays du monde, Albright parce qu’il s’agit d’une force exceptionnelle pour le bien commun. Il n’y a non plus rien de nouveau dans le désir de détente de Trump avec la Russie, qui au moins jusqu’en 2012 était la position officielle du Parti démocrate. Ce qui est sans précédent à propos de Trump est son style offensif : méprisant, brutal, illogique, et cependant parfaitement accordé à la colère et à l’anxiété de l’audience qu’il cible. Sesexcès ont laissé libre court au racisme et à la fière misogynie parmi ses supporters. Ceci est une cause de dénonciation, mais je ne suis pas pour autant persuadé que cela justifie cette crise anti-russe.

Parallèlement au caractère supposé exceptionnel de Trump, existent deux autres hypothèses derrière la fureur de Washington : la première est que le piratage russe s’est bel et bien produit, et la seconde que les Russes sont nos ennemis implacables. La seconde fournit la charge émotionnelle pour la première.  Les deux me paraissent problématiques. En ce qui concerne la première, les charges touchant le piratage ne sont pas prouvées et il est probable qu’elles le restent.  Edward Snowden et quelques autres familiers de la NSA disent que si un piratage longue distance s’était produit, l’agence l’aurait repéré et aurait pu détailler son existence sans compromettre ses sources secrètes ni ses méthodes. En septembre, Snowden a dit au Spiegel que la NSA «  sait certainement parfaitement bien qui est l’envahisseur ». Et, cependant «  elle n’a présenté aucune preuve, bien que je suspecte qu’elles existent. La question est : Pourquoi pas ? Je suspecte qu’il y a eu d’autres attaquants du système découverts, peut-être y avait-il six ou sept groupes à l’œuvre. » La capacité de la NSA à suivre le piratage jusqu’à sa source est une affaire de notoriété publique. Quand l’agence a investigué un piratage chinois omniprésent et efficace dans l’armée et les installations de l’industrie de la défense, elle avait été capble de suivre les hackeurs jusqu’au bâtiment d’où ils originaieent, une local de l’Armée de libération du peuple à Shangaï. Cette information fût publiée dans le New York Times mais, cette fois, l’échec de la NSA à fournir des preuves que les services screts russes avaient tenté le piratage de l’Etat US et le systéme d’élection, les affirmations non documentées de l’agence sur l’origine russe du piratage sont restées des faits étonnement non contestés et ont vite été traités comme tels dans les médias.

Cette information a été publiée dans le NYT mais, cette fois, l’échec de la NSA l’a été également.

Pendant ce temps, il y eu un déchaînement d’accusations auxiliaires, dont des charges plus vagues et plus larges de collusion de Trump avec le Kremlin. Il demeure envisageable que Robert Mueller, un ancien directeur du FBI qui a été engagé afin de vérifier ces accusations, ait pu rassembler des preuves incontestables de contacts entre les gens de Trump et diffrents russes. Il serait surprenant qu’un procureur expérimenté désigné pour effectuer un coup de filet revienne les mains vides et les arrestations  ont déjà commencé. Mais ce qui est frappant à leur égard est le fait que les charges n’ont rien à voir avec les interférences russes dans les élections. Il y a eu beaucoup de discours sur le fait que les accusés pourraient fournir des preuves confondantes contre Trump en échange de peines plus légères, mais ce ne sont que de simples spéculations. Paul Manafort, à un moment chef de campagne de Trump, a plaidé non coupable des charges selon lesquelles il aurait manqué à rendre publiques les relations de sa firme en tant qu’agent du gouvernement ukrainien et détourné ses millions de dollars de frais. Mais ceci s’est produit avant la campagne de 2016. Georges Papadopoulous, un conseiller en politique étrangère, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI à propos de ses efforts vains pour organiser une rencontre entre les gens de Trump et le gouvernement russe. – une opportunité que la campagne de Trump a déclinée. La plus récente interpellation de Mueller, Mickael Flynn,  l’Islamophobe désaquilibré qui a brièvement servi à Trump de conseiller en sécurité nationale, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI sur une rencontre avec l’ambassadeur russe en Décembre, quelques semaines après l’élection. Cette sorte de diplomacy d’arrière plan se produit régulièremet pendant les interims entre deux administrations. Il n’y a pas pour autant de signe de collusion.

Jusqu’ici, après des mois de «  bombes » qui se sont avérées être des pets, il n’existe toujours aucune preuve de l’interférence du Kremlin dans les élections américaines. Pendant ce temps,  de sérieux doutes ont émergés quant aux bases techniques de ces plaintes de piratage. Des observateurs indépendants ont argumenté qu’il était plus envisageable que les emails aient fui de l’intérieur et n’aient pas été piratés de l’extérieur. Dans cette optique, l’analyse la plus plausible a été faite par un groupe nommé Veteran Intelligence Professionals for Sanity, d’anciens employés des agences de services secrets US, qui se sont distingués en déboulonnant la plainte de Collin Powel concernant les armes de destruction massive possédées par Saddam Hussain, quelques heures après que Powell ait présent ses soi-disant preuves aux Nations unies. (Certains membres du VIPS ne se sont pas ralliés aux conclusions de ce rapport mais leurs arguments ont été à leur tour contestés par ses auteurs.) Les découvertes du VIPS n’ont reçu aucune attention de la part de la presse, sauf de Fox News – ce qui pour certains membres du centre-gauche  est pire que pas d’attention du tout. Les médias mainstream ont présenté le rapport comme le fruit de conspirationnistes (apparemment, le piratage russe ne compte pas comme tel).  La question cruciale, ici et ailleurs est l’exclusion du débat public de TOUTE perspective critique sur le discours orthodoxe, même dans la perspective de personnes avec de solides acquis professionnels et ayant déjà sérieusement faits leurs preuves.

A la fois l’histoire du piratage du DNC  et celle impliquant les emails de John Podesta, un conseiller de  campagne de H. Clinton, désignent un groupe obscur de pirates soi-disant  russes désignés sous le nom de «  Fancy Bear » – également connu chez les amateurs de technique comme APT28. Le nom de Fancy Bear a été introduit par  Dimitri Alperovitch, le responsable technique de la firme de cybersécurité Crowdstike. Alperovitch est aussi un membre de l’Atlantic Council, un think tank anti-russe de Washington embauché par le DNC afin de mener une enquête sur le détournement de leurs emails. Dans son rapport, Crowdstrike ne met en avant pratiquement aucune preuve de son affirmation de la responsabilité des Russes, encore moins de leur affiliation avec les services serets russes. Et pourtant, à partir de ce moment, la présomption qu’il s’agissait d’un cyber opération russe n’a pas été questionnée. Quand le FBI est entré en scène, le Bureau n’a pas demandé ou s’est vu refuser l’accès aux serveurs  du DNC, il dépendait donc complètement des analyses de Crowdstrike.  Pendant ce temps, Crowdstrike était forcé de retirer une autre plainte, où les Russes avaient piraté avec succès les systèmes de commandement de l’artillerie ukrainienne. L’armée ukrainienne et le British International Institute for strat »gic studies ont tous deux démneti cette plainte, et Crowdstrike s’est rétrcté. Mais ses analyse du DNC ont été autorisées a être sauvegardées et à même devenir les bases de l’Intelligence Community Assessment

Le bavardage autour du piratage n’aurait jamais acquis une telle urgence si celui-ci n’avait pas accompagné la présupposition : La Russie est l’unique adversaire dangereux, avec lequel nous devrions éviter tout contact. Sans cette croyance, la rencontre de l’Avocat général Jeff Session avec les Russes en septembre 2016 n’aurait été qu’une discussion de routine entre un Sénateur et des offociels étraners. Les conversatins post-élelcetions de Flynn ave l’Ambassadeur de Russie seraient passées inaperçues. Les tentatives des copains de Trump de faire quelques affaires avec la Russie simplement un eu glauques. La rencontre à la Rrump Tower de Donald Trump Jr. avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, intrigue obscure et mélodramatique,  aurait été transformée en une comédie de l’erreur. Avec le fils du candidat s’attendant à recevoir des informations à utiliser contre Clinton mais découvrant que Veselnitskaya ne voulait parler que de la levée des sanctions et de la reprise de l’accueil des orphelins russes aux USA. Et Putin lui-m^me serait resté un simple autocrate avec lequel les démocraties pouvaient négocier sans le soutenir.

Des voix sceptiques, comme celles du VIPS, ont été noyées sous un tapage de désinformation. Des histoires évidemment fausses, comme celle du Washington Post  affirmant que les Russes avaient piraté le réseau électrique du Vermont, sont publiées puis démenties le lendemain.Parfois, comme l’histoire de l’interférence des Russes dans les élections françaises et allemandes elles ne sont pas démenties même lorsqu’elles ont été discréditées. Ces histoires ont été parfaitement déboulonnées par les services secrets français et allemands  mais continue de planer, empoisonnant l’atmosphère, rendant le débat confus. La plainte selon laquelle les Russes avinent piraté les systèmes de vote locaux et fédéraux aux USA a été réfutée par lesreprésentants officiles de la Californie  et du Visconsin mais leurs commentaires n’ont généré quun simple murmure comparé aus grondements de l’histoire originale. La précipitation pour publier sans une attention suffisante à la véracité est devenue la nouvelle norme du journalisme. La rétractation ou a correction sont presque hors de propos, la fausse accusation a fait son travail.

La conséquence en est un sentiment de confusion qui enveloppe tout. Un nihilisme épistémologique plane mais certaines personnes et certaines institutions en retirent le pouvoir plus grand que d’autres de définir ce qui constitue une réalité consensuelle. Dire ceci est courir le risque  de se voir licencié comme le dernier des cinglés dans le lexique du Washington contemporain : la théorie conspirationniste. Pourtant les faits demeurent,  parfois des individus puissants s’arrangent pour promouvoir des idées qui bénéficint à leurs intérêts communs. Que nous appelions cela l’hégémonie, la conspiration, ou simplement les privilèges n’a pas vraiment d’importance. Ce qui a de l’importance, c’est d’avoir le pouvoir de créer ce que Gramsci nommait «  le sens commun » d’une société entière.  Même si la plupart des membres de cette société sont indifférents ou suspicieux à ce sens commun officiel, il n’en est pas moins incrusté dans les assomptions tacites qui tracent les frontières de « l’opinion responsable ». L’establishment démocratique donc, (avec quelques éléments Républicains) et les médias les plus importants ont transformé l’ «  interférence russe » en une partie du sens commun du moment. Quelle sorte de travail culturel ce sens commun effectue-t-il ? Quelles sont les conséquences du spectacle que les médias intitulent, avec une originalité caractéristique,  le « Russiagate » ?

La toute première conséquence est qu’en trouvant des démons étrangers à blâmer pour l’ascension de Trump, les dirigeants démocrates ont déplacé le blâme de leur défaite  loin de leur propre politique sans questionner la moindre de leurs assomptions principales. Parmi le rejet général de Trump, ils peuvent se proclamer dissidents, la «  résistance » était le label que les Clintoniens se sont appropriés quelques jours après l’élection. Les Démocrates majoritaires ont commencé à utiliser le terme de «  progressiste » à appliquer à une plate forme qui ne prétend à rien d’autre qu’à préserver Obamacare, , s’agitant en direction d’une plus grande galité des salaires, et le protection des minorités. Cet agenda est timide. Il n’a rien à dire sur la mise en cause de l’influence concentrée du capital sur la politique, la réduction du budget en expansion de la défense, ou le retrait des engagements systématiques dans la politique étrangère et pourtant sans ces initiatives, même la plus ténue des politiques égalitaires fait face à des obstacles insurmontables. De plus nombreuses et authentiques insurrections sont en route, qui affrontent le pouvoir corporatiste et connectent la politique intérieure avec la politique étrangère mais elles font face à une bataille ardue contre l’argent ancré et le pouvoir des dirigeants démocrates – comme Chuck Schumer, Nancy Pelosi, les Clinton et le DNC. Le Russiagae a permis à l’élite démocrate de promouvoir l’unité du parti  contre Trump-Poutine, pendant que le DMC faisait la purge des supporters de Sanders.

Pour le DNC, le grande qualité de l’histoire du piratage russe est qu’elle concentre l’attention ailleurs que sur ce qui était vraiment dans les emails. Les documents ont révélé une organisation profondément corrompue, dont la façade d’impartialité n’était qu’une imposture. Même le tout à fait fidèlement pro-Clinton Washington Post a admis  que «  beaucoup des plus emails les plus comprmettants suggèrent que le Comité essayait activement de compromettre la campagne présidntielle de Bernie Sanders »’ Des preuves de collusions supplémentaires entre la machine clintonnienne et le DNC ont fait surface récemment dans un essai de Donna Brazile, qui a été secrétaire par intérim du DNC après que Debbie Wasserman Schultz ait démissionné dans l’après-coup des révélations. Brazile décrit un accord daté du 26 août 2015, qui spécifie :

Qu’en échange de la levée de fonds et de mener des invstigations au sein du DNC, Hillary  contrôlerait les finances du parti, les stratégies et tous les fonds obtenus. Sa campagne a le droit de refuser le choix de la nomination du Directeur de la communication du parti  et elle aura le dernier mot sur tout le reste. Le DNC était également sollicité pour la consulter sur la campagne à propos de tout ce qui conerne les autres domaines, budgets, données, analyses et mailings.

Avant même que les primaires aient commencées, le supposé neutre DNC – qui a été proche de l’insolvabilité – avait été acheté par la campagne Clinton.

Une autre révélation récente du DNC concerne les origines de l’enquête dsur les liens supposés de Trump avec Poutine. L’histoire a commencé en Avril 2016, quand le DNC a embauché une firme d’enquête de Washington nommée  Fusion GPS afin de’extraire tous les éléments de connexions entre Trump et la Russie. Le contrat impliquait le paiement de «  liquide pour les ordures » comme aimait à l’appeler la campagne Clinton. Fusion GPS  a finalement produit des ordures, un compte-rendu choquant rédigé par un ancien agent de  British M16 Intelligence Christopher Steele, basé sur des on-dit achetés auprès de sources anonymes russes. Au sein des prostituées et des urinoirs une histoire a émergé : le gouvernement russe avait fait chanter et soudoyer Donald Trump depuis des années, dans l’assomption qu’il deviendrait Président un jour et servirait les intérêts du Kremlin. Dans ce conte fantastique, Poutine devient un comploteur omniscient prodigieusement doué.  Comme toutes les accusations de collusion, celle-ci est devenue elle aussi plus vague avec le temps, ajoutant à l’atmosphère glauque sans pour autant ajouter aucune preuve. La campagne Clinton a tenté de convaincre les médias de l’establishment de publier le dossier Steele, mais avec une circonspection peu caractéristique, ils ont décliné la promotion de ce qui était tout simplement du déchet politique plutôt qu’un rapport fiable. Cependant le FBI a apparemment pris le dossier Steele suffisamment au sérieux pour en inclure un résumé dans l’appendice secret à l’Intelligence Community Assessment. Deux semaines avant l’inauguration, James Comey, le directeur du FBI, décrivait le dossier à Trump. Après que le briefing de Comey ait été communiqué frauduleusement à la presse, le site web Buzzfeed l’a publié en entier, produisant hilarité et hystérie au sein de la nomenclature washingtonienne.

Le dossier Steel occupe un royaume obscur où l’idéologie et les enseignements, la désinformation et les révélations se recouvrent. C’est l’antichambre d’un système plus vaste de nihilisme épistémologique créé par différentes factions rivales des services de renseignement : l’ « arbre de fumée » qui, pour le romancier  Denis Johnson, symbolisait les opérations de la CIA au Vietnam. J’ai inhalé cette fumée moi-même en 1969, 1070, quand j’étais cryptographe d’une opération de déblayage top secrète sur un nvire de l’Armée US qui ptransportait des missiles équipés de têtes nucléaires – dont l’existence même était niée par la Marine. J’ai été dégagé de cete opération et plus tard honorablement congédié quand j’ai refusé de rejoindre le Sealed Authenticator System, qui aurait autorisé le lancement de ces missiles nucléaires  soi-disant non existants. L’arbre de fumée est simplement devenu plus complexe et plus insaisissable  depuis lors. Pourtant le Parti démocrate s’est maintenant embarqué dans une réhabilitation tous azimuts de la communauté des services de renseignements- ou du moins d’une partie d’entre elle, celle qui supporte l’idée du piratage russe. (Nous pouvons être certains qu’il existe des désaccords entre eux) Et ce n’est pas uniquement l’establishment démocratique qui embrasse l’Etat profond. Une partie de la base, croyant que Trump et Poutine sont étroitement liés, croit devoir fulminer contre la « trahison » comme une nouvelle John Birch Society.

J’ai songé à cette ironie en visitant l’exposition «  L’âme d’une nation : l’art à l’âge du Black Power » à la Tate gallery, qui exhibe les travaux d’artistes noir-Américians pendant les années 1960.1970, quand les agences de renseignement, (et les agents provocateurs)  organisaient une répression gouvernementale contre les militants noirs, les résistants à la conscription, les déserteurs et le pacifistes. Parmi les toiles, les collages et les assemblages, il n’y avait qu’un sei=ul drapeu confédéé, accompagné par l’horrible rappel du passé de Jim Crow – Un homme du Klan dans tout son attirail, un corps noir se balançant dans un arbre. Il y avait aussi au moins une demi-douzaine de drapeau US, juxtaposés en entier ou en partie à des images de l’oppression raciale contemporaine qui pourrait se passer n’importe où aen Amérique : des hommes noirs transportés morts sur des brancards par des squelettes en uniformes de police, un prisonnier noir attaché à une chaise, attendant d’être torturé. Le point était de mettre en évidence le contraste entre «  le pays des libertés »  et les pratiques de l’état sécuritaire et des forces de police locales. Les artistes noirs  de cette époque connaissaient leur ennemi : les noirs n’étaient pas tués ou emprisonnés par un nébuleux ennemi étranger mais par le FBI, la CIA et la police.

La Parti démocrate a développé une nouvelle vision du monde, un partenariat plus ambitieux entre les humanitaires interventionnistes libéraux et les militaristes conservateurs qui existait déjà sous le prudent Obama. Ceci sera peut-être la conséquence la plus désastreuse pour le Parti démocrate de la nouvelle politique orthodoxe anti-russe : la perte de l’opportunit de formuler une politique étrangère plus humaine et plus cohérente. L’obsession de Poutine a effacé la possbilité de la complexité de la reprsentation du monde par les Démocrates, créant un vide rapidement rempli parlesfantaisies monochromes d’Hillary Clinton et de ses alliés exceptionnalistes. Pur des gens comme Max Boot et Robert Kagan, la guerre est un état désirable pour les affaires, spécialement quand ils la regardent derrière leur claviers et que le reste du monde – à part les vilains garçons-  est rempli de populations qui veulent construie des sociétés comme la nôtre : pluralistes, démocratiques et ouvertes aux affaires. Il existe une souffrance terrible dans le monde, les USA ont des ressources abondantes pour l’aider à se réduire, l’impératif moral est clair. Il existe un nombre infini d’engagement internationaux qui n’impliquent pas une intervention militaire. Mais le chemin pris par la politique US  assez souvent pour qu’on puisse soupçonner la réthorique humanitaire de n’être rien d’autre qu’une façade pour une géopoltique plus banale – une qui définit l’intérêt national comme global et virtuellement sans limite. * (article du sociologue russe) Ayant vécu la guerre du Vietnam, une conséquence calamiteuse de ce qui définissait l’intérêt national, j’ai toujours été attiré par une critique réaliste du globalisme. Réalisme est un label pour toujurs terni par son association à Henri Kissinger, qui a utilisé comme une rationalisation de l’intervention ouvertement et sous couvert de l’intervention dans les affaires d’autres nations. Cependant il existe une tradition réaliste plus humaine, celle de George Kennan et de William Fulbright, qui pointent les liites de la toute-puissance militaire, précisant que les grands pouvoirs impliquent de grandes restrictions. Cette tradition met au défi la doctrine du changement de régime sous le déguisement de la promotion de la démocratie qui, – en dépit des échecs abyssaux en Irak et en Libye – gardent une incroyable légitimité à Washington. – Le Russiagate en a étendu la durée de conservation.

On peut jauger de l’impact corrosif de la fixation démocrate sur la Russie en demandant de quoi peuvent-ils bien parler quand ils neparlent pas du piratage russe. Tout d’abord, ils n’évoquent pas les interférences d’un autre type dans l‘élection, comme les tentatives nombreuses du Parti républicains pour priver du droit électoral les électeurs issus des minorités. Ils n’évoquent pas non plus les milliards de dollars du budget de la défense qui ont compromis la possibilité de recevoir des soins et d’autres mesures sociales urgemment nécessaires, ni la modernisation de l’arsenal nucléaire américain qu’a commencé Obama et le plan de Trump de l’accélérer, qui soulèv le risque d’une catastrophe environnementale ultime : une guerre nucléaire. Une menace rendue plus sérieuse qu’elle ne l’a été depuis des années de disscours combatifs à l’égard de la Russie.

La perspective de pouvoir entamer la procédure d’ « impeachment » de Trump et de l’esclure du bureau en l’accusant de collusion avec la Russie a créé une atmosphère d’anticipation presque vertigineuse parmi les leaders démocrates, les autorisant à oublier que le reste du Parti républicain est composé de nombreux politiciens beaucoup plus habiles aux stratégies washingtonnienne que ne le sera jamais leur Président.

Ce n’est pas le Parti démocrate qui mène la recheche d’alternatives au désastre créé par la politique dues Républicains : un plan d’imposition qui va inonder les riches et essorer les pauvres et la classe moyenne, une poursuite de la politique d’extraction des énergies fossiles insouciante * (Forbes sur la politique d’extraction du gaz naturel sous Obama) qui a déjà conduit à la contamination de l’eau dans le Dakota et le soutien continu des politiques de répression, de même que le soutien aux polittiues de répression policière et d’incarcération de masse. C’est la population locale qui est sous la menace des fuites de pétrole ou des matracages de la police, et c’est là que le Populisme survit.

Une multitude de groupes d’insurgés a commencé à utiliser les attaques contre Trump omme un levier pour faire bouger le Parti dans une direction égalitaire : Black Lives Matter, Democratic Socialists of America, tout comme une quantité d’organisations locales et régionales. Ils reconnaissent qu’il exsite des questions autrement plus urgentes – et authentiques – de s’opposer à Trump que de vagues allégations de collusion avec la Russie. Ils posent un défi tardif aux arnaques du néo-libéralisme, et à l’arrogance technocratique qui a conduit à la défaite de Clinton dans les états industriels américains. Reconnaissant que l’actuel gouvernement n’amènera pas de changements significatifs, ils cherchent à se financer en dehors du DNC. C’est la véritable résistance, contrairement à ‘#theresistance’.

Sur certaines questions, comme le développement de la protection santé, l’augmentation du salaire minimum ou la protection des immigrés sans papiers contre les plus flagrantes formes d’exploitation – ces insurgés obtiennent un large appui. Des candidats comme Paula Jean Swearengin, la fille d’un mineur de la Virginie qui se présente au primaires démocrates pour la nomination au Sénat, défient l’establishment démocrate qui se tient côte à côte avec les Républicains au service du grand capital. L’opposant de Swearengin, Joe Manchin que le Los Angleles Times a comparé à Doug Jones, un autre Démocrate «  très conservateur » qui a récemment gagné les élections au Sénat en Alabama, battant de très peu un Républicain, disagracié par des accusations de harcèlement sexuel avec des adolescentes de quatorze ans. Je me sens soulégé par ce résultat sans jondre l’extase collective démocrate, qui révèle l’investissement presistant du parti dans la politique comme d’habitude. Les leaders démocrates se sont convaincus (ainsi que la pupart de leur base) que tout ce dont a besoin la république est de la restauration du staut antérieur à Trump. Ils demeurent oublieux de l’impatience populaire à l’égard des formules familières. Jess King une femme mennonite, MBA de l’Université de Bard et fondatrice d’une association locale bénévole qui est en lice pour le Congrès comme Démocrate à Lancaster Pennsylvanie – le décrit dans ces termes : «  Nous observons un paysage politique qui change en ce moment qui n’est plus mesuré par le traditionnel droite vs gauche mais par la base vs le sommet. En Pennsylvanie et dans de nombreux autres endroits, nous voyons un populisme économique  des militants de base qui monte, se heurtant à l’establishment politique et au status quo qui ont tant échoué dans notre pays. »

Les insurgés démocrates développent aussi un populisme critique de l’hubris économique qui a sponsorisé tant de croisades qui ont échoué, extorqué des sacricices disproportionnés de la classe ouvrière et provoqué le soutien de Trump, qui s’est présenté lui-même (d’une façon fallacieuse) comme un opposant de l’interventionnisme à tout va. Sur la politique extérieure, les insurgés font face à une opposition encre plus ferme que sur la politique intérieure : un consensus bipartisan, enflammé par l’outrage de la menance contre la démocratie supsée représentée par le piratage russe. Cependant, ils est possible qu’ils aient trouvé un chemin tactique pour avancer, en se concentrant sur les charges inégales pesant sur les pauvres et sur la classe ouvrière pour la promotion et le maintien de l’empire américain.

Cette approche est celle qui anime  ” Autopsie : le Parti démocrate en crise” , un document de 33 pages dont les rédacteurs comprennent Norman Solomon, fondateur du groupe de pression insurgé RootsAction.org. «  La revendication du  Parti démocrate de combattre pour les «  familles de travailleurs »  a été compromise par son refus de s’opposer au pouvoir des multinationales, permettant à Trump de se présenter comme le champion des couches laborieuses » dit Autopsie. Mais ce qui caractérise ceci par rapport aux critiques progressives habituelles, est la connexion convaincnte entre la poltique intérieure et la politque étrangère. Pour ceux de la Rust belt, le service militaire a été souvent la seule solution pour échapper au désastre créé par la politique énéo-libérale, mais le prix pour la fuite a été élevé. Comme le note Autopsie, «  la sagesse de la guerre permanente, ce que Clinon nomme «  le pouvoir global »

  • Etait beaucoup plus clair pour les leaders du Parti (en 2016) qu’il l’était pour ceux qui portaient le poids des morts au combat, des blessures et des traumatismes. Après une dizaine d’années de guerre sans interruption, les données de la recherche sur les conduites de vote montrent que la campagne de Clinton avec saon discours belliqueux a été un repoussoir pdans les classe laborieuses, durement touchées par les pertes dues au déploiement en Irak et en Afghanistan.

Francis Shen de l’Université du Minnesota et Douglas Kriner de l’Université de Boston ont analysés les résultats des élections dans trois états-clefs, La Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan – et ont trouvé   que «  même en contrôlant sur un modème statistique alternatif, nous avons trouvé une relation significatrice et sensée entre le niveau du sacrifice militaire de la communauté et son soutien à Trump ». L’engagement sans critique de Clinton dans les interventions armées a permis à Trump de gagner sur les deux tableaux, jouant au ressentiment chauvin tout en se posant comme un adversaire des guerres sans but et insensées.  Kriner et Shen concluent que les Démocrates peuventavoir à «  réexaminer leur posture en politique étrangère  si ils veulent reconquérir l’électorat épuisé et étrangé à 15 ans de guerre » Si le mouvement insurrectionnel au sein du Parti démocrate a commencé à se formuler des critiques en faveur d’une poltique étrangère intelligente, un changement peut éventuellement se produire. Et le monde peut devenir un endroit où le pouvoir américain, comme la vertu américaine, sont limités. Pour ces mêmes Démocrates, c’est une évolution fortement désirée. C’est sur du long terme mais quelque chose se passe vraiment ici.

Jackson Lears est membre  du Conseil supérieur des universités  (Board of Governors Distinguished) Professeur d’histoire à l’Université de Rutgers..

Quelques mots sur “la crise” boursière. William Kaufman sur Face Book

A few things to remember about the stock market:
1. It’s not real–it’s a form of mass hysteria or mass psychosis.
2. Stock prices reflect a mass-hysteria impression of the worth of a piece of paper you hold–a stock certificate. The worth of that piece of paper is sometimes tethered to some economic reality of some corporation–at least partially–but sometimes not. This is a matter of caprice and crowd psychology, not necessarily economic “health.”
3. It’s a swindle–much of the movement of these equities markets originates in the decisions of large funds or high-speed traders who have access to esoteric information or trading networks that Joe Trader does not. Hence Joe Trader invariably gets screwed.
4. The MSM commentators on the markets are all industry touts. Their invariable counsel: get into the market if you’re not in already, stay in if you’re already in. A dip is a buying opportunity. A surge is a buying opportunity. A buying opportunity is that which puts a commission in their pockets. I don’t know the Latin term for the logical fallacy at work here, but I think the English translation is something like this: bullshit being slung by greedy con artists. These are people with no more conscience or expertise than the barking guy with the Australian accent on the three a.m. informercial raving about a miracle degreaser or stain remover.
5. This market, more than most, is a big fat bubble that has been artificially inflated by low interest rates–the suckers have to go into the market to get a return on their money–and Fed QE policies which have left untold trillions of “liquidity” sloshing around among the financial elites with which to play Monopoly with one another and pad their net worth by buying back shares of their own companies to inflate the stock price. This bubble is worse than any previous ones because the “air” inside it is unprecedented levels of consumer and institutional debt that will cause a deafening “pop” when some of the key players start to lose their shirts, and suddenly all the Peters start calling in the debts of all the Pauls who can’t pay.
6. We can console ourselves that this last resort of financial prestidigitation and fraud is stretched about as far as it can go. The financial elites are out of three-card monte scams to suck the wealth out of the economy. The productivist heyday of capitalism is over: no more builders of railroads, factories, skyscrapers, and highways to a better tomorrow. Just cell phones, televisions, and the endless flows of plastic consumer junk circulating on amazon and Walmart. What Baudrillard called “the mirror of production” is a prison for the planet earth and every species on it. All that is left for the bipartisan predator class is to scavenge the rest of us: no more Medicare, no more Social Security, no more public schools–if they have their way, and they probably will.
7. Pop goes the stock market, the illusion of prosperity, the whole unsustainable carbon-poison “economy,” and pop goes the planet and the human race. But look at it this way: it’s a buying opportunity.

Quelques éléments à garder à l’esprit à propos de la Bourse :

1/ Ce n’est pas réel. C’est une forme d’hystérie de masse ou de psychose de masse.

2/ Le prix d’une action reflète l’impression de cette hystérie de masse sur la valeur d’un morceau de papier que vous détenez. un certificat. La valeur de ce certificat est parfois lièe à la réalité économique d’une entreprise, au moins partiellement, et parfois non. C’est une question de psychologie collective et de caprice et non de santé économique.

3/ C’est une escroquerie. La plupart des mouvements du marché des actions s’originent dans les décisions de quelques grands fonds de pension ou de quelques traders ultra-rapides qui ont accès à des données ésotériques ou a des réseaux d’échanges boursiers auxquels Loe Trader n’a pas accès. Donc, Joe Trader est invariablement baisé.

4/ Les commentateurs de MSM sont tous des rabatteurs de l’industrie. Leur invariable conseil : allez sur le marché si vous n’y êtes pas déjà, restez-y si vous  êtes.  Une baisse est une opportunité pour acheter. Une hausse est une opportunité pour acheter. Une opportunité pour acheter est ce qui met une commission dans leur poche. Je ne connais pas le terme latin pour désigner la logique fallacieuse à l’oeuvre ici mais je crois que sa traduction anglaise pourrait donner à peu près ceci : de la merde lancée par des escrocs avides et talentueux. Ce sont des individus sans plus de conscience ou d’expertise que le type qui aboie avec un accent australien pendant la pub de trois heures du matin ventant les miracles d’un dégraissant ou d’un détachant.

5/ Ce marché, plus que beaucoup d’autres, est une grosse bulle grasse qui a été artificiellement gonflée par des taux d’intérêt très bas – les suceurs doivent rentrer dans le marché afin d’ avoir le retour de leur argent et la politique de la Fed qui a gardé secrets des trillions de “liquidités” coulant au sein de l’élite financière dont les membres  jouent  au Monopoly les uns avec les autres et recouvrent leur valeur en achetant eux-mêmes leurs actions afin de grossir leurs prix.  Cette bulle est pire que toutes les précédentes parce que l’ “air” qu’elle contient est fait d’un niveau sans précédent de dette des consommateurs et des institutions qui causera un assourdissant plop lorsque quelques payeurs clefs commenceront à y laisser leurs chemises et demanderont soudainement à tous les Pierre de se faire rembourser par les  Paul la dette qu’ils ne pourront pas rembourser.

6/ Nous pouvons nous consoler puisque ce dernier recours à la prestidigitation financière et à la fraude est allé presque aussi loin qu’il le pouvait. L’élite financière a sorti un bonneteau afin de sucer la richesse de l’économie. Les jours glorieux du capitalisme sont terminés : plus de constructeurs de trains, d’usines, de gratte-ciel, et  d’autoroutes pour un meilleur avenir. Uniquement des téléphones portables, des télévisions et le courant incessant des consommateurs de produits insalubres sur Amazon et Walmart. Ce que Baudrillard appelle “le miroir de la production” est une prison pour la planète et pour chaque espèce qui l’habite. Tout ce qui reste aux prédateurs bipartisans c’est de récupérer ce qu’il reste de nous : plus de système de protection médicale, plus de sécurité sociale, plus d’école publique – si ça marche comme ils l’entendent, et c’est probablement ce qui va se passer.

7/  La bourse fait “flop”, l’illusion de la prospérité, toute l’économie empoisonnée du carbone, la planète fait ” flop ” et la race humaine. Mais considérons cela sous cet angle : c’est l’occasion d’acheter.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

Les armées de l’Ombre : la guerre invisible mais réelle des USA en Afrique Ramzy Baroud

Shadow Armies: The Unseen, But Real US War in Africa

by RAMZY BAROUD     

 

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Photo by US Army Africa | CC BY 2.0

C’est un fait, mais largement caché, la guerre qui se déroule à travers le continent africain. Elle implique les Etats unis, une Russie qui prend de l’aplomb et une Chine qui monte. Les issues de cette guerre va vraisemblablement redéfinir  l’avenir de ce continent et les perspectives globales.

Il est facile de pointer la responsabilité de D. Trump, son agenda désordonné et ses remarques impulsives. Mais la vérité, c’est que l’actuelle expansion de l’armée américaine en Afrique n’est qu’un pas supplémentaire dans la mauvaise direction. Il fait partie d’une stratégie qui est apparue il y a une dizaine d’année, pendant l’administration du Président George W. Bush, et activement poursuivie par le Président Barack Obama.

En 2007 sous le prétexte de la «  guerre contre le terrorisme », les USA ont consolidé leurs diverses opérations en Afrique afin d’établir la «  United States Africa Command » (AFRICOM). Avec un budget de départ d’un demi-milliard de dollars, AFRICOM fut soi-disant démarré afin de créer un engagement avec les pays africains en termes de diplomatie et d’aide. Mais, au cours de dix dernières années, AFRICOM a été transformé en une commande centralisée des incursions militaires et des interventions.

Cependant, ce rôle violent s’est rapidement accentué pendant la première année de la présidence de Trump. Bien sûr, il y a une guerre cachée en Afrique et elle est menée au nom du «  contre-terrorisme ».

Selon le service d’investigation spéciale de VICE News, les troupes US mènent maintenant 3500 exercices et engagements militaires par an à travers l’Afrique, une moyenne de 10 par jour. Les médias parlent rarement  de cette guerre, accordant ainsi aux militaires un espace suffisamment large pour déstabiliser comme ils l’entendent n’importe quel pays parmi les 54 que compte ce continent.

“ Aujourd’hui, le tableau de 3500 interventions marque une croissance étonnante de 1900 % depuis le début il y a moins de dix ans, et suggère une expansion des activités militaires majeure sur le continent africain. » rapporte VICE.

A la suite du décès de quatre soldats des forces spéciales US au Niger ele 4 octobre, le Secrétaire US de la défense, James Mattis fit une déclaration menaçante au comité du Sénat : ce nombre est supposé augmenter puisque les activités militaires des US en Afrique le sont.

Mattis, comme d’autres officiels de la Défense dans les deux administrations précédentes, justifie les transgressions militaires US comme faisant partie des efforts «  anti-terroristes ». Mais une telle référence codée à servi d’alibi pur intervenir et exploiter des régions importantes avec un grand potentiel économique.

La vieille devise coloniale «  des miettes pour l’Afrique » est réinventée par les pouvoirs de la globalisation qui se représentent parfaitement l’ampleur des largesses économiques inexploitées du continent. Pendant que la Chine, les Indes et la Russie développe chacune leur approche afin de courtiser l’Afrique, les US sont investis principalement dans les actions militaires, qui promettent d’infliger des maux secrets et de déstabiliser de nombreuses nations.

Le coup d’état du Mali, en 2012, mené par le capitaine d’armée Amadou Haya Sanogo, entrainé par les USA, n’en est qu’un exemple.

Dans son discours de 2013, la Secrétaire d’état Hillary Clinton, avertissait contre «  un nouveau colonialisme en Afrique, où il est aisé de pénétrer, de prendre les ressources naturelles, de soudoyer les leaders puis de partir ». Alors que Clinton a bien sûr raison, elle faisait hypocritement référence à la Chine, pas à son propre pays.

L’influence croissante de la Chine en Afrique est évidente, et les pratiques de Beijing peuvent être injustes. Cependant, la politique de la Chine à l’égard de l’Afrique est beaucoup plus civilisée et axée sur le commerce que l’approche militarisée des USA.

La croissance des relations commerciales entre la Chine et l’Afrique, selon un rapport des News report des Nations unies, se produit à un « rythme époustouflant », comme elles passent de 10.5 milliards de dollars en 2000 à 166 milliards en 2011. Depuis lors, elles ont continué au même rythme impressionnant.

Mais cet accroissement a été couplé avec de nombreuses initiatives, y compris plusieurs milliards de dollars de crédit chinois aux pays africain afin de développer des infrastructures faisant cruellement défaut. Plus encore est allé au financement du «  Programme pour les talents africains » dont le but est de former des professionnels africains dans des secteurs variés.

Ca ne devrait donc pas être surprenant qu’en 2009,  la Chine surpasse les USA et soit le principal interlocuteur commercial de l’Afrique.

Le véritable colonialisme auquel Clinton se réfère dans son discours, est cependant en bonne voie dans la perception et le comportement des USA à l’égard de l’Afrique. Ce n’est pas une hyperbole, mais en fait un constat qui fait écho aux propres mots du Président Trump.

Lors d’un déjeuner avec neuf chefs d’états africains en septembre dernier aux Nations unies, Trump a parlé avec le même type d’état d’esprit que celui qui a inspiré les politiques coloniales occidentales depuis des siècles.

Peu après qu’il ait créé un pays du nom de Nambie, Trump s’est vanté  à propos de ses «  nombreux amis (qui vont) dans vos pays en essayant de s’enrichir ». «  Je vous félicite, a-t-il dit, ils y dépensent beaucoup d’argent ! »

Le mois suivant, Trump ajoutait le Tchad, son partenaire dévoué dans la lutte anti-terroriste à la liste des pays dont le citoyens sont interdits d’entrée aux USA.

Si l’on garde à l’esprit que l’Afrique a 22 pays à majorité musulmane, le gouvernement américain compromet toute vision diplomatique à long terme et est, au contraire, en train de s’enfoncer toujours plus dans la réponse militaire.

La poussée militaire US ne semble pas non plus faire partie d’une politique complète. Elle est aussi alarmante qu’elle est erratique, reflétant la constante dépendance des US sur les solutions militaires pour résoudre toutes sortes de problèmes, y compris des rivalités commerciales ou politiques.

Comparons ça avec la stratégie d’approche russe en Afrique. En ranimant d’anciennes camaraderies avec le continent, la Russie suit la stratégie d’engagement chinoise (ou dans son cas de réengagement), à travers des termes de développement ou de commerce favorables. Mais contrairement à la Chine, la Russie a un agenda largement ouvert qui inclut des exportations d’ares, qui remplace l’armement américain dans différentes parties du continent.

Pour Moscou, l’Afrique a un potentiel inexploité et exceptionnel comme partenaire politique qui peut appuyer la position de la Russie aux Nations unies.

Conscient de la compétition évidente, quelques chefs d’états africains travaillent maintenant afin de trouver des alliés en dehors du traditionnel cadre occidental, qui contrôle la plupart de l’Afrique depuis la fin du colonialisme traditionnel il y a plusieurs dizaines d’années.

Un exemple frappant est la visite en novembre dernier du Président du Soudan Omar al-Bashir en Russie et de sa rencontre au sommet avec le Président Vladimir Poutine.  «  Nous avons rêvé de cette visite depuis longtemps, a dit al-Bashir à Poutine, «  nous vons besoin de protection contre les actes agressifs des USA »

La « protection » convoitée comprend la promesse russe de moderniser l’armée soudanaise.

Inquiet de l’approche russe en Afrique, les US réagissent par des stratagèmes militaires et peu de diplomatie. La mini-guerre menée actuellement sur le continent poussera le continent plus avant dans les abysses de la violence et de la corruption, ce qui doit convenir parfaitement à Washington mais amènera une misère innommable à des millions de personnes.

Il est hors de question que l’Afrique ne soit plus une affaire uniquement occidentale pouvant être exploitée à merci. Mais il faudra des années avant que l’Afrique et ses 54 nations soient vraiment libérés de cet esprit colonial obstiné, enraciné dans le racisme, l’exploitation économique et les interventions militaires.

RAMZY BAROUD

Le Dr. Ramzy Baroud écrit sur le Moyen –Orient depuis plus de vingt ans. Il est un essayiste syndiqué internationalement, consultant médias, et auteur de nombreux livres, fondeur de la PalestineChronicle.com. Son dernier ouvrage «  Mon père était un combattant de la liberté : Gaza une histoire inédite, My Father Was a Freedom Fighter: Gaza’s Untold Story (Pluto Press, London). Son site web : ramzybaroud.net

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

Amérique : la grande panique du sexe William Kaufman

«  Il n’y a pour l’être au monde que dissimilitudes, disparités, rendez-vous manqués, déviations, dis-cours. La coïncidence met un terme à l’acte de penser et l’organisme se décharge, se vide. La discordance au contraire, fournit l’impulsion pour le travail de penser, pour discerner, dans la perception présente, la distance par rapport à la représentation de Das Ding absente. Lorsqu’il y a coïncidence, il n’y a donc plus de chance pour l’acte de penser. » Nestor Braunstein “La Jouissance un concept lacanien” p 34

The great American sex-panic 

2017 : Amérique, la grande panique du sexe par WILLIAM KAUFMAN

Je confesse être plus troublé que ravi par le grondement quotidien des idoles tombant pour une accusation de «  mauvaise conduite sexuelle », la fixation morbide des masses qui cachent des titillements privés, des sourires entendus et des claquements de lèvres sadiques derrière le masque public d’une réprobation solennelle.

Weinstein et Trump et Roy Moore et Bill Clinton sont de vils porcs et de pauvres types, pas de doute, j’ai toujours détesté l’arrogance des performances artistiques néo-libérales  arrogantes de Al Franken et le journalisme lèche-cul et carriériste de Glenn Thrush et de Charlie Rose, les derniers dominos à tomber sous les accusations publiques d’ avances «ou d’attouchements «  inappropriés ».

La frontière culturelle entre  tolérance et intolérance devient floue et glisse avec chaque nouvelle révélation, tout comme la litanie des péchés, présents ou passés, majeurs ou mineurs se concentre en une avalanche d’accusations indifférenciées de plus en plus graves une meute cavalante de «  Me-tooists ».  — des vagues successives de pelotages et de bisous envahissent maintenant la bande passante des chaînes d’information, nous laissant avec l’impression qu’il n’existe pas de crime contre l’humanité plus grands que le bond insollicité de la langue ou de la main d’un chien en chaleur, certains d’entre eux datant de vingt ou trente ans mais uniquement révélés lors des dernières semaines.

Soyons honnête, ces révélations «  choquantes » à propos de Franken- selon lesquelles il aurait essayé de rouler un patin à une femme une fois pendant une répétition et attrapé son sein somnolent en se moquant dans une pose ridicule ou peut-être que sa main s’est aventuré trop loin en direction du postérieur d’une femme pendant qu’il l’obligeait à se faire prendre en photo dans une foire il y a cinq ans- n’auraient suscité rien d’autre que des bâillements  il y a juste quelques semaines ou mois, dans l’ère AW, (Avant Weinstein). En fait ces deux femmes, apparemment si peu perturbées qu’elles ont pu garder ces incidents secrets pendant cinq ou six ans, n’auraient certainement pas pensé à rejoindre la procession solennelle des profanées sur les chaînes nationales si ce n’est pour l’effet de chaque cri du cœur successif dans la débandade.

Mais est-ce une avancée dans l’éthique collective quand le réservoir public des chocs et des indignations est si aisément tourneboulé et marqué par des pécadilles érotiques ? ici, bien sûr je dois faire la distinction entre un viol confirmé – un crime contre la dignité humaine toujours écoeurant  ou des menaces sous –entendues ou manifestes touchant la carrière en fonction de «  faveurs » sexuelles d’une part, et de l’autre les érutions volcaniquesbde passions érotiques impétueuses qui inévitablement laissent l’un ou les deux partenaires déconfit et embarrassé ou bien délaissé par des ouvertures inattendues ou malvenues, tactiles ou verbales.  Comme le blogueur de gauche Michael J. Smith le note : «  Tous les actes ne sont pas graves identiquement, une plaisanterie cochonne n’est pas aussi déplacée qu’un pelotage, et un pelotage n’est pas aussi grave qu’un viol. » Alors quels intérêts pour la santé mentale ou la raison dans l’irréfléchi  regroupement de mauvais glissement de la langue et d’ostensibles viols sous le même terme vaguement défini de «  mauvaise conduite sexuelle » ? Comme si il n’existait pas de différence importante entre une tape lourdaude ou une remarque déplacée lors d’une fête de bureau et un viol collectif ? Ce serait comme d’appliquer le terme de «  communiste » pour les défenseurs du système de protection médical «  single payer healthcare » et les militants pour un contrôle de l’économie entière par un seul parti centralisé—oh attendez, on a vu ça précisément, lors de l’ère Mac Carthy. Et maintenant… est-ce que cela ne commence pas à sonner comme quelque chose de familier ? Et non seulement les comportements mais aussi les mots sont tombés sous le contrôle : Dimanche Jeffrey Tambor  a rejoint le banc des accusés, sautant par-dessus bord en quittant la série acclamée d’Amazon, «  Transparent » après deux allégations de l’usage de termes lubriques  devant ses assistants et ses partenaires. La tâche de l’ostracisme s’est donc étendue des actes au simple discours.

D’une façon alarmante, le terme tartuffien de «  lubrique » a bénéficié d’une réhabilitation récente parmi les médias, rouage d’un conglomérat géant d’info-divertissement dont les subsides dépendent précisément de la dissémination de masse de la description télévisuelle de cas explicites de «  lubricité »  et de violence sexuelle que leur département des informations déplorent lorsqu’ils sont exhibé dans la vraie vie.

« Lubrique » a eu un certain retentissement lors de la campagne présidentielle quand les journalistes et les têtes pensant les stratégistes pro-Clinton montraient des signes d’horreur quotidiens aux révélations des propos grossiers et des discours de corps de garde du Donald sur Access Hollywood.  Il semble que c’ait été la première fois que ce mot ait bénéficié d’un tel écho depuis le 17ième siècle, depuis Salem et l’Angleterre victorienne. Le bataillon de l’élite anti-lubricité est certainement composé des mêmes membres de la Ivy League qui considéraient Henry Miller comme un génie, non pas en dépit de mais à cause de sa description crue du désir sexuel qui fait paraître les palabres privées de Trump ou les blagues de Tambor plutôt fades et inhibées en comparaison. ( Il n’est pas non plus improbable que ces mêmes personnes considèrent Quentin Tarentino, maître des viles obscénités du langage et de la violence comme un génie du cinéma) L’ensemble du spectacle est encore une fois comique et nauséabond.

Et il semble qu’une énorme partie du monde de l’art et de la littérature, de Pindar à Botticelli, de Shakespeare à Joyce ou à Updike va bientôt tomber également sous le couperet de la politique de la lubricité.  Disons qu’un Professeur d’Anglais à l’université, dans une unité de Transcendantalisme américain se voit assigné le travail sur un poème de Whitman «  I sing the body electric » et lise ce poème à haute voix à ses étudiants, y compris le passage suivant :

 

This is the female form,

A divine nimbus exhales from it from head to foot,

It attracts with fierce undeniable attraction,

I am drawn by its breath as if I were no more than a helpless vapor, all falls aside but myself and it,

Books, art, religion, time, the visible and solid earth, and what was expected of heaven or fear’d of hell, are now consumed,

Mad filaments, ungovernable shoots play out of it, the response likewise ungovernable,

Hair, bosom, hips, bend of legs, negligent falling hands all diffused, mine too diffused,

Ebb stung by the flow and flow stung by the ebb, love-flesh swelling and deliciously aching,

Limitless limpid jets of love hot and enormous, quivering jelly of love, white-blow and delirious juice,

Bridegroom night of love working surely and softly into the prostrate dawn,

Undulating into the willing and yielding day,

Lost in the cleave of the clasping and sweet-flesh’d day.

 

C’est la forme femelle

Un nimbe divin s’en exhale, de la tête au pied.

Elle attire

D’une attraction indéniable et sauvage

Je suis attiré par son haleine, comme si je n’étais qu’une vapeur impuissante, tout s’effondre sauf elle et moi

Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide, et ce que l’on attendait des cieux ou de la crainte de l’enfer est maintenant consumé

Des filaments déments, des pousses ingouvernables s’en déroulent, la réponse, tout pareil, ingouvernable

Cheveux, fessier, hanches, courbes des jambes, mains glissant négligemment, tout diffus, moi diffus de même

Reflux piqué par le courant, courant piqué par le reflux, la chair d’amour gonflant et délicieusement douloureuse

Des jets limpides et d’amour sans limite, brûlant et énorme, frémissant gel d’amour, jus choc de blancheur, et délirant

Nuit de noce amoureuse, travaillant sûrement et doucement vers l’aube de la prostate, ondulant dans le jour bienveillant et abandonnique

Perdu dans la fente de l’embrassement et du jour incarné *

Que se passerait-il si une étudiante devait s’effondrer de détresse au son des «Frémissant gels d’amour » puis dénoncer le professeur pour avoir imposé un langage «  lubrique » et perturbant à ses étudiants ? Serait-il trainé devant le Comité éthique ? Se trouver débouté de sa chaire ? Forcé de démissionner ? Vous trouvez cela grotesque ? Alors prenez le temps de consulter le rapport ci-dessous paru dans «  The Atlantic » sur la tendance alarmante à expurger de ses contenus potentiellement érotiques et offensants les grands canons de la littérature occidentale :

Quelque chose d’étrange est en train de se produire dans les universités nord-américaines. Un mouvement se développe, non dirigé mais conduit largement par les étudiants, qui tend à nettoyer les campus de mots et d’idées, de sujets qui puisent entraîner de l’inconfort ou blesser. En décembre,, Jeannie Suk a écrit un article en ligne pour le New Yorker à propos d’étudiants en droit demandant à ses collègues de Harvard de ne pas leur enseigner la législation sur le viol – ou dans cas, de na pas utiliser le mot «  violer » ( comme dans «  violer la loi ») au cas où cela causerait de la détresse chez les étudiants…Un grand nombre de comédiens populaires, dont Chris Rock, a cessé de se produire sur les campus des universités. Jerry Seinfeld et Bill Maher ont publiquement condamné cette hypersensibilité des étudiants, disant que beaucoup trop d’entre eux n’avaient aucun sens de l’humour.

Deux termes sont sortis rapidement de l’obscurité pour incorporer le discours commun des campus. Les Microagressions sont de petites actions ou des choix de mots qui semblent porter sur eux aucune intention maligne  mais qui sont néanmoins considérés comme porteurs d’une forme de violence.  Les avertissements de déclenchement sont des alertes que les professeurs sont supposés émettre lorsque quelque chose dans leur cours est supposé entrainer une forte réponse émotionnelle. Par exemple, quelques étudiants ont demandé un avertissement pour le travail de Chinua Achebe «  Le monde s’effondre » pour la description de violences raciales et pour celui de F. Scott Fitzgerald, «  Gadsby le magnifique »  pour sa misogynie et la description de violences domestiques, de façon à ce que les étudiants ayant été auparavant victimes de violence domestique ou raciste puisse choisir d’éviter l’étude de ces œuvres, dont ils imaginent qu’elles pourraient réveiller les traumatismes passés.

Et ce virus de censure du puritanisme américain a franchi l’Atlantique pour bloquer jusqu’à l’enseignement de Shakespeare – oui, Shakespeare – dans les universités anglaises, comme cela a été développé le mois dernier dans——, The Independent:

Les universitaires critiquent les « avertisseurs de déclenchement » après que des étudiants de l’Université de Cambridge aient été prévenus de «  sujets potentiellement perturbants » dans des pièces de Shakespeare. Les étudiants de premier cycle ont apparemment été avertis  qu’un cours sur «  Titus Andronicus » et « La comédie des erreurs » incluraient  des «  discussions sur la violence sexuelle » et «  les agressions sexuelles ». Selon The Telegraph,  les «  avertisseurs de déclenchement » ont été postés dans les «  Notes de lecture » de la Faculté de Grande Bretagne, qui est un document qui circule parmi les étudiants de l’université. Les universitaires ont exprimé des inquiétudes quant u fait que les universités tentant de protéger les jeunes adultes de certaines questions ne puisse les rendre incapable de faire face à la vie réelle après leur diplôme. Les supportères* des «  avertisseurs de déclenchement » disent qu’ils servent à aider les étudiants qui pourraient être gênés au cas où le texte leur rappelle des expériences personnelles traumatisantes.

Cependant, des critiques comme Mary Beard, Professeure de littérature classique à Cambridge dit que permettre aux étudiants d’éviter d’aborder les épisodes traumatiques de l’histoire ou de la littérature est «  fondamentalement malhonnête ». Beard avait dit auparavant : «  Il nous faut encourager nos étudiants à pouvoir faire face à ça, même quand ils trouvent qu’ils se sentent bizarres ou mis en difficulté pour des tas de bonnes raisons. » David Crilly, directeur artistique du Festival Shakespeare de Cambridge dit : «  Si un étudiant de littérature anglaise ne sait pas qu’il y a des scènes de violence dans Titus Andronicus, il ne devrait pas être dans ce cours. »

Mais les voix raisonnables de Beard ou de Crilly luttent pour une cause noble mais perdue contre les vigiles culturels du politiquement correct, vociférant après le sang de la prochaine idole ayant chuté dans l’expression dévoyée de sa sexualité, dans une réception, un bureau, un lieu de répétition ou un bar. Mais s’il nous est possible de nous éloigner de la Haute cours de l’Inquisition,  pour atteindre le pays des vivants, c’est-à-dire du mortel simplement faillible, tourmenté par le sexe qui en fait forme la race humaine – qui n’a pas vécu des instants angoissés ou comiques, comme prédateur ou comme victime ou les deux à la fois, dans les affres insensées d’un moment de désir ? Et est-ce qu’un soudain accès de convoitise ou de passion justifie pour quiconque une réprimande de masse ou un claquement de langue réprobateur ou des confessions quotidiennes compulsives et des crucifixions médiatiques publiques à l’ère du BW *, sauf pour les plus extrêmes des féministes anti-sexe comme Andréa Dworkin, qui considère toute forme de relation hétérosexuelle comme une forme de viol.  Est-ce qui quiconque à part les puritains réactionnaires penserait à supprimer ou à éviter les livres de Henry Miller ? Ou de D.H Lawrence ? ou même d’Al Goldstein ? Et pourtant même Shakespeare se trouve à l’index du politiquement correct. Au sein des contingents politico-sexuels du début de la seconde vague féministe, il y eut, c’est certain, quelques éviscérations littéraires et quelques incendies culturels mais rien de comparable avec l’actuel pêle-mêle médiatique de lectures d’actes d’accusation pour des crimes contre l’humanité nécessitant des investigations publiques, des tribunaux, des dénonciations, une dévotion discordante de l’establishment libéral aux chasseurs de tête américains démodés et aux puritains ancrés dans la tradition de leurs ancêtres de Salem et du Sud fondamentaliste.

Trahissant une impulsion fondamentalement élitiste d’organisation et de contrôle, les inquisiteurs du politiquement correct reculent instinctivement avec dégoût de la tempête sans régle de la sexualité humaine. La source du désir, le torrent de toute passion et de tout plaisir, l’origine de la vie elle-même- qui parfois assourdi, aveugle et exalte chacun de nous. Avec l’âme d’un comptable et le tempérament d’un manager professionnel, les inquisiteurs du politiquement correct cherchent à confiner  le chaos dionysien d’Eros dans le cadre des restrictions bureaucratiques  des dossiers, des étiquettes et des procédures, comme si une pulsion sexuelle ou une rencontre étaient des transactions bancaires ou des comptes rendus d’audience au tribunal. Ainsi, les néo-libéraux conduisent ce front dans leur guerre incessante contre la nature, y compris les sources déréglées de la nature elle-même : regardez ! le spectacle consternant de ces mortels exsangues et sans joie menant des batailles futiles contre le dieu Eros. Les vigiles ne peuvent gagner cette bataille, bien sûr, mais ils peuvent infliger des dommages inutiles aux réputations, aux carrières, à tout un héritage culturel en renforçant leur bréviaire avec des avertissements de déclenchement, des codes de langage, et des règles d’ordre.

Quelque chose de complétement étrange est à l’œuvre ici – une ire autoritarienne mal avisée  sur les ratés spasmodiques de la comédie humaine combinée à un effondrement primal d’une classe dominante assiégée et de plus en plus désespérée et des clignotements de son hypocrisie sexuelle bien connue. C’est une panique morale qui est, ironiquement, immorale en son cœur, répressive et sécessionniste, une orgie de politique  identitaire animée par des énergies morales mal dirigées qui nourrissent une conformité frileuse de mots et de comportements et, ce faisant, entame les facultés critiques et l’indépendance nécessaires pour provoquer le status quo que les moniteurs du politiquement correct prétendent abhorrer. En réalité, leurs discours et leurs codes de conduite génère un esprit d’enrégimentassions plutôt que de rébellion, consolidant ainsi   le pouvoir de l’élite répressive, celle qui conduit la race humaine vers un désastre social, économique et écologique.

Il ne s’agit donc pas seulement de panique morale, mais d’une bizarre inversion de valeurs dans laquelle Bill Clinton meut assassiner 500.000 enfants irakiens, jeter des millions de femmes et d’enfants pauvres dans l’assistanat et énoncer les règles globales du commerce transnational avec le NAFTA mais n’ être révoqué ou stigmatisé pour aucune de ces atrocités mais pour une pipe taillée dans son bureau, dans laquelle Hillary Clinton peut prendre la tête de la  destruction de la Libye réduisant ce pays à une bauge primitive et non seulement n‘est pas  virée ou ostracisée mais récompensée par les Démocrates avec la nomination à la présidentielle et louée par les féministes de l’entreprise comme une championne de « l’inclusivité », dans laquelle Barack Obama appuie une réforme du système de protection de la santé frauduleuse, qui laisse 27  millions de personnes sans couverture  et d’autres millions avec des primes et des déductibilités qui rendent leur «  couverture » tout sauf utilisable, tout en condamnant des dizaines de milliers d’individus à mort chaque année parce qu’ils ne peuvent se permettre des soins médicaux au bon moment, et en lâchant 13. 050 kilos de bombes pour la seule année 2016, et il n’est cependant non seulement pas honni et couvert d’abomination en tant qu’escroc mais adulé comme une icône de la gouvernance éclairée dans laquelle l’entière élite dirigeante et ses associé des médias corporatistes sont sans cesse en train de sous-estimer- ou d’à peine mentionner- la gravit » du changement climatique qui pourrait tout bonnement signer la fin de l’espèce humaine dans une centaine d’années mais qui ne suscite pas d’ombrage inspiré ou de cris d’indignation de la part de quiconque dans ce cercle élitiste ou chez leurs acolytes face à cette urgence planétaire sans précédent.

C’est pourquoi les hématomes sur les ego longtemps enterrés, fraîchement venus au monde de la foule des privilégiés politiques  éclipse les meutres de masse, les écocides sur la courbe des outrages des fauseurs d’opinion de ce pays. La même cohorte solennelle – principalement blanche et issue de la classe moyenne, nombre d’entre eux, ardents partisans de McResistance DNC (ou, dans le cas de Leean Tweeden, l’accusatrice du roulage de patin , des conservateurs qui ont voté deux fois  pour George W. Bush)— est si facilement choquée presque jusqu’à l’apoplexie sur un vilain geste de la main ou de la langue et ignore pourtant discrètement ou ouvertement se réjouit de crimes hors-pair contre l’humanité : des guerres débilitantes sans fin contre des ennemis sans nom à l’étranger, de la corruption toxique de mercenaires et l’annihilation de la démocratie, des inégalités politiques et sociales de plus en plus choquantes. (les 1% du sommet de la population possède maintenant la moitié de la richesse mondiale), et des écocides omniprésents- commis et encouragés en toute impunité par les héros culturels des brigades du politiquement correct comme les Clinton et les Obama et leurs cohortes médiatiques et dans l’ élite politico-corporatistes.

Donc oui, poursuivez les violeurs et les pédophiles et laissez les souffrir en prison. Mais vous me pardonnerez si je reste distant par rapport aux cavalcades outragées sur la langue entêtée de Franken ou même les vannes juvéniles de la fraternité* de Trump quand le monde chancèle au bord du vide. L’échelle des valeurs de l’élite libérale et les questions qui nourrissent et épuisent leur capacité à l’outrage frôlent la démence morale. Leurs «  valeurs » tant vantées nous conduisent non vers la vertu ou vers le renouveau spirituel mais vers la moralisation nauséeuse de gardiens de la maison charnelle- vers les abysses.

William Kaufman est un écrivain et un éditeur qui vit à New York City, il peut être joint à  kman484@earthlink.net.

  • Traduction personnelle du poème de Whitman «  Je chante le corps électrique »
  • Frat ; pour Fraternité, clubs attachés aux universités aux USA
  • BW : réaction de Bordet-Wasserman, test sérologique permettant de dépister la syphilis
  • Supportère(s) : choix personnel de francisation d’un substantif passé dans la langue

 

Freud, le premier anti-psychiatre Lawrence Kemelson

Traduction de l’article du Dr. Lawrence Kemelson ” Freud, le premier anti-psychiatre” paru dans la revue ” Mad In America”

Cet article semble avoir été écrit du fond d’une sorte de cellier profond, sombre, d’où tous les bruits pouvant en émaner étaient détournés depuis des années au profit des fanfares des certitudes scientistes. La lutte contre la psychanalyse et ce qu’elle nous dit est si ardente, menée avec une sorte de régularité si zélée qu’on ne peut pas ne pas se questionner sur ce qu’il en est de son message et de ce qu’il génère, par ce qu’il est, de rejet. Il va de soi que c’est l’image du pouvoir de l’homme sur lui-même qui ne peut battre en retraite, a fortiori dans un pays où le “tu veux, tu peux” et où toute la manière binaire d’envisager la vie comme un combat où on perd ou on gagne pour affirmer sa réussite visible et quantifiable, sont les maîtres mots de la culture même. Comment y introduire Freud, y réintroduire Freud, surtout quand les praticiens de sa théorie qui pouvaient sur place la défendre et la rendre convaincante se sont empressés de lui donner une tournure acceptable pour la bienpensance ambiante.

Il va de soi aussi que cet article est à cent lieux de cette même théorie, comme si, quoi qu’on en dise, la majeure partie du travail particulier de la cure et ce qu’elle a comme moteurs théorique et conceptuel ne pouvaient être en quelque sorte digérés et métaphorisés par l”’American way of life”. On se prend à rêver, devant l’ouverture d’une telle porte au coeur des trombes et des catastrophes générées par la propagande et le poids des financements de la biopsychiatrie et du cognitivisme, à un travail de fond sur la retranscription de ces mêmes concepts, une reprise en main des théories freudiennes où le passage si essentiel d’une langue à l’autre se fasse avec le souci d’y voir clair et de remettre la théorie de l’inconscient, car après tout, c’est bien de cela dont il s’agit avant tout, au centre des préoccupations, et ce, en collaboration, de part et d’autre de l’Atlantique. EG

Freud the first anti-psychiatre Mad in America

Freud  n’était pas psychiatre, il était neurologue qui a abandonné sa pratique de la médecine afin d’étudier le fonctionnement intime de l’esprit, la façon dont les sociétés se régulent et les échanges entre les deux. Il était plutôt un psychologue-sociologue-philosophe. Il vivait à l’ère victorienne quand, contrairement à aujourd’hui, la sexualité était réprimée et les femmes dévalorisées, ceci explique amplement pourquoi certaines de ses idées semblent étranges ou choquantes pour beaucoup maintenant. Mais si nous dépassons ces défauts, nous trouvons quelques concepts qui valent la peine.

Freud considérait la psychanalyse comme partie de la psychologie plutôt que de la médecine et insistait pour qu’elle ne soit pas médicalisée.  Il pensait que tout un chacun ayant les aptitudes pouvait être formé à pratiquer la psychanalyse, mais que la formation médicale diminueraient la capacité à associer librement.

Il était dédaigneux à l’égard des psychiatres : «  Dans les facultés de médecine, un docteur reçoit une formation qui est plus ou moins l’opposé de ce qui est nécessaire pour une pratique de la psychanalyse…Cela leur donne une attitude fausse et nuisible » Freud donc vit leur inauthenticité et leur dangerosité et fût le premier anti-psychiatre.

Il n’y a qu’aux USA que les psychiatres monopolisent avidement la psychanalyse contrairement aux souhaits de Freud, créant des termes obscurs comme «  superego » ( surmoi) et id ( inconscient) qu’eux seuls utilisent. Les psychiatres qui ont pathologisé publiquement le candidat à la présidentielle Goldwater en 1964 étaient si assoiffés de pouvoir, si impliqués politiquement. Des freudiens authentiques n’auraient jamais fait cela car ils croient que nous avons tous des conflits, Freud a donné à cela de la substance en expliquant logiquement les rêves, les mots d’esprits et les erreurs qui sont connus sous le nom de «  Lapsus freudiens ».

Il est souvent dit que ses théories ont été démystifiées. C’est dû au fait que l’origine génétique ou biologique des troubles émotionnels-comportementaux comme maladies du cerveau a été prouvée (comme le prophétise irrationnellement la psychiatrie moderne) plutôt que des réactions à des événements ou à des conflits inconscient-conscient trouvant leur origine dans l’enfance, comme il l’a rationnellement déduit. Mais ceci ne s’est jamais produit donc ses idées n’ont jamais été réfutées.

Comparons les deux approches : les thérapeutes freudiens n’appliquent pas d’étiquettes ostraciques ou stigmatisantes car nous luttons tous. Ils laissent les patients déterminer leurs propres buts et faire le travail actif de la thérapie puisque les associations ne peuvent être porteuses de sens et productives que si c’est le patient qui les effectue. Ils écoutent, comprennent et entre en relation profondément, patiement et respectueusement. Leurs clients réfléchissent aux raisons pour lesquelles ils agissent comme ils le font, ils explorent, expriment les probèmes qui viennent de la vie en société et apprennent à leur faire face de la façon qui leur convient. Ils utilisent leur réflexion afin d’augmenter la capacité à se soignereux-mêmes et le contrôle sur leur vie.

Mais la psychiatrie moderne se précipite d’une façon impersonnelle-jugeante, autoritaire sur des étiquettes qui classent le client comme «  malade » ou «  anormal ». Ils poussent les clients à enfouir leurs problématiques sous la surface plutôt que de les découvrir et de les envisager, leur déniant leur propre volonté puisque celles-ci sont « génétiques » et à obéir passivement. Leurs drogues taille-unique-qui-convient-à-tous rendent le patient muet, son esprit inactif et créent des éternellement dépendants et des zombies sans défense alignés pour leurs assemblées.

Donc, ces approches sont parfaitement l’opposé à tous égards : ‘L’ Anti-Freud’ est le  ‘modèle Pro-médical’. Les psychiatres Freudiens dans les années 50. 60 se sont battus contre la biopsychiatrie, ils étaient donc les prochains anti-psychiatres.  Le premier DSM ( 1952, lors du règne de Freud) ne catégorisait pas les symptômes en les transformant en maladies au nom pseudo-scientifique, mais explorait les liens causaux possibles entre les questions psychologiques et sociales.

Dans les dernières années, le but de Fred était moins de traiter «  la maladie mentale » que d’améliorer la société en augmentant la conscience et en diminuant la répression sociale ( ce qu’il fit), parce qu’il pensait que c’était la principale source de mécontentement5 Si il était encore vivant, il dirait probablement que c’est la répression émotionnelle plutôt que la répression sexuelle qui est la problème et l’attribuerait à «  la médicalisation de la vie quotidienne » de la psychiatrie, comme la nomme Szasz.6 Il accuserait le modèle médical d’empoisonner notre culture  pour nos handicaps, nos tueries, notre drogue et notre crise d’overdoses en disant : ‘ Je vous avais prévenu »

Voici comment il aurait analysé notre société «  malade » :

Le modèle médical amène les individus à réprimer leurs sentiments normaux/déplaisants/inacceptables comme la tristesse après un décès, les soucis quant à l’avenir où la colère, afin d’éviter de se faire appeler «  malade mental » si ils montrent ces sentiments. («  Avoir » une dépression, de l’anxiété, ou une personnalité bipolaire ou borderline si ils montrent les trois).

Beaucoup ayant une conscience d’eux-mêmes sont dupés et conduits à penser qu’il y a quelque chose qui e va pas chez eux (une maladie du cerveau) et dirigés vers la médicalisation de leurs problèmes et de leurs sentiments. Certains vont chez le psychiatre afin de les supprimer à l’aide de médicaments, d’autres essaient des traitements alternatifs en blâmant les toxines, les effets secondaires des médicaments, les régimes alimentaires, etc. La norme donc maintenant est devenue la répression émotionnelle et l’ignorance de soi. Cela étouffe la maîtrise des défis de l’existence. A cause de la médicalisation, le pourcentage la quantité des pensées, luttes, sentiments des individus qui sont inconscients ( ou mis sous sédation) est plus élevé que jamais. Et ceci a eu des effets désastreux.

Bien sûr beaucoup d’idées de Freud sont invalides ou ne s’appliquent plus, mais même Szasz acceptait son idée essentielle de l’inconscient et comment des questions ou des sentiments refoulés peuvent conduire à des actions ou des problèmes sans que nous en ayons conscience.7

L’antidote au modèle médical et à l’infestation de notre culture serait de réintroduire quelques-unes des théories de Freud (pas par la thérapie mais par l’éducation). Après tout, est-ce que le modèle opposé au modèle médical ne serait pas le meilleur moyen de le contrecarrer ? Combiner l’éducation avec la preuve du mensonge de la psychiatrie serait le meilleur moyen d’achever son règne. Les idées de Freud sont déjà à l’intérieur de nous, nous avons juste besoin de le ramener à la surface.

Freud est encore apprécié dans de nombreuses nations d’Europe. C’est peut-être pourquoi leur population est moins vulnérable aux vendeurs de drogues, légales ou illégales et donc pourquoi ils meurent moins fréquemment d’overdose. Alors, partenaires de Mad In America, pourquoi ne pas laisser Freud rejoindre notre équipe ? Il a de bonnes idées,  et surtout c’est lui qui a initié notre cause.

Laurence Kelmenson

Lawrence Kelmenson, MD

Lawrence Kelmenson a été psychiatre pendant 30 ans, exerçant auprès d’enfants, d’adultes et de familles. Il a fai ses études de médecine à l’Université d’état de New York, et accompli son stage en situation pour devenir psychiatre puis, ensuite chef de clinique, à l’Hopital De Craig House, à Beacon. New York, jusqu’en 2000, depuis il conduit des psychothérapies dans le domaine privé à Cold Spring, New York.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Histoires venues de l’isolement cellulaire.

On peut aussi tout de même se demander ce qu’est l’idée de peine elle-même dans une forme d’emprisonnement de ce type. Qui doit être protégé et contre quoi ? Quel est au bout du compte le bénéfice social de ce genre de choix carcéral. Il vient parfois une vision différente de l’acte anti-social, quel qu’il soit, c’est de le considérer comme une part active de la vie collective, incontournable quelle que soit la forme de justice choisie et ses modes de condamnation, une partie d’un ‘” nous” imaginaire est ainsi enfermée dans des cellules de 1.50 sur 1.80 mètres. Ce rien à produire de sa propre vie, quoi qu’on ait pu en faire avant d’être enfermé, quel message est-ce qu’il renvoie à l’ensemble de ce que nous sommes ? En quoi, meurtre monstrueux ou pas, meurtre de gardiens ou pas, le fait d’être condamné au néant existentiel et à la solitude absolue viendrait mieux assurer une forme de rédemption et pour qui ? On peut peut-être imaginer que la “punition” pourrait résider en une obligation de faire quelque chose de soi, de retrouver après la chute, les voies d’un devenir, dans l’enfermement mais aussi dans la possibilité de se créer soi-même à partir des autres et de ses propres capacités. Pour dire donc que les rapports complexes de toute société avec le crime sont dans la forme qui leur est donnée une simple façon historique de régler ce avec quoi elle doit s’instituer, le rapport à sa loi et à ses limites. L’enfermement est une voie simple, radicale mais qui mérite, surtout dans les formes extrêmes qu’il impose, de ne pas être considéré comme la seule voie évidente dans cette gestion de toute société par elle-même.EG .

Five Unforgettable Stories From Inside Solitary Confinement

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Pelican Bay SHU

Le texte suivant a été soumis par le California Prison Focus de la part de  Cesar Francisco Villa, 51ans, un prisonnier «  membre d’un gang » “gang-validated” incarcéré dans l’unité sécuritaire de la prison d’état de  Pelican Bay (State Prison’s Security Housing Unit (SHU)). Il a été maintenu en cellule d’isolement pendant onze ans dans le SHU, condamné à y  être maintenu pour une durée indéterminée, car, dit-il, il ne fait pas partie d’un gang. «  Pour être considéré comme  membre inactif d’un gang, (susceptible de libération), il faut que vous divulguiez des informations sur le gang, mais si vous n’en faites pas partie, quelles informations pouvaient vous livrer ? Aucune, écrit-il.  Le processus de validation d’appartenance à un gang (gang validation process) au cours duquel les investigations déterminent si les prisonniers sont oui ou non membres de certains gangs et les isolent indéfiniment dans le SHU a été critiqué au cours des débats de l’Assemblée de Californie, en 2011 et 2013 comme manquant d’un vision globale adéquate et d’une  procédure effective adéquate. Actuellement des milliers de prisonniers en Californie correspondent aux critères du SHU pour la validation d’appartenance à un gang et sont détenus en cellule d’isolement.

“ Chaque matin commence avec un désastre potentiel. Chaque matin commence avec la colère, juste avant l’angoisse » . Villa écrit sur la monotonie frustrante de la vie en SHU, où il a développé de l’arthrite dans la colonne vertébrale, une hépatite, des problèmes de thyroïde et de l’hypertension artérielle.  Ci-dessous un extrait de sa description puissante de la vie en SHU, à partir d’une lettre qu’il a adressé à  California Prison Focus. Pour la version complète, cliquer ici. –Sal Rodriguez

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Lorsque l’on parle des cellules d’isolement et des effets qu’elles peuvent avoir sur la psyché, il ne s’agit pas d’une simple vue de l’esprit autour de laquelle s’enrouler. Il faut du temps pour comprendre ce à quoi les détenus de Pelican Bay sont soumis.  Et comprendre cette maladie qui rampe dans les esprits des administrateurs carcéraux laisse des nœuds dans l’estomac. Rien ne peut vous préparer à entrer dans le SHU. C’est un monde en soi où le froid, le silence et le vide viennent tous s’infiltrer dans vos os puis finalement dans votre esprit.

La première semaine, je m’étais dit : Ce n’est pas si terrible, je peux le faire. La deuxième, je suis resté debout en slip, tremblant sous la grêle et la pluie. Mais la troisième, je me suis retrouvé entrain de squatter un angle de la cour, limant les murs rugueux de béton avec mes ongles.  Mon sens de la décence humaine se dissipant un peu plus chaque jour. A la fin de la première année, mes mains et mes pieds ont commencé à se couper sous l’effet du froid. Je saignais sur mes vêtements, ma nourriture, entre les draps. Les bandages n’étaient pas autorisés, ou confisqués si on les trouvait.

Mon sens de la normalité a commencé à décliner au bout de trois ans d’isolement. Je commençais alors à me demander : est-ce que je peux le faire ? Plus sûr de rien du tout.

Bien que je ne l’ai pas réalisé à l’époque, – en y pensant rétrospectivement- l’effilochage a dû commencer à ce moment-là. Mon esprit a changé – Je ne serai plus jamais le même. La capacité à avoir une seule bonne pensée m’a quitté, aussi facilement que si il s’agissait d’un simple souffle de vent tamisant des vieux os fatigués.

Il y a un glissement définitif de la personnalité quand le bien devient le mal. L’obscurité qui plane au-dessus est épaisse, lourde et suffocante. Un claquement si aigu que l’écho en est assourdissant. Un bruit si fort que vous vous attendez à trouver du sang coulant de vos oreilles pendant les moments les plus désespérés.

Le réveil est le plus traumatique. A partir du moment où vos pieds nus touchent le sol en pierre, votre visage commence à s’affaisser, vos articulations se serrent – de pâles éclats dans le terrain du petit jour. Le plus léger glissement dans le calme de l’aube peut faire tomber un individu des SHU dans un tourbillon : si l’eau du lavabo n’est pas assez chaude, si la chasse d’eau est trop bruyante, si la coupelle du savon tombe, ou une tasse… en un instant vos dents nues tremblent de rage. Votre cœur cogne contre vos côtes, se coince dans votre gorge. Vous êtes capable que tuer n’importe qui à ce moment-là. Une attaque éclair, un coup, n’importe quoi qui puisse libérer la rage.

C’est le moment de rester rigide. Respirer profondément. Essayer de vous convaincre qu’il demeure quelques grammes de bon en vous. Ce n’est pas ainsi que vous voulez qu’on vous voie. Puis une mouette crie dehors- un autre tourbillon et vous vérifiez si vos oreilles ne saignent pas.

C’est une bonne journée

Onze années se sont écoulées depuis que je suis entré au SHU en attente de la «  gang validation ». Cette année, je vais avoir 52 ans. Mes capacités cognitives ont pris un drôle de pli ces dernières années. La détérioration est palpable. Quand je suis arrivé là, j’étais attentif et si vous permettez que j’utilise cette expression, j’avais l’œil vif.

Je croyais que je pourrai battre «  cette chose » quelle qu’elle soit. Je le confesse, j’étais ignorant.

Aujourd’hui, on peut me trouver à l’entrée de ma cellule. Mes doigts enfilés dans les orifices de la porte en métal. Je suis ramolli. Un mécanisme construit avec du gros calibre. Ma tête penchée dans une brume. Mon esprit pris dans un brouillard intense de néant. Je disparais, je le sais. Et ça n’a plus d’importance. Le désespoir est un virus que cache sous ma langue comme un petit caillou, comme si la pierre brillante pouvait aider à organiser mes pensées. Je disparais,  je le sais et cela n’a plus d’importance.

Aujourd’hui, on peut me trouver sur le devant de ma cellule, mes doigts pris dans les ouvertures de la porte en métal. Je boitille. Un mécanisme de lourd enveloppement. Ma tête suspendue dans une brume. Mon esprit perdu dans un épais brouillard de néant. Je disparais, je le sais. Mais ça n’a plus d’importance. Le désespoir est un virus que je cache sous ma langue comme un caillou magique, comme si une minuscule pierre pouvait m’aider à organiser ma pensée. Trier le gazouillis des détenus sans le caillou sous la langue dans leurs cellules de grognements et leurs inondations d’ignorance.  La concentration est une création abstraite pour ceux qui n’ont qu’une moitié de cerveau si une moitié de cerveau est une terrible chose à perdre. Et quelqu’un crie derrière moi «Ne le perd pas, je ne veux pas » Mais qu’y a-t-il à perdre si  tout ce que vous êtes est un virus que personne n’est autorisé à toucher.

Drôle. Quand je pense à la validation, je me souviens les vendredis après le travail, allant chercher mon chèque- tendant le ticket de parking au comptable, et lui demandant de le valider et je pense alors, comme c’est sympa, la validation est gratuite.

Oui, c’est moi, l’ignorant. Aujourd’hui, perdant ce qui me reste de la seconde moitié de moi-même.

Si je devais imaginer une vie à l’extérieur de Pelican Bay, à l’extérieur du SHU j’aurais à imaginer un hôpital. Et entre nous, je n’aime pas les hôpitaux. Je n’aime pas la puanteur des draps désinfectés, la force de l’odeur d’ammoniaque. Les blouses qui s’ouvrent par l’arrière, Les chemises à pois et les chaussons de papier.  Les chansons malades dans les lits malades, les sangles de cuir et les masques de cuir. Les électrochocs, les piqûres et les côtes cassées.

La vérité c’est que chacun à sa façon, nous sommes tous cassés.  Nous n’avons pas été finis, pas été remontés. Une composition de craquements et de fissures où rien ne sera jamais comme avant.

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Cellule d’isolement à Alcatraz

Thomas Bartlett Whitaker est incarcéré en cellule d’isolement dans le couloir de la mort de l’Unité Polunksy à Livingstone, Texas. Il a été accusé en 2007 d’avoir embauché un gangster pour éliminer sa famille. Pendant son séjour en prison Whitaker, âgé maintenant de 36 ans a obtenu un master avec mention très bien en Anglais et en sociologie et il travaille en ce moment à l’obtention d’un master en sciences humaines. Ecrivain prolifique, Whitaker a été trois fois vainqueur du Concours de PEN Prison Writing, et a contibué au livre «  L’enfer est une place toute petite : des voix s’élèvent de l’isolement» Hell Is a Very Small Place: Voices from Solitary Confinement. Avec l’aide de personnes à l’extérieur, Whitaker a aussi ouvert un site web, «  Quelques minutes avant six heures », Minutes Before Six ( faisant référence à l’heure à laquelle les exécutions ont lieu au Texas. Là, lui et d’autres écrivains détenus ont publié leur travail. Ci-dessous un extrait d’une lettre que Xhitaker écrivit à Solitary Watch à propos de son expérience en cellule d’isolement et ce que «  Quelques minutes avant six heures » avait provoqué en lui. Julia Hettigert

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Ecrire est le seul outil disponible dans ma boîte à outil. C’est en fait ça ou le suicide, pour être tout à fait honnête.  C’est encore très étrange pour moi que certaines personnes pensent que j’ai des facilités avec l’écrit parce que je n’ai jamais été satisfait ou impressionné par quoi que ce soit que j’ai produit. Je continue à dire que je vais continuer à faire ça jusqu’à ce que quelqu’un de plus doué se présente et me libére de mon devoir. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai ouvert ce site aux écrivains d’autres juridictions. J’ai toujours voulu faire ça, mais je n’avais pas la structure pour m’appuyer. Il y a une certaine politique dans les couloirs de la mort, les prisonniers qui clament leur innocence obtiennent pratiquement toute l’aide, comme cela se doit. Ceux parmi nous qui se déclarent coupables sont majoritairement ignorés. Je n’ai jamais eu plus d’une poignée de supporters et j’ai horreur d’avoir à leur demander de passer plus de quelques minutes par semaine sur mes insanités. D’une certaine façon, étonnamment, quelques personnes au cours des années ont découvert mb6 ( minute before six) et ont compris ce que je cherchais à faire avec ce site.

J’ai construit la plateforme mais je suis content que ce soient d’autres qui la portent maintenant. Il y aura un avenir pour ce site, surtout car il est fort probable que je sois exécuté en 2017.  Je viens de remplir ma Demande de grâce ( NOA) pour le 5ième circuit, qui est certainement la pire court de tout le monde occidental à laquelle adresser une demande de  grâce si vous êtes condamné à mort. Il est difficile de dire exactement comment vont se passer les choses, mais si ce n’est pas refusé et si je prends la route de la Cour suprême au Printemps, je serai plutôt surpris.  J’espère que Mb6 survivra un certain temps. Si c’est le cas, bien, je pense que nous avons essayé de faire quelque chose de bien. Je pense qu’il contient de bonnes informations et je sais que nos écrivains ont éprouvé  une certaine légitimité grâce à leur participation. Cela leur a donné quelque chose de positif sur lequel se centrer, sans compter avec le travail de l’écriture que je crois en soi fondamentalement réhabilitant.

En ce qui concerne l’isolement, vous me demandez comment je m’en sors. Je ne suis pas sûr que je m’en sorte, pas vraiment. Cela vous change, même ceux parmi nous qui étaient introvertis longtemps avant d’arriver en ces lieux.  Il n’est pas toujours simple de voir comment cet endroit vous lamine. Parfois, vous n’en prenez pas conscience  avant d’émettre  une opinion qui ne correspond avec rien de ce que vous avez jamais dit, et vous êtes étonnés, vous regardant dans la glace, vous demandant d’où est-ce que cela peut bien venir. Bien qu’étant introverti, j’ai toujours aimé la ville. Si je voulais manger vietnamien à trois heures du matin, eh bien, j’aimais avoir le choix . Certains aspects de la ville m’intéressent toujours, mis je sais que sans aucun doute que si je devais être libéré demain, je ne pourrais pas vivre entouré de gens. J’ai été obligé de vivre compressé dans ce minuscule espace avec une quantité de dégénérés pendant de trop longues années. J’ai besoin d’espace et de calme. De silence, de réel silence. Je vis dans cette étrange tension de croire dans les gens et dans le progrès sur un plan abstrait mais au fond, de détester viscéralement de très nombreux individus dans la réalité. A chaque fois qu’un de mes voisins manque de respect à une gardienne, je me consume sans bruit à l’intérieur.  Chaque fois que l’un d’entre eux commence un concours de hurlements  avec quelqu’un, même chose. Et pourtant je pourrais me faire gazer ou battre pour chacun d’eux si une cause plus haute le demandait. Je sais que c’est étrange. Je les aime en tant qu’idée, en tant qu’individus réprimés et vaincus mais, s’il vous plait, ne me faites pas entendre une seule de leurs plaintes.

Est-ce que tout ça est sensé ? Probablement pas. Mais je sais que vous comprendriez si vous viviez là. C’est la meilleure façon de vous  décrire cet endroit : il vous tord dans ses contradictions. Je dois me traquer presque constamment afin de ne pas dire ou faire quelque chose de déshonorant. J’étais dans un sacré état quand je suis arrivé là et à bien des égards, j’ai beaucoup gagné en self-control.  Mais en même temps, je me sens usé, comme si j’avais vécu dans une tempête de sable pendant onze années, avec mon âme rongée jusqu’à n’être plus qu’un petit morceau pathétique. Ils ne vous exécutent pas en vous donnant une date, vous êtes déjà mort en fait. Les seuls qui pleurent sur leurs destins sont ceux  qui étaient trop bouchés pour rien apprendre de cet endroit. C’est en quelque sorte la partie la plus triste. Cet endroit ruine les gens, il en rend certains fous. Il en oblige certains, comme moi à plonger si profondément qu’ils ne peuvent plus jamais se frayer un chemin jusqu’à la surface. Certains deviennent sui durs que la discipline ne peut plus avoir le moindre effet sur eux.

Avez-vous déjà lu Foucault ? Il a tort quand il prétend que la discipline s’inscrit dans le corps parlé. Le Panopticon ? Certains ici riraient devant cette technologie. Je fais certaines choses en face des gardiens et je leur demande d’oser m’interrompre. Pourquoi ? Trop d’anticorps rassemblés contre la peur et le pouvoir. Ils ne peuvent pas m’inspirer la peur. J’agis éthiquement parce que je l’ai choisi, pas parce qu’ils ont des gaz et des matraques ou des extraction team. Nous sommes au-delà de leur capacité à nous blesser, dans de nombreux cas.  L’ironie est qu’ils ont construit ces lieux pour héberger des super-prédateurs qui n’existaient pas  au début mais qui ont fini par être créés par les lieux. Des personnes qui ont passé une dizaine d’années ou deux ici ne peuvent plus jamais être libérées. Ils vont récidiver, parce qu’ils ne croient plus à l’idée de la loi. A travers cette expérience, ils ont vu qu’il s’agit  d’un groupe exerçant le pouvoir sur un autre groupe et cela les fait juste rire. Une fois que vous voyez vraiment le monde comme «  bellum omnium contra omnes », vous ne vous en remettez plus vraiment. La seule chose qui m’ait permis d’éviter ce genre de conclusion est que j’ai toujours considéré le monde comme absurde pour commencer.  Trop de Camus et de Sartre dans ma jeunesse. Rien de tout ça ne semble assez sérieux pour en prendre ombrage.

Ah, je viens de relire ce que j’ai écrit,  et j’espère que vous n’êtes pas sujet à la dépression. Je ne sais pas comment j’ai pu finir comme ça. J’étais drôle avant.

La ségrégation vous transforme en rabat-joie, apparemment.

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*  « La guerre de tous contre tous » est une description que le philosophe anglais Thomas Hobbes donne de l’existence humaine dans la nature .

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“Control Unit” par Thomas Silverstein

Thomas Silverstein,  qui a été décrit comme «  l’homme le plus isolé » d’Amérique, a été maintenu dans une extrême forme d’isolement cellulaire, avec l’ordre de demeurer sans «  contact humain » pendant 28 ans. Originellement emprisonné pour un vol à mains armées à l’âge de 19 ans, Silverstein purge une peine à vie sans liberté conditionnelle pour avoir tué deux détenus ( dont il dit qu’ils menaçaient sa vie) et un gardien, il est enfermé dans les profondeurs du système carcéral d’état depuis 1983.

Dans son procès en cours contre le Bureau fédéral des prisons, Silverstein affirme que ses dizaines d’années dans un complète isolement dans une petite cellule de béton viole le bannissement constitutionnel de toute punition cruelle ou inhabituelle, ainsi que les garanties d’un procès en bonne et due forme. ( le procès, mené par la Clinique des droits civils de l’Université de Denvers est décrit en détail dans notre article “Fortresses of Solitude.”)

Pour appuyer ce procès, Silverstein, âgé maintenant de 59 ans, a rédigé une longue «déclaration » dont le propos principal est de «  décrire mon expérience pendant cette longue période d’isolement cellulaire : la nature et l’impact des conditions si dures que j’ai enduré en dépit d’une conduite sans faille pendant plus de 22 ans, ainsi que mon ignorance de ce que je puisse au minimum faire afin d’alléger cet isolement. »

Après s’être excusé «  pour les actions qui m’ont amené là » particulièrement pour le meutre du gardien Merle Clutts, Silverstein affirme qu’il a «  travaillé dur afin de devenir un autre homme ». Il poursuit, «  Je comprends que je mérite d’être puni pour mes actions, et je n’attends pas d’être libéré de prison, je veux juste passer ce qui me reste de temps à vivre paisiblement, avec d’autres hommes matures purgeant leurs peines »

La majeure partie de la déclaration de Silverstein est un compte-rendu détaillé de son expérience et de son environnement, dans une suite de ce qui constitue le plus sécurisé et le plus isolé système carcéral de toutes les prisons fédérales : la notoire Unité de contrôle de Marion, le prototype supermaximum, à l’USP d’ Atlanta, dans un sous-sol sans fenêtre, une cellule «  de poche » de 150.180 cms ( ce qui est la taille standard d’un matelas grande largeur), à Leavenworth, dans un sous-sol isolé, une cellule nommé e la «  suite Silverstein », au Range 13 de l’Unité ADX de Florence, où il pouvait entendre le bruit fait pas=r les autres prisonniers dans les cellules voisines mais n’a jamais pu les voir.  Le texte suivant est écrit par Silverstein et concerne sa vie à l’USP d’Atlanta.

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La cellule était si petite que je pouvais toucher les deux murs  simultanément. Le plafond si bas que je pouvais toucher l’ampoule. Mon lit prenait la longueur de la cellule et il n’y avait aucun autre meuble. Les murs étaient en acier et peints en blanc. J’avais l’autorisation de porter des sous-vêtements mais je n’avais droit à aucun autre vêtement. Peu de temps après mon arrivée, l’équipe technique de la prison commença le réaménagement de l’aile, ajoutant plus de barreaux et d’autres équipements de sécurité  à la cellule pendant que j‘étais à l’intérieur.

De façon à ce que je ne sois pas brûlé par des étincelles et des braises pendant qu’ils soudaient plus de barres dans la cellule, je devais rster couché sur le lit avec un drap sur la tête. Il est difficile de décrire l’horreur qu’a été ce temps de construction. Pendant qu’ils montaient de nouveaux murs autour de moi, j’avais la sensation d’être enterré vivant. C’était terrifiant. Pendant ma première année dans cette cellule de poche, j’étais complètement coupé du monde extérieur  et n’avais aucun moyen d’occuper mon temps. Je n’avais pas droit aux visites ni au téléphone, ni à la lecture, sauf la Bible. Je ne pouvais parler à personne et il n’y avait absolument tien sur quoi centrer mon attention.

Je n’étais pas seulement isolé, j’étais désorienté dans cette cellule de poche. C’était exacerbé parce que je n’étais pas autorisé à avoir de montre ni d’horloge. En addition, la lumière brillante, artificielle demeurait allumée continuellement dans la cellule, augmentant la désorientation et rendant difficile le sommeil. Non seulement cette lumière est constamment allumée mais elle bourdonne sans arrêt. Le bourdonnement me rendait fou, d’autant plus que souvent il n’y avait aucun autre bruit autour. Cela peut paraître une chose insignifiante mais c’était mon seul monde.

A cause de l’éclairage artificiel et du manque de montre, je ne pouvais pas savoir si c’était la nuit ou le jour. Fréquemment je m’endormais et quand je me réveillais je ne savais pas si j’avais dormi cinq minutes ou cinq heures, n’avais aucune idée du jour ou du moment dans la journée. J’ai essayé de mesurer l’écoulement des jours en comptant les plateaux repas. Sans pouvoir avoir une idée du temps, pourtant, je pensais parfois que les gardiens étaient partis et ne reviendraient jamais. Je croyais qu’ils étaient partis depuis des jours et que j’allais mourir de faim. Il est probable qu’ils n’étaient partis que depuis quelques heures mais je n’avais aucun moyen de savoir.

J’étais si désorienté à Atlanta que je me sentais comme dans un épisode de « la quatrième dimension » Je sais maintenant que je suis resté là près de quatre ans. J’aurais eu l’impression d’y avoir passé une dizaine d’années si on ne me l’avait pas dit. Cela a semblé éternel et sans fin, incommensurable

Il n’y avait ni air conditionné ni chauffage dans ces micro-cellules. Pendant l’été la chaleur était insupportable. Je versais de l’eau sur le sol et je m’y couchais nu pour me rafraîchir.

Le seul moment où je pouvais sortir de ma cellule était lors de la récréation extérieure. J’étais autorisé à une heure par semaine de récréation. Je ne pouvais voir aucun codétenu ou rien du paysage environnant pendant ce temps à l’extérieur. Il n’y avait pas d’équipement d’exercice et rien n’à faire.  Ma vue s’est détériorée dans la micro-cellule, à cause peut-être de la lumière constante ou peut-être aussi à cause d’autres aspects de cet environnement si dur. Tout a commencé à devenir flou et je suis devenu sensible à la lumière, qui me brûlait les yeux et provoquait des maux de tête.

Pratiquement tout le temps, les gardiens refusaient de m’adresser la parole. Malgré cela j’ai entendu des gens, que je crois être des gardiens murmurer à la porte, en me disant qu’ils me haïssaient et en m’insultant. Jusqu’à ce jour, je ne sais pas si des gardiens ont vraiment fait ça, ou si j’ai commencé à perdre la tête et été sujet à des hallucinations.

Dans la micro-cellule j’ai perdu la capacité à distinguer ce qui était réel. Je rêvais que j’étais en prison, en me réveillant, j’étais incapable de savoir ce qui était réel et ce qui était un rêve.

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Dans une synthèse,  Silverstein réfléchit aux effets physiques et psychologiques de 28 ans de cellule d’isolement et sur son développement personnel comme artiste auto-didacte et praticien du yoga et de la méditation bouddhiste. Il a renouvelé sa demande d’autorisation à être admis dans le programme «  step-down » du BOP (Bureau of Prisons) afin d’obtenir un régime d’isolation moins strict.  La déclaration complète de 64 pages peut être lue là.

Mise à jour : Une déclaration, soumise comme expos par le Dr. Craig Haney, un des experts nationaux majeur sur les effets de l’isolement carcéral prolongé peut être lue là.

 

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Une sentence pire que la mort par William Blake

Tout d’abord publié en 2013, ce compte-rendu dévastateur de 25 années passées en isolement cellulaire sans interruption à New York a reçu plus d’un demi-million de clicks sur Solitary Watch seulement et a été republié sur des dizaines d’autres sites autour du monde. Des milliers l’ont lu comme la pièce majeur de  « L’enfer est un endroit minuscule », Hell Is a Very Small Place. Blake a entrepris de raconter «  ce qu’année après année, l’isilement abject fait à cette part immatérielle en notre cœur où l’espoir meurt ou survit et où l’esprit réside » et il réussit, comme peu l’ont fait avant lui ou depuis à décrire cette expérience viscérale de survive des dizaines d’années durant dans une Unité d’accueil spéciale (Special Housing Unitiy SHU). Presque cinq ans après la publication de son essai Billy Blake est toujours en isolement et il écrit toujours.

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J’ai traversé des moments si difficiles et expérimenté l’ennui et la solitude à un tel point que cela semble être comme une chose physique à l’intérieur – si épaisse qu’il semble qu’elle m’étouffe, essayant d’extraire la santé mentale de mon esprit, l’esprit de mon âme et la vie de mon corps. J’ai vu l’espoir devenir comme une chose éphémère et brumeuse, difficile à maintenir, et encore plus difficile à appréhender au fur et à mesure que les années puis les décennies disparaissaient alors que je restais enfermé dans le vide du monde SHU. J’ai vu des esprits glisser le long de la santé mentale, descendre dans la folie et j’ai été terrifié à l’idée que je finirai comme ces gars atour de moi qui ont craqué et sont devenus fous.  C’est une chose très triste de voir un homme sombrer dans la démence sous vos yeux parce qu’il ne peut plus supporter la pression que les boîtes exercent sur l’esprit, mais c’est encore plus triste de voir l’esprit sortir d’une âme. Et c’est plus désastreux. Parfois les gardiens de prison les trouvent pendus et bleus, parfois ils se cassent le cou en sautant de leur lit, les draps enroulés autour du cou qui sont aussi enroulés autour de la grille qui recouvre l’ampoule au plafond, tendus avec un bruit sec. J’ai vu l’esprit quitter les hommes des SHU et j’ai été témoin du résultat.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Chute et déclin : comment la société américaine se défait George Packer

Decline and fall: how American society unravelled George Packer

Déclin et chute : comment la société américaine se défait.

Il y a trente ans, le vieux contrat qui maintenait la société américaine a commencé à se défaire, avec la cohésion spéciale sacrifiée à l’appât du gain. Etait-ce un processus inévitable – ou est-ce que cela a été orchestré par une élite égoïste ?

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Youngstown, Ohio, était jadis un vivant pôle de l’acier. Maintenant, l’industrie est partie et la ville est pleine de maisons et de magasins abandonnés. Photograph: Brian Snyder/Reuters

George Packer

Aux environs de 1978, la personnalité de l’Amérique a changé. Pendant presque un demi-siècle, les US avaient été relativement égalitaristes, sûrs, orientés vers la démocratie et la classe moyenne, avec des structures en place là pour supporter les aspirations des gens ordinaires. On pourrait nommer cette période celle de la République Roosevelt. Guerres, grèves, tensions raciales et rébellion de la jeunesse agitaient la vie nationale mais un contrat de base entre Américains prévalait encore, dans les croyances sinon dans les faits : travaille dur, suit les règles, éduque tes enfants et tu seras récompensé, pas seulement en ayant une vie décente ou en ayant la perspective d’une vie meilleure pour tes enfants,  mais avec une reconnaissance de la société, une place à la table.

Ce contrat tacite fonctionnait avec un grand nombre de clauses et d’annexes qui laissaient un grand nombre d’Américains, la population noire et les autres minorités, les femmes, les homosexuels – dehors ou à moitié dedans. Mais le pays avait les instruments pour corrige ses propres défauts et les utilisa : des institutions saines comme le Congrès, les courts, les églises, les écoles, les nouvelles organisations non-violentes, le partenariat travail- commerce. Le mouvement pour les droits civils de 1960 fût une montée non violente de la masse menée par des noirs du Sud mais il attira l’appui essentiel de toutes ces institutions, qui reconnurent la validité morale et légale de ses réclamations et finalement, le besoin d’une paix sociale. La République Roosevelt comportait de très nombreuses injustices mais elle avait aussi la capacité de s’auto-corriger.

Les Américains n’étaient pas moins cupides, pas moins ignorants, égoïstes ou violents alors que maintenant, ni plus généreux, honnêtes intellectuellement ou idéalistes. Mais les institutions de l’Amérique démocratique, plus fortes que les excès des individus pouvaient habituellement les contenir et les maîtriser à des fins utiles. La nature humaine ne change pas mais les structures sociales changent, et c’est ce qu’elles ont fait.

A cette époque, la fin des années 70, tout semblait sans forme, morne, peu mémorable, Jimmy Carter était à la Maison Blanche , prêchant l’austérité  et l’esprit public et presque personne n’écoutait. L’affreux néologisme «  stagflation » qui combinait les deux phénomènes économiques normalement opposés de stagnation et d’inflation représentait parfaitement le marasme de l’époque. Ce n’est qu’avec le recul d’une génération entière que nous pouvons voir comment les choses commençaient à glisser à travers les paysage américain, envoyant le pays tournoyer vers une nouvelle époque.

Youngstown, Ohio, les fonderies qui sont nées avec la ville il y a un siècle ont fermé, les unes après les autres, à une vitesse étonnante, emportant plus de 50.000 emplois de cette petite vallée industrielle, et ne mettant rien à la place. A Cupertino, Californie, la Apple Computer Company sort le premier ordinateur public, the Apple II.  A travers la Californie, les électeurs votent pour la Proposition 13, déclenchant une révolte fiscale qui entame l’érosion du financement publique de ce qui a été l’une des meilleures écoles du pays. A Washington, les corporations s’organisent en lobby puissant dépensant des millions de dollars pour démanteler les lois sur le travail ou la consommation qu’ils avaient jadis accepté comme faisant partie du contrat social.

Newt Gingrich est nommé au Congrès comme membre du parti Républicain conservateur avec l’ambition de le détruire et de construire le pouvoir de son propre parti et le sien propre sur les ruines. A Wall Street, les frères Salomon lancent un nouveau produit financier nommé mortgage-backed securities, et deviennent la première banque d’investissement à passer au public.

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Un sidérurgiste à Youngstown, Ohio, en 1947. Dans le cadre de l’ancien marché, son dur travail était supposé être récompensé. Photographe : Willard R. Culver/National Geographic/Corbis

Les vastes courants de la génération passée : la désindustrialisation, la baisse des salaires moyens, la financiarisation de l’économie, l’inégalité des salaires, la croissance des technologies de l’information, l’inondation de l’argent sur Washington, la montée de la droite – tout cela trouve son origine dans la fin des années 70. Les US devenaient plus entreprenants et moins bureaucratiques, plus individualistes et moins communautaires, plus libres mais moins égaux, plus tolérants mais moins justes. La finance et la technologie, concentrées sur les côtes, sont devenues des usines à richesse, remplaçant le monde des biens par le monde des bits mais sans créer de large prospérité, pendant que le pays profond se creusait. Les institutions qui avaient été les fondations de la démocratie de la classe moyenne, de l’école publique à la sécurité de l’emploi en passant par la presse fleurissante et les législations efficaces ont entamé un lent déclin. C’est la période de ce que je nomme «  le déroulement ».

D’une certaine façon, le déroulement n’est que le retour à un état normal de la vie américaine. Par son analyse déterministe, les US ont toujours été un pays en roue libre et large ouvert,  avec un haut degré de tolérance aux grands perdants comme aux grands gagnants comme le prix d’opportunités égales dans une société dynamique. Si la marque du capitalisme nord-américain a des bords plus durs que dans d’autres démocraties, il vaut la peine pour l’échange de croissance et de mobilité. Il n’y a rien d’inhabituel dans le fait que les héritiers survivants de la fortune de Walmar possèdent à eux-seuls la même fortune que les 42% des Américains les plus pauvres, –– c’est le réglage par défaut du pays. Mark Zuckerberg et Bill Gates sont la réincarnation de Henry Ford et de Andrew Carnegie, Steven Cohen est un autre JP Morgan, Jay-Z est Jay Gatsby.

Les règles et les régulations de la République de Roosvelt furent des aberrations induites par un accident de l’histoire- dépression, guerre mondiale, guerre froide- qui ont amené les Américains à sacrifier un certain niveau de liberté en échange de leur sécurité. Il n’y aurait pas eu de Glass-Steagall Act, séparant les banques commerciales de banques d’investissement sans la déroute financière de 1933, pas de grand déploiement de la classe moyenne si l’économie des US n’avait pas été la seule valide après la seconde guerre mondiale, pas d’accord entre les affaires, le travail et le gouvernement sans un sens partagé de l’intérêt national face à des ennemis étrangers, pas de solidarité sociale sans la fermeture des portes aux émigrants pendant toute la moitié du siècle.

Lorsque la prééminence américaine fut défiée par les compétiteurs internationaux, que l’économie se retrouva dans des mers agitées  dans les années 70 et que le sentiment d’une menace étrangère diminua, le marché conclu s’interrompit. La Globalisation, la technologie et l’immigration accélérèrent leur déroulement, comme des marées inexorables. C’est sentimental au mieux sinon anhistorique de s’imaginer que le contrat social aurait pu survivre- comme de vouloir s’accrocher à un monde de familles nucléaires et de machine à écrire manuelles.

Cette vision déterministe est indéniable mais incomplète, ce qu’elle laisse hors de la photo est le choix humain. Une explication plus complète du  déroulement  prend en compte ces larges influences historiques mais aussi la façon dont elles ont été exploitées par l’élite nationale. Les leaders des institutions qui se sont délabrées. Les responsabilités dans l’Amérique d’après-guerre exigeait la coopération entre les deux partis au Congrès, et quand la Guerre froide s’est apaisée, la coopération s’est vue diminuer d’autant. Mais il n’y avait rien de déterminé historiquement quant à l’atmosphère empoisonnée et au langage diabolisant que Gingrich et d’autres idéologues conservateurs ont répandu dans la politique américaine.  Ces tactiques ont servi leurs intérêts étroits de vue et à court terme et quand la révolution de Gingrich a amené les Républicains au pouvoir au Congrès, leurs tactiques étaient confirmées. Gingrich est maintenant un has-been mais Washington aujourd’hui est autant sa ville que celle de n’importe qui.

Il était impossible que les compagnies sidérurgiques de Youngstown supportent la compétition mondiale et le désinvestissement local mais il n’y avait rien d’inévitable dans la suite donnée, une mêlée incontrôlable  dans laquelle les travailleurs sans emploi furent laissés à se débrouiller par eux-mêmes, pendant que les cadres faisaient l’acquisition de la carcasse inutile de l’usine endettée sous la forme de bonds poubelle et se partagèrent sa valeur restante. Il aurait pu être inévitable que les contraintes imposées aux banques américaines par le Glass-Steagall Act de 1933  aient pu commencer à se glisser sur la finance mondiale. Mais ce fût un choix politique de la part du Congrès et de Bill Clinton de déréguler Wall Street si complétement que rien ne s’interposait plus entre les grandes banques et la destruction de l’économie.

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Un des 99% : un manifestant d’ Occupy Wall Street à Union Square, New York, en 2011. Photographe : Spencer Platt/Getty Images

Beaucoup a été écrit par la précédente génération sur les effets de la globalisation. Beaucoup moins sur les changements des normes sociales qui l’ont accompagnée. Les élites américaines ont pris les vagues transformations de l’économie comme un signal de réécriture des règles qui régissaient leurs comportements. Un sénateur n’ayant recours à l’obstruction parlementaire qu’en de rares occasions, un PDG limitant son salaire à 40 fois ce qu’un employé touchait, au lieu de 800 fois actuellement, une multinationale géante assumant sa part d’impôts   au lieu d’inventer des voies créatives afin de n’en payer que près de zéro . Il y aura toujours des détournement de la loi dans les sphères du pouvoir. Ce qui détruit toute morale sous-jacente est  le détournement systématique, la transgression, le marché avec soi seulement.

Plus tôt dans l’année, Al Gore a empoché 100 millions de dollars (£64m) en un mois en vendant Current TV à al-Jazeera pour 70 millions de dollars et récupérant ses parts d’actions de Apple pour 30 millions. Peu importe que al-Jazeera appartienne au gouvernement du Qatar, dont les exportations de pétrole et la vision des femmes et des minorités rendent ridicules les idées que Gore promeut dans ses livres et ses films chaque année. Peu importe que ses actions Apple aient été obtenues avec sa position dans le bureau de la compagnie, un cadeau à un ancien concurrent à la présidentielle. Gore était un politicien engagé dont la carrière semblait dédiée au service public. Aujourd’hui– contrairement à Tony Blair – il a marchandé sa vie politique pour joindre la classe des rares super-riches mondiaux.

Il n’est pas étonnant que de plus en plus d’Américain pensent que le jeu est truqué. Il n’est pas étonnant qu’ils achètent des maisons qu’ils ne peuvent pas s’offrir puis laissent l’emprunt qu’ils ne peuvent plus rembourser. Une fois que le contrat social est compromis, une fois que le contrat est corrompu, seuls les pigeons continuent à respecter les règles.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L e talon d’argile de Freud / Critique de l’ouvrage de F. Crews “The making of an illusion”

Le talon d’argile de Freud

Freud’s Clay Feet

Lisa Appignanesi

OCTOBER 26, 2017 ISSUE

Freud : The Making of an Illusion

by Frederick Crews

Sigmund Freud; drawing by Siegfried Woldhek

Freud

Frederick Crews montre une loyauté dans ses préoccupations assez rare dans le milieu universitaire. Ses attaques contre Sigmund Freud on commencé dès le milieu des années 70 avec la revendication de sa reconversion publique hors des ctitiques littéraires freudiennes qu’il pratiquait à l‘époque. Depuis lors ses assauts ont trouvé un soutien de la part de nombreux limiers et intellectuels. Haut dans la liste de ces limiers est l’infatigable Peter Swales, qui fut assistant de la revue Rolling Stones et un adepte de l’ l’adulé G.I. Gurdjieff, qui s’est intéressé à Freud à cause de son utilisation de la cocaïne et a flairé toutes sortes de faits sur les origines de ses cas et sur sa soi-disant liaison avec sa belle-sœur. Les spécialistes comprennent des chercheurs dont les conclusions sur Freud de s’accordent pas toujours avec celles de Crews, quels que soient leur position à l’égard de sa pratique ou de ses écrits. Comme Karl Popper ou Adolf Grünbaum, ils peuvent mettre en cause le statut de scientifique de Freud  – d’abord si il en a un, ou si ses assertions sont suffisamment prouvées par les preuves empiriques.  Les 746 pages de la biographie de Crews, Freud: The Making of an Illusion, accablantes et hypnotiques par moment, portent sur la jeunsess de Freud et n’évoquent «  L’Interprétation des rêves »  qu’à la page 543, n’autorisant que quelques coups d’œil rapides à la seconde partie de sa vie. Elle marque le zénith de la croisade de Crews qui veut «  mettre un terme au mythe de la psychanalyse et de son créateur » en ôtant à Freud à la fois ses références empiristes et son image d’ « explorateur solitaire à la persévérance courageuse, à la capacité déductive brillante, aux intuitions fulgurantes  et aux pouvoirs thérapeutiques », une série d’attributions que Crews a trouvé dans la propre description de lui-même faite par Freud ainsi que dans la biographie de référence de Ernest Jones ( 1953. 1957)

L’idéalisation de l’homme Freud que Crews est si impatient de désigner comme une illusion aveugle est à peine prévalente. La plupart des experts, commentateurs, et même analystes n’ en ont pas besoin pour faire usage des intuitions de Freud sur l’opacité et l’impréductabilité de l’âme humaine, ou sur la façon dont l’amour et la haine coexistent, ou sur les échos de notre enfance en chacun de nous, nous enfermant parfois ou sur nos identifications aux figures premières de notre vie qui modèlent les humains complexes que nous devenont. Ou peut-être plus important, sur ce que nous partageons avec ceux parmi nous négligeamment labélisés par la quantité de diagnostics répertoriés dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM).

Jones lui-même, tout en rédigeant la biographie de Freud, avait changé d’allégeance théorique pour choisir Mélanie Klein, l’analyste hongroise qui influença tant la British Pychoanalytic Society. Bien sûr l’illusion freudienne ne fut prévalente aux USA que de 1950 aux environs de 1968. A cette époque Freud fut repris par les intellectuels libéraux puis radicaux tout d’abord, comme Herbert Marcuse, et la thérapie freudienne, dans sa traduction américaine, faisait partie de la formation en psychiatrie. Freud, qui mourut en 1939, devint une figure souvent comique du  « monsieur-je-sais-tout » dans la culture populaire. Ironiquement, en dépit de sa «  gloire » en 1956, l’année de son centenaire, il n’y avait que 942 psychanalystes officiellement déclarés dans tout le pays.

C’est l’attention que Freud a reçu qui irrite le plus Crews. Dans ses lignes d’introduction, il affirme avec exaspération : «  Parmi les figures historiques, Sigmund Freud se situe au niveau de Shakespeare et de Jésus de Nazareth pour la quantité d’attention qui lui a été accordée par les chercheurs et les commentateurs. » Certainement pas. Et sûrement pas même en Amérique où Jésus – avec son clergé et ses prêtres, dont beaucoup sont des chercheurs et des commentateurs, sans faire mention du nombre incroyable d’églises, d’adeptes, de websites – a toujours beaucoup plus d’attention que l’auteur de l’Interprétation des rêves ou de Malaise dans la civilisation. Mais Crews est en marche contre l’homme qui veut « volontairement détruire le temple de la loi pauline ». Il est possible que le Pape Pie XII n’ait pas noté ce point lorsqu’il a approuvé officiellement « la cure analytique comme méthode de soin »  en 1953, indiquant que «  la science affirme que la science a récemment éclairé les zones cachées de la structure psychique humaine ».1 Le Pape Francis lui-même a récemment révélé qu’il avait suivi une psychanalyse à l’âge de quarante-deux ans… Il a déclaré que son analyste était une femme courageuse.

Le sous-titre de Crews fait écho à «  L’avenir d’une illusion » (1927) de Freud, dans lequel Freud défend que nos croyances religieuses sont «  la satisfaction du plus ancien, du plus fort et du plus urgent souhait de l’espèce humaine ». Crews n’explore pas – comme l’a fait Erbest Gellner dans «  Le mouvement psychanalytique » (1985) – comment le développement de la psychanalyse peut être comparé à celui d’un mouvement religieux, ou comme ses revendications, en prétendant être scientifiques sont en fait celles d’un système de croyance déguisé. Ses attaques sont toujours personnelles. Crews est convaincu que si Freud est dépeint comme un escroc  et un scélérat falsifieur de cas et plus préoccupé par l’argent que par ses patients, alors tout ce qu’il a écrit sur les souvenirs refoulés, sur la sexualité et sur le désir, les fantasmes et le roman familial oedipien, les rêves, les lapsus et les manifestations quotidiennes de l’esprit humain ne sera considéré que comme les fictions sordides d’un Caligari dément, hypnotisé, dont Crews utilise le nom du cabinet comme titre d’un de ses chapitres.

Dans sa vision, Freud était un homme prêt à «  atteindre la gloire à n’importe quel coût » et qui a sacrifié «  son intégrité à la fois de scientifique et de médecin » dans ce but. Ayant créé une science sans base empirique, uniquement en la fabriquant, Freud, avec son inhabilité à « renoncer à son luxe », sa «  mentalité de commerçant » et son but de « protéger et promouvoir sa marque »  a été capable de perpétrer une arnaque gigantesque pendant le 20ième siècle.

La stratégie rhétorique à l’œuvre ici est celle d’un talentueux procureur. Elle enferme le lecteur. Ou bien vous achetez  ou bien vous êtes propulsé dans une identification avec l’accusé et tout en luttant pour respirer, souhaitez qu’un avocat de la défense se montre.

Cela nous amène aussi à nous demander pourquoi, le 23 juin 1938, à peine deux semaines après que Freud ait fui les persécutions nazies et atterri en Angleterre avec sa proche famille, il reçut une visite des représentants de la Société royale, la plus ancienne association scientifique du monde. Fondée en 1660, inspirée par Francis Bacon, et comprenant parmi ses éminents membres Isaac Newton et Charles Darwin, elle a choisi Freud pour être un de ses membres.

Pourquoi cette congrégation scientifique a-t-elle décidé d’accueillir Freud dans ses rangs ? La citation du certificat dit : «  pour son travail pionnier dans la psychanalyse ». Les membres toujours assez tracassiers, avec leur vision à long terme de l’histoire, savaient que la science n’est pas une chaumière étriquée dont les résidents, comme les adhérents d’une religion stricte, suivraient un ensemble rigide de règles éternelles, mais plutôt une vaste demeure changeante où l’observation non seulement des animaux mais aussi du monde humain peut compter comme une science, où les dubitatifs peuvent se tenir côte à cote et s’engager dans de chauds débats.

Dans leur sagesse, ils reconnaissent également que les scientifiques ne sont pas tous consistants ou dans leurs idées ou dans leurs vies. De même que la façon dont les unes modèlent les autres n’est jamais très claire. Newton, qui a formulé la loi du mouvement et de la gravitation universelle, était également un mystique avec des croyances étranges même pour son temps, et s’est comporté frauduleusement dans un conflit avec Leipniz. Crews, par contraste, semble idéaliser la science et même la déshistoriciser, oubliant qu’à l’époque où Freud a commencé à exercer, des pratiques médicales manifestement dangereuses étaient revendiquées par de nombreux médecins aux USA, les expérimentations cliniques de médicaments n’ont pas été instituées avant 1947.

Crews n’est intéressé que par les spéculations et les observations de Freud liées à l’hystérie et à ses premières études de cas, ou bien à sa rivalité et à ses réclamations de préséance, et sa «  répulsion paresseuse à collecter suffisamment de preuves ». Il dépeint Freud comme «  animé » par «  l’ «  envie » à l’égard du déjà renommé jeune Pierre Janet, et affirme que Freud a simplement emprunté à Janet ses conceptions de l’inconscient et de la formation du symptôme. Mais l’édition standard des écrits de Freud a soixante références à Janet et à ses idées, retraçant un débat bien alimenté entre eux ayant eu lieu entre 1888 et 1925. Freud peut souhaiter gagner le débat mais rien n’indique qu’il pensait que ses propres idées lui soient venues de nulle part – comme ses propres notes et ses références innombrables à la littérature ancienne et moderne le suggèrent.

Crews propose de très nombreux faits, bien que hautement sélectifs, à son cas. Son jeune Freud n’est pas seulement un neurologiste peu soigneux mais un cocaïnomane plein d’illusions, trahissant ses amis, homoérotique dans ses désirs (bien qu’il puisse avoir commis un adultère avec sa belle-sœur) ainsi que médecin avec très peu de patients sur lesquels baser ses théories changeantes. Ceux qu’il suivait, il les a laissés tomber, ou blessés ou faussement diagnostiqués. Son seul patient était lui-même. Lorsqu’il ne volait pas les idées des autres, il ne fournissait aucune preuve sur aucune des siennes. Il était également névrosé, dépressif, et obsédé par le sexe. Le reste n’est qu’une gigantesque arnaque. Tout l’édifice de la psychanalyse, les découvertes de Freud tout au long de ses écrits, sont une imposture – comme  doit l’être, par déduction, toutes les institutions de psychanalyse de par le monde, du Brésil à la Chine  et leurs ramifications

Beaucoup parmi les faits de base de l’argumentaire de Crews, comme il le reconnait, sont déjà apparu dans la biographie de Freud, bavarde mais beaucoup plus complète, d’Ernest Jones. Jones, malgré le mythe qu’il est supposé avoir généré, n’est pas un hagiographe. Il écrit sur l’usage que Freud a fait de cette nouvelle drogue qu’était la cocaïne, ses vues victoriennes des femmes et de la satisfaction psychique d’avoir des enfants (même si Freud a accueilli des femmes dans la nouvelle profession), ses changements de point de vue au gré de l’évolution de sa pratique, le contenu autobiographique de  «  L’interprétation des rêves » et plus.

Tout ceci en 1950, quand les biographies de personnages publiques n’évoquaient que arement les aspects privés. Quand la biographie de Jones parut aux USA en 1956, le Time a mentionné son appartenance à l’école du «  avec les défauts et les qualités ». Crews oublie les qualités et ne pointe que les défauts, les aggrave, et en trouve de nouveau. Dans le mouvement, ce qui émerge est un Freud horrible qui a quelque chose d’un paysan faustien de bande dessinée. «  Vers 1895, écrit Crews, Freud s’était déjà attribué une licence afin d’inventer, de supprimer, et de réarrranger les faits dans l’intérêt d’un autoportrait amélioré et de la vindicte théorique …Le chapitre sur Katherina, (dans les Etudes sur l’hystérie) nous permettent de voir que leur auteur… ne s’arrêtera devant rien afin de mettre en avant les preuves de ses prouesses imaginaires. »

Bien que Crews ait beaucoup écrit sur les caprices de la mémoire, pour les besoins du moment, ils ne semblent être fiables que tant qu’ils touchent les mauvais souvenirs de Freud. Les propres souvenirs de Freud, selon Crews, ne sont que mensonges. Dans un des points culminants d’un chapitre dédié à la mise en avant de l’échec de Freud avec les premières hystériques, sa nature pernicieuse et répugnante, et la façon «  dont tout le monde le considère avec méfiance ». parmi les Juifs de l’élite viennoise, Crews cite la mère d’Arthur Koestler parlant en 1953 à propos de son expérience avec Freud soixante-trois ans plus tôt. Ayant été adressée à un jeune neurologiste en 1890 à l‘âge de dix-neuf ans et n’y étant allée qu’à contre-cœur, elle se souvient d’un «  type dégoûtant », son intérêt pour le sexe était «  scandaleux et étrange » et personne dans ses connaissances ne le prenait au sérieux. On croirait une adolescente, bien que ce soit légèrement douteux, si ce qu’elle dit sur sa vision principale est vrai, qu’elle se soit jamais rendue chez Freud.

De telles preuves pourraient être utilisées afin de démontrer la conscience de Freud d’être un marginal solitaire mais Crews ne veut pas de cela non plus. Les propres soixante-dix pages de son autobiographie «  Etude autobiographique » (1925) sont utilisées afin de questionner la véracité de sa déception lorqu’il était pour la première fois à l’universtité de Vienne, en1873, à l’âge de 17 ans. «  Par-dessus tout, écrit le Freud de 68 ans, je trouvais que l’on s’attendait à ce que je me perçoive comme inférieur et étranger parce que j’étais juif. »   Crews est sceptique : si Freud avait rencontré de l’ostracisme en entrant à l’université, il aurait certainement voulu achever l’épreuve aussi vite que possible, mais il s’est attardé sur un pot pourri de cours. De meêm qu’il n’apparait pas qu’il ait été privé d’une vie sociale.

Puisque 21 % des étudiants étaient «  déjà » juifs, bien qu’ils ne composent que 10.1 % de la population viennoise, Crews ne fait aucune confiance au souvenir de Freud et ne les considère que comme des moyens de nourrir son propre mythe d’un « paria qui a noblement choisi d’affronter son destin ».

Bien sûr, il ya quelque chose du pionnier solitaire dans les Etudes autobiographiques de Freud. Elles font partie d’une série de brefs récits de vie de Docteurs éminents commanditée par les éditeurs de Leibzig dont beaucoup sont de la même veine. Ce sont les tropes de la profession. Ils se souviennent des jours héroïques de la médecine : ils sont les  récits ibsenesques des individus qui ont du gravir des chemins escarpés, ont lutté pour établir de nouveaux domaines d’étude – epidémiologie, santé publique et nouvelles antitoxines contre la diphtérie et, oui, psychanalyse. La légende romantique qu’attaque Crews – et elle n’est sans doute pas plus romantique que la romance de l’accumulation patiente de preuves pendant des années – n’est pas spécifique à Freud, même si il est celui que nous connaissons le mieux.

Mais c’est le questionnement des sentiments de Freud à propos de l’anti-sémitisme par Crews qui est lui-même questionnable. Contrairement à ce qu’il affirme, l’anti-sémitisme était un fait prévalent à l’universtié au moment ou Freud y est entré. Mais pas une personne affamée de savoir comme Freud l’était et serrée sur le plan financier ne se ferait guider par les préjudices et quitter ses études. Crews est tristement sourd à l’ambivalence, le désir simultané d’appartenance et celui de faire un triomphe de votre sentiment d’isolement, en particulier quand il s’agit de Freud.

La correspondance volumineuse entre Freud et sa fiancée Martha Bernays –  connue sous le nom de Die Brautbriefe – car elle couvre toute la période de leur fiançailles-a été récemment publiée sur la site de la librairie du Congrès et publiée d’une façon méticuleuse par une maison d’édition allemande.  Sur les cinq volumes en projet, trois sont en Allemand2  et un en Anglais. Bien qu’une sélection de lettres ait été publiée précédemment et que Jones ait eu accès à tutes, les Brautbriefe sont une nouvelle source apportée à la biographie de Crews.

Les lettres commencent en juin 1882, quand Freud est un jeune chercheur démuni et finissent en septembre 1886, lorsqu’il revient chez lui après ses quatre mois de recherches à l’hôpital de la Salpêtrière avec Jean-Martin Charcot, le Napoléon des neurologues. Elles couvrent la période qui voit Freud s’installer dans un cabinet privé, tout en travaillant à l’hôpital, de façon à ce qu’il puisse gagner assez pour faire vivre sa femme et ses enfants, aisni que de nombreux autres memebres de sa famille qui dépendent de lui. Les Brautbriefe, éloquentes de part et d’autre  sont largement utilisées par Crews pour jeter du vitriol à Freud. Ses références constantes à l’argent et son besoin désespéré d’en trouver- ou bien à partir de découvertes qui lui assureraient un poste sûr à l’avenir , vers la fin de la période où il a décidé d’abandonner la recherche jusqu’à ses patients payants- ne sont jamais considérés comme des choses que Martha pourrait attendre pour pouvoir justifier le fait qu’il repousse leur mariage. Dans la vision de Crews, ils sont le signal de la valorisation de la richesse par Freud au dépend de son intégrité scientifique ou de ses patients. Crews est décontenancé par la quantité quotidienne de références à «  des maux de tête migraineux, de dépression invalidante, et d’éclats de fureur » parfois contre Martha mais principalement contre les gens qui l’ont offensé. C’est également Martha qui récupère tous les hauts et les bas qui accompagnent l’usage de la cocaïne de Freud pendant toutes ces années ainsi que ses fantasmes lubriques et plus tristement, ses échecs avoués avec son ami Ernst Fleisch von Marxow sur son addiction à la morphine. Pour Crews, il est difficile de comprendre pourquoi cette Martha intelligente, cultivée et d’un milieu plus favorisé – a attendu tant d’années et s’est décidée à épouser ce tyran malhonnête et raté que dépeint Crews et soit restée avec lui pendant cinquante ans et six enfants.

Sa décision est d’autant plus étonnante étant donné la croyance en la preuve fortuite qui a soi-disant placé sa sœur Minna, qui avait déménagé chez eux peu après qu’elle ait eu son sixième enfant, directement dans le lit de son mari, pas seulement lors de ses voyages, qui se serait terminé par un avortement, mais aussi dans une maison emplie d’enfants qui n’auraient jamais rien remarqué. Personne n’a jamais vu les deux ensemble dans un lit non plus, de même que n’existe aucun compte-rendu d’avortement dans les recherches pourtant assidues menées sans la vie privée de Freud. Les rumeurs sur la relation viennent d’une remarque désinvolte qu’aurait faite Jung- lui-même adultère avéré- en 1957, selon laquelle Minna lui aurait confessé cette aventure, alors qu’il quittait l’appartement de Freud en 1907.

La concentration totale de Crews sur les détails de ce qu’il nomme avec insouciance : «La célébration de l’amour entre Minna et Sigmund sur les rives du lac Garda » et l’avortement qui est supposé en découler est faite pour miner les acquis moraux attribué au «  légendaire » Freud par ses biographes Ernest Jones et Peter Gay. Mais est également importante pour Crews, l’opportunité que l’épisode lui offre de faire une analyse textuelle – de nous donner «  une leçon sur la façon d’appréhender les textes de Freud avec une pleine conscience de leur duplicité. »

Son but est de révéler combien les écrits de Freud sur les rêves, sur les souvenirs-écrans (ou bien souvenirs qui cachent d’autres souvenirs enfouis), l’amour, le sexe, le mariage, sont plus autobiographiques que nous ne le savions déjà. Son Freud est de toute évidence mégalomanique, jamais préoccupé par les patiens ou par quoi que ce soit d’humain ou de social. Donc les essais de Freud sur le sexe, l’amour, le mariage, (1908,1910,1911) sont construits sur son propre cas et non sur des comportements plus généraux. Cependant ses contemporains viennois, comme Arthur Schnitzler ou Stephan Zweig – tout comme les premières féministes qui condamnent le manque d’éducation, y compris sexuelle des femmes de l’époque, dépeignent bien une vie qui correspond aux descriptions de Freud.

Crews  a une bonne vision de la culture générale de la médecine psychiatrique et neurologique au tournt du siècle dernier, mais dans ses tentatives zélées de mettre Freud en accusation, il échoue à lui donne son propre poids historique ; Il n’existait pas de traitement pour les maladies psychiatriques, y compris l’hystérie, avec sa quantité de symptômes souvent sévères. Les traitements étaient violents, punitifs et parfois mortels.

Parce que Freud a appris de Charcot, Crews tente de le déprécier. Chacot était bien sûr théâtral dans ses cours publics et utilisait l’hypnotisme. Mais l’hypnotisme était une des méthodes  expérimentales scientifiques de l’époque, et dans le cas  de Charcot c’était un outil diagnostique. Crews choisit de ne pas mentionner que ce que Freud apprit de Charot était «  la chose génitale » – la sexualité présente partout dans l’hopital ou dans les histoires que les hystériques se racontaient à elles-mêmes et que Freud, contrairement à Charcot, écoutait.

En contraste, Crews admire à juste titre le psychiatre Emil Kraeplin, un contemporain de Freud, pour ses classements et ses descriptions ordonnées des maladies, dont le genre sert de base pour le DSM. Kraeplin put avoir produit des classements valorisés par Crews, il est aussi quelqu’un qui croit dans les criminels denaissance et un ferme eugéniste, faits dont Crews ne se soucie pas. Charcot et Kraeplin avaient une importante population asilaire qui leur permettait de’établir leurs classifications mais aucun d’entre eux n’était intéressé en premier lieu par la guérison des malades mentaux ;

Il s’avère que c’est ce que Freud cherchait. A l’époque, les hôpitaux psychiatriques et les cliniques privées utilisaient toutes les drogues qu’ils pouvaient trouver, du chlorure au bromure de potassium afin de calmer leurs patients. Les comportements anxieux des malades, souvent verbalement, sexuellement et physiquement agités- étaient bien connus. Il est à peine surprenant que Josef Breuer ait utilisé des sédatifs sur Bertha Pappenheim, connue sous le nom de Anna O., la première patiente des «  études sur l’hystérie »,  ou que Freud ait tout d’abord utilisé cela et toutes les techniques alors disponibles. Gérer ces patients était le mieux que l’on puisse faire et l’échec était la norme.

Cependant, Freud a laissé les drogues et l’hypnotisme en faveur de sa nouvelle cure, de parole et d’écoute, beaucoup plus douce. La plupart des hopitaux et asiles, de même que les cliniques ne l’ont pas fait. Au cours du vingtième siècle plus «  scientifique » sont apparues les cures miracles, souvent mortelles à l’usage, comme l’insuline, l’arrachage de dents, la lobotomie et les électrochocs. Les électrochocs modernes utilisent des décharges électriques beaucoup plus intenses que celles  du dix-neuvième siècle utilisées par le jeune Freud et dont Crews se moque.

La décision de Crews de transformer le travail de Freud avec ses premières patientes hystériques en un exposé de son incompétence de novice génère une lecture sans saveur. De nombreuses maladies mentales ou psychoaffectives sont incurables et chroniques. Si Freud s’est d’abord tourné vers une étilogie sexuelle puis finalement familiale pour les conflits intrapsychiques qui selon lui menaient à la maladie, il nous a averti assez fréquemment, comme dans le cas de Dora, sur ses propres erreurs de traitement. Quelle que soient les fausses interprétations de l’approche autoritaire et patriarcale  de cette adolescente perturbée, Dora ne se suicida pas comme le craignaient ses parents, ni d’ailleurs aucun autre patient de Freud. Ce peut ne pas être un résultat miraculeux mais ce n’est pas  non plus un échec total, comme toute personne travaillant dans l’environnement contemporain de la santé mentale le reconnaîtra certainement. Freud, contrairement à beaucoup à son époque, reconnu que la voix des femmes valait d’être entendue – et que les femmes étaient des êtres sexués  avec des désirs. Crews fait le choix de ne donner aucun compte rendu positif des analyses avec Freud mais il y en eu de fort notables, notamment celles de la poéte américaine HD (Doolittel) et de l’écrivaine et psychanalyste d’origine russe Lou Andreas-Salomé.

De même qu’il n’est pas exact que Freud n’ait eu presque aucun patient sur lesquels fonder ses hypothèses en début de carrière ou qu’il faisait régulièrement de mauvais diagnostics. Le livret professionnel de ses patients de 1896 à 1899 est conservé à la Librairie du Congrès. Freud a reçu presque soixante patients par an en plus de cinq-cents visites. C’est à travers ces séances et son auto-analyse  qu’il a évolué d’une brève pratique de l’hypnose à la cure psychanalytique basée sur la libre association, l’analyse des rêves et du transfert. Après 1900, sans compter les années de guerre, il travaillait avec des patients jusqu’à onze heures par jour.

Mettre des mots sur des conflits psychologiques semble aider. Les récentes révélations selon lesquelles les preuves négatives dans les essais cliniques des médicaments psychotropes si appréciés ont été évacuées par des médecins ayant bénéficié des faveurs des laboratoires pharmaceutiques, la façon dont les résultats cliniques mis en avant n’étaient que les résultats favorables, le silence sur les effets secondaires, dont le suicide – tout ceci a fait paraître bien bénignes les fautes de la psychanalyse.3  La cure psychanalytique peut ne pas produire de résultats immédiats mais elle ne provoque pas de dégâts comparables. Les assureurs peuvent reconsidérer les coûts pour un patient sur la durée d’une vie. Mais, à considérer également, main dans la main avec le développement de ces drogues psychotropes « scientifiques » hautement racoleuses, le nombre de personnes souffrant de désordre mentaux a crû énormément.

Contrairement à Adam Phillips dans son brillant «  Becoming Freud » ( 2014) ou Joel Whitebook sans sa rcente biographie intellectuelle ( 2017), Crews n’est jamais intéressé dans l’abord de ce que les écrits de Freud peuvent encore éclairer sur les mystères de la vie quotidienne actuelle. Je pense que lorsqu’il s’agit de Freud et de la psychanalyse, j’emprunterai la citation de Stanley Cavell :

« La plupart des philosophes de ma tradition, sinon tous, je crois, se réfèrent à la psychanalyse avec méfiance, se demandant habituellement si la psychanalyse mérite le nom de science… Je suis moi-même convaincu que le corpus des écrits de Freud et une quantit considérable d’écrits qui en dépendent ont atteint un horizon de savoirs insurpassé sur l’esprit humain. Je ne serai donc pas satisfait avec une réponse niant à la psychanalyse le statut de science, si cette réponse nie cet horizon de savoir.

  1. 1

Dagmar Herzog, Cold War Freud (Cambridge University Press, 2017), p. 52. 

  1. 2

Sigmund Freud and Martha Bernays, Die Brautbriefe, edited by Gerhard Fichtner, Ilse Grubrich-Simitis, and Albrecht Hirschmüller in collaboration with Wolfgang Kloft (Frankfurt am Main: Fischer, 2011–2015). 

  1. 3

See Marcia Angell’s articles in these pages, among them “Drug Companies & Doctors: A Story of Corruption,” January 15, 2009; “The Epidemic of Mental Illness: Why?,” June 23, 2011; and “The Illusions of Psychiatry,” July 14, 2011. See also David Healy, The Antidepressant Era (Harvard University Press, 1999) and Let Them Eat Prozac: The Unhealthy Relationship Between the Pharmaceutical Industry and Depression (NYU Press, 2004). 

Traduction Elisabeth Guerrier

Est-ce que les Démocrates veulent la guerre avec la Russie ? Stephen F. Cohen

Est-ce que les Démocrates veulent la guerre avec la Russie ?

Do Liberal Democrats Want War With Russia?

“Le Russiagate” encourage la possibilité d’un conflit direct avec Moscou, et les libéraux, il y a quelques temps opposés à ce genre de politique, la promeuvent maintenant.

Par Stephen F. Cohen

Nation Les éditorialistes Stephen F. Cohen et John Batchelor poursuivent leur discussion hebdomadaire sur  la nouvelle guerre froide US-Russie. Les premiers épisodes, maintenant dans leur quatrième année sont sur le site TheNation.com.)

Libéral-démocrate depuis toujours, Cohen posent les questions comme suit :

Chaque mois amène les USA plus près d’une guerre avec la Russie. Trois points périlleux sont bien connus La Syrie, où des forces armées assistées par les US ont apparemment tué trois généraux russes, en Ukraine, où le Congrès et peut-être l’administration Trump ont décidé d’envoyer plus d’armement, que Kiev se promet d’utiliser contre les rebelles soutenus par les Russes, et à la frontière russe, où Washington dit que Moscou menace «les frontières de l’OTAN » sans expliquer comment les forces de l’OTAN sont venus ici en partant d’Allemagne.

Mais il existe un autre facteur périlleux – celui que Washington appelle le «  Russiagate » avec ses allégations persistantes ( quoi que toujours sans preuve) que le Kremlin a dirigé une attaque massive sur la Démocratie américaine de multiples façons pendant la campagne présidentielle de 2016, du hacking de la DNC aà la diffusion d’emails nuisant à H. Clinton, à l’usage de médias russes et même à la compromission de Facebook dans la désinformation russe et dans la diffusion de «  fausses nouvelles » liées à Trump dans l’esprit des électeurs américains.

Et enfin et pire, que les «  associés » américains de Trump et peut-être le Président lui-même ont été en contact avec le Kremlin dans ces opérations infâmes.

Ayant pris les proportions d’un phénomène politique inévitable, le Russiagate » entraîne les chances d’une guerre avec la Russie au moins dans les trois prochaines années. Il dépeint la Russie comme une «  nation hostile », il a compromis les promesses de Trump de relâcher les tensions et de coopérer avec Moscou. Et il décourage les voix anti-guerre froide dans les médias et dans la politique américaine.

Dans le passé, les libéraux Démocrates ne se sont pas toujours, initialement ou unanimement, opposés à de telles pratiques mais finalement beaucoup d’entre eux l’ont fait, comme pendant la guerre du Vietnam  et lors de l’approche de la guerre contre l’Irak. Mais depuis plus d’un an le parti démocrate, y compris les leaders libéraux, ainsi que la presse influente qui leur est associée se sont montré profondément complices dans la promotion de la Russiagate » avec très peu d’exception dans les médias populaires.

Bien sûr, les allégations de la Russiagate n’ont pas commencé après l’élection de Trump en Novembre 1916, comme il a été largement dit, mais lors de l’été et de l’automne 2016, avec les journalistes libéraux-Démocrates et le médias pro-Clinton, y compris le New York Time, plantant la graine d’une conspiration « Trump-Poutine », avec le maintenant infâme «  dossier «  Trump, alors secrétement financé par la campagne de Clinton, et Clinton elle-même brandissant Trump comme «  la poupée » de Poutine pendant l’un de leurs débats télévisés. Quand Obama a annoncé les sanctions contre la Russie en Décembre 2016, y compris, a-t-il dit des cyber-attaques logées quelque part dans les infra-structures de ce pays, il a cité ce qui allait devenir la Russiagate comme raison, sans pouvoir présenter de preuve.

 

Depuis lors, les Démocrates, avec parmi eux des libéraux auto-proclamés, ont sans arrêt approvisionné et perpétué la 3russiagate ». Au Congrès, par exemple, les Représentants Adam Schiff, Jackie Speier, Eric Swalwell, et Maxine Waters, et les Sénateurs Mark Warner et Richard Blumenthal ont été en premières lignes. Abandonnant les standards du journalisme de preuves vérifiables, de sources fiables et de couverture équilibrée, le New York Times et le Washington Post ont augmenté leur publication d’allégations de grande envergure données comme des faits. (Pour leur pratique, se reporter les nombreux articles critiques du journaliste récompensé Robert Parry sur consortiumnews.com.) Ces nouvelles de la presse écrite sont amplifiées presque chaque nuit sur MSNBC et CNN. De nombreux médias moins importants jouent le même rôle.

Et pire, les libéraux et les pro-Démocrates ont surpassé les charges les plus dangereuses selon lesquelles en 2016 «  l’Amérique s’est faite attaquer par le gouvernement russe. » comme l’a psalmodié Morgan Freeman dans une vidéo récente produite par les libéraux hollywoodiens. «  Nous sommes en guerre », a-t-il déclaré. Est-ce que cela peut signifier autre chose que le lancement immédiat d’une attaque de Washington contre l’autre super-puissance nucléaire ?

De même que cet appel implicite à la guerre n’est pas simplement  venu de célébrités informées d’une façon questionnable. La semaine dernière, un éditorial du Times a dit à ses lecteurs qu’en 2016, « la Russie avait essayé de compromettre la souveraineté américaine. » tout comme elle l’avait fait en Ukraine en 2014. Selon l’éminent intellectuel et analyste politique libéro-démocrate Robert Reich, la Russie a commis « une attaque sans précédent contre notre démocratie. », le Professeur ayant apparemment oublié ou réduit Pearl Harbor et le 11 septembre. Et dans un discours important de politique étrangère, le «  dissident » Bernie Sanders a déclaré au Parti démocrate «  Nous savons maintenant que le gouvernement russe s’est engagé dans un effort massif pour compromettre une de nos plus grandes forces : l’intégrité de nos élections et notre foi entre notre propre démocratie ».

Non, insiste Cohen, nous ne le «  savons » pas, ce qui nous ramène à ce que les libéro-démocrates n’ont pas fait cette fois mais qu’ils ont fait avant. Il n’ont montré aucun scepticisme au regard des allégations officielles et médiatiques sur le soi-disant piratage de la DNC par le Kremlin ou sur l’abus furtif de FaceBook et d’autres médias, en dépit de preuves et de témoignages contraires, encore, à quelques exceptions près.

Ils n’ont pas protesté, comme ils le font souvent, contre la criminalisation croissante de contacts habituels avec la Russie, financiers, diplomatiques ( comme les contacts en sous-main) ou même conjugaux mais ils ont promu le vrai dossier «  fausses informations » anti-Trump

Bien qu’une fois les ennemis des opérations de renseignements secrètes dans la politique américaine, les libéraux n’ont pas protesté, ni même montré un quelconque intérêt dans le rôle évident joué par les chefs de l’intelligence dans la mise au point du Russiagate sous Obama. Et ils ont manifesté encore moins d’intérêt dans les nouvelles preuves que la campagne de Trump était en fait surveillée par le FBI, comme l’a suggéré plus tard le Président et pour lequel il a été copieusement ridiculisé. ( Voir par exemple, Evan Perez, et al., CNN.com, le 19 Septembre.)  Au lieu de ça, les Démocrates, y compris les libéraux, ont transformé les agences de renseignement en des sources iconiques ( de témoignages et de fuites) Bien sûr le chef de l’intelligence nationale sous Obama, James Clapper, dont les dénigrements contre les Russes comme supposés ethniquement subversifs  n’ont pas non plus perturbés les libéraux, est dans l’équipe de conseil du nouveau «  Comité pou enquêter sur la Russie » hollywoodien qui a écrit le script de Norman Freeman.

Plus encore, peut-être les libéraux, qui auraient il y a quelques temps été choqués de lire dans un article récent du Times que les méthodes d’investigation du Conseiller spécial Robert Mueller étaient «  des tactiques agressives »  «  des tactiques de choc et d’effroi afin d’intimide les témoins et les cibles potentielles ».  Des méthodes, comme le dit une source » pour semer la terreur dans le cœur des gens de Washington ». Mais il n’y a pas eu d’outrage libéral, aucune action de l’ACLU, uniquement des articles applaudissant Mueller pour son honnêteté et l’encourageant, comme Ryan Lizza dans le New Yorker.  Pas même le Times ne suggère que Mueller, incapable de trouver des preuves d’une «  collusion »  électorale pourrait «  se trouver dans une expédition qui rappelle les abus d’antant » ( Et nous apprenons que Mueller veut les enregistrements IRS remontant à plusieurs années, bien avant la montée au pouvoir de Trump. Est-ce que les Démocrates ayant collaboré au pillage de la Russie dans les années 90  se préoccupent de savoir jusqu’où de telles investigations vont aller ?)

Au bout du compte, les libéro-démocrates semblent indifférents au ramollisement à l’égard de la censure médiatique. Une part d’entreelle est douce. : des voix informées antiRussiagate et des voix co la Guerre froide, sont régulièrement exclues des reportages de la presse populaire, des pages de débat et des invités aux émissions. Mais il existe une ébache de censure plus dure – des campagnes offi=cielles ou non, toutes bien financées pour purger la «  désinformation et la propagande russe » des médias américains, même lorsqu’elle est exprimée par des Américains avec leurs propres outils d’analyses dissidents. ( Voir l’exigence de Samanta Power que nous «  augmentions notre vigilance » et son attente de médias qui soient des gardiens et des arbitres.) Ce qui aussi trahit un mépris pour le Premier amendement mais aussi pour les électeurs américains qui, vraisemblablement, un peu comme des zombies, n’ont aucun pouvoir critique en propre. A ce propos le d’habitude loquace PEN et autres protecteurs des libertés civiles sont aussi silencieux.

En bref comme le pense Cohen, les libéro-démocrates trahissent leurs propres traditions les meilleures. En privé, certains justifient leur nouvel illibéralisme en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une résistance contre Trump, que Trump est le pire des maux. Mais l’histoire a montré depuis longtemps qu’un tel raisonnement de fin-justifie-les-moyens ne finit pas bien pour les libéraux- ni pour personne d’autre.

Et, bien sûr, les libéro-démocrates étaient jadis au premier rang de la lutte pour éviter un conflit nucléaire avec la Russie. Plus maintenant.

Stephen F. Cohen

Stephen F. Cohen est Professeur émérite d’Etudes russes et de politique à l’Université de New York et à l’Université de Princeton, il est un rédacteur contribuant à The Nation.

 

Le programme en 12 points de la psychiatrie pour produire des toxicomanes. Lawrence Kemelson

Psychiatry’s 12-Step Program for Producing Heroin Addicts

Le programme en 12 points de la psychiatrie pour produire des toxicomanes

Lawrence Kelmenson, MD

August 25, 2017

Mad in America

J’ai précédemment montré comment la capacité de la société à classer la tristesse comme une « maladie du cerveau » depuis 1990 avait à une pointe dans le nombre d’adultes dépressifs chroniques.  Dont beaucoup ont été conduits dans une addiction aux opiacés par des médecins qui ont capitalisé sur leur vulnérabilité. Ceci a induit la crise d’overdoses aux opiacés qui elle aussi a commencé en 1990.

Mais même si cela a rendu facile pour des adolescents le fait de trouverr des comprimés d’opiacés dans le porte-monnaie de leur parents ou dans le cabinet du médecin depuis 1990, les overdoses d’héroïne ( qui adviennent principalement chez les jeunes qui ont d’abord consommé des opiacés). N’ commencé à croître que plus tard ( 2006) en dépit du fait que l’héroïne était présente depuis les années 60. Je crois que c’est parce que les dépendants à l’héroïne actuels forment une nouvelle couvée. Les racines de leur création ont été plantées en 1990, quand les mensonges des médecins sur une immaturité normale de l’enfant qui aurait été une «  maladie génétique du cerveau » a été acceptée. Ceci a permis à la psychiatrie de commencer son programme en douze points pour produire des addictions à l’héroïne, menant du berceau à ( presque) la tombe .

  1. Proclamer à tort que les enfants sont câblés génétiquement pour mûrir, de façon à dévaloriser le rôle clef des parents qui investissent moins dans leur éducation.
  2. Diagnostiquer des enfants normalement inattentifs, impulsifs ou caractériels comme ayant une «  maladie du cerveau » permanente ( ADHD ou bipolarité) et avertir les parents en conséquence qu’il serait inutile de les élever normalement puisqu’ils sont «  inéducables ».
  3. Par contre conseiller aux parents et aux écoles de les éduquer sur un mode d’intervention sanitaire, de façon à ce qu’ils n’apprennent jamais comment prévoir, planifier et mener à bien des tâches seuls.
  4. Leur dire que les défis et les attentes de ces enfants doivent être grandement réduites, de façon à ce qu’ils ne soient pas préparés aux pressions fortes, et aux exigences de l’âge adulte.
  5. Conseiller aux parents de ne pas poser de limites ni de sanctionner de mauvais comportements de façon à ce que ces enfants n’aient pas à apprendre comment réguler leurs impulsions et leur rage et en conséquence n’apprennent jamais l’auto-discipline.
  6. Conseiller aux parents et à leurs enfants de ne pas explorer, discuter, résoudre tout problème qui les dérange ( en affirmant qu’il n’y en a pas) de façon à ce qu’ils n’apprennent pas à les résoudre ni comment développer des relations confiantes.
  7. Renforcer l’irresponsabilité, l’incapacité, la sauvagerie en les sauvant dès qu’ils ont des problèmes, leur donner des A faciles et autre récompenses victimaires.
  8. Remplacer une éduction solide par des recours aux tranquillisants de façon à ce que le seul outil que l’enfant apprend jamais à utiliser pour se trouver est la capacité à rendre son esprit brumeux avec des molécules chimiques.
  9. Remplacer une éducation solide avec l’Individualized Educational Programs ( Programme d’éducation individualisé ) et des aménagements qui les dorlotent afin de donner l’illusion de succès qui ne se produisent pas.
  10. Capitaliser leur vulnérabilité et leurs conduites à risque pendant leur jeunesse en les guidant vers l’addiction au moyen de succédanés euphorisants comme l’Adderal
  • Nourrir leur addiction en les encourageant à la nier, déclarant : «  Vous n’êtes pas un toxicomane, puisque ce sont des prescriptions faites par votre médecin pour guérir votre maladie.
  • Si ils acceptent leur addiction et souhaitent travailler à trouver des outils pour devenir sobres, berner les en leur offrant de devenir encore plus toxicomanes par le «  traitement » de leur addiction mais qui plus souvent la développe, comme le Suboxone.

A travers ces étapes, la psychiatrie plante les graines de l’addiciton tôt dans la vie, puis les nourrit continuellement jusqu’à l’âge adulte. La psychiatrie et les programmes des Alcooliques anonymes (AA’s 12 step programs) sont similaires en ce que le principe essentiel de ces deux programmes est de s’abandonner à une autorité plus é digne de confiance ». L’autorité de la psychiatrie n’est que la psychiatrie et ses médicaments addictifs. Dans les AA, vous ne pouvez temporairement pas vous faire confiance puisque ce sont les drogues qui vous contrôlent, donc ils vous enseignent à gérer votre situation d’une façon responsable. Mais en psychiatrie, on vous apprend à ne jamais vous faire confiance puisque de «  mauvais gènes » vous contrôle, et que vous avez donc besoin en permanence confier la responsabilité à des psychiatres et à leurs drogues. Il n’est donc pas surprenant I qu’une méta-analyse ait trouvé que les enfants identifiés d’ADHD se tournent vers les drogues illicites au moins trois fois que les autres, qu’ils soient sous médicaments ou non. La psychiatrie a pris en charge «  l’éducation » des enfants et a récemment ajouténearly 3 times as often as non-labeled kids1,  le « traitement » des addictions dans son domaine toujours croissant, avec des résultats désastreux.

Voici quelques statistiques qui, regroupées, supportent mon argument que la psychatrie est la cause de notre épidémie d’héroïne. Il y a eu une croissance par six de prescriptions de stimulants pour l’ADHD entre 1991 et 2000. L’âge moyen pour le premier diagnostic d’ADHD est 7 ans, il leur faut donc 15 ans pour atteindre 22 ans ( l’âge moyen des usagers d’héroïne). Ceci explique l’augmentation ( six-fold) des overdoses entre 2006 et 2015, après qu’elles soient restées stables pendnat les 10 années précédentes. Kurt Cobain n’était pas seulement en avance sur son temps musicalement, il a aussi suivi cette voie.

Les quatre nations67 avec le plus fort taux par habitant de diagnostic d’ADHD sont les quatre premières nations pour le taux d’overdose per capita, dans le même ordre 8.. Les états11 avec le plus haut taux d’overdose10  par capita ont également un très fort taux de disagnostiqcs d’ADHD. Celles où l’ADHD est le moins diagnostiqué 9 ont le taux d’overdose le plus bas. Le ratio par individus de blancs, hispaniques, noirs ( 19.10.4) 12 est virtuellement identique au taux d’overdose per capita parmi ces ethnicités. ( 19. 10. 6). Ce ratio d’overdoses était presque égal avant que  le premier contingent d’enfants diagnostiqués ADHD n’atteignent l’âge adulte. Les blancs étaient en fait à la seconde place 13.  Le ratio hommes.femelles adolescents «  traités » pour ADHD était à peu près de 3.1 en 2003.14 — à cette époque le ration des overdosespar héroïne hommes femmes est aussi de 3.1. Il est maintenant de 2.2. 115.

Ceci correspond trop bien, comme les pièces d’un puzzle, pour être le fruit d’une coincidence. Avec le fait que les clients traités pour ADHD se suicident 5 à10 fois plus  souvent16 et meurt dans des accidents de la route deux fois plus souvent 18 (ce qui est probablement aussi une des raisons majeurs pour expliquer  la montée récente de ces deux chiffres) ceci suggère que les parents ne devraient pas laisser leurs enfants être diagnostiqués ADHD si ils veulent qu’ils atteignent un grand âge. Donc de façon à éradiquer toutes ces épidémies contemporaines aux USA, leur source commune doit aussi être éradiquée. C’est la bio-psychiatrie. La façon moderne de se défoncer et de mourir aux USA.

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Les smartphones sont-ils entrain de détruire une génération ? J. M. Twenge

Have Smartphones Destroyed a Generation?

 

Plus à l’aise on line que dehors à faire la fête, les adolescents de la génération post-millénaire sont plus en sécurité, physiquement, que aucun adolescent ne l’a jamais été. Mais ils sont au bord d’une crise de santé mentale.

JEAN M. TWENGE

 

SEPTEMBER 2017

 

Un jour, l’été dernier, aux alentours de midi, j’ai appellé Athena, une fille de 13 ans qui vit à Houston, Texas. Elle a répondu avec son propre téléphone, elle en a un depuis qu’elle a 11 ans, donnant l’impression qu’elle venait juste de se réveiller. Nous avons bavardé à propos de ses chansons et de ses émissions TV favorites et je lui ai demandé ce qu’elle aimait faire avec ses amis. «  On va au centre commercial » a-t-elle dit. «  Est-ce que tes parents t’y conduisent ? » ai-je demandé, le souvenant de ma préadolescence, dans les années 1980, où j’aimais les heures sans parents, faisant du shopping avec quelques amis. «  Non, j’y vais avec m famille, » a-t-elle répondu, «  Nous y allons avec maman, et mes frères et nous marchons légèrement derière eux. Je dois faire vérifier ma présence toutes les heures ou toutes les demi-heures. »

Ces sorties au centre commercial sont rares- à peu près une fois par mois. Plus souvent Athena et ses amis passent du temps ensemble sur leurs téléphones, sans chaperon. Contrairement aux dolescents de ma génération, qui auraient passé une soirée à occuper la ligne famiiale fixe avec des comerages, ils parlent sur Snapchat, l’application du smartphone qui permet à ses usagers d’envyer des photos et des vidéos qui disparaissent rapidement.

Ils font attention à maintenir leur «  Snapstreak » qui montre combien de jours d’affilée ils ont été connectés les uns aux autres. Parfois, ils ont des captures d’écrans de photos particulièrement ridicules de leus amis. «  C’est du bon chantage » dit Athena. (Parce qu’elle est mineure, je n’utilise pas son vrai nom). Elle m’a dit qu’elle avait pssé la plupart du temps en vacances à rester seule dans sa chambre avec son téléphone. C’est comme ça qu’est cette génération, dit-elle, «  Nous n’vons pas eu la chance de connaître une autre vie que celle des Ipads et des Iphones. Je pense que nous aimons nos téléphones plus que nous aimons les personnes véritables. »

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Ton Smartphone réduit les capcités de ton cerveau, même juste si il est posé à tes côtés.

Je fais des recherches sur les différences générationnelles depuis 25 ans, ayant commencé quand j’étais un étudiant de psychologie en post-doctorat de 22 ans. Typiquement, les caractéristiques qui en viennent à définir une génération apparaissent graduellement, suivant une ligne continue. Les croyances et les comportements qui étaient déjà présents continuent simplment à se manifester. La génération du millénaire par exemple, est une génration hautement individualiste mais l’individuaisme n’a fait que se confirmer depuis que la génération du Baby boom s’est branchée, débranchée, a abandonné ses études. Je me suis habitué à des graphiques de tendances qui ressemblent à des modestes vallées et collines.

Puis j’ai commencé à étudier la génération d’ Athena.

Aux environ de 2012, j’ai not des changements rédicaux dans les comportements des adolescents et dans leurs réactions émotionnelles.

Les gentilles tendances vallonées des courbes graphiques sont devenues des montagnes escarpées et des ravins profonds et de nombreuses caractéristiques de la génération du millénaire ont commencé à disparaître. Dans toutes mes analyses de données gnérationnelles, certaines remontant à 1930, je n’avais jamais rencontré une telle chose.

Les aspects de l’indépendance, si puissante chez les générations antérieures, ont moins d’attrait pour les adolescents actuels.

Au début, j’ai cru qu’il s’agissait d’une petite déviation mais la tendance s’est confirmée, sur plusieurs années et dans une série d’enquêtes nationales. Les changements n’était pas seulement en quantité mais en nature. La plus grande différence entre les adolescents nés au millénaire et leurs prédécesseurs était dans la façon dont ils voyaient le monde. Les ados actuels diffèrent de la génération Y ( 1980.2000) non seulement dans leur vision mais aussi dans la façon dont ils passent le temps. Leurs expériences qu’ils mènent chaque jour sont radicalement différentes de celles que menaient leus prédécesseurs quelques années auparavant.

Que s’est il passé en 2012 qui ait pu créer une telle modification de comportements ? C’était après la grande récessio, qui a officiellement duré de 2007 à 2009 et a eu un effet plus sévère sur la génération qui tentait de se frayer un chemin à la recherche d’un emploi dans une économie dévastée. Mais c’est le moment où la population américaine possédant un smartphone a dépassé les 50%.

Plus je consulte les enquêtes sur les comportements et les attitudes des adolescents, plus je parle à de jeunes gens comme Athena, pls il devient clair que leur génération est modelée par le smartphone et par la montée concomittante des médias sociaux.

Je l’appelle l’ Igen. Nés entre 1995 et 2012, les membres de cette génération grandissent avec des smartphones, ont un compte instamgram avant d’entrer au lycée, et ne se souviennent pas d’une époque avant internet. La génération Y a grandi avec le web également mais il n’était pas omniprésent dans leur vie, à portée demain sans arrêt, jour et nuit. Les membres les plus âgés de l’Igen étaient des pré-adolescents quand le Iphone a été mis sur le marché, en 2007, et des lycéens quand le Ipad est entré en scène en 2010. Une enquête de 2017 portant sur plus de 5000 adolescents américains a montré que trois d’entre eux sur quatre possède un Iphone.

L’advenue du smartphone et de sa cousine la tablette a été suivie rapidement par des écrits sur les effets délétères du «  temps à l’écran ». Mais l’impact de ces produits n’a pas été clairement évalué et va bien au-delà des préoccupations habituelles sur des capacités d’attention diminuées. L’arivée des smartphones a radicalement changé cha=cun des aspects de la vie des adolescents, de la nature de leurs interactions sociales à leur santé mentale. Ces changements ont affecté les jeunes dans chaque angle de la nation et dans toutes les couches sociales. La tendance apparait chez les adlolescents qu’ils soient riches ou pauves, quelque soit ses origines ethniques, dans les villes, les banlieues, les petites bourgades. Partout où se trouve une tour de téléphonie, il y a des adolescents vivant leur vie sur leur smartphone.

Pour ceux d’entre nous qui se souviennent d’une adolescence plus analogique, cela peut sembler troublant et étranger. L’objectif des études générationnelle cependant ‘est pas de succomber à la nostalgie le bon vieux temps, c’est de comprendre comment il est maintenant. Certains changements générationnels sont positifs, certains négatifs et beaucoup sont les deux. Plus à l’aise dans leur chambre que dans une voiture ou à une fête, les adolescents d’aujourd’hui sont plus en sécurité qu’aucun adolascent ne l’a jamais été. Ils sont notoirement moins suceptibles d’avoir un accident et ayant moins le goût de l’alcool que leurs prédécesseurs, moins susceptiles de subir les effets secondaires de l’alcool.

Psychologiquement par contre, ils sont plus vulnérables que l’étaient leurs ainés. Les taux de dépressions et de suicide ont monté en flèche depuis 2011. Ce n’est pas exagérer de décrire la Igen comme étant au bord de la pire crise de santé mentale depuis des décennies. Une grnde partie de cette détérioration peut être tracée sur leurs téléphones.

Même lorsqu’un évènement notoire – une gue avancée technologique, un concert gratuit dans la boue- joue un rôle fédérateur au sein d’un group de jeunes, aucun facteur unique ne définit jamais une génération. Les modes de parentalité continuent à évoluer, comme évoluent les cusrsus scolaires et culturels, et ces éléments importent. Mais la montée simultanée des smartphones et des médias sociaux a causé un séisme d’une magnitude que nous n’avons pas observé depuis très longtemps, sinon jamais. Il y a des preuves irréfutables que ces appareils que nous avons placés entre les mains des adolescents ont un effet profond sur leurs vies en les rendant profondément malheureux.

Au début des années 1970, le photographe Bill Yates fit une série de portraits au skating Sweetheart de Tampa, en Floride. Dans l’un d’eux, un adolescent sans chemise se tient avec une grande bouteille de peppermint collée à la ceinture de son jean. Dans une autre, un garçon qui nesemble pas avoir plus de douze ans pose avec une cigarette dans sa bouche. La patinoire était un lieu où les enfants pouvaient échapper à leurs parents et habiter un monde à eux, un monde où ils pouvaient boire, fumer, et se’envoyer en l’air à l’arrière de leurs voitures. Dans un noir et blanc très pur, les adolescents du babyboom, fixent l’objectif de Yates avec la confiance en soi née du fait d’avoir fait ses propres choix. Même si, et peut-être spécialement si, vos prantes ne pensent pas que ce sont les bons choix.

Quinze ans plus tard, pendant ma propre adolescence, en tant que memebre de la génération X, fumer avait perdu un peu de son prestige mais l’indépendance avait définitivement gardé le sien. Mes amis et moi, nous combinions afin d’obtenir nos permis de conduire aussi vite que possible, prenant des rendez-vous au DMV ( Department of Moor Vehicles)  pour le jour où nous aurions seize ans et utilisant notre liberté fraîchement conquise afin de fuir le confinement de nos banlieues. Quand nos parents nous demandaient : «  Quand rentres-tu à la maison ? », nous répondions, «  Quand veux-tu que je rentre ? »

Mais les allures d’indépendance, si puissantes pour les générations précédentes ont moins d’impact sur les générations actuelles  qui sont beaucoup moins suceptibles de quitter la maison sans leurs parents. Le changement est étonnant, les adolescents de 16 à 18 ans en 2015 sortent moins souvent que ceux de 13 à 14 ans en 2009.

Les adolescents d’aujourd’hui ont également moins de chance d’avoir des rendez-vous amoureux. L’étape initiale que les Génération X appelaient «  bien aimer » ( comme dans «  Oh, je t’aime bien ) les enfants la nomme «  parler »  choix ironique pour une génération qui prfère les textos aux conversations réelles. Après que deux ados aient «parlé » pendant un certain temps, ils peuvent commencer à se rencontrer. Mais seulement 45 % des lycéens de terminale ont déjà eu des rendez-vous alors que pour la Génération X et pour les baby boomers, le nombre était de 80%

Le déclin des rendez-vous évolue avec le déclin de l’activité sexuelle. La chute est la plus forte pour les adolescents de 14 à 15 ans réduit de presque 40% depuis 1991. L’adolescent moyen maintenant a eu des relations sexuelles pour la première fois au début de son année de Première., une année entière plus tard que les adolescents de la Génération X. Moins d’adolescents ayant des relations sexuelles a contribué à ce que certains considèrent comme une des tendances les plus positives dans la jeunesse ces dernières années.  Le taux de naissance chez les adolescents a touché un de ses plus bas scores en 2016, plus faible de 67% par rapport à son pic le plus récent, en 1991.

Même la fait de conduire, un symbole de la liberté adoclescente inscrit dans la culture américaine, de Rebel Without a Cause à Ferris Bueller’s Day Off, a perdu son attractivité pour les adolescents actuels. Preque tous les lycéens du babyboom avaient leur permis de conduire dès le printemps de leur année de Terminale, plus de un adolescent sur quatre aujourd’hui ne l’a pas à la fin du lycée. Pour certains, papa et maman sont de si bons chauffeurs qu’il n’y a pas de besoin urgent de conduire. «  Mes parents me conduisaient partout et ne se plaignaient jamais, j’ai toujours été conduit ; « m’a dit un étudiant de 21 ans de San Diego. «  Je n’ai pas passé mon permis jusqu’à ce que ma mère me dise qu’il le faallait car elle ne’allait plus continuer à me conduire à l’école.  Elle a finalement obtenu son permis six mois après son 18ième anniversaire. D’une conversation à l’autre, les ados décrivent le fait de passer leur permis comme quelque chose que leurs parents les poussent à faire- une notion qui aurait té impensable pour les générations antérieures.

L’indépendance n’est pas gratuite – vous avez besoin d’argent pour payer l’essence, ou la bouteille de schnaps. Avant, les ados travaillaient en grand nombre, impatients de financer leur liberté ou poussé par leurs parents afin d’apprendre la valeur de l’argent. Mais la génération I ne travaillent pas autant (ni ne gère son propre argent) . À la fin des années 70, 77% des lycéens de terminale travaillaient pendant l’année scolaire, vers le milieu des années 2010, seulement 55%. Le nombre des élèves de Première qui travaille a baissé de moitié. Ce déclin s’est accéléré pendant la grande récession, mais l’emploi d’adolescent n’a pas repris même quand le nombre d’emploi a augmenté.

Bien sûr mettre la responsabilité sur le dos des générations antérieurs n’est pas une innovation de la génération I. La génération X (millenials) dans les années 1990, ont été les premiers à repousser les habituels marqueurs de l’âge adulte. Les jeunes de la génération X étaient tout aussi enclins à conduire, bore de l’alcool, et sortir que la génération de baby boomers et plus susceptible d’avoir des relations sexuelles et de tomber enceinte à l’adolescence. Mais en laissant leur adolescence derrière eux, la génération X s’est mariée et à commencer une carrière plus tard que leurs prédécesseurs.

La Gen X s’est débrouillée pour étirer l’adolescence au-delà de toutes les limites antérieures. Ses membres ont commencé à devenir adultes plus tôt et fini de devenir adultes plus tard. Avec la génération X et I, l’adolescence s’est à nouveau contractée – mais simplement parce que ses débuts ont été retardés. A travers une quantité de comportements : boire, sortir, passer du temps sanssupervision, les adolescents de 18 ans agissent maintenent plus comme ceux de 15 ans agissaient et ceux de 15 ans comme ceux de 13. L’enfance maintenant s’étire bien avant dans les années du lycée.

Pourquoi les adolescents d’aujourd’hui attendent-ils plus longtemps avant d’accèder à la fois aux responsabilités et aux avantages de l’âge adulte ? Les changements dans l’économie et dans l’éducation jouent certainement un rôle. Dans une économie de l’information, qui récompense les études longues plus que les emplois précoces, les parents peuvent être enclins à encourager leurs enfants à rester à la maison et à étudier plutôt qu’à exercer un emploi à temps partiel. Les ados, en retour, semblent se satisfaire de cet arrangement casanier- non pas parce qu’ils sont plus studieux mais parce que leur vie sociale est vécue par leur téléphone. Ils n’ont pas besoin de quitter la maison pour passer du tems avec leurs amis.

Si les ados d’aujourd’hui étaient une génrtion de bûcheurs, on le verrait dans les données.  Mais les élèves de 3ième, seconde ou première dans les années 2010 passent en fait moins de temps sur leur travail personnel que le faisait la Génération X dans le début des années 1990. ( Les lycéens se préparant à passr quatre ans à l’université passaient le même temps sur leur travail personnel que leurs prédcesseurs.) Le temps que les élèves de Terminale passent dans des activités comme les clubs d’étudiants et le sport a peu changé récemment. Combiné audéclin des emplois à temps partiel, cela signifie que la génération I a plus de temps libre que la Génération X en avait, pas moins.

Alors, que fait-elle de tout ce temps ? Ils sont sur leurs téléphones, dans leur chambre, seuls et souvent en détresse.

Jasu Hu

Une des ironies de la génération I est que malgré le fait qu’elle passe beaucoup plus de temps sous le même toit que leurs parents, on ne peut pas dire que les ados soient plus proches de leurs pères ou de leurs mères que l’étaient leurs prédécesseurs. «  J’ai vu mes amis dans leur famille, ils ne leur parlent pas » me dit Athena. Ils ne disent que «  Okay, okay, des truxcs comme ça  quand ils sont sur leur téléphone. Ils ne font pas attention à leur famille. » Comme ses pairs, Athena est une experte dans le débranchage de ses parents quand elle veut se concentrer sur son téléphone. Elle a passé presque tout l’été avec ses amis mais tout était par textos ou snapchat ? «  J’ai été plus sur mon téléphone qu’avec de vraies personnes » dit-elle «  Mon lit a, comme une empreinte de mon corps. »

En ceci aussi elle est typique. Le nombre d’ados qui rejoingent leurs amis preque chaque jour a chuté de plus de 40% entre 2000 et 2015. Le dclin s’est spécialement accentué récemment. Ce n’est pas qu’une question de nombre d’ados faisant la fête, mais du nombre d’ados simplement passant du temps dehors. C’était quelque chose que tous les ados faisaient, les ringards et les sportifs, les riches et les pauvres, les bons et les moyens à l’école. La patinoire, le terrin de bascket, la piscine municipale, les coins spéciaux pour se tripoter. Tout a été remplacé par des espaces virtuels auquels on a accès par les applications et le web.

On pourrait s’attendre à ce que les ados passent tnt de trmps sur ces noveaux espaces parce que ça les rend heureux mais la plupart des données montrent qu’il n’en est rien. L’enquête de «  Monitoring the future », créé par l’Institut national d’usage de drogues et sensé avoir une représentativité nationale a posé à des lycéens de Terminale 1000 questions chaque année depuis 1975 et à des lycéens de Troisième et de Seconde depuis 1991. L’enquête demanden aux adolescents s’ils sont heureux et combiende temps libre ils passent sur différentes activités, y compris de activités sans écran comme les interactions interpersonnelles, et l’exercice physique, et récemment, les activités avec écran comme l’usage des médias sociaux, les textos, et les recherches sur le web. Les résultats ne peuvent pas être plus clairs. Les ados qui passent plus de temps que la moyenne sur leurs écrans sont plus susceptibles d’être malheureux et ceux qui passent plus de tmps sdans des activités sans écran sont plus susceptibles d’être heureux.

Il n’y a pas une seule exception. Plus d’activités face aux écrans sont liées à moins de bonheur et toutes les activités hors écran à plus. Les élèves de Troisième qui passent 10 heures et plus par semaine sur les médias sociaux sont susceptibles à 56 % de plus de dire qu’ils sont malheureux que ceux qui consacrent moins de temps aux médias sociaux. Il faut l’admettre, 10 heures par semaine, c’est énorme. Mais ceux qui passent de 6 à 9 heures sur les médias sociaux sont tout de même susceptibles à 47 % de plus que ceux qui les utilisent moins de dire qu’ils sont malheureux.

L’opposé est vrai en ce qui concerne les interactions interpersonnelles. Ceux qui passent un temps au-dessus de la moyenne avec leurs amis sont 20% moins susceptibles de dire qu’ils sont malheureux que ceux qui se retrouvent avec leurs amis moins souvent que la moyenne.

Plus les adolescents passent de temps face à leurs écrans plus ils témoignent de symptômes de dépression.

Si vous deviez donner un conseil pour une adolsecence heureuse à partir de cette enquête, ce serait tout ce q’il y a de plus simple : laissez vos smartphones et vos ordinateurs, et allez faire quelque chose, n’importe quoi qui ne nécessite pas d’écran. Bien sûr ces analyses ne prouvent pas d’une façon univoque que les écrans causent la trisesse.  IL est porssible que des adolescents tristes passent pus de temps en ligne. Mais des recherches récentes suggèrent que le temps face aux écrans, en particulier à travers l’usage des médias sociaux cause vraiment du mal être. Une étude à demandé à des étudiants ayant une page Face Book de remplir une brève étude sur leur téléphone pendant deux semaines. Ils recevaient un message avec un lien cinq fois par jour et rapportaient leur états d’âme et combien de tempsils avaient utilisés Face Book. Le plus ils l’utilisaient, le moins heureux ils se sentaient, mais se sentir malheureux ne les amenaent pas à plus de temps passé sur ce média.

Des médias sociaux comme Face Book promettent de nous connecter avec des amis. Mais la Génération I qui apparait de ces études est une génération solitaire, disloquée. Les ados qui visitent les médias sociaux chaque jour mais vint des amis en personne moins fréquemment sont les plus susceptible de partager ce choix : «  Souvent je me sens seul » et «  Je me sens être à l’écart de beaucoup de choses » et «  Je souhaite souvent avoir plus de vrais amis ». Le sentiment de solitude chez les adolescents à grimpé en 2013 et est demeuré haut depuis.

Ceci ne veut pas dire que, à un niveau individuel, les enfants qui passent plus de temps en ligne sont plus solitaires que ceux qui y passent moins de temps. Les adolescents qui passent beaucoup de temps sur les édias sociaux passent aussi plus de temps avec leurs amis, en moyenne. Des ados hautement socialisés le sont plus dans les deux cas et ceux qui le sont moins également. Mais à un niveau générationnel, quand des adolescents passent plus de temps sur leurs smartphones et moins de temps avec leurs amis, le sentiment de solitude est plus commun.

La dépression aussi. Une fois de plus, les effets des activités sur écran ne peuvent pas tromper : le plus de temps passé en ligne, le plus de chance de témoigner de symptômes de dépression.

Les élèves de Troisième qui sont de gros utilisateurs des médias sociaux augmentent leur risques de dépression de 27%, pendant que ceux qui font du sport, vont aux sevices religieux ou même font leur travail scolaire plus que la moyenne diminuent les risques d’une façon significatrice.

Les adolescents qui passent trois heures ou plus avec des appareils électroniques augmentent de 35% les facteurs de risques de suicide, comme de faire de plans pour se suicider ( ce qui est =beaucoup plus que les risques par exemple liés au fait de regarder la télévision). Une enquête qui capture étonnament et indirectement l’isolation croissante des enfants, en bien et en mal : depuis 2007, le taux d’homicide au sein des adolescents a décliné mais le taux de suicides a augmenté. Comme les adolescents ont commencé à moins passer de temps ensemble, ils sont devenus moins susceptibles de se tuer les uns les autres et plus susceptibles de se tuer eux-mêmes. En 2011, pour la première fois en 24 ans, le taux de suicide adolescents était plus élevé que le taux d’homicides.

La dépression et le suicide ont de nombreuses causes, trop de technologie n’est pas le seule d’entre elles de toute évidence. Et le taux de suicide chez les adolescents était même plus élevé dans les années 1990, longtemps avant l’arrivée des smartphones. Mais à peu pès quatre fois plus d’Américians prennent des anti-dépresseurs qui sont souvent pescrits pour traiter les dépressions sévères, le type le plus lié au suicide.

Quelle est la conexion entre les smartphones et l’apparente détresse psychologique que cette génération éprouve ? Malgré tout leur pouvoir à mettre en connexion les enfants jour et nuit, les médias sociaux aussi exacerbent l’inquiétude liée à cet age d’être laissé de côté. Les adolescents d’aujourd’hui peuvent se rendre à moins de fêtes et passer moins de temps ensemble mais lorsqu’ils se retrouvent, ils en témoignent sans rpit sur Snapchat, instaram ou face book. Ceux qui ne sont pas invités sont mis au courant sans pitié. On a constaté que le nombre d’adolescents qui se sent marginalisé a atteint un niveau record. Comme pour l’augmentation du sentiment de d’isolement, l’augmentation dans lcelui d’être mis de côté a été rapide et significatif.

Cette tendance est particulièrement sensible chez les filles.  Chez elles, 48% de plus en 2015 qu’en 2010 disent qu’elles se sentent souvent laissées pour compte, et 27% chez les garçons. Les filles utilisent les médias sociaux plus souvent, avec des opportunités supplémentaires de se sentir exclues et isolées lorsqu’elles voient leurs amis et leurs camarades de  classe se retrouver sans elles. Les médias sociaux prélèvent une taxe psychique sur l’adolescent postant quelque chose également, car il attend avec anxiété  la reconnaissnce avec des commentaires et des like. Quand Athena poste des photos sur Instagram, elle me dit «  Je suis nerveuse, à propos de ce que les gens pensnent et vont dire. Ça m’agace parfois quand je n’ai pas assez de likes sur une photo. »

Les filles portent aussi le plus gros de la montée des symptômes dépressifs parmi les adolescents. Les symptômes dépressifs chez les garçons ont augmenté de 21% entre 2012 et 2015 pendant que chez les filles ils augmentaient de 50%, plus de deux fois plus. L’augmentation des suicides également est plus forte chez les filles. Bien que le taux augmente pour les deux, trois fois plus de filles entre 12 et 14 ans ont mis fin à leurs jours en 2015 qu’en 2007, contre deux fois chez les garçons. Le taux de suicides est toujours le plus aht chez les garçons, en partie pce qu’ils utilisent des méthodes plus léthales mais les filles commencent à combler l’écart.

Ces conséquences désastreuses pour les adolescentes peuvent aussi s’enraciner dans le fait que les filles expérimentent plus souvent le cyberharcélement. Les garçons tendent à se harceler physiquement alors que les filles le font plus en compromettant le statut social de la victime ou ses relations. Les médias sociaux donnent aux collégiennes et lycéennes  une plateforme pour mener à bien le type d’agression qu’elles préfèrent, exluant ou ostracisant d‘autres filles vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Les compagnies de médias sociaux sont évidemment au courant de ces problèmes et à un niveau ou un autre se sont appliquées à prévenir le cyberharcèlement. Mais leurs diverses motivations sont, c’est le moins qu’on puisse dire, complexes. Un document ayant fuit de FaceBook récemment a indiqué que la compagnie revendait à des publicitaires sa capacité à d »terminer l’état afffectif des adolescents en fonction de leur comportement en ligne et de pointer même «  les moments ou les jeunes ont besoin d’une poussée de confiance » Facebook a reconnu que le doument était authentique mais a nié qu’il ait offert des «  outils pour cibler les individus en fonction de leur état émotionnel. »

In july 2014, a 13-year-old girl in North Texas woke to the smell of something burning. Her phone had overheated and melted into the sheets. National news outlets picked up the story, stoking readers’ fears that their cellphone might spontaneously combust. To me, however, the flaming cellphone wasn’t the only surprising aspect of the story. Why, I wondered, would anyone sleep with her phone beside her in bed? It’s not as though you can surf the web while you’re sleeping. And who could slumber deeply inches from a buzzing phone? “

Curieux, j’ai demandé à des étudiant(e) de l’Université d’état de San Diego ce qu’ils faisaient de leurs téléphones quand ils dormaient. Leurs réponses témoignaient d’un profil obsessionnel. Presque la moitié dormaient avec leur téléphone, le glissant sous leur oreiller, sur le matelas, ou au moins à portée de main près du lit (Ils devaient, ils l’utilisent tous comme réveil) Leu téléphone est la dernière chosen qu’ils voient avant de s’endormir et la première au réveil. Si ils s’éveillent au milieu de la nuit, ils finnisent souvent par jeter un coup d’oeil à leur téléphone au lit. Quelques-uns utilisent le langage de l’addiction : ” Je sais que je ne devaris pas mais je ne peux pas m’en empêcher.” m’a dit l’un d’entre eux à propos du fait de vérifier son téléphone ds son lit. D’autres considérent leur télphone comme une extension de leur corps – ou même comme un amoureux. ” Avoir mon téléphone près de moi pendant que je dors est un réconfort.”

C’est peut-être un réconfort mais le smartphone réduit le temps de sommeil des adolescents : beaucoup maintenant dorment moins de sept heures par nuit. Les spécialistes du sommeil disent que les adolescents devraient aoir à peu près neuf heures de sommeil par nuit. Un adolescent qui dort moins de sept heures est enmanque de sommeil. 57 % des adolescents en 2015 étaient en manque de sommeil par rapport à 1991. Et simplement dans les dernières quatre années, de 2012 à 2015, 22% d’adolescents supplémentaires n’avaient pas sept  heures de sommeil.

Cette augmentation est étrangement chronométrée, à nouveau présente quand les adolescents obtiennent un smartphone. Deux enquêtes nationales montrent que les adolescents qui passent trois heres ou plus su leur téléphone ont 28% de chance supplémentaires de dormir moins de sept heures que ceux qui y passent mons de trois heures et que les adolescents qui visitent les médias sociaux chaque jour ont 19% de chance supplémentaire d’être en manque de sommeil. Une méta-analyse des études sur les appareils électroniques utilisés par les enfants montre des résultats similaires. Les enfants qui utilisent les médias juste avant de se coucher sont plus susceptibles de dormir moins bien et ont deux fois plus de chance d’être somnolents pendant la nuit.

Le matériel électronique et les médias sociauxsemblent avoir une capacité toute particulière à modifier le sommeil. Les adolescents qui lisent des livres ou des magazines plus souvent que la moyenne ont en fait légèrement moins de chance de se trouver avec des troubles du sommeil. Ou bien parce que le fait de lire les berce aant de dormir ou parce qu’ils peuvent laisser leur livre à l’ehure du coucher. Regarder la télévision plusieurs heures par jour n’est que rès peu lié aux troubles du sommeil. Mais il est très difficile de résister aux smartphones.

Les troubles et le manque de sommeil entraîneent une myriade de problèmes, y compris des capacités à penser et à raisonner compromises, plus de susceptibilité d’être malade, du gain de poids et une pression artérielle élevée. Cela affecte aussi l’humeur : les gens qui ne dorment pas assez sont sujets à l’anxiété et à la dépression. Encre une fois, il est difficile de tracer un lien précis de cause à effet. Les smartphones pourraient cause un manque de sommeil qui conduirait à la dépession, ou les téléphones pourraient causer la dépression qui induirait des troubles du sommeil. Ou certains facteurs pourraient causer à la fois l’augmentation de la dépression et du manque de sommeil. Mais les smartphones, avec leur luière bleue brillant dans l’obscurité joue vraisemblablemnt un rôle   majeur.

La corrélation entre la dépression et l’usage des smartphones est suffisamment forte pour suggérer que plus de parents devraient dire à leurs enfants de laisser leurs téléphones. Comme le rapporte d’écrivian spécialiste de la technomogie Nick Bilton, c’est une politique que certains cadres de la Silicon Valley suivent. Même Stve Jobs a limité  pour ses enfants l’usage du téléphone qu’il a créé.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la façon dont les enfants expérimentent l’adolescence. La présence consante des smartphones est susceptible d’affecter leurs comportements longtemps en tant qu’adultes. Parmi les individus qui ont fait face à une dépression, au moins la moitié s’y trouve confronté à nouveau dans leur vie. L’adolescence est une période clef pour développer des compétences sociales, comme les adolescents passent moins de temps en face à face avec leurs amis, ils ont moins d’opportunités de les développer. Dans la prochaine déennie, nous avons des chances d voir plus d’adultes qui connaissent l’émoticone adéquat pout telle situation mais ne reconnaisent pas l’expression faciale correspondante.

Je réalise que de réduire la technologie peut être une exigence irréaliste à l‘égard d’une génération d’enfants si habitués à être branchés tout le temps. Mes trois filles sont nées en 2006,2009, et 2012. Elles ne sont pas encore assez agées pour afficher les signes de l’attitude des ados de la Igen mais j’ai déjà été le témoin direct de la façon dont les médias se sont incrustés dans leurs jeunes vies. J’ai observé la dernière née à peine capable de marcher se frayant un chemin vers l’Ipad en toute confiance. Celle de six ans demandant à avoir un Iphone. J’ai pu entendre celle de neuf ans discutant des de la dernière application qui enthousiasmait sa classe. Enlever les cellphones de mains de nos enfants sera difficile, certainement plus que ne l’a été pour la génération de mes parents le fait d’amener leurs enfants à éteindre MTV et à sortir un peu. Mais plus semble être en jeu dans le fait de pousser les adolescents à utiliser leur responsabilité face au téléphone et il y a des bénéfices à gagner à instiller dans l’esprit de nos enfants l’importance de la modération. Des effets significatifs, à la fois sur la santé mentale et la qualité du sommeil apparaissent après deux ou trois heures d’usage d’appareils électroniques. La moyenne des adolescents passe à peu près deux heures ou plus par jour sur leurs appareils, Une limite légère posée pourrait éviter aux enfants de tomber dans des habitudes dommageables.

Lors de ma conversation avec les adolescents, j’ai vu les signes que les adolescents eux-mêmes relient certains de leurs troubles à leur téléphone omniprésent. Athena m’a confié que lorsqu’elle passe du temps avec quelqu’un, ils regardent souvent leur smartphone au lieu d’elle. «  J’essaie de leur parler de quelque chose et en fait ils ne me rgarde pas en face. «  dit-elle, «  Ils regardent leur téléphoneou à leur montre apple «. «  Quel effet ça fait, quand vous essayez de parler à quelqu’un et qu’il ne vous regarde pas ? «  Je pense que ça blesse. Je sais que la génération de mes parents ne faisaient pas ça. Je pux évoquer quelque chose de super  important, et ils n’écoutent même pas. »

Une fois, le dit-elle, elle se baladait avec une amie qui était entrain d’envoyer un texto à son petit-ami. J’essayais de lui parler de ma famille, et de ce qui se passait et elle était comme ça, ah oui, bon, bon » Je lui ai alors pris son téléphone des mains et je l’ai lancé contre le mur. »

Je n’ai pas pu m’empêcher de rire, «  Tu joues au Volley-ball ? » « As-tu un bon bras ? » «  Oui », a-t-elle répondu.

Cet article a été adapté du livre de Jean M. Twenge à venir «  Igen, pourquoi les enfants super-connects d’aujourd’hui sont devenus moins rebelles, plus tolérants, moins heureux ‘ et complètement inadaptés à l’âge adulte – et ce que cela signifie pour les autres, iGen: Why Today’s Super-Connected Kids Are Growing Up Less Rebellious, More Tolerant, Less Happy—and Completely Unprepared for Adulthood—and What That Means for the Rest of us.

Traduction : Elisabeth Guerrier

Néo-libéralisme : l’idéologie à la base de tous nos problèmes Georges Monbiot

Avant de prendre connaissance de ce très bon article de G. Monbiot sur l’histoire du néo-libéralisme et sur ses caractéristiques, il semble intéressant de présenter cette citation de Carl Sagan dans le Counterpunch du 12.08.

En effet, la plupart des idéologies qui ont eu à ordonner la vie sociale, politique et culturelle de pays entiers sur des durées plus ou moins longues ont toujours affiché avec ostentation leur identité, leurs critères de réussite collective ou individuelle et mis en place, sur un mode coercitif quand c’était nécessaire et adapter les critères d’une idéologie à la réalité rend la coercition et la répression toujours nécessaires, les étapes et les cadres devant amener le peuple à se plier dans l’enthousiasme et pour son bien. 

Une des caractéristiques du néo-libéralisme est qu’il n’avance que masqué et, après s’être abreuvé des travaux de Edward Bernays, a mis au point une méthode vouée au succès presque absolu, ne pas avoir à s’imposer de l’extérieur mais devenir partie prenante, essence même de la vie, des valeurs et même, plus grave, des modes de penser les réalités et les identités individuelles et collectives des sociétés auxquelles il s’impose. ” S’imposer ” n’est pas le terme puisque dans ce lent mais radical mouvement vers l’individu et son bonheur comme régles propagandiques fondamentales du consumérisme qui est son combustible  rien ne semble faire pression Le mimétisme, mis en avant par René Girard,  en tant que dynamique constituant le social,  fonctionnant sans coup férir dans un monde où l’autre en miroir est sans cesse visible et évaluable et où le neuro-marketing s’occupe de joindre au flux nos plus fervents désirs d’aliénation.

C’est par choix et en prônant une des valeurs essentielles du néo-libéralisme, la liberté, que s’organise le mouvement sans fin du capitalisme dans sa forme contemporaine, la plus raffinée technologiquement et médiatiquement et la plus sauvage humainement et socialement. 

Carl Sagan fait ici référence à l’Amérique et observe sa lente décomposition intellectuelle mais il pourrait, devrait ici, sortir du spectre national pour mettre en lumière les mêmes effets, dus au système idéologique et fonctionnant en vortex, de la totale soumission des USA aux valeurs de dérégulation du néo-libéralisme, à la fois miroir et leader d’un fonctionnement qui s’est auto-proclamé ” global ” , sur l’ensemble de la planète et qui a donné à l’économique l’indépendance et le pouvoir en repoussant le politique  vers le rôle de factotum des fantasmes du marché. EG

Carl Sagan: ” J’ai eu la vision de l’Amérique au temps de mes enfants et petits-enfants, quand les USA sont devenus une économie de service et d’information, quand presque toutes les usines-clefs sont parties vers de nouveaux pays, quand des pouvoirs technologiques incroyables sont entre les mains de quelques individus et que personne représentant l’intérêt public ne peut même envisager les problématiques, quand les gens ont perdu la capacité à organiser leurs propres agendas ou à questionner de manière compétente les détenteurs de l’autorité, quand, étreignant nos boules de cristal et consultant nerveusement nos horoscopes, nos facultés critiques déclinent, incapables de distinguer entre ce qui est agréable et ce qui est vrai, nous glissons, sans presque nous en apercevoir vers la superstition et l’obscurantisme. L’abrutissement de l’Amérique est le plus palpable dans la lente perte de tout contenu consistant dans des médias à l’influence énorme : Les petites phrases de 30 secondes, maintenant réduite à 10 ou moins, les programmes au dénominateur commun le plus bas, les présentations crédules, la pseudoscience et la superstition, mais tout spécialement une sorte de célébration de l’ignorance.”
” I have a foreboding of an America in my children’s or grandchildren’s time–when the United States is a service and information economy; when nearly all the key manufacturing industries have slipped away to other countries; when awesome technological powers are in the hands of a very few, and no one representing the public interest can even grasp the issues; when the people have lost the ability to set their own agendas or knowledgeably question those in authority; when, clutching our crystals and nervously consulting our horoscopes, our critical faculties in decline, unable to distinguish between what feels good and what’s true, we slide, almost without noticing back into superstition and darkness. The dumbing down of America is most evident in the slow decay of substantive content in the enormously influential media, the 30-second sound bites (now down to 10 seconds or less), lowest common denominator programming, credulous presentations on pseudoscience and superstition, but especially a kind of celebration of ignorance.”

Néolibéralisme– l’idéologie à la base de tous nos problèmes.

Faillites financières, désastres environnementaux, et même la montée de Donald Trump – le néolibéralisme a joué un rôle dans chacun d’eux. Pourquoi la Gauche a-t-elle échoué dans la proposition d’une alternative ?

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 ‘Pas d’alternative ( le “ TINA”) Ronald Reagan et Margaret Tatcher à la Maison blanche

. Photograph: Rex Features

George Monbiot

@GeorgeMonbiot

Imaginez si les gens en Union soviétique n’avaient jamais entendu parler du communisme. L’idéologie qui domine nos vies a, pour la plupart d’entre nous, aucun nom. Mentionner la dans une conversation et vous serez récompensé par un haussement d’épaules. Même si vos interlocuteurs ont entendu ce terme auparavant, ils vont lutter pour le définir.  Le Néo-libéralisme, savez-vous ce que c’est ?

Son anonymat est à la fois le symptôme et la cause de son pouvoir. Il a joué un rôle majeur dans une remarquable variété de crises. Le  crack financier de 2007.2008,   le mouvement offshore de la richesse et du pouvoir, dont l’affaire des Panama Papers ne nous offre qu’un aperçu, le lent effondrement de la santé publique et de l’éducation, la pauvreté infantile résurgente, l’épidémie de solitude, l’effondrement des éco-systèmes, la montée de  Donald Trump. Mais nous répondons à ces crises comme si elles émergeaient isolément, apparemment ignorants du fait qu’elles ont toutes été ou catalysées ou exacerbées par la même cohérence philosophique. Une philosophie qui a- ou avait- un nom. A part celui-ci, quel plus grand pouvoir peut-il opérer sans nom ?

L’inégalité est requalifiée de vertueuse. Le Marché assure que chacun ait ce qu’ il mérite.

Le Néo-libéralisme est devenu si pénétrant que nous le reconnaissons à peine comme une idéologie. Il semble que nous acceptions la proposition selon laquelle cet idéalisme, cette foi millénariste décrit une force neutre, une sorte de loi biologique, comme celle de l’évolution de la théorie darwinienne. Mais cette philosophie a vu le jour dans une tentative consciente de  réorganiser la vie humaine et de faire se déplacer les termes du pouvoir.

Le Néo-libéralisme voit la compétition comme l’élément le plus caractéristique des relations humaines.

Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les choix démocratiques sont exercés au mieux en vendant et en achetant, un processus qui gratifie le mérite et punit l’inefficacité.

Il maintient que le «  marché » délivre des bénéfices qui ne pourraient jamais être atteint par la planification.

Les tentatives de limiter la compétition sont traitées comme antinomiques à la liberté. Les impôts et la régulation doivent être réduits au minimum, les services publics doivent être privatisés. L’organisation du travail et les négociations par les syndicats sont décrits comme des distorsions du marché qui empêchent la formation d’une hiérarchie naturelle de gagnants et de perdants. L’inégalité est redéfinie comme vertueuse : une récompense de l’utilité et un générateur de richesse, qui retombe sur tous afin de les enrichir. Les efforts pour créer une société plus égalitaire sont à la fois contre-productifs et moralement corrosifs. Le Marché assure que tous ait ce qu’il mérite.

Nous avons internalisé et nous reproduisons son Credo. its creeds. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse grace à leur mérite, ignorant les avantages – comme l’éducation, les héritages, ou la classe sociale d’appartenance, qui peuvent les avoir aidé à la créer. Le pauvre commence par se blamer lui-même à cause de ses échecs, même lorsqu’ils ne peuvent rien faire pour changer le contexte des circonstances.

Le chômage structurel n’a pas d’importance : si ils n’ont pas d’emploi c’est parce qu’ils ne sont pas assez entreprenants. Le coût impossible du logement n’a pas d’importance : si votre carte de crédit est épongée, c’est parce que vous êtes incapable et dépensier. Le fait que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu n’a pas d’importance : s’ils deviennent obèses, c’est votre problème. Dans un monde gouverné par la compétition, ce qui tombent en marche se font définir et se définissent eux-mêmes comme des perdants.

Parmi les résultats, comme Paul Verhaeghe le note dans son livre What About Me? On trouve des épidémies d’automutilation, des troubles de l’alimentation, de la dépression, de la solitude, l’anxiété des performances et de la phobie sociale. Il n’est peut-être pas surprenant que la Grande-Bretagne, dans laquelle l’idéologie néo-libérale a été appliquée le plus rigoureusement soit la capitale européenne de la solitude.  Nous sommes devenus néo-libéraux maintenant

Le terme de “ néo-libéralisme” fût introduit lors d’un meeting à Paris en 1938. Parmi les délégués, on trouvait deux hommes qui définiront cette idéologie, Ludwig Von Mises and Friedrich Hayek. Tous deux exilés d’Autriche, ils voyaient la social-démocratie, incarnée par le New Deal de Franklin Roosevelt et le développement progressif de l’état-providence en Grande Bretagne comme des manifestations du collectivisme qui occupait le même spectre que le Nazisme ou le Communisme.

Dans son livre « La route vers la servitude » The Road to Serfdom, publié en 1944, Hayek argument que la planification gouvernementale, en écrasant l’individu, mènerait inexorablement à un contrôle totalitaire. Comme l’ouvrage de Mises, « Bureaucratie », « La route vers la servitude » fut largement lu. Il fut remarqué par certaines personnes très riches, qui virent dans cette philosophie une opportunité pour eux de se libérer des régulations et des taxes. Quand, en 1947, Hayek fonda sa propre organisation qui allait répandre la doctrine du néo-libéralisme la Société du Mont-Pélerin  – il fût supporté financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.

Avec leur aide, il commença à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans son livre “ Les maîtres de l’univers”, Masters of the Universe comme “ une sorte d’Internationale néolibérale” : un réseau international d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et d’activistes. Les soutiens fortunés du mouvement fondèrent une  série de groupes de recherche  qui raffinèrent et assurèrent la promotion de l’idéologie. Parmi eux, l’American Enterprise Institutel’ Heritage Foundationle Cato Institutel’ Institute of Economic Affairsle Centre for Policy Studies et l’  Adam Smith Institute. Ils financèrent également des positions académiques et des départements, particulièrement dans les Universités de Chicago et de Virginie.

En évoluant, le néo-libéralisme devint plus véhément. La vision d’Hayek selon laquelle le gouvernement devrait réguler la compétition afin d’éviter la création de monopoles fût remplacée – parmi des apôtres américains comme  Milton Friedman – par la croyance que le pouvoir des monopoles pouvait être considéré comme une récompense pour l’efficacité.

Quelque chose d’autre se produisit pendant la transition : le mouvement perdit son nom. En 1951, Friedman était content de se décrire lui-même comme un néo-libéral . Mais peu de temps après, le terme commença à disparaître. Encore plus étonnant, même lorsque l’idéologie devint plus Claire et le mouvement plus cohérent, l’appellation perdue ne fut remplacée par aucune alternative commune.

Tout d’abord, malgré son financement gigantesque, le néo-libéralisme resta dans la marge. Le consensus d’après-guerre était universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la libération de la pauvreté étaient des buts communs aux USA et dans l’Europe de l’ouest, les taux d’imposition étaient élevés et les gouvernements cherchaient les issues sociales sans embarras, développant de nouveaux services publiques et des réseaux de sécurité.

Mais en 1975 quand les politiques keynésiennes commencèrent à s’effondrer et que la crise économique frappe des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales commencèrent à pénétrer les médias grand public. Comme le remarqua Friedman  quand le moment vint pour le changement, il y avait là une alternative toute prête. Avec l’aide de journalistes sympathisants  et de conseillers politiques, des éléments du néo-libéralisme furent adoptés, spécialement en ce qui concerne la politique monétaire, par l’administration Carter aux USA et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande Bretagne.

Après la prise de pouvoir de Margaret Tatcher et de Ronald Reagan, le reste du colis suivit rapidement : des baisses d’impôt massives pour les riches, l’écrasement des syndicats, la dérégulation, les privatisations, la sous-traitance et la compétition dans les services publics. A travers l’IMF, la Banque mondiale, le Traité de Maastricht et la World Trade Organisation, les politiques néolibérales furent imposées – souvent sans l’approbation démocratique – presque partout dans le monde. Plus étonnant encore leurs adoptions par des partis qui se disaient auparavant «  de gauche » : le Labour party ou les Démocrates par exemple. Comme le note Stedman Jones : «  Il est difficile d’imaginer une autre utopie aussi pleinement réalisée. »

***

Il peut sembler étrange qu’une doctrine promettant le choix et la liberté ait été promue avec le slogan «  Il n’y a pas d’alternative »  mais comme Hayek le remarquait lors d’une visite à Pinochet au Chili – une des premières nations à avoir appliqué le programme dans sa totalité- « Mon choix personnel penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dévoué au libéralisme. » La liberté qu’offre le néolibéralisme, qui semble si séduisante quand elle est évoquée en termes généraux, se révèle être la liberté des prédateurs, pas du menu fretin.

L’indépendance à l’égard des syndicats et de la négociation peut permettre de supprimer les salaries. L’indépendance à l’égard de la régulation signifie la liberté d’empoisonner les rivières,  de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des taux des taux d’intérêt injustes et de mettre au point des instruments de financement exotiques. La liberté face à l’impôt signifie la liberté dans la distribution des richesses qui peuvent extraire les peuples de la pauvreté.

Naomi Klein l’écrit dans La doctrine du choc ,  les néolibéraux ont defendu l’usage des crises afin d’imposer des lois impopulaires pendant que les populations étaient distraites : par exemple dans l’après-coup du coup d’état de Pinochet, la guerre en Irak ou l’ouragan Katrina que Friedman décrit comme «  une opportunité pour réformer radicalement le système éducatif » en Nouvelle Orléans

Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposes nationalement, elles le sont au niveau international, à travers les traits commerciaux incorporant le « investor-state dispute settlement »: des tribunaux offshores dans lesquels les corporations peuvent faire pression pour le détournement des lois de protection environnementale ou sociale. Lorsque le Parlement a voté pour restreindre la vente de cigarettes, protéger la qualité de l’eau contre les compagnies minières, geler des lois sur l’énergie ou prévenir contre les arnaques des firmes pharmaceutiques envers l’état, les compagnies l’ont poursuivi, souvent avec succès.

Le Néo-libéralisme n’ pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu.

Un des autres paradoxes du néo-libéralisme est que la compétition universelle s’appuie sur une quantification et une comparaison universelle. Le résultat est que les travailleurs, les chercheurs d’emploi et les services publics sont sujets à un régime étouffant  et chicanier de vérifications et de guidance, supposé identifier les gagnants et punir les perdants. La doctrine que Von  Mises proposait devait nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification centralisée en a, à sa place, créé une autre.

Le néo-libéralisme n’a pas été conçu comme un libre-service du racket mais c’est ce qu’il est rapidement devenu. La croissance économique a été remarquablement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en grande Bretagne et aux US) qu’elle l’avait été dans les décennies précédentes. L’inégalité dans la distribution des richesses et des revenus, après soixante années de déclin, a crû rapidement sur cette période, à cause de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôts, de l’augmentation des loyers, de la privatisation et de la dérégulation.

La privatisation et la mise sur le marché des services publics comme l’énergie, l’eau, les trains,  la santé, l’éducation les routes et les prisons ont permis aux firmes privées d’installer des postes de péage face de biens essentiels et d’en faire payer les locations ou bien aux citoyens ou au gouvernement, pour leur usage.  La location est une autre face des rentes. Quand vous payez un prix gonflé pour un ticket de train, seulement une partie compense l’opérateur pour l’argent dépensé en carburant, salaries, le matériel roulant et autre. Le reste reflète uniquement le fait  qu’ils vous ont à leur merci.

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Au Mexique,  Carlos Slim s’est vu attribuer le contrôle de presque tous les services téléphoniques et il devint bientôt un des hommes les plus riches de la planète.. Photograph: Henry Romero/Reuters

Ceux qui possèdent les services privatisés ou semi-privatisés font des fortunes gigantesques en investissant peu et en chargeant un maximum. En Russie et aux Indes, les oligarques ont acquis des organismes d’états qui étaient bradés et pratiquement toutes les lignes terrestres et les services de téléphonie mobile passèrent sous le contrôle de Carlos Slim qui devint un des hommes les plus riches au monde.

La financialisation comme  Andrew Sayer le note dans : Why We Can’t Afford the Rich, (Pourquoi ne peut-on pas s’offrir les riches ?) a eu un impact similaire. « Comme les loyers, dit-il, les intérêts sont un revenu non gagné qui augmente sans aucun effort. » Comme les pauvres s’appauvrissent et le riches s’enrichissent, les riches acquièrent un contrôle accru sur un des points essentiels : l’argent. Les taux d’intérêt, d’une façon majeure, sont un transfert d’argent des pauvres vers les riches. Comme les prix du foncier et le retrait des fonds d’état criblent les gens de dettes  (pensez aux basculement des bourses pour étudiants aux prêts pour étudiants), les banques et leur exécutif font le ménage.

Sayer prétend que les quatre dernières décennies ont été caractérisées par le transfert de richesse pas seulement des pauvres vers les riches mais aussi au sein des riches eux-mêmes : de ceux qui faisaient de l’argent en produisant de nouveaux biens de consommation ou de nouveaux services à ceux qui ont construit leurs fortunes en contrôlant les biens existant et en accumulant les fonds, les intérêts et les capitaux. Les revenus gagnés ont été supplantés par les revenus non gagnés.

Les politiques néolibérales sont partout, assaillies par les échecs du marché. Non seulement les banques sont-elles «  trop grosses pour échouer » mais les corporations le sont aussi qui ont à charge de délivrer des services publics. Comme le remarque Tony Judt dans  Ill Fares the Land, Hayek a oublié que les services nationaux vitaux ne peuvent pas être autorisés à s’effondrer, ce qui signifie que la compétition ne peut s’y exprimer. Le business ramasse les profits, l’état prend les risques.

Plus l’échec est massif, plus l’idéologie s’extrémise. Les gouvernements utilisent les crises néolibérales à la fois comme excuse et comme opportunité pour les baisses d’impôts, la privatisation de des services publics restants, la création de trous dans le filet de la protection sociale, la dérégulation des entreprises et la re-régulations des citoyens. L’état qui se hait lui-même plonge maintenant ses dents dans chaque organe du service public.

Il est probable que le pire impact du néolibéralisme ne soit pas l’état de crise économique qu’il a généré mais l’état de crise politique. Au fur et à mesure que se réduit le camp de l’état, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se contracte également.  A sa place, la théorie néolibérale affirme que le choix des individus peut s’exercer à travers leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la démocratie de la grande consommation ou de l’actionnariat, les votes ne sont pas distribués égalitairement. Le résultat est une déresponsabilisation des classes pauvres et de la classe moyenne. Et comme les partis de droite comme ceux de  l’ancienne gauche  adoptent des politiques néolibérales identiques, la déresponsabilisation se transforme en suppression du droit de vote. Un grand nombre de personne ont été balayés de la vie politique.

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Slogans, symboles et sensation … Donald Trump. Photograph: Aaron Josefczyk/Reuters

Chris Hedges remarque que “ les mouvements fascistes construisent leur base non sur les politiquement actifs mais sur les politiquement inactifs, les “ perdants” qui sentent, souvent à raison, qu’ils n’ont pas de voix ou de rôle à jouer dans le jeu politique.” Quand le débat politique ne s’adresse plus à eux, les gens deviennent réactifs à sa place aux slogans, aux symboles et aux sensations. Pour les admirateurs de Trump par exemple, les faits et les arguments paraissent sans intérêt.

Judt explique que l’épais réseau d’interactions entre les citoyens et l’état a été réduit à rien sauf à de l’autorité et de l’obéissance, les deux seules forces qui nous lient au pouvoir central. Le totalitarisme que craignait Hayek est suppose apparaître quand les gouvernements, ayant perdu toute autorité morale qui provident de l’organisation des services publics sont réduits à “cajoler, menacer et finalement forcer les citoyens à leur obéir “.

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Comme le communisme, le néo-libéralisme est un dieu qui a échoué. Mais la doctrine zombie continue de tituber, et une des raisons e nest son anonymat. Ou plutôt, son ensemble d’anonymats.

La main de la doctrine invisible est bougée par des appuis invisibles. Lentement, très lentement, nous avons commence à découvrir les noms de quelques-uns d’entre eux. Nous avons trouvé que l’ Institute of Economic Affairs, qui a abondamment argumenté dans les medias contre la régulation de l’industrie du tabac a été secrétement financée par la British American Tobacco depuis 1963. Nous avons découvert que  Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches de la planète, ont finacé l’institut qui a donné naissance au au mouvement du Tea Party . Nous avons découvert que Charles Koch, en créant l’un de ses groups de réflexion,  establishing one of his think tanks, a noté que “de façon à éviter des critiques indésirables, la façon don’t le groupe est contrôlé et dirigé ne doit pas faire l’objet d’une large information.”

Avant les nouveaux riches étaient dépréciés par ceux qui avaient hérité de leur fortune. Aujourd’hui, la relation s’est inversée.

Les mots utilisés par le néo-libéralisme dissimulent plus qu’ils n’élucident. “ Le marché “ semblent un système naturel qui pèse sur nous à égalité, comme la gravité ou la pression atmosphérique.  Mais il est tendu de relations de pouvoir. Ce que “ veut le marché “ tend à signifier ce que les entreprises et leur patrons veulent.  “L’investissement “ comme le note Sayer, signifie deux chosen complètement différentes. L’une est le financement d’activités socialement utiles, et productives, l’autre est la recherche d’avantages à faire fructifier par le prêt, les intérêts, les dividends et l’accroissement du capital. Utiliser le même mot pour différentes activités “ camoufle les sources de la richesse”, menant à la confusion entre l’extraction de richesse et la crcréation de richesse.

Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient déconsidérés par ceux qui héritaient de leur argent. Les entrepreneurs cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui la relation s’est inverse : les rentiers et les héritiers se décrivent eux-mêmes comme des entrepreneurs. Ils affirment avoir gagné les revenus dont ils ont hérité

Ces non-dits et ces confusions sont de maille avec l’anonymat et l’absence de residence du capitalism modern : le modèle de la franchise  qui assure que les salariés ignorent pour qui ils travaillent ; les compagnies enregistrées dans des filets de statuts secrets offshore si complexes que même la police ne peut pas en découvrir les bénéficiaires, les arrangements contribuables qui embobinent les gouvernements, les produits financiers que personne ne comprend.

L’anonymat du néo-libéralisme est férocement gardé. Ceux qui sont influences par Hayeck, Mises et Friedman tendent à rejeter le terme, maintenant, avec raison, qu’il n’est utilisé aujourd’hui uniquement péjorativement . Mais ils ne nous offrent aucune alternative. Certains se décrivent comme des libéraux classiques ou des libertaires, mais ces descriptions sont toutes les deux source d’erreur et d’auto-effacement car elles suggèrent que rien ne s’est passé avec “La route vers la servitude”,La bureaucratie”, ou dans le travail classique de Friedman, “Capitalisme et liberté.”

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Pour tout cela, il y a quelque chose d’admirable dans le projet néo-libéral, du moins dans les premiers temps. C’était une philosophie distincte, innovante promue par un réseau cohérent de penseurs et d’activistes avec un plan d’action clair. C’était un movement patient et persistant. La Route vers la servitude devint une route vers le pouvoir;

Le triomphe du néo-libéralisme reflate aussi l’échec de la gauche. Quand le laissez-faire économique a conduit à la catastrophe de 1929, Keynes a fourni une modèle économique complet pour le remplacer. Quand le modèle keynésien exigeant du management s’est heurté aux régulations dans les années 70, il y avait une alternative prête. Mais quand le néo-libéralisme s’est effondré en 2008, il n’y avait… rien. C’est pourquoi les zombies marchent. La gauche et le centre n’ont produit aucun cadre general de pensée économique dans les 80 dernières années.

Chaque évocation de Lord Keynes est une aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du 21 ième siècle c’est ignorer trois problèmes évidents :  Il est difficile de mobiliser les gens sur des idées anciennes,, les défauts exposés dans les années 70 n’ont pas disparu et d’une façon plus importante, eelles n’ont rien à proposer à propos de la donnée la plus grave, la crise environnementale. Le Keynésianisme fonctionne en stimulant la demande du consommateur afin de promouvoir la croissance économique. La demande du consommateur et la croissance économique sont les moteurs de la destruction environnementale.

Ce que les histoires du Keysianisme et du néo-libéralisme montrent est qu’il est insuffisant de sopposer à un système cases. Une alternative cohérente doit être propose. Pour les partis travaillistes, les Démocrates et la gauche étendue, la tâche centrale devrait être de developer un programme économique Appollo, modelé sur les emandes du 21ième siècle.

  • George Monbiot How Did We Get into This Mess? est publié ce mois-ci chez Verso.s, published this month by Verso. bookshop.theguardian.com

Nous ne pouvons que conseiller le travail d’ARTE ” Capitalisme “ en 6 moments qui replace la doctrine dans son contexte historique.

Traduction : Elisabeth Guerrier

“Pas si renseigné” Paul Robinson “Irrussinalaty”

Les vents ont tourné quelque peu depuis le “Russian gate” et tout le battage médiatique outre-Atlantique autour d’une soi-disant intervention russe dans les élections américaines. Ils ont tourné également pour les informations concernant les transports massifs de troupes de l’OTAN dans les Balkans et en Suède et la question de ce qui se tramait derrière ce vide médiatique touchant, qu’on le veuille ou non, la paix de l’Europe et plus encore la menace nucléaire. C’est ainsi, les mémoires sont courtes, les spasmes des passions relayés sans arrêt, nous sommes au bout des effets si bien ciblés par Ellul dans son étude de la propagande sociale.

Le petit peuple court toujours derrière et ce qu’il tente de saisir est choisi pour lui dans la hiérarchie des faits politiques et plus encore dans la manipulation, presque obscène à ce niveau, de ces même faits. Il est fort probable que nous n’ayons jamais depuis la Deuxième guerre mondiale été confrontés à un tel niveau de manipulation médiatique et en ce qui concerne les stratégies de déstabilisation de DT, à une telle bascule dans le jeu avec un feu qui pourrait nous faire tous exploser pour satisfaire les velléités politiques de quelques oligarques et de leurs sbires. Le Washington Post dans ce contexte devrait faire office de cas d’école dans la fabrication des sentiments de la masse mais il est loin d’être le seul lors de cette folie collective aussi virulante que la fièvre qui s’empara des temps du Mac Carthisme.

C’est à lui, à ce petit peuple, d’aller glaner ailleurs des bribes de contre-vérité, d’oser se démarquer des mouvements de fond qui sont dirigés sans lui mais qui le dirigent, c’est à lui d’aller donc chercher des voix autres, dissidentes pour rétablir, ou du moins tenter de rétablir ce qui, il y a longtemps se nommait ” la vérité”.  EG

A propos

Bienvenue à  Irrussianality ! Ce blog est axé sur deux sujets : les relations entre la Russie et l’Ouest et la prise de décisions apparemment irrationnelle qui domine la plupart des relations internationales ( IR). Les deux sont, bien sûr connectées : les relations entre la Russie et l’Ouest sont gâchées par des préjugés, de l’incompréhension, des préjugés. J’espère contribuer à travers ce blog d’une façon minimale à la mise en pratique d’une  politique étrangère rationnelle.

Je suis Professeur d’Université à Ottawa. J’ai écrit à propos des Russes et de l’histoire de l’Union soviétique, de l’histoire militaire et de l’éthique militaire.

Les liens à mes livres sont disponibles dans le menu «  Books »  Paul Robinson

NOT SO INTELLIGENT

Pas si intelligent •

Comme dit le proverbe :  « L’intelligence militaire est une contradiction dans les termes ». L’intelligence civile n’est souvent pas très intelligente non plus. Phillip Knightley, qui a passé des dizaines d’années à investiguer le monde de l’espionnage,. Phillip Knightley, conclut que les résultats de la CIA étaient “consternants”. En dépit de l’aura entourant son nom, le KGB n’est guère mieux dit Knightley, citant le Général du KGB Oleg Kalugin, qui note que : “ Quand les gens dissent que les renseignements soviétiques ont pénétré les plus hauts échelons des gouvernements de l’Ouest, je sais que ce n’est pas vrai. » Il n’existe pas d’exemple enregistré où la CIA ait recruté qui que ce soit aux plus hauts échelons du Gouvernement soviétique non plus. Knightley ajoute également que,

Lors d’une conférence sur l’histoire des renseignements tenue en Allemagne en 1994 à laquelle assistaient un panel de maîtres en espionnage de l’Est et de l’Ouest je les ai mis au défi de nommer un seul événement historique important en temps de paix dans lequel les services de renseignements auraient joué un rôle décisif. Aucun d’entre eux ne l’a pu.

En bref, les données historiques suggèrent que les services de renseignements n’ont en fait pas d’espions places dans les institutions de leurs cibles principales, leur savoir de ce qui se trame dans les esprits des chefs d’états étrangers est très limité et souvent tout à fait faux, et ils ne sont pas aussi tout-puissants que le suppose la plupart des gens.

Si l’on en croit le Washington Post, cependant, la CIA a pénétré dans le saint des saints du Kremlin. Selon les dernières révélations de ce journal :

Au début du mois d’Août, une enveloppe avec d’extraordinaires  restrictions de maniement est arrivée à la Maison blanche. Envoyée par courrier de la CIA, elle comprenait  des “ instructions” uniquement visibles dans leur contenu par quatre personnes : le Président Barack Obama, et trois conseillers principaux. A l’intérieur se trouvait une bombe à retardement des renseignements, un rapport établi en plongeant profondément ses sources dans le Gouvernement russe qui détaillait l’implication personnelle directe du Président Poutine dans une cyber campagne qui modifie et compromette la course à la Présidence américaine. Mais il y avait plus. Les renseignements avaient capture les instructions spécifiques de Poutine sur les objectifs de cette opération audacieuse – faire échouer ou au moins compromettre l‘élue du Parti démocratique, Hillary Clinton et aider à faire élire son opposant, Donald Trump.

L’histoire de la CIA écrite en 2008 par Tim Weiner et qui fait référence : « L’héritage de cendres » “Legacy of Ashes, révèle ce que la revue du New York Times a appellé une « litanie de l’échec »  des débuts de l’agence jusqu’à nos jours. Etant donné son passé, combien d’entre vous, chers lecteurs, croient vraiment que la CIA a « ses sources profondément ancrées dans le gouvernement russe » et soit capable de fournie de telles informations ?

Mais imaginons que peut-être elle le puisse. Si c’était le cas, ce serait un agent d’une importance exceptionnelle, la source la plus haut placée que la CIA ait jamais eue, si importante évidemment que, selon le Washington Post, seulement quatre personnes sont autorisées à lire ce qu’il (ou elle) produit. Cependant, une de ces quatre personnes ou l’une dans ce qui doit également être un groupe restreint au sein de la CIA qui connaisse la source (qui d’autre cela pourrait-il être ?) a mis sa sécurité en danger en révélant a aggravé ce crime en révélant l’existence de cette source au monde entier. Gardons à l’esprit que, autant que l’on sache, la CIA n’a jamais eu d’agent «  profondément ancré dans le gouvernement (ou les soviets) russe ».  Cette personne est donc une recrue star parmi les recrues stars. Et maintenant, cette couverture a explosé.

On peut donc imaginer, donc, que l’histoire du Washington Post aurait dû causer des cris d’outrage et des appels à une investigation immediate au sein de ce qui est certainement le cœur des  infractions à la sécurité. Mais, assez bizarrement, ce n’est pas ce qui semble se produire. Le manque de soucis très visible portant sur une source soi-disant si étonnamment précieuse que ses informations sont réservées à quatre personnes, est tout simplement extraordinaire. A cela on peut donner deux explications :

  1. Les gens à Washington se fichent de protéger leurs sources de la CIA, quelle que soit leur valeur, et sont très satisfaits de les jeter sous le bus si cela leur donne un avantage politique. Ceci implique à la fois les individus qui laissent filtrer de telles histoires à la presse, la presse elle-même, et aussi le pouvoir politique élargi, qui ne semble pas trop dérangé par une telle affaire. Ceci en retour pourrait suggérer que ces individus manquent gravement de fiabilité, et qu’on pourrait donc prendre ce qu’ils affirment avec la plus grande circonspection. ou
  2. Les gens ne sont pas inquiets à cause de cette fuite pour la simple raison que la «  source » profondément ancrée dans le Gouvernement russe n’existe pas. L’histoire est une vaste fumisterie, pure et simple.

J’incline personnellement pour l’option 2

Mise à jour 1 : Quelqu’un m’a notifié une option 3, personne n’est inquiet de faire exploser la couverture de la source parce qu’elle a déjà été explosée. La source, selon cette version, sont les trois cyber-experts russes arêtes à Moscou en Janvier. Je confesse que ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre quand le Washington Post a évoqué  le « profondément ancré dans le Gouvernement russe » parce que ces personnes ne faisaient pas partie du Gouvernement, mais en ce qui concerne deux d’entre eux, dans le FSB (qui, bien qu’institution de l’état ne fait pas partie du  « gouvernement ».) (La troisième personne arrêtée travaille en fait pour une compagnie privée, Kaspersky). J’accorde que cette option est possible en théorie (bien que tout lien entre les personnes arrêtées et les interférences dans les élections soit une spéculation, puisque nous n’avons aucune preuve de ce lien.) Mais dans ce cas, l’article est très mal rédigé.

Mise à jour 2: Il me semble que je devrais pointer d’autres options, par exemple, la source existe et a bien dit ce que le Post rapport mais il elle l’a totalement fabriqué et l’a dit aux Américains parce qu’il elle pensait que cela rendrait les Américians heureux et permettrait de maintenir les mouvements financiers alertes, etc.

  • La traduction d’ « Intelligence » par « renseignements » ne permet pas le jeu de mot choisi par l’auteur, nous avons donc gardé le terme anglo-saxon d’intelligence.

Maintenant, seulement cinq hommes possèdent presque autant de richesse que la moitié de la population mondiale. Paul Buchheit

 

Now Just Five Men Own Almost as Much Wealth as Half the World’s Population

Par Paul Buchheit

In Common dreams

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Ce n’est pas une méritocratie, c’est une oligarchie (Photo: Pixabay/CC0)

L‘an passé, c’était 8 hommes, puis c’est descendu à 6, et maintenant presque 5.

Pendant que les Américains se focalisent sur Trump, les super-riches prennent la fuite avec nos richesses et la peste de l’inégalité continue à se répandre. Une analyse des données de 2016  a trouvé que les cinq déciles les plus pauvres de la population mondiale possèdent environ 410 milliards de richesse totale. Le 06/08/17, les cinq homes les plus riches du monde possédaient environ 400 milliards de dollars. En moyenne donc, chacun de ces hommes possède autant que environ 750 millions d’individus.
Pourquoi laissons-nous quelques individus s’approprier de larges portions de la richesse mondiale ?

 
La plupart des super-riches sont Américains. Nous, peuple américain avons créé l’internet, développé et fondé l’intelligence artificielle et construit les infrastructures de transport, cependant nous laissons uniquement quelques personnes en recevoir presque tout le crédit, avec des centaines de milliards de dollars.
Les défenseurs d’un fossé de richesses hors de contrôle dissent que c’est okay, parce que, après tout, l’Amérique est une “méritocratie” dans laquelle les super-riches ont “ gagné “ tout ce qu’ils possèdent. Ils prennent en compte les mots de   Warren Buffett: ” le Génie de l’économie américaine, notre insistance sur la méritocratie, un système de marché et les lois ont permis de génération en génération de vivre mieux que les parents vivaient. »

Mais ce n’est pas une méritocratie. Les enfants ne  vivent plus mieux  que leurs parents. Dans les huit ans suivant la récession, la valeur du Wilshire Total Market a plus de TRIPLÉ, montant d’un peu plus de  $8 milliards de dollars à près de 25 milliards. La grande majorité de cette augmentation est allée aux Américains les plus riches. Juste en 2016, les 1% les plus riches ont effectivement fait basculer plus de $4 milliards de richesse de la nation vers eux-mêmes, avec presque la moitié du transfert de richesse ($1.94 milliards)  venant des 90% de la population la plus pauvre – classes moyenne et pauvre- Il s’agit de plus de $17,000 en immobilier ou économies par ménage de la classe   moyenne ou pauvre donnés aux  super-riches.

Une méritocratie ?  Bill Gates, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ont fait peu qui ne se serait produit de toute façon. TOUTES les technologies modernes américaines ont commencé avec – et dans une large mesure continuent avec- nos impôts, nos institutions de recherche et nos financements aux corporations.
Pourquoi laissons-nous des personnes riches non qualifiées nous dire comment vivre, tout spécialement Bill Gates !

En 1975, à l’âge de 20 ans,  Bill Gates fondait Microsoft avec son camarade de lycée Paul Allen. A la même époque, le système d’exploitation CP/M de Gary Kildall était le standard industriel. Mais Kildall était un innovateur, pas un homme d’affaire et quand IBM commença à faire des appels d’offre pour l’ OS du PC IBM, ses délais amenèrent le marché à Gates. Bien que la compagnie nouvellement fondée Microsoft ne puisse pas couvrir les besoins d’IBM, Gates et Allen virent une opportunité et ils achetèrent donc dans l’urgence les droits d’une autre compagnie oS, qui étaient basés sur un autre systéme CP.M de Kildall. Kildall voulu les poursuivre mais la loi de la propriété intellectuelle pour les softwares n’avait pas encore été établie. Kildall devint un créateur qui se fit prendre.

Bill Gates donc, se servit des autres pour devenir l’homme le plus riche de la planète. Et maintenant, à cause de sa grande richesse et du mythe de la méritocratie, BEAUCOUP DE PERSONNES SE TOURNENT VERS LUI POUR TROUVER DES SOLUTIONS DANS DES ZONES EN DANGER POUR LES BESOINS HUMAINS VITAUX comme l’éducation et la production alimentaire/

— Gates et l’éducation : Il a promu le moniteur galvanique de réponse épidermique  afin de mesurer les réactions biologiques des étudiants ainsi que l’enregistrement vidéo des enseignants  afin d’évaluer leurs performances. A propos des écoles il dit, « Les meilleurs résultats se trouvent dans les villes où le maire est en charge du système scolaire et où l’ conseil d’école n’est pas aussi puissant. »

— Gates en Afrique :  Grâce à des investissements ou à des marchés avec MonsantoCargill,et Merck, Gates a démontré ses préférences pour le contrôle corporatiste sur les pays pauvres, réputés incapables de s’aider eux-mêmes. Mais aucun problème, selon Gates, D’ici à 2035, il n’y aira Presque plus de pays pauvres dans le monde. »

Warren Buffett : Exige que les impôts soient augmentés ( à la condition que sa proper compagnie n’a pas à les payer)
Warren Buffett s’est fait l’avocat d’une augmentation des impôts sur la fortune  et de taxes immobilières raisonnables.  Mais sa propre compagnie, But his company Berkshire Hathaway a utilisé des “ montants hypothétiques” afin de “ payer” ses impôts tout en ajournant 77 millions en impôts réels.
Jeff Bezos :  50 milliards en moins de deux ans et lutte sans faillir contre l’imposition
Depuis la fin de 2015, Jeff Bezos aaccumulé suffisamment de fortune pour couvrir les 50 milliards du budget immobilier national.  qui sert à plus de cinq millions d’Americains. Bezos, qui a profité abondamment de l’Internet et des infrastructures construites pendant des années par de nombreuses personnes avec beaucoup de nos impôts, a utilisé des paradis fiscaux  et des lobbyistes chers payés  afin d’éviter de payer les impôts  dus par sa compagnie.

Mark Zuckerberg (6ième fortune mondiale, 4ième fortune des USA)

Pendant que Zuckerberg était entrain de developer sa version de réseau social à Harvard, deux étudiants de l’université de Columbia, Adam Goldberg et Wayne Ting construisaient un système nommé Campus Network, qui était be&ucoup plus sophistiqué que les premières versions de  Face Book. Mais Zuckerberg avait l’étiquette de Harvard et un meilleur  support financier . II est aussi prouvé  que Zuckerberg a détourné les ordinateurs de ses concurrents afin de compromettre les données des usagers.

Maintenant, avec ses millions, il a créé une fondation “ caritative”, qui, en réalité est une compagnie à exemption d’imposition illimitée, le laissant libre  tde faire des dons politiques et de vendre  ses parts sans payer d’impôts.

Tout s’est mis en place pour le jeune Zuckerberg. Il ne lui reste plus rien à faire sauf de viser la Présidence.

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La fausse promesse de la philanthropie.

Beaucoup des plus grandes fortunes ont voué  l’essentiel de leurs biens à des causes philanthropiques. C’est très généreux s’ils tiennent leurs promesses. Mais là n’est pas vraiment le problème.

Les milliardaires américains ont tous accumulé leur fortune grâce à la recherche, à l’innovation et aux infrastructures qui ont créé les fondations de nos technologies modernes. Ils en ont récolté le crédit, avec leur fortune massive, venus de succès qui dérivent de la société plutôt que de quelques individus. Une part significative de ces richesses devrait être dévouée à l’éducation, aux logements, à la recherche sur la santé. C’est ce que les Américains, leurs parents et leurs grands-parents ont gagné après un demi-siècle de dur labeur et de productivité.

Paul Buchheit est Professeur d’université et memebre actif de l’US Uncut Chicago. Son dernier livre,  Disposable Americans: Extreme Capitalism and the Case for a Guaranteed Income. Il est également le fondateur de le développeur de sites sur la justice sociale et sur l’éducation ((UsAgainstGreed.org, PayUpNow.org, RappingHistory.org),  et l’éditeur et principal auteur de “American Wars: Illusions and Realities” (Clarity Press). Il peut être contacté à  paul [at] UsAgainstGreed [dot] org.

Traduction : Elisabeth Guerrier

Concernant les pratiques caritatives de la Fondation Bill et Melinda Gates, lire cet article très bien documenté traduit en cinq parties  « La Fondation Gates, une force positive ? » et paru dans  « Global Justice now »

Article paru le 25.06 dans TruthOut à propos de l’analyse de Paul Buchheit

Le responsable des Nations unies avertit que “les océans sont menacés comme jamais auparavant”

 

 

Le responsable des Nations unies avertit que “les océans sont menacés comme jamais auparavant”

 

UN chief warns oceans ‘under threat as never before’

 

 

Antonio Guterres nous dit qu’une étude récente affirme que si rien n’est fait, le poids des déchets plastique pourrait dépasser celui des poisons d’ici 2050

 

 

 Nations unies

 Antonio Guterres parle à l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur les océans à New York. [Carlo Allegri/Reuters]

 

 

Le Secrétaire général Antonio Guterres  a ouvert la toute première conférence des UN  sur les océans avec l’avertissement que “les mers sont en danger comme jamais auparavant” avec une étude récente alertant sur les déchets plastiques  qui pourraient dépasser la masse des poissons d’ici 2050 si rien n’est fait.

Le responsable des Nations Unies a dit lundi aux Présidents, ministres, aux diplomates et aux militants environnementaux de Presque 200 pays les océans, “ la source de vie de notre planète “  étaient sévèrement endommagés par la pollution, la surpêche et par les effets du changement climatique ainsi que par les déchets.

La conférence de cinq jours, qui a commence le jour de la journée mondiale de l’environnement est le premier événement majeur à se concentrer sur le climat depuis que le Président Donald Trump a annoncé mercredi que les USA allaient se retirer des accords  historique de 2015  établis lors de la conférence   des accords de Paris sur la climat.  – une décision critiquée par le Président de Bolivie, Evo Morales et par d’autres porte-paroles.

Les Nations unies accentuent leur pression sur la changement climatique, alors que Trump repousse les accords de Paris.

Guterres  a dit que le but de la conférence est de « renverser le courant » et de résoudre les problèmes que nous avons nous-mêmes créés.

Il a ajouté que les intérêts rentrant en compétition sur des territoires et sur les ressources naturelles depuis trop longtemps  freiné les progrès dans le domaine du nettoyage et de la restauration de la santé de nos océans qui couvrent les deux tiers de la planète.

« Nous devons mettre de côté les intérêts nationaux à court terme afin de prévenir une catastrophe globale à long terme. » a dit Guterres. «  conserver nos océans et les utiliser durablement est une façon de préserver la vie elle-même »

Le Président de l’assemblée générale Peter Thomson, un diplomate fidjien a dit que “ le temps est venu pour nous de corriger nos mauvaises pratiques »

«  Nous avons libéré une peste de plastique sur l’océan qui souille la nature de si nombreuses façons. » a-t-il dit, «  Il est inexcusable que l’humanité jette l’équivalent d’une grande benne à ordure de plastique dans l’océan chaque minute de chaque jour. »

 

Thomson  a aussi averti que les pratiques de pêche illégales et destructives et la production d’aliments pour les pêcheries mènent les réserves  vers le point de disparition.” Il a ajouté que la production croissante d’oxyde de carbone par l’homme ne mène pas seulement vers le changement climatique mais conduit à la montée des niveaux de la mer en réchauffant les océans et en les rendant plus acides avec moins d’oxygène, ce qui dégrade la vie marine.”

A regarder : la quête de salut pour les récifs de coraux

Thomson dit que la conférence représente certainement la meilleure opportunité pour” renverser le cycle du déclin que l’activité humaine a apporté aux océans” et pour déclencher les actions afin d’atteindre les buts de s NU de 2030 pour conserver et organiser les ressources des océans.

La Conférence a demandé aux gouvernements, aux groupes des Nations unies, à la société civile de s’engager afin d’agir sur la santé des océans. Jusqu’ici, plus de 730 engagements ont été reçus, la plupart pour préserver des zones protégées, selon le porte-parole de la conférence Damian Cardona.

A la fin de la conférence de vendredi, presque 200 pays vont rédiger un appel à l’action à l’égard des questions marines sur lesquelles Cardona dit que l’accord est fait.

Le Président de la Micronésie, Peter Christian dit que les îles du Pacifique sont inquiètes que l’océan ait été laissé seul pour se soigner après avoir été utilisé comme décharge pour les déchets industriels et comme terrain de test pour l’armement,  et avoir été pollué par l’homme sur ses côtes et par les bateaux en mer.C et appel pressera les nations pour créer des mesures robustes à long terme afin de réduire l’usage du plastique, y compris celui des sacs plastiques et d’agir sur la montée des eaux qui menace de nombreuses îles, sur la montée des températures des océans et l’augmentation de l’acidité.

Accentuant l’importance de la participation des tous les pays faisant partie des Accords de Paris, Christian a ajouté dans une apparente référence à la décision de Trump,  « Pendant que certains peuvent continuer à nier la culpabilité humaine dans les effets destructeurs du changement climatique sur les îles et leurs habitants… aucun homme, aucune île, aucun village ni aucune nation ne peut nier que les déchets dans nos océans sont bien le fait de l’homme. »

 

«  Et que l’homme à cause de ça se doive de nettoyer son désordre. »

Le Bolivien Morales a été plus direct, disant à la conférence que « le gouvernement des USA, un des «  principaux pollueurs au monde », avait décidé de quitter les accords de Paris en niant la science, en tournant le dos au plurilatéralisme et en essayant de denier un possible future aux générations à venir. »

Ceci en a fait une des menaces principales pour la Terre et pour la vie elle-même » a dit Morales.

 
TechKnow – Etouffer la planète: le problème avec le plastique.

Source: AP news agency

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

L’économie robotisée; prêts ou pas, elle est là. JP. Sottile

Dans cet article largement référencé, JP.Sottile évoque les profonds changements dans la distribution du travail qui sont déjà en cours et vont se préciser au niveau mondial à travers ce qui se nomme la “quatrième révolution industrielle”, la révolution robotique.

Les données qu’il présente ont de quoi faire froid dans le dos, 65% des emplois à faible qualification pouvant être remplacès par des robots, entre autres, c’est plus qu’une révolution, c’est une euthanasie de la classe ouvrière, et non seulement de la classe ouvrière mais également des nombreux postes intermédiaires, banques et interventions chirurgicales comprises. Il évoque à plusieurs reprise la terme “d’apocalypse” socio-culturelle générée par ce remplacement systématique des compétences humaines par des tâcherons technologiques sans états d’âmes et sans faiblesse.

On laissera de côté des questions lancinantes sur les fins et les moyens de survie de notre espèce et sur le vide impressionnant de tout projet de devenir caché sous les spasmes du progrès technique. La vision de l’avenir de JP Sottile se replie sur la nécessité de créer une économie parallèle de proximité face à cette économie de masse dirigée par quelques holigarches n’ayant plus à faire appel à la main d’oeuvre humaine.

Il est par contre un point qu’il ne questionne pas et c’est assez étrange pour être relevé ici. Ce système auto programmé tend à faire baisser les coûts et à rendre la production et l’acheminement des biens de consommations plus rapides, plus efficaces et surtout moins chers. Bien, rien à dire à ce propos. Mais par contre, dans cette quête d’une économie réduite à la seule prise en compte de la production et de la consommation, il oublie de poser une question essentielle; Cette main d’oeuvre humaine reléguée est en effet celle-là même qui fait vivre cette même économie en dépensant ses revenus dans les biens de consommation de masse.

Lui retirer le pain de la bouche c’est, en même temps, éliminer la possibilité de la voir dépenser son pécule mensuel dans les accessoires bas de gamme présents dans les tonnes de containers qui traversent les océans. C’est un peu comme si dans l’idéologie de la “production de masse” on avait dans cette psychose sans régulation du devenir humain, gardé uniquement la “production ” et éliminé , enfin,” la masse”. Sans même poser cette masse comme simplement indispensable au fonctionnement global de l’économie. Car si les robots sont à coup sûr efficaces pour charger les containers de produits qu’ils auront également fabriqués et montés, seront-ils ceux qui, aussi, les achèteront ? Et si plus personne, dans ces masses réduites à l’inexistence, ne peut les acheter…EG

L’économie robotisée : prêts ou pas, elle est là

The robot économy, ready or not, here it comes

JP Sottile, Truthout | News Analysis

 

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Duc Tran , ingénieur en robotique, observe le chargement complètement automatisé d’un camion lors d’un test aux ateliers de Wynright Robotics à Arlington, Texas en Juillet 2012  (Photo: Brandon Thibodeaux / The New York Times)

Le 17 septembre tout a changé.

Ce jour-là, en 2013, l’Université d’Oxford publia un article inoffensif rédigé par deux économistes inconnus. «  L’avenir de l’emploi «. Mais “The Future of Employment” n’était pas simplement un nouvel exercice de jeu avec l’opacité des nombres  écrit par deux scientifiques ennuyeux. Non, c’était un rapport explosive qui prédisait une robotisation apocalyptique qui pourrait changer la nature de la civilisation humaine, ou peut-être même les humains eux-mêmes.

Heureusement, le carnage à venir  décrit par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne n’est pas un scenario catastrophe où   Skynet  balaie systématiquement notre espèce humaine ou un futur proche sombrement éclairé  où des  Replicants attrayants lutte violemment afin de donner du sens à leurs émotions en voie d’apparition dans un Los Angeles perpétuellement inondé.

Au lieu de ça, les économistes ont prévu un monde oh combien réel où  le deuxième homme le plus riche de la planète,  — Jeff Bezos d’Amazon, — parade en jubilant comme  Sigourney Weaver dans un  exosquelette robotisé massif  construit par Hankook Mirae Technology.

Ils présagent l’avenir proche de robots comme Handle, le robot Michael Jordanesque  construit par Boston Dynamics. Handle peut sauter comme un super-héros, peut courir un marathon en trios heures et, si Masayoshi fils le CEO de Softbank voit juste, il sera probablement plus intelligent que vous dans quelques  décennies.

Ils envisagent l’avenir avec des semblables à  Gordon, le “premier robot serveur de bar aux USA..” Gordon peut server jusqu’à 120 bières en une heure.” Ils prédisent aussi l’arrivée de semblables Otto, la plate-forme auto-conduite créée par UBER pour server des cargaisons de bières à des consommateurs assoiffés. Et puis, il y a Pepper, le compagnon  empathique, “du quotidien” compagnon qui ne se contente pas de travailler dans les aéroports et le  banques, mais a aussi été “adopté” par les foyers japonais et mêm “recruté” dans les écoles.

Le futur commence maintenant

 

Il s’agit de la “prochaine économie”, et, que l’on soit prêt ou pas, elle arrive à la vitesse grand V de la Loi de Moore. Cette rapide accelération de la Quatrième révolution industrielle  est entrain de transformer en une prémonition apocalyptique “L’avenir de l’emploi,  — que 47% des emplois des USA pourront être perdus dans les deux prochiaines décennies. En une solide épitaphe  à l’ ére  de l’économie réglée par la manufacture et de la consommation disparaissant rapidement

De sérieux avertissements sont venus de  Bill GatesStephen HawkingElon Musk et, plus inquiétant, d’expert en cybersécurité qui ont récemment prédit  d’une menace portant sur des robots hackés se retournant violemment contre les populations et leurs animaux de compagnie, dans un scénario gonflés rappelant «  la purge ». Cependant, bien avant que se manifestent des Roomba détraqués ou des Peppers maussades, des millions de travailleurs vont devoir se battre pour se débrouiller seuls avec la brutale réalité de leur obsolescence non programmée.

C’est une économie où les métiers de la fabrication nécessitent un diplôme universitaire, , où l’intelligence artificielle remplace les employés administratifs, , où des kiosques automatisés  délogent les personnels de service  et où des véhicules sans chauffeur  menacent les revenus de plus de 10 millions d’Américains qui conduisentt pour vivre.

C’est  “L’Industrie 4.0.” C’est une économie où le centre de distribution dirigeable Amazon plane au –dessus des villes, déployant ses drônes sans effort afin de délivrer des produits construits par des robots, des imprimantes 3D ou par les deux. Franchement, c’est la jungle d’Amazon ici.

Son plan de  “transformer ” le commerce de l’épicerie avec des magasins  presque sans humains est juste la prochaine étape d’une  “apocalypse de la vente au détail”  en court, conduite par Amazon qui conduit les magasins de briques et de ciment humains vers l’extinction. Amazon domine également le marché de l’assistant AI- avec son assistant personnel auto-éducable, étrangement glaçant Alexa. Et maintenant, Amazon cherche à devenir le leader des entrepôts automatisés de plus en plus nombreux  dans un mouvement pour conquérir le marché du futur de la conduite automatique dans le transport par camion et ole transport maritime.

Même les emplois sous-payés dans l’agriculture pourraient devenir com^plètement inutiles avec la cuillette de fruit automatique avec le toucher adroit nécessaire pour les récoltes dans les champs Américains and Européens. Des robots ont déjà remplacé les travailleurs migrants bon marché repoussés par les lois anti-immigration. Et de nouvelles usines entièrement automatisées produisent des maisons modulaires pendant que des maçons robotisés promettent de provoquer dans le domaine de la construction ce que l’automatisation a produit dans les mines de charbons.

C’est une économie où, selon le rapport de la Maison Blanche fait au Président Obama en 2016,  il y a 83% de chance que les travailleurs qui gagnent 20 dollars de l’heure ou moins voient leur main d’œuvre remplacée par des robots dans les pcinq prochaines années; et que ceux qui sont dans les 40 dollars de l’heure aient 31% de chance de voir leur travail supplanté par celui des machines” Et ce n’est pas une coïncidence si cette apocalypse robotique vienne à un moment où l’ère de la croissance épique connue dans l’après-guerre semble toucher à sa fin.

Le pic de la demande en pétrole et  le pic des produits de consommation peuvent signaler plus que l’efficacité de la croissance énergétique ou que la saturation  du marché avec les produits bon marché. Ils peuvent également signaler l’accroissement d’un   mode de stagnation économique comme au Japon,  dans tout les pays développés. Ceci pourrait représenter la fin de l’hypothèse d’une croissance sans borne, intenable écologiquement.

La fin du siècle américain

 L’idée d’après-guerre d’une croissance sans limite a émergé après le boum industriel qui se produisit en même temps que  le “ siècle américain”. Les investissement sans limite des états dans les complexes militaro-industriels créèrent une ligne de fond de métiers bien payés, de spécialisations plus ou moins élevées qui contribuèrent à élever le plancher – ainsi que les attentes des consommateurs – pour les travailleurs, tout en alimentant des trusts énormes comme celui de Boeing, Westinghouse et General Electric,

Le Keynésianisme militaire fût une  vague fiable sur laquelle de nombreux navires ont flotté dans un rêve américain d’expansion sans fin.

Hélas, elle a aussi dû conjurer une série de guerres coûteuses, et cauchemardesques pour ceux qui en payèrent le prix, chez eux ou à l’étranger.

Un élément souvent négligé cependant, est la façon dont l’automation a aidé à maintenir une croissance continue dans la productivité, même si les salaires stagnaient. Comme le Guardian le notait récemment, , “En 2015, un travailleur typique dans la production aux USA gagnait 9% de moins qu’un travailleur identique en 1973. Pendant ces mêmes 42 années, l’économie américaine à enregistré une croissance de 200% ou l’équivalent de 11 trillions de dollars. «  Ce décalage entre les salaires et la productivité a augmenté les inégalités. Mais elle a aussi présenté un problème pour les producteurs ayant à faire face à une chute du pouvoir d’achat de leurs clients. Autrement dit, les travailleurs n’étaient pas assez payés assez pour mener à bien, ou au moins satisfaire une croissance continue.

Pour rester à flot, l’économie a besoin: 1) d’un flux massif de crédit consommation afin de créer un pouvoir d’achat artificiel, 2) des prix toujours à la baisse sur toujours plus de bien de consommation de façon que les travailleurs dont les salaires stagnent puissent se permettre de consommer quand un salaire moyen par famille pouvait permettre de vivre.

Pour en arriver là, les emplois se déportèrent en Chine, mais un des moteurs inapprécié de ce mouvement vers le travail bon marché fût l’arrivée de l’automatisation qui firent des humains américains une façon beaucoup moins efficace de créer du matériel. BuzzFeed rapporte dans une récente etude du Bureau national de recherche en économie (National Bureau of Economic Research), que « depuis 1900, chaque robot installé dans les usines américaines réduisait l’emploi dans les alentours de 6.2 travailleurs. » Le seule chose moins chère que de remplacer un travailleur américain avec de la technologie avancée était d’exploiter le travail bon marché en Chine et dans les pays en voie de développement. Mais ce n’est plus vrai.

Mais encore, Oxford s’est joint à Citibank en 2015 afin de produire une image complète  de la menace globale sur l’emploi. Dans   « Technologie au travail » , « Technology at Work, » de chercheurs montrent que 75% des robots dans le monde sont «  concentrés géographiquement » dans seulement cinq pays, la Chine, l’Allemagne, le Japon, la Corée et les USA,  parmi ceux-ci, la Chine est de loin, «  le marché à la croissance la plus rapide ». En fait, ils déterminent que “ en moyenne, 57% des emplois sont susceptibles d’automatisation,  mais que le nombre s’élève à 69% en Inde et à 77% en Chine.

Comme pour donner la réplique,, le nouveau  « plan de cinq ans »  de la Chine prévu pour mettre la Chine en position de leader de la robotique a déjà produit des As if on résultats.  La Chine est le leader mondial dans la production de robots industiels et les robots deviennent une option meilleur marché et plus productive que la main d’œuvre chinoise. C’est la simple réalité du 21ième siècle, minant les promesses vides d’une Amérique grande à nouveau  en faisant revenir les emplois de Chine. C’est un plan grandiose pour la croissance…si vous avez une machine à remonter le temps assez grande pour 320 millions d’individus.

Non seulement la Chine s’automatise à un rythme toujours plus soutenu mais les techniques d’impression en 3D sont entrain de changer radicalement la façon dont  tout est fabriqué.. EMême si nous commençons à accoutumer nos têtes à un futur plein de fusils en 3D – , les chercheurs sont entrain de mettre au point des techniques d’impression en 4D avec du matériel évolué   qui peut s ‘auto-assembler –, se réparer et même se reproduire à volonté.

D’une façon encore plus significative, l’intelligence artificielle est entrain de dévaster le terrain des professions diplômées dans le cadre de métier non-manuels dont on pensait auparavant qu’il ne subiraient jamais d’automation.

Voici simplement quelques exemples des dégâts subits par les emplois de l’apocalypse robotique.

Goldman Sachs “emploie” Marcus – une plateforme de prêt entièrement automatisée qui fait partie d’un projet de complet changement de look AI dépassant les humains dans des champs comme «  la vente, le commerce et la recherche ».

Fukoku Mutual Life Insurance se tourne vers l’ordinateur d’IBM Watson Supercomputer, qui recouvre 6000 clients de l’enterprise, allant des Hôtels Hilton à Whirlpool et à Visa.

* Le responsable mondial du digital de Coca-Cola prévoit d’utiliser le robot AI pour créer des pubs avec des narrations automatisées, et AI crée déjà de la musique pour les publicités  et des jingles.

* Le Washington post possédé par Jeff Bezos utilise Heliograf pour sélectionner des histoires sur les  Jeux olympiques de Rio en 2016  avant de le modifier légèrement pour «  couvrir » la campagne des élections de 2016.

* Le Smart Tissue Autonomous Robot (STAR) a “dépassé” récemment un chirurgien dans un test de capacité. Cette avancée augure d’un futur proche où les robots assisteront et réaliseront une variéte de procédures chirurgicales.

Comme dans d’autres domaines, les robots médicaux prouveront finalement qu’ils peuvent travailler plus vite, plus efficacement et sans l épuisement humain. Le prix élevé des docteurs auront à faire la balance avec des centaines de robots qui pourront accomplir des milliers d’interventions sans se plaindre et sans erreur, particulièrement depuis que AI si bien éduqué peut prédire des malaises cardiaques  et des diagnostics de cancer de la peau. Comme cela se produit dans les produits manufactures, cela peut prédire un revolution dans les soins de santé qui abaissera les coûts et augmentera l’accès à des soins hautement specialisés. C’est ce niveau d’efficacité implacable, à la Terminator qui est entrain de déranger l’actuel modèle économique pour tout, de la vente au détail  et des restaurants, à l’éducation et l’armement.

Et puis après ?

La Quatrième révolution industrielle peut être l’ère de l’obsolescence humaine pour laquelle les trois révolution précédentes  ne peuvent pas être un guide. Parce que artificiellement créé, , sur le modèle humain,  des réseaux d’apprentissages profound sur le mode neuronal génèrent déjà des processus si complexes que meme les scientists qui les ont créés ne peuvent pas déterminer comment, par exemple, une voiture autoconduite et autoapprenante,  peut prendre la décisions qu’elle prend quand elle conduit dans le New Jersey. Autrement dit, nous ne parlons pas de menace industrielle, des machines à vapeur ou des cartes perforées. Nous parlons de travailleurs meilleur marché, plus efficaces, et infiniment améliorables qui (ou qui ?) ( That or who, pas de nuance en Français)  sont prêts à reprendre Presque tous les comportements humains.

C’est pourquoi les leaders technocrates parlent de plus en plus d’économie “New Collar” ( référence aux catégories américaines de Blue collars ou de white collars), où les humains non seulement travaillent avec des machines intelligentes mais commencent aussi à se mêler physiquement aux machines  dans un effort pour rester au niveau. Alors que certains voient ceci comme une forme de singularité à venir  dans l’horizon métaphysique de la conscience humaine, Elon Musk le voit comme  la seule façon  pour nous de nous maintenir face à ce qui est, en fait, une toute nouvelle classe de travail forcé… et il a une start-up pour le prouver.

Hélas, le travail forcé peut être le modèle économique le plus applicable à notre prochain système économique. Comme de plus en plus d’emplois sont convertis à l’AI, les robots et les algorithmes, de plus en plus de richesse va s’accumuler dans les mains de ceux qui sont déjà au sommet de la pyramide. Comme les pharaons, ces maîtres de l’univers vont profiter du déclin du coût du travail grâce aux robots qu’ils vont «  employer ».

Comme la Revue MIT Technology Review le décrit , cela va générer une mâne pour des firmes comme Goldmann Sachs, où ‘ le salaire d’un directeur moyen va probablement être augmentée, tout en ayant de moins en moins d’employés à bas salaire avec qui partager les bénéfices. ». Parce qu’ils sont dans les affaires de levier d’argent pour faire plus d’argent, ils peuvent prospérer – au moins pendant uncertain temps. Dans le monde du tonnerre, hautement financialisé de la grande vitesse, des algorithmes des marchés.

Mais ce sera également un temps où les inégalités ne toucheront plus seulement les individus mais aussi les compagnies. Le monde tech. est rempli de licornes hi-tech comme Uber qui galopent vers des valeurs de plus en plus hautes avec juste une fraction de la force de travail. he tech world is filled with hi-tech unicorns like Uber that gallop to higher and higher valuation with just a fraction of the workforce (6,700) supportée par Ford (201,000), Hertz (30,000) ou une des firmes leaders dans le transport par camion (18,000). Les compagnies à succès avec moins d’emplués et plus de robots complèteront le processus de «  déindustrialisation »  souvent mis sue le compte de la globalisation. En surface, la sous-traitance et l’offshore semblent les principales causes de fractures ouvrant les écarts de salaries et de richesse. Mais ils ne sont que le résultat logique de l’orientation de la croissance toujours vers plus de productivité, au lieu de  sa direction ( et celle de la consommation) à travers l’augmentation des salaires et du déploiement des emplois. Les robots sont simplement moins chers, plus efficaces et plus productifs dans cette vision que tout le reste.

Cependant, la prochaine économie n’a pas à se présenter comme un scenario de fin du monde. Elle peut être partie d’une économie viable où la technologie remporte une victoire au cœur des hydrocarbones, fait baisser le coût  dépenses de santé et étend les banques  à des communautés mal desservies ?. La prochaine économie peut également devenir une transition vers une «  économie des jobs temporaires » open-source, peer-to-peer, micro-entreprenariale, avec des réseaux micro-organisés qui élimine les intermédiaires. Le  “Maker Movement” pourrait inspirer une “ économie organisée “ d’artisans, de fermiers urains et d’échanges hyper locaux qui fonctionne en parallèle à l’économie robotisée, à la production de masse. Ces biens faits main et ces services pourraient valoir beaucoup plus dans un monde où la production de masse n’est éloignée que d’un clic et d’un dirigeable Amazon.

Comme nos besoins sont de plus en plus comblés par des systèmes hyper-efficaces et Auto conduits, la seule acquisition qui pourra avoir de l’importance est le savoir. Et le savoir doit devenir plus que le «  moyen » d’obtenir cet emploi tant desiré à la sortie du lycée ou de l’université- parce que les moyens de production ne nécessiteront plus la présence humaine, la sueur humaine et les larmes. C’est peut-être que que veut dire le  Alibaba de Jack Ma qui non seulement se  lamente sur un monde de souffrance à venir comme l’économie –technologique s’étend sur la globalisation, mais quand il dit également  que l’éducation doit être réformée afin d’ élever des enfants plus créatifs et curieux, qui autrement seront mal préparés à leur avenir. «  C’est un avenir où le savoir – et la créativité qu’il suscite- devra être une finalité en soi. »

Et quand Musk pense au jour où des humains augmentés se soulèveront afin d’interrompre sa vision d’un avenir pline de Terminator, le veritable test sera comment nous voulons nous organiser en tant que société – ou si nous continuons simplement à ignorer – la souffrance de plus en plus grande du mouvement qui s’opère d’une économie à l’autre. De toutes les façons, ce n’est pas seulement à venir. C’est déjà là.

 

 

 

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JP SOTTILE

JP Sottile est un jopurnaliste freelance, un historien publié et animateur radio et un réalisateur (The Warning, 2008). Son itinéraire inclut une intervention dans le Newshour, C-Span et la production d’un magazine d’information pour ABC, affilié à WJLA à Washington. Son émossion hebdomadaire «  Dans les gros titres avec The Newsvandal » en collaboratioon avec James Moore, se toient chaque vendredi sur KRUU-FM à Fairfield, Iowa. Son blog porte le psuedomyme «  The Newsvandal »

Traduction Elisabeth Guerrier

 

De la dissuasion à l’apocalypse William Astore


De la dissuasion à l’apocalypse

 

William Astore

Tomgram: William Astore, From Deterrence to Doomsday?

Posted by William Astore at 7:29am, April 13, 2017.
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Passons outre l’évident. La manière, par exemple, dont la décision de Trump de lancer 59 missiles de croisière Tomahawk contre une base aérienne syrienne, n’est qu’un exemple supplémentaire de ce que nous savons déjà. Les actes de guerre sont la prérogative et uniquement le  prérogative, du Président ( ou des commandants militaires à qui Trump a confié une plus grande capacité à agir par eux-mêmes) Vérifications, équilibre, je doute que aucun d’entre eux ne s’applique quant il s’agit de guerre, dans le style américain. Ces jours-ci, le seul contrôle écrit  sont ceux du Pentagone et «  l’équilibre » n’est pas un concept en dehors de la gymnastique.

Pendant ce temps, Trump a appris que que tout  débat féroce,  à l’intérieur, que tout remous provoqué par une intrigue de palais  qui pourrait faire rougir le Tzar peut être, et bien, interrompue en lançant 59 missiles de croisière  ou leur équivalent sur un terre lointaine afin de sauver les « beaux bébés » (Oublions les bébés  que ses propres généraux ont tués). Lançons les missiles, envoyons les corps d’armée, lâchons les avions et nous aurons tous ceux que nous aurons agressé par tweet, y compris HillaryJohnNancyMarco, et Chuck pour vous applaudir et louer vos actions.

Ils seront rejoints par l’aile droite officielle ( bien que pas par  la non officielle), alors que les  neocons et leurs amis vous acclameront comme le Churchill du 21ième siècle. Ou du moins, tout ceci sera vrai jusqu’à – consultons W. Bush et b. Obama sur ce point- ce que, vous savez, le lendemain du jour où, nous avons expérimenté ça encore et encore, pendant les   15 dernières années de guerres   américaines, le jour où il devient subitement clair ( une fois de plus) que les choses vont vraiment, vraiment très très mal.

Pendant que nous attendons, voici une suggestion qui vient à l’esprit tout en lisant les dernières réflexions du chroniqueur régulier de TomDispatch   le Lieutenant-Colonel retraité de l’armée de l’air, William Astore qui écrit sur le complexe militaro-induistriel à l’âge de Trump. N’est–il pas grand temps d’attribuer aux industries finançant les guerres leur juste part ? Après tout, il n’existe aucun objet, bâtiment, muse, stade ou meme vie civile par les temps qui courent, qui n’affiche pas le sponsorat d’entreprise et même ne vive que grâce à lui. Dans ma ville par exemple, les clubs de base-balls new-yorkais,  Les Mets jouent à Citi Field, alors que les Giants et les Jets passent leur saison au  MetLife Stadium.  Etant donné le rôle que les fabricants d’armes géants jouent dans les guerres, et la  façon étonnamment performante dont ils sèment leurs guerres tout autour de la planète, n’est-il pas temps de traduire le pouvoir militariste de plus en plus grand du commandeur-en-chef en une version militaire du sponsorat ?

Est-ce que  Raytheon, le fabricant de ces 59 missiles de croisière uilisés par Trump récemment, ne doit pas recevoir le plein credit de façon à ce que la couverture médiatique se réfère au coup de massue Raytheon ? La prochaine attaque de drône  au Yémen ne devrait-elle pas s’appeler la General Atomics MQ-9 moissonneuse batteuse ?  Est-ce que toute frappe à venir par le système d’armement  le plus cher  de cette planète ou de toute autre, ne devrait pas se nommer Lockheed F-35 Lightning Joint Strike Fighter Storm ?  Nous sommes dans un nouvel âge de l’amélioration corporatiste. N’est-ce pas une époque où les guerres devraient s’ajuster et où le complexe militaro-industriel devrait recevoir le crédit qu’il mérite amplement ?  Tom

 Que signifie une politique étrangère  “L’Amérique d’abord ?”

Mettre l’armée américaine en premier, en deuxième et troisième
Par  William J. Astore

A quoi ressemble la politique étrangère de “ l’Amérique en premier “ sous la présidence de Trump ? Tout d’abord, oublions l’ancien label d’”isolationnisme”. Avec la fin des premiers cent jours de Trump approchant, il semble qu’une politique militaire prioritaire cherche à achever l’hégémonie globale, ce qui signifie la mise en route potentielle d’une machine de l’apocalypse.
Le candidat Trump s’est engagé à render la force armée américaine si forte qu’il n’aurait pas besoin de l’utiliser, puisque personne n’oserait s’y attaquer – dissuasion, c’est le mot. Mais la réalité sur le terrain (et dans les airs) est déjà très différente.   Les généraux du Président Trump ont commencé lâcher cette force armée d’une façon dont l’administration Obama pourtant à peine émue à l’idée de bombarder ou de déferler avait jugée excessive et trop risquée pour les civils. La semaine dernière, 59 US .  missiles de croisière  (valeur : $60 millions ) ont écrasé une base aérienne en Syrie, une réponse extravagante à une attaque à l’arme chimique dans ce pays qui peut conduire à nouveau à une escalade.  Pendant ce temps, des armes US sont sur le point d’être vendues  aux monarchies Sunnites  dans le Golfe persique sans beaucoup de soucis pour les abus à l’égard des droits humains  et les Saoudiens vont se voir offrir un peu plus de support pour mener leur guerre dévastatrice sur les civils du Yémen. Il ne fait pas de doute que d’autres opérations militaires et qu’une escalade dans le Grand Moyen Orient ne soient.  Sur l’habituelle  “table” de Washington où “ toutes les options” sont supposes être gardées.

La plupart des Américains croient en la manipulation selon laquelle l’armée US est prête à dissuader et à prévenir des attaques sur le sol américain, spécialement celles du “terrorisme radical islamique”.

Vendu comme de la dissuasion, la Sécurité nationale de Washington a, en fait, explosé  en quelque chose qui ressemble au mécanisme de la guerre permanente. Ignorant les stratégies les plus basiques, impulsif et grandiloquent, son actuel Commandant en chef est habilité par ses conseillers va-t-en-guerre  et par les hommes qu’il nomme “mes généraux”  qui rêvent de budgets encore plus importants. ( Même la promesse de Trump d’une augmentation de 54 milliards pour le Pentagone cette année n’est pas assez pour certains officiers supérieurs )

Les réalités de la nouvelle ère de victoire de Trump

Bienvenue dans la nouvelle ère de victoire de  Trump.  Il ne s’agirt pas en fait de’en finir avec la guerre mais d’exercer «  pression globale, un pouvoir global »  tout en vendant le plus possible d’armement.   Cela promet d’étendre ou de prolonger le chaos en Irak, au Yémen, et vraisemblablement en Iran, parmi d’autres pays. Dans le grand Moyen-Orient, les efforts conduits par les US ont produits un Irak déchiré par la guerre qui s’effondre. Les drones US et leur support à la campagne de bombardements saoudien on laissé le Yémen glisser vers la famine.  La Syrie reste un désastre humanitaire, déchirée par la guerre même si des troupes supplémentaires sont déployées sur le terrain. ( Le Pentagone ne dit pas combien, mais il nous demande de nous centrer sur les capacités    plutôt que les forces au sol.) Plus loin à l’Est, la guerre sans fin d’Afghanistan est, selon le Pentagon,  “dans une impasse “, ce qui signifie que les Talibans ont en fait gagné du terrain comme une nouvelle menace potentielle.  Regardant vers le Sud et vers l’Ouest, l’Afrique est la dernière cour de récréation  pour les forces opérationnelles spéciales de l’armée US  comme l’adminiostration prépare, parmi d’autres choses, une opération en Somalie.

Pour Trump et ses généraux, une approche de l’“ Amérique d’abord ” signifie en fait  l’armée en premier,  en second et en troisième. Cela n’empêche pas qu’ils ne peuvent imaginer ces opérations comme déstabilisantes. ( Futur gros titre envisageable :  Trump détruit  la Syrie afin de la sauver) Selon le Général Joseph Votel, tête des Commandes centrales US , par exemple, le pays qui présente les plus grandes menaces pour la stabilité  “ dans le Moyen Orient est l’Iran, sentiment partagé par le Général James Mattis, le Secrétaire de la défense.

Vous excuserez les Iraniens, ainsi que les Russes et les Chinois s’ils pensent différemment. Pour eux, les USA sont clairement l’entité la plus déstabilisatrice au monde. Si vous étiez un Chinois ou un Russe ou un Musulman Shiite, comment donc vous apparaîtrez les activités militaires US ?

* Expansionnistes ?

* Dédiées à la domination via des dépenses militaires colossales et de l’interventionnisme global ?

* Engagés dans une hégémonie économique et idéologique via des banques puissantes et des intérêts financiers qui cherchent à avoir le contrôle sur les marchés mondiaux  au nom de la préservation de leur « liberté » ?

Ne serait-ce pas un bilan logique, même si il manqué de saveur ? Pour beaucoup d’observateurs, les US semblent être les leaders des touche-à-tout de l’armement et les meilleurs vendeurs d’armes, une perception supportée par des actions militaires montant en flèche et une diplomatie en chute libre sous Trump.   De sérieuses coupes dans le financement du Département d’état, alors que le Pentagone voit son budget augmenté ( encore une fois),.

Pour des observateurs extérieurs,  les ambitions de Washington semblent claires : dominance globale, menée à bien et renforcée par la “très, très, très fort ” armée que le candidat Trump clamait   ne jamais avoir à utiliser mais emploie déjà avec frénésie sinon abandon.

Ne jamais sous-estimer le pouvoir du complexe militaro-industriel

Qu’ajoute la politique de ”L’Amérique d’abord ” aux politiques militaires précédents ? Pourquoi le budget du Pentagone, au même moment que les actuelles opérations militaires, est-il entrain d’enfler sous son contrôle ?

Il y a plus de cinquante ans, le sociologiste C. Wright Mills apporta des réponses qui semblent toujours d’actualité. Dans son essai datant de 1958, ”  La structure du pouvoir dans la société américaine”, il disséqua  le «  triangle du pouvoir ». il consiste, explique-t-il, des chefs d’entreprise, des chefs militaires et des politiciens travaillant de concert, mais également d’une façon telle que l’agenda des entreprises corresponde aux projets militaires. Cette combinaison, suggère-t-il, détruit la capacité des politiciens à modérer et à contrôler les impératifs militaro-industriels ( en assumant qu’ils en aient l’envie)

” L’ordre militaire américain “ écrit Mills “ auparavant une maigre institution opérant dans un contexte de méfiance populaire, est devenu la figure la plus importante et la plus onéreuse du gouvernement, derrière des relations publiques souriantes, elle a le rictus et la maladresse d’une bureaucratie prolifique. Les chefs militaires ont gagné une légitimité politique et économique. La soi-disant menace permanente place une prévalence sur leurs têtes et virtuellement, toutes les actions politiques et économiques sont maintenant jugées en terme de définition militaire de la réalité. »

Pour lui, le danger est assez simple, “ la coïncidence du domaine militaire et du royaume industriel les renforce réciproquement et subordonne plus avant le simple home politique. Ce n’est  pas  l’homme politique de parti, mais l’exécutif entrepreneurial qui est maintenant suppose s’asseoir avec les militaires et répondre à la question : qu’est ce qu’on fait ?

Considérons la création de l’administration Trump, une émeute de milliardaires et de multimillionaires. Son Secrétaire d’état, l’ancien PDG de Exxonmobile, Rex Tillerson n’est pas ce que l’on peut appeler un diplomate. Bien sûr, il semble peu intéressé dans les conseils du personnel du Département d’état mais il sait comment faire son chemin dans les réunions des salles du conseil d’entreprise. Le conseiller de Sécurité nationale de Trump et son secrétaire de la défense et de la sécurité intérieure sont tous ou bien des Généraux en service ou récemment retraités. Dans le cercle proche de Trump, les cadres s’assoient avec les militaires pour décider de ce qui doit être fait.

Peu après que Mills ait formulé ses critiques prophétiques sur l’élite au pouvoir , le Président Dwight D. Eisenhower avertit du danger croissant d’un complexe militaro-industriel. Depuis, le complexe de Ike s’est seulement étendu. Avec l’ajout du Département de la sécurité intérieure après le 11 septembre, et toujours plus d’agences de renseignement (dix-sept principales au dernier recensement)  le complexe ne fait que croître au-delà du contrôle civile. Sa position dominante à cheval sur le gouvernement est pratiquement impossible à critique. D’une façon figurative, il est le roi de Capitol Hill.

Le candidat Trump a pu se plaindre de ce que les USA perdaient des milliards de dollars dans les conflits récents, les invasions, et les occupations, mais de nombreuses entreprises américaines ont profité de ces «  changements de régime ». Après que vous ayez aplati un état comme l’Irak, vous pouvez le réarmer. Quand vous ne leur vendez pas des armes ou ne rebâtissez pas les infrastructures que vous avez détruites, vous pouvez exploiter leurs resources. Ces guerres qui semblent interminable en Irak ou en Afghanistan sont les illustrations de ce qui se produit quand les intérêts des entreprises se mêlent aux imperatifs militaires.

Pendant que Mills ou Eisenhower avertissaient sur les risques de tells développements, ils pourraient alarmer l’Amérique de 2017.  Jusqu’à maintenant, les post-contingents, “tous volontaires”, des militaires professionnels, sont devenus des étrangers, sinon des divorcés d’avec la population, une séparation aggravée par le culte actuel du guerrier se développant en leur sein. Non seulement les Américains sont-ils de plus en plus isolés de leurs  combattants, mais ils le sont des guerres américaines également.  Elles continuent d’être menées sans  l’approbation formelle du Congrès et Presque sans sa simple supervision. Combinez ça avec la décision due la Cour suprême Citizens United qui change directement l’argent des entreprises en activisme politique, et vous avez ce qui est de plus en plus un système de gouvernance des 1% dans lequel un Président milliardaire préside le, cabinet le plus riche  de toute l’histoire dans ce qui est maintenant la capitale de la guerre, pendant que des liens militaro-industriels incarnent ce qui étaient les peurs les plus sinistres de Mills et d’Eisenhower.

La machine de guerre américaine qui s’est emballée a peu à voir ces jours-ci avec la dissuasion et beaucoup avec la continuité d’un état de guerre permanente. Mettez tout cela ensemble et vous avez la parfaite formule pour un désastre.

Dissuader notre trajet vers l’apocalypse

Qui a mis le pétrole américain au milieu des déserts du Moyen Orient ?  C’est la question que les militants pacifistes ont posé  avec un humour grinçant juste avant l’invasion de l’Irak. Selon l’opinion rabâchée de Trump, les USA auraient du bien sûr récupérer le pétrole irakien juste après l’invasion de 2003.  A défaut d’autre chose, il a dit ce que beaucoup d’Américains croient, et ce que de nombreuses multinationales cherchent à faire.

Considérons l’engagement de Jimmy Carter. Il ya à peu près quarante ans, Carter a pressé les Américains à modérer leur appétit, conserver leur énergie et se libérer de leur dépendance paralysante au pétrole étranger et à leur consommation sans frein de biens matériels. Après que les critiques l’ait catalogué de discours de malaise, Carter fit volte-face et accrût les dépenses militaires en établissant la doctrine carterienne de protection du Moyen Orient comme intérêt vital pour les USA. Le peuple américain répondit en élisant Ronald Reagan malgré tout. Comme les Américains continuaient à apprécier un mode de vie réglé par la consommation qui aspire à lui seul près de 25% de la production mondiale d’énergies fossiles (tout en ne représentant que 3% de la population mondiale), l’argent actif de la Maison blanche travaille à ouvrir toujours plus de forages sur le plan mondial ; Des milliards sont en jeu.

Pas très étonnant que, en devenant président, Trump ait agi rapidement pour accélérer la construction de nouveaux pipelines retardée ou interdite par le Président Obama tout en détruisant les protections environnementales liées à la production des industries fossiles. La production domestique accélérée, avec la coopération de l’Arabie saoudite ( le véto de Trump à propos des Musulmans a soigneusement évité de cibler les seul pays qui produit 15 des 19 terroristes des attaques du 11 septembre- devrait permettre au pétrole de continuer à couler, aux profits de croître et au niveau des mers du globe de monter.

Une donnée : l’armée américaine à elle seule absorbe plus d’énergie fossile  que la Suède dans son entier. Quand il s’agir de consommation d’énergie, nos forces armées sont le premières entre toutes.

Avec ses réserves pétrolifères massives, le Moyen Orient reste un lit pour les guerres pour les ressources à venir, ainsi que pour les conflits religieux et ethniques, exacerbés par le terrorisme et les attaques déstabilisantes de l’armée US.  Dans ces circonstances, , quant il s’agit de désastre mondial à venir, il n’est pas très difficile d’imaginer que l’actuel Moyen Orient puisse servir d’équivalent aux Balkans lors de l’infâmie de la Première guerre mondiale

Si Gavrilo Princip, un terroriste Serbe “au noir” opérant dans une région disputée et ravagée par la guerre a pu enflammer le monde en 1914, pourquoi un terroriste de ISIS ne le ferait-il pas un siècle plus tard ? En considérant les nombreuses lignes de rupture et les forces impliquées, y compris la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite et les Etats unis, tous travaillent ostensiblement ensemble pour combattre le terrorisme même s’ils ne se positionnent que pour maximiser leurs propres avantages et s’éliminer les uns les autres. En de telles circonstances, un vacillement politique, suivi d’un tremblement de terre géopolitique semblent tout à fait possible. Sinon, une secousse d’ISIS suivie d’un mouvement majeur dans le Moyen Orient, il n’y a pas de raccourcis vers de possibles zones à risques dans un monde de plus en plus susceptible. D’une attaque au sabre avec la Corée du nord en passant par une joute avec les îles artificielles  construites par les Chinois au sud de la Mer de Chine.

En tant qu’historien, j’ai passé beaucoup de temps à étudier la force militaire allemande du 20ième siècle. Dans les années qui ont conduit à la Première guerre mondiale, l’Allemagne émergeait comme super-puissance mais pourtant, paradoxalement, elle se voyait comme menacée de plus en plus par ses ennemis, en tant que nation encerclée et oppressée. Ses chefs d’état craignant plus que tout la Russie. Cette crainte les a amenés à déclencher une guerre préventive contre ce pays. ( Bien sûr, ils ont attaqué la France en 1914 mais c’est une autre histoire). Cette guerre incroyablement risquée et coûteuse, déclenchée dans les Balkans, échoua lamentablement et pourtant elle fût dupliquée à une niveau encore plus horrible vingt années plus tard. L’armée allemande, louée comme «  la meilleure au monde » par ses chefs et vendue à son peuple comme une armée de dissuasion s’est transformée pendant ces deux guerres mondiale en une machine apocalyptique qui a saigné le pays à blanc tout en assurant la destruction de partie significatives de la planète.

Aujourd’hui, l’armée américaine loue elle-même  pareillement comme la “ meilleure du monde” même en s’imaginant entourée par des menaces puissantes ( La Chine,  la Russie,  la Corée du nord et le terrorisme mondial, en tête de liste). Vendue au peuple américain pendant le Guerre froide comme une force de dissuasion, un pilier de stabilité contre les joueurs de domino communistes, cette armée s’est transformée elle-même en une force aléatoire.

Rapellons-nous ici que l’administration de Trump a réaffirmé la quête de l’Amérique pour une suprématie nucléaire radicale .  Elle a appellé à une “nouvelle approche”  de la Corée du nord et de son programme d’armement nucléaire. (Quoi que cela puisse signifier, ce n’est pas une référence à la diplomatie). Même dans une croissance du nucléaire et une stratégie de la corde raide, Washington continue de vendre de l’armement- c’est de loin le plus grand vendeur d’arme du 21ième siècle- et le chaos sur toute la planète, accroissant ses efforts en tant que guerre contre la terreur et la vendant comme la seule façon de gagner.

En mai 1945, quand le rideau est tombé sur le dernier soubresaut de l’Allemagne comme puissance dominatrice mondiale, le monde était heureusement encore innocent face à l’armement nucléaire. Tout est différent maintenant, la planète est, c’est le moins que l’on puisse dire, surdotée de machines C’est pourquoi il est vitalement imùportant de reconnaître que l’Amérique d’abord de Trump est tout sauf isolationniste dans l’acceptation du vieux vingtième siècle, cette façon de parler est une recette pour prolonger la guerre en créant toujours plus de chaos et d’états effondrés dans le grand Moyen Orient et vraisemblablement au-delà, et que cette politique déjà dangereuse de Guerre froide, supposée dissuasive, que ce soit contre l’armement traditionnel ou nucléaire, au regard de la bellicosité de Trump, pourra exploser comme une version de l’apocalypse.

Ou, pour évoquer celà d’une autre façon, considérons cette question : Est-ce que le Coréen du nord Kim Jong-un le seul leader instable possédant un armament nucléaire sur la scène mondiale ?

Lieutenant colonel en retraite ( USAF) et Professeur d’histoire, Astore est un éditorialiste régulier de  TomDispatchSobn blog est le Bracing Views.

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Le moment de diversion de Trump Robert Parry

Trump’s ‘Wag the Dog’ Moment Robert Parry

Avril 7, 2017

 

Exclusif : Le Président Trump a gagné les applaudissements des Néo-cons pour sa décision  prise dans l’urgence d’attaquer la Syrie en tuant environs une dizaine de Syriens, mais sa décision imprudente à tous les aspects d’une diversion.

Par  Robert Parry

Juste deux jours après que la nouvelle d’une soi-disant attaque au gaz sarin dans le nord de la Syrie, le Président a repoussé les conseils de l’Intelligence service qui doutaient de la responsabilité du régime syrien et a lance une opération de représailles en lançant des missiles sur la zone aérienne syrienne.

Trump a immédiatement gagné les applaudissements du Washington Officiel, spécialement ceux des néo-cons qui essaient de gagner le contrôle sur sa politique international sur ses conseillers nationalistes et personnels depuis sa victoire surprise du 8 novembre.

Il ya également une dispute interne autour du renseignement. Mercredi soir, le Secrétaire d’état Rex Tillerson a dit que les services de renseignements US affirmaient «  avec un haut degré de confiance » que le gouvernement syrien avait lâché du poison par gaz sur des civils dans la province de Idlib.

Mais un nombre d’agence de renseignement ont faits des déclarations contradictoires, disant que la prépondérance des preuves suggérant que les affiliés à Al Qaeda étaient en faute, ou bien en ayant orchestré une libération intentionnelle de l’agent  chimique comme provocation ou bien en en ayant possédé un container qui aurait explosé pendant un bombardement conventionnel.

Une des sources de renseignements affirme que le scenario le plus vraisemblable est une mise en scène orchestrée par les rebelles, souhaitant forcer Trump à changer de politique, annonçant quelques jours plus tôt que le gouvernement US ne cherchait plus de “ changement de régime” en Syrie et se concentrerait sur l’attaques des ennemis communs, les groupes terroristes islamiques qui représentent le cœur des forces rebelles

La source dit que l’équipe de sécurité nationale de Trump s’est divisée en deux parties, d’un côté  les conseillers les plus proches, le nationaliste fauteur de trouble Steve Bannon et le beau-fils Jared Kushner  et de l’autre une vieille ligne de néo-cons qui se sont regroupés autour du Conseiller à la sécurité nationale  H.R Mc. Master, un général des armées qui est un protégé  du favori des néo-cons, le Gen. David Petraus.

Les querelles internes de la Maison blanche

Dans cette approche, l’exclusion récente du Général en retraite Michel Flynn comme Conseiller à la sécurité nationale et la sortie cette semaine de Steve Bannon du Conseil de sécurité nationale furent des éléments clef de la réintégration des néo-cons au sein de la présidence de Trump. Les étranges personnalités et les positions extrémistes de Flynn et Bannon rendirent leur exclusion plus facile, mais il y avait des obstacles que les néo-cons voulaient éliminer.

Bien que Bannon et Kushner soient souvent présentés comme des rivaux, dit la source, ils partagent la croyance que Trump devrait dire la vérité sur la Syrie, en révélant l’analyse de la CIA faite sous l’administration Obama que l’attaque au gaz sarin de 2013  était une fausse déclaration afin d’entraîner le Président Obama à rejoindre complètement la guerre en Syrie aux côtés des rebelles – et les analyses des renseignements sont identiques en ce qui concerne l’incident de mardi.

Au lieu de ça, Trump a suivi l’idée  de créer une urgence  sur le jugement initial  blâmant Assad pour l’événement du gaz toxique de Idblid. La source a ajouté que Trump considérait l’assaut de mercredi soir comme une façon de changer les sujets de conversation de Washington, où son administration a subi les attaques incessantes des Démocrates déclarant que son élection était due à une opération couverte par les Russes.

Si changer de discours était le but de Trump, il a réussi partiellement en contrant les critiques sévères de certains néo-cons comme le Sénateur John Mac Cain, et Lindsey Graham qui ont loué ces attaques, comme l’a fait le Premier ministtre israélien B. Netanyahu. Les neocons et Israel cherchent depuis longtemps à créer un « changement de régime » à Damas même si le départ de Assad devait conduire à une victoire des extrémistes islamistes, associés à Al Qaeda ou à l’Etat islamique.

 Faire diversion

Trump emploie une “stratégie de diversion”  dans laquelle il met en lumière son leadership dans une situation de crise international afin de détourner l’attention de ces problèmes de politique intérieure, cela rappelle Clinton et sa décision d’attaquer la Serbie en 1999 comme des nuages commençaient à entourer se vie sexuelle avec Monica Lewinski.

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Le Président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une conférence de presse le 15 février 2017 . (Screen shot from Whitehouse.gov)

Les conseillers de Trump, dans leur communiqué de presse le mardi soir, sont revenus en grande largeur sur la compassion que Trump éprouvait à l’égard des victimes du gaz et sur sa décision de bombarder les bases aériennes de Assad, en contraste avec la volonté de Obama de permettre à la communauté des renseignements de mener une enquête sérieuse sur les preuves autour de l’attaque au sarin de 2013

En fin de compte, Obama a écouté ses conseillers des services spéciaux de renseignement qui lui ont dit qu’il n’ y avait aucune preuve irréfutable “ impliquant le régime de Assad et il a annulé au dernier moment les frappes aériennes–tout en maintenant publiquement la fiction que les USA étaient certains de la culpabilité de Assad.

Dans les deux cas, – 2013 and 2017 – il ya de grands doutes sur la responsabilité de Assad. En 2013, il venait juste  d’inviter les Nations unies en Syrie  pour qu’ils enquêtent sur l’usage du gaz sarin par les rebelles et donc cela n’avait aucun sens de lancer une attaque au gaz sarin dans les banlieues de Damas, sachant qu’alors que les enquêteurs seraient détournés de leur enquête.

Pareillement maintenant, Assad a gagné militairement avec un avantage décisif sur les rebelles et a remporté une victoire diplomatique majeure avec l’administration Trump ayant annoncé que le «  changement de régime «  n’était plus une priorité en Syrie. Assad, qui est un homme rusé, aurait dû savoir qu’une attaque aux armes chimiques engendrerait une contre-offensive des USA et mettrait en jeu les avancées qui ont été effectuées avec l’aide russe et iranienne.

L’argument oppose à cette logique, dévellopé par le NYT et d’autres organs d’information dédiés aux positions néo-cons – est principalement que Assad est un barbare furieux qui est en train de tester une nouvelle position de force en provoquant Trump. Bien sûr, si c’était le cas, Assad aurait revendiqué ses actes plutôt que de les nier.

Mais la logique et le respect ne sont plus des valeurs dans le Washington officiel, ni au sein des medias américains.

La montée des services de renseignements

L’alarme au sein de la communauté des renseignements à propos de la décision précipitée de Trump s’est réverbérée du Moyen Orient à Washington où l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi a rapport qu’il avait entendu que ses contacts sur le terrain étaient choqués par la façon dont l’histoire du gaz sarin avait été distordue  par Trump et les medias officiels.

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L’ancien officier de la CIA Philip Giradi. (Photo credit: Gage Skidmore)

Giraldi a confié lors de l’émission de Scott Horton: « J’entends, venant de sources du terrain situées au Moyen Orient; des individus qui son t intimement lies aux services de renseignement disponible qui disent que le contenu narrative que nous entendons tous à propos du gouvernement syrien ou des Russes ayant fait usage d’armes chimiques est une imposture. »

Giraldi a dit que ses sources étaient plus proches de l’analyse postulant un lâché accidentel de gaz après qu’un dépôt d’Al Qaeda ait été bombardé par une frappe russe.

Les services de renseignements confirment plutôt bien le compte-rendu que les Russes ont donné, qui est qu’ils ont heurté un abri où les rebelles- maintenant ce sont des rebelles qui sont bien sûr connectés à Al Qaeda- stockaient des armes chimiques leur appartenant et que cela a causé une explosion qui a entraîné des pertes. Apparemment les renseignements sont très clairs là-dessus.

Giraldi a évoqué la colère de la communauté des  services de renseignement à propos de cette distorsion des informations afin de justifier les représailles militaires de Trump, elle était si forte que certain officier opérant clandestinement considéraient leur passage au public.

“ Les membres de l’agence ( CIA) et les militaires qui sont au courant du travail des services de renseignement sont effrayés par tout ça parce que Trump a complètement transformé ce qu’il devait avoir su – ou peut-être pas- et ils craignent que cela n’avance vers une situation qui pourrait aisément tourner dans un conflit armé”.  Giraldi a dit, avant les frappes de jeudi « Ils sont étonnés de la façon dont tout cela est manipulé à la fois par l’administration et par les médias. »

Une couverture biaisée

Les medias US ont présenté la crise actuelle avec le biais profondément néo-cons qui a infecté la couverture de la Syrie et du grand Moyen-Orient depuis des dizaine d’années. Par exemple, le New York Times de vendredi a publié un article à la une  de Michael R. Gordon  et Michael D. Shear qui ont traité la responsabilité du Gouvernement syrien pour le gaz sarin comme a fait acquis. La longue histoire ne daignait même pas inclure les démentis de la Syrie et de son partenaire russe q touchant leur responsabilité.

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Le  destroyer  Arleigh Burke-class missile USS Ross  lance une attaque à terre avec un missile tomahawk à partir de la Méditerranée  le 7 avril 2017. (Navy photo by Petty Officer 3rd Class Robert S. Price)

L’article correspondant aussi au désir de Trump d’être décrit comme un homme réactif et un leader fort. Il est dépeint comme ayant présidé à des délibérations intenses de guerre et de paix et affichant un profond humanisme concernant les victimes du gaz, un des rares moment où le Time qui est devenu un fiable journal de propagande néo-con, ait jamais écrit quelque chose de favorable à Trump

Selon le rapport syrien de vendredi, l’attaque US a tué 13 peronnes, y compris des soldats de la base aérienne.

Gordon, dont les services rendus à la cause néo-cons sont notoires a été  l’auteur principal  avec  Judith Miller  de l’histoire du faux “ tube d’aluminium” de 2002 qui prétendait que le leader Irakien Saddam Hussein construisait un programme de construction d’ armes nucléaires, un article qui fût cité par les assistants du Président Bush  comme argument choc pour l’invasion de l’Irak en 2003.

Au regard des événements de cette semaine, La volonté désespérée de Trump de renverser sa couverture médiatique négative et les preuves  douteuses accusant Assad pour l’incident de Idlin pourraient convenir au film ‘de 1997, “ Wag the dog” ( diversion) dans lequel un président dans la tourmente crée une fausse crise en Albanie.

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Une fausse scène de guerre dans la comédie noire «  wag the dog » ( diversion)  qui montre une fille et son chat fuyant un bombardement en Albanie

Dans le film, l’opération de la Maison blanche est une cynique opération psychologique  montée pour convaincre le people américain que les innocents enfants albanais, dont une ravissante petite fille portant son chat sont en danger quand, en réalité, la fille est une actrice posant devant un écran vert qui permet d’inclure des scènes féroces de destruction dans le fond.

Le journaliste d’investigation  Robert Parry a défait de nombreuses histories anti-Iran pour l’Associated Press et new sweek dans les années 1980. Vous pouvez vous procurer son dernier livre America’s Stolen Narrative,  l’imprimer ici ou comme ebook. Amazon and barnesandnoble.com).

 

Traduction Elisabeth Guerrier

Berner les Américains sur  la santé et la guerre Nicolas J S Davies

 

Duping Americans on Healthcare and War Nicolas JS Davies

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

Force de dissuasion ou agression ?

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

La persécution du gros bâton

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

Le problème d’une menace crédible

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

Le déloyal Colin Powel

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

La danse de mort Chris Hedges

Il semble important de donner une place aux chroniqueurs dissidents nord-américains, tant les propos des médias, même les plus ” éclairés” ( The Nation, Common dreams etc.) ont le nez encore collé au résultat inattendu ( le restera-til donc jusqu’aux prochaines élections) et sont comme hypnotisés par la personnalité de Trump, négligeant le poids du contexte suystémique qui l’a amené au pourvoir. Nous publions cet article de Chris Hedges  afin qu’une de ces voix se fasse entendre, qui remet la situation actuelle dans sa dynamique historique et éclaire les mécanismes sous-jacents qui l’ont entrainée. Les références aux modèles de décadence civisationnelle seront certainement considérés comme un peu  sommaire, tout comme le sera son renvoi aux concepts freudiens de pulsion de mort. Mais ils ont l’énorme avantage de nous ramener à la vision d’un système dont tous les éléments agissent les uns sur et avec les autres, dans un contexte qui semble nous dépasser.EG

 

 

The Dance of Death

Posted on Mar 12, 2017

By Chris Hedges

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Mr. Fish / Truthdig

 

L’élite dominante ne cherche plus à construire. Elle cherche à détruire. Elle est génératrice de mort. Ils se languissent du pouvoir sans limite de cannibaliser le pays, de polluer et dégrader l’écosystème afin de nourrir leur insatiable besoin de richesse, de pouvoir et d’hédonisme. Les vertus de la guerre et de l’armée sont célébrées. L’intelligence, l’empathie et le bien commun sont bannis. La culture est dégradée au rang de kitch patriotique L’éducation n’a comme but que de prévoir l’efficacité technologique afin de servir le moteur empoisonné du système capitaliste. L’amnésie historique nous coupe du passé, du présent et du futur. Ceux qui sont désignés comme improductifs ou sans emploi sont répudiés et laissés à lutter dans la misère ou enfermés dans des cages. La répression étatique est indiscriminée et brutale. Et, présidant l’ignoble, le Grand guignol est un Monsieur Loyal dérangé, tweetant des absurdités de la Maison blanche.

Le cimetière des empires mondiaux – Sumériens, Egyptiens, Grecs, Romains, Mayas, Khmers, Ottomans et Austro-hongrois – suivirent la même trajectoire d’effondrement moral et physique. Ceux qui règnent  à la fin des empires sont des psychopathes, des imbéciles, des narcissiques ou des déviants, l’équivalent des empereurs romains dépravés Caligula, Néron, Tibère ou Commode. L’écosystème qui soutient l’empire est dégradé et épuisé. La croissance économique, concentrée dans les mains d’une élite corrompue, dépend d’un péonage bancal de dettes imposé à la population. Les guerriers professionnels, les spéculateurs financiers et les PDG d’entreprise sucent la moelle de la société.

La réponse myopique de l’élite à l’effondrement imminent du monde naturel et de la civilization est de faire travailler les populations asserviues plus dur pour moins cher, de dilapider le capital dans des projets grandioses comme les pyramides, les palaces, les murs frontaliers et le fracking et de déclarer des guerres. La décision du Président Trump o d’augmenter les dépenses militaires  de 54 milliards de dollars et de récupérer les fonds necessaries sur la chair des programmes sociaux est une comportement type des civilisations en phase terminale. Quand l’empire romain a chuté, il essayait de soutenir une armée d’un demi-million de soldats qui était devenues un drainage parasite des ressources publiques.

Les mécanismes bureaucratiques créés par toutes les civilisations les ruinent finalement. La différence maintenant, comme le note Joseph Tainter dans “The Collapse of Complex Societies,”( La chute des sociétés complexes) est que “ la chute, si et quand elle arrivera sera cette fois globale. Une nation ne peut plus s’effondrer seule. Le monde se désintégrera comme un tout. “

Les civilisations sur le déclin, en dépit des signes tangibles de désintégration qui les entourent restent fixes sur l’objectif de la restauration de leur “ grandeur”. C’est leur illusion qui les condamne. Elles ne peuvent pas voir que les forces qui ont donné lieu à la modernité, c’est-à-dire la technologie, la violence industrielle, les énergies fossiles sont celles-là même qui les mènent à l’extinction. Leurs leaders sont entraînés uniquement à server le système, adorant comme des esclaves les vieux dieux longtemps après qu’ils aient commence à exiger le sacrifice de millions de victimes.

“L’espoir nous guide d’inventer de nouvelles réparations pour de vieux problémes, qui à leur tour créent plus de dangereux problèmes.  Ronald Wright écrit dans  “A Short History of Progress.” (Une histoire courte du progrès). “ L’espoir élit les politiciens avec les promesses les plus grosses et les plus vides et comme tout courtier ou tout vendeur de loto le sait, la plupart d’entre nous choisiront le plus menu espoir contre la frugalité prudente et prévisible. L’espoir, comme l’avidité nourrit les moteurs du capitalisme” .

Les candidats de Trump,—Steve Bannon, Jeff Sessions, Rex Tillerson, Steve Mnuchin, Betsy DeVos, Wilbur Ross, Rick Perry, Alex Acosta et tous les autres- ne sont pas des avocats de l’innovation ou des réformes. Ils sont des chiens de Pavlov qui salivent devant des montagnes d’argent. Ils sont bien équipés pour voler aux pauvres et faire plonger les budgets fédéraux. Leur obsession de simples d’esprit avec l’enrichissement personnel les conduit à démanteler toute institution ou a abolir toute loi ou régulation qui viendrait se mettre dans le chemin de leur convoitise. Le capitalisme, note Karl Marx, est «  une machine qui démolit les limites ». Il n’existe pas de sens inné des proportions ou des échelles. Une fois que tous les empêchements externes sont levés, le capitalisme global transforme sans scrupule l’humain et le monde vivant afin d’en extraire du profit jusqu’à son épuisement ou son effondrement. Et quand le dernier moment de la civilisation arrive, les édifices dégénérés du pouvoir semblent s’effriter en une seule nuit.

Sigmund Freud a écrit que les sociétés, tout comme les individus, sont mues par deux pulsions primaires. Une est la pulsion de vie, Eros, la quête d’amour, de nourriture, de protection et de préservation. La seconde est la pulsion de mort, nommée Thanatos par les post-freudiens guidée par la peur, la haine et la violence. Elle cherche la dissolution de tout ce qui vit, y compris celle de notre existence même. Une de ces deux forces, écrit Freud, est toujours ascendante. Les sociétés en déclin embrassent la pulsion de mort avec enthousiasme, comme Freud l’observe dans  “Civilization and Its Discontents,”( Malaise dans la civilisation) écrit à l’aube de la montée du Fascisme européen et de la Seconde guerre mondiale. “C’est dans le sadism, où la pulsion de mort modifie l’objet érotique selon ses propres buts et cependant satisfait pleinement son besoin pulsionnel que nous réussissons à obtenir la vision la plus claire de sa nature et de son lien avec Eros “ écrit Freud. “Mais meme lorsqu’elle emerge sans but sexuel, dans la furie aveugle de la destructivité, nous ne pouvons pas manqué de reconnaître que la satisfaction de l’instinct est accompagnée par un degré extraordinaire de satisfaction narcissique, accordant une satisfaction des vieux souhaits d’omnipotence à l’Ego »

Le désir de mort, comme Freud l’a compris, n’est pas, tout d’abord, morbide. Il est séduisant et excitant. Je l’ai constaté lors des guerres que j’ai couvertes. Un pouvoir quasi divin et une furie guidée par l’adrénaline, meme de l’euphorie, baigne les unites armées ou les groups religieux ou ethnoiques a qui est donnée la possibilité de détruire n’importe quoi et n’importe qui autour d’eux. Ernst Junger a capturé ce «  monstrueux désir d’annihilation » dans son travail sur la Première guerre mondiale «  Orage d’acier »

Une population aliénée et assaillie par le désespoir trouve de la puissance et du plaisir dans une orgie d’annihilation qui prend vite la forme d’une auto-annihilation. Cela n’a aucun intérêt de nourrir un monde qui  l’a trahie et a contrecarré ses rêves. Elle cherche à éradiquer ce monde et à le remplacer par son paysage mythique. Elle se tourne contre les institutions, aussi bien que contre les groupes ethniques ou religieux qui deviennent les boucs émissaires de sa misère. Elle pille les réserves qui diminuent avec abandon. Elle est séduite par les promesses fantastiques des démagogues et par les solutions magiques caractéristiques du droit chrétien ou de ce que les anthropologistes appellent «  culte de la crise. »

Norman Cohn, dans « A la poursuite du Millénium : Messianisme révolutionnaire au Moyen-âge et pendant la Réforme et ses effets sur les mouvements totalitaires modernes (The Pursuit of the Millennium : Revolutionary Messianism in Medieval and Reformation Europe and Its Bearing on Modern Totalitarian Movements, » dessine un lien entre cette période turbulente et la nôtre. « Les mouvements millénaristes sont une réponse psychologique particulière et collective à un profond désespoir social. Ils sont récurrents à travers l’histoire humaine. Nous n’en sommes pas immunisés

« Ces mouvements ont varié dans leur ton de l’agressivité la plus violente au pacifisme le plus nuancée et leur but de la spiritualité la plus éthérée au matérialisme le plus terre à terre, il est impossible de dénombrer les voies possible de concevoir le millénaire et la route qui y mène. » écrit Cohen. «  Mais les similarités peuvent se présenter tout comme les différences et plus on observe attentivement les poussées de militantisme social du chiliasme ( autre terme pour millénarisme) pendant le Bas-moyen âge, plus apparaissent des similarités. Les anciens symboles et les anciens slogans bien sûr disparaissent et sont remplacés par des nouveaux, mais la structure des fantasmes de base semble ne pas avoir changé du tout. »

« Ces mouvements, écrit Cohen, offrent un mythe social capable de prendre entièrement possession de ceux qui croyaient en lui. Il explique leur souffrance, il promet des récompenses, il éloigne leur anxiété et leur  donne l’illusion de sécurité- même lorsqu’il les guide, tenus ensemble par un enthousiasme commun, dans une quête qui est toujours vaine et souvent suicidaire. »

« Aussi arriva-t-il que des quantités de personnes se comportèrent avec une énergie furieuse et partagèrent un même fantasme qui, bien que trompeur leur apportait  un soulagement émotionnel intense si intense qu’ils pouvaient uniquement vivre à travers lui et étaient parfaitement d’accord pour mourir pour lui. Ce fût un phénomène qui se manifesta plusieurs fois entre le 11ième siècle et le 16ième siècle, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, et qui, en dépit des différences évidentes de contexte culturel et de son ampleur, n’est pas étranger à la croissance des mouvements totalitaires, avec leurs leaders messianiques, leur mirages millénaristes et leur boucs émissaires démonisés dans le siècle actuel. »

La rupture d’une société d’avec la réalité, comme la nôtre a été séparée de la reconnaissance collective du changement climatique et les conséquences fatales de l’impérialisme et de la désindustrialisation la laisse sans les mécanismes intellectuels et institutionnels lui permettant de se confronter à sa mort imminente. Elle se maintient dans un état d’auto-hypnose et de délire. Elle cherche des euphories momentanées et du sens dans des divertissements bon marché et des actes de violence et de destruction, y compris à l’égard des individus qui sont démonisés ou blâmés pour la chute de la société. Elle précipite sa propre immolation tout en brandissant la supposée inévitabilité d’une résurgence nationale. Idiots et charlatans,* les servants de la mort, nous conduisent dans les abysses.

* On se reportera pour cette description des prédateurs de l’aire politique en place à l’ouvrage de Roland Gori  ” La fabrique des imposteurs “

 

Traduction Elisabeth Guerrier

La politique derrière le “scandale russe” R. Parry

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

The Politics Behind ‘Russia-gate’

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également important de préciser que rien de ce qu’a publié Wikileaks n’est faux. Il n’y a eu aucune “fausse nouvelle”. Bien sûr une des raisons principales ayant rendu ces emails intéressants est le fait qu’ils mettaient à jour des conduites répréhensibles et des trahisons de la part des Démocrates et de la campagne Clinton.  Le point principal révélé par les emails de DNC fut que les leaders de la campagne des primaires avaient violé leur devoir de l’approcher  d’une manière équilibrée quand ils ont miné le champ d’action de Bernie Sanders. Plus tard, les emails de Podesta ont révélé les contenus des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street, qu’elle cherchait à cacher aux électeurs et quelques unes des stratégies de financements de la Fondation Clinton.

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L’ancienne Secrétaire d’état, Hillary Clinton s’entretenant avec des supporters lors d’un rallye de la champagne à Phoenix, Arizona en 2016. (Photo by Gage Skidmore)

Autrement dit, même si les Russe avaient révélé ces informations au people américain, comment le fait d’être au courant de faits concernant la campagne présidentielle s’attaquerait-il “ au Cœur de la Démocratie  “ ? Habituellement; les journalistes croient que fournir la vérité, même si elle embarrasse certains personnages politiques ou certains partis politiques est sain pour la démocratie. En tant que journaliste américain, je préfère recevoir mes informations d’individus qui ont les meilleurs intérêts de l’Amérique à cœur mais je ne suis pas naïf au point de penser que des individus qui  font fuir des documents ne le font pas pour des intérêts personnels. Ce qui est le plus important ce sont des nouvelles authentiques et dignes d’intérêt.

Franchement, j’ai trouvé le matériel de Wikileaks beaucoup plus approprié pour un débat sur la politique américaine que les rumeurs obscènes que la champagne de Clinton a fait circuler sur Trump se faisant soi-disant uriner dessus par des prostituées russes dans un hôtel cinq étoiles de Moscou, affirmation pour laquelle aucune preuve n’a été présentée.

Rappelons-nous également que personne n’a cru que les emails DNC.Podesta ont été significatifs dans le résultat des élections 2016. Clinton elle-même a blâmé le directeur du FBI James Corney pour avoir brièvement ré ouvert  les investigations du FBI dans son serveur email privé vers la fin de sa champagne, ceci étant la raison de l’effondrement de ses sondages. Il est notoire également que Clinton a conduit une campagne horrible, qui a compris des gaffes à couper le souffle, comme celle de qualifier les supporters de Trump de «  déplorables », ce fiant beaucoup trop à des positions négatives et échouant à organiser une vision satisfaisante de l’avenir tout en ignorant les signes que son leadership dans la région industrielle des US étaient entrain de  disparaître. En  d’autres termes, les efforts actuels pour décrire les révélations sur les emails des Démocrates comme décisive dans la campagne est de l’histoire révisionniste.

Et pourtant nous voilà avec le Washington Post, le New York Times, CNN et pratiquement tous les medias  (en cœur avec les libéraux et les Démocrates) haletant à chaque fois qu’on découvre que quelqu’un dans le cercle de Trump a rencontré un Russe. Nous sommes supposés oublier que le gouvernement russe a collaboré d’une façon très proche avec le gouvernement u.s.- et en particulier avec les agences nationales des services secrets- sur des questions vitales. La Russie a assisté les troupes US dans leur approvisionnement en Afghanistan, le Président Putin a joué un rôle majeur dans la restriction du programme nucléaire iranien et il s’est aussi arrange pour que le gouvernement syrien se débarrasse de ses armes chimiques. Les deux derniers points ont fait partie des succès diplomatiques les plus notoires d’Obama.

Mais ces deux domaines de coopérations, l’Iran et la Syrie, ont contribué a faire de Putin une cible pour les puissant néo-conservateurs de Washington qui s’excitaient à l’idée d’une intervention militaire directe sur ces deux pays. Les néo-cons, avec les gouvernements israéliens et saoudiens voulaient des “ changements de régime” à Téhéran et Damas, pas des accords diplomatiques qui laissaient les gouvernements en place.

Les Neocons au sein du gouvernement US- y compris l’Assistante du Secrétaire d’état Victoria Nuland, les Sénateur John Mc. Cain et le Président de la foundation pour la démocratie nationale Carl Gershman – ont alors visé un “ changement de régime” en Ukraine, réalisant sa sensibilité pour la Russie. Gershman, dont l’association est financée par le Gouvernement, a appelé l’Ukraine “ le plus grand prix” et une étape majeure pour évincer Poutine de la Russie, Mac Cain a appuyé les ultra-nationalistes ukrainiens qui tiraient suer la police dans le square Maidan de Kiev, et  Nuland conspirait avec l’ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt sur la façon  de «  coller » ou d’ « accoucher » d’un changement de gouvernement.

La stratégie des néo-cons a fonctionné en évinçant le Président élu ukrainien Victor Yanukovych et en obligeant Poutine à intervenir au nom des ethnies russes menaces en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Ce qui, en retour, a été transformé par l’Ouest en «  invasion russe ».

Des intérêts partisans

Au lieu de se positionner contre ces fauteurs de troubles néo-cons, Obama les a suivi. Plus tard, les Démocrates ont vu un avantage politique à devenir les super-faucons faisant face à la Russie, essentiellement manœuvrant à la droite des Républicains, spécialement quand Donald Trump a gagné d’une façon inattendue la nomination, en, partiellement, appelant à de meilleurs relations avec la Russie.

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L’ambassadeur de Russie aux USA, Sergey Kislyak. (Photo from Russian Embassy)

Comme la campagne 2016 plongeait dans l’infamie comme la plus affreuse de toute l’histoire des USA, Clinton matraquait Trump à propos de la Russie, l’appelant le pantin de Poutine. Mais le dénigrement des Russes n’a pas semblé beaucoup aider Clinton.

Bien qu’il ait été calculé pour attirer quelques Républicains modérés, il a aussi repoussé beaucoup de Démocrates pacifistes.

Cependant, malgré une fondation vacillante et une construction hasardeuse, L’officiel de Washington ajoute maintenant de plus en plus de terrain au «  scandale » russe. Les rescapés d’Obama ont sauté sur un prétexte  indigne pour attaquer le Conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn – citant le Logan Act, de 1799, jamais poursuivi en justice puis enfermant Flynn parce qu’il n’avait pas complètement en mémoire une   conversation téléphonique  du 29 décembre avec l’Ambassadeur russe alors qu’il était en vacances dans la République dominicaine.

D’une façon identique, les medias et les Démocrates mettent au point dans la cadre d’un cas de  “parjure” l’Avocat général Sessions à cause d’une réponse formulée d’une façon  négligente lors d’une déposition de confirmation à propos de ses contacts avec les Russes. Il avait rencontré deux fois Kislyak ( tout comme l’ont fait beaucoup d’autres à Washington). L’accusation  au bord de l’essoufflement est que peut-être Sessions et Kislyak complotaient sur la façon dont le Kremlin pourrait aider dans la champagne de Trump, mais il n’existe aucune preuve pouvant étayer cette théorie de la conspiration.

Ce qui se passé ici devrait être évident; L’administration Obama, les Démocrates et les medias ont été horrifié par l’élection de Trump. Ils ont d’une façon compréhensible été offensés par la comportement personnel de Trump et son inadéquation criante à la présidence. De nombreux supporters de Clinton, spécialement des femmes, furent amèrement déçues par l’échec de la première femme d’un des partis essentiels à être nominée qui perdit face à un rustre se vantant de la manière dont il pouvait, en utilisant se renommée et sa gloire, attraper les génitoires de femmes vulnérables qui, ne pouvaient, selon lui, rien faire contre lui.

Il y avait également des inquiétudes sur les choix politiques de Trump en ce qui concerne l’environnement, l’immigration, l’éducation et la justice. Parmi les néo-cons et leurs acolytes interventionnistes libéraux, il y avait également des inquiétudes sur le fait que Trump ne continuerait pas les stratégies de «  changement de régime » dans le Moyen-Orient et leur hostilité envers la Russie. Aussi, ces forces anti-Trump se sont-elles accrochées à l’arme la plus disponible, les suspicions que Trump ait pu s’acoquiner d’une façon ou d’une autre avec les Russes. Cela n’avait pas d’importance que les preuves en soient faibles ou non existantes. Elles seraient suffisantes pour répandre les allégations sous la couverture des “ déclarations” des services de renseignements US.

Personne d’important n’allait demander la révision des preuves et, certainement, avec la disponibilité de l’Agence de sécurité, la mémoire des individus pourrait être testée contre les transcriptions des conversations et s’avérer active. Des faux-pas verbaux pourraient devenir des pièges parjures. Il pourrait y avoir  une chasse aux sorcières contre quiconque ait parlé à un Russe.   Toute forme de rejet de la part des gens de Trump pourrait être reconstruite comme une « façon d’étouffer l’affaire ».

Ayant travaillé à Washington pendant Presque quarante ans, j’ai déjà vu des investigations politiques, à la fois dans l’évacuation de véritables crimes d’état (comme  le traffic de cocaïne des Contra nicaraguéen et la collaboration des Républicains avec les gouvernements étrangers afin de réduire l’influence démocrate en 1968 et 1980) et dans la fabrique de scandales qui n’existaient pas ( comme les offenses factices de Whitewater, le scandale des voyages, le scandale des dossiers, le scandale chinois etc..sous Bill Clinton qui s’est finalement fait épinglé pour le crime affreux de mentir à propos de sexe.)   Jusqu’ici, au moins, le «  scandale russe »  est plus proche des premiers que des derniers.

Ce que j’ai également appris pendant ces années est que le dans Washington, le pouvoir – beaucoup plus que la vérité- détermine quels scandales doivent être pris sérieusement ou non. «  Le «  scandale russe » révèle que les centres du pouvoir établi se déploient contre Trump – les medias principaux, les néo-conservateurs, et le Parti démocrate – et ont plus de pouvoir que l’administration désorganisée de Trump.

Le reporter d’investigation Robert Parry  a mis à jour plusieurs histoires sur les Contra d’Iran pour l’ Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier ouvrage :, America’s Stolen Narrative,  ou l’imprimer ici  ou comme E.book chez ( Amazon ou sur barnesandnoble.com).

Tags: Democrates Donald Trump Hillary Clinton Robert Parry Russie

Traduction : Elisabeth Guerrier

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama Luciana Bohne

L’article de Luciana Bohne remet d’une façon précise et critique les évènements politiques actuels dans leurs perspectives de visées permanentes des USA et de leur complexe militaro-industriel et économique. Il y est précisé à quel point l’appartenance politique modifie peu les projets expansionnistes qui agissent comme les fers de lance de tout candidat, manipulés par les ténors des médias et habiles à orienter une opinion publique si facile à convaincre. Trump n’amènera rien d’autre que ce qui est déjà prévu depuis longtemps, il ne fera que mettree à jour des manipulations auparavant effectuées dans l’ombre par l’administration d’Obama, plus membre du starsystème que politicien courageux dont le bilan meurtrier est tout aussi effrayant que celui de son prédécesseur. EG

Welcome to Trumpland: Obama’s Legacy

Fevrier  2017

 

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

LUCIANA BOHNE

socialmedia

Un nouveau gang est au pouvoir à Washington. Personne ne sait comment ni pourquoi, mais l’ancien gang est entrain de contre-attaquer de toutes ses forces. Un charlatan est à la tête de ce nouveau gang ; il dit qu’il s’oppose à tout ce que l’ancien, patron a fait. Il dit qu’il remettra tout en ordre sur place et dans le monde, cependant son cabinet de consiglieri  entasse des Ajax musclés du Pentagone, des banquiers avaricieux et des vautours de Wall Street ainsi que la mère planétaire de tous les plus grands pollueurs de l’énergie fossile – Exxon Mobil.

Une couvée des vilains habituels, pas moins vilains que les précédents. Son patron du travail s’est opposé à l’augmentation du salaire minimum. Son patron de la trésorerie est un ancien partenaire de Goldmann et Sachs, les pollueurs économiques internationaux. De première catégorie.

En janvier 2017, en janvier 2017, le bulletin des scientifiques de l’atome ont avancé leur  « horloge du Jugement dernier » de trente secondes vers deux minutes et demie avant minuit, le plus proche d’ Armageddon depuis 1953. Les causes, ont-ils écrit, sont la volatilité nucléaire et le changement climatique. Les signes que Trump puisse renverser le cours du Jugement dernier sont assez peu prometteurs. Le rendez-vous de Rex Tillerson signifie qu’Exxonmobile fonctionnera comme Secrétaire d’état virtuel. Les régles de la guerre d’état :    Créons une course aux armements. Nous les surpasserons à chaque essai et nous leur survivrons tous. » Selon Trump s’adressant par téléphone à Mika Brzelinki en décembre, si nous pouvons faire confiance au rapport de l’invité du « Morning Joe » de MSNBC.

Pendant ce temps, pendant et après le processus électoral, l’appareil circulatoire de la démocratie à deux gangs a montré des symptômes terminaux d’artériosclérose. Alors qu’un système de démence latente se montre au jour, le système politique a lui aussi perdu son marbre. Plus de deux millions et demi de femmes ont participé à la Marche des femmes le jour suivant l’inauguration, protestant contre les menaces de Trump sur les droits des femmes. – Une masse jamais vue dans les rues auparavant pour s’opposer aux massacres d’Obama , qui incluent un nombre disproportionnés de civils, dont de nombreuses femmes. Vous savez, le nombre 50.000 en Libye, 10. 000 au Yémen ainsi qu’en Ukraine, 400.000 en Syrie, 2500 à Gaza pour ne sélectionner que les plus connus. Ajoutons à cela les millions de déplacés internes et les réfugiés (65 millions en 2017, jusqu’à 59 millions en 2016) fuyant les guerres et la déprédation économique engendrées par les chevaliers du néo-libéralisme et du néo-colonialisme de l’administration obaméenne.

Mais on ne doit pas en vouloir aux lève-tard.

Derrière le vieux gang se tient un régime de mensonges, une marée de cupidité, un fléau d’inagalité, une peste de guerres, un règne d’hypocrisie. Avant le nouveau gang, une vision de Pandore, ouvrant plus largement sa vilaine boîte pleine d’ennuis. Plus de maux lâchés pour rejoindre ceux déjà libérés. Les rues se sont transformées en asile de discorde, de ridicule, d’alarme, et de confusion parce que la harpie oublieuse tueuse en série Hillary Clinton a perdu et que la bouffon fou et le zeppelin orange a gagné, le milliardaire Trump, tête d’un empire de 11 industries, commerces, et entreprises financières. «  Ami du peuple »

Je n’invente pas tout ça.

Le résultat des élections a été une bombe à fragmentation politique. The result of the election has been a political cluster bomb.  De mini-bombes continuent à exploser sous la forme de protestations, de marches et d’hystérie médiatique. Rien de tout cela ne se concentre sur ce qui importe vraiment : l’avenir de l’humanité sur une planète surchauffée, mise en danger par la pulsion systématique de l’Amérique vers l’espace et le pouvoir sur la planète.

C’est de la géopolitique, idiot…

Un tohu-bohu populaire a explosé à propos des mérites et des torts des deux maux. Comment un système politique peut-il être porté si bas ? Les deux maux ne font qu’un. Dans l’air empoisonné, j’entends l’écho de la réécriture sardonique de «  Hymne de bataille pour la République » de Mark Twain qui dénonçait à son époque la descente dans le bourbier moral de l’impérialisme de la guerre Espano-américaine de 1898.

Mes yeux ont vu l’orgie de l’épée lancée

Il cherche les réserves où les richesses de l’étranger sont gardées

Il a lâché son éclair fidèle et avec malheur et mort compte

Son envie marche en avant

Mine eyes have seen the orgy of the launching of the sword
He is searching out the hoardings where the strangers’ wealth is stored
He has loosed his fateful lightning, and with woe and death has scored
His lust is marching on.

Il serait rassurant d’entendre un pays uni en un chœur provocant la violence domestique et étrangère des officiels et de leurs soutiens. Mais la nuit n’est pas encore assez noire pour que la chouette de Minerve commence à voler et révèle les abus collectifs des gangs sur notre confiance en leurs mythes orgueilleux. Nous avons échoué sur une surface de ténèbres, sur une grisaille que les pouvoirs qui nous dénient la compréhension sont entrain de peindre encore plus gris. Nous ne pouvons pas lire le passé donc nous sommes incapables de bouger vers l’avenir. Nous avons le sentiment que ce que nous pensons savoir n’est pas ce qui est.  Nous ne sommes pas même sûrs de vivre dans le présent.

Comment une telle suspension dans le temps ne rendrait-elle pas nauséeux ?

« La nausée n’est pas en moi… je la sens à l’extérieur, je suis à l’intérieur » C’est ainsi que Racontin, le protagoniste de u roman de JP Sartre «  La nausée »  explique la répulsion physique qu’il éprouve à toucher la réalité autour de lui. – une chaise, une personne, une œuvre d’art. Mais où est donc la pourriture ?  «  Je la sens là sur les murs, dans les placards, tout autour de moi. »  À quoi est-ce que cela ressemble ? «  Un monstre, une carapace géante, un plongeon dans la boue ? Une dizaine de griffes ou de nageoires labourant lentement dans le limon ? Le monstre se redresse. Au fond de l’eau.

Est-ce que Trump est le nouveau nom de Grendel ? Sous le choc des semaines avant l’inauguration, les ménestrels médiatiques du vieux gang ont bien sûr crié qu’un monstre avait été libéré du marécage du Lagon blanc par des racistes votant dans l’intérieur des terres. Les Rustofariens. Les ménestrels ont semé la panique urbaine. Les foules ont grondé : Foutons en l’air les élections, recomptons les votes, abolissons le Collège électoral, déclarons Trump inapproprié. Ce monstre, sur le point de squatter un bureau de forme ovale, comme tant d’autres élus avant lui, était supposé accueillir Hillary Clinton.

Mais elle s’est transformée en lui !

Son gang a pointé le doigt vers la Russie. C’était la Russie qui avait amené ce vent mauvais, pas la folie du clan Clinton, pas la soif de sang des années Obama, pas le massacre politique du lymphatique social-démocrate Bernie Sanders, qui aurait pu sauver les fesses du gang, lui donnant quatre nouvelles années d’échec mais une vie respectable. C’était la Russie qui avait tissé la toile de la destinée – La Russie, qui n’est pas née d’une femme, artificielle, mauvaise, tâchée par le péché originel du communisme, la marque de Caïn. La Russie qui avait amené « le grand bois de Birnam jusqu’à la colline de Dunsinane » et coupé la montée de la Lady, reine du Chaos dans ses premières marches d’ascension pour devenir impératrice du monde, dont elle a vidé de sang de larges parts ayant elle-même  « marché si avant dans le sang que si elle cessait de s’y plonger, retourner en arrière serait aussi fatigant que d’aller en avant. » Elle fut laissée là, dans un mi-courant ensanglanté, et ils ont rué.

Le gang mondial en entier- la Heimat des globalistes de «  la communauté internationale », sont sortis dans un chœur de lamentations. Les eunuques politiques européens ont crié de concert avec leurs maîtres américains. Ici se trouvait le miroir présidentiel parvenu dans lequel la Heimat du bon et du grand ne pouvait plus d’admirer agrandie, superbe, plus humaniste que le reflet de sa brutale vulgarité étroite d’esprit qui s’y reflétait maintenant. La mauvaise foi du vieux gang était devenue insupportable. Leur propre image, supportée par un baratin idéologique décevant – les «  valeurs libérales » était détruite. Qu’en était-il des slogans solennels «  la société civile », «  le règne de la loi », la dédicace à des principes universels, le respect des identités, la protection des minorités ethniques,  le zèle appuyant la liberté religieuse ? Qu’en était-il des phrases pompeuses, de la lubrification des promesses exaltées ? Tout cela évanoui dans le vortex de la stupidité et de l’ignorance des masses et de leur boîte à bulletin de vote despotique.  Rien à entendre à part les mugissements d’un nouveau vent affreux.

Avant que Trump n’émerge gagnant du marécage, tout avait déjà été le contraire de tout. Et le devint plus encore. La libération de 100.000 civiles à Aleppe en décembre 2016 par l’Armée syrienne renforcée par ses alliés russes, après quatre années de terreur soutenue par l’Ouest, fût nommée «  crime de guerre ». La séparation de la Crimée de l’Ukraine par référendum populaire à 90% d’avis favorables pour joindre la Russie fût nommée «  Une agression russe ». Le coup US Europe en Ukraine ( 2013.14) planifié et exécuté par le Département d’état néo-con d’Obama et coûtant 5 milliards de dollars, mettant à la place d’un gouvernement élu une junte de ministres et d’officiels néo-nazis, fût nommé «  le retour de la démocratie en Ukraine ». Le fascism, maintenant attribué à Trump comme une nouveau, était cache en plein jour dans le règne des guerres illégales, des changements de régime, des sanctions omniprésentes, et des interventions de guerre de proximité d’Obama, ignorées studieusement ou fictionnalisées par les courtiers en terreur des médias,  les experts, les cellules d’analyses, les fondations et l’empire des officiels

Ces “ réparateurs” ont inversé les causes et les effets.  Ils ont obscurci le fait que la séparation de la Crimée d’avec l’Ukraine était l’effet du coup d’état des US à Kiev.  Ils l’ont utilisé comme cause afin de resserrer l’emprise militaire de l’OTAN  autour de la Russie, y compris avec des missiles offensifs, baptisés « défensifs ». Ainsi les effets du changement de régime en Ukraine sont devenus la cause de la militarisation de l’Europe centrale et de l’est. Avec comme objectif la Russie. Cette militarisation contre le fantôme d’une agression russe porte la grand nom de Atlantic Resolve 2017, que le Département US de la Défense justifie en ces termes sur son site :

« Les USA démontrent leur engagement à l’égard de la sécurité international à travers une série d’actions ayant pour but la réassurance des alliés de l’OTAN et des partenaires de l’engagement de l’Amérique à maintenir la paix et la stabilité à la lumière de l’intervention russe en Ukraine » ( c’est moi qui souligne)

Le porte-voix du complexe militaro-industriel, John Mac Cain, a tourné la réalité sens dessus-dessous dans une instruction au nouveau gang afin de perpétuer les sanctions contre la Russie.

« En juste trois ans, sous Vladimir Poutine, la Russie a envahi l’Ukraine, annexé la Crimée, menacé les alliés de l’OTAN, let est intervenue militairement en Syrie, laissant derrière elle des traces de mort, de destruction et de promesses trahies dans son sillage. »

Dans un monde rationnel, l’énormité de ces accusations serait lancée aux planificateurs du gang néo-libéral et néo-con d’Obama, mais aucun ego impérialiste ne peut admettre avoir moralement tort. Il habille sa propre violence dans des vêtements dorés, patinés obligeamment par les medias officiels. Les haillons sanglants de la responsabilité sont enfilés sur quelqu’un d’autre, qui doit être démonisé, de préférence par les medias libéraux. Rachel Maddow par exemple, érigée  experte en soviétologie à l’instant dans  sa déclamation incendiaire liant la Russie capitaliste de Poutine au socialisme stalinien de l’URSS.

Dites-moi ce qui rallie le public américain – y compris et surtout les Libéraux- aux côtés du drapeau national plus précipitamment que de lever le fantôme communiste ?

La manipulation des nouvelles et la distorsion de la réalité les plus puissantes aux mains du pouvoir. Elles peuvent faire disparaître la réalité. Le Yémen par exemple, . La “ Coalition” saoudienne, soutenue par les US et la Grande-Bretagne a commence à bombarder le Yémen le 23 mars 2015. Depuis lors3.2 millions de Yéménites ont été déplacés, la moitié de la population souffre de malnutrition, 10.000 civils ont été tués ( ce qui fait 13 civils par jour), 2 millions d’enfants ne peuvent pas se rendre à l’école, Presque 15 millions de personnes ( dont 55% d’enfants) n’ont pas accès aux soins médicaux de base.

Et pourtant, nous n’entendons rien à propos de cette souffrance. Les USA et la Grande-Bretagne, en fait ont profité de la guerre contre le Yémen. L’administration d’Obama a vendu sur le marché mondial de l’armement pour plus de 200 milliards d’armes, la plus grande vente depuis la 2ième guerre mondiale – plus de 100 milliards  à l’Arabie saoudite à elle seule. La contribution de la Grande-Bretagne à l’arsenal saoudien a été de 3.2 milliards pour l’année dernière à elle seule. Les US et la GB continuent de fournir le support logistique et de renseignement à la coalition saoudienne, qui est intervenue aux côtés du Président yéménite Rabbu Mansour Hadi, qui a fui vers l’Arabie saoudite en plein milieu de la guerre civile de son peuple.

Mais à travers les années Obama, tout était silencieux sur le front yéménite dans le royaume officiel et son porte-parole médiatique sur la cible voulue des infrastructures civiles vitales ; les écoles et les hôpitaux, les mariages et les funérailles. Lors de funérailles à Sana, en octobre dernier, une frappe saoudienne a tué 114 civils. Avant le la bombardement du Yémen ne commence, le gang Obama imposa des sanctions et des blocus au Yémen – tout ceci sans aucune résolution du conseil de sécurité de l’ONU ou aucune volonté d’adhérer aux lois internationales. Le directeur de «  Save the children » au Yémen a remarqué récemment :

«  Même avant la guerre, des dizaines de milliers d’enfants yéménites mouraient de causes évitables. Mais maintenant, la situation est pire et on estime à 1000 le nombre d’enfants mourant chaque semaine de causes évitables comme les diarrhées, la malnutrition, ou les infections respiratoires. »

En ce qui concerne la politique internationale, ce « raciste » n’est pas différent du  « post-raciste ». Les planificateurs de Trump mettent le Yémen sur la carte mais uniquement afin de l’utiliser comme trique afin de frapper sur l’Iran. Au Yémen, ils sont supposés se préparer à accroître les interventions de drones d’Obama, sa fameuse «  liste tueuse », accentuant le rôle des USA dans la guerre civile et cherchant à s’engager plus directement. En prenant le Yémen comme exemple, il devient clair qu’à la fois les libéraux et le président antilibéral considèrent le business de l’armement comme une industrie nationale. Les deniers mots d’Obama dans son poste ont exalté la soi-disant invincibilité des prouesses militaires américaines. Le 22 décembre a posté sur Twitter : « Les Etats-Unis doivent renforcer et étendre son potentiel nucléaire d’une façon importante jusqu’à ce que le monde devienne raisonnable en ce qui concerne le nucléaire. »

Il n’y aura pas de retranchement de la belligérance  sous Trump. Dans les premières suites de sa nomination, le Président Trump a dirigé son Secrétaire de la Défense James Mattis vers :

« L’initiation d’une nouvelle posture nucléaire afin d’assurer aux USA un équipement nucléaire dissuasif moderne, robuste, flexible, résilient, prêt à l’usage et conçu d’une façon appropriée afin de repousser les menaces et de réassurer nos alliés. »

Lors de sa première visite au Pentagone, le Président a signé un mandat exécutif appelant à l’expansion de l’armée américaine, y compris de son arsenal nucléaire, afin qu’elle soit prête pour la guerre avec ses “ compétiteurs proches”, comprenez la Chine et la Russie. « Je signe un mandat exécutif afin de commencer à reconstruire les services armés des Etats-Unis. » a-t-il dit au Pentagone pendant cette signature.

Ainsi le complexe militaro-industriel fût-il rassuré après avoir perdu son candidat favori, Hillary Clinton. Ainsi le rapporte le New York Times, le Pentagone lui-même, anticipant les directives de Trump à Mattis et la signature du mandat exécutif avait préparé des «  options classifiées » afin d’accroître l’usage des forces d’opérations spéciales, d’augmenter le nombre des troupes en Irak et en Syrie et d’augmenter la délégation d’autorité de la Maison Blanche au Pentagone et aux autorités de terrain. Les «  Options classifiées » comprennent l’armement des Kurdes syriens pour la bataille attendue de Raqqa, sur un schéma évident d’inclusion entre la Turquie et la Russie dans leur rapprochement tardif à propos d’un «  changement de régime » en Syrie

Il existe des indications que, contrairement à l’aversion affirmée par Trump pour les  « changements de régime » ; Iran devienne la nouvelle Syrie. A la suite des tests ballistiques des missiles de moyenne portée le 30 janvier, le Conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a commencé une campagne de belligérence verbale, de désinformation et de mensonges contre l’Iran. Dans une déclaration, Flynn a déclaré que :

« Le récent lancement de missiles est une attaque contre le conseil de résolution de a Sécurité des Nations unies 2231, qui demande à l’Iran de n’entamer aucune activité liée aux missiles balistiques supposée être capable de transporter des armements nucléaires, y compris des lancements utilisant d’une façon importante de la technologie de missiles balistiques. »

Cette une grossière distorsion du test iranien sur ses missiles. La résolution de 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies interdit à l’Iran le développement de missiles pouvant transporter des têtes nucléaires mais cette résolution ne mentionne rien qui empêche l’Iran de développer ses propres capacités de défense. Les missiles testés en janvier n’avaient aucune capacité de porter des têtes nucléaires. L’Iran  n’a pas violé la Résolution 2231.

La distorsion de la représentation donnée par Flynn à propos des missiles iraniens murmure la mélodie concoctée par Bush et les néo-cons sur l’organisation de l’invasion fatale de l’Irak, prétendant que Saddam Hussain avait des armes de destruction massive. Ce mensonge a coûté un million de morts à l’Irak, le dessin et la division de l’intégrité de la politique irakienne, des réfugiés internes et externes par millions.

D’une façon inquiétante, Flynn termine son propos ave c une menace : « A partir d’aujourd’hui, nous mettons officiellement l’ Iran sur la liste rouge. » .  A la suite vinrent les  sanctions visant 25 personnes et entreprises connectées avec le programme de missiles de l’Iran, y compris des Chinois et leurs compagnies.

En conclusion, il me semble difficile d’envisager les raisons d’agir du gang militaire à DC. Des objectifs à long terme semblent partagés : les moyens pour la domination globale des USA par l’économie et les militaires. Et ce qui semble la pomme de discord est la façon de dominer l’opinion publique américaine. La guerre s’appuie sur une réthorique. Les valeurs libérales versus les valeurs populistes. C’est pourquoi ils luttent pour le contrôle sur l’esprit du public. Il ne devrait s’       abandonner à auxcun de ces moyens de persuasion. Il est possible que la seule ligne optimiste dans l’ascension de Trump soit la résurgence potentielle et le renforcement de la résistance populaire.

Luciana Bohne est co-fondatrice de Film Criticism, un journal d’étude cinématographique, et enseigne à l’Université Edingorg en Pennsylvanie. Elle peut être jointe à : lbohne@edinboro.edu

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

La complète stupidité de la guerre froide par Gary Leupp

La complète stupidité de la nouvelle guerre froide

 

 

Par GARY LEUPP

 

 

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Photo by Jedimentat44 | CC BY 2.0

 

 

 

Cela semble si étrange, vingt-sept années après la chute du Mur de Berlin  de devoir endurer un nouvelle Guerre froide avec la (en fait capitaliste) Russie.

Le Président russe est attaqué par la classe politique officielle et les medias comme ils n’ont jamais attaqué les anciens leaders soviétiques, il est personnellement diffamé et traité de corrompu, de dictateur vénal, arrêtant et assassinant  des opposants politiques, des journalistes dissidents, voulant à tout prix restaurer l’URSS.

(La dernière accusation s’appuyant largement sur le commentaire de Vladimir Putin disant que la dissolution de l’URSS avait été « une catastrophe », « une tragédie » – ce qu’à plus d’un égard elle a été. La presse choisissant d’ignorer ce qui suivait disant que «  Quiconque ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, mais quiconque veut la restaurer n’a pas de cerveau. » Ce qui rentre en conflit avec le simple point de vue affirmant que Putin regrette la Russie impériale des Tzars, sinon ses commissaires et, brûlant de ressentiment à l’égard du triomphe occidental, projette une revanche parfaite à travers des guerres d’agression et des expansions territoriales.

Les medias US, suivant le scripte de Département d’état dépeignent la Russie comme un pouvoir expansionniste. Qu’ils puissent le faire, avec un tel succès, jusqu’à ce que même les plus progressifs citoyens – comme ceux consternés par la victoire de Trump se sentant enclins à blâmer des forces extérieures-  puissent le croire, est le témoignage de la force résistante de leur pouvoir  et de l’utilité de la création d’un état d’esprit favorable à la Guerre froide.

Les autorités militaires nous rappellent sans cesse : Nous nous levons contre une menace existentielle ! Et on a envie de dire que ça, évidemment, n’a aucun sens ! La Russie est deux fois plus grande que les US avec la moitié de sa population. Ses bases à l’étranger peuvent être comptées avec les doigts des deux mains. Les US ont plus de 800 bases à l’étranger.

Le budget de l’armée russe représente 14%  de celui des USA.  Elle se réclame pas d’être une nation exceptionnelle envoyée par Dieu pour préserver la “ sécurité “  suivant ses termes partout sur la surface du globe.

Depuis la dissolution de l’URSS en 1991, les USA ont déclenché des guerres  (parfois en créant de nouveaux états-clients) en Bosnie ( 1994.5) en Serbie  (1999)  en Afghanistan ( 2001- ?)  en Irak ( 2003- ?) en Libye ( 2011) en Syrie ( 2014-?) tout en envoyant des pluies de frappes par drones du Pakistan au Yémen en passant par l’Afrique du nord. Ces guerres-basées-sur-du-mensonge  ont produit des centaines de milliers de morts civils, des millions de réfugiés, et la catastrophe actuelle à travers tout le «  Projet pour un grand Moyen-Orient ».

Il n’est aucune raison de sous-estimer leurs malfaisances.

Les USA sont à la tête d’une alliance militaire en expansion formée en 1949 afin de contrer l’Union soviétique et le communisme global en général. Sa raison d’être est morte depuis de nombreuses années. Cependant elle est passée de 16 à 28 membres depuis 1999, et les nouveaux membres, l’Estonie et la Lettonie partagent des frontières avec la Russie.

(Imaginez le Pacte de Varsovie s’étendant jusqu’à inclure Mexico. Mais non, le Pacte de Varsovie de l’URSS et des six alliés européens a été dissous il y a 26 ans dans l’attente idéaliste que l’OTAN suivrait en un grand mouvement de coopération et de paix)

Et cette alliance de l’OTAN, en théorie prévue pour défendre le Nord-Atlantique a été déployée tout d’abord après la longue (et pacifique) Guerre froide dans ce qui avait été une  Yougoslavie neutre (n’ayant jamais été membre du Traité de Varsovie ni de l’OTAN), l’Afghanistan ( à plus de 4828 kilomètres de l’Atlantique nord) et le pays d’Afrique du nord, la Libye. L’été dernier, l’OTAN a effectué ses manœuvres les plus imposantes depuis la chute de l’Union soviétique, impliquant 31.000 militaires en Pologne, répétant une guerre contre la Russie. (Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier les a d’ailleurs critiquées en les qualifiant de bellicistes)

Les officiels de l’Alliance ont exprimé leur outrage quand la Russie a répondu à cette belligérance en plaçant un nouveau missile sol-air S-400 ainsi qu’un système nucléaire Iskander sur son territoire de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie sur la côte baltique. Mais la Russie a été, en fait, comparativement plutôt passive au sens militaire pendant toute cette période.

En 1999, alors que l’OTAN s’apprêtait à occuper la province serbe du Kosovo (bientôt proclamée pays indépendant en violation des lois internationales), les gardiens de la paix russes se précipitaient à l’aéroport de Pristina, Kosovo afin d’asseoir le rôle russe dans l’avenir de la province serbe. C’était un geste hardi qui aurait pu provoquer un choc entre l’OTAN et la Russie. Mais l’officier britannique présent sur le terrain, refusa sagement l’ordre donné par le Général  Wesley Clark de bloquer le mouvement russe, déclarant qu’il ne déclarerait pas la troisième guerre pour le Général Clark.

Ceci, souvenons-nous,  s’est passé après que le secrétaire d’état Bill Clinton, Madeleine Albright ( souvenez-vous, la compares d’Hillary qui a déclaré qu’il y aurait une place spéciale en enfer pour les femmes qui ne voteraient pas pour des femmes) a présenté aux négociateurs russes et serbes à Rambouillet un plan pour l’occupation par l’OTAN non seulement du Kosovo mais de toute la Serbie. C’était une exigence ridicule, rejetée par les Ruses et par les serbes mais dépeinte par la porte-parole non-officielle du Département d’état et belliciste Christiane Amanpour comme “ la volonté de la communauté international”. Comme si la Russie n’était pas membre de cette communauté internationale.*

L’opération de l’aéroport était largement un challenge symbolique à l’hégémonie américaine  sur l’ex-Yougoslavie, une marque de protestation qui aurait du être prise au sérieux à l’époque.

En tous cas, le nouveau leader de la Russie,  Poutine fût aimable après les attaques du 11 septembre  2001, allant jusqu’à offrir à l’OTAN un corridor de transport militaire à travers la Russie jusqu’en Afghanistan ( fermé en 2015). Ceci fût salué par George W. Bush par l’accroissement du nombre des pays de l’OTAN augmenté de sept pays en 2004. ( La presse américaine ne rendit qu’un léger compte de cet extraordinaire développement géopolitique, elle vit et continue de voir l’expansion de l’OTAN comme aussi peu problématique que l’expansion des Nations unies ou de l’Europe) Puis en avril 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie ferait partie des prochains membres à rejoindre l’alliance.

Bientôt le Président géorgien fou  Mikhail Saakashvili, stimulé par la perspective de son appartenance à venir à l’OTAN déclencha une guerre contre la province dissidente de l’Ossétie du sud, qui n’a jamais accepté son rattachement au nouvel état de Géorgie établi sur la dissolution de la République socialiste de Géorgie de 1991. Les Ossètes, craignant le nationalisme résurgent géorgien cherchèrent un rapprochement avec la Fédération russe. Et le peuple de l’Abkhazia fit de même.

Les deux  « conflits gelés » entre la Géorgie et ses peuples, sont restés tells à cause du déploiement des forces russes et géorgiennes de main mise de la paix. La Russie n’avait pas reconnu ces régions comme indépendantes  ni donné son accord pour leur inclusion dans la Fédération russe. Mais quand des soldats russes moururent  dans une attaque de la Géorgie en août, la Russie répondit par une brève invasion punitive. Reconnaissant ensuite les deux états nouveaux (six mois après que les USA aient reconnu le Kosovo)

Saakashvili, au cas où vous soyez intéressés, fût destitué, accusé de crimes économiques, et privé de sa citoyenneté géorgienne. Après un emploi bref à l’Ecole de droit international et de diplomatie de Fletcher, à propos duquel, en tant que membre de la faculté de Tufts, je me sens profondément honteux – il fût employé comme gouverneur d’Odessa en Ukraine par le régime pro-OTAN mis au pouvoir par le coup d’état du 22 février 2014 soutenu par l’OTAN.

Le Sen. John McCain a proclamé en 2008 : «  Nous sommes tous des Géorgiens maintenant » et a plaidé pour l’aide militaire américaine au régime géorgien En tant qu’avocat de la guerre comme régle, MC. Cain devint alors le premier défenseur d’un changement de régime en Ukraine afin de permettre l’entrée de ce pays dans l’OTAN. Les néocons au Département d’état comprenant principalement l’amie de MC Cain Victoria Nuland, décidèrent de placer 5 milliards de dollars dans le support aux  « aspirations européennes du peuple  ukrainien » ( ce qui veut dire : le désire de nombreux ukrainiens dans la partie ouest du pays de joindre l’UE- risquant, bien que vraisemblablement sans le réaliser, une réduction de leur niveau de vie sous un programme d’austérité à la manière grecque – suivi par une appartenance à l’OTAN, resserrant le nœud coulant autour de la Russie.

Le  président ukrainien a opté pour un pack d’aide généreux. Cette décision – de nier ces “ aspirations européennes ” fut utilisée pour arranger le coup d’état.

Mais regardons cela du point de vue russe. Regardons simplement cette carte montrant l’expansion de l’OTAN et imaginons le s’étendre sur ce vaste territoire ( le plus vaste d’Europe en fait) entre la Russie à l’est et la Pologne à l’ouest, longeant la Mer noire au sud. Les pays faisant partie de l’OTAN sont à présent montrés en bleu foncé, l’Ukraine et la Géorgie en vert. Imaginons l’incliusion de ces pays. Et imaginons que l’OTAN demande à la Russie de libérer ses équipement navals de Sébastopol, qui sont russes depuis 1783, les retournant en faveur de l’alliance (on répète l’anti-russe). Comment quiconque pourrait-il comprendre la situation en Ukraine sans prendre en compte cette base historique ?

Les Russes ont dénoncé le coup d’état contre le Président Yanukovych (élu démocratiquement- si cela importe- en 2010) qui a été fomenté par des néo-fascistes  et marqué dès le début par une campagne anti-russe infecte encouragée par le Département d’état US. La majorité de la population à l’est du pays, habité par des ethnies russes parlant Russe et n’ayant fait partie de l’Ukraine qu’à partir de 1917, ont aussi dénoncé le coup d’état et refusé d’accepter le régime anticonstitutionnel qui a pris le pouvoir le 22 février.

Quand ces individus rejetèrent le nouveau gouvernement et déclarèrent leur autonomie, l’armée ukrainienne fut envoyée pour les réprimer mais échoua, d’une façon embarrassante, quand les troupes, confrontées aux Babushkas en colère leur tournèrent le dos.  Le régime depuis lors s’appuie sur le néo-fasciste Azov Battalion pour persécuter les sécessionnistes  dans ce qui est devenu depuis un autre “ conflit gelé”.

La Russie, sans aucun doute, a assisté les sécessionnistes pendant qu’ils refusaient leur annexion  au territoire ukrainien, poussant à la création d’un système fédéral pour le pays  négocié par les parties. Des familles russes  enjambèrent la frontière russo-ukrainienne. Il y a de nombreux vétérans de la guerre contre l’Afghanistan dans les deux pays. L’armée soviétique intégrait des éléments russes et des ukrainiens. On peut assumer qu’il y a plus qu’assez de Russes en colère à propos d’atrocités comme celles  des meurtres des 42 Russes opposants au gouvernement à Odessa pour alimenter les volontaires du Dombas.

Mais il existe peu de preuves (mise à part la poignée de rapport faisant état de quelques douzaines de “ véhicules militaires non catégorisés en provenance de Russie à la fin 2014) d’une «  invasion » russe de l’Ukraine. Et l’annexion de la Crimée (c’est-à-dire la restauration de son statut de territoire russe de 1954) suivant un référendum tout à d=fait crédible, n’a nécessité aucune «  invasion » puisque il y avait déjà 38.000 soldats stationnés là. Tout ce qui leur restait à faire était de sécuriser les bâtiments du gouvernement, et de donner aux soldats ukrainiens l’option de quitter ou de rejoindre l’armée russe. (Beaucoup de soldats ukrainiens  ont choisi de rester et d’adopter la citoyenneté russe.)

Malgré tout, ces deux incidents – la brève guerre contre la Géorgie de 2008 et la réponse ( tempérée) de Moscou au coup d’état ukrainien de 2014- ont été présenté comme des preuves d’un projet global d’expansion militaire, demandant une réponse ferme des US. L’ensemble de la classe des commentateurs des medias câblés adopte ce récit.

Mais ce sont des fous aveugles. Qui a, en ce jeune siècle, entraîné plus de désordre que les USA, saccageant des pays entiers, massacrant des centaines de milliers d’innocents, provoqué plus d’outrages à travers des séances de tortures grotesquement décrites, générant de nouvelles troupes terroristes et inondant l’Europe de réfugiés qui comprennent quelques individus prêts à semer le chaos et la terreur dans les villes européennes ?  Comment une personne rationnelle peut-elle avec un tant soit peu  de lucidité sur l’histoire depuis 1991,  conclure que c’est la Russie qui est l’agresseur ?

Et pourtant, c’est ce que dit la sagesse populaire. Je doute de pouvoir obtenir un poste de commentateur à la télévision, si vous me le demandez. Les téléprompteurs vont faire allusion quotidiennement à l’agression de Poutine et à l’expansion russe et au besoin pour tout Président mâture de respecter la tradition séculaire de supporter l’OTAN à n’importe quel prix. Et donc maintenant, les commentateurs se doivent de répéter ce que 17 services de renseignement ont conclu : «  Vladimir Poutine a interféré avec les élections américaines »

Puisqu’il n’y a aucune preuve de ce fait, on doit conclure que les Démocrates perdants  ont plongé les mains dans le sac assez fiable des boucs émissaires  et postulé que la Russie et Poutine en particulier doivent avoir piraté le DNC afin de – à travers la révélation de sources de première main d’une validité irrécusable, révélant la détermination de le DNC à faire élire Clinton, tout en Donald Trump comme le candidat républicain – sabotant Sanders et en promouvant ( à travers leurs représentants médiatiques) compromettre la légitimité de Clinton.

Toutes sortes de libéraux, y compris les meilleurs défenseurs de Sanders comme Tina Turner, sont complètement embarqués dans la champagne de diffamation anti-Poutine. C’est triste et préoccupant que tant de personnes progressistes souhaitent sauter dans le train d’une nouvelle guerre froide. C’est comme si ils n’avaient rien appris de l’histoire mais avaient positivement hâte, dans leur peur et leur rage, de revivre l’époque du Maccarthysme.

Mais le fond de l’affaire est que la russophobie américaine ne repose pas sur la raison, le jugement ou le savoir sur l’histoire récente et sur la capacité à faire des comparaisons rationnelles. Elle repose sur des présupposées quasi-religieux sur «  l’exceptionnalisme américain” et en particulier sur le droit des USA à s’étendre militairement au dépend de la Russie – comme un bien évident en soi, plutôt que comme le risque affreux distinct, évident d’une menace de troisième guerre mondiale.

Les faucons du Congrès – bipartisans, immoraux, ignorant, soumis à Israël, opportunistes salauds – sont déterminés à dissuader le président –élu ( la bile me monte à la gorge en utilisant ce terme mais c’est vrai, c’est ce qu’il est techniquement)  de tout rapprochement significatif avec la Russie ( Mon  dieu, ils doivent être horrifiés à l’idée de la possibilité que Trump suive le conseil donné par Kissinger de reconnaître le droit d’annexion russe de la Crimée ! )  Ils veulent tant l’embarrasser avec l’accusation d’être ( Comme Hillary l’a accuse lors de la champagne) la « marionnette » de Poutine qu’il se dédit de sa vague promesse de «  s’entendre avec la Russie »

Ils  ne veulent pas s’entendre avec la Russie. Ils veulent plus d’expansion de l’OTAN, plus de confrontations. Ils sont furieux contre la victoire russo-syrienne contre les forces menées par Al Qaeda soutenues par les USA en Syrie, spécialement la libération d’Alep que les médias US (1) n’ont jamais pu couvrir n’ayant aucun journalistes sur place et peu d’intérêt puisque les événements de Syrie provoquaient d’une façon si puissante les points proposés par le Département d’état organisaient les reportages (2). Transformant systématiquement, comme la victoire tragique du mal, la victoire d’Assad sur une héroïque opposition imaginaire et (3) voyant le renforcement de la position de la Syrie comme la réémergence de la Russie comme superpuissance.  (ce qu’ils ne peuvent absolument pas accepter, au titre d’une sorte de conviction religieuse. Les USA de la doctrine officielle devant maintenir «  leur dominance sur un spectre entier » sur la monde et prohiber l’émergence de tout compétiteur possible, pour toujours.)

*****

La première Guerre froide était basée sur la peur de l’Occident capitaliste devant l’expansion socialiste. Elle était basée sur la compréhension que l’URSS avait battu les Nazis, avait une prestige extraordinaire dans le monde et représentait alors le centre du mouvement d’accès global au communisme dans le monde.  Elle était basée sur la crainte de voir plus de pays affirmer leur indépendance face à au capitalisme impérialiste, empêchant les investisseurs d’accèder le monde des affaires. Elle avait un contenu idéologique. Celle-ci n’en a pas. La Russie comme les USA sont engagés dans le capitalisme et l’idéologie néolibérale. Leurs conflits sont de mêmes natures que ceux des USA et de l’Allemagne au début du 20ième siècle. Le Kaiser était au moins aussi «  démocratique » que l’étaient les US, le système n’était pas le problème. Il s’gissait juste de s’affronter pour le pouvoir, et comme cela s’est produit, les uSA intervenant dans la Première guerre mondiale tardivement et après que tout le monde soit épuisé, n’eurent qu’à nettoyer la place. Lors de la deuxième guerre mondiale, en Europe, les USA avaient hésité à envahir le continent en dépit des appels répétés des Soviets à le faire, ils ont répondu à la chute de Berlin aux mains des forces armées rouges en déployant des témoignages de forces vers la ville afin de pouvoir en réclamer le crédit partagé.

Puis les choses se tendirent, après la guerre, établissant  leur hégémonie sur presque toute l’Europe – beaucoup, beaucoup plus d’Europe que celle devenue une zone pro-soviétique, qui s’est depuis la fin du Traité de Varsovie complètement évaporée. La Russie est une version tronquée, affaiblie de son ancien self. Elle ne menace les USA d’aucune des façons don’t les USA s’effrayent eux-mêmes. Elle ne s’étend pas sous forme d’alliance militaire, elle ne détruit pas le Moyen –Orient à travers des changements de régime justifiés auprès des Américains par une désinformation pure et simple. En septembre 2015, Putin a demandé aux US, aux Nations unies «  Réalisez-vous ce que vous avez fait ? »

Malheureusement, les habitants de ce pays ne sont pas éduqués par leurs écoles, par la presse ou même par leurs site web favoris, à réaliser ce qui s’est fait et à quel point c’est horrible, et comment tout est basé sur des mensonges. Les informations mensongères sont ce qui est à l’ordre du jour.

Le haut est le bas, le noir est le blanc, la Russie est l’agresseur, les USA sont la victime. Le nouveau président doit jouer avec son équipe et , au nom de dieu, comprendre que Poutine est l’Hitler de notre temps et si Trump veut s’entendre avec lui, il faudra qu’il devienne un joueur de l’équipe embrassant la plus basique de ces vérités  dans ce pays si particulièrement impérialiste : La Russie ( avec son patrimoine nucléaire, qui fait pendant à égalité avec celui des USA) est l’ennemi, dont chaque action se doit d’enflammer les sentiments anti-Russes,  comme le sentiment par défaut à l’égard de ce pays encerclé par l’OTAN, criblé de sanctions, non menaçant en place d’une relation raisonnable et prudente.

*****

L’affreux « correspondant national en chef » de CNN, John King ( ancien époux de Dana Bash,  l’également affreuse «  correspondante politique en chef » de CNN, vient juste de poser une question, avec un air d’agressivité irritée :  «  Qui Donald Trump respecte-t-il le plus ? Les services de renseignements US ou le type qui a commence Wikileaks ? »  (Assange)

IC’est une exigence pour le camp Trump d’acheter le jeu du blame sur les Russes, ou d’être accuse de diffamation comme proche du lanceur d’alerte motive piour exposer les crimes multiples de l’impérialisme US.

.Donc, la vraie question est : Est-ce que Trump joue le jeu et crédite les  « les services de renseignements »  qui génèrent des «  productions des services de renseignements » à la carte, ou est-ce qu’il repousse les poussées des bellicistes qui cherchent une épreuve de force avec la Russie de Poutine ? Est-ce que la seconde Guerre froide va tou »ner court gentiment ou culminer dans une conflagration que la « Destruction mutuelle assure » (MAD)  était supposée rendre impossible ?

La dernière solution serait plus que stupide. Mais les gens stupides – ou les gens sages exploitant cyniquement la stupidité des autres – modèlent l’opinion chaque jour et depuis la première Guerre froide se sont basés sur d’innombrables mensonges.

Gary Leupp est Professeur d’histoire à l’Université de Tufts et occupe un poste au Département des religions. Il est l’auteur de «  Servants, Shophands eand laborers in the town of Tokugawa au Japon, Male colors, The construction of homosexuality à Tokugawa, Japon, de Interratial intimacy in Japan, Westerne men and japanese women, 1543. 1900. Il est contributeur à “ Hopeless : Barack Obama etand the politics of illusion ( AK Press)s Professor of History at Tufts University, and holds a secondary appointment in the Department of Religion. He is the author of Servants, Shophands and Laborers in in the Cities of Tokugawa JapanMale Colors: The Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan; and Interracial Intimacy in Japan: Western Men and Japanese Women, 1543-1900. He is a contributor to Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion, (AK Press). 

Il peut être joint à gleupp@tufts.edu

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

 

 

Plus d’articles de :GARY LEUPP

 

Walter Lippman ” Public Opinion”. Extrait traduit

Traduction d’un bref passage, à l’ humour grinçant, de Walter Lippman ” Public Opinion”.
Ecrit en 1922, éclairé par la débâcle idéologique de la Première guerre mondiale, il est un des fondateurs de la réflexion sur les tenants du libéralisme, alors opposé au mouvement communiste qui prenait de plus en plus de place dans les débats de sociétés. Ce livre est une perle d’analyse des rouages de l’information et de la construction des stéréotypes à la fois individuels et collectifs, de même qu’une description pointue des caractéristiques de ce qui constitue les spécificités de l’esprit américain. Ce passage évoquera des stratégies bien connues et plus que jamais d’actualité d’autant que Lippman à qui un des premiers colloques sur la genèse du libéralisme fût dédié est également le créateur de deux concepts majeurs, celui de “Guerre froide” et lui aussi plus que jamais de circonstance de “fabrique de l’opinion”.

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“Il arriva alors au sein de la nation que la parti belliciste qui était au contrôle du Bureau des affaires étrangères, des postes clefs et de presque toute la presse eût des visées sur les territoires de plusieurs de ses voisins. Ces revendications territoriales étaient nommées “La grande Ruritanie ” par l’élite qui considérait Kipling, Teitschke et Maurice Barrès comme cent pour cent ruritaniens. Mais cette idée grandiose ne déclenchait à l’étranger nul enthousiasme. Aussi, apposant la fleur la plus fine du génie ruritanien, comme le disait leur poète lauréat, sur les cœurs, les hommes d’état ruritaniens partirent pour diviser et conquérir. Ils séparèrent la revendication en secteurs. Pour chacune des parties ils évoquèrent les stéréotypes à propos desquels un ou plusieurs de leurs alliés trouvèrent difficilement à redire, ces mêmes alliés espérant pouvoir faire aboutir leurs propres revendications territoriales en utilisant ces mêmes stéréotypes.
Le premier secteur se trouvait être une région montagneuse habitée par des paysans étrangers. La Ruritanie l’exigea pour parachever ses frontières géographiques naturelles. Si vous fixez votre attention assez longtemps sur la valeur ineffable de ce qui est naturel, ces étrangers se dissolvent dans la brouillard, et ne restent visibles que les pentes des montagnes.Le secteur suivant était habité par des Ruritaniens, et selon le principe qu’aucun individu ne devrait vivre sous des lois étrangères, il fût réannexé. Puis vint une ville d’une importance commerciale considérable, qui n’était pas habitée par des Ruritaniens. Mais au 18ième siècle, elle avait fait partie de la Ruritanie et suivant le principe du droit historique, elle fût réannexée. Un peu plus loin, se trouvait un magnifique gisement de minéraux appartenant à des étrangers et exploité par des étrangers. Suivant le principe de réparation des dommages de guerre, il fût annexé. Au-delà existait un territoire occupé à 97% par des étrangers, constituant une frontière géographique naturelle avec une autre nation n’ayant jamais historiquement fait partie de le Ruritanie. Mais une de ses provinces, ayant été fédérée à la Ruritanie, avait eu anciennement des échanges commerciaux avec elle et sa classe dominante était ruritanienne. Suivant le principe de défense de la supériorité culturelle et la nécessité de défendre la civilisation, le pays fût réclamé. Finalement, il y avait un port complètement déconnecté de la Ruritanie, à la fois géographiquement, économiquement, historiquement, ethniquement et traditionnellement. Il fût exigé sur la base de sa nécessité pour la défense nationale.”

Public Opinion. p.113 Walter Lippman

Le sucre est l’alcool des enfants Robert Lustig

 Le sucre est “ l’alcool des enfants”, pourtant nous le laissons dominer sur la table du petit-déjeuner breakfast table

Robert Lustig

 

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En moyenne, les céréales contiennent l’énorme quantité de 12 grammes de sucre, tout compris, dans leur présentation habituelle matinale.Photograph: Stockbyte/Rex Features

 

Avec les enfants consommant la moitié de leur dose de sucre journalière le matin, il n’est pas étonnant qu’ils soient atteints de diabète et de maladies du foie. Il nous faut nous battre contre les intérêts des multinationales.

Le petit-déjeuner est considéré par la plupart des experts en nutrition, y compris par la Public Health England, comme étant le repas le plus important de la journée. Il permet à votre cerveau et à votre métabolisme de se mettre en route et il supprime l’hormone de faim dans votre estomac de façon à ce que vous ne mangiez pas trop au déjeuner. Mais dans nos vies occupées, il est facile de se tourner vers ce qui est vite fait, bon marché ou possible à consommer rapidement. Des céréales froides, des flocons d’avoine tous prêts. Pour ceux gardant  les anciennes habitudes du «  Je vais servir quelque chose de chaud pour le petit-déjeuner »,  c’est un sandwich à chauffer au micro-onde. Tu dois y aller maintenant ? Une barre de granola, une barre protéinée, ou un smoothie au yoghourt.

Hélas, comme l’a découvert l’enquête du National Diet and Nutrition , ce que vous faites c’est de donner à votre enfant une énorme quantité de sucre avant de les faire partir : en moyenne la moitié de leur dose quotidienne. Il y a une raison pour laquelle l’ Organisation mondiale de la santé et le Département de l’agriculture des Etats unis   ont fourni des indices de limites maximales pour le sucre, parce qu’un régime trop riche en sucre cuit le foie et le cerveau de votre enfant; exactement comme l’alcool.

L’alcool fournit des calories mais pas de nourriture ( 7kcal/g). Il n’implique pas de réaction biochimique. Consommé régulièrement et à forte dose, l’alcool est toxique, indépendamment de ses calories et de la prise de poids qu’elles entraînent. Tous ceux qui y sont exposés ne deviennent pas dépendants mais suffisamment pour justifier une taxe et des restrictions d’accès, spécialement pour les enfants. Clairement, l’alcool n’est pas une nourriture- c’est une drogue dangereuse, parce qu’il est à la fois toxique et addictif.

Le sucre compris dans l’alimentation est composé de deux molécules : le glucose et le fructose. Le fructose, tout en étant source d’énergie ( 4kcal/g) est tout de même vestigial pour l’humain, encore, il n’entraîne pas de réaction biochimique. Mais le fructose est métabolisé par le foie exactement de la même manière que l’alcool. C’est pourquoi, quand il est consommé régulièrement et à fortes doses, le fructose est tout autant toxique et addictif,  indépendamment de ses calories et de ses effets sur le poids. Et c’est pourquoi vos enfants contractent maintenant des maladies dues à l’alcool,  (des diabètes de type deux et les stéatoses hépatiques) mais sans l’alcool, parce que le sucre est «  l’alcool des enfants »  et tout comme avec l’alcool, les boissons à fort taux de sucre sont liées à des problèmes comportementaux chez les enfants.

En moyenne, les céréales contiennent la quantité énorme de 212 grammes de sucre, tout compris, dans une portion moyenne. Aux USA, en 2011, l’Environmental Working Group (EWG) a identifié 17 marques de céréales pour le petit-déjeuner  dirigées vers les enfants dans lesquelles il sucre ajouté constituait plus de 50% de calories et 177 dans lesquelles il constituait 40% ou plus. En dépit de la notoriété de cette information, l’ enquête suivante  de l’EWG en 2014 a note qu’une seule marque de céréales pour le petit-déjeuner  parmi les pires de la liste avait réduit sa quantité de sucre.

Voici deux exemples des stratagèmes mis en œuvre par les multinationales pour accoutumer vos enfants au sucre. Considérons le son aux raisins secs, juste du son et des raisins n’est-ce pas ? Il y a 19 grammes de sucre dans une portion, mais le raisin n’en offre que 11 grammes. C’est parce que les raisins sont imbibés d’une solution de sucre afin de les rendre beaucoup plus sucrés. Deuxièmement, mes favoris – Lucky Charms – ils sont “ magiquement délicieux “-. Pourquoi ont-ils des marshmallows dans leur boîte ? Parce que les céréales coûtent plus cher que les marshmallows. Ils occupent de la place dans leur boîte et pourtant la compagnie les taxe plus. Une grande stratégie pour les affaires.

La conspiration du sucre

Mais ceci ne s’arrête pas là. Considérons un pot de yoghourt à la grenade, qui contient 19 grammes de sucre. Un yoghourt simple en contient 7 grammes, tout en lactose ( le sucre du lait) ce qui n’est pas un problème. Voilà pourquoi chaque yoghourt à la grenade contient 12 grammes de sucre ajouté. De plus l’industrie cache bien le sucre. Il existe 56 noms différents pour le sucre; en choisissant différents sucres comme le cinquième, le sixième, septième ou huitième ingrédient, il peut rapidement être ajouté aux ingrédients principaux. La US Food and Drug Administration a promis de changer les indications  afin d’abolir ces pratiques, mais l’EU doit encore donner suite.

Voici un des dangers les plus pernicieux dansla nourriture des enfants et des nouveaux-nés En 2015, le Centre de contrôle des maladies (US Centers for Disease Control) a examiné les informations nutritionnelles de 1074 produits alimentaires à l’usage des enfants et des nouveaux-nés. Il a trouvé que 32% des repas pour nouveaux-nés, la majorité des en-cas pour enfants et les jus de fruits pour les enfants contenaient au moins une source de sucre ajouté, avec 35% des calories provenant du sucre.

Ne laissez pas votre enfant devenir perdant en succombant aux intérêts des multinationales. Faites leur prendre un vrai petit-déjeuner de champion.

Les enfants consomment la moitié de leur dose de sucre au petit-déjeuner; Une étude.

La Santé publique du Royaume-uni a lancé une application pour lire les codes-barres après avoir trouvé que les moins de dix ans consomment trois fois plus de sucre que la limite recommandée.

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Les céréales sucrées, avec les boissons et les pâtes à tartiner, contribuent en moyenne à fournir 11 grammes de sucre pris par les enfant avant qu’ils se rendent à l’école. Photograph: Alamy

 Matthew Taylor

Les enfants en Angleterre consomment la moitié de la limite recommandée de leurs apports en sucre au petit-déjeuner, et à la fin de la journée ont absorbé plus de trois fois la limite supportable, selon une étude Public Health England (PHE).

L’étude, basée sur l’enquête annuelle de  National Diet and Nutrition Survey, a trouvé qu’en moyenne les enfants aborbent l’équivalent de trois morceaux. de sucre – 11 grammes- avant d’aller à l’école, principalement des céréales sucrées, des boissons  et des pâtes à tartiner mais qu’en dépit de cela huit sur dix parents pensaient que le déjeuner,de;leur;enfant était sain.

La PHE lance une campagne afin d’éveiller la vigilance sur les problèmes de santé liés au trop grand apport de sucre. Ils ont développé une application afin que les consommateurs puissent déterminer combien les produits contiennent de sucre, de sel et de graisse.

«  Les enfants consomment beaucoup trop de sucre et la plus grande quantité est consommé avant leur première leçon quotidienne “ dit  Alison Tedstone, la nutritionniste responsable de PHE. “Il est crucial que les enfants prennent un petit- déjeuner sain mais nous savons que les matins dans une maison active peuvent être compliqués. C’est pourquoi nous avons développé cette application Food smart, afin de réduire la pression pesant sur certains parents et à les aider à choisir des aliments et des boissons plus équilibrés pour leurs enfants. »

La dose maximum recommandée pour une enfant entre 4 et 6 ans est de cinq morceaux de sucre par jour, pour un enfant entre 7 et 10 ans, elle est de six morceaux par jour. L’étude de la PHE basée sur une enquête représentative de 100 personnes a trouvé que les enfants de moins de 10 ans consommaient en moyenne plus de trois fois ces quantités.

.Sara Stanner, Directrice du departement des sciences à la Fondation britannique pour la Nutrition dit : “ quand nous analysons les petits –déjeuners des familles à travers l’Angleterre, nous sommes inquiets de voir la grande quantité de sucre libre et la faible quantité de fibres dans beaucoup d’entre eux.

«  Nous savons qu’un petit-déjeuner équilibré peut contribuer d’une façon importante à l’apport vitaminique et minéral et que sa consommation est liée à des résultats positifs sur la santé. Il y a beaucoup d’autres solutions plus saines disponibles et nous devons donc mener des campagnes comme Change4Life afin d’aider les familles. »

La Obesity Health Alliance, un groupe de plus de 30 organismes caritatifs majeurs, colléges médicaux et groupes de campagne, a également favorablement accueilli le changement, disant que les outils en ligne qui permettaient de vérifier le sucre et les graisses dans les produits de consommation pouvait aider les parents et les familles à faire de meilleurs choix alimentaires.

Plus d’un enfant sur cinq est en surpoids  ou obèse en commençant l’école primaire et le nombre monte à un tiers quand il la quitte.

Le gouvernement de Theresa May’ a été largement critiqué en 2016 après avoir  abandonné ses engagements précédants  de mettre des limites aux publicités pour la nourriture toxique et sur le rayonnage des produits malsains dans les magasins.

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 Le chef et responsable de la campagne pour une nourriture saine Jamie Oliver. Photograph: ITV/Rex/Shutterstock

Le chef et militant Jamie Oliver accuse les ministres d’abandonner les jeunes enfants et leurs parents en décrivant les stratégies pour combattre l’obésité comme “ les mêmes vieux trucs qui ne marchent pas depuis vingt ans.”

Comme part de la stratégie, le gouvernement est supposé créer     une taxe sur le sucre à partir d’avril 2018, qui va augmenter le prix des sodas. Il a dû subir des pressions de la part de l’industrie pour réduire ou éliminer cette taxation.

La Obesity Health Alliance dit qu’il est important que le gouvernement continue à appliquer une lutte robuste contre l’obésité.

« Les choix de santé ne sont pas toujours des choix faciles, il est donc important que nous ayons des mesures comme la taxation des industries des boissons non alcoolisées et le programme de réduction du sucre, du sel et des graisses afin d’aider à créer un environnement plus sain global. »

Le PHE va lancer cette campagne à travers la télévision, la publicité d’affichage extérieur et le net à partir de mardi. Plus de 4.5 millions de packs gratuits “ Be food smart” seront distribués aux enfants d’âge scolaire via les écoles et les autorités locales, un spectacle fera le tour d’Angleterre à partir du 9 janvier.

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Enquête ” A spoonful of sugar” sur le lobbying du sucre par a Corporate European Observatory

 

Faire de la Russie ” l’ennemi ” par Robert Parry

Making Russia ” the enemy “

Faire de la Russie “ l’ennemi”

Robert Parry

Le 15 Décembre 2016

 

Exclusivité :  Malgré des points de vue s’opposant sur les origines des fuites des emails du parti démocratique, la frénésie à propos d’un soi-disant rôle russe est entrain de conduire les USA de plus en plus profondément dans une nouvelle guerre froide coûteuse et dangereuse  Robert Parry

L’hystérie montante à l’égard de la Russie se comprend mieux si elle correspond à deux besoins prioritaires de Washington : le complexe militaro-industriel transitant d’une “ guerre à la terreur”  vers une plus lucrative “ nouvelle guerre froide” – et le désamorçage de la menace que peut représenter le Président Trump à l’interventionnisme de l’establishment libéral et conservateur.

En faisant un tapage publicitaire de la “ menace” russe, les néo-cons. Et leurs proches libéraux, qui incluent la plupart des organes de presse et d’informations  des USA, peuvent garantir un plus gros budget militaire vote par le Congrès. Le battage met aussi en mouvement le blocage de tous changements significatifs.

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Scènes hivernales  au Square rouge de Moscou  Décembre (Photo by Robert Parry)

Certains Démocrates espèrent même empêcher Trump d’accéder à la Maison Blanche en ayant la CIA, dans les faits, faire pression sur Le Collège électoral avec des contes effrayants où la Russie serait en train de régler les élections pour Trump. Les Grands électeurs se rencontrent le 19 décembre afin  d’officialiser leurs votes, supposé refléter les jugements de chaque votant dans chaque état, mais il est concevable que les Électeurs basculent leur voix de Trump vers Hillary Clinton ou vers quelqu’un d’autre.

Mercredi, le rédacteur libéral E.J Dionne, a rejoint l’appel aux Grands électeurs de modifier leurs votes écrivant : : « La question est de savoir si Trump, Vladimir Putin ou peut-être le vote populaire en faveur de Clinton, vous donne des raisons suffisantes pour faire exploser le système. »

Que les Démocrates souhaitent que la CIA, qui est interdite d’intervention sur place en partie à cause de son rôle historique dans l’influence des élections dans d’autres pays, joue un rôle identique aux USA montre à quel point le Parti démocrate est désespéré.

Et bien que le New York Times et d’autres gros dispositifs d’information  reporte comme un fait   que la Russie a piraté les emails du parti démocrate et donné les informations à Wikileaks, l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne, un proche associé du fondateur de Wikileaks Julian Assange, a déclaré au London Daily Mail qu’il avait personnellement reçu les renseignements  d’un Démocrate «  dégoûté ».

Murray a dit qu’il avait voyage de Londres à Washington pour un rendez-vous clandestine avec une des sources des emails en septembre, qu’il avait alors reçu le paquet entier dans une aire boisée près d’une Université américaine.

 

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L’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne Craig Murray

«  Aucune des fuites, du Comité national démocratique ou du responsable de la campagne de Clinton Podesta, ne venait des Russes » dit Murray, ajoutant «  Les sources avaient un accès légal à l’information. Les documents viennent d’une fuite pas d’un piratage. »

Murray a dit que le membre autorisé se sentait  « dégoûté par la corruption régnant dans la Fondation Clinton et le niveau des luttes sur le terrain lors de la primaire jouant contre Bernie Sanders. » Murray a ajouté que la rencontre s’était effectuée avec un intermédiaire du Démocrate impliqué, et pas avec ce Démocrate lui-même directement..

Si l’histoire de Murray est vraie, cela crée plusieurs scénarios alternatifs : les plaintes des services de l’Intelligence US sont fausses, que les Russes ont piraté les comptes emails des Démocrates en gardant les renseignements pour leurs propres services sans les confier à Wikileaks, ou que Murray a été trompé à propos de l’identité du premier responsable des fuites.

Mais l’incertitude crée la possibilité que les Démocrates soient entrain d’utiliser un renseignement de la CIA douteux afin de renverser les résultants d’une élection présidentielle américaine, en fait, impliquant la CIA dans un “ changement de régime” intérieur.

Une autopsie reportée

Toutes ces manœuvres permettent également au parti Démocrate de retarder l’examen des causes de son échec auprès de tant de travailleurs auprès desquels il a d’habitude un grand nombre de votants, comme en Pennsylvanie, dans le Michigan, ou dans le Wisconsin.

Plutôt que d’accepter le blâme pour avoir présélectionné un candidat imparfait et pour avoir ignore tous les signes d’avertissement à propos de la résistance du public à son choix, les Démocrates ont pointé du doigt à peu près tout ailleurs. Du directeur du FBI James Comey parce qu’il ravivait brièvement la question des emails de Clinton, au candidat du troisième parti  qui siphonnait les votes, à l’archaïque Collège électoral qui a nié le fait que Clinton avait emporté le vote populaire et maintenant, aux Russes.

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 Directeur du FBI James Comey

Bien qu’il puisse se trouver quelque validité dans toutes ces plaintes, la frénésie excessive qui entoure la déclaration encore improuvée que le gouvernement russe avait subrepticement orienté les élections en faveur de Trump crée une dynamique tout particulièrement dangereuse.

Dans un premier temps, cela a amené les Démocrates à soutenir des concepts orwellien-Mac carthystes, comme ceux de la création d’une «   liste noire des sites internets. »  l qui amène à questionner la «  sagesses conventionnelle » des officiels de Washington et les place comme des pourvoyeurs de la « propagande russe » et des « informations falsifiées ». À u autre niveau, cela cimente le rôle du parti démocrate en tant que parti de la guerre, favorisant l’escalade d’une nouvelle guerre froide avec la Russie en augmentant le niveau des sanctions à l’encontre de la Russie et allant jusqu’à chercher des provocations militaires avec les Russes dans les zones de conflit comme la Syrie et l’Ukraine.

Une des aspects les plus dangereux de la perspective de présidence pour Hillary Clinton est qu’elle aurait appointé des néo-cons, comme l’Assistant-secrétaire d’état pour les affaires européennes Victoria Nuland et son mari, co-fondateur du Project for the New American Century (Projet pour un siècle néo-américain) Robert Kagan, aux positions les plus hautes de la politique étrangère.

Bien que le risque est passé de voir le Electoral College assumer la défaite électorale de Clinton lundi, Les Démocrates se joignent à la champagne de dénigrement de la Russie, rendant difficile d’envisager comment le parti pourra revenir à son rôle plus récent de «  parti de la paix », ( du moins au regard des terriblement belliqueux républicains)

 

Lieux d’échanges

Les lieux d’échange potentiels des deux partis à cet égard – avec Trump favorisant une détente géopolitique et les Démocrates battant le tambour pour plus de confrontation militaire- n’augure que très mal du regain de bases politiques pour les Démocrates avant longtemps.

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Place rouge à Moscou avec le festival d’hiver à la gauche et le Kremlin à la droite, le 6 décembre 2016  (Photo by Robert Parry)

 

Si les leaders démocrates appuient, en accord avec les Républicains néoconservateurs pour une escalade d’une nouvelle guerre froide avec la Russie, ils peuvent générer une césure du parti entre les va-t-en guerre et les pacifistes, un schisme qui se serait vraisemblablement produit si Clinton avait été élue mais qui va maintenant se produire de toute façon, mais sans le bénéfice du parti tenant le Maison blanche.

Le premier test pour cette alliance Démocrates-néo-cons  émergeante peut être celui du choix de Trump pour le poste de Secrétaire d’état, le PDG d’Exxon-Mobile Rex Tillerson, qui n’exhibe pas la  haine viscérale de Vladimir Poutine que les Républicains semblent encourager.

En tant que responsable de sa compagnie, Tillerson semble partager le côté de la « politique-pour-de vrai » de Trump, l’idée que faire des affaires avec les rivaux a plus de sens que les conspirations pour forcer  “ « changement de régime » sur «  changement de régime ».

Pendant les dernières décennies, l’approche “ changement de régime” a été le choix à la fois des néo-cons et des interventionnistes libéraux et a été conduit à la fois par des administrations républicaines et démocrates. Parfois elle est menée à bien à travers la guerre et parfois à travers de “ la révolution de couleur”, toujours sous le costume idéaliste de “ la promotion de la démocratie” ou de la “ protection des droits humains fondamentaux”

Mais le problème est que la stratégie néo-impérialiste a échoué misérablement à améliorer les vies des peuples vivant dans les pays soumis au “changement de régime”.  Au lieu de ça, le chaos s’est développé à travers de grandes parties du globe et a maintenant même déstabilisé l’Europe.

Malgré tout, une solution envisage par les néo-cons et  de leur doublures va-t-en guerre libérales est de simplement forcer l’application de plus de «  changements de régime » dans la gorge des populations. La nouvelle «  grande idée » est de déstabiliser la Russie, équipée en armes nucléaires en faisant craquer son économie et en alimentant autant d’éléments anti-Poutine que possible pour créer une  « révolution de couleur » à Moscou. Pour justifier ce schéma risqué, il a été offert de larges pans de propagande anti-russe, maintenant financée par des dizaines de millions de dollars venant de la poche du contribuable et étant poussée par les officiels gouvernementaux fournissant des instructions aux médias populaires pour leur écoulement.

Cependant, comme lors des précédents plans de “ changement de régime”  les néo-cons et les va-t-en guerre libéraux n’envisagent jamais le scenario jusqu’à son terme. Ils supposent toujours que tout va marcher comme convenu et que certains «  leaders de l’opposition » bien vêtus ayant participé à leurs conférences vont simplement être promus au poste suprême.

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L’Assistante du Secrétaire d’état aux affaires européennes et eurasienne, Victoria Nuland, lors d’une conférence à l’Ambassade US de Kiev, en Février 2014. (U.S. State Department photo)

 

Rappelons-nous en Irak, ce devait être Ahmed Chabali qui était apprécié à Washington mais complètement rejeté par son people. En Libye, il ya eu une parde de leaders approuvés par les US qui ont tous échoué dans le rassemblement du pays.

En Ukraine, le choix de Nutland, Arseniy – “Yats est notre type” Yatsenyuk – a démissionné il ya quelques mois cette année, au milieu d’un large rejet du public après avoir entamé de large réductions dans les budgets des programmes sociaux,  alors même que les officiels gouvernementaux soutenus par les US à Kiev continuaient à siphonner la trésorerie ukrainienne  et les aides économiques inappropriées.

 

 Déstabilisation d’une puissance nucléaire

Mais la notion de déstabilisation de la Russie, équipée d’un armement nucléaire est encore plus farfelu que les fiascos précédents. Les suppositions des bellicistes néocons.libéraux est que les Russes- posse à leurs limites par les sanctions occidentales. Renverseront Putin et installeront une nouvelle version de Boris Yeltsin qui laissera alors intervenir les conseillers financiers US et l’accès aux richesses énormes de la Russie.

Bien sûr, c’est l’état Yeltsin et la bien-aimée thérapie de choc de l’Ouest quia é créé les conditions désespérées précédant la montée de Putin et de son nationalisme autocratique, qui, avec tous ses defaults, a tout de même amélioré la vie de la plupart des Russes.

 

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De brillantes illuminations sur la Place rouge Le 6 décembre 2016. (Photo by Robert Parry)

 

Et la plus vraisemblable conséquence du  “ changement de régime” prôné par les bellicistes néo-cons-libéraux serait l’émergence de quelqu’un encore plus nationaliste – et peut-être moins stable que Putin- qui est considéré par tous même par ses critiques comme froid et calculateur.

La perspective d’un extremist nationaliste russe mettant la main sur les codes nucléaires devrait réveiller quelques frissons le long de la colonne vertébrale des Américains et bien sûr de tout humain sur cette planète. Mais c’est la pente sur laquelle semble être les décideurs démocrates avec leurs commentaires de plus en plus hystériques sur la Russie.

Le Comité national des démocrates a produit la déclaration mercredi accusant Trump de donner aux Russes un cadeau avant les vacances qui ressemble à un remboursement” Il est assez simple de connecter les données, La Russie s’est impliquée dans les élections de façon à favoriser Trump et maintenant il leur offre le PDG d’Exxon mobile Tillerson secrétaire d’état comme dédommagement.

Mis à part le fait d’ajourner l’ autopsie désespérément nécessaire des raisons pour lesquelles les Démocrates ont échoué à ce point dans un élection contre un Donald Trump largement malaimé, la nouvelle manœuvre   “ c’est la faute des Russes” menace de compromettre les Démocrates et leurs politiques favorites d’une autre façon.

Si les Démocrates votent massivement contre Tillerson et contre les autres responsables de la politique étrangère nommés par Trump, exigeant qu’il choisisse des individus satisfaisant le bellicisme des néo-cons et des libéraux va-t-en guerre, Trump pourrait être poussé plus avant dans les bras de l’extrême-droite républicaine, leur accordant plus sur les questions de politique intérieure afin de s’assurer de leur soutien quant à ses buts en politique étrangère.

Cela pourrait se terminer par un effet rétroactif sur les Démocrates alors qu’ils verraient d’importants programmes sociaux abandonnés en échange de leur alliance douteuse avec les néo-cons.

Depuis le Président Clinton, les Démocrates ont fait la cour à des factions néo-cons, pensant apparemment qu’ils ont de l’influence parce qu’ils dominant de nombreux organes de presse et des think-tanks de Washington. En 1993, comme cadeau de remerciement aux éditeurs néo-cons de the New Republic qui l’ont supporté, Clinton a choisi l’idéologue néo-con James Wollsey comme tête de la CIA, une des décisions personnelles de Clinton les plus désastreuses.

Mais en vérité, les néo-cons ont beaucoup moins d’influence sur l’électorat US que ce que croit Clinton. Vraisemblablement, ils se limitent à une clique d’initiés de Washington qui sont considérés comme des va-t-en guerre par de nombreux Démocrates pacifistes et qui représentent plutôt une force négative quand il s’agit de gagner des votes.

Je me suis entretenu avec de nombreux Démocrates traditionnels qui n’ont pas vote pour Hillary Clinton parce qu’ils craignaient qu’elle ne poursuive une dangereuse politique internationale néo-con.  De toute évidence, il ne s’agit pas là d’une enquête scientifique mais d’une évidence anecdotique qui suggère que les connexions néo-cons de Clinton auraient pu être un autre handicap dans sa campagne.

Estimer la Russie

J’ai également entrepris un test personnel limité afin de vérifier si la Russie est l’état policier que la propagande américaine dépeint, un pays ayant soif de se libérer de la pression violente de Vladimir Putin (bien qu’il ait enregistré 80% d’approbation dans les statistiques)

 

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Un couple marchant le long du mur du Kremlin, le 7 décembre 2016 (Photo by Robert Parry)

Lors de mon voyage de la semaine dernière en Europe, qui comprenait des arrêts à Bruxelles et à Copenhague, j’ai décidé de faire un voyage parallèle à Moscou, que je n’avais jamais visité auparavant. Ce que j’ai découvert était une ville impressionnante, étonnamment ( pour moi du moins) occidentalisée avec des magasins franchisé américains et européens nombreux, y compris les omniprésents Starbucks et MacDonald. ( Les Russes servent  le lait gingerbread avec un petit gâteau au gingembre)

Bien que les responsables officiels russes n’aient pas accepté de me recevoir, un reporter américain en ces temps de tension, la Russie n’avait pas l’apparence d’un pays très répressif. Lors de mes années passées à couvrir la politique étrangère américaine au Salvador dans les années 80 ou à Haïti dans les années 90, j’ai fait l’expérience de ce qu’un état policier est censé être, là où des escadrons de la mort jettent les corps dans les rues. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti en Russie, juste une ville moderne avec des gens s’affairant sous les premières chutes de neige.

La présence de la police sur la Place rouge près du Kremlin n’était pas aussi équipée que celle près des bâtiments gouvernementaux à Washington. Au lieu de ça, il régnait plutôt un air de fête anticipée sur la Place brillamment éclairée, avec une large patinoire entourée de petits stands vendant du chocolat chaud, des jouets, des vêtement d’hiver et d’autres marchandises.

D’accord, mon temps et mes contacts avec les Russes furent limités – d’autant que je ne parle pas le Russe et que la plupart d’entre eux ne parlent pas l’Anglais- mais j’ai été frappe par le contraste entre l’image sinistre créée par les médias occidentaux et la Russie que j’ai vu de mes propres yeux.

Ceci m’a rappelé comment le Président Reagan avait dépeint les Nicaragua sandiniste, comme un “ donjon totalitaire” avec un état militaire près à marcher sur le Texas, mais où j’avais trouvé, en voyageant à Managua, un pays du tiers-monde se remettant à peine d’un tremblement de terre, avec des structures de sécurité très faibles en dépit de la guerre contra qu’avait entamé le Président Reagan contre le Nicaragua.

En d’autres termes la , “gestion de la perception” t” reste le principe Guidant la façon dont le gouvernement américain traite le people américain, l’effrayant avec des contes de menace étrangère exagérés puis manipulant nos peurs et nos idées fausses.

Aussi dangereux que cela puisse être en parlant du Nicaragua, de la Libye ou de l’Irak, les risqué sont exponentiellement plus élevés en ce qui concerne la Russie. Si le peuple américain se rue dans une nouvelle guerre froide basée plus sur des mythes que sur la réalité, le coût minimum pourrait être de milliards de dollars dégagés des dépenses intérieures vers le complexe militaro-industriel. Un coût encore plus élevé serait un mauvais calcul par l’un ou l’autre bord qui amènerait la fin de la planète.

Aussi, comme les Démocrates se projettent dans leur avenir, ils doivent décider si ils souhaitent devancer les Républicains en tant que  “parti de la guerre” ou s’ils veulent réduire l’escalade des tensions avec la Russie et commencer à répondre aux besoins pressants des Américains.

 

 

Le journaliste d’investigation Robert Parry  a cassé de nombreuuses contre-histoires sur l’Iran pour l’Associated Press et les Newsweek en 1980.  Vous pouvez vous procurer son dernier livre, America’s Stolen Narrative, ou sous la forme imprimée ici  ou en elivre chez Amazon et barnesandnoble.com).

 

 

Article  à consulter : L’hystérie de la Guerre froide  The Nation

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

CHABUDUO ” Bien assez bon ” James Palmer

Chabuduo ” Good enough ” 

 

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James Palmer est un écrivain et éditeur britannique. Il est l’auteur de  The Death of Mao: The Tangshan Earthquake and the Birth of the New China (2012) et de The Bloody White Baron: The Extraordinary Story of the Russian Nobleman Who Became the Last Khan of Mongolia (2008). Il vit à Pékin.

Edité par Marina Benjamin

 

Dans notre appartement au centre de Beijing, nous menons un combat d’arrière garde quotidien contre l’entropie. Le miroir de ma garde-robe est sorti de ses charnières il y a six mois et est maintenant en appui contre le mur, un parmi les nombreux dégâts domestiques. Chacune de nos installations électriques nécessite une ampoule différente, et le quart est cassé d’une façon définitive. Dans la chambre, l’appareil de climatisation au plafond étale sa moisissure à travers un trou dans le mur, empli de vieux vêtements afin d’éviter les fuites, pendant que la porte du balcon, n’ayant plus de joint, a une serviette à ses côtés afin de bloquer que l’eau de pluie ne passe à travers. Sur les marches au dehors, je dois baisser la tête chaque jour afin d’éviter un énorme nœud de fils pendants qui conduisent le courant électrique et l’internet, quand le vent se lève, les connexions sont lentes dès que les fils se balancent.

L’appartement a cinq ans. Suivant les standards chinois, il est au dessus de la moyenne. Nos toilettes fonctionnent, alors que dans les maisons de nombreux amis, tirer la chasse d’eau est une opération aussi complexe que de contrôler les crues du Nil. Les prises ici ne libèrent pas des étincelles bleues quand on les connecte et elles fonctionnent toutes à part deux. Aucune ampoule n’a jamais explosé et le miroir a simplement cassé plutôt que de tomber spontanément hors de son cadre. La douche n’est pas située près du bloc électrique et protégée par rien d’autre qu’un mur de Placoplatre pourrissant.

Je crois en l’épigramme de Hilaire Belloc écrit en 1911 :

C’est l’affaire de l’homme riche de donner du travail à l’artisan.

Je ne peux pas prétendre être riche, même en Chine et les artisans sont peu nombreux et précieusement préservés. La plupart du temps, lorsque je demande de l’aide, j’ai du rester dans une sale de bains inondée avec un jeune homme paniqué m’assurant qu’il pense pouvoir remettre les tuyaux en ordre. Mon temps en Chine m’a appris le plaisir et la valeur de l’artisanat simplement parce que c’est si rare. Voir quelqu’un faire un travail correctement, et pas juste pour sa propre récompense mais pour la satisfaction du travail bien fait excite mon cœur, que ce soit la cuisine, la fabrication de bougies ou la réparation de bicyclette. Quand j’ai déménagé il ya quelques années, j’ai observé avec un délice authentique les quatre hommes maigres et nerveux déshabiller mon ancien appartement jusqu’à l’os en moins de dix minutes, balançant négligemment les sofas et bureaux sur leur dos et remplissant le camion aussi précisément que des joueurs de Tétris expérimentés.

Mais de telles scènes sont un rare plaisir (Et, après avoir perdu la carte de mes maîtres-déménageurs, la fois suivante, l’équipe fit une imitation remarquable des Trois corniauds).

L’attitude plutôt est celle du chabuduo ou «  bien assez bon ». C’est une phrase que vous entendrez d’une façon récurrente, une phare qui évoque un travail effectué à 70%, un plan d’ébauche jamais achevé, un calibre non vérifié ou une prise posée de la mauvaise taille. Chabuduo est l’opposé corrosif du savoir–faire artisanal, du désir, comme l’écrit le sociologue Richard Sennett dans ‘ L’artisan »The Craftsman (2008), de rejeter le désordre, de rejeter le travail simplement «  assez bon ». Chabuduo implique que consacrer plus de temps ou de travail pour telle pièce serait un acte de folie. La Chine est le pays de la précipitation, du travail “ bien assez bon” pour le gouvernement.

 

Cependant, il y a quelquefois de la brillance dans le chabuduo. Une des nécessités quotidiennes sous Mao était l’improvisation. Trouver des moyens de maintenir des luxes irremplaçables comme les tracteurs ou les machines-outils en état de marche en dépit de pièces manquantes ou de chaînes d’approvisionnement interrompues. À l’occasion, c’était applaudi comme une science de paysan ou une vertu stakhanoviste mais le plus souvent cela signifiait cela impliquait des ennuis si c’était repéré par votre supérieur, puisque le Maoïsme faisait le plus souvent correspondre l’appel à la révolution avec l’insistance pédantesque à l’application de la routine correcte, tout spécialement dans les usines et les fermes. L’improvisation pouvait se voir accuser de «  sabotage »- pourquoi réparer vous un problème que vous n’avez pas causé ? Et d’autre part, pourquoi ya aurait-il un problème quand tout est si merveilleusement planifié du sommet ?

Mais l’improvisation était un talent vitalement nécessaire et un talent développé avec génie parmi la population des seniors, maintenant âgés de soixante ans et plus : une capacité à dépasser le faire durer et réparer pour l’amener au genre de compétence montrée par une équipe enfermée dans une étable par des vilains et construisant un véhicule blindé à partir de rien d’autre que des outils de jardinage et de vieux pneus. Plus communément, le chabuduo est le domaine de l’oncle du village qui a grandi avec rien et peut trouver une solution à tout à partir de deux morceaux de fil et de quelques bandes adhésives. Le portail cassé ? Ne t’en fais pas à trouver une nouvelle serrure, nous la réparerons avec un fil, ce sera «  bien assez bon ».

De nos jours, la campagne est pleine d’inventeurs isolés qui construisent leur propre avion trépidant ou leur sous-marins d’étang à partir de débris, ou élaborent des catapultes de grande envergure afin de résister aux équipes de démolition. Leur génie mécanique n’a nulle part où aller, ils sont aliénés à un monde de réparation agricole et de projet un peu fous. Mais à petite échelle, c’est perceptible partout même dans les grandes villes, des salons de trottoirs composés de meubles abandonnés où fainéants et grand-pères jouent aux cartes pendant l’après-midi, jusqu’aux nombreux abris pour chats errants construits par les protecteurs des animaux de Beijing.

Cependant chabuduo est aussi le déni décontracté du problème : Oh, ta porte de va pas dans son cadre ? Chabuduo, tu t’habitueras à l’ouvrir à coup de pied. On t’a envoyé une chemise trop grande de deux tailles ? Chabuduo, de quoi te plains-tu ?

 

Dans mon vieil immeuble, l’entrée du parking souterrain état recouverte par une moitié de cylindre en lourd plastique bleu de 20 mètres de long. Personne n’avait noté que ça ferait un piège à vent particulièrement efficace et il avait été grossièrement cloué contre les fondations en brique. Chabuduo, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Quand un orage l’a touché, les clous ont sauté à cause de la pression et le cylindre a été envoyé à travers l’enceinte, heurtant les tables et les arbres. Je suis descendu le matin et je l’ai trouvé recouvrant toute la pelouse comme une aile de jumbo jet échoué. Nous avons eu de la chance, personne n’a été tué. Mais derrière les désastres chinois  le  « bien assez bon » engendre plus que souvent autre chose que des troubles ponctuels : les compromis qui sont de simples ennuis dans la vie quotidienne deviennent mortels quand ils arrivent à l’échelle industrielle. Des problèmes qui peuvent être détournés par un œil expert ou une routine quotidienne deviennent des obstacles mortels quand ils sont produits des millions de fois dans toute la nation.

Les morts s’additionnent : des sites de construction où les hommes se balancent au bout de longueur de vieilles courroies attachées les unes aux autres à la viande transportée dans les camions non réfrigérés en passant par les incendies dans des appartements à l’installation électrique défectueuse.

Considérons simplement l’année dernière. Vous n’avez pas une chambre froide correcte pour les vaccins ? Bien, mettez un peu de glace dans les colis et envoyez les par la poste. Chabuduo et les enfants meurent en toussant. Pourquoi emmener les déchets vers un site de retraitement ? Empilez-les là où tout le monde le fait. Chabuduo, et 91 personnes sont écrasées par un glissement de terrain à Guangdong. Trier les matériaux dangereux ? Pourquoi s’en faire, mettez juste les nitrates par ici. Et la charge explosive explose à Tianjin, le principal port du nord de la Chine, incinérant 173 personnes.

«  Il y a une explosion du niveau de celle de Tianjin chaque mois » me dit un membre de l’équipe du programme national de sécurité professionnelle qui a demandé de rester anonyme. «  Mais ils arrivent principalement dans des lieux qui n’importent à personne. »  Des désastres dus au manque de précaution arrivent sans arrêt, quand une centrale chimique explose  à Tangshan en Mars 2014, un ami m’a dit comme l’équipe de direction était soulagée quand le Boeing 370 malaisien a été porté disparu le jour suivant, engouffrant toutes les autres nouvelles et assurant le fait que personne, sauf les 13 veuves, n’allait rien remarquer.

Mais les petits nombres de morts s’entassent : sur les sites de construction où les ouvriers manipulent des lampes à souder sans lunettes de protection, où se balancent accrochés à des cordes usées attachées les unes aux autres, à cause des empoisonnements dus à  la viande transportée dans des camions non réfrigérés, en passant par les feux qui prennent à cause des réseaux électriques mal branchés, non remarqués et non pris en compte par les institutions supposées leur devoir protection.

Beaucoup de villes chinoises sont à moitié des chantiers. Je me suis promené dans des allées qui ressemblaient à des images de Super Mario, pleines de roués grinçantes lâchant des bouquets d’étincelles hyper-chaudes, briques tombant des échafaudages sans avertissement et de cordes tendues sur le trottoir. «  Pourquoi ne mettez-vous pas de balises autour de ça ? Ai-je demandé un fois, montrant un trou béant à côté de la route, assez profond pour s’y briser le cou. Les travailleurs migrants ont levé les )épaules : «  Personne ne nous a dit de le faire ».

Dans un  article, de 1921, le critique Hu Shih a tourné le chabuduo en sa parabole éponyme. « Monsieur Cha Buduo ” son protagoniste vit sa vie suivant le principe du “ bien assez bon. «  Vous avez certainement entendu les gens parler de lui »,   écrit Hu ; « tant de personnes prononcent son nom chaque jour. »

Monsieur Cha Buduo ne comprend pas pourquoi il rate son train en arrivant à à 8.32 au lieu de 8.30, ou pourquoi son patron se met en colère quand il écrit 100 au lieu de 10, ou pourquoi Islande est différent de Irlande. Il tombe malade et fait venir le Docteur Wang mais finit avec Mr. Wang, le vétérinaire par erreur. Mais il s’en sort, rassuré par le fait que vie ou mort, au fond sont assez proches.

Pour Hu, la cure de ce vague malaise allait être la modernité, le tic tac de l’horloge de la gare, le décompte soigneux des livres, le remède prescrit par le docteur. Il voulait mettre une fin à la vénération du désordre, mysticisme et incompétence qui, dans sa parabole, amènent la public a finalement consacrer Mr. Chabu Duo Saint bouddhiste et «  Grand maître de la flexibilité ». Les contemporains de Hu, éduqués au Japon ou aux USA, tardaient à embrasser la modernité d’une nouvelle nation, et de la jeter avec toute la poussière accumulée. Mais le flot de la modernité, déjà pénétrant dans les villes de Chine bien avant l’époque de Hu Shih n’a pas amené l’attention et la précision, ils les a détruits.

 

Même avant l’époque de Hu, la surpopulation et la globalisation touchèrent la Chine durement, amenant des migrations énormes lors de la fin du 19ième siècle. Le peuple chinois se battait avec les nouvelles technologies et des normes gouvernementales dont il n’avait pas l’expérience. Les désastres de la guerre et de la révolution craquelèrent ce que la tradition avait laissé. Aujourd’hui, depuis le saut de la Chine tête la première dans la modernité qui commença en 1979, l’urbanisation de masse, les migrations internes et le constant flux de changements ont érodé la plupart des traces de savoir-faire pour lequel ce pays était jadis renommé.

Plus tôt cette année, dans le palais Topkapi d’Istanbul, j’ai fait la fête, visuellement, dans des assiettes de la dynastie Ming datant du 16ième siècle, que les sultans ottomans appréciaient, la brillance encore intact et chacune d’entre elles marquée fièrement au tampon de son fabricant. Notre sens du passé matériel peut être orienté vers le beau et le raffiné simplement parce qu’il est possible qu’il soit valorisé et donc préservé. Mais de nombreuses preuves  parlent en faveur des compétences de la Chine pré-moderne tout particulièrement dans un environnement commercial florissant et avec les riches patrons sous les dynasties Song (960 1279) ou Ming (1368.1644). L’artisanat chinois a envahi les Européens comme les Ottomans, déclenchant des vagues d’admiration et d’imitation.

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Certains arts, bien sûr on survécut. Près de chez moi, une famille Manchu reconstruit encore de drôles et belles scènes de la vie de Beijing à partir de misnuscules meubles de poupée, les corps de cafards présentés comme les personnages humains. Mais il en reste si peu. Les ébénistes, les luthiers, les tonneliers, les tisserands d’étoffes rares ne restent que dans de poches.

Jusqu’à un certain point, c’est un processus historique normal. Dans les Paris, Hambourg et New York du 19ième siècle, les écrivains se plaignaient que les maçons ne reconnaissaient pas le bout d’une truelle de son manche, des plombiers plus habiles à casser un tuyau qu’à les réparer, des vitriers dont les cadres allaient tomber le lendemain de leur pose et s’éclater. Les migrants de la campagne envahissaient les villes, cherchant du travail là où ils pouvaient, leurs propres compétences inutiles dans ce nouvel environnement. En une génération ou moins, l’accélération de la modernité a détruit des talents développés pendant des siècles.

Mais dans la majeure partie du monde nouveau, le sens de la belle ouvrage réapparu bientôt. Il y avait le plaisir de l’invention, de la spécialisation, du développement de nouveau standard pour un nouveau commerce. A la fin du 18ième siècle en Angleterre, les artisans briquetiers créaient leurs propres métaphores, où comme le note Sennett, l’invention de la brique «  honnête » en tant que brique sans additifs de couleur, reflétait leur propre fierté. Les ouvriers de Ford en 1930 envisageaient un avenir reluisant fabriqué à partir de leurs propres outils. Par contraste, les travailleurs chinois ont été relégués pendant quarante ans dans une zone morte, où leurs compétences anciennes ont été perdues mais où de nouveau professionnalisme n’ont pas émergé.  Et l’ère du rapide-et-sale ne semble pas devoir disparaître rapidement.

Si ce que vous fabriquez représente un monde totalement hors de portée pour vous, pourquoi s’ennuyer à le fabriquer correctement ?

Pourquoi la Chine est- elle piégée ainsi ? Dans la plupart des industries ici, les retour essentiels sont absents. Pour comprendre comment faire les choses, vous devez pouvoir les utiliser. Les travailleurs de chez Ford aux US conduisaient leur porpres voitures et les constructeurs occidentaux envisageaient ou espéraient envisager vivre dans des maisons comme celles qu’ils bâtissaient. Mais la ceinture d’usines autour de Guangdong qui accueille les migrants fabriquent des colifichets pour des maisons américaines à des milliers de kilomètres de là. Les hommes et les femmes qui construisent les maisons chinoises ne vivront jamais dedans.

Le prix moyen d’un appartement T1 dans une ville de seconde zone en Chine, une ville provinciale de quelques millions d’habitants, tirant sur ses propres limites géographiques et environnementales- atteint 100.000 dollars environ. Le salaire annuel moyen d’un travailleur migrant employé dans la construction est de 3500 dollars. Leur avenir est dans des dortoirs minables en préfabriqué, une cabane à la champagne sans climatisation ni salle de bain

L’opacité des compagnies chinoises signifie qu’il est difficile de pointer le tort même en cas d’échec catastrophique. Les marques autrefois inscrites sur chaque brique des murs de la cité ont fait place au mirage des sociétés portefeuille et des sociétés écrans Les responsables locaux effrayés par un taux de chômage plus élevé et un PIB plus bas travaillent assidûment à dédouaner le monde des affaires de toutes conséquences de leurs actions.

Le gouffre le plus profond est entre les ordonnateurs de Beijing et les travailleurs de la base qui exécutent leurs choix politiques. D’énormes régions dans le pays travaillent encore selon le modèle de l’’économie planifiée, réagissant aux quotas gouvernementaux et aux renflouements garantis. Cependant, l’artisanat exige le retour des avis des consommateurs et du marché. Les quotas, appliqués sur tout, du nombre de mots utilisés par les journalistes aux nombres d’arrestations faites par la police est un aiguillon pour la dévalorisation générale de la production sauf sa vitesse d’exécution. Chabuduo : bien assez bon pour un travail fait pour le gouvernement.

Il existe un secteur qui échappe d’une façon frappante à la culture du Chabuduo, c’est celui de la technologie chinoise, peut-être parce qu’il s’est développé en même temps que celui du reste du monde. Dans d’autres domaines, les usines ou les manufactures chinoises ne développaient pas de nouvelles formes de produits mais récupéraient ceux de l’Ouest fabriqués à moindre coût. Il n’y avait ici aucune fierté ou savoir accumulé par la résolution de problèmes ou l’invention. Par contraste, le géant du commerce en ligne Alibaba a acquis l’art de l’échange entre vendeurs et acheteurs

Dans un vaste pays à un niveau encore jamais atteint à l’Ouest. Bien que vraisemblablement à travers l’usage des routes magiques du fondateur Hobbit Jack Ma- pendant que le paiement virtuel, la compétition fiévreuse et relativement ouverte qui en est découlée a produit ses propres champs de brillantes compétences.

Pourtant la tech. ne peut pas échapper à la malédiction. Des encodages négligés, des applications endommagées et des viols massifs de la vie privée sont choses communes, spécialement quand les industries publiques chinoises sont forcées de développer des programmes internes plutôt que d’utiliser les programmes commercialisés pour des raisons de «  sécurité ». Les moteurs de recherche chinois sont abyssaux, à la fois attaqués par la censure gouvernementale et protégés de la compétition réelle. Baidu, le plus gros, a été frappé par un scandale cette année, après avoir à plusieurs reprises promu  faux médicaments  en échange de paiements.

Après le scandale, les autorités ont annoncé qu’elles prendraient de sévères mesures afin de s’assurer que Baidu puisse être plus performant. Et quand la réputation ne peut pas repousser la responsabilité, la régulation fait son entrée. Mais en pratique, les autorités régulatrices chinoises sont un vide; Bien que chaque désastre soit régulièrement pointé par la presse, toute suite est rapidement anéantie, la durée de couverture moyenne même des catastrophes les plus terribles comme celle de Tianjin est de moins d’une semaine, avant que les mandats du bureau de propagande se manifestent et que l’histoire disparaisse des journaux.

 

Chaque regulation est encore moins efficace, liée par un ensemble de motivations perverses qui persistent depuis des décennies. Les régulateurs, sous-payés et trop peu nombreux ne sont pas supposes couvrir toute possible entreprise. Cependant si ils inspectent un site ou une compagnie, ils sont supposés être responsable pour tout désastre s’y déroulant ce qui peut leur coûter leur emploi, leur appartenance au Parti et jusqu’à un temps de prison. La solution évidente pour les régulateurs est de couvrir peu de sites et de se concentrer sur les zones les moins risquées, donc de minimiser leurs risques personnels. Cet échec est combine à une absence de système de droit civil qui fonctionne, spécialement dans le cadre des actions collectives, des erreurs qui pourraient entraîner des poursuites massives à l’Ouest peuvent être enterrées en Chine. Même la mort de travailleurs migrants peut être achetée pour à peine 5000 $

 

Le Parti ne veut pas plus de rassemblement de transporteurs de charbon ou de constructeurs de chemins de fer à travers le pays qu’il ne veut de rassemblements de démocrates, de Chrétiens ou de féministes.

Tous ces facteurs travaillent contre le développement de la fierté chinoise dans son propre travail. Et s’ils le sont, ils ont intérêt à le garder pour eux. En Occident, les syndicats (pour les ouvriers agricoles) et les associations professionnelles ( pour les médecins, ou les avocats) ont joué un rôle essentiel dans la mise en place de critères nationaux.  Ils ont donné aux gens une identité qui dépendait, en partie, à la fois de la maîtrise et de la moralité, avec un groupe de pairs avec qui rivaliser et à qui rendre des comptes.

Mais comme le dit Adam Smith The Wealth of Nations (1776), chaque profession finit dans une conspiration contre le public et le Parti Communiste Chinois n’a toléré aucune conspiration à part la sienne. Tout particulièrement depuis que Xi Jinping est arrivé au pouvoir en 2012, tout groupe qui pourrait représenter une base transnationale de résistance au Parti a été éliminé. La syndicalisation, en dehors de l’ All-China Trade Union Federation, sans force et corrompue, est une menace pour le pays qui ne veut plus accepter les transporteurs de charbon ou les constructeurs de voies ferrées à travers la nation, tout comme elle refuse les Chrétiens, les démocrates ou les féministes.

Sous l’ombrelle du Parti, il ya place pour les associations professionnelles- mais seulement à l’extrême bout de l’échelle. Il existe une association chinoise des médecins, mais pas d’association des plombiers. Et même au sein de ces corps, beaucoup plus de valeur est donnée au fait de coller aux directives officielles  du Parti qu’à celle de créer un groupe de pairs. Comme le journaliste médical Michael Woodhead l’a note, en Occident les médecins ont des consignes professionnelles claires et des revues professionnelles qui les maintiennent dans le droit chemin et la rigueur, en Chine, ils n’ont que la petite lampe vacillante de leur propre conscience.

En fin de compte, ce qui perpétue l’absence de soin des Chinois peu principalement avoir à faire avec une simple ubiquité. La réalisation inspire. Un écrivain peut être attire vers sa page par l’écoute d’un chant ou par la vue d’un véhicule se faisant réparer, ou le charpentier ravivé par un poème ou par une moto. Mais le contraire est également vrai, quand vous êtes entouré par la facture bon marché, l’à-moitié fini et l’affreux, quand l’échec reste impuni et l’application reste sans bénéfice tout autour, il est difficile de na pas penser que le bien assez bon est assez bon. Chabuduo.

 

Dans cette perspective, à souligner sur ARTE, le travail documentaire si poignant de Wang Bing  “Three sisters” réalisé en 2012 et ayant obtenu la Mostra de Venise

Traduction Elisabeth Guerrier

 

 

 

 

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie. Dahr Jamail

 

 

Dans l’Arctique, des maladies disparues se ravivent et la route de l’Alaska fond alors que la température touche des records de folie.

In Arctic, Ancient Diseases Reanimate and Highways Melt as Temperatures Hit “Frenzy” of Records

 

par :  Dahr Jamail

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Le Pic Byron avec le glacier Byron au centre-gauche de la photo. Il ya moins de vingt ans, le glacier Byron recouvrait la portion supérieure de la vallée mais il est en ce moment rapidement entrain de remonter jusqu’au sommet de la colline. Remarquez les nombreuses chutes d’eau provenant de ce qui reste d ce glacier. (Photo: Dahr Jamail)

 

 

 

Alors que je comptais dix années de reportage sur les impacts de l’occupation US en Irak en 2013, il m’était impossible de trouver un seul Irakien qui n’ait pas eu un membre de sa famille, de ses proches ou de ses amis qui n’ait pas été tué par les troupes américaines une action de terrorisme d’état sponsorisée et une violence arbitraire résultant de ce qui est évoqué précédemment.

Maintenant, en ayant passé l’été entier en Alaska, il me reste à avoir une conversation avec les rangers des parcs nationaux, les glaciologues ou simplement avec les promeneurs avides qui ne contienne pas une histoire d’incrédulité, d’étonnement ou souvent de choc à propos de l’impact des modifications climatiques anthropogéniques à travers leur état bien aimé. [anthropogenic climate disruption (ACD)]

Qu’il s’agisse des rivières causant des érosions massives après avoir chargées à la vitesse grand v par la fonte des glaciers, de la température sérieusement élevée tout au long de l’année ou de la fonte et de la retraite des glaciers eux-mêmes, tous ceux qui demeurent ici, observant l’impact en première position, ont tous des expériences dramatiques à partager.

À titre d’exemple, à moins d’une heure de route d’Anchorage, j’ai visité une région où j’ai fait de l’escalade dans le passé. Un vieux partenaire m’avait suggéré de visiter le Byron Peak, qui se trouve à la fois près de Turnagain Arm et de Prince William Sound, afin de voir combien le glacier Byron avait reculé depuis que nous étions venus là la pour la dernière fois.

Pour atteindre l’arête de la montagne, j’ai dû d’abord avancer au-delà de la base du glacier Byron, qui, en 1999, couvrait alors toute la vallée.

Maintenant, moins de vingt ans plus tard, quand j’ai vu pour la première fois à quel point le glacier avait reculé, je me suis arrêté brutalement dans ma course. Cela m’a fait l’effet de recevoir un coup de poing dans l’estomac et je me suis surprise à essuyer une larme lorsque la terrible évidence s’est impose à moi. Ce qui reste maintenant du glacier Byron est dans un processus de recul complet vers sa source. Ceci devient un micro-exemple du macro-Alaska, dont les glaciers perdent 75 milliards de glace en trop chaque année, selon la NASA.

Tout ne va pas au mieux dans le Grand Nord.

C’est parce que dans l’Alaska actuel, les records de température tombent aussi vite que la population d’oiseaux dégringole.

Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans la plus grande ville de l’état, Anchorage. Les températures dans la partie sud-est de l’état ont toutes augmentée autant que Deadhorse, sur l’Océan Arcic qui bat tous les records, l’aéroport de Deadhorse atteint un étonnant 30° C.

Rick Thoman, un climatologue et responsible des services au National Weather Service en Alaska, a dit à la presse  tqu’une des sources des températures anormalement élevées dans l’état provident de la temprérature anormalement chaude des eaux de surface de la mer et il a ajouté : , « Dans la mer du Détroit de Bering, spécialement au sud de l’île de St. Lawrenceles sont vraiment incroyablement haute comparé à la normale.

Une  étude récente montre comment la climat qui se réchauffe à travers l’Alaska décime de grandes étendues d’habitat pour de nombreuse espèces d’oiseaux côtiers qui migrent vers l’Arctique annuellement. L’étude montre que les deux-tiers des espèces qui migrent vers l’Alaska subiront un impact, dont certaines perdant jusqu’à 90% de leur habitat. Le réchauffement climatique provoque également l’éclosion précoce des insectes, entraînant une diminution des réserves de nourriture pour les oiseaux et leurs petits, et  contribuant au déclin des populations.

Même les routes de l’Alaska ressentent la chaleur. La fameuse Route de l’Alaska, qui a attire les chercheurs d’aventures depuis des décennies, fait un arc à travers la Colombie britannique et le Yukon avant de traverse l’Alaska central jusqu’à son point final à la jonction du Delta. Mais comme le permafrost sous cette route continue de fondre à un rythme de plus en plus rapide, de larges fissures, des failles et des fentes sont entrain de le détruire.

«  Ici, c’est le plus gros problème géotechnique que nous ayons. » dit Jeff Currey, du Département des transports de l’Alaska  à un  reporter. «  Les Romains ont construit des routes il y a deux mille ans que nous utilisons encore. Et nous nous avons construits des routes qui, en un an ou deux, sans maintenance, ressemblent à des montagnes russes parce qu’elles sont construites sur le permafrost sensible au dégel. »

Ce ne sont pas que les chercheurs d’aventures qui vont subir l’impact de la détérioration de la route, c’est une voie essentielle utilisée pour le transport de nourriture, de matériel et de médicaments vers les villages de l’Alaska. Dans un tour ironique du destin, l’autoroute qui fond est aussi utilisé par les compagnies pétrolières pour transporter leur équipement lourd vers ce qui a été l’élément vital de l’économie de l’état depuis que du pétrole a été découvert dans la partie du North Slope de l’Alaska.

Et les signes de réchauffement anthropogènes à travers le reste de l’Alaska sont également choquants. Dans le nord-ouest du Groenland, des déchets toxiques radioactifs datant de la guerre froide, avec lesquels on trouve des déchets chimiques et biologiques, court le risque    d’être mis à jour  comme la glace fond rapidement. De toute évidence, la décision du gouvernement d’enterrer ces dangereux déchets sous plus de trente mètres de glace n’a pas pris en compte le fait que la couverture de glace serait la plus grande contributrice à la montée du niveau des mers pendant l’ère anthropocène.

«  Si la glace fond, les infrastructure du dépôt, y compris les déchets radioactifs, biologiques et chimiques pourraient retourner dans l’environnement et potentiellement modifier les écoystèmes voisins. » L’Université de Zurich qui a étudié ces évolutions dans un document publié dans le journal “ Geophysical Research Letters Bulletin de la Société américaine de meteorology, If the ice melts, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical and radioactive wastes could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems,” the University of Zurich, which documented these developments in a study published in the journal Geophysical Research Letters Bulletin of the American Meteorological Society, a fait ce constat aux médias d’après leur enquête.

Plus loin en Sibérie, la fonte du permafrost a provoqué une épidémie d’anthrax qui a entraîné l’hospitalisation de dizaines de personnes et dont au moins un enfant est mort. Deux-mille daims ont été touché par le virus jusqu’à maintenant et le gouvernement russe à déplacé plusieurs familles hors de la zone. La cause de cette épidémie ? Le dégel d’une carcasse de daim qui avait été infectée par l’anthrax il y a des dizaines d’années.

Le déclenchement s’est produit dans la péninsule de Yamal où, comme Truthout l’a déjà rapporté, des quantités massives de méthane enfermées dans le permafrost ont explosé jusqu’au sol, créant de larges cratères.

En réponse à la réanimation de la bactérie, le Russie a envoyé des troupes entrainées à la guerre bactériologique   pour mettre la zone en quarantaine. Ce type de déclenchement de maladie dans l’Arctique  était auparavant le produit de la science-fiction, mais ce n’est plus le cas. . Les spécialistes du climat  craignent  que cela ne soit qu’un avant-goût de ce qui reste à venir si l’Arctique continue de se réchauffer à une vitesse record. Dans la mesure où il n’existe aucun moyen de savoir quelles autres bactéries mortelles demeurent gelées dans le permafrost, nous aurons à les découvrir uniquement quand la glace fondra, comme cela se passe dans l’Arctique, lorsqu’elles se réanimeront à leur tour comme en Russie.

Tout ceci n’est que le sommet de l’iceberg, si l’on peut dire. Ce n’est qu’un indice de ce qui est à venir comme les températures globales continuent de monter.

2015 a été une folie” dans les records climatiques selon le the Scientific American journal, des plus chaudes températures enregistrées jusqu’au simple plus grand taux de CO2 dans l’atmosphère. Cependant, 2016 est déjà sur la voie de dépasser ces records, comme la première moitié de l’année a déjà fait exploser les températures enregistrées précédentes. Selon la NASA et le  National Oceanic and Atmospheric Administration(NOAA).

La NASA a récemment publié des données montrant que juillet était le mois le plus chaud jamais enregistré dans l’histoire, c’était juillet 2015. Nous devons regarder sobrement et honnêtement où en est la planète et ce que cela signifie pour nous en tant qu’espèce, avec les autres espèces vivant sur terre. 2016 est en train de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le dernier record était 2015. L’année la plus chaude précédente étant l’année 2014. Chacun des mois des derniers 14 mois  a battu un record      de chaleur mensuelle sur ce même mois. Quinze des seize années les plus chaudes jamais enregistrées le sont depuis 2000.

Nous sommes au milieu d’un évènement concernant le blanchissement record des récifs de corail, les incendies continuent de se produire à une fréquence, une durée, une localisation et un degree de chaleur record, et la glace de l’Arctique recouvrait une zone l’hiver dernier qui était la plus fine depuis que les mesures ont commencé   et elle est également proche du plus bas niveau jamais enregistré. La Terre est officiellement entrée dans la sixième extinction de masse  n et rien n’indique que la réponse de coordination gouvernementale afin d’interrompre les émissions issues des énergies fossiles soient en voie d’être réduites.

Comme nous évoquons ces faits, les enquêtes de ce mois donnent plus de détails sur ce qui se produit sue terre maintenant, comme le réchauffement continue d’avancer.

 

Terre

Il y a maintenant des données scientifiques prouvant que le réchauffement accentue les risques de guerre. De nouvelles recherches  faites par de chercheurs allemands  ont montré un lien statistique entre les conditions climatiques extrêmes provoquées par le réchauffement et les explosions de violence extrême.

Pendant ce temps, au Japon, une  étude récente évalue  comment le réchauffement menace l’agriculture de ce pays d’une façon catastrophique.

«  Si les prédictions les plus pessimistes s’avèrent exactes, écrit ce rapport,  « d’ici la fin du siècle le monde pourrait voir ce qui sont maintenant des produits tout à fait ordinaires sur une table japonaise devenus des aliments extrêmement rares ou que les gens avaient l’habitude  de manger dans les passé. »

De retour aux USA, tristement,  a une étude récente révèle  comment le légendaire sapin de Douglas voit sa croissance altérée à cause des températures plus chaudes et du stress de sécheresse entrainé par le réchauffement.

Plus d’informations déconcertantes  nous arrivent de la Société Audubon, qui a publié un récent rapport dans la region de Puget Sound, dans l’état de Washington, les goélands à ailes grises sont contraints au cannibalisme pour s’alimenter, à cause du réchauffement des mers qui raréfie leur nourriture habituelle.

 

Eau

Les sécheresses entretenues par le réchauffement est une des forces majeures ayant entrainé l’assèchement complet des rivières principales. Le Gouvernement a déclaré l’état d’urgence et admis que le pays entier était aux prises avec  « une crise écologique »  comme une quantité énorme de cadavres d’animaux sauvages tapissent sur des centaines de kilomètres le lit de la rivière.

Les mers de plus en plus chaudes génèrent une augmentation sans précédent des méduses  tout autour du globe. Leur nombre est suffisamment élevé pour saboter les équipements de réseaux endommagés par des millions de méduses qui obstruent les canaux sous-marins, pendant que des scientifiques réfléchissent à la possibilité de robot broyeurs et autres solutions de dernier recours.

Une récente étude du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention (CDC) révèle une « montée remarquable » dans la fréquence des maladies d’origine hydrique liées au réchauffement global des températures, pendant qu’en Floride, une algue verte épaisse  couvrant de vastes étendues de plage semble devoir devenir la nouvelle norme.

L’océan toujours plus chaud continue de créer le blanchiment généralisé des récifs coraliens. À Guam, les rifs ont été blanchis pendant ces quatre dernières années.  s. L’écologiste coralien Laurie Raymundo Coral dans le cadre de l’Université de Guam  dit  que avant 2013, les récifs coraliens de Guam avaient échappé au blanchiment qui se produisait Presque partout ailleurs dans le monde. Cependant, dit Raymundo, «  En 2013, 2014 et 2015, nous avons été touchés et le sommes encore maintenant. Pendant les quatre dernières années, il y a eu des épo=isodes de blanchiment et nous n’avions pas vécu cela de cette manière dans notre histoire récente. »  Raymundo estime que plus de la moitié des coraux de Guam sont morts entre 2013 et 2014 et qu’à peu près 85% de la totalité des récifs ont été blanchis. Après une plongée récente d’inspection des coraux,  Raymundo décrit la destruction éciologique à laquelle elle assiste : «  Je me considère comme étant tout à fait objective et rigoureuse scientifiquement. Mais parfois je manque cette approche. Aujourd’hui pour la première fois en cinquante ans, je suis allée sous l’eau, j’ai pleuré pendant une heure, juste sous mon masque, en constatant jusqu’à quel point les étendues de coraux de notre si jolie baie de Tumon blanchissaient et mouraient. »

Pendant ce temps, le niveau des eaux continue de monter. L’Union des scientifiques inquiets a publié un rapport  avertissant récemment que de larges zones des bases militaires nord-américaines le long de la côte est seraient inondées d’ici à 2050. Ce rapport estime que les inondations dues aux marées et aux orages augmenteront de 2, 600 % par an dans des zones où de nombreuses bases sont situées.

Un autre rapport publié par des  experts immobiliers  prèdit que la montée du niveau de la mer sera celle que quelques  climatologues prédisent (  1 , 80 mètre )  jusqu’à 2100 et que au moins 300  villes américaines auront perdu la moitié de leurs habitations et que 36 villes seront englouties.

En ce qui concerne la montée du niveau de la mer, nous avons de mauvaises nouvelles pour les habitants des îles, récent rapport  montrant que les derniers mammouths laineux de l’Amérique du Nord sont morts du manque d’eau fraîche quand la montée de la mer a tué les plantes qu’ils consommaient et contaminé l’eau potable. Ces phénomènes joueront un rôle pour les habitants côtiers pendant que le niveau des mers continue à monter, accompagné par des grandes marées et des orages.

En Inde, la Mousson est devenue plus intense qu’à l’habitude à cause de la capacité de l’atmosphère à contenir de plus grande quaintité d’humidité. Ceci a été flagrant en juilllet dernier  quand une inondation a recouvert tous le nord-est de l’Inde  touchant plus de 1, 2 millions de personnes et dévastant d’importantes zones de terres cultivables.

Pendant ce temps en Louisiane, le Gouverneur John Bel Edwards a récemment déclaré l’état d’urgence quand une inondation qu’il a qualifiée de “jamais vue”   et d’ “historique” a tué sept personnes et amené 20.000 personnes à être sauvées. En fait, même la demeure du Gouverneur s’est vue inondée avec de l’eau à hauteur de torse, noyant le sous-sol et endommageant le système électrique. À propos des mesures de sauvetage, le Gouverneur Edwards a commenté, sombrement : « Nous avons sauvé des territoires administratifs, nous n’avons pas sauvé des gens. “

À l’autre extrémité du spectre de l’eau, la  Food and Agriculture Organization des Nations Unies a averti que nous étions dans un « temps de course contre la montre » touchant au moins 23 millions de paysans touchés par la sècheresse en Afrique où toute la partie sud du continent continue d’être touchée par des sècheresses massives pendnant que le réchauffement climatique progresse.

Selon les Nations Unies, plus de 60 millions de personnes de par le monde, don’t les deux-tiers se trouvent dans la partie est et sud de l’Afrique font déjà face à des rationnements de nourriture chroniques dus à des sécheresses continuelles.

Au Groenland, la couche de glace continue de fonder rapidement.   La NASA a récemment produit une carte  révélant l’étendue des parties du Groenland qui fondent intensément par en dessous. Ceci parallèlement aux observations simultanées qui montrent comme la surface de la glace fond à une vitesse accélérée.

Un peu plus de la moitié de la base des glaciers du Groenland  a dégelé maintenant et  le rapport de la NASA affirme   «  Savoir si la glace du Groenland est située sur un sol humide et glissant ou est accrochée à un lit pierreux sec et gelé est essentiel pour pouvoir prédire comment la glace va s’écouler dans l’avenir. »  En fonction de ce constat, tout comme le réchauffement s’intensifie avec chaque jour qui passé,

Dans le contexte des élections, Donald Trump a nié le réchauffement climatique d’une façon encore plus vive, même par rapport à la position du Parti républicain.

Non seulement appelle-t-il le réchauffement une “arnaque” mais il a été jusqu’à dire qu’il reverrait les régles imposées par le Président Obama le  concernant ,  qu’il sortirait les USA des accords de Paris de décembre dernier, qu’il favoriserait les forages et bien sûr imposerait moins de régulation environnementales, s’il était élu président..

Bien que son adversaire, Hillary Clinto , reconnaisse la réalité du réchauffement et ait incorporé quelques éléments de la rhétorique de la campagne de Bernie Sanders à sa plateforme, elle appelle à construire plus de routes et plus d’aéroports, ce qui, bien sûr, ne ferait qu’induire de plus grandes émissions de CO2. Ceci est a ajouter au fait qu’elle a choisi le Sénateur de Virginie Tim  Kaine, comme son partenaire aux élections.

Kaine supporte les forages offshore, ainsi que la construction de terminaux de gaz naturel pour l’exportation. Lorsqu’il était gouverneur de Virginie, il a supporté l’une des dernières centrales à charbon qui fût construite aux USA.

Même si Clinton est élue, les actions brutales, obligatoires et d’urgence à grande échelle nécessaires pour cesser la plupart des émissions de CO2 immédiatement – comme une étape vitale pour atténuer le réchauffement – ne sont tout simplement pas sur la table.

.Pendant ce temps,  des enquêtes récentes indiquent  qu’une majorité croissante  ( 66%) de citoyens américains pensent que le réchauffement est réel. En même temps, le nombre de personnes questionné qui croient que le réchauffement est à son niveau le plus bas est de 15%, plus bas que les 24% d’il y a une année.

Ègalement sur le front de la réalité, le rapport sur l’état du climat ( State of the Climate report) , un bilan annuel faisant reference sur le climat global a ét& récemment publié dans le bulletin de la société américaine de météorologie (  Bulletin of the American Meteorological Society.) Le rapport détaille comment la chaleur des océans et la température de l’air dépassent des records, comme le niveau des océans touchent un niveau jamais atteint et comme le CO2 a dépassé le niveau critique, pendant que le monde continue à être poussé à une vitesse aveugle dans un environnement que l’espéce humaine n’a jamais expérimenté.

Des climatologues de renom ont récemment avertis que la terre est extrêmement proche des 1.5 degrés supplémentaires limites, simplement huit mois après que ce but ait été fixé à Paris lors de la COP 21 à la fin de 2015. La croyance lors des pourparlers de Paris était que limiter le réchauffement à se maintenir en-dessous de 1.5°C , il y aurait une chance de prévenir la fonte de la glace polaire, de limiter la destruction des récifs coralliens et de prévenir une montée extrême des niveaux marins.

Cependant, il n’est que trop apparent que ces phénomènes sont déjà complètement en cours et augmentent en intensité.

DAHR JAMAIL

Dahr Jamail, un reporter de Truthout, est l’auteur de :  The Will to Resist: Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan, (Haymarket Books, 2009), et de Beyond the Green Zone: Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq, (Haymarket Books, 2007). Jamail a été reporter en Irak pendant plus d’un an ainsi qu’au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Turquie pendant les dix dernières années, il a gagné le prix Martha Gellhorn pour le journalism d’investigation, parmi d’autres recompenses.

Son troisième livre :  The Mass Destruction of Iraq: Why It Is Happening, and Who Is Responsible, co-rédigé avec William Rivers Pitt, est disponible maintenant sur Amazon. Il vit et travaille dans l’état de Washington.

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