De quoi ne parle-t-on pas lorsqu’on évoque le ” piratage russe ” Jackson Lear

 

 

Face à la dernière attaque politique et médiatique autour du” Russiagate”, dont la Presse dominante se fait le relai avec zèle depuis si longtemps mais avec une sorte de frénésie depuis les « découvertes » de Mueller il est nécessaire de mobiliser toutes les connaissances et les possibilités de contre-analyses pour ne pas se plier à cette offensive propagandique majeure des Démocrates et surtout des organes de renseignements derrière eux. Voici la traduction de l’article paru dans The London Review of Books, “What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking » de Jackson Lear. “De qui ne parle-t-on pas quand on parle de “piratage russe” de Jackson Lear. Et plusieurs autres analyses d’auteurs, indépendants des “Presstitutes” comme les appellent Paul Craig Roberts. On peut aussi se référer utilement aux remarques d’un analyste russe après l’intervention de Trump au sommet de Davos, l’interview de Lavrov, Ministre de la politique étrangère russe,  et à celles de Paul Robinson, grand spécialiste de la Russie et de son histoire qui suit de très près dans son blog “Irrussionality” cette cabale si dangereuse pour la paix et l’équilibre mondiaux. Il est indispensable de s’ouvrir au plus large nombre de commentaires possible, on notera également ceux de ” Zero hedge” qui fait part, source Bloomberg, d’une frappe récente en Syrie des US ayant fait plus de 100 morts russes.

La détermination d’une partie des forces politiques américaines (Néoconservateurs alliés avec les Démocates) à créer le contexte d’une guerre froide nous amène à devoir “prendre” parti. Mais ce parti, dans le contexte médiatique pollué et partisan où des organes de presse comme le NYT, le WP et même l’habituellement plus subtil New Yorker pour n’en citer que quelques-uns parmi des dizaines d’autres (The Nation, Oxynews, Rachel Meadow, qui dans ce contexte a été incroyablement zélée, et même ARTE qui matraque sa russophobie avec allégresse depuis quelques semaines , sans mentionner sur les posts nord-américains supposés libéraux, la présence de plus en plus ostensible de commentaires clairement anti-russes) sont totalement impliqués dans ces manoeuvres du DMC. D’une certaine façon même sans suivre de très près les déplacements de contingent de l’otan dans les pays baltes qui ont eu lieu depuis plusieurs mois voire dans certains cas, années, on ne peut que faire le lien entre les dates de l’échec Clintonien et la montée en flèche de cette vague d’accusation, dont, on le verra, les fondements sont plus que factices, (n’oublions surtout pas ce qui a servi de ” preuve” à Colin Powel pour déclencher l’invasion de l’Irak) mais qui reposent comme toujours sur la capacité, largement cultivée, d’amnésie des masses. Après “l’axe du mal” et tout le chaos qu’il a généré, nous remontons vers l’Est, abreuvés de fallacieuses manipulations dont chaque nouvel élément contredit les précédents, négligeant les données antérieures sans que personne ne bouge, sauf quelques vigiles dont nous tentons de relayer le travail. EG

What We Don’t Talk about When We Talk about Russian Hacking “

De qui ne parle-t-on pas quand on parle de «  piratage russe »

Jackson Lears

La politique américaine a rarement présenté un spectacle aussi décourageant. Les bouffonneries répugnantes et dangereuses de Donald Trump sont suffisamment troublantes, mais les échecs de la tête du parti démocrate à tirer les conclusions de son échec de la campagne de 2016 le sont tout autant. Le challenge à Hillary Clinton par Bernie Sanders, combiné au triomphe de Donald Trump ont révélé l’ampleur de la colère populaire contre la politique comme d’habitude – le goût des réformes néolibérales en politique intérieure et l’interventionnisme en politique étrangère qui constituent le consensus à Washington. Les Néo-libéraux célèbrent l’utilité sur le marché comme le seul critère de valeur, les interventionnistes exaltent l’aventure militaire à l’étranger comme un moyen de combattre le mal de façon à sécuriser les progrès du marché global. Les deux agendas se sont montrés calamiteux pour la plupart des Américains. Beaucoup ont montré leur désaffection en 2016.  Sanders est un social-démocrate et Trump un charlatan démagogue mais leurs campagnes ont mis en évidence la répudiation du consensus washingtonien.  Pendant à peu près une semaine après les élections, les experts discutaient les capacités du parti démocrate à une stratégie de plus grande envergure. Il semblait que le Parti puisse apprendre quelque chose de la défaite de Clinton. Puis, tout a changé.

Une histoire qui avait circulé lors de la campagne sans faire grand effet a refait surface : elle impliquait l’accusation d’opérateurs russes ayant piraté les serveurs du Comité du Parti démocratique  et révélé des emails embarrassants qui auraient compromis les chances  de Hillary Clinton. Avec une vitesse étonnante, une nouvelle orthodoxie centriste-libérale a vu le jour, enveloppant les médias principaux et l’établissement bipartisan de Washington.  Cette religion séculière a attiré des hordes de convertis lors de la première année de la présidence de Trump.   A travers sa capacité à exclure les dissidents, elle ne ressemble à aucune autre formation d’opinion de masse de toute ma vie adulte, bien qu’elle rappelle quelques souvenirs sombres de mon enfance, ceux de l’hystérie anti-communiste des années 50.  La pièce centrale de la foi, basée sur les accusations de piratage, est la croyance que Vladimir Poutine a orchestré une attaque sur la démocratie américaine en ordonnant à ses mignons d’intervenir dans les élections au nom de Trump. L’histoire est devenue évangile  avec une rapidité et une totalité à couper le souffle. Les dubitatifs sont perçus comme des hérétiques et comme des laudateurs de Trump et de Poutine, les jumeaux immondes et les co-conspirateurs derrière cette attaque contre la démocratie.  La responsabilité pour l’absence de débat repose en grande partie dans les diffusions des médias essentiels. Leur point de vue sans critique et la répétition sans fin de l’histoire du piratage russe en a fait semble-t-il un fait accompli dans l’esprit du public. Il est difficile d’estimer l’importance de la croyance populaire en cette nouvelle orthodoxie mais cela ne semble pas n’être qu’un credo chez les occupants de Washington. Si vous questionnez ce récit dans une conversation ordinaire, vous courez le risque de provoquer des regards déroutés ou de l’hostilité ouverte – même chez d’anciens amis. Tout ceci a été étrange et troublant pour moi, par moment certains fantasmes de la pop-culture sont venus à l’esprit, les déterreurs de cadavre et les buveurs de Kool-aid viennent à l’esprit.

Comme toute orthodoxie digne de ce nom, la religion du piratage russe ne dépend pas de preuves mais de déclarations faites ex-cathedra de la part des institutions faisant autorité et de leurs suzerains. Ses fondements écrits sont une «  déclaration » confuse et largement dénuée de faits produite en janvier dernier par un petit nombre d’analystes triés sur le volet – comme James Clapper, le directeur de la National Intelligence, les décrit, de la CIA, du FBI et de la NSA.  Les déclarations des derniers ne furent faites qu’avec une «  confiance modérée ». Le label «  Intelligence Community Assessment » produit une fausse impression d’unanimité, étant donné que seulement trois parmi les seize agences de renseignements ont contribué à ce rapport. Et bien sûr, la déclaration elle-même contenait cette aveu crucial : «  Les jugements ne sont pas prononcés afin d’impliquer que nous avons les preuves pouvant démontrer des faits. Les déclarations sont fondées sur des informations collectées, qui sont souvent incomplètes et fragmentaires, tout comme la logique, l’argumentation et les précédents » Et pourtant cette déclaration est passée dans l’imaginaire médiatique comme des faits irréfutables, autorisant les journalistes à affirmer ce qui se doit encore d’être prouvé. Se faisant ils servent de porte-paroles  aux agences de renseignement ou du moins à ces analystes «  triés sur le volet ».

Ce n’est pas la première fois que des agences de renseignement jouent un tel rôle. Lorsque j’entends l’ Intelligence Community Assessment cité comme une source fiable, me revient toujours en mémoire le rôle joué par le New York Times dans la légitimation du rapport de la CIA sur la menace de possession d’armes de destruction massive  par Saddam Hussein, sans évoquer la longue histoire de la désinformation ( appelons cela les fake news, les fausses nouvelles)  comme tactique pour faire avancer une administration ou un agenda politique. Une fois de plus, la presse établie légitime les déclarations faites par les Pères de l’Eglise de la sécurité nationale. Clapper en est un des plus vigoureux. Il s’est parjuré devant le Congrès en 2013, quand il a nié que la NSA avait « sciemment » espionné les Américains   – un mensonge pour lequel il n’a jamais été tenu de rendre des comptes. En mai 2017, il a dit à Chuck Todd, de la NBC que les Russes s’étaient très vraisemblablement impliqués dans la campagne de Trump parce qu’ « ils sont presque génétiquement amenés à s’impliquer, à pénétrer, à gagner les faveurs, n’importe, ce qui est une technique typiquement russe. » L’orthodoxie actuelle exempte les Pères de l’église des standards imposés aux gens ordinaires et condamne les Russes – et par-dessus tout Poutine- à n’être uniquement, «  presque génétiquement » diaboliques.

Il m’est difficile de comprendre comment le Parti démocrate, qui a été parfois sceptique à l’égard des Agences de renseignement, puisse maintenant adopter la CIA et le FBI comme des sources de vérité indiscutable. Une des explications possibles est que l’élection de Trump a créé un état d’urgence permanent dans l’imagination libérale, basée sur la croyance que la menace qu’il pose est unique et sans préc »dent. C’est vrai que la menace  de Trump est viscéralement réelle. Mais les menaces posées par George W. Bush ou Dick Cheney- qui ont ravagé le Moyen –Orient étaient tout autant réelles. Les dégâts occasionnés par Bush et Cheney- qui ont ravagé le Moyen Orient, légitimé la torture, et étendu un pouvoir exécutif inconstitutionnel- n’avait eu aucun précédent et était probablement permanente. Trump pose une menace sans précédent pour les immigrants sans papiers et les voyageurs musulmans dont la protection est urgente et nécessaire. Mais sur de nombreuses autres questions, il est un républicain standard.   Il est parfaitement à l’aise avec l’agenda d’austérité de Paul Ryan, qui implique d’énormes transferts de richesse vers les Américains les plus privilégiés.  Il est aussi impliqué que tout autre Républicain dans l’annulation de l’Affordable Care Act d’Obama. Lors de sa campagne, il s’est posé comme un apostat du commerce dérégulé et un opposant   aux interventions militaires à l’étranger mais maintenant qu’il est en place, ses vues sur la dérégulation commerciale basculent d’une façon imprévisible et son équipe de politique étrangère est composée de généraux avec des références interventionnistes impeccables.

Trump, engagé à continuer le financement considérable du déjà démesuré Département de la défense initié par ses prédécesseurs et sa Forteresse America est une version fanfaronne, indisciplinée de la «  nation indispensable » de Madeleine Albright. Tous deux, assument que les Etats unis devraient être capables de faire comme bon leur semble dans l’arène internationale : Trump parce que c’est le plus grand pays du monde, Albright parce qu’il s’agit d’une force exceptionnelle pour le bien commun. Il n’y a non plus rien de nouveau dans le désir de détente de Trump avec la Russie, qui au moins jusqu’en 2012 était la position officielle du Parti démocrate. Ce qui est sans précédent à propos de Trump est son style offensif : méprisant, brutal, illogique, et cependant parfaitement accordé à la colère et à l’anxiété de l’audience qu’il cible. Sesexcès ont laissé libre court au racisme et à la fière misogynie parmi ses supporters. Ceci est une cause de dénonciation, mais je ne suis pas pour autant persuadé que cela justifie cette crise anti-russe.

Parallèlement au caractère supposé exceptionnel de Trump, existent deux autres hypothèses derrière la fureur de Washington : la première est que le piratage russe s’est bel et bien produit, et la seconde que les Russes sont nos ennemis implacables. La seconde fournit la charge émotionnelle pour la première.  Les deux me paraissent problématiques. En ce qui concerne la première, les charges touchant le piratage ne sont pas prouvées et il est probable qu’elles le restent.  Edward Snowden et quelques autres familiers de la NSA disent que si un piratage longue distance s’était produit, l’agence l’aurait repéré et aurait pu détailler son existence sans compromettre ses sources secrètes ni ses méthodes. En septembre, Snowden a dit au Spiegel que la NSA «  sait certainement parfaitement bien qui est l’envahisseur ». Et, cependant «  elle n’a présenté aucune preuve, bien que je suspecte qu’elles existent. La question est : Pourquoi pas ? Je suspecte qu’il y a eu d’autres attaquants du système découverts, peut-être y avait-il six ou sept groupes à l’œuvre. » La capacité de la NSA à suivre le piratage jusqu’à sa source est une affaire de notoriété publique. Quand l’agence a investigué un piratage chinois omniprésent et efficace dans l’armée et les installations de l’industrie de la défense, elle avait été capble de suivre les hackeurs jusqu’au bâtiment d’où ils originaieent, une local de l’Armée de libération du peuple à Shangaï. Cette information fût publiée dans le New York Times mais, cette fois, l’échec de la NSA à fournir des preuves que les services screts russes avaient tenté le piratage de l’Etat US et le systéme d’élection, les affirmations non documentées de l’agence sur l’origine russe du piratage sont restées des faits étonnement non contestés et ont vite été traités comme tels dans les médias.

Cette information a été publiée dans le NYT mais, cette fois, l’échec de la NSA l’a été également.

Pendant ce temps, il y eu un déchaînement d’accusations auxiliaires, dont des charges plus vagues et plus larges de collusion de Trump avec le Kremlin. Il demeure envisageable que Robert Mueller, un ancien directeur du FBI qui a été engagé afin de vérifier ces accusations, ait pu rassembler des preuves incontestables de contacts entre les gens de Trump et diffrents russes. Il serait surprenant qu’un procureur expérimenté désigné pour effectuer un coup de filet revienne les mains vides et les arrestations  ont déjà commencé. Mais ce qui est frappant à leur égard est le fait que les charges n’ont rien à voir avec les interférences russes dans les élections. Il y a eu beaucoup de discours sur le fait que les accusés pourraient fournir des preuves confondantes contre Trump en échange de peines plus légères, mais ce ne sont que de simples spéculations. Paul Manafort, à un moment chef de campagne de Trump, a plaidé non coupable des charges selon lesquelles il aurait manqué à rendre publiques les relations de sa firme en tant qu’agent du gouvernement ukrainien et détourné ses millions de dollars de frais. Mais ceci s’est produit avant la campagne de 2016. Georges Papadopoulous, un conseiller en politique étrangère, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI à propos de ses efforts vains pour organiser une rencontre entre les gens de Trump et le gouvernement russe. – une opportunité que la campagne de Trump a déclinée. La plus récente interpellation de Mueller, Mickael Flynn,  l’Islamophobe désaquilibré qui a brièvement servi à Trump de conseiller en sécurité nationale, a plaidé coupable des charges selon lesquelles il aurait menti au FBI sur une rencontre avec l’ambassadeur russe en Décembre, quelques semaines après l’élection. Cette sorte de diplomacy d’arrière plan se produit régulièremet pendant les interims entre deux administrations. Il n’y a pas pour autant de signe de collusion.

Jusqu’ici, après des mois de «  bombes » qui se sont avérées être des pets, il n’existe toujours aucune preuve de l’interférence du Kremlin dans les élections américaines. Pendant ce temps,  de sérieux doutes ont émergés quant aux bases techniques de ces plaintes de piratage. Des observateurs indépendants ont argumenté qu’il était plus envisageable que les emails aient fui de l’intérieur et n’aient pas été piratés de l’extérieur. Dans cette optique, l’analyse la plus plausible a été faite par un groupe nommé Veteran Intelligence Professionals for Sanity, d’anciens employés des agences de services secrets US, qui se sont distingués en déboulonnant la plainte de Collin Powel concernant les armes de destruction massive possédées par Saddam Hussain, quelques heures après que Powell ait présent ses soi-disant preuves aux Nations unies. (Certains membres du VIPS ne se sont pas ralliés aux conclusions de ce rapport mais leurs arguments ont été à leur tour contestés par ses auteurs.) Les découvertes du VIPS n’ont reçu aucune attention de la part de la presse, sauf de Fox News – ce qui pour certains membres du centre-gauche  est pire que pas d’attention du tout. Les médias mainstream ont présenté le rapport comme le fruit de conspirationnistes (apparemment, le piratage russe ne compte pas comme tel).  La question cruciale, ici et ailleurs est l’exclusion du débat public de TOUTE perspective critique sur le discours orthodoxe, même dans la perspective de personnes avec de solides acquis professionnels et ayant déjà sérieusement faits leurs preuves.

A la fois l’histoire du piratage du DNC  et celle impliquant les emails de John Podesta, un conseiller de  campagne de H. Clinton, désignent un groupe obscur de pirates soi-disant  russes désignés sous le nom de «  Fancy Bear » – également connu chez les amateurs de technique comme APT28. Le nom de Fancy Bear a été introduit par  Dimitri Alperovitch, le responsable technique de la firme de cybersécurité Crowdstike. Alperovitch est aussi un membre de l’Atlantic Council, un think tank anti-russe de Washington embauché par le DNC afin de mener une enquête sur le détournement de leurs emails. Dans son rapport, Crowdstrike ne met en avant pratiquement aucune preuve de son affirmation de la responsabilité des Russes, encore moins de leur affiliation avec les services serets russes. Et pourtant, à partir de ce moment, la présomption qu’il s’agissait d’un cyber opération russe n’a pas été questionnée. Quand le FBI est entré en scène, le Bureau n’a pas demandé ou s’est vu refuser l’accès aux serveurs  du DNC, il dépendait donc complètement des analyses de Crowdstrike.  Pendant ce temps, Crowdstrike était forcé de retirer une autre plainte, où les Russes avaient piraté avec succès les systèmes de commandement de l’artillerie ukrainienne. L’armée ukrainienne et le British International Institute for strat »gic studies ont tous deux démneti cette plainte, et Crowdstrike s’est rétrcté. Mais ses analyse du DNC ont été autorisées a être sauvegardées et à même devenir les bases de l’Intelligence Community Assessment

Le bavardage autour du piratage n’aurait jamais acquis une telle urgence si celui-ci n’avait pas accompagné la présupposition : La Russie est l’unique adversaire dangereux, avec lequel nous devrions éviter tout contact. Sans cette croyance, la rencontre de l’Avocat général Jeff Session avec les Russes en septembre 2016 n’aurait été qu’une discussion de routine entre un Sénateur et des offociels étraners. Les conversatins post-élelcetions de Flynn ave l’Ambassadeur de Russie seraient passées inaperçues. Les tentatives des copains de Trump de faire quelques affaires avec la Russie simplement un eu glauques. La rencontre à la Rrump Tower de Donald Trump Jr. avec l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, intrigue obscure et mélodramatique,  aurait été transformée en une comédie de l’erreur. Avec le fils du candidat s’attendant à recevoir des informations à utiliser contre Clinton mais découvrant que Veselnitskaya ne voulait parler que de la levée des sanctions et de la reprise de l’accueil des orphelins russes aux USA. Et Putin lui-m^me serait resté un simple autocrate avec lequel les démocraties pouvaient négocier sans le soutenir.

Des voix sceptiques, comme celles du VIPS, ont été noyées sous un tapage de désinformation. Des histoires évidemment fausses, comme celle du Washington Post  affirmant que les Russes avaient piraté le réseau électrique du Vermont, sont publiées puis démenties le lendemain.Parfois, comme l’histoire de l’interférence des Russes dans les élections françaises et allemandes elles ne sont pas démenties même lorsqu’elles ont été discréditées. Ces histoires ont été parfaitement déboulonnées par les services secrets français et allemands  mais continue de planer, empoisonnant l’atmosphère, rendant le débat confus. La plainte selon laquelle les Russes avinent piraté les systèmes de vote locaux et fédéraux aux USA a été réfutée par lesreprésentants officiles de la Californie  et du Visconsin mais leurs commentaires n’ont généré quun simple murmure comparé aus grondements de l’histoire originale. La précipitation pour publier sans une attention suffisante à la véracité est devenue la nouvelle norme du journalisme. La rétractation ou a correction sont presque hors de propos, la fausse accusation a fait son travail.

La conséquence en est un sentiment de confusion qui enveloppe tout. Un nihilisme épistémologique plane mais certaines personnes et certaines institutions en retirent le pouvoir plus grand que d’autres de définir ce qui constitue une réalité consensuelle. Dire ceci est courir le risque  de se voir licencié comme le dernier des cinglés dans le lexique du Washington contemporain : la théorie conspirationniste. Pourtant les faits demeurent,  parfois des individus puissants s’arrangent pour promouvoir des idées qui bénéficint à leurs intérêts communs. Que nous appelions cela l’hégémonie, la conspiration, ou simplement les privilèges n’a pas vraiment d’importance. Ce qui a de l’importance, c’est d’avoir le pouvoir de créer ce que Gramsci nommait «  le sens commun » d’une société entière.  Même si la plupart des membres de cette société sont indifférents ou suspicieux à ce sens commun officiel, il n’en est pas moins incrusté dans les assomptions tacites qui tracent les frontières de « l’opinion responsable ». L’establishment démocratique donc, (avec quelques éléments Républicains) et les médias les plus importants ont transformé l’ «  interférence russe » en une partie du sens commun du moment. Quelle sorte de travail culturel ce sens commun effectue-t-il ? Quelles sont les conséquences du spectacle que les médias intitulent, avec une originalité caractéristique,  le « Russiagate » ?

La toute première conséquence est qu’en trouvant des démons étrangers à blâmer pour l’ascension de Trump, les dirigeants démocrates ont déplacé le blâme de leur défaite  loin de leur propre politique sans questionner la moindre de leurs assomptions principales. Parmi le rejet général de Trump, ils peuvent se proclamer dissidents, la «  résistance » était le label que les Clintoniens se sont appropriés quelques jours après l’élection. Les Démocrates majoritaires ont commencé à utiliser le terme de «  progressiste » à appliquer à une plate forme qui ne prétend à rien d’autre qu’à préserver Obamacare, , s’agitant en direction d’une plus grande galité des salaires, et le protection des minorités. Cet agenda est timide. Il n’a rien à dire sur la mise en cause de l’influence concentrée du capital sur la politique, la réduction du budget en expansion de la défense, ou le retrait des engagements systématiques dans la politique étrangère et pourtant sans ces initiatives, même la plus ténue des politiques égalitaires fait face à des obstacles insurmontables. De plus nombreuses et authentiques insurrections sont en route, qui affrontent le pouvoir corporatiste et connectent la politique intérieure avec la politique étrangère mais elles font face à une bataille ardue contre l’argent ancré et le pouvoir des dirigeants démocrates – comme Chuck Schumer, Nancy Pelosi, les Clinton et le DNC. Le Russiagae a permis à l’élite démocrate de promouvoir l’unité du parti  contre Trump-Poutine, pendant que le DMC faisait la purge des supporters de Sanders.

Pour le DNC, le grande qualité de l’histoire du piratage russe est qu’elle concentre l’attention ailleurs que sur ce qui était vraiment dans les emails. Les documents ont révélé une organisation profondément corrompue, dont la façade d’impartialité n’était qu’une imposture. Même le tout à fait fidèlement pro-Clinton Washington Post a admis  que «  beaucoup des plus emails les plus comprmettants suggèrent que le Comité essayait activement de compromettre la campagne présidntielle de Bernie Sanders »’ Des preuves de collusions supplémentaires entre la machine clintonnienne et le DNC ont fait surface récemment dans un essai de Donna Brazile, qui a été secrétaire par intérim du DNC après que Debbie Wasserman Schultz ait démissionné dans l’après-coup des révélations. Brazile décrit un accord daté du 26 août 2015, qui spécifie :

Qu’en échange de la levée de fonds et de mener des invstigations au sein du DNC, Hillary  contrôlerait les finances du parti, les stratégies et tous les fonds obtenus. Sa campagne a le droit de refuser le choix de la nomination du Directeur de la communication du parti  et elle aura le dernier mot sur tout le reste. Le DNC était également sollicité pour la consulter sur la campagne à propos de tout ce qui conerne les autres domaines, budgets, données, analyses et mailings.

Avant même que les primaires aient commencées, le supposé neutre DNC – qui a été proche de l’insolvabilité – avait été acheté par la campagne Clinton.

Une autre révélation récente du DNC concerne les origines de l’enquête dsur les liens supposés de Trump avec Poutine. L’histoire a commencé en Avril 2016, quand le DNC a embauché une firme d’enquête de Washington nommée  Fusion GPS afin de’extraire tous les éléments de connexions entre Trump et la Russie. Le contrat impliquait le paiement de «  liquide pour les ordures » comme aimait à l’appeler la campagne Clinton. Fusion GPS  a finalement produit des ordures, un compte-rendu choquant rédigé par un ancien agent de  British M16 Intelligence Christopher Steele, basé sur des on-dit achetés auprès de sources anonymes russes. Au sein des prostituées et des urinoirs une histoire a émergé : le gouvernement russe avait fait chanter et soudoyer Donald Trump depuis des années, dans l’assomption qu’il deviendrait Président un jour et servirait les intérêts du Kremlin. Dans ce conte fantastique, Poutine devient un comploteur omniscient prodigieusement doué.  Comme toutes les accusations de collusion, celle-ci est devenue elle aussi plus vague avec le temps, ajoutant à l’atmosphère glauque sans pour autant ajouter aucune preuve. La campagne Clinton a tenté de convaincre les médias de l’establishment de publier le dossier Steele, mais avec une circonspection peu caractéristique, ils ont décliné la promotion de ce qui était tout simplement du déchet politique plutôt qu’un rapport fiable. Cependant le FBI a apparemment pris le dossier Steele suffisamment au sérieux pour en inclure un résumé dans l’appendice secret à l’Intelligence Community Assessment. Deux semaines avant l’inauguration, James Comey, le directeur du FBI, décrivait le dossier à Trump. Après que le briefing de Comey ait été communiqué frauduleusement à la presse, le site web Buzzfeed l’a publié en entier, produisant hilarité et hystérie au sein de la nomenclature washingtonienne.

Le dossier Steel occupe un royaume obscur où l’idéologie et les enseignements, la désinformation et les révélations se recouvrent. C’est l’antichambre d’un système plus vaste de nihilisme épistémologique créé par différentes factions rivales des services de renseignement : l’ « arbre de fumée » qui, pour le romancier  Denis Johnson, symbolisait les opérations de la CIA au Vietnam. J’ai inhalé cette fumée moi-même en 1969, 1070, quand j’étais cryptographe d’une opération de déblayage top secrète sur un nvire de l’Armée US qui ptransportait des missiles équipés de têtes nucléaires – dont l’existence même était niée par la Marine. J’ai été dégagé de cete opération et plus tard honorablement congédié quand j’ai refusé de rejoindre le Sealed Authenticator System, qui aurait autorisé le lancement de ces missiles nucléaires  soi-disant non existants. L’arbre de fumée est simplement devenu plus complexe et plus insaisissable  depuis lors. Pourtant le Parti démocrate s’est maintenant embarqué dans une réhabilitation tous azimuts de la communauté des services de renseignements- ou du moins d’une partie d’entre elle, celle qui supporte l’idée du piratage russe. (Nous pouvons être certains qu’il existe des désaccords entre eux) Et ce n’est pas uniquement l’establishment démocratique qui embrasse l’Etat profond. Une partie de la base, croyant que Trump et Poutine sont étroitement liés, croit devoir fulminer contre la « trahison » comme une nouvelle John Birch Society.

J’ai songé à cette ironie en visitant l’exposition «  L’âme d’une nation : l’art à l’âge du Black Power » à la Tate gallery, qui exhibe les travaux d’artistes noir-Américians pendant les années 1960.1970, quand les agences de renseignement, (et les agents provocateurs)  organisaient une répression gouvernementale contre les militants noirs, les résistants à la conscription, les déserteurs et le pacifistes. Parmi les toiles, les collages et les assemblages, il n’y avait qu’un sei=ul drapeu confédéé, accompagné par l’horrible rappel du passé de Jim Crow – Un homme du Klan dans tout son attirail, un corps noir se balançant dans un arbre. Il y avait aussi au moins une demi-douzaine de drapeau US, juxtaposés en entier ou en partie à des images de l’oppression raciale contemporaine qui pourrait se passer n’importe où aen Amérique : des hommes noirs transportés morts sur des brancards par des squelettes en uniformes de police, un prisonnier noir attaché à une chaise, attendant d’être torturé. Le point était de mettre en évidence le contraste entre «  le pays des libertés »  et les pratiques de l’état sécuritaire et des forces de police locales. Les artistes noirs  de cette époque connaissaient leur ennemi : les noirs n’étaient pas tués ou emprisonnés par un nébuleux ennemi étranger mais par le FBI, la CIA et la police.

La Parti démocrate a développé une nouvelle vision du monde, un partenariat plus ambitieux entre les humanitaires interventionnistes libéraux et les militaristes conservateurs qui existait déjà sous le prudent Obama. Ceci sera peut-être la conséquence la plus désastreuse pour le Parti démocrate de la nouvelle politique orthodoxe anti-russe : la perte de l’opportunit de formuler une politique étrangère plus humaine et plus cohérente. L’obsession de Poutine a effacé la possbilité de la complexité de la reprsentation du monde par les Démocrates, créant un vide rapidement rempli parlesfantaisies monochromes d’Hillary Clinton et de ses alliés exceptionnalistes. Pur des gens comme Max Boot et Robert Kagan, la guerre est un état désirable pour les affaires, spécialement quand ils la regardent derrière leur claviers et que le reste du monde – à part les vilains garçons-  est rempli de populations qui veulent construie des sociétés comme la nôtre : pluralistes, démocratiques et ouvertes aux affaires. Il existe une souffrance terrible dans le monde, les USA ont des ressources abondantes pour l’aider à se réduire, l’impératif moral est clair. Il existe un nombre infini d’engagement internationaux qui n’impliquent pas une intervention militaire. Mais le chemin pris par la politique US  assez souvent pour qu’on puisse soupçonner la réthorique humanitaire de n’être rien d’autre qu’une façade pour une géopoltique plus banale – une qui définit l’intérêt national comme global et virtuellement sans limite. * (article du sociologue russe) Ayant vécu la guerre du Vietnam, une conséquence calamiteuse de ce qui définissait l’intérêt national, j’ai toujours été attiré par une critique réaliste du globalisme. Réalisme est un label pour toujurs terni par son association à Henri Kissinger, qui a utilisé comme une rationalisation de l’intervention ouvertement et sous couvert de l’intervention dans les affaires d’autres nations. Cependant il existe une tradition réaliste plus humaine, celle de George Kennan et de William Fulbright, qui pointent les liites de la toute-puissance militaire, précisant que les grands pouvoirs impliquent de grandes restrictions. Cette tradition met au défi la doctrine du changement de régime sous le déguisement de la promotion de la démocratie qui, – en dépit des échecs abyssaux en Irak et en Libye – gardent une incroyable légitimité à Washington. – Le Russiagate en a étendu la durée de conservation.

On peut jauger de l’impact corrosif de la fixation démocrate sur la Russie en demandant de quoi peuvent-ils bien parler quand ils neparlent pas du piratage russe. Tout d’abord, ils n’évoquent pas les interférences d’un autre type dans l‘élection, comme les tentatives nombreuses du Parti républicains pour priver du droit électoral les électeurs issus des minorités. Ils n’évoquent pas non plus les milliards de dollars du budget de la défense qui ont compromis la possibilité de recevoir des soins et d’autres mesures sociales urgemment nécessaires, ni la modernisation de l’arsenal nucléaire américain qu’a commencé Obama et le plan de Trump de l’accélérer, qui soulèv le risque d’une catastrophe environnementale ultime : une guerre nucléaire. Une menace rendue plus sérieuse qu’elle ne l’a été depuis des années de disscours combatifs à l’égard de la Russie.

La perspective de pouvoir entamer la procédure d’ « impeachment » de Trump et de l’esclure du bureau en l’accusant de collusion avec la Russie a créé une atmosphère d’anticipation presque vertigineuse parmi les leaders démocrates, les autorisant à oublier que le reste du Parti républicain est composé de nombreux politiciens beaucoup plus habiles aux stratégies washingtonnienne que ne le sera jamais leur Président.

Ce n’est pas le Parti démocrate qui mène la recheche d’alternatives au désastre créé par la politique dues Républicains : un plan d’imposition qui va inonder les riches et essorer les pauvres et la classe moyenne, une poursuite de la politique d’extraction des énergies fossiles insouciante * (Forbes sur la politique d’extraction du gaz naturel sous Obama) qui a déjà conduit à la contamination de l’eau dans le Dakota et le soutien continu des politiques de répression, de même que le soutien aux polittiues de répression policière et d’incarcération de masse. C’est la population locale qui est sous la menace des fuites de pétrole ou des matracages de la police, et c’est là que le Populisme survit.

Une multitude de groupes d’insurgés a commencé à utiliser les attaques contre Trump omme un levier pour faire bouger le Parti dans une direction égalitaire : Black Lives Matter, Democratic Socialists of America, tout comme une quantité d’organisations locales et régionales. Ils reconnaissent qu’il exsite des questions autrement plus urgentes – et authentiques – de s’opposer à Trump que de vagues allégations de collusion avec la Russie. Ils posent un défi tardif aux arnaques du néo-libéralisme, et à l’arrogance technocratique qui a conduit à la défaite de Clinton dans les états industriels américains. Reconnaissant que l’actuel gouvernement n’amènera pas de changements significatifs, ils cherchent à se financer en dehors du DNC. C’est la véritable résistance, contrairement à ‘#theresistance’.

Sur certaines questions, comme le développement de la protection santé, l’augmentation du salaire minimum ou la protection des immigrés sans papiers contre les plus flagrantes formes d’exploitation – ces insurgés obtiennent un large appui. Des candidats comme Paula Jean Swearengin, la fille d’un mineur de la Virginie qui se présente au primaires démocrates pour la nomination au Sénat, défient l’establishment démocrate qui se tient côte à côte avec les Républicains au service du grand capital. L’opposant de Swearengin, Joe Manchin que le Los Angleles Times a comparé à Doug Jones, un autre Démocrate «  très conservateur » qui a récemment gagné les élections au Sénat en Alabama, battant de très peu un Républicain, disagracié par des accusations de harcèlement sexuel avec des adolescentes de quatorze ans. Je me sens soulégé par ce résultat sans jondre l’extase collective démocrate, qui révèle l’investissement presistant du parti dans la politique comme d’habitude. Les leaders démocrates se sont convaincus (ainsi que la pupart de leur base) que tout ce dont a besoin la république est de la restauration du staut antérieur à Trump. Ils demeurent oublieux de l’impatience populaire à l’égard des formules familières. Jess King une femme mennonite, MBA de l’Université de Bard et fondatrice d’une association locale bénévole qui est en lice pour le Congrès comme Démocrate à Lancaster Pennsylvanie – le décrit dans ces termes : «  Nous observons un paysage politique qui change en ce moment qui n’est plus mesuré par le traditionnel droite vs gauche mais par la base vs le sommet. En Pennsylvanie et dans de nombreux autres endroits, nous voyons un populisme économique  des militants de base qui monte, se heurtant à l’establishment politique et au status quo qui ont tant échoué dans notre pays. »

Les insurgés démocrates développent aussi un populisme critique de l’hubris économique qui a sponsorisé tant de croisades qui ont échoué, extorqué des sacricices disproportionnés de la classe ouvrière et provoqué le soutien de Trump, qui s’est présenté lui-même (d’une façon fallacieuse) comme un opposant de l’interventionnisme à tout va. Sur la politique extérieure, les insurgés font face à une opposition encre plus ferme que sur la politique intérieure : un consensus bipartisan, enflammé par l’outrage de la menance contre la démocratie supsée représentée par le piratage russe. Cependant, ils est possible qu’ils aient trouvé un chemin tactique pour avancer, en se concentrant sur les charges inégales pesant sur les pauvres et sur la classe ouvrière pour la promotion et le maintien de l’empire américain.

Cette approche est celle qui anime  ” Autopsie : le Parti démocrate en crise” , un document de 33 pages dont les rédacteurs comprennent Norman Solomon, fondateur du groupe de pression insurgé RootsAction.org. «  La revendication du  Parti démocrate de combattre pour les «  familles de travailleurs »  a été compromise par son refus de s’opposer au pouvoir des multinationales, permettant à Trump de se présenter comme le champion des couches laborieuses » dit Autopsie. Mais ce qui caractérise ceci par rapport aux critiques progressives habituelles, est la connexion convaincnte entre la poltique intérieure et la politque étrangère. Pour ceux de la Rust belt, le service militaire a été souvent la seule solution pour échapper au désastre créé par la politique énéo-libérale, mais le prix pour la fuite a été élevé. Comme le note Autopsie, «  la sagesse de la guerre permanente, ce que Clinon nomme «  le pouvoir global »

  • Etait beaucoup plus clair pour les leaders du Parti (en 2016) qu’il l’était pour ceux qui portaient le poids des morts au combat, des blessures et des traumatismes. Après une dizaine d’années de guerre sans interruption, les données de la recherche sur les conduites de vote montrent que la campagne de Clinton avec saon discours belliqueux a été un repoussoir pdans les classe laborieuses, durement touchées par les pertes dues au déploiement en Irak et en Afghanistan.

Francis Shen de l’Université du Minnesota et Douglas Kriner de l’Université de Boston ont analysés les résultats des élections dans trois états-clefs, La Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan – et ont trouvé   que «  même en contrôlant sur un modème statistique alternatif, nous avons trouvé une relation significatrice et sensée entre le niveau du sacrifice militaire de la communauté et son soutien à Trump ». L’engagement sans critique de Clinton dans les interventions armées a permis à Trump de gagner sur les deux tableaux, jouant au ressentiment chauvin tout en se posant comme un adversaire des guerres sans but et insensées.  Kriner et Shen concluent que les Démocrates peuventavoir à «  réexaminer leur posture en politique étrangère  si ils veulent reconquérir l’électorat épuisé et étrangé à 15 ans de guerre » Si le mouvement insurrectionnel au sein du Parti démocrate a commencé à se formuler des critiques en faveur d’une poltique étrangère intelligente, un changement peut éventuellement se produire. Et le monde peut devenir un endroit où le pouvoir américain, comme la vertu américaine, sont limités. Pour ces mêmes Démocrates, c’est une évolution fortement désirée. C’est sur du long terme mais quelque chose se passe vraiment ici.

Jackson Lears est membre  du Conseil supérieur des universités  (Board of Governors Distinguished) Professeur d’histoire à l’Université de Rutgers..

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Berner les Américains sur  la santé et la guerre Nicolas J S Davies

 

Duping Americans on Healthcare and War Nicolas JS Davies

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

Force de dissuasion ou agression ?

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

La persécution du gros bâton

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

Le problème d’une menace crédible

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

Le déloyal Colin Powel

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

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Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Faire de la Russie ” l’ennemi ” par Robert Parry

Making Russia ” the enemy “

Faire de la Russie “ l’ennemi”

Robert Parry

Le 15 Décembre 2016

 

Exclusivité :  Malgré des points de vue s’opposant sur les origines des fuites des emails du parti démocratique, la frénésie à propos d’un soi-disant rôle russe est entrain de conduire les USA de plus en plus profondément dans une nouvelle guerre froide coûteuse et dangereuse  Robert Parry

L’hystérie montante à l’égard de la Russie se comprend mieux si elle correspond à deux besoins prioritaires de Washington : le complexe militaro-industriel transitant d’une “ guerre à la terreur”  vers une plus lucrative “ nouvelle guerre froide” – et le désamorçage de la menace que peut représenter le Président Trump à l’interventionnisme de l’establishment libéral et conservateur.

En faisant un tapage publicitaire de la “ menace” russe, les néo-cons. Et leurs proches libéraux, qui incluent la plupart des organes de presse et d’informations  des USA, peuvent garantir un plus gros budget militaire vote par le Congrès. Le battage met aussi en mouvement le blocage de tous changements significatifs.

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Scènes hivernales  au Square rouge de Moscou  Décembre (Photo by Robert Parry)

Certains Démocrates espèrent même empêcher Trump d’accéder à la Maison Blanche en ayant la CIA, dans les faits, faire pression sur Le Collège électoral avec des contes effrayants où la Russie serait en train de régler les élections pour Trump. Les Grands électeurs se rencontrent le 19 décembre afin  d’officialiser leurs votes, supposé refléter les jugements de chaque votant dans chaque état, mais il est concevable que les Électeurs basculent leur voix de Trump vers Hillary Clinton ou vers quelqu’un d’autre.

Mercredi, le rédacteur libéral E.J Dionne, a rejoint l’appel aux Grands électeurs de modifier leurs votes écrivant : : « La question est de savoir si Trump, Vladimir Putin ou peut-être le vote populaire en faveur de Clinton, vous donne des raisons suffisantes pour faire exploser le système. »

Que les Démocrates souhaitent que la CIA, qui est interdite d’intervention sur place en partie à cause de son rôle historique dans l’influence des élections dans d’autres pays, joue un rôle identique aux USA montre à quel point le Parti démocrate est désespéré.

Et bien que le New York Times et d’autres gros dispositifs d’information  reporte comme un fait   que la Russie a piraté les emails du parti démocrate et donné les informations à Wikileaks, l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne, un proche associé du fondateur de Wikileaks Julian Assange, a déclaré au London Daily Mail qu’il avait personnellement reçu les renseignements  d’un Démocrate «  dégoûté ».

Murray a dit qu’il avait voyage de Londres à Washington pour un rendez-vous clandestine avec une des sources des emails en septembre, qu’il avait alors reçu le paquet entier dans une aire boisée près d’une Université américaine.

 

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L’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne Craig Murray

«  Aucune des fuites, du Comité national démocratique ou du responsable de la campagne de Clinton Podesta, ne venait des Russes » dit Murray, ajoutant «  Les sources avaient un accès légal à l’information. Les documents viennent d’une fuite pas d’un piratage. »

Murray a dit que le membre autorisé se sentait  « dégoûté par la corruption régnant dans la Fondation Clinton et le niveau des luttes sur le terrain lors de la primaire jouant contre Bernie Sanders. » Murray a ajouté que la rencontre s’était effectuée avec un intermédiaire du Démocrate impliqué, et pas avec ce Démocrate lui-même directement..

Si l’histoire de Murray est vraie, cela crée plusieurs scénarios alternatifs : les plaintes des services de l’Intelligence US sont fausses, que les Russes ont piraté les comptes emails des Démocrates en gardant les renseignements pour leurs propres services sans les confier à Wikileaks, ou que Murray a été trompé à propos de l’identité du premier responsable des fuites.

Mais l’incertitude crée la possibilité que les Démocrates soient entrain d’utiliser un renseignement de la CIA douteux afin de renverser les résultants d’une élection présidentielle américaine, en fait, impliquant la CIA dans un “ changement de régime” intérieur.

Une autopsie reportée

Toutes ces manœuvres permettent également au parti Démocrate de retarder l’examen des causes de son échec auprès de tant de travailleurs auprès desquels il a d’habitude un grand nombre de votants, comme en Pennsylvanie, dans le Michigan, ou dans le Wisconsin.

Plutôt que d’accepter le blâme pour avoir présélectionné un candidat imparfait et pour avoir ignore tous les signes d’avertissement à propos de la résistance du public à son choix, les Démocrates ont pointé du doigt à peu près tout ailleurs. Du directeur du FBI James Comey parce qu’il ravivait brièvement la question des emails de Clinton, au candidat du troisième parti  qui siphonnait les votes, à l’archaïque Collège électoral qui a nié le fait que Clinton avait emporté le vote populaire et maintenant, aux Russes.

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 Directeur du FBI James Comey

Bien qu’il puisse se trouver quelque validité dans toutes ces plaintes, la frénésie excessive qui entoure la déclaration encore improuvée que le gouvernement russe avait subrepticement orienté les élections en faveur de Trump crée une dynamique tout particulièrement dangereuse.

Dans un premier temps, cela a amené les Démocrates à soutenir des concepts orwellien-Mac carthystes, comme ceux de la création d’une «   liste noire des sites internets. »  l qui amène à questionner la «  sagesses conventionnelle » des officiels de Washington et les place comme des pourvoyeurs de la « propagande russe » et des « informations falsifiées ». À u autre niveau, cela cimente le rôle du parti démocrate en tant que parti de la guerre, favorisant l’escalade d’une nouvelle guerre froide avec la Russie en augmentant le niveau des sanctions à l’encontre de la Russie et allant jusqu’à chercher des provocations militaires avec les Russes dans les zones de conflit comme la Syrie et l’Ukraine.

Une des aspects les plus dangereux de la perspective de présidence pour Hillary Clinton est qu’elle aurait appointé des néo-cons, comme l’Assistant-secrétaire d’état pour les affaires européennes Victoria Nuland et son mari, co-fondateur du Project for the New American Century (Projet pour un siècle néo-américain) Robert Kagan, aux positions les plus hautes de la politique étrangère.

Bien que le risque est passé de voir le Electoral College assumer la défaite électorale de Clinton lundi, Les Démocrates se joignent à la champagne de dénigrement de la Russie, rendant difficile d’envisager comment le parti pourra revenir à son rôle plus récent de «  parti de la paix », ( du moins au regard des terriblement belliqueux républicains)

 

Lieux d’échanges

Les lieux d’échange potentiels des deux partis à cet égard – avec Trump favorisant une détente géopolitique et les Démocrates battant le tambour pour plus de confrontation militaire- n’augure que très mal du regain de bases politiques pour les Démocrates avant longtemps.

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Place rouge à Moscou avec le festival d’hiver à la gauche et le Kremlin à la droite, le 6 décembre 2016  (Photo by Robert Parry)

 

Si les leaders démocrates appuient, en accord avec les Républicains néoconservateurs pour une escalade d’une nouvelle guerre froide avec la Russie, ils peuvent générer une césure du parti entre les va-t-en guerre et les pacifistes, un schisme qui se serait vraisemblablement produit si Clinton avait été élue mais qui va maintenant se produire de toute façon, mais sans le bénéfice du parti tenant le Maison blanche.

Le premier test pour cette alliance Démocrates-néo-cons  émergeante peut être celui du choix de Trump pour le poste de Secrétaire d’état, le PDG d’Exxon-Mobile Rex Tillerson, qui n’exhibe pas la  haine viscérale de Vladimir Poutine que les Républicains semblent encourager.

En tant que responsable de sa compagnie, Tillerson semble partager le côté de la « politique-pour-de vrai » de Trump, l’idée que faire des affaires avec les rivaux a plus de sens que les conspirations pour forcer  “ « changement de régime » sur «  changement de régime ».

Pendant les dernières décennies, l’approche “ changement de régime” a été le choix à la fois des néo-cons et des interventionnistes libéraux et a été conduit à la fois par des administrations républicaines et démocrates. Parfois elle est menée à bien à travers la guerre et parfois à travers de “ la révolution de couleur”, toujours sous le costume idéaliste de “ la promotion de la démocratie” ou de la “ protection des droits humains fondamentaux”

Mais le problème est que la stratégie néo-impérialiste a échoué misérablement à améliorer les vies des peuples vivant dans les pays soumis au “changement de régime”.  Au lieu de ça, le chaos s’est développé à travers de grandes parties du globe et a maintenant même déstabilisé l’Europe.

Malgré tout, une solution envisage par les néo-cons et  de leur doublures va-t-en guerre libérales est de simplement forcer l’application de plus de «  changements de régime » dans la gorge des populations. La nouvelle «  grande idée » est de déstabiliser la Russie, équipée en armes nucléaires en faisant craquer son économie et en alimentant autant d’éléments anti-Poutine que possible pour créer une  « révolution de couleur » à Moscou. Pour justifier ce schéma risqué, il a été offert de larges pans de propagande anti-russe, maintenant financée par des dizaines de millions de dollars venant de la poche du contribuable et étant poussée par les officiels gouvernementaux fournissant des instructions aux médias populaires pour leur écoulement.

Cependant, comme lors des précédents plans de “ changement de régime”  les néo-cons et les va-t-en guerre libéraux n’envisagent jamais le scenario jusqu’à son terme. Ils supposent toujours que tout va marcher comme convenu et que certains «  leaders de l’opposition » bien vêtus ayant participé à leurs conférences vont simplement être promus au poste suprême.

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L’Assistante du Secrétaire d’état aux affaires européennes et eurasienne, Victoria Nuland, lors d’une conférence à l’Ambassade US de Kiev, en Février 2014. (U.S. State Department photo)

 

Rappelons-nous en Irak, ce devait être Ahmed Chabali qui était apprécié à Washington mais complètement rejeté par son people. En Libye, il ya eu une parde de leaders approuvés par les US qui ont tous échoué dans le rassemblement du pays.

En Ukraine, le choix de Nutland, Arseniy – “Yats est notre type” Yatsenyuk – a démissionné il ya quelques mois cette année, au milieu d’un large rejet du public après avoir entamé de large réductions dans les budgets des programmes sociaux,  alors même que les officiels gouvernementaux soutenus par les US à Kiev continuaient à siphonner la trésorerie ukrainienne  et les aides économiques inappropriées.

 

 Déstabilisation d’une puissance nucléaire

Mais la notion de déstabilisation de la Russie, équipée d’un armement nucléaire est encore plus farfelu que les fiascos précédents. Les suppositions des bellicistes néocons.libéraux est que les Russes- posse à leurs limites par les sanctions occidentales. Renverseront Putin et installeront une nouvelle version de Boris Yeltsin qui laissera alors intervenir les conseillers financiers US et l’accès aux richesses énormes de la Russie.

Bien sûr, c’est l’état Yeltsin et la bien-aimée thérapie de choc de l’Ouest quia é créé les conditions désespérées précédant la montée de Putin et de son nationalisme autocratique, qui, avec tous ses defaults, a tout de même amélioré la vie de la plupart des Russes.

 

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De brillantes illuminations sur la Place rouge Le 6 décembre 2016. (Photo by Robert Parry)

 

Et la plus vraisemblable conséquence du  “ changement de régime” prôné par les bellicistes néo-cons-libéraux serait l’émergence de quelqu’un encore plus nationaliste – et peut-être moins stable que Putin- qui est considéré par tous même par ses critiques comme froid et calculateur.

La perspective d’un extremist nationaliste russe mettant la main sur les codes nucléaires devrait réveiller quelques frissons le long de la colonne vertébrale des Américains et bien sûr de tout humain sur cette planète. Mais c’est la pente sur laquelle semble être les décideurs démocrates avec leurs commentaires de plus en plus hystériques sur la Russie.

Le Comité national des démocrates a produit la déclaration mercredi accusant Trump de donner aux Russes un cadeau avant les vacances qui ressemble à un remboursement” Il est assez simple de connecter les données, La Russie s’est impliquée dans les élections de façon à favoriser Trump et maintenant il leur offre le PDG d’Exxon mobile Tillerson secrétaire d’état comme dédommagement.

Mis à part le fait d’ajourner l’ autopsie désespérément nécessaire des raisons pour lesquelles les Démocrates ont échoué à ce point dans un élection contre un Donald Trump largement malaimé, la nouvelle manœuvre   “ c’est la faute des Russes” menace de compromettre les Démocrates et leurs politiques favorites d’une autre façon.

Si les Démocrates votent massivement contre Tillerson et contre les autres responsables de la politique étrangère nommés par Trump, exigeant qu’il choisisse des individus satisfaisant le bellicisme des néo-cons et des libéraux va-t-en guerre, Trump pourrait être poussé plus avant dans les bras de l’extrême-droite républicaine, leur accordant plus sur les questions de politique intérieure afin de s’assurer de leur soutien quant à ses buts en politique étrangère.

Cela pourrait se terminer par un effet rétroactif sur les Démocrates alors qu’ils verraient d’importants programmes sociaux abandonnés en échange de leur alliance douteuse avec les néo-cons.

Depuis le Président Clinton, les Démocrates ont fait la cour à des factions néo-cons, pensant apparemment qu’ils ont de l’influence parce qu’ils dominant de nombreux organes de presse et des think-tanks de Washington. En 1993, comme cadeau de remerciement aux éditeurs néo-cons de the New Republic qui l’ont supporté, Clinton a choisi l’idéologue néo-con James Wollsey comme tête de la CIA, une des décisions personnelles de Clinton les plus désastreuses.

Mais en vérité, les néo-cons ont beaucoup moins d’influence sur l’électorat US que ce que croit Clinton. Vraisemblablement, ils se limitent à une clique d’initiés de Washington qui sont considérés comme des va-t-en guerre par de nombreux Démocrates pacifistes et qui représentent plutôt une force négative quand il s’agit de gagner des votes.

Je me suis entretenu avec de nombreux Démocrates traditionnels qui n’ont pas vote pour Hillary Clinton parce qu’ils craignaient qu’elle ne poursuive une dangereuse politique internationale néo-con.  De toute évidence, il ne s’agit pas là d’une enquête scientifique mais d’une évidence anecdotique qui suggère que les connexions néo-cons de Clinton auraient pu être un autre handicap dans sa campagne.

Estimer la Russie

J’ai également entrepris un test personnel limité afin de vérifier si la Russie est l’état policier que la propagande américaine dépeint, un pays ayant soif de se libérer de la pression violente de Vladimir Putin (bien qu’il ait enregistré 80% d’approbation dans les statistiques)

 

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Un couple marchant le long du mur du Kremlin, le 7 décembre 2016 (Photo by Robert Parry)

Lors de mon voyage de la semaine dernière en Europe, qui comprenait des arrêts à Bruxelles et à Copenhague, j’ai décidé de faire un voyage parallèle à Moscou, que je n’avais jamais visité auparavant. Ce que j’ai découvert était une ville impressionnante, étonnamment ( pour moi du moins) occidentalisée avec des magasins franchisé américains et européens nombreux, y compris les omniprésents Starbucks et MacDonald. ( Les Russes servent  le lait gingerbread avec un petit gâteau au gingembre)

Bien que les responsables officiels russes n’aient pas accepté de me recevoir, un reporter américain en ces temps de tension, la Russie n’avait pas l’apparence d’un pays très répressif. Lors de mes années passées à couvrir la politique étrangère américaine au Salvador dans les années 80 ou à Haïti dans les années 90, j’ai fait l’expérience de ce qu’un état policier est censé être, là où des escadrons de la mort jettent les corps dans les rues. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti en Russie, juste une ville moderne avec des gens s’affairant sous les premières chutes de neige.

La présence de la police sur la Place rouge près du Kremlin n’était pas aussi équipée que celle près des bâtiments gouvernementaux à Washington. Au lieu de ça, il régnait plutôt un air de fête anticipée sur la Place brillamment éclairée, avec une large patinoire entourée de petits stands vendant du chocolat chaud, des jouets, des vêtement d’hiver et d’autres marchandises.

D’accord, mon temps et mes contacts avec les Russes furent limités – d’autant que je ne parle pas le Russe et que la plupart d’entre eux ne parlent pas l’Anglais- mais j’ai été frappe par le contraste entre l’image sinistre créée par les médias occidentaux et la Russie que j’ai vu de mes propres yeux.

Ceci m’a rappelé comment le Président Reagan avait dépeint les Nicaragua sandiniste, comme un “ donjon totalitaire” avec un état militaire près à marcher sur le Texas, mais où j’avais trouvé, en voyageant à Managua, un pays du tiers-monde se remettant à peine d’un tremblement de terre, avec des structures de sécurité très faibles en dépit de la guerre contra qu’avait entamé le Président Reagan contre le Nicaragua.

En d’autres termes la , “gestion de la perception” t” reste le principe Guidant la façon dont le gouvernement américain traite le people américain, l’effrayant avec des contes de menace étrangère exagérés puis manipulant nos peurs et nos idées fausses.

Aussi dangereux que cela puisse être en parlant du Nicaragua, de la Libye ou de l’Irak, les risqué sont exponentiellement plus élevés en ce qui concerne la Russie. Si le peuple américain se rue dans une nouvelle guerre froide basée plus sur des mythes que sur la réalité, le coût minimum pourrait être de milliards de dollars dégagés des dépenses intérieures vers le complexe militaro-industriel. Un coût encore plus élevé serait un mauvais calcul par l’un ou l’autre bord qui amènerait la fin de la planète.

Aussi, comme les Démocrates se projettent dans leur avenir, ils doivent décider si ils souhaitent devancer les Républicains en tant que  “parti de la guerre” ou s’ils veulent réduire l’escalade des tensions avec la Russie et commencer à répondre aux besoins pressants des Américains.

 

 

Le journaliste d’investigation Robert Parry  a cassé de nombreuuses contre-histoires sur l’Iran pour l’Associated Press et les Newsweek en 1980.  Vous pouvez vous procurer son dernier livre, America’s Stolen Narrative, ou sous la forme imprimée ici  ou en elivre chez Amazon et barnesandnoble.com).

 

 

Article  à consulter : L’hystérie de la Guerre froide  The Nation

 

Traduction : Elisabeth Guerrier