AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Propagande

Berner les Américains sur  la santé et la guerre

 

Duping Americans on Healthcare and War

March 30, 2017

Exclusif : Le peuple américain s’est fait vendre une loi mortelle à la fois pour son système de protection santé minable et pour sa machine de guerre à perpétuité – et il n’existe pas de fin en vue.

Par Nicolas J S Davies

 

 

Le Président Trump et ses amis milliardaires viennent de découvrir comme le système de protection santé est compliqué dans ce pays. – pour tous les autres, s’entend. Ils vont bientôt trouver comme l’armée US est elle aussi compliquée, et pour de nombreuses raisons identiques.

 

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Le Président Trump s’adressant à une cession commune du Congrès le 28 février 2017 (Photo de la Whitehouse.gov)

 

La protection santé n’est compliquée aux USA que parce que les USA sont le seul pays riche au monde où les intérêts d’entreprises privées se sont taillées une telle part dans la maladie et la santé de son peuple La fonction  lucrative des assurances maladies y est.unique dans le monde entier ; les prescriptions de médicaments coûtent plusieurs fois le prix de celles d’autres pays,  et les entreprises à but lucratif ont mis main basse sur plus de 21% des hôpitaux américains  depuis 1965.

Tous les autres pays développés fournissent les soins de santé à leur population principalement à travers le secteur public,, avec un rôle plus faible du secteur privé, habituellement des entités à but non lucratif. Les prix des médicaments sont maintenus par les pouvoirs publics de ces grands systèmes publics de couverture.

Ces systèmes font tous face à des challenges lorsqu’ils essayent de maintenir la qualité d’accueil des patients au milieu des coûts montants de nouveaux médicaments ou de nouvelles technologies de soin, mais la structure de base sur la politique de santé publique dans chacun de ces pays est bien établie et stable.

Si la population des autres pays prête jamais attention à la crise de la santé aux USA, il doit sembler que nous attachons de l’importance à cela pour des raisons proprement culturelles. Nous devons apprécier les débats gigantesques sur la santé qui s’imposent régulièrement, pour les mêmes raisons que nous mangeons dans nos voitures et que nous pratiquons des sports différents. En dehors des USA il est inconcevable qu’un pays riche autorise que des dizaines de milliers de personnes puissent mourir prématurément  chaque année à cause d’une absence d’accès aux soins ou que le public manque du pouvoir politique de l’’empêcher  de se produire.

Course vers le fond

Depuis une génération, les USA ont mené une “course vers le fond” parmi les pays développés afin d’assurer que la récompense des technologies avancées et de l’accroissement de la productivité soient offerts aux investisseurs fortunés et aux exécutives des entreprises, au lieu d’aller aux travailleurs qui développent, rendent efficientes et maintiennent ces mêmes technologies, aux USA et dans le monde.

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Rep. Paul Ryan, R-Wisconsin

Un élément central de cette contre-révolution  néolibérale est l’expansion du monde corporatiste, et du secteur privé dans des zones de la vie qui étaient auparavant ancrées dans le secteur public, comme la santé, l’éducation, les services, les transports et la justice criminelle.

En dépit des déséquilibres énormes dans le pouvoir du marché ,  entre les gens ordinaires et les grosses entreprises, la croyance quasi religieuse en le “ marché” comme mécanisme le plus efficace d’organisation de tous les aspects de la société demande que même les services publics comme l’assurance maladie et l’éducation soient privatisés et soumis à «  la magie du marché ». Les leaders politiques et affairistes américains sont déterminés à prouver qu’une assurance maladie privée peut fonctionner, et puis à l’exporter au reste du monde comme partie de l’expansion sans répit du capitalisme US sans répit.

Mais l’assurance maladie et l’éducation publiques ne peuvent pas être abandonnées avec succès aux  aléas du marché, même aux USA, quand le secteur public se montre plus essentiel que les architectes du néolibéralisme l’ont clamé.

Quand les US admettront finalement que cette expérience brutale de privatisation de l’assurance santé a échoué et qu’ils sont finalement obligé de redonner les rênes de cette partie sensible de la vie publique américaine au secteur public, ce sera un signal puissant que le projet néolibéral a passé un point crucial – et que le pendule politique a commence à se balancer vers un avenir plus rationnel et plus démocratique.

 

Force de dissuasion ou agression ?

 

Comme le système privatisé de santé, l’armée US est compliquée d’une façon unique, d’une façon telle que le monde n’arrive pas à y voir clair après 18 ans de guerres menées par les USA qui ont tuée à peu près deux millions de personnes  et laissé une demie douzaine de pays dévastés.

 

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Au début de l’invasion US en Irak en 2003, le Président G.W. Bush a ordonné que les forces armées américaines conduisent une opération aérienne sur Bagdad connue comme” Choc et effroi”

Ce n’est pas tout à fait une coïncidence que notre crise de santé et d’armement aient quelques éléments troublants en commun dans la mesure où ils sont les produits d’un même système politique et économique.

Notre industrie pharmaceutique qui dysfonctionne et notre machine de guerre meurtrière sont de loin les plus onéreux systèmes de “ soin “ et de “ défense” dans le monde. Tous deux énormément profitables, mais ne valorisant jamais leur bénéfice en des termes de meilleure santé ou de société plus sûre, les missions qui justifient leurs existences et leur expansion sans fin à nos dépends.

Ce sont également deux zones de la politique publique dans lesquelles de mauvais choix peuvent inévitablement et d’une façon prévisible mener à des pertes massives de vies humaines. Quand il s’agit de garder les gens en sécurité contre les maladies et les guerres, respectivement, le système  de santé et  militaire  échouent catastrophiquement en dépit de leur coût toujours croissant. En fait , d’énormes quantités d’argent investies contribuent à leur échec en corrompant et en distordant les buts non commerciaux qu’ils sont tous deux supposes poursuivre.

Une machine de guerre de pire en pire

Mais le militarisme US implique des complications qui éclipsent même les ravages du système de protection sociale privée. Pendant que les médias d’ “information” produisent 24 heures sur 24 des  ” débats au sommet” de la CIA et des accusations du Parti démocratique  sur la Russie s’étant imiscée dans les élections américaines, des bombes américaines sont en train de  tuer des milliers de civils en Irak à Mossul, comme elle l’ont fait partout en Irak, en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans depuis 2001

 

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Un Sergent de l’Air force attend afin de sécuriser le chargement d’un cargo dans un C-130H Hercules à Qayyarah Airfield West, Irak, Feb. 3, 2017. (Air Force photo by Senior Airman Jordan Castelan)

 

Contrastant avec notre débat sans fin sur la santé publique, les contradictions du militarisme US ont à peine été débattues. Les politiciens ne discutent des buts des interventions armées qu’en termes euphémistes et toute évaluation honnête de  de la mort, de la violence et du chaos que nopuis avons libérés pays après pays depuis les 18 dernières années est strictement tabou à travers tout le spectre politique.e have unleashed in country after country for the past 18 years is strictly taboo across the political spectrum.

Il ya une contradicition inhérente au fait d’utiliser des armes pour promouvoir la paix. Je me souviens avoir demandé à mon père, un médecin de la marine anglaise, comment il résolvait cette contradiction, qui était plmus visible dans son cas en tant que docteur voué à ne faire ” d’abord aucun mal”. Il me répondit qu’il pensanit qu’une forte défense était la meilleure dissuasion contre l’agression.

A part ce jour de juin 1954, où son navire ” bombarda des positions terroristes”  sur le Kedah Peak en Malaisie, mon père passa son entière carrière dans une marine de paix se rétressissant comme le soleil couchant de l’empire britannique. La Grande-Breatagne est restée au dehors du Viet-nam, à part pour quelques opérations de couverture , et aucun autre pays n’a attaqué la GB, la vision de sa carrière par mon père comme dissuasive contre les agressions a pu rester intacte.

Même le Président Trump souscrit à l’idée que le rôle légitime du pouvoir militaire est de servir de dissuasion pour les autres. En février, il a déclaré son intention  d’ajouter 54 milliards par an au budget militaire de l’administration Obama, qui avait déjà battu les records depuis la deuxième guerre mondiale.  Mais dans un discours quelques jours plus tôt, Trump a promis de construire une machine de guerre plus grosse, plus chère, strictement pour la dissuasion, comme il l’avait régulièrement promis pendant toute sa campagne. ” Et nous l’espérons, nous n’aurons jamais à l’utiliser, mais personne ne va jouer avec nous ” a-t-il dit. ” Personne. Ce sera le plus grand consortium militaire de l’histoire de l’Amérique”

 

La persécution du gros bâton

 

Mon père et notre nouveau président faisaient tous deux écho à l’avertissement de Teddie Roosevelt de ” parler gentiment mais de tenir un gros bâton”. Mais il existe une distinction évidente entre le fait de tenir un bâton afin de faire savoir aux autres que vous êtes prêts à vous défendre et de menacer et d’attaquer les gens avec lui.

 

 

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Brandir des armes est devenu une marque d’appartenance lors des rallyes du Tea Party s’opposant à l’Affordable Care act d’Obama;

 

De nombreux Américains  gardent des armes chez eux afin de se protéger contre le crime, mais des statistiques sur la longue durée montrent que les armes au domicile ont plus de 20 fois de chances  de finir par blesser ou tuer quelqu’un dans une tentative de suicide, de la violence domestique ou par accident que dans de l’auto-défense contre des intrusions criminelles. (Ma femme et moi-même furent une fois presque tués dans notre propre demeure en rentrant chez nous tard dans la nuit et avons surpris une invitée qui ne nous avait pas prévenus qu’elle était armée.) Pourrions-nous commettre une même erreur à un niveau international dans notre désir de maintenir une    “forte défense” ?

L’idée que la diplomatie devrait être renforcée par  des menaces et de la force  est devenue centrale dans la politique états-unienne pendant la période de l’après-guerre froide  mais elle ne tarda pas à être considérée comme une stratégie à haut risque, même dans les cercles politiques. Après les guerres catastrophiques en Corée et au Vietnam, les leaders US étaient assez inquiets à propos des guerres et pour cela, ils évitèrent de faire des menaces qui auraient entraîné les USA dans de nouvelles guerres.

Ils ont donc renoncé à user la force simultanément mais les ont menées en faisant intervenir des groupes de proximité supportés par de petits déploiements des Forces spéciales US en Amérique central et par la CIA en Angola et en Afghanistan. Ces opérations « déguisées, calmes et sans couverture médiatique »   , comme les nomme un Officier supérieur, étaient protégées de l’œil public par des  avocats du secret et de la propagande » , mais cependant ils ont rencontré la résistance du public et des membres du Congrès opposés à la guerre.

 

Le problème d’une menace crédible

 

Dans des débats houleux avec l’administration Reagan, le Secrétaire d’état Georges Schultz argument que la diplomatie US devrait être soutenue par la menace de la force, alors que les Secrétaire de la défense, Caspar Weinberger, avertissait les US contre l’emploi des menaces d’emploi de la force qui pouvaient mener à un autre désastre comme la guerre du Viêt-Nam. La vision de Weinberger était partagée par les leaders des forces armées américaines, dont de nombreux s’étaient battus en tant que jeunes officiers au Viêt-Nam.

 

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Le Président Reagan avec les Vice-Président Georges W Bush le 9 février 1981  (Photo credit: Reagan Presidential Library.)

 

Après le bombardement des campements des Marines US à Beyrouth et l’invasion US de Grenade en 1983, le Secrétaire Weinberger afficha publiquement une doctrine de la guerre limitée en 1984, quand il accepta  l’idée maîtresse de Shultz mais définissait des limites strictes et des conditions sur l’emploi des menaces de forces.  La Doctrine Weinberger  déclarait que les USA les USA ne devraient utiliser des menaces ou employer la force qu’en face d’objectifs clairs et atteignables, et uniquement lorsque les intérêts vitaux nationaux ou allies étaient en jeu, et seulement avec le support du public et du Congrès.

Mais la notion elle–même de menace probable  pour supporter la diplomatie est une idée dangereusement séductrice, et la Doctrine Weinberger devint  «  le nez du chameau dans la tente » qui fut suivi rapidement par le chameau entier.

Alors que les leaders US cherchaient à exploiter   les  « dividendes du pouvoir » de l’après-guerre froide, les officiels va-t-en-guerre et leurs sbires suggérèrent que le Général Manuel Noriega à Panama et le Président Saddam Hussein en Irak ne s’était pas inclines devant les menaces d’une attaque américaine parce qu’ils ne croyaient pas que les USA donneraient suite à ces menaces. Les faucons insistèrent en disant que si les USA se contentaient de menacer et n’utilisaient la force que facilement et intensément, ces menaces deviendraient crédibles et ces ennemis se rendraient sans combattre.

 

Le déloyal Colin Powel

 

Représentant de forces armées, le Général Colin Powel a été un ancien protégé de Weinberger mais a construit sa  carrière en couvrant le crime et en vendant des politiques dangereuses au public au Viet-Nam, en Iran et dans la première guerre du Golf jusqu’à sa performance manipulatrice et traîtresse devant le Conseil de sécurité des NU en 2003. Powel afficha et promu la théorie de la «  menace probable » dans un article de la revue “ Foreign affairs “ en octobre 1992, écrivant que : « les menaces de force militaire ne fonctionneront que quand les leaders des USA auront décidé qu’ils étaient prêt à utiliser la force… Le Président ne peut persuader un opposant de son sérieux que si, bien sûr, il est sérieux. »

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Le Secrétaire d’état Colin Powel présente un faux échantillon d’Anthrax en février 2003, pendant un discours au Conseil de sécurité,  argumentant les preuves américaines que l’Iran détenait des stocks de WMD

A peu près à la même période, ce fût un de ses acolytes, le surnommé “la doctrine Ledeen ” propagandiste militaro-industriel qui avança la «  théorie de la menace probable » plus ouvertement dans un discours à l’American Enterprise Institute.  « Tous les dix ans à peu près, les USA ont besoin de choisir un petit état merdique et de le lancer contre le mur, juste afin de montrer au monde que nous sommes sérieux. »

De toute évidence, ce n’est pas un objectif diplomatique pour les pays puissants de harceler et de détruire les pays plus faibles comme Ledded l’a décrit. En fait c’est illégal selon la  U.N. Charte, qui a été rédigée justement pour prévenir ces sortes de comportements dans le cadre de la politique internationale.

Vingt-cinq ans après, on peut voir clairement que ces menaces de force utilisées par les USA et leurs alliés, pourtant crédibles, n’ont convaincues aucun des adversaires de nos pays à rebrousser chemin, et ont servi uniquement de prétextes pour mener des guerres catastrophiques, ou pour les aggraver pays après pays, Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie, Yémen, Somalie, Syrie etc.

 

Condamner la démocratie

 

Ce n’est pas parce que les menaces US manquent de crédibilité, ni parce que la machine de guerre n’est pas assez financée, comme semble le penser le Président Trump. C’est parce que les menaces minent la diplomatie en fermant chacun de côtés sur des positions hostiles qu’il serait humiliant politiquement d’abandonner. Quand le côté proférant les menaces est puissant, lourdement armé comme le sont les US, cet effet est encore plus prononcé, pas moins, parce que la pression politique des deux côtés est plus intense.

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La Secrétaire d’état Hillary Clinton dénonçant les attaques fatales du consulat américain à Benghazi, Lybie, en septembre 2012. (State Department photo)

A son crédit, le Président Obama s’est retiré juste après avoir menace de mener des attaques dévastatrices sur la Syrie en 2013, parce que   les agences de renseignements US douta     ient que le gouvernement syrien soit responsable des  attaques à l’arme chimique de Ghouta,  le public américain ayant dit d’une façon massive à Obama et au Congrès qu’il ne voulait  pas de cette guerre, et la Russie a négocié une résolution diplomatique. Mais le retrait au dernier moment de Obama fut si exceptionnel qu’il est encore condamné fortement par les va-t-en guerre de toutes sortes.

Les leaders US proclament que ce sont les menaces et les sanctions qui ont “ amené l’Iran à la table des négociations” à propos de son armement nucléaire. Mais cela ne résiste pas à une observation sérieuse. En fait, durant le premier terme d’Obama, son approche «  double » de l’Iran, conduisant des négociations parallèlement aux sanctions et aux menaces fut un échec abyssal. Cette politique n’a réussi qu’à pousser l’Iran à construire 20.000 centrifugeuses afin de produire son propre matériel nucléaire, alors que les sanctions punissait le people iranien pour faire valoir leur droit à un programme nucléaire civil dans le contexte du Traité de non-prolifération nucléaire ( Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

Pendant ce temps, comme l’a expliqué un official du Département d’état (et ancien otage de l’ambassade US) à l’auteur Trita Parsi, ce sont les USA qui ont refusé de considérer Oui, comme une réponse,  pas l’Iran. La dispute n’a été résolue qu’après que John Kerry ait remplacé Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’état et commence de sérieuses négociations qui ne soient pas compromises par de nouvelles menaces ou sanctions.

L’échec de la diplomatie d’après-guerre froide basée sur les menaces et sur l’usage de la force ne surprendrait pas les diplomates américains qui ont ébauché l’ U.N. Charter et ont été les témoins de sa signature à San Francisco en 1945. L’article 2.3 de la charte stipule:   « Tout membre doit régler ses conflits internationaux par des moyens pacifiques de telle façon que la paix et la sécurité, que la justice ne soient pas mises en danger ». Dans la clause suivante, ils soutiennent ce point avec une prohibition, non seulement de l’usage de la force mais aussi de la «  menace » ou de l’usage de la force contre la souveraineté territoriale ou l’intégrité politique et l’indépendance de tous les pays.

Après les deux guerres les plus destructrices et meurtrières de l’histoire, les diplomates américains de cette génération n’avaient besoin d’aucune incitation pour reconnaître que la menace d’emploi de la force le plus souvent préparait l’usage de la force et que l’ordre du monde base sur la nécessité primordial de paix devait tuer le danger de guerre dans l’œuf en interdisant les menaces autant que l’usage de la force.

 

 Gros bâton ou gilet-suicide ?

 

J’espère que ce bref parcours dans l’histoire récente illustrera ce qui devrait être évident, qu’il existe un fossé entre le genre de  « forte défense »  dans laquelle la plupart des Américains croient comme dissuasive et l’agression de l’actuelle politique militaire américaine. Dans la rhétorique politicienne,  il semble y avoir une fine ligne entre le fait de se munir d’un  « gros bâton » afin de dissuader les agresseurs et construire une énorme machine de guerre  afin de menace et d’attaquer les autres pays, mais, dans la pratique la différence est évidente.

Le Président George W. Bush  dans une tenue de vol après son atterrissage sur le porte-avions USS. Abraham Lincoln afin de donner son discours  “ mission accomplie «  à propos de la guerre d’Irak, le 1ier mai 2003

Notre dangereuse stratégie de «  menace probable »  post-guerre froide  est finalement et d’une façon prévisible, le vecteur de confrontations avec des pays qui peuvent se défendre eux-mêmes plus efficacement plutôt qu’avec les pays relativement sans défense que nous avons attaqué et détruit depuis 1999. Les USA et leurs alliés ont échoué a vraiment battre des forces de résistance faiblement armées  en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Lybie, en Somalie, au Pakistan, en Syrie, en Palestine ou en Ukraine. Sommes-nous maintenant « probablement menacés »  pour attaquer la Corée du nord, ou l’Iran, ou la Russie ?

Tout comme une arme à la maison, la crédibilité de nos menaces s’est montrée une épée à deux tranchants qui s’avèrent être aussi dangereuse pour nous que pour nos ennemis. Nous avons transformé «  « Parle doucement et porte un gros bâton » en quelque chose comme «  Menace les tous et porte un gilet suicide »

Il est temps d’ôter le gilet-suicide, de tourner nos dos à la stratégie de la corde raide et à la guerre, et de revenir à une diplomatie légitime qui ne soit pas basée sur les menaces, envisageables ou autres. Le problème avec nos menaces n’est pas que d’autres pays y croient vraiment. Le problème le plus sérieux est ce que nous le fassions; et que ce soit une prescription de guerre, pas une façon de maintenir la paix.

J’écris délibérément “ guerre”, pas “guerre sans fin” parce que toutes les guerres s’achèvent, d’une façon ou d’une autre et celle-ci s’achèvera aussi. Mais l’escalade de la guerre globale que nous avons déchaînée ne peut pas finir bien pour notre pays ni pour le monde, à moins que nos leaders fasse un choix décisif de la terminer pacifiquement et diplomatiquement.

Ce serait un changement de paradigme fondamental dans la politique étrangère américaine, à égalité avec l’offre d’un système de soin pour tous les Américains. Et l’alternative devrait être impensable.

Nicolas J S Davies est l’auteur de  Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq.  Il a aussi écrit les chapitres de  “Obama at War” en évaluant le 44ième Président : une carte sur le premier terme d’Obama en tant que leader progressif.

Tags: Barack Obama Colin Powell Donald Trump George W. Bush Healthcare Hillary Clinton Nicolas J S Davies

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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La complète stupidité de la guerre froide par Gary Leupp

La complète stupidité de la nouvelle guerre froide

 

 

Par GARY LEUPP

 

 

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Photo by Jedimentat44 | CC BY 2.0

 

 

 

Cela semble si étrange, vingt-sept années après la chute du Mur de Berlin  de devoir endurer un nouvelle Guerre froide avec la (en fait capitaliste) Russie.

Le Président russe est attaqué par la classe politique officielle et les medias comme ils n’ont jamais attaqué les anciens leaders soviétiques, il est personnellement diffamé et traité de corrompu, de dictateur vénal, arrêtant et assassinant  des opposants politiques, des journalistes dissidents, voulant à tout prix restaurer l’URSS.

(La dernière accusation s’appuyant largement sur le commentaire de Vladimir Putin disant que la dissolution de l’URSS avait été « une catastrophe », « une tragédie » – ce qu’à plus d’un égard elle a été. La presse choisissant d’ignorer ce qui suivait disant que «  Quiconque ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, mais quiconque veut la restaurer n’a pas de cerveau. » Ce qui rentre en conflit avec le simple point de vue affirmant que Putin regrette la Russie impériale des Tzars, sinon ses commissaires et, brûlant de ressentiment à l’égard du triomphe occidental, projette une revanche parfaite à travers des guerres d’agression et des expansions territoriales.

Les medias US, suivant le scripte de Département d’état dépeignent la Russie comme un pouvoir expansionniste. Qu’ils puissent le faire, avec un tel succès, jusqu’à ce que même les plus progressifs citoyens – comme ceux consternés par la victoire de Trump se sentant enclins à blâmer des forces extérieures-  puissent le croire, est le témoignage de la force résistante de leur pouvoir  et de l’utilité de la création d’un état d’esprit favorable à la Guerre froide.

Les autorités militaires nous rappellent sans cesse : Nous nous levons contre une menace existentielle ! Et on a envie de dire que ça, évidemment, n’a aucun sens ! La Russie est deux fois plus grande que les US avec la moitié de sa population. Ses bases à l’étranger peuvent être comptées avec les doigts des deux mains. Les US ont plus de 800 bases à l’étranger.

Le budget de l’armée russe représente 14%  de celui des USA.  Elle se réclame pas d’être une nation exceptionnelle envoyée par Dieu pour préserver la “ sécurité “  suivant ses termes partout sur la surface du globe.

Depuis la dissolution de l’URSS en 1991, les USA ont déclenché des guerres  (parfois en créant de nouveaux états-clients) en Bosnie ( 1994.5) en Serbie  (1999)  en Afghanistan ( 2001- ?)  en Irak ( 2003- ?) en Libye ( 2011) en Syrie ( 2014-?) tout en envoyant des pluies de frappes par drones du Pakistan au Yémen en passant par l’Afrique du nord. Ces guerres-basées-sur-du-mensonge  ont produit des centaines de milliers de morts civils, des millions de réfugiés, et la catastrophe actuelle à travers tout le «  Projet pour un grand Moyen-Orient ».

Il n’est aucune raison de sous-estimer leurs malfaisances.

Les USA sont à la tête d’une alliance militaire en expansion formée en 1949 afin de contrer l’Union soviétique et le communisme global en général. Sa raison d’être est morte depuis de nombreuses années. Cependant elle est passée de 16 à 28 membres depuis 1999, et les nouveaux membres, l’Estonie et la Lettonie partagent des frontières avec la Russie.

(Imaginez le Pacte de Varsovie s’étendant jusqu’à inclure Mexico. Mais non, le Pacte de Varsovie de l’URSS et des six alliés européens a été dissous il y a 26 ans dans l’attente idéaliste que l’OTAN suivrait en un grand mouvement de coopération et de paix)

Et cette alliance de l’OTAN, en théorie prévue pour défendre le Nord-Atlantique a été déployée tout d’abord après la longue (et pacifique) Guerre froide dans ce qui avait été une  Yougoslavie neutre (n’ayant jamais été membre du Traité de Varsovie ni de l’OTAN), l’Afghanistan ( à plus de 4828 kilomètres de l’Atlantique nord) et le pays d’Afrique du nord, la Libye. L’été dernier, l’OTAN a effectué ses manœuvres les plus imposantes depuis la chute de l’Union soviétique, impliquant 31.000 militaires en Pologne, répétant une guerre contre la Russie. (Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier les a d’ailleurs critiquées en les qualifiant de bellicistes)

Les officiels de l’Alliance ont exprimé leur outrage quand la Russie a répondu à cette belligérance en plaçant un nouveau missile sol-air S-400 ainsi qu’un système nucléaire Iskander sur son territoire de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie sur la côte baltique. Mais la Russie a été, en fait, comparativement plutôt passive au sens militaire pendant toute cette période.

En 1999, alors que l’OTAN s’apprêtait à occuper la province serbe du Kosovo (bientôt proclamée pays indépendant en violation des lois internationales), les gardiens de la paix russes se précipitaient à l’aéroport de Pristina, Kosovo afin d’asseoir le rôle russe dans l’avenir de la province serbe. C’était un geste hardi qui aurait pu provoquer un choc entre l’OTAN et la Russie. Mais l’officier britannique présent sur le terrain, refusa sagement l’ordre donné par le Général  Wesley Clark de bloquer le mouvement russe, déclarant qu’il ne déclarerait pas la troisième guerre pour le Général Clark.

Ceci, souvenons-nous,  s’est passé après que le secrétaire d’état Bill Clinton, Madeleine Albright ( souvenez-vous, la compares d’Hillary qui a déclaré qu’il y aurait une place spéciale en enfer pour les femmes qui ne voteraient pas pour des femmes) a présenté aux négociateurs russes et serbes à Rambouillet un plan pour l’occupation par l’OTAN non seulement du Kosovo mais de toute la Serbie. C’était une exigence ridicule, rejetée par les Ruses et par les serbes mais dépeinte par la porte-parole non-officielle du Département d’état et belliciste Christiane Amanpour comme “ la volonté de la communauté international”. Comme si la Russie n’était pas membre de cette communauté internationale.*

L’opération de l’aéroport était largement un challenge symbolique à l’hégémonie américaine  sur l’ex-Yougoslavie, une marque de protestation qui aurait du être prise au sérieux à l’époque.

En tous cas, le nouveau leader de la Russie,  Poutine fût aimable après les attaques du 11 septembre  2001, allant jusqu’à offrir à l’OTAN un corridor de transport militaire à travers la Russie jusqu’en Afghanistan ( fermé en 2015). Ceci fût salué par George W. Bush par l’accroissement du nombre des pays de l’OTAN augmenté de sept pays en 2004. ( La presse américaine ne rendit qu’un léger compte de cet extraordinaire développement géopolitique, elle vit et continue de voir l’expansion de l’OTAN comme aussi peu problématique que l’expansion des Nations unies ou de l’Europe) Puis en avril 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie ferait partie des prochains membres à rejoindre l’alliance.

Bientôt le Président géorgien fou  Mikhail Saakashvili, stimulé par la perspective de son appartenance à venir à l’OTAN déclencha une guerre contre la province dissidente de l’Ossétie du sud, qui n’a jamais accepté son rattachement au nouvel état de Géorgie établi sur la dissolution de la République socialiste de Géorgie de 1991. Les Ossètes, craignant le nationalisme résurgent géorgien cherchèrent un rapprochement avec la Fédération russe. Et le peuple de l’Abkhazia fit de même.

Les deux  « conflits gelés » entre la Géorgie et ses peuples, sont restés tells à cause du déploiement des forces russes et géorgiennes de main mise de la paix. La Russie n’avait pas reconnu ces régions comme indépendantes  ni donné son accord pour leur inclusion dans la Fédération russe. Mais quand des soldats russes moururent  dans une attaque de la Géorgie en août, la Russie répondit par une brève invasion punitive. Reconnaissant ensuite les deux états nouveaux (six mois après que les USA aient reconnu le Kosovo)

Saakashvili, au cas où vous soyez intéressés, fût destitué, accusé de crimes économiques, et privé de sa citoyenneté géorgienne. Après un emploi bref à l’Ecole de droit international et de diplomatie de Fletcher, à propos duquel, en tant que membre de la faculté de Tufts, je me sens profondément honteux – il fût employé comme gouverneur d’Odessa en Ukraine par le régime pro-OTAN mis au pouvoir par le coup d’état du 22 février 2014 soutenu par l’OTAN.

Le Sen. John McCain a proclamé en 2008 : «  Nous sommes tous des Géorgiens maintenant » et a plaidé pour l’aide militaire américaine au régime géorgien En tant qu’avocat de la guerre comme régle, MC. Cain devint alors le premier défenseur d’un changement de régime en Ukraine afin de permettre l’entrée de ce pays dans l’OTAN. Les néocons au Département d’état comprenant principalement l’amie de MC Cain Victoria Nuland, décidèrent de placer 5 milliards de dollars dans le support aux  « aspirations européennes du peuple  ukrainien » ( ce qui veut dire : le désire de nombreux ukrainiens dans la partie ouest du pays de joindre l’UE- risquant, bien que vraisemblablement sans le réaliser, une réduction de leur niveau de vie sous un programme d’austérité à la manière grecque – suivi par une appartenance à l’OTAN, resserrant le nœud coulant autour de la Russie.

Le  président ukrainien a opté pour un pack d’aide généreux. Cette décision – de nier ces “ aspirations européennes ” fut utilisée pour arranger le coup d’état.

Mais regardons cela du point de vue russe. Regardons simplement cette carte montrant l’expansion de l’OTAN et imaginons le s’étendre sur ce vaste territoire ( le plus vaste d’Europe en fait) entre la Russie à l’est et la Pologne à l’ouest, longeant la Mer noire au sud. Les pays faisant partie de l’OTAN sont à présent montrés en bleu foncé, l’Ukraine et la Géorgie en vert. Imaginons l’incliusion de ces pays. Et imaginons que l’OTAN demande à la Russie de libérer ses équipement navals de Sébastopol, qui sont russes depuis 1783, les retournant en faveur de l’alliance (on répète l’anti-russe). Comment quiconque pourrait-il comprendre la situation en Ukraine sans prendre en compte cette base historique ?

Les Russes ont dénoncé le coup d’état contre le Président Yanukovych (élu démocratiquement- si cela importe- en 2010) qui a été fomenté par des néo-fascistes  et marqué dès le début par une campagne anti-russe infecte encouragée par le Département d’état US. La majorité de la population à l’est du pays, habité par des ethnies russes parlant Russe et n’ayant fait partie de l’Ukraine qu’à partir de 1917, ont aussi dénoncé le coup d’état et refusé d’accepter le régime anticonstitutionnel qui a pris le pouvoir le 22 février.

Quand ces individus rejetèrent le nouveau gouvernement et déclarèrent leur autonomie, l’armée ukrainienne fut envoyée pour les réprimer mais échoua, d’une façon embarrassante, quand les troupes, confrontées aux Babushkas en colère leur tournèrent le dos.  Le régime depuis lors s’appuie sur le néo-fasciste Azov Battalion pour persécuter les sécessionnistes  dans ce qui est devenu depuis un autre “ conflit gelé”.

La Russie, sans aucun doute, a assisté les sécessionnistes pendant qu’ils refusaient leur annexion  au territoire ukrainien, poussant à la création d’un système fédéral pour le pays  négocié par les parties. Des familles russes  enjambèrent la frontière russo-ukrainienne. Il y a de nombreux vétérans de la guerre contre l’Afghanistan dans les deux pays. L’armée soviétique intégrait des éléments russes et des ukrainiens. On peut assumer qu’il y a plus qu’assez de Russes en colère à propos d’atrocités comme celles  des meurtres des 42 Russes opposants au gouvernement à Odessa pour alimenter les volontaires du Dombas.

Mais il existe peu de preuves (mise à part la poignée de rapport faisant état de quelques douzaines de “ véhicules militaires non catégorisés en provenance de Russie à la fin 2014) d’une «  invasion » russe de l’Ukraine. Et l’annexion de la Crimée (c’est-à-dire la restauration de son statut de territoire russe de 1954) suivant un référendum tout à d=fait crédible, n’a nécessité aucune «  invasion » puisque il y avait déjà 38.000 soldats stationnés là. Tout ce qui leur restait à faire était de sécuriser les bâtiments du gouvernement, et de donner aux soldats ukrainiens l’option de quitter ou de rejoindre l’armée russe. (Beaucoup de soldats ukrainiens  ont choisi de rester et d’adopter la citoyenneté russe.)

Malgré tout, ces deux incidents – la brève guerre contre la Géorgie de 2008 et la réponse ( tempérée) de Moscou au coup d’état ukrainien de 2014- ont été présenté comme des preuves d’un projet global d’expansion militaire, demandant une réponse ferme des US. L’ensemble de la classe des commentateurs des medias câblés adopte ce récit.

Mais ce sont des fous aveugles. Qui a, en ce jeune siècle, entraîné plus de désordre que les USA, saccageant des pays entiers, massacrant des centaines de milliers d’innocents, provoqué plus d’outrages à travers des séances de tortures grotesquement décrites, générant de nouvelles troupes terroristes et inondant l’Europe de réfugiés qui comprennent quelques individus prêts à semer le chaos et la terreur dans les villes européennes ?  Comment une personne rationnelle peut-elle avec un tant soit peu  de lucidité sur l’histoire depuis 1991,  conclure que c’est la Russie qui est l’agresseur ?

Et pourtant, c’est ce que dit la sagesse populaire. Je doute de pouvoir obtenir un poste de commentateur à la télévision, si vous me le demandez. Les téléprompteurs vont faire allusion quotidiennement à l’agression de Poutine et à l’expansion russe et au besoin pour tout Président mâture de respecter la tradition séculaire de supporter l’OTAN à n’importe quel prix. Et donc maintenant, les commentateurs se doivent de répéter ce que 17 services de renseignement ont conclu : «  Vladimir Poutine a interféré avec les élections américaines »

Puisqu’il n’y a aucune preuve de ce fait, on doit conclure que les Démocrates perdants  ont plongé les mains dans le sac assez fiable des boucs émissaires  et postulé que la Russie et Poutine en particulier doivent avoir piraté le DNC afin de – à travers la révélation de sources de première main d’une validité irrécusable, révélant la détermination de le DNC à faire élire Clinton, tout en Donald Trump comme le candidat républicain – sabotant Sanders et en promouvant ( à travers leurs représentants médiatiques) compromettre la légitimité de Clinton.

Toutes sortes de libéraux, y compris les meilleurs défenseurs de Sanders comme Tina Turner, sont complètement embarqués dans la champagne de diffamation anti-Poutine. C’est triste et préoccupant que tant de personnes progressistes souhaitent sauter dans le train d’une nouvelle guerre froide. C’est comme si ils n’avaient rien appris de l’histoire mais avaient positivement hâte, dans leur peur et leur rage, de revivre l’époque du Maccarthysme.

Mais le fond de l’affaire est que la russophobie américaine ne repose pas sur la raison, le jugement ou le savoir sur l’histoire récente et sur la capacité à faire des comparaisons rationnelles. Elle repose sur des présupposées quasi-religieux sur «  l’exceptionnalisme américain” et en particulier sur le droit des USA à s’étendre militairement au dépend de la Russie – comme un bien évident en soi, plutôt que comme le risque affreux distinct, évident d’une menace de troisième guerre mondiale.

Les faucons du Congrès – bipartisans, immoraux, ignorant, soumis à Israël, opportunistes salauds – sont déterminés à dissuader le président –élu ( la bile me monte à la gorge en utilisant ce terme mais c’est vrai, c’est ce qu’il est techniquement)  de tout rapprochement significatif avec la Russie ( Mon  dieu, ils doivent être horrifiés à l’idée de la possibilité que Trump suive le conseil donné par Kissinger de reconnaître le droit d’annexion russe de la Crimée ! )  Ils veulent tant l’embarrasser avec l’accusation d’être ( Comme Hillary l’a accuse lors de la champagne) la « marionnette » de Poutine qu’il se dédit de sa vague promesse de «  s’entendre avec la Russie »

Ils  ne veulent pas s’entendre avec la Russie. Ils veulent plus d’expansion de l’OTAN, plus de confrontations. Ils sont furieux contre la victoire russo-syrienne contre les forces menées par Al Qaeda soutenues par les USA en Syrie, spécialement la libération d’Alep que les médias US (1) n’ont jamais pu couvrir n’ayant aucun journalistes sur place et peu d’intérêt puisque les événements de Syrie provoquaient d’une façon si puissante les points proposés par le Département d’état organisaient les reportages (2). Transformant systématiquement, comme la victoire tragique du mal, la victoire d’Assad sur une héroïque opposition imaginaire et (3) voyant le renforcement de la position de la Syrie comme la réémergence de la Russie comme superpuissance.  (ce qu’ils ne peuvent absolument pas accepter, au titre d’une sorte de conviction religieuse. Les USA de la doctrine officielle devant maintenir «  leur dominance sur un spectre entier » sur la monde et prohiber l’émergence de tout compétiteur possible, pour toujours.)

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La première Guerre froide était basée sur la peur de l’Occident capitaliste devant l’expansion socialiste. Elle était basée sur la compréhension que l’URSS avait battu les Nazis, avait une prestige extraordinaire dans le monde et représentait alors le centre du mouvement d’accès global au communisme dans le monde.  Elle était basée sur la crainte de voir plus de pays affirmer leur indépendance face à au capitalisme impérialiste, empêchant les investisseurs d’accèder le monde des affaires. Elle avait un contenu idéologique. Celle-ci n’en a pas. La Russie comme les USA sont engagés dans le capitalisme et l’idéologie néolibérale. Leurs conflits sont de mêmes natures que ceux des USA et de l’Allemagne au début du 20ième siècle. Le Kaiser était au moins aussi «  démocratique » que l’étaient les US, le système n’était pas le problème. Il s’gissait juste de s’affronter pour le pouvoir, et comme cela s’est produit, les uSA intervenant dans la Première guerre mondiale tardivement et après que tout le monde soit épuisé, n’eurent qu’à nettoyer la place. Lors de la deuxième guerre mondiale, en Europe, les USA avaient hésité à envahir le continent en dépit des appels répétés des Soviets à le faire, ils ont répondu à la chute de Berlin aux mains des forces armées rouges en déployant des témoignages de forces vers la ville afin de pouvoir en réclamer le crédit partagé.

Puis les choses se tendirent, après la guerre, établissant  leur hégémonie sur presque toute l’Europe – beaucoup, beaucoup plus d’Europe que celle devenue une zone pro-soviétique, qui s’est depuis la fin du Traité de Varsovie complètement évaporée. La Russie est une version tronquée, affaiblie de son ancien self. Elle ne menace les USA d’aucune des façons don’t les USA s’effrayent eux-mêmes. Elle ne s’étend pas sous forme d’alliance militaire, elle ne détruit pas le Moyen –Orient à travers des changements de régime justifiés auprès des Américains par une désinformation pure et simple. En septembre 2015, Putin a demandé aux US, aux Nations unies «  Réalisez-vous ce que vous avez fait ? »

Malheureusement, les habitants de ce pays ne sont pas éduqués par leurs écoles, par la presse ou même par leurs site web favoris, à réaliser ce qui s’est fait et à quel point c’est horrible, et comment tout est basé sur des mensonges. Les informations mensongères sont ce qui est à l’ordre du jour.

Le haut est le bas, le noir est le blanc, la Russie est l’agresseur, les USA sont la victime. Le nouveau président doit jouer avec son équipe et , au nom de dieu, comprendre que Poutine est l’Hitler de notre temps et si Trump veut s’entendre avec lui, il faudra qu’il devienne un joueur de l’équipe embrassant la plus basique de ces vérités  dans ce pays si particulièrement impérialiste : La Russie ( avec son patrimoine nucléaire, qui fait pendant à égalité avec celui des USA) est l’ennemi, dont chaque action se doit d’enflammer les sentiments anti-Russes,  comme le sentiment par défaut à l’égard de ce pays encerclé par l’OTAN, criblé de sanctions, non menaçant en place d’une relation raisonnable et prudente.

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L’affreux « correspondant national en chef » de CNN, John King ( ancien époux de Dana Bash,  l’également affreuse «  correspondante politique en chef » de CNN, vient juste de poser une question, avec un air d’agressivité irritée :  «  Qui Donald Trump respecte-t-il le plus ? Les services de renseignements US ou le type qui a commence Wikileaks ? »  (Assange)

IC’est une exigence pour le camp Trump d’acheter le jeu du blame sur les Russes, ou d’être accuse de diffamation comme proche du lanceur d’alerte motive piour exposer les crimes multiples de l’impérialisme US.

.Donc, la vraie question est : Est-ce que Trump joue le jeu et crédite les  « les services de renseignements »  qui génèrent des «  productions des services de renseignements » à la carte, ou est-ce qu’il repousse les poussées des bellicistes qui cherchent une épreuve de force avec la Russie de Poutine ? Est-ce que la seconde Guerre froide va tou »ner court gentiment ou culminer dans une conflagration que la « Destruction mutuelle assure » (MAD)  était supposée rendre impossible ?

La dernière solution serait plus que stupide. Mais les gens stupides – ou les gens sages exploitant cyniquement la stupidité des autres – modèlent l’opinion chaque jour et depuis la première Guerre froide se sont basés sur d’innombrables mensonges.

Gary Leupp est Professeur d’histoire à l’Université de Tufts et occupe un poste au Département des religions. Il est l’auteur de «  Servants, Shophands eand laborers in the town of Tokugawa au Japon, Male colors, The construction of homosexuality à Tokugawa, Japon, de Interratial intimacy in Japan, Westerne men and japanese women, 1543. 1900. Il est contributeur à “ Hopeless : Barack Obama etand the politics of illusion ( AK Press)s Professor of History at Tufts University, and holds a secondary appointment in the Department of Religion. He is the author of Servants, Shophands and Laborers in in the Cities of Tokugawa JapanMale Colors: The Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan; and Interracial Intimacy in Japan: Western Men and Japanese Women, 1543-1900. He is a contributor to Hopeless: Barack Obama and the Politics of Illusion, (AK Press). 

Il peut être joint à gleupp@tufts.edu

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

 

 

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