L’idéologie néoconservatrice à la Maison blanche de Trump.

 En ces temps de chauffage et de montage organisés pour libérer les volontés sous-jacentes concernant l’Iran et la Russie, via la Syrie, il est nécessaire de faire le point sur ceux qui sont, plutôt dans l’ombre, les instigateurs de ces positions hégémoniques : les néo-conservateurs. Présents et actifs, conseillant la suite des alternances démocrates/républicains, dont on sait que les choix sont identiques mais plus ou moins bien médiatisés en ce qui concerne la politique d’impérialisation américaine. L’article antérieur sur l’inclusion totale de l’armée et du complexe militaro-industriel dans la vie associative, économique et politique américaine permettra aussi d’évaluer le peu d’espace laissé pour autre chose qu’une forme de totalitarisme à l’aspartane. La visibilité du parti ou de ses obédiences qui dirige la politique étrangère des USA depuis longtemps devient plus forte mais les choix idéologiques ( Position à l’égard d’Israël, exceptionnalisme, statut de peuple élu des US etc..) demeure assez pu connue. Il est nécessaire de prendre le temps d’évaluer le peu de poids qu’on, en fait, les divergences entre les deux partis fossilisés politiquement mais mobilisant leurs adeptes avec la même véhémence et les mêmes flots financiers à chaque élection.  Cette réalité bipartisane, vouée à une impasse et uniquement tenue par la force des pressions médiatiques et leur toute-puissance informative est une sorte de théâtre où les marionnettes exhibent avec plus ou moins de talent leurs atouts, sourire éclatant ou provocation béotienne mais où la volonté politique est criblée par la force de l’idéologie offensive et exceptionnaliste néoconservatrice et par l’alénation politique aux forces des mammouths internationaux du marché. EG

Neoconservative Ideology in the Trump White House. U.S. Military Power, Torture and the Defense of Israel

By Timothy Alexander Guzman

Global Research, April 02, 2018

Region: USA

Theme: IntelligenceMilitarization and WMDUS NATO War Agenda

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Un de néo-conservateurs les plus influent à Washington, Robert Kagan, le mari de Victoria Nuland qui a été l’assistante du secrétaire d’état aux affaires européennes sous l’administration Obama ( et un des architectes de la guerre civile en Ukraine,  se décrit comme un «  interventioniste libéral » qui a été conseiller en politique étrangère dans deux administrations, républicaine et démocrate. Kagan est aussi le cofondateur du think tank néo-concervateur : Projet pour un nouveau siècle américain (Project for the New American Century), un membre du conseil d’administration de à la  Brookings Institution  et un membre du Conseil des affaires étrangères ( Council on Foreign Relations (CFR) qui a poussé pour la guerre en Irak et décrit l’odre international comme «  la domination d’une vision sur les autres », signifiant que l’Amérique dit maintenir et défendre ses idéaux impérialistes.

L’ordre international n’est pas une évolution : c’est une imposition. C’est la domination d’une vision sur les autres -dans ce cas- la domination des principes libéraux en économie, en politique intérieure, et dans les relations internationales, sur les autres principes, eux non libéraux. Cela ne peut durer qu’aussi longtemps que ceux qui les imposent ont la capacité de les défendre.

Entre les années 1950 et 1960, un mouvement politique connu sous le nom de néo-conservatisme est né, formé par les va-t’en guerre du parti démocrate aux USA. Les va-t’en guerre libéraux ou néoconservateurs ( aussi connus en tant que néocons) étaient fondamentalement opposé à la position du parti démocrate contre la guerre du Vietnam et contre leur politique intérieure, comme celle de la «  grande société » ( Great society) du Président Lyndon B. Johnnson  tendant à éliminer la pauvreté et l’injustice raciale. (Une note importante, Lyndon B. Johnson était un raciste et a été obligé d’adopter le programme de la «  great society » à cause de Martin Luther King et de la pression publique du mouvement pour les droits civils  (Civil rights movement). Pendant cette période, les néocons soutenaient Martin Luther king et le mouvement des droits civils.

Puis vint la guerre du Vietnam pendant laquelle les va-t’en guerre libéraux appelèrent à l’action militaire afin d’empêcher les Communistes de prendre le pouvoir au Vietnam. Les néocons étaient également défenseurs de la Guerre froide et de l’occupation illégale par Israël des territoires palestiniens. La nouvelle gauche américaine  (American new left) qui revendiquait une politique marxiste-léniniste), y compris le mouvement des droits civils, les féministes et le mouvement du Black Power étaient opposés à toute forme de guerre et à la politique israélienne à l’égard des Palestiniens et furent bien sûr étiquetés comme antisémites par les néocons (même si beaucoup d’entre eux étaient et sont encore des Juifs américains). Les  néocons se placèrent dans l’administration Reagan avec Eliot Abrams et soutinrent les guerres en Amérique centrale, incluant le Nicaragua et le Salvador.

Les néocons étaient aussi présents dans les administrations de George H.W. Bush  et de George W. Bush avec Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Perle et d’autres dans le contexte de la guerre à l’Irak. Cependant afin d’être clair, les néocons ne sont pas uniquement influents dans le parti républicain, ils étaient et sont également encore influents au sein du parti démocrate.  Dans un article écrit par le regretté Robert Parry, en Mars 2015, intitulé : «  Les kagan sont de retour, bientôt la guerre »‘The Kagans are Back; Wars to Follow’ sur la façon dont les néocons se sont infiltrés dans l’administration Obama avec son assistant au secrétariat d’état aux affaires européennes Victoria Nuland. Parry écrit :

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«La famille Kagan, l’aristocratie néoconservatrice américaine, a réémergé après sa déception de ne pas avoir gagné l’influence attendue après l’élection d’Hillary Clinton et la perte du pouvoir officiel au début de la présidence de Trump. De retour aux tribunes libres pontifiantes, la famille Kagan est entrain de pousser  à une invasion militaire étendue de la Syrie et condamne les Républicains pour ne pas les joindre d’une façon plus enthousiaste dans la chasse aux sorcières anti-russes à propos des soi-disant aides de Moscou dans l’élection de Trump.

Dans une tribune libre du Washington Post du 7 mars, Robert Kagan, un co-fondateur du Projet pour un nouveau siècle américain (Project for the New American Century) et un architecte majeur de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains pour «  avoir servi de complices à la Russie après les faits » en ne poussant pas plus agressivement l’investigation. Puis Frederick Kagan, directeur du Projet pour les menaces critiques (Critical Threats Project) à l’American Enterprise Institute néoconservateur,  et sa femme, Kimberly Kagan, présidente de son propre think-tank, Institut pour l’étude de la guerre (Institute for the Study of War), ont émis l’idée d’une invasion plus importante de la Syrie dans une tribune libre du Wall Street Journal le 15 mars.

Cependant, malgré leur présence dans le monde officiel des groupes de pression et des éditorialistes de Washington, ils sont restés majoritairement hors des centres du pouvoir de l’ére Trump bien qu’il semble qu’une porte ait été forcée. Et une année plus tard, leur projet semble beaucoup plus brillant. Ils peuvent se servir dans un large champ de candidats républicains orientés néo-cons ou – comme Robert Kagan- ils peuvent donner leur support au candidat démocrate Hillary Clinton, dont l’ « interventionnisme libéral » correspond de très près aux positions néoconservatrices, ne différant légèrement que sur les rationalisations utilisées pour justifier les guerres présentes ou en déclencher de nouvelles.

L’espoir était également caressé que la Présidente Clinton reconnaisse comme les va-t’en guerre libéraux et les néo-cons étaient proches en promouvant la femme néocons de Robert Kagan, Victoria Nuland, d’Assistante au secrétariat d’état aux affaires européennes à Secrétaire d’état. Puis, dans un puissant élan, pour accroître l’intervention militaire en Syrie et intensifier la nouvelle guerre froide avec la Russie, mettant les «  changements de régime »  de nouveau sur les agendas  pour ces deux pays. Donc en ce début d’année, les possibilités semblaient infinies pour la famille Kagan de chauffer leurs muscles et de se faire beaucoup d’argent. »

Maintenant, en 2018, le Maison blanche de Trump est en train de devenir une enclave néocons de malades mentaux et de caractériels qui veulent la guerre avec l’Iran et avec d’autres ennemis sur la liste US. Est-ce que Trump s’est avéré être en dehors de l’établissement démocrate ou républicain ? Pas vraiment. En fait Trump s’est montré un néocon qui croit que l’armée US se doit d’être forte pour faire face à des défis majeurs  ( Iran, Russie, Chine) En fait il est même allé jusqu’à prétendre ces dernières semaines qu’on devrait ajouter une «  force spatiale » pour dominer l’espace. Trump a tweeté : «  Notre armée se construit et est en train de devenir plus forte que jamais, franchement, nous n’avons pas le choix ».

Trump est en fait Bush et Obama puissance 2. Lorsque le candidat Trump a évoqué

la politique étrangère et ses intentions à l’échelle mondiale en 2016, il semblait être un candidat pour la paix comme presque tous les candidats avant lui jusqu’à ce qu’ils prennent place dans le fauteuil de la Maison blanche. Quand le Président Trump a mené sa tournée de remerciement à Cincinnati après sa victoire contre Clinton, il a dit que : «  Nous mènerons une nouvelle politique étrangère  qui apprend finalement des erreurs du passé. »

Bien. Il a étendu la présence en Irak, Afghanistan et Syrie et n’a fermé aucune des bases militaires stationnées dans plus de 130 pays. (Pour mémoire, Trump n’a jamais promis de fermer aucune base militaire).  «  Nous allons cesser de chercher à renverser des régimes et à  faire tomber des gouvernements. Dans notre façon de traiter avec les autres pays, nous chercherons les intérêts communs autant que faire se peut. » Et si ce n’est pas possible, le changement de régime est à nouveau sur la table. Tout cela est un mensonge. Trump a été l’extrême contraire de tout ce qu’il a promis à ses supporters, en fait, Trump est devenu un fauteur de guerre néoconservateur en ce qui concerne les objectifs de la politique  internationale.

Donc, quelles sont les caractéristiques d’un néoconservateur ?

Gérard Baker est celui qui a décrit le mieux l’idéologie derrière le néo-conservatisme dans une colonne qu’il a écrite en 2007 dans The Times, un quotidien anglais :

« Il a fallu, assez étonnement, l’arrivée au pouvoir de Georges Bush et le 11 septembre 2001 pour catapulter les néoconservateurs dans la conscience du public. Quand Bush a cité son principe le plus simplifié : que la Grande Bretagne devrait chercher à promouvoir la démocratie libérale autour du monde – comme argument pour envahir l’Irak, le néo-conservatisme s’est soudain répandu partout. Il était pour ces critiques nombreux, une idéologie unifiée qui justifiait l’aventurisme militaire, la torture autorisée, et promouvait le sionisme agressif »

Donc, jetons un œil à ce que Baker décrit du néo-conservatisme au regard de l’idéologie de Trump quand on en vient à la machine de guerre, à la torture et à la défense d’Israël.

Trump remplace les membres de son cabinet par des va-t’en guerre notoires et des néoconservateurs comme le nouveau Secrétaire d’état Mike Pompeo, l’ancien directeur de la CIA qui a dit une fois que : «  Le Premier ministre Netanyahu est une vrai partenaire du peuple américain ».

Pompeo a fait un discours au centre des études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies (CSIS)  en 2017 et a dit que : « Il est temps d’appeler Wikileaks par son nom, c’est-à-dire un service d’espionnage hostile, souvent aféodé à des états comme la Russie. » Vous imaginez facilement où tout cela peut mener. Pompeo sera remplacé par Gina Haspel, une opératrice de la CIA qui a supervisé la torture et s’est débarassé de toutes les preuves touchant toute exaction. Si ils ont l’approbation du Congrès, tous deux seront placés dans une position de pouvoir et pratiquement au coude à coude avec John Bolton qui vient d’être engagé par Trump en tant que Conseiller à la sécurité nationale (National Security Advisor). Bolton est un autre psychopathe néoconservateur qui plaide pour la guerre dans tous les pays du monde. Bolton est pro-Israel et ancien ambassadeur aux Nations unies sous l’ancien Président criminel de guerre Georges W. Bush jr. Donc, quelle sera la suite du jeu ? Une longue guerre au Moyen-Orient et au-delà est sur l’agenda.

 Les aventures militaires de Trump autour du monde.

Tout d’abord, Trump veut que l’Amérique soit le superpouvoir sans rivaux qui peut utiliser son armée n’importe où et à n’importe quel moment spécialement dans l’arrière-cour par exemple quand il a fait un commentaire en 2017, discutant la possibilité d’une intervention au Vénézuela et a dit :

 «  Ils ont plusieurs options pour le Venezuela, et, à propos, je ne vais pas évincer une option militaire. Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, c’est notre voisin, c’est, vous savez, nous sommes partout dans le monde, et nous avons des troupes et nous avons des troupes partout dans le monde dans des endroits très, très loin. Le Venezuela n’est pas très loin et les gens souffrent, et ils meurent. Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, y compris l’option militaire si nécessaire. »

Pour Trump, c’est une Amérique forte et puissante qui peut apporter la paix grâce à son leadership et à sa puissance armée, pas des traités internationaux. Sur la liste des nations à toucher on rouve l’Iran, la Russie, la Bolivie, le Nicaragua, Cuba, le Venezuaela, le Yemen, le Liban, la Syrie et les palestiniens. (avec d’autres pays à suivre, spécialement ceux qui ne se plient pas à l’Empire américain.

Tout état souverain qui veut une politique intérieure et internationale indépendante aura à se confronter à l’armée US qui est prête à intervenir à tout moment sur les ordres de washington, dans le Moyen Orient,, en Afrique, en Asir centrale et du Sud-est,  et au-delà afin de répandre la «  démocratie ». Le budget de la défense sous Trump a augmenté selon un rapport récent d’Al Jazeera : « Trump augmente le budget de l’armée afin de dépasser celui de la Russie et de la Chine.  C’est le plus gros budget que le Pentagone ait jamais vu. 700 milliards de dollars. C’est beaucoup plus de dépenses militaires que les deux compétiteurs des USA, la Chine et la Russie et cela signifie que l’Amérique peut couvrir des milliers d’autres soldats, plus d’entrainement, plus de navires et plus de tout le reste. » Et l’an prochain il se montera à 716 milliards. Ensemble, ces contrats sur deux ans amènent ce que le Secrétaire d’état à la défense James Mattis a désigné comme un besoin pour remédier à un effondrement dans les préparations aux combats, dans des temps de recentrement sur le conflit dans l’impasse en Afghanistan, et de menace de guerre dans la péninsule coréenne. La proposition de budget qu’a signé le Président Trump inclut une augmentation énorme des dépenses militaires : Le Pentagone aura un budget augmenté de plus de 96 milliards par rapport à l’an passé. Un saut de 15 .5 % . C’est la plus grosse augmentation année par année depuis l’augmentation de 26.6%, de 345 milliards à 437 milliards, quand les USA ont envahis l’Afghanistan et l’Irak et ont augmenté la défense nationale après le 11 septembre. »

Plus de l’argent des impôts ira au complexe militaro-industriel afin de préparer des guerres interminables et si je peux m’exprimer ainsi, ingagnables guerres.

John Bolton, un demeuré néo-conservateur

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John Bolton, un ancien ambassadeur US aux Nations unies sous Georges W. Bush, membre d’un autre think-tank néoconservateur Projet pour un nouveau siècle américain The Project for the New American Century (PNAC),  a été un meneur dans la guerre contre l’Irak et a recommandé le bombardement de la Corée du nord et de l’Iran depuis déjà un certain temps.  En 2002, Bolton servait en tant que Sous-secrétaire d’état au contrôle de l’armement et à la sécurité internationale sous Georges W. Bush et il a dit : « Nous savons de source sûre que Saddam Hussein a caché des armes de destruction massive et des équipements de production en Irak ». En dépit de ces mensonges sur les armes de destruction massive que l’administration Bush a créés et qui ont mené à la destruction de l’Irak, Bolton n’a pas de regrets. En 2015, le The Washington Examiner a publié un article de sa main sur le bourbier irakien intitulé : «  ‘John Bolton: Pas de regrets d’avoir renversé Saddam. » Bolton  y dit ceci :

«  Je pense toujours que la décision de renverser Saddam était la bonne. Je pense que les décisions prises ensuite étaient mauvaises, cependant je crois que la pire décision prise après a été celle du retrait de 2011 des forces US et de celles de la coalition.  Les gens qui disent, oh les choses auraient ét bien meilleures su Saddam n’avait pas été reversé manque le point que l’actuelle situation au Moyen Orient ne vient pas totalement et uniquement du renversement de Saddam. »

En 2016, lors d’un débat entre Jeb Bush, le Candidat Trump a dit : «  Nous n’aurions jamais dû aller en Irak, nous avons déstabilisé le Moyen Orient. Ils ont menti, ils ont dit qu’il y avait des armes de destruction massive et il n’y en avait pas. Et ils savaient qu’il n’y en avait pas. » Et malgré tout, Trump a choisi Bolton ; L’hypocrisie est évidente. Ce qui est troublant à propos de Bolton est le fait qu’il veut des interventions militaires partout dans le monde. Voici ce qu’il a dit à propos de Cuba en 2002 dans un entretien avec Judith Miller, la journaliste du NYT qui a dit que les armes de destruction massive étaient un non-sens, intitulé, « Washington accuse Cuba de faire des recherches sur la guerre bactériologique. »

Dans un discours hier à l’ Heritage Foundation de Washington,  John R. Bolton, le Sous-secrétaire d’état au contrôle des armes a publiquement fait allusion aux conclusions que les agences américaines de renseignements  (American intelligence agencies)  avaient émises ces derniers mois après un débat interne prolongé. «  Les USA croient que Cuba a au moins fait un effort d’offensive dans la recherche et le développement de l’armement chimique » a dit Bolton, s’en prenant au gouvernement communiste de Fidel Castro. Cuba, a-t-il ajouté, a «  aussi fourni des équipements bio-technologiques à deux usages à d’autres  états sans scrupules »

Pendant que l’administration Clinton exprimait des inquiétudes en 1998 à propos du potentile de Cuba pour la production et le développement de l’arme biologique, c’est la première fois qu’un officiel accuse Cuba de développer des germes à des fins belliqueuses.

Ce qui est le plus troublant dans l’idéologie de John Bolton, c’est quand on en vient à la défense d’Israël concernant l’Iran. En 2009, Bolton a donné un discours à l’Université de Chicago, et a dit que : «  A moins qu’Israël soit prête à utiliser l’arme nucléaire contre le programme iranien, L’Iran aura un armement nucléaire dans un futur proche. Une des choses que cette assertion de Bolton confirme en ce qui concerne l’usage d’armes nucléaires par Israël contre le programme nucléaire iranien est qu’une figure publique qui a été à Washington depuis un certain temps admet qu’Israël possède l’armement nucléaire. Le danger que Bolton représente pour les adversaires des Usa dans le monde entier est consternant.

Bolton, en tant que conseiller de Trump  pour la Sécurité nationale, représente un choix de guerres nombreuses, peut-être même de guerre nucléaire contre l’Iran, la rs=ussie et la Chine. De même que les autres néocons considérés pour occuper des postes à la Maison blanche, comme Paul Wolfowitz, Eliot Abrams, David Frum ou même des démocrates qui sont néoconservateurs et qui supportaient Hillary Clinton comme R. James Woolsey, un ancien directeur de la CIA de 1993 à 1995, sous l’administration Clinton et Président du conseil de la Fondation pour la défense de la démocratie (Foundation for the Defense of Democracies (FDD)  qui a déclaré au Jerusalem Post en novembre 2017 que les USA devraient détruire les infrastructures du corps des Gardiens de la révolution islamique et les équipements nucléaires iraniens.

Woolsey écrit que : « La prochaine fois que l’IRGC ( Gardiens de la révolution islamique) nous regarde de travers, on devrait envoyer 6 ou 12 bombes MOAB [GBU-43/B Massive Ordonance Air Blast] sur leurs équipements, et «  étant donné la source de terrorisme qu’ils représentent, à la place des pourparlers et de la proportionnalité – qu’elle aille au diable, la proportionnalité – . Nous devrions détruire absolument tout ce qui est possible de détruire ayant à voir avec l’IRGC. C’est le genre d’individu fait pour Trump.

Donc, qu’est-ce que Trump a en commun avec les néo-conservateurs qu’ils soient Démocrates ou Républicains ? L’American conservative a publié un article de Jack Hunter en 2011 intitulé : «  Qu’est-ce qu’un néo-conservateur ? » qui explique l’état d’esprit des néoconservateurs et ce à quoi ils croient :

Les néoconservateurs croient que la grandeur de l’Amérique est mesurée à notre volonté d’être une grande puissance – à travers et par un investissement global et proprement illimité de notre armée. Les problèmes des autres nations deviennent invariablement les nôtres parce que l’histoire et le destin ont désigné l’Amérique comme l’autorité première du monde. Les critiques disent que l’Amérique ne peut pas se permettre d’être la police de la planète. Les Néoconservateurs disent que non seulement elle le peut mais qu’elle le doit- et que nous cesserons d’être l’Amérique si nous ne le sommes pas. »

L’éditorialiste néoconservateur Jeff Jacoby écrit dans le Boston Globe, «  Notre monde a besoin d’une police, et que les Américains aime l’idée ou pas, il n’u a que leur indispensable nation qui soit faite pour ce travail. ». L’intellectuel néoconservateur Max Boot dit explicitement que les US devraient être la police du monde parce qu’ils sont les meilleurs policiers. » Le Sénateur Marco Rubio ( R.FL) soutien avec enthousiasme les vues néoconservatrices. Bien qu’en principe tous les membres du Congrès et les sénateurs du Tea party aient été opposé à l’intervention en Libye, Rubio croit que le flic planétaire devrait faire briller son étoile de shérif plus fort en Libye et partout ailleurs dans le monde, l’éditorialiste du NTY Ross Douthat explique : « Rubio est le grand espoir néoconservateur, le champion de la politique étrangère qui ne va audacieusement à l’étranger  qu’à le recherche de monstres à détruire. Son premier discours au Sénat était un chant de gloire à la grandeur nationale dont la péroraison a invoqué J.F Kennedy et a insisté sur le maintien des US comme les «  surveillants sur le mur de la liberté mondiale »

Dans son discours annuel de la Stat of the union, Trump en a appellé au financement de l’armée afin de contrer les régimes louches, les terroristes et il a même mentionné la Chine et la Russie qui provoquent les intérêts des USA

« Comme nous reconstruisons la force et la confiance de l’Amérique chez elle, nous restaurons aussi la force et la présence à l’étranger. Partout dans le monde nous avons affaire à des régimes corrompus, des groupes terroristes, et des rivaux comme la Chine et la Russie qui provoquent ns intérêts, notre économie, et nos valeurs. En faisant face à ces dangers, nous savons que la faiblesse est le chemin le plus sûr vers le conflit et que des pouvoirs incomparables sont le moyen le plus sûr pour notre défense. Pour cette raison, je demande au Congrès de cesser ces coupes budgétaires dangereuses et de financer pleinement notre armée. Dans le cadre de notre défense, nous devons moderniser et reconstruire notre arsenal nucléaire, en espérant ne jamais avoir à l’utiliser, mais en le rendant si fort et si puissant qu’il dissuadera tout acte d’agression.

Peut-être un jour y aura-t-il un moment magique où les pays du monde se rassembleront pour éliminer l’armement nucléaire. Malheureusement, nous n’en sommes pas encore là. »

Je suis d’accord avec Trump pour dire que le monde n’est pas encore prêt à éliminer le nucléaire, tout particulièrement lorsque son gouvernement appelle à la modernisation et à la reconstruction de l‘arsenal nucléaire.

Trump le tortionnaire

«  La torture, ça marche, d’accord ? Vous savez, j’entends ces types qui disent, «  la torture, ça ne marche pas, mais croyez moi, ça marche. La torture par l’eau en est une forme mineure. Certains disent que c’est vraiment de la torture. Admettons que ça en soit. Mais ils me demandent : que pensez-vous de la torture par l’eau ? Je suis tout à fait d’accord. Mais on pourrait faire beaucoup plus que la torture par l’eau. » Le candidat aux élections présidentielles Donald Trump le 17 février 2016

Gina Haspel était une ancienne officier des services de renseignements et directrice adjointe de la CIA est maintenant nommée à la tête de l’agence très controversée  sous Trump. Il va aussi réinstaurer l’usage de la torture, ce qu’il a rendu clair avec la nomination de Gina Haspel. Elle supervisait l’usage de la torture  (autrement dite, «  techniques avancées d’interrogatoires, ce qui est un terme orwellien pour «  torture »)  puis a enterré les preuves.

La torture est illégale sous la loi internationale. Sous l’administration Bush, Haspel était responsable d’un site noir, ou chambre de torture de la CIA située en Thaïlande. Des membres attitrés d’  Al Qaeda qui y étaient détenus y compris Abd al-Rahim al-Nashiri et Abu Zubaydah furent torturés par immersion dans l’eau.  En Juin 17, le centre européen pour les droits humains (European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) a appelé le Procureur général d’Allemagne à lancer un mandat d’arrêt contre Gina Haspel qui serait considérée comme une criminelle de guerre. Les choix de Trump pour la direction de la CIA signifient simplement que la torture va être réinstaurée secrètement.

Sous la surveillance de Haspel, il sera difficile d’obtenir aucune preuve de torture. Ce qui est aussi envisageable est le retour de ce qu’on nomme : «  Enlèvement organisés par le gouvernement US (U.S. government-sponsored abduction ) qui signifie en gros que quelqu’un suspecté d’être un terroriste où qu’il soit, chez lui, ou dans la rue peut être kidnappé par un groupe d’hommes masqués puis jeté dans un camion et transféré d’un pays à l’autre fin d’être torturé sous la supervision américaine. Avec la nomination de Gina Haspel, il semble y avoir un nouvel intérêt pour la torture, qui est un autre élément de l’idéologie néoconservatrice.

Trump et Israel, une union faite en enfer.

La décision très controversée qu’a prise Trump de déplacer l’ambassade US de Tl Aviv à Jérusalem et en même temps de couper les aides à l’autorité palestinienne montre que Trump veut apaise Israël. Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël très tôt avec son annonce du déplacement de l’ambassade. C’est une rupture nette avec la politique des US. Jérusalem a été le sujet principal de toutes les négociations sur le statut final qui ont eu lieu entre les Israéliens et les Palestiniens qui considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Trump, qui est clairement ignorant de la question du Moyen –Orient en général, a mentionné qu’il croyait que le déplacement de l’ambassade US permettrait au processus de paix d’avancer, puisque la question de Jérusalem serait ôtée de la table en tant que sujet de désagrément entre Palestiniens et Israéliens. L’annonce du déplacement de l’ambassade a été condamnée par la communauté internationale, spécialement au Moyen Orient. Dans un vote de l’assemblée des Nations unies, 128 pays se sont prononcés contre l’attribution de Jérusalem comme capitale d’Israël pour les Juifs.

Au regard de l’expansion d’Israël dans les colonies illégales sur le territoire palestinien  sous Trump, Israël s’est senti autorisée à en construire d’autres selon un article de Bloomberg News datant du 22 mars et intitulé : «  Les colonies israéliennes »

 «  Comme les US, le principal allié d’Israël a adouci sa politique à l’égard des colonies sous la présidence de Trump, le pays a franchi des pas téméraires afin de renforcer ses exigences en Cisjordanie. Quand Israël a annoncé ses plans pour y construire sa première colonie en un quart de siècle au début de 2017, l’administration Trump a affirmé qu’elle ne considérait pas les colonies existantes comme des obstacles à la paix, un renversement de la politique US menée depuis une dizaine d’années. Elle a ajouté que les constructions nouvelles «  pourraient ne pas être utiles »  mais  c’est un désaveu très modéré au regard de ceux des précédentes administrations. Le parlement israélien a donc passé la loi qui allait étendre les autorisations gouvernementales sur la construction non officielle de colonies sur des terres appartenant à des Palestiniens.

Trump s’est montré un ardent supporter d’Israël (comme la plupart de ses prédécesseurs)  la seconde même où il est entré en campagne. Quand il a été élu, il a engagé Nikki Haley qui a participé au dernier comité pour les affaires publiques Israël. US (American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) en début de mois et a dit : «  Lorsque je viens à l’AIPAC, je suis en compagnie d’amis. Et aux Nations unies, nous n’avons habituellement pas beaucoup d’amis. » Bien, elle avait raison sur ce point, tout particulièrement quand Israël et les US ont traditionnellement ignoré les nombreuses résolutions des Nations unies  en vue de la reconnaissance du droit des Palestiniens à l’auto-détermination ou de la cessation des mesures répressives d’Israël. Plusieurs résolutions ont aussi fait appel à des observateurs des NU afin d’enquêter sur les actions d’Israël dans les territoires occupés ou pour imposer des sanctions à Israël si elle ne suivait pas les résolutions du conseil des Nations unies. Les US ont mis leur veto sur de nombreuses résolutions présentées par le Conseil de sécurité qui est critique à l’égard d’Israël depuis des années. Trump s’est entouré de personnes qui sont extrêmement favorables à Israël, y compris son ambassadeur à Israël, David M. Friedman, qui a déclaré dans un journal israélien «  Haaretz » en 2016, que Trump supporterait l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie et que : «  Israël doit continuer à  construire ses colonies parce qu’il n’y a aucune raison de ne pas le faire. ». Ce qui rend les affaires plus compliquées c’est que son beau-fils, Jared Kushner est un co-directeur de la Fondation Charles et Seryl Kushner (Charles and Seryl Kushner Foundation) de 2006 à 2015 qui a financé une colonie considérée comme illégale sous la loi internationale.

Si ce n’est pas ce que Gerard Baker a décrit comme l’une des caractéristiques de l’idéologie néo-conservatrice à l’égard du «  sionisme agressif » alors je ne sais pas ce que c’est.  Trump est clairement un sioniste pro-Israël comme beaucoup à Washington qu’ils soient Démocrates ou Républicains, (près de quarante personnes au Congrès ont la double nationalité US Israélienne) L’ancien Vice-président sous Barack Obama, Joseph Biden a dit une fois «  Je suis un sioniste, il n’est pas nécessaire d’être Juif pour être sioniste » «  et il avait parfaitement raison.  Trump est en train de préparer un cabinet de crise pour un conflit majeur au Moyen-Orient qui peut rapidement devenir hors de contrôle.

Trump et le premier ministre israélien Netanyahu sont sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit du voisinge d’Israël dans le Moyen Orient et avec l’intervention de Bolton, une guerre contre la Syrie, le Hezbollah, le Liban et l’Iran est sur la table.

 Et donc la question demeure posée, est-ce que Trump est un néo-conservateur ?

Ses propres mots, ses actions avec ses récents choix, John Bolton, Mike Pompeo et Gina Haspel pointent vers le cercle de guerre sans fin spécialement dans le Moyen –Orient. Avec l’Iran en point de mire, la Troisième guerre mondiale peut devenir un avenir envisageable mais pas avant les élections présidentielles de 2020. Elle pourrait vraisemblablement se déclencher lors du deuxième terme de Trump si il est réélu ou même si un Démocrate qui sera vraisemblablement dans la poche du lobby israélien est élu.

Cependant, jusqu’à 2020, tout peut arriver sous Trump touchant sa mise sauvage d’Israël. Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu veulent annuler le contrat nucléaire iranien. Avec Israël poussant pour attaquer l’Iran avec son arsenal nucléaire et maintenant avec Bolton comme Conseiller à la sécurité nationale qui plaide pour le bombardement de l’Iran,  et de la Corée du nord cela peut être envisagé. Mais c’est à l’Iran, à la Russie et à la Chine de contrer les US, Israël et l’Arabie saoudite en montrant leur unité et leur force militaire de prévenir la guerre.

La paix semble impossible avec Trump donnant à l’armée pleine autorité pour conduire des opérations et des guerres tout autour du monde puis en emplissant la Maison blanche par des va-t’en guerre majeurs, des tortionnaires et des psychopathes néoconservateurs. Trump parle et agit comme un néocon, il en est peut-être un mais, encore, s’agit-il simplement de la bonne vieille politique de Washington.

Cet articel a été originellement publié dans  Silent Crow News.

Timothy Alexander Guzman est un collaborateur régulier de Global Research

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The original source of this article is Global Research

Copyright © Timothy Alexander Guzman, Global Research, 2018

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

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Pourquoi la politique de Moscou est-elle ” Westphalienne” ? Patrick Armstrong

WHY MOSCOW’S FOREIGN PHILOSOPHY IS “WESTPHALIAN”

Pour quelles raisons la politique étrangère de Moscou est-elle «  Westphalienne » ?

Le 11 AVRIL 11, 2018 par PATRICK ARMSTRONG

Actuellement, il existe deux sortes de politiques étrangères : Ici   l’une, Westphalienne, Paul Robinson les décrit : l’une d’elle traditionnelle, dans laquelle chaque peuple est une entité souveraine, appelée «  Westphalienne »  et l’autre dans laquelle il n’y a que deux sortes d’états, « les justes et les injustes ». Ils ne sont égaux ni moralement ni légalement. D’autres l’ont appelée le second “idéalisme” ou “diplomatie morale”. Il existe une tradition continue pour les USA de se considérer comme une toute nouvelle catégorie de pays, comme rappelé ici,   et la référence morale est parfois aussi nommée  “Wilsonienne” d’après le Président qui souhaitait « apprendre aux républiques d’Amérique du sud à élire des hommes bons » mais c’est complètement bipartisan, comme en témoigne le « Corrolaire Roosevelt  » dans lequel Théodore Roosevelt arroge aux Etats unis d’Amérique, en tant que «  pays civilisé » le droit d’intervenir dans les « cas flagrant de mauvaises actions ou d’imcompétence». Aucune de ces approches n’est nouvelles,  il a toujours existé des pays qui ont cru que leurs dieux leur donnaient la mission d’instruire et de discipliner leurs voisins et d’autres contents de les laisser.

La position moraliste est érigée sur l’assomption que le pays du narrateur est vertueux, que sa vertu est évidente et démontrable, que sa vertu est un fait. Le manque de vertu des autres pays est également un fait. Certains pays sont vertueux et d’autres non, et les pays vertueux ont le droit de faire certaines choses interdites aux non-vertueux.  Pas de suppositions mais de la réalité. Pas d’espoir mais de la réalisation, pas de relativité mais de l’absolu, pas de subjectif mais de l’objectif. Pour présenter ça d’une façon un peu grossière, on se demande comment un adulte peut croire ce genre de choses. Mais il les croit. Et sans broncher de surcroît.

« Nos enfants ont besoin de savoir qu’ils sont citoyens de ce pays exceptionnel, le plus puissant, généreux et noble pays de l’histoire de l’humanité.  Plus que tout, l’Amérique est indispensable – et exceptionnelle- à cause de ses valeurs. Le monde nous regarde pour la mise en place des droits humains, pour les droits des LGTB, pour ceux des minorités ethniques ou religieuses, pour ceux des personnes handicapées et pour tous les gens qui, partout attendent la paix. Nous nous mettons au défi, nous-mêmes et les autres nations de toujours faire mieux. »

Quelle chance que le meilleur et le plus noble des pays soit aussi le plus puissant ! Les Etats unis sont le quartier général de la notion que certains (ou serait-ce un seul) pays sont «  exceptionnels » et opèrent sous différents mais plus élevés standards que les plus simplement ordinaires. Lors des dernières deux décennies, l’idée s’est répandue dans l’Ouest, en général, comme l’observe Robinson, par l’intermédiaire de la distinction (auto-attribuée) de « ceux qui respectent et ceux qui ne respectent pas les droits humains ».  L’Ouest, est-il besoin de le dire, se considérant comme les respectant.

Certains parmi nous sont donc élevés moralement et d’autres non. Ceux qui n’y sont pas devraient préparer leur défense, c’est mauvais pour l’espérance de vie d’être sur la liste des mécréants comme  Slobodan Milosevich, Saddam Hussein et Muammar Kadhafi peuvent l’attester. Il est frappant de constater comment cette supériorité morale est exprimée à force de sanction et de bombardements plutôt qu’à l’aide d’exemples, mais les doués d’exceptions morales peuvent faire ce genre de chose justement parce qu’ils sont des exceptionnels moralement. Et quand Milosevic est amnistié,  que les Armes de destruction massive qui étaient le prétexte pour le renversement de Saddam Hussein  sont absentes et quand il est découvert que Kadhafi ne « bombardait pas son propre peuple », la pureté morale  voit les exceptionnalistes lever les épaules et passer à autre chose, des enfants sont morts mais c’était pour la bonne cause. .Les Exceptionnalistes bombardent les hôpitaux par  erreur.  Les autres le font volontairement.

Le camp «  idéaliste » est conduit par Washington, alors que Moscou est devenue le chef des porte-parole du camp «  réaliste ». Presque tous les discours que Poutine a fait  appel au «  multilatéralisme » ou, pour Robinson à «  l’odre traditionnel, westphalien dans lequel chaque état a une entité souveraine égale. » Le voici dans une interview datant de 2000, mais de très très nombreuses fois depuis :

Le monde ne peut pas des développer effectivement et positivement si un seul état a le monopole de la prise et de l’application de toutes les décisions. Dans l’histoire de l’espèce humaine, la tentation d’un tel monopole ne s’est jamais bien terminée.  Pour cette raison, nous sommes constamment entrain de proposer une nouvelle structure démocratique mondiale.

Il y a plusieurs raisons pour que Poutine fasse appel (et Yeltsine avant lui) à la primauté des nations unies dans un système mondial multilatéral. Deux sont évidemment à des fins d’usage personnel : La Russie est un membre permanent de l’UNSC et deuxièmement, elle a peur de se retrouver sur la liste des pays à toucher par les Exceptionnalistes.  Et étant donné la prédominance des «  violations des droits humains » comme «  justifications pour une intervention humanitaire », l’annuel rapport des droits humains (US State Department human rights report) montre qu’ils ont de bonnes raisons d’avoir peur.

Mais il y a d’autres raisons pour lesquelles Moscou est dédiée à «  un ordre traditionnel westphalien, ordre par lequel tous les états sont égaux en tant qu’entités souveraines »  et elles ne sont pas faciles à oublier :

L’URSS a passé 70 ans à mener une politique étrangère «  exceptionnaliste » et  ça a été un fiasco.

L’URSS en tant que «  premier état socialiste du monde » était le porte-drapeau d’un   « futur rayonnant pour l’humanité » un , novus ordo seculorum,  et même un nouveau type d’homme, – « новый советский человек ».  Elle était le pays exceptionnel., elle était le «  meilleur et le plus noble des pays de toute l’histoire de l’humanité, elle était le chef de file de «  tous les peuples aspirant à la paix ». Elle intervenait dans le monde  entier au nom de sa supériorité morale auto-proclamée. Les Partis communistes de tous les pays faisaient écho à la sagesse supérieure de Moscou. Le Parti communiste allemand collaborait avec le Parti Nazi pour affaiblir la République de Weimar. Pourquoi ? Parce que le Socialisme allait l’emporter lorsque Weimar serait déchue. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé : les Nazis l’ont emporté et l’URSS a payé un prix colossal pour leur triomphe.  Cuba, état socialiste ( L’Île de la liberté) devait être soutenu par le Leader mondial du communisme. Leur soutien a amené le monde au bord d’une guerre nucléaire. Tout petit mouvement s’intitulant socialiste demandait l’aide de Moscou, même dans des pays dont les membres décrépis du Politburo n’avaient jamais entendu parler. Il fallait leur fournir des armes, des prêts, des secours et un support diplomatique.

Il aurait été inconcevable pour le premier pays socialiste du monde de ne pas intervenir en Afghanistan quand le gouvernement soi-disant socialiste a commencé à chanceler. Socialiste un jour socialiste pour toujours.

Quand les forces hostiles au socialisme essaient de faire tourner le développement de certains pays socialistes vers le capitalisme, cela devient non seulement le problème du pays concerné mais un problème commun et une préoccupation pour tous les pays socialistes.

Comment l’URSS pourrait-elle éviter de prêter de l’argent ou des armes a tout état se réclamant du socialisme ? Les mouvements pour la Paix devaient être infiltrés parce que la théorie prétendait que seul le socialisme amenait la pais=x. ëtre exceptionnel génère de lourdes obligations.

Plus que tout autre peuple sur terre, nous portons des charges et acceptons des risques sans précédent quant à leur taille et à leur durée, non pour nous seuls mais au nom de tous ceux que nous voulons libres.  (En fait John Kennedy mais Brejnev aurait probablement dit la même chose, bien qu’en plus long)

 Considérons, à titre d’exemple, la Pologne. L’URSS l’a libérée des Nazis qui avait tué presque le cinquième de sa population. Staline redessina la carte de façon à ce que, pour la première fois de l’histoire, toute la Pologne historique soit unie et que son territoire soit presque complètement homogène ethniquement.  L’URSS est intervenue dans la politique polonaise et dans la vie civile pendant quatre décennies, croyant moralement le devoir afin que le«  futur resplendissant de l’espèce humaine  bénéficie au peuple polonais. Ou du moins était-ce que que les Exceptionnalistes du Kremlin disaient.  Pour quel résultat ? Au moment où il est devenu clair que les tanks n’allaient pas venir, la Pologne a balancé les Soviets, l’alliance et tout le paquet socialiste. Et ceci partout dans les autres états socialistes amis. C’était une bulle. Les pays exceptionnels n’ont pas d’amis parce qu’ils n’ont pas d’égaux, ils ne peuvent qu’avoir des clients mais les clients doivent être nourris et achetés.

La Fédération russe, en tant que successeure de l’URSS, a hérité de ce qu’elle possédait et de qui la possédait. Mais il y avait une grosse différence : la dette était réelle, les crédits ne l’étaient pas. La Russie a payé tout ce qu’elle devait et annulé ce qu’on lui devait. Dans le cas de Cuba, en 2014, Poutine a annulé 32 milliards de $ de dette.

L’URSS avait prêté des fonds aux «  Pays socialistes » africains – en tant que tête du monde socialiste, comment pouvait-elle refuser ? Poutine vient d’en annuler 20 milliards de dollars  Etc. L’Exceptionnalisme est de l’argent jeté dans un puits.

En 1987, un court article de Yevgeniy Primakov parut dans la  Pravda : « Une nouvelle philosophie de politique étrangère ». Principalement, il y disait que la politique étrangère de la Russie avait été un échec : elle avait réduit la sécurité et menait le pays à la faillite. Après 70 ans d’exceptionnalisme, que restait-il ? Pas d’amitié, plutôt l’opposé. Pas de profit financier, juste des coûts. Le leader du bloc socialiste et le bloc lui-même évaporé comme s’ils n’avaient jamais existé. Tout cela pour rien. Et pire que rien : voici ce que dit Poutine lui-même en 1999 :

Pendant Presque les trois-quart de ce siècle, la Russie a vécu sous le signe de la propagation de la doctrine communiste. Ce serait une erreur de ne pas voir, et pire encore de nier les succès indéniables de ce temps. Mais ce serait une ereur bien pire de ne pas realiser le prix faramineux que notre pays a payé pour cette experience bolchevique.  Plus encore, ce serait une erreur de ne pas comprendre sa futilité historique.  Le Communisme et le pouvoir des Soviets n’ont pas fait de la Russie un pays prospère avec une société se développant d’une façon dynamique et un people libre. Le Communisme a implacablement démontré sn inaptitude à créer un auto-développement sain, condamnant notre pays à rester à la traîne des pays économiquement avancés. C’était une impasse, loin des courants des civilisations développées.

“ Prix outrageant “ “ Futilité historique”, “ Inaptitude”, “ Régression régulière” “ Une impasse” : Rien, pas d’argent, pas d’amis, pas de pouvoir, pas de prospérité. Rien, ni à l’intrieur des frontiers, ni à l’extérieur.

Moscou sait que la route de l’exceptionnalisme est une route qui mène à une impasse parce qu’elle a perdu 70 années sur cette route.  Et quelqu’irritant ou imparfait que soit «  l’ordre traditionnel, Westphalien dans lequel chaque état est une souveraineté égale » Moscou sait que «  l’idéalisme «  est complètement dénué de valeur.

Il est important d’observer que le «  Système westphalien » a été nommé ainsi après les nombreux agréments qui en 1648 ont permis la fin des guerre de religion en Europe   en acceptant le principe de cuius regio, eius religio ou le fait que chaque état serait autorisé à faire ses propres choix. En d’autres termes, le Westphalianisme n’a été accepté qu’après que l’idéalisme ait brûlé tout sur son passage. C’est une vieille leçon que la Russie a apprise mais que Washington, avec son gros porte-monnaie n’a pas assimilée.

Encore…

 

L’hystérie américaine à propos de la Russie conduira à une guerre nucléaire, selon un rapport. Seraphin Hanisch

American hysteria over Russia will lead to nuclear war, according to report

L’hystérie américaine à propos de la Russie conduira à une guerre nucléaire, selon un rapport . Les médias russes réagissent fortement à l’American Nuclear Posture Review, qui essaye de convaincre ses lecteurs que la Russie veut conquérir le monde.

Par  SERAPHIM HANISCH 7février 2018

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La télévision russe a programmé une émission sinistre le 5 février, qui a probablementinquiété la plupart des Russes et certainement généré une déception significative de leurs espoirs d’un rapprochement après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats- unis. L’agence de presse Vesti explique que les USA se préparent à une guerre nucléaire avec la Russie.

Le Département de la défense US a publié sa  2018 Nuclear Posture Review.  Ceci consiste en au moins deux documents qui sont du domaine publique et qui détaillent les constats que le DoD a fait à propos des menaces nucléaires dans le monde. Le langage à propos de la Russie y est étrange, parce que tout comme la Russie, les USA maintiennent qu’ils n’ont jamais eu d’autres désirs que ceux de bonnes relations.

Cependant il s’agit malheureusement soit d’une assertion aveugle ou d’une assertion volontairement erronée dans l’intérêt de la propagande. Basée sur la folie des réactions du gouvernement US ou sur sa posture dans l’ensemble de l’affaire russe, avec les menaces militaires, les sanctions, et les incidents les plus récents comme la divulgation de la  “liste du Kremlin  composées de toutes les têtes du gouvernement et de tous les hommes et femmes d’affaire à succès,  du vol d’un appareil de surveillance américain à proximité d’un jet de combat russe, , de l’ omniprésente investigation sur le Russiagate; et du manque de folie clairement visible du côté russe, il semble possible que la version américaine de ce qui crée le «  besoin »  de resolidifier les «  défenses » puisse manquer de preuves et de faits et puisse ne pas être prise comme concluante ou fiable.

Non pas qu’il n’existe pas de précédents de déclaration outrageuse, si vous voulez.

Le problème commence par de fausses prémisses.

La Russie n’est plus l’Union soviétique et la Guerre froide est terminée depuis longtemps. Cependant, en dépit de nos plus grands efforts pour créer une relation positiv, la Russie perçoit maintenant les USA et l’OTAN comme ses principaux opposants et une gêne dans sa réalisation de la déstabilisation géopolitique de l’Eurasie ( c’est moi qui souligne)

C’est une affirmation extrêmement effrontée, bien que pour certaines personnes influençant la position de la politique étrangère aux US, c’est ainsi qu’elles le voient. Le composant russe de cette imprécision semble principalement attribuable à la question de l’Ukraine. L’Ukraine elle-même est à juste titre considérée comme la mère de toutes les Rus’ ( toutes les Russies) et ce depuis des milliers d’années.  C’est Kiev qui fût la grande capitale de la première gouvernance russe, qui devait ensuite lentement s’étendre jusqu’à former l’empire russe.

Cependant, il existe aussi une histoire très complexe et tragique en Ukraine, surtout pendant l’ère soviétique, quand des millions d’Ukrainien ont péri dans ce qui est maintenant considéré comme un génocide intentionnel, perpétré délibérémentpar les Soviets de Moscou, c’est  dire par «  la Russie ».

Cette question elle-même est complexe et exige, ou même appelle désespérément un exposé plus approfondi qui n’est pas dans les limites de cet article. Une meilleure compréhension peut être donnée en lisant cet article, qui apporte  des informations intéressantes sur l’histoire de l’Ukraine. ( Restez avertis par contre que c’est un récit venu d’une publication écrite dans la perspective occidentale)

Le point principal est que les souhaits nationalistes de l’Ukraine naissent de facteurs incluant une mémoire nationale qui pointe Moscou comme étant la source de ses problèmes. Le fait que la Fédération russe n’est plus communiste de modifie pas ce point de vue, car bien que la Russie ne soit plus une dictature, elle ne mène pas toujours ses affaires internationales et nationales d’une façon très transparente et le désir d’une réelle auto-détermination est accru par l’aspect scintillant du riche occident. Les pouvoirs occidentaux, notamment les USA le savent et ont excité les Ukrainiens avec  cela.

Certains d’entre eux, à Kiev et dans les zones occidentales ( qui n’étaient pas toutes parties de l’ex URSS) ont depuis longtemps des liens plus soutenus avec l’Europe qu’avec la Russie, et l’inclusion de leurs territoires dans l’Union soviétique a été une source supplémentaire d’amertume. Pour beaucoup d’Ukrainiens, leur histoire est celle d’une vie sur le champ de bataille de puissances étrangères.

Ils sont presque instinctivement exaspérés, d’une façon compréhensible, par toute vue de pouvoirs étrangers sur leur territoire mais il est également aisé de manipuler cette caractéristique et les USA ont mené une nouvelle fois la lutte actuelle de l’Ukraine. L’attrait de la vie sur le modèle européen semble avoir attiré beaucoup d’entre eux vers les luttes de l’Euromaidan de 2014 mais l’économie actuelle sous le gouvernement pro-occidental semble également trainer les pieds.

De toute façon, la mémoire collective du régime extrêmement dur et cruel de la règle soviétique dans la région ajoutée à l’actuelle imprécision qui semble exister dans le domaine des affaires étrangères russes aide l’Ouest à catégoriser la Russie comme une nation autoritaire, dirigée par un «  communiste secret «  Vladimir Poutine qui «  était un agent du KGB ».

Lorsqu’on donne cette information à beaucoup d’Américains la conclusion qu’ils en tirent est claire. Le Pentagone, pierre angulaire des opérations militaires US.

Maintenant, pour être sûrs, Vladimir Poutine a été extrêmement ouvert et sincère à propos de son pays et de ses propres revendications d’une Russie forte, complètement propres à cette nation, comme à toutes les nations. Le nationalisme est très fort aux USA et encore l’histoire y joue son rôle. L’histoire récente de ce qui a trait à la dominance mondiale, militaire, scientifique, intellectuelle et culturelle, donne l’idée aux Américains que c’est leur pays  qui est le gardien de tout ce qui est bon.

Mais que gardent-ils ? Cette grandeur a montré de nombreux signes de glissement vers la décadence, tout comme lors du déclin de l’empire romain, lorsque les gens perdent leur vision d’un «  devenir grand » et se sont apitoyés sur leur sort dans le contexte de leur indépendance telle qu’elle est perçue et non seulement par rapport aux autres nations et cultures mais par rapport à tout pouvoir, y compris celui du « Très haut ». Nous avons vu l’union homosexuelle s’appeler «  mariage » et la dépravation, l’usage de drogues, un nombrilisme incroyablement improductif sont devenus de plus en plus prévalents dans une nation qui, il n’y a que 45 années, se posait comme défenseurs de la liberté chrétienne.

Il n’est pas possible qu’une nation vivant dans des illusions sur elle-même puisse avoir une vision claire des nations l’entourant. Et la Russie a bougé dans une direction opposée à celle de l’Ouest. La lutte existe, car la Russie sous le communisme a souffert des attaques contre des institutions comme le mariage, l’église et la famille mais actuellement la Fédération tente de reconstruire ces valeurs essentielles. Et pendant ce temps, l’Amérique semble être engagée vers une auto-destruction en détruisant ces mêmes valeurs.

Maintenant, l’armée américaine est dans une posture extrêmement dangereuse. La puissance de son armement est la plus grande du monde. Bien que la Chine et la Russie aient elles aussi d’incroyables capacités militaires, la Chine ne les a pas testées sur le terrain jusqu’ici et les Russes commencent juste à montrer leur capacité incroyable. Mais les USA sont en guerre depuis le début de l’année 2001 et cette projection de pouvoir crée de l’expérience.

Cette Nuclear Posture Review montre le visage d’un pays qui est berné et hystérique comme le qualifient les médias russes et ils ont raison. En dépit des problèmes avec la Russie, l’Ukraine ou la Syrie, la politique russe ne laisse pas paraître la volonté même lointaine, d’expansion et qu’elle souhaite récupérer les anciens états soviétiques et s’étendre vers l’Ouest. La Russie veut suivre son propre  chemin et en tant que grande puissance, et une grande puissance avec une longue histoire et une longue mémoire de souffrance, elle veut essayer de protéger son peuple contre d’autres misères.

La posture américaine pointe le doigt vers la Russie comme menace puis suggère que la Russie est une menace, dans un langage très travaillé..  Et cela rend le jugement encore plus dangereux.

Le Russie a considérablement augmenté les capacités de ses forces non-nucléaires afin d’étendre son pouvoir dans les régions adjacentes, et comme il a été préalablement discuté, elle a violé de nombreuses obligations de traités et autres engagements. Ce qui est le plus inquiétant est sa politique nationale de sécurité, ses stratégies, et doctrines, qui coprennent l’insistance sur la menace d’une escalade nucléaire et ses constants développements et installations d’équipement nucléaires. Moscou menace d’exercer une première frappe limitée, suggérant d’une façon erronée que la menace nucléaire et un première frappe limitée pourrait paralyser les USA et l’OTAN et ainsi mettre fin à un conflit d’une façon favorable à la Russie. Certains aux USA se réfèrent à ceci par la doctine de l’escalade de la désescalade ».  La déescalade en ce sens suit l’idée fausse d’une capitulation de l’Ouest en faveur de la Russie.

La dissuasion US d’une attaque nucléaire russe et d’une attaque stratégique non nucléaire exige que le pouvoir russe ne fasse pas un mauvais calcul en ce qui concerne l’usage d’une première frappe nucléaire limitée, ou régionalement ou contre les US eux-mêmes. La Russie doit au lieu de ça, comprendre qu’une première frappe, même limitée n’atteindra pas ses objectifs, changera fondamentalement la nature du conflit, et entrainera  un coût incalculable et intolérable pour Moscou. Notre stratégie s’assurera que le Russie comprenne que tout usage de l’arme nucléaire, même limité est inacceptable.  La force de dissuasion US, donc, sera capable de menacer, dans n’importe quelle condition, ce que le leadership russe valorise le plus. Cela posera d’insurmontables difficultés pour toute stratégie d’agression contre les USA, ses alliés ou partenaires et assurera la possibilité d’un coût énorme pour le gouvernement russe si il faisait le choix de l’agression.

Ce sont une assertion et une construction étonnante et extrêmment dangereuse pour une nation qui a simultanément un pouvoir massif et une vue biaisée du monde à maintenir. C’est aussi très difficile de ramener des gens qui ont un point de vue plein de suspicion de quitter celle-ci. Il y a un lien fort entre de telles croyances et la peur qu’elles génèrent chez ceux qui la détiennent.

Ceci dit, la situation aide à expliquer ce que beaucoup des médias alternatives font : de s’opposer aux médias et aux biais politiques et de rapporter des évènements sous une lumière qui est espérons-le objective et vraie. L’article de Vesti était à sa façon aussi alarmiste que le document américain qu’il publiait. La vraie façon de se frayer un chemin à travers tout ça est évidemment une accentuation de la compréhension dans tous les domaines- historiques, idéologiques et dans notre cas, géopolitique.

Le côté américain a envoyé plusieurs directs aux Russes récemment, dans ce document et dans la « liste du Kremlin » de la semaine dernière mais il reste l’espoir que la désintégration de l’investigation du Russiagate arrivera à de vraies conclusions à cet égard et libérera ainsi les mains des Américains qui comprennent que la Russie est tout sauf un ennemi ou un adversaire.

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

” Fou comme un renard ” Paul Robinson

AS CRAZY AS A FOX

Le martelage médiatique incessant ne laisse aucun temps ni aucun espace pour une approche plus objective de la nature de la volonté politique russe. Les USA et les enjeux du pouvoir trafiqués par les organes de renseignements de plus en plus politisés et les tactiques des Démocrates et des néo-conservateurs utilisent la presse qui leur est absolument aféodée pour cette oeuvre de propagande de haut-vol, aussi grossièrement efficace qu’a pu l’être la préparation médiatique de l’intervention en Irak.

Pour le consommateur d’information, qui est l’objet de tous les soins de cette envol propagandique, les “choses sont claires”, aussi claires que la face unique qui lui est donnée à regarder si il ne fait pas l’effort d’aller au-delà de ce qu’on lui offre en pâture. L’Europe suit avec zèle comme toujours, incapable de manifester un tant soit peu d’autonomie dans ses choix politiques, les organes de presse comme ARTE, chaîne publique franco-allemande, donne du grain à moudre à une complète méconnaissance du terrain. Le “terrain” étant, en ces circonstances, à la fois l’analyse des évènements, en particulier ceux liés à l’Ukraine et à la présence de l’OTAN, et celle de la nature du pouvoir politique du Kremlin. 

Mais nous savons comme les croyances sont résistantes aux faits, comme la passion qu’elles génèrent est inébranlable, surtout lorsqu’est désigné de loin un ennemi qui fédère. Il peut être important de tenter d’aller y voir plus près. EG

Martyanov writes that the USA “still continues to reside in her bubble which insulates her from any outside voices of reason and peace” and that Putin’s speech aimed at “coercing America’s elites into, if not peace, at least into some form of sanity, given that they are currently completely detached from the geopolitical, military and economic realities of a newly emerging world ”.

Les USA “continuent de rester dans leur bulle qui les isole de toute voix extérieure de paix et de raison.” Le discours de Poutine cherchait à ” forcer l’élite américaine peut-être pas vers la paix, mais au moins vers une forme de santé mentale, étant entendu qu’elle est en ce moment complètement détachée de toute réalité géopolitique, militaire ou économique ayant trait à l’émergeance d’un monde nouveau”.

Rusé comme un renard

Aussi rusé qu’un renard venant d’être promu Professeur de Ruse à l’Université d’Oxford  (Blackladder)

Il y a des points sur lesquels j’ai tort et des points sur lesquels j’ai raison. Ce qui est triste est que pour le dernier, ce sont souvent des choses où je préfèrerais avoir tort – par exemple, quelques prédictions sinistres. Dans mon dernier article, j’ai cru proposer que les commentateurs occidentaux n’entendraient vraisemblablement pas le message que Poutine envoyait dans ses commentaires touchant le développement de l’armement russe mais au lieu de ça, l’interpréteraient comme un signe d’intention agressive. C’était une des prédictions que je préfèrerais voir fausse. Au lieu de ça, juste un jour plus tard, il semble que j’avais raison.

Comme j’étais assis avec un bol de Cap’n Crunch ce matin pour mon petit-déjeuner, je me suis retrouvé à la première page de l’Ottawa Citizen, arborant fièrement le gros titre : «  Les jeux de guerre de Poutine » et une photo d’un portrait de lui par l’artiste ukrainienne Dasha Marchenko fait avc des cartouches de balles.

putinbullets

Portrait de Poutin par Masha Darchenko

Juste au cas où certains lecteurs n’auraient pas compris que Poutine est un affreux tueur de masse et une menace pour tout ce en quoi nous croyons, deux articles s’appliquent à bien fourbir le message.

Le premier, de Shannon Gormley,  est la répétition assez peu originale de toutes les plaintes ordinaires sur les dispositifs de guerres cybernétiques russes, y compris certaines qui ont été complètement remises en question, comme «  C’est la Russie qui a vraisemblablement sponsorisé le vote du départ de l’Angleterre (Mme. Gormley n’a clairement pas lu l’annonce sur Facebook cette semaine qu’il n’avait pas été trouvé une seule preuve d’une cyberattaque   coordonnée par les Russes liée au Brexit) La Russie dit Gormley, est «  un gosse insolent et un incorrigible vaurien, qui visera certainement les élections canadiennes en 2019. (Pour quelle raison, j’ai du mal à comprendre, puisqu’il n’existe aucun parti «  pro-russe »)  et son but «  est de délégitimer les institutions démocratiques »

En bref, il n’y a rien dans cet article que vous n’ayez entendu des centaines de fois, je me concentrerai donc sur le second, qui est encore plus infamant. Le journaliste du National Post, Rédigé par Joseph Brean, il se répend sur deux pages, avec un titre sur la première qui dit : «  L’homme qui se prend pour un Tzar »  et un autre sur la seconde, «  Fou comme un renard à jeun » Bien sûr, Poutine n’a jamis exprimé le moinde d »sir d’être Tzar et n’est certainement pas fou, l’article commence donc sur de mauvaises prémisses. Mais ça empire.

Brean, comme j’avais prévu que les commentateurs allaient le faire, utilise le discours de Poutine et Poutine lui-même comme une menace pour l’Occident. Brean note que «  La menace était claire. Faites attention, ou autrement «  Poutine, selon Bearn, «  a calmement offert une vision de l’apocalypse nucléaire ». Que la Russie possède toutes ces armes dont Poutine a parlé est déjà assez gênant. Ce qui est pire est que l’homme qui en a la responsabilité semble être dément. Brean écrit que Poutine «  fait un pari risqué qui pourrait mener un moindre dictateur à sa perte ». Lui et le chef nord-Coréen Kim Jong Un.

«  ne sont peut-être pas si différents. Poutine joue au même jeu, avec juste beaucoup plus de bombes. Cela rappelle la prestation fameuse de Robin Williams à propos de la bombe atomique, dans son imitation insultaane d’un général russe imbibé de vodka : «  Nous avons beaucoup de bombes, nous ne savons pas où elles sont toutes »

Il y a une forme de racisme ordinaire à propos de La Russie ici, comme dans le commentaire de Gormley à propos des Russes «  sales gosses ». Brean continue en disant que «  Poutine a toujours paru dément », par contre «  dément comme un renard à jeun «  ne veut pas dire grand-chose. Un renard normalement est considéré comme «  rusé » ce qui est l’opposé de «  démenté. Et Bean de noter que Poutine finit toujours par l’emporter quand il parit, ce qui pourrait suggérer après tout que les «  jeux » n’est pas vraiment des «  jeux ».

Mais la logique n’a pas vraiment d’importance ici, de même que la vérité. Ce qui importe c’est d’empiler des assertions sur le démoniaque et la folie.  Après avoir annexé la Crimée, affirme Brean, Poutine pouvait «  avoir regardé dans la direction du Kazakhstan  mais il ne pouvait pas se le permettre parce qu’il ne pouvait s’offrir un conflit avec la Chine. » Mais, quand Poutine a-t-il émis le moindre intérêt pour le Kazakhstan ? Les autres péchés de Poutine comprennent les «  provocations «  militaires comme la friture des connexions de l’Armée de l’air  et la réhabilitation de Joseph Staline. Selon Brean «  Poutine a toujours encouragé le «  culte de Staline ». Comme les lecteurs réguliers de ce blog le savent j’ai souvent fait remarquer, avec de très nombreuses preuves, que cette accusation était clairement fausse.  Donc, quelles sont les preuves de Brean à l’égard de ces accusations sur Staline ?

Il apparait qu’il s’agit d’une citation d’un intellectuel ukraino-canadien Taras Kuzio, qui peut difficilement être revendiqué comme étant le plus neutre des commentateurs.

On nous dit que Poutine, « sera élu par tous les moyens » lors des prochaines élections. Brea, cite le Professeur Neil MacFarlane de l’Université d’Oxford qui dit que : «  Il est impossible à arrêter à l’intérieur parce qu’il a arrêté ceux qui pouvaient l’arrêter ». Le Professeur MacFarlane est un érudit respecté mais ici, je me dois de la questionner. Qui sont ces «  gens » qui auraient pu stopper Poutine ? Alexei Navalny, dont les électeurs sont régulièrement évalués à 2% ? Et sinon, qui d’autre  Nemtsov, Kasyanov, Kasparov ? Des alternatives difficilement crédibles en termes d’appui populaire.  Il est possible qu’Oxford ait besoin d’un nouveau Professeur plus rusé.

Poutin, nous dit est devenu, « quelque chose comme un  roi guerrier-philosophe » comme on le voit à travers le fait qu’il, «  exige que ses subalternes lisent des auteurs pro-soviets comme Vladimir Solovyov. » Quelle monstruosité ! Vladimir Solodyov ! Il est vrai qu’il y a un peu de bizarreries dans ses écrits, mais aussi beaucoup de choses qui, au regard de l’époque contemporaine, pourrit paraître très progressistes.  Peut-être Brean devrait-il lire «  La justification du bien », le livre qui circulait au Kremlin il y a quelques années, et nous dire ce qu’il a de si horrible.  Je crois qu’il aura du mal. Je n’ai aucun problème avec les gens qui critiquent la Russie, ce qui m’exaspère, c’est la façon extrême et souvent pervertie avec laquelle ils le font. Dans mon discours de Copenhague lundi, j’ai remarqué que la plupart de ce qui est écrit à l’ouest sur la Russie est «  du déchet ». Et ici, c’est ce que nous trouvons. Deux pages de pourriture nauséabonde. Si Poutine imagine qu’il va lui être possible de faire revenir ces individus à la raison en remuant le bâton devant eux, il se trompe gravement. Le problème est que la raison ne semble pas marcher non plus. Au point où nous en sommes, je commence à croire que rien n’aura d’effet, mis à part l’inévitable passage du temps. Quand l’heure viendra, tout ceci se calmera et nous regarderons en arrière sur cette époque comme sur celle où, pendant un temps, le monde est devenu fou. Je crains, par contre, qu’il ne faille attendre longtemps.

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Les armées de l’Ombre : la guerre invisible mais réelle des USA en Afrique Ramzy Baroud

Shadow Armies: The Unseen, But Real US War in Africa

by RAMZY BAROUD     

 

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Photo by US Army Africa | CC BY 2.0

C’est un fait, mais largement caché, la guerre qui se déroule à travers le continent africain. Elle implique les Etats unis, une Russie qui prend de l’aplomb et une Chine qui monte. Les issues de cette guerre va vraisemblablement redéfinir  l’avenir de ce continent et les perspectives globales.

Il est facile de pointer la responsabilité de D. Trump, son agenda désordonné et ses remarques impulsives. Mais la vérité, c’est que l’actuelle expansion de l’armée américaine en Afrique n’est qu’un pas supplémentaire dans la mauvaise direction. Il fait partie d’une stratégie qui est apparue il y a une dizaine d’année, pendant l’administration du Président George W. Bush, et activement poursuivie par le Président Barack Obama.

En 2007 sous le prétexte de la «  guerre contre le terrorisme », les USA ont consolidé leurs diverses opérations en Afrique afin d’établir la «  United States Africa Command » (AFRICOM). Avec un budget de départ d’un demi-milliard de dollars, AFRICOM fut soi-disant démarré afin de créer un engagement avec les pays africains en termes de diplomatie et d’aide. Mais, au cours de dix dernières années, AFRICOM a été transformé en une commande centralisée des incursions militaires et des interventions.

Cependant, ce rôle violent s’est rapidement accentué pendant la première année de la présidence de Trump. Bien sûr, il y a une guerre cachée en Afrique et elle est menée au nom du «  contre-terrorisme ».

Selon le service d’investigation spéciale de VICE News, les troupes US mènent maintenant 3500 exercices et engagements militaires par an à travers l’Afrique, une moyenne de 10 par jour. Les médias parlent rarement  de cette guerre, accordant ainsi aux militaires un espace suffisamment large pour déstabiliser comme ils l’entendent n’importe quel pays parmi les 54 que compte ce continent.

“ Aujourd’hui, le tableau de 3500 interventions marque une croissance étonnante de 1900 % depuis le début il y a moins de dix ans, et suggère une expansion des activités militaires majeure sur le continent africain. » rapporte VICE.

A la suite du décès de quatre soldats des forces spéciales US au Niger ele 4 octobre, le Secrétaire US de la défense, James Mattis fit une déclaration menaçante au comité du Sénat : ce nombre est supposé augmenter puisque les activités militaires des US en Afrique le sont.

Mattis, comme d’autres officiels de la Défense dans les deux administrations précédentes, justifie les transgressions militaires US comme faisant partie des efforts «  anti-terroristes ». Mais une telle référence codée à servi d’alibi pur intervenir et exploiter des régions importantes avec un grand potentiel économique.

La vieille devise coloniale «  des miettes pour l’Afrique » est réinventée par les pouvoirs de la globalisation qui se représentent parfaitement l’ampleur des largesses économiques inexploitées du continent. Pendant que la Chine, les Indes et la Russie développe chacune leur approche afin de courtiser l’Afrique, les US sont investis principalement dans les actions militaires, qui promettent d’infliger des maux secrets et de déstabiliser de nombreuses nations.

Le coup d’état du Mali, en 2012, mené par le capitaine d’armée Amadou Haya Sanogo, entrainé par les USA, n’en est qu’un exemple.

Dans son discours de 2013, la Secrétaire d’état Hillary Clinton, avertissait contre «  un nouveau colonialisme en Afrique, où il est aisé de pénétrer, de prendre les ressources naturelles, de soudoyer les leaders puis de partir ». Alors que Clinton a bien sûr raison, elle faisait hypocritement référence à la Chine, pas à son propre pays.

L’influence croissante de la Chine en Afrique est évidente, et les pratiques de Beijing peuvent être injustes. Cependant, la politique de la Chine à l’égard de l’Afrique est beaucoup plus civilisée et axée sur le commerce que l’approche militarisée des USA.

La croissance des relations commerciales entre la Chine et l’Afrique, selon un rapport des News report des Nations unies, se produit à un « rythme époustouflant », comme elles passent de 10.5 milliards de dollars en 2000 à 166 milliards en 2011. Depuis lors, elles ont continué au même rythme impressionnant.

Mais cet accroissement a été couplé avec de nombreuses initiatives, y compris plusieurs milliards de dollars de crédit chinois aux pays africain afin de développer des infrastructures faisant cruellement défaut. Plus encore est allé au financement du «  Programme pour les talents africains » dont le but est de former des professionnels africains dans des secteurs variés.

Ca ne devrait donc pas être surprenant qu’en 2009,  la Chine surpasse les USA et soit le principal interlocuteur commercial de l’Afrique.

Le véritable colonialisme auquel Clinton se réfère dans son discours, est cependant en bonne voie dans la perception et le comportement des USA à l’égard de l’Afrique. Ce n’est pas une hyperbole, mais en fait un constat qui fait écho aux propres mots du Président Trump.

Lors d’un déjeuner avec neuf chefs d’états africains en septembre dernier aux Nations unies, Trump a parlé avec le même type d’état d’esprit que celui qui a inspiré les politiques coloniales occidentales depuis des siècles.

Peu après qu’il ait créé un pays du nom de Nambie, Trump s’est vanté  à propos de ses «  nombreux amis (qui vont) dans vos pays en essayant de s’enrichir ». «  Je vous félicite, a-t-il dit, ils y dépensent beaucoup d’argent ! »

Le mois suivant, Trump ajoutait le Tchad, son partenaire dévoué dans la lutte anti-terroriste à la liste des pays dont le citoyens sont interdits d’entrée aux USA.

Si l’on garde à l’esprit que l’Afrique a 22 pays à majorité musulmane, le gouvernement américain compromet toute vision diplomatique à long terme et est, au contraire, en train de s’enfoncer toujours plus dans la réponse militaire.

La poussée militaire US ne semble pas non plus faire partie d’une politique complète. Elle est aussi alarmante qu’elle est erratique, reflétant la constante dépendance des US sur les solutions militaires pour résoudre toutes sortes de problèmes, y compris des rivalités commerciales ou politiques.

Comparons ça avec la stratégie d’approche russe en Afrique. En ranimant d’anciennes camaraderies avec le continent, la Russie suit la stratégie d’engagement chinoise (ou dans son cas de réengagement), à travers des termes de développement ou de commerce favorables. Mais contrairement à la Chine, la Russie a un agenda largement ouvert qui inclut des exportations d’ares, qui remplace l’armement américain dans différentes parties du continent.

Pour Moscou, l’Afrique a un potentiel inexploité et exceptionnel comme partenaire politique qui peut appuyer la position de la Russie aux Nations unies.

Conscient de la compétition évidente, quelques chefs d’états africains travaillent maintenant afin de trouver des alliés en dehors du traditionnel cadre occidental, qui contrôle la plupart de l’Afrique depuis la fin du colonialisme traditionnel il y a plusieurs dizaines d’années.

Un exemple frappant est la visite en novembre dernier du Président du Soudan Omar al-Bashir en Russie et de sa rencontre au sommet avec le Président Vladimir Poutine.  «  Nous avons rêvé de cette visite depuis longtemps, a dit al-Bashir à Poutine, «  nous vons besoin de protection contre les actes agressifs des USA »

La « protection » convoitée comprend la promesse russe de moderniser l’armée soudanaise.

Inquiet de l’approche russe en Afrique, les US réagissent par des stratagèmes militaires et peu de diplomatie. La mini-guerre menée actuellement sur le continent poussera le continent plus avant dans les abysses de la violence et de la corruption, ce qui doit convenir parfaitement à Washington mais amènera une misère innommable à des millions de personnes.

Il est hors de question que l’Afrique ne soit plus une affaire uniquement occidentale pouvant être exploitée à merci. Mais il faudra des années avant que l’Afrique et ses 54 nations soient vraiment libérés de cet esprit colonial obstiné, enraciné dans le racisme, l’exploitation économique et les interventions militaires.

RAMZY BAROUD

Le Dr. Ramzy Baroud écrit sur le Moyen –Orient depuis plus de vingt ans. Il est un essayiste syndiqué internationalement, consultant médias, et auteur de nombreux livres, fondeur de la PalestineChronicle.com. Son dernier ouvrage «  Mon père était un combattant de la liberté : Gaza une histoire inédite, My Father Was a Freedom Fighter: Gaza’s Untold Story (Pluto Press, London). Son site web : ramzybaroud.net

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

“Pas si renseigné” Paul Robinson “Irrussinalaty”

Les vents ont tourné quelque peu depuis le “Russian gate” et tout le battage médiatique outre-Atlantique autour d’une soi-disant intervention russe dans les élections américaines. Ils ont tourné également pour les informations concernant les transports massifs de troupes de l’OTAN dans les Balkans et en Suède et la question de ce qui se tramait derrière ce vide médiatique touchant, qu’on le veuille ou non, la paix de l’Europe et plus encore la menace nucléaire. C’est ainsi, les mémoires sont courtes, les spasmes des passions relayés sans arrêt, nous sommes au bout des effets si bien ciblés par Ellul dans son étude de la propagande sociale.

Le petit peuple court toujours derrière et ce qu’il tente de saisir est choisi pour lui dans la hiérarchie des faits politiques et plus encore dans la manipulation, presque obscène à ce niveau, de ces même faits. Il est fort probable que nous n’ayons jamais depuis la Deuxième guerre mondiale été confrontés à un tel niveau de manipulation médiatique et en ce qui concerne les stratégies de déstabilisation de DT, à une telle bascule dans le jeu avec un feu qui pourrait nous faire tous exploser pour satisfaire les velléités politiques de quelques oligarques et de leurs sbires. Le Washington Post dans ce contexte devrait faire office de cas d’école dans la fabrication des sentiments de la masse mais il est loin d’être le seul lors de cette folie collective aussi virulante que la fièvre qui s’empara des temps du Mac Carthisme.

C’est à lui, à ce petit peuple, d’aller glaner ailleurs des bribes de contre-vérité, d’oser se démarquer des mouvements de fond qui sont dirigés sans lui mais qui le dirigent, c’est à lui d’aller donc chercher des voix autres, dissidentes pour rétablir, ou du moins tenter de rétablir ce qui, il y a longtemps se nommait ” la vérité”.  EG

A propos

Bienvenue à  Irrussianality ! Ce blog est axé sur deux sujets : les relations entre la Russie et l’Ouest et la prise de décisions apparemment irrationnelle qui domine la plupart des relations internationales ( IR). Les deux sont, bien sûr connectées : les relations entre la Russie et l’Ouest sont gâchées par des préjugés, de l’incompréhension, des préjugés. J’espère contribuer à travers ce blog d’une façon minimale à la mise en pratique d’une  politique étrangère rationnelle.

Je suis Professeur d’Université à Ottawa. J’ai écrit à propos des Russes et de l’histoire de l’Union soviétique, de l’histoire militaire et de l’éthique militaire.

Les liens à mes livres sont disponibles dans le menu «  Books »  Paul Robinson

NOT SO INTELLIGENT

Pas si intelligent •

Comme dit le proverbe :  « L’intelligence militaire est une contradiction dans les termes ». L’intelligence civile n’est souvent pas très intelligente non plus. Phillip Knightley, qui a passé des dizaines d’années à investiguer le monde de l’espionnage,. Phillip Knightley, conclut que les résultats de la CIA étaient “consternants”. En dépit de l’aura entourant son nom, le KGB n’est guère mieux dit Knightley, citant le Général du KGB Oleg Kalugin, qui note que : “ Quand les gens dissent que les renseignements soviétiques ont pénétré les plus hauts échelons des gouvernements de l’Ouest, je sais que ce n’est pas vrai. » Il n’existe pas d’exemple enregistré où la CIA ait recruté qui que ce soit aux plus hauts échelons du Gouvernement soviétique non plus. Knightley ajoute également que,

Lors d’une conférence sur l’histoire des renseignements tenue en Allemagne en 1994 à laquelle assistaient un panel de maîtres en espionnage de l’Est et de l’Ouest je les ai mis au défi de nommer un seul événement historique important en temps de paix dans lequel les services de renseignements auraient joué un rôle décisif. Aucun d’entre eux ne l’a pu.

En bref, les données historiques suggèrent que les services de renseignements n’ont en fait pas d’espions places dans les institutions de leurs cibles principales, leur savoir de ce qui se trame dans les esprits des chefs d’états étrangers est très limité et souvent tout à fait faux, et ils ne sont pas aussi tout-puissants que le suppose la plupart des gens.

Si l’on en croit le Washington Post, cependant, la CIA a pénétré dans le saint des saints du Kremlin. Selon les dernières révélations de ce journal :

Au début du mois d’Août, une enveloppe avec d’extraordinaires  restrictions de maniement est arrivée à la Maison blanche. Envoyée par courrier de la CIA, elle comprenait  des “ instructions” uniquement visibles dans leur contenu par quatre personnes : le Président Barack Obama, et trois conseillers principaux. A l’intérieur se trouvait une bombe à retardement des renseignements, un rapport établi en plongeant profondément ses sources dans le Gouvernement russe qui détaillait l’implication personnelle directe du Président Poutine dans une cyber campagne qui modifie et compromette la course à la Présidence américaine. Mais il y avait plus. Les renseignements avaient capture les instructions spécifiques de Poutine sur les objectifs de cette opération audacieuse – faire échouer ou au moins compromettre l‘élue du Parti démocratique, Hillary Clinton et aider à faire élire son opposant, Donald Trump.

L’histoire de la CIA écrite en 2008 par Tim Weiner et qui fait référence : « L’héritage de cendres » “Legacy of Ashes, révèle ce que la revue du New York Times a appellé une « litanie de l’échec »  des débuts de l’agence jusqu’à nos jours. Etant donné son passé, combien d’entre vous, chers lecteurs, croient vraiment que la CIA a « ses sources profondément ancrées dans le gouvernement russe » et soit capable de fournie de telles informations ?

Mais imaginons que peut-être elle le puisse. Si c’était le cas, ce serait un agent d’une importance exceptionnelle, la source la plus haut placée que la CIA ait jamais eue, si importante évidemment que, selon le Washington Post, seulement quatre personnes sont autorisées à lire ce qu’il (ou elle) produit. Cependant, une de ces quatre personnes ou l’une dans ce qui doit également être un groupe restreint au sein de la CIA qui connaisse la source (qui d’autre cela pourrait-il être ?) a mis sa sécurité en danger en révélant a aggravé ce crime en révélant l’existence de cette source au monde entier. Gardons à l’esprit que, autant que l’on sache, la CIA n’a jamais eu d’agent «  profondément ancré dans le gouvernement (ou les soviets) russe ».  Cette personne est donc une recrue star parmi les recrues stars. Et maintenant, cette couverture a explosé.

On peut donc imaginer, donc, que l’histoire du Washington Post aurait dû causer des cris d’outrage et des appels à une investigation immediate au sein de ce qui est certainement le cœur des  infractions à la sécurité. Mais, assez bizarrement, ce n’est pas ce qui semble se produire. Le manque de soucis très visible portant sur une source soi-disant si étonnamment précieuse que ses informations sont réservées à quatre personnes, est tout simplement extraordinaire. A cela on peut donner deux explications :

  1. Les gens à Washington se fichent de protéger leurs sources de la CIA, quelle que soit leur valeur, et sont très satisfaits de les jeter sous le bus si cela leur donne un avantage politique. Ceci implique à la fois les individus qui laissent filtrer de telles histoires à la presse, la presse elle-même, et aussi le pouvoir politique élargi, qui ne semble pas trop dérangé par une telle affaire. Ceci en retour pourrait suggérer que ces individus manquent gravement de fiabilité, et qu’on pourrait donc prendre ce qu’ils affirment avec la plus grande circonspection. ou
  2. Les gens ne sont pas inquiets à cause de cette fuite pour la simple raison que la «  source » profondément ancrée dans le Gouvernement russe n’existe pas. L’histoire est une vaste fumisterie, pure et simple.

J’incline personnellement pour l’option 2

Mise à jour 1 : Quelqu’un m’a notifié une option 3, personne n’est inquiet de faire exploser la couverture de la source parce qu’elle a déjà été explosée. La source, selon cette version, sont les trois cyber-experts russes arêtes à Moscou en Janvier. Je confesse que ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre quand le Washington Post a évoqué  le « profondément ancré dans le Gouvernement russe » parce que ces personnes ne faisaient pas partie du Gouvernement, mais en ce qui concerne deux d’entre eux, dans le FSB (qui, bien qu’institution de l’état ne fait pas partie du  « gouvernement ».) (La troisième personne arrêtée travaille en fait pour une compagnie privée, Kaspersky). J’accorde que cette option est possible en théorie (bien que tout lien entre les personnes arrêtées et les interférences dans les élections soit une spéculation, puisque nous n’avons aucune preuve de ce lien.) Mais dans ce cas, l’article est très mal rédigé.

Mise à jour 2: Il me semble que je devrais pointer d’autres options, par exemple, la source existe et a bien dit ce que le Post rapport mais il elle l’a totalement fabriqué et l’a dit aux Américains parce qu’il elle pensait que cela rendrait les Américians heureux et permettrait de maintenir les mouvements financiers alertes, etc.

  • La traduction d’ « Intelligence » par « renseignements » ne permet pas le jeu de mot choisi par l’auteur, nous avons donc gardé le terme anglo-saxon d’intelligence.

La politique derrière le “scandale russe” R. Parry

Les contenus des médias nord-américains présentent depuis l’élection de Trump une curieuse constance. Ils désignent avec tenacité un ennemi idéal extérieur pour mettre en jeu la légitimité de cette élection. Et à travers cette désignation ostentatoire de l’ennemi à abattre, ils mettent en avant la stratégie déjà bien avancée de déstabilisation du régime russe qui était inscrite dans les projets des Démocrates, associés en ce mouvement aux néo-cons. Le matraquage, puissant, sans répit, exercé à travers les médias et repris en coeur par de nombreuses publications dissidentes cherchant avant tout à saper l’élection qui reste insupportable, est une des multiples marques de la puissance de la propagande et de sa capacité à manipuler sans limite une opinion qui, de jour en jour, devient de plus en plus sensible aux “risques” d’agression encourus par l’Europe ou par les USA face à cet ennemi qui eut l’arrogance de déployer un contre-pouvoir en Syrie et en Ukraine mais est désigné comme le danger à abattre, fût-il soudain surgi de presque nulle part dans les faits mais de la mythologie anticommuniste du Mac Carthysme  dans les fantasmes collectifs.

Les enjeux mondiaux sont si importants, la volonté d’action belliqueuse si marquée dans cette nation qui est la plus déployée militairement au monde et n’est pas restée une seule année sans contribuer ou déclencher une guerre depuis des décennies, nation où la guerre est avant tout une industrie à rentabiliser, qu’il est nécessaire de mettre et de remettre à jour les faits, ou plutôt leur absence, dans un contexte de mensonge politique flagrant, misant sur l’amnésie entretenue des consommateurs d’information.E.G

The Politics Behind ‘Russia-gate’

Le 4 Mars 2017

Exclusif : L’hystérie à propos du “ scandale russe” continue de croître – tout comme le cercle des ennemis du Président Trump – mais en son cœur il est possible qu’il n’y ait rien alors qu’elle pousse le monde vers un anéantissement nucléaire, écrit Robert Parry.

Robert Parry

Il doit y avoir un élément de faire-demi-tour-est-fair-play dans la façon dont les Démocrates font l’analyse grammaticale des termes de l’Avocat général Jeff Session et d’autres officiels de l’administration Trump afin de pouvoir les coincer sur des charges de “ parjure”. Après tout, les Républicains ont fait de «  enfermez-la » un chant populaire, évoquant l’usage discutable et illégal de son serveur emails privé en tant que Secrétaire d’état et de son affirmation sous serment soi-disant fausse suivant laquelle ses avocats auraient vérifié manuellement chacun des 30.000 ou quelques emails  qui furent effacés comme étant personnels.

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Le Président Donald Trump prêtant serment le 20 Janvier 2017 ( Photo de Whitehouse.gov)

Mais c’est gravement dangereux que de jouer le “ je te tiens” partisan  à propos des relations avec l’autre puissance nucléaire mondiale majeure. Si, par exemple, le Président Trump se trouve oblige de démontrer combine il peut être ferme avec la Russie- afin de sauver sa peau politique- il pourrait aisément faire un mauvais calcul qui pousserait les deux puissances dans une guerre qui pourrait bien être la guerre qui les finisse toutes- avec la fin de la civilisation humaine. Mais les Démocrates, les libéraux et les médias de masse semblent haïr Trump à un tel point qu’ils pourraient prendre le risque.

L’hystérie de Washington à l’égard de la Russie a atteint un tel point que le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a comparé le soi-disant piratage des emails démocratiques à Pearl Harbor ou au 11 Septembre, deux incidents qui ont amené les USA  à déclarer la guerre. Sur MSNBC, dans le show Morning Joe, Friedman a exigé que les allégations de piratage soient considérées avec le plus grand sérieux : “ C’est un événement de l’ampleur de celui du 11 septembre. Ils se sont attaqués au cœur de notre démocratie. C’est un événement à l’échelle de Pearl Harbor, il touche au plus profond  de notre démocratie. “

 

Pas de “ fausses nouvelles”

 

Il est également important de préciser que rien de ce qu’a publié Wikileaks n’est faux. Il n’y a eu aucune “fausse nouvelle”. Bien sûr une des raisons principales ayant rendu ces emails intéressants est le fait qu’ils mettaient à jour des conduites répréhensibles et des trahisons de la part des Démocrates et de la campagne Clinton.  Le point principal révélé par les emails de DNC fut que les leaders de la campagne des primaires avaient violé leur devoir de l’approcher  d’une manière équilibrée quand ils ont miné le champ d’action de Bernie Sanders. Plus tard, les emails de Podesta ont révélé les contenus des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street, qu’elle cherchait à cacher aux électeurs et quelques unes des stratégies de financements de la Fondation Clinton.

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L’ancienne Secrétaire d’état, Hillary Clinton s’entretenant avec des supporters lors d’un rallye de la champagne à Phoenix, Arizona en 2016. (Photo by Gage Skidmore)

Autrement dit, même si les Russe avaient révélé ces informations au people américain, comment le fait d’être au courant de faits concernant la campagne présidentielle s’attaquerait-il “ au Cœur de la Démocratie  “ ? Habituellement; les journalistes croient que fournir la vérité, même si elle embarrasse certains personnages politiques ou certains partis politiques est sain pour la démocratie. En tant que journaliste américain, je préfère recevoir mes informations d’individus qui ont les meilleurs intérêts de l’Amérique à cœur mais je ne suis pas naïf au point de penser que des individus qui  font fuir des documents ne le font pas pour des intérêts personnels. Ce qui est le plus important ce sont des nouvelles authentiques et dignes d’intérêt.

Franchement, j’ai trouvé le matériel de Wikileaks beaucoup plus approprié pour un débat sur la politique américaine que les rumeurs obscènes que la champagne de Clinton a fait circuler sur Trump se faisant soi-disant uriner dessus par des prostituées russes dans un hôtel cinq étoiles de Moscou, affirmation pour laquelle aucune preuve n’a été présentée.

Rappelons-nous également que personne n’a cru que les emails DNC.Podesta ont été significatifs dans le résultat des élections 2016. Clinton elle-même a blâmé le directeur du FBI James Corney pour avoir brièvement ré ouvert  les investigations du FBI dans son serveur email privé vers la fin de sa champagne, ceci étant la raison de l’effondrement de ses sondages. Il est notoire également que Clinton a conduit une campagne horrible, qui a compris des gaffes à couper le souffle, comme celle de qualifier les supporters de Trump de «  déplorables », ce fiant beaucoup trop à des positions négatives et échouant à organiser une vision satisfaisante de l’avenir tout en ignorant les signes que son leadership dans la région industrielle des US étaient entrain de  disparaître. En  d’autres termes, les efforts actuels pour décrire les révélations sur les emails des Démocrates comme décisive dans la campagne est de l’histoire révisionniste.

Et pourtant nous voilà avec le Washington Post, le New York Times, CNN et pratiquement tous les medias  (en cœur avec les libéraux et les Démocrates) haletant à chaque fois qu’on découvre que quelqu’un dans le cercle de Trump a rencontré un Russe. Nous sommes supposés oublier que le gouvernement russe a collaboré d’une façon très proche avec le gouvernement u.s.- et en particulier avec les agences nationales des services secrets- sur des questions vitales. La Russie a assisté les troupes US dans leur approvisionnement en Afghanistan, le Président Putin a joué un rôle majeur dans la restriction du programme nucléaire iranien et il s’est aussi arrange pour que le gouvernement syrien se débarrasse de ses armes chimiques. Les deux derniers points ont fait partie des succès diplomatiques les plus notoires d’Obama.

Mais ces deux domaines de coopérations, l’Iran et la Syrie, ont contribué a faire de Putin une cible pour les puissant néo-conservateurs de Washington qui s’excitaient à l’idée d’une intervention militaire directe sur ces deux pays. Les néo-cons, avec les gouvernements israéliens et saoudiens voulaient des “ changements de régime” à Téhéran et Damas, pas des accords diplomatiques qui laissaient les gouvernements en place.

Les Neocons au sein du gouvernement US- y compris l’Assistante du Secrétaire d’état Victoria Nuland, les Sénateur John Mc. Cain et le Président de la foundation pour la démocratie nationale Carl Gershman – ont alors visé un “ changement de régime” en Ukraine, réalisant sa sensibilité pour la Russie. Gershman, dont l’association est financée par le Gouvernement, a appelé l’Ukraine “ le plus grand prix” et une étape majeure pour évincer Poutine de la Russie, Mac Cain a appuyé les ultra-nationalistes ukrainiens qui tiraient suer la police dans le square Maidan de Kiev, et  Nuland conspirait avec l’ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt sur la façon  de «  coller » ou d’ « accoucher » d’un changement de gouvernement.

La stratégie des néo-cons a fonctionné en évinçant le Président élu ukrainien Victor Yanukovych et en obligeant Poutine à intervenir au nom des ethnies russes menaces en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Ce qui, en retour, a été transformé par l’Ouest en «  invasion russe ».

Des intérêts partisans

Au lieu de se positionner contre ces fauteurs de troubles néo-cons, Obama les a suivi. Plus tard, les Démocrates ont vu un avantage politique à devenir les super-faucons faisant face à la Russie, essentiellement manœuvrant à la droite des Républicains, spécialement quand Donald Trump a gagné d’une façon inattendue la nomination, en, partiellement, appelant à de meilleurs relations avec la Russie.

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L’ambassadeur de Russie aux USA, Sergey Kislyak. (Photo from Russian Embassy)

Comme la campagne 2016 plongeait dans l’infamie comme la plus affreuse de toute l’histoire des USA, Clinton matraquait Trump à propos de la Russie, l’appelant le pantin de Poutine. Mais le dénigrement des Russes n’a pas semblé beaucoup aider Clinton.

Bien qu’il ait été calculé pour attirer quelques Républicains modérés, il a aussi repoussé beaucoup de Démocrates pacifistes.

Cependant, malgré une fondation vacillante et une construction hasardeuse, L’officiel de Washington ajoute maintenant de plus en plus de terrain au «  scandale » russe. Les rescapés d’Obama ont sauté sur un prétexte  indigne pour attaquer le Conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn – citant le Logan Act, de 1799, jamais poursuivi en justice puis enfermant Flynn parce qu’il n’avait pas complètement en mémoire une   conversation téléphonique  du 29 décembre avec l’Ambassadeur russe alors qu’il était en vacances dans la République dominicaine.

D’une façon identique, les medias et les Démocrates mettent au point dans la cadre d’un cas de  “parjure” l’Avocat général Sessions à cause d’une réponse formulée d’une façon  négligente lors d’une déposition de confirmation à propos de ses contacts avec les Russes. Il avait rencontré deux fois Kislyak ( tout comme l’ont fait beaucoup d’autres à Washington). L’accusation  au bord de l’essoufflement est que peut-être Sessions et Kislyak complotaient sur la façon dont le Kremlin pourrait aider dans la champagne de Trump, mais il n’existe aucune preuve pouvant étayer cette théorie de la conspiration.

Ce qui se passé ici devrait être évident; L’administration Obama, les Démocrates et les medias ont été horrifié par l’élection de Trump. Ils ont d’une façon compréhensible été offensés par la comportement personnel de Trump et son inadéquation criante à la présidence. De nombreux supporters de Clinton, spécialement des femmes, furent amèrement déçues par l’échec de la première femme d’un des partis essentiels à être nominée qui perdit face à un rustre se vantant de la manière dont il pouvait, en utilisant se renommée et sa gloire, attraper les génitoires de femmes vulnérables qui, ne pouvaient, selon lui, rien faire contre lui.

Il y avait également des inquiétudes sur les choix politiques de Trump en ce qui concerne l’environnement, l’immigration, l’éducation et la justice. Parmi les néo-cons et leurs acolytes interventionnistes libéraux, il y avait également des inquiétudes sur le fait que Trump ne continuerait pas les stratégies de «  changement de régime » dans le Moyen-Orient et leur hostilité envers la Russie. Aussi, ces forces anti-Trump se sont-elles accrochées à l’arme la plus disponible, les suspicions que Trump ait pu s’acoquiner d’une façon ou d’une autre avec les Russes. Cela n’avait pas d’importance que les preuves en soient faibles ou non existantes. Elles seraient suffisantes pour répandre les allégations sous la couverture des “ déclarations” des services de renseignements US.

Personne d’important n’allait demander la révision des preuves et, certainement, avec la disponibilité de l’Agence de sécurité, la mémoire des individus pourrait être testée contre les transcriptions des conversations et s’avérer active. Des faux-pas verbaux pourraient devenir des pièges parjures. Il pourrait y avoir  une chasse aux sorcières contre quiconque ait parlé à un Russe.   Toute forme de rejet de la part des gens de Trump pourrait être reconstruite comme une « façon d’étouffer l’affaire ».

Ayant travaillé à Washington pendant Presque quarante ans, j’ai déjà vu des investigations politiques, à la fois dans l’évacuation de véritables crimes d’état (comme  le traffic de cocaïne des Contra nicaraguéen et la collaboration des Républicains avec les gouvernements étrangers afin de réduire l’influence démocrate en 1968 et 1980) et dans la fabrique de scandales qui n’existaient pas ( comme les offenses factices de Whitewater, le scandale des voyages, le scandale des dossiers, le scandale chinois etc..sous Bill Clinton qui s’est finalement fait épinglé pour le crime affreux de mentir à propos de sexe.)   Jusqu’ici, au moins, le «  scandale russe »  est plus proche des premiers que des derniers.

Ce que j’ai également appris pendant ces années est que le dans Washington, le pouvoir – beaucoup plus que la vérité- détermine quels scandales doivent être pris sérieusement ou non. «  Le «  scandale russe » révèle que les centres du pouvoir établi se déploient contre Trump – les medias principaux, les néo-conservateurs, et le Parti démocrate – et ont plus de pouvoir que l’administration désorganisée de Trump.

Le reporter d’investigation Robert Parry  a mis à jour plusieurs histoires sur les Contra d’Iran pour l’ Associated Press et Newsweek dans les années 1980. Vous pouvez acheter son dernier ouvrage :, America’s Stolen Narrative,  ou l’imprimer ici  ou comme E.book chez ( Amazon ou sur barnesandnoble.com).

Tags: Democrates Donald Trump Hillary Clinton Robert Parry Russie

Traduction : Elisabeth Guerrier

Faire de la Russie ” l’ennemi ” par Robert Parry

Making Russia ” the enemy “

Faire de la Russie “ l’ennemi”

Robert Parry

Le 15 Décembre 2016

 

Exclusivité :  Malgré des points de vue s’opposant sur les origines des fuites des emails du parti démocratique, la frénésie à propos d’un soi-disant rôle russe est entrain de conduire les USA de plus en plus profondément dans une nouvelle guerre froide coûteuse et dangereuse  Robert Parry

L’hystérie montante à l’égard de la Russie se comprend mieux si elle correspond à deux besoins prioritaires de Washington : le complexe militaro-industriel transitant d’une “ guerre à la terreur”  vers une plus lucrative “ nouvelle guerre froide” – et le désamorçage de la menace que peut représenter le Président Trump à l’interventionnisme de l’establishment libéral et conservateur.

En faisant un tapage publicitaire de la “ menace” russe, les néo-cons. Et leurs proches libéraux, qui incluent la plupart des organes de presse et d’informations  des USA, peuvent garantir un plus gros budget militaire vote par le Congrès. Le battage met aussi en mouvement le blocage de tous changements significatifs.

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Scènes hivernales  au Square rouge de Moscou  Décembre (Photo by Robert Parry)

Certains Démocrates espèrent même empêcher Trump d’accéder à la Maison Blanche en ayant la CIA, dans les faits, faire pression sur Le Collège électoral avec des contes effrayants où la Russie serait en train de régler les élections pour Trump. Les Grands électeurs se rencontrent le 19 décembre afin  d’officialiser leurs votes, supposé refléter les jugements de chaque votant dans chaque état, mais il est concevable que les Électeurs basculent leur voix de Trump vers Hillary Clinton ou vers quelqu’un d’autre.

Mercredi, le rédacteur libéral E.J Dionne, a rejoint l’appel aux Grands électeurs de modifier leurs votes écrivant : : « La question est de savoir si Trump, Vladimir Putin ou peut-être le vote populaire en faveur de Clinton, vous donne des raisons suffisantes pour faire exploser le système. »

Que les Démocrates souhaitent que la CIA, qui est interdite d’intervention sur place en partie à cause de son rôle historique dans l’influence des élections dans d’autres pays, joue un rôle identique aux USA montre à quel point le Parti démocrate est désespéré.

Et bien que le New York Times et d’autres gros dispositifs d’information  reporte comme un fait   que la Russie a piraté les emails du parti démocrate et donné les informations à Wikileaks, l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne, un proche associé du fondateur de Wikileaks Julian Assange, a déclaré au London Daily Mail qu’il avait personnellement reçu les renseignements  d’un Démocrate «  dégoûté ».

Murray a dit qu’il avait voyage de Londres à Washington pour un rendez-vous clandestine avec une des sources des emails en septembre, qu’il avait alors reçu le paquet entier dans une aire boisée près d’une Université américaine.

 

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L’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne Craig Murray

«  Aucune des fuites, du Comité national démocratique ou du responsable de la campagne de Clinton Podesta, ne venait des Russes » dit Murray, ajoutant «  Les sources avaient un accès légal à l’information. Les documents viennent d’une fuite pas d’un piratage. »

Murray a dit que le membre autorisé se sentait  « dégoûté par la corruption régnant dans la Fondation Clinton et le niveau des luttes sur le terrain lors de la primaire jouant contre Bernie Sanders. » Murray a ajouté que la rencontre s’était effectuée avec un intermédiaire du Démocrate impliqué, et pas avec ce Démocrate lui-même directement..

Si l’histoire de Murray est vraie, cela crée plusieurs scénarios alternatifs : les plaintes des services de l’Intelligence US sont fausses, que les Russes ont piraté les comptes emails des Démocrates en gardant les renseignements pour leurs propres services sans les confier à Wikileaks, ou que Murray a été trompé à propos de l’identité du premier responsable des fuites.

Mais l’incertitude crée la possibilité que les Démocrates soient entrain d’utiliser un renseignement de la CIA douteux afin de renverser les résultants d’une élection présidentielle américaine, en fait, impliquant la CIA dans un “ changement de régime” intérieur.

Une autopsie reportée

Toutes ces manœuvres permettent également au parti Démocrate de retarder l’examen des causes de son échec auprès de tant de travailleurs auprès desquels il a d’habitude un grand nombre de votants, comme en Pennsylvanie, dans le Michigan, ou dans le Wisconsin.

Plutôt que d’accepter le blâme pour avoir présélectionné un candidat imparfait et pour avoir ignore tous les signes d’avertissement à propos de la résistance du public à son choix, les Démocrates ont pointé du doigt à peu près tout ailleurs. Du directeur du FBI James Comey parce qu’il ravivait brièvement la question des emails de Clinton, au candidat du troisième parti  qui siphonnait les votes, à l’archaïque Collège électoral qui a nié le fait que Clinton avait emporté le vote populaire et maintenant, aux Russes.

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 Directeur du FBI James Comey

Bien qu’il puisse se trouver quelque validité dans toutes ces plaintes, la frénésie excessive qui entoure la déclaration encore improuvée que le gouvernement russe avait subrepticement orienté les élections en faveur de Trump crée une dynamique tout particulièrement dangereuse.

Dans un premier temps, cela a amené les Démocrates à soutenir des concepts orwellien-Mac carthystes, comme ceux de la création d’une «   liste noire des sites internets. »  l qui amène à questionner la «  sagesses conventionnelle » des officiels de Washington et les place comme des pourvoyeurs de la « propagande russe » et des « informations falsifiées ». À u autre niveau, cela cimente le rôle du parti démocrate en tant que parti de la guerre, favorisant l’escalade d’une nouvelle guerre froide avec la Russie en augmentant le niveau des sanctions à l’encontre de la Russie et allant jusqu’à chercher des provocations militaires avec les Russes dans les zones de conflit comme la Syrie et l’Ukraine.

Une des aspects les plus dangereux de la perspective de présidence pour Hillary Clinton est qu’elle aurait appointé des néo-cons, comme l’Assistant-secrétaire d’état pour les affaires européennes Victoria Nuland et son mari, co-fondateur du Project for the New American Century (Projet pour un siècle néo-américain) Robert Kagan, aux positions les plus hautes de la politique étrangère.

Bien que le risque est passé de voir le Electoral College assumer la défaite électorale de Clinton lundi, Les Démocrates se joignent à la champagne de dénigrement de la Russie, rendant difficile d’envisager comment le parti pourra revenir à son rôle plus récent de «  parti de la paix », ( du moins au regard des terriblement belliqueux républicains)

 

Lieux d’échanges

Les lieux d’échange potentiels des deux partis à cet égard – avec Trump favorisant une détente géopolitique et les Démocrates battant le tambour pour plus de confrontation militaire- n’augure que très mal du regain de bases politiques pour les Démocrates avant longtemps.

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Place rouge à Moscou avec le festival d’hiver à la gauche et le Kremlin à la droite, le 6 décembre 2016  (Photo by Robert Parry)

 

Si les leaders démocrates appuient, en accord avec les Républicains néoconservateurs pour une escalade d’une nouvelle guerre froide avec la Russie, ils peuvent générer une césure du parti entre les va-t-en guerre et les pacifistes, un schisme qui se serait vraisemblablement produit si Clinton avait été élue mais qui va maintenant se produire de toute façon, mais sans le bénéfice du parti tenant le Maison blanche.

Le premier test pour cette alliance Démocrates-néo-cons  émergeante peut être celui du choix de Trump pour le poste de Secrétaire d’état, le PDG d’Exxon-Mobile Rex Tillerson, qui n’exhibe pas la  haine viscérale de Vladimir Poutine que les Républicains semblent encourager.

En tant que responsable de sa compagnie, Tillerson semble partager le côté de la « politique-pour-de vrai » de Trump, l’idée que faire des affaires avec les rivaux a plus de sens que les conspirations pour forcer  “ « changement de régime » sur «  changement de régime ».

Pendant les dernières décennies, l’approche “ changement de régime” a été le choix à la fois des néo-cons et des interventionnistes libéraux et a été conduit à la fois par des administrations républicaines et démocrates. Parfois elle est menée à bien à travers la guerre et parfois à travers de “ la révolution de couleur”, toujours sous le costume idéaliste de “ la promotion de la démocratie” ou de la “ protection des droits humains fondamentaux”

Mais le problème est que la stratégie néo-impérialiste a échoué misérablement à améliorer les vies des peuples vivant dans les pays soumis au “changement de régime”.  Au lieu de ça, le chaos s’est développé à travers de grandes parties du globe et a maintenant même déstabilisé l’Europe.

Malgré tout, une solution envisage par les néo-cons et  de leur doublures va-t-en guerre libérales est de simplement forcer l’application de plus de «  changements de régime » dans la gorge des populations. La nouvelle «  grande idée » est de déstabiliser la Russie, équipée en armes nucléaires en faisant craquer son économie et en alimentant autant d’éléments anti-Poutine que possible pour créer une  « révolution de couleur » à Moscou. Pour justifier ce schéma risqué, il a été offert de larges pans de propagande anti-russe, maintenant financée par des dizaines de millions de dollars venant de la poche du contribuable et étant poussée par les officiels gouvernementaux fournissant des instructions aux médias populaires pour leur écoulement.

Cependant, comme lors des précédents plans de “ changement de régime”  les néo-cons et les va-t-en guerre libéraux n’envisagent jamais le scenario jusqu’à son terme. Ils supposent toujours que tout va marcher comme convenu et que certains «  leaders de l’opposition » bien vêtus ayant participé à leurs conférences vont simplement être promus au poste suprême.

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L’Assistante du Secrétaire d’état aux affaires européennes et eurasienne, Victoria Nuland, lors d’une conférence à l’Ambassade US de Kiev, en Février 2014. (U.S. State Department photo)

 

Rappelons-nous en Irak, ce devait être Ahmed Chabali qui était apprécié à Washington mais complètement rejeté par son people. En Libye, il ya eu une parde de leaders approuvés par les US qui ont tous échoué dans le rassemblement du pays.

En Ukraine, le choix de Nutland, Arseniy – “Yats est notre type” Yatsenyuk – a démissionné il ya quelques mois cette année, au milieu d’un large rejet du public après avoir entamé de large réductions dans les budgets des programmes sociaux,  alors même que les officiels gouvernementaux soutenus par les US à Kiev continuaient à siphonner la trésorerie ukrainienne  et les aides économiques inappropriées.

 

 Déstabilisation d’une puissance nucléaire

Mais la notion de déstabilisation de la Russie, équipée d’un armement nucléaire est encore plus farfelu que les fiascos précédents. Les suppositions des bellicistes néocons.libéraux est que les Russes- posse à leurs limites par les sanctions occidentales. Renverseront Putin et installeront une nouvelle version de Boris Yeltsin qui laissera alors intervenir les conseillers financiers US et l’accès aux richesses énormes de la Russie.

Bien sûr, c’est l’état Yeltsin et la bien-aimée thérapie de choc de l’Ouest quia é créé les conditions désespérées précédant la montée de Putin et de son nationalisme autocratique, qui, avec tous ses defaults, a tout de même amélioré la vie de la plupart des Russes.

 

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De brillantes illuminations sur la Place rouge Le 6 décembre 2016. (Photo by Robert Parry)

 

Et la plus vraisemblable conséquence du  “ changement de régime” prôné par les bellicistes néo-cons-libéraux serait l’émergence de quelqu’un encore plus nationaliste – et peut-être moins stable que Putin- qui est considéré par tous même par ses critiques comme froid et calculateur.

La perspective d’un extremist nationaliste russe mettant la main sur les codes nucléaires devrait réveiller quelques frissons le long de la colonne vertébrale des Américains et bien sûr de tout humain sur cette planète. Mais c’est la pente sur laquelle semble être les décideurs démocrates avec leurs commentaires de plus en plus hystériques sur la Russie.

Le Comité national des démocrates a produit la déclaration mercredi accusant Trump de donner aux Russes un cadeau avant les vacances qui ressemble à un remboursement” Il est assez simple de connecter les données, La Russie s’est impliquée dans les élections de façon à favoriser Trump et maintenant il leur offre le PDG d’Exxon mobile Tillerson secrétaire d’état comme dédommagement.

Mis à part le fait d’ajourner l’ autopsie désespérément nécessaire des raisons pour lesquelles les Démocrates ont échoué à ce point dans un élection contre un Donald Trump largement malaimé, la nouvelle manœuvre   “ c’est la faute des Russes” menace de compromettre les Démocrates et leurs politiques favorites d’une autre façon.

Si les Démocrates votent massivement contre Tillerson et contre les autres responsables de la politique étrangère nommés par Trump, exigeant qu’il choisisse des individus satisfaisant le bellicisme des néo-cons et des libéraux va-t-en guerre, Trump pourrait être poussé plus avant dans les bras de l’extrême-droite républicaine, leur accordant plus sur les questions de politique intérieure afin de s’assurer de leur soutien quant à ses buts en politique étrangère.

Cela pourrait se terminer par un effet rétroactif sur les Démocrates alors qu’ils verraient d’importants programmes sociaux abandonnés en échange de leur alliance douteuse avec les néo-cons.

Depuis le Président Clinton, les Démocrates ont fait la cour à des factions néo-cons, pensant apparemment qu’ils ont de l’influence parce qu’ils dominant de nombreux organes de presse et des think-tanks de Washington. En 1993, comme cadeau de remerciement aux éditeurs néo-cons de the New Republic qui l’ont supporté, Clinton a choisi l’idéologue néo-con James Wollsey comme tête de la CIA, une des décisions personnelles de Clinton les plus désastreuses.

Mais en vérité, les néo-cons ont beaucoup moins d’influence sur l’électorat US que ce que croit Clinton. Vraisemblablement, ils se limitent à une clique d’initiés de Washington qui sont considérés comme des va-t-en guerre par de nombreux Démocrates pacifistes et qui représentent plutôt une force négative quand il s’agit de gagner des votes.

Je me suis entretenu avec de nombreux Démocrates traditionnels qui n’ont pas vote pour Hillary Clinton parce qu’ils craignaient qu’elle ne poursuive une dangereuse politique internationale néo-con.  De toute évidence, il ne s’agit pas là d’une enquête scientifique mais d’une évidence anecdotique qui suggère que les connexions néo-cons de Clinton auraient pu être un autre handicap dans sa campagne.

Estimer la Russie

J’ai également entrepris un test personnel limité afin de vérifier si la Russie est l’état policier que la propagande américaine dépeint, un pays ayant soif de se libérer de la pression violente de Vladimir Putin (bien qu’il ait enregistré 80% d’approbation dans les statistiques)

 

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Un couple marchant le long du mur du Kremlin, le 7 décembre 2016 (Photo by Robert Parry)

Lors de mon voyage de la semaine dernière en Europe, qui comprenait des arrêts à Bruxelles et à Copenhague, j’ai décidé de faire un voyage parallèle à Moscou, que je n’avais jamais visité auparavant. Ce que j’ai découvert était une ville impressionnante, étonnamment ( pour moi du moins) occidentalisée avec des magasins franchisé américains et européens nombreux, y compris les omniprésents Starbucks et MacDonald. ( Les Russes servent  le lait gingerbread avec un petit gâteau au gingembre)

Bien que les responsables officiels russes n’aient pas accepté de me recevoir, un reporter américain en ces temps de tension, la Russie n’avait pas l’apparence d’un pays très répressif. Lors de mes années passées à couvrir la politique étrangère américaine au Salvador dans les années 80 ou à Haïti dans les années 90, j’ai fait l’expérience de ce qu’un état policier est censé être, là où des escadrons de la mort jettent les corps dans les rues. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti en Russie, juste une ville moderne avec des gens s’affairant sous les premières chutes de neige.

La présence de la police sur la Place rouge près du Kremlin n’était pas aussi équipée que celle près des bâtiments gouvernementaux à Washington. Au lieu de ça, il régnait plutôt un air de fête anticipée sur la Place brillamment éclairée, avec une large patinoire entourée de petits stands vendant du chocolat chaud, des jouets, des vêtement d’hiver et d’autres marchandises.

D’accord, mon temps et mes contacts avec les Russes furent limités – d’autant que je ne parle pas le Russe et que la plupart d’entre eux ne parlent pas l’Anglais- mais j’ai été frappe par le contraste entre l’image sinistre créée par les médias occidentaux et la Russie que j’ai vu de mes propres yeux.

Ceci m’a rappelé comment le Président Reagan avait dépeint les Nicaragua sandiniste, comme un “ donjon totalitaire” avec un état militaire près à marcher sur le Texas, mais où j’avais trouvé, en voyageant à Managua, un pays du tiers-monde se remettant à peine d’un tremblement de terre, avec des structures de sécurité très faibles en dépit de la guerre contra qu’avait entamé le Président Reagan contre le Nicaragua.

En d’autres termes la , “gestion de la perception” t” reste le principe Guidant la façon dont le gouvernement américain traite le people américain, l’effrayant avec des contes de menace étrangère exagérés puis manipulant nos peurs et nos idées fausses.

Aussi dangereux que cela puisse être en parlant du Nicaragua, de la Libye ou de l’Irak, les risqué sont exponentiellement plus élevés en ce qui concerne la Russie. Si le peuple américain se rue dans une nouvelle guerre froide basée plus sur des mythes que sur la réalité, le coût minimum pourrait être de milliards de dollars dégagés des dépenses intérieures vers le complexe militaro-industriel. Un coût encore plus élevé serait un mauvais calcul par l’un ou l’autre bord qui amènerait la fin de la planète.

Aussi, comme les Démocrates se projettent dans leur avenir, ils doivent décider si ils souhaitent devancer les Républicains en tant que  “parti de la guerre” ou s’ils veulent réduire l’escalade des tensions avec la Russie et commencer à répondre aux besoins pressants des Américains.

 

 

Le journaliste d’investigation Robert Parry  a cassé de nombreuuses contre-histoires sur l’Iran pour l’Associated Press et les Newsweek en 1980.  Vous pouvez vous procurer son dernier livre, America’s Stolen Narrative, ou sous la forme imprimée ici  ou en elivre chez Amazon et barnesandnoble.com).

 

 

Article  à consulter : L’hystérie de la Guerre froide  The Nation

 

Traduction : Elisabeth Guerrier