La monopolisation de l’Amérique : le plus important problème économique dont vous n’entendez jamais parler.

Le signe est toujours ostensible, seule son interprétation change. La passion sans borne pour les “marques”, dite comme telle ou uniquement pratiquée dans l’intimité de la construction de soi, est un des stigmates de l’absorbtion de codes, applicables à toutes les aires de la vie où chacun a le sentiment de créer sa propre expérience en tant d’individu unique. Cette individualisation intégrée comme une réalité psychique de  “l’hyperconsommateur expérienciel”* se crée dans le contexte d’un lien spécifique et clos sur lui-même entre l’objet-marchandise et le consommateur, évacuant la réalité des pratiques périphériques des autres consommateurs pour se centrer sur la nature supposée, et décrite d’une façon forcenée comme telle, d’unicité du choix et de la signifiance d’excellence qu’il indique pour celui ou celle qui l’opère. Il va de soi que l’accès à la connaissance de ce qui et de qui manipule l’illusion d’une profusion de possibilités dans l’objet-marchandise ne peut que remettre en jeu cette pseudo-liberté consumériste et ne faire valoir que la prison dorée qui l’entoure.EG

* ” Gilles Lipovetsky “Le bonheur paradoxal”  Essais folio Gallimard 2013 p.150

La grande lessive Hommage aux Oligopoles. P&G ” Au plus près de la vie “

Et dans la perspective de ce monde lobbyisé où le politique n’a plus comme fonction que de s’adapter aux initiatives technocratiques. Walmart entreprend de polliniser avec des drônes.

Le monopole de l’Amérique : le plus important problème économique dont nous n’entendons jamais parler. Une seule réponse : il est temps de remettre au goût du jour les lois anti-trust

THE MONOPOLIZATION OF AMERICA: The biggest economic problem you’re hearing almost nothing about

There’s only one answer: It is time to revive antitrust.

Robert Reich / Robert Reich / Op-Ed – May 7, 2018

Il y a peu de temps j’ai rendu visite à des fermiers du Missouri dont les bénéfices disparaissent. Pourquoi ? Monsanto à lui seul possède la clef génétique de 90 % des plans de soja récoltés par les agriculteurs des US et de 80 % du maïs. Ce qui signifie que Monsanto peut élever librement ses coûts. Les fermiers sont étranglés d’un autre côté également, parce que les groupes agro-alimentaires auxquels ils vendent leurs produits sont  eux-aussi devenus des méga-compagnies qui ont un tel pouvoir sur le marché qu’ils peuvent diminuer les prix payés aux agriculteurs. Ce qui ne signifie pas des prix plus bas pour vous quant à la nourriture. Mais signifie de plus gros profits pour les monopoles.

Des monopoles partout.

L’Amérique avait des lois anti-trust qui empêchaient les corporations de monopoliser les marchés et dissolvaient souvent les compagnies coupables les plus importantes. Plus maintenant. C’est une redistribution cachée d’argent et de pouvoir de la majorité des Américains vers l’exécutif des corporations et les riches actionnaires

Vous pouvez penser que vous avez beaucoup de choix, mais regardez de plus près :

  1. Les quatre plus grandes compagnies d’agro-alimentaire contrôlent 82 % du conditionnement du bœuf, 85 % de la transformation du soja, 63 % du conditionnement du porc, et 53 % du conditionnement du poulet.
  2. Il existe de nombreuses parques de dentifrice mais 70 % de l’ensemble ne vient que de deux compagnies.
  3. Vous pouvez penser avoir le choix parmi les lunettes de soleil, mais elles viennent toutes ou presque d’une seule compagnie : Luxottica. Qui possède aussi pratiquement tout le marché des montures de lunettes.
  4. Pratiquement tous les ceintres en plastiques d’Amérique sont faits par une seule compagnie : Mainetti
  5. Quelle marque d’aliments pour chat devriez-vous acheter ? Il semble qu’il en existe beaucoup mais que derrière elles ne soient que deux compagnies.
  6. Et les produits pharmaceutiques ? Oui vous pouvez vous procurer les génériques bon marché. Mais les compagnies pharmaceutiques payent en fait les fabricants de médicaments génériques afin qu’ils repoussent la mise sur le marché des versions moins onéreuses. De tels «  payer pour un délai » sont illégaux dans d’autres économies avancées, mais les renforcement anti-trust n’ont pas touché un seul de leurs cheveux. Ils nous coûtent aux environs de 3.5 milliards par an
    7. Vous pensez que votre assurance santé couvrira les coûts ? Les assurances santé elles aussi fusionnent. Ce qui est la raison pour la montée en flèche des coûts des premiums, copaiements, et des déductibles.
  7. Vous pensez avoir un grand choix quand vous achetez un billet d’avion ou faites une réservation d’hôtel ? Erreur. Vous n’en avez que deux, Expédia a fusionné avec Orbitz, ce qui ne fait plus qu’un compagnie, et il y a Priceline.
  8. Et en ce qui concerne le câble ou les fournisseurs internet ? Il n’y en a que quatre. Et deux d’entre eux ont annoncé qu’ils allaient fusionner.

Pourquoi le monopole en Amérique est-il un énorme problème.

Le problème avec toutes ces fusions entre les mains d’une poignée de firmes géantes est qu’elles n’ont pas besoin d’être en compétition. Ce qui signifie qu’elles peuvent faire et font monter les prix.

De telles fusions maintiennent les salaires au plus bas. Les travailleurs ont moins le choix de leur employeur tout en ayant plus de peine à obtenir une augmentation. Quand le marché local du travail est dominé par exemple par un hypermarché (big box)  ou par une seule chaîne de distribution, ce sont eux qui déterminent le niveau des salaires dans leur sphère géographique. De telles consolidations maintiennent bas les salaires. Les salariés ont moins de choix dans leurs employeurs et plus de difficultés à obtenir une augmentation. Quand le marché du travail local est dominé par un consortium uniquement, ou une marque de grande distribution par exemple, ces firmes déterminent le niveau des salaires pour la zone.

Ces corporations gigantesques ont aussi une grande influence politique. Et c’est une des raisons pour leur consolidation : le pouvoir. Les lois antitrust étaient supposées arrêter ce qui est en train de se produire. Mais aujourd’hui, elles sont presque lettre morte. Et ceci vous endommage.

Nous avons oublié l’histoire

La première loi antitrust a été votée en 1890 quand le Sénateur John Sherman a répondu à une colère populaire concernant les énormes cartels des chemins de fer, de l’acier, des télégraphes et du pétrole – alors appelés trusts qui dirigeaient alors les USA

Une poignée de responsables de corporations connus en tant que «  robber barons » présidaient à tout cela, amassant des fortunes aux dépends des travailleurs qui triaient de longues heures souvent dans de dangereuses conditions pour un maigre salaire. Les corporations dupaient les consommateurs et corrompaient la politique.

Puis, en 1901, le réformateur progressiste Teddy Roosevelt devint Président. Au même moment le public américian exigeait une action. Dans son premier message au Congrès, en Décembre 1901, seulement deux mois après avoir occupé la Présidence, Roosevelt avertit : «  Il existe une conviction répandue dans l’esprit du peuple américain que les grandes corporations, connues sous le nom de trusts sont dans certains de leurs aspects et tendances dangereuses pour le bien-être populaire général. » Roosevelt utilisé le Sherman Antitrust Act pour attaquer la Nothern Securities Company, une compagnie géante de chemins de fer dirigée par JP Morgan, l’homme d’affaire le plus puissant de la nation. La Cour suprême des US soutint Roosevelt et ordonna le démantèlement de la compagnie.

En 1911, le John D. Rockefeller’s Standard Oil Trust était démantelé aussi. Mais lors de sa décision, la Cour suprême altéra le Sherman Act, ajoutant que les restrictions du commerce de monopole étaient critiquables uniquement si il était considéré comme « déraisonnable ». “unreasonable” – et que c’était à la cour de le déterminer. Lors de l’élection présidentielle de 1912, Roosevelt, qui se représentait à la présidentielle mais cette fis comme candidat du troisième parti, dit qu’il autoriserait certaines concentration d’industries lorsque’il y aurait une efficacité économique due à leur grande échelle.  Il aurait alors un comité d’expert régulant ces grandes corporations pour le bénéfice public. Woodrow Wilson, qui finit par gagner ces élections et son conseiller Louis Brandeis, optèrent pour une vision différente. Ils ne pensaient pas que la régulation fonctionnerait et que tous les monopoles devaient être démantelés. Pendant les 65 années qui suivirent, les deux positions se maintinrent. Il y eu des lois anti-trust fortes avec des régulations qui gardèrent le contrôle sur les corporations. La plupart des grandes fusions furent prohibées.

Même celles de grande taille étaient considérées comme un problème. En 1945, dans le cas United States v. Alcoa (1945), la Cour suprême a décidé que même si Alcoa n’avait pas acquis un monopole, elle en était devenue un en prenant une telle ampleur qu’elle était coupable de violation du Sherman Act.

Qu’est devenue la loi anti-trust ?

Tout a changé dans le années 80, après que Robert Bork, avec qui incidemment j’ai étudié les lois anti-trust à l’Ecole de droit de Yale puis avec qui j’ai travaillé lorsqu’il est devenu Avocat général sous le Président Ford – ait écrit un livre influent nommé «  Le paradoxe de l’anti-trust, qui soutenait que le seul but du Sherman act était le bien être du consommateur. Bork affirmait que les fusions et les grandes tailles créent presque toujours de l’efficacité qui permet de faire baisse les prix, et que dans ce contexte, elles devraient être légales. Les idées de Bork étaient en relations avec la conservatrice Ecole de Chicago, Chicago School of Economics, et trouva une audience fin prête dans l’administration Reagan. De même que sous mandat démocrate. Bork avait tort. Mais depuis lors, les antitrust ont quasiment disparus.

Le monopole de la «  high tech »

Nous assistons au déclin de la compétition même dans les industries de pointe et dans la haute technologie. Dans la nouvelle économie, l’information et les idées sont la forme de propriété la plus valorisée. C’est là qu’est l’argent. Nous n’avons jamais vu de concentration de cette ampleur auparavant. Google et Facebook sont là où maintenant les Américains cherchent leurs informations. Pendant ce temps, Amazon est le premier arrêt pour la moitié des Américains cherchant à acheter quelque chose. Nous évoquions le pouvoir.Contrairement à une vision conventionnelle de l’économie américaine grouillant de petites compagnies innovantes, la réalité est tout à fait différente. La proportion à laquelle les nouvelles compagnies se sont créées aux US a remarquablement ralenti depuis les années 70.  Les brevets généralisés, les plate-formes standards, les flottes d’avocats poursuivant les rivaux potentiels, les armées de lobbyists ont créé des barrières formidables pour les nouveaux arrivants. Le moeur de recheche de Google est si dominant que «  to google » est devenu un verbe.

L’Union européenne a poursuivi Google par l’intermédiaire de la loi anti-trust, l’accusant de forcer les usagers de son moteur de recherche vers ses propres plateformes d’achats. Et en juin dernier, Google a dû s’acquitter d’une amende record de 2.7 milliards. Mais pas en Amérique. Il est temps de redonner vie à l’anti-trust. Les pouvoirs économique et politique ne peuvent être séparés parce que des corporations dominantes gagnent de l’influence sur l’organisation, la maintenance et le renforcement du marché sur le plan politique- ce qui augmente encore leur pouvoir. Alors que le but premier de la loi anti-trust était de prévenir cela. Le « big tech » comme les laboratoires pharmaceutiques, les assurances, l’agriculture et les géants finaciers, dominent maintenant à la fois l’économie et le politique. Il n’y a à cela qu’une seule réponse : remettre en fonction les lois anti-trust.

Robert Reich

http://robertreich.org/

Robert B. Reich est Chancellor’s Professor de politique publique à l’Université de Californie  à Berkeley, Senior Fellow au Blum Center for Developing Economies. Il a exercé en tant que Secrétaire d’état au travail sous l’administration Clinton et s’est vu nommé par le Times magazine l’un des dix secrétaires de cabinet les plus efficaces du 20ième siècle,. Il a écrit quatorze livres, y compris les best-sellers « “Aftershock”, “The Work of Nations,” et “Beyond Outrage,” et , son plus récent, “Saving Capitalism.” Il est aussi le fondateur de l’American Prospect magazine, membre du burau de Common Cause, et memebre de l’American Academy of Arts and Sciences, co-fondateur de l’association Inequality Media and co-créateur du documenaire récompensé «  Inequality for All ».

 

Article lié ” The state of competition and dynamism: Facts about concentration, start-ups, and related policies “. The Brooking Brief

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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Monsanto et les compromissions des universitaires nord-américains

These emails show Monsanto leaning on Professors to fight the GMO PR war

 

A travers une correspondance suivie, révélée par Mother Jones, entre les relations publiques de Monsanto et de la biotechnologie et certains éminents universitaires sollicités pour accorder leur soutien et promouvoir les arguments d’innocuité des  produits GMs, nous retrouvons les stratégies des lobbies du tabac et du sucre, qui se sont appropriés, pour des motifs et avec des  conséquences diverses, le soutien d’universitaires et de chercheurs de renom afin de contrer les campagnes médiatiques condamnant leur toxicité et les mettant en cause. Il apparaît une nouvelle fois clairement que la science et ses représentants sous couvert d’objectivité, peuvent s’aliéner aux idéologies et se faire, consciemment ou non, manipuler par les forces économiques prêtes à tout afin d’influencer les choix politiques les protégeant et de maintenir et d’ouvrir leurs marchés.

Ces emails montrent que Monsanto s’appuie sur les Professeurs d’université pour mener la guerre des relations publiques du GMO.

—By Tom Philpott

 

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Flammulated/iStockphoto

Dans une récente pour une production à succès, le blockbuster de Eric Clipton  du New York Time a pu jeter un coup d’œil à une cache massive d’emails privés entre de proéminents universitaires scientifiques et les cadres et les relations publiques de l’industrie des OGM. Ces emails sont apparus à travers un barrage de controverses  du Freedom of Information Act exigé par l’organisation du droit de savoir [Right to Know]  qui est financé par l’association anti-corporations   assez décousue des Organic Consumers Association.

En plus de la correspondance découverte par l’USTRK, Lipton a utilisé le FOIA pour accéder à ces emails, montrant des liens très serrés entre l’ancien chercheur de l’Université de l’état de Washington Charles Benbrook ainsi que des compagnies de nourriture bio comme la compagnie appartenant aux fermiers de production laitière Organic Valley. Lipton a peint un portrait fascinant de la place occupée par les universités publiques dans les relations publiques et la guerre du lobbying entre l’agrochimie des semences OGM et l’industrie de l’alimentation bio.

«  Je comprends et apprécie votre besoin que je sois complètement transparent  et je suis complètement conscient que votre indépendance et votre réputation doivent être protégées » écrit un représentant des relations publiques de Monsanto aux Professeurs.»

Mais cet extrait aussi excellent qu’il soit, peut en fait sous-évaluer l’ampleur avec laquelle Monsanto, d’autres compagnies biotechnologiques et leurs groupes commerciaux et relations publiques de pointe embauchées pour l’occasion, on put s’appuyer sur des universitaires sympathisants comme sur des fantassins dans la bataille que l’industrie mène contre les régulateurs et les critiques.

Voici quelques éclairages qui ne sont pas parus dans The Times. Bien qu’il n’y ait pas de preuve spécifique permettant de suggérer que Monsanto a payé les Professeurs pour leur activité et que beaucoup parmi eux ont déclaré avoir atteint leurs conclusions indépendamment, la correspondance est néanmoins intéressante.

  • En Août 2013

Dans un email à neuf éminents universitaires, l’engagement stratégique de Monsanto conduit Eric Sachs à soumettre un plan : que le groupe   « rédigera de courtes notes sur des sujets importants dans l’arène de la biotechnologie agricole », choisis « à cause de leur influence sur les décisions politiques, sur la régulation des semences OGM et sur l’adhésion des consommateurs. » Sachs a assuré aux Professeurs que le projet serait mené discrètement. « Je comprends et apprécie votre besoin que je sois complètement transparent et je suis complètement conscient que votre indépendance et votre réputation doivent être protégées » écrit-il. Deux entités externes –  un groupe financé par l’industrie appelé l’American Council on Science and Health et une équipe de relations publiques appelée CMA – « organiseront le processus de production de ces notes techniques », « coordonneront les mises en ligne sur les sites web et leur promotion », et «  vendront » ces notes en les transformant en « éditoriaux, posts de blogs, engagements verbaux, évènements, webminars etc. »

L’organisation de cette troisième partie est «  un élément important » a ajouté l’exécutif de Monsanto «  parce que Monsanto veut que les auteurs communiquent librement sans lien avec Monsanto ».

  • En Décembre 2014

Le website zélé pro-biotechnologies Genetic Literacy Project sort un article rédigé par un Professeur  qui ressemble remarquablement à ceux présentés par Sachs, bien que l’investissement de Monsanto n’y soit pas révélé.  Par exemple, Calestous Juma, un professeur à la Harvard Kennedy School fût une de ceux à qui s’est adresse la lettrer de Sachs, de Monsanto, ce mois d’Août 2013. Dans celle-ci, Sachs expose sept thèmes et en suggère chacun d’entre eux à un ou deux de ses correspondants. Voici ce que Sachs avait en tête pour Juma :

Les conséquences du rejet des cultures OGM  Calentous Juma

Contexte : explorer les problèmes et les conséquences à la fois dans les pays développés et en voie de développement qui mènent au rejet ou aux barrières à l’adoption des techniques de cultures et d’alimentation OGM au niveau des agriculteurs, des consommateurs et du pouvoir décisionnel. Comprendre la combinaison de paradigmes, y compris la résistance politique et celle des consommateurs, la sécurité alimentaire, les craintes pour la santé publique, les soucis touchant la biodiversité et la sécurité biologique, les régulations restrictives et le manque d’information (ou l’existence d’une désinformation) à propos des droits de propriété intellectuelle qui créent des barrières à l’acceptation des OGM. Détailler les conséquences, y compris les impacts sur les rendements, les revenus par ménage, la sécurité alimentaire et les impacts sociaux, ainsi que ceux touchant l’usage des pesticides, des risques sanitaires dus à l’exposition aux pesticides et sur la biodiversité qui en résultent.

Titrée «  Risques globaux dus au rejet de l’agriculture biotechnologique »,  la contribution  de Juma, dont il dit qu’elle est basée sur un livre qu’il a écrit en 2011 – ressemble de près à la demande de Sachs pour une défense robuste des OGM comme rempart contre la faim dans le monde en voie de développement. ( Mercredi, le Boston Globe   faisait référence à l’article de Juma, en le décrivant comme «  un article largement diffusé l’an passé, en faveur des OGM, écrit à la demande du géant des semences Monsanto, sans révéler ses connexions. ») Dans son email, Sachs recommande à Peter Philips, un Professeur de politique à l’Université canadienne de Saskatchewan d’écrire à «  propos de la régulation pesante des graines et de la nourriture OGM » Son article,  sur le site web du Genetic Literacy Project est intitule :  « Conséquences économiques de la régulations des OGM. »

Dans le cas de Davis Shaw de l’état du Mississipi et de Tony Shelton de Cornell, Sachs a suggéré un article défendant les semences génétiquement modifiées  pour tuer les insectes et résister aux herbicides.  Leur article de Genetic Literacy Project intitulé : « Les gènes verts : des avantages durables des céréales tolérantes aux herbicides et résistantes aux insectes » fait exactement ça.

« J’apprécierais votre prise en considération de proposition d’un blog portant sur la sécurité et la santé des biotechnologies à Web MD, est-ce envisageable ? » a demandé un représentant de Monsanto à un Professeur.

Pour Kevin Folta – de l’Université de Floride – un des points sur lequel se concentre l’article du New York Time   – Sachs envisageait un article sur « rendre les activistes responsables  pour leur opposition aux OGMs. » Dans son article  du  GLP, Folta tempête contre « ceux qui  lancent des campagnes agressives contre des technologies existantes qui ont démontré leurs avantages pour les agriculteurs, l’environnement, le consommateur et les pauvres enfermés dans le déficit alimentaire. »

  • Une autre universitaire célèbre

Qui s’avère entretenir des liens serrés avec l’industrie est Nina Fedoroff, un Professeur émérite de biologie à Penn State, Professeur de biosciences à l’Université du Roi Abdullah des sciences et technologies d’Arabie saoudite et ancienne conseillère en chef en sciences et technologies de la Secrétaire d’état Condoleeza Rice et d’Hillary Clinton. Le Times note que le Professeur émérite de l’Université de l’Illinois Bruce Chassy a déployé un « effort d’un mois afin de persuader l’agence de protection de l’environnement [Environmental Protection Agency] d’abandonner sa régulation serrée des pesticides utilisés   dans les semences résistantes aux insectes. »

Mais il n’a pas fait mention du rôle déterminant que Fedoroff a de toute évidence joué dans cette champagne, qui, comme le rapporte le Times, a culminé quand Chassy  a « finalement organisé un meeting à l’E.P.A, avec l’aide des lobbies de l’industrie et que l’agence a abandonné cette proposition. » Il s’avère que Fedoroff a assisté à cette réunion selon un email du 17 Octobre. Selon l’email de Chassy, la causerie charnière avec l’EPA a été organisée par Stanley Abramson, un lobbyiste de l’industrie bien connu et Adrianne Massey qui est directrice générale des sciences et de la réglementation à la Biotechnology Industry Organization (BIO) , un groupe commercial auquel Monsanto et d’autres firmes de l’agriculture biotechnologique appartiennent.   Le rôle de Fedoroff dans la campagne d’obtention du soutien de la régulation des OGM par l’EPA n’a pas été confiné à ce meeting « étonnement productif ». Chassy rapporte dans un email à Massey le 19 Août 2011 qu’il a travaillé « avec Nina pendant un mois, apportant de nombreuses révisions » à un éditorial qui a paru dans le NYTimes en Août  2011. L’article, uniquement signé par Fedoroff se plaint que  l’APA veuille collecter encore plus d’informations sur les semences génétiquement modifiées » et conclut « que le gouvernement doit arrêter de réguler les modifications génétiques pour lesquelles n’existent aucune preuves scientifiques de dangerosité. »

 

Karen Batra, directrice de la communication pour Biotechnology Industry Organization, demande des conseils à Chassy sur la façon de « répondre à un article critique des OGM publié dans The Atlantic», « Pour la plupart d’entre nous, gens de la communication, la science est loin au-dessus de nos têtes et une réponse appropriée devra avoir une sorte de défense scientifique » écrit-elle « en d’autres termes, BIO écrivant une lettre disant simplement « la nourriture biotechologique est saine n’estpas une réponse suffisante ici. »

« Je suis ravie de torpiller cette stupidité » dit un Professeur à un responsable des relations publiques de Monsanto qui lui a demandé de peser dans la controverse à propos de recueils critiques des OGMs »

Elle ajoute qu’un groupe nommé IFIC – vraisemblablement la fondation financée par l’industrie biotechnologique   International Food Information Council Foundation – avait « aussi [envoyé] un email de masse demandant aux lecteurs d’intervenir dans les commentaires de la page de l’[article de l’Atlantic] Batra demande aux scientifiques ou bien de « poster eux-mêmes un commentaire sur la page ou de nous fournir le point de vue d’un scientifique en haut de l’affiche que nous pourrions utiliser dans une lettre à l’éditeur » Chassy a répondu à l’email de Batra avec une analyse détaillée des points de vue de l’article.

de Sachs de chez Monsanto révèle que Chassy s’« engage, sur un post d’un blog du Huffington Post à ma demande » – dans un débat avec un commentateur anti-OGM, pour lequel il cherche la contribution d’employés de Monsanto.

A un certain point, Chassy a répondu favorablement à la demande de Monsanto de se rendre en Chine pour parler lors d’un séminaire, sans a voir idée du thème ou de l’audience. Voici la réponse de Chassy le 24 Janvier 2012 : «Vous m’avez initialement demandé si je pourrais aller en Chine et y faire ce que j’ai fait en Corée. Vous vouliez savoir si j’étais disponible et m’avez ditque vous m’expliqueriez plus tard. Une chose ayant conduit à une autre, je m’y rends donc mais nous n’avons en fait jamais évoqué la mission en Chine. Où est-ce que je parle ? A qui ? Pendant combien de temps ? Et plus important, quel est le sujet et a-til un sujet assigné ? Que se passe-t-il vraiment et quelles sont les questions figurant entre les lignes ? Connaître les réponses à toutes ces questions m’aiderait à planifier une intervention. Pouvons-nous parler avant que je commence à rédiger un discours ? »

Sachs a répondu :  «Veuillez m’excuser pour l’absence d’informations. Cette situation m’est apparue tard dans le processus et j’étais focalisé sur la recherche du meilleur expert tiers [ie non Monsanto] qui pourrait parler sur le thème des évaluations de sécurité  dans les produits untilisant des RNAI [ Interférence  Acide RiboNucléique]  [un sujet que je discute ici  ] »

« Monsanto Chine travaille avec l’ association des biotechnologies agricoles chinoises [Chinese Agricultural Biotech Association pour héberger le séminaire. » continue Sachs, « le but est de préparer la voie pour l’agréement de l’importation pour les produits de la biotechnologie en Chine.»

Chassy soumis plus tard un brouillon de sa présentation aux officiels de Monsanto avant l’évènement. [ Voir l’échange ici ] « par dessus tout, tout le monde est ravi de la façon dont la présentation s’est déroulée.» répond un employé de Monsanto, indiquant qu’ « il y avait quelques changements mineurs apportés au texte et qu’ils étaient indiqués en rouge. » ainsi que « quelques commentaires auquels vous devrez répondre » Chassy répondit en cherchant plus d’informations : « Merci pour les critiques. Ils ont soulevé un nombre de bons points. J’ai attaché un dossier de formulations contenant les réponses à leurs commentaires. Il en reste un certain nombre qui restent irrésolus et pour lesquelles de nouveaux termes pourraient ou non répondre aux critiques évoquées par les relecteurs. S’il vous plaît veuillez à ce que chaque relecteur fasse une seconde lecture.»

Adressé à Kevin Folta de l’Université de Floride, Lisa Drake de Monsanto écrit que « durant ces derniers six mois nous avons travaillé dur afin d’intégrer du tiers frais –ie des personnes non affiliées à Monsanto- afin d’incorporer du matériel actuel et frais sur les OGMs dans le site web MD. Á la remarque : « J’apprécierais que vous considéreriez la possibilité de soumettre un blog sur la santé et la sécurité des biotechnologies au site web.» Elle ajoute, « Pouvez-vous penser à insérer le mot « étiquettage» quelque part dans votre contenu afin de permettre la sélection des algorithmes .» Folta a répondu : « Je suis content de faire ça et vais produire quelque chose d’ici peu. » ( Folta dit qu’il n’a finalement jamais écrit le post en question.)

  • Et le 28 Janvier 2015

Un employé de la firme de relations publiques Ketchum, écrivant « au nom du Conseil de Biotech Information », un groupe fondé par Monsanto et compagnies de biotechnologies inclut Folta dans un email collectif pointant l’objet d’une autre controverse brûlante. Un éditeur a indiqué qu’il « mettrait à jour un ouvrage de science de Sixième qui présente quelques avantages des semences OGMs ». Pire, « d’autres maisons d’édition considèrent le fait de remplacer tout contenu pouvant être catalogué de pro-OGM.» Elle demande à qui le souhaite de répondre à cette crise du manuel scolaire. « Je suis excité à l’idée de torpiller cette stupidité » répond Folta à la joie du correspondant de Ketchum, « C‘est le meilleur email que j’ai reçu de la journée. [smiley emoticon] Merci! Je vous tiens au courant dès que nous avançons dans cette perspective. »

 

TOM PHILPOTT

Correspondant Alimentation et agriculture

Tom Philpott est le correspondant Alimentation et agriculture de Mother Jones ; Pour plus de ses articles cliquez ici :  http://www.motherjones.com/authors/tom-philpott Pour le suivre sur  Twitter, cliquez là : https://twitter.com/tomphilpott RSS | TWITTER

 

Traduction : Elisabeth Guerrier