La nature du sexe Andrew Sullivan

La vague de conditionnement massive, se couvrant des usuelles protections de la victimisation et des scansions du dogme laisse peu d’espace pour le recul nécessaire qui devrait permettre de donner au discours ” nature-culture” réinitié par le transgenrisme sa vraie teneur. Il y a en effet pour décourager toute analyse et tout regard critique, comme dans la plupart voire tous les discours minoritaires, le postulat d’une ” lutte pour le bien”, un tour moral donc, qui empêche toute posture rationnelle de faire son travail d’analyse. la “phobie” brandie comme arme de dissuasion de toute relativisation des postulats et l’absence d’intégration des données éthiques, scientifiques, économiques et idéologiques du problème ne pouvant être prises en compte sous le voile de la bienséance et du discours quasi religieux qui l’accompagne. Nous ne développerons pas dans ce contexte sur le leurre que cette sorte de passion collective exhibe de la nature intrinsèquement inqualifiable de ce qu’on nomme l’humain et de sa recherche désespérée de bornes à renégocier sans cesse dans les poussées de nouveaux mythes et dans leur fragilité signifiante. L’intérêt du texte de Sullivan est plus proche des questions strictement contemporaines posées au trangenrisme et d’autant plus intéressant qu’il les pose d’un posture homosexuelle, levant la chape identitaire et pointant les tensions, luttes intestines dans un mouvement qui n’a d’homogène que ses revendications de reconnaissance mais est destiné à exploser sous les coups des disparités et des clivages inhérents à toute microisation. EG

” La doctrine transgenre s’est avérée être une méthode ingénieuse pour désorienter de grands groupes d’individus, les rendant incapables de “penser rationnellement ou de protéger leurs propres intérêts”. Elle permet également aux prémisses du capitalisme pur de devenir plus gratifiantes, et apporte une définitionnouvelle, plus privée, à la phrase ” réforme structurelle”. le capitalisme définit les individus comme visant leurs propres intérêts et c’est ce que les défendeurs du transgenre deviennent. Physiquement, le mouvement enferme des individus qui seraient autrement en bonne santé dans une dépendance à l’institution médicale, psychologiquement, cela les enferme dans une bataille futile et souvent agressive contre la “misgenderisation” , le soi-disant “féminisme radical trans-exclusif” et les “groupes de haine anti-trans” fictifs.

“Cette forme de fondamentalisme capitaliste, écrit Klein, a constamment été instigué par la forme la plus brutale de coercition, infligé sur les corps institutionnels comme sur des corps réels innombrable”, Le transgenderisme n’est pas une exception à la règle néolibérale, et comme le choc et la désorientation s’étendent, le pillage continue.

Transgender doctrine has proven an ingenious method for disorienting large groups of people, rendering them unable to “think rationally or protect their own interests.” It also allows the premises of pure capitalism to become self-fulfilling – and lends a whole new, more intimate, meaning to the phrase “structural reform.” Capitalism defines people as self-interested, and that is what proponents of transgenderism become. Physically, the movement traps otherwise healthy people into dependence on the medical establishment; psychologically, it locks them into futile and often aggressive battles against “misgendering,” so-called “trans exclusionary radical feminists,” and fictive “anti-trans hate groups.”

“This fundamentalist form of capitalism,” Klein writes, “has consistently been midwifed by the most brutal forms of coercion, inflicted on the collective body politic as well as on countless individual bodies.” Transgenderism is no exception to the neoliberal rules, and as the shock and disorientation spreads, the pillaging continues.” Renée

The Nature of Sex

La nature du sexe

 Andrew Sullivan

Photo: Yukipon

C’est peut-être un signe de la fin des temps, ou simplement une des fonctions de la politique confuse actuelle, mais en début de semaine, quatre activistes féministes – trois faisant partie d’un mouvement qui se décrit lui-même comme «  féminisme radical », Le Front de libération des femmes  Women’s Liberation Front — sont apparues en délégation à Heritage Foundation*. Ensemble, elles ont maintenu que le sexe est fondamentalement biologique, et non construit socialement et qu’il y a une différence entre les femmes et les transsexuelles qui se doit d’être respectée. Pour ces propos elles ont été grandement applaudies par les supporters de Trump, les membres de l’extrême-droite religieuse, les théoriciens de la loi naturelle, et les intellectuels conservateurs qui formaient la plupart de la foule. Si vous pensez que je viens de découvrir une espèce d’herbe particulièrement puissante et que j’hallucine, vérifiez avec la vidéo de l’évènement.

Je ne doute pas que nombreux seront ceux qui considéreront ces femmes comme des réactionnaires anti-trans, ou des pacificatrices des homophobes ou transphobes, ou simplement des personnes dérangées à la recherche d’une audience. (Le modérateur, Ryan Anderson, a précisé qu’elles parlaient à l’Héritage parce qu’aucune institution libérale ou de gauche équivalente ne leur avait donné temps et espace afin de pouvoir exposer leur point de vue.) Et il est vrai que les féministes radicales exclusives, (les trans-exclusionary radical feminists ou TERF, comme on les nomme, sont une minorité qui est n’est activement pas tolérée par l’establishment LGTBQ et souvent démonisée par la communauté gay. Il est aussi exact qu’elles peuvent inflammatoires, offensives et obsédées. Mais ce qui m’intéresse est l’argumentation sous-jacente, qui mérite à être analysé, sans tenir compte de nos obédiences politiques, de nos identités sexuelles ou de nos attachements tribaux, parce que c’est pour moi un argument qui contient une graine de vérité. D’où la suspicion de l’urgence à le supprimer.

L’intitulé de la rencontre du groupe à l’Héritage : «  L’inégalitarisme du Equality act »— “The Inequality of the Equality Act” —se réfère au principal but de la Campagne pour les droits humains, Human Rights Campaign, le plus important groupe de pression LGTBQ des USA. L’Equality act proposé, une loi de non-discrimination qui a été suggéré de nombreuses fois au cours de dernières années sous des formulations diverses — au Civil Rights Act de 1964, protégeant cette classe par les lois anti-discrimination, tout comme le sexe l’est et abolissant les distinctions biologiques claires entre les hommes et les femmes, est en fait une menace à l’identité lesbienne et même à son existence – parce qu’elle remet en question qui est une femme, et inclut dans cette catégorie les êtres humains qui ont été ou sont des mâles biologiques mais restent attirés par les femmes. Comment le lesbianisme peut-il être redéfinit comme le fait d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un qui a un pénis, demandent-elles, sans mettre en cause le concept de lesbianisme en sa totalité ?— «  Les lesbiennes sont des femelles homosexuelles, des femmes qui aiment les femmes. » a écrit Julia Beck, en décembre dernier, «  mais notre espace, nos ressources et notre communauté sont au bord de l’extinction. »

Si cela peut sembler un progrès massif, il faut considérer que la proposition de l’Equality Act — avec 201 co-sponsors dans le dernier congrès – n’est pas seulement l’interdiction de la discrimination contre les personnes trans

dans l’emploi, le logement ou les aménagements publiques ( une idée qui a l’adhésion de beaucoup d’Américains) Elle comprend et repose sur une redéfinition critique de ce qui est couramment nommé «  sexe » .  Nous pensons habituellement à ceci comme simplement mâle et femelle sur des bases biologiques (en opposition à une vision plus culturelle du genre). Mais l’ Equality Act définirait le «  sexe » comme comprenant l’identité de genre et définit celle-ci comme suit : « identité liée au genre, à l’apparence, aux manières ou caractéristiques, sans prendre en compte du sexe de naissance désigné pour l’individu. »

Ce que disent les féministes radicales c’est que l’acte ne rend pas seulement floue la limite entre femmes et hommes (minimisant donc ce qu’elles considèrent comme l’oppression patriarcale  et la misogynie) mais que sa définition de l’identité de genre se réfère à une vision stéréotypée de ce que signifie l’expression du genre. Qu’est-ce, après tout, qu’une « caractéristique liée au genre » ? Cela implique qu’un «  garçon manqué » qui aime le sport n’est pas une fille intéressée dans les activités plutôt masculines mais vraisemblablement un garçon enfermé dans un corps de fille. Et un garçon qui a un penchant pour Barbie et Ken est peut-être une fille trans. Parce que selon les stéréotypes, il se comporte comme une fille le ferait. Aussi, au lieu d’élargir notre compréhension de l’expression du genre – et d’autoriser une liberté maximale et une variété pour les deux sexes,  le concept d’identité de genre en réalité le rétrécit, dans une version plus traditionnelle et régressive. Qu’est-ce que signifie les «  manières de genre »  sinon des stéréotypes ?

Ce n’est pas par hasard si les sociétés les plus homophobes, comme par exemple l’Iran, sont de grand promoteurs de la chirurgie de réassignation sexuelle pour les enfants et les adultes ne se conformant pas au genre, ( le gouvernement paye même pour cela) alors que le fait d’être homosexuel est puni de la peine de mort.  Imaginant qu’un enfant non-stéréotypé est trans plutôt que gay est, en fait, dangereusement proche de cette vision du monde.  ( on peut même aller jusqu’à considérer qu’une décision prématurée pour changer un enfant de sexe est une sorte de thérapie de conversion afin de «  soigner «  son homosexualité. Cela ne signifie pas que les personnes trans. ne devraient pas avoir le droit de réaffirmer leur genre en changeant leur corps, ce qui peut soulager une quantité énorme de pression pour beaucoup et peut sauver des vies. Mais que le processus devrait impliquer une grande quantité de précaution et de discernement.

L’Equality Act propose également d’étendre le concept d’équipements publiques afin d’y inclure «  les lieux d’expositions, de récréations, d’exercice, de loisir, de rassemblement ou d’exposition » Il supprime toute exception religieuse mentionnée dans le Religious Freedom Restoration Act de  1993; et il supprime tout équipement sexué comme les vestiaires, les toilettes, si le sexe n’y est pas définit comme incluant «  l’identité de genre ».

Cela pourrait mettre en cause légalement toutes les manifestations, institutions, groupes  à genre unique. Cela pourrait aussi nier la nécessité d’un espace sécurisé pour les lesbiennes, libre de toute trace d’homme. La loi, dit autrement, «  compromet le terrain de base fondamental de la reconnaissance et de la lutte contre l’oppression basée sur la différence sexuelle exercée contre les femmes et les filles. »

 Le désaccord central, semble-t-il réside dans le fait de savoir si une femme trans. est en droit de dire qu’elle a toujours été une femme, est née femme et n’est pas distinguable et est interchangeable avec une femme biologique.  C’est l’actuelle réclamation reflétée par l’Equality Act.  Mais est-il vrai que quand Caitlyn Jenner a participé au décathlon homme des jeux olympiques de 1976, elle était en compétition en tant que femme, indistinguable des autres femmes ? L’orthodoxie contemporaine insiste sur le fait qu’elle était bien sûr en compétition en tant que femme et élimine toute distinction entre femme et femme trans.   De même, l’équipe de lutte et de course des filles d’un lycée publique devra inclure des mâles biologiques s’identifiant à des femelles – même si ils gagnent tous les trophées et même si l’injustice crève les yeux.

La plupart d’entre nous, cependant, trouvent intuitivement cet argument difficile à avaler complètement. Nous pouvons admettre que Caitlyn Jenner, qui est devenue une femme en 2015, s’est toujours considérée comme une femme, soit sincère et considérer cette conviction psychologique comme devant être respectée. Mais nous voyons aussi la différence entre quelqu’un qui a vécu sa vie en tant qu’homme pendant des dizaines d’années, sous l’influence des chromosomes mâles et de la testostérone, et qui a d’abord été acceptée comme homme avant sa transition… et une femme à qui rien de tout cela ne s’applique. Il est tout à fait douteux qu’une femme non-trans. Soit rentrée en compétition avec succès en athlétisme contre des hommes au décathlon des jeux olympiques, rien de moins. Que vous regardiez à cela biologiquement (les hormones et les génitoires importent) ou socialement (Jenner n’a pas été sujette au sexisme en tant qu’homme pendant la plus grande part de sa vie), il y a vraiment une différence. Si il n’y en avait pas pourquoi le concept de trans. lui-même existerait-il ?

C’est l’aspect  profondément confus et incohérent du débat entier. Si vous abandonnez la biologie dans les domaines à la fois du sexe et du genre, vous pouvez aider les transexuels à vivre plus pleinement  et d’une façon moins conflictuelle mais vous compromettez la signification de l’homosexualité. Si vous suivez l’idéologie actuelle du genre en tant qu’entièrement fluide, vous attaquez les arguments clefs en faveur des droits gay. «  Un homme gay désire et aime d’autres hommes. Et une lesbienne désire et aime d’autres femmes. » explique Sky Gilbert une drag queen. «  C’est ce qui définit l’essence même de l’homosexualité. Si il n’existe plus rien comme «  être femme » ou « être homme », l’entière autodéfinition de l’identité homo, que nous avons passé des générations à valider auprès des réactionnaires, s’effondre. » L’idéologie du transgenre contemporaine n’est pas complémentaire aux droits des homosexuels, en fait d’une certaine façon elle en est l’exact opposé.

Et la vérité est que de nombreux homosexuels, femmes ou hommes sont très attachés au concept du sexe comme une chose naturelle, biologique, matérielle. Oui, nous sommes tout à fait conscients que le sexe peut s’exprimer de différentes manières. Un drag queen et un joueur de rugby sont tous deux biologiquement des hommes avec des expressions différentes de leur genre. Bien sûr, un drag queen peut également être joueur de rugby et exprimer son identité de genre de plusieurs façons, suivant le moment ou le lieu. Mais il est toujours un homme. Et les hommes gay sont définis par leur attirance pour les autres hommes. Si le concept d’homme lui-même est déconstruit de façon à ce que quelqu’un sans pénis puisse être un homme, alors l’homosexualité elle-même  est déconstruite.

Les individus transgenres ne sont pas une menace pour nous et la vaste majorité des homosexuels femmes ou hommes soutiennent complètement leur protection. Mais l’idéologie transgenderiste y compris les conceptions postmodernes du genre et du sexe – est bien sûr une menace pour l’homosexualité parce qu’elle est une menace pour le sexe biologique comme concept.

 Et donc, ce n’est pas transphobique pour un homme gay de ne pas être attiré par un homme trans. C’est même proche de la définition.  L’essence de la réalité gay est qu’il existe bien sûr une grosse différence entre les mâles et les femelles, que cette différence importe et que sans elle, l’homosexualité n’aurait plus de sens du tout. Si tout cela devient un choix fluide et non binaire de genres ou de partenaires sexuels, le choix de n’avoir que des relations sexuelles exclusivement avec le même sexe ne serait plus l’expression de notre identité mais une forme de bigoterie sexiste, n’est-ce pas ?

Il existe une solution à ce paradoxe insoluble. Nous pouvons traiter différemment des choses différentes. Nous pouvons accepter que l’expérience transgenre et l’expérience homosexuelle soient très différentes et ne peuvent pas être aisément assimilées. Nous pouvons centrer le débat non sur «  l’identité de genre » qui insiste sur l’absence de différence entre les trans et les cis, les mâles et les femelles,  et à la place, nous centrer sur l’expérience réelle de «  dysphorie de genre », qui mérite un traitement, un soutien et la reconnaissance totale des individus impliqués. Nous pouvons respecter le droit de certaines personnes à d’être identifiées avec le sexe auquel elles croient appartenir et supprimer toute discrimination contre elles, tout en considérant la biologie comme porteuse d’une différence qui requiert une distinction. Nous pouvons croire en la nature et en l’immense complexité de l’esprit et de la sexualité humaines.  Nous pouvons envisager un moyen d’accommoder chacun avec toutes les possibilités sans nier notre réalité biologique. L’égalité ne veut pas dire la similitude.

Nous devons juste abandonner la notion tendance que le sexe est construit socialement ou entièrement construit dans le cerveau, que le sexe et le genre ne sont pas connectés, que la biologie est hors de propos et qu’il existe quoi que ce soit comme l’identité LGTBQ, quand, en fait, l’acronyme contient des tensions internes extrêmes et même des contradictions flagrantes.  Et nous pouvons permettre à cette conversation de s’effectuer en toute civilité, avec nuance et attention, de façon à accentuer la dimension de la dignité humaine sans effacer les différences humaines. Cela demande du courage,  et une chose que je peux dire certainement c’est que les femmes qui sont intervenues dans ce panel de l’Heritage en ont en quantité.

Comment la Théorie Queer est devenue la politique universitaire en Grande Bretagne par Michael Biggs

Si le sujet est vaste et surtout si récent et soumis à pression qu’on peine à resituer ce mouvement et ses conséquences pour la santé intellectuelle de la vie universitaire et pour les évolutions des représentations collectives, on ne peut pas ne pas le mettre en parallèle avec d’autres évolutions du rapport au corps de la culture post-moderne d’une part, dans ce que nous pressentons comme une dynamique de fusion entre la Techné médicale et scientifique et les fantasmes divers émergeants face aux menaces d’extinction non  assumées et la volonté de rendre le corps malléable et éternel dans les divers possibles d’ un désir sans limite, enfin accessible, ouvert à l’image des spasmes consuméristes et, d’autre part, à une dépolitisation par glissement vers des champs de contrôle moraux des questions socioéconomiques posées par la culture de masse. Les divers niveaux en jeu dans la microisation des messages politiques des sociétés néo-libérales tendent à cacher dans leur rage à se revendiquer comme porteurs d’un  “changement” ou d’une conscience “ultrawoke” par essence victimaire et détentrice de la vérité dont ils sont les porteurs harassés, la mesure strictement oppressive du système économico-social et de confiner à la quête d’une nouvelle forme d’ordre moral les questions crues de la misère sociale * et de ses conséquences sur les vies des plus démunis, quels que soient leurs choix existentiels.EG

queertheory

Publié le Nov, 25, 2018 

Comment la théorie Queer est devenue la politique universitaire

How Queer Theory Became University Policy

par Michael Biggs, [edité par Sarah Mills], via Conatus News

L’établissement d’une doctrine officielle sur l’identité de genre est une menace sans précédent pour la liberté universitaire. Sexe et genre devraient être soumis à des débats.

Mon université a récemment établi une doctrine officielle sur le genre, promulguée par son Unité de Diversité et d’Egalité (Equality and Diversity Unit). L’Université d’ Oxford déclare que le sexe n’est pas déterminé à la conception mais est plutôt « assigné » à la naissance, à partir du caprice d’une sage-femme ou d’un obstétricien. Le sexe doit être remplacé dans tous les aspects pratiques par un sens individuel de l’identité de genre, qui peut être choisie au sein d’un long menu  comprenant les non binaires et les genderqueer.

Oxford n’est pas l’exception, car la même doctrine a été instituée à travers les universités britanniques.

Cette doctrine provient de la « théorie queer », une excroissance du post-modernisme. Pour comprendre comment un discours ésotérique a pu devenir la nouvelle orthodoxie, nous devons suivre le travail de l’Intelligence du genre, l’organe de charité qui a traduit la théorie Queer en politique publique. Son chef exécutif est Jay Stewart MBE, un homme trans avec un doctorat de Cultures visuelles de  Goldsmiths, Université de Londres. La compagnie a commencé avec une allocation de 50.000 livres de la Commission des droits et de l’égalité humains  [1]. Maintenant, la plupart de ses evenus viennent de la vente de présentations dans le secteur public, gonflée par une donation de  116,000 livres provenant des «  Enfants dans le besoin » de la BBC.

 « Le Théorie Queer a été la carte pour ma compréhension personnelle » déclare Stewart [2]. La Grande prêtresse de cette théorie, Judith Butler, prétend que «  le corps n’est pas un «  être » mais une frontière changeante une surface dont la perméabilité est régulée politiquement, une pratique signifiante au sein d’un champ culturel de hiérarchie des genres et  d’hétérosexualité imposée. » [3]. La conséquence est que l’identité de genre n’a aucun lien avec la biologie. Selon l’Intelligence du genre, « Une femme est toujours une femme, même si elle aime se faire tailler des pipes. » C’est pourquoi Stewart a été le premier à persuader les prisons de prioriser l’identité de genre sur le sexe. [4]. Cette politique a récemment permis l’incarcération d’un violeur patenté dans une prison pour femme,  simplement parce qu’il se présente comme une femme, il a ensuite agressé d’autres détenues.

Comme d’autres variantes du Post-modernisme, la théorie Queer s’abrite confortablement derrière les disciplines universitaires étudiant la culture. Cependant maintenant, cette théorie est établie comme doctrine officielle par les universités. Les textes de loi vont bien au-delà de ce qui est exigé par loi sur l’égalité, qui interdit à juste titre la discrimination sur la base d’une réassignation de genre. Bien sûr, la doctrine contrevint à la loi à cet égard. La loi protège aussi l’orientation sexuelle, mais si l’identité de  genre prévaut sur le sexe, alors l’hétérosexualité et l’homosexualité disparaissent. N’importe quel homme peut déclarer être une lesbienne, comme une mauvaise plaisanterie des années 70 réactualisée pour notre époque ultraconsciente. La déléguée de l’Association LGTB des étudiants de l’université d’Edimbourg Ada Wells,  like a bad joke from the 1970s updated for our ultrawoke era. The Edinburgh University Student Association’s LGBT+ Convenor, Ada Wells, a exigé que l’Université exclue  toute lesbienne qui refuserait un homme s’identifiant comme «  genre neutre » (comme Wells) comme potentiel partenaire.

« Comme d’autres variantes du Post-modernisme, la théorie Queer s’abrite confortablement derrière les disciplines universitaires étudiant la culture. Cependant maintenant, cette théorie est établie comme doctrine officielle par les universités. »

L’Intelligence du genre (Gendered Intelligence) joue un rôle majeur dans la formation des personnels universitaires et des administrateurs. Ses cours sur «  la vigilance trans. » (Trans Awareness) ont été répétés dans des dizaines d’universités. L’Université Merton, à Oxford, par exemple,  a payé la compagnie  pour former «  les cadres de la loge, les hauts fonctionnaires de l’université, les départements des finances et des bourses, la bibliothèque, l’équipe des aides sociales, le bureau du développement, et les ressources humaines,  avec un certain nombre de représentants du bureau de direction. » Le syndicat des étudiants d’Oxford veut maintenant mandater cette formation pendant deux ans pour tout le personnel ayant des postes dans l’aide sociale. [5]. L’impulsion ne vient pas que des étudiants mais aussi de l’Unité pour le défi de l’égalité (Equality Challenge Unit) un organisme non-gouvernemental en charge d’administrer la diversité au sein de l’éducation supérieure britannique. La Charte Athena SWAN, prévue à l’origine pour aider les carrières des femmes dans le domaine scientifique est maintenant utilisée pour renforcer la doctrine du genre.

Les étudiants qui questionnent leur propre identité sont dirigés vers Gender intelligence, qui forme également les conseillers à l’université. Quand une lycéenne, précédemment diagnostiqué pour une dépression – à la Royal Center School for Speech and Drama a décidé qu’elle était un homme, l’école a payé pour une guidance par la Gender intelligence, ( un des Professeurs de l’école est un des membres du conseil d’administration et le partenaire de Steward) Le mentor a recherché des chirurgiens pratiquant la masectomie par choix. . «  La chirurgie affectera le sexe de nombreuses façon »,  conseille la Gender Intelligence,  «  mais le plus notable est un saut dans la confiance physique ». Si l’identité de genre est fluide, non liée au sexe et  changeante, comment donc cette identité peut-elle nécessiter des transformations physiques irréversibles ? Les contradictions logiques ne sont pas embarrassantes pour le post-modernisme. Quand une lesbienne prend de la testostérone et s’ampute les seins de façon à jouer le rôle de l’homme, c’est applaudit par la théorie Queer comme la déconstruction de l’hétérosexualité obligatoire.

L’établissement d’une doctrine officielle sur l’identité de genre est une menace sans précédent pour la liberté académique. Sexe et genre devraient être l’objet de recherches robustes et de débats vigoureux. Au lieu de ça, les étudiants qui questionnent la nouvelle orthodoxie de la théorie Queer  sont l’objet de harassement et intimidation. La plupart sont des femmes et beaucoup sont orientées vers le féminisme radical. Les responsables sont les étudiants ultra-conscients – dont beaucoup ne sont pas des trans mais qui se positionnent comme «  alliés » – et quelques universitaires féministes. Ils peuvent prétendre cependant que leur agression est habilitée par le discours académique. Après tout, les universités ont octroyé à un seul groupe un pouvoir extraordinaire de contrôler les discours intellectuel. « Si un individu trans informe un membre du conseil qu’un mot ou une phrase est inapproprié ou offensif »,  avertit l’ University College de Londres, « alors ce membre du conseil devra le croire sur parole et ajuster sa phraséologie d’une façon appropriée. »

Bienvenue  l’Université du 21ième siècle, où le sexe a disparu, où l’homosexualité est ségrégative, où l’orthodoxie est renforcée au nom de la diversité.

Michael Biggs est  Associate Professor of Sociology and Fellow of St Cross College, University of Oxford

NOTES:

  • [1] Equality and Human Rights Commission, response to Freedom of Information request (FOI 1247 Biggs), 2 October 2018
  • [2] Jay Stewart, ‘Gendered Intelligence’, Trans Britain: Our Journey from the Shadows, ed. Christine Burns, Cornerstone, 2018, pp. 277–91, at p. 278
  • [3] Judith Butler, Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, Routledge, 1990, p. 139
  • [4] Stewart advised the Ministry of Justice’s review which created the new policy and now serves on the Prison Service’s Transgender Advisory Board which implements it
  • 5] Oxford Student Union LGBTQ+ Campaign, 2018 Report on Transgender Experience and Transphobia at the University of Oxford, p. 32. The report literally recommends ‘bi-annual’ training but presumably, biennial was intended.
  • * Poorest dying nearly 10 years younger than the rich in ‘deeply worrying’ trend for UK

Traduction : Elisabeth Guerrier