AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: USA

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

L’article de Luciana Bohne remet d’une façon précise et critique les évènements politiques actuels dans leurs perspectives de visées permanentes des USA et de leur complexe militaro-industriel et économique. Il y est précisé à quel point l’appartenance politique modifie peu les projets expansionnistes qui agissent comme les fers de lance de tout candidat, manipulés par les ténors des médias et habiles à orienter une opinion publique si facile à convaincre. Trump n’amènera rien d’autre que ce qui est déjà prévu depuis longtemps, il ne fera que mettree à jour des manipulations auparavant effectuées dans l’ombre par l’administration d’Obama, plus membre du starsystème que politicien courageux dont le bilan meurtrier est tout aussi effrayant que celui de son prédécesseur. EG

 

Welcome to Trumpland: Obama’s Legacy

Fevrier  2017

 

Bienvenue à Trumpland : le leg d’Obama

LUCIANA BOHNE

 

socialmedia

 

Un nouveau gang est au pouvoir à Washington. Personne ne sait comment ni pourquoi, mais l’ancien gang est entrain de contre-attaquer de toutes ses forces. Un charlatan est à la tête de ce nouveau gang ; il dit qu’il s’oppose à tout ce que l’ancien, patron a fait. Il dit qu’il remettra tout en ordre sur place et dans le monde, cependant son cabinet de consiglieri  entasse des Ajax musclés du Pentagone, des banquiers avaricieux et des vautours de Wall Street ainsi que la mère planétaire de tous les plus grands pollueurs de l’énergie fossile – Exxon Mobil.

 

Une couvée des vilains habituels, pas moins vilains que les précédents. Son patron du travail s’est opposé à l’augmentation du salaire minimum. Son patron de la trésorerie est un ancien partenaire de Goldmann et Sachs, les pollueurs économiques internationaux. De première catégorie.

En janvier 2017, en janvier 2017, le bulletin des scientifiques de l’atome ont avancé leur  « horloge du Jugement dernier » de trente secondes vers deux minutes et demie avant minuit, le plus proche d’ Armageddon depuis 1953. Les causes, ont-ils écrit, sont la volatilité nucléaire et le changement climatique. Les signes que Trump puisse renverser le cours du Jugement dernier sont assez peu prometteurs. Le rendez-vous de Rex Tillerson signifie qu’Exxonmobile fonctionnera comme Secrétaire d’état virtuel. Les régles de la guerre d’état :    Créons une course aux armements. Nous les surpasserons à chaque essai et nous leur survivrons tous. » Selon Trump s’adressant par téléphone à Mika Brzelinki en décembre, si nous pouvons faire confiance au rapport de l’invité du « Morning Joe » de MSNBC.

Pendant ce temps, pendant et après le processus électoral, l’appareil circulatoire de la démocratie à deux gangs a montré des symptômes terminaux d’artériosclérose. Alors qu’un système de démence latente se montre au jour, le système politique a lui aussi perdu son marbre. Plus de deux millions et demi de femmes ont participé à la Marche des femmes le jour suivant l’inauguration, protestant contre les menaces de Trump sur les droits des femmes. – Une masse jamais vue dans les rues auparavant pour s’opposer aux massacres d’Obama , qui incluent un nombre disproportionnés de civils, dont de nombreuses femmes. Vous savez, le nombre 50.000 en Libye, 10. 000 au Yémen ainsi qu’en Ukraine, 400.000 en Syrie, 2500 à Gaza pour ne sélectionner que les plus connus. Ajoutons à cela les millions de déplacés internes et les réfugiés (65 millions en 2017, jusqu’à 59 millions en 2016) fuyant les guerres et la déprédation économique engendrées par les chevaliers du néo-libéralisme et du néo-colonialisme de l’administration obaméenne.

Mais on ne doit pas en vouloir aux lève-tard.

Derrière le vieux gang se tient un régime de mensonges, une marée de cupidité, un fléau d’inagalité, une peste de guerres, un règne d’hypocrisie. Avant le nouveau gang, une vision de Pandore, ouvrant plus largement sa vilaine boîte pleine d’ennuis. Plus de maux lâchés pour rejoindre ceux déjà libérés. Les rues se sont transformées en asile de discorde, de ridicule, d’alarme, et de confusion parce que la harpie oublieuse tueuse en série Hillary Clinton a perdu et que la bouffon fou et le zeppelin orange a gagné, le milliardaire Trump, tête d’un empire de 11 industries, commerces, et entreprises financières. «  Ami du peuple »

 

Je n’invente pas tout ça.

Le résultat des élections a été une bombe à fragmentation politique. The result of the election has been a political cluster bomb.  De mini-bombes continuent à exploser sous la forme de protestations, de marches et d’hystérie médiatique. Rien de tout cela ne se concentre sur ce qui importe vraiment : l’avenir de l’humanité sur une planète surchauffée, mise en danger par la pulsion systématique de l’Amérique vers l’espace et le pouvoir sur la planète.

C’est de la géopolitique, idiot…

Un tohu-bohu populaire a explosé à propos des mérites et des torts des deux maux. Comment un système politique peut-il être porté si bas ? Les deux maux ne font qu’un. Dans l’air empoisonné, j’entends l’écho de la réécriture sardonique de «  Hymne de bataille pour la République » de Mark Twain qui dénonçait à son époque la descente dans le bourbier moral de l’impérialisme de la guerre Espano-américaine de 1898.

Mes yeux ont vu l’orgie de l’épée lancée

Il cherche les réserves où les richesses de l’étranger sont gardées

Il a lâché son éclair fidèle et avec malheur et mort compte

Son envie marche en avant

Mine eyes have seen the orgy of the launching of the sword
He is searching out the hoardings where the strangers’ wealth is stored
He has loosed his fateful lightning, and with woe and death has scored
His lust is marching on.

Il serait rassurant d’entendre un pays uni en un chœur provocant la violence domestique et étrangère des officiels et de leurs soutiens. Mais la nuit n’est pas encore assez noire pour que la chouette de Minerve commence à voler et révèle les abus collectifs des gangs sur notre confiance en leurs mythes orgueilleux. Nous avons échoué sur une surface de ténèbres, sur une grisaille que les pouvoirs qui nous dénient la compréhension sont entrain de peindre encore plus gris. Nous ne pouvons pas lire le passé donc nous sommes incapables de bouger vers l’avenir. Nous avons le sentiment que ce que nous pensons savoir n’est pas ce qui est.  Nous ne sommes pas même sûrs de vivre dans le présent.

Comment une telle suspension dans le temps ne rendrait-elle pas nauséeux ?

« La nausée n’est pas en moi… je la sens à l’extérieur, je suis à l’intérieur » C’est ainsi que Racontin, le protagoniste de u roman de JP Sartre «  La nausée »  explique la répulsion physique qu’il éprouve à toucher la réalité autour de lui. – une chaise, une personne, une œuvre d’art. Mais où est donc la pourriture ?  «  Je la sens là sur les murs, dans les placards, tout autour de moi. »  À quoi est-ce que cela ressemble ? «  Un monstre, une carapace géante, un plongeon dans la boue ? Une dizaine de griffes ou de nageoires labourant lentement dans le limon ? Le monstre se redresse. Au fond de l’eau.

 

Est-ce que Trump est le nouveau nom de Grendel ? Sous le choc des semaines avant l’inauguration, les ménestrels médiatiques du vieux gang ont bien sûr crié qu’un monstre avait été libéré du marécage du Lagon blanc par des racistes votant dans l’intérieur des terres. Les Rustofariens. Les ménestrels ont semé la panique urbaine. Les foules ont grondé : Foutons en l’air les élections, recomptons les votes, abolissons le Collège électoral, déclarons Trump inapproprié. Ce monstre, sur le point de squatter un bureau de forme ovale, comme tant d’autres élus avant lui, était supposé accueillir Hillary Clinton.

Mais elle s’est transformée en lui !

Son gang a pointé le doigt vers la Russie. C’était la Russie qui avait amené ce vent mauvais, pas la folie du clan Clinton, pas la soif de sang des années Obama, pas le massacre politique du lymphatique social-démocrate Bernie Sanders, qui aurait pu sauver les fesses du gang, lui donnant quatre nouvelles années d’échec mais une vie respectable. C’était la Russie qui avait tissé la toile de la destinée – La Russie, qui n’est pas née d’une femme, artificielle, mauvaise, tâchée par le péché originel du communisme, la marque de Caïn. La Russie qui avait amené « le grand bois de Birnam jusqu’à la colline de Dunsinane » et coupé la montée de la Lady, reine du Chaos dans ses premières marches d’ascension pour devenir impératrice du monde, dont elle a vidé de sang de larges parts ayant elle-même  « marché si avant dans le sang que si elle cessait de s’y plonger, retourner en arrière serait aussi fatigant que d’aller en avant. » Elle fut laissée là, dans un mi-courant ensanglanté, et ils ont rué.

Le gang mondial en entier- la Heimat des globalistes de «  la communauté internationale », sont sortis dans un chœur de lamentations. Les eunuques politiques européens ont crié de concert avec leurs maîtres américains. Ici se trouvait le miroir présidentiel parvenu dans lequel la Heimat du bon et du grand ne pouvait plus d’admirer agrandie, superbe, plus humaniste que le reflet de sa brutale vulgarité étroite d’esprit qui s’y reflétait maintenant. La mauvaise foi du vieux gang était devenue insupportable. Leur propre image, supportée par un baratin idéologique décevant – les «  valeurs libérales » était détruite. Qu’en était-il des slogans solennels «  la société civile », «  le règne de la loi », la dédicace à des principes universels, le respect des identités, la protection des minorités ethniques,  le zèle appuyant la liberté religieuse ? Qu’en était-il des phrases pompeuses, de la lubrification des promesses exaltées ? Tout cela évanoui dans le vortex de la stupidité et de l’ignorance des masses et de leur boîte à bulletin de vote despotique.  Rien à entendre à part les mugissements d’un nouveau vent affreux.

Avant que Trump n’émerge gagnant du marécage, tout avait déjà été le contraire de tout. Et le devint plus encore. La libération de 100.000 civiles à Aleppe en décembre 2016 par l’Armée syrienne renforcée par ses alliés russes, après quatre années de terreur soutenue par l’Ouest, fût nommée «  crime de guerre ». La séparation de la Crimée de l’Ukraine par référendum populaire à 90% d’avis favorables pour joindre la Russie fût nommée «  Une agression russe ». Le coup US Europe en Ukraine ( 2013.14) planifié et exécuté par le Département d’état néo-con d’Obama et coûtant 5 milliards de dollars, mettant à la place d’un gouvernement élu une junte de ministres et d’officiels néo-nazis, fût nommé «  le retour de la démocratie en Ukraine ». Le fascism, maintenant attribué à Trump comme une nouveau, était cache en plein jour dans le règne des guerres illégales, des changements de régime, des sanctions omniprésentes, et des interventions de guerre de proximité d’Obama, ignorées studieusement ou fictionnalisées par les courtiers en terreur des médias,  les experts, les cellules d’analyses, les fondations et l’empire des officiels

Ces “ réparateurs” ont inversé les causes et les effets.  Ils ont obscurci le fait que la séparation de la Crimée d’avec l’Ukraine était l’effet du coup d’état des US à Kiev.  Ils l’ont utilisé comme cause afin de resserrer l’emprise militaire de l’OTAN  autour de la Russie, y compris avec des missiles offensifs, baptisés « défensifs ». Ainsi les effets du changement de régime en Ukraine sont devenus la cause de la militarisation de l’Europe centrale et de l’est. Avec comme objectif la Russie. Cette militarisation contre le fantôme d’une agression russe porte la grand nom de Atlantic Resolve 2017, que le Département US de la Défense justifie en ces termes sur son site :

 

« Les USA démontrent leur engagement à l’égard de la sécurité international à travers une série d’actions ayant pour but la réassurance des alliés de l’OTAN et des partenaires de l’engagement de l’Amérique à maintenir la paix et la stabilité à la lumière de l’intervention russe en Ukraine » ( c’est moi qui souligne)

Le porte-voix du complexe militaro-industriel, John Mac Cain, a tourné la réalité sens dessus-dessous dans une instruction au nouveau gang afin de perpétuer les sanctions contre la Russie.

« En juste trois ans, sous Vladimir Poutine, la Russie a envahi l’Ukraine, annexé la Crimée, menacé les alliés de l’OTAN, let est intervenue militairement en Syrie, laissant derrière elle des traces de mort, de destruction et de promesses trahies dans son sillage. »

Dans un monde rationnel, l’énormité de ces accusations serait lancée aux planificateurs du gang néo-libéral et néo-con d’Obama, mais aucun ego impérialiste ne peut admettre avoir moralement tort. Il habille sa propre violence dans des vêtements dorés, patinés obligeamment par les medias officiels. Les haillons sanglants de la responsabilité sont enfilés sur quelqu’un d’autre, qui doit être démonisé, de préférence par les medias libéraux. Rachel Maddow par exemple, érigée  experte en soviétologie à l’instant dans  sa déclamation incendiaire liant la Russie capitaliste de Poutine au socialisme stalinien de l’URSS.

Dites-moi ce qui rallie le public américain – y compris et surtout les Libéraux- aux côtés du drapeau national plus précipitamment que de lever le fantôme communiste ?

La manipulation des nouvelles et la distorsion de la réalité les plus puissantes aux mains du pouvoir. Elles peuvent faire disparaître la réalité. Le Yémen par exemple, . La “ Coalition” saoudienne, soutenue par les US et la Grande-Bretagne a commence à bombarder le Yémen le 23 mars 2015. Depuis lors3.2 millions de Yéménites ont été déplacés, la moitié de la population souffre de malnutrition, 10.000 civils ont été tués ( ce qui fait 13 civils par jour), 2 millions d’enfants ne peuvent pas se rendre à l’école, Presque 15 millions de personnes ( dont 55% d’enfants) n’ont pas accès aux soins médicaux de base.

Et pourtant, nous n’entendons rien à propos de cette souffrance. Les USA et la Grande-Bretagne, en fait ont profité de la guerre contre le Yémen. L’administration d’Obama a vendu sur le marché mondial de l’armement pour plus de 200 milliards d’armes, la plus grande vente depuis la 2ième guerre mondiale – plus de 100 milliards  à l’Arabie saoudite à elle seule. La contribution de la Grande-Bretagne à l’arsenal saoudien a été de 3.2 milliards pour l’année dernière à elle seule. Les US et la GB continuent de fournir le support logistique et de renseignement à la coalition saoudienne, qui est intervenue aux côtés du Président yéménite Rabbu Mansour Hadi, qui a fui vers l’Arabie saoudite en plein milieu de la guerre civile de son peuple.

Mais à travers les années Obama, tout était silencieux sur le front yéménite dans le royaume officiel et son porte-parole médiatique sur la cible voulue des infrastructures civiles vitales ; les écoles et les hôpitaux, les mariages et les funérailles. Lors de funérailles à Sana, en octobre dernier, une frappe saoudienne a tué 114 civils. Avant le la bombardement du Yémen ne commence, le gang Obama imposa des sanctions et des blocus au Yémen – tout ceci sans aucune résolution du conseil de sécurité de l’ONU ou aucune volonté d’adhérer aux lois internationales. Le directeur de «  Save the children » au Yémen a remarqué récemment :

«  Même avant la guerre, des dizaines de milliers d’enfants yéménites mouraient de causes évitables. Mais maintenant, la situation est pire et on estime à 1000 le nombre d’enfants mourant chaque semaine de causes évitables comme les diarrhées, la malnutrition, ou les infections respiratoires. »

En ce qui concerne la politique internationale, ce « raciste » n’est pas différent du  « post-raciste ». Les planificateurs de Trump mettent le Yémen sur la carte mais uniquement afin de l’utiliser comme trique afin de frapper sur l’Iran. Au Yémen, ils sont supposés se préparer à accroître les interventions de drones d’Obama, sa fameuse «  liste tueuse », accentuant le rôle des USA dans la guerre civile et cherchant à s’engager plus directement. En prenant le Yémen comme exemple, il devient clair qu’à la fois les libéraux et le président antilibéral considèrent le business de l’armement comme une industrie nationale. Les deniers mots d’Obama dans son poste ont exalté la soi-disant invincibilité des prouesses militaires américaines. Le 22 décembre a posté sur Twitter : « Les Etats-Unis doivent renforcer et étendre son potentiel nucléaire d’une façon importante jusqu’à ce que le monde devienne raisonnable en ce qui concerne le nucléaire. »

Il n’y aura pas de retranchement de la belligérance  sous Trump. Dans les premières suites de sa nomination, le Président Trump a dirigé son Secrétaire de la Défense James Mattis vers :

« L’initiation d’une nouvelle posture nucléaire afin d’assurer aux USA un équipement nucléaire dissuasif moderne, robuste, flexible, résilient, prêt à l’usage et conçu d’une façon appropriée afin de repousser les menaces et de réassurer nos alliés. »

Lors de sa première visite au Pentagone, le Président a signé un mandat exécutif appelant à l’expansion de l’armée américaine, y compris de son arsenal nucléaire, afin qu’elle soit prête pour la guerre avec ses “ compétiteurs proches”, comprenez la Chine et la Russie. « Je signe un mandat exécutif afin de commencer à reconstruire les services armés des Etats-Unis. » a-t-il dit au Pentagone pendant cette signature.

Ainsi le complexe militaro-industriel fût-il rassuré après avoir perdu son candidat favori, Hillary Clinton. Ainsi le rapporte le New York Times, le Pentagone lui-même, anticipant les directives de Trump à Mattis et la signature du mandat exécutif avait préparé des «  options classifiées » afin d’accroître l’usage des forces d’opérations spéciales, d’augmenter le nombre des troupes en Irak et en Syrie et d’augmenter la délégation d’autorité de la Maison Blanche au Pentagone et aux autorités de terrain. Les «  Options classifiées » comprennent l’armement des Kurdes syriens pour la bataille attendue de Raqqa, sur un schéma évident d’inclusion entre la Turquie et la Russie dans leur rapprochement tardif à propos d’un «  changement de régime » en Syrie

 

Il existe des indications que, contrairement à l’aversion affirmée par Trump pour les  « changements de régime » ; Iran devienne la nouvelle Syrie. A la suite des tests ballistiques des missiles de moyenne portée le 30 janvier, le Conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a commencé une campagne de belligérence verbale, de désinformation et de mensonges contre l’Iran. Dans une déclaration, Flynn a déclaré que :

« Le récent lancement de missiles est une attaque contre le conseil de résolution de a Sécurité des Nations unies 2231, qui demande à l’Iran de n’entamer aucune activité liée aux missiles balistiques supposée être capable de transporter des armements nucléaires, y compris des lancements utilisant d’une façon importante de la technologie de missiles balistiques. »

Cette une grossière distorsion du test iranien sur ses missiles. La résolution de 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies interdit à l’Iran le développement de missiles pouvant transporter des têtes nucléaires mais cette résolution ne mentionne rien qui empêche l’Iran de développer ses propres capacités de défense. Les missiles testés en janvier n’avaient aucune capacité de porter des têtes nucléaires. L’Iran  n’a pas violé la Résolution 2231.

La distorsion de la représentation donnée par Flynn à propos des missiles iraniens murmure la mélodie concoctée par Bush et les néo-cons sur l’organisation de l’invasion fatale de l’Irak, prétendant que Saddam Hussain avait des armes de destruction massive. Ce mensonge a coûté un million de morts à l’Irak, le dessin et la division de l’intégrité de la politique irakienne, des réfugiés internes et externes par millions.

D’une façon inquiétante, Flynn termine son propos ave c une menace : « A partir d’aujourd’hui, nous mettons officiellement l’ Iran sur la liste rouge. » .  A la suite vinrent les  sanctions visant 25 personnes et entreprises connectées avec le programme de missiles de l’Iran, y compris des Chinois et leurs compagnies.

En conclusion, il me semble difficile d’envisager les raisons d’agir du gang militaire à DC. Des objectifs à long terme semblent partagés : les moyens pour la domination globale des USA par l’économie et les militaires. Et ce qui semble la pomme de discord est la façon de dominer l’opinion publique américaine. La guerre s’appuie sur une réthorique. Les valeurs libérales versus les valeurs populistes. C’est pourquoi ils luttent pour le contrôle sur l’esprit du public. Il ne devrait s’       abandonner à auxcun de ces moyens de persuasion. Il est possible que la seule ligne optimiste dans l’ascension de Trump soit la résurgence potentielle et le renforcement de la résistance populaire.

 

Luciana Bohne est co-fondatrice de Film Criticism, un journal d’étude cinématographique, et enseigne à l’Université Edingorg en Pennsylvanie. Elle peut être jointe à : lbohne@edinboro.edu

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Advertisements

TTIP: la clef pour un commerce plus libre ou pour l’avidité des entreprises ?

TTIP: the key to freer trade, or corporate greed?

The Guardian

 

Cet article du Guardian fait le point sur la situation des négociations du TTIP. Il privilégie évidemment la position du Royaume-Uni mais les points les plus importants de ce traité sont les mêmes pour les travailleurs de l’UE que de la Grande Bretagne.  Cette année s’annonce décisive pour la signature d’un gigantesque piège néo-libéral qui donnera aux USA une marge de manoeuvre commerciale sans précédent au dépend de règles environnementales et productrices comme des codes du travail européen. En un temps où plus que jamais doivent être privilégiés le commerce de proximité et la mise en valeur des productions de petites et moyennes entreprises, cet accord censé ouvrir le marché transatlantique est une porte sur le libre-échange envisagé sur le mode de la déréglementation et de l’empire des multinationales sur les états et les peuples. EG

 

 

Certains disent que les accords commerciaux EU/US qui pourraient être conclus cette année ouvriront les marchés et promouvront la croissance. (GB) D’autres craignent qu’ils ne baissent les salaires et promeuvent la privatisation.

 

3500

Des commerciaux du Chicago Mercantile Exchange : le libre-échange avec l’Europe fait partie de la stratégie de croissance d’Obama. Photograph: John Gress/REUTERS

Phillip Inman

Samedi 2 Janvier 2016  11.00 EST Modifié Samedi 2 Janvier 17.00 EST

L’huile d’olive américaine bon marché pourrait, dans quelques années figurer sur les étagères des supermarché aux côtés des variétés toscanes uniques appréciées des gastronomes anglais. Á présent, un tarif prohibitif sur les importations US  place leur prix hors de portée.

Mais un accord commercial révolutionnaire pourrait faire baisser les tarifs de 2280 euros la tonne d’huile d’olive à 46 euros pour s’adapter au coût de 46 euros que les US  appliquent su leurs importations en provenance d’Europe. Ou ces mêmes tarifs pourraient disparaître complètement. De toutes les façons, les producteurs d’olive grecs, espagnols ou italiens doivent craindre le TTIP, un accord qui tend à créer un champ identique entre eux et la production agro-industrielle massive des USA.

Les accords commerciaux ont été considérés autrefois comme la panacée pour la pauvreté mondiale. En 1990, l’Organisation mondiale du commerce (World Trade Organisation) a été créée afin d’harmoniser les régulations frontalières sur tout, des voitures aux produits pharmaceutiques et de baisser les tarifs de façon à promouvoir la libre circulation des biens et des services autour du monde.

Il demeure la crainte que, loin d’être une formule gagnante pour tous, des tarifs bas favorisent les riches et les puissant et crucifient les petits producteurs   qui lutteront pur survivre dans un environnement non protégé.

Les effets du Nafta ( North American Free Trade Agreement) signé  par les US, le Mexique et le Canada en 1993 semblent justifier cette crainte : st devenu ces dernières années une cause célèbre pour les campagnes anti-pauvreté, exaspérés par la situation critique des travailleurs mexicains. Non seulement ont-ils été soumis à des salaires bas et à des conditions de travail très dures par les entreprises américaines récemment relocalisées – et, en tant que consommateurs au pouvoir de marketing incessant de Walmart, Coca Cola et autres. Mais les bénéfices  parallèles majeurs sur la corruption demeurèrent illusoires.

Cette année, les US espèrent signer ce que beaucoup considèrent comme le successeur direct du Nafta, le TTIP. Si il obtient le feu vert du Congrès et de la Commission européenne, les accords seront un traité bilatéral entre l’Europe et les USA et, tout comme pour le Nafta avant lui, en dehors des compétences d’une Organisation mondiale du commerce dans l’impasse. Ses supporters dissent qu’il sera une amélioration sur son prédécesseur parce que ces principaux défenseurs sont un Président des Etats-Unis libéral et une Commission européenne qui se considère comme préoccupée par les travailleurs et les consommateurs.  Pourquoi, demande la Commission  28 états-membres  relativement influents, ayant des inquiétudes à l’égard du haut taux de chômage, de l’aide sociale et du changement climatique se mettraient-ils d’accord pour mettre en cause les droits des travailleurs, attaquer les services publiques ou réduire les réglementations environnementales ?  Le TTIP est aussi conçu comme un accord entre égaux qui autorisera les deux parties à promouvoir le commerce : il est dit que le salaire de base de la Grande-Bretagne pourrait augmenter de 4 à 1O livres par an, ou jusqu’à 100 livres sur dix ans.  Montant correspondant à 0.3 % d’augmentation du PIB, qui aurait fait passer la croissance attendue pour cette année de 2.4% à 2.7%.

3712

Une manifestation anti-TTIP à Berlin cette année.  Photographe : Wolfram Steinberg/EPA

Mais cela déclenche des peurs dans de nombreux cœurs, qui croient qu’il s’agit là d’un cheval de Troie pour les entreprises rapaces.  Celles-ci, voulant à tout prix faire baisser les coûts afin d’augmenter la valeur des actions, seront la fin des états providence confortables et de leur capacité à protéger les industries débutantes ou, dans le cas de l’acier et du charbon,  précipitant les industries dans la dure réalité de la compétition ouverte. Le TTIP a été comparé à l’abolition de la Loi sur le blé de 1846, qui a ou bien balayé les tarifs protectionnistes et appauvri des millions de travailleurs ou protégé une source vitale de nourriture et amené Karl Marx à demander :  « Qu’est ce que le libre-échange dans une société qui présente ces conditions ? » et sa réponse fût : « C’est la liberté qu’a le capitalisme d’écraser les travailleurs. » Est-ce le cas pour le TTIP ?

Ci-dessous cinq éléments fondamentaux à prendre en considération :

Santé et services publics

Á partir du moment où le TTIP est devenu part de la stratégie de croissance économique du Président Obama, les critiques ont craint  qu’il n’ait pas bien réalisé pas la volonté d’expansion des compagnies de services de santé ou qu’il ait été trop distrait pour y prendre garde. Les inquiétudes sont liées à la perspective des pays de l’EU, sous la pression de l’augmentation du coût des soins, offrant des parties majeures des clauses de santé au secteur privé. Une fois les services de santé aux mains du secteur privé, disent les critiques, les règles de fonctionnement du TTIP les empêcheront d’être remises sous le contrôle de l’état.  Depuis que ces craintes ont été formulées, les négociateurs du traité ont exclu les clauses qui auraient permis aux firmes de poursuivre les gouvernements pour la perte des contrats de services de soins et de santé à leur expiration.  Ceci permet au système de franchise du rail en Grande Bretagne ainsi que la sous-traitance des services de santé de se poursuivre  dans le cadre de contrats à durée limitées.

Mais l’industrie médico-pharmaceutique américaine, qui est la plus grosse au monde, regarde les luttes européennes pour  négocier avec les besoins d’une génération de baby-boomers  vieillissante comme mûres pour la cueillette. Pour cette seule raison, la sous-traitance de la distribution des médicaments, la fourniture d’équipements médicaux et l’offre de services de soins pourrait se révéler irrésistible.

Résolution des différends.

Une facette peu connue de tous les accords commerciaux est la forme séparée d’arbitrage commercial couverte par un accord, permettant ainsi d’éviter les cours civiles. En tant que tel le investor-state dispute settlement (ISDS) donne aux investisseurs étrangers le pouvoir de poursuivre les gouvernements qui introduiraient des législations pouvant nuire à leurs investissements. Cela a été fameusement utilisé par les compagnies du tabac pour poursuivre le gouvernement australien lorsqu’il a introduit l’emballage neutre des cigarettes. Avant et après le scandale, d’autres gouvernements ont été provoqués légalement par les entreprises préoccupées par des réformes qui leur retiraient des sources de revenus.

Au printemps 2014, le représentant des Nations unies et avocat des droits humains Alfred de Zayas  a appelé à un moratoire sur les négociations du TTIP jusqu’à ce que l’ISDS soit exclu. Il a averti que les tribunaux des cours secrètes  sensées légiférer étaient considérés  comme antidémocratique.  Leur usage d’un petit groupe de juristes spécialisés  signifie également que les arbitres présents pour le jugement sont les mêmes que ceux qui, à d’autres moments représentent les entreprises clientes.

De Zayas craint que les plus petits états ne se trouvent dans la même position que de nombreux gouvernements dans les différends commerciaux, victimes de contraintes légales énormes  et de longs délais pour les réformes de politique publique. Il est rejoint dans sa mission par des ONGs et , plus important, par des Parlementaires de Strasbourg. Comme première concession, les USA se sont mis d’accord pour que les compagnies écrans – celles qui existent uniquement par leur nom sans employés ou activité- n’ait pas le droit de poursuivre un gouvernement. Ceci afin d’éviter la réplique de l’incident australien quand le bras ukrainien de la firme de tabac Philip Morris, effectivement compagnie écran, a conduit les attaques contre l’emballage neutre.

3550

 La Commissaire européenne  Cecilia Malmström a proposé la création d’une cour internationale d’arbitrage des différends d’investisseurs.  Photographie : Emmanuel Dunand/Getty

De nombreux politiciens de l’Union européenne disent que cette concession était trop facile à détourner, laissant aux trusts dans une position puissante. Le négociateur en chef de l’Europe, la Commissaire suédoise Cecilia Malmström, a donc mis au point un schéma de cour internationale d’arbitrage – un forum ouvert publiquement à la place de la cour privée.  Même ses critiques ont dit que c’était un changement audacieux et qu’il allait probablement être inacceptable pour les Américains.

Washington  a répondu par une proposition d’une cour ISDS plus transparente, avec des sessions  filmées et la publication de tous les documents. Pas assez, a dit Zayas, qui a écrit récemment : « Hélas, des publications innombrables d’ISDS ont montré un biais favorable à  l’industrie qui choque les consciences. Dans la mesure où les procédures ne sont pas transparentes, les arbitres ne sont pas toujours indépendants et l’annulation de la procédure est pratiquement inutile, L’ISDS devrait être aboli  comme incompatible avec l’article 14(1) de l ‘ICCPR [International Covenant on Civil and Political Rights] qui exige que toute poursuite pénale soit décidée par des tribunaux indépendants et compétents selon l’état de droit.  Les deux parties ont encore à discuter officiellement chacune des propositions : dans le cadre des pourparlers entre les US et le Japon, et l’UE et le Canada, cette question avait à peine été mentionnée, mais elle est supposée maintenant être la plus litigieuse. »

Régulations

Michael Froman, le négociateur en chef des US, a décrit la tâche d’harmonisation des régulations comme suit : «Pendant des années les US et l’UE ont accepté leurs propres inspections des avions parce qu’il était évident qu’ils ne pourraient pas contrôler chaque avion dans leur juridiction. Nous cherchons à étendre cette pratique à d’autres domaines.»

Donc, comment Froman pourra-t-il appliquer ceci au fait que les voitures américaines seront encore équipées d’une conduite à gauche, limitant leur usage sur les routes britanniques ?

Il argumente que le coût des voitures importées, le développement et les tests peuvent malgré tout bénéficier d’une régulation harmonisée de chaque côté de l’Atlantique.  Cependant il n’y a rien que les régulateurs de l’alimentation outre-Atlantique apprécieraient moins que d’accepter que la nourriture conditionnée soit testée par des  représentants officiels de l’EU ayant échoués à identifier le scandale de la viande de cheval.   Et les régulateurs européens  ont le devoir de rejeter les aliments contenant des OGMs après des manifestations prolongées organisées par les consommateurs dans un conflit direct avec les agriculteurs US.  Washington affirme qu’elle acceptera la science quand elle s’applique aux régulations qui supportent les aliments GM acceptés par l’UE en tant que partie du TTIP, tout comme ils font partie des accords de la WTO ( Organisation mondiale du commerce).

Tarifs

Se passer de tarifs semble un processus simple compare au fait de s’attaquer à des régulations complexes. Avec le TTIP, les tarifs des marchandises et des services vont disparaître, bien qu’il soit envisagé que certains soient seulement réduits  et que d’autres mettent des années à suivre le cour de l’histoire..

Sous le Trans Pacific Partnership (TPP) récemment signé mais pas encore mis en œuvre, entre les US, le Japon, l’Australie, le Vietnam et d’autres pays de l’est asiatique, tous les produits, du porc aux véhicules, sont couverts.

Un bon exemple du temps nécessaire aux tarifs pour baisser est celui de la taxe appliqués aux véhicules japonais vendus aux US, s’élevant à 2,5%  : elle sera d’abord progressivement baissée 15 ans après que les accords aient pris effet, réduite de moitié dans 20 ans et éliminée dans 25 ans. En échange, le Japon devra, parmi d’autres choses, baisser ses tarifs sur la viande de boeuf importée  de 38.5% à 9% sur 16 ans. Un programme identique pourrait être possible avec le TTIP, avec les tarifs de l’huile d’olive baissés sur 25 ans.

Code du travail et droits des travailleurs

Les syndicats japonais ont supporté les transactions du TTP et on attend que les syndicats européens suivent le TTIP. Ils acceptent que les règles du travail soient laissées en dehors d’un accord et que leurs gouvernements puisse donc continuer  à mettre en œuvre  la législation sur le salaire minimum et d’autres mesures  de soutien sans être sanctionnés.

Mais les syndicats, où ils existent, tendent à représenter les travailleurs dans les industries prospères,  qui accueillent favorablement l’accès à de plus larges marchés. Les travailleurs de zones plus faibles de l’économie pourraient voir mis sous pression leurs emplois pour l’harmonisation des régulations, les tarifs plus bas ou simplement l’exposition à des rivaux US  dont l’éthique professionnelle dénie aux employés plus de deux semaines de congés par an.  Le TTIP est important pour le gouvernement  britannique parce que les US sont le deuxième marché pour les biens de consommation et les services après l’UE. Il est considéré comme particulièrement important pour les petites et moyennes industries, qui apprécient l’absence de barrière langagière. La grand Bretagne a aussi un surplus commercial avec les US : nous exportons plus que nous importons, ce qui aide à contrebalancer l’énorme déficit commercial du pays.   L’élan est tel derrière les pourparlers  qu’un accord pourrait être conclu à la fin de l’année et être soumis au Congrès et au Parlement européen en 2017. Mais le conflit à propos de l’ISDS et les protestations de agriculteurs pourraient  annuler les espoirs d’Obama sur les vents d’huile d’olive.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L’Âge de l’Ignorance Charles Simic

L’âge de l’ignorance par Charles Simic

 GettyImages_120985189_jpg_600x420_q85
Chip Somodevilla/Getty Images  Fairgoers cheer for Sarah Palin while she appears on the Sean Hannity Show at the Iowa State Fair, August 12, 2011

 By Charles Simic in The New York Review of Books

 

Une ignorance diffuse frôlant l’idiotie est devenue notre nouvel objectif national. Il est vain de prétendre le contraire et de nous dire comme Thomas Friedman l’ a fait  dans le Times il y a quelques jours, que les individus cultivés représentaient la ressource nationale la plus précieuse. Bien sûr qu’ils le sont mais qui veut encore d’eux ?

Il ne me semble pas que  nous les désirions ? Le citoyen idéal d’un état corrompu politiquement, comme celui dans lequel nous vivons maintenant est un abruti naïf, incapable de discerner la vérité de l’amas de conneries.

A une population éduquée, correctement informée, de celle qu’une démocratie qui fonctionne nécessite, il serait difficile de mentir, et elle ne pourrait pas être menée par le bout du nez par les intérêts acquis divers se déchaînant dans ce pays.  La plupart de nos hommes politiques, leurs conseillers et leurs lobbyistes se retrouveraient sans emploi, de même que les moulins à paroles qui se font passer pour nos faiseurs d’opinions.  Heureusement pour eux,rien d’aussi catastrophique, bien que parfaitement mérité et largement bienvenu, n’a la moindre chance de se produire dans un futur proche. Tout d’abord, il y a plus d’argent à se faire avec les ignorants qu’avec les clairvoyants et la déception des Américains reste une des rares industries locale en croissance qui nous reste dans ce pays. Une populace éduquée serait fâcheuse, à la fois pour les politiciens et pour le business.

Il a fallu des années d’indifférence et de stupidité pour nous faire accéder au niveau d’ignorance où nous sommes maintenant. Qui que ce soit qui ait enseigné à l’université comme je l’ai fait pendant les dernières quarante années peut confirmer comme les étudiants sortant du lycée  en savent chaque année de moins en moins.  Tout d’abord, c’était choquant mais cela ne surprend plus aucun enseignant de constater comment les gentils et impatients jeunes gens inscrits dans nos classes n’ont pas la capacité de comprendre la plupart du matériel enseigné.  Enseignant la littérature américaine, comme je l’ai fait, est devenu de plus en plus dur durant ces dernières années, parce que les étudiants lisent très peu de littérature avant de venir à l’université et manque souvent des informations historiques les plus basiques sur la période où le roman ou le poème fût écrit, y compris quelles idées ou questions essentielles occupaient l’esprit de l’époque.

Même l’histoire régionale s’est faite expédiée sans ménagements. Des étudiants originaires des vieilles villes industrielles de la Nouvelle Angleterre, comme je l’ai découvert, n’ont jamais entendu parlé des grèves fameuses de leur communautés dans lesquelles des travailleurs furent abattus de sang-froid, laissant les responsables s’en tirer sans aucune sanction. Je ne fus pas surpris que leur lycée soit soucieux à l’idée d’évoquer le sujet mais j’ai été surpris que leurs parents ou leur grands -parents, ou qui que ce soit en contact avec eux lors de leur croissance n’ait jamais mentionné ces exemples d’injustice foncière. Ou bien les familles n’évoquent-elles jmais le passé ou bien les enfants n’y prêtent pas garde lorsqu’elles le font. Quelle que soit la cause, nous sommes confrontés avec le problème de la soultion à apporter à leur vaste ignorance face à des choses avec lesquelles ils devraient déjà être familier comme des générations d’étudiants avant eux l’étaient.

Si cette absence de connaissances est le résultat d’années de nivellement par le bas des programmes du secondaire et de familles qui ne parlent pas à leurs enfants du passé, il se présente une autre forme pernicieuse d’ignorance à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Il s’agit du produit d’années de polarisation idéologique et politique et d’efforts délibérés déployés par les partis les plus fanatiques et intolérants dans ce conflit pour le façonnage de plus de cette ignorance à laquelle nous sommes confrontés, en mentant à propos de nombreux aspects de notre histoire ainsi que de notre passé récent. Je me souviens avoir été stupéfait il y a quelques années lorsque j’ai lu que la majorité des Américains avaient répondu aux sondages que Saddam Hussein était derrière les attentats du 11 Septembre. Cela m’a étonné comme une prouesse de propagande dépassant les pires régimes totalitaires du passé- beaucoup d’entre eux ayant eu a à utiliser les camps de travail et les pelotons d’exécution afin de forcer le peuple à croire ces mensonges sans obtenir un succès comparable.

Aucun doute, Internet et le câble ont permis à divers intérêts politiques et corporatistes de disséminer la désinformation à une échelle impossible à atteindre auparavant mais que cela soit cru demande une population mal éduquée, inhabituée à vérifier les sources de ce qui lui est soumis.  Où donc ailleurs sur terre un président qui sauve les trusts bancaires de la banqueroute avec l’argent des contribuables et autorise les autres à perdre 12 mille milliards d’investissement, de retraite et de valeurs immobilières serait-il appelé un socialiste ?

Dans le passé, lorsque quelqu’un ne savait rein et disait des idioties, personne ne prêtait attention à lui. Plus maintenant; maintenant de tels individus sont courtisés et flattés par les politiciens conservateurs et les idéologues, comme les “Véritables Américains”  défendant leur pays contre l’appareil d’état et l’élite libérale cultivée.  La presse les interviewe et reporte leur opinions avec beaucoup de sérieux sans jamais pointer l’imbécillité de leurs croyances.  Les baratineurs, qui les manipulent pour leur pouvoir financier puissant, savent qu’ils peuvent faire croire n’importe quoi parce que pour l’ignorant et le sectaire, les mensonges sonnet toujours plus juste que la vérité :

 

Les Chrétiens sont persécutés dans ce pays.
Le Gouvernement va nous enlever nos armes.
Obama est un Musulman.
Le réchauffement climatique est un canular
Le Président oblige à la pratique de l’homosexualité dans l’armée.
Les écoles élaborent des programmes de gauche.
La Sécurité Sociale est un programme identique à l ‘aide sociale.
Obama hait les Blancs.
La vie sur terre est vieille de dix mille ans, tout comme l’univers.
La Sécurité Sociale contribue à la pauvreté.
Le Gouvernement prend votre argent et le donne à des femmes universitaires  folles de sexe pour payer le coût de leur contraception.

Nous pourrions ajouter de nombreux lieux-communs illusoires crus par les Américains à cette liste. Ils sont maintenus en circulation par des centaines d’hommes politiques de droite et par les médias religieux dont la fonction est de fabriquer une réalité alternative pour leur spectateurs et leurs auditeurs. ” La stupidité est parfois la plus grande des forces historiques” dit un jour Sidney Hook. Sans aucun doute.  Ce à quoi nous assistons dans ce pays est à la rébellion des esprit bornés contre l’intellect. C’est une des rasions pour lesquelles ils aiment tant les hommes politiques qui pestent contre les enseignants de ce pays endoctrinant leurs enfants à l’encontre des valeurs de leurs parents et en veulent à ceux qui montre l’habilité à penser sérieusement et indépendamment. Mais en dépit de leur  bravade, on peut toujours compter sur ces idiots pour voter contre leur propres intérêts.  Et ça, à mon avis, est la raison pour laquelle des millions sont dépensés pour maintenir mes compatriotes dans leur ignorance.

20 Mars 2012. 10.55 am
Document proposé par R.C. NYS
Traduction Elisabeth Guerrier

Quelle sécurité l’armée US et les services extérieurs assurent-ils ?

Le travail de Noam Chomsky permet de toujours remettre les faits et actions politiques dans un contexte plus large, l’histoire d’une idéologie de l’impérialisme américain et des choix qu’elle impose au monde.  Nous pouvons ainsi suivre à la trace les véritables préoccupations politiques derrière les principes affichés de maintien de la paix et de la sécurité à travers le monde. Nous pouvons aussi constater que la présence de tous les régimes dictatoriaux, religieux extrémistes ou non, ont tous eu l’aval et le soutien militaire et financier des différents gouvernements qui se sont succédés. La raison sous-jacente à cette apparente absurdité dans la désignation des ennemis trouve dans le texte ci-joint son éclairage et sa rationalité. EG

Quelle sécurité l’armée US et les services extérieurs assurent-t-ils?

Common Dreams

Par  Noam Chomsky

 

chomsjy

Soldats américains participant au déclenchement d’un incendie reel lors d’un entrainement de l’OTAN en Allemagne. (Photo: flickr / cc / MATEUS_27:24&25)

 

La question de savoir comment est déterminée la politique étrangère est un point crucial dans le monde des affaires. Dans le commentaire qui suit, je ne peux fournir que quelques entrées sur la façon dont le sujet peut être envisagé productivement, m’en tenant aux USA pour plusieurs raisons. La première, les USA n’ont pas leur pareil en ce qui concerne leur signification mondiale et leur impact. La deuxième, c’est une société inhabituellement ouverte, d’une façon vraisemblablement unique, ce qui signifie qu’on peut en savoir plus à cet égard. Et enfin, et c’est tout simplement un point le plus important pour les Américains, ils sont à même d’influencer les choix politiques des USA – et bien entendu des autres pays, pour autant que leurs actions puissent influencer de tels choix. Les principes généraux, malgré tout, s’étendent aux puissances  principales et bien au-delà.

 

Il y a une “ version communément acceptée” par les universitaires, les déclarations gouvernementales et le discours publique. Elle suppose que le premier engagement des gouvernements est d’assurer la sécurité et que la première préoccupation des USA et de ses alliés depuis 1945 a été la menace soviétique.

Il y a de multiples façons d’évaluer la doctrine. Une question évidente à poser est la suivante : Que s’est-il passé lorsque la menace soviétique a disparu en 1989 ? Réponse : tout a continué comme avant.

Les USA ont immédiatement envahi Panama, tuant probablement des limiers de personnes et installant un régime de potiches. C’est une pratique de routine dans les territoires dominés par les USA- mais dans ce cas précis pas complétement la routine. Pour la première fois, un choix majeur de politique étrangère ne se justifiait pas par la prétendue menace russe.

A sa place, une série de prétextes frauduleux furent concoctés pour l’invasion qui cèdent immédiatement à l’examen. Les médias ont carillonné avec enthousiasme, louant la merveilleuse réussite qu’était la défaite de Panama, peu inquiet du fait que les prétextes étaient absurdes, que l’acte lui-même était une violation radicale des lois internationales et qu’elle était amèrement condamnée ailleurs, le plus sévèrement surtout en Amérique du Sud. Comme fut ignoré le veto des USA sur une résolution du Conseil de Sécurité  condamnant les crimes commis par les troupes américaines pendant l’invasion, voté à l’unanimité, avec comme seule abstention la Grand Bretagne.

Tout ça de la routine ? Et tout ça oublié ( ce qui fait aussi partie de la routine)

 Du Salvador à la frontière russe.

L’administration de George H. Bush élabora une nouvelle politique de sécurité nationale et un budget de la défense en réaction à la chute de l’ennemi global. Il s’agissait à peu près du même que précédemment bien qu’avec de nouveaux prétextes. Il apparut donc nécessaire de maintenir un appareil militaire presque aussi important que celui du reste du monde regroupé et beaucoup plus avancé sur le plan de la sophistication technologique- mais plus pour le défense contre une menace non existante de l’Union Soviétique. Maintenant, plutôt, l’excuse se porta sur l’escalade de la «  sophistication technologique » des pays du Tiers Monde. Les intellectuels disciplinés comprirent qu’il aurait été de mauvais goût de basculer dans le ridicule, aussi maintinrent-ils un silence adéquat.

Les USA, insistaient les nouveaux programmes, devaient maintenir la « base d’une défense industrielle ». La phrase est un euphémisme, se référant généralement à l’industrie high-tech qui repose lourdement sur ses interventions importantes de l’état pour la recherche et le développement, souvent sous la couverture du Pentagone, dans ce que les économistes continuent de nommer l’ « économie du libre-échange » américaine.

Un des plus intéressants approvisionnements du nouveau plan concernait le Moyen Orient. Là, déclara-t-on, Washington devait maintenir des forces d’interventions dans cette région cruciale où les problèmes majeurs n’ « auraient pas pu être déposés à la porte du Kremlin ». Contrairement à cinquante années de tromperie, il était calmement concédé que le souci principal n’était pas les Russes mais plutôt ce qui fût nommé le «  nationalisme radical », c’est-à-dire le nationalisme indépendant n’étant pas sous le contrôle des US.

Tout ceci avait des incidences évidentes sur la version standard mais est passé inaperçu- ou peut-être est passé inaperçu pour cette même raison.

D’autres évènements importants se sont produits juste après la chute du mur du mur de Berlin, achevant la guerre froide. Une d’entre elles fut le Salvador, le principal destinataire de l’aide militaire des USA – Israël et l’Egypte mis à part, catégorie séparée. Et avec l’un des pires records de violations des droits de l’homme jamais vu. Il y a là une et familière très proche corrélation.

Le Haut commandement du Salvador ordonna à la brigade Atlacat d’envahir l’Université des Jésuites et d’assassiner six leaders parmi les intellectuels d’Amérique du Sud, tous les Jésuites, y compris le recteur Frère Ignacio Ellacuria ainsi que tous les témoins, c’est-à-dire, le personnel domestique et leur fille. La Brigade venait juste de revenir d’un entrainement anti insurrectionnel poussé au Centre et à l’Ecole Militaire Spéciale de l’armée US John F. Kennedy de Fort Bragg, en Caroline du Nord et avait déjà laissé derrière elle la trace sanglante de milliers de victimes habituelles dans le cadre de la campagne de terreur menée par les US au Salvador, une partie d’un programme plus étendu de  terreur et de torture sur toute la région.  Tout ça, juste la routine ? Ignorée et virtuellement oubliée  par les USA et leurs alliés, ceci aussi routine. Mais qui nous en dit long sur les facteurs qui mènent les choix politiques, si nous prenons la peine de regarder le monde réel.

Un autre évènement important se produisit en Europe. Le Président de L’URSS Mikhail Gorbatchev accepta l’unification de l’Allemagne et son adhésion à l’OTAN, une alliance militaire hostile. A la lumière de l’histoire récente était une concession surprenante. Mais il y eu un quiproquo. Le Président Bush et le Secrétaire d’Etat James Baker agréèrent que l’l’OTAN ne s’étendrait pas «  d’un pouce vers l’Est », ce qui signifiait en Allemagne de l’Est. Immédiatement, ils étendirent l’OTAN en Allemagne de l’Est.

Gorbachev se sentit évidemment outragé, mais comme il se plaignit on lui fit savoir de Washington que ça n’avait été qu’une promesse verbale, un accord informel, donc sans réelle valeur. Si il avait été assez naïf pour faire confiance à la parole des leaders américains, c’était son problème.

Tout ceci également, routine, routine, tout comme l’accord tacite et l’approbation de l’expansion de l’OTAN dans les US et dans l’Ouest en général. Le Président Bill Clinton étendit donc l’OTAN un peu plus loin, jusqu’aux frontière de la Russie. A l’heure actuelle, le monde fait face à une crise sérieuse qui n’est pas sans lien avec le résultat de ces politiques.

 

L’intérêt de piller les pauvres.

Une autre source de preuves sont les documents historiques rendus publiques. Ils contiennent des comptes rendus révélateurs sur les motifs qui guident la politique d’état. L’histoire est riche et complexe, mais quelques thèmes jouent un rôle dominant. Un d’eux a été clairement présenté lors d’un conférence de l’hémisphère occidental organisée par les US à Mexico en Février 1945 où Washington  imposa «  Une charte économique des Amériques » destinée à éliminer le nationalisme économique «  sous toutes ses formes ». Il y avait une condition non évoquée. Le nationalisme économique serait tout à fait convenable pour les USA dont l’économie s’appuie considérablement sur les aides de l’état.

L’élimination du nationalisme économique pour les autres se situait dans une stricte opposition avec les positions de l’Amérique Latine de l’époque que les membres du Département d’Etat décrivirent comme «  la philosophie du Nouveau Nationalisme [qui] comprend des politiques tendant à produire une distribution des richesses plus large et à élever les standards de vie des masses ». Et comme ajoutent les analystes US «  Les Américains du Sud sont convaincus que les premiers bénéficiaires du développement des ressources de leur pays devraient être les peuples de ces mêmes pays. »

Ceci, bien sûr n’est pas pensable. Washington comprends que les «  premiers bénéficiaires » devraient être les investisseurs américains, pendant que l’Amérique Latine remplit ses fonctions de service. Elle ne devrait pas, comme l’ont clairement précisé les administrations Truman et Eisenhower, subir « un développement industriel excessif » qui risquerait d’empiéter sur les intérêts américains.. Le Brésil pourrait donc produire de l’acier de basse qualité dont  les corporations américaines ne se soucient pas, mais cela deviendrait «  excessif » s’il en venait à rentrer en compétition avec les firmes américaines.

Des préoccupations identiques ont résonné tout au long de la période de l’après-guerre. Le système global supposé être dominé par les USA était menacé par ce que les documents nomment «  les régimes radicaux et nationalistes » répondant à la pression populaire en vue d’un développement indépendant. C’est cette préoccupation qui a motivé le renversement des parlements iraniens et guatémaliens en 1953 et 1954, ainsi que de nombreux autres. Dans le cas de l’Iran, le souci principal était l’impact potentiel de l’indépendance iranienne sur l’Egypte, alors en train de se débattre avec les pratiques coloniales britanniques. Au Guatemala, mis à part le crime commis par cette jeune démocratie en donnant du pouvoir à la majorité paysanne et en débordant sur les possessions de l’United Fruit Company » – déjà bien assez offensive- les inquiétudes de Washington portaient sur l’agitation ouvrière et la mobilisation populaire dans le voisinage des régimes dictatoriaux soutenus par les USA.

Dans les deux cas, les conséquences se font sentir au présent. Littéralement, pas un jour ne s’est écoulé depuis 1953 où les USA n’aient pas torturé le peuple iranien. Le Guatemala demeure une des pires chambres de l’horreur au monde. Jusqu’à maintenant, les Mayas cherchent à fuir les effets des campagnes militaires gouvernementales, proches du génocide dans les régions montagneuses, qui ont été soutenues par les Président Reagan et ses représentants officiels. Comme l’a rapporté récemment  le Directeur d’Oxfam, un médecin guatémaltèque : «  Il y a une détérioration dramatique du contexte politique, social et économique. Les attaques contre les défenseurs des Droits de l’Homme ont augmenté de 300% durant l’année dernière. Il y a des preuves très claires de l’existence d’une stratégie organisée par le secteur privé et par l’armée. Les deux ont mis main basse sur le gouvernement de façon à maintenir le statu quo  et d’imposer le modèle économique d’extraction, repoussant systématiquement les populations indigènes hors de leurs terres à cause de l’industrie des mines, de la culture des palmes et des plantations de canne à sucre. En plus, les mouvements sociaux pour la défense de leurs terres ont été criminalisés, beaucoup de leaders sont en prison et beaucoup d’autres ont été tués. »

Rien de ceci n’est connu aux USA et les causes les plus évidentes restent cachées.

Dans les années 1950, le Président Eisenhower et le Secrétaire d’Etat John Foster Dulles expliquèrent tout à fait clairement le dilemme auquel les Etats-Unis devaient faire face. Ils se plaignirent de l’avantage injuste qu’avaient les Communistes. Ils étaient capables d’ « attirer directement les masses » et de « prendre le contrôle des mouvements populaires, ce que nous n’avons pas la possibilité de reproduire, les pauvres sont ceux qu’ils attirent et ils ont toujours voulu piller les riches ».

Ceci pose des problèmes. Les US trouvent quelque peu difficile d’attirer les pauvres avec une doctrine où les riches sont supposés les piller.

 L’exemple cubain.

Une illustration Claire du modèle d’ensemble a été Cuba quand elle a finalement gagné son indépendance en 1959. En l’espace d’à peine quelques mois, les attaques militaires contre l’île commencèrent.  Peu de temps après, l’administration Eisenhower pris la décision secrète de renverser le gouvernement. Puis John F. Kennedy fut élu président. Il avait l’intention de consacrer plus d’attention à l’Amérique Latine et donc, en prenant ses fonctions, il créa un groupe d’étude pour le développement politique, dirigé par l’historien Arthur Schlesinger, qui établit un rapport pour le nouveau président.

Comme l’expliqua Schlesinger, la menace d’un Cuba indépendant était   «  l’idée de Castro de prendre en main ses propres affaires ». C’était  une idée  qui devait malheureusement être attrayante pour la majeure partie de la population sud-américaine  « où la distribution de la terre  et des autres formes de richesses nationales favorisait grandement les classes nanties,  et où les pauvres et les défavorisés, stimulés par l’exemple e la révolution cubaine, allaient maintenant exiger les moyens d’une vie décente » À  nouveau, le  traditionnel dilemme washingtonien.

Comme l’explique la CIA,  l’influence grandissante du Castroisme n’est pas une fonction du pouvoir cubain, l’ombre de Castro est menaçante parce que les conditions sociales et économiques à travers l’Amérique Latine invite à l’opposition à l’autorité et encourage l’agitation vers un changement radical » pour lequel Cuba peut offrir un modèle. Kennedy craignait que l’aide russe puisse faire de Cuba une vitrine du développement, offrant aux Soviets l’avantage à travers toute l’Amérique Latine.

Le Conseil du Département d’Etat pour la planification politique ‘The State Department Policy Planning Council » averti que «  le premier danger que nous affrontons avec Castro est… l’impact que l’existence même de son régime a sur les mouvements de gauche de beaucoup de pays d’Amérique Latine… le simple fait que Castro représente une provocation contre les USA couronnée de succès, une négation de toute notre politique dans l’hémisphère depuis presque un siècle et demi » c’est-à-dire depuis la doctrine de Monroe en 1824, quand les US ont déclaré leur intention de dominer tout l’hémisphère.

L’objectif immédiat à cette époque était de conquérir Cuba mais c’était impossible à cause du pouvoir de l’ennemi britannique. Cependant, le grand stratège John Quincy Adams, le père spirituel de la doctrine de Monroe et du Manifeste de la Destinée, informa ses collègues qu’avec le temps Cuba tomberait entre nos mains à cause  des «  lois de la gravitation politique » comme une pomme tombe d’un arbre. En bref, le pouvoir des US s’accroitrait et celui de l’Angleterre déclinerait.

En 1898, le pronostic d’Adams se réalisa. Les USA envahirent Cuba au nom de sa libération. En fait, cela empêchait la libération de l’île  par l’Espagne et la transformait en «  colonie virtuelle » pour citer les historiens Ernest May et Philip Zelikow. Cuba est resté dans cet état jusqu’en Janvier 1959, quand elle a gagné son indépendance. Depuis cette époque, elle a été sujette à de nombreuses guerres terroristes américaines, principalement pendant les années Kennedy et victime d’un étranglement économique. Pas à cause de Russes.

Le prétexte d’un bout à l’autre était que nous nous protégions contre la menace soviétique. Une explication absurde mais qui est généralement restée sans controverse. Un simple test sur cette thèse est ce qui est advenu quand toute menace soviétique a disparu. La politique des US envers Cuba est devenue encore plus dure, menée par les Démocrates libéraux, y compris par Bill Clinton, qui déborda par la droite les manœuvres de Bush lors des élections de 1992. Face à tout cela, ces évènements auraient dus considérablement peser sur la validité da cadre doctrinal des discussions sur la politique étrangère et sur les facteurs qui la guident. Une fois encore cependant, l’impact fut dérisoire.

Le virus du Nationalisme

Pour emprunter la terminologie de Henri Kissinger, le nationalisme indépendant est un “ virus” qui peut étendre sa contamination”. Kissinger faisait référence au Chili de Salvador Allende. Le virus était une idée qu’il puisse  y avoir une voie parlementaire vers une sorte de démocratie socialiste. La façon de traiter une telle menace était de détruire le virus et d’inoculer ceux qui pourraient être infectés, habituellement en leur imposant des états à la sécurité nationale meurtrière. Ceci a été accompli dans le cas du Chili mais il est important de savoir que cette stratégie touche le monde entier.

C’est par exemple, le raisonnement derrière la décision de s’opposer au nationalisme vietnamien dans le début des années 50 et de supporter l’effort français pour reconquérir son ancienne colonie. On craignait que la nationalisme indépendant vietnamien ne devienne un virus  qui puisse s’étendre dans les régions avoisinantes, y compris l’Indonésie, si riche en ressources naturelles. Ceci aurait même pu mener le Japon, – appelé le « Superdomino » par le spécialiste de l’Asie John Dower- à devenir le centre commercial et industriel d’un nouvel ordre dans le genre de celui que le Japon impérial s’était battu récemment pour imposer. Ceci aurait en retour, signifié que les USA avaient perdu la guerre du Pacifique, ce qui n’était pas une option envisageable dans les années 50. Le remède était clair- et largement appliqué. Le Vietnam fut virtuellement détruit et repris en main par une dictature qui empêcha le virus de se propager.

Rétrospectivement, le Conseiller de la Sécurité Nationale sous Kennedy. Johnson Mc Georges Bundy, suggéra que Washington aurait dû cesser la guerre du Viet Nam en 1965, quand la dictature de Suharto était installée en Indonésie, au prix de massacres immenses que la CIA compara aux crimes d’Hitler, de Staline et de Mao. Mais qui furent, cependant acclamés avec une euphorie sans limite par les US et par l’Ouest en général, parce que le «  bain de sang incroyable » comme la presse le décrivit gaillardement, mettait un point final à toutes les craintes de propagation et ouvrait les riches ressources de l’Indonésie à l’exploitation occidentale.

La même chose se produisit en Amérique Latine la même année. Un virus après l’autre furent vicieusement attaqués et ou bien détruits ou bien affaiblis jusqu’à être réduits à la survie. A partir du début des années 60 une vague de répression fut imposée sur le continent qui n’avait aucun précédent dans la violente histoire de l’hémisphère., s’étendant jusqu’en Amérique Centrale dans les années 1980, sous Ronald Reagan, un sujet sur lequel il n’est pas nécessaire de revenir.

La même chose à peu près se produisit dans le Moyen Orient. La relation unique des USA avec Israël fut établie sous la forme qu’on lui connait en 1967, quand Israël donna un coup  violent à l’Egypte, le centre du nationalisme arabe séculier. En faisant cela, il protégeait l’allié des USA l’Arabie Saoudite, alors engagée dans un conflit militaire contre l’Egypte et le Yémen. L’Arabie Saoudite, bien sûr, est l’état fondamentaliste le plus radical et également un état missionnaire, dépensant des sommes énormes pour la propagation de ses doctrines Whahabi-Salafistes au-delà de ses frontières. IL est important de se souvenir que les USA, comme l’Angleterre auparavant, ont tendu à supporter l’Islam fondamentaliste en opposition au nationalisme séculier, qui a toujours été perçu comme vecteur de plus de menaces d’indépendance et de contagion.

 La valeur du secret

Il y aurait beaucoup à ajouter mais les données officielles démontrent très clairement que la doctrine standard a peu de mérite. La sécurité dans son acceptation générale n’est pas un facteur essential dans la genèse du politique.

Reprenons :, dans son acceptation générale. Mais en évaluant la doctrine standard,nous devons nous demander ce qui est sous-entendu par “ sécurité” : la sécurité contre qui ?

Une réponse est la suivante : sécurité pour le pouvoir d’état. Il y a de nombreuses illustrations. Il y a l’illustration actuelle. En Mai les USA ont donné leur accord pour supporter une résolution de la Cour Pénale Internationale  pour mener une investigation sur les crimes de guerre en Syrie mais à une condition : qu’il n’y ait pas d’enquête possible sur les crimes de guerre israéliens. Ou par Washington, bien qu’il ne soit pas utile d’ajouter cette dernière condition. Seules les USA sont auto-immunes contre le système légal international. En fait il existe même une législation du Congrès autorisant les Président à utiliser la force armée pour «  sauver » tout American qui devrait passer devant le tribunal de La Hague pour être jugé. Le «  Netherlands Invasion Act », comme il est nommé parfois en Europe. Ceci illustre une nouvelle fois comme il est important de protéger la sécurité du pouvoir d’état.

Donc, protéger contre qui ? Il y a, en fait, un cas essentiel à préciser, celui du souci du gouvernement pour la protection du pouvoir d’état contre sa propre population. Comme tous ceux qui ont passé du temps à consulter les archives devraient le savoir, le secret gouvernemental est rarement motivé par un souci de sécurité mais il sert complètement à maintenir la population dans le noir. Et pour de bonnes raisons, qui furent lucidement expliquées par l’éminent spécialiste et conseiller gouvernemental Samuel Huntington, le Professeur de Sciences du Gouvernement à Harvard. Selon ses propres mots : «  Les architectes du pouvoir aux USA doivent créer une force qui doit être sentie mais invisible. Le Pouvoir reste fort quand il reste dans l’obscurité, exposé à la lumière il commence à s’évaporer »

Il écrivit ça en 1981, quand la Guerre Froide se réchauffait à nouveau et il expliqua plus loin que « vous pouvez avoir à vendre [ l’intervention ou toute autre action militaire] de façon à créer la fausse impression que c’est l’Union Soviétique que vous combattez. C’est ce qu’on fait les USA depuis la doctrine de Truman »

Ces vérités simples sont rarement reconnues mais elles apportent des éclairages sur le pouvoir d’état et sa politique qui ont des réverbérations sur le moment présent.

Le pouvoir d’état doit être protégé contre ses ennemis intérieurs, dans un contraste flagrant, la population n’est pas protégée contre le pouvoir d’état. Une illustration actuelle frappante est l’attaque radicale de la Constitution par la mise en place du programme de surveillance massive de l’administration Obama. Programme justifié bien sûr par la «  sécurité nationale ». Il s’agit de routine pour pratiquement toutes les actions de tous les états et apporte donc peu d’informations.

Quand le programme de surveillance de la NSA fut exposé par les révélations d’Edward Snowden, des officiels haut placés  affirmèrent qu’il avait permis de prévenir 54 actions terroristes. Après enquête, le chiffre a été ramené à une dizaine. Des représentants haut placés du gouvernement découvrir ensuite qu’il n’y avait en fait qu’un seul cas, quelqu’un avait envoyé 8500 dollars en Somalie. C’était donc le niveau de rendement de cet énorme assaut à la constitution américaine et, bien sûr, aux autres à travers le monde.

L’attitude de la Grande Bretagne est intéressante. En 2007, le gouvernement britannique fit appel à l’agence d’espionnage colossal pour «  analyser et retenir les numéros de téléphone mobile et les fax  de tout citoyen britannique, emails et adresse IP prit dans ses coups de filets. » rapporte The Guardian. C’est une indication utile de l’importance relative, aux yeux du gouvernement, du respect de la vie privée de ses citoyens et des exigences de Washington.

Une autre source d’inquiétude est la sécurité du pouvoir privé. Une des illustrations sont les accords gigantesques actuellement négociés, les Accords Trans-Pacifiques et Trans-Atlantiques. Ceux-ci sont négociés en secret – mais pas complètement en secret. Il n’y a pas de secret pour les centaines d’avocats des corporations qui dessinent les prévisions à venir. Il n’est pas difficile de deviner ce que le résultat sera et les quelques renseignement à leur propos suggèrent que les attentes sont précises.

En fait il ne s’agit pas même de négociations commerciales mais d’accords sur les droits des investisseurs.  A nouveau, le secret est extrêmement important pour protéger la première force politique impliquée, le secteur privé.

 Le dernier siècle de la civilisation humaine ?

Il y a d’autres exemples, trop nombreux pour être cites, des faits parfaitement établis et qui pourraient être transmis dans les écoles élémentaires dans des sociétés libres.

Il y a, autrement dit, des preuves que sécuriser le pouvoir d’état contre la population civile et sécuriser la concentration du pouvoir privé sont les forces motrices des formations politiques. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait aussi. Il existe des cas intéressants, dont certains tout à fait banals, de ces conflits d’intérêt mais nous pouvons considérer ceci comme une première approximation radicalement opposée à la doctrine standard généralement admise.

Penchons-nous sur une autre question : qu’en est-il de la sécurité de la population ? Il est facile de démontrer que c’est une préoccupation secondaire pour les planificateurs politiques.

Prenons deux exemples contemporains prééminents : le changement climatique et les armes nucléaires. Comme toute personne à peu près cultivée peut le savoir sans le moindre doute, il y a dans les deux une menace désastreuse pour la sécurité de la population. En nous tournant vers la politique d’état, nous trouvons qu’elle est investie dans l’accélération de ces deux menaces- dans l’intérêt de ses premières préoccupations, la protection du pouvoir d’état et de la concentration du pouvoir privé qui détermine largement les décisions politiques.

Considérons le changement climatique. Il y a maintenant beaucoup d’exubérance aux Etats Unis sur les «  100 ans d’indépendance énergétique » depuis que nous devenons «  L’Arabie Saoudite du siècle prochain » Peut-être le siècle ultime de l’espèce humaine si la politique actuelle persiste.

Ceci illustre très clairement la nature des soucis pour la sécurité, certainement pas celle de la population. Cela illustre également le calcul moral du capitalisme d’état anglo-américain. Le destin de nos petits-enfants ne compte pour rien comparé à l’impératif de la hausse des profits de demain.

Ces conclusions sont consolidées par un regard plus précis au système de propagande. Il existe aux USA une campagne de relations publiques gigantesque, organisée complètement ouvertement par les secteurs de l’énergie et le monde des affaires, afin d’essayer de convaincre le public que le réchauffement climatique est ou bien faux ou bien n’est pas le résultat des activités humaines. Et cela a eu un impact : le niveau d’inquiétude du public américain à propos du réchauffement climatique  plus bas que dans les autres pays et la stratification des résultats, au sein des Républicains, le parti le plus dédié aux intérêts des nantis et au pouvoir des corporations, le niveau de conscience est nettement plus bas que dans la norme globale.

Cette question est développée d’une façon intéressante dans le premier journal critique des médias

«  Le Columbia Journalism Review” , attribuant ce résultat à la doctrine médiatique “ justesse et équilibre” . Autrement dit, si un journal publie un article d’opinion reflétant les conclusions de 97% des scientifiques, il doit aussi produire le contre point en exprimant la perspective des magnas de l’énergie.

C’est bien sûr ce qui se produit, mais il n’existe certainement pas de doctrine  “ justesse et équilibre. Ainsi, si un journal produit une opinion dénonçant le Président Vladimir Poutine pour l’acte criminel commis en annexant la Crimée, il n’ certainement pas à exhiber un autre article disant que bien que l’acte soit criminel, le Russie a de bien plus forts arguments aujourd’hui qu’en avaient les USA il ya un siècle en annexant le sud-est de Cuba, y compris son port principal. Et en rejetant la demande cubaine depuis son indépendance de se le réapproprier.  Et la même chose est vraie pour de nombreux autres cas. L’actuelle doctrine médiatique de «  justesse  et d’équilibre »  lorsque les préoccupations du pouvoir privé concentré sont impliquées mais certainement pas dans les autres cas.

Sur la question de l’armement nucléaire, les données sont identiquement intéressantes- et effrayantes. Elles révèlent clairement que, depuis le tout début, la question de la sécurité des populations n’a jamais été un problème et le demeure. Il n’y a pas le temps dans ce cadre de préciser toutes les données choquantes mais il y a fort peu de doute qu’elles appuient fortement les plaintes du Général Lee Butler, le dernier commandant des forces aériennes stratégiques qui étaient équipées d’armes nucléaires. Selon ses mots nous avons survécu à l’ère nucléaire grâce à «  une combinaison de compétences, de chance  d’intervention divine et je suspecte cette dernière d’être celle qui a agi dans la plus forte proportion ». Et nous pouvons difficilement compter sur la prolongation de l’intervention divine lorsque les politiciens jouent à la roulette avec le destin de l’espèce en poursuivant les bases doctrinaires des décisions politiques.

Comme nous en sommes totalement prévenus, nous faisons face maintenant aux décisions les plus menaçantes de toute l’histoire de l’humanité. Il ya de multiples problèmes qui doivent être résolus mais deux d’entre eux sont accablants par leur portée er leur signification, la destruction de l’environnement et la guerre nucléaire. Pour la première fois dans notre histoire, nous sommes face à la possibilité de destruction d’une existence décente- et pas dans un futur éloigné. Pour cette seule raison, il est impératif de balayer les nuages de l’idéologie et de faire face honnêtement et d’une façon réaliste aux questions sur la façon dont les décisions politiques sont prises et sur ce que nous pouvons faire avant qu’il ne soit trop tard.

© 2014 Noam Chomsky

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

Pourquoi le mensonge est-il si acceptable lorsqu’il s’agit de promouvoir les accords commerciaux ?

 

 Il est toujours intéressant de lire les mêmes critiques sur ce marché de dupe qu’est le TTIP adressées de l’autre côté de l’Océan.  Il faut savoir que l’article du Washington Post cité par Baker évoque la montée du mouvement d’extrême droite en Europe suite aux élections et prône une vigilance accrue des USA chargés, encore, de veiller à la bonne marche du processus démocratique tout en appuyant sans aucune réserve l’accord du TTIP qui serait la solution miracle aux mouvements insalubres que connait l’Europe. Il est également bon de ne pas oublier que la crise qu’elle traverse vient d’une gestion absolument vandalisée des droits des grands trusts financiers, s’origine donc, une fois de plus, aux USA et que toutes les voix pouvant dénoncer  le scandale d’accords commerciaux là pour rendre les pouvoirs du néo-libéralisme barbare encore plus grands sont toujours les bienvenues. E.G

Why Is It So Acceptable to Lie to Promote Trade Deals?

 

by Dean Baker

Common DreamsTTIPLe marché transatlantique est avant tout l’imposition de nouvelles régulations sur les deux continents, dont quelques-unes pourront être des améliorations mais dont beaucoup ne seront qu’au service des intérêts des grandes compagnies qui participent à ces négociations.

 Il n’est pas de bon ton d’utiliser le mot  “m……e” , ici à Washington, mais il est difficile de ne pas être un peu plus que dégoûté par la fréquence avec laquelle les pactes commerciaux sont vendus comme les gros moteurs de la création d’emploi et de la croissance économique, quand il est absolument clair qu’ils ne le seront pas. Le dernier coupable dans ce domaine est  Bruce Ackerman, un Professeur de droit de l’université de Yale.

Dans un article  du Washington Post Ackerman en appelle au Président Obama pour pousser l’accord du Traité TTIP ( Transatlantic Trade and Investement Parnership) qu’il décrit comme ” l’ouverture d’un chemin pour la création d’emploi pour les travailleurs sur les deux continents ” Vraiment, quelle preuve le Professeur Ackerman donne-t-il de ses assertions ?

Les projections les plus largement citées  en ce qui concerne l’impact du TTIP sur la croissance proviennent du Center for Economic Policy Research de Londres ( pas de connexion avec mon propre CEPR)  qui montre que le pacte pourrait mener à une augmentation du PIB de 0, 4 % aux USA quand ses effets se seront pleinement sentir en 2027, et de 0,5% pour l’Union Européenne.  L’analyse dit explicitement que cela ne mènera pas à plus d’emplois puisque les modèles sont des modèles du plein emploi. Cela peut conduire à des salaires quelque peu plus élevés  mais ce n’est pas une façon de donner des emplois à ceux qui en sont privés. D’autant plus que la discussion note que lors de l’ajustement des économies à la transition, certains emplois pourront être supprimés.

Sous-entendre qu’un marché qui permet une croissance du PIB de 0,4 à 0, 5 %  en 13 ans signifie « une opportunité de création d’emplois pour les travailleurs sur les deux continents «  est tout simplement malhonnête. La légère augmentation de la croissance annuelle est de l’ordre de 0, 03 %. Bonne chance pour trouver ce renseignement dans les données.

D’autant qu’il y a des raisons de craindre que les effets de la croissance ne se produisent dans la direction opposée. Le modèle utilisé par le CEPR de Londres  ne prend pas en compte les impacts négatifs sur la croissance comme la hausse des prix des médicaments et d’autres marchandises qui pourront être rendus plus onéreux à cause de l’augmentation des patentes et de la protection des droits d’auteur découlant du traité.

Ce sera probablement un frein à la croissance. Les économistes tendent à apprécier les patentes et les droits d’auteur (probablement parce que leurs amis et leur famille en profitent) mais cela ne change pas le fait qu’ils mènent à des distorsions du marché et ont un coût économique majeur. Si le prix des médicaments augmente de 1000% parce que nous imposons des protections aux patentes plus fortes et plus longues, cela a le même effet sur le marché que si nous imposons une augmentation de tarif de 1000% sur les médicaments eux-mêmes.

Le marché est stupide, il ne réalise pas que l’augmentation des prix est provoquée par une politique supportée par les économistes contrairement à une autre politique à laquelle ils s’opposent. Il répond de la même façon dans les deux cas.   Alors que comme résultat de la transaction, nous  ne savons pas de quel montant va être l’augmentation des patentes et des protections qui leur sont liées,  mais il ne fait aucun doute qu’elles vont augmenter et que cela ralentira la croissance d’une façon qui n’est pas prise en compte dans l’analyse du CEPR.  (Oui, des prix plus élevés stimulent l’innovation.  Si vous trouvez des preuves que ça finira  par apporter un véritable progrès à l’économie, vous obtenez un prix Nobel et des quantités énormes de fric par l’industrie pharmaceutique)

Réduire les barrières commerciales peur mener à une amélioration de la croissance économique et à des gains pour les travailleurs et les consommateurs, cependant les barrières entre les USA et l’Europe sont déjà très faibles dans presque tous les cas. Ceci signifie que les gains potentiels à venir sont très limités. Ce marché consiste tout d’abord à imposer de nouvelles règles sur les deux continents, dont certaines seront des améliorations mais dont la plupart seront destinées à servir les intérêts des corporations qui sont impliquées dans les négociations. Ils espèrent accomplir à travers cet accord sur le  «  marché »  ce qui peut ne pas être possible à travers un véritable processus démocratique. Et ils n’hésiteront pas à vendre la saloperie qui s’effectue en coulisse comme créatrice d’emplois.

© 2014 Center for Economic & Policy Research

Dean Baker is the co-director of the Center for Economic and Policy Research (CEPR). He is the author of The Conservative Nanny State: How the Wealthy Use the Government to Stay Rich and Get Richer and the more recently published Plunder and Blunder: The Rise and Fall of The Bubble Economy. He also has a blog, “Beat the Press,” where he discusses the media’s coverage of economic issues.

 

Biosurveillance : le Gouvernement va traquer votre santé pour des questions de sécurité nationale.

Le rapport est consternant. Il est surtout le témoignage du fonctionnement absurde d’un système qui est incapable de réglementer son étiquetage des denrées alimentaires, de donner accès à un contrôle des conditions d’élevage et d’abattage des animaux, de veiller à l’innocuité de leur alimentation ni à la composition de la plupart de ses produits conditionnés mais qui envisage de faire payer les effets dévastateurs de sa politique agro-alimentaire par le consommateur au nom de la sécurité nationale et d’utiliser ce cumul de données à des fins de prévention quand elles sont avant tout le point ultime de la surveillance du nouveau totalitarisme.

 Biosurveillance : le Gouvernement  va traquer votre santé pour des questions de sécurité nationale.

 

Par  Darlene Storm

May 21, 2014 11:42 AM EDT

Un très important plan de biosurveillance qui fait des données sur votre santé une affaire de “ sécurité nationale” s’est montré sur mon radar aujourd’hui. Il ouvre l’accès à un contrôle en temps réel du gouvernement sur votre santé. Je suis désolée de n’avoir entendu parler de cela que maintenant et de le publier à la dernière minute, la limite pour les commentaires étant le 21 mai.

Bien sûr, les raisons pour lesquelles nous n’avons pas entendu parler de ce plan de biosurveillance sournois qui récupérera les données de santé des Américains sont que le document départemental d’essai de 50 pages affiche  “  ne pas citer ou mentionner  “ (pdf)   Eh bien c’est vraiment fâcheux parce que ça affecte vous, moi, nos enfants, tout le monde aux USA !

C’est considéré comme de la «  sécurité nationale » ce qui signifie que de la meme façon que la surveillance de la NSA était secrète jusqu’à ce que Snowden la révèle, vous ne saurez même pas que l’on espionne sur votre santé et que ces données sont partagées. Le 2015-2018 National Health Security Strategy (NHSS) ( Stratégie sécuritaire pour la santé nationale) (pdf) gardera et partagera les informations non seulement sur les personnes ou les animaux malades mais aussi sur les plantes malades.

“Les informations collectées par le gouvernement seront une couverture totale et incluront  “ce qu’est le statut de votre santé, si vous prenez de l’exercice, la fréquence de vos rhumes, ou quelles sortes de médicaments vous prenez” selon le Citizens’ Council for Health Freedom (CCHF).

“Il n’y a plus de vie privée“ dit Twila Brase, présidente and co-fondatrice de CCHF, (pdf),  “Les officiels veulent des rapports pratiquement en temps réel par l’intermédiaire des données des systèmes électroniques. Que signifie une “menace pour la santé“ ou un “incident“ qui pourraient compromettre notre système de sécurité nationale ? Cette stratégie dit que cela inclut les activités terroristes, la résistance aux antibiotiques, le changement climatique et les sujets autour de l’environnement économique. En d’autres termes, tout et n’importe quoi peut devenir une menace pour la santé selon les standards gouvernementaux.”

Brase ajoute que “les propositions  de la NHSS permettront au gouvernement fédéral de contrôler les comportements individuels avant, pendant et après tout incident de santé défini selon les ‘critères’ du gouvernement. C’est extrêmement large. Cela semble être sans limite, mis à part le fait qu’ils prétendent, bien sûr protéger les données. Mais de notre perspective, si le gouvernement a accès a ces sortes d’informations et s’il est autorisé à faire des recherches grâce à ells, alors notre vie privée est déjà compromise. Le gouvernement a déjà dit que nos données sont ses données dans le cadre de la sécurité de la santé nationale”

 

Il y a une vidéo de l’ACLU ( American Civil Liberty Union) sur la commande d’une pizza dans l’avenir  qui a été faite pour pointer le désagréable “ potentiel de surveillance généralisée “ et les possibilités d’un avenir sombre où chacun de nos mouvements, chacune de nos transactions, de nos communications seront enregistrées, compilées et gardées, prêtes à l’accès par les autorités lorsqu’elles le désireront..” Dans ce futur, une personne ne sera pas autorisée à commander une pizza ou un soda qui seraient malsains ou ils pourraient les commander mais devraient payer une pénalité et devraient signer une décharge auprès de leur compagnie d’assurance- car l’employé de la pizzeria aurait accès aux renseignements sur la santé de cette personne. Nous sommes déjà suivis à travers nos portables, nos sites web, nos achats, nos plaques d’immatriculation et maintenant la biosurveillance projette de s’approprier les données des Américians sur leur santé. C’est triste que cette plaisanterie datant de 2006 soit si proche de la réaltité de 2014.

Les propositions de l’avant-projet affirment que la NHSS va créer une “vigilance situationnelle pour la santé “  faite de “ nombreuses données liées ou non à la santé“

 Une illustration graphique des caractéristiques de la vigilance situationnelle pour la santé inclut : des sources n’ayant pas à voir avec la santé comme l’informatique, les chaînes d’alimentation,  l’énergie, l’environnement, les productions d’évènements, les médias, les déterminants sociaux, les services de transport, l’intelligence active, et  la médecine vétérinaire. Les exemples de source liées à la santé incluent : la morbidité et la mortalité, les laboratoires et les diagnostiques, l’utilisation des services sociaux, les prévalences de maladies, l’utilisation des services de santé, les investigations sur la santé publique, et les réponses aux gestions des données. Tout ce qui figure ci-dessus fait simplement parti du grand tableau, ou est un exemple de ce que les données alimentent dans le cadre de la portion «  biosurveillance » de la santé publique ou de la vigilance médicale situationnelle.

 Dit autrement :

La vigilance situationnelle impliquera la collecte, l’accumulation, et le traitement  des données à la fois des sources traditionnelles et non traditionnelles ( comme par exemple les réseaux sociaux)  et de diverses parties prenantes gouvernementales et non-gouvernementales, tout en s’assurant que ces données issues de différentes sources sont restent de haute qualité. La vigilance situationnelle sur la santé inclura la capacité à interpréter des données afin de créer des informations pertinentes, adaptées que les décideurs pourront utiliser. Les décideurs auront la possibilité de visualiser et de manipuler des données issues de nombreuses sources afin de créer une image opérationnelle adaptée aux situations spécifiques et aux décisions les concernant

Brase avertit que “le plan de surveillance gouvernementale est beaucoup plus intrusive que la collection de données actuellement effectuée par le  Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (centre pour le contrôle et la prévention des maladies).“ Il évoque “le besoin de l’examen des données électroniques des rapports médicaux et demande la cooperation au sein des parties-prenantes fédérales et non fédérales, y compris celle de la communauté scientifique et des fournisseurs de soins médicaux publiques ou privés afin de réaliser un systèle de surveillance fiable et efficace.”

Elle ajoute, “Il est très clair pour nous que le gouvernement s’oriente vers un accès en temps reel aux données, vers une collaboration étroite entre gouvernement et docteurs pour un accès tout prêt aux rapports médicaux puis à la conduite de recherches et d’analyses.”

“La terrifiante vérité est que le programme de surveillance gouvernementale implique la participation de plusieurs agences fédérales qui vont toutes être à même de consulter, de partager, d’interpréter et de mener des recherches sur les données collectées par le système.” CCHF avertit (pdf). f “En vous débarrassant du jargon et en le disant simplement, le plan du gouvernement vise à  partager vos informations et vos dossiers médicaux avec les fonctionnaires de l’état.”

CCHF presse à prendre position contre la biosurveillance gouvernementale de stocker les données touchant notre santé.

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

L’investiture Obama

 

629124-president-barack-obama

 

Voici la traduction d’un article de David Bromwich paru dans TomDispatch. D’une certaine façon, il vient répondre à un nombre important de questions que tous,  habitants d’Amérique ou non, nous nous posions sur le pouvoir de ce président. Obama est en poste depuis assez longtemps pour que les fondamentaux qui l’ont faits élire puisse commencer à prendre leur forme, c’est à dire la forme qu’on attend, tous, citoyens de cette globalisation qui ne nous laisse que nos yeux pour pleurer et quelques autres outils tout de même. Or qu’est ce qu’on voit ?  Rien. Sur des sujets essentiels comme l’environnement, la régulation tant attendue du système bancaire et les poursuites qui auraient dû suivre ces malversations ostensibles..rien… Alors, on pensait..Les Républicains, et on avait dans une certaine mesure raison…tant de temps pour faire passer une loi sur la santé publique qui l’a porté pendant sa campagne, il devait se heurter à un contre-pouvoir exceptionnel !! Une impression de flottement, de temps vidé de sa substance…

Et donc, cet article a la grande force de remettre ces observations dans leur contexte, historique et surtout psychologique. Qui est Obama ? Et qui est-il pour être le président de la plus puissante nation du monde ? L’analyse est documentée, profonde. C’est une certitude, avec cette petite lampe allumée aux côtés de votre lecture des faits politiques actuels et plus anciens, vous verrez mieux.. même si c’est pour constater qu’il n’y aura rien à espérer du passage de cet homme-là pour les causes essentielles.

The Voice

Comment Obama est devenu le publiciste de sa présidence ( Plutôt qu’un Président)

Par David Bromwich

Le 3 Mars, comme d’autres jours a vu la délivrance d’une opinion sévère par le Président Obama. A en juger par les récents évènements d’Ukraine, a-t-il dit, la Russie se mettait  « sur le mauvais côté de l’histoire ». Ceci peut sembler surprenant dans la bouche d’un président américain. Le destin du communisme soviétique a appris à beaucoup de personnes à être circonspects en évoquant l‘Histoire comme si elle était une bonne amie ou une co-équipière. Mais sans aucun doute Obama se sentait-il à l’aise parce qu’il se citait lui-même. « Que ceux qui s’accrochent au pouvoir grâce à la corruption et la trahison » a-t-il dit dans son discours inaugural de 2009, « sachent qu’ils sont sue le mauvais côté de l’Histoire mais que nous vous tendrons la main si vous avez la volonté d’ouvrir votre poing » En Janvier 2009 et à nouveau en Mars 2014, Obama parlait au monde comme son monarque sans couronne.
Depuis un certain temps, des observateurs, — un échantillon étonnamment large – disent que Obama ressemble plus à un roi qu’à un président. Laissons de côté les fanatiques qui pensent qu’il est un « tyran » aux pouvoirs parallèles et au dessein maléfique. De telles notions viennent aisément à l’esprit de ceux qui les cherchent, elles sont prédigérées et peuvent être aisément rejetées. Mais le germe d’une conclusion similaire peut être trouvé dans la perception partagée par de nombreux autres. Obama, dit-on, se prend pour une sorte de monarque bienveillant- un roi dans un système constitutionnel mixé, où les devoirs de la couronne sont principalement cérémoniaires. Il se voit lui-même, pour faire bref, comme le détenteur d’une mission dignifiée avec lequel les Américains et les autres sont naturellement à l‘unisson.
Une large part de son expérience présidentielle aurait dû le décourager de cette idée. Le taux d’approbation d’Obama depuis plusieurs mois ne s’élève pas au-dessus de 40 % just above 40%. mais quoi que les gens puissent en fait penser de lui, l’évidence suggère que cela a été sa vision de la mission présidentielle – ou, plutôt, de sa fonction en tant que responsable de cette mission. C’est un fantasme subtil et puissant, et cela a de toute évidence conduit ses attitudes et ses actions, autant que l’a permis la réalité, pendant plus de ces cinq années en poste.

Qu’est-ce qui peut avoir donné à Obama une si étrange vision de la façon dont le système politique américain était supposé fonctionner ? N’oublions pas un fait évident et pertinent. Il est entré en lice pour la présidentielle de 2007 avec moins de pratique de la gouvernance qu’aucun autre candidat avant lui. A la Harvard Law School, Obama était admiré par ses professeurs et aimé par ses camarades avec une réserve : dans une institution notoirement connue pour les démonstrations pompeuses de sa jeunesse, Obama se faisait remarquer pour l’importance qu’il accordait à ses propres « interventions » en classe. Sa singularité se montra sous un autre éclairage lors de son élection comme président de « L’Harvard Law Review »- le premier étudiant en droit à jamais avoir occupé ce poste sans avoir publié d’article dans aucun journal juridique. Il s’attira la sympathie de ses collègues en insistant sur le fait que la posture de la « Review » n’avait pas besoin d’être marquée par des partis-pris ou la partisanerie. Qu’elle n’avait pas à être libérale ou conservatrice, libertaire ou étatiste. Elle pouvait être » bien au-dessus de ça ».
Ce modèle- l’ascension pour devenir président-en-chef sur de grands projets sans engagements encombrants- a suivi Obama dans sa courte carrière légale sans évènement, à propos de laquelle aucun fait remarquable n’a jamais été cité. Dans une carrière parallèle en tant que professeur de droit constitutionnel, il était également bien aimé, bien que ses vues sur les questions constitutionnelles les plus importantes ne semblaient jamais très pointues à ses étudiants. La même chose étant vraie de ses services de quatre années en tant que sénateur de l’Illinois au cours de laquelle il a accumulé un nombre cas remarquable de votes dans la catégorie « présent » plutôt que dans celles des « oui » ou des « non ». Finalement le même schéma a prévalu pendant son service au Sénat Américain, où, depuis son premier jour, où il fut observé qu’il était demandeur d’une sorte de distinction et de pouvoir qui est normalement déniée aux jeunes sénateurs.
Une extrême prudence a marqué toutes les actions précoces dans la vie publique d’Obama. De rares écarts de ces avancées-sans- faire-de-trace tels que son engagement de faire obstruction à l’immunité acquise des géants de l’industrie des télécommunications de façon à pouvoir les exposer à de possibles poursuites et à des surveillances sans mandat- semble a posteriori complètement tactique. L’éditeur d’une revue juridique n’ayant jamais publié d’article, l’avocat sans cas connu à son crédit, le professeur de droit dont les contenus étaient agréablement transmis sans pouvoir y déceler ses positions sur des questions essentielles, le sénateur d’état avec une quantité record de votes « oui, ou non » et le sénateur des USA qui, entre 2005 et 2008 s’est refreiné de s’impliquer lui-même comme auteur d’une seule pièce de législation significative ; ceci a été le candidat qui est devenu président en Janvier 2009.

L’homme sans dossier

Beaucoup de ces faits ont été rappels lors des primaires de 2008 par Hillary Clinton. Plus encore a été dit par les Républicains lors des élections générales. Cependant les accusations ont été jetées sur un tel amas de combustible fait de tant de détritus- tant était violent, raciste, faux et évoqué par des personnes manifestement compromises ou partiales- que les inférences envisageables étaient tentantes à ignorer. On pouvait espérer, quel que soit les vides dans les archives, de ses actions, ils n’importeraient pas vraiment une fois que Obama aurait atteint la présidence.

Ses prestations lors de la campagne ont montré qu’il avait l’esprit cohérent, n’était pas attiré par les passions inférieures et était un synthétiseur parfait des faits et des opinions d’autres individus. Il maîtrisait un doux baryton dont il appréciait un peu trop d’observer les effets et il s’adressait aux Américains exactement à la manière d’un digne mais cependant passionné président pouvait s’adresser à nous. Le contraste avec Georges Bush ne pouvait pas être plus aigu. Et l’aspect décisif de ce contraste a été la plus grande fausse piste dans le caractère politique d’Obama.
Il fut élu pour gouverner alors que peu était connu de son approche du côté pratique de la gouvernance des peuples. Les possibilités inexplorées étaient, évidemment, que peu était connu parce qu’il n’y avait pas grand-chose à savoir. Des organisateurs entrainés selon les méthodes d’agitation communautaire de Saul Alinsky, Saul Alinsky’s methods  il avait été considéré comme celui éprouvant la plus grande aversion aux conflits. D’une façon incongrue comme le souligne Jeffrey Stout dans « Bénis soient les Organisés » Blessed Are the Organized.
Obama fuit la « polarisation », l’opposition des points de vue, comme l’arme appropriée du faible. Sa tendance, au contraire a été de commencer à s’opposer en « dépolarisant ». Son but a toujours été d’amener les intérêts les plus puissants à la table. Ceci ne doit pas être négligé comme une anomalie du caractère, car le tempérament peut avoir une beaucoup plus grande importance en politique que la promulgation de saines opinions. La signification de son expertise théorique et de son rejet pratique de la confrontation pourrait émerger comme l’évènement saillant de sa carrière comme organisateur.
Comme Obama le reconnait dans une chapitre révélateur de ses mémoires  “Dreams from My Father”, l’évènement en question avait commencé comme une protestation avec le plus chaleureux des espoirs. Il cherchait à attirer l’attention de l’autorité responsable du logement de Chicago sur les dangers de l’amiante à Altgeld Gardens, le projet de logements sur lequel il travaillait. Après un faux départ et l’ensemble habituel des faux fuyants d’une agence municipale, une rencontre publique fût finalement organisée au gymnase local. Obama donna des instructions à deux femmes locataires, afin qu’elles dirigent le meeting, de façon à ne pas laisser le ponte de la municipalité prendre en charge tout le discours. Puis il se retira dans le fond du gymnase.

Il s’avéra que les femmes manquaient des compétences nécessaires. Elles rabaissèrent et provoquèrent l’officiel de la municipalité. Une d’entre elles agita une fois le micro comme une carotte face à lui, lui arracha puis recommença. Il sortit en se sentant insulté et le meeting se termina dans le chaos. Et où était donc Obama ? Selon ses propres propos, il était resté dans le fond de la pièce, agitant les bras- trop éloigné de tout le monde pour qu’aucun de ses signaux ne puisse être perçu. En racontant l’incident, il dit d’une façon compassionnée que les femmes se blâmèrent bien que la responsabilité ne leur ait pas entièrement incombé. Il ne dit pas qu’un autre genre d’organisateur, s’apercevant que les choses allaient mal, aurait changé de tactique et pris le meeting en charge.
« Je ne peux pas vous entendre »
« Gouverner en arrière-plan » a été une expression clef utilisée par l’administration de la Maison Blanche sous Obama pour décrire la posture du président dans sa coopération avec l’OTAN, quand, après une longue et caractéristique hésitation, il prit conseil auprès du Département d’Etat d’Hillary Clinton contre le Département de la Défense de Robert Gates et ordonna le bombardement de la Lybie. Quelque chose comme cette description avait été formulé plus tôt par des reporters couvrant ses négociations distantes et auto-protectrices avec le Congrès dans les progrès de sa loi de réforme du système de santé. Dirigeant en arrière-plan, ont-ils insisté, ne reflétait pas la véritable attitude du Président ou l’intensité de son engagement.
En Lybie, le monde entier savait que le projet d’intervention était largement commandité par les Américains et que les missiles et la couverture aérienne étaient fournis par les USA. Obama était le chef d’un état qui faisait s’effondrer une fois de plus un autre gouvernement du Moyen Orient. Après l’Afghanistan et l’Irak, celui-ci était la troisième marque du leadership américain depuis 2001. Obama, cependant, a relativisé sa propre importance à cette époque, son énergie a été investie dans le fait d’éviter les exigences du Congrès qui aurait voulu qu’il explique quelle sorte d’opération il dirigeait.
Dans les termes du War Powers Resolution de 1973 , un président a besoin de l’approbation du Congrès avant de engager légalement les forces armées américaines dans des « hostilités » à l’étranger. Mais en suivant les arguments offerts par les avocats d’Obama, les hostilités n’étaient des hostilités que si un Américain était tué, le Président d’autre part peut mener des guerres simples comme cela lui fait plaisir- sans l’approbation du Congrès. Aucun soldat américain n’ayant été tué en Lybie, il s’avérait qu’Obama pouvait diriger le pays en arrière-plan sans l’approbation du Congrès. Cette délicate sophistication légale servit son projet temporaire et le bombardement s’effectua. L’expression étrange de « gouverner en arrière-plan » ne s’en est pas allée pour autant. Actuellement, cette phrase est principalement utilisée comme provocation par les courtiers en guerre dont les idées d’un vrai leader forment un éventail extrêmement étroit de l’ancien Président George W. Bush au Sénateur John Mac Cain. Ces personnes n’auraient aucun problème avec Obama si seulement il nous donnait plus de guerres.
Reste le fait curieux que, dans la conception de la présidence d’Obama, « gouverner en arrière-plan » a eu une signification concrète bien avant l’intervention au Liban. Lorsqu’il était approché avant l’élection de 2008 par des représentants syndicaux, des opposants à la politique extérieure et des groupes préoccupés par le droit des minorités et de la protection de l’environnement, chacun d’entre eux voulant savoir s’il soutiendrait leur cause, Obama passait invariablement la main derrière son oreille et disait « Je ne peux pas vous entendre. »

Cette anecdote du « Je ne peux pas vous entendre » a été relatée à la fois dans la presse et d’une façon informelle, car il est évident que le geste et la question ont été répété. Obama faisait en fait référence à un geste attribué au Président Roosevelt quand le grand organisateur des droits civils A. Philip Randolph lui avait adressé une requête identique aux alentours des années 1940. Roosevelt, en fait, disait à Randolph : Vous pouvez être à la tête d’un mouvement influent, et il y a d’autres mouvements que vous pouvez solliciter. Cirez si fort que nul ne puisse se tromper. Faites-moi faire ce que vous voulez que je fasse. J’ai de la sympathie pour votre cause, mais l’initiative ne peut pas venir de moi.
De la part d’Obama, c’était intelligent de copier ce geste et en même temps c’était bizarrement irresponsable. Après tout dans les années post-New Deal, les syndicats et les mouvements des droits civiques avaient une influence énorme aux USA. Ils pouvaient vraiment faire du bruit. En 2008, il n’existant pas une telle combinaison de mouvements n’existait pas.

Et cependant, en 2008, il y avait vraiment une vague de fond dans l’opinion populaire et une convergence des plus petits mouvements autour d’une cause. Cette cause était la candidature de Barack Obama. Le problème est que ce « Obama for America » a bu jusqu’à la lie et épongé l’énergie de toutes ces autres causes, tout comme le stratégiste en chef d’Obama David Plouffe l’avait prévu.
Même en 2009, longtemps après l’élection, « Obama for America » ( rebaptisé « Organizing for America » était maintenu en vie grâce au concept extraordinaire qu’un président élu pouvait demeurer un chef-d’arrière-plan, même pendant qu’il gouvernait en tant que voix œcuménique de tous les Américains. Si une cause pouvait avoir rassemblé les diverses causes et les avoir incité à l’action après une année d’activités de rééligibilité au nom d’Obama, cette cause aurait été un programme de création massive d’emplois et un ensemble de lois fait pour éveiller le mouvement environnemental et faire face à la catastrophe du changement climatique.

Dissociation civile.

Au milieu des années 2009, Barack Obama n’écoutait plus. Il avait déjà choisi une équipe  économique parmi les protégés Goldmann Sachsiens de Wall Street, d’anciens responsables et conseillers économiques l’administration Clinton, Robert Rubin. Pour une telle équipe, la création d’emplois et la régulation environnementale étaient des idées à peine attirantes. Quand le nouveau président a choisi la protection médicale comme la première des « grandes choses » qu’il cherchait à accomplir et annoncé que, pour le salut d’un consensus bipartisan, il laissait le détail de la législation ç cinq comités du Congrés, son « Je ne peux pas vous entendre » est devenu d’une transparente absurdité.

Les mouvements n’ont jamais été consultés. Cependant Obama se supposait une intimité avec leurs préoccupations et une confiance en leur loyauté – comme si un lien télépathique avec eux persistait. Il y eut un moment ridicule à la fin 2009, quand le président, dans un message aux membres de  “Obama for America”, nous a dit qu’il était prêt à frapper à nos portes et à allumer un feu pour la campagne de réforme de l’assurance maladie. Mais qu’étions-nous supposés dire quand ces portes se sont ouvertes ? La loi- toujours en négociation dans les comités du congrès en consultation avec les lobbies des assurances- n’a toujours pas atteint son bureau. A la fin Obama a demandé de l’aide des mouvements, mais il était trop tard. Il les avait laissé patienter pendant que lui-même comptait sue le seul vote républicain qui aurait rendu sa loi bipartisane.

La proposition, la transmission au Congrès et la synthèse finale de l’ « Affordable Care Act » a occupé une proportion incroyable de la première année d’Obama à la présidence. Si l’on regarde en arrière sur ces premiers mois, ils contenaient de grandes promesses – la fermeture de Guantanamo ayant été celle ayant été mise en suspens le plus tôt. La promesse la plus séductrice a porté le nom de « transparence ». Mais l’administration Obama s’est avérée être l’administration la plus secrète depuis celle de Richard Nixon et dans ces atteintes à la liberté de la presse par l’intermédiaire des poursuites à l’encontre des lanceurs d’alertes,  il a surpassé tous ses prédécesseurs combinés.

En l’absence des performances qui puissant correspondre à ses promesses, comment Obama cherche-t-il à définir sa présidence ? La compensation pour le « je ne peux pas vous entendre » s’est exprimée dans le fait que tous les Américains ont eu toutes les chances possibles de pouvoir l’entendre lui. Ses premiers mois d’exercice ont été mis en scène comme un exercice décontracté mais prudent, supposé, comme il a été dit à cette époque : « Permettre au pays d’apprendre à le connaître » Dans quel but ? L’espoir semblait être que si le peuple pouvait voir comme Obama était sincèrement sérieux, réfléchi, modéré, patient et bipartisan, il pourrait accepter ses choix politiques dont une idéologie ou une pure ignorance auraient pu autrement amener à douter voire à rejeter.
C’est de la pensée magique bien sûr- que les Américains le suivrait si seulement on l’entendait assez, que les individus de tempéraments et d’opinions les plus divergents en viendraient progressivement à l’approuver si ostensiblement qu’il pourrait montrer au pays qu’il avait entendu l’appel des réformes. Mais on peut voir pourquoi sa présidence a été insufflée par la pensée magique en regardant son départ. Son ascension vers le bureau ovale est en lui-même du ressort de la magie.
Obama croyait qu’être identifié comme la voix du pays, signifiait qu’il était supposé être entenduhttp://blogs.wsj.com/washwire/2009/07/24/transcript-of-obamas-remarks-on-gates-incident/ sur tous les sujets. Cette méprise, évidente très tôt, n’a jamais perdu sa mainmise sur la Maison Blanche d’Obama. Le journaliste de CBS Mark Knoller a traité les chiffres du premier mandat et certains d’entre eux sont stupéfiants. Entre Janvier 2009 et janvier 2013, Obama a visité 44 états, animé 58 meetings dans des mairies, accordé 591 interviews aux médias (y compris 104 aux chaînes les plus importantes) et séparément offert 1852 discours, commentaires, ou interventions publiques programmées. De toutes ces interactions planifiées avec le public américain, remarquablement peu de mises en pratique se sont matérialisées.
En suivant sa compulsion (qu’il a confondu avec une stratégie) à être reconnu comme le tribun de tous, Obama a gaspillé des énergies infinies afin d’atteindre des opportunités finies.
Car une économie de geste est nécessaire en politique comme elle l’est en sport. Montrez tous vos mouvements trop tôt et il n’y aura plus de surprise quand la pression sera mise. Parlez régulièrement à propos de tous les sujets et l’intensité nécessaire vous désertera quand vous aurez besoin d’elle.
Dans  « Confidence men » jusqu’ici l’étude la plus intéressante sur le caractère et les performances d’Obama en tant que président, le journaliste Ron Suskind a noté la ténacité de la croyance du président qu’il bénéficierait d’une connexion particulière avec les Américains. Quand les résultats des sondages ont baissé à la fin 2009, ou quand ses « pivots pour l’emploi » sont devenus des sujets de moquerie parce qu’il répétait la phrase si souvent sans qu’on ait le sentiment que quelque chose pivote, Obama demandait toujours à ses organisateurs de l’envoyer sur les routes. Il était convaincu que le peuple l’entendrait et qu’il lui ferait comprendre.
Il a nourri cette confiance flottante tout en sachant que ses mairies, de par leur format adapté à une audience passée au crible étaient tout autant mises en scène que celles de n’importe quel politicien. Mais Obama a dit à Suskin au début des années 2011 qu’il en était venu à penser que les « symboles et les gestes » était au moins aussi importants que les politiques à mener. »
Les tournées se sont montrées interminables. En 2014, une sortie de trois ou quatre jours incluait typiquement des arrêts dans un point de vente de supermarché, dans une petite usine, une aciérie et le président confortait les chômeurs par des phrases du genre « L’Amérique doit se lever » et des reprises de son discours du « State of Union » comme « Faisons de cette année une année d’action » et « Nous sommes l’opportunité »
Dans des discussions sur Obama, on entendait dire occasionnellement- dans une humeur entre la consternation et la patience- que nous ne connaissons toujours pas l’homme. Après tout, il a dû s’affronter à l’obstacle énorme du racisme, à un parti Républicain insensé et à l’héritage de mauvaises guerres. Il est vrai qu’il a dû surmonter d’énormes obstacles. Il n’en est pas moins vrai que par les atermoiements et les indécisions, les silences et les discours ambigus il a permis aux obstacles de devenir plus importants. Considérons sa « primauté à la politique énergétique »  qui mêle impartialement le forage en eau profonde, les fermes éoliennes, les panneaux solaires, le forage dans l’Arctique, les centrales nucléaires, l’extraction du gaz de schiste et le « charbon propre ».
La pratique jusqu’au point de négligence du management récessif d’Obama a aussi multiplié des obstacles qui lui incombent entièrement. Il a choisi de faire confiance pour l’exécution et le déploiement de sa réforme de l’assurance santé au Department of Health and Human Services. Ce fût un choix qu’il a fait parmi d’autres alternatives. L’extrême faiblesse de ses rencontres avec sa ministre de la santé Kathleen Sebelius, durant les trois années qui se sont écoulées entre la signature de la loi et sa mise en place montrent un exemple parfait  de négligence. Bien sûr la révélation de son absence d contact avec Sebelius a laissé une impression- que les récentes actions de provocation du Département d’État ont amplifiées- que le président n’est pas très intéressé par ce que les membres de ses ministères fabriquent.

Le Président des préférences

Obama a accédé à la présidence à 47 ans- un âge auquel les gens sont déjà ce qu’ils vont devenir. C’est une mystification de supposer qu’on nous aurait refusé un sauvetage que cet homme, dans des circonstances meilleures, aurait été bien équipé pour effectuer. Il y a eu quelques chocs authentiques : sur les questions domestiques, il s’est montré un technocrate plus complaisant que ce qu’on n’aurait jamais pu imaginer- une facette de son caractère qui est apparu à travers son appui à l’application des tests scolaires  financés par la fondation « Course vers le sommet », avec sa confiance dans l’externalisation de l’éducation vers des firmes et des écoles privées sous contrat. Mais la vérité est que les convictions d’Obama n’ont jamais été fortes. Il n’a pas pu vérifier cela jusqu’à ce que ses convictions soient testées et elles n’ont pu être testées que lorsqu’il est devenu président.
Il est probable que la connexion si fine entre les paroles d’Obama et ses actions ne tolèrent pas le mot « conviction » du tout. Disons plutôt qu’il a pris ses préférences pour des convictions- et qu’on peut encore lui faire confiance pour nous dire ce qu’il préfèrerait faire. En regardant en arrière, on voit que ses premiers constats sur telle ou telle question font généralement savoir ce qu’il préfèrerait. Plus tard, il se résigne à supporter un moindre mal, qui, nous dit-il, est temporaire et nécessaire. La création d’une catégorie de prisonniers permanents  Dans « cette guerre dans laquelle nous sommes » (qu’il décline de nommer « la guerre contre le terrorisme ») a été une illustration précoce et caractéristique. La foi d’Obama dans le pouvoir et le sens de ses propres mots est telle, que lorsqu’il juge de son propre cas, dire la chose juste est une solution de second choix pour faire la chose juste.
Plus que la plupart des gens, Obama a été la créature de ses environnements successifs. Il parle comme Hyde Park quand il est à Hyde Park. Il parle comme Citigroup quand il est à Citigroup. Et dans chacun de ces milieux, il aime la compagnie suffisamment et apprécie son mélange. Il a horreur de l’échec. D’où, en partie, son extraordinaire aversion au nom, à la présence ou au précédent de l’ancien président Jimmy carter, le politicien d’une distinction évidente qu’il a omis de consulter sur tous les sujets. A un certain niveau Obama doit réaliser que Carter a en fait gagné son prix Nobel et a été un leader et un travailleur acharné de ce pays. Cependant de tous les présidents encore en vie, Carter est celui que l’establishment politique a effacé il y a longtemps et donc Carter est celui auquel il ne doit pas toucher.
Dans sa capacité à s’adapter au mode de pensée d’un home au pouvoir, Obama a appris trs-è vite. Cela lui a pris moins d’une année pour accréditer la vision de Dick Cheney sur la nécessité d’une surveillance constante des Américains. Cela devait être accompli pour la sauvegarde de notre propre sécurité dans une guerre sans véritable fin. La considération majeure est ici qu’Obama, tout autant que George X. Bush, veut être vu comme ayant fait tout ce qu’il pouvait pour éviter le « prochain 9/11 ». Il lui importe beaucoup moins de respecter la Constitution ( un mot qui n’apparait pratiquement pas dans ses discours ou ses écrits). Cependant, si vous lui demandez, il sera heureux de vous dire qu’il serait heureux de déclarer ses préférences pour un retour à l’état de liberté civile dont nous bénéficiions avant 2001. De la même manière, il ordonnera secrètement des lancers de drones provoquant des massacres puis donnera un discours dans lequel il nous informera que ce genre de tuerie doit cesser.
Quoi dire donc, en conséquence de l’engagement de 2008 d’Obama de mettre le lancement de la bataille contre le réchauffement climatique comme le premier souci de sa présidence ?
Il en est venu à penser que la dominance globale de l’Amérique- permise par les investissements de capitaux américains dans des pays étrangers, la « promotion de la démocratie », les missions secrètes par les forces des Opérations Spéciales ainsi que le contrôle du cyberespace et de l’espace- était le meilleur des états de choses pour les USA et pour le monde. Nous sommes, comme il nous l’a dit souvent, le pays exceptionnel. Et le temps consacré à favoriser la domination mondiale de l’Amérique ne peut pas être donné à l’entreprise collective de lutte contre le changement climatique. Le pipeline Keystone XL, si il est construit, apportera des sables bitumeux du Canada à la Gulf Coast, et il est probable qu’Obama ne souhaiterait pas le voir construire. Cependant cela lui serait caractéristique d’approuver la construction, que ce soit au nom d’emplois temporaires, de profits de l’industrie pétrolière, des relations commerciales avec le Canada ou de tous ce qui précède.
Il a juste adouci les apparences de reddition avec un procédé qui est à part égale réel art rhétorique. Cela s’appelle le  Climate Resilience fund » ( Fond de résilience climatique), un euphémisme avec toutes les marques d’Obama, puisque la résilience n’est qu’une autre façon de nommer l’assistance après une catastrophe. Le dur jugement de la postérité pourra-t-être qu’en ayant à faire face à la plus grande menace de cette période, Barack Obama a enseigné faiblement à l’Amérique, a travaillé la moitié du temps à des demi-mesures, est resté silencieux pendant des années, et n’a jamais tenté de gouverner. Ses espoirs sont que ses préférences réitérées pèseront plus lourd dans la balance que ses actes.

 

David Bromwich a écrit sur les libertés civiles et les guerres menées par l’Amérique pour le t New York Review of Books http://www.nybooks.com/articles/archives/2013/jun/20/stay-out-syria/ and the Huffington Post. http://www.huffingtonpost.com/david-bromwich/what-911-makes-us-forget_b_956976.html Une collection de ses essais, Moral Imagination, http://www.amazon.com/dp/0691161410/ref=nosim/?tag=tomdispatch-20 sera publiée ce Printemps par les Presses de l’Université de Princeton.

Copyright 2014 David Bromwich

Traduction Elisabeth Guerrier