Tom Engelhardt : “AFRICOM” Des bases militaires américaines qui cernent l’Afrique

Ceci n’est que la traduction de l’introduction à l’article de David Vine sur la base militaire américaine installée de force et de quelle force sur l’île de Diego Garcia dans le Pacifique.

Les informations touchant la réalisation de projets de présence militaire complètement hors de contrôle d’aucune institution de régulation internationale, les tactiques et anticipations des conflits à venir dus au manque d’eau et aux modifications climatiques, les créations réactives de groupes extrémistes et l’or noir qui continue de couler à flot et nécessite une main mise constante sont anticipés par cette seule nation en toute impunité. C’est donc ” AFRICOM” et c’est ça la forme la plus pure de l’impérialisme, gaver de produits de consommation et de culture de masse les peuples passifs et se préparer en toute impunité et avec quelques prévaricateurs largement soudoyés pour aménager le terrain à écraser les autres. L’Amérique du Sud en entier en pleure encore de toute son identité. Rome n’a pas procédé autrement.

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L’armée américaine pénètre en Afrique 

Je suis sûr que vous avez entendu parler des trois essentielles “ aires d’avant-postes” ou dans le jargon du contrat des “ zones de sécurité cooperative ”  que les Marines américains ont installé au Sénégal, au Ghana et au Gabon. Nous parlons du  “Special Purpose Marine Air-Ground Task Force Crisis Response-Africa  [ Marines à objectifs spéciaux Air.Terre Force responsable des réponses aux crises africaines], une unité basée à present à Moron, Espagne.  Elle est censée être une base – bien que ce ne soit pas un terme utilisé  aux “ US African Command [Commandes américaines en Afrique ] AFRICOM qui peut superviser n’importe quelle expansion – prête à l’accueillir dans un avenir où tout peut arriver dans une Afrique au bord de l’explosion ou avec la montée des groupes terroristes.

Vraiment ? Vous n’avez rien noté à ce sujet ? Il faut l’admettre, l’histoire n’a pas été mentionnée dans les informations quotidiennes, ni fait la une des journaux locaux, ni, sans doute de ses pages intérieures mais honnêtement, elle était pleinement visible juste là, dans Military Times !   Bien sûr, il peut être facile de passer à côté de trois locations de” sécurité coopérative” largement inoccupées  dans des pays qui ne sont pas exactement sur le bout de la langue des Américains dans de telles circonstances, mais que dire de ces autres huit “ aires de transbordements ” que AFRICOM admet maintenant avoir établi à travers toute l’Afrique ?  Le commandement a tout d’abord nié avoir aucune “ base” sur le continent autre que celle en croissance permanente qu’il a établi sur la petite nation de Djibouti dans la Corne de l’Afrique et dans laquelle a déjà été englouti les trois quarts d’un milliard de dollars avec au moins 1, 2 milliards d’aménagements nouveaux à venir. 

Cependant, le commandant d’AFRICOM, le Général David Rodriguez, insiste maintenant fièrement sur le fait que les onze avant-postes principaux ne seront situées qu’à quatre heures de tout haut-risque ou haute-menace diplomatiques sur tout le continent.

Vraiment, vous n’avez rien entendu sur ces bases non plus bien que “ Stars and Stripes” ait eu l’information en couverture et en page central ?

Hum.. ce serait vraiment étrange si personne dans ce pays, en dehors du Pentagone, portrait le moindre intérêt à la question de la répartition générale des garnisons américaines. Bien sûr que ça ne les intéresse pas. Cela ne les a jamais intéressé, ce qui pourrait caractériser un des plus grands mystères de la vie américaine et pourtant, d’une certain façon ne le caractérise pas. Les bases américaines à l’étranger ne figurent Presque jamais dans les informations. Rares sont les journalistes qui écrivent à leur propos, bien qu’ils y passent souvent du temps. Les commentateurs en parlent rarement. Les candidats n’en débattent jamais, les éditorialistes n’écrivent pas sur elles.

Ces jours derniers, nous nous sommes souvenus des 505 (!)   bases allant de minuscules avant-postes de combat à de petites villes américaines  (avec presque tous les aménagements d’un véritable foyer) que les US ont construits, entretenus puis abandonné en Irak entre 2003 et 2011 au coup de dizaines de milliards de dollars – ceci, c’est-à-dire avant que des formateurs américains et d’autres personnels y soient à nouveau envoyés dans quelques uns d’entre eux pour la 3ième guerre d’Irak. 

Presque personne, même le Congrès généralement impatient de couper les subventions sur à peu près tout, n’a discuté le coût de cette maintenance de centaines et de centaines de bases de toute tailles et formes que le Pentagone maintient globalement d’un façon historiquement encore sans précédent.

Déjà en 2012, le rédacteur régulier de TomDispatch David Vine estimait que ces coûts s’élevaient aux alentours de 170 milliards de dollars par an, d’une façon conventionnelle, et que depuis le 11 Septembre, s’y était ajouté au total près de deux milliers de milliards de dollars..Si vous n’évaluez pas la manière dont ce pays a transformé en garnison toute la planète, si vous ne notez jamais son empire de bases militaires, il n’y aura alors aucune façon de vous en faire saisir la nature impérialiste, qui peut-être est le vrai point. 

Et bien sûr, si vous n’avez aucune conscience de tout cela, ce qui est probable si vous êtes un Américain pur sang bien viril, alors vous n’avez probablement pas l’idée que ce pays a engouffré des milliards de dollars dans une seule base militaire, sur une seule île, Diego Garcia, perdue dans les fins fonds de l’océan Indien  mais vitale quant aux conflits de l’Amérique avec le Moyen-Orient. Ceci signifie également que vous ignorez que le Pentagone, commettant un acte de cruauté de premier ordre a exigé que toute la population soit exilée de leur pays, de leur vie, de tout ce qui avait de la valeur pour elle, de tout ce que l’appartenance aux racines représente dans ce monde, de façon à ce qu’il puisse construire, pourvoir en personnel et utiliser dans la guerre sans fin des USA avec le grand Moyen–Orient sans aucun témoin d’aucune sorte.

C’est un conte sinistre que vous n’avez probablement entendu. ( même si vous lisez  Military Times ou Stars and Stripes ) David Vine est un des rares Américains qui se soit trouvé fascine par ce que Chalmers Johnson a nommé une fois ” le monde des bases américaines.” Il a écrit à leur propos d’une façon très vive dans :  So Base Nation: How U.S. Military Bases abroad harm America and the world  [Une Nation de Bases militaires, comment les bases américaines endommagent les USA et le monde] , un livre que Andrew Bacevich a décrit comme “ une critique dévastatrice » et qui sort en Août. Personne ne sait plus de choses sur Diego Garcia et sur le destin de ses habitants que Vine. ( Il  écrit un livre précédemment  ” Island of shame” [ L’île de la honte]

Prenez donc un moment pour jeter un coup d’œil sur les bord lointains de l’empire des bases militaires américaines et de rapidement considérer certains autres coûts induits par la manie de ce pays de mettre le monde en garnison. Tom

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Traduction : Elisabeth Guerrier

Au regard de l’absence quasi complète d’information sur les procédés d’invasion de l’île de Diego Garcia et la violence commise comme un droit sur tous ses habitants, la traduction de l’article de David Vine du TomDispatch, très documentée, suivra cette introduction.

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La géo-ingénierie contre le réchauffement climatique ” Insensé, hautement fou et dangereux”

Evidemment, ça inquiète,  et dans cet effroi soudain face à l’impensable, la seule question qui vient à l’esprit est ” omment en est-on arrivé là”, là, à cette folie super-humaine, à ce choc des politiques prédatrices qui pillent et lâchent leurs toxiques partout sans y accorder le moindre souci, là, après ces campagnes financées par les Frères Koch pour nier les changements climatiques et les attribuer à la volonté de Dieu, là après ces évidences martelées années après années, ces preuves dans les faits, on pourrait passer à une étape plus destructrice encore, pensant que des équilibres qui ont mis des milliards d’années à s’organiser pourraient être modifiés en un claquement de doigt. L’idéologie du libre-arbitre qui est derrière, l’art de gouverner en passant à l’acte, en revenant au bercail avec les poches pleines comme indicateurs de réussite et à peser les conséquences après, une fois que tout le mal est fait et les choix impossibles à modifier est pourtant connue, elle a fait des dégâts en veux-tu en voilà, à tous les niveaux de la société et pire, au cœur même de ce qui porte cette société même, son appartenance à la bio-diversité et sa fragilité consubstantielle.

L’Hubris comme les Américains désignent le mal qui ronge cette culture de la toute-puissance  ira-t-elle jusqu’à ce point d’aveuglement où les fauteurs de destruction n’auront plus nulle part où aller, tout comme les victimes de leur cupidité insatiable et de leur absence pathologique d’éthique.E.G

 

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Al Gore fait baisser le ton sur les plans d’ensemencement des nuages ou du suçage de l’air pollué pour renverser le changement climatique.
Par Jon Queally, rédacteur.

Publié le Vendredi 16 Janvier dans Common Dreams  

Répondant à une version d’ébauche d’un rapport à venir de l’IPCC ( Intergovernemental Panel on Climate Change), obtenu et rapporté   par Reuters portant sur l’atténuation du changement climatique, l’ancien vice-président et activiste Al Gore dit que tout plan pour exécuter des solutions de géo-ingénieries face au réchauffement climatique sont «  déments, totalement folles et délirantes à l’extrême »

«  Nous sommes déjà engagés dans une expérimentation à la hauteur de la planète avec des conséquences dont nous pouvons dire déjà qu’elles seront déplaisantes pour l’avenir de l’humanité ». Aussi, la toute-puissance impliquée dans le fait de penser que nous pouvons venir avec une seconde expérimentation pour toute la planète qui contrecarrera la première expérimentation est un total délire » Al Gore

Bien que le rapport d’ébauche, présenté par Reuters, ne semble pas se faire fortement l’avocat pour certains de ces projets les plus aberrants, ce rapport note l’inévitabilité que les gouvernements mondiaux réduisent les émissions nécessitera des mesures plus agressives et pro-actives afin d’éviter la montée des températures que les scientifiques prédisent maintenant.

Comme le rapporte Suzanne Goldenberg du Guardian, les représentants  du climat aux  Nations Unies dans la prochaine édition de leur rapport, avertira que les gouvernements devraient extraire des quantités de gaz à effet de serre de l’air d’ici 2100 pour limiter le changement climatique. Mais l’ancien président des Etats Unis affirme que les recherches pour une solution immédiate, qui dit-il, sont nées du désespoir sont malavisées et ne peuvent conduire qu’à une catastrophe plus grande.

« L’idée que nous pouvons ajouter une autre forme de pollution dans l’air pour venir à bout les effets du réchauffement climatique est tout simplement folle “ a –til dit à une conference demandée par des reporters D’Afrique du Sud. »  Il a ajouté  «  Le fait que certains scientifiques qui sont supposés savoir mieux soient en ce moment engagés dans des discussions sur ces alternatives est la marque du désespoir dans lequel sont certains d’entre eux à cause de la paralysie du système politique global. »

Longtemps une fixation pour certains, une multitude de shémas de géo-ingénierie ont circulé, basés sur l’idée que si les interférences humaines ( à travers les vastes émissions industrielles et la pollution au CO2 ) ont provoqué le réchauffement de la planète, une sorte d’interférence supplémentaire avec la nature pourrait renverser la tendance. La semaine dernière comme l’a rapporté “ Common Dreams” des études menées par les chercheurs de l’Université  de Reading montraient qu’un plan pour l’emploi «  d’aérosols stratosphériques » pour bloquer la chaleur solaire pourrait provoquer «  des effets secondaires imprévisibles qui pourraient être aussi mauvais que la hausse du CO2

Et comme la journaliste et activiste Naomi Klein l’a précisé l’an passé dans une interview au Earth Island Journal, la géo-ingénierie est l’ «  expression ultime du désir d’éviter le lourd travail de réduire les émissions, et je pense que c’est ce qui est attrayant en elle. Je pense que nous verrons cette trajectoire suivie de plus en plus au fur et à mesure que le changement climatique deviendra impossible à nier. Un grand nombre d’individus sauteront directement sue la géo-ingénierie. Son attrait est dans le fait qu’elle ne compromet pas notre vision du monde. Elle nous laisse dans une position dominante. Elle nous dit qu’il y a une trappe de secours.  Si nous commençons à bricoler avec le thermostat de la terre-  colorant délibérément nos océans en vert glauque en leur faisant  éponger le carbone et javellisant les cieux jusqu’au blanc flou pour diminuer le rayonnement du soleil ( – on porte notre influence à un autre niveau. »

Bien sûr, une distinction est nécessaire entre des plans de mitigations durables, de réductions des émissions et des projets à grande échelle de géo-ingénierie.  Comme presque tous les experts s’accordent à le dire, il va falloir trouver des solutions technologiques et scientifiques significatives pour aider à diminuer (voire à résoudre) l’impact destructif du réchauffement climatique mais Gore et Klein rejette tout spécialement les projets à grande échelle comme l’ensemencement des océans ou des nuages avec des produits chimiques dans un essai inutile de renverser les dommages entraînés par l’âge industriel.

« La plus discutée de ces soi-disant propositions de géo-ingénierie- comme mettre du dioxide de sulfure dans l’atmosphère  pour renvoyer les rayons entrants du soleil, c’est tout simplement dément » dit Gore lors de sa conférence. «  Décrivons cela clairement, c’est tout bonnement cinglé »

Il ajoute “ Nous sommes déjà engagés dans une expérimentation à l’échelle planétaire avec des conséquences dont on peut déjà dire qu’elles seront déplaisantes pour le future de l’humanité. Donc, l’hubris impliquée dans l’idée que nous pouvons nous offrir une seconde expérimentation à l’échelle planétaire qui pourrait exactement contrebalancer la première est hautement fallacieuse.

Comme l’a écrit  Naomi Klein dans le New York Times en 2012, la chose la plus effrayante dans cette proposition est que ces modèles suggèrent que bon nombre des gens pouvant être mis en danger par ces technologies sont déjà vulnérables d’une façon disproportionnée à l’impact du changement climatique. Imaginons ceci : L’Amérique du Nord décide d’envoyer du sulfure dans la stratosphère pour réduire l’intensité du rayonnement solaire, dans l’espoir de sauver ses récoltes de maïs- malgré la possibilité réelle de générer des sécheresses en Asie et en Afrique. En bref, la géo-ingénierie pourrait nous donner ( à certains d’entre nous) le pouvoir d’exiler des quantités énormes de population en sacrifiant des zones entières par un simple retournement d’aiguillage.

Les ramifications géo-politiques sont terrifiantes. Le changement climatique rend déjà difficile à savoir si des évènement auparavant identifiés dans la catégorie des actes de Dieu ( Une vague incroyable de sécheresse en Mars ou une tempête frankensteinienne à Halloween) appartiennent encore à cette catégorie. Mais si nous commençons à bricoler le thermostat terrestre nous conduisons notre influence à un autre niveau. Une sécheresse en Inde sera vue, à tort ou à raison comme le résultat de la decision consciente d’ingénieurs  de l’autre côté de la planète. Ce qui était auparavant un manque de chance pourra devenir comme une conspiration malveillante ou une attaque impérialiste.

Traduction Elisabeth Guerrier