James Lovelock. Profitez de la vie tant que vous le pouvez, dans vingt ans, ça va nous péter à la figure.

Bien sûr les propos de James Lovelock tapent là où ça fait déjà bien mal. Sans évoquer les mobilisations diverses de par le monde qui n’a pas eu le sentiment de brasser du vent en triant avec application ses déchets, achetant uniquement  des légumes bio, les faisant pousser ou en refusant sous serment de jamais consommer de coca-cola… de la petite politique. C’est à ça que nous sommes tenus, ou réduits suivant la perspective. Dans un système où la seule énergie motrice est la production, l’élément premier, fondamental même si il demeure un pantin plus qu’un acteur, parce qu’il est vraisemblable qu’il ignore l’ampleur de son pouvoir, c’est le consommateur. Il va de soi qu’un changement, d’ailleurs en train de s’opérer, de chaque consommateur dans ses positions pourrait être déterminant non seulement pour ses propres conséquences mais surtout pour l’inévitable pouvoir que la demande aurait sur la qualité de l’offre. Bonne conscience. C’est peu. Quand il évoque la religiosité des mouvements environnementaux, comment ne pas lui donner raison en lisant avec scepticisme les sermons de Chris Edge par exemple et la posture moralo-intégriste de certains mouvements de résistance écologique. Quand il dit  “C’est trop tard” , là comment savoir ? Mais en fait cette perspective du “trop tard” est peut-être, dans la vie de chacun ayant une sensibilité politique suffisamment en éveil, un façon aussi de se sentir tenu de faire au mieux, avec ses moyens, sans rien en attendre d’autre que la recherche d’un fil à peu près cohérent dans ce monde qui s’étouffe avec ses propres sécrétions. E.G

James Lovelock: ” Enjoy life while you can. In twenty years global warming will hit the fan.

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James Lovelock. Photograph: Eamonn McCabe Eamonn McCabe/Guardian

James Lovelock

“Profitez de la vie pendant que vous le pouvez : dans 20 ans le réchauffement climatique nous pétera à la figure.”

 

 

Le frondeur de la science climatique croit que la catastrophe est inévitable, la réduction des émissions de carbone est une plaisanterie et un mode de vie éthique une escroquerie. Alors, que propose-t-il ? Par Decca Aitkenhead

En 1965, les cadres de Shell voulaient savoir à quoi le monde allait ressembler dans les années 2000.  Ils consultèrent un panel d’experts, qui spéculèrent sur des aéroglisseurs mûs par la fusion et « tout un tas de machins technologiques attrayants ». Quand la compagnie pétrolière a demandé au James Lovelock, il a prédit que le problème principal en 2000 serait l‘environnement. « Ça aura alors empiré de telle manière que ça affectera sérieusement leurs affaires. »

« Et bien sûr » ajoute-t-il avec un sourire quarante trois ans plus tard  « c’est presque exactement ce qui s’est passé »

Lovelock a dispensé des prédictions de son laboratoire de solitaire dans un vieux Moulin de Cornwall depuis la mi-60, leur exactitude constante  lui a valu une réputation faisant de lui l’un des scientifiques indépendants les plus respectés de Grande-Bretagne – même franc-tireur –. Travaillant seul depuis l’âge de quarante ans, il a inventé un appareil qui détecte  les CFCs  (chlorofluorocarbones)  qui a permis de repérer le trou grandissant dans la couche d’ozone et à introduit l’hypothèse Gaïa, une théorie révolutionnaire supposant que la terre est un super-organisme s’autorégulant. Initialement ridiculisé par de nombreux scientifiques comme un non-sens du Nouvel-âge (New age), cette théorie forme aujourd’hui les bases de presque toute la science

Pendant des décennies, sa défense de l’énergie nucléaire a consterné ses compagnons environnementalistes mais récemment un nombre de plus en plus important d’entre eux se sont rapprochés de sa façon de voir. Son dernier livre, La revanche de Gaïa, prédit que d’ici à 2020 les températures extrêmes seront la norme, provoquant des dévastations globales, qu’en 2040 l’Europe sera saharienne et des parties de Londres sous l’eau. Le rapport le plus récent du Panel intergouvernemental sur le changement climatique ( IPPC) utilise un langage moins dramatique – mais ses conclusions ne sont pas à des kilomètres des siennes.

Comme pour la plupart des gens, ma panique sur le changement climatique n’a d’égal que ma confusion sur ce que je dois faire à son égard. Une rencontre avec Lovelock à cet égard ressemble un peu à une audience avec un prophète. Enfoui au bout d’un chemin serpentant dans les bois, dans un bureau plein de livres, de papiers et de trucs comportant des cadrans et des fils, l’homme de 88 ans présente ses pensées avec une conviction calme et inamovible qui peut être agaçante.  Plus alarmante encore que ses prédictions climatiques apocalyptiques est sa certitude absolue que tout ce que nous faisons est erroné.

Le jour où nous nous sommes rencontrés, le Daily Mail avait lance une champagne pour se débarrasser des sacs plastiques pour les courses. L’initiative se situait confortablement au sein des canons actuelles des éco-idée, près de la consommation éthique, de la compensation carbone, du recyclage et de tout le reste…tout ce qui est initié à partir du calcul que les ajustements dans les styles de vie individuels peuvent encore sauver la planète. C’est, dit Lovelock, un fantasme illusoire. La plupart des choses qu’on nous a dit de faire peuvent nous faire nous sentir mieux mais elles ne font aucune différence. Le réchauffement climatique a dépassé le point  critique est la catastrophe est impossible à arrêter.

« Il est simplement trop tard pour ça » dit-il, « Peut-être si nous avions pris de telles routes en 1967, cela aurait pu aider. Mais nous n’avons pas le temps. Toutes ces choses standardisées écologique, comme le développement durable, je pense que ce sont des mots qui ne veulent rien dire. Il y a un nombre incroyable de gens qui viennent à moi et qui me disent, vous ne pouvez pas dire ça parce qu’alors il ne nous reste rien à faire. Je dis le contraire, cela nous donne un nombre immense de choses à faire, seulement pas le genre de choses que nous voulons faire. »

Il rejette les éco-idées vivement. L’une après l’autre. « La compensation carbone ?  Je n’en rêverais même pas. C’est une plaisanterie. Payer pour planter des arbres afin de croire qu’on compense le carbone ? Vous rendez probablement les chose pires. Vous feriez beaucoup mieux de donner cet argent à l’organisme de charité Cool Earth, qui verse ces fonds aux peuples indigènes afin que leur forêt ne soit pas abattue.»  Est-ce que lui et sa femme tentent de réduire le nombre de leurs vols ? « Non parce que nous ne le pouvons pas. » « Et le recyclage, ajoute-t-il est certainement un gaspillage de temps et d’énergie » pendant qu’avoir un style de vie « vert » ne se révèle n’être que « de grands gestes ostentatoires. » Il ne fait pas confiance à la notion de consommation éthique. «  Parce que toujours, à la fin, cela se révèle être une escroquerie… ou bien si ce n’en était pas une au début, ça en devient une.»

D’une façon assez inattendue Lovelock concède que la campagne plastique du Mail semble « face à tout ça, une bonne chose ». Mais il transpire que ce pourrait être largement une réponse tactique, il la considère comme un simple réarrangement des chaises pliantes du Titanic,  « mais j’ai appris qu’il n’y a pas d’intérêt à provoquer des querelles à propos de tout » il garde ses foudres pour ce qu’il considère comme la fausse promesse la plus vide de toutes – l’énergie renouvelable.

« Vous n’allez jamais obtenir assez d’énergie à partir du vent pour faire marcher une société comme la nôtre,» dit-il. Les éoliennes ! « Oh non ! Il n’y a pas moyen de faire ça, vous pouvez couvrir le pays avec leur fanfare, des millions ! Perte de temps !!»  Tout ceci est délivré avec un air d’étonnement léger face à la stupidité insondable des gens. Ils veulent faire des affaires comme toujours. Ils disent, « Oh oui, il va y avoir un problème dans quelque temps mais ils ne veulent rien changer.»

Lovelock croit que le réchauffement climatique est maintenant irréversible et que rien ne pourra empêcher de grandes parties de la planète devenant impossible à habiter ou coulant sous l’eau, entraînant des migrations de masses, des famines et des épidémies. La Grande Bretagne va devenir un canot de sauvetage pour les réfugiés de l’Europe, aussi au lieu de perdre du temps à sur les turbines éoliennes, on ferait mieux de commencer à penser comment survivre. Pour Lovelock, la logique est claire. Les brigades de durabilité sont folles de penser que nous pouvons nous sauver en retournant à la nature, notre unique chance de survie viendra non  de moins de technologie mais de plus.

L’énergie nucléaire, dit-il, peut résoudre notre probléme énergétique – le défi le plus important sera la nourriture. « Peut-être synthétiseront-ils de la nourriture? Je ne sais pas. La nourriture de synthèse n’est pas une folle idée visionnaire, vous pouvez l’acheter à Tesco sous la forme de Quorn. Ce n’est pas vraiment bon mais les gens l’achètent. On peut vivre avec. » Mais il craint que nous ne puissions créer les nouvelles technologies à temps et projette que « à peu près 80% de la population planétaire sera balayée d’ici l’an 2100. Les prophètes ont annoncé Armageddon depuis la nuit des temps, dit-il. « Mais c’est ce qui se passe vraiment.»

Face à deux versions du futur – L’action préventive de Kyoto ou l’apocalypse de Lovelock – qui devons-nous croire ? Certains critiques ont prétendus que l’empressement de Lovelock à abandonner le combat contre le changement climatique dépend plus de son grand âge que de la science. « Ceux qui disent ça n’ont pas atteint mon âge » répond-il en riant.  Mais quand je lui demande si il attribue les prédictions en conflit aux différences dans la compréhension scientifique ou aux personnalités, il répond : « Personnalités ».

Il y a plus qu’un soupçon de controverse dans son travail et cela semble une coïncidence improbable que Lovelock commence à être convaincu de l’irréversibilité du changement climatique en 2004, au moment même où un consensus international s’opérait sur le besoin d’une action urgente. Ses théories ne sont-elles pas menées par un goût pour l’hérésie ?

« Pas le moins du monde ! Pas le moins du monde ! Tout ce que je veux est une vie au calme mais je ne peux pas m’empêcher de noter quand des choses se produisent, quand vous sortez et trouvez quelque chose Les gens n’aiment pas ça parce que ça bouscule leurs idées. ! » Mais la suspicion semble confirmée quand je demande si il a trouvé gratifiant de voir beaucoup de ses avertissements concernant le changement climatique acceptés par l’IPCC.

« Oh non, en fait j’écris un autre livre maintenant, j’en suis à peu près au tiers, afin d’essayer de franchir un pas supplémentaire. »

Les interviewers  remarquent souvent l’écart entre les predictions lugubres de Lovelock et son sens de l’humour «  Hé bien je suis joyeux ! » dit-il en souriant. « Je suis un optimiste, ça va arriver. ». « L’humanité est dans une période exactement comme celle des années 1938.39. » explique-t-il, « quand nous savions tous que quelque chose de terrible allait arriver mais ne savions pas quoi faire. Mais quand la deuxième guerre mondiale a été en route, tout le monde a commencé à s’exciter, ils ont aimé les choses qu’ils pouvaient faire, c’était comme de longues vacances. .. donc quand je pense à la crise imminente maintenant, je pense en ces termes… Un sens de l’utilité – c’est ce que les gens veulent. ».

Par moments je me demande quel crédit accorder à ses  références  en tant que prophète. Parfois, il semble moins éclairé par sa vision scientifique  que disposé à voir la version du futur que ses a priori cherchent. Socialiste étant jeune, il favorise maintenant les forces du marché et que sa politique soit l’enfant ou le père de sa science n’est pas clair. Son hostilité à l’énergie renouvelable, par exemple, s’exprime en des termes strictement eurosceptiques d’irritation avec les subventions et les bureaucrates. Mais ensuite, lorsqu’il parle de la terre, ou Gaïa, c’est en des termes purement scientifiques.  Il s’est produit sept désastres depuis que les humains sont sur terre, très semblables à celui qui est sur le point de se produire. Je pense que ces évènement contribuent à séparer le bon grain de l’ivraie. Et finalement nous auront un homme sur la plante qui la comprend vraiment et peut vivre sur elle correctement. C’est ça la source de mon optimisme.

Je demande, qu’est ce que Lovelock ferait maintenant si il était moi ? Il sourit et dit :  Profite de la vie pendant que tu le peux. Parce que si tu as de la chance, il va se passer vingt ans avant que  ça s’envenime.

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

Dahr Jamail «  Effondrement imminent de la calotte glaciaire et une nouvelle ère pour l’Arctique »

L’article de Dahr Jamail du magazine ” Truth Out”  nous offre un aperçu très large et documenté des multiples facettes de la catastrophe climatique qui se prépare et a déjà montré son ampleur. Il se réfère aux études les plus sérieuses et les plus récentes afin de pointer l’extrême urgence avec laquelle les pouvoirs politiques devraient agir ainsi que les résistances toujours farouches à la seule réalité du changement climatique anthropogénique.

Il se réfère principalement à des recherches et des analyses faites aux USA mais évoque également de nombreuses autres parties d’un monde qui, ne l’oublions pas est menacé dans sa survie globale.

Avant la lecture une citation de la fin du texte, qui nous montrera, à nouveau, l’extrême urgence des changements nécessaires : Nous n’avons pas un moment à perdre : une analyse récemment publiée dans la  prestigieuse revue Science, montre qu’une espèce animale sur six est en voie d’extinction à cause du réchauffement.

NB : Dans la traduction, nous avons fait le choix en place de  “changement climatique”, d’utiliser l’acronyme anglo-saxon choisi par l’auteur,  “ACD” (Anthropogenic Climate Disruption ).

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Comme les perturbations climatiques causées par l’homme progressent, la montée du niveau des mers se produit beaucoup plus vite que prévu. (Photo: Iceberg via Shutterstock)

Récemment, deux amis et moi avons tenté l’ascension du beau sommet enneigé du Mont Baker dans l’état de Washington. Encordés pendant que nous escaladions le glacier, à à peu prêt 457 mètres au-dessous du sommet, notre route s’est transformée en une impasse.

Étant donné qu’il était techniquement tôt dans la saison d’escalade et que nous étions sur une route standard, nous avons été surpris de trouver un pont de neige s’étalant sur une crevasse large de plus de 10 mètres sur le point de s’effondrer. Ne trouvant pas d’autres voies autour du gouffre, nous nous sommes mis d’accord pour faire demi-tour et de revenir un autre jour.

Après avoir démonté notre camp et pris le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés pour manger un morceau dans la petite ville la plus proche de Glacier, Washington. Notre  hôtesse nous a parlé d’un de ses amis travaillant au service forestier de  l’endroit qui lui avait dit que la zone ” avait reçu, l’année passée, la quantité la plus faible de précipitations dans les cent dernières années. ”

L’élévation du niveau des mers se produit maintenant beaucoup plus vite que ce que tout le monde prévoyait.

Pendant que nous planifions notre prochaine sortie au Mont Baker, un de mes partenaires parla avec un guide local qui l’informa que, en dépit du fait que nous n’étions qu’à la mi-mai  ” les conditions d’escalade sont déjà les mêmes que celles de la mi ou fin Juillet, des crevasses s’ouvrent, des ponts de neige sont déjà en train de fondre comme si nous étions en fin de saison ”

L’escalade, aux prises avec les perturbations climatiques anthropogéniques  (A.C.D : Anthropogenic Climate Disruption), comme le reste de la vie, est en train de devenir de plus en plus un défi et de plus en plus dangereuse. Les signes nous entourent, chaque jour maintenant. Tout ce que nous avons à faire et d’ouvrir les yeux aux changements se produisant dans nos régions. Nous devons y regarder de plus près et penser à ce qui se produit sur la planète.

Les changements dans l’océan Arctique sont devenus si importants que la région entre dans ce que les scientifiques norvégiens appelant  ” une nouvelle ère ” . Ils nous avertissent des   ” implications  d’une portée considérable “, provenant du passage d’une couverture permanente de glace épaisse à une couche beaucoup plus fine disparaissant pendant l’été.

Pendant ce temps, l’élévation du niveau des mers se produit maintenant beaucoup plus vite que toutes les prévisions le supposaient, selon une étude récemment publiée des climatologues d’Australie. Cette étude montre que la montée des niveaux de la mer s’est accélérée lors de la dernière décennie.

La NASA a récemment publié une étude révélant que les régions polaires de la planète sont au milieu d’une transformation énorme, et a montré que la calotte glaciaire Larsen B, vieille de 10.000 ans va bientôt disparaître, peut-être dès 2020. Et ces tendances sont sur la voie d’une accélération, car Mars a vu la moyenne de dioxyde de carbone toucher les 400. 83 parts par million.  Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration,  c’était la première fois que la moyenne surpassait les 400 parts par million pendant un mois entier depuis le début des mesures en 1950.

Terre

Sur les fronts de la terre, des changements furieux viennent à une vitesse folle

Une étude  dévoilée par les chercheurs en Suède et en Chine montre comment l’ACD peut sérieusement compromettre la survie de presque tout ce qui vit sur la planète, en particulier  celle des oiseaux. Les chercheurs ont montré comment lors du dernier âge de glace s’est produit un déclin sévère de la vaste majorité des espèces étudiées, ce qui est précisément ce à quoi nous assistons en ce moment. De très nombreuses espèces d’oiseaux sont actuellement dans un déclin dramatique.

Un récent exemple frappant de ce phénomène se produit dans l’Ohio, où les oiseaux sont en train d’être dévastés par les impacts de l’ ACD, selon les scientifiques les plus experts de l’ Audubon Society, qui s’attendant à voir les choses empirer.

Les gaz à effets de serre s’extraient de la forêt californienne plus vite qu’ils ne sont absorbés.

En Californie, l’actuelle mega-sècheresse est déjà responsable de la mort de 12,5 millions d’arbres de la forêt nationale, selon les scientifiques du service des forêts nord-américaines. Ils s’attendent à voir l’extinction continuer. ” Il est presque certain que des millions d’autres arbres vont mourir dans le cours de l’été à venir puisque la situation de la sécheresse continue et va s’inscrire encore plus dans le long terme. ” dit le biologiste Jeffrey Moore, responsable du programme d’enquête du Services des forêts nord-américaines.

Des recherches récentes  en dehors de la Californie montrent également que les forêts sont en fait devenues de pollueurs plutôt que des réducteurs de dioxide de carbone, à cause, encore, de l’impact de l’ ACD. L’étude montre que les gaz à effets de serre s’extraient des forêts plus vite qu’ils ne sont absorbés, à cause principalement des feux de forêts amplifiés par l’ACD.

À travers tous les états de l’ouest des USA frappés par la sècheresse, les animaux sauvages meurent littéralement de soif, car ils sont maintenant obligés de chercher de l’eau et de la nourriture dans des zones éloignées de leur territoires habituels, ce qui entraine une augmentation des morts.

Une autre étude récente montre que comme l’ACD  progresse, des étendues de forêt majestueuse à travers le monde vont rétrécir et se rabougrir, à cause des changements dans les courants de fluide du travail intérieur de la végétation. Pendant ce temps, l’augmentation du niveau de dioxyde de carbone et d’autres impacts de l’ACD ont un effet massif sur les capacités des populations indigènes de fournir leur propre médecine car les plantes médicinales sont sur le déclin.    Cette question dépasse le cadre des USA : sur les 7, 3 milliards de personnes vivant sur terre maintenant, approximativement 5 milliards ne se rendent pas à une pharmacie pour chercher leurs prescriptions.

Dans cette même note, une récente étude troublante dans le Proceedings of the National Academy of Sciences    a montré que le réchauffement climatique faisait déjà baisser les rendements de céréales aux USA et probablement ailleurs autour du globe. C’est pourquoi nourrir les 7, 3 milliards d’êtres humains va devenir de plus en plus un défi.

Plus largement, un rapport récent de médecins et de scientifiques en Australie nous avertit que l’ACD conduira à plus de maladies, de mort et de violents conflits lorsque les pays devront se battre plus pour les ressources en aliments et en eau.

Eau

Comme d’habitude, quelques-uns des effets les plus ouvertement évidents de l’ACD se font reconnaître sur les fronts de mer, à la fois sous la forme de trop ou de pas assez d’eau.

En ce qui concerne le dernier, le lac Mead du Nevada, le plus grand réservoir d’eau des USA, est maintenant à son plus bas niveau dans l’histoire enregistrée.

Dans la région du nord-ouest pacifique – pas la région à laquelle on pense quand on évoque la sécheresse — une étude récente a montré que plus de montagnes étaient sans neige plus tôt dans l’année que jamais, d’autant que la région a eu un hiver sans neige avec les manteaux neigeux à leur plus bas niveau

Les responsables de l’eau avaient l’espoir que des neiges tardives ou d’importantes pluies printanières allaient remplir les réservoirs, mais elles ne sont pas venues. À la place, sur les 98 sites gérés par Washington, 66 étaient sans neige au début du mois de Mai et ” 76% de la neige à long terme des sites de l’Oregon avaient le plus mince manteau neigeux jamais enregistré. ” en Avril.

Lors d’une année typique, à cette même période, la plupart des sites seraient proches de leur manteau neigeux le plus épais.

Dans l’Arctique, le lanceur d’alerte, les circonstances deviennent de plus en plus catastrophiques.

Les choses sont suffisamment graves pour que à la mi-mai, le gouverneur de la région Jay Inslee déclare une urgence dans tout l’état  à cause de la sécheresse  quand les manteaux neigeux de cet état n’avaient pas atteints 16% de leur moyenne et le niveau des cours d’eau et des rivières s’étaient asséchés jusqu’à devenir des filets qu’on n’avait pas vu depuis 1950.  Inslee a également averti que ”  les résidents devaient se préparer à une saison d’incendies précoce et active qui pourraient atteindre  des lieux plus hauts comme celles des montagnes Olympiques ou celles de Cascade., où de nombreux points sont déjà complètement sans neige. ”

Nous tournant plus au nord, ce dernier hiver a aussi été le moins neigeux parmi ceux enregistrés à Anchorage, Alaska selon le  National Weather Service

Nous déplaçant à travers le Pacifique vers Taïwan, pas un pays dont on imaginerait qu’il subisse l’impact de la sécheresse alors que cette nation traverse une des plus sévères sécheresses  depuis des décennies, les habitants vivant dans ce pays lourdement peuplé de la côte ouest doivent rationner leur utilisation d’eau.

Dans l’Arctique, notre signe avant-coureur des impacts de l’ACD, les conditions deviennent de plus en plus terribles. Il y avait moins de glace dans l’Arctique cet hiver que lors d’aucun hiver de l’ère des satellites selon le National Oceanic and Atmospheric Administration 

Une équipe internationale de scientifiques a récemment confirmé une crainte ancienne : la vaste quantité de carbone actuellement préservée dans les sols gelés et la toundra de l’Arctique, sera, à cause de la fonte du permafrost, finalement rejetée dans l’atmosphère. C’est une évidence de boucle de rétroaction : les températures se réchauffant font fondre le permafrost, libérant le dioxyde de carbone stocké dans l’atmosphère, qui plus tard réchauffe encore les températures, encore et encore.

Comme une nouvelle version arctique du film post-apocalyptique Mad Max, le dégel de la calotte glaciaire pousse plusieurs nations de l’ouest et la Russie à se précipiter pour marquer et sauvegarder leurs droits à de nouveaux passages de navigation et à de nouveaux sites de forage en haute mer. En d’autres termes, la dernière itération de la guerre froide est en train de s’échauffer, rapidement.

Dans l’Arctique-même, cette dépêche trouve également des développements dramatiques. La couverture de glace Larsen C, qui est beaucoup plus grande que Larsen A et B et a une surface à peu près deux fois plus large que celle du Pays de Galles  semble sur le point de s’effondrer. Une étude récemment publiée rapporte que des mécanismes existent qui pourraient faire courir des ” risques imminents ” à la couverture glaciaire.

Dans un autre exemple de boucle de rétroaction qui s’emballe, un rapport récent  montre qu’une accélération de la montée des eaux  se produit pendant que la couche de glace fond à des vitesses de plus en plus rapides.

Dans cette note, les leaders politiques des Caraïbes, http://www.ipsnews.net/2015/05/caribbean-looks-to-paris-climate-summit-for-its-very-survival/   dont les quarante pays insulaires sont confrontés à l’acidification de l’océan, à la montée du niveau des eaux et à une saison cyclonique de plus en plus intense mettent tous leurs espoirs sur le sommet climatique de Paris attendu dans l’année pour leur survie même.

Feu

La sécheresse actuelle en Californie transformant tout l’état en poudrière où ont conduit plusieurs années de conditions d’hyper-sècheresse, a amené les experts à prévenir que  la sècheresse et les conditions actuelles sont une “ recette de désastres “. La Californie dépense déjà plus que les 10 autres états de l’Ouest combinés dans la lutte contre les incendies et cette année, le compte des feux jusqu’à maintenant est de 967, ce qui est 38 % plus important que la moyenne à cette date depuis 2005. Le nombre d’hectares brûlés est presque le double de ce qu’il était à la même période l’année passée et 81%  au-dessus de la moyenne depuis 2005.

À travers le reste des USA de l’ouest, la saison des feux de forêt à venir s’annonce aussi sinistre. Comme la sécheresse continue d’empirer dans tout l’ouest et le centre-ouest des États-Unis le Service des Forêt s’attend à dépenser plus de  1,26 milliards à combattre les incendies en 2015 pendant une saison des feux de forêts qui s’annonce bien pire que la normale.

Une étude récemment publiée  par des chercheurs du National Park Service, de l’Université de Californie, Berkeley, et d’autres institutions a confirmé ce que nous savons déjà : lorsque de la terre boisée desséchée part en flamme, le feu contribue à l’ACD, provoquant encore un autre emballement de la boucle de rétroaction

Air

Un article récent  publié dans   Nature Climate Change a révélé que 75 % des journées mondiales anormalement chaudes et 18 % de ses chutes extrêmes de neige et de pluie étaient directement liées à l’ ACD. Deux rapports récemment publiés par l’UCLA montrent que d’ici 2050, des parties de la région de Los Angeles vont subir un nombre triple ou quadruple de chaleur extrême ( des jours au-dessus de 35 degrés.) par rapport à la situation actuelle.

Dans ce domaine, une autre étude  récemment publiée indique que l’exposition américaine aux chaleurs extrêmes va vraisemblablement être multipliée par six d’ici 2050, à cause de la combinaison de l’augmentation des températures et du rapide accroissement de la population à travers le sud et l’ouest. L’actuelle sécheresse en Californie a également rendu la qualité de l’air bien pire, selon un rapport de l’American Lung Association report.

De l’autre côté de l’Atlantique, les scientifiques nous avertissent  que les records de chaleur battus pendant ces dernières années ont 13 fois plus de chance d’être attribuées à l’ACD.

Un autre rapport récent  montre qu’à cause de l’ACD, les ouragans, globalement, vont arriver plus groupés et être beaucoup plus intenses que dans le passé.

Déni et réalité

Aux USA, il semble que dans le camp des détracteurs de l’ACD, il n’y ait pas de temps mort. Le comité de la Maison Blanche dont la tâche consiste à autoriser les dépenses de la NASA s’est récemment centré sur une question-clef prioritaire de l’administration Obama avec un vote sur une ligne du parti à propos d’une coupe franche  dans le budget des sciences de la Terre : les missions qui étudient l’ACD. Les opposants cherchent à ôter les fonds alloués à l’environnement et aux sciences de la Terre qui peuvent aider les décideurs politiques à faire des choix quant à la régulation de la pollution et aux effets du réchauffement climatique.

En Alaska, la sénatrice anti-environnementaliste belliqueuse Lisa Murkowski est en train de pousser l’ Environmental Protection Agency à libérer son état des règles touchant les émissions de centrales de l’ACD et il est possible qu’elle y réussisse.

En Floride, bien que l’élévation du niveau de la mer fait de jour en jour peser une menace plus grande à toute la côte, il n’y a, dans tout l’état aucun plan général sur les moyens de mitiger l’impact de l’ACD.

Le Président Obama, qui a donné son feu vert pour les forages en haute mer, a fait pression pour une action urgente sur le climat comme un impératif de sécurité nationale.

Les Etats-Unis ne sont pas la seule nation avec un fort mouvement de déni du réchauffement basé sur l’industrie du pétrole. En Australie, l’ancien chef de la respectée Commission Climatique, qui a été dissoute par le Premier Ministre Conservateur Tony Abbott en 2013, a récemment convié le gouvernement à expliquer pourquoi il finançait un «  Institut de Recherche » qui supporte les détracteurs du changement climatique.

Je ne sais pas si ce dernier exemple est à classer dans la catégorie  « déni »  ou « réalité » : de retour aux USA, le Président Obama qui a donné son feu vert pour des forages en haute-mer à la fois dans l’Arctique et sur la côte atlantique a précisé que l’ACD était un risque immédiat pour les USA en poussant à des actions immédiates pour des impératifs de sécurité nationale.

Pleinement sur le front de la réalité, le chef de la Banque Mondiale a affirmé que l’ACD est une « menace fondamentale » pour le développement, reconnaissant comme la progression des dangers a empiré.

Le Département américain de la Défense, qui n’est pas connu pour ses préoccupations pour l’environnement, est en train de franchir de larges pas  vers l’adaptation et la préparation à l’ACD .

Peu connue également pour être préoccupée par l’ACD, l’Arabie Saoudite par son Ministre du pétrole, Ali al-Naimi a récemment annoncé que son pays avait l’intention de basculer vers le tout solaire d’ici 2040.2050. «  Nous nous sommes embarqués dans un programme de développement de l’énergie solaire. Nous espérons qu’un jour viendra où au lieu d’exporter du pétrole nous exporterons des gigawatts. N’est-ce pas une bonne idée ? »

Oui, Monsieur le Ministre, c’en est une, bien qu’un peu tardive dans le jeu.

Également sur le front de la réalité, les Nations Unies et le Vatican ont fait équipe contre les climato-sceptiques, avertissant le monde à propos des impacts de l’ACD tout en détractant fermement les «  climato-sceptiques ». L’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan est intervenu  en disant que «  Nous devons faire face aux climato-sceptiques » qui nient les faits et le Pape Francis a donné des instructions aux responsables de L’Eglise Catholique afin qu’ils se joignent aux politiciens, aux scientifiques et aux économistes pour établir un bilan déclarant que non seulement l’ACD est une réalité scientifique mais aussi qu’il s’y engage une responsabilité morale et religieuse à faire quelque chose contre lui.

Tout cela est parfait mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Nous n’avons pas un moment à perdre : une analyse récemment publiée dans la  prestigieuse revue Science, montre qu’une espèce animale sur six est en voie d’extinction à cause du réchauffement.

Boucle de rétroaction  Feedback loop

Traduction : Elisabeth Guerrier