La Fondation Gates est-elle une force positive. Conclusion Global Justice Now

 

Le texte qui suit est le fruit d’un long travail d’expertise  et d’enquêtes extrêmement pointues menées par Global Justice  Now touchant les secteurs d’intervention de l’empire Gates. Nous y apprenons, sur plus de soixante-dix pages qui seront publiées par thèmes, la force d’intervention de la Fondation Gates dans les affaires publiques du monde et en particulier celles des pays en voie de développement où elle pratique des opérations de promotion de ses valeurs et, comme tout dans ce système de l’ultra-libéralisme qu’elle défend, de ses intérêt, au détriment de la conscience politique et de l’action des peuples auxquels elle impose ses choix et de leurs gouvernements, trop démunis pour résister à des propositions de solutions massives importées pour combler les failles juridiques ou pratiques de leur fonctionnement. Est-il normal, dans un contexte de démocratie, de voir livrés au bon vouloir d’un seul homme et de ses subalternes les choix touchant les années à venir de millions d’individus ? Est-il concevable que la dimension caritative et toute sa constitution subjective soit plus puissante que la dimension politique et les rouages de délégations qu’elle implique ? Le poids financier et décisionnel de Gates et des acolytes des bio-technologies et de l’empire pharmaceutique qu’il soutient est plus lourd que celui de nations entières ? Ce simple fait n’est -il pas le signe d’un dysfonctionnement structurel majeur ? E.G

 

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L’homme d’affaire américain Bill Gates parle à une conférence de l’Alliance globale pour la vaccination et l’immunisation ( GAVI) autour du thème ” Toucher chaque enfant” en Allemagne, le 25 Janvier 2015. Parmi les membres de la GAVI se trouvent des gouvernements, des fabricants de vaccins, des ONGs ainsi que des organisations pour la santé et la recherche. Photo:  Bernd von Jutrczenka/picture-alliance/dpa/AP Images

 

 

LA FONDATION GATES EST-ELLE UNE FORCE POSITIVE ?

 

Conclusion

 

Recommandations

  1. La Fondation Bill et Melinda Gates devrait être sujette d’une évaluation international indépendante et international. Ceci pourrait être organisé et administré par le Comité d’assistance au développement de l’OCDE bien que cela doive impliquer un processus de contrôle transparent et inclure la participation de différents actionnaires notamment ceux impliqués dans les projets de la Fondation.
  2. L’International Development Select Committee devrait mener une enquête au sein des relations entre le Département de développement international et la Fondation Gates afin d’évaluer l’impact et l’effectivité de toutes les activités touchant la pauvreté et l’inégalité.
  3. La BMGF a besoin de cesser de supporter l’agriculture contrôlée par les corporations qui promeut des réformes comme la privatisation des semences et encourage le développement d’apport synthétiques qui amènent les fermiers à devenir dépendants de produits onéreux chaque saison.
  4. La BMGF devrait cesser de supporter tous les projets de l’ International Finance Corporation jusqu’à ce que de sérieuses prises en compte des coûts de son hôpital privé-public à Lesotho ait été complètement et indépendamment évalués.

 

Lorsqu’elle a été contactée pour donner son point de vue sur le rapport, la Fondation Bill et Melinda Gates nous a répondu ce qui suit :

Nous apprécions cette opportunité de commenter votre rapport mais nous croyons qu’il déforme la réalité de notre fondation, de notre travail et de notre partenariat. La mission de la Fondation est d’améliorer la qualité de vie des habitants les plus pauvres du monde. C’est un défi complexe et le résoudre demandera un panel d’approches autant que la collaboration des gouvernements, des OGNs, des institutions académiques, des compagnies privées et des organisations philanthropiques. Les gouvernements ne sont positionnés que pour fournir la guidance et les ressources nécessaires à faire face à ces inégalités structurelles et assurer que les bonnes solutions touchent ceux qui sont les plus dans le besoin. Le secteur privé a accès aux innovations – par exemple en science, en médecine et en technologie- qui peuvent sauver des vies. Et nous croyons que le rôle de la philanthropie est de courir des risques que les autres ne peuvent pas courir. La bonne nouvelle est le fait que le travail partagé progresse incroyablement. Depuis 1990, le monde a réduit l’extrême pauvreté de moitié, la mortalité infantile et les décès de malaria de moitié, réduit la mortalité à l’accouchement presque de 50% et conduit l’infection HIV à réduire de 40%.

Nous croyons que les prochaines quinze années amèneront encore des améliorations significatives. Dans tout notre travail – que ce soit en aidant les femmes à avoir accès aux soins prénataux ou à s’assurer que les petits fermiers puissent produire assez de nourriture pour nourrir leur famille- nos partenaires guident nos priorités et notre approche. Nous écoutons les experts et les hommes et les femmes de terrain et  agissons en fonction de preuves. Nous avons été l’une des premières fondations à joindre l’International Aid Transparency Initiative (IATI), et nos rapports à l’OCDE et à l’International Aid Transparency Initiative (IATI), ainsi que notre politique d’Accès ouvert reflète notre engagement à un échange ouvert d’informations. Enfin, il est important de noter que la dotation qui finance la Fondation Bill et Melinda Gates est gérée indépendamment par une entité séparée, le Bill & Melinda Gates Foundation Trust. Le personnel de la fondation n’a pas d’influence sur les décision d’investissement du trust et pas d’accès à ses stratégies d’investissement ou de gestion autrement qu’à travers ce qui est disponible à travers les informations publique.”

 

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

 

La Fondation Gates est-elle une force positive ? Global Justice Now

 

La Fondation Gates est-elle une force positive ?

 

Le texte qui suit est le fruit d’un long travail d’expertise  et d’enquêtes extrêmement pointues menées par Global Justice  Now touchant les secteurs d’intervention de l’empire Gates. Nous y apprenons, sur plus de soixante-dix pages qui seront publiées par thèmes, la force d’intervention de la Fondation Gates dans les affaires publiques du monde et en particulier celles des pays en voie de développement où elle pratique des opérations de promotion de ses valeurs et, comme tout dans ce système de l’ultra-libéralisme qu’elle défend, de ses intérêt, au détriment de la conscience politique et de l’action des peuples auxquels elle impose ses choix et de leurs gouvernements, trop démunis pour résister à des propositions de solutions massives importées pour combler les failles juridiques ou pratiques de leur fonctionnement. Est-il normal, dans un contexte de démocratie, de voir livrés au bon vouloir d’un seul homme et de ses subalternes les choix touchant les années à venir de millions d’individus ? Est-il concevable que la dimension caritative et toute sa constitution subjective soit plus puissante que la dimension politique et les rouages de délégations qu’elle implique ? Le poids financier et décisionnel de Gates et des acolytes des bio-technologies et de l’empire pharmaceutique qu’il soutient est plus lourd que celui de nations entières ? Ce simple fait n’est -il pas le signe d’un dysfonctionnement structurel majeur ? E.G

 

LA FONDATION GATES EST-ELLE UNE FORCE POSITIVE ?

DEUXIÈME PARTIE  Influence politique et politiques de santé : la vaccination

Janvier 2016

 

L’influence sur les politiques mondiales. Des preuves suggèrent que la fondation Gates s’est offert un rôle dans un nombre d’organisations hautement influentes. Les sommes importantes d’argent données par la BMGF lui permettent de créer un système de patronage global alors qu’en réalité elle achète la loyauté d’acteurs influents. En même temps, les critiques de la fondation sont muets et de nombreux acteurs recevant des fonds de la fondation, dont on aurait dans d’autres circonstances attendu des critiques demeurent largement silencieux.   Cette situation est clairement une menace pour la prise de décisions démocratique mondiale. Le fait qu’une fondation privée occupe ces positions influentes est un acte d’accusation du système d’aide international et des gouvernements qui devraient demander des comptes à la BMGF. Plus encore, son effet est que les décisions politiques sont tirées vers la promotion du secteur privé et vers les intérêts des multinationales. La fondation a une influence globale trop importante. Elle est particulièrement présente dans l’agriculture globale et dans la santé où elle finance un tas de scientifiques de gouvernements, de corporations, d’ONGs et de medias, provoquant  un  effet de levier considérable à la programmation des décisions politiques. Dans le domaine de la santé, le BMGF a été le premier ou le second contributeur le plus important au budget de l’Organisation mondiale de la santé ces dernières années. La BMGF a fourni 11% du budget de l’OMS en 201. 30 ce qui est 14 fois plus que la contribution de la Grande –Bretagne. La foundation est aussi devenue la principale source de financement de la recherche sur les maladies contagieuses comme la tuberculose, la malaria et le HIV, finançant plus que l’OMS elle-même.31 La BMGF est aussi un partenaire essentiel dans plusieurs partenariats public-privé de santé influents. Du capital initial de la fondation a lancé la Global Alliance for Vaccines and Immunisation GAVI ( Alliance globale pour la vaccination et l’immunisation)  en 1999.32 dans le conseil de laquelle la fondation est présente au titre d’un des membres permanents ( avec l’OMS, l’UNICEF et la Banque mondiale) .33 La BMGF a donné 2.5 milliards au Fond global pour la lutte contre l’HIV.SIDA, la tuberculose et la malaria, dans le conseil duquel elle est aussi présente.35 Elle est aussi présente au conseil du H8, un groupe auto-proclamé de huit organisations liées à la santé ( avec l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA et l’UNAIDS, le Global Fund et GAVI) créé en 2007 pour faire face aux objectifs des problèmes globaux de santé à régler. 36 En plus, elle a été impliquée dans la création d’un agenda santé pour un groupe auto-proclamé du G8.37 En ce qui concerne l’agriculture, la BMGF a déjà dépensé 2 milliards, principalement dans l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du sud.38 Elle est le cinquième plus grand donateur à l’agriculture, ayant dépensé 389 millions en 2013. Seulement l’Allemagne, le Japon, la Norvège et les US ont des programmes d’agriculture bilatéraux plus importants.39 En Afrique, elle a établi et finance l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA), qui est devenue sans doute le groupement le plus influent sur tout le continent (voir section 3). Avec les fonds vient l’influence. La BBC a appelé Bill Gates «  la voix privée la plus influente sur la santé mondiale ».40 The Guardian a décrit Sam Dryden, le responsable de l’agriculture à la BMGF comme  « vraisemblablement la figure la plus puissante dans le monde de l’agriculture aujourd’hui. » Aucun ministre de gouvernement, aucun banquier ou responsable de la société civile ou des entreprises n’a une telle influence avec si peu de restrictions.41 Bien sûr, la fondation a gagné accès aux plus hauts niveaux des décisions au sein des Nations unies et de plusieurs autres organisations internationales. Par exemple, la famille Gates a gagné un accès personnel considérable au sein du comité directeur de l’Organisation mondiale de la santé. En 2014, le People Health Movement a écrit à l’OMS afin de protester  contre sa dernière décision d’inviter Melinda Gates en tant qu’oratrice principale de l’Assemblée de la santé mondiale, le lieu des prises de décisions de l’OMS.  C’était la troisième fois qu’un représentant de la BMGF ou un membre de la famille était invité comme porte-parole de l’assemblée en dix ans.42  En mai 2011, le «  directeur-général de l’OMS et Bill Gates ont convenu d’une rencontre urgente sur l’éradication de la polio. »

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11 Bill Clinton, Bill Gates, Thabo Mbeki, Tony Blair, Bono and Olusegun Obasanjo at the World Economic Forum, 2005

 

La Directrice–générale le DR. Margaret Chan et Bill Gates se sont  « rencontrés  aujourd’hui avec les Ministres de la santé des pays touchés par l’épidémie de polio et les agences de développement international afin de discuter des étapes urgentes à franchir afin d’éradiquer la polio rapidement et efficacement. ». 43 Il est inconcevable de Gates puisse jouer ce rôle dans l’Organisation si sa fondation ne la finançait pas.  En février 2012, la fondation Gates a annoncé qu’elle donnait 200 millions au Fonds international pour le développement agricole (IFAD), une des trios organisations pour l’agriculture des Nations unies basées à Rome. Le jour de cette annonce, Bill Gates avait aussi été invité à parler à prendre la parole devant le conseil de l’IFAD. Dans son discours, Gates a imploré les pays d’ «  apporter la science et la technologie aux pauvres agriculteurs » pour lesquels «  la véritable expertise est liée aux compagnies du secteur privé. » Il s’agissait d’une référence aux OGM et à la biotechnologie, domaines fortement prioritaires dans la fondation (voir section 3).44 Bien sûr le  « rapport d’intentions » que la fondation Gates et l’IFAD ont signé conjointement  en appelant à  « supporter la génération de nouvelles technologies afin qu’elle crée la possibilité d’une intensification durable de l’agriculture.45 IFAD a noté que les deux organisations coordonnaient leurs investissements. Dans des domaines comme la recherche agricole.46 Un signe montrant que l’IFAD semble avoir adopté l’agenda technologique de la BMGF se trouve dans un article de Kevin Cleaver, Vice-président associé de l’iFAD qui a écrit au même moment que l’annonce du financement de Bill Gates : « La technologie est la clef. Les avancées les plus simples : des semences plus robustes, ou même de meilleures charrues ou house – peuvent faire basculer vers la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté. Il nous faut simplement trouver ce qui fonctionne et ensuite le répliquer fiévreusement. » 47 © World Economic Forum/swiss-image.ch12

C’est une vision plutôt bizarre du développement agricole et simpliste d’une façon inquiétante de la part d’une agence internationale phare. Si la solution était simplement d’inventer de nouvelles technologies et de les transmette aux fermiers, la faim dans le monde aurait été éradiquée depuis longtemps. à la tête. Une autre organisation internationale sur laquelle la BMGF semble aussi exercer une forte influence est le Groupe consultatif pour la recherche agronomique Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR), un consortium de 15 centres de recherche qui est le groupe le plus influent pour la recherché dans les pays en voie de développement. Le CGIAR Fund se décrit lui-même comme : « le plus grand moyen public de financement des recherches menées pour affronter les challenges de sécurité alimentaire du 21 ième siècle. ».48 La BMGF a été le donateur le plus important du CGIAR fund (après la Grande –Bretagne et les USA) contribuant à 13% de son budget total.50 Avec les financements vient l’influence, encore. Les ressources du CGIAR sont gérées par le CGIAR find council,  au conseil d’administration duquel siègent les Gates, la seule organisation privée à avoir ce droit.  Le Conseil détermine les priorités pour l’usage des fonds et finance des experts scientifiques qui conseillent tous les donateurs.51 En mars2012, la rencontre du Fund Council s’est déroulée à la Fondation Gates à Seattle. Bill Gates a parlé de la nécessité de doubler ou tripler la productivité agricole en Afrique et en Asie et a dit que «  c’était parfaitement envisageable si le système utilise les dernières avancées scientifiques, y compris la biotechnologie agricole. ».52 Beaucoup de centres de recherche du consortium de la CGIAR, dont certains sont directement appuyés par la BMGF ont déjà des programmes actifs de recherche dans les OGMs.53 La fondation incline les politiques de santé publique vers ses propres intérêts, légitimant le rôle que les compagnies pharmaceutiques multinationales jouent dans la partenariat public-privé lourdement promu par la BMGF, avec certains de ses propres projets et investissements.( se reporter à la section 2) . Ceci provoque le renforcement de leur rôle dans les décisions touchant la santé publique et les politiques de santé.  Le Global Fund pour la lutte contre le SIDA, la Tuberculose et la Malaria, financé par la BMGF et l’Alliance du GAVI, qui sont des partenariats public-privé ont des liens très serrés avec l’industrie pharmaceutique. Merck est actuellement présent au conseil de Global Fund54 pendant que les membres du conseil de GAVI incluent toujours des compagnies de l’International Federation of Pharmaceutical manufactureurs, qui compte GlaxoSmithKline, Merck, Novartis, et Pfizer, parmi d’autres55. Global Health Watch note que l’influence du secteur privé sur le  Global Fund’s Board est importante d’une façon disproportionnée. is.56 La question du tariff des vaccins a illustré pendant longtemps le rôle dominant de compagnies privées au sein de la GAVI Alliance . Son association avec l’industrie pharmaceutique a été longtemps critique. L’Adbvance Market Commintment, par lequel des donateurs investissent des fonds afin de garantir le prix des vaccins une fois qu’ils ont été développés, afin de donner aux fabricants l’envie d’investir dans la recherche et le développement – a longtemps été considérée comme une façon de subventionner les compagnies pharmaceutiques avec des aides publiques.57 GAVI est essentiellement critiquée pour le surcoût des vaccins et les ONGs ont longtemps fait pression afin qu’ils baissent leurs prix. Oxfam a appelé toutes les compagnies pharmaceutiques à se retirer du conseil de  la GAVI parce qu’il était trop clair qu’il s’agissait de conflits d’intérêt.58 Au-delà de la GAVI, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) trouve que la propriété intellectuelle sur les vaccins permet à un petit groupe de compagnies pharmaceutiques de provoquer la flambée des prix. Elle signale que le coût d’une vaccination complète pour un enfant est 68 fois plus élevé qu’il l’était il y a une dizaine d’année. « Principalement parce que une poignée de gros lobbies industriels chargent abusivement les donateurs et les pays en voie de développement pour une vaccination qui leur rapport déjà des milliards de dollars dans les pays développés. » 59 Est à noter tout particulièrement le vaccin du pneumocoque – le plus gros tueur d’enfants en dessous de huit ans dans les pays en voie de développement.60 GlaxoSmithKline and Pfizer – qui en sont les seuls producteurs – ont fait plus de 19 milliards de bénéfices depuis son arrivée sur le marché en 2009.61 MSF demande à ces compagnies de baisser le prix de ses vaccins à 5 dollars par enfant alors qu’il est actuellement aux alentours de 60 dollars. Mais Bill Gates a personnellement refusé ces demandes de MSF en disant que de baisser les prix amènerait uniquement les compagnies pharmaceutiques à refuser de travailler sur le sauvetage des vies dans les pays en voire de développement. 62

 

Conference on vaccines and immunizationLe businessman américain Bill Gates parle lors d’une conférence ayant pour thème “Toucher chaque enfant” organisée par l’Alliance globale pour la vaccination et l’immunisation ( GAVI) à Berlin en Allemagne le 25 Janvier 2015. Parmi les membres de l’Alliance, on trouve des membres de gouvernements, des fabricants de vaccins, des OGNs. Photo by: Bernd von Jutrczenka/picture-alliance/dpa/AP Images

Établir le (mauvais) agenda. L’absence de comptes à rendre de la BMGF et sa prise de décisions personnalisée (voir plus bas) lui fait favoriser les organisations privées et promouvoir son propre agenda. Le soutien considérable de la fondation à la OMS par exemple, est lié aux projets qu’elle veut voir finances, plus qu’à ceux proposes par l’assemblée de l’OMS.  63 L’influence de la BMGF dans les décisions concernant l’agenda de la santé est critique dans la mesure où les ONGs et les universités qui ne s’alignent pas peuvent se faire marginaliser et les problèmes de santé que la fondation ne considère pas comme importants peuvent être négligés. Comme le déclare l’expert de la santé de l’University College de Londres, David McCoy,  « C’est cohérent parce que la façon dont les problèmes de santé des populations pauvres sont définis et  traités en priorité est cruciale dans la construction d’une réponse efficace. » 64 La dominance de Gates dans les agendas de la recherche est aussi un sujet d’inquiétude. Depuis 2008, le responsable de la recherche sur la malaria de l’OMS  Aarata Kochi, accuse la BMGF dans une lettre à son responsable de « supprimer la diversité d’opinion scientifique, affirmant que ses prises de décisions étaient un processus interne clos, et pour autant qu’on puisse le constater, n’ayant aucun compte à rendre à quiconque qu’à elle-même. » Il dit que la domination croissante de la fondation sur la recherche sur la malaria risqué d’étouffer une diversité de vues au sein des scientifiques et d’anéantir le rôle de l’agence pour la santé dans les prises de décisions. Beaucoup des scientifiques experts de la malaria sont «  enfermés dans un cartel »   avec leur financements liés à ceux de ceux appartenant au groupe » et puisque « chacun a un intérêt direct à sauvegarder le travail des autres. » écrit Kochi, obtenir des points de vue indépendants dans les propositions est devenu  « de plus en plus difficile ». 65 Il y a eu d’autres critiques sur l’agenda de la BMGF biaisant les priorités de santé. En 2009, des éditeurs et d’autres experts de santé écrivant pour le journal médical Le Lancet ont souligné un certain nombre de critiques sérieuses portant sue la fondation. La fondation a été reconnue comme accordant la plupart de ses subventions aux organisations des pays à hauts revenus, exacerbant donc  l’inégalité de la recherche et les infrastructures de développement entre les pays riches et les pays pauvres. Elle donne priorité au financement de la malaria et de l’VIH/ SIDA, tout en négligeant presque complètement les fonds alloués pour les maladies chroniques non transmissibles. Les articles du Lancet   notent que pendant que la BMGF a donné un fort élan  au financement global de la santé, «  les subventions octroyées par la fondation ne reflètent pas le fardeau de la maladie subit par ceux qui vivent dans la plus extrême pauvreté » Les subventions pour la recherche sur la pneumonie, la diarrhée et la sous-alimentation maternelle et infantile – qui cause 75% des décès chez les enfants- étaient relativement peu financés par la BMGF. Face à ces maladies, la clef n’est pas de nouveaux vaccins largement promus par la fondation mais des mesures de prévention effectives qui sont déjà parfaitement connues, comme l’allaitement au sein et les traitements, y compris les antibiotiques contre la pneumonie, la thérapie par réhydratation orale, et le zinc contre la diarrhée.66 Les éditeurs du Lancet ont conclu en notant les inquiétudes de «  nombreux scientifiques qui ont travaillé depuis longtemps dans les secteurs à revenus faibles «  « de voir les programmes de santé largement compromis par les financements importants de la BMGF ». Par exemple, une concentration sur la malaria dans des zones où d’autres maladies causent plus de pertes humaines crée des motivations perverses chez les politiciens, les décideurs et les travailleurs de la santé. «  Dans certains pays, les ressources matérielles de la fondation sont perdues ou détournées des besoins les plus urgents. ». 67 Depuis 2009, la BMGF semble intensifier les programmes liés à la pneumonie et à la nutrition infantile par exemple. Cependant, elle a toujours une orientation sans comparaison sur les vaccins. Un des problèmes sur la concentration importante de la BMGF sur les vaccins est que cela détourne du reste, de plus urgent priorités de santé comme celle de construire des systèmes publics de santé plus résistants. Cependant, en mai 2011, Bill Gates a déclaré lors de l’assemblée de l’OMS «  Tout comme nous réfléchissons à la façon de déployer nos ressources plus efficacement, une intervention se détache : les vaccins. Aujourd’hui, je souhaiterais parler de  la façon dont vous pouvez fournir le leadership d’une décade qui sera celle de la vaccination. ».68

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Cependant pourquoi les vaccins devraient-ils s’affirmer comme un besoin critique entre tous. Selon Bill Gates, «  Les vaccins sont une technologie extrêmement élégante. Ils ne sont pas chers, sont facile à délivrer, et ils ont fait leurs preuves pour protéger les enfants contre les maladies. À Microsoft, nous rêvons de technologies qui soient à la fois si puissantes et si simples » Il semble que la fondation applique la même logique à la santé mondiale qu’elle l’a fait pour construire un empire électronique. Gates a terminé son discours en appelant tous les pays à suivre son choix concernant la vaccination.  «  Pays donateurs,  vous devez augmenter vos investissements dans les vaccins et l’immunisation même si vous devez affronter des crises budgétaires… Tous les 193 états membres, vous devez faire de la vaccination le point central de votre système de santé. ».69 La BMGF a été largement critiquée pour sa priorisation de la technologie, en particulier les vaccins et les médicaments, comme solutions de développement. La recherche sur de nouveaux médicaments et de nouveaux vaccins a été la seule destination des fonds de la BMGF, à concurrence d’un tiers de tous les fonds alloués entre 1998 et 2007 par exemple.70 Beaucoup de ce centration est positive – par l’intermédaire de la GAVI par exemple, l’usage des vaccins contre l’hépatite B et l’HIB ( grippe) ont été largement répandus.71 Mais comme Steven Buchsbaum, Directeur de la découverte et des sciences transnationales à la BMGF le note dans une citation en 2015 , la transition de l’intérêt envers la technologie  à l’intérêt envers la distribution «  n’a pas été plus développé au sein de la Fondation. ».72 L’intense centration sur les vaccins risque de détourner la politique mondiale de la santé de ses autres priorités. La professeure de santé publique de l’Université de Toronto,  Anne-Emmanuelle Birn a écrit en 2005 que la BMGF « avait conçu la santé d’une façon limitée, comme le simple produit d’interventions technologiques, en la dissociant des contextes économiques, sociaux et politiques. » .73 Selon expert de la santé, David McCoy, « plutôt que de considérer la mort de centaines de milliers d’enfants à cause d’une infection au rotavirus comme une question clinique qui nécessite une réponse par la vaccination, une meilleure approche aurait pu être de le considérer comme un problème de santé publique qui nécessitait des interventions sociale, économiques ou politiques afin d’assurer l’accès universel à l’eau potable et aux installations sanitaires. ».74 Au sein des zones vises par la BMGF, comme la recherche sur la malaria, certains spécialistes critiquent également la fondation pour son absence de prise en compte dans ses programmes des demandes locales et des besoins. Par exemple, Global Health Watch note que le schéma d’action de la BMGF  Grand Challenge traite les maladies à transmission vectorielle comme la malaria comme beaucoup trop statiques, privilégiant les vaccins et le schéma de modification génétique, ce qui néglige le fait que l’éradication de la malaria en Europe a été le résultat du drainage des marécages et d’une amélioration des équipements sanitaires, associés avec un développement économique à grande échelle.75 Contournement des systèmes de santé. La centration de la plupart des projets de la BMGF à l’effet de contourner les systèmes de santé publique. Devi Sridhar,  un spécialiste de la santé à l’Université de Oxford a averti du fait que les interventions philanthropiques  « orientent littéralement les programmes de santé publique vers les questions qui inquiètent le plus les donateurs fortunes – questions qui ne sont pas nécessairement les premières priorités des personnes des pays bénéficiaires. » 76 Les projets de la BMGF sont souvent des projets finances verticalement orientés vers des maladies spécifiques ou des problèmes de santé, contournant largement les programmes de santé existant déjà. Le Global Fund, qui est soutenu par la BMGF, dit que l’essentiel de ses financements se concentre sur des maladies spécifiques et que seulement 10% des 25 milliards qui ont été déboursés depuis 2002 est allé vers le renforcement des systèmes de santé existants.77 L’échec à investir d’une manière adéquate afin de construire des systèmes de santé et les pressions des donneurs vers d’autres priorités peuvent avoir des conséquences tragiques. En septembre 2014, Margaret Chan, la Directrice générale de l’OMS a dit au New York Times dans une interview à propos de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest, «  Mon budget est fortement caractérisé par ce que j’appelle les intérêts des donateurs. » Chan a ajouté : « Quand il  se passe un événement nous avons de l’argent. Puis, après ça, l’argent cesse d’affluer et vous devez terminer les contrats de toutes les équipes embauchées pour répondre sur place.  Je n’aime pas tous ces hauts et ces bas. Quand il n’y a pas de guerre à mener, ces équipes pourraient aider les pays à construire leurs mesures d’anticipations, à construire des réponses systémiques. Tout comme dans une équipe de pompiers. Quand il n’y a pas de feu, vous aidez le pays à construire ses capacités. ».78 L’insinuation, dans les remarques de Chan est que l’OMS dont le plus gros donateur est la BMGF, est incapable de répondre adéquatement à Ebola et à d’autres épidémies parce que les intérêts des donateurs les empêchent de construire des systèmes de santé adaptés dans les pays en voie de développement. Plus de ressources doivent aller aux infrastructures de santé comme la formation des personnels de santé, l’approvisionnement correct en médicaments ou le développement des systèmes de prévention des déclenchements d’épidémies. C’est pourquoi l’approche spécifique de la maladie a été critique par plusieurs experts de la santé. Stephen Gillam, consultant en santé publique écrit dans le British medical Journal que « les initiatives globales s’attaquant aux maladies prioritaires comme le SIDA, la tuberculose et la malaria peuvent compromettre des services plus élargis de service de santé à travers la duplication des efforts, la distorsion des plans et des budgets de santé nationale  en particulier par le détournement d’équipes peu entraînées. ».79 David Evans, directeur du Département des systèmes de santé à l’OMS a aussi averti que l’argent étranger allait principalement aux laboratoires et aux cliniques qui soignent une seule maladie, plutôt que de fournir des services de santé de base et que les effets néfastes de ces aides étrangères sur les systèmes de santé empirent quand les donateurs se concentrent sur les résultats.80 L’étude de 2009 du Lancet montre que seulement 1.4 % des fonds alloués par la Fondation sont allés au secteur public entre 1998 et 2007. Depuis lors, les dons de la BMGF ont continués à être offerts aux organisations privées préférées, notablement aux ONS s qui, bien qu’e faisant du bon travail, peuvent contribuer à exacerber la fragmentation d’une politique de santé que les gouvernements peuvent trouver difficile à coordonner et à aligner avec les priorités nationales. Une autre conséquence de cette approche est la fuite des cerveaux dans la mesure où le secteur public peut perdre des employés qui fassent le choix des ONGs mieux payées.81

 

Suite Samedi 28 Mai

 

Traduction Elisabeth  Guerrier

La Fondation Gates est-elle une force positive ? Global Justice Now

Le texte qui suit est le fruit d’un long travail d’expertise  et d’enquêtes extrêmement pointues menées par Global Justice  Now touchant les secteurs d’intervention de l’empire Gates. Nous y apprenons, sur plus de soixante-dix pages qui seront publiées par thèmes, la force d’intervention de la Fondation Gates dans les affaires publiques du monde et en particulier celles des pays en voie de développement où elle pratique des opérations de promotion de ses valeurs et, comme tout dans ce système de l’ultra-libéralisme qu’elle défend, de ses intérêt, au détriment de la conscience politique et de l’action des peuples auxquels elle impose ses choix et de leurs gouvernements, trop démunis pour résister à des propositions de solutions massives importées pour combler les failles juridiques ou pratiques de leur fonctionnement. Est-il normal, dans un contexte de démocratie, de voir livrés au bon vouloir d’un seul homme et de ses subalternes les choix touchant les années à venir de millions d’individus ? Est-il concevable que la dimension caritative et toute sa constitution subjective soit plus puissante que la dimension politique et les rouages de délégations qu’elle implique ? Le poids financier et décisionnel de Gates et des acolytes des bio-technologies et de l’empire pharmaceutique qu’il soutient est plus lourd que celui de nations entières ? Ce simple fait n’est -il pas le signe d’un dysfonctionnement structurel majeur ? E.G

 

La Fondation Gates est-elle une force positive ?

Janvier 2016

Recherches et rédaction : Mark Curtis www.curtisresearch.org

Remerciements à : Heidi Chow, Mathilde Dahl, Nick Dearden, Aisha Dodwell, Paul Eagle, Dan Iles, Polly Jones, Marsha Mcpherson-Joseph

 

Introduction 6 1.

Influence sur la politique mondiale. 10 2.

Promotion des intérêts des trusts 20 3.

Soutien de l’agriculture industrielle 26 4.

Encouragement de la privatisation 34 5.

Nécessité d’un regard indépendant Vaccination et politique de santé 38.

Recommandations 42.

Références 44.

 

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Chaque mois de janvier, Bill Gates présente sa vision d’un monde meilleur et du rôle que la fondation Bill et Melinda Gates peut jouer dans cette perspective dans une lettre annuelle adressée à nous tous.  Avec un budget de  43.5 milliards de dollars, la fondation est le plus important organisme caritatif du monde. Elle est sans doute l’acteur le plus influent sur des questions comme la santé ou l’agriculture mondiales et distribue plus d’aide pour la santé que tout autre gouvernement. Cette influence a gagné à la Bill et Melinda Gates Fondation une place dans le rapport régulier sur les aides au Sud effectué par l’OCDE. Mais ça n’a pas été accompagné des habituels compte-rendu et analyses publiques menées dans le cadre des aides publiques allouées par les gouvernements. A présent, la fondation n’est tenue que de présenter au gouvernement américain ses données financières et ses programmes ne sont pas l’objet d’une évaluation publique indépendante. Global Justice Now a fait ses preuves en forçant le gouvernement britannique à rendre des comptes sur la façon dont ses aides étaient dépensées afin d’assurer qu’elles touchaient les gens qui en avaient réellement besoin et faisaient une différence à long terme sur les niveaux de pauvreté et d’inégalité. En 1994, nous avons amené le gouvernement devant les tribunaux, et gagné à propos d’un barrage hydroélectrique en Malaisie, échangé contre la vente d’armement britannique pour 1 milliard de livres sterling au gouvernement malaisien, argumentant que cela n’allait pas s’effectuer au bénéfice du people malaisien.

Aujourd’hui nous sommes en campagne afin d’arrêter les aides finançant la privatisation du réseau électrique nigérian et la nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition [New Alliance for Food Security and Nutrition] parce que aucun de ces deux programmes ne réduit effectivement la pauvreté et l’inégalité dans les pays du Sud. D’autant que les programmes d’aide du Royaume uni  rendent de plus en plus prioritaires les intérêts des entreprises privées au lieu de s’attaquer aux racines de l’inégalité et de la pauvreté. Bien que les affaires  jouent un rôle de plus en plus grand dans le développement international une étude récente des relations entre les affaires et le Département du développement international de Grande Bretagne [Department for International Development (DFID)] la Commission indépendante sur l’impact des aides, [Independent Commission for Aid Impact] est extrêmement critique  sur son échec à être bénéfique aux peuples vivant dans la pauvreté. Le Gated Development démontre que la tendance à impliquer le monde des affaires dans la lutte contre la pauvreté et l’inégalité est centrale aux priorités et aux financements de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Nous argumentons en disant qu’il ne s’agit pas du tout d’une stratégie charitable neutre mais qu’au contraire, c’est un engagement idéologique à promouvoir les décisions politiques néolibérales et la globalisation des corporations. Le monde des affaires bénéficie directement, en particulier dans le secteur de la santé et de l’agriculture, des résultats des activités de la fondation, malgré les preuves évidentes que les solutions affairistes ne sont pas les plus efficaces. Pour la fondation, en particulier, il existe une centration délibérée sur les solutions technologiques à la pauvreté. Bien que la technologie puisse jouer un rôle face à la pauvreté et à l’inégalité, les solutions à long terme nécessitent une justice économique et sociale. Ce ne peut pas être offert par des  donations sous la forme de graines résistantes au changement climatique ou de smartphones bon marché mais doit porter sur des changements systémiques, sociaux, économiques et politiques. Questions qui ne sont pas présentées comme les priorités de la fondation.  Ce qui est peut-être le plus étonnant à propos de la fondation Gates, c’est que malgré sa stratégie agressivement corporatiste et son extraordinaire influence au sein des gouvernements, des universitaires et des medias, elle ne fait l’objet d’aucune démarche critique.  Global Justice Now s’inquiète de l’omnipotence de l’influence de la fondation Gates dans le développement international qui amène certains acteurs, qui auraient dans un autre contexte émis des critiques à l’égard de ses choix et de ses pratiques, à être incapables de parler d’une façon indépendante, sous la pression de ses dons et de son patronage.

Independent Commission for Aid Impact, Business in Development 2015

Plus spécifiquement nous demandons à l’OCDE d’entreprendre une analyse et une évaluation internationales indépendantes de la Fondation Bill et Melinda Gates, et l’International Development Select Committee de conduire une enquête sur les relations entre le DFID et la fondation ainsi que sur l’impact et l’efficacité de toutes les activités qui lui sont jointes quant aux questions de la pauvreté et de l’inégalité. Dans une période où les gouvernements sont sous la pression du public pour réduire leurs aides, et où des fondations philanthropiques comme celle des Gates sont plus influentes que jamais nous devons nous assurer que les efforts mondiaux pour faire face à la pauvreté et à l’inégalité sont efficaces, basés sur les perspectives à long terme et  durables Le monde des affaires ne peut pas être la réponse à la pauvreté et à l’inégalité parce que la recherché sans limite du profit est incompatible avec la sécurisation de la justice économique et sociale pour tous.

Polly Jones Responsable de campagne  et de politique :

Introduction  «  Ils s’attellent sérieusement  et très sentimentalement à la tâche de remédier aux affres de la pauvreté mais leurs remèdes ne soignent pas la maladie, ils la prolongent. Le but le plus adéquat est d’essayer de reconstruire la société sur des bases telles que la pauvreté soit impossible. » Oscar Wilde sur la philanthropie.1

Pendant les vingt dernières années, Bill Gates a été la personne la plus riche sur  terre avec la déclaration d’une fortune personnelle de 79.2 milliards de dollars.2 Son organisation caritative, la Fondation Bill et Melinda Gates (BMGF) est la plus importante au monde, avec une dotation de 43.5 milliards. La BMGF finance de nombreux projets et organisations dans le domaine du développement international et a été largement saluée pour avoir injecté de la vigueur et de l’argent dans les domaines des débats publics et de la recherche. Dire que la fondation Gates est devenue un acteur important dans le développement international serait un euphémisme. Lorsqu’il s’agit de la santé mondiale et des politiques agricoles, deux de ses secteurs privilégiés, la BMGF est devenue vraisemblablement l’acteur le plus influent du monde. Il est aussi probable que Bill Gates, qui a régulièrement accès aux leaders mondiaux et est le financeur personnel de centaines d’universités, d’organisations internationales, d’ONGs et de médias, soit devenu la voix la plus influente dans le développement international. Un examen plus  attentif de la fondation Gates est délicat dans la mesure où son influence est vaste, bien sûr plus vaste que celles de beaucoup  de gouvernement donneurs. La fondation fournit plus d’aide à la santé mondiale que n’importe quel pays et est le 5ième donateur à l’agriculture dans les pays en voie de développement. En 2013, seulement 11 pays avaient dépensé plus en aides que la fondation en faisant le 12ième plus important donateur. La fondation Gates est devenue un plus grand donateur que des pays comme la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Irlande et l’Italie.3 Mais l’influence mondiale de plus en plus importante de la fondation Gates n’est sujette à aucun contrôle démocratique. Contrairement aux gouvernements, qui sont officiellement redevables à leurs électeurs, la BMGF est une fondation américaine privée et demeure hors de portée du corps électoral (sauf à propos des déclarations fiscales). Pire encore, le BMGF semble avoir acheté le silence des universitaires, des ONGs et des médias qui pourraient autrement être supposés critiquer certains aspects du travail de la fondation. 7

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 Davos, 2015

 

Ce ne serait pas si  terrible si les programmes de la fondation étaient véritablement centrés sur ses buts affichés d’amélioration  de la santé à un niveau mondial et de l’éradication de la pauvreté et de la faim.4 Mais ce rapport pointe que l’influence très en vue de la BMGF est de plus en plus problématique. Bien sûr les évidences suggèrent que les programmes de la BMGF sont – par-dessus tout- néfastes à la promotion d’une politique de développement et de justice collective. On vend au monde le mythe que la philanthropie privée recèle de nombreuses solutions à ses problèmes, quand, en fait-elle pousse le monde dans des mauvaises directions nombreuses. La fondation est autorisée à parler trop fort et de trop nombreux acteurs du développement international s’alignent derrière les priorités mal choisies de la fondation. L’analyse des programmes de la BMGF montre que la fondation, dont le comité directeur est composé majoritairement par les corporations américaines, promeut les intérêts des multinationales au détriment de la justice économique et sociale. Sa stratégie est d’approfondir – et a l’intention d’approfondir – les rôles des compagnies multinationales dans les domaines de la santé mondiale et de l’agriculture tout spécialement, même si ces compagnies sont responsables    pour une grande part de la pauvreté et de l’injustice qui écrasent déjà les pays du Sud.  Bien sûr, la plupart de l’argent que la fondation a à dépenser provient des compagnies les plus importantes et les plus controversées, c’est pourquoi l’actuel travail de la BMGF dépend d’une façon significative des bénéfices de l’actuelle Amérique des corporations, détail qu’il n’est pas aisé d’adapter à d’authentiques progrès dans la justice sociale et économique dans les pays du Sud.  De plus, la fondation est devenue le leader mondial de la recherché dans les modifications génétiques (GM) des semences et finance des organisations qui appuient les céréales génétiquement modifiées à travers l’Afrique ainsi que le changement national des législations sur la question, ceci en faisant face fréquemment à une opposition considérable. Elle est aussi leader dans l’incitation à l’augmentation de l’usage des produits chimiques par les agriculteurs africains et promeut la privatisation de la production des semences qui bénéficiera principalement à l’agro-industrie européenne et américaine. Ces priorités sont un défi direct aux mouvements de plus en plus populaires en soutien à la souveraineté alimentaire et à l’éco-agriculture en Afrique.   En plus, la fondation utilise également ses fonds fin de promouvoir la privatisation de plus en plus importante des services de santé dans les pays en voie de développement. Le programme de la BMGF n’est pas une stratégie charitable neutre pour laquelle le monde devrait se montrer reconnaissant qu’un homme riche veuille dépenser son l’argent pour de bonnes causes. L’analyse des programme de la fondation montre qu’elle a un agenda – c’est une stratégie idéologique spécifique qui promeut les choix politiques néolibéraux, la globalisation des entreprises, la technologie qu’elle amène ainsi qu’une vision dépassée depuis longtemps de la centralisation  de l’ ”aide” à apporter aux  “pauvres”. Le système d’aide official manqué à demander des comptes à la fondation Gates sur ses activités. Bien sûr les donateurs officiels croient en l’agenda, partiellement parce que beaucoup d’entre eux- surtout en Grande-Bretagne et aux US – partagent l’agenda idéologique de la BMGF et partiellement parce que la fondation  injecte de nouveaux fonds dans des domaines où les donateurs réduisent les leurs. Mais à travers l’Afrique, et dans d’autres parties des pays du Sud, des gens demandent non des aides de la BMGF mais la promotion de leurs droits et de la justice. Cela prendrait en charge les varies causes de leur manque de ressources et de pouvoir – y compris le pouvoir excessif des multinationales, le drainage de la richesse à travers des politiques fiscales injustes et des paradis fiscaux, des systèmes politiques inertes et le changement climatique.  – projets politiques qui sont ou bien largement ou bien complètement exclus de l’agenda de la BFGF.8

La richesse de Bill Gates : est-ce celle qu’il donne ? La richesse personnelle de Bill Gates est de 78.9 milliards, elle est 3O millions de fois plus importante que la richesse moyenne des adultes les plus démunis de la planète..10 Gates  est en fait plus riche que 45 pays de l’Afrique sub-saharienne. Seules trois pays sur tout le continent on un PIB plus élevé que les avoirs personnels de Gates.11 Il y a quelque chose qui ne va pas lorsqu’un individu est autorisé à accumuler une telle fortune quand des milliards d’autres vivent dans la pauvreté. Gates es t le bénéficiaire d’un système économique global qui a permis à 1% de la population mondiale de posséder presque la moitié ( 48%) des richesse mondiales quand la moitié la plus pauvre ( 3.5 milliards) ne possède pas plus que les 80 personnes les plus riches au monde.12 En dépit de l’impression que Bill Gates abandonne sa fortune à la charité, elle est sans cesse en augmentation. Selon Forbes, la fortune personnelle de Gates a augmenté de 56 milliards en 2011 à 78.9 milliards en 2015 – une croissance de 23 milliards en quatre ans, à peu près la même quantité d’argent que la BMGF lui a coûté depuis sa création.13 En janvier 2014, the Guardian rapportait quelles actions de Microsoft avaient subi une augmentation de 15.8 milliards en 2013.14. La même année, la BMGF recevait la somme de 3. 6 milliards. 15 milliards conservés. Nous ne voulons pas suggérer que Bill Gates n’est pas sincère dans son désir d’aider les pauvres et les pays en voie de développement. Ni que certains des projets de la BMGF ne sont pas positifs, beaucoup le sont. Un éditorial de 2009 paru dans le journal médical The Lancet loue la BMGF pour avoir donné  «  Une impulsion massive au financement de la santé mondiale.»

La fondation a sollicité le monde pour qu’il pense grand et qu’il soit plus ambitieux dans le domaine de l’aide aux pays en voie de développement. La Fondation a amené un dynamisme renouvelé, de la crédibilité, de l’attractivité à la santé mondiale (en tant que cause). » 9 Beaucoup d’autres projets finances par la BMGF sont également importants, dont certaines ONG, certaines politiques universitaires et travaux de promotion qui n’auraient pas eu d’écho à cause d’un manqué d financement. Cependant ces projets considérés séparément masquent l’image générale. Dans ce qui suit, nous soulevons les questions des financements de la BMGF qui deviennent de plus en plus problématiques. Nous croyons que ces questions sont sérieuses et qu’il est temps que la BMGF soit soumise au contrôle démocratique et à la surveillance publique et que son influence soit remise en cause. La fondation Gates a dépensé 3.9 milliards en subventions en 2014 et a dépensé 23.9 milliards depuis sa création en 2000.5 Son aide fonctionne dans plus de 100 pays .6 et les listes de subvention sur son site web sont de 6210 entre 2010 2014.7 La BMGF se présente ainsi : «  Guidée par la conviction que toutes les vies ont une égale valeur, la Bill & Melinda Gates Foundation travaille à aider les individus à mener des vies saines et productives. Dans les pays en voie de développement, elle se concentre sur l’amélioration de la santé et l’opportunité de sortir de la faim et de l’extrême pauvreté. Aux USA, elle cherche à s’assurer que tous – spécialement ceux ayant le moins de ressources- puissent avoir accès  aux opportunités dont ils ont besoin pour réussir à l’école et dans la vie..8

 

 

Conference on vaccines and immunization
Le businessman américain Bill Gates parle lors d’une conférence ayant pour thème” Toucher chaque enfant” organisée par l’Alliance globale pour la vaccintation et l’immunisation ( GAVI) à Berlin en Allemagne le 25 Janvier 2015. Parmi les membres de l’Alliance, on trouve des memebres de gouvernements, des fabricants de vaccins, des OGNs. Photo by: Bernd von Jutrczenka/picture-alliance/dpa/AP Images

9 Microsoft et l’évasion fiscale.

La richesse de Bill Gates vient en premier lieu de Microsoft, la compagnie informatique de software qu’il a fondé avec Paul Allen en 1975. En 2008, Gates a arrêté de travailler à plein temps pour Microsoft afin de se concentrer sur sa fondation. 16  Cependant, Gates est resté le président du conseil jusqu’à Février 2014, continue d’être présent dans l’équipe de directeurs de Microsoft et reste un conseiller sur le développement des projets essentiels.17 Bien sûr, Gates passe maintenant un tiers de son temps à Microsoft.18 Il possède à peu près 4.5 % de la compagnie et en est encore l’actionnaire principal.19 Un conseiller fiscal éminent de Grande Bretagne, le comptable Richard Murphy a nommé Microsoft « un merveilleux exercice de prévision fiscale. ».20 Bien sûr de nombreuses histoires d’évasions fiscales ont été rapportées depuis 2005.21 En Août 2014, par exemple, il a été rapporté que Microsoft était assise sur presque 29.6 milliards qu’elle  devait aux impôts américains si elle rapatriait les 92.9 milliards d’avoirs qu’elle avait délocalisés. Un sénateur nord-américain a trouvé en 2012 que la compagnie  utilisait les filiales offshores afin de réduire d’une façon substantielle ses impôts, décrivant Microsoft comme une «  toile complexe d’entités offshores reliées afin de faciliter les ventes internationales et de réduire les impositions aux US et à l’étranger. » Le rapport note qu’en dépit du fait que la compagnie mène la plupart de ses recherches sur le sol américain et générant du crédit d’impôt US, les droits à la propriété intellectuelle étaient largement localisés dans des paradis fiscaux. Ce qui signifie que «  Microsoft a été capable de faire passer Presque 21 milliards offshore (sur une période de trios ans) soit presque la moitié des revenus de ses ventes au détail, économisant jusqu’à 4.5 milliards en impôts sur les ventes de marchandises aux USA soit juste plus de 4 millions en impôts  chaque jour. » .22 Les 4.5 milliards perdus pour la trésorerie US chaque année sont plus importants que les dépenses annuelles totales de la BMGF.  D’autant plus que la valeur de Microsoft en tant que compagnie a indubitablement été accrue par son planning fiscal, c’est-à-dire que beaucoup de la philanthropie de Gates a été payée par le Ministère des finances, et donc par les contribuables américains.23 En Grande-Bretagne, une enquête du Sunday Times a trouvé que le circuit des paiements en ligne pour les ventes de l’opérateur Windows 8 évitait la taxe britannique sur les entreprises de 1.7 milliards jusqu’à concurrence de  revenus chaque année.24 Richard Murphy estime la perte en impôts sur les sociétés de plus de 103 millions de livres sterling en fonction de ces revenus.25 Il est fort probable que le tout soit plus important que les sommes dépensées par la BMGF sur les organisations britanniques. 26 Apple et General Electric sont les deux seules entreprises américaines qui ont plus de fonds offshore  que Microsoft, selon les données rassemblées par Citizens for Tax Justice. L’usage par Microsoft des filiales offshores a explosé ces dernières années, et la quantité de gains de Microsoft ayant bascules offshore a crû de 516 % depuis 2008, selon ses données transmises à l’US Security et à l’Exchange Commission.  27 Il est connu que Gates ne voit aucun mal à l’élaboration de stratégies d’évitements fiscaux complexes tout en disant aux nations comment dépenser leurs revenus et défendre les stratégies fiscales de Microsoft.28  Plus encore, Microsoft fait partie d’un lobby qui veut réduire les freins à l’évasion fiscale.  En janvier 2015, par exemple, des groupes de lobbies représentant l’industrie technologique US comme Microsoft, Apple et Google «  ont lancé une attaque en règle sur les plans mondiaux pour réduire les structures commerciales artificielles utilisées pour éviter la fiscalisation. ». En réponse au programme de réforme fiscale décidé par le G20, les lobbyistes ont condamné les projets criblés «  de défauts fondamentaux » et ont dit que certaines parties «  devaient être rejetées ». Ils ont dit que les réformes proposées allaient trop loin, serait trop coûteuses et ne conduirait qu’à la confusion et aux disputes.29

 

 

 

Suite de l’enquête samedi 21 Mai

 

 

Traduction Elisabeth Guerrier

La Mafiocratie mondiale et l’Empire de l’Economie

 

Un projet à soutenir. Andrew Gavin Marshall est en train de travailler sur une histoire des forces en présence dans le système en en faisant…des histoires, lisibles, amusantes, terrifiantes, humaines afin de contrer le discours volontairement fumeux des technocrates et ramener les enjeux à ce qu’ils sont depuis toujours : pouvoir, dynasties, oligarques, rivalités, avec les noms des individus derrière les réunions secrètes où se décident le sort du monde. Il mettra en parallèle les mouvements de la base, ses vibrations et ses oppositions, sa force et la méconnaissance de son véritable pouvoir. Pour cela, lancer le premier chapitre, expérimental où il donnera une explication plus complète de son projet il a besoin de lever la somme de 500$. C’est peu. Mais il les faut. Je joins la version française de la présentation de son travail qui, j’en suis convaincue mérite d’être suivi de près.EG

The Global Mafiocracy and the Empire of Economics

Chers lecteurs,

Je cherche à rassembler 500$ afin de terminer et de publier pour tous  un chapitre d’introduction à mon livre sur la Mafiocratie et l’Empire de l’Économie. Le chapitre offrira un extrait du sujet traité, du style et de la démarche discutant ces questions complexes de façon à les rendre compréhensibles et accessibles pour une audience aussi large que possible. L’extrait sera achevé assez rapidement (dans une semaine ou deux), pour autant que l’objectif des subventions est atteint afin que je puisse investir le temps nécessaire pour achever l’avant-projet.

 

Quels sont donc les thèmes et les objectifs de ce livre ?

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Ceci est une carte virtuelle que j’ai dessinée, soulignant quelques-unes des institutions et des connexions dans le monde de la finance mondiale, de la diplomatie et de la finance.

  • Traduire le monde de l’économie et des finances en Anglais de base, démanteler le langage “technique” des “experts” et le transformer en une dialectique plus directe et plus honnête.
  • Une introduction à la Mafiocratie Globale : les banques, les corporations, les firmes de gestionnaires d’actifs, les fonds souverains, les sociétés qui exercent de portefeuille et les compagnies d’assurance qui s’appartiennent collectivement les unes les autres et le réseau plus étendu des corporations mondiales et des institutions financiers, se présentant comme un relativement petit cartel d’à peine 150 grandes institutions financières qui exercent un pouvoir sans précédent sur le monde moderne. Comment ce cartel a-t-il évolué ? Quelles sont en son sein les institutions qui le dominent ?  Qui sont les individus et les groupes qui dirigent ces organisations ? Comment la richesse est elle accumulée et le pouvoir exercé dans ces cartels ? Quels rôles ces cartels jouent-ils dans la finance mondiale, l’économie, la politique ?
  • Derrière les institutions corporatistes et financières majeures sont des individus et des familles, de plus petites unités de pouvoir concentré qui possèdent les parts les plus importantes et dirigent les opérations de ces cartels au niveau mondial. Ces oligarques et ces dynasties – les Rockfeller aux USA, Wallenberg en Suède, les Agnellis en Italie, Desmarais au Canada, la maison des Saud en Arabie Saoudite, les Oppenheimer en Afrique du Sud parmi d’autres – contrôlent et/ou influencent des pourcentages importants de richesse dans leur nation respectives et dans l’économie et le commerce globalisé. Comment ces dynasties et ces oligarques ont-ils émergé ? Que possèdent-ils et contrôlent-ils ? Comment leur richesse et leur pouvoir sont-ils organisés et exercés ? Quelles sont leurs idéologies et leurs croyances ?
  • Empire/ Economie : quand des individus pense «  empire », ils imaginent souvent le vieux pouvoir colonial européen s’avançant en Afrique en Amérique Latine et en Asie où ils vont occuper militairement et coloniser des terres étrangères, des régions et des peuples pour le bénéfice de leur propre empire. Bien que le colonialisme soit largement un anachronisme historique, injustifiable et intenable d’une façon croissante dans le monde modern, l’Empire lui-même n’a jamais disparu. Pendant que les composants militaires et ouvertement politiques de l’empire et de l’impérialisme restent pertinents dans le monde moderne (pensons à l’armée américaine, au Département d’Etat, à L’OTAN etc.) les moyens les plus efficaces et évolués de l’impérialisme dans le monde sont exercés à travers les sphères économiques et financières. Dans ces royaumes, l’empire est plus efficace parce que son idéologie, ses objectifs, ses actions et ses effets sont cachés derrière un langage vague et obscure, l’ »expertise » des économistes, des ministres des finances, des banquiers de la banque centrale, et autres technocrates qui se réclament d’être séparés du politique et uniquement intéressés dans l’économie. L’empire est plus évolué dans ces sphères parce qu’il est devenu l’avant-garde d’une mafiocratie globale et d’un système impérialiste, dirigeant l’appareil politique et souvent militaire de l’empire, beaucoup plus institutionnalisé et avancé sur l’échelle mondiale qu’aucune autre sphère parallèle politique ou militaire.
  • La diplomatie mondiale et la gouvernance : quelles sont les institutions qui organisent et modèlent l’ordre de l’économie impérialiste ? Dans un monde de finances et de gouvernance, ces institutions qui exercent un pouvoir et une autorité incroyables ( et augmentant de plus en plus) restent largement inconnues et incomprises du grand public. Le livre examinera quelques-unes des origines, des évolutions et des caractéristiques de nombre d’entre elles, y compris : l’International Monetary Found ( FMI), la World Bank (Banque Mondiale) la Bank for International Settlements ( BRI Banque des Règlements Internationaux), l’Organization for Economic Cooperation and Development ( OCDE), la World Trade Organization (OMC ), les banques centrales et les ministères des finances parmi d’autres. Quels sont les rôles spécifiques, les fonctions et les objectifs de ces institutions ? Comment exercent-elles le pouvoir ? Qui les dirigent ?
  • Le pouvoir d’état : les institutions qui constituent le monde de la finance et de la gouvernance s’appuie principalement sur le pouvoir d’état pour leur légitimité et leur puissance politique. Qu’il s’agisse d’une Banque Centrale, d’un Ministère des Finances, du FMI ou d’autres agences, le rôle des puissantes nations comme les Etats Unis et d’autres pays riches est central au système et aux structures de l’empire mondial de l’économie. La centralisation du pouvoir d’état est rendue d’autant plus apparente par l’examen des origines et l’évolution moins formelle des regroupements internationaux, comme le Groupe des Sept ( G7), le Groupe des Vingt ( G 20) , le Groupe des 10 ( G 10), le Groupe des Cinq ( G5) , les forums principaux pour le système de gouvernance globalisée et impérialiste. Qui assiste à ces forums ? Quelles institutions sont-elles représentées ? Quel est le rôle des “ marchés émergents” de pays comme la Chine, la Russie, le Brésil, les Indes, la Turquie, et l’Afrique du Sud au sein du système ?
  • La Mafia Financière Mondiale : quelle est la relation entre le pouvoir d’état, les different groupes de nations, les institutions internationales, les ministères des finances et les banques centrales avec les cartels mondiaux des banques et des corporations, les oligarques et les dynasties qui contrôlent ces cartels ? Dans ces forums, est-ce que les individus qui mènent ces activités variées interagissent, coopèrent, communiquent, se fréquentent et s’organisent ? Dans de différents Think Tanks, fondations, forums, conférences et événements sociaux les technocrates de haut-niveau se rencontrent, souvent en secret, avec des PDG de banques et de corporations, les patriarches et matriarches de familles puissantes et autres oligarques. Parmi tels événements et forums on trouve : le Groupe Biderberg, La Conférence Monétaire Internationale, Le Forum Economique Mondial, La Commission Trilatérale, L’Institut de la Finance Internationale et le Groupe des 30 parmi d’autres. Ces forums et événements fournissent aux leaders politiques et aux responsables des institutions influentes un forum privé où ils peuvent avoir des discussions sans traces, souvent secrètes sur des questions d’une dimension mondiale importantes pour les populations de leurs nations respectives et pour la planète dans sa totalité.  Collectivement ce groupe, et l’institution qui le domine composent une Mafiocratie Globale : un système politique, social, et économique mondial dominé par relativement peu de nations et d’institutions qui opèrent largement dans l’intérêt d’un petit cartel criminel de banques et de corporations : une mafia financière mondiale.
  • Démarche de synthèse : ces institutions, individus et idéologies seront examinés et discutés non en tant que compte-rendu historique mais en racontant une série d’histoires. Je veux essayer de présenter cette information et cette analyse de la même façon qu’elles me satisfont le plus, le récit fantastique, intéressant, souvent horrible et choquant d’intrigues, d’empire, de pouvoirs politiques, de tyrans mesquins, de luttes intestinales, de domination, de destruction et d’empires. Je veux que les gens qui mènent et participent à ce système deviennent aussi familiers au lecteur qu’ils le sont pour moi, donner à voir une image et à lire une histoire sur les personnalités et des complexités de ceux qui règlent et mènent le monde. Ce qui en émerge est l’histoire, ou une série d’histoires, aussi valables qu’une intrigue et intéressante sur un plan historique et fictionnel sur les familles impériales et les anciens empires, les mondes mythiques, les contes fantastiques, les sociétés de science-fiction. Obtenir une vue plongeante sur notre monde.
  • Démarche analytique : parallèlement aux institutions, aux individus et aux idéologies qui dominent et modèlent le monde à partir du haut, il existe aussi des processus, des personnes, des protestations et des mouvements de masse ou des révolutions qui modèlent, recréent et réimaginent le monde à partir du bas. Pendant que les ministres des finances européens se rencontrent en secret, en dehors des enregistrements des conversations dans des châteaux éloignés situés dans le Luxembourg, décidant du destin de l’Europe et de ses citoyens, des protestations de masse, des manifestations et des émeutes ont lieu dans les rues d’Athènes, de Madrid, de Lisbonne, de Rome et de Francfort, dans lesquelles les populations s’opposent et rejettent les décisions prises dans des lieux éloignés par des technocrates non élus qui ne servent que leurs propres intérêts. Quel rôle jouent les protestations et les mouvements populaires dans le dessin et le changement du monde ? Comment les institutions dominantes et les individus vient-ils et répondent-ils à de tels événements et de telles actions ? Ont-ils peur du potentiel du peuple ? Quel est ce potentiel ou que pourrait-il être ? Quelle est l’histoire racontée par le bas de la Mafiocratie globale et de l’empire économique ?
  • Une série d’histoires : l’Histoire, ses personnages principaux, les institutions et l’évolution sont mieux comprises lorsqu’elles sont racontées comme une histoire, avec des personnages auxquels le lecteur et l’observateur peuvent s’identifier, comprendre, par lesquels ils peuvent être intrigués ou même horrifiés. Il semblerait que la meilleure façon d’expliquer le monde inutilement trop compliqué des finances et de l’économie est de l’expliquer non comme on ne pourrait le trouver ni dans un livre de classe, une publication industrielle, ni dans un reportage de la presse économique, ni à travers le discours ennuyeusement trompeur et la rhétorique des économistes, des détenteurs de chaires, des ministres des finances, des banques centrales, des technocrates ou des politiciens. Non, c’est un monde qu’on comprendra mieux à travers les histoires, les personnages, les défis, les triomphes, les désastres et les guerres déclarées par des personnalités et des individus qui ont modelé et changé le monde. Un système de «  civilisation » humaine est, après tout, finalement le produit d’humains, et il est pour cette raison, aussi profondément défectueux, complexe, conflictuel et intrigants comme le sont toutes les histoires d’ascension et de chute de monarques, de reines, d’empereurs, de dictateurs ou les triomphes et les tribulations des «  gens communs », ceux de la rue, des écoles, s’affairant dans les villes, les villages et les banlieues. L’être humain comprend les luttes humaines et les histoires humaines. C’est pourquoi ce livre n’est pas une histoire de l’économie et des finances, c’est une histoire d’êtres humains, combats, souffrance, succès et complexité. En bref, c’est une histoire comme n’importe laquelle.

J’ai besoin de votre aide afin d’écrire ces histories et de terminer ce livre, qui sera le premier de la série. Maintenant, mon objectif est d’écrire un chapitre à titre d’exemple, dessinant, à partir des plusieurs milliers de pages de recherche effectuées dans les mois récents et depuis des années. Ce chapitre sera disponible en ligne et accessible à tous, afin d vraiment gagner une meilleure compréhension des visées, des approches et des objectifs de ce livre. Afin de faire cela, j’ai besoin de votre aide. S’il s’agit de quelque chose que vous seriez intéressés à lire, pouvez-vous avoir l’obligeance de faire un don pour ce travail, de partager et de promouvoir par le biais des médias sociaux et autres.

Mon objectif est de rassembler 500$ à court terme. Si ce but est atteint, le chapitre-témoin sera terminé ( sous sa première forme) et publié en ligne avec accessibilité à tous en Avril 2015

Courte Biographie : Andrew Gavin Marshall est un chercheur indépendant et auteur vivant à Montréal, Canada. Il occupe la chaire de géopolitique du Département de l’Institut Hampton et l’adresse de son site personnel est : www.andrewgavinmarshall.com