AMONG THE THRONG

Elisabeth Guerrier Traductions Textes

Category: Bruxelles

Naomi Klein : Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies. 

Ce qui est vraiment en jeu à la conférence sur le climat de Paris maintenant que les marches sont bannies.

 

Article de Naomi Klein  paru dans Common Dreams et dans The Guardian sur les interdictions de manifestations et de marches sur tout le territoire français au moment décisif des pourparlers pour le climat de la COP 21 de Paris.  Les descentes de polices et les perquisitions se succèdent chez des militants ou des agriculteurs écologistes n’ayant de terroristes que la force de leur point de vue face au laxisme intéressé  et aux liens immoraux entre les gouvernements  sensés représenter les citoyens  du monde,  brutalement forcés au silence alors qu’ils sont en première ligne des catastrophes climatiques présentes et à venir et les actions et l’état d’esprit incurablement pervers des multinationales. Il semble d’autre part indispensable face aux degrés d’urgence et à la hiérarchisation des maux auxquels nous sommes, en tant qu’espèce, confrontés, de rappeler ces quelques phrases de Jared Diamond : «La menace d’un holocauste nucléaire et celle d’un holocauste écologique sont les deux questions les plus pressantes que doit affronter l’espèce humaine aujourd’hui. À côté d’elles les problèmes du cancer, du sida ou de la malnutrition qui nous obsèdent généralement, sont relativement mineurs, car ils ne mettent pas en cause notre survie en tant qu’espèce. » * Nous aurions pu ajouter à la liste le terrorisme qui n’est un danger que pour les vivants.

 

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Article originellement paru dans The Guardian

En interdisant les marches de protestation à la COP21, Hollande condamne au silence ceux qui font face aux impacts les pires du changement climatique et de sa monstrueuse violence.

Par

Naomi Klein

 

De qui la sécurité reste-t-elle protégée par tous les moyens nécessaires ?

De qui la sécurité est-elle sacrifiée avec désinvolture, en dépit des moyens pour faire beaucoup mieux ? Ce sont des questions au cœur de la crise climatique et les réponses sont la raison pour laquelle les sommets climatiques finissent si souvent dans l’acrimonie et les larmes.

La décision du Gouvernement français d’interdire les manifestations, les marches et autres « activités extérieures » pendant le sommet de Paris sur la climat est gênant à plusieurs niveaux. Celui qui me préoccupe le plus est lié avec la façon dont cela reflète l’inégalité fondamentale de la crise climatique elle-même  – et la question clef de quelle sécurité est actuellement valorisée dans ce monde asymétrique.

 

 

Voici la première chose à comprendre. Les gens affrontant les impacts les pires du changement climatique n’ont virtuellement aucune voix dans les débats occidentaux pour déterminer que faire sérieusement pour prévenir le réchauffement mondial catastrophique. De gigantesques sommets comme celui qui va se tenir à Paris sont de rares exceptions. Pour deux semaines   les voix de ceux qui sont heurtés le plus et en premier ont un peu d’espace  pour être entendus dans un lieu où des décisions déterminantes sont prises. C’est pourquoi les insulaires du pacifique, les chasseurs Inuits et les bas salaires des gens de couleur de la Nouvelle-Orléans font des milliers de kilomètres afin d’être présents. Le coût est énorme, à la fois en dollars et en carbone, mais être présents au sommet est une occasion précieuse de parler sur le changement climatique et de donner un visage humain à cette catastrophe en cours. Ensuite, ce qui doit être compris c’est que même dans ces moments rares, les voix de premières lignes n’ont pas assez d’une plateforme dans les réunions officielles dans lesquelles le micro est dominé par les gouvernements et les groupes écologistes largement financés. Les voix des gens ordinaires sont entendues principalement dans les réunions de la base parallèles au sommet, ainsi que dans les marches et les manifestations. Maintenant, le Gouvernement français a décidé les plus bruyants de ces mégaphones,  prétendant que de sécuriser les marches compromettrait sa capacité à sécuriser la zone du sommet officiel où se rencontreront les politiciens.  .

” Une fois de plus, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre est à gagner.”

Certains prétendent qu’il s’agit d’un juste contrecoup contre la toile de fond de la terreur. Mais un climat des Nations unies pour le climat n’est pas comme une rencontre du G8 ou de l’Organisation mondiale du commerce, où les puissants se rencontrent et où les sans dents tentent de compromettre leurs fête. Les événements parallèles de la société civile ne sont pas un ajout ou une distraction de l’événement principal. Ils sont partie intégrante du processus. Ce qui est la raison pour laquelle le gouvernement français ne devrait jamais avoir décidé quelle partie de ce sommet devrait être gardée et quelle autre annulée.  Plutôt, après l’attaque horrible du 13 Novembre, il était nécessaire de déterminer s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir l’ensemble du sommet avec la pleine participation de la société civile, la rue comprise. S’il ne le pouvait pas, il aurait pu repousser ou demander à un autre pays de prendre le relais. Au lieu de ça, Hollande et son gouvernement ont pris une série de décisions qui reflètent un éventail de valeurs et de priorités très particulières afin de déterminer qui et quoi devait bénéficier de la protection de l’état. Oui, les leaders mondiaux, les matchs de foot-ball et les marchés de Noël, non les marches pour le climat et les manifestations désignant le fait que les négociations, avec l’actuel niveau d’émissions  prévu, mettent en danger les vies et les moyens de subsistance de millions sinon milliards de personnes

 

Et qui sait où cela peut mener ? Devons-nous nous attendre à ce que les Nations Unies révoquent les autorisations de la moitié de la société civile ? Ceux les plus susceptibles de créer des troubles au sein de la forteresse ? Je n’en serais pas surprise du tout.   Cela vaut la peine de songer à ce que l’annulation des marches  et des manifestations signifie réellement tout autant qu’en termes symboliques. Le changement climatique est une crise morale parce qu’à chaque fois que les gouvernements des nations riches ont manqué à agir, cela a envoyé un message qui montrait que nous, peuples du nord, mettions notre confort et notre sécurité économique avant la souffrance et la survie des peuples les plus pauvres et la s plus vulnérables de la planète. La décision d’interdire l’espace le plus important où les voix des peuples subissant l’impact climatique auraient pu être entendues est l’expression dramatique d’un abus de pouvoir profondément immoral : une fois de plus le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre vous devrez la gagner.

Une autre pensée : j’écris ces mots de Stockholm, où j’ai fait une série de conférences publiques sur le changement climatique. Quand je suis arrivée, la presse s’en donnait à cœur joie avec un tweet envoyé par la ministre de l’environnement Åsa Romson.  Peu de temps après a éclaté la nouvelle des attaques à Paris, elle a alors tweeté son outrage et sa tristesse pour les victimes. Puis elle a tweeté qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet sur le climat, une pensée qui est venue à tous ceux que je connais qui sont d’une façon ou d’une autre connectés à ce moment environnemental. Pourtant elle a été mise au pilori pour son soi disant manque de sensibilité – comment pouvait-elle penser au changement climatique face à un tel carnage ?

La réaction était assez révélatrice parce qu’elle montrait comme un acquis le fait que la changement climatique est une question mineure, une cause sans de réelles victimes, presque frivole.  Tout particulièrement quand des problèmes sérieux comme la guerre et le terrorisme occupent le centre de la scène. Cela m’a fait penser à quelque chose que l’auteure Rebecca Solnit a écrit il n’y a pas longtemps. «Le changement climatique est de la violence »  C’est vrai. Certaines de ces violences sont horriblement lentes : la montée des eaux qui efface progressivement des nations entières, et la sécheresse qui tue des milliers d’individus. D’autres sont terrifiantes de rapidité : les tempêtes avec des noms comme Katrina et Haiyan   qui volent des milliers de vies en une seule fois. Quand les gouvernements et les multinationales manquent sciemment d’agir afin de prévenir ce réchauffement catastrophique, c’est un acte de violence. C’est une violence si étendue, si mondiale et infligée simultanément contre des temporalités si diverses (cultures anciennes, vies présentes, avenir potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de désigner cette monstruosité. Et utiliser des actes de violence pour faire taire ces voix des plus vulnérables à la violence climatique est encore plus violent.

En expliquant pourquoi les match de football programmés seraient maintenus comme prévu, le Secrétaire d’état au sport a dit : « La vie doit continuer »   Bien sûr qu’elle le doit. C’est pourquoi je joins le mouvement pour une justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les multinationales manquent à leur devoir d’agir d’une façon qui révèle la valeur de tous sur terre, on doit protester contre eux.

© 2015 Guardian News and Media Limited

 

  • Jared Diamond ” Le troisième chimpanzé ” Essai sur l’évolution et lavenir de l’animal humain. p. 613 Folio essais

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

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Tom Engelhardt : “AFRICOM” Des bases militaires américaines qui cernent l’Afrique

Ceci n’est que la traduction de l’introduction à l’article de David Vine sur la base militaire américaine installée de force et de quelle force sur l’île de Diego Garcia dans le Pacifique.

Les informations touchant la réalisation de projets de présence militaire complètement hors de contrôle d’aucune institution de régulation internationale, les tactiques et anticipations des conflits à venir dus au manque d’eau et aux modifications climatiques, les créations réactives de groupes extrémistes et l’or noir qui continue de couler à flot et nécessite une main mise constante sont anticipés par cette seule nation en toute impunité. C’est donc ” AFRICOM” et c’est ça la forme la plus pure de l’impérialisme, gaver de produits de consommation et de culture de masse les peuples passifs et se préparer en toute impunité et avec quelques prévaricateurs largement soudoyés pour aménager le terrain à écraser les autres. L’Amérique du Sud en entier en pleure encore de toute son identité. Rome n’a pas procédé autrement.

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L’armée américaine pénètre en Afrique 

Je suis sûr que vous avez entendu parler des trois essentielles “ aires d’avant-postes” ou dans le jargon du contrat des “ zones de sécurité cooperative ”  que les Marines américains ont installé au Sénégal, au Ghana et au Gabon. Nous parlons du  “Special Purpose Marine Air-Ground Task Force Crisis Response-Africa  [ Marines à objectifs spéciaux Air.Terre Force responsable des réponses aux crises africaines], une unité basée à present à Moron, Espagne.  Elle est censée être une base – bien que ce ne soit pas un terme utilisé  aux “ US African Command [Commandes américaines en Afrique ] AFRICOM qui peut superviser n’importe quelle expansion – prête à l’accueillir dans un avenir où tout peut arriver dans une Afrique au bord de l’explosion ou avec la montée des groupes terroristes.

Vraiment ? Vous n’avez rien noté à ce sujet ? Il faut l’admettre, l’histoire n’a pas été mentionnée dans les informations quotidiennes, ni fait la une des journaux locaux, ni, sans doute de ses pages intérieures mais honnêtement, elle était pleinement visible juste là, dans Military Times !   Bien sûr, il peut être facile de passer à côté de trois locations de” sécurité coopérative” largement inoccupées  dans des pays qui ne sont pas exactement sur le bout de la langue des Américains dans de telles circonstances, mais que dire de ces autres huit “ aires de transbordements ” que AFRICOM admet maintenant avoir établi à travers toute l’Afrique ?  Le commandement a tout d’abord nié avoir aucune “ base” sur le continent autre que celle en croissance permanente qu’il a établi sur la petite nation de Djibouti dans la Corne de l’Afrique et dans laquelle a déjà été englouti les trois quarts d’un milliard de dollars avec au moins 1, 2 milliards d’aménagements nouveaux à venir. 

Cependant, le commandant d’AFRICOM, le Général David Rodriguez, insiste maintenant fièrement sur le fait que les onze avant-postes principaux ne seront situées qu’à quatre heures de tout haut-risque ou haute-menace diplomatiques sur tout le continent.

Vraiment, vous n’avez rien entendu sur ces bases non plus bien que “ Stars and Stripes” ait eu l’information en couverture et en page central ?

Hum.. ce serait vraiment étrange si personne dans ce pays, en dehors du Pentagone, portrait le moindre intérêt à la question de la répartition générale des garnisons américaines. Bien sûr que ça ne les intéresse pas. Cela ne les a jamais intéressé, ce qui pourrait caractériser un des plus grands mystères de la vie américaine et pourtant, d’une certain façon ne le caractérise pas. Les bases américaines à l’étranger ne figurent Presque jamais dans les informations. Rares sont les journalistes qui écrivent à leur propos, bien qu’ils y passent souvent du temps. Les commentateurs en parlent rarement. Les candidats n’en débattent jamais, les éditorialistes n’écrivent pas sur elles.

Ces jours derniers, nous nous sommes souvenus des 505 (!)   bases allant de minuscules avant-postes de combat à de petites villes américaines  (avec presque tous les aménagements d’un véritable foyer) que les US ont construits, entretenus puis abandonné en Irak entre 2003 et 2011 au coup de dizaines de milliards de dollars – ceci, c’est-à-dire avant que des formateurs américains et d’autres personnels y soient à nouveau envoyés dans quelques uns d’entre eux pour la 3ième guerre d’Irak. 

Presque personne, même le Congrès généralement impatient de couper les subventions sur à peu près tout, n’a discuté le coût de cette maintenance de centaines et de centaines de bases de toute tailles et formes que le Pentagone maintient globalement d’un façon historiquement encore sans précédent.

Déjà en 2012, le rédacteur régulier de TomDispatch David Vine estimait que ces coûts s’élevaient aux alentours de 170 milliards de dollars par an, d’une façon conventionnelle, et que depuis le 11 Septembre, s’y était ajouté au total près de deux milliers de milliards de dollars..Si vous n’évaluez pas la manière dont ce pays a transformé en garnison toute la planète, si vous ne notez jamais son empire de bases militaires, il n’y aura alors aucune façon de vous en faire saisir la nature impérialiste, qui peut-être est le vrai point. 

Et bien sûr, si vous n’avez aucune conscience de tout cela, ce qui est probable si vous êtes un Américain pur sang bien viril, alors vous n’avez probablement pas l’idée que ce pays a engouffré des milliards de dollars dans une seule base militaire, sur une seule île, Diego Garcia, perdue dans les fins fonds de l’océan Indien  mais vitale quant aux conflits de l’Amérique avec le Moyen-Orient. Ceci signifie également que vous ignorez que le Pentagone, commettant un acte de cruauté de premier ordre a exigé que toute la population soit exilée de leur pays, de leur vie, de tout ce qui avait de la valeur pour elle, de tout ce que l’appartenance aux racines représente dans ce monde, de façon à ce qu’il puisse construire, pourvoir en personnel et utiliser dans la guerre sans fin des USA avec le grand Moyen–Orient sans aucun témoin d’aucune sorte.

C’est un conte sinistre que vous n’avez probablement entendu. ( même si vous lisez  Military Times ou Stars and Stripes ) David Vine est un des rares Américains qui se soit trouvé fascine par ce que Chalmers Johnson a nommé une fois ” le monde des bases américaines.” Il a écrit à leur propos d’une façon très vive dans :  So Base Nation: How U.S. Military Bases abroad harm America and the world  [Une Nation de Bases militaires, comment les bases américaines endommagent les USA et le monde] , un livre que Andrew Bacevich a décrit comme “ une critique dévastatrice » et qui sort en Août. Personne ne sait plus de choses sur Diego Garcia et sur le destin de ses habitants que Vine. ( Il  écrit un livre précédemment  ” Island of shame” [ L’île de la honte]

Prenez donc un moment pour jeter un coup d’œil sur les bord lointains de l’empire des bases militaires américaines et de rapidement considérer certains autres coûts induits par la manie de ce pays de mettre le monde en garnison. Tom

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Traduction : Elisabeth Guerrier

Au regard de l’absence quasi complète d’information sur les procédés d’invasion de l’île de Diego Garcia et la violence commise comme un droit sur tous ses habitants, la traduction de l’article de David Vine du TomDispatch, très documentée, suivra cette introduction.

Pourquoi le mensonge est-il si acceptable lorsqu’il s’agit de promouvoir les accords commerciaux ?

 

 Il est toujours intéressant de lire les mêmes critiques sur ce marché de dupe qu’est le TTIP adressées de l’autre côté de l’Océan.  Il faut savoir que l’article du Washington Post cité par Baker évoque la montée du mouvement d’extrême droite en Europe suite aux élections et prône une vigilance accrue des USA chargés, encore, de veiller à la bonne marche du processus démocratique tout en appuyant sans aucune réserve l’accord du TTIP qui serait la solution miracle aux mouvements insalubres que connait l’Europe. Il est également bon de ne pas oublier que la crise qu’elle traverse vient d’une gestion absolument vandalisée des droits des grands trusts financiers, s’origine donc, une fois de plus, aux USA et que toutes les voix pouvant dénoncer  le scandale d’accords commerciaux là pour rendre les pouvoirs du néo-libéralisme barbare encore plus grands sont toujours les bienvenues. E.G

Why Is It So Acceptable to Lie to Promote Trade Deals?

 

by Dean Baker

Common DreamsTTIPLe marché transatlantique est avant tout l’imposition de nouvelles régulations sur les deux continents, dont quelques-unes pourront être des améliorations mais dont beaucoup ne seront qu’au service des intérêts des grandes compagnies qui participent à ces négociations.

 Il n’est pas de bon ton d’utiliser le mot  “m……e” , ici à Washington, mais il est difficile de ne pas être un peu plus que dégoûté par la fréquence avec laquelle les pactes commerciaux sont vendus comme les gros moteurs de la création d’emploi et de la croissance économique, quand il est absolument clair qu’ils ne le seront pas. Le dernier coupable dans ce domaine est  Bruce Ackerman, un Professeur de droit de l’université de Yale.

Dans un article  du Washington Post Ackerman en appelle au Président Obama pour pousser l’accord du Traité TTIP ( Transatlantic Trade and Investement Parnership) qu’il décrit comme ” l’ouverture d’un chemin pour la création d’emploi pour les travailleurs sur les deux continents ” Vraiment, quelle preuve le Professeur Ackerman donne-t-il de ses assertions ?

Les projections les plus largement citées  en ce qui concerne l’impact du TTIP sur la croissance proviennent du Center for Economic Policy Research de Londres ( pas de connexion avec mon propre CEPR)  qui montre que le pacte pourrait mener à une augmentation du PIB de 0, 4 % aux USA quand ses effets se seront pleinement sentir en 2027, et de 0,5% pour l’Union Européenne.  L’analyse dit explicitement que cela ne mènera pas à plus d’emplois puisque les modèles sont des modèles du plein emploi. Cela peut conduire à des salaires quelque peu plus élevés  mais ce n’est pas une façon de donner des emplois à ceux qui en sont privés. D’autant plus que la discussion note que lors de l’ajustement des économies à la transition, certains emplois pourront être supprimés.

Sous-entendre qu’un marché qui permet une croissance du PIB de 0,4 à 0, 5 %  en 13 ans signifie « une opportunité de création d’emplois pour les travailleurs sur les deux continents «  est tout simplement malhonnête. La légère augmentation de la croissance annuelle est de l’ordre de 0, 03 %. Bonne chance pour trouver ce renseignement dans les données.

D’autant qu’il y a des raisons de craindre que les effets de la croissance ne se produisent dans la direction opposée. Le modèle utilisé par le CEPR de Londres  ne prend pas en compte les impacts négatifs sur la croissance comme la hausse des prix des médicaments et d’autres marchandises qui pourront être rendus plus onéreux à cause de l’augmentation des patentes et de la protection des droits d’auteur découlant du traité.

Ce sera probablement un frein à la croissance. Les économistes tendent à apprécier les patentes et les droits d’auteur (probablement parce que leurs amis et leur famille en profitent) mais cela ne change pas le fait qu’ils mènent à des distorsions du marché et ont un coût économique majeur. Si le prix des médicaments augmente de 1000% parce que nous imposons des protections aux patentes plus fortes et plus longues, cela a le même effet sur le marché que si nous imposons une augmentation de tarif de 1000% sur les médicaments eux-mêmes.

Le marché est stupide, il ne réalise pas que l’augmentation des prix est provoquée par une politique supportée par les économistes contrairement à une autre politique à laquelle ils s’opposent. Il répond de la même façon dans les deux cas.   Alors que comme résultat de la transaction, nous  ne savons pas de quel montant va être l’augmentation des patentes et des protections qui leur sont liées,  mais il ne fait aucun doute qu’elles vont augmenter et que cela ralentira la croissance d’une façon qui n’est pas prise en compte dans l’analyse du CEPR.  (Oui, des prix plus élevés stimulent l’innovation.  Si vous trouvez des preuves que ça finira  par apporter un véritable progrès à l’économie, vous obtenez un prix Nobel et des quantités énormes de fric par l’industrie pharmaceutique)

Réduire les barrières commerciales peur mener à une amélioration de la croissance économique et à des gains pour les travailleurs et les consommateurs, cependant les barrières entre les USA et l’Europe sont déjà très faibles dans presque tous les cas. Ceci signifie que les gains potentiels à venir sont très limités. Ce marché consiste tout d’abord à imposer de nouvelles règles sur les deux continents, dont certaines seront des améliorations mais dont la plupart seront destinées à servir les intérêts des corporations qui sont impliquées dans les négociations. Ils espèrent accomplir à travers cet accord sur le  «  marché »  ce qui peut ne pas être possible à travers un véritable processus démocratique. Et ils n’hésiteront pas à vendre la saloperie qui s’effectue en coulisse comme créatrice d’emplois.

© 2014 Center for Economic & Policy Research

Dean Baker is the co-director of the Center for Economic and Policy Research (CEPR). He is the author of The Conservative Nanny State: How the Wealthy Use the Government to Stay Rich and Get Richer and the more recently published Plunder and Blunder: The Rise and Fall of The Bubble Economy. He also has a blog, “Beat the Press,” where he discusses the media’s coverage of economic issues.

 

Les accusations de De Gucht, des ONGs et des syndicats après l’encerclement des manifestants par la police.

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Article de EurActiv sur la répression de la manifestation anti TAFTA à Bruxelles. La violence est à l’image du gouffre entre les citoyens et les décideurs, à l’image de leurs craintes aussi peut-être.

Les accusations de De Gucht, des ONGs et des syndicats après l’encerclement des manifestants par la police.

Les ONGs et les syndicats ont répondu aujourd’hui ( 19 Mai) aux accusations selon lesquelles ils répandaient des mensonges dans les médias sur Le TTIP, quand il apparait que la police bruxelloise a utilisé des cordons de sécurité et des canons à eau controversés sur les manifestants qui se trouvaient à l’extérieur du Sommet du Marché Européen (European Business Summit)
Des centaines de manifestants anti-TTIP, y compris des membres du parti de verts du Parlement, ont été encerclés pendant plusieurs heures par des policiers des brigades anti-émeutes en tenue de sécurité avant d’être arrêtés en masse à la sortie du Palais Egmont à Bruxelles, avec le recours à un mécanisme légal connu sous le nom de « arrestations administratives » L’arrestation administrative permet de maintenir jusqu’à 12 heures des groupes de personnes en garde à vue sans charge .

Lire : Hundreds of protesters arrested in Brussels as business leaders debate ‘maintaining citizen’s trust’

Peu après qu’environ 250 manifestants ait été arrêtés Jeudi, le Commissaire Européen Karel De Gucht et l’Ambassadeur des USA en Europe Anthony Gardner ont accusé certains manifestants de répandre des mensonges lors d’une rencontre au sommet portant sur le TTIP, un accord de libre-échange entre l’EU et les USA. Un des exemples cités a été que les USA sont supposés vendre des poulets lavés au chlore aux Européens.
Cette semaine, les négociateurs de l’EU et des US se rencontrent à Washington DC pour le cinquième round des négociations. Ils projettent de se mettre de conclure un accord à la fin de l’année prochaine.

 

Lire : EU-US clash over financial services in TTIP

 

De Gucht a dit : “Vous avez les campagnes orchestrées par les médias sociaux, les groupes utilisant les médias sociaux et un nombre d’ONGs répandant parfois, je dirais, de complets mensonges, comme par exemple, la viande aux hormones. “ Ceci a été récupéré, disons par la Gauche. Pas par toute la Gauche, mais par une partie de la gauche dans le spectre politique, par les Verts, et aussi par un certains nombres de groupes d’extrême-gauche, qui considère le TTIP comme un sujet à discuter lors des élections européennes et à battre lors de ces élections.”
L’ Ambassadeur Gardner a aussi critiqué les manifestants, il a dit : “ Il y a un vide dans l’information, ce vide est en train de se faire combler de plus en plus par les réseaux sociaux […] Je vous parie une chose, c’est que les manifestants n’étaient pas dehors avec un panneau où est inscrit « Je vais avoir du travail » mais il auraient dû l’être.

 

Secret et Transparence

Olivier Hoedeman, chercheur et coordinateur de la Campagne du Corporate Europe Observatory, un groupe de pression, a été un des manifestants arrêtés. Les crtiques du TTIP croient qu’il mènera à une baisse des standards européens dans des domaines comme la nourriture et le changement climatique a-t- il dit.

Hoedeman a ajouté “Les manifestants ne croient pas que le TTIP soit la solution pour la création d’emplois.  Diaboliser de cette manière les personnes qui montrent une réelle inquiétude est très irrespectueux.”
Felipe Van Keirsblick, le secrétaire du syndicat belge pour les employés, le CNE-CNG, faisait partie de la coalition d’agriculteurs, d’étudiants, d’ONGs et de syndicats qui manifestaient. Il a dit que les négociations sur le TTIP devraient être plus transparentes et a questionné les chiffres de la Commission qui prévoient une augmentation de 4% du PIB.
Il a dit : “ Les commentaires de De Gucht sur les réseaux sociaux montrent à quel point il est mal à l’aise et se sent dans l’inconfort avec un véritable débat public sur ces accords commerciaux. Je pense qu’ils ne devraient pas dire que nous sommes des menteurs, tout spécialement parce qu’ils ont constamment refusé de parler avec nous en public.”
Van Keirsblick a précisé que son organisation avait demandé des rendez-vous au bureau de De Gucht mais que celui-ci a toujours refusé de nous rencontrer.
“Le niveau de secret dans les négociations sur le TTIP est sans précédent. ” a-t-il ajouté.
La Commission a dit que les négociations sur le TTIP sont parmi les accords commerciaux les plus transparents qui aient existé.

 

Cordons de sécurité
Les manifestants ont été retenus par le cordon de sécurité pendant deux heures avant leur arrestation, forcés de s’asseoir sur le sol et menottés avec des menottes en plastique. A 12.heures 30 environ, ils ont été emmenés en bus à la prison dans le quartier de Etterbeek. Le dernier manifestant a été libéré sans inculpation à 18 heures. La manifestation a commencé à 8 heures.
Les militants ont affirmé que plusieurs manifestants avaient été blessés et bombardé au canon à eau. EurActiv a tenté de contacter la police bruxelloise mais n’a pas encore reçu de réponse.
Le cordon de sécurité est le nom donné à une technique policière lorsqu’un groupe de personnes est entouré par des policiers et empêchés de bouger hors d’un petit périmètre. C’est une technique qui a souvent été critiquée en Europe et au canada, tout simplement parce que des passants sont souvent capturés par le cordon. En Mars 2012, le cordon de sécurité a été déclaré hors la loi par la Cour Européenne des Droits de l’Homme après une poursuite pénale suivant son usage par la Police Métropolitaine de Londres en 2001. Van Keirsblick a dit que les protestations étaient non violentes mais a admis que la police les avait informé que toute tentative de bloquer l’entrée du Palais était illégal. Après qu’une tentative de blocage de l’entrée ait été interrompue par une ligne d’environ 50 policiers, à peu près 100 manifestants se sont replies vers la place de départ, à l’extérieur du Palais de Justice.
Il a dit : “Alors qu’ils se repliaient, une seconde ligne d’officiers de police leur a bloqué le passage. Ils ont été encerclés par une centaine de policiers. Il y avait des familles parmi le groupe, des gens sans expérience activiste.”

Hoedeman dit qu’au moins un passant non impliqué d ns la manifestation avait été pris dans le cordon de sécurité. Une autre source a confié à EurActiv que quatre personnes avaient été arrêtées. “Juste avant que les bus arrivent pour nous emmener en prison, la police qui nous entourait a mis des cagoules, on ne pouvait voir que leurs yeux- et leurs casques, a expliqué Hoedeman. “ C’était intimidant, spécialement dans le contexte d’une manifestation pacifique.”
“Ils ont menotté tout le monde avec des menottes en plastique dans le dos. Quand ils sont arrivés à la prison, il ya avait à peu près 40 à 50 personnes dans les cellules.”
Des arrestations supplémentaires se sont déroulées en dehors du cordon de sécurité quand des manifestants ont réagi avec colère à l’arrivée des bus de police. Les organisateurs de la manifestation projettent maintenant de porter plainte officiellement et d’organiser une semaine d’action.

Pascoe Sabido, de Corporate Europe Observatory, dit “La façon dont des manifestants pacifiques ont été traités est atroce. Mais cela ne doit pas nous détourner des raisons initiales pour lesquelles nous étions dans la rue. La poursuite de l’austérité qui va venir de accords commerciaux entre l’EU et les USA va seulement rendre les citoyens et les producteurs européens plus pauvres, en moins bonne santé, et dans une précarité plus grande et nous conduire plus profondément dans le désastre. Ce ne sont pas les attitudes de la police qui doivent changer, c’est le système politique entier.”

 

Traduction : Elisabeth Guerrier

 

CEO Le Député Européen qui devint lobbyist

 

Article de CEO sur les liens plus qu’intimes entre les lobbies et les Députés du Parlement Européen. Cette institution a non seulement dégradé l’image de l’Europe au point de rendre des millions de citoyens sceptiques sur sa nécessité mais elle est par son fonctionnement quasi mafieux et ses liens permanents avec les lobbies les plus puissants de la planète une véritable honte pour ce qui se doit d’être appelé le Politique. Nous voulons une Europe unie, nous la vouons au nom des centaines de millions de morts qui en font le lit et à qui nous devons respect et entreprise. mais ce n’est pas l’Europe des Barons, toujours les mêmes que nous voulons, ceux qui s’engraissaient quand le peuple était exterminé sous leurs yeux, les Goulash Barons en 14.18, les Crowny capitalists, les mêmes, l’anti-démocratie a la peau dure. E.G

 

Le Député Européen qui devint un lobbyiste

March 31st 2014 Revolving doors

 

Comme nous approchons des élections européennes de la fin Mai, beaucoup de membres du parlement Européen commencent à envisager leur future carrière, soit parce qu’ils ont décidé de se retirer ou parce qu’ils craignent de perdre leur siège. Si l’expérience de la fin du mandant précédent de 2009 se répète, beaucoup d’entre eux vont être contactés par des firmes de lobbying ou par des groupes industriels espérant les allécher avec les portes tournantes : la voie qui mène du Parlement Européen aux cercles des lobbies est un chemin bien tracé.

 

De Député Européen à lobbyiste.

 

Karin Riis-Jørgensen a été Députée Européenne pendant quinze ans au cours desquels elle a siégé au comité du marché intérieur et à la protection des consommateurs entre autres. Rapidement après qu’elle ait quitté le parlement en 2009, elle est  devenue conseillère principale à la firme de lobbying  Kreab Gavin Anderson. Kreab cabinet de consultation  de lobbying avec un chiffre d’affaire annuel de près de quatre million d’euros. Ses clients en 2012 (l’année la plus récente  pour laquelle des informations soient disponibles sur le  EU Transparency Register) et qui inclut : Google, EDF, UBS, Goldman Sachs and Scania.

 

Un des clients de Riis-Jørgensen  à Kreab est Swedish Match, la compagnie de tabac controversée qui fût en 2012 le principal acteur du scandale de Dalligate. Le 16 Mars 2011 et le 6 Mars 2012 Riis –Jørgensen, avec le directeur des relations publiques de Swedish Match a rencontré les représentants du Secrétariat Général de la Commission Européenne afin de discuter de l’examen des directives sur les produits du tabac.

Riis-Jørgensen a confié   à CEO : « J’utilise maintenant mon expérience pour conseiller Kreab et quelques-uns de leurs clients sur la façon de créer un dialogue avec les décideurs de l’UE ». Quand elle a été interrogée sur son travail en tant que lobbyiste et sur les conflits d’intérêt potentiels  dus à son passé de Député du Parlement Européen,  Riis-Jørgensen dit :

« J’ai un rôle indépendant en tant que conseillère principale et je peux choisir où et quand je souhaite être impliquée. Je n’ai pas eu à être confrontée à quoi que ce soit pouvant suggérer un conflit d’intérêt dans ma fonction de Conseillère Principale chez Kreab »

Sa réponse complète peut être lue Her full response can be read ici.

Riis-Jørgensen est également la fondatrice et la présidente (bénévole) de la European Privacy Association  (EPA), un groupe de lobbying installé à Bruxelles qui défend les intérêts de grandes corporations  de IT (information technologique)  dans la bataille actuelle des lobbies autour des nouvelles règles européennes sur les données touchant la protection de la vie privée. L’ EPA est largement considérée comme un “groupe de tête” de  contre-information pour les multinationales  du numérique qui fait pression contre des règles fortes de protection des données privées, bien que le EPA démente cette accusation.

 

Quel est le problème ?

 

En dépit de la défense de Riis-Jørgensen, Corporate Europe Observatory (CEO) est inquiet à propos des risques de conflits d’intérêts  lorsque les Députés du Parlement Européen travaillent comme consultant des lobbies. Bien sûr les députes sont, dans leur nature même, des animaux politiques. Ils ne sont pas des officiels de l’UE dont on peut attendre sans ambiguïté qu’ils soient neutres et indépendants, nous ne devrions donc pas être surpris lorsqu’ils quittent leur bureau de les voir suivre leurs intérêts personnels.

Néanmoins, les Députés du parlement Européen reçoivent beaucoup d’informations, dont certaines ne sont pas accessibles au public, et ils ont des filets étendus de contacts politiques à travers les institutions européennes. Ils apportent également le prestige et la capacité à ouvrir des portes pour leurs clients. Ils développent aussi une richesse énorme de savoir interne sur la façon dont le « système » fonctionne et ils acquièrent tout cela lors de leur séjour dans la fonction publique.  Qu’ils utilisent ensuite tout ceci au bénéfice de clients de multinationales ou d’employeurs laisse, au mieux, un goût  amer dans la bouche, et, au pire, le risque de possibles conflits d’intérêts.

En tant qu’anciens Députés du Parlement Européen, leur accès de toujours au laisser-passer du Parlement Européen leur permet d’aller et venir comme ils l’entendent sans aucun contrôle qui vérifie si ils abusent du système en l’utilisant au profit des lobbies. Une autre possibilité pourrait être que les Députés lors de leur mandat puissent  accorder à leurs amis des grandes sociétés des faveurs, avec l’espoir de pouvoir s’assurer ainsi un emploi lucratif ultérieurement.  Il n’existe aucune preuve que des députés européens mentionnés là aient pu faire ça mais c’est une autre raison pour lesquelles nous devons nous soucier des députés passant par les portes tournantes.

 

 

Les Députés du Parlement Européen devenus lobbyistes de la finance.

 

Un autre cas de député du Parlement Européen ayant utilisé les portes tournantes est l’Anglais  John Purvis qui,  pendant ses quinze ans dans le corps législatif a été aussi vice-président du Comité des affaires économiques et monétaires   du Parlement Européen, où il travaillait apparemment en tant que rapporteur ou «  ombre » sur « tous les principaux services de législation financière ». Pendant son mandat, Purvis a été critiqué pour ses intérêts externes et les possibles conflits d’intérêt. Il était (et reste à l’heure actuelle)  un directeur de la Belgrave Capital Management qui se décrit elle-même comme «  un management d’investissement siégeant à Londres »

Après avoir quitté le Parlement Européen en 2009, John Purvis a rejoint le cabinet DN, un cabinet de consultation siégeant à Bruxelles, en tant que conseiller principal.

Comme partie de ses fonctions, il est président de  Financial Future  qui est un lobby de l’industrie financière.  Le conseil d’administration de Financial Future comprend plusieurs autres personnes qui ont aussi utilize les portes tournantes bruxelloises,  dont Eddy Wymeersch et un autre ancien Député du Parlement Européen,  Piia-Noora Kauppi.  Selon le EU Transparency Register, Financial Future  a rapporté entre 100,000 et 150,000 euros  de chiffre d’affaire pour le cabinet DN en 2013.

La Députée finlandaise Piia-Noora Kauppi  également centrée sur le travail du comité des affaires économique et monétaire, plus précisément sur la législation des marchés financiers, pendant ses neuf ans de présence au. Elle a été la rapporteuse de nombreux  dossiers législatifs ayant trait aux banques et était également la présidente du Forum des Services Financiers du Parlement Européen, fondé par l’industrie financière. Le résultat est son “’investissement Wall Street Journal rapporte que actif dans le dialogue entre les institutions européennes et les pourvoyeurs de services financiers” .

 

En 2005, le Kauppi, pendant qu’elle travaillait sur des nouvelles directives européennes touchant le blanchiment d’argent a “soumis de amendements qui empruntaient mot-pour-mot auEuropean Banking Industry Committee” qui est un groupe important de lobby de l’industrie. A l’époque, elle a reconnu avoir reçu l’aide de EBIC pour la rédaction de son amendement, disant :  “ Je ne me souviens pas ce qui provident de EBIC et ce qui a d’autres sources”.

Kauppi a démissionné de son poste de député à la fin de 2008 pour devenir directrice générale de la  Federation of Finnish Financial Services (FFI)  qui représente les banques, les assurances, les sociétés de crédit, les opérateurs boursiers, les sociétés de gestion et les employeurs financiers exerçant en Finlande.

Lorsqu’elle a pris ses fonctions à la FFI,  Kauppi a dit :

“J’ai beaucoup aimé travailler avec les affaires financières du Parlement Européen. Maintenant, dans ma nouvelle position, je peux faire usage de l’expérience gagnée au niveau législatif européen sur les marchés financiers. Le secteur financier va jouer un rôle de plus en plus important sur le marché interne dans l’avenir.”

En Décembre 2008, Kauppi  s’est vue attribuer le prix du “ Pire Conflit d’Intérêt” dans le cadre du “Prix du Pire Lobby”, organisé par des ONGs,  dont CEO.

Kauppi a confié à CEO qu’ “Il n’y avait pas d’empiètement de ses actuelles missions avec son travail passé en tant que Députée” et qu’elle n’avait pas envisagé la possibilité de conflits d’intérêt. Sa réponse complète peut être lue ici.

 

Et les portes continuent à tourner…

 

Ce ne sont pas que les Députés du centre-droit qui passent par les portes tournantes. Le centre-gauche a aussi sa part de Députés-devenus-consultants. Gary Titley est l’ancien chef du groupe du parti travailliste au Parlement Européen et Député à son quatrième mandant. Il a été membre de nombreux comités et également le vice-président du groupe socialiste responsable pour l’élargissement de l’Union Européenne. Lorsqu’il a rejoint le lobby  Hume Brophy  en Janvier 2010 en tant que conseiller principal, le directeur associé John Hume a dit:

“Nous sommes ravis que Gary joigne notre équipe. Il apporte une grande expérience législative à Hume Brophy et des points de vue essentiels pour nos clients. Gary est parfaitement à la mesure d’une expansion de notre clientèle. Il travaillera en priorité sur des questions touchant l’UE. ”

Un autre ancien député membre du parti travailliste   Glyn Ford a lui aussi utilise les portes tournantes. Ford a perdu son siège aux élections européennes de 2009, après avoir été député pendant 25 ans. Il figure à nouveau sur les listes du parti travailliste pour les élections de 2014. Dans les mois qui ont suivi son départ du Parlement Européen de 2009, Ford a joint  Polint, un cabinet de consultation basé en Grande Bretagne exerçant à Bruxelles  qui est spécialisé dans les affaires publiques européennes et les relations internationales. Il  offre “ des stratégies de politique et de communication spécialisées, dirigées en premier lieu vers le Parlement Européen, la Commission Européenne et le Conseil ”

Ford a également joint le cabinet de consultation  G+. G+ présente Glyn Ford sur son site web comme un conseiller  principal sur la politique d’Asie du Sud Est, se rapportant à l’expérience de l’Asie du Sud Est acquise par Ford en tant que député :

“ Au Parlement Européen, il a servi à la fois dans le commerce international et dans les comités des affaires étrangères, particulièrement sur des dossiers liés à l’Asie, ce qui lui donne une connaissance inégalée et des relations à Bruxelles et à Strasbourg. Pendant sa députation, Glyn a été responsable du traité de libre-échange avec les pays du ASEAN, de l’implantation de l’Accord de Partenariat Scientifique avec la République de Corée, il a aussi été le rapporteur fictif sur les accords commerciaux entre l’UE et le Japon et l’UE et la Chine. Glyn a aussi été membre de la délégation auprès du Parlement Japonais de 1984 à 2009.”

Selon le Registre Européen pour la Transparence,  EU’s Transparency Register, les clients de Gs en 2012 comprenaient un nombre de firmes japonaises comprenant :  JEITA (Japan Electronics & Information Technology Industries Association), JMC (Japan Machinery Center for Trade and Investment) and JAMA (Japan Automobile Manufacturers Association). La liste des clients de Polint comprend les mêmes compagnies japonaises et il semble clair que le travail de Ford pour G+ est mené à bien grâce à ses propres services de conseil.

Le EU’s Transparency Register ne precise pas sur quelles données spécifiques Polint  travaille avec chacun de ses clients  mais il indique pourtant que les négociations commerciales entre l’UE et le Japon sont un des domaines dans lesquels il travaille. Ford exerçait en tant que Député alors qu’il travaillait sur ces questions commerciales entre l’UE et le Japon.

 

Travailler pour face Book

 

D’anciens  Députés du Parlement Européen peuvent aussi être trouvés dans les rangs des lobbies des affaires.  Pendant qu’une député allemande, Erika Mann fondait et devenait la présidente associée de l’ European Internet Foundation qui groupe les Députés et l’industrie  afin de discuter des sujets ayant trait à Internet, elle  était également membre de l’équipe du Forum de la Société d’Information au sein de la Commission Européenne.

Après qu’elle ait quitté le Parlement en 2009, Mann a rejoint la Computer and Communications Industry Association et depuis Novembre 2011, elle a été le porte-parole principal de Face Book pour les institutions européennes.

Dans ce rôle,  elle a été très active pour promouvoir le Transatlantic trade and Investment Partnership ( TTIP). Comme l’a rapporté  David Cronin, en Avril 2013, elle a parlé à la  conférence de Dublin, où se trouve le siège de FaceBook international. Mann a dit qu’il serait “extrêmement important” pour un éventuel accord commercial de rendre les standards auxquels sont soumis les compagnies Internet “ plus cohérents”

 

Aucune règle pour les portes tournantes.

 

Il n’y a pratiquement aucune règle pour réguler le passage des députés du parlement Européen par les portes tournantes. Une fois qu’ils quittent  leurs fonctions lors d’une élection, les députes reçoivent une prime de transition  équivalent à un mois de salaire pour chaque année où ils ont exercé leur fonction avec une somme minimum pour six mois  et maximum pour 24 mois mais ils n’ont aucune obligation par rapport aux portes tournantes. Bien sûr, les anciens députés ont besoin de pouvoir gagner leur vie lorsqu’ils quittent leur poste, mais il est vraiment étonnant qu’il n’existe aucune règle pour éviter les conflits d’intérêt que ces chassés croisés provoquent.  La seule règle est celle du  code de conduite  des Députés du Parlement Européen 

http://www.europarl.europa.eu/pdf/meps/201305_Code_of_conduct_EN.pdf qui s’applique aux anciens députés et touche leur droit à utiliser les installations du Parlement Européen. Le code dit qu’un ancien député n’ont pas le droit d’utiliser leur pass à vie pour accéder au parlement si ils s “ont engagés dans un lobbying professionnel ou des activités de représentation directement liées aux processus de prises de décisions de l’Union Européenne ” mais il n’y a aucun système qui le gère ou appuie.

Nous devrons attendre le nouveau parlement et une révision du code de conduite des députés du parlement Européen pour qu’il y ait une opportunité d’introduire quelques règles quant aux portes tournantes mais Martin Schulz, président du Parlement Européen pourrait montrer son leadership maintenant en demandant aux députés qui quitteront le Parlement en 2014 de ne pas endommager plus la réputation de cette institution en évitant  d’accéder à des emplois dans les lobbies des multinationales à travers les portes tournantes.

 

 

 

Traduction : Elisabeth Guerrier